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06/08/2011

n°33 - Libye : Analyse, Géopolitique et stratégie de L'Otan, France, & Grande-Bretagne (2)- Début - : - 03-08 : Les ratés d'une guerre française.


n°33 - Libye : Analyse, Géopolitique et stratégie de L'Otan, France, & Grande-Bretagne (2)- Début - : - 03-08 : Les ratés d'une guerre française.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Libye :Analyse, Géopolitique et stratégie de L'Otan, France,

& Grande-Bretagne ( 2 )

n°33 du 03-08

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Le " dossiersdu libye" est  visible  sur nos blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) Sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

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Sommaire.

Tiré à part 

Hugo Chavez qualifie le CNT de "groupe terroriste".

Libye-France: L'imbroglio français .

1 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

1-1 Nick Carey : Lourdes pertes pour les rebelles libyens à Brega.

1-2 Les ratés d'une guerre française.

1-3 Ikram GHIOUA  : Ce que cachent France 24 et Al Jazeera.

1-3 Les massacres cachés des avions de l'Otan.  

Fin

2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1 Tony Busselen : Une vue de la situation en quatre questions.

2-2 Chems Eddine CHITOUR : Avenir sombre pour la Libye, la responsabilité de BHL « le tintin des démocrates »



Tiré à part 

Hugo Chavez qualifie le CNT de "groupe terroriste".  

Le président du Venezuela, Hugo Chavez, a dénié lundi toute légitimité au Conseil national de transition (CNT), organe de la rébellion libyenne, et à sa reconnaissance par les grandes puissances occidentales, et a renouvelé son soutien au colonel Mouammar Kadhafi.
"Non seulement nous ne reconnaissons pas, mais nous rejetons catégoriquement cette pantomime d'un Conseil national de transition et la mise en scène hypocrite de ces pays européens et des autres pays qui ont reconnu un groupe de terroristes (…) et leur apportent une légitimité", a déclaré M. Chavez au cours d'une cérémonie avec ses ministres diffusée à la radio et à la télévision vénézuéliennes.
Le comportement des pays qui reconnaissent le CNT comme représentant du peuple libyen et veulent que le colonel Kadhafi quitte le pouvoir "détruit les bases du droit international", a-t-il estimé.
"C'est très dangereux, on peut faire la même chose à d'autres présidents, demain cela peut être n'importe lequel d'entre nous", a commenté M. Chavez. "Cela ne peut pas être toléré".
M. Chavez a lu publiquement une lettre du colonel Kadhafi que lui a remise un membre du gouvernement libyen, Abdul Hafiz al-Zleitniun, secrétaire aux Finances et à la Planification, arrivé dimanche soir à Caracas et qui s'est entretenu lundi avec le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Nicolas Maduro. Dans sa lettre, Mouammar Kadhafi remercie le président vénézuélien de son soutien.
M. Chavez a rendu hommage au dirigeant libyen. "Merci Mouammar, où que tu sois, en train de résister à une nouvelle agression impérialiste, que Dieu te protège, te donne santé et longue vie, à toi et au peuple libyen", a-t-il dit.

02/08/2011

http://www.maghrebemergent.info/actualite/maghrebine/4414?tmpl=component&print=1
 

Libye-France: L'imbroglio français.

