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31/03/2012

n°107 - Journal des Guerres de l'Otan.- du 10-03 – au 30-03 -: - L'OTAN veut faire oublier ses crimes. -


n°107 - Journal des Guerres de l'Otan.- du 10-03 – au 30-03 -: - L'OTAN veut faire oublier ses crimes. -



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



  Journal des Guerres de l'Otan.  

n° 10- 30-09

            C.De Broeder & M.Lemaire     



Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

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e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part :  Nato Game Over

1 Politique 

1-1  René Naba : Bernard Henri Lévy : Homme de son temps ou Homme de l’Otan?

2 Dans les coulisses & sur le  terrain

2-1 Philip Giraldi : L’OTAN contre la Syrie

3 Les brèves

3-1  Russie : Bouclier antimissile: Medvedev réclame des garanties

4 Dossiers

4-1 Imad Fawzi Shueibi : Moscou et la formation du Nouveau Système Mondial.

4-2  L’OTAN veut faire oublier ses crimes.

4-3 Ghaleb Kandil : Les raisons profondes du soutien russe à la Syrie.



Tiré à part :

Nato Game Over

L'OTAN, la machine de guerre la plus grande du monde, a évolué d'une alliance militaire défensive à une alliance essentiellement agressive.

L'OTAN met continuellement de l'huile sur le feu. Sous le masque du principe 'Responsibility to protect', l'OTAN a attaqué la Libye en vue de forcer un changement de régime. Cette intervention n’a fait qu’aggraver le conflit, causant des milliers de victimes. L'industrie d'armement applaudit. L'intervention de l'OTAN en Afghanistan a ruiné le pays en le poussant vers une guerre civile dont personne n’en voit la fin. On y compte des milliers de victimes. Après plus de dix ans d’occupation de l’OTAN, certains pays de la coalition ont annoncé leur planning de retrait de leur force armée pour les années à venir. Toutefois, une présence militaire permanente est prévue. Pourtant, de hauts responsables militaires avouent que jusqu'à présent aucun résultat probant n’a été atteint.
Bien que les armes nucléaires devaient disparaître, l'OTAN entretient toujours un arsenal à sa disposition dans cinq pays européens, ce qui constitue un obstacle évident au procesus de désarmement nucléaire mondial, mais pousse avant tout d'autres pays à devenir une puissance nucléaire à leur tour. A une époque de diminutions drastiques des dépenses pour la sécurité sociale, les pays de l'alliance investissent des millions dans un système anti-missiles, soit-disant comme défense contre des menaces fictives.
Un club sélect de 28 pays aisés qui interviennent partout dans le monde de manière militaire suivant ses intérêts, qui possède des armes nucléaires et est prêt à les utiliser en premier, est un danger pour le paix mondiale.

27 mars 2012

Plus d'infos sur l'action : Nato Game Over



1 Politique 

Dans les coulisses 

1-1 René Naba : Bernard Henri Lévy : Homme de son temps ou Homme de l’Otan?

Extrait

Mutique en Palestine comme auparavant à propos des pétromonarchies arabes du Golfe, actif néanmoins contre l’Iran et la Syrie, signant par la même et son alignement atlantiste et son engagement sioniste.

A propos de l'Auteur :René Naba

Ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse, ancien conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen orient, chargé de l’information.

Rene Naba est l’auteur des ouvrages suivants :

"De notre envoyé spécial, un correspondant sur le théâtre du monde" Editions l’Harmattan Mai 2009

"La Libye, la révolution comme alibi" Editions du Cygne septembre 2008

 

«Il y a un précédent d’un écrivain français déclenchant une guerre, c’est celui de Chateaubriand. Chateaubriand ou Malraux». Bernard Henry Lévy, in «La guerre sans l’aimer», Edition Grasset- Novembre 2011, récit de l’exposition médiatique du philosophe au printemps 2011 en Libye.

André Malraux côtoyait De Gaulle et murmurait à l’oreille du cheval. Il tonnait le verbe, commandait l’action, catapultait l’enthousiasme. Bernard Henry Lévy, son De Gaulle à lui,…. C’est Moustapha Abdel Jalil, le ministre tortionnaire de la Justice de Kadhafi, l’ordonnateur des exécutions des activistes libyens et de l’incarcération des infirmières libyennes. Il tutoie Nicolas Sarkozy, se contorsionne sur les plateaux de télévisons et verrouille de son promontoire éditorial le réseau de ses laudateurs.

Chacun son style. Chacun conforme à sa dimension, conforme l’auditoire à ses ambitions.

Entre l’homme d’action et le rhéteur mondain, il existe une différence d’échelle, celle qui distingue un homme de légende d’un successeur présomptueux, celle qui démarque un personnage historique, d’un nouveau philosophe en quête septuagénaire d’une gloire narcissique (1).

Commandant de l’escadrille España en 1936-1937, commandant de la brigade Alsace-Lorraine en 1944-1945, engagé volontaire au sein des brigades internationales, Malraux, légendaire colonel Berger, vivra au quotidien sa «condition humaine». Avec panache, face aux Spitfire allemands dans le ciel de la guerre d’Espagne, pour la défense de la République face au fascisme, pour la mémoire du philosophe Miguel De Unamuno, Recteur de l’université de Salamanque assassiné par les franquistes (2). Pour «l’Espoir» (3). Dans les Vosges, en Alsace en soutien à la première armée française pour la prise de Dannemarie, de Strasbourg et de Colmar. Dans les rangs des partisans, sur le plateau des Glières face à l’une des premières divisions cuirassées de l’empire hitlérien, la division Das Reich.

Sa règle de vie, le philosophe du botulisme l’a officialisée dans son œuvre majeure, «La Règle du Je». Egotique et prémonitoire règle -«du jeu» ?- qui déploie mensuellement la fatuité vaniteuse du plus en vue des chroniqueurs plagiaires germanopratins (4).

I- La Libye, point d’évacuation du contentieux para matrimonial entre Nicolas Sarkozy et Bernard Henri Lévy

La Libye, sa 4eme tentative pour forcer les portes du Panthéon médiatique, aura été la bonne. En Afghanistan, sa rencontre imaginaire avec le Commandant Massoud Shah l’avait couvert de ridicule. En Bosnie, son œuvre cinématographique a sombré dans la platitude. En Géorgie, sa couverture des hostilités, loin du champ de bataille, débusqué aux arrières des lignes, achèvera de le discréditer en même temps que ses papiers d’un genre nouveau sur le plan journalistique, le tourisme de guerre.

La Libye fut sa bouée de sauvetage, sa planche de salut. 42 ans d’un règne calamiteux et abusif, un soulèvement populaire arabe prenant de revers l’ensemble de la doxa officielle occidentale, la volonté de revanche d’un orgueil bafoué par les plus récents hôtes obséquieux d’un dictateur erratique, le rêve de grandeur d’un président calamiteux à la recherche d’un trophée compensatoire à la brillante prestation diplomatique onusienne lors de la guerre d’Irak de son preux contestataire qu’il promettait de pendre aux «crocs d’un boucher», les appétits aiguisés par l’or noir d’Européens en période de crise endémique de l’endettement occidental…. La cause était entendue, la proie facile.

La Libye fut son Austerlitz, sans son soleil. Sous le regard amusé des téléspectateurs de la planète, L’homme sera publiquement écarté à deux reprises de la tribune d’honneur célébrant les festivités de la victoire, lors de la visite à Benghazi, du tandem franco anglais David Cameron-Nicolas Sarkozy.

La Libye sera aussi L’Austerlitz de son interlocuteur: Nicolas Sarkozy. La Libye sera, de fait, le point d’évacuation du contentieux para matrimonial entre Nicolas Sarkozy et Bernard Henri Lévy, entre l’époux de la «chipeuse» et le père de la victime (5).

Sur les malheurs du peuple libyen, Nicolas Sarkozy a en effet scellé sa réconciliation avec le théoricien de la guerre humanitaire, purgeant un contentieux souterrain para matrimonial, à la faveur d’un indécent ballet diplomatique, couvrant de ridicule la France, en contournant le nouveau ministre des Affaires étrangères, le gaulliste Alain Juppé, supposé restaurer le prestige terni de la diplomatique française.

«Juppé… On se souvient de la façon dont il s’est conduit au moment de la Bosnie, puis du Rwanda, il sera forcément contre cette histoire libyenne. Il ne serait pas Juppé s’il n’était pas contre. Si je peux me permettre un conseil: tout faire depuis ici, à travers la cellule diplomatique, et ne rien dire à personne -garder le secret, même pour Juppé», chuchotera l’intrigant à l’oreille présidentielle complaisante, ravie de jouer un mauvais tour au «meilleur des compagnons chiraquiens».

Instrumentalisant l’opposition libyenne sur fond de gesticulation médiatique, au risque de la délégitimer, au risque de replacer le peuple libyen sous la tutelle de pays occidentaux qui se sont forts peu préoccupés de sa liberté sous la mandature Kadhafi, le tandem Sarkozy BHL a fait du théâtre libyen une kermesse, distribuant des satisfactions d’amour propre aux principautés pétrolières en compensation de gracieusetés dont elle a bénéficié de sa part. L’implication d’un des chefs de file majeur de la stratégie médiatique israélo-américaine sur le théâtre européen dans le changement démocratique en Libye a bridé l’adhésion populaire arabe à l’opposition anti Kadhafi et quelque peu obéré sa crédibilité.

Sautant d’avion en avion du Caire à Benghazi, monopolisant les plateaux de télévision pour glaner les lauriers de sa diplomatie volante, usant pour ce faire d’audaces verbales, Bernard Henry Lévy, échevelé, livide au milieu des tempêtes, se démasquera sur le point focal de sa pensée médiatique: le problème palestinien.

La réconciliation inter palestinienne, sous l’égide de l’Egypte post Moubarak, fera l’effet d’une catharsis sur le personnage, le plongeant dans une rage folle en ce qu’elle constituait une menace pour Israël. Une charge véhémente de haine recuite, laissant s’échapper, sous des dehors policé, sa grossièreté légendaire: «Ah! Les cons» (sur un Munich palestinien) Mais comment peut-on être aussi «con»?, s’exclamera-t-il dans les colonnes de sa revue «La Règle du jeu», dont l’écho dupliqué sera repris par l’hebdomadaire «Le Point».

Quant à son nouveau compère présidentiel, il usera de l’esbroufe pour récupérer, à tout le moins médiatiquement, les révolutions arabes dans une honteuse tentative de son entourage visant à accréditer l’idée d’une France en symbiose avec les meneurs de la révolution arabe, alors qu’elle révélera la confusion mentale des dirigeants français.

Détail piquant, l’opération a été menée par Valérie Hoffenberg, proche collaboratrice du chef de l’état français et dirigeant de l’«American Jewish Committee», en somme la personne la moins indiquée pour une telle tentative en ce qu’elle symbolisait mieux que tout la connivence de Nicolas Sarkozy avec le lobby pro-israélien.

Dans une démarche d’une prétentieux invraisemblable, la responsable tentera d’inviter les jeunes meneurs de la révolution égyptienne pour une session de formation aux rouages de la démocratie française, se faisant vertement rabrouer, comme auparavant avant elle Hilary Clinton, en personne, la secrétaire d’état américain.

Le récit de cette pitoyable aventure a été publié dans la revue «Inrokuptibles» vendredi 13 Mai 2011, sous le titre «Comment les héros de la révolution égyptienne ont jeté l’UMP».

Le projet de «former les Egyptiens à la démocratie», alors que les Egyptiens venaient de mener l’une des premières révolutions pacifiques du XXI me siècle, par des moyens les plus démocratiques, révèle à tout le moins la désinvolture française, sinon la morgue de ses dirigeants, si préjudiciable au bon renom de la France, qui explique une part de son collapsus.

 

II- Le Darfour, un contre feu médiatique à Gaza-Palestine

La souffrance, pour cet ancien conseiller de la candidate socialiste aux élections présidentielles françaises, Ségolène Royal, relève d’une construction intellectuelle et constitue la marque d’un tropisme sélectif occidental à l’égard de l’Islam, la tendance dominante de l’intelligentsia parisienne. Un tropisme qui conduira en France chaque notabilité intellectuelle à disposer de sa minorité protégée, comme la marque de la bonne conscience chronique de la mauvaise conscience, comme une sorte de compensation à son trop grand désintérêt pour les Palestiniens, compensant son hostilité aux revendications du noyau central de l’Islam, la Palestine et le Monde arabe, par un soutien à l’Islam périphérique.

Il en est ainsi du philosophe André Glucksmann pour les Tchétchènes, quand bien même son nouvel ami le président Nicolas Sarkozy, est devenu le meilleur ami occidental du président russe Vladimir Poutine. Ill en est aussi de Bernard Kouchner, pour les Kurdes, ces supplétifs des Américains dans l’invasion de l’Irak, pour le Darfour, le Biafra et la Birmanie.
Au point qu’un journaliste anglais Christopher Caldwell en déduira dans la prestigieuse revue London Review of Books que cette prédilection pour les zones pétrolifères stratégiques de «l’humanitarisme transfrontière asservit les intérêts de la politique étrangère française à ceux des Etats-Unis et que l’humanitarisme militarisé du transfuge néo sarkozyste n’est qu’une forme de néo conservatisme larvé».

Il en est enfin de même de Bernard Henry Lévy, pour le Darfour, quand bien même son entreprise familiale est mentionnée dans la déforestation de la forêt africaine. Le fait de privilégier le Darfour et non l’enclave palestinienne de Gaza, -un cas de figure en tout point transposable à la province sécessionniste du sud Soudan-, trouverait sa justification médiatique et non morale par le fait que le Darfour a fait office de contre feu médiatique au prurit belligène d’Israël contre le Liban et la Palestine.

Nullement le fait du hasard le fait qu’une conférence sur le Darfour ait été convoquée en toute hâte, en juillet 20O6, à Paris, par Bernard Henry Lévy et Jacky Mamou, ancien dirigeant de «Médecins sans frontières», trois jours après le déclenchement de la guerre de destruction israélienne contre le Liban dans une tentative de détournement de l’opinion publique européenne sur les agissements israéliens à Beyrouth.

Contrairement à Gaza, sous blocus israélien depuis cinq ans, le Darfour a bénéficié d’une sur médiatisation sans rapport avec la réalité du drame humain qui s’y joue en raison vraisemblablement de sa conformité avec la stratégie de balkanisation de l’Afrique et du Moyen Orient et des liens de proximité entre Israël et M. Abdel Wahed Nur, chef de la Sudan Liberation Army (SLA), un proche de Bernard Kouchner.

Parangon du droit d’ingérence humanitaire, le tandem Kouchner Lévy a toujours prôné les interventions au Kurdistan, en Tchétchénie au Darfour, mais jamais en Palestine, particulièrement à Gaza où aucune aide gouvernementale française, humanitaire, médicale voire même alimentaire, n’y a été dépêchée après sa destruction par Israël, en janvier 2009, illustration caricaturale de l’instrumentalisation du Droit et de la Justice au service des visées hégémoniques du camp israélo-occidental. Au-delà de la Palestine, le Darfour sous tend la lutte d’influence que se livrent Chinois et Occidentaux pour la maitrise des sources d’énergie. S’éclairent dans cette optique les engagements successifs de BHL tant au Soudan qu’en Libye ou ailleurs (6).

 

III- Un atlantisme au service de son engament

L’homme qui menaçait de ses foudres le général Omar Al Bachir du Soudan, en mars 2007, promettant la victoire aux Darfouris, aura été mutique à un moment charnière de l’ingérence humanitaire, l’assaut naval israélien contre une flottille de pacifistes européens, en pleine zone maritime internationale, le 31 mai 2010, illustration symptomatique de ses dérives et de sa démagogie. En un mot de sa mystification.

Que n’a-t-il exigé, en ce moment-là, la levée du Blocus de Gaza comme celui du Darfour? Exigé le percement d’un corridor reliant l’enclave soudanaise à l’enclave palestinienne? Réclamé la comparution en justice des criminels israéliens avec la même vigueur qu’il réclamait celle des criminels soudanais? Sceller, en somme, dans l’ordre symbolique, et la communauté de destin des suppliciés de l’humanité, et la cohérence de son combat. Imprecator tout au long de sa carrière, l’homme s’est dévoilé Matamore en fin de carrière.

Mutique en Palestine comme auparavant à propos des pétromonarchies arabes du Golfe, actif néanmoins contre l’Iran et la Syrie, signant par la même et son alignement atlantiste et son engagement sioniste.

Sur les sentiers de la liberté Malraux a atteint les chemins de la gloire. Revendiquant une postérité historique, BHL, sur les traces d’Alexis de Tocqueville, déroulera, en guise de récit, un diaporama de clichés éculés. «En plus de 300 pages, BHL écrit comme un étudiant qui fait du remplissage, avec une tendance à l’abus de questions rhétoriques (..), symbole des écrivains français, généralement «courts sur les faits et longs sur les conclusions», l’exécutera sans ménagement le New York Times (7).

La Libye, son Austerlitz, sera aussi son Waterloo, au vu des piètres résultats de son exposition médiatique du printemps. Ah le résultat calamiteux: Mobiliser l’OTAN, le Charles de Gaulle, les Rafales, pour instaurer la Chariah. Démembrer le Soudan et mettre la main sur la Libye afin de couper le ravitaillement énergétique de la Chine pour finir par mendier à cette même Chine cinquante milliards de dollars pour renflouer l’Euro….Point n’était besoin de faire normal sup pour déboucher sur de tels piètres résultats. De plein fouet l’effet boomerang aura atteint ce stratège en chambre.

«Islam des lumières versus Islam des ténèbres» dans ses diverses variantes est sa ritournelle favorite pour masquer son engagement impérialiste. «La culture de la vie versus la culture de la mort», «l’axe de la modération contre l’axe de l’intolérance», dans la même veine, se révéleront, en fin de compte, comme autant de déclinaisons d’une même face, celle qui exalte la logique de la vassalité à l’ordre israélo américain, face à la contestation de la logique de la soumission. Un enfumage conceptuel. Un bobard. Un truc de roman-enquêteur en somme.

«Seigneur et maître des faussaires», dont le «moralisme se mue en Maccarthysme», redoutable dans l’art d’exercer le «terrorisme intellectuel», alors même que ses fiascos retentissants disqualifieraient sur-le-champ bien moins omnipotent que lui» (8), BHL est fort de la faiblesse de ses partenaires. Son gigantisme est le fruit du nanisme de ses compagnons de route et de leur indigence mentale, pitoyables arabes afghans de Bosnie et d’Afghanistan, déplorables arabes de Libye, oublieux de la sentence du révolutionnaire Mirabeau, à savoir qu’«Il existe quelqu’un de pire qu’un bourreau son valet (9).

Inoubliable, Malraux, en contrepoint, s’inclinant devant la mémoire de Jean Moulin, «chef d’un peuple de la nuit», que nulle contorsion médiatique, nulle enflure langagière ou nulle boursouflure phraséologique ne sauraient égaler, ni occulter de la mémoire des hommes, des mots à jamais graver dans la mémoire des peuples résistants: «Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d’exaltation dans le soleil d’Afrique, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Entre avec le peuple né de l’ombre et disparu avec elle, nos frères dans l’ordre de la nuit» (10). Malraux, en défenseur des faibles, était un homme de son temps. BHL, dans le camp des puissants, un homme de l’Otan. En Afghanistan, en Bosnie, en Libye. En Israël avec les colons contre les Palestiniens spoliés.

Immarcescible ministre de la Culture du général de Gaulle, Malraux c’était le verbe et l’action, un verbe magnifié par l’action, l’action sublimée par le verbe. BHL, le verbiage, la posture et l’imposture.

Malraux, un homme de guerre et de Paix. BHL… un guère épais.

Références

1- Dans «La guerre sans l’aimer» (Grasset), BHL narre ainsi le récit de son exposition du printemps 2011: «Il y a un précédent d’un écrivain français déclenchant une guerre, c’est celui de Chateaubriand. Chateaubriand ou Malraux….BHL évince Juppé pour se donner le beau rôle: «On se souvient de la façon dont il s’est conduit au moment de la Bosnie, puis du Rwanda, il sera forcément contre cette histoire libyenne. Il ne serait pas Juppé s’il n’était pas contre. Si je peux me permettre un conseil: tout faire depuis ici, à travers la cellule diplomatique, et ne rien dire à personne -garder le secret, même pour Juppé». Et voilà le ministre des Affaires étrangères sorti du jeu à la demande de BHL. Il apprendra par la presse la reconnaissance du CNT par la France. Ce qui occasionnera une menace de démission.

2– Dans un discours passé à la postérité, prononcé à l’université de Salamanque le 12 octobre 1936, en présence de l’épouse du Caudillo, le général Franco, entourée de généraux et de ministres, l’auteur du «Sentiment tragique de la vie» était sommé en sa qualité de Recteur de l’Université de Salamanque de prendre la parole à la cérémonie en l’honneur de la Vierge du Pilar. Au général Milay Astray, le commandant de la légion, qui venait de vociférer un discours haineux ponctué par des cris «Viva la muerte» , « Mueran los intelectuales (Vive la mort. A mort les intellectuels), Unamuno répondit en ces termes: «Vive la mort….Je viens d’entendre un cri morbide … Cette université est le temple de l’intelligence. Et je suis son grand prêtre. C’est vous qui profanez son enceinte sacrée. Vous vaincrez parce que vous disposez de la force brutale; vous ne convaincrez pas car il vous manque la raison. Je considère comme inutile de vous exhorter à penser à l’Espagne. J’ai terminé ». Et il quitta l’estrade dans un silence de mort avant d’être prestement évacué sous les insultes des phalangistes. Assigné à résidence, Miguel de Unamuno mourut peu après de dégoût.

3 «La condition humaine » et «l’Espoir» sont deux titres d’ouvrage d’André Malraux.

4- Plagiat et Bidonnage: Thierry Ardisson, Eric Zemmour, Calixte Belaya, Alain Minc… Tous ont défrayé la chronique pour des soupçons de plagiat. Certains d’entre eux ont même été condamnés.
Selon Hélène Maurel-Indart, auteur de « Plagiats, les coulisses de l’écriture », le cas de la biographie est particulièrement délicat, «un genre sensible, une cible privilégiée pour les candidats aux plagiats et les écrivains pressés ». Les rares auteurs condamnés pour des faits de contrefaçon partielle sont pour beaucoup des auteurs de biographies. Henri Troyat, Alain Minc et PPDA. Autre constat: les écrivains connus, notamment dans d’autres sphères que la littérature, sont très appréciés par les maisons d’éditions. Mais, faute de temps, ces mêmes auteurs ont souvent recours à des collaborateurs, autrement dit, « des nègres ». « Pour des raisons commerciales, les maisons d’édition ont besoin que leurs auteurs vendeurs produisent régulièrement des best sellers. Or les auteurs concernés, pour certains d’entre eux, n’ont pas le temps ou l’inspiration. Certaines maisons proposent donc des ‘collaborateurs’. Ce système existe et entraîne des dérapages quand le signataire n’est plus l’auteur à part entière de son ouvrage ; et qu’il ne fait que relire et retoucher. Donc, la notion d’auteur est diluée », analyse Hélène Maurel-Indart.

Voici quelques exemples de personnalités soupçonnées de plagiat.

Alain Minc, « Spinoza, un roman juif »: Le conseiller politique de Nicolas Sarkozy et ancien Président du Comité de surveillance du journal Le Monde, a été condamné en 2001 à verser 15.250 euros de dommages et intérêts à Patrick Rödel, l’auteur de « Spinoza, le masque de la sagesse ».
Jacques Attali: plagier un livre qui n’est pas sorti ! Coup de maître. Dans les années 1990, Jacques Attali a pompé des entretiens de François Mitterrand réalisés par le prix Nobel de la Paix, Elie Wiesel. L’économiste assistait aux entrevues. Jacques Attali a inséré 43 extraits de ces audiences dans son ouvrage Verbatim, en modifiant les dates et les lieux. Les éditions Odile Jacob ont assigné Attali devant les tribunaux pour concurrence déloyale, elles ont été déboutées de leur demande.

Eric Zemmour, « Le premier sexe », est soupçonné d’avoir plagié Alain Soral dans son essai sur la féminisation de la société, paru en 2006. En effet, sept ans avant, Alain Soral avait écrit « Vers la féminisation ». Le journaliste Eric Zemmour a toujours nié ces accusations et assure : « Je ne l’avais pas lu son livre ».
Thierry Ardisson, « Pondichéry », a reconnu avoir fait du plagiat dans son ouvrage paru en 1994. « C’est une connerie, c’est vrai. J’ai piqué 70 lignes sur un bouquin de 300 pages ». Mais en 2005, une enquête de Jean Robin, révèle que l’animateur aurait plagié plusieurs ouvrages, soit au total près de 60 pages. Son ouvrage a été retiré de la vente par Albin Michel.
Calixte Beal, multirécidiviste, s’est fait épingler à plusieurs reprises pour des affaires de plagiat. Dans son ouvrage « Le petit prince de Belleville », publié en 1992 par Albin Michel, elle reprend une quarantaine de passages du livre d’Howard Butent, « Quand j’avais cinq ans, je m’ai tué » (Seuil, en 1981). En mai 1996, le tribunal de grande instance de Paris la condamne pour « contrefaçon partielle ».

Après l’affaire de plagiat qui a ébranlé Patrick Poivre d’Arvor, c’est au tour de Michel Drucker d’être pris dans la tourmente d’une affaire similaire. Les faits remontent à 2005. L’animateur télé demande à son ex-compagne, l’écrivaine Calixte Beyala, d’écrire un livre à sa place. Un livre d’entretien où Michel Drucker devait répondre aux questions de Régis Debray. Finalement, c’est Calixte Beal qui aurait rédigé les 12 réponses, mais sans n’avoir jamais reçu les 200.000 euros qui lui avaient été promis. En cause ? L’ouvrage commandé par les éditions Albin Michel à Michel Drucker n’a jamais été publié. L’animateur de télévision a été condamné par la cour d’appel de Paris à verser 40.000 euros à son ex-compagne. Michel Houellebecq: « La Carte et le territoire »Plusieurs passages du dernier Houellebecq sont empruntés à l’encyclopédie en ligne Wikipédia, comme le révèle Slate.fr. Interrogé par BibliObs.com, l’écrivain s’était défendu de tout copiés-collés préférant parler d’un « genre de patchwork ».

Bidonnage à TF1 : non, ce n’est pas la première fois !Chacun sait désormais que le reportage diffusé pendant le journal télévisé (JT) de 13 heures de TF1, le 23 juin, au sujet du Contrat de responsabilité parentale mis en place par le Conseil général de Nice, était un bidonnage. En y revenant de nouveau aujourd’hui, on ne voudrait pas donner l’impression de s’acharner sur qui que ce soit. Telle n’est pas l’intention et nous avons mieux à faire. Seulement voilà : dans son édition du 27 juin, le présentateur-vedette du JT de 13 heures – Jean-Pierre Pernaut – est revenu que cette affaire. Présentant les excuses de la chaîne de télévision, il a dit ceci: «Nous sommes sincèrement désolés de ce manquement inadmissible au sérieux, à l’éthique et à la déontologie de l’information. C’est la première fois dans l’histoire de nos journaux». Tous les mensonges ont beau être insupportables, ils ne méritent pas tous d’être relevés. Mais le poids de la télévision est tel dans la société française contemporaine (le JT de 13 heures de TF1 serait regardé par 7 millions de téléspectateurs dans ses meilleurs jours), qu’on ne saurait laisser passer celui-là sans réagir. De fait, ce n’est absolument pas la première fois que TF1 diffuse des reportages bidonnés. Au contraire, la liste est longue. C’est ce que rappelle avec humour le «décrypteur d’images télé» Christophe Del Debbio.

