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12/06/2011

n°478 - dossiers de l'Afghanistan - 12-06- : Début - : Les Américains de plus en plus pour un retrait des troupes.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan 

n°478 du 12-06

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



 Le "Afghanistan le dossier" est  visible  sur mes blogs : 

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

d) un sommaire à :  http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm

cette page est accessible depuis la page d'accueil ( http://www.palestine-solidarite.org/ ) colonne de gauche.

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

1 Les Brèves

1-1 Harper jouait double jeu en 2009, permet d'apprendre WikiLeaks.

1-2 Le seul endroit où Sarko marque des points. Il mène 58 à 0 contre la France.

1-3 L'Iran livrera 300.000 t de produits pétroliers à l'Afghanistan.

1-4 Washington mobilise le contre-espionnage pour lutter contre l'infiltration des résistants…

1-5 Les Américains de plus en plus pour un retrait des troupes.

1-6 Le sénat kazakh refuse d'entériner l'envoi de troupes.

2 Dossiers

2-1 Comment proteger les civils … DE L’OTAN?

2-2 L’Allemagne change-t-elle de cap ?  

2-3 Guantanamo : Les dossiers 

1 Un ex-détenu algérien à Guantanamo va porter plainte contre Bush.  

2 Témoignage saisissant de Saber Lahmar ex-détenu de Guantanamo qui va porter plainte contre George W. Bush

3 Saber Lahmar vit depuis un an et demi en région bordelaise. 

 Interview : "Ils cherchaient à nous rendre fous"   * * *

Fin

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Adolfo Pérez Esquivel : de Nobel à Nobel, une lettre au Président des Etats-Unis...

3-2 Article Liberation - un jeune afghan est mort.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Manlio Dinucci : L’art de la guerre.

4-2 M. K. Bhadrakumar : Les USA insufflent une nouvelle guerre froide.



1 Les Brèves

Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur, mais doit être vu comme information

1-1 Harper jouait double jeu en 2009, permet d'apprendre WikiLeaks.

 Le gouvernement Harper a considéré très tôt la possibilité de poursuivre la mission en Afghanistan au-delà de 2011, et ce, dès mars 2009, révèlent des documents inédits.

Pourtant, jusqu'en novembre 2010, Stephen Harper répétait publiquement que tous les militaires canadiens allaient rentrer à la maison, rappelle Le Devoir dans son édition de lundi.

En mars 2009, «toutes les options» étaient sur la table au cabinet, même si une motion adoptée par la Chambre des communes un an plus tôt stipulait clairement que la mission à Kandahar devait prendre fin en juillet 2011. Cette ouverture à réévaluer la mission afghane a été communiquée à l'ambassade américaine à Ottawa, ce qui a mené à la demande officielle de Washington, formulée le 2 avril 2009, de maintenir la présence canadienne dans ce pays en guerre après 2011.

Les notes diplomatiques qui racontent ces événements ont été obtenues par WikiLeaks et consultées par Le Devoir. Elles émanent de l'ambassade américaine à Ottawa.

(Le Devoir)


1-2 Le seul endroit où Sarko marque des points. Il mène 58 à 0 contre la France.

Un soldat français a été tué et quatre autres ont été blessés, mercredi 18 mai, dans une explosion en Afghanistan, dans le sud de la province de Kapisa, annonce jeudi le ministre de la défense.
Il s'agit officiellement du 58e militaire français tué en Afghanistan depuis le début de l'intervention alliée en 2001.

Le soldat, qui appartenait au 2e régiment d'infanterie de marine du Mans, a été tué par l'explosion accidentelle d'une munition, qui a aussi blessé quatre militaires du même régiment qui se préparaient à embarquer à bord d'un véhicule blindé, déclare Gérard Longuet dans un communiqué.
Naturellement, le nabot vulgaire et malfaisant persiste et signe. Blablabla aux familles, comme d'habitude.

