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08/06/2011

n°582 - Dossier de Palestine - 08-06 - Suite- : Célébrer 63 années de nettoyage ethnique...


n°582 - Dossier de Palestine - 08-06  - Suite- : Célébrer 63 années de nettoyage ethnique...



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



Dossier de Palestine

n°582                                                    08-06

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

1 Dossier

1-4 La seconde flottille déterminée à forcer le blocus israélien.

1-5 Robert Bibeau : BANTHOUSTAN PALESTINIEN ?

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Mick Napier : Le Premier ministre d’Écosse demande des sanctions contre Israël.

3 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

3-1 LE COMBAT OBAMA – NETANYAHU : LA REVANCHE

3-2 Salem Ferdi : Obama rate le printemps arabe.

3-3 Omar Barghouti : Obama, le printemps arabe, et le manque de pertinence de ses discours.

3-4 The Jerusalem Fund : Ce que veut dire et ne veut pas dire l'ouverture de Rafah…

3-5 Khaled Amayreh : Célébrer 63 années de nettoyage ethnique...

3-6 Un rapport explosif de B'Tselem : L'annexion israélienne de la vallée du Jourdain et du nord de la Mer Morte.



1-4 La seconde flottille déterminée à forcer le blocus israélien.
Les organisateurs d'une flottille d'aide humanitaire internationale ont réaffirmé hier à Istanbul leur détermination à forcer d'ici à la fin juin le blocus israélien sur Gaza. Quinze navires en provenance de différents ports de la Méditerranée appareilleront « dans 20 jours », soit aux alentours du 20 juin, pour Gaza, a indiqué Vangelis Pisias, coordinateur de la flottille, qui s'exprimait à bord du Mavi Marmara, navire amiral d'une première flottille pour Gaza prise d'assaut le 31 mai 2010 par des commandos israéliens. Neuf Turcs avaient péri à bord du Mavi Marmara durant l'assaut, qui avait suscité la réprobation internationale et a créé une grave crise dans les relations turco-israéliennes. Une manifestation devait avoir lieu dans la soirée sur la place de Taksim, la principale esplanade d'Istanbul, pour commémorer l'anniversaire de l'assaut. M. Pisias a également rejeté la proposition des autorités israéliennes de transférer les cargaisons humanitaires à Gaza après avoir vérifié qu'elles ne dissimulent pas d'armements.
Les bateaux de la deuxième flottille, venant du Canada, d'Espagne, des
États-Unis, de France, de Grèce, d'Irlande, d'Italie et de Turquie, se retrouveront dans les eaux internationales au sud de Chypre, a précisé Hüseyin Oruç, de l'organisation caritative islamiste turque IHH, partenaire de la flottille.
Outre quelque 1 500 militants d'une centaine de pays, ils transporteront des denrées humanitaires, des matériaux de construction - dont 600 à 700 tonnes de ciment -, des fournitures scolaires, des équipements médicaux, des médicaments et des jouets, a ajouté M. Oruç.
Interrogé sur la réaction des militants en cas de nouvel assaut israélien, M. Oruç a répondu qu'« ils n'attaqueront pas. Nous ne pensons pas qu'ils commettront une nouvelle fois cette même erreur (...) Les navires de la flottille sont des navires de paix. Les activistes vont naviguer paisiblement ». Le musicien israélo-suédois Dror Feiler, représentant de la branche suédoise de la flottille, a également exclu le recours à la violence.
La détermination de la flottille ne faiblit pas en dépit de la réouverture de la frontière entre l'Égypte et la bande de Gaza samedi à titre permanent. C'est la première fois depuis quatre ans que l'Égypte autorise la libre circulation des personnes. La réouverture du point de passage de Rafah, le seul de l'enclave palestinienne qui ne soit pas contrôlé par Israël, a été critiquée par l'État hébreu.

31 mai 2011
http://www.lorientlejour.com/numero/4546/article/706097/__La_seconde_flottille_determinee__a_forcer_le_blocus_israelien.html


1-5 Robert Bibeau : BANTHOUSTAN PALESTINIEN ?

