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26/05/2011

n°2 - Journal de Syrie - 27-04 au 25-05 - : Début - : La Syrie, objet de toutes les attaques.

n°2 - Journal de Syrie  -  27-04 au 25-05 - : Début  - :  La Syrie, objet de toutes les attaques.

 


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Syrie

 n°2                          27-04 au 25-05

        C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Syrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Sommaire :  

Tiré à part

« Tendances »

1 Au jour le jour

Syrie

Sanctions de l'UE contre Assad: les Européens ont commis une "erreur" 

Organisations mondiale

Otan

L'OTAN accentue sa pression sur le régime kadhafiste.

2 Les actions dans le monde

3 Les réactions dans le monde.

4 Dossier

4-1 Levif.be: L'Otan veut en finir avec le régime Kadhafi devenu apathique.

4-2 Alain Corvez : La Syrie, objet de toutes les attaques.

Suite

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Sara Flounders : Les événements en Syrie – Quel camp avez-vous choisi ?

6 Annexe

6-1 René Naba : Syrie-Algérie : Raison d’état ou déraison d’état ?

6-2 Robert Bibeau : Révoltes arabes & Repressions néo-coloniales.

Fin

6-3 Thierry Meyssan : La Contre-révolution au Proche-Orient.

 



Tiré à part

Entièrement d'accord.

Le seul but des pouvoirs derrière la déstabilisation de la Syrie, du Liban etc... est d'affaiblir toute résistance à la suprématie israélienne sur la région ainsi que la main-mise sur ses richesses au détriment de ce qu'ils prétendent être la démocratie.

Ils manipulent, ils mentent, tout est permis pour arriver à leur but.

Les droits de l'homme ne sont pas valable en Palestine, ni au Bahrein...

Nous sommes pour les droits et pour la vérité mais contre toute manipulation et propagande mensongère
Dr. Ghada El Yafi



1 Au jour le jour

Syrie

Sanctions de l'UE contre Assad: les Européens ont commis une "erreur" 

Le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem a dénoncé lundi l'"erreur" commise par l'Union européenne en décidant des sanctions contre le président syrien Bachar al-Assad et ses proches, qualifiant ces mesures de "nouvelle page noire" pour l'histoire de l'Europe.
"Ils ont commis une erreur lorsqu'ils se sont attaqués au président en adoptant des sanctions qui nuisent au peuple syrien" a dit M. Mouallem dans une interview à la télévision d'Etat.
      "Aujourd'hui, les Européens ont ajouté une nouvelle page noire dans leur histoire du colonialisme dans la région", a-t-il ajouté, avertissant que son pays "ne resterait pas silencieux face à ces mesures".
      "Ces mesures vont nous affecter comme elles affecteront les intérêts de l'Europe, qui n'aura pas de rôle à jouer à l'avenir dans la région", a-t-il affirmé.
      "Ils (les Européens) incitent à la violence et empêchent le gouvernement d'appliquer les réformes destinées à améliorer la qualité de vie des citoyens", a déploré le ministre syrien.
      "Ils veulent que la Syrie saigne parce qu'elle représente l'équation difficile face à leurs plans et aux projets expansionnistes d'Israël", a dit encore M. Mouallem, appelant ses compatriotes à "l'unité" et soulignant que Bachar al-Assad avait toujours les rênes du pouvoir pour conduire les réformes politiques et économiques.
      Le ministre, qui estime qu'Israël tire profit de sanctions adoptées par l'Union européenne contre Damas, a également critiqué les Etats-Unis: "dans chaque région où ils interviennent militairement, ils détruisent les infrastructures et leurs entreprises reviennent ensuite pour les reconstruire et tirer avantage des ressources pétrolières".
      Après les Etats-Unis, l'Union européenne a décidé lundi d'interdire de visa et de geler les avoirs de M. Assad.
      Selon les ONG et l'ONU, la répression du mouvement de contestation qui ébranle son régime depuis la mi-mars a fait plus de 900 morts, entraîné plus de 8.000 arrestations et poussé des milliers de Syriens à l'exode.
      Le nom de Bachar al-Assad devrait être publié mardi aux côtés de ceux de neuf autres responsables syriens au Journal officiel de l'UE, s'ajoutant à une première liste de 13 figures clé du régime --dont un frère du président et plusieurs cousins-- frappés depuis le 10 mai d'interdictions de visa en Europe et de gels d'avoirs.
      Les 27 avaient alors également décrété un embargo sur les armes et suspendu l'aide au développement européenne. Lundi, ils ont également appelé la Banque européenne d'investissement (BEI) à "ne pas approuver des opérations de financement en Syrie pour le moment".
" La Syrie dénonce les sanctions de l'Union européenne contre son peuple au moment où elle cherche à préserver sa sécurité et à mettre en place un dialogue national dans le cadre de réformes", avait rapporté un peu plus tôt lundi l'agence de presse officielle Sana.
      "Les décisions de l'UE visent à s'ingérer dans les affaires intérieures de la Syrie et à déstabiliser sa sécurité", avait-elle ajouté, ciblant particulièrement dans ses critiques la Grande-Bretagne et la France qui ont joué selon elle "un rôle clé dans l'adoption des sanctions, sans se préoccuper de la sécurité et de l'intérêt du peuple syrien".    