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article02/EFpVyZpyuycWtuXKMT.shtml 


1-3 L'Iran livrera 300.000 t de produits pétroliers à l'Afghanistan.

L'Iran a consenti à livrer 300.000 t de produits pétroliers à l'Afghanistan, a annoncé jeudi à Kaboul le ministre afghan du Commerce et de l'Industrie Anwar Ul Haq Ahady, au terme de sa visite en Iran.M.Ahady, qui s'est entretenu avec son homologue iranien Mohammad Ali
Qatebi à Téhéran, a promis qu'un accord en ce sens serait signé d'ici quelques jours. Les livraisons de combustible commenceront 21 jours après la signature du document.L'Afghanistan envisage également de lancer des discussions sur l'achat
de combustible avec le Tadjikistan, la Russie et le Kazakhstan pour couvrir les besoins de son marché intérieur, selon le ministre.L'Afghanistan a besoin de 3,1 millions de tonnes de produits pétroliers
importés par an. Mais des rebelles incendient souvent les camions-citernes acheminant du pétrole pakistanais enAfghanistan. L'Iran a bloqué les livraisons de produits pétroliers vers l'Afghanistan
pendant plusieurs mois. Les autorités iraniennes affirmaient que l'essence, le kérosène et le combustible diesel transporté par les camions afghans étaient destinés au contingent de l'OTAN. Cette fois, l'Afghanistan a dû garantir que le combustible ne serait pas remis à l'OTAN mais servirait à satisfaire les besoins intérieurs du pays

RIA Novosti –

9/6/2011

http://fr.rian.ru/world/20110609/189797670.html


1-4 Washington mobilise le contre-espionnage pour lutter contre l'infiltration des résistants…

L'armée américaine va envoyer en Afghanistan 80 agents du contre-espionnage pour aider à enrayer les infiltrations de résistants dans les forces de sécurité afghanes, rapporte le New York Times.

Citant des sources militaires, le quotidien affirme que ces spécialistes vont renforcer les enquêtes personnelles sur les recrues, revoir les profils des soldats qui ont été entraînés et resserrer les procédures pour identifier les personnes vulnérables au recrutement par les résistants et leurs partisans.

Certains agents sont déjà arrivés sur place et les autres sont attendus prochainement, précise le NYT, citant un porte-parole de l'OTAN en Afghanistan.

Les combats entre les résistants et les troupes de l'OTAN sont d'année en année plus meurtriers depuis l'invasion de 2001. Les Etats-Unis ont envoyé l'an dernier sur le terrain 30 000 soldats supplémentaires pour obtenir une victoire définitive.

Le retrait progressif des 130 000 militaires de la coalition internationale en Afghanistan commencera en juillet, l'armée et la police afghanes devant prendre le contrôle de la sécurité avant fin 2014.

LEMONDE.FR avec AFP

Mis à jour le 11.06.11 |
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/06/11/washington-mobilise-le-contre-espionnage-pour-lutter-contre-l-infiltration-des-résistants_1534800_3216.html


1-5 Les Américains de plus en plus pour un retrait des troupes.

Les Américains se montrent de plus en plus favorables à un retrait de leurs troupes d'Afghanistan depuis l'assassinat d'Oussama Ben Laden le 2 mai, révèle un sondage publié jeudi.
Un précédent sondage réalisé le 2 mai indiquait que 30% des Américains étaient en faveur du retrait de la totalité des quelque 100.000 soldats américains stationnés en Afghanistan.  
Selon l'enquête publiée jeudi et réalisée par CNN et l'Opinion Research Corporation du 3 au 7 juin, ce chiffre est désormais de 39%. 
35% des personnes interrogées se prononcent pour un retrait partiel des troupes et quelque 18% jugent que le nombre de soldats américains déployés dans le pays devrait rester le même, soit 10 points de moins qu'en mai.
Les Américains sont désormais 62% à s'opposer à la guerre en Afghanistan, soit 10 points de plus que le mois précédent.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=19116


1-6 Le sénat kazakh refuse d'entériner l'envoi de troupes.

