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09/08/2011

n°7 - Journal de Syrie - 08-07 au 08-08 – Fin - : - Armageddon économique: la réponse de Washington à l’échec de l’économie… Plus de guerre !


n°7 -  Journal de Syrie - 08-07  au 08-08 – Fin - : - Armageddon économique: la réponse de Washington à l’échec de l’économie… Plus de guerre !



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal deSyrie

               n°7                                                08-07  au08-08        

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Journal deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

 

7 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

7-1 La Syrie accuse les Etats-Unis d'être impliqués dans les évènements

7-2 Louis Denghien : Manifs en Syrie : toujours et encore l’intox statistique !

7-3L’intellectuel belge Pierre Piccinin témoigne de la malhonnêteté des journalistes occidentaux.  

7-4 Joshua Landis : le gouvernement syrien a raison, des groupes armés sont effectivement à l’œuvre en Syrie.



7 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

7-1 La Syrie accuse les Etats-Unis d'être impliqués dans les évènements

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=22226&frid=18&seccatid=37&cid=18&fromval=1


7-2 Louis Denghien :Manifs en Syrie : toujours et encore l’intox statistique !

 Les semaines passent en Syrie, l’ »information » made in Occident continue de donner dans la propagande anti-régime pure et simpliste, sans nuances ni surtout sans vérifications des dires des opposants, dont les affirmations et les chiffres sont plus que jamais pris comme argent comptant par les agences de presse style Reuters ou AFP.

Ainsi, à en croire les médias français, c’est au moins un million de manifestants anti-Bachar que l’opposition radicale a jeté dans les rues des villes de Syrie vendredi 15 juillet, y compris à Damas.

Un million de personnes, c’est effectivement quelque chose, et ça change des quelques milliers, voire dizaines de milliers à Hama, de protestataires « recensés » jusque-là par les observateurs.

M. « Droits-de-l’Homme » l’a dit à Reuters qui l’a dit au Monde qui l’a dit à France 2…

Alors, que s’est-il passé pour qu’on ait observé un tel saut quantitatif dans les capacités de mobilisation des opposants syriens ? Un effet « boule de neige », un nouveau miracle Facebook ? Le problème c’est que lorsqu’on essaie de trouver les sources des articles interchangeables du Monde et de Libération, on tombe à chaque fois sur un correspondant de l’agence anglo-canadienne Reuters ou sur celui de l’agence française AFP, qui, sur la Syrie, ont trouvé depuis le début un langage commun. A chaque fois le journaliste de Reuters répercute consciencieusement  les déclarations fracassantes et triomphalistes d’un opposant inconnu, ou mal connu. Là c’est un certain Rami Abdel Rahmane, directeur d’un « Observatoire syrien des droits de l’homme« , qui joue les informateurs « bénévoles » : « Il s’agit des plus grandes manifestations à ce jour » proclame-t-il au micro sympathisant de Reuters, ajoutant : « C’est un défi lancé ouvertement aux autorités, notamment quand on voit la forte affluence enregistrée pour la première fois à Damas. » Le même Observatoire annonce qu’au moins 350 000 personnes ont manifesté dans la province orientale de Dair az Zour. On se demande ce qui relève de l’estimation rationnelle et ce qui tient à la logorrhée fanatique et au mensonge militant. Enfin, pour notre part, nous ne nous le demandons pas longtemps, et nous allons consacrer instamment un article-portrait à l’efficace Rami Abdel Rahmane et à son observatoire privilégié par les journalistes occidentaux. Egalement mis à contribution, cette fois pour des troubles à Zabadani (région de Damas), Abdel Karim Rihaoui, « chef » de la « Ligue syrienne des droits de l’homme« . Au moins, la crise en Syrie aura crée des vocations, voire des emplois !

Quant au correspondant de Reuters, saisi comme d’une ivresse chiffrée, il  signale « une foule immense » à Hama, ce même vendredi : sans doute, là aussi, sur la base d’une estimation scientifique fournie par le surpuissant « Observatoire syrien des droits de l’homme« . Rappelons que fin juin, on nous annonçait un demi-million de manifestants anti-Bachar à Hama, quand la ville et ses environs comptent peut-être 600 000. On peut faire dire tout ce qu’on veut aux chiffres. Y compris des mensonges.

