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02/06/2011

n°22 - Dossiers de la Libye - 01-06 : - Fin - : Jean-Paul Pougala : Les mensonges de la guerre de l’Occident contre la Libye.


n°22 - Dossiers de la Libye  - 01-06 : - Fin - : Jean-Paul Pougala : Les mensonges de la guerre de l’Occident contre la Libye.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Dossiers de la Libye

n°22 du 01-06

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " dossiers du libye" est  visible  sur mes blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) Sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 




Sommaire :  

2 Les brèves

2-1 Moscou estime que les frappes en Libye outrepassent le mandat de l'ONU.

3  Dossier

3-1 Marinella Correggia : Pluie de bombes sur les (civils) libyens. Qui espèrent encore.

3-2 John Pilger Bienvenue dans le monde violent de M. Hopey Changey.

3-3 A l'heure des dépenses militaires, regardez votre montre ! (La montre des dépenses militaires.)

 




2 Les brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

2-1 Moscou estime que les frappes en Libye outrepassent le mandat de l'ONU.

Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé mercredi l'intensification des frappes aériennes visant la capitale libyenne Tripoli, jugeant qu'elles constituaient "un écart grossier" par rapport au mandat de l'ONU.

"Des informations inquiétantes nous parviennent une nouvelle fois de Libye au sujet des puissantes frappes aériennes auxquelles ont procédé les forces de la coalition à Tripoli", a indiqué le ministère dans un communiqué.

"Il s'agit d'un nouvel écart grossier par rapport aux résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU", poursuit-il.

La coalition menée par l'Otan, qui espère précipiter la chute de Mouammar Kadhafi, a intensifié mardi ses bombardements sur Tripoli.

La diplomatie russe relève en particulier que des "bâtiments n'ayant pas un caractère militaire" ont été touchés par ces bombardements.

"Les frappes aériennes ne permettent pas de mettre un terme à la confrontation entre les parties libyennes et ne font qu'accroître les souffrances des civils libyens", estime le ministère.

La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, s'était abstenue le 17 mars de faire usage de son droit de veto lors du vote de la résolution 1973 qui a autorisé l'intervention d'une coalition internationale en Libye contre le régime du colonel Kadhafi pour protéger les civils.

Depuis, Moscou a vivement critiqué les bombardements de la coalition en Libye, jugeant qu'elle outrepassait le mandat défini par les Nations unies.

Ces nouvelles critiques russes interviennent à la veille du début du sommet du G8 en France, lors duquel les conflits secouant le monde arabe devraient être au cœur des discussions.

 Ce que l’OTAN inflige à la Libye

Les flammes s’élèvent en tourbillons des épaves de huit navires de guerre libyens, détruits par des frappes aériennes de l’Otan, alors qu’elles reposent sur le flanc dans des ports le long de la côte libyenne. Leur destruction montre non seulement comment le Colonel Mouammar Kadhafi est pris dans un étau militaire, mais aussi le degré auquel les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne – et non pas les rebelles libyens – sont désormais les principaux acteurs dans la lutte pour le pouvoir en Libye.

Levif.be avec Belga

25 mai



3  Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

3-1 Marinella Correggia : Pluie de bombes sur les (civils) libyens. Qui espèrent encore.

« Est-ce possible : bombarder l’après-midi, juste à côté d’une université ? Heureusement qu’il n’y avait pas d’étudiants : nous avions fermé, ce jour-là, à cause d’un problème survenu la veille ». Ali Mohamed Mansour, originaire de Ajdabiya et recteur de la faculté d’économie et de sciences politiques de l’université Al Fateh, explique que c’est un camp militaire hors d’usage qui a été visé et touché, mais que le déplacement d’air a endommagé les salles de l’université. Il nous montre les lourds plafonds de ciment écroulés, les vitres brisées : « Quels Libyens protège-t-on et quels sont ceux qu’on veut éliminer ? »

A l’Académie des études supérieures, le directeur Milad Salad Milad nous montre sur son ordinateur la photo de sa fille Safà, deux ans et demie. La première nuit de bombardements, deux missiles sont tombés à 500 mètres de chez eux. En deux mois, Safà s’est plus ou moins habituée. Son père par contre ne s’est pas habitué à un autre fait : « Je me sens trahi par nos amis universitaires d’avant. Nous avions des contacts avec des centaines d’entre eux. Et deux seulement se sont manifestés, de l’étranger, depuis que la guerre a commencé. L’establishment ne m’intéresse pas, les Berlusconi qui passent du baisemain au poignard, mais mes collègues… pourquoi ? A cause, je crois, des mensonges quotidiens de la plupart des media ».

