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15/07/2011

n°480 - Dossiers de l'Afghanistan - 13-07 : - Fin - Le Président Obama : Le verbe et les symboles - Le bien dit et le mal entend

n°480 - Dossiers de l'Afghanistan - 13-07 : - Fin -   Le Président Obama : Le verbe et les symboles - Le bien dit et le mal entend


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Dossiers de l'Afghanistan n°480 du 13-07

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 Le "dossier de l'Afghanistan" est  visible  sur mes blogs : 

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

4 Guantanamo : Les dossiers

4-1 Lejdd.fr : Les États-Unis à la torture.

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 L'armée américaine effectue, à présent, simultanément, des opérations aériennes, dans 6 pays du monde.

5-2 Guerres américaines au P-O en dix ans : 225 000 morts et 3700 milliards de $. 

5-3 Maurizio Matteuzzi : Guerres étasuniennes : le coût.

5-4 Bill Van Auken : Les guerres sans fin de Washington.

5-5 Tariq Ramadan : Le Président Obama : Le verbe et les symboles - Le bien dit et le mal entendu.

6 Annexe

6-1 William Blum : Que Dieu bénisse l’Amérique, et ses bombes...


4 Guantanamo : Les dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

4-1 Lejdd.fr : Les États-Unis à la torture.

Une remarquable enquête montre comment la tactique du supplice a été systématisée dans ce pays.

Un des prisoniers d'Abou Ghraïb, Saddam Saleh, montre les images de son calvaire. (Reuters)

Un agent des forces spéciales qui a été, à des fins d’entraînement, soumis au supplice de la baignoire en témoigne. La sensation est atroce, celle d’une noyade, assurément un vrai acte de torture. "Pas du tout, modère un responsable de la CIA, elle a été approuvée par le Président et par la communauté juridique américaine." Après le 11- Septembre, les États-Unis se sont lancés dans deux guerres, en Afghanistan et en Irak, misant avant tout sur le renseignement. Elles ont conduit tout droit au camp de Guantánamo et à la prison d’Abou Ghraib. La démocratie américaine, au mépris de sa Constitution, des règles de droit international, des conventions de Genève – fondements du droit humanitaire –, a systématisé l’usage de la torture.

Dans son remarquable documentaire Torture made in USA, Marie-Monique Robin retrace la génèse de cette dramatique démission de la civilisation et dévoile les manipulations de Bush et de son équipe pour faire passer l’inacceptable. Parce que la journaliste avait déjà commis en 2004 un travail remarqué sur les Escadrons de la mort, l’école française* – où elle avait exposé comment des militaires français, forts de leur "expérience" algérienne, étaient devenus les spécialistes de méthodes enseignées aux dictateurs sudaméricains –, elle a pu, sans être suspectée d’antiaméricanisme primaire, approcher des témoins essentiels. Ces interviews exclusives, mêlées à des archives filmées inédites d’auditions parlementaires conduites par des commissions du Congrès, montrent comment, à travers manoeuvres et mensonges, s’est mise en place cette dérive.  

"Intensité d’une blessure physique sévère"

Le vice-Président Dick Cheney l’avait annoncé dès le 16 septembre 2001: "Nous devons libérer de toute contrainte les services de renseignements pour qu’ils puissent conduire leur mission." Il va s’appuyer sur une armée de juristes pour tordre les lois, faisant requalifier la torture comme "intensité d’une blessure physique sévère", ce qui laisse bien des latitudes. Dans un mémo approuvé par Bush et retiré de la circulation après Abou Ghraib, sont même détaillées trois catégories de techniques inspirées d’un programme détourné de son objectif. Il visait à l’origine à entraîner l’élite des officiers américains à résister à la torture. En connaisseurs, les militaires ne sont pas dupes: elle est inefficace et les trois armes se sont unanimement prononcées contre son usage. Elle fait avouer tout et n’importe quoi et peut se retourner contre les troupes américaines elles-mêmes. Son efficience ne vaut qu’à Hollywood, explique Larry Wilkerson, chef de cabinet du ministre de la Défense Colin Powell. Faisant allusion à des séries comme 24 Heures, où Jack Bauer se livre à chaque épisode à des actes de torture pour sauver le monde, il souligne "le grotesque de l’argument". Cela suppose qu’on "peut obtenir le bon renseignement au bon moment"…

