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19/06/2011

n° 67 - Journal de PAKISTAN - 18-05 au 18-06 - Fin - : La Chine menace les USA en cas d’attaque sur le Pakistan.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal de PAKISTAN.

n° 67-18-05 au 18-06

C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "Journal de PAKISTAN" est visible sur les blogs :

a) sur nos  blogs :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                             http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Avant propos

·                     ·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

2 Politique

3 Brèves

3-1 The Associated Press: USA: les témoignages sont terminés dans le procès sur les attentats de Bombay.

4  Dossiers

4-1 Tariq Ramadan : Le Président Barak Obama : Le verbe et les symboles

4-2 Webster G. Tarpley : La Chine soutient le Pakistan face aux États-Unis  (2/3)

4-3 Webster G. Tarpley : La Chine soutient le Pakistan face aux États-Unis  (3/3)

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Michel Collon : Des journées de grands progrès...

5-2 Paul Craig Roberts : Comment l’empire va survivre : Washington va t’il fomenter une guerre entre la Chine et l’Inde ?



2 Politique

a) Pakistan

Dans les coulisses et au sénat

Le Pakistan expulse les entraineurs militaires américains.  

Islamabad a demandé aux 200 entraineurs militaires américains de quitter son territoire dans un délai maximum d’une semaine.
Selon le quotidien arabophone londonien AlQuds AlArabi, cette information a été divulgué par la télévision pakistanaise « Ari », qui n’a pas précisé ses sources.
Les entraineurs américains étaient officiellement chargés d’entrainer les forces pakistanaises anti-émeutes et siégeaient dans plusieurs régions pakistanaises.
Cette décision intervient alors que les relations entre Islamabad et Washington sont au plus mal, en raison de l’assassinat du fondateur de la nébuleuse AlQaïda Oussama Ben Laden.
Les Pakistanais reprochent aux Américains d’avoir tué cet homme sans les avoir consultés.
Alors que des responsables américains faisaient allusion à l’éventualité que des agents des renseignements pakistanais protègent Ben Laden.
Lundi, le sénateur américain et président de la commission des affaires étrangères du Sénat John Kerry se trouvait dans la capitale pakistanaise.
De retour, il a déclaré que le Pakistan va rendre aux Etats-Unis la queue de l'hélicoptère accidenté
le 2 mai lors du raid américain contre la villa d'Oussama Ben Laden.
L'un des deux hélicoptères utilisés par le commando américain s'est abîmé lors de l'atterrissage dans la résidence du chef d'Al-Qaïda à Abbottabad. Le commando a détruit l'appareil avant de repartir à bord d'un autre hélicoptère avec le corps de Ben Laden, mais la queue est restée intacte et a été récupérée par les autorités pakistanaises.
Kerry s'est félicité de la décision des autorités pakistanaises de restituer cet élément, malgré la colère soulevée dans ce pays par le raid américain.
"Notre relation ne se mesure pas par des paroles ni par des communiqués", a-t-il déclaré. "Elle se mesure par des actes, et cela commence dès aujourd'hui avec la restitution de la queue de l'hélicoptère aux forces américaines".
La photo de l'appareil a alimenté les spéculations quant à l'utilisation d'un hélicoptère secret par les Etats-Unis. Certains ont soupçonné que l'appareil, un Blackhawk selon une source officielle, puisse être d'un type entièrement nouveau et émis la crainte que sa technologie puisse tomber aux mains des alliés chinois du Pakistan.
Mais le Pakistan n'a nulle intention de divulguer les éventuels secrets de l'épave, avait déclaré la semaine dernière l'ambassadeur du Pakistan aux Etats-Unis, Hussain Haqqani.

17/05/2011  

 http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=15883&cid=20&fromval=1&frid=20&seccatid=24&s1=1

 

L'armée pakistanaise réduit ses relations avec les EU.  

  L'armée pakistanaise a affirmé dans un communiqué qu'elle avait réduit ses relations militaires et de renseignement avec les Etats-Unis. Dans le communiqué émis à l'issue d'une réunion avec les hauts commandants de l'armée, le général Ashfaq Kayani, chef de l'Etat-major pakistanais a évoqué la nécessité que représentait la diminution du nombre des conseillers militaires américains au Pakistan et l'arrêt des attaques arbitraires de l'armée US contre les zones tribales, appelant, en même temps à faire la lumière sur les coopérations d'ordre de renseignement entre les deux pays. Le communiqué plaide aussi pour l'indépendance du Pakistan vis-à-vis de Washington et ses aides militaires. "Les aides de la Maison Blanche doivent être servi à la réduction des problèmes économiques des Pakistanais." insiste le communiqué.

10/06

 http://french.irib.ir/info/international/item/118999-larmee-pakistanaise-reduit-ses-relations-avec-les-eu

 

Islamabad envisage d’expulser les conseillers militaires américains

 04/06
« Le Pakistan a l’intention de réduire le nombre des conseillers militaires américains en mission sur son territoire a affirmé vendredi le chef d’Etat major interarmes américain, l’Amiral Mike Mullen. Mullen s’est gardé d’avancer le nombre exact des conseillers qui seront remerciés mais « la réduction serait considérable» a-t-il fait remarquer. Mullen a reconnu les tensions qui existent dans les relations avec Islamabad depuis le meurtre de Ben Laden par un commando de la CIA. « En ce moment nous vivons une période particulièrement difficile et rien ne dit que les choses retournent vite à la normale, a-t-il poursuivi. Selon ce rapport la question pakistanaise continue de diviser l’administration Obama.

Farid Merrad

http://french.irib.ir/info/international/item/117727-islamabad-envisage-dexpulser-les-conseillers-militaires-americains



b) Usa

Occupation du Pakistan.