Et, bien sûr, ce qui vaut pour le nombre des manifestants d’opposition vaut aussi pour celui des victimes de l’agitation : Rami Abdel Rahmane, véritable chaîne d’info continue à lui tout seul, déclare à l’AFP que « plus de 30 civils » ont été tué ce week-end à Homs, même si, pour une fois, la source d’opposition reconnaît qu’il s’agit de heurts entre factions civiles opposées ; il a aussi trouvé un enfant tué à Jobar. A Damas, c’est, selon le Monde.fr, un « militant des droits de l’homme » qui communique un bilan de 16 personnes tuées par la police. Le même site reconnaît d’ailleurs, en une phrase, et l’énormité de son « info » et la précarité de ses sources :  »Le total de plus d’un million de manifestants est le plus élevé fourni par les opposants pour une seule journée de manifestations contre le pouvoir en Syrie depuis le 15 mars« . En effet, cher confrère ! Et ce sont les mêmes journalistes qui passent très vite, quand ils daignent en parler, sur les nombreuses et puissantes manifestations de partisans du régime, qui se sont d’ailleurs reproduites ce week-end. Il est vrai que l’observatoire de Rami Abdel Rahmane n’est pas équipé pour observer ce genre de rassemblements…

Il y a tout de même un chiffre qui tend à baisser, même dans les articles de la presse occidentale ; celui de réfugiés syriens de Turquie qui, au grand dam sans doute des opposants et de leurs nombreux amis étrangers, ont une fâcheuse tendance à regagner leurs foyers. Mais sans doute le font-ils pour étoffer les rangs des manifestations anti-Bachar de leur région ?

Pourquoi tant de mensonges ?

Il faut bien constater, une fois de plus, un déséquilibre – croissant – entre le sensationnel de l’information et la maigreur – et la partialité – des sources : ça s’appelle, en bon français, de la propagande, de l’intox, ou si l’on veut être élégant, de la « guerre psychologique ». Une guerre menée depuis 4 mois maintenant par tout ce qui, consciemment ou non, sert les intérêts américains dans la région. On aura pu vérifier, dans cette crise syrienne comme en Libye, ou naguère en Côte d’Ivoire, un alignement constant et consternant de l’Union européenne – France sarkozyste en tête – et de l’essentiel de ses médias sur les mots d’ordre et la grille d’analyse de Washington. Pourquoi au fait ? Essentiellement, à notre avis, par angoisse des journalistes et politiques d’Occident, de rater le coche de l’Histoire, comme en Tunisie ou en Egypte. Mais aussi par intégration profonde des stéréotypes manichéens concoctés par les néo-conservateurs d’Amérique et d’ailleurs : même après les désastres irakien et afghan, les journalistes et éditorialistes de France, d’Europe et d’Amérique qui se piquent de sens critique croient toujours au fond à l’ »axe du mal » et aux « Etats voyoux » chers à Bush Jr, Cheney, Rumsfeld, Wolfowitz, Perle, Kristol et autres nomenklaturistes néo-conservateurs américains, vulgate d’ailleurs reprise sans états d’âme par l’administration Obama. L’expérience – désastreuse – de l’Irak ne leur a pas ouvert les yeux, qu’ils ferment dès qu’ils voient des activistes salafistes ou des Frères musulmans à l’oeuvre en Syrie ou en Turquie. Comme le dit un proverbe français : « Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir« . Et, à l’évidence, on ne veut pas voir, de Washington à Paris, en passant par Londres, Berlin et Bruxelles, que comme on a, du côté de Washington et de New York, ruiné et divisé l’Irak, on voudrait ruiner et diviser la Syrie, la Libye, l’Iran, le Soudan, tout ce qui dans le monde arabo-musulman n’est pas « conforme » à la « juste ligne » de l’OTAN et du Département d’Etat.

Louis Denghien, l

18 juillet

http://www.infosyrie.fr/decryptage/manifs-en-syrie-toujou...