La cacophonie qui s'installe au sein du trio Nicolas Sarkozy- Alain Juppé-Bernard Henry Levy laisse perplexe bon nombre d'observateurs quant à la gestion du conflit libyen. Des propos contradictoires distillés ici et là révèlent l'impuissance de la France à terminer cette guerre qui est tout sauf humanitaire. A l'instar de la très longue guerre d'Afghanistan, celle menée depuis plus de quatre mois en Libye prouve, une fois encore, que la puissance militaire n'est en rien la panacée. Et pourtant, les Américains ont fait étalage de leur haute technologie avec des avions d'espionnage électronique, des bombardiers (pendant une courte période), des avions ravitailleurs et des drones.
Quant aux aviateurs français et britanniques (80% des raids offensifs et des vols de reconnaissance) associés à leurs collègues belges, italiens et norvégiens, ils n'ont ménagé ni leur peine ni leurs missiles, sans pouvoir encore crier victoire.
Une remarque, en passant, le spectacle n'a pas mobilisé beaucoup d'acteurs. Seuls cinq Etats de l'Otan, sur les 28 membres de l'Alliance, se sont engagés dans la chasse au Kadhafi.
Et, parmi les 27 pays de l'Union européenne, les vrais guerriers se comptent sur les doigts d'une main. Ce qui autorise un diplomate français, agressif en diable, à qualifier de «bordel sans nom » l'ambiance qui règne à l'Otan et à Bruxelles.
TOURISME D'EMISSAIRES
Aujourd'hui, à entendre Nicolas Sarkozy, il est vraiment temps d'en finir avec cet ennemi dont les exploits, terroristes ou autres, avaient bénéficié voilà quelques années d'un pardon collectif. Américains, Français, Britanniques, Italiens et Allemands, notamment, renouaient aussitôt des relations politiques avec le riche Kadhafi et se disputaient dans la foulée ses faveurs commerciales et pétrolières.
Moralité, s'il n'y en a jamais eu dans l'art de la guerre, il faut trouver une porte de sortie, puisque bombes et missiles n'ont pas permis de contraindre le Guide libyen à jeter l'éponge.
Selon « Figaro» du 26 juin, Nicolas Sarkozy avait déjà accepté de recevoir longuement, deux semaines plus tôt, le colonel Saleh Bashir, «un très proche de Kadhafi», sans obtenir la moindre concession de son patron.
Lequel, histoire de jouer la montre, dépêchait alors d'autres émissaires en Europe et au Maghreb, chargés, selon les termes ironiques d'un diplomate français, de «le dire prêt à négocier gentiment et à autoriser des élections libres».
Puis, tandis que les raids se poursuivent, Gérard Longuet, le ministre de la Défense, rencontre des journalistes le 10 juillet, deux jours avant le débat à l'Assemblée sur cette guerre sans conclusion. Et, il leur délivre cette promesse, destinée en fait aux députés : « On arrête de bombarder dès que les Libyens parlent entre eux ».
Et d'ajouter, à la surprise générale, que Kadhafi pourra rester à Tripoli : «Il sera dans une autre pièce de son palais, avec un autre titre». Une déclaration plutôt abrupte, qu'un conseiller de L'Elysée prétend corriger un peu, le 12 juillet, mais sans démentir Longuet : « Pour un arrêt des hostilités, il faut le retrait du pouvoir de Kadhafi ». En voilà une nouvelle
Et la fête continue. Une semaine plus tard, Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères, devant des caméras de LCI, en rajoute, alors que Nicolas Sarkozy est toujours muet : «L'une des hypothèses envisagées, c'est qu'il (Kadhafi) séjourne en Libye à une condition : qu'il se mette à l'écart de la vie politique».
Il ne lui reste qu'à convaincre le gouvernement britannique d'accepter cette fin de guerre «à la française » (formule d'un de ses collaborateurs). Ce que Alain Juppé tentera de faire, le 25 juillet, en se rendant à Londres.
Mais, depuis la mi-juillet, le philosophe Bernard-Henri Levy, le missi dominici de Nicolas Sarkozy, arpente la Libye insurgée et prépare sa rentrée parisienne. Le 17 juillet, à Goualich, très au sud de Tripoli, il se fait photographier la main posée sur l'épaule d'un combattant, et l'AFP filme ses commentaires.
RAID SUR L'ELYSEE
Le 20 juillet, BHL, débarque dans un salon de l'Elysée, entouré de chefs rebelles venus de Misrata, pour demander de nouvelles livraisons d'armes à Nicolas Sarkozy. Lequel l'invite à participer à l'entretien au côté du général Puga, son chef d'état-major particulier.
A la sortie du Château, des caméras filment les propos de BHL sur le trottoir élyséen. Mais c'est le lendemain que le philosophe va sortir ses griffes. Interrogé sur Radio France Internationale, il s'en prend vertement à Alain Juppé, qui vient d'admettre que Kadhafi pourrait continuer de vivre en Libye.
«Cette déclaration me semble étrange, dit-il. Elle me semble même contradictoires avec tout ce que lui-même (Alain Juppé) et les responsables français, à commencer par le président, disent depuis presque cinq mois.
C'est peut-être un lapsus, peut-être une maladresse ». Et, gentiment, il concède : « Tout le monde en fait » Avant d'enfoncer le clou : « C'est le contraire de la position française, quelque chose d'inacceptable pour le peuple libyen dans son ensemble (sic)».
De retour d'un voyage à Madrid, Alain Juppé se dit furieux, mais «préfère traiter par le mépris cette nouvelle mauvaise manière de Sarko et de son BHL», confie l'un de ses collaborateurs.
Pierre Sellal, secrétaire général du Quai d'Orsay, téléphone à ses homologues de l'Elysée pour «protester». Et Henri Ladsous, chef de cabinet d'Alain Juppé, demande des explications sur la visite des libyens.
Enfin, d'autres diplomates estiment que leur ministre ne devrait pas admettre qu'une vedette des médias « parle au nom de la France ». Et de l'Elysée ? Ce qui, semble-t-il, ne dérange pas trop Nicolas Sarkozy, qui, selon l'un de ses proches, « estime qu'il ne faudrait pas que Juppé se croie trop important. »