03-06

Aux Etats-Unis, des parlementaires s'interrogent pour leur part sur la fiabilité des autorités pakistanaises dans la lutte contre l'extrémisme islamiste et se demandent s'il faut poursuivre l'aide financière à ce pays.
Depuis les "attentats du 11 septembre 2001" aux Etats-Unis imputés à l'organisation de Ben Laden, le Pakistan a reçu 8,8 milliards de dollars de fonds pour aider Washington dans sa «guerre contre le terrorisme».
Signe des tensions entre les deux pays, Islamabad a prié Washington de réduire de moitié le nombre de ses instructeurs militaires basés au Pakistan.
Le Pakistan a informé les Etats-Unis ces dernières semaines qu'il n'aurait plus besoin que certains instructeurs des forces spéciales américaines conseillent l'armée pakistanaise.

03.06

http://www.20minutes.fr/ledirect/735059/armees-pakistanaise-americaine-vont-nouveau-travailler-ensemble

 

Le chef de la CIA au Pakistan pour renouer les liens…
Le directeur de la CIA, Leon Panetta, s'est rendu le 10 juin au Pakistan pour renouer les liens avec ses homologues après la crise entre Washington et Islamabad provoquée par le raid américain qui a tué Oussama Ben Laden, a-t-on appris auprès d'un responsable américain. M. Panetta a notamment rencontré le patron des services de renseignements pakistanais (ISI), le général Ahmed Shuja Pasha, et le puissant numéro un de l'armée pakistanaise, le général Ashfaq Parvez Kayani.

13/06/2011 http://lecourrier.vnagency.com.vn/default.asp?xt=XT34&page=newsdetail&newsid=7293



c) Dans le monde

Iran

Ahmadinejad : « des projets de sabotage US »

Le président Mahmoud Ahmadinejad a accusé mardi Washington de projeter des actes de sabotage sur les sites nucléaires pakistanais, rapporte la chaîne de télévision DawnNews.
"Nous sommes en possession d'une information précise sur des plans américains d'actes de sabotage sur les sites nucléaires pakistanais pour placer le Pakistan sous le contrôle de Washington et affaiblir ainsi le gouvernement et le peuple de ce pays", a déclaré le président de la République islamique lors d'une conférence de presse à Téhéran.
Selon M.Ahmadinejad, en cas de réussite, les Etats-Unis envisagent de faire appel au Conseil de sécurité de l'Onu et à d'autres organisations internationales afin de pouvoir s'implanter militairement au Pakistan et affaiblir sa souveraineté nationale.       
Quoi qu'il en soit, le président iranien ne donne aucun détail pour conforter ses dires, constatent les médias. Pour le moment, les officiels pakistanais n'ont aucunement réagi aux propos de M.Ahmadinejad.

8 Juin

Ria Novosti

Ahmadinejad : les Américains ont emprisonné le leader de la nébuleuse Al-Qaïda Oussama ben Laden avant de l'assassiner
Le président Mahmoud Ahmadinejad a accusé les Américains d'avoir emprisonné le leader de la nébuleuse tAl-Qaïda Oussama ben Laden avant de l'assassiner dans l'intérêt de leur politique intérieure.
rappel : Selon Washington, l'inspirateur des attentats du 11 septembre 2001 a été éliminé par un commando US dans la nuit du 1er au 2 mai dans le nord-est du Pakistan. Sa dépouille a été jetée dans l'océan Indien.

8 Juin

Ria Novosti



Brèves

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

 

3-1 The Associated Press: USA: les témoignages sont terminés dans le procès sur les attentats de Bombay.

 Les témoignages ont été de courte durée lundi dans le procès d'un Canadien accusé en lien avec les attentats terroristes de Bombay en 2008, alors que les avocats de la défense ont appelé seulement deux témoins à la barre avant de suspendre leur plaidoirie devant un tribunal fédéral de Chicago, aux États-Unis.

L'homme d'affaires Tahawwur Rana est accusé d'avoir «couvert» pour une longue période son ami David Coleman Headley, un Pakistano-Américain qui a jeté les bases de ces attentats survenus dans la plus grande ville de l'Inde. Headley a plaidé coupable de terrorisme et était le principal témoin des procureurs fédéraux. Il a expliqué pendant ses cinq jours de témoignage comment il avait travaillé à la fois avec les services secrets pakistanais et un groupe militant, alors qu'il repérait des endroits où pourraient avoir lieu ces attentats.

Les avocats de la défense ont brièvement plaidé, lundi, appelant à la barre un expert en informatique et un avocat en immigration, après que les procureurs fédéraux eurent présenté le dernier de leurs huit témoins, plus tôt en journée.

Les plaidoyers finaux devraient être présentés mardi, dans ce procès qui a été suivi de près aux États-Unis dans la foulée de l'élimination d'Oussama Ben Laden le 2 mai par un commando américain, au Pakistan. Islamabad est soupçonné d'avoir été au courant de l'endroit où se terrait le leader d'al-Qaïda, ou encore de l'avoir aidé. Le gouvernement pakistanais a nié ces allégations.

Headley a indiqué avoir travaillé à la fois pour les services secrets du Pakistan (ISI) et pour le groupe extrémiste Lashkar-e-Taïba qui a revendiqué les attentats de Bombay.

Rana, qui est né au Pakistan, a plaidé non coupable aux accusations de complicité avec Headley, pendant que celui-ci planifiait notamment les attentats de Bombay.

Les deux hommes s'étaient rencontrés à l'adolescence, dans un pensionnat pakistanais.

Les avocats de la défense ont tenté de dépeindre le témoignage de Headley comme étant non crédible, et ont insisté sur la façon dont Headley a d'abord menti au FBI, à un juge et à sa famille. Ils affirment qu'il a impliqué leur client dans le complot parce qu'il voulait conclure un marché avec les procureurs.

The Associated Press :

http://www.google.com/hostednews/canadianpress/article/ALeqM5il7CF_KJu_gp2yadmG7CAgsC_baw?docId=7073362



4  Dossiers

4-1 Tariq Ramadan : Le Président Barak Obama : Le verbe et les symboles
Le bien dit et le mal entendu

26 mai

Après le discours du 4 juin 2009, le président Back Obama a ressenti le besoin de s’adresser aux Arabes d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient à la suite des événements majeurs que sont les révolutions et la mort d’Oussama ben Laden.

