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18/06/2011

n° 515 - Dossier & Point de vue d'Irak - 16/06/11 –Début - : Enfants mal formés à Falloujah: l'armée américaine responsable.


n° 515 - Dossier & Point de vue  d'Irak - 16/06/11 –Début  - : Enfants mal formés à Falloujah: l'armée américaine responsable.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

n° 515                                                      16/06/11

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Dossier d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur nos blogs : 

http://www.dhblogs.be/categories/International.html

 http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

c) Sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

d) Sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

e) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

f) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

Tiré à part

Des élus américains expulsés d’Irak.

1 Dossier & Point de vue

1-1 Enfants mal formés à Falloujah: l'armée américaine responsable.

1-2 William Blum : Le Rapport Anti-Empire : N’oublions pas à quoi ressemble une « intervention humanitaire »

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Adolfo Pérez Esquivel : de Nobel à Nobel, une lettre au Président des Etats-Unis.

2-2 Sylvain Larocque : La firme de sécurité privées ‘Garda’ suit avec intérêt le retrait des soldats en Irak et en Afghanistan.

2-3 Tarek Aziz demande à être exécuté.

Fin

3  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Manlio Dinucci : La montre des dépenses militaires.

4 Annexe.

4-1 Robert Bibeau : Grandeurs et Déchéance des «Conspirationnistes».

4-2 M. K. Bhadrakumar : Les USA insufflent une nouvelle guerre froide.

5 Histoire des USA

5-1Les guerres des USA dans le monde 



Avant propos

·                    Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...



Tiré à part

Des élus américains expulsés d’Irak.

Le gouvernement irakien a expulsé une délégation de congressistes américains en visite dans ce pays.
Selon le ministre d’état et le porte-parole du gouvernement, Ali Dabbagh, le gouvernement a fait savoir à l’ambassadeur des États-Unis à Bagdad que cette délégation n’est plus la bienvenue.
La raison en est que les élus américains ont exigé que l’Irak paie des indemnisations à l’armée américaine.
« Dès que l’Irak sera prospère et riche, nous espérons qu’il envisagera de restituer une partie des sommes astronomiques que nous avons dépensées depuis huit années», a signifié l’élu du parti républicain Dana Rohrabacher et membre de la commission des affaires étrangères durant un point de presse organisé à l’ambassade américaine.
Et d’ajouter : « nous espérons que les responsables ici envisageront de payer ces fonds, car les États-Unis se trouvent au bord d’une crise financière sérieuse, et nous allons avoir besoin que les autres s’occupent de notre situation comme nous l’avons fait pour eux ».
Alors que Rohrabacher affirme avoir discuté de cette question avec le Premier ministre irakien Nouri Maliki, le porte-parole du gouvernement irakien nie qu’il ait été question de cette affaire.
« Les responsables américains n’ont pas évoqué la question des indemnisations lorsqu’ils ont rencontré le Premier ministre Nouri AlMaliki. Nous avons été étonnés par ce qu’ils ont tenu durant leur conférence de presse », a-t-il précisé. Et d’ajouter que de ces déclarations portent atteinte aux relations bilatérales. « Nous ne permettrons à quiconque de nous dicter ce que nous avons à faire », a-t-il insisté.
Selon Dabbagh, les élus américains ont également ont fait part aux responsables irakiens qu’ils voulaient ouvrir une enquête sur les derniers évènements du camp d’Ashraf, (siège du groupe iranien des Moudjahidine du peuple impliqué dans des dizaines d’acte de terroristes et d’attentats en Iran), au cours desquels 35 iraniens ont été tués.
« Si les États-Unis s’inquiètent du sort des Moudjahidines, nous les incitons à les accueillir chez eux ou ailleurs », a renchéri Dabbagh, dans un entretien accordé au journal américains Maclatchy

 12/06/2011.

 http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=19296&cid=20&fromval=1&frid=20&seccatid=29&s1=1



1 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

1-1 Enfants mal formés à Falloujah: l'armée américaine responsable.

On ignore quel type d’armement a été utilisé lors du bombardement de la ville irakienne de Falloujah par l’armée américaine en 2004 et 2005, mais des traces d’uranium ont été retrouvées sur place.

Une journaliste française s'est entretenue avec les scientifiques qui soutiennent l'idée selon laquelle les Américains ont utilisé des armes radioactives.

12 Juin

A Falloujah, en Irak, on observe la présence de plusieurs enfants mal formés. Ceux-ci sont nés après 2005, moment où la ville a été bombardée par l’armée américaine. Une journaliste française RFI, Angélique Ferat, a enquêté sur ces malformations : "La moyenne mondiale d’enfants qui naissent mal formés est de 2%. A Falloujah on pense être à 15 voire 20%. On est largement au-dessus", a-t-elle indiqué.  

La ville bombardée pendant de longs mois

La ville de Falloujah, située à l’ouest de Bagdad, a probablement été le théâtre des affrontements les plus violents de la seconde guerre du Golfe. Pendant de longs mois, l’armée américaine a procédé à des bombardements intensifs, qui, selon certains scientifiques, seraient à l’origine des malformations d’enfants.

