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25/05/2011

n° 20 - Dossiers Analyse, Géopolitique et stratégie de la Libye - 24-05 : Fin:- « Elargissement des cibles » en Libye.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Dossiers  de la Libye

n°20 du 24-05

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Le " dossiers du libye" est  visible  sur mes blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) Sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 




Sommaire :  

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Mouammar Kadhafi : Diplôme d'officier dans le corps des transmissions.

4  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Manlio Dinucci : La montre des dépenses militaires.

4-2 El Moudjahid : Le conflit en Libye : Au centre d'un sommet extraordinaire de l'UA aujourd’hui.

 

4-3 Manlio Dinucci : L’Art de la guerre » : Les missionnaires de l’AfriCom

5  Pièce jointe

5-1  Webster G. Tarpley  : Ennemis de l’OTAN en Irak et en Afghanistan, alliés en Libye.




3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

3-1 Mouammar Kadhafi : Diplôme d'officier dans le corps des transmissions.

Issu d'une famille de paysans bédouins et élevé dans le désert, Mouammar Kadhafi reçoit une éducation très religieuse. Alors qu'il suit les cours de l'école préparatoire de Sebha dans le Fezzan, au sud-ouest de la Libye, il crée, avec des amis, un groupuscule révolutionnaire. Un premier acte politique contre le pouvoir en place qui lui vaut d'être exclu de l'école en 1961. Passionné par l'Egyptien Nasser et son courant panarabe, Kadhafi se dirige alors vers le Droit. A l'université de Libye, il obtient un diplôme dit "de seconde classe", le "2:1 Hons", équivalent à un bac +3. Sa formation est ensuite essentiellement militaire : à l'académie militaire de Benghazi en 1963, où il réactive son mouvement contre la monarchie en place, puis au British Army Staff College en Angleterre, où il obtient, en 1966, le grade d'officier dans le corps des transmissions.

 En 1963, après avoir obtenu son baccalauréat de philosophie-lettre, jugeant que l'armée serait amenée à jouer un rôle de premier plan dans la bataille pour l'émancipaton, Kadhafi entra à l'Académie militaire de Benghazi. Il fit tant et tant de propagande dans l'armée qu'il la retourna toute entière. A tel point que dans la nuit du 30 aout au 1° septembre 1969, la révolution lybienne put se faire en deux heures sans que coule une seule goutte de sang ! Qui dit mieux ? Et si la télé nous dit tant de mal de kadhafi, c'est certainement parce que justement, pour sa révolution, il n'a eu besoin de tuer personne.

 C'est aussi, sans doute, parce que dès le lendemain les salaires avaient été multipliés par deux et les loyers divisés par deux. Mais bien sûr, c'est aussi, parce que, quelques années après, réussissant plus ou moins l'union des pays vendeurs de pétrole, il réussit à faire en sorte que l'occident soit obligé de l'acheter à un prix un peu plus correct ! Et d'ailleurs, Kadhafi sert bien la compagnie d'aviation Boing : en effet, il revient bien moins cher d'accuser Kakhafi de terrorisme à chaque accident d'avion que de financer la sécurité ! Pour confirmer mes dire, j'ai entendu à France-Info, que maintenant que Kadhafi avait pu prouver qu'il n'y était pour rien, dans l'histoire de Lokerby, Boing disait que finalement c'était l'Iran. En tout cas, c'est sûrement pas la faute au fait que le propriétaire de Boing ne veut pas payer les frais d'entretien de ses avions ! 

http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=6088

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Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Manlio Dinucci : La montre des dépenses militaires.

Rubrique L’art de la guerre

Imaginez que vous avez au poignet une montre digitale qui n’indiquerait pas seulement les minutes et les heures, mais les chiffres des dépenses militaires de minute en minute et d’heure en heure. Vous pouvez ainsi voir qu’en Italie on dépense en argent public, dans le secteur militaire, plus de 50mille euros à la minute, 3 millions à l’heure, 76 millions par jour. Ce qui équivaut à environ 27 milliards d’euros (38 milliards de dollars) en une année. La montre est réglée sur les dernières données du Sipri (le réputé institut international dont le siège est à Stokolm), relatives à la dépense militaire de 2010. On peut voir la dépense mondiale sur un autre cadran : on dépense dans le monde à des fins militaires plus de 3 millions de dollars par minute, 186 millions par heure, 4,5 milliards par jour. Ce qui équivaut à 1.630 milliards de dollars en une année. Calculée nette d’inflation, la dépense militaire mondiale en 2010 dépasse de 50% celle de 2001. Dans le classement des pays qui dépensent le plus, les Etats-Unis se trouvent nettement au premier rang avec environ 700 milliards de dollars annuels, équivalant à 43% de la dépense mondiale. Suivent la Chine, la Grande-Bretagne, la France, la Russie, le Japon, l’Arabie Saoudite, l’Allemagne, l’Inde et l’Italie. Ces dix pays totalisent les trois quarts de la dépense  militaire globale des 171 pays recensés par le Sipri. Toutes ces données peuvent se lire sur la montre spéciale, que tout gouvernant devrait porter au poignet.

