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14/07/2011

N° 479 - journal de l'Afghanistan - 11-06 au 13 -07 - Début - Suite de l'offensive de printemps baptisée Badar par l'Otan...

N° 479 -  journal de l'Afghanistan - 11-06 au 13 -07 -  Début - Suite de l'offensive de printemps baptisée Badar par l'Otan...



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



journal de l'Afghanistan

n° 479 - du 11-06 au 13 -07

C.De Broeder & M.Lemaire



Avant propos

La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.

Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.

(MICHEL BOUNAN)

 

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah Omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. Idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Le "journal de l'Afghanistan" est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens...

c) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site de eva R-sistons: - http://no-war.over-blog.com/

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

 

Tiré à part :

Deux soldats colombiens sont morts en Afghanistan cette semaine 

Jérôme Larché : "Afghan Road" : la guerre privatisée d’Afghanistan.

La défaite américaine en Afghanistan.

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

James Petras : Pourquoi des civils sont-ils tués ?

Paroles & action du président Obama.

L’Afghanistan au cœur des débats.

Pas d'autre option que la retraite !

Alain Gresh : Afghanistan, la victoire des résistants.

1 Analyse & déclaration

2 Les forces en présence

fin

3 Politique

Occupation de l'Afghanistan

Le retrait américain d'Afghanistan lourd d'enjeux financiers.

4 Lutte pour la libération du territoire &  la victoire de la résistance Afghane

4-1 L'Afghanistan en chiffre 



Tiré à part 

Deux soldats colombiens sont morts en Afghanistan cette semaine 

Dans ce qui est appelé « missions internationales », ceux qui meurent ce sont ceux d’en bas, les pauvres types, les moins que rien.

Deux soldats colombiens sont morts en Afghanistan cette semaine, l’un sous l’uniforme de l’armée espagnole et l’autre sous l’uniforme de l’armée impériale des États-Unis.

Qu’avaient-ils en commun les soldats Niyireth Pineda et Gustavo Ríos ?

Ils étaient tous les deux des mercenaires ou, si vous préférez, ils étaient des militaires, mais surtout, ils étaient deux Colombiens nés dans la misère, deux jeunes sans futur dans leur pays rongé par les injustices, par la violence, la corruption et la terreur gouvernementale.

Et c’est que la nécessité a une face de chienne dans un monde comme la Colombie où il n’y a pas de futur pour les jeunes en dehors de cette guerre civile qui n’en finit pas, des gangs des rues ou bien de survivre en fouillant les dépotoirs.

Ils étaient deux jeunes partis au Nord chercher un avenir et ils ont trouvé la mort sous un drapeau étranger — (y en a-t-il un que nous puissions dire nôtre et qui ne constitue pas une apologie innommable ?) — défendre par nécessité des intérêts étrangers, les intérêts de ceux-là mêmes qui les ont condamnés à émigrer.

La différence c’est qu’en Espagne les jeunes ne voient pas encore dans l’armée une issue au chômage rampant ; ce métier — socialement mal considéré — est réservé aux immigrants, tout comme le travail des soins aux personnes âgées, la prostitution ou laver les porcheries, tandis qu’aux États-Unis et dans leurs néo-colonies, être mercenaire c’est bien vu grâce à l’image cultivée par les créateurs de Rambo.

Saloperie de monde où, à la guerre, ce sont les fils des plus pauvres qui y vont, poussés par la nécessité plus que par conviction ; saloperie de monde où les médailles sont décernées par des pantins parfois déguisés en militaires qui n’iront jamais au combat « pour raisons d’État », mais surtout parce qu’ils n’en ont nullement besoin.

Le Prince Des Asturies, dont les filles n’iront jamais faire aucune guerre, a décoré les deux soldats morts et les autorités — en Espagne et aux États-Unis — ont fait leur éloge en qualité de martyres qui ont donné leur vie pour la démocratie et la liberté.

Quelle est triste cette façon de venir au monde et de mourir ! Voir le jour dans la pauvreté, fuir la misère et mourir en aidant les riches du monde à piller le pétrole d’autres nations aussi pauvres que leurs « libérateurs » à gages !

Saloperie de monde.

Guerres de merde. Morts à cause de la misère.

1er juillet 2011

Collectif « Luciano Romero Molina ».

http://www.rebelion.org/noticia.php?id=131408

Traduction M. Colinas pour le Grand Soir

http://www.legrandsoir.info/guerres-de-merde-rebelion.html

Jérôme Larché : "Afghan Road" : la guerre privatisée d’Afghanistan.

Historiquement liées aux pratiques de la guerre et plus encore aux condottieri de la Renaissance, les entreprises militaires et de sécurité privées (EMSP) ont aujourd'hui succédé aux "mercenaires" artisanaux, et leur poids économique est devenu considérable.

Si l'on se réfère au Document de Montreux, les EMSP sont des "entités commerciales privées qui fournissent des services militaires et/ou de sécurité. Les services militaires et/ou de sécurité comprennent en particulier la garde armée et la protection de personnes et d'objets tels que les convois, les bâtiments et autres lieux ; la maintenance et l'exploitation de systèmes d'armements ; la détention de prisonnier ; et le conseil ou la formation des forces locales et du personnel de sécurité local". Cette définition paraît toutefois incomplète car elle ne couvre pas toutes les activités que peuvent réellement proposer ces sociétés.
Ainsi, elle ne prend pas en compte les opérations de combat dans lesquelles sont engagées les EMSP, comme en Irak ou en Afghanistan.

Si leur activité en France est, pour l'instant, étroitement régulée, il s'agit d'un secteur en pleine expansion au Royaume-Uni, évoluant dans le cadre des modifications structurelles du marché de la sécurité de l'après-11 Septembre. Cette industrie s'organise, en Europe comme aux Etats-Unis, pour offrir un visage plus présentable, celui d'un mercenariat éthique, responsable, obéissant bien sûr aux lois du marché, mais conscient d'intervenir sur des zones sensibles. Pour preuve de cette quête de respectabilité, cette industrie de guerre s'est auto-proclamée "industrie de la paix et de la stabilité". Elle a désormais ses publications, ses instituts de recherche et affirme que la plupart des entreprises militaires et de sécurité privées respectent les codes de conduite éthique, que ce soient celui du groupe de lobbying américain - l'International Peace Operations Association (IPOA)-, britannique - la British Association of Private Security Companies (BAPSC) -, ou encore celui édicté récemment suite au Document de Montreux – l'International Code of Conduct for Private Security Service Providers.

En Afrique, elles sont souvent liées à l'industrie extractive pétrolière, ainsi qu'aux multinationales opérant dans des pays en conflit ou instables, mais possédant des ressources naturelles en minerais précieux. Elles peuvent même être impliquées dans des guerres pour ces ressources ou dans du trafic, comme ce fut par exemple le cas de la société sud-africaine Executive Outcome.
Les conflits irakien et afghan ont favorisé leur essor rapide, les rendant indispensables aux opérations militaires d'envergure de certains Etats.

