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13/09/2011

n°93 - Journal des Guerres de l'Otan - 27-8 au13-09 – Fin - : Phosphore blanc, bombes à fragmentation, uranium appauvri et autres babioles

n°93 - Journal des Guerres de l'Otan - 27-8 au13-09 – Fin - : Phosphore blanc, bombes à fragmentation, uranium appauvri et autres babioles



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



  Journal des Guerres de l'Otan. 

n° 93- du 27-8 au13-09

            C.De Broeder & M.Lemaire     



Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

2 Brèves

2-1 Il n’y a aucune preuve étayant la présence de mercenaires dans l’est de la Libye

3  Dossiers

3-1 William BLUM : La Libye et le monde dans lequel nous vivons.

3-2 L’arme secrète de l’OTAN, le racisme. 

4-1 Entretien ; Michel Collon à La Nouvelle République : « L’Occident soutient, arme et excuse des gens qui sont des terroristes et des racistes ».

4-2 Michel Collon : Comment l’Otan va s’y prendre pour cacher les actes de terreur…

4-3 Lizzie Phelan : J’ai vu la transition vers la peur à Tripoli.

4-4 Le Conseil National de Transition : un organe fantoche d’agression impérialiste




2 Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Il n’y a aucune preuve étayant la présence de mercenaires dans l’est de la Libye, affirme l’organisation des droits de l’homme Human RightsWatch (HRW).
Cette affirmation contredit les rapports largement diffusés récemment dans les médias internationaux, selon lesquels des soldats africains ont été transportés dans cette région pour combattre les rebelles opposés au colonel Kadhafi.
Dans une interview accordée en Libye à Radio Nederland Wereldomroep(RNW), Peter Bouckaert, de HRW, déclare avoir enquêté et n’avoir trouvé aucune preuve de la présence de mercenaires.
Peter Bouckaert, qui est dans la région depuis deux semaines, a précisé à RNW qu’il s’était rendu dans la ville d’Al Bayda après avoir reçu plusieurs rapports faisant état de l’arrestation de 156mercenaires. Située à l’est de la ville de Benghazi, Al Bayda est également entre les mains des manifestants anti-gouvernementaux.
L’enquêteur de HRW déclare qu’il y a en fait trouvé 156 soldats originaires du sud de la Libye et non pas d’un autre pays africain.
Après s’être entretenu avec eux, il a conclu qu’il s’agissait uniquement de Libyens noirs d’origine africaine. Les soldats ont, depuis, été tous relâchés par les manifestants.
Si les Libyens noirs du sud ont apporté leur soutien au régime du colonel Kadhafi, explique Peter Bouckaert, c’est que le numéro un de Tripoli a combattu la discrimination dont ils ont été l’objet dans la société libyenne.
Mohammed Abdulrahman, de RNW, qui a interviewé Bouckaert à Benghazi, déclare que l’absence de chances économiques dans le sud de la Libye est également l’une des raisons à avoir amené les Libyens du sud à entrer dans l’armée.
Jusqu’à présent, HRW a seulement enquêté dans l’est de la Libye, qui est sous le contrôle des manifestants, mais il se pourrait très bien, selon l’organisation des droits de l’homme, que les rapports faisant état de mercenaires dans les régions de l’ouest encore sous contrôle de Tripoli soient également inexacts.
Les médias internationaux affirment que les mercenaires sont rassemblés dans la ville de Sabha, dans le sud, connue pour être loyale au colonel Kadhafi, et que de là ils sont envoyés à travers le pays.
Selon notre reporter, il est également possible, vu la localisation de la ville, que les soldats regroupés soient, eux aussi, originaires du sud et non pas des mercenaires africains, comme l’affirment les médias internationaux. Etant donné que la région se trouve sous contrôle des forces loyales au colonel Kadhafi, il n’est pas possible de vérifier cette éventualité.

2 mars 2011

http://www.rnw.nl/afrique/article/hrw-il-ny-a-pas-de-mercenaires-dans-l%E2%80%99est-de-la-libye.



3  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information

3-1 William BLUM : La Libye et le monde dans lequel nous vivons.

« Pourquoi nous attaquez-vous ?

Pourquoi tuez-vous nos enfants ?

 Pourquoi détruisez-vous nos infrastructures ?  » -

 intervention télévisée de Kadhafi, 30 avril 2011

Quelques heures plus tard, l’OTAN frappait Tripoli, tuant le fils de Kadhafi, Saif al-Arab, 29 ans, et trois de ses petites-filles, la plus âgée n’avait pas 12 ans, ainsi que plusieurs amis et voisins.

Dans son intervention télévisée, Kadhafi a demandé à l’OTAN un cessez-le-feu pour négocier, après six semaines de bombardements et d’attaques par des missiles de croisière contre son pays.

Voyons ce que nous pouvons tirer comme enseignements de la situation en Libye.

La Sainte Trinité - les Etats-Unis, l’OTAN et l’Union Européenne – ne reconnaît aucun pouvoir supérieur et croit, littéralement, qu’elle peut faire ce qu’elle veut, où elle veut, quand elle veut, à qui elle veut et qualifier son action comme bon lui semble, comme « humanitaire » par exemple.

Si la Sainte Trinité décide qu’elle ne veut pas renverser les gouvernements de Syrie, Égypte, Tunisie, Bahreïn, Arabie Saoudite, Yémen ou Jordanie, peu importe si ces gouvernements sont répressifs, cruels ou intolérants, peu importe si le peuple est affamé ou torturé, peut importe le nombre de manifestants abattus sur leur Place de la Liberté, la Sainte Trinité ne les renversera pas.

Si la Sainte Trinité décide qu’elle veut renverser le gouvernement de la Libye, même si le gouvernement est laïque et qu’il a consacré ses richesses aux peuples Libyen et d’Afrique, peut-être plus qu’aucun autre gouvernement du Moyen orient ou d’Afrique, mais que ce gouvernement persiste pendant des années à défier les ambitions impériales de la Trinité en Afrique et durcir ses exigences envers les compagnies pétrolières de la Trinité, alors la Trinité renversera le gouvernement de la Libye.