La résistance engendre l’unité des résistants. La collaboration engendre l’unité des  collabos et renforce la collaboration. L’unité de tous les collabos ne peut pas renforcer la résistance.

Ce sont ces principes simples qui doivent servir à apprécier l’entente d’unification signée par treize organisations palestiniennes, pour la plupart membre de l’OLP, au Caire en Égypte il y a quelque temps.

La photo montrant des manifestants palestiniens à Ramallah le jour anniversaire de la Nakba (des photos semblables ont été prises à Gaza et aux frontières syrienne et libanaise) indique la raison pour laquelle l’entité sioniste ne tient pas particulièrement à fragiliser le régime syrien de Bachar el Assad, ni celui de Mahmoud Abbas à Ramallah, ni celui de Khaled Mechaal à Gaza. En effet, Israël craint l’orientation imprévisible d’éventuels nouveaux gouvernements syrien et palestiniens advenant que les cliques au pouvoir en viennent à être renversées. L’exemple libanais a déjà fortement ébranlé Israël ; l’entité sioniste n’a pas su écraser la résistance héroïque du Hezbollah libanais. La stabilité et la prévisibilité des réactions gouvernementales arabes sont préférables à la déstabilisation anarchique risquant de laisser émerger des régimes populistes anti-sionistes en Syrie, en Palestine, au Liban et en Égypte « démocratisées », voilà la doxa de l’État major de l’armée sioniste à Tel-Aviv, le véritable dirigeant de la base militaire américaine au Levant (1). 

En Palestine, le dilemme est de maintenir au pouvoir la vieille coterie de Mahmoud Abbas, président de pacotille dont le règne est terminé depuis deux années en vertu même de la Constitution palestinienne, ainsi que de ses nouveaux alliés du Hamas, ou alors de voir émerger une nouvelle résistance absolument hors de contrôle soutenue par la rue partout dans le Makrech Arabe.

« Cela s’est traduit par de multiples rassemblements, encore faibles en nombre de participants, systématiquement réprimés par le Hamas à Gaza et par l’Autorité palestinienne en Cisjordanie. Sur la place Manara à Ramallah, une tente occupée par de jeunes « blogueurs » surmontée d’un calicot « Le peuple veut la fin de la division » exprime clairement le ras-le-bol général d’une situation devenue insupportable. » (2)

 Ces jeunes « blogueurs » dont il est fait mention ici étaient en fait commandités par les organisations du Fatah et du  Hamas afin de laisser croire que les factions n’ont pas d’autre choix que de s’entendre puisque c’est la volonté populaire représentée par ces faire-valoir munis de leurs portables à clavier fournis par le fils Abbas, détenteur grâce à Israël de l’exclusivité de la commercialisation de ces appareils en Palestine occupée.

Le nouveau gouvernement égyptien, celui là même mis en place par les apparatchiks suite à la retraite précipitée de Moubarak, et toujours sous contrôle de l’ambassade américaine au Caire, aurait été à l’origine de cette entente de trahison nationale à laquelle treize factions, tout ce que l’OLP compte de groupuscules en quelque sorte, auxquelles s’ajoute le Hamas, cherchant tous à s’adouber pour se partager les futur postes d’administrateurs dans les bantoustans virtuels (Gaza, Jéricho, Ramallah, Jénine, Naplouse et Hébron).

Le peuple palestinien revit ces temps-ci le scénario désastreux des Accords d’Oslo, de triste renom (3).

L’entente Fatah-Hamas dit ceci :

 « Le texte prévoit la formation d’un gouvernement de technocrates ou d’indépendants ; la tenue d’élections présidentielle et législative d’ici un an ; la réforme de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et une solution à la division des organes de sécurité. Comme il est prévu par les accords d’Oslo, c’est l’OLP et elle seule qui est habilitée à négocier des solutions de paix avec le gouvernement israélien. Ce texte facilitera sans aucun doute la campagne de l’Autorité en faveur de la reconnaissance par l’Assemblée générale des Nations unies d’un État palestinien indépendant dans les frontières de juin 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale. » (4)

Convenons que des personnalités palestiniennes indépendantes cela n’existe tout simplement pas. Quand une nation toute entière de réfugiés, d’emprisonnés (11 000), d’emmurés vivant sous blocus militaire, se bat pour sa survie contre un État génocidaire, tout individu faisant partie de cette nation est soit un combattant de la liberté et de la résistance face à l’ennemi sioniste ; soit un défaitiste ou un collaborateur déclaré ou inavoué, ce qui revient au même, l’un s’est déjà vendu, l’autre est à vendre.

