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17/07/2011

n°29 - Journal de Libye - 25-06 au 16-07 - Suite- : Mme Hana Al-Gharari va porter plainte contre l’OTAN pour crime contre l’humanité


n°29  - Journal de Libye - 25-06 au 16-07 - Suite- : Mme Hana Al-Gharari va porter plainte contre l’OTAN pour crime contre l’humanité.



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Libye

n°29                                        25-06 au 16-07

C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Libye" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm


Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Editorial

Les s'en va en guerre...

Appel au meurtre en Libye ?

L’OTAN donne des signes de son intention d'assassiner Kadhafi  

Analyse

Hurler avec les loups, nouvelle déontologie du journalisme ?

Une situation périlleuse…

Résistance

Analyse

Seïf al-Islam : "Nous nous rendrons jamais"  04

 Les attaques sur le territoire lybien.

Au jour le jour

1 Politique de l'Otan

Sur le terrain

Armen Oganessian : L'OTAN travestit la réalité en Libye.

Des Canons ... pas du beurre

La politique de la France en Libye de plus en plus critiquée.

Les grandes manœuvres

Jean-Philippe Rémy:  L'OTAN est accusée de bavure.  


Les s'en va en guerre...

Appel au meurtre en Libye ?

L’OTAN donne des signes de son intention d'assassiner Kadhafi  

- Les avions l'OTAN ont mené lundi soir un raid sur la capitale libyenne, Tripoli, annonce la télévision libyenne, citant un porte-parole militaire. La même source précise que les avions de l’OTAN ont ciblé un autobus privé utilisé par le leader libyen lors de ses déplacements. a direction du Foreign Media en Libye a accompagné les journalistes et les correspondants de agences de presse et des chaînes internationales de télévision présents à Tripoli à la résidence du leader libyen à Bab Al-Aziziya où ils ont constaté les destructions causées par le bombardement et le bus endommagé. Selon les autorités libyennes, ce raid confirme l'intention de l'OTAN d'assassiner le leader libyen et sa famille.
Un représentant américain de l'Etat de l'Ohio et membre de la commission de l'armée et de l’armement au Congrès, Mike Turner, a déclaré, en citant un amiral américain au commandement de l’OTAN à Naples, que l'objectif de la campagne contre la Libye est l'assassinat du leader libyen et le changement du régime dans le pays.
Selon lui, l'amiral Samuel Walker a reconnu que les efforts sont intensifiés pour poursuivre Mouammar Kadhafi et son assassinat ainsi que pour opérer un changement de régime en Libye.
Il a affirmé que l’OTAN agit en dehors du mandat accordé par la résolution du Conseil de sécurité de 1973, soulignant la mesure dans laquelle l’OTAN tente de réaliser ses dessins outrepasse la mission de protection des civils, bien que le président Barack Obama a annoncé que l'objectif de l’opération en Libye n'est pas d’opérer un changement de régime.
Le président sud-africain, Jacob Zuma, a dénoncé les mandats d'arrêt lancés par la Cour pénale internationale (CPI) contre le guide libyen Mouammar Kadhafi et deux autres personnalités libyennes. 'Le président Zuma est extrêmement contrarié et préoccupé par la délivrance d'un mandat d'arrêt contre le colonel Kadhafi', a déclaré le porte-parole du président, Zizi Kodwa, dans une interview à une station radio. 'Il est vraiment malheureux que la CPI prenne une telle décision alors que l'Union africaine (UA) à travers son comité ad hoc a tant fait. Je pense que les progrès réalisés jusqu'ici montrent qu'il y a maintenant un engagement de la part des deux parties, à la fois de l'autorité libyenne dirigée par le colonel Kadhafi et du Conseil national de transition', a-t-il souligné. M. Kodwa estime que les mandats d'arrêt vont saper le travail du comité de l'UA. C'est la première fois que les juges de la CPI prennent une telle décision durant un conflit en cours. M. Zuma avait mis en garde l'OTAN contre l'usage de sa puissance militaire pour assassiner le numéro un libyen, rappelant que la résolution de l'ONU qui a autorisé l'OTAN à entrer en action en Libye avait pour objectif de protéger le peuple libyen et non de procéder à 'un changement de régime ou à un assassinat politique'.
Les avions de l’OTAN bombardent un marché de légumes
29/06/2011

 http://www.afriquejet.com/afrique-du-nord/libye/libye:-l%E2%80%99otan-donne-des-signes-de-son-intention-d%27assassiner-kadhafi-2011062916808.html



Analyse

Hurler avec les loups, nouvelle déontologie du journalisme ?

