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26/05/2011

n°2 - Journal de Syrie - 27-04 au 25-05 - : Suite - : La Syrie, objet de toutes les attaques


n°2 - Journal de Syrie  -  27-04 au 25-05 - : Suite  - :  La Syrie, objet de toutes les attaques.


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Syrie

 n°2                          27-04 au 25-05

        C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Syrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Sommaire :  

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Sara Flounders : Les événements en Syrie – Quel camp avez-vous choisi ?

6 Annexe

6-1 René Naba : Syrie-Algérie : Raison d’état ou déraison d’état ?

6-2 Robert Bibeau : Révoltes arabes & Repressions néo-coloniales.

6-3 Thierry Meyssan : La Contre-révolution au Proche-Orient.

 



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

5-1 Sara Flounders : Les événements en Syrie – Quel camp avez-vous choisi ?

Quand l’impérialisme américain s’engage dans une agression contre l’un ou l’autre gouvernement ou mouvement, il est essentiel que les mouvements ouvriers et les mouvements politiques progressistes en faveur du changement puissent collecter le maximum d’informations disponibles et prendre position.

Il est lâche de rester neutre et c’est une trahison à l’égard de sa classe que de se ranger dans le même camp que celui de la pieuvre impérialiste qui cherche à dominer le monde.

C’est le b a ba des mouvements ouvriers depuis un siècle et demi de lutte des classes. C’est la base même du marxisme. Cela se retrouve dans les chants syndicaux qui posent la question : « Which side are you on ? » (De quel côté êtes-vous ?) et chez les organisateurs ouvriers qui ne cessent de répéter « En blesser un, c’est les blesser tous. »

Une explosion sociale ébranle le monde arabe. L’impérialisme américain et tous les anciens régimes qui lui sont liés dans la région tentent désespérément de gérer et de contenir ce soulèvement de masse incessant dans des voies qui ne mettent pas en péril la domination impérialiste sur le Proche et Moyen-Orient.

Les États-Unis et leurs collaborateurs essaient également de diviser et de saper les deux ailes de la résistance – les forces islamiques et les forces nationalistes laïques – qui, ensemble, ont renversé les dictatures soutenues par les États-Unis en Égypte et en Tunisie. On assiste actuellement à un effort américain concerté en vue de dresser ces mêmes forces politiques contre deux régimes de la région qui, dans le passé, se sont opposés à la domination américaine : en Libye et en Syrie.

Ces derniers pays ont tous deux leurs propres problèmes de développement, lesquels sont exacerbés par la crise capitaliste mondiale en général et par des décennies de compromis qu’on leur a imposés du fait qu’ils tentaient de survivre dans un environnement hostile d’attaques incessantes – politiques et parfois militaires, le tout comprenant également des sanctions économiques.

Les bombardements de la Libye des œuvres des États-Unis et de l’Otan ont clairement montré où en est l’impérialisme vis-à-vis de ce pays. Les exploiteurs transnationaux sont bien décidés à s’emparer totalement des réserves pétrolières les plus riches de l’Afrique et de mettre un terme au flux de milliards de dollars par lequel la Libye contribuait au développement de pays africains beaucoup plus pauvres.

La Syrie est également visée par l’impérialisme – en raison de sa défense héroïque de la résistance palestinienne des décennies durant et de son refus de reconnaître l’occupation sioniste. L’aide de la Syrie au Hezbollah dans sa lutte pour mettre un terme à l’occupation israélienne du Liban et dans son alliance stratégique avec l’Iran ne peut être oubliée non plus.

Même si une grande partie de la situation interne de la Syrie est malaisée à comprendre, il convient de faire remarquer que, dans la lutte qui se déroule actuellement, des déclarations claires de soutien au gouvernement syrien et d’hostilité aux efforts américains de stabilisation ont été prononcées par Hugo Chávez au Venezuela, par le secrétaire général du Hezbollah, Seyyed Hassan Nasrallah, au Liban et par plusieurs dirigeants en exil du Hamas, l’organisation palestinienne élue par les habitants de Gaza. Ces dirigeants politiques ont vécu aux premières loges les campagnes américaines de déstabilisation, qui recouraient à l’invention de mythes par les médias traditionnels, à des groupes d’opposition financés de l’extérieur, à des assassinats bien ciblés, à des opérations spéciales de sabotage et se servaient d’agents bien entraînés travaillant sur Internet.

Du côté de ce qui est censé être « l’opposition démocratique », on trouve des réactionnaires comme le sénateur Joseph Lieberman, président de la puissante Commission sénatoriale pour la sécurité intérieure, qui a lancé un appel pour que les États-Unis bombardent la Syrie, après la Libye. Parmi les partisans déclarés de l’opposition en Syrie, on trouve également James Woolsey, ancien directeur de la CIA et conseiller de la campagne électorale du sénateur John McCain.