Le Sénat du Kazakhstan (chambre basse) a refusé de ratifier l'accord sur la participation de militaires kazakhs à l'opération internationale en Afghanistan, rapporte jeudi l'agence News-Kazakhstan.
"Le comité des relations étrangères, de la défense et de la sécurité a proposé de rejeter ce projet de loi (de ratification) et de le renvoyer au Majilis (chambre basse du parlement kazakhe)", a déclaré le sénateur Moukhtar Altynbaïev.
Le responsable a également ajouté que selon la Constitution, "toute décision concernant la participation des militaires kazakhs à des opérations étrangères doit être prise à l'issue d'une session conjointe des deux chambres du parlement".
Le 18 mai, le Majilis kazakh a approuvé la ratification de l'accord avec l'Otan sur la participation du Kazakhstan à l'opération en Afghanistan.
Selon l'accord, Astana doit envoyer un contingent dans le pays pour une durée de six mois.
Le 22 mai, le mouvement Taliban a diffusé une déclaration indiquant que l'envoi de troupes en Afghanistan aurait "de lourdes conséquences" pour le Kazakhstan.
Le ministère kazakh des Affaires étrangères a réagi à cette déclaration en précisant qu'Astana n'enverrait que quatre officiers dans l'état-major de la Force internationale d'assistance et de sécurité.

RIA Novosti –

9/6/2011
http://fr.rian.ru/world/20110609/189788018.html



2 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1 Comment proteger les civils … DE L’OTAN?

Les libérateurs de plus en plus considérés comme des occupants.

Certains doutent, à juste titre, que la mission de l’Otan en Lybie se limite vraiment à la résolution de l’Onu sur la protection des populations civiles. Ce qui est sûr, en revanche, c’est qu’en Afghanistan les populations civiles sont de plus en plus victimes des frappes de l’Alliance. Pour le président Karzaï, pour sa propre population politique, la situation devient intenable et l’Alliance plus que contestée. Cela en est arrivé à un tel point que le gouvernement afghan envisage de remettre en cause sa mission sur place.
La coalition internationale de l'Otan se transformera en "force d'occupation" aux yeux des Afghans si elle continue à tuer des civils au cours de ses opérations, a averti Hamid Karzaï, 48 heures après avoir lancé un "dernier avertissement" à l'organisation. Le président Karzaï, qui entretient des relations de plus en plus tendues avec ses alliés occidentaux, reproche ,depuis longtemps à la coalition ,de tuer des civils lors de ses opérations. Mais les termes employés se sont considérablement durcis ces derniers jours.
Si les troupes internationales "continuent de bombarder des maisons afghanes alors que le gouvernement le leur a interdit, alors leur présence sera considérée non plus comme celle d'une force menant une guerre contre le terrorisme, mais comme celle d'une force d'occupation", a-t-il déclaré. Et d'avertir: "l'histoire de l'Afghanistan a montré comment les Afghans s'occupent des forces d'occupation".
De la soumission-collaboration à la menace très claire
La force de l'Otan (Isaf) a réagi en répétant "tenter constamment d'éviter" les morts civiles, consciente que chacune "affaiblit sa cause". Mais, apparemment, elle est dépassée par le problème. Elle a aussi souligné mener ses opérations conjointement avec l'armée afghane, après les avoir fait approuver par une cellule de hauts responsables gouvernementaux. Ce qui est sans doute vrai.
Les autorités de l'Otan doivent "traiter l'Afghanistan comme une nation souveraine", a asséné M. Karzaï mardi. Dimanche, il avait déjà lancé un "dernier avertissement" aux Américains, les sommant de cesser certaines opérations "unilatérales", au lendemain de la mort, selon les autorités locales, de 14 civils dont 10 enfants, lors d'une frappe d'hélicoptères sur deux maisons de la province méridionale du Helmand.
Pour l’Otan la guerre marque des points, ce qui est contesté mais il faut tenir encore longtemps pour obtenir un succès décisif, ce qui est indiscuté. Le général James Bucknall, commandant du contingent britannique en Afghanistan, a mis en garde les responsables politiques contre les risques d'une importante réduction des troupes alliées, qui pourrait miner les succès obtenus l'an dernier. Commandant adjoint de la Force de l'Otan en Afghanistan, il a estimé, dans une interview au Telegraph mardi, que ce n'était pas le moment d'envoyer des signaux contradictoires.
« La coalition a eu un bon hiver. Nous nous devons de préserver ce que nous avons gagné, au-delà de l'actuelle période de combat », a-t-il ajouté .« Nous récoltons actuellement les bénéfices d'avoir mis en place les moyens pour conforter la stratégie que nous avons toujours eue. Beaucoup de ces moyens n'ont eu de résultats qu'à l'automne 2010. Plus généralement, nous avons besoin de conserver cet ensemble de moyens pendant deux hivers et deux saisons de combat. Disons jusqu'à l'automne 2012 ».
Mais pour cela, il faudra conserver l’alliance de Kaboul. Elle passe par une stratégie de frappe épargnant les civils, dans les lieux où l’ennemi est souvent comme un poisson dans l’eau, et en distinguant le combattant des civils. Il est finalement plus facile de protéger les civils des autres, comme en Lybie, que de soi-même comme en Afghanistan.