En remettant en cause le principe wébérien du "monopole de la violence légitime" étatique, elles ont pu également modifier la nature des conflits, en favorisant la transition de guerres idéologiques vers des guerres de prédation économique, créant parfois même des "coalitions dans la coalition". Leur présence dominante aujourd'hui en Afghanistan impose désormais de s'interroger sur les conséquences et les dérives de leur utilisation dans le contexte des conflits armés, comme sur leur impact en termes de pérennité du pouvoir régalien des Etats. En paraphrasant le titre du dernier film du réalisateur Ken Loach, "Route Irish", qui traite des mercenaires partis travailler en Irak, nous allons tenter de parcourir ce que l'on peut aujourd'hui appeler l'"Afghan Road"

Jérôme Larché, médecin, chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique

 

La défaite américaine en Afghanistan.
Les événements en Afghanistan et leur écho dans les couloirs du Capitole lèvent le voile sur des négociations secrètes entre l’administration Obama et les résistants, qui auraient commencé avant même l’exécution du chef d’Al-Qaïda, Oussama Ben Laden. Ces pourparlers ont été précédés par la satisfaction par Washington de conditions posées par les adjoints du mullah Omar, portant essentiellement sur l’arrêt des recherches internationales, cautionnées par les Nations unies contre des cadres du mouvement. Des articles de presse américains et britanniques révèlent dans ce cadre que quelque 120 chefs Taliban ne font plus l’objet de poursuites judiciaires et de mandats d’arrêt émis par Interpol ou par des services de renseignements occidentaux.   

Selon des experts américains, il y aurait un lien direct entre ces négociations et la décision de Barack Obama de réduire d’ici un an de 30000 hommes les effectifs de ses troupes déployées en Afghanistan. 

Le gouvernement de Hamid Karzaï a exprimé son opposition aux négociations secrètes et a rejeté les propositions de Washington de réduire rapidement le nombre de soldats de l’Otan engagés dans le pays. Kaboul craint en effet que les combattants Taliban ne remplissent tout vide laissé par le retrait des Occidentaux. Bien entendu, les Etats-Unis n’ont accordé aucune importance aux hurlements du gouvernement fantoche qu’ils ont installé à Kaboul.

Dans le même temps, des experts et des journalistes ont dit s’attendre à des rebellions pro-taliban au sein des troupes gouvernementales au cas où les négociations secrètes se poursuivaient en parallèle au retrait des troupes US, avant même la mise en place d’un nouveau mécanisme politique qui gèrerait le pays dans le cadre d’une réconciliation entre le pouvoir de Karzaï et les Taliban.

Au Congrès, des voix s’élèvent pour demander que la fin de la guerre en Afghanistan soit proclamée, prenant comme prétexte la mort de Ben Laden. Ce courant appelle à un retrait rapide et total des troupes américaines pour mettre un terme à l’hémorragie humaine, matérielle et financière. Et tous les pronostics s’accordent à dire que les Taliban seront la principale force politique et militaire du pays après le départ des troupes occidentales, alors que la guerre a été lancée à l’origine en 2001 pour détruire ce mouvement. 

Quelle que soit la signification que veulent donner les Etats-Unis à leur action en Afghanistan, ils n’arriveront pas à faire oublier qu’ils auront essuyé, dans ce pays, une cuisante défaite.

Lundi 4 juillet 2011


 

Source : New Orient News
http://www.neworientnews.com/news/Main.php



Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

07/07/2011

Au moins 13 civils ont été tués, au cours d'une attaque aux missiles américaine dans la province de Khost, située dans l'Est de l'Afghanistan, selon Press TV.

8 enfants, deux femmes et trois hommes se trouvent parmi les morts.

Les civils sont les principales victimes des attaques de l'Otan.

IRIB

James Petras : Pourquoi des civils sont-ils tués ?

La récente série de meurtres de civils par les forces de l’OTAN en Afghanistan occupé a soulevé plusieurs questions essentielles : Pourquoi les forces aériennes et terrestres de l’OTAN et des USA tuent-elles tant de civils, avec autant de constance et sur des si longues périodes de temps dans différentes régions de ce pays ? Pourquoi le nombre de civils assassinés a-t-il augmenté au cours du conflit ? Pourquoi les avions de l’OTAN et des USA continuent-ils de bombarder des maisons civiles et des réunions villageoises et les troupes au sol attaquent-elles sans discrimination les habitations et les fabriques ? Pourquoi les supplications du collaborateur de l’OTAN, le président Karzaï d’arrêter de bombarder des maisons ne sont-elles pas entendues ? Bref, étant donné que les meurtres de civils, de familles entières y compris des enfants, des mères et des vieillards, aliène la population et engendre une profonde hostilité générale, pourquoi l’armée OTAN-USA refuse-t-elle de changer de tactique et de stratégie ?

Explications et excuses pour les meurtres de civils 

Les défenseurs des meurtres de civils de l’OTAN sont d’autant plus prolixes que leurs explications manquent de fond. Les porte-paroles du Pentagone parlent "d’accidents", d’erreurs de guerre" de "dommages collatéraux" ; les médias dominants rejettent la faute sur les combattants de la guérilla qui engagent des combats dans des zones peuplées de civils ; les intellectuels néo-conservateurs et leurs collègues des "think tank" blâment le fondamentalisme islamique qui convertit les villages à sa cause et qui "force" l’OTAN à tuer des civils afin de faire des martyrs et d’utiliser leur mort à des fins de recrutement.

Ces explications manifestement superficielles soulèvent plus de questions qu’elles n’apportent de réponses et parfois contestent par inadvertance le bien-fondé de la guerre tout entière. L’argument de "l’erreur de guerre" soulève une question plus essentielle : quelle est cette sorte de guerre dans laquelle l’OTAN se trouve sans cesse confronté à des guérilléros "qui se fondent" dans la population pendant que les forces d’occupation brisent les portes de maisons et considère chaque famille comme le sanctuaire potentiel ou l’avant-poste de la résistance ? Quelle sorte d’armée compte sur des avions de combat de haute altitude et sur des avions sans pilote téléguidés à partir de postes de commande éloignés pour attaquer des centres de population où les gens s’adonnent au commerce, à la culture et aux activités domestiques. De toute évidence, cela ne peut être qu’une armée d’occupation, une armée impérialiste qui soit prête à sacrifier encore et encore de nombreux civils pour tuer une ou quelques personnes soupçonnées d’être des combattants. Seule une armée qui opère dans un environnement civil hostile croit qu’un "ennemi" se cache derrière la porte de chaque maison ; que chaque famille abritait un combattant ; et qu’il faut mieux "entrer en tirant" que de risquer de se prendre une balle dans le ventre. Les "accidents de guerre" ne se produisent pas "par hasard" pendant des dizaines d’années sur tout le territoire d’une nation. Le meurtre de civils est le résultat d’une guerre de conquête impérialiste contre tout un peuple qui résiste à l’occupation par tous les moyens adéquats. Les pilotes et les troupes au sol reconnaissent qu’elles sont une force étrangère hostile, dont la présence est contrôlée par une hiérarchie de généraux et de politiciens qui se battent contre d’abstraites machinations "de terroristes liés à Al Qaeda" tout aussi abstraits et sans aucun rapport avec le réseau dense de liens personnels de solidarité qui lie les combattants de la résistance et les civils en Afghanistan.

