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18/06/2011

n° 515 - Dossier & Point de vue d'Irak - 16/06/11 – Fin - : Enfants mal formés à Falloujah: l'armée américaine responsable.

n° 515 - Dossier & Point de vue  d'Irak - 16/06/11 – Fin  - : Enfants mal formés à Falloujah: l'armée américaine responsable.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

n° 515                                                      16/06/11

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Dossier d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur nos blogs : 

http://www.dhblogs.be/categories/International.html

 http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

c) Sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

d) Sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

e) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

f) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

3  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Manlio Dinucci : La montre des dépenses militaires.

4 Annexe.

4-1 Robert Bibeau : Grandeurs et Déchéance des «Conspirationnistes».

4-2 M. K. Bhadrakumar : Les USA insufflent une nouvelle guerre froide.

5 Histoire des USA

5-1Les guerres des USA dans le monde 


3  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Manlio Dinucci : La montre des dépenses militaires.
Rubrique :  L’art de la guerre

Imaginez que vous avez au poignet une montre digitale qui n’indiquerait pas seulement les minutes et les heures, mais les chiffres des dépenses militaires de minute en minute et d’heure en heure. Vous pouvez ainsi voir qu’en Italie on dépense en argent public, dans le secteur militaire, plus de 50mille euros à la minute, 3 millions à l’heure, 76 millions par jour. Ce qui équivaut à environ 27 milliards d’euros (38 milliards de dollars) en une année. La montre est réglée sur les dernières données du Sipri (le réputé institut international dont le siège est à Stokolm), relatives à la dépense militaire de 2010. On peut voir la dépense mondiale sur un autre cadran : on dépense dans le monde à des fins militaires plus de 3 millions de dollars par minute, 186 millions par heure, 4,5 milliards par jour. Ce qui équivaut à 1.630 milliards de dollars en une année. Calculée nette d’inflation, la dépense militaire mondiale en 2010 dépasse de 50% celle de 2001. Dans le classement des pays qui dépensent le plus, les Etats-Unis se trouvent nettement au premier rang avec environ 700 milliards de dollars annuels, équivalant à 43% de la dépense mondiale. Suivent la Chine, la Grande-Bretagne, la France, la Russie, le Japon, l’Arabie Saoudite, l’Allemagne, l’Inde et l’Italie. Ces dix pays totalisent les trois quarts de la dépense  militaire globale des 171 pays recensés par le Sipri. Toutes ces données peuvent se lire sur la montre spéciale, que tout gouvernant devrait porter au poignet.

Le premier exemplaire de ces montres (avec gravé sur le boîtier en or massif « God Don’t Bless America ») devrait être donné au président des Etats-Unis pour lui rappeler que, si en 2010 la dépense militaire mondiale a augmenté en termes réels de 20 milliards de dollars par rapport à 2009, ceci est dû presque entièrement à la croissance de la dépense militaire étasunienne. Si une telle somme avait été épargnée, on aurait pu recueillir les 20 milliards de dollars qu’Obama et les autres leaders, au Summit G8 de L’Aquila en 2009, avaient promis mais jamais donnés, pour combattre la faim dont est victime dans le monde plus d’un milliard de personnes.

En Italie, c’est avant tout le président de la république, le président du conseil et les membres du gouvernement qui devraient recevoir la montre, dans une série spéciale dédiée au centenaire de la première guerre de Libye (le 5 octobre 1911 les troupes italiennes débarquèrent à Tripoli, NdT), particulièrement significatif aujourd’hui alors que l’Italie est engagée dans la seconde guerre coloniale en Libye. Cette même montre, avec gravé sur le boîtier « Souviens-toi que l’Italie répudie la guerre » (Article 11 de la Constitution italienne : « L’Italie répudie la guerre comme mode de solution des controverses internationales », NdT), devrait être donnée aussi aux parlementaires. En particulier aux rangs bipartisans qui attribuent cette année 800 millions d’euros d’argent public pour la guerre en Afghanistan (après y avoir déjà dépensé plus de 3 milliards), auxquels s’ajoutent plus de 100 millions par mois pour la guerre de Libye. Ce serait bien que cette montre soit aussi portée par les hommes politiques et les syndicalistes qui, tandis qu’ils se plaignent de la pression fiscale et de la rareté des fonds pour les dépenses sociales, oublient que chaque année l’Italie dépense dans le militaire l’équivalent d’une grosse loi de finances et qu’on trouverait les sous pour les dépenses sociales si on avait la volonté de réduire la dépense militaire.

Ce serait important que tous les citoyens portent cette montre. Ils verraient ainsi que la dépense militaire d’une seule journée équivaut aux salaires annuels bruts de 3 mille enseignants ou autres travailleurs. Et ayant vu «quelle dépense il est», ils diraient qu’il est temps d’en finir.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 17 mai 2011 de

il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110517/manip2pg/14/manip2pz/303302/



4 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

 

4-1 Robert Bibeau : Grandeurs et Déchéance des «Conspirationnistes».

BILDERBERG vous observe !  Observez-vous BILDERBERG ?

Deux fois sur le métier remettez votre ouvrage (1). Il y a quelques mois le blogue Infowars, s’inspirant de la revue The Economist a donné une poussée d’adrénaline aux « conspirationnistes » et aux théoriciens du complot universel.

Dans un article signé Steve Watson, Infowars annonçait avoir découvert le centre dirigeant « secret » du nouveau gouvernement mondial, de la superclasse des   « globocrates », rien de moins. À notre insu, cette « élite cosmopolite » mondiale serait à mettre au point l’histoire future de l’humanité sans nous le dire, sans nous consulter, sans même nous demander de voter ! Pourtant, cette conspiration mondiale nous concerne tous.

C’est pourquoi, après avoir longuement hésité, nous prenons la responsabilité de vous dévoiler ce « secret » éventé.

« Un article plutôt étrange dans The Economist d'aujourd'hui parle de cette structure de pouvoir, et loin de la considérer comme une théorie du complot, réaffirme simplement le fait que « l'élite cosmopolite » se réunit lors de ces rassemblements et clubs secrets pour façonner le monde dans lequel la « superclasse » désire vivre. » (2).

