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28/11/2011

n°24 - Journal de Syrie - 02-11 au 27-11 : La Russie arme la Syrie avec des missiles pour se défendre contre une attaque de l’OTAN.

 



n°24  - Journal de Syrie - 02-11 au 27-11 : La Russie arme la Syrie avec des missiles pour se défendre contre une attaque de l’OTAN.



 

Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal deSyrie

             n°24                                             02-11 au27-11

  C.De broeder & M.Lemaire



Le "Journal deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part

Paul Joseph Watson : La Russie arme la Syrie avec des missiles pour se défendre contre une attaque de l’OTAN.

Des membres  (…) de l'OTAN prêts à épauler "les déserteurs de l’armée syrienne ".

Syrie -Sauver la Paix en Rétablissant la Vérité.

Chems Eddine CHITOUR :L’Enigme du Qatar : un colosse gazier avec un sabre nain.

1 Politique

Syrie

Manifestations massives contre la Ligue arabe. 

2 Pays Arabes & voisins

Irak

L’Irak juge "impossible" l’imposition de sanctions économiques à la Syrie

3 Les institutions

Ligue arabe

Louis Denghien : Psychodrame du plan de paix arabe : ultimes rodomontades

4 Les actions dans le monde

L'USS George HW Bush déployé au large de la Syrie. 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

5-1 En direct de Syrie, le journaliste américain Tarpley Wesbter à Homs

5-2 Vidéo: Thierry Meyssan sur la situation en Syrie et en Egypte.

5-3 L'analyste Levesque souligne l'exploitation des mensonges médiatiques.

5-4 Pierre PICCININ : Syrie : autant en emporte le vent…

5-5 Mensonges médiatiques ou le prétexte à une autre «guerre humanitaire»

6 Dossier

6-1 La Turquie exclut toute intervention étrangère en Syrie.

7 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

7-1 Louis Denghien : Les corridors humanitaires et fantasmatiques d’Alain Juppé.

7-2 Gilles Munier : L’agression de la Syrie par l’OTAN pourrait déraper en un conflit de grande ampleur.

7-3 Louis Denghien : Les sanctions de la Ligue arabe : quel impact envisageable ?

 



Tiré à part

Paul Joseph Watson : La Russie arme la Syrie avec des missiles pour se défendre contre une attaque de l’OTAN.

Elle avertit qu’elle ne tolèrera pas que les puissances occidentales franchissent une certaine “ligne rouge”

Nous savons maintenant ce que ces six navires de guerre russes qui sont apparemment entrés dans les eaux territoriales syriennes transportaient.

Au-delà de la démonstration de force afin de décourager les puissances de l’OTAN de lancer une attaque militaire, il y avait à bord de ces navires des techniciens experts russes prêts à aider Damas à déployer un système de défense par missiles sophistiqué que Moscou leur a vendu.

“Les navires de guerre russes qui ont atteints les eaux syriennes ces derniers jours transportaient entr’autre, des conseillers techniques russes qui ont aidé les Syriens à installer tout un réseau de missiles S-300 que Damas avaient reçu ces dernières semaines, dit un article dans le journal de langue anglaise basé à Londres Al Quds-Al Arabi ce Jeudi. Citant des sources en Russie et en Syrie, l’article dit que Moscou voit une attaque occidentale sur la Syrie comme “le dépassement d’une ligne rouge qui ne pourrait être toléré”, rapporte Arutz Sheva.

Les missiles S-300, qui d’après le rapport seront utilisés pour “contrer une attaque possible par l’OTAN ou par les Etats-Unis et l’Union Européenne”, sont des missiles à longue portée sol-air développées en Russie en 1979 dans le but de protéger les bases industrielles et militaires d’une attaque ennemie par voie aérienne ou par missiles de croisière.

Le système est regardé comme étant un des systèmes de défense anti-aériennes les plus puissants au monde ayant la capacité de détecter et de suivre plus de 100 cibles et d’en engager 12 simultanément. La Russie essaya récemment de vendre ce système à l’Iran mais la transaction fut arrêtée à cause de pressions de la part des Etats-Unis et d’Israël.

L’armement de la Syrie avec ces moyens extrèmement efficace de défense anti-aérienne n’est pas de bonne augure dans la perspective de la planification d’une “zone de restriction aérienne” par les puissances occidentales. Des rapports circulant cette semaine ont dit que des avions de combat turcs et d’autres états arabes entreraient bientôt l’espace aérien syrien sous couvert d’une cause “humanitaire” avec l’appui logistique des Etats-Unis.

“Avec les missiles, le rapport dit que la Russie a installé des systèmes de détection radar très avancés dans toutes les installations militaires et industrielles clef de la Syrie. Le système radar couvre également les zones au nord et au sud de la Syrie, où tout mouvement de troupes et d’engins aériens vers la frontière syrienne sera détecté. Les cibles radar incluent également la plupart du territoire d’Israël ainsi que la base militaire turque d’Incirlik qui est utilisée par l’OTAN”, dit le rapport.

Le ministre des affaires étrangères français Alain Juppé a assuré hier les forces d’opposition syrienne que les puissance de l’OTAN planifient une intervention militaire en imposant un “couloir humanitaire ou des zones humanitaires” au nom de la protection des civils des soi-disant abus du régime Al-Assad.

La possibilité de voir des attaques aériennes se déclancher contre la Syrie sous couvert de “cause humanitaire” devient de plus en plus probable considérant le fait que le porte-avion américain George H.W. Bush vient d’être positionné près des côtes syriennes ces derniers jours, après avoir quitté son poste traditionnel juste à l’écart du détroit d’Hormouz.

Les tensions ont subi une autre hausse hier après que l’ambassade des Etats-Unis à Damas ait sommé ses citoyens de quitter la Syrie “immédiatement”, alors que le ministre turc des affaires étrangères a dit à ses concitoyens d’éviter de voyager en Syrie lors de le retour d’Arabie Saoudite.

Comme nous l’avons précédemment noté, attaquer la Syrie ne pourrait être qu’une entrée pour faciliter un assaut sur l’Iran car Téhéran a promis de défendre son allié.

Paul Joseph Watson

Mondialisation.ca,

Le 25 novembre 2011


Des membres  (…) de l'OTAN prêts à épauler "les déserteurs de l’armée syrienne ".
Une intervention militaire indirecte en Syrie est en phase de préparation.

Trois membres influents de l’Otan seraient en train d’étudier avec l’opposition syrienne au régime de Bachar El Assad, l’éventualité de former et d’épauler quelques 8000 soldats et officiers ayant déserté les rangs de l’armée syrienne. La France, l'Angleterre et la Turquie qui seraient derrière cette opération, parlent néanmoins non d’une véritable offensive comme sur le front libyen, mais d’une intervention "limitée". Selon des indiscrétions véhiculées par l'hebdomadaire français "le Canard enchaîné" dans sa livraison de mercredi, Ankara serait d’accord pour que son territoire, où se trouvent déjà les 8000 soldats déserteurs, serve de base arrière à la rébellion civile et militaire pour mener ses opérations contre les forces du régime de Bachar El Assad.La publication satirique qui cite des diplomates et des sources militaires françaises, précise que les trois membres de l’Organisation nord-atlantique prévoient l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne et une zone tampon à l'intérieur de la Syrie. Il s'agirait d’aider la rébellion de mener sa guerre contre le régime de Bachar et ses forces loyales et non "de recommencer ce qui s'est passé en Libye", a confié au « Canard enchaîné », un officier de haut rang à la Direction du renseignement militaire français (DGSE). Des unités des services secrets français de la DGSE et anglais du MI 6, ajoute la même source, sont déjà en place en Turquie et au nord du Liban qui abrite aussi de nombreux fugitifs syriens. Leur mission est de mettre sur pied les premiers contingents de l'Armée syrienne libre et former ces déserteurs à la guérilla urbaine. Autre opération discrète, selon le Canard enchaîné, les trafics d'armes aux frontières de la Syrie sont tolérés, voire favorisés par les Français et les Turcs. Par ailleurs, la France a plaidé jeudi, par la voix de chef de la diplomatie, Alain Juppé, en faveur de la mise en place de "corridors humanitaires" en Syrie. Cette proposition, qui exigerait au préalable l’aval du régime de Bachar Al-Assad, a été avancée par le Conseil national syrien (CNS, opposition) qui s’inquiète du grave manque des produits de première nécessité (aliments et médicaments), dont souffre la population civile en Syrie. Le ministre français a expliqué qu’à défaut d’une autorisation d’un tel projet par les autorités syriennes, il n’est pas exclu de "protéger (militairement) des convois humanitaires".

Jeudi, 24 Novembre 2011

http://www.lalettremed.com/analyses/530-des-membres-de-lotan-prets-a-epauler-les-deserteurs-de-larmee-syrienne.


Syrie -Sauver la Paix en Rétablissant la Vérité.

  Le Patriarche des Chrétiens d'Orient

LE PRÉSIDENT DU COMITE VALMY À DAMAS POUR SAUVER LA PAIX EN RÉTABLISSANT LA VÉRITÉ

Depuis une semaine, accompagné de personnalités françaises et francophones, Claude Beaulieu, Président du Comité Valmy, est présent en Syrie, à l’invitation du Patriarche des Chrétiens d’Orient.

Il a eu l’occasion d’observer la réalité de la situation et il a pu faire de nombreuses rencontres, notamment avec le Patriarche orthodoxe russe Cyrille, quand celui-ci est venu exprimer la solidarité du peuple russe avec le peuple syrien.

Aujourd’hui, Claude Beaulieu tient à témoigner de ce qu’il a constaté sur place.

1) Le scandale de la propagande guerrière véhiculée par les médias occidentaux

A écouter les médias occidentaux, l’armée et la police syrienne seraient devenues des hordes sanguinaires qui massacreraient le peuple. La réalité ridiculise ce grossier mensonge, dont le seul but est de justifier une invasion guerrière.

Sur le terrain, nous constatons que les meurtres et les attentats, mensongèrement attribués par les médias français aux forces syriennes, sont en réalité le seul fait de groupes armés étrangers ou de salafistes syriens extrêmement minoritaires, qui tirent sur la foule et sur les militaires pour créer le chaos et pour fabriquer des images trompeuses, à destination des médias complices des va-t-en-guerre occidentaux.

Les policiers et les militaires syriens doivent à la fois déjouer ces pièges, protéger les populations et mettre hors d’état de nuire ces criminels fauteurs de guerre.

Cette mission est d’autant plus difficile que les groupes en question sont soutenus, armés et financés par les USA et l’Union européenne, comme l’a avoué leur chef, Khaddam 

:

Le chef des rebelles syriens avoue être financé par la CIA 14-mai-2011

SOS Besoin volontaire pour sous-titres en français !

Cliquer sur l’image pour voir la vidéo.

 

2) La force de l’union nationale syrienne contre l’éventualité d’une agression occidentale

Il ne se passe pas un jour sans manifestations de masse, au cours desquelles les Syriens se retrouvent dans les rues pour exprimer leur volonté unitaire patriotique et pour soutenir le gouvernement légitime.

