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08/06/2011

n°582 - Dossier de Palestine - 08-06 - Fin- : Célébrer 63 années de nettoyage ethnique...


n°582 - Dossier de Palestine - 08-06  - Fin- : Célébrer 63 années de nettoyage ethnique...



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



Dossier de Palestine

n°582                                                    08-06

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

1 Dossier

1-4 La seconde flottille déterminée à forcer le blocus israélien.

1-5 Robert Bibeau : BANTHOUSTAN PALESTINIEN ?

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Mick Napier : Le Premier ministre d’Écosse demande des sanctions contre Israël.

3 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

3-1 LE COMBAT OBAMA – NETANYAHU : LA REVANCHE

.


3-2 Salem Ferdi : Obama rate le printemps arabe.
Washington s'adapte mais reste sous emprise israélienne:

Barack Obama se met au «printemps». Son discours n'est pas vraiment une rupture mais une adaptation aux changements en cours dans le monde arabe, qui ont commencé par emporter des dirigeants «amis» dont le très pesant Hosni Moubarak. Difficile de continuer à ignorer que la «rue arabe», soudainement anoblie en «peuple», n'ignore pas que les Etats-Unis ont toujours préféré les dictatures arabes aux démocraties. Les grandes appréhensions sur la «sécurité d'Israël» après la chute de Moubarak l'illustrent parfaitement. M.Obama et son Administration semblent pressentir qu'un mouvement de fond est en train de s'opérer dans le monde et ils ont décidé sur le plan du discours au moins de s'y adapter. En annonçant un soutien aux mouvements pour la démocratie dans le monde arabe. Le président américain estime ainsi qu'un changement d'approche est nécessaire sinon les Etats-Unis feront face à une profonde rupture avec le monde arabe. Comment s'exprime ce changement d'approche ? Il est aisé désormais de saluer les révolutions en Tunisie et en Egypte qui ont été, en dépit de toutes les tentatives de récupération, des surprises. Plutôt des «mauvaises surprises» qui contraignent l'Administration américaine à l'adaptation. Encore que ces pays «modèles» sont loin de recevoir un soutien économique sérieux à une transition risquée. Un milliard de dollars de dette effacé et près d'un autre en crédit bon marché, l'Egypte reçoit beaucoup moins que pour sa participation à la première guerre du Golfe (7 milliards de dollars). Les Tunisiens se contenteront de félicitations et de promesses. Ensuite, viennent les admonestations. Au Syrien Bachar Al Assad, un avertissement. Il doit choisir entre «diriger la transition ou s'écarter». Kadhafi est, lui, déjà condamné. Rien de plus facile à faire. Le président américain devient plus précautionneux quand il s'agit des régimes alliés. Au Bahreïn où la famille régnante réprime la majorité de la population (chiite) qui réclame l'égalité des droits, Barack Obama prône un «vrai dialogue». Il a aussi rappelé que le président du Yémen, Ali Abdallah Saleh, devait respecter ses engagements concernant la transition du pouvoir. Pas un mot cependant sur l'Arabie Saoudite, pays essentiel dans le dispositif, peu démocratique, des Américains dans la région. Mais les opinions arabes n'attendaient pas Barack Obama sur le terrain d'un combat démocratique qui se mène depuis des décennies, sans l'appui occidental.
Mises en garde aux Palestiniens
Les professions de foi démocratiques sont d'autant plus douteuses qu'il existe une surdétermination de la politique «arabe» de l'Administration américaine par le prisme israélien. Le président américain, qui n'a plus de crédit sur la question palestinienne a tenté, en jouant sur les mots, de créer une apparence de nouveau en évoquant un Etat palestinien dans les frontières de 1967. Une fausse avancée alors que sur le fond, Barack Obama ne déroge pas à la ligne de soutien total à Israël. «Le retrait complet et graduel des forces militaires israéliennes devrait être coordonné dans l'idée d'une responsabilité de la sécurité palestinienne dans un Etat souverain et non militarisé», a-t-il précisé. «Il faudra se mettre d'accord sur la durée de cette période de transition, et l'efficacité des accords de sécurité devra être démontrée». Le souci des intérêts israéliens prédomine. La référence aux frontières de 1967 s'accompagne d'une série de mises en garde et de critiques adressées aux Palestiniens. Comme les sionistes, Obama n'aime pas la réconciliation entre les Palestiniens et il ne dit rien sur les colonies. Il avait déjà opéré un repli sur le sujet sous la pression du lobby. Obama parle, tout comme Netanyahu, d'Etat juif et il annonce aux Palestiniens qu'il s'opposera à la reconnaissance de l'Etat palestinien par l'Onu. Le mouvement des citoyens arabes que M.Obama a choisi de saluer l'attendait strictement sur la question palestinienne et le constat est clair. Le président américain a raté le printemps... en Palestine.

Salem Ferdi  

Samedi 21 mai 2011


 

Source : Le Quotidien d'Oran

http://www.lequotidien-oran.com/...

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Salem_Ferdi.210511.htm

http://www.palestine-solidarite.org/rapport.BTselem.220511.htm


3-3 Omar Barghouti : Obama, le printemps arabe, et le manque de pertinence de ses discours.