7-3L’intellectuel belge Pierre Piccinin témoigne de la malhonnêteté des journalistes occidentaux.  

 Un professeur d'histoire belge, Pierre Piccinin, se trouve sur place pour se rendre compte de ce qui se passe réellement en Syrie. Ce dont il témoigne contraste avec ce que rapporte au fil des jours la presse occidentale en particulier.

De fait, son témoignage est accablant quant à la désinformation qui marque les événements de Syrie. Lecture
La Syrie connaît des troubles socio-politiques depuis plusieurs semaines.

Les grands médias relatent ces évènements en affirmant qu'il s'agit d'une révolte populaire comparable à celles survenues en Tunisie ou en Égypte.

Pour confirmer leurs propos, ils présentent des manifestations qui auraient lieu dans tout le pays et qui souffriraient d'une répression féroce.

Par exemple, dans la ville considérée comme l'un des principaux centres de la contestation, Hama, il y aurait eut vendredi (15 juillet) 500.000 manifestants dans les rues de l'agglomération de... 530.000 habitants (en comptant les villages alentours). Leurs uniques sources viennent d'opposants politiques basés à l'extérieur du pays. Les preuves matérielles?

Des photos floues où on peut distinguer des foules de quelques dizaines d'hommes.

La défense des journalistes face à ces failles professionnelles?

La presse ne pourrait pas rentrer dans le pays et Internet serait coupé.
Témoignage:
Je suis actuellement en Syrie, depuis une semaine, en préparation de trois cahiers du Ccmo (1) qui seront consacrés, à la rentrée, au «Printemps arabe» et d'un article pour Les Cahiers de l'Orient, à paraître en décembre. La Libre Belgique a également publié un billet résumant mes observations de ces derniers jours. Vendredi*, j'ai quitté Damas, la capitale et me suis rendu à Hama, fief de la révolte islamiste, en passant par Homs. Les données des agences de presse occidentales, répercutées par nombre de médias, sont complètement erronées et probablement volontairement exagérées (j'ai circulé dans toutes les zones sensibles du pays, sans jamais être empêché de me rendre là où je le souhaitais). À Deraa, la contestation est presque éteinte et, mis à part un quartier ou l'autre, où manifestent encore sporadiquement quelques centaines de personnes pendant une heure ou deux, sans même que l'armée intervienne, tout y est très calme. À Damas, seulement quelques milliers (pas même des «dizaines» de milliers) de manifestants sont sortis ce vendredi (15 juillet), par groupes dispersés dans plusieurs quartiers de la périphérie. Idem à Homs, où des bandes armées ont provoqué la police (déjà jeudi soir: j'avais été informé de risques de troubles à Homs, jeudi, et m'y étais rendu; le centre était calme, j'ai suivi le premier camion transportant des militaires que j'ai croisé et suis tombé sur l'échauffourée, qui opposait quelques dizaines de contestataires cagoulés face à une escouade de soldats; ces derniers ont ouvert le feu et m'ont obligé à quitter les lieux).
Sur les lieux à Hama
J'ai passé tout l'après-midi du vendredi à Hama. C'est la seule ville où la contestation conserve une réelle ampleur (c'est la seule ville où on ne trouve plus un seul portrait de Bashar Al Assad, omniprésent ailleurs, exception faite de la façade du building où se trouve le siège du parti Baath, dans lequel sont retranchés des membres de la sécurité): les habitants ont fortifié les entrées de la ville pour empêcher l'armée d'y intervenir et manifestent par dizaine de milliers. Hama est la seule place où j'ai pu prendre des photographies, en grand nombre (ailleurs, la police étant présente lors des troubles, il m'est impossible de sortir mon appareil photo). Quand je suis entré dans Hama, j'ai immédiatement été pris en chasse par des groupes de jeunes en moto qui m'ont arrêté. J'ai montré mon passeport belge et la situation s'est détendue: ils m'ont escorté partout et donné accès à un immeuble depuis la hauteur duquel j'ai pu prendre des photos de l'ensemble de la manifestation, centrée sur la place Alasi et l'avenue al-Alamhein. Etant le seul observateur étranger sur place, ils m'ont donné toutes les facilités nécessaires et ont organisé une garde autour de mon véhicule pendant que je me déplaçais à pied parmi les manifestants. En dépit de la grande sympathie que je puis avoir pour la gentillesse avec laquelle j'ai été reçu à Hama, force est d'admettre que le nombre des protestataires ne dépassait certainement pas les 100.000 personnes, en criant très fort, contrairement aux affirmations de l'AFP qui prétend que Hama a connu la plus grande manifestation du pays, rassemblant 500.000 personnes. Il est bien sûr difficile de procéder à une estimation. Toutefois, s'il est vrai qu'il s'est agi de la plus grande manifestation dans le pays, en revanche, je puis affirmer, si je tente une estimation plus précise, que le nombre des manifestants doit avoir été de 15.000 à 30.000 personnes au plus. J'ai produit une analyse plus fine de la situation, sur mon blog (2), où j'ai également publié des photographies de la manifestation, qui appuient, incontestablement, ces informations. Ainsi, le «million» de manifestants à travers toute la Syrie ne correspond, en réalité, qu'à quelques dizaines de milliers. J'ai pu avoir accès à Euronews: les images fournies par l'opposition et les blogueurs sont éloquentes; des plans rapprochés, qui donnent une impression de masse, alors que, dans les faits, les cortèges sont relativement maigres.
Une situation sous contrôle
Quant au nombre de morts recensés, il est évidemment impossible à vérifier sérieusement, mais mes contacts à Damas et Homs ne me confirment rien de tel. A Hama, les chars sont restés en dehors de la ville et aucun coup de feu n'a été tiré; aucun mort n'est à déplorer, ni aucune arrestation. La situation en Syrie, Hama exceptée, est parfaitement sous le contrôle du gouvernement et le climat général (Hama excepté, dont les rues sont jonchées de barricades et des décombres des premiers combats) n'est nullement révolutionnaire.
1) CCMO, (Cercle des chercheurs sur le Moyen Orient)
2) Note de l'auteur: Il ne s'agit nullement de défendre un régime qui n'applique pas le modèle politique occidentale de la démocratie, ni de nier la présence d'une contestation, mais de montrer la malhonnêteté professionnelle des journalistes occidentaux chargés, consciemment ou pas, de véhiculer la propagande des gouvernements occidentaux non amis avec le régime syrien.