Mais on ne se débarrasse pas facilement de la torture une fois installée dans les pratiques et les consciences. Obama, malgré ses promesses, n’a pas fermé Guantánamo et a assuré l’impunité à l’administration Bush. Au-delà du cas américain, Marie-Monique Robin espère attirer l’attention sur la portée universelle de son film. "À un problème politique, explique-t-elle, il faut une réponse politique. Une solution strictement militaire dans un cas comme celui-là ne peut que s’enliser inévitablement dans la torture. Et le premier résultat, c’est de produire de nouveaux terroristes."

http://www.lejdd.fr/Medias/Television/Actualite/Torture-made-in-USA-documentaire-sur-Arte-332653/?from=cover



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

5-1 L'armée américaine effectue, à présent, simultanément, des opérations aériennes, dans 6 pays du monde.

L'armée américaine effectue, à présent, simultanément, des opérations aériennes, dans 6 pays du monde. Selon Press TV, le site anti-guerre, "met fin au rêve américain", a publié un article, selon lequel, l'armée américaine mène des opérations aériennes, actuellement, en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Yémen, au Pakistan et en Somalie. Ledit site ajoute que les dettes du peuple américain s'élevaient à moins de 6 trillions de dollars, avant la guerre contre le terrorisme, mais qu'à présent, elles ont été décuplées. En fait, un tiers des dettes du monde entier appartient aux Etats-Unis.

Ce site poursuit en révélant que les frais militaires américains s'élève à 46,5 % des frais militaires de tous les pays du monde.

4 juillet

 

PressTV


5-2 Guerres américaines au P-O en dix ans : 225 000 morts et 3700 milliards de $.  

Les guerres que les Etats-Unis ont provoqué depuis le 11-Septembre ont causé la mort d'au moins 225 000 personnes et entraîné un coût d'au moins 3700 milliards de dollars, selon une étude américaine publiée cette semaine par l'université Brown.
Les chercheurs, dirigés par les Pr Neta Crawford et Catherine Lutz, se sont penchés sur les guerres en Irak, en Afghanistan ainsi que sur la campagne ‘anti-terroriste’ menée au Pakistan.
Selon eux, "une estimation extrêmement prudente du bilan des victimes directes de ces guerres s'élève à ce stade à 225 000 morts et environ 365 000 blessés".
Le nombre de soldats tués est ainsi de 31 741 selon ce rapport, dont environ 6000 Américains, 1200 soldats alliés, 9900 Irakiens, 8800 Afghans, 3500 soldats pakistanais ainsi que 2300 membres de sociétés militaires privées
Une majorité de victimes civiles
Les civils paient le plus lourd tribut: 172 000 morts (125 000 Irakiens, 35 000 Pakistanais et 12 000 Afghans).
Les chercheurs n'évaluent en revanche qu'entre 20 000 et 51 000 le nombre total de résistants éliminés.
Quelque 168 journalistes et 266 travailleurs humanitaires ont par ailleurs été tués depuis que les Etats-Unis se sont engagés dans ces pays dans la "guerre contre le terrorisme".
Ces conflits ont engendré un flot massif de réfugiés et de personnes déplacées de plus de 7,8 millions de personnes, surtout en Irak et en Afghanistan.
Le coût cumulé de ces guerres est faramineux si l'on en croit cette étude: au minimum 3700 milliards de dollars, ce qui représente le quart de la dette américaine.

02/07/2011

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=21686&cid=13&fromval=1&frid=13&seccatid=15&s1=1


5-3 Maurizio Matteuzzi : Guerres étasuniennes : le coût.

"Première question : les Etats-Unis d’Amérique pourraient-ils vivre sans que quelque guerre n’alimentât, surtout en temps de crise économique, leur puissant système militaro-industriel ?

Seconde question (ingénument rhétorique) : que pourraient faire les Etats-Unis d’Amérique s’ils destinaient les colossales ressources économiques utilisées pour les guerres à leurs problèmes sociaux ?

   Questions qui surgissent à la lecture de l’étude produite par l’Université Brown de Providence, dans le Rhode Island, de la prestigieuse chaîne universitaire Ivy-league. On peut se reporter pour ce faire au site de l’université : « Cost of war, 250.000 lives and up to £4 trillion »[i] et sur le site du quotidien londonien The Independant, qui y a consacré hier un article, synthétisé ainsi : « La guerre au terrorisme s’apprête à dépasser le coût de la seconde guerre mondiale ».