A partir de ces catégories abstraites, les stratèges intitulent "caches" les complexes d’habitation familiale ; "réunions de terroristes", les réunions de famille ; "contrebandiers de la guérilla" les caravanes de commerce. Le fossé qui sépare les intérêts conflictuels des politiciens, généraux, stratèges et officiers militaires d’une part et la population et la résistance civile de l’autre est énorme. Plus il y a de civils/combattants tués plus la carrière des officiers impérialistes progresse -et ils sont avides de promotions et de juteuses pensions.

Sur le terrain, dans l’intimité des familles et des cercles claniques de million de personnes où la douleur et la colère coexistent, la résistance se développe sous les formes les plus variées : Les voeux sacrés et les voeux profanes de "continuer à se battre" jaillissent des millions d’humiliations quotidiennes que subissent les jeunes et les vieux, les femmes et leurs maris, chez eux, sur les marchés, les routes et les chemins. Le regard hostile d’une mère qui protège son enfant des soldats qui font irruption dans sa chambre en dit aussi long que le bruit des coups de feu d’un tireur d’élite caché dans une crevasse de montagne.

La guerre d’un peuple : pas la guerre contre le terrorisme

Le meurtre de civils n’est pas "accidentel". La raison fondamentale pour laquelle tant de civils sont tués chaque jour partout dans le pays depuis plus de dix ans est qu’il est impossible de distinguer les civils des combattants. Décrire les combattants afghans comme des sortes de terroristes lanceurs de bombes professionnels et sans attaches n’a aucun sens. La plupart des combattants afghans ont une famille, cultivent leurs champs et s’occupent de leurs troupeaux ; ils élèvent leurs familles et vont à la mosquée ; ils sont des civils la moitié du temps et des combattants l’autre moitié. Il n’y a que dans les esprits simplistes des "grands stratèges militaires" des instances dirigeantes du Pentagone et de l’OTAN que de telles distinctions existent. Leur mission militaire meurtrière destinée à "sauver le peuple des terroristes fondamentalistes", un chef d’oeuvre de mauvaise foi à usage interne, est en réalité un tremplin pour monter dans la hiérarchie militaire. Chaque progrès dans la hiérarchie dépend de la capacité à mener une "guerre juste" au succès.

Les combattants-civils sont un phénomène populaire de masse. Sinon, comment expliquer leur capacité à maintenir une résistance armée pendant plus de dix ans, résistance qui progresse même avec le temps ? Comment expliquer leur succès militaires contre les forces armées et les conseillers militaires de 40 pays dont les USA, l’Europe et une grappe de mercenaires d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du sud ? Comment expliquer la résistance grandissante en dépit des souffrances dues à une occupation militaire qui utilise les armes de guerre les plus avancées sur le plan technologique ? Comment expliquer la baisse de soutien populaire à la guerre dans le pays du "Conquérant" et le nombre grandissant des Résistants ? Le peuple afghan se montre loyal envers les combattants qui n’ont pas de milliards pour acheter la fausse "loyauté" de mercenaires qui peuvent, comme on l’a déjà vu, "tourner leurs fusils dans l’autre sens" à tout moment.

Les mariages sont bombardés parce que les combattants vont aux mariages -avec des centaines d’amis et de membres de leurs familles. Les villages sont bombardés parce que les cultures des paysans profitent à la résistance. les abris civils deviennent des sanctuaires militaires. L’Afghanistan est divisé en deux : l’armée des USA contre un peuple en armes. Devant cette réalité la vraie politique du Pentagone et de l’OTAN est de contrôler et/ou détruire. Chaque bombe qui tue des dizaines de civils en essayant d’atteindre un tireur d’élite accroît l’isolement et le discrédit de la marionnette dirigeante. Le "président" Karzaï a vu sa mission de créer une "base civile" pour reconstruire le pays complètement discréditée. Ses faibles protestations contre les bombardements de cibles civiles par l’OTAN tombent dans l’oreille d’un sourd ; parce que le commandement de l’OTAN sait très bien que "les civils" constituent "le coeur de la résistance" -une vaste réserve de soutien aux combattants ; Leurs yeux et leurs oreilles sont bien plus efficaces que tout l’attirail électronique des services secrets de l’Occupant. Karzaï ne peut pas plus convaincre les civils de se retourner contre les combattants qu’il ne peut convaincre les armées impérialistes d’arrêter de bombarder des maisons et des assemblées civiles.

Washington sait bien que après chaque retrait (ou retraite) le terrain, les villes et les villages sont occupés par les combattants de la résistance qui émergent de partout. Le mieux que les politiciens de l’OTAN-USA puissent négocier est une départ en ordre dans la sécurité. Le mieux qu’ils puissent espérer est que leurs collaborateurs locaux ne les trahiront pas et ne s’enfuiront pas à l’étranger prématurément en donnant les milliards de dollars de matériel militaire à la résistance. Le mieux que les collaborateurs puissent espérer est de parvenir à trouver une voie de sortie, un visa, un compte en banque et une autre demeure confortable à l’étranger. Ce qui est tout à fait clair, c’est que ni les USA ni l’OTAN ni leurs collaborateurs ne joueront aucun rôle dans l’Afghanistan nouvellement indépendant.

James Petras

James Petras, un ancien professeur de Sociologie à l’université de Binghamton, New York, compte 50 de service dans la lutte des classes ; il est conseiller des sans terres et sans travail au Brésil et en Argentine et est co-auteur de Globalization Unmasked (Zed Books). Le dernier livre de Petras est : The Arab Revolt and the Imperialist Counterattack. (Clear Day Books – A subsidiary of Clarity Books). On peut le joindre à : jpetras@binghamton.edu.

James PETRAS’(Dissident Voice)
14 juin 2011

Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2011/06/afghanistan-why-civilians-are-killed/
14 juin 2011
http://www.legrandsoir.info/afghanistan-pourquoi-des-civils-sont-ils-tues-dissident-voice.html



Paroles & action du président Obama..

"La guerre n'est pas finie, nous si"

Trop ou trop peu; l'annonce par Barack Obama du retrait du tiers des troupes d'Afghanistan d'ici un an a déclenché une avalanche de commentaires dans les médias américains.

Florilège.