 De l’uranium enrichi ?

"J’ai longuement parlé aux scientifiques qui ont fait cette étude. Ils ont trouvé de l’uranium, et pas de l’uranium appauvri comme certains le pensaient. Il s’agirait d’uranium enrichi. Ces scientifiques ont conclu (et c’est une hypothèse parce qu’ils n’en ont pas la preuve), que ce sont des armes radioactives nouvelles, qu’on ne connaît pas, qui auraient été utilisées", a poursuivi la journaliste française.

Une hypothèse plausible

Il y a quelques années, Frédéric Lorre, auteur du livre "Uranium appauvri, la guerre invisible" a enquêté sur le sujet et n’est pas étonné d’apprendre que de l’uranium enrichi aurait pu être utilisé par l’armée américaine : "On avait mis en évidence la possibilité que les stocks militaires américains d’uranium appauvri aient été contaminés par d’autres types d’isotopes, notamment du plutonium. Parce qu’une étude assez fameuse du professeur Durakovic qui était l’expert militaire du Pentagone à une époque, faisait apparaître chez des vétérans de la guerre du Golfe des isotopes qui n’existent pas à l’état naturel", a-t-il indiqué
Pour l’instant, nul ne sait si l’armée américaine a utilisé des armes radioactives. Washington ne fait aucun commentaire.

12 Juin

http://www.rtl.be/info/monde/international/802071/enfants-mal-formes-en-irak-l-armee-americaine-responsable-/


1-2 William Blum : Le Rapport Anti-Empire : N’oublions pas à quoi ressemble une « intervention humanitaire »

Irak : n’oublions pas à quoi ressemble une « intervention humanitaire »

Libye : sachons pourquoi la Libye a été désignée pour une « intervention humanitaire »

Le 9 avril, Condoleezza Rice a prononcé un discours à San Francisco.

Du moins elle a essayé. L’ancienne Secrétaire d’Etat fut continuellement interrompue par des cris du public, « criminelle de guerre » et « tortionnaire » (grâce aux camarades de Code Pink et World Can’t Wait).

Tandis qu’un des protestataires se faisait emmener par des membres de la sécurité, Rice a fait une déclaration qui est devenue un grand classique chez les officiels Américains dans une telle situation. « N’êtes-vous pas contents de savoir que cette femme vit dans une démocratie où elle peut exprimer son opinion ? »

Elle a aussi balancé une autre phrase qui est désormais de rigueur (en français dans le texte è NdT) depuis le renversement de Saddam Hussein par les Etats-Unis, un argument qui est brandi lorsque tout le reste a échoué : « Les enfants en Irak ne vivent plus sous Saddam Hussein, Dieu merci » (1)

A quoi on peut lui répondre : Si vous deviez subir une opération chirurgicale pour réparer un genou et que le chirurgien ampute par erreur la jambe, quelle serait votre réaction si quelqu’un vous faisait remarquer que, Dieu merci, vous n’avez plus de problème de genou ? Le peuple irakien n’a plus de problème de Saddam.

Malheureusement, ils ont perdu à peu près tout le reste.

Vingt ans de bombardements américains, d’invasion, d’occupation et de torture ont abouti à la perte de leurs maisons, leurs écoles, leur électricité, leur eau potable, leur environnement, leurs quartiers, leur archéologie, leurs emplois, leurs techniciens, leurs entreprises d’état, leur santé physique, leur santé mentale, leur système de santé, leur système de protection, leurs droits de la femme, leur tolérance religieuse, leur sécurité, leurs enfants, leurs parents, leur passé, leur présent, leur avenir, leurs vies... plus de la moitié de la population est soit morte, mutilée, en prison ou en exil à l’étranger... leur air, leur sol, leur eau, leur sang et leurs gênes sont imprégnés d’uranium appauvri... les enfants naissent avec d’abominables déformations... des bombes à fragmentation n’attendent qu’un enfant pour exploser... une rivière de sang coule aux côtés de l’Eurphrate et du Tigre... dans un pays qui ne sera peut-être jamais reconstruit.

En 2006, l’enquêteur spécial de l’ONU sur la torture a déclaré que les rapports en provenance de l’Irak indiquent que la torture « avait complètement échappé à tout contrôle. La situation est si mauvaise que nombreux sont ceux qui disent que les choses sont pires qu’à l’époque de Saddam Hussein  ». Un autre rapport de l’ONU de la même époque a révélé une augmentation des « crimes d’honneur » contre les femmes. (2)

« Il est courant d’entendre chez les irakiens épuisés par la guerre que la situation était meilleure avant l’invasion US en 2003 » a rapporté le Washington Post, le 5 mai 2007.

