Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

10/08/2011

n°8 - Dossier de Syrie - 09-08 –Fin -L’Affaire de Hama » ou comment 10.000 manifestants se multiplient en 500.000 dans les dépêches de l’AFP.


n°8  - Dossier de Syrie  - 09-08 –Fin -L’Affaire de Hama » ou comment 10.000 manifestants se multiplient en 500.000 dans les dépêches de l’AFP.


Sommaire :  

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Pierre Piccinin- Une révolte complexe et des chiffres manipulés...

3-2 Oussama Charabeh : Le colonialisme des temps modernes.

 


3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

3-1 Pierre Piccinin- Une révolte complexe et des chiffres manipulés...

 / Jours de tourmente en Syrie

/ Bataille médiatique autour d'Hama la rebelle 

Entretien avec Pierre Piccinin

La rébellion populaire contre le régime de Damas et la répression qui s’en est suivi de la part des forces fidèles au président al-Assad apparaissent de jour en jour plus dramatiques. Nous avons interviewé une voix à contre-courant, celle de Pierre Piccinin, professeur belge d’histoire et de sciences politiques, revenu depuis peu d’un voyage d’investigation en Syrie.

Professeur Piccinin, cela vous a-t-il été difficile d’entrer en Syrie ?

Et pendant combien de jours avez-vous pu circuler dans le pays ?

J’ai voyagé en Syrie du 10 au 23 juillet, simplement après avoir demandé un visa à l’ambassade de Syrie. En remplissant le formulaire qui m’a été soumis, j’ai un peu triché, en ne disant pas que j’enseigne les sciences politiques, mais en prétextant que j’étais intéressé par l’histoire de l’art. Ainsi, à ma grande surprise, j’ai obtenu un visa touristique sans difficulté. Arrivé à l’aéroport de Damas, j’ai loué une voiture avec laquelle j’ai pu circuler librement à travers tout le pays, sans avoir été accompagné de personne et sans jamais avoir dû préalablement présenter mon itinéraire.

Depuis des mois, le régime syrien interdit l’entrée dans le pays aux journalistes étrangers, alors que, vous, vous avez obtenu un visa sans problème.

Cela signifierait-il que les journalistes sont moins ingénieux que vous ?

Cela, en effet, reste pour moi une grande question. C’est vrai que les journalistes sont automatiquement interdits d’entrée, lorsqu’ils demandent un visa pour la Syrie. Mais, ce qui me frappe, c’est que d’autres chercheurs ne se soient pas infiltrés en Syrie. À ma connaissance, seul Alain Gresh, journaliste au “Monde diplomatique”, est entré en Syrie, quelques jours après moi.

 

Pour en revenir à mon voyage, le 15 juillet, je me suis rendu dans la ville de Hama (ndlr : où la répression du régime est particulièrement brutale). Malgré les barrages routiers de l’armée, on m’y a laissé entrer ; j’ai pu prendre des photographies, parler avec les gens et, après cela, m’en aller avec mes photos, sans problème.

Quelle est la chose qui vous a le plus marqué, durant votre périple ?

Quand je suis arrivé en Syrie, je m’imaginais trouver un pays dans le chaos, en pleine révolution. J’ai été étonné de trouver, au contraire, un pays très calme.

À la fin du mois de février et en mars, il y a eu une forte opposition intérieure et de grandes manifestations. Puis, la répression a été très violente ; et il y a eu des morts. Aussi, maintenant, les gens n’osent presque plus sortir, à cause de cette répression. Dès lors, le pays est plutôt calme et les manifestations ont lieu surtout dans les quartiers périphériques, où se rassemblent des petits groupes, qui mobilisent au maximum un millier de personnes. Ces personnes se regroupent à la sortie des mosquées, mais, une fois localisés par la police, les manifestants sont immédiatement dispersés par les tirs des forces de l’ordre.

 

La situation est donc relativement sous le contrôle du régime ?

Oui, à part dans la ville de Hama, où existe encore un important mouvement de contestation.

Je me suis rendu à Hama le vendredi, pour voir ce qui allait se passer, une fois la prière terminée, à la sortie des mosquées. J’y ai vu se rassembler environ dix mille personnes.