La presse américaine commente largement l'annonce faite par le président Obama du retrait d'un tiers des quelque 100 000 soldats d'Afghanistan d'ici à l'été 2012

-à quelques mois de l'élection présidentielle.

Même si les lignes politiques sont souvent brouillées...

Le déclin de l'Amérique

Très attendu, le discours d'Obama est à l'origine de six éditos sur le site du Washington Post. "Ce discours est l'équivalent du 'mission accomplie' prononcé par George Bush en mai 2003 à bord du porte-avions Abraham Lincoln à propos de la guerre d'Irak", juge Richard Cohen. "Le discours d'Obama confirme le déclin de l'Amérique", estime l'éditorialiste; "la guerre n'est pas finie, nous si" ajoute-t-il. Et le commentateur relève que quand le président américain déclare qu'"il est temps que l'Amérique se consacre à son propre nation building [envoyer des troupes afin de construire un pays et ses institutions]", c'est bien là le thème principal de son discours. "Nous allons choisir nos combats avec plus de parcimonie, et quand nous choisirons d'intervenir, nous le ferons de préférence avec nos drones et nos forces spéciales. Fini les déploiements massifs de troupes américaines dans le monde", analyse l'éditorialiste.

Pourquoi rester trois ans de plus?

"L'important, comme a insisté l'entourage d'Obama, c'est la réduction des objectifs des Etats-Unis en Afghanistan", explique Doyle McManus dans le Los Angeles Times. "Il n'est plus question de transformer ce pays ravagé par la guerre en une démocratie moderne, comme le prétendait l'administration Bush au moment où nous y somme entrés en guerre, il y a dix ans. Mais seulement de s'assurer que ce pays ne soit plus un terrain d'accueil pour le terrorisme dirigé contre les Etats-Unis".  

"Le président américain a admis que ses objectifs sont limités, 'Nous n'essaierons pas de faire de l'Afghanistan un lieu parfait'", renchérit le New York Times. Mais il en faudra plus pour nous faire admettre qu'il est dans l'intérêt de ce pays d'y rester trois ans de plus. Et ce début de retrait a-t-il une chance crédible d'empêcher que l'Afghanistan n'implose dès que les troupes américaines seront parties?", s'inquiète le quotidien.

Le spectre du Vietnam

Nombreux sont les commentateurs à faire le lien avec les guerres du passé. "Dans les années 60, le sénateur George Aiken avait conseillé au président Lyndon Johnson de proclamer la victoire au Vietnam et de se retirer. Obama a appliqué la même maxime, même si la guerre est loin d'être terminée et la victoire loin d'être acquise", relève de son côté Jackson Diehl.

Obama tiraillé entre l'Etat-major et l'opinion

"Obama fait le pari de concilier deux réalités antinomiques: la demande du Pentagone de laisser suffisamment d'hommes sur le terrain pour finir le travail, et celles du Congrès et du public américain [un sondage récent indique que 56% des Américains sont en faveur d'un retrait d'Afghanistan] de terminer cette guerre, qui est la plus longue de l'histoire de l'Amérique", explique Carol Lee dans le Wall Street Journal. Le quotidien conservateur souligne un paradoxe. La gauche des démocrates a joint ses forces aux conservateurs des Tea party, la semaine dernière, pour demander une réduction des troupes en Afghanistan "importante et soutenue".  

Deux fois plus de troupes qu'au début de son mandat

"Cette annonce n'est pas une grosse affaire, contrairement à ce que pensent les partisans du président. Le retrait d'un tiers de nos forces nous laissera avec deux fois plus de troupes que le jour où il est entré en fonction", tempère Steve Chapman dans le Chicago Tribune. Obama "veut de toute évidence repousser le problème à plus tard, ou le laisser à son successeur". 

"Insuffisant" estime aussi Amanda Terkel dans le Huffington Post qui rapporte que nombre de parlementaires démocrates sont déçus par l'annonce d'Obama. Cette diminution ne fera que compenser la hausse (surge) des troupes annoncée par Obama lors de son discours de 2009 à West Point.  

"C'est un cas d'école qui montre combien il est plus facile de commencer une guerre que de la finir", estimait quelques jours plus tôt Arianna Huffington, la fondatrice du site. Elle évoquait les doutes du sénateur démocrate Chris Coons: "Je soutiens nos troupes, je soutiens notre commandant en chef, mais j'entends le scepticisme qui se développe ici; est-ce que quelques années de plus, avec 100 000 soldats et plus de 100 milliard de dollars par an changeront la donne" en Afghanistan?" Et, tandis que John McCain accuse ceux qui demandent une réduction substantielle des troupes en Afghanistan d'"isolationnisme", l'éditorialiste argue qu'il y a "une marge entre être isolationniste et demander de réduire suffisamment les troupes pour s'assurer que le début de la fin de l'engagement a bien commencé." 

Discours de campagne électorale

"Les Américains veulent savoir comment la guerre va se conclure... Ils veulent avoir l'assurance que le cancer ne reviendra pas, nous obligeant à un engagement militaire majeur. Le président ne nous a pas rassuré", fustige le très anti-Obama Fox News qui reproche au président d'avoir fait un discours de campagne plutôt qu'un compte rendu stratégique.  

Des républicains plus anti-guerre qu'Obama

"Barack Obama a gagné la primaire démocrate en 2008 parce que les électeurs de gauche pensaient qu'il était plus anti-guerre que Hillary Clinton", constate avec amertume John Nichols dans le quotidien de gauche The Nation. Mais "sitôt installé dans le bureau ovale, Obama s'est empressé d'abandonner son engagement d'en finir avec les mésaventures militaires à l'étranger... Il a nommé Hillary Clinton secrétaire d'Etat, gardé l'équipe de Bush au ministère de la défense et envoyé des troupes supplémentaires en Afghanistan. (...) Obama n'a peut-être pas compris le changement d'opinion des Américains vis-à-vis de l'imbroglio afghan, mais ses challengers républicains l'on fait, eux. Mitt Romney et Jon Huntsman ont en effet réclamé un retrait plus rapide que celui annoncé par Obama, et ils pourraient en tirer un bénéfice", prévient le blogueur.

L'Express

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/afghanistan-la-guerre-n-est-pas-finie-nous-si_1005510.html



L’Afghanistan au cœur des débats.

Pas d'autre option que la retraite !

Près de 4 000 soldats français sont présents sur le sol afghan où les attaques s'intensifient et les pertes humaines s'accroissent.

Il faut savoir terminer une guerre, quand bien même on ne l'aurait pas déclarée.

Ni Barack Obama ni Nicolas Sarkozy n'ont décidé de celle-là. En 2001, ce sont leurs deux prédécesseurs - George W. Bush et Jacques Chirac - qui avaient opté, tout comme leur homologue britannique Tony Blair et bien d'autres, pour l'envoi de troupes en Afghanistan. Personne, à l'époque, n'a contesté ce choix fait dans les semaines ayant suivi les attentats du 11 Septembre, alors qu'il s'agissait de chasser de Kaboul les résistants protecteurs du terroriste Oussama Ben Laden.