L’élection du premier « African American President » avait suscité d’immenses espoirs dans les sociétés majoritairement musulmanes : non pas seulement à cause des origines de Barack Obama mais surtout car il semblait incarner un renouveau dans la vision et la politique américaines après les sombres années de l’administration Bush.

L’actuel Président a su manier avec excellence la force du verbe et jouer du pouvoir des symboles. Quelque chose a changé aux Etats-Unis, c’est une évidence, et la page d’une ère bien sombre a été tournée. Il reste qu’il faut mesurer son optimisme et regarder les faits pour ce qu’ils sont. Le président Barack Obama avait promis de mettre un terme aux situations de non droit, comme à Guantanamo ; de reformer les législations discriminatoires et de faire cesser les traitements dégradants telle la torture (légitimée au nom de la guerre contre le terrorisme) ; de mettre un terme aux situations de guerre en Afghanistan et en Irak ; de faire avancer le processus de paix au Moyen-Orient ; d’ouvrir enfin une ère nouvelle dans les relations internationales multipolaires. Or, au-delà des symboles et des mots, on s’aperçoit que les choses ont peu changé, voire que la politique sécuritaire s’est durcie : Guantanamo demeure une honteuse réalité, la nouvelle législation sur le terrorisme expose certains citoyens, politiquement ou religieusement « sensibles », aux traitements les plus aléatoires et clairement discriminatoires (de l’emprisonnement à la déportation sur la base de simples suspicions), les guerres d’Irak et d’Afghanistan continuent et le processus de paix n’est plus qu’un slogan, mort dans les faits. Qu’est-ce qui a changé, de fait, et qu’est-ce qui devrait changer, somme toute ?

Il y a ce dont le Président parle et ce dont il ne parle pas : les dits et les non dits déterminent ensemble la vraie substance de son discours. Barack Obama fait face à deux défis majeurs : la question internationale est bien sur évidente – ce fut la substance dite de son discours - mais celle-ci est inextricablement liée à la politique intérieure avec laquelle le Président doit forcement composer (dont il n’a rien dit, à une année des élections). Il ne faut rien négliger du contexte après l’annonce de l’opération « légale » contre la tête d’al Qaida au Pakistan. L’exécution de Oussama ben Laden a montré encore une fois l’étendue du fossé existant entre l’administration américaine et les musulmans aux Etats-Unis et à travers le monde. Evénement médiatique majeur en Occident, couvert par toute la presse du Nord, comme une victoire et la fin du « symbole du terrorisme », la mort d’Oussama ben Laden a suscité peu de réactions parmi les musulmans en Occident comme en Orient, et plus largement dans les pays du Sud. Pas d’images, pas de preuve, à quoi s’est ajoutée l’annonce du rejet à la mer du corps de ben Laden : tout cela a suscité des questions, des doutes, et surtout une distanciation claire tant vis-à-vis des Etats-Unis que, et depuis longtemps, de ben Laden lui-même. Ce dernier n’a jamais atteint les foules ni galvanisé les peuples musulmans (à l’exception d’une minorité d’extrémistes violents) et l’administration américaine, en agissant de la sorte montrait, une fois de plus, qu’elle n’avait pas les clefs des intelligences et des sensibilités musulmanes. Le discours de Barack Obama, le soir de l’annonce de l’élimination de ben Laden, était certes éloquent, mais force est de constater qu’il fut négligé par le monde musulman, et bien mal entendu. Il s’agissait d’un discours d’abord destiné aux Américains : Barack Obama montrait ainsi sa capacité à être ferme, à savoir protéger son pays, à prendre des décisions de guerre, graves et dangereuses. On lui avait tant reproché ses hésitations : il a gagné plus de douze points dans les sondages. Dans un contexte pré-électoral, une première belle opération de communication au demeurant.

Il fallait donc un nouveau discours, cette fois-ci destiné aux Arabes, aux démocrates et aux musulmans en général puisque le Président a compris qu’il avait non seulement été incompris mais également mal reçu. De plus en plus Barack Obama apparait comme l’homme de la séduisante image et du beau verbe derrière lequel se cache une administration moins regardante sur les principes et la cohérence des politiques menées sur la scène internationale comme sur le plan intérieur. On a certes entendu le clair soutien des Etats-Unis aux mouvements de démocratisation en Afrique du Nord et au Moyen-Orient mais qu’en est-il du traitement différencié de ces mouvements (entre la Libye et la Syrie par exemple où on attend de Bashar al-Assad, dont on a besoin et qui fait tirer sur les civils désarmés, qu’il réforme magiquement son régime despotique) ou du silence complice quand il s’agit des pétromonarchies alliées (comme le Bahreïn soutenu par l’Arabie Saoudite) qui répriment et tuent les civils et les opposants non violents ? On a certes entendu que la souffrance et les droits des Palestiniens devaient être respectés mais quel a été la politique effective de l’administration Obama depuis trois ans : du silence lors des massacres de Gaza à la mort de dizaines de civils désarmés lors de la célébration de la Nakba, le15 mai 2011 ? On peut se réjouir que le Président ait mentionné les frontières de 1967 comme principe de négociation entre Israël et les Palestiniens : il reste que la passivité américaine quant à la politique continue et effective de colonisation israélienne et aux faits accomplis sur le terrain rend cette position inconsistante et caduque de fait. Ce sont des mots, encore des mots, pour faire rêver les Palestiniens et les Arabes et qui n’empêchent en rien les Israéliens d’avancer dans leur stratégie. Ce qu’ils font depuis tant de temps derrière la façade des tensions médiatisées entre les deux gouvernements américains et israéliens.

