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05/07/2011

n°15 - Journal de Côte d’Ivoire - 29-05 au 04-07 – Début - crimes contre l’humanité commis par la France en Côte d’Ivoire


n°15  - Journal de Côte d’Ivoire -  29-05 au 04-07 – Début  -  crimes contre l’humanité commis par la France en Côte d’Ivoire


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



       Journal de Côte d’Ivoire  

n°15                              29-05 au 04-07

C.Debroeder    &         M.Lemaire



Les informations contenues dans ce journal sont obtenues par la lecture journalière des journaux en ligne  des journaux en ligne suivants:

                  (Afp- ats - Ap - Reuters, Al-manar - Chine nouvelle-  CPI - IPC –Novosti-  PNN- Wafa –Sana – Radio chine internalionale - Al Manar & XINHUANET (Chine) 

   Mes informations sont le résultat de recoupements car les médias occidentaux donnent des informations qui ou se contredissent ou ne prennent en note qu’une partie des infos

 



Le journal de la Côte d'Ivoire se retrouve

a) sur nos  blogs :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                               http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-              solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

Tiré à part 

Nous venons de vivre des journées de grands progrès vers la civilisation. Ou pas ?

Sur la croisade impérialiste en Cote d’Ivoire et en Libye.

1 Côte d'Ivoire occupé

Attac Gabon : Sur les crimes contre l’humanité commis par la France en Côte d’Ivoire et en Lybie et la nécessaire réforme de l’ONU.

David Gakunzi : Côte d’Ivoire : Faut-il juger Sarkozy pour crimes contre l’humanité ?

Xavier Kobenan : La justice des vainqueurs ou le procès de Nuremberg à la sauce Ouattara.

Fin

2a Politique - Gbagbo

Le Président Gbagbo interné à l’hôpital « PISAM » d’Abidjan !?

Laurent Gbagbo rencontre pour la première fois ses avocats.

2-1  Confection d'un gouvernement...

BOYCOTTER LES PROCHAINES ELECTIONS

2b Politique   - Ouattara.
 
Exécutions sauvages  

3 Politique internationale 1 Les alliés de l'opposant

a) Belgique

ADAMA KONÉ : Port autonome d’Abidjan : LA BELGIQUE MESURE LES POTENTIALITÉS

b) France

Les grandes manœuvres

Sarkozy silencieux sur les massacres et la torture en Côte d’Ivoire.

4)  Organisations

Amnesty dénonce l’échec de l’ONU en Côte d’Ivoire.

 Human Rights

L'Human Rights Watch accuse les pro-Ouattara de 149 meurtres.

5-1 Côte d'Ivoire : des milliers de volontaires prêts à s'enrôler dans les forces pro-Gbagbo.



Tiré à part 

Nous venons de vivre des journées de grands progrès vers la civilisation. Ou pas ?

11 avril, Côte d’Ivoire. L’armée française renverse et arrête le président d’un pays qui n’a pas agressé la France, mais a refusé de lui livrer inconditionnellement ses richesses. Pas d’enquête médiatique sur le pétrole, le cacao ou les dessous de la guerre civile.

28 avril, Maroc. Un attentat cible des touristes étrangers justement alors que Mohamed VI fait face à une contestation sociale et démocratique croissante. Pas d’enquête médiatique sur une possible implication des services secrets appliquant une classique « stratégie de la tension ».

1 mai, Libye. L’Otan tente d’assassiner le chef d’Etat d’un pays étranger, violant son propre mandat obtenu de l’ONU et limité à la « protection des civils ». Trois enfants de quatre mois, deux ans et trois ans sont tués. Pas d’enquête médiatique sur le respect du droit international, ni sur les véritables objectifs d’Obama – Exxon, de Cameron – BP et de Sarkozy – Total.

1 mai, Pakistan. Le même jour, comme par hasard, Obama fait exécuter sans procès un Ben Laden désarmé et annonce : « Justice est faite ». Même les criminels nazis avaient eu droit à un tribunal. Pas d’enquête médiatique sur les révélations que Ben Laden aurait risqué de faire. Ni sur le fait que l’occupation de l’Afghanistan devrait en toute logique s’arrêter à présent.

Certains intérêts tentent de nous ramener à l’époque coloniale quand le seul droit reconnu était le droit du plus fort. Piller les richesses du monde entier est l'intérêt des multinationales, mais les gens ont au contraire intérêt à la paix. Donc à la coopération Nord - Sud pour mettre fin à la pauvreté. Ces guerres sont aussi contre nous.

5 mai 2011

http://www.michelcollon.info/Des-journees-de-grands-progres.html

 

Sur la croisade impérialiste en Cote d’Ivoire et en Libye.

Attac Gabon suit avec stupéfaction l'évolution de l'actualité internationale, notamment les crises en Libye et en Cote d'Ivoire. La Cote d'Ivoire victime d'une énième agression impérialiste fomentée par le gouvernement français sous la coupole des Nations Unies.  

Ce même gouvernement qui faut-il le rappeler était impliqué à l'origine de cette crise en 2002, n'a pas hésité à œuvrer activement au cotés de l'ex rébellion des Forces Nouvelles devenue FRCI (Forces Républicaines de Cote d'Ivoire) au renversement dans une extrême violence du président "sortant" Laurent Gbagbo pour installer au pouvoir Alassane Ouattara, aussi démocratiquement fut il élu? En agissant ainsi, la France se rendait complice de tous les crimes de guerre et exactions sur les civils commis par ces forces tout au long de leur campagne, allant jusqu'à participer aux combats, pilonnant ainsi à plusieurs reprises des pôles stratégiques d'Abidjan y compris des camps militaires qui abritaient de nombreuses familles. Des milliers de kilomètres plus au nord, en Libye, une autre agression toujours fomentée par France, qui a rapidement entrainé d’autres puissances impérialistes, le tout toujours sous la bienveillance des Nations Unies.

