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29/12/2011

n°31 - Dossier de Syrie - 27-12 : 1a - : la découverte des agents de la CIA pose une question sur leur rôle dans les assassinats.

 


n°31 - Dossier de Syrie - 27-12 : 1a - : La découverte des agents de la CIA pose une question sur leur rôle dans les assassinats.



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Dossier deSyrie

n°31                              27-12

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Tiré à part :

Le Hezbollah accuse les Etats-Unis d’être derrière les attentats de Damas.

1 Dossier

1-1 Pierre Khalaf : La Ligue arabe d’Amérique pave la voie à la recolonisation de la Syrie.

1-2 Sukarieh à Alintiqad: la découverte des agents de la CIA pose une question sur leur rôle dans les assassinats. 

2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

2-1 Comment utiliser Noël comme propagande de guerre.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1Ghali Hassan : Syrie : une agression qui se précise.

3-2 Oscar fortin : Le Canada et la Syrie.

3-3 Sharmine Narwani : Stratfor remet en cause le discours sur la Syrie.



 

Tiré à part :

Le Hezbollah accuse les Etats-Unis d’être derrière les attentats de Damas.

Le Hezbollah a accusé vendredi les Etats-Unis d'être derrière les attentats suicide à Damas ainsi que ceux qui ont secoué Bagdad la veille.
 "Ces attentats (...) sont la spécialité des Etats-Unis, mère du terrorisme, qui visent, tuent et terrorisent les innocents pour les pousser à se plier à la politique américaine à la solde du sionisme", indique le parti dans un communiqué. 
 Le Hezbollah "condamne ce crime horrible" commis par "les ennemis de l'Humanité". "Ceux qui sont lésés par la grande défaite des Etats-Unis et leur retrait humiliant d'Irak ont commencé une opération de vengeance meurtrière et lâche", poursuit le texte.

De son côté, le président libanais Michel Sleimane a téléphoné à son homologue syrien et dénoncé "les attaques terroristes" dans la capitale syrienne, selon un communiqué de son bureau de presse.
 "La concomitance (des attaques) avec l'arrivée des premiers observateurs en Syrie vise à entraver l'accord arabe conclu entre la Syrie et la Ligue arabe", a affirmé le chef d'Etat.  

Au moins 50 personnes ont été tuées vendredi et plus d'une centaine d'autres blessées dans deux attentats suicide à la voiture piégée contre les services de renseignements à Damas, au moment où la mission arabe préparant la venue d'observateurs s'entretenait avec les autorités syriennes.  .

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=42646&frid=18&cid=18&fromval=1&seccatid=23



1 Dossier

1-1 Pierre Khalaf : La Ligue arabe d’Amérique pave la voie à la recolonisation de la Syrie.

Cheikh Hamad ben Jassim ben Jaber ben Muhammad Al-Thani, Ministre des Affaires étrangères et Premier ministre du Qatar.

En 1995, il organisa le coup d’Etat qui renversa le Cheikh Abdullah ben Khalifa al-Thani au profit de son fils, le Cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani.

L’actuel souverain étant gravement malade et une querelle de succession s’annonçant, le Premier ministre tente de verrouiller sa position en se rendant indispensable aux Etats-Unis.

Cheikh Hamad ben Jassim ben Jaber ben Muhammad Al-Thani, Ministre des Affaires étrangères et Premier ministre du Qatar.

En 1995, il organisa le coup d’Etat qui renversa le Cheikh Abdullah ben Khalifa al-Thani au profit de son fils, le Cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani.

L’actuel souverain étant gravement malade et une querelle de succession s’annonçant, le Premier ministre tente de verrouiller sa position en se rendant indispensable aux Etats-Unis.

Tendance générale

La Ligue arabe d’Amérique pave la voie à la recolonisation de la Syrie
Avant même que n’expire le délai de 15 jours accordé à la direction syrienne pour mettre en œuvre le plan arabe de règlement de la crise, la Ligue arabe a décidé, dans une mesure inattendue, de suspendre la Syrie de toutes ses institutions.
Cette décision était planifiée à l’avance, comme l’ont affirmé les ministres syrien et russe des Affaires étrangères, Walid Moallem et Serguei Lavrov (Voir ci-dessous). D’ailleurs, l’initiateur de ce complot, le Premier ministre qatari, Hamad ben Jassem, n’avait pas pu cacher son irritation lorsque Damas avait accepté le plan arabe, le 1er novembre. La France, les Etats-Unis et la Turquie, qui coordonnent leur action étroitement, ont eu la même attitude négative. Ce plan de règlement avait en fait été mis en place pour qu’il soit refusé par la Syrie. Sentant le piège, Damas l’avait accepté. Mais l’acharnement des Arabes de l’Amérique n’a, semble-t-il, aucune limite. Sans prendre la peine de préserver les formes, ils ont initié une campagne médiatique féroce, avançant tous les jours des bilans fantaisistes de morts en Syrie, pour dénoncer le non-respect par Damas du plan arabe, afin de justifier une réunion urgente. Lors de cette rencontre au Caire, le 12 novembre, l’affaire a été expédiée en un quart de tour. Pas de délibérations, pas de lecture des lettres adressées par les autorités syriennes expliquant les mesures prises (libération de 550 détenus, début du retrait de l’Armée des villes, visas pour 80 journalistes etc…), pas de débat. La décision —contraire aux statuts de la Ligue qui exige l’unanimité moins un vote pour ce type de mesure— de suspendre la Syrie, pays fondateur de la Ligue et dernier Etat arabe à faire face à Israël, a été annoncée.

Une tentative d’internationalisation
Le but de cette décision est d’assurer une couverture arabe à l’internationalisation de la crise, en renvoyant le dossier devant le Conseil de sécurité. Progressivement, des mesures seront prises pour accentuer l’isolement et l’affaiblissement de la Syrie, en prélude d’une intervention militaire, vraisemblablement conduite par la Turquie, membre de l’Otan.
La Syrie a réagi sur le double plan populaire et diplomatique à ce coup de poignard.
Dès les premières heures de dimanche, des millions de personnes ont commencé à se rassembler à Damas et dans les autres grandes villes du pays. De la côte méditerranéenne à l’ouest, jusqu’à la frontière irakienne à l’Est ; de Daraa et Soueida au Sud, à Alep et Raqqa au Nord, les Syriens se sont mobilisés en masse. Les manifestants ont brandi des portraits de Bachar al-Assad et déployé des drapeaux syriens géants, tout en scandant des slogans à la gloire du président et hostiles aux pays du Golfe. Une foule en colère avait attaqué, samedi, l’ambassade d’Arabie saoudite à Damas et les consulats de France et de Turquie à Lattaquié.
Sur le plan politique, la Syrie a annoncé qu’elle était disposée à recevoir, avant le 16 de ce mois, le comité de médiation arabe. Les médiateurs pourraient se fait accompagner d’observateurs militaires et civils et de journalistes pour vérifier les développements sur le terrain. Damas a également réclamé la tenue d’un sommet arabe urgent au niveau des chefs d’Etat, pour examiner la crise syrienne et ses répercussions sur la conjecture arabe.
En faisant preuve d’ouverture, Damas veut prouver à son peuple d’abord et aux autres ensuite, que la Ligue arabe n’est pas motivée par le souci de « protéger les civils », ni de régler la crise via le dialogue, mais par l’exécution des ordres de Washington qui consistent à renvoyer le dossier au Conseil de sécurité. Bien que fortement embarrassés par l’offre syrienne, la Ligue n’avait toujours pas donné de réponse lundi soir. Les Arabes de l’Amérique étaient occupés à préparer une autre réunion ministérielle à Rabat, mercredi, au cours de laquelle ils projettent de donner leur feu vert à la création, par la Turquie, d’une zone tampon, dans le Nord de la Syrie. En d’autres termes, ils prévoient de couvrir l’occupation d’un pays arabe par une puissance régionale non-arabe !
Quoi qu’il en soit, Walid Moallem a assuré que la Syrie défendrait la plus petite parcelle de sa souveraineté.

La Russie campe sur ses positions
La manœuvre de la Ligue arabe, dominée par un petit émirat sous-peuplé ployant sous d’incroyables richesses, était tellement grossière que Serguei Lavrov n’a pas pu s’empêcher, lundi, de la dénoncer en des termes on ne peut plus sévères. Le chef de la diplomatie russe a réaffirmé que son pays refuse toute intervention étrangère en Syrie et s’oppose à la suspension de Damas des instances de la Ligue. Il a accusé l’Occident d’encourager la contestation et les voisins de la Syrie de transférer des armes aux insurgés. L’Iran, l’Irak et le Venezuela ont dénoncé les ingérences américaines dans les affaires syriennes et l’Algérie a annoncé qu’elle ne comptait pas rappeler son ambassadeur.
Et comme si la trahison des Arabes ne suffisait pas, la coalition pro-US du 14-Mars, au Liban, s’investit à fond aux côtés de l’opposition syrienne.

L’Armée libanaise a annoncé à plus d’une occasion avoir saisi des armes destinées aux insurgés syriens. La Sureté générale a arrêté à l’aéroport de Beyrouth trois ressortissants syriens avec des listes de matériels réclamés par les groupes armés en Syrie. Ils étaient en route pour un pays du Golfe pour trouver le financement.
Dans les régions frontalières à majorité sunnite, allant du Nord à l’Est du Liban sur une distance de plus de 100 kilomètres, les opposants syriens et leurs familles sont accueillis et logés.