Si la Trinité veut punir Kadhafi et ses fils, elle s’arrangera avec ses amis de la Cour Pénale Internationale pour émettre des mandats d’arrêt. Si la Trinité ne veut pas punir les dirigeants de Syrie, Égypte, Tunisie, Bahreïn, Arabie Saoudite, Yémen et Jordanie, elle ne demander pas à la CPI d’émettre des mandats d’arrêt.

Depuis la création de la Cour en 1998, les Etats-Unis ont refusé de la ratifier et ont fait de leur mieux pour la dénigrer et dresser ses obstacles , parce que Washington craint que des officiels Américains puissent un jour être inculpés pour leur nombreux crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Bill Richardson, l’ambassadeur US à l’ONU, a clamé haut et fort en 1998 que les Etats-Unis devraient être exemptés de poursuites à cause de leurs « responsabilités globales particulières ». Ce qui n’empêche pas les Etats-Unis de recourir à la Cour lorsque cela convient à leur politique internationale.

Si la Trinité veut soutenir la force armée rebelle pour renverser le gouvernement de la Libye, peu importe leur degré de fanatisme religieux, lié à Al-Qaeda, peu importe les décapitations, exécutions, tortures, peu importe la monarchie ou les factions qui s’affrontent, la Trinité soutiendra la rébellion, comme elle a soutenu certaines forces en Afghanistan et en Irak, en espérant qu’après la victoire en Libye elle ne se transformera pas en une force aussi djihadiste qu’en Afghanistan ou aussi fratricide qu’en Irak. Une source de problème potentielle pour les rebelles, et pour le pays si ces derniers prennent le pouvoir, est la déclaration constitutionnelle faite par le Conseil rebelle qui stipule, tout en garantissant la démocratie et les droits aux non-Musulmans, que « l’Islam est la religion d’état et la principale source de la législation sera la jurisprudence islamique ». (2)

Pour en rajouter dans les charmantes qualités de nos rebelles, nous avons aussi le rapport d’Amnesty International selon qui les rebelles ont effectué de nombreuses arrestations de noirs à travers le pays, en les qualifiant de « mercenaires étrangers » mais où il apparait de plus en plus qu’ils ne sont en fait que de simples travailleurs immigrés. Selon l’agence de presse Reuters (29 août) : « Samedi, des journalistes ont aperçu les cadavres en décomposition de 22 hommes d’origine africaine sur une place de Tripoli. Des volontaires qui se sont présentés pour les enterrer ont dit qu’il s’agissait de mercenaires abattus par les rebelles. » Pour compléter le portrait de ces nouveaux chéris de l’Occident, nous avons ce rapport du quotidien The Independent de Londres (27 août) : « Ils ont tué sans pitié. Cela s’est déroulé dans un hôpital de campagne, une tente qui portait clairement les insignes du Croissant Rouge. Certains morts étaient sur des brancards, encore reliés à des intraveineuses. Certains se trouvaient à l’arrière d’une ambulance sur qui ils avaient tiré. Quelques uns étaient par terre, et apparemment tentaient de ramper à l’abri lorsqu’ils ont été abattus »

Si la propagande de la Trinité est suffisamment intelligente et trompeuse et brosse un tableau effrayant d’une grande tragédie provoquée par Kadhafi en Libye, de nombreux progressistes américains et européens affirmeront que jamais au grand jamais ils ne soutiendraient l’impérialisme mais que pour cette fois-ci ils feront une exception, parce que....

- Le peuple libyen est en train d’être sauvée d’un « massacre » - à la fois en cours et potentiel. Cependant, ce massacre semble avoir été grossièrement exagéré par la Trinité, Al Jazeera et le propriétaire de cette chaîne, le gouvernement du Qatar. Rien qui puisse ne serait-ce que ressembler à une preuve n’a été présentée, pas de fosse commune, rien. Le massacre s’apparente aux histoires de viols commis sous Viagra diffusées par Al Jazeera (le Fox News du soulèvement Libyen). Il faut noter que le Qatar a joué un rôle actif aux côtés de l’OTAN dans la guerre civile. Il faut noter aussi que le plus grand massacre commis en Libye a été la campagne de bombardement effectuée par la Trinité et qui a duré six mois, tuant un nombre indéterminé de civils et ruinant une bonne partie des infrastructures. Juan Cole, professeur à l’Université du Michigan et l’archétype de celui qui croit dur comme fer aux bonnes intentions de la politique étrangère des Etats-Unis mais qui arrive malgré tout à s’imposer dans les médias progressistes, a récemment écrit que « Kadhafi n’est pas un homme à faire des concessions.. son appareil militaire, si on le laisse faire, massacrerait les révolutionnaires. » Message bien reçu ? Car nous savons tous, bien sûr, que Sarkozy, Obama et Cameron sont des hommes qui ont sans cesse fait des concessions dans leur destruction de la Libye, ne serait-ce que par exemple en s’abstenant d’employer des armes nucléaires.

- L’ONU a autorisé l’intervention militaire, c’est-à-dire que les pays dirigeants de la Trinité l’ont autorisée, après que la Russie et la Chine se sont lâchement abstenues au lieu d’exercer leur droit de veto (peut-être dans l’espoir d’un renvoi d’ascenseur de la part des Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France le jour où la Russie ou la Chine seront les agresseurs)

- Le peuple Libyen est en train d’être « libéré », quelle que soit la signification de ce mot, présente ou future. Kadhafi est un « dictateur », insistent-ils. Ce qui est peut-être bien le cas, mais posons-nous la question suivante : est-il un dictateur relativement bénin ou fait-il partie de cette autre catégorie de dictateurs que les Etats-Unis aiment tant ? Autre question : puisque les Etats-Unis ont l’habitude depuis cent ans de soutenir les dictateurs, pourquoi pas celui-ci ?