Cette vigueur à défendre la souveraineté de la nation syrienne transcende les clivages politiques et confessionnels ; elle soude le peuple, fermement décidé à résoudre par lui-même ses difficultés en restant maître de son destin et en respectant la légalité.

Malgré les crimes et les exactions commis par les terroristes, la manipulation visant à exacerber les clivages confessionnels échoue : dans une clairvoyance exemplaire, le peuple syrien se rassemble et démontre encore une fois l’invincibilité et la cohérence de l’attachement à la souveraineté populaire, de la laïcité et de la prééminence du Droit.

Les opposants syriens préfèrent majoritairement éviter à leur pays une intervention étrangère plutôt que rallier le Conseil national syrien, dans lequel ne se regroupent en définitive que des aventuriers instrumentalisés par les ennemis de la Syrie et des extrémistes salafistes qui envisagent de transformer le pays en place forte d’Al Qaïda.

 

Dans ces conditions, le Président du Comité Valmy appelle les Français à la plus grande vigilance sur les informations et reportages diffusés par les médias français, déjà coupables d’avoir travesti la réalité pour rendre possible les agressions sur la Côte d’Ivoire et la Libye.

Il souhaite, sans illusion, que la diplomatie française prenne conscience que son asservissement aux Etats-Unis - qui construisent une manipulation de plus pour justifier une agression guerrière de plus - n’est pas une erreur, mais une faute. De par l’Histoire, la France a une responsabilité particulière envers les peuples syriens et libanais. Tout gouvernement qui l’oublierait ne serait pas un authentique gouvernement français mais un pitoyable exécutant états-unien.

Que la faute libyenne ne soit pas répétée en Syrie !

jeudi 17 novembre 2011,

Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2037

   Pour voir la vidéo et lire l'article, cliquer ici :  http://mai68.org/spip/spip.php?article3455  


Chems Eddine CHITOUR :L’Enigme du Qatar : un colosse gazier avec un sabre nain.

« Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’oeil de ton frère et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton oeil à toi ?  » Évangile de Luc, 6, 41Cette parabole du Christ va nous servir pour articuler notre plaidoyer quant au comportement répréhensible, amoral d’une famille qui a pris en otage un peuple, en l’occurrence celui du Qatar. Le monde a assurément le tournis et les valeurs que l’on croyait gravées dans le marbre telles que le travail bien fait, l’abnégation, la sueur, sont battues en brèche par les richesses indûment acquises non pas du fruit de leur sueur mais soit du loyer de l’argent et du scandale de la spéculation financière bâtie sur du vent et sur la façon de tromper l’autre de le dévorer s’il perd pied, ce que le langage néolibéral appelle l’OPA. Soit par une rente imméritée, c’est le cas des pays arabes pétroliers installés dans les temps morts et qui prennent en otage leurs peuples les condamnant à regarder filer à toute vitesse le train du progrès tandis qu’ils ruminent sur le quai de la gare leur frustration. On peut comprendre le mépris dans lequel sont tenus ces potentats gros, gras et bien nourris pendant que la misère s’avère être la calamité la mieux partagée pour des centaines de millions, voire des milliards de besogneux, quelles que soient leurs latitudes. Non les Arabes ne sont pas que cela ! Il fut une époque où ils représentaient l’espérance de l’humanité.

Le Qatar : un épiphénomène ou une nuisance durable ?

Je m’en vais vous parler d’une énigme, un petit pays par la surface mais immense par son actuelle capacité de nuisance, et qui a jailli du néant en même temps que le pétrole et le gaz ont jailli d’un sous-sol lui procurant une rente imméritée au service du mal. Le Qatar est un émirat du Moyen-Orient d’une superficie de 11 427 km². pour trois cent mille autochtones et un million d’étrangers qui ont un statut peu enviable surtout s’ils ne sont pas des Occidentaux. Petit producteur de pétrole, il est aussi le troisième producteur de gaz naturel du monde après l’Iran et la Russie. Après avoir été dominé par les Perses pendant des milliers d’années puis par le Bahreïn, les Ottomans ou encore les Britanniques, le Qatar devient un État indépendant le 3 septembre 1971. Il est dirigé d’une main de fer par la famille Al Thani depuis quarante ans, comme le règne de Kadhafi. L’émir actuel a renversé - faut il s’étonner de ces moeurs pour l’appât du pouvoir ? - son père en 1995. Le gouvernement qatari garde des restrictions sur la liberté d’expression et les mouvements pour l’égalité. La famille souveraine Al Thani continue de détenir seule le pouvoir La nouvelle Constitution n’autorise pas pour autant la formation de partis politiques et ceci depuis quarante ans. Où est la liberté d’expression et l’alternance au pouvoir ? La station de télévision Al Jazeera a acquis une triste réputation en tant que source non censurée de l’information concernant les autres pays arabes provoquant l’ire de ces derniers.

Des journalistes, tout à fait ordinaires venant d’autres pays arabes attirés par l’appât du gain et non par la liberté d’expression, se sont érigés en censeurs agressifs dans des émissions où ils diabolisent à qui mieux mieux les autres régimes arabes. A notre sens deux tabous, la famille émiratie et les pays occidentaux vénérés dans la plus pure tradition vassale, voire... D’ailleurs, lors de la guerre contre l’Irak le pays a servi de base à l’état-major américain. Le 11 décembre 2002, est signé, avec les États-Unis, un accord relatif à l’utilisation de la base aérienne d’Al-Eideïd. On comprend que le Qatar soit intouchable. On estime les réserves de pétrole du pays à 26,8 milliards de barils fin 2009. Le Qatar détient actuellement les troisièmes réserves de gaz (25,37 milliards de mètres cubes en 2009) après la Russie et l’Iran. Le Qatar est par ailleurs le premier émetteur mondial de CO2 par habitant, avec une émission par habitant trois fois supérieure à celle des Etats-Unis, soit 60 tonnes de CO2/habitant/an. Il est heureux pour la planète que les Qataris ne soient pas nombreux. Pendant ce temps, un Arabe somalien « frère », une demi-tonne/an. En clair, ce dernier consomme en une année ce que gaspille un Qatari en trois jours ! Voilà le développement durable prôné par cet émirat. Le PIB du Qatar atteint le chiffre de 52,7 milliards de dollars en 2006. Le PIB par habitant atteint 78.260$ en 2009 dépassant celui des Européens et Américains. Ce dernier est le fruit d’une longue tradition scientifique, technologique et culturelle et non d’un gaspillage multidimensionnelle d’une rente imméritée suscitant par là même des frustrations légitimes, voire un mépris de ceux qui galèrent.

Pour Hassan Moali : « Le Qatar n’est évidemment pas fréquentable pour sa « démocratie » contenue dans les limites des studios d’Al Jazeera. Cet émirat détient le plus grand fonds souverain de la planète, Qatar Investment Authority, dont les avoirs sont estimés à environ 700 milliards de dollars ! C’est bien à ce niveau que se situe la force incroyable de ce petit... géant. Surtout que les Qataris se tiennent à la disposition des maîtres du monde pour financer et approvisionner des expéditions guerrières, comme ce fut le cas en Libye. Il eut été plus glorifiant de voir l’émirat sur le toit du monde s’il était un modèle de démocratie. (...) Ils sont presque d’accord avec les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni s’agissant des conflits qui agitent la planète, y compris quand il s’est agi de « casser » de l’Arabe. Ils soutiennent la cause palestinienne en ne se privant pas de recevoir les dirigeants israéliens. (...) Pour ce pays, le souci existentiel autorise toutes les alliances, y compris celles contre nature. Les GI’s de la base militaire américaine veillent au grain. Jusqu’à quand encore ? » (1)

Des yeux plus gros que le ventre

Olivier da Lage qualifie la diplomatie du Qatar par l’expression « Des yeux plus gros que le ventre ». « Dire, écrit il, que le Qatar agace ses voisins de la péninsule arabique relève de l’euphémisme. Jusqu’au début des années quatre-vingt-dix, le Qatar adoptait un profil bas en politique étrangère. (...) La contestation par le Qatar de la souveraineté de Bahreïn sur les îlots de Fasht al-Dibel semblait bien être sa seule priorité extérieure.(...) Lorsqu’il dépose son père, Cheikh Hamad est décidé à affirmer l’originalité du Qatar dans tous les domaines, quitte à choquer les autres monarques. Ces derniers, comme on peut l’imaginer, n’ont guère apprécié le fâcheux précédent que pourrait représenter un prince héritier qui renverse son père. D’où vient donc cette assurance qui permet au Qatar, un petit pays de quelque 400.000 habitants dont environ 150.000 nationaux, de tenir tête à ses voisins et de se brouiller tour à tour avec la plupart des pays arabes ? On ne saurait trop souligner que les Etats-Unis sont le premier pays à avoir reconnu le pouvoir de Cheikh Hamad.(...) De même, l’accord de défense mutuel qui lie Washington et Doha depuis juin 1992 est une réalité ». (2)

« Aujourd’hui poursuit Da Lage, le Qatar abrite le plus grand dépôt d’armes américaines du monde hors du territoire des états-Unis. (...) Et pourtant, ce qui était parfois perçu comme une excentricité de la politique étrangère de l’émirat, a continué de bénéficier de l’indulgence américaine. S’agissant de l’Iran, le rapprochement entre Doha et Téhéran n’a pas que des motivations politiques. La poche de gaz du North Dome, dont l’exploitation représente toute la richesse future du Qatar, s’étend sous le Golfe au-delà de la frontière avec l’Iran. (...) Cheikh Hamad ben Jassem a rencontré à New York Shimon Peres, puis au sommet économique d’Amman en octobre 1995, il y a eu la signature d’un mémorandum prévoyant la livraison à Israël de gaz naturel du Qatar. Un bureau commercial israélien s’est ouvert à Doha en septembre 1996. Le soutien sans faille des Etats-Unis explique largement l’assurance dont le petit émirat fait preuve face aux critiques de ses voisins. (...) Al Jazira apparaît comme le bras non officiel de la diplomatie de Doha et que la verve de sa rédaction s’exerce rarement à l’encontre de la politique officielle du Qatar » Georges Malbrunot explique l’ambiance au Qatar et pourquoi il n’y a pas de révolte. « Le Qatar, écrit-il, ne se singularise plus seulement par l’activisme de sa diplomatie conciliatrice ou par cette richesse quasi insolente. Il est aussi le seul État de la région à avoir été épargné, jusqu’à maintenant, par la vague de contestation qui secoue le reste du Monde arabe. « Ici la manne est bien répartie entre seulement 200.000 Qatariens qui n’ont pas vraiment de raison de se plaindre », observe un diplomate occidental. « Franchement, nous n’avions pas besoin d’organiser la Coupe du Monde », critique à demi-mot Hassan al-Ansari, le rédacteur en chef de Qatar Tribune. « Pourquoi dépenser 55 milliards de dollars pour des installations qui seront démontées au bout d’un mois ? », renchérit un autre officiel. Abreuvés d’informations sur les révoltes arabes par Al Jazeera, ses habitants, en revanche, n’ont rien à se mettre sous la dent quand ils regardent la chaîne qatarienne, muette sur l’actualité locale. Pourtant, « nous avons aussi des demandes politiques, affirme le professeur al-Misser. Pour l’instant, seul un Majlis al-Shoura existe, mais les membres de cette assemblée sont désignés par le pouvoir et ils n’ont qu’un rôle consultatif ». (3)