Guantanamo et la torture restent des réalités dans l’Amérique de Barack Obama avec le déni des droits élémentaires pour les prisonniers et, de surcroit, le sang des civils irakiens et afghans semble toujours compter pour presque rien. Pour bien moins que le sang des civils libyens au demeurant : et pourquoi donc ? Des raisons économiques seraient-elles le vrai moteur de la politique américaine en Afrique du Nord et au Moyen Orient ? Tout porte à le penser et les dits et les non dits du discours de Barack Obama ne sont pas pour rassurer la rue arabe. Dans son discours, le Président a beaucoup insisté sur la dimension économique des révolutions arabes. Il n’y aura pas de vrai processus démocratique sans développement et stabilité économique : le propos est juste et l’équation fait sens. Barack Obama annonce une diminution de la dette, un investissement et un soutien financier américain majeur dans la région avec l’aide de l’Europe et de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International. Tout porte à croire que l’ouverture démocratique est pensée et accompagnée de l’ouverture de nouveaux marchés juteux : l’administration américaine, et derrière elle les multinationales, n’ont pas pour seules amours, libres et désintéressées, la démocratie, la justice et la liberté mais aussi la rentabilité marchande et la pénétration consumériste. Le Président a présenté ce soutien économique en terme de solidarité et de générosité à l’égard des peuples... dont la négligence pendant des décennies ne l’a jamais perturbé. L’absence de référence aux nouveaux acteurs économiques régionaux et également intéressante à noter : la Chine, l’Amérique du Sud ou la Turquie ne vaudraient pour rien dans le positionnement américano-européen dans la région ? Qui peut le croire... Qui ne sait entendre le sens des silences dans le discours de Barack Obama. Les retombées économiques régionales (en Afrique du Nord et au Moyen-Orient) pourraient se révéler plus conséquentes en terme d’enjeux géostratégiques que les processus de démocratisation politique : une apparente indépendance politique avec quelques libertés est en train de clairement se marier à une dépendance économique accrue et de multiples contraintes. L’économie libérale n’est libérale que pour certains. Barack Obama répète à l’envie que « l’Amérique n’a rien contre l’islam et les musulmans » en omettant d’ajouter « tant que, démocrates ou autocrates, ils ne s’opposent pas à nos intérêts ». Un nouveau visage, le même discours : une fois encore c’est l’action concrète qui pourrait changer la donne. Les musulmans entendent parfaitement le dit et le non dit mais ne voit rien venir quant à une politique qui serait vraiment nouvelle.

Sur un autre plan, il faut ajouter que la question de l’islam est en train de s’inviter aux prochaines élections américaines. Le mouvement du Tea Party et les néo conservateurs mènent campagne sur le danger de la présence de l’islam et de l’islamisation de l’Amérique. Dans dix-huit Etats américains, on tente de passer des lois surréalistes sur l’interdiction de l’application de la shari’a présentée comme une référence barbare. Il ne s’agit donc plus de s’attaquer à l’islamisme extrémiste violent mais à l’islam en tant que tel et à l’essence de cette religion. Ce mouvement gagne du terrain et, de controverse en controverse, installe une atmosphère étrange dans le pays. De la mosquée du Park 51 (dite du ground zéro) à la journée appelant à brûler le Coran, jusqu’aux mobilisations locales contre des manifestations musulmanes ou la construction de mosquées, les tensions s’avivent et on retrouve aux Etats-Unis des discours et des attitudes que l’on a vu s’installer depuis plusieurs années en Europe. Un racisme antimusulman, une islamophobie, qui fait campagne et cherche à stigmatiser une partie de la population américaine sur une base prioritairement religieuse (en plus du racisme contre les Africain-Américains qui perdure). Une politique émotionnelle basée sur la peur, la méfiance et le rejet et qui utilise les tenants du populisme européen, à l’instar de Geert Wilders qui remplit les salles aux Etats-Unis, pour confirmer le bien fondé de cette nouvelle xénophobie.

L’election du Président Barack Obama a paradoxalement permis à ces mouvements de gagner du terrain en jetant le discrédit sur sa propre personne, son origine, voire sa religion (23% des Américains pensent qu’il est un crypto-musulman et 42% pensent qu’il n est pas un bon chrétien : cela fait un total de 65% d’Américains dans le doute). ces mouvements n’auront de cesse de multiplier les critiques et de mettre le Président dans les situations les plus inconfortables qui soient. Ce dernier a dit et répété que l’islam était une religion américaine mais il apparait urgent que son administration, sur le plan intérieur, fasse preuve d’un courage autre que verbal et qu’elle confronte les courants islamophobes et xenophobes avec des politiques plus égalitaires et plus déterminées. Les beaux discours du Président sont suivis de politiques très frileuses sur le terrain : l’arrivée des prochaines élections ne va sans doute pas aider à renverser cette réalité et pourtant c’est paradoxalement le meilleur moyen pour le Président de s’affirmer comme le Président du renouveau, capable de l’emporter avec une politique juste et raisonnable en 2012. L’enjeu est majeur et, en ce qui concerne la question du renouveau de la relation avec l’Islam et les musulmans, la politique internationale est liée à la politique intérieure. Le Président Barack Obama ne peut se satisfaire de discours intelligents (et toujours ouverts) auxquels ils invitent des leaders, des savants et des intellectuels musulmans. Dans la rue arabe, comme dans les villes et les innercities américaines, les citoyens musulmans ordinaires n’ont que faire des images et des mots. Ils restent à l’écoute des silences qui dévoilent, et de l’absence d’actions qui confirment au quotidien les insuffisances critiques de la politique d’Obama depuis trois ans. Les peuples musulmans savent, comme d’ailleurs tous les peuples, qu’il y a un ironique paradoxe à offrir un prix Nobel de la Paix à celui qui toujours en parle et jamais ne l’a concrètement fait. tout est dit dans ce prix. A la lumière des vrais défis, qui exigent de vraies actions, ce fut un beau discours, bien écrit, et qui, une fois de plus, risque d’être mal, peu, ou carrément , pas entendu. Et qui donc aurait tort de demander, au cœur de la transparence démocratique, que celle-ci s’habillât de quelque concrète cohérence ?