« Je ne fais pas de politique, mais je sais que sous Saddam Hussein, nous avions l’électricité, l’eau potable, un système de santé qui faisait l’envi du reste du monde arabe, et une éducation gratuite. » a déclaré la pharmacienne irakienne Dr. Entisar Al-Arabi à la militante pacifiste Medea Benjamin en 2010. «  J’ai cinq enfants et à chaque naissance j’avais droit à une année rémunérée de congé maternité. J’avais ma propre pharmacie et je pouvais fermer à n’importe quelle heure sans me soucier des problèmes de sécurité. Aujourd’hui, il n’y a plus de sécurité et les Irakiens subissent de terribles pénuries pour tout – électricité, nourriture, médicaments, et même l’essence. La plupart des gens éduqués ont fui le pays, et ceux qui restent regrettent l’époque de Saddam Hussein » (3)

Et ceci aussi, qui date de deux mois :

« Les manifestants, les militants des droits de l’homme et des officiels de la sécurité disent que le gouvernement du Premier Ministre Nouri al-Maliki a répondu aux manifestations en Irak avec la même brutalité que les pays voisins plus autoritaires.

Des témoins à Bagdad et jusqu’au nord du pays à Kirkouk ont raconté avoir assisté la semaine dernière à des forces de sécurité en uniformes noires, survêtements et t-shirts arrivant sur des chapeaux de roues à bord de camions et de Humvees, et attaquant des manifestants, en raflant d’autres aux terrasses de cafés et chez eux et les entraînant les yeux bandés vers des centres militaires de détention.

Des quartiers entiers... ont été bloqués pour empêcher les habitants de rejoindre les manifestants. Des journalistes ont été tabassés. » (4)

Donc... peut-on attendre des Etats-Unis et de leurs comparses voyous de l’OTAN qu’ils interviennent militairement en Irak comme ils le font en Libye ? Pour protéger les manifestants comme ils prétendent le faire en Libye ? Pour provoquer un changement de régime en Irak comme ils tentent de le faire, mais sans l’avouer, en Libye ?

De manière similaire, au cours des derniers mois, la Tunisie, l’Egypte, le Bahrein, le Yémen, la Syrie... ont tous vu éclater des manifestants et une répression gouvernementale brutale, et même dans une certaine mesure en Arabie Saoudite, une des sociétés les plus répressives au monde. Aucun de ces gouvernements n’a été attaqué à l’instar de la Libye par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ou la France. Aucune opposition d’un de ces pays ne reçoit un soutien militaire, financier, juridique ou moral de la part des puissances occidentales contrairement aux résistants Libyens – malgré le comportement brutal des résistants libyens, de leurs meurtres racistes et les relations claires de certains d’entre eux avec les djihadistes. (5) Les résistants libyens font penser aux résistants kosovars – des mafieux connus pour leur trafic d’organes et de femmes, eux aussi soutenus inconditionnellement par les puissances occidentales contre l’Ennemi Officiellement Déclaré, la Serbie.

Alors pourquoi est-ce seulement la Libye qui est visée par les missiles US/OTAN ? Selon quel principe ou morale ? Les libyens sont-ils les pires violateurs des droits de l’homme de la région ? (Un indicateur du Développement Humain de l’ONU en 2010 qui prend en compte la santé, l’éducation et les revenus a classé la Libye en tête des pays africains). Aucun autre gouvernement n’est plus laïque que le Libyen. (Par contraste, certains résistants libyens ont pour habitude d’exclamer la phrase que nous ne connaissons que trop bien, « Allah Akbar ».) Aucun autre pays n’a un bilan des droits de l’homme meilleur que la Libye, aussi imparfait soit-il – en Egypte, une commission d’enquête officielle a annoncé qu’au cours du récent soulèvement au moins 846 manifestants avaient été tués par la police par balles réelles tirées dans la tête et la poitrine. (6) Des horreurs similaires ont été signalées en Syrie, au Yémen et d’autres pays de la région au cours de la même période.

Il faut souligner que (la chaine de télévision) l’ultra-conservatrice Fox News a rapporté le 28 février : « Tandis que les Nations Unies travaillent sans relâche à faire condamner le dirigeant Muammar al-Kadhafi pour la répression contre les manifestants, le Conseil des Droits Humains de l’organisation s’apprête à publier un rapport bourré de louanges à l’égard du bilan de la Libye en matière des droits de l’homme. Le rapport félicite la Libye pour l’amélioration des conditions d’accès à l’enseignement, pour avoir accordé une « priorité » aux droits de l’homme et pour avoir renforcé le cadre « constitutionnel ». Plusieurs pays, dont l’Iran, le Venezuela, la Corée du Nord, l’Arabie Saoudite mais aussi le Canada ont distribué des bons points à la Libye pour les protections juridiques offertes aux citoyens – qui se révoltent à présent contre le régime et subissent des représailles sanglantes. »

De toutes les accusations portées contre Kadhafi, la plus aberrante est celle assénée sans cesse et selon laquelle il « tue son propre peuple ». C’est vrai, mais c’est ça qui arrive dans une guerre civile. Abraham Lincoln lui aussi a tué son propre peuple.