En Cote d'Ivoire comme en Libye, nous déplorons les manœuvres néo-colonialistes visant essentiellement à préserver et consolider des intérêts impérialistes sous couvert d'une assistance humanitaire. Comment comprendre le recours à l’option militaire alors que des solutions pacifiques pouvaient encore être trouvées ? La proposition vénézuélienne de créer une commission internationale humanitaire pour appuyer la paix et l’intégrité de la Libye était acceptée par le régime Kadhafi. L'Union Africaine avait également proposé la nomination d'un haut représentant pour continuer les négociations de sortie de crise, proposition accueillie favorablement par le régime de Gbagbo et les Nations Unies, mais ignorée par le can Ouattara qui fort de ses soutiens occidentaux à engagé les hostilités militaires. Comment expliquer que la France et la "communauté internationale" s'intéresse subitement aux valeurs démocratiques et s'inquiète du sort de certains peuples alors qu'elle soutient juste à coté d'autres dictatures décriées depuis longtemps par leurs peuples ? Quelle démocratie le gouvernement français et Nicolas Sarkozy prétendent promouvoir en Cote d'Ivoire ou ailleurs en Afrique avec des bombardements, au prix de milliers de vies humaines quand on sait comment cette France elle même est dirigée (reforme des retraite contestée, expulsion des roms, la ratification du traite européen malgré le non des français, absence de tout contrôle parlementaire sur l’exercice de l’Etat...), quand on sait comment cette même France installe et entretient de sanguinaires dictatures sur le continent.

Attac Gabon constate une fois de plus l'ambiguïté des Nations Unies et s'interroge sur le rôle réellement joué par cette organisation. Nous déplorons également le rôle nocif joué par les médias dominants internationaux dans le traitement de ces deux crises, médias qui se sont lancés dans une véritable campagne de désinformation et d'aliénation de l'opinion publique universelle. Il est à déplorer également l'absence de l'Union Africaine qui peine à parler d'une même voix et à peser sur l'échiquier mondial dans les débats sur les questions africaines.

Nous condamnons entre autre la répression en France comme ailleurs des manifestations contre les guerres des puissances impérialistes en Afrique, ainsi que les bavures policières qui s’en suivent, avec l'arrestation des responsables de DIAGAU (Diaspora Gabonaise Unie) lors de manifestations pacifiques à Paris, et les autres camarades interpelés au Cameroun.

Attac Gabon demande :

L'arrêt immédiat de toutes les hostilités militaires pour entreprendre un dialogue sincère entre différents parties,

Le retrait immédiat de toutes les forces françaises impliquées en Cote d'Ivoire,

La démission du représentant du Secrétaire General des Nation Unies Young Yin Choï et son remplacement par un diplomate neutre qui devra ramener les forces de l'ONUCI à leur mission fondamentale comme décrit dans la résolution 1975,

La mise sur pied d'une commission d'enquête internationale impliquant la société civile pour enquêter sur les exactions commises sur les civils, situer les responsabilités et implications internationales et envisager une procédure pénale,

La reforme en profondeur des Nations Unies pour plus de consensus dans les décisions et l'émergence de la voix des pays "faibles", nous invitons différents Etats à envisager la dissolution pure et simple de cette organisation celle ci doit continuer à être l'instrument de légitimation des campagnes impérialistes.

Nous en appelons surtout à la prise de conscience générale et à la solidarité entre les peuples du monde, tous pris au piège d'un système dirigé par des personnes qui n'ont ni valeurs éthiques ni valeurs morales et qui n'hésitent pas à faire usage de tous les moyens pour parvenir a leurs fins.
Merci à Attac Gabon
Source: http://gattac.org/index.php?option=com_content&view=article&id=29:sur-la-croisade-imperialiste-en-cote-divoire-et-en-libye&catid=1:communiques-de-presse&Itemid=13
Date de parution de l'article original: 09/04/2011
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=4887

23rd, 2011 | Posted by Rédaction de Diaspora Cote d'Ivoire

 



1 Côte d'Ivoire occupé

Attac Gabon : Sur les crimes contre l’humanité commis par la France en Côte d’Ivoire et en Lybie et la nécessaire réforme de l’ONU.

Attac Gabon suit avec stupéfaction l’évolution de l’actualité internationale, notamment les crises en Libye et en Cote d’Ivoire. La Cote d’Ivoire victime d’une énième agression impérialiste fomentée par le gouvernement français sous la coupole des Nations Unies.

Ce même gouvernement qui faut-il le rappeler était impliqué à l’origine de cette crise en 2002, n’a pas hésité à œuvrer activement au cotés de l’ex rébellion des Forces Nouvelles devenue FRCI (Forces Républicaines de Cote d’Ivoire) au renversement dans une extrême violence du président "sortant" Laurent Gbagbo pour installer au pouvoir Alassane Ouattara, aussi démocratiquement fut il élu ?

En agissant ainsi, la France se rendait complice de tous les crimes de guerre et exactions sur les civils commis par ces forces tout au long de leur campagne, allant jusqu’à participer aux combats, pilonnant ainsi à plusieurs reprises des pôles stratégiques d’Abidjan y compris des camps militaires qui abritaient de nombreuses familles. Des milliers de kilomètres plus au nord, en Libye, une autre agression toujours fomentée par France, qui a rapidement entrainé d’autres puissances impérialistes, le tout toujours sous la bienveillance des Nations Unies.