Le Conseil national de transition (CNT) libyen qui vient de nommer son représentant en France, Mansour Saif Al-Nasr (le ministère des affaires étrangères s'est refusé à tout commentaire sur cette prise de fonctions), devra manier avec circonspection les circonlocutions politico-diplomatiques françaises.
Robert Kongo

03/08/2011

 http://www.afriquejet.com/france-libye-2011080319779.html



1 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

1-1 Nick Carey : Lourdes pertes pour les rebelles libyens à Brega.
Les combats pour le contrôle du port pétrolier de Brega, en Libye, ont fait 18 morts et jusqu'à 150 blessés dans les rangs des insurgés, a-t-on appris mercredi de source médicale.

Des affrontements à l'arme lourde ont également été signalés à Misrata, bastion des insurgés dans l'Ouest.

"La journée d'hier (mardi-NDLR) a été un désastre", a déclaré le Dr Sarahat Atta-Alah à l'hôpital d'Ajdabiah, ville voisine sous le contrôle des forces insurgées.

Les rebelles libyens ont annoncé avoir encerclé Brega, qu'ils doivent prendre s'ils veulent poursuivre leur progression vers la capitale, Tripoli. Mais ils sont toujours sous le feu des forces fidèles à Mouammar Kadhafi.

Un lieutenant des forces rebelles disant s'appeler Ihab a précisé mercredi que les insurgés se trouvaient à la périphérie de Brega, dans une distance comprise entre 5 et 10 km.

Le secteur, a-t-il dit, est miné et les forces loyales à Kadhafi ont creusé des tranchées qu'elles ont remplies de carburant prêt à être enflammé pour stopper une avancée des rebelles.

Brega marque la frontière orientale du territoire toujours contrôlé par les forces du dirigeant libyen depuis le début des hostilités en février. La localité, qui contrôle l'accès au réseau pétrolier de l'Est, a changé plusieurs fois de camp au gré des affrontements.

"Hier (mardi-NDLR), nous avons vu Brega. Nous étions vraiment très proches mais nous avons rebroussé chemin lorsqu'ils ont commencé à nous bombarder", a dit un soldat insurgé du nom d'Izzeldine.

Les médecins de l'hôpital d'Adjabiah s'attendaient à de nouveaux combats dans la journée de mercredi. 

A Misrata, fief des insurgés dans l'Ouest libyen, une équipe de Reuters a fait état de combats à l'arme lourde.

Des rebelles ont affirmé avoir pris deux véhicules lance-missiles aux forces régulières.

Encore plus à l'ouest, près de la frontière tunisienne, des habitants tunisiens rapportent que des roquettes Grad tirées par les forces régulières se sont abattues en territoire tunisien, près du poste-frontière de Dehiba.

Avec Nick Carey à Misrata; Henri-Pierre André pour le service français, édité par Gilles Trequesser


1-2 Les ratés d'une guerre française.

Cela devait durer quelques jours, quelques semaines tout au plus. "Sûrement pas des mois", disait Alain Juppé. Les services de renseignements français assuraient que, dès les premières frappes, des milliers de soldats de Kadhafi feraient défection. Ils prédisaient aussi que les rebelles avanceraient rapidement jusqu'à Syrte, la ville natale du Guide, et que tout cela contraindrait Kadhafi à partir très vite. Mais rien ne s'est passé comme prévu.