Leila, étudiante de Sabrata, et Sausan, revenue des Etats-Unis il y a six ans avec un master d’anglais, demandent pourquoi les media mentent et pourquoi l’ONU ne cherche pas la vérité. Réponse du professeur Saad Al Ghariani, enseignant de gestion des eaux : « Parce qu’en guerre la vérité n’a pas de dents . Et dans le cas libyen le type d’intervention extérieure choisi a accentué le conflit au lieu de le modérer ».

L’ingénieur Abdusalam Daghais s’arrête sur le projet de société des opposants de l’est : « Un groupe hétérogène avec une seule idée fixe : Kadhafi doit partir. Mais que veulent-ils pour le pays ? Plusieurs leaders de la révolte sont des anciens du régime. Ils sont parmi les responsables de la politique libyenne de ces derniers lustres. Et de la corruption aussi. D’autres sont à peine rentrés, après des décennies passées à l’étranger. Des aliens. Et puis parmi eux il y a des islamistes d’extrême-droite, des monarchistes, d’autres qui se disent communistes. Comment se mettront-ils d’accord ? Leur leader, Jibril, dit que la Libye devra devenir une économie de services. Il veut dire nous vendre au tourisme ? ».

Le professeur Al Ghariani poursuit : « Je ne suis pas un politicien, je vis modestement dans un appartement et je gagne ma vie comme enseignant, donc je peux me permettre de dire quelque chose sur le « Kadhafi dictateur ». C’est un mauvais usage du terme et pas tellement parce que formellement il n’a pas de charges : dans une structure comme celle de la Libye dirigée par les tribus, un leader est accepté s’il connaît les besoins de la population et arrive à les satisfaire. Et pendant ces dix dernières années les choses s’amélioraient. Cette guerre tue la fleur en bouton. La majorité des Libyens désire des changements, la lutte contre la corruption, mais n’accepte pas cette énorme crise créée par un groupe restreint ».

Entre-temps, samedi dernier (21 mai 2011) s’est terminée la visite de notre groupe international, Global Civilians for Peace in Libya, invité par l’ONG Fact Finding Commission qui essaie de recueillir depuis Tripoli des preuves et des témoignages sur la guerre en Libye et sur les mensonges et réticences qui y sont attachés. Même si cela a toujours eu lieu sous l’œil attentif de nos anges gardiens libyens, des choses nous en avons vues et des témoignages nous en avons entendus pour nous faire une idée.

Les Global Civilians (à qui le vice-ministre des affaires extérieures Khaled Khaim a dit qu’il espérait beaucoup du sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine prévu pour aujourd’hui -25 mai 2011, NdT- à Addis Abeba) en appellent à l’Ua, à l’ONU et à la Ligue Arabe pour que soient menées des enquêtes sérieuses sur le terrain. La délégation  dénonce l’attaque de l’OTAN contre des infrastructures civiles et contre des citoyens. Et le silence des media face aux diverses preuves vidéos et témoignages d’atrocités commises par les alliés libyens de la « coalition des volontaires ».

Les victimes de guerre, affirme-t-elle, sont des dizaines de milliers si on tient compte des personnes évacuées. Le sort des migrants est pire, si tant est que ce soit possible. Et à ce propos : les anciens travailleurs africains d’origine sub-saharienne en Libye orientale sont dans une « situation d’extrême urgence » selon ce que dénonce la Fédération internationale des droits de l’homme (Fidh). Malmenés, volés, licenciés sans paye, dans certains cas tués, les femmes souvent violentées (la même accusation, inversée, parle de 270 femmes victimes des « viols de guerre » des troupes de Kadhafi). Mais au contraire de cette partie de la Libye sous contrôle de Kadhafi, où on a beaucoup parlé de toutes sortes d’atrocités, dans les pays et dans les journaux du démocratique Occident le sort de ces migrants semble n’intéresser et n’indigner personne.