Est-il utile de revenir à la charge contre la manie « conspirationniste » et les thuriféraires des mystérieux Clubs secrets qui, comme chacun sait, dirigent la planète ? Vous connaissez déjà plusieurs de ces organisations « secrètes et mystérieuses » dont les Francs Maçons, l’Opus Dei, la Cosa Nostra, la mafia, la CIA et le Mossad sont des franchisés ?

Vous aviez cru que j’oublierais le lobby sioniste mondial et l’AIPAC, le côté sombre de la force et l’Étoile noire, BILDERBERG, le Council on Foreign Relations, la Commission trilatérale et le Carnegie Endowment ? Vous vous trompiez, je sais que tout origine de là, selon la mystique conspirationniste.

Comprenons-nous bien. Je ne réfute ni ne méprise ici ces gens qui se questionnent à bon droit à propos de l’incohérence des multiples versions officielles de certains faits troublants. L’assassinat extra judiciaire d’Oussama Ben Laden, pour lequel le récit de la Maison Blanche a changé à quelques reprises en moins de quarante huit heures, est certainement un cas d’espèce qui mérite notre suspicion. Qu’avaient-ils donc à cacher pour ainsi mentir de façon répétée (3) ?

En société impérialiste, deux classes sociales internationalistes s’affrontent et forgent l’histoire. La classe du grand capital (et ses hommes politiques à leur solde) gère l’économie et la politique et trace les événements au jour le jour par leurs guerres de rapine, leurs exportations de capital financier, leurs spéculations boursières, leurs délocalisations industrielles et l’exploitation quotidienne des autres classes sociales.

Dans chaque pays impérialiste, de temps à autre la classe capitaliste, divisée entre ses différentes factions concurrentes (financière, services et communication, foncière, commerciale et industrielle) demande à la population de choisir quelle section de leur classe aura le privilège de gérer l’État national, de légiférer, d’administrer la justice, les forces répressives et les immenses budgets et ainsi d’enrichir en priorité son segment particulier par rapport aux autres segments de leur classe ; ce sont les campagnes électorales dites « démocratiques » dont les opportunistes, les gauchistes et les sociaux-démocrates de tout poil sont si friands.

Tout cela concourt à tracer les marques de l’histoire sur le paysage urbain et rural. Chaque jour la classe ouvrière et ses alliés (travailleurs des services et des municipalités, travailleurs des communications, étudiants, retraités, agriculteurs, artisans) marquent l’histoire par ses résistances sur le front économique, ses grèves, ses manifestations, et par moment, par ses batailles sur le front politique, ses révoltes et ses insurrections qui tournent parfois à la révolution avortée ou victorieuse, c’est selon (4).

La petite-bourgeoisie, particulièrement son contingent intellectuel, observe l’action de ces deux classes antagonistes, décrit et analyse ces mouvements mais n’en constitue jamais le moteur, ni même l’acteur principal. De cette praxis passive de la petite-bourgeoisie surgissent ses tendances  « conspirationnistes » sur lesquelles je reviendrai dans quelques instants.

Auparavant, j’aimerais présenter davantage cet acteur secondaire de la scène historique et politique. La petite-bourgeoisie, particulièrement son segment intellectuel, renie ses intérêts de classe et vend ses services au grand capital. La petite-bourgeoisie a pour mission soit d’amuser et de distraire le peuple de sa misère ; soit de tout assombrir, de forger des leurres, d’imaginer des contes d’horreur, de mystifier, d’argumenter, de désinformer, d’occulter, de psamoldier des cantiques à la gloire des riches et d’expliquer aux révoltés l’immense puissance de leurs seigneurs invincibles (la super classe – l’élite cosmopolite – les globocrates dont nous discourions auparavant !), omnipuissants et omniscients.

La petite-bourgeoisie culpabilise le peuple aussi pour son ingratitude, sa mesquinerie, son ignorance, sa bâtardise, sa couardise, sa paresse, sa désobéissance civile et ses révoltes « injustifiées », et surtout ses soulèvements  inutiles et futiles. Voilà le grand objectif de la mystification «conspirationniste».

Pour sa peine cette couche sociale (la petite-bourgeoisie frustrée) reçoit honneur, salaires plantureux, postes prestigieux et gloire médiatique éphémère… jusqu'à ce que la crise économique s’abatte sur elle et qu’elle amorce un processus de paupérisation accélérée, de quoi la terrifier… (vous questionnerez la petite-bourgeoisie d’Argentine). Ce sont les stars des médias, les idéologues patentés des think tanks bien pensants, certains professeurs d’universités, comme la star américaine de « gauche », l’anarchiste Noam Chomsky, les chercheurs et les experts de tout poil qui meublent nos heures d’écoute de leur babillage feutré (5).

Un autre segment de cette classe sociale renie également ses intérêts de classe pour se mettre au service de la classe ouvrière. Ici, pas de salaires indécents, ni de gloire même passagère ; l’adversité est assurée et les week-ends ne se passent jamais sur le voilier de Bolloré.

Pour la première catégorie de ces « bobos », ce ne sont jamais « les classes sociales » (un concept démodé depuis la fin de l’histoire !), ce ne sont jamais les peuples, ni même les nations, encore moins les ouvriers qui forgent l’historicité mais un état major secret, transnational, formé d’une élite, une superclasse « globocrate » immensément riche et puissante, aux intérêts harmonieux, complaisants qui décide bon an mal an de tout ce qui se passe sur la planète. Une révolte éclate en Égypte, le Pentagone avait tout prévu et manipule les blogueurs en sous-main, de même en Tunisie, en Syrie ou en Libye (le porte-avion Abraham Lincoln était parti dans la mauvaise direction vers la Mer D’Oman, qu’à cela ne tienne, la conspiration patentée est tout de même accréditée). Les événements du 9/11 ont été une vaste conspiration pour justifier des guerres de rapine contre l’Irak, l’Afghanistan et voter le Patriot Act. etc.

