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31/08/2011

n° 12 - Dossier Syrie: Déclaration & témoignage - 30.08 – Fin -: Bachar : le président syrien n'est pas fabriqué aux Etats-Unis !

n° 12 -  Dossier Syrie: Déclaration  & témoignage - 30.08 – Fin-: Bachar : le président syrien n'est pas fabriqué aux Etats-Unis !




Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Dossier Syrie:Déclaration  & témoignage.

n°12                              30-08

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier Syrie :Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage1" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

2  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-3 Mireille Delamarre :Qui au Moyen Orient Profiterait de La Chute D’Assad ? Israël …

2-4 ChemsEddine Chitour : Face à la démocratie aéroportée : La Syrie dernier verrou avant l'Iran.

2-5 Michel Chossudovsky : Une « guerre humanitaire » contre la Syrie ?


2-3 Mireille Delamarre :Qui au Moyen Orient Profiterait de La Chute D’Assad ? Israël …

Bien qu’Israël ait longtemps gardé le silence sur les évènements en Syrie, désormais à Tel Aviv on se réjouit d’avance d’une possible éviction d’Assad prélude à un affaiblissement du pouvoir central syrien au profit de gouvernements régionaux sectaires s’opposant comme par le passé les uns aux autres. Une Balkanisation de la Syrie c’est ce à quoi participe en coulisses les Sionistes en soutenant les islamistes fanatiques armés par l’étranger avec l’aide de la Turquie.

Lors d’une présentation faite à l’Institut for Contemporary Affairs du Jerusalem Center for Public Affaires le 16 Juin 2011, le professeur Eyal Zisser - un expert israélien de renom sur l’histoire et la politique moderne de la Syrie du Liban et du conflit arabo israélien - préconise le renversement de Bahsar al Assad dont le régime est considéré par lui comme une menace pour Israël.
Dans un article intitulé
The syrian uprising implications for Israël, Zisser - universitaire influent dans le monde politique israélien - détaille sa position dans le dernier chapitre «A new syrian régime might be better for Israël » c'est-à-dire expose les désidératas de Tel Aviv vis-à-vis de Damas.
Ci-dessous la traduction de ce chapitre
« Un nouveau régime syrien serait mieux pour Israël «
« Plus faible est la Syrie plus fort sera le Liban. Tout changement de régime en Syrie pourrait être un coup porté au Hezbollah bien que le Hezbollah représente en fait un grand nombre de Shi’ites. C’est un pouvoir central shi’ite libanais profondément enraciné et authentique. Cependant, c’est l’aide de l’Iran et de la Syrie qui ont transformé le Hezbollah en pouvoir régional. Mettre hors jeu la Syrie pourrait réduire le Hezbollah à une taille plus raisonnable - pour devenir un parti libanais fort mais rien de plus.
« La Syrie a soutenu les Shi’ites au Liban mais en même temps a apporté un certain soutien aux Sunnites car la logique derrière l’intervention syrienne au Liban a toujours été : diviser pour régner (règle d’or du régime sioniste oeuvrant actuellement avec son parrain américain pour monter les Sunnites avec à leur tête l’Arabie Saoudite contre les Shi’ites tournés vers l’Iran .ndlt). Un régime sunnite en Syrie pourrait changer la balance au Liban en faveur des Sunnites.
« Un nouveau régime en Syrie cela pourrait vouloir dire un retour aux années 1950 et 1960 quand il y avait un gouvernement syrien central faible et des régions fortes. Chaque région a ses propres caractéristiques ethniques et communales et il pourrait y avoir un coup d’état de temps en temps et un manque de stabilité. Le pire scénario c’est que la Syrie devienne un nouvel Irak car il y a actuellement non seulement des comptes historiques à rendre mais également des comptes liés aux évènements actuels. Il y a eu 2000 Syriens tués et les familles exigeront une vengeance non pas contre Bashar mais contre leurs voisins Alawites et Chrétiens.

« Je ne pense pas que ce soit dans l’intérêt d’Israël d’avoir Bashar au pouvoir. Certainement comme en Egypte c’est possible que les Frères Musulmans prennent le pouvoir en Syrie mais je ne suis pas sûr que cela soit le cas. Si Bashar tombe la situation a des chances d’être comme au cours des décennies antérieures avec un régime central très faible. Cela pourrait conduire à des incidents frontaliers avec Israël mais pas à une guerre avec des actes terroristes qu’un régime faible ne peut pas empêcher. L’opposition syrienne pourrait éventuellement prendre le pouvoir et comme c’est le cas en Egypte ils savent que leurs intérêts c’est d’entretenir des relations amicales avec les pays occidentaux comme les US et pas avec l’Iran .Donc à long terme un nouveau régime syrien pourrait être mieux pour Israël que le régime actuel. »
Information complémentaire
Un article intitulé :
« DERNIÈRE HEURE : L’OTAN et la Turquie appuient les rebelles armés en Syrie. Recrutement de moudjahidines. » publié le 16/08/2011par le site canadien version française Mondialisation.ca fait état de préparatifs militaires de l’OTAN/Turquie contre la Syrie avec une implication israélienne à terme.
«… Des développements récents en Syrie indiquent qu’il s’agit d’une insurrection armée à part entière, intégrée par des moudjahidines (« combattants de la liberté islamistes »), appuyés, entraînés et équipés par l’OTAN et le haut commandement de la Turquie….
Bien qu’affirmant être contre toute intervention étrangère en Syrie, la Turquie n’en a pas moins déployé des officiers réservistes dans des bases le long de la frontière avec la Syrie pour selon la presse turque parer à toute crise humanitaire liée à un afflux massif de réfugiés venant de Syrie en assurant leur protection.
Les militaires turcs en armant et en entraînant ces moudjahidines et en favorisant leur passage en territoire syrien ne sont-ils pas plutôt entrain de soutenir la rébellion armée contre le régime de Bashar al Assad première étape d’une intervention militaire englobant d’autres intervenants dont Israël ?