Ce gouvernement provisoire sera donc un gouvernement de collaboration et de trahison nationale chargé en conformité avec les Accords d’Oslo (que le Hamas prétendait ne pas reconnaître) de préparer la future élection législative et présidentielle où Fatah, Hamas et autres factions, feront campagne sous occupation et sous blocus israélien. Ces élections permettront de distribuer les postes et les rôles de gardes chiourmes dans les bantoustans à venir, pendant que la soi disant « communauté internationale à l’ONU », à la solde des Américains, votera une résolution, sans autre effet que de reconnaître selon le droit international le renoncement du peuple palestinien à plus de 75 % de ses terres spoliées par l’entité sioniste en 1948. Cette résolution de l’ONU constituera la reconnaissance internationale de l’irréversibilité de la Nakba, de l’irréversibilité de l’invasion et de l’usurpation des terres palestiniennes par les hordes de l’entité sioniste avec le consentement complice des carnassiers de l’Autorité et de l’OLP.

Cette résolution de l’ONU n’impliquera aucune obligation de la part d’Israël mais lui assurera en droit international que plus de 75  % des terres déjà volées aux palestiniens ne leur seront jamais rétrocédées. Pour les 20 ou 25 % des terres restantes, rien ne sera réglé et tout sera sujet à d’autres interminables palabres entre l’entité sioniste et les collaborateurs de l’OLP. 

La récompense offerte au Hamas pour avoir concédé, sans aucune contrepartie de la part de l’ennemi, cette renonciation légale aux droits ancestraux du peuple palestinien sur les terres actuellement occupées par l’entité sioniste, a été l’annonce par le ministre des Affaires étrangères égyptien de la réouverture prochaine de la frontière avec Gaza. Voilà ce que c’est que de céder son droit d’aînesse pour un plat de lentilles.

 

Les analystes de salon proclament ces temps-ci que : « La décision de l’ONU d’une reconnaissance en septembre d’un « État palestinien », venant s’ajouter à l’accord de réconciliation (unité des collabos NDLR), constitue des points d’appui pour « désenclaver » la lutte du peuple palestinien et lui redonner sa place centrale dans le combat anti-impérialiste. » (5).

Rien n’est plus faux. Cette « reconnaissance » du renoncement à la libération de la terre  palestinienne ; de la  renonciation au droit de retour pour les millions de Palestiniens des camps de réfugiés (ceux qui ont manifesté aux frontières de la terre de la Nakba le 15 mai dernier et dont il n’est même pas fait mention dans l’entente d’unité et de fraternité des collabos, ni dans la résolution présentée à l’ONU), ainsi que le consentement à l’usurpation des droits ancestraux palestiniens, garantissent véritablement « l’enclavement » de la lutte de libération nationale palestinienne. Cet « enclavement » amorcé lors des Accords d’Oslo entérinés par l’OLP poursuivant sans relâche sa politique de capitulation et de trahison nationale auquel s’est maintenant joint le Hamas.

C’est la capitulation et la renonciation à leurs droits qui isolent les capitulards et entraînent la défaillance de leurs appuis solidaires internationaux, jamais la résistance. C’est la résistance à l’ennemi sioniste qui garantit l’unité des combattants, jamais l’inverse.

Espérons que le peuple palestinien et certaines de ses organisations de lutte nationale reprendront le flambeau de la résistance et de la libération totale de la terre palestinienne ancestrale jusqu'à l’éradication complète de l’entité sioniste, bastion depuis soixante trois ans de l’impérialisme occidental sur les terres arabes (6). C’est sur ces bases militantes de résistance résiliente que doit se forger l’unité des organisations qui adhèrent aux objectifs de libération nationale du peuple palestinien.