Mais, le soir, quand je suis arrivé à mon hôtel, j’ai lu une dépêche de l’agence de presse AFP qui parlait d’un demi-million de manifestants. C’est une “information” complètement fallacieuse.

À quoi attribuez-vous cette différence de chiffres ?

Cette “information” vient d’une organisation dont les comptes-rendus sont diffusés par la plupart des médias. Il s’agit de “l’Observatoire syrien des droits de l’homme”,  dont le président est Rami Abdel Rahmane, très connu en Syrie en tant qu’opposant du régime depuis des années et qui vit maintenant à Londres et à Stockholm. Cette personne est très liée au mouvement des frères musulmans, le principal groupe d’opposition, islamique, au régime d’al-Assad. Dès lors, les informations qu’il diffuse ne sont pas très fiables.

Ils ont affirmé que, à Hama, un demi-million de personnes avaient manifesté contre le régime, alors qu’il s’agit d’une ville de trois-cents-cinquante mille habitants seulement. Quand je suis entré dans Hama, le 15 juillet, j’ai trouvé une ville calme, et les blindés de l’armée contrôlaient les voies d’accès et tous les carrefours menant aux villages alentours.

Et la population locale ?

En entrant dans la ville, j’ai vu les dégâts causés par les interventions de l’armée au début des manifestations : des automobiles et des camions incendiés, les rues et des immeubles abîmés.

Il y avait aussi des jeunes du mouvement islamiste, qui faisaient la loi sur leurs motos. Quand je leur ai montré mon passeport belge, ils m’ont dit que j’étais le bienvenu et que je pouvais regarder tout ce qui se passait dans leur ville.

 

Vous n’avez jamais assisté à des altercations entre les rebelles et les forces gouvernementales ?

Uniquement lors de ma visite à Homs. J’ai assisté à des échanges violents, le 14 juillet, entre l’armée et des manifestants. Une cinquantaine de jeunes, qui avaient le visage couvert, ont attaqué un poste de contrôle de la police, ce qui a entraîné l’intervention de l’armée. Et ce sont les manifestants qui ont été les premiers à ouvrir le feu, dans ma direction, contre l’armée.

Avez-vous eu des contacts avec les leaders de la révolte ?

Pas avec les véritables leaders, car la plupart d’entre eux sont en Turquie. Mais, à Damas, j’ai pu parler avec des coordinateurs de quartier, ces jeunes qui coordonnent les manifestations dans les banlieues, où la population est plutôt pauvre et très religieuse, et où les islamistes sont dès lors assez présents.

Quelle opinion vous-êtes vous forgée sur la crise syrienne ?

Le cas syrien est très complexe. On ne se trouve pas en face d’une révolution populaire contre le gouvernement. C’est en partie le cas, mais en partie seulement. Mais il y a aussi le mouvement islamique, avec ses objectifs propres. Au nord, il y a eu une rébellion autonomiste, dans la région des Turcomans, avec elle aussi ses objectifs spécifiques. Donc, il y a plusieurs groupes, avec des intérêts différents. Et, dans certains cas, ces groupes attaquent les forces de l’ordre. Il y a aussi des manifestations pacifiques, des gens qui réclament la démocratie, que la police disperse en tirant sur la foule. Et il y a des cas où ce sont les opposants qui attaquent l’armée. Le risque, c’est la guerre civile.

Pierre PICCININProfesseur d'histoire et de sciences politiques

Propos recueillis par Osvaldo Migotto  (Corriere del Ticino, 3 août 2011)

Traduit de l'italien


3-2 Oussama Charabeh : Le colonialisme des temps modernes.

Oussama Charabeh, Franco-syrien spécialisé en finance de marché est un observateur attentif des événements du Proche-Orient. Il y vit depuis plusieurs années après 23 ans passés à Paris.

Sa connaissance à la fois de la France et de la Syrie et les trois derniers mois qu’il vient de passer dans ce dernier pays lui permettent de jeter un regard critique sur les informations présentées à ce sujet par les médias, informations dont le but manifeste est de manipuler l’opinion des Français et fabriquer un consensus artificiel contre le régime syrien, étape décisive sur la voie d’une intervention militaire.