Dans son discours politique du jeudi 19 mai, le président US Barak Obama a dit qu’Al Qaïda a perdu sa pertinence avec l’explosion des révolutions arabes pour la liberté et la démocratie.

À mon avis, il en va de même, mutatis mutandis, pour les USA, mais peu de membres de l’établissement US sont disposés à l’admettre.

Dans son discours à l’ AIPAC du dimanche 22 mai, M. Obama s’est montré, une fois encore, beaucoup plus l’avocat d’Israël que le président des USA, indisposant encore davantage le public arabe et beaucoup d’autres.

Dans l’ordre de ses priorités, Obama consacre certainement plus de temps au choix des ses "ice-cream" qu’à la question palestinienne... Photo : Reuters (août 2010)

Alors que les Arabes franchissent la barrière de la peur et entreprennent de reconstruire leurs sociétés dans la liberté sur la base de principes démocratiques, la dernière chose dont ils ont besoin est l’assistance offerte par le gouvernement US ; ayant vu exactement comment les USA construisent la démocratie en Irak et en Afghanistan, on comprendra qu’ils accueillent l’offre de M. Obama avec scepticisme, pour dire les choses poliment.

Le printemps arabe a vu le jour en dépit du soutien accordé de longue date par les gouvernements US aux dictatures de Tunisie, d’Égypte, du Bahreïn, du Yémen et d’ailleurs. Le soutien US à la dictature saoudienne, incontestablement la plus totalitaire et la plus réactionnaire de toutes, a joué un rôle essentiel dans l’écrasement des révoltes populaires et des réformes démocratiques de cette oligarchie pétrolière. En Tunisie et en Égypte, ce n’est qu’une fois la victoire acquise, que les USA et la plupart des Européens ont commencé à plaider du bout des lèvres en faveur de la démocratisation et du transfert ordonné du pouvoir.

A preuve, les USA ont maintenu leur soutien capital aux régimes despotiques du Yémen et de Bahreïn en dépit de leurs violations brutales des droits humains, de l’assassinat arbitraire de manifestants pacifiques et de l’emprisonnement des dirigeants réformistes, et cela simplement parce que ces régimes se sont montrés capables - du moins temporairement - de contenir les révoltes par le recours brutal à la force. Une fois que ces régimes commenceront à s’effriter, les USA cesseront immanquablement de les soutenir. En dernière analyse, c’est la realpolitik qui prévaudra, tandis que les principes et le véritable attachement aux droits humains et au droit international - passés sous silence dans le discours d’Obama - seront, comme d’habitude, relégués au second plan.

Et voila que l’administration US offre aux Tunisiens et aux Égyptiens un mesquin pot-de-vin sous forme de l’ « allégement de la dette » après avoir été de mèche avec leurs régimes tyranniques pour piller leurs pays respectifs et investir la très grande partie de ce butin aux USA et en Europe occidentale . M. Obama doit penser que les Arabes ont la mémoire très courte ou qu’ils sont lents à comprendre. Moins il mettra de temps à se rendre compte qu’il s’est gouré dans les deux cas, plus son administration arrivera à se pénétrer de la véritable signification historique et des répercussions du printemps arabe et en outre, la politique étrangère US aura ainsi des chances de devenir plus juste, plus cohérente et plus pertinente.

Dans son discours politique de jeudi, la seule mention des frontières de 1967 comme base territoriale de « négociations » a valu à Obama l’indignation synthétique du gouvernement israélien. Son ajout « avec des échanges de terres convenus » a été intentionnellement ignoré dans les attaques courroucées que lui ont lancées les officiels israéliens et leurs lobbyistes. Obama a donc fait d’énormes efforts dans son discours à l’AIPAC pour expliquer que ce qu’il voulait en fait dire est que les frontières de 1967 ne resteraient pas les mêmes, puisqu’il fallait tenir compte des colonies construites par Israël sur les terres palestiniennes occupées pendant les 44 années de l’occupation. En plaçant carrément dans ses deux discours les intérêts d’Israël avant tout le reste, y compris avant les intérêts des USA qui veulent depuis longtemps assurer la « stabilité » et gagner les coeurs et les esprits dans la région, M. Obama s’est encore plus éloigné de ce but . Il confirme son allégeance en argumentant que mettre fin à l’occupation permettra à Israël d’avoir un État juif et à contourner son isolement international croissant.

À en juger par les nombreuses colonnes d’opinion et les interviews sur les grandes chaînes de télévision arabes, le premier discours politique du président Obama n’a pas beaucoup impressionné les publics arabes, notamment les Palestiniens, pour plusieurs raisons dont j’aborderai les principales.

Tout d’abord, il y a peu d’Arabes qui font confiance au gouvernement Obama, surtout après qu’il eut honteusement battu en retraite sur sa demande de gel des colonies construites illégalement sur les territoires palestiniens et syriens occupés. Que l’administration US ne soit absolument pas arrivée à obliger Israël à arrêter la construction de ses colonies- crime de guerre selon le droit international- lui a fait perdre énormément de crédibilité aux yeux du monde arabe. Si Israël n’écoute pas son principal bienfaiteur pour une question relativement mineure, comment compter que les USA arrivent à lui faire reconnaître les droits inaliénables les plus essentiels du peuple palestinien ?