La revue The Economist adore ces propagandistes qui colportent de telles idées sur la puissance invincible de ces financiers et l'impossibilité pour les peuples du monde de se libérer puisque même les libérateurs font secrètement partie de la conspiration. The Economist les nourrit régulièrement de ragots afin d’alimenter leur fantasme et leur propagande débridée.

« L'article (The Economist) décrit le BILDERBERG comme « une conspiration malfaisante ayant comme objectif la domination du monde », et affirme ensuite que oui effectivement, le groupe maîtrise réellement les événements de ce monde. » (6) (Il ne semble pas contrôler les événements de l'au-delà !  NDLR).

Comprenez-moi bien. À n’en pas douter toutes ces organisations et ces clubs sélects existent réellement et s’activent à poursuivre leurs destinées maléfiques mais ils ne parviennent pas à diriger mécaniquement le monde et à orienter durablement le cours de l’histoire. Pourquoi ? L’histoire de l’humanité est jalonnée de secrets, de complots, de collusions et de conspirations, mais aussi de trahisons, de retournements d’alliances, d’abnégations, d’héroïsme, d’insurrections et de révolutions parfois avortées, parfois victorieuses, mais toujours incontrôlées et incontrôlables par ces protagonistes.

Le système économique impérialiste est un mode anarchique de production et de commercialisation des marchandises et des services et il est totalement faux de prétendre qu’un Club élitiste de « globocrates » aurait planifié la crise financière de 2008, ou qu’il planifiera le prochain Crash boursier.

« Bien entendu, toute personne qui suit de près l'activité de ces groupes d'élite vous dira qu'ils n'ont pas été tout à fait pris au dépourvu et étaient pleinement conscients du fait que la crise était soigneusement préparée en 2006. » (8).

Que des économistes aient prédit dans un avenir quelconque que le système boursier spéculatif érigé sur des prêts hypothécaires – subprimes – non solvables et sur la fraude d’une pyramide boursière à la Ponzi illégale et illégitime allait s’effondrer d’un jour à l’autre, ça oui, c’est totalement véridique.

D’ailleurs, ils furent nombreux à le prédire et ils sont encore nombreux à prédire la prochaine crise puisqu’ils traînent encore 260 000 milliards de dollars de ces produits dérivés (actifs fictifs non adossés à des valeurs réelles) en circulation sur les bourses du monde (9).

Serons-nous accusé d’être associé à BILDERBERG puisque nous annonçons aujourd’hui en primeur, sans l’ombre d’un doute, qu’il y aura une prochaine crise économique mondiale plus sérieuse encore que celle de 2008, qui sera suivie d’une autre crise économique encore plus grave… L’impérialisme c’est la crise, l’impérialisme c’est la guerre. Un révolutionnaire l’a écrit il y a un siècle et chaque jour l’histoire lui donne raison. Cela fait-il de lui le chef des «conspirationnistes » ? Évidemment non.

La prochaine crise économique ne sera pas la conséquence d’une conspiration ourdie et planifiée par BILDERBERG mais le simple résultat des lois capitalistes de la recherche du profit maximum et de la baisse tendancielle des taux de profit qui a toujours réglé le développement de l’économie impérialiste anarchique depuis son origine et il en sera ainsi jusqu'à la déchéance de ce système économique  anarchique.

Je vous rassure tout de suite, le 11 septembre a bien eu lieu et trois gratte-ciel se sont effectivement effondrés à New-York ! L’enquête gouvernementale américaine sur ces événements a été bâclée et c’est troublant de constater que ceux qui devaient éclairer les Américains sur ces événements ne l’ont pas fait. Nous ne savons pas pourquoi ils ont manqué à leur devoir, et nous savons aussi que les autorités américaines ont exécuter Ben Laden récemment afin de s’assurer que nous ne saurions jamais « la vérité vraie » sur ces événements. De là à penser que Georges W. Bush a été assez malin pour exterminer quelques milliers d’Américains pour ensuite se retourner et imposer le Patriot Act et se lancer en guerre au Moyen-Orient, voilà un pas que nous refusons de franchir.

Pour deux raisons ; la première étant qu’un tel complot avec tout ce que cela suppose de complicités, de témoins, de faux-coucheurs, de parasites trop heureux de faire du fric en racontant tout de la conspiration nous détermine à penser que même Bush savait qu’un tel complot serait vite éventé. La deuxième raison en est, et n’en déplaise aux « conspirationnistes », Georges W. Bush et l’Amérique des riches n’avaient absolument pas besoin des événements du 9/11 pour se lancer en guerre contre l’Afghanistan. Ils l’ont prouvé lors des deux attaques contre l’Irak de Saddam Hussein ; dans l’attaque contre la Libye et un président américain le prouvera éventuellement lors d’une guerre contre l’Iran.

Les États-Unis ont envahi vingt sept (27) pays depuis les années cinquante environ et n’ont pas pour autant détruit une partie de leurs infrastructures civiles pour justifier chacune de ces agressions. Les « conspirationnistes » mettent l'accent uniquement sur un versant de la contradiction inter- impérialistes et de la contradiction capital contre travail et nient qu'une contradiction dialectique se nourrit de la convergence de nombreuses forces divergentes (vieilles puissances impérialistes vis-à-vis puissances impérialistes montantes, repartage des marchés et des sources de matières premières, collusion pour réprimer les révoltes populaires, et ouvrières, etc.).

Les riches qui financent ou dirigent ces comités, organisations et officines pseudo secrètes sont à la fois complices entre eux, et en cela ils tentent de se coordonner pour agresser les peuples, leurs ennemis, mais ils sont tout aussi puissamment adversaires, et en cela ils s’entretuent ou se trahissent chaque fois que l’un d’entre eux espère gagner du pouvoir, de la puissance et du capital, arracher des marchés à son concurrent ou s’approprier de nouvelles sources de matières premières. Les classes sociales, les peuples et les nations ne suivent pas docilement le scénario qu’on leur assigne et les penseurs des think tanks de la superclasse des « globocrates » de BILDERBERG savent très bien que l’on ne peut prédire ce que fera une foule d’ouvriers ou de va-nu-pieds une fois lancée contre la citadelle du pouvoir.