© Tariq Ramadan

Publié le 27 mai 2011 


4-2 Webster G. Tarpley : La Chine soutient le Pakistan face aux États-Unis  (2/3)

L’avertissement envoyé par les Chinois à Washington est survenu juste après la déclaration du Premier ministre Youssouf Raza Gilani au parlement pakistanais : « Ne laissons personne tirer les mauvaises conclusions. Toute attaque contre les acquis stratégiques pakistanais, qu’elle soit visible ou cachée, trouvera une réponse appropriée… Le Pakistan se réserve le droit de contre-attaquer avec force. Personne ne devrait sous-estimer la motivation et la capacité de notre nation et de ses forces armées à défendre notre patrie sacrée. » (New York Post, 9 mai 2011). Une telle menace de représailles venant d’une puissance nucléaire comme le Pakistan doit absolument être prise au sérieux, même par les va-t-en-guerre les plus acharnés au sein de l’administration Obama.

Les acquis stratégiques dont parle Gilani sont les armes nucléaires pakistanaises qui forment la clef de la dissuasion pour parer toute éventuelle attaque de la part de l’Inde, dans le cadre de l’accord de coopération nucléaire entre les États-Unis et l’Inde. Les forces armées américaines en Afghanistan n’ont pas réussi à tenir secret leur vaste plan de saisie et de démantèlement des armes nucléaires pakistanaises. Selon un reportage de Fox News en 2009, « Les États-Unis ont mis au point un plan détaillé pour infiltrer le Pakistan et s’emparer de son arsenal de têtes nucléaires mobiles, s’il apparaissait que le pays était sur le point de tomber entre les mains des Talibans, d’Al-Qaïda, ou de tout autre mouvement extrémiste islamique. » Ce plan a été élaboré par le général Stanley Mc Chrystal lorsqu’il était à la tête du commandement des opérations spéciales de Fort Bragg en Caroline du Nord. Ce commandement qui est directement impliqué apparemment dans l’opération Ben Laden, est composé de l’Army Delta Force, des Navy Seals et d’une unité spéciale de renseignement high-tech, connue sous le nom de « Task Force Orange ». « De petites unités doivent se saisir des armes nucléaires pakistanaises, les neutraliser avant de les rassembler dans un endroit sécurisé », a déclaré une source citée par Rowan Scarborough, Fox News, 14 mai 2009.

Obama a déjà donné son aval à une attaque furtive contre les armes nucléaires pakistanaises. Comme l’écrit le Sunday Express de Londres, Obama a déjà approuvé une action agressive en ces termes : « Les troupes américaines seront déployées au Pakistan si les installations nucléaires de cette nation menacent de passer sous le contrôle de terroristes désireux de venger la mort de Ben Laden [...] Le plan, qui pourrait être activé sans le consentement du président Zardari, a provoqué la colère des officiels pakistanais [...] Obama donnerait l’ordre de parachuter des troupes pour sécuriser les sites clefs de missiles nucléaires. Ceci inclut le quartier général de la base aérienne de Sargodha, qui abrite des F-16 de combat dotés d’au moins 80 missiles balistiques à têtes nucléaires. » D’après les officiels américains, « le plan a reçu le feu vert, et le président a déjà manifesté son intention de déployer des troupes au sol au Pakistan s’il pense que cela est important pour la sécurité nationale. », Sunday Express, le 15 mai 2011.

L’extrême tension sur cette affaire met en évidence la politique de la corde raide et l’incroyable folie aventurière d’Obama et de son raid unilatéral du 1er mai qui aurait tout aussi bien pu être interprété par les autorités pakistanaises comme l’attaque promise contre ses installations nucléaires. D’après le New York Times, Obama savait pertinemment qu’il encourait un conflit immédiat avec le Pakistan, mais a insisté « pour que le commando chargé de l’opération Ben Laden soit suffisamment puissant pour pouvoir se battre et sortir du pays s’il était confronté à des forces de police ou à des troupes locales hostiles ». Le conflit armé entre les forces américaines et pakistanaises a subi une escalade le 17 mai, quand un hélicoptère de l’OTAN a violé l’espace aérien pakistanais au Waziristan. Les forces pakistanaises étaient en état d’alerte maximale et ont immédiatement ouvert le feu. L’hélicoptère américain a répondu par des tirs. Deux soldats postés dans la zone frontalière de Datta Khel ont été blessés.

Une riposte pakistanaise à cette incursion a peut-être eu lieu à Peshawar, le 20 mai, lorsqu’une voiture piégée a apparemment pris pour cible un convoi de deux véhicules du consulat des États-Unis, ne causant que des dégâts matériels sans faire de victimes côté américain. Un passant pakistanais a été tué et plusieurs personnes blessées. Sur le front de la guerre des services secrets, la chaîne de télévision Ary One a dévoilé le nom du chef de l’antenne de la CIA à Islamabad, ce qui en fait le deuxième chef-espion en place à voir sa couverture révélée en moins de six mois.

Le représentant spécial américain en Afghanistan et au Pakistan, Marc Grossman, remplaçant de feu Richard Holbrooke, a rejeté de manière arrogante, le 19 mai, les appels du Pakistan exigeant que des opérations comme celle d’Abbottabad ne soient plus perpétrées sur son territoire. Se refusant à toute promesse de ce genre, Grossman a déclaré que les autorités pakistanaises n’avaient jamais demandé le respect de leurs frontières au cours de ces dernières années (The Nation, Pakistan, 20 mai 2011). Au beau milieu de cette crise diplomatique importante, l’Inde a surenchéri en programmant des manœuvres militaires provocatrices ciblant le Pakistan, tel cet exercice « Vijayee Bhava » (Soyons victorieux) qui s’est déroulé dans le désert de Thar au Rajasthan Nord. Cet exercice de guerre-éclair NBC (Nucléaire, Biologique, Chimique) implique le Second corps d’armée qui est « considéré comme la plus importante des trois formations d’attaque de l’armée indienne, et sa tâche est de diviser littéralement le Pakistan en deux, en cas de guerre totale déclarée entre les deux pays. », The Times of India, 10 mai 2011.
 