Deuxièmement, la droite fanatique israélienne au pouvoir en Israël avec Nétanyahou au gouvernail, a montré par le biais de ses groupes de lobbyistes dotés de grands moyens qu’elle a beaucoup plus d’influence au congrès US qu’Obama et son administration dans l’élaboration de la politique au Moyen-Orient. Les USA ont non seulement été forcés de se faire publiquement humilier en pliant devant les diktats israéliens et en revenant sur la condamnation des colonies israéliennes comme étant illégales et un obstacle à la paix ; ils ont dû opposer leur veto à une résolution des Nations unies reproduisant cette politique US fondamentale, que soutenait une très grande majorité.

La rebuffade publique administrée par Nétanyahou a Obama lors de leur rencontre de vendredi n’a pas contribué à réparer les dégâts. Il s’ensuit, que quoi que M. Obama dise maintenant, très peu de gens le prendront au sérieux sachant que c’est le gouvernement israélien d’extrême droite qui fixera en définitive la politique US dans cette partie du monde

Troisièmement, le deux poids deux mesures appliqué par M. Obama a atteint un nouveau record, quand il a brandi de nobles termes tels que « autodétermination », « démocratie inclusive », « droit inaliénable à la liberté » tout en excluant largement le peuple palestinien du groupe de nations habilitées à jouir de ces droits inhérents. Il a parlé de « l’évidente vérité que tous les hommes sont créés égaux », mais il a ignoré le système israélien de discrimination raciale que le département d’État US a lui-même constamment condamné comme étant « une discrimination institutionnelle, légale et sociale » à l’encontre des Palestiniens indigènes qui sont citoyens d’Israël. En fait, cette discrimination légalisée correspond à la définition donnée à l’apartheid par les Nations unies.

En outre, en parlant de l’appui de son gouvernement à la lutte non-violente pour la liberté et l’égalité des droits, Obama a à nouveau exclu la résistance pacifique des Palestiniens contre l’occupation et l’apartheid israéliens. La plupart des Palestiniens pratiquent la non violence depuis de longues années qu’il s’agisse du boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) lancé par la société civile, des manifestations pacifiques de masse contre le mur et les colonies, ou dernièrement les marches pacifiques pour commémorer la Nakba qui ont traversé la frontière pour pénétrer sur le plateau du Golan occupé, créant un précédent historique riche d’un potentiel de longue portée.

Ajoutant dans son discours l’insulte à l’injure, Obama a insisté sur la reconnaissance d’Israël en tant que « État juif » expression à laquelle il est revenu en parlant d’un « État du peuple juif » appuyant ainsi la définition extra-territoriale donnée par Israël à la nationalité qui refuse essentiellement aux citoyens non juifs d’Israël, Palestiniens de souche, des droits égaux simplement en raison de leur identité, en violation évidente du droit international. Imaginez que le président des USA décrive les USA comme une nation chrétienne ou la nation des chrétiens du monde. Pourquoi Israël devrait-il être au-dessus de la loi des nations et être autorisé à maintenir un régime ethnocentrique d’exclusion qui relègue automatiquement ses citoyens « non juifs » à une citoyenneté de deuxième zone avec des droits limités en raison de leur identité ethnique ou religieuse ? Comment un État quel qu’il soit peut-il être autorisé à se définir comme celui de certains de ses citoyens, et non pas de tous ses citoyens ? Qu’est-il arrivé à l’engagement prétendu de M. Obama envers l’égalité et la « démocratie inclusive » ?

Selon le même raisonnement, le droit international n’excuse pas un État d’exclusion raciste qu’il soit islamique, chrétien, hindou ou autre qui institutionnalise la discrimination raciale et un régime d’apartheid contre une partie de ses citoyens sur la base d’attributs ethniques, religieux ou de toute autre caractéristique.

Pour tracer la voie vers une paix juste, globale et durable au Moyen-Orient, il faut que toutes les parties respectent le droit international et les droits humains universels. Aussi longtemps que l’administration US continuera à subventionner massivement à coups de milliards de dollars annuels l’intransigeance israélienne et à protéger le système israélien comportant plusieurs niveaux d’oppression coloniale des Palestiniens contre la censure et les sanctions internationales, aucun discours glamour de M. Obama n’aura de chances de ralentir la descente des USA dans la non pertinence alors que cette région stratégique est en train de remodeler l’histoire moderne.

Omar Barghouti - MondoWeiss

27 mai 2011 -

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10672


3-4 The Jerusalem Fund : Ce que veut dire et ne veut pas dire l'ouverture de Rafah

La nouvelle a été saluée par beaucoup dans le monde entier cette semaine, lorsque des articles sur une décision prise par le gouvernement militaire actuel d’Égypte d'ouvrir le passage de Rafah ont refait surface. Mais que signifie l'ouverture de Rafah ?

Certains vont sans aucun doute proclamer que la vie à Gaza s'améliore maintenant et que le siège est terminé. Mais le siège qui piège Gaza est très complexe. Ignorer les nuances de cette décision d'ouverture et penser que Gaza équivaut à une grosse boite dont le couvercle vient d'être levé est complètement erroné. Il est important, en particulier à l'heure où l'anniversaire de l'attaque sur le Mavi Marmara approche, de comprendre ce que signifie et ce que ne signifie pas l'ouverture de Rafah, et de redoubler nos efforts pour sensibiliser l'opinion et défier le siège israélien ininterrompu de la Bande de Gaza.