La Charte d’Ethique Professionnelle des journalistes, du SNJ (mise à jour mars 2011) ne prévoit pas qu’hurler avec les loups permette d’appeler au meurtre.

Tout au contraire, elle précise :

...« C’est dans ces conditions qu’un journaliste digne de ce nom :

Prend la responsabilité de toutes ses productions professionnelles, mêmes anonymes ;

 Respecte la dignité des personnes et la présomption d’innocence ; Tient l’esprit critique, la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité, pour les piliers de l’action journalistique ; tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, l’altération des documents, la déformation des faits, le détournement d’images, le mensonge, la manipulation, la censure et l’autocensure, la non vérification des faits, pour les plus graves dérives professionnelles ; …

 Ne confond pas son rôle avec celui du policier ou du juge. »

Charte professionnelle du SNJ dont Jean Guisnel n’est certes pas nécessairement membre

Le magazine « Le Point » daté du mardi 21 juin 2011 publie dans sa rubrique "Défense ouverte" un article signé Jean Guisnel dont la conclusion ressemble fort à un appel au meurtre de Mouammar Kadhafi.

 

Une situation périlleuse…

Il paraît aujourd’hui acquis que si la victoire ne survient pas rapidement, c’est-à-dire si le colonel Kadhafi n’est pas ravi d’une façon ou d’une autre à l’affection des siens, les armées britanniques, mais aussi françaises, vont se trouver en posture difficile.

Tout est possible, bien sûr, y compris que les militaires fassent des efforts démesurés pour faire marcher la machine de guerre. Mais tout a une limite, y compris leur bonne volonté.

Commentaire :

Jean Guisnel mérite t-il sa carte de presse ?

Bien sûr, animé d’une véritable déontologie il pourrait dénoncer :

 les centaines de missiles Tomahawk contenant chacun 300 kgs de produits radioactifs lancés sur les civils tripolitains par les USA en dehors de toute procédure constitutionnelle,

 les crimes contre l’Humanité perpétrés par l’OTAN, comme l’assassinat de trois jeunes enfants, qui n’avaient commis qu’une seule faute, celle d’être les petits-enfants du Colonel Kadhafi.

 le millions de personnes déplacés, dont 540.000 recensés par l’ONU, entassés dans des camps de fortune au Sud tunisien, sans vivres, sans moyens médicaux, où des épidémies de tuberculose, de gale, de dysenterie et de SIDA se répandent.

Simplement parce que l’OTAN veut absolument créer un nouvel état, une belgique africaine détentrice les puits de pétrole, à côté d’une zone chaotique où tester ses armes de destructions massives sur les flux de migrants, tout en créant un psychose en Europe qui aboutirait à faire applaudir les populations effrayés des hordes africaines que l’OTAN serait seul à tenir hors d’Europe.

Mais Jean Guisnel, à défaut d’informer, ferait bien de s’informer : OBAMA est sous le coup d’une procédure de destitution pour n’avoir pas d’autorisation parlementaire d’engager les USA dans cette guerre, des procédures pour crimes contre l’Humanité sont pendantes devant plusieurs juridictions, etc.

Pour rester du côté du manche, ne devrait-il pas envisager un peu de retenue, si jamais il devait, peut-être bientôt, retourner discrètement sa veste ?