23 mai 2011

(AFP) -


Organisations mondiale

Otan

L'OTAN accentue sa pression sur le régime kadhafiste.

Au moins trois personnes ont été tuées et 150 blessées lors de raids de l'OTAN sur Tripoli dans la nuit du lundi 23 au mardi 24 mai, a annoncé le porte-parole du gouvernement libyen.

Moussa Ibrahim a ajouté que l'Alliance atlantique avait mené "entre douze et dix-huit raids contre une caserne de la garde populaire", des unités de volontaires qui épaulent l'armée.

Dans un communiqué, l'OTAN affirme, quant à elle, avoir pris pour cible un entrepôt de véhicules militaires à Tripoli, près de la résidence du colonel Kadhafi. Selon l'alliance, ce site " est connu pour avoir été actif au début de la répression contre la population en février 2011 et l'est resté depuis en réapprovisionnant les forces du régime qui mènent des attaques contre les civils innocents".

La presse étrangère à Tripoli estime que ces attaques sont les plus violentes depuis le début des opérations contre le régime kadhafiste, il y a deux mois. Plus d'une quinzaine de puissantes explosions ont été entendues dans le secteur de Bab al-Aziziya, résidence du colonel Mouammar Kadhafi, alors que des avions de chasse volaient à basse altitude. Selon un journaliste de l'AFP, les raids qui ont commencé mardi vers 1 heure ont duré plus d'une demi-heure.

Le porte-parole a affirmé : "La caserne était vide. La majorité des victimes sont des civils habitant à proximité." A l'hôpital de l'avenue Zawiyah, un journaliste de l'AFP a vu trois corps gisant sur des brancards, trois jeunes touchés à la tête, probablement par des éclats d'obus. Selon des témoins à l'hôpital, ces deux frères et leur cousin habitaient l'avenue Essoug, non loin de la caserne visée.

"NOS MAISONS SONT À PROXIMITÉ DES CASERNES"

"Ils étaient sortis après les premiers raids pour voir ce qui se passait. Mais ils ont été gravement touchés par les bombardements qui ont suivi", a indiqué à l'agence de presse un témoin qui s'est présenté comme leur voisin. Dans les autres salles de l'hôpital, des infirmiers s'affairaient autour d'une dizaine de cas. "D'autres blessés ont été envoyés dans différents hôpitaux", a expliqué M. Ibrahim.

"A Tripoli, nos maisons sont à proximité des casernes. Vous pouvez imaginer notre terreur et celle de nos familles à chaque fois qu'il y a des bombardements", a lancé Fathallah Salem, un habitant de l'avenue Essoug qui a dit avoir emmené sa mère, effrayée, à l'hôpital.

Le secteur de Bab al-Aziziya avait déjà été pris pour cible à plusieurs reprises par l'aviation de l'OTAN. L'opération de la coalition internationale contre le régime de Mouammar Kadhafi a été placée, début avril, sous commandement de l'Alliance atlantique.

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters

24.05.11



2 Les actions dans le monde

Pays

Israel

Golan: l'armée israélienne installe de nouveaux champs de mines.