La Trinité et ses médias aux ordres voudraient nous faire croire que les évènements en Libye auraient quelque chose à voir avec le Printemps Arabe, un soulèvement populaire non violent contre un dictateur en faveur du désormais célèbre liberté et démocratie, soulèvement qui se serait répandu depuis la Tunisie et l’Egypte, respectivement situés à l’ouest et à l’est de la Libye. Mais il y a plusieurs raisons pour douter de cette version et de lui préférer celle d’un soulèvement violent et planifié de rebelles pour une prise de pouvoir au nom de leur propre mouvement politique, aussi hétérogène que puisse paraître le mouvement. Par exemple :

- Ils ont très tôt brandi le drapeau de la monarchie que Kadhafi avait renversée.

- Il s’agissait pratiquement dès le début d’une rébellion armée et violente. En l’espace de quelques jours, nous pouvions lire que des « citoyens armés ont pris le contrôle de bases militaires. » (3) et que « des policiers impliqués dans des affrontements ont été pendus par les manifestants. » (4)

- La révolte a été déclenchée non pas dans la capitale mais dans le cœur de la région pétrolière. Ils ont ensuite relancé la production du pétrole et annoncé aux pays étrangers que ces derniers seront récompensés avec du pétrole en fonction de l’aide qu’ils apporteront à la cause.

- Ils ont rapidement crée une Banque Centrale, initiative plutôt étrange de la part d’un mouvement de protestation.

- Le soutien international est arrivé très vite, et même avant, du Qatar et Al Jazeera jusqu’à la CIA et les services secrets français.

Et l’idée qu’un dirigeant n’aurait pas le droit de mater un soulèvement armé contre l’état est trop absurde pour être débattue.

Il n’y a pas si longtemps, l’Irak et la Libye étaient les deux états les plus laïques et modernes du Moyen Orient et de l’Afrique du nord avec peut-être le plus haut niveau de vie de la région. Puis les Etats-Unis sont arrivés et ont décidé d’en faire des cas d’école. La volonté d’en finir avec Kadhafi a été patiemment construite depuis des années ; le dirigeant Libyen n’était pas un pion fiable, et le Printemps Arabe a fournit une excellente opportunité et une couverture. Quant à la question « Pourquoi ? », choisissez parmi les réponses suivantes :

- les projets de Kadhafi d’effectuer les échanges commerciaux de la Libye des matières premières et du pétrole dans une nouvelle devise – le dinar-or africain, un changement qui aurait été un sérieux coup contre la position dominante des Etats-Unis dans l’économie mondiale. (En 2000, Saddam Hussein avait annoncé que le pétrole irakien serait commercialisé en euros au lieu de dollars. Les sanctions et l’invasion n’ont pas tardé.) Pour plus d’informations, voir ici http://www.finalcall.com/artman/publish/World_News_3/article....

- Un pays hôte pour Africom, la Commande Africaine des Etats-Unis, une des six commandes militaires régionales avec lesquelles le Pentagone a quadrillé le monde. De nombreux pays africains contactés ont décliné, parfois en des termes très durs. L’Africom est actuellement basée à Stuttgart, en Allemagne. Selon un officiel du Département d’Etat : « Nous avons un sérieux problème d’image là bas... L’opinion publique est véritablement opposée à fricoter avec les Etats-Unis. Ils ne font tout simplement pas confiance aux Etats-Unis. » (5)

- Une base militaire US pour remplacer celle que Kadhafi a fermé lorsqu’il a pris le pouvoir en 1969. Il n’existe qu’une seule base similaire en Afrique, à Djibouti. Attendez-vous à en voir surgir une autre, bientôt, probablement située près des puits de pétrole américains. Ou peut-être que le peuple libyen aura le choix : entre une base américaine et une base de l’OTAN.

- La nouvelle illustration de la recherche désespérée de l’OTAN, depuis la fin de la guerre froide et du Pacte de Varsovie, d’une raison d’exister.

- Le rôle de Kadhafi dans la création de l’Union Africaine. Les patrons n’aiment pas voir leurs esclaves créer un syndicat. Le dirigeant Libyen a aussi soutenu les Etats-Unis d’Afrique car il savait que les 54 états indépendants de l’Afrique seront encore et toujours pris à partie, un par un, et violés et exploités par les membres de la Trinité. De plus, Kadhafi exigeait des pouvoirs accrus pour les petits pays aux Nations Unies.

- L’affirmation du fils de Kadhafi, Saif el-Islam, que la Libye avait participé au financement de la campagne électorale de Sarkozy (6) et pourrait humilier le président français et expliquerait son obsession à vouloir se positionner comme un acteur majeur de la mise en place d’une zone de restriction aérienne et d’autres mesures contre Kadhafi. Autre facteur qui a pu jouer, la France a été affaiblie dans ses anciennes colonies et néo-colonies en Afrique et au Moyen orient, en partie à cause de l’influence de Kadhafi.

- Kadhafi a été un soutien important de la cause palestinienne et un critique de la politique d’Israël. A plusieurs reprises il s’en est pris aux autres pays africains et arabes, et occidentaux, pour ne pas être à la hauteur de son discours ou de sa politique, une raison supplémentaire pour expliquer son impopularité auprès des dirigeants, toutes tendances confondues.

- En janvier 2009, Kadhafi a fait savoir qu’il envisageait de nationaliser les compagnies pétrolière étrangères en Libye (7). Il avait aussi une autre carte dans la manche : la possibilité de faire appel à des compagnies pétrolières Russes, Chinoises ou Indiennes. Au cours de la période actuelle d’hostilités, il a proposé à ces pays de compenser le manque à gagner dans la production de pétrole. Mais cela n’arrivera pas. La Trinité cherchera au contraire à privatiser la compagne nationale du pétrole, remettant ainsi la richesse pétrolière de la Libye entre des mains privées étrangères.