Comité Valmy

21 juin 2011,

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1578



Résistance

Analyse

Seïf al-Islam : "Nous nous rendrons jamais"  04/07/2011

Les puissances occidentales sont vouées à échouer dans leur campagne militaire pour faire tomber Mouammar Kadhafi, a déclaré dimanche l'un de ses fils, Saïf al Islam, dans une interview à la chaîne TF1. Saïf al Islam a réaffirmé que son père n'avait pas l'intention de quitter le pays dans le cadre de négociations pour mettre un terme au conflit avec les insurgés.
A la question de savoir s'il avait un message à transmettre au président Nicolas Sarkozy, il a répondu: "Vous ne gagnerez pas. Vous n'avez aucune chance, zéro chance, de remporter la guerre ici", a-t-il dit à TF1. "Si vous nous en voulez parce que nous n'achetons pas d'avions Rafale, il vaudrait mieux discuter avec nous", a-t-il ajouté, en faisant allusion à l'avion français construit par Dassault, que Paris cherchait à vendre à la Libye avant le soulèvement qui a éclaté contre Kadhafi en février.
Saïf al Islam, sur qui, comme sur son père, pèse un mandat d'arrêt international lancé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité, a indiqué que les autorités libyennes étaient disposées à faire des concessions sur certaines revendications de l'Occident.
"Vous voulez la démocratie, nous y sommes prêts. Vous voulez des élections, nous y sommes prêts. Vous voulez, quoi d'autre? Une nouvelle Constitution? Nous y sommes prêts. Un cessez-le-feu? Nous y sommes prêts. C'est l'autre camp qui refuse, constamment", a-t-il dit. "Mais demander à mon père de quitter le pays, c'est une blague. Nous ne nous rendrons jamais. Nous lutterons. C'est notre pays", a continué Saïf al Islam.
Mustapha Abdeljalil, chef du CNT, dit être d’accord que Kadhafi reste en Libye à condition qu’il renonce à tous ses pouvoirs.

http://www.gnet.tn/revue-de-presse-internationale/libye/-seif-al-islam-nous-nous-rendrons-jamais/id-menu-957.html


 Les attaques sur le territoire lybien.

Au jour le jour

45 raids effectués par l'Otan lors des dernières 24 heures  

26-06

Les avions otaniens participant à l'opération Défenseur unifié en Libye, ont fait, au cours de ces dernières 24 heures, 123 vols, dont 45 de combat, détruisant deux chars, quatre canons DCA ainsi qu'un nombre de sites militaires, a annoncé dimanche le service de presse de l'Alliance.
Depuis le 31 mars, date de passation à l'Otan du contrôle des opérations visant à assurer la zone d'exclusion aérienne en Libye et à protéger la population civile, l'aviation de l'Alliance a fait le total de 12.607 vols, dont 4.748 de combat, a indiqué le service de presse.

Farid Merrad

26/06/2011

http://fr.rian.ru/world/20110626/189962259.html

 

29/06/2011

Tripoli,  Les avions l'OTAN ont bombardé mardi soir des sites civils et militaires dans la région de Bir Al-Usta Milad, dans la banlieue-est de Tripoli, détruisant de nombreuses installations, selon un porte-parole militaire libyen. Par ailleurs, la télévision libyenne a rapporté, citant un porte-parole militaire, qu'un raid de l'OTAN a ciblé le même jour un marché de légumes dans la région de Taouargha, à 250 km environ à l'est de Tripoli, tuant huit personnes et en blessant plusieurs autres. Le porte-parole militaire a indiqué que ce raid sur ce marché s’inscrivait dans le cadre du 'génocide collectif systématique de l'OTAN contre le peuple libyen'.
Il a réitéré les accusations contre l’Alliance accusée d'avoir commis 'des crimes contre l'humanité en Libye'.

 http://www.afriquejet.com/afrique-du-nord/libye/libye:-l%E2%80%99otan-donne-des-signes-de-son-intention-d%27assassiner-kadhafi-2011062916808.html

 

Des bâtiments administratifs et civils atteints par les raids de l'OTAN  

Des avions de l'OTAN ont bombardé, samedi soir, pour la troisième fois consécutive plusieurs bâtiments administratifs et des centres de formation de la sûreté publique libyenne dans le secteur de Khalet Al-Fourjan (banlieue sud de Tripoli), a annoncé la télévision libyenne, citant un porte-parole militaire. La même source a ajouté que parmi les bombardements ont également ciblé la région de Al-Gaoullich (130 kilomètres au sud-ouest de Tripoli) , causant de nombreux morts et blessés et de nombreux dégâts matériels.
Le raid aérien sur Khalet Al-Fourjan a provoqué, selon le porte-parole militaire, la destruction de l'infrastructure de base et des bureaux administratifs ainsi que la destruction de nombreux bâtiments d'habitation se trouvant à proximité du site.
Pana

27/06/2011

http://www.afriquejet.com/afrique-du-nord/libye/libye-actualites:-des-batiments-administratifs-et-civils-atteints-par-les-raids-de-l%27otan-2011062716484.html

L’OTAN bombarde une école technique à Tajoura

03-07

Le vrombissement des avions de l'OTAN a été entendu vendredi soir au-dessus de la capitale libyenne, Tripoli, suivi par le bruit de trois explosions dont les échos ont retenti dans la banlieue ouest de la ville. Citant un porte-parole militaire, la télévision libyenne rapporte que les avions de l'OTAN ont bombardé vendredi des sites militaires et civils à Tajoura, la banlieue est de Tripoli. La même source précise que le bombardement a ciblé une école de formation technique pour les cadres d’ingénierie civile dans laquelle résident des centaines d'élèves, d'enseignants, d'ingénieurs et de techniciens.