De la fausse interview de Fidel Castro par Patrick Poivre D’Arvor en décembre 1991 au pseudo «reportage exclusif» sur le Pape présenté par Laurence Ferrari en avril 2011, en passant notamment par les multiples séquences où l’on a fait jouer le film de leurs propres exploits à des policiers ou des gendarmes, la liste est vraiment longue et elle vaut le détour. Non pas pour dénigrer une chaîne de télévision en particulier (TF1 n’a pas le monopole du bidonnage), mais par simple goût de la vérité.

http://insecurite.blog.lemonde.fr/2011/06/30/bidonnage-a-tf1-non-ce-nest...

5- Carla Bruni, épouse du président Nicolas Sarkozy, avait été auparavant, la compagne du philosophe Jean Paul Enthoven, ami de BHL. Lors d’un séjour de vacances à Marrakech, dans la propriété de BHL, Carla est tombée amoureuse du propre fils de son compagnon, Raphaël Enthoven, à l’époque marié avec la propre fille de Bernard Henry Lévy, Justine Lévy, qui narrera ses déboires conjugaux dans un ouvrage intitulé «Rien de grave». (Editions Stock 2004). Carla Bruni et Raphael Enthoven ont eu un enfant, Aurélien, Bernard Henry Lévy, quant à lui, avait soutenu Ségolène Royal, la rivale socialiste de Nicolas Sarkozy, lors des dernières élections présidentielles françaises, en 2007.

6 – Via l’Iran, le Soudan et l’Arabie saoudite, la Chine vise à sécuriser son ravitaillement énergétique de l’ordre de dix millions de barils/jour en 2010, en vue de soutenir sa croissance et de réussir l’enjeu majeur de sa diplomatie attractive, le développement sud-sud. La croissance exponentielle des besoins de la Chine pourrait exacerber la tension sur les cours du brut et les marchés pétroliers fragilisant davantage les économies occidentales déjà déstabilisées par l’effondrement du système bancaire et la crise de l’endettement européen.
Le commerce bilatéral Chine Afrique a été multiplié par 50 entre 1980 et 2005, quintuplant entre 2000 et 2006. Avec 1.995 milliards de dollars de réserve de change, une main d’œuvre bon marché exportable, une absence de passif colonial, la Chine, qui a déjà supplanté la France en Afrique, se pose en puissance mondiale. Premier détenteur de bons de trésor américain, de l’ordre de 727 milliards de dollars, devant le Japon (626 milliards de dollars), la Chine y a déjà adopté le ton, invitant, le 13 mars, les Etats-Unis à «honorer ses engagements, à se comporter en une nation en qui on peut avoir confiance et à garantir la sécurité des liquidités chinoises », dans une admonestation jamais subie par la puissance américaine (7). Dans cette perspective, des stratèges occidentaux n’hésitent pas à prédire un affrontement majeur entre la Chine et les Etats-Unis pour le leadership mondial, à l’horizon de l’an 2030.

7 – « American vertigo»Quand la presse américaine croise le fer avec Bernard-Henri Lévy Article paru dans l’édition du 10.02.06 «American Vertigo», récit du séjour de l’écrivain sur les traces de Tocqueville, cible de nombreux chroniqueurs américains. Le New York Times s’y est pris à deux fois pour exécuter Bernard-Henri Lévy et son vertige américain. La première salve a été tirée avec verve et cruauté, en «une» de son supplément littéraire, le 29 janvier 2006, par une figure très populaire aux Etats-Unis, Garrison Keillor, un romancier, humoriste et animateur de «Home Prairie Companion» sur la radio publique.

Pour lui, American Vertigo (Grasset éd.), le récit du voyage de BHL sur les traces de Tocqueville, publié en langue anglaise avant de l’être en français, est une succession de lieux communs, qui «n’a aucune raison d’exister en anglais». Il enfonce le clou: «En plus de 300 pages, personne ne raconte une blague. Personne ne travaille vraiment. Personne ne s’assoit pour manger et apprécier sa nourriture? Vous avez vécu toute votre vie en Amérique, sans jamais aller dans une méga Church ou un bordel, vous n’avez pas d’armes, n’êtes pas amish, et il vous apparaît qu’en fait ce livre est au sujet des Français». Bernard-Henri Lévy «écrit comme un étudiant qui fait du remplissage», avec une tendance à l’abus de questions rhétoriques: «Est-ce comme ça que les Français parlent, ou réservent-ils ça aux livres sur l’Amérique?» En tant que symbole des écrivains français qui «sont courts sur les faits et longs sur les conclusions», BHL est habillé pour l’hiver. Mais le costard est taillé à la «une» du supplément, très rarement réservée à un intellectuel français. Une semaine plus tard, le quotidien a remis le couvert dans le cahier Arts, sous la plume de William Grimes, ancien chroniqueur culinaire du quotidien. Le critique reconnaît que Bernard-Henri Lévy a du cran, et «de temps en temps» une pensée éclairante et un regard acéré. Mais «il y a de nombreux moments, voyageant en voiture avec lui, où vous avez envie de lui dire de la fermer cinq minutes et de mieux regarder le paysage». Au final, il juge l’auteur « paresseux » et les chaussures de Tocqueville trop grandes pour BHL. Le Los Angeles Times, USA Today ou le Seattle Times sont également très réservés.

Pour aller plus loin, Cf. http://www.monde-diplomatique.fr/2006/03/MORGAN/13270

8- Pascal Boniface in «Les Intellectuels faussaires» de Pascal Boniface. Editions JC Gausewitch, Mai 2011, page 247. Le manuscrit a été refusé par 14 éditeurs.

9 – Honoré Gabriel Riquetti, comte de Mirabeau, a été un révolutionnaire français. Surnommé l’Orateur du peuple, il reste le premier symbole de l’éloquence. Auteur, en 1776, d’un « Essai sur le despotisme », il y dénonce l’arbitraire du pouvoir royal: «le despotisme n’est pas une forme de gouvernement, s’il en était ainsi, ce serait un brigandage criminel et contre lequel tous les hommes doivent se liguer». Condamné à mort par contumace, puis extradé et emprisonné au château de Vincennes de 1777 à 1780, Il y écrivit des lettres, publiées après sa mort sous le titre de Lettres à Sophie, chef d’œuvre de la littérature passionnée ainsi qu’un virulent libelle contre l’arbitraire de la justice de son temps, « Des Lettres de cachet et des prisons d’État.

10 – Discours d’André Malraux lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon le 19 décembre 1964 http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/dossiers/malraux2006/disco...

BHL, L’homme des Ides de Mars : Ce papier est co-publié dans le N°2 de la revue trimestrielle «Les Zindignés», la revue des résistances et des alternatives dirigée par le philosophe Paul Ariès.

http://oumma.com/11842/bernard-henri-levy-homme-de-son-temps-ou-homme-de-lota



2 Dans les coulisses & sur le  terrain

2-1 Philip Giraldi : L’OTAN contre la Syrie

Une fois Assad parti, on aurait les Sunnites contre les Chiites contre les Alaouites contre les Chrétiens

A mi-décembre déjà, des experts américains ont attiré l’attention sur le fait de fortes influences externes sur les révoltes en Syrie et leurs conséquences.

Les Américains devraient se soucier de ce qui se passe en Syrie, particulièrement du fait que cela pourrait déboucher sur une guerre non déclarée comme en Libye, mais bien plus grave. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton, en a appelé à un changement de régime en prédisant, il y a quelques semaines, une guerre civile. C’est parfaitement plausible dans la mesure où le régime, fortement séculaire et nationaliste de Bashar al-Assad, tomberait. Alors les Sunnites affronteraient les Chiites, lesquels s’en prendraient aux Alaouites. Les Chrétiens du pays seraient la proie des agresseurs. Curieusement, nombre de chrétiens à Damas sont des Irakiens qui ont vécu les derniers moments de la délivrance dans leur pays et durent s’enfuir pour sauver leur vie.
L’OTAN est déjà secrètement engagée dans le conflit de Syrie, la Turquie ayant en mains la direction des opérations en tant que représentant des Etats-Unis. Le ministre des Affaires étrangères turc, Ahmet Davitoglu, a concédé que son pays était prêt pour une invasion dès lors que les alliés occidentaux seraient unis pour ce faire. L’intervention s’appuierait sur des principes humanitaires, dans le but de protéger la population civile, ce qui se trouverait justifié par la doctrine de la «responsabilité de protéger», déjà utilisée lors de l’intervention en Lybie. Selon des sources turques, l’invasion commencerait par la création d’une zone tampon à la frontière turco-syrienne, puis elle serait étendue. Aleppo, la plus grande et la plus cosmopolite des villes syriennes, en serait le joyau sur lequel les forces d’intervention turques auraient déjà jeté leur dévolu.
Des avions de combat de l’OTAN, sans signe distinctif, apparaissent actuellement sur la base militaire turque d’Iskenderum à la frontière syrienne et amènent tant des armes des arsenaux de Muammar Gaddafi que des volontaires du Conseil provisoire national libyen, lesquels ont quelque expérience de combat contre des soldats entraînés, acquise lors de leurs affrontements avec les soldats de Gaddafi. De plus, Iskenderum est le siège de l’Armée syrienne libre, le bras armé du Conseil national syrien. Des instructeurs français et anglais pour les forces spéciales se trouvent sur place et apportent leur soutien aux rebelles syriens. De leur côté, la CIA et le US Spec Ops [US Special Operations Command; sigle USSOCOM ou SOCOM] fournissent du matériel de communication et des informations des services secrets afin d’aider les rebelles à éviter des concentrations de soldats syriens.
Certains analystes de la CIA expriment leurs doutes quant au déclenchement d’une guerre. Le rapport des Nations Unies, souvent cité, selon lequel 3500 civils auraient été tués par les soldats d’Assad, se base principalement sur la source des rebelles et n’est pas confirmé. L’agence a refusé d’avaliser les exigences. De la même façon les récits de désertions en masse de l’armée syrienne et de combats entre soldats syriens et déserteurs se révèlent être des inventions, alors même qu’on a la confirmation de certaines désertions individuelles. L’affirmation du gouvernement syrien qu’ils sont attaqués par des rebelles armés, entraînés et financés par des gouvernements de pays étrangers paraît assez crédible.
Aux Etats-Unis, de nombreux partisans d’Israël souhaitent un changement de régime, estimant qu’une Syrie affaiblie et divisée par une guerre civile ne serait plus une menace pour Tel Aviv. Il faudrait toutefois y réfléchir, car ce genre de développement peut facilement se retourner en son contraire. L’opposition politique la mieux organisée et financée en Syrie sont les Frères musulmans.    •

Source: The American Conservative du 19/12/11

Philip Giraldi

(ancien collaborateur de la CIA et actuellement directeur responsable du «Council for the National Interest»)

Traduction Horizons et débats)

http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=3187



3 Les brèves

3-1  Russie : Bouclier antimissile: Medvedev réclame des garanties

 

Personne n'a prouvé à Moscou que le bouclier antimissile en cours de déploiement en Europe ne visait pas la Russie, a déclaré vendredi à Moscou le président russe Dmitri Medvedev lors de la conférence internationale "Sécurité dans l'espace euro-atlantique: mythe ou réalité".

"Personne ne m'a expliqué pourquoi nous devrions croire que le nouveau système de défense antimissile ne vise pas la Russie. Au contraire, on nous répète: "le système peut vous être utile (…), utilisez-le". Mais comment pouvons-nous l'utiliser? Il s'agit d'une rupture de l'équilibre nucléaire", a noté le président russe.

"Le système antimissile doit remplir sa mission officielle, il doit être capable de parer les missiles tirés hors des frontières de l'Europe", a ajouté le chef de l'Etat russe.

"Quels que soient mes rapports avec mes collègues, quels que soient les progrès enregistrés dans les relations entre la Russie et les pays de l'OTAN, nous serons obligés d'en tenir compte", a-t-il déclaré.

La coopération entre Moscou et l'Alliance dépend de cette question. "Il y a un test permettant de juger de la disposition des Etats-Unis et des autres membres de l'Alliance à coopérer avec la Russie. (On peut en juger d'après) les efforts visant à respecter nos intérêts, surtout en ce qui concerne le bouclier antimissile européen. Nous avons besoin de garanties reposant sur des critères militaires, techniques et géographiques et attestant que le bouclier ne vise pas les forces russe de dissuasion nucléaire", a ajouté M.Medvedev.

AL MANAR



4 Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

4-1 Imad Fawzi Shueibi : Moscou et la formation du Nouveau Système Mondial.
Mardi 13 mars 2012

Imad Fawzi Shueibi analyse les causes et les conséquences de la récente position de la Russie au Conseil de Sécurité de l’ONU. Le soutien de Moscou à Damas n’est pas une posture héritée de la Guerre froide, mais le résultat d’une analyse en profondeur de l’évolution des rapports de force mondiaux. La crise actuelle va cristalliser une nouvelle configuration internationale, qui d’un modèle unipolaire issu de la chute de l’Union Soviétique, va évoluer progressivement vers un autre type de système qui reste à définir. Inévitablement, cette transition va plonger le monde dans une période de turbulences géopolitiques.

Certains, comme d’habitude, font le pari que la Russie va changer d’attitude envers le Proche-Orient et reviendra à la position qu’elle avait adoptée dans les affaires libyennes et syriennes. En fait, une analyse de fond de la position russe discrédite cette hypothèse pour les raisons suivantes :

La Russie ne peut pas revenir en arrière dans le monde d’aujourd’hui étant donné que Moscou voit dans les événements actuels, et dans sa confrontation avec l’Occident - États-Unis et Europe - l’occasion de cristalliser un nouvel ordre mondial, surpassant l’ordre (si l’on peut appler cela un « ordre ») qui a prévalu depuis l’après Guerre froide et l’effondrement de l’Union Soviétique ; un ordre caractérisé par l’uni-polarité, et qui tend vers la multi-polarité depuis la guerre de 2006 au Liban.

C’est ce que Vladimir Poutine a voulu signifier le 14 janvier 2012 lorsqu’il a annoncé que nous assistions à la formation d’un ordre mondial nouveau, différent de celui qui avait émergé après la chute de l’Union Soviétique. Cela implique que Moscou ira jusqu’au bout pour contrecarrer toute tentative de stopper ce processus, y comprit si cela implique d’aller au conflit. La déclaration du ministre russe des Affaires étrangères selon laquelle l’Occident commettrait une grave erreur s’il s’imaginait pouvoir attaquer l’Iran - suivie d’une autre déclaration de Poutine selon laquelle si l’Occident tentait une action unilatérale sur la scène internationale, Moscou ne resterait pas immobile ; et même répondrait puissamment - n’était rien d’autre qu’un ultimatum signifiant que Moscou n’entendait plus marchander comme ce fut le cas en Irak, ou rester indécis comme en Libye, et qu’aujourd’hui tout concoure à la mise en place de l’ordre mondial nouveau, dans le sillage du retrait stratégique étasunien d’Irak, et au moment où le président Barack Obama annonce une réduction des effectifs des forces US de 750 000 à 490 000 ainsi qu’une réduction du budget militaire à 450 milliards de dollars.

Ce qui précède implique l’incapacité de lancer au même moment deux opérations militaires distinctes, mais aussi annonce le démarrage de la confrontation avec la Chine en Asie du Sud-Est (et l’armement de cette région). Beijing a répliqué, le 7 janvier 2012, en déclarant que « Washington n’était plus en mesure d’empêcher le Soleil Chinois de se lever ». Washington est en train de commettre à nouveau la folie d’affronter la Chine, ayant perdu la bataille avec Moscou sur de nombreux fronts, que cela soit dans le grand jeu du gaz au Turkmenistan et en Iran ou sur les côtes orientales de la Méditerranée (avec l’annonce de sa nouvelle stratégie, Washington se retire de la région, tout en s’engageant à garantir la stabilité et la sécurité du Proche-Orient en affirmant qu’il restera vigilant).

Poutine, à propos de sa stratégie, a écrit récemment : « le monde s’apprête à rentrer dans une zone de turbulence longue et douloureuse » et c’est à prendre en considération bien au delà des simples déclarations d’intention électorales. Ainsi, il affirme clairement que la Russie ne poursuit pas l’objectif illusoire d’une domination unipolaire en plein effondrement, et qu’elle ne pourra pas garantir la stabilité mondiale, à un moment où les autres centres d’influence ne sont pas encore prêts à assumer collectivement cette charge. En d’autres termes, nous nous trouvons au seuil d’une longue période de confrontation avec le système unipolaire, qui durera tant que les autres puissances influentes n’auront pas consolidé un ordre mondial nouveau.

D’habitude, les États-Unis se retirent quand leurs perspectives de succès ne sont ni rapides, ni sûres. Ils savent parfaitement combien leur économie se détériore et combien l’influence de leur force militaire diminue, surtout après avoir perdu son prestige du fait d’un recours intempestif à la guerre. Poutine, bien qu’il réalise que le temps ne fait pas marche arrière, invite les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, du G8 et du G20 à stopper toute velléité de faire émerger des tensions sur des bases ethniques ou sociales, ou des forces destructrices qui puissent menacer la sécurité mondiale. C’est une indication claire du refus dans les instances décisionnelles des tendances religieuses et des groupes armés qui n’adhèrent pas au système des États-Nations. Ces groupes, Poutine les identifie clairement comme les alliés objectifs des États qui sont en train d’exporter la « démocratie » par des voies militaires et par la coercition. Moscou ne fera pas l’économie d’affronter ces tendances politiques et ces groupes armés. Le Premier ministre russe conclut en affirmant que la violation du droit international n’est plus justifiable, même si cela partait d’une bonne intention. Ceci signifie que les Russes n’accepteront plus aucune tentative de la part de la France, de la Grande-Bretagne et des États-Unis de remplacer le principe de souveraineté par celui d’ingérence humanitaire.

En réalité, les USA ne peuvent pas se retirer complètement du Proche-Orient. Ils sont simplement en train de réaménager cette zone pour une « guerre par proxy ». Ceci advient à un moment où Poutine admet que les puissances émergentes ne sont pas encore prêtes à prendre leur position dans le nouveau monde non-unipolaire. Ces puissances émergentes sont la Chine, l’Inde, et en général les États de l’Organisation de Coopération de Shanghai. Ceci implique ce qui suit :

Le monde sera désormais moins unipolaire qu’il ne l’a été pendant la période 2006-2011.

Les conflits seront caractérisés par le fait d’être mondiaux, et ils seront accompagnés d’un discours qui ira s’intensifiant donnant l’impression que le monde s’approche du gouffre et risque d’y être engloutit.

La règle selon laquelle « les superpuissances ne meurent pas dans leur lit », est une règle qui invite à la prudence à cause des risques de fuite en avant ; surtout quand une superpuissance se trouve hors du système principal auquel elle avait été habituée depuis la Seconde Guerre mondiale, et que ses options se trouveront donc oscillant entre faire la guerre et rehausser la tension dans les zones d’influence des autres. Tant que la guerre entre superpuissances est rendue difficile, sinon impossible, par les armements nucléaires, l’augmentation des tensions et/ou le lancement de guerres par proxy deviennent des alternatives pour les conflits afin de s’affirmer sur le plan international. Il y a aussi l’option d’une redistribution satisfaisante des zones d’influence selon un nouveau Yalta. Aujourd’hui, c’est hors de question, mais qu’en sera-t-il à l’avenir ? Rien ne peut être exclu pour toujours dans l’action politique. Il existe une règle selon laquelle il est possible de vaincre une superpuissance, mais il est préférable de ne pas le faire. Mieux vaut plutôt lui permettre de sauver la face et faire cohabiter nouvelles et anciennes superpuissances. C’est ce qui est arrivé pour la France et la Grande-Bretagne après la Seconde Guerre mondiale.

La plus grave inquiétude concerne la lutte pour la modification du statu quo, qui dépasse en férocité ce que l’on a connu durant la Guerre froide (même si l’époque actuelle diverge par les méthodes utilisées), et ceci durera tant que que les États de l’Organisation de Coopération de Shanghai ne seront pas en mesure d’assumer leurs positions. Cela signifie que les zones des conflits (Corée-Iran-Syrie) sont vouées à connaitre des troubles sur une longue période. Dans le langage de la politique contemporaine ceci peut être vu comme la porte ouverte à l’effet domino ; à savoir une ouverture sur l’incalculable et le sans précédent, et le passage de luttes limitées à des conflits plus inconsidérés où chacun jouera le tout pour le tout.

Il est certain que les pays impliqués dans la lutte seront parties prenantes de la nouvelle partition, et que cette future partition internationale ne se fera pas nécessairement à leurs dépends, en tant qu’ils sont impliqués dans la lutte. La nouvelle partition mondiale se fera en fait au détriment des autres pays se situant en périphérie du conflit, ou qui seront les instruments du conflit. Parmi les règles des conflits internationaux, il en est une qui dit que l’engagement en lui même dicte la répartition - cela s’est vérifié jusqu’à maintenant - à condition que les-dits pays ne perdent pas leur capacité d’initiative, leur libre-arbitre et leur possibilité d’action, et qu’ils suivent le principe de fermeté, qui est la règle fondamentale dans la gestion des périodes de crise.

La réalité est que la gestion des crises sera le lot commun pour la phase qui s’annonce, et cela durera peut-être des années. Le vrai danger est que l’on se mette à régler les crises par l’intermédiaire d’autres crises, ce qui signifie que la Méditerranée Orientale et l’Asie du Sud-Est risquent de devenir des zones chroniquement agitées.

Imad Fawzi Shueibi, Philosophe et géopoliticien. Président du Centre de documentation et d’études stratégiques (Damas, Syrie).

http://www.voltairenet.org/Moscou-et-la-formation-du-Nouveau

Traduction
Marie-Ange Patrizio


4-2 L’OTAN veut faire oublier ses crimes.

L’OTAN a omis d’enquêter sur plusieurs dizaines de morts parmi les civils au cours de ses sept mois de campagne militaire en Libye, a déclaré Amnesty International. L’OTAN a exprimé ses « regrets » pour les victimes civiles, mais n’a pris aucune mesure pour ouvrir une enquête.

Les gens en deuil se tiennent autour des cercueils de 28 personnes tuées lorsque leurs maisons ont été bombardées par les forces de l’OTAN, à Majar, au sud de Zlitan, à 160 km à l’est de Tripoli - Photo : Reuters

« Il est profondément décevant que plus de quatre mois après la fin de la campagne militaire, les victimes et les proches des personnes tuées par des frappes aériennes de l’OTAN restent dans l’ignorance de ce qui s’est passé et de qui était responsable », a déclaré ce lundi Donatella Rovera, Conseillère principale à Amnesty international.

Elle a souligné que si l’OTAN est vraiment vouée à la protection des civils, alors elle ne peut pas simplement « écarter la mort de dizaines de civils avec une vague déclaration de regrets ».

30 000 tués

Le ministre de la Santé du Conseil national de transition libyen estime que environ 30 000 personnes ont été tuées pendant le conflit.

Amnesty International a lancé le 5 mars un appel à l’OTAN , l’exhortant à mener une enquête approfondie sur les décès de civils recensés par l’ONG. En outre, Amnesty a demandé que les conclusions de toute enquête ultérieure soient rendues publiques et que les familles des victimes soient indemnisées.

Amnesty a déclaré que l’OTAN n’avait même pas essayé de contacter les familles des victimes tuées dans les frappes aériennes.

La réaction de l’OTAN communiquée le 15 mars, ne tient pas compte des cas de victimes civiles soulevés par Amnesty International, et se contente de cette déclaration :

« Alors que l’OTAN a fait tout son possible pour minimiser les risques pour les civils, dans une opération militaire complexe où le risque ne peut pas être réduit à zéro, l’OTAN regrette profondément tout dommage pouvant avoir été causé par ses frappes aériennes. »

Amnesty a publié ce lundi ses conclusions dans un rapport intitulé « La Libye : Les victimes oubliées de frappes de l’OTAN ».

Le document décrit les résultats des enquêtes de l’ONG sur nombre de victimes civiles des frappes de l’OTAN, en soulignant à plusieurs reprises que « des précautions insuffisantes ont été prises dans des attaques contre des combattants dans des zones habitées ».

L’enquête cite 55 civils et en donne les noms, dont des femmes et des enfants qui ont été tués lors des frappes aériennes sur Tripoli, Zlitan, Majer, Syrte et Brega. En outre, l’ONG n’a trouvé aucune preuve indiquant que les maisons ciblées par les attaques étaient utilisées à des fins militaires.

Alors que l’ONG veut bien croire que l’OTAN ait pris des précautions pour éviter les victimes civiles, elle a souligné le fait que cela ne la dispense pas de mener des enquêtes complètes. L’objet de l’enquête devrait établir si le droit international a été violé pendant les frappes aériennes.

Au cours de ses sept mois de campagne de bombardements, qui s’est terminée dans le renversement du colonel Kadhafi, l’OTAN a mené environ 9600 opérations de frappes aériennes qui ont détruit 5900 cibles.

Les forces de la coalition ont commencé leur campagne en Libye en mars 2005, prétendant avoir la responsabilité de protéger les civils menacés dans la guerre civile libyenne. La campagne a impliqué 19 pays différents, dont la France, le Royaume-Uni et les États-Unis.

19 mars 2012 - Russia Today - Vous pouvez consulter cet article à :
http://rt.com/news/amnesty-strikes-...
Traduction : Info-Palestine.net - Naguib


4-3 Ghaleb Kandil : Les raisons profondes du soutien russe à la Syrie.
La propagande américano-occidentale et les outils de la guerre médiatique contre la Syrie évoquent la possibilité d'obtenir un changement de la position de la Russie sur la crise syrienne grâce à des marchandages proposés par le camp du bellicisme américain dans le but de pousser Moscou à faire preuve de plus de flexibilité. Les tentatives occidentales d'influencer l'attitude de la Russie se poursuivent sans relâche depuis le premier double véto qui a compromis les plans de guerre coloniale contre la Syrie, en octobre dernier. Toutefois, toute ces tentatives ont été vouées à l'échec et la Russie n'a accordé aucune importance aux "assurances" et autres "garanties" fournies par l'Occident concernant la prise en compte de ses intérêts en contrepartie du déverrouillage du Conseil de sécurité en éloignant le spectre du véto.

Le conflit entre la Russie et les Etats-Unis a des causes profondes et ne supporte plus des compromis partiels et incomplets. Depuis des années, Moscou s'efforce de mettre un terme à l'hégémonie unilatérale exercée par les Etats-Unis sur les relations internationales. La crise syrienne a fourni une fenêtre d'opportunité pour aller de l'avant et établir de nouveaux rapports de forces plus équilibrés.

La composition de la force économique russe est semblable à celle des Etats-Unis et dispute aux Américains les marchés mondiaux des armes et de l'énergie. Il est connu que les cartels militaro-énergétiques constituent la colonne vertébrale des intérêts américains dans le monde et dictent les principaux choix diplomatiques de Washington.

Le caractère impérial de la force de la Russie a toujours marqué l'histoire récente et ancienne de ce pays slave, considéré comme le cœur de la chrétienneté orthodoxe. Cela explique les liens géopolitiques entre la Russie et l'Europe de l'Est qui était inclue, de l'époque des Tsars à l'Union soviétique, dans la zone d'influence russe. La Russie renaissante, sous le leadership de Vladimir Poutine, ambitionne de récupérer cette région tombée depuis sous le contrôle des Etats-Unis.

Les ingérences américaines et occidentales dans les affaires internes russes et dans les anciennes Républiques soviétiques, considérées comme la chasse gardée de Moscou, constituent une menace pour la sécurité nationale de la Russie. Ces agissements nécessitent aux yeux de la Russie des ripostes décisives, portées au cœur de l'hégémonie américaine. Cela passe par une confrontation au Moyen-Orient dans le but de limer les ongles des Etats-Unis et de juguler leurs pulsions dominatrices et leurs velléités interventionnistes.