De surprises en déconvenues

Quatre mois et des milliers de frappes plus tard, Kadhafi est toujours là. Certes, Benghazi, la capitale des rebelles, est sous protection. Mais la guerre voulue par Nicolas Sarkozy s'enlise. Cette opération devait restaurer le prestige de sa politique étrangère, ternie par les frasques de « MAM » et son accueil glacial du « printemps arabe ». Mais, malgré ses Rafale, malgré l'Otan dont elle a réintégré le commandement en fanfare, la France apparaît impuissante face au dictateur d'un pays mal armé et dix fois moins peuplé. Cette guerre devait être un passeport pour la gloire. On se contenterait aujourd'hui d'un sauf-conduit pour en sortir.

Que s'est-il passé ? A quelques jours du premier vote parlementaire sur cette guerre, plusieurs responsables français - officiers supérieurs, diplomates et hommes politiques - racontent l'histoire secrète de cette opération : les bévues des services de renseignements, les déchirements au sein de l'Alliance atlantique. Et le jeu ambigu des Etats-Unis...

L'état-major demande à l'Elysée de changer de cible...

La guerre commence par un coup d'éclat, non planifié, des forces aériennes françaises. « Le premier jour, samedi 19 mars, nos pilotes devaient seulement préparer le terrain, dit un haut responsable. Leur mission était de détruire des batteries anti-aériennes libyennes. Mais, le matin, les forces de Kadhafi ont avancé beaucoup plus vite que prévu vers Benghazi. Si nous ne faisions rien, la deuxième ville libyenne allait être massacrée. » En catastrophe, l'état-major demande à l'Elysée l'autorisation de changer de cible et de viser les blindés plutôt que les défenses anti-aériennes. Malgré les risques pour les Rafale, qui se feront repérer par les radars ennemis, Nicolas Sarkozy donne son feu vert. « Les pilotes sont partis de la base de Saint-Dizier comme ça, au pif, avec une nouvelle mission : trouver les chars et les détruire, en évitant de se faire abattre... Par chance, ils revenaient d'Afghanistan, ils étaient très entraînés. » Ils repèrent la colonne de blindés, la « tapent » et sauvent Benghazi.

Une déroute pour les services de renseignements

Une victoire éclatante pour l'aviation française. Mais une déroute pour les services de renseignements. « Nous nous sommes rendu compte que leurs informations étaient de mauvaise qualité, dit un haut responsable. Ils s'étaient procuré un rapport de l'armée algérienne qui venait de faire des manoeuvres avec les Libyens. Il y était écrit que les chars de Kadhafi étaient tous rouillés et ne pourraient pas être mis en état de marche en moins de deux mois. Pourtant, ces blindés ont attaqué Benghazi ! »

Un officier ajoute : « Plusieurs semaines avant les frappes, nous avons déployé sur zone des moyens de renseignement importants : trois satellites espions passent chaque jour au-dessus de la Libye, un sous-marin au large de Tripoli intercepte des communications. Des forces spéciales ont été dépêchées et, plus tard, la DGSE a ouvert une antenne à Benghazi. Mais nous avons raté l'essentiel : nous avons sous-estimé Kadhafi, qui se préparait depuis quarante et un ans à une invasion. Nous n'avons pas imaginé qu'il s'adapterait aussi vite. » Personne ne prévoit, par exemple, que, pour transporter ses troupes et ses batteries de missiles, le Guide va aller acheter des centaines de pick-up Toyota au Niger et au Mali. C'est un coup de génie : ces camions sont identiques à ceux utilisés par les rebelles. L'Otan est paralysée. Elle retarde ses frappes. Avant de bombarder ces véhicules, les pilotes doivent avoir la certitude qu'ils sont bien ceux des forces de Kadhafi. « Nous avons demandé aux rebelles de mettre un signal particulier sur le toit de leurs pick-up, dit un militaire, mais nous n'étions jamais sûrs. Ils sont tellement désorganisés... »

Des rebelles totalement incompétents

Personne n'a prévu, non plus, le degré d'impréparation militaire de l'opposition. Pour le chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud, les rebelles sont « pathétiques ». Non seulement ils sont totalement incompétents, mais, pendant plusieurs semaines, ils sèment la panique dans les grandes capitales. « Au moindre bruit suspect, raconte un officiel français, moqueur, ils appelaient BHL, l'Elysée ou Downing Street. Ils juraient que des centaines de chars se précipitaient vers eux, que l'Otan devait agir sur-le-champ. On envoyait en catastrophe des avions de reconnaissance et des bombardiers, mais la plupart du temps c'étaient de fausses alertes. » Au bout d'un mois et demi, la coalition, excédée, décide de dépêcher des officiers de liaison sur place, à Benghazi. Leur rôle : « Trier les informations des rebelles et ne transmettre que les plus plausibles au QG de l'Otan, à Naples. »

