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30/12/2011

n° 32- - Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion de Syrie - : 27-12 - : a1 - : La Syrie, pièce embarrassante dans le puzzle américain.


Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion deSyrie

n°32                             27-12

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier Syrie :Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage1" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

Tiré à part 

Chérif Abdedaïm « La décision d’attaquer la Syrie a été prise lors d’une réunion à Camp David le 15 septembre 2001 »

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Mohamed Hassan :La Syrie, pièce embarrassante dans le puzzle américain.

1-2 Léon Camus : Les États faillis d’Europe et d’Amérique nous offriront-ils une « Guerre de Noël ».

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Marie-Ange :Demande d'aide pour la Syrie.

3 Annexe

3-1 Léon Camus : Qui veut la peau de Vladimir Poutine ?

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 



Tiré à part 

Chérif Abdedaïm  : « La décision d’attaquer la Syrie a été prise lors d’une réunion à Camp David le 15 septembre 2001 ».

Nous reproduisons dans nos colonnes l’interview que Thierry Meyssan a accordé à nos confrères du quotidien Algérien La Nouvelle République.

Alors qu’en Occident les journalistes s’empressent de relayer la propagande de guerre contre la Syrie, une autre interprétation des événements se fait jour dans les pays dont la presse n’est pas tenue de s’aligner sur la ligne éditoriale impériale.

La Nouvelle République : Vous étiez en Syrie. Quel constat avez-vous fait ? La réalité du terrain reflète-t-elle les propos avancés par les médias occidentaux concernant les manifestations massives, les tirs à balles réelles qui ont fait au moins 5 000 morts, la constitution d’une « armée syrienne libre » déjà forte de 1 500 hommes et ce début de « guerre civile » avec notamment 1,5 million de Syriens pris au piège qui souffriraient de la faim ?

 

La Nouvelle République : Vous étiez en Syrie. Quel constat avez-vous fait ? La réalité du terrain reflète-t-elle les propos avancés par les médias occidentaux concernant les manifestations massives, les tirs à balles réelles qui ont fait au moins 5 000 morts, la constitution d’une « armée syrienne libre » déjà forte de 1 500 hommes et ce début de « guerre civile » avec notamment 1,5 million de Syriens pris au piège qui souffriraient de la faim ?

Thierry Meyssan : Une expression française affirme que « lorsqu’on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage ». En l’occurrence, lorsque les puissances occidentales veulent envahir un état, leurs médias disent que c’est une dictature barbare, que leurs armées peuvent protéger les civils et qu’elles doivent renverser le régime et apporter la démocratie. La vérité, nous l’avons vue en Irak et en Libye : les puissances coloniales ne se préoccupent aucunement du sort des populations, elles dévastent le pays et le pillent. Il n’y a jamais eu de manifestations de masse contre le régime syrien, et par conséquent, il n’a pas été possible de les réprimer à balles réelles. Il y a eu au cours des derniers mois environ 1 500 morts, mais pas du tout dans les circonstances décrites. Il y a bien une « armée syrienne libre », mais elle est basée en Turquie et au Liban, et ne compte au grand maximum que quelques centaines de soldats que l’on exhibe devant les caméras. Enfin, la Syrie est autosuffisante au plan alimentaire et, malgré les difficultés de distribution, il n’y a aucun problème de pénurie. La version des médias occidentaux est une pure fiction. La vérité sur place, c’est que les Occidentaux livrent une guerre non conventionnelle contre la Syrie. Ils ont envoyé des combattants arabes et pachtounes, recrutés par le prince saoudien Bandar bin Sultan et encadrés par les forces spéciales françaises et allemandes. Ces combattants ont d’abord tenté de proclamer des émirats islamiques, puis ils ont organisé de vastes embuscades contre les convois militaires syriens. Aujourd’hui, ils sont commandés par un émir d’Al-Qaïda, le Libyen Abdelhakim Belhaj. Ils ont renoncé aux grandes opérations et mènent des actions commando au cœur des villes pour y semer la terreur en espérant provoquer une guerre civile confessionnelle. Leur dernier fait d’armes est ce double attentat à Damas.

La Nouvelle République :Dans l’un de vos articles, vous vous posez la question sur les accusations avancées par l’Observatoire syrien des droits de l’homme, basé à Londres, que des institutions comme le Haut Commissariat des droits de l’homme de l’ONU reprennent sans les vérifier. D’après-vous, à quel jeu se prêtent les instances onusiennes ?

Thierry Meyssan : L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) a surgi soudainement sur la scène médiatique. Cette association n’a aucun passé dont elle puisse se prévaloir et seul un de ses membres est connu. C’est un cadre des Frères musulmans syriens, disposant de trois passeports, syrien, britannique et suédois. Ce monsieur annonce chaque jour le nombre de « victimes de la répression », sans étayer ses dires. Ses affirmations sont invérifiables et donc sans valeur. Elles sont pourtant reprises par tous ceux que cela arrange. La Haut commissaire aux droits de l’homme a désigné trois commissaires pour enquêter sur les événements en Syrie. Leur mission outrepasse les compétences de l’ONU, qui prévoient des inspections régulières que la Syrie reçoit conformément aux traités. Comme dans l’affaire Hariri, les Nations unies partent du principe que les autorités locales (libanaises ou syriennes) sont incapables ou malhonnêtes et qu’il faut leur substituer des enquêteurs étrangers. Dans ces conditions, elles ne peuvent pas exiger raisonnablement la coopération des autorités locales. Elles ont donc travaillé depuis la Suisse et la Turquie. La désignation des trois commissaires n’offre aucune garantie d’impartialité. Ils sont tous trois ressortissants d’État qui militent pour l’intervention militaire contre la Syrie. Leur méthode n’est pas plus acceptable : sous la pression de la commissaire turque, qui est une militante engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes, la commission a considéré que les témoignages à charge n’avaient pas besoin d’être recoupés et vérifiés : ce serait aux accusés de faire la preuve de leur innocence lorsqu’on les déférera devant un tribunal. Cette procédure inquisitoriale permet d’accuser n’importe qui de n’importe quoi, mais ne démontre rien du tout. Les enquêteurs ont entendu plus de 200 personnes qui disent disposer d’informations et affirment parfois avoir été témoins, voire victimes d’exactions. Conformément à la procédure, le nom des témoins reste secret à ce stade de l’enquête. Mais contrairement à la procédure, les noms des victimes sont également secrets. La Haut commissaire affirme doctement qu’il y a plus de 5 000 victimes de la répression, mais elle n’avance que deux noms. Pas de chance, ces deux cas, qui ont été largement médiatisés par Al Jazeera, ont fait l’objet de multiples investigations. Le premier correspond à un enfant tué dans la rue par des tireurs inconnus en voiture ; le second est un adolescent qui a été recruté par une bande armée pour participer à l’attaque d’une résidence militaire et qui est mort la kalachnikov à la main. Cela n’a rien à voir avec une répression de manifestation pacifique. Nous attendons donc de la Haut commissaire qu’elle publie le nom des victimes pour que nous puissions vérifier le bien-fondé de ses accusations. De nombreuses instances de l’ONU ont perdu leur crédibilité. En premier lieu, on ne devrait pas accepter de confier des responsabilités à des experts qui n’ont pas le statut de fonctionnaires internationaux, mais sont des fonctionnaires nationaux détachés par leurs États. On ne devrait pas pouvoir agir au nom de l’ONU si l’on reste tenu d’obéir à sa hiérarchie nationale.

La Nouvelle République : En Syrie comme en Libye, certains observateurs avancent que les rebelles sont en fait des escadrons de la mort, des mercenaires étrangers. Quel constat avez-vous fait à ce propos ?

Thierry Meyssan : Dans les deux cas, il y a des nationaux qui participent à la lutte armée, mais ils sont minoritaires par rapport aux combattants étrangers. En Libye, des groupes issus de tribus précises se sont joints aux mercenaires étrangers pour la sécession de la Cyrénaïque. Mais ils ont refusé d’aller se battre en Tripolitaine pour renverser Kadhafi. Il a fallu déployer les troupes d’Al-Qaïda, puis faire débarquer 5 000 commandos incorporés dans l’armée régulière du Qatar pour mener les combats au sol. Dans les derniers jours de la Jamahiriya, la tribu des Misrata a rejoint l’Otan et elle est entrée dans Tripoli lorsque les bombardements et la bataille au sol ont cessé. Les seuls Libyens qui se sont battus de bout en bout contre le régime sont ceux d’Al Qaida et un groupe de soldats qui avaient fait défection avec le général Abdel Fatah Younes. Or, le général Younes avait été chargé dans le passé par le colonel Kadhafi de réprimer la rébellion d’Al-Qaïda. C’est pourquoi ses alliés d’Al-Qaïda l’ont assassiné pour se venger dès qu’ils ont pu se passer de lui. En Syrie, il y a des insurgés, ce sont des Frères musulmans et des takfiristes. Il y a surtout des combattants étrangers qui recrutent des voyous et les payent grassement pour tuer leurs concitoyens. Le problème de l’Otan, c’est que, à la différence de la Libye, la Syrie est une nation historique. Il n’y a pas de fracture régionale comme entre la Cyrénaïque et la Tripolitaine. La seule division possible est sur une base confessionnelle, mais elle ne fonctionne pas pour le moment, bien que l’on ait assisté à quelques affrontements de ce type à Banyias et à Homs. L’arrivée officielle des Libyens pour installer un quartier général en Turquie et intégrer des déserteurs syriens dans le dispositif parachève le tout.

La Nouvelle République : Le Conseil national syrien s’est formé sous l’égide de la France à Paris. Quelle lecture peut-on faire de cet événement ? La France va-t-elle prendre les devants de la scène comme en Libye avec notamment son « émissaire » BHL, ou opter pour une autre stratégie ?

Thierry Meyssan : D’abord, chacun voit bien que les institutions françaises sont en partie pilotées par des personnalités illégitimes, comme Bernard Henry Levy, qui exercent des responsabilités sans droit, ni titre. Ensuite, certains élus, comme le président Sarkozy, ne servent pas les intérêts nationaux, mais ceux du système impérial US. Sous leur autorité, la France s’est déjà engagée dans un conflit en Côte d’Ivoire qui servait les intérêts de quelques multinationales françaises, puis elle s’est engagée en Libye de manière à étendre à l’Afrique du Nord le projet néo-conservateur de remodelage du « Moyen-Orient élargi ». La France n’a plus de contentieux avec la Syrie, ainsi que l’a montré la réception du président Al-Assad à Paris, lors du sommet de la Méditerranée. À la rigueur, on pourrait considérer que le vieux conflit des années 80 (notamment l’assassinat de l’ambassadeur français à Beyrouth) est passé par pertes et profits sans avoir été soldé, et l’on pourrait le réactiver. Mais je ne suis pas sûr du tout que, dans cette affaire, les torts français ne soient pas plus importants que ceux des Syriens. Bref, Paris n’a aucune raison d’attaquer Damas. Nous savons tous que la vraie question est ailleurs : la domination et l’exploitation de cette région dépendent de l’alliance des États-Unis et d’Israël d’une part, avec la Turquie et les monarchies pétrolières d’autre part. Cette alliance se heurte à un axe de résistance comprenant le Hamas, le Liban, la Syrie, l’Irak et l’Iran, appuyés par la Russie et la Chine. Au plan régional, deux pôles se sont formés, l’un est exclusivement sunnite, l’autre est multiconfessionnel (et non pas chiite comme le prétendent les néo-conservateurs pour imposer la fitna). La France est devenue le « proxy » des États-Unis. Elle peut à tout moment entrer en guerre contre la Syrie. Cependant, elle n’en a pas la capacité seule, ni même avec la Grande-Bretagne. Et le sommet du 2 décembre qui devait instituer une alliance à trois avec l’Allemagne a été annulé faute d’accord au plan financier. En pleine crise de l’euro, les Européens n’ont pas les moyens de leur impérialisme.

La Nouvelle RépubliqueLa Nouvelle République : La Ligue arabe a décidé, dans une mesure inattendue, de suspendre la Syrie de toutes ses institutions, et ce, avant même que n’expire le délai de 15 jours accordé à la direction syrienne pour mettre en œuvre le plan arabe de règlement de la crise. Quelle lecture pourrait-on faire de cette décision contraire aux statuts de la Ligue qui exige l’unanimité moins un vote pour ce type de mesure ?

Thierry Meyssan : Les organisations internationales, que ce soit la Ligue arabe ou l’ONU, n’appartiennent pas aux États qui les forment, mais à ceux qui les financent. La Ligue est devenue un jouet aux mains des monarchies pétrolières. Des gens qui n’ont pas même de Constitution chez eux ne pensent pas à respecter les statuts des organisations qu’ils ont achetées. Au-delà de ce constat, la décision prise par la Ligue d’assiéger économiquement la Syrie ne sont pas des « sanctions » pour une faute commise, mais le début d’une guerre conventionnelle.

La Nouvelle République : Le même scénario se dessine comme celui constaté en Libye. Allons-nous assister aux mêmes péripéties en Syrie, où le contexte est différent, ou allons-nous assister à une autre situation ?

Thierry Meyssan : Le contexte et les protagonistes sont différents. La Libye était un État isolé. Le colonel Kadhafi a soulevé beaucoup d’espoir et a beaucoup déçu. Il était anti-impérialiste, mais multipliait les arrangements secrets avec Washington et Tel-Aviv. Il a été l’allié de tous et a négligé, voire trahi chacun. Son pays n’avait pas de diplomatie, ni de politique d’alliance, hormis celle de ses investissements pour le développement de l’Afrique. La Libye s’est donc trouvée isolée face à l’Otan. Au contraire, la Syrie est une vieille nation qui a toujours cultivé ses alliances, y compris dans son choix de résistance aux côtés des Palestiniens, des Libanais, des Irakiens et des Iraniens. Sa diplomatie est si forte qu’elle a pu obtenir en quelques jours le double veto russe et chinois au Conseil de sécurité. Toute guerre contre la Syrie est appelée à s’étendre à l’ensemble de la région, voire à dégénérer en guerre mondiale si l’Iran ou la Russie interviennent directement. En outre, les Libyens sont 5 millions quand les Syriens sont 23 millions. La Libye n’avait d’autre expérience militaire que la guerre du Tchad, quand la Syrie est habituée à vivre depuis 60 ans dans une région en guerre permanente. Les experts du lobby pro-guerre à Washington affirment que l’armée syrienne est mal équipée et mal entraînée. Ils promettent qu’une intervention internationale sera une promenade de santé. C’est amusant car les mêmes experts affirmaient en 2006 qu’Israël devait éviter une nouvelle guerre avec la Syrie ; parce qu’elle serait trop dangereuse.

La Nouvelle République : Certains avancent que ce qui se passe en Syrie n’est que le prolongement de ces « révolutions arabes », alors que la Syrie figure depuis l’ère Bush sur l’agenda américain, selon les déclarations du général Wesley Clark ; d’après-vous, quelle échappatoire pour Bachar Al-Assad pour déjouer cette conspiration ?

Thierry Meyssan : Comme vous le rappelez, la décision d’attaquer la Syrie a été prise lors d’une réunion à Camp David, le 15 septembre 2001, juste après les attentats de New York et Washington. L’administration Bush avait planifié une série de guerre : Afghanistan et Irak, Libye et Syrie, Soudan et Somalie, pour finir par l’Iran. En 2003, juste après la chute de Baghdad, le Congrès a adopté le Syrian Acountability Act qui ordonne au président des États-Unis d’entrer en guerre dès que possible contre la Syrie. Ce que le président Bush n’a pas eu le temps de faire incombe désormais à son successeur Barack Obama. Le général Wesley Clark a révélé cette stratégie il y a plusieurs années déjà, pour mieux s’y opposer. Il a joué un rôle très important durant la guerre de Libye qu’il a vainement tenté d’arrêter avec l’aide de nombreux généraux d’active.Ensemble, ils représentent un courant non négligeable d’officiers supérieurs qui refusent de voir mourir leurs hommes dans des aventures extérieures qui ne servent pas les intérêts des États-Unis, mais ceux de quelques idéologues proches d’Israël. Ils feront donc tout pour empêcher une guerre en Syrie et ils disposent de plus de leviers qu’on ne le croit pour influer la politique mondiale. Le président Bachar Al-Assad n’est pas comme son père. Ce n’est pas un autocrate. Il gouverne avec une équipe. La stratégie de son gouvernement consiste d’une part à préserver la paix civile face aux tentatives de déstabilisation et de division confessionnelle ; et d’autre part à renforcer ses alliances, principalement avec l’Iran, la Russie et la Chine.

La Nouvelle République : Un constat qui s’impose dans ces troubles que connaît le monde arabe, que ce soit en Tunisie, en Égypte, en Libye et maintenant en Syrie, c’est cette « réconciliation » de l’Occident avec les mouvances islamistes pourtant combattues. D’après vous, quels sont les tenants et les aboutissants dans ce nouveau jeu occidental ?

Thierry Meyssan : Je ne pense pas que les islamistes aient jamais été vus comme des ennemis par l’Occident. Historiquement, tous les empires ont eu besoin d’eux pour limiter les résistances nationales. C’était le cas avec les Ottomans, comme avec les Français et les Anglais. Souvenez-vous que la France n’a jamais appliqué la loi de séparation de l’Église et de l’État (1905) en Algérie. Elle s’est au contraire appuyée sur les mosquées pour asseoir son autorité. Les Anglo-saxons ont toujours fait de même. Plus encore, les États-Unis ont créé des mouvements islamiques dans les années 80 avec l’espoir de provoquer un conflit de civilisations entre le monde musulman et l’Union soviétique. C’était la stratégie de Bernard Lewis, mise en œuvre par Zbigniew Brzezinski, et théorisée pour le grand public par Samuel Huntington. Cela a donné Al-Qaïda. Ces gens ont défendu les intérêts de l’empire américain en Afghanistan, en Yougoslavie, en Tchétchénie, et plus récemment en Irak, en Libye et maintenant en Syrie. Abdelhakim Belhaj, qu’Ayman Al-Zawahiri avait nommé numéro 3 Al-Qaïda lorsque le Groupe islamique combattant en Libye a été absorbé par Al-Qaida, est aujourd’hui gouverneur militaire de Tripoli et commandant de l’armée syrienne libre. Il s’affiche sans complexe comme l’homme de l’Otan et exige que le MI6 qui l’a torturé lui rende des comptes. Quant aux Frères musulmans que Washington porte aujourd’hui au pouvoir en Tunisie, en Libye et en Égypte, et qu’il voudrait installer en Syrie, ils sont historiquement liés au MI6. Ils avaient été conçus par Hassan Al-Banna pour combattre les Anglais, mais ils ont été utilisés par les Anglais pour combattre Nasser. Aujourd’hui, ils croulent sous les subventions du Conseil de coopération du Golfe, ce qui n’est pas un signe d’indépendance.

La Nouvelle République : Si demain le régime de Bachar Al-Assad venait à chuter, quelles en seraient les répercussions sur l’axe de la résistance Téhéran-Hezbollah-Hamas ?

Thierry Meyssan : Les États-uniens ne font pas mystère que, s’ils parvenaient à détruire la Syrie – je dis à « détruire la Syrie », car la question de la résistance va bien au-delà de la personne du président Al-Assad – ils poursuivraient la guerre en attaquant immédiatement l’Iran. Par conséquent, la chute de la Syrie ouvrirait une période de grande instabilité susceptible de dégénérer en conflit mondial.

La Nouvelle République : Dans ce conflit syrien, la Turquie a pris parti et adhéré totalement aux thèses de l’opposition syrienne pro-occidentale. Bannissant le régime syrien, le présentant comme étant en train de tuer son peuple, refusant de voir les manifestations de soutien au président syrien, dénigrant la dimension armée de la contestation, et allant même jusqu’à refuser aux opposants de l’intérieur le statut de représentants du peuple syrien, le réservant à ceux du Conseil national syrien. D’après-vous, comment expliquer ce revirement ?

Thierry Meyssan : Nous avions tous oublié que la Turquie est membre de l’Otan. L’armée turque est supplétive de celle des États-Unis. Par le passé, c’est d’ailleurs elle qui a sauvé les États-Unis en Corée. La Turquie abrite des bases états-uniennes et vient d’accepter que le Pentagone transfère sur son territoire les bases de l’Otan actuellement stationnées en Espagne, et installe de nouveaux radars destinés à surveiller l’Iran. Depuis un siècle, les dirigeants turcs multiplient les erreurs politiques. Erdogan espère devenir le gendarme de la région comme l’avaient fait avant lui le shah Reza Pahlevi et Saddam Hussein. L’Histoire a montré comment les États-Unis traitent ceux qui les servent : ils les utilisent, puis les éliminent.

http://www.voltairenet.org/La-de%CC%81cision-d-attaquer-la-Syrie

Chérif Abdedaïm



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Mohamed Hassan :La Syrie, pièce embarrassante dans le puzzle américain.

Interview de Mohamed Hassan par Tony Busselen et Bert De Belder du PTB

Mardi 13 décembre 2011
Si on ne se fiait qu’aux hommes politiques et aux médias européens ou américains, il semblerait bien que le monde entier veuille un changement de régime en Syrie. Ailleurs, c’est moins évident. Mohamed Hassan situe la Syrie dans le grand puzzle du Moyen-Orient et de l’Asie centrale.

Qui sont les forces vives qui veulent un changement de régime en Syrie et pourquoi le veulent-elles ?

Mohamed Hassan : Ce sont les États-Unis, Israël et les régimes arabes réactionnaires du Golfe, surtout l’Arabie saoudite et le Qatar. Et, ensuite, les sunnites libanais veulent également que le président chiite al-Assad s’en aille. Pour eux, l’actuelle Syrie constitue un pont entre l’Iran, les Hezbollah chiites au Liban et le Hamas dans la bande de Gaza.

Depuis la guerre contre l’Irak, la Ligue arabe est aux mains des dirigeants féodaux d’Arabie saoudite et des États du Golfe. En fait, la Ligue est davantage un prolongement de la politique étrangère américaine qu’une Ligue censée défendre les intérêts du monde arabe. Depuis cette même guerre en Irak, tous les gouvernements progressistes ont été marginalisés. En 2006, la Ligue arabe était déjà aux côtés d’Israël quand l’armée israélienne a envahi le Liban : la Ligue arabe a condamné à l’époque le Hezbollah, prétendument parce qu’il provoquait Israël. Pour les États-Unis, Israël et les régimes arabes réactionnaires, la défaite d’Israël au Liban a été un choc énorme. L’armée israélienne, qu’on estimait invincible, avait dû céder face au Hezbollah !

Pendant la guerre en Libye aussi, la Ligue arabe et les États du Golfe ont joué un rôle important.

Mohamed Hassan : C’est un fait. Depuis lors, nous savons que nous vivons une période dans laquelle les choses peuvent aller bien plus vite que nous le pensons. Mais la question de la Syrie est quand même plus compliquée que celle de la Libye. Personne ne peut prévoir comme va évoluer la situation en Syrie et dans la région.

Pour les États-Unis et les États du Golfe, la principale menace au Moyen-Orient réside dans l’influence croissante de l’Iran. L’occupation de l’Irak s’est soldée par un fiasco et l’influence de l’Iran en Irak n’a jamais été aussi grande. Après la Chine, l’Irak est le plus important partenaire commercial de l’Iran.

L’Iran est-il une grande puissance régionale qui peut faire reculer l’influence américaine ?

Mohamed Hassan : Effectivement. En compagnie des cinq autres grands fournisseurs de gaz de la région – Russie, Chine, Turkménistan, Ouzbékistan et Kazakhstan –, l’Iran veut former une sorte d’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole, NDLR) des pays producteurs de gaz, de sorte qu’ils puissent obtenir des prix plus élevés pour celui-ci. On assiste à une collaboration croissante, pour l’approvisionnement en gaz, entre l’Iran et des pays comme l’Inde et le Pakistan : un « pipeline de la paix » est en construction et il y a de grands projets en cours pour la construction d’une raffinerie de gaz en Iran, en compagnie de l’Inde. Les tensions entre l’Inde et le Pakistan diminuent dans la mesure où les deux pays ont davantage d’intérêts économiques communs.

Une grande partie du grand Moyen-Orient risque d’échapper à l’influence des États-Unis. Du Pakistan en passant par l’Iran et l’Irak jusqu’en Syrie et à la Méditerranée. Ce scénario est un cauchemar pour les Américains, pour Israël et pour les régimes arabes féodaux et réactionnaires. Un changement de régime en Syrie est pour toutes ces forces d’une importance cruciale afin de pouvoir contrer l’influence croissante de l’Iran.

Comment voyez-vous le rôle de la Turquie, qui intervient de plus en plus ?

Mohamed Hassan : La Turquie a elle aussi l’ambition de devenir une grande puissance régionale relativement indépendante. Le Premier ministre Erdogan utilise un langage très dur à l’égard d’Israël, ce qui fait que la Turquie s’est rendue très populaire dans le monde arabe. Et la Turquie se projette comme un pays qui entend contrôler l’industrie du gaz dans la mer Égée, au détriment de la Grèce et de la Syrie. Dans les Balkans aussi, la Turquie gagne en influence : le commerce avec des pays comme la Roumanie, la Bulgarie, la Macédoine et l’Albanie s’accroît.

La Turquie a tout intérêt à entretenir des rapports de bon voisinage avec l’Iran et la Syrie et, jusqu’il y a peu, les relations entre la Turquie et la Syrie étaient très bonnes. Par ailleurs, elle préfère à nouveau voir un gouvernement sunnite au pouvoir à Damas. Scénario qui serait possible en cas de chute du gouvernement syrien. On obtiendrait alors une situation qui ressemblerait à celle de l’ancien Empire ottoman, lorsque la Turquie contrôlait la Syrie avec l’aide de la noblesse féodale sunnite.

La chute du président syrien Assad signifierait en même temps un affaiblissement de l’Iran, le principal rival de la Turquie en Asie centrale. Dans des pays comme le Turkménistan, l’Ouzbékistan et le Kazakhstan, la langue véhiculaire est en effet apparentée au turc.

Enfin, il y a un lien croissant avec des pays comme l’Arabie saoudite, où Turkish Airways a multiplié par cinq son chiffre d’affaires ces dernières années et dont, dans un même temps, les investissements en Turquie n’ont cessé d’augmenter. Une collaboration pour faire tomber Assad pourrait encore améliorer la bonne intelligence avec l’Arabie saoudite et renforcerait ainsi la Turquie. Voilà toutes des raisons pour la Turquie de soutenir un changement de régime en Syrie. Mais Ankara joue toutefois avec le feu dans une région si instable, avec tant d’acteurs et d’intérêts différents.

La Turquie est membre de l’Otan. N’est-elle pas, dans ce cas, un État vassal des États-Unis ?

Mohamed Hassan : Militairement, la Turquie collabore effectivement avec les États-Unis, mais ce n’est pas encore ce qui en fait un État vassal. Les Turcs voient la chose comme une situation où les deux parties sont gagnantes. Ainsi, la Turquie a accepté d’accueillir les installations radar du bouclier balistique américain en échange d’un accès aux drones (appareils sans pilote, NDLR) sophistiqués américains, qu’elle compte utiliser dans la lutte contre le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, NDLR). À l’égard de l’Europe aussi, la Turquie suit une stratégie habile : elle veut bien entrer dans l’Union, mais pas dans la zone euro. Elle pourrait conserver ainsi un avantage dans ses exportations, avec sa monnaie faible face à un euro plus fort, tout comme la Pologne.

Quelle est la stratégie des États-Unis dans la région ?

Mohamed Hassan : Les États-Unis sont plongés dans une profonde crise économique et politique. C’est, comme pour l’Europe, l’expression de la crise générale du capitalisme. Obama veut épargner sur les nombreuses et coûteuses bases disséminées à travers le monde. Il attache beaucoup d’importance à la combinaison des forces spéciales et des drones, qui sont surtout utiles pour des interventions militaires ponctuelles. En même temps, il essaie de répercuter autant que possible les interventions militaires sur les alliés et les sous-traitants locaux, tel le Qatar.

Le secrétaire général de l’Otan, Rasmussen, et le ministre américain de la Défense, Panetta, ont tiré les mêmes leçons de la guerre contre la Libye. Finalement, l’intervention américaine en Libye a été décisive, alors que l’Europe aurait dû aborder cette guerre elle-même, puisque c’était dans son propre jardin ! La leçon est donc que les États européens membres de l’Otan doivent d’urgence investir dans la grosse artillerie militaire. Mais, en ces temps d’économies, ce n’est pas une chose facile à défendre.

Pour les États-Unis, la Chine est le principal rival à l’échelle mondiale. Washington se rend compte qu’elle ne pourra jamais remporter la lutte économique contre la Chine, et certainement pas dans un environnement de paix. Aussi la stratégie des États-Unis est-elle centrée sur le blocage de l’influence économique croissante de la Chine. Si les États-Unis ne peuvent pas garder le terrain solidement en main, ils créent le chaos afin de plonger l’adversaire dans les difficultés. Ils viennent d’installer un régime réactionnaire en Libye. Au Pakistan, ils soutiennent les Baloutches et leur lutte pour l’indépendance, et ils œuvrent contre le pipeline prévu entre le port de Gwadar et la Chine. Ils poussent le gouvernement et l’armée du Pakistan à mener la guerre contre leur propre population sous prétexte de lutter contre les Talibans afghans. Le chaos qu’ils créent en Somalie sévit sur toute la Corne de l’Afrique. Et, au Sud-Soudan, qui vient à peine de se séparer, les Américains veulent emporter le pétrole via un pipeline direct vers le Kenya, sans passer par le Nord-Soudan.

Enfin, il y a le facteur du printemps arabe.

Mohamed Hassan : Avec les révoltes populaires en Tunisie et en Égypte, l’impérialisme a été quelque peu perturbé, mais, récemment, il a de nouveau marqué des points. Ces « révolutions » n’ont encore rien changé de fondamental. Il faut bien tenir compte du fait qu’un pays comme l’Égypte a connu quarante ans de démantèlement économique. Ce pays avait besoin d’une révolution ! Aujourd’hui, il n’y a encore eu guère plus qu’une étincelle, mais les troubles se poursuivront dans le pays tant que rien ne changera fondamentalement.

On peut tenir des élections et en même temps tenter de poursuivre le maintien d’une dictature militaire et, finalement, la population n’a pas d’autre choix que de se révolter jusqu’à ce que vienne un système politique qui corresponde à ses intérêts. Et on a quand même atteint quelque chose. L’Égypte de Moubarak avait perdu toute souveraineté : elle était soumise à Israël, elle ne contrôlait pas vraiment le canal de Suez et elle envoyait des médecins militaires en Afghanistan. Le fait que les Égyptiens ont pris d’assaut l’ambassade d’Israël aurait été impensable il y a un an. Mais cela s’est bel et bien produit, voici quelques semaines. Aujourd’hui, Le Caire refuse d’encore fournir du gaz à Israël en dessous du prix du marché, comme naguère, et il a déjà laissé naviguer un vaisseau de guerre iranien dans le canal de Suez…

Mohamed Hassan mardi 13 décembre 2011

Tony Busselen et Bert De Belder

Source : le site du PTB

http://www.ptb.be/weekblad/artikel/interview-de-mohamed-hassan-la-syrie-piece-embarrassante-dans-le-puzzle-americain.html


1-2 Léon Camus :Les États faillis d’Europe et d’Amérique nous offriront-ils une « Guerre de Noël ».

La faillite occidentale à l’heure de l’Orient convulsionnaire.

D’un côté, un monde arabe secoué de spasmes tectoniques avec deux épicentres actuels, l’Égypte et la Syrie, de l’autre, les deux pôles de la puissance occidentale, États-Unis et Union européenne, cheminant cahin-caha au bord de l’abîme ! Reste à savoir si la conjonction de ces deux menaces ou la rencontre de ces deux dynamiques entropiques aboutiront ou non à une « Guerre de Noël » ? Cadeau vénéneux que des élites faillies pourraient bien apporter aux peuples sidérés pour se dédouaner de leurs échecs et « suspendre » la démocratie ! Cela afin d’être libres d’appliquer les plans quasi totalitaires qu’ils nous ont concoctés : austérité, contrôle social et projections des forces vives dans le brasier de guerres sans fin… Conflits ultimes servant à justifier un ordre social fondé sur l’idolâtrie de la marchandise, soit un Nouvel Ordre innommable aux mains d’oligarchies d’argent, ennemies résolues du genre humain.

Ce dimanche 24 novembre au Caire, après six jours d’émeute et 41 morts sur la Place des Martyrs, alors que la junte militaire tenant les rêne du pouvoir depuis le 11 février semble lâcher du lest, alors que commence le long accouchement, étalé sur quatre mois, des élections législatives, la « crise » égyptienne paraît plus que jamais sans issue et même, passablement inquiétante. Car la rue égyptienne se trouve maintenant divisée entre manifestants exigeant un « changement radical » et contre-manifestants réclamant le retour au calme et à l’ordre pour relancer une économie plongée dans un coma profond depuis un an. Ceux qui hier encore étaient unis pour chasser Moubarak se retrouvent donc aujourd’hui presque au bord de l’affrontement. Une seule certitude : comme en Tunisie et au Maroc, les Frères musulmans devraient sortir grands vainqueurs du processus électoral.

Ce même jour, le Premier ministre qatari, Hamad al-Thani, annonçait au Caire, en clôture d’un Conseil extraordinaire des ministres de la Ligue arabe, l’adoption contre la Syrie d’un train de sanctions économiques, ceci afin de contraindre le régime à cesser toute répression des mouvements subversifs œuvrant au renversement du régime baasiste… gel des comptes bancaires du gouvernement syrien dans les pays arabes, suspension des liaisons aériennes… Peu de chose apparemment, mais une « première » révélatrice de l’alignement des gouvernements arabes sur les desiderata occidentaux. Sur les 21 membres de la Ligue arabe – exception faite de la Syrie suspendue depuis la mi-novembre - 19 ont approuvé sanctions, l’Irak et le Liban s’en étant « dissociés » aux dires de cheikh Hamad ! Pendant ce temps, l’ineffable M. Juppé, après avoir reconnu les rebelles du « Conseil national syrien [comme] l’interlocuteur légitime », déclarait qui allait proposer à l’Union européenne, et au nom de la France qui n’en peut mais, l’instauration en Syrie des « zones sécurisées pour protéger les populations civiles ». Chacun pourra constater ici, qu’à quelques nuances près, le scénario qui s’écrit ces jours-ci, ressemble come deux gouttes d’eau à celui déjà appliqué à la Jamahiriya Libyenne : reconnaissance de la dissidence comme interlocuteur étatique et amorce d’un grignotage du territoire d’un État souverain sous prétexte d’action humanitaire… Arrêtons-nous un instant sur ces deux crises disjointes mais qui se développent en parallèle…

Égypte : révolution confisquée, système verrouillé, les Frères musulmans bientôt aux commandes… avec l’aval des É-U

Les Frères Musulmans, qui attendent ce moment depuis trente longues années, sont a priori les favoris des législatives qui démarrent ce lundi 28 novembre (1). Ils leur faudra cependant compter avec la jeunesse désœuvrée qui campe place Tahrir, bien décidée qu’elle est à faire bouger les lignes et à dépasser les collusions et les clivages actuels : il s’agira en conséquence pour les Frères de se démarquer nettement du Conseil suprême des forces armées qui assure actuellement la transition, mais aussi plus discrètement la continuité entre l’Égypte de Moubarak et celle d’une révolution en passe d’être confisquée… et c’est justement ce que refusent les foules en colères : se faire voler leur révolution.

Masses dont la mémoire politique est assez vive – aiguisée par les restrictions de liberté mentale qui leur ont été imposées depuis un demi siècle – pour savoir que chasser Moubarak, comme les Algériens le firent de Chadli en janvier 1992, et lui substituer un parti majoritaire en lieu et place d’un parti unique, n’a rien à voir avec une démocratie véritable. En un mot les foules attentives ont compris qu’un pouvoir semblable au précédent mais habillé de neuf était en train de s’installer silencieusement à leur corps défendant. Une conscience et une détermination impressionnante pour une plèbe en principe analphabètes, sans guide et sans idéologie autre que la volonté d’exprimer librement haut et fort leur espérance de pouvoir vivre à présent dans la dignité. Ce pourquoi elles rejettent ce qui pourrait succéder à la junte militaire : « le président sans pouvoir d’un État fantoche, des ministres impuissants et un parlement sans poids ». Au final, les Frères et leurs épigones - tel le Mouvement de la Jeunesse du 6 avril, le même qui appelle actuellement les Égyptiens à la mobilisation - seront à n’en pas douter ceux qui incarneront le mieux - d’ailleurs avec ou sans le soutien des É-U car rien n’est clair en ces temps troublés ! - le retour vital à l’ordre… et aux touristes que tous attendent avant les hypothétiques présidentielles d’avril 2012.

Inutile au demeurant de se demander pourquoi aucun des objectifs de la révolution - pourtant fort clairs : changements radicaux de la structure du système soit une rupture totale avec le régime précédent – n’a été atteint jusqu’ici excepté l’élimination de symboles trop voyants et la dissolution du Parti national démocratique, quand on sait ce qu’est vraiment la machine militaire qui a pris le relai.

En tout état de cause, le maréchal Mohamed Tantaoui, ministre de la Défense et président du Conseil suprême des forces armées est de facto le chef d’État avec Omar Souleimane pour vice-président… or les deux hommes, s’ils n’ont pas été directement désignés par les États-Unis, ont-ils été du moins explicitement agréés par Washington (2). En ce qui concerne le premier, celui-ci a noué des liens étroits avec le Pentagone lorsqu’accédant en 1991 au portefeuille de la Défense et commandant en chef des forces armées égyptiennes, il participe à la première Guerre du Golfe aux côtés de la Coalition anglo-américaine [Cf.Wikipedia]. Plusieurs câbles diplomatiques américains publiés par WikiLeaks, le décrivent en 2008 comme « charmant et courtois… âgé [il est né le 31 octobre 1935] et particulièrement insensible au changement ». Enfin pour clore provisoirement le chapitre, sachons que les États-Unis contribuent à hauteur d’1,5 md de $ annuel au budget égyptien dont la majeure partie engraisse l’armée. La cause est entendue, et le système largement verrouillé. Quelque soit le cas de figure, il semble bien que les É-U continueront à tirer les ficelles… le cas échéant par Frères interposés sauf deus ex machina, autrement dit à ce que la révolution égyptienne ait vraiment lieu à l’issue d’un soulèvement général. Ce qui semble peu probable. Reste une troisième possibilité au regard des frustrations restées à vif, celle d’un chaos durable et d’une instabilité explosive chronique dont le voisin immédiat n’aurait guère à se plaindre puisque tout l’art de ses dirigeants consiste à régner sur la Région ordo ab chao (3). D’où le pandémonium syrien pour lequel les politiques français semblent n’avoir qu’une hâte, celle d’y foncer tête baissée…

Syrie, guerre indirecte : les Pieds Nickelés anglo-franco-allemands sont à la manœuvre, les derniers jours de Bachar El-Assad ?

Tandis que M. Cameron, Premier ministre britannique annonce benoîtement la « guerre civile » en Syrie, en France le Canard enchaîné « révèle » que Paris, Londres et Ankara plancheraient activement sur la préparation d’une offensive… limitée il est vrai [23 nov. 2011].

Pour sa part, M. Juppé, qui prétend représenter les intérêts français hors frontières, durci sa chaque jour davantage sa position à l’égard du pouvoir alaouite d’Assad, déclarant avec un bel aplomb [France Info 28/11] que « ses jours sont désormais comptés »… Vous m’en direz tant ! Or si ce n’est pas une déclaration de guerre, cela y ressemble bigrement. M. Juppé estime en outre que les sanctions économiques adoptées par la Ligue arabe contre le régime syrien vont l’isoler toujours plus, et à partir de là, réaffirme la nécessité d’établir des « corridors humanitaires… seule façon d’alléger à court terme le martyr des populations » (4). Des propos abondamment repris et amplifiés par la caisse de résonnance journalistique sans que quiconque ne songe à s’esclaffer devant tant de Tartuferie ! Comme si Juppé se préoccupait du sort des populations ? Sauf à ce que, schizophrène, il ait fini par croire à sa propre logomachie… en dépit des démentis apportés à ses projets d’ingérence armée par la Cheftaine des opération militaires des Nations unies, Valérie Amos, estimant quant à elle, que « les besoins humanitaires identifiés en Syrie ne justifient par la mise en place de tels mécanismes ».

D’ailleurs, au moment même où s’écrivent ces lignes, le 28 nov. 2011, des dizaines de milliers de personnes ne sont-elles pas rassemblées à Damas sur la place Sabaa Bahrat, au cœur de la ville, pour conspuer et dénoncer les sanctions imposées la veille par la Ligue arabe en brandissant drapeaux géants et portraits du président Assad, tandis que dans le nord du pays, à Alep et Hassaké, d’autres manifestants défilaient en rangs serrés ? Quand cessera-t-on de mentir en nous faisant croire à une révolte populaire en Syrie alors qu’il s’agit de la dissidence de groupes factieux entrainés, monnayés, équipés de l’extérieur ?

Reste que rien de l’actuelle offensive diplomatique, médiatique - et souterrainement militaire – dirigée contre Damas n’aurait pu avoir exister sans le spectaculaire retournement de la Turquie passé du camp anti-impérialiste et ami de la Syrie, à celui de supplétif de l’empire financier anglo-américain et de leurs tributaires franco-allemands.

Pendant ce temps-là, le Département d’État imperturbable – comme le sont tous les « rouleaux compresseurs » remplissant scrupuleusement un cahier des charges et suivant pas à pas un agenda - enjoint à ses ressortissants de quitter immédiatement le territoire syrien tout en faisant courir la rumeur que le porte-avion George H.W. Bush et sa flotte de combat, aurait quitté le Golfe arabo-persique pour gagner les eaux de la Méditerranée orientale. Laissant entendre ou suggérant que les États arabes et la Turquie se seraient tombés d’accord pour imposer une zone d’exclusion aérienne auquel la Marine américaine apporterait un soutien logistique… En clair, si l’on se réfère au précédent libyen, une « no fly zone » n’est qu’un violent euphémisme désignant une formidable campagne de bombardements de cibles diverses et variées… Ce que réclame à point nommé « sur certaines cibles stratégiques »,le colonel Riad Al-Assaad, chef de la prétendue Armée syrienne libre - basée en Turquie d’où partent les opérations de guerre subversive conduites sur le sol syrien (5) - et très impatient de voir matraquée depuis les airs sa terre natale… Au demeurant – réponse du berger à la bergère - la Russie prévoit d’envoyer en 2012 une flotte de guerre en Syrie (6) alors même qu’un regain de tension se manifeste entre Moscou et les Atlantistes, non seulement à propos de la crise syrienne mais aussi en raison du déploiement programmé d’un bouclier anti-missiles américain en Europe orientale et en mer Baltique. Une concomitance entre deux dossiers sensibles qui ne doit certainement rien au hasard en ce qu’il est singulièrement illustratif de la dégradation des relations Est/Ouest (7). C’est de ce contexte qu’il convient à présent d’appréhender le revirement d’une Turquie prête encore hier à former un triangle du refus avec Damas et Téhéran ?

Le stupéfiant retournement de la Turquie

Stupéfiant au premier abord, pas si l’on regarde les choses au fond. Le 17 mai 2010, les ministres des Affaires étrangères iranien, brésilien et turc signaient à Téhéran un accord sur un projet d’échange de combustible nucléaire à l’issue d’un sommet tripartite en présence des présidents Ahmadinejad, Lula da Silva et du Premier ministre turc Erdogan… ceci à la grande colère de Mme Clinton dont la politique de sanction à l’égard de l’Iran était ainsi battue en brèche. Un épisode qui faisait suite au coup d’éclat d’Erdogan le 29 janvier précédent à Davos où il infligea un spectaculaire camouflet au président israélien Pérès en rompant brutalement un échange relatif à la situation de la Bande Gaza après Plomb durci ?

Plus récemment l’on se souvient du rappel réciproque des ambassadeurs, l’État hébreu ayant refusé de présenter des excuses pour l’assaut du navire humanitaire turc Mavi Marmara – cherchant à forcer le blocus de Gaza - dans lequel 9 militants avaient trouvé la mort sous les balles des commandos israéliens.

Nous sommes en outre bien loin de cette photographie historique où se trouvaient réunis à Istanbul, lors du Sommet du Comité Permanent pour la Coopération Économique et Commerciale le 9 nov. 2009, les présidents Abdallah Gull, Bachar el Assad et Mahmoud Ahmadinejad…

Que s’est-il donc passé ?

Comment expliquer le retour dans d’Ankara dans le giron occidentaliste, alors que tous croyaient la Turquie - au moins depuis 2003 et son refus de prêter main-forte aux anglo-américains dans leur assaut contre l’Irak baasiste - dans le camp de ces nouveaux Non-Alignés que sont les grandes puissances émergentes ?

Et que l’on était en droit de s’attendre, dans la crise syrienne, à un rôle de médiateur et de bons offices de la part du gouvernement turc, alors que c’est l’exact contraire qui s’est produit !

Éléments d’explication

Au lendemain du rapprochement turco-syrien et turco-iranien, les potentats du Golfe se sont attelés à détourner le tandem Gull/Erdogan de leurs tropismes syro-iraniens, obéissant en cela à leurs peurs de voir se constituer un pôle régional dominé par les Chiites exécrés… satisfaisant en cela à toutes les attentes de Washington.

Résultat, le Qatar, base arrière avancée de l’influence américaine dans la Péninsule, s’est empressé d’annoncer son intention de construire en Turquie un complexe gazier de liquéfaction destiné aux exportation vers l’UE.

Ajoutons au nombre des carottes, que les Turcs fort marris de porter à leur flanc sud la tumeur du PKK expression de l’irrédentisme kurde, convoitait la possession de drones tueurs, maîtres incontestés des champs de bataille asymétriques dans les conflits de basse intensité.

Dans un premier temps, Tel-Aviv en a vendu à Ankara, mais les machines de mort ont été réexpédiées à l’envoyeur parce que défectueuses… D’ailleurs l’une des raisons sous-jacentes de la dégradation de relations entre les deux capitales !

Puis la Turquie a tenté de s’équiper auprès de la France et de l’Italie. En vain, les Israéliens ayant mis des bâtons dans les roues et fait capoter les accords. Au bout du compte, une demande à Washington - également bloquée un certain temps par Congrès sous la pression du lobby israélien - finit par aboutir. Des Predators sont désormais prépositionnés sur la base aérienne d’Incirlik, ce qui suppose, à l’évidence… un échange de bons procédés !

S’ajoute à cela les relations historiques existant entre le parti au pouvoir en Turquie, « Développement et Justice », islamiste réputé modéré, et les Frères musulmans, principale force de l’opposition syrienne en exil. Mais in fine aucun des éléments évoquée ne suffit à lui seul, ou tous ensembles, à expliquer l’actuel acharnement de la Turquie contre le régime syrien. En fait, il aura fallu aux fins stratèges du Département d’État de trouver la façon de canaliser les velléités d’expansion régionale d’Ankara. Car il est impossible d’ignorer les ambitions pantouraniennes et néo-ottomanes qui travaillent depuis des lustres l’inconscient collectif des élites turques, kémalistes ou religieuses, où elles étaient en sommeil. Et d’abord parce qu’elles sont une donnée structurelle de la Turquie de toujours dont les représentants d’aujourd’hui sont génétiquement héritiers du mouvement des Jeunes Turcs… ceux-là mêmes qui abolirent le Khalifat, pour mieux – puisqu’ainsi fonctionne le balancier de l’histoire – œuvrer présentement à sa reconstitution sur le pourtour méditerranéen à l’occasion de ces « Printemps arabes » et du Projet d’Union euroméditerranéenne du président sarkozy…

La boucle est bouclée.

Il fallait donc en plus de la « gazinière », des drones de combat, donner un os à ronger aux puissants appétits d’Ankara… auxquels Washington à su faire miroiter l’éventualité proche d’un leadership turc sur la Communauté des croyants ! Un Khalifat modernisé sous la forme de démocraties islamiques, pluralistes et… libérales autant que faire se peut, la Charia devant s’adapter elle-aussi au monde moderne. Ainsi Washington ayant échoué « à donner » l’Europe à la Turquie - et pas seulement l’y faire entrer – est parvenu à désamorce les tensions, réelles ou simulées, qui ont opposé Ankara et Tel-Aviv… en jetant la Syrie en pâture à la Turquie, c’est-à-dire en semblant souscrire aux ambitions régionales de l’AKP, Washington a réintégré le Turc - un moment tenté par le néo Tiers-mondisme des Émergents - dans sa propre stratégie d’unification du Marché régional, sur les décombres des nations arabes morcelées en entités confessionnelles et/ou ethniques, mais en passe de se trouver rassemblées au sein d’une aire islamique homogène dans la diversité.

En un mot comme en cent la crise syrienne scelle le retour de la Turquie dans l’orbite américaine.

Ce qui marque, pour l’heure, une victoire de la diplomatie de l’Administration Obama, mais constitue un danger immédiat pour nous Européens qui devront, une fois de plus, payer le prix de la guerre. L’ancien ambassadeur d’Israël à Washington, Itamar Rabinovitch, dans les colonnes de l’International Herald Tribune [19 nov. 2011] a eu l’amabilité de nous expliquer qu’avant l’arrivée au pouvoir en 1970 des Alaouites « la République syrienne était un État faible et instable, une arène pour les rivalités régionales et internationales ». Or pour le docte analyste, ces derniers mois signifient précisément un retour à la « situation ante quo, c’est-à-dire prévalant avant 1970 ». Une Syrie faible, en proie au chaos voilà donc ce qui sied à M. Rabinovitch « profondément préoccupé par la menace iranienne, Israël pense qu’enlever la brique syrienne du mur iranien pourrait déboucher sur une nouvelle phase de la politique régionale ». Serait-ce là l’ultima ratio des événements vu de l’autre côté des collines du Golan ? N’en doutons pas. Nous savions déjà que de la révolte contre Damas et des manœuvres qui lui sont connexes, ne visent pas seulement la Syrie, mais aussi la Palestine, le Liban et l’Iran...

Cette fois-ci seulement, c’est « eux » qui le disent !

Notes :

1- Le vote du lundi 28 qui intervient après une semaine d’affrontements place Tahrir qui ont fait 42 morts et 3 000 blessés, ne concerne qu’un tiers des gouvernorats soit 17,5 millions sur quelque 40 millions d’électeurs, notamment au Caire, Alexandrie et Louxor en Haute Égypte.

Les Frères musulmans qui disposent d’une véritable organisation escomptent 30% des suffrages. Les résultats définitifs ne seront pas connus avant mi-janvier 2012.

2 - Les deux hommes sont ceux qui ont couvert les programmes dit de « restitution extraordinaire » de la CIA quant à l’hébergement et au « traitement » de certains prisonniers du champ de bataille afghan et irakien, soumis à des interrogatoires « non conventionnels » ne pouvant être conduits sur les bases ou le territoire américains. Cf. Parlement canadien : http://www.parl.gc.ca/Content/LOP/r....

3 - Il ne sort malheureusement pas que du bon pour les semeurs de zizanie de la Boîte de Pandore qu’ils ont ouverte : encore ce 28 nov. au matin des « saboteurs » ont fait sauter dans le Sinaï pour la 9e reprise un gazoduc alimentant Israël à l’heure où les bureaux de votes commençaient à ouvrir… un avertissement représentatif de la poudrière que devient à vitesse grand V l’Égypte du Siècle des tempêtes. L’Égypte fournit 43% du gaz naturel consommé en Israël à partir duquel 40% de sa consommation électrique est produite. Le gaz égyptien couvre également 80% des besoins jordaniens pour sa propre production d’électricité, soit 6,8 millions de mètres cubes de gaz quotidiens.

4 - L’éternel prétexte humanitaire dont les corridors sont un fleuron, brandi par tous ces gens qui entendent nous faire croire en leurs impérieux sentiments « moraux ». Mais lors que l’armées américaines massacrait en Afghanistan, dans le mépris plus absolu des lois et coutumes de guerre, des prisonniers (l’écrasement sous les bombes de la prison forteresse de Kalat i Jambi ou ce fameux convoi de prisonniers du champ de bataille qui n’achemina à Bagram en décembre 2001 que des cadavres mitraillés), ou lorsqu’en février 1991, elle enterrait vivants les fantassins de Saddam dans leurs tranchées à la frontière koweitienne, sonnés qu’ils étaient par deux semaines de bombardement, ou encore quand l’aviation coalisée carbonisait des colonnes de fuyards sur « l’autoroute de la mort » à coup de bombes à dépression, ou bien quand le généralissime Schwarzkopf engageait sereinement une « bataille d’annihilation » - qu’il ne conduisit pas à son terme - c’est-à-dire de destruction totale des personnels ennemis, en l’occurrence les 500 000 soldats irakiens déployés face à la coalition occidentale… sans oublier les engins au phosphore lancées sur les civils gazaouis en 2009 à l’occasion de l’Opération Plomb durci et de ses 13 000 morts… lesquelles n’émurent pas grand monde dans la classe médiatique. Aucune des grandes gueules qui posent aujourd’hui à l’autorité morale ne l’ouvrait alors. Or c’est l’héritage de siècles et de la civilisation qui se trouve bafoué, refoulé et nié dans et par une telle attitude !

5 - La solidarité sunnite se trouve également à l’œuvre au nord du Liban. Les camps palestiniens près de Saïda regroupent de nombreux salafistes entraînés, ceux-là qui en 2008 donnèrent du fil à retordre à l’armée libanaise. De source locale fiable, environ 17 000 - chiffre considérable - de ces combattants, aguerris sur différents théâtres d’opérations, seraient déjà « opérationnels » en Syrie.

6 - Selon les Izvestia, le porte-avion russe, Amiral Kouznetsov, vient en effet de quitter la Mer de Barents avec son escadre à destination de la base navale russe dans la rade syrienne de Tartous qui devrait atteindre en janvier 2012n officiellement pour une simple escale prévue depuis 2010. L’analyste dissident T. Meyssan signale depuis Damas que la Russie aurait également envoyé deux croiseurs à Tartous où du matériel de guerre serait dès à présent débarqué « à flux tendu comme à l’époque d’Andropov ». – Voir aussi Russia warships to enter Syria waters in bid to stem foreign intervention. Haaretz – 18 nov. 2011. Il aura fallu attendre le 28 nov. Pour que l’AFP diffuse cette information.

7 – 23 nov. 2011. AP. Le président Dimitri Medvedev a déclaré mercredi que la Russie déploierait ses missiles vers les sites américains anti-missile en Europe si Washington continuait à ignorer les demandes de Moscou relatives à ce « bouclier ». De son côté la Maison Blanche a fait savoir que les États-Unis ne limiteront pas ou ne changeront pas leurs projets dans ce domaine en dépit des nouvelles menaces de la Russie.

Léon Camus

samedi 3 décembre 2011



2 Déclaration,courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Marie-Ange :Demande d'aide pour la Syrie.

Chers amis,

je vous fais suivre un message urgent reçu de Mère Agnès-Maryam de la Croix, et du Monastère de Saint Jacques l'Intercis, décrivant la situation ces dernières semaines et nous demandant d’aider les familles pauvres victimes de le terreur des bandes armées qui opèrent dans les villages et campagnes.

Cette aide est une forme de solidarité avec la population syrienne qui résiste à l’agression contre le pays.

Lettre en pièce jointe et sur le site du monastère (visitez le site) :

 http://www.maryakub.org/actualites.html .

Les lignes téléphoniques du monastère ont été coupées par les terroristes il y a une dizaine de jours (avec comme conséquence l’inaccessibilité aussi à Internet depuis le monastère).

Diffusez cet appel, s’il-vous-plaît, nous pouvons les aider doublement : par notre contribution financière mais aussi par le soutien moral et la solidarité politique que cela représente.

marie-ange

 

Voici deux autres messages reçus d’amies syriennes à Damas, hier soir et ce matin, après l’attentat :

« Je n'avais pas d’Internet et pas de communications internationales hier, je voulais t’appeler pour te tenir au courant et te demander comment on pouvait fermer la boite a mensonges qui s’appelle France 24 : le titre de l'attentat se nommait répression en Syrie,  et ils expliquent que malgré l’arrivée des observateurs, le régime continue à réprimer la population... 

Mais cela n’a pas empêché les manifs nocturnes dans TOUTE la Syrie en solidarité avec le peuple et contre les barbares de al Qaeda  (pas que sur le lieu de l'attentat) et ce malgré les recommandations et l'appel à la prudence. Les donneurs de sang ont afflué, jusqu’à l‘annonce à la télé que les besoins étaient couverts.

 J’étais à quelques Kms et on a bien entendu les déflagrations. Une nouvelle escalade  dans la violence contre la Syrie. »

 

"[23 décembre] Personne n’a décoré l’extérieur de leurs maisons pour noël par empathie pour les familles endeuillées, à la place on mettra des drapeaux

 [...] Aujourd’hui (24 XII), jour de deuil si vous aviez vu les milliers de personnes de toutes confessions hommes et femmes devant la mosquée des Omeyyades, et à l’intérieur gens de toutes les confessions, c’était tellement émouvant, même a Tartous ils ont sonné les cloches, tout le peuple est prêt a faire de son corps un rempart contre ces meurtriers envoyés par les monstres de ce monde, pour empêcher notre destruction et pour notre unité ».

Sent:Saturday, December 24, 2011

 

Réponse d'Agnès-Mariam de la Croix à un reportage diffusé par Arte sur un film de propagande.

Mère Agnès-Mariam de la Croix, higoumène du monastère de Saint Jacques le Mutilé à Qâra (Syrie) répond à la propagande de guerre relayée par la journaliste française Sofia Amara (*) dans le film diffusé par la chaîne Arte le 11 octobre 2011. Elle démonte les faits rapportés comme n’ayant aucun rapport avec ce qui se passe sur le terrain. Un film médiocre, devant servir la propagande de ceux qui veulent mettre la Syrie à feu et à sang, qui déshonore Arte.

Sofia Amara : le reportage de la propagande

Agnès-Mariam de la Croix

Le lancement d’Arte cherchait un maximum d’audience et de crédibilité. « Pour la première fois depuis le début de la révolte en mars, une journaliste indépendante a pu, en août dernier, se rendre en Syrie, pays interdit aux médias. » Cela fait-il allusion à son départ précipité de Radio Monte Carlo ? Et Depuis quand la Syrie est-elle interdite aux médias, lorsque des voyages de presse sont organisés pour tout le monde y compris russes et chinois, l’un des derniers à l’être fut par des hommes d’affaires pour une centaine de journalistes et de personnalités d’Est et d’Ouest [1].

En tous les cas, le ton est donné, relayé par France-info.

Arte nous avait promis de voir de nos yeux les preuves infrangibles du « permis de tuer » dans « l’enfer de la répression » en Syrie. Je vis en Syrie depuis 1994. Je n’ai jamais fait de la politique. Le régime syrien ne figure pas dans les causes qui motivent mon action. Cependant il m’est difficile de me taire lorsque j’assiste à des manipulations médiatiques car elles ont un impact négatif sur la stabilité du pays et, surtout, sur la crédibilité de l’opposition. Le reportage de Sofia Amara est une preuve à l’appui que nos « amis de l’Ouest » qui cherchent à nous aider ont tendance à mettre les pieds dans le plat.

Auparavant j’avais lu l’interview que notre reporter avait accordée à La Vie. Choquée par sa superficialité je l’avais commentée. C’est donc avec une faim non encore assouvie que j’ai littéralement dévoré les séquences de l’épopée de notre amazone dans son incursion O combien dangereuse, parait-il, dans le pays où j’habite. Tenaillée par le désir de voir de mes yeux les crimes du régime je suis renvoyée à ma faim avec un documentaire aussi chiche qu’une boustifaille. On est au mois d’août à un moment où la presse mondiale assure déjà que les insurgés « sont obligés de s’armer pour faire face à la violence du régime » et les témoins racolés assurent, à contre-courant et en déphasage chronologique, que les manifestations sont pacifiques.

En fait, à chaque pas, Sofia Amara s’écarte beaucoup de la charte de Munich, où est demandé au reporter de couvrir la réalité des faits et de rendre compte d’une manière pertinente des faits qu’il rapporte. Au lieu de l’enquête, c’est du qu’en-dira-t-on, au lieu des preuves, c’est du qu’en- dira-t-on, au lieu des témoins, c’est des qu’en-dira-t-on. Plat unique et universel pour audience d’abrutis malgré l’accompagnement sonore extradé d’un film de vampires et qui ne trompe personne.

Selon cette charte, pour ne rappeler que certains devoirs, l’éthique veut que le ou la journaliste :

 1. Respecte la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître
 2. Publie seulement les informations dont l’origine est connue ou les accompagner, si c’est nécessaire, des réserves qui s’imposent ; ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et les documents
 3. N’use pas de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents
 4. Rectifie toute information publiée qui se révèle inexacte
 5. S’interdise le plagiat, la calomnie, la diffamation, les accusations sans fondement ainsi que de recevoir un quelconque avantage en raison de la publication ou de la suppression d’une information
 6. Ne confonde jamais le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste ; n’accepte aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs
 7. Refuse toute pression et n’accepte de directives rédactionnelles que des responsables de la rédaction.

Sofia Amara transgresse à tout bout de champs ces devoirs élémentaires du journalisme. Etait-ce la peine de venir « incognito » en Syrie, au péril de sa vie, pour ne filmer que des visages floutés, des bustes, des pieds et des mains, des dos, des canapés, des repas vaguement syriens, des décors peu convaincants, quelques rues anonymes et secondaires avec des bâtiments endommagés, des immondices, des enfants répétant leurs leçons ?