   Le coût total pour l’Amérique ( !? pour les Etats-Unis d’Amérique, NdT), des guerres post-11 septembre contre l’Irak et l’Afghanistan, et des opérations militaires corrélées au Pakistan (genre l’Opération Jeronimo contre -le présumé, NdT- Ben Laden), est en voie, étant donné qu’elles ne sont pas encore finies, de dépasser les 4 trillions de dollars (4 mille milliards)". 

Suite en pièce jointe ; j'ai traduit cet article surtout pour les chiffres rapportés, dont on peut penser qu'ils sont loin d'exagérer le coût réel (surtout dans l'estimation du nombre de victimes civiles) de ces guerres.

Voir aussi un très bel article sur Le Grand Soir : Guerres de merde (Rebelion) par Collectif « Luciano Romero Molina ».

"Dans ce qui est appelé « missions internationales », ceux qui meurent ce sont ceux d’en bas, les pauvres types, les moins que rien.

Deux soldats colombiens sont morts en Afghanistan cette semaine, l’un sous l’uniforme de l’armée espagnole et l’autre sous l’uniforme de l’armée impériale des Etats-Unis ».

[i] NdT : voir exactement : http://news.brown.edu/pressreleases/2011/06/warcosts et, ne serait-ce que pour quelques photos, qu’on ne voit jamais, de dévastations de la guerre à Bagdad : http://costsofwar.org/

Maurizio Matteuzzi

http://www.legrandsoir.info/guerres-de-merde-rebelion.html


5-4 Bill Van Auken : Les guerres sans fin de Washington.

L’armée américaine est en train de mener simultanément des campagnes d’attaque de missiles par drones, des bombardements, des opérations à des fins d’assassinats par les forces spéciales et des combats au sol dans cinq pays différents: Irak, Afghanistan, Pakistan, Libye et Yémen.

Le président Barack Obama qui doit en grande partie sa victoire électorale en 2008 à l’écoeurement populaire ressenti par des millions d’Américains à l’égard des guerres d’agression lancées par le gouvernement Bush en Afghanistan et en Irak, a plus que rempli les prédiction de George W. Bush concernant les « guerres du 21ème siècle. »

Il a surpassé son prédécesseur républicain en un point au moins.

Bush avait proclamé une doctrine infâme affirmant que l’impérialisme américain avait le droit de mener une guerre contre tout pays qu’il reconnaissait comme étant, maintenant ou n’importe quand dans l’avenir, une menace potentielle. Il adopta le principe de la « guerre préventive », une forme de guerre agressive pour laquelle les dirigeants du Troisième Reich encore vivants furent jugés à Nuremberg.

En justifiant la guerre contre la Libye, Obama a promulgué sa propre doctrine qui se passe même du prétexte d’une menace potentielle comme justification pour la guerre. Au lieu de cela, il affirme que les Etats-Unis sont dans leur droit de mener une guerre partout où ils jugent que leurs « intérêts et leurs valeurs » sont en jeu même si les objectifs de l’attaque ne représentent aucune menace concevable à la sécurité américaine.

Dans son discours sur la Libye, Obama a inclus parmi les inviolables valeurs américaines le « maintien du flux commercial »,     c’est-à-dire, le flux de profits dans les caisses des compagnies pétrolières américaines et d’autres grands groupes.

Même au moment où, il y a près de trois mois, des missiles de croisière pleuvaient sur la Libye, Obama avait cyniquement fait valoir que Washington avait lancé la guerre par crainte qu’une répression menée par le gouvernement libyen du colonel Mouammar Kadhafi éteindrait « le printemps arabe. »

Quelle hypocrisie! La véritable attitude de Washington à l’égard des aspirations démocratiques des peuples du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord s’est traduite sans ambiguïté dans une série d’actions survenues ses derniers jours.

Obama a accueilli à la Maison Blanche le prince héritier du Bahreïn, une dictature monarchique qui, avec le l’appui tacite des Etats-Unis et le soutien militaire ouvert du principal allié de Washington dans la région, l’Arabie saoudite, a impitoyablement réprimé un mouvement de masse en faveur de droits démocratiques, tuant des centaines de personnes, en emprisonnant des milliers d’autres et en torturant systématiquement les détenus.

Le prince est arrivé quelques jours à peine après que le régime eut ouvert un procès militaire contre des médecins et des infirmiers. Interpellés pour avoir traité des manifestants blessés par des forces de sécurité, ces travailleurs médicaux ont été contraints, à l’aide de chocs électriques et de bastonnades avec des planches pourvues de clous, de signer de faux témoignages.