La guerre civile au Liban a entraîné la création du Hezbollah armé, la trahison d’Oslo a amené la création du Hamas armé, la guerre civile au Népal a renforcé le parti communiste révolutionnaire armé, la révolution en Iran a chassé le Shah et arraché un grand pays armé de la sphère d’influence américaine, les soulèvements arabes ont bouleversé la donne au Moyen-Orient et obligé les États-uniens à repenser leurs alliances. L’Amérique du Sud, leur chasse gardée depuis la doctrine Monroe, leur glisse d’entre les mains, les Talibans armés sont en train de les chasser du sol afghan. L’Irak, la Somalie et Haïti sont ingouvernables. Le Pakistan dérive dangereusement et pourrait à tout moment quitter la sphère d’influence américaine. Le peuple islandais semble déterminé à nationaliser tout ce que les gouvernements précédents avaient privatisé. Le peuple cubain armé résiste depuis 60 ans aux complots des Kennedy et suivants. La Chine, la puissance impérialiste montante, érige l’Alliance de Shanghai en collaboration avec la Russie, et ensemble ils se préparent à affronter la première puissance mondiale déclinante et son bloc transatlantique. Une troisième guerre mondiale, atomique, pourrait en résulter. BILDERBERG l’aura-t-il planifié, souhaité, désiré ?

Tant d’exemples prouvent que ni l’AIPAC, ni BILDERBERG, ni la superclasse globocrate, cosmopolite, super élite, ne contrôlent la marche du temps ni celle de l’histoire, pas plus que le tic tac de l’horloge n’en constitue le ressort, ou que la mouche du coche ne fait avancer l’attelage. Plus souvent qu’autrement ces gens mènent des batailles d’arrière-garde pour limiter les dégâts là où et quand ils le peuvent et très souvent ils ne le peuvent pas (10).
(1) Robert Bibeau. http://bellaciao.org/fr/spip.php?article111384
(2)
http://www.internationalnews.fr/article-selon-the-economist-de-puissantes-elites-globocrates-controlent-les-evenements-il-ne-s-agit-pas-d-une-conspiration-65797772.html  http://infoguerilla.fr/?p=7803
(3)
http://www.centpapiers.com/la-theorie-de-la-%c2%ab-theorie-du-complot-%c2%bb/70328  et aussi http://www.michelcollon.info/L-assassinat-extrajudiciaire-de.html
(4) Robert Bibeau.
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23776
(5)
http://www.slate.fr/story/38041/chomsky-ben-laden-11-septembre-delire
(6)
http://infoguerilla.fr/?p=7803
(7)
http://infoguerilla.fr/?p=7803
(8) Robert Bibeau.
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/etats-unis-chine-la-grande-87177
(9)
http://www.robertbibeau.ca/palestine/edito10-08-2010.html
(10) Les théories du complot.
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article117125
Salutations cordiales

Robert Bibeau

25.05.

http://www.centpapiers.com/grandeurs-et-decheances-des-%c2%ab-conspirationnistes-%c2%bb/71279 *
http://www.robertbibeau.ca/palestine.html


4-2 M. K. Bhadrakumar : Les USA insufflent une nouvelle guerre froide.
Il y avait peut-être une différence d’opinion entre le dramaturge grec classique Eschyle et le poète romantique britannique Percy Bysshe Shelley à propos des circonstances de la libération du Titan Prométhée de sa captivité : elle a fait suite à sa réconciliation avec Jupiter – c’est la pensée classique – ou était une rébellion, comme insiste le romantique. Dans les deux cas, Prométhée a été « délivré ».

Les circonstances exactes de la fin de partie en Irak et en Afghanistan resteront difficiles à formuler, mais il est certain que le résultat sera que les Etats-Unis, lesquels, à l’instar de Prométhée, ont été enchaînés à une montagne où ils ont été quotidiennement punis par l’aigle de Jupiter et enduré une immense souffrance, sont « délivrés » et rendus à la vie normale.

Pour Prométhée, cela s’est produit comme un moment existentiel et, lorsque Hercules est arrivé pour le délier, il a tellement été soulagé par cette liberté « si longtemps désirée/si longtemps tardive » qu’il a promis à son amour « nous nous assoirons et causerons temps et changement/comment le monde décline et s’écoule, sans que nous changions nous-mêmes ».

Les Etats-Unis, aussi, reparaissent « inchangés ». Il y a un tourbillon d’activité, comme pour rattraper le temps perdu : l’intervention militaire « unilatérale » en Libye ; le déploiement d’une escadre de F-16 en Pologne ; l’établissement de bases militaires en Roumanie ; la ressuscitation des plans de l’ère de George W. Bush pour l’établissement d’un bouclier antimissile étasunien en Europe Centrale ; la reprise de l’entente cordiale entre les « nouveaux européens » ; la menace d’une « intervention humanitaire » en Syrie ; La reprise des discussions en vue d’une action militaire contre l’Iran ; la campagne pour une présence militaire à long terme en Irak et en Afghanistan ; la montée en régime de l’expansion de l’OTAN en Asie Centrale ; la violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Pakistan ; la menace d’un « changement de régime » au Sri Lanka ; et, l’annonce, le week-end dernier, du déploiement de navires de combat légers à Singapour.

Tout cela s’est produit en l’espace de 100 jours. Il était pratiquement inévitable que le grand jeu de la Caspienne soit également ravivé. Après l’hibernation inexpliquée au cours de la période qui a suivi la fin de la présidence Bush, début 2009, Richard Morningstar, l’envoyé spécial des Etats-Unis pour l’énergie eurasienne, est retourné dans l’arène.

Si son témoignage, lors de l’audition devant la Commission des Affaires Etrangères de la Chambre des Représentants, la semaine dernière, contenait un seul message, il était le suivant : la stratégie énergétique eurasienne des Etats-Unis reste « inchangée » dans son programme central, c’est à dire, défier le potentiel de la Russie à se servir de ses vastes réserves en tant qu’exportateur d’énergie pour réapparaître comme une grande puissance sur la scène mondiale.