Mireille Delamarre

Mercredi 17 Août 2011

http://www.planetenonviolence.org/Qui-Au-Moyen-Orient-Profiterait-De-La-Chute-D-Assad-Israel_a2474.html


2-4 ChemsEddine Chitour : Face à la démocratie aéroportée : La Syrie dernier verrou avant l'Iran.

« La guerre est un fruit de la dépravation des hommes ; c'est une maladie convulsive et violente du corps politique ; il n'est en santé, c'est-à-dire dans son état naturel, que lorsqu'il jouit de la paix ».
Denis Diderot Extrait de l' L' Encyclopédie
Dernier partie du scénario diabolique concocté dans les officines occidentales, pensant maintenant que le régime va tomber comme un fruit mûr , Les Etats-Unis et l'UE appellent Bachar Al-Assad à la démission "L'Union européenne note que Bachar Al-Assad a perdu toute légitimité aux yeux du peuple syrien et qu'il est nécessaire pour lui de quitter le pouvoir", a déclaré Mme Ashton. Dans l'intérêt du peuple syrien, le temps est venu pour le président Assad de se retirer", explique M. Obama Les "graves violations des droits de l'homme" en Syrie contre les manifestants"pourraient relever de crimes contre l'humanité", a indiqué jeudi 17 août un rapport du Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU.
Nous allons rapporter quelques informations alternatives sur la réalité de ces manifestants pacifiques Auparavant, quelques flash sur la mosaïque des ethnies et confessions en Syrie. Les minorités non arabes les plus importantes sont les Kurdes, habitant essentiellement le long de la frontière turque (8 %) au nord, et les Arméniens, qui vivent dans le Nord, surtout dans les grandes villes (2,8 %) La Syrie compte une douzaine de langues. Le pays est musulman à 90 % (dont les Kurdes), avec des minorités chrétiennes. La plupart des Syriens sont des sunnites (env. 70 %), mais certains sont de rite chiite, ismaélien ou alaouite.
La Syrie compte aussi des druzes professant une religion musulmane hétérodoxe; Comme tous les chiites, les druzes, ismaéliens et alaouites constituent des sous-groupes particuliers du monde musulman. Les autres Syriens non musulmans sont chrétiens, soit catholiques, grecs-orthodoxes ou arméniens-orthodoxes, mais on compte aussi un millier de juifs. C’est donc sans conteste toutes les langues et toutes les religions du Moyen Orient qui tiennent grâce à un équilibre subtil –qui risque de voler en éclat- qui a été précédé par des siècles d’instabilité notamment depuis l’ingérence occidentale dans la Syrie ottomane souvenons nous du concept de protection des minorités cher à la France et ceci en vertu d’une promesse de Saint Louis à l’évêque Maroun ( les Maronites ) il y a de cela près de huit siècles !.
Pour l’histoire, en attisant les tensions religieuses l’Angleterre et la France ont mis en coupe réglée l’empire ottoman dont la Syrie était une province depuis 1516 . Au cours de l’automne 1917, le général Sir Edmund Allenby a envahi la Palestine et, le 11 décembre, lui et ses officiers sont entrés dans la ville sainte de Jérusalem par la porte de Jaffa. Le Premier ministre, Lloyd George, considérait cela comme un cadeau de Noël et écrivit que la chrétienté avait repris «possession de ces lieux saints». Le général français, Henry Gouraud, entra à Damas en juillet 1920. Après avoir frappé sur le tombeau de Saladin, Gouraud s’écria: «Réveille-toi Saladin, nous sommes de retour. Ma présence ici consacre la victoire de la croix sur le croissant.» Après la mise à mort de l’Empire Ottoman, par les accords de Sykes Picot la France s’adjudja la Syrie dont elle fit un protectorat de 1920 à 1941.

La réalité du terrain : Pacifistes ou rébellion armée ?
On parle de militants pacifistes .

Qui sont ils ? Ces manifestants manifestent mais dans le même temps, on parle de subversion. Il est vrai qu'il y a des manifestations dans certaines villes, qu’il y a des morts , que l'armée est intervenue. Les médias aux ordres attribuent cela à l’armée . Ce qu’ils ne disent pas, c'est qu'il y a une rébellion soutenue par l’extérieur C'est une vraie guerre entre les forces armées syriennes et c'est que le pouvoir appelle les «hors-la loi».
Pour le représentant russe auprès de l’Otan « L’OTAN planifie en ce moment une campagne militaire contre la Syrie afin d’aider à renverser le régime du président Bachar al-Assad avec comme objectif à longue échéance de préparer une tête de pont dans la région pour l’attaque contre l’Iran« . Dimitri Rogozin, délégué de la Fédération de Russie auprès de l’OTAN. Rogozin commentait, vendredi 5 août dans le quotidien moscovite Izvestia, la condamnation par le conseil de sécurité de l’ONU, deux jours plus tôt, de la répression violente en Syrie « Le noeud coulant autour de l’Iran se resserre. Des préparations militaires contre l’Iran sont déjà en cours de réalisation » affirme Rogozin, pour qui l’OTAN n’a pour but que d’intervenir contre les régimes « dont les vues ne coïncident pas avec celles de l’Occident. » (1)
Pour Michel Chossudovsky Des développements récents en Syrie indiquent qu’il s’agit d’une insurrection armée à part entière, intégrée par des mujahideen, islamistes («Freedom Fighters »), appuyés, entraînés et équipés par l’OTAN et le haut commandement de la Turquie. Selon des sources du renseignement israélien : Entre-temps, le quartier général de l’OTAN à Bruxelles et le haut commandement turc dressent des plans pour leur première étape militaire en Syrie, laquelle consiste à munir les rebelles d’armes pour combattre les chars d’assaut et les hélicoptères constituant le fer de lance du régime Assad pour réprimer la dissidence. Afin de repousser les forces armées gouvernementales, les stratèges de l’OTAN pensent davantage à répandre de grandes quantités d’antichars, de roquettes antiaériennes, de mortiers et de mitrailleuses lourdes dans les centres où ont lieu les contestations, au lieu de répéter le modèle libyen de frappes aériennes. (…)L’OTAN et le haut commandement turc envisagent également le développement d’un djihad impliquant le recrutement de milliers de mujahideen (« Freedom Fighters », ce qui évoque l’enrôlement de moudjahidines pour mener le djihad (guerre sainte) de la CIA à l’âge d’or de la guerre soviéto-afghane. (2)
Nous voilà avertis , on appréhende un peu mieux la nature du mouvement pacifiste syrien et les 2000 morts dénombrés dont 400 des forces de sécurité n’ont pas interpellés les médias aux ordre quant à la mort bizarre de 400 militaires de la main de pacifistes désarmés.