- L’Empire Américain est attentif à toute menace envers son hégémonie. Au cours de l’histoire récente, l’empire a été préoccupé principalement par la Russie et la Chine. La Chine a des investissements considérables dans l’énergie et la construction, en Libye et ailleurs en Afrique. L’Américain moyen ne le sait pas et s’en fiche. L’impérialiste américain moyen, lui, ne s’en fiche pas du tout, ne serait-ce que parce que de plus en plus de voix s’élèvent pour exiger des réductions dans le budget militaire et qu’il est donc essentiel de trouver et désigner de nouveaux et puissants « ennemis ».

- Pour d’autres raisons, voir l’article Why Regime Change in Libya ? (Pourquoi un Changement de Régime en Libye ?) http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=25... par Ismael Hossein-zadeh, ainsi que les câbles de Wikileaks - référence 07TRIPOLI967 11-15-07 http://wikileaks.org/cable/2007/11/07TRIPOLI967.html (on y trouvera une complainte sur le « nationalisme relatif aux matières premières » de la Libye)

(...)

William Blum

http://killinghope.org/bblum6/aer97.html

Traduction « ah, c’est dommage d’apprendre tout ça après le massacre. On fera plus attention la prochaine fois, c’est promis » par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

(1) For example, see : The Telegraph (London), August 30, 2011 : "Abdel-Hakim al-Hasidi, the Libyan rebel leader, has said jihadists who fought against allied troops in Iraq are on the front lines of the battle against Muammar Gaddafi’s regime." There is a plethora of other reports detailing the ties between the rebels and radical Islamist groups.

(2) Washington Post, August 31, 2011

(3) McClatchy Newspapers, February 20, 2011

(4) Wikipedia, Timeline of the 2011 Libyan civil war, February 19, 2011 http://en.wikipedia.org/wiki/Timeline_of_the_2011_Libyan_civ...

(5) The Guardian (London), June 25, 2007

(6) The Guardian (London), March 16, 2011

(7) Reuters, January 21, 2009

 

URL de cet article 14541
http://www.legrandsoir.info/la-libye-et-le-monde-dans-lequel-nous-vivons.html


3-2 L’arme secrète de l’OTAN, le racisme. 

Human Rights Investigations a exprimé à plusieurs reprises ses inquiétudes concernant l’attitude des rebelles etil est devenu de plus en plus clair que le racisme tient une place centrale dans le conflit en Libye.

Dans une ville portuaire située l’ouest de Tripoli, Kinsley, un maçon nigérian, témoigne. “Les gens d’ici n’aiment pas les Noirs. Au début des combats, ils nous cherchaient partout. Ils enfonçaient les portes, nous tapaient dessus et nous volaient. Il ne nous restait plus qu‘à courir pour sauver nos vies”

Tout le monde a maintenant compris que les forces rebelles sont les combattants par procuration de l’OTAN (du Qatar et de l’Union des Emirats Arabes) sur le terrain. Un grand nombre de ces combattants ont été recrutés et motivés par des manipulations psychologiques (psy-ops) destinées à discréditer les mercenaires africains accusés de se livrer au pillage des villes et au viol massif des femmes à l’aide du Viagra —des allégations mensongères qui ont été répandues par les commandants des rebelles, les ministres de l’OTAN, les médias et le procureur de la Cour Criminelle Internationale, Moreno Ocampo.

On a vu les effets de cette pernicieuse campagne de propagande à Benghazi, Misrata et Tawergha et dans tout le pays, et on peut maintenant aussi les constater à Tripoli où les rebelles arrêtent tous les Libyens à la peau noire et les travailleurs venus d’Afrique noire et les parquent dans les stades de football.

Selon Associated Press :

Apparemment tous les détenus disent qu’ils sont des travailleurs immigrés et dans la plupart des cas rien ne prouve qu’ils mentent. Mais cela n’empêche pas les rebelles de regrouper ces hommes dans des endroits comme le club de sports de la Porte de la Mer où environ 200 détenus -tous noirs- sont enfermés dans un terrain de football, s’agglutinant contre le mur pour échapper au soleil brûlant.

Dans le quartier de Khallat al-Firjan au sud de Tripoli, les reporters d’Associated Press ont vu des rebelles tabasser une douzaine de noirs avant de décider qu’ils étaient d’innocents travailleurs émigrés et de les relâcher.

Le racisme est au coeur de nombreuses campagnes de l’OTAN, comme au Pakistan, en Afghanistan et en Irak où des victimes innocents sont assassinées dans des circonstances qui seraient tout simplement inacceptables si ces victimes étaient blanches.

L’arme principale de l’OTAN dans le conflit libyen a été et demeure le racisme et non les Tomahawks, les bombes Paveway, Tornados ou Typhoons, ou les missiles de croisière.

Pour se rendre compte de l’importance du racisme dans la motivation des soldats écoutez SVP le témoignage de Mike Prysner lors du forum des vétérans « soldats de l’hiver » de 2008* :

En voici la transcription :

« Et j’ai essayé de toutes mes forces d’être fier de servir, mais je ne pouvais m’empêcher de ressentir de la honte et de penser que le racisme ne pouvait plus masquer l’occupation. Ces gens-là étaient des personnes, des êtres humains. Je suis submergé par le remords chaque fois que je croise un vieil homme comme celui que ne pouvait pas marcher et que nous avons attaché sur un brancard pour le remettre à la police irakienne. Je me sens coupable chaque fois que je vois une mère avec ses enfants comme celle qui pleurait hystériquement et qui nous criait que nous étions pires que Saddam quand nous l’avons arrachée à sa maison. Je me sens coupable chaque fois que je vois une fillette comme celle que j’ai attrapée par le bras et traînée dans la rue. »

« On nous a dit que nous combattions le terrorisme mais le vrai terroriste c’était moi et le vrai terrorisme c’est l’occupation. Le racisme dans l’armée est depuis longtemps un outil capital pour justifier la destruction et l’occupation d’un autre pays. Il a longtemps servi à piller, opprimer et torturer un autre peuple. Le racisme est l’arme vitale de ce gouvernement. C’est une arme plus puissante que les fusils, les tanks, les bombes et les navires de guerre. C’est plus destructeur que les obus d’artillerie, les bombes à charge pénétrante ou les missiles tomahawk. Toutes ces bombes sont crées et détenues par les gouvernements, mais elles ne peuvent faire aucun mal tant qu’il n’y a personne pour les utiliser. »