30 Mai

Ce que l'ouverture de Rafah ne veut pas dire : le siège est terminé
Le siège de la Bande de Gaza est une fermeture multi-couches aux nombreuses dimensions. Plusieurs politiques de bouclage contribuent à l'effet de siège, et l'ouverture de Rafah n'aura vraisemblablement pas un impact majeur sur l'effet global, simplement parce que les autres décisions de fermeture, imposées par Israël, ne changent pas.
Tout d'abord, qu'est exactement le passage de Rafah ? Rafah est une ville palestinienne dans la Bande de Gaza, à cheval sur la frontière avec l’Égypte. Un terminal existe à la frontière pour faciliter le passage des gens à travers la frontière, mais Rafah n'est pas conçu comme un passage pour les marchandises. L'ouverture de Rafah, tandis qu'elle peut permettre aux gens de Gaza de sortir (avec la permission de l’Égypte toujours nécessaire bien sûr), a peu d'effets sur la quantité réelle des produits qui entrent et sortent de Gaza.
Les autres couches du siège
Les autres passages : Pour des raisons logistiques, historiques et d'infrastructures, d'autres points de passage vers Gaza sont conçus pour l'entrée des marchandises commerciales et humanitaires. Grâce aux données de l'Office des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, qui
enregistre tout ce qui est autorisé à entrer à Gaza, quand et par quel endroit, on peut voir un contraste frappant entre les différents passages. L'ensemble des données du 19 juin 2007 au 19 mai 2011 présentées dans ce camembert montre que très peu de marchandises passent par le passage de Rafah.
Mais ce graphique ne dit pas tout. Aujourd'hui, la plupart de ces passages ont été fermés et, en fait, à ce jour de 2011, 95% des camions qui ont été autorisés à entrer à Gaza sont passés par le carrefour Kerem Shalom. Israël a, au fil du temps, pratiquement bouclé tous les autres passages.
Les dizaines d'années d'occupation israélienne de Gaza, et l'histoire de Gaza en tant que partie intégrante de la Palestine historique depuis des millénaires, ont créé des réalités d'infrastructure et logistiques qui rendent l'approvisionnement par le nord beaucoup plus facile que par le sud. La densité de la population de Palestine/"Israël" au cours du temps a toujours été plus importante que celle du Sinaï d’Égypte, ce qui signifie que les ressources étaient situées au milieu de la Palestine historique et distribuées naturellement à son périmètre.
En conservant un contrôle total des autres passages, Israël est toujours en mesure de maintenir sa politique de siège pratiquement dans la même exacte mesure qu'avant l'ouverture de Rafah. A moins que l’Égypte et la Palestine ne réorganisent complètement le passage de Rafah et l'infrastructure qui l'entoure des deux côtés de la frontière, il est peu probable qu'il y ait le moindre changement. De plus, de tels changements sont hautement improbables pour des considérations tant politiques qu'économiques. Ce n'est tout simplement pas un investissement rentable de ravitailler Gaza en faisant un détour quand la terre à laquelle elle a toujours été intégrée d'un point de vue économique est dans sa partie nord. En outre, la séparation de Gaza de la Palestine historique est de toute façon un champ de mine politique à cause de ses implications politiques dans la lutte pour l'autodétermination des Palestiniens.
Électricité et eau :

Pour beaucoup des mêmes raisons expliquées ci-dessus, Gaza est très largement dépendante d'Israël lorsqu'il s'agit d'électricité. Ce rapport spécial de 2010 d'OCHA déclare que "les besoins de la Bande de Gaza sont entre 240 et 280 mégawatts (MW), dont au moins 42% sont achetés à Israël, distribués par des câbles d'alimentation séparés le long de la Bande de Gaza, et 6 à 7% sont achetés à l’Égypte, distribués principalement dans la région de Rafah."
Le rapport explique bien la genèse du problème de l'électricité :
"La pénurie d'électricité dans la Bande de Gaza remonte à juin 2006, lorsque l'aviation israélienne a détruit les six transformateurs au cours d'une frappe aérienne. Cinq mois plus tard, la centrale électrique a repris la production, mais à un niveau considérablement réduit ; elle a produit environ 65 MV (sur une capacité potentielle de 80 MV), comparés aux 118 MW de production de pointe (sur une capacité potentielle de 140 MW) avant le bombardement.
L'imposition par Israël d'un blocus sur la Bande de Gaza en juin 2007, après la prise de contrôle par le Hamas, a encore resserré les restrictions existantes sur les importations des pièces détachées, des équipements, des consommables et du carburant industriel nécessaires à l'exploitation de la centrale et au réseau électrique. Il y a eu en conséquence un déficit chronique du niveau de production électrique de la centrale de Gaza. Depuis janvier 2010, le déficit électrique journalier s'est aggravé, suite à l'expiration de la subvention directe de la Commission européenne pour l'achat du carburant de la centrale. Depuis lors, la centrale s'est arrêtée complètement deux fois, par manque de carburant. La centrale ne fonctionne actuellement qu'avec une turbine et ne produit que 30 MW d'électricité, par rapport à sa production moyenne de 60-65 MW en 2009.