Un rôle diabolique

Si des personnes ont pu être dupes de la pseudo-révolution libyenne soutenue par les « révolutionnaires » bien connus que sont Nicolas Sarkozy, Bernard-Botul-Henri Lévy ou David Cameron, voilà qui pourrait leur ouvrir les yeux... Pour la première fois, le Qatar admet avoir participé aux opérations sur le terrain aux côtés des rebelles libyens. (...) Trois jours après la proclamation par le CNT de la « libération » totale de la Libye, les chefs d’état-major des pays engagés militairement en Libye se retrouvent pour une réunion à Doha, au Qatar. A cette occasion, le chef d’état-major qatari, le général Hamad ben Ali al-Attiya, a révélé que des centaines de soldats du Qatar ont participé aux opérations militaires aux côtés des rebelles en Libye. On apprend même que le président Omar el-Béchir du Soudan a fourni quantité d’armes aux prétendus « rebelles ». (4)

Il apparaît aussi, écrit Ian Black, que c’est le Qatar qui dirigera les efforts internationaux pour former l’armée libyenne, récupérer les armes et intégrer les unités rebelles souvent autonomes dans de nouvelles institutions militaires et de sécurité (...) Et lors de l’assaut final contre le QG de Kadhafi à Tripoli fin août, les forces spéciales qatariennes étaient en première ligne. Le Qatar a aussi accordé 400 millions de dollars aux rebelles, les a aidés à exporter le pétrole depuis Benghazi et a monté une station de télévision à Doha. (...)Pour certains, la stratégie de l’émir est de soutenir les forces démocratiques de manière sélective dans le Monde arabe, en partie pour améliorer la réputation internationale du pays tout en détournant l’attention du Golfe où les protestations anti-régime ont été écrasées à Bahreïn et achetées en Arabie Saoudite ». (5)

Expliquant la « manipulation de la Ligue arabe », Robert Fisk nous explique comment le Qatar tente de reproduire le scénario libyen : « La Ligue arabe - l’une des organisations les plus stupides, les plus impuissantes et absurdes dans l’histoire du Monde arabe - s’est soudainement transformée de souris en lion, rugissant que la Syrie sera suspendue ce mercredi à moins qu’elle ne mette fin à la violence contre les manifestants, ne retire l’armée des villes, ne libère les prisonniers politiques et ne commence à discuter avec l’opposition. Damas a rugi en retour que la Syrie avait déjà mis en oeuvre le plan de paix de la Ligue - on peut en douter - que la décision était « illégale et une violation de la Charte de la Ligue » (peut-être exact) et que la suspension possible de la Syrie était une tentative de « provoquer une intervention étrangère en Syrie, comme cela a été fait pour la Libye ». Le Qatar - qui est, avec sa chaîne Al Jazeera, l’ennemi actuel de la Syrie - était à l’origine du vote, cajolant et plaidant, et dit-on, payant largement ceux qui pouvaient avoir des doutes. La puissance du Qatar dans le Monde arabe commence à prendre une tournure nettement impériale. Avec son argent et ses propres raids aériens, elle a contribué à faire tomber le régime de Kadhafi. Maintenant, le Qatar est l’avant-garde de la Ligue arabe contre la Syrie. (...) Et pas un seul Arabe ne veut qu’une guerre civile du type de celle de la Libye, mette le feu à la Syrie. De plus, Leon Panetta, le chef de la CIA, a déjà exclu une implication militaire américaine. (6)

L’à-plat-ventrisme

La diplomatie du dollar touche aussi la culture. L’argent n’ayant pas d’odeur, on peut en fonction du chèque dire tout et son contraire. Le Qatar restera dan l’histoire comme une machine à perversion, un générateur de corruption à laquelle il est apparemment difficile de résister. Lena Lutaud nous en donne un échantillon : « Son Excellence Mohamed al-Kuwari a décoré le dessinateur Jean Plantu et Amirouche Laïdi, président du club Averroes, du prix « Doha capitale culturelle arabe ». Ce soir, l’ambassadeur décorera les poètes André Miquel, Bernard Noël et Adonis. De Jack Lang à Jean Daniel, en passant par Dominique Baudis, Edmonde Charles-Roux, Renaud Donnedieu de Vabres et Anne Roumanoff, un total de 66 personnalités françaises de la culture auront été décorées par le Qatar en 2010. Toutes sont reparties avec un chèque de 10.000. (7) On le voit, que du beau monde. Cela va plus loin, des institutions prestigieuses se décentralisent et l’aura scientifique s’exporte. C’est le cas de la Sorbonne. Robert de Sorbon se retournerait dans sa tombe ! Il existe aussi un Louvre délocalisé au Moyen-Orient. Les Qataris pourront contempler entre deux bouffées de narguilé et à demeure, les belles pièces, fruit de la rapine qui décrivent en creux les expéditions coloniales pour amener la civilisation dans les contrées barbares. Nul doute que l’Occident mise, pour le moment, sur le Qatar assis paresseusement sur un gisement de gaz, dont il a besoin. Il arrivera un moment, où il sifflera la fin de la récréation pour tous ces non-Etats, il accaparera, sans état d’âme, l’énergie qui lui est nécessaire. Pour n’avoir pas misé sur le savoir, ne pas avoir mis en pratique l’alternance, la démocratie, les Arabes deviendront une scorie de l’histoire. Dans mille ans, on se souviendra, malgré tout de Kadhafi qui avait, avec son credo « zenga, zenga », une certaine idée de la « cha’ama », la dignité qui manque aux potentats casse-croûteurs installés dans les temps morts. La parabole du Christ devrait être expliquée à l’Emir du Qatar...

C.E. Chitour

1. Hassan Moali La puissance surfaite du Qatar El Watan 15.11.11

2. Olivier Da Lage http://mapage.noos.fr/ odalage/autres/qat.html

3. Georges Malbrunot : Le Qatar, le contrepied du printemps arabe Le Figaro 04 2011

4. http://www.mathaba.net/news/?x= 629178

5. Ian Black http://www.legrandsoir.info/le-qatar-reconnait-avoir-envoye-...

6. Robert Fisk : Ligue arabe : comment le Qatar tire les ficelles The Independent 17 11 2011

7. Lena Lutaud : L’offensive culturelle du Qatar, Le Figaro. 20 12 2010 http://www.lefigaro.fr/culture/2010/12/20/03004-20101220ARTF...

Chems Eddine CHITOUR 

24 novembre 2011

URL de cet article 15210
http://www.legrandsoir.info/l-enigme-du-qatar-un-colosse-gazier-avec-un-sabre-nain.html



1 Politique

Syrie

 Manifestations massives contre la Ligue arabe. 

Des centaines de milliers de Syriens sont descendus vendredi dans la rue pour protester contre la politique de la Ligue arabe et l'ingérence étrangère dans les affaires intérieures du pays, rapporte le correspondant de RIA Novosti à Damas.
Les actions se déroulent sous le slogan "Assurer l'unité du pays face au complot extérieur".
Les manifestants ont envahi les rues et les places de Damas, Lattaquié, Tartus, Baniyas, Deir el-Zour et d'autres villes du pays pour exprimer leur soutien à la politique de réformes pratiquée par le président Bachar al-Assad.
Réunis jeudi au Caire, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe ont invité Damas à signer un protocole relatif à l'envoi d'observateurs arabes en Syrie, dans une version approuvée par la Ligue et sans que soient pris en compte des aménagements proposés par Damas.
En cas de refus, la Ligue menace d'interrompre la communication aérienne avec la Syrie, de geler les avoirs syriens dans les banques arabes et de suspendre les échanges commerciaux.
La Ligue envisage également de demander aux Nations unies de prendre les mesures nécessaires pour faire pression sur Damas. Selon l'agence d'information syrienne SANA, cela entraînerait inévitablement "une intervention étrangère".
25/11/2011

http://fr.rian.ru/world/20111125/192129274.html



2 Pays Arabes & voisins

Irak

L’Irak juge "impossible" l’imposition de sanctions économiques à la Syrie

L'Irak juge "impossible" d'imposer des sanctions économiques à la Syrie, comme l'envisage la Ligue arabe, vu le nombre d'Irakiens résidant en Syrie et les étroites relations économiques entre les deux pays, a déclaré samedi le ministre des Affaires étrangères Hoshyar Zebari."L'Irak a fait part de ses réserves sur le projet de décision de la Ligue arabe", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse. "Il est impossible, du point de vue de l'Irak d'imposer des sanctions sur la Syrie, donc nous faisons part de notre réserve à ce sujet", a-t-il dit
"Le Liban et la Jordanie ont aussi fait part de leur réserve en raison d'importants liens économiques avec la Syrie", a-t-il souligné. Pour l'Irak intervient en outre le fait qu'un "grand nombre d'Irakiens sont présents en Syrie", a-t-il ajouté.

Almanar



3 Les institutions

Ligue arabe

Louis Denghien : Psychodrame du plan de paix arabe : ultimes rodomontades

La Ligue arabe attend toujours – ou feint d’attendre la réponse de la Syrie à son énième ultimatum, relatif au « plan de paix » asymétrique qu’elle a présenté.

Plus précisément, il s’agit de l’acceptation ou non par le gouvernement syrien d’un document prévoyant notamment l’envoi sur place de 500 observateurs arabes, militaires et « spécialistes des droits de l’homme » (comme les gens de l’OSDH ?).

Mais côté syrien, on souhaitait que ces observateurs avertissent, pour des raisons de sécurité, les autorités de leurs déplacements.

On nous permettra de trouver les conditions du pouvoir syrien justifiées, la bonne foi et la neutralité de ces émissaires de la ligue arabe étant sujette à caution, et leur « perméabilité » extrême aux récits des opposants étant à craindre.

A plan factice, ultimatum dérisoire

Théoriquement, le délai fixé  à Damas expirait vendredi à midi, mais les hommes de la Ligue accorderaient un délai supplémentaire courant jusqu’à vendredi minuit. En cas  de non réponse, ou de réponse insatisfaisante de la part du gouvernement syrien, la Ligue arabe appliquera tout un train de sanctions tels que gel des transactions et avoirs financiers dans les banques arabes, arrêt du trafic aérien des compagnies arabes avec la Syrie. C’est samedi 26 novembre que les ministres arabes des Finances devraient se réunir pour concocter leur plan d’étouffement financier et économique de la Syrie. Plan auquel le gouvernement libanais vient de se déclarer résolument opposé.