« Ceux qui nous envoient à la guerre, n’ont pas à appuyer sur la gâchette ni à effectuer de tirs de mortier. Ils n’ont pas à se battre. Ils se contentent de nous vendre la guerre. Ils ont besoin d’une population qui est d’accord pour envoyer ses soldats risquer leurs vies et ils ont besoin de soldats qui soient prêts à tuer et à se faire tuer sans poser de questions. Ils peuvent dépenser des millions pour une seule bombe mais cette bombe ne devient une arme que si les troupes militaires acceptent d’obéir à l’ordre de l’utiliser. Ils peuvent envoyer leurs derniers soldats partout sur la terre mais il n’y aura de guerre que si les soldats acceptent de se battre, et la classe dirigeante —les milliardaires qui profitent de la souffrance humaine et qui ne pensent qu’à augmenter leurs profits en contrôlant l’économie mondiale— a compris que son pouvoir repose uniquement sur la capacité à nous convaincre que la guerre, l’oppression et l’exploitation sont dans notre intérêt. Ils savent que leur richesse dépend de leur capacité à convaincre la classe laborieuse de mourir pour contrôler les ressources d’une autre pays. Et nous convaincre de tuer et de mourir repose sur leur capacité de nous faire croire que nous sommes en quelque sorte supérieurs. Les soldats, les marines, les aviateurs n’ont pourtant rien à gagner de l’occupation. »

« La vaste majorité des gens qui vivent aux USA n’ont rien à gagner à l’occupation. En fait, non seulement nous n’y gagnons rien mais elle nous occasionne des souffrances supplémentaires. Nous perdons des membres, nous souffrons de traumatisme et nous donnons nos vies. Nos familles doivent regarder nos cercueils couverts d’un drapeau descendre dans nos tombes. Des millions de personnes dans notre pays qui vivent sans sécurité sociale, sans travail et sans accès à l’éducation doivent regarder le gouvernement dilapider plus de 450 millions de dollars par jour pour l’occupation. On envoie les pauvres et les travailleurs de notre pays tuer les pauvres et les travailleurs d’un autre pays pour que les riches puissent continuer à s’enrichir et sans le racisme, les soldats se rendraient vite compte qu’ils sont plus proches du peuple irakien que des milliardaires qui nous envoient à la guerre. »

« J’ai mis des familles à la rue en Irak et en rentrant au pays j’ai vu qu’on y mettait aussi les gens à la rue parce que leur maisons étaient saisies à cause de cette tragique, tragique et inutile crise. Je me suis réveillé et j’ai compris que notre vrai ennemi ne se trouve pas dans quelque contrée lointaine. Ce n’est pas un peuple dont nous ne connaissons pas le nom ni une culture que nous ne comprenons pas. Les vrais ennemis ce sont des gens que nous connaissons très bien et que nous pouvons identifier. L’ennemi c’est un système qui fait la guerre parce que ça rapporte. L’ennemi est le PDG qui nous licencie parce que ça rapporte ; c’est la compagnie d’assurance qui refuse de payer les soins de l’assuré parce que ça rapporte ; c’est la banque qui saisit nos maisons parce que ça rapporte. Nos ennemis n’habitent pas à 5000 km, ils vivent ici chez nous. Si nous nous organisons pour lutter avec nos frères et nos soeurs nous pouvons mettre un terme à cette guerre et créer un monde meilleur. »

Note :

* http://www.laguerretue.org/spip.php...

HRI

1e septembre 2011 - Pour consulter l’original : http://humanrightsinvestigations.or...
Traduction : Dominique Muselet



4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Entretien ; Michel Collon à La Nouvelle République : « L’Occident soutient, arme et excuse des gens qui sont des terroristes et des racistes »

Michel Collon est journaliste indépendant, écrivain et historien belge. Ayant commencé sa carrière à l'hebdomadaire belge Solidaire. Auteur de plusieurs livres sur la politique internationale, il est également co-auteur du film documentaire « Les Damnés du Kosovo » sur la guerre menée par l’Otan en Yougoslavie. Il a produit le documentaire de Vanessa Stojilkovic, Bruxelles – « Caracas sur l’expérience du Venezuela ». Il est membre du Conseil Consultatif de la télévision latino-américaine TeleSur. Il a également organisé des déploiements d'observateurs civils en Yougoslavie et en Irak.
Récemment, il a effectué un séjour en Libye d’où il nous rapporte des faits et témoignages dans un livre qui sortira la semaine prochaine sous le titre : « Libye, Otan et médiamensonges ». C’est dans ce contexte que La Nouvelle République s’est rapprochée de lui pour en savoir plus sur cette lancinante question.