L'armée israélienne a fait sauter des vieilles mines dispersées face aux lignes syriennes sur le plateau du Golan afin d'installer de nouveaux champs de mines, a indiqué jeudi le quotidien Maariv.
Selon le journal, cette mesure a été ordonnée par le chef d'état-major, le général Benny Gantz, à la suite du passage en force durant les commémorations dimanche de la "Nakba" palestinienne de manifestants venus de Syrie à Majdal Chams, dans la partie du Golan occupée par Israël depuis juin 1967.
Interrogée par l'AFP, une porte-parole de l'armée israélienne a confirmé sans autre précision que "le génie militaire procède à des travaux d'infrastructures sur le Golan".
Une centaine de manifestants palestiniens venus de Syrie étaient passés en force dimanche dans ce secteur, où le dispositif militaire israélien était minimal, franchissant des champs de mines, avant de repartir pour la plupart en fin de journée.
L'armée israélienne avait indiqué en 2010 que le Golan comptait "quelque 2.000 champs de mines signalés et entourés de barrières".
Au total, 14 manifestants ont été tués dimanche par des tirs israéliens, 10 à la frontière libanaise et 4 dans le Golan, selon des sources officielles libanaises et syriennes.
L'armée israélienne a justifié l'ouverture du feu sur le Golan par des jets de pierres sur ses troupes, le franchissement de la ligne de cessez-le-feu et à la frontière libanaise et par des "tentatives d'infiltration".
Les Palestiniens désignent par l'appellation de "Nakba" (catastrophe) la création d'Israël en 1948 et l'exode de quelque 760.000 Palestiniens qui s'en est suivi. Les réfugiés officiellement enregistrés sont actuellement au nombre de 4,8 millions avec leurs descendants, répartis pour l'essentiel entre la Jordanie, la Syrie, le Liban et les territoires palestiniens.

Jeudi 19 mai 2011,



3 Les réactions dans le monde

Afrique du Sud

Le président sud-africain va discuter avec Kadhafi de son départ

Le chef de l'Etat sud-africain, Jacob Zuma, se rendra lundi 30 mai en Libye pour discuter avec le colonel Mouammar Kadhafi d'une stratégie qui lui permettrait de quitter le pouvoir, a indiqué mercredi la présidence sud-africaine.

"Le président Zuma s'arrêtera le 30 mai à Tripoli pour discuter avec le leader libyen Mouammar Kadhafi, en tant que membre du panel de haut niveau de l'Union africaine pour la résolution du conflit libyen", selon un communiqué de ses services.

"Le but est de discuter d'une stratégie de sortie pour Mouammar Kadhafi", a ajouté une source anonyme au sein de la présidence. "Nous travaillons avec le gouvernement turc à ce sujet", a précisé une seconde source anonyme.

DEUXIÈME VISITE À TRIPOLI POUR ZUMA

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté le 17 mars une résolution qui a autorisé l'usage de la force en Libye contre le régime du colonel Kadhafi pour protéger les civils. La coalition menée par l'OTAN, qui a intensifié mardi ses bombardements sur Tripoli, a reconnu vouloir précipiter la chute de Mouammar Kadhafi.

L'Afrique du Sud, membre non permanent du conseil de sécurité, avait voté en faveur de la résolution, avant de regretter la manière dont elle est mise en œuvre et s'opposer "à la doctrine du changement de régime". Jacob Zuma s'était déjà rendu à Tripoli le 10 avril avec une délégation de haut niveau de l'Union africaine pour négocier une trêve entre le colonel Kadhafi et les rebelles. Ces derniers ont refusé la trêve, réclamant avant toute chose le départ de Kadhafi.

LEMONDE.FR avec AFP

25.05.11


Russie

Moscou estime que les frappes en Libye outrepassent le mandat de l'ONU.

Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé mercredi l'intensification des frappes aériennes visant la capitale libyenne Tripoli, jugeant qu'elles constituaient "un écart grossier" par rapport au mandat de l'ONU.

"Des informations inquiétantes nous parviennent une nouvelle fois de Libye au sujet des puissantes frappes aériennes auxquelles ont procédé les forces de la coalition à Tripoli", a indiqué le ministère dans un communiqué.

"Il s'agit d'un nouvel écart grossier par rapport aux résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU", poursuit-il.

La coalition menée par l'Otan, qui espère précipiter la chute de Mouammar Kadhafi, a intensifié mardi ses bombardements sur Tripoli.

La diplomatie russe relève en particulier que des "bâtiments n'ayant pas un caractère militaire" ont été touchés par ces bombardements.

"Les frappes aériennes ne permettent pas de mettre un terme à la confrontation entre les parties libyennes et ne font qu'accroître les souffrances des civils libyens", estime le ministère.