Damas a d’ores et déjà donné, vendredi midi 25 novembre, une réponse de fait à cette mise en demeure en estimant, via Sana, que la Ligue arabe était « devenue l’instrument d’une ingérence étrangère », en l’occurence occidentale. Tous les délais supplémentaires n’y feront rien : le plan de paix de la Ligue n’était qu’une duperie médiatique et diplomatique, à partir du moment où il postulait de fait un cessez le feu unilatéral des forces de l’ordre syriennes, qui équivalait à une capitulation devant les groupes armés, et à un abandon des populations civiles. Damas a accepté un dialogue qu’il savait truqué dès le départ, compte tenu de l’état d’esprit des Etats du Golfe, pour montrer à la face du monde sa bonne volonté. Mais la bonne volonté, la volonté profonde et sincère de calmer le jeu, de réunir les conditions d’un dialogue constructif entre les deux camps, cette volonté-là faisait totalement défaut aux petits machiavels du Golfe.

Dan ce contexte, la déclaration, ce vendredi 25 novembre, du chef de la diplomatie turque, exhortant Damas à accepter les exigences de la Ligue, relève très logiquement de la même hypocrisie. Parler, comme le fait M. Davutoglu, de « dernière et nouvelle chance pour la Syrie« , est une fumisterie. La seule vraie « chance » de la Syrie, c’est de s’appuyer sur les alliés qui lui restent dans le monde arabe, et au-delà des nations comme la Russie, la Chine, l’Inde, Be brésil, l’Iran, qui sont de vraies puissances économiques et politiques. Et de laisser la Ligue arabe, bientôt ébranlée par les crises égyptienne, libyenne, voire les débuts de contestation observés dans certaines monarchies du Golfe, se déconsidérer un peu plus par son alignement servile sur les mots d’ordre de Washington. Les sanctions économiques ont souvent pourri la vie des populations, mais rarement abattu des gouvernements : les aspirant-gendarmes du monde arabe du Caire et de Rabat qui le savent d’expérience n’en sont que plus coupables.

Louis Denghien 

 



4 Les actions dans le monde

Pays

a) Usa

L'USS George HW Bush déployé au large de la Syrie.  
Les Etats-Unis ont déployé le porte-avions USS George HW.Bush à propulsion nucléaire au large des côtes syriennes, la spéculation sur une susceptible invasion militaire dirigée par Washington contre la nation arabe semble se préciser selon certaines sources. Le navire et sa flotte d'accompagnement, en général deux croiseurs et deux destroyers, transporte 68 avions dont 48 chasseurs ainsi que des hélicoptères d'attaque.
Cette force opérationnelle américaine mouille actuellement à proximité des eaux territoriales de la Syrie, juste après que l'ambassade américaine à Damas ait à nouveau exhorté les Américains à quitter immédiatement le pays. Aucune information de Washington n'a été fournie sur l'objectif de ce déploiement.
Le président turc Abdullah Gul a déjà suggéré que Ankara pourrait envahir le pays sous prétexte de poursuite des éléments terroristes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en Syrie.
Des médias arabes ont également parlé de l'imminence d'un no-fly zone sur la Syrie, similaire à celle imposée sur la Libye en début d'année. Les Etats-Unis accentue leur pression sur Bachar El Assad afin de le forcer à quitter le pouvoir.
Trois navires de guerre russes sont eux déployés dans les eaux territoriales syriennes au large du port de Tartous depuis la fin de la semaine dernière.

24/11/2011

MF/APA/PressTV/Agences


b) Israël

Les jours de Assad comme président sont comptés, estime Israël.
Les jours de Bachar al-Assad comme président syrien sont comptés alors que la répression sanglante des dissidents prend de l'ampleur dans ce pays, a estimé jeudi à Prague le vice-Premier ministre israélien, Moshe Ya'alon.
"Tout porte à croire qu'il s'approche de sa fin, en tant que président", a déclaré M. Ya'alon, à l'issue d'un entretien avec le ministre tchèque des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg. "La situation est irréversible. Le président Bachar al-Assad est en perte de légitimité suite à la répression des dissidents qui a jusqu'à présent fait plus de 3.000 victimes", a-t-il ajouté. "Et le conflit sanglant se poursuit", a déploré le vice-Premier ministre israélien.
M. Ya'alon a par ailleurs épinglé le régime iranien comme "principal instigateur de l'instabilité dans la région" et appelé à des sanctions contre Téhéran. Plus tôt dans la journée, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait également appelé à imposer des sanctions contre l'industrie pétrolière et la banque centrale iraniennes afin de forcer Téhéran à renoncer à ses projets nucléaires.
Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada ont déjà adopté lundi de nouvelles sanctions contre les secteurs bancaire, pétrolier et pétrochimique de l'Iran. Ces sanctions font suite à un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui renforce le soupçon d'une "possible dimension militaire" du programme nucléaire iranien.
"Suite à ce rapport de l'AIEA, nous sommes persuadés qu'il est temps d'imposer contre ce régime des sanctions économiques paralysantes, pour le placer devant un dilemme: avoir la bombe ou survivre", a aussi déclaré M. Ya'alon.
24/11/2011http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/733129/Les_jours_de_Assad_comme_president_sont_comptes%2C_estime_Israel.html


c France

Alain Juppé revient sur la création de corridors humanitaires en Syrie.

La création de zones d'aide humanitaire en Syrie pourrait se faire sans l'accord du régime, avec un

mandat international, mais il n'est pas question d'une intervention armée, a déclaré, jeudi 24

novembre, sur France Inter, Alain Juppé, le ministre des affaires étrangères. La France a demandé

mercredi la création de "zones sécurisées pour protéger les populations civiles" en Syrie, une

initiative inédite depuis que le pays a basculé il y a huit mois dans la crise qui a fait au moins

3 500 morts, d'après les Nations unies.

Pour Alain Juppé, cette option "veut dire des couloirs, dans lesquels les organisations humanitaires peuvent faireparvenir des produits médicaux". Le ministre français n'exclut pas que le régime syrien l'accepte. "Mais si ce n'était pas le cas, il faudrait envisager une autre solution, forcément (…) avec des observateurs internationaux, comme cela s'est fait en Libye." Il a cependant précisé : "Il n'a jamais été question d'option militaire. Il n'y a pas d'intervention humanitaire sans un mandat international", a-t-il dit, en évoquant implicitement un aval du Conseil de sécurité de l'ONU

Au même moment, des chars syriens bombardaient des caches où se trouvent des déserteurs de l'armée syrienne, à proximité de la ville de Rastan, dans le centre du pays, rapportent des activistes et un habitant. Cette zone stratégique, située sur l'axe autoroutier Damas-Alep, les deux plus grandes villes du pays, a été reprise il y a deux mois par les autorités syriennes. Les chars et véhicules blindés seraient au nombre de cinquante.

HOSTILITÉ DE LA RUSSIE ET DE LA CHINE

Les Occidentaux, France en tête, se heurtent depuis des mois à une opposition de la Russie, de la Chine et de plusieurs pays émergents à toute condamnation de la répression des manifestations de la population syrienne. Ces pays ont dénoncé pour la Libye la dérive d'une mission d'exclusion aérienne qu'ils avaient approuvée à l'origine en bombardements au sol sous le couvert d'une nécessité de protéger des populations. Jusqu'à présent, Damas n'a pas accepté une proposition de la Ligue arabe d'envoyer 500 observateurs en Syrie, membres d'organisations de défense des droits de l'homme, de médias et d'observateurs militaires, pour s'assurer de la sécurité des populations civiles dans les zones en proie aux violences.

L'intervention armée en Libye, qui a abouti à renverser le régime de Mouammar Kadhafi, s'était opérée sous couvert d'une résolution de l'ONU ayant officiellement pour but de "protéger les populations civiles". Alain Juppé et la France ont reçu à Paris des personnalités d'opposition à Bachar Al-Assad s'étant érigées en Conseil national syrien, considéré désormais comme un interlocuteur légitime.

Après une attitude très tiède au moment des révoltes des peuples tunisien et égyptien, où il a été reproché à Paris un soutien aux présidents finalement déchus, Zine El-AbidineBen Ali et Hosni Moubarak, la France a soutenu le soulèvement en Libye contre Mouammar Kadhafi et assure vouloir maintenant accompagner les changements dans le monde arabe.

24.11.11 |

LEMONDE.FR avec Reuters et AFP



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

5-1 En direct de Syrie, le journaliste américain Tarpley Wesbter à Homs

Vidéo avec sous-titres en français
http://www.dailymotion.com/video/xmjfm2_1-2-webster-tarpley-intervient-depuis-la-syrie-s-t_news?start=0#from=embediframe
http://www.dailymotion.com/video/xmk6a5_2-2-webster-tarpley-intervient-depuis-la-syrie-s-t_news#rel-page-2


5-2 Vidéo: Thierry Meyssan sur la situation en Syrie et en Egypte.

Nous avons réalisé un entretien avec Thierry Meyssan, qui nous livre en détail le dessous des manipulations actuellement en cours en Syrie, que nous publierons en intégralité le 28 novembre prochain.

Néanmoins, enn raison de l’actualité importante en Egypte, nous vous livrons ce soir un premier extrait de ce document exceptionnel.

Mecanopolis

Visionner la vidéo en cliquant ici : http://www.dailymotion.com/video/xmk1vf_thierry-meyssan-sur-la-situation-en-syrie-et-en-egypte_news?start=15#from=embed

 


5-3 L'analyste Levesque souligne l'exploitation des mensonges médiatiques.

L'analyste et chercheuse dans l'organisation canadienne Global Research, Julie Levesque, a affirmé que les mensonges et les fabrications médiatiques contre la Syrie sont pris comme prétexte pour frapper la stabilité et la sécurité du pays suivant des plans élaborés depuis longtemps par des puissances étrangères dont les USA et Israël.
Dans une analyse publiée aujourd'hui par l'organisation canadienne, Levesque indique que les médias rapportent les bilans des victimes qui leur conviennent et ceci en se référant à des activistes et des comités de coordination non identifiés, liés à l'étranger et qui ne privilégient d'aucune crédibilité.
Levesque a passé en revue la contradiction qui marque les bilans des victimes parmi les manifestants, rapportés par des médias américains, la chaîne al-Jazeera et l'Amnesty international.
"Cette contradiction qui soulève des doutes, vise à tromper l'opinion publique et à provoquer de la colère contre la Syrie", a souligné l'analyste canadienne.
 
25/11/2011

http://www.sana.sy/fra/55/2011/11/25/384111.htm


5-4 Pierre PICCININ : Syrie : autant en emporte le vent…
Guerre de l’information, propagande et média-mensonges : la Syrie est plus que jamais le terrain d’un journalisme à géométrie variable. 

Depuis le début des troubles qui ont éclaté en Syrie dans le contexte du « Printemps arabe », l’information, la ré-information et la désinformation s’affrontent sur ce terrain que rendent particulièrement mouvant les intérêts multiples des différentes communautés et confessions qui y cohabitent, mais aussi les rôles ambigus de plusieurs acteurs internationaux et, notamment, ceux de la Turquie et de l’Arabie saoudite, comme celui du Qatar et de sa chaîne de télévision de plus en plus controversée, Al-Jazeera.

Face à cette situation critique, le gouvernement baathiste avait opté pour une politique d’opacité, la fermeture des frontières et l’interdiction des journalistes et autres observateurs.