Chérif Abdedaïm

Lundi 12 Septembre 2011

LNR/ Dans votre livre sur la Libye, vous parlez de médiamensonges ; ce qui veut dire que la réalité est tout autre que celle présentée par l’OTAN. Pouvez-vous nous éclairer là-dessus ?
Toute la campagne de l’OTAN repose sur une campagne de désinformation de l’opinion publique. Celle-ci a été manipulée pour lui faire approuver cette guerre et cela confirme ce que nous disions lors des guerres précédentes. Chaque guerre commence par un médiamensonge et le but est de tromper et d’endormir l’opinion publique. Ici, on a commencé par nous dire Kadhafi bombarde son peuple. Dans ce cas là, évidemment, il faut faire quelque chose. Mais c’étaient des informations entièrement fabriquées par Al Jazeera d’abord, Al Arabia, ensuite. Il faut quand même remarquer qu’Al Jazeera, c’est la télé du Qatar et que l’émir du Qatar est partie prenante dans la guerre. Il est dans l’alliance de l’OTAN. Le Qatar avait investi en Libye mais il n’était pas très satisfait. Il voulait, en fait, faire main basse sur le gaz de la Libye. Le Qatar a comme ambition de devenir un géant mondial du gaz, de tenir tête à la Russie et, évidemment, sur ce point, il est soutenu par les Etats-Unis et la France. En plus la Libye de Kadhafi avait le projet de créer un grand pôle industriel et financier au Proche-Orient, le Qatar a le même projet, donc, en rivalité. Le Qatar veut absolument être la grande puissance arabe sur le plan économique et financier. Ce qui nous fait dire que c’est guerre économique dans son chef. Alors, comme Al Jazeera est la propriété de l’émir du Qatar, il est clair que ce dernier l’a mise au pas. Al Jazeera qui avait joué un rôle très noble et très courageux sur la Palestine ou l’Irak, est devenue une télé-soldat et une télé de l’OTAN.
NR/Plusieurs sources ont avancé que certaines images diffusées par Al Jazeera étaient tournées dans un décor fabriqué au Qatar représentant la place verte, Al Azizia, etc. Avez-vous des informations à ce sujet ?
Oui, j’ai entendu ça, je n’ai pas pu vérifier ; mais apparemment d’après les premiers indices, il y aurait même une confirmation du chef du CNT comme quoi effectivement on aurait mis en scène


4-2 Michel Collon : Comment l’Otan va s’y prendre pour cacher les actes de terreur…
Peu à peu se confirme l’horrible vérité. Que signalaient depuis avril - mais en vain - diverses missions internationales d’enquête : les troupes de choc des « rebelles démocrates » n’ont cessé de commettre des atrocités, des viols barbares, des pillages, des lynchages racistes et des crimes de guerre. Quand ils ne se tuent pas entre eux.

Nous recevons de nombreux témoignages de là-bas : ce n’est pas la liberté qu’ils font régner à Tripoli, c’est la terreur. Ce ne sont pas eux qui ont tué les forces de défense libyenne, ce sont les armes sophistiquées de l’Otan. Les pays les plus puissants de la Terre écrasent la petite armée d’un pays de cinq millions, après avoir privé la population d’eau, de nourriture et d’électricité et ils appellent ça une « libération ».

Le dernier exploit des « rebelles » racistes a consisté à menotter des dizaines de civils noirs, à les torturer et à les exécuter. Nous avons montré les images. Bien sûr, on va les présenter comme des « mercenaires de Kadhafi », mais c’est entièrement faux, nous avions parlé récemment avec ces personnes qui ont été massacrées, vous avez pu voir les images sur michelcollon.info et vous pouvez lire bientôt l’interview que nous avions réalisée.

La « gestion des mauvaises nouvelles »
Alors, aujourd’hui et dans les jours qui viennent comment l’Otan et ses agents de désinformation vont-ils s’y prendre pour neutraliser l’effet de ces révélations ? Comment vont-ils « travailler » l’opinion pour l’anesthésier ? C’est simple, nous avons déjà étudié ces méthodes du Pentagone pour « gérer les mauvaises nouvelles » dans notre livre « Attention, médias ! » (1991). Elles avaient en effet été révélées par le colonel de l’US Air Force Darryl Henderson.

Le premier jour, on va temporiser. Dire qu’on ne sait pas quel camp a commis cet acte, qu’on va vérifier. En fait, on le sait très bien, mais ça permet de semer la confusion et de gagner du temps.

Le deuxième jour, on reconnaîtra que ce sont bien des rebelles qui l’ont fait, mais avec beaucoup de flou et on prétendra « qu’une enquête est en cours ». On gagne encore du temps. En même temps, pour faire diversion, on présentera un « massacre » attribué à Kadhafi. Ce sera démenti par la suite, mais le démenti viendra trop tard, sera discret et l’effet voulu aura été produit. Ca s’appelle noyer le poisson. 
Le troisième jour, on annoncera qu’une procédure est en cours pour retrouver et punir les coupables, bien évidemment cette procédure prendra du temps. 
« Gérer les mauvaises nouvelles », c’est gagner du temps, semer la confusion, noyer le poisson et faire diversion. 

Après, il faut se poser une question : les Etats-Unis qui se sont alliés à la section libyenne d’al-Qaida, sont-ils vraiment surpris et embarrassés par ces atrocités ? Ou bien le chaos et les prochains affrontements entre rebelles leur seront-ils « utiles » pour imposer leur présence ? En « travaillant » l’opinion, on peut tout faire passer… 
Dans le livre de poche Libye, Otan et médiamensonges, Michel Collon analyse toute la désinformation qui a préparé et accompagné cette guerre : « Bombardements sur la population », « mercenaires », « viols au Viagra », « rivières de sang »,« défections massives », « guerre humanitaire » ou guerre économique, rivalités Paris – Rome – Washington, rôle des services secrets occidentaux, qui a refusé de négocier, qui compose vraiment le CNT, alliance de l’Otan avec al-Qaida, rôle des tribus, rôle des médias, agences de com et campagnes de diabolisation, comment Al-Jazeera a trahi son public…

Sortie le 8 septembre.

http://www.michelcollon.info/Comment-l-Otan-va-s-y-prendre-pour.html

27 août 2011


4-3 Lizzie Phelan : J’ai vu la transition vers la peur à Tripoli.

Extraite par le CICR de l’hôtel Rixos où elle était restée bloquée durant cinq jours, Lizzie Phelan livre ses premières impressions après la chute de Tripoli. Le danger, la mort et la peur règnent désormais dans la capitale de la « Nouvelle Libye », tandis que paradent l’OTAN et ses Collaborateurs.

Réseau Voltaire | 8 septembre 2011

Avec ses collègues de TeleSur, de Russia Today, du Centre for Research on Globalization et du Réseau Voltaire, Lizzie Phelan (PressTV) est l’une des rares journalistes a avoir pris le risque de rendre compte de la réalité en Libye, à contre-courant de la propagande relayée par les médias dans les pays de la Coalition.