La Syrie occupe une position centrale et décisive dans les nouveaux équilibres. L'alliance syro-russe offre à Moscou un accès aux eaux chaudes de la Méditerranée et empêche que cette mer de devienne un lac atlantiste. Mais ce n'est pas tout. Des experts révèlent l'existence d'un projet américain-européen-israélien, avec la coopération de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie, visant à construire un gazoduc géant pour transporter le gaz et le pétrole vers l'Europe. Ce gazoduc doit traverser la Méditerranée au niveau du Liban et de la Syrie. Un tel projet constituerait un coup fatal pour l'économie russe qui compte beaucoup sur les exportations des hydrocarbures vers l'Europe.

Les stratèges qui planifient ce genre de projet savent pertinemment qu'aussi bien la Résistance au Liban que l'Etat résistant en Syrie, ne permettront jamais la réalisation d'un tel plan "turco-israélo-golfien".

L'exécution de ce projet explique en grande partie la guerre de 2006 et la création de la Finul navale, ainsi que les pressions et complots dirigés contre la Syrie depuis l'invasion de l'Irak, en 2003.

Dans ce contexte, on comprendra que l'affaire syrienne constitue pour la Russie, une question de sécurité nationale. Et pour toutes les raisons précitées, Vladimir Poutine l'a utilisé, à la veille des élections présidentielles, comme exemple pour illustrer la politique étrangère de la Russie, anti-impérialiste et favorable aux forces et pays résistants à l'hégémonie occidentale.

Cette réalité, prouvée ces derniers mois, montre que les rêves de l'hégémonie américaine sur le Moyen-Orient et sur le monde, se brisent, encore une fois, sur le rocher syrien.


 

Source : New Orient News

Lundi 19 mars 2012
http://www.neworientnews.com/...

 


individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

29/03/2012

n°47 - Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion de Syrie - 28-03 - 1a : Silvia Cattori : La ville de Homs "sous un déluge de feu" le 23 mars ? -

n°47 - Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion de Syrie - 28-03 - 1a : Silvia Cattori : La ville de Homs "sous un déluge de feu" le 23 mars ? - 


 

 

Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Syrie : Analyse -  Géopolitique et stratégieRéflexion

  n°47                          28-03

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier Syrie :Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage1" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Tiré à part

Silvia Cattori : La ville de Homs "sous un déluge de feu" le 23 mars ?

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion 

1-1 Gilles Munier : 13 officiers français prisonniers en Syrie ?

1-2 Mireille Delamarre : Syrie : Enjeux Géostratégiques.

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Communiqué de Husein Nemer, premier sécrétaire du Parti communiste syrien (unifié)

2-2 Ilyess : Syrie : le chirurgien qui revient de l'enfer.

2-3 Il y avait deux réunions à Tunis.

2-4 Nadia Khost :Qui est responsable des crimes en Syrie ?

3  Géopolitique et stratégie

3-1 Alain Gresh : « Il faut s’interroger sur les intérêts de l’Arabie Saoudite et du Qatar dans l’aide à l’opposition syrienne ».

3-2 Bill Van Auken : Hillary Clinton et les crimes de guerre au Moyen-Orient.

3-3 Pepe Escobar : Pourquoi le Bahreïn n’est pas la Syrie.

3-4Ahmed Manaï, observateur de la Ligue Arabe en Syrie, accuse...

3-5 Petit traité de stratégie moyen-orientale. : Lettre à un ami  au sujet des événements actuels en Syrie.

4 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

4-1 Mohamed Bouhamidi  : Guerres de reconquête et de contrôle des routes de l’énergie.

4-2 Vladimir Poutine explique sa politique étrangère

 



Tiré à part

Silvia Cattori  : La ville de Homs "sous un déluge de feu" le 23 mars ?

Selon le journaliste Jérôme Bastion la ville de Homs a été bombardée le 23 mars 2012 ; et elle serait assiégée, coupée du monde, privée de communication avec l’extérieur, depuis début février. S

elon un témoin interrogé par Silvia Cattori il n’y aurait eu aucun bombardement à Homs le 23 mars.

Qui dit vrai ? A chacun de juger.

Au journal de 18 heures du 23 mars de radio France culture [1] nous avons appris que, la ville de Homs avait été bombardée par les troupes gouvernementales le jour même. Ceci se fondant sur ce que rapportait Jérôme Bastion d’un habitant de Homs interrogé le jour même par communication satellite.

Nous avons tout de suite contacté l’un de nos correspondants qui habite dans le quartier Akrama à Homs. Premier constat. La ville de Homs ne serait pas encerclée ni privée de communication avec l’extérieur. Elle est atteignable par un simple téléphone.

 Deuxième constat. Homs n’aurait pas été bombardée par l’armée nationale le 23 mars ni les jours précédents.

Un habitant de Homs [non associé à la rébellion] répond à Silvia Cattori le 23 mars à 19 heures.

« Nous n’avons entendu aucun bruit. Il n’y a eu aucun bombardement aujourd’hui. Tout est calme. Je suis sorti voir des amis. Homs n’est pas encerclée, toutes les routes sont ouvertes. Les gens peuvent quitter Homs sans problème. Ma mère est allée à Damas il y a une semaine. Depuis plusieurs semaines nous vivons en sécurité. L’armée ne bombarde pas. Ce sont les milices de la soi-disant « Armée syrienne libre » (ASL) qui continuent de tuer des militaires et des civils. Encore aujourd’hui un soldat a été tué. Je le sais car il habitait mon quartier ».

« Depuis que notre armée a réussi à déloger les milices à Baba Amro et à reprendre les choses en main [l’armée a levé le siège début mars], les gens reviennent chez eux dans les quartiers qui étaient presque vides. L’insécurité demeure dans trois quartiers, notamment à Khaldiyeh, où l’armée nationale continue de pourchasser les milices qui maintiennent en otage de nombreuses familles. Mon oncle qui avait été kidnappé il y a deux mois est revenu hier à la maison très mal en point, très éprouvé, mais s’estimant très chanceux. Il est à l’hôpital. De nombreuses autres personnes enlevées ne sont pas revenues et les familles sont sans nouvelles d’elles . »

Compte rendu de France culture retranscrit par nos soins

« Homs, toujours bombardée depuis des semaines car il s’agit de l’épicentre de la contestation. Jérôme Bastion a recueilli le témoignage d’un habitant qui habite aux abords de Khaldiyeh au nord de la ville où l’armée concentre ses attaques. Comme beaucoup cet homme cherche à fuir la ville. Depuis les semaines de l’assaut lancé contre Baba Amro, la ville de Homs a été coupée du reste du monde, privée de communication. Juste ce matin grâce à une communication satellite cet habitant dit que l’armée continue de pilonner la ville près de chez lui ».

La traduction du témoignage de l’habitant interrogé par Jérôme Bastion :

« La situation est pire qu’auparavant. Les bombardements aujourd’hui sont d’une intensité incroyable, ça tombe de partout ; ils utilisent toute sorte d’artillerie, la plupart du temps des chars modèle T72, mais aussi souvent des roquettes. On manque de tout, la ville est encerclée...il n’y a aucun moyen de sortir d’ici…Les bombardements continuent de faire des blessés par dizaines… » [2]

Conclusion

La presse internationale depuis le début des troubles en Syrie ne s’appuie que sur des sources liées à l’opposition islamiste, notamment l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) et les Comités locaux de coordination (LCC). Elle ne vérifie pas l’authenticité des informations qu’ils livrent ; elle ne prend jamais en compte le point de vue des victimes des exactions commises par les opposants islamistes armés. En n’attribuant les exactions qu’aux forces de Bachar el-Assad les journalistes participent d’une propagande -comme on l’a vu en Irak et en Libye- qui conditionne l’opinion publique de manière à justifier une intervention extérieure. [3]


25 mars 2012 | Thèmes (S.Cattori) : Rôle des médiasSyrie

URL de cet article :
http://www.silviacattori.net/article3018.html

Silvia Cattori


[1] France Culture, 23 mars. Retranscrit plus bas par nos soins.
Voir également l’article de Jérôme Bastion paru le lendemain, 24 mars, reprenant ce qu’il a été rapporté sur France culture : « En Syrie, Homs, coupée du monde, reste sous un déluge de feu », RFI, 24 mars 2012.
http://www.rfi.fr/moyen-orient/20120324-syrie-homs-coupee-monde-subir-deluge-feu

[2] Un habitant de Homs (situé dans un quartier contrôlé par les rebelles) joint par communication satellite le 23 mars matin, répond à Jérôme Bastion. Le Monde n’est pas en reste. Le 23 mars 2012 il rapporte, sans le mettre au conditionnel, ce que dit une source non fiable : «  Homs, autre place forte des rebelles, deux civils ont été tués par des tirs de roquette de l’armée sur le quartier de Bab Sbaa, selon l’OSDH ».

[3] Selon le politologue Pierre Piccinin « Les événements de Syrie constituent un cas d’école extrême de désinformation médiatique, peut-être plus encore que la guerre du Golfe de 1991, voire même que la guerre de Yougoslavie, dans les années 1990’, ou celle d’Irak de 2003, ou que l’intervention atlantique en Libye en 2011. »
http://www.pierrepiccinin.eu/article-syrie-desinformation-massive-100255439.html

http://www.silviacattori.net:80/article3018.html



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion 

1-1 Gilles Munier : 13 officiers français prisonniers en Syrie ?

On sait depuis longtemps que des officiers français entraînent l’ « Armée syrienne de libération » (1) au Liban et/ou en Turquie, et que cette organisation d’opposants armés a pignon sur rue à Paris (2). Le bruit courait que des officiers français intervenaient en Syrie et, dernièrement, que certains avaient été faits prisonniers, mais l’information était sujette à caution. En ces temps de guerre médiatique, ce genre de nouvelle est toujours à prendre avec des pincettes, d’autant que le nombre des militaires français détenus n’était pas crédible. Kassem Kanso, un politicien libanais pro-syrien, affirmait que 18 officiers français et 100 parachutistes français avaient été capturés…

On se disait aussi que Nicolas Sarkozy, en campagne pour sa réélection, n’avait pas intérêt à risquer la vie de militaires français en Syrie, même de la DGSE, dans des opérations foireuses. Hé bien, il semblerait qu’il l’ait fait.

Stratfor, l’agence de renseignement privée étasunienne, a cautionné l'annonce faite par le quotidien de Beyrouth The Daily Star, qu’environ 13 officiers français ont été capturés à Homs et sont détenus dans un hôpital de campagne de l’armée syrienne (3). Si l’information est confirmée – le conditionnel est toujours de rigueur - l’affaire serait d’une extrême gravité. La France n’ayant pas déclaré la guerre à la Syrie, ces militaires ne pourraient pas être considérés comme des prisonniers de guerre. Quel sort les autorités syriennes leur réserveraient-elles? Négocie-t-on en coulisse ?

Si leur capture est confirmée, la campagne présidentielle risque d’être houleuse ces prochaines semaines.

(1) Une intervention « limitée » préparée par l’OTAN en Syrie, par Claude Angeli (Le Canard Enchaîné - 23 /11/11)

(2)Grossière manipulation sarkoziste éventée

http://www.france-irak-actualite.com/article-grossiere-manipulation-sarkoziste-eventee-gilles-jacquier-a-ete-tue-par-l-opposition-armee-syrienn-97606456.html

(3)Syria: 13 French Officers Being Held In Homs (Stratfor info – 5/3/12)

Mardi 6 mars 2012

Sur le même sujet, lire aussi: La Syrie, prochaine cible de l’Otan (4/4/11)

http://www.france-irak-actualite.com/article-la-syrie-prochaine-cible-de-l-otan-70958591.html



1-2 Mireille Delamarre : Syrie : Enjeux Géostratégiques.

La Route Terrestre De L’Or Noir Moyen Oriental Passe Par Homs Sans Assad

A Damas - Balkaniser la Syrie

15 Février 2012

 Les puissances coloniales occidentales veulent contrôler toutes les voies d’acheminement du pétrole moyen oriental en réduisant l’utilisation des voies maritimes - Détroit d’Hormuz, Canal de Suez - au profit de pipelines terrestres jugés plus facilement contrôlables. La Syrie offre une ouverture stratégique sur la Méditerranée/UE la ville d’ Homs pourrait ainsi devenir un important nœud pétrolier. Renverser le régime d’Assad pour installer comme en Libye des Islamistes/Frères Musulmans /Al Qaeda reconvertis à l’idéologie des pétro dollars est donc devenu une priorité.


La sécurité de l’acheminement par voies maritimes du pétrole moyen oriental ébranlée

Les tensions avec l’Iran menacée par une attaque israélienne autorisée par Washington sont facteurs d’insécurité pour le Détroit d’Hormuz où transite 17 millions de barils de pétrole par jour provenant majoritairement des Pays du Golfe, D’Irak, mais aussi d’Iran. Dans le cas d’une attaque contre l’Iran, des représailles iraniennes viseraient également cette voie d’acheminement.

L’activité des pirates somaliens s’est étendue bien au-delà de la Somalie dans la Mer Rouge une mer fermée facilement blocable et minable en cas de conflit armé. L’Arabie Saoudite qui construit un pipeline terrestre avec terminus sur la Mer Rouge l’a bien compris.

Le Yémen est situé dans une position clé avec le Détroit de Bab-el-Mandab qui sépare la péninsule arabe de la Corne d’Afrique. Les dictatures monarchiques du Golfe y ont imposé leur règlement aux conflits armés internes mais la situation est loin d’être stabilisée les mouvements séparatistes du Sud comme du Nord les plus hostiles aux Saoudiens n’ont pas dit leur dernier mot.

En Egypte l’arrivée au pouvoir des Frères Musulmans et des Salafistes après leur triomphe aux législatives n’est pas non plus un gage de stabilité car l’armée égyptienne au pouvoir depuis des décennies ne va certainement pas abandonner tous ses privilèges de l’époque Moubarak d’où des conflits internes en perspective.

L’acheminement du pétrole moyen oriental en direction de l’Europe se fait via le Canal de Suez qui peut facilement se retrouver bloqué si un maxi tanker transportant du pétrole est attaqué et coulé ne serait ce même qu’à son entrée. Dans l’hypothèse d’un tel scénario les tankers seraient alors obligés de parcourir 9600KM pour contourner l’Afrique et livrer leur or noir moyen oriental. Les stratèges occidentaux ont encore en mémoire la fermeture du Canal de Suez ordonnée par Nasser en 1957 ses conséquences sur le trafic pétrolier et le prix du brut.

La Route Terrestre de l’Or Noir bénéficie donc d’une attention toute particulière des puissances coloniales occidentales leurs larbins turcs et des dictatures monarchiques du Golfe et de leurs stratèges militaires qui déploient leurs troupes selon un plan de protection de celle-ci et mènent des guerres pour assurer leur domination de cette Route Terrestre de l’Or Noir n’hésitant pas à renverser des régimes et ou mener des guerres d’occupation.

Des voies terrestres pour l’acheminement de l’or noir moyen oriental

La principale raison pour les puissances occidentales de chercher par tous les moyens à renverser le régime de Bashar Al Assad y compris en armant entraînant aidant logistiquement et finançant des islamistes et autres mercenaires d’Al Qadea et consorts c’est qu’Assad reste avec l’Iran le Hezbollah au Liban le Hamas en Palestine les seuls adversaires de taille redoutable contre l’hégémonie juive sioniste au Moyen Orient.

Néanmoins d’autres considérations géostratégiques économiques en lien direct avec l’acheminement du pétrole moyen oriental font également partie de ces ingérences violentes génocidaires par proxys interposés contre le peuple syrien comme elles l’avaient été contre le peuple irakien.

L’insécurité des routes maritimes d’acheminement de l’or noir moyen oriental a donné naissance à des plans cartographiés visant à développer des routes terrestres d’acheminement considérées comme plus sûres parce que plus facilement défendables.

S’il suffisait auparavant d’occuper militairement un pays comme l’Afghanistan, l’Irak pour se faire le coût de telles opérations militaires vouées à l’échec et leur impopularité croissante dans les opinions publiques nationales et l’opinion publique mondiale ne peut plus être assumé par ces puissances occidentales coloniales US en tête au bord de la faillite. Elles ont donc désormais recours à des supplétifs qui s’emparent du pouvoir par les armes violent tout principe démocratique précédemment même appliqué à minima tout en revendiquant cyniquement et cruellement vouloir instaurer dans ces pays convoités la démocratie.

C’est ainsi qu’on aide des imposteurs sans foi ni loi pour la plupart importés facilement soudoyables qu’on pourra le moment venu éliminer si tant est qu’ils ne le fassent pas d’eux-mêmes en s’entre tuant comme c’est le cas en Libye en ce moment - peu importe pourvu que le pétrole coule à flot - en les qualifiant de terroristes dans une « guerre contre le terrorisme » renommée « guerre indéfinie ».

La Syrie de par sa situation géographique tournée à l’Est vers des pays producteurs de pétrole et à l’Ouest bénéficiant d’une ouverture maritime et terrestre vers l’Europe grande consommatrice d’or noir moyen oriental est désormais dans la ligne de mire.

Cette recherche de nouvelles voies d’acheminement du pétrole n’est pas nouvelle. Déjà en 2003 peut après l’invasion de l’Irak par les US ses supplétifs de l’OTAN et associés le Pentagone a fait réaliser une étude de faisabilité portant sur la réhabilitation du pipeline Mossoul Haïfa (voir carte ci-dessous) utilisé par les Britanniques en 1935 fermé en 1948 après l’auto proclamation de l’état juif sioniste en lieu et place de la Palestine. Cette étude a conclu à son infaisabilité du principalement au fait qu’il serait sujet à des attaques multiples compte tenue de la main mise d’Israël sur une partie de son trajet une préoccupation largement corroborée par les attaques incessantes contre le gazoduc reliant l’Egypte à Israël approvisionnant aussi la Jordanie.

Un méga pipeline venant des dictatures monarchiques du Golfe via l’Irak Homs Tartous direction la Turquie l’UE

Il existe déjà des pipelines en Syrie qui elle-même produit du pétrole mais ceux-ci sont de taille réduite comparés aux principales voies d’acheminement maritimes tels le Détroit D’Hormouz et le Canal de Suez. L’alignement de la Syrie depuis des décennies sur Moscou a toujours été perçu par les dictatures monarchiques du Golfe comme une menace à leur or noir.

Des études ont déjà été réalisées portant sur la construction d’un méga pipeline d’Irak en Syrie avec une possible extension d’un côté vers les monarchies du Golfe et de l’autre une partie immergée débouchant en Turquie direction l’Europe. On comprend dés lors le positionnement de la Turquie d’Erdogan vis-à-vis du régime d’Assad et ses multiples initiatives pour le renverser. Des Frères Musulmans proche d’Erdogan au pouvoir à Damas seraient un atout majeur pour la Turquie qui brigue le rôle de nœud pétrolier central pour approvisionner - et faire chanter - l’UE qui elle essaie de desserrer l’emprise russe sur sont approvisionnement énergétique.

Quel tracé pour ce méga pipeline Pays du Golfe Irak Syrie ? Rien pour l’instant n’a été définitivement arrêté. Il y a peu de chance qu’il passe par Damas trop au Sud s’il doit déboucher sur la Méditerranée.

La ville d’Homs plus au Nord proche du port de Tartous pourrait ainsi devenir un nœud pétrolier majeur pour l’or noir moyen oriental. Le port de Tartous a été réaménagé par les Russes pour accueillir des navires de guerre en eau profonde nécessaire aussi pour le mouillage de certains tankers. Tartous pourrait ainsi devenir un port pétrolier avec un double débouché maritime et un autre immergé direction la terre ferme de Turquie. D’où les combats actuels des islamistes et autres mercenaires pour conserver le contrôle de la ville d’Homs avec en arrière pensée de s’emparer de Tartous le moment venu si la situation en Syrie se détériorait au point que Moscou décide de rapatrier ses nombreux ressortissants résidant en Syrie en utilisant notamment ses navires de guerre.

Reconvertis à l’idéologie des pétro dollars ces groupes terroristes contrôlés principalement par les Frères Musulmans - bien que ceux-ci se tiennent dans l’ombre comme cela a été le cas lors du « Printemps arabe » en Egypte mais prêts à s’emparer le moment venu du pouvoir - sont prêts à kidnapper assassiner massacrer quiconque se met en travers de leur chemin qui mène aux royalties touchés sur le transit de l’or noir moyen oriental.

L’Administration Obama vient de déclarer qu’elle va consacrer 800 millions de $ pour aider le «Printemps Arabe» c'est-à-dire les pays tombés sous le dictat islamiste des Frères Musulmans et autres extrémistes grâce à la contre insurrection organisée par les Saud et le dictateur putschiste du Qatar Al Thani en accord avec Washington Paris Londres ect.. . Une Syrie sans Assad pourrait avoir sa part du gâteau les terroristes islamistes et autres mercenaires à la solde du Qatar et de l’Arabie Saoudite le savent.

Les dirigeants rapaces du Qatar et de l’Arabie Saoudite ont fait à plusieurs reprises des déclarations affirmant vouloir développer une voie d’acheminement alternative à celle passant par le Détroit d’Hormouz privilégiant la voie terrestre. Nul doute que leur bellicosité vis-à-vis du régime de Bashar Al Assad est aussi alimentée par cette perspective qui leur permettrait d’économiser en assurances transport des milliards de pétro dollars.

D’autre part ces dictatures monarchiques du Golfe n’ayant pas réussi à maintenir au pouvoir leur homme de paille Saad Hariri au Liban ni à détruire la résistance libanaise du Hezbollah lors de la guerre menée par Israël en 2006 qu’elles ont applaudie alors même qu’elle ravageait le Liban massacrant de nombreux civils innocents , pour elles et leurs donneurs d’ordre et protecteurs occidentaux le Liban ne peut actuellement faire partie de ce projet de méga pipeline terrestre en direction de l’UE même si des plans existent déjà pour cela (voir carte ci dessous) Tripoli servant comme Tartous d’ouverture sur la Méditerranée.

L’Egypte exportatrice de gaz naturel voit d’un très bon œil la construction d’un gazoduc en direction de la Turquie via la Syrie. Son acharnement au sein de la Ligue Arabe contre la Syrie d’Assad n’est pas seulement lié à la fulgurante ascension - aidée par les agitateurs égyptiens et américains payés grassement par le département d’état US via des ONG corrompues - des Frères Musulmans. L’Egypte défend aussi à la fois sa position régionale et ses intérêts économiques plus précisément les intérêts d’une élite arabe toujours prête à se vendre et vendre son pays pour s’enrichir sur le dos du peuple égyptien dont la situation économique ne fait qu’empirer. C’est sur ce terreau de profonde misère que les extrémistes musulmans les Frères Musulmans et les Salafistes cultivent leur putsch «soft» politique.

La Jordanie qui n’a pas de pétrole ni les moyens de financer la construction d’un pipeline pour s’approvisionner directement c’est elle aussi ralliée aux dictatures monarchiques du Golfe contre la Syrie d’Assad espérant ainsi bénéficier du méga pipeline pour acheminer le pétrole moyen oriental. (voir carte ci dessous ).

Chasser les Russes de Tartous est aussi devenu une priorité dans le cadre de ce grand projet de nouvelle «Route Terrestre de l’Or Noir» moyen oriental au bénéfice de la Turquie et des US/OTAN qui considèrent comme hostile la présence de troupes russes dans ce port syrien en Méditerranée. Réduire aussi l'influence russe dans le domaine de l'approvisionnement énergétique de l'UE grâce à ce mega pipeline transportant l'or noir moyen oriental via la Syrie/Turquie fait aussi partie des objectifs. La Turquie d’Erdogan s'y emploie multiplie donc les initiatives pour faire tomber le régime de Bashar Al Assad fidèle allié de Moscou afin d’assurer sa domination géostratégique et économique dans la région confrontée aussi à la montée en puissance de l’Iran.

A défaut de renverser Assad couper la Syrie en deux pourrait aussi être l’ultime option de ces supplétifs islamistes vendus aux dictatures monarchiques du Golfe et aux puissances coloniales occidentales en prévision de la construction de ce méga pipeline pour acheminer l’or noir moyen oriental. Assad serait alors relégué à Damas sans ouverture sur la Méditerranée ni perspective économique viable à la merci d’une attaque israélienne ou réduit à manger les pommes du Golan syrien occupé*.

La Balkanisation de la Syrie en états croupions soumis à la dictature des pétro dollars des élites occidentales et des monarchies du Golfe est l’une des visées de cette insurrection armée fomentée de l’étranger sous couvert de manifestations pacifiques pour réclamer des réformes. La majorité des Syriens attachés à leur patrie l’ont bien compris qui continuent envers et contre tous de soutenir Assad.

* Les seuls "échanges économiques" entre Israël et la Syrie ce sont les exportations vers Damas de pommes produites par les Druzes du Golan syrien occupé qui font concurrence sur le marché intérieur aux pommes juives sionistes produites par les colons installés après la guerre de 1967 sur le Golan (kiboutz Merom Golan, El Rom Ein Zivan etc...) . La "générosité " "l'ouverture" du régime juif sioniste sont toujours éthno orientées.
Mireille Delamarre

15 Février 2012



2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Communiqué de Husein Nemer, premier sécrétaire du Parti communiste syrien (unifié) .

Nous tenons à vous présenter une brève analyse des événements successifs qui se sont déroulés dans notre pays, la Syrie, afin de mettre en lumière certains faits, d'une part, et tordre le cou à certains mensonges montés de toute pièce et médiatisés par la propagande impérialiste visant la Syrie.

Depuis que les événements ont commencé en mars dernier, des dizaines de chaînes de télévision en Amérique, en Grande-Bretagne et en France, certaines chaînes dans le monde arabe, et des centaines de sites internet ont travaillé d'arrache-pied pour falsifier la réalité sur ces événements, en tout cas pour l'opinion publique mondiale, avec des programmes spécifiques diffusés en ce sens, jour et nuit.

Le président Américain fait des déclarations quotidiennes comprenant des menaces directes visant la Syrie, ainsi qu'une ingérence flagrante dans les affaires internes du peuple Syrien. Plusieurs hauts dignitaires de l'Union européenne suivent les pas du président Américain.

Ces menaces et ces ingérences ont atteint un sommet lorsque le président Américain a affirmé l'illégitimité du régime Syrien. Des sanctions sévères et injustes ont été imposées au peuple Syrien et à son économie. Plus dangereux encore, des plans sont discutés et impulsés par l'OTAN afin de lancer des vagues de frappes aériennes pendant plusieurs semaines contre 30 sites stratégiques en Syrie, ressemblant exactement à ce qui s'est passé en Yougoslavie.

Certains hauts dignitaires Européens ne vont pas hésiter à appeler à traiter la situation en Syrie avec des méthodes qui en ferait une pâle copie de la crise Libyenne. Des dizaines de milliers de civiles ont été massacrés, des dizaines d'usines et de sites économiques ont été détruits par des frappes aériennes, et pendant ce temps, la Libye est divisée.

Des Etats-membres de l'alliance impérialiste internationale essaient, par tous les moyens possibles, de faire adopter une résolution du Conseil de sécurité condamnant la Syrie, qui serait suivie par des résolutions successives contre la Syrie et la soumettre au chapitre 7 de la Charte de l'ONU, afin qu'une campagne agressive puisse être légitimée. Grâce à l'opposition de la Russie et de la Chine, accompagnées de l'Afrique du sud, l'Inde, le Brésil et le Liban, les tentatives impérialistes au Conseil de sécurité de l'ONU sont tout simplement, jusqu'à présent, un échec.