Dans un communiqué official, Obama a « réaffirmé le ferme engagement des Etats-Unis à l’égard du Bahreïn » – dont le régime abrite la cinquième flotte américaine – en louant son monarque pour avoir embrassé le « dialogue » et la « réforme ». Le président américain a généreusement conseillé que « l’opposition et le gouvernement » – les torturés tout comme les tortionnaires – « doivent trouver un compromis pour forger un avenir juste pour tous les habitants du Bahreïn. »

Le New York Times a révélé que de l’autre côté de la péninsule arabe, les Etats-Unis « étaient en train d’exploiter un vide grandissant du pouvoir » créé par cinq mois de soulèvement de masse contre la dictature au Yémen, le pays le plus appauvri de la région, soutenue par les Etats-Unis pour y lancer une nouvelle guerre en recourant à des frappes de missiles tirés depuis des drones et à des attaques d’avions de combat.

Tout en étant prétendument dirigées contre des éléments d’Al Qaïda, tout indique que les attaques visent à sauver le régime du président Ali Abdullah Saleh, et ce tout en facilitant le départ du dictateur d’une présidence qu’il avait occupée durant 33 ans.

La première frappe relatée dans ce nouveau théâtre de guerre débutée par le Pentagone a tué au moins quatre civils ainsi que plusieurs prétendus « militants. »

En Libye, la guerre Etats-Unis/OTAN touche à la fin de son troisième mois avec une intensification des bombardements incessants menés pour terroriser et qui ont coûté la vie à des centaines de civils et à un nombre incalculable de soldats libyens.

Washington et ses alliés européens ne cachent pas leur véritable objectif, qui estun « changement de régime », dans cette guerre lancée sous le prétexte cynique de protéger des civils, c’est-à-dire la mise en place d’un Etat fantoche garantissant la domination de l’impérialisme et des principales compagnies pétrolières occidentales.

C’est cela la véritable réponse de l’impérialisme américain au « printemps arabe » – une explosion du militarisme au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, une tentative désespérée d’étayer les dictatures servant ses intérêts dans la région, et une détermination à étrangler les luttes révolutionnaires des travailleurs et de la jeunesse arabe.

Ces nouvelles interventions militaires s’ajoutent aux guerres et aux occupations qui durent déjà depuis une décennie en Afghanistan et en Irak et qui, comme il apparaît de plus en plus clairement, doivent continuer indéfiniment.

Lors d’une audience de confirmation jeudi devant le Sénat, le directeur de la CIA, Leon Panetta, choisi par Obama pour remplacer le chef du Pentagone sortant, le secrétaire à la Défense Robert Gates, a reconnu qu’il était « tout à fait persuadé » que le régime en Irak réclamerait prochainement que Washington maintienne des milliers de soldats américains sur le sol irakien après la date butoir du retrait des troupes, le 31 décembre 2011.

Panetta a clairement fait comprendre que Washington veut maintenir les troupes en lieu et sur place « pour s’assurer que les gains que nous avons fait en Irak soient maintenus. » Le fait que la grande majorité de la population irakienne pour qui l’occupation américaine a signifié la mort, la mutilation et le déplacement de millions de gens, veut que les 47.000 soldats américains quittent maintenant le pays est hors de propos.

L’homme que Panetta remplacera, le secrétaire à la Défense Gates, a souligné à maintes reprises au cours de ces derniers jours que la date butoir de juillet 2011 qu’Obama avait fixée pour le retrait d’Afghanistan ne devrait entraîner aucune réduction significative du déploiement des quelque 100.000 soldats américains.

Après la réunion du week-end avec les commandants militaires en Afghanistan, Gates a fait remarquer que tout retrait serait « modeste » en disant à Bruxelles aux ministres de la Défense de l’OTAN qu’il « n’y a aucune urgence de notre part pour un retrait. » Entre-temps, de nouvelles atrocités sont commises chaque semaine avec des victimes civiles causées au-delà de la frontière pakistanaise par des bombardements, des raids nocturnes menés par les forces spéciales et des attaques de missiles par drones.