Mais prenons au mot le lancement d’Arte qui est quand même un certificat d’authentification journalistique et suivons les jalons qu’il nous propose :

« Sofia Amara a suivi au quotidien le travail des comités de coordination de la révolution. » Piètre trophée de guerre ravi à la vigilance syrienne : une demi-douzaine de personnages anonymes qu’on croirait syriens et dont l’accent, surtout celui dudit Mohammed Ali, est bizarrement très libanais ? En guise de travail des comités de révolutions que voyons-nous ? Un individu nonchalamment étendu par terre, en train de manger à côté de son chat ou d’autres manipulant leur ordinateur.

« À Damas et à Homs, elle a filmé l’organisation des manifestations à la sortie des mosquées. »

Habitant dans le diocèse de Homs qu’il me soit permis de dénoncer la version des faits rapportés de Homs. Il s’agit d’une version tronquée et partisane pour ne pas dire malhonnête. Le médecin et l’infirmière dont on ne voit que le dos, sont mis à contribution pour relater des horreurs soi-disant perpétrées à l’hôpital militaire de la ville. Je connais parfaitement la question puisque les médecins qui travaillent dans cet hôpital sont des amis de notre diocèse. Le récit en son entier est faux et frauduleux. Je trouve que c’est honteux de chercher des figurants pour raconter des balivernes, sans se soucier d’aucune preuve.

Par ailleurs l’avantage insigne du documentaire réside dans le fait que nous sommes enfin renseignés sur la dynamique primaire de l’opposition. On prie dans la mosquée le vendredi et à peine finie la prière on se lève comme des forcenés ¬ galvanisés avec du Keptagon [2] ?- en criant des slogans islamistes de bas calibre. Mais, au passage, les figurants et la réalisatrice ont oublié qu’il fallait se rechausser pour que çà ressemble à du vrai…. Alors était-on vraiment dans une mosquée, un vrai vendredi, durant une vraie prière, à l’entrée d’une vraie manifestation, ou était-ce un scénario [3] ? Un vrai camouflet pour la cause de la révolution syrienne ! Non seulement il s’agit d’une révolution à teinture religieuse, mais on ne sait même pas si les figurants sont de vrais musulmans !

« À Rastan, elle a rencontré des officiers entrés en résistance, qui affirment avoir constitué une "armée libre" pour tenter de s’opposer à la répression. »

Le suspense bon marché est à son comble de voir notre amazone perchée sur une moto, voulant nous faire croire qu’elle se déplace incognito, alors qu’elle s’habille de telle manière qu’elle est reconnaissable à vingt lieux, ne fusse que par les badauds du coin qui feront des gorges chaudes de leur voisin cavalcadant à la tombée de la nuit avec une étrangère [4]… Belle preuve sur l’omniprésence des services secrets en Syrie où, nous a-t-elle avertis, « tout le monde peut être informateur ». J’en conclus que les services secrets syriens qui n’ont pas su détecter cet artifice, sont en baisse sérieuse de vigilance ou, miracle ! Ils ont été reconvertis en enfants de chœur par les réformes décrétées par le Président Bachar El Assad ! Avis aux détracteurs.

Puis vient le moment des funérailles du lieutenant dissident Fadi Kassem. Pourquoi ne voit-on pas son visage en direct ? Pourquoi aucun de ses compagnons d’armes n’est présent ? Pourquoi ne lui rend-t-on pas l’honneur des armes ? Au lieu de cela on a réquisitionné ce qui semble être un traducteur assermenté (ceux en Syrie qui parlent le français), on lui a mis des guenilles et le voilà gesticulant dans tous les sens, feignant de baragouiner le français, alors qu’il se dévoile en prononçant les « p » [5] comme un francophone chevronné. Il essaye d’appeler le Président Sarkozy au secours avec l’espoir que ses appels suppléeront un mandat officiel de l’ONU à l’OTAN pour une intervention humanitaire !

Après des apéritifs de mauvaise qualité avec la « mère du défunt », maquillée, contrairement aux us, et peinant à verser quelques larmes, nous sommes pris d’indigestion devant la manifestation nocturne en hommage au défunt. Bien qu’on soit en deuil, le mort ayant été enterré quelques heures plus tôt, on danse et crie à tue-tête au son de « Al Houwara », musique on ne peut plus joviale, réservée pour les jours de bonne chère. En Syrie, il y a eu des meetings de protestations pour les victimes des représailles. Jamais ils n’ont tourné à des réjouissances avec danses au son de « Al Houwara ». On voit bien que Sofia Amara méconnait les us et coutumes syriennes et qu’elle n’a pas su agencer ses séquences dans la logique de la réalité socioculturelle. Ici la méprise est de mauvais goût pour la mémoire du défunt, si jamais défunt il y eut.

« À Hama, elle a pu mesurer la violence du régime : bombardements de civils, tirs à balles réelles sur les manifestants, détentions arbitraires, exécutions sommaires, tortures... »

La « violence du régime » n’est malheureusement pas filmée directement dans ce documentaire. A part le témoin unique à visage découvert qui nous montre des traces de sévices corporels, elle est une reprise de données enregistrées sur deux ordinateurs reliés en direct par Justin TV à Al Jazirah.

N’est ce pas dommage de se replier sur des images immatérielles auxquelles ont peut avoir accès n’importe où sous le ciel alors qu’un témoin en chair et en os était présent sur place ? En définitive nous en sommes, en fait de preuves concluantes, au niveau zéro, compte donné que les observateurs impartiaux sont d’accord pour dire que les vidéos qui passent sur Al Jazirah sont des montages, des collages et des plagiats de documentaires antérieurs, appartenant à d’autres circonstances, et interposés sans vergogne.

Quelle utilité de venir en Syrie pour filmer des films d’une date antérieure dans l’ordinateur d’un personnage flouté dont on ne voit que le dos, les mains ou la chemise et qui ne fournit aucune connexion en ville, qui ne participe à aucune réunion, qui ne présente aucune preuve convaincante d’être un manifestant, encore moins un chef de réseau de la révolution ? Ce sont des assertions qu’on entend, certes, mais déontologiquement il est de notre devoir de douter de tout ce qui n’apporte aucune preuve convaincante. Est-on vraiment avec un activiste de Hama ? Comment le savoir puisqu’on ne filme qu’intra muros où on n’aperçoit que des tables, un lit, des chaises et des canapés ?

Dans le quartier de Kaylaniya, elle a rencontré les familles de victimes du massacre de 1982, qui ont été enterrées dans des jardins publics.

Alors que notre journaliste parlait tantôt avec des activistes athées de Hama, voilà qu’elle se retrouve avec les familles des victimes des massacres de 1982 qui appartiennent à la formation politique très religieuse des Frères musulmans.

On nous montre des terrains vagues où certains habitants assurent que les leurs ont été enterrés en 1982 et où les victimes actuelles sont inhumées parce que les forces de l’ordre ont attaqué les cimetières. Mais, là aussi, il s’agit d’un colportage d’information. Les lieux en question sont inhabituellement déserts pour des jardins publics, il n’y a pas de perspective ni de vues générales pour nous situer. On dirait que le caméraman évite de nous dire où il se trouve comme si le spectateur était un agent de la sécurité. Nous ne voyons pas non plus le cimetière, ciblé par l’armée nous dit-on, nous ne savons pas si, en dessous de la terre filmée, il y a des corps inhumés. Les personnes qui témoignent peuvent être n’importe qui et dire n’importe quoi. Dommage pour la vérité.

Ces images et ces témoignages montrent pour la première fois l’implication de membres du Hezbollah libanais et de gardiens de la Révolution iranienne dans les massacres.

Pour la libanaise que je suis qu’il me soit permis de douter des « images » refilées à notre reporter. Voir deux barbus dans une séquence n’est absolument pas une preuve qu’il s’agit de membres du Hezbollah. Il y a lieu de se demander pourquoi l’armée syrienne, forte d’un demi million d’hommes, s’encombrerait-elle de combattants iraniens ou chiites ? La rumeur seule n’est pas suffisante pour constituer un chef d’accusation.

Ce qui se dégage en définitive du film de Sofia Amara c’est de deux choses l’une : ou bien la révolution syrienne est orpheline de toute évidence sérieuse face au régime qui l’opprime, ou bien l’odyssée à laquelle nous assistons est un trucage obscène qui tourne en dérision cette même révolution.

À la manière d’un carnet de route, ce film raconte aussi les coulisses d’un voyage à haut risque, montrant les dangers encourus quand on filme une manifestation ou les ruses inventées pour rencontrer les activistes. Autant d’éléments qui rendent compte de l’atmosphère de terreur qui règne dans le pays.

Selon moi ce film est une mise en scène médiocre et à moindre frais, où le risque a été évité grâce au trucage ou au copiage. Il démontre en premier lieu qu’en Syrie il y a un laisser aller flagrant des forces de sécurité. Ensuite il prouve que, lorsque le sujet cadre avec la propagande du jour, il peut avoir pignon sur rue. Sofia Amara s’était présentée comme René Caillé infiltrant Tambouctou ou Christophe Colomb en danger chez les anthropophages. Malheureusement elle n’est ni l’un ni l’autre. Dommage pour une chaine comme Arte de se faire ainsi berner elle qui a l’habitude de nous proposer des ouvrages exceptionnels. Annoncer au public des évidences de première main alors qu’on se retrouve devant un navet jette sur elle un discrédit regrettable.

Mère Agnès-Mariam de la Croix
Dimanche
16 octobre 2011

(*) Mère Agnès-Mariam de la Croix avait déjà dénoncé les propos rapportés par la journaliste Sofia Amara, dans une interview publiée par le magazine "La Vie", voir :
« 
Syrie : Schizophrénie médiatique, l’interview de Sofia Amara », par Agnès-Mariam de la Croix, 1er octobre 2011.

 

[1] Voir : « Gilles Munier : Hama, l’OSDH, l’OTAN, Israël, l’Arabie Saoudite, l’Irak et autres sujets nous concernant », par Gilles Munier, 21 septembre 2011.
On consultera utilement un article qui prouve que Sofia Amara n’est pas la première journaliste à se rendre en Syrie : « 
Soirée Arte sur la Syrie : deux heures de stalinisme bobo », par Louis Denghien, 12 octobre 2011.

[2] Genre d’Amphétamine en comprimés, appelés « performance enhancer » ou exacerbateur de tâches. À diverses reprises des témoins oculaires attestent que les insurgés sont drogués, en état de transe, insensibles à la douleur. Les douanes syriennes ont capté des millions de comprimés Keptagone en provenance du Liban (où elles sont fabriquées).

[3] On ne rentre dans une mosquée que déchaussé, sinon c’est un crime de lèse-majesté. Au vestibule les fidèles laissent leurs chaussures. Ils ont besoin d’assez de temps pour se rechausser. Ce qui n’est pas le cas dans le documentaire où, en se levant de leurs prières, les fidèles commencent à crier. Ils se seraient rechaussés dans cet état de transe ? Il s’agit de toute évidence d’une mise en scène flagrante.

[4] A Damas, la mère d’une de nos orphelines est sans cesse harcelée, sur délations des voisins musulmans, par la police des mœurs parce qu’elle cohabite avec un homme qui n’est pas son mari. On n’enfreint pas impunément les lois sociales en Syrie. Si Sofia et son compagnon n’étaient pas arrêtés pour « espionnage » ils l’auraient été pour « mœurs » !

[5] Chose impossible pour l’arabe qui n’a pas cette lettre. C’est comme pour un français rouler les r.

Dimanche 16 octobre 2011

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Mere-Agnes_Mariam_de-la-croix.161011.htm



3 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

3-1 Léon Camus : Qui veut la peau de Vladimir Poutine ?

vendredi 16 décembre 2011

La colère virtuelle gronde sur la Toile et déborde sur la rue moscovite pour dénoncer Poutine le ripou et les fraudes électorales qui frapperaient de nullité les dernières élections législatives russes. Mais que cherchent les agitateurs télématiques et les provocateurs de la voie publique ? Un changement de régime en Russie ? Bloquer la réélection de Poutine à la présidence en mars prochain ? Dissuader Moscou de persévérer à soutenir le Baas syrien et d’envoyer sa flotte de guerre en Méditerranée orientale ? Ou encore de continuer à participer au programme nucléaire iranien ? Ou bien tout cela ensemble ? N’empêche, l’escalade des défis, et de menaces tous azimuts devient de jour en jour plus manifeste au risque - peut-être – de nous conduire vers un conflit généralisé… Car sans être outrancièrement alarmiste, et moins encore catastrophiste, il est à l’heure actuelle difficile d’ignorer que sur le tableau de bord mondial tous les voyants, les uns après les autres, passent au rouge. Encore qu’il faille se montrer prudent, car les fauteurs de guerre – les vrais – s’entendent à brouiller les pistes, à jeter de l’huile sur le feu, à souffler le chaud puis le froid et attiser les peurs… ce faisant, parfois même sous couvert de dénonciation des périls, à préparer les esprits au pire mais en inversant habilement causes et effets… c’est-à-dire en imputant leurs propres intentions criminelles à des tiers qui n’en peuvent mais !

Oceania contre Eastasia… comme dans le roman éponyme « 1984 » ?

Sommes-nous entrés définitivement dans le monde de George Orwell avec la perspective d’une confrontation tous azimuts entre un bloc euratlantique et un bloc continental eurasiatique ? L’actuelle montée des périls à laquelle nous assistons impuissants nous conduira-t-elle inéluctablement à un conflit potentiellement mondial ? Ou bien tout cela n’est-il qu’une prodigieuse partie de bluff, une guerre par l’imaginaire des foules interposé grâce aux formidables capacités de manipulation mentale qu’ont engendrées la science et l’art publicitaire… aujourd’hui démultipliés par la télématique avec ses réseaux sociaux vecteurs de vents de rumeurs continentaux, de paniques et d’élans passionnels collectifs se propageant à la vitesse de la lumière ?

Les provocations militaires et diplomatiques de l’Administration Obama contre la Russie et la Chine – parce que c’est de cela dont il s’agit - entrent certainement dans ce cadre, tout comme les déclarations inouïes de Mme Clinton s’ingérant brutalement dans les affaires russes 1 … en conduisant derechef, avec un infernal toupet, une inédite diplomatie du trompe l’œil et de ce que les anglo-saxons nomment le deception game… tromperie et désinformation en temps réel puisqu’à l’âge virtuel, la réalité est condamnée à s’effacer devant la perception subjective des événements et leur cortège d’émotions, de colère et d’erreurs que véhiculent mots et images calibrés à la mesure des tirs de barrage médiatiques !

Moscou face à une tentative de « révolution d’automne »

Dimanche 4 décembre, Russie Unie, le parti des compères Medvedev et Poutine, arrive en tête des élections législatives avec 49,3% des voix, soit 238 sièges sur les 450 que compte la chambre basse, la Douma, subissant néanmoins un recul de 77 sièges 2. L’agitation commence le lendemain lorsque 3000 militants du mouvement libéral Solidarnost sous la conduite d’Ilya Yashin et du militant anti-corruption Alexei Navalny 3, rameutés grâce aux réseaux sociaux Twitter et Facebook, se rassemblent devant la Commission électorale pour exiger une « Russie sans Poutine »… Là, 300 manifestants parmi lesquels Yashin et Navalny sont arrêtés par les forces de l’ordre. Pour l’anecdote les images de ce rassemblement diffusées peu après par la chaîne américaine Fox News 4 et reprises par France 24, n’étaient celles de manifestants moscovites… mais athéniens ! Seule la première impression étant la bonne et aucun correctif adéquat n’ayant été publié, ce sont des images d’émeutes que les opinions occidentales garderont en mémoire ainsi que toute la charge négative envers Poutine qui les accompagne !

Embrayant aussitôt sur ce qui apparaissait à travers la présentation qu’en faisait les médias comme l’amorce d’une révolte populaire spontanée, l’ancien président russe Mikhail Gorbatchev demandait l’annulation des élections, tandis que le ministre des Affaires étrangères britannique, William Hague - délaissant un instant la préparation d’une nouvelle guerre, cette fois contre la Syrie - cautionnait le rapport de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe dénonçant fort à propos des fraudes électorales, apparemment massives, lors du scrutin.

La révolution « FaceBook »

Alors qu’à Moscou ce lundi 12 décembre 80000 personnes – chiffre du Figaro - s’étaient réunies place des Marécages pour dénoncer les fraudes du 4 décembre, Russie unie, organisait de son côté une contre-manifestation au cœur de la capitale. Mais ici le quotidien français s’abstient de donner la moindre estimation ! Deux jours auparavant, la page Facebook « Manifestation pour des élections honnêtes » avait rassemblé virtuellement quelque 40 000 personnes. Un phénomène d’une ampleur inédite depuis le début des années 1990 – et la chute du système soviétique – pour l’opposition. Reste que les temps ont changé grâce essentiellement à ces réseaux sociaux qui font converger des foules promptes à dénoncer la « farce électorale » et à scander « Une Russie sans Poutine ». Cependant, comme l’explique l’Agence Ria Novosti « les fraudes n’ont peut-être pas été plus nombreuses, mais elles sont devenues plus visibles »… Internet aura donc joué un rôle décisif dans la perception du scrutin pour cristalliser un mécontentement jusque là diffus au sein de foules sans visage.

On peut à ce stade, s’interroger avec quelque naïveté pour savoir ce qui ou simplement qui se cache derrière des événements à l’envergure malgré tout peu imprévisibles ? En fait, point n’est besoin d’être grand clerc pour percevoir que l’opération vise d’abord à empêcher le retour de Vladimir Poutine à la présidence en mars 2012. Ce faisant, de bloquer tout maintien d’une politique de souveraineté et d’indépendance au profit d’une Vieille Russie intrinsèquement peu sensible aux charmes promis d’une gouvernance mondiale. Ajoutons que même si l’organisation de cette fronde anti-Poutine vient de loin, il est loisible de supposer que les prises de position récentes du gouvernement russe en faveur du statu quo en Syrie ne sont pas tout à fait étrangères à cette évidente tentative de déstabilisation intérieure 5 .

Naturellement le porte-parole de Vladimir Poutine, Dimitri Peskov, démentant toute fraude massive, a pris le contre-pied de la proposition formulée la veille par le président Dimitri Medvedev, lequel se disait favorable à une « vérification » des résultats électoraux 6 ! Peskov précisant que « même en admettant que les résultats puissent être contestés en justice, cela ne peut en aucun cas remettre en cause la légitimité du scrutin [car] les prétendus témoignages de fraude ne concernent à peu près que 0,5 % du nombre total de bulletins ».

À noter, parmi les voix qui s’élèvent pour dénoncer cette amorce de révolution de velours celle de l’écrivain et bloggeur - de gauche - Maxim Kalashnikov, sonneur de tocsin contre un mouvement séditieux soutenu par ceux-là même qui mettaient il y a deux décennies, la Russie en coupe réglée… ajoutant que ce serait folie de renverser le tandem Poutine-Medvedev pour installer à leur place des prédateurs internationalistes ! Et visiblement ses arguments font mouche en Russie où l’opposition libérale est singulièrement discréditée depuis le pillage de l’économie russe au cours des années Eltsine par des oligarques libéralistes triomphant, des mafieux reconvertis, des services publics à la dérive et corrompus en conséquence, une situation peu enviable encore dans toutes les mémoires.

Le quotidien international chinois Global Times dans un éditorial intitulé « L’ours ne danse pas aux mélodies occidentales » note à ce propos qu’en dépit d’une sensible baisse de suffrages au détriment de Russie Unie, les voix perdues n’ont malgré tout pas profité aux partis occidentalistes : « Les bulletins de vote sont désormais dans les poches des communistes et des libéraux démocrates ce qui ne reflète d’aucune manière un quelconque renforcement de l’idéologie pro-occidentale »… autrement dit, en faveur du renoncement à la souveraineté au profit de la financiarisation de la vie quotidienne et d’une mondialisation aussi dévorante qu’uniformisante !

Le jeu trouble de Gorbatchev, ex syndic de faillite de la Russie soviétique

Vendant la peau de l’ours avant de l’avoir tué, le Moscow Times, n’a pas hésité à écrire que cette élection serait « la dernière de Poutine ». Quant à lui, Mikhail Gorbatchev a carrément demandé l’annulation des élections, joignant sa voix à celle de Clinton, qui ne doute de rien, exigeant qu’« une enquête exhaustive » soit rondement menée.

Si au soir des élections, le 4 décembre, Gorbatchev fut le tout premier à réclamer l’annulation des élections, il avait déjà pris de l’avance en lançant en septembre 2010, une « initiative démocratique, non partisane » intitulée « Dialogue Civil » où l’on remarquait la participation d’Alexandre Lebedev, un proche de Nathaniel Rothschild, fils de Sir James de Rothschild, en Russie passé maître ès négoce des matières premières 7. En février dernier, Gorbatchev voyait rouge et en Russie Unie il distinguait une méchante réplique de l’ex Parti communiste soviétique, prophétisant « si les choses continuent ainsi, la probabilité d’un scénario de type égyptien s’accroîtra… À ceci près que le dénouement pourrait en être bien pire » !

Dmitri Rogozin, ambassadeur russe auprès de l’OTAN, dans un entretien d’août 2008 à Der Spiegel, dépeignait ainsi Gorbatchev : celui-ci « a fort bien compris les attentes des occidentaux, mais très mal celles de son propre pays au point d’avoir fait disparaître l’Union soviétique. À l’Ouest il est applaudi pour cela, mais en Russie, Gorbatchev ne peut pas sortir sans garde du corps sinon il se ferait taper dessus... Nous les Russes sommes définitivement allergiques à des hommes politiques comme lui ». D’ailleurs lorsque qu’en 1996 Gorbatchev se présenta aux élections présidentielles, il n’obtint qu’un score minable de 0,5%...

Le mensonge arme de destruction massive

Les campagnes de diffamation médiatique dirigées contre Poutine et contre une Russie où le gouvernement s’est risqué à éclaircir les rangs de la ménagerie oligarchique, ne datent pas d’hier. Tout est bon pour vilipender, ternir l’image des dirigeants, saper leur légitimité en les dénigrant systématiquement, ce qui est une façon lente mais certaine de conditionner les opinions publiques de l’ex Monde libre, préparant ainsi le terrain aux futures et actuelles entreprises de déstabilisation des régimes non totalement alignés sur Washington et la City. On le voit actuellement pour la Syrie qui a été l’objet d’une diabolisation sourdement renforcée tout au long de la dernière décennie, préparant et conditionnant peu à peu les opinions occidentales à accepter d’avance, et même à souhaiter, une intervention étrangère pour renverser un régime honni.

Or, ce que les médias nous cachent à propos de la contestation moscovite, est que la plupart des bruyantes oppositions de la rue est financé par des fondations d’Outre Atlantique telles Democratic Alternative, la Henry Jackson Foundation, le Moscow Helsinki Group avec « Statégie 31 », ou « Da »… Une longue liste d’acteurs - individus ou groupes - tous plus ou moins soutenus matériellement par la National Endowment for Democracy - Fondation américaine pour la démocratie NED - laquelle constitue au même titre que l’US-AID, mais seulement depuis trois décennies, l’une des vitrines grand public de la Central Intelligence Agency spécialisée dans la corruption des syndicats ouvriers et patronaux et du personnel politique, de droite comme de gauche, en faveur d’une défense prioritaire des intérêts américains 8. Un fil rouge reliant entre eux une majorité d’opposants - toujours désignés comme « indépendants » - composant la mosaïque de ces indignés qui à l’heure actuelle remplissent les rues des villes russes. Comme de bien entendu les médias de l’Ouest feignent de ne rien voir ni savoir !

Pourtant dès 2006, le Kremlin dénonçait la prolifération d’associations étrangères dont certaines étaient déjà soupçonnées d’œuvrer à la déstabilisation du régime sous couvert justement de la Fondation américaine pour la démocratie. Afin de prévenir toute tentative de révolution colorée, les pouvoirs publics mettaient alors en place un sévère encadrement des Organisations non gouvernementales d’origine exotique ! Réglementation évidemment dénoncée à l’Ouest comme une nouvelle agression contre la liberté d’association.

Ainsi Golos, seule organisation indépendante de Russie pour l’observation des élections, est financée par la NED, ce que l’on trouve noir sur blanc sur le site officiel de l’agence [NED.org] : « Regional Civic Organization in Defense of Democratic Rights and Liberties Golos »… laquelle a bénéficié d’une dotation de 65 000 $ aux seules fins d’observation du cycle des élections russe de l’automne 2011 et du printemps 2012, en incluant l’analyse de la presse, des mouvements politiques, des commissions électorales et l’application de la législation.

Le cahier des charges de Golos comprenant en outre un volet communication soit des conférences de presse locales et nationales, la publication de rapports, etc. Ce qui revient à dire que les organismes qui dénoncent avec tant de vigueur la « corruption » - hélas bien réelle - et « les fraudes électorales » 9 sont en première instance financés par la NED, ce qui est loin d’être neutre et présente un caractère accentué de conflit d’intérêt lorsque cela concerne Golos censé être l’arbitre impartial des scrutins russes, en réalité financé par un État étranger et penchant nettement en faveur de l’opposition !

Tout est bon pour discréditer la Russie de Poutine : sondages et phantasmes

Alexandre Latsa dénonçait le 13 juillet 2011 10 une série d’articles parue dans la presse occidentale (Le Figaro, Le Soir, La Tribune de Genève) désignant la Russie comme un pays sans avenir et désespérant pour sa jeunesse. Un sondage tombé à pic démontrait en effet « qu’un cinquième des Russes, 22% souhaiterait émigrer » et « qu’en trois ans, selon des données officielles, environ 1,2 million de personnes auraient déjà quitté la Russie ». Des chiffres accablants (Europe 1) montrant l’abîme séparant les déclarations fantaisistes du pouvoir et la vérité sociale d’un pays en pleine déshérence. Reste que les faits, têtus, n’ont rien à voir avec les obsessions ou les phantasmes idéologiques… car si 22% des sondés affirment vouloir émigrer, ils ne sont que 1% à préparer effectivement leur départ et ne sont que 2% à avoir pris la décision de partir… 69% par conséquent ne songe pas à quitter la Russie. Par comparaison, en 2006, 25% des jeunes britanniques souhaitaient émigrer ; 33% en décembre 2010. La même année, 30% des jeunes gens des pays membres de la ligue arabe souhaitaient eux aussi partir. En 2009, 20% des Chinois diplômés souhaitaient également voir d’autres cieux tout comme 20% des Bulgares en âge de travailler… Quant au nombre de Russes ayant définitivement émigré, le chiffre est de 105 544 depuis 2008 et non de 1,25 million ! Mauvaise foi et incompétence sont ici les deux mamelles d’une presse prompte à instruire des procès en sorcellerie et pour laquelle toutes informations même les plus controuvées, font ventre pourvu qu’elles noircissent le tableau d’une Russie patriotique et qui entend apparemment le rester.

Si la Russie le voulait elle pourrait rendre en Afghanistan aux Américains la monnaie de leur pièce

Washington avant de pousser plus avant le feu de la subversion télématique devrait considérer jusqu’où exactement ne pas aller trop loin. Parce que, sans monter aux extrêmes, Moscou dispose de multiples moyens d’embarrasser les É-U, à commencer en Afghanistan… Tant que le retrait de leurs troupes n’est pas effectif, tout comme celles de l’Otan, celles-ci restent vulnérables en cas de blocus russe ! Autrement dit, au cas où Moscou interdirait son espace aérien aux vols d’approvisionnements de l’Otan, ou le transit à travers son territoire 11 . Un argument de négociation que Moscou se réserve si aucun compromis n’intervient par exemple quant au bouclier anti-missile que les É-U entendent installer en Europe du Nord 12

Cela même alors que le Pakistan bloque sine die la Passe de Kyber interdisant le passage aux convois de ravitaillement des coalisés, suite à l’attaque du poste de Mohmand par des troupes de l’Otan… laquelle a fait 24 morts parmi les pakistanais, sans compter les spectaculaires attentats qui détruisent régulièrement les divers convois destinés à la coalition occidentale. Si donc le Pakistan fermait à son tour son espace aérien, ce serait alors pour l’Otan la fin des haricots : les coalisés de la Force de stabilisation auront des armes mais pas de munitions, ni de carburant pour faire fonctionner leurs installations lourdement énergivores (ex. 150 litres d’eau douce épurée par homme et par jour là où il en fallait 3 ou 4 aux forces françaises combattant le Vietminh). Les réserves de l’Isaf sont en principe de trois mois, mais dans l’hypothèse d’une grève du droit de passage nord et sud, le bourbier afghan pourrait rapidement se transformer en guêpier, à savoir une sorte de Dien Bien Phu logistique pour les 130 000 hommes de l’Isaf (48 nations dont 28 membres de l’Otan. Source Otan) qui s’y trouvent enfermées à l’instant présent !

Mais ici il s’agit pour l’heure de pures spéculations, même si le Lieutenant Général du cadre pakistanais de réserve, Hamid Gul n’hésite pas à envisager publiquement une concertation avec la Russie en vue d’établir un blocus logistique des forces occidentales en Afghanistan afin que « les troupes américaines et celles de l’Otan soient étranglées [car] le temps est venu pour le Pakistan de se trouver l’occasion manquée après les attentats du 11 Septembre de regagner respect et souveraineté ». Une occasion de réhabilitation en quelque sorte et d’affranchissement à l’égard du maître américain ? Or jusqu’ici ce genre de propos était – semble-t-il - rarement tenu à haute voix. Comme les temps changent !

Les prophètes de l’Apocalypse

Retour à Washington où nous inclinerons à accorder quelque crédit à la revue géopolitique EIR 13 qui aurait publié le 7 décembre 2011 le témoignage d’un ex amiral de l’US Navy [sans autre précision] selon lequel les militaires américains craignent fortement qu’Israël n’emploie l’arme nucléaire en seconde frappe après une première attaque conventionnelle « préventive » sur l’Iran, c’est-à-dire en cas de représailles iraniennes… Étrange cas de légitime défense n’est-ce pas ?

Toujours selon l’amiral Person, la région du golfe persique et l’Est méditerranéen seraient le déclencheur pour une guerre générale. Évoquant la présence en Syrie de commandos iraniens des Gardiens de la révolution, il n’exclut pas non plus une guerre civile entre Sunnites et Chiites d’Irak après le départ des troupes américaines. « Mais étant donné la folie israélienne, je vois l’Iran comme le problème le plus effrayant ». Rejoignant ce que nombre d’observateurs pensent de façon ouverte, s’étant rendu compte de la profonde sociopathie, assortie d’une extraordinaire aptitude à manipuler les opinions et à pratiquer une systématique distorsion du réel, dominante et parfaitement repérable chez certains chefs politiques et religieux israéliens ou de la diaspora.

Face à l’escalade des menaces internationales contre l’Iran, l’Ayatollah Khamenei vient aux dernières nouvelles, d’ordonner aux chefs des forces de sécurité de se mettre en état d’alerte. Selon le Daily Telegraph, le commandant des Gardiens de la révolution, le général Jaafari aurait fait redéployer les missiles longue portée Shahab sur des sites secrets le long des frontières afin de les préserver de toute neutralisation ennemie et de pouvoir déclencher immédiatement des représailles en cas d’attaque.

Dans une interview à la chaîne Russia Today, le général Leonid Ivashov (président de l’Académie russe de géopolitique) a pour sa part présenté la présence de navires de guerre russes en Méditerranée orientale et dans le port syrien de Tartous, comme un fait essentiellement « politique et pacifique étant donné qu’il n’est aucunement question pour la Russie de participer à une quelconque guerre ». Au contraire, la mission de la flotte russe est « d’éviter tout conflit régional déclenché par une agression dirigée contre la Syrie ou contre l’Iran » ajoutant que « l’escadre russe est porteuse d’un message à Israël, à la Communauté internationale et spécifiquement à la Turquie, laquelle semble en effet avoir décidé de participer à une possible aventure militaire ». Refusant toute ingérence dans les affaires de quelque État souverain que ce soit, notamment la Syrie, Ivashov a vertement critiqué le gouvernement de M. Erdogan, le jugeant « dominé par la ploutocratie mondialiste et par les politiciens américains, et regrettant à ce titre que la Turquie puisse devenir l’éventuel déclencheur d’une guerre régionale ».

De leur côté, les présidents russe Medvedev et chinois Hu Jintao ont « validé un accord de principe » en vertu duquel la seule façon d’arrêter une agression de l’Occident pilotée directement ou en sous mains par les États-Unis, serait une « réplique militaire directe et immédiate ». À ce propos le général militaire de l’Université chinoise de la Défense nationale, Zhang Zhaozhong aurait averti que « la Chine n’hésitera pas à protéger l’Iran, même s’il faut pour cela déclencher une troisième guerre mondiale », faisant en cela écho au général Nikolaï Makarov « Je n’exclus pas des conflits armés locaux ou régionaux pouvant évoluer vers une guerre à grande échelle, incluant l’utilisation d’armes nucléaires »… une déclaration intervenant après un sérieux incident ayant - semble-t-il - impliqué l’ambassadeur russe, Vladimir Titorenko, lors de son voyage de retour de Syrie, et du personnel de sécurité qatari qui aurait tenté de s’emparer d’une valise diplomatique contenant des informations recueillies par les Services de renseignements syriens et portant sur la préparation d’une invasion de la Syrie et de l’Iran par les États-Unis !

« Menace de génocide nucléaire iranien et options israéliennes » !

Jean-Patrick Grumberg, une voix pas tout à fait anodine, a eu la bonne idée de nous donner sur son site 14, des nouvelles de la conception nucléariste et génocidaire de la Pax Hebraïca. Ceci peu après la publication du dernier rapport « accusateur » de l’Agence Internationale à l’Énergie Atomique et alors que Nicolas Sarkozy promettait à l’occasion du G20 « de ne pas rester les bras croisés, si l’existence d’Israël était menacée ». Citant Le Figaro, Grumberg rapporte l’analyse de l’ancien directeur du Mossad d’Efraim Halevy : « Nous sommes en guerre contre l’Iran. La plus grande partie de cette guerre est clandestine », embrayant sur des extraits particulièrement édifiant d’un ouvrage de Richard L. Rubenstein publié aux États-Unis et traduit en 2010 sous le titre « Jihad et génocide nucléaire »… « Probablement l’analyse la plus profonde publiée à ce jour sur l’acquisition de l’arme nucléaire par l’Iran » selon Michel Gurfinkiel (ex éditorialiste de Valeurs actuelles et Wall Street Journal, récemment reçu en grande pompe par le directeur de la station de droite Radio Courtoisie) qui « souhaiterait que chaque ministre et chaque député, en Europe et en France, prenne le temps de consulter cet ouvrage ». En effet, cela vaut le détour !

Voyons cela : extraits de « Jihad et génocide nucléaire »…

« Israël n’est pas dénué de moyens de faire face à la menace iranienne. Selon le Wall Street Journal, lorsque son équipe éditoriale, au cours d’une conférence le 2 avril 2009, demanda à l’amiral Mike Mullen, président du Comité des chefs d’état-major interarmées américains, si Israël était en mesure de causer des dommages significatifs aux dispositifs nucléaires de l’Iran », sa réponse fut simplement : Oui. … Dans tous les scénarios cités, si Israël se contente de détruire les installations nucléaires de l’Iran, opération dont le succès est incertain, cela n’annulera pas la menace à long terme d’un génocide. Avec le temps, l’armement dévastateur et les équipements peuvent être rebâtis ou remplacés. La colère et l’humiliation qui s’ensuivraient dynamiseraient la volonté de reconstruction et de vengeance. Cependant, à moins que l’Iran ne mette fin à l’acquisition d’armes nucléaires, Israël n’a que peu de choix politiques, aucun n’étant satisfaisant. En dépit des risques évidents, une frappe préventive visant la population civile pourrait apparaître à certains Israéliens le choix le plus raisonnable. Je tremble en écrivant ces mots, mais je rappelle à mes lecteurs que les dirigeants de l’Iran ont, de manière répétée, menacé de détruire complètement Israël, non l’inverse. Dans ces circonstances, si la diplomatie échoue, le seul moyen pour Israël de prévenir une éventuelle revanche après une offensive contre les installations militaires serait de détruire d’abord les centres urbains. … En déclenchant une attaque préventive visant les principales concentrations urbaines iraniennes ainsi que les centres industriels, Israël pourrait infliger des dommages considérables. Et il ne dépendrait pas de la seule force aérienne, car il dispose du missile Jéricho-3, un missile balistique sol-sol pouvant porter une tête nucléaire, chimique ou biologique, jusqu’à, dit-on, 4 500 kilomètres. Ce missile paraît pouvoir résoudre le viol d’un espace aérien ennemi. De plus, Israël possède trois sous-marins « Dolphin Class » de fabrication allemande, capables d’envoyer des têtes nucléaires à 2 500 kilomètres. D’ailleurs, si Israël estime qu’il doit frapper les principaux centres urbains, des tirs de haute précision ne sont pas même nécessaires. Vingt pour cent environ de la population iranienne, soit douze à quatorze millions de personnes, vivent dans la métropole de Téhéran, que Cordesman décrit comme « un bassin topographique (avec) un réflecteur montagneux » formant un espace « presque idéal pour une destruction nucléaire ».

Bien entendu l’auteur tempère son propos en évoquant les risques qu’une telle éventualité – rayer de la carte la conurbation de Téhéran et ses douze à quatorze millions d’habitants – ferait courir à la bonne réputation d’Israël devenue pour le coup la paria planétaire, il n’en demeure pas moins que l’hypothèse de frappes anti-cité à objectifs démographiques est clairement posée sur la table...

Laissons la conclusion, plus réconfortante, à l’analyste français, Alain Corvez pour lequel nous ne sommes pas encore tout à fait parvenus au cœur de la Mer des ténèbres « Nous sommes à un point d’inflexion de la courbe des équilibres du monde avec la crise actuelle. L’impérialisme américain a atteint ses limites et le monde multipolaire est en train de se mettre en place dans la douleur. La Russie et la Chine se sentent directement menacées par cet impérialisme et savent qu’elles n’ont pas les moyens de l’abattre mais peuvent désormais marquer des limites à ne pas dépasser grâce aux appuis d’autres pôles de puissance qui voient aussi leurs intérêts menacés, BRICS et autres ! »

Léon Camus le 12 décembre 2011

Notes

(1) Selon le Kremlin « Les propos de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton sur les élections législatives en Russie, ainsi que les commentaires similaires des représentants de la Maison Blanche et du Département d’État américain sont inacceptables ». Mme Clinton avait notamment déclaré que ces élections n’étaient « ni libres ni justes ». À Vilnius où se réunissait le sommet de l’OSCE, Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, elle n’hésitait pas à stigmatiser le 6 décembre « des tentatives de bourrage d’urnes, de manipulations des listes électorales ».

(2) Arrivé deuxième, le Parti communiste qui obtient 19,2% des suffrages et 92 sièges, soit 35 de plus qu’en 2007. Puis Russie Juste et le Parti libéral-démocrate, respectivement 13,25% et 11,68%, soit 64 et 56 sièges au lieu de 38 et 40.

(3) Porté au pinacle par la presse internationale, Navalny milite également - dans la mouvance nationaliste sur le modèle Identitaire - contre l’immigration. Formé aux États-Unis par le World Fellows Program de l’Université de Yale - créé par le président de l’université Richard Levin afin de créer un réseau global de Young leaders - il occupe ainsi l’aile droite de la contestation. Notons que ces « jeunes espoirs » sont en autres pris en mains par Malloch Brown, ancien du Foreign Office, par Aryeh Neier, présidente de l’Open Society Institute de George Soros ou encore Tom Scholar, ancien chef de cabinet de Gordon Brown.

(4) Fox News lies about riots in Russia http://www.youtube.com/watch?v=fkqR...

(5) Moscou s’était mordu les doigts d’avoir laissé passer au Conseil de Sécurité la Résolution 1973 qui allait donner toute latitude à l’Otan et au Qatar – bras armé des É-U dans le Golfe arabo-persique – de conduire une véritable guerre sous couvert d’aide humanitaire. Or la Russie sait que si le modèle libyen est reproduit en Syrie, la Méditerranée deviendra le lac de l’Otan, la Mare vestrum des Atlantistes. Kadhafi éliminé, les seuls États encore récalcitrants sont avec la Syrie, le Liban du Hezbollah et l’Iran.

(6) Un bémol qui manifesterait que l’entente entre les deux hommes – entre lesquels certaines divergences étaient apparues il y a approximativement un an – n’est pas aussi parfaite qu’il y semble et que Medvedev n’est pas encore totalement débarrassé de tout tropisme à l’égard de séductions occidentalistes.

(7) Le Dialogue Civil proposait en mars 2009, afin de juguler tout risque lié à la crise financière globale « un transfert vers les créanciers, y compris étrangers, des droits de propriété dans des compagnies débitrices russes, afin d’assurer le maintien des flux de capitaux vers l’économie russe ». Autrement dit que certains pans du secteur minier et de l’énergie soient cédés par exemple à la Royal Bank of Scotland. Cf. Nouvelle Solidarité 10 déc.

(8) « La NED, vitrine légale de la CIA » Thierry Meyssan - Odnako n° 35 - 27 septembre 2010. Repris sur Voltairenet.org.

(9) Marginale si le chiffre avancé de 0,5% est vérifié. Reste que la fraude en Russie n’est certainement pas plus odieuse que les trucages – et les absurdes recomptages – ayant permis la réélection du sieur Bush en nov. 2004.

(10) Un autre regard sur la Russie - Ria Novosti

(11) Des voies d’acheminement indirectes existent bien sûr, notamment via la Géorgie et l’Azerbaïdjan, mais plus longues et plus aléatoires au cas où la situation internationale se dégraderait au point que les Russes décident de fermer les lignes de ravitaillement de l’Otan et des forces américaines spécifiques d’Enduring Freedom, Opération Liberté Immuable. En juin 2011 Obama annonce le retrait d’ici à l’été 2012 du « tiers » des forces américaines stationnées en Afghanistan, soit 33000 après avoir accru leurs effectifs de 30 00 hommes.

(12) News International – Islamabad Pakistan. 1er déc. 2011« Vietnam-Style Exit : Russia Could Deliver Death Blow To Nato in Af-Pak War Theater ».

(13) Executive Intelligence Review de Lyndon H. LaRouche, Jr

(14) Jean Patrick Grumberg, journaliste, éditeur du site Dreuz.info, photographe de rue. Ancien lobbyiste. A vécu à Paris, Los Angeles et s’est établi entre Israël et la Californie. Fondateur en 1976 d’Hifissimo, site pionnier de vente qu’il a revendu en 2007. Président de l’association « Laissez Nous Travailler ».

http://www.geopolintel.fr/article431.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


29/12/2011

n°31 - Dossier de Syrie - 27-12 : 1a - : la découverte des agents de la CIA pose une question sur leur rôle dans les assassinats.

 


n°31 - Dossier de Syrie - 27-12 : 1a - : La découverte des agents de la CIA pose une question sur leur rôle dans les assassinats.



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Dossier deSyrie

n°31                              27-12

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Tiré à part :

Le Hezbollah accuse les Etats-Unis d’être derrière les attentats de Damas.

1 Dossier

1-1 Pierre Khalaf : La Ligue arabe d’Amérique pave la voie à la recolonisation de la Syrie.

1-2 Sukarieh à Alintiqad: la découverte des agents de la CIA pose une question sur leur rôle dans les assassinats. 

2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

2-1 Comment utiliser Noël comme propagande de guerre.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1Ghali Hassan : Syrie : une agression qui se précise.

3-2 Oscar fortin : Le Canada et la Syrie.

3-3 Sharmine Narwani : Stratfor remet en cause le discours sur la Syrie.



 

Tiré à part :

Le Hezbollah accuse les Etats-Unis d’être derrière les attentats de Damas.

Le Hezbollah a accusé vendredi les Etats-Unis d'être derrière les attentats suicide à Damas ainsi que ceux qui ont secoué Bagdad la veille.
 "Ces attentats (...) sont la spécialité des Etats-Unis, mère du terrorisme, qui visent, tuent et terrorisent les innocents pour les pousser à se plier à la politique américaine à la solde du sionisme", indique le parti dans un communiqué. 
 Le Hezbollah "condamne ce crime horrible" commis par "les ennemis de l'Humanité". "Ceux qui sont lésés par la grande défaite des Etats-Unis et leur retrait humiliant d'Irak ont commencé une opération de vengeance meurtrière et lâche", poursuit le texte.

De son côté, le président libanais Michel Sleimane a téléphoné à son homologue syrien et dénoncé "les attaques terroristes" dans la capitale syrienne, selon un communiqué de son bureau de presse.
 "La concomitance (des attaques) avec l'arrivée des premiers observateurs en Syrie vise à entraver l'accord arabe conclu entre la Syrie et la Ligue arabe", a affirmé le chef d'Etat.  

Au moins 50 personnes ont été tuées vendredi et plus d'une centaine d'autres blessées dans deux attentats suicide à la voiture piégée contre les services de renseignements à Damas, au moment où la mission arabe préparant la venue d'observateurs s'entretenait avec les autorités syriennes.  .

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=42646&frid=18&cid=18&fromval=1&seccatid=23



1 Dossier

1-1 Pierre Khalaf : La Ligue arabe d’Amérique pave la voie à la recolonisation de la Syrie.

Cheikh Hamad ben Jassim ben Jaber ben Muhammad Al-Thani, Ministre des Affaires étrangères et Premier ministre du Qatar.

En 1995, il organisa le coup d’Etat qui renversa le Cheikh Abdullah ben Khalifa al-Thani au profit de son fils, le Cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani.

L’actuel souverain étant gravement malade et une querelle de succession s’annonçant, le Premier ministre tente de verrouiller sa position en se rendant indispensable aux Etats-Unis.

Cheikh Hamad ben Jassim ben Jaber ben Muhammad Al-Thani, Ministre des Affaires étrangères et Premier ministre du Qatar.

En 1995, il organisa le coup d’Etat qui renversa le Cheikh Abdullah ben Khalifa al-Thani au profit de son fils, le Cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani.

L’actuel souverain étant gravement malade et une querelle de succession s’annonçant, le Premier ministre tente de verrouiller sa position en se rendant indispensable aux Etats-Unis.

Tendance générale

La Ligue arabe d’Amérique pave la voie à la recolonisation de la Syrie
Avant même que n’expire le délai de 15 jours accordé à la direction syrienne pour mettre en œuvre le plan arabe de règlement de la crise, la Ligue arabe a décidé, dans une mesure inattendue, de suspendre la Syrie de toutes ses institutions.
Cette décision était planifiée à l’avance, comme l’ont affirmé les ministres syrien et russe des Affaires étrangères, Walid Moallem et Serguei Lavrov (Voir ci-dessous). D’ailleurs, l’initiateur de ce complot, le Premier ministre qatari, Hamad ben Jassem, n’avait pas pu cacher son irritation lorsque Damas avait accepté le plan arabe, le 1er novembre. La France, les Etats-Unis et la Turquie, qui coordonnent leur action étroitement, ont eu la même attitude négative. Ce plan de règlement avait en fait été mis en place pour qu’il soit refusé par la Syrie. Sentant le piège, Damas l’avait accepté. Mais l’acharnement des Arabes de l’Amérique n’a, semble-t-il, aucune limite. Sans prendre la peine de préserver les formes, ils ont initié une campagne médiatique féroce, avançant tous les jours des bilans fantaisistes de morts en Syrie, pour dénoncer le non-respect par Damas du plan arabe, afin de justifier une réunion urgente. Lors de cette rencontre au Caire, le 12 novembre, l’affaire a été expédiée en un quart de tour. Pas de délibérations, pas de lecture des lettres adressées par les autorités syriennes expliquant les mesures prises (libération de 550 détenus, début du retrait de l’Armée des villes, visas pour 80 journalistes etc…), pas de débat. La décision —contraire aux statuts de la Ligue qui exige l’unanimité moins un vote pour ce type de mesure— de suspendre la Syrie, pays fondateur de la Ligue et dernier Etat arabe à faire face à Israël, a été annoncée.

Une tentative d’internationalisation
Le but de cette décision est d’assurer une couverture arabe à l’internationalisation de la crise, en renvoyant le dossier devant le Conseil de sécurité. Progressivement, des mesures seront prises pour accentuer l’isolement et l’affaiblissement de la Syrie, en prélude d’une intervention militaire, vraisemblablement conduite par la Turquie, membre de l’Otan.
La Syrie a réagi sur le double plan populaire et diplomatique à ce coup de poignard.
Dès les premières heures de dimanche, des millions de personnes ont commencé à se rassembler à Damas et dans les autres grandes villes du pays. De la côte méditerranéenne à l’ouest, jusqu’à la frontière irakienne à l’Est ; de Daraa et Soueida au Sud, à Alep et Raqqa au Nord, les Syriens se sont mobilisés en masse. Les manifestants ont brandi des portraits de Bachar al-Assad et déployé des drapeaux syriens géants, tout en scandant des slogans à la gloire du président et hostiles aux pays du Golfe. Une foule en colère avait attaqué, samedi, l’ambassade d’Arabie saoudite à Damas et les consulats de France et de Turquie à Lattaquié.
Sur le plan politique, la Syrie a annoncé qu’elle était disposée à recevoir, avant le 16 de ce mois, le comité de médiation arabe. Les médiateurs pourraient se fait accompagner d’observateurs militaires et civils et de journalistes pour vérifier les développements sur le terrain. Damas a également réclamé la tenue d’un sommet arabe urgent au niveau des chefs d’Etat, pour examiner la crise syrienne et ses répercussions sur la conjecture arabe.
En faisant preuve d’ouverture, Damas veut prouver à son peuple d’abord et aux autres ensuite, que la Ligue arabe n’est pas motivée par le souci de « protéger les civils », ni de régler la crise via le dialogue, mais par l’exécution des ordres de Washington qui consistent à renvoyer le dossier au Conseil de sécurité. Bien que fortement embarrassés par l’offre syrienne, la Ligue n’avait toujours pas donné de réponse lundi soir. Les Arabes de l’Amérique étaient occupés à préparer une autre réunion ministérielle à Rabat, mercredi, au cours de laquelle ils projettent de donner leur feu vert à la création, par la Turquie, d’une zone tampon, dans le Nord de la Syrie. En d’autres termes, ils prévoient de couvrir l’occupation d’un pays arabe par une puissance régionale non-arabe !
Quoi qu’il en soit, Walid Moallem a assuré que la Syrie défendrait la plus petite parcelle de sa souveraineté.

La Russie campe sur ses positions
La manœuvre de la Ligue arabe, dominée par un petit émirat sous-peuplé ployant sous d’incroyables richesses, était tellement grossière que Serguei Lavrov n’a pas pu s’empêcher, lundi, de la dénoncer en des termes on ne peut plus sévères. Le chef de la diplomatie russe a réaffirmé que son pays refuse toute intervention étrangère en Syrie et s’oppose à la suspension de Damas des instances de la Ligue. Il a accusé l’Occident d’encourager la contestation et les voisins de la Syrie de transférer des armes aux insurgés. L’Iran, l’Irak et le Venezuela ont dénoncé les ingérences américaines dans les affaires syriennes et l’Algérie a annoncé qu’elle ne comptait pas rappeler son ambassadeur.
Et comme si la trahison des Arabes ne suffisait pas, la coalition pro-US du 14-Mars, au Liban, s’investit à fond aux côtés de l’opposition syrienne.

L’Armée libanaise a annoncé à plus d’une occasion avoir saisi des armes destinées aux insurgés syriens. La Sureté générale a arrêté à l’aéroport de Beyrouth trois ressortissants syriens avec des listes de matériels réclamés par les groupes armés en Syrie. Ils étaient en route pour un pays du Golfe pour trouver le financement.
Dans les régions frontalières à majorité sunnite, allant du Nord à l’Est du Liban sur une distance de plus de 100 kilomètres, les opposants syriens et leurs familles sont accueillis et logés.

Deux députés islamistes proches du Courant du Futur de Saad Hariri, Mouïn Merhebi et Khaled Daher, ont mis en place une importante logistique pour accueillir non seulement les réfugiés mais aussi les blessés. Et depuis quelques jours, le 14-Mars mène campagne pour l’installation d’un camp de réfugiés, comme en Turquie, qui deviendra, très vite une base d’entrainement d’extrémistes. Pourtant, selon les Nations unies, il n’y a au Liban que 3300 réfugiés, logés la plupart chez des proches.
L’encerclement de la Syrie se met en place et « la guerre rampe très vite » vers ce pays, pour reprendre le titre du quotidien arabophone londonien Al-Qods Al-Arabi.
Les conditions actuelles rassemblement à celles d’il y a 20 ans, lorsque la Ligue arabe a fait de même avec l’Irak suite à l’invasion du Koweït.
Mais la Syrie n’est ni la Libye de Moammar Kadhafi, ni l’Irak de Saddam Hussein. Et tous ceux qui complotent contre elles le découvriront… à leurs dépens.

Déclarations et prises de positions

Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah
Extraits d’un discours prononcé le 11 novembre à l’occasion de la Journée du martyr
« Nous nous souvenons comment au début de la confrontation avec l’occupant, le monde se tenait aux côtés d’Israël. Cependant, les combattants ont fait face sans tenir compte des nombreux soutiens de l’ennemi. De même, lors de la guerre de juillet, ni les armes, ni la tactique et les moyens disponibles, ont permis au Liban de réaliser la victoire. Sans ces hommes qui n’ont eu peur de rien et n’ont pas fui le champ de la bataille, le Liban n’aurait pas pu sortir vainqueur de cette agression. Au cas d’absence d’un plan de guerre au niveau de la région, nous excluons que l’ennemi israélien lance une agression contre le Liban. Le Liban n’est plus un pays faible. Il est capable de se défendre, de remporter la victoire. Israël restera incapable de lancer toute nouvelle guerre tant que l’équation armée-résistance-peuple est maintenue. Si un jour Israël mène une nouvelle guerre, ce sera la dernière. Depuis 2006, l’ennemi israélien s’arme, procède à des manœuvres et s’entraîne. A tous ceux qui demandent à notre peuple et à notre Résistance de renoncer à leurs armes, je dis que vous nous demandez de livrer notre dignité à l’ennemi le plus implacable de l’histoire (…). D’ici la fin de l’année, les forces états-uniennes devraient se retirer d’Irak, ce qui constitue une grande défaite pour le projet US. Les Etats-Unis mènent une campagne médiatique pour atténuer l’impact de leur retrait. C’est pourquoi ils cherchent à intimider les pays de la région en parlant d’une guerre. Il est naturel que l’administration Obama cherche à punir les pays qui ont contribué à la défaite de son projet, les pays qui ont fait face à l’occupation de l’Irak et ont soutenu le peuple irakien : la Syrie et l’Iran. Les Etats-Unis cherchent à soumettre l’Iran pour l’entraîner à des négociations directes, ce que Téhéran refuse catégoriquement. Washington doit comprendre qu’une guerre contre l’Iran et la Syrie s’élargira pour englober toute la région. »

Walid Moallem, ministre syrien des Affaires étrangères
« Le leadership syrien voit dans le dialogue et les réformes dans un climat de paix civile la base d’une vie digne à laquelle tous les Syriens aspirent. Et c’est pour cela qu’il traite ouvertement avec tout effort contribuant au lancement du dialogue. L’attitude de la Russie et de la Chine ne changera pas tant que la coopération avec ces deux pays amis se poursuit. Le peuple syrien ne doit pas s’inquiéter d’une éventuelle internationalisation et de la répétition du scénario libyen en Syrie. Il n’y a pas d’escalade dans la crise ; au contraire nous nous orientons vers sa fin. Nous réaffirmons que le comité de médiation arabe est le bienvenu en Syrie, accompagné d’observateurs militaires, civils et de journalistes afin de vérifier que le plan de la Ligue arabe a commencé à être mis en œuvre. Je ne cache pas qu’il y a une crise en Syrie et que les conspirations l’a frappent de toutes parts, car elle paie le prix de la fermeté de ses positions et de la sincérité de son Arabité. Mais la Syrie ne fléchira pas et sortira forte de la crise. La décision de la Ligue arabe de suspendre la Syrie est très dangereuse pour l’action arabe commune dans l’immédiat et à l’avenir. Cette mesure a été planifiée à l’avance. Nous disposons d’une étude juridique qui confirme que la suspension est illégale et contraire à la Charte de la Ligue car elle doit être décidée à l’unanimité de tous les pays membres, à l’exception de l’Etat concerné. La Syrie a ses raisons de croire que les parties qui avaient préparé cette mesure ont été surprises par la mise en œuvre des points du plan d’action arabe par Damas. Une campagne médiatique sans précédent a accompagné cette acceptation, en plus d’une escalade des actes criminels armés sur le terrain. La Syrie avait commencé à retirer les troupes des villes, libéré 553 détenus, autorisé l’entrée de 80 journalistes. Si les Arabes ne réagissent pas positivement à l’appel de la Syrie, cela veut dire qu’ils auront abandonné leur rôle. Les comploteurs contre la Syrie avaient prévu que le mois ramadan verrait la réalisation de leur complot. Cette date a été prolongée jusqu’au 16 de ce mois et la voilà prorogée une nouvelle fois jusqu’à fin 2011, date du retrait des Etats-uniens d’Irak. Mais tous ces plans seront voués à l’échec »

Serguei Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères
« La décision de la Ligue arabe de suspendre la Syrie est une faute et une action planifiée à l’avance. Ceux qui ont pris cette décision ont perdu une chance très importante de mettre la situation sur une voie plus transparente. Les pays occidentaux incitent l’opposition syrienne à déstabiliser la Syrie. Je suis vivement déçu par les déclarations du ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, dans lesquelles il avait indiqué que le plan arabe était mort-né. De même, il est inacceptable que Washington appelle les manifestants armés, d’une manière flagrante, à ne pas rendre les armes ni à bénéficier de l’amnistie générale. Les groupes armés exploitent insolemment les manifestations pacifiques afin de provoquer les autorités syriennes. Il existe un trafic d’armes de Turquie, d’Irak et d’autres pays en faveur des extrémistes en Syrie. Je ne crois pas que l’évolution des événements en Syrie exige un examen par le Tribunal pénal international. Les partenaires de la Syrie qui ont une influence sur les différentes forces de l’opposition syrienne doivent assumer leurs responsabilités. »

Michel Aoun, principal leader chrétien libanais
« Saad Hariri peut bien affirmer sur Twitter qu’il sera de retour au Liban, mais que ce retour ne se fera pas comme Premier ministre. Personne ne lui interdit de rentrer (…) J’ai fais part au chef des Forces libanaises Samir Geagea de l’intention des États-Unis de dresser un barrage sunnite à l’avancée de l’Iran dans la région, cette ceinture allant de la Turquie vers la Jordanie et l’Égypte, en passant par la Syrie. Et quand cette ceinture sera parachevée, on en expulsera les chrétiens et l’on y implantera les Palestiniens. Je suis opposé à l’internationalisation de la crise en Syrie. Mais les Etats-uniens se conduisent comme le loup dans la fable de La Fontaine, cherchant n’importe prétexte pour dévorer l’agneau qui trouble son eau. »

Revue de presse

As Safir (Quotidien libanais proche de la majorité, 10 novembre 2011)
Nabil Haitham
Le Courant du Futur réclame que le dialogue national porte exclusivement sur les armes du Hezbollah. Il existe cependant d’autres motifs au refus du parti de Saad Hariri, liés au changement radical dans le paysage politique libanais qui a eu lieu au cours de cette année. Cela s’est traduit par le renversement du gouvernement Hariri. Ce revers se manifestera forcément lors du dialogue où le Courant du Futur se verra en position de faiblesse par rapport à Najib Mikati. Par ailleurs, les positions du patriarche maronite Béchara Raï sur les armes du Hezbollah ont retiré au Courant du Futur la couverture auparavant assurée par le patriarche Sfeir sur cette question.
Dans un tel contexte, le parti de Hariri craint que le dialogue ne serve les intérêts de Najib Mikati et n’augmente son crédit dans la rue sunnite. Le Courant mise sur une chute du régime syrien qui affaiblirait le Hezbollah et lui assurerait le retour en force tant souhaité : Saad Hariri serait ainsi en mesure de fixer ses propres conditions.

As Safir (10 novembre 2011)
Des sources militaires s’étonnent des campagnes de diffamation lancées contre l’Armée libanaise et appellent à maintenir l’institution militaire à l’abri des tiraillements politiques. L’objectif de ces attaques est, selon ces sources, de pousser l’armée à ne plus exercer de contrôle sur les frontières syro-libanaises pour que le chaos y règne comme le souhaitent certains. Les sources précisent que les incidents qui ont eu lieu sur les frontières sont limités et que la partie syrienne a coopéré avec le Liban pour les traiter. Il y a eu une amplification médiatique de ces incidents à des fins politiques. Elles répètent par ailleurs que l’Armée libanaise achète depuis 1990 certains de ses besoins logistiques en Syrie et ils sont transportés au Liban par des camions de l’armée. De même, l’armée répare en Syrie ce matériel acheté. Il n’y a rien de neuf à ce niveau et les accusations évoquant une implication de l’armée dans les évènements en Syrie sont totalement infondées.

Al Akhbar (Quotidien libanais proche de la majorité, 12 novembre 2011)
Des sources internationales à La Haye et New York assurent que le nœud gordien du financement du TSL par le Liban est en passe d’être tranché. Le Conseil de sécurité n’imposera pas de sanctions au Liban si ce dernier ne verse pas sa contribution au budget du tribunal, du fait qu’il n’existe pas de consensus international à ce propos, mais aussi parce que le Liban continue de coopérer avec le TSL à d’autres niveaux… Par conséquent, les sommes concernées seront débloquées par des pays donateurs dont la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l’Italie, le Canada, l’Allemagne et le Japon, mais elles seront déduites de l’ensemble de l’aide fournie au Liban dans d’autres secteurs.