6 Juin

http://metamag.fr/metamag-251-AFGHANISTAN---COMMENT-PROTEGER-LES-CIVILS%E2%80%A6-DE-L%E2%80%99OTAN--Les-liberateurs-de-plus-en-plus-consideres-comme-des-occupants.html


2-2 L’Allemagne change-t-elle de cap ?  

 Une bourde, un crime, une aberration, quelles qu’aient été les tortueuses intentions des soldats allemands qui ont tiré mardi, et à dessein, sur des milliers d’Afghans en colère, il y a un fait qui ne peut plus être nié : il est temps que les étrangers quittent l’Afghanistan, car comment y tolérer une présence «occidentale» militarisée qui prêche depuis 10 ans le «respect des droits de l’Homme», qui prétend être là pour jeter les socles d’une solide et viable démocratie mais qui dans le même temps se livre, avec une si étonnante allégresse, au pire des massacres ?!
Dans un rapport officiel publié sur son site web le ministère allemand de la Défense ne fait d’ailleurs aucun mystère de cette scandaleuse bévue. Il reconnaît, au vu et au su de la planète terre, que ses spadassins dans un excès de zèle militariste n’ont pas hésité à ouvrir le feu sur des Afghans rassemblés dans le cadre d’une marche pacifique anti-occupation devant une base des forces germaniques à Talghan, et à provoquer la mort de trois personnes. Mais le contingent allemand est-il en passe de changer de nature et de mission en Afghanistan en passant d’un soutien, jusqu’ici, exclusivement logistique, à un face à face direct avec la population ? Si cela est le cas, l’Allemagne, adepte de la prudence et de la mesure commet la plus grosse erreur de sa politique étrangère de ces dernières décennies car le «Viêtnam afghan» n’a pas de pitié et il boute avec une égale violence les occupants. En effet, depuis Darius 1er, l’Afghanistan a vu passer tous les grands conquérants d’Asie et d’Europe : d’Alexandre le Grand à Bâbur en passant par Mahmoud de Ghaznî, Gengis Khan et Tamerlan, tous ont connus les pires difficultés à conquérir ces hauts plateaux. Plus tard, la région fît l’objet des convoitises de l’empire Britannique «himself» que les guerriers Afghans vainquirent une première fois en 1841, une dernière fois, en 1919 acquérant ainsi définitivement leur indépendance. Puis, ce fut au tour de l’armée Rouge de s’embourber en 1979 dans une guerre de dix ans contre des combattants montagnards Moudjahiddines aguerris. A présent, ce sont les Américains qui s’y embourbent. Vouloir leur emboîter le pas, à l’heure où ils cherchent par tous les stratagèmes possibles et imaginables à se désengager de l’Afghanistan, relève de la pure folie, pire, de l’autodestruction !

 french irib

 22/05/2011



2-3 Guantanamo : Les dossiers

 Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1 Un ex-détenu algérien à Guantanamo va porter plainte contre Bush.  