Le premier exemplaire de ces montres (avec gravé sur le boîtier en or massif « God Don’t Bless America ») devrait être donné au président des Etats-Unis pour lui rappeler que, si en 2010 la dépense militaire mondiale a augmenté en termes réels de 20 milliards de dollars par rapport à 2009, ceci est dû presque entièrement à la croissance de la dépense militaire étasunienne. Si une telle somme avait été épargnée, on aurait pu recueillir les 20 milliards de dollars qu’Obama et les autres leaders, au Summit G8 de L’Aquila en 2009, avaient promis mais jamais donnés, pour combattre la faim dont est victime dans le monde plus d’un milliard de personnes.

En Italie, c’est avant tout le président de la république, le président du conseil et les membres du gouvernement qui devraient recevoir la montre, dans une série spéciale dédiée au centenaire de la première guerre de Libye (le 5 octobre 1911 les troupes italiennes débarquèrent à Tripoli, NdT), particulièrement significatif aujourd’hui alors que l’Italie est engagée dans la seconde guerre coloniale en Libye. Cette même montre, avec gravé sur le boîtier « Souviens-toi que l’Italie répudie la guerre » (Article 11 de la Constitution italienne : « L’Italie répudie la guerre comme mode de solution des controverses internationales », NdT), devrait être donnée aussi aux parlementaires. En particulier aux rangs bipartisans qui attribuent cette année 800 millions d’euros d’argent public pour la guerre en Afghanistan (après y avoir déjà dépensé plus de 3 milliards), auxquels s’ajoutent plus de 100 millions par mois pour la guerre de Libye. Ce serait bien que cette montre soit aussi portée par les hommes politiques et les syndicalistes qui, tandis qu’ils se plaignent de la pression fiscale et de la rareté des fonds pour les dépenses sociales, oublient que chaque année l’Italie dépense dans le militaire l’équivalent d’une grosse loi de finances et qu’on trouverait les sous pour les dépenses sociales si on avait la volonté de réduire la dépense militaire.

Ce serait important que tous les citoyens portent cette montre. Ils verraient ainsi que la dépense militaire d’une seule journée équivaut aux salaires annuels bruts de 3 mille enseignants ou autres travailleurs. Et ayant vu «quelle dépense il est», ils diraient qu’il est temps d’en finir.

Manlio Dinucci

17-05

Edition de mardi 17 mai 2011 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110517/manip2pg/14/manip2pz/303302/ 
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


4-2 El Moudjahid : Le conflit en Libye : Au centre d'un sommet extraordinaire de l'UA aujourd’hui.

La situation en Libye, où l'OTAN poursuit ses frappes  militaires, sera, aujourd’hui à Addis-Abeba, au centre d'un sommet extraordinaire de l'Union africaine (UA) qui tente depuis plusieurs semaines de favoriser une solution politique au conflit sur la base de la feuille de route adoptée le 10 mars dernier par son Comité ad hoc de haut niveau sur la Libye.   

L'envoyé spécial de l'ONU pour la Libye, Abdel Ilah Khatib, a indiqué  qu'il accompagnera le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon dans la capitale éthiopienne pour "assister au sommet de l'Union africaine et avoir des consultations avec des responsables de l'UA et des pays membres sur les moyens de régler politiquement la crise libyenne". Ce sommet extraordinaire de l'UA prévu pour deux jours "sera l'occasion  d'examiner la situation prévalant en Libye, sur la base du  travail que mène le comité ad hoc de haut niveau de l'UA sur la Libye, et d'autres situations de conflit (en Afrique), aux fins d'articuler des réponses collectives africaines en vue de leur règlement rapide", selon un communiqué de l'organisation.         

Le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, a déploré le manque  d'intérêt accordé par la communauté internationale à l'initiative africaine pour mettre fin aux hostilités en Libye par des moyens diplomatiques et via des négociations entre les parties en conflit.          

"Nous (l'Union africaine) ne sommes pas très écoutés et nous voyons que la résolution 1973 de l'ONU qui concernait l'humanitaire, qui est basée sur la responsabilité de protéger (les populations civiles) (...) est pratiquement  déjà violée dans l'esprit et la lettre", a-t-il déploré.  