Au début de l'année 2007, les Français étaient toujours au nombre de 1 000 sur le sol afghan. Alors en campagne électorale, Nicolas Sarkozy s'était montré plus que prudent sur cet engagement : "Il était certainement utile qu'on les envoie dans la mesure où il y avait un combat contre le terrorisme, mais la présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive", déclarait-il le 26 avril 2007, avant d'ajouter : "Il fallait faire un certain nombre de choix, et d'ailleurs le président de la République [Jacques Chirac] a pris la décision de rapatrier nos forces spéciales et un certain nombre d'éléments. C'est une politique que je poursuivrai." Propos de campagne électorale. Car la dégradation constante de la situation sur le terrain a imposé a contrario qu'il renforce les troupes dès son arrivée à l'Élysée. Fin 2007, les soldats français sont 1 600 en Afghanistan. Ce nombre a pratiquement doublé un an plus tard, avant de passer, au gré de renforcements réguliers et de missions accrues, à près de 4 000 hommes aujourd'hui.

La situation se dégrade de jour en jour

En 2009, Barack Obama a fait passer le nombre des soldats américains de 70 000 à près de 100 000. Nicolas Sarkozy dit, en août 2010, que notre pays "restera engagé en Afghanistan, avec ses alliés, aussi longtemps que nécessaire et aussi longtemps que le souhaitera le peuple afghan". Mais déjà, le retrait s'annonce. Le ministre de la Défense Hervé Morin précise dès octobre 2010 que les premiers retraits pourraient avoir lieu en 2011, déclaration conforme aux décisions, le mois suivant, du sommet de l'Otan à Lisbonne au cours duquel l'organisation annonce : "Les Afghans se sont donné pour objectif de prendre en main leur sécurité d'ici à la fin de l'année 2014. Nous soutenons cet objectif." Traduction : la situation s'améliore, les Afghans du président Hamid Karzai sont parfaitement capables d'organiser la sécurité du pays, nous n'avons plus rien à y faire. Sauf que c'est faux...

Personne, et surtout pas les dirigeants occidentaux, n'ignore que la situation sécuritaire se dégrade de jour en jour. En cet été 2011, les attaques s'intensifient, les pertes de militaires occidentaux et de civils afghans s'accroissent, les résistants sont présents sur tout le territoire et l'appareil de sécurité afghan (armée et police) ne contrôle - et encore ! - que la région de Kaboul. Malgré les milliards d'euros qu'il a engloutis, cet édifice instable est près de s'effondrer. Dès que le signal de départ donné par les Occidentaux se traduira par une présence amoindrie sur le terrain, l'Afghanistan renouera avec ses vieux démons et sombrera dans une forme ou une autre de guerre civile, que les résistants remporteront. Ni Obama ni Sarkozy n'avaient le choix, il leur fallait donner le signal de départ. Le processus de retrait qui s'engage aujourd'hui durera encore quatre ou cinq ans, à moins qu'il ne doive s'accélérer. Lorsque le dernier des soldats de l'Isaf quittera le sol afghan, en laissant derrière lui 2 000 Occidentaux et 20 000 Afghans morts, il sera en droit de se poser cette question : tout ça pour ça ?

Le Point.fr –

Publié le 24/06/2011


Alain Gresh : Afghanistan, la victoire des résistants.

Le président Barack Obama a annoncé le retrait d’une partie des troupes américaines d’Afghanistan : 10 000 hommes d’ici la fin de l’année, 23 000 supplémentaires d’ici l’été 2012.

Rappelons que l’on compte 100 000 soldats américains et 90 000 « privés » travaillant pour Washington ; par ailleurs, la guerre coûte aux Etats-Unis 2 milliards de dollars par semaine. Deux considérations ont amené le président Obama à cette décision : la campagne présidentielle commencera à l’automne et il veut se prévaloir d’un retrait en Afghanistan ; alors que le déficit américain est devenu abyssal, de moins en moins d’Américains comprennent les raisons de la présence de leurs troupes en Afghanistan, surtout après la mort d’Oussama Ben Laden.

Depuis plusieurs mois déjà, des informations avaient filtré sur la manière dont les Etats-Unis voulaient « sortir » d’Afghanistan. Ils étaient désormais prêts à négocier avec les résistants (pourtant classés comme organisation terroriste), sans conditions préalables : ils n’exigeaient plus ni l’arrêt de la violence, ni l’acceptation par ceux-ci de la Constitution afghane.

Dans un commentaire pour l’hebdomadaire The Nation, « Obama fails to Outline Sensible Afghan Drawdown » (23 juin), Robert Dreyfuss citait un responsable de la Maison Blanche : « C’est un premier retrait. Nous allons continuer les réductions... Nous avons substantiellement réduit la guerre en Irak et maintenant nous nous concentrons sur l’Afghanistan. » Et le responsable d’ajouter : « Nous n’avons pas vu de menace terroriste émanant de l’Afghanistan depuis sept ou huit ans. La menace vient du Pakistan et, même là, la direction d’Al-Qaida a été décimée et virtuellement a été éliminée du champ de bataille. »

Mais alors, s’interroge Dreyfuss, pourquoi rester jusqu’en 2014 ?

La politique étrangère américaine en Afghanistan est fondée sur des mythes et une réécriture de l’histoire, écrit Robert Parry : les Etats-Unis se seraient désengagés de l’Afghanistan juste après le retrait soviétique en 1989 (« Three deadly war myths », consortiumnews.com).

Nous « fêterons » bientôt les dix ans de la guerre américaine en Afghanistan et son bilan est catastrophique, d’abord pour le pays et son peuple, soumis à des bombardements et à des dommages collatéraux, à un gouvernement corrompu, fraudeur et cantonné à Kaboul. Catastrophique aussi parce que cette guerre a provoqué l’extension du conflit au Pakistan, où la situation est plus instable que jamais (lire l’article de Jean-Luc Racine, « Le Pakistan après la mort d’Oussama Ben Laden », Le Monde diplomatique, juin 2011.). Le suivisme français à l’égard de Washington mérite aussi d’être souligné : alors que, partout ailleurs en Europe, cette guerre est contestée, en France M. Sarkozy semble seul maître de la décision. Et il annonce l’envoi ou le retrait des troupes au gré des décisions de Washington, alors qu’il serait nécessaire d’annoncer le retrait définitif des troupes françaises, qui ne peut être soumis au calendrier électoral américain.

A supposer que la guerre ait eu pour objectif de sauver les femmes afghanes, comme le proclamaient certains, le bilan en ce domaine est aussi désastreux et celles-ci se retrouveront bientôt avec un gouvernement dans lequel les résistants seront au moins partie prenante, et plus probablement la force dominante.