Un Algérien de 42 ans, qui a passé huit ans au camp américain de Guantanamo (Cuba) avant d'être libéré en 2009 et réside depuis en France, va porter plainte contre les autorités américaines, notamment l'ancien président George W. Bush, pour détention abusive.
Saber Lahmar, originaire de Constantine, avait été arrêté le 18 octobre 2001 à Sarajevo où il résidait avec sa femme bosnienne et son fils de deux ans. Il enseignait l'arabe dans un centre culturel islamiste financé par l'Arabie saoudite. A sa sortie de trois mois de détention préventive, des "voitures américaines" l'attendaient, a-t-il raconté lundi à l'AFP. Sans explication, il est emmené à Guantanamo.
Suivent huit ans "d'une vie d'animal", selon lui, dans une cellule en métal de 2 X 1,5 mètres, émaillée de "tortures étudiées selon des programmes validés par les responsables politiques américains": pauses de 18 heures sur un siège très bas sans dossier, privation de sommeil, électricité, simulation de noyade...
Il aurait "aimé avoir quelque chose à avouer, mais il n'avait rien, et souhaité comprendre ce qu'ils cherchaient, mais eux-mêmes ne semblaient pas le savoir". Aujourd'hui, il "voudrait que les Américains s'appliquent à eux-mêmes le respect du droit qu'ils exigent des autres".
Finalement, le 20 novembre 2008, le juge du district de Columbia Richard J. Leon le libère avec quatre hommes, faute de preuve qu'ils voulaient "se rendre en Afghanistan pour combattre les forces américaines et alliées", hypothétique projet et unique motif de leur détention. M. Lahmar reste cependant encore neuf mois, comme oublié dans le camp.
Au terme d'un accord franco-américain, M. Lahmar, qui a eu entre-temps en Bosnie une fillette qu'il n'a jamais vue, arrive à Bordeaux (sud-ouest de la France), où il réside aujourd'hui sans travail et "complètement dans le brouillard" quant à sa situation juridique.
Son avocat bordelais Me Pierre Blazy, qui s'occupe de la plainte, a souligné "le préjudice énorme et incontestable" subi pendant huit ans par cet homme "qui a tout perdu".
Ennaharonline

24/05 

 http://ennaharonline.com/fr/news/7494.html


2 Témoignage saisissant de Saber Lahmar ex-détenu de Guantanamo qui va porter plainte contre George W. Bush

Voici le témoignage saisissant de Saber Lahmar, un Algérien emmené en octobre 2001 à Guantanamo où il restera pendant huit années. Huit ans de calvaire, de tortures, de brimades, sans qu’on n’ait rien à lui faire avouer, lui qui ne sait rien. Il sera finalement  libéré faute de preuves en 2009 et ramené en France. Aujourd’hui il a trouvé la force de se révolter contre cette injustice, et témoigne dans cette interview donnée au quotidien Sud Ouest de sa volonté de porter plainte contre Bush pour détention abusive.

Nous présentons en guise de préambule la dépêche de l’AFP à propos de la plainte de Saber Lahmar contre l’ex-président américain.

Un ex-détenu à Guantanamo portera plainte contre George W. Bush

publié par l’AFP, le 23 mai 2011

Après avoir passé huit au camp de Guantanamo, à Cuba, un Algérien de 42 ans compte porter plainte contre les autorités américaines et contre l’ancien président des Etats-Unis George W. Bush pour détention abusive.

Un Algérien de 42 ans, qui a passé huit ans au camp de Guantanamo à Cuba avant d’être libéré en 2009 et réside depuis dans la région bordelaise, va porter plainte contre les autorités américaines, notamment l’ancien président George W. Bush, pour détention abusive.