En Cote d’Ivoire comme en Libye, nous déplorons les manœuvres néo-colonialistes visant essentiellement à préserver et consolider des intérêts impérialistes sous couvert d’une assistance humanitaire. Comment comprendre le recours à l’option militaire alors que des solutions pacifiques pouvaient encore être trouvées ? La proposition vénézuélienne de créer une commission internationale humanitaire pour appuyer la paix et l’intégrité de la Libye était acceptée par le régime Kadhafi. L’Union Africaine avait également proposé la nomination d’un haut représentant pour continuer les négociations de sortie de crise, proposition accueillie favorablement par le régime de Gbagbo et les Nations Unies, mais ignorée par le clan Ouattara qui fort de ses soutiens occidentaux à engagé les hostilités militaires.

Comment expliquer que la France et la "communauté internationale" s’intéresse subitement aux valeurs démocratiques et s’inquiète du sort de certains peuples alors qu’elle soutient juste à coté d’autres dictatures décriées depuis longtemps par leurs peuples ? Quelle démocratie le gouvernement français et Nicolas Sarkozy prétendent promouvoir en Cote d’Ivoire ou ailleurs en Afrique avec des bombardements, au prix de milliers de vies humaines quand on sait comment cette France elle même est dirigée (reforme des retraite contestée, expulsion des roms, la ratification du traite européen malgré le non des français, absence de tout contrôle parlementaire sur l’exercice de l’Etat...), quand on sait comment cette même France installe et entretient de sanguinaires dictatures sur le continent.

Attac Gabon constate une fois de plus l’ambiguïté des Nations Unies et s’interroge sur le rôle réellement joué par cette organisation. Nous déplorons également le rôle nocif joué par les médias dominants internationaux dans le traitement de ces deux crises, médias qui se sont lancés dans une véritable campagne de désinformation et d’aliénation de l’opinion publique universelle. Il est à déplorer également l’absence de l’Union Africaine qui peine à parler d’une même voix et à peser sur l’échiquier mondial dans les débats sur les questions africaines.

Nous condamnons entre autre la répression en France comme ailleurs des manifestations contre les guerres des puissances impérialistes en Afrique, ainsi que les bavures policières qui s’en suivent, avec l’arrestation des responsables de DIAGAU (Diaspora Gabonaise Unie) lors de manifestations pacifiques à Paris, et les autres camarades interpelés au Cameroun.

Attac Gabon demande :

L’arrêt immédiat de toutes les hostilités militaires pour entreprendre un dialogue sincère entre différents parties,

Le retrait immédiat de toutes les forces françaises impliquées en Cote d’Ivoire,

La démission du représentant du Secrétaire General des Nation Unies Young Yin Choï et son remplacement par un diplomate neutre qui devra ramener les forces de l’ONUCI à leur mission fondamentale comme décrit dans la résolution 1975,

La mise sur pied d’une commission d’enquête internationale impliquant la société civile pour enquêter sur les exactions commises sur les civils, situer les responsabilités et implications internationales et envisager une procédure pénale,

La reforme en profondeur des Nations Unies pour plus de consensus dans les décisions et l’émergence de la voix des pays "faibles", nous invitons différents Etats à envisager la dissolution pure et simple de cette organisation celle ci doit continuer à être l’instrument de légitimation des campagnes impérialistes.

Nous en appelons surtout à la prise de conscience générale et à la solidarité entre les peuples du monde, tous pris au piège d’un système dirigé par des personnes qui n’ont ni valeurs éthiques ni valeurs morales et qui n’hésitent pas à faire usage de tous les moyens pour parvenir a leurs fins.

La Revolución Vive
6 juin

http://www.mleray.info/article-sur-les-crimes-contre-l-humanite-commis-par-la-france-en-cote-d-ivoire-et-en-lybie-et-la-necessaire-75808094.html


David Gakunzi : Côte d’Ivoire : Faut-il juger Sarkozy pour crimes contre l’humanité ?
Hitler dit : « Homme, tu n’es qu’un numéro, et ce numéro s’appelle zéro ».

Ouattara dit : « Gbagbo n’est rien. »Même vision du monde, même regard sur les hommes.

Vision d’ailleurs partagée, dans une certaine mesure, par Napoléon bis, le paternel de Ouattara. Que dit en effet Sarkozy, puisque c’est de lui qu’il s’agit, que dit Sarkozy en attaquant la Côte d’Ivoire avec toute la brutalité et la bestialité de ses hélicos et chars ? Il dit que l’Afrique n’est rien, que l’Afrique n’est en définitive que son objet, un objet modelable et corvéable à merci, un objet sans volonté propre, appelé à se soumettre aux ultimes désirs de la France ! « La démocratie comme je l’entends ou le sang coulera ! » dit-il en somme.

 

Et le sang a coulé, le sang vient de couler abondamment et continuer de couler à flot en Côte d’Ivoire.

Trois mille ? Cinq mille ? Sept mille ? Dix mille morts ? Nul ne sait. Seule certitude : la Côte d’Ivoire est aujourd’hui une chair ouverte, déchirée, meurtrie, mutilée, fissurée, écartelée pour longtemps. Seule certitude : des Ivoiriens ont été attaqués, tués, brulés, écrasés, écrasés comme on écrase des bêtes sauvages, écrasés par les forces de l’armée française et de Ouattara liguées ; écrasés, attaqués parce que nés non Dioulas, attaqués parce que partisans de Gbagbo ; attaqués dans leur identité ethnique et politique. Crime d’Etat, crimes contre l’humanité.