Le contrôle d'Israël sur l'essentiel de l'électricité produite en dehors de Gaza et sa capacité à nier le développement durable de la production d'électricité à l'intérieur de Gaza en empêchant l'entrée des matériaux nécessaires pour ramener la centrale en capacité, lui donne le contrôle effectif sur l'interrupteur électrique de Gaza.
L'électricité a également un impact direct sur le problème de l'eau potable. Amnesty International
rapporte que 90 à 95% de l'eau potable de Gaza est contaminée et impropre à la consommation. Les Nations Unies ont même trouvé que l'eau en bouteille à Gaza contenait des contaminants, vraisemblablement dus aux bouteilles en plastiques recyclées dans des usines qui ne fonctionnent pas correctement. Le manque d'électricité suffisante pour les usines de dessalement et d'épuration provoque l'infiltration de quantités importantes d'eaux usées dans l'aquifère côtier de Gaza, la principale source d'eau pour la population.
Le blocus : Les gens utilisent souvent les mots blocus et siège de façon interchangeable, ce qui est inexact. Le blocus de Gaza est appliqué par la marine israélienne au large des côtes de Gaza et dans ses eaux territoriales. Le siège est une combinaison de politiques restrictives et punitives qui comprennent le blocus, mais aussi certains des autres problèmes évoqués plus haut. Le blocus lui-même, cependant, a un impact spécifique mais également dévastateur sur Gaza, sa population et son économie. Pour l'industrie de la pêche de Gaza, il a été destructif. Israël impose son blocus naval illégal à 3 miles nautique (la plupart des poissons des eaux territoriales de Gaza se trouvent au-delà de cette limite) et lorsque les pêcheurs de Gaza s'en approchent trop, la marine israélienne leur tire dessus.

En fait, ce matin même [27 mai], trois pêcheurs ont été blessés lorsque des vedettes israéliennes ont fait feu sur eux.
Alors qu'Israël prétend que son blocus est destiné à empêcher l'entrée d'armes à Gaza, il lui reste encore à fournir une explication au sujet des tirs sur des pêcheurs palestiniens venant de Gaza sur des canots. Les effets de ces actions sont si graves qu'un territoire côtier à l'histoire maritime riche fait de l'élevage de poissons et importe maintenant du poisson frais d'Israël. Inutile de dire que l'ouverture du passage de Rafah aura peu d'impact sur cet aspect du siège.

Ce que l'ouverture de Rafah signifie vraiment : la fermeture d'un chapitre sombre de l'histoire de l'Egypte
Le siège de la Bande de Gaza est une politique honteuse qui punit collectivement des civils, en contravention directe au droit humanitaire international et est une cicatrice affreuse sur la conscience de la communauté internationale. L’Égypte a malheureusement joué un rôle indéniable dans cette politique sous le régime Moubarak, en dépit du fait que la plupart des Égyptiens ont dénoncé avec véhémence cette politique. Tandis que la fermeture égyptienne de Rafah fut une contribution mineure aux effets globaux du siège comparés aux restrictions israéliennes, le régime complice Moubarak était considéré comme traître aux yeux de la plupart dans le monde arabe et musulman. Les Palestiniens et une grande majorité des gens de par le monde savaient que la population d’Égypte était en désaccord avec ce que son gouvernement faisait. Tous ceux qui en doutait en furent totalement convaincus après le 25 janvier 2011.
Toutefois, c'est le rôle que jouera la nouvelle Égypte vis-à-vis de Gaza qui déterminera si c'est vraiment la fin d'un chapitre sombre de son histoire, et si l'ouverture de Rafah est la première ou la dernière démarche qu'elle prendra pour rompre la politique de siège imposée par les Israéliens. Garantir que les Palestiniens de Gaza puissent entrer et sortir de Gaza librement par le passage de Rafah nouvellement ouvert, sans visas discriminatoires et retards de contrôles sécuritaires qui ont cassé la mobilité par le passé, serait un prochain pas extrêmement important dans la bonne direction.

Source : The Jerusalem Fund

Traduction : MR pour ISM


3-5 Khaled Amayreh : Célébrer 63 années de nettoyage ethnique...

Israël célèbre ces jours-ci les 63 années de son indépendance. Toutefois, il serait plus exact de dire que l’Etat juif célèbre 63 années de vol de terres, de nettoyage ethnique et d’oppression systématique du peuple palestinien, véritable propriétaire de la Palestine.

Enfants palestiniens dans un camp de réfugiés géré par l’UNRWA, après l’expulsion de leurs familles de Palestine par les milices sionistes en 1948

En effet, sans ce lent génocide contre le peuple palestinien, que de nombreux intellectuels et historiens juifs ont fini par reconnaître, l’Etat voleur n’aurait probablement jamais vu le jour.

La naissance illégitime d’Israël en 1948 a été sans aucun doute un acte brutal, un viol commis par des gangs sionistes originaires d’Europe orientale qui ont amené dans leurs bagages toutes les caractéristiques des idéologies fascistes et staliniennes qui caractérisaient cette partie du monde.