Le nouveau représentant spécial des États-Unis pour l’Afghanistan et le Pakistan, Marc Grossman, est un des faucons les plus durs de Washington. Connu pour ses liens avec les services israéliens, il a renforcé la collaboration entre la CIA, le Mossad et la RAW (Research and Analysis Wing). La CIA, la RAW et le Mossad ont créé ensemble de pseudos-Talibans. L’une des façons d’obtenir une provocation suffisante pour justifier une attaque américano-indienne contre le Pakistan serait par exemple une augmentation des actions terroristes attribuées à de soi-disant Talibans. Selon ce qu’en dit la presse dominante au Pakistan, la CIA, le Mossad israélien et la RAW indien ont créé leur propre version des Talibans sous la forme d’un gang terroriste qu’ils contrôlent et dirigent. Selon une source, « Les agents de la CIA ont infiltré les réseaux des Talibans et d’Al-Qaïda et ont créé leur propre force Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP) dans le but de déstabiliser le Pakistan. » Le brigadier général Aslam Ghuman, ancien commandant régional de l’ISI au Penjab (L’ISI étant les services secrets pakistanais), a déclaré : « Au cours de ma visite aux États-Unis, j’ai appris que l’agence de renseignement Mossad, en connivence avec le RAW indien et sous la supervision directe de la CIA, voulait déstabiliser à tout prix le Pakistan. » Le double attentat à la bombe qui a tué 80 paramilitaires au Waziristan, la semaine dernière, a- t-il été perpétré par ce gang sous fausse bannière ?

D’après la même source, les services de renseignement russes ont révélé que « le contractant de la CIA, Raymond Davis, et son réseau ont fourni aux agents d’Al-Qaïda des armes nucléaires, chimiques et biologiques, de façon à ce que des installations militaires américaines puissent être ciblées et le Pakistan rendu responsable. » Davis, lui-même un vétéran des opérations spéciales, a été arrêté pour le meurtre de deux agents de l’ISI, mais a ensuite été libéré par le gouvernement pakistanais après une douteuse et bruyante campagne du Département d’État américain. […]

Webster G. Tarpley

historien et journaliste américain.

 http://www.partiantisioniste.com/actualites/la-chine-soutient-le-pakistan-face-aux-etats-unis-2-0740.html


4-3 Webster G. Tarpley : La Chine soutient le Pakistan face aux États-Unis  (3/3)

Si les États-Unis ont réellement besoin d’un prétexte pour justifier de nouveaux raids au Pakistan, il leur sera facile d’évoquer la présence supposée au Waziristan de Saïf al-Adel, désormais déclaré par la CIA comme le successeur de Ben Laden à la tête d’al-Qaïda (The News, Pakistan, le 19 mai 2011). Il est clair que le fait pour Obama de prétendre que Saif al-Adel se trouve tout près de la frontière la plus sensible au monde et non pas à Finsbury ou Flatbush, convient parfaitement à ses intentions belliqueuses.

Après le raid américain non autorisé du 1er mai, le général en chef pakistanais Ashfaq Kayani a lui-même prévenu les Etats-Unis qu’une telle « opération aventureuse » ne devra pas être répétée, et a annoncé que le personnel américain au Pakistan serait considérablement réduit. D’après les estimations de l’ISI, il y a actuellement environ 7 000 agents de la CIA au Pakistan, dont beaucoup sont inconnus du gouvernement pakistanais. D’après certaines sources, le partage d’information entre les services pakistanais et américain aurait été réduit. En réponse à la réaction de Kayani, l’opération de propagande de la CIA connue sous le nom de Wikileaks a une fois de plus montré sa véritable nature en essayant de discréditer le commandant en chef pakistanais au travers de la diffusion de télégrammes douteux d’ambassades américaines établissant que celui-ci avait demandé aux États-Unis davantage -et non pas moins- d’attaques de drones, ces dernières années.

Depuis le discours d’Obama à West Point, la CIA a utilisé les attaques de drones pour massacrer des civils dans le but de fomenter une guerre civile au Pakistan, et d’amener la division du pays selon les lignes ethniques du Penjab, du Sind, du Baloutchistan et du Pachtounistan. L’objectif géopolitique de tout ceci est de mettre fin au rôle joué par le Pakistan de couloir énergétique entre l’Iran et la Chine. Comme par hasard, l’expert Selig Harrison a récemment émergé comme un éminent partisan américain pour la sécession du Baloutchistan. Depuis le 1er mai, six attaques de drones américains ont fait au moins 42 morts dans la population civile pakistanaise, conduisant celle-ci à une haine frénétique anti-américaine. En réponse, une session commune du parlement pakistanais tenue le 14 mai, a demandé officiellement et à l’unanimité, l’arrêt des attaques de missiles américains, et a appelé le gouvernement à couper la route de soutien logistique de l’OTAN vers l’Afghanistan si les attaques continuaient. Alors que la ligne de ravitaillement Karachi-Khyber via la passe du même nom, transporte les deux tiers du ravitaillement des envahisseurs de l’Afghanistan, une telle mesure causerait un véritable chaos parmi les forces de l’OTAN. Tout ceci souligne la folie inhérente consistant à rentrer en conflit ouvert avec le pays par lequel passent vos lignes de ravitaillement.