Wikileaks dénonce le rôle des États-Unis

Un article intitulé « Les États-Unis ont soutenu secrètement les groupes d’opposition syriens » et rédigé par Craig Whitlock (Washington Post, 18 avril) décrivait par le menu les informations contenues dans les câbles diplomatiques américains que Wikileaks avait adressés aux agences d’information du monde entier et publiés sur son site Internet. L’article résume ce que ces câbles du ministère américain des Affaires étrangères révèlent à propos du financement secret des groupes syriens d’opposition politique, y compris la transmission dans le pays d’émissions antigouvernementales et ce, via la télévision par satellite.

L’article décrit les efforts financés par les États-Unis comme faisant partie d’une « campagne de longue haleine visant à renverser le dirigeant autocratique du pays, Bashar al-Assad », qui a fait ses débuts sous le président George W. Bush et a poursuivi sa carrière sous le président Barack Obama, même si ce dernier a prétendu qu’il reconstruisait les relations avec la Syrie et qu’il a installé un ambassadeur en Syrie pour la première fois depuis six ans. Selon un câble d’avril 2009 signé par le diplomate le plus élevé en grade à Damas à l’époque, les autorités syriennes « considéraient sans aucun doute tout financement de groupes politiques illégaux comme équivalant à appuyer un changement de régime ». L’article du Washington Post décrit plus ou moins en détail les liens entre la chaîne de TV de l’opposition Barada, financée par les États-Unis, et le rôle de Malik al-Abdeh, qui fait partie de son conseil d’administration et diffuse des vidéos de protestation. Al-Abdeh fait également partie de la direction du Mouvement pour la justice et la démocratie, présidé par son propre frère, Anas Al-Abdeh. Les câbles secrets « font état de craintes persistantes, parmi les diplomates américains, que les agents de la sécurité d’État syrienne n’aient découvert que la piste de l’argent remontait jusqu’à Washington ».

Le rôle d’Al Jazeera

Peut-être le défi de la campagne de déstabilisation en Syrie, ainsi que sa dénonciation, sont-ils venus avec la démission de Ghassan Ben Jeddo, le journaliste bien connu des nouvelles émissions de télévision d’Al Jazeera et le responsable de l’agence d’Al Jazeera à Beyrouth. Ben Jeddo a démissionné pour protester contre la partialité d’Al Jazeera, mettant tout spécialement en exergue une « campagne de diffamation contre le gouvernement syrien » qui a transformé la chaîne de TV en « vulgaire organe de propagande ».

Al Jazeera a couvert favorablement l’incontrôlable soulèvement de masse de millions de personnes en Égypte et en Tunisie. Cependant, cette chaîne d’information par satellite a également fait état par le détail de toute revendication et accusation politique, sans égard pour la façon dont elles pouvaient n’être pas fondées, qui ont été exprimées par l’opposition politique, tant en Syrie qu’en Libye. Al Jazeera est devenue la voix la plus forte de la région – elle est captée par des millions de spectateurs – pour réclamer l’intervention « humanitaire » des États-Unis, des zones d’exclusion de vol et le bombardement de la Libye. Ainsi donc, il est important de bien comprendre la position d’Al Jazeera en tant que société d’information, et tout particulièrement lorsqu’elle prétend s’exprimer en faveur des opprimés.

Al Jazeera, dont le siège est au Qatar, ne fait jamais état du fait que 94 pour 100 du travail au Qatar est effectué par des immigrés qui n’ont absolument aucun droit et qui survivent dans des conditions proches de l’esclavage. La répression brutale du mouvement de masse dans le royaume à monarchie absolutiste de Bahrein, voisin immédiat du Qatar et actuellement occupé par les troupes saoudiennes, ne reçoit que peu de couverture non plus de la part d’Al Jazeera.

Cette censure est-elle due au fait qu’Al Jazeera TV News a été fondé par le monarque absolu du Qatar, l’émir Sheikh Hamad bin Khalifa Al Thani ?

Il est particulièrement important de faire remarquer qu’Al Jazeera ne mentionne jamais l’énorme base aérienne militaire du Commandement central américain, installé au Qatar précisément. Des drones en mission secrète dans la région décollent régulièrement de cette base. Le Qatar a également envoyé des avions pour participer aux bombardements en Libye des États-Unis et de l’Otan.

Le Qatar travaille en étroite collaboration avec le ministère américain des Affaires étrangères pour appuyer à fond l’intervention des États-Unis dans la région. Le Qatar a été l’un des premiers États arabes, et le premier des États du Golfe, à établir des relations avec israël. Lors des bombardements de Gaza par Israël, en 2009, il a suspendu ces relations mais, depuis, a proposé de les renouer.

Facebook et la contre-révolution

La CIA et le NED (National Endowment for Democracy – Fondation nationale en faveur de la démocratie) sont devenus des experts dans l’utilisation des barrages des médias sociaux tels que Facebook, Twitter et Youtube pour submerger les gouvernements visés de millions de messages fabriqués, de rumeurs et d’images incontrôlées.