 

Et les preuves, les traces, les pièces à conviction, les documents prouvant la cruauté, la barbarie originelle et désormais quotidienne du régime installé à Abidjan par les bombes de l’armée française, sont connus de tous. Des documents authentiques, vérifiés, édifiants, étayés par des témoignages fiables et concordants. Et le pire, hélas, est loin d’être derrière nous. Le pire est encore en cours, le pire suit son cours. Les libertés et droits démocratiques élémentaires ? Bafouées, abolies. Le respect de la vie humaine ? Inexistant. Exécutions sommaires, pour un oui ou pour un non. Le viol des femmes ? Sauvagerie quotidienne. Le rapt, les séquestrations individuelles ou groupées des leaders de l’opposition ? Quotidiens. Les journalistes ? Les Sylvain Gagnetaud ? Enlevés, assassinés. Les fonctionnaires de descendance autre que Dioula ?

Maltraités, ostracisés, jetés à la porte de leur office car non fiables du seul fait de leur naissance.

Et les pillages ? Meubles, voitures, vélos, ordinateurs, pillés. Tout pillé ! Pillés jusqu’au dernier vêtement. Et les terres ? Saisies, saisies de force, spoliées. Et les comptes bancaires ? Saisis aussi ; saisis par simple communiqué radiotélévisé. Objectif inavoué : réduire tout dissident potentiel à l’extrême dénuement, pousser chacun, condamné par les exigences du besoin, au reniement, à la négation de soi. Et puis, il y a tous ces ivoiriens condamnés à trainer, à errer dans les forets pour échapper aux séides de Ouattara ; tous ces ivoiriens errants, les vies fracassées, méprisées, piétinées, éventrées par la terreur et la faim…

Voilà, oui, voilà la nouvelle Côte d’Ivoire, la nouvelle Côte d’Ivoire démocratisée à coup de bombes françaises : une terre de l’intimidation et de l’élimination physique ; une terre où toutes les brutalités sont permises contre des Ivoiriens déclarés coupables du fait de leur naissance, signalés coupables du fait de leur conviction politique ; une terre baignée de terreur, écrasée de terreur, clôturée par la terreur ; un Etat-prison, spoliateur et meurtrier, un Etat méprisant la vie et fondé sur la volonté d’un homme, d’un seul homme, l’homme de la France, Ouattara. 

Et pourtant ce même Ouattara s’évertue à proclamer, chaque jour, devant chaque micro tendu, que non lui, il n’est vraiment pas l’homme de la petite vengeance, l’homme de la vengeance mesquine, cruelle mais bien l’homme … de la réconciliation et de la justice. Comme un certain général chilien, le Général Gustavo Leigh, membre de la junte chilienne, répondant à un journaliste, le 10 octobre 1973, au lendemain de l’assassinat d’Allende : « Nous ne sommes pas mus par l’esprit de vengeance. Nous voulons la justice… Mais on ne peut atteindre cet objectif qu’en éliminant tous les supporters de l’ancien régime… » Epouvanter pour gouverner la Côte d’Ivoire ; épouvanter comme hier à Santiago.

Sarkozy sait tout ça. Il sait ce que tout le monde sait. Et que fait-il l’autre jour à Yamoussoukro ?

Il parle, il parle et rien sur Duékoué, rien sur les morts d’Abidjan, rien sur cette terreur totale, cet Etat d’exception qui rappelle Santiago 1973, Santiago du meurtre sauvage, Santiago de l’espérance exécutée par les bombardements sauvages sur le palais de la Moneda. Rien, rien sur le sang répandu dans les rues.

Sarkozy parle ; il parle entre coupes de champagnes et petits fours, gala, parade et danse du ventre de Ouattara ; il parle comme un tortionnaire ordinaire cherchant à redonner entre deux séances de gégène un sens humain à sa barbarie : la poudre, le feu, le sang ?

Le sang dans les rues ?

Moi Sarkozy, responsable de la mort de milliers d’Ivoiriens ?

Attendez : regardez-moi, regardez-moi bien : ai-je vraiment une tête de tueur ?

Ai-je l’apparence d’un monstre ?

Regardez-moi bien : je suis un homme civilisé, gentil, attachant en mission de démocratisation du monde. Et qu’y-a-t-il dans ma besace, dans mon fourreau ?

Le code démocratique, le seul code démocratique valable, salutaire pour la totalité, l’ensemble de la planète.

Et quelle est ma motivation ?

La passion démocratique ! Je ne suis que l’agent d’un destin supérieur : la démocratisation du monde ! Je suis l’ami et le guide, le grand-frère des démocrates, des démocraties ! claironne Sarkozy, l’index pointé sur la carte de l’Afrique, la jactance et l’orgueil de toute puissance étalés.

Et quoi ?

Mais quoi encore ?

Abidjan ? 

Mais qui ne le sait pas ?

Vous le savez tous bien : si j’ai bombardé Abidjan c’était pour le bien de la Côte d’Ivoire. C’était pour le bien de la démocratie. Et puis, précision importante : vous le savez aussi bien que moi, la France n’a pas forcé cette guerre contre la Côte d’Ivoire ; si je suis passé à l’acte, c’est que toute l’Afrique était consentante.

Et pour le reste ?

Quoi le reste ?

A notre santé maintenant ! Buvons ensemble pour célébrer la démocratie restaurée !