Marinella Correggia

www.nato.int - 22 mai 2011

Edition de mercredi 25 mai de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110525/manip2pg/09/manip2pz/303748/  

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24969


3-2 John Pilger Bienvenue dans le monde violent de M. Hopey Changey

Nicolas Sarkozy veut « intensifier l'intervention militaire » de l’OTAN en Libye
"Kadhafi s'il veut rester vivant, doit quitter la Libye " (Obama) 

Quand l’Angleterre a perdu le contrôle de l’Egypte en 1956, le premier ministre Anthony Eden (1) a dit qu’il voulait que le président Gamal Abdel Nasser "soit détruit.... assassiné.... je me moque complètement que cela crée l’anarchie et le chaos en Egypte". Ces arabes insolents, avait dit Winston Churchill en 1951 devraient être renvoyés "dans les caniveaux dont ils n’auraient jamais dus sortir."

 

On a peut-être changé le vocabulaire du colonialisme mais l’esprit et l’hypocrisie sont toujours les mêmes. Un nouvel impérialisme se développe en réponse directe au soulèvement arabe qui a commencé en janvier et a choqué Washington et l’Europe causant une panique du style de celle d’Anthony Eden. La perte du tyran égyptien a été douloureuse mais pas insurmontable ; une contre révolution soutenue par les USA se précise au fur et à mesure que le régime militaire du Caire se laisse séduire par de nouveaux pots de vin et que le pouvoir passe de la rue à des groupes politiques qui ne sont pas à l’origine de la révolution. L’objectif de l’Occident est, comme toujours, d’empêcher l’avènement d’une vraie démocratie et de reprendre le contrôle.

 

La Libye est l’occasion rêvée. L’attaque de l’OTAN sur la Libye, avec le mandat du Conseil de Sécurité de l’ONU pour mettre en place une "zone d’exclusion aérienne" bidon afin de "protéger les civils" rappelle inévitablement la destruction finale de la Yougoslavie en 1999. L’ONU couvrait les bombardements de la Serbie et le "sauvetage" du Kosovo, et la propagande de l’époque rappelle celle d’aujourd’hui. Comme Slobodan Milosevic, Mouammar Kadhafi est un "nouvel Hitler" qui se prépare à commettre un "génocide" contre son propre peuple. Il n’y a aucune de preuve de cela pas plus qu’il n’y a pas eu de génocide au Kosovo. En Libye il y a une guerre tribale ; et le soulèvement armé contre Kadhafi a été récupéré par les Etasuniens, les Français et les Anglais, ce sont leurs avions qui attaquent les quartiers résidentiels de Tripoli avec des missiles à l’uranium appauvri et c’est le sous-marins anglais HMS Triumph qui envoie des missiles Tomahawk dans un remake de l’opération "shock and awe" (choc et terreur) d’Irak qui a fait des milliers de morts et d’estropiés. Comme en Irak, les victimes, qui incluaient d’innombrables conscrits de l’armée libyenne incinérés, sont des gens qui n’existent pas pour les médias.

 

Tout le monde sait que dans l’est "rebelle" on terrorise et on assassine les immigrants d’Afrique noire. Le 22 mai, fait exceptionnel, un article du Washington Post décrivait la répression, l’anarchie et les escadrons de la mort qui sévissaient dans les "zones libérées" juste au moment où la responsable des affaires étrangères européennes, Catherine Ashton, qui y était en visite, déclarait qu’elle ne trouvait là que "de hautes aspirations" et "des qualités de leaders". Pour faire la preuve de ces qualités, Mustafa Abdel Jalil, le "leader rebelle" qui était le ministre de la justice de Kadhafi jusqu’en février, a promis que "Nos amis... auraient les meilleures chances dans de futurs contrats avec la Libye". L’est détient la plus grande partie du pétrole, la plus grande réserve de l’Afrique. En mars, les rebelles, sous le parrainage expérimenté de l’étranger a "transféré" à Benghazi la Banque Centrale Libanaise, une institution qui appartient toute entière à l’état. C’est une première. De plus les USA et l’UE ont "gelé" près de 100 milliards de dollars de fonds libyens "la plus grande somme jamais bloquée" selon des déclarations officielles. C’est le plus gros cambriolage de banque jamais commis dans l’histoire.

 

L’élite française cambriole et bombarde avec enthousiasme. Le projet de Nicolas Sarkozy de l’Union pour la Méditerranée (UM) dominée par la France est un projet impérialiste qui permettrait à la France de "retourner" dans ses anciennes colonies d’Afrique du nord pour y profiter d’investissements privilégiés et de main d’oeuvre bon marché. Kadhafi a dit que ce projet était une "insulte" qui "nous prenait pour des idiots". C’était aussi l’avis du gouvernement Merkel de Berlin qui, craignant que son vieil ennemi ne cherche à diminuer l’influence de l’Allemagne en Europe, s’est abstenue au vote du Conseil de Sécurité sur la Libye.