Les alertes fabriquées sur les luttes et les scissions entre les factions rivales de l’armée syrienne, lesquelles auraient abouti à des démissions, étaient fausses. Par exemple, le général de division al-Rifai (retraité) a nié comme dénuées de fondements les informations par TV satellite prétendant qu’il dirigeait une scission au sein de l’armée. Il a ajouté qu’il était retraité depuis dix ans.

Izzat al-Rashek, du Bureau politique du Hamas, et Ali Baraka, représentant du Hamas au Liban, ont infirmé publiquement des allégations prétendant que la direction de cette organisation palestinienne de résistance quittait Damas pour se réinstaller au Qatar. Ali Baraka a expliqué que c’était un bobard monté par les États-Unis pour exercer des pressions sur Mahmoud Abbas, du Fatah, et entraver la réconciliation palestinienne tout en attisant le conflit entre les mouvements de résistance et la Syrie.

Le gouvernement syrien a accusé des snipers d’avoir tiré sur des manifestations, sur l’armée et sur la police dans l’intention de voir la police ouvrir à son tour le feu sur les manifestants.

Les rumeurs, les messages anonymes sur Internet et les rapports émis par TV satellite dans l’intention d’exacerber les divergences sectaires font partie de la campagne de déstabilisation.  

Le caractère dual de la Syrie

Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi l’impérialisme américain et ses pions dans la région, y compris Israël et les monarchies corrompues et dépendantes que sont la Jordanie, le Qatar, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, aimeraient voir un « changement de régime » en Syrie.

La Syrie est l’un des rares pays arabes à n’entretenir aucune relation avec Israël. Plusieurs organisations de résistance palestinienne ont des « bureaux en exil » en Syrie, y compris le Hamas. La Syrie est alliée de façon étroite à l’Iran et au Liban.

La Syrie aujourd’hui n’est ni un pays socialiste, ni un pays révolutionnaire. Le capitalisme - et l’inégalité qui en résulte - n’y a pas été renversé. Il existe une classe capitaliste, en Syrie : nombreux sont ceux qui, en sont sein, ont bénéficié des « réformes » au cours desquelles des industries anciennement aux mains de l’État ont été vendues à des capitaux privés.

Toutefois, l’État syrien représente des forces contradictoires. Le pays a été un bastion de protection des gains obtenus lors des luttes et soulèvements anticoloniaux des masses arabes dans les années 60 et 70. Au cours de cette période, de nombreux gains sociaux importants ont été réalisés, des industries et ressources majeures ayant appartenu au capital étranger ont été nationalisées et d’importants progrès ont été enregistrés dans la garantie des soins de santé, dans le niveau de vie et l’enseignement.

La Syrie sous le parti socialiste arabe Ba’ath est résolument laïque. Elle a maintenu la liberté religieuse pour tous, tout en n’autorisant aucun groupement religieux à dominer l’État ou à être promu par ce dernier.

Mais le régime syrien a également réprimé sévèrement les efforts des mouvements de masse basés au Liban et en Syrie et qui voulaient poursuivre la lutte. Il a justifié sa répression des mouvements passés en insistant sur sa position précaire à proximité d’Israël, sur l’impact des deux guerres contre Israël, en 1967 et 1973, et sur l’occupation et l’annexion par Israël de l’importante région syrienne que sont les hauteurs du Golan, et ce, depuis 44 ans.

Les années de sanctions de la part des États-Unis et les efforts de déstabilisation du passé ont également eu un effet cumulatif. L’appareil d’État, craignant depuis longtemps les perpétuelles interventions de l’extérieur, craint désormais le changement.

Il est essentiel de reconnaître ce caractère dual et de ne pas excuser ni d’ignorer tous les problèmes qui en découlent.

La Syrie a assumé le fardeau supplémentaire de nourrir et d’héberger plus de 500.000 réfugiés palestiniens et leurs descendants ces 63 dernières années. Les conditions sont meilleures que dans n’importe quel pays avoisinant parce que, contrairement à ce qui se passe au Liban et en Jordanie, les soins de santé, l’éducation et le logement sont accessibles aux Palestiniens vivant en Syrie.

L’impact de la guerre en Irak

L’invasion et la destruction massive par les États-Unis du pays voisin, l’Irak, la discussion entre Bush et Blair d’une semblable agression contre la Syrie en 2003 et les nouvelles sanctions très dures contre la Syrie ont encore accru l’intensité des pressions.

Mais le facteur le plus destructeur n’a jamais été discuté dans les médias traditionnels : plus de 1.500.000 Irakiens ont afflué en Syrie afin d’échapper à l’occupation américaine de ces huit dernières années.

Ceci a eu une importante influence sur un pays dont la population était de 18 millions d’habitants en 2006. Selon un rapport sorti en 2007 par le bureau du haut commissaire américain pour les Réfugiés, l’arrivée quotidienne de 2000 Irakiens désespérés a eu un impact extrême sur toutes les facettes de la vie en Syrie, particulièrement sur les services proposés par l’État à tous ses citoyens et à tous les réfugiés. La Syrie a le plus haut niveau de droits civiques et sociaux pour les réfugiés, dans toute la région. D’autres pays des alentours exigent un minimum de solvabilité bancaire et expulsent les réfugiés nécessiteux.