La boite de Pandore des conflits interconfessionnels et ethniques
Deux témoignages de personnalités religieuses nous permettent de situer avec clarté les enjeux d’abord la lettre ouverte du professeur Zehlaoui prêtre Arabe de Syrie à Monsieur Alain JUPPÉ Ministre des Affaires Étrangères de la France et ensuite celle d’une mère supérieure d’un Couvent. Le Prêtre arabe de Syrie, écrit : « je viens d’apprendre à l’instant votre déclaration aux États-Unis, touchant la légitimité de notre Président de la République. En tant que syrien, je ne puis rester silencieux face à une telle ingérence dans les affaires de mon pays. (…) Laissez-moi vous dire, au nom des millions de victimes que l’Occident a écrasés depuis des siècles, qu’il est grand temps de cesser de jouer les monstres à face humaine, et de piétiner tous les droits des autres peuples, au point de détruire leur existence même, comme vous vous êtes plu à le refaire en Irak, en Iran, en Afghanistan, Pakistan, dans toute l’Afrique, notamment en Lybie ».
« Démontant les raisons de cet acharnement il écrit : « Pour en revenir à la Syrie, oubliez-vous que le but dernier de toutes les manœuvres politiques, diplomatiques et séditieuses, menées contre la Syrie, depuis plus de deux mois, a été insolemment dévoilé par la conseillère au Pentagone, Mme Michèle Flournoy? D’ailleurs, elle était tellement assurée de la réussite prochaine du complot mené contre la Syrie, qu’elle avait publiquement déclaré que la Syrie retrouverait tout son calme, le jour où elle romprait avec l’Iran et le Hezbollah, et signerait un traité de paix avec Israël! Auriez-vous déjà oublié, en France et en Europe, le grand honneur que vous a valu la Résistance à l’occupation nazie? (…) laissez-moi vous dire, en tant que simple citoyen syrien, que la Syrie n’acceptera jamais de tourner le dos au devoir vital de défendre son existence propre, d’abord contre l’occupation israélienne, ensuite contre le danger mortel que constitue le Sionisme, pour toute la nation arabe. Cependant, il semble que l’Occident tient à rester l’Occident, alors qu’il ne l’est plus. … C’est pourquoi, tout en piétinant tous les droits, comme vous cherchez à le faire en Syrie, vous n’avez jamais éprouvé la moindre honte à prétendre toujours être dans votre droit. Car le fort ne se trompe jamais!
Décryptant les relations Occident –Israël, le professeur Zahlaoui(…) Les représentants de l’Occident, surtout ceux des États-Unis, se pavanent comme des lions. Ils se permettent toutes sortes d’ingérences, allant jusqu’à détruire des pays entiers, de fond en comble. Mais dès qu’il s’agit d’Israël, tous les pays occidentaux sans exception, des plus "grands" aux plus "petits", les États-Unis en tête, deviennent rien moins que des néants. Des néants aveugles, sourds et muets! Et pourtant, même les sondages faits en Europe reconnaissent qu’Israël est l’État terroriste par excellence. Et Israël est resté fidèle à lui-même : tueur, voleur, guerrier, féroce, arrogant, raciste, expansionniste et exterminateur. Pourtant les juifs ont toujours été bien traités en pays arabes et musulmans. Leurs historiens sont assez honnêtes pour le reconnaître. Mais ils ont trouvé moyen de faire payer la terrible facture de l’antisémitisme occidental et de l’holocauste nazie, à tous les peuples arabes et musulmans, dont ils avaient, depuis Ben Gourion, calculé la destruction, tout en imposant un Holocauste de 60 ans déjà, aux arabes, chrétiens et musulmans, de Palestine »(3).