La rhétorique de la guerre froide ressurgit

Lors de cette même audition parlementaire, l’agenda géopolitique de la stratégie énergétique eurasienne des Etats-Unis a été formulé avec un franc-parler caractéristique par l’expert réputé sur la Russie, Ariel Cohen. Il n’y a peut-être sans doute rien de remarquablement nouveau dans la thèse de Cohen à propos de « l’agenda expansionniste » de la Russie, reflété par sa politique énergétique, mais cela mérite néanmoins d’être répété à travers le prisme du témoignage de Morningstar (les normes de la pratique diplomatique ont contraint ce dernier à retenir toute critique directe de la Russie, avec laquelle l’administration Obama est actuellement engagée dans une « réinitialisation » [reset]) :

· Le Kremlin considère l’énergie comme un outil lui permettant de poursuivre une politique étrangère affirmée.

· Le niveau de dépendance de l’Europe vis-à-vis de la Russie en matière d’énergie est beaucoup trop élevé.

· La Russie essaye d’exclure les Etats-Unis des marchés énergétiques d’Asie Centrale et de la Caspienne.

· La Russie se sert de l’énergie pour « re-séduire » l’Inde, l’Asie du Sud-Est, le Moyen-Orient et l’Amérique Latine.

· La Russie force ses voisins à piloter leurs exportations d’énergie en passant par son système de pipelines.

· L’absence d’une « séparation constitutionnelle de la justice et du pouvoir » bloque l’entrée des sociétés occidentales dans le secteur énergétique russe.

· La Russie reste désintéressée à développer des liens énergétiques avec les Etats-Unis.

Cohen a formulé franchement cette géopolitique. En premier, il est prévu que la demande européenne en énergie continuera d’augmenter, ce qui entraînera de sérieuses conséquences pour les liens entre Moscou et l’Europe.

Le fait est que les Etats-Unis redoutent que Moscou exploite ces liens énergétiques croissants pour stabiliser ses relations avec les pays d’Europe de l’Ouest et que cela pourrait affaiblir l’esprit euro-atlantique et relâcher progressivement le leadership transatlantique des Etats-Unis.

Deuxièmement, l’Allemagne a pris la décision stratégique d’abandonner l’énergie nucléaire et, à la place, d’accroître ses importations énergétiques depuis la Russie. Du point de vue des USA, des liens russo-allemands croissants n’ont pas seulement une résonance historique de très grande importance pour la sécurité européenne, mais ils pourraient finir par affaiblir l’unité européenne et les fondements-mêmes de l’OTAN, que les USA commandent comme instrument principal pour la poursuite de leurs stratégies globales. 

Troisièmement, la Russie aspire à passer du rôle d’exportateur d’énergie vers l’Europe à une participation dans le système de distribution de l’énergie du continent, ainsi que dans son commerce de détail. L’Europe pourrait finir par « être confrontée à des choix difficiles entre le coût et la stabilité de ses approvisionnements énergétiques et se mettre du côté des Etats-Unis sur les questions clés ».

Inversement, voici ce que Cohen anticipe : « Tandis que le prix du pétrole grimpe, on peut sûrement s’attendre à la réapparition de l'audace de la Russie ». Quel genre d’audace ? En termes géopolitiques, cela signifie une Russie plus affirmée dans la politique mondiale. Cohen a également mentionné l’Inde plus d’une fois, comme perspective inquiétante pour les Etats-Unis.

Lignes de démarcation en Asie du Sud

Avant tout, des pays comme l’Inde, où les Etats-Unis espèrent pouvoir s’ancrer en tant que partenaire stratégique, pourraient choisir d’être autonomes ou « non-alignés », si la Russie réussit à développer des liens énergétiques plus forts avec eux. En ce qui concerne l’Inde en particulier, les implications sont considérables puisque la stratégie étasunienne dans la région Asie-Pacifique et leur politique d’isolement envers la Chine se trouveraient sérieusement débilitées si Delhi décidait de ne pas y participer.

Chose intéressante, Cohen fait intervenir la Syrie dans ce contexte. Il soutient que la Russie « cherchait à se réengager dans un équilibre de pouvoir vieux de plusieurs siècles au Moyen-Orient », et la Syrie – comme l’Inde dans la région Asie-pacifique – est essentielle, raison pour laquelle Moscou reconstruit ses bases navales de Tartous et de Latakieh et y « achemine des armes modernes » - comme elle le fait avec l’Inde.

 

Quatrièmement, la Russie pousse l’Organisation de la Coopération de Shanghai (OCS) à être une chasse gardée exclusive, afin de laisser les Etats-Unis hors de portée, notamment, du club énergétique de ce groupe. L’OCS comprend la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizstan, la Russie, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan.

Que l’OCS se prépare à admettre l’Inde et le Pakistan comme membres à part entière et l’Afghanistan comme observateur fait enrager les Etats-Unis. Jusqu’à présent, les USA comptaient sur les réserves de la Russie et de la Chine vis-à-vis de l’adhésion du Pakistan et de l’Inde, mais le fait que Moscou et Pékin aient revu leur position à cet égard a tiré la sonnette d’alarme à Washington.

Moscou est en train de déborder les Etats-Unis en construisant rapidement des liens avec le Pakistan. Un vecteur crucial dans cette relation qui s’accélère est la coopération en matière d’énergie. Moscou a commencé à discuter avec le Pakistan des détails pratiques de sa participation dans le projet du gazoduc TAPI (Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde).

Ces pays restaurent leurs liens aériens, ils ont tenu deux réunions au sommet en l’espace d’un an et ont commencé à coordonner étroitement leur approche à la stabilisation de l’Afghanistan (ce qui fait partie intégrante de la mise en œuvre du TAPI). Incidemment, le représentant spécial de la Russie pour l’Afghanistan, Zamir Kabulov (l’as des as du Kremlin sur l’Afghanistan), s’est rendu à Islamabad la semaine dernière pour des entretiens approfondis.