L’arrivée inattendue de ces réfugiés irakiens a eu un impact dramatique sur les infrastructures, sur les écoles primaires et supérieures à la gratuité garantie, sur les soins de santé gratuits, sur la disponibilité des logements et sur les autres domaines de l’économie. Elle a provoqué une hausse des prix dans toute l’alimentation. Les prix des denrées alimentaires et des biens de première nécessité ont augmenté de 30 pour 100, les prix des propriétés de 40 pour 100 et les prix des loyers de 150 pour 100.

Les réfugiés irakiens ont également bénéficié de la part de l’État syrien de subsides pour le carburant, la nourriture, l’eau et autres produits essentiels pour tout le monde. Une telle masse de personnes sans emploi a amené une baisse des salaires et a augmenté la concurrence autour des emplois. L’impact du ralentissement économique mondial durant cette période difficile a encore aggravé les problèmes. (Middle East Institute, 10 décembre 2010, rapport sur la Coopération au profit des réfugiés).

Les États-Unis ont créé la crise des réfugiés, qui a amené le déplacement de plus de 25 pour 100 de la population irakienne en raison des violences sectaires. Pourtant, ils acceptent le nombre le plus bas de réfugiés et ils ont contribué aux frais des secours des Nations unies pour une somme moindre que le coût d’un seul jour de guerre en Irak. Les sanctions américaines contre la Syrie ont encore accru la désorganisation économique du pays.

Tout cela a accru la conscience du gouvernement et du peuple de Syrie à propos des dangers de l’occupation américaine et de la déstabilisation interne et du bain de sang qui pourraient venir de la violence sectaire attisée par les États-Unis.

Washington prétend être ennuyé à propos de l’instabilité qui règne en Syrie. Mais l’impérialisme américain en tant que système est amené à créer l’instabilité. La domination et le pouvoir débordants de l’armée et des sociétés pétrolières sur l’économique américaine et les énormes profits résultant des contrats militaires renforcent cette motivation à rechercher des solutions militaires.

Chaque déclaration faite par le gouvernement syrien a reconnu l’importance de réaliser des réformes internes tout en maintenant en place l’unité nationale dans un pays extrêmement diversifié présentant des différences historiques sur le plan de la religion, des tribus et des régions, et qui héberge actuellement près de deux millions de réfugiés.

Les diverses nationalités, religions et groupes culturels en Syrie ont absolument le droit de faire partie de ce processus. Mais ce dont ils ont le plus besoin, c’est que soit mis un terme à l’intervention constante et sans relâche des États-Unis.

USA, bas les pattes !

Sara Flounders

12 mai 2011

Source : workers.org

Traduction : JMF / Investig'Action

http://www.michelcollon.info:80/Les-evenements-en-Syrie-Quel-camp.html



6 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

6-1 René Naba : Syrie-Algérie : Raison d’état ou déraison d’état ?

A l’image des révolutions « orange » ou d’autres couleurs qui, au nom de la démocratie érigée en valeur suprême et universelle, visaient en Europe orientale, dans le sillage de l’effondrement du communisme soviétique, à renverser des pouvoirs même élus démocratiquement mais qui n’étaient pas favorables à ce qu’on appelle « l’Occident », autant dire les Etats-Unis d’Amérique, les révolutions arabes baptisées du jasmin ou printanières, utilisent l’aspiration sincère des populations pour l’égalité, la justice, la fin du népotisme, et surtout des emplois pour pouvoir vivre décemment, pour renverser les régimes qui contestent la vision américaine du monde et notamment du règlement du conflit israélo-palestinien.

Les ONG des droits de l’homme contrôlées par des Etats ou des multinationales

   De nombreuses organisations internationales, non gouvernementales, brandissant l’étendard des droits de l’homme ou de la démocratie, agissent en réalité grâce aux soutiens multiples des Etats-Unis, pour déstabiliser les régimes considérés comme hostiles à Washington, s’appuyant sur quelques revendications légitimes des populations.

   Lors d’un colloque récent à l’Assemblée Nationale sur ce sujet, un représentant des services français indiquait qu’ils avaient un inventaire de ces organisations soucieuses du bien de l’homme qui montrait que 70% d’entre elles étaient contrôlées par des Etats ou des multinationales. Le député Bernard Carayon précisait quelques minutes plus tard qu’en réalité 100% des plus importantes étaient dans ce cas.

   L’amiral Lacoste me disait juste avant le colloque que les Etats-Unis avaient une longue expérience de l’utilisation d’ennemis pour combattre d’autres ennemis, depuis les islamistes Afghans contre les soviétiques et qu’Israël en suscitant la création du Hamas pour contrer le Fatah avait fait de même. Les ONG soutenues par Washington utilisent aujourd’hui les slogans des droits de l’homme qui permettent à des islamistes de se glisser dans la peau de démocrates.