Même témoignage poignant de Mère Agnès-Mariam de la Croix Supérieure du couvent de Saint Jacques l’Intercis, en Syrie. Elle pointe du doigt la manipulation de l’information : « La Syrie est notre patrie d’adoption. (…) Il est impératif d’être bien renseignés sur une situation donnée pour pouvoir se positionner en conséquence. (…) Car aujourd’hui en Syrie, pour être bien renseigné, il ne suffit plus de suivre les nouvelles servies par les chaînes satellitaires internationales. Nous l’avons constaté sans cesse : la réalité qui se vit ici est différente de ce que transmettent les médias. Ces chaînes n’accompagnent pas l’évènement, elles le précèdent pour le provoquer. Heureusement, de plus en plus de gens accusent cette information de parti pris et de falsification. Nous avons essayé de nous documenter en temps réel en téléphonant à des proches sur les lieux mêmes des incidents décrits : la situation ressemblait plus à ce qu’en disait la télévision syrienne qu’à celle propagée par Al Jazzirah, BBC ou France 24, Al Hurra ou Al Arabia à travers des montages et autres compilations audio-visuelles mensongères et de mauvaise qualité (…) Les slogans faussement humanitaires anesthésient la conscience des auditeurs et favorisent le glissement vers une logique vindicative aveugle qui, somme toute, ne sert que la cause de l’injustice. (…) (4)
Mère Agnes –Mariam met les choses au point concernant la nature réelle de la protestation « pacifique » Aujourd’hui, écrit elle il ne fait aucun doute qu’il y a ingérence étrangère, refusée fièrement par une partie de l’opposition. Aujourd’hui il ne fait aucun doute que l’opposition s’est muée en divers endroits en une insurrection armée qui commet des atrocités contre la population civile et contre les forces de l’ordre et l’armée. Enfin, aujourd’hui, l’exacerbation du clivage confessionnel est une triste réalité. Ces trois facteurs convergent pour réanimer le spectre de l’affrontement interconfessionnel, voire de la guerre civile. (…) Ahuris nous assistons à un stratagème destructeur : telles grandes puissances, à grand renfort d’endoctrinement médiatique, jouent sur la corde du fondamentalisme religieux pour mettre en relief les différences qui séparent alors que les points communs qui unissent sont bien plus nombreux. (…) La visite des ambassadeurs US et français à Hama a été vécue chez nous comme une démarche injustifiable. (…) » (4)
La Mère Supérieure s’interroge ensuite sur le pourquoi de la manipulation : « Pourquoi les Occidentaux encouragent-ils une insurrection armée, confessionnelle et fondamentaliste de surcroît, qui risque de s’étendre comme une tache d’huile ? De son côté le Patriarche maronite Mar Béchara Boutros Raï a une lecture plus globale de la situation. Il dénonce le « projet du Nouveau Moyen-Orient qui est à l’œuvre pour morceler le monde arabe dans le but qu’Israël vive en paix en en sécurité » . La tendance mondialiste qui prévaut c’est de promouvoir le choc des civilisations pour asseoir la légitimité des regroupements ethniques ou confessionnels qui, à leur tour, légitiment l’existence d’Israël . La Syrie vit depuis des mois des coups d’État larvés car ce remodelage ne peut être instauré sans la force des armes. L’insurrection armée en Syrie est une tumeur inoculée qu’on cherche à faire crever un peu partout dans le pays au gré des clivages confessionnels ou tribaux, avec son cortège de haine, de vengeances, de victimes et de désastres socio-économiques. (..) La majorité des musulmans et des chrétiens syriens se sont d’abord tenus à l’écart du mouvement de contestation pour diverses raisons, puis ils l’ont boycotté, et enfin certains s’y sont opposés.
Nous sommes cœur et âme avec les justes revendications de tout citoyen pour la liberté civique, la fin du totalitarisme d’État et de la corruption. Nous souhaitons la démocratie, l’impartialité de la justice et des réformes économiques et sociales conséquentes. Mais nous sommes conscients – et c’est là où nous nous heurtons à beaucoup d’incompréhension - que ces revendications peuvent devenir un cheval de Troie pour diverses entités nationales ou politiques afin de provoquer une déstabilisation dangereuse à partir de clivages confessionnels et claniques très subtils. (…) »(4)

Elle conclut enfin à la nécessité de l’autocritique tout en affirmant que le Baath a réussi à maintenir un subtil équilibre entre les confessions : « Mais la Syrie est loin de l’effondrement. Les foyers d’où l’on cherche à attiser les antagonismes confessionnels sont isolés et contrôlés, parfois au prix du sang lorsqu’il y a une résistance armée, au fur et à mesure que la population prise en otage fait appel à l’armée. Le peuple syrien est composite : sunnites, alaouites, chiites, chrétiens, druzes, arabes, kurdes, turkmènes, caucasiens, et j’en passe. Il n’est pas facile de maintenir une telle mosaïque dans la cohérence et la paix civile. Le parti Baath l’a obtenu en respectant les règles qui président aux structures tribales et claniques de l’Orient. Cependant ce régime était totalitaire et corrompu. Aujourd’hui une saine autocritique est à l’œuvre publiquement et des lois sont promulguées, obtenues par une saine opposition, pour les réformes souhaitées. Nous préférons cette voie tant qu’il y a de l’espoir.(4)

L’ouverture de cette boite de Pandore amènera le chaos , c’est un second Irak qui se profile à l’horizon avec son cortège de malheur de douleur et de détresse pour les Syriennes et les Syriens.. Tous les pays arabes attendent leur tour..Si l'Occident était de bonne foi, il accompagnerait Bachar Al Assad dans son programme de réformes, les élections, le multipartisme... Les Occidentaux veulent changer la carte du Moyen-Orient pour la rendre favorable à Israël. Il faut savoir qu’Israël est en train de construire un mur dans le Golan, comme celui de la bande de Gaza. Cela veut dire que c'est une annexion définitive des territoires syriens. L'Occident ne veut plus de ce régime syrien qui, il faut le savoir est le dernier domino avant la « normalisation de l’Iran » On peut penser que plus rien ne peut arrêter la dynamique d’effritement des anciens pouvoirs arabes. Si la Syrie est démantelée elle ne sera plus comme avant, les suivants d’El Assad accepteront une partition des Kurdes qui rêvent avec leur frères Irakiens et Turcs d’avoir leur Etat. La Turquie est de ce fait, visée. L’Iran aussi. Sombres jours pour les pays vulnérables. (5)
1 http://www.infosyrie.fr/decryptage/le-representant-russe-aupres-de-lotan-une-intervention-militaire-se-prepare/
2 Michel Chossudovsky L’OTAN et la Turquie appuient les rebelles armés en Syrie. Recrutement de mujahideen. Mondialisation. Ca 16 aout 2011
3.Pr. Elias Zahlaoui Lettre à Mr Juppé ministre français des affaires érangères 9/6/2011
4.http://www.france-catholique.fr/SYRIE-ENTRE-CONFLITS-ARMES-ET.html 15 août 2011
5.Chems Eddine Chitour : La Syrie en marche pour la partition http://www.mleray.info/article-la-syrie-en-marche-pour-la-partition-70460009.html

Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Nationale Polytechnique enp-edu.dz

Publié le 22 août 2011


2-5 Michel Chossudovsky : Une « guerre humanitaire » contre la Syrie ?

L’escalade militaire : Vers une guerre élargie au Moyen-Orient et en Asie centrale ?
« Lorsque je suis retourné au Pentagone en novembre 2001, un officier d’état-major de haut rang avait du temps pour discuter. Oui, nous nous dirigions toujours vers une confrontation avec l’Irak, a-t-il affirmé. Mais il y avait plus que cela. Cela faisait l’objet de discussions et constituait une phase d’un plan projetant une campagne de cinq ans disait-il, où l’on trouvait en tout sept pays en commençant par l’Irak, ensuite la Syrie, le Liban, le Lybie, l’Iran, la Somalie et le Soudan. » Général Wesley Clark

Depuis le milieu des années 1990, une vaste guerre au Moyen-Orient et en Asie centrale est sur la planche à dessin du Pentagone.