 

Comme pour l’attaque sur la Yougoslavie et la farce du procès de Milosevic, la Cour Criminelle Internationale est utilisée par les USA, la France et l’Angleterre pour poursuivre Kadhafi tout en ignorant ses offres répétées de cessez-le-feu. Kadhafi est un Mauvais Arabe. Le gouvernement de David Cameron et son prolixe général en chef veulent éliminer ce Mauvais Arabe, comme l’administration Obama vient de tuer un célèbre Mauvais Arabe au Pakistan. Le prince régnant du Barhein d’un autre côté est un Bon Arabe. Le 19 mai il a été chaudement reçu en Grande Bretagne par Cameron ; on a même fait une photo sur les marches du 10 Downing Street. En mars ce même prince a assassiné des manifestants désarmés et laissé les forces saoudiennes écraser le mouvement démocratique de son pays. L’administration Obama a récompensé l’Arabie Saoudite, un des régimes les plus répressifs de la terre, avec un contrat d’armement de 60 milliards de dollars, le plus gros de l’histoire des USA. Les Saoudiens ont le plus de pétrole. Ils sont les Meilleurs Arabes.

 

L’assaut sur la Libye, un crime selon la loi de Nuremberg, est la 46ième "intervention" militaire de l’Angleterre au Moyen-Orient depuis 1945. Comme ses partenaires impérialistes, le but de la Grande Bretagne est de contrôler le pétrole de l’Afrique. Cameron n’est pas Antony Eden, mais presque. Même école. Mêmes valeurs. Dans le langage médiatique les mots colonialisme et impérialisme ne sont plus utilisés pour que les cyniques et les crédules puissent célébrer la violence d’état en des termes plus agréables.

Et pendant que "M. Hopey Changey" (2) (le nom que Ted Rall, le grand dessinateur humoristique étasunien donne à Obama) lance une nouvelle campagne présidentielle insupportable sous les flagorneries de l’élite britannique, le règne de la terreur anglo-étasunienne se poursuit en Afghanistan et ailleurs avec le meurtre des populations par des drones sans équipage -une innovation israélo-étasunienne adoptée par Obama. Il faut se souvenir que sur l’échelle de la souffrance infligée aux autres, des procès à huit clos et des prisons secrètes, en passant par la chasse à ceux qui divulguent des informations tenues secrètes et la criminalisation des opposants, jusqu’à l’incarcération et à l’appauvrissement de son propre peuple, pour la plupart des noirs, Obama ne vaut pas mieux que George W. Bush.

Les Palestiniens le comprennent bien. Bien que les jeunes Palestiniens affrontent bravement la violence du racisme israélien, avec les clés des maisons volées à leurs grands-parents dans la main, ils ne sont pas sur la liste des peuples du Moyen-Orient qui auraient dus être libérés depuis longtemps que détient M. Hopey Changey. Ce dont les opprimés ont besoin, a-t-il déclaré le 19 mai, c’est qu’on leur distille que "les intérêts étasuniens sont essentiels pour eux". Il nous insulte tous.

Notes :

(1) Anthony Eden succède à Churchill au poste de Premier ministre le 12 avril 1955. En novembre 1956, partageant la même analyse que Guy Mollet sur la nationalisation par Nasser du canal de Suez, il engage le Royaume-Uni dans l’expédition militaire de Suez aux côtés de la France, mais doit mettre fin aux opérations sous la pression des Américains. Cet échec sonne le glas de sa carrière politique et il se retire en 1957 pour raisons de santé. (Wikipédia)

(2) Hopey Changey : Nom donné par le célèbre dessinateur étasunien Ted Rall à Obama pour se moquer du motto de campagne d’Obama "hope for a change" (espérez que ça change) et autres promesses vaines de changement.

John Pilger

28 mai 2011

Visitez le site de John Pilger : www.johnpilger.com
Pour consulter l’original : http://www.informationclearinghouse.info/article28194.htm
Traduction : D. Muselet
28 mai 2011

http://www.legrandsoir.info/Bienvenue-dans-le-monde-violent-de-M-Hopey-Changey.html

http://www.informationclearinghouse.info/article28194.htm

 


3-3 A l'heure des dépenses militaires, regardez votre montre ! (La montre des dépenses militaires.)