   Il ne faut d’ailleurs pas faire d’amalgame trompeur entre les salafistes du Machrek et ceux du Maghreb qui n’ont ni les mêmes motivations ni les mêmes ambitions, ni les mêmes modes opératoires. L’Arabie Saoudite, alliée de l’Amérique et en accord avec elle, soutient depuis des années les groupes extrémistes musulmans qui permettent les interventions américaines, ce qui a failli se retourner contre elle lors du 11 septembre 2001, et notamment les organisations salafistes hostiles au Baas, le parti laïc au pouvoir en Syrie.

Désinformation sur Al-Jazeera et Al-Arabiya

   Les moyens modernes de communication, l’Internet et les SMS permettent de développer rapidement des slogans revendicatifs réalisant ainsi une « agit-prop », une propagande, qui n’a jamais été aussi efficace. Elle ne fut cependant pas suffisante en Libye qui a nécessité cette calamiteuse intervention militaire sous le faux prétexte de protéger les civils et qui finira par chasser Kadhafi du pouvoir après bien des difficultés et des tragédies humaines, car l’expérience prouve qu’il avait des soutiens importants, mais débouchera sur un vide politique qui mènera à la partition du pays et à son cortège de catastrophes.

   Les médias arabes les plus importants comme Al-Jazeera et Al-Arabiya, associés aux intérêts américains, diffusent des images, authentiques ou transformées, soutenant les révoltes quand elles vont dans le sens de leurs objectifs, ou les passant sous silence dans le cas inverse. Ensuite, l’AFP et les autres agences occidentales n’ont qu’à reprendre ces images en les agrémentant de témoignages de « militants des droits de l’homme ».

   La Syrie est l’objet de toutes les attaques car le régime a depuis toujours soutenu la cause arabe en accueillant les Palestiniens exilés, respecté la culture musulmane du pays mais combattu fermement l’islam politique radical, et rassemble des communautés diverses, sunnites, chiites, alaouites, chrétiennes, druzes, kurdes, en une nation au destin commun.

   Depuis qu’il est arrivé au pouvoir sans l’avoir recherché, le jeune Président Bachar El Assad, a annoncé et décidé qu’il voulait réformer le pays pour l’adapter aux temps modernes et s’il a pu réaliser certaines réformes dans les domaine de l’économie, de la finance, de l’administration, les évènements extérieurs pressants comme l’assassinat en février 2005 de Rafic Hariri dont son pays fut aussitôt accusé, la guerre israélo-libanaise de juillet août 2006 et d’autres, l’ont empêché de les réaliser dans le calme indispensable à une telle politique. Mais il a réitéré encore récemment son désir d’évolution sans révolution.

   D’ailleurs, la population syrienne forte de près de 20 millions d’habitants est restée silencieuse, les autorités craignant que des manifestations de soutien entraînent des chocs avec des opposants, notamment les groupes salafistes armés et entraînés de l’extérieur qui espèrent une revanche de leur écrasement dans les années 82 ; les manifestants montrés sur les chaînes arabes ne sont que quelques milliers au plus, 50.000 lors du rassemblement le plus important. On a eu la preuve de la désinformation de Al-Arabiya et Al-Jazeera le jour où elles diffusaient « en direct » des images d’une manifestation sous le soleil de Damas alors qu’il tombait au même moment des trombes de grêle sur la ville, fait assez rare en Syrie.

Le revirement brutal du Président Sarkozy

   Quels sont d’ailleurs ces « manifestants pacifiques ou représentants des droits de l’homme rencontrés par l’AFP » qui ont tué par balles des dizaines de représentants des forces de l’ordre ?

   Il est clair que la masse du pays soutient les dirigeants nationaliste actuels, même si elle aspire à plus de libéralisme économique et politique, à davantage d’emplois et à un meilleur niveau de vie, mais elle comprend qu’il s’agit d’un complot visant à détruire l’unité du pays pour installer des rivalités ethniques et confessionnelles, qui permettront ensuite de dicter une autre politique plus conciliante envers celle de l’Amérique.

   Dans cette conjoncture, le revirement brutal du Président Sarkozy est incompris des Syriens qui avaient vu dans le rapprochement entre les deux pays suivi d’échanges importants dans tous les domaines, le contre pied de l’obstination anti-syrienne de Chirac, et que le raisonnement stratégique du nouveau locataire de l’Elysée réalisait qu’une grande politique arabe de la France ne pouvait se faire en refusant de parler à la Syrie, que la question iranienne était liée aux bons offices de Damas, comme le règlement du conflit israélo-palestinien. Le Président Assad avait d’ailleurs offert ses services dans ce domaine lors de son passage à Paris en novembre 2010.