Toutes ces manœuvres sont justifiées de deux façons :

  1. Des manifestants sont tués en Syrie, on a recours à des méthodes sécuritaires dans le traitement des manifestations ;
  1. La manipulation des insuffisances du régime en Syrie, tels que le manque de démocratie et le monopole du pouvoir exercé par le parti au pouvoir, afin de faire pression sur le régime pour qu'il adopte des changements internes, bien que tout changement interne doive être considéré comme une partie intégrante de la souveraineté nationale de n'importe quel pays ;

En fait, plusieurs manifestations ont eu lieu dès le mois de mars, appelant à des réformes sociales, économiques et démocratiques. La majorité de ces revendications ont été soutenues par notre parti comme une façon de s'opposer aux effets néfastes de la mise en œuvre de mesures économiques libérales, issues des accords passés avec le FMI, et de la transformation de la Syrie en une économie de marché. Les effets ont été très mauvais sur le niveau de vie des pauvres et des couches moyennes.

La direction politique du pays a été constamment mise en garde, par la presse du parti, des rencontres officielles ou des mémorandums officiels, le dernier il y a cinq semaines de cela. Les manifestations étaient pacifiques.

Elles ont été bien vite manipulées par des religieux fondamentalistes et des groupes radicaux à l'idéologie obscurantiste.

De pacifiques, les manifestations sont devenues armées, visant à atteindre des objectifs qui n'ont rien à voir avec des réformes politiques et sociales. Les forces de sécurité ont commis plusieurs erreurs injustifiables dans le traitement de ces manifestations. Des dizaines de civils et de soldats ont été tués. Des gangs armés se sont constitués, attaquant des propriétés publiques et privées, et mettant en place des barricades dans certaines villes où ils ont pris le dessus. Dans les tout derniers mois, ces bandes armées se sont chargées de mettre sur pied des sites armés dans les régions frontalières entre la Syrie, d'une part, et la Turquie, la Liban, la Jordanie et l'Irak pour s'assurer une continuité dans le ravitaillement en armes et en équipements divers.

Quoi qu'il en soit, les bandes armées n'ont pas réussi à établir une base frontalière stable. Cela a coûté à la vie à des centaines de civils et de soldats, plus de 2 000 victimes. Dans le même temps, certains événements ont été exagérés. Des faits ont été falsifiés. Les équipements dernier cri électroniques et médiatiques ont été utilisés afin de faire passer l'armée Syrienne comme étant complètement responsable de ces actes, et de déresponsabiliser totalement les bandes armées.

Pressé par les événements, le gouvernement a adopté plusieurs réformes sociales et démocratiques comprenant : l'annulation des lois d'urgence, des tribunaux exceptionnels, et le caractère légal accordé aux manifestations pacifiques. Récemment, une nouvelle loi électorale et une loi permettant la création de partis politiques ont été adoptées. Est en cours de préparation une nouvelle constitution ou une constitution modifiée.

De nouvelles lois couvrant les domaines des médias et de l'administration locale ont également été adoptées.

Les objectifs de ces lois et mesures sont : casser le monopole du pouvoir exercé par le parti Baath, pour établir une société pluraliste et démocratique, pour garantir les libertés publiques et privées, pour aider au développement de la liberté d'expression et à la reconnaissance du droit de l'opposition à une activité politique pacifique.

En dépit de nos réserves quant à certains articles, ces lois sont très importantes. Pendant plus de quarante années, notre parti a lutté pour que de telles lois soient adoptées. Si ces lois étaient mises en œuvre, elle pourraient être un pas important en avant, dans la transition de la Syrie vers une société démocratique et pluraliste.

De vastes secteurs de l'opposition nationale pacifique ont accueilli positivement ces mesures, tandis que l'opposition fondamentaliste et armée s'en tient toujours au slogan du renversement du régime, attisant les tentions communautaires.

Tenter de dépeindre le problème comme s'il s'agissait d'une lutte communautaire ou religieuse serait une falsification flagrante des faits.

Nous pouvons résumer la situation de la façon suivante :

  • Les tentions armées dans les villes Syriennes ont diminué. Les bandes armées ont subi de lourdes pertes. Cependant, certaines d'entre elles sont capables de reprendre leurs activités ;
  • Les manifestations pacifiques n'ont pas disparu et ne sont pas confrontées à la violence de l’État, à moins qu'elles se soient accompagnées d'agissements violents.
  • L’État a invité l'opposition nationale à participer à un dialogue politique général visant à contribuer à la réalisation de la transition à la démocratie et au pluralisme de façon pacifique. Ce dialogue doit affronter de nombreuses difficultés, la plus importante d'entre elles est la pression de groupes armés qui s'opposent au dialogue pacifique et à une solution pacifique, et dépendants du soutien de l'étranger.
  • Les menaces impérialistes et colonialistes contre la Syrie se sont intensifiées. Bien que ces menaces posent de nombreuses difficultés, nous devons être prêts à les affronter.

Pour ce qui est de la situation dans notre pays, il apparaît que :

  • Les mouvements de protestation existent toujours à différents niveaux. Ils diffèrent d'un gouvernorat à l'autre. On peut remarquer que la plupart des mouvements partent des mosquées, des zones rurales et des taudis, pour se diriger vers les centres-villes ;
  • Les mouvements parmi les minorités ethniques ou religieux sont rares. Dans les usines, les universités et les syndicats, il n'y a pas de mouvement ;
  • Dans les cercles de la grande bourgeoisie, qu'elle soit industrielle ou économique, en particulier dans les grandes villes comme Aleppo, Lattakia et Damas, il n'y a pas de mouvement ;
  • Il n'y a aucun mouvement parmi les clans et les tribus ;
  • L'opposition se compose d'un large spectre de partis très divers. Certains sont patriotiques, s'opposant à l'ingérence étrangère et aux bandes armées. De plus, il faut compter avec les Frères musulmans qui peuvent être considérés comme le parti le plus actif et le mieux organisé dans le pays et à l'étranger.

Il y a également plusieurs groupes traditionalistes avec différentes orientations, dont l'influence devient clairement visible dans des rassemblements et manifestations dans différentes régions. Ces groupes ne cachent pas leurs objectifs qui sont typiquement réactionnaires et sectaires.

Sur place, les groupes les plus actifs et importants depuis le début des manifestations sont les coordinations locales qui comprennent des groupes de jeunes n'ayant pas d'orientations ou de plans idéologiques communs clairs si ce n'est le slogan : « A bas le régime ! ». Ils sont vulnérables aux pressions externes et internes.

  • L'opposition en exil composée essentiellement d'intellectuels, de traditionalistes, de personnes qui ont abandonné le régime et ont certains contacts à l'intérieur (Khadam et Refaat Al Assad).

Durant la dernière période, ces forces ont organisé plusieurs conférences à l'étranger (exceptée une rencontre organisée à l'hôtel Samir Amis à Damas par l'opposition interne), dans l'objectif de mobiliser des forces et de coordonner leurs positions Des différences idéologiques, politiques ainsi que d'intérêts l'ont emporté. Certaines forces d'opposition à l'étranger ont travaillé dur pour obtenir le soutien des forces étrangères colonialistes.

  • Jusqu'à présent, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne mènent la campagne internationale de menaces et de provocation contre le régime en Syrie visant à imposer de plus en plus de sanctions contre la Syrie, en particulier des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU et d'autres organisations internationales, la Russie et la Chine continue de s'opposer à de telles sanctions et mesures. La Turquie a choisi une position opportuniste qui fluctue en fonction de ses intérêts régionaux et politiques. Grosso modo, il y a une unanimité internationale dans l'opposition aux mesures militaires directes contre la Syrie, comme cela s'est produit en Libye, étant donné que la Ligue arabe et le Conseil de sécurité de l'ONU n'adoptent pas de résolutions ouvrant la voie à cette perspective. Le conflit sur cette question est féroce.
  • Excepté le Qatar qui joue un rôle vital et important dans la conjuration contre la Syrie, il existe différentes opinions et position dans le monde Arabe concernant la situation en Syrie ;
  • Jour après jour, la situation économique se détériore, la pression sur les conditions de vie des masses s'intensifie ;
  • Le régime est cohérent et offre de grandes potentialités. Cinq mois après le début des événements, aucune des institutions de base (le parti, l'armée, la sécurité, les institutions d’État, les ambassades, les organisations populaires, les syndicats, le Front national progressiste...) n'a connu de divisions ;

Assurément, le tableau n'est pas statique, et doit être perçu dans ses aspects dynamiques, son évolution et son développement jour après jour.

Parmi les scénarios possibles :

  • La crise pourrait continuer encore pendant une longue période, menant à d'autres catastrophes, bains de sang et souffrances ;
  • Un effondrement menant à l'anarchie générale, une guerre civile ou quelque chose de ce genre, ouvrant la voie à une intervention extérieure ;
  • Une division claire dans l'opposition peut se produire, faisant en sorte qu'une partie d'entre elle s'ouvre à un dialogue sérieux avec le régime pour parvenir à un nouveau contrat social dans le pays ;
  • Un terme aux divergences d'approches et à l' « immobilisme » en ce qui concerne les forces du régime ;

Il y a deux issues possibles : soit l'avancée vers une solution politique à la crise rendant possible une fin rapide et définitive, soit la poursuite du recours au traitement sécuritaire de la crise quel qu'en soit le prix.

Il est difficile de prédire la manière dont une solution décisive sera atteinte.

Certains événements inattendus peuvent se produire, poussant tous les partis à trouver un accord, ou à accepter un accord imposé par des puissances étrangères pour aider le pays à trouver une issue au tunnel dans lequel il s'est engouffré.

Où en est le parti désormais ?

Pour commencer, nous aimerions attirer votre attention sur le fait que notre parti a envoyé un mémorandum au commandement régional à la veille de la 10ème conférence nationale du parti Baath en 2005. Le parti a demandé à ce que l’État soit séparé du parti, que la démocratie et les libertés soient garanties, que les lois d'urgence soit levées, qu'une loi démocratique pour les partis soit adoptée, que les prisonniers d'opinion et politiques soient libérés, que l'on mette un terme à la domination du parti Baath sur les syndicats, que la corruption soit combattue, etc.

En outre, nous tenons à ajouter que le parti a affirmé, dans tous les documents adoptés dans la dernière période, qu'il soutenait la position nationale de la Syrie.

Pour réaliser cet objectif, les besoins sociaux, économiques et démocratiques des masses populaires doivent être satisfaits. Nous avons discuté en détail de ces revendications dans nos conférences et documents.

Dans son analyse de la crise profonde actuelle de notre pays, notre parti avait indiqué clairement que la principale contradiction se trouve entre la formule politique selon laquelle le pays est gouverné depuis des décennies et les revendications de démocratie, de développement social, économique et culturel dont a besoin la société Syrienne.

Le fond de notre position, c'est que cette formule politique repose sur le monopole de l'autorité par le parti Baath, la tutelle sur le mouvement populaire et ses organisations. Cette formule a mené à la décadence et à la bureaucratie, et à la corruption de l'appareil d’État. Par conséquent, les plans de réforme économique et sociale doivent être pris en considération, mis au niveau des exigences de progrès.

En bref, notre parti estime que le fond de la crise actuelle réside dans le décalage entre la structure du régime et les tâches que doit affronter la Syrie. Dans le même temps, le parti insiste sur le fait que l'ennemi et les forces impérialistes font de leur mieux pour utiliser ce décalage interne pour rendre possible la conjuration contre la Syrie, et l'utiliser comme un cheval de Troie pour servir son objectif bien connu, comme nous l'avons mentionné ci-dessus.

En conséquence, le Parti communiste syrien (unifié) n'est pas neutre pour ce qui est de l'alternative nécessaire, d'une part, et des moyens nécessaires pour atteindre cet objectif, d'autre part.

Une solution politique passant par la poursuite de réformes véritables et radicales est la seule issue à la crise. Les mesures sécuritaires ne font que développer les facteurs de la crise, et l'approfondir toujours plus tout en vidant de son sens le contenu des réformes.

Nous affirmons que la situation actuelle rend nécessaire un dialogue constructif et loyal entre toutes les forces patriotiques et honnêtes, indépendamment des différences d'opinions et d'idées dans l'objectif de parvenir à un accord ou à un plan de réformes radicales répondant aux besoins des masses populaires et des garanties sur la création d'un État civil laïc et démocratique s'opposant aux plans impérialistes et Israéliens dans la région.

Si le dialogue nécessite l'existence d'un climat propice, le dialogue même pourrait contribuer à créer un tel climat, car les autres options ne conduiraient qu'à de nouveaux bains de sang, de nouveaux désastres pour le pays et pour le peuple.

Chers camarades,

Étant donné la faiblesse des médias Syriens face aux gros médias de l'impérialisme, à la mobilisation des forces du monde entier contre la Syrie, et à l'alliance anti-Syrienne composée des puissances impérialistes ainsi que de leurs marionnettes dans la région, y compris la Turquie, qui a adopté une politique pragmatique pour se partager l'hégémonie dans la région avec les pays européens, pour toutes ces raisons, notre parti espère que tous les partis communistes, ouvriers et démocratiques dans le monde contribueront à diffuser ces précisions dans l'opinion publique de leurs pays respectifs.

Ainsi, nous appelons ces partis à soutenir la Syrie car elle est le plus important des pays Arabes à résister aux plans impérialistes de domination du Moyen-Orient, et à s'opposer fermement au plan Américano-Israélien visant à diviser la région en diverses entités communautaires dont le contrôle serait rendu plus facile. La Syrie soutient également la résistance nationale en Palestine, au Liban et en Irak. De plus, elle soutient le droit du peuple Palestinien à libérer ses territoires et à fonder un État national avec Jérusalem comme capitale.

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

 

 
 

2-2 Ilyess :Syrie : le chirurgien qui revient de l'enfer

Un héros des temps modernes. À 71 ans, le chirurgien français Jacques Bérès, co-fondateur de Médecins sans frontières puis de Médecins du monde, a parcouru la terre entière. Soudan, Iran, Vietnam, Gaza ou Libye, autant de conflits qui ont été couverts par cet homme de coeur, défenseur du devoir d'ingérence humanitaire. Face à la tragédie à huis clos que vit la ville martyre de Homs, bastion de la contestation en Syrie, et au manque de mobilisation des grandes ONG internationales, le médecin a décidé de s'y rendre le 9 février dernier, en toute clandestinité, n'ayant pour seule protection que les mandats de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93) et de France-Syrie démocratie. De retour de Homs depuis vendredi dernier, Jacques Bérès témoigne pour le Point.fr de l'horreur vécue.

Le Point.fr : Comment êtes-vous rentré à Homs ?

Jacques Bérès : J'ai été pris en charge par une filière de médecins syriens, de la frontière libanaise jusqu'à une localité du nom d'al-Qusayr, à 15 kilomètres de Homs. J'ai ensuite été emmené par l'opposition elle-même jusqu'à un autre village, à deux kilomètres de la ville.

Quelle était l'atmosphère sur place ?

Des milliers et des milliers de bombardements de mortiers. Des trous dans les maisons. Des immeubles qui brûlent. Des voitures qui continuent à cramer. Des rues désertes et les snipers.

Avez-vous vu les chars de Bachar el-Assad ?

Lorsqu'on ose sortir, dans certains quartiers, on peut les apercevoir tout près. Ils encerclent complètement la ville.

Qu'avez-vous pu faire sur place ?

Le peu que je sache faire, à savoir de la chirurgie de guerre. Je soignais les séquelles des bombardements. Mais malgré le dévouement des habitants, les conditions étaient très mauvaises. Je ne parle même pas de stérilisation.

Qui avez-vous traité ?

La plupart étaient des civils, de vieilles personnes, des femmes, et des enfants. Je me suis également occupé de soldats de l'armée syrienne libre, qui ne sont en fait qu'une émanation du peuple. Techniquement, on ne pouvait pratiquement rien faire pour les blessés de la tête et de la poitrine, qui étaient condamnés à mourir. On ne pouvait secourir que les plaies de l'abdomen, les perforations intestinales, les artères ou les membres.

Quel était l'état d'esprit des Syriens ?

Ils étaient on ne peut plus motivés. Mais arrive un moment où après trois semaines de bombardements sans fin, même les plus costauds craquent. Ils ne doivent leur salut qu'à leur motivation, leur solidarité, ainsi que leur désir de liberté. Et ils se tuent aux tâches de l'opposition, telles que transporter, aider, poster sur Facebook, Twitter. Je les admire. Je pense que Bachar devra les tuer tous s'il veut les faire taire.

Où opériez-vous ?

Les vrais hôpitaux ne servent qu'à l'armée du régime. Je traitais mes patients dans des maisons privées, mises à disposition par l'opposition. La liste de médicaments qui manquent est énorme. À ce stade, le plus important est d'avoir la base : la nourriture, l'électricité et l'eau. Pour avoir de l'électricité, on a besoin de générateurs qui marchent, et donc de diesel. Il manque tout, il faut faire avec le reste.

Aviez-vous déjà vécu de telles conditions ?

Ça me rappelait Grozny, en Tchétchénie. La même taille. Le même mélange de populations urbaines et rurales. Le même encerclement par les chars, et les bombardements. Bien plus que lorsque j'étais à Bagdad en 2003, ou à Gaza en 2010.

Combien de personnes sont mortes durant votre séjour ?

Sur les 89 personnes que j'ai pu soigner, neuf sont malheureusement décédées. Concernant le nombre total de morts, l'opposition donne des chiffres avérés, prononcés nominalement par les muezzins. Elle en recense près de 10 000. Mais ce chiffre est forcément inférieur à la réalité, car il ne prend pas en compte les disparus. Je pense donc qu'il y a quelques milliers de victimes en plus.

Avez-vous rencontré des journalistes ?

J'ai pu rencontrer la journaliste américaine Marie Colvin, qui est malheureusement décédée. Elle était venue à "l'hôpital" pour s'enquérir de la situation des patients.

Qu'est-ce qui vous a poussé à vous rendre là-bas, en dépit des risques ?

C'est bien de soigner la population, mais à l'échelle de la répression, cela ne représente que peu de choses.

J'ai mis vingt ans à comprendre de quoi on me remerciait à chaque fois. J'ai longtemps cru que c'était pour mes compétences. Sauf que, souvent, ils me remerciaient même quand je leur rendais des morts. Je leur apporte surtout un soutien moral. C'est très symbolique pour eux de savoir qu'il y a des gens dans le monde qui pensent à eux. Ce qui se passe en Syrie est horrible.

Source : Le point

Mardi, 28 Février 2012



2-3 Il y avait deux réunions à Tunis.

La semaine dernière, à Tunis, les responsables de plusieurs services secrets ont examiné les possibilités  d’un coup d’Etat

« Il y avait deux réunions à Tunis »s’amuse  un haut fonctionnaire du Quai d’Orsay . La première, la conférence, dite  « des amis de la Syrie », regroupait  les représentants d’un soixantaine de pays , dont Hilary Clinton ou notre patron, Alain Jupé, et d’organisations internationales . Son bilan n’est pas glorieux . Lautre se voulait plus discrète  et réunissait des gens, en principe que les diplomates, les hommes des services  secrets . On leur souhaite bon vent pour dégommer  Bachar... »

Réactions sur le même ton d’un officier d’état-major  : « C’est la meilleure solution. on ne peut pas refaire le même coup  qu’avec la Libye  et bombarder une armée syrienne autrement  plus solide que celle de Kadhafi  et dont les blindés se baladent tranquillement dans les villes insurgées. Et puis, cette fois, l’ONU ne donnera pas  son feu vert. »

Putchistes à convaincre vite

Exact. Russes et Chinois y mettraient leur veto . Reste alors la méthode déjà utilisée en Libye  : fournir  des armes efficaces aux insurgés , voire des  conseillers en guéillaurbine . Des livraisons  sont prévues , dit-on au Quai d’Orsay  et  à  la Direction  du  renseignement  militaire (DRM), via des pays arabes, comme le Qatar. Mais il y a mieux , et c’est aujourd’hui  d’actualité, selon  les  connaisseurs  : « préparer un coup d’Etat ». Encore faut-il trouver , sur place, des  interlocuteurs , valables, discrets , courageux.  Et cela suppose  de sacrés efforts de persuasion (ou de grosses sommes NDLR).

A Tunis, la semaine dernière , des représentants  des services secrets de plusieurs pays  - Etats-Unis,  Grande-Bretagne ,  France, Turquie , Arabie Saoudite et Qatar, notamment (avec des « experts » ayant fait leurs preuves  « au sol »  en Libye  NDLR) -  ont envisagé

cette solution. L’idée d’exploiter d’éventuelles  divergences  au sein  des  forces de sécurités et du clan Assad . A  en croire  un  officier du  renseignement , des  militaires  syriens,  jusque là plutôt loyaux ,  considèrent  désormais  qu’il  n’y  a  pas  d’autre issue  à  la  crise actuelle  qu’une  rupture  avec Bachar  et  sa  famille.  Selon lui,  les  princes  saoudiens  sont prêts  à mettre de  l’argent  sur  la  table  pour aider  à  la conversion  de ces  futurs  rebelles.

Quant à l’opposition syrienne , « elle est fragmentée,  divisée  sur  le  plan  ethnique , idéologique ou  stratégique »,  constate un  analyste   de   la DRM. D’un  côté , le  Conseil national syrien , « un  faux  nez  des  Frères  musulmans »,  dit-on.  De l’autre ,  le  Comité  de  coordination  nationale  qui  regroupe  des   intellectuels  et  des  opposants  favorables  à   une   solution  entre  Syrien.  Sans  compter  les  déserteurs  de  l’Armée syrienne  libre .  Et  pas  forcément  tous  d’accord  sur  les  ingérences  étrangères  et  sur  l’avenir  du pays,  une  fois  Bachar  écarté.

on  avec  ses  40.000

Ce  n’est  pas joué,   et  les  comploteurs  réunis  à  Tunis  savent  que  le  régime  peut  encore  tenir  bon  avec  ces  quelque  40.000 militaires  du  clan  alaouite   (branche  du  chiisme) -  trois  divisions  blindées ,  la  Garde  nationale,  les  Forces  spéciales  -  et  grâce  à  des  services  de  sécurité  omniprésents.  Face  aux  sunnites ,  leur  loyauté  est  aussi  une  question  de  survie  dans  cette  guerre  civile  entre  musulmans ,  sans  armistice  ni  pacifistes  à  l’horizon.

Claude Angeli, 

Le  Canard  Enchaîné,

 29.02.12


2-4 Nadia Khost :Qui est responsable des crimes en Syrie ?

Chers amis,

je vous adresse quelques extraits d'un précieux texte de Nadia Khost (11 mars 2012) : cette fois aussi, synthèse très documentée et rigoureuse de ce qui se passe ces jours-ci en Syrie ; et de ce que les Syriens, bien mieux informés que nous, savent, eux, du mensonge de nos media à la botte du gouvernement (et vice versa), accompagnés unanimement par les partis qui se prétendent dans l'opposition (voir les programmes des candidats).

m-a

Qui est responsable des crimes en Syrie ?

Nadia Khost

Maintenant, nous savons que la mort peut venir des bonbonnes de gaz, ou des galons d’huile ! Nous savons que chacun d’entre nous peut mourir dans une explosion ou lors d’une attaque des bandes armées si son nom figure sur leur liste des gens à abattre ! Malgré cela, le Conseil des Droits de l’Homme à Genève refuse de reconnaitre que ce qui se passe ici est l’assassinat de notre sécurité, l’abolition de notre rythme de vie. Et va chercher les accusés parmi les victimes ! Or, nous qui vivons en Syrie, et non dans un pays occidental, nous connaissons la vérité que l’Occident et ses institutions « humanitaires » ne veulent pas connaître. […]

On a vu le président Obama se tenir comme un écolier docile devant Netanyahou, garantissant le « droit d’Israël à assurer sa sécurité », (cette sécurité s’étendant d’Israël à l’Égypte, à la Lybie et à l’Iran !) et garantissant son engagement à assurer la suprématie militaire d’Israël. Nous avons ainsi vu, sur le plan symbolique, la concordance entre le projet occidental et le projet sioniste. C’est pourquoi, M. Juppé ne diffère guère de Mme Clinton. Son arrogance n’est pas sans rappeler celle d’un gouverneur pendant la période d’occupation. Ces événements ont permis de mettre une fois de plus en lumière l’influence sioniste au sein du parti communiste et du parti socialiste français. N’est-il pas ironique que Bernard Henri Lévy, le sioniste, se définisse comme socialiste ? Et qu’il cite Marx dans son livre sur ses missions dans l’invasion de la Lybie où il se déclare « fidèle à son judaïsme et son sionisme » ! Le parti communiste français n’a-t-il pas remarqué ce qu’est le système politique de l’Arabie et du Qatar, et ce que sont les bandes takfiristes utilisées dans la guerre contre la Syrie ? Il s’ensuit que l’Occident ne collabore plus qu’avec ceux qui ont des liens avec Israël et qui privilégient la sécurité de cette dernière, sur la sécurité nationale arabe. C’est pourquoi Basma Kodmani [5] a avoué qu’« Israël est une nécessité » ! Certains membres du Conseil d’Istanbul ont assuré qu’ils établiront des liens avec Israël. Dans cette concordance, s’inscrit la collaboration des services secrets israéliens, qataris, et saoudiens, ainsi que les bandes armées munies d’armes israéliennes découvertes dans des cachettes à Douma, dans la banlieue de Damas, et à Baba Amro. Ce Conseil, appuyé par Juppé et Clinton, a commis ce que le peuple Syrien ne pardonne pas : le fait d’avoir facilité l’ingérence étrangère politique et militaire en Syrie, d’avoir des liens avec Israël et le sionisme. Dans ce climat, l’Occident accuse les victimes des crimes qu’il a lui-même commis par le bais de ses bandes armées. Cela ne nous étonne pas qu’il voie AbdelKarim Belhaj, Al Mahdi Harati, Al Zawahiri, l’émir du Qatar, et le roi Saoudien comme autant de « révolutionnaires démocrates », et qu’il efface de sa mémoire Che Guevara et Manolis Glezos !

Est-il possible de changer la stratégie occidentale pour dissiper le danger d’un embrasement du proche Orient ?

[…]

Le sang des victimes avec lequel les Libyens d’Al-Qaïda ont écrit sur le mur de la famille assassinée, « de Misrata nous sommes venus pour libérer la Syrie », et les décombres de Baba Amro -là où les services secrets français et britanniques ont dirigé la guerre- dessinent un tableau réunissant Al-Qaïda, les cheikhs despotiques du pétrole (qui interdisent à la femme de conduire), les bandes de mercenaires, les dirigeants occidentaux, les services secrets occidentaux, les régimes coupeurs de têtes saoudiens, et l’opportuniste qatari. Un tableau très significatif, qui ne permet pas à ceux-là de donner aux Syriens des leçons sur les droits de l’Homme ou sur la démocratie ! Mais qui impose de juger les dirigeants de l’Occident et du Golfe qui ont planifié et financé les crimes en Syrie !

Dr Nadia KHOST

Dr Nadia Khost, écrivaine syrienne — auteur de nombreux ouvrages, d’essais, et de nouvelles portant sur l’histoire, l’architecture, la conservation et la protection du patrimoine de la Civilisation Arabe — vit à Damas.

11 mars 2012

Traduit de l’arabe par Anis El ABED 

URL de cet article :  http://www.silviacattori.net/article2975.html

 



3  Géopolitique et stratégie

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Alain Gresh : « Il faut s’interroger sur les intérêts de l’Arabie Saoudite et du Qatar dans l’aide à l’opposition syrienne ».

Que va-t-il se passer en Syrie ? Est-ce la fin de la rébellion ?