Pierre PICCININ

24/07/2011

http://www.lexpressiondz.com/index.php?news=136072


7-4 Joshua Landis : le gouvernement syrien a raison, des groupes armés sont effectivement à l’œuvre en Syrie.

Pourquoi les médias qui nous ont toujours menti, que ce soit pour l'Irak, la Yougoslavie, le 11 septembre, l'Afghanistan et maintenant la Libye, nous diraient-ils la vérité à propos de la Syrie ?

Ils nous disent ce que le pouvoir veut qu'ils nous disent. L'environnement géopolitique de la Syrie n'est pas étranger au fait que les "Occidentaux" s'y intéressent plus particulièrement. N'oublions pas qu'Israël occupe toujours le Golan syrien...

GP

Nous vous proposons la traduction d’un article paru le 3 août sur le blog de Joshua Landis, Syria Comment, un des plus pointus sur le dossier, très souvent consulté par les journalistes américains et anglo-saxons, Landis ayant de son côté écrit dans les médias audiovisuels et journaux américains les plus prestigieux – CNN, New York Times, Wall Street Journal, Washington Post, etc. Joshua Landis, Américain marié à une Syrienne, aborde ici la question des groupes armés, dont l’existence est en général systématiquement niée – ou passée sous silence – par les médias d’Occident.