Pour l’un des meilleurs connaisseurs de l’Afghanistan, le chercheur Gilles Dorronsoro, « les résistants ont gagné la guerre » (Journal du dimanche, 26 juin) :

« Les résistants nous voient nous affaiblir rapidement, ils savent qu’ils n’ont qu’à attendre. Nous arrivons à la table de discussion avec la certitude qu’un tiers des troupes occidentales sera parti fin 2012 : que peut-on exiger des résistants dans ces conditions ? Pour compléter le tableau, le président Karzai est davantage un problème qu’une solution, le régime ne fait aucun progrès sur la gouvernance et tous les objectifs de construction de l’armée afghane ont échoué… La conclusion logique, c’est que les résistants ont gagné la guerre. »

Les autorités afghanes pourront-elles s’en sortir seules en 2014 ?

« Évidemment, c’est non. La réalité, c’est que le calendrier, basé sur un retrait achevé en 2014, ne pourra pas être tenu. Nous serons obligés de conclure un accord politique dans l’année qui vient. Mais, comme le temps presse, l’accord sera mauvais et ouvrira la porte au retour des résistants en position hégémonique.

Alain Gresh :

Lundi 27 juin 2011


 

Source : Les blogs du Diplo
http://blog.mondediplo.net/...



1 Analyse & déclaration

a) Résistance  

 Les « Talibans » (terme générique qui regroupe une bonne dizaine d’organisations dont al-Qaïda et d’authentiques résistants à l’«occupation étrangère»)

Paroles & action des résistants

L'intensité des combats a régulièrement augmenté depuis fin 2001, les résistants étant en mesure de relancer leurs attaques contre les forces occidentales.

AFP

27-06

Contrairement à ce qu'affirment Washington et l'OTAN, l'insurrection gagne du terrain et en intensité ces dernières années, les résistants multipliant les actions de guérilla partout dans le pays, y compris dans des provinces jusqu'alors épargnées.

AFP/VNA/CVN
27/6/2011
http://lecourrier.vnagency.com.vn/default.asp?xt=&page=newsdetail&newsid=73333 


18-06

La résistance a attaqué trois convois de carburant et ravitaillement des troupes de l'OTAN stationnées dans l'ouest et l'est du pays vendredi soir et samedi, tuant neuf gardes afghans et incendiant au moins 15 camions citernes, selon les autorités.

La plus grande partie du carburant destiné aux quelque 132.000 militaires étrangers déployés en Afghanistan est acheminée par camion depuis le Pakistan puis distribuée aux forces de l'OTAN à travers le pays. Les forces de la coalition ont besoin d'environ 100 camions-citernes, soit 6 millions de litres de carburant par jour. Les camions sont fréquemment attaqués des deux cotés de la frontière, même si l'OTAN assure que cela ne concerne que moins d'un pour cent des convois.

AP

28/06/

Les résistants afghans ont abattu un drone des forces étrangères.

Selon le journaliste de l’IRIB, un drone des forces étrangères s’est écrasé ce lundi dans la ville de Tagab dans la province afghane de Kapissa. La force de l’OTAN en Afghanistan (ISAF), a confirmé cette nouvelle.

http://french.irib.ir/info/international/item/122410-afghanistann-crash-dun-drone-de-la-force-de-coalition

 

28 juin -

Un drone de l'Otan s'est écrasé en Afghanistan, le troisième en deux jours, rapporte mardi le correspondant de RIA Novosti à Kaboul.
Selon le ministère afghan de la Défense, le dernier crash d'un appareil sans pilote à bord s'est produit dans la province de Kunar (est). Lundi, deux drones s'étaient écrasés dans les provinces de Kapissa et d'Herat.
Dans les trois cas, le service de presse de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) n'a rien rapporté sur les causes des crashs et les endroits des incidents, en prétendant toutefois qu'il n'y avait pas eu de tirs sur les appareils depuis le sol.
Néanmoins, le porte-parole des résistants Zabihullah Mujahed affirme que tous les trois drones ont été abattus par le feu depuis la terre.
Annonçant en mai dernier l'offensive de printemps baptisée Badar, la direction du mouvement Taliban avait promis d'employer de nouvelles armes modernes contre les occupants étrangers

RIA Novosti.


 


b) Troupes d'occupation : Analyse & déclaration

USA & Coalition

Qui reste, qui part…

Un accord avec les Résistants…

Le plan de jeu américain est en quelque sorte de passer un accord avec les résistants sur la base suivante : les Américains leur « céderaient » les régions au sud de l'Afghanistan, en contrepartie de leur accord pour une présence militaire américaine à long terme dans le pays."

Le projet de construction de 4 "énormes bases" militaires jettent une toute autre lumière sur la fameuse annonce du "retrait" d'Afghanistan.

 

Otan- Isaf 

28-06

Le nombre des pertes en vie humaine subies depuis 2001 par les forces étrangères en Afghanistan dépasse les 2.000 morts.

 Avec 711 morts, l’année 2010 a été l’année la plus meurtrière pour les forces américaines et nord-atlantiques en Afghanistan.

 http://french.irib.ir/info/international/item/122410-afghanistann-crash-dun-drone-de-la-force-de-coalition



2 Les forces en présence

Troupes d'occupation

Otan-Isaf

Qui reste, qui part en Afghanistan ?

 

Canada

Le Canada a mis un terme ce jeudi à sa mission de combat dans le pays, peu de temps après l'annonce de retraits partiels des troupes américaines, françaises et britanniques. Le point sur les annonces de retrait des principaux pays occidentaux.

Le Canada, qui comptait 3000 soldats en Afghanistan, a officiellement mis un terme jeudi à sa mission de combat dans le pays. Sixième contributeur de la force de l'Otan en Afghanistan (Isaf), derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France et l'Italie, Ottawa est jusqu'ici le plus important à retirer l'ensemble de ses troupes de combat du pays, devançant le terme prévu de la mission de combat de l'Otan fin 2014. 

Début du retrait des troupes de l'Otan cet été

L'Otan prévoit d'avoir progressivement transmis aux forces afghanes, d'ici à 2014, la responsabilité de la sécurité de l'ensemble du territoire, un processus qui doit commencer cet été. La force de l'Otan déployée en Afghanistan à la suite des attentats du 11 Septembre 2001 est aujourd'hui forte d'environ 130.000 hommes, aux deux tiers américains. 

Etats-unis

Washington a annoncé, le 22 juin, le retrait du tiers des forces américaines stationnées en Afghanistan, soit 33.000 hommes, avant l'été 2012. En annonçant fin 2009 l'envoi de 30.000 soldats supplémentaires pour lutter contre les résistants, portant le total à près de 100.000, le président américain Barack Obama avait promis que les soldats américains commenceraient à rentrer "à la maison" dès juillet 2011. 