 (1) http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4945 et aussi http://www.ledevoir.com/international/proche-orient/323418/manifestations-de-la-nakba-l-anniversaire-d-israel-souligne-par-de-violents-heurts-aux-frontieres?utm_source=infolettre-2011-05-16&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

(2) http://www.pressegauche.org/spip.php?article7232

(3) http://www.michelcollon.info/L-Egypte-derriere-l-accord-Hamas.html 

(4) http://www.michelcollon.info/L-Egypte-derriere-l-accord-Hamas.html  et  http://www.michelcollon.info/Le-texte-de-l-accord-Hamas-Fatah.html

(5) http://www.pressegauche.org/spip.php?article7232

(6) L’éradication de la structure étatique sioniste, théocratique et impérialiste israélienne ne signifie pas le rejet à la mer de toute la population israélienne non arabe. Lors de la création du nouvel état probablement multi ethnique, laïc et démocratique, il reviendra aux représentants du peuple d’établir les règles de naturalisation des individus vivant sur le territoire de ce nouvel état.

 http://www.ism-france.org/analyses/La-nouvelle-lubie-de-la-gauche-arabe-article-14605  
http://www.robertbibeau.ca/palestine.html
20.05.2011
http://www.robertbibeau.ca/palestine.html  


2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

2-1 Mick Napier : Le Premier ministre d’Écosse demande des sanctions contre Israël.

 Campagne écossaise Solidarité Palestine

Le Premier ministre, Alex Salmond, s’est prononcé en faveur de sanctions économiques contre Israël. Il a décrit le massacre par Israël des neufs passagers du Mavi Marmara (31 mai 2010) comme une « atrocité en haute mer » et déclaré avec fermeté qu’Israël avait dépassé les bornes. « Cela a des implications, et notamment sur les relations commerciales - vous ne pouvez pas avoir des relations normales avec un pays si vous pensez qu’il est impliqué dans ce quoi Israël s’est impliqué. »

Les élections en Écosse ont brisé le moule politique écossais avec le triomphe du SNP (Parti national écossais). Le Parti travailliste pro-guerre et pro-Israël, les partis tori (conservateurs) et libéraux-démocrates ont été sanctionnés. Le leader du SNP, Alex Salmond, a tenté de faire mettre Tony Blair en accusation pour crimes de guerre en Iraq. Le gouvernement écossais a ouvert les hôpitaux écossais aux victimes palestiniennes de l’opération Plomb durci (27/12/2008-18/01/2009). Il faut mettre le gouvernement nationaliste sous pression pour qu’il mette ses actes en conformité avec ses déclarations.

Les élections en Écosse ont brisé le moule politique écossais, tous les partis politiques ont été battus sauf le SNP, et elles nous ont donné une majorité nationaliste au Parlement d’Édimbourg. Le système de vote avait été expressément conçu pour empêcher un tel résultat. Contrairement aux Palestiniens, toutefois, nous ne nous attendons pas à être sévèrement punis pour avoir voté d’une manière que Londres désapprouve.

Le Parti travailliste, les partis tori et lib-dém, qui ont attaqué notre niveau de vie ont été sanctionnés et le SNP a recueilli les fruits de son opposition aux réductions du niveau de vie, des services et de l’emploi.

Nous devons aussi rappeler que le leader du SNP, Alex Salmond, a dirigé son parti au cours des années en s’opposant aux nombreuses politiques foncièrement militaristes des autres partis : il a lancé une initiative en 2004 pour faire mettre Tony Blair en accusation pour crimes de guerre en Irak, et le SNP s’oppose au système de dissuasion nucléaire Trident.