Dans le cadre de ce scénario de guerre élargie, l’alliance États-Unis-OTAN envisage de mener une campagne militaire contre la Syrie en vertu d’un « mandat humanitaire » sous l’égide de l’ONU.

L’escalade fait partie intégrante du programme militaire. La déstabilisation des États souverains par le « changement de régime » est en étroite coordination avec la planification militaire.

Il existe une feuille de route militaire caractérisée par une série de théâtres de guerre des États-Unis et de l’OTAN.

Les préparatifs de guerre visant à attaquer la Syrie et l’Iran sont dans un « niveau de disponibilité opérationnelle avancé » depuis plusieurs années.Le Syria Accountability and Lebanese Sovereignty Restoration Act of 2003 (Acte de restauration de la souveraineté libanaise et de la responsabilisation de la Syrie de 2003) classe la Syrie parmi les « États voyous », soit un pays soutenant le terrorisme.

Pour le Pentagone, la Syrie fait partie d’une guerre plus vaste visant l’Iran. Le président George W. Bush a confirmé dans ses mémoires qu’il avait « ordonné au Pentagone de planifier une attaque contre les installations nucléaires de l’Iran et [avait] envisagé d’attaquer clandestinement la Syrie ». (George Bush’s memoirs reveal how he considered attacks on Iran and Syria, The Guardian, 8 novembre 2010)

Ce vaste programme militaire est intimement lié aux réserves stratégiques de pétrole et aux routes de pipelines. Il est appuyé par les géants pétroliers anglo-étasuniens.

Le bombardement du Liban en juillet 2006 relevait d’une « feuille de route militaire » soigneusement planifiée. L’extension de la « guerre de juillet » contre le Liban et la Syrie avait été envisagée par les planificateurs militaires des États-Unis et d’Israël. Elle a été abandonnée dès que les forces terrestres israéliennes furent vaincues par le Hezbollah.

La guerre d’Israël contre le Liban en juillet 2006 visait également à établir un contrôle israélien sur le littoral du nord-est de la Méditerranée, incluant les réserves pétrolières et gazières marines dans les eaux territoriales libanaises et palestiniennes.

Les plans d’invasion du Liban et de la Syrie sont demeurés sur la planche à dessin du Pentagone malgré le retrait d’Israël lors de la guerre de juillet 2006 : « En novembre 2008, à peine un mois avant que Tel-Aviv ne commence son massacre dans la bande de Gaza, l’armée israélienne a exécuté une série d’exercices nommée Shiluv Zro’ot III (Croisement de fer III) simulant une guerre sur deux fronts contre le Liban et la Syrie. L’exercice militaire comprenait la simulation d’une invasion massive à la fois de la Syrie et du Liban (Voir Mahdi Darius Nazemoraya, La prochaine guerre d’Israël : après la bande de Gaza, le Liban ?, Mondialisation.ca, 10 février 2009)

La route vers Téhéran passe par Damas. La première étape d’une guerre contre l’Iran sous les auspices des États-Unis et de l’OTAN impliquerait une campagne de déstabilisation (« changement de régime ») comportant des opérations clandestines des services de renseignement en faveur des forces rebelles contre le gouvernement Syrien.

Une « guerre humanitaire » sous le logo de la « responsabilité de protéger » (R2P) contre la Syrie contribuerait également à la déstabilisation continue du Liban.

Si une campagne militaire devait être menée contre la Syrie, Israël serait directement ou indirectement impliqué dans les opérations militaires et dans celles du renseignement.

Une guerre contre la Syrie engendrerait à une escalade militaire.

Il existe actuellement quatre théâtres de guerre distincts : l’Afghanistan et le Pakistan, l’Irak, la Palestine et la Libye.

Une attaque contre la Syrie mènerait à l’intégration de ces différents théâtres de guerre, ce qui conduirait finalement à une guerre élargie au Moyen-Orient et en Asie centrale, engloutissant une région entière, de l’Afrique du Nord à l’Afghanistan et au Pakistan en passant par la Méditerranée.

Le mouvement de contestation vise à justifier une intervention militaire contre la Syrie. L’on nie l’existence d’une insurrection armée. Les médias occidentaux ont décrit en bloc les récents événements en Syrie comme un « mouvement de contestation pacifique » contre le gouvernement de Bachar Al-Assad, alors que les preuves confirment l’existence d’une insurrection armée intégrée par des groupes paramilitaires islamistes.

Dès le début du mouvement de contestation à Daraa à la mi-mars, des coups de feu ont été échangés entre la police et les forces armées d’un côté et des hommes armés de l’autre. Des actes pyromanes ont également été commis contre des édifices gouvernementaux. À la fin juillet à Hama, des édifices publics ont été incendiés, dont le palais de justice et la banque de crédit agricole. Les distributeurs de nouvelles israéliens, tout en négligeant l’existence d’un conflit armé, ont néanmoins reconnu que les « contestataires [étaient] armés de mitrailleuses lourdes ».(DEBKAfile, Reportage sur Hama, 1er août 2001.)

« Toutes les options sont sur la table »

En juin, le sénateur étasunien Lindsey Graham (qui siège au Comité sénatorial pour les forces armées) a indiqué qu’une intervention « humanitaire » contre la Syrie était possible, laquelle aurait pour but de « sauver la vie des civils ». Graham a suggéré que l’« option » appliquée à la Libye en vertu de la résolution 1973 du Conseil de sécurité devrait être envisagée dans le cas de la Syrie :

S’il était logique de protéger les Libyens contre Kadhafi, et ce l’était car ils auraient été massacrés si nous n’avions pas envoyé l’OTAN lorsqu’il était à la périphérie de Benghazi, le monde doit se demander si nous en sommes rendus là en Syrie […]

Nous n’en sommes peut-être pas encore là, mais l’on s’en approche, donc si cela vous importe vraiment de protéger les Syriens d’un carnage, il est temps de laisser savoir à Assad que toutes les options sont sur la table. (CBS « Face The Nation », 12 juin 2011)

À la suite de l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU concernant la Syrie, (3 août 2011) la Maison-Blanche a, appelé à un « changement de régime » en Syrie et au renversement de Bachar Al-Assad en termes on ne peut plus clairs :

« Par égard pour la stabilité, nous ne voulons pas qu’il demeure en Syrie. Nous le voyons plutôt comme la cause de l’instabilité en Syrie », a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche Jay Carney mercredi.