La dernière réunion en date s'est tenue dimanche, réunissant le Conseil de sécurité de l'ONU et le Conseil de paix et sécurité (CPS) de l'UA qui ont souligné la nécessité d'un cessez-le-feu crédible et vérifiable, encourageant l'UA et l'ONU, ainsi que d'autres acteurs intéressés, à ouvrer pour cet objectif.        

La feuille de route de l'UA souligne notamment la nécessité d'une "cessation  immédiate de toutes les hostilités, de la coopération des autorités libyennes  concernées pour faciliter l'acheminement de l'assistance humanitaire aux populations dans le besoin et de la protection des ressortissants étrangers y compris les  travailleurs migrants africains vivant en Libye".

Dans le cadre des efforts visant à résoudre la crise libyenne, des chefs de tribus libyennes ont transmis une lettre au secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, lors d'une rencontre au Caire, dans le but d'encourager une solution pacifique au conflit, selon des médias égyptiens.        

La capitale égyptienne doit également accueillir lundi prochain une  réunion sur la Libye avec la participation de responsables de la Ligue arabe, de l'ONU, de l'UA, de l'Union européenne (UE) et de l'Organisation de la conférence  islamique (OCI), d'après une source au sein de l'organisation panarabe.          

Par ailleurs, la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité de  l'ONU, et qui s'était opposée à l'intervention militaire de la coalition étrangère en Libye, a souhaité que le sommet extraordinaire de l'UA, permettra d'édicter des mesures qui mettront fin aux hostilités dans ce pays. "J'espère que grâce à cette rencontre, une ligne susceptible de mettre  un terme à l'effusion de sang sera formulée à partir des propositions qui se  trouvent sur la table de négociations, dont l'initiative du Conseil national de transition (CNT, rébellion)", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères  Sergueï Lavrov.        

M. Lavrov a estimé aussi que le CNT constitue un "partenaire légitime" de négociation sur l'avenir de ce pays. La Russie a reçu la veille Abdel Rahman  Shalgam, un ancien ministre des Affaires étrangères et ambassadeur de Libye à l'ONU. Le CNT, rappelle-t-on, a été reconnu par certains pays notamment  occidentaux qui le considèrent comme seul représentant du peuple libyen. Les  Etats-Unis ont invité les rebelles à ouvrir une représentation à Washington.        

El Moudjahid

24 mai 2011
http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/12420


4-3 Manlio Dinucci : L’Art de la guerre » : Les missionnaires de l’AfriCom

Présenté par le Prix Nobel de la Paix Barack Obama comme une œuvre humanitaire d’aide au développement de l’Afrique, l’AfriCom est en réalité une force de projection permanente destinée à coloniser le continent noir. Son premier exploit médiatique est de soigner des enfants malades, mais sa première mission réelle aura été de bombarder la Libye.
À première vue on dirait des missionnaires comboniens [1]. Mais ce sont les militaires de l’AfriCom, le Commandement des États-Unis pour l’Afrique. À Djibouti ils soignent les pauvres, tandis qu’en Éthiopie ils construisent des écoles et au Malawi ils font face à une urgence humanitaire. Ces bonnes actions et bien d’autres sont l’œuvre de l’Africom. « L’Amérique a la responsabilité de travailler avec vous comme partenaire », a dit le président Obama dans son discours « historique » du 11 juillet 2009 au Ghana [2], en garantissant que l’AfriCom allait avant tout contribuer à « résoudre pacifiquement les conflits ». Et en assurant que « l’Amérique (Etats-Unis, NdT) n’essaiera d’imposer aucun système de gouvernement à aucune autre nation », parce que « la vérité essentielle de la démocratie est que chaque nation détermine son propre destin ».

 

Vingt mois plus tard, le 19 mars 2011, l’AfriCom a lancé l’opération Odissey Dawn, la première phase de la guerre dont le but réel est de renverser le gouvernement de Tripoli pour imposer à la Libye (pays qui a les plus grandes réserves pétrolifères d’Afrique) un gouvernement qui plaise à Washington. Obama a aussi dit que les États-Unis s’emploient à soutenir en Afrique des « démocraties fortes et durables », parce que « le développement dépend du bon gouvernement ». Mission que l’AfriCom réalise en formant en Afrique des « forces militaires partenaires, professionnelles et compétentes, pour créer une situation stable et sûre en soutien de la politique extérieure USA ».