Al Akhbar(10 novembre 2011)
Ibrahim Al-Amine
L’agression commise au Caire par les partisans de Burhan Ghalioun et Riad el-Chaqfa à l’encontre d’opposants tels que Haitham Manaa, Samir el-Aïta et Hassan Abdel Azim, qui ne font pas partie du Conseil national, propriété de la Société américano-franco-qatarie des révolutions, sont inacceptables. Paris avait déjà empêché des opposants comme Fayez Sara et Michel Kilo de tenir une conférence de presse dans la capitale française —conférence qu’ils ont fini par tenir subrepticement et par la force—. Comment expliquer l’empressement du Département d’Etat US à appeler les éléments syriens armés à ne pas donner suite à l’appel des autorités à se rendre, probablement parce que les Etats-uniens savent désormais qui sont ces éléments et que leur rôle n’est pas encore terminé.
Il faut s’attendre à une escalade politico-diplomatique occidentale à l’encontre de toutes les composantes de l’axe concerné : l’Iran (programme nucléaire), Hamas (dossier de l’Etat palestinien), Hezbollah (TSL et pressions financières sur le Liban) et Syrie (ingérence pour des raisons « humanitaires »).
Les réformes projetées par le président syrien dépassent de loin celles réclamées par les opposants, selon des proches de Bachar el-Assad, qui estiment que la plupart de ces opposants veulent partager le gâteau du pouvoir, sans plus, à moins que les nouveaux révolutionnaires de l’Otan ne promettent au peuple syrien une révolution pour la démocratie et le développement et une résistance quotidienne jusqu’à l’éviction de l’occupant israélien du Golan, avec le concours, naturellement, de la société précitée, gérée par Washington et Paris !

Al Akhbar(09 novembre 2011)
Paris, Osman Tezghart
En annonçant la constitution du Conseil national de soutien à la révolution syrienne (CNSRS), Abdel Halim Khaddam a dérogé au droit de réserve qui lui était imposé par les autorités françaises depuis six ans. Mais ce qui est plus important encore, c’est l’évolution rapide de la position de la France vis-à-vis de la crise syrienne. Car Khaddam n’aurait pas brisé l’embargo sans un feu vert du Quai d’Orsay.
La diplomatie française a un penchant de plus en plus prononcé vers les factions de l’opposition syrienne favorables à la militarisation de la révolte et à l’ingérence extérieure. Les signes avant-coureurs de cette orientation étaient apparus le mois dernier : le Quai d’Orsay a imposé des restrictions à l’opposant Michel Kilo pendant son déplacement à Paris, en interdisant la tenue de sa conférence de presse au Centre d’accueil de la presse étrangère. Cette même semaine, le centre accueillait la semaine de solidarité avec le peuple syrien, organisée par la conférence d’Antalya, favorable à l’ingérence extérieure. Le Quai d’Orsay ne s’est pas arrêté là : le ministre Alain Juppé a fait le déplacement en personne pour assister à un rassemblement organisé par la conférence d’Antalya au théâtre de l’Odéon, deux jours après son entretien officiel avec le président du CNS, Burhan Ghalioun. En revanche, les personnalités opposées à l’ingérence extérieure, tels Michel Kilo et Haitham Manaa, ont été écartées de l’agenda du Quai d’Orsay.

Al Hayat (Quotidien saoudien, 11 novembre 2011)
Selon des sources diplomatiques européennes, la question de l’enlèvement de ressortissants syriens au Liban a été soulevée avec plusieurs hauts dirigeants libanais, dont le président de la République Michel Sleiman et des responsables des services de sécurité. Il leur a été dit que la communauté internationale ne tolère pas ces incidents, qui sont d’ailleurs prohibés par la convention sur la lutte contre la torture. La force juridique de cette convention l’emporte sur toute loi locale et sur toute convention bilatérale, ont ajouté ces sources, qui signalent l’absence de réponses claires de la part des autorités libanaises.

L’Orient-Le Jour (Quotidien francophone libanais proche du 14-Mars, édition du 12 novembre 2011)
L’enquête menée par l’équipe du procureur Daniel Bellemare sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri et ses compagnons en 2005 se poursuit. Selon certaines sources bien informées à Paris, citées par l’agence al-Markaziya, les enquêteurs internationaux se sont rendus, la semaine dernière, à Paris pour écouter les témoignages de plusieurs proches de Rafic Hariri. Ils les ont interrogés sur les déplacements et les rendez-vous de ce dernier durant les semaines qui ont précédé son assassinat, dressant une liste des endroits auxquels il s’est rendu durant cette période. Selon les mêmes sources, les enquêteurs ont comparé cette liste à la provenance des appels téléphoniques effectués par des personnes qui auraient été chargées de le surveiller.

L’Orient-Le Jour (10 novembre 2011)
Une source autorisée fait un sort aux rumeurs spéculatives sur des secousses ainsi qu’aux liens entre l’évolution ici et les développements en Syrie. Beaucoup, à droite comme à gauche, estiment que si cela tourne au vinaigre corrosif chez le voisin, les retombées locales, en termes de violence, ne tarderaient pas à se manifester. Ce gradé indique que tout ce bruitage n’est que le produit des tiraillements politiques locaux. Autrement dit, le 14-Mars mise sur l’opposition syrienne et le 8-Mars sur le régime Assad.
Cependant, le 14-Mars craint que des incidents graves ne soient provoqués prochainement dans plus d’une région. Ils disposent, à les en croire, d’informations sur une mobilisation musclée du camp d’en face. Se traduisant notamment, d’après eux, par la distribution d’armes qu’effectuent des fractions du 8-Mars.

urtout dans les régions chrétiennes, aux fins d’y semer la discorde. Une discorde qui ne doit pas opposer les chiites et les sunnites. Car ni l’Iran ni l’Arabie saoudite, qui ont conclu à ce sujet un accord ici même il y a quelques années déjà, ne veulent d’un précédent libanais mettant le feu aux poudres ailleurs. Les opposants relèvent donc que les incitations qui s’intensifient peuvent à tout moment déboucher sur des clashes dans les régions chrétiennes.

Pierre Khalaf

Beyrouth (Liban) | 23 novembre 2011

 

New Orient News (Liban)


1-2 Sukarieh à Alintiqad: la découverte des agents de la CIA pose une question sur leur rôle dans les assassinats. 

Le député Walid Sukarieh, membre du bloc parlementaire de la « Fidélité à la Résistance » a affirmé lors d’une interview accordée à Alintiqad que le fait de « dévoiler les réseaux d’espionnage  du service de renseignement américain « CIA » opérant au Liban,  par le service de contre-espionnage de la Résistance, représente un grand exploit qui révèle au grand jour le rôle de sabotage que pratiquent les américains sur la scène libanaise, dans le cadre du projet visant la résistance.
Interview:
Hilal Salman
Traduction : Dina Chamseddine
Q-Comment commentez-vous les révélations des Etats Unis sur la capacité du Hezbollah à dévoiler les réseaux d’espionnage  de la « CIA », opérant à Beyrouth ?
R-Les Etats Unis traitaient le Liban, la Syrie et L’Iran (les pays où ont été récemment démasqués les réseaux d’espionnage américains), comme étant des pays sous développés du tiers monde où les activités de la CIA n’étaient pas susceptibles d’être interceptées.
La CIA confrontait dans la passé l’Union soviétique et les pays communistes qui lui étaient alliés sur la scène internationale, et il était rare qu’un agent à la solde des Etats Unis ait été dévoilé dans le cadre du conflit des services de renseignement, durant la guerre froide. Mais des indices ont démontré que la Résistance au Liban ne jouit pas uniquement de capacités et d’expertises militaires qui lui permettent d’infliger la défaite aux "Israéliens", mais qu’elle excelle de même dans les activités de contre- espionnage qui complètent ses aptitudes militaires, visant à protéger la scène intérieure des violations du « Mossad » et de la « CIA » et des services arabes ou occidentaux qui les assistent.
La Résistance a donc prouvé qu’elle est capable de démanteler ces réseaux d’espionnage et de s’infiltrer dans la scène de l’ennemi. Cet important aveu américain, sur le développement de l’activité de la Résistance dans les domaines militaires, sécuritaires et de contre-espionnage, et sur le dynamisme qui parraine son projet politique, confirme le fait que l’ambassade des Etats Unis ne pratique pas la diplomatie, mais qu’elle est un siège pour les espions, la conspiration et le sabotage sur la scène libanaise, en vue de servir le projet américain dans la région.
Dans ce contexte, nous posons la question suivante : quel est le rôle de l’ambassade des Etats Unis dans le sabotage sur la scène libanaise et dans les anciens assassinats, à partir de l’assassinat du président Rafik Hariri, arrivant à tous les attentats contre les leaders du 14 Mars, ces attentats qui ont surtout servi le projet américano-sioniste qui est parvenu à expulser la Syrie du Liban, à former le Tribunal spécial pour le Liban par une résolution du Conseil de sécurité, sous le chapitre VII de la Charte de l’ONU. Cette arme a tantôt été utilisée pour menacer la Syrie afin qu’elle coopère avec les Etats Unis en Irak, et tantôt pour menacer la Résistance en vue de provoquer une discorde au Liban. C’est notamment cette arme qu’a obtenue l’Amérique et son ambassade qui renferme un bureau d’espionnage. Quelle est donc la nature de l’activité de ce bureau ? Il convient de rappeler les propos de l’adjoint  de la Secrétaire d’état américaine pour les AE, Jeffrey Feltman qui avait déclaré devant le Congrès, qu’une somme de 500 millions de dollars a été payée dans le but de saccager l’image de la Résistance et du Hezbollah. Comment ces sommes ont elles été dépensées ? Et dans quel but ? Ont-elles été payées aux médias ou dépensées dans des opérations suspectes visant à porter atteinte à la sécurité et la stabilité du Liban ? C’est la nature du travail des services de renseignement et des forces américaines spéciales, dont les missions renferment la coopération avec les institutions militaires, l'entraînement des éléments terroristes en vue de renverser un régime ennemi, la provocation d'un soulèvement contre un régime, ou l'application des opérations desquelles découlent des profits politiques, ayant une dimension stratégique, à l’instar notamment de l’assassinat du président Rafik Hariri. Cet attentat à l’engin explosif, contre un nombre déterminé de personnes, est un acte limité, doté d’une dimension stratégique, dans la mesure où il a modifié la situation au Liban, a renversé les équations locales, a provoqué le retrait de la Syrie du Liban et a sapé l’alliance libano-syrienne. Ces missions sont au cœur des tâches des forces américaines spéciales. Et je m’interroge à ce propos sur le rôle que jouent les Etats Unis sur la scène libanaise. Les réseaux qui ont été démasqués, ont confirmé le rôle qu’assument les américains au Liban, dans le but de cibler la Résistance. Et nous devons nous interroger, sur leur rôle dans les événements qui ont eu lieu au Liban, et sur les auteurs des assassinats et des attentats qui visent  à semer la confusion et la discorde.

Q-Un responsable américain a démenti dans un entretien accordé au quotidien Assafir, la suspension des activités d’espionnage des Etats Unis au Liban. Ce fait ne porte-t-il pas atteinte à la souveraineté du Liban ?
R-Les services de renseignement américains ont peut être gelé l’activité de leurs réseaux afin de déterminer les données et les méthodes qui ont abouti à les démasquer,  pour  modifier leur méthode de travail et cerner leurs points faibles. Mais ils ne suspendront pas définitivement leurs  activités car le Liban est une scène essentielle pour faire avancer le projet américain et une base pour agir  contre la résistance non seulement libanaise, mais aussi contre la résistance palestinienne, la Syrie et l’Iran. Le Liban est une base à partir de laquelle sont visées toutes ces scènes et c’est pour ces raisons que la CIA pourrait geler certains aspects de son travail, pour qu’elle se lance de nouveau, par de nouvelles méthodes d’espionnage.

Q-Comment les autorités libanaises devraient elles agir  face à cette violation américaine de la souveraineté libanaise ?
R-Si nous étions dans un pays puissant et qu’un espion opérant pour le compte d’un autre pays ait été démasqué, l’affaire aurait causé l’expulsion de l’ambassadeur du pays et la fermeture de son ambassade. Mais au Liban, ce pays qui craint les Etats Unis et qui en reçoit quelques aides visant à le lier aux politiques américaines, je constate que l’Etat Libanais observe un mutisme face aux violations américaines. L’Etat libanais est appelé à demander des comptes aux Etats Unis et à leur ambassade, à surveiller ses activités et même le mécanisme de la dépense de l’argent qu’elle distribue sur les associations civiles qui reçoivent ses dons, afin d’empêcher ces associations d’être au service d’un pays étranger. Nous nous demandons dans ce contexte, comment les 500 millions de Dollars ont été dépensés sur des associations civiles. L’Etat devrait au moins surveiller les organismes non-gouvernementaux actifs au Liban et qui reçoivent des aides d’un pays étranger.

Q-Quel est l’objectif de l’aveu  américain sur la réalisation du Hezbollah en face de la CIA ?
R-Il se peut que des fuites d’informations aient eu lieu, à l’insu de l’administration américaine, puisque les médias s’empressent de publier de telles informations censées être importantes pour l’opinion publique. Il se peut en outre que l’administration américaine et la CIA aient intentionnellement publié ces informations car ils savent que le Hezbollah a démasqué ces espions, afin qu’ils suscitent chez le parti un sentiment de vanité qui le pousserait à commettre des erreurs ou  à réduire sa vigilance, au moment où ils formeront de nouveaux réseaux  qui opèrent différemment.  
Donc la publication des données peut être une fuite d’informations préméditée ou accidentelle, afin de rassurer le  Hezbollah.

Q-Comment expliquez-vous la chute de deux avions de reconnaissance israéliens récemment au Liban sud, sans que leur fuselage ne soit retrouvé ?
R-L’avion de reconnaissance MK est fabriqué de plastique et de métal. Et il pourrait être muni d’un engin explosif pour qu’il explose après sa chute, afin de prévenir qu’un ennemi découvre ses techniques. Mais il est étrange que les restes de l’avion aient disparu. Il se peut que le fuselage a été secrètement retrouvé pour qu’il soit examiné afin de découvrir ses secrets, ou que l’avion a chuté ailleurs, dans la mer ou dans les territoires occupés et que l’ennemi l’a récupéré.

Q-A l’ombre de la conjoncture locale et régionale actuelle, estimez-vous qu’une agression sioniste contre le Liban est probable ?
R-A l’ombre des événements en cours en Syrie, j’exclus la possibilité d’une offensive israélienne en ce moment, car l’ennemi est faible en face de la Resistance, capable de lui infliger une défaite. Au second plan, une guerre régionale pourrait représenter une issue pour le régime syrien. Israël tend à exploiter les résultats du complot fomenté contre la Syrie, afin qu’il parvienne à faire chuter le régime syrien comme étant un Etat résistant et le pousser vers la guerre civile qui l’effritera. C’est alors qu’Israël interviendrait en vue de détruire l’armée syrienne loyaliste et afin de paver la voie à l’opposition syrienne pour  gouverner la Syrie, l’éloigner de l’Iran et de la Resistance libanaise. C’est pour ces raisons qu’Israël est à l’affût, qu’il suit de près la situation en Syrie avant de décider d’avoir recours à la guerre. Mais cette interprétation des faits n’exclut pas la nécessité de la vigilance.


Q-Quel est le meilleur choix à adopter face à l’échéance du financement du TSL, qui sera soumis au Conseil des ministres a la fin de ce mois ?
R- Nous sommes contre ce Tribunal et bien conscients de sa politisation. Le TSL est un outil qu’utilisent les Etats Unis pour renforcer le projet américain et combattre les forces de la résistance. Le Tribunal pourrait développer dans l’avenir son acte d’accusation et prétendre que le sayed Khaminei a lui-même émis la fatwa et incité à l’assassinat et il serait alors requis pour le procès. Nous ne pouvons traiter le tribunal comme si nous admettions cette situation. Nous refusons par conséquent le tribunal, son financement et le gouvernement ne devrait pas l’avaliser. Et puisque nous sommes en état de guerre avec les Etats Unis et Israël, nous nous attendons à ce qu’ils exercent des pressions sur le Liban, non uniquement sur le plan économique mais aussi militaire et nous devons être prêts à faire face aux deux éventualités.

Q-Comment commentez-vous l’appel des forces du 14 Mars au Premier ministre pour démissionner au cas où le financement du TSL est avorté au gouvernement ?
R- Je ne crois pas que l’intérêt du Premier ministre Mikati  réside dans la démission, car il se serait placé dans une situation encore plus compliquée que celle causée par la campagne menée contre lui par le courant Futur. S’il démissionne,  il aurait entrepris un suicide politique.

Q-Comment voyez-vous les répercussions de la situation en Syrie sur le Liban, notamment à l’ombre de l’appel du 14 Mars à installer des camps pour les refugiés syriens ?
R- La mise en place  de camps suppose en premier lieu l’existence de refugiés syriens au Liban. Mais il s’est avéré que le nombre des refugiés est très limité et ceux qui se trouvent au Liban sont hébergés dans quelques maisons et écoles. Les informations qui me sont parvenues des citoyens du Nord affirment que la majorité des syriens déplacés ont loué des maisons et ont entamé des travaux. Leur situation ressemble à celle des libanais qui ont émigré durant la guerre civile vers d’autres pays et qui n’avaient pas le statut de refugiés. Et puis établir des camps sur les territoires syriens est impossible, vue la présence et le contrôle  de l’armée syrienne qui appellera les citoyens syriens à regagner leurs maisons. Alors que ceux qui ont commis des actes terroristes et tué des civils et des militaires, ils devraient assumer la responsabilité de leurs actes. Par conséquent, les appels des forces du 14 Mars revêtent un aspect purement médiatique et visent à prétendre que des catastrophes sociales ont lieu en Syrie et que des réfugiés syriens affluent vers le Liban. 

Q-Estimez-vous que ces forces (14 Mars) sont impliquées dans le trafic des armes vers la Syrie ?
R- Le trafic d’armes vers la Syrie a eu lieu, mais principalement par des commerçants d’armes à l’instigation de responsables locaux à Wadi Khaled,  à Ersal et en d’autres régions. Mais l’armée syrienne et en coopération avec l’armée libanaise, dont les moyens sont limités, est parvenue à contrôler les frontières, par les postes de surveillance plantés sur les zones frontalières. Mais l’armée libanaise ne peut contrôler toutes les zones frontalières,  que si elle déploie la moitié du nombre de ses militaires, ce qui affectera la situation délicate aux  frontières du Sud et à l’intérieur du pays.

Q-Quels sont les objectifs de la campagne lancée par les forces du 14 Mars contre l’armée libanaise ?
R-Les forces du 14 Mars veulent que l’armée ferme les yeux sur les frontières afin qu’elles demeurent ouvertes aux terroristes et aux trafiquants, et pour que le Liban devienne une base pour les opérations terroristes en Syrie et  un refuge aux terroristes. Mais l’armée ne tolère pas ce fait, d’où les critiques qui lui ont été adressées.

Q-Comment interprétez-vous le retrait des députés du 14 Mars de la commission parlementaire des Finances et du Budget ?
R-Ils tentent de camoufler les scandales financiers commis par le camp du 14 Mars et les gouvernements qu’il a formés. La commission des Finances œuvre peut être pour mettre un terme à des transgressions qui s’ajoutent au gaspillage au sein du ministère des Finances. Pour ces raisons, les députés du 14 Mars tentent par leur boycottage de bloquer les réunions, et  le travail de la commission des Finances, présidée par le député du Courant patriotique libre Ibrahim Kenaan. Ce ne sont que des pressions visant à suspendre le rôle assumé par la commission des Finances, dans la révélation des scandales  de cette équipe, au sein des gouvernements précédents.

Q-Estimez-vous que la loi électorale serait avalisée prochainement ?
R-Nous souhaitons de parvenir à un consensus sur une loi électorale qui soit satisfaisante pour les Libanais et qui soit un prélude à l’élection d’un Parlement qui représente le peuple libanais, qui réponde à ses aspirations et qui ancre l’union nationale.

Q-Comment évaluez-vous la performance du gouvernement en place ?
R- Le gouvernement œuvre en de difficiles conditions et son parcours est semé de pièges. Depuis sa formation, il a été refusé par les Etats Unis, alliés du 14 Mars. Et lors de l’explosion des événements en Syrie, le gouvernement a adopté la neutralité et le Liban n’a plus été une scène pour promouvoir le projet américain dans la région, mais plutôt la Syrie. Pour ces raisons, les Etats Unis n’exercent plus des pressions directes sur le gouvernement, mais en lui traçant par contre des lignes rouges à ne pas dépasser dont, l’interdiction de tout changement au sein des services de sécurité, de la modification de la politique de l’armée, de son équipement en armes pour qu’elle combatte "Israël", et l’interdiction de l’élimination du  TSL. Ces restrictions sur le travail du gouvernement le place dans un champ de mines où son activité est lente et prudente.

Q-Qu’aimeriez vous ajouter au terme cet entretien ?
R-J’affirme en conclusion que les Etats Unis, "Israël" et toux ceux qui leur sont affiliés, ont toujours combattu les forces de la Résistance. Ce n’est guère la première bataille, qui date depuis la fondation de l’entité sioniste. Ils ont lancé des séries d’offensives contre les pays arabes, et ont confronté dernièrement la Résistance, et la Syrie, et y ont imposé un embargo afin de la soumettre, mais elle a demeuré un Etat résistant, soutenant la Résistance. Ils ont de même combattu la Résistance Libanaise, ont fomenté des complots à son encontre et lancé la guerre de juillet 2006 pour l’abattre et y ont échoué. Leur guerre se poursuit par les tentatives visant à semer la discorde et la zizanie sur la scène libanaise, mais j’affirme à ce propos que la croyance en notre droit est ferme et que les forces de la résistance remporteront la victoire. L’agression américano-sioniste contre notre pays sera surement vouée à l’échec.

NASR

http://nasr-moqawama.blogspot.com/



2 Médias et Manipulation de l’opinion/ Vidéos

2-1 Comment utiliser Noël comme propagande de guerre.

Au "12 minutes", journal télévisé express de la RTBF diffusé la soirée et en boucle pendant la nuit (http://www.rtbf.be/ladeux/emission/detail_le-12-minutes?i...)

« En Syrie, où les Chrétiens représentent à peu près 10 % de la population, les messes y avaient un parfun d'angoisse quant à l'avenir. La cathédrale de Damas n'a pas été décorée comme d'habitude en signe de deuil face à la répression qui s'abat sur le pays »

Le plus lamentable est sans doute que la présentatrice croit sincèrement à sa propre désinformation. Particulièrement sordide puisqu'on y utilise une communauté directement menacée pour lui faire 'témoigner' du contraire même de ce qu'elle essaie de faire passer

Il serait intéressant de faire savoir à la charmante personne censée nous informer, quelle est la situation exacte des chrétiens syriens.

http://www.maryakub.org/actualites.html

«En cette veille de Noël, la Syrie où nous servons le Corps du Christ, est endeuillée par des évènements tragiques. Par-delà le tintamarre médiatique et le bruit de plus en plus grandissant des armes ce sont les civils, innocents, hommes, femmes, enfants et vieillards que Dieu a créés à Son Image et Ressemblance qui payent le prix du sang, de la détresse et de la disette. Comme toujours ce sont les pauvres qui sont les victimes de la folie des grands.

Suite à une mission d’information avec des médias catholiques j’ai été amenée à visiter la ville de Homs et ses environs. J’ai été remuée au plus profond de ma conscience par la tragédie que vit la population civile, notamment les chrétiens. Ces derniers sont surtout concentrés dans les quartiers centraux de la ville qui sont devenus le repaire de bandes armées que personne jusqu’à présent n’a réussi à identifier. Toujours est-il que ces bandes imposent une loi martiale en vertu de laquelle les fonctionnaires qui rejoignent leur travail sont susceptibles de représailles, y inclus les enseignants dans les écoles publiques. De même les artisans, les vendeurs et même ceux qui ont une profession libérale sont la cible d’actes terroristes qui visent à paralyser la vie sociale.

Les résultats de ces méthodes coercitives sont des plus terribles : chaque jours des innocents sont égorgés ou kidnappés. Des familles perdent ainsi le père, le fils ou le frère. Les veuves et les orphelins sont dans la nécessité. Ceux qui n’ont pas affronté le spectre de la mort doivent faire face à la séquestration forcée dans leurs domiciles où ils cherchent à survivre sans travail. Les maigres économies de ces familles s’amenuisent. La plupart sont d’un niveau moyen et en-deçà. Désormais la pénurie se fait ressentir en cet hiver qui s’annonce rigoureux. Le mazout fait cruellement défaut à beaucoup en cet hiver qui s’annonce rigoureux. De plus, une aide alimentaire et médicale de première nécessité devient une urgence.

De retour à Qâra j’ai noté que les mêmes stratagèmes appliqués à Homs ou à Qusayr sont appliqués chez nous par les insurgés. D’un côté ils continuent à organiser des manifestations-studios pour les besoins médiatiques des chaînes mainstream (Al Jazeerah, Arabia, BBC, France 24 et relais) tandis qu’ils font régner la terreur dès la tombée de la nuit. Il est désormais interdit de circuler, sous peine de se faire abattre, après 18 heures à Qâra. Depuis une semaine trente hommes armés sont venus dans cinq camionnettes sur la place du village avec des marteaux compresseurs. Ils ont éventré la chaussée et, en toute impunité, ils ont sectionné les câbles de téléphone et les ont traînés avec eux pour les jeter dans le désert. Depuis deux jours, les miliciens ont forcé l’école municipale et ils l’ont volée.



3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Ghali Hassan :Syrie : une agression qui se précise.

Quand le pillage devient un mode de vie pour un groupe d’hommes vivant en société, ils se fabriquent avec le temps un système légal qui l’autorise et un code moral qui le glorifie." Frederic Bastiat, penseur français (1801-1850).

Enterrement de soldats syriens

Les Etats-Unis et leurs alliés se préparent à agresser la Syrie dans le cadre du programme israélo-américain de déstabilisation de la région. Le prétexte est comme d’habitude de "protéger les civils" et d’instaurer une "démocratie" à l’occidentale. Mais bien sûr rien n’est moins vrai. Le but est de renverser le gouvernement syrien actuel et de le remplacer par un gouvernement fantoche au service des intérêts américano-israéliens sionistes.

Il faut noter que, étant donné le soutien de la Syrie à la résistance libanaise et palestinienne contre le terrorisme israélien, et les liens de la Syrie avec l’Iran, le gouvernement du président Bashar al-Assad est considéré comme une "menace" aux intérêts d’Israël et des Etats-Unis. Dès lors, un gouvernement soumis aux dictats israélo-américains est vital pour isoler l’Iran et couvrir l’expansion sioniste israélienne.

L’ingérence étrangère continuelle dans les affaires internes de la Syrie nous rappelle la récente ingérence étrangère criminelle en Libye, qui a commencé par la mise en place d’un "zone d’exclusion aérienne" qui était une invasion militaire illégale de la Libye. Les médias rapportent que les Etats-Unis et Israël ont loué les services de mercenaires saoudiens et libanais pour fomenter des troubles en Syrie et couper le gouvernement syrien de son peuple en attisant les divisions sectaires.

La campagne de diabolisation menée par les Etats-Unis et leurs alliés pour délégitimer le gouvernement syrien est semblable à la campagne de diabolisation menée contre la Libye. Le 25 novembre 2011, la Ligue Arabe —une assemblée de despotes illégitimes contrôlée par l’Arabie Saoudite et autres fiefs pétroliers— a exclu la Syrie de la Ligue Arabe et réclamé des sanctions diplomatiques et économiques contre elle. Tout comme pour la Libye, l’exclusion de la Syrie de la Ligue Arabe fournit aux Etats-Unis et à leurs alliés une couverture pour attaquer la Syrie et envahir une nation musulmane de plus.

La Ligue Arabe a un long passé de traîtrise et ne correspond plus à rien. Selon Mahdi Darius Nazemroaya* : "Ce sont l’Arabie Saoudite et le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) qui ont pris le pouvoir dans la Ligue. Le CCG comprend les royaumes pétroliers des Emirats Arabes Unis du Golfe Arabique,le Koweït, le Barhein, le Qatar, Oman et l’Arabie Saoudite. Aucun de ces pays n’est exemplaire sans même parler de démocratie. Leurs leaders mis en place par les Etats-Unis ont trahi les Palestiniens, aidé à attaquer l’Irak, soutenu Israël contre le Liban, détruit la Libye et maintenant ils conspirent contre la Syrie et ses alliés régionaux." Il ajoute : "[La Ligue Arabe] a été phagocytée par Washington et sert ses intérêts et ceux de ses alliés au lieu des véritables intérêts arabes". Comme le CCG, la Ligue arabe est un instrument de l’impérialisme américain. Son intervention honteuse contre la Syrie (une répétition de son intervention honteuse contre la Libye) constituent un acte de guerre contre un autre pays arabe.

Le rôle joué par les despotes arabes soutenus par les Etats-Unis et menés par l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Jordanie et les Emirats Arabes Unis est méprisable. Et il est ironique que ces despotes se prétendent motivés par le souci des droits de l’homme et de la démocratie en Syrie. Des décennies de répression et de détournement des biens et des ressources individuels par ces régimes despotiques ont entraîné de hauts niveaux d’inégalité et de corruption dans leurs pays. En dépit de leur richesse ce sont des pays arriérés qui ont adopté le style de vie décadent des occidentaux et qui se sont détournés de l’Islam. Ils se sont ralliés à une secte (islamique) extrémiste qui détruit la grande religion qu’est l’Islam. Ce sont des dirigeants non élus, illégitimes qui ne tolèrent aucune opposition à leur pouvoir tyrannique.

L’Arabie Saoudite, est évidemment le régime le plus répressif du monde. C’est aussi le plus proche allié des Etats-Unis. C’est une monarchie absolue qui considère que les droits humains et la liberté menacent sa classe dirigeante corrompue. Les femmes saoudiennes ordinaires sont exclues des emplois et le chômage des jeunes s’élève à 40%. Les lois saoudiennes appelées "anti-terroristes" criminalise la dissidence et autorise la détention de longue durée sans jugement. Les dissidents sont traités avec brutalité. Le 21 novembre 2011, les troupes saoudiennes ont ouvert le feu sur une manifestation pacifique dans une province saoudienne orientale, faisant 4 morts et plus de blessés encore. Les dirigeants saoudiens ne tolèrent pas non plus la dissension dans les pays voisins.

En mars 2011, les forces saoudiennes ont envahi le Barhein et ont écrasé brutalement les manifestants pro-démocratie. L’invasion a été encouragée et soutenue par l’administration américaine. Le rapport publié par la Commission d’Enquête Indépendante du Barhein (CEIB) a essayé de justifier le comportement et les lois de la monarchie absolue. Toutefois le rapport faisait état de "violations systématiques des droits humains" durant les attaques du gouvernement contre les manifestants. Le rapport de 500 pages décrit diverses violations commises par le régime despotique du roi Hamad Bin Isa al-Khalifa. Selon le rapport, des détenus —y compris du personnel médical dont le seul crime était d’avoir soigné des manifestants— ont été torturés et ont subi des abus sexuels. Le rapport a été aussitôt enterré par les médias occidentaux.

Etape par étape, le modèle libyen est reproduit en Syrie. Le 28 novembre, l’ONU —le bras armé de l’impérialisme étasunien— a accusé les forces syriennes, qui défendent la nation syrienne contre les gangs et les terroristes armés sponsorisés par l’occident, de "crimes contre l’humanité". Le rapport du soi-disant "Conseil des droits de l’homme de l’ONU" est entièrement basé sur des mensonges fabriqués par des Syriens expatriés à Londres, Paris et Washington. Le rapport accuse le gouvernement de "commettre des atrocités" mais ne parle pas des milliers de Syriens, dont des soldats et des policiers, tués et torturés par les gangs armés. Le principal but du rapport est de diaboliser le gouvernement syrien et de justifier l’agression militaire occidentale. Le rapport a été immédiatement diffusé par les organes de propagande occidentaux comme la BBC, CNN, Fox News, Al-Jazeera et la presse dirigée par l’empire de presse de Murdoch.

Le rapport était une copie conforme des rapports de l’ONU sur l’Irak et la Libye avant leur invasion et leur destruction par l’armée US-OTAN. Le même paquet de mensonges qui ont servi à justifier la barbare agression des Etats-Unis contre l’Irak a été recyclé contre la Syrie. le rapport est le prélude de l’agression US-OTAN contre la Syrie. Où était le Conseil des droits de l’homme de l’ONU pendant le génocide commis par les Etats-Unis en Irak ? Il est clair que l’ONU couvre les crimes de guerre de l’occident. La désinformation joue un rôle important en manipulant l’opinion publique et en créant une atmosphère de guerre.

Pendant que l’ONU s’occupe de manipuler l’opinion publique mondiale en faveur des armées US-OTAN, le premier ministre anglais David Cameron et le despote du Qatar ont promis de soutenir les "groupes d’opposition" syriens (comprendre : leur fournir des armes et de l’argent) afin de promouvoir la "démocratie". David Cameron et le despote du Qatar ont amplement prouvé leur amour de la démocratie en détruisant brutalement la Libye. Aujourd’hui la Libye ressemble à l’Irak, pillée, ruinée et livrée à la violence. Des dizaines de milliers de Libyens (et d’Africains) ont été assassinés, des milliers se morfondent dans des prisons où on les torture et un tiers de la population est déplacée.

Le président français Nicolas Sarkozy, toujours aussi assoiffé de sang, a appelé à la création d’une "zone humanitaire" de sécurité pour protéger les civils semblable à la "zone humanitaire" libyenne où des milliers de civils innocents ont été assassinés par les armées US-OTAN. Le prétexte des "droits humains" pour justifier l’agression est utilisé depuis l’essor de l’Allemagne d’Adolf Hitler. Les Nazis allemands ont justifié leurs invasions armées et leurs violences par la nécessité de "protéger des civils". De fait depuis le début des années 1990, on constate la montée du fascisme anglo-américain qui envahit et terrorise des nations sans défense et les détruit complètement sous prétexte de "protéger les civils".

Selon le quotidien turc Milliyet (28 novembre 2011) : "La France a envoyé des forces armées d’entraînement en Turquie et au Liban pour former la soi-disant Armée Libre [syrienne] —un groupe de déserteurs syriens qui opère hors de Turquie et du Liban— pour préparer la guerre contre la Syrie". Des mercenaires étrangers ont été envoyés en grand nombre en Syrie par le Liban. Comme je l’ai dit plus tôt, ils sont armés et financés par la CIA, le MI6 britannique, le Mossad israélien, l’Arabie Saoudite, la Turquie le Liban et la Jordanie.

Il faut se rappeler que l’insurrection armée contre le gouvernement syrien —financée et armée par les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, le Qatar, Israël, le Liban et la Jordanie— s’est confinée à des petites villes et villages situés le long des frontières avec la Jordanie, le Liban et la Turquie. (Pour plus de détails voir mon article Target Syria). La très grande majorité des Syriens soutient le président Bashar al-Assad, en particulier dans les grande agglomérations comme Damas, Latakieh et Alep. De récentes manifestations dans ces grandes villes ont rassemblé des millions de supporters de al-Assad.

La Turquie, quant à elle, exploite la violence pour servir ses intérêts impérialistes et ceux de l’OTAN. La Turquie a appelé à la mise en place d’une "zone tampon" en Syrie pour entraîner et armer la soi-disante "résistance syrienne" au gouvernement syrien. C’est une ingérence flagrante dans les affaires intérieures de la Syrie ; la Turquie a aussi organisé des conférences visant à construire une opposition au gouvernement syrien et elle a joué un grand rôle dans la création du soi-disant Conseil National Syrien (CNS) une coalition d’opposants expatriés et d’extrémistes armés. Leurs leaders ont déjà promis de couper les liens de la Syrie avec l’Iran, les Palestiniens et les mouvements de résistance libanais dès qu’ils seraient au "pouvoir" en Syrie.

Selon Ibrahim al-Amin, rédacteur en chef de al-Akhbar news, dans un interview récent pour le Wall Street Journal, le porte-parole du CNS, " Burhan Ghalioun, a été obligé (et c’est la seule explication) de dire clairement ce que l’opposition syrienne offrait à ses supporters des Etats-Unis, de Turquie, d’Europe et du Golfe en échange de leur soutien". De grandes quantités d’armes ont été introduites en contrebande en Syrie à partir de la Turquie pour fomenter une guerre civile dans le pays. La Turquie envisage même d’envahir la Syrie si Ankara reçoit le feu vert de Washington. Ce n’est parce que les "Turcs Blancs" se sont mis tout à coup à se soucier des droits de l’homme et de la démocratie dans le monde arabe que la Turquie s’ingère dans les affaires intérieures de la Syrie, mais par intérêt personnel et pour servir les intérêts des Etats-Unis et des sionistes israéliens.

La Turquie se présente comme un "médiateur" impartial dans la région, un "pont" entre l’Occident et les pays musulmans. En réalité, les Turcs Blancs sont au service de l’impérialisme occidental et promeuvent ses intérêts dans la région depuis le règne de Kamal Ataturk. La Turquie s’enorgueillit d’être un pays musulman mais elle épouse un "Islam calviniste" à l’occidentale qui est en contradiction flagrante avec les principes de l’Islam. Les décennies de relations entre la Turquie et l’état sioniste d’Israël et la participation de la Turquie aux guerres US-OTAN (La Turquie est membre de l’OTAN) contre les pays musulmans sont contraires à l’Islam. D’ailleurs de nombreux Turcs ont condamné le rôle de la Turquie dans la destruction de la Libye par l’armée US-OTAN et le meurtre de masse des civils libyens. De plus, la décision turque de permettre à l’US-OTAN de déployer un "bouclier" de missiles nucléaires sur son sol directement braqué sur l’Iran et d’autres pays musulmans est terriblement hypocrite et constitue une trahison de l’Islam.

Le positionnement récent de la Turquie comme champion de la Palestine n’est qu’une rhétorique de façade destinée à la consommation intérieure et régionale. Si les Turcs Blancs se souciaient vraiment des droits de l’homme, ils mettraient fin à leur coopération avec Israël et imposeraient des sanctions à l’état sioniste. Les Turcs Blancs devraient balayer devant leur porte en ce qui concerne les droits de l’homme. Les Arabes peuvent et doivent rejeter le nouveau rôle de la Turquie comme gendarme de l’impérialisme et du sionisme.

L’ingérence américaine dans les affaires de nations souveraines, dont les nations arabes, est bien connue. Les Etats-Unis sont le plus grand ennemi de la démocratie, des droits humains et du droit international. En ce qui concerne la démocratie, la classe dirigeante étasunienne préfère ce que Hillary Clinton a appelé "le type de démocratie que nous voulons voir". Le type de démocratie qu’on trouve en Arabie Saoudite, au Barhein, au Koweït, au Qatar, en Iran à l’époque du tortionnaire Shah Reza Behlavi, en Egypte sous le tyrannique Moubarak et au Chili sous le régime fasciste de Augusto Pinochet. En fait, il serait difficile de nommer un seul dictateur meurtrier qui n’a pas été (porté au pouvoir), financé et armé par les Etats-Unis et leurs alliés. Les Etats-Unis ont de grandes histoires d’amour avec des dictateurs sanguinaires et des fascistes.

Qui plus est, des agences et des think-tanks étasuniens comme la Fondation Nationale pour la démocratie (National Endowment for Democracy -NED), l’Agence Etasunienne pour le Développement International (U.S. Agency for International Development -USAID), L’Institut pour une Société Ouverte (Open Society Institute -OSI) de George Soros et l’Institut National démocratique (National Democratic Institute -NDI), sont directement impliqués dans le financement de groupes d’opposition du monde arabe et d’ailleurs. Le New York Times (14 avril 2011) a révélé "qu’une série d’organismes et d’individus étaient directement impliqués dans les révoltes et les mouvements réformistes qui soulèvent [le Moyen Orient], comme le Mouvement des Jeunes du 6 avril en Egypte, le Centre des Droits Humains du Barhein et des militants de base comme Entsar Qadhi, un jeune leader yéménite ; ils reçoivent des formations et des aides financières de groupes comme l’Institut International Républicain, l’Institut National Démocratique et la Maison de la Liberté, une ONG des droits de l’homme basée à Washington".

En Syrie, le NED est directement impliqué dans le financement de l’insurrection armée syrienne à travers son partenaire le Centre des Etudes des Droits de l’Homme, une organisation anti-syrienne. Dans le cas de l’Egypte, les Etats-Unis ont soutenu le régime de Moubarak jusqu’à la fin. Quand il a été finalement renversé, les Etats-Unis ont changé de camp et se sont employés à encourager les divisions et le sectarisme. En même temps les Etats-Unis ont continué à oeuvrer avec l’armée égyptienne, leur client fidèle, pour manipuler la "révolution" pour servir leurs intérêts et ceux des sionistes israéliens. Cependant, quand les Etats-Unis ne parviennent pas à provoquer des changements de régime à travers les soi-disant "révolutions de couleur" et les sanctions économiques, ils interviennent militairement (et illégalement). Ils l’ont fait en Irak, en Yougoslavie, en Libye et maintenant c’est la Syrie qui est menacée.

Pour conclure, la Syrie n’est pas un pays parfait. Et comme dans tous les pays, l’opposition intérieure syrienne revêt différents aspects. Mais les Syriens sont contre la violence et l’ingérence étrangère dans les affaires de leur pays. Les Syriens veulent de vrais réformes —politiques et économiques— qui soient dans leur intérêt. le Peuple syrien a beaucoup souffert au cours de la dernière décennie. A cause des sanctions imposées par les Etats-Unis et de la présence en Syrie de plus de 2 millions de réfugiés irakiens, l’économie syrienne a stagné et les conditions de vie se sont détériorées. Le peuple syrien ne veut pas d’un changement de régime sponsorisé par les Etats-Unis. Un sondage de mars 2009 montre que plus des deux-tiers de la population syrienne ont une opinion défavorable des Etats-Unis. La décision de changer le gouvernement et le système politique syriens actuels doit reposer dans les mains du peuple syrien.

De puissantes forces se rassemblent contre les Syriens qui sont aujourd’hui menacés d’une agression brutale visant à détruire et piller leur pays. Il ne faut pas rester sur la touche et se rendre complice par le fait de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il faut poursuivre la lutte pour le respect du droit international et contre les agressions.

* Ghali Hassan est un commentateur politique indépendant qui vit en Australie.

Ghali Hassan - Countercurrents

mardi 13 décembre 2011 -

* http://www.globalresearch.ca/index....

Pour consulter l’original : http://countercurrents.org/hassan081211.htm

traduction : Dominique Muselet

 * http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=27...

URL de cet article 15381
http://www.legrandsoir.info/l-agression-contre-la-syrie-se-precise-countercurrents.html

http://www.legrandsoir.info:80/l-agression-contre-la-syrie-se-precise-countercurrents.html


3-2 Oscar fortin : Le Canada et la Syrie.

LE CANADA DE NOUVEAU AU SERVICE DES POLITIQUES DE WASHINGTON EN SYRIE.

HILARY CLINTON L'A DIT DEPUIS LONGTEMPS "BACHAR AL-ASSAD VA-T-EN!". TOUS LES MOYENS SONT BONS, SAUF LA VÉRITÉ, POUR LE METTRE DEHORS. RESTE À VOIR SI LE SCÉNARIO MIS EN PLACE EN LIBYE VA FONCTIONNER DANS CE CAS-CI.

Oscar fortin

Au moment même où une délégation de la Ligue arabe est en Syrie pour évaluer la réalité des faits, rapportés de part et d’autre et qu’un attentat terroriste se produit à Damas, faisant plus de 44 morts et près de 166 blessés, le Canada annonce, avant même de connaître les auteurs des crimes commis, une nouvelle série de sanctions contre la Syrie en raison, selon lui, de la répression sanglante de l'opposition par le régime de Damas.

D’où lui vient cette urgence d’annoncer de nouvelles sanctions alors que la communauté internationale se préoccupe de savoir qui sont les véritables responsables de cette violence. Nous savons que les États, regroupés derrière les Etats-Unis, ont décidé, depuis les tout débuts de cette histoire, que l’unique responsable est le président Bachar Al-Assad. Les versions de témoins et d’analystes qui plaident dans le sens d’une toute autre explication n’y font rien.

En effet, de plus en plus nombreux sont les États et les personnes qui disent, exemples à l’appui, que des groupes armés par l’Occident font régner la terreur et obligent les forces de l’ordre à intervenir. Le Gouvernement syrien parle de plus de 2000 de ses soldats qui auraient été tués par ces forces terroristes, sans préciser toutefois le nombre de blessés.

Quel gouvernement occidental accepterait que des groupes armés fassent la loi dans leur pays ? Le Canada et les Etats-Unis sont les premiers à condamner l’action des terroristes sur leur territoire et à leur réserver un traitement de terreur. Guantanamo est une belle illustration de ces traitements.

A-t-on déjà entendu le Gouvernement canadien porter des accusations contre le Gouvernement de la Colombie qui s’en prend aux groupes armés révolutionnaires qui se battent depuis plus de 40 ans pour un changement de régime ? Dans ce cas, la consigne est que le Gouvernement a la responsabilité de faire respecter l’ordre et d’assurer la sécurité de tous ses citoyens et citoyennes. Sur ce point, il n’y a rien à redire. Toutefois, qu’il y ait eu des paramilitaires pour commettre des crimes et que des fausses communes de milliers de personnes assassinées gratuitement aient été, n’a jamais soulevé l’indignation du Gouvernement canadien.

En tant que canadien, je suis scandalisé par cette obsession d’agir sans prendre le temps de bien comprendre ce qui se passe réellement en Syrie. Actuellement la Ligue arabe est là, d’autres observateurs y sont également. La Russie et la Chine ne veulent pas que le scénario qui a conduit à la chute du régime de Kadhafi et à son assassinat se répète en Syrie. C’est également la volonté de ces dizaines et même de ces centaines de milliers de syriens qui sortent dans les rues pour demander que cessent les interventions extérieures dans les affaires internes du pays.

Regardons simplement ce que les Etats-Unis et le Canada ont fait avec les indignés, groupes totalement pacifiques. Il est dommage que nos représentants canadiens soient davantage à l’écoute de Washington que des canadiens eux-mêmes. Il est également regrettable que nos journalistes et médias n’approfondissent pas les différentes versions qui circulent concernant la violence en Syrie. Le peuple a le droit de savoir, de penser et de décider ce qui est le plus juste pour lui-même et les autres.
Je pose cette question à John Baird, chef de la diplomatie canadienne : S’il s’avérait exact que des pays étrangers fournissent des armes et entrainent des mercenaires en vue de renverser le gouvernement légitime de Syrie, le Canada condamnerait-il pareille intervention ?
Le gouvernement canadien accepterait-il que de pareils procédés se réalisent sur son propre territoire ?
Oscar fortin

Samedi 24 Décembre 2011
http://humanisme.blogspot.com


3-3 Sharmine Narwani :Stratfor remet en cause le discours sur la Syrie.

Depuis l’éclatement des premières manifestations de rue en Syrie en mars dernier, les discours sur la crise syrienne sont restés assez fidèles au thème proposé pour toutes les révoltes arabes. Un dirigeant autoritaire qui écrase une opposition pacifique à son régime et ouvre le feu sur des civils avec un nombre de contestataires qui explose et une montée du nombre des tués…

 

Mais nous entrons maintenant dans le dixième mois de cette révolte particulièrement violente – même en Libye avec sa guerre civile à outrance, les choses n’ont pas été si longues. Alors qu’est-ce qui se passe ?

 

Selon l’organisme texan d’analyse du risque géostratégique Stratfor, qui a publié la semaine dernière un article à rebrousse-poil [à lire ici] sur les efforts propagandistes de l’opposition syrienne, « la plupart des accusations les plus graves faites par l’opposition se sont avérées être grandement exagérées ou tout simplement fausses, nous en apprenant ainsi plus sur la faiblesse de l’opposition que sur le niveau d’instabilité à l’intérieur du régime syrien.»

 

C’est important pour deux raisons. Premièrement, c’est peut-être la première fois qu’une entreprise US de recueil d’informations ayant pignon sur rue met en cause ouvertement le discours en vigueur sur la Syrie. Deuxièmement, les conclusions de Stratfor soulèvent la question : sur quoi basons-nous nos initiatives politiques si les hypothèses qui les sous-tendent sont faussées ?

Quel est réellement le niveau d’instabilité en Syrie? Quelle est l’ampleur de l’opposition au régime de Bachar al-Assad ? Le bilan des victimes nous cloue sur place de dégoût – aujourd’hui, le plus fort taux de décès par jour – mais quelle est la valeur de ces chiffres ? Qui sont ces victimes et peut-on vérifier ? Les militants locaux sont-ils capables de distinguer entre un civil pro-régime tué et un civil anti-régime mort – surtout maintenant que les deux camps sont armés et tirent ?

Je ne suis pas en mesure de discuter ces chiffres et ces aspects, alors je ne le ferai pas. Mais je poserai la question : d’où viennent les « faits » rapportés ?

 

Un biais inhérent aux données syriennes?

Le problème avec les données qui proviennent des organisations d’opposition est que ces dernières ont un intérêt évident à diffuser des informations dont elles tirent un « bénéfice » et à minimiser les statistiques qui leur sont « dommageables.» Et ce même principe vaut aussi pour le gouvernement – et c’est pourquoi nous accueillons avec prudence les annonces du régime syrien.

 

On ne voit pas l’opposition syrienne informer activement sur les simples soldats tués par exemple – sauf à dire que ce sont des militaires tués pour avoir déserté. Twitter fourmille en ce moment de messages selon lesquels plus de 70 de la grosse centaine de tués sont des «déserteurs».

 

On n’entend pas non plus parler du nombre de civils favorables au régime tués par l’opposition armée – dont certains auraient été tués alors qu’ils «manifestaient» pour soutenir le régime syrien.

 

Maintenant, ça ne veut pas dire que l’opposition syrienne ment purement et simplement pour s’adjuger la sympathie et le soutien de l’étranger – surtout parce que « l’opposition » n’est pas homogène et vient d'horizons d'importance et d'orientations différentes.

 

Mais Stratfor s’interroge clairement sur les visées de certaines de ces organisations et le fait sur la base de preuves très récentes sur des campagnes de désinformation :

 

L’article de Stratfor s’intéresse principalement aux efforts de l’opposition pour créer l’impression ces dernières semaines qu’il existe une fracture significative dans le propre clan du président Assad et dans sa secte alaouite minoritaire, dont des membres occupent les plus hautes fonctions dans les forces armées du pays et au gouvernement.

 

Parmi ces gaffes de toute première importance, une information du 10 décembre qui laissait entendre que le “vice-ministre syrien de la Défense et ancien chef du renseignement militaire Asef Shawkat avait été tué par son adjoint et ancien chef de la direction générale de la sécurité, le général Ali Mamlouk.”

 

Stratfor postule que « l’image [sans fondement réel] de deux sunnites haut placés dans le régime tournant leurs armes l’un contre l’autre » contribue à créer « une histoire convaincante » pour des organisations qui veulent « entamer l’image d’un cercle rapproché d’Assad uni dans la volonté de réprimer l’opposition et de sauver le régime. »

 

Autre exemple avec une déclaration du 9 décembre publiée dans le journal à capitaux saoudiens Asharq al Awsat par une « Ligue alaouite des Comités de Coordination » auparavant inconnue qui prétend représenter la communauté alaouite en Syrie, et « rejetait toute tentative de tenir la secte alaouite pour responsable de la ‘barbarie’ du régime Assad ». Stratfor explique que cette histoire fabriquée donne « l’impression que la communauté alaouite se fissure et que le régime Assad fait face à une sérieuse perte de soutien à l’intérieur de sa propre secte minoritaire. »

 

Les analystes basés aux USA citent alors leurs propre source interne à l’opposition syrienne qui  « admet que cette organisation était en fait une invention de l’opposition sunnite en Syrie. »

 

Le même jour, d’autres organisations d’opposition connues, dont le Conseil national Syrien (CNS), l’Armée Syrienne libre (ASL) et l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme établi à Londres, commençaient à diffuser « des affirmations selon lesquelles les forces du régime assiégeaient Homs et avaient donné un ultimatum de 72 heures aux déserteurs syriens pour qu’ils se rendent avec leurs armes sous peine de risquer d’être massacrés

 

Cette information a fait la une dans le monde entier – après tout, Homs avait été le centre de la colère et de la dissidence contre le régime, avec un nombre de tués bien supérieur à celui d’autres points chauds. L’enquête de Stratfor n’a cependant trouvé « aucun signe [annonciateur] de massacre, » et nous avertit que «les forces de l’opposition ont un intérêt à brosser le tableau d’un massacre imminent, dans l’espoir de reproduire les circonstances qui ont entraîné une intervention militaire en Libye.»

 

L’article poursuit en laissant entendre que les massacres dont on parle sont peu probables parce que « le régime a calibré sa répression pour éviter un tel scénario. Les forces gouvernementales», soutient Stratfor, « ont pris soin d’éviter les chiffres élevés de tués qui pourraient conduire à une intervention sur la base de principes humanitaires. » [faut bien verser sa part à la propagande 'démocratique']

 

Et ainsi de suite.

Les récits mensongers brouillent les pistes 

Stratfor identifie quelques objectifs évidents qui orientent la propagande des organisations syriennes d’opposition : 

    - Convaincre les Syriens à l’intérieur du pays (en allant au-delà de la majorité sunnite pour toucher les minorités qui pour l’instant soutiennent largement le régime) que le régime se lézarde et qu’il n’y a donc plus d’intérêt à le soutenir.

 

    - Convaincre les acteurs externes, comme la Turquie, la France et les USA, que le régime est en train de se fracturer et s’apprête à commettre des massacres pour écraser l’agitation, dans le droit fil de ce que le régime avait fait en 1982 à Hama. 

    - Convaincre les Syriens comme les acteurs extérieurs que l’effondrement du régime Assad ne débouchera pas sur le niveau d’instabilité qu'a connu l'Irak pendant près d’une dizaine d’années, ni sur la montée des islamistes comme cela semble être le cas en Libye. A cette fin, l’ASL a mis l’accent sur ses actions défensives et de protection des civils pour éviter d’être qualifiée de militants [terroristes]. Entre temps, l’opposition civile a souligné vouloir conserver les structures étatiques intactes, de manière à éviter le scénario irakien ou d’avoir à reconstruire l’Etat à partir de zéro en pleine guerre sectaire.

 

Stratfor relève que les organisations d’opposition ont réussi à faire passer leurs messages dans les médias grand public occidentaux, et que ces organes d’informations « citent [régulièrement] des dénombrements de victimes fournis par l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, sans être en mesure de vérifier l’information. ». Mais l’article observe aussi que « le manque de coordination entre les divers organes d’informations de l’opposition et le manque de fiabilité des informations fragilise la crédibilité de l’opposition dans son ensemble.»

 

La Syrie a signé aujourd’hui un protocole avec la Ligue Arabe qui ouvrira la voie à une mission d’enquête sur le terrain. Si cet important processus n’est pas détourné par des forces politiques régionales – un scénario improbable même avec les meilleures intentions – nous devrions commencer à avoir des informations vérifiables sur ce qui se passe dans le pays.

 

En l’absence de faits, l’histoire syrienne n’a aucune chance de surmonter l’animosité et la rancœur ressentis dans les deux camps. Des histoires fausses, même sincères, ne feront qu’entretenir le conflit. Bravo à Stratfor pour avoir mis en relief l’importance de la transparence de l’information.

Sharmine Narwani

Traduit par  Djazaïri
http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=6445



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


 

28/12/2011

n°30 - Journal de Syrie - 15-12 au 25-12 - i - Comment on transforme un homme en un être monstrueux.(Philip Giraldi)


n°30 - Journal de Syrie - 15-12 au 25-12   - i -  Comment on transforme un homme en un être monstrueux.(Philip Giraldi)




Journal deSyrie

           n°30                                  15-12 au25-12        

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Journal deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part

Philip Giraldi* : Otan contre Syrie - Des avions de l’Otan à Iskenderun.

Mouna Alno-Nakhal : Syrie : Comment on transforme un homme en un être monstrueux.

Compassion à géométrie variable.

A.Chatta : L’archevêque Capucci : « La Syrie affronte un complot injuste visant à mettre fin à son rôle national historique.»

Ikram Ghioua : SYRIE : A qui profite la désinformation?

2  Politique Syrienne  

1 Paroles & action du président

3 Les institutions

1 Ligue arabe

2 Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité condamne les attaques, bloque sur une résolution 

Europe

Les grandes manœuvres

IRIB : L'historien français Borde: "le soutien par la France des gangs armés en Syrie est une agression contre un Etat membre de l'Onu

2 Les actions dans le monde

Usa

 Un colonel américain dirige les groupes terroristes.

3 Les réactions dans le monde

 

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki manifeste son désaccord avec Obama sur la Syrie.

"Zaftra" (journal russe ) dévoile un rôle turc dans la coordination des actes de sabotage contre la Syrie.

4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

4-1 Louis Denghien : La-Télé nous offre 20 minutes « exceptionnelles » de désinformation et de bonne conscience sur Homs.

4-2 Gaston PELLET : 3D du dimanche 27.11.2011 - A France Inter

4-3 Jihad Makdessi : La Syrie fait l'objet d'une "guerre médiatique".

4-4 Webster Tarpley : « Les escadrons de la mort de la CIA derrière le bain de sang en Syrie. »

4-5 Thierry Meyssan : «L'expression printemps syrien est une pure fiction».



Tiré à part

Philip Giraldi* : Otan contre Syrie - Des avions de l’Otan à Iskenderun.

    Les Américains devraient se faire du souci à propos des événements en Syrie, surtout s’ils envisagent de déclencher, comme en Libye, une guerre qui ne dira pas son nom, mais qui sera bien plus terrible encore. La secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, a d’ailleurs appelé au changement de régime et prédit une guerre, il y a quelques semaines. Et, cela est plus que probable si le régime de Bachar al-Assad, laïc et nationaliste, continue de mettre face à face les sunnites contre les chiites, et contre les Alaouites… Les chrétiens syriens seront quant à eux pris entre deux feux. L’ironie du sort veut que de nombreux chrétiens à Damas sont des Irakiens qui ont fui l’Irak  après avoir fait l’expérience de la guerre de libération de leur pays.

   L’Otan est déjà engagé clandestinement dans le conflit en Syrie avec pour fondé de pouvoir des Etats-Unis, la Turquie. Le ministre des Affaires étrangères turc a admis, publiquement, que son pays était prêt à envahir dès qu’un accord serait trouvé avec les alliés occidentaux. L’intervention se ferait sur des principes humanitaires, pour défendre la population civile, ce même principe de « responsabilité de protéger » invoqué dans l’affaire libyenne. Des sources turques suggèrent que cette intervention prendrait la forme d’une zone-tampon le long de la frontière turco-syrienne et ensuite s’étendrait … Alep, la ville la plus grande de Syrie et la plus cosmopolite serait la cerise sur le gâteau pour les forces de libération.

Des avions de l’OTAN à Iskenderun

   Des avions de guerre de l’Otan, sans signe de reconnaissance, sont arrivés sur les bases militaires turques près de Iskenderun à la frontière syrienne, déchargeant des armes provenant des arsenaux de Kadhafi ainsi que des volontaires du Conseil National de Transition libyen qui savent comment lancer des volontaires contre des soldats entraînés, comme ils l’ont montré avec l’armée de Kadhafi. Iskenderun est aussi le siège de l’Armée Syrienne Libre, le bras armé du Conseil National Syrien. Les forces spéciales françaises et britanniques entraînent les rebelles syriens tandis que la CIA et les unités des Forces Spéciales US fournissent le matériel de communication et le renseignement afin que les rebelles évitent les grosses concentrations de soldats syriens.

   Les analystes de la CIA sont sceptiques quant à la marche vers la guerre. Les rapports des Nations unies faisant état de 3500 morts tués par les forces militaires syriennes proviennent d’informations des rebelles et non jamais été corroborées. La CIA refuse de les prendre en considération. De la même manière, les défections en masse de soldats et les batailles féroces entre déserteurs et soldats loyaux sont une pure fabrication, car, de source indépendante, peu de soldats ont déserté. Les déclarations du gouvernement syrien selon lesquelles il a été attaqué par des rebelles armés, entraînés et financés par des gouvernements étrangers sont plus proches de la vérité.

   Aux Etats-Unis, de nombreux amis d’Israël sont dans les fourgons du changement de régime, persuadés qu’une Syrie affaiblie, divisée par la guerre civile, ne présente aucun danger pour Tel-Aviv (…).

Philip Giraldi* (revue de presse : The American Conservative – 19/12/11)

* Philip Giraldi est ancien officier de la CIA. Il dirige le Council for the National Interest (Conseil pour l’Intérêt  National), une fondation chargée de promouvoir la politique américaine au Proche-Orient en dehors de toutes pressions étrangères, donc y compris – et surtout - israéliennes.

Jeudi 22 décembre 2011 4 22 /12

Traduction : Xavière Jardez - Sous-titre: AFI-Flash

 

Source :

http://www.theamericanconservative.com/blog/nato-vs-syria/

« U.S. Congress controlled by AIPAC »: Philip Giraldi au Congrès des Etats-Unis (vidéo : 2’35)

http://thepassionateattachment.com/2011/05/25/council-for-the-national-interest-u-s-congress-controlled-by-aipac/

http://www.france-irak-actualite.com/


Mouna Alno-Nakhal :Syrie : Comment on transforme un homme en un être monstrueux.

Médias associés aux préparatifs de guerre.

Jihad Makdessi, porte parole du ministère des Affaires Étrangères syrien, remet dans son contexte l’entretien accordé par le Président Bachar el-Assad à ABC News.
14 décembre 2011

L’interview du Président Bachar el-Assad, réalisée par la journaliste Barbara Walters et diffusée sur ABC News le 7 décembre 2011, a été l’objet d’une campagne de calomnies hystériques de la part de nos médias. Nombre de journalistes, commentateurs, analystes, se sont employés à présenter ce que le Président syrien avait déclaré, pour le retourner contre lui, le qualifiant de «  fou », de « dictateur sanguinaire », etc.