Kadhafi est le plus vieux dirigeant Ennemi Officiellement Désigné au monde, à l’exception de Fidel Castro. L’animosité a commencé en 1970, un an après la prise de pouvoir par Kadhafi lors d’un coup d’état, lorsqu’il a fermé une base aérienne US. Puis il s’est lancé dans une carrière de soutien à ceux qu’il considérait comme des groupes révolutionnaires. Au cours des années 70 et 80, Kadhafi a été accusé de consacrer ses hauts revenus pétroliers au soutien – en argent, armes, formation, camp et diplomatie – a un large éventail d’organisations radicales/d’insurrection/terroristes, particulièrement certaines factions palestiniennes et mouvements musulmans dissidents et minoritaires au Moyen Orient, en Afrique et en Asie ; l’IRA et des séparatistes basques et corses en Europe ; plusieurs groupes engagés dans la lutte contre le régime d’Apartheid en Afrique du Sud ; différents groupes d’opposition et de politiciens en Amérique latine ; l’Armée Rouge japonaise, les Brigades Rouges italiennes, la Bande à Baader-Meinhof en Allemagne.

On disait aussi que la Libye était derrière, ou était impliquée d’une manière ou d’une autre, dans l’attentat de l’ambassade US au Caire, dans différents détournements d’avions, d’une explosion dans un avion de ligne américain au-dessus de la Grèce, l’explosion en vol d’un avion de ligne français au-dessus de l’Afrique, l’attentat contre une synagogue à Istanbul, et l’attentat contre une boite de nuit à Berlin qui a couté la vie à plusieurs soldats américains. (7)

En 1990, lorsque les Etats-Unis avaient besoin d’un pays pour l’accuser (à tort) d’être responsable de l’attentat contre le vol 103 de la Pan Am au dessus de Lockerbie, en Ecosse, la Libye fut le choix tout désigné.

Le principal crime de Kadhafi aux yeux du Président Ronald Reagan (1981-1989), n’était pas son soutien à des groupes terroristes, mais au fait qu’il ne soutenait pas les bons groupes terroristes. En clair, Kadhafi ne soutenait pas les mêmes groupes terroristes que Washington, comme par exemple les Contras au Nicaragua, l’UNITA en Angola, les exilés cubains à Miami, les gouvernements du Salvador et du Guatemala, et les militaires US à Grenade. Le seul groupe de terroristes que les deux hommes soutenaient ensemble était les Moudjahidin en Afghanistan.

Et si tout cela ne suffisait pas à faire de Kadhafi l’Ennemi Public No 1 à Washington (Reagan l’appelait le « chien enragé du Moyen orient »), Kadhafi a souvent critiqué la politique étrangère des Etats-Unis, était un antisioniste convaincu, a pan-africaniste, un pan-arabiste (jusqu’à ce que l’hypocrisie et le conservatisme des gouvernements arabes se révèlent des obstacles). Il qualifiait aussi son gouvernement de socialiste. Quelle tolérance et de patience peut-on attendre de la part de l’Empire ? Lorsque de grandes manifestations ont éclaté en Tunisie et en Egypte, est-ce que Washington aurait pu résister à instiguer des évènements similaires dans le pays qui situé entre les deux autres ? La CIA a été très occupée à fournir les résistants en armes, soutien aérien, argent et personnel.

Il se pourrait que les alliés occidentaux réussissent à chasser Kadhafi du pouvoir. Ensuite le monde observera en toute innocence le nouveau gouvernement libyen accorder à Washington ce que ce dernier cherche depuis longtemps : une base pour Africom, le Commandement Africain des Etats-Unis, un des six commandements que le Pentagone a positionnés dans le monde. De nombreux pays africains qui avaient été sollicités ont décliné, parfois en des termes relativement durs. Actuellement, Africom est basé à Stuttgart, en Allemagne. Selon un officiel du Département d’Etat : « Nous avons un sérieux problème d’image de marque là-bas... l’opinion publique est vraiment opposée à toute collaboration avec les Etats-Unis. Ils ne font tout simplement pas confiance aux Etats-Unis. » (8) Tous les pays africains sont réticents à accueillir une base militaire US. Il n’y a qu’une seule base US en Afrique, à Djibouti. Alors gardez l’oeil ouvert lorsque la poussière retombera en Libye. La base sera située près des puits de pétrole américains. Ou peut-être que le peuple Libyen aura le choix : une base militaire américaine ou une base militaire de l’OTAN.

Et rappelez-vous – eu regard à l’histoire récente en Irak, Corée du Nord et Iran – que si la Libye avait eu des armes nucléaires, les Etats-Unis n’auraient pas attaqué.

Ou bien les Etats-Unis pourraient réaliser que Kadhafi n’est finalement pas une menace tout simplement parce qu’il est amoureux de Condoleezza Rice. Voici ce que disait le dirigeant libyen lors d’une interview à Al Jazeera le 27 mars 2007 : « Leezza, Leezza, Leezza... Je l’aime beaucoup. Je l’admire, j’en suis fier, parce qu’elle est une noire d’origine africaine. »

Au cours des années, le gouvernement américain et les médias nous ont gavé de scandales concernant Kadhafi : qu’il prenait des drogues, qu’il était obsédé par les femmes, qu’il était bisexuel, qu’il s’habillait en femme, qu’il se maquillait, qu’il se promenait avec un ours en peluche, qu’il avait des crises d’épilepsie, et bien d’autres choses encore ; une partie est peut-être vraie. A présent, voici l’ambassadrice US auprès des Nations Unies qui nous apprend que les forces de Kadhafi se livrent à des violences sexuelles et qu’on leur a administré de la Viagra, apparemment pour augmenter leurs capacités. (9) Etonnant. Qui aurait cru que l’armée Libyenne avait autant de soldats âgés entre 60 et 70 ans ?