Salmond, de loin l’homme politique le plus populaire et le plus efficace d’Écosse, a également dénoncé, durement et publiquement, les crimes d’Israël. Après l’usage frauduleux des passeports britanniques par Israël pour l’assassinat du responsable du Hamas à Dubaï, dans une chambre d’hôtel en mars 2010, le Premier ministre Salmond a appuyé l’idée de sanctions économiques contre Israël. Il a repoussé l’expulsion par le gouvernement londonien d’un trop petit nombre d’officiels de l’ambassade israélienne, disant lors d’une émission Question Time sur la BBC que les crimes incessants d’Israël exigeaient plus qu’un « ballet diplomatique » après l’utilisation frauduleuse des passeports.

Salmond a qualifié le massacre par Israël des passagers du Mavi Marmara d’ « atrocité en haute mer ». Aucun officiel du gouvernement du Royaume-Uni n’a voulu condamner Israël pour ces meurtres et David Miliban se contentant de dire qu’il « attendait les éclaircissements » du ministre israélien des Affaires étrangères, Lieberman. Alex Salmond, par contre, a déclaré avec fermeté qu’Israël avait dépassé les bornes. « Cela a des implications, et notamment sur les relations commerciales - vous ne pouvez pas avoir des relations normales avec un pays si vous pensez qu’il est impliqué dans ce qu’Israël s’est impliqué. »

Humza Yousef, nouvellement élu au Parlement écossais, a, à juste titre, souligné dans une lettre à la SPSC (Campagne écossaise Solidarité Palestine) qu’il y a eu « des actions également, des centaines de milliers de livres ont été libérées pour des aides à Gaza, nos hôpitaux ont été ouverts pour soigner ceux qui avaient été blessés dans l’atroce agression en 2009 (c’était dans le cadre d’un appel que vous aviez lancé à l’époque directement au gouvernement écossais) ».

Alex Salmond s’est aussi opposé à ceux qui cherchaient à faire l’amalgame des critiques politiques et de l’opposition aux crimes israéliens avec une hostilité à l’égard de la communauté juive. Alors qu’il prenait la parole devant la communauté juive de Glasgow en mai 2010, il lui a été demandé « de faire ce qu’il pouvait pour mettre fin » aux actions BDS devant les supermarchés de Glasgow. Salmond a répondu, se distinguant fondamentalement :

« Je ne pense pas que nous devions accepter, en tant que communauté, que votre position dans la société écossais soit jugée à partir de la politique d’Israël ni entachée par elle. La communauté juive n’a pas à répondre de cette politique. Il est possible de critiquer Israël sans être antisémite. La communauté juive ne doit pas être jugée sur son approbation ou sa désapprobation des actes d’Israël. »

Il a également rejeté des allégations avancées par certains sionistes prétendant que l’antisémitisme conduisait les juifs hors d’Écosse, une accusation non fondée qui sert le programme sioniste pour que des juifs partent en Israël :

«  Je ne partage pas l’analyse selon laquelle la communauté juive souffrirait d’une vague de persécution ou que cet antisémitisme se développerait en Écosse au point même de mettre en péril cette communauté. Je ne crois pas que la communauté juive soit en état de siège ni même qu’elle se sente en état de siège... l’Écosse n’a jamais eu à légiférer pour contrer l’antisémitisme ».

Les positions de Salmond sont en flagrante opposition avec celles du gouvernement de Londres, gouvernement qui a agressé et envahi l’Irak et l’Afghanistan, et approuvé chaque crime israélien. David Miliband, par exemple, a refusé de condamner l’attaque israélienne contre les bateaux en route pour Gaza avec de l’aide humanitaire, et David Cameron s’est déclaré lui-même comme un « fier sioniste », qui soutient Israël qui aurait agi avec « une grande retenue » contre les « terroristes » libanais et palestiniens.

Mais les violations israéliennes du droit international et les meurtres qui se poursuivent, l’emprisonnement massif et la dépossession du peuple palestinien, signifient que nous devons aller au-delà de l’aide humanitaire et des mots pour soutenir l’appel palestinien au Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre Israël jusqu’à ce que les Palestiniens retrouvent leur liberté.