Vérifier la fiabilité des informations qui parvenaient de Syrie était dès lors souvent très difficile. Mais pas impossible : en juillet, j’avais obtenu un visa et l’autorisation de me déplacer librement à travers tout le pays, de Deraa à Alep et de Latakieh à Der-ez Zor –et je n’étais pas le seul sur place : François Janne d’Othée, Alain Gresh du Monde diplomatique, ou encore Gaëtan Vannay de la Radio suisse romande.

J’avais observé la situation à Homs, où les manifestants « pacifiques » munis d’armes à feu s’en étaient pris à l’armée, et, le vendredi 15 juillet, à Hama, dont les quelques milliers de manifestants que j’avais pu y dénombrer s’étaient miraculeusement démultipliés en 500.000 opposants dans les dépêches de l’AFP, « information » benoîtement reprise par Euronews,France 24 et la plupart des journaux « mainstreams » ; seul Le Monde faisait exception, renchérissant avec l’annonce de 600.000 manifestants (Hama compte à peine plus de 340.000 habitants).

Cette politique d’opacité s’est ainsi rapidement révélée contreproductive pour le gouvernement syrien, dans la mesure où l’opposition a peu à peu diffusé des rapports fallacieux, grossissant l’importance des mouvements de contestation dans des proportions colossales : concernant le nombre des morts et celui des manifestants, la bataille des chiffres a atteint des degrés confinant à l’absurde, comme l’illustre bien l’exemple évoqué, relatif à la mobilisation de l’opposition à Hama.

Absents du terrain et manifestement peu enclins à critiquer leurs sources, les médias occidentaux n’ont en effet pas soupçonné les « informations » qu’ils recevaient par les canaux de l’opposition, rejetant en revanche les communications du gouvernement syrien, considérées comme propagandistes ; entre autres cas d’école, aucun doute n’a jamais été émis à propos des vidéos transmises par l’opposition et supposées témoigner d’une Syrie à feu et à sang, de manifestations de dizaines ou centaines de milliers de participants, alors que, systématiquement, les images diffusées étaient constituées de gros-plans présentant quelques centaines de personnes seulement. Et les rares observateurs qui ont pu entrer en Syrie et faire part de leurs constatations ont généralement été désavoués et discrédités, comme des affabulateurs ou des supporters de la dictature.

Parmi les sources principales des médias, on trouve l’Observatoire syrien des Droits de l’Homme (OSDH), presque toujours cité en référence par les journalistes et qui domine largement « l’information » sur la Syrie (c’est cette organisation, basée à Londres, qui avait annoncé le nombre de 500.000 manifestants à Hama, le 15 juillet 2011).

Or, il n’est pas très difficile de se renseigner sur l’identité de l’OSDH et des personnes qui se cachent derrière ce label aux apparences honorables, à commencer par son président, Rami Abdel Rahmane, un opposant de longue date au régime baathiste, très connu en Syrie comme étroitement associé aux Frères musulmans, organisation islamiste radicale dont l’influence grandissante sur le mouvement de contestation en Syrie laisse entrevoir de plus en plus clairement l’ambition de ce groupe que d’aucun croyait presqu’éteint, du fait de son interdiction par le régime, mais qui couvait dans la clandestinité.

Le 17 novembre, les Frères musulmans sont sortis du bois : alors que plusieurs observateurs estimaient le mouvement exsangue et sans plus aucun poids, le porte-parole des Frères, Mohammad Riad Shakfait, en exil en Turquie, s’exprimant au nom du « peuple syrien », a annoncé qu’une « intervention était acceptable pour protéger la population civile  ». Il en a précisé les contours : l’intervention serait mieux reçue si elle venait de la Turquie plutôt que des puissances occidentales (la Turquie, gouvernée par un parti islamiste qualifié de « modéré », l’AKP).

En juillet, j’avais également pu constater l’implication grandissante des Frères musulmans dans les mouvements de contestation, à tel point que les minorités communautaires (Chrétiens, Druzes, Kurdes, Chiites… outre les Alaouites et une partie de la bourgeoisie sunnite) s’en étaient désolidarisées et revendiquaient même leur soutien au régime, par crainte de la montée en puissance des islamistes syriens, dont les intentions sont sans équivoque : l’instauration en Syrie d’une république islamique.

Plus encore, les Frères musulmans, membres du Conseil national syrien (CNS), qui rassemble les principaux courants de l’opposition, très hétéroclites et aux objectifs divergents, et se présente comme une alternative au gouvernement de Bashar al-Assad, ont entamé au nom de ce CNS des négociations avec la Turquie, mais aussi avec des gouvernements occidentaux, pour l’établissement en Syrie d’une zone d’exclusion aérienne pour protéger les civils, alors que la ligne du CNS avait été, jusqu’à présent, de refuser toute ingérence étrangère. Il ressort clairement de ces événements que les islamistes ont pris une influence non négligeable sur l’ensemble de l’opposition et de ses structures exécutives.

En d’autres termes, il apparaît sans ambiguïté que, durant ces derniers mois, les médias occidentaux ont été « informés » par les Frères musulmans syriens via l’OSDH et ont, complaisamment ou non, servi leur agenda pour la Syrie.

Conscient de la nécessité de contrer efficacement la propagande de l’opposition, et ce de manière crédible et imparable (c’est-à-dire autrement que par des démentis officiels), le gouvernement syrien a semble-t-il décidé, depuis plus d’une semaine, de laisser à nouveau entrer sur son territoire des observateurs étrangers, et ce dans un contexte de plus en plus tendu : la Ligue arabe a sévèrement critiqué la Syrie, motivée par l’Arabie Saoudite et le Qatar, très impliqué dans le soutien aux mouvements islamistes libyens, tunisiens et syriens ; Israël, silencieuse depuis le début des événements, a accepté de recevoir les représentants du CNS et d’entamer avec eux des négociations ; la Russie, pourtant alliée historique du régime syrien, a fait de même (tout en déployant toutefois sa marine de guerre dans les ports syriens, message très clair à ceux qui envisagent, à Ankara ou ailleurs, une intervention militaire sur le sol syrien) ; enfin, la militarisation de la contestation en Syrie : l’opposition semble avoir décidé de passer à l’offensive et de plus en plus d’attaques ont lieu contre les forces armées gouvernementales syriennes, dont certaines à l’arme lourde, dont aussi des tirs de snipers sur les policiers, des enlèvements et des assassinats, et une « Armée syrienne libre », constituée de « déserteurs », a commencé la lutte contre le gouvernement et demandé au CNS de la recevoir sous son commandement (un doute subsiste cependant quant à la constitution de cette Armée syrienne libre, dont le gros des forces pourrait être en réalité composé d’éléments étrangers ayant revêtu l’uniforme syrien, majoritairement islamistes et armés par le Qatar).

Si certains médias ont commencé de changer leur point de vue sur les événements en Syrie (voir, par exemple, l’article de Christophe Lamfalussy publié par La Libre Belgique ce 19 novembre ou le reportage de la RTBF, encore timide cela dit, diffusé lundi 21, qui confirment à présent les propos des « affabulateurs » de juillet), cette ouverture n’a cependant pas réussi à enrayer la guerre de propagande hostile au régime baathiste, qui n’a pas seulement pour moteur l’organisation des Frères musulmans et les divers courants de l’opposition regroupés dans le CNS.

Déjà très impliqué dans le renversement du gouvernement de Libye, où, suite à un accord bilatéral avec la France, il a armé plusieurs mouvements islamistes, le Qatar utilise désormais son bras médiatique, Al-Jazeera, pour soutenir la contestation en Syrie, comme il l’avait fait en Tunisie, contre Zine Abidine Ben Ali (au Maroc, en revanche, Al-Jazeera avait abandonné à leur sort les manifestants qui dénonçaient la monarchie ; même silence d’Al-Jazeera sur le massacre des protestataires au Bahreïn, qui furent écrasés par les chars, appuyés par des troupes saoudiennes envoyées en renfort).

Ainsi en témoigne ce tout récent exemple d’un média-mensonge « made in Qatar » : ce dimanche 20 novembre, Al-Jazeera (et Al-Arabia : Dubaï – Émirats arabes unis) a diffusé un reportage annonçant l’attaque du siège du parti Baath, à Damas.

Selon Al-Jazeera, deux hommes en moto ont tiré deux roquettes au moins sur le bâtiment, qui s’est embrasé ; et l’attentat a été revendiqué par l’Armée syrienne libre, qui a ciblé ce symbole du pouvoir, dans le centre de Damas, la capitale, jusqu’alors totalement épargnée par ces neuf mois de contestation.

Le régime de Bashar Al-Assad, touché en plein cœur et pour la première fois à Damas, serait-il au bord du gouffre ?

À nouveau, à l’appui de cette « information », concoctée par Al-Jazeera cette fois, la caution de l’Observatoire syrien des Droits de l’Homme, qui a même apporté des précisions : deux roquettes supplémentaires ont encore été tirées, mais ont manqué leur cible…

Comme d’ordinaire, « l’information » a été reprise en chœur par tous les médias mainstreams.

 

Ce même dimanche au soir, un de mes contacts à Damas m’a téléphoné : « ma famille habite tout près du siège du parti Baath ; le bâtiment est intact ; c’est un mensonge ».

Lundi 21, j’ai demandé à une amie qui habite également Damas de vérifier pour moi l’information et de prendre une photographie du siège du Baath, en présentant à l’avant-plan l’édition du jour d’un journal occidental connu, de telle sorte qu’il ne puisse y avoir le moindre doute quant à la date à laquelle cette photographie a été prise.

Résultat : le bâtiment du siège du parti Baath à Damas est effectivement intact ; aucune roquette n’a frappé ni incendié l’immeuble.

L’Armée syrienne libre, après avoir revendiqué dimanche l’attentat sur sa page Facebook, a supprimé lundi sa revendication.

Entre désinformation organisée par une opposition islamiste, qui a reçu l’appui des monarchies du Golfe et des médias arabes dominants, et l’incompétence politiquement correcte des médias occidentaux, Damas peut toujours rouvrir ses frontières…

Pierre PICCININ

Historien – Politologue (Bruxelles)

23 novembre 2011

http://www.michelcollon.info/Syrie-autant-en-emporte-le-vent.html


5-5 Mensonges médiatiques ou le prétexte à une autre «guerre humanitaire».

Selon de nombreux reportages provenant des organisations humanitaires, des médias occidentaux et de l’ONU, un grand nombre de manifestants pacifiques ont été tués par les forces syriennes depuis le début des troubles dans le pays à la mi-mars.

Mais d’où viennent les chiffres?

Bon nombre de reportages sur la présumée répression meurtrière par le gouvernement syrien ne mentionnent pas la source de leurs informations et font souvent uniquement référence à des « groupes de défense des droits humains » ou « activistes » :

« Des groupes de défense des droits humains ont affirmé dimanche que des troupes ont réprimé des manifestants pacifiques tuant huit personnes dans le nord de la province d’Idlib et quatre autres dans des zones centrales, près de Hama. (Syrian Forces Kill 12 as ICRC Head Visits Damascus, Voice of America, 4 septembre 2011.)