La volte-face des Anglais

Autre terrible déconvenue : la volte-face des Anglais sur le commandement de l'opération. La veille des premières frappes, l'Elysée croit encore que la guerre en Libye sera conduite par Paris et Londres, et non par l'Otan. Sarkozy et Cameron ont évoqué plusieurs fois ce commandement conjoint, conçu comme un prolongement naturel de l'accord militaire franco -britannique signé en novembre. En secret, les chefs se sont mis d'accord sur la répartition des tâches : la guerre sera gérée de Montverdun, près de Lyon, où la France dispose d'un QG d'opérations aériennes flambant neuf ; et de Northwood, dans la banlieue de Londres, siège d'un QG stratégique performant. Tout est donc en place pour une grande première militaire européenne c'est du moins ce que l'on croit à Paris...

Vendredi 18 mars, au lendemain du vote de la résolution autorisant les frappes, c'est la douche froide. Le patron des forces aériennes françaises, le général Hendel, se rend à Northwood pour prendre le commandement en second de l'opération qui doit commencer le lendemain. Il s'attend à être accueilli en grande pompe. Mais, humiliation, on le fait attendre plusieurs heures avant de lui dire la vérité : les officiers britanniques qu'il devait commander sont partis la veille. Où ? A Ramstein, QG des forces américaines en Europe. Et le général anglais qui devait s'installer à Montverdun ne viendra pas. Bref, Londres a renoncé à son duo avec Paris et se tourne vers l'Otan. Perfide Albion...

Nicolas Sarkozy se méfie de Berlin

Si certains militaires français, qui redoutaient d'être dépassés par la tâche, poussent un « ouf » de soulagement, d'autres sont furieux, les aviateurs surtout. Patron de l'armée de l'air, le général Paloméros déplore que l'opération n'ait pu être menée « en franco-britannique ». Pendant plusieurs jours, la diplomatie française tente de sauver la face. Elle fait le forcing pour qu'au moins l'embargo maritime de la Libye soit assuré par l'Union européenne et non par l'Otan. Mais la Turquie et l'Allemagne refusent : l'Alliance se chargera de tout ou de rien. La France, qui a besoin d'alliés, est coincée et contrainte d'accepter. A une condition : Nicolas Sarkozy exige de mettre sur la touche les officiers turcs et allemands présents dans la structure de commandement de l'Otan, au motif qu'ils pourraient saboter cette guerre à laquelle Berlin et Ankara sont hostiles. Un détail ? Quand le chef suprême de l'Otan, un général américain, et son n° 2, un Britannique, sont en congé, c'est le n° 3, un Allemand, qui assure le commandement militaire de l'Alliance. Trop risqué pour Nicolas Sarkozy, qui se méfie de Berlin et obtient que, pendant toute la durée de la guerre contre Kadhafi, ce roulement soit discrètement suspendu...

Brutales, les bagarres au sein de l'Otan continueront pendant des semaines. A Bruxelles, des portes claquent, des noms d'oiseaux fusent. Premier sujet de discorde : les règles d'engagement de cette guerre. L'intervention est destinée à protéger la vie des civils. Il faut donc limiter au maximum les bavures. Jusqu'où ? « Au début, nous appliquions les mêmes normes de prudence qu'en Afghanistan », raconte un officier. Mais les moins va-t-en-guerre exigent qu'en Libye les règles soient « trois fois plus strictes », précise un militaire. « Souvent nos pilotes repèrent une cible mouvante, demandent l'autorisation de frapper et l'Otan refuse. » De ce fait, les « dommages collatéraux » seront peu nombreux. Mais l'opération est ralentie. Au fil des semaines, loin des réunions enflammées, le représentant français au QG des opérations, à Naples, obtiendra discrètement des dérogations pour ses pilotes...