Imaginez que vous avez au poignet une montre digitale qui n’indiquerait pas seulement les minutes et les heures, mais les chiffres des dépenses militaires de minute en minute et d’heure en heure.

Vous pouvez ainsi voir qu’en Italie on dépense en argent public, dans le secteur militaire, plus de 50 mille euros à la minute, 3 millions à l’heure, 76 millions par jour.

 

Ce qui équivaut à environ 27 milliards d’euros (38 milliards de dollars) en une année.

La montre est réglée sur les dernières données du Sipri  relatives à la dépense militaire de 2010.

On peut voir la dépense mondiale sur un autre cadran : on dépense dans le monde à des fins militaires plus de 3 millions de dollars par minute, 186 millions par heure, 4,5 milliards par jour. Ce qui équivaut à 1.630 milliards de dollars en une année.

Calculée nette d’inflation, la dépense militaire mondiale en 2010 dépasse de 50% celle de 2001. Dans le classement des pays qui dépensent le plus, les Etats-Unis se trouvent nettement au premier rang avec environ 700 milliards de dollars annuels, équivalant à 43% de la dépense mondiale.

Suivent la Chine, la Grande-Bretagne, la France, la Russie, le Japon, l’Arabie Saoudite, l’Allemagne, l’Inde et l’Italie. Ces dix pays totalisent les trois quarts de la dépense  militaire globale des 171 pays recensés par le Sipri.

Toutes ces données peuvent se lire sur la montre spéciale, que tout gouvernant devrait porter au poignet.

Le premier exemplaire de ces montres (avec gravé sur le boîtier en or massif « God Don’t Bless America ») devrait être donné au président des Etats-Unis pour lui rappeler que, si en 2010 la dépense militaire mondiale a augmenté en termes réels de 20 milliards de dollars par rapport à 2009, ceci est dû presque entièrement à la croissance de la dépense militaire étasunienne.

Si une telle somme avait été épargnée, on aurait pu recueillir les 20 milliards de dollars qu’Obama et les autres leaders, au Summit G8 de L’Aquila en 2009, avaient promis mais jamais donnés, pour combattre la faim dont est victime dans le monde plus d’un milliard de personnes.

En Italie, c’est avant tout le président de la République, le président du conseil et les membres du gouvernement qui devraient recevoir la montre, dans une série spéciale dédiée au centenaire de la première guerre de Libye (le 5 octobre 1911 les troupes italiennes débarquèrent à Tripoli, NdT), particulièrement significatif aujourd’hui alors que l’Italie est engagée dans la seconde guerre coloniale en Libye.

Cette même montre, avec gravé sur le boîtier « Souviens-toi que l’Italie répudie la guerre » (Article 11 de la Constitution italienne : « L’Italie répudie la guerre comme mode de solution des controverses internationales », NdT), devrait être donnée aussi aux parlementaires. En particulier aux rangs bipartisans qui attribuent cette année 800 millions d’euros d’argent public pour la guerre en Afghanistan (après y avoir déjà dépensé plus de 3 milliards), auxquels s’ajoutent plus de 100 millions par mois pour la guerre de Libye.

Ce serait bien que cette montre soit aussi portée par les hommes politiques et les syndicalistes qui, tandis qu’ils se plaignent de la pression fiscale et de la rareté des fonds pour les dépenses sociales, oublient que chaque année l’Italie dépense dans le militaire l’équivalent d’une grosse loi de finances et qu’on trouverait les sous pour les dépenses sociales si on avait la volonté de réduire la dépense militaire.

Ce serait important que tous les citoyens portent cette montre. Ils verraient ainsi que la dépense militaire d’une seule journée équivaut aux salaires annuels bruts de 3 mille enseignants ou autres travailleurs.

Et ayant vu «quelle dépense il est», ils diraient qu’il est temps d’en finir.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 17 mai 2011 de  il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110517/manip2pg/14/manip2pz/303302/ 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


3-4 Hans Köchler : La Résolution 1973 et l’intervention en Libye sont-elles légales ?