Devant le parlement, le Premier ministre Youssouf Raza Gilani a rejeté les accusations américaines de complicité avec Oussama Ben Laden. Il a retracé l’historique de la création par la CIA d’Al-Qaïda et du « mythe Ben Laden ». Enfin, il a mis en garde Washington contre toute nouvelle ingérence. Les États-Unis veulent utiliser le chef des Talibans, le Mollah Omar, contre le Pakistan. Le département d’État a renoncé à toutes les conditions préalables dans ses négociations avec les Talibans en février dernier, et selon le Washington Post, les États-Unis seraient maintenant en train de parlementer avec les envoyés du Mollah Omar, le légendaire leader borgne du conseil de la Quetta-Shura, autrement dit, le Haut conseil des Talibans. Il paraît évident que les États-Unis offrent aux Talibans une alliance contre le Pakistan. Marc Grossman, l’envoyé spécial américain dans la région est hostile au Pakistan, mais au sujet des Talibans, on l’a affublé du surnom de « Monsieur Réconciliation » (The Telegraph, Royaume-Uni, le 29 mai 2011). À l’inverse, certains affirment que les États-Unis veulent assassiner le chef du réseau Haqqani au moyen d’une opération comparable à celle qui a visé Ben Laden. Les Pakistanais sont tout autant déterminés à conserver Haqqani comme allié.

Si la Chine se range derrière le Pakistan, il sera alors tout à fait envisageable que la Russie s’aligne derrière la Chine. En vue de la prochaine réunion de l’Organisation de Coopération de Shanghai le 15 juin, le Président chinois Hu Jintao s’est félicité des relations sino-russes qu’il décrit comme ayant atteint « un niveau sans précédent » et d’ « un intérêt stratégique évident ». Lors d’ une conférence de presse donnée cette semaine, le président Dmitry Medvedev a été obligé de reconnaître indirectement que le «  renouveau » des relations entre les Etats-Unis et la Russie tant acclamé par Obama se résumait à peu de choses depuis l’annonce du programme américain d’implantation de missiles ABM en Roumanie et dans le reste de l’Europe de l’Est, programme si évidemment dirigé contre la Russie, et qui signifie que le traité START n’est plus d’actualité, ce qui réveille le spectre d’une possible nouvelle Guerre froide. Étant donné l’actuel assaut de l’OTAN contre la Libye, Medvedev a déclaré qu’« il n’y aurait pas de résolution de l’ONU contre la Syrie ». Poutine avait raison, depuis le début, et Medvedev essaie de lui emboîter le pas pour se ménager quelque chance de rester au pouvoir.

La crise qui a mené à la Première Guerre mondiale a commencé avec l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, le 28 juin 1914, mais la première déclaration de guerre majeure n’eut lieu que le 1er août. Et durant le mois de juillet, une bonne partie de l’opinion publique européenne se réfugia derrière une espèce d’illusion idyllique élégiaque, alors même que la crise mortelle s’amplifiait. Quelque chose de similaire est en train de se produire aujourd’hui. Nombreux sont les citoyens américains qui pensent que la mort supposée de Ben Laden marque la fin de la guerre contre le terrorisme et de la guerre en Afghanistan. C’est le contraire qui se passe, l’opération contre Ben Laden a clairement conduit à une nouvelle situation d’urgence stratégique. Des forces qui s’étaient opposées à la guerre en Irak, de MSNBC aux nombreux libéraux de gauche appuyant le mouvement pour la paix, soutiennent désormais, d’une manière ou d’une autre, l’agression sanglante d’Obama en Libye, voire célèbrent en Obama un va-t-en-guerre finalement plus efficace que la clique Bush-Cheney, auréolé qu’il est de son succès supposé aux dépens de Ben Laden.

 Webster G. Tarpley

historien et journaliste américain.

http://www.partiantisioniste.com/actualites/la-chine-soutient-le-pakistan-face-aux-etats-unis-3-0741.html



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

5-1 Michel Collon : Des journées de grands progrès...

Nous venons de vivre des journées de grands progrès vers la civilisation. Ou pas ?

11 avril, Côte d’Ivoire. L’armée française renverse et arrête le président d’un pays qui n’a pas agressé la France, mais a refusé de lui livrer inconditionnellement ses richesses. Pas d’enquête médiatique sur le pétrole, le cacao ou les dessous de la guerre civile.

28 avril, Maroc. Un attentat cible des touristes étrangers justement alors que Mohamed VI fait face à une contestation sociale et démocratique croissante. Pas d’enquête médiatique sur une possible implication des services secrets appliquant une classique « stratégie de la tension ».

1 mai, Libye. L’Otan tente d’assassiner le chef d’Etat d’un pays étranger, violant son propre mandat obtenu de l’ONU et limité à la « protection des civils ». Trois enfants de quatre mois, deux ans et trois ans sont tués. Pas d’enquête médiatique sur le respect du droit international, ni sur les véritables objectifs d’Obama – Exxon, de Cameron – BP et de Sarkozy – Total.

1 mai, Pakistan. Le même jour, comme par hasard, Obama fait exécuter sans procès un Ben Laden désarmé et annonce : « Justice est faite ». Même les criminels nazis avaient eu droit à un tribunal. Pas d’enquête médiatique sur les révélations que Ben Laden aurait risqué de faire. Ni sur le fait que l’occupation de l’Afghanistan devrait en toute logique s’arrêter à présent.

Certains intérêts tentent de nous ramener à l’époque coloniale quand le seul droit reconnu était le droit du plus fort. Piller les richesses du monde entier est l'intérêt des multinationales, mais les gens ont au contraire intérêt à la paix. Donc à la coopération Nord - Sud pour mettre fin à la pauvreté. Ces guerres sont aussi contre nous.

Michel Collon

5 mai 2011

http://michelcollon.info/Des-journees-de-grands-progres.html

 


5-2 Paul Craig Roberts : Comment l’empire va survivre : Washington va t’il fomenter une guerre entre la Chine et l’Inde ?

Quelle est la solution de Washington à la montée en puissance de la Chine ?

La réponse pourrait bien être d’impliquer la Chine dans une guerre nucléaire avec l’Inde.

La mise en scène de la fausse mort de Ben Laden dans un raid commando qui a violée au passage la souveraineté du Pakistan a été vendue au président Obama par le complexe militaro-industriel comme étant un moyen de le faire remonter dans les sondages.