Ces manifestations représentent une contestation sans précédent du président Bachar Al-Assad et de sa famille qui dirige le pays depuis plus de 40 ans. Les coûts sont élevés : de nombreux cyberactivistes ont été emprisonnés et, selon des groupes de défenses des droits humains, au moins 200 personnes sont mortes. (Deborah Amos, Syrian Activist In Hiding Presses Mission From Abroad, NPR, 22 avril 2011.)

Des activistes pour la défense des droits humains ont informé Amnistie internationale qu’au moins 75 personnes on été tuées aujourd’hui en Syrie durant d’importantes manifestations […]

Trente personnes ont été tuées dans le sud de la ville d’Izzra, 22 à Damas, 18 dans la région de  Homs et le reste dans d’autres villes et villages ont affirmé les activistes […] (Scores killed in Syria as 'Great Friday' protests are attacked, Amnesty International, 22 avril 2011.)

Dans certaines circonstances, on peut comprendre la nécessité de demeurer « anonyme » là où l’on dit que la dissidence constitue un danger de mort. Toutefois, cette attitude sème systématiquement le doute : les « chiffres » peuvent être utilisés pour diaboliser le gouvernement dans le cadre d’opérations clandestines par des États ou des organisations souhaitant un changement de régime à Damas. Il est clair que plusieurs puissances étrangères, dont les États-Unis et Israël, cherchent depuis longtemps à renverser le régime syrien.

La confiance que les médias accordent à des informations émanant de groupes anonymes transmet une compréhension biaisée des manifestations en Syrie, lesquelles appuient l’objectif plus vaste de déstabilisation du régime syrien.

Lorsque des informations relatives au bilan des morts et provenant de sources anonymes sont publiées par un média dominant ou un organisme de défense des droits humains reconnu, ces informations sont relayées comme étant des « preuves factuelles » par d’autres sources d’information ou des boîtes de réflexion, cela sans davantage de vérifications. De plus, en cours de route, l’information est l’objet de déformation. Voici un exemple de ce phénomène :

Le groupe de défense des droits humains Amnistie internationale a affirmé vendredi avoir enregistré les noms de 171 personnes tuées depuis que les premiers manifestants sont morts à Daraa le 18 mars.

Le groupe s’est basé sur des informations fournies par des activistes des droits humains, des avocats et d’autres sources et a déclaré que la plupart des personnes semblaient avoir été tuées par balles par les forces de sécurité. (Protesters killed in southern Syria, Al Jazeera, 9 avril 2011.)

L’article précédent est basé sur le communiqué suivant:

À la suite du décès d’au moins huit autres personnes durant les manifestations, Amnistie internationale a signalé aujourd’hui qu’au moins 171 personnes auraient été tuées au cours de trois semaines troubles sociaux en Syrie.

Le nombre de victimes des confrontations aujourd’hui pourrait s’accroître dramatiquement selon des rapports d’activistes des droits humains du pays.

Amnistie internationale a enregistré les noms de 171 personnes tuées. Les informations proviennent de sources incluant des activistes des droits humains et des avocats. (Death toll rises amid fresh Syrian protests, Amnesty International, 8 avril 2011.)

L’information initiale d’Amnistie internationale (AI) indique que « 171 personnes auraient été tuées », une déclaration démontrant que bien qu’elle ait « enregistré les noms de 171 personnes tuées », l’organisation n’a pas pu confirmer cette information. Al Jazeera, omet cette « incertitude » et décrit ainsi comme un fait la supposition que 171 personnes ont été tuées.

Voici un autre exemple de ce genre de déformation :

Bien qu’elles aient promis de mettre fin à la répression, les forces de sécurité syriennes ont continué à supprimer des manifestants antirégime, tuant au moins 18 personnes jeudi dans la ville de Homs (al-Jazeera) (sic). (Jonathan Masters, Assad's Broken Promises, Council on Foreign Relations, 3 novembre 2011.)

Cette analyse vient du Council on Foreign Relations (CFR), la fameuse et très puissante boîte de réflexion sur la politique étrangère des États-Unis. Il est fondé sur l’article suivant d’Al Jazeera où l’information concernant la tuerie est nettement différente.

Des dizaines de personnes auraient été tuées jeudi dans la ville de Homs, un point chaud des affrontements, alors que les forces de sécurité syriennes ont bombardé des zones résidentielles avec des chars d’assaut.

Les Comités de coordination locaux de la Syrie, un groupe d’activistes qui surveille le soulèvement du pays, ont déclaré que les décès signalés ont eu lieu jeudi dans le district de Bab Amro à Homs. (Syria “violence defies peace deal”, Al Jazeera, 4 novembre 2011.)

La formulation d’Al Jazeera, « auraient été tuées » et « décès signalés » révèle que ces décès ne sont pas confirmés. Le média qatari mentionne aussi que ces affirmations proviennent d’une seule source, à savoir un groupe d’activistes nommé Local Coordination Committees of Syria (Comités de coordination locaux, CCL). L’article du CFR a transformé les allégations d’Al Jazeera en faits concrets.

Lorsqu’il est temps de compter les morts, le CCL est très souvent cité dans les médias mainstream comme source d’information dans les reportages sur des tueries commises par les autorités syriennes, comme on peut le voir dans les exemples suivants :

Un autre groupe d’opposition, les Comités de coordination locaux, ont déclaré qu’ils ne pouvaient pas corroborer le bilan du Syrian Observatory [Observatoire syrien] concernant les pertes militaires, même s’ils ont également qualifié la journée de lundi comme l’une des plus sanglantes du soulèvement, avec la mort d’au moins 51 civils. « Nous n’avons aucune confirmation de ce qu’ils avancent » a affirmé Omar Idlibi, un porte-parole des Comités de coordination locaux. (Nada Bakri and Rick Gladstone, Syria Faces New Threats as Opposition Seeks Allies, The New York Times, 15 novembre 2011.)

Selon le réseau de l’opposition, les Comités de coordination locaux, au moins cinq personnes ont été tuées pendant l’offensive militaire : trois dans la province centrale de Homs, une à Tall Kalakh, une ville frontière de l’est, et une autre à Idleb, le long de la frontière avec la Turquie. (Roula Hajjar, Syria: Activists report manhunt for defectors and protesters, Los Angeles Times, 5 septembre 2011.)

Un activiste de la Syrian Revolution Coordinators Union (SRCU) [Union des coordonateurs de la révolution syrienne] a déclaré à Al Jazeera que la police secrète a ouvert le feu et a lancé des gaz lacrymogènes afin de disperser plus de 10 000 manifestants à Deir Ezzor, dans l’est tribal de la Syrie. Dix manifestants ont été blessés et environ 40 arrêtés, a-t-il affirmé.

La SRCU est le nom donné cette semaine à l’un des réseaux populaires d’opposition en Syrie. La SRCU travaille en collaboration avec les Comités de coordination locaux (CCL), un autre réseau d’opposition populaire. (Al Jazeera Live Blog – Syria, 3 juin 2011.)

Au moins 2 200 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début des troubles sociaux selon le bilan des Nations Unies. Un groupe d’activistes, [la SRCU], a affirmé mardi que, uniquement durant le Ramadan, 551 personnes avaient été tuées. Le groupe a déclaré que 130 autres personnes ont été tuées le 31 juillet, la veille du Ramadan, dans une attaque contre la ville de Hama, laquelle a par ailleurs été la scène d’une répression féroce en 1982.

Quatre personnes ont été tuées mardi à Hara et deux autres à Inkil, deux villes de la province de Dara, selon les Comités de coordination locaux, un autre groupe d’activistes qui documente les manifestations. (Nada Bakri, Syrian Security Forces Fire on Worshipers as Ramadan Ends, The New York Times, 30 août 2011.)

Le dernier article cite un bilan des Nations Unies (ONU) comme s’il s’agissait d’une source indépendante d’information. Toutefois, selon l’un de ses rapports, l’ONU se fie elle aussi à la même source d’information, le CCL, et indique dans une note être incapable de confirmer si les informations fournies par ce groupe sont vraies :

Au moment de la rédaction de ce rapport, la mission avait reçu plus de 1900 noms et informations de personnes tuées dans la République arabe syrienne depuis la mi-mars 2011. Tous seraient des civils [26].

26. Ces informations sont compilées par des comités de coordination locaux actifs dans la République arabe syrienne, où ils documentent les noms des victimes et les détails à leur sujet. La mission n’est pas en mesure de vérifier ces informations de manière indépendante. (Nations Unies, Report of the United Nations High Commissioner for Human Rights on the situation of human rights in the Syrian Arab Republic - A/HRC/18/53, 15 septembre 2011.)

Que sont les Comités de coordination locaux (CCL)?

Selon un article du Christian Science Monitor, le groupe CCL fait partie du Conseil national syrien (CNS), une entité non élue. Même si la plupart de ses membres vivent en exil et que ses membres en Syrie demeurent inconnus, le CNS est présenté comme l’autorité légitime de la Syrie et a été reconnu par le Conseil national de transition de la Libye, un autre organisme non élu, reconnu par les puissances occidentales comme représentant « démocratique » du peuple libyen.

Les leaders de l’opposition syrienne ont formellement créé le Conseil national syrien [CNS] lors d’une rencontre dimanche en Turquie, réunissant ainsi les groupes les plus disparates cherchant à déloger le président syrien Bachar Al-Assad.

Associated Press rapporte que le conseil comprend entre autres les Comités de coordination locaux, qui ont organisé la plupart des manifestations au pays, les Frères musulmans syriens et des groupes kurdes. Presque la moitié des membres [du CNS] sont actuellement en Syrie selon le Washington Post, répondant ainsi à la forte crainte que le conseil compterait trop sur des exilés. (Ariel Zirulnick, Syrian oppositon groups formally unify overcoming key hurdle, 3 octobre 2011.)

 

Le CCL est plutôt anonyme. Le groupe a refusé une entrevue par téléphone mais a accepté de répondre à quelques questions par courriel. On affirme que par mesure de sécurité, le nombre de membres au sein de l’organisation ne peut être divulgué, mais on indique que 13 d’entre eux sont membres du CNS. « Nous avons suffisamment de membres pour organiser une manifestation sur le terrain, pour les médias et les opérations de secours. »

Les membres seraient issus de divers milieux et de tous les groupes d’âge; certains œuvreraient en Syrie, d’autres à l’extérieur du pays. Le CCL signale que, en Syrie et ailleurs, ses membres ont été menacés, arrêtés et torturés par les autorités syriennes.

Comment sont-ils devenus une source d’information pour les médias étrangers? Parce qu’ils fournissent des faits crédibles, affirme le porte-parole.

Quel est le but ultime du CCL? « Notre but est de changer le régime en Syrie et comme première étape, nous voulons mettre fin au mandat de l’actuel président, lequel est politiquement et légalement responsable de crimes commis par son régime contre le peuple syrien. Ensuite nous souhaitons transférer le pouvoir de manière sécuritaire. »

En somme, le CCL désire un changement de régime en Syrie et il semble constituer la source principale d’informations pour les médias occidentaux et les organisations humanitaires. Si ce groupe d’opposition affirme fournir des « faits crédibles », il n’existe aucun moyen de vérifier ces faits. Les faits présumés pourraient très bien constituer de la propagande visant à discréditer le régime actuel et à galvaniser l’opinion publique en faveur du changement de régime que le groupe souhaite mettre en œuvre.