Grande-Bretagne

Le Royaume-Uni a emboîté mercredi le pas aux Etats-Unis en annonçant le rapatriement d'Afghanistan de 500 de ses soldats d'ici à la fin 2012 -les faisant passer de 9500 à 9000 hommes-, première étape d'un retrait à l'horizon 2014 de la totalité de ses troupes de combat. 

Allemagne

Environ 5000 soldats allemands sont actuellement engagés en Afghanistan dans une mission qui hautement impopulaire outre-Rhin. Berlin va retirer 500 hommes d'ici fin 2011, a déclaré le chef d'état-major de la Bundeswehr Volker Wieker, dans une interview accordée le 3 juillet à la radio Deutschlandfunk. 

France

Au lendemain de l'annonce de Barack Obama, Paris a à son tour fait savoir qu'"un retrait progressif" des renforts français envoyés en Afghanistan, aurait lieu d'ici l'été 2012. "Plusieurs centaines" de soldats devraient quitter le pays d'ici à la fin de l'année.
La France compte environ 4000 soldats en Afghanistan où elle opère depuis 2001. Plus de 60 soldats français y ont été tués depuis 2001, dont 10 au cours des six derniers mois. Le début du retrait des troupes françaises devrait intervenir au second semestre 2011, après l'été, dans le cadre du transfert de la sécurité du district de Surobi aux Afghans, selon le ministre de la défense Gérard Longuet. 

Italie

L'Italie a annoncé en octobre 2010 qu'elle pourrait entamer le retrait de ses 3800 hommes à l'été 2011. Et récemment, Umberto Bossi, chef de la Ligue du Nord, parti populiste membre clé de la fragile coalition de droite de Silvio Berlusconi, a estimé que l'on pourrait économiser "un beau milliard d'euros» en «mettant fin aux missions de paix" à l'étranger. 

Canada

La plupart des 3000 soldats du contingent canadien ont déjà pris le chemin du retour après avoir vidé leurs postes de combat dans la province de Kandahar, bastion taliban. Le retrait des troupes canadiennes a été décidé en 2008 par le gouvernement conservateur de Stephen Harper, sous la pression de l'opposition qui menaçait de voter contre une prolongation de leur mission s'il ne prenait pas cet engagement.
Ne restera sur la base qu'une unité de 350 militaires d'ici décembre. Le Canada continuera d'être présent en Afghanistan avec un maximum de 950 instructeurs militaires qui seront déployés dans le nord du pays. 

Pologne

Varsovie a annoncé qu'elle suivrait en 2012 l'exemple des Pays-Bas et du Canada, en retirant ses troupes (2500 soldats) et en envoyant à la place des instructeurs, pour former la police et l'armée afghanes. 

Pays-Bas

A l'été 2010, après quatre ans de présence, les Néerlandais ont retiré leurs 1950 soldats, remplacés par 545 policiers néerlandais chargés de former la police afghane. Un premier contingent d'une centaine de policiers hollandais est arrivé en Afghanistan en juin. 

07/07

 http://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/qui-reste-qui-part-en-afghanistan_1010168.html


Détail :

Belgique

P. De Crem sur le retrait d'Afghanistan: "La guerre n'est pas finie"…

Le 1er janvier 2012, la moitié des soldats belges présents en Afghanistan quitteront le pays.

C'est ce qu'a annoncé le ministre de la Défense Pieter De Crem. Il était l'invité de Matin première ce lundi. Selon lui, la guerre en Afghanistan n'est pas finie mais on entre dans une nouvelle phase, celle de l'"afghanisation", une forme de responsabilisation des forces locales.

Et aussi

Pieter De Crem: La moitié des soldats belges bientôt de retour d'Afghanistan

Le retrait de la moitié des troupes belges en Afghanistan n'est pas à prendre comme "la guerre est finie, on quitte l'Afghanistan" tel qu'annoncé par le président des Etats-Unis Barack Obama. "Bien sûr que ce n'est pas le cas", réagit Pieter De Crem dans le studio de Matin première.

Selon ce ministre, il s'agit d'un acte logique pour tendre vers une "afghanisation" telle que décidée au sommet de l'OTAN à Lisbonne, c'est-à-dire "qu'on rend aux Afghans autant que possible une partie de la responsabilité". 

Le timing d'un tel retrait peut sembler étonnant au regard de l'actualité, tant les attaques des Afghans contre les soldats sont de plus en plus fréquentes. Pieter De Crem tient à préciser qu'"on n'est pas parti". "Les Belges restent, mais on s'inscrit dans cette logique d'afghanisation", rappelle-t-il. "Il y a des parties du territoire afghan qui sont sécurisées", comme Kaboul. C'est donc là que la plupart des soldats belges seront rapatriés. "L'objectif a été atteint". "Mais le territoire reste toujours instable et c'est pour cette raison qu'il reste une présence militaire considérable", dit-il.

Il reste beaucoup de travail de stabilisation(…)

Dans ce principe d'"afghanisation", c'est au gouvernement Karzaï d'assurer tout doucement la sécurité. Pourtant, des analystes relèvent le caractère improbable de la réussite d'une telle mission. Des analystes qui parlent de gouvernement corrompu, incapable de prendre des responsabilités. Le ministre de la Défense admet qu'il reste beaucoup de travail de stabilisation, mais "il y a eu pas mal de progrès", dit-il. Et c'est pour cette raison que les militaires resteront dans le nord, notamment à Kunduz ainsi que dans le sud pour un travail de formation des services de sécurité locaux. 

Jusqu'à présent, Pieter De Crem parle d'un "succès modéré" pour cette mission de formation. Il refuse de parler d'échec, constat pourtant dressé par bon nombre d'observateurs. "Nous sommes là jusqu'en 2014", précise le ministre de la Défense à Bertrand Henne. 

Pas de vases communicants entre Kaboul et Tripoli

Dès janvier, des troupes vont donc quitter l'Afghanistan. La Belgique va de ce fait retrouver des moyens militaires supplémentaires. Va-t-on retrouver ces militaires en Libye ? "Il n'y a pas de demande en ce moment, pas d'agenda caché", explique Pieter De Crem. Néanmoins, le ministre s'exclut pas le fait d'intervenir dans une phase ultérieure de stabilisation, un fois l'opération terminée en Libye. "Une présence belge en l'état actuel du conflit, c'est exclu", prévient Pieter De Crem. 

"Pieter De Crem reste dans une logique de guerre"

Le ministre de la Défense Pieter De Crem "reste dans la logique de la guerre", a affirmé lundi le député Dirk Van der Maelen (sp.a), au lendemain de l'annonce d'une réduction de moitié, à partir de 2012, des effectifs militaires belges en Afghanistan.

"On continue à opter pour une option militaire. Je plaide pour une option diplomatique en politique", a-t-il déclaré à la VRT-radio.