Ce vendredi 2 mars 2012 marque un « vendredi de l’armement », une journée pour réclamer que l’Armée syrienne libre (ASL) puisse recevoir des armes de l’étranger.

Alain Gresh, animateur du blog Nouvelles d’Orient et spécialiste du Proche-Orient est l’invité de RFI.

RFI : Alain Gresh, vous êtes l’animateur du blog Nouvelles d’Orient. Mais avant de parler de la situation en Syrie, d’abord un mot sur ce retour programmé en début de soirée des deux journalistes français dont on avait cru qu’ils ne s’en sortiraient peut-être jamais.

Alain Gresh : C’est une bonne nouvelle pour nous, pour les confrères d’abord, évidemment et tant mieux. Cela rappelle que le métier de journaliste n’est pas toujours facile. C’est une bonne nouvelle, mais en même temps il faut savoir que couvrir des zones de guerre a toujours été une charge et comporte des risques qui nous concernent tous.

RFI : Le retour est prévu ce soir. En début de soirée, un avion les prendra à l’aéroport, et les deux journalistes sont en route pour cet aéroport de Beyrouth. Quant à la situation en Syrie, avec le retrait tactique des militants opposés au régime de leur quartier historique de la ville de Homs, qu’est-ce que cela va changer pour eux ?

A.G. : Il faut d’abord rappeler que depuis quelques semaines nous sommes concentrés autour de Homs et des affrontements qui, en partie, sont des affrontements militaires. La rébellion a commencé maintenant depuis un an. Elle a couvert tout les pays, elle a été pour l’essentiel pacifique et elle continue. Et Homs ne changera pas ça.

Homs montre peut-être que la militarisation n’est pas la solution pour l’opposition, que c’est les manifestations pacifiques qui permettent pour l’essentiel, malgré la répression terrible du régime, d’ébranler ce régime. Mais que la militarisation, au contraire, sert au régime pour dénoncer les extrémistes, les militants qui viennent d’Irak et du Liban, des militants d’al-Qaïda. Ce qui est vrai d’ailleurs.

Dans tous les cas, ce qui est sûr, c’est que la rébellion ne s’arrêtera pas, que la capacité du pouvoir de contrôler l’ensemble de la Syrie me semble compromise très durablement.

RFI : Aujourd’hui sur place, c’est un « vendredi de l’armement » de l’ALS, réclamé par ces militants. Les débats sur ces armements durent depuis quelques mois, quelques semaines. Pensez-vous qu’il y a une relation de cause à effet, entre la chute de leur quartier à Homs et cette journée de vendredi ?

A.G. : Je ne suis pas sûr de savoir comment sont pris les mots d’ordre, ni si ces mots d’ordre sont vraiment des mots d’ordre repris partout en Syrie.

RFI : Il a été annoncé sur le net que vous connaissez bien.

A.G. : Oui, mais je ne suis pas sûr que cela représente aujourd’hui ce que veulent les Syriens. Il faut bien comprendre : la militarisation voulue par un certain nombre de forces intérieures et extérieures, puisque c’est le Qatar et l’Arabie Saoudite qui sont quand même derrière cette campagne pour l’armement de l’opposition, cela se joue pleinement dans les mains du régime. Et le régime s’en sert, à la fois pour dire : mais nous n’avons pas affaire à une opposition politique et pacifique, nous avons affaire à des terroristes, premièrement. Mais surtout elle sert parce qu’elle effraie une partie de la population syrienne, à la fois tous les gens qui ont peur de la guerre civile mais aussi un certain nombre de communautés dont on sait qu’elles sont inquiètes. Et je pense aux chrétiens, aux alaouites, mais même aux Kurdes. Par exemple, les Kurdes, qui ont été un des éléments déclencheurs de l’opposition, ont pris leur distance à l’égard du Conseil national syrien parce qu’ils trouvent que ces orientations, à la fois sur la plan de l’utilisation de l’armement, mais même politiques, sont très peu claires.

Il faut quand même s’interroger sur le poids que jouent aujourd’hui l’Arabie Saoudite et le Qatar dans l’aide à l’opposition syrienne, cela laisse planer quelques doutes. On a du mal à croire que l’objectif essentiel de l’Arabie Saoudite soit la démocratie en Syrie quand on sait qu’il n’y avait pas d’élections en Arabie Saoudite. Il faut quand même voir aussi le cynisme de certains partis extérieurs qui sont prêts à jouer avec l’avenir du peuple syrien pour des raisons géopolitiques, à savoir l’affaiblissement de la Syrie et, par la suite, à travers l’affaiblissement de la Syrie, l’affaiblissement de l’Iran.

RFI : Il y a donc un enjeu régional ?

A.G. : Tout à fait. La Syrie est au cœur du Proche-Orient, à la fois en partie au cœur de conflits israélo-palestinien et arabes, et aussi l’allié le plus fiable de l’Iran dans le monde arabe. Il est évident que la politique saoudienne ou celle du Qatar est basée sur ces points et non pas sur l’instauration d’une démocratie représentative en Syrie.

RFI : Bachar el-Assad a-t-il gagné réellement quelque chose aujourd’hui ?

A.G. : Non. Il a gagné tactiquement et il a gagné parce qu’il maintient son régime pour l’instant. Je pense que la chute du régime, en tous les cas la transition, risque d’être longue. Mais il n’a pas gagné dans le sens où je pense qu’on ne peut plus retourner à la situation qui était celle d’il y a un an où il y avait un régime qui contrôlait l’ensemble du pays, qui contrôlait l’ensemble de la société. Donc je crois que c’est une page qui est tournée. Le problème est de savoir comment assurer une transition sans sombrer dans la guerre civile. C’est très difficile, cela demande beaucoup d’efforts. Mais je pense que la communauté internationale a plutôt intérêt à jouer dans ce sens plutôt que dans le fait d’attiser les conflits internes.

RFI : Qui a de l’influence réellement aujourd’hui sur Damas, sur le régime syrien ? Nous avons vu aujourd’hui Poutine prendre un peu ses distances et qu’il n’a pas de relation particulière avec Bachar el-Assad.

A.G. : Oui, mais on entend dire que la Russie est émue par ses intérêts, par le fait qu’elle vend des armes à la Syrie, ce qui est vrai. Mais je pense qu’elle ne verra pas l’ombre d’un dollar sur les armes qu’elle vend aujourd’hui à la Syrie. Donc la Russie comme toutes les puissances extérieures prennent en compte leurs intérêts de grande puissance. Aucune grande puissance n’agit uniquement pour des raisons morales. Je pense que la Russie comme la Chine sont inquiètes de l’évolution en Syrie et peuvent jouer un rôle pour faire pression sur le régime. Cela fait longtemps que les Russes disent qu’il faut une réforme de ce régime. Ils ont fait des propositions pour une négociation entre le régime et l’opposition. Ils ont proposé que cela se tienne à Moscou. Donc, ils peuvent jouer un rôle. Ils ont appelé, hier, avec le Conseil de sécurité, pour avoir un accès aux populations, pour des raisons humanitaires. Ils font pression pour que Kofi Annan puisse y aller. Je pense qu’il faut travailler avec eux.

Brice Barrillon - RFI

D’Alain Gresh : 2 mars 2012 –

 3 mars


3-2 Bill Van Auken : Hillary Clinton et les crimes de guerre au Moyen-Orient.
En témoignant mardi devant une commission du Sénat, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a déclaré que le président syrien Bachar al-Assad pourrait être qualifié de « criminel de guerre ».

« Si l'on se base sur les définitions d'un criminel de guerre et des crimes contre l'humanité, on pourrait défendre qu'il [Assad] entre dans cette catégorie », a dit Clinton devant la Commission.

Le durcissement rhétorique de Washington vise à rallier le soutien de l'opinion publique pour une nouvelle intervention impérialiste au Moyen-Orient, où l'objectif d'un changement de régime est une fois de plus déguisé en croisade pour les droits humains. La déclaration de Clinton toutefois soulève la question : comment exactement détermine-t-elle quand une violence exercée contre des civils constitue un crime de guerre ?

La définition fixée par la loi fondatrice de la Cour pénale internationale et tirée en grande partie de la charte ayant établi le tribunal de Nuremberg qui a traduit en justice les dirigeants survivants du régime nazi allemand après la Deuxième Guerre mondiale. D'après cette définition, un crime de guerre est un certain nombre d'actes - dont le meurtre, l'extermination, la torture, l'emprisonnement et la disparition forcée de personnes - sciemment « commis dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique dirigée contre toute population. »

Alors que Clinton accepterait volontiers cette définition contre le régime syrien, il semble y avoir une restriction tacite quant aux individus ou gouvernements qui pourraient « entrer dans cette catégorie ». En ce qui concerne la politique américaine et l'establishment des médias, c'est très bien d'utiliser la qualification de criminel de guerre pour décrire la violence lorsqu'elle est perpétrée par un régime que les Etats-Unis cherchent à renverser à l'encontre de « rebelles » ou d'« opposants » jouissant du soutien de Washington.

Toutefois, lorsqu'une violence bien plus grande est perpétrée par les Etats-Unis eux-mêmes contre un peuple s'opposant à l'occupation de leur pays par les troupes américaines, la même catégorie est exclue.

L'insistance de définir Assad comme un criminel de guerre s'est intensifiée face au siège de 27 jours du quartier de Baba Amr à Homs qui fut pris d'assaut par des milices armées ayant à leur actif l'enlèvement et le meurtre d'habitants non sunnites de la ville. Jeudi, ces « rebelles » soutenus par les Etats-Unis, ont annoncé qu'ils se retiraient de la zone au vu des forces gouvernementales syriennes supérieures.

Il ne fait pas de doute que des centaines de personnes sont mortes durant le siège qui a duré un mois, y compris des civils sans armes. Et pourtant, si l'on considère le barrage de dénonciations des médias, des résolutions des Nations unies et des communiqués d'indignation diffusés par Washington et d'autres capitales occidentales, il est bon de rappeler l'indifférence silencieuse avec laquelle ces mêmes sources médiatiques et ces mêmes gouvernements ont réagi au massacre d'au moins 20 fois plus de civils en un tiers de temps en un endroit distant à peine de 650 kilomètres de la ville assiégée de Homs.

Cela s'est passé en novembre 2004. Le site du massacre était Falloujah, en Irak. Lors de ce siège barbare, les marines américains ont transformé une ville entière en une zone de feu à volonté après avoir prévenu les habitants de la quitter. Les hommes et les garçons, furent cependant refoulés et obligés de subir une attaque au napalm, de bombes de fragmentation, de bombes au phosphore blanc et autres munitions qui ont incinéré leurs victimes et fait s'écrouler leurs maisons sur elles. Sur les 50.000 habitants de Falloujah qui soit refusèrent de fuir, soit furent incapables de le faire, plus de 6.000 ont perdu la vie. Au moins 60 pour cent des bâtiments de la ville furent démolis ou endommagés.

Sept ans plus tard, les habitants de Falloujah continuent de payer un terrible tribut pour le châtiment collectif qui leur a été infligé. Ils endurent une épidémie d'anomalies congénitales, de cancer chez les enfants et d'autres maladies causés par des obus à uranium appauvri et autres bombes largués sur la ville.

Comment se fait-il que les actions du régime Assad à Homs sont déclarées propres à pouvoir « entrer dans la catégorie » de crimes de guerre tandis que les actions beaucoup plus sanglantes perpétrées par l'armée américaine à Falloujah et d'innombrables autres atrocités commises sous les gouvernements Bush et Obama dans des guerres non provoquées contre les populations en Irak et en Afghanistan sont jugées être des mesures justifiées dans une « guerre contre le terrorisme », pour laquelle personne n'a jamais eu de compte à rendre.

Avant le bombardement de Falloujah qui a réduit la ville à l'état de ruine, l'armée américaine avait affirmé que l'attaque avait été nécessaire parce que la ville irakienne était devenue le quartier général d'Al Qaïda en Irak. En effet, les deux guerres tant en Afghanistan qu'en Irak furent présentées au peuple américain comme des guerres menées pour vaincre Al Qaïda et pour empêcher que l'organisation n'obtienne des « armes de destruction massive ».

La semaine dernière, Hillary Clinton a à plusieurs reprises employé une phrase identique lors de son audition devant le Sénat et lors d'interviews accordés aux médias en réponse aux questions concernant des propositions d'armer les « rebelles » syriens. Elle avait posé la question : « Soutenons-nous Al Qaïda en Syrie ? »

Tout en abordant la question d'une manière rhétorique pour suggérer que Washington émettait des réserves pour fournir des armes à ceux qui cherchent à renverser Assad, Clinton sait très bien que dans le monde réel des armes sont déjà envoyées et la réponse à sa question est, « oui, nous les soutenons ». Tout comme dans le cas de la guerre contre la Libye, l'impérialisme américain collabore étroitement en Syrie avec les mêmes éléments islamistes qu'il a pendant longtemps dépeints comme la plus grande menace pour le peuple américain.

Tout en servant d'épouvantail bien pratique pour terroriser le peuple américain dans le but de lui faire accepter les guerres d'agression impérialiste, la réalité est que les rapports entre Washington et Al Qaïda - fondée par des forces financées et armées par la CIA durant la guerre soutenue par les Etats-Unis contre le régime prosoviétique en Afghanistan dans les années 1980 - ont toujours été plutôt complexes.

Dès les années 1950, l'impérialisme américain avait, en guise de contrepoids au socialisme et au nationalisme radical, accordé son soutien secret aux organisations islamistes réactionnaires et obscurantistes au Moyen-Orient. A présent, il emploie ces forces une fois de plus pour tenter de redéfinir la carte géostratégique de la région en plaçant ses vastes ressources énergétiques sous la férule de Washington.

Derrière les larmes de crocodile versées par les criminels de guerre à Washington, les exigences pour un changement de régime en Syrie ont autant à faire avec la défense des droits humains que l'Afghanistan et l'Irak avaient à faire avec la protection du peuple américain contre le terrorisme.

(Article original paru le 3 mars 2012)

 Source : WSWS

Bill Van Auken

Mercredi 7 mars 2012
http://www.wsws.org/francais/...


3-3 Pepe Escobar :Pourquoi le Bahreïn n’est pas la Syrie.
Combien émouvant est le fait que le premier anniversaire d’un vrai mouvement arabe pro-démocratie dans le golfe Persique - ensuite impitoyablement écrasé - tombe le 14 février, jour où la Saint-Valentin est célébrée en Occident. Tu parles d’une histoire d’amour vouée à l’échec...

Et comment Washington va-t-il honorer cette histoire d’amour tragique ? En reprenant les ventes d’armes à la dynastie sunnite al-Khalifa au pouvoir à Bahreïn.

Donc, pour récapituler, le président des États-Unis Barack Obama, a dit que le président syrien Bachar al-Assad devait « se retirer et permettre qu’une transition démocratique débute immédiatement », tandis que le roi Hamad al-Khalifa reçoit de nouveaux jouets pour sévir contre ses subversifs et pro-démocratiques sujets.

Obama souffre-t-il de dissonance cognitive ? Bien sûr que non. Après tout la Syrie est soutenue par la Russie et la Chine au Conseil de sécurité des Nations Unies, tandis que le Bahreïn accueille la Cinquième Flotte des Etats-Unis - défenseur du « monde libre » contre ces méchants Iraniens qui veulent fermer le détroit d’Ormuz.

Il y a un an, l’écrasante majorité de la population du Bahreïn - la plupart sont pauvres, des sujets chiites négligés et traités comme des citoyens de troisième classe, mais avec parmi eux des sunnites instruits - sont descendus dans les rues pour exiger de la dynastie Al-Khalifa un minimum de démocratie.

Tout comme la Tunisie et l’Egypte - et contrairement à la Libye et à la Syrie - le mouvement pro-démocratie à Bahreïn était purement local, légitime, non-violente et non contaminé par l’Occident ni infiltré par le Conseil de coopération du Golfe (CCG).

La réponse a été une répression des plus violentes, avec en plus une invasion de l’Arabie Saoudite dans les rues de Manama. Cela a été le résultat d’un accord tacite conclu entre la Maison des Saoud et Washington : nous vous fournissons une résolution de la Ligue arabe vous permettant d’aller à l’ONU, puis de lancer les bombardements humanitaires de l’OTAN sur la Libye, [et en échange] vous nous laissez tranquilles pour briser ce printemps arabe qui est un non-sens (voir : The US-Saudi Libya deal, 2 avril, 2011.)

 

L’administration Obama n’a pas éprouvé le besoin de faire main-basse sur la « célébration » de la mobilisation démocratique au Bahreïn par l’envoi d’un grand manitou du département d’Etat.

Tel que rapporté dans l’article le Gulf Daily News, la soi-disant « Voix du Bahrain » (plutôt la voix des al-Khalifa), le secrétaire d’Etat américain adjoint pour les affaires du Proche-Orient, Jeffrey Feltman, a prié le roi Hamad de « diminuer les tensions » - par « la libération des prisonniers politiques, un remaniement partiel du gouvernement et le retrait des forces de sécurité ».

Les demandes de Feltman doivent tenir de la schizophrénie, parce que les prisonniers politiques restent en prison, le remaniement ministériel est cosmétique et les forces de sécurité sont lancées au plus fort de la répression.

Feltman a déclaré que Washington privilégiait un « dialogue national », des solutions « made-in-Bahreïn », et ne voulait pas que des Etats étrangers « s’immiscent dans le processus ». Les Bahreïnis doivent-ils suivre le modèle NATO-GCC appliqué à la Syrie ?

Il a également déclaré : « Les Bahreïnis peuvent compter sur le soutien des États-Unis pour trouver un consensus sur la voie à suivre » et a loué la « sincérité » du prince héritier Salman, également commandant suprême adjoint et chef d’orchestre du dialogue national. Avec des amis comme ceux-ci, le mouvement pro-démocratie à Bahreïn n’a guère besoin d’ennemis.

C’est donc un message de Washington qui tient en peu de mots : faites en sorte que ces gens cessent tout ce bruit, et nous garderons notre base ici pour vous défendre, vous et vos cousins, ​​contre ces masses de pauvres.

La vie à Bahreïn est quelque chose de complètement différent. Ce que les médias américains dominants appellent un « émirat sous tension » est toujours sous une loi martiale de facto. Les manifestants pro-démocratie soit-disant « libérés » - des centaines - sont en fait toujours en prison. Human Rights Watch, à son crédit mais toujours en s’exprimant avec des pincettes, a dit : « Il y a eu peu de demande de comptes pour les actes de torture et les meurtres - des crimes dans lesquels est impliqué le Groupe de défense de Bahreïn ».

 

Il n’y a aucun compte du tout - en fait.

Anticipant une répression aggravée à l’occasion du premier anniversaire de l’insurrection, le ministère de la Santé a ordonné aux hôpitaux privés de fournir à l’appareil de sécurité le nom de chaque personne blessée. Des centaines de médecins et d’infirmières se voient reprocher d’avoir soigné des manifestants blessés, ont été arrêtés au cours des derniers mois.

L’armée a entouré de fils de fer barbelé tous les accès proches du rond-point Pearl - où le monument des manifestants a été rasé, la métaphore ultime d’une volonté démocratique brisée. Deux citoyens américains, Huwaida Arraf et Radhika Sainath, ont été récemment arrêtés à Manama lors d’une manifestation non-violente et pacifique. Ayat al-Qormozi a été emprisonné parce qu’elle a lu au rond-point Peral un poème critiquant le roi Hamad.

En novembre dernier, la Commission d’enquête indépendante au Bahreïn a accusé les al-Khalifa d’utiliser une « force excessive, y compris l’extorsion d’aveux par la torture sur les détenus ».

Fin janvier, Amnesty International a appelé à « enquêter et rendre compte sur plus d’une douzaine de décès suite à l’utilisation de gaz lacrymogènes » et a appelé Washington à « suspendre les transferts de gaz lacrymogènes et autres équipements anti-émeutes aux autorités de Bahreïn ».

Les forces répressives locales soutenues par l’Arabie saoudite ont souvent recours à des policiers anti-émeute d’origine pakistanaise - sans parler des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes fabriquées aux Etats-Unis et utilisés pour disperser toutes les manifestations anti-gouvernementales, même pacifiques. Des dizaines de personnes âgées et des enfants ont trouvé la mort par asphyxie après que les troupes du régime aient tiré des gaz lacrymogènes dans les zones résidentielles et même dans les maisons.

La répression, soutenue par les troupes de l’Arabie saoudite, a été jusqu’à s’attaquer à des femmes en deuil qui suivaient des cortèges funéraires de manifestants tués par l’appareil de sécurité des al-Khalifa.

Vous n’êtes pas contents ? Tout cela fait partie du « dialogue national » du prince hériter...

Pourtant, même avec une répression qui ne souffre aucun répit, des manifestations exigeant le départ des al-Khalifa ont lieu presque tous les jours. Cette revendication n’a jamais été une demande initiale du mouvement pro-démocratie, mais elle est maintenant reprise depuis l’invasion des troupes de l’Arabie saoudite.

Et pour prouver pour de bon que nous vivons dans un monde qui va dans le sens de ce que disaient les Monty Python, prenez note de cette interview du roi Hamad publié par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel.

Le roi du Bahreïn dit qu’il a demandé au Conseil de Coopération du Golfe d’envahir son pays en mars 2011 « pour protéger les installations stratégiques » - « au cas où l’Iran deviendrait plus agressif ». Téhéran n’avait absolument rien à voir avec les manifestations - provoquées par une monarchie sunnite qui traite la majorité absolue de ses sujets indigènes comme les Émirats arabes unis traitent leurs travailleurs immigrés sud-asiatiques.

Le roi a également déclaré que « nos femmes avaient très peur et il est du devoir d’un gentilhomme de protéger les femmes ». Peut-être, au lieu d’une invasion, de la torture, des meurtres et d’une répression sans répit, le roi aurait pu apaiser les « peurs de ses femmes » avec un don financé par l’État de sacs à main Louis Vuitton.

 Pepe Escobar

 Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007) et Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge.

Son dernier livre vient de sortir ; il a pour titre : Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009).

Source : Info-Palestine


3-4Ahmed Manaï, observateur de la Ligue Arabe en Syrie, accuse...

Revue de presse : Extraits d’interviews accordées par Ahmed Manaï, observateur de la Ligue arabe en Syrie. 

M. Manaï est un opposant historique au régime de Ben Ali  et le  fondateur de l’Institut Tunisien des Relations Internationales (ITRI)*.
A  Tunis Tribune (2/6/12)
Fait rare, la Tunisie, a pris une mesure radicale à l’encontre d’un autre pays arabe, en annonçant l’expulsion imminente de l’ambassadeur de Syrie à Tunis. Est-ce une bonne décision et comment la jugez-vous ?
A.M - Fait rare en effet dans la diplomatie tunisienne ! Je me souviens qu’en 1961, lors de la bataille de Bizerte, au cours de laquelle des centaines sinon des milliers de tunisiens ont été massacrés par l’armée française, la Tunisie n’a pas rompu ses relations diplomatiques avec la France mais s’est contentée de rappeler son ambassadeur à Paris. Les étudiants tunisiens en France ont été encouragés à reprendre leurs études dans ce pays.
L’ambassadeur syrien est en congé maladie et se trouve en Syrie depuis plus d’un an !
Il faut dire tout d’abord qu’il n’y a pas d’ambassadeur syrien à Tunis, ce dernier est en congé de maladie depuis plus d’un an, mais simplement un vice-chargé d’affaires. N’empêche que nous sommes en face d’un acte symbolique, bête et gratuit.
(…)
Ne pensez-vous pas que le pouvoir actuel en Syrie doit passer la main et que le peuple syrien a droit à choisir son destin et à vivre en toute liberté comme ils le réclament ?
A.M - Tous les Syriens que je connais, certains depuis 1981, appartiennent à l’opposition. Ils appartiennent maintenant, au CNT, au CNC ou des indépendants. Depuis 1991, nous avons mené ensemble de nombreux combats pour la liberté, la démocratie et le respect des droits humains, en Tunisie, en Syrie et ailleurs. Je regrette de constater que le long parcours militant de certains d’entre eux n’a pas fait d’eux les hommes politiques qu’exige la phase actuelle du combat.
Juste avant de venir en Syrie, j’ai fait le déplacement à Tunis pour rencontrer Burhan Ghalioun. Je n’ai pas pu le faire mais j’ai rencontré trois de ses collègues et je leur ai posé cette question simple ! Êtes-vous prêts à négocier ? Ils m’ont répondu tous en chœur : jamais ! Ils pensaient sans doute qu’ils allaient faire une entrée triomphale à Damas derrière les troupes de l’OTAN.
C’est tout sauf de la politique, parce qu’en politique la négociation est le fondement de toute solution des différents et des conflits, même armés.
Alors, bien sûr que le peuple syrien a droit de choisir son destin et à vivre en toute liberté comme il le réclame. Mais c’est vrai aussi que l’alternance doit se passer dans le calme, et pas dans le désordre et au rythme des attentats terroristes.
Texte intégral
http://www.tunistribune.com/16558-interview-exclusive-de-m-ahmed-manai-la-decision-de-renvoyer-lambassadeur-syrien-vient-de-ghannouchi-et-du-qatar/

Au site Nawaat.org (7/2/12)
Nawaat : Quels sont les différents agents (On a parlé de l’Iran, de Hezbollah, Irakiens …) impliqués aux événements qui se déroulent en Syrie depuis mars 2011?
A.M  - L’Iran et le Hezbollah sont des alliés stratégiques des syriens. Les Irakiens par contre, étaient en mauvais termes avec eux, quoique actuellement on assiste à leur rapprochement.
Seraient-ils impliqués dans les évènements en Syrie ? Je ne crois pas que les Syriens auraient besoin de l’aide de quiconque pour gérer la situation intérieure de leur pays. De nombreux médias ont parlé de combattants du Hezbollah et des Pasdaran iraniens qui seraient engagés dans la répression des manifestants. C’est tout simplement de la propagande. Mais il est certain qu’ils coopèrent à plein au niveau du renseignement, par exemple.
Il y a d’autres pays impliqués à fond dans la crise syrienne : ce sont les pays du Golfe avec à leur tête le Qatar, puis la Turquie et l’ensemble des pays de l’OTAN. Certains d’entre eux accueillent les groupes armés sur leur sol, d’autres les financent, d’autres encore les entraînent et certains autres leur assurent la couverture médiatique.
Il y a d’autres acteurs de taille, tels que les Russes et les Chinois, mais comme on l’a vu lors du dernier vote du Conseil de Sécurité, leur rôle est surtout de soutien.
Mais il y a aussi, en plus de ces Etats, des mouvances politiques très influentes, telle que les Frères Musulmans et les Salafistes.
(…)
Nawaat: Le massacre à Homs, tuant plus de 200 vies, le plus meurtrier depuis le début des événements vous semble-il suspect ?
A.M - En fait, il s’agit d’un coup monté dans le cadre d’une stratégie globale et concertée où sont intervenus les « militants syriens » à l’étranger pour occuper les ambassades et les consulats syriens», l’appel au renvoi des ambassadeurs syriens dans les pays arabes et bien sûr ce massacre de Homs.
Alors ce massacre : tous ceux qui ont suivi les télévisions ce jour là ont vu des photos de très nombreuses victimes. La plupart de ces victimes avaient les mains liées derrière le dos et certaines avaient le visage au sol.
Les metteurs en scène nous ont expliqué que c’étaient les victimes des bombardements des bâtiments et des habitations par les blindés et même par l’aviation syrienne. Curieusement ces victimes ne portaient pas de blessures ni même aucune trace de l’effondrement de leurs maisons et habitations. Chacun peut en tirer les conclusions qu’il veut. En tout cas tout au long de la journée du 4 février, de citoyens syriens ont témoigné qu’ils avaient reconnu parmi ces victimes, des proches et des voisins enlevés depuis une semaine et même des mois.
Chacun peut en tirer les conclusions qu’il veut.
(…)
Nawaat: A votre avis, quel serait le véritable poids du CNS (pro intervention militaire) et du Comité national de coordination pour le changement démocratique (contre une intervention et dont on entend rarement parler de lui dans les médias internationaux) ?
A.M - Le CNS n’a pas une bonne réputation en Syrie justement parce qu’il appelle à l’intervention armée. Les syriens ont une vieille tradition de patriotisme et une haute histoire de résistance à la domination étrangère. Par contre, à l’étranger, il est le chouchou des médias et le partenaire favori des hommes politiques, qui le soutiennent et le financent.
D’ailleurs le CNS n’a pas de représentants à l’intérieur du pays et une de ses composantes, les kurdes, vient de le quitter.
C’est différent dans le cas du Comité de Coordination, parce que ses représentants sont presque tous des militants de l’intérieur du pays, et n’ont qu’un porte-parole à l’étranger, Haytham Manna. Il est tout à fait normal qu’on ne parle pas de ce Comité dans les médias de la propagande et de la désinformation qui soutiennent l’intervention.
(…)
Nawaat: Dernière question : peut-on être pour ou contre le régime de Bachar al-Assad et du Président syrien en lui-même ?
A.M  -  Ceux qui croient que le départ d’un président résoudrait tous les problèmes du pays, sont tout simplement des idiots. Nous n’avons pas réussi à tirer les leçons des exemples tunisien, égyptien et yéménite et convenir que les lendemains de dictature sont souvent plus difficiles à gérer que la dictature elle-même, parce que les oppositions n’ont pas encore appris à gouverner !
Texte intégral :
http://nawaat.org/portail/2012/02/07/ahmed-manai-la-ligue-arabe-a-enterre-le-rapport-des-observateurs-en-syrie/*
* Institut Tunisien des Relations Internationales
http://tunisitri.wordpress.com/

http://www.france-irak-actualite.com/


3-5 Petit traité de stratégie moyen-orientale. : Lettre à un ami  au sujet des événements actuels en Syrie.