   Le rôle central de la Syrie dans les équilibres du Moyen-Orient est encore renforcé par son influence sur l’avenir de son voisin de l’est : depuis le début de l’intervention américaine en Iraq et jusqu’à aujourd’hui, elle a accueilli un nombre très important de réfugiés ayant fui leur pays pour des raisons multiples, les estimations les plus sûres annonçant 1,5 million installés en Syrie, peut-être plus. En dehors de l’aspect humanitaire à mettre au crédit du régime syrien, il est évident que cette masse de réfugiés doit jouer un rôle dans l’avenir de l’Iraq toujours en recherche de stabilité.

La diplomatie française donne l’impression d’être systématiquement pro-américaine

   « Les gendarmes du monde »  étant occupés et enlisés ailleurs, le régime syrien n’a pas à craindre une intervention militaire, qui serait d’ailleurs catastrophique pour tout le monde, et devrait parvenir à museler les acteurs internes du complot sans avoir à redouter autre chose que des déclarations vertueuses et lénifiantes de Washington, Bruxelles et Paris, ou des sanctions économiques sans grand effet stratégique à court terme.

   La France a tout intérêt à comprendre rapidement que les tentatives pour mettre des régimes favorables à la tête des pays arabes, idée de Washington, n’est pas conforme à la volonté des peuples concernés qui, tôt ou tard la rejetteront, et qu’elle doit retourner aux fondamentaux d’une politique étrangère indépendante, respectueuse du droit des peuples à décider eux-mêmes de leur sort.

   Le mondialisme a vécu. L’Union européenne est exsangue et l’on assiste au retour des seules réalités qui comptent que sont les nations qui rassemblent des peuples aux passés et aux destins communs. Les nations peuvent s’entendre entre elles et coopérer sur des objectifs partagés et définis mais le « village mondial » n’a pas aboli les rivalités d’intérêts et ceux qui renoncent à leur souveraineté au nom d’un utopique idéal d’union devront un jour rendre compte de leurs abandons. C’est la loi inexorable des relations internationales de ne prendre en compte que les réalités sensibles. La France doit retrouver son indépendance et sa souveraineté, y compris sur ses espaces maritimes lointains, même si certains Etats s’en émeuvent, répondant ainsi à son destin mondial de puissance traditionnellement opposée à l’impérialisme quel qu’il soit. Elle s’inscrira alors dans les prévisions visionnaires de Teilhard de Chardin qui envisageait des ensembles de plus en plus grands mais constitués de cellules de plus en plus structurées et complexes.

   La diplomatie française doit à nouveau prendre le recul indispensable à la compréhension du sens de l’histoire du monde et ne plus donner l’impression d’être systématiquement associée aux intérêts d’une Amérique qui a du mal à s’adapter à l’émergence d’un monde nouveau et qui n’a rien à offrir à ses alliés sinon une participation à des aventures guerrières coûteuses à tous points de vue. Les changements de caps récents dans le monde arabe ne montrent pas une réflexion stratégique globale et pour revenir sur l’exemple syrien, nous aurions tort de croire que la contestation entretenue artificiellement  parvienne à ses fins dans un pays où les habitants sont ombrageusement nationalistes et fiers de leur riche passé. Quelques dizaines de milliers de manifestants, même cent mille, ne sont rien par rapport à presque 20 millions qui assistent pour l’instant silencieusement à la déstabilisation d’un pouvoir qui, paradoxalement,  a annoncé des réformes mais attend le retour au calme pour les mettre en œuvre et est le mieux placé pour les faire.

Titre et intertitres : France-Irak Actualité

 Gilles Munier

http://www.france-irak-actualite.com/article-la-syrie-objet-de-toutes-les-attaques-74534686.html

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1491


6-2 Robert Bibeau : Révoltes arabes & Repressions néo-coloniales.

Le monde arabe est extrêmement complexe, les groupes religieux sont nombreux, les communautés ethniques encore davantage, les nationalismes toujours exacerbés, à dessein, par moult puissances étrangères implantées là depuis le XVIIIe siècle et même avant. Chaque puissance européenne, puis les États-Unis et aujourd’hui la Chine impérialiste sont venues sur ces terres se tailler un petit empire qu’aucune puissance coloniale n’a jamais voulu abandonner. Après le colonialisme classique, la domination étrangère a fait place depuis cinquante ans au néo-colonialisme; le repartage des zones d’influences coloniales est aujourd’hui à l’ordre du jour car les puissances impérialistes montent ou déclinent selon le développement économique contemporain ceci entraîne un repartage des marchés, des sources de matières premières, des zones d’exploitation de la main-d’oeuvre.

 

Le néo-colonialisme a ceci de particulier qu’il s’accommode  de l’indépendance formelle de ces pays semi-colonies. Il l’exige même, car il est plus facile d’exploiter les ressources naturelles nationales et le travail des populations locales sous la supervision d’une bourgeoisie nationale véreuse et soumise, vivant des prébendes et des ristournes sur ces richesses que de tenter de contrôler et d’administrer directement ces populations indigènes toujours enclines à se révolter et à stigmatiser les méfaits des puissances étrangères coupables de leur déchéance (1).