Saber Lahmar, originaire de Constantine, a été arrêté le 18 octobre 2001, après la fouille de la maison de Sarajevo où il résidait avec sa femme bosnienne et son fils de deux ans. Il enseignait alors l’arabe dans un centre culturel islamiste financé par l’Arabie Saoudite. A sa sortie de trois mois en détention préventive, des "voitures américaines" l’attendaient, a-t-il raconté lundi, confirmant son histoire relatée par le quotidien français Sud-Ouest. Sans explication, il était emmené à Guantanamo.

Suivent huit ans "d’une vie d’animal", selon lui, dans une cellule en métal de 2 X 1,5 mètre, émaillée de "tortures étudiées selon des programmes validés par les responsables politiques américains" : pauses de 18 heures sur un siège très bas sans dossier, privation de sommeil, électricité, simulation de noyade…

Il aurait "aimé avoir quelque chose à avouer, mais il n’avait rien, et souhaité comprendre ce qu’ils cherchaient, mais eux-mêmes ne semblaient pas le savoir". Aujourd’hui il "voudrait que les Américains s’appliquent à eux-mêmes le respect du droit qu’ils exigent des autres".

Oublié dans le camp

Finalement, le 20 novembre 2008, le juge du district de Columbia Richard J. Leon le libère avec quatre autres hommes, faute de preuve qu’ils voulaient "se rendre en Afghanistan pour combattre les forces américaines et alliées", hypothétique projet, unique motif de leur détention. M. Lahmar reste cependant encore neuf mois, comme oublié dans le camp.

Au terme d’un accord franco-américain, M. Lahmar, qui a eu entre-temps en Bosnie une fillette qu’il n’a jamais vue, arrive à Bordeaux. Il est aujourd’hui sans travail et "complètement dans le brouillard" quant à sa situation juridique, se demandant si la France "ne s’est pas contentée de prendre l’argent des Américains" sans plus se préoccuper de lui.

Son avocat bordelais Me Pierre Blazy, qui s’occupe de la plainte, a souligné "le préjudice énorme et incontestable" subi pendant huit ans par cet homme "qui a tout perdu".

Dépêche de l’AFP, repris par 24Heures, le 23 mai 2011


3 Saber Lahmar vit depuis un an et demi en région bordelaise. 

 [TEMOIGNAGE]

Saber Lahmar vit depuis un an et demi en région bordelaise. Arrêté fin 2001 en Bosnie, il a passé huit ans dans la prison militaire américaine.

(PHOTO FABIEN COTTEREAU : C’est sur la foi d’un unique témoignage anonyme que Saber Lahmar a passé huit ans à Guantánamo)

Quand il a été arrêté, en octobre 2001 à Sarajevo, Saber Lahmar avait 32 ans. Cet Algérien né à Constantine habitait depuis cinq ans la capitale bosnienne. Il enseignait l’arabe dans un centre islamique privé, dirigé par le prince Salman, gouverneur de Riyad et membre de la famille royale saoudienne. Saber avait obtenu à l’université de sa ville un diplôme en sciences islamiques au milieu des années 1990.

Désireux, selon ses dires, de parfaire ses connaissances théologiques, l’homme est parti pour Médine, ville sainte d’Arabie saoudite et siège d’une université musulmane, où il a décroché en 1996 un diplôme de niveau plus élevé. Il est alors parti pour la Bosnie en qualité d’enseignant.

Action contre le gouvernement

Arrêté après les attentats du 11 Septembre, emprisonné préventivement par la justice bosnienne puis libéré, Saber Lahmar a été aussitôt interpellé par les militaires américains présents en Bosnie et conduit à la prison de Guantánamo (lire ci-dessous).