Les États-Unis sont en train de détruire la Syrie pour préparer la guerre contre l'Iran.

Et ils veulent faire la guerre à l'Iran parce qu'ils ont perdu en Afghanistan.

Lettre à un ami au sujet des événements actuels en Syrie :

Salut,

Tu sais, je la connais toute la propagande contre la Syrie.

On nous en a fait autant au sujet de la Libye. Regarde maintenant ce qu'il en était, par exemple, des fameux mercenaires de Kadhafi :

C'est la nana d'Amnesty France qui parle :http://mai68.org/spip/spip.php?article3794

Et on nous avait fait le même coup avec les Armes de destruction massives de Saddam Hussein (Irak) en 2003 pour justifier la deuxième guerre du Golfe. Et aussi quelques années auparavant, on avait eu le témoignage émouvant d'une jeune femme qui, soit-disant, travaillait dans une maternité au Koweit. Elle prétendit que les soldats de Saddam au Koweit débranchaient les couveuses à bébés prématurés pour les voler (les couveuses) et que les bébés mouraient. Ça a servi à justifier la première guerre du Golfe. Il s'est avéré quand cette guerre fut finie que la jeune femme n'avait jamais travaillé dans aucune maternité, que tout était faux, et que la nana en question était la fille de l'ambassadeur du Koweit aux USA ! pareil pour le faux charnier de Timisoara pour détruire la Roumanie de Ceauscescu. Tiens, on a aussi eu droit à un faux charnier à Tripoli, tu te souviens :

http://mai68.org/spip/spip.php?article3236

Je ne crois rien de ce qui peut servir à justifier une intervention militaire occidentale.

Je sais qu'Israël (armée supplétive de l'impérialisme américain au moyen-orient) déteste la Syrie parce que celle-ci soutient le seul mouvement de résistance à l'avoir vaincu (et deux fois, en plus) : le Hezbollah !

Si les magouilles actuelles réussissent à chasser Bachar el-Assad ; alors, c'est Israël qui commandera en Syrie, ou des hommes de main de l'impérialisme américano-sioniste. Et, je ne veux de ça à aucun prix !

Depuis l'élection de Sarko, nos médias sont en grande partie tenus par les sionistes. Ils font donc la propagande qui les arrange. Et tu sais combien de journalistes Sarko a fait virer (même l'indéboulonnable PPDA !) ; depuis, Sarko tient les autres journalistes par la peur : au début, les journalistes parlaient de Sarko en l'appelant "l'hyperprésident", ou bien "l'omniprésident", n'osant tout de même pas aller jusqu'à dire "le dictateur" ; mais, depuis longtemps déjà, par peur, ils ont changé d'expression et disent, fort respectueusement, « Le Président Sarkozy » !

http://mai68.org/spip/spip.php?article3834

(Syrie, Libye, Iran, Irak, Palestine, Hezbollah, Israël, USA et Afghanistan)

 

Vidéo : Regardez donc cette courte vidéo destinée à expliquer les guerres du pétrole aux enfants :

http://mai68.org/spip/spip.php?article1259 Veuillez cliquer ici SVP, c'est très important !



4 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

 

4-1 Mohamed Bouhamidi  : Guerres de reconquête et de contrôle des routes de l’énergie.

Poutine, les Chinois, la Syrie et nous

Les premières réactions occidentales confirment la place centrale qu’occupent la question syrienne et le veto russe dans les enjeux planétaires actuels.

 

Dans une sorte d’auto-exorcisme, les médias dominants et les plus grands responsables occidentaux ont escamoté par dénégation la réalité, la consistance et l’autonomie du veto chinois. Ces derniers ont dû réitérer leur position et insister sur les principes constants de respect strict des souverainetés nationales pour que parfois leur position apparaisse dans les infos et dans les commentaires, cependant, sans jamais paraître comme autre chose qu’une position suiviste.

À elle seule, cette dénégation massive et constante mérite une analyse sur la difficulté des Euro-Américains à voir les Chinois autrement que comme des métèques ou une anomalie de l’histoire à corriger au plus vite. Pourtant, la position chinoise a le mieux exprimé, et des façons les plus diverses, la possibilité de sortir de la crise profonde qui frappe le monde capitaliste occidental. Ces positions chinoises sont limpides. Elles affirment que les dirigeants chinois sont parfaitement conscients que la Chine (comme la Russie) est le but ultime des guerres actuelles de reconquête coloniale et de contrôle des routes de l’énergie. Partout, ces guerres visent à contrarier le développement du commerce et la coopération chinoise en Afrique – Mme Clinton a appelé les Africains à contrer le « colonialisme chinois », alors qu’elle cherchait un appui à l’agression de la Libye et à isoler les propositions africaines de dialogue et de négociations pour éviter la guerre civile et l’implosion de la Libye – à lui enlever toute autonomie d’approvisionnement énergétique jusqu’à l’étouffer, à l’encercler de façon à la couper de l’Eurasie... Les responsables chinois avancent aussi qu’il est possible pour l’Occident de garder une place prééminente sans avoir recours à la destruction.

Et de proposer de discuter toutes les ententes possibles pour mettre les avoirs chinois au service du règlement des problèmes actuels. C’est le sens des aides chinoises à la Grèce, au Portugal, où ils ont acheté la dette et racheté des entreprises. C’est le sens des récentes discussions avec Merkel à Pékin et c’est le sens des discussions autour d’un apport chinois au Fonds de stabilisation européen et autour d’un rachat d’une partie de la dette souveraine. L’issue de la crise du capitalisme n’est pas forcément dans la guerre et n’est pas forcément dans un retour au pillage colonial pour combler les abysses des déficits en tous genres et préserver encore quelque temps des niveaux indus mais élevés du profit pour la caste financière qui dirige le monde.

Le message est – répétons-le – limpide : « Nous savons que vous voulez la guerre et la perpétuation de la domination, mais nous vous proposons, au détriment d’une partie de nos intérêts, la paix et la coopération. Mais si vous nous obligez à la guerre nous la ferons sur le périmètre de notre sécurité nationale. » Les Chinois ne cessent de répéter le même message, chaque fois plus amplifié et chaque fois plus ferme autour et à propos de la question syrienne qu’ils ont explicitement reliée à la préparation de la guerre, contre l’Iran. Et des responsables chinois, dont des militaires ont expliqué qu’une agression de l’Iran constituerait un acte de guerre contre la Chine. Encercler la Chine à partir de l’Eurasie et de ses marches asiatiques, contrôler ses approvisionnements en énergie, réduire tous ses alliés potentiels, l’isoler et la réduire à ses seules capacités militaires actuellement insuffisantes, voilà la feuille de route. La réponse chinoise est que la Libye n’était pas dansle périmètre de sa défense et qu’elle a accepté des pertes considérables en Libye car elles n’affectaient pas sa défense immédiate.

En Syrie, la sécurité de la Chine est en jeu. Mardi dernier, le ministre des Affaires étrangères chinois a appelé les Américains à choisir la voie de la coopération et du respect des intérêts mutuels dans la région Asie- Pacifique. L’extrait suivant est un condensé de la politique chinoise pour toute l’Asie jusqu’en Syrie, bien sûr pour qui sait lire : « Il a suggéré que les deux pays travaillent conjointement pour renforcer la confiance stratégique mutuelle, éliminer les barrières et les perturbations, et ouvrir de nouvelles perspectives, afin de permettre à ces deux grands pays d’entretenir des relations saines et de mener une coopération gagnant-gagnant. »

« L’engagement entre les deux pays a prouvé que les relations pacifiques sino-américaines bénéficient aux deux pays », a indiqué M. Yang, qui était ambassadeur de Chine aux Etats-Unis entre 2001 et 2005.

« La Chine et les Etats-Unis ont davantage d’intérêts communs dans la région Asie-Pacifique que dans les autres régions du monde. Nous espérons voir les Etats-Unis jouer un rôle constructif dans cette région et, en même temps, nous espérons que la partie américaine respectera les intérêts et les préoccupations de la Chine, a-t-il noté (http://french.cri.cn/621/2012/03/06/301s272654.htm).

En faisant dans la dénégation de la position autonome de la Chine, les médias dominants ont continué leur œuvre de bataillons médiatiques disciplinés de la guerre globale que nous mènent l’ancien/nouveau impérialisme. Pour travailler l’imagination et l’émotion des opinions publiques, la Chine ne présente pas les avantages d’un « passé impérial » comme la Russie et ne « travaille » pas la mémoire du bolchévik ni celle de la guerre froide. Le péril jaune est demeuré dans le subconscient une affaire de folklore, d’autant plus léger que la Chine est lointaine, qu’elle accueille les ateliers délocalisés et qu’elle habille tout le monde en plus d’équiper nos maisons. La Chine présente surtout un inconvénient majeur pour le travail de propagande : elle ne possède pas de direction personnalisée et un chef qu’on peut diaboliser comme pour le cas russe. Enfin, et cela reste essentiel, parler de la Chine met en avant la question de l’Etat, alors que pour la Russie, il est si facile d’entraîner les opinions publiques sur les terrains vaseux des despotes, des tsars, des staliniens...

Les positions de la Chine permettaient aux médias dominants de tout ramener à cette question de personnes. Poutine « l’autocrate » soutient le « dictateur » Assad, et pour les deux ainsi qualifiés on pouvait trouver toutes les explications personnelles, familiales, psychologiques… qui éloignent ces opinions publiques des questions politiques, sociales, culturelles et surtout historiques, qui nous auraient éclairés sur les rationalités et les déterminations qui ont mené à telle ou telle forme de pouvoir ou d’Etat. Il était vital pour mener à bien l’agression contre la Syrie de raconter des balivernes sur les motivations de Poutinedans le style : il a opposé son veto pour gagner les élections, avoir une image de fermeté... Le citoyen en mal d’objet pour ses angoisses pouvait dormir tranquille, la grande Russie sommeillait sous les bottes du nouveau tsar. Lavrov et quelques autres responsables ont dû batailler presqu’aussi ferme que les Chinois pour faire passer quelques infos sur le caractère collégial, le caractère d’Etat du veto russe. Tous durent s’y mettre : de Pushkov à Ziouganov. Pourquoi les responsables occidentaux ne peuvent-ils pas admettre un échec devant leurs opinions ?

Pour n’avoir pas à répondre sur le fond. Et pour pouvoir rebondir. Pendant que se menait aussi la bataille de Syrie, se menait aussi celle des élections. Vous verrez cela aussi pour l’Algérie demain, les médias des milliardaires occidentaux ont tout fait pour amplifier l’image d’élections traficotées d’avance par un autocrate aux abois. Peu importe que les sondages donnent Poutine vainqueur dès le premier tour. Exit les engagements non tenus pris avec le liquidateur Gorbatchev de dissoudre l’OTAN après la dissolution du Pacte de Varsovie, de laisser à la Russie une zone d’influence qui correspondrait à l’ex-Union soviétique…

Bien au contraire, aussi bien en Asie centrale sur ses frontières européennes, l’OTAN encercle la Russie et cherche à la réduire à une colonie en laminant par les politiques des oligarques qu’Eltsine a mis au pouvoir et par les menées d’une révolution de couleur.

L’élection de Poutine au premier tour était un enjeu en soi. Un deuxième tour l’aurait affaibli selon les grilles que nous ont imposées les médias dominants. Les sondages avaient prévenu de la victoire de Poutine. Le peuple russe vient voter pour l’Etat fort que propose Poutine et contre les oligarchies. Dans une dernière bouffée délirante, Sarkozy et Juppé prennent note de la victoire de Poutine – comprenez, ils la lui concèdent – et lui demandent maintenant qu’il est élu, et qu’il n’a donc plus de raison personnelle de soutenir Assad pour des raisons électorales, de changer sur la Syrie. Plus butor que cela tu meurs ! La réponse a été immédiate. La Russie a des raisons d’Etat.

C’est bien la clé qui explique le retour d’un monde multipolaire : le besoin vital d’Etats nationaux liés à leurs nations pour survivre contre une mondialisation capitaliste américaine et dévastatrice.

M. Bouhamidi

13 mars 2012

http://www.jeune-independant.net/index.php?option=com_conten...

URL de cet article 16053
http://www.legrandsoir.info/poutine-les-chinois-la-syrie-et-nous.html


4-2 Vladimir Poutine explique sa politique étrangère (1ère partie)

Extrait : La Russie et l'évolution du monde

Samedi 3 mars 2012

Le Réseau Voltaire reproduit l’article que le candidat Poutine à consacré à sa future politique étrangère dans le quotidien Moskovskie Novosti. Dans cette 1ère partie, il observe l’érosion du droit international consécutif à la politique d’ingérence des Occidentaux, et livre l’interprétation russe du « printemps arabe » comme révolution colorée. Il revient sur la catastrophe humanitaire et morale consécutive à l’attaque de la Libye et s’interroge sur les origines du bellicisme occidental en Syrie. Enfin il passe en revue les défis pour la Russie notamment en Afghanistan et en Corée du Nord. Cinq années après son discours à la conférence de Munich, il reste fidèle aux même principes. La Fédération de Russie se pose en garante de la stabilité mondiale et du dialogue des civilisations, sur la base du respect du droit international.

 

Le printemps arabe : les leçons et les conclusions

 

Il y a un an, le monde a été confronté à un phénomène nouveau — des manifestations pratiquement simultanées dans de nombreux pays arabes contre les régimes autoritaires. Au départ, le printemps arabe était interprété comme porteur d’espoir de changements positifs. Les Russes étaient du côté de ceux qui aspiraient aux réformes démocratiques.

Cependant, il s’est rapidement avéré que dans de nombreux pays, la situation n’évoluait pas selon un scénario civilisé. Au lieu d’affirmer la démocratie et de défendre les droits des minorités, on a assisté à l’évincement de l’adversaire, à son renversement, une force dominante se trouvant remplacée par une autre force plus agressive.

L’ingérence extérieure, qui s’est rangée du côté de l’une des parties au conflit, ainsi que le caractère militaire de cette ingérence, ont contribué à une évolution négative de la situation. Tant et si bien que certains pays ont éliminé le régime libyen grâce à l’aviation, en se protégeant derrière des slogans humanitaires. Et l’apothéose a été atteinte lors de la scène répugnante du lynchage barbare de Mouammar Kadhafi.

Il faut empêcher de réitérer le scénario libyen en Syrie. Les efforts de la communauté internationale doivent être avant tout axés sur la réconciliation en Syrie. Il est important de réussir à stopper au plus vite la violence, quelle que soit son origine, d’ouvrir enfin le dialogue national, sans conditions préalables, sans ingérence étrangère et en respectant la souveraineté du pays. Cela créerait des prémisses à la mise en œuvre réelle des mesures de démocratisation annoncées par le gouvernement syrien. Le plus important est d’empêcher une guerre civile à part entière. La diplomatie russe a travaillé et travaillera dans ce sens.

Après une expérience amère, nous nous opposons à l’adoption de telles résolutions par le Conseil de sécurité des Nations Unies, qui seraient interprétées comme un coup d’envoi à une ingérence militaire dans les processus intérieurs en Syrie. Et c’est en suivant cette approche fondamentale que la Russie et la Chine ont bloqué, début février, une résolution qui, par son ambiguïté, aurait encouragé en pratique la violence exercée par l’une des parties en conflit.

A cet égard, étant donné la réaction très violente et presque hystérique au veto sino-russe, je voudrais mettre en garde nos collègues occidentaux contre la tentation de recourir au schéma simpliste utilisé auparavant : en l’absence d’aval du Conseil de sécurité des Nations Unies, formons une coalition des États intéressés. Et à l’attaque.

La logique même d’un tel comportement est pernicieuse. Elle ne mène à rien de bon. En tout cas, elle ne contribue pas au règlement de la situation dans un pays frappé par un conflit. Pire encore, elle déstabilise davantage l’ensemble du système international de sécurité et détériore l’autorité et le rôle central de l’ONU. Rappelons que le droit de veto n’est pas un caprice, mais une partie intégrante de l’ordre mondial consacrée par la Charte des Nations Unies – sur l’insistance des États-Unis, d’ailleurs. Ce droit implique le fait que les décisions auxquelles s’oppose au moins un membre permanent du Conseil de sécurité ne peuvent pas être cohérentes et efficaces.

J’espère que les États-Unis et d’autres pays tiendront compte de cette expérience amère et ne chercheront pas à lancer une opération militaire en Syrie sans l’aval du Conseil de sécurité des Nations Unies. D’ailleurs, je n’arrive pas à comprendre d’où viennent ces "démangeaisons belliqueuses". Pourquoi manque-t-on de patience pour élaborer une approche collective ajustée et équilibrée, d’autant plus qu’elle commençait à prendre forme dans le projet de résolution syrienne, mentionné plus tôt. Il ne restait plus qu’à exiger la même chose de l’opposition armée que du gouvernement, en particulier de retirer les unités armées des villes. Le refus de le faire est cynique. Si nous voulons assurer la sécurité des civils, ce qui est la priorité de la Russie, il est nécessaire de raisonner tous les camps impliqués dans le conflit armé.

Et il existe également un autre aspect. Il s’avère que dans les pays touchés par le printemps arabe, de même qu’en Irak à l’époque, les sociétés russes cèdent leurs positions acquises au cours des décennies sur les marchés locaux et perdent des contrats commerciaux importants. Et les créneaux vacants sont récupérés par les acteurs économiques des pays qui ont contribué au renversement des régimes en place.

On pourrait penser que dans une certaine mesure, ces événements tragiques n’ont pas été motivés par le souci du respect des droits de l’homme, mais par la volonté de redistribuer les marchés. Quoi qu’il en soit, nous ne pouvons bien sûr pas rester les bras croisés. Et nous avons l’intention de travailler activement avec les nouveaux gouvernements des pays arabes afin de rétablir rapidement nos positions économiques.

Dans l’ensemble, les événements dans le monde arabe sont très instructifs. Ils montrent que la volonté d’instaurer la démocratie en utilisant la force peut conduire et conduit souvent au résultat inverse. On assiste à l’émergence de forces, y compris d’extrémistes religieux, qui cherchent à changer la direction même du développement des pays et la nature laïque de leur gestion.

La Russie a toujours eu de bonnes relations avec les représentants modérés de l’islam, dont l’idéologie est proche des traditions des musulmans russes. Et nous sommes prêts à développer ces relations dans les conditions actuelles. Nous sommes intéressés par la dynamisation des liens politiques, commerciaux et économiques avec tous les pays arabes, y compris, je le répète, ceux qui viennent de traverser une période de troubles. De plus, selon moi il existe de réelles conditions permettant à la Russie de conserver à part entière ses positions de leader sur la scène moyen-orientale, où nous avons toujours eu de nombreux amis.

En ce qui concerne le conflit israélo-arabe, la "recette miracle" qui permettrait de régler la situation n’a toujours pas été trouvée. Il ne faut en aucun cas baisser les bras. Etant donné la proximité de nos relations avec le gouvernement israélien et les dirigeants palestiniens, la diplomatie russe continuera à contribuer activement au rétablissement du processus de paix de manière bilatérale et dans le cadre du Quatuor pour le Moyen-Orient, en coordonnant ses actions avec la Ligue arabe.

Le printemps arabe a également mis en évidence l’utilisation particulièrement active des technologies avancées de l’information et de la communication dans la formation de l’opinion. On peut dire qu’Internet, les réseaux sociaux, les téléphones portables, etc. se sont transformés, avec la télévision, en un outil efficace aussi bien de la politique nationale qu’internationale. C’est un nouveau facteur qui demande réflexion, notamment afin qu’en continuant à promouvoir la liberté exceptionnelle de communication sur le web, on réduise le risque de son utilisation par les terroristes et les criminels.

On emploie de plus en plus souvent la notion de "puissance douce" (soft power), un ensemble d’outils et de méthodes pour accomplir des tâches de politique étrangère sans utiliser les armes, grâce à des leviers informationnels et autres. Malheureusement, ces méthodes sont souvent utilisées pour encourager et provoquer l’extrémisme, le séparatisme, le nationalisme, la manipulation de la conscience de l’opinion publique et l’ingérence directe dans la politique nationale des États souverains.

Il convient de faire clairement la distinction entre la liberté d’expression et l’activité politique normale, d’une part, et l’utilisation des outils illégitimes de puissance douce de l’autre. On ne peut que saluer le travail civilisé des organisations humanitaires et caritatives non gouvernementales. Y compris par leurs critiques actives des autorités en place. Cependant, les activités des "pseudo-ONG" et d’autres organismes ayant pour but de déstabiliser, avec le soutien étranger, la situation dans tel ou tel pays, sont inacceptables.

Je veux parler des cas où l’activité d’une organisation non gouvernementale n’était pas motivée par les intérêts (et les ressources) des groupes sociaux locaux, mais était financée et entretenue par des forces extérieures. A l’heure actuelle, il existe dans le monde de nombreux "agents d’influence" des grandes puissances, des alliances et des corporations. Lorsqu’ils agissent ouvertement, il s’agit simplement d’une des formes de lobbyisme civilisé. La Russie dispose également de telles institutions – l’agence fédérale Rossotroudnitchestvo, la fondation Rousski mir (Monde russe), ainsi que nos principales universités, qui élargissent la recherche d’étudiants talentueux à l’étranger.

Mais la Russie n’utilise pas les ONG nationales d’autres pays et ne finance pas ces ONG et les organisations politiques étrangères afin de promouvoir ses propres intérêts. La Chine, l’Inde et le Brésil ne le font pas non plus. Selon nous, l’influence sur la politique nationale et sur l’opinion publique dans d’autres pays doit être exclusivement ouverte. De cette façon, les acteurs agiront de manière la plus responsable possible.

Les nouveaux défis et menaces

 

L’Iran se trouve actuellement sous les feux des projecteurs. Évidemment, la Russie est préoccupée par la menace croissante du lancement d’une opération militaire contre ce pays. Si cela se produisait, les conséquences seraient vraiment désastreuses. Il est impossible d’imaginer leur véritable ampleur.

Je suis convaincu que ce problème doit être réglé uniquement de manière pacifique. Nous proposons de reconnaître le droit de l’Iran de développer son programme nucléaire civil, y compris le droit de produire de l’uranium enrichi. Mais il faut le faire moyennant le placement de toute l’activité nucléaire iranienne sous le contrôle minutieux et fiable de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Si cela fonctionne, on pourra lever toutes les sanctions contre l’Iran, y compris unilatérales. L’Occident s’est laissé emporter par sa tendance à vouloir châtier certains pays. À la moindre contrariété, il engage des sanctions, voire lance une opération militaire. Je voudrais rappeler que nous ne sommes plus au XIXe ni même au XXe siècle.

La situation autour du problème nucléaire nord-coréen est tout aussi sérieuse. En faisant une entorse au régime de non prolifération, Pyongyang exige ouvertement le droit de disposer du nucléaire militaire et a déjà réalisé deux essais nucléaires. Le statut nucléaire de la Corée du Nord est inacceptable pour nous. Nous sommes toujours en faveur de la dénucléarisation de la péninsule coréenne, par des moyens exclusivement politiques et diplomatiques, et nous appelons au rétablissement des négociations à six.

Cependant, de toute évidence, tous nos partenaires ne partagent pas cette approche. Je suis convaincu qu’il faut être particulièrement prudent à l’heure actuelle. Les tentatives pour tester la résistance du nouveau dirigeant nord-coréen, ce qui provoquerait des contre-mesures irréfléchies, sont inadmissibles.

Rappelons que la Russie et la Corée du Nord ont une frontière commune, et, comme nous le savons, on ne choisit pas ses voisins. Nous poursuivrons un dialogue actif avec le gouvernement de ce pays et le développement des relations conviviales, tout en incitant Pyongyang à régler le problème nucléaire. Ce serait évidemment plus facile si l’atmosphère de confiance mutuelle se renforçait sur la péninsule et si le dialogue inter-coréen se rétablissait.

Dans le contexte des passions déchaînées par les programmes nucléaires de l’Iran et de la Corée du Nord, on commence à réfléchir inévitablement à la manière dont les risques de prolifération de l’armement nucléaire apparaissent, et à ce qui les renforce. On a l’impression que les cas devenus plus fréquents d’ingérence étrangère, brutale et même armée, dans les affaires nationales d’un pays, peuvent inciter tel ou tel régime autoritaire (et pas seulement) à se doter de l’arme nucléaire. En pensant que la possession de cette arme les protégerait. Et ceux qui ne la possèdent pas n’ont qu’à attendre une "intervention humanitaire."

Que cela nous plaise ou non, l’ingérence étrangère pousse effectivement vers une telle manière de penser. Et c’est la raison pour laquelle le nombre de pays où les technologies nucléaires militaires sont "à portée de main" ne diminue pas, mais augmente. Dans ces conditions, l’importance des zones affranchies d’armes de destruction massive et créées dans différentes parties de la planète s’accroît. A l’initiative de la Russie, une discussion sur les paramètres d’une telle zone au Moyen-Orient a commencé.

Il faut tout faire pour que personne ne soit tenté d’obtenir une arme nucléaire. A cet effet, les combattants de la non prolifération doivent changer eux-mêmes, notamment ceux qui se sont habitués à punir d’autres pays par la force militaire au mépris de la diplomatie. C’était, par exemple, le cas en Irak, dont les problèmes n’ont fait que s’aggraver après une occupation de près de dix ans.

Si on parvenait enfin à éradiquer les motivations qui poussent les Etats à posséder une arme nucléaire, on pourrait alors rendre le régime international de non prolifération véritablement universel et solide grâce aux traités en vigueur. Un tel régime permettrait à tous les pays intéressés de profiter pleinement du nucléaire civil sous le contrôle de l’AIEA.