Le 29 mai 2011

Mémorandum relatif à la Résolution 1973 du Conseil de sécurité et à son application par une « coalition de volontaires » sous le commandement des Etats-Unis et de l’OTAN

Le 17 mars 2011, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté une Résolution dans le but de protéger la population civile dans le conflit interne à la Jamahiriya arabe libyenne. Bien que l’article 27-3 de la Charte des Nations Unies exige l’accord de tous les ­membres permanents pour toutes les décisions qui ne relèvent pas des questions de procédure, la décision adoptée sans le consentement de la Chine et de la Russie est considérée comme légalement valide puisqu’il est devenu coutumier parmi les membres des Nations Unies de considérer l’abstention comme un consentement.

Pour répondre aux exigences de l’ar­ticle 39 de la Charte en ce qui concerne l’imposition de mesures coercitives, dont l’usage de la force, le Conseil a établi que la « situation » de conflit interne à la Libye constituait une menace pour la paix et la sécurité internationales. En violation des dispositions des articles 42 et suivants de la Charte relatifs à la mise en application collective de résolutions par le Conseil lui-même, les para­graphes opérationnels 4 et 8 de la Résolution autorisent tous les Etats membres à prendre au besoin, individuellement ou dans le cadre d’organismes ou d’arrangements régionaux, toutes mesures nécessaires pour protéger la population et faire respecter l’interdiction de tous vols dans l’espace aérien de la Jamahiriya arabe libyenne.

Il est évident que la délégation de pouvoirs quasi illimités aux parties et groupes régionaux intéressés, qui est devenue habituelle depuis les Résolutions de 1990/1991 sur la Guerre du Golfe, est incompatible non seulement avec la Charte des Nations Unies mais aussi avec le droit international. Bien que les dispositions des articles 43 et suivants de la Charte concernant la mise à la disposition du Conseil de sécurité de forces armées et de contingents de forces aériennes nationales soient restées lettre morte et que le Comité d’état-major ne soit jamais devenu opéra­tionnel, le Conseil de sécurité ne peut en aucun cas autoriser l’usage de la force dont l’ampleur et la forme sont uniquement à la discrétion des parties qui s’offrent pour intervenir au nom de l’ONU. Les procédures évoquées dans les paragraphes opérationnels de la Résolution 1973 et leur application par les parties intéressées, dont l’OTAN, sont contraires à la doctrine de sécurité collective qui constitue la base des dispositions du chapitre VII de la Charte des Nations Unies sur plusieurs points importants :

1. La notion de « toutes me­sures nécessaires » que les Etats ­membres intéressés sont invités à prendre pour « protéger les populations civiles » (§ 4) et « faire respecter l’interdiction de vol » (§ 8) est vague ; elle n’a pas été définie. Dans un contexte de politique internationale hégémonique, les termes imprécis sont inévitablement interprétés en fonction des intérêts particuliers des parties intervenantes et ils ne peuvent par conséquent jamais constituer la base d’actions légalement justifiées. Ces termes ont souvent été utilisés comme prétexte à un usage pratiquement illimité de la force.

2. L’absence de définition précise de l’expression « toutes mesures nécessaires » empêche d’entrée de jeu d’affirmer la compatibilité des mesures adoptées avec les buts affirmés dans la Résolution. En réalité, cela autorise les Etats et les groupes d’Etats intéressés ainsi que leurs dirigeants politiques et militaires à agir en dehors de tout contrôle et dans une totale impunité.

3. « Autoriser » les Etats à prendre « toutes mesures nécessaires » pour appliquer une Résolution légalement contraignante est une invitation à exercer un pouvoir arbitraire et arrogant et prive de tout sens les obligations de l’ONU envers le droit international. Le fait que le Conseil de sécurité, en utilisant l’expression « toutes mesures nécessaires », ait adopté auparavant la même approche, c’est-à-dire dans la Résolution 678 (de 1990), qui portait sur la situation entre l’Irak et le Koweït, ne justifie pas l’action actuelle dans le conflit interne à la Libye.

4. L’interprétation de l’expression « toutes mesures nécessaires » par deux membres importants du gouvernement britannique peu après l’adoption de la Résolution est une preuve des problèmes suscités par l’emploi de termes non définis et en particulier des abus de pouvoir qu’il invite à commettre. Les ministres de la Défense et des Affaires étrangères ont tous les deux explicitement exclu le fait de tuer le dirigeant libyen des mesures « ­possibles » autorisées par la Résolution. Bien qu’ils n’aient pas repris cette idée dans des déclarations ultérieures et que le Premier ministre britannique n’ait pas adhéré à cette interprétation de « ­toutes me­sures nécessaires », la boîte de Pandore est maintenant ouverte.