Au bout de huit ans de détention, il a été blanchi par la justice américaine, puis, en décembre 2009, exfiltré en France, où il est hébergé depuis dans la région bordelaise. Il tente désormais de reconstruire sa vie et d’obtenir réparation des graves préjudices physiques et moraux qu’il a subis. Un avocat bordelais, Me Pierre Blazy, l’assiste dans cette tâche. « Nous allons adresser très prochainement une assignation à l’ambassade des États-Unis », précise le juriste, qui va ainsi « intenter une action contre le gouvernement américain pour arrestation illégale ».

Pourquoi Saber Lahmar, dont la justice américaine a fini par reconnaître l’innocence, a-t-il été soupçonné et détenu sans preuves dans la prison symbole des excès de la lutte antiterroriste ?

Le fait d’avoir quitté l’Algérie au plus fort de la guerre civile opposant militaires et islamistes interpelle. Était-il candidat au djihad ? « Son profil me fait penser qu’il a été emporté dans le même tourbillon que bien des jeunes Algériens de sa génération et que le motif avoué de son départ pour l’Arabie saoudite peut avoir caché une fuite », décrypte Mathieu Guidère, spécialiste du terrorisme.

Traque tous azimuts

Alors que le royaume des Saoud, qui venait de déchoir Ben Laden de sa nationalité, était lancé dans une offensive d’islamisation pointée aussi vers la Bosnie musulmane, l’engagement d’un Saber Lahmar pour enseigner l’arabe et l’islam à des Bosniaques était-il l’amorce d’un parcours djihadiste ? Son cas a de toute façon interpellé les Américains, lancés à l’époque dans la traque tous azimuts de terroristes réels ou supposés. Et Saber Lahmar a plongé dans l’enfer de « Gitmo ».

>> De retour de Guantanamo

Son Arrivée en France. « On m’a proposé de me renvoyer en Algérie ou en Bosnie, mais j’avais trop peur de retourner en prison. La France ? J’ai dit oui. L’ambassadeur à Washington est venu me voir deux fois. Il m’a dit de ne pas faire de demande d’asile, mais d’hébergement. Il m’a dit que le gouvernement américain versait de l’argent pour moi et m’a promis que j’aurais des papiers, un logement. »

Son installation à Bordeaux. « J’habite depuis fin 2009 un appartement dont le loyer est payé par une association d’aide aux demandeurs d’asile, qui me verse aussi une allocation mensuelle. Quand mon premier titre de séjour a expiré, j’ai vécu quatre mois en clandestin avant d’en avoir un autre, de six mois renouvelable. Je ne peux travailler ni conduire, car la préfecture dit que mon permis "n’a pas été renouvelé en Bosnie". »

 

 Interview : "Ils cherchaient à nous rendre fous"   * * *

 « Sud Ouest ». Quel genre de vie meniez-vous en Bosnie ?

Saber Lahmar. Une vie rangée. J’ai épousé une femme bosniaque dont j’ai eu un garçon, Moad, qui a 12 ans aujourd’hui, et une fille, Sara, 10 ans, que je n’ai jamais vue. Je m’occupais de la bibliothèque du centre et j’y passais du temps. Je sortais peu, allant la plupart du temps de la maison à mon travail et vice versa. Et plus encore après les attentats du 11 Septembre.

Vous pensiez qu’on pouvait vous accuser d’être un islamiste ?

Non. Mais je savais que, dans un contexte si brûlant, il valait mieux être discret. En octobre 2001, la police bosnienne a débarqué chez moi à 20 heures. Ils ont fouillé ma maison jusqu’à 2 heures du matin. Après avoir vérifié ma voiture, ils m’ont amené au commissariat, où j’ai été soumis à un long interrogatoire.

Il y avait des charges contre vous ?