D’une chaîne de télévision ou de radio à l’autre, on a pu constater une approche et des procédés identiques, de la part d’intervenants pourtant de sensibilités différentes.

La Palme d’Or pourrait revenir à France 24 [1] pour l’émission Focus/ Répression en Syrie : « Assad nie avoir ordonné de tuer des manifestants. »

Un reportage long format décrypté par son auteur Ben Barnier ; et un présentateur ironique qui, d’emblée donne le ton : «  Il fallait oser ! ».

Chose étonnante en effet qu’un Président puisse accorder un entretien à une journaliste d’un pays ennemi déclaré, qu’il sait indocile et roulant pour son propre compte ! Ce n’est pas ce à quoi nous avons été habitués jusqu’ici.

« La Syrie est cette année l’exemple le plus caricatural… le plus emblématique… le mot est meilleur… de l’usage de la torture pour tenter de mettre au pas toute une population, une barbarie comme on en voit peu, notamment parce qu’elle s’exerce à l’égard des enfants … » affirme Jean Etienne Linaries de l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture).

Jean Etienne Linaries n’a-t-il pas entendu les évêques, archevêques, patriarches, prêtres, et chrétiens d’Orient affirmer, sans peur, que tout ce qu’il raconte est un tissu de mensonges et que la barbarie en Syrie est le fait de bandes armées soutenues par des puissances étrangères dont la France ? Barbarie, volontairement ou involontairement, légitimée par ces journalistes qui font mine de l’interroger ? Tout cela devant conduire à diviser les syriens et à les jeter dans la guerre civile, dans le seul but d’assassiner leur arabité et leur laïcité au profit d’un islamisme radical qui en ce moment sert l’agenda de ces puissances qui veulent, à tout prix et par n’importe quel moyen, déstabiliser la Syrie comme cela s’est fait en Libye ?

Trop compliqué pour Monsieur Linaries qui comme attendu récite sa leçon et la Messe est dite !

Passons sur l’opposant anglophone qui arrive juste à temps pour nous dire « honnêtement », et sur tous les tons, qu’el-Assad fabule et ment parce qu’il aurait perdu le contrôle des événements. Il n’est là que pour nous conditionner à recevoir la parole d’un éminent communicant de nationalité syrienne : « Samir Aïta, directeur rédacteur en chef du “Monde diplomatique - Editions Arabes” et qu’il avait du reste contribué à créer en 2005 en partenariat avec l’édition française. En 2000, il a fondé une société de conseil en économie et en technologies de l’information, qu’il dirige toujours. Il est également président du “Cercle des économistes arabes” » [2] ! Par conséquent, le «  training » des politiciens, il connaît.

À la question : « Que pensez-vous de la réaction de Washington qui considère qu’il s’agit, soit d’un Président aujourd’hui carrément coupé de la réalité, soit carrément fou ? Faut-il le prendre au mot lorsqu’il dit que seul un fou peut commettre ce type d’acte ? », Samir Aïta reprend les arguments bien connus de la Ligue Arabe et du CNS (sans le nommer) ; prétend que l’assassinat révoltant des sept pilotes par des terroristes relève de la responsabilité du Président et de son armée ; nous dit que le régime est tombé depuis des mois…

Il a proclamé tout cela en faisant mine d’ignorer que la Syrie se dirige d’ores et déjà vers une nouvelle constitution et des élections. Fin stratège, il a pris le pari qu’une fois les 200 observateurs de la Ligue arabe entrés dans le pays, deux millions de Syriens rassemblés à Damas réclameront la chute de leur Président.

Pour finir, Monsieur Aïta arrive à juger, d’un regard, qu’el-Assad est très gêné et qu’ « on a fait un montage pour montrer de l’assurance et ce que ça donne, de l’autre côté, c’est un surréalisme total » ! Sur ce dernier point, il n’a pas tort.

En effet, le porte parole du ministère des Affaires Étrangères syrien, le Dr Jihad Makdessi, lors d’un point de presse, a dû remettre dans son contexte l’entretien tel qu’accordé par le Président el-Assad à ABC News. Dans la vidéo que nous vous présentons ici [3] il s’exprime en anglais ainsi que des journalistes présents à la conférence de presse. Le tout est entrecoupé d’interventions en langue arabe.

Il ne sera pas difficile, pour qui le voudra, de comprendre que le Docteur Makdessi compare la version trafiquée par la chaîne ABC News (d’environ 5 : 53 minutes) [4] [5] qui nous a été proposée, avec des séquences de la version initiale et intégrale de l’entretien (de 46 : 18 minutes) [6] telle qu’elle figure sur le site même de cette chaîne américaine. Séquences dont le contenu a été détourné de son sens premier et qu’il s’est proposé de rétablir au moins sur trois points : l’armée syrienne, la déraison américaine, et la crédibilité de l’ONU.

En résumé, le Docteur Makdessi qualifie de « regrettable », la déformation des déclarations du Président el-Assad à laquelle s’est livré le Département d’État américain avant même que l’entretien ne soit diffusé par ABC News, déclarations sur lesquelles s’est alignée cette chaîne malgré le « gentlemen’s agreement » passé avec elle. Et… déclarations que France 24 rappelle en ces termes [7] : « De tels propos ne sont "pas dignes de foi", a réagi le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney : "Le monde entier est témoin de ce qui s’est passé en Syrie. Les États-Unis et de nombreux pays (...) savent exactement ce qui se produit, et qui en porte la responsabilité" ». Par conséquent, après ABC News, à France 24 de s’aligner à son tour !

Ce qui pour le Docteur Makdessi témoigne, une fois de plus, d’une volonté manifeste de sabotage du message du Président syrien et concorde avec le fait que, chaque fois que la direction syrienne a ouvert la porte à une «  certaine » presse, celle-ci s’est livrée à une falsification des faits.

Toujours pour le Docteur Makdessi, dans ce cas précis, le but évident de la manœuvre était de faire passer le Président pour un irresponsable, de s’en prendre à la dignité de l’armée syrienne et, à travers elle, au peuple syrien tout entier. Mais l’armée n’en sort que plus renforcée dans sa détermination à « défendre la patrie » puisqu’il est désormais très clair qu’elle n’a été mise en cause qu’une fois que les sanctions économiques, politiques, diplomatiques, et même confessionnelles se sont révélées vaines. Il en est de même pour la dignité du peuple syrien qui se retrouve encore plus solidaire et confiant en l’héroïsme de son armée.

Finalement, pour la diplomatie syrienne, ce n’est qu’une falsification de plus qui est loin d’avoir atteint son but. Au contraire elle démontre la déraison et le manque de professionnalisme de la diplomatie américaine aussi bien que de la chaîne ABC News, lesquelles ne pouvaient se résoudre, par exemple, à laisser entendre la véritable réponse données par le président syrien à la question : «  Ne pensez-vous pas que l’ONU est une organisation crédible ? ». Sa réponse qui pourrait remettre en cause les certitudes du citoyen américain a été la suivante : « Non, pour la bonne raison qu’ils n’ont jamais appliqué aucune des résolutions ayant trait au monde arabe comme, par exemple, celles concernant les territoires palestiniens et syriens. S’il fallait ne considérer que les droits de l’homme dont ils ne cessent de parler, qu’en est-il de la souffrance des Palestiniens sous occupation territoriale et qu’en est-il de ma terre et de mon peuple qui vit sous occupation israélienne ? Non bien sûr. Non. »

D’un conflit à l’autre, d’une guerre à l’autre, faut-il que les journalistes, par parti pris ou par paresse, continuent à aller systématiquement dans le sens du vent, dans le sens où les pouvoirs veulent les diriger ? Après l’Irak, après la Libye, les gouvernements occidentaux, France en tête, cherchent à accréditer aux yeux du public, qu’il y a urgence à renverser el-Assad.

Cette campagne anti Bachar el-Assad revient à légitimer les tentatives de déstabilisation de la Syrie en faisant recours à des groupes armés, en effet « fous » et « sanguinaires », qui servent les visées stratégiques d’Israël, de la France, du Qatar, de la Grande Bretagne et des États-Unis et non pas les intérêts de leur peuple. Elle participe des mêmes stratagèmes qui ont été utilisés pour monter l’opinion contre Saddam Hussein en 2003, et pour justifier l’intervention étrangère contre Mouammar Kadhafi en février 2011.

À quoi cela a-t-il abouti ? À détruire ces deux pays ; à jeter leurs peuples dans l’horreur, à les ruiner. La majorité des Syriens soutiennent Bachar el-Assad, n’est sourd que celui qui ne veut pas l’entendre ! Ils ne veulent pas d’une intervention étrangère qui conduirait à une déstabilisation régionale majeure, leurs problèmes sont à régler en « interne », opposition comprise, non par des intervenants « extérieurs » qui ont clairement démontré leur irresponsabilité par leurs agissements et leurs déclarations allant à l’encontre des intérêts de leurs compatriotes et de leur patrie.

Si tous les immigrés, expatriés, exilés, réformateurs, ou opposants patriotes syriens, réunissaient leurs efforts pour contrer cette guerre médiatique, la Syrie n’aurait plus rien à craindre... les Syriens le méritent !

Mouna Alno-Nakhal
Notes

[1] http://www.france24.com/fr/20111207-syrie-bachar-assad-abc-repression-revolutions-arabes

[2] http://www.prixsamirkassir.org/concours9-FR.htm

[3] http://www.youtube.com/user/tamadonte#p/a/u/2/fep2AUwmz1o

[4] TRANSCRIPT : ABC’s Barbara Walters’ Interview With Syrian President Bashar al-Assad (Anglais)
http://abcnews.go.com/International/transcript-abcs-barbara-walters-interview-syrian-president-bashar/story ?id=15099152#.TuCcTLIk67s

[5] TRANSCRIPT : Interview de Barbara Walters d’ABC News avec le President Bashar al-Assad (Français)
http://www.alterinfo.net/Barbara-Walters-d-ABC-News-parle-des-conditions-de-son-interview-avec-Bachar_a67673.html

[6] http://www.youtube.com/user/tamadonte#p/a/u/2/fep2AUwmz1o

[7] http://www.france24.com/fr/20111207-repression-bachar-al-assad-tuer-manifestants-manifestations-syrie-damas-interview-abc

Mouna Alno-Nakhal
Biologiste

Mondialisation.ca,

Articles de Mouna Alno-Nakhal publiés par Mondialisation.ca

 Le 14 decembre 2011

-silviacattori.net

 

Compassion à géométrie variable.

Vendredi, deux attentats on fait plus de 40 morts à Damas et plus d'une centaine de blessés.

Et pourtant, c'est à qui laissera sous-entendre le plus lourdement que c'est 'le régime' qui aurait organisé lui-même ces attentats. (Les mêmes qui se gaussent des "théories du complot" soit dit en passant).  

Le Monde titre : «Attentats à Damas : l'opposition accuse le régime, qui accuse Al-Qaida», la RTBF titre "l'opposition accuse le régime", la Tribune de Genève : "Attentats de Damas: à chacun son coupable - Qui a fait le coup? A chaque camp sa version"

Et on relaie complaisamment les propos de ceux-qui s'opposent au "régime", les Bons quoi :

«L'OPPOSITION ACCUSE LE POUVOIR

Le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité des courants d'opposition au régime syrien, accuse le régime de Bachar Al-Assad de porter "la responsabilité directe des deux explosions terroristes". Le régime "a voulu adresser un message de mise en garde aux observateurs arabes, pour qu'ils ne s'approchent pas des centres de sécurité", selon lui. Ce que cherche le régime avec ces attentats, c'est donner l'impression "au monde qu'il fait face à un danger venu de l'étranger et non pas à une révolution populaire qui demande la liberté et la dignité", poursuit le CNS.» [cf pour l'"impression", http://www.silviacattori.net/article2537.html]

Ouest-France écrit carrément ce qui se trouve entre les lignes des plus "honorables" confrères :  

«La ficelle est un peu grosse et ce régime a montré, depuis des décennies et encore plus ces derniers mois, un tel degré de cynisme, de machiavélisme et de perversité qu'évidemment personne ne lui fait plus crédit à priori.»

Les terroristes jihadistes peuvent y aller de coeur joie : les atrocités seront 'a priori' systématiquement attribuées au "régime machiavélique"

Chacun trouve tout à fait normal et crédible que le "régime" tue ses propres membres des service de sécurité, [parmi les victimes se trouvait un haut gradé des services de sécurité, le général Naïm Mourani, un chrétien], et détruise des centres de sécurité "pour que [observateurs arabes]ne s'approchent pas des centres de sécurité".... N'est-ce pas un "régime fou" après tout?

20min.fr met l'accent sur le fait que "C'est l'un des symboles du régime répressif syrien qui était touché" : Là, les attentats sont quasi justifiés...

C'est l'un des symboles du régime répressif syrien, des installations des services de sécurité, qui a été touché par deux attentats suicide à la voiture piégée ce vendredi. Selon un nouveau bilan diffusé en début de soirée, il y a 44 morts et plus de 150 blessés, principalement des civils. «Les premiers éléments d'enquête font porter la responsabilité sur Al-Qaïda», annonce un bandeau défilant sur la télévision d'Etat.

Il y a quelques jours une tuerie atroce s'est produite en Belgique. Un type a jeté des grenades et mitraillé une foule qui attendait le bus avant de se tuer. On y a eu 4 morts. Très normalement, les informations ont été mobilisées, et l'émotion a été énorme. De longues période des journaux télévisés nous ont fait partager l'horreur et les souffrances des proches des victimes.

Ici, les victimes n'ont droit à aucune compassion, barbares anonymes et inintéressants, au nom desquels pourtant l'Otan veut nous faire participer à une "Juste Guerre pour sauver le peuple Syrien". On n'est pas à 40 près.


A. Chatta :L’archevêque Capucci : « La Syrie affronte un complot injuste visant à mettre fin à son rôle national historique.»

Né à Alep en 1922, ordonné prêtre en 1947, Mgr Capucci est membre de l’Ordre Basilien d’Alep et évêque de l’Église melkite catholique depuis 1965.1 Il œuvra beaucoup pour la cause palestinienne et s’est retrouvé parfois à la une des quotidiens.

On se rappelle son arrestation, en 1974, par les autorités israéliennes sur l’accusation de convoyer des armes dans sa voiture au bénéfice de la résistance palestinienne.

Rome / Mgr Hilarion Capucci, archevêque d’al-Qods en exil, a affirmé que la Syrie affronte un complot injuste visant à mettre fin à son rôle national et historique.

Dans une allocution prononcée aujourd’hui au cours d’une marche de condamnation dans la capitale italienne Rome, l’archevêque Capucci a indiqué que ce rassemblement a eu lieu pour confirmer à tout le monde notre solidarité avec la Syrie.

Il a exprimé sa condamnation des ingérences tendancieuses dans les affaires intérieures de la Syrie, tout en dénonçant les sanctions, les diktats, la tromperie médiatique et les pressions exercées sur la Syrie pour l’obliger à renoncer à ses constantes nationales et à son rôle historique dans la défense des questions arabes, notamment celle palestinienne.

Mgr Capucci a estimé que les conspirateurs contre la Syrie œuvrent pour réactiver le plan du nouveau Moyen-Orient, adopté par les Etats-Unis depuis des années pour dominer les potentiels de la nation arabe.

Il a affirmé, enfin, que la Syrie, forteresse de la fermeté, sortira plus forte de sa crise, appelant les Arabes à se solidariser avec la Syrie, cœur de l’arabité.

A. Chatta / L.A.

mardi 22 novembre 2011,

Comité Valmy

Source : http://www.sana.sy/fra/55/2011/11/22/383420.htm


Ikram Ghioua : SYRIE : A qui profite la désinformation?

Contrairement aux révoltes, dites du «Printemps arabe», qui ont une finalité à défaut d'avoir un programme, la situation en Syrie sort totalement de ce scénario et emprunte un chemin tortueux aggravé par une désinformation manifeste des grands médias internationaux.

«Ce qui se passe en Syrie n'a rien à voir, ni avec la défense des droits de l'homme, ni avec ce qu'en rapportent les médias traditionnels depuis huit mois», comme le montre très bien l'article de Sami Kleib, journaliste arabe fort bien informé. «Les manoeuvres contre la Syrie s'inscrivent dans le cadre d'une déstabilisation régionale préméditée et fait partie d'un plan visant à démanteler la Syrie, le Liban, et l'Iran», rapporte le site animé par le journaliste franco-suisse, Alain Soral, qui revient d'un séjour en Syrie. Se déclarant lui-même engagé dans le combat pour la liberté d'expression et la vérité, il ne s'est pas laissé entraîner dans le labyrinthe de la désinformation que de nombreux médias occidentaux et arabes et notamment Al Jazeera tentent d'imposer à une opinion publique internationale maintenue intentionnellement à distance des véritables enjeux qui dominent la scène syrienne.

Selon ce journaliste, qui ne cache ni ses positions ni sa pensée idéologique, contrairement aux partisans de l'apocalypse, «ce qui se passe en Syrie n'a absolument rien à voir avec une révolution ou une révolte populaire.
Il s'agit d'une odieuse conspiration conçue par des parties invisibles qui tentent de renverser un régime refusant de se plier devant le diktat impérialiste». Cet avis est aussi partagé par de nombreux intellectuels et journalistes occidentaux qui ont visité récemment la Syrie.

Tous sont unanimes pour affirmer avec des preuves à l'appui que «la situation dans ce pays est certes difficile, mais elle est loin d'être reflétée fidèlement par beaucoup de médias». Lors d'une conférence de presse tenue dernièrement au Centre catholique de l'information à Beyrouth, Mère Agnès Mariam de la Croix a indiqué que la délégation du Centre était la première à accéder aux régions les plus périlleuses en Syrie et à y visiter des hôpitaux pour constater de visu ce que les forces de sécurité et de l'armée ont dû subir par les groupes armés. «Ces derniers ont cherché à travers ces actes à fragiliser le respect de l'Etat et à semer le chaos et les troubles, ce qui a nui surtout aux citoyens, notamment lorsque les corps des victimes de ces actes sont mutilés et jetés sans merci dans les rues», a-t-elle ajouté.

L'Osdh fixe chaque jour le chiffre des victimes à partir de Londres
Mère Agnès Mariam de la Croix a indiqué que le centre dispose des noms de 500 martyrs des forces de sécurité et de ceux de 372 autres tombés durant le mois d'octobre dernier seulement.

Elle a signalé dans ce contexte que l'Observatoire syrien des droits de l'homme (Osdh), qui siège à Londres fixe chaque jour un chiffre des morts dans les événements en Syrie, sans jamais donner pour autant les noms des victimes supposées, ni préciser qu'il s'agit d'éléments des forces de sécurité.
Elle a souligné que le Centre avait appelé cet observatoire lui demandant de lui fournir des noms des victimes, mais l'Osdh n'a donné aucune indication, ni répondu jusqu'à présent. Alain Soral réfute toutes les thèses colportées par Al Jazeera à propos de laquelle, il tient à souligner qu'elle est en train «de jouer un rôle similaire à celui qu'elle avait joué en Libye». Pour ce journaliste et c'est sûrement valable pour de nombreux confrères qui ont séjourné récemment en Syrie, «l'odeur du complot remplit l'atmosphère et il n'y a qu'Al Jazeera qui n'arrive pas à le sentir. J'étais en Syrie et je n'ai rien constaté d'exceptionnel dans le dispositif sécuritaire mis en place. Ce qui est vrai, par contre, ce sont ces bandes armées qui mettent la pression sur les forces de sécurité». Dans le même contexte, il est curieux de constater que la Ligue arabe, devenue otage d'un nombre restreint de monarques du Golfe, adopte une attitude pour le moins négative à l'égard d'un chef d'Etat que l'on s'obstine à présenter comme le «mal» intégral à éradiquer par tous les moyens. Aussi paradoxal que cela paraisse, la Ligue arabe ose demander à Al Assad de retirer l'armée des régions «infestées» comme si elle s'adresse à une force d'occupation.

Dans la logique défendue par l'émir du Qatar que certains journalistes arabes et occidentaux, dont Soral, qualifient d'instigateur, le régime syrien n'a plus le droit d'exercer ses prérogatives de maintien de l'ordre. Il n'est pas étonnant dans ce même ordre d'idées de relever ces multiples appels émanant notamment de l'étranger, qui encouragent ce qui est qualifié d'«opposition syrienne» à rejeter toute offre de dialogue venant du régime. A l'instar de Robert Ménard, ancien secrétaire général de Reporters sans frontières, Alain Soral s'insurge avec force contre ces tentatives répétées d'étouffer tout son de cloche qui ne rentre pas dans le moule des adversaires jurés de Bachar Al Assad. «En tant que journaliste engagé, je suis très mobilisé pour rapporter la vérité. C'est un devoir de tout journaliste fidèle à son métier», déclare-t-il en tenant à marquer sa position qui tranche avec «l'unanimisme ambiant» entretenu par la classe politique occidentale dans sa totalité. Robert Ménard ou Alain Sorel sont des journalistes aguerris et expérimentés. Il se pourrait qu'ils soient motivés par une démarche politique et idéologique qui leur est propre, mais il est tout à fait hors de question qu'ils se laissent manipuler de manière grotesque par l'appareil du parti Baâth. Ce parti, qui contrôle la vie politique en Syrie, avait été interpellé par les masses syriennes en vue d'engager le processus de rénovation, mais quand le mouvement de contestation a été gravement pénétré par des parties non identifiées, des millions de Syriens ont stoppé leur manifestation rejetant de manière déterminée l'idée de faire tomber le régime comme cela leur fut suggéré par des officines étrangères.

Des journalistes vont à contre-courant de l'opinion imposée
C'est apparemment ce recul opéré grâce à l'implication courageuse et patriotique de nombreuses personnalités et intellectuels syriens, qui a obligé les «gourous» de la démocratie d'importation à tout faire pour isoler le régime sur le plan international soutenant que la Syrie est à feu et à sang. Ce qui a été catégoriquement démenti par notre interlocuteur qui s'est vraiment interrogé sur la nature de ces bandes lourdement armées, témoigne encore Alain Soral, qui sèment la mort à Homs ou dans le rif de Damas?

Qui les aide?

D'où se procurent-ils leurs armes?

Mis à part Poutine, aucun dirigeant occidental de ce rang ne s'est vraiment soucié des liens intéressés de ces bandes. Cette frénésie de présenter le régime syrien sous son jour le plus sombre devrait susciter la réflexion. Alain Soral et les nombreux intellectuels étrangers qui ont décidé de livrer bataille à toute forme de désinformation sont certainement bien placés pour parler d'un complot qui refuse de dire son nom. De fait, les aveux de Bernard-Henri Levy, sur les tenants et aboutissants de la «révolte» en Libye (cf; sa conférence la semaine dernière au Crif à Paris en marge de la sortie de son livre sur sa participation à la chute d'El Gueddafi) remettent en cause des informations non recoupées sur ce qui se passe réellement en Syrie. Aussi, ces journalistes qui osent aller à contre-courant de l'opinion admise ou imposée, ne défendent pas Bachar Al Assad parce qu'ils partagent avec lui quelques idées, mais défendent le droit à une information objective qui éclaire l'opinion publique sur les véritables enjeux de la crise syrienne. La question inévitable est de savoir pourquoi l'avis de ces personnalités est mis sous embargo. En s'inscrivant en porte-à-faux contre ce formidable flux d'informations «contrôlées» et «revues» par les stratèges du chaos, ils posent un vrai problème de déontologie qu'Al Jazeera et ses relais s'obstinent à écarter sous le fallacieux prétexte de défendre le droit des Syriens à une vie démocratique. Ce que veulent transmettre Alain Soral, Robert Ménard ou Thierry Meyssan est simple, à la limite du banal, si cela a eu lieu dans un contexte normal. Leur message est clair: «Laissez les Syriens décider de leur sort.» En un mot, et cela les opinions publiques l'ont bien saisi malgré la manipulation, aucune partie n'a le droit de défendre les Syriens par procuration.

En s'obstinant dans la provocation pure et simple, Al Jazeera s'est transformée en un outil de propagande utilisé par les concepteurs du «Grand Moyen-Orient» à faire tomber un régime qui ne cadre pas avec les nouvelles options stratégiques mises en place par les nouveaux maîtres du monde. Et si la guerre déclarée à Bachar Al Assad n'était qu'une tentative de diversion à grande échelle?

Ikram Ghioua
 
Articles de Ikram Ghioua publiés par Mondialisation.ca

Mondialisation.ca,

 Le 25 novembre 2011

expressiondz.com

 


2  Politique Syrienne  

1 Paroles & action du président

La Syrie s’insurge contre la diffusion d’une interview (ndlr : tronqué) de son Président

La Syrie a émis des objections après la diffusion d’une interview du Président Bachar el-Assad par la télévision américaine. Le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères Jihad Makdisi a déclaré qu’elle avait été déformée, que des parties de l’interview avaient été sortis de leur contexte.

Jihad Makdissi a montré à des journalistes l’interview telle qu’elle a été diffusée aux côtés de la version originale. Le Président syrien Bachar el-Assad y nie que son gouvernement ait ordonné de tuer les manifestants. La partie où le Président déclare que des enquêtes sur les meurtres ont été ordonnées n’a pas été diffusée. Makdissi met en cause la chaîne ABC.

Jihad Makdissi

Porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères

"Nous ne sommes pas surpris par cette déformation et nous savons que dans le secteur des médias, chaque chaîne a le droit de monter comme elle l’entend mais il existait un accord verbal stipulant que le montage ne devait pas déformer les faits. Comment est-ce possible avec le Président d’un Etat et d’un pays comme la Syrie où tout le monde affirme que nous ne laissons pas les médias travailler et quand nous les y autorisons, ils déforment. Donc je ne sais pas de qui c’est la faute."

Jihad Makdissi a ajouté que son pays voulait la levée des sanctions de la Ligue arabe et son retour en son sein. La Syrie a dans ce sens envoyé un courrier à la Ligue indiquant qu’elle acceptait sous conditions la venue d’observateurs. Selon Makdissi, Damas étudie également la réponse du responsable de la Ligue, Nabil Elaraby, à propos du plan de paix arabe

Source: http://fr.cntv.cn/program/journal/20111211/108141.shtml

Voir la vidéo  http://fr.cntv.cn/program/journal/20111211/110173.shtml


2 Sur le terrain

 

La Syrie est parvenue dans la nuit de lundi à mardi à contrer une tentative d’infiltration d’un groupe terroristeen provenance de la frontière avec la Turquie, tuant deux de ses membres et blessant d’autres.

Selon l’agence de presse officielle Sana,  «  les gardes-frontières ont déjoué une tentative d'infiltration d'un groupe terroriste armé dans le village d'Aïn Baida à Idleb (nord-ouest), en provenance de la frontière turque".
 "Les gardes-frontières ont tué deux des membres du groupe terroriste composé de 15 hommes armés", selon Sana.
Pour sa part le correspondant de la télévision iranienne arabophone AlAlam a indiqué qu’aucun membre des Gardes-frontières n’a été blessé.
En revanche, il a affirmé avoir vu des ambulances turques ramasser les tués et secourir les blessés. 

Le 6 décembre, les autorités syriennes avaient fait état d'une tentative similaire d'infiltration d'hommes armés en territoire syrien depuis la Turquie. Elles ont affirmé l’avoir repoussée, blessant quelques éléments du groupe qui en comptait 35, alors que les autres se sont évadés.
Le lendemain, la Turquie avait dit qu’elle n'autorisait aucune attaque contre d'autres pays à partir de son territoire. Sachant qu’elle accueille les déserteurs de l'armée syrienne, dont le colonel Riad al-Assaad, le chef de l'Armée libre syrienne, qui mène depuis plusieurs semaines des attaques contre les forces régulières.

Sur un autre plan, l’agence Sana a révélé qu’une explosion a eu lieu dans la nuit de lundi à mardi sur un gazoduc dans la région de Homs, dans le centre de la Syrie. Elle a accusé un groupe terroriste armé d’avoir perpétré ce quatrième acte de sabotage près de la ville de Rastan, signalant qu’il n’y pas eu de victimes.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), citant un militant sur place a affirmé que "ni les révolutionnaires ni les déserteurs n'avaient un lien avec cette explosion qui s'est produite sur un gazoduc entre les villes de Talbissé et Rastan".

Par ailleurs, le correspondant d’AlAlam a signalé que des hommes armés ont lancé des bombes sonores contre des centres électoraux à Homs, alors qu’à Talkalekh, des hommes armés ont pris d’assaut d’autres centres électoraux, au moment où les électeurs syriens participaient pour la première fois à un scrutin municipal pour élire leurs conseils locaux.

Dans le siège des Nations Unies à New York, le représentant de la Syrie Bachar AlJaafari a accusé les Américains et leurs alliés d’ouvrir un nouveau front pour détourner l’attention de l’opinion publique internationale des crimes qu’ils ont commis en Irak. Cette déclaration a eu lieu en marge d’une séance close du Conseil de sécurité consacrée a discuter la situation humaine en Syrie et en Palestine.
Mais la Chine et la Russie ont refusé d’y participer tant que la représentante de l’ONU pour les droits de l’homme Navy Pelay n’est pas présente pour exposer son rapport sur la situation des Palestiniens dans les territoires occupés.

Damas et Téhéran : main dans la main

Sur le plan économique, Damas et Téhéran œuvrent ensemble pour consolider leurs liens.

Selon Sana, les travaux de la 9e session du comité de suivi syro-iranien pour la coopération économique commenceront ce mardi à Damas. En Iran, le Parlement a voté un accord de libre-échange avec la Syrie qui prévoit de créer, d'ici cinq ans, une zone libre commerciale entre les deux pays qui sont chacun soumis à des sanctions internationales, selon la télévision d'Etat.

"Cet accord est une réponse ferme aux Etats-Unis et à leurs alliés européens et régionaux qui consacrent des milliards de dollars pour changer le régime politique en Syrie", a expliqué Allaeddine Boroujerdi, président de la Commission des Affaires étrangères du Parlement, en défendant le projet de loi

A la lumière de la conjoncture actuelle, l'Agence syrienne de développement des exportations (ADE) a  conseillé l'augmentation des volumes des échanges commerciaux avec l'Iran via la réactivation de l'accord du libre commerce entre les deux pays et la consolidation des relations distinguées avec l'Irak et le Liban.

Les chiffres publiés par l'ADE sur les échanges commerciaux entre les deux pays montrent que la Syrie y exporte moins de 6 Mrds LS, soit le taux d’1% de ses exportations, alors qu'elle en importe pour le montant de 16 Mrds LS, l’équivalent de 2% de la totalité de ses importations.

Selon l’agence,  la Syrie a réalisé un accroissement de 22% au cours du 1er trimestre 2011 par rapport aux indices de l'an 2010, puis a subi une baisse de 30% au cours du 2ème trimestre pour revenir au 3ème trimestre à ses taux moyens normaux avec une baisse de 4%.
Dans une étude publiée par Sana, l'ADE indique que la majorité des exportations syriennes vers les pays arabes sont des articles non pétroliers et représentent 40% de la totalité des exportations syriennes alors que les importations des pays arabes représentent 15% de la totalité de ses importations.

Selon l'étude, c’est l'Irak qui occupe la 1ère place parmi les partenaires commerciaux de la Syrie avec 26% de la totalité des exportations syriennes, et 70% des exportations syriennes vers les pays arabes.

Quant aux échanges commerciaux avec la Turquie, ils comptent 5% de ses exportations d’une valeur de 28 Mrds LS, et 10% de ses importations d'une valeur de 81Mrds LS.
La même étude souligne la hausse du volume des importations syriennes de la Chine au cours du 1er trimestre de cette année représentant un taux de 22%, alors que ces importations avaient baissé au cours du 2ème trimestre à 25% et au 3ème trimestre à 40%.  La Syrie exporte aux pays de l'Union européenne des produits d'une valeur de 210 Mrds L.S., soit 37% de ses exportations, et ce, en prenant en considération que la majorité de ces exportations est pétrolière, alors qu'elle importe des pays de l'Union des produits d'une valeur de 211 Mrds L.S., soit 26% de ses importations.

les auteurs de l'étude ont recommandé la conclusion de mémorandums d'entente entre la Banque centrale et les autres banques de Syrie avec les banques similaires dans les pays amis pour assurer l'échange des marchandises en monnaie locale, et ce, en évitant le recours au dollar ou à l'euro.
S’agissant des exportations pétrolières, l'étude a recommandé l'orientation vers l'Orient, aussi bien pour exporter le pétrole que pour profiter des technologies russes dans le domaine de l'exploration et des expertises iraniennes pour atténuer les impacts de l'embargo.

 AL MANAR 

 



3 Les institutions

1 Ligue arabe

La 'Ligue arabe' adopte des sanctions économiques sans précédent contre la Syrie.

La Ligue arabe a adopté aujourd'hui des sanctions économiques contre la Syrie pour contraindre le régime à faire cesser la répression, a annoncé le premier ministre qatari Hamad ben Jassem al-Thani à l'issue d'un conseil extraordinaire des ministres arabes au Caire.
Ces sanctions comprennent un gel des transactions commerciales avec le gouvernement syrien et des comptes bancaires du gouvernement dans les pays arabes, la suspension des liaisons aériennes entre les pays arabes et la Syrie et une interdiction de voyager dans les pays arabes pour des responsables à déterminer, selon la résolution votée par la Ligue.

Extrait de http://plus.lefigaro.fr/tag/syrie

 

Le Hezbollah s’en prend à la Ligue arabe, à Ghalioun et à « l’alliance de Satan » contre la Syrie.
Plusieurs responsables du Hezbollah s’en sont pris hier à la Ligue arabe, dans la foulée du ministre des Affaires étrangères, Adnane Mansour, qui avait mis en garde samedi contre les « répercussions politiques sur le Liban » au cas où le gouvernement libanais s’engagerait à mettre en œuvre les sanctions arabes contre la Syrie, et qui avait exprimé son inquiétude quant à l’internationalisation du conflit, exhortant la Ligue arabe « à aider la Syrie à sortir de la crise au lieu de faire le contraire ».
Le président du conseil exécutif du parti, cheikh Hachem Safieddine, a critiqué hier « le réveil tardif de la Ligue arabe, dont nous avions oublié l’existence ». « Ceux qui ne se réveillent que pour semer la discorde et rendre ainsi service aux étrangers et aux Occidentaux auraient mieux fait de rester endormis », a-t-il dit. « Ils n’ont jamais été aux côtés des affaires de notre nation, de l’opprimé en Palestine, au Liban et dans le monde. Nous savons ce qu’ils sont depuis longtemps et n’avons jamais parié sur eux », a-t-il ajouté.
Le vice-président du conseil exécutif du parti, cheikh Nabil Kaouk, a abondé dans ce sens. « La Ligue arabe sème la confusion dans les rangs de la communauté arabe et internationale lorsqu’elle évoque sa volonté de protéger les civils. Il s’agit d’une formule juste employée à de mauvaises fins : des pays arabes sont impliqués dans l’envoi de combattants et d’armes en Syrie, et ont empêché l’opposition de dialoguer avec le pouvoir. Ce sont les Arabes de l’Amérique, et ils sont une partie du problème, pas de la solution », a-t-il dit, accusant certaines parties au Liban de transférer des armes et des combattants en Syrie et de « poignarder dans le dos » cette dernière.
Le ministre Mohammad Fneich a pour sa part tiré à boulets rouges sur le président du Conseil national syrien, Burhan Ghalioun, sans le nommer. «
Ceux-là qui ont été érigés en façade de ce qui est appelé le Conseil national, et qui présentent aujourd’hui leurs lettres d’accréditation (auprès de l’Occident), nous les avons entendus affirmer clairement que s’ils arrivent au pouvoir, ils rompront les relations de la Syrie avec l’Iran et la résistance au Liban et en Palestine, qu’ils négocieront avec l’ennemi israélien et qu’ils feront partie du projet américain et de l’OTAN », a-t-il dit.
Quant au responsable des relations internationales au sein du Hezbollah, Ammar Moussaoui, il a dénoncé les agissements de « l’alliance de Satan » contre « l’axe de la résistance » en Syrie.
http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/734797/Le_Hezb_s'en_prend_a_la_Ligue_arabe%2C_a_Ghalioun_et_a_%3C%3C+l'alliance_de_Satan+%3E%3E_contre_la_Syrie.html



2 Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité condamne les attaques, bloque sur une résolution
Les quinze membres du Conseil de l'ONU ont condamné vendredi les attentats perpétrés à Damas, mais n'arrivaient toujours pas à se mettre d'accord sur un projet de résolution présenté par la Russie et critiqué par les Occidentaux.
Le Conseil de sécurité "condamne dans les termes les plus forts les attentats" qui ont tué au moins 44 personnes vendredi à Damas, au lendemain de l'arrivée de la mission arabe préparant la venue d'observateurs. Les autorités syriennes attribuent les deux attentats suicide à la voiture piégée à Al-Qaïda.
Les membres du Conseil ont présenté "leurs condoléances les plus sincères aux victimes de ces actes odieux et à leurs familles ainsi qu'au peuple syrien".

D'ordinaire, le Conseil de sécurité présente ses condoléances au gouvernement du pays touché par ce genre d'attaques.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'était dit un peu plus tôt "très inquiet" de l'escalade de la violence dans le pays et avait appelé le régime du président Bachar al-Assad à appliquer "complètement" le plan de sortie de crise de la Ligue arabe.
Sur le plan diplomatique, les quinze membres du Conseil de sécurité travaillaient toujours sur un projet de résolution présenté par la Russie et condamnant les violences perpétrées "par toutes les parties, y compris l'usage disproportionné de la force par les autorités syriennes".

Les puissances occidentales ont jugé ce texte trop timoré.
L'ambassadeur allemand Peter Wittig a indiqué que les nations européennes souhaitaient que le texte soutienne plus fermement la décision de la Ligue arabe de sanctionner la Syrie.
Il faudrait aussi, d'après lui, que la résolution appelle à "la libération des prisonniers politiques" et que "soit clairement exprimée la nécessité de traduire en justice ceux qui ont commis des violations des droits de l'homme".
De son côté, l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a refusé que soit "abandonnée toute référence à la violence générée par les éléments extrémistes de l'opposition" au régime syrien.
La Russie et la Chine ont déjà mis leur veto à une résolution rédigée par les pays européens pour condamner la Syrie où la répression des manifestations contre le régime a fait plus de 5.000 morts depuis mars, selon l'ONU.
M. Tchourkine refuse par ailleurs que le texte fasse mention d'un "embargo sur les armes". "Nous savons très bien ce que signifie un embargo sur les armes. Cela veut dire --et nous l'avons vu en Libye-- que vous n'êtes pas autorisé à fournir des armes au gouvernement, mais que tout le monde peut fournir des armes à des groupes d'opposition", a-t-il lancé.
Cette semaine, le diplomate russe s'est prononcé pour l'ouverture d'une enquête de l'ONU sur les frappes aériennes de l'Otan en Libye, s'attirant ainsi les foudres des Etats-Unis et des nations alliées ayant participé à l'opération.
Son homologue américaine Susan Rice a parlé de "déclarations grandiloquentes et bidons", jugeant que M. Tchourkine usait d'une "manœuvre de bas étage" pour détourner l'attention de la Syrie.
Piqué au vif, l'ambassadeur russe a estimé que Mme Rice avait tiré sa critique du "dictionnaire Stanford des jurons", en référence à l'université de Californie où Susan Rice a étudié
.
24/12/2011

http://www.lorientlejour.com/category/Derni%25C3%25A8res%2520Infos/article/737648/Syrie%3A_le_Conseil_de_securite_condamne_les_attaques%2C_bloque_sur_une_resolution.html

 



Europe

Les grandes manœuvres

France

IRIB : L'historien français Borde: "le soutien par la France des gangs armés en Syrie est une agression contre un Etat membre de l'Onu". 

L'historien et le journaliste français Jacques borde a critiqué la politique étrangère de la France, soulignant que la détérioration des relations entre la France et la Syrie est la faute de la France. Dans une interview avec le site électronique "Géostratégie", l'historien français s'en est pris à Paris qui fournit un soutien logistique aux personnes armées en Syrie, ce qui constitue une agression contre un pays membre de l'ONU, soulignant que cet acte est contraire aux législations françaises et que les responsables et les parties qui le parrainent seront poursuivis en justice après l'arrivée d'une nouvelle majorité politique en France à la suite des élections 2012. Il s'est étonné de la position de la France qui se pose en partie prenante entre le gouvernement syrien et l'opposition instrumentalisée de l'étranger. Il a ajouté que le problème est Sarkozy qui met la charrue avant les bœufs, précisant qu'il n'est pas sûr que la politique élyséenne jouisse de l'unanimité, qualifiant la position française de d'"une rare inconséquence". Il a trouvé que la France est seule sur la ligne de front, tout en bafouant que pour les Américains pourquoi se salir les mains lorsque on trouve un « idiot utile » pour faire le sale boulot à votre place".

Partage social

16/12/2011

IRIB



2 Les actions dans le monde

Pays

Usa

 Un colonel américain dirige les groupes terroristes.  

Un commandant des forces spéciales de l’armée américaine, le colonel Cleveland, supervise l’équipement et la formation des groupes armés en Syrie, a annoncé la télévision syrienne. Ce colonel chargé de créer une armée constituée d’hommes armés opposée à l’Ordre syrien, appelée «Armée de la Syrie libre», a déclaré que les Etats-Unis ont créé pour ces hommes armés une base de formation en Turquie, dans le Nord et l’Est du Liban et à Arbil, en Irak. Selon ce rapport, des experts français, britanniques et américains supervisent le camp de formation d’hommes armés originaires de différents pays, dont la Libye, avant de les envoyer en Syrie. Les hommes armés s’infiltrent notamment via la région frontalière libanaise de Wadi Khaled, en Syrie.
11/12/2011
http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/158111-syrie--un-colonel-am%C3%A9ricain-dirige-les-groupes-terroristes



3 Les réactions dans le monde

Irak

Le Premier ministre irakien Nouri al-Malikimanifeste son désaccord avec Obama sur la Syrie.

 

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a manifesté lundi son désaccord avec le président américain Barack Obama vis-à-vis de la situation en Syrie, affirmant qu'il ne se sentait pas le droit de réclamer le départ du président Bachar al-Assad comme le fait Washington.

Obama, qui venait de recevoir Maliki dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, a essayé de chacher ces divergences se contentant de parler de "désaccords tactiques" sur la question syrienne, tout en reconnaissant que son hôte avait à cœur les intérêts des Irakiens.
"Je sais que les peuples doivent obtenir leur liberté, exercer leur libre-arbitre, (parvenir à) la démocratie et l'égalité. Nous sommes en faveur de ces droits (...) parce que nous les avons obtenus nous-mêmes", a affirmé M. Maliki lors d'une conférence de presse avec M. Obama.
"Mais je n'ai pas le droit de demander à un président de démissionner. Nous ne pouvons pas nous arroger ce droit", a encore dit le Premier ministre irakien.
  

Obama a tenté de minimiser les divergences entre Washington et Bagdad et assuré que Maliki et lui-même pensaient que "lorsque les Syriens sont tués ou ne sont pas autorisés à s'exprimer, c'est un problème".
   "Etant donné que la Syrie est frontalière de l'Irak, et que l'Irak est situé dans une région difficile, nous nous concerterons étroitement avec (Bagdad) à l'avenir" au sujet de la Syrie, a ajouté le président américain.

Pour sa part, l sénateur américain John McCain a accusé Obama et Maliki d'avoir "échoué" à s'entendre sur une présence militaire américaine en Irak après 2011.
   "Tous deux ont échoué dans leur responsabilité liée aux intérêts en matière de sécurité que nous partageons", a dit le sénateur républicain qui avait échoué lors de la présidentielle de 2008 face à Barack Obama.
  

 John McCain a estimé qu'une "vision, un engagement et un leadership erronés à la fois à Washington et à Bagdad" avaient fait que "des considérations de politique nationale" prennent le pas sur un accord en vue d'une présence militaire américaine en Irak après 2011. 

  "Les sacrifices de nos deux peuples dans une guerre qui a été longue et coûteuse, les besoins des forces de sécurité irakiennes et les intérêts américains pour un Irak stable et démocratique appelaient au maintien d'une présence des troupes américaines après la fin de cette année", a dit M. McCain.
   "Les progrès accomplis à la fois par les Irakiens et les Américains, à un coût tellement élevé et douloureux, courent maintenant un danger important.  J'espère que je me trompe mais je crains que ce ne soit pas le cas".
  
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=41356&cid=13&fromval=1&frid=13&seccatid=15&s1=1



Russie

"Zaftra" (journal russe ) dévoile un rôle turc dans la coordination des actes de sabotage contre la Syrie.  

Le journal russe "Zaftra" dévoile le rôle direct turc dans la coordination des actes de sabotage et de terrorisme contre la Syrie, précisant que la Turquie assume la responsabilité de la mise en exécution des mesures opérationnelles et des opérations particulières dans les territoires syriens.
Le journal précise que les déclarations du premier ministre turc et des ministres allemand, français et américain des Affaires étrangères montrent que ces derniers ont décidé d'utiliser le scénario libyen contre la Syrie, ajoutant que la décision des leader de la coalition occidentale de viser la Syrie avait été prise en 2003 au moins en proposant, alors, à la Syrie le désarmement d'une façon partielle en contrepartie de l'allégeance et de l'amitié avec l'Occident, chose refusée catégoriquement par le président Bachar al-Assad, ce qui a poussé le Congrès américain à élaborer la loi de la Syrian accountability Act et à imposer des sanctions contre Damas.
Le journal ajoute que la Turquie a joué un rôle essentiel dans la préparation méthodique des plans opérationnels pour renverser la Syrie, précisant que l'organisation et l'armement des groupes ont eu lieu dans les territoires turcs.
Le journal met en garde contre le rôle du département des renseignements psychologiques au sein des renseignements turcs pour viser la Syrie, précisant que ce département est responsable de servir les mass médias pour influer sur la sensibilisation et la conduite des gouvernements, des institutions et des individus dans les pays étrangers.
Le journal indique que ledit département œuvre actuellement en direction de la Syrie pour exécuter un plan d'effet psychologique opérationnel et tactique, soulignant l'existence d'un contact étroit avec les CIA et les renseignements français pour la coordination à cette fin.
Le journal précise que les autorités turques font entrer des groupes subversifs terroristes bien entraînés dans les territoires syriens et les photographient en tant que déserteurs, affirmant que ces groupes eux-mêmes qui mutilent les corps des soldats dévoués à leur patrie.
Le journal a enfin précisé que les Turcs, en tant que membres de l'OTAN, obtiennent des informations d'espionnage précises de la part des Etats-Unis et utilisent des outils d'espionnage produits par Israël et les Etats-Unis pour cet objectif.

11/12/2011
http://www.sana.sy/fra/55/2011/12/11/387551.htm



Tunisie

Le nouveau président tunisien contre une intervention étrangère en Syrie.  

Le président tunisien Moncef Marzouki s'est prononcé contre une intervention étrangère en Syrie, vendredi sur la chaîne de télévision France 24 avant l'ouverture dans la soirée d'une réunion de l'opposition syrienne à Tunis.
"Bien sûr je suis contre une intervention étrangère en Syrie", a-t-il déclaré dans cette interview s'exprimant pour la première fois sur un sujet politique international depuis son élection mardi.   
"Je suis désolé de voir la révolution syrienne glissée vers la violence (...) et j'espère que nos frères syriens à l'intérieur et à l'extérieur du pays vont s'unir et jouer leur rôle moral afin que cette révolution soit démocratique, pacifique, non ethnique et sans une intervention étrangère", a-t-il ajouté.  
Le Conseil national syrien (CNS), qui représente la majorité des courants d'opposition au régime de Damas, se réunit pendant trois jours à Tunis pour mieux se structurer et accélérer la chute, jugée inévitable, du "régime criminel" de Bachar al-Assad.
  
M. Marzouki, un ancien opposant de gauche au président déchu Zine El Abidine Ben Ali, a été élu président pour un an par la nouvelle Assemblée constituante. 
Cela dit, le président tunisien a appelé le roi du Bahreïn à se démettre de ses fonctions, répétant le slogan des manifestants qui ont protesté Jeudi, devant l'ambassade du Bahreïn en Tunisie,  pour dénoncer les crimes des  AlKhalifa contre  le peuple bahreïni : Bahreïn libre .. libre.. Al Khalifa dehors !
La président Marzouki a affirmé son plein soutien au peuple du Bahreïn dans sa lutte contre la dictature de la famille des Al-Khalifa du Bahreïn !
«Le peuple du Bahreïn fait face à l'injustice d’un régime  répressif et corrompu, comme ce fut le cas du peuple tunisien qui a réussi en fin de compte à triompher grâce à sa révolution, nous sommes  cœur et âme, avec le peuple bahreïni jusqu'à sa victoire » a déclaré le président tunisien devant l’ambassade bahreïnie !
Et de poursuivre : « ce qui se passe à Bahreïn est une véritable révolution, le Bahreïn fait  partie intégrante des révolutions du printemps arabe contre les tyrans, et les allégations du régime sur le caractère confessionnel de cette révolution ne pas  sont vraies ».
Le président  Marzouqi a souligné: « Ce qui se passe à Bahreïn n'a rien avoir avec la question des chiites et des sunnites, ce qui se passe à Bahreïn est  un  peuple qui rejette l'injustice et la corruption , et les accusations du régime contre cette révolution de sectarisme, est une arme qu’il utilise pour se justifier » !

17/12/2011

Al Manar



4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

4-1 Louis Denghien : La-Télé nous offre 20 minutes « exceptionnelles » de désinformation et de bonne conscience sur Homs.

La chaîne d’info continue de Canal+, I-Télé avait annoncé pour sa « Grande Edition » de 22 heures 30 du mercredi 30 novembre un « document exceptionnel ». Il s’agissait d’un reportage exclusif – d’une durée de 10 minutes – tourné ces jours-ci par une équipe de journalistes de la chaîne, entrée « clandestinement » en Syrie depuis le Liban.

Le fait que cette escapade nous ait été annoncée comme un voyage au cœur de la « résistance » syrienne au régime répressif de Bachar al-Assad ne nous laissait à vrai dire guère d’illusion sur la teneur et la tonalité du « document exceptionnel »en question.

Et de fait, dans la couverture médiatique française des événements de Syrie, le reportage de Marc de Chalvron et de sa petite équipe n’a certes rien d’« exceptionnel ».

Au contraire, il est tout à fait « dans le moule » du politiquement correct.

Et, cela va sans dire, de la désinformation et du bourrage de crânes.

Résumons.

On suit donc de Chalvron plus ou moins planqué à l’arrière d’une voiture conduite par un « résistant » au visage flouté. Direction al-Qusayr (à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Homs).

En route, le chauffeur-combattant fait de la publicité, sans doute un rien mensongère, pour l’illustre ASL, montrant par exemple une sorte de muret endommagé et le présentant comme un check-point de l’armée conquis de haute lutte par ses camarades. On constate surtout, tout au long du voyage l’absence de l’armée ou de la police bachariste, pourtant censée quadriller la région.

Arrivés à al-Qusayr, on nous présente trois ou quatre types avec des effets militaires disparates qui brandissent fièrement un lance-roquette RPG conquis sur l’armée bachariste : des spécimens de l’Armée syrienne libre.

Ensuite, c’est une manifestation de l’opposition dans les rues de la ville : 15 000 personnes sur les 50 000 que compte la ville assure de Chalvron. Le plan « aérien » de la caméra ne suggère pourtant pas une telle affluence, on voit un millier de personnes peut-être. Lyrique, de Chalvron explique que ces hommes et ces femmes défilant sous le drapeau vert-blanc-noir de l’opposition ne sont armés que de leur courage. Heureusement, quelques pistoleros de l’ASL sont là pour « protéger » la population d’une éventuelle riposte de l’armée syrienne tout court….

Ensuite, caméras et micros se transportent à Homs, dans le quartier de Bab Amr, un des plus chauds de cette ville assez chaude elle-même : l’occasion de magnifier une fois encore la « résistance » et l’ASL. Les forces de répression bacharistes sont pour le moins discrètes : un ou deux véhicules blindés bleus et immobiles dans le télé-objectif. Et un ou deux bruits d’explosion. Un barbu « officier » de l’ASL explique que les troupes du régime bombardent un quartier à la fois. En tout cas, à Bab Amr, ce n’est pas Stalingrad, même si de Chalvron parle de 120 morts dans le quartier depuis le début de l’insurrection – on suppose que cette estimation lui a été fournie par des observateurs impartiaux. Ce n’est pas non plus Paris sous l’occupation allemande : dans une rue, en plein jour, une groupe de l’ASL a mis en batterie, à un barrage, une mitrailleuse assez lourde.

Du travestissement comme mode de représentation

Et c’est déjà fini. Et une fois de plus, les journalistes français – d’I-Télé en l’occurence – ont menti, par travestissement et omission, par manichéisme et bien-pensance. On a eu droit, une fois encore, à une sorte d’ »imagerie d’Epinal » politiquement correcte, disons le mot, une « fiction », dans le sens professionnel médiatique du terme. Vous voulez que nous développions un peu ? Pas de problème !

Le reportage met littéralement et complaisamment en scène une opposition certes armée mais citoyenne, n’ouvrant le feu que sur les forces du Mal, pour protéger une population unanimement dressée contre le régime. Alors que nous recevons de nombreux témoignages, écrits et vidéos, montrant que beaucoup d’habitants de Homs vivent dans la crainte de ces bandes armées qui tirent au hasard, pas seulement sur les soldats – nous vous avons parlé hier (voir notre article « Le rapport de l’ONU sur la Syrie : une mauvaise odeur d’OSDH« , mis en ligne le 30 novembre) du petit Sari Saoud, abattu en pleine rue par un de ces tireurs fous de l’opposition radicale et dont al-Jazeera, renseignée sans doute par les même témoins impartiaux que Marc de Chalvron, a fait une victime du régime, avant que sa mère vienne dénoncer ce détournement de cadavre. Une opposition, des gangs qui multiplient les enlèvements plus ou moins crapuleux, plus ou moins religieux. Car à Homs, et de Chalvron n’en dit mot, les radicaux armés jouent volontiers à la guerre sainte, menaçant notamment les alaouites, dont trois ont été enlevés et tués en juillet dernier, déclenchant des heurts confessionnels sanglants qui ont duré plusieurs jours, avant que l’armée ne rétablisse un calme provisoire.

De cette réalité, des journalistes belges francophones, du quotidien La Libre Belgique et de la RTBF viennent d’ailleurs de témoigner (voir notre article « A Homs, la grande presse belge n’a pas vu la même chose que sa consoeur française« , mis en ligne le 29 novembre). Ils ne cachent rien, eux, du caractère violent, cruel même, de ces soit-disant combattants de la liberté qui mettent la ville, certains quartiers comme Bab Amr en tout cas, en coupe réglée. C’est à croire qu’il existe en France une sorte de « micro-climat » médiatique, voué à la désinformation.

Et si l’armée régulière tire à Homs sur des immeubles, ce n’est pas pour abattre des ménagères et des enfants en train de dîner, mais pour répondre aux tirs de roquettes et aux rafales des ASL et autres islamistes déguisés en FFI démocrates. Aucun système, que ce soit à Washington ou à Paris ou à Damas, ne pourrait abandonner des villes à des bandes armées qui imposent leur loi sanglante et radicale. A Homs, des vidéos montrent les habitants acclamant les convois de l’armée.

Transformer des extrémistes sanguinaires en défenseurs des habitants, faire passer une insurrection de quartier pour le soulèvement général d’une cité d’un million et demi d’habitants, c’est faire oeuvre de propagande beaucoup plus que de journalisme de terrain. Non, décidément, à cet égard, le reportage d’I-Télé n’a vraiment rien d’ »exceptionnel » !

Une ignorance et une bonne conscience de « pro »

Il n’y a pas grand chose à dire ou à retenir du « débat » d’une dizaine de minutes qui a suivi la diffusion de ce « reportage« , et associant les deux animateurs d’I-télé, Marc de Chalvron – que nous proposons d’ores et déjà, conjointement avec Sofia Amara, pour un Pulitzer de la désinformation – et l’inévitable opposant exilé, ému, « forcément ému ». Si, retenons quand même la mine et le verbe graves du présentateur Victor Robert, prononçant avec une solennité presque burlesque les mots de « peuple syrien » et de « résistance » comme s’il commentait un documentaire sur l’Occupation allemande.

Derrière cette infatuation, cette pose « concernée », on croit deviner une ignorance crasse des réalités syriennes : les rassemblements de masse pro-Bachar, fort de plusieurs centaines de milliers de syriens ? Connais pas ! Les centaines de policiers, militaires et civils tués depuis cinq ou six mois par les bandes armées ? Les actes de sauvagerie – mutilations, décapitations de soldats tombés entre leurs mains – commis par certains insurgés et attestés par des vidéos insoutenables ? Connais pas ! Le soutien logistique du gouvernement turc ou de la faction libanaise Hariri qui font passer armes et équipements divers aux insurgés, avec la bénédiction et l’appui de la CIA et, parait-il, de la DGSE de Sarkozy ? Connais pas ! Les inquiétudes exprimées à haute voix par les dignitaires religieux chrétiens de Syrie et du Liban face à la montée en puissance des radicaux sunnites ? Connais pas ! La ferme prise de position pro-Bachar du Grand mufti sunnite de Syrie, de fait la plus haute autorité religieuse du pays, et l’assassinat de son fils par des fanatiques armés ? Connais toujours pas ! La similitude effarante, à dix ans de distance, des processus de diffamation médiatique et diplomatique de l’Irak et de la Syrie, avec le même objectif poursuivi par les mêmes manipulateurs ? Pas remarqué ! Les leçons de démocraties données à Bachar par les tyranneaux couronnés du Golfe ? Hors sujet !

On ne dira pas assez combien l’ignorance et le conformisme sont devenus les deux mamelles de la pratique journalistique française depuis une bonne vingtaine d’années. Nous avions noté qu’une des vedettes de l’info d’I-Télé, Olivier Galzi, avait récemment fait preuve d’un embryon d’objectivité sur la Syrie. Un moment d’égarement, sans doute : l’ordre moral politique règne à nouveau sur I-Télé.

Louis Denghien,

 

http://www.infosyrie.fr/decryptage/i-tele-nous-offre-20-minutes-%c2%ab-exceptionnelles-%c2%bb-de-desinformation-et-de-bonne-conscience-sur-homs/


4-2 Gaston PELLET : 3D du dimanche 27.11.2011 - A France Inter

Monsieur Paoli,

J'ai écouté durant une 1/2 heure votre émission 3D, hier dimanche, pour "me faire un idée", comme on dit.

Sans grande surprise, j'ai assisté à une mise en onde, une de plus, de la version officielle des événements de Syrie.

Votre invitée a longuement parlé des horreurs qu'elle a vues, vous l'y aviez conduite tout naturellement en débutant votre émission sur le thème, chaque jour asséné, "la répression sanglante", la "barbarie", la "sauvagerie du régime". Qu'il y ait des horreurs pendant les guerres, qui pourrait le nier ? Que votre intervenante, journaliste indépendante, ait vu des bras déchiquetés, des enfants tués, des femmes violées, des gens torturés, qui en douterait ?

Est-ce seulement cela, faire de l'information ?

Il me semble -c'est ce qu'on peut attendre du journalisme en tout cas- que faire de l'information ce n'est pas s'en tenir à une seule vision des faits, fut-elle celle de la version officielle. Mais rechercher, le plus "honnêtement possible", si cette expression a encore quelque valeur, la vérité sur une situation complexe, en interrogeant des témoins divers qui, forcément, s'ils ne sont pas triés, n'ont pas tous vu les mêmes choses selon les lieux et les circonstances. Les personne rencontrées peuvent par ailleurs avoir d'éventuels partis pris.

Vous avez évoqué en une phrase rapide ces correspondants (dont j'étais) qui vous ont envoyé des mails (personnellement je dirais des courriels mais passons...), souvent argumentés, avez-vous précisé me semble-t-il, pour vous dire que les événements ne sont pas tels que les médias les présentent et que ceux-ci mentent. Vous vous êtes empressé de parler d'autre chose mais on ne pourra pas prétendre que vous l'avez passé sous silence.

Faire de l'information, à mon sens, aurait imposé que, parallèlement au reportage de la journaliste et aux dires de la représentante parisienne des "opposants", vous exposiez la ou les versions qui vous sont proposées par ces internautes, quasiment seuls à pouvoir disposer d'informations alternatives mais non moins fiables (on sait que ce n'est pas l'avis du monde journalistique !). Une question s'impose donc : pourquoi n'avez-vous pas invité des gens de retour de Syrie qui ont vu des choses diamétralement opposées à celles qui nous ont été rabâchées sans fin ? Il y en a.

Votre thèse, celle des médias et du pouvoir, est simple : s'il existe bien une opposition armée (qui doit faire des morts logiquement, non ?) elle est composée seulement de déserteurs, les personnes tuées sont des manifestants (civils et pacifiques, on suppose), le pouvoir syrien pratique la répression, "sanglante" cela va sans dire, en utilisant la police, l'armée, des mercenaires... et aussi, en bon français, des snipers.

On reproche à un juge d'instruction partial instruire uniquement à charge, il faudrait s'intéresser aux juges d'information que sont les journalistes, en quelque sorte, qui n'informent la plupart du temps qu'à charge. C'est-à-dire, en occurrence, qu'en chargeant le pouvoir qui, géopolitiquement, ne convient pas au camp impérialiste auquel nous appartenons, hélas. Avant-hier l'Irak ou la Yougoslavie, hier la Libye, aujourd'hui la Syrie. Demain l'Iran.