Selon cette source, ce raid aérien a provoqué des pertes humaines dont le nombre n’a pas été déterminé jusqu'à présent et à la destruction de nombreux bâtiments administratifs et des laboratoires de formation annexes.

http://www.afriquejet.com/afrique-du-nord/libye/libye:-l%E2%80%99otan-bombarde-une-ecole-technique-a-tajoura-2011070317236.html

 

L’OTAN intensifie ses bombardements contre les régions ouest.  04/07/2011

Les avions de l'OTAN ont mené, ce lundi à l’aube, des raids aériens contre des check-points de la police de circulation routière à l’entrée de la ville de Beni Welid, à 150 km environ au sud de Tripoli, faisant plusieurs morts et blessés, a annoncé la télévision libyenne, citant un porte-parole militaire. La même source a ajouté que l’OTAN avait bombardé aux premières heures de la matinée de ce lundi, plusieurs sites dans la ville de Zouara, à 100 km ouest de Tripoli, dont le port et les points de contrôle sur la route côtière menant à la frontière libyo-tunisienne.
Ce raid a provoqué, selon un communiqué d’un porte-parole militaire libyen, des dégâts humains et matériels dont l’ampleur n’a pas été encore déterminée .La télévision libyenne a indiqué, citant un porte-parole militaire, que l’OTAN a mené, quatre jours durant, une série de bombardements sur la ville de Gharyan (80 km au sud-ouest de Tripoli) ciblant des sites militaires et civils causant plusieurs morts et blessés. L'escalade des opérations militaires de l'OTAN intervient au moment où les enfants de la Libye ont organisé un grand rassemblement en face du siège des Nations unies à Tripoli, réclamant l'arrêt de la campagne militaire de l’OTAN contre leur pays et brandissant des photos des enfants tués sous les attaques de missiles de l'OTAN contre des quartiers résidentiels à Tripoli et dans d'autres villes libyennes.
Début en Libye des examens de fin d'études de cycle de base
Examens-Brevet-Libye - Quelque 91.701 élèves libyens ont entamé, dimanche, les examens de fin d'études de cycle de l’enseignement de base (Brevet) pour l'année scolaire 2010-2011, malgré la crise que connaît le pays depuis mi-février. Le secrétaire du comité populaire général libyen de l'Enseignement et de la Recherche scientifique, Dr Abdelkebir Fakhri, a affirmé dans une déclaration à la presse que tous les préparatifs ont été achevés dans la plupart des villes pour l'organisation de ces examens, vu que les sujets d’examen sont parvenus aux centres de distribution dans les municipalités sécurisées.
Il a ajouté qu’il a été permis à tous les élèves qui ont déménagé pour résider dans d'autres villes en raison de la crise que traverse le pays, de passer leurs examens dans les institutions éducatives les plus proches des régions où se trouvent leurs familles.
Le responsable libyen a indiqué que les élèves se trouvant dans les régions qui sont toujours soumises aux frappes aériennes de l’OTAN n'ont pas pu terminer leurs études et a affirmé que son département remédiera à cette situation dès le retour de la stabilité.
04/07/2011

http://www.alterinfo.net/notes/Libye-L-OTAN-intensifie-ses-bombardements-contre-les-regions-ouest_b3107024.html

http://www.afriquejet.com/afrique-du-nord/libye/libye-crise:-l%E2%80%99otan-continue-ses-bombardements-en-libye-2011070417303.html



1 Politique de l'Otan

Sur le terrain

Armen Oganessian : L'OTAN travestit la réalité en Libye.
"Avez-vous demandé l’autorisation de l’OTAN pour vous rendre à Tripoli?", a demandé à Kirsan Ilioumjinov un journaliste occidental lors d’une conférence de presse.