Non. Le commissaire avait des « ordres ». Quand on a pris mes empreintes digitales, j’ai tiqué car le formulaire était visiblement américain. J’ai fait trois mois de détention préventive, et le juge a reconnu n’avoir aucune raison de me garder. Je pensais rentrer à la maison. Mais, à la porte de la prison, des policiers bosniens et des militaires américains m’ont interpellé. J’ai été emmené à la base américaine de l’aéroport de Sarajevo. On m’a encagoulé, passé les menottes aux mains et aux pieds, et je suis resté trois jours attaché au sol et frappé par les soldats. Puis on m’a passé une combinaison orange et embarqué en hélicoptère pour la base de Tuzla, puis vers une base en Turquie.

Vous aviez une idée de l’endroit où on vous a emmené ensuite ?

Non. C’était le 20 janvier 2002, je n’avais jamais entendu parler de Guantánamo. L’avion transportait des prisonniers depuis Kandahar (Afghanistan). À l’arrivée, on m’a enfermé dans une cellule de 2 mètres sur 1,5, éclairée en permanence par trois lampes. Je ne savais pas que j’allais là rester huit ans.

Vous a-t-on dit les raisons de votre incarcération ?

J’ai été interrogé par tous les services – FBI, CIA, sécurité militaire – et ils me disaient que j’étais là pour donner des informations. Ils n’avaient pas l’air de bien savoir ce qu’ils cherchaient. Il y avait un interrogatoire tous les vingt jours.

Avez-vous été torturé ?

Ils m’ont torturé à l’électricité (il montre une cicatrice au mollet gauche), plongé comme dans un puits pour simuler la noyade, fait asseoir des heures sur une petite chaise en fer sans dossier. En cellule, ils nous empêchaient de dormir et cherchaient à nous rendre fous par un vacarme assourdissant, des bruits d’aspirateurs, de la musique à fond, des hurlements porno. Le bruit ne s’arrêtait que lors des visites d’envoyés de la Croix-Rouge. C’était très dur.

Quelle était votre vie en cellule ?

La cellule métallique était nue. Ni lit ni robinet, rien. Il y faisait toujours chaud comme dans un four. Parfois encore, je sens de l’électricité me passer dans le corps. Pendant ces huit ans, j’ai passé vingt-sept mois sans sortir. Ma peau était devenue d’une blancheur cadavérique. Je voyais le gardien trois fois par jour. On nous donnait à manger du riz blanc presque cru, une pomme. On restait des jours entiers les coudes sur les genoux et la tête droite, sans bouger. J’ai aussi passé seize mois au « camp five », le plus dur, dans une cellule aveugle. Je n’avais plus de notion du temps.

Comment avez-vous supporté ?

Par la volonté de Dieu. Il n’y avait rien à faire. Si vous demandiez de quoi lire, le gardien vous répondait : « Vous n’êtes pas au Sheraton. » Se suicider était impossible. Dans ces cas-là, on se raconte des histoires, des souvenirs, on prie. Certains criaient ou riaient durant des heures, les gardiens n’y faisaient plus attention.

Quand avez-vous été libéré ?

En décembre 2009. Celui qui m’a relaxé et fait libérer, c’est Richard J. Leon, juge fédéral à la cour d’appel du district de Columbia, qui avait pourtant été nommé en 2001 par le président Bush.

Le jugement, dont j’ai copie, dit que la « pétition de M. Lahmar pour l’habeas corpus est accordée ». Mon dossier, de 557 pages, était basé sur une source anonyme unique. Comme un agent du FBI me l’avait dit, le juge a estimé qu’il était vide. Il a balayé le soupçon de complot contre l’ambassade US à Sarajevo. On m’accusait aussi d’avoir cherché à obtenir un visa pour l’Afghanistan, alors qu’il n’y a ni ambassade, ni consulat afghan en Bosnie.

Avez-vous essayé de retourner en Bosnie, où vit votre famille ?

Non. Je suis sans nouvelles de ma famille, mais je sais que ma femme, qui a subi beaucoup de pressions, a demandé le divorce.

Sud Ouest |

23.05.2011

http://www.reopen911.info/News/2011/05/24/temoignage-dun-ex-detenu-de-guantanamo-qui-va-porter-plainte-contre-george-w-bush/

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