La réalité, je ne pense pas que vous puissiez l'ignorer, est que "l'armée syrienne libre", composée ou non de déserteurs qui ne la rendent pas pour autant légitime, est bel et bien une armée et qu'elle fait des victimes, plus de 1100 policiers et militaires, chiffre qui n'est guère diffusé mais incontesté, probablement aussi des civils, que des groupes religieux armés sévissent depuis l'origine et qu'ils ont pris naissance en zones frontalières (est-ce un hasard ?), que l'ensemble de la population n'est pas derrière eux, que les chrétiens notamment, dont vous vous n'avez jamais parlé, rejettent les violences contre le régime et enfin, surtout, que des puissance extérieures sont à la manœuvre par Turquie interposée dont Israël bien évidemment. Sur ce point, je vous renvoie à l'énorme, le monumental aveu de M. Bernard-Henri Lévy à propos de son engagement libyen dans l'intérêt de l'Etat juif, aveu autour duquel on s'est bien gardé de faire du bruit alors qu'il devrait pourtant ouvrir les yeux de ceux qui ne les ferment pas sciemment, à condition d'en parler sur les radios et sur les télés. Israël est toujours en état de guerre avec la Syrie dont il occupe une partie du territoire, faut-il le rappeler...

Face à cette situation, pouvez-vous imaginer qu'un pouvoir, quel qu'il soit, resterait les bras croisés ? Je vous pose vraiment la question. Ce même pouvoir affrontant une opposition armée exerce-t-il la répression "sanglante" d'un peuple ou se trouve-t-il impliqué dans une guerre civile ? Je vous pose vraiment la question. De même que je vous pose aussi vraiment la question : quand en reviendra-t-on (ou en viendra-t-on) à une information qui se permette de s'interroger sur la propagande ?

Oui, je vous pose vraiment toutes ces questions.

Nul ne doute, ou plutôt nul ne devrait douter s'il était informé, que tout cela est orchestré pour former les opinions à l'acceptation d'une intervention, plus ou moins armée, des "Occidentaux" dans le but d'abattre ce régime et/ou son dirigeant, comme pour la Libye.

Je vous remercie de m'avoir lu jusqu'au bout,avec mes meilleurs sentiments et toute ma sincérité.

Gaston PELLET - 28 novembre 2011

PS. J'aime beaucoup la Syrie que je connais mais je n'ai aucune sympathie particulière pour l'Etat syrien.

27.11.2011 -

http://french.peopledaily.com.cn/International/7672331.html


4-3 Jihad Makdessi : La Syrie fait l'objet d'une "guerre médiatique".

Le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Jihad Makdessi, a déclaré vendredi que son pays faisait l'objet d'une "guerre médiatique" et a accusé les médias américains d'avoir déformer les propos du président syrien Bachar al-Assad en tronquant les citations tirées de son entretien avec ABC et en les sortant de leur contexte.
Jihad Makdessi a déclaré que le discours d'al-Assad avait été en grande partie déformé par ABC et plus généralement par les Etats-Unis. Il a souligné que la chaîne de télévision avait le droit de faire des montages, mais pas de déformer les faits.
"Ils essaient de diaboliser la Syrie, [...] c'est une guerre médiatique", a déclaré M. Makdessi.
Le porte-parole a diffusé des extraits de l'interview accordée par le président syrien à ABC News, en faisant remarquer que l'entretien avait duré environ 45 minutes, mais que seulement 15 minutes avaient été diffusées.
"Ils ont essayé de cibler la Syrie économiquement, politiquement, et même dans le domaine religieux", a-t-il dit.
Selon M. Makdessi, le président al-Assad a cité des chiffres concernant les civils qui ont été tués et évoqué la manière dont ils ont été tués, "mais rien n'a été diffusé en dehors des expressions 'loin de la réalité' et 'irrationalité'".
Le président al-Assad est "horrifié et attristé" par les violences en cours dans le pays, a dit M. Makdissi.
Le porte-parole syrien a déclaré que le président al-Assad avait donné instruction depuis le début des manifestations de ne tirer sur personne. Le président a seulement donné ordre d'appliquer la loi, mais la Constitution interdit l'usage des armes à feu, a-t-il précisé.
Citant le président al-Assad, M. Makdessi a déclaré que l'utilisation de fusils automatiques par quiconque était considéré comme une violation de la loi, qu'il y avait eu des violations dans certains cas, et que les responsables avaient été punis.
"Nous lançons un appel au monde extérieur et à nos frères dans le monde arabe, nous leur demandons d'aider la Syrie à travers leurs bons offices, et d'arrêter les diverses incitations et provocations en cessant en particulier de faire passer des armes en Syrie, d'envoyer des téléphones Thuraya [utilisant la technologie de la téléphonie directe par satellites], d'exercer des pressions, de prendre des sanctions, d'acculer la Syrie, [...] tout cela n'aide pas la Syrie", a par ailleurs souligné le porte-parole.
"Nous voulons que tous à l'extérieur soutiennent l'évolution en Syrie. [...] Nous ne voulons pas qu'ils soutiennent la confrontation armée en Syrie", a-t-il conclu.

Source: xinhua

Mise à jour 11.12.2011 10h32


Mossad versus Assad ?
4-4 Webster Tarpley : « Les escadrons de la mort de la CIA derrière le bain de sang en Syrie. »

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2044(voir video)

L’ambassadeur américain en Syrie Robert Ford S. est, selon des sources fiables, l’agent clé du département d’Etat qui a été responsable du recrutement des Arabes des "escadrons de la mort" (financés par la CIA) affiliés aux unités d’Al Quaida en Afghanistan, en Irak, au Yémen , et en Tchétchénie pour lutter contre l’armée syrienne et les forces de police dans la Syrie assiégé.

L’Occident fait de son mieux pour déstabiliser la situation en Syrie, dit l’auteur et journaliste Webster Tarpley, à R . Selon lui, les civils ont affaire à des escadrons de la mort et au terrorisme aveugle, ce qui est typique de la CIA.

« Ce que les syriens moyens disent de cela, de quelque groupe ethnique qu’ils soient, c’est qu’ils se sont fait tirer dessus par des snipers. Les gens se plaignaient des snipers terroristes qui tirent sur ​​des civils. Du terrorisme aveugle, dans l’unique but de déstabiliser le pays. Je n’appellerais pas cela une guerre civile - c’est un terme très trompeur. Ce que nous avons ici sont des escadrons de la mort. Nous avons affaire à des commandos terroristes, ce qui est une méthode typique de la CIA. Dans ce cas, c’est une production conjointe de la CIA, du MI6, du Mossad. Il y a de l’argent en provenance de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar ", a-t-il expliqué.

Il a ajouté que la société syrienne est la société la plus tolérante au Moyen-Orient. Le seul endroit où toutes sortes de gens vivent ensemble en une harmonie remarquable : musulmans et chrétiens de toutes sortes.

"C’est un modèle de coexistence pacifique de différents groupes ethniques. La politique américaine actuelle est de briser le Moyen-Orient selon des lignes ethniques ", a-t-il ajouté.

La pouvoir d’Assad est de plus appelé illégitime. Mais les États-Unis et l’Europe (l’UE, NdT) ne semblent pas concernés par le fait que se débarrasser du président syrien pourrait causer encore plus de violence, comme cela a été vu en Égypte, croit Tarpley.

" Après que la Libye soit devenue un bain de sang avec les 150.000 morts, et avec l’Égypte qui montre actuellement ce qu’il en était depuis le début - il n’y avait pas de révolution là, cela a été un échec complet, et les gens commencent à le comprendre. Pourtant, Mme Clinton et Mme Rice (sic) continueront à pousser ce modèle failli de la « révolution de couleur » soutenue par des troupes terroristes - les gens d’Al-Qaïda et les Frères musulmans.

Il y a un mouvement grandissant à l’intérieur de la communauté musulmane, qui dit « Nous voulons la réconciliation, nous voulons la loi et l’ordre et nous voulons la légalité" , a-t-il dit.

* Webster Tarpley faisait partie du premier groupe de journalistes avec lequel notre ami Claude Beaulieu s’est rendu en Syrie.

& commentaire

24 novembre 2011 13:50, par NC

Juste une remarque ; il est écrit :

« …Pourtant, Mme Clinton et Mme Rice (sic) continueront à pousser ce modèle failli de la « révolution de couleur » soutenue par des troupes terroristes - les gens d’Al-Qaïda et les Frères musulmans… »

Question : pourquoi cette caractérisation de « modèle failli » ?

Puisque ça marche ! Le but est en général atteint, comme l’a montré tout récemment le cas Libyen.

En fait il doit être quasiment impossible de contrer efficacement un tel plan : l’adversaire possède tous les moyens nécessaires (y compris le soutient de la fameuse « communauté internationale »), il est absolument sans scrupules et ne recule devant aucune exaction pour arriver à ses fins.

Seul un vrai Pouvoir Populaire mobilisant chaque citoyen peut arriver à bout d’une telle invasion. Les forces constituées (Armée, Police) ne sont que d’une efficacité restreinte

Webster Tarpley *

23 novembre 2011, par Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2044(voir video)


4-5 Thierry Meyssan : «L'expression printemps syrien est une pure fiction».
Thierry Meyssan est un journaliste français et président du Réseau Voltaire. Il est connu pour ses articles et positions polémiques sur les questions internationales et les conflits armés. Il a été un des journalistes à avoir ouvert la polémique sur les attentats du 11 septembre 2001 avec son livre intitulé l'Effroyable imposture. Un livre qui a dénoncé cet attentat en le qualifiant de «complot», attribuant la responsabilité à «une faction du complexe militaro-industriel».

Il est très présent dans les médias russes, latino-américains et moyen-orientaux, où il est présenté comme un «dissident» ou un «révolutionnaire». Fondateur du Réseau Voltaire, dont le principal objectif est celui de la «défense de la liberté d'expression et de la laïcité», le journaliste Thierry Meyssan, répond dans cet entretien à plusieurs questions en rapport avec la situation de la Syrie, pays où il effectue, actuellement, une enquête sur les derniers évènements politiques.

Le Temps d'Algérie : Vous êtes un des rares journalistes à être présent en Syrie et à apporter un témoignage décalé sur la situation sur le terrain.

Qui croire, M. Meyssan, et quelles sont, selon vous, les raisons du décalage entre la version dominante sur les événements en Syrie et celle de témoins neutres, dont vous faites partie, dont la voix ne porte pas et semble frappée de soupçons de complaisance, y compris au sein

même de la corporation des journalistes ?

Thierry Meyssan : Les Occidentaux dominent l'information. Dans les années 1970, l'Unesco a remis en cause cette domination provoquant la furie des Etats-Unis et du Royaume-Uni. Cette tentative a échoué et, au fil du temps, la situation a empiré : aux agences de presse se sont ajoutées des chaînes satellitaires. Désormais, AP, Reuters, AFP, BBC, CNN, France24, Al-Jazeera, Al-Arabiya ont une telle puissance qu'ils peuvent intoxiquer l'ensemble du public.

Ces médias se citent et se répondent, donnant l'impression fallacieuse d'une information recoupée, confirmée.
La situation en Syrie est simple : les puissances occidentales et leurs alliés ont décidé de renverser le gouvernement de Bachar El-Assad et de détruire son pays.

Ils livrent, actuellement, une guerre non-conventionnelle avec des combattants infiltrés qui tentent de provoquer une guerre civile confessionnelle de manière à ouvrir la voie à une intervention militaire conventionnelle. Durant cette période, les Occidentaux montent un dossier juridique contre la Syrie pour légaliser la guerre qu'ils veulent entreprendre. A cette fin, leurs médias inventent une histoire effrayante de révolution et de répression de masse.

Il n'y a aucun rapport entre la fiction développée par les médias impérialistes et la réalité sur le terrain. Ce n'est pas que ces médias ont exagéré des faits, c'est qu'ils les ont inventés.

Comment analysez-vous la situation actuelle de la crise syrienne ? Estimez-vous que les revendications de la population sont d'ordre démocratique où social ?
Il y a en Syrie une opposition intérieure qui milite pour des changements profonds et une alternance démocratique après des décennies de pouvoir du parti Baas. Cette opposition, qui a été réprimée par le passé, participe aujourd'hui au «Dialogue national» : des tables rondes avec le gouvernement qui sont retransmises en direct à la télévision. Les deux parties profitent de la crise pour éliminer l'influence de la vieille garde : pour les leaders de l'opposition comme pour le président El-Assad, c'est le moment des réformes.

Il y a, également, en Syrie un courant takfiriste, très marginal, mais très violent. Il exige que le pays soit gouverné par des sunnites orthodoxes. A l'appel de prédicateurs saoudiens, il entend égorger les «usurpateurs alaouites». Il affirme que, s'il le faut, un tiers des Syriens doit mourir (les chiites, alaouites, druzes, ismaélites, chrétiens…) pour que les deux autres tiers gouvernent sans partage.

Il est probable que s'ils arrivaient au pouvoir après avoir massacré les autres confessions, ils poursuivraient leur épuration en jetant l'anathème sur les autres écoles théologiques sunnites.
Il existe, enfin, une opposition  fabriquée à l'étranger et sponsorisée par les Occidentaux pour habiller un «changement de régime». Ces gens ne font pas mystère de leurs ambitions ni de leurs stratégie. Ainsi Abdelhakim Khaddam a déclaré à la presse israélienne qu'il rentrerait en Syrie «sur la tourelle d'un char américain» (sic).

La Ligue arabe a initié une voie de dialogue avec le gouvernement syrien, mais elle a échoué, selon certaines parties, en raison du refus de Damas à appliquer les principes de cette démarche. Quelles sont, selon vous, les raisons qui ont empêché la réussite de la démarche entreprise par la Ligue arabe ?
La Ligue arabe est aux mains de ceux qui la financent : les Etats du Conseil de coopération du Golfe. Elle agit ici comme elle avait commencé à le faire avec la Libye. Elle ouvre la voie à la recolonisation de la région. Si la Ligue arabe avait voulu sincèrement le dialogue, elle n'aurait pas suspendu la Syrie  de son organisation avant la fin de la période convenue pour la mise en application des engagements mutuels. La chronologie est indiscutable : ce n'est pas la Syrie qui a rompu le dialogue, c'est la Ligue qui a violé ses propres engagements, puis ses propres statuts.

Quelles seront, d'après vous, les conséquences des sanctions prises par l'Organisation panarabe sur la Syrie. Le peuple syrien sera-t-il touché et à quel degré ?
Ce qui est appelé «sanctions» ne sanctionne rien du tout. C'est un ensemble de mesures pour assiéger la Syrie et l'affaiblir avant de l'attaquer. Elles ne ressortent pas de la diplomatie, mais de l'action militaire préalable.
Les Occidentaux ne peuvent réaliser ce siège seuls.

Ils ont besoin de l'aide des Etats riverains et ils l'ont en partie obtenue. Les mesures de la Ligue arabe s'ajoutent à celles de l'Union européenne et des Etats-Unis. D'ores et déjà, on assiste à un effondrement du niveau de vie, mais à aucune pénurie. En effet, l'import-export est devenu presque impossible avec l'Europe et l'Amérique du Nord, mais la Syrie est autosuffisante en de nombreux domaines, dont l'alimentation. En réponse, la Syrie est en train de créer de nouvelles voies commerciales avec la ChineCompte tenu de l'interdiction bancaire, ces échanges ont lieu sous forme de troc. Les besoins des deux pays ne

correspondant pas tout à fait, l'Iran joue le rôle de troisième partenaire dans ce troc. Le choc du siège devrait donc être en grande partie amortie dans les prochains mois, seul le tourisme restera sinistré.

Selon vous, pourquoi certains partis d'opposition n'ont pas voulu s'inscrire dans la démarche de réforme entreprise par le gouvernement syrien ? S'agit-il d'un manque de confiance ?     
La seule force d'opposition représentative, qui ne milite pas pour une alternance politique, mais pour un «changement de régime»,

ce sont les Frères musulmans. La branche syrienne de la confrérie marche sur les pas de la branche libyenne : dans sa quête du pouvoir, elle a noué une alliance objective avec l'impérialisme. Son programme vise prioritairement à l'établissement d'un régime islamique, tandis qu'elle remet à plus tard la libération du Moyen-Orient, en général, et de la Palestine, en particulier.

Des analystes n'hésitent pas à remettre en cause le «printemps syrien» estimant que le problème syrien, d'ordre interne, est amplifié par des pays connus pour leur volonté de nuire à la stabilité de la Syrie. Quel est votre avis
à ce sujet ?

L'expression «printemps syrien» vise à faire croire en l'existence d'un mouvement populaire révolutionnaire. C'est une pure fiction. Il n'y a eu aucune manifestation importante en Syrie contre le «régime». On assiste, par contre, à de petites manifestations de quelques centaines de personnes au cri de «A mort Bachar !». Elles ne sont pas le fait de démocrates, mais de takfiristes. Et elles ne sont pas réprimées. 

Les médias étrangers, notamment les chaînes satellitaires, sont accusés par le gouvernement syrien d'être à l'origine de l'amplification de la révolte populaire. Peut-on croire à cette accusation ? Quelle est justement la part de responsabilité des médias dans la crise syrienne ?
Ce n'est pas exactement cela. Le gouvernement n'accuse pas les médias pro-impérialistes de pousser le peuple à la révolte. Il les accuse de mettre une fiction en image. La plupart des vidéos de téléphones cellulaires qui sont diffusées par ces médias sont des images de fiction.

Souvenez-vous que lors de la guerre contre la Libye, j'avais révélé à l'avance qu'Al-Jazeera avait fait construire un studio à ciel ouvert pour reproduire la Place Verte. Lors de la bataille de Tripoli, Al-Jazeera a effectivement diffusé des images de fiction, tournées dans ce studio, pour faire croire que les «rebelles» étaient entrés dans la ville, alors qu'on en était à la phase de bombardements intensifs et que les «rebelles» ne sont arrivés que trois jours plus tard.

Et vous vous souvenez qu'entre les images de propagande d'Al-Jazeera et la chute de la capitale, Seif el-Islam a été acclamé sur cette place par ses partisans qui ne l'avaient jamais quittée.

Dans cette affaire, les médias pro-impérialistes – dont Al-Jazeera – ont acquis un savoir-faire technique pour créer des mensonges. Et ils ne s'en privent pas.

Selon certaines analyses, les deux véritables révolutions dans le monde arabe sont celles de la Tunisie et de l'Egypte. Dans ces deux cas, les pays occidentaux n'ont pas appelé au départ de Ben Ali et de Moubarak, encore moins à l'intervention étrangère. Les communiqués et les déclarations des officiels occidentaux étaient tellement prudents que des médias ont dénoncé, sinon leur complicité, au moins leur attentisme. A ce propos, il y a lieu de rappeler les déclarations de l'ex-ministre française des Affaires étrangères Michel Alliot-Marie de soutien au régime de Ben Ali dans la répression des manifestants, jusqu'à vouloir dépêcher des avions pleins de bombes lacrymogènes et autres moyens de répression. Qu’en pensez-vous ?
Les Etats-Unis souhaitaient se débarrasser de Ben Ali et de Moubarak qui n'étaient plus assez dociles. Ils ont donc créé les conditions de ces révolutions. Mais lorsqu'elles ont eu lieu, ils ont été dépassés par la colère populaire. Ils ont essayé par tous les moyens de la canaliser, mais les événements leur ont échappé.

Le déclencheur profond de ces révolutions, c'est la spéculation sur les denrées alimentaires organisée par Washington dans les années précédentes jusqu'à provoquer des famines localisées dans ces deux pays. A ce moment, tous les commentateurs politiques ont pronostiqué une révolution. Pourtant, tout le monde a été surpris quand cela a eu lieu parce que personne n'avait anticipé la manière dont les gens réagiraient. La CIA a immédiatement envoyé ses équipes de «révolutions colorées» pour reprendre en main la situation, mais tout cela était plaqué, improvisé, et a échoué.

Dans ce contexte, peut-on dire que les révoltes tunisienne et égyptienne, d'essence populaire, ont été exploitées pour renverser le gouvernement libyen et tenter de reproduire le même scénario en Syrie ? Oui, les médias occidentaux font croire à leurs spectateurs que le monde arabe est un bloc homogène. S'il y a une révolution dans deux pays, il doit y en avoir partout. Ils nous expliquent que les Européens ont eu tort de ne pas soutenir les Tunisiens et les Egyptiens et voulu se rattraper en soutenant les Libyens et les Syriens.

Mais la vérité, c'est qu'ils ont tout fait pour écraser les révoltes en Tunisie et en Egypte dès qu'ils ont vu qu'elles menaçaient leur domination, et qu'ils font tout en Libye et en Syrie pour imposer leur domination.

Quel est également le poids de la Russie et de la Chine dans le règlement de la crise syrienne ? Pensez-vous que les deux puissances seront capables de faire face à la pression des pays occidentaux exercée sur le gouvernement syrien, d'autant plus que Moscou s'est dit favorable à la solution proposée par les pays du Golfe au président Saleh
du Yémen ? 

Les intérêts de la Russie sont directement menacés par l'agression occidentale contre la Syrie. Pas du tout parce que Moscou se sentirait concerné par la lutte contre le sionisme, mais pour deux raisons fondamentales.
Premièrement, Moscou ne dispose que d'une seule base navale en Méditerranée : le port de Tartous. Si la Russie perd cette facilité, elle perd toute liberté dans cette mer et sa flotte de la mer Noire, bloquée derrière les détroits, sera l'otage de la Turquie.

Deuxièmement, si les Occidentaux contrôlent la Syrie, ils y feront passer un gazoduc qui permettra aux Européens d'acheter le gaz du Golfe et d'Asie centrale au lieu du gaz russe. Ce sera l'effondrement de Gazprom et de l'économie russe.

Qu'est-ce qui empêche, selon vous, le président Al Assad d'organiser une élection présidentielle anticipée dans laquelle il sera candidat au même titre que les autres opposants ?
Pour le moment, le pays affronte une guerre non conventionnelle. Des milliers de combattants, principalement étrangers, tentent de le déstabiliser. Ce n'est guère propice à un scrutin démocratique. Le président el-Assad a été élu sous l'emprise de l'ancienne constitution. Je suis certain qu'il remettra son mandat en jeu lors d'une élection présidentielle anticipée ou lors d'un référendum, dès que la situation sera stabilisée.

Quel est justement le poids des figures de l'opposition syrienne ? Sont-elles capables de diriger le pays et de sauvegarder leur indépendance, sachant que la Syrie a été toujours secouée par des tentatives de déstabilisation ?
Il est tout à fait possible que l'opposition syrienne intérieure dispose de leaders capables de diriger le pays et d'assumer une alternance politique, il est trop tôt pour en juger. Par contre, quand ils ont été reçus à Moscou le mois dernier, ces leaders ont d'abord remercié les Russes pour avoir usé de leur veto au Conseil de sécurité et fait échec à la guerre conventionnelle. Ils ont donc fait preuve de leur patriotisme.

Comment analysez-vous également le rôle de la Turquie dans la gestion de ce conflit ? Pour certains spécialistes, la Turquie est devenue le porte-parole des Etats-Unis d'Amérique dans la région. Les Américains considèrent d'ailleurs le mouvement d'autonomie du Kurdistan comme une organisation terroriste au même titre qu'Ankara...
Une altercation à Davos et quelques phrases à propos de la Flottille de la Liberté ont suffi à faire oublier que la Turquie est membre de l'OTAN. L'élimination du réseau Ergenekon n'a rien changé à la domination en sous-main des Etats-Unis dans ce pays. La preuve : la Turquie vient d'accepter le transfert sur son sol des bases militaires que l'OTAN entretenait en Espagne.

De plus, elle laisse construire sur son sol de nouvelles installations radars dirigées contre l'Iran.
Quand aux organisations kurdes, tout le monde joue avec elles. L'Armée turque garde Öcallan sur une de ses bases et l'agite dès que le pouvoir civil lui tient tête. Des écoutes téléphoniques dans l'affaire Ergenekon ont largement illustré les complicités secrètes entre l'état-major turc et le PKK. Les Israéliens utilisent aussi les Kurdes.

Je vous rappelle par exemple que Netanyahu avait pu donner l'ordre d'attaquer simultanément la Flottille par Tsahal et une base navale turque par le PKK. Ankara n'a toujours pas compris que ses alliés historiques, Washington et Tel-Aviv, ont besoin d'une Turquie solide pour défendre leurs intérêts au Proche-Orient, mais ne veulent pas qu'elle soit forte.

Si on devait mettre en perspective les événements qui secouent le monde arabe et musulman, quelle lecture en faites-vous ? Faut-il penser qu'il y a une stratégie derrière tout cela ? Si tel est le cas, pourquoi ? L'habillage de ces mouvements est qu'il répond à un désir de démocratie. Dans ces conditions, comment  expliquez-vous que des pays comme les monarchies du Golfe soient épargnées ?
Où est la liberté ? En Europe avec la bureaucratie bruxelloise anonyme, la pensée unique et le musellement des médias ? Aux Etats-Unis avec le Patriot Act, la torture et Guantanamo ? Non.

Nous sommes sous le joug d'un système de domination globale et les seules révolutions authentiques sont celles qui luttent d'abord pour la souveraineté nationale. La démocratie, telle qu'elle fonctionne aujourd'hui en Occident, n'a plus grand rapport avec le projet des penseurs du XVIIIe siècle. Elle est corrompue par les lobbys et les ingérences de toutes sortes. Elle n'est plus qu'un leurre. L'Occident n'est plus un modèle démocratique et assoie sa domination sur le reste du monde en combattant la démocratie partout où des peuples lui tiennent tête.

Les révolutions en Tunisie et en Egypte ont été des mouvements à la fois sociaux et politiques. Les Tunisiens et les Egyptiens s'en sont d'abord pris aux présidents Ben Ali et Moubarak, mais ils ont parfaitement intégré que ce n'étaient que des fantoches et que rien ne changera tant que les structures de dépendance ne seront pas renversées.

Les monarchies du Golfe sont hétérogènes. Cependant, les plus puissantes tirent exclusivement leur fortune du commerce d'hydrocarbures qu'elles entretiennent avec l'Occident. Elles n'ont donc pas besoin d'être occupées militairement pour être vassalisées, il suffit qu'elles préfèrent le confort à la liberté. Là encore, le système de domination privilégie les gouvernements les plus impopulaires (Arabie saoudite, Bahreïn…) parce qu'ils sont les plus dépendants.             

F. B

http://www.letempsdz.com/content/view/67301/1/.



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

27/12/2011

n° 1- : Qatar : Les dossiers - 25-12: La vérité sur les visées inquiétantes du Qatar et des puissances occidentales.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Qatar : Les dossiers

  n° 1- 25-12

C.De Broeder & M.Lemaire



 Qatar : Les dossiers est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part 

Badis Guettaf : Libye : la «victoire occidentale» du Qatar.

Sami Kleib : La vérité sur les visées inquiétantes du Qatar et des puissances occidentales.

1 Médias & Manipulation de l’opinion/ Vidéos

1-1 H. Z : Al-Jazeera n’est pas une voix indépendante de l’Amérique !

2 Les dosser & point de vue

2-1 Mounir Abi : Les manœuvres du Qatar en Algérie.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

3-1 France: un fonds qatari de 50 millions d’euros pour les entrepreneurs de banlieue…

3-2 Parti Anti Sioniste : Le Qatar lorgne sur les banlieues françaises... Pourquoi ?

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Fatma Benmosbah : Les pérégrinations Qataries en Afrique du Nord.

5 Annexe

5-1 Rappel : Arnaud Castaignet :Libye: après l'OTAN le Qatar. 



Tiré à part 

Badis Guettaf : Libye : la «victoire occidentale» du Qatar.
Si l’on en croit les médias, (car quand il ne s’agit pas de faire la guerre il leur arrive de donner de l’information), le Qatar ferait cavalier seul en Libye.

On sait que c’est le seul pays agresseur qui a pu dépêcher des troupes au sol et qui a le privilège de bénéficier de la proximité linguistique et religieuse. Ce qui lui donne une place de choix dans l’accès au gâteau. Mais, arrêtons-nous sur cette réaction médiatique. Elle est pour le moins très significative de l’ambiance d’après «victoire». L’Emirat agace au plus haut point. Il paraît même qu’il serait le «grand vainqueur de l’intervention occidentale». Notons au passage son inclusion-exclusion et admirons la formule. Le Qatar n’est pas un pays occidental et l’intervention est occidentale. S’il en est le «grand vainqueur» c’est qu’il se serait emparé de la proie après que les prédateurs l’aient terrassée. De ce fait, il encoure les foudres des pays de l’Alliance peu enclins à le laisser faire. Il suscite déjà la colère de la bande de Benghazi qui, comme tout le monde l’a remarqué, n’a jamais brandi d’autres drapeaux que ceux des Occidentaux. Cette colère est assortie du refus de se vassaliser à un Arabe. Ce serait descendre plus bas dans l’indignité dans laquelle le CNT/OTAN se trouve et dont le chef a loué les bienfaits du colonialisme italien, mieux acceptable que celui d’un bédouin. De plus, le propriétaire du QG militaro-médiatique, Al Jazeera, s’est mis dans la poche les «rebelles» islamistes, les plus déterminés, les plus aguerris et les moins proches férus de «démocratie». En plus de ses propres troupes, il dispose, au moins, des hordes d’Abdelhakim Belhaj, d’Ismael Salabi, de la Katiba des Martyrs d’Abu Salim, dirigée par Abu Sofiane Qumu, un ancien de Guantanamo et de la Katiba Obaida Ibn Jarrah. Au-delà de la mouvance islamiste, le Qatar engrange une grande sympathie des brigades berbérophones du Djebel Nefoussa, auxquelles il a livré des armes fournies par Nicolas Sarkozy. Tripoli peut donc attendre longtemps les gars de Benghazi. Ils ne viendront pas et les armes continueront de servir le désormais véritable pouvoir, celui de ces jeunes qu’on a cru pouvoir exhiber, impunément, pour faire accroire à l’opinion publique internationale qu’une «révolution» avait eu lieu en Libye. Est-ce une carte entre les mains de Hamad le qatari ? On ne peut rien savoir de précis, tant la situation est confuse. Seulement, ce qui peut être confirmé c’est que l’émir tient bien, pour le moment, à faire valoir la place qu’on lui a accordé quand on a eu besoin de ses journalistes et de la caution arabe. Chose qu’il sera difficile de lui refuser, sans faire voler en éclats cette image d’une coalition désintéressée et sans remettre en cause une dynamique où le petit pétromonarque continue d’assurer un rôle de premier plan dans la reconfiguration du «monde arabe». De jolis rebondissements, donc, en perspective et beaucoup de situations inattendues. L’affaire libyenne aura tenu ses promesses jusqu’au bout de ne jamais laisser le mensonge étouffer la vérité d’un crime.

Badis Guettaf :

Dimanche 11 décembre 2011

Publié sur Le jour d'Algérie

Source : Ahmed Halfaoui

 

Sami Kleib : La vérité sur les visées inquiétantes du Qatar et des puissances occidentales.

Un diplomate arabe au Caire a rapporté que lors de la réception de la délégation de la Ligue Arabe à Damas le 26 Octobre dernier, le Président Syrien Bachar el-Assad aurait accusé le Premier Ministre du Qatar, le Sheikh Hamad bin Jaber Al Thani, d’être l’exécuteur de « diktats américains » et lui aurait dit : « Moi, je protège mon peuple avec l’aide de mon armée, mais toi tu protèges le tien par les bases américaines implantées sur ton sol… Si vous venez ici en tant que délégation de la Ligue Arabe, vous êtes les bienvenus. En revanche, si vous êtes les délégués des Américains, il vaudrait mieux que nous cessions toute discussion ».

Dans cette ambiance tendue, le responsable Qatari aurait répondu : « Si j’étais un Américain, je garderais le silence ». Ce à quoi Bachar el-Assad aurait rétorqué : « Tu es un Qatari, mais tu exécutes les diktats américains ». Le Sheikh Hamad n’aurait rien trouvé à dire. Par la suite, l’ambiance s’est apaisée, et la rencontre s’est soldée par le « Plan Arabe » de règlement de la crise syrienne.

En réalité, la Syrie avait pressenti dès le début que le Qatar jouait un rôle « suspect », selon l’expression d’un responsable syrien. La Syrie a cherché à le contourner en acceptant l’ « Initiative Arabe » malgré le fait que certains Articles de cette Initiative constituent une « violation de la souveraineté syrienne ». En effet, il est à remarquer que malgré le refus exprimé publiquement contre cette Initiative par Youssef Ahmad, ambassadeur syrien au Caire, Damas a ouvert ses portes à la délégation de la Ligue Arabe et a même accepté que le Sheikh Hamad en soit le chef.

Au cours de cette même réception, le ministre syrien des Affaires Etrangères Walid Mouallem aurait « lutté » pour amender certains articles de ce texte, mais le responsable Qatari persistait à faire croire à ses hôtes qu’il ne pouvait accepter aucun amendement concernant le retrait total de l’armée, qu’il refusait toute utilisation du terme « terrorisme », et a même failli récuser l’évocation de bandes armées dans les villes.

Et ce diplomate cairote de poursuivre que la première rencontre entre la délégation de la Ligue Arabe et El-Assad a été ponctuée de scènes hilarantes qui ont fait rire aux éclats le Président et ses invités, comme celle du secrétaire général adjoint de la Ligue Ahmed Bin Houli lisant son texte devant son auditoire, qui se fait rabrouer par le Sheikh Hamad criant : « Ce n’est pas cette Initiative que nous voulons entendre, c’est l’autre ! ». Bin Houli a eu beau chercher le deuxième texte dans ses poches, il ne l’a jamais trouvé !

C’est ainsi que plusieurs textes ont dû être discutés pour finalement adopter celui d’une Initiative appelant au retrait de « toutes les troupes armées des villes » ; ce qui signifie que les membres de la délégation ont fini par reconnaître l’existence de troupes armées autres que celles de l’armée régulière. Dès lors, il a été décidé, par accord tacite, que la première séance de dialogue entre des représentants des autorités syriennes et de l’opposition se tiendrait au siège de la Ligue Arabe au Caire.

Les Syriens ont reconnu que malgré le « piège qui leur était tendu », ils se devaient de prendre en considération leur relation solide avec Moscou. C’est la raison pour laquelle ils ont accepté des exigences que Damas n’aurait jamais approuvées en d’autres circonstances. Les dirigeants syriens, se devaient d’envoyer un message clair à Moscou lui signifiant qu’ils étaient ouverts au dialogue et à toutes les initiatives venant des États arabes, garantie suffisante pour renforcer la position russe devant le Conseil de Sécurité, pour que la Russie puisse continuer à se démarquer des positions intransigeantes américaines, françaises et européennes, et de leurs tentatives en faveur d’une intervention étrangère internationale.

Ceci dit, l’article concernant le « retrait de l’Armée syrienne » était considéré comme le plus dangereux par les autorités syriennes. En effet, comment pouvait-on envisager de retirer l’armée de régions désormais devenues le théâtre d’une guerre civile comme à Homs ? Pour le Sheikh Hamad : « Il est impératif de retirer l’armée et de cesser de tuer les manifestants ! ». Ce à quoi El-Assad a répondu : « L’armée ne tue pas des manifestants, elle poursuit plutôt des terroristes armés. Si jamais tu avais une solution pour en finir avec ces derniers, elle serait bienvenue ! ».

Depuis cette rencontre, les Syriens ont eu la confirmation que le Qatar poursuivait ses attaques contre la Syrie. Elles avaient commencé sur la chaîne qatarie Al-Jazeera, puis elles se sont poursuivies par des manipulations de la part d’opposants et de Frères Musulmans, pour finir par une étroite collaboration avec les dirigeants des capitales occidentales. Ceci est devenu très clair lorsque, par exemple, le ministre soudanais, sous pression du ministre qatari, en est arrivé à déclarer en présence du Président syrien : « Négocier avec les Occidentaux est le moyen le plus sûr pour sortir de cette crise », ce qui a fait dire à l’un des participants : « Vos négociations avec les Occidentaux ont abouti à la partition du Soudan, et à un Sud-Soudan où flottent désormais les drapeaux israéliens ! ».

Toujours selon ce même diplomate cairote, Damas s’est rendu compte que le Secrétaire Général de la Ligue était lui-même soumis aux pressions qataries. Ainsi, lorsque Nabil Arabi s’est adressé au Président syrien pour préciser « Arrêt des violences de toutes les parties », le regard de mise en garde et d’avertissement du Sheikh Hamad a bien failli le faire reculer. Il a fallu que Walid Mouallem l’interpelle par un « Est-ce possible que tu recules si vite !? », pour qu’il se ravise et confirme sa propre proposition.

Suite à cet accord et durant les dix jours qui ont suivi la publication du « Plan Arabe » [le 2 novembre 2011] Walid Mouallem n’a cessé d’adresser des missives à la Ligue Arabe pour l’informer de la mise en application effective de ses différentes directives : retrait de l’Armée de plusieurs régions et son remplacement par des policiers et des agents de la Sécurité Interne, visas d’entrée pour des journalistes arabes et occidentaux, libération d’un groupe de détenus, annonce d’une amnistie générale pour ceux qui rendent les armes et qui n’ont pas commis d’assassinats.

Ce faisant, la direction syrienne a cru pouvoir calmer le jeu mais est restée très vigilante face aux manœuvres des Qataris. Pendant ce temps, certains partis de l’opposition, et particulièrement son Organe de Coordination, ont bien reçu ces signaux et ont transmis en retour des suggestions positives en faveur du dialogue et d’une participation future au pouvoir. Moscou, informée de la situation, s’est révélée favorable à la démarche syrienne et a tenu à encourager l’Initiative Arabe. En effet, il a été rapporté que Moscou avait adressé un courrier à la Ligue Arabe lui conseillant de ne pas se hâter à prendre des dispositions intempestives contre la direction syrienne, mais plutôt à encourager le Président syrien dans sa volonté de réformer et d’aller de l’avant.

PRESSIONS AMÉRICAINES ET POSITION ARABE

Quelque chose s’est passé au cours de ces 10 jours.

Personne ne s’attendait à ce que la Ligue Arabe prenne aussi précipitamment une telle mesure de suspension de la Syrie de toutes ses instances [le 12 Novembre].

Les opposants appartenant à l’Organe de Coordination n’ont rien vu venir lorsqu’ils sont allés à la rencontre de Nabil Arabi au Caire [3 Novembre]. En revanche, la direction syrienne s’attendait à « quelque chose de négatif » depuis que le ministre saoudien des Affaires Etrangères, Séoud el-Fayçal, avait rejoint la réunion du Comité ministériel de la Ligue Arabe. Des sources syriennes bien informées ont déclaré que, dans les dernières minutes avant la prise de cette mesure, les États Unis avaient exercé d’énormes pressions pour que la Ligue Arabe hausse le ton contre la Syrie, précédé en cela par le ministre des Affaires Étrangères français, Alain Juppé, qui a déclaré « L’Initiative Arabe est morte ! », sans oublier qu’entretemps Washington déconseillait aux personnes armées de se rendre aux autorités.

Pour les Syriens, cette sanction, quoique inattendue, n’avait rien de surprenant en elle-même. En revanche, ils admettent avoir été surpris qu’elle survienne avant même que n’expire le délai de 15 jours accordé à la direction syrienne pour mettre en œuvre le Plan Arabe, et tout aussi surpris par l’invitation incongrue de l’opposant Burhan Ghalioun à la table des Ministres des Affaires Étrangères de la Ligue Arabe dans les salons de l’hôtel Four Seasons.

La conspiration n’était désormais plus un secret pour quiconque ! De là, leur certitude d’une ingérence américaine de la dernière heure. Ce qui se traduit dans les déclarations d’un responsable qui connaît parfaitement les arcanes de cette Ligue : « Nous savons comment sont conçues les décisions de la Ligue Arabe et comment certains de nos frères se plient malheureusement devant les diktats américains, comme nous savons que le Qatar joue le rôle le plus malfaisant en ce domaine ».

COMMENT LA SYRIE A-T-ELLE ÉTÉ SUSPENDUE DES INSTANCES DE LA LIGUE ARABE ?

Le Sheikh Al Hamad a convoqué une réunion du Comité des Ministres de la Ligue Arabe dont le ministre saoudien Séoud el-Fayçal, dans les salons de l’hôtel cairote cité plus haut. Il avait préparé un projet de résolution en 6 articles :

1. Suspendre la Syrie de toutes les instances.

2. Demander à l’Armée syrienne de ne pas intervenir dans des opérations d’assassinats.

3. Inviter l’opposition à une réunion au siège de la Ligue Arabe dans les 3 jours.

4. Inviter les organisations internationales à se rendre en Syrie.

5. Rappeler tous les Ambassadeurs des pays de la Ligue Arabe basés en Syrie.

6. Inviter le Conseil des Ministres des Affaires Étrangères à se réunir avec l’opposition unifiée.

L’Égypte et l’Algérie ont exprimé leur opposition, le Sultanat d’Oman a exprimé son mécontentement, le Liban a déclaré un refus catégorique. Il faut dire que le délégué algérien a essayé de faire capoter le projet. Une altercation a eu lieu entre lui et le Sheikh Hamad. Le premier aurait déclaré : « Le Qatar est le fer de lance de tous les problèmes que rencontre la nation arabe » ; le second lui aurait répondu : « Votre tour viendra ! ».

RÉCIT DE L’AFFRONTEMENT SYRO-QATARI AU CAIRE

Suite à cette réunion, s’est tenue une séance fermée inaugurée par le Secrétaire Général de la Ligue Arabe qui a présenté son projet et a exprimé toutes sortes de récriminations à l’encontre de la Syrie depuis le 13 juillet 2011 jusqu’à la rencontre à Damas avec El- Assad le 26 Octobre 2011. Il s’est plaint de ne pas avoir pu joindre Walid Mouallem malgré plusieurs courriers et messages adressés à son secrétariat et a même déclaré : « Nous n’avons malheureusement pas réussi à former une délégation qui serait arrivée au bon moment pour enquêter sur ce qui se passe réellement sur le terrain. Elle aurait pu être composée de personnalités appartenant à des organisations internationales, comme le Conseil des Droits de l’Homme ou autre… ».

S’adressant au Sheikh Hamad, le délégué syrien a immédiatement répondu : « C’est dans cette même salle que tu t’étais élevé contre l’idée selon laquelle il existait une intention manifeste de conduire la Syrie vers le chaos. Tu avais même ajouté que c’était pure imagination. J’avais souhaité qu’il en soit ainsi. Mais aujourd’hui, après lecture de ce papier…il est très clair que vous avez non seulement saboté votre plan mais vous avez fait en sorte qu’il soit mort-né. Vous êtes tellement pressés d’arriver à vos fins que vous n’avez même pas pris le temps de constituer une délégation pour enquêter… ceci parce que vous ne voulez pas connaître ce qui se passe en vérité ».

Après avoir précisé que la décision de suspendre la Syrie était illégale et pourquoi elle l’était, le ministre syrien a ajouté : « Faites attention à ne pas laisser attiser le feu, car ce ne serait profitable à personne. Faites attention à ne pas accorder votre indéfectible soutien à des complots scandaleux contre la Syrie, à des provocations tendancieuses, à des campagnes médiatiques féroces et sans limites, à des interventions étrangères appelant ostensiblement à la chute du régime… Dès notre première réunion, nous avions senti que vous cherchiez à suspendre notre adhésion à la Ligue Arabe. Nous espérions nous tromper. Vous venez de nous donner la preuve irréfutable que nous avions vu juste. Le 2ème article de ce projet constitue un dangereux préalable à une intervention étrangère dans les affaires internes d’un État membre de la Ligue… ce qui sape les fondements de la paix et de la stabilité dans la région ».

A son tour le délégué irakien a exprimé ses réserves quant au 2ème article disant : « Je pense que pour certains, il pourrait constituer prétexte à intervention étrangère, ce qui compliquerait la donne, non seulement pour la Syrie mais aussi pour des pays voisins tel que l’Irak. De plus, selon la charte de la Ligue la suspension ou le gel d’un État membre sont censés être prononcés à l’unanimité. Enfin, puisque nous disposons d’une Initiative Arabe sur laquelle nous nous sommes tous mis d’accord, y compris la Syrie, pourquoi ne pas la soumettre pour adoption à des organismes internationaux tels que le Conseil de Sécurité ou le Conseil des Droits de l’Homme ? »

[…. À ce moment, il y a eu un très court débat sur la légitimité ou non de la suspension de la Syrie entre un Nabil Arabi, indécis, et les délégués algérien et syrien (non retranscrit ici)].

Le Sheikh Hamad a brusquement mis fin à la séance sans permettre à la délégation algérienne d’exprimer son point de vue en se contentant de déclarer que les délégations libanaise et yéménite s’étaient prononcées contre le projet, mais que la délégation irakienne s’était abstenue. Ceci a provoqué l’indignation du délégué syrien qui lui a répondu en ces termes : « Tout ceci est le résultat de tes multiples conspirations qui ignorent les lois et les chartes. Tu es l’instigateur en chef de toutes ces trahisons et de toutes ces opérations destructrices, non seulement en Syrie mais dans tous les États Arabes. Avec le Secrétaire Général vous commettez un crime envers la Syrie et envers toutes les nations arabes. Vous êtes des agents exécuteurs d’agendas occidentaux. Un jour, les peuples du monde arabe vous demanderont des comptes et vous devrez répondre de vos crimes ».

OÙ VA LA SYRIE ? VERS UNE INTERVENTION INTERNATIONALE ?

La grande majorité des Syriens craint que cette manœuvre de la Ligue Arabe ne soit le préambule du pire.

D’une part, Damas a bien compris que certains pays arabes, et le Qatar en particulier, œuvrent pour une internationalisation de la crise pour arriver à légitimer une intervention étrangère ; d’autre part, elle est persuadée qu’une intervention militaire est impossible. Par la voix de son Ministre des Affaires Etrangères elle a officiellement refusé la décision de sa suspension par la Ligue… Elle soupçonne que la Turquie cherche à agiter les eaux dormantes, que le Qatar va continuer à travailler à l’escalade des violences et aussi, que les États Unis et la France vont continuer à acculer la Syrie et tenter d’exploiter à nouveau la carte onusienne et son Conseil de Sécurité en exerçant toutes les pressions possibles sur la Russie et la Chine.

Malgré tout cela, Damas persiste à user d’un langage diplomatique serein. Dans les prochains jours elle pourrait adopter des positions qui démontreraient qu’elle ne se considère pas en état de faiblesse… Les Syriens savent qu’ils ne manquent pas d’atouts. Les mesures de sécurité se sont révélées efficaces. Homs est sauvée avec le minimum de pertes possibles et les bandes armées, qui y sévissaient, sont en passe d’être neutralisées…« Nous resterons calmes et sereins, et prochainement nous adresserons les signaux qui témoigneront de la force du peuple syrien et de sa solidarité militaire et politique ». La Russie n’a pas cédé, des millions de Syriens continuent à manifester dans toutes les régions du pays adressant au monde entier le message très clair de leur assentiment à leur président et de leur refus catégorique de toute intervention étrangère, et les opposants patriotes ont opté pour le dialogue.

Malheureusement, les manigances perdurent et la désinformation partisane des médias arabes et internationaux prêche toujours. En ce moment même, ces États, et particulièrement le Qatar, tentent de fabriquer « une opposition unifiée » pour arriver à la faire reconnaître, et réussir, par ce subterfuge, à déclarer l’illégitimité du Président syrien comme un fait établi.

Certains pensent que la crise syrienne ira vers encore plus de complications ; d’autres avancent qu’elle touche à sa fin. Quoiqu’il en soit, cette année américaine pré-électorale promet de nombreuses surprises, d’autant plus que le prochain retrait des forces américaines de l’Irak est susceptible d’ajouter d’énormes pressions sur l’Iran, la Syrie, et le Hezbollah. Le Qatar et d’autres États arabes ont, jusqu’ici, réussi à priver la Syrie du soutien des pays frères. Il n’empêche que des liens solides demeurent intacts entre Bachar el-Assad et certains leaders, y compris le nouveau leader saoudien, le Prince Naëf Ibn Abdel Aziz…

Est-ce là un autre message destiné à Sheikh Hamad considéré par les Syriens comme « le plus remarquable des instigateurs et comploteurs », lequel continue à affirmer que « El-Assad est proche de sa fin » ?

 Sami Kleib

Sami Kleib, journaliste libanais de nationalité française, est diplômé en Communication, Philosophie du Langage et du Discours Politique. Il a été Directeur du Bureau du journal AS-Safir libanais, à Paris, et Rédacteur en chef du Journal de RMC-Moyen Orient.

Responsable de l’émission « Visite spéciale » sur Al-Jazeera, il a démissionné en protestation contre la nouvelle orientation politique de cette chaîne.

14 /11/2011

Traduit de l’arabe par Mme Mouna Alno-Nakhal, le 18 novembre 2011

Sources :

http://www.assafir.com/Article.aspx ?EditionID=2002&ChannelID=47411&ArticleID=1261

et

http://www.silviacattori.net/article2381.html



1 Médias & Manipulation de l’opinion/ Vidéos

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 H. Z : Al-Jazeera n’est pas une voix indépendante de l’Amérique !

Les relations entre al-Jazeera,le Qatar, les USA et Israël

La célèbre chaîne de télévision arabe al-Jazeera fut créée le 1er novembre 1996 par le cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, émir du Qatar. Al-Jazeera est basée à Doha, la capitale du Qatar. C’est également le Qatar qui a hébergé le CentCom, le commandement opérationnel américain, qui a supervisé l’invasion de l’Irak en mars 2003. Sachez aussi qu’il existe un bureau commercial israélien à Doha.

Extrait d’un article de Wikipedia sur la chaîne de télévision al-Jazeera :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Al_Jazeera

La chaîne Al Jazeera, dont le nom signifie littéralement « l’Île », est lancée le 1er novembre 1996, par le cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, émir du Qatar, et est basée à Doha au Qatar.

Voici maintenant un article du soir d’algérie que je mets ci-dessous en entier :

(je mets en gras ce qui est intéressant pour la démonstration)

http://www.lesoirdalgerie.com/artic…

Al-Qaradawi et la Coupe du monde au Qatar

Par Hassane Zerrouky le Jeudi 09 Décembre 2010

Le choix du Qatar pour organiser la Coupe du monde 2022 a été qualifié par l’ex-compagnon de route des Frères musulmans, l’Egyptien Al-Qaradawi, de « victoire des musulmans sur l’Amérique ». « L’Amérique a été battue, et le Qatar a gagné (…) Dieu merci (el hamdoulilah), c’est la première fois que nous avons battu l’Amérique » !

C’est en substance ce qu’a prononcé Al-Qaradawi dans son prêche de vendredi que l’on peut écouter sur Youtube !

Visiblement, le « cheikh » était heureux ! Reste qu’il a omis de dire – et il ne peut pas le dire sinon ses employeurs qataris le mettront dehors – que le Qatar a mis tous les moyens de son côté pour avoir le droit d’organiser cette Coupe du monde.

Zidane, Pépe Gardiola, l’entraîneur du Barça, et tant d’autres footballeurs et gens du show-biz qui ont fait la promotion du Qatar ont été payés à coups de millions de dollars par les Qataris.

Zidane, par exemple, qui a été l’ambassadeur de la candidature du Qatar, aurait reçu entre un et dix millions d’euros, une information que l’intéressé n’a pas démentie.

La promotion de la candidature qatarie comme « celle qui préserve le mieux l’environnement » est assurée par le célèbre photographe français Yann Arthus Bertrand, dont le film à grand succès La terre vue du ciel a été en partie financé par de généreux Qataris.

En résumé, en fait de « victoire des musulmans », c’est plutôt celle des pétrodollars !

Alors arrêtons de mêler la religion au football !

Plus sérieusement, Al- Qaradawi se moque des musulmans et des Arabes en particulier.

Ce monsieur, qui délivre des prêches sur tout et n’importe quoi, est salarié d’Al-Jazeera, qui lui offre un temps d’antenne pour diffuser ses idées islamistes.

Mieux, il habite Doha, capitale du Qatar. Non loin de Doha, à une quarantaine de kilomètres, se trouve la base militaire El-Oudeid, principale base aérienne des Etats-Unis dans la région, et où stationnent plus de 120 chasseurs bombardiers F-16 et autres avions de guerre.

En vertu d’un pacte de défense signé en décembre 2002 entre les Etats-Unis et le Qatar, l’armée américaine dispose à travers cette base d’une puissance de projection militaire considérable sur l’ensemble du Moyen-Orient et l’Asie centrale. Et de ce fait, le Qatar est devenu un Etat de première ligne dans la stratégie guerrière américaine.

C’est à partir de la base d’El Oudeid que les Etats-Unis ont bombardé l’Irak. C’est également le Qatar qui a hébergé le CentCom, le commandement opérationnel américain, qui a supervisé l’invasion de l’Irak en mars 2003 !

Donald Rumsfeld, l’ex-chef du Pentagone sous George Bush, n’avait pas manqué d’ailleurs de saluer « l’excellente coopération entre » le Qatar et les Etats-Unis « dans la guerre contre le terrorisme ».

Quant au nombre de militaires américains stationnés au Qatar, ils seraient plus de 10 000 hommes, dont 5000 employés dans la base d’el Oudeid !

Enfin, au large de Doha, mouillent des navires de guerre dont des porte-avions. De ce fait, en cas de conflit avec l’Iran, le Qatar, qui se dit opposé à une guerre contre son puissant voisin perse, n’a en fait rien à craindre.

En plus des Marines, des chasseurs bombardiers F-16, toute une armada de missiles anti-missiles est déployée sur le territoire de ce petit émirat.

Hors USA, le Qatar est ainsi l’un des pays les mieux protégés militairement au monde.

Concluons par ce que ne savent pas les Algériens et qu’Al-Qaradawi s’est bien gardé de révéler : l’existence d’un bureau commercial israélien à Doha. Il a fallu l’offensive meurtrière israélienne contre Ghaza pour que le Qatar se décide à geler en 2009 les activités de ce bureau commercial !

Alors quand M. Al-Qaradawi nous dit que le choix du Qatar est une « victoire des musulmans contre l’Amérique », alors qu’il se tait sur l’existence de bases américaines et sur l’existence d’un pacte de défense américano-qatari, je dis que ce cheikh, accueilli comme un chef d’Etat en Algérie, serait plus avisé s’il demandait publiquement, à l’occasion d’un prêche par exemple, le démantèlement des bases américaines dans tous les pays du Golfe ! Mais il ne le fera pas car Al-Qaradawi, en religieux intelligent, fait partie de ces gens qui ne mordent jamais la main de ceux qui le nourrissent !

H. Z.

Voilà, vous connaissez maintenant l’importance des relations entre al-Jazeera et l’impérialisme américano-sioniste.

Cela met un sacré bémol à l’opinion qui a généralement court comme quoi al-Jazeera serait une voie indépendante de l’Amérique et d’Israël.

Dimanche 18 décembre 2011



2 Les dosser & point de vue

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Mounir Abi : Les manœuvres du Qatar en Algérie.
A quoi jouent les émirs du Qatar ? C’est la question que beaucoup d’Algériens se posent depuis, notamment, l’éclatement du conflit armé en Libye et la situation dramatique prévalant en Syrie.
Certains indices laissent supposer que des ficelles sont tirées par les émirs qataris, comme cette information donnée par le site électronique libanais «Libnanews», selon laquelle «l’opposant» algérien Saad Djebbar est régulièrement reçu par l’émir du Qatar qui l’a désigné comme son avocat personnel. Saad Djebbar, qui ne quitte presque jamais les studios de la chaîne de télévision satellitaire Al Jazeera, ne manquant pas d’imposer à l’Algérie le désastre qui a eu lieu en Libye, est, de cette manière, encouragé dans son œuvre déstabilisatrice.
Ce qui est intriguant, c’est que cela intervient presque au même moment que l’ouverture d’une chaîne de télévision pour Oussama Madani, un des fils de Abassi Madani,
(qui serait financée par des Qataris), qui ont quitté l’Algérie pour l’Allemagne au début des années 1990, laissant les Algériens s’entretuer, ainsi que la récente sortie
médiatique du numéro un du FIS dissous qui, à partir de Doha, au Qatar, annonce,
à qui veut bien l’entendre, qu’il envisage d’ester l’Algérie devant des instances judiciaires internationales pour ne pas avoir accepté le retour, sur la scène politique
nationale, de son parti politique. Pour bien comprendre tout ce remue-ménage, il est utile de noter que cela intervient au moment où l’Assemblée populaire nationale (APN)
a cautionné la nouvelle loi sur les partis politiques, fermant, définitivement, les portes devant le retour de l’ex-FIS. Qui veut imposer le retour forcé du FIS-dissous en Algérie ?
La réponse ne semble pas être loin de Doha. Ce n’est peut-être pas une diffamation lorsque le site électronique libanais écrit, comme titre «Les ‘foutouhates’ qataries en
Afrique du Nord».

Le Qatar semble avoir choisi une stratégie pour déstabiliser l’Algérie, consistant à se rallier nombre parmi ceux qui veulent en découdre avec le pays.
En particulier les islamistes.
«Parmi les grandes figures de cette opposition, Abassi Madani, qui vit au Qatar, qui fait partie du cercle des responsables islamistes maghrébins régulièrement reçus par
l’émir, Madani qui a tissé des relations très fortes avec le CNT libyen, d’où peut-être la persistance des tensions entre Alger et le CNT», écrit le site électronique libanais.
«Même si Alger tente de calmer le jeu et évite toute confrontation avec Doha, le Qatar joue clairement la carte islamiste en Algérie. Les menaces adressées par le chef
de la diplomatie qatarie Cheikh Hamad bin Jassem bin Jabr Al Thani à son homologue algérien, lors du vote pour la suspension de la Syrie à la Ligue arabe, «ne défendez
pas trop la Syrie car quand votre tour arrivera, vous aurez certainement besoin de nous», ne laissent planer aucun doute à ce propos.
C’est dire que les intentions, pas forcément cachées, du Qatar envers l’Algérie sont un secret de Polichinelle, tellement flagrant et sentant la manipulation depuis Doha.
Mounir Abi

Vendredi 9 décembre



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

3-1 France: un fonds qatari de 50 millions d’euros pour les entrepreneurs de banlieue…

Le Qatar a créé un fonds d'investissement de 50 millions d'euros pour financer des projets économiques portés par des habitants des banlieues de France, a annoncé jeudi soir son ambassadeur à Paris, Mohamed Jahan Al-Kuwari.

"Le Qatar ce n'est pas que des paroles. Il faut agir. L'émir a décidé de créer un fonds de 50 millions d'euros pour travailler avec vous. Le fonds peut être augmenté", a annoncé l'ambassadeur à une dizaine d'élus locaux des quartiers, tous originaires du Maghreb, en présence d'un journaliste de l'AFP.
Ces élus (cinq hommes et cinq femmes) se sont rendus il y a un mois au Qatar dans l'espoir de nouer des liens économiques entre le riche émirat et les quartiers populaires français. Ils ont été reçus par l'émir cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani. 
"Tout le monde était content de vous voir: l'émir, le Premier ministre, le ministre du Commerce", leur a dit l'ambassadeur. "Vous avez représenté la France de façon très moderne. Vous avez donné une très bonne image des Français d'origine arabe", a-t-il insisté.
  
De leur côté, les élus ont affirmé avoir été "impressionnés" par l'accueil "digne de chefs d'Etat".

S'expliquant sur le fonds de 50 millions d'euros, le diplomate a averti que "ce n'est pas une aide, ce n'est pas de la charité". "Il faut des projets sérieux dans tous les domaines, des projets raisonnables, solides et à long terme".

"J'espère que, bientôt, on va monter ce partenariat qui va servir la relation entre le Qatar et la France", un pays "stratégique" et "très important pour nous", a souhaité l'ambassadeur. "Les Français d'origine arabe peuvent nous aider dans notre partenariat avec la France". 

M. Al-Kuwari a déclaré qu'une équipe de "professionnels" a été installée à l'ambassade pour recevoir les entrepreneurs et évaluer la pertinence de leurs projets.
Le Qatar, petite monarchie richissime du Golfe, et la France entretiennent une relation privilégiée, récemment illustrée par l'intervention militaire au côté des Occidentaux des qataris en Libye.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=19&frid=19&eid=40786

 


3-2 Parti Anti Sioniste : Le Qatar lorgne sur les banlieues françaises... Pourquoi ?

Le Qatar s’intéresse aux banlieues françaises.

Il vient de créer un fonds d'investissement de 50 millions d'euros pour financer des projets économiques portés par des habitants des banlieues de France, a annoncé jeudi 15 décembre, son ambassadeur à Paris, Mohammed Jahan al-Kuwari.

« L'émir a décidé de créer un fonds de 50 millions d'euros pour travailler avec vous. Le fonds peut être augmenté », a annoncé l'ambassadeur à une dizaine d'élus locaux des quartiers, tous originaires du Maghreb. Ces élus, cinq hommes et cinq femmes, se sont rendus il y a un mois au Qatar dans l'espoir de nouer des liens économiques entre le riche émirat et les quartiers populaires français. Ils ont été reçus par l'émir cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani.

Ce soudain intérêt du Qatar pour les banlieues françaises n’est pas sans rappeler les manipulations américaines révélées par Wikileaks. Dans un rapport adressé au gouvernement de son pays par l’ambassadeur américain à Paris, Charles Rivkin, il est question de la stratégie américaine envers les « minorités » en France, tout particulièrement envers la minorité musulmane, afin de « faire progresser les intérêts nationaux américains ». En fait, nous avons dans ce rapport la confirmation de l’ingérence directe et visible des États-Unis dans la politique intérieure française et de la tentative d’instrumentalisation de certaines populations.

A propos du fonds de 50 millions d'euros, le diplomate qatari précise que « ce n'est pas une aide, ce n'est pas de la charité. Il faut des projets sérieux dans tous les domaines, des projets raisonnables, solides et à long terme. J'espère que bientôt, nous allons monter ce partenariat qui va servir la relation entre le Qatar et la France », un pays « stratégique » et « très important pour nous », a ajouté l'ambassadeur. « Les Français d'origine arabe peuvent nous aider dans notre partenariat avec la France ».