 

L’AfriCom contribue donc au bon gouvernement en Afrique en s’appuyant sur ces sommets militaires que Washington juge fiables ou pouvant être conquis. De nombreux officiers sont formés au Centre d’études stratégiques pour l’Afrique et dans divers programmes, surtout l’ACOTA à travers lequel ont été entraînés environ 50 000 instructeurs et soldats africains. Même objectif pour les manœuvres militaires conjointes, comme l’Africa Lion actuellement en cours au Maroc, où ont débarqué 2 000 Marines. La manœuvre, à laquelle participent 900 militaires marocains, est dirigée par un commandement conjoint mobile (Djc2) envoyé par la US Army Africa, le quartier général de Vicence (région Frioul Vénétie Julie, NdT) des forces terrestres AfriCom, relié à celui des forces navales basé à Naples.

 

Le Djc2, explique un officier, peut être déployé « dans n’importe quelle condition, dans n’importe quelle partie du continent ». Même si le quartier général de l’AfriCom reste à Stuttgart, étant donnée la réticence de quasiment tous les pays africains à l’accueillir, et si Obama assure que ce dernier « n’a pas pour objectif d’avoir un point d’appui en Afrique », l’AfriCom a déjà là une force permanente : la force d’intervention jointe de la Corne d’Afrique, environ 2 000 hommes basés à Djibouti, qui mène des opérations (en grande partie secrètes) dans divers pays.

 

L’AfriCom a aussi diverses « Stations pour le partenariat en Afrique » : des navires de guerre qui vont de port en port, fonctionnant comme bases mobiles où sont entraînés les militaires africains. Les escales préférées sont celle d’Afrique occidentale, région riche en pétrole et autres ressources précieuses, où la frégate lance-missiles Robert G. Bradley a visité en avril le Cap Vert et le Sénégal. Pour l’entraînement (et pour des opérations secrètes), l’AfriCom recourt aussi à des compagnies militaires privées, comme les tristement célèbres DynCorp et Xe Services, payées avec les fonds d’un milliard de dollars institués par le Département d’Etat pour « le maintien de la paix en Afrique ». 

[1] Congrégation missionnaire connue en Italie pour ses œuvres en Afrique ; le père A. Zanotelli, en particulier, très engagé dans le mouvement italien anti-guerre, en fait partie. NdT.

[2] « Discours devant le Parlement du Ghana », par Barack Obama, Réseau Voltaire, 11 juillet 2009.

Manlio Dinucci
Géographe et géopolitologue. Derniers ouvrages publiés : Geograficamente. Per la Scuola media (3 vol., Zanichelli, 2008) ; Escalation. Anatomia della guerra infinita, DeriveApprodi (2005).
Il Manifesto, 24 mai 2011
Traduction Marie-Ange Patrizio
http://www.voltairenet.org/article170003.html
http://www.voltairenet.org/article161021.html



5  Pièce jointe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

Le recyclage des hommes de Ben Laden

5-1  Webster G. Tarpley  : Ennemis de l’OTAN en Irak et en Afghanistan, alliés en Libye.

S’appuyant sur le dépouillement entrepris à l’Académie militaire de West Point des archives confisquées de l’Émirat islamique d’Irak, l’historien et journaliste états-unien Webster G. Tarpley montre que le personnel du Conseil national de transition libyen est largement issu d’al-Qaida. Dans un vaste mouvement de réorganisation de leurs actions secrètes, les États-Unis encadrent en Libye —et en Syrie— les jihadistes contre lesquels ils luttent en Irak et en Afghanistan. « Ben Laden est mort ! Vive les benladenistes ! », peut-on s’exclamer avec cynisme à Washington.

Réseau Voltaire | Washington DC (États-Unis) | 21 mai 2011

 

« Des serpents, la soif, la chaleur et le sable, seule la Libye peut présenter cette multitude de malheurs qui pousserait tout homme à la fuir. »
Lucain, La Pharsale

L’actuelle opération militaire contre la Libye a été motivée par la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU [1] et a pour objectif de protéger les civils. Les déclarations du président Obama, du Premier ministre britannique David Cameron, du Président Sarkozy [2], et d’autres dirigeants ont souligné la nature humanitaire de cette intervention, qui a officiellement pour but d’empêcher le massacre de forces pro-démocratiques et de partisans des droits de l’homme par le régime de Kadhafi.