Au moment de rédiger ces lignes, des missiles US/OTAN viennent de frapper une maison libyenne, tuant un fils et trois petites filles de Kadhafi, peu après que les offres de négociation de Kadhafi aient été rejetées – encore un haut fait d’armes dans la glorieuse histoire des interventions humanitaires, et un rappel aussi des bombes US sur la Libye en 1986 qui ont tué une fillette de Kadhafi.

(...)

William Blum

12 mai 2011

www.killinghope.org



2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

2-1 Adolfo Pérez Esquivel : de Nobel à Nobel, une lettre au Président des Etats-Unis.

Cher Barack :

En t’adressant cette lettre, je le fais fraternellement afin de t’exprimer mon inquiétude et mon indignation de voir comment la destruction et la mort ont pu être semées dans plusieurs pays, au nom de la “liberté et de la démocratie”, des paroles prostituées et vidées de leur contenu afin de justifier un assassinat fêté comme s’il s’agissait d’un évènement sportif.

Indignation face à l’attitude d’une partie du peuple des U.S.A., des Chefs d’Etats Européens ainsi que d’autres pays qui se sont réjouis de l’assassinat de Bin Laden, ordonné par ton gouvernement et ta complaisance au nom d’une pseudo justice.

Vous n’avez pas cherché à l’arrêter afin de le juger pour les crimes qu’il est supposé avoir commis, ce qui engendre le plus grand doute ; l’objectif était de l’assassiner.

Les morts ne parlent pas et face à la crainte de voir l’accusé révéler des faits dérangeants pour les U.S.A., l’issue résidait dans le meurtre avec la conviction « qu’une fois le chien tué, la rage serait éradiquée », sans prendre conscience que vous ne feriez que la propager.

Quand le Prix Nobel de la Paix t’a été décerné, prix dont nous sommes dépositaires en tant que lauréats, je t’ai adressé un courrier où je déclarais : “Barack, j’ai été très surpris que le Prix Nobel de la Paix t’ait été décerné, mais dorénavant en tant que lauréat, tu dois le mettre au service de la paix entre les peuples ; tu as toutes les possibilités de le faire, en mettant fin aux guerres et en t’engageant dans la résolution de la grave situation que vivent ton pays et le monde”.

Tu as hélas alimenté la haine en trahissant les engagements pris vis-à-vis de ton peuple pendant la campagne électorale, notamment de mettre fin aux conflits en Afghanistan et en Irak et de fermer les prisons de Guantánamo et d’Abou Graib en Irak. Non seulement tu ne les a pas tenus, mais tu t’es au contraire engagé dans une guerre contre la Libye, en t’appuyant sur l’OTAN et la honteuse résolution des Nations-Unies la soutenant ; Quand cette organisation majeure, amoindrie et dépourvue de son autonomie de pensée, s’est trouvée dévoyée par sa soumission aux volontés et intérêts des puissances dominantes.

Dans les fondements de l’ONU figurent la défense et la promotion de la paix et de la dignité entre les peuples. Son préambule affirme : “Nous, peuples du monde…”, absents à l’heure actuelle de cet organe suprême.

Je veux évoquer ici un mystique et maître qui a eu une grande influence dans ma vie, le moine trappiste de l’Abbaye de Gethsémani au Kentucky, Thomas Merton, qui a déclaré : “Le plus grand besoin de notre époque consiste à nous purger de l’énorme quantité de déchets mentaux et émotionnels qui pèse sur nos esprits et réduit toute la vie politique et sociale à une aliénation de masse. Sans cette purge domestique, nous ne saurions commencer à voir. Et si nous ne voyons pas nous ne pouvons pas penser”. Tu étais très jeune Barack pendant la Guerre du Vietnam ; peut-être ne te souviens-tu pas la lutte du peuple nord-américain contre cette guerre.

Les morts, blessés et mutilés au Vietnam souffrent encore aujourd’hui de ses conséquences.

Thomas Merton affirmait – à propos de l’édition d’un timbre ayant pour thème « The U.S. Army, key to peace », “L’armée états-unienne, une clé pour la paix”– : aucune armée ne peut être la clé pour la paix. Aucune nation ne détient la clé de rien qui n’est pas la guerre. Le pouvoir n’a rien à voir avec la paix. Plus les hommes accroissent le pouvoir militaire, plus ils violent la paix et la détruisent.