Les travailleurs, les étudiants et la jeunesse aux Etats-Unis sont de plus en plus obligés de porter le fardeau d’une politique de guerre sans fin visant à forger un empire mondial servant les intérêts de l’oligarchie financière américaine. Une élection après l’autre et un sondage d’opinion après l’autre ont montré qu’une vaste majorité de la population est opposée à ces guerres, et pourtant cette opposition ne trouve pas son expression dans le système politique bipartite ou dans les médias qui sont à la botte des grandes entreprises.

Les travailleurs sont parfaitement conscients que des milliers de milliards de dollars sont dépensés pour ces guerres et pour le complexe militaire industriel américain, en dépit du fait que les gouvernements tant au niveau fédéral, qu’au niveau régional et local, dirigés tant par les Démocrates que les Républicains, disent qu’il n’est pas possible de trouver de l’argent pour financer des emplois, des salaires décents, les soins de santé, l’éducation ou des services sociaux vitaux.

De plus, la tentative de l’élite dirigeante américaine d’utiliser le militarisme pour pallier au déclin de sa position dans l’économie mondiale, engendre des tensions internationales de plus en plus dangereuses et une menace de guerres à venir encore plus sanglantes.

Alors même que l’hostilité à ces guerres s’accroît, les manifestations anti-guerre ont presque complètement disparus, asphyxiées qu’elles sont par une couche petite bourgeoise jadis de gauche qui soutient Obama et qui s’est en grande partie intégrée dans le Parti démocrate.

Un nouveau mouvement contre la guerre ne peut être construit que sur la base d’une rupture irrémédiable avec les Démocrates et une mobilisation indépendante de la classe ouvrière contre le gouvernement Obama et le système de profit capitaliste, source de guerre et de militarisme.

Bill Van Auken  

(Article original en anglais paru le 11 juin 2011)

Internationalnews

WSWS  16 juin 2011

http://www.internationalnews.fr/article-les-guerres-sans-fin-de-washington-par-bill-van-auken-76987181.html 


5-5 Tariq Ramadan : Le Président Obama : Le verbe et les symboles - Le bien dit et le mal entendu.

Après le discours du 4 juin 2009, le président Back Obama a ressenti le besoin de s’adresser aux Arabes d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient à la suite des événements majeurs que sont les révolutions et la mort d’Oussama ben Laden.

L’élection du premier « African American President » avait suscité d’immenses espoirs dans les sociétés majoritairement musulmanes : non pas seulement à cause des origines de Barack Obama mais surtout car il semblait incarner un renouveau dans la vision et la politique américaines après les sombres années de l’administration Bush.

L’actuel Président a su manier avec excellence la force du verbe et jouer du pouvoir des symboles. Quelque chose a changé aux Etats-Unis, c’est une évidence, et la page d’une ère bien sombre a été tournée. Il reste qu’il faut mesurer son optimisme et regarder les faits pour ce qu’ils sont. Le président Barack Obama avait promis de mettre un terme aux situations de non droit, comme à Guantanamo ; de reformer les législations discriminatoires et de faire cesser les traitements dégradants telle la torture (légitimée au nom de la guerre contre le terrorisme) ; de mettre un terme aux situations de guerre en Afghanistan et en Irak ; de faire avancer le processus de paix au Moyen-Orient ; d’ouvrir enfin une ère nouvelle dans les relations internationales multipolaires. Or, au-delà des symboles et des mots, on s’aperçoit que les choses ont peu changé, voire que la politique sécuritaire s’est durcie : Guantanamo demeure une honteuse réalité, la nouvelle législation sur le terrorisme expose certains citoyens, politiquement ou religieusement « sensibles », aux traitements les plus aléatoires et clairement discriminatoires (de l’emprisonnement à la déportation sur la base de simples suspicions), les guerres d’Irak et d’Afghanistan continuent et le processus de paix n’est plus qu’un slogan, mort dans les faits. Qu’est-ce qui a changé, de fait, et qu’est-ce qui devrait changer, somme toute ?