Deux députés islamistes proches du Courant du Futur de Saad Hariri, Mouïn Merhebi et Khaled Daher, ont mis en place une importante logistique pour accueillir non seulement les réfugiés mais aussi les blessés. Et depuis quelques jours, le 14-Mars mène campagne pour l’installation d’un camp de réfugiés, comme en Turquie, qui deviendra, très vite une base d’entrainement d’extrémistes. Pourtant, selon les Nations unies, il n’y a au Liban que 3300 réfugiés, logés la plupart chez des proches.
L’encerclement de la Syrie se met en place et « la guerre rampe très vite » vers ce pays, pour reprendre le titre du quotidien arabophone londonien Al-Qods Al-Arabi.
Les conditions actuelles rassemblement à celles d’il y a 20 ans, lorsque la Ligue arabe a fait de même avec l’Irak suite à l’invasion du Koweït.
Mais la Syrie n’est ni la Libye de Moammar Kadhafi, ni l’Irak de Saddam Hussein. Et tous ceux qui complotent contre elles le découvriront… à leurs dépens.

Déclarations et prises de positions

Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah
Extraits d’un discours prononcé le 11 novembre à l’occasion de la Journée du martyr
« Nous nous souvenons comment au début de la confrontation avec l’occupant, le monde se tenait aux côtés d’Israël. Cependant, les combattants ont fait face sans tenir compte des nombreux soutiens de l’ennemi. De même, lors de la guerre de juillet, ni les armes, ni la tactique et les moyens disponibles, ont permis au Liban de réaliser la victoire. Sans ces hommes qui n’ont eu peur de rien et n’ont pas fui le champ de la bataille, le Liban n’aurait pas pu sortir vainqueur de cette agression. Au cas d’absence d’un plan de guerre au niveau de la région, nous excluons que l’ennemi israélien lance une agression contre le Liban. Le Liban n’est plus un pays faible. Il est capable de se défendre, de remporter la victoire. Israël restera incapable de lancer toute nouvelle guerre tant que l’équation armée-résistance-peuple est maintenue. Si un jour Israël mène une nouvelle guerre, ce sera la dernière. Depuis 2006, l’ennemi israélien s’arme, procède à des manœuvres et s’entraîne. A tous ceux qui demandent à notre peuple et à notre Résistance de renoncer à leurs armes, je dis que vous nous demandez de livrer notre dignité à l’ennemi le plus implacable de l’histoire (…). D’ici la fin de l’année, les forces états-uniennes devraient se retirer d’Irak, ce qui constitue une grande défaite pour le projet US. Les Etats-Unis mènent une campagne médiatique pour atténuer l’impact de leur retrait. C’est pourquoi ils cherchent à intimider les pays de la région en parlant d’une guerre. Il est naturel que l’administration Obama cherche à punir les pays qui ont contribué à la défaite de son projet, les pays qui ont fait face à l’occupation de l’Irak et ont soutenu le peuple irakien : la Syrie et l’Iran. Les Etats-Unis cherchent à soumettre l’Iran pour l’entraîner à des négociations directes, ce que Téhéran refuse catégoriquement. Washington doit comprendre qu’une guerre contre l’Iran et la Syrie s’élargira pour englober toute la région. »

Walid Moallem, ministre syrien des Affaires étrangères
« Le leadership syrien voit dans le dialogue et les réformes dans un climat de paix civile la base d’une vie digne à laquelle tous les Syriens aspirent. Et c’est pour cela qu’il traite ouvertement avec tout effort contribuant au lancement du dialogue. L’attitude de la Russie et de la Chine ne changera pas tant que la coopération avec ces deux pays amis se poursuit. Le peuple syrien ne doit pas s’inquiéter d’une éventuelle internationalisation et de la répétition du scénario libyen en Syrie. Il n’y a pas d’escalade dans la crise ; au contraire nous nous orientons vers sa fin. Nous réaffirmons que le comité de médiation arabe est le bienvenu en Syrie, accompagné d’observateurs militaires, civils et de journalistes afin de vérifier que le plan de la Ligue arabe a commencé à être mis en œuvre. Je ne cache pas qu’il y a une crise en Syrie et que les conspirations l’a frappent de toutes parts, car elle paie le prix de la fermeté de ses positions et de la sincérité de son Arabité. Mais la Syrie ne fléchira pas et sortira forte de la crise. La décision de la Ligue arabe de suspendre la Syrie est très dangereuse pour l’action arabe commune dans l’immédiat et à l’avenir. Cette mesure a été planifiée à l’avance. Nous disposons d’une étude juridique qui confirme que la suspension est illégale et contraire à la Charte de la Ligue car elle doit être décidée à l’unanimité de tous les pays membres, à l’exception de l’Etat concerné. La Syrie a ses raisons de croire que les parties qui avaient préparé cette mesure ont été surprises par la mise en œuvre des points du plan d’action arabe par Damas. Une campagne médiatique sans précédent a accompagné cette acceptation, en plus d’une escalade des actes criminels armés sur le terrain. La Syrie avait commencé à retirer les troupes des villes, libéré 553 détenus, autorisé l’entrée de 80 journalistes. Si les Arabes ne réagissent pas positivement à l’appel de la Syrie, cela veut dire qu’ils auront abandonné leur rôle. Les comploteurs contre la Syrie avaient prévu que le mois ramadan verrait la réalisation de leur complot. Cette date a été prolongée jusqu’au 16 de ce mois et la voilà prorogée une nouvelle fois jusqu’à fin 2011, date du retrait des Etats-uniens d’Irak. Mais tous ces plans seront voués à l’échec »

Serguei Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères
« La décision de la Ligue arabe de suspendre la Syrie est une faute et une action planifiée à l’avance. Ceux qui ont pris cette décision ont perdu une chance très importante de mettre la situation sur une voie plus transparente. Les pays occidentaux incitent l’opposition syrienne à déstabiliser la Syrie. Je suis vivement déçu par les déclarations du ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, dans lesquelles il avait indiqué que le plan arabe était mort-né. De même, il est inacceptable que Washington appelle les manifestants armés, d’une manière flagrante, à ne pas rendre les armes ni à bénéficier de l’amnistie générale. Les groupes armés exploitent insolemment les manifestations pacifiques afin de provoquer les autorités syriennes. Il existe un trafic d’armes de Turquie, d’Irak et d’autres pays en faveur des extrémistes en Syrie. Je ne crois pas que l’évolution des événements en Syrie exige un examen par le Tribunal pénal international. Les partenaires de la Syrie qui ont une influence sur les différentes forces de l’opposition syrienne doivent assumer leurs responsabilités. »

Michel Aoun, principal leader chrétien libanais
« Saad Hariri peut bien affirmer sur Twitter qu’il sera de retour au Liban, mais que ce retour ne se fera pas comme Premier ministre. Personne ne lui interdit de rentrer (…) J’ai fais part au chef des Forces libanaises Samir Geagea de l’intention des États-Unis de dresser un barrage sunnite à l’avancée de l’Iran dans la région, cette ceinture allant de la Turquie vers la Jordanie et l’Égypte, en passant par la Syrie. Et quand cette ceinture sera parachevée, on en expulsera les chrétiens et l’on y implantera les Palestiniens. Je suis opposé à l’internationalisation de la crise en Syrie. Mais les Etats-uniens se conduisent comme le loup dans la fable de La Fontaine, cherchant n’importe prétexte pour dévorer l’agneau qui trouble son eau. »

Revue de presse

As Safir (Quotidien libanais proche de la majorité, 10 novembre 2011)
Nabil Haitham
Le Courant du Futur réclame que le dialogue national porte exclusivement sur les armes du Hezbollah. Il existe cependant d’autres motifs au refus du parti de Saad Hariri, liés au changement radical dans le paysage politique libanais qui a eu lieu au cours de cette année. Cela s’est traduit par le renversement du gouvernement Hariri. Ce revers se manifestera forcément lors du dialogue où le Courant du Futur se verra en position de faiblesse par rapport à Najib Mikati. Par ailleurs, les positions du patriarche maronite Béchara Raï sur les armes du Hezbollah ont retiré au Courant du Futur la couverture auparavant assurée par le patriarche Sfeir sur cette question.
Dans un tel contexte, le parti de Hariri craint que le dialogue ne serve les intérêts de Najib Mikati et n’augmente son crédit dans la rue sunnite. Le Courant mise sur une chute du régime syrien qui affaiblirait le Hezbollah et lui assurerait le retour en force tant souhaité : Saad Hariri serait ainsi en mesure de fixer ses propres conditions.

As Safir (10 novembre 2011)
Des sources militaires s’étonnent des campagnes de diffamation lancées contre l’Armée libanaise et appellent à maintenir l’institution militaire à l’abri des tiraillements politiques. L’objectif de ces attaques est, selon ces sources, de pousser l’armée à ne plus exercer de contrôle sur les frontières syro-libanaises pour que le chaos y règne comme le souhaitent certains. Les sources précisent que les incidents qui ont eu lieu sur les frontières sont limités et que la partie syrienne a coopéré avec le Liban pour les traiter. Il y a eu une amplification médiatique de ces incidents à des fins politiques. Elles répètent par ailleurs que l’Armée libanaise achète depuis 1990 certains de ses besoins logistiques en Syrie et ils sont transportés au Liban par des camions de l’armée. De même, l’armée répare en Syrie ce matériel acheté. Il n’y a rien de neuf à ce niveau et les accusations évoquant une implication de l’armée dans les évènements en Syrie sont totalement infondées.