J’ai accompagné et échangé avec les vétérans de la Guerre du Vietnam, en particulier avec Brian Wilson et ses camarades, qui ont été des victimes de cette guerre et de toutes les guerres. La vie possède ce je ne sais quoi d’imprévu et d’inattendu, de ce parfum et de cette beauté que Dieu nous a octroyé pour toute l’humanité et qu’il nous appartient de protéger pour léguer aux générations futures une vie plus juste et fraternelle ; rétablir l’équilibre avec la Terre Mère. Si nous ne réagissons pas pour changer l’actuelle perspective de vanité suicidaire qui entraîne les peuples vers les tréfonds où se meurt l’espérance, il nous sera difficile de nous en sortir et d’apercevoir la lumière. L’humanité mérite un meilleur sort.

Tu sais que l’espérance est comme le lotus qui pousse dans la fange pour fleurir dans toute sa splendeur en exhibant sa beauté. Leopoldo Marechal, ce grand écrivain argentin, disait que “c’est par le haut que l’on sort du labyrinthe”.

Je crois, Barack, qu’après avoir perdu ta route en t’égarant sur des chemins de traverse, te voilà dans un labyrinthe où tu ne trouves pas d’issue, si ce n’est celle de t’enferrer de plus en plus dans la violence et l’incertitude, dévoré par la soif de domination, instrument des grands trusts, du complexe militaro-industriel, convaincu de ton omnipotence et que le monde entier est aux pieds des U.S.A., dès lors qu’ils peuvent imposer leur puissance militaire et agresser des pays en toute impunité. Voilà la douloureuse réalité, mais il y a aussi la résistance des peuples qui refusent de se plier face à la volonté des puissants.

Les atrocités commises par ton pays dans le monde sont si vastes qu’elles fourniraient une abondante matière constituant un défi pour les historiens qui voudront analyser et comprendre les comportements, la politique, les grandeurs et mesquineries qui ont conduit les U.S.A. à ce conditionnement des esprits ne leur permettant pas de tenir compte des autres réalités que la leur.

Vous avez fait de Bin Laden, auteur idéologique supposé de l’attaque contre les “Twin Towers”, le grand Satan rouge qui terrorisait le monde et la propagande de ton gouvernement l’a présenté comme l’“axe du mal”, afin de pouvoir justifier les conflits déclenchés permettant au complexe militaro-industriel d’écouler ses productions de mort.

Tu dois savoir que des enquêteurs ont estimé que les évènements tragiques du 11 septembre avaient beaucoup d’un « coup monté », notamment concernant l’avion qui s’est écrasé sur le Pentagone et l’abandon préalable de bureaux dans les « Twin Towers » ; cet attentat qui a servi d’argument pour déclencher les guerres contre l’Irak et l’Afghanistan et aujourd’hui contre la Lybie ; s’appuyant sur le mensonge et la morgue d’un pouvoir prétendant toujours agir pour sauver les peuples, au nom de “la liberté et de la défense de la démocratie”, avec le cynisme de nommer “dommages collatéraux” les femmes et les enfants tués. Une situation que j’ai vécue en Irak, à Bagdad lors des bombardements sur la ville et l’hôpital pédiatrique, ainsi que des crèches, tous victimes de ces “dommages collatéraux”.

La parole est ainsi dépouillée de sa valeur et de son sens, où l’assassinat devient une mort pour que tu puisses affirmer que les U.S.A. ont enfin « mis fin aux jours » de Bin Laden. Il ne s’agit pas pour moi de le défendre sous aucun prétexte, j’ai toujours été contre tout terrorisme, qu’il soit le fait de groupes armés, ou qu’il relève du terrorisme d’Etat auquel se livre ton pays dans diverses parties du monde en soutenant des dictateurs, en imposant des bases militaires et des interventions armées, en exerçant la violence afin de rester par le recours à la terreur l’axe du pouvoir mondial. N’y aurait-il donc qu’un seul “axe du mal” ? Comment le nommerais-tu ?

Est-ce pour cette raison que le peuple des U.S.A. éprouve tant de frayeur face aux éventuelles représailles de ceux qu’ils appellent l’“axe du mal” ? Le simplisme et l’hypocrisie pour justifier l’injustifiable. La paix constitue une dynamique de vie dans les relations entre les personnes et les peuples ; c’est un défi à la conscience de l’humanité ; sa voie est ardue, quotidienne et emplie d’espoir, où les peuples sont acteurs de leur propre vie et de leur propre histoire. Nul ne fait de la paix un cadeau, elle se construit, et c’est ce qui te manque mon garçon : du courage pour assumer la responsabilité historique face à ton peuple et à l’humanité.

Tu ne peux pas continuer à vivre dans le labyrinthe de la peur et de la domination de ceux qui gouvernent les U.S.A., au mépris des traités internationaux, des pactes et protocoles, signés par des gouvernements qui n’en respectent pas les termes et n’en assument aucun des engagements, mais prétendent parler au nom de la liberté et du droit.

Comment peux-tu parler de paix si tu ne respectes rien, si ce n’est les intérêts de ton pays ? Comment peux-tu parler de liberté quand tu détiens dans tes prisons des innocents à Guantánamo, aux U.S.A., en Irak, notamment dans celle d’Abou Graib, et en Afghanistan ? Comment peux-tu parler des droits humains et de la dignité des peuples quand tu les violes en permanence et imposes des blocus à ceux qui ne partagent pas ton idéologie et doivent endurer tes abus ? Comment peux-tu envoyer des forces militaires en Haïti après un tremblement de terre dévastateur et non pas de l’aide humanitaire à ce peuple qui a tant souffert ?