Son article a été écrit après la diffusion de la déjà fameuse et terrible vidéo montrant des manifestants visiblement islamistes et en tout cas anti-régime, balançant des cadavres ensanglantés depuis le pont qui enjambe le fleuve Oronte à Hama. Il fait également référence à une autre vidéo – mise en ligne sur Infosyrie.fr le 3 août – et montrant deux camions de l’armée syrienne tombant dans une embuscade -à Banyas, en avril dernier : il se trouve qu’un des neuf militaires tués en cette circonstance était le cousin de l’épouse de Landis, le lieutenant-colonel Yasir Qash’ur. Ce drame familial, mais aussi un examen assez méthodique des éléments existant sur d’autres preuves d’implication de groupes d’opposants armés, à Jisr al-Choughour ou à Hama, ont conduit Joshua Landis à conclure que les versions données par les autorités syriennes sur ces incidents sanglants étaient les bonnes, et que la presse occidentale avait toujours refusé de voir la vérité en face pour des raisons qui tiennent à la bonne conscience et au conformisme idéologiques.

Oui, répète Landis, il y a des groupes armés à l’oeuvre en Syrie, qui s’attachent, avec succès jusque-là, à enclencher le fameux et fatal cycle « provocation-répression » bien connu des révolutionnaires et déstabilisateurs professionnels.

Cette conclusion d’un expert reconnu des questions syriennes a d’autant plus de prix que la deuxième partie de l’article de Landis est rien moins que favorable au régime baasiste : il affirme que trop de Syriens souffrent actuellement de pauvreté et d’une absence totale de perspectives, et constituent donc des recrues idéales pour les groupes subversifs armés : on émettra des réserves sur le tableau très sombre que dresse Landis, le régime ayant malgré tout suscité depuis plusieurs années des progrès sociaux et économiques. Mais sa thèse, inquiétante, sur la radicalisation de franges d’opposants et le raidissement parallèle des partisans du régime est crédible : le spectre de la guerre civile à l’irakienne a commencé à roder en Syrie, du côté de Hama et de Homs. Les pompiers pyromanes de France – le tandem Juppé-Sarkozy – et d’ailleurs – l’Union européenne accompagnant, ou parfois précédant, les desiderata du Pentagone, du Département d’Etat et de la Maison Blanche – doivent en être bien conscients 

Une capture d'écran du site du Point (en avril), du temps où il osait mentionner les choses telles qu'elles arrivent.

La controverse autour des groupes armés par Joshua Landis

J’ai parlé de la « controverse des groupes armés » dans mes deux derniers articles. Dans la section des commentaires, des Syriens ont débattu pour savoir si l’opposition a suscité dans ses rangs des éléments activistes qui tueraient des soldats syriens. Un certain nombre d’analystes, tel Majd Eid, qui ont rejoint le débat sur France24 hier, maintiennent que ce soulèvement est non-violent. Ils insistent sur le fait que les soldats syriens tuent d’autres soldats, pas des éléments de l’opposition. Ces massacres ont lieu quand les forces de sécurité refusent les ordres de tirer sur les foules, insistent-ils. Jusqu’à maintenant, il n’y a aucune preuve que des militaires syriens aient tué leurs camarades pour refus à un ordre direct. Au contraire, la plupart des preuves disponibles  renforcent les affirmations du gouvernement comme quoi des éléments armés de l’opposition tirent sur les forces de sécurité.