Cela signifie que nous devons faire pression sur le nouveau gouvernement écossais pour qu’il s’aligne sur les déclarations de son Premier ministre, Alex Salmond, qu’Israël mérite des sanctions commerciales. Sanctions qui doivent inclure l’annulation de la subvention aux entreprises écossaises de 200 000 livres à Eden Springs, société internationale à base israélienne de rafraîchisseurs d’eau, impliquée dans de graves violations des droits humains sur le Golan, territoire syrien considéré par le gouvernement britannique comme territoire occupé illégalement par Israël.

Aidez-nous à maintenir la pression sur le gouvernement pour agir conformément à l’appel de son Premier ministre, Alex Salmond, pour des sanctions commerciales contre Israël.

Rejoignez et soutenez la Campagne écossaise Solidarité Palestine.

Mick Napier - Président de la Campagne écossaise Solidarité Palestine

15 mai



3 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

3-1 LE COMBAT OBAMA – NETANYAHU : LA REVANCHE

De nombreux commentateurs sportifs ayant assisté à la dernière confrontation Obama-Netanyahu ont déclaré le pugiliste Netanyahu vainqueur par KO technique, surtout après le 4e round dans la salle du Congrès américain que le lutteur sioniste a remporté haut la main. Tous ces analystes oublient simplement que ce n’était qu’un combat qui appelle un match-revanche qui lui n’aura lieu qu’après 2012, suite à la réélection possible d’Hussein Obama comme aiment l’appeler les évangélistes américains.

 

Passons en revue les quatre premiers rounds de ce récent combat singulier. Le 13 mai, George Mitchell, l'émissaire spécial de Barack Obama au Moyen-Orient démissionne, suite à l’échec de sa mission soi-disant de paix.  « En fait, c'est un constat d'échec pour ce diplomate chevronné, qui tire un mauvais bilan de ses deux années à tenter de briser l'impasse entre Israéliens et Palestiniens. Navettes, entretiens, pressions, compromis… Tout y est passé, en vain. Georges Mitchell n'a pas réussi à relancer le processus de paix, pas même à réunir les deux parties face à face autrement que pour des « photos », des séances photos sans lendemain comme le Proche-Orient en a tant connues. » (1)

 

Quand Barack a été élu à la présidence américaine, il avait sincèrement le projet de régler l’affaire palestinienne selon le point de vue américain évidemment, c’est-à-dire d’amener le leadership palestinien accrédité par Washington (L’Autorité sans autorité) à imposer d’autres compromis honteux au peuple palestinien en récompense de quoi lui, le Président des États-Unis (siégeant à dix mille kilomètres de la terre sainte), accorderait un État (bantoustan) au bon peuple palestinien, ce bantoustan couvrant la bande de Gaza actuelle et une partie de la Cisjordanie. L’étendue du terrain en Cisjordanie serait l’objet des négociations entre le gouvernement qui gère la base militaire américaine au Levant et l’Autorité palestinienne de l’accommodant Mahmoud Abbas, président illégal depuis deux ans.

 

L’une des concessions importantes attendues du traître Abbas concernait les 4 millions et demi de réfugiés palestiniens qui ne devraient avoir droit de retour que dans l’État bantoustan à venir; l’autre concession concernait Jérusalem : un village de la banlieue de la capitale israélienne serait rebaptisé Jérusalem et tiendrait lieu de capitale éternelle pour le peuple martyr palestinien, comme Yasser Arafat l’avait déjà concédé auparavant. Enfin. L’État bantoustan devrait être démilitarisé et seuls les services de sécurité répressifs seraient chargés d’incarcérer les palestiniens refusant ces concessions. Dernière concession l’eau disponible dans toute cette région serait en définitive sous contrôle israélien.

 

« Une Autorité palestinienne extrêmement souple, comme l'ont montré les « Palestine Papers », les documents de négociation qui ont « fuité » du côté de la chaîne Al Jazeera. Mais un leadership faible, incarné par Mahmoud Abbas » (2)

 

Ayant arraché toutes ces concessions aux négociateurs palestiniens, Barack Obama croyait l’affaire entendue. Il se heurta au gouvernement fasciste israélien qui avait justement été placé là par l’aile radicale – revancharde – du Congrès américain en prévision de ce bras de fer anticipé. Le gouvernement Netanyahu croit fermement que le temps n’est pas encore venu de négocier et de régler avec les traîtres palestiniens et que davantage de terre, d’eau et de concessions peuvent leur être arrachées. Voilà ce qui oppose les deux pugilistes.