"Des plans de frappes sans queue ni tête"

En fait, la machinerie de l'Otan - cet Otan que Sarkozy avait tellement tenu à réintégrer - exaspère les Français. « Cette bureaucratie sort des plans de frappes sans queue ni tête, dit un responsable français. Pour les officiers de l'Otan, il s'agit de faire exécuter un certain nombre de sorties aériennes. Il n'y a aucun objectif stratégique cohérent, seulement des cases à cocher. La guerre comme à la Sécu ! » Un autre officiel est plus indulgent. « Le commandant de l'opération contre la Libye, le général canadien Bouchard, fait ce qu'il peut avec ce qu'il a. Très peu d'alliés de l'Otan ont accepté de participer à l'opération. C'est un grand échec des diplomaties françaises et britanniques. Alors, c'est vrai, vu le manque d'avions à sa disposition, Bouchard est obligé de bricoler. »

Les Américains se retirent...

La pénurie est d'autant plus grande que, autre déconvenue magistrale, l'Amérique a retiré très tôt ses dizaines de chasseurs-bombardiers, en particulier les A10 « tueurs de chars » que l'US Air Force est la seule à posséder. « Obama avait prévenu Sarkozy dès le début que les Etats-Unis ne resteraient pas en première ligne, dit un responsable français. Le Congrès était très hostile à cette opération. Et le Pentagone ne voulait pas d'une nouvelle guerre de l'Amérique contre des Arabes. Mais on n'avait pas compris que ce retrait interviendrait au bout de dix jours. » Paris et Londres ont bien réussi à convaincre Washington d'envoyer des moyens de frappe plus discrets, des drones armés, et de laisser leurs avions antiradars. Mais pour le reste, c'était : « Débrouillez-vous ! »

Français et Britanniques décident de pallier ce manque par leurs propres moyens. Début mai, quand l'enlisement devient évident, ils entreprennent d'envoyer des renforts : une vingtaine d'hélicoptères. C'est tout ce qu'ils peuvent fournir. Et encore faudra-t-il un mois pour que le porte-hélicoptères « Tonnerre », une des fertés de l'armée française, arrive sur zone. « Dire que, dans les hangars de l'Otan, il y a 150 hélicoptères américains que Washington refuse d'envoyer en Libye ! », relève un oficier français.

... mais restent indispensables sur le terrain

 « C'est l'une des grandes leçons de cette guerre à laquelle on ne s'attendait pas, dit un responsable français : Washington a vraiment commencé son repli stratégique. » Seulement voilà : sur le terrain, les Américains sont toujours indispensables. « Rien ne serait possible sans leur soutien. Ils nous tiennent par la barbichette. Ce sont toujours eux les patrons. » Certes, l'armée français fait bonne figure. Elle assure plus du tiers des frappes, certains jours près de la moitié. Ses avions sont les plus nombreux dans le ciel libyen - entre 15 et 20. Elle est la seule à disposer d'un porte-avions nucléaire. La technologie militaire made in France demeure l'une des meilleures. La guerre a permis de tester avec succès le dernier cri de ses productions : le Rafale 3, le missile modulaire AASM, l'hélicoptère Tigre...

Mais la supériorité américaine est écrasante : 33 des 41 avions ravitailleurs utilisés dans l'opération sont américains, la plupart des Awacs aussi, tous les drones également, comme 100% des missiles antiradars et des kits de guidage laser des bombes. Et ce n'est pas tout. « L'essentiel des moyens de commandement et de contrôle de l'Otan comme la gigantesque bande passante qui permet de transmettre toutes les données sont américains », dit le spécialiste François Heisbourg. « Quand les pilotes français arrivent au-dessus de la Libye, explique un officier, ce sont des avions américains dotés de radars spéciaux, des JStar, qui les guident jusqu'à leurs cibles. Les Américains ont des moyens de renseignement colossaux : des U2, des capteurs dont nous ne disposerons jamais, des dizaines de satellites... »

Les Américains dirigent les opérations en coulisse

Un chiffre résume tout : devant la délégation parlementaire sur le renseignement, le directeur du renseignement militaire, le général Didier Bolelli, a révélé que plus de 80% des cibles affectées aux pilotes français en Libye étaient désignées par les services américains ! Autrement dit, si Français et Britanniques réalisent la majorité des frappes, les Américains dirigent les opérations en coulisses « from behind », dit le grand magazine « New Yorker ». « Ils nous donnent juste ce qu'il faut pour que nous ne nous cassions pas la figure », assure un diplomate.