Al Akhbar (Quotidien libanais proche de la majorité, 12 novembre 2011)
Des sources internationales à La Haye et New York assurent que le nœud gordien du financement du TSL par le Liban est en passe d’être tranché. Le Conseil de sécurité n’imposera pas de sanctions au Liban si ce dernier ne verse pas sa contribution au budget du tribunal, du fait qu’il n’existe pas de consensus international à ce propos, mais aussi parce que le Liban continue de coopérer avec le TSL à d’autres niveaux… Par conséquent, les sommes concernées seront débloquées par des pays donateurs dont la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l’Italie, le Canada, l’Allemagne et le Japon, mais elles seront déduites de l’ensemble de l’aide fournie au Liban dans d’autres secteurs.

Al Akhbar(10 novembre 2011)
Ibrahim Al-Amine
L’agression commise au Caire par les partisans de Burhan Ghalioun et Riad el-Chaqfa à l’encontre d’opposants tels que Haitham Manaa, Samir el-Aïta et Hassan Abdel Azim, qui ne font pas partie du Conseil national, propriété de la Société américano-franco-qatarie des révolutions, sont inacceptables. Paris avait déjà empêché des opposants comme Fayez Sara et Michel Kilo de tenir une conférence de presse dans la capitale française —conférence qu’ils ont fini par tenir subrepticement et par la force—. Comment expliquer l’empressement du Département d’Etat US à appeler les éléments syriens armés à ne pas donner suite à l’appel des autorités à se rendre, probablement parce que les Etats-uniens savent désormais qui sont ces éléments et que leur rôle n’est pas encore terminé.
Il faut s’attendre à une escalade politico-diplomatique occidentale à l’encontre de toutes les composantes de l’axe concerné : l’Iran (programme nucléaire), Hamas (dossier de l’Etat palestinien), Hezbollah (TSL et pressions financières sur le Liban) et Syrie (ingérence pour des raisons « humanitaires »).
Les réformes projetées par le président syrien dépassent de loin celles réclamées par les opposants, selon des proches de Bachar el-Assad, qui estiment que la plupart de ces opposants veulent partager le gâteau du pouvoir, sans plus, à moins que les nouveaux révolutionnaires de l’Otan ne promettent au peuple syrien une révolution pour la démocratie et le développement et une résistance quotidienne jusqu’à l’éviction de l’occupant israélien du Golan, avec le concours, naturellement, de la société précitée, gérée par Washington et Paris !

Al Akhbar(09 novembre 2011)
Paris, Osman Tezghart
En annonçant la constitution du Conseil national de soutien à la révolution syrienne (CNSRS), Abdel Halim Khaddam a dérogé au droit de réserve qui lui était imposé par les autorités françaises depuis six ans. Mais ce qui est plus important encore, c’est l’évolution rapide de la position de la France vis-à-vis de la crise syrienne. Car Khaddam n’aurait pas brisé l’embargo sans un feu vert du Quai d’Orsay.
La diplomatie française a un penchant de plus en plus prononcé vers les factions de l’opposition syrienne favorables à la militarisation de la révolte et à l’ingérence extérieure. Les signes avant-coureurs de cette orientation étaient apparus le mois dernier : le Quai d’Orsay a imposé des restrictions à l’opposant Michel Kilo pendant son déplacement à Paris, en interdisant la tenue de sa conférence de presse au Centre d’accueil de la presse étrangère. Cette même semaine, le centre accueillait la semaine de solidarité avec le peuple syrien, organisée par la conférence d’Antalya, favorable à l’ingérence extérieure. Le Quai d’Orsay ne s’est pas arrêté là : le ministre Alain Juppé a fait le déplacement en personne pour assister à un rassemblement organisé par la conférence d’Antalya au théâtre de l’Odéon, deux jours après son entretien officiel avec le président du CNS, Burhan Ghalioun. En revanche, les personnalités opposées à l’ingérence extérieure, tels Michel Kilo et Haitham Manaa, ont été écartées de l’agenda du Quai d’Orsay.

Al Hayat (Quotidien saoudien, 11 novembre 2011)
Selon des sources diplomatiques européennes, la question de l’enlèvement de ressortissants syriens au Liban a été soulevée avec plusieurs hauts dirigeants libanais, dont le président de la République Michel Sleiman et des responsables des services de sécurité. Il leur a été dit que la communauté internationale ne tolère pas ces incidents, qui sont d’ailleurs prohibés par la convention sur la lutte contre la torture. La force juridique de cette convention l’emporte sur toute loi locale et sur toute convention bilatérale, ont ajouté ces sources, qui signalent l’absence de réponses claires de la part des autorités libanaises.

L’Orient-Le Jour (Quotidien francophone libanais proche du 14-Mars, édition du 12 novembre 2011)
L’enquête menée par l’équipe du procureur Daniel Bellemare sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri et ses compagnons en 2005 se poursuit. Selon certaines sources bien informées à Paris, citées par l’agence al-Markaziya, les enquêteurs internationaux se sont rendus, la semaine dernière, à Paris pour écouter les témoignages de plusieurs proches de Rafic Hariri. Ils les ont interrogés sur les déplacements et les rendez-vous de ce dernier durant les semaines qui ont précédé son assassinat, dressant une liste des endroits auxquels il s’est rendu durant cette période. Selon les mêmes sources, les enquêteurs ont comparé cette liste à la provenance des appels téléphoniques effectués par des personnes qui auraient été chargées de le surveiller.

L’Orient-Le Jour (10 novembre 2011)
Une source autorisée fait un sort aux rumeurs spéculatives sur des secousses ainsi qu’aux liens entre l’évolution ici et les développements en Syrie. Beaucoup, à droite comme à gauche, estiment que si cela tourne au vinaigre corrosif chez le voisin, les retombées locales, en termes de violence, ne tarderaient pas à se manifester. Ce gradé indique que tout ce bruitage n’est que le produit des tiraillements politiques locaux. Autrement dit, le 14-Mars mise sur l’opposition syrienne et le 8-Mars sur le régime Assad.
Cependant, le 14-Mars craint que des incidents graves ne soient provoqués prochainement dans plus d’une région. Ils disposent, à les en croire, d’informations sur une mobilisation musclée du camp d’en face. Se traduisant notamment, d’après eux, par la distribution d’armes qu’effectuent des fractions du 8-Mars.

urtout dans les régions chrétiennes, aux fins d’y semer la discorde. Une discorde qui ne doit pas opposer les chiites et les sunnites. Car ni l’Iran ni l’Arabie saoudite, qui ont conclu à ce sujet un accord ici même il y a quelques années déjà, ne veulent d’un précédent libanais mettant le feu aux poudres ailleurs. Les opposants relèvent donc que les incitations qui s’intensifient peuvent à tout moment déboucher sur des clashes dans les régions chrétiennes.

Pierre Khalaf

Beyrouth (Liban) | 23 novembre 2011

 

New Orient News (Liban)


1-2 Sukarieh à Alintiqad: la découverte des agents de la CIA pose une question sur leur rôle dans les assassinats. 

Le député Walid Sukarieh, membre du bloc parlementaire de la « Fidélité à la Résistance » a affirmé lors d’une interview accordée à Alintiqad que le fait de « dévoiler les réseaux d’espionnage  du service de renseignement américain « CIA » opérant au Liban,  par le service de contre-espionnage de la Résistance, représente un grand exploit qui révèle au grand jour le rôle de sabotage que pratiquent les américains sur la scène libanaise, dans le cadre du projet visant la résistance.
Interview:
Hilal Salman
Traduction : Dina Chamseddine
Q-Comment commentez-vous les révélations des Etats Unis sur la capacité du Hezbollah à dévoiler les réseaux d’espionnage  de la « CIA », opérant à Beyrouth ?
R-Les Etats Unis traitaient le Liban, la Syrie et L’Iran (les pays où ont été récemment démasqués les réseaux d’espionnage américains), comme étant des pays sous développés du tiers monde où les activités de la CIA n’étaient pas susceptibles d’être interceptées.
La CIA confrontait dans la passé l’Union soviétique et les pays communistes qui lui étaient alliés sur la scène internationale, et il était rare qu’un agent à la solde des Etats Unis ait été dévoilé dans le cadre du conflit des services de renseignement, durant la guerre froide. Mais des indices ont démontré que la Résistance au Liban ne jouit pas uniquement de capacités et d’expertises militaires qui lui permettent d’infliger la défaite aux "Israéliens", mais qu’elle excelle de même dans les activités de contre- espionnage qui complètent ses aptitudes militaires, visant à protéger la scène intérieure des violations du « Mossad » et de la « CIA » et des services arabes ou occidentaux qui les assistent.
La Résistance a donc prouvé qu’elle est capable de démanteler ces réseaux d’espionnage et de s’infiltrer dans la scène de l’ennemi. Cet important aveu américain, sur le développement de l’activité de la Résistance dans les domaines militaires, sécuritaires et de contre-espionnage, et sur le dynamisme qui parraine son projet politique, confirme le fait que l’ambassade des Etats Unis ne pratique pas la diplomatie, mais qu’elle est un siège pour les espions, la conspiration et le sabotage sur la scène libanaise, en vue de servir le projet américain dans la région.
Dans ce contexte, nous posons la question suivante : quel est le rôle de l’ambassade des Etats Unis dans le sabotage sur la scène libanaise et dans les anciens assassinats, à partir de l’assassinat du président Rafik Hariri, arrivant à tous les attentats contre les leaders du 14 Mars, ces attentats qui ont surtout servi le projet américano-sioniste qui est parvenu à expulser la Syrie du Liban, à former le Tribunal spécial pour le Liban par une résolution du Conseil de sécurité, sous le chapitre VII de la Charte de l’ONU. Cette arme a tantôt été utilisée pour menacer la Syrie afin qu’elle coopère avec les Etats Unis en Irak, et tantôt pour menacer la Résistance en vue de provoquer une discorde au Liban. C’est notamment cette arme qu’a obtenue l’Amérique et son ambassade qui renferme un bureau d’espionnage. Quelle est donc la nature de l’activité de ce bureau ? Il convient de rappeler les propos de l’adjoint  de la Secrétaire d’état américaine pour les AE, Jeffrey Feltman qui avait déclaré devant le Congrès, qu’une somme de 500 millions de dollars a été payée dans le but de saccager l’image de la Résistance et du Hezbollah. Comment ces sommes ont elles été dépensées ? Et dans quel but ? Ont-elles été payées aux médias ou dépensées dans des opérations suspectes visant à porter atteinte à la sécurité et la stabilité du Liban ? C’est la nature du travail des services de renseignement et des forces américaines spéciales, dont les missions renferment la coopération avec les institutions militaires, l'entraînement des éléments terroristes en vue de renverser un régime ennemi, la provocation d'un soulèvement contre un régime, ou l'application des opérations desquelles découlent des profits politiques, ayant une dimension stratégique, à l’instar notamment de l’assassinat du président Rafik Hariri. Cet attentat à l’engin explosif, contre un nombre déterminé de personnes, est un acte limité, doté d’une dimension stratégique, dans la mesure où il a modifié la situation au Liban, a renversé les équations locales, a provoqué le retrait de la Syrie du Liban et a sapé l’alliance libano-syrienne. Ces missions sont au cœur des tâches des forces américaines spéciales. Et je m’interroge à ce propos sur le rôle que jouent les Etats Unis sur la scène libanaise. Les réseaux qui ont été démasqués, ont confirmé le rôle qu’assument les américains au Liban, dans le but de cibler la Résistance. Et nous devons nous interroger, sur leur rôle dans les événements qui ont eu lieu au Liban, et sur les auteurs des assassinats et des attentats qui visent  à semer la confusion et la discorde.