La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, s'était abstenue le 17 mars de faire usage de son droit de veto lors du vote de la résolution 1973 qui a autorisé l'intervention d'une coalition internationale en Libye contre le régime du colonel Kadhafi pour protéger les civils.

Depuis, Moscou a vivement critiqué les bombardements de la coalition en Libye, jugeant qu'elle outrepassait le mandat défini par les Nations unies.

Ces nouvelles critiques russes interviennent à la veille du début du sommet du G8 en France, lors duquel les conflits secouant le monde arabe devraient être au cœur des discussions.

Levif.be avec Belga

Mercredi 25 mai


Israël Shamir : La Russie a maintenant son comité de solidarité avec les peuples de Libye et de Syrie.
Le Comité s'est constitué il y a quelques jours, et offrira une conférence de presse à l'agence de presse RIA à Moscou le 20 mai prochain. Il sera représenté par son président, le professeur Sergueï Babourine, recteur de l'Université d'Economie de Moscou, Israël Shamir, Jamal Hyder (Centre Islamique de Russie), l'Ambassadeur Persypkine, la vedette de la télévision Maxime Chevchenko.
Le comité a condamné les bombardements de l'OTAN sur la Libye, et exige que les Libyens puissent décider de leur avenir politique par eux-mêmes. L'agression de l'OTAN contre la Libye est une transgression de la Charte de l'ONU qui interdit l'agression contre des Etats souverains; c'est une transgression de la Résolution du Conseil de Sécurité 1973, qui recommandait exclusivement
l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne".
Le comité appelle le gouvernement russe à réunir le Conseil de Sécurité pour un débat urgent, et en attendant, appelle à suspendre toute activité du Conseil
OTAN - Russie, et à mettre fin aux sanctions.Encore plus important, l'appel du Comité à retirer les fonds souverains russes de tout emplacement où ils pourraient être saisis par le gouvernement US, de la même façon que les USA ont saisi les fonds souverains libyens et les ont transférés en partie au groupe rebelle de Benghazi, illégal et non reconnu.
A la différence de plusieurs autres organisations, ce comité russe a refusé de s'exprimer au titre du soutien à Mouammar Kadhafi: c'est un problème purement interne qui ne concerne que les Libyens, de savoir s'ils veulent ou ne veulent pas de Kadhafi. Je sais que beaucoup de Libyens n'aiment pas Kadhafi et veulent s'en débarrasser. Il ne s'agit pas pour moi de soutenir ou de condamner le
dirigeant libyen. Mais la campagne de bombardements doit cesser immédiatement.
I
sraël Shamir
En  russe http://www.meast.ru/article/komitet-solidarnosti-s-narodami-livii-i-sirii



4 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

4-1 Levif.be: L'Otan veut en finir avec le régime Kadhafi devenu apathique.

L'Otan intensifie sa tactique d'usure des forces loyales au colonel Mouammar Kadhafi dans l'espoir d'en précipiter la chute, comme l'illustrent les bombardements violents de Tripoli dans la nuit de lundi à mardi et la décision franco-britannique d'envoyer des hélicoptères de combat.

"Le régime est devenu très apathique depuis quinze jours, il a perdu l'initiative militaire et semble même être sur la défensive, signe que nous sommes sur la bonne voie", a affirmé mardi à l'AFP un haut responsable militaire de l'Otan.

"On se dit qu'il faut accélérer, augmenter le rythme de nos opérations, pour que le fruit tombe tout seul", a-t-il ajouté, l'objectif étant que "fin juin, début juillet Kadhafi soit tombé".
Il n'empêche qu'après deux mois d'une campagne de bombardements lancée le 19 mars et passée sous commandement Otan début avril, les troupes rebelles, mal formées, mal encadrées, mal équipées, progressent peu et que le régime de Tripoli tient toujours.

Pour éviter un enlisement, avec ses conséquences diplomatiques imprévisibles et son impact sur les finances d'alliés déjà en proie à une crise budgétaire, l'Otan n'a pas le choix, selon ce haut responsable: il lui faut "accélérer son entreprise de destruction systématique de l'appareil militaire de Tripoli, avec pour objectif la neutralisation définitive des forces de Kadhafi".