Comment terminer cette guerre sans un coup de pouce de Washington ? Pour l'armée française, le temps presse. « En mer depuis huit mois, le «Charles-de-Gaulle» est à bout, dit un officier. Certaines réparations ne peuvent pas être faites à bord. Le nombre de sorties du porte-avions chute. » Le « Charles-de-Gaulle » devait rentrer le 30 juin, mais les marins devront attendre. Pour le remplacer, on cherche des bases aériennes proches du théâtre des opérations. On voudrait aussi envoyer un drone français au-dessus du ciel libyen. Mais les négociations avec les pays qui pourraient accueillir ces aéronefs traînent.

L'Elysée décide de livrer du matériel aux rebelles

Alors on compte surtout sur l'avancée des rebelles. Ils doivent faire vite. Les chaleurs torrides et le ramadan arrivent, peu propices à de grandes offensives. Il faut régler le problème avant août. Comment ? L'Elysée a décidé d'interpréter à sa façon les résolutions de l'ONU sur la Libye. Certaines capitales, dont Londres, estiment qu'elles interdisent de fournir des armes aux rebelles. Pas Paris. « Le Figaro » vient de révéler que, début juin, la France a parachuté 40 tonnes de matériel militaire aux forces rebelles. Selon d'autres sources, elle enverrait aussi des armes par voie terrestre via des pays frontaliers. L'Elysée pense qu'une progression des rebelles jusqu'à quelques kilomètres de Tripoli devrait susciter une révolte à l'intérieur de la capitale libyenne. Et Kadhafi serait contraint de partir. Si, pour une fois, tout se passait comme prévu...

http://globe.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/07/17/libye.html

7 juillet 2011


1-3 Ikram GHIOUA  : Ce que cachent France 24 et Al Jazeera.
La Jamahiriya était devenue une nation en pleine formation et nos deux amis, Abdelmalek et Ismaïl, étaient loin d'imaginer le un dixième de ce qui se passe aujourd'hui sur la terre de Omar El Mokhtar.
Si la planète était réellement gérée dans le respect intégral des droits humains, à l'écart des énormes intérêts économiques, ce témoignage parmi des milliers aurait provoqué l'effroi dans les consciences.
Sachant que les Occidentaux visent le renversement du régime libyen aidés en cela par une rébellion qui, à leur sens «est composée de bandes criminelles retournées par les services américains et britanniques»,
C'est en toute logique que ces deux jeunes entament une mission chez les voisins. Des voisins qui ne se sont pas laissés embarquer dans l'immense cyclone menaçant l'ensemble de la région. Au-delà de la tête d'El Gueddafi que certains dirigeants occidentaux et arabes veulent faire tomber, les desseins de la coalition concernent la géographie politique et économique de l'ensemble des pays qui possèdent des frontières avec le Sahel.
La reconnaissance instantanée du groupe de Benghazi par la France et l'alignement logistique du Qatar et des Emirats arabes unis sur le même objectif militaire sont réellement disproportionnés au regard du réquisitoire fait contre El Gueddafi. Vue de l'intérieur, la situation ne ressemble pas à celle que l'on montre à Al Jazeera. Elle reflète l'hégémonie occidentale et la félonie de certaines élites disposées mentalement à verser dans le mercenariat et la haute trahison. Nos deux amis libyens ne doutent plus des intentions des agresseurs. Ils les condamnent. Porteurs d'une parole que l'on voudrait confisquer, ils crient à l'unisson «Allah ou Mouamar ou Libya ou bass», Dieu, Mouamar El Gueddafi, la Libye et rien d'autre. Alors, et si El Gueddafi n'était pas uniquement une personne, un chef ou un leader, mais une pensée qui a fait son chemin? La question reste posée.
Ikram GHIOUA 

 http://www.lexpressiondz.com/index.php?news=136401


1-4 Les massacres cachés des avions de l'Otan.  