Même si le porte-parole du CCL a refusé de divulguer les noms des membres du groupe, certains sont parus dans les médias dominants. L’un des membres ou collaborateurs, est Rami Nakhle, un cyberactiviste vivant en exil à Beyrouth au Liban.

« Aujourd’hui, après 98 jours de protestations, il vit dans le déni », déclare Rami Nakhle, un Syrien travaillant à Beyrouth avec les Comités de coordination locaux, un centre d’échange pour les manifestations et les activités l’opposition syrienne. « Il est maintenant évident pour tout le monde que Bachar Al-Assad ne peut pas changer. Il ne réalise pas que la Syrie a changé pour toujours, mais il demeure le même président, celui que nous avons entendu la dernière fois en avril. » (Nicholas Blanford, Assad's speech may buy time, but not survival, The Christian Science Monitor, 20 juin 2011.)

Selon NPR, l’activiste a une relation privilégiée avec Al Jazeera :

Lorsque la chaîne arabe Al-Jazeera diffuse les dernières nouvelles, les images proviennent du réseau de Nakhle. (Deborah Amos, Syrian Activist In Hiding Presses Mission From Abroad, 22 avril 2011.)

Il convient de signaler ici qu’Al Jazeera a joué un rôle clé dans la promotion du changement de régime en Libye.

La cyberdissidence

CyberDissidents.org, un site web présenté par le Bush Center comme une « Voix de la liberté en ligne » brosse un portrait de Nakhle, qui n’est pas sans rappeler les autres portraits parus dans la presse mainstream, lesquels le décrivent uniquement comme un cyberdissident, comme s’il n’avait jamais eu d’autres occupations :

Rami Nakhle est un cyberdissident de 27 ans. Son utilisation des médias sociaux pour diffuser des informations sur la révolution syrienne a capté l’attention des autorités syriennes, ce qui l’a amené à fuir au Liban en janvier 2011. Depuis les trois dernières années, il travaille sous le pseudonyme de Malath Aumran. Même si la police secrète syrienne a découvert sa véritable identité, il continue à utiliser ce pseudonyme afin de conserver la reconnaissance de ses adeptes en ligne.

Malgré ces menaces du gouvernement syrien, Nakhle continue à travailler dans la clandestinité et poursuit sa campagne pour la liberté par Facebook, Twitter et en donnant des entrevues sans restrictions avec de grands médias comme la BBC et le New York Times. (CyberDissident Database)

Le gouvernement étasunien et des organisations non gouvernementales comme Freedom House, faisant le travail de la CIA, sont d’importants promoteurs de la cyberdissidence :

 

Des dissidents politiques de la Chine, de l’Iran, de la Russie, de l’Égypte, de la Syrie, du Venezuela et de Cuba se rendront à Dallas pour se joindre aux fellows de l’Institut George W. Bush, aux experts de Freedom House, aux représentants du Berkman Center for Internet and Society de Harvard, aux membres du gouvernement des États-Unis ainsi qu’à d’autres leaders de ce domaine pour discuter des succès et des défis des mouvements mondiaux de dissidence politique sur Internet.

L’Institut George W. Bush a annoncé aujourd’hui [30 mars 2010] qu’il serait l’hôte le 19 avril 2010 d’une conférence sur les cyberdissidents, en collaboration avec l’organisation des droits humains Freedom House. (George W. Bush Institute and Freedom House to Convene Freedom Activists, Human Rights and Internet Experts to Assess Global Cyber Dissident Movement, Business Wire, 30 mars 2011)

Rami Nakhle ne cache pas ses intérêts pour les organisations étasuniennes. Sur sa page Facebook, il dresse la liste d’« intérêts » suivants : National Democratic Institute (NDI), présidé par Madeleine Albright, Human Rights Watch et l’ambassade des États-Unis à Damas.

 

L’intérêt du cyberactiviste pour ces organisations démontre clairement dans quel camp il se trouve, tout comme le membre du CNS, Radwan Ziadeh, ancien fellow du National Endowment for Democracy, une autre organisation reconnue pour ses liens avec la CIA.

Dans une entrevue avec le Guardian, le cyberdissident affirme avoir été harcelé par la police secrète syrienne sur sa page Facebook. C’est possible, cependant, il s’agirait là d’une tactique inhabituelle pour la police secrète, laquelle habituellement, comme l’indique son nom, agit secrètement. Un tel harcèlement ressemble davantage à de la propagande noire : des gens opposés au régime tentant de faire mal paraître les autorités syriennes. Une sorte de « cyberopération sous faux pavillon », conçue pour être vue de tous.

Le « soulèvement syrien » semble être une copie des événements de Libye, lesquels ont favorisé une intervention de l’OTAN et mené à un changement de régime. La presse dominante a encore une fois une source principale d’information, soit le groupe d’opposition. Les médias ignorent les pertes miliaires et omettent de rapporter que l’on trouve parmi les manifestants des hommes armés, au nombre de 17 000 selon un rapport de l'International Institute for Strategic Studies. Un groupe non élu, le CNS est présenté paradoxalement comme un mouvement démocratique et on lui accorde davantage de crédibilité et une importante couverture médiatique.
Julie Lévesque
Le
25 novembre 2011

Julie Lévesque est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Julie Lévesque publiés par Mondialisation.ca

 

http://www.mondialisation.ca:80/index.php?context=va&aid=27865



6 Dossier

6-1La Turquie exclut toute intervention étrangère en Syrie.  

Nb : Ndlr : La publication de l'articls ne signifie nullement que la rédaction partage toutes l'analyse des auteurs mais doit être vu comme information

Le vice-Premier ministre turc, Bülent Arinç, a exclu toute intervention étrangère pouvant également impliquer la Turquie en Syrie confrontée depuis huit mois à une révolte réprimée violemment par le régime. "Nous sommes absolument opposés à toute intervention en Syrie et rejetons toute opération qui impliquerait la Turquie contre ce pays", a-t-il dit jeudi soir à des journalistes, cité par la chaîne d'information CNN-Türk.
"Certains pays disent que la Turquie va intervenir dans les événements en Syrie, c'est absolument faux (...) Il n'est pas question d'envoyer des soldats (turcs) ou d'une intervention turque en Syrie.

Nous ne permettrons pas aussi que d'autres (pays) interviennent", a insisté M. Arinç qui est le porte-parole du gouvernement. Selon le responsable un tel scénario, aurait des conséquences majeures dans la région.
La Turquie a adopté une position de fermeté contre son voisin et ancien allié.
Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a exhorté mardi le président syrien Bachar al-Assad à quitter le pouvoir. La Turquie réfléchirait en outre à créer des zones tampon voire une zone d'exclusion aérienne à la frontière qui sépare les deux pays pour éviter un afflux de population de grande ampleur en cas d'intervention des forces syriennes dans une zone proche de la Turquie.
La Turquie accueille environ 7.000 opposants syriens qui ont fui le conflit dans leur pays.
Parmi eux figure Riad Al-Assaad, un colonel de l'armée syrienne qui commande un groupe de déserteurs de l'armée syrienne, l'Armée syrienne libre, qui mène des attaques en Syrie. Ankara a pris ses distances avec ce mouvement mais s'est en revanche présenté comme un sanctuaire pour le Conseil national syrien (CNS) qui regroupe une bonne partie de l'opposition syrienne.

25/11/2011

http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/733264/La_Turquie_exclut_toute_intervention_etrangere_en_Syrie.html



7 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 Louis Denghien : Les corridors humanitaires et fantasmatiques d’Alain Juppé.

On serait presque tenté de dire que la Syrie est devenu pour Alain Juppé une sorte de stimulant intellectuel : mercredi 23 novembre, le ministre français – enfin disons sarkozyste – des Affaires étrangères avait proposé l’idée d’ouverture de « corridors humanitaires » en Syrie, rebaptisés par le même jeudi « zones sécurisées pour protéger les populations civiles« . Concrètement, ça fonctionnerait comment ? Selon Juppé, on mettrait en place « des couloirs, dans lesquels les organisations humanitaires peuvent faire parvenir des produits médicaux« .

Flou artistique et diplomatique

Mais qui les mettrait en place, ces couloirs ? Eh bien, Alain Juppé pense que le régime syrien pourrait l’accepter (ha, il serait donc sensible à l’aspect humanitaire, ce régime ?). Mais si tel n’était pas le cas, « il faudrait envisager une autre solution, forcément, avec des observateurs internationaux, comme cela s’est fait en Libye «. Comme en Libye ? Diable, voilà qui n’évoque pas que des souvenirs humanitaires, M. le ministre….

Celui-ci a tenu à préciser immédiatement au micro de France Inter qu’ «il n’a jamais été question d’option militaire ». « Il n’y a pas d’intervention humanitaire sans mandat international » est bien obligé de convenir notre ministre des interventions humanitaires. Et s’il n’y a pas de mandat international pour ça, on sait que ce n’est pas la faute d’Alain Juppé !

Le patron de la diplomatie française sous influence OTAN comptait en tout cas proposer son idée à ses partenaires européens. On n’a cependant toujours pas compris, en cas d’opposition de Damas, qui va mettre en oeuvre les couloirs de Juppé, comment, quand et où. Mais l’essentiel pour Alain Juppé n’est-il pas d’occuper le terrain – médiatique, à défaut de syrien –  et de faire croire que la France joue un rôle majeur « à la libyenne » dans la marche des peuples arabes vers la liberté.

Car il est évident que dans cette proposition française, l »humanitaire n’est, une fois de plus, que le paravent du politique. Ses « couloirs humanitaires » participent de la même logique ingérente que les « zones d’exclusion aérienne » que les Américains et leurs compères voudraient bien imposer dans le ciel syrien. Il s’agit de violer, si peu que ce soit, la souveraineté et le territoire de la Syrie.

Une Syrie de rêve (atlantiste)

Pour atteindre cet objectif plus vraiment secret, Juppé et ses pairs veulent accréditer l’idée qu’il y a en Syrie des populations à protéger, comme si elles avaient été victimes d’une sorte de tsunami ou de tremblement de terre. Alain Juppé, relayé avec empressement par la grande presse française, parle  et reparle à longueur d’antenne de « massacres » de civils en Syrie. Mais s’il y a des populations civiles à protéger en Syrie, c’est plutôt des bandes armées qui sèment la mort et le désordre, notamment à Homs. Mais Juppé refuse de considérer cet aspect – essentiel – du drame syrien : pour lui, il n’y a pas de terrorisme en Syrie, tout au plus des déserteurs « citoyens » qui agissent en état de légitime défense contre le régime et assurent en quelque sorte une « violence humanitaire » pour protéger leurs frères civils. Pour Alain Juppé, il n’y a pas non plus de partisans du régime. Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, notamment les clameurs de centaines de milliers de Syriens pro-régime descendant et descendant en masse dans les rues des villes de Syrie. Evacuant ainsi toutes les réalités dérangeantes, Juppé peut donc continuer à vendre son scénario hollywoodien à l’opinion internationale.