Cela serait très bénéfique pour la Russie, car nous travaillons activement sur les marchés internationaux, nous construisons de nouvelles centrales nucléaires avec des technologies modernes et sûres, et nous participons à la création de centres internationaux d’enrichissement d’uranium et de banques de combustible nucléaire.

L’avenir de l’Afghanistan est également préoccupant. Nous avons soutenu l’opération militaire destinée à apporter une aide internationale à ce pays. Mais le contingent militaire international sous l’égide de l’Otan n’a pas rempli la mission assignée. Le danger terroriste et la narcomenace émanant d’Afghanistan demeurent. En annonçant le retrait de leurs troupes de ce pays en 2014, les États-Unis créent dans ce pays et les pays voisins des bases militaires sans aucun mandat, sans objectif clairement défini ni durée d’activité annoncée. Bien sûr, cela ne nous convient pas.

La Russie a des intérêts évidents en Afghanistan. Et ces intérêts sont parfaitement légitimes. L’Afghanistan est notre voisin proche, et il est dans notre intérêt que ce pays se développe de manière stable et pacifique. Et surtout qu’il cesse d’être la principale source de la narcomenace. Le trafic de stupéfiants est devenu l’une des principales menaces, il sape le fond génétique des nations tout entières, crée un milieu prospère pour la corruption et le crime et conduit à la déstabilisation de la situation en Afghanistan même. Il est à noter que non seulement la production de stupéfiants afghans ne se réduit pas, mais que l’année dernière, elle a augmenté de près de 40%. La Russie est la cible d’une véritable agression de l’héroïne, qui inflige un immense préjudice à la santé de nos concitoyens.

Étant donné l’ampleur de la menace émanant de la drogue afghane, il n’est possible de lutter contre elle qu’en s’unissant, en s’appuyant sur l’ONU et les organisations régionales – l’OTSC (Organisation du traité de sécurité collective), l’OCS (Organisation de coopération de Shanghai) et la CEI (Communauté des États indépendants). Nous sommes prêts à envisager une augmentation significative de la participation de la Russie à l’opération d’aide au peuple afghan. Mais à condition que le contingent international en Afghanistan agisse de manière plus énergique dans notre intérêt également, qu’il s’attelle à la destruction physique des plantations de drogue et des laboratoires clandestins.

Les opérations antidrogue intensifiées en Afghanistan doivent s’accompagner du démantèlement des filières de transport des opiacés sur les marchés extérieurs, de la suppression des flux financiers sponsorisant le trafic de stupéfiants, ainsi que du blocage des fournitures des produits chimiques utilisés pour la fabrication de l’héroïne. L’objectif consiste à mettre en place dans la région un système complexe de sécurité antidrogue. La Russie contribuera réellement à l’unification efficace des efforts de la communauté internationale afin de parvenir à un changement radical dans la lutte contre la narcomenace mondiale.

Il est difficile de faire des pronostics sur l’évolution de la situation en Afghanistan. L’histoire nous enseigne que la présence militaire étrangère ne lui a pas apporté la paix. Seuls les Afghans sont capables de régler leurs propres problèmes. Selon moi, le rôle de la Russie consiste à aider le peuple afghan à créer une économie stable et à améliorer la capacité des forces armées nationales à lutter contre la menace du terrorisme et du trafic de drogue, avec la participation active des pays voisins. Nous ne sommes pas opposés à ce que l’opposition armée, y compris les talibans, se joigne au processus de réconciliation nationale, à condition qu’elle renonce à la violence, reconnaisse la constitution du pays et rompe ses liens avec Al-Qaïda et d’autres organisations terroristes. En principe, j’estime que l’établissement d’un État afghan pacifique, stable, indépendant et neutre est tout à fait réalisable.

L’instabilité ancrée pendant des années et des décennies constitue un terreau fertile pour le terrorisme international. Tout le monde reconnaît qu’il s’agit d’un des plus dangereux défis pour la communauté internationale. Je voudrais souligner que les zones de crise qui engendrent les menaces terroristes se trouvent à proximité des frontières russes, bien plus que de nos partenaires européens ou américains. Les Nations Unies ont adopté une Stratégie antiterroriste mondiale, mais on a l’impression que la lutte contre ce mal n’est toujours pas menée selon un plan universel commun et de manière cohérente, mais dans en réaction aux manifestations les plus aiguës et les plus barbares de la terreur, lorsque l’indignation publique suscitée par des actions provocantes des terroristes atteint son apogée. Le monde civilisé ne doit pas attendre qu’une autre tragédie similaire à celle du 11 septembre 2001 à New York ou de l’école de Beslan se produise pour commencer à agir de manière collective et déterminée.

Toutefois, je suis loin de vouloir nier les résultats obtenus dans la lutte contre le terrorisme international. Ils sont bien tangibles. Ces dernières années, la coopération entre les services de renseignement et les forces de l’ordre de divers pays s’est nettement renforcée. Mais les réserves dans la coopération antiterroriste sont évidentes. Que peut-on dire si jusqu’à présent, une politique de deux poids deux mesures demeure, et qu’en fonction du pays, on perçoit les terroristes différemment, en les considérant comme "mauvais" ou "pas trop mauvais." Certains n’hésitent pas à utiliser ces derniers dans leur jeu politique, par exemple pour déstabiliser des régimes jugés indésirables.

Je dirais également que toutes les institutions de la société – les médias, les associations religieuses, les ONG, le système d’éducation, la science et les entreprises, doivent être pleinement utilisées dans la prévention du terrorisme. On a besoin d’un dialogue interconfessionnel et, dans un sens plus large, intercivilisationnel. La Russie est un pays multiconfessionnel et nous n’avons jamais connu de guerres religieuses. Nous pourrions apporter notre contribution à la discussion internationale sur ce sujet.

À suivre…

Vladimir V. Poutine

[1] Ces dernières semaines, Vladimir Poutine a publié une série d’articles détaillant ses intentions politiques sur les thématiques principales de sa campagne présidentielle.

Article sous licence creative commons
Vous pouvez reproduire librement les articles du Réseau Voltaire à condition de citer la source et de ne pas les modifier ni les utiliser à des fins commerciales (licence CC BY-NC-ND).



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


27/03/2012

n° 46 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos de Syrie - 05-03 au 26-03-2012

n° 46   Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos de Syrie -  05-03 au 26-03-2012


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Dossier Syrie : Médias et Manipulation de l’opinion.

n°46                                                                05-03 au 26-03-2012

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be




Sommaire :  

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

1-1 Syrie: un scénario bien rodé mais le public n'a toujours rien compris au film.

1-2 Vidéo ;  Des militaires français capturés (vidéo sous-titrée):

1-3 Video : 5 questions à Thierry Meyssan à propos de Baba Amr mars 2012):

1-4 Vidéo ; La France rétablit la censure militaire:

1-5 Vidéo : Pierre Piccinin rétablit la vérité sur la situation en Syrie

1-6 Vidéo ; A quoi servent les reporters de guerre ?

1-7 Charte de Munich (1) et manipulations

1-8 Raghga Bittar : Paul Craig Roberts : « campagne médiatique menée actuellement contre la Syrie par les Etats-Unis. »

1-9 Guy Delorme, : Après la mort des deux journalistes occidentaux, Sarkozy et Juppé nous refont le coup de Gilles Jacquier

1-10  Bahar Kimyongur : Siège de Homs : à qui la faute ?

1-11Todenhöfer : « La moitié des informations sur la Syrie sont fausses »

1-12137 officiers de renseignements arrêtés!  

1-13 13 officiers français capturés par l’armée syrienne.

1-14 Sami  Kleib ;  Les journalistes-combattants de Baba Amr (1ère partie)



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.


Dernière minute

La Syrie accepte le plan de Kofi Annan

Édité par: Caroline Albert 7/7
27/03/12 - 12h36  Source: belga.be  © reuters.

Le gouvernement syrien a accepté le plan en six points de Kofi Annan, qui considère cette décision comme une "étape initiale importante" pour mettre fin à la violence, a annoncé mardi le porte-parole de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe.

"Le gouvernement syrien a écrit à l'envoyé spécial conjoint Kofi Annan pour accepter son plan en six points, approuvé par le Conseil de sécurité des Nations unies", a indiqué le porte-parole de M. Annan, Ahmad Fawzi, dans une déclaration écrite.
"M. Annan a écrit au président Assad pour exhorter le gouvernement syrien à mettre immédiatement en vigueur ses engagements", a-t-il ajouté. Pour M. Annan, a spécifié M. Fawzi, la décision de Damas est "une étape initiale importante qui pourrait mettre un terme à la violence et à l'effusion de sang".

© ap.  © ap.

Elle devrait aussi permettre de répondre aux "souffrances" et "créer un environnement propice à un dialogue politique qui répondrait aux aspirations légitimes du peuple syrien", a-t-il poursuivi.
Le plan Annan, approuvé le 21 mars par le Conseil de sécurité, préconise notamment la cessation de toutes formes de violence armée par toutes les parties sous supervision de l'ONU, la fourniture d'aide humanitaire à toutes les zones affectées par les combats et la libération des personnes détenues arbitrairement.
M. Annan, qui a déjà visité Moscou ce week-end pour obtenir l'appui de la Russie à son plan, a souligné mardi à Pékin qu'il "a besoin de l'aide" de la Chine pour résoudre la crise en Syrie, lors d'un entretien avec le Premier ministre chinois Wen Jiabao.

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/1414765/2012/03/27/La-Syrie-accepte-le-plan-de-Kofi-Annan.dhtml


 1-1 Syrie: un scénario bien rodé mais le public n'a toujours rien compris au film.

La machine propagandiste occidentale, relayée par les pays arabes satellites, tout "dévoués" à leur cause, ainsi que par les médias occidentaux, est désormais bien lancée contre Bachar Al-Assad. 

Ainsi, pas un jour ne se passe sans que la presse publie un article contre lui, sans que quelque dirigeant dénonce les atrocités commises "par le régime contre son peuple". Comme pour l'Irak, comme pour la Libye, la pression monte de plus en plus pour faire admettre le renversement d'un chef d'état de pays souverain.


La guerre, c'est ça: pas le machin virtuel qu'il veulent nous fourguer

Voyons quelques titres de presse :

En Syrie, "les obus tombent et le monde regarde", LEMONDE.FR avec AFP | 28.02.12 

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, quatorze personnes ont été tuées dans ce pays meurtri par une crise qui a fait "aux alentours de 8 000 morts" en onze mois, a confirmé le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, sur RTL. "On a franchi toutes les limites de la barbarie", a-t-il estimé. Le bilan des victimes de la répression est "certainement bien supérieur à 7 500 morts", a déclaré de son côté Lynn Pascoe, secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires politiques, qui a cependant admis que l'ONU ne pouvait "pas donner de chiffres précis".

 

NB: l'"Observatoire syrien des droits de l'homme", sur lequel s'appuient les médias pour donner leurs chiffres, opèrerait et "observerait" depuis Coventry, en Angleterre, avec, pour matériel, un ordinateur. C'est dire s'ils sont carrément dans le feu de l'action, avec du matériel High Tech. 

Syrie: La chirurgie utilisée comme arme de répression par Bachar al-Assad Le Monde - 28/02/2012 
On se rappelle les couveuses de prématurés débranchées, pour l’Irak I, Le Viagra aux soldats pour la Libye, les ADM pour Irak II, etc.

Monarchies arabes /Les ambassadeurs de Syrie expulsés; AFP, mardi 07 février 2012
Les six monarchies du CCG (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman, Qatar et Koweït) C'est-à-dire, les vice-rois mis en place, protégés par l'Empire, et qui lui sont tout dévoués. On peut leur faire confiance, donc.

"Syrie : Non-assistance à peuple en danger" par Laurent-David Samama dans "La règle du jeu
Introduction

Chaque jour, dans les rues de Homs et de Damas, le peuple syrien clame son opposition au régime sanguinaire de Bachar al-Assad. Celui-ci, sentant son pouvoir vaciller, utilise des moyens toujours plus violents pour réprimer la fronde de son peuple. Chaque jour, ce sont plusieurs dizaines de civils qui périssent sous les bombardements et les tirs d’artillerie lourde de l’armée syrienne. Impuissante, divisée, la Communauté internationale assiste au massacre du peuple syrien par caméras interposées. Protégé par la Chine et la Russie, Le régime de Damas survit encore, protégé par la Russie et la Chine. Mais pour combien de temps encore ?

 

Oui, ces salauds de Russes et de Chinois, complices d'assassinats, qui empêchent les Occidentaux, c'est bien connu, empathiques et désintéressés, d'agir pour faire cesser des atrocités.

Et, cerise sur le gâteau: 
Dans ce même organe de propagande de M. Botul himself, on trouve, écrit de sa plume, le mardi 28 février 2012: 

Il faut, maintenant, une intervention en Syrie
Le 19 mars, cela fera un an, jour pour jour, que des escadrilles d’avions français, puis, dans un deuxième temps, anglais, américains, arabes, auront sauvé Benghazi d’une destruction annoncée.
Eh bien, les choses étant ce qu’elles sont et si, non seulement la France, mais la communauté internationale ne se ressaisissent pas, cet anniversaire risque d’avoir un mauvais parfum de cendres et d’échec. Car il y a, aujourd’hui, un nouveau Benghazi.
Il y a une ville, dans la région, qui est dans l’exact cas de figure qui était celui de Benghazi.
Il y a une ville qui se trouve, pour être précis, dans une situation presque pire que celle, alors, de Benghazi puisque le même type de chars, positionnés de la même façon, à la même distance des populations civiles désarmées, sont, cette fois, depuis des mois, déjà passés à l’œuvre.
Cette ville, c’est Homs.

Evidemment, l'auteur omet un léger détail: ce qui c'est passé entre deux, à savoir, la désintégration de la Libye, la dévastation de la ville de Syrte et d'autres, la destruction d'infrastructures, le démantèlement de la société, la mainmise sur les avoirs du pays, les tortures et assassinats commis, depuis, par ses amis, les "révolutionnaires". Sans oublier son rôle primordial dans cette destruction, les exhortations à la guerre qu'il a menées tambour battant dans le bureau présidentiel, qui ont conduit à ce désastre humanitaire et dont les champions de l'intervention "humanitaire" se désintéressent totalement depuis les humiliations, la torture, le lynchage qu'a subis Kadhafi avant d'être assassiné froidement, ainsi que la liquidation d'une partie de sa famille. 
Mais si c'était un "dictateur sanguinaire" on ne va pas pleurer, hein. On a déjà du mal à compatir à la mort de centaines de milliers d'innocents qu'on a provoquée, alors, bon. 
Il poursuit:

"Il y a un moment où trop, c’est trop.
Il y a un moment où, face au carnage, face à la bagatelle des 8000 morts qu’ont faits les chars de Bachar el-Assad, face à la lugubre bouffonnerie de ce référendum que l’on prétend organiser, de surcroît, sous les tirs de snipers et les obus, il faut avoir l’élémentaire dignité de dire stop".
"Il y a un moment, oui, où une communauté internationale qui a voté à une écrasante majorité (137 voix, le 16 février, à l’assemblée générale des Nations unies) la condamnation de l’assassin ne peut plus se laisser prendre en otage, et paralyser, par ces deux Etats voyous que sont, en la circonstance, la Chine et la Russie. (…)

C'est clair, deux pays qui s'opposent à la volonté destructrice d'une coalition toujours plus assoiffée d'invasions et de sang ne peuvent être que des Etats voyous.
En revanche, jamais aucune indignation (évidemment) contre l'"état voyou" qui ignore les multiples résolutions votées depuis 1973 par l’assemblée générale des Nations unies contre Israël, le pays qui détient, on le sait maintenant, grâce à lui, l'"armée la plus morale de monde". 
Suivent ses directives stratégiques pour éviter de toucher la population civile dans une ville – ce qui va rendre grand service à ces incompétents de militaires.
Et il conclut:

Tout cela est risqué?
Bien sûr.
Mais moins que la guerre civile à laquelle travaille Assad et qui transformerait la Syrie en un nouvel Irak. Moins que le renforcement, si Assad l’emportait, de cet axe chiite dont on rêve à Téhéran et qui menace la paix du monde.
Et moins que le désastre moral auquel nous aurions à faire face si la «
responsabilité de protéger», superbement assumée en Libye, devait, en Syrie, retourner dans l’enfer des idéaux trahis.

 

En toute bonne foi, bien entendu. 
(Je vous laisse lire le reste du billet sur son site, si le cœur vous en dit. ).
Conclusion: 
BHL pousse à l'intervention humanitaire dans les plus brefs délais en Syrie, afin, dit-il, d'éviter la guerre civile qu'El-Assad appelle de ses vœux, alors que celui-ci propose hypocritement, pour amuser la galerie, sans doute, "la lugubre bouffonnerie de ce référendum que l’on prétend organiser" et piétine de dépit devant l'inconscience de la Chine et de la Russie qui refusent d'assumer la "'responsabilité de protéger', superbement assumée en Libye! ". ("superbement assumée en Libye" : exactement ce que j'aurais dit). Mais il faut bien ça, parce que, sinon, la paix du monde serait menacée par cet axe chiite dont on rêve à Téhéran.
Tiens, si ce n'était si pathétique j'en rigolerais. 
Le problème, hélas, dans cette affaire, c'est qu'Al Assad "dispose de deux alliés de poids que n’avait pas Kadhafi et qui sont l’Iran et la Russie". Ah, l'Iran, encore un dictateur sanguinaire à mater là-bas. Il ne perd rien pour attendre: on règle cette affaire d'Al-Assad et on y va.
Rappelons-nous: Kadhafi à peine froid, il avait déclaré avec l'ardeur de l'illuminé:

"A qui le tour ? Bachar el-Assad ! Ou... ou Mahmoud Ahmadinejad, hein, ou Ahmadinejad en Iran ! Voilà ! Il y en a deux là, qui sont évidemment dans la ligne de mire, mais, pas, pas d’la France… de l’Histoire Universelle ! C’est un théorème maintenant. C’est le théorème 2011 ! Un dirigeant qui fait donner sa police, son armée, ses milices contre son peuple, d’une manière ou d’une autre : il dégage !" … forcément Bachar el-Assad ! Forcément ! Forcément, un jour ou l’autre Ahmadinejad et le régime iranien en général.

Eh bien, ça y est, on y est. On plie l'affaire Assad et on va bombarder l'Iran. Où est le problème? Juste à trouver un moyen d'agiter un peu la population contre le dictateur sanguinaire et hop, c'est comme si c'était fait. 
Evidemment, les épouvantails des occidentaux, les "islamistes", voire "terroristes", s'ils sont persona non grata quand cela les arrange, ne leur posent aucun problème quand ils veulent se débarrasser d'un empêcheur de balkaniser en rond. 
Qui parle des factions sectaires en Irak, en Libye et maintenant en Syrie, tapies dans l'ombre pour s'emparer du pouvoir - et qui remplaceront une dictature laïque par une tyrannie religieuse?
Qui parle de la nébuleuse qui constitue le "mouvement d'opposition" syrien et ceux qui les encouragent vivement, voire les arment en sous-main? 
La secrétaire d'Etat US les appelle "les amis d'une Syrie démocratique" et les exhorte à s'unir et à se retourner contre le président El Assad.
Outre certaines des forces d'opposition en Syrie, les "amis de la Syrie" sont également le regroupement de pays qui soutiennent les efforts des précédents pour renverser Assad. 
Parmi eux, les pays occidentaux, la Turquie et les pays arabes, en particulier ceux dirigés par l'Arabie saoudite ou le Qatar, qui financent très généreusement l'opposition (belle ouverture d'esprit de leur part que de s'intéresser à des démocrates, quand ils ne sont pas eux-mêmes enclins à privilégier ce genre de régime).

Mais, que dit-on côté USaméricain?

Eh bien, on a comme une impression de déjà-vu ces derniers temps.
Le 4 février dernier, Obama condamnait la répression menée par le gouvernement syrien dans un 
communiqué (que je vous conseille de lire in extenso, en anglais ) publié par la Maison Blanche:

"Je condamne vivement la répression inqualifiable du gouvernement syrien menée contre la population d'Homs et je présente toutes mes condoléances à ceux qui ont perdu des êtres chers. Assad doit immédiatement cesser sa campagne de massacres et de crimes contre son propre peuple. Il doit se retirer pour laisser s'opérer une transition démocratique immédiate".
Ou encore:

"Assad n'a pas le droit de gouverner la Syrie, et a perdu toute légitimité auprès de son peuple et de la communauté internationale. La communauté internationale doit s'efforcer de protéger le peuple syrien de cette brutalité abjecte".
(il est vrai que la délicatesse et l'empathie des Etats-Unis vis-à-vis des populations innocentes sont légendaires. Il n'y a qu'à demander en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Yémen, en Somalie, à Guantanamo, à Bagram, à Abu Ghraib et ailleurs, qui ne pourront que confirmer). 
Tiens, tiens! Obama recycle ses discours, lui aussi. 
Concernant la Libye, Obama avait déclaré, en mars 2011:

"A partir de maintenant, nous ne cesserons de répéter de façon claire et nette: les violences doivent cesser. Mouammar Kadhafi a perdu toute légitimité pour gouverner, et il doit partir. Ceux qui ont commis des violences contre le peuple libyen seront tenus pour responsables de leurs actes. Et les aspirations du peuple libyen à la liberté, la démocratie et la dignité doivent être satisfaites".

D'autre part, Obama, déclarait, après la mort de Kadhafi, que celui-ci avait "raté l’occasion d’instaurer la démocratie dans son pays et décrivait sa mort comme un message envoyé aux dictateurs à travers le monde qui est que les peuples veulent être libres.

"Il a eu l’occasion pendant le printemps arabe de desserrer son étreinte sur le pouvoir et d’effectuer une transition pacifique vers la démocratie. Nous lui avons donné une ample opportunité qu’il n’a pas saisie".

Voilà. El Assad, lui n'a rien saisi du tout non plus, on suppose, puisque, à part organiser un référendum sur une nouvelle Constitution, et annoncer que des élections législatives se tiendront 90 jours après, il n'a rien fait. 
Mais Washington ne s'y est pas trompé, qui a, aussitôt, dénoncé un scrutin d'un "cynisme absolu". 
Hillary Rodham-Clinton, Madame"on-est-venu-on-a vu-il-est-mort", avait
déclaré, de son côté, à propos de la Libye, le 28 février 2011 à Genève devant le Conseil des Droits de l'homme :

"On apprend que des soldats ont été exécutés pour avoir refusé de retourner leurs armes contre leurs concitoyens, et qu'il y a eu des assassinats, des arrestations arbitraires, ainsi que des tortures. 
Le colonel Kadhafi et son entourage doivent rendre des comptes de leurs actes, qui violent les lois internationales et la décence commune.
Avec ces actions, ils ont perdu la légitimité de diriger un pays.
Ces violations des droits universels sont inacceptables et ne peuvent en aucun cas être tolérés. (…) 
C'est, au final, le peuple libyen qui décidera de son propre destin et qui créera son propre gouvernement. Ils affrontent actuellement les balles du dictateur et mettent leur vie en danger pour pouvoir profiter des libertés qui reviennent de droit à chaque homme, chaque femme et chaque enfant sur terre." 

 

Pour ce qui est de la Syrie, Ms Clinton est, évidemment, "scandalisée" de voir comment le régime El Assad traite son propre peuple, mais a déclaré qu'elle n'envisageait pas une intervention armée – pour l'instant, cela dit - et qu'elle était contre le fait d'armer les opposants (même si de toute évidence, ils le sont déjà, mais chut! Ca ne compte pas si ce n'est pas officiel). 
Toutefois, elle n'entend certainement pas 
lâcher sa proie
Le 4 février dernier, Clinton déclarait:

"Chaque fois que des tyrans refusent d'écouter les revendications légitimes de leur propre peuple, nous devons collaborer pour leur lancer un message clair: on ne peut pas arrêter le cours des choses sous la menace des armes".

Et lors de la conférence internationale réunissant les ministres des Affaires Etrangères des "Amis de la Syrie" qui s'est tenue à Tunis, le 24 février dernier, elle a prévenu le régime syrien qu'il paierait le "prix fort" s'il s'obstinait à ignorer la voix de la communauté internationale, et offert 10 millions de dollars pour soutenir l'aide humanitaire en Syrie (c'est sympa, parce qu'ils sont plutôt fauchés, les US, ces temps-ci, mais si c'est pour la démocratie, hein?). 
D'autre part, elle demande, évidemment, à Assad de se retirer et de laisser la place au CNS (Conseil National de Syrie) – un groupe aussi transparent que le CNT libyen– et propose d'envoyer ensuite une Force de Maintien de la Paix de l'ONU. 
Cette attitude "retenez-moi-ou je fais un malheur" pourrait bien être due au veto que la Chine et de la Russie ont opposé au projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur la Syrie, le 4 février dernier. 
D'ailleurs, elle ne décolère pas.
La secrétaire d'Etat USaméricaine a déclaré devant la presse à l'issue de la Conférence internationale sur la Syrie:

Moscou et Pékin "doivent comprendre qu'ils ne se mettent pas seulement en travers des aspirations du peuple syrien, mais également du Printemps arabe. Il est plutôt désolant de voir deux membres du Conseil de sécurité user de leur veto quand des gens sont assassinés. Nous devons faire changer de position les gouvernements chinois et russe".

Cette déclaration n'a plu ni à Pékin - qui a déclaré, par la voix de son porte-parole du ministère des Affaires étrangères: "Nous ne pouvons pas accepter cela (...) le monde extérieur ne devrait pas imposer son plan de solution de la crise au peuple syrien"; 
Ni à Moscou, où Vladimir Poutine, a fustigé l'attitude "cynique" de l'Occident vis-à-vis de la Syrie. 
Evidemment, on pourrait comprendre la compassion que manifeste madame Rodham-Clinton envers les victimes innocentes si cela ne faisait pas plus de 50 ans que les Etats-Unis ne "se mettaient en travers des aspirations du peuple" palestinien.
"Cynique". C'est bien le mot. 
Et du côté de la Grande Bretagne? 
"Le régime (de Syrie) est un régime condamné en même temps qu'un régime assassin. En aucune façon, il ne peut retrouver sa crédibilité que ce soit au niveau international ou auprès de son propre peuple”, a déclaré sur Sky News le petit ministre des affaires Etrangères, William Hague, appuyant docilement le scénario de Washington.

“parce ce que le régime est intraitable, parce qu'il se livre depuis dix mois à la violence et à la répression sans bornes – plus de 6,000 personnes ont été tuées, 12000 à 14000 sont détenues et soumises à toutes sortes de tortures et de mauvais traitements – ce qui pousse certains de ses opposants à commettre des actes de violence eux-mêmes" a ajouté Hague.