On est en droit de se demander ce que cache cette stratégie. Le Qatar s’est récemment illustré par son intervention en Libye aux côtés de la France, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis. On se souvient aussi que le 10 mai 2011, le Premier ministre qatari Jaber al-Thani avait rencontré secrètement le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, en présence du Président français. Cette rencontre avait porté sur des négociations entre l’entité sioniste et le Qatar, à propos de l’achat de gaz naturel et ce, afin de résoudre les problèmes d’approvisionnement de l'entité sioniste en gaz égyptien. A l’époque, les révolutionnaires égyptiens exigeaient l’arrêt de l’exportation du gaz parce que Moubarak le bradait à un prix dérisoire en faveur des sionistes et au détriment du peuple égyptien !

Source : Parti Anti Sioniste

Jeudi 22 décembre 2011

http://www.partiantisioniste.com/...



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Fatma Benmosbah :Les pérégrinations Qataries en Afrique du Nord.

Le Qatar va-t-il devenir le parrain du monde arabe ?

L’avenir arabe dépend-il du Qatar ?

Qu’en-est-il des relations du Qatar avec les pays d’Afrique du Nord ?

La montée en en puissance du Qatar sur la scène politique arabe n’est plus à démontrer.

Le minuscule émirat dont la population ne dépasse pas celle d’un quartier du Caire ou de Bombay est sur tous les fronts.

Après avoir pris part à la répression de la révolte bahreïnie, il a été le seul pays arabe à apporter un soutien militaire et matériel à l’insurrection contre Kadhafi. Après avoir proposé sa médiation au Yémen, donné sa bénédiction à la Tunisie de Ghannouchi, opéré un rapprochement avec les Frères musulmans d’Egypte, le voilà qui, aujourd’hui conduit l’orchestre dans la partition syrienne et, selon certaines sources, préparerait un changement en Algérie ?
Le Qatar va-t-il devenir le parrain du monde arabe ?

L’avenir arabe dépend-il du Qatar ?

Qu’en-est-il des relations du Qatar avec les pays d’Afrique du Nord ?
Tunisie – Soutien et bénédiction
Le voyage au Qatar du Cheikh Rached Ghannouchi au lendemain des élections a apporté aux Tunisiens une réponse à l’énigme de la puissance financière déployée par le parti Ennahdha lors de la campagne électorale. Le but de cette visite aurait été de remercier ses bienfaiteurs pour leur soutien logistique et financier lors de cette campagne et d’obtenir l’absolution du très influent Cheikh Youssef al Qardhaoui, bien placé pour obtenir du Cheikh Hamad ben Jassem ben Jabr Al- Thani, à la fois premier ministre, ministre des Affaires étrangères et président du QIA, le fonds souverain du Qatar de soutenir le nouveau gouvernement par des investissements, des dons, des prêts sans intérêts et l’ouverture de débouchés aux jeunes tunisiens spécialisés et titulaires de diplômes au chômage. Le Qatar n’est pas une association de bienfaisance. Si la requête du Cheikh rencontrer une réponse positive, quel sera en retour le prix à payer par la Tunisie ?
L’annonce de M. Ghannouchi dès son retour de Doha qu’il serait prêt à renvoyer l’ambassadeur syrien en Tunisie et reconnaître le Conseil national de transition syrien fournit un début de réponse. Propos pour le moins étonnants mais dans la droite ligne de la suspension de l’adhésion de la Syrie à la Ligue arabe. La Tunisie que Hamadi Jebali décrit comme le VIème Califat a approuvé cette décision qui, prise de manière arbitraire et sans respect des procédures légales, par les ministres des affaires étrangères arabes, a été sans aucun doute dictée par le Qatar.
Médias et argent, les armes de velours de Qatar en Lybie
Si à travers la chaîne Al Jazeerah, le Qatar a joué un rôle non négligeable dans le renversement du régime libyen, les Qataris sont arrivés bien avant la chute du colonel Kadhafi avec des valises remplies d’argent, de nombreux convois d’armes pour les combattants islamistes et 5000 membres de leurs forces spéciales.
Le 26 octobre, lors d’une réunion de pays amis de la Libye, le chef d’état-major qatari a « annoncé la formation d’une nouvelle alliance internationale de treize pays, dont les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, sous la conduite du Qatar, pour la période qui suivra la fin de la mission de l’Otan. Son rôle sera notamment de coordonner, d’entraîner et de refonder l’armée. »
Mais l’engagement qatari un peu trop marqué aux côtés des islamistes a fini par susciter des critiques au sein de certains dirigeants du CNT libyen. Mahmoud Jebril, ex-Président du Bureau exécutif du CNT et Mohamed Abdel Rahman, Shalgham représentant de la Libye aux Nations Unies, s’accordent pour reconnaitre qu’ « aujourd’hui les pétrodollars qataris, via le soutien de certains partis en allusion au mouvement islamique, alimentent les rivalités entre les rebelles et les divers courants qui gèrent la période post-Kadhafi, et ce, en répandant la sédition entre les frères libyens. En pactisant avec les factions, le Qatar qui continue à abriter Moussa Koussa, l’ancien chef des renseignements de Kadhafi, joue un rôle, dépassant ses capacités».
Who’s next ? L’ Algérie entre soupçons et menaces
Comme la Libye, l’Algérie est un pays riche en pétrole et en gaz dont les revenus sont très mal répartis. Il n’est pas difficile dans ce cas de se servir du peuple comme levier de changement du régime en place et le rôle grandissant du Qatar auprès de certains opposants algériens en exil, notamment les réseaux de l’ex-FIS, suscite beaucoup d’inquiétude.
Parmi les grandes figures de cette opposition, Abassi Madani qui vit au Qatar, qui fait partie du cercle des responsables islamistes maghrébins régulièrement reçus par l’émir. Madani a tissé des relations très fortes avec le CNT libyen, d’où peut-être la persistance des tensions entre Alger et le CNT. Annoncée début octobre, la visite d’une délégation libyenne à Alger n’a toujours pas eu lieu.
Autre hôte du Qatar, Saad Djebbar, opposant et avocat personnel de l’émir du Qatar, intervient régulièrement sur la chaîne Al Jazeerah pour commenter les événements au Maghreb et en Algérie.
Les Algériens soupçonnent aussi le Qatar de vouloir financer une chaîne de télévision qui pourrait être lancée par des opposants dont Oussama Madani, un des fils de Abassi Madani à Londres, ceux-là même qui ont quitté l'Algérie pour l'Allemagne au début des années 1990, laissant les Algériens s'entretuer. La récente sortie médiatique du numéro un du FIS dissous qui, à partir de Doha au Qatar, annonce à qui veut bien l'entendre qu'il envisage d'ester l'Algérie devant des instances judiciaires internationales pour ne pas avoir accepté le retour, sur la scène politique nationale, de son parti politique. Pour bien comprendre tout ce remue-ménage, il est utile de noter que cela intervient au moment où l'Assemblée populaire nationale Algérienne (APN) a cautionné la nouvelle loi sur les partis politiques, fermant définitivement les portes au retour de l'ex-FIS. Qui veut imposer le retour forcé du FIS dissous en Algérie ?
Même si Alger tente de calmer le jeu et évite toute confrontation avec Doha, le Qatar joue clairement la révolution en Algérie. Les menaces adressées par Jassem Ben Jabr Al Thani à son homologue algérien lors du vote pour la suspension de l’adhésion de la Syrie à la Ligue arabe : «Ne défendez pas trop la Syrie car quand votre tour arrivera, vous aurez certainement besoin de nous», ne laissent planer aucun doute à ce propos.
« Pour l’émir, le changement en Algérie, comme dans les autres pays du Maghreb, passe par les islamistes modérés », explique un connaisseur de la politique arabe. C’est peut-être le message que Ghannouchi qui occupe le poste de vice-président de la Ligue mondiale des ulémas musulmans et dont l’influence sur les partis islamistes dans le monde arabo-musulman est considérable, est allé passer à ses amis d’Alger. On ignore pour le moment le rôle de l’émirat qatari dans cette nouvelle initiative diplomatique mais le leader d’Ennahdha a été reçu à Alger avec les honneurs d’un Chef d’Etat.
Le Maroc, dans le giron des grandes sœurs du Golfe
De tous les pays d’Afrique du Nord, le Maroc a été le seul à recevoir des dirigeants israéliens tels Shimon Peres ou Tzipi Livni. Plus, le Maroc est le seul qui, comme le Qatar, ne se cache pas d’avoir un bureau de liaison avec Israël. Le Roi Hassan II était allé jusqu’à proposer l’intégration d’Israël à la Ligue arabe. Il n’est donc pas étonnant aujourd’hui que le Maroc ait été invité à adhérer au Conseil de coopération des pays du Golfe qui regroupe les pays les plus riches et les plus engagés dans la mise en place des politiques américaines dans le monde arabe.
En acceptant l’offre des maîtres du jeu politique dans la région, le Maroc pense pouvoir ainsi se mettre à l’abri de l’effet domino des soulèvements populaires arabes. En lui proposant leur soutien pour maîtriser la montée des protestations du mouvement du 20 février et trouver une issue au problème du Sahara occidental, les pays du Golfe offrent au Maroc une porte de sortie qu’il ne peut refuser.
Sous la supervision du Qatar, désormais nouvel « Emir des Croyants » arabe, le train des démocraties islamiques semble désormais en marche. Reste que pour arriver à destination sans problèmes, les conducteurs doivent suivre le chemin tracé par les passagers.

Est-ce réellement le cas ?
L’information sur l’éventuelle présence de l’Emir de Qatar à l’ouverture de l’Assemblée constituante a provoqué la colère des Tunisiens qui multiplient les commentaires hostiles à son encontre, le décrivant comme un roitelet du Moyen Age, qui n‘a aucune leçon à leur donner tant en démocratie qu’en nationalisme arabe.
Parlant au nom du peuple libyen, Mahmoud Jibril met en garde l’émirat : «… Qu’il s’agisse du Qatar ou d’un autre pays, tous les politologues s’accordent pour dire qu’à partir du moment où un pays cherche à élargir encore plus sa sphère d’influence, il risque de se briser du milieu…».
Le Qatar courre- t-il ce risque ? Le soutien des États-Unis et la France suffira-t- il à le préserver d’un éventuel retournement de situation ? A ceux qui, constatant l’impuissance de la toute puissante Arabie saoudite face aux ambitions du petit émirat rival, se demandent que peuvent faire les peuples d’Afrique du Nord pour préserver leur indépendance, on pourrait répondre que, ces peuples qui savent mieux que quiconque que sans indépendance il n’est point de liberté, n’ont peut-être pas encore dit leur dernier mot.
Le 10 du mois de ramadhan 2011, l’Emir de Qatar n’avait-il pas invité hommes politiques et religieux du monde arabe à venir prier avec lui le jour de l’Aid dans la mosquée des Omeyyades de Damas et ce en l’absence de Bashar el Assad. Nous attendons toujours….

Fatma Benmosbah

Samedi 10 Décembre 2011 

http://libnanews.com/2011/11/25/les-foutouhat-qataries-en-afrique-du-nord/



5 Annexe

5-1 Rappel : Arnaud Castaignet :Libye: après l'OTAN le Qatar.

Après l'Otan, le Qatar prend en charge la suite des opérations en Libye.

Ce qui confirme son rôle déterminant dans la guerre.

Si la situation reste confuse en Libye, une chose est sûre : le Qatar est probablement le grand vainqueur de l’intervention occidentale. Du soft power grâce à la chaîne Al-Jazeera au hard power par l’envoi des Forces spéciales, l’émirat a su s’imposer comme un acteur majeur de la transition. Au risque de déplaire aux Occidentaux et à de nombreux Libyens…

En public, l’intervention en Libye s’est déroulée dans une parfaite harmonie entre les alliés de la coalition et les katibas sur place. En coulisse cependant, l’activisme du Qatar commence à en agacer beaucoup.

Au début du mois d’octobre, le président français, Nicolas Sarkozy, s’est d’ailleurs ému auprès de l'émir du Qatar, Hamad bin Khalifa Al-Thani, de la politique poursuivie par Doha en Libye. En cause : le soutien militaire et financier apporté par le Qatar aux combattants libyens les plus islamistes.

Ceux-ci suscitent de plus en plus de tensions au sein du Conseil national de transition qui a déjà fort à faire pour canaliser l’influence des prestigieuses katibas de Ismaïl Sallabi et Abdelhakim Belhadj dans la nouvelle Libye.

Nicolas Sarkozy a beau s’appuyer sur le Qatar dans sa diplomatie et sa politique industrielle, les griefs étaient suffisamment importants pour que le président français demande à Hamad bin Khalifa Al-Thani de ne pas menacer l'unité du CNT et de mieux coordonner son action en Libye avec celle des pays occidentaux.

En effet, de nombreux membres du CNT apprécient assez peu l’influence grandissante du Qatar en Libye. Le 11 octobre, le ministre des Finances et du Pétrole libyen, Ali Tarhouni, avait évoqué à demi-mot les tensions avec le Qatar, en demandant aux alliés du CNT de "frapper avant d'entrer dans notre maison".

Les plaintes libyennes viennent principalement du fait que, sur le terrain, les conseillers militaires qataris ont largement privilégié les groupes islamistes, comme ceux d’Abdelhakim Belhaj, d’Ismael Salabi, la Katiba des Martyrs d’Abu Salim, dirigée par Abu Sofiane Qumu, un ancien de Guantanamo ou encore la Katiba Obaida Ibn Jarrah, soupçonné d’avoir assassiné, le 27 juillet 2011, le général Abdul Younes mis en place par Moustafa Abdel Jalil pour tenter d’unifier les Katibas sous sa houlette. 
Dans le Djebel Nefoussa (au sud de Tripoli), les Mukhabarat, le service de renseignement extérieur directement rattaché au palais de l'émir du Qatar, ont participé à la désignation des unités qui ont reçu les missiles anti-chars livrés par la France.

Au total neuf cargaisons ont été parachutées. Une partie des armes reçues par les groupes choisis par les Qataris ont ensuite disparu, mettant à mal le désarmement des milices entamé par le CNT, à ajouter aux "10 000 missiles sol-air" ayant été perdus en Libye, selon le Spiegel, citant les propos de l'amiral Giampaolo Di Paola, président du Comité militaire qui regroupe les chefs d'état-major des pays de l'Otan.

Le représentant de la Libye auprès de l’ONU, Mohammed Abdel Rahman Shalgam, déplore lui aussi l’ingérence qatarie dans son pays.

"Le Qatar a fait partie des pays qui nous ont fourni le plus grand soutien militaire, financier et politique [pour renverser le régime de Mouammar Kadhafi]. Nous les en remercions (...) Nous ne voulons pas qu'ils gâchent cet exploit par des actes d'ingérence insensés", a-t-il expliqué Mohammed Abdel Rahman Chalgam à Reuters en marge d'une conférence à Tanger.


Dans les colonnes du journal algérien Alkhabar, Mohammed Abdel Rahman Chalgam s'est montré plus virulent, mettant en garde l’émirat contre "tout accès de mégalomanie, en ayant l’illusion qu’il dirige la région". "La délégation du CNT a accepté des choses qui lui ont été imposées par le Qatar, et que la majorité des Libyens refuse. La Libye ne sera pas un Emirat relevant de l’émir du Qatar", a-t-il prévenu avant de se montrer plus accusateur, affirmant que l’opération de collecte d’armes en Libye était une «supercherie», car "le groupe chargé de cette opération sous supervision qatarie, va collecter des armes et les redistribuer à d’autres". 

Dans une interview donnée à la chaîne panarabe Al Arabiya, l'ex-président du bureau exécutif du Conseil national de transition, Mahmoud Jibril, est allé dans le même sens, déclarant que les pétrodollars qataris alimentaient "les rivalités et les circuits de désaccords entre les rebelles et les divers courants qui gèrent la période post-Kadhafi, et ce, en répandant la sédition entre les frères libyens". 

Certains chiffres commencent à sortir, on évoque ainsi la somme totale de 400 millions de dollars qui aurait été versée par l’émirat.


Le rôle du Qatar lors de l’intervention en Libye a été bien plus important que celui que l’émirat a d’abord annoncé. Après des mois à assurer que leur soutien n’avait été que logistique et aérien, l’émirat a admis que «des centaines de soldats» avaient aidé et formé les troupes au sol, notamment dans le Jebel Nafusa dès les premières semaines.

Le Qatar a mis à disposition de l’Otan huit Mirage 2000 sur les douze qu’ils possèdent. Certains journalistes, comme Georges Malbrunot, avancent même le chiffre de 5000 forces spéciales sur le terrain, d’après les propos du chef d'état-major du Qatar, le général Hamad ben Ali al-Attiya.


Le Qatar est d’ailleurs appelé à voir son rôle devenir de plus en plus important puisque l’émirat prendra en charge «la poursuite des opérations en Libye après la fin de la mission de l’alliance atlantique», a déclaré le général Hamad ben Ali al-Attiya. Selon lui, la nouvelle alliance militaire sur le terrain devrait comprendre 13 pays, dont les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne, mais sera chapeautée par le Qatar.

 La présence à long terme du Qatar et des Emirats arabes unis permet de donner un "vernis" arabe à l’intervention de l’Otan et au printemps arabe en général. L’émirat a su jouer très efficacement la carte du soft power grâce à la chaîne Al-Jazeera. La couverture des révolutions arabes par la chaîne qatarie a laissé entrevoir un côté très offensif d'Al-Jazeera chargé de faire porter l’influence de Doha bien au-delà du Golfe.

Rappelons-nous qu’il n’y a pas si longtemps, les locaux de cette chaîne à Bagdad étaient bombardés par l’armée américaine pendant le conflit irakien.

A présent, Al-Jazeera est plébiscitée non seulement par la rue arabe mais également par les Occidentaux, notamment dans sa version anglophone, ce qui lui confère une influence encore plus importante.

Cette consécration lui donne un poids diplomatique inédit : sa couverture, ou non, d’une révolution peut attirer l’attention, ou pas, des médias occidentaux.

Ainsi, la chaîne ne parle quasiment pas de la répression, organisée en grande partie par l’Arabie saoudite, au Bahreïn, très probablement afin de ménager Riyad.


Beaucoup ont interprété le départ du directeur général de la chaîne, Waddah Khanfar, le 21 septembre 2011, et son remplacement par Sheikh Ahmed bin Jassim Al Thani, un cousin de l’émir, comme le signe d’une reprise en main de la chaîne par le pouvoir qatari.

Comme le relève Yves Gonzalez-Quijano, chercheur à l’Institut français du Proche-Orient, la couverture par la chaîne du conflit libyen relève quasiment de la propagande, l’exemple le plus marquant étant "l’opérette de la liberté" organisée pour le 15e anniversaire d’Al-Jazeera, ou encore l’hébergement de la chaîne privée Libya al-Ahrar (Libya for the free) dans ses locaux de Doha.
Bien sûr, comme le relève Kristian Coates Ulrichsen, spécialiste de politique de sécurité dans le Golfe à la London School of Economics, ce choix de focaliser l’attention médiatique sur les révoltes arabes lui permet également de détourner l’attention du Golfe, où les beaux principes de modernité et d’ouverture qu’il défend sont loin d’être unanimement respectés, Al-Jazeera ne critiquant quasiment jamais le conservatisme régnant au Qatar.

 

Le Qatar se garde d’ailleurs bien de soutenir les mouvements laïcs au bénéfice de l’islam politique.


Par les armes, la diplomatie, l’argent et/ou les médias, le Qatar s’impose comme le sponsor principal de l’islam politique. On le voit en Tunisie avec ses liens très forts avec le parti Ennahda, avec la bénédiction des Etats-Unis, on le voit également en Libye.

Cependant, la situation libyenne diffère un peu car, comme l’a relevé la blogueuse Sarah Ben Hamadi, Ennahda a le soutien des Américains qui pensent depuis longtemps à jouer la carte "Islam et politique" en favorisant l’émergence d’un "AKP tunisien".

Sur la scène libyenne, le Qatar soutient des chefs de guerre, anciens djihadistes, comme Abdelhakim Belhaj et Ismaïl Sallabi, allant à l’encontre des intérêts américains.


Washington a flairé le piège en cooptant le général Khalifa Haftar, ancien exilé aux États-Unis, au poste de chef d'état-major de l'armée, avec pour mission principale d’unifier les dizaines de groupes armés qui refusent de se placer sous le commandement de l'armée régulière.

Cette tentative de normalisation a immédiatement provoqué la rage de Belhaj qui a répliqué en réclamant des ministères pour ses combattants en lorgnant tout particulièrement sur le ministère de la Défense. La rivalité entre les Etats-Unis et le Qatar sur le terrain libyen ne fait que commencer.

Arnaud Castaignet

sur son blog

Dimanche 18 décembre 2011

http://www.mleray.info/article-libye-apres-l-otan-le-qatar-93061572.html


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


24/12/2011

n° 100 - 'Géopolitique et stratégie ' - 22-12 - 1a- : Pepe Escobar : L’OTAN rêve d’une guerre civile en Syrie.

 



n° 100 - 'Géopolitique et stratégie ' - 22-12 - 1a- : Pepe Escobar : L’OTAN rêve d’une guerre civile en Syrie.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



'Géopolitique et stratégie'

des

Guerres de l'Otan.

n° 100- 10-07

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

 Tiré à part :

Moscou conteste les propos du secrétaire général de l'Onu.

Philip Giraldi : Otan contre Syrie - Des avions de l’Otan à Iskenderun.

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Pepe Escobar : L’OTAN rêve d’une guerre civile en Syrie.

1-2 Glen Ford : La transformation de l’OTAN en corps expéditionnaire.

2 Dossier & Point de vue

2-1 Manlio Dinucci - Tommaso Di Francesco  : Toute l’Europe sous le poids du « bouclier » USA/OTAN.

2-2 H.W. Gabriel : Un génocide pour compenser des dettes souveraines?

2-3 Dossier – Russie 10 articles)

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Opinion :

Fidel Castro
LE RÔLE DE TUEUR DE L’OTAN (solde en 2 parties )



Tiré à part :

Moscou conteste les propos du secrétaire général de l'Onu.

Les déclarations du secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon sur les actions de l'Otan en Libye tranchent manifestement avec l'avis de nombreux pays membres des Nations unies et du Conseil de sécurité, a annoncé jeudi le porte-parole de la diplomatie russe, Alexandre Loukachevitch, lors d'un point de presse à Moscou.

"Les affirmations du secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon, selon lesquelles les actions de l'Alliance en Libye étaient strictement conformes à la résolution 1973 du Conseil de sécurité, vont à l'encontre des faits et ne correspondent pas à l'opinion de nombreux pays membres de l'Onu et de son Conseil de sécurité", a indiqué M. Loukachevitch.

Intervenant la semaine dernière devant les journalistes à New York, M. Ban Ki-moon avait déclaré que "l'opération militaire menée par les forces de l'Otan s'était strictement inscrite dans le cadre de la résolution 1973".

Le secrétaire général des Nations unies "est le principal responsable administratif de l'organisation" et il "doit tenir compte des positions de tous les Etats-membres de l'Onu, surtout lorsqu'il s'agit des questions sensibles de l'agenda international", a souligné le diplomate.

Pis, a-t-il fait remarquer, Moscou considère comme "cynique" la thèse selon laquelle l'opération libyenne pourrait constituer un modèle pour le règlement des crises à venir. 

M. Loukachevitch a rappelé les violations commises par les pays de l'Otan en Libye, notamment les livraisons d'armes aux rebelles libyens au mépris de l'embargo décrété par le Conseil de sécurité, l'envoi de militaires étrangers dans la zone des opérations et le non-respect des dispositions réglementant la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de ce pays nord-africain.

Le porte-parole a également souligné que les victimes humaines et les destructions d'ouvrages civils occasionnées par les raids aériens de l'Alliance "avaient été confirmées par de nombreux témoins et par des associations internationales de défense des droits de l'homme".

RIA Novosti

22 décembre -

http://fr.ria.ru/world/20111222/192829539.html

 

 

Philip Giraldi : Otan contre Syrie - Des avions de l’Otan à Iskenderun.

Les Américains devraient se faire du souci à propos des événements en Syrie, surtout s’ils envisagent de déclencher, comme en Libye, une guerre qui ne dira pas son nom, mais qui sera bien plus terrible encore. La secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, a d’ailleurs appelé au changement de régime et prédit une guerre, il y a quelques semaines. Et, cela est plus que probable si le régime de Bachar al-Assad, laïc et nationaliste, continue de mettre face à face les sunnites contre les chiites, et contre les Alaouites…[?] Les chrétiens syriens seront quant à eux pris entre deux feux. L’ironie du sort veut que de nombreux chrétiens à Damas sont des Irakiens qui ont fui l’Irak  après avoir fait l’expérience de la guerre de libération de leur pays.

L’Otan est déjà engagé clandestinement dans le conflit en Syrie avec pour fondé de pouvoir des Etats-Unis, la Turquie. Le ministre des Affaires étrangères turc a admis, publiquement, que son pays était prêt à envahir dès qu’un accord serait trouvé avec les alliés occidentaux. L’intervention se ferait sur des principes humanitaires, pour défendre la population civile, ce même principe de « responsabilité de protéger » invoqué dans l’affaire libyenne. Des sources turques suggèrent que cette intervention prendrait la forme d’une zone-tampon le long de la frontière turco-syrienne et ensuite s’étendrait … Alep, la ville la plus grande de Syrie et la plus cosmopolite serait la cerise sur le gâteau pour les forces de libération.

Des avions de l’OTAN à Iskenderun

Des avions de guerre de l’Otan, sans signe de reconnaissance, sont arrivés sur les bases militaires turques près de Iskenderun à la frontière syrienne, déchargeant des armes provenant des arsenaux de Kadhafi ainsi que des volontaires du Conseil National de Transition libyen qui savent comment lancer des volontaires contre des soldats entraînés, comme ils l’ont montré avec l’armée de Kadhafi. Iskenderun est aussi le siège de l’Armée Syrienne Libre, le bras armé du Conseil National Syrien. Les forces spéciales françaises et britanniques entraînent les rebelles syriens tandis que la CIA et les unités des Forces Spéciales US fournissent le matériel de communication et le renseignement afin que les rebelles évitent les grosses concentrations de soldats syriens.

 

Les analystes de la CIA sont sceptiques quant à la marche vers la guerre. Les rapports des Nations unies faisant état de 3500 morts tués par les forces militaires syriennes proviennent d’informations des rebelles et non jamais été corroborées. La CIA refuse de les prendre en considération. De la même manière, les défections en masse de soldats et les batailles féroces entre déserteurs et soldats loyaux sont une pure fabrication, car, de source indépendante, peu de soldats ont déserté. Les déclarations du gouvernement syrien selon lesquelles il a été attaqué par des rebelles armés, entraînés et financés par des gouvernements étrangers sont plus proches de la vérité.

 Aux Etats-Unis, de nombreux amis d’Israël sont dans les fourgons du changement de régime, persuadés qu’une Syrie affaiblie, divisée par la guerre civile, ne présente aucun danger pour Tel-Aviv (…).

Source : 

http://www.theamericanconservative.com/blog/nato-vs-syria/

« U.S. Congress controlled by AIPAC »: Philip Giraldi au Congrès des Etats-Unis (vidéo : 2’35)

http://thepassionateattachment.com/2011/05/25/council-for-the-national-interest-u-s-congress-controlled-by-aipac/

Par Philip Giraldi* (revue de presse : The American Conservative – 19/12/11)

* Philip Giraldi est ancien officier de la CIA. Il dirige le Council for the National Interest (Conseil pour l’Intérêt  National), une fondation chargée de promouvoir la politique américaine au Proche-Orient en dehors de toutes pressions étrangères, donc y compris – et surtout - israéliennes.

Traduction : Xavière Jardez - Sous-titre: AFI-Flash

Jeudi 22 décembre 2011

http://www.france-irak-actualite.com/article-otan-contre-syrie-des-avions-de-l-otan-a-iskenderun-94060187.html

 



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Pepe Escobar :L’OTAN rêve d’une guerre civile en Syrie.

Chaque grain de sable du désert syrien sait désormais qu’on n’invoquera pas la « responsabilité de protéger » pour aller à une intervention, « humanitaire », de l’OTAN afin de provoquer un changement de régime à Damas. Une guerre prolongée comme en Libye n’est pas possible - bien que ces adeptes irréprochables de la démocratie, la Maison des Saoud, aient offert de payer pour cela, et sans compter.

N’empêche que le brouillard d’une guerre proche reste impénétrable. Qu’en est-il de l’OTAN réellement en Syrie ?

Il est déjà établi (voir Guerre de l’ombre en Syrie - 2 décembre 2011) que l’OTAN a mis en place un centre de commandement et de contrôle dans la province du Hatay, dans le sud de la Turquie, où des commandos britanniques et des gens des renseignements français entraînent la douteuse Armée syrienne libre (ASL). Objectif : fomenter une guerre civile engloutissant le nord de la Syrie.

Aujourd’hui il est confirmé, via le site de Sibel Edmonds, cette ancienne dénonciatrice du FBI américain, qu’un mouvement en tenailles pourrait s’opérer, en impliquant la Jordanie (1).

Edmonds cite des sources locales selon lesquelles des « centaines de soldats de langue non arabe » font « la navette... entre la base aérienne du Roi Hussein à al-Mafraq » et les « villages jordaniens attenants à la frontière syrienne ».

Edmonds soutient que rien de tout cela n’est rapporté dans la presse américaine à cause d’un ordre de se taire qui, en théorie, expire ce mardi. Et n’essayez pas d’interroger le roi Abdullah de Jordanie à ce sujet.

La base d’al-Mafraq se trouve pratiquement aux limites de Dar’a (ville du sud-ouest de la Syrie proche des frontières avec la Jordanie, le Liban et Israël). Beaucoup d’actions sont en cours à Dar’a actuellement - un épicentre du mouvement anti-Président Bashar al-Assad. Selon l’agence d’informations syrienne, Sana, des forces de sécurité s’y font tuer régulièrement par des « bandes de terroristes ». Pour les « rebelles », ce sont des transfuges militaires patriotiques qui attaquent les voies d’approvisionnement militaires.

Passons au Plan B

En adoptant ce mouvement en tenailles, l’OTAN en Syrie diversifie désormais activement dans une stratégie des années quatre-vingt-dix en Iraq : soumettre la Syrie à un état de siège prolongé avant finalement d’y aller pour tuer.

Mais, bien que l’OTAN soit prête à invoquer Allah pour qu’il en soit autrement, la Syrie n’est pas la Libye. Elle est beaucoup plus petite et compacte, mais plus peuplée et avec une véritable armée aguerrie. En plus d’être immensément éloignés les uns des autres par l’euro-drame actuel, les Britanniques et la France, ancienne puissance coloniale, ont calculé qu’ils avaient tout à perdre économiquement à se lancer dans la folie d’une guerre conventionnelle.

Quant aux opposants inconditionnels syriens - le Conseil national syrien (CNS) -, c’est une plaisanterie. La plupart sont des Frères musulmans, avec un saupoudrage de Kurdes. Leur dirigeant, Burhan Ghalioun, est un opportuniste en exil à Paris, avec un zéro en crédibilité (pour le Syrien moyen) même si dans une récente interview dans le Wall Street Journal, il a multiplié les incantations pour apaiser le lobby pro-israélien (pas d’autres liens avec l’Iran, pas de soutien au Hezbollah au Liban ni au Hamas à Gaza).

L’ASL revendique 15 000 transfuges de l’armée. Mais elle est contaminée par des mercenaires et un grand nombre de civils syriens marqués comme bandes armées. Le CNS, en théorie, est contre la guérilla. Mais c’est exactement ce que pratique activement l’ASL en attaquant les soldats syriens et les bureaux du parti Baas.

La tactique première du CNS pour l’instant est de vendre à l’opinion occidentale l’idée de la « possibilité » d’un cauchemar du style libyen avec un massacre imminent à Homs. Il n’y en guère à y croire - à part les médias privés habituels, véhéments, douteux. Bien que tous deux soient basés à Istanbul, le Conseil national syrien et l’Armée syrienne libre ne semblent pas parvenir à des actions communes ; ils ressemblent à une version mortelle du film The Three Stooges (Les Trois Larbins).

Puis, il y a la Ligue arabe, désormais contrôlée par les Huit Larbins ; les six monarchies du CCG (Conseil de coopération du Golfe, autrement dit le Club de la Contre-révolution du Golfe), plus les « invités » au CCG, le Maroc et la Jordanie. Ces larbins sont les sous-traitants du Grand Moyen-Orient pour l’OTAN avec des stéroïdes (humanitaires). Personne, pour autant, se demande où se trouvaient ces larbins quand Beyrouth et le sud du Liban étaient démolis en 2006, et quand Gaza était démolie à son tour en 2008, dans les deux cas, par Israël. Les larbins n’osent pas remettre en cause les droits divins de l’axe USA/Israël.

Les tactiques de l’OTAN sont claires comme de l’eau de roche depuis un bon moment déjà. La France, sous le libérateur néo-napoléonien de la Libye, le Président Nicolas Sarkozy, se concentre sur une escalade au turbo-compresseur. En même temps, Paris tente de positionner l’escalade et la percée des Frères musulmans dans tout le monde arabe comme répondant à un intérêt stratégique occidental - comme si elles limitaient l’influence iranienne.

Puis, il y a encore le blocus économique dans la durée - impossible sans la coopération de l’Irak (ce qui n’arrivera pas), du Liban (ce qui n’arrivera pas) et de la Jordanie (ce qui pourrait arriver, mais au détriment de la Jordanie).

Mais ce qui fait saliver l’OTAN c’est vraiment de pousser la Turquie à faire le sale boulot.

Irrémédiablement déchirés comme ils le sont, les pays de l’OTAN - dont les États-Unis - ne peuvent tout simplement pas lancer une nouvelle guerre au Moyen-Orient qui ferait exploser le prix du pétrole. Ce que l’OTAN ne peut mesurer, c’est la possibilité d’une guerre sectaire sunnnite-chiite ré-éclatant en Iraq. Dans ce cas, le seul refuge serait le Kurdistan iraquien. Et cela permettrait de renforcer l’unité des Kurdes - d’Iraq à la Syrie, de la Turquie à l’Iran. La Turquie dans cette affaire aurait d’autres chats à fouetter que de se trouver mêlée dans une guerre en Syrie.

Le double jeu de la Turquie

Et pourtant, le grand impondérable dans cet échiquier complexe, c’est la Turquie - comme dans ce qui s’est passé précisément avec sa politique étrangère tant louée du « zéro problème avec nos voisins », élaborée par le ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu.

Face à l’impuissance de Ryad, et au désarroi du Caire, Ankara semble avoir accaparé le pouvoir de la direction sunnite - ou le rôle de gardien de l’orthodoxie sunnite face aux hérétiques chiites, la plupart venant d’Iran (mais aussi ceux d’’Iraq, les alaouites de Syrie et le Hezbollah).

Dans le même temps, pour plaire à l’OTAN et aux USA, Ankara a permis le déploiement d’une défense antimissile sur son territoire - dirigée pas seulement contre l’Iran mais surtout contre la Russie. Sans parler qu’Ankara nourrit le désir secret - et interdit - de « régler » pour de bon le problème kurde en instaurant une zone autonome sur le territoire syrien.

Et Ankara veut aussi faire de l’argent ; les gagnants en Libye sont les intérêts pétroliers britanniques et français, tandis que les perdants en sont les Italiens et les Turcs. Mais jusqu’ici, la Turquie est aussi perdante, surtout dans la province du Hatay près de la frontière syrienne, avec l’annulation d’un accord de libre-échange entre les deux pays.

Au désespoir de l’Occident, le régime Assad est loin d’être étranglé. Pour contrer cet imposant paquet de sanctions de la Ligue arabe et de la Turquie, le régime a accéléré son commerce avec la Chine - par du troc et en contournant le système financier international.

Pas étonnant que Washington ait choisi l’approche à long terme. Il a renvoyé à Damas son ambassadeur Robert Ford - l’ancien assistant du sinistre déstabilisateur du Nicaragua, John Negroponte, alors qu’il était ambassadeur à Bagdad, et actuel passionné de la contre-révolution de la Maison des Saoud.

Ford va avoir beaucoup de temps pour échanger des courriels avec l’opposition syrienne en totale connivence avec l’ancienne puissance coloniale française. A propos de festival de larbins ; c’en est un celui-là qui va bondir pour tailler sa propre niche dans les annales de l’infamie au Moyen-Orient.

Note :

1) - voir l’article : Foreign Troops Begin to Spread Near the Villages of Al-Mafraq - écouter (en anglais) l’entretien avec le journaliste syrien Nizar Nayouf.

17 décembre 2011

Pepe Escobar

* Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007) et Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge. Son dernier livre vient de sortir ; il a pour titre : Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009).

Il peut être contacté à l’adresse : pepeasia@yahoo.com

samedi 17 décembre 2011 - 06h:50


1-2 Glen Ford : La transformation de l’OTAN en corps expéditionnaire.

Afrique est sans défense face à l’offensive militaire euro-américaine.

Tandis que les USA et leurs alliés de l’OTAN progressent vers le Sud pour renforcer leur emprise sur l’Afrique, après avoir pris possession de la Libye et de ses gigantesques champs pétrolifères, la plupart des dirigeants africains semblent approuver leur réinsertion dans l’Empire. L’AFRICOM se trouve déjà dans une position favorable, où les Africains eux-mêmes l’ont placée.

Les USA et leurs alliés ont entamé une offensive en Afrique et en Asie, une attaque par plusieurs côtés qui dans plusieurs régions rappelle une « blitzkrieg ». Cette agression enragée a débuté avec la transformation de l’OTAN en corps expéditionnaire pour renverser le régime libyen, et s’apprête maintenant à détruire l’ordre laïc syrien. Bien que depuis des années on se soit appuyé sur des plans visant à changer ouvertement ou discrètement les régimes de pays ciblés, en parfait accord avec l’impératif historique du capital mondialisé : soumettre à la matraque la planète entière pour en faire un marché docile aux ordres de Washington, Londres et Paris,  l’offensive actuelle s’est heurtée à une évolution imprévue : le cauchemar d’un réveil arabe.

La perspective d’un printemps arabe au début de l’année 2011 a déclenché une véritable hystérie dans les capitales impériales. Brutalement la rue arabe vous plaçait devant votre propre mort géopolitique. Washington comprend très bien que l’émergence de régimes arabes conformes à la volonté populaire conduirait rapidement, selon l’expression chère à Chomsky, à éjecter les USA de la région - sonnant le glas non seulement d’un Occident assoiffé de pétrole, mais aussi des filiales du capital international que constituent les autocraties putrides du Golfe persique.

Visant à des siècles de domination euro-américaine Washington, Londres et Paris se sont hâtés de faire de l’OTAN l’instrument d’une opération « Shock and Awe » contre leur cible préférée en Afrique du Nord : Mouammar Kadhafi. L’onde de choc de cette démonstration de force a jeté dans les rues de Damas les suppôts de l’impérialisme. Mais l’Afrique est la région la plus exposée sur le sentier de guerre des USA - un continent prêt à tomber dans leur escarcelle grâce aux innombrables liens que les classes politiques et militaires africaines entretiennent avec l’impérialisme. Les Etats-Unis et leurs alliés, les Français au premier rang, sont en position de « croquer » la plus grande partie de l’Afrique avec la collaboration de la plupart de ses gouvernements et surtout des militaires.

L’AFRICOM, créée en 2008 par l’administration Bush , et désormais la créature à part entière de la doctrine d’intervention « humanitaire » d’Obama, revendique la responsabilité militaire de tout le continent hors l’Egypte. Le commando militaire US a réuni un nombre impressionnant d’alliances avec des organisations régionales et des blocs de pays représentant tout le continent à quelques exceptions près -d’ailleurs déjà dans le collimateur. Les USA progressent brutalement vers le Sud après avoir conquis la Libye, mais ce sont les Africains eux-mêmes qui leur ont aplani la route.

La guerre menée par les USA en Somalie, qui s’est intensifiée de manière dramatique avec l’invasion éthiopienne soutenue par les USA, a maintenant été légitimée par l’IGAD (International Authority on Development in East Africa), qui inclut l’Éthiopie, le gouvernement somalien fantoche de Mogadiscio, le Kenya, l’Ouganda, Djibouti, protectorat français de facto et nominalement le Soudan.

L’opération - nominale - de l’ONU en Côte d’Ivoire pour renverser le régime de Laurent Gbagbo, dirigée par la France, a été approuvée par l’ECOWAS, l’Union économique qui regroupe 16 États d’Afrique de l’Ouest : le Bénin, le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Libéria, le Mali, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo.

L’AFRICOM organise tous les ans de gigantesques manœuvres militaires du nom d’African Endeavor qui entraîne les armées africaines au maniement des « pratiques standard de communication». On leur enseigne les procédures de commando et de contrôle états-uniennes sur des équipements militaires US et sous la surveillance de conseillers états-uniens. En 2009, les armées de 29 pays africains avaient pris part à ces manœuvres. Cette année, 40 nations participaient à African Endeavor, soit la majorité des hommes portant les armes en Afrique.

Plus sournoise encore est la doctrine du «  soldat à soldat », qui encourage les gradés de même rang des armées états-unienne et africaines à établir des relations personnelles à tout niveau : général/général, colonel/colonel, major/major et même capitaine/capitaine. L’AFRICOM espère établir ainsi des relations personnelles durables avec les armées africaines, quels que soient les régimes en place.

Au Sahel l’AFRICOM entretient des relations étroites avec pratiquement tous les États qui bordent le Sud du Sahara, depuis l’Atlantique jusqu’à l’Océan indien, sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Il s’agit de la Mauritanie, du Mali, du Tchad et du Niger, plus le Nigeria et le Sénégal. Au Nord, l’AFRICOM maintient les mêmes liens avec les pays du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie) et jusqu’à cette année avec la Libye de Kadhafi.

C’est souvent l’AFRICOM qui est la véritable force derrière des interventions dites « africaines ». L’AMISOM, officiellement la prétendue « force de maintien de la paix » en Somalie, se compose en réalité de troupes ougandaises et burundaises, deux gouvernements fantoches au service des USA ; elles fonctionnent comme mercenaires de Washington et sont payées essentiellement par les Américains. 500 soldats venus de Djibouti doivent bientôt s’y joindre. Des années durant l’AMISOM a été la seule force qui a sauvé le régime fantoche de Mogadiscio de l’anéantissement par la résistance des Shabab. Aujourd’hui les combattants de l’Union africaine ont reçu des renforts et mènent, en commun avec les envahisseurs kenyans et éthiopiens, une offensive destiner à prendre en tenaille les Shabab et à les exterminer. La mort vient du ciel sous forme de drones états-uniens basés en Éthiopie et à Djibouti. Et donc une armée qui se dit le bras armé de l’Union africaine est un outil de guerre états-unien dans la Corne de l’Afrique - un conflit que les Etats-Unis ont allumé et qui est également soutenu par l’alliance régionale de coopération, l’IGAD.

L’invasion de l’Érythrée, adversaire de l’Éthiopie et l’un des rares pays à rester en-dehors de la nébuleuse de l’AFRICOM n’est plus qu’une question de temps. Sans nul doute ce sera l’œuvre des « forces armées africaines », soutenues par les USA et la France. L’Union africaine, mouillée jusqu’au cou, ne s’y opposera sûrement pas.

Dès que le dernier bastion loyal à Kadhafi a été tombé, les interventions « humanitaires » d’Obama se sont profondément enfoncées en Afrique centrale ; 100 hommes des unités spéciales ont été envoyés en Ouganda en vue de missions en République démocratique du Congo, dans la nouvelle nation du Sud-Soudan et en République Centrafricaine, un poste avancé du néocolonialisme français, où les Américains avaient expédié le Président haïtien Jean Bertrand Aristide après son enlèvement en 2004. Il est vraisemblable que les «  bérets verts » états-uniens viendront à bout des 2000 combattants (environ) de la Lord's Liberation Army - une force que les Ougandais auraient été à même d’anéantir à eux seuls, s’ils n’avaient été occupés à jouer les mercenaires des USA dans tout le continent. (Dans cette région, le second tueur loyal aux USA est le Rwanda, que l’ONU rend responsable de la mort de millions de Congolais).

L’agression contre la Libye était devenue inévitable dès lors que le Nigéria, l’Afrique du Sud et le Gabon s’étaient déshonorés en approuvant la zone d’exclusion aérienne proposée par le Conseil de sécurité de l’ONU. L’onde de choc de l’offensive euro-américaine s’étend vers les Sud et embrasera bientôt le continent entier. La Corne de l’Afrique n’est déjà plus qu’un champ de bataille où règnent le feu et la famine, œuvre des Américains, mais avec le soutien total des Africains et de leurs institutions régionales. En Occident, l’ECOWAS sert de légitimation à la politique impériale, pendant qu’au Sahel les Africains se battent pour trouver des objectifs appropriés aux Américains. Tous les ans les Américains réunissent les militaires du continent pour leur apprendre le commandement et le contrôle de leurs troupes, ce qui rend leurs armées incapables de résister au véritable ennemi : les USA et l’OTAN.

Trompée par une classe politico-militaire désireuse de s’intégrer à tout prix dans le système impérial, l’Afrique est sans défense face à l’agression euro-américaine.

Seuls les bidonvilles et le bush peuvent détourner cette catastrophe. S’ils veulent résister aux Américains et aux Européens, les Africains doivent en premier lieu lutter contre leurs propres gouvernements

NdlT: J'ai traduit ce texte car il me semble rectifier un peu la désinformation scandaleuse qui a cours dans les médias français. Cependant je doute que Kadhafi ait jamais joué un rôle positif et en ce qui concerne la Syrie je juge urgent d'attendre. En outre je considère que la France n'est autre chose que le jouet des USA dans cette affaire (et en train de perdre son statut de puissance coloniale, ce dont je me réjouirais si c'était au profit des Africains eux-mêmes et non du monde anglo-saxon.) Enfin je regrette que ce texte ignore totalement les intérêts impérialistes des nouveaux pays émergents, principalement l'Inde et la Chine, qui s'approprient notamment les riches terres agricoles africaines, dont ils ont - contrairement aux USA et à l'Europe, intéressés par les seules richesses du sous-sol ainsi que par une main-d'oeuvre sous-payée - un besoin urgent. Inde et Chine  doivent en effet nourrir une population pléthorique sur des surfaces chaque jour réduites par l'industrialisation et le mode de vie occidental. L'article ne voit donc  pas que le malheureux continent africain est un terrain de conquête où s'affronte le reste du monde. Ceci posé, Dumont avait raison quand il écrivait, voici déjà près de quarante ans: l'Afrique noire est mal partie.

Glen Ford

Traduit par  Michèle Mialane

Merci à Black Agenda Report
Source:
http://www.blackagendareport.com/content/africa-lies-naked-euro-american-military-offensive
Date de parution de l'article original: 30/11/2011
URL de cette page:
http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=6405



2Dossier & Point de vue

2-1 Manlio Dinucci - Tommaso Di Francesco  : Toute l’Europe sous le poids du « bouclier » USA/OTAN.

Ce 25 novembre, le président russe Medvedev a accusé les Etats-Unis d’avoir imposé à leurs alliés le « bouclier  anti-missiles » en Europe, prévenant de nouveau que la Russie prendrait des contre-mesures parmi lesquelles l’installation dans l’enclave de Kaliningrad d’un nouveau système radar et de missiles mobiles Iskander à courte portée (jusqu’à 500Kms), qui peuvent transporter aussi des têtes nucléaires.

Est-ce un bluff dans la campagne électorale, en vue des législatives du 4 décembre et des présidentielles du 4 mars ? Sans aucun doute Medvedev et Poutine, qui sont en train de perdre des consensus, haussent-ils le ton pour montrer que sous leur direction la Russie ne courbe pas la tête face à l’extra-puissance USA/OTAN. Mais on ne peut pas réduire la question à une simple manœuvre électorale.

    On assiste en Russie à l’accroissement, surtout dans les forces armées, d’un sentiment anti-USA, motivé en particulier par la décision de l’administration Obama de réaliser à n’importe quel prix le « bouclier » en Europe. A Washington on continue de répéter que celui-ci n’est pas dirigé contre la Russie, mais servira à faire face à la menace des missiles iraniens. A Moscou on le considère par contre comme une tentative de prendre un avantage stratégique décisif contre la Russie. Le nouveau plan prévoit, en regard du précédent, un nombre plus grand de missiles déployés encore plus près du territoire russe. En outre, comme ce seront les USA qui le contrôleront, personne ne pourra savoir si ce sont des intercepteurs ou des missiles pour l’attaque nucléaire. Et, avec les nouveaux systèmes aérotransportés et satellitaires, le Pentagone pourra surveiller le territoire russe plus efficacement que ce qu’il n’est en mesure de faire aujourd’hui.

   Le contentieux s’est exacerbé ces derniers mois.  En avril, les USA ont opéré « le test le plus réussi du système de défense anti-missile qu’ils déploieront en Europe ».

En mai, la Roumanie a consenti à l’installation sur son propre territoire de missiles mobiles étasuniens Sm-3, qui s

eront déployés aussi en Pologne. En ce point, Moscou a demandé à Washington des « garanties légales » que le système n’est pas dirigé contre la Russie, en proposant un traité Russie/OTAN dans lequel soient spécifié le nombre, les types et les lieux de l’installation des missiles et des radars.  Mais, en juin, le secrétaire général de l’OTAN Rasmussen a rejeté la proposition, sous prétexte que la question peur être résolue par une « plus grande confiance » et non pas avec des « formules légales compliquées qui rendraient difficile le consensus et la ratification entre les 28 pays membres de l’OTAN et la Russie ». Immédiatement après les USA ont envoyé en Mer Noire le croiseur Monterrey, doté d’un système Aegis anti-missiles, et la Russie a protesté. En septembre, la Turquie a annoncé vouloir installer, sur son propre territoire et d’ici la fin de l’année, un des radars du « bouclier » étasunien ; et la Russie a de nouveau demandé des garanties à cet égard. En octobre, les Etats-Unis ont stipulé un accord avec l’Espagne, qui leur permet d’utiliser la base de Rota pour faire stationner en permanence en Méditerranée et dans l’Atlantique orientale des navires de guerre dotés du système Aegis anti-missiles.

  En même temps, les USA ont annoncé que des radars anti-missiles seront installés en Europe méridionale (à coup sûr aussi en Italie), pour « protéger tout le territoire de l’OTAN », et que les missiles Sm-3, seront ensuite remplacés par des missiles en mesure d’intercepter non seulement ceux à courte et moyenne portée, mais aussi les missiles balistiques intercontinentaux. L’objectif stratégique est évident : si les Etats-Unis arrivaient un jour à réaliser un « bouclier » anti-missiles fiable, ils seraient en mesure de lancer un first strike contre un pays doté lui aussi d’armes nucléaires, comme la Russie, confiants dans la capacité du « bouclier » de neutraliser les effets de représailles.

   Le « bouclier », que la Russie entend opposer avec « des méthodes adéquates et asymétriques », ne servira donc pas à garantir une « Europe plus sûre ». Du tac au tac, il sera utilisé par Washington pour créer de nouvelles tensions, et justifier un renforcement ultérieur de sa présence militaire en Europe. Afin d’attacher toujours plus les pays de l’Europe orientale à la remorque des USA et de maintenir leur leadership sur ceux de l’Europe occidentale. 

Edition de samedi 26 novembre 2011 de il manifesto
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio 

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27918

Voir aussi, 25 novembre :
Missiles : Rasmussen « très déçu » par la réaction de Moscou

Manlio Dinucci - Tommaso Di Francesco 

Samedi 26 novembre 2011

http://www.voltairenet.org/Missiles-Rasmussen-tres-decu-par

 

Une nouvelle guerre au Proche-Orient?

2-2 H.W. Gabriel : Un génocide pour compenser des dettes souveraines?

hd. Le texte ci-dessous examine à la loupe avec objectivité et précision la situation actuelle et ses dangers. Il est inadmissible que tous les pays européens associent l’OTAN à la guerre contre l’Iran en préparation aux Etats-Unis et en Israël. Les pays démocratiques, avec leurs pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire ont le droit de prendre eux-mêmes leurs décisions existentielles. La politique d’alliance d’avant la Première Guerre mondiale a entraîné un pays après l’autre dans la catastrophe: répéter cela serait criminel. Les Etats-Unis ont suffisamment à faire chez eux. C’est là qu’ils doivent prouver qu’ils sont capables de démocratie et qu’ils peuvent apporter leur contribution à la construction de l’avenir.

Le contexte

Ce n’est un secret pour personne que les guerres de Corée, du Vietnam, d’Irak, du Liban, d’Afghanistan et de Libye ont été financées à crédit. Au moyen âge déjà les Fugger prêtaient de l’argent à l’Empereur pour financer ses guerres.

La crise des dettes et des monnaies dans les zones dollar et euro

Aujourd’hui, faute de victoires rentables et en raison de la récession, il est impossible de rembourser les dettes et d’en payer les intérêts.
Pour différer l’effondrement des «monnaies de guerre» – un peu après 2013 – on commence par traire la vache à lait qu’est la zone euro (puis ce sera le tour de la Suisse). Cette zone euro est considérée comme une vassale contrainte de payer un tribut. Comme cette mesure, en cas d’effondrement de l’euro, ne permettra pas de mettre la main sur l’économie européenne, les dettes de guerre subsisteront.
L’abandon de l’euro contraindra l’Europe à adopter la monnaie des Etats-Unis et à participer à leur jeux guerriers avec une OTAN soumise au dollar dans laquelle les Européens seraient réduits au rôle de chair à canon incapable de se défendre. Le recours à l’OTAN sur ordre des possesseurs des banques centrales est un cauchemar.
On n’a pas encore expliqué aux populations avec quelle dureté et quelle énergie criminelle on mène la guerre des monnaies (euro contre dollar et livre anglaise). Elles seraient étonnées de voir comment les alliés et les amis se comportent entre eux.

Montée en puissance politique et économique des pays BRICS

L’association encore assez lâche des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) devrait évoluer vers une union monétaire indépendante du dollar. Les Etats endettés vont prendre toutes sortes de mesures pour éviter au dollar de perdre son statut de monnaie de réserve. La première sera sans doute de chercher à couper la Chine et l’Inde de leurs fournisseurs de matières premières, notamment l’Iran.

Affaiblissement de la puissance occidentale en raison de la prolifération nucléaire

Pourquoi le nombre des pays disposant de l’arme nucléaire a-t-il augmenté? D’après le Traité de non-prolifération nucléaire, seuls 5 pays ont le droit de posséder l’arme nucléaire: les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne et la France. Or Israël, l’Afrique du Sud, l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord la possèdent également.
En outre, quelque 15 autres pays seraient capables de fabriquer rapidement des armes nucléaires. Il s’agirait d’une solution politique valable et difficilement attaquable (one week to the bomb).
Comment en est-on arrivé à cette dégradation de la situation? Voici quelques explications:
a)    Le volume des matériaux nécessaires à la production des armes nucléaires s’est réduit et leur contrôle est devenu plus difficile.
b)    L’AIEA ne contrôle strictement que les Etats qui ne sont pas protégés par l’Occident. Il a délibérément fermé les yeux en ce qui concerne Israël et l’Afrique du Sud.
c)    Le Traité de non-prolifération nucléaire n’a pas été respecté par les puissances nucléaires. Elles n’ont pas désarmé et vont même jusqu’à menacer les Etats non nucléaires d’utiliser des armes nucléaires à leur encontre.
–    Le croisé Bush a même réussi l’exploit, en 2002, de menacer ses «Etats voyous», notamment la Corée du Nord, la Syrie, le Liban et l’Iran, de les attaquer avec des armes nucléaires miniaturisées et il a justifié la guerre contre l’Irak à l’aide du mensonge concernant l’existence «prouvée» d’armes de destruction massive.
–    Le même Bush a menacé la Suisse de lui envoyer un missile de croisière si elle ne se comportait pas comme il l’entendait.
–    En 2002, des politiques israéliens ont déclaré en toute amitié que si l’on ne soutenait pas Israël, celui-ci pourrait envoyer des missiles également sur des villes européennes.
–    En 2006, l’Etat hébreu a attaqué le Liban sous prétexte de libérer un unique soldat prisonnier. Il est absolument certain que lors des bombardements massifs on a utilisé des mini-bombes nucléaires anti-bunkers (preuves: les dimensions, les lignes spectrales et du béryllium 7). Cette attaque, prévue depuis longtemps, était destinée à tester l’efficacité de ces armes et la capacité de résistance des chiites. Mais la guerre n’était pas uniquement dirigée contre la population chiite, mais contre la population tout entière, également contre les chrétiens.
    Parmi les 1600 morts se trouvaient, semble-t-il, plus de 20 citoyens allemands.
    Israël a perdu la face devant une milice qui défendait son pays avec motivation.
–    Comme on a pu le lire dans la presse, il est prévu de livrer aux Etats sunnites du Golfe un grand nombre de mini-bombes anti-bunker. Honni soit qui mal y pense.
Dans une telle situation, il n’est pas étonnant que les Etats menacés cherchent à rétablir l’équilibre en matière d’armement.
La prolifération nucléaire résulte du fait que des politiques imbéciles et mégalomaniaques menacent d’utiliser l’arme nucléaire. Dans l’intérêt de la communauté internationale, on devrait les priver de ces armes de destruction massive. En particulier depuis qu’ils ont exprimé leurs fantasmes contraires au droit international et à l’éthique en disant: «Si quelqu’un a l’intention de te tuer, tue-le le premier.»

Montée en puissance

des forces religieuses fondamentalistes
Les musulmans d’Allemagne sont persuadés que l’islam finira par être victorieux en Europe parce que les chrétiens ne sont plus pratiquants et se contentent du baptême religieux. La «radicalisation» des religions se manifeste de la manière suivante:
–    Les groupes sunnites d’Arabie saoudite sont responsables de presque tous les attentats terroristes. Ils préparent l’anéantissement des chiites, c’est-à-dire de l’Iran. Al-Qaida s’est développé librement en Arabie saoudite, pays particulièrement protégé par les Etats-Unis.
–    Aux Etats-Unis, le développement des religions et des sectes a créé d’énormes centres de pouvoir clandestins. Or on n’a guère parlé jusqu’ici de leur influence.
–    Les juifs orthodoxes ont assassiné leur propre président Rabin en 1995, les musulmans orthodoxes leur président Sadate et les musulmans pakistanais leur candidate à la présidence Bhutto.
–    La fondation de l’«Etat théocratique chiite d’Iran» en 1979 a renforcé la confiance en eux de tous les groupes islamistes, réduit l’influence économique et renforcé les mouvements de libération de tout le Proche-Orient.
    En 1980, l’Occident chrétien a poussé son allié sunnite Saddam Hussein à attaquer l’Iran pour le faire exécuter par la suite après son échec.
–    La politique israélienne est essentiellement déterminée par de petits partis orthodoxes qui souhaitent également établir une théocratie et un Grand-Israël.
–    Les groupes dont on bénit les armes, qui considèrent qu’ils appartiennent à un peuple élu, à une race de seigneurs, qui se croient des guerriers de Dieu, sont toujours enclins à mépriser les intérêts d’autrui, à pratiquer la violence, notamment les attentats-suicides.

Manipulation des mouvements de libération musulmans pour préparer des guerres économiques et religieuses

En particulier dans le monde arabe, les mouvements de libération se développent contre les despotes et les influences postcoloniales.
Comme dans l’islam le Coran sert de ligne de conduite de vie, une démocratie indépendante de la religion a peu de chance de se développer.
Le slogan «Nous vous apportons la démocratie» n’est qu’une justification des guerres économiques et de la déstabilisation intérieure. En voici quelques exemples:
a)    Après les élections présidentielles iraniennes de 2009, la presse mondiale a prétendu qu’il y avait eu des «fraudes électorales», que ce n’était pas Ahmadinejad qui était vainqueur mais son adversaire Mousavi. Le porte-parole pour l’étranger de Mousavi, le dénommé Mohsem Makhmalbat en aurait fourni les preuves. Or Mousavi a dû reconnaître qu’il n’avait pas de porte-parole. La presse n’a pas cessé de participer à la déstabilisation: elle continue de nourrir des clichés négatifs alors qu’elle ignore l’origine des personnes et des influences.
b)    En 2005, la Syrie a été accusée d’avoir assassiné Hariri. C’est ce qu’affirmait un procureur allemand sur la base d’informations des Services secrets. Or deux ans après, il s’avéra que ses sources étaient des faux. L’assassinat de Hariri est le résultat d’une attaque aérienne, comme bien d’autres assassinats. Actuellement, déstabilise-t-on la Syrie pour éliminer un allié de l’Iran?
c)    Au Koweït, les députés au Parlement ont reçu 350 millions de dollars de pots-de-vin. Un mouvement de protestation occupe le Parlement. L’Emir et le Premier ministre criminalisent l’opposition et protègent les parlementaires corrompus.

Options de l’Occident pour conserver son pouvoir économique et militaire

La meilleure option de l’Occident serait une politique fondée sur le christianisme et la Révolution française. Or, étant donné les structures de pouvoir actuelles, elle a peu de chance de se réaliser. Avec la mentalité intacte de cow-boy, c’est l’option militaire qui domine.
Malheureusement, il faut partir de l’hypothèse qu’une attaque ponctuelle des installations nucléaires iraniennes va entraîner une guerre s’étendant à tout le Proche-Orient et dégénérant en guerre mondiale. On ne peut mettre un coup d’arrêt à cette évolution que si l’on parvient à exposer les vrais motifs d’une guerre: il n’y a pas de menace existentielle réelle; la guerre ne sert qu’à permettre à des oligarchies et à leur système financier de se maintenir.
Si tant est que l’on a imposé à nos démocraties un système financier oligarchique reposant sur le fonctionnement de la planche à billet, l’escroquerie, les intérêts usuraires et le financement caché des guerres, on peut l’éliminer pour des raisons aussi bien juridiques qu’éthiques. Cette option est plus humaine qu’une guerre mondiale ayant recours à des armes classiques, biologiques et nucléaires.