5. Le Premier ministre de la Fédération de Russie a très justement qualifié la Résolution de « défectueuse » et d’« imparfaite » dans la mesure où elle permet « n’importe quoi » et ressemble à un « appel médiéval à la croisade ». Bien que ce jugement puisse paraître choquant aux gardiens attitrés de l’humanité et représentants de la « communauté internationale », la procédure par laquelle les dirigeants d’un pays sont déclarés hors-la-loi internationaux et chaque Etat ou groupe régional est invité à se joindre au combat comme il l’entend ressemble effectivement à l’esprit des croisades. Or les déclarations de guerre médiévales n’ont rien à faire en droit international moderne. La justice expéditive et la mêlée générale humanitaire sont des éléments anarchiques qui appartiennent au système prémoderne des puissances impériales qui existait avant l’abrogation du jus ad bellum.

6. Dans le cadre des mesures d’application du chapitre VII de la Charte des Nations Unies, qui comprennent l’usage de la force, l’expression « toutes mesures nécessaires » invite effectivement les membres autoproclamés d’une « coalition de volontaires » à agir de manière unilatérale. C’est quelque chose qui non seulement subvertit mais pervertit la logique de sécurité collective des Nations Unies au service d’une politique impérialiste masquée derrière des motifs humanitaires comme ceux proclamés à l’aide du slogan « responsabilité de protéger » [1] (qui désigne un ensemble de principes adoptés en 2005 par l’Assemblée générale des Nations Unies) qui semble avoir remplacé celui, antérieur, d’« intervention humanitaire » [2].

7. L’interdiction stipulée à l’article 4-2 de la Charte aura perdu tout son sens si, au moyen d’une Résolution en rapport avec le chapitre VII, tout Etat membre peut réellement recourir à la force pour poursuivre un but abstrait de manière unilatérale et sans aucun contrôle.

8. L’objectif déclaré de « protection des populations civiles » a été appliqué par les Etats membres intéressés, avant tout par les anciennes puissances coloniales d’Afrique du Nord, en collaboration avec les Etats-Unis, de telle manière qu’il a fait encore davantage de victimes parmi les civils innocents.

9. Contrairement à l’objet du chapitre VII de la Charte, l’application de la Résolution 1973 par les parties intéressées a augmenté la menace à l’endroit de la sécurité internationale au lieu de la réduire. Ce qui était essentiellement un conflit interne résultant d’un soulèvement armé est devenu un conflit international. En intervenant dans un conflit interne aux côtés d’une seule partie, les Etats qui se sont chargés d’appliquer la Résolution, individuellement et au travers de l’OTAN, ont attisé le conflit et provoqué une situation qui pourrait conduire à une désintégration de la Libye, avec la perspective d’une instabilité à long terme dans toute la région nord-africaine et méditerranéenne.

10. La participation de l’OTAN en tant que coordinatrice de l’application de l’interdiction de vol et, finalement, de ­toutes les opérations militaires en Libye, a encore compliqué la dimension internationale du conflit. L’OTAN est un pacte de défense mutuelle d’Etats européens ainsi que de la Turquie et des Etats-Unis. Même sous couvert de « gestion des crises » et de nobles motifs humanitaires, les opérations d’agression en Afrique du Nord – en dehors de la zone du Traité – continuent d’être une menace pour la paix et la sécurité. La participation de l’OTAN en tant qu’organisation régionale, bien qu’elle ne représente pas la région nord-africaine, témoigne également des dangers que constitue la formule d’autorisation générale de la Résolution 1973. Il est certain que l’OTAN représente un éventail d’intérêts totalement différents de ceux de la région concernée. Au vu de sa composition et de ses objectifs politiques, l’OTAN n’a absolument pas à agir en tant qu’exécutant exclusif des Résolutions du Conseil de sécurité en rapport avec le chapitre VII de la Charte des Nations Unies.

11. En décidant de « protéger les populations civiles » en Libye alors qu’il ne l’a pas fait dans des situations comparables au Bahreïn et au Yémen, le Conseil de sécurité a manifestement choisi une politique de deux poids deux mesures qui semble déterminée par les intérêts stratégiques et économiques des pays participants.