 

Dorénavant, mise à part la bourgeoisie palestinienne qui n’a toujours pas obtenu son petit État bien à soi, à administrer pour le bénéfice des colonialistes israéliens - mais ça ne saurait tarder suite à l’accord de collaboration entre le Hamas et le Fatah (2) - toutes les autres bourgeoisies nationales, castes ou tribus arabes, berbères, kurdes, druzes ou alaouites ont maintenant leur domaine, leur zone géographique auxquels on a donné le nom de pays, de territoires autonomes, de royaumes, d’émirats ou de sultanats, etcétéra.

 

Ces nations forgées à partir de divisions tribales, ethniques et religieuses se forgent peu à peu un vouloir vivre collectif sur des territoires le plus souvent reconnus, balisés  (frontières délimitées et acceptées), dans un environnement économique national fragile mais tout de même existant et en phase de consolidation. C’est pour cette raison que nous affirmons que se sont de véritables nations (tunisienne, égyptienne, syrienne, libyenne, irakienne, yéménite), ayant en commun la langue arabe, qui sont en émergence et en cours de consolidation et qui luttent chacune pour leur véritable indépendance. C’est dans ce contexte qu’interviennent les agressions néo-coloniales prenant appui sur des sections de classes bourgeoises nationales totalement inféodées aux intérêts d’une puissance impérialiste ou d’une autre (France, Grande-Bretagne, Italie, États-Unis, Russie, Chine). 

 

C’est sur cette toile de fond impérialiste et collaborationniste de manigances, de complots, d’exactions, de dictatures bourgeoises ou aristocratiques moyenâgeuses que l’on peut et que l’on doit analyser et comprendre la série de révoltes populaires arabes. En plus de l’héritage pas si lointain de la décolonisation ottomane, un autre événement fondateur est à l’origine de tous ces soulèvements : la grande crise économique mondiale de l’année 2008, dont l’épicentre fut localisé quelque part sur Wall Street en la cité de New-York et dont les secousses telluriques se répandirent comme une traînée de poudre sur l’ensemble de la planète.

 

Dans une tentative désespérée de parer les effets de cette crise du système monétaire et financier impérialiste international, les puissances néo-coloniales se tournèrent vers leurs néo-colonies du tiers monde et exigèrent par l’intermédiaire de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international que ces pays absorbent le coût de toute cette gabegie monétaire (des milliards de capitaux venaient de s’envoler en fumée et l’on souhaiterait que les riches soient les seuls à assumer cette faillite !).  Les gouvernements arabes à la solde se mirent consciencieusement au travail et accrurent la pression sur la force de  travail régional, accentuèrent la dilapidation des ressources naturelles nationales, accélérèrent le bradage des biens et services publics aux entreprises privées monopolistes occidentales, jetèrent des centaines de milliers de jeunes diplômés sur le pavé, cependant que l’inflation faisait des ravages et rendait les biens de première nécessité quasi inaccessibles aux populations multiethniques paupérisées.

 

Dans tous les pays arabes la petite-bourgeoisie nationale, ce corps franc de la grande bourgeoisie, ce rempart contre l’insurrection populaire, fut frappée et appauvrie; c’est elle qui donna le signal de la révolte et qui organisa les premiers soulèvements populaires. Mais sans organisation révolutionnaire et sans direction révolutionnaire, ces révoltes furent facilement récupérées et dévoyées de leur route et de leurs mots d’ordre économiques et démocratiques (pain, travail, dignité, fin de la tyrannie).

 

Hillary Clinton, la secrétaire d’État américaine, fut la première à percevoir le danger et à proposer que ces soulèvements devraient être canalisés vers l’obtention du droit de voter pour une vaste panoplie de traîtres, sans discrimination et sans pré –sélection, avant les élections démocratiques bourgeoises. De toute façon, pensait-elle cynique, de nos jours les techniques de contrôle et d’endiguement électoral sont suffisamment maîtrisées, sophistiquées et coûteuses pour que l’on conserve toujours la haute main sur ces processus d’élection bidon.

 

Mais la rue arabe en Tunisie puis en Égypte, une fois revenue de sa surprise agréable de voir s’enfuir leurs présidents tyranniques avec quelques milliards en poche et un sauf conduit mal acquis, comprit qu’elle s’était fait berner et que tout restait à accomplir pour se débarrasser des systèmes oligarchiques néo-coloniaux indignes qui les oppriment.