« Nous pensons honnêtement pouvoir affirmer avec certitude que la Syrie serait un meilleur endroit sans le président Assad. » (Cité dans Syria : US Call Closer to Calling for Regime Change, IPS, 4 août 2011)

Des sanctions économiques étendues précèdent fréquemment une intervention militaire directe.

Un projet de loi présenté par le sénateur Lieberman a été introduit au Sénat étasunien dans le but d’autoriser des sanctions économiques radicales contre la Syrie. De plus, dans une lettre adressée au président Obama au début août, un groupe de plus de 60 sénateurs étasuniens ont appelé à l’« implantation de sanctions additionnelles […] tout en faisant comprendre au régime syrien qu’il paiera davantage pour sa répression atroce ».

Ces sanctions nécessiteraient le blocage des transactions bancaires et financières, ainsi que la « fin des achats du pétrole syrien et l’interruption des investissements dans les secteurs pétroliers et gaziers de la Syrie ». (Voir Pressure on Obama to get tougher on Syria coming from all sides - Foreign Policy, 3 août 2011).

Entre-temps, le département d’État étasunien a aussi rencontré l’opposition syrienne en exil. Un appui clandestin a également été acheminé aux groupes rebelles armés.

Dangereuse croisée des chemins : La guerre contre la Syrie est une tête de pont pour une attaque contre l’Iran

À la suite de la déclaration du président du Conseil de sécurité de l’ONU le 3 août contre la Syrie, l’ambassadeur de Russie à l’OTAN, Dimitri Rogozine, a mis en garde contre les dangers d’une escalade militaire :

« L’OTAN planifie une campagne militaire contre la Syrie afin d’aider à renverser le régime du président Al-Assad et ayant pour objectif à plus long terme de préparer une tête de pont pour une attaque contre l’Iran […]

[Cette déclaration] signifie que la planification [de la campagne militaire] est déjà en cours. Il pourrait s’agir d’une conclusion logique de ces opérations militaires et de propagande effectuées par certains pays occidentaux contre l’Afrique du Nord », a affirmé Rogozine dans une entrevue avec le journal Izvestia [...] Le diplomate russe a fait remarquer que l’alliance vise seulement à interférer avec les régimes « dont les points de vue ne coïncident pas avec ceux de l’Occident. »

Rogozine était d’accord avec l’opinion exprimée par certains experts voulant que la Syrie et ensuite le Yémen puissent constituer les dernières étapes de l’OTAN menant au lancement d’une attaque contre l’Iran.

« L’étau se resserre autour de l’Iran. La planification militaire contre l’Iran est en cours et nous sommes certes préoccupés par l’escalade d’une guerre à grande échelle dans cette énorme région », a précisé Rogozine.

Ayant appris la leçon de la Libye, la Russie « continuera à s’opposer à une résolution violente de la situation en Syrie » a-t-il commenté en ajoutant que les conséquences d’un conflit à grande échelle en Afrique du Nord serait dévastateur pour le monde entier. (Beachhead for an Attack on Iran" : NATO is planning a Military Campaign against Syria, RIA Novosti, 5 août 2011)

Modèle militaire pour une attaque contre la Syrie

L’avertissement de Dimitri Rogozine était basé sur des informations concrètes, documentées et connues dans les cercles militaires, et selon lesquelles l’OTAN planifie actuellement une campagne militaire contre la Syrie. À cet égard, le scénario d’une attaque contre la Syrie est sur la planche à dessin et des experts français, britanniques et israéliens participent à son élaboration. Selon l’ancien chef d’état-major de l’Armée de l’air française, le général Jean Rannou, « une frappe de l’OTAN afin de déstabiliser l’armée syrienne est techniquement faisable » :

Les pays membres de l’OTAN commenceraient par utiliser la technologie satellite pour repérer les défenses aériennes syriennes. Quelques jours plus tard, des avions de guerre, plus nombreux qu’en Libye, décolleraient de la base britannique de Chypre et détruiraient les jets et les missiles sol-air (MSA) syriens durant 48 heures. Les aéronefs de l’Alliance commenceraient ensuite à bombarder indéfiniment les troupes terrestres et les chars d’assaut syriens.

Le scénario se base sur des analystes de l’armée française et proviennent de la publication britannique spécialisée Jane’s Defence Weekly et de la station de télévision israélienne Channel 10.

La force aérienne syrienne présenterait peu de risque. Elle possède environ 60 MiG-29 fabriqués en Russie, mais le reste – environ 160 MiG-21, 80 MiG-23, 60 MiG-23BN, 50 Su-22 et 20 Su-24MK – est obsolète.

« […] Je ne vois pas de problème purement militaire. La Syrie ne peut se défendre contre les systèmes occidentaux […] [Toutefois], ce serait plus risqué qu’en Libye. Il s’agirait d’une importante opération militaire », a admis Jean Rannou, ancien chef de la force aérienne française, à EUobserver. Il a ajouté qu’une action est très peu probable puisque la Russie opposerait son veto à un mandat de l’ONU, les actifs de l’OTAN sont déployés en Afghanistan et en Libye et les pays de l’OTAN sont en crise financière. » (Andrew Rettman,Blueprint For NATO Attack On Syria Revealed, Global Research, 11 août 2011)

La vaste feuille de route militaire

Alors que la Libye, la Syrie et l’Iran sont sur la feuille de route militaire, ce déploiement stratégique, s’il devait être mis en œuvre, menacerait aussi la Chine et la Russie. Les deux pays ont des accords d’investissement et de coopération militaire et commerciale avec la Syrie et l’Iran. Ce dernier détient par ailleurs un statut d’observateur au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS)

L’escalade fait partie du programme militaire. Depuis 2005, les États-Unis et leurs alliés, incluant leurs partenaires de l’OTAN et Israël, ont été impliqués dans le déploiement et le stockage exhaustif de systèmes d’armes perfectionnées. Les systèmes de défense antiaérienne des États-Unis, des pays membres de l’OTAN et d’Israël sont complètement intégrés.