A côté des Américains et des Européens, Oussama Charabeh pointe le jeu dangereux d’une Turquie qu’on a  cru peut-être un peu vite détachée de l’alliance avec Washington et Tel Aviv…

Une alliance rejetée par la grande majorité des Turcs, mais quid de M. Erdogan

Le colonialisme des siècles passés a toujours eu pour but la domination économique par le controle des matières stratégiques, les XXeme et XXIeme siècles ne connaissent qu’une seule matière stratégique : le pétrole, qui est abondant au Moyen-Orient. Mais il n’est plus acceptable aujourd’hui de coloniser, non pas parce que les dirigeants des ex-colonies sont devenus plus humanistes mais parce qu’ils tomberaient instantanément devant la pression de leurs peuples.

Le colonialisme doit donc se moderniser et revêtir un costume plus coloré et plus doux pour obtenir le même résultat : ce costume à la mode ce seront la démocratisation des pays du tiers monde, les droits de l’homme ou tout prétexte suffisamment noble en apparence. Le garant des intérêts stratégiques des USA au Moyen-Orient c’est Israël et il est tout simplement interdit à qui que ce soit d’avoir les moyens de s’opposer à ce pays même s’il occupe nos territoires et tue nos peuples. Tout Etat qui résiste à Israël ou qui a les moyens de lui résister est donc un danger qui doit être écarté soit par intervention directe sous prétexte humanitaire comme en Libye, soit par un renversement de l’intérieur.

La Syrie s’inscrit dans ce schéma et, à cause de ses positions hostiles aux ambitions impérialistes et coloniales d’Israël, n’a jamais été appréciée par les administrations américaines et leurs alliés.

La Syrie a toujours été la cible de tentatives de déstabilisation par l’extérieur et pendant les dix dernières années ces tentatives ont été régulières et répétées, surtout depuis le refus d’Assad de l’invasion de l »Irak et son soutien affiché à toutes les résistances de la région.

En 2004, l’assassinat du Premier ministre libanais dont la Syrie fut aussitôt accusée sera le premier coup dur de la décennie pour le régime de Damas. La résolution 1559 est adoptée par l’ONU et la Syrie est la cible de sanctions américaines et européennes.

En 2006, la guerre du Liban a pour objectif de détruire la résistance libanaise et d’affaiblir le régime syrien mais à la surprise du monde entier Israël est vaincu.

Les événements actuels s’inscrivent dans ce même schéma et les Américano-sionistes profitent du courant de révolte qui traverse les pays arabes pour forcer le changement en Syrie, ce malgré le peuple syrien. Tout indique une manipulation extérieure dans les événements en cours.

La main étrangère

Les Américains n’ont pas attendu longtemps avant de revendiquer leur implication dans la violence en Syrie. Le 2 Avril 2011, l’adjoint au Secrétaire d’Etat américain au affaires étrangères déclare dans une conférence de presse que « la Syrie pourrait retrouver à nouveau son calme et sa stabilité si elle répond aux exigences qui lui ont été transmises« .

Les exigences en question sont passées par les arrières-cours de la diplomatie mais elles ne sont pas nouvelles. Déjà en 2003, lors de l’invasion de l »Irak, Colin Powell envoyé de Bush, croyant que maintenant que l’armée américaine était aux frontières syriennes Bachar al-Assad serait effrayé, avait débarqué a Damas avec une feuille récapitulant les exigences américaines : ne pas soutenir la résistance irakienne ; stopper tout soutien à la résistance libanaise ; fermer les bureaux de la résistance palestinienne à Damas et enfin rompre les liens avec l’Iran. La Syrie aurait pu devenir l’enfant gâté des Américains au Moyen-Orient si elle avait repondu positivement mais c’aurait été au prix de son asservissement à la volonté expansionniste et dominatrice d’Israël dans la région.

La déstabilisation de la Syrie et du Liban figurait sur l’agenda israélo-américain et sur celui de l’Otan depuis ces dix dernières années : selon le commandant général de l’OTAN l’Américain Wesley Clark, 2001 a vu la mise en place d’un plan quinquennal pour envahir sept pays (en commençant par l »Irak puis la Syrie , le Liban, la Libye, la Somalie et le Soudan) de la région et redéfinir la carte du Moyen-Orient (Le Nouveau Moyen-Orient selon les termes de l’alors Secrétaire d’Etat américaine Condolesa Rice).