Ces gangs ont veillé à imiter, à copier, la totalité ou la plupart des crimes génocidaires et des pratiques racistes appliqués contre les Juifs en Europe, amenant le premier ministre israélien de l’agriculture [à l’époque de la Nakba], Aharon Zisling, à admettre que « nous avons commis des actes nazis. »

La dépravation morale totale et la criminalité de ces gangs terroristes sionistes ont poussé le Président Truman à faire remarquer : « j’ai bien peur que les Juifs sont comme tous les opprimés. Quand ils arrivent au sommet, ils sont tout aussi intolérants et cruels que ceux qui l’étaient vis-à-vis d’eux quand ils étaient au-dessous. Je regrette profondément cette situation parce que ma sympathie a toujours été de leur côté. »

Pour blanchir leur crime, sans aucun doute un des pires dans l’Histoire, les sionistes ont fabriqué un des plus grands mensonges, concocté toutes sortes de récits sur les fausses prétentions d’une patrie pour les Juifs et pour le peuple juif. Certains juifs sionistes, en exploitant le tabou de l’antisémitisme en Occident en particulier au lendemain du massacre des communautés juives par les Nazis, ont été assez culottés pour inventer le concept de race juive qui va à l’encontre des faits de la biologie, de la généalogie, de l’anthropologie et de l’Histoire.

Les sionistes, qui mentent autant qu’ils respirent, n’ont aucune limite dans leur volonté « de prouver » la « véracité » de leur immense mensonge.

Par exemple, j’ai discuté avec certains fanatiques sionistes récemment sur le fait que les Juifs blancs et lettons ne pouvaient pas avoir le même ancêtre comme par exemple Jacob, le personnage biblique, que les Juifs noirs et éthiopiens. Mais les sionistes ne n’ont que faire de la vérité. Ils ont fait valoir que la raison pour laquelle les Juifs lettons et russes étaient si blancs était que beaucoup de femmes juives avaient été violées par les Goyems [non-juifs] de ces pays, ce qui expliquait que ces femmes aient donné naissance à des enfants blancs !

La vérité est que le récit sioniste n’a comme justificatif que la domination de la force brute sur la vérité. Cependant, cette domination ne durera pas éternellement. Israël finira par subir le même sort que tous les projets colonialistes et toutes les croisades. Oui, ce n’est pas pour demain, mais cela se fera...

Les Juifs de conscience se rendent sans doute compte que la célébration de l’usurpation de la patrie d’un autre peuple n’est pas vraiment une victoire, certainement pas une victoire morale. En effet, les personnes qui vivent dans des maisons appartenant à d’autres personnes, qui aiment les vergers et les vignobles appartenant à d’autres personnes expulsées par les armes, simplement parce qu’elles se trouvaient être « non-Chosenites » [non-choisis par Dieu] sont soit désespérément psychotiques ou irrémédiablement immorales.

Pourtant, c’est le cas de la majorité des Juifs d’Israël. Ils sont venus de terres lointaines pour prétendre à une patrie qui n’est pas le leur. Et quand les indigènes de cette terre, les Séminoles, Navajos et Cherokees de la Palestine, ont protesté ou résisté face à la terreur organisée par ces voyous et ces envahisseurs venus d’Europe de l’Est, les sionistes ont traité leurs victimes de terroristes et d’anti-sémites.

Les Juifs sionistes perdent leur sang-froid lorsque nous rappelons au monde la similitude entre ce que les nazis ont fait aux Juifs au cours de la seconde guerre mondiale et ce que les nazis de notre époque, les sionistes, ont fait aux Palestiniens.

Cependant, posons-nous la question suivante : les nazis étaient-ils « nazis » seulement parce qu’ils ont construit et utilisé des chambres à gaz pour incinérer leurs victimes juives et non-juives ? Les nazis auraient-ils été moins mauvais et donc « moins nazis » s’ils avaient anéanti leurs victimes par des balles au lieu de fours, ou en les faisant mourir de faim comme Israël l’a fait pour les Palestiniens ? D’ailleurs, si les Juifs avaient le droit d’appeler « le navire Exodus » un Auschwitz flottant, pourquoi serait-il interdit aux Palestiniens à qualifier de « nazie » l’expulsion consommée de tout un peuple de sa patrie ancestrale ? Les Israéliens ont le droit exclusif de traiter leurs détracteurs et leurs ennemis de « nazis » alors que d’autres, par exemple les Palestiniens, n’ont pas un droit similaire en qualifiant les criminels israéliens de « nazis » ?

Il y a soixante-trois ans, les sionistes ont rasé 438 villages palestiniens, empoisonné ou détruit des puits pour faire en sorte que leurs propriétaires légitimes ne reviennent pas. Aujourd’hui, les sionistes continuent à se comporter selon les mêmes traditions, démolissant des maisons, détruisant des fermes et rétrécissant jour après jour l’espace dévolu aux Palestinien dans le but de les faire émigrer.

Aujourd’hui, dans chaque école secondaire de premier cycle en Amérique, on lit Anne Frank, tandis que dans chaque lycée « La Nuit » d’Elie Wiesel est une lecture indispensable. Cet écrivain assure effrontément qu’il s’identifie facilement avec les crimes israéliens, et qu’il ne peut pas se résoudre à dire de mauvaises choses au sujet d’Israël.