Bien sûr, il était possible de répondre: "Est-ce que vos parents vous autorisaient à être impolis?" Mais cela n’aurait pas été diplomatique. "Le règlement du président de la Fédération internationale des échecs (FIDE) ne stipule pas qu’il est nécessaire d’informer l’OTAN." Sans préambule particulièrement recherché, Ilioumjinov a déclaré: "Le gouvernement libyen est prêt à négocier. Dès maintenant il est prêt à s’assoir à la table des négociations avec les dirigeants de l’OTAN et avec ceux qui se trouvent à Benghazi."
En ce qui concerne "l’autorisation" de l’OTAN, la question est digne d’intérêt. Sur le plan informationnel, aujourd’hui la Libye est une terra incognita, elle ne peut pas utiliser ses satellites, et les médias libyens ne sont pas diffusés à l’étranger, même dans les pays voisins les plus proches. Ce vide a été comblé par les rapports officiels et bravaches des politiciens et des généraux de l’OTAN. En ce qui concerne les "reportages en direct" des médias étrangers, il s’agit généralement d’un texte adapté par les rédactions aux images parvenant depuis les lieux des événements. Et le sens des événements est souvent altéré au point de ne plus du tout correspondre à la réalité. En d’autres termes, une machine de propagande en a remplacé une autre. D’autre part, en Libye toutes les chaînes occidentales et russes fonctionnent. Selon Ilioumjinov, les Libyens rient lorsqu’ils entendent les "salades" occidentales.
Dans une interview exclusive accordée à l’envoyé spécial du magazine Mejdounarodnaïa jizn (Vie internationale), qui a accompagné le président de la FIDE dans ce voyage, ce dernier a déclaré: "J’ai traversé la moitié du pays, j’ai vu des villes et des villages qui, selon les médias occidentaux, était "occupés par les rebelles", et où, soi-disant, "des combats violents avaient lieu." Et à ce moment précis nous étions à ces endroits! Et lorsqu’on revenait vers la frontière tunisienne, les médias occidentaux annonçaient que la ville de Zaouïa était "occupée par les rebelles", or nous l’avons traversée et il n’y avait aucun combat!" Bien sûr, la résolution de l’ONU n’avait pas du tout prévu le blocus de l’information en Libye. Qui plus est, la censure.

Le tableau objectif des événements en Libye contredit foncièrement les communiqués triomphants de l’OTAN. Finalement, tout s’est réduit au fait que l’OTAN pousse à agir ceux qu’on appelle les rebelles, et ces derniers répondent invariablement: "Bombardez plus, bombardez encore!" En prenant partie pour les rebelles, l’OTAN provoque l’exacerbation de la guerre civile et n’est absolument pas intéressée par la paix civile tant que Kadhafi n'est pas balayé de l’échiquier politique.
Désormais, il est clair que les priorités initiales de l’OTAN n’étaient pas la paix et la sécurité de population civile, mais seulement la réalisation d'objectifs politiques. C’est la raison pour laquelle il n’y aura aucune réponse à la volonté de Kadhafi de commencer les négociations immédiatement après la cessation des raids aériens. Les alliés ont besoin d’une guerre avec une fin victorieuse.
Kirsan Ilioumjinov a vu les hôpitaux et les immeubles en ruines. Et il a trouvé en lui le courage d’exprimer sa compassion à Kadhafi pour la mort de ses petits-fils âgés de 2 ans, et de sa petite-fille de 2 mois, qui avaient été tués pendant un bombardement de la capitale libyenne. D’ailleurs, il ne faut pas oublier que l’opération actuelle fait couler le sang des enfants libyens, ce qui aurait dû attirer l’attention de la Cour pénale internationale. Ou une nouvelle fois on mettra tout sur le dos de la résolution des Nations Unies?
Lors de l’entretien avec Kirsan Ilioumjinov, Kadhafi a fait allusion aux dessous économiques de l’opération. 160 milliards de dollars, toutes les réserves monétaires de la Libye ont été gelées sur les comptes étrangers. "J’ignore pourquoi tout le monde dit que cet argent appartient à Kadhafi. Ce n’est pas l’argent de Kadhafi, il appartient à la Banque centrale nationale, aux entreprises publiques, à la population libyenne! Si ces 160 milliards sont nécessaires pour renforcer l’euro, pour le règlement de leurs problèmes, qu’ils le disent!"
On sait qu’à une époque la Libye a abandonné l’élaboration d'armes de destruction massive, nucléaires, chimiques, bactériologiques, ainsi que la fabrication de fusées-porteuses. Kadhafi a déclaré à Ilioumjinov que les fonds économisés ont été notamment alloués à la construction des voies ferrées, dont l’appel d’offres a été remporté par la Russie. Puis Kadhafi a ajouté: "Quel exemple l’OTAN montre actuellement aux pays tels que la Corée du Nord, l’Iran et autres? Que la force appartient à celui qui possède des armes? J’ai été contraint d’abandonner la production de ces armements. Et aujourd’hui, la Libye est bombardée. S’avère-t-il que tel est le sort des Etats petits et faibles?"
Selon Kirsan Ilioumjinov, Kadhafi paraissait lucide, la rencontre ne s’est pas tenue dans un bunker et son interlocuteur n’avait pas l’air d’un homme préoccupé par son propre sort. Mais l’amertume de la perte de ses proches était évidente: "Je sais que j’ai été condamné à mort avec mes proches et parents. Mais quel tort une fillette avait-elle fait à l’OTAN?"
L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction

Armen Oganessian

17 juin

20 juin  

http://fr.rian.ru/...


Des Canons ... pas du beurre

La politique de la France en Libye de plus en plus critiquée.

La décision de la France révélée par le Figaro mercredi dernier délivrer des armes aux insurgés libyens de Benghazi suscite l'indignation dans le monde. Le président de la Commission de l'Union africaine, Jean Ping, a déclaré à la BBC le jeudi 30 juin que ces livraisons d'armes favorisaient «le risque d'une guerre civile, le risque d'une partition de l'Etat, le risque d'une "somalisation" du pays, le risque de prolifération des armes en lien avec le terrorisme". 

Le ministre russe des affaires étrangères SergueïLavrov a qualifié cette livraison d'armes de "violation grossière de la résolution 1970 du Conseil de sécurité de l'Onu". Paris a tenté de se défendre en déclarant qu'il ne s'agit que d'armes légères, larguées à l'occasion d'opérations d'aide humanitaire  en faveur de populations sous la menace des troupes de Mouammar Kadhafi dans une région située à quelques dizaines de kilomètres de Tripoli, mais ces assertions sont invérifiables pour le moment. 

Par ailleurs, le nombre de morts civils depuis le 19 mars dû aux frappes aériennes de l'OTAN selon les sources gouvernementales de Tripoli approcherait le millier de morts, dont beaucoup d'enfants, un paradoxe pour une mission militaire qui se réclamait d'une résolution de l'ONU visant à "protéger les civils".  

Ce chiffre n"inclut pas les effets indirects  désastreux de la guerre sur les infrastructures de santé (autrefois exemplaires) et les services sociaux libyens (alors qu'un soutien moins radical des Occidentaux aux insurgés aurait déjà permis le mise en œuvre de négociations).

 

Le bilan humain ne prend pas en compte non plus les effets de l'utilisation possible par l'OTAN d'armes à uranium appauvri - dénoncée par des organismes britanniques comme Uranium Weapons Network et la Campagne pour le

Désarmement nucléaire (on attend toujours que les députés au parlement européen, notamment écologistes, lancent une commission d'enquête sur le sujet). Un gâchis d'autant plus préoccupant qu'il n'a débouché sur aucune avancée politique concrète, le gouvernement de Muammar Kadhafi s'étant considérablement renforcé en Tripolitaine, tirant profit du réflexe patriotique provoqué par l'agression de l'OTAN. 

Le 30 mai dernier, le rapport du Centre international de recherche et d’études sur le terrorisme et d’aide aux victimes du terrorisme (CIRET-AVT1)dressait déjà le bilan suivant de la décision française d'intervenir en Libye (après l'envoi d'une mission à Belghazi et Tripoli) : 

"La décision unilatérale de Nicolas Sarkozy a stupéfié ses alliés allemands et italiens - c’est l’une des raisons de l’abstention de Berlin sur ce dossier à l’ONU – alors que son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé semble avoir été placé dans une situation comparable à celle de Colin Powellen 2003, lors du déclenchement de l’invasion de l’Irak. Il a dû en effet défendre une position qu’il n’avait pas choisie et à laquelle il ne semble pas avoir été associé.

  

 (...)Les illusions du président Sarkozy ont été renforcées par les déclarations outrancières des représentants de la toute jeune révolution libyenne et l’enthousiasme – légitime – de la population de Benghazi. Les dirigeants du CNT clament que « la décision du président français a sauvé plus d’un million de vie humaines » et que c’est l’amitié entre la France et le CNT qui a permis l’évolution actuelle la survie de la rébellion.