Le sang versé n’est pas encore séché, la Côte d’Ivoire saigne encore comme une blessure profonde et voilà déjà le champagne avalé, voilà Sarkozy nommant, avec toute la solennité du monde, ce temps de loup régit par des chiens furieux, ce temps de persécutions et d’atrocités, ce temps qui sent l’humiliation et la mort, ce bourbier sanguillonnant, démocratie. Oui, dé-mo-cra-tie ! Abominable mensonge. Sarkozy commet le mal absolu en Côte d’Ivoire et il le baptise, la conscience tranquille, la paix dans l’âme, démocratie restaurée, démocratie offerte en cadeaux aux ivoiriens, bien suprême. Egarement de l’esprit ?

Non. Cynisme glacial : il n’est plus dans le monde d’aujourd’hui de discours public possible s’avouant ouvertement colonial, alors le propos doit être camouflé dans les méandres de l’alibi démocratique. Rien de nouveau en réalité sous le soleil : l’habileté de toute oppression, ne consiste-t-elle pas à faire croire qu’elle n’en est pas une, qu’elle n’est pas joug, asservissement, domination, esclavage, mise en esclavage, mais plutôt émancipation, libération, protection de l’homme ? L’important ? Le sol et le sous-sol ivoirien de nouveau mesurés, les entrailles de la terre et les nappes conquises, les ports bientôt vidés de cacao, vidés de café, vidés de coton, vidés de diamant, vidés d’or noir, vidés d’or jaune.

Et Ouattara, l’homme double, l’homme au mépris chargé jusqu’à la gueule dès qu’il s’adresse à une partie des ivoiriens, « ces Ivoiriens qui ne sont rien » et, instantanément le geste promptement obséquieux, promptement cireur de pompes, dès qu’il est en présence de ses précepteurs ; et Ouattara, la voix mielleuse, l’obligeance, la prévenance, la servilité publiques ; et Ouattara, bon servant de maisonnée, courbettes et salamalecs incurables ; Ouattara docilement assis à la place assigné, de pérorer devant Sarkozy, de lécher, d’encenser : Merci M’sieu Sarkozy ! Oui, M’sieu Sarkozy ! Merci vraiment ! Reconnaissance éternelle, M’sieu Sarkozy. Je vous loue d’avoir bombardé Abidjan M’sieu Sarkozy et cætera. Je vous loue d’avoir donné à la Côte d’Ivoire cet ordre qui rejoint mes désirs de toujours et cætera. Je vous loue, cher protecteur et sauveur et cætera ! Merci Bwana Sarkozy ! 

C’est que Ouattara, l’homme au regard oblique, incapable de regarder droit dans les yeux son propre peuple, mais vif, empressé à diriger sur sa terre bombes et fusils venus de Paris ; c’est que cet homme est de ceux qui croient encore que hors de la domination de la France, il n’y a point de salut pour l’Afrique ! Pour tous ceux-là, la mise sous tutelle, la vie sous domination française est plus qu’une faveur, un honneur ! Leur raison d’être ? Leur bonheur ? Etre « choisi », désigné, élu comme éternel assujetti, être présenté comme exécuteur, exécuteur apprivoisé, exécuteur domestiqué, attitré, zélé des œuvres basses, des œuvres les plus basses, de l’ancienne puissance coloniale contre leur propre peuple. Pour le reste… Le reste…

Chasser le naturel et il revient au galop, dit l’adage : au bout de son discours de Yamoussoukro, le Bwana Sarkozy se lâche. « Les troupes françaises resteront en Côte d’Ivoire ».

Sarkozy énonce tranquillement une monstruosité : le pouvoir de Ouattara, installé par la France, la « démocratie restaurée » sera gardée non pas par la volonté populaire, mais par les bottes et les balles casquées de l’armée française. Et Ouattara sera d’ailleurs flanqué d’un conseiller militaire français. Et voilà, c’est tout ! C’est ainsi ! Sarkozy, le cerveau identifié au nombril de la démocratie dans le monde, proclame, annonce sans ambages, sans détour, normale, naturelle la domination d’un peuple sur un autre peuple.

Le président français se lâche donc à Yamoussoukro et se révèle tel qu’il est : un esprit colonial. Un esprit colonial habité par une certaine nostalgie, un esprit occupé par cette rumination nostalgique qui refuse l’égalité des hommes ; un esprit saturé par toutes ces considérations, images et productions mentales qui ont permises, rendues possible autrefois l’émergence de la ségrégation et de la barbarie coloniales ; un esprit colonial revendiqué, persuadé que l’Afrique est un continent sans passé, une tabula rasa. Qui dit, en effet, un jour de juillet 2007 à Dakar, qui ose affirmer dans le temple même du grand historien panafricain Cheikh Anta-Diop, que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire » ? Sarkozy. Et qui introduit le débat sur les supposés « bienfaits de la colonisation » sur la scène politique française ? Encore et toujours Sarkozy. 

La pensée précède l’action comme l’éclair le tonnerre, dit la sagesse populaire ; c’est, en vérité, le fond même de la pensée de Sarkozy, le socle idéologique de sa pensée, sa manière de penser l’Afrique et le monde, qui pose problème, qui fait problème. Et on a vu naître et se propager cette pensée sans véritablement saisir l’extrême dangerosité de son éventuelle finalité. On a cru qu’elle n’était pas doctrine réfléchie, assumée mais assemblage bricolé de petits discours décousus sans importance, proférés à des fins strictement électoralistes et sans lendemain.  