 

Le rôle d’Israël et de la Turquie

Ankara et Tel-Aviv sont tous deux impliqués dans l’appui à une insurrection armée. Ces opérations sont coordonnées par les deux gouvernements et leurs agences de renseignement.

Selon des reportages, le Mossad israélien a fourni un soutien clandestin à des groupes terroristes salafistes radicaux qui sont entrés en action au sud de la Syrie au début du mouvement de contestation à Daraa à la mi-mars. Des reportages suggèrent que le financement de l’insurrection salafiste provient de l’Arabie Saoudite. (Voir Syrian army closes in on Damascus suburbs, The Irish Times, 10 mai 2011.)

Le gouvernement turc du premier ministre Recep Tayyip Erdoğan appuie les groupes d’opposition en exil tout en soutenant les rebelles armés des Frères musulmans au nord de la Syrie.

Les Frères musulmans (FM) (dont le leadership est en exil au Royaume-Uni) ainsi que Hizb ut-Tahrir (le Parti de la libération) sont derrière l’insurrection. Les deux organisations sont appuyées par le MI6 britannique. Le but avoué des FM et de Hizb ut-Tahrir consiste en bout de ligne à déstabiliser l’État laïque syrien. (Voir Michel Chossudovsky, SYRIA : Who is Behind The Protest Movement ? Fabricating a Pretext for a US-NATO"> "Humanitarian Intervention", Global Research, 3 mai 2011.)

En juin, des troupes turques ont traversé la frontière nord de la Syrie, officiellement pour aller sauver des réfugiés syriens. Le gouvernement de Bachar Al-Assad a accusé la Turquie d’appuyer directement l’incursion de forces rebelles dans le nord de son pays :

Une force rebelle comptant jusqu’à 500 combattants a attaqué une position de l’Armée syrienne le 4 juin au nord de la Syrie. Les combattants ont dit que la cible, une garnison du renseignement militaire à Jisr al-Choughour près de la frontière avec la Turquie, a été capturée pendant un assaut de 36 heures lors duquel 72 soldats ont été tués.

« Nous avons découvert que les criminels [combattants rebelles] utilisaient des armes turques et cela est très inquiétant » a fait savoir un officiel.

Il s’agissait de la première fois que le régime Assad accusait la Turquie d’aider la révolte […] Les officiels ont rapporté que les rebelles ont mené l’armée syrienne hors de Jisr al-Choughour et ont ensuite pris le contrôle de la ville. Ils ont indiqué que des édifices gouvernementaux ont été pillés et incendiés avant que n’arrive une autre force d’Assad […]

Un officier syrien effectuant la visite guidée a affirmé que les rebelles à Jisr al-Choughour se composaient de combattants alignés à Al-Qaïda. Il a ajouté que ces derniers employaient une variété d’armes et de munitions turques, mais n’a pas accusé le gouvernement d’Ankara de fournir l’équipement. » (Syria’s Assad accuses Turkey of arming rebels, TR Defence,25 juin 2011)

Nié par les médias occidentaux, l’appui étranger aux insurgés islamistes ayant « infiltré le mouvement de protestation » est néanmoins confirmé par des sources de renseignement occidentales. Selon l’ancien officier du MI6 Alistair Crooke (ainsi que des conseillers de haut rang de l’UE) : « Il existe deux forces importantes derrière les événements [en Syrie], soit des radicaux sunnites et des groupes d’exilés syrien en France et aux États-Unis. Il a expliqué que les radicaux suivent les enseignements d’Abou Moussab Al-Zarqaoui, un islamiste jordanien aujourd’hui décédé qui visait à créer un émirat sunnite appelé Bilad el-Cham en Jordanie, au Liban, en Palestine et en Syrie. Ce sont des guérilléros urbains expérimentés qui se sont battus en Irak et obtiennent du financement de l’extérieur. Ils infiltrent les manifestations pour attaquer les forces d’Assad, comme à Jisr al-Choughour en juin, où ils ont infligé de lourdes pertes. » (Andrew Rettman, Blueprint For NATO Attack On Syria Revealed, Global Research, 11 août 2011. C’est l’auteur qui souligne.)

L’ancien officiel du MI6 a par ailleurs confirmé qu’Israël et les États-Unis soutiennent et financent les terroristes : « Crooke a déclaré que les groupes d’exilés cherchent à renverser le régime anti-israélien [Syrien]. Ils sont financés et entraînés par les États-Unis et ont des liens avec Israël. Ils paient les chefs tribaux sunnites pour qu’ils envoient des gens dans les rues, ils travaillent avec les ONG pour alimenter les médias occidentaux d’histoires non corroborées à propos d’atrocités et coopèrent avec des radicaux en espérant que la violence accrue justifie une intervention de l’OTAN. » (Ibid. C’est l’auteur qui souligne.)

Des factions politiques au Liban sont également impliquées. Le renseignement libanais a confirmé la livraison clandestine de fusils d’assaut et d’armes automatiques aux combattants salafistes.La livraison a été effectuée par des politiciens libanais appuyés par l’Arabie Saoudite.

L’accord de coopération militaire entre la Turquie et Israël

Israël et la Turquie ont un accord de coopération militaire qui concerne de manière très directe et la Syrie, et le littoral stratégique libano-syrien de l’est de la Méditerranée (comprenant les réserves gazières au large de la côte libanaise et les corridors de pipelines).