 

Indéniablement, la France et son président bénéficient d’une cote d’amour inégalée sinon inégalable dans toute la Cyrénaïque. La délégation, composée en majorité de Français, a reçu en tous lieux un accueil très favorable. Les drapeaux français sont arborés partout et sont même vendus dans les kiosques. A Derna, nos interlocuteurs nous ont déclaré avoir déjà noté une nette augmentation des demandes d’inscription à l’université en faculté de français, surtout de la part des femmes.

  

Il convient de reconnaître que le nom du président français n’aura sans doute jamais été aussi prononcé dans un pays étranger. S’il est encensé à lesti, il est honni à l’Ouest, mais tout aussi présent dans les attroupements populaires et les médias, comme si la France seule était responsable de la situation aux yeux des deux parties. Les Libyens fidèles

au régime font toutefois une nette différence entre le peuple français et son président. 

Cette hypermédiatisation de la participation française est particulièrement trompeuse et dangereuse. Certes, certains contrats secrets ont déjà été conclus avec les insurgés, mais rien n’assure aujourd’hui que le pari du président Sarkozy de renverser le régime sera tenu. En cas de maintien au pouvoir de Kadhafi, les entreprises françaises se retrouveront dans une position extrêmement défavorable. En cas de partition du pays ou de négociation entre les parties, la France ne pourra jouer aucun rôle d’arbitre tant le ressentiment à l’égard de son président est fort à Tripoli.

Nous sommes convaincus que cet engagement irréfléchi de Paris dans le conflit libyen fait le jeu de Washington, qui laisse Nicolas Sarkozy s’afficher en moteur de la coalition, au risque, en cas d’échec, d’endosser toute la responsabilité de cette affaire. L’attitude plus discrète du président  Obama permettra alors aux Etats-Unis de tirer les marrons du feu." 

Le rapport évoquait aussi le coût financier élevé de cette guerre et les bénéfices que les organisations terroristes comme Al Qaïda étaient susceptibles d'en retirer.-----

Ci dessous interview par Russia Today de Vijay Prashad, contributeur du livre "Atlas alternatif", sur la Libye (il évoque notamment la propagande de guerre autour des soi-disant viols collectifs et de la distribution de viagra dans l'armée gouvernementale libyenne)

http://www.youtube.com/watch?v=gMwZvuSkX6I&feature=player_embedded  >

5 juil. 2011

http://sos-crise.over-blog.com/article-l-action-militaire-de-la-france-en-libye-de-plus-en-plus-critiquee-78630243.htm


Les grandes manœuvres

Jean-Philippe Rémy :  L'OTAN est accusée de bavure.

Envoyé spécial - Invisible, un avion bourdonne dans le ciel au-dessus du complexe pétrolier de Brega. Une, puis deux détonations sourdes retentissent. Qu'il s'agisse de nouvelles frappes de l'OTAN à proximité, de tirs des forces loyalistes libyennes ou des rebelles, un soupçon de nervosité se fait sentir devant les tours de cracking de la petite raffinerie du port pétrolier du golfe de Syrte, à 800 kilomètres de Tripoli.

Depuis quelques jours, des frappes de la coalition visent le complexe de la Syrte Oil Company et ses environs, à la lisière de la bande de quelques dizaines de kilomètres qui constitue le front est du conflit libyen.

L'idée d'un tir au but sur les installations en train de fabriquer de l'essence et du diesel n'a rien d'enthousiasmant. "Mais non, au contraire, ironise le directeur par intérim du complexe, Abderrahmane Mufta, devant un groupe de journalistes participant à une visite encadrée par le gouvernement libyen : on est ici en sécurité, l'OTAN ne détruit jamais les installations pétrolières en Libye."

Principe vérifié en apparence le 24 juin, lorsqu'ont été frappés exclusivement des bâtiments semble-t-il réservés au personnel dans le vaste parc industriel collé à la mer, épargnant les citernes, le terminal, le départ du grand gazoduc libyen et le complexe pétrochimique à l'arrêt, dont les salariés expatriés norvégiens ont pris la fuite au début des troubles.

Y a-t-il eu une nouvelle bavure ? Des bombes puissantes ont touché le restaurant d'entreprise, en plus de six maisons au cœur du lotissement des employés locaux. Cela fait donc deux jours, dimanche 26 juin, que le dernier carré des travailleurs du complexe de Brega ne sait plus comment faire pour se nourrir. Et dans les ruelles du lotissement, la désolation règne. Marouf Ahmed Embara, debout dans les gravats d'une maison disloquée, pleure "une famille d'amis" : six personnes tuées, dit-il, par une bombe. Selon les autorités libyennes, il y aurait eu 15 morts, le 24 juin au soir, dans le complexe pétrolier de Brega.