Il y a ce dont le Président parle et ce dont il ne parle pas : les dits et les non dits déterminent ensemble la vraie substance de son discours. Barack Obama fait face à deux défis majeurs : la question internationale est bien sur évidente – ce fut la substance dite de son discours - mais celle-ci est inextricablement liée à la politique intérieure avec laquelle le Président doit forcement composer (dont il n’a rien dit, à une année des élections). Il ne faut rien négliger du contexte après l’annonce de l’opération « légale » contre la tête d’al Qaida au Pakistan. L’exécution de Oussama ben Laden a montré encore une fois l’étendue du fossé existant entre l’administration américaine et les musulmans aux Etats-Unis et à travers le monde. Evénement médiatique majeur en Occident, couvert par toute la presse du Nord, comme une victoire et la fin du « symbole du terrorisme », la mort d’Oussama ben Laden a suscité peu de réactions parmi les musulmans en Occident comme en Orient, et plus largement dans les pays du Sud. Pas d’images, pas de preuve, à quoi s’est ajoutée l’annonce du rejet à la mer du corps de ben Laden : tout cela a suscité des questions, des doutes, et surtout une distanciation claire tant vis-à-vis des Etats-Unis que, et depuis longtemps, de ben Laden lui-même. Ce dernier n’a jamais atteint les foules ni galvanisé les peuples musulmans (à l’exception d’une minorité d’extrémistes violents) et l’administration américaine, en agissant de la sorte montrait, une fois de plus, qu’elle n’avait pas les clefs des intelligences et des sensibilités musulmanes. Le discours de Barack Obama, le soir de l’annonce de l’élimination de ben Laden, était certes éloquent, mais force est de constater qu’il fut négligé par le monde musulman, et bien mal entendu. Il s’agissait d’un discours d’abord destiné aux Américains : Barack Obama montrait ainsi sa capacité à être ferme, à savoir protéger son pays, à prendre des décisions de guerre, graves et dangereuses. On lui avait tant reproché ses hésitations : il a gagné plus de douze points dans les sondages. Dans un contexte pré-électoral, une première belle opération de communication au demeurant.

Il fallait donc un nouveau discours, cette fois-ci destiné aux Arabes, aux démocrates et aux musulmans en général puisque le Président a compris qu’il avait non seulement été incompris mais également mal reçu. De plus en plus Barack Obama apparait comme l’homme de la séduisante image et du beau verbe derrière lequel se cache une administration moins regardante sur les principes et la cohérence des politiques menées sur la scène internationale comme sur le plan intérieur. On a certes entendu le clair soutien des Etats-Unis aux mouvements de démocratisation en Afrique du Nord et au Moyen-Orient mais qu’en est-il du traitement différencié de ces mouvements (entre la Libye et la Syrie par exemple où on attend de Bashar al-Assad, dont on a besoin et qui fait tirer sur les civils désarmés, qu’il réforme magiquement son régime despotique) ou du silence complice quand il s’agit des pétromonarchies alliées (comme le Bahreïn soutenu par l’Arabie Saoudite) qui répriment et tuent les civils et les opposants non violents ? On a certes entendu que la souffrance et les droits des Palestiniens devaient être respectés mais quel a été la politique effective de l’administration Obama depuis trois ans : du silence lors des massacres de Gaza à la mort de dizaines de civils désarmés lors de la célébration de la Nakba, le15 mai 2011 ? On peut se réjouir que le Président ait mentionné les frontières de 1967 comme principe de négociation entre Israël et les Palestiniens : il reste que la passivité américaine quant à la politique continue et effective de colonisation israélienne et aux faits accomplis sur le terrain rend cette position inconsistante et caduque de fait. Ce sont des mots, encore des mots, pour faire rêver les Palestiniens et les Arabes et qui n’empêchent en rien les Israéliens d’avancer dans leur stratégie. Ce qu’ils font depuis tant de temps derrière la façade des tensions médiatisées entre les deux gouvernements américains et israéliens.