Nul n’a réalisé que cette vision du monde était enceinte de guerres, de cruauté, de sang, de terreur. Nul n’a réalisé que cette vision du monde une fois aux affaires, que cette conception du monde en situation de pouvoir, l’aventure coloniale ne relèverait plus seulement de l’ordre du fantasme mais du projet possible, plausible, faisable, réalisable. Tort, tort à tous ceux qui croyaient la férocité hideuse du XIXème siècle périmée, impossible, inimaginable en plein siècle XXI ; tort à tous ceux qui croyaient la barbarie coloniale d’un autre siècle.

Alors ? On peut bombarder ; bombarder Abidjan. On peut détruire. On peut. Et le reste ? Mais le reste ne compte pas. Le reste ne compte pas pour Sarkozy. L’enfer édifié au cœur de la Côte d’Ivoire ne compte pas. Duékoué ne compte pas. Puisque l’Afrique ne compte pas. Puisque l’Afrique est une tabula rasa à la surface de laquelle on peut édifier ce qu’on veut, c’est-à-dire n’importe quoi. Oui, au-delà des temps et des visages, le colonialisme demeure dans son tempérament brut, ce même monstre à la raison froide, sectaire prêt à tuer, prêt à tuer allègrement, à tuer sans remords, prêt à avaler – la soif du profit inextinguible – prêt à avaler les hommes et les choses, et ce, au nom d’un discours brouilleur inventé et diffusé pour occulter l’agression et l’ambition impériales : la raison démocratique, la fausse raison démocratique. Alors le reste ? Le reste : le Sang, les ruines, le deuil ? Le reste : Duékoué ?

Duékoué. Que s’est-il passé à Duékoué ? La population triée. Triée sur une base ethnique. Les Dioulas d’un côte ; les autres de l’autre côté. Du côté de la mort. Vociférations meurtrières des forces de Ouattara portées, soutenues par la France, les forces de Ouattara armées de fusils, de machettes, de gourdins, de couteaux : « Vous allez voir ! Nous allons vous exterminer… C’est nous les maîtres ! » ; « Nous prendrons vos terres ! Nous prendrons vos femmes… » « Nous sommes les maîtres ! C’est nous désormais, les maîtres ! »

Duékoué : des centaines de villageois sans défense massacrés, humiliés jusque dans leur mort car n’étant pas nés dioulas, car n’ayant pas votés comme il faut, c’est-à-dire voté Ouattara. Massacrés. Massacrés jusqu’aux enfants en âge de se souvenir ; massacrés, jusqu’aux nouveau-nés découpés en morceau ; massacrés, et les cadavres jetés, et les cadavres brulés. Monstruosité démoniaque, éradication totale de l’homme de nouveau possible ; l’humanité effacée, crime contre l’humanité. Mais silence. Silence. Silence abominable sur Duékoué car Duékoué supplicié accuse : si le crime contre l’homme a été possible ici ; si ce crime est advenu, c’est parce que Sarkozy a décidé d’engager cette cruauté de guerre contre une partie des Ivoiriens. Silence sur Duékoué car Duékoué dit ce qu’on ne veut pas entendre, ce qu’on ne veut pas dire : la France de nouveau mécène, caution, complice, co-auteure d’une nouvelle barbarie en Afrique.

Beaucoup sont morts à Duékoué ; beaucoup d’autres sont morts ailleurs ; morts à Abidjan, morts à Sassandra, morts à Toulepleu, morts à Bonoua … Que des enfants, que des femmes, que des hommes maltraités, brutalisés, humiliés, massacrés ! Que de morts ! Que de souffrances indicibles ! Et la source, la source de tout ce malheur ? La source de toute cette horreur indicible infligée aux Ivoiriens ? Ouattara certes mais aussi Paris, plus précisément, l’hôte de l’Elysée. Car les morts ivoiriennes ne seraient pas morts sans cette guerre déclarée par le Chef d’Etat français, cet homme porté comme par un sentiment de toute puissance. Oui, c’est bien cette guerre imposée comme pour tuer la vie d‘une partie des Ivoiriens ; c’est cette guerre qui a créé les conditions de l’éclosion de la barbarie, de la bestialité la plus obscure, la plus totale. Oui, telle est la vérité : Sarkozy, héritier décomplexé de la toute-puissance meurtrière des Voulet et Chanone, a creusé avec une force animale déchainée, le cauchemar de Duékoué, la détresse de Sassandra, l’épouvante de Bonoua, le crime d’Abidjan… Il est le paternel de toute cette orgie de sang.

Hermann Goering, le Président du Conseil de Prusse annonçant, en 1933, la création de la future Gestapo : « Chaque balle qui sort maintenant d’un revolver de police est ma balle. Si vous appelez cela un meurtre, c’est moi alors qui suis le meurtrier. » Chaque bombe balancée sur Abidjan fut une bombe de Sarkozy. Alors faut-il, faudra-t-il un jour, arrêté cet homme et le trainer, le traduire devant une juridiction appropriée pour les crimes commis en Côte d’Ivoire ? Réponse sans ambigüité : oui. Malraux : « L’homme n’est pas ce qu’il cache. Il est ce qu’il fait. » Et Sarkozy a fait beaucoup de mal à la Côte d’Ivoire et à l’Afrique en déclenchant cette guerre. Un mal qui ne doit pas demeurer impuni et frappé de silence et de dénégation ; un mal qui ne doit pas rester inarticulé et ce, malgré l’encre si silencieux des medias dominants, des médias silencieux car loués, hélas, pour dissimuler, occulter le crime commis contre la Côte d’Ivoire ; loués pour transformer, maquiller cette entreprise d’asservissement d’un pays faible par un pays plus puissant en aventure faussement mystique, faussement démocratique.