La décision d'accentuer la pression sur le régime date d'il y a un mois, comme en témoignent les frappes répétées au coeur de Tripoli dont celle qui s'est soldée dans la nuit du 30 avril au 1er mai par la mort, non confirmée par l'Otan, d'un fils de Kadhafi et de trois de ses petits-enfants.

Les raids de la nuit de lundi à mardi contre un parc de véhicules proche du complexe de Bab Al-Aziziya, résidence du colonel Kadhafi, vont dans le même sens. Ce ne sont pas les premiers ni les plus violents, a souligné un responsable allié, rappelant que le 13 mai, l'Otan avait bombardé vingt parcs d'engins blindés dans la région de la capitale.

"Les échéances se rapprochent", a souligné un diplomate allié.
Le mandat de l'Otan pour l'opération "Unified Protector" lui donne trois mois. Fin juin, les 28 alliés, dont beaucoup sont absents du théâtre d'opération, voire ont exprimé au départ leur opposition au principe même de l'intervention armée, comme l'Allemagne et la Turquie, devront faire un premier bilan de son action, avant de décider de sa prolongation éventuelle.
Dès les 8 et 9 juin, les ministres de la Défense alliés auront l'occasion d'en débattre lors d'une réunion à Bruxelles.

D'ici là, la Russie, qui appuie un cessez-le-feu immédiat, et la Chine, sur la même ligne, sont à l'affût d'un faux pas des Occidentaux. Quant aux Etats-Unis, leurs réticences à jouer les premiers rôles signifient qu'il revient aux Européens de prendre leurs responsabilités.

Paris et Londres, pressés de sortir de l'affaire libyenne dès que possible, "refusent la perspective d'un engagement de longue durée", a souligné un diplomate allié.

D'où notamment leur décision, annoncée lundi par les autorités françaises, d'envoyer des hélicoptères de combat en Libye pour être en mesure d'effectuer des frappes plus précises que des chasseurs-bombardiers, sans mettre en danger les civils parmi lesquels les soldats de Kadhafi se cachent.

C'était déjà la raison pour laquelle des "dizaines de membres des forces spéciales des deux pays ont œuvré à Misrata, afin de faciliter le ciblage" des troupes kadhafistes et empêcher la ville de tomber, a confié un officier allié.

Leur intervention - jamais reconnue par les deux pays concernés, ni par l'Otan - a été efficace. La rébellion a réussi le 12 mai à briser l'encerclement des forces gouvernementales après plus de deux mois de siège.

Levif.be avec Belga

Mardi 24 mai 2011


4-2 Alain Corvez : La Syrie, objet de toutes les attaques.

par Alain Corvez, conseiller en stratégie internationale

A l’image des révolutions « orange » ou d’autres couleurs qui, au nom de la démocratie érigée en valeur suprême et universelle, visaient en Europe orientale, dans le sillage de l’effondrement du communisme soviétique, à renverser des pouvoirs même élus démocratiquement mais qui n’étaient pas favorables à ce qu’on appelle « l’Occident », autant dire les Etats-Unis d’Amérique, les révolutions arabes baptisées du jasmin ou printanières, utilisent l’aspiration sincère des populations pour l’égalité, la justice, la fin du népotisme, et surtout des emplois pour pouvoir vivre décemment, pour renverser les régimes qui contestent la vision américaine du monde et notamment du règlement du conflit israélo-palestinien.

Les ONG des droits de l’homme contrôlées par des Etats ou des multinationales

  De nombreuses organisations internationales, non gouvernementales, brandissant l’étendard des droits de l’homme ou de la démocratie, agissent en réalité grâce aux soutiens multiples des Etats-Unis, pour déstabiliser les régimes considérés comme hostiles à Washington, s’appuyant sur quelques revendications légitimes des populations.

   Lors d’un colloque récent à l’Assemblée Nationale sur ce sujet, un représentant des services français indiquait qu’ils avaient un inventaire de ces organisations soucieuses du bien de l’homme qui montrait que 70% d’entre elles étaient contrôlées par des Etats ou des multinationales. Le député Bernard Carayon précisait quelques minutes plus tard qu’en réalité 100% des plus importantes étaient dans ce cas.

   L’amiral Lacoste me disait juste avant le colloque que les Etats-Unis avaient une longue expérience de l’utilisation d’ennemis pour combattre d’autres ennemis, depuis les islamistes Afghans contre les soviétiques et qu’Israël en suscitant la création du Hamas pour contrer le Fatah avait fait de même. Les ONG soutenues par Washington utilisent aujourd’hui les slogans des droits de l’homme qui permettent à des islamistes de se glisser dans la peau de démocrates.