Les victimes de la première Nuit de Cristal [novembre 1938 - tournant dramatique dans la politique antisémite du gouvernement de l’Allemagne nazie] ont bénéficié de la sympathie et du soutien du monde, tout en ayant en même temps réussi à diaboliser un peuple tout entier pour qui la Nuit de Cristal reste une nuit sans fin.

Aujourd’hui, 63 années de viol, de vol et d’oppression sont fêtées et sanctifiées par les enfants, les petits-enfants et arrières petits-enfants de l’holocauste. Et le résultat de tout cela est une entité oppressive pratiquant tous les dépravations concevables et employant tous les types de mensonges pour cacher ce qui devrait faire sa honte.

Israël célèbre la liberté, tandis que plus de neuf millions de Palestiniens sont traités comme des esclaves ou des adeptes d’un Dieu de moindre importance, certains croupissant dans des camps de réfugiés depuis 63 ans, ou étant soumis à d’horribles conditions telles que la détention de masse, la famine collective, la persécution quotidienne, sans aucune liberté et très peu d’espoir en un avenir meilleur.

Je ne sais pas avec certitude dans quelles conditions surviendra la fin d’Israël. Cependant, je suis sûr d’une chose. Cette fin arrivera plus tôt que beaucoup de gens ne l’imaginent.

Peut-être alors les Palestiniens, et aussi les Juifs, trouveront-ils la vraie liberté. Après tout, le sionisme a fait de beaucoup de Juifs, êtres humains respectables, des voleurs de terres, des tueurs d’enfants, et surtout des adeptes du mensonge.

Khaled Amayreh

11 mai

Traduction de l’anglais : Nazem

14 mai

 http://qassam.ps/news-4517-Celebrat...


3-6 Un rapport explosif de B'Tselem : L'annexion israélienne de la vallée du Jourdain et du nord de la Mer Morte.
L’association israélienne de défense des droits de l’homme vient de publier un rapport montrant point par point comment Israël a instauré dans ces territoires palestiniens un régime qui en exploite intensivement les ressources, à plus grande échelle que nulle part ailleurs en Cisjordanie, et a déjà annexé plus des 3/4 de la vallée du Jourdain et du secteur septentrional de la Mer Morte.

Dépossession et exploitation : la politique israélienne dans la vallée du Jourdain et au nord de la Mer Morte.

La vallée du Jourdain et le secteur septentrional de la Mer Morte incluent les plus importantes réserves territoriales de la Cisjordanie. La zone couvre 1,6 million de dunams (1 dunam = 1000m2), ce qui constitue 28,8% de la Cisjordanie. Soixante cinq mille Palestiniens y vivent répartis dans 29 agglomérations, et environ 15 000 autres Palestiniens résident dans de petites localités bédouines. Quelque 9 000 colons vivent dans 37 colonies de la zone (y compris dans 7 implantations sauvages).

Mainmise sur les terres

Israël a eu recours à différents moyens pour prendre le contrôle de la plus grande partie des terres de la zone :

 Des milliers de dunams ont été confisqués aux réfugiés palestiniens et utilisés pour construire là les premières colonies, dès 1968 et tout au long des années soixante-dix. Ceci, en violation d’un ordre militaire.
 Par le biais de manipulations juridiques, Israël a élargi l’inventaire du « territoire national », de sorte que 53,4% de la zone, soit quatre fois plus qu’avant 1967, sont désormais répertoriés comme territoire national.
 Israël a déclaré terrains d’exercices militaires 45,7% de la zone, bien que ces espaces soient situés à proximité de voies de communication majeures, le long de secteurs de colonisation bâtis ou consacrés à l’agriculture, ou encore qu’ils incluent des terrains de colonisation exploités.
 Israël a enclos environ 20% de la zone en les classant comme réserves naturelles, alors que seule une petite partie en a été développée et rendue propre à la visite. Deux tiers des secteurs classés comme réserves naturelles sont aussi des terrains d’exercice militaire.
 Israël a confisqué des terres au nord de la vallée du Jourdain pour le Mur de séparation et a réalisé 64 champs de mines près de la route du Jourdain. Or l’armée elle-même conteste désormais la nécessité des mines comme mesures de sécurité.

Par ces procédés, Israël a pris le contrôle de 77,5% du sol, en empêchant les Palestiniens d’y bâtir, d’y exploiter la terre ou d’y demeurer. 12% de la zone a été dévolue à la colonisation, y compris la totalité de la côte septentrionale de la Mer Morte. La politique israélienne a mis en pièces la sphère spatiale palestinienne et a isolé les localités palestiniennes. Au cours des deux dernières années, l’administration civile n’a eu de cesse de démolir les structures des communautés bédouines de la zone, bien que plusieurs d’entre elles soient antérieures à 1967.

Mainmise sur les ressources hydriques.

La plupart des forages israéliens en Cisjordanie – 28 forages sur 42 – se trouvent dans la vallée du Jourdain. Ces forages procurent annuellement à Israël quelque 32 millions de mètres cubes, dont la majeure partie est attribuée aux colonies. L’attribution annuelle d’eau aux 9 400 colons de la zone, à partir des forages de la vallée du Jourdain, de recyclage des eaux usées et de réservoirs artificiels est de 45 millions de mètres cubes. L’eau allouée aux colonies leur a permis de développer des procédés d’agriculture intensive et de cultiver tout au long de l’année, leur production étant pour la plus grande part exportée. L’eau attribuée aux colonies représente à peu près le tiers de la quantité d’eau accessible aux 2 millions et demi de Palestiniens vivant en Cisjordanie.