Q-Un responsable américain a démenti dans un entretien accordé au quotidien Assafir, la suspension des activités d’espionnage des Etats Unis au Liban. Ce fait ne porte-t-il pas atteinte à la souveraineté du Liban ?
R-Les services de renseignement américains ont peut être gelé l’activité de leurs réseaux afin de déterminer les données et les méthodes qui ont abouti à les démasquer,  pour  modifier leur méthode de travail et cerner leurs points faibles. Mais ils ne suspendront pas définitivement leurs  activités car le Liban est une scène essentielle pour faire avancer le projet américain et une base pour agir  contre la résistance non seulement libanaise, mais aussi contre la résistance palestinienne, la Syrie et l’Iran. Le Liban est une base à partir de laquelle sont visées toutes ces scènes et c’est pour ces raisons que la CIA pourrait geler certains aspects de son travail, pour qu’elle se lance de nouveau, par de nouvelles méthodes d’espionnage.

Q-Comment les autorités libanaises devraient elles agir  face à cette violation américaine de la souveraineté libanaise ?
R-Si nous étions dans un pays puissant et qu’un espion opérant pour le compte d’un autre pays ait été démasqué, l’affaire aurait causé l’expulsion de l’ambassadeur du pays et la fermeture de son ambassade. Mais au Liban, ce pays qui craint les Etats Unis et qui en reçoit quelques aides visant à le lier aux politiques américaines, je constate que l’Etat Libanais observe un mutisme face aux violations américaines. L’Etat libanais est appelé à demander des comptes aux Etats Unis et à leur ambassade, à surveiller ses activités et même le mécanisme de la dépense de l’argent qu’elle distribue sur les associations civiles qui reçoivent ses dons, afin d’empêcher ces associations d’être au service d’un pays étranger. Nous nous demandons dans ce contexte, comment les 500 millions de Dollars ont été dépensés sur des associations civiles. L’Etat devrait au moins surveiller les organismes non-gouvernementaux actifs au Liban et qui reçoivent des aides d’un pays étranger.

Q-Quel est l’objectif de l’aveu  américain sur la réalisation du Hezbollah en face de la CIA ?
R-Il se peut que des fuites d’informations aient eu lieu, à l’insu de l’administration américaine, puisque les médias s’empressent de publier de telles informations censées être importantes pour l’opinion publique. Il se peut en outre que l’administration américaine et la CIA aient intentionnellement publié ces informations car ils savent que le Hezbollah a démasqué ces espions, afin qu’ils suscitent chez le parti un sentiment de vanité qui le pousserait à commettre des erreurs ou  à réduire sa vigilance, au moment où ils formeront de nouveaux réseaux  qui opèrent différemment.  
Donc la publication des données peut être une fuite d’informations préméditée ou accidentelle, afin de rassurer le  Hezbollah.

Q-Comment expliquez-vous la chute de deux avions de reconnaissance israéliens récemment au Liban sud, sans que leur fuselage ne soit retrouvé ?
R-L’avion de reconnaissance MK est fabriqué de plastique et de métal. Et il pourrait être muni d’un engin explosif pour qu’il explose après sa chute, afin de prévenir qu’un ennemi découvre ses techniques. Mais il est étrange que les restes de l’avion aient disparu. Il se peut que le fuselage a été secrètement retrouvé pour qu’il soit examiné afin de découvrir ses secrets, ou que l’avion a chuté ailleurs, dans la mer ou dans les territoires occupés et que l’ennemi l’a récupéré.

Q-A l’ombre de la conjoncture locale et régionale actuelle, estimez-vous qu’une agression sioniste contre le Liban est probable ?
R-A l’ombre des événements en cours en Syrie, j’exclus la possibilité d’une offensive israélienne en ce moment, car l’ennemi est faible en face de la Resistance, capable de lui infliger une défaite. Au second plan, une guerre régionale pourrait représenter une issue pour le régime syrien. Israël tend à exploiter les résultats du complot fomenté contre la Syrie, afin qu’il parvienne à faire chuter le régime syrien comme étant un Etat résistant et le pousser vers la guerre civile qui l’effritera. C’est alors qu’Israël interviendrait en vue de détruire l’armée syrienne loyaliste et afin de paver la voie à l’opposition syrienne pour  gouverner la Syrie, l’éloigner de l’Iran et de la Resistance libanaise. C’est pour ces raisons qu’Israël est à l’affût, qu’il suit de près la situation en Syrie avant de décider d’avoir recours à la guerre. Mais cette interprétation des faits n’exclut pas la nécessité de la vigilance.


Q-Quel est le meilleur choix à adopter face à l’échéance du financement du TSL, qui sera soumis au Conseil des ministres a la fin de ce mois ?
R- Nous sommes contre ce Tribunal et bien conscients de sa politisation. Le TSL est un outil qu’utilisent les Etats Unis pour renforcer le projet américain et combattre les forces de la résistance. Le Tribunal pourrait développer dans l’avenir son acte d’accusation et prétendre que le sayed Khaminei a lui-même émis la fatwa et incité à l’assassinat et il serait alors requis pour le procès. Nous ne pouvons traiter le tribunal comme si nous admettions cette situation. Nous refusons par conséquent le tribunal, son financement et le gouvernement ne devrait pas l’avaliser. Et puisque nous sommes en état de guerre avec les Etats Unis et Israël, nous nous attendons à ce qu’ils exercent des pressions sur le Liban, non uniquement sur le plan économique mais aussi militaire et nous devons être prêts à faire face aux deux éventualités.

Q-Comment commentez-vous l’appel des forces du 14 Mars au Premier ministre pour démissionner au cas où le financement du TSL est avorté au gouvernement ?
R- Je ne crois pas que l’intérêt du Premier ministre Mikati  réside dans la démission, car il se serait placé dans une situation encore plus compliquée que celle causée par la campagne menée contre lui par le courant Futur. S’il démissionne,  il aurait entrepris un suicide politique.

Q-Comment voyez-vous les répercussions de la situation en Syrie sur le Liban, notamment à l’ombre de l’appel du 14 Mars à installer des camps pour les refugiés syriens ?
R- La mise en place  de camps suppose en premier lieu l’existence de refugiés syriens au Liban. Mais il s’est avéré que le nombre des refugiés est très limité et ceux qui se trouvent au Liban sont hébergés dans quelques maisons et écoles. Les informations qui me sont parvenues des citoyens du Nord affirment que la majorité des syriens déplacés ont loué des maisons et ont entamé des travaux. Leur situation ressemble à celle des libanais qui ont émigré durant la guerre civile vers d’autres pays et qui n’avaient pas le statut de refugiés. Et puis établir des camps sur les territoires syriens est impossible, vue la présence et le contrôle  de l’armée syrienne qui appellera les citoyens syriens à regagner leurs maisons. Alors que ceux qui ont commis des actes terroristes et tué des civils et des militaires, ils devraient assumer la responsabilité de leurs actes. Par conséquent, les appels des forces du 14 Mars revêtent un aspect purement médiatique et visent à prétendre que des catastrophes sociales ont lieu en Syrie et que des réfugiés syriens affluent vers le Liban. 

Q-Estimez-vous que ces forces (14 Mars) sont impliquées dans le trafic des armes vers la Syrie ?
R- Le trafic d’armes vers la Syrie a eu lieu, mais principalement par des commerçants d’armes à l’instigation de responsables locaux à Wadi Khaled,  à Ersal et en d’autres régions. Mais l’armée syrienne et en coopération avec l’armée libanaise, dont les moyens sont limités, est parvenue à contrôler les frontières, par les postes de surveillance plantés sur les zones frontalières. Mais l’armée libanaise ne peut contrôler toutes les zones frontalières,  que si elle déploie la moitié du nombre de ses militaires, ce qui affectera la situation délicate aux  frontières du Sud et à l’intérieur du pays.