   Il ne faut d’ailleurs pas faire d’amalgame trompeur entre les salafistes du Machrek et ceux du Maghreb qui n’ont ni les mêmes motivations ni les mêmes ambitions, ni les mêmes modes opératoires. L’Arabie Saoudite, alliée de l’Amérique et en accord avec elle, soutient depuis des années les groupes extrémistes musulmans qui permettent les interventions américaines, ce qui a failli se retourner contre elle lors du 11 septembre 2001, et notamment les organisations salafistes hostiles au Baas, le parti laïc au pouvoir en Syrie.

Désinformation sur Al-Jazeera et Al-Arabiya

   Les moyens modernes de communication, l’Internet et les SMS permettent de développer rapidement des slogans revendicatifs réalisant ainsi une « agit-prop », une propagande, qui n’a jamais été aussi efficace. Elle ne fut cependant pas suffisante en Libye qui a nécessité cette calamiteuse intervention militaire sous le faux prétexte de protéger les civils et qui finira par chasser Kadhafi du pouvoir après bien des difficultés et des tragédies humaines, car l’expérience prouve qu’il avait des soutiens importants, mais débouchera sur un vide politique qui mènera à la partition du pays et à son cortège de catastrophes.

   Les médias arabes les plus importants comme Al-Jazeera et Al-Arabiya, associés aux intérêts américains, diffusent des images, authentiques ou transformées, soutenant les révoltes quand elles vont dans le sens de leurs objectifs, ou les passant sous silence dans le cas inverse. Ensuite, l’AFP et les autres agences occidentales n’ont qu’à reprendre ces images en les agrémentant de témoignages de « militants des droits de l’homme ».

   La Syrie est l’objet de toutes les attaques car le régime a depuis toujours soutenu la cause arabe en accueillant les Palestiniens exilés, respecté la culture musulmane du pays mais combattu fermement l’islam politique radical, et rassemble des communautés diverses, sunnites, chiites, alaouites, chrétiennes, druzes, kurdes, en une nation au destin commun.

   Depuis qu’il est arrivé au pouvoir sans l’avoir recherché, le jeune Président Bachar El Assad, a annoncé et décidé qu’il voulait réformer le pays pour l’adapter aux temps modernes et s’il a pu réaliser certaines réformes dans les domaine de l’économie, de la finance, de l’administration, les évènements extérieurs pressants comme l’assassinat en février 2005 de Rafic Hariri dont son pays fut aussitôt accusé, la guerre israélo-libanaise de juillet août 2006 et d’autres, l’ont empêché de les réaliser dans le calme indispensable à une telle politique. Mais il a réitéré encore récemment son désir d’évolution sans révolution.

   D’ailleurs, la population syrienne forte de près de 20 millions d’habitants est restée silencieuse, les autorités craignant que des manifestations de soutien entraînent des chocs avec des opposants, notamment les groupes salafistes armés et entraînés de l’extérieur qui espèrent une revanche de leur écrasement dans les années 82 ; les manifestants montrés sur les chaînes arabes ne sont que quelques milliers au plus, 50.000 lors du rassemblement le plus important. On a eu la preuve de la désinformation de Al-Arabiya et Al-Jazeera le jour où elles diffusaient « en direct » des images d’une manifestation sous le soleil de Damas alors qu’il tombait au même moment des trombes de grêle sur la ville, fait assez rare en Syrie.

Le revirement brutal du Président Sarkozy

   Quels sont d’ailleurs ces « manifestants pacifiques ou représentants des droits de l’homme rencontrés par l’AFP » qui ont tué par balles des dizaines de représentants des forces de l’ordre ?

   Il est clair que la masse du pays soutient les dirigeants nationaliste actuels, même si elle aspire à plus de libéralisme économique et politique, à davantage d’emplois et à un meilleur niveau de vie, mais elle comprend qu’il s’agit d’un complot visant à détruire l’unité du pays pour installer des rivalités ethniques et confessionnelles, qui permettront ensuite de dicter une autre politique plus conciliante envers celle de l’Amérique.