La portée de l’approche russe est d’accroître l’autonomie stratégique du Pakistan afin qu’il puisse résister aux intimidations de Washington. Et Moscou estime que le Pakistan est chaud pour rendre la pareille. Ainsi que l’éminent spécialiste russe de l’Asie du Sud, Andrei Volodin, l’a écrit la semaine dernière, « La visite d[u Président pakistanais] Asif Zardari en Russie a montré que le Pakistan est en train de diversifier activement ses liens économiques avec l’étranger et sa politique étrangère. Cette attitude est bien accueillie par l’allié principal et indéfectible du Pakistan, la Chine, qui poursuit une politique d’ "isolement inversé en douceur" de l’Amérique en Asie, y compris au Pakistan. »

Fini le rêve d’un pipeline turkmène !

Donc, l’initiative russo-chinoise d’incorporer le Pakistan et l’Inde comme membres à part entière de l’OCS entretient la perspective d’asséner un coup dévastateur à la stratégie étasunienne de pouvoir « s’ancrer » en Asie. Le fondement du quadrillage énergétique régional, puisant dans les réserves énergétiques du Turkménistan, confère un caractère profond à cette matrice.

 

Le fait est que les Etats-Unis ont toujours dit qu’ils étaient favorables au TAPI, mais leur véritable intérêt se trouvait dans ce que l’on appelle le Corridor Sud pour transporter l’énergie turkmène vers l’Europe occidentale, afin de réduire la domination russe sur le marché européen.

La Russie fait d’une pierre deux coups. En détournant le gaz turkmène vers les énormes goinfres d’Asie du Sud – l’Inde est potentiellement l’un des deux ou trois futurs plus gros consommateurs d’énergie dans les décennies à venir – Moscou sape, d’un côté, la stratégie énergétique eurasienne des Etats-Unis consistant à évacuer le gaz vers l’Europe, tout en maintenant simultanément sa position dominante sur le marché énergétique européen qui aurait pu être défiée par le gaz turkmène.

Depuis le début, le gros point d’interrogation sur le TAPI était double. D’abord, il y avait un doute concernant les réserves énergétiques du Turkménistan. Cependant, la confirmation par le cabinet d’audit Gaffney, Cline & Associates, la semaine dernière, que le Turkménistan était assis sur le deuxième plus gros champ gazier du monde – le Yolatan Sud – a complètement changé la donne. (Le Président afghan Hamid Karzaï s’est envolé à toute vitesse vers Achgabat dès qu’il a eu vent de cette information.) Le vaste champ gazier de Yolatan Sud couvre une surface d’environ 3.500 kilomètres carrés – plus grande que le Luxembourg – et, ainsi que l’a formulé un des directeurs de l’auditeur britannique, « le champ de Yolatan Sud est tellement grand qu’il peut accueillir plusieurs développements en parallèle. »

Bref, le Turkménistan a la capacité prouvée de répondre aux besoins énergétiques de la Chine, de l’Inde et du Pakistan pour de nombreuses décennies à venir, et il lui resterait encore des surplus à exporter vers la Russie. Cette perspective est un choc pour la stratégie étasunienne, si se réalise finalement ce que l’on appelle « le club énergétique de l’OCS », une idée lancée en 2005, un peu en avance, par l’ancien président russe, Vladimir Poutine.

Par conséquent, tout ce qui suit a également une « dimension énergétique » immensément importante : les diplomaties énergiques russe et chinoise déployées sur le Pakistan, en vue d’encourager celui-ci à changer de paradigme dans sa politique afghane ; l’impatience croissante des Etats-Unis vis-à-vis de « l’esprit récalcitrant » du Pakistan ; l’enthousiasme de l’OCS a être impliquée dans la stabilisation de l’Afghanistan ; l’insistance des Etats-Unis sur le fait qu’ils doivent avoir des négociations directes avec les Taliban plutôt qu’à travers un processus de paix « mené par les Afghans » ; la pression exercée par Washington en vue d’établir une présence militaire à long terme en Afghanistan ; la précipitation de la Russie et de la Chine à faire monter à bord l’Inde et le Pakistan en tant que membres de l’OCS ; les ouvertures des Etats-Unis en direction de l’Inde, avec un partenariat que le Secrétaire US à la Défense Robert Gates a décrit, la semaine dernière dans un discours prononcé à Singapour lors d’une réunion régionale de ministres de la défense (dont les ministres chinois, russe et indien), comme étant le « pilier indispensable de la stabilité en Asie du Sud et au-delà » ; et, l’affirmation de Gates de l’engagement des Etats-Unis à une présence militaire « forte » et « accrue » en Asie, en particulier dans le Détroit de Malacca.

Cohen est un expert sur la Russie, mais il a mentionné l’Asie Centrale plus d’une fois lors de son audition parlementaire et il a porté ostensiblement l’attention des parlementaires américains sur le fait que la Russie essayait de « faire sortir les Etats-Unis d’Asie Centrale » et qu’elle « limitait avec succès la participation étasunienne dans les nouveaux projets énergétiques de la Caspienne, l’excluant du club énergétique de l’OCS ».

Isoler la superpuissance de l’énergie

Dans son audition parlementaire, l’ambassadeur Morningstar est resté dans le décorum diplomatique et a nettement éludé la géopolitique, s’attachant à une présentation détaillée de la stratégie énergétique eurasienne des Etats-Unis, qu’il a présentée comme un mélange de continuité de l’ère de George W. Bush, imprégnée des nouvelles réalités. Les principaux vecteurs de la stratégie étasunienne peuvent être identifiés ainsi :

· L’intention des USA d’être profondément impliqués dans la sécurité énergétique européenne n’est jamais mise en doute, puisque «  ’Europe est notre partenaire sur un certain nombre de questions globales, de l’Afghanistan à la Libye et au Moyen-Orient, et des droits de l’homme au libre échange

· Les Etats-Unis travailleront pour la « diversification du mix énergétique » de l’Europe, tant en termes de sources d’approvisionnement et de voies de transport que de diversité des consommateurs, tout ceci avec une focalisation sur les technologies alternatives et renouvelables et autres technologies d’énergie propre, ainsi qu’une efficacité énergétique accrue». (Les Etats-Unis pénètrent le marché européen comme gros exportateur de gaz de schiste, concurrençant le gaz naturel russe.)