Q-Quels sont les objectifs de la campagne lancée par les forces du 14 Mars contre l’armée libanaise ?
R-Les forces du 14 Mars veulent que l’armée ferme les yeux sur les frontières afin qu’elles demeurent ouvertes aux terroristes et aux trafiquants, et pour que le Liban devienne une base pour les opérations terroristes en Syrie et  un refuge aux terroristes. Mais l’armée ne tolère pas ce fait, d’où les critiques qui lui ont été adressées.

Q-Comment interprétez-vous le retrait des députés du 14 Mars de la commission parlementaire des Finances et du Budget ?
R-Ils tentent de camoufler les scandales financiers commis par le camp du 14 Mars et les gouvernements qu’il a formés. La commission des Finances œuvre peut être pour mettre un terme à des transgressions qui s’ajoutent au gaspillage au sein du ministère des Finances. Pour ces raisons, les députés du 14 Mars tentent par leur boycottage de bloquer les réunions, et  le travail de la commission des Finances, présidée par le député du Courant patriotique libre Ibrahim Kenaan. Ce ne sont que des pressions visant à suspendre le rôle assumé par la commission des Finances, dans la révélation des scandales  de cette équipe, au sein des gouvernements précédents.

Q-Estimez-vous que la loi électorale serait avalisée prochainement ?
R-Nous souhaitons de parvenir à un consensus sur une loi électorale qui soit satisfaisante pour les Libanais et qui soit un prélude à l’élection d’un Parlement qui représente le peuple libanais, qui réponde à ses aspirations et qui ancre l’union nationale.

Q-Comment évaluez-vous la performance du gouvernement en place ?
R- Le gouvernement œuvre en de difficiles conditions et son parcours est semé de pièges. Depuis sa formation, il a été refusé par les Etats Unis, alliés du 14 Mars. Et lors de l’explosion des événements en Syrie, le gouvernement a adopté la neutralité et le Liban n’a plus été une scène pour promouvoir le projet américain dans la région, mais plutôt la Syrie. Pour ces raisons, les Etats Unis n’exercent plus des pressions directes sur le gouvernement, mais en lui traçant par contre des lignes rouges à ne pas dépasser dont, l’interdiction de tout changement au sein des services de sécurité, de la modification de la politique de l’armée, de son équipement en armes pour qu’elle combatte "Israël", et l’interdiction de l’élimination du  TSL. Ces restrictions sur le travail du gouvernement le place dans un champ de mines où son activité est lente et prudente.

Q-Qu’aimeriez vous ajouter au terme cet entretien ?
R-J’affirme en conclusion que les Etats Unis, "Israël" et toux ceux qui leur sont affiliés, ont toujours combattu les forces de la Résistance. Ce n’est guère la première bataille, qui date depuis la fondation de l’entité sioniste. Ils ont lancé des séries d’offensives contre les pays arabes, et ont confronté dernièrement la Résistance, et la Syrie, et y ont imposé un embargo afin de la soumettre, mais elle a demeuré un Etat résistant, soutenant la Résistance. Ils ont de même combattu la Résistance Libanaise, ont fomenté des complots à son encontre et lancé la guerre de juillet 2006 pour l’abattre et y ont échoué. Leur guerre se poursuit par les tentatives visant à semer la discorde et la zizanie sur la scène libanaise, mais j’affirme à ce propos que la croyance en notre droit est ferme et que les forces de la résistance remporteront la victoire. L’agression américano-sioniste contre notre pays sera surement vouée à l’échec.

NASR

http://nasr-moqawama.blogspot.com/



2 Médias et Manipulation de l’opinion/ Vidéos

2-1 Comment utiliser Noël comme propagande de guerre.

Au "12 minutes", journal télévisé express de la RTBF diffusé la soirée et en boucle pendant la nuit (http://www.rtbf.be/ladeux/emission/detail_le-12-minutes?i...)

« En Syrie, où les Chrétiens représentent à peu près 10 % de la population, les messes y avaient un parfun d'angoisse quant à l'avenir. La cathédrale de Damas n'a pas été décorée comme d'habitude en signe de deuil face à la répression qui s'abat sur le pays »

Le plus lamentable est sans doute que la présentatrice croit sincèrement à sa propre désinformation. Particulièrement sordide puisqu'on y utilise une communauté directement menacée pour lui faire 'témoigner' du contraire même de ce qu'elle essaie de faire passer

Il serait intéressant de faire savoir à la charmante personne censée nous informer, quelle est la situation exacte des chrétiens syriens.

http://www.maryakub.org/actualites.html

«En cette veille de Noël, la Syrie où nous servons le Corps du Christ, est endeuillée par des évènements tragiques. Par-delà le tintamarre médiatique et le bruit de plus en plus grandissant des armes ce sont les civils, innocents, hommes, femmes, enfants et vieillards que Dieu a créés à Son Image et Ressemblance qui payent le prix du sang, de la détresse et de la disette. Comme toujours ce sont les pauvres qui sont les victimes de la folie des grands.

Suite à une mission d’information avec des médias catholiques j’ai été amenée à visiter la ville de Homs et ses environs. J’ai été remuée au plus profond de ma conscience par la tragédie que vit la population civile, notamment les chrétiens. Ces derniers sont surtout concentrés dans les quartiers centraux de la ville qui sont devenus le repaire de bandes armées que personne jusqu’à présent n’a réussi à identifier. Toujours est-il que ces bandes imposent une loi martiale en vertu de laquelle les fonctionnaires qui rejoignent leur travail sont susceptibles de représailles, y inclus les enseignants dans les écoles publiques. De même les artisans, les vendeurs et même ceux qui ont une profession libérale sont la cible d’actes terroristes qui visent à paralyser la vie sociale.

Les résultats de ces méthodes coercitives sont des plus terribles : chaque jours des innocents sont égorgés ou kidnappés. Des familles perdent ainsi le père, le fils ou le frère. Les veuves et les orphelins sont dans la nécessité. Ceux qui n’ont pas affronté le spectre de la mort doivent faire face à la séquestration forcée dans leurs domiciles où ils cherchent à survivre sans travail. Les maigres économies de ces familles s’amenuisent. La plupart sont d’un niveau moyen et en-deçà. Désormais la pénurie se fait ressentir en cet hiver qui s’annonce rigoureux. Le mazout fait cruellement défaut à beaucoup en cet hiver qui s’annonce rigoureux. De plus, une aide alimentaire et médicale de première nécessité devient une urgence.

De retour à Qâra j’ai noté que les mêmes stratagèmes appliqués à Homs ou à Qusayr sont appliqués chez nous par les insurgés. D’un côté ils continuent à organiser des manifestations-studios pour les besoins médiatiques des chaînes mainstream (Al Jazeerah, Arabia, BBC, France 24 et relais) tandis qu’ils font régner la terreur dès la tombée de la nuit. Il est désormais interdit de circuler, sous peine de se faire abattre, après 18 heures à Qâra. Depuis une semaine trente hommes armés sont venus dans cinq camionnettes sur la place du village avec des marteaux compresseurs. Ils ont éventré la chaussée et, en toute impunité, ils ont sectionné les câbles de téléphone et les ont traînés avec eux pour les jeter dans le désert. Depuis deux jours, les miliciens ont forcé l’école municipale et ils l’ont volée.



3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Ghali Hassan :Syrie : une agression qui se précise.

Quand le pillage devient un mode de vie pour un groupe d’hommes vivant en société, ils se fabriquent avec le temps un système légal qui l’autorise et un code moral qui le glorifie." Frederic Bastiat, penseur français (1801-1850).

Enterrement de soldats syriens

Les Etats-Unis et leurs alliés se préparent à agresser la Syrie dans le cadre du programme israélo-américain de déstabilisation de la région. Le prétexte est comme d’habitude de "protéger les civils" et d’instaurer une "démocratie" à l’occidentale. Mais bien sûr rien n’est moins vrai. Le but est de renverser le gouvernement syrien actuel et de le remplacer par un gouvernement fantoche au service des intérêts américano-israéliens sionistes.

Il faut noter que, étant donné le soutien de la Syrie à la résistance libanaise et palestinienne contre le terrorisme israélien, et les liens de la Syrie avec l’Iran, le gouvernement du président Bashar al-Assad est considéré comme une "menace" aux intérêts d’Israël et des Etats-Unis. Dès lors, un gouvernement soumis aux dictats israélo-américains est vital pour isoler l’Iran et couvrir l’expansion sioniste israélienne.

L’ingérence étrangère continuelle dans les affaires internes de la Syrie nous rappelle la récente ingérence étrangère criminelle en Libye, qui a commencé par la mise en place d’un "zone d’exclusion aérienne" qui était une invasion militaire illégale de la Libye. Les médias rapportent que les Etats-Unis et Israël ont loué les services de mercenaires saoudiens et libanais pour fomenter des troubles en Syrie et couper le gouvernement syrien de son peuple en attisant les divisions sectaires.

La campagne de diabolisation menée par les Etats-Unis et leurs alliés pour délégitimer le gouvernement syrien est semblable à la campagne de diabolisation menée contre la Libye. Le 25 novembre 2011, la Ligue Arabe —une assemblée de despotes illégitimes contrôlée par l’Arabie Saoudite et autres fiefs pétroliers— a exclu la Syrie de la Ligue Arabe et réclamé des sanctions diplomatiques et économiques contre elle. Tout comme pour la Libye, l’exclusion de la Syrie de la Ligue Arabe fournit aux Etats-Unis et à leurs alliés une couverture pour attaquer la Syrie et envahir une nation musulmane de plus.