   Dans cette conjoncture, le revirement brutal du Président Sarkozy est incompris des Syriens qui avaient vu dans le rapprochement entre les deux pays suivi d’échanges importants dans tous les domaines, le contre pied de l’obstination anti-syrienne de Chirac, et que le raisonnement stratégique du nouveau locataire de l’Elysée réalisait qu’une grande politique arabe de la France ne pouvait se faire en refusant de parler à la Syrie, que la question iranienne était liée aux bons offices de Damas, comme le règlement du conflit israélo-palestinien. Le Président Assad avait d’ailleurs offert ses services dans ce domaine lors de son passage à Paris en novembre 2010.

   Le rôle central de la Syrie dans les équilibres du Moyen-Orient est encore renforcé par son influence sur l’avenir de son voisin de l’est : depuis le début de l’intervention américaine en Iraq et jusqu’à aujourd’hui, elle a accueilli un nombre très important de réfugiés ayant fui leur pays pour des raisons multiples, les estimations les plus sûres annonçant 1,5 million installés en Syrie, peut-être plus. En dehors de l’aspect humanitaire à mettre au crédit du régime syrien, il est évident que cette masse de réfugiés doit jouer un rôle dans l’avenir de l’Iraq toujours en recherche de stabilité.

La diplomatie française donne l’impression d’être systématiquement pro-américaine

   « Les gendarmes du monde »  étant occupés et enlisés ailleurs, le régime syrien n’a pas à craindre une intervention militaire, qui serait d’ailleurs catastrophique pour tout le monde, et devrait parvenir à museler les acteurs internes du complot sans avoir à redouter autre chose que des déclarations vertueuses et lénifiantes de Washington, Bruxelles et Paris, ou des sanctions économiques sans grand effet stratégique à court terme.

   La France a tout intérêt à comprendre rapidement que les tentatives pour mettre des régimes favorables à la tête des pays arabes, idée de Washington, n’est pas conforme à la volonté des peuples concernés qui, tôt ou tard la rejetteront, et qu’elle doit retourner aux fondamentaux d’une politique étrangère indépendante, respectueuse du droit des peuples à décider eux-mêmes de leur sort.

   Le mondialisme a vécu. L’Union européenne est exsangue et l’on assiste au retour des seules réalités qui comptent que sont les nations qui rassemblent des peuples aux passés et aux destins communs. Les nations peuvent s’entendre entre elles et coopérer sur des objectifs partagés et définis mais le « village mondial » n’a pas aboli les rivalités d’intérêts et ceux qui renoncent à leur souveraineté au nom d’un utopique idéal d’union devront un jour rendre compte de leurs abandons. C’est la loi inexorable des relations internationales de ne prendre en compte que les réalités sensibles. La France doit retrouver son indépendance et sa souveraineté, y compris sur ses espaces maritimes lointains, même si certains Etats s’en émeuvent, répondant ainsi à son destin mondial de puissance traditionnellement opposée à l’impérialisme quel qu’il soit. Elle s’inscrira alors dans les prévisions visionnaires de Teilhard de Chardin qui envisageait des ensembles de plus en plus grands mais constitués de cellules de plus en plus structurées et complexes.

   La diplomatie française doit à nouveau prendre le recul indispensable à la compréhension du sens de l’histoire du monde et ne plus donner l’impression d’être systématiquement associée aux intérêts d’une Amérique qui a du mal à s’adapter à l’émergence d’un monde nouveau et qui n’a rien à offrir à ses alliés sinon une participation à des aventures guerrières coûteuses à tous points de vue. Les changements de caps récents dans le monde arabe ne montrent pas une réflexion stratégique globale et pour revenir sur l’exemple syrien, nous aurions tort de croire que la contestation entretenue artificiellement  parvienne à ses fins dans un pays où les habitants sont ombrageusement nationalistes et fiers de leur riche passé. Quelques dizaines de milliers de manifestants, même cent mille, ne sont rien par rapport à presque 20 millions qui assistent pour l’instant silencieusement à la déstabilisation d’un pouvoir qui, paradoxalement,  a annoncé des réformes mais attend le retour au calme pour les mettre en œuvre et est le mieux placé pour les faire.

Titre et intertitres : France-Irak Actualité

Gilles Munier

http://www.france-irak-actualite.com/article-la-syrie-objet-de-toutes-les-attaques-74534686.html

 (21/5/11)

Sur France-Irak Actualité :

http://0z.fr/NdCW0


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