TÉMOIGNAGES POIGNANTS DE DEUX JEUNES LIBYENS À L'EXPRESSION
C'est sous un déluge de bombes que le citoyen libyen accueille chaque nuit, la peur au ventre, dans l'attente d'une fatale explosion.
Ils ont respectivement 28 et 30 ans. Ils s'appellent Abdelmalek Al Aqari et Ismaïl Al Gharyane. L'un est médecin et l'autre ingénieur en télécommunications. Ces deux jeunes Libyens, qui ont échappé à l'enfer des bombardements de l'Otan, nous ont fait part de leurs témoignages poignants sur les atrocités et le déluge de feu que crachent les avions des coalisés quotidiennement, jour et nuit sur leurs têtes. Abdelmalek et Ismaïl suffoquent. Choqués à jamais par les spectacles atroces, ils ne trouvent pas les mots pour exprimer leur douleur en voyant cet acharnement meurtrier contre la population civile. «On est fatigués, lessivés et surtout inquiets. On n'oubliera jamais ces images d'enfants carbonisés, ces femmes massacrées et ces vieillards brandissant des rameaux d'oliviers, partis en direction de Benghazi dans le but de mener une mission de réconciliation et de paix. Ils furent bombardés par l'Otan», témoignent-ils avec un courage admirable et réprimant leurs larmes. Des images pleines d'horreur que l'Occident cherche à dissimuler ou à brouiller par une terrible campagne d'intox assumée avec un zèle extrême par Al Jazeera en ce qui concerne le Monde arabe. Face à une telle situation, Abdelamalek s'est tout de suite rendu compte de l'urgence d'une réaction populaire libyenne afin de rétablir les vérités occultées par la manipulation.
«L'Otan ne cible pas uniquement des positions militaires, mais civiles aussi, vous appelez ça une protection de la population?», racontent les deux jeunes Libyens. «C'est horrible ce qui se passe et on cherche à nous faire accepter les boniments racontés par la propagande et cette histoire créée de toutes pièces qui veut faire croire au monde que le CNT et son aile armée luttent pour une Libye plus démocratique», ajoutent-ils avant de s'interroger sur cette «démocratie qui se construit sur un génocide, qui détruit des écoles, des aéroports, des hôpitaux et les réserves alimentaires? Franchement on n'en veut pas». L'intervention étrangère fut, à leurs yeux, un prétexte pour bloquer l'aboutissement à une solution. Ce qui n'était qu'un incident au départ survenu pour quelques revendications, s'est transformé subitement en un cauchemar en trois dimensions pour les Libyens. «Désormais, c'est sous un déluge de bombes que le citoyen libyen accueille chaque nuit, la peur au ventre, dans l'attente d'une fatale explosion».
On cherche les victimes après le déluge
Ils racontent non sans douleur comment «le matin, on cherche à savoir combien d'innocents ont disparu et combien il y a de blessés. Parmi les corps sans vie, une mère, une épouse une soeur cherchent les siens. Parfois, elles sont soulagées, mais souvent, c'est un enfant, un époux ou un frère qui disparaissent à jamais».
Les visages marqués par une rude épreuve à laquelle ils ne s'attendaient pas, les traits tirés qui expriment une grande tristesse caractérisent nos témoins. Nos deux interlocuteurs reviennent longuement sur les débuts des événements pour rappeler qu'en 1996, de graves violences sont survenues à l'intérieur d'une prison à Benghazi entre la police et les détenus. Ce qui a occasionné la mort de 1500 prisonniers. Ces deux jeunes comme des milliers d'autres en Libye espéraient un avenir radieux après des études brillantes dans des universités londoniennes. Ils rêvaient d'une belle carrière dans n'importe quel pays arabe, particulièrement en Libye où les cadres universitaires étaient considérés il y a peu de temps, comme une catégorie privilégiée. C'était le rêve de ces deux jeunes, comme tant d'autres Libyens écrasés par les bombardements de l'Otan. En effet, Abdelmalek Al Aqari et Ismaïl Al Gharyane voient filer leur espoir depuis que leur pays a été plongé dans l'enfer de la guerre. Il y a six mois seulement, ces deux Libyens, rencontrés récemment à Constantine, menaient une vie paisible et sans problèmes majeurs. Ils se permettaient le luxe de rêver. Et pourquoi pas lorsqu'on sait qu'avant le chaos annoncé par l'Otan et ses satellites, la Jamahiriya était l'un des rares pays arabes qui pouvaient s'enorgueillir d'avoir répondu intelligemment à la question de la répartition des richesses. Un jeune Libyen sur deux avait la chance d'étudier dans les plus prestigieuses universités européennes. Pour cette année et rien qu'en Grande-Bretagne, ils sont plus de 5000 Libyens à poursuivre des études supérieures au Royaume-Uni.

28/07/2011

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