Dans son livre « Gagner les guerres modernes » le général Wesley Clark écrit ainsi :

« En novembre 2001 alors que je repassais au Pentagone et en posant la question de l’Irak  à un haut officier de l’armée américaine, celui-ci me dit :  » Oui nous sommes toujours en route vers l’Irak ».  Et d’ajouter avec un ton plein de désagrément : « Mais il y a plus : ceci (l’Irak) a été discuté dans le cadre d’un plan plus général de campagne contre sept pays: Irak, puis Syrie, Liban, Libye, Iran, Somalie et Soudan. »

Cette discussion a également été relatée par le général Clark dans une émission télévisée :

Il est tout aussi légitime de se demander pourquoi les affrontements armés sont intervenus dans des régions frontalières où il est plus facile de faire passer des combattants, des armes, de la drogue et de l’argent : il y a eu Daraa à la frontière jordanienne et israélienne, puis il ya eu Banyas et Tal Kalakh à la frontière libanaise et enfin récemment Jisr El Shoughour à 10 km seulement de la frontière turque. Ceci montre clairement à qui est de bonne foi que ces rébellions armées avaient bien pour bases arrière des pays étrangers frontaliers.

Et pourquoi, au fait, ces événements ne se sont-ils pas produits en même temps mais se sont au contraire succédé ? L’insurrection éclatait dans une ville lorsqu’elle état jugulée par l’Etat dans la précédente, comme pour signifier que quand les extrémistes sont neutralisés dans un point géographique donné et quand leur ravitaillement est coupé sur une frontière, ils se dirigent alors vers une autre frontière.

L’objectif est donc de déstabiliser la Syrie et de provoquer un « changement de régime » (traduire : pour implanter un régime soumis à Israël), ce par une insurrection armée infiltrée par des extrémistes islamistes. Les rapports sur des civils tués seraient utilisés pour légitimer une intervention sous le volet « droits de l’Homme » et en invoquant le devoir de « protéger les civils » : copie conforme de ce qui s’est déroulé – se déroule encore – en Libye.

D’ailleurs, sait-on qui sont ceux qui  se battent contre l’armée libyenne; ceux que les médias appellent indécemment des « révolutionnaires » ? Sait-on d’où viennent leurs armes sophistiquées et leurs méthodes de combat en Toyota à la Taliban ? Car oui, ces groupes sont encadrés et entraînés par des combatants d’Al Qaida. Et puis sait-on enfin combien de civils les bombardements de l’OTAN ont-ils  tué ? Mais tout cela importe peu aux éditorialistes pro-américains.

Et puis, si ce principe de protection des civils, des droits de l’homme et des droits internationaux est si important pour Sarkozy ou Obama pourquoi ne les entend-on  pas lorsqu’il s’agit des Palestiniens tués – ou opprimés – par Israël ? Pourquoi ne les entend-on pas quand les résolutions de l’ONU sont bafouées par Israël ?

La propagande, la désinformation et le pilonnage médiatique

Toutes les preuves d’existence d’une rébellion extrémiste armée en Syrie est systématiquement niée par les médias et agences de presse occidentales et même certains médias arabes comme Al Jazeera ou Al Arabia qui ont déjà perdu leur crédibilité au Moyen-Orient.

Les civils tués sont systématiquement imputés au compte du régime négligeant toute preuve d’existence de tireurs embusqués tirant sur la foule.

Les massacres des hommes de l’armée et de ceux des forces de sécurité sont régulièrement omis et lorsque les images montrent les militaires massacrés et leur corps mutilés les médias mentionnent timidement l’événement qu’ils expliquent par une fable qui insulte à l’intelligence de l’esprit humain : la fable de l’armée tuant et mutilant les corps de ses propres sodats qui ont refuseé de tirer sur la foule.