12. Avec une extrême hypocrisie, les pays participants dissimulent leurs intérêts évidents derrière l’objectif humanitaire affirmé dans la Résolution 1973. Sous couvert de « responsabilité de protéger » invoquée par le Secrétaire général des Nations Unies comme justification de la Résolution, un usage vraiment unilatéral de la force a été décidé qui équivaut à des mesures militaires qui, en tant qu’acte de guerre aux côtés d’une seule des parties à un conflit interne, dépassent considérablement l’objectif affirmé et sont appliquées dans une totale impunité et sans contrôle suffisant. Avec son expression « ­toutes mesures nécessaires » figurant dans la Résolution 678 (de 1990), le Conseil de sécurité s’est mué en simple spectateur. A cause de la disposition de l’article 27-3 de la Charte des Nations Unies concernant les votes, l’autorisation ne peut pas être annulée sans l’approbation des membres permanents qui ont réussi à l’introduire dans la Résolution.

13. Il faut rappeler que le paragraphe opérationnel no 6 de la Résolution 1970 (de 2011) par laquelle le Conseil de sécurité a soumis la situation en Libye à la Cour pénale internationale (CPI) fournit une sorte d’« immunité préventive » à tous les responsables et exécutants qui interviennent militairement en Libye – pays qui n’est pas partie aux Statuts de Rome – dans la mesure où leurs ressortissants, en dépit de la décision de l’article 13-b des Statuts, ne seront pas assujettis à la juridiction de la CPI. Cette approche qui revient à amender des Statuts en ce qui concerne sa juridiction territoriale, procédure à laquelle le Conseil de sécurité n’est pas habilité, révèle à nouveau la prédominance des considérations politiques sur celles de justice et de droits humains.

14. En lien avec la tendance du Conseil de sécurité, depuis la fin de la guerre froide, à s’arroger des pouvoirs que la Charte ne lui donne pas et à élargir son mandat en tant qu’« administrateur de la justice », la Résolution 1973 semble avoir encore étendu la portée de l’action sur la base du ­chapitre VII de la Charte au point d’inclure la protection des populations civiles dans des situations de conflit interne. Cependant, si le Conseil de sécurité aspire à appliquer le droit et à arbitrer les conflits internes, il devra respecter les prin­cipes fondamentaux du droit, et avant tout l’interdiction de l’arbitraire dans l’application de la loi. Tant qu’il encouragera des Etats membres à agir selon leur bon vouloir, les autorisant à servir leurs intérêts nationaux au prétexte d’agir au nom des Nations Unies, les pratiques du Conseil de sécurité représenteront une menace pour la paix et la sécurité internationales.

15. Etant donné les contradictions résultant de l’autorisation d’appliquer « toutes mesures nécessaires » contenue dans les Résolutions du Conseil de sécurité en rapport avec le chapitre VII de la Charte des Nations Unies, contradictions qui mettent en cause la légitimité de l’ONU en tant qu’agent de sécurité collective, les Etats membres de l’Assemblée générale des Nations Unies devraient envisager de solliciter un avis consultatif de la Cour internationale de justice conformément à l’article 96-1 de la Charte.

Dr. Hans Köchler
International Progress Organization
26 mars 2011.

Le professeur de philosophie autrichien Hans Köchler a été, de 1990 à 2008, directeur de l’Institut de philosophie de l’Université d’Innsbruck et il est aujourd’hui président du Groupe de travail autrichien de science et de politique, co-président de l’Académie internationale de philosophie et président de l’International Progress Organization dont il a été le co-fondateur en 1972.

Traduit de l’anglais par Horizons et débats (16.05.2011) : http://www.horizons-et-debats.ch/index.php ?id=2662
et repris par le
Réseau Voltaire (27.05.2011).

Texte original en anglais (26.03.2011) : http://www.i-p-o.org/IPO-nr-UN-Libya-28Mar.htm

Hans Köchler

Mondialisation.ca,

29 mai 2011



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


Commentaires

enfin un texte lucide et objectif venant d'un occidental.nous avions été habitué jusquelà à la desinformation,manipulation,subjection et toute autre forme matraquage psychologique tendant à justifier la neocolonisation de l'occident en lybie au lieu de constater à travers ce machin de l'onu que le droit de la force a pris le pas sur la force du droit.l'histoire s'enregistre tous les jours chers colons.

Écrit par : david eboutou | 25/08/2011

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