Dirk Van der Maelen s'est réjoui de la décision du ministre de la Défense, qu'il a qualifiée de "bonne chose". Selon lui, c'est une "guerre stupide et chère" qui est menée en Afghanistan et elle manque sa cible.

Le député socialiste à reproché à Pieter De Crem de rester dans une "logique de la guerre" en voulant maintenir quelque 300 hommes et six F-16 en Afghanistan. 

"La guerre dure depuis dix ans et les résistants n'en sont devenus que plus forts. Cette guerre a coûté à la Belgique plus de 100 millions d'euros par an au cours des dernières années et les Américains ont dépensé plus de 1500 milliards de dollars. C'est de la folie", a-t-il souligné.

Dirk Van der Maelen a suggéré d'abandonner l'option militaire au profit d'une solution passant par des concertations diplomatiques et politiques.

AdC (et Belga)


France

Paris va retirer 1.000 hommes en 2012

La France va engager au second semestre 2011 un retrait progressif des 4 000 soldats français en poste en Afghanistan, selon un communiqué publié jeudi matin par l'Élysée. Cette annonce fait suite à un entretien entre Nicolas Sarkozy et Barack Obama. Ce derniera annoncé mercredi soir le retrait de 33 000 soldats américains d'ici à la fin septembre 2012, sur un total de 100.000 actuellement.

Combien de soldats français seront concernés ? Selon le ministre de la Défense, Gérard Longuet, le retrait se fera «de manière proportionnelle et dans un calendrier comparable au retrait des renforts américains». Cela signifierait le départ, d'ici à la fin de l'été 2012, d'environ un millier de soldats français, déployés principalement dans l'est du pays.

23/06/

http://www.lefigaro.fr/international/2011/06/23/01003-20110623ARTFIG00657-afghanistan-paris-va-retirer-1000-hommes-en-2012.php

 

La France retirera d'Afghanistan un quart de ses soldats d'ici à la fin 2012

La France retirera d'Afghanistan un quart de ses soldats -soit un millier d'hommes- d'ici à fin 2012, a annoncé mardi le président Nicolas Sarkozy sur la base avancée de l'armée française à Tora, non loin de Kaboul.

«Il faut savoir finir une guerre», a-t-il ajouté devant des journalistes au cours de cette visite-surprise en Afghanistan.

«Il n'a jamais été question de garder indéfiniment des troupes en Afghanistan», a conclu le chef de l'Etat.

Quelque 4.000 militaires français sont déployés dans le pays, la plupart en Surobi, à Kaboul et dans la province de Kapisa. «Les effectifs restants seront concentrés en Kapisa» après fin 2012, a indiqué M. Sarkozy.

Le chef de l'Etat s'est rendu dès son arrivée à la base avancée française de Tora, dans le district de Surobi (est de Kaboul), au lendemain de la mort d'un soldat français de 22 ans, victime d'un «tir accidentel».

C'est le douzième militaire français tué dans le cadre des opérations en Afghanistan depuis le début de l'année, et le 64e depuis le début de l'intervention française fin 2001.

A Tora, le général Emmanuel Maurin, chef des troupes françaises en Afghanistan, a exposé à M. Sarkozy la situation sur le terrain, marquée selon lui par «une radicalisation de l'insurrection, qui ne s'est néanmoins pas étendue parmi la population».

Etait également présent à Tora, le chef d'état-major des armées françaises, l'amiral Edouard Guillot, arrivé quelques jours plus tôt.

M. Sarkozy devait ensuite s'exprimer devant les soldats français avant de retourner à Kaboul, où il doit rencontrer le général américain David Petraeus, commandant de la Force internationale de l'Otan en Afghanistan (Isaf), puis le président afghan Hamid Karzaï.

Processus «de transition»

Le 24 juin, en clôture d'un sommet européen, le président français avait annoncé que «plusieurs centaines» de soldats français quitteraient l'Afghanistan «d'ici à la fin de l'année, début de l'année prochaine», dans le cadre du retrait militaire annoncé peu avant avec les Etats-Unis.

«J'aurai l'occasion, dans le courant du mois de juillet, de vous donner tous les détails de localisation (des soldats) et leur nombre», avait-il dit alors.

Quelque 4.000 militaires français sont déployés en Afghanistan, la plupart dans le district de Surobi (province de Kaboul), dans la province de Kapisa et dans la capitale afghane.

Le président américain Barack Obama a de son côté annoncé le retrait d'ici fin septembre 2012 d'un tiers du contingent américain - 33.000 hommes - en Afghanistan, dont 10.000 doivent quitter le pays d'ici fin 2011.

Ces 33.000 hommes correspondent aux renforts américains envoyés depuis fin 2009 pour stopper l'élan des insurgés talibans.

Parallèlement à ce début de retrait, doit commencer en juillet, dans sept zones du pays, le processus dit «de transition», qui prévoit le transfert progressif de la responsabilité de la sécurité aux forces afghanes sur l'ensemble du territoire afghan d'ici fin 2014, date à laquelle l'Otan prévoit d'avoir retirer l'ensemble de ses troupes combattantes.

(Source AFP°

Monde

12/07/2011

http://www.liberation.fr/monde/01012348564-la-france-retirera-d-afghanistan-un-quart-de-ses-soldats-d-ici-a-fin-2012?xtor=EPR-450206


Grande-Bretagne

18-06

La Grande-Bretagne compte quelque 9.500 soldats déployés en Afghanistan. Le premier ministre David Cameron s'est engagé à les rapatrier d'ici 2015, au fur et à mesure que les tâches de sécurité sont transférées aux forces afghanes.

AP


Pologne

La Pologne va réduire ses forces en Afghanistan.

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré jeudi qu'il était ravi de la décision du président américain Barack Obama sur la réduction des forces américaines en Afghanistan, et avait demandé au ministre de la Défense de préparer un plan similaire pour les troupes polonaises déployées dans le pays.
"J'ai demandé au ministre Bogdan Klich de préparer un plan détaillé ajustant les initiatives polonaises sur les opérations américaines", ont rapporté les médias locaux citant M. Tusk à Bruxelles. M. Tusk est arrivé jeudi après-midi à Bruxelles pour participer à un sommet de deux jours de l'UE.
"La Pologne considère avec sérieux ses obligations alliées et de la même manière elle respecte sa déclaration de ne pas rester en Afghanistan un jour de plus qu'il n'en est nécessaire", a souligné le Premier ministre.
Mercredi, à une heure de grande écoute, le président Obama a annoncé un retrait programmé des troupes en Afghanistan. Le président américain compte retirer 10000 soldats d'ici la fin de l'année et 23000 autres d'ici la fin de l'été prochain. Les troupes restantes rentreront ensuite progressivement chez elles.
Le contingent militaire polonais en Afghanistan, qui compte 2600 soldats, participe à l'opération de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF). Les soldats polonais aident à maintenir la sécurité dans la province de Ghazni et à former les forces locales de sécurité.

Source: xinhua


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