Le raid fut couronné de succès à redorer le blason d’Obama. Mais son véritable objectif était de cibler le Pakistan et de lui montrer que les Etats-Unis contemplaient de l’envahir afin de faire rendre gorge à ce pays d’avoir soi-disant caché Ben Laden en voisin de l’académie militaire pakistanaise. La position des néo-conservateurs ainsi que celle grandissante de l’armée américaine, est que les Résistants talibans ne peuvent être vaincus et conquis que si l’OTAN élargit le théâtre des opérations militaires au Pakistan, où ces Résistants talibans auraient de soi-disant sanctuaires protégés par le gouvernment pakistanais, qui prend l’argent américain mais ne fait pas ce que les américains lui disent de faire.

Le Pakistan a reçu la menace 5 sur 5 et s’est dépêché de courir au pied de la Chine. Le 17 Mai, le premier ministre pakistanais Yousaf Raza Gilani, alors qu’il était en partance pour la Chine, déclara que “la Chine était le meilleur ami du Pakistan et celui en qui il avait le plus confiance”. La Chine a bâti un port au Pakistan dans la ville de Gwadar, qui est proche de l’entrée du détroit d’Hormouz. Ce port pourrait devenir une base navale chinoise sur la Mer d’Arabie.

Raza Rumi écrivit le 4 Juin dans dans le “Pakistan Tribune” que lors d’une récente allocution à l’université nationale de la défense du Pakistan, l’ambassadeur pakistanais aux Etats-Unis, Hussein Haqqani, demanda aux officiers militaires s’ils pensaient que la plus grande menace pour le Pakistan venait de l’intérieur, de l’Inde ou des Etats-Unis. Une majorité des officiers répondirent que les Etats-Unis étaient la plus grande menace pour le pays.

La Chine, préoccuppée avec l’Inde, l’autre géant asiatique qui monte en puissance, a manifesté la volonté de s’allier avec le Pakistan. De plus, la Chine ne veut pas des américains sur ses frontières, ce qui serait là précisément où les troupes américaines seraient en cas d’un conflit américain ouvert au Pakistan.

Ainsi, la Chine a montré son mécontentement avec la menace des Etats-Unis sur la Pakistan et a conseillé à Washington de respecter la souveraineté nationale du Pakistan, ajoutant même que toute attaque contre le Pakistan serait une attaque contre la Chine.

Je ne pense pas que l’ultimatum chinois fut rapporté et commenté dans la presse états-unienne, mais cela fut largement diffusé dans la presse indienne. L’inde est préoccupée par la Chine qui défend le Pakistan.

L’ultimatun chinois est important, car il représente un ultimatum du même niveau que ceux qui furent émis avant la première et la seconde guerres mondiales. Avec ce niveau d’implication de la Chine envers le Pakistan, Washington va maintenant essayer de se sortir de cette confrontation en y substituant l’Inde.

Les Etats-Unis ont été serviles à l’Inde, l’encensant de la manière la plus éhontée, incluant le sacrifice de nombreux emplois américains. Récemment, les Etats-Unis ont fait une vente massive d’armement à l’Inde, une recrudescence de la coopération militaire américano-indienne ainsi que des exercices militaires conjoints.

Washington imagine que les Indiens, qui furent si naïfs pendant des siècles vis à vis des britanniques, seront également naïfs à propos de la “cité dorée sur la colline” qui amène “la liberté et la démocratie au monde” en écrasant, massacrant et en détruisant. Tout comme les britanniques et la France de Sarkozy, les politiciens indiens vont se retrouver à faire les quatre volontés de Washington. Le temps que l’Inde et la Chine réalisent qu’elles ont été manipulés vers une destruction mutuelle par les américains, il sera alors trop tard pour l’une ou l’autre d’abandonner.

Avec la Chine et l’Inde éliminées, il ne reste plus que la Russie qui est déjà encerclée par un anneau de bases de missiles américaines et isolée de l’Europe par l’OTAN, qui inclut maintenant d’anciens membres de l’ex-empire soviétique. Un grand pourcentage de la jeunesse russe admire les Etats-Unis pour sa “liberté” (ils savent si peu) et détestent l’état “autoritaire” russe, qu’ils voient comme une continuation de l’ancien état soviétique. Ces “Russes internationalisés” se rangeront du côté de Washington, forçant plus ou mois Moscou à capituler.

Comme le reste du monde, à l’exception de quelques parties de l’Amérique du Sud,fait déjà partie de l’empire américain, la capitulation de la Russie provoquera un glissement de la puissance américaine sur l’Amérique du Sud. Chavez sera renversé et si les autrtes ne suivent pas le mouvement, plus serviront d’exemples.

Le seul moyen se stopper l’empire américain est pour la Chine et la Russie de réaliser ce danger et de former une alliance indestructible qui rassure l’Inde, d’arriver à faire sortir l’Allemagne de l’OTAN et de défendre l’Iran.

Autrement, l’empire américain prévaudra sur l’ensemble du monde. Le dollar US deviendra la seule monnaie globale et donc les Etats-Unis s’épargneront la dépréciation par le change de la monétarisation de leur dette.

L’or et l’argent deviendront des proppriétés interdites, comme le deviendront les armes personnelles et un grand nombre de publications, livres, incluant la constitution des Etats-Unis d’Amérique.

Paul Craig Roberts

Dr. Paul Craig Roberts était l’assistant secrétaire au trésor de l’administration Reagan (secrétaire d’état aux finances chez nous), éditeur associé au Wall Street Journal, Senior Research Fellow de la Hoover Institution, Stanford University, il tînt la chaire William E. Simon Chair de Politique Economique, Center for Strategic and International Studies, Georgetown University.

Il est l’auteur et le co-auteur de neuf livres et a témoigné devant des commissions d’enquête du congrès américain en trente différentes occasions.

dimanche 12 juin 2011,

Article original en anglais : How the Empire will Prevail : Will Washington Foment War Between China and India ?

Traduction : Résistance 71

Comité Valmy



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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