Donc, toutou pareil.
Je vous épargnerai les diverses déclarations des responsables en France , du même niveau. 
Décompte des morts
Curieux tout de même, qu'on nous annonce des chiffres précis sur les morts causées par les "dictateurs sanguinaires" qui "tirent sur leur propre peuple", qui servent à justifier une "intervention humanitaire" dans le cadre de la " responsabilité de protéger". 
Ainsi, Kadhafi avait été accusé d'avoir fait tuer 6000 personnes innocentes, Al Assad, lui, c'est 7 à 8000. Kif-kif, quoi. 
Ces chiffres ont été établis sur la foi d'organisations des "droits de l'Homme". 
Ainsi, l’une des principales sources à l’origine de l’affirmation selon laquelle Kadhafi aurait décimé son propre peuple est la Ligue libyenne des Droits de l’Homme, dont plusieurs de ses membres faisaient partie, devinez quoi? ... du CNT. Le 21 Février 2011, le secrétaire général de la ligue libyenne des droits de l’homme, le Dr Sliman Bouchuiguir avait, avec l’organisation UN Watch et la National Endowment for Democracy (NED), fait signer une pétition à plus de 70 ONG.
Pour ce qui est de la Syrie, c'est cet obscur "Observatoire des Droits de l'Homme", basé à Londres (ou à Coventry, selon les sources) qui fournit les informations sur ce qui se passe sur le terrain en Syrie. 
Ces informations sont reprises dans les médias français, anglo-saxons et même arabes (Al Jazeera). Son président, Rami Abdel Rahmane, 
déclare que l'association compte 200 adhérents. D'autres affirment qu'ils seraient ...deux.
Comment les grands médias peuvent-ils accorder le moindre crédit à une source aussi douteuse? 
Pourtant, ces mêmes médias sont complètement fâchés avec les chiffres quand il s'agit d'indiquer le nombre de victimes quand les forces occidentales, leurs marionnettes, les services secrets, les mercenaires et autres assassins occupent un pays.
ONG humanitaires
Outre la Fédération des Droits de l'Homme (FIDH), Amnesty International et Human Rights Watch ont choisi le camp des belligérants et appellent à une 'intervention humanitaire" pour "protéger les populations".
A lire (en anglais) cet excellent billet de Glenn Fiord dans Black Agenda Report :SYRIA: “Human Rights” Warriors for Empire: Amnesty International and Human Rights Watch have chosen the side of Empire in the Washington-backed belligerency.
J'y reviendrai. 
Alors récapitulons : 
Donc, pour que cela nous "parle, il faut:
- Un dictateur sanguinaire", qui commettrait des "atrocités", qui « assassinerait son propre peuple » (NB: le concept d’ "intervention humanitaire" est une sacrée trouvaille, qui permet de maquiller les guerres d’invasion en opérations philanthropiques), puis, pour relancer la machine, qui s’en prendrait aux bébés, aux femmes ou autre catégorie vulnérable, apte à soulever l’indignation des populations occidentales sous influence; 
- Un "Bengazi" –une ville "assiégée", où l’armée pilonnerait des populations civiles « innocentes » qui manifestent « pacifiquement » (et en brandissant, parallèlement la menace d’une guerre civile si rien n'est fait pour arrêter le carnage) ; 
- Tout un tas d’agitateurs sur le terrain: « conseillers » militaires étrangers, agents des services secrets, mercenaires, etc. 
- L’appel d’ONG humanitaires, apparemment au-dessus de tout soupçon (LDH, Amnesty), à protéger les populations civiles, prises dans une « souricière », dans un « bourbier » et que seuls les pays surarmés peuvent régler. 
C’est le même scénario qui s’est déroulé maintes fois : combien de fois encore allons-nous gober cela avant de nous rendre compte que nous nous faisons berner et que nous donnons notre aval à des massacres et des pillages de pays souverains ? 

Cette guerre-là, c'est celle qui est livrée aux pays rebelles qui refusent de s'aligner
Le prochain sur la liste à être démantelé et redécoupé en territoires rivaux, ce sera l'Iran, qui subit depuis longtemps la diabolisation des pays occidentaux.
Et, une fois cette mission terminée, la Palestine, sans alliés, livrée pieds et poings à Israël et ses alliés, sera définitivement rayée de la carte. 
Puis viendra le moment de s'attaquer aux pays insoumis d'Amérique latine, qui, pour l'instant s'émancipent bien trop pour la tranquillité de l'Empire. 
Et, enfin, sommes-nous, dans les pays occidentaux – et en particulier en Europe - à l'abri? 
Pas du tout. Bien au contraire. C'est une guerre sans merci, également. Mais c'est une guerre sans victimes visibles (ou peu), sans bruits de bottes (pour l'instant), où les militaires cèdent la place aux banquiers et autres requins de la finance et à leurs mercenaires. Cette guerre est actuellement menée de façon ostensible en Grèce, en Irlande, en Espagne, au Portugal, etc. 
Et bientôt ici même. 
Elle s'attaque d'abord aux peuples les plus affaiblis par les mesures prises par les gouvernements successifs, prescrites par les directives qui leur sont imposées par Bruxelles et les lobbys internationaux qui y font la pluie et le beau temps, les peuples de l'UE ayant été dépossédés de tout pouvoir de décision, même dérisoire. 
Les chefs d'Etat, petits gouverneurs de province, chefs de gouvernements fantoches, sont chargés d'exécuter les basses besognes: liquider les services publics, réduire les aides sociales, réduire les impôts, creuser des déficits en favorisant les grandes entreprises, tout cela pour faire monter en flèche la dette, ce qui les amènera à prendre des mesures d'austérité dont seuls les peuples pâtiront. 
Leur autre mission, c'est de parvenir à ne conserver que les pouvoirs régaliens (police, justice, armée) qui leur permettront d'intimider les insoumis, de mater les révoltes et d'asservir les populations.
C'est la raison pour laquelle nous votons systématiquement depuis des décennies "pour le changement" et que droite dure et droite molle se succèdent aux manettes. Mais de changement, il n'y en a point. Tout est verrouillé. Tout est joué.
Et, aujourd'hui, nous avons atteint un nouveau palier. 
Les chefs d'état, jusqu'ici élus "démocratiquement", de pays déclarés "en faillite" sont désormais carrément renversés et remplacés par des gestionnaires de la finance internationale, comme Papandréou et Berlusconi. Ce qui veut bien dire que, là encore, comme au Proche-Orient ou en Afrique, nous ne maîtrisons rien. 
Cela n'a pas ému grand monde, hélas, les limogés sont partis sagement, sans faire d'histoire, il n'y a pas eu besoin de les assassiner, comme Saddam ou Kadhafi. Sans doute parce qu'ils ont été bien récompensés pour leurs bons et loyaux services et, également, parce que personne ne se serait battu pour les garder, et donc, cette violation de la souveraineté des Etats n'a fait l'objet d'aucune protestation. 
Comme quand il s'agit de "dictateurs".
Ils sont très forts et nous sommes anesthésiés, empreints que nous sommes de nos certitudes et de notre supériorité.
Accepter que les Saddam, Kadhafi, Assad, Berlusconi, Papandreou, et autres, soient contraints par des entités extérieures, de façon plus ou moins radicale, de quitter leurs fonctions à la tête d'un Etat, c'est renoncer, à longue ou brève échéance, à nos droits de citoyen-ne-s et au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
Message personnel à tous les "anti-impérialistes /"anticapitalistes" autoproclamés: cautionner des guerres, quelles qu'elles soient, quel que soit le nom qu'on leur donne, quel que soit le motif invoqué, c'est approuver la mainmise de l'Empire sur des Etats souverains. Il s'agit donc, soit de changer d'avis, soit de changer d'étiquette.

Liens annexes:

Rapport sur la Syrie 
Un excellent 
document pour qui veut approfondir.
Organisée à l’initiative du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R1) et du Centre international de recherche et d’études sur le terrorisme etd’aide aux victimes du terrorisme (CIRET--
AVT2), une délégation internationale d’experts s’est rendue en Syrie du 3 au 10 décembre 2011, afin d’évaluer la situation syrienne en toute indépendance et neutralité.

Et sur ce blog: 
La propagande médiatique concernant la Libye

 emcee 

jeudi 1 mars 2012,

Moyen Orient - Lien permanent

http://blog.emceebeulogue.fr/post/2012/03/01/Syrie%3A-un-sc%C3%A9nario-bien-rod%C3%A9-mais-le-public-n-a-toujours-rien-compris-au-film


1-2 Vidéo : Des militaires français capturés (vidéo sous-titrée):

On apprend le 5 Mars 2012 que des troupes militaires françaises ainsi que leurs officiers ont été capturés en Syrie. On n'en sait pas encore beaucoup sur ce coup de filet magistral totalement censuré des médias de l'héxagone mais Paris aurait, pour l'instant, simplement décidé d'envoyer son ambassadeur à Damas pour résoudre ce petit.... souci.

05-03

http://www.dailymotion.com/video/xp94no_syrie-des-militaires-francais-captures-rt-05-03-2012-v-o-s-t-fr_news?start=155#from=embediframe


1-3 Video : 5 questions à Thierry Meyssan à propos de Baba Amr (vidéo du 6 mars 2012):

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=vPsP4U6acj4


1-4 La France rétablit la censure militaire:

http://www.voltairenet.org/La-France-retablit-la-censure

 


1-5 Vidéo : Pierre Piccinin rétablit la vérité sur la situation en Syrie

 (http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=fBUKgGFfphA

 


1-6 Vidéo ; A quoi servent les reporters de guerre ?

:http://www.youtube.com/watch?v=HPXtYK0LCRA&feature=player_embedded


1-7 Charte de Munich (1) et manipulations

La crise syrienne  a fait connaitre aux medias français un personnage atypique : Mère Agnès Mariam de la Croix.

Cette religieuse à la double nationalité libanaise et française est établie en Syrie depuis deux décennies. Soucieuse de connaître et de faire connaître la réalité de la situation sur le terrain elle a eu à cœur de répondre à l’initiative de l’Union Catholique Internationale de la Presse qui cherchait à inviter des journalistes de la presse chrétienne européenne pour qu’ils puissent constater par eux-mêmes cette réalité qui, tout en étant complexe, était très mal médiatisée. Elle fit à tâtons les démarches auprès du Ministère de l’Information syrien grâce à une recommandation de l’organisation catholique. Contre toute vraisemblance elle obtint les visas pour les journalistes. 

Devant l’impossibilité de trouver des traducteurs qui acceptent de se rendre à Homs et sa région, elle n’eut d’autre alternative que de le faire par elle-même. C’est alors qu’elle vit de ses propres yeux ce que les citoyens lui racontaient. Lors de la conférence de presse qui conclut au Liban ce premier voyage journalistique elle fut sollicitée pour parler au nom des journalistes. Ce qu’elle révélait assez ingénument au nom de seize journalistes de tendances diverses provoqua un immense émoi. Cette première onde de choc contrecarrant la campagne abêtissante de désinformation déchainée à l’encontre de la Syrie, fut décuplée avec les publications dans certains médias « mainstream » des articles ou des émissions des journalistes participant à cette odyssée qui tranchait avec la doxa en cours. Le message des journalistes, rapporté d’autant plus fidèlement par Mère Agnès-Mariam qu’elle en était elle aussi témoin, était que la situation en Syrie n’était pas binaire comme le martelaient les chaînes satellitaires tendancieuses : d’un côté des manifestations pacifiques et de l’autre les forces de l’ordre qui les oppriment, mais qu’elle était bien plus complexe avec la présence de bandes armées non identifiées qui harcelaient sauvagement et la population civile sans défense et les forces de l’ordre retranchées dans leurs casemates. Elle devint alors une figure médiatique incontournable par son courage à dire ce qu’elle voyait joint à sa connaissance du pays ainsi qu’à son statut de religieuse non alignée qui lui confère un crédit exceptionnel. Cependant elle fut vite  honnie par les grands médias français puisqu’elle ne cautionnait pas la vision simpliste et caricaturale qu’ils cherchaient à diffuser.

La tentation sera donc forte de lui faire porter la responsabilité indirecte de la mort du journaliste français Gilles Jacquier le 11 Janvier à Homs.

Pourtant ce qui est vérifiable, puisqu’écrit, c'est qu'elle n’a pas invité les journalistes mais a seulement accepté de donner suite à une demande  écrite de France TELEVISIONS pour permettre à l’équipe Jacquier d’aller faire un reportage dans les unités de l’armée syrienne en butte aux attaques des « rebelles » (2). Les Unités basées à Homs étaient expressément nommées ainsi que les précautions nécessaires pour cette mission (casque et gilet pare-balles). Mère Agnès Mariam s’occupe d’obtenir les autorisations nécessaires pour satisfaire cette demande. On était avant la période où, grâce à la présence des observateurs de la Ligue Arabe, le gouvernement avait ouvert la porte aux journalistes étrangers. L’intercession de Mère Agnès Mariam était alors encore nécessaire comme elle l’avait été pour la presse chrétienne les mois précédents. D’autres journalistes se joignirent progressivement à ceux de France 2. L’équipe Jacquier arrive le 7 janvier et évolue librement le 8 à Damas. Gilles Jacquier lui apprend très vite qu’il désirait rencontrer les « rebelles » de Bab Sbah, à Homs et que, pour cela il avait fait des contacts très significatifs. Par souci d’honnêteté elle accepta de lui trouver les permissions nécessaires pour passer des zones loyalistes aux zones dissidentes.

Les journalistes accompagnent la Mère le 9 à une prière commémorative de deux personnes assassinées par les rebelles. Puis elle les rejoint pour une rencontre qu’ils boudent très vite car aux antipodes de leurs convictions, enfin ils vont ensemble au ministère des Affaires étrangères C’est durant cette journée passée en leur compagnie que Mère Agnès-Mariam remarque que les journalistes se comportent très mal, allant même jusqu’à l’enregistrer à son insu. A leur demande, elle les rencontre le  10  Janvier au soir pour faire le point et allonger leur visa. Pour ce faire, elle les avertit qu’elle ne pourra pas continuer à les prendre sous sa responsabilité s’ils n’étaient pas fidèles à la charte de Munich. De plus le ministère de l’information réclamait qu’ils restent ensemble. Elle manifesta son étonnement devant Gilles Jacquier qui présentait un programme débordant le cadre fixé par la Direction de France Télévisions et pour lequel il avait explicitement obtenu son visa. Plus tard, elle comprit qu’elle avait été manipulée pour obtenir ce visa lorsqu’elle vit Sofia Amara confier à CNN que, juste avant son départ pour la Syrie, Gilles Jacquier lui aurait dit qu’il était « obligé » d’aller dans les zones loyalistes mais que, dès qu’il pourra, il « désertera » pour aller chez les rebelles. Pour couper court à la discussion elle demanda à tout le groupe de décider par lui-même quelle serait sa prochaine étape. C’était, soit rester ensemble et accepter explicitement la fidélité à la Charge de Munich, soit attendre la fin du visa et partir car la Mère refusait de prendre sous sa responsabilité des journalistes peu crédibles.

Les journalistes décident d’aller à Homs. Précisément le Ministère de l’Information affrétait le lendemain un grand autocar pour Homs. Voudraient-ils en profiter avec d’autres reporters « mainstream » ? Nos journalistes choisissent unanimement d’aller à Homs par leurs propres moyens. Mère Agnès-Mariam doit déléguer ses pouvoirs à deux d’entre eux arabophones. Elle les avertit solennellement que la Syrie est un pays en guerre et qu’à Homs c’est l’enfer. Et leur rappelle qu’il est interdit de s’aventurer à Homs au-delà de 15 heures car c’est à partir de cette heure que les tirs reprennent chaque jour depuis les quartiers rebelles. A partir de ce moment-là l’équipe Jacquier et le reste des journalistes s’organisent seuls. Le lendemain ils se perdront les uns les autres et arriveront à Homs vers 14heures. Pour « profiter du temps » ils décident d’aller visiter les quartiers alaouites. Un groupe des forces de sécurité les accompagne et les prie de ne pas s’éloigner d’eux afin qu’ils puissent assurer leur sécurité. Arrivés au quartier Hadara ils font des interviews. A 14h45 précises, le colonel leur enjoint de repartir. Mais le groupe de la Télévision flamande n’est pas à l’appel. Leur équipe avait dérivé plus loin. On va à sa suite et on la retrouve mêlée à une manifestation pro régime organisée pour le groupe des médias « mainstream » dans le bus affrété par l’Etat mais les journalistes qui l’occupaient  s’étaient montrés plus prudents que notre groupe puisqu’à 14h45 ils avaient décidé de partir sans attendre l’arrivée de la manifestation. En voyant le grand bus s’éloigner, la vigie des rebelles avait cru que les journalistes étaient partis. Elle était incapable de repérer de loin la présence d’autres journalistes dans des voitures privées.  Ces derniers se mêlent imprudemment à la manifestation et lorsque les deux premiers obus tombent ils se précipitent imprudemment à l’affut d’images fortes. On est vers 15h35. Le troisième tir fait 8 morts dont Gilles Jacquier (3).

Il est donc permis de s’interroger :

-         sur le mensonge et la manipulation au sujet de la mission de l’équipe Jacquier : faire un reportage sur les unités loyales de l’armée syrienne comme le précisait la lettre de France TELEVISIONS  n’est pas la même chose que rencontrer les « rebelles » ou, plus tard, décider de rester à Damas et Daraa pour faire une étude sur les « hommes d’affaires ». 

-         sur les risques pris par l’équipe Jacquier et les autres journalistes malgré les mises en garde de Mère Agnès. 

-         sur l’absence de précautions élémentaires pour des professionnels habitués à ce type de mission : gilet pare-balles, casque, pour aller faire des photos là où des tirs de mortiers des « rebelles » étaient quotidiens

-         Sur la terrible campagne de diffamation déchaînée contre elle pour politiser son action et discréditer son témoignage.

Aurait-on cherché à décrédibiliser un témoin de poids qui dérangeait le dispositif propagandiste  visant à pousser la Syrie vers un vide constitutionnel et le chaos?

 

 (1) La charte de Munich des droits et devoirs des journalistes

Cette déclaration rédigée et approuvée à Munich les 24 et 25 novembre 1971 a été adoptée depuis par la fédération internationale des journalistes et par la plupart des syndicats de journalistes en Europe.

Dans le chapitre des devoirs du journaliste elle stipule :  « 4- Ne pas user de méthodes  déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents. »    

 

(2) extrait de la lettre de France Télévisions : « tourner ce reportage dans les rangs de l’armée syrienne accusée par la plupart des médias du monde entier, de réprimer le mouvement de contestation dans le sang. Peutêtre à tort ?". »

 

(3) Le rapport des observateurs de la Ligue Arabe confirme bien que c’est un tir de mortier des « rebelles » qui a tué Gilles Jacquier

COMAGUER 

17.02.2012

http://michelcollon.info/Siege-de-Homs-a-qui-la-faute.html

 


1-8 Raghga Bittar : Paul Craig Roberts : « campagne médiatique menée actuellement contre la Syrie par les Etats-Unis. »

WASHINGTON : L'ECRIVAIN AMERICAIN PAUL CRAIG ROBERTS CRITIQUE LA CAMPAGNE MEDIATIQUE MENEE CONTRE LA SYRIE PAR LES USA QUI NE VEULENT PAS D'UN GOUVERNEMENT DEMOCRATIQUE EN SYRIE

Washington/ L'écrivain américain Paul Craig Roberts a critiqué la campagne médiatique menée actuellement contre la Syrie par les Etats-Unis, précisant que ceux qualifiés de "manifestants pacifiques" sont en réalité des combattants armés payés par Washington qui essaye de semer la guerre civile en Syrie.
Qualifiant de mensonger le gouvernement américain, l'écrivain américain a précisé, dans un article publié sur le site de l'Institut américain socio-économique, que Washington prétendait qu'il œuvrait pour sauver les civils syriens comme l'avait fait au cas libyen avec le peuple de la Libye qui était le victime de miliciens armés, avertissant que l'objectif est de détruire la Syrie à l'instar de la Libye.
Il a affirmé que Washington ne veut pas un gouvernement démocratique en Syrie mais une marionnette dans la main, chose affrontée par le président Bachar al-Assad, qui était plus intelligent que Washington, par l'élaboration d'une nouvelle constitution qui guidera la Syrie vers la démocratie, précisant que l'agressivité des Etats-Unis et d'Israël envers le président al-Assad revient à son refus d'être leur marionnette.
Il a ajouté que Washington essayait désespérément de faire de la mer méditerranéenne une île américaine, de créer une révolution à l'intérieur de la Russie et de combattre la Chine par la coupure des ressources de l'énergie pour viser ensuite l'Iran qui exporte vers la Chine 20% de ses ressources pétrolières.
Raghga Bittar

21 Fév 2012

http://www.sana.sy/fra/55/2012/02/21/401941.htm

http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/


1-9 Guy Delorme, :Après la mort des deux journalistes occidentaux, Sarkozy et Juppé nous refont le coup de Gilles Jacquier

Marie Colvin, la reporter américaine victime du même projectile que Rémi Ochlik à Homs
Comme prévisible, la France, à travers les personnes de Nicolas Sarkozy et d’Alain Juppé, a vivement réagi à la mort du journaliste-photographe Rémi Ochlik, tué ce matin à Homs par un projectile d’origine encore indéterminée. Alain Juppé a exigé l’arrêt immédiat des attaques en Syrie, et réclamé « un accès sécurisé et médicalisé pour porter secours aux victimes » – sous entendu de la répression du régime – rappelons quand même à ce sujet que la Croix-rouge est en nécociations avec les deux parties pour obtenir deux heures de trêve quotidiennes à Homs. « Plus que jamais la France est déterminée à agir pour que cesse la sauvage répression dont est victime chaque jour le peuple syrien » a déclaré, dans son registre habituel de solennité creuse, l’actuel occupant du quai d’Orsay.

Et, pour commencer, l’ambassadeur de Syrie en France, Lamia Chakkour va être convoquée incessamment au Quai d’Orsay, pour s’entendre reprocher le « caractère intolérable du comportement du gouvernement syrien ».

Quant au patron d’Alain Juppé (Nicolas Sarkozy, et non Barack Obama, NdlR) il a lâché, histoire de tirer une morale politiquement correcte de ce drame, ce « raccourci » : »Maintenant, ça suffit (…) ça montre ce régime doit partir« .

Peut-être ces messieurs espèrent-ils trouver avec le malheureux Rémi Ochlik leur revanche de l’affaire Gilles Jacquier, dont ils avaient bien été obligés de reconnaître – enfin d’accepter silencieusement – que sa mort n’était pas, hélas, le fait du régime syrien mais plutôt de ses opposants.

Rappelons qu’on ne sait pas d’où venait l’obus – ou la roquette selon d’autres sources – qui a tué les deux journalistes français et américain, et blessé plusieurs autres. Et que si le projectile était d’origine gouvernementale, il a été tiré dans le contexte d’un affrontement implacable, dans un chaos urbain qui exclue tout ciblage particulier de journalistes, comme ose déjà l’avancer Bassma Kodmani, représentante du CNS.

Le gouvernement syrien, n’en déplaise à MM Sarkozy et Juppé, fauteurs de bombardements et acteurs de guerre civile en Libye, a un comportement qui convient à celui d’une nation souveraine, qui consiste à mettre hors d’état de nuire les djihadistes stipendiés ou équipés par l’étranger, et qui veulent mettre Homs et d’autres villes de Syrie à l’heure d’al-Qaïda, de Doha ou d’Ankara.

Bref, ce n’est pas aux supporters français des bandes armées de Bab Amr de verser des larmes de crocodiles atlantistes sur la mort de ce jeune journaliste.

Guy Delorme,

le 22 février 2012 

http://www.infosyrie.fr/actualite/apres-la-mort-des-deux-journalistes-occidentaux-sarkozy-et-juppe-nous-refont-le-coup-de-gilles-jacquier/


1-10  Bahar Kimyongur : Siège de Homs : à qui la faute ?

Nul ne peut rester indifférent devant les images effroyables qui nous viennent de Homs. Nul ne peut rester de marbre devant la souffrance de ces familles terrées dans leurs caves, sans pain, sans eau et sans espoir. Les obus pleuvent et s'écrasent dans un bruit assourdissant, fauchant des vies sans demander l'âge ni l'identité de leurs victimes. 

Devant le drame de Homs, on ne peut qu'éprouver rage et colère à l'encontre du président syrien, de son parti et de son armée.

Mais ce camp aujourd'hui en pleine offensive après avoir été totalement débordé par la violence terroriste (1), est-il le seul à blâmer ? L'Armée syrienne libre (ASL) qui, depuis des mois, tient des quartiers entiers en otage, entraînant une partie de la population dans une aventure militaire incertaine n'est-elle pas autant responsable de cette tragédie ? Début novembre, le régime de Damas avait promis une amnistie à tous les insurgés qui rendraient leurs armes pour autant qu'ils n’aient pas de sang sur les mains. Si l'on peut légitimement douter de la bonne foi du régime, rappelons-nous tout de même que ce type d'engagement gouvernemental a été respecté et même validé par les observateurs de la Ligue arabe (2). Au lendemain de cette promesse d'amnistie, la porte-parole du Département d’Etat américain Victoria Nuland avait appelé les insurgés à ne pas rendre les armes. Par leur soutien affirmé au terrorisme et au chaos, les États-Unis n’ont-ils pas mis de l’huile sur le feu ? Quant à la stratégie de ces rebelles fanatiques qui espéraient, comme en Libye, un appui aérien de l'OTAN pour poursuivre leur avancée vers la capitale et entraîner la chute du régime à tout prix n'est-elle pas insensée sinon criminelle vis-à-vis des millions de victimes potentielles ? Que dire aussi des actes terroristes commis par ces mêmes rebelles ? A Homs, ils ont procédé à une véritable épuration ethnique, chassant et liquidant chrétiens, alaouites ou sunnites pro-régime des quartiers qu'ils contrôlent. N’allez pas croire que notre grande presse va émettre un soupçon de reproches aux terroristes sectaires qui se servent de boucliers humains. Que nenni, quand il s'agit de défendre Israël et d'affaiblir l'Iran, l’ASL et ses bataillons salafistes parrainés par l’Arabie saoudite, le Qatar, le Courant du futur des Hariri et Al Qaida, sont les meilleurs alliés donc forcément de gentils militants pro-démocratie.

Le 28 janvier, nous avons tous été bouleversés par les images du massacre d'une famille sunnite à Nasihine, femme, enfants et bébés inclus. Dans ce quartier de Homs, ce jour-là, douze innocents, douze membres de la famille Bahader, ont été froidement assassinés. Sans la moindre preuve, le reporter photo du journal Le Monde répondant du pseudonyme de Mani avait mis ce crime horrible sur le compte des milices loyalistes recrutées, dit-on, parmi les alaouites. Le lendemain, on apprit que cette famille sunnite était en fait devenue la cible des rebelles parce qu'elle « collaborait avec le régime ». En fait, Abdel Ghani, le père de famille était un fonctionnaire du gouvernorat de Homs. Un homme sans histoires. Lui et son frère Ghazouan qui est un chauffeur attaché au même gouvernorat, avaient reçu de nombreuses menaces de mort de la part des rebelles. Abdel Ghani souhaitait déménager pour éviter toutes représailles de la part de l'ASL qui voulait l'enrôler de force. Mais la barbarie terroriste l'attendit au tournant, lui et sa famille.

Le 23 février, un groupe armé commit un nouveau massacre d'innocents. Quartier visé : al-Arman al-Janoubi à Homs. Les victimes : un couple et leurs quatre enfants. Les terroristes ont d'abord ligoté Mohamed Ryad Darwich, sa femme et ses enfants avant de les torturer à coups de poignards. Les victimes ont été mutilées méthodiquement par des tortionnaires qui ont poussé le vice jusqu'à écrire des mots sur leurs corps à l'aide de leurs poignards. Ils ont ensuite mis le feu à la maison de cette famille. Entre le massacre des familles Bahader et Darwich, on ne compte plus les exécutions sommaires perpétrées par les terroristes. Des centaines de civils et de militaires pro-régime ont subi le même sort. Ces événements et bien d'autres encore témoignent de ce que l'horreur ne se trouve pas dans un seul et même camp.

Tout ça pour ça ?

Peu d'analystes s'interrogent sur les réelles motivations des rebelles. Se rebeller, c'est bien. Encore faut-il avoir une raison valable, une réelle alternative démocratique et utiliser les moyens adéquats pour y parvenir. Nous savons toutes et tous que les rebelles veulent renverser le régime. Ce programme aurait été