Et comme il n’y a donc que des opposants à Bachar en Syrie, le ministre ne peut faire moins que de déclarer le CNS seul représentant légitime du peuple syrien. Alors que le CNS n »est pas reconnu comme « seul légitime » par nombre d’opposants historiques comme Michel Kilo, ou ceux qui ont créé de nouveaux partis en Syrie même, et que l’homologue britannique d’Alain Juppé, William Hague, vient de réaffirmer que l’opposition syrienne dsoit vraiment se structurer et s’unifier avant toute reconnaissance officielle par Londres (voir notre article « Diplomatie : laquais, cow-boys et garde-fous », mis en ligne le 2 novembre).

Alain Juppé a tort à notre avis d’ignorer tant de réalités objectives pour mieux légitimer son discours. La morgue et l’entêtement ne font pas forcément une politique diplomatique. Et la réalité se venge toujours, en Syrie comme en Libye ou en Egypte.

Louis Denghien,

 le 24 novembre 2011

http://www.infosyrie.fr/actualite/les-corridors-humanitaires-et-fantasmatiques-dalain-juppe/


7-2 Gilles Munier : L’agression de la Syrie par l’OTAN pourrait déraper en un conflit de grande ampleur.

   La presse israélienne s’est inquiétée de la présence en Méditerranée de plusieurs navires de guerre russes (1), mais ce n’est rien à côté de ceux qui se profilent à l’horizon (2). Le porte-avions  Maréchal Kouznetsov a quitté Mourmansk le 13 novembre. A bord, une trentaine d’avions de chasse et des d’hélicoptères, des missiles à capacité nucléaire d’une portée de 550 km. Le destroyer anti-sous-marin Amiral Chabanenko fait partie de l’escadre qui l’accompagne. Après des exercices en mer de Barentz, le Kouznetsov a pris la direction de la Méditerranée orientale via l’Atlantique nord. Il devrait mouiller à Tartous mi-janvier, où il sera sans doute rejoint par des éléments de la flotte russe de la mer Noire, comme cela a été le cas en 2008. L’attaque de la Syrie par l’OTAN – France et Turquie en tête - a pour objectif le renversement du président Bachar al-Assad et la mise hors-la-loi du parti Baas syrien.  Abdelhalim Khaddam, ancien vice-président syrien réfugié à Paris, ou Rifaat al-Assad, autre ancien vice-président, réfugié en Espagne, qui complotent concurremment pour s’emparer de la direction du parti, se bercent d’illusions s’ils croient que les Frères Musulmans laisseraient l’un d’entre eux accéder au pouvoir.

Vladimir Poutine :

Que la France s’occupe de ses oignons !

   Nicolas Sarkozy n’a tiré aucun d’enseignement des conséquences catastrophiques provoquées par l’effondrement du régime libyen. Il s’apprête à reconnaître officiellement le CNS (Conseil National Syrien) qui devraitemménager dans les locaux de l’ambassade, rue Vanneau. Le Canard enchaîné a révélé que des instructeurs du Service action de la DGSE, du COS (Commandement des opérations spéciales) et du MI6 britannique forment les extrémistes armés de l’Armée syrienne libre (ASL) à la guérilla urbaine, au Liban et en Turquie (3). Des livraisons d’armes sont effectuées clandestinement. Si la Ligue Arabe le demande – Alain Juppé fait tout pour cela - la France s’associera aux sanctions imposées au peuple syrien, notamment en suspendant ses transactions financières et commerciales, et les vols vers Damas et Alep. Les Syriens résidant en France, pro-Assad ou simplement opposés à l’agression de leur pays, seront inquiétés, expulsés ou assignés à résidence. La diabolisation du régime baasiste et ses déficiences en matière de communication médiatique sont telles qu’il ne faut pas s’attendre à ce que le mouvement anti-guerre mobilise de grandes foules, sauf si la guerre dérape en conflit de grande ampleur.

   A Moscou, le 18 novembre dernier, Vladimir Poutine a dit clairement à François Fillon qu’en Syrie la France ferait mieux « de s’occuper de ses oignons » (4). Sergueï Lavrov, son ministre des Affaires étrangères, a qualifié de « provocations politiques à l'échelle internationale » (5), les pressions exercées par les Occidentaux sur l’opposition syrienne pour qu’elle dénigre les réformes démocratiques initiées par le président Bachar al-Assad et ses offres de dialogue. Espérons que la présence de la flotte russe en Méditerranée sera suffisante pour calmer les ardeurs guerrières de Nicolas Sarkozy et des faucons de l’OTAN.

(1)Report: Russia warships to enter Syria waters in bid to stem foreign intervention (Haaretz – 18/11/11)

http://www.haaretz.com/news/middle-east/report-russia-warships-to-enter-syria-waters-in-bid-to-stem-foreign-intervention-1.396359

(2) Le porte-avions Maréchal Kouznetsov se prépare à croiser dans les eaux chaudes.

http://www.rusnavyintelligence.com/article-le-porte-avions-russe-amiral-kouznetsov-se-prepare-a-croiser-dans-les-eaux-chaudes-85433995.html

(3) Une intervention « limitée » préparée par l’OTAN en Syrie, par Claude Angeli (Le Canard Enchaîné - 23 /11/11)

(4) Syrie : Moscou invite la France à s'occuper de ses « oignons ».

http://www.rtl.fr/actualites/international/article/syrie-moscou-invite-la-france-a-s-occuper-de-ses-oignons-7736233227

(5) Syrie: Moscou dénonce des « provocations » occidentales

http://fr.rian.ru/world/20111121/192063188.html

Gilles Munier

http://www.france-irak-actualite.com/

 

 


7-3 Louis Denghien : Les sanctions de la Ligue arabe : quel impact envisageable ?.

Le secrétaire général de la Ligue arabe et le Premier ministre qatari, promoteurs de la tentative d'étouffement économique du régime syrien et donc des Syriens.

Voici un article équilibré, donc intéressant, de l’AFP sur les conséquences des sanctions économiques internationales, notamment celles que s’apprête à prendre la Ligue arabe contre la Syrie.

D’où il ressort que le pays souffrira – un peu plus de la moitié des exportations syriennes se faisait vers les pays arabes – mais devrait survivre, notamment grâce à l’appui de pays amis et/ou frontaliers comme l’Irak, le Liban et l’Iran. De plus, et c’est un détail auquel les pontes de la Ligue n’ont apparemment pas pensé, Damas a aussi une possibilité de rétorsion importante, car une partie importante des échanges entre le Golfe et le Maghreb passe justement par la Syrie !

Reste que, même en partie contourné, l’embargo arabe peut faire mal, surtout aux plus pauvres, ces pauvres que les pontes multimilliardaires de la Ligue arabe prétendent vouloir épargner.

Ce qui était vrai en Irak pourrait l’être en Syrie. 

DAMAS – La Syrie compte sur l’Irak et le Liban pour éviter d’être asphyxié par les sanctions que la Ligue arabe entend prendre afin de contraindre le président Bachar al-Assad de cesser la répression de la révolte.

« Nous savons nous débrouiller dans l’adversité puisque nous subissons depuis des années des sanctions et si la Russie est notre bouclier politique, l’Irak, le Liban et l’Iran sont notre oxygène économique », a affirmé à l’AFP un responsable syrien qui a tenu à garder l’anonymat.

Après que le régime de Damas eut ignoré son ultimatum de mettre fin aux violences sanglantes, la Ligue arabe devrait annoncer lors d’une réunion jeudi des sanctions économiques contre la Syrie après l’avoir suspendu des travaux de l’organisation.

Dans un entretien publié par le quotidien économique saoudien al-Iktissadia, le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe pour les affaires économiques, Mohammad Twaijri, a annoncé une panoplie de mesures qui risquent d’asphyxier le pays.

« Il s’agit des domaines du voyage, des transferts bancaires, du blocage des avoirs (syriens) dans les pays arabes, de l’arrêt des projets arabes ou arabo-syriens et de la suspension le Syrie du GAFTA » (zone de libre-échange arabe), selon lui.

« Nous voulons étouffer financièrement le régime d’Assad et pas la population. Il y aura dans les prochains jours une réunion du Conseil économique et social de la Ligue arabe pour décider des mesures qui seront prises à la majorité de ses membres », a-t-il encore dit.

L’Irak, dirigé par les chiites depuis la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, soutient Bachar al-Assad, issu de la minorité alaouite, émanation du chiisme, car il ne souhaite pas voir les sunnites arriver au pouvoir à Damas et relancer chez lui la violence confessionnelle.

« Je ne pense pas que l’Irak sera partie prenante de sanctions économiques contre la Syrie », a affirmé à l’AFP un responsable gouvernemental irakien proche du Premier ministre Nouri al-Maliki.

Selon le bureau syrien des statistiques en 2009, 52,5% des exportations syriennes et 16,4% des importations sont vers ou en provenance des pays arabes. Les marchandises syriennes vont d’abord en Irak (31,4%) puis au Liban (12,7%), en Allemagne (9,2%) et en Arabie saoudite (5,2%). La Syrie importe d’abord de Chine (10,8%), d’Arabie saoudite (10,1%), de Turquie (7%), des Emirats arabes unis (5%), du Liban (4,1%) et d’Egypte (4,1%).

Le Liban, dirigé par un gouvernement favorable à Damas et ayant une longue frontière avec la Syrie, devrait aussi permettre de contourner les mesures de rétorsion.

« Soumis depuis si longtemps à des embargos occidentaux, beaucoup de Syriens ont créé des sociétés offshore dans plusieurs pays, dont le Liban, pour envoyer ou recevoir leurs marchandises. Nous sommes devenus très inventifs, mais ceux qui paieront le plus seront les pauvres quoiqu’en dise la Ligue arabe », affirme un commerçant syrien spécialisé dans les matières premières.

Pour un expert économique européen basé à Damas, « il n’existe pas de clauses d’exclusion ou de suspension du GAFTA. On peut se retirer mais on ne peut pas en être exclu. Il n’y a pas de base légale pour le faire ».

En outre, précise-t-il, la Syrie peut prendre des mesures de rétorsion car le transit routier entre l’Europe et le Golfe passe par la Syrie et si cette dernière ferme ses frontières avec la Turquie ou la Jordanie « cela bloquera beaucoup de produits destinés à l’Arabie Saoudite et aux pays du Golfe ».

« Il resterait deux solutions: passer par l’Irak mais les assurances des marchandises coûteront très chers, ou les transports aérien et maritime mais cela sera plus onéreux et en bateau cela prendra beaucoup de temps », a-t-il ajouté.

« Malgré tout, souligne un importateur de produits pharmaceutiques, nous allons vraiment souffrir car jamais nous n’avons eu à subir les embargos américains, européens et arabes. Nous allons respirer très difficilement, mais pour ne pas mourir, il faut que le gouvernement mette en place une véritable stratégie économique ».
Louis Denghien, Par AFP

http://www.infosyrie.fr/re-information/les-sanctions-de-la-ligue-arabe-quel-impact-envisageable/



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