Cette controverse a vu le jour en avril lors des manifestations à Banias, quand neuf soldats furent tués sur l’autoroute principale dans deux véhicules, en dehors de la ville. Des activistes ont annoncé que des soldats à Banias avaient été exécutés par d’autres soldats pour avoir refusé de tirer sur une foule. Cette histoire s’est révélée fausse, mais a été véhiculée par la majorité de la presse occidentale et jamais corrigée. J’ai écrit un article à propos de cette controverse le 14 avril sous le titre : La presse occidentale égarée – Qui a tué les neuf soldats de Banias ? Pas les forces de sécurité syriennes. La raison qui m’a poussé à m’intéresser à cette affaire est que le cousin de ma femme, le lieutenant-colonel Yasir Qash’ur, était un des neuf soldats tués ce 10 avril. Nous le connaissions bien. Nous avons parlé avec le beau-frère de Yasir, le colonel ‘Uday Ahmad, qui était assis à l’arrière du camion dans lequel Yasir et plusieurs des soldats furent tués. ‘Uday nous a raconté que leurs deux camions militaires ont été pris en embuscade, alors qu’ils traversaient un pont autoroutier, par des hommes bien armés qui se cachaient derrière les barrières centrales et sur le toit des bâtiments du bord de route. Ils ont ratissé le convoi avec des tirs automatiques, tuant neuf personnes. L’incident n’avait rien à voir avec des soldats refusant des ordres. Sa description des faits était en telle contradiction avec les récits que je lisais dans la presse que j’ai commencé à creuser le sujet. Une vidéo ultérieure de l’échange de tirs fut trouvée et montrée à la télévision syrienne. Elle corroborait la version donnée par ‘Uday. La presse occidentale et les analystes ne voulaient pas reconnaître que des éléments armés devenaient actifs. Ils préféraient raconter un beau conte de fées à propos de « gentils » combattant des « méchants ». Il n’y a aucun doute que la majorité de l’opposition était pacifique et a été prise à partie par  des soldats et des snipers également meurtriers. On se demande seulement pourquoi cette histoire n’aurait pas pu être racontée en prenant en compte la réalité – à savoir que les éléments armés, qui venaient pour tuer, jouaient un rôle aussi.

Durant les affrontements sanglants de Jisr al-Shoughour, la presse occidentale dans sa grande majorité a répété les affirmations de l’opposition annonçant 100 soldats tués, non par des éléments d’opposition, mais par d’autres soldats. Les journaux insistèrent sur le fait que les militaires syriens avaient été tués dans cette ville par d’autres soldats, pour avoir refusé des ordres de tir sur la population. Les déclarations du gouvernement affirmant que les soldats furent tués par des éléments armés les ayant pris en embuscade furent systématiquement ignorées. Aujourd’hui, une vidéo corrobore la version gouvernementale des événements : les soldats stationnés en ville furent attaqués par une opposition organisée et armée.

Voici une vidéo montrant certains de ces soldats avant qu’ils ne soient tués :

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=TKGJOfrFQc0

Les premières minutes de celle-ci montrent les soldats après qu’ils aient été tués :

http://www.youtube.com/watch?v=CoFg8vcf1IM&feature=player_embedded#at=310

Voici la vidéo originale, non éditée, des corps avant qu’ils ne soient placés sur les camions :

http://www.youtube.com/verify_age?next_url=http%3A//www.youtube.com/watch%3Fv%3DhjyCbmPHHTM%26feature%3Dplayer_embedded

Dans l’affrontement d’Hama, la vidéo montrant des corps jetés depuis un pont dans une rivière a été sujette à controverses. Cette vidéo, faite en comparant les vues du pont de Google Earth avec ce qu’on aperçoit dans la vidéo prouve que le film  est récent, provient de Hama, et montre des éléments d’opposition jetant des corps de soldats depuis le pont autoroutier dans la rivière ‘Asi, au nord de Hama, sur l’autoroute vers Alep.

http://www.youtube.com/verify_age?next_url=http%3A//www.youtube.com/watch%3Fv%3Dz0k-3nRsWgs%26feature%3Dplayer_embedded

 