Déjà, à l’époque de l’administration Clinton, une alliance triangulaire entre les États-Unis, Israël et la Turquie s’était développée. Cette « triple alliance », dominée par l’Instance collégiale des chefs d’état-major, intègre et coordonne les décisions du commandement militaire entre les trois pays en ce qui a trait au grand Moyen-Orient. Il est basé sur les liens militaires étroits respectifs entre Israël, la Turquie et les États-Unis, et combiné à une forte relation militaire bilatérale entre Tel-Aviv et Ankara […]

La triple alliance est par ailleurs agencée à un accord de coopération militaire entre l’OTAN et Israël datant de 2005, lequel comporte « de nombreux champs d’intérêts communs, tels que la lutte au terrorisme et les exercices interarmées ». Israël voit ces liens de coopération militaire avec l’OTAN comme un moyen d’améliorer la capacité de dissuasion envers la menace d’ennemis potentiels, principalement l’Iran et la Syrie. (Voir Michel Chossudovsky,"Triple Alliance" : The US, Turkey, Israel and the War on Lebanon, 6 août 2006)

Entre-temps, le récent remaniement des bonzes de la Turquie a renforcé la faction pro-islamiste au sein des forces armées. À la fin juillet, le commandant en chef de l’armée et chef de l’Instance collégiale des chefs d’état-major, le général Isik Kosaner, a démissioné, tout comme les commandants de la Marine et de la Force aérienne.

Le général Kosaner représente une position largement laïque au sein des forces armées. Le général Necdet Ozel a été nommé pour le remplacer en tant que commandant et nouveau chef de l’armée.

Ces développements sont d’une importance cruciale. Ils s’orientent vers un appui aux intérêts étasuniens. Ils indiquent par ailleurs un virage potentiel de l’armée en faveur des Frères musulmans, y compris une insurrection au nord de la Syrie.

« De nouvelles nominations ont renforcé Erdoğan et le parti au pouvoir en Turquie […] Le pouvoir militaire est apte à mettre en œuvre des projets plus ambitieux dans la région. L’on prévoit que si le scénario libyen est employé en Syrie, il est possible que la Turquie demande une intervention militaire. » (New appointments have strengthened Erdogan and the ruling party in Turkey : Public Radio of Armenia, 06 août 2011, C’est l’auteur qui souligne.)

 

Des rebelles appartenant aux Frères musulmans à Jisr al-Choughour. Photos AFP 16 juin 2011

[Note : Cette photo est trompeuse à bien des égards. La plupart des rebelles armés sont très bien entraînés avec des armes modernes.]

L’Alliance militaire élargie de l’OTAN

L’Égypte, les États du Golfe et l’Arabie Saoudite (au sein de l’alliance militaire élargie) sont des partenaires de l’OTAN, dont les forces pourraient être déployées dans le cadre d’une campagne contre la Syrie.

Israël est un membre de facto de l’OTAN, depuis qu’un accord a été signé en 2005.

Le processus de planification militaire dans l’alliance élargie de l’OTAN implique la coordination entre le Pentagone, l’OTAN, les Forces de défense israéliennes (FDI), ainsi que la participation militaire active des États arabes de première ligne, dont l’Arabie Saoudite, les États du Golfe et l’Égypte : en tout 10 pays arabes en plus d’Israël sont membres du Dialogue méditerranéen et de l’Initiative de Coopération d’Istanbul.

Nous sommes à un carrefour dangereux. Les répercussions géopolitiques sont profondes.

La Syrie a des frontières avec la Jordanie, Israël, le Liban, la Turquie et l’Irak. Elle s’étend à travers la vallée de l’Euphrate et se situe au carrefour d’importantes voies maritimes et de corridors de pipelines.

 

Ce pays est un allié de l’Iran et la Russie possède une base navale au nord du territoire syrien. (Voir la carte)

La création d’une base à Tartous ainsi que la progression rapide de la coopération avec Damas relativement à la technologie militaire fait de la Syrie la tête de pont et le pavois utiles de la Russie au Moyen-Orient.

Damas est un allié important de l’Iran et un ennemi irréconciliable d’Israël. Il va sans dire que l’apparition de la base militaire russe dans la région apportera certainement des correctifs à la corrélation des forces existantes.

La Russie prend le régime syrien sous sa protection. Il est presque certain que cela envenimera les relations entre Moscou et Israël. Cela pourrait même rassurer le régime iranien avoisinant et le rendre encore moins docile dans les pourparlers portant sur le programme nucléaire. (Ivan Safronov, Russia to defend its principal Middle East ally : Moscow takes Syria under its protection, Global Research 28 juillet 2006)

Scénario de Troisième Guerre mondiale

Pendant les cinq dernières années, la région du Moyen-Orient et de l’Asie centrale a vivement été sur le pied de guerre.

La Syrie a des possibilités de défense antiaérienne significatives ainsi que des troupes terrestres.

Elle a érigé son système de défense antiaérien grâce à la livraison de missiles antiaériens russes Pantsir S1. En 2010, la Russie a livré un système de missile Yakhont à la Syrie. Le Yakhont en opération à l’extérieur de la base navale russe de Tartous « est conçu pour l’engagement de navires ennemis dans un rayon de 300 km. (Bastion missile systems to protect Russian naval base in Syria, Ria Novosti, 21 septembre 2010).

La structure respective des alliances militaires États-Unis-OTAN et Syrie-Iran-OCS, sans compter la participation militaire d’Israël, la relation complexe entre la Syrie et le Liban, ainsi que les pressions exercées par la Turquie à la frontière nord de la Syrie indiquent de manière ineffaçable un dangereux processus d’escalade.

Toute forme d’intervention militaire contre la Syrie sous l’égide des États-Unis et de l’OTAN déstabiliserait la région entière, ce qui pourrait mener à une escalade englobant une vaste région allant de l’est de la Méditerranée à la frontière commune de l’Afghanistan et du Pakistan avec le Tadjikistan et la Chine.

À cour terme, en tenant compte de la guerre en Libye, l’alliance militaire des États-Unis et de l’OTAN dépasse ses capacités. Bien que nous n’anticipions pas d’opération militaire des États-Unis et de l’OTAN à brève échéance, selon toute probabilité, le processus de déstabilisation politique par le biais d’un appui clandestin à l’insurrection rebelle se poursuivra.

Cet article a été mis à jour le 11 août 2011.

Article original en anglais publié le 9 août 2011 : A Humanitarian War" on Syria ? Military Escalation. Towards a Broader Middle East-Central Asian War ?

Michel Chossudovsky

samedi 20 août 2011, par Comité Valmy

Traduction Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1771


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