Comment peux-tu parler de liberté quand tu massacres les peuples du Moyen-Orient en propageant guerres et tortures, dans des conflits interminables qui saignent les Palestiniens et les Israéliens ?

Barack : regardes au-dessus de ton labyrinthe, peut-être y apercevras-tu une étoile qui puisse te guider, même si tu sais que tu ne l’atteindras jamais, comme l’a si bien dit Eduardo Galeano. Essaies de garder la cohérence entre ce que tu dis et ce que tu fais, c’est la seule façon de ne pas perdre son cap. C’est un défi de la vie.

Le Prix Nobel de la Paix est un instrument au service des peuples, et jamais pour la vanité personnelle. Je te souhaite beaucoup de force et d’espoir dans l’attente que tu trouves le courage de corriger ton chemin afin de trouver la sagesse de la paix.

Buenos Aires, 5 mai 2011

Adolfo Pérez Esquivel

Un jour comme aujourd’hui, il y a 34 ans, j’ai recouvré la vie ; j’ai été victime d’un “vol de la mort” (supplice consistant à être jeté d’un appareil dans l’eau infligé aux prisonniers politiques, ndt) pendant la dictature militaire argentine soutenue par les U.S.A. et, grâce à Dieu, j’en ai survécu et j’ai du sortir par le haut du labyrinthe du désespoir et découvrir dans les étoiles la voie pour déclarer comme le prophète : “L’heure la plus sombre est celle qui précède l’aube ».

Adolfo Pérez Esquivel

Comité Valmy

16 mai 2011,

Traduction Pedro DA NOBREGA

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article1479


2-2 Sylvain Larocque : La firme de sécurité privées ‘Garda’ suit avec intérêt le retrait des soldats en Irak et en Afghanistan. Garda suit avec intérêt le retrait graduel des soldats occidentaux de l'Irak et de l'Afghanistan, entrevoyant de nouvelles occasions d'affaires.

«Alors que les militaires commencent à quitter l'Irak et l'Afghanistan, le vide est comblé par des firmes de sécurité privées comme la nôtre», a déclaré vendredi Pete Dortal, vice-président d'une division de l'entreprise montréalaise, à l'occasion de l'assemblée annuelle des actionnaires.

«Il s'agit d'une occasion fantastique pour Garda», a-t-il ajouté.

La plus grande partie des forces américaines doit quitter l'Irak d'ici la fin de l'année, alors que les troupes de l'OTAN doivent se retirer d'Afghanistan en 2014.

Le retrait des militaires pourrait créer un sentiment d'insécurité dans ces pays, a expliqué le président-fondateur de Garda, Stéphan Crétier. Pour y faire face, les entreprises et les gouvernements recourront à davantage d'agents de sécurité privés, a-t-il prédit.

Plus tôt cette semaine, le département d'État américain a indiqué son intention d'embaucher quelque 5100 agents de sécurité privés afin de protéger du personnel diplomatique ainsi que des ambassades et des consulats. Certains sous-traitants seront même chargés d'exploiter une flotte d'avions et de blindés.

À l'heure actuelle, Garda protège surtout des installations pétrolières en Irak. Il y a un peu plus d'un an, l'entreprise a toutefois élargi ses activités en décrochant un contrat de plus de 100 millions $ US pour assurer la sécurité de l'ambassade du Royaume-Uni à Bagdad et les diplomates britanniques qui voyagent dans le pays.

Ce contrat «nous a donné une visibilité extraordinaire», a relevé M. Crétier.

En Afghanistan, Garda s'occupe principalement de la protection de diplomates et de travailleurs d'organisations non gouvernementales.

L'entreprise a justement annoncé, vendredi, l'obtention de contrats d'une valeur totale de 60 millions $ sur quatre ans pour protéger des diplomates travaillant pour des gouvernements étrangers dans le pays d'Hamid Karzai. Quelque 1000 nouveaux emplois seront créés dans la foulée.

M. Karzai s'est montré un allié objectif des grandes firmes comme Garda en excluant du marché afghan la plupart des petites entreprises de sécurité, dont certaines avaient des pratiques contestables.

Garda mise également sur le «Printemps arabe» pour atteindre son objectif de croissance dans ce secteur à haut risque, soit d'en faire passer les revenus annuels de quelque 125 millions $ à 300 millions $ d'ici trois à cinq ans. La Libye et le Yémen, où l'entreprise compte déjà des clients, sont particulièrement prometteurs.

«Ce n'est pas drôle, ce qui arrive, mais en même temps, ce qui n'est pas drôle est malheureusement bon pour les affaires, a lancé Stéphan Crétier. Vous savez, les attentats du 11 septembre 2001 ont été horribles, mais ils ont mis en piste cette industrie (de la sécurité). (...) Je préférerais faire de bonnes affaires dans un monde en paix, mais je ne crois pas que nous vivrons jamais dans un monde en paix.»