La Ligue Arabe a un long passé de traîtrise et ne correspond plus à rien. Selon Mahdi Darius Nazemroaya* : "Ce sont l’Arabie Saoudite et le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) qui ont pris le pouvoir dans la Ligue. Le CCG comprend les royaumes pétroliers des Emirats Arabes Unis du Golfe Arabique,le Koweït, le Barhein, le Qatar, Oman et l’Arabie Saoudite. Aucun de ces pays n’est exemplaire sans même parler de démocratie. Leurs leaders mis en place par les Etats-Unis ont trahi les Palestiniens, aidé à attaquer l’Irak, soutenu Israël contre le Liban, détruit la Libye et maintenant ils conspirent contre la Syrie et ses alliés régionaux." Il ajoute : "[La Ligue Arabe] a été phagocytée par Washington et sert ses intérêts et ceux de ses alliés au lieu des véritables intérêts arabes". Comme le CCG, la Ligue arabe est un instrument de l’impérialisme américain. Son intervention honteuse contre la Syrie (une répétition de son intervention honteuse contre la Libye) constituent un acte de guerre contre un autre pays arabe.

Le rôle joué par les despotes arabes soutenus par les Etats-Unis et menés par l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Jordanie et les Emirats Arabes Unis est méprisable. Et il est ironique que ces despotes se prétendent motivés par le souci des droits de l’homme et de la démocratie en Syrie. Des décennies de répression et de détournement des biens et des ressources individuels par ces régimes despotiques ont entraîné de hauts niveaux d’inégalité et de corruption dans leurs pays. En dépit de leur richesse ce sont des pays arriérés qui ont adopté le style de vie décadent des occidentaux et qui se sont détournés de l’Islam. Ils se sont ralliés à une secte (islamique) extrémiste qui détruit la grande religion qu’est l’Islam. Ce sont des dirigeants non élus, illégitimes qui ne tolèrent aucune opposition à leur pouvoir tyrannique.

L’Arabie Saoudite, est évidemment le régime le plus répressif du monde. C’est aussi le plus proche allié des Etats-Unis. C’est une monarchie absolue qui considère que les droits humains et la liberté menacent sa classe dirigeante corrompue. Les femmes saoudiennes ordinaires sont exclues des emplois et le chômage des jeunes s’élève à 40%. Les lois saoudiennes appelées "anti-terroristes" criminalise la dissidence et autorise la détention de longue durée sans jugement. Les dissidents sont traités avec brutalité. Le 21 novembre 2011, les troupes saoudiennes ont ouvert le feu sur une manifestation pacifique dans une province saoudienne orientale, faisant 4 morts et plus de blessés encore. Les dirigeants saoudiens ne tolèrent pas non plus la dissension dans les pays voisins.

En mars 2011, les forces saoudiennes ont envahi le Barhein et ont écrasé brutalement les manifestants pro-démocratie. L’invasion a été encouragée et soutenue par l’administration américaine. Le rapport publié par la Commission d’Enquête Indépendante du Barhein (CEIB) a essayé de justifier le comportement et les lois de la monarchie absolue. Toutefois le rapport faisait état de "violations systématiques des droits humains" durant les attaques du gouvernement contre les manifestants. Le rapport de 500 pages décrit diverses violations commises par le régime despotique du roi Hamad Bin Isa al-Khalifa. Selon le rapport, des détenus —y compris du personnel médical dont le seul crime était d’avoir soigné des manifestants— ont été torturés et ont subi des abus sexuels. Le rapport a été aussitôt enterré par les médias occidentaux.

Etape par étape, le modèle libyen est reproduit en Syrie. Le 28 novembre, l’ONU —le bras armé de l’impérialisme étasunien— a accusé les forces syriennes, qui défendent la nation syrienne contre les gangs et les terroristes armés sponsorisés par l’occident, de "crimes contre l’humanité". Le rapport du soi-disant "Conseil des droits de l’homme de l’ONU" est entièrement basé sur des mensonges fabriqués par des Syriens expatriés à Londres, Paris et Washington. Le rapport accuse le gouvernement de "commettre des atrocités" mais ne parle pas des milliers de Syriens, dont des soldats et des policiers, tués et torturés par les gangs armés. Le principal but du rapport est de diaboliser le gouvernement syrien et de justifier l’agression militaire occidentale. Le rapport a été immédiatement diffusé par les organes de propagande occidentaux comme la BBC, CNN, Fox News, Al-Jazeera et la presse dirigée par l’empire de presse de Murdoch.

Le rapport était une copie conforme des rapports de l’ONU sur l’Irak et la Libye avant leur invasion et leur destruction par l’armée US-OTAN. Le même paquet de mensonges qui ont servi à justifier la barbare agression des Etats-Unis contre l’Irak a été recyclé contre la Syrie. le rapport est le prélude de l’agression US-OTAN contre la Syrie. Où était le Conseil des droits de l’homme de l’ONU pendant le génocide commis par les Etats-Unis en Irak ? Il est clair que l’ONU couvre les crimes de guerre de l’occident. La désinformation joue un rôle important en manipulant l’opinion publique et en créant une atmosphère de guerre.

Pendant que l’ONU s’occupe de manipuler l’opinion publique mondiale en faveur des armées US-OTAN, le premier ministre anglais David Cameron et le despote du Qatar ont promis de soutenir les "groupes d’opposition" syriens (comprendre : leur fournir des armes et de l’argent) afin de promouvoir la "démocratie". David Cameron et le despote du Qatar ont amplement prouvé leur amour de la démocratie en détruisant brutalement la Libye. Aujourd’hui la Libye ressemble à l’Irak, pillée, ruinée et livrée à la violence. Des dizaines de milliers de Libyens (et d’Africains) ont été assassinés, des milliers se morfondent dans des prisons où on les torture et un tiers de la population est déplacée.

Le président français Nicolas Sarkozy, toujours aussi assoiffé de sang, a appelé à la création d’une "zone humanitaire" de sécurité pour protéger les civils semblable à la "zone humanitaire" libyenne où des milliers de civils innocents ont été assassinés par les armées US-OTAN. Le prétexte des "droits humains" pour justifier l’agression est utilisé depuis l’essor de l’Allemagne d’Adolf Hitler. Les Nazis allemands ont justifié leurs invasions armées et leurs violences par la nécessité de "protéger des civils". De fait depuis le début des années 1990, on constate la montée du fascisme anglo-américain qui envahit et terrorise des nations sans défense et les détruit complètement sous prétexte de "protéger les civils".

Selon le quotidien turc Milliyet (28 novembre 2011) : "La France a envoyé des forces armées d’entraînement en Turquie et au Liban pour former la soi-disant Armée Libre [syrienne] —un groupe de déserteurs syriens qui opère hors de Turquie et du Liban— pour préparer la guerre contre la Syrie". Des mercenaires étrangers ont été envoyés en grand nombre en Syrie par le Liban. Comme je l’ai dit plus tôt, ils sont armés et financés par la CIA, le MI6 britannique, le Mossad israélien, l’Arabie Saoudite, la Turquie le Liban et la Jordanie.

Il faut se rappeler que l’insurrection armée contre le gouvernement syrien —financée et armée par les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, le Qatar, Israël, le Liban et la Jordanie— s’est confinée à des petites villes et villages situés le long des frontières avec la Jordanie, le Liban et la Turquie. (Pour plus de détails voir mon article Target Syria). La très grande majorité des Syriens soutient le président Bashar al-Assad, en particulier dans les grande agglomérations comme Damas, Latakieh et Alep. De récentes manifestations dans ces grandes villes ont rassemblé des millions de supporters de al-Assad.

La Turquie, quant à elle, exploite la violence pour servir ses intérêts impérialistes et ceux de l’OTAN. La Turquie a appelé à la mise en place d’une "zone tampon" en Syrie pour entraîner et armer la soi-disante "résistance syrienne" au gouvernement syrien. C’est une ingérence flagrante dans les affaires intérieures de la Syrie ; la Turquie a aussi organisé des conférences visant à construire une opposition au gouvernement syrien et elle a joué un grand rôle dans la création du soi-disant Conseil National Syrien (CNS) une coalition d’opposants expatriés et d’extrémistes armés. Leurs leaders ont déjà promis de couper les liens de la Syrie avec l’Iran, les Palestiniens et les mouvements de résistance libanais dès qu’ils seraient au "pouvoir" en Syrie.

Selon Ibrahim al-Amin, rédacteur en chef de al-Akhbar news, dans un interview récent pour le Wall Street Journal, le porte-parole du CNS, " Burhan Ghalioun, a été obligé (et c’est la seule explication) de dire clairement ce que l’opposition syrienne offrait à ses supporters des Etats-Unis, de Turquie, d’Europe et du Golfe en échange de leur soutien". De grandes quantités d’armes ont été introduites en contrebande en Syrie à partir de la Turquie pour fomenter une guerre civile dans le pays. La Turquie envisage même d’envahir la Syrie si Ankara reçoit le feu vert de Washington. Ce n’est parce que les "Turcs Blancs" se sont mis tout à coup à se soucier des droits de l’homme et de la démocratie dans le monde arabe que la Turquie s’ingère dans les affaires intérieures de la Syrie, mais par intérêt personnel et pour servir les intérêts des Etats-Unis et des sionistes israéliens.