Il n’est pas aisé, dans la fureur médiatique déclenchée par la chute de Tripoli et le renversement du gouvernement libyen, de trouver une analyse claire de la manière dont les choses se passent maintenant, sous le nouveau pouvoir. Après être restée cinq jours bloquée à l’hôtel Rixos avec 35 journalistes étrangers, j’ai eu du mal à croire que les rues que nous traversions étaient les mêmes que celles qui m’étaient devenues si familières pendant le mois que j’ai passé dans la capitale libyenne.

Les rues, avant si animées, où les familles allaient à la plage ou en venaient et se préparaient pour le dîner qui devait interrompre le jeûne de ramadan, étaient maintenant vides. Aux drapeaux verts s’étaient substitués ceux des rebelles, et les rares check points —occupés auparavant par des volontaires, hommes et femmes, c’est-à-dire par des voisins— avaient été remplacés par des check points installées tous les 100 mètres et surveillés maintenant par des tanks et des combattants, uniquement des hommes, qui portaient des armes sophistiquées fournies par la force militaire la plus puissante du monde : l’OTAN.

Les fiers jeunes libyens noirs qui avaient assuré la protection des quartiers qu’ils habitaient avaient disparus. Nous allions les revoir ultérieurement, acculés, prisonniers sur des pick-up, comme dans ces images que, dans les mois précédents, on ne pouvait prendre qu’à des endroits comme Bengazhi et Misrata. Ils sont victimes de la rumeur selon laquelle Kadhafi aurait recruté des mercenaires dans les pays subsahariens, allégation largement rejetée par les organisations de défense des droits de l’homme vu qu’aucune preuve n’a été fournie pour l’étayer. Mais, dans la nouvelle Libye, les noirs se trouvent, avec les membres des tribus les plus importantes [en termes de population], comme celles de Warfallah, Washafana, Zlitane et Tarhouna, parmi les populations que les rebelles soupçonnent d’apporter leur soutien a Mouammar Kadhafi, un crime qu’ils punissent de mort, sinon d’une manière pire encore.

Le convoi de la Croix-Rouge internationale dont nous faisions partie arriva finalement à l’hôtel Corinthian. Lors de mon précédent séjour, il y a un mois seulement, il n’y avait dans cet hôtel que deux ou trois gardiens armés à l’entrée. Cette dernière était maintenant bondée d’hommes qui brandissaient les armes envoyées par l’OTAN et le Qatar. Il ne restait du personnel qu’un petit groupe, débordé et épuisé.

J’y ai retrouvé plus tard quelques visages des Libyens dont j’avais fait connaissance, mais la douleur assombrissait leur regard. « Comment ça va ?  », ai-je demandé à une employée. « Il est toujours dans nos cœurs », m’a-t-elle répondu. Quand nous avons finalement eu l’occasion de parler sans témoins, elle a fondu en larmes, ce dont elle s’est excusée. Elle m’a dit qu’il lui était impossible de se confier à personne d’autre. « La Libye est comme notre mère, mais nous ne pouvons plus parler à notre mère ». Étant membre de la tribu des Warfallah et provenant de la région de Bani Wallid, elle savait que sa famille et elle-même risquaient d’être arrêtés à tout moment, uniquement en raison du soutien sans faille des Warfallah à celui qu’ils appellent leur « guide », Mouammar Kadhafi. Elle m’a dit : « À Bani Wallid on a toujours été des gens très fiers, généreux, humbles, dignes. Sous ce drapeau [qu’arborent les rebelles] du roi Idris, nous étions obligés de baiser les pieds du roi avant de pouvoir lui adresser un seul mot. Nous sommes revenus à ces temps-là. »

Elle a été une des nombreuses personnes qui m’ont conseillé de ne pas me faire remarquer et de partir au plus vite. J’avais été parmi les rares journalistes qui s’étaient concentrés sur les conséquences de la campagne de bombardements que l’OTAN avait déclenchée sur le pays et qui s’étaient efforcés de faire connaître la très forte participation aux marches populaires de soutien au gouvernement libyen ainsi que les conférences des tribus, faits qui indiquaient que ce gouvernement n’était pas aussi impopulaire qu’on essayait de le faire croire.

J’avais également essayé de dénoncer les liens des rebelles avec Al-Qaida, la même mouvance que l’OTAN combattait dans des pays comme Afghanistan. Depuis que les rebelles avaient reconnu que l’assassinat de l’ex-commandant rebelle Abdel Fattah Younès avait été le fait des groupes liées à Al-Qaida qui se trouvaient dans leurs propres rangs, la présence des extrémistes risquait de devenir de plus en plus évidente, tandis que le gouvernement libyen s’apprêtait à rendre publics des documents et des enregistrements téléphoniques qui démontraient l’implication d’Al-Qaida dans la crise et la manière dont l’Occident avait agi de connivence avec les membres de cette mouvance.

Or, après la chute de Tripoli, seul mon ralliement à la nouvelle Libye pouvait garantir ma propre sécurité, et mon amie Warfallah me pressait de rentrer dans mon pays et d’y faire connaître ce qui se passait [ici].

Alors que les combats faisaient rage sur les routes de l’intérieur du pays, ce qui les rendaient particulièrement dangereuses pour toute personne dépourvue de la protection des rebelles, ma seule possibilité de quitter la Libye consistait à traverser la Méditerranée.

Ce fut, pendant plusieurs jours, une possibilité quasi inexistante. L’agitation des rebelles, parmi lesquels des disputes éclataient régulièrement à l’hôtel sur qui était le véritable chef, s’étendait non seulement au trajet qu’il fallait franchir pour gagner le port et pouvoir quitter Tripoli, mais aussi à une très grande partie de la ville. Pendant quatre jours, on vint nous dire, plusieurs fois par jour —aussi bien à moi qu’à d’autres étrangers— que nous allions pouvoir partir. Et, à chaque fois, la personne qui avait approuvé le départ au port disparaissait ou était remplacée par un nouveau décideur.