Quelle est donc la signification de l’émergence d’éléments d’opposition armés ?
Un des principaux activistes anti-gouvernemental, qui s’exprimait su CNN, l’a très bien expliqué. Voici le reportage d’Arwa Damon et de Nada Husseini diffusé sur CNN le 2 août dernier :
« Un important activiste anti-gouvernnemental, qui a demandé à ne pas être nommé en raison des dangers liés à la diffusion de ces informations, a dit à CNN que le compte-rendu de la télévision d’Etat syrienne était correct. Les corps sont ceux de membres de la police secrète tués par des combattants syriens venus d’Irak pour se joindre à la lutte contre le gouvernement a expliqué cet activiste, qui tient ses informations sur les événements en cours d’un vaste réseau de correspondants.
« Le même activiste soulignait que ces extrémistes ne sont pas représentatifs du mouvement de protestation. Des éléments violents marginaux sont apparus à la faveur des troubles de Syrie. Selon une étude de l’International Crisis Group, parue le mois dernier, certains éléments anti-gouvernementaux ont pris les armes. Cependant, précise le rapport, « la grande majorité des pertes concernes des manifestants pacifiques, et la grande majorité des violences ont été perpétrées par les services de sécurité. L’activiste a dit encore que la mise en ligne de cette vidéo est comme une lame à deux tranchants pour les opposants.
« D’un côté, dit-il, les manifestants pacifiques doivent devenir conscients de l’existence de ces éléments marginaux. Cela devrait inciter d’avantage de gens à rejeter tout à la fois le régime et ce type d’agressions armées, et à préserver les objectifs d’une protestation pacifique. Mais dans le même temps, a-t-il ajouté, les incidents donnent de la crédibilité aux affirmations du gouvernement syrien selon lesquelles il ne cible que des « bandes armées ». Une telle violence (de la part des activistes, Ndlr), dit-il encore, pourrait faire que la communauté internationale hésite à augmenter la pression sur le régime syrien. »
Beaucoup de partisans du mouvement révolutionnaire ont réagi à ces vidéos en demandant : « On s’attendait à quoi ? Les Syriens vont-ils attendre de se faire tuer ? Bien sûr que la violence engendre la violence. C’est normal et la seule surprise c’est que ça ait mis si longtemps à venir. »
C’est un argument incontestable. L’opposition syrienne a été longue à s’armer dans son effort pour renverser le régime baasiste. Le Mouvement des Officiers libres prend de l’importance.  La plus récente vidéo éditée par le M.O.L. montre que le nombre de ses membres progresse, bien que l’organisation n’en soit encore qu’à ses balbutiements. Son leader déclare qu’ils défendront les civils contre les « 
actions barbares du régime et de ses Shabbiha (jeunes délinquants issus de la communauté alaouite de la région côtière du nord du pays, censés avoir joué un rôle dans la répression de certaines manifestations de l’opposition, Ndlr) » D’autres organisations armées descendent dans la rue mais aucune n’a officiellement déclaré son existence ni défini des objectifs politiques. Ce qui devrait certainement se faire dans les mois à venir.
Dès le début, on a eu une guerre des vidéos. Celle d’une femme disant adieu à son mari, tué à Hama le 2 août, est pathétique. De telles vidéos sont comme un appel aux armes.
Le régime se battra jusqu’au bout et a encore beaucoup de pugnacité. Les militaires ont beaucoup d’atouts par rapport à une opposition divisée. Il est improbable que le régime « s’effondre » comme le prédisent certains activistes, ou qu’il se volatilise à la manière de celui de Ceaucescu. S’il doit être vaincu, ce sera sur le terrain et par la force. Il est difficile d’imaginer une autre issue. Bien sûr, si Damas et Alep manifestaient ensemble en masse, la rupture serait accélérée, mais l’armée et le Baas n’abandonneront pas la partie. Les divisions de la Syrie sont trop profondes. La crainte de vengeances et d’épurations ethniques vont renforcer la détermination de tous ceux qui ont soutenu l’ordre en place depuis des décennies. Si la direction syrienne avait voulu transmettre pacifiquement le pouvoir ou établir une sorte d’accord constitutionnel, elle l’aurait déjà fait.
La pauvreté et la perte de dignité qu’éprouvent beaucoup de Syriens sont une dimension très lourde de la réalité de ce pays. 22% des Syriens vivent avec deux dollars ou moins par jour. C’est là une donnée effrayante. Ce sera bien pire quand les difficultés économiques et les pertes d’emplois commenceront à se multiplier. La Syrie est pleine de gens qui ont peu à perdre, qui ont un faible niveau d’éducation, et peu de perspectives d’avoir une vie meilleure et plus digne. Le potentiel de violence et de criminalité est important. Plus préoccupant encore est l’absence d’un leadership des forces de l’opposition.

r Joshua Landis,

le 4 août 2011 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


Commentaires

Bonjour,

Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.

Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.

Page-10, THÉORÈME DU PEIGNE.-CONSCIENCE DU JOUEUR.

Cordialement

Clovis Simard

Écrit par : clovis simard | 10/08/2011

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