Le 17 avril dernier, huit membres des forces de securite sont égorgés dans un petite commune de la banlieue de Daraa. Le 8 Mai, 10 policiers sont froidement égorgés à leur tour a Homs. Le 7 Juin, 120 militaires et policiers sont attaqués dans leur caserne a Jisr Al Shoughour à la frontière turco-syrienne et décapités après avoir été tués. Al Jazeera et la BBC ont préféré parler alors de 120 manifestant pacifistes tués par les forces de sécurité !

Toutes les vidéos (sans exception) diffusées pour soutenir la thèse d’une révolution populaire ne durent jamais plus de 15 secondes, c’est-à-dire pas suffisamment pour discerner ce que dit réellement l’image ; d’ailleurs souvent on ne voit que des pieds ou le ciel avec comme fond sonore des cris. Puis les ingénieurs de son y ajoutent un slogan et finalement le commentaire du journaliste, qui du reste, est bien habillé et a l’air honnête, anéantit tout esprit critique ou doute quant aux images montrées.

Et finalement, quand la bêtise dépasse toute imagination, les agences de presse s’excusent pour avoir commis des erreurs. Reuters, fin avril, publie un communiqué officiel d’excuse pour avoir fourni des vidéos des événements d’Irak ou du Yémen avec le sous-titre « a eu lieu en Syrie« .

France 24 diffuse un appel en direct d’une personne qui se fait passer pour l’ambassadeur de Syrie à Paris, et annonçant sa démission en direct en raison des atrocités commises. L’ambassadeur dément immédiatement et porte plainte contre la chaîne. Enfin l’AFP reconnaît pour la première fois – bien tardivement – la présence d’une rébellion armée en diffusant des photos le 18 juin.

Que valent les excuses quand chaque image et chaque titre incitent à plus de violence et à plus de sang versé, et encouragent les terroristes qui se voient dotés des moyens médiatiques les plus puissants… et ce gratuitement.

La Turquie : de l’ONU à l’OTAN ?

Si les positions américaine et britannique n’ont surpris personne car ces deux pays ont toujours été les premiers à soutenir les attaques contre le régime syrien, et si la position clairement hostile du gouvernement français s’inscrit dans l’inféodation de Sarkozy à Washington, le choc est venu de la Turquie qui, tel Judas, est passé du jour au lendemain du rôle d’ami fidèle à celui de prédateur affamé.

La dernière rébellion armée à Jisr al Shoughour, à la frontière turque, a indéniablement reçu le support logistique des Turcs ainsi que le montrent les équipements saisis sur les terroristes et leurs aveux : réseau de télécommunication à disposition des résistants, armes et fonds ont transité par la Turquie.

Des sources offcielles affirment que les tentes avaient été plantées à la frontière il y a déjà deux mois pour accueillir les futurs réfugiés. Ceux-ci étaient donc attendus et les Turcs participaient à la préparation des ces événements. Pourquoi ? Dans le cadre de quel deal ont-ils monnayé leur relation avec la Syrie ? Et comment la carte des réfugiés va-t-elle être utilisée par Ankara et Washington ?

Les réponses seront certainement connues dans les quelques semaines a venir. Mais il est d’ores et déjà clair que la Turquie a toujours eu la nostalgie de l »empire ottoman et de sa domination et nous avons sous-estimé – ou enterré trop vite – l’alliance militaire de la Turquie avec Israël, son appartenance à l’OTAN (sous hégémonie américaine) et son désir de devenir membre de UE. Nos amis Turcs viennent d’ailleurs de se retirer du convoi humanitaire d’aide à Gaza.

Le revirement de la position turque et l’échec diplomatique américano-européen  après les vétos russe et chinois à l »ONU sur une condamnation de la Syrie, l’acharnement de ces ex-puissances coloniales (France et Grande-Bretagne) me poussent à penser que la Turquie pourrait être utilisée comme base d’intervention de l’OTAN aux frontières syriennes.

La dénonciation incessante du sort des réfugiés syriens à la frontière turque et l’exagération médiatique autour de ces derniers suggèrent que le prétexte de l’OTAN utilisera pourrait bien être (comme en Libye) de nature humanitaire.

Les quelques semaines à venir seront donc cruciales.

Oussama Charabeh,

22 juin

http://www.lepost.fr:80/article/2011/06/25/2532769_le-colonialisme-des-temps-modernes.html



 Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


Les commentaires sont fermés.