À cause de l’existence de tant de groupes différentes, dont le Groupe islamique combattant en Libye, le Front national pour le Salut de la Libye et les divers groupes de déserteurs du gouvernement de Kadhafi, les forces occidentales —qui maintenant s’affichent ouvertement sur le terrain— semblent évoluer sur une terre qu’elles ne connaissent pas.

Au deuxième jour de mon séjour à l’hôtel Corinthian, trois Britanniques qui roulaient des mécaniques répétaient constamment que c’étaient eux qui étaient désormais en charge de la sécurité de l’hôtel. L’un d’eux m’a dit qu’il arrivait de Kabul, où « ça se gâte de plus en plus ». « Vous pensez qu’ici ça va devenir comme à Kabul ? », lui ai-je demandé. « C’est fort probable, avec tous ces groupes différents qui se disputent le pouvoir », m’a-t-il répondu.

Entre-temps, le nombre de vies humaines qu’a coûté la chute de Tripoli n’a reçu que très peu d’attention. Les derniers chiffres connus datent de la deuxième journée de combats à Tripoli. Le ministère de la Santé, encore en fonctionnement à ce moment-là, avait fait savoir que les pertes humaines, après 12 heures de combats et rien que dans la capitale, s’élevaient à 1 300 morts et 900 blessés. Le même ministère avait annoncé la veille plus de 300 morts et 500 blessés. Le total dépasse largement le chiffre de 1 400 personnes massacrées pendant l’attaque, qui avait duré deux semaines, de l’Opération « Plomb durci » déclenchée par Israël contre Gaza et qui avait soulevé une vague mondiale d’indignation.

Après les bombardements et les attaques des hélicoptères Apache sur le quartier le plus pauvre de Tripoli, et l’un des derniers à tomber aux mains des envahisseurs, celui de Abou Salim, des témoins oculaires ont rapporté qu’ils avaient pu voir des piles de corps qui jonchaient les rues. Un proche d’une personne dont on estimait qu’elle pouvait se trouver parmi les victimes fatales s’était rendu dans l’hôpital local, où il n’avait trouvé qu’un médecin et deux infirmières. De même que la grande majorité des travailleurs de la capitale, la plus grande partie du personnel de l’hôpital s’était enfui, se cachait ou avait peut-être été tué. Quand la personne en question avait voulu voir les cadavres, les gardiens lui avaient assuré qu’il n’y en avait aucun. Les proches des personnes portées disparues craignent donc que les corps n’aient été jetés dans des fosses communes dont les emplacements risquent de rester inconnus pour longtemps.

Ce bain de sang ne correspond nullement au discours sur une « Libye libre » où les civils sont « protégés ». Mais, dans une atmosphère si raréfiée par la volonté de contrôler le pays à tout prix, il est presque impossible que ceux qui se trouvent sur le terrain puissent faire preuve d’honnêteté par rapport aux images qui défilent devant leurs yeux, du moins tant qu’ils seront sur le territoire contrôlé par les rebelles.

Un jeune rebelle armé qui arborait le drapeau français sur son battle-dress m’avait demandé d’où je venais. « De Londres », lui ai-je répondu. « Ah, Cameron. Nous aimons Cameron », m’a-t-il dit avec un large sourire. Je me suis efforcée d’esquisser un sourire moi aussi. La moindre critique envers mon propre Premier ministre pouvait être perçue comme un signe de désaffection envers les nouveaux gouvernants de la Libye.

Sur le port, pendant que nous observions le bateau dont les victuailles qu’il transportait devaient être déchargées pour laisser la place aux passagers, un Italien commentait qu’ils étaient « comme des enfants qui dirigent une université » en voyant les nouveaux maîtres des lieux essayer de se servir des grues et des machines nécessaires pour activer la décharge des bateaux et le départ des bateaux.

On nous avait que le bateau ne pourrait probablement pas partir avant 5 ou 10 jours et que notre seule option pour le départ par voie maritime était un bateau de pêche long de 20 mètres, conçu pour accueillir uniquement 12 personnes et dépourvu de l’essentiel du matériel devant garantir une navigation sûre.

Quarante-trois personnes se sont préparées à embarquer. Le rebelle chargé de contrôler notre bateau vérifia nos papiers de manière répétée pendant 4 heures en insistant sur le fait qu’aucun Russe, Serbe ou Ukrainien ne serait autorisé à partir, pas plus qu’aucun ressortissant de Cuba ou de l’Équateur, pays dont les relations avec Mouammar Kadhafi avaient été trop bonnes tout au long de la crise.

Finalement, près de minuit, nous avons tous pu embarquer, à l’exception d’un Russe.

Tandis que le vacarme des tanks, les fusillades et l’odeur de la mort qui saturait l’air restaient de plus en plus loin derrière nous, ma mémoire évoquait la ville pacifique, accueillante et sûre où j’étais arrivée.

Lizzie Phelan

Source
Axis of Logic (Venezuela, USA)


4-4 Le 'Conseil National de Transition' : un organe fantoche d’agression impérialiste :

Le Parti Communiste du Bénin fait entièrement sienne cette analyse.

Au regard de cette situation, c’est avec un sentiment detristesse et de honte que nous avons  suivi la lâche déclaration dug ouvernement de YAYI Boni  reconnaissant le dit « Conseil National deTransition », organe fantoche d’agression impérialiste contre lepeuple libyen. Le moins que pouvait faire notre Gouvernement, s’ilavait encore quelque dignité, c’était de s’aligner sur la position del’Union Africaine et attendre la fin définitive des hostilités et nonen vrai traitre, accorder une caution à ce qui est, aux yeux de tous,considérée comme une agression inacceptable et intolérable pour lecontrôle des richesses de la Libye notamment de ses immenses réservespétrolières et avoirs monétaires.
Fait à  Cotonou le 04 Septembre 2011.
Le Parti Communiste du Bénin



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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