Le contrôle par Israël des ressources hydriques de la zone a entraîné le tarissement d’un certain nombre de puits palestiniens et a conduit à la diminution de la quantité d’eau que peuvent produire d’autres puits et sources. Par comparaison, en 2008, les Palestiniens pompaient 31 millions de mètres cubes, soit 44% de moins que ce qui était produit dans la zone avant l’agrément intérimaire israélo-palestinien de 1995. A cause de la pénurie d’eau, des Palestiniens ont été contraints à délaisser une agriculture qui avait été active et à se rabattre vers des productions moins rentables.

Dans le gouvernorat de Jéricho, la proportion de terres consacrées à l’agriculture est la plus faible parmi les gouvernorats palestiniens de Cisjordanie – 4,7%, comparé à une moyenne de 25%.

Le contrôle israélien de la plupart des terres empêche par ailleurs une distribution équitable des ressources hydriques aux agglomérations palestiniennes de la zone, mais aussi le transfert d’eau vers des localités palestiniennes qui lui sont extérieures. La consommation d’eau dans les localités bédouines correspond à la quantité que les Nations Unies ont fixée comme étant le minimum pour survivre dans les secteurs de désastre humanitaire.

Restrictions de mouvement

Dans le cadre de l’assouplissement des restrictions de circulation en Cisjordanie lancé en 2009, Israël n’a pas supprimé les restrictions de mouvement dans la vallée du Jourdain, et ce malgré l’absence de menaces contre la sécurité dans cette zone. Israël maintient en fonctionnement quatre postes de contrôle dans la vallée du Jourdain - Tayasir, Hamra, Ma’ale, Efrayim, et Yitav. A ces postes de contrôle, ne sont autorisés à passer que les véhicules appartenant à des Palestiniens qu’Israël reconnaît comme résidents du secteur..

Ces restrictions à la circulation obèrent considérablement la vie des Palestiniens, dès lors que la plupart des structures éducatives et médicales supposées ouvertes aux résidents locaux sont situées hors de la zone.

Restrictions sur la construction.

La politique planificatrice d’Israël dans la vallée du Jourdain rend impossible aux Palestiniens de bâtir et de développer leurs agglomérations.

L’administration civile n’a préparé des plans que pour une fraction minuscule des localités palestiniennes. En outre, ces plans ne sont rien d’autres que des projets de démarcation, qui n’allouent pas d’espace pour de nouvelles constructions ni des expansions. A titre d’exemple, le plan concernant Al-Jiftlik, la plus grande localité de la Zone C (placée sous contrôle israélien intégral), a laissé hors de ses limites 40% de l’espace constructible du village ; en conséquence de quoi, les maisons de nombreuses familles sont en péril de démolition. Le plan concernant Al-Jiftlik est plus restreint en surface que celui qui a été élaboré pour la colonie de Maskiyyot, bien que Al-Jiftlik compte 26 fois plus d’habitants.

Mainmise sur les sites touristiques.

Israël a pris le contrôle de la plupart des principaux sites touristiques de la zone – la côte septentrionale de la Mer Morte, Wadi Qelt, les grottes de Qumran, les sources de la réserve de ‘Ein Fashkha, et le site de Qasr Alyahud (là où Jean Baptiste a baptisé Jésus). Des organismes israéliens administrent ces sites. Israël limite par ailleurs l’accès des touristes à Jéricho, en les canalisant vers l’entrée sud de la ville. La conséquence étant que peu de touristes en visite à Jéricho y passent la nuit, ce qui entraîne de lourdes pertes pour l’industrie touristique de la ville.

Exploitation des ressources naturelles.


Israël autorise des entrepreneurs israéliens à exploiter les ressources de la zone.

La firme de cosmétiques Ahava, dans le kibboutz Mizpe Shalem, élabore ses produits à partir des boues à haute teneur minérale de la Mer Morte septentrionale. Une carrière israélienne proche de la colonie Kokhav Hashahar produit des matériaux de construction. Israël a également mis en place dans la vallée du Jourdain des installations pour le traitement de l’eau et l’enfouissement des ordures en provenance d’Israël et des colonies.

Le droit international prohibe l’établissement de colonies dans des territoires occupés et l’exploitation de leurs ressources.

B’Tselem appelle Israël à évacuer les colonies, à donner aux Palestiniens accès à toutes les terres qui leur ont été fermées et à leur permettre d’utiliser à leur usage les ressources hydriques. En outre, Israël doit fermer les entreprises qui profitent des ressources minérales et des autres ressources naturelles dans la zone, et démembrer les dispositifs de dépôt des ordures.

Source : http://www.btselem.org/English/Publ...

Centre israélien d’information sur les droits de l’homme dans les Territoires Occupés. Rapport exhaustif, mai 2012 Dépossession et exploitation : la politique israélienne dans la vallée du Jourdain et au nord de la Mer Morte

Dimanche 22 mai 2011.

(Traduit de l’anglais par Anne-Marie PERRIN pour CAPJPO-EuroPalestine)


 

Source : CAPJPO
http://www.europalestine.com/...


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