Guantanamo et la torture restent des réalités dans l’Amérique de Barack Obama avec le déni des droits élémentaires pour les prisonniers et, de surcroit, le sang des civils irakiens et afghans semble toujours compter pour presque rien. Pour bien moins que le sang des civils libyens au demeurant : et pourquoi donc ? Des raisons économiques seraient-elles le vrai moteur de la politique américaine en Afrique du Nord et au Moyen Orient ? Tout porte à le penser et les dits et les non dits du discours de Barack Obama ne sont pas pour rassurer la rue arabe. Dans son discours, le Président a beaucoup insisté sur la dimension économique des révolutions arabes. Il n’y aura pas de vrai processus démocratique sans développement et stabilité économique : le propos est juste et l’équation fait sens. Barack Obama annonce une diminution de la dette, un investissement et un soutien financier américain majeur dans la région avec l’aide de l’Europe et de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International. Tout porte à croire que l’ouverture démocratique est pensée et accompagnée de l’ouverture de nouveaux marchés juteux : l’administration américaine, et derrière elle les multinationales, n’ont pas pour seules amours, libres et désintéressées, la démocratie, la justice et la liberté mais aussi la rentabilité marchande et la pénétration consumériste. Le Président a présenté ce soutien économique en terme de solidarité et de générosité à l’égard des peuples... dont la négligence pendant des décennies ne l’a jamais perturbé. L’absence de référence aux nouveaux acteurs économiques régionaux et également intéressante à noter : la Chine, l’Amérique du Sud ou la Turquie ne vaudraient pour rien dans le positionnement américano-européen dans la région ? Qui peut le croire... Qui ne sait entendre le sens des silences dans le discours de Barack Obama. Les retombées économiques régionales (en Afrique du Nord et au Moyen-Orient) pourraient se révéler plus conséquentes en terme d’enjeux géostratégiques que les processus de démocratisation politique : une apparente indépendance politique avec quelques libertés est en train de clairement se marier à une dépendance économique accrue et de multiples contraintes. L’économie libérale n’est libérale que pour certains. Barack Obama répète à l’envie que « l’Amérique n’a rien contre l’islam et les musulmans » en omettant d’ajouter « tant que, démocrates ou autocrates, ils ne s’opposent pas à nos intérêts ». Un nouveau visage, le même discours : une fois encore c’est l’action concrète qui pourrait changer la donne. Les musulmans entendent parfaitement le dit et le non dit mais ne voit rien venir quant à une politique qui serait vraiment nouvelle.

Sur un autre plan, il faut ajouter que la question de l’islam est en train de s’inviter aux prochaines élections américaines. Le mouvement du Tea Party et les néo conservateurs mènent campagne sur le danger de la présence de l’islam et de l’islamisation de l’Amérique. Dans dix-huit Etats américains, on tente de passer des lois surréalistes sur l’interdiction de l’application de la shari’a présentée comme une référence barbare. Il ne s’agit donc plus de s’attaquer à l’islamisme extrémiste violent mais à l’islam en tant que tel et à l’essence de cette religion. Ce mouvement gagne du terrain et, de controverse en controverse, installe une atmosphère étrange dans le pays. De la mosquée du Park 51 (dite du ground zéro) à la journée appelant à brûler le Coran, jusqu’aux mobilisations locales contre des manifestations musulmanes ou la construction de mosquées, les tensions s’avivent et on retrouve aux Etats-Unis des discours et des attitudes que l’on a vu s’installer depuis plusieurs années en Europe. Un racisme antimusulman, une islamophobie, qui fait campagne et cherche à stigmatiser une partie de la population américaine sur une base prioritairement religieuse (en plus du racisme contre les Africain-Américains qui perdure). Une politique émotionnelle basée sur la peur, la méfiance et le rejet et qui utilise les tenants du populisme européen, à l’instar de Geert Wilders qui remplit les salles aux Etats-Unis, pour confirmer le bien fondé de cette nouvelle xénophobie.

L’election du Président Barack Obama a paradoxalement permis à ces mouvements de gagner du terrain en jetant le discrédit sur sa propre personne, son origine, voire sa religion (23% des Américains pensent qu’il est un crypto-musulman et 42% pensent qu’il n est pas un bon chrétien : cela fait un total de 65% d’Américains dans le doute). ces mouvements n’auront de cesse de multiplier les critiques et de mettre le Président dans les situations les plus inconfortables qui soient. Ce dernier a dit et répété que l’islam était une religion américaine mais il apparait urgent que son administration, sur le plan intérieur, fasse preuve d’un courage autre que verbal et qu’elle confronte les courants islamophobes et xenophobes avec des politiques plus égalitaires et plus déterminées. Les beaux discours du Président sont suivis de politiques très frileuses sur le terrain : l’arrivée des prochaines élections ne va sans doute pas aider à renverser cette réalité et pourtant c’est paradoxalement le meilleur moyen pour le Président de s’affirmer comme le Président du renouveau, capable de l’emporter avec une politique juste et raisonnable en 2012. L’enjeu est majeur et, en ce qui concerne la question du renouveau de la relation avec l’Islam et les musulmans, la politique internationale est liée à la politique intérieure. Le Président Barack Obama ne peut se satisfaire de discours intelligents (et toujours ouverts) auxquels ils invitent des leaders, des savants et des intellectuels musulmans. Dans la rue arabe, comme dans les villes et les innercities américaines, les citoyens musulmans ordinaires n’ont que faire des images et des mots. Ils restent à l’écoute des silences qui dévoilent, et de l’absence d’actions qui confirment au quotidien les insuffisances critiques de la politique d’Obama depuis trois ans. Les peuples musulmans savent, comme d’ailleurs tous les peuples, qu’il y a un ironique paradoxe à offrir un prix Nobel de la Paix à celui qui toujours en parle et jamais ne l’a concrètement fait.