Aspects d’une guerre contre l’Iran.

Pour justifier une attaque contre l’Iran, on invoque le rapport de l’AIEA (dirigé par le Japonais Amano) qui contient des allusions à d’anciens programmes d’armes nucléaires de l’Iran. Ici aussi des informations non vérifiables des Services secrets jouent un rôle essentiel.
Ce sont précisément d’anciens utilisateurs des installations pétrolières de l’Iran (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Pays-Bas) qui menacent l’Iran de guerre.
Quatre puissances nucléaires (si l’on compte Israël qui a développé l’arme nucléaire en secret) menacent un pays libre supposé posséder l’arme nucléaire.
Ces quatre pays membres de l’OTAN pourraient entraîner dans l’abîme toute l’Alliance atlantique en invoquant la clause de défense mutuelle.
Considérons objectivement les chances de réussite d’une attaque:

Adversaires en présence

Sont favorables à l’attaque:
officiellement: Les Etats-Unis,
la Grande-Bretagne, Israël, les Pays-Bas
officieusement: L’Arabie saoudite, les Emirats

Sont opposés:

Officiellement: l’Iran, la Syrie,
le Liban-Hezbollah, l’Irak
Officieusement: Gaza, l’Egypte, la Chine, la Russie

Ouverture des hostilités

Ce sont des réflexions tactiques et d’éventuelles feintes qui détermineront qui ouvre les hostilités. On peut supposer qu’on aura affaire à une guerre de missiles entre Israël/Etats-Unis et l’Iran.

Israël:

Superficie: 20000 km2
Population: 4,4 millions, dont 82% de juifs
210 habitants/km2

Iran:

Superficie: 1648000 km2 (80 fois plus qu’Israël!)
Population: 56 millions (14 fois plus
qu’Israël!)
33 habitants/km2

Distances/Délais de préalerte pour les missiles

Israël-Iran ou Iran-Israël (1300km): 0,5–2 heures
Sous-marin israélien ayant pénétré dans
le golfe Persique: 10 minutes
Syrie/Liban-Israël (10–200
km): 5–20 minutes

Installations nucléaires connues

Iran: 8
Israël: 16 (une liste a été publiée qui indique les sites avec précision)

Les armes et leurs effets

(hypothèses reposant sur des éléments réels)
Dans un premier temps, il ne faut pas s’attendre à une guerre au sol.
On suppose que les deux adversaires utiliseront des armes nucléaires tactiques.
Ils disposent tous les deux de systèmes porteurs.
Les systèmes porteurs israéliens ont une électronique d’excellente qualité, mais ne pourraient pas toujours résister aux impulsions électromagnétiques (IEM).
On peut considérer les systèmes anti-missiles comme en grande partie inutiles.
Depuis les années 1960, Israël possède des armes nucléaires stratégiques et tactiques. Les chiffres avancés oscillent entre 200 et 500. En outre, il possède une grande quantité de mini-bombes nucléaires anti-bunkers.
Les systèmes porteurs (missiles) iraniens devraient pour la plupart fonctionner sans commande vulnérable aux IEM: ils sont moins vulnérables mais moins précis.
Selon toute vraisemblance, l’Iran ne possédait pas d’armes nucléaires avant 2002. Mais un Etat menacé de 56 millions d’habitants et possédant 22 universités est en mesure de fabriquer des bombes nucléaires dans un délai de 3 à 6 ans. Il n’a pas besoin pour cela (comme on nous le fait croire) d’usines d’enrichissement d’uranium de grande taille.
Pour affirmer cela, nous nous fondons notamment sur ce qui s’est passé au Pakistan, en Irak et dans une douzaine de pays nucléaires émergents.
Ceux qui ne veulent pas reconnaître ces faits cherchent à faire croire à l’opinion que nous vivons dans un monde où tout va bien et à lui cacher l’échec des instances de contrôle.
Les études préparatoires concernant l’Irak (dans la mesure où les données et les documents à ce sujet ont continué à être remis après 2002) permettent d’estimer quelles armes nucléaires ont été utilisées et combien peuvent être assemblées dans un bref délai. Leur nombre dépend des besoins de la défense et leurs spécifications de la technologie utilisée (très probablement la fusion par confinement inertiel /FCI).
Les armes nucléaires tactiques ont une puissance explosive de moins de 5000 tonnes de TNT (1/3 de la bombe d’Hiroshima) mais, selon une définition incompréhensible de l’ONU et de l’AIEA, ne sont pas considérées comme des armes de destruction massive.
Les mini-bombes nucléaires d’environ 0,1 t de TNT – qui, en ce qui concerne leurs effets, ne peuvent guère être considérées comme des armes nucléaires – suffisent pour faire sauter des bunkers.
Même le Pakistan, comme beaucoup d’autres Etats, a été capable de fabriquer des mini-bombes nucléaires grâce à la technologie de la FCI.
Si l’on utilise, pour attaquer un centre nucléaire, outre un grand nombre de mini-bombes anti-bunkers, une bombe tactique de 4 kt de TNT, mise à feu à une altitude de 500 m, on détruit chaque fois toute vie humaine ainsi que les communications sur une superficie de 50 à 100 km2.
Pour l’Iran, cela représente jusqu’à 26
000 morts et personnes vouées à la mort et pour Israël 330000.
Si l’on prend pour base non pas la densité moyenne de population mais celle des centres urbains, le nombre des victimes – pour la plupart civiles – tuées augmente d’un facteur 1,5 à 3.
Une extension de la guerre aurait pour but d’anéantir les populations chiites d’Iran et d’Irak. Alors des millions de musulmans s’attaqueraient aux «chrétiens» du Proche-Orient et d’ailleurs.
On devrait moins songer à une extension de la guerre qu’aux moyens d’éviter la guerre.

Remontons le cours de l’histoire

En 538 av. J.-C., le roi de Perse Cyrus II permit aux juifs de rentrer chez eux après leur captivité à Babylone et de reconstruire le Temple de Jérusalem. Il reconnut la Thora comme loi d’Etat.
En 70 apr. J.-C., des juifs rebelles se réfugièrent, au mépris de la règle religieuse, dans le Temple qui fut incendié (contre la volonté du général romain Titus). La phrase suivante de ce dernier nous est parvenue: «Les juifs ne savent pas quand ils ont perdu une guerre.»
En 73, les derniers rebelles commencèrent à se suicider à Massada après avoir tué leurs femmes et leurs enfants. Le serment «Plus jamais Massada ne tombera!» peut être interprété de diverses manières.

Devoirs des Européens

La situation économique et sécuritaire exige des décideurs politiques européens un changement de cap afin de satisfaire aux intérêts de leurs populations.
Une première mesure devrait être d’unir les forces européennes comme cela s’est produit de manière exemplaire au Grütli.
Il faudrait examiner objectivement les problèmes posés par les anciennes alliances et amitiés et décider de nouvelles alliances.
300 millions d’Européens ne doivent pas se laisser asservir par des potentats étrangers. Ils doivent

renforcer considérablement leur capacité de défense.  

H.W. Gabriel,

ingénieur  •

http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=3024Syrie



2-3 Dossier - Russie

 

RIA Novosti : Moscou dénonce le soutien US à certaines forces politiques russes.

Commentant la remarque critique de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton sur les récentes élections législatives en Russie, le président de la commission des affaires internationales de la Douma, Konstantin Kossatchev, a mis en garde Washington contre un soutien direct à certaines forces politiques russes.

Lors de la réunion des chefs de diplomatie de l'OSCE, tenue le 6 décembre à Vilnius, Mme Clinton a déclaré que ces élections n'étaient "ni libres ni justes".

"Inutile de dire que cette déclaration ne contribue pas à améliorer l'ambiance dans nos relations", a affirmé M. Kossatchev. 

"Si la partie américaine tente de soutenir directement ceux que Mme Clinton qualifie de «démocrates», notre réaction sera forte et conséquente", a-t-il affirmé, ajoutant que les élections législatives constituaient une affaire intérieure de la Russie.

"Seuls les avis des observateurs invités conformément aux engagements internationaux de Moscou sont légitimes pour notre pays", a souligné le député.

Après avoir rappelé que les missions d'observation avaient déjà publié leurs conclusions préliminaires, il a indiqué que la déclaration de la secrétaire d'Etat américaine avait visiblement pour but d'inviter les observateurs à "émettre définitivement un avis défavorable".

 

Les missions d'observation européennes ont en effet constaté lundi des cas de fraude, dont l'introduction de bulletins fictifs dans les urnes de certains bureaux de vote et des comportements visant à entraver l'activité des observateurs.

Dans le même temps, elles ont fortement apprécié le déroulement du scrutin, soulignant que leurs remarques revêtaient un caractère principalement technique. Ainsi, d'après l'observateur polonais et directeur du Centre européen d'analyse géopolitique, Mateusz Piskorski, les irrégularités constatées n'ont pas pu influer sur les résultats des élections.

RIA Novosti
6/12

 

Washington pris à contre-pied par le «printemps russe»
La secrétaire d'État Hillary Clinton est montée au créneau, dénonçant «le bourrage des urnes» et la «manipulation des listes de votants».
Obama ne s'est toujours pas exprimé sur les protestations populaires qui s'étendent à travers la Russie, perçant peu à peu la glace de l'autoritarisme poutinien. Très à l'aise dans ce rôle, la secrétaire d'État Hillary Clinton est montée au créneau, dénonçant haut et clair «le bourrage des urnes», «la manipulation des listes de votants», et rappelant le droit des électeurs à «des élections honnêtes, libres et transparentes». Elle a suscité la fureur de Poutine, qui, fidèle à la tradition soviétique bien établie de recherche d'un ennemi imaginaire extérieur, accuse l'Amérique d'être la cinquième colonne organisant le mécontentement.

Barack Obama va avoir du mal à ne pas surenchérir, même si cela doit se traduire par une remise en cause de la politique du reset, (le «redémarrage») de la relation russo-américaine, sous son Administration. L'équipe du président n'a cessé de présenter, avec un optimisme exagéré, le dossier russe, comme un «succès majeur». Dès son arrivée, Obama avait décidé de mettre fin à la stratégie active de soutien à la démocratisation de l'ancien espace soviétique de son prédécesseur pour renouer le dialogue avec Moscou. La realpolitik primait désormais sur «les valeurs». Cette approche avait porté quelques fruits, permettant notamment d'ouvrir le passage des équipements américains vers l'Afghanistan à travers la Russie. Le reset avait surtout débouché sur la signature, l'an dernier, d'un nouveau traité de réduction des armements stratégiques. Mais au fur et à mesure, le caractère naïf et de très court terme du «rapprochement» est apparu au grand jour.  

Les candidats républicains sont muets
La Russie n'a rien cédé ou presque sur l'Iran, ni sur la Syrie. Surtout, elle a maintenu sa rhétorique antiaméricaine primaire pour en tirer des gains intérieurs. Récemment, le président Medvedev, présenté à Washington comme l'interlocuteur idéal, menaçait de braquer des missiles installés à Kaliningrad sur les éléments du bouclier antimissile américain en Europe. Puis il est apparu que Medvedev allait perdre son poste au profit de Poutine, révélant le caractère dérisoire des «liens personnels« tissés par Washington avec un président sans vrais pouvoirs. Cela faisait beaucoup de déconvenues. Mais avec le retour du peuple dans l'équation politique, le reset, bien ébranlé, devient caduc.

Le président doit montrer que «Washington observera la conduite de la présidentielle russe de mars«, en conclut David Kramer, président de l'ONG Freedom House. «Il doit dissiper le mythe selon lequel les États-Unis resteront silencieux simplement pour préserver des relations amicales», insiste-t-il, appelant Obama à ne pas répéter la timidité prudente qui lui a tant été reprochée pendant la révolution populaire iranienne de 2009. «La combinaison de stagnation politique et de corruption croissante sous Poutine est vouée à la crise (comme au Moyen-Orient)», diagnostique Kramer. Fervent critique du reset, le sénateur républicain McCain lui fait écho: «Le printemps russe arrive», a-t-il tweetté. Curieusement, pour l'instant, les candidats républicains restent aussi muets qu'Obama sur le sujet.

Figaro,

12/12 

http://www.lefigaro.fr/international/2011/12/12/01003-20111212ARTFIG00548-washington-pris-a-contre-pied-par-le-printemps-russe.php



Le Parlement européen réclame de nouvelles élections en Russie.

 Le Parlement européen a adopté mercredi à Strasbourg une résolution dans laquelle il a demandé la tenue de nouvelles élections "libres et équitables" en Russie, en raison des "cas de fraude" constatés au cours du scrutin législatif du 4 décembre dernier.

Dans une résolution non législative, le Parlement européen exige l'ouverture immédiate d'une enquête complète sur les cas de fraude et d'intimidation signalés lors des élections législatives en Russie.

Pour les eurodéputés, "le déroulement des élections a montré que la Russie ne respectait pas les normes électorales de l'OSCE ( Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe)".

La résolution du Parlement européen demande que "de nouvelles élections libres et régulières soient organisées après l'enregistrement de tous les partis d'opposition".

En outre, elle demande au président du Conseil européen, au président de la Commission européen et à la Haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères de "soulever la question des élections au sommet UE-Russie", prévu le 15 décembre à Bruxelles. 

15-12

Xinhua,


Législatives: la Russie indignée par la résolution du Parlement européen.
Le Conseil de la Chambre publique de la Russie s'est dit surpris par la résolution du Parlement européen qualifiant les législatives du 4 décembre en Russie d'illégitimes, et estime qu'elle constitue une ingérence révoltante dans les affaires intérieures du pays, annonce jeudi un communiqué du Conseil dont RIA Novosti a obtenu copie.

"Cette résolution constitue un acte révoltant d'ingérence dans les affaires intérieures de la Fédération de Russie, ainsi qu'une tentative de déstabiliser la situation politique et sociale dans notre pays, qui a été entreprise sans avoir pris connaissance des faits réels", indique le communiqué.

Selon les membres du Conseil, cette résolution frise la provocation,  "puisque les parlementaires européens étaient parfaitement capables de s'attendre à une réaction de la société russe face à une pareille action, insultante pour tout Etat souverain".

Mercredi, le Parlement européen a demandé à la Russie d'organiser de nouvelles élections législatives "libres et régulières" après les irrégularités et les fraudes constatées le 4 décembre.

Les députés européens ont  rappellé les conclusions préliminaires de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), "faisant état de violations des procédures, de manque d'impartialité des médias, de harcèlement des observateurs indépendants et de non séparation entre le parti (majoritaire) et l'Etat".

RIA Novosti

MOSCOU, 15 décembre –

http://fr.rian.ru/world/20111215/192721850.html


Elections en Russie: Clinton soutient les droits du peuple russe.

BRUXELLES - La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a déclaré jeudi que les Etats-Unis soutenaient les droits du peuple russe et ses espoirs pour un avenir meilleur, à la suite des élections législatives dont les résultats sont contestés.

Nous avons exprimé nos préoccupations, que nous estimions fondées, sur la conduite des élections. Et nous soutenons les droits et les aspirations du peuple russe à réaliser des progrès et à espérer un avenir meilleur, a indiqué Mme Clinton au cours d'une conférence de presse au siège de l'Otan à Bruxelles.

La chef de la diplomatie américaine était interrogée sur les déclarations du Premier ministre russe Vladimir Poutine, qui a accusé jeudi les Etats-Unis d'avoir fomenté la contestation contre les législatives.

 [...] 

Pour savoir ce qu'est exactement la National Endowment for Democracy, voir La NED, vitrine légale de la CIA http://www.voltairenet.org/La-NED-vitrine-legale-de-la-CIA

Depuis 30 ans, la National Endowment for Democracy (NED) sous-traite la partie légale des opérations illégales de la CIA. Sans éveiller de soupçons, elle a mis en place le plus vaste réseau de corruption du monde, achetant syndicats ouvriers et patronaux, partis politiques de gauche et de droite, pour qu’ils défendent les intérêts des Etats-Unis au lieu de ceux de leurs membres.

 AFP / 08 décembre 2011

cf aussi http://www.iefd.org/articles/trojan_horse.php (William Blum)


 

 

L'ONG Golos, chargée de surveiller les élections russes.
Perquisitions, intimidations, révélations douteuses : l'ONG Golos, active dans l'observation du processus électoral en Russie, est dans le collimateur des autorités. "On nous a déclaré la guerre", affirme Grigori Melkoniants, son directeur adjoint. Tout a commencé le 27 novembre, au congrès de Russie Unie quand Vladimir Poutine a " accepté " d'être le candidat du parti à la présidentielle de 2012. 
L'ancien sous-officier du KGB (services de sécurité soviétiques) s'est lancé dans sa diatribe favorite contre les "bénéficiaires de subventions étrangères", qui reçoivent leurs "instructions de l'étranger " pour influencer le processus électoral en Russie. 

" C'était un signal envoyé à toutes les ONG qui reçoivent des fonds de l'étranger ", explique Olga Novossad, militante de longue date de Golos. Créée en 2000 pour assurer la tenue d'élections justes, Golos est en partie financée par la Commission européenne et par la Fondation américaine pour la démocratie (NED), un motif suffisant pour la désigner à la vindicte des autorités, persuadées que sa mission secrète est de fomenter une révolution.

 [...]
Au paroxysme du déchaînement contre Golos, la chaîne de télévision NTV, contrôlée par Iouri Kovaltchouk, un proche de Vladimir Poutine, a diffusé, vendredi 2 décembre, un film accusant l'ONG d'agir pour le compte des "services secrets étrangers ", ceux des Etats-Unis surtout. "Une bonne partie de ces ONG cherche à falsifier les élections " , a confirmé le député pro-Kremlin Sergueï Markov. Suivaient des images censées prouver que l'attaché culturel de l'ambassade de Suède à Moscou, "pays allié de l'Amérique ", recrute en tant qu'espions des étudiants russes, sous couvert de séminaires sur la démocratie.

5 Décembre 2011

Le Monde –

 


Poutine: Les Etats-Unis ne veulent pas d’alliés mais des "vassaux"

L'homme fort de la Russie, Vladimir Poutine, a estimé dans une séance de questions-réponses à la télévision que les Etats-Unis ne cherchaient pas à avoir des alliés sur la scène internationale mais des vassaux.
"Nous aimerions être alliés aux Etats-Unis, mais ce que je vois aujourd'hui (...) ce n'est pas une alliance, parfois, j'ai l'impression que l'Amérique ne veut pas d'alliés mais qu'elle veut des vassaux", a déclaré M. Poutine, un habitué des déclarations sévères à l'adresse des Etats-Unis.

"Les gens en ont marre du diktat d'un seul pays", a-t-il encore dit. 
Il a néanmoins assuré que la Russie "voulait et allait construire" de meilleures relations avec les Etats-Unis, où des "transformations" sont en cours et où la majorité de la population ne veut plus "jouer le rôle de policier du monde".Les responsables russes ont multiplié ces derniers temps les déclarations combatives à l'adresse des Etats-Unis, laissant entrevoir un coup de frein à la "relance" des relations négociée par le président Dmitri Medvedev et son homologue Barack Obama. 
Alors qu'il était président (2000-2008), M. Poutine entretenait des relations difficiles avec les Américains, en particulier avec le président d'alors, George W. Bush. 
L'homme fort de la Russie devrait faire son retour au Kremlin en 2012, après la présidentielle de mars.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=19&frid=19&eid=41606

 

La Russie a étonné l’Occident par son projet de résolution sur la Syrie.

Samedi 17 Décembre 2011

La Russie, opposé à des sanctions ou à une intervention armée en Syrie, a proposé un projet de résolution au Conseil de Sécurité de l'ONU. Elle condamne les violences et appelle à une solution diplomatique au conflit.

Les discussions au Conseil de Sécurité de l’ONU sur la confrontation entre les autorités syriennes et l’opposition pourraient reprendre grâce à la Russie.

Moscou a proposé un projet de résolution, indiquant la nécessité d’arrêter l’effusion de sang. Les pays occidentaux ont reconnu que le nouveau projet pouvait devenir une base pour de travail pour le Conseil de Sécurité.

Le conflit armé entre le pouvoir syrien et l'opposition dure depuis presque un an (dix mois exactemement). D'après les organisations humanitaires, les affrontements ont coûté la vie à au moins 5.000 personnes.

Rétablir la paix diplomatiquement

De vifs débats animent l’ONU sur la façon de réagir aux événements en Syrie. Les pays occidentaux veulent de fortes sanctions contre le régime de Bachar Al-Assad et n’excluent pas un règlement musclé du problème, à l’instar du scénario libyen. L’Union Européenne et les Etats-Unis ont déjà imposé des sanctions unilatérales à Damas.

La Russie quant à elle appelle à rétablir la paix par des moyens diplomatiques et politiques. Ces points de vue antagonistes entraient en systématiquement en conflit au Conseil de Sécurité de l'ONU. Les Etats-Unis et les européens faisaient leurs propositions, et la Russie et la Chine opposaient leurs vétos.

Et tout à coup, Moscou a proposé un document pour arriver à un compromis, condamnant à la fois les actions des autorités syriennes et des opposants. Le document appelle les deux parties à renoncer à la violence. La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a déclaré être prête à discuter le projet russe.

Eviter le scénario libyen

«A présent la situation en Syrie risque réellement d'entraîner la répétition du scénario libyen. La montée des tensions ne laisse pas d’autres issues aux autorités syriennes que d’être entraînées dans une confrontation armée contre une coalition de pays occidentaux. Moscou le comprend parfaitement et cherche à présent à prévenir une dégradation de la situation. Il ne faut pas oublier qu’il est advenu quand Moscou a accepté de soutenir les résolutions occidentales sur la Libye, les autorités de Russie ont une position indépendante et pondérée», commente Vladimir Sotnikov, spécialiste de la sécurité internationale. 

Le projet russe de résolution ne fait pas mention de sanctions. Le représentant de la Russie à l’ONU, Vitaly Tchourkine, a réaffirmé que Moscou considère les sanctions comme infructueuses.

Samedi 17 Décembre 2011

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Léon Camus : Qui veut la peau de Vladimir Poutine ?

La colère virtuelle gronde sur la Toile et déborde sur la rue moscovite pour dénoncer Poutine le ripou et les fraudes électorales qui frapperaient de nullité les dernières élections législatives russes. Mais que cherchent les agitateurs télématiques et les provocateurs de la voie publique ? Un changement de régime en Russie ? Bloquer la réélection de Poutine à la présidence en mars prochain ? Dissuader Moscou de persévérer à soutenir le Baas syrien et d’envoyer sa flotte de guerre en Méditerranée orientale ? Ou encore de continuer à participer au programme nucléaire iranien ? Ou bien tout cela ensemble ? N’empêche, l’escalade des défis, et de menaces tous azimuts devient de jour en jour plus manifeste au risque - peut-être – de nous conduire vers un conflit généralisé… Car sans être outrancièrement alarmiste, et moins encore catastrophiste, il est à l’heure actuelle difficile d’ignorer que sur le tableau de bord mondial tous les voyants, les uns après les autres, passent au rouge. Encore qu’il faille se montrer prudent, car les fauteurs de guerre – les vrais – s’entendent à brouiller les pistes, à jeter de l’huile sur le feu, à souffler le chaud puis le froid et attiser les peurs… ce faisant, parfois même sous couvert de dénonciation des périls, à préparer les esprits au pire mais en inversant habilement causes et effets… c’est-à-dire en imputant leurs propres intentions criminelles à des tiers qui n’en peuvent mais !


Oceania contre Eastasia… comme dans le roman éponyme « 1984 » ?
Sommes-nous entrés définitivement dans le monde de George Orwell avec la perspective d’une confrontation tous azimuts entre un bloc euratlantique et un bloc continental eurasiatique ? L’actuelle montée des périls à laquelle nous assistons impuissants nous conduira-t-elle inéluctablement à un conflit potentiellement mondial ? Ou bien tout cela n’est-il qu’une prodigieuse partie de bluff, une guerre par l’imaginaire des foules interposé grâce aux formidables capacités de manipulation mentale qu’ont engendrées la science et l’art publicitaire… aujourd’hui démultipliés par la télématique avec ses réseaux sociaux vecteurs de vents de rumeurs continentaux, de paniques et d’élans passionnels collectifs se propageant à la vitesse de la lumière ?

Les provocations militaires et diplomatiques de l’Administration Obama contre la Russie et la Chine – parce que c’est de cela dont il s’agit - entrent certainement dans ce cadre, tout comme les déclarations inouïes de Mme Clinton s’ingérant brutalement dans les affaires russes 1 … en conduisant derechef, avec un infernal toupet, une inédite diplomatie du trompe l’œil et de ce que les anglo-saxons nomment le deception game… tromperie et désinformation en temps réel puisqu’à l’âge virtuel, la réalité est condamnée à s’effacer devant la perception subjective des événements et leur cortège d’émotions, de colère et d’erreurs que véhiculent mots et images calibrés à la mesure des tirs de barrage médiatiques !

Moscou face à une tentative de « révolution d’automne »
Dimanche 4 décembre, Russie Unie, le parti des compères Medvedev et Poutine, arrive en tête des élections législatives avec 49,3% des voix, soit 238 sièges sur les 450 que compte la chambre basse, la Douma, subissant néanmoins un recul de 77 sièges 2. L’agitation commence le lendemain lorsque 3000 militants du mouvement libéral Solidarnost sous la conduite d’Ilya Yashin et du militant anti-corruption Alexei Navalny 3, rameutés grâce aux réseaux sociaux Twitter et Facebook, se rassemblent devant la Commission électorale pour exiger une « Russie sans Poutine »… Là, 300 manifestants parmi lesquels Yashin et Navalny sont arrêtés par les forces de l’ordre. Pour l’anecdote les images de ce rassemblement diffusées peu après par la chaîne américaine Fox News 4 et reprises par France 24, n’étaient celles de manifestants moscovites… mais athéniens ! Seule la première impression étant la bonne et aucun correctif adéquat n’ayant été publié, ce sont des images d’émeutes que les opinions occidentales garderont en mémoire ainsi que toute la charge négative envers Poutine qui les accompagne !

Embrayant aussitôt sur ce qui apparaissait à travers la présentation qu’en faisait les médias comme l’amorce d’une révolte populaire spontanée, l’ancien président russe Mikhail Gorbatchev demandait l’annulation des élections, tandis que le ministre des Affaires étrangères britannique, William Hague - délaissant un instant la préparation d’une nouvelle guerre, cette fois contre la Syrie - cautionnait le rapport de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe dénonçant fort à propos des fraudes électorales, apparemment massives, lors du scrutin.

La révolution « FaceBook »
Alors qu’à Moscou ce lundi 12 décembre 80000 personnes – chiffre du Figaro - s’étaient réunies place des Marécages pour dénoncer les fraudes du 4 décembre, Russie unie, organisait de son côté une contre-manifestation au cœur de la capitale. Mais ici le quotidien français s’abstient de donner la moindre estimation ! Deux jours auparavant, la page Facebook « Manifestation pour des élections honnêtes » avait rassemblé virtuellement quelque 40 000 personnes. Un phénomène d’une ampleur inédite depuis le début des années 1990 – et la chute du système soviétique – pour l’opposition. Reste que les temps ont changé grâce essentiellement à ces réseaux sociaux qui font converger des foules promptes à dénoncer la « farce électorale » et à scander « Une Russie sans Poutine ». Cependant, comme l’explique l’Agence Ria Novosti « les fraudes n’ont peut-être pas été plus nombreuses, mais elles sont devenues plus visibles »… Internet aura donc joué un rôle décisif dans la perception du scrutin pour cristalliser un mécontentement jusque là diffus au sein de foules sans visage.


On peut à ce stade, s’interroger avec quelque naïveté pour savoir ce qui ou simplement qui se cache derrière des événements à l’envergure malgré tout peu imprévisibles ? En fait, point n’est besoin d’être grand clerc pour percevoir que l’opération vise d’abord à empêcher le retour de Vladimir Poutine à la présidence en mars 2012. Ce faisant, de bloquer tout maintien d’une politique de souveraineté et d’indépendance au profit d’une Vieille Russie intrinsèquement peu sensible aux charmes promis d’une gouvernance mondiale. Ajoutons que même si l’organisation de cette fronde anti-Poutine vient de loin, il est loisible de supposer que les prises de position récentes du gouvernement russe en faveur du statu quo en Syrie ne sont pas tout à fait étrangères à cette évidente tentative de déstabilisation intérieure 5 .

Naturellement le porte-parole de Vladimir Poutine, Dimitri Peskov, démentant toute fraude massive, a pris le contre-pied de la proposition formulée la veille par le président Dimitri Medvedev, lequel se disait favorable à une « vérification » des résultats électoraux 6 ! Peskov précisant que « même en admettant que les résultats puissent être contestés en justice, cela ne peut en aucun cas remettre en cause la légitimité du scrutin [car] les prétendus témoignages de fraude ne concernent à peu près que 0,5 % du nombre total de bulletins ».

À noter, parmi les voix qui s’élèvent pour dénoncer cette amorce de révolution de velours celle de l’écrivain et bloggeur - de gauche - Maxim Kalashnikov, sonneur de tocsin contre un mouvement séditieux soutenu par ceux-là même qui mettaient il y a deux décennies, la Russie en coupe réglée… ajoutant que ce serait folie de renverser le tandem Poutine-Medvedev pour installer à leur place des prédateurs internationalistes ! Et visiblement ses arguments font mouche en Russie où l’opposition libérale est singulièrement discréditée depuis le pillage de l’économie russe au cours des années Eltsine par des oligarques libéralistes triomphant, des mafieux reconvertis, des services publics à la dérive et corrompus en conséquence, une situation peu enviable encore dans toutes les mémoires.

Le quotidien international chinois Global Times dans un éditorial intitulé « L’ours ne danse pas aux mélodies occidentales » note à ce propos qu’en dépit d’une sensible baisse de suffrages au détriment de Russie Unie, les voix perdues n’ont malgré tout pas profité aux partis occidentalistes : « Les bulletins de vote sont désormais dans les poches des communistes et des libéraux démocrates ce qui ne reflète d’aucune manière un quelconque renforcement de l’idéologie pro-occidentale »… autrement dit, en faveur du renoncement à la souveraineté au profit de la financiarisation de la vie quotidienne et d’une mondialisation aussi dévorante qu’uniformisante !


Le jeu trouble de Gorbatchev, ex syndic de faillite de la Russie soviétique
Vendant la peau de l’ours avant de l’avoir tué, le Moscow Times, n’a pas hésité à écrire que cette élection serait « la dernière de Poutine ». Quant à lui, Mikhail Gorbatchev a carrément demandé l’annulation des élections, joignant sa voix à celle de Clinton, qui ne doute de rien, exigeant qu’« une enquête exhaustive » soit rondement menée.
Si au soir des élections, le 4 décembre, Gorbatchev fut le tout premier à réclamer l’annulation des élections, il avait déjà pris de l’avance en lançant en septembre 2010, une « initiative démocratique, non partisane » intitulée « Dialogue Civil » où l’on remarquait la participation d’Alexandre Lebedev, un proche de Nathaniel Rothschild, fils de Sir James de Rothschild, en Russie passé maître ès négoce des matières premières 7. En février dernier, Gorbatchev voyait rouge et en Russie Unie il distinguait une méchante réplique de l’ex Parti communiste soviétique, prophétisant « si les choses continuent ainsi, la probabilité d’un scénario de type égyptien s’accroîtra… À ceci près que le dénouement pourrait en être bien pire » !

Dmitri Rogozin, ambassadeur russe auprès de l’OTAN, dans un entretien d’août 2008 à Der Spiegel, dépeignait ainsi Gorbatchev : celui-ci « a fort bien compris les attentes des occidentaux, mais très mal celles de son propre pays au point d’avoir fait disparaître l’Union soviétique. À l’Ouest il est applaudi pour cela, mais en Russie, Gorbatchev ne peut pas sortir sans garde du corps sinon il se ferait taper dessus... Nous les Russes sommes définitivement allergiques à des hommes politiques comme lui ». D’ailleurs lorsque qu’en 1996 Gorbatchev se présenta aux élections présidentielles, il n’obtint qu’un score minable de 0,5%...

Le mensonge arme de destruction massive
Les campagnes de diffamation médiatique dirigées contre Poutine et contre une Russie où le gouvernement s’est risqué à éclaircir les rangs de la ménagerie oligarchique, ne datent pas d’hier. Tout est bon pour vilipender, ternir l’image des dirigeants, saper leur légitimité en les dénigrant systématiquement, ce qui est une façon lente mais certaine de conditionner les opinions publiques de l’ex Monde libre, préparant ainsi le terrain aux futures et actuelles entreprises de déstabilisation des régimes non totalement alignés sur Washington et la City. On le voit actuellement pour la Syrie qui a été l’objet d’une diabolisation sourdement renforcée tout au long de la dernière décennie, préparant et conditionnant peu à peu les opinions occidentales à accepter d’avance, et même à souhaiter, une intervention étrangère pour renverser un régime honni.
Or, ce que les médias nous cachent à propos de la contestation moscovite, est que la plupart des bruyantes oppositions de la rue est financé par des fondations d’Outre Atlantique telles Democratic Alternative, la Henry Jackson Foundation, le Moscow Helsinki Group avec « Statégie 31 », ou « Da »… Une longue liste d’acteurs - individus ou groupes - tous plus ou moins soutenus matériellement par la National Endowment for Democracy - Fondation américaine pour la démocratie NED - laquelle constitue au même titre que l’US-AID, mais seulement depuis trois décennies, l’une des vitrines grand public de la Central Intelligence Agency spécialisée dans la corruption des syndicats ouvriers et patronaux et du personnel politique, de droite comme de gauche, en faveur d’une défense prioritaire des intérêts américains 8. Un fil rouge reliant entre eux une majorité d’opposants - toujours désignés comme « indépendants » - composant la mosaïque de ces indignés qui à l’heure actuelle remplissent les rues des villes russes. Comme de bien entendu les médias de l’Ouest feignent de ne rien voir ni savoir !
Pourtant dès 2006, le Kremlin dénonçait la prolifération d’associations étrangères dont certaines étaient déjà soupçonnées d’œuvrer à la déstabilisation du régime sous couvert justement de la Fondation américaine pour la démocratie. Afin de prévenir toute tentative de révolution colorée, les pouvoirs publics mettaient alors en place un sévère encadrement des Organisations non gouvernementales d’origine exotique ! Réglementation évidemment dénoncée à l’Ouest comme une nouvelle agression contre la liberté d’association.
Ainsi Golos, seule organisation indépendante de Russie pour l’observation des élections, est financée par la NED, ce que l’on trouve noir sur blanc sur le site officiel de l’agence [NED.org] : « Regional Civic Organization in Defense of Democratic Rights and Liberties Golos »… laquelle a bénéficié d’une dotation de 65 000 $ aux seules fins d’observation du cycle des élections russe de l’automne 2011 et du printemps 2012, en incluant l’analyse de la presse, des mouvements politiques, des commissions électorales et l’application de la législation.
Le cahier des charges de Golos comprenant en outre un volet communication soit des conférences de presse locales et nationales, la publication de rapports, etc. Ce qui revient à dire que les organismes qui dénoncent avec tant de vigueur la « corruption » - hélas bien réelle - et « les fraudes électorales » 9 sont en première instance financés par la NED, ce qui est loin d’être neutre et présente un caractère accentué de conflit d’intérêt lorsque cela concerne Golos censé être l’arbitre impartial des scrutins russes, en réalité financé par un État étranger et penchant nettement en faveur de l’opposition !
Tout est bon pour discréditer la Russie de Poutine : sondages et phantasmes
Alexandre Latsa dénonçait le 13 juillet 2011 10 une série d’articles parue dans la presse occidentale (Le Figaro, Le Soir, La Tribune de Genève) désignant la Russie comme un pays sans avenir et désespérant pour sa jeunesse. Un sondage tombé à pic démontrait en effet « qu’un cinquième des Russes, 22% souhaiterait émigrer » et « qu’en trois ans, selon des données officielles, environ 1,2 million de personnes auraient déjà quitté la Russie ». Des chiffres accablants (Europe 1) montrant l’abîme séparant les déclarations fantaisistes du pouvoir et la vérité sociale d’un pays en pleine déshérence. Reste que les faits, têtus, n’ont rien à voir avec les obsessions ou les phantasmes idéologiques… car si 22% des sondés affirment vouloir émigrer, ils ne sont que 1% à préparer effectivement leur départ et ne sont que 2% à avoir pris la décision de partir… 69% par conséquent ne songe pas à quitter la Russie. Par comparaison, en 2006, 25% des jeunes britanniques souhaitaient émigrer ; 33% en décembre 2010. La même année, 30% des jeunes gens des pays membres de la ligue arabe souhaitaient eux aussi partir. En 2009, 20% des Chinois diplômés souhaitaient également voir d’autres cieux tout comme 20% des Bulgares en âge de travailler… Quant au nombre de Russes ayant définitivement émigré, le chiffre est de 105 544 depuis 2008 et non de 1,25 million ! Mauvaise foi et incompétence sont ici les deux mamelles d’une presse prompte à instruire des procès en sorcellerie et pour laquelle toutes informations même les plus controuvées, font ventre pourvu qu’elles noircissent le tableau d’une Russie patriotique et qui entend apparemment le rester.

Si la Russie le voulait elle pourrait rendre en Afghanistan aux Américains la monnaie de leur pièce
Washington avant de pousser plus avant le feu de la subversion télématique devrait considérer jusqu’où exactement ne pas aller trop loin. Parce que, sans monter aux extrêmes, Moscou dispose de multiples moyens d’embarrasser les É-U, à commencer en Afghanistan… Tant que le retrait de leurs troupes n’est pas effectif, tout comme celles de l’Otan, celles-ci restent vulnérables en cas de blocus russe ! Autrement dit, au cas où Moscou interdirait son espace aérien aux vols d’approvisionnements de l’Otan, ou le transit à travers son territoire 11 . Un argument de négociation que Moscou se réserve si aucun compromis n’intervient par exemple quant au bouclier anti-missile que les É-U entendent installer en Europe du Nord 12 …


Cela même alors que le Pakistan bloque sine die la Passe de Kyber interdisant le passage aux convois de ravitaillement des coalisés, suite à l’attaque du poste de Mohmand par des troupes de l’Otan… laquelle a fait 24 morts parmi les pakistanais, sans compter les spectaculaires attentats qui détruisent régulièrement les divers convois destinés à la coalition occidentale. Si donc le Pakistan fermait à son tour son espace aérien, ce serait alors pour l’Otan la fin des haricots : les coalisés de la Force de stabilisation auront des armes mais pas de munitions, ni de carburant pour faire fonctionner leurs installations lourdement énergivores (ex. 150 litres d’eau douce épurée par homme et par jour là où il en fallait 3 ou 4 aux forces françaises combattant le Vietminh). Les réserves de l’Isaf sont en principe de trois mois, mais dans l’hypothèse d’une grève du droit de passage nord et sud, le bourbier afghan pourrait rapidement se transformer en guêpier, à savoir une sorte de Dien Bien Phu logistique pour les 130 000 hommes de l’Isaf (48 nations dont 28 membres de l’Otan. Source Otan) qui s’y trouvent enfermées à l’instant présent !


Mais ici il s’agit pour l’heure de pures spéculations, même si le Lieutenant Général du cadre pakistanais de réserve, Hamid Gul n’hésite pas à envisager publiquement une concertation avec la Russie en vue d’établir un blocus logistique des forces occidentales en Afghanistan afin que « les troupes américaines et celles de l’Otan soient étranglées [car] le temps est venu pour le Pakistan de se trouver l’occasion manquée après les attentats du 11 Septembre de regagner respect et souveraineté ». Une occasion de réhabilitation en quelque sorte et d’affranchissement à l’égard du maître américain ? Or jusqu’ici ce genre de propos était – semble-t-il - rarement tenu à haute voix. Comme les temps changent !


Les prophètes de l’Apocalypse
Retour à Washington où nous inclinerons à accorder quelque crédit à la revue géopolitique EIR 13 qui aurait publié le 7 décembre 2011 le témoignage d’un ex amiral de l’US Navy [sans autre précision] selon lequel les militaires américains craignent fortement qu’Israël n’emploie l’arme nucléaire en seconde frappe après une première attaque conventionnelle « préventive » sur l’Iran, c’est-à-dire en cas de représailles iraniennes… Étrange cas de légitime défense n’est-ce pas ?


Toujours selon l’amiral Person, la région du golfe persique et l’Est méditerranéen seraient le déclencheur pour une guerre générale. Évoquant la présence en Syrie de commandos iraniens des Gardiens de la révolution, il n’exclut pas non plus une guerre civile entre Sunnites et Chiites d’Irak après le départ des troupes américaines. « Mais étant donné la folie israélienne, je vois l’Iran comme le problème le plus effrayant ». Rejoignant ce que nombre d’observateurs pensent de façon ouverte, s’étant rendu compte de la profonde sociopathie, assortie d’une extraordinaire aptitude à manipuler les opinions et à pratiquer une systématique distorsion du réel, dominante et parfaitement repérable chez certains chefs politiques et religieux israéliens ou de la diaspora.

Face à l’escalade des menaces internationales contre l’Iran, l’Ayatollah Khamenei vient aux dernières nouvelles, d’ordonner aux chefs des forces de sécurité de se mettre en état d’alerte. Selon le Daily Telegraph, le commandant des Gardiens de la révolution, le général Jaafari aurait fait redéployer les missiles longue portée Shahab sur des sites secrets le long des frontières afin de les préserver de toute neutralisation ennemie et de pouvoir déclencher immédiatement des représailles en cas d’attaque.

Dans une interview à la chaîne Russia Today, le général Leonid Ivashov (président de l’Académie russe de géopolitique) a pour sa part présenté la présence de navires de guerre russes en Méditerranée orientale et dans le port syrien de Tartous, comme un fait essentiellement « politique et pacifique étant donné qu’il n’est aucunement question pour la Russie de participer à une quelconque guerre ». Au contraire, la mission de la flotte russe est « d’éviter tout conflit régional déclenché par une agression dirigée contre la Syrie ou contre l’Iran » ajoutant que « l’escadre russe est porteuse d’un message à Israël, à la Communauté internationale et spécifiquement à la Turquie, laquelle semble en effet avoir décidé de participer à une possible aventure militaire ». Refusant toute ingérence dans les affaires de quelque État souverain que ce soit, notamment la Syrie, Ivashov a vertement critiqué le gouvernement de M. Erdogan, le jugeant « dominé par la ploutocratie mondialiste et par les politiciens américains, et regrettant à ce titre que la Turquie puisse devenir l’éventuel déclencheur d’une guerre régionale ».

De leur côté, les présidents russe Medvedev et chinois Hu Jintao ont « validé un accord de principe » en vertu duquel la seule façon d’arrêter une agression de l’Occident pilotée directement ou en sous mains par les États-Unis, serait une « réplique militaire directe et immédiate ». À ce propos le général militaire de l’Université chinoise de la Défense nationale, Zhang Zhaozhong aurait averti que « la Chine n’hésitera pas à protéger l’Iran, même s’il faut pour cela déclencher une troisième guerre mondiale », faisant en cela écho au général Nikolaï Makarov « Je n’exclus pas des conflits armés locaux ou régionaux pouvant évoluer vers une guerre à grande échelle, incluant l’utilisation d’armes nucléaires »… une déclaration intervenant après un sérieux incident ayant - semble-t-il - impliqué l’ambassadeur russe, Vladimir Titorenko, lors de son voyage de retour de Syrie, et du personnel de sécurité qatari qui aurait tenté de s’emparer d’une valise diplomatique contenant des informations recueillies par les Services de renseignements syriens et portant sur la préparation d’une invasion de la Syrie et de l’Iran par les États-Unis !


« Menace de génocide nucléaire iranien et options israéliennes » !
Jean-Patrick Grumberg, une voix pas tout à fait anodine, a eu la bonne idée de nous donner sur son site 14, des nouvelles de la conception nucléariste et génocidaire de la Pax Hebraïca. Ceci peu après la publication du dernier rapport « accusateur » de l’Agence Internationale à l’Énergie Atomique et alors que Nicolas Sarkozy promettait à l’occasion du G20 « de ne pas rester les bras croisés, si l’existence d’Israël était menacée ». Citant Le Figaro, Grumberg rapporte l’analyse de l’ancien directeur du Mossad d’Efraim Halevy : « Nous sommes en guerre contre l’Iran. La plus grande partie de cette guerre est clandestine », embrayant sur des extraits particulièrement édifiant d’un ouvrage de Richard L. Rubenstein publié aux États-Unis et traduit en 2010 sous le titre « Jihad et génocide nucléaire »… « Probablement l’analyse la plus profonde publiée à ce jour sur l’acquisition de l’arme nucléaire par l’Iran » selon Michel Gurfinkiel (ex éditorialiste de Valeurs actuelles et Wall Street Journal, récemment reçu en grande pompe par le directeur de la station de droite Radio Courtoisie) qui « souhaiterait que chaque ministre et chaque député, en Europe et en France, prenne le temps de consulter cet ouvrage ». En effet, cela vaut le détour !

Voyons cela : extraits de « Jihad et génocide nucléaire »…
« Israël n’est pas dénué de moyens de faire face à la menace iranienne. Selon le Wall Street Journal, lorsque son équipe éditoriale, au cours d’une conférence le 2 avril 2009, demanda à l’amiral Mike Mullen, président du Comité des chefs d’état-major interarmées américains, si Israël était en mesure de causer des dommages significatifs aux dispositifs nucléaires de l’Iran », sa réponse fut simplement : Oui. … Dans tous les scénarios cités, si Israël se contente de détruire les installations nucléaires de l’Iran, opération dont le succès est incertain, cela n’annulera pas la menace à long terme d’un génocide. Avec le temps, l’armement dévastateur et les équipements peuvent être rebâtis ou remplacés. La colère et l’humiliation qui s’ensuivraient dynamiseraient la volonté de reconstruction et de vengeance. Cependant, à moins que l’Iran ne mette fin à l’acquisition d’armes nucléaires, Israël n’a que peu de choix politiques, aucun n’étant satisfaisant. En dépit des risques évidents, une frappe préventive visant la population civile pourrait apparaître à certains Israéliens le choix le plus raisonnable. Je tremble en écrivant ces mots, mais je rappelle à mes lecteurs que les dirigeants de l’Iran ont, de manière répétée, menacé de détruire complètement Israël, non l’inverse. Dans ces circonstances, si la diplomatie échoue, le seul moyen pour Israël de prévenir une éventuelle revanche après une offensive contre les installations militaires serait de détruire d’abord les centres urbains. … En déclenchant une attaque préventive visant les principales concentrations urbaines iraniennes ainsi que les centres industriels, Israël pourrait infliger des dommages considérables. Et il ne dépendrait pas de la seule force aérienne, car il dispose du missile Jéricho-3, un missile balistique sol-sol pouvant porter une tête nucléaire, chimique ou biologique, jusqu’à, dit-on, 4 500 kilomètres. Ce missile paraît pouvoir résoudre le viol d’un espace aérien ennemi. De plus, Israël possède trois sous-marins « Dolphin Class » de fabrication allemande, capables d’envoyer des têtes nucléaires à 2 500 kilomètres. D’ailleurs, si Israël estime qu’il doit frapper les principaux centres urbains, des tirs de haute précision ne sont pas même nécessaires. Vingt pour cent environ de la population iranienne, soit douze à quatorze millions de personnes, vivent dans la métropole de Téhéran, que Cordesman décrit comme « un bassin topographique (avec) un réflecteur montagneux » formant un espace « presque idéal pour une destruction nucléaire ».

Bien entendu l’auteur tempère son propos en évoquant les risques qu’une telle éventualité – rayer de la carte la conurbation de Téhéran et ses douze à quatorze millions d’habitants – ferait courir à la bonne réputation d’Israël devenue pour le coup la paria planétaire, il n’en demeure pas moins que l’hypothèse de frappes anti-cité à objectifs démographiques est clairement posée sur la table...

Laissons la conclusion, plus réconfortante, à l’analyste français, Alain Corvez pour lequel nous ne sommes pas encore tout à fait parvenus au cœur de la Mer des ténèbres « Nous sommes à un point d’inflexion de la courbe des équilibres du monde avec la crise actuelle. L’impérialisme américain a atteint ses limites et le monde multipolaire est en train de se mettre en place dans la douleur. La Russie et la Chine se sentent directement menacées par cet impérialisme et savent qu’elles n’ont pas les moyens de l’abattre mais peuvent désormais marquer des limites à ne pas dépasser grâce aux appuis d’autres pôles de puissance qui voient aussi leurs intérêts menacés, BRICS et autres ! »_______

(1) Selon le Kremlin « Les propos de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton sur les élections législatives en Russie, ainsi que les commentaires similaires des représentants de la Maison Blanche et du Département d’État américain sont inacceptables ». Mme Clinton avait notamment déclaré que ces élections n’étaient « ni libres ni justes ». À Vilnius où se réunissait le sommet de l’OSCE, Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, elle n’hésitait pas à stigmatiser le 6 décembre « des tentatives de bourrage d’urnes, de manipulations des listes électorales ».

(2) Arrivé deuxième, le Parti communiste qui obtient 19,2% des suffrages et 92 sièges, soit 35 de plus qu’en 2007. Puis Russie Juste et le Parti libéral-démocrate, respectivement 13,25% et 11,68%, soit 64 et 56 sièges au lieu de 38 et 40.

(3) Porté au pinacle par la presse internationale, Navalny milite également - dans la mouvance nationaliste sur le modèle Identitaire - contre l’immigration. Formé aux États-Unis par le World Fellows Program de l’Université de Yale - créé par le président de l’université Richard Levin afin de créer un réseau global de Young leaders - il occupe ainsi l’aile droite de la contestation. Notons que ces « jeunes espoirs » sont en autres pris en mains par Malloch Brown, ancien du Foreign Office, par Aryeh Neier, présidente de l’Open Society Institute de George Soros ou encore Tom Scholar, ancien chef de cabinet de Gordon Brown.

(4) Fox News lies about riots in Russia http://www.youtube.com/watch?v=fkqR...

(5) Moscou s’était mordu les doigts d’avoir laissé passer au Conseil de Sécurité la Résolution 1973 qui allait donner toute latitude à l’Otan et au Qatar – bras armé des É-U dans le Golfe arabo-persique – de conduire une véritable guerre sous couvert d’aide humanitaire. Or la Russie sait que si le modèle libyen est reproduit en Syrie, la Méditerranée deviendra le lac de l’Otan, la Mare vestrum des Atlantistes. Kadhafi éliminé, les seuls États encore récalcitrants sont avec la Syrie, le Liban du Hezbollah et l’Iran.

(6) Un bémol qui manifesterait que l’entente entre les deux hommes – entre lesquels certaines divergences étaient apparues il y a approximativement un an – n’est pas aussi parfaite qu’il y semble et que Medvedev n’est pas encore totalement débarrassé de tout tropisme à l’égard de séductions occidentalistes.

(7) Le Dialogue Civil proposait en mars 2009, afin de juguler tout risque lié à la crise financière globale « un transfert vers les créanciers, y compris étrangers, des droits de propriété dans des compagnies débitrices russes, afin d’assurer le maintien des flux de capitaux vers l’économie russe ». Autrement dit que certains pans du secteur minier et de l’énergie soient cédés par exemple à la Royal Bank of Scotland. Cf. Nouvelle Solidarité 10 déc.

(8) « La NED, vitrine légale de la CIA » Thierry Meyssan - Odnako n° 35 - 27 septembre 2010. Repris sur Voltairenet.org.

(9) Marginale si le chiffre avancé de 0,5% est vérifié. Reste que la fraude en Russie n’est certainement pas plus odieuse que les trucages – et les absurdes recomptages – ayant permis la réélection du sieur Bush en nov. 2004.

(10) Un autre regard sur la Russie - Ria Novosti

(11) Des voies d’acheminement indirectes existent bien sûr, notamment via la Géorgie et l’Azerbaïdjan, mais plus longues et plus aléatoires au cas où la situation internationale se dégraderait au point que les Russes décident de fermer les lignes de ravitaillement de l’Otan et des forces américaines spécifiques d’Enduring Freedom, Opération Liberté Immuable. En juin 2011 Obama annonce le retrait d’ici à l’été 2012 du « tiers » des forces américaines stationnées en Afghanistan, soit 33000 après avoir accru leurs effectifs de 30 00 hommes.

(12) News International – Islamabad Pakistan. 1er déc. 2011« Vietnam-Style Exit : Russia Could Deliver Death Blow To Nato in Af-Pak War Theater ».

(13) Executive Intelligence Review de Lyndon H. LaRouche, Jr

(14) Jean Patrick Grumberg, journaliste, éditeur du site Dreuz.info, photographe de rue. Ancien lobbyiste. A vécu à Paris, Los Angeles et s’est établi entre Israël et la Californie. Fondateur en 1976 d’Hifissimo, site pionnier de vente qu’il a revendu en 2007. Président de l’association « Laissez Nous Travailler ».

Léon Camus 

16/12/2011

http://www.geopolintel.fr/


 


 

2-4 Manlio Dinucci : « L’art de la guerre » Les bombes intelligentes de Wall Street.

Il existe divers types de smart bombs, « bombes intelligentes », utilisées par celui que Les Leopold définit efficacement comme le « gouvernement secret de Wall Street », la puissante oligarchie financière qui contrôle l’État [1].

Les premières sont celles de propagande qui frappent le cerveau, embrumant les yeux et faisant voir des choses qui n’existent pas. Elles sont aujourd’hui massivement employées pour mystifier la réalité de la crise, pour nous convaincre que celle-ci est provoquée par la dette publique et que, pour nous sauver, nous devons faire de durs sacrifices en faisant des coupes dans les dépenses sociales. La dette publique est pourtant une conséquence, non pas une cause de la crise. Celle-ci est due au fonctionnement même du marché financier, dominé par de puissantes banques et groupes multinationaux. Il suffit de penser que la valeur des actions cotées à Wall Street, et dans les Bourses européennes et japonaises, dépasse celle de tous les biens et services produits annuellement dans le monde. Les opérations spéculatives, effectuées avec d’énormes capitaux, créent une augmentation artificielle des prix des actions et d’autres titres, qui ne correspond pas à une croissance effective de l’économie réelle : « bulle spéculative » qui tôt ou tard explose, en provoquant une crise financière. En ce point, interviennent les États avec des opérations de « sauvetage », reversant de l’argent public (et donc augmentant la dette) dans les caisses des grandes banques et des groupes financiers privés qui ont provoqué la crise.

Aux États-Unis seulement, le dernier « sauvetage  » se monte à plus de 7 000 milliards de dollars, dix fois plus que ce qui est officiellement déclaré. Comment cela peut advenir s’explique par le fait que les candidats aux présidentielles sont financés, à travers des « donations » et en d’autres manières, par les grandes banques, parmi lesquelles Goldman Sachs, et que l’administration Obama, à peine entrée en fonction, a nommé à des postes clé leurs personnes de confiance, qui font partie de la Commission Trilatérale. Celle-là même où Mario Monti, consultant international de Goldman Sachs et à présent chef du gouvernement italien, siège en qualité de président du groupe européen. On ne doit donc pas s’étonner si le gouvernement secret de Wall Street utilise aussi, en fonction de ses intérêts, des « bombes intelligentes » réelles. Ce n’est pas un hasard si les dernières guerres, effectuées par les États-Unis et par l’OTAN, ont « intelligemment » frappé des États situés dans les aires riches en pétrole (Irak et Libye) ou avec une position régionale importante (Yougoslavie et Afghanistan). Des États comme l’Irak de Saddam Hussein, qui menaçait de se décrocher du dollar en vendant du pétrole en euros et autres valeurs ; ou bien comme la Libye de Kadhafi, qui programmait de créer le dinar d’or comme concurrent du dollar et promouvait des organismes financiers autonomes dans l’Union africaine, dont le développement aurait réduit l’influence de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Pour des raisons analogues, on prend aujourd’hui pour cible la Syrie et l’Iran. Crise et guerre sont deux faces de la même médaille. Car, aussi, la guerre fait croître la dépense militaire qui, en alourdissant la dette publique, impose des sacrifices ultérieurs. L’Italie, estime le Sipri, est arrivée à une dépense militaire annuelle de 28 milliards d’euros : environ le coût de la manœuvre financière qui sera payé par la grande majorité de la population. Mais on n’en parle pas. Les bombes de Wall Street sont vraiment intelligentes.

Manlio Dinucci

Traduction Marie-Ange Patrizio

12 décembre 2011

Réseau Voltaire

 


3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

3 Opinion :

Fidel Castro
LE RÔLE DE TUEUR DE L’OTAN (en 5 parties)

QUATRIEME PARTIE

31 Octobre 2011

J’ai écrit le 2 mars sous le titre : « La guerre inévitable de l’OTAN » : À la différence de l’Égypte et de la Tunisie, la Libye occupe la première place de toute l’Afrique en Indice du développement humain et en espérance de vie. L’éducation et la santé y reçoivent une attention spéciale de l’État Le niveau culturel de sa population est sans doute plus élevé. Ses problèmes sont d’une autre nature. […] Le pays avait besoin d’une importante main-d’œuvre étrangère pour concrétiser ses plans de production et de développement social ambitieux.

[…] Il disposait d’énormes ressources et réserves en devises convertibles, déposées dans les banques des pays riches, ce qui lui permettait d’acheter des biens de consommation, voire des armes perfectionnées, auprès de ces mêmes pays qui veulent aujourd’hui l’envahir au nom des droits humains.

La colossale campagne de mensonges orchestrée par les médias a provoqué une grande confusion dans l’opinion publique mondiale. Il se passera du temps avant qu’on puisse reconstruire ce qu’il s’est vraiment passé en Libye et trier les faits réels des mensonges divulgués.

[…]

[…] L’Empire et ses principaux alliés recourent aux moyens les plus perfectionnés pour diffuser des informations dont il faut déduire des brins de vérité.

[…] L’Empire et l’OTAN – sérieusement inquiets devant la vague révolutionnaire déclenchée dans le monde arabe qui produit une grande partie du pétrole sur lequel repose l’économie de consommation des pays développés et riches – ne pouvaient pas laisser filer l’occasion du conflit interne surgi en Libye pour promouvoir une intervention militaire.

[…]

[…] Malgré leur déluge de mensonges et la confusion qu’ils ont semée, les États-Unis ne sont pas parvenus à entraîner la Chine et la Fédération de Russie à faire adopter par le Conseil de sécurité une intervention militaire en Libye, bien qu’ils aient obtenu en revanche l’approbation de leur objectif momentané au Conseil des droits de l’homme. […]

Le fait est que, comme je l’avais prévu, la Libye est désormais en proie à une guerre civile que les Nations Unies n’ont rien pu faire pour éviter, même si leur secrétaire général a jeté sa bonne part d’huile sur le feu. Le hic – ce que les différents acteurs n’imaginaient sans doute pas – c’est que les chefs de la rébellion ont déclaré qu’ils refusaient toute intervention militaire étrangère.

Selon différentes agences de presse, Hafiz Ghoga, porte-parole du Comité de la révolution, a déclaré le lundi 28 février : […] « Ce que nous voulons, ce sont des informations secrètes, mais absolument pas qu’on touche à notre souveraineté aérienne, terrestre et maritime  », a-t-il ajouté lors d’une rencontre avec les journalistes…

Selon une dépêche de l’AFP de lundi dernier, « l’intransigeance des responsables de l’opposition en matière de souveraineté nationale reflétait l’opinion que de nombreux Libyens ont manifestée spontanément à la presse internationale à Benghazi ».

Une professeure de sciences politiques de l’université de Benghazi, Abeir Imneina, a affirmé ce même jour : « Il y a un très fort sentiment national en Libye. « De plus, l’exemple de l’Irak fait peur dans l’ensemble du monde arabe », souligne-t-elle, en référence à l’invasion américaine de 2003, censée apporter la démocratie dans le pays, puis par contagion à l’ensemble de la région, un scénario totalement démenti par les faits. « On sait bien comment cela s’est passé en Iraq, qui se trouve en pleine instabilité, ça ne donne vraiment pas envie de suivre le même chemin. On ne veut pas que les Américains viennent pour finir par devoir regretter Kadhafi.  » […]

Quelques heures après la diffusion de cette dépêche, deux des principaux journaux des USA, The New York Times et The Washington Post, s’empressèrent d’offrir de nouvelles versions sur ce point, que rapporte l’agence DPA le 1er mars : « L’opposition libyenne pourrait demander à l’Occident de bombarder par air des positions stratégiques occupées par des forces fidèles au président Mouammar el-Kadhafi, fait savoir aujourd’hui la presse étasunienne.  »

« La question est discutée par le Conseil révolutionnaire libyen, précisent The New York Times et The Washington Post dans leurs versions numériques.

[…] « Au cas où les actions aériennes se réaliseraient dans le cadre des Nations Unies, cela n’impliquerait aucun intervention internationale", a expliqué le porte-parole du Conseil, cité par The New York Times.

[…] « The Washington Post a cité des rebelles qui reconnaissent que, sans l’appui de l’Occident, les combats contre les forces loyales à Kadhafi pourraient durer longtemps et coûter beaucoup de vie.  »

Je me suis aussitôt demandé dans ces Réflexions :

Pourquoi cette insistance à présenter les rebelles comme des membres éminents de la société libyenne en train d’inviter les États-Unis et l’OTAN à bombarder et à tuer des Libyens ?

On saura un jour la vérité à travers des gens comme la professeure de sciences politiques de l’Université de Benghazi, si éloquente quand elle raconte la terrible expérience qu’ont vécue des millions d’Iraquiens, tués, sans abri, sans emploi ou contraints d’émigrer.

Aujourd’hui, mercredi 2 mars, l’agence EFE présente ce porte-parole rebelle faisant des déclarations qui, à mon avis, infirment et confirment à la fois celles de lundi : «  Benghazi (Libye), 2 mars. La direction rebelle en Libye a demandé aujourd’hui au Conseil de sécurité de l’ONU de lancer une attaque aérienne “contre les mercenaires” du régime Mouammar el-Kadhafi. « ”Notre armée ne peut pas lancer des attaques contre les mercenaires en raison de son rôle défensif”, a affirmé le porte-parole rebelle Hafiz Ghoga en conférence de presse à Benghazi. […]

À laquelle des nombreuses guerres impérialistes ressemblerait celle-ci ?