David Gakunzi

Source : Africa Time For Peace

27 mai 2011

http://michelcollon.info/Cote-d-Ivoire-Faut-il-juger.html


Xavier Kobenan : La justice des vainqueurs ou le procès de Nuremberg à la sauce Ouattara.

Depuis l’irruption de M. Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire dans les circonstances que tout le monde sait, les notions de justice, de bonne gouvernance, de « pas de réconciliation sans justice » ont enrichi le lexique politique, chacun ayant son idée de la question. A l’occasion de la récente visite que la Fédération Internationale des droits de l’Homme (Fidh) a rendue au président Ouattara, un membre de cette délégation a soutenu qu’une justice des vainqueurs ne règlera la crise ivoirienne que de façon superficielle.
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’armée d’Hitler a été contrainte à la capitulation devant les troupes alliées. S’en est suivi, dans la ville de Nuremberg, un procès qui s’est tenu dans des conditions honteuses, aux antipodes des droits de la défense ; mais qui pouvait protester ?
Autre époque, autre lieu, mais même méthode. Le président Ouattara, grisé par sa victoire militaire, ou plutôt celle de son tuteur, la France, fait feu de tout bois, affirmant urbi et orbi réconciliation, d’accord, mais justice, d’abord. Mais de quelle justice s’agit-il ? Cette justice du Président Ouattara consiste à détenir, sous le sceau d’une mesure administrative appelée assignation à résidence, le
couple Gbagbo et leurs proches, tous les dignitaires politiques et militaires, ainsi que les hauts fonctionnaires qui ont collaboré avec «le régime illégitime de Gbagbo», pour utiliser la rhétorique du clan Ouattara. Mais ce dernier a essuyé un véritable camouflet, lorsque la responsable de la délégation susvisée de la Fidh a indiqué à la presse que les prisonniers de M. Ouattara avaient « un statut flou », ce qui, en langage diplomatique, signifie qu’ils sont arbitrairement, et donc illégalement détenus. Et pour cause. L’assignation à résidence, objet d’un texte adopté par le législateur ivoirien au lendemain de l’indépendance, avait pour principal, sinon unique objet, de mettre les opposants du président Houphouët au pas sous un habillage juridique. Issu du droit français, c’est une mesure qui permet au pouvoir exécutif de s’affranchir du pouvoir judiciaire, en ce qu’elle permet, par voie réglementaire, de restreindre les libertés fondamentales d’un citoyen, à savoir, entre autres, la liberté d’expression, la liberté d’aller et de venir. C’est pourquoi, plus aucun pays démocratique, notamment la France, n’a maintenu cette notion dans son ordre juridique, du moins à l’endroit de ses ressortissants. En effet, aujourd’hui, dans les Etats de droit, l’assignation à résidence ne s’applique et ne peut s’appliquer qu’aux étrangers, à l’endroit desquels une mesure d’éloignement a été prise et qui ne peut être, pour diverses raisons, exécutée immédiatement (par exemple reconduite à la frontière ou expulsion).
Avec l’avènement de M. Ouattara, ce vieux texte sur l’assignation à résidence, tombé en désuétude, du moins en ce qui concerne les nationaux, a été exhumé pour les besoins de la cause, avec à la manœuvre un nouveau Procureur de la République, censé faire oublier son prédécesseur, le trop zélé Procureur Tchimou (dixit l’ex-opposition). M. Simplice Kouadio, le tout nouveau Procureur de la République près le tribunal de Première instance d’
Abidjan Plateau, magistrat hors hiérarchie est un magistrat du parquet… indépendant. La preuve, il fait ressusciter un vieux texte ou s’en rend complice, et, ainsi, des personnalités ayant un domicile sont assignées à résidence dans des cabanes ou des cachots, cohabitent avec des reptiles selon leurs avocats, ce qui bien entendu est contraire à l’esprit du texte, puisqu’elles auraient pu rester chez elles ; mais il faut bien humilier toutes ces gens et leur rappeler que les fromages de la République ont de nouveaux rongeurs, sans compter que leurs résidences respectives sont soit occupées par les soldats de M. Ouattara, soit ont été tout simplement pillées. Depuis plus de deux mois, ces personnalités, avec à leur tête le président Gbagbo, sont détenues dans des conditions à côté desquelles la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan fait figure d’hôtel cinq étoiles. Même les bandits de grand chemin ont un meilleur traitement : pas de télévision, pas de téléphone ni de journaux, interdiction de recevoir de la visite, et bien entendu communiquer avec leurs avocats est un luxe. Les droits de la défense, c’est pour les autres. Rappelons que toute assignation à domicile peut faire l’objet d’un recours en annulation pour excès de pouvoir devant la chambre administrative de la cour suprême ; mais dans le nouvel Etat de droit qu’est devenue la Côte d’Ivoire, le rêve est permis…
Comble de l’hérésie juridique, ce magistrat indépendant, de surcroît hors hiérarchie, ordonne le gel des avoirs de 245 personnalités, et n’éprouve aucune gêne à faire référence, dans le visa de ses actes, à des décisions de…l’Union européenne, comme si ces décisions faisaient partie intégrante de l’ordonnancement juridique ivoirien, ce qui bien sûr, n’est pas le cas ; et si, par extraordinaire, ce magistrat est interpellé sur cette alchimie juridique, il y a à parier qu’il répondra, sans sourciller, que les décisions de l’Union européenne ont la même valeur que des traités, et que, dès lors, elles sont supérieures à la Constitution, et conséquemment, applicables en Côte d’