 

Entre-temps les puissances néo-coloniales avaient eu l’opportunité de préparer leur riposte et pourquoi ne pas pêcher en eau trouble, s’étaient dit Sarkozy, Obama et compagnie ? De nombreux autres tyrans méritaient une leçon et de toute façon la rue arabe ne décolérait pas : autant lui donner davantage de tyrans à tétaniser. Après la Tunisie et l’Égypte, voilà la Libye, le Bahreïn, le Yémen, l’Algérie, puis enfin la Syrie et le Maroc mis sous le choc. Qui poussé par des chefs de tribus frustrés de ne pas avoir obtenu leur part dans le partage des prébendes ; qui poussé par la fraction chiite de la bourgeoisie nationale traitée en déshéritée dans le partage des postes de la nomenklatura ; qui poussé par la fraction sunnite de la bourgeoisie nationale excédée de voir les alaouites monopoliser le pouvoir politique ; qui n’acceptant plus de voir l’armée gérer le pays comme sa chasse gardée.  Dans toute cette saga, parmi tous ces pays arabes, le peuple désoeuvré, affamé, désorienté s’avançait pour mener l’insurrection, mais faute de direction et d’organisation véritablement révolutionnaires, il s’est retrouvé immanquablement à servir de chair à canon pour défendre les revendications d’une section ou d’une autre des bourgeoises nationales (parfois encore semi-tribales) cupides et dégénérées (3).

En Libye, la guerre civile entre les tribus de Cyrénaïque frustrées et leurs mercenaires soutenus par l’OTAN, et les tribus de Tripolitaine au pouvoir depuis quarante ans tournent au règlement de compte des puissances occidentales contre leur marionnette Kadhafi, coupable d’avoir tenté de mener quelques politiques indépendantes et d’avoir soutenu l’édification de la Banque africaine, concurrente de la Banque mondiale capitaliste (4).

Le régime syrien a longtemps servi de sous-traitant tortionnaire aux États-Unis. Ce régime a une tradition de poigne de fer, et n'a jamais été trop troublé par les sanctions de la soi-disant communauté internationale. Il se situe à la jonction de la zone d'influence russe (ex-soviétique) et de la zone d'influence française, américaine et britannique ; rendant service aux deux camps sur commande, jusqu'à maintenant le régime s'était assez bien tiré d’affaire sur le plan international en nageant entre deux eaux et en eaux troubles le plus souvent.


Le régime syrien est aujourd’hui un facteur de stabilité vu sous l'angle israélien/ américain et il serait étonnant qu’Israël se trouve derrière les soulèvements « spontanés » actuels. Le régime sert de canal pour ce qui est de l'appui de l'Iran au Hezbollah (voilà qui dérange lourdement Israël) et il fait partie de la nouvelle alliance Iran, Syrie, Turquie, Russie dirigée par la Chine impérialiste à travers l’alliance de Shanghai.


Par contre ce régime est le fait d'une minorité (alaouite) qui domine par la terreur une population en majorité sunnite. C'est une société tenue dans  l'arriération sur le plan de la recherche, des communications, de la technologie et du développement économique (quel qu'il soit).  Depuis le protectorat français ce régime a toujours maintenu des relations troubles avec son voisin libanais. Enfin, il est reconnu que les États-Unis ont investi lourdement et souvent clandestinement dans ce pays pour faire la promotion de "la
pseudo démocratie colorée"...comme il l’a fait dans certains pays de l'Europe de l'Est.  En Syrie le pouvoir de Bachar el-Assad est aujourd’hui ébranlé par les mercenaires de Saad Hariri (ex premier ministre libanais) et de ses commanditaires d’Arabie à titre de représailles pour le soutien iranien au soulèvement chiite au Bahreïn.

Au Yémen la situation demeure confuse car si le pouvoir impérialiste aimerait bien sacrifier son valet Ali Abdallah Saleh, comme Moubarak et Ben Ali avant lui,  celui-là ne l’entend pas de cette oreille et semble poser des exigences trop importantes pour abandonner son poste de gestionnaire de la machine d’État yéménite. En Arabie Saoudite, l’État a jeté des milliards de dollars en pâture aux manifestants et a dépêché sa troupe pour occuper le Bahreïn, un avertissement à ses propres opposants qui seraient tentés de poursuivre les soulèvements. Il semble bien que ce pouvoir monarchique s’en sortira indemne encore une fois tout comme au Koweït voisin.

Voilà où en est aujourd’hui cette succession de révoltes populaires arabes manœuvrées en sous-main par différentes puissances craignant toujours que le contrôle leur échappe et que, de ces révoltes trahies - sur la Place Tahrir notamment (5) - n’émergent des révolutions emportant ces bandes de marionnettes qu’elles soutiennent affectueusement et douloureusement, alors que leurs petits héros virtuels patentés risquent d’être  récupérés ou emportés dans la tourmente (6).

(1) http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23776

(2) http://www.lepost.fr/article/2011/05/12/2492344_accord-hamas-fatah_1_0_1.html

(3) http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23889

(4) http://thalasolidaire.over-blog.com/article-point-de-vue-les-mensonges-de-la-guerre-de-l-occident-contre-la-lybie-10-05-73590250.html

(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Place_Tahrir

(6) http://www.ahmedbensaada.com/index.php?option=com_content&view=article&id=128:documentaire-monde-arabe-londe-de-choc&catid=37:societe&Itemid=75  
Salutations cordiales************

16.05.2011

http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

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