FOUILLES

Le vaste restaurant où les employés prenaient leurs repas était vide à l'heure des frappes, vers 1 heure du matin. Il n'en reste qu'une carcasse et un chaos sans nom. A côté, un second bâtiment a été balayé de manière encore plus radicale. "C'est l'endroit où on allait se distraire ou se connecter à Internet avant la crise", avance un employé. Depuis le début du conflit et l'interruption d'Internet, sa fonction est entourée de flou. Les troupes loyalistes, redoutant les frappes des avions et des hélicoptères de l'OTAN, se dissimulent partout où elles peuvent le faire, alors que même leurs check-points et leurs véhicules font l'objet de tirs de la coalition internationale.

Depuis le début de la crise, cette révolte qui s'est transformée en guerre civile courant février, les expatriés ont fui, ne laissant derrière eux que des employés étrangers modestes. L'un d'eux, originaire du Bangladesh, reconnaît avoir fait l'objet de fouilles de la part des militaires de chaque camp lorsque ceux-ci ont repris Brega. La zone n'a rien d'un site strictement civil.

Des équipes restreintes font tourner le complexe à 20 % de ses capacités, selon Abderrahmane Mufta, avec 1 000 personnes, contre 6 800 avant la guerre. "Le salaire est gelé, mais on reste", avance à voix basse Jamal, un employé. "Il faut que ça continue à tourner, c'est très important", ajoute-t-il. "Croyez-moi ! Par pitié croyez-moi : il n'y avait ici que des employés, et pas de militaires. On ne sait pas où ils sont…" Dans cette zone de front, rien n'est jamais net à ce point. Il reste une boîte de munitions devant l'entrée du logement des visiteurs de marque ; un véhicule camouflé est dissimulé dans le garage de la clinique du complexe ; un gilet pare-balles a été abandonné près d'un compresseur du gazoduc.

UNE "GUERRE POUR LE PÉTROLE"

Mais on s'est battu à proximité, lorsque la région a changé de main plus de quatre fois au cours des trois derniers mois. Même l'aéroport attenant, touché en mai par des bombes de l'OTAN si puissantes qu'une partie de la carlingue d'un jet a été projetée sur le toit d'un hangar, avait été le théâtre d'affrontements en mars.

Grande est l'envie des forces rebelles du Conseil national de transition (CNT), qui ont reflué jusqu'à Ajdabiya, de relancer leurs pick-up à l'assaut de Brega, ne serait-ce que pour priver les forces loyalistes d'une précieuse source de carburant. "C'est la plus petite raffinerie de Libye ! C'est une sale guerre que fait l'OTAN, une guerre pour le pétrole", avance Am'Ahmed Senussi, jeune ingénieur qui a dû interrompre son doctorat à l'université de Birmingham, en Grande-Bretagne, pour rentrer de toute urgence après le départ des expatriés et faire tourner ce qui pouvait tourner dans le secteur pétrolier. L'installation de raffinage date de 1961. Elle ne traite que l'équivalent de 9 000 barils par jour (contre 100 000 barils avant la guerre) mais fournit un carburant vital.

Brega, hors son complexe pétrolier, existe à peine. La ville n'est qu'un carrefour négligeable sur la route côtière plate et poussiéreuse qui traverse la Libye. Mais le camp de Mouammar Kadhafi ayant perdu la majeure partie des zones pétrolières et de sa capacité de raffinage, Brega est essentielle pour tenir sur le front Est. C'est dans cette zone que l'OTAN multiplie les frappes, comme pour y ouvrir la voie aux rebelles du CNT. Dans les environs, une grande antenne de télécommunication a été abattue par d'autres tirs le 24 juin.

Des blessés sont amenés à la clinique du complexe pétrolier, où un médecin affirme avoir reçu 32 personnes, dont 13 cas graves, depuis le 24 juin. Pour montrer la dureté des frappes, il exhibe la radio d'un de ces blessés, un éclat métallique grand comme la paume fiché dans la boîte crânienne. Accusée par la télévision libyenne de mener une "guerre d'extermination" et de commettre des "crimes contre l'humanité" à Brega, l'OTAN affirme avoir visé des cibles militaires.

Jean-Philippe Rémy
Article paru dans l'édition du 28.06.11

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