La Turquie se présente comme un "médiateur" impartial dans la région, un "pont" entre l’Occident et les pays musulmans. En réalité, les Turcs Blancs sont au service de l’impérialisme occidental et promeuvent ses intérêts dans la région depuis le règne de Kamal Ataturk. La Turquie s’enorgueillit d’être un pays musulman mais elle épouse un "Islam calviniste" à l’occidentale qui est en contradiction flagrante avec les principes de l’Islam. Les décennies de relations entre la Turquie et l’état sioniste d’Israël et la participation de la Turquie aux guerres US-OTAN (La Turquie est membre de l’OTAN) contre les pays musulmans sont contraires à l’Islam. D’ailleurs de nombreux Turcs ont condamné le rôle de la Turquie dans la destruction de la Libye par l’armée US-OTAN et le meurtre de masse des civils libyens. De plus, la décision turque de permettre à l’US-OTAN de déployer un "bouclier" de missiles nucléaires sur son sol directement braqué sur l’Iran et d’autres pays musulmans est terriblement hypocrite et constitue une trahison de l’Islam.

Le positionnement récent de la Turquie comme champion de la Palestine n’est qu’une rhétorique de façade destinée à la consommation intérieure et régionale. Si les Turcs Blancs se souciaient vraiment des droits de l’homme, ils mettraient fin à leur coopération avec Israël et imposeraient des sanctions à l’état sioniste. Les Turcs Blancs devraient balayer devant leur porte en ce qui concerne les droits de l’homme. Les Arabes peuvent et doivent rejeter le nouveau rôle de la Turquie comme gendarme de l’impérialisme et du sionisme.

L’ingérence américaine dans les affaires de nations souveraines, dont les nations arabes, est bien connue. Les Etats-Unis sont le plus grand ennemi de la démocratie, des droits humains et du droit international. En ce qui concerne la démocratie, la classe dirigeante étasunienne préfère ce que Hillary Clinton a appelé "le type de démocratie que nous voulons voir". Le type de démocratie qu’on trouve en Arabie Saoudite, au Barhein, au Koweït, au Qatar, en Iran à l’époque du tortionnaire Shah Reza Behlavi, en Egypte sous le tyrannique Moubarak et au Chili sous le régime fasciste de Augusto Pinochet. En fait, il serait difficile de nommer un seul dictateur meurtrier qui n’a pas été (porté au pouvoir), financé et armé par les Etats-Unis et leurs alliés. Les Etats-Unis ont de grandes histoires d’amour avec des dictateurs sanguinaires et des fascistes.

Qui plus est, des agences et des think-tanks étasuniens comme la Fondation Nationale pour la démocratie (National Endowment for Democracy -NED), l’Agence Etasunienne pour le Développement International (U.S. Agency for International Development -USAID), L’Institut pour une Société Ouverte (Open Society Institute -OSI) de George Soros et l’Institut National démocratique (National Democratic Institute -NDI), sont directement impliqués dans le financement de groupes d’opposition du monde arabe et d’ailleurs. Le New York Times (14 avril 2011) a révélé "qu’une série d’organismes et d’individus étaient directement impliqués dans les révoltes et les mouvements réformistes qui soulèvent [le Moyen Orient], comme le Mouvement des Jeunes du 6 avril en Egypte, le Centre des Droits Humains du Barhein et des militants de base comme Entsar Qadhi, un jeune leader yéménite ; ils reçoivent des formations et des aides financières de groupes comme l’Institut International Républicain, l’Institut National Démocratique et la Maison de la Liberté, une ONG des droits de l’homme basée à Washington".

En Syrie, le NED est directement impliqué dans le financement de l’insurrection armée syrienne à travers son partenaire le Centre des Etudes des Droits de l’Homme, une organisation anti-syrienne. Dans le cas de l’Egypte, les Etats-Unis ont soutenu le régime de Moubarak jusqu’à la fin. Quand il a été finalement renversé, les Etats-Unis ont changé de camp et se sont employés à encourager les divisions et le sectarisme. En même temps les Etats-Unis ont continué à oeuvrer avec l’armée égyptienne, leur client fidèle, pour manipuler la "révolution" pour servir leurs intérêts et ceux des sionistes israéliens. Cependant, quand les Etats-Unis ne parviennent pas à provoquer des changements de régime à travers les soi-disant "révolutions de couleur" et les sanctions économiques, ils interviennent militairement (et illégalement). Ils l’ont fait en Irak, en Yougoslavie, en Libye et maintenant c’est la Syrie qui est menacée.

Pour conclure, la Syrie n’est pas un pays parfait. Et comme dans tous les pays, l’opposition intérieure syrienne revêt différents aspects. Mais les Syriens sont contre la violence et l’ingérence étrangère dans les affaires de leur pays. Les Syriens veulent de vrais réformes —politiques et économiques— qui soient dans leur intérêt. le Peuple syrien a beaucoup souffert au cours de la dernière décennie. A cause des sanctions imposées par les Etats-Unis et de la présence en Syrie de plus de 2 millions de réfugiés irakiens, l’économie syrienne a stagné et les conditions de vie se sont détériorées. Le peuple syrien ne veut pas d’un changement de régime sponsorisé par les Etats-Unis. Un sondage de mars 2009 montre que plus des deux-tiers de la population syrienne ont une opinion défavorable des Etats-Unis. La décision de changer le gouvernement et le système politique syriens actuels doit reposer dans les mains du peuple syrien.

De puissantes forces se rassemblent contre les Syriens qui sont aujourd’hui menacés d’une agression brutale visant à détruire et piller leur pays. Il ne faut pas rester sur la touche et se rendre complice par le fait de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il faut poursuivre la lutte pour le respect du droit international et contre les agressions.

* Ghali Hassan est un commentateur politique indépendant qui vit en Australie.

Ghali Hassan - Countercurrents

mardi 13 décembre 2011 -

* http://www.globalresearch.ca/index....

Pour consulter l’original : http://countercurrents.org/hassan081211.htm

traduction : Dominique Muselet

 * http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=27...

URL de cet article 15381
http://www.legrandsoir.info/l-agression-contre-la-syrie-se-precise-countercurrents.html

http://www.legrandsoir.info:80/l-agression-contre-la-syrie-se-precise-countercurrents.html


3-2 Oscar fortin : Le Canada et la Syrie.

LE CANADA DE NOUVEAU AU SERVICE DES POLITIQUES DE WASHINGTON EN SYRIE.

HILARY CLINTON L'A DIT DEPUIS LONGTEMPS "BACHAR AL-ASSAD VA-T-EN!". TOUS LES MOYENS SONT BONS, SAUF LA VÉRITÉ, POUR LE METTRE DEHORS. RESTE À VOIR SI LE SCÉNARIO MIS EN PLACE EN LIBYE VA FONCTIONNER DANS CE CAS-CI.

Oscar fortin

Au moment même où une délégation de la Ligue arabe est en Syrie pour évaluer la réalité des faits, rapportés de part et d’autre et qu’un attentat terroriste se produit à Damas, faisant plus de 44 morts et près de 166 blessés, le Canada annonce, avant même de connaître les auteurs des crimes commis, une nouvelle série de sanctions contre la Syrie en raison, selon lui, de la répression sanglante de l'opposition par le régime de Damas.

D’où lui vient cette urgence d’annoncer de nouvelles sanctions alors que la communauté internationale se préoccupe de savoir qui sont les véritables responsables de cette violence. Nous savons que les États, regroupés derrière les Etats-Unis, ont décidé, depuis les tout débuts de cette histoire, que l’unique responsable est le président Bachar Al-Assad. Les versions de témoins et d’analystes qui plaident dans le sens d’une toute autre explication n’y font rien.

En effet, de plus en plus nombreux sont les États et les personnes qui disent, exemples à l’appui, que des groupes armés par l’Occident font régner la terreur et obligent les forces de l’ordre à intervenir. Le Gouvernement syrien parle de plus de 2000 de ses soldats qui auraient été tués par ces forces terroristes, sans préciser toutefois le nombre de blessés.

Quel gouvernement occidental accepterait que des groupes armés fassent la loi dans leur pays ? Le Canada et les Etats-Unis sont les premiers à condamner l’action des terroristes sur leur territoire et à leur réserver un traitement de terreur. Guantanamo est une belle illustration de ces traitements.

A-t-on déjà entendu le Gouvernement canadien porter des accusations contre le Gouvernement de la Colombie qui s’en prend aux groupes armés révolutionnaires qui se battent depuis plus de 40 ans pour un changement de régime ? Dans ce cas, la consigne est que le Gouvernement a la responsabilité de faire respecter l’ordre et d’assurer la sécurité de tous ses citoyens et citoyennes. Sur ce point, il n’y a rien à redire. Toutefois, qu’il y ait eu des paramilitaires pour commettre des crimes et que des fausses communes de milliers de personnes assassinées gratuitement aient été, n’a jamais soulevé l’indignation du Gouvernement canadien.

En tant que canadien, je suis scandalisé par cette obsession d’agir sans prendre le temps de bien comprendre ce qui se passe réellement en Syrie. Actuellement la Ligue arabe est là, d’autres observateurs y sont également. La Russie et la Chine ne veulent pas que le scénario qui a conduit à la chute du régime de Kadhafi et à son assassinat se répète en Syrie. C’est également la volonté de ces dizaines et même de ces centaines de milliers de syriens qui sortent dans les rues pour demander que cessent les interventions extérieures dans les affaires internes du pays.