Tout est dit dans ce prix. A la lumière des vrais défis, qui exigent de vraies actions, ce fut un beau discours, bien écrit, et qui, une fois de plus, risque d’être mal, peu, ou carrément , pas entendu.

Et qui donc aurait tort de demander, au cœur de la transparence démocratique, que celle-ci s’habillât de quelque concrète cohérence ?

Tariq Ramadan

Publié le 27 mai 2011



6 Annexe

6-1 William Blum : Que Dieu bénisse l’Amérique, et ses bombes...

Lorsqu’ils ont bombardé la Corée, le Vietnam, le Laos, le Cambodge, El Salvador et le Nicaragua, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.

 

Lorsqu’ils ont bombardé la Chine, le Guatemala, l’Indonésie, Cuba et le Congo, je n’ai rien dit, je n’étais pas au courant.

 

Lorsqu’ils ont bombardé le Liban et la Grenade, je n’ai rien dit, je n’y comprenais rien.

 

Lorsqu’ils ont bombardé le Panama, je n’ai rien dit, je n’étais pas un trafiquant de drogue.

 

Lorsqu’ils ont bombardé l’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan, la Somalie et le Yémen, je n’ai rien dit, je n’étais pas un terroriste.

 

Lorsqu’ils ont bombardé la Yougoslavie et la Libye pour des raisons « humanitaires » je n’ai rien dit, cela avait l’air d’être une bonne raison.

 

Quand ils sont venus me bombarder, il n’y avait plus personne pour me défendre. Aucune importance, puisque j’étais mort. (1)

Les Cibles

C’est devenu un cliché que d’accuser les Etats-Unis de choisir comme cibles les gens de couleur, ceux du tiers-monde ou les musulmans. Mais il ne faut pas oublier qu’une des plus longues campagnes de bombardement américaines féroces des temps modernes – pendant 78 jours consécutifs – fut menée contre les habitants de l’ex-Yougoslavie : blancs, européens et chrétiens. Les Etats-Unis sont pour l’égalité des chances, lorsqu’il s’agit de bombarder. Les seules conditions requises pour devenir une cible sont : a) constituer un obstacle - n’importe lequel – à la volonté de l’Empire Américain ; b) être virtuellement sans défense contre les bombardements aériens.

Les Survivants

« Nous ne voyons jamais le feu et la fumée, nous ne sentons jamais l’odeur du sang, nous ne croisons jamais les regards terrorisés des enfants dont les cauchemars seront désormais hantés par des missiles hurlants tirés par les terroristes invisibles, connus sous le nom d’Américains » (2)

 

La NASA a annoncé une nouvelle mission spectaculaire, le lancement d’une fusée qui voyagera pendant 4 ans pour se poser sur une astéroïde où elle prélèvera un peu de poussière de la surface et ramènera sa précieuse cargaison sur la Terre, où des scientifiques l’examineront pour trouver des indices sur les origines de la vie. Une véritable histoire de science-fiction. Cela dit, à titre personnel je considérerais comme une prouesse bien plus grande pour l’humanité la possibilité de mettre fin à tous les bombardement américains et à toutes leurs guerres, et inculquer un peu d’humilité à la Sainte Trinité – les Etats-Unis, l’Union Européenne et l’OTAN – qui ne reconnaissent aucun pouvoir supérieur et qui croient qu’ils ont littéralement le droit de faire partout dans le monde ce qu’ils veulent, à qui ils veulent, aussi longtemps qu’ils le veulent, et de qualifier leur action d’un nom choisi au hasard, « humanitaire » par exemple.

La chute de l’Empire Américain offrirait un nouveau départ pour le peuple américain et le monde qui souffrent depuis si longtemps.

Notes :

(1) Full list of US bombings since World War 2

(2) Martin Kelly, publisher of a nonviolence website

Traduction "fermez les yeux et répétez après moi : le blocus n’existe pas, c’est juste une excuse... le blocus n’existe pas, c’est juste une excuse..." par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

5 juin 2011

 

Source : Le Grand Soir



7 Provinces Afghanes

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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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