Mais dans le même temps, de nombreux commentateurs ont manifesté une certaine anxiété en raison du mystère entourant le gouvernement de transition anti-Kadhafi qui a vu le jour au début du mois de mars dans la ville de Benghazi située dans le district cyrénaïque au nord-est de la Libye. Ce gouvernement a déjà été reconnu par la France et le Portugal comme le seul représentant légitime du peuple libyen. Le Conseil des rebelles semble se composer d’un peu plus de 30 délégués, dont la plupart restent entourés d’un halo de mystère. De plus, les noms de plus d’une douzaine de membres de ce Conseil sont tenus secrets, prétendument pour protéger ces personnes de la vengeance [éventuelle] de Kadhafi. Mais il pourrait bien y avoir d’autres raisons derrière ce secret entourant leur identité. Malgré les nombreuses incertitudes, les Nations unies et une bonne partie des nations clés de l’OTAN, dont les USA, se sont empressées d’aider les forces rebelles au moyen de frappes aériennes, ce qui a mené à la perte d’un ou deux avions de la Coalition avec la perspective de pertes bien plus lourdes surtout en cas d’invasion [terrestre]. Il est grand temps que les États-uniens et les Européens en sachent un peu plus au sujet de ces rebelles qui sont supposés représenter une alternative démocratique et humanitaire au régime de Kadhafi.

Il est clair que les rebelles ne sont pas des civils, mais bien une force armée. Quel genre de force armée ?

Étant donné la difficulté d’étudier les chefs rebelles depuis l’étranger, et puisque le profil sociologique des rebelles est impossible à établir au beau milieu de cette guerre, peut-être que la méthode typiquement utilisée en histoire des sociétés peut être appelée à la rescousse. Existe-t-il un moyen de savoir exactement quel climat d’opinion prévaut dans ces villes du nord-est de la Libye, comme Benghazi, Tobrouk ou Darna, qui représentent les foyers de la rébellion ?

Une étude « West Point » datant de décembre 2007 s’est penchée sur le profil des combattants étrangers de la guérilla, et a établi que des djihadistes ou des Moudjahidins, certains étant des kamikazes potentiels, ont traversé la frontière syrienne pour se rendre en Irak pendant la période 2006-2007, le tout étant supervisé par l’organisation terroriste internationale al-Qaida. Cette étude se base sur près de 600 fiches du « personnel » saisies par les Forces US à l’automne 2007, puis analysées à West Point à l’aide d’une méthodologie que nous aurons l’occasion d’examiner après en avoir présenté les principales conclusions. Les résultats de cette étude [Document à télécharger au bas de cette page] ont permis de découvrir certains traits prédominants dans la mentalité et les structures de croyance des populations du Nord-Est libyen, et ont permis de déterminer quelques points importants sur la nature politique de la révolte anti-Kadhafi dans cette région.

Darna, nord-est de la Libye : Capitale mondiale des djihadistes

La découverte majeure à laquelle a mené cette étude de West Point est que le couloir allant de Benghazi à Tobrouk, en passant par la ville de Darna (aussi épelée Derna) représente l’une des plus grandes concentrations au monde de terroristes djihadistes, et

peut être considérée comme la première source de candidats à l’attentat kamikaze, tous pays confondus. Darna, avec une proportion de 1 combattant terroriste envoyé en Irak « tuer de l’États-unien » pour 1 000 à 1 500 habitants, semble être le paradis des kamikazes, dépassant de loin son compétiteur le plus proche, à savoir Riyad, en Arabie Saoudite.

D’après les auteurs du rapport de West Point, Joseph Felter et Brian Fishman, l’Arabie Saoudite occupe la première place si l’on considère le nombre absolu de djihadistes envoyés en Irak combattre les USA et les membres de la Coalition pendant la période en question. La Libye, dont la population représente moins du quart de celle de l’Arabie Saoudite, occupe la deuxième place. L’Arabie Saoudite a envoyé 41 % des combattants. D’après Felter et Fishman, « La Libye était le suivant dans la liste des pays d’origine, avec 18,8 % (112) des combattants provenant de ce pays, parmi ceux qui ont précisé leur nationalité. » D’autres pays bien plus peuplés restaient loin derrière : « La Syrie, le Yémen et l’Algérie étaient les suivants avec respectivement 8,2 % (49), 8,2 % (48) et 7,2 % (43). Les Marocains représentaient 6,1 % (36) des effectifs et les Jordaniens 1,9 % (11).  ».

Cela signifie qu’au moins 1/5 des combattants étrangers entrant en Irak à travers la frontière syrienne venaient de Libye, un pays peuplé d’à peine 6 millions d’habitants. La proportion d’individus désireux de combattre en Irak était bien plus importante parmi les Libyens que pour n’importe quel autre pays appuyant les moudjahidines. Felter et Fishman on souligné le fait que « presque 19 % des combattants dans les dossiers de Sinjar, venaient de la seule Libye. De plus, la Libye a proportionnellement bien plus contribué que n’importe quelle autre nation, d’après les dossiers de Sinjar, même par rapport à l’Arabie Saoudite. »

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" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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