Regardons simplement ce que les Etats-Unis et le Canada ont fait avec les indignés, groupes totalement pacifiques. Il est dommage que nos représentants canadiens soient davantage à l’écoute de Washington que des canadiens eux-mêmes. Il est également regrettable que nos journalistes et médias n’approfondissent pas les différentes versions qui circulent concernant la violence en Syrie. Le peuple a le droit de savoir, de penser et de décider ce qui est le plus juste pour lui-même et les autres.
Je pose cette question à John Baird, chef de la diplomatie canadienne : S’il s’avérait exact que des pays étrangers fournissent des armes et entrainent des mercenaires en vue de renverser le gouvernement légitime de Syrie, le Canada condamnerait-il pareille intervention ?
Le gouvernement canadien accepterait-il que de pareils procédés se réalisent sur son propre territoire ?
Oscar fortin

Samedi 24 Décembre 2011
http://humanisme.blogspot.com


3-3 Sharmine Narwani :Stratfor remet en cause le discours sur la Syrie.

Depuis l’éclatement des premières manifestations de rue en Syrie en mars dernier, les discours sur la crise syrienne sont restés assez fidèles au thème proposé pour toutes les révoltes arabes. Un dirigeant autoritaire qui écrase une opposition pacifique à son régime et ouvre le feu sur des civils avec un nombre de contestataires qui explose et une montée du nombre des tués…

 

Mais nous entrons maintenant dans le dixième mois de cette révolte particulièrement violente – même en Libye avec sa guerre civile à outrance, les choses n’ont pas été si longues. Alors qu’est-ce qui se passe ?

 

Selon l’organisme texan d’analyse du risque géostratégique Stratfor, qui a publié la semaine dernière un article à rebrousse-poil [à lire ici] sur les efforts propagandistes de l’opposition syrienne, « la plupart des accusations les plus graves faites par l’opposition se sont avérées être grandement exagérées ou tout simplement fausses, nous en apprenant ainsi plus sur la faiblesse de l’opposition que sur le niveau d’instabilité à l’intérieur du régime syrien.»

 

C’est important pour deux raisons. Premièrement, c’est peut-être la première fois qu’une entreprise US de recueil d’informations ayant pignon sur rue met en cause ouvertement le discours en vigueur sur la Syrie. Deuxièmement, les conclusions de Stratfor soulèvent la question : sur quoi basons-nous nos initiatives politiques si les hypothèses qui les sous-tendent sont faussées ?

Quel est réellement le niveau d’instabilité en Syrie? Quelle est l’ampleur de l’opposition au régime de Bachar al-Assad ? Le bilan des victimes nous cloue sur place de dégoût – aujourd’hui, le plus fort taux de décès par jour – mais quelle est la valeur de ces chiffres ? Qui sont ces victimes et peut-on vérifier ? Les militants locaux sont-ils capables de distinguer entre un civil pro-régime tué et un civil anti-régime mort – surtout maintenant que les deux camps sont armés et tirent ?

Je ne suis pas en mesure de discuter ces chiffres et ces aspects, alors je ne le ferai pas. Mais je poserai la question : d’où viennent les « faits » rapportés ?

 

Un biais inhérent aux données syriennes?

Le problème avec les données qui proviennent des organisations d’opposition est que ces dernières ont un intérêt évident à diffuser des informations dont elles tirent un « bénéfice » et à minimiser les statistiques qui leur sont « dommageables.» Et ce même principe vaut aussi pour le gouvernement – et c’est pourquoi nous accueillons avec prudence les annonces du régime syrien.

 

On ne voit pas l’opposition syrienne informer activement sur les simples soldats tués par exemple – sauf à dire que ce sont des militaires tués pour avoir déserté. Twitter fourmille en ce moment de messages selon lesquels plus de 70 de la grosse centaine de tués sont des «déserteurs».

 

On n’entend pas non plus parler du nombre de civils favorables au régime tués par l’opposition armée – dont certains auraient été tués alors qu’ils «manifestaient» pour soutenir le régime syrien.

 

Maintenant, ça ne veut pas dire que l’opposition syrienne ment purement et simplement pour s’adjuger la sympathie et le soutien de l’étranger – surtout parce que « l’opposition » n’est pas homogène et vient d'horizons d'importance et d'orientations différentes.

 

Mais Stratfor s’interroge clairement sur les visées de certaines de ces organisations et le fait sur la base de preuves très récentes sur des campagnes de désinformation :

 

L’article de Stratfor s’intéresse principalement aux efforts de l’opposition pour créer l’impression ces dernières semaines qu’il existe une fracture significative dans le propre clan du président Assad et dans sa secte alaouite minoritaire, dont des membres occupent les plus hautes fonctions dans les forces armées du pays et au gouvernement.

 

Parmi ces gaffes de toute première importance, une information du 10 décembre qui laissait entendre que le “vice-ministre syrien de la Défense et ancien chef du renseignement militaire Asef Shawkat avait été tué par son adjoint et ancien chef de la direction générale de la sécurité, le général Ali Mamlouk.”

 

Stratfor postule que « l’image [sans fondement réel] de deux sunnites haut placés dans le régime tournant leurs armes l’un contre l’autre » contribue à créer « une histoire convaincante » pour des organisations qui veulent « entamer l’image d’un cercle rapproché d’Assad uni dans la volonté de réprimer l’opposition et de sauver le régime. »

 

Autre exemple avec une déclaration du 9 décembre publiée dans le journal à capitaux saoudiens Asharq al Awsat par une « Ligue alaouite des Comités de Coordination » auparavant inconnue qui prétend représenter la communauté alaouite en Syrie, et « rejetait toute tentative de tenir la secte alaouite pour responsable de la ‘barbarie’ du régime Assad ». Stratfor explique que cette histoire fabriquée donne « l’impression que la communauté alaouite se fissure et que le régime Assad fait face à une sérieuse perte de soutien à l’intérieur de sa propre secte minoritaire. »

 

Les analystes basés aux USA citent alors leurs propre source interne à l’opposition syrienne qui  « admet que cette organisation était en fait une invention de l’opposition sunnite en Syrie. »

 

Le même jour, d’autres organisations d’opposition connues, dont le Conseil national Syrien (CNS), l’Armée Syrienne libre (ASL) et l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme établi à Londres, commençaient à diffuser « des affirmations selon lesquelles les forces du régime assiégeaient Homs et avaient donné un ultimatum de 72 heures aux déserteurs syriens pour qu’ils se rendent avec leurs armes sous peine de risquer d’être massacrés

 

Cette information a fait la une dans le monde entier – après tout, Homs avait été le centre de la colère et de la dissidence contre le régime, avec un nombre de tués bien supérieur à celui d’autres points chauds. L’enquête de Stratfor n’a cependant trouvé « aucun signe [annonciateur] de massacre, » et nous avertit que «les forces de l’opposition ont un intérêt à brosser le tableau d’un massacre imminent, dans l’espoir de reproduire les circonstances qui ont entraîné une intervention militaire en Libye.»

 

L’article poursuit en laissant entendre que les massacres dont on parle sont peu probables parce que « le régime a calibré sa répression pour éviter un tel scénario. Les forces gouvernementales», soutient Stratfor, « ont pris soin d’éviter les chiffres élevés de tués qui pourraient conduire à une intervention sur la base de principes humanitaires. » [faut bien verser sa part à la propagande 'démocratique']

 

Et ainsi de suite.

Les récits mensongers brouillent les pistes 

Stratfor identifie quelques objectifs évidents qui orientent la propagande des organisations syriennes d’opposition : 

    - Convaincre les Syriens à l’intérieur du pays (en allant au-delà de la majorité sunnite pour toucher les minorités qui pour l’instant soutiennent largement le régime) que le régime se lézarde et qu’il n’y a donc plus d’intérêt à le soutenir.

 

    - Convaincre les acteurs externes, comme la Turquie, la France et les USA, que le régime est en train de se fracturer et s’apprête à commettre des massacres pour écraser l’agitation, dans le droit fil de ce que le régime avait fait en 1982 à Hama. 

    - Convaincre les Syriens comme les acteurs extérieurs que l’effondrement du régime Assad ne débouchera pas sur le niveau d’instabilité qu'a connu l'Irak pendant près d’une dizaine d’années, ni sur la montée des islamistes comme cela semble être le cas en Libye. A cette fin, l’ASL a mis l’accent sur ses actions défensives et de protection des civils pour éviter d’être qualifiée de militants [terroristes]. Entre temps, l’opposition civile a souligné vouloir conserver les structures étatiques intactes, de manière à éviter le scénario irakien ou d’avoir à reconstruire l’Etat à partir de zéro en pleine guerre sectaire.

 

Stratfor relève que les organisations d’opposition ont réussi à faire passer leurs messages dans les médias grand public occidentaux, et que ces organes d’informations « citent [régulièrement] des dénombrements de victimes fournis par l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, sans être en mesure de vérifier l’information. ». Mais l’article observe aussi que « le manque de coordination entre les divers organes d’informations de l’opposition et le manque de fiabilité des informations fragilise la crédibilité de l’opposition dans son ensemble.»

 

La Syrie a signé aujourd’hui un protocole avec la Ligue Arabe qui ouvrira la voie à une mission d’enquête sur le terrain. Si cet important processus n’est pas détourné par des forces politiques régionales – un scénario improbable même avec les meilleures intentions – nous devrions commencer à avoir des informations vérifiables sur ce qui se passe dans le pays.

 

En l’absence de faits, l’histoire syrienne n’a aucune chance de surmonter l’animosité et la rancœur ressentis dans les deux camps. Des histoires fausses, même sincères, ne feront qu’entretenir le conflit. Bravo à Stratfor pour avoir mis en relief l’importance de la transparence de l’information.

Sharmine Narwani

Traduit par  Djazaïri
http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=6445



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


 

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