· L’objectif des Etats-Unis est d’encourager l’Europe à développer une « stratégie énergétique équilibrée et diversifiée avec de multiples sources d’énergie et de multiple voies d’approvisionnements vers son marché ». (Comprendre : réduire la dépendance vis-à-vis de la Russie, qui fournit actuellement un-tiers des besoins énergétiques de l’Europe.)

· Les Etats-Unis encourageront et aideront les pays d’Asie Centrale et de la Caspienne à « trouver de nouvelles routes vers ces marchés ». (Comprendre : contourner le territoire et les pipelines russes.)

· Les Etats-Unis pousseront à la privatisation du secteur de l’énergie et, à cette fin, ils « créeront le cadre politique » dans l’espace post-soviétique, au sein duquel « les entreprises et les projets commerciaux peuvent prospérer ».

· L’engagement de l’administration Obama à ce que l’on appelle le Corridor Sud – pour acheminer le gaz naturel de la Caspienne vers l’Europe via Turquie et « potentiellement d’autres sources [d’énergie] au-delà des frontières européennes du sud-est » - est identique à l’engagement des précédentes administrations US de Bill Clinton et de Bush. Les Etats-Unis encourageront activement les trois consortiums européens de pipelines – les groupes Nabucco, ITGI et TAP – et sont « confiants dans le fait qu’un Corridor Sud commercialement viable sera réalisé. Les décisions d’investissement pour rendre cela possible devraient seront prises d’ici à la fin de l’année. »
· Washington porte une attention particulière pour encourager le Turkménistan à devenir un fournisseur majeur de gaz pour l’Europe via le Corridor Sud.

· Les Etats-Unis soutiendront l’intégration des Etats Baltes dans le marché énergétique européen, afin que ceux-ci ne restent pas vulnérables aux approvisionnements et/ou à la pression politique russes.

· Les Etats-Unis défieront les efforts de la Russie à obtenir un monopole sur le secteur énergétique de l’Ukraine.

· L’Europe devrait développer un marché unique de l’énergie afin que la sorte de relations bilatérales qui se développent entre l’Allemagne et la Russie, l’Italie et la Russie ou la France et la Russie ne se réalisent pas.

· L’Europe devrait se focaliser plus sur le développement de gaz de schiste, qui peut être un substitut au gaz russe.

· L’Europe devrait prendre des initiatives pour « séparer les fonctions de distribution et d’approvisionnement des entreprises d’énergie » afin que les efforts de la société russe monstre Gazprom pour pénétrer les activités en aval puissent être bloquées.

C’est le cœur du continent eurasien, idiot !

La stratégie énergétique eurasienne des USA est presque entièrement conçue pour « contenir » le rôle prééminent de la Russie de fournisseur d’énergie pour l’Europe et sa vaste influence sur les pays producteurs d’énergie d’Asie Centrale et de la Caspienne. Cohen a parlé du futur rôle de l’OTAN qui assurera la sécurité des pipelines non-russes, mais il n’est pas surprenant que Morningstar n’ait pas creusé cette idée controversée, qui a été soulevée en premier par l’administration Bush. Ce qui est du plus grand intérêt est que Morningstar n’a pas dit un seul mot sur la possibilité que le Turkménistan ou la région d’Asie Centrale approvisionne en énergie la région de l’Asie du Sud, bien que les diplomates étasuniens qui se rendent à Delhi prétendent infailliblement avoir un vif intérêt dans le TAPI. Ce qui émerge est que les Etats-Unis sont focalisés à 100% sur la sécurité énergétique de l’Europe – comment développer ses approvisionnements depuis la Caspienne, l’Asie Centrale et les régions moyen-orientales – et ils disent être favorables au TAPI.

Il est clair que la réunion au sommet de l’OCS, programmée pour se tenir au Kazakhstan la semaine prochaine, devient une occasion historique pour la géopolitique de l’énergie. Les auditions parlementaires américaines de la semaine dernière ont été opportunes. Les Etats-Unis appréhendent un changement de paradigme dans la dynamique de la puissance de l’Asie. Jusqu’à présent, les probabilités s’accumulent fortement contre les Etats-Unis, alors que la Russie et la Chine redessinent leur politique en Asie du Sud, laquelle a pour but d’harmoniser leurs liens avec le Pakistan et l’Inde au sein du parapluie de l’OCS.

Un des plus grands spécialistes chinois, Yan Xuetong, le directeur de l’Institut des Etudes Internationales de l’Université de Tsinghua, a déclaré lors d’un récent séminaire de l’Institut des Etudes Asie-pacifique, une branche de l’Académie Chinoise des Sciences Sociales :

 Si nous pouvons établir des relations avec nos voisins comme nous le faisons avec les pays de l’OCS, nous parviendrons à accélérer la cadence. La création de l’OCS dans les années 90 a été largement reconnue comme l’un des coups diplomatiques les plus réussis de la Chine. Le but de la création de l’OCS est de défier l’objectif stratégique américain d’étendre la brèche militaire [qu’ils ont ouverte] en Asie Centrale.

 Elle [l’OCS] a mis à mal l’intention de l’Amérique de faire de l’Asie Centrale sa sphère d’influence militaire. Avec l’OCS, les relations de la Chine avec les pays de la région ont été largement améliorées. Afin d’établir des relations du type OCS avec ses voisins, la Chine doit […] établir des partenariats stratégiques infaillibles avec eux. Sinon, il sera impossible pour la Chine d’avoir plus et de meilleures relations amicales internationales que l’Amérique.

En effet, la fin de partie en Afghanistan inspire les diverses pistes de la géopolitique de l’Eurasie, de l’Asie Centrale et de l’Asie du Sud, dont certaines, qui sont parfois dormantes, parfois visibles ou pas si visibles, commencent à converger. Mais le point central est l’Eurasie.