À celle d’Espagne en 1936, à celle de Mussolini contre l’Éthiopie en 1935, à celle de George W. Bush contre l’Iraq en 2003, ou à n’importe laquelle des dizaines de guerres lancées par les États-Unis contre les peuples d’Amérique, depuis l’invasion du Mexique en 1846 jusqu’à celle des Malvinas en 1982 ?

Sans exclure, bien entendu, l’invasion mercenaire de Playa Girón, la sale guerre et le blocus contre notre patrie, une invasion dont nous fêterons le cinquantième anniversaire le 16 avril prochain.

Toutes ces guerres, comme celle du Viet Nam qui a coûté des millions de vies, ont eu pour points de départ les justifications et les mesures les plus cyniques. Pour ceux qui doutent encore qu’une intervention militaire aura forcément lieu en Libye, je tiens à citer l’agence de presse AP, que je considère bien informée, dont une dépêche d’aujourd’hui affirme : «  Les pays de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) élaborent un plan d’urgence qui prend pour modèle les zones d’exclusion de vols établies dans les Balkans dans les années 90, au cas où la communauté internationale déciderait d’imposer un embargo aérien sur la Libye, ont affirmé des diplomates. »

N’importe quelle personne honnête capable d’observer avec objectivité les événements peut constater le danger que représente l’ensemble des faits cyniques et brutaux qui caractérisent la politique des États-Unis et qui expliquent pourquoi ils se sont retrouvés si honteusement seuls lors du débat aux Nations Unies sur la résolution : « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les États-Unis d’Amérique.  »

Malgré mon travail, je suis les Jeux panaméricains de Guadalajara. Notre pays se sent fier de ces jeunes gens qui sont des exemples pour le monde par leur désintéressement et leur esprit de solidarité. Je les félicite chaleureusement. Personne ne pourra plus leur ôter la place d’honneur qu’ils ont gagnée.

Fidel Castro Ruiz

31 Octobre 2011


 

CINQUIEME PARTIE

Le 1er novembre 2011

Le 9 mars, j’ai publié de nouvelles Réflexions intitulées : «  L’OTAN, la guerre, le mensonge et les affaires  » sur le rôle de cette organisation belliciste.

J’en sélectionne les paragraphes fondamentaux :

Comme certains le savent, le colonel Mouammar el-Kadhafi, un Bédouin au caractère particulier, s’inspirant des idées du leader égyptien Gamal Abdel Nasser, prépara au sein des forces armées un mouvement qui renversa en septembre 1969 Idris Ier, roi de Libye, un pays désertique en sa quasi-totalité et faiblement peuplé, situé au nord de l’Afrique, entre la Tunisie et l’Égypte.

[…] Né dans une famille de bédouins, dans la région de Tripoli, Kadhafi était foncièrement anticolonialiste. […] Jusqu’aux adversaires de Kadhafi assurent qu’il se fit remarquer par son intelligence durant ses études. Expulsé du lycée pour ses activités antimonarchiques, il s’inscrivit dans un autre, puis conclut des études de droit à l’université de Benghazi à vingt et un ans. Il entra ensuite à l’école militaire de cette ville où il créa en secret le Mouvement des officiers unionistes libres, et il conclut ses études dans une école militaire britannique.

[…] Il s’engagea dans la vie politique par des actions incontestablement révolutionnaires. En mars 1970, il obtint que les soldats britanniques évacuent le pays au terme de manifestations nationalistes massives et, en juin, que les États-Unis se retirent d’une grande base aérienne proche de Tripoli, qui fut remise à des instructeurs militaires égyptiens dont le pays était l’allié de la Libye.

En 1970, la Révolution toucha à plusieurs sociétés pétrolières occidentales et à des banques à participation étrangère. Fin 1971, la fameuse British Petroleum subit le même sort. Dans le domaine agricole, tous les biens italiens furent saisis, et les colons et leurs descendants expulsés de Libye.

[…] Le dirigeant libyen élabora des théories extrémistes, s’opposant à la fois au communisme et au capitalisme. Ça n’aurait pas de sens d’inclure cette étape de théorisations de sa part dans mon analyse, quoique je doive signaler que l’article premier de la Proclamation constitutionnelle de 1969 stipulait la nature « socialiste » de la Jamahiriya arabe libyenne populaire.

Je tiens en revanche à insister sur le fait que les droits humains n’ont jamais intéressé les États-Unis ni leurs alliés de l’OTAN. La réunion du Conseil de sécurité, la réunion du Conseil des droits de l’homme à Genève et l’Assemblée générale des Nations Unies à New York n’ont été que du théâtre, un panier de crabes.

[…] L’Empire prétend maintenant … intervenir militairement en Libye et bloquer la vague révolutionnaire qui déferle dans le monde arabe. […] Que la rébellion libyenne ait été attisée par les services secrets yankees ou par les erreurs de Kadhafi lui-même, il est important que les peuples ne se laissent pas duper, car l’opinion mondiale aurait très bientôt suffisamment de preuves pour savoir à quoi s’en tenir.

[…] À l’instar de nombreux pays du Tiers-monde, la Libye est membre du Mouvement des pays non alignés, du Groupe des 77 et d’autres organisations internationales à travers lesquelles se nouent des relations, indépendamment de leur système économique et social. À grands traits : la révolution, inspirée de principes marxistes-léninistes et martiniens, triompha en 1959 à Cuba, à cent cinquante kilomètres des États-Unis qui nous avaient imposé l’amendement Platt et qui étaient propriétaires de l’économie de notre pays.

L’Empire déclencha presque aussitôt contre notre peuple sa sale guerre, organisa des bandes contre-révolutionnaires, décréta un blocus économique criminel et peaufina l’invasion mercenaire de Playa Girón, durant laquelle un de ses porte-avions patrouillait non loin et ses marines étaient prêts à débarquer au cas où ses forces mercenaires auraient atteints les objectifs prévus.

[…] Tous les pays latino-américains, hormis le Mexique, participèrent au blocus criminel qui est toujours en place.

[…] En janvier 1986, sous prétexte que la Libye était derrière le terrorisme dit révolutionnaire, Reagan rompit les relations économiques et commerciales avec ce pays.

En mars de cette même année, une force embarquée à bord de porte-avions situés dans le golfe de Syrte, dans les eaux que la Libye considère comme nationales, déclencha des attaques qui détruisirent plusieurs navires équipés de lance-missiles et des systèmes de radars côtiers que ce pays avait achetés à l’URSS.

Le 5 avril, une discothèque de Berlin-Ouest fréquentée par des soldats étasuniens fut plastiquée : trois personnes moururent, dont deux militaires étasuniens, et beaucoup furent blessées. Reagan en accusa Kadhafi et ordonna à ses forces de l’air de riposter. Trois escadrilles décollèrent des porte-avions de la VIe flotte et de bases du Royaume-Uni et lancèrent des bombes et des missiles sur sept objectifs militaires à Tripoli et à Benghazi. Un quarantaine de personnes moururent, dont quinze civils. […] …quand un missile la frappa (sa résidence) de plein fouet : sa fille Hanna mourut, et deux autres enfants furent blessés. Cette attaque fut largement condamnée ; l’Assemblée générale des Nations Unies vota une résolution la condamnant pour violation de la Charte des Nations Unies et du droit international. Le Mouvement des pays non alignés, la Ligue arabe et l’OUA adoptèrent des positions tout aussi énergiques.

Le 21 décembre 1988, un Boeing 747 de Pan Am se désintégra en plein vol entre Londres et New York sous l’effet d’une bombe […]

[…] Selon les Yankees, les recherches impliquaient deux agents secrets libyens. […] On commença à tisser une légende ténébreuse contre lui, avec la participation de Reagan et de Bush père.

[…] Le Conseil de sécurité avait imposé à la Libye des sanctions qui commencèrent à être levées quand Kadhafi accepta de faire juger, dans des conditions données, les deux accusés pour le sabotage de l’avion en Écosse.

Dès lors, on commença à inviter des délégations libyennes à des réunions européennes. En juillet 1999, Londres entreprit de renouer totalement ses relations diplomatiques avec la Libye, après que celle-ci eut fait encore plus de concessions.

[…] Le 2 décembre, Massimo D’Alema, Premier ministre italien, fut le premier chef de gouvernement européen à se rendre en Libye. L’URSS et le camp socialiste européen avaient disparu, et Kadhafi avait décidé d’accepter les réclamations des USA et de l’OTAN.

[…] Début 2002, le département d’État faisait savoir que des conversations diplomatiques étaient en cours entre les USA et la Libye. […]

Début 2003, après que la Libye eut accepté de signer un accord économique d’indemnisations avec les pays demandeurs, le Royaume-Uni et la France, le Conseil de sécurité de l’ONU leva les sanctions qu’il lui avait infligées en 1992.

Avant la fin de 2003, Bush et Antony Blair informèrent d’un accord avec la Libye, qui avait remis à des experts en renseignements britanniques et étasuniens de la documentation sur ses programmes d’armements non classiques et sur ses missiles balistiques d’une portée supérieure à trois cents kilomètres. […] Cet accord, comme le révéla Bush, couronnait des mois de conversations entre Tripoli et Washington. Kadhafi tint ses promesses de désarmement. En quelques mois, la Libye se débarrassa de ses cinq batteries de missiles Scud-C d’une portée de huit cents kilomètres et ses centaines de Scud-B d’une portée supérieures à trois cents kilomètres parmi ses engins défensifs de courte portée.

Un marathon de visites à Tripoli démarra en octobre 2002 : Berlusconi, en octobre 2002 ; José María Aznar, en septembre 2003 ; de nouveau Berlusconi en février, août et octobre 2004 ; Blair, en mars 2004 ; le chancelier allemand Schroeder, en octobre 2004 ; Jacques Chirac, en novembre 2004. […]

Kadhafi parcourait l’Europe en triomphe. Il fut reçu à Bruxelles en avril 2004 par Romano Prodi, le président de la Commission européenne ; en août, il fut invité par Bush ; Exxon Mobil, Chevron Texaco et Conoco Philips mettaient la dernière main à la reprise de l’extraction de pétrole par des joint ventures.

En mai 2006, les USA faisaient savoir qu’ils retiraient la Libye de la liste des pays terroristes et qu’ils renouaient pleinement les relations diplomatiques.

En 2006 et 2007, la France et les États-Unis souscrivirent des accords de coopération nucléaire à de fins pacifiques. En mai 2007, Blair visite de nouveau Kadhafi à Syrte. La British Petroleum signa un contrat de prospection de gisements de gaz « extraordinairement important », selon les informations de l’époque.

En décembre 2007, Kadhafi se rendit deux fois en France et signa des contrats d’équipements militaires et civils pour dix milliards d’euros, et en Espagne, où il eut des entretiens avec le chef de gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero. Il signa de très gros contrats avec d’importants pays de l’OTAN.

Pourquoi donc les États-Unis et les autres membres de l’OTAN ont-ils évacué maintenant leurs ambassades en Libye ? Tout ceci est extrêmement curieux.

George W. Bush, le père de cette stupide guerre antiterroriste, avait déclaré le 20 septembre 2001 devant les élèves de l’école militaire de West Point : « Notre sécurité exigera… le recours aux forces militaires que vous commanderez et qui doivent prêtes à attaquer sur-le-champ n’importe quel sombre recoin du monde, et notre sécurité exigera que nous soyons prêts, le cas échéant, à déclencher des attaques préventives pour défendre notre liberté […] Nous devons découvrir des cellules terroristes dans une soixantaine de pays… Aux côtés de nos amis et alliés, nous devons nous opposer à la prolifération et faire face aux régimes qui promeuvent le terrorisme en fonction de chaque cas. »

J’ajoute aujourd’hui que l’Afghanistan, un pays rebelle par tradition, fut envahi ; que les tribus nationalistes, autrefois alliées des États-Unis dans leur lutte contre l’URSS, ont été bombardées et massacrées. La sale guerre a gagné le monde entier. L’Iraq a été envahi sous des prétextes qui se sont avérés faux ; ses abondantes ressources pétrolières sont passées aux mains de sociétés yankees ; des millions de personnes ont perdu leur emploi et ont été contraintes de se déplacer dans le pays ou à l’étranger ; ses musées ont été pillés et d’innombrables citoyens ont perdu la vie ou ont été massacrés par les envahisseurs.

J’en reviens à mes Réflexions :

Une dépêche de l’AFP, daté de Kaboul aujourd’hui même, révèle : « L’année passée a été la plus meurtrière pour les civils après neuf années de guerre entre les Talibans et les forces internationales en Afghanistan : presque 2 800 morts, soit 15 p. 100 de plus qu’en 2009, a affirmé ce mercredi un rapport de l’ONU qui insiste sur les coûts humains de ce conflit pour la population.

[...] « Avec exactement 2 777 civils morts en 2010, la quantité de victimes a augmenté de 15 p. 100 par rapport à 2009, indique le rapport annuel conjoint de la Mission d’aide des Nations Unies en Afghanistan… « Le président Barack Obama a exprimé, le 3 mars, son “profond regret” au peuple afghan pour les neuf enfants tués, tout comme l’ont fait le général étasunien David Petraeus, commandant en chef de l’ISAF, et le secrétaire à la Défense, Robert Gates.

« …le rapport de l’UNAMA souligne que le chiffre de civils morts en 2010 est quatre fois supérieur à celui des soldats des forces internationales tombés en combat cette même année.

Parlant de la Libye, j’avais écrit : Pendant dix jours, on a entendu aux Nations Unies – entre Genève et New York – plus de cent cinquante discours sur les violations des droits humains, qui ont été repris des millions de fois à la télévision, à la radio, dans la presse écrite et sur Internet.

Notre ministre des Relations extérieures, Bruno Rodríguez, est intervenu devant ses pairs réunis à Genève dans le cadre de Conseil des droits de l’homme, le 1er mars dernier. Il y a dit notamment : « La conscience humaine s’élève contre la mort d’innocents en toute circonstance et en tout lieu. Cuba fait tout à fait sienne l’inquiétude du monde devant les morts de civils en Libye et souhaite que son peuple règle d’une manière pacifique et souveraine la guerre civile qui s’y déroule, sans aucune ingérence étrangère et d’une façon qui garantisse l’intégrité de cette nation. »

[…]

« S’il est vrai que le droit humain essentiel est le droit à la vie, alors le Conseil est-il prêt à en expulser les États qui déclenchent une guerre ? « Expulsera-t-il donc les États qui offrent un financement et une aide militaire à un autre État qui les utilise à des violations massives, flagrantes et systématiques des droits humains et à des attaques contre la population civile, comme cela se passe en Palestine ?

« Appliquera-t-il donc cette mesure à des pays puissants qui réalisent des exécutions extrajudiciaires sur le territoire d’autres États en recourant à une technologie de pointe, telle que les munitions intelligents et les drones ?

« Qu’arrivera-t-il donc aux États qui acceptent d’héberger sur leur territoire des prisons secrètes illégales, qui facilitent le transit secret d’avions emportant des personnes séquestrées ou qui participent à la torture ? » […]

Nous sommes contre la guerre intestine en Libye, en faveur de la paix immédiate et du plein respect de la vie et des droits de tous les citoyens, sans intervention étrangère, car celle-ci ne servirait qu’à prolonger le conflit et à favoriser les visées de l’OTAN.

Il s’est produit hier, 31 octobre, un fait qui, comme tant d’autres, atteste de l’immoralité absolue de la politique yankee. L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) venait d’adopter une résolution courageuse : octroyer à l’héroïque peuple palestinien le droit de participer comme membre à part entière, par 107 voix contre 14, avec 52 abstentions. Nous savons tous pertinemment pourquoi.

La représentante des États-Unis, suivant des instructions du Prix Nobel de la paix, a aussitôt déclaré que son pays, dès cet instant, suspendait toute contribution économique à cette organisation qui se consacre à l’éducation, à la science et à la culture.

Le ton dramatique qu’a pris cette dame pour annoncer la décision était vraiment de trop : bien que cynique, tout le monde s’y attendait. Mais, comme si ce n’était pas déjà assez, une dépêche de l’AFP datée de Washington aujourd’hui à 16 h 05 nous apprend : « Après le Sommet du G20… le président (Obama) et le président Sarkozy participeront à une cérémonie à Cannes pour commémorer l’alliance entre les États-Unis et la France », a indiqué la présidence étasunienne, qui a tenu à préciser que les deux dirigeants rencontreront aussi des «  soldats étasuniens et français qui ont participé ensemble à l’opération » en Libye.

Fidel Castro Ruiz



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



 

23/12/2011

n° 99 - Les dossiers des 'Guerres de l'Otan' - 22-12 - Le général Bouchard admet que les informateurs de l'OTAN en Libye étaient des journalistes.

 

n° 99 -  Les dossiers des 'Guerres de l'Otan' - 22-12 - Le général Bouchard admet que les informateurs de l'OTAN en Libye étaient des journalistes.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les dossiers des ‘Guerres de l'Otan’. n° 99 - 22-12

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 "Le'Dossier des guerre de l'Otan" est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part 

Julien Teil :Le général Bouchard admet que les informateurs de l'OTAN en Libye étaient des journalistes.

Tony Cartalucci : Syrie: le génocide de l’OTAN approche.

Pepe Escobar :  L’OTAN rêve d’une guerre civile en Syrie

Andreï Fediachine :L'avenir de la Libye sans Kadhafi.

1 Médias & Manipulation de l’opinion/ Vidéos.

1-1 Vidéo : Missiles : Rasmussen « très déçu » par la réaction de Moscou.

1-2 Vidéo : La guerre humanitaire

Video : http://laguerrehumanitaire-lefilm.tumblr.com/reactionsfr

1-3 Thierry Meyssan : Guerre médiatique : Mensonges et vérités sur la Syrie.

2 Sur le terrain

1- Libye:

Ban Ki-moon défend l'Otan face aux critiques des «Brics».

2 Brèves

1 Alger

La conférence internationale d’urgence contre les guerres d’occupation

2-1 Ingérence humanitaire : "prélude" au droit des grandes puissances d'intervenir militairement  

2-2 Chine

Fatiha Dazi-Héni : Le « printemps arabe » vu par Pékin.

Guerres d’occupation : création d’un comité permanent de veille et d’alerte. 

3 Russie.

Point de vue de la Russie.

Libye: Moscou veut une enquête sur les civils tués par l'OTAN

4 USA

Réaction de Diana Johnstone : Les interventions à but "humanitaire" peuvent précipiter le monde..

4 Dossier

4-1Verbatim : Ban Ki-moon, l’otan et la Libye.

4-2 Allain Jules : Libye – Dans les méandres de l’après Kadhafi :la guerre secrète de l’OTAN.

4-3 René Backmann : La loi des milices règne sur la Libye.

5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

5-1 Mohamed Bouhamidi  : Conférence internationale d'urgence contre l'ingérence.

6 Opinion :

Fidel Castro
LE RÔLE DE TUEUR DE L’OTAN (en 3 parties)



Tiré à part 

Julien Teil :Le général Bouchard admet que les informateurs de l'OTAN en Libye étaient des journalistes.

La Guerre Humanitaire de la NED et de la FIDH en Syrie

La National Endowment for Democracy, ou la NED, est une organisation qui se présente comme une ONG officiellement dédiée “à la croissance et au renforcement des institutions démocratiques dans le monde”. Mais en réalité il s’agit d’un organisme financé à hauteur de 95% par le congres des États-Unis. C’est sous l’administration Reagan que sa création fut officialisée en 1982.

http://laguerrehumanitaire-lefilm.tumblr.com/

La nature de la NED a conduit de nombreux intellectuels et chercheurs contemporains à la décrire comme une officine permettant aux services secrets américains de renverser les régimes qui ne conviennent pas au Département d’État.
Cette critique fut notamment étayée par les propos d’Olivier Guilmain, chercheur au CECE (Centre d’Etudes Comparatives des Elections), lors d’
une session d’information au Sénat français  portant sur l’encadrement financier du processus électoral. En effet, la NED finance des partis d’opposition dans de nombreux pays et prête une assistance particulière aux exilés et opposants des régimes visés par le département d’État US. 

En Syrie, Le Damascus Center for Human Right Studies est l’organisation principale de la NED. Elle est également partenaire de la FIDH (Fédération internationale des droits de l’homme). Cette dernière a reçu 140 000$ U.S de la part de la NED suite à une réunion entre Carl Gershman et de prétendues organisations de droits de l’homme françaises. L’interlocuteur français de la NED fut François Zimeray, l’ex-Ambassadeur pour les droits de l’homme de l’ex-Ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner. Lors de cette réunion qui s’est tenue en Décembre 2009, étaient présents : le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) ; la section africaine de l’AEDH (Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme) ; Reporters Sans Frontières ; SOS Racisme et la FIDH.

La Fédération Internationale des droits de l’Homme est donc un partenaire officiel de la NED comme le montre par ailleurs son soutien aux allégation de l’ex-secrétaire général de la Ligue Libyenne des Droits de l’Homme - elle aussi rattachée à la FIDH- à l’encontre du gouvernement de Mouammar Kadhafi. Cette dernière, également appuyée par l’ONG U.N Watch, est à l’origine des procédures diplomatiques à l’encontre de la Jamahiriya Arabe Libyenne.

 

En Syrie, le Dr Radwan Ziadeh est le directeur du Damascus Center for Human Rights Studies. Sa biographie, plus qu’impressionnante démontre son engagement en faveur de la politique étrangère des États-Unis au Moyen Orient. Il est en effet notamment membre de la Middle East Studies Association (MESA) et est le directeur du Syrian Center for Political and Strategic Studies à Washington. Il était également présent aux côtés d’Aly Abuzakuuk - un des responsables de la NED en Libye - lors de la Table Ronde des Democracy Awards, la récompense remise aux “militants des droits de l’homme” par la NED.

Il existe par ailleurs de fortes similitudes entre le processus de la Guerre Humanitaire en Libye et celui qui est en cours d’élaboration à l’encontre de la Syrie. En effet, U.N Watch, organisation qui coordonne les pratiques de la NED et de la FIDH à Genève, a déjà lancé plusieurs pétitions à l’encontre du régime de Bachar Al-Assad. Pour ce faire les mêmes allégations de massacres que celles promues par l’ex-secrétaire de la Ligue Libyenne des Droits de l’Homme Sliman Bouchuiguir au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, sont dors et déjà mises en avant à l’encontre de la Syrie.

Il est donc urgent de dénoncer ces procédures, d’autant plus que l’histoire récente nous montre que ces allégations n’ont pas été vérifiées dans le cas libyen mais également qu’elles ne reposent sur aucune preuve solide contrairement à ce qu’avance la Cour Pénale Internationale.

Julien Teil

Le 04/11/2011

desinformationmensonge@gmail.com a écrit :


Tony Cartalucci :Syrie: le génocide de l’OTAN approche

Le rapport de l’ONU sur la Syrie a été co-écrit par le directeur d’un think-tank privé américain

pDes mensonges éhontés proférés par des “activistes des droits de l’Homme” ont mené à une brutalité inomable de la part de l’OTAN, ce qui a mis ultimement au pouvoir en Libye le représentant de BP, Shell et du Petroleum Institute sponsorisé par Total: Abdurahim El-Keib. Maintenant, ces mêmes intérêts finanço-industriels, au travers de leurs mêmes réseaux de propagande, de duplicité et de déception, sont en train de bâtir les fondations d’un même forfait en Syrie.

Il a été récemment révélé que le rapport du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU en ce qui concerne “les crimes syriens contre l’humanité” a été en fait co-écrit par Karen Koning AbuZayd, une directrice du think-tank américain privé de Washington: Middle East Policy Council, qui inclut des gens d’Exxon, des agents de la CIA, des représentants du gouvernement, de l’armée américaine et même le président de la chambre de commerce américano-qatarie, qui inclut aussi parmi ses membres: Al Jazeera, Chevron, Exxon, le fabriquant de munitions Raytheon (qui a fourni les munitions des salves d’ouverture de l’OTAN durant la guerre en Libye) et Boeing. Le conflit d’intérêts est tellement monumental qu’il n’est dépassé que par la frénésie d’acceptance des médias corporatistes de ce rapport et leur négligence complète de diffuser le fait de l’origine totalement compromise de ceux responsables de l’avoir écrit.

Le rapport de l’ONU lui-même (.pdf ici) ne contient pas de preuve vérifiable, mais plutôt des ouï-dires rapportés de Genève par de soi-disant “victimes”, “témoins” et “déserteurs”, mis en avant par des “personnes et organisations intéressées”. En d’autres termes, c’était une invitation ouverte pour les ennemis de la Syrie de dépeindre quelque image du gouvernement en place qui leur semblait bonne. Alors que des critiques clâment haut et fort que cela n’est dû qu’à une mauvais coopération du gouvernement syrien avec l’ONU, il est plus que probable que l’ONU elle-même est complice dans la fourniture à Wall Street et la city de Londres de l’opportunité de conquêtes militaires, comme elle l’a déjà fait avec l’Irak, la Côte d’Ivoire et plus récemment la Libye.

Comment commencer la guerre

Ainsi, c’est à travers ce prisme déformant que les appels à l’intervention militaire sont faits. Après avoir nié pendant des mois que l’opposition était armée, le think-tank du CFR financé par Wall Street admet ouvertement que non seulement les “manifestants” sont armés, mais qu’il y a aussi une armée de résistance de 15000 hommes. Le CFR dit que cette “Armée Libre de Syrie” demande des armes et du soutien aérien. Il a déjà été révélé que des armes passent librement les frontières syriennes de la part de soutiens étrangers, de manière plus spécifique, de la Turquie, du Liban, d’Israël et maintenant aussi loin que de la Libye. Le rapport du CFR explore ensuite les options à la disposition de l’OTAN pour faciliter le “changement de régime”, incluant l’utilisation de “systèmes de surveillance aériens, de facilitateurs logistiques, de gardiens de la paix, de drones armés, d’avions de combat, de troupes au sol et “d’armes de contrebande”.

Bien sûr, le nombre de déserteurs syriens est tout aussi sans fondement que le rapport de l’ONU sur les droits de l’Homme. Mais quoi qu’il en soit, le narratif même d’une grande force armée militante opérant depuis l’intérieur de la Syrie, contredit le narratif occidental qui dit que l’armée syrienne massacre de pauvres civils sans défense. Avec une armée de “15000 déserteurs” essayant de se saisir de la nation de force avec l’aide financière, d’armes et de soutien diplomatique depuis l’étranger, on peut trouver très difficile à croire que le gouvernement syrien perdrait son temps à “massacrer des civils innocents”. Tout comme ce fut le cas en Libye ou dans quelque pays où l’occident a tenté des “révolutions” ou les a réussi, la violence générée par l’occident est toujours une partie prédéterminée de l’équation, totalement planifiée en avance avec la violence subséquente bien cachée derrière des histoires de brutalité à sens unique dont la cible est immanquablement le régime en place.

Comme il est dit dans la rapport de la fondation privée Brookings Institution “Quel chemin veers la Perse ?”, l’inclusion d’un soutien armé secret pour les protestations soutenues par les Etats-Unis n’est pas qu’une option, mais une nécessité quand on pratique ce genre d’opérations au sein de nations qui ont des forces de sécurité compétentes.

Utiliser la force militaire pour assister des révolutions populaires pages 109-110 (page 122-123 dans le document en .pdf):

“En conséquence, si les Etats-Unis doivent réussir à déclancher une révolte contre un régime religieux, Washington devra considérer s’il voudra le faire avec une forme de soutien militaire afin de prévenir Téhéran d’écraser le mouvement… Cette condition veut dire qu’une révolution populaire en Iran ne semble pas être dans le moule des “révolutions de velours” qui peuvent se produire ailleurs. Le fait est que le régime iranien n’est pas près de vouloir partir gentillement et contrairement à bien des régimes de l’Europe de l’Est, il pourrait choisir de se battre à mort. Dans ces circonstances, s’il n’y a pas de soutien militaire extérieur aux révolutionnaires, ceux-ci ne failliront simplement pas, ils seront massacrés.

Ainsi, si les Etats-Unis veulent poursuivre cette politique, Washington devra prendre cette possibilité en considération. Ceci ajoute des requis très importants à la liste: soit la politique doit inclure des moyens d’affaiblir l’armée iranienne ou affaiblir la volonté des leaders du régime de faire appel à l’armée, ou alors les Etats-Unis devront être prêts à intervenir pour la battre.”

En plus de cette confession par la Brookings Institution, cette manière récurente de fournir ou de couvrir l’existence d’éléments armés déployés durant les phases initiales d’une révolution colorée a aussi été documentée en Libye, en Syrie et à Bangkok en Thaïlande en 2010. De la même manière qu’en Libye où des légions de rebelles armés d’Al Qaïda, fraîchement revenus d’avoir tué des troupes américaines et britanniques en Irak et en Afghanistan, furent masquées avec des histoires à dormir debout de jeunes manifestants de rue étant taillés en pièces par la mitraille des troupes de Kadhafi, la Syrie a elle aussi été minée par la violence de militants depuis le début des troubles plus tôt cette année. Dans l’édition du mois d’Avril de “Globalist War Machine Fixates on Syria”, les premiers rapports concernant les maintenant omniprésents tireurs embusqués qui terrorisent la Syrie, firent leur apparition. Il fut noté la similarité étonnante entre ces attaques de tireurs embusqués et le même type d’attaques effectuées au Yémen et l’année précédente en Thaïlande, des pays victimes de manœuvres de déstabilisations fomentées par l’occident.

Ce sera au travers d’une perpétuelle campagne de mensonge effectuée par les régimes marionnettes variés de l’occident et leur média hautement compromis que cette guerre débutera. Le régime actuel syrien sera dépeint comme un oppresseur des droits de l’Homme alors que des armes et un soutien logistique seront donnés à l’armée de mercenaires qui n’en finit pas de grandir et qui commettra toujours plus de provocations. A terme, alors que les “manœuvres légales” sont effectuées, cette armée de mercenaires obtiendra le soutien aérien et naval de l’OTAN, des forces spéciales de l’OTAN et potentiellement de troupes au sol, qui impliqueront bien sûr la Turquie, un membre de l’OTAN depuis 1952 et déjà bien engagée dans les affaires d’ingérence contre la Syrie.

Comment arrêter la guerre

Alors que la puissance qui est derrière cette machine de guerre qui broie la planète semble être monolithique et instoppable, la véritable source de son pouvoir se reflète dans notre miroir tous les jours. Nous, par les choix que nous faisons du comment nous passons notre temps, nous dépensons notre argent, nous focalisons notre attention, nous alimentons quotidiennement sa consommation destructrice de notre monde. Bien que les manifestations, les élections, et l’activisme sont importants, ce qui est absolument essentiel est de couper la machine de sa source de carburant. Ce qui veut dire pour nous de boycotter les grosses industries, les institutions et les personnalités qui la constituent au point de famine et de soumission. Nous devons travailler sans relâche à l’identification de ces industries, institutions et personnalités et exposer leurs forfaits au grand jour à travers les média alternatifs, les réduire à la banqueroute par le boycott et les remplacer totalement par des solutions locales dérivées à la fois de la tradition et de l’inovation technologique.

La plus grande des générations a dit “plus jamais” à la montée du fascisme dans les années 1930 et 1940 et pourtant, une fois de plus, nous sommes en train de contempler la montée de Wall Street et de la city de Londres vers des sommets écœurants de pouvoir et de bellicisme injustifiés. Faisons en sorte que cette génération disent “pas en notre nom” et réduise la bête à la soumission par la famine économique, de la même manière qu’elle l’a faite à tant de nations souveraines.

Article original en anglais : http://landdestroyer.blogspot.com/2011/11/syria-nato-genocide-approaches.html
Traduction : Résistance 71

NASR


Pepe Escobar : L’OTAN rêve d’une guerre civile en Syrie

Chaque grain de sable du désert syrien sait désormais qu’on n’invoquera pas la « responsabilité de protéger » pour aller à une intervention, « humanitaire », de l’OTAN afin de provoquer un changement de régime à Damas. Une guerre prolongée comme en Libye n’est pas possible - bien que ces adeptes irréprochables de la démocratie, la Maison des Saoud, aient offert de payer pour cela, et sans compter.

N’empêche que le brouillard d’une guerre proche reste impénétrable. Qu’en est-il de l’OTAN réellement en Syrie ?

Il est déjà établi (voir Guerre de l’ombre en Syrie - 2 décembre 2011) que l’OTAN a mis en place un centre de commandement et de contrôle dans la province du Hatay, dans le sud de la Turquie, où des commandos britanniques et des gens des renseignements français entraînent la douteuse Armée syrienne libre (ASL). Objectif : fomenter une guerre civile engloutissant le nord de la Syrie.

Aujourd’hui il est confirmé, via le site de Sibel Edmonds, cette ancienne dénonciatrice du FBI américain, qu’un mouvement en tenailles pourrait s’opérer, en impliquant la Jordanie (1).

Edmonds cite des sources locales selon lesquelles des « centaines de soldats de langue non arabe » font « la navette... entre la base aérienne du Roi Hussein à al-Mafraq » et les « villages jordaniens attenants à la frontière syrienne ».

Edmonds soutient que rien de tout cela n’est rapporté dans la presse américaine à cause d’un ordre de se taire qui, en théorie, expire ce mardi. Et n’essayez pas d’interroger le roi Abdullah de Jordanie à ce sujet.

La base d’al-Mafraq se trouve pratiquement aux limites de Dar’a (ville du sud-ouest de la Syrie proche des frontières avec la Jordanie, le Liban et Israël). Beaucoup d’actions sont en cours à Dar’a actuellement - un épicentre du mouvement anti-Président Bashar al-Assad. Selon l’agence d’informations syrienne, Sana, des forces de sécurité s’y font tuer régulièrement par des « bandes de terroristes ». Pour les « rebelles », ce sont des transfuges militaires patriotiques qui attaquent les voies d’approvisionnement militaires.

Passons au Plan B

En adoptant ce mouvement en tenailles, l’OTAN en Syrie diversifie désormais activement dans une stratégie des années quatre-vingt-dix en Iraq : soumettre la Syrie à un état de siège prolongé avant finalement d’y aller pour tuer.

Mais, bien que l’OTAN soit prête à invoquer Allah pour qu’il en soit autrement, la Syrie n’est pas la Libye. Elle est beaucoup plus petite et compacte, mais plus peuplée et avec une véritable armée aguerrie. En plus d’être immensément éloignés les uns des autres par l’euro-drame actuel, les Britanniques et la France, ancienne puissance coloniale, ont calculé qu’ils avaient tout à perdre économiquement à se lancer dans la folie d’une guerre conventionnelle.

Quant aux opposants inconditionnels syriens - le Conseil national syrien (CNS) -, c’est une plaisanterie. La plupart sont des Frères musulmans, avec un saupoudrage de Kurdes. Leur dirigeant, Burhan Ghalioun, est un opportuniste en exil à Paris, avec un zéro en crédibilité (pour le Syrien moyen) même si dans une récente interview dans le Wall Street Journal, il a multiplié les incantations pour apaiser le lobby pro-israélien (pas d’autres liens avec l’Iran, pas de soutien au Hezbollah au Liban ni au Hamas à Gaza).

L’ASL revendique 15 000 transfuges de l’armée. Mais elle est contaminée par des mercenaires et un grand nombre de civils syriens marqués comme bandes armées. Le CNS, en théorie, est contre la guérilla. Mais c’est exactement ce que pratique activement l’ASL en attaquant les soldats syriens et les bureaux du parti Baas.

La tactique première du CNS pour l’instant est de vendre à l’opinion occidentale l’idée de la « possibilité » d’un cauchemar du style libyen avec un massacre imminent à Homs. Il n’y en guère à y croire - à part les médias privés habituels, véhéments, douteux. Bien que tous deux soient basés à Istanbul, le Conseil national syrien et l’Armée syrienne libre ne semblent pas parvenir à des actions communes ; ils ressemblent à une version mortelle du film The Three Stooges (Les Trois Larbins).

Puis, il y a la Ligue arabe, désormais contrôlée par les Huit Larbins ; les six monarchies du CCG (Conseil de coopération du Golfe, autrement dit le Club de la Contre-révolution du Golfe), plus les « invités » au CCG, le Maroc et la Jordanie. Ces larbins sont les sous-traitants du Grand Moyen-Orient pour l’OTAN avec des stéroïdes (humanitaires). Personne, pour autant, se demande où se trouvaient ces larbins quand Beyrouth et le sud du Liban étaient démolis en 2006, et quand Gaza était démolie à son tour en 2008, dans les deux cas, par Israël. Les larbins n’osent pas remettre en cause les droits divins de l’axe USA/Israël.

Les tactiques de l’OTAN sont claires comme de l’eau de roche depuis un bon moment déjà. La France, sous le libérateur néo-napoléonien de la Libye, le Président Nicolas Sarkozy, se concentre sur une escalade au turbo-compresseur. En même temps, Paris tente de positionner l’escalade et la percée des Frères musulmans dans tout le monde arabe comme répondant à un intérêt stratégique occidental - comme si elles limitaient l’influence iranienne.

Puis, il y a encore le blocus économique dans la durée - impossible sans la coopération de l’Irak (ce qui n’arrivera pas), du Liban (ce qui n’arrivera pas) et de la Jordanie (ce qui pourrait arriver, mais au détriment de la Jordanie).

Mais ce qui fait saliver l’OTAN c’est vraiment de pousser la Turquie à faire le sale boulot.

Irrémédiablement déchirés comme ils le sont, les pays de l’OTAN - dont les États-Unis - ne peuvent tout simplement pas lancer une nouvelle guerre au Moyen-Orient qui ferait exploser le prix du pétrole. Ce que l’OTAN ne peut mesurer, c’est la possibilité d’une guerre sectaire sunnnite-chiite ré-éclatant en Iraq. Dans ce cas, le seul refuge serait le Kurdistan iraquien. Et cela permettrait de renforcer l’unité des Kurdes - d’Iraq à la Syrie, de la Turquie à l’Iran. La Turquie dans cette affaire aurait d’autres chats à fouetter que de se trouver mêlée dans une guerre en Syrie.

Le double jeu de la Turquie

 

Le "libérateur" néo-napoléonien de la Libye.

Et pourtant, le grand impondérable dans cet échiquier complexe, c’est la Turquie - comme dans ce qui s’est passé précisément avec sa politique étrangère tant louée du « zéro problème avec nos voisins », élaborée par le ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu.

Face à l’impuissance de Ryad, et au désarroi du Caire, Ankara semble avoir accaparé le pouvoir de la direction sunnite - ou le rôle de gardien de l’orthodoxie sunnite face aux hérétiques chiites, la plupart venant d’Iran (mais aussi ceux d’’Iraq, les alaouites de Syrie et le Hezbollah).

Dans le même temps, pour plaire à l’OTAN et aux USA, Ankara a permis le déploiement d’une défense antimissile sur son territoire - dirigée pas seulement contre l’Iran mais surtout contre la Russie. Sans parler qu’Ankara nourrit le désir secret - et interdit - de « régler » pour de bon le problème kurde en instaurant une zone autonome sur le territoire syrien.

Et Ankara veut aussi faire de l’argent ; les gagnants en Libye sont les intérêts pétroliers britanniques et français, tandis que les perdants en sont les Italiens et les Turcs. Mais jusqu’ici, la Turquie est aussi perdante, surtout dans la province du Hatay près de la frontière syrienne, avec l’annulation d’un accord de libre-échange entre les deux pays.

Au désespoir de l’Occident, le régime Assad est loin d’être étranglé. Pour contrer cet imposant paquet de sanctions de la Ligue arabe et de la Turquie, le régime a accéléré son commerce avec la Chine - par du troc et en contournant le système financier international.

Pas étonnant que Washington ait choisi l’approche à long terme. Il a renvoyé à Damas son ambassadeur Robert Ford - l’ancien assistant du sinistre déstabilisateur du Nicaragua, John Negroponte, alors qu’il était ambassadeur à Bagdad, et actuel passionné de la contre-révolution de la Maison des Saoud.

Ford va avoir beaucoup de temps pour échanger des courriels avec l’opposition syrienne en totale connivence avec l’ancienne puissance coloniale française. A propos de festival de larbins ; c’en est un celui-là qui va bondir pour tailler sa propre niche dans les annales de l’infamie au Moyen-Orient.
Note :

1)     - voir l’article : Foreign Troops Begin to Spread Near the Villages of Al-Mafraq

2)     écouter (en anglais) l’entretien avec le journaliste syrien Nizar Nayouf.
samedi 17 décembre 2011 - 06h:50

Pepe Escobarest l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007) et Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge. Son dernier livre vient de sortir ; il a pour titre : Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009).

Pepe Escobar**

samedi 17 décembre 2011

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=11551


Andreï Fediachine :L'avenir de la Libye sans Kadhafi.

L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction

Kadhafi avait promis de mourir pour la Libye et son pétrole. Il semblerait que cela se soit produit le 20 octobre, soit six mois après le début le 19 mars de la "pacification humanitaire" de la Libye, c’est-à-dire l’opération de l’OTAN dont l'objectif était de créer une zone d’exclusion aérienne dans le pays.
Les informations sur les derniers instants de la vie de Mouammar Kadhafi sont complètement contradictoires. Mais à en croire les représentants du Conseil national de transition libyen, le colonel est mort des suites de ses blessures près de Syrte (sa ville natale), d’où il tentait de fuir après la prise de la ville par les rebelles.
Il est à noter que l’ancien dirigeant de la Libye et dictateur n’est pas du tout mort dans un combat contre les rebelles, mais suite à une "frappe chirurgicale" de l’aviation de l’OTAN.
Il s’avère que l’Alliance a mis un point là où elle n’avait pas le droit de le faire: personne n’avait autorisé l’OTAN à pourchasser Kadhafi et à bombarder les environs de la ville de Syrte assiégée par les rebelles de tous les côtés.
Les problèmes de la Libye ne font que commencer

Si toutes les guerres civiles ou les malheurs d’un pays se terminaient avec l’élimination de son tyran et dictateur, la Libye pourrait déjà être considérée comme totalement libre. D’ailleurs, selon les normes africaines, la guerre a été très courte. Les premières manifestations ouvertes contre Kadhafi ont commencé le 15 février 2011. Depuis son arrivée au pouvoir, le 1er septembre 1969, Kadhafi a tenu 42 ans, 1 mois et 20 jours.
Il est incroyable de voir comment le pouvoir absolu change un homme. Entre le capitaine Mouammar Kadhafi, organisateur du coup d’Etat de 1969, et le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi au moment de la révolte en février 2011, la différence est telle qu’on croirait difficilement qu’il s’agit de la même personne. Kadhafi version 2011 avait sa place dans un cirque: un dictateur presque vaudevillesque dans un uniforme d’opérette couvert d’or et de paillettes. C’est ce à quoi Michael Jackson aurait pu ressembler s’il avait vécu jusqu’à 69 ans.
Comme beaucoup de tyrans qui ont commencé comme Robin des Bois et/ou comme des libérateurs, Kadhafi a connu tous les stades de la métamorphose, du chef de la révolution courageux et adoré, au pitre dégénéré, narcissique et cruel.
Si la fin de la révolution marquait la fin de tous les problèmes d'un pays, la Libye pourrait déjà être considérée comme ayant plongé dans le bonheur. Malheureusement, les problèmes ne font que commencer.

L’élimination de Kadhafi ne marque pas le début de la démocratie

Et il ne s’agit pas personnellement de Kadhafi. Depuis longtemps plus personne n’éprouvait de sympathie pour lui. Mais ce qui s’est produit, ce qui se produit et se produira en Libye pourrait considérablement changer la situation en Afrique du Nord et dans toute la région arabe et proche-orientale. Pas demain ou dans une semaine. Dans un avenir cependant relativement proche.
L’exportation de la démocratie par le biais de l’OTAN n’est pas vraiment ce que les arabes attendaient. Ou ce à quoi ils étaient prêts. Sur un plan géopolitique l’intervention de l’OTAN a changé beaucoup de choses. Et plutôt en mal.
Beaucoup de choses ont été dites sur la résolution 1973 tristement célèbre du Conseil de sécurité des Nations Unies. La Russie a cédé aux instances des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France de la respecter, alors qu'il était clair depuis le début que ce document allait être interprété de manière très large.
Ce n’est pas une grande perfidie en soi. Les résolutions de l’ONU sont toujours élaborées de manière si habile qu’il est possible de les détourner. Les avocats rusés peuvent les étirer dans n’importe quel sens, et de manière si large que l’élément clé devient imperceptible. La résolution 1973 en est un parfait exemple. Et une bonne leçon.
Le veto de la Chine et de la Russie contre une résolution similaire sur la Syrie (cette fois sans l’exclusion aérienne) est la première réponse à de tels mensonges. Les différends au sein du Conseil de sécurité n’apporteront rien de bon. Mais l’OTAN et l’Occident ne peuvent que s’en prendre à eux-mêmes.

Le scénario afghan se répète

Mais ce n’est pas le pire. Il n’existe aucun pouvoir ou parti uni qui pourrait pendre le pouvoir en Libye. Ce n’est pas quelque chose d’incroyable pour les pays qui viennent de vivre une période aussi turbulente de leur histoire.
Le danger se cache ailleurs. C’est le paradoxe de la guerre libyenne auquel peu de gens accordent de l’attention.
Depuis que l’Occident a de nouveau changé d'attitude envers Kadhafi, qui depuis 2003 s’était transformé en allié, ni les Etats-Unis, ni le Royaume-Uni, ni l’Italie, ni la France (dans une moindre mesure) n’avaient jamais eu de meilleur allié pour lutter contre Oussama Ben Laden et Al-Qaïda que les services de renseignement libyens. Tout le travail de renseignement et la majeure partie des informations passaient par la Libye ou venait de Tripoli.
Il s’avère que l’OTAN a bombardé son principal partenaire dans une guerre invisible contre le mal absolu de notre époque – le terrorisme international.
Seule une minorité perçoit également une autre particularité de la guerre civile en Libye. Ou plutôt de la guerre des troupes rebelles rafistolées soutenus par les forces de l’OTAN contre l’armée de Kadhafi. En fait, la majeure partie des forces rebelles, environ 80%, sans parler de leur noyau, ce sont des islamistes radicaux, des Frères musulmans.
Le commandant militaire de Tripoli Abdelhakim Belhaj en est un parfait exemple. Il jouit d'une grande notoriété, il prétend aux postes clés dans le gouvernement et ne cache pas son aversion pour le CNT actuel. Qui plus est, pour les patrons de l’OTAN.
Abdelhakim Belhaj est le numéro un du Groupe islamique combattant libyen (GICL), classé comme organisation terroriste par Washington. Il a été à une époque retrouvé en Malaisie par le MI6 britannique, remis à la CIA puis… au colonel Kadhafi. Il a passé 7 ans en prison, où il était torturé en permanence. Il a été également interrogé par les officiers de la CIA et du MI5, et rien n’a été fait pour le libérer.
De la même manière les Etats-Unis et la Grande-Bretagne "étaient aux petits soins" pour les talibans au début de leur existence au Pakistan. On connaît le résultat. Hélas, il y a beaucoup de similitudes avec la Libye.
Les révolutions sont des substances dangereuses et elles doivent être stoppées. C’est indiscutable. Au Moyen-Orient, elles sont d’autant plus dangereuses: le pétrole, le gaz, le canal de Suez, le conflit israélo-palestinien, la guerre en Irak et en Afghanistan… La révolution libyenne sera peut-être le dernier changement par la force d’un mauvais régime. Mais le problème est de savoir quel régime le remplacera.
La démocratie et la stabilité ont été aux pôles opposés dans les pays du Maghreb et du Moyen-Orient. Et encore si on permettait à la démocratie de poindre à l’horizon – c’est une chose rare pour les pays du Maghreb, à l’exception de l’Algérie démocratique.
Quant au pétrole, c’est un thème à part de la discussion sur l’avenir de la Libye…

Andreï Fediachine

Vendredi 21 octobre 2011
L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction

 RIA Novosti

http://fr.rian.ru/...



1 Médias & Manipulation de l’opinion/ Vidéos

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 Vidéo : Missiles : Rasmussen « très déçu » par la réaction de Moscou.

Manlio Dinucci - Tommaso Di Francesco 

Samedi 26 novembre 2011

http://www.voltairenet.org/Missiles-Rasmussen-tres-decu-par


 
 

1-2 Vidéo : La guerre humanitaire

Video : http://laguerrehumanitaire-lefilm.tumblr.com/reactionsfr

 
 

1-3 Thierry Meyssan :Guerre médiatique : Mensonges et vérités sur la Syrie.

En 1999, lors de la guerre du Kosovo, le Réseau Voltaire s’indigna de ce que la France puisse entrer dans le conflit aux côtés de l’OTAN sans vote de l’Assemblée nationale avec la complicité passive des présidents de groupes parlementaires. Nous considérâmes que le refus du président de la République et du Premier ministre d’organiser un authentique débat augurait de l’opacité avec laquelle cette guerre serait conduite. Aussi, nous prîmes l’initiative de publier un bulletin quotidien sur le conflit. Les sites internet du gouvernement serbe ayant été immédiatement détruits par l’Alliance atlantique, nous ne pouvions avoir accès à la version serbe des événements. À défaut, nous avons souscrit des abonnements aux agences de presse de la région (croate, bosniaque, grecque, chypriote, turc, hongroise etc. ). Tout au long du conflit, nous avons présenté chaque jour un résumé de la conférence de presse de l’OTAN à Bruxelles et un résumé du témoignage des journalistes des pays riverains ; des pays ayant parfois de lourds contentieux avec la Serbie, mais dont les gouvernements partageaient entre eux une même narration des événements. Au fur et à mesure du temps qui passait, la version de l’OTAN et celle des journalistes locaux s’écartèrent jusqu’à ne plus avoir aucun point commun. À la fin, il s’agissait de deux histoires radicalement différentes. Nous n’avions aucun moyen de savoir qui mentait et si l’une des deux sources disait vrai. Nos lecteurs avaient l’impression de devenir schizophrènes, d’autant que les médias ouest-européens ne relayaient que la version de l’OTAN et que, par conséquent, nos lecteurs n’étaient confrontés aux deux versions parallèles qu’en nous lisant. Nous avons continué cet exercice de style durant les trois mois de combats. Lorsque les armes se sont tues et que des confrères et des amis ont pu se rendre sur place, ils ont constaté avec stupeur qu’il n’y avait pas eu « de la propagande des deux côtés ». Non : la version de l’OTAN était entièrement fausse, tandis que celle des journalistes locaux était entièrement vraie. Dans les mois qui suivirent, des rapports parlementaires dans plusieurs États membres de l’Alliance établirent les faits. Plusieurs ouvrages parurent sur la méthode mise au point par le conseiller en communication de Tony Blair qui permit à l’OTAN de manipuler la totalité de la presse occidentale : le « story telling ». Il est possible d’intoxiquer la totalité des journalistes occidentaux et de leur masquer les faits, si on leur raconte un conte pour enfants, à la condition de ne jamais interrompre la narration, de la charger de références réveillant de lointaines émotions, et de lui conserver sa cohérence.

 

Je n’avais pas eu le réflexe de courir en Serbie avant la guerre et je n’ai pas pu le faire lorsque les armes parlèrent. Par contre, ami lecteur, je suis aujourd’hui en Syrie où j’ai pris le temps d’enquêter et où j’écris cet article. C’est en pleine connaissance de cause que je peux affirmer que la propagande de l’OTAN est aujourd’hui en action à propos de la Syrie comme elle le fut à propos de la Serbie.

 

L’Alliance a commencé à raconter une histoire déconnectée de la réalité, dont le but est de justifier une « intervention militaire humanitaire », selon l’oxymore blairien. Le parallèle s’arrête là : Slobodan Milosevic était un criminel de guerre que l’on cherchait à présenter comme un criminel contre l’humanité pour pouvoir dépecer son pays ; Bachar el-Assad est un résistant à l’impérialisme et au sionisme qui a soutenu le Hezbollah lorsque le Liban était attaqué et soutient le Hamas et le Jihad islamique dans leur quête pour la libération de la patrie palestinienne.

 

Quatre mensonges de l’OTAN
 1. Selon l’OTAN et ses alliés du Golfe, des manifestations de masse auraient lieu depuis huit mois en Syrie pour réclamer plus de libertés et le départ du président Bachar el-Assad.

 

C’est faux. Il y a bien eu, dans quelques villes des manifestations contre le président Bachar el-Assad à l’appel de prédicateurs saoudiens et égyptiens s’exprimant sur Al-Jazeera, mais elles n’ont rassemblé au total, au grand maximum, que 100 000 personnes. Elles ne réclamaient pas plus de libertés, mais l’instauration d’un régime islamique. Elles exigeaient le départ du président el-Assad, non pas à cause de sa politique, mais parce que ces manifestants se réclament d’un courant sectaire du sunnisme, le takfirisme, et accusent Bachar el-Assad d’être un hérétique (il est alaouite) usurpant le pouvoir dans un pays musulman qui, selon eux, ne peut être gouverné légitimement que par un sunnite de leur école théologique.

 

 2. Selon l’OTAN et ses alliés du Golfe, le « régime » aurait répondu en dispersant les foules par des tirs à balles réelles, faisant au moins 3 500 morts depuis le début de l’année.

 

C’est faux. D’abord, il ne peut pas y avoir de répression de manifestations qui n’ont pas existé. Ensuite, dès le début des événements, les autorités ont compris que l’on cherchait à provoquer des affrontements confessionnels dans un pays où la laïcité est la colonne vertébrale de l’État depuis le VIIIe siècle. Le président Bachar el-Assad a donc interdit aux forces de sécurité, polices et armée, de faire usage d’armes à feu dans toute circonstance où des civils pourraient être blessés. Il s’agit d’empêcher que des blessés, voire des morts, de telle ou telle confession, soient instrumentés pour justifier une guerre de religion. Cette interdiction est respectée par les forces de sécurité au péril de leur vie, comme nous le verrons plus loin. Quant aux morts, ils sont moitié moins nombreux. La plupart ne sont pas des civils, mais des soldats et des policiers, ainsi que j’ai pu le constater en visitant des hôpitaux et morgues civils et militaires.

 

 3. Après que nous ayons réussi à briser le mur du silence et à obtenir que de grands médias occidentaux rapportent la présence en Syrie d’escadrons de la mort venus de l’étranger, tendant des embuscades contre l’armée, et assassinant des civils au cœur des villes, l’OTAN et ses alliés du Golfe ont communiqué sur la présence d’une armée de déserteurs. Selon eux, des militaires (mais pas de policiers) qui auraient reçu l’ordre de tirer sur la foule se seraient rebellés. Ils auraient pris le maquis et constitué l’Armée syrienne libre, déjà forte de 1 500 hommes.

C’est faux. Les déserteurs ne sont que quelques dizaines, ayant fui en Turquie où ils sont encadrés par un officier du clan Rifaat el-Assad/Abdel Hakim Khaddam publiquement lié à la CIA. Il y a par contre de plus en plus d’insoumis, de jeunes gens qui refusent de faire leur service militaire, souvent plus sous la pression de leur famille que par décision personnelle. En effet, les militaires qui se trouvent pris dans une embuscade n’ont pas le droit de faire usage de leurs armes à feu pour se défendre si des civils se trouvent sur les lieux. Ils doivent donc faire le sacrifice de leur vie s’ils ne parviennent pas à fuir.

 

 4. Selon l’OTAN et ses alliés du Golfe, le cycle révolution/répression aurait laissé la place à un début de « guerre civile ». 1,5 million de Syriens, pris au piège, souffriraient de la faim. Il conviendrait donc d’organiser des « couloirs humanitaires » pour acheminer une aide alimentaire et permettre aux civils qui le souhaitent de fuir les zones de combat.

 

C’est faux. Au regard du nombre et de la cruauté des attaques par les escadrons de la mort venus de l’étranger, les déplacements de population sont peu nombreux. La Syrie est autosuffisante en matière agricole et la production n’a pas baissé de manière significative. Par contre, la plupart des embuscades ayant lieu sur les grands axes routiers, ceux-ci sont fréquemment interrompus. En outre, lorsque des attaques ont lieu au centre des villes, les commerçants ferment immédiatement leurs boutiques. Il en résulte de graves problèmes de distribution, y compris en matière d’alimentation. Le fond du problème est ailleurs : les sanctions économiques ont provoqué un désastre. Alors que la Syrie avait au cours de la décennie une croissance de l’ordre de 5 % par an, elle ne peut plus vendre ses hydrocarbures en Europe occidentale tandis que son industrie touristique est sinistrée. Beaucoup de gens ont perdu leur emploi et leurs revenus. Ils font des économies sur tout. Le gouvernement les prend en charge et procède à des distributions gratuites de mazout (pour le chauffage) et de nourriture. Dans ces conditions, il conviendrait plutôt de dire que si le gouvernement el-Assad n’intervenait pas, 1,5 million de Syriens souffriraient de malnutrition du fait des sanctions occidentales.

 

En définitive, alors que nous n’en sommes au stade que de la guerre non conventionnelle, avec l’envoi de mercenaires et de forces spéciales pour déstabiliser le pays, la narration par l’OTAN et ses alliés du Golfe s’est déjà considérablement éloignée de la réalité. Ce fossé va se creuser de plus en plus.

 

Pour ce qui vous concerne, ami lecteur, vous n’avez aucune raison de me croire plus que l’OTAN, n’étant pas vous-même sur place. Vous avez cependant plusieurs éléments qui devraient vous mettre la puce à l’oreille

 

Quatre évidences soigneusement cachées par l’OTAN

 1. On pourrait croire que les imputations sur la prétendue répression et sur le nombre de victimes ont été soigneusement vérifiées. Pas du tout. Elles ne proviennent que d’une seule et même source : l’Observatoire syrien des Droits de l’homme, basé à Londres, dont les responsables requièrent l’anonymat. Que valent des accusations de cette gravité si elles ne sont pas recoupées et pourquoi des institutions comme le Haut-Commissariat des Droits de l’homme de l’ONU les reprennent-elles sans les vérifier ?

 

 2. La Russie et la Chine ont opposé leur veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité ouvrant la voie à une intervention militaire internationale. Les responsables politiques de l’OTAN nous expliquent, désolés, que les Russes protègent leur base navale militaire de Tartous et que les Chinois feraient n’importe quoi pour racler quelques barils de pétrole. Devons-nous accepter l’idée manichéenne que Washington, Londres et Paris sont guidés par de bons sentiments tandis que Moscou et Pékin seraient essentiellement égoïstes et insensibles au martyre d’un peuple ? Comment ne pas remarquer que la Russie et la Chine ont bien moins d’intérêt à défendre la Syrie que les Occidentaux n’en ont à la détruire ?

 

 3. Il y a une certaine étrangeté à observer la coalition des États soi-disant bien intentionnés. Comment ne pas remarquer que les deux principaux contributeurs de la Ligue arabe et promoteurs de la « démocratisation » de la Syrie, l’Arabie saoudite et le Qatar, sont des dictatures vassales des États-Unis et du Royaume-Uni ? Comment ne pas se demander si les Occidentaux —qui viennent de détruire successivement l’Afghanistan, l’Irak et la Libye, tuant plus de 1,2 million de personnes en dix ans et montrant le peu de cas qu’ils font de la vie humaine— sont bien crédibles en brandissant l’étendard humanitaire ?

 

 4. Surtout, pour ne pas se laisser manipuler à propos des événements en Syrie, il convient de les replacer dans leur contexte. Pour l’OTAN et ses alliés du Golfe —dont les armées ont envahi le Yémen et le Bahrein pour y écraser les manifestations dans le sang—, la « révolution syrienne » est le prolongement du « printemps arabe » : les peuples de la région aspirent à la démocratie de marché et au confort de l’American Way of Life. Au contraire, pour les Russes et les Chinois, comme pour les Vénézuéliens ou les Sud-Africains, les événements de Syrie sont la continuation du « remodelage du Moyen-Orient élargi » annoncé par Washington qui a déjà fait 1,2 million de morts et que toute personne soucieuse de la vie humaine se doit d’arrêter. Ils se souviennent que le 15 septembre 2001, le président George W. Bush programma sept guerres. La préparation de l’attaque de la Syrie débuta officiellement le 12 décembre 2003 avec le vote du Syrian Accountability Act dans la foulée de la chute de Bagdad. Depuis ce jour, le président des États-Unis —aujourd’hui Barack Obama— a pour ordre du Congrès d’attaquer la Syrie et est dispensé de venir devant les assemblées pour ouvrir le feu. Dès lors, la question n’est pas de savoir si l’OTAN a trouvé une divine justification pour entrer en guerre, mais si la Syrie trouvera un moyen de se sortir de cette situation comme elle est parvenue à échapper à toutes les accusations diffamatoires et à tous les pièges précédents, tel que l’assassinat de Rafik Hariri ou le raid israélien contre une imaginaire centrale nucléaire militaire.

 

Des médias mainstream occidentaux témoignent
Au terme de cet article, je voudrais vous indiquer, ami lecteur, que le Réseau Voltaire a facilité un voyage de presse organisé à l’initiative du Centre catholique d’information des chrétiens d’Orient, dans le cadre de l’ouverture aux médias occidentaux annoncée par le président el-Assad à la Ligue arabe. Nous avons aidé des journalistes mainstream à voyager dans les zones de combat. Nos collègues ont d’abord mal vécu notre présence à leurs côtés, à la fois parce qu’ils avaient un a priori négatif à notre égard et parce qu’ils pensaient que nous cherchions à leur bourrer le crâne. Par la suite, ils ont pu constater que nous sommes des gens normaux et que le fait de choisir notre camp ne nous a pas fait renoncer à notre esprit critique. En définitive, bien qu’ils soient intimement persuadés de la bienveillance