 

La démission de Mitchell étant annoncée, Barack Obama s’avança dans l’arène le 19 mai dernier pour faire une grande déclaration impérialiste sur les affaires des peuples du Proche-Orient. Dans ce discours le président américain fit simplement le constat d’échec de toute sa politique étrangère dans cette partie du monde.  Après avoir humilié son allié pakistanais, il le voit se tourner de plus en plus résolument vers l’impérialisme chinois concurrent, et soutenir les Talibans qui vont finir par chasser l’OTAN de leurs terres. L’Irak est maintenant dans la sphère d’influence iranienne et l’Iran poursuit son développement nucléaire et économique sous la houlette chinoise. Le gouvernement libanais est paralysé mais loin du contrôle américain. De nombreux pays arabes ont connu des révoltes mais aucune n’est vraiment apaisée, ni aucun gouvernement à la solde véritablement stabilisé. La marmite arabe pourrait ré-exploser sous peu. Obama promet un Plan Marshall pour l’Égypte et la Tunisie notamment, et il promet même de déposer un milliard de dollars dans la corbeille, alors qu’il ne possède pas les crédits nécessaires pour payer les fonctionnaires américains qui pourraient se trouver en chômage technique sous peu. De toute façon, que serait un milliard quand la Tunisie à elle seule réclame 25 milliards ? Les chinois, les véritables banquiers du monde (3 000 milliards de réserve), n’ont pas dit qu’ils contribueraient à ce plan mort né (3). 

 

Sur la question palestinienne par contre, Obama a été très précis dans ce discours et pour la première fois de l’histoire américaine récente il annonce un programme complet et compromettant. Il indique qu’il maintiendra la pression sur les négociateurs palestiniens pour qu’ils ne remettent aucunement en question les concessions déjà convenues; cela visait particulièrement le Fatah et le Hamas pour qu’ils ne se lancent pas dans une surenchère de demandes et de refus pour gagner les élections qu’il a prévues pour eux l’an prochain. Donc, la question de Jérusalem comme capitale, la question des réfugiés et la question de l’État démilitarisé ne devront pas ressurgir lors des négociations qu’il souhaite pour après 2012.

 

Aux Israéliens, Barack Obama signifia que premièrement il prenait acte de l’échec de sa politique étrangère les concernant au cours de ce premier mandat; mais qu’il entendait se reprendre après sa possible réélection et que, cette fois, pour son dernier mandat, il entendait les faire plier. La condition qu’il leur a annoncée est précise : il souhaite un accord de paix entre les deux belligérants et la création d’un État palestinien dont les frontières devront être fixées À PARTIR DES LIMITES DE 1967, CECI PERMETTANT DES ÉCHANGES DE TERRITOIRES CONVENUS ENTRE LES DEUX PARTIES. Chaque mot de cette phrase est très important à comprendre.

 

Ceci signifie qu’il ne veut pas d’un État palestinien en fromage gruyère formé d’une constellation de cités emmurées et reliées entre elles par des tunnels, comme le proposent les sionistes. Qu’il accepte que certaines colonies sionistes (Ariel par exemple) soient annexées par Israël en contre partie de territoires quelconques à convenir entre eux.

 

Obama sait très bien qu’il a étiré la corde pour pendre les leaders palestiniens à son  maximum et qu’il ne peut leur en réclamer davantage au risque de les obliger à se faire harakiri devant leur peuple. Par contre, il savait que Netanyahu n’accepterait jamais ces compromis et qu’il se rebifferait,  Obama ne comptait pas obtenir son assentiment et de fait il annonce sans le dire que ce dossier est clos pour lui jusqu’après les élections de 2012.