Banques américaines

Hors des zones dangereuses, Garda voit un autre axe de croissance, encore plus important, au sud de la frontière.

«Les États-Unis sont le seul pays industrialisé où les banques comptent leur argent elles-mêmes», a affirmé M. Crétier.

À peine 15 à 20 pour cent de ce travail routinier est effectué par des sous-traitants aux États-Unis, contre près de 100 pour cent au Canada, a-t-il noté.

L'entreprise a récemment recruté un ancien cadre de la banque JPMorgan Chase, Christopher Jamroz, pour prendre la tête de sa division Garda Cash Logistics. Le jeune dirigeant a pour mission de convaincre les institutions financières de confier à Garda la gestion de leur encaisse. Il s'agit d'une mission difficile, mais au fort potentiel.

L'entreprise a l'ambition de faire passer les revenus annuels dans ce secteur de 550 millions $ à 1 milliard $ d'ici trois à cinq ans.

Au cours de son exercice qui a pris fin le 31 janvier, Garda a dégagé des profits nets de 28,6 millions $ sur des revenus de 1,1 milliard $. À son premier trimestre, qui s'est terminé le 30 avril, l'entreprise a enregistré un bénéfice net de 4,5 millions $ sur un chiffre d'affaires de 286 millions $.

L'entreprise emploie environ 45 000 personnes sur la plupart des continents.

L'action de Garda a clôturé à 9,93 $ vendredi, en baisse de 0,8 pour cent, à la Bourse de Toronto.

De Sylvain Larocque,

La Presse Canadienne –

http://www.google.com/hostednews/canadianpress/article/ALeqM5iRn_Qp39BMh9KSvg4PLCBEudBo8A?docId=7111215


2-3 Tarek Aziz demande à être exécuté.

Hier, Tarek Aziz, 75 ans, condamné à mort par un tribunal en treillis, épuisé par une santé chancelante, a demandé à être exécuté car il ne veut pas mourir en prison.

Le désarroi d’un homme abandonné.

Une dictature intelligente ne se salit plus les mains, comme le faisait un Franco de base, qui garrotait encore des militants anarchistes en 1974.

Non, elle crée une succursale, y nomme ses affidés et lui décerne le titre de « Haute Cour ».

Le 26 octobre dernier, Tarek Aziz a été condamné à la pendaison par la Haute Cour Pénale irakienne, le grand tribunal des basses manœuvres, et depuis la peine a été confirmée.  

Tarek Aziz était l’inamovible ministre des Affaires étrangères de Saddam Hussein, et la meilleure porte d’entrée des occidentaux dans le monde arabe.

En France, tous ont adoré l’entregent de ce grand diplomate chrétien. Tous ont usé de la base irakienne et ont glorifié ce pays arabe laïc.  

Mais que vaut un ami, quand il est arabe, et que le seul projet, depuis septembre 2001, est d’humilier le monde arabe, pour lui imposant la colonisation économique ?  

Qui, parmi les amis affichés de Tarek Aziz, a fait quoi que ce soit de palpable après sa reddition, en 2003 ?  

Lequel de ces grands défenseurs de droits de l’homme blanc a-t-il été au-delà d’un communiqué mollasson pour dénoncer le procès inique fait au grand diplomate ?

Lequel de ces coqs pérorant sur les plateaux de jité a-t-il dénoncé la bouffonnerie de la justice irakienne ?  

Donnez-moi le nom d’un seul qui ait honoré les liens affichés quand tout allait bien, en demandant un droit de visite pour se rendre dans la prison de Kazimiyeh, à Bagdad… Et s'il était fimé avec les menottes dans le dos, ça les réveillerait nos belles consciences à deux balles ?  

L’an dernier, Tarek Aziz a été victime de deux crises cardiaques. Les dernières images sont celles d’un homme exténué. Son fils Ziad décrit un état physique alarmant, et les « autorités » irakiennes refusent les droits de visite : « Il y a deux semaines, ma mère et ma sœur sont venues à Bagdad pour lui rendre visite, sans succès. Le vice-ministre de la Justice ne répond d'ailleurs plus à nos appels téléphoniques ».  

Le 11 novembre 2010, Jalal Talabani, un kurde, réélu président, a dit qu’il refuserait l’application de la peine de mort.  

Malade, isolé, abandonné, Tarek Aziz vient d’écrire à ses bourreaux qu’il refusait de mourir en prison, et il a demandé la mise à exécution de la sentence. Chirac, Chevènement et Le Pen n’ont rien entendu. Les bidochons qui nous gavent avec leurs incantations d’un monde arabe laïc n’ont rien entendu non plus.  

Ils préfèrent s’enthousiasmer pour l’intervention des hélicoptères de combat en Libye, applaudir le 213° génial plan de paix au Proche Orient et refouler comme des voyous les Tunisiens qui annoncent un monde nouveau, fondé sur l’égalité.  

Aussi, abandonner Tarek Aziz…

http://www.mleray.info/article-irak-tarek-aziz-ne-veut-pas-mourir-en-prison-il-demande-a-etre-execute-76305147.html

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