Ivoire. Le droit n’est-il pas un instrument au service du pouvoir politique, comme on l’apprend aux étudiants des facultés de droit et de sciences politiques? Mais que le procureur Kouadio se rassure, il n’est pas à blâmer puisqu’il n’y est pour rien, car comme son prédécesseur, il est aux ordres, et cela de façon tout à fait légale ; en effet, les magistrats du parquet, à la différence de leurs collègues du siège( on appelle magistrats du siège ceux qui rendent les décisions de justice) ne sont pas indépendants : ils sont soumis à l’autorité de leur hiérarchie, à savoir le pouvoir exécutif, dont le président de la République est le détenteur exclusif, conformément à la constitution. Le procureur Kouadio prend tout simplement ses instructions auprès soit du ministre de la Justice, soit directement auprès du Président Ouattara, de la même façon que son prédécesseur Tchimou obéissait au Président Gbagbo. Mais si monsieur le procureur avait bien lu les décisions de l’Union européenne dont il se prévaut, il se serait aperçu que, tout compte fait, lesdites décisions ne manquent pas d’humanité, puisque le gel des avoirs n’a pas un caractère absolu, en ce qu’il autorise les transactions indispensables à la subsistance des mis en cause et de leur famille. Ici, les 245 personnes dont les avoirs sont gelés ne peuvent effectuer aucune transaction sur leurs comptes bancaires ; cela signifie qu’elles ne peuvent plus se nourrir, ni se soigner, ni accomplir leurs obligations à l’endroit de leur progéniture, ce qui est tout simplement non seulement illégal, mais aussi inhumain et, par voie de conséquence, contraire à toutes les règles de l’Etat de droit, leitmotiv théorique du président Ouattara. Le procureur de la République n’a même pas osé protester quand son commanditaire lui a demandé de sanctionner également certains de ses collègues magistrats, puisque quelques-uns d’entre eux figurent sur la liste noire. Diantre, qu’est devenue la sacro-sainte solidarité tant redoutée qui caractérise cette corporation? Bien entendu, toutes ces mesures peuvent faire l’objet de recours en vue de leur annulation. Mais quel téméraire osera prendre une telle initiative ? Et quel juge inconscient annulera de telles mesures, au risque, dans le meilleur des cas, d’aller au bagne à Bouna, et, dans le pire des cas, de voir surgir chez lui une horde de soudards, armes aux poings ?
Cette justice des vainqueurs, dont la quintessence est d’embastiller et d’humilier les adversaires d’hier est bien nauséabonde et est nécessairement un facteur dirimant à la réconciliation nationale. Sinon, comment comprendre que les avoirs des chefs de guerre Ouattara Issiaka, alias Wattao ou Losseni Fofana dit Loss, nommément cités par un récent rapport des nations unies, comme bénéficiaires de recettes « fiscales » annuelles de 2.754 millions de FCFA en ce qui concerne le premier et de 2.700 millions de FCFA en ce qui concerne le deuxième, illégalement perçues en zones CNO (centre, nord et ouest), ne soient pas gelés ? Comment comprendre que Fofié Kouakou, sanctionné par l’Onu pour avoir causé la mort de dizaines de personnes à Korhogo en les enfermant dans des conteneurs ne soit pas poursuivi ? Et tous ces meurtres, assassinats, viols, pillages, destruction de biens, commis par la rébellion entre septembre 2002 et mai 2011 ? C’est cela, le procès de Nuremberg ou la justice à deux vitesses :
Laurent Gbagbo, sa famille, ses amis, ses partisans, les agents de l’Etat et opérateurs économiques plus ou moins proches de lui sont les bourreaux de la Côte d’Ivoire. Les autres, à savoir les assassins de Boga Doudou et des gendarmes de Bouaké, les combattants qui ont massacré récemment plus de mille personnes, en majorité des Guéré à Duékoué et tué 148 personnes à Abidjan, selon les chiffres d’Amnesty International et de HRW, ceux qui continuent d’endeuiller les familles à travers tout le pays, arrachent au quotidien des voitures, occupent illégalement des domiciles, sont des anges et doivent être décorés pour service rendu à la Nation…
Et pendant ce temps, que font les organisations nationales de défense des droits de l’homme ? Que deviennent les syndicats d’enseignants, d’ordinaire si prompts à quitter le terrain corporatif pour vilipender les tenants du pouvoir ? Que dire du Conseil de l’Ordre des avocats qui ne s’émeut même pas lorsque les combattants du Président Ouattara enlèvent un des leurs ou enferment un autre dans un conteneur ? Qui osera dénoncer l’assassinat odieux de cet huissier de justice à Soubré ? Certainement pas la Chambre des Huissiers de Justice à laquelle le malheureux appartenait, et encore moins le Procureur Général de Daloa dont dépend Soubré et on peut les comprendre, car aujourd’hui, force n’est plus à la loi, mais aux armes…
Xavier Kobenan  

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Commentaires

votre commentare est bien fait avec précision , clair avec une precision des faits graves qu'on a tous vecus. Tous sommes coupables de n'avoir pas manifeste notre mecontentement dans le monde pour prostester cette injustice comme en lybie. Ce que nous africains savions aujourdhui la democratie les drots de l'homme appartennent aux occidentaux; et que le discours hypocrite des blancs n'est que du mensonge. Et tous le continent africains a n'en prie conscience et une autre vision et organisation est entrain de se mettre en place; on verra. Le niger le sous sol envahi de dechets nucléaires les pauvres; ils souffrent et ils vivent et font l'amour romfent sans probleme. Et quand ils sont au seuil de la mort , ils ont besoin de la morphine c'est trop douloureux le mal, ils meurent quand meme malgré leurs richesses et les armes de guerre.

Écrit par : CAFE CACAO | 06/07/2011

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