 

Par contre, pour que cette manigance fonctionne, Barack Obama avertit déjà la partie palestinienne qu’elle ne doit pas s’enfermer dans les frontières rigides de 1967 (lui-même utilise le terme « limites » de 1967) par une malencontreuse résolution bidon à l’Assemblée générale de l’ONU en septembre, résolution dont le Hamas ou d’autres factions palestiniennes se serviraient ensuite pour remettre en question d’autres concessions territoriales à venir pour les palestiniens et  l’annexion israélienne de Jérusalem-Est déjà concédée depuis l’époque d’Arafat. 

 

Benjamin Netanyahu comprend tout cela et il s’empresse, au moment même où son président fait son discours, d’annoncer sa rébellion et la construction de nouveaux logements à Jérusalem annexée. Le lendemain il se présente à la Maison Blanche en rejetant péremptoirement toutes les prémices présentées par son supérieur. Il court les médias américains pour insulter son hôte et en remettre toujours davantage. Il se présente enfin au Congrès pour annoncer son soutien au candidat républicain pas encore choisi; le Congrès à majorité républicaine l’entend bien ainsi et lui accorde ovation après ovation. L’élection américaine de 2012 est déjà engagée… Mais les primaires ne se tiennent pas dans les salons du Congrès.

 

Pendant ce temps Barack Obama tolère patiemment rebuffade après insulte, agression verbale après humiliation tonitruante sachant que le poltron Netanyahu peut bien s’exciter tant et mieux la véritable bataille ne se gagnera pas là et qu’à trop humilier et insulter publiquement le Président des États-Unis d’Amérique le larbin nuit à sa propre cause.

 

Les analystes politiques américains et français ne s’y trompent pas et annoncent déjà pour l’automne violence et troubles en Palestine occupée. Le peuple palestinien lui ne dit mot, il écoute et il comprend que des tas de gens sont à discuter et à se chamailler sur son dos sans aucunement écouter ses propos.

 

Les peuples arabes ont accumulé, depuis l’époque des Croisades puis de la colonisation européenne, une longue expérience de ces batailles contre l’occupant et de la trahison de certains de ses dirigeants,  et ils savent que souvent il faut beaucoup de temps avant que le vent change de direction. 

 

L’évolution démographique régionale, l’évolution économique (faillite de l’économie américaine), l’évolution politique et militaire (défaite militaire américaine après défaite) jouent toutes en faveur du peuple palestinien à long terme.  Il lui suffit de maintenir ses positions de principes et de laisser le monde impérialiste occidental s’enferrer toujours davantage dans cette situation inextricable pour que dans vingt ou quarante ans la « datte » israélienne lui tombe dans les mains comme un fruit mûr (4).

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(1) http://www.rue89.com/2011/05/28/proche-orient-rendez-vous-a-la-prochaine-explosion-de-violence-206380-0

(2) http://www.rue89.com/2011/05/28/proche-orient-rendez-vous-a-la-prochaine-explosion-de-violence-206380-0

(3) « Et encore, ce qui rend le FMI attirant, est qu'il peut fournir un soutien financier à ses pays membres. Depuis 2009, les fonds que possède le FMI ont augmenté, passant de 250 milliards de dollars à 900 milliards de dollars. Pour vous donner une idée concrète de ces 900 milliards de dollars, les réserves en devises de la Chine ont déjà dépassé 3 000 milliards de dollars, soit plus du triple. D'ailleurs, les fonds du FMI, qui ont subitement augmenté, ont un caractère de bulle, du fait qu'ils sont liés à la politique monétaire souple de la réserve fédérale américaine. Ainsi à l'heure actuelle, le rôle du FMI est très limité pour sauver l'Europe de la crise de la dette, bien qu'il soit aux mains des Européens. Quel résultat y aura-t-il pour les nouveaux pays montants, si un candidat venant de ces pays émergents est élu directeur général du FMI ? »  http://chine.aujourdhuilemonde.com/une-solution-chinoise-pour-le-fmi

(4) http://www.foreignaffairs.com/articles/67863/daniel-levy/same-netanyahu-different-israel?page=3

 

 31.05.2011

http://www.centpapiers.com/obama-contre-netanyahou-%e2%80%93-le-jalon/71867
http://www.robertbibeau.ca/palestine.html


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