En effet, Sir Halford John Mackinder (1861-1947), le grand géographe britannique et diplomate expert, qui est considéré comme l’un des pères fondateurs des sujets ésotériques de la géopolitique et de la géostratégie, a basé sa célèbre théorie du Cœur des continents en partant du principe que l’Eurasie reste le cœur de la politique internationale. Curieusement, lorsque Prométhée a eu le foie dévoré quotidiennement par l’aigle de Jupiter – lequel se régénérait la nuit –, il était également enchaîné à un rocher dans le Caucase.

M K Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière dans les services extérieurs indiens pendant plus de 29 ans. Ses affectations incluent l'Union Sovétique, la Corée du Sud, le Sri Lanka, l'Allemagne, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Ouzbékistan, le Koweït et la Turquie.
Copyright 2011 - Asia Times Online /

Traduction [JFG-QuestionsCritiques].

 

Asia Times Online, le 10 juin 2011
article original : "US breathes life into a new cold war"
http://atimes.com/atimes/Central_Asia/MF07Ag01.html

http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/M_K_Bhadrakumar/Etats-Unis_Russie_guerre_froide_strategie_energetique_Asie_Centrale_100611.htm

 



5 Histoire des USA

5-1Les guerres des USA dans le monde 

Source : http://www.street-trash.org/textes/a...

 

XIX siècle : Invasion de la Floride et de territoires mexicains.

 

1915-1934 : Occupation d’Haïti.

 

Début des années 1920 : République dominicaine :Installation du dictateur   Trujillo.

Fin des années 1920 : Nicaragua : envoi de Marines.

 

1946-1992 : Phillippines : aide à la répression des opposants politiques.

 

1947 : Italie : début de l’opération gladio : 15 000 paramilitaires prêts à renverser l’’Etat italien.

1947-1949 : Grèce : Conseillers militaires contre la guerilla communiste.

 

1950 : Porto-Rico : Occupation.

 

1950-1953 : Guerre contre la Corée du Nord (2 millions de morts).

 

1953-1978 : Iran : La CIA installe le shah au pouvoir.

 

1954 : Guatemala : La CIA installe une dictature (répression : 150 000 assassinats).

1957-1986 : Haïti : Soutien aux dictatures de « Papa » et « Bébé Doc ».

 

1958 : Liban : Des milliers de marines protègent le gouvernement pro-US.

 

1960 : Congo : La CIA aide Mobutu à assassiner P. Lumumba et à prendre le pouvoir.

1960 : Embargo (illégal) contre Cuba.

 

1961 : Cuba : La CIA organise le débarquement de « la baie des cochons ».

 

1961-1972 : Guerre du Viet-Nam (des millions de morts).

 

1961-1972 : Bombardement du Laos et du Cambodge.

 

1964 : Les marines écrasent une insurrection au Panama.

 

1965 : Indonésie : La CIA organise et équipe le gouvernement pour réprimer les communistes : 700 000 victimes.

1965 : République dominicaine : intervention militaire (10 000 morts et 40%  de la population exilée).

1967 : Grèce : La CIA aide à l’’instauration de la dictature des colonels.

 

1970 : La CIA épaule les iraniens qui tentent d’’envahir Oman.

 

1970 : Les USA s’’impliquent militairement et diplomatiquement du côté d’’Israël.

11 septembre 1973 : La CIA installe Pinochet au pouvoir au Chili.

 

1975-1999 : Timor oriental : occupation indonésienne soutenue par les USA (1/3 de la population massacrée).

1975-1990 : Angola : soutien militaire à Savimbi (300 000 morts).

 

1977 : Congo : la CIA soutient un soulèvement contre Mobutu.

 

1979 : Vietnam : invasion par les khmers rouges, soutenus par les USA et la Chine.

1980-1988 : Irak : Soutien à Saddam Hussein dans la guerre Iran-Irak.

 

1980-1990 : Salvador : Intervention contre-insurectionnelle au côté de l’’armée et des escadrons de la mort (entre 70 et 100 000 morts, 600 000 réfugiés).

1981-1988 : Nicaragua : soutien et formation des milices contras à l’ « école des Amériques » (50 000 morts).

1982-1984 : Liban : Les soldats américains assistent sans réagir aux massacres des palestiniens orchestrés par les phalangistes (l’’invasion israëlienne fera 20 000 victimes).

1983 : Grenade : Invasion de Grenade, dite « invasion des banques ».

 

1986 : Lybie : Bombardements (centaines de victimes).

 

1987 : Iles Fidji : coup d’État soutenu par la CIA.

 

1989 : Philippines : l’’aviation américaine épaule l’’armée philippine dans ses opérations de répression.

1989 : Panama : 26 000 soldats américains attaquent leur ancien agent Noriega (centaines de victimes civiles).

Années 1990 : Colombie : guerre « anti drogue » et soutien au gouvernement (plus d’’un million de réfugiés).

1990-1994 : Kurdistan ouest :l’’armée turque armée et soutenue par les USA intensifie son action (milliers de villages détruits, napalm, 3 millions de déplacés ou sans abris, dizaines de milliers de blessés).

1991 : Guerre du golfe.

 

1991-2003 : Embargo contre l’’Irak (500 000 enfants morts sur 5 ans).

 

1991 : Haïti : un colonel formé aux USA, suivi par l’’armée entraînée par les américains, déclenche un coup d’’État.

 

1992 : Congo : Mobutu (de nouveau soutenu par la CIA) est renversé...

 

1994 : Haïti : intervention pour le retour du président Aristide, sous condition qu’’il ne se représente pas.

1998 : Soudan : bombardement d’’usines pharmaceutiques.

 

1998 : Bombardements sur l’’Irak.

 

1999 : Yougoslavie : Bombardement de la Serbie et du Kosovo, intensification de la répression serbe.

2002 : Afghanistan : Invasion après avoir soutenu les talibans pour un oléoduc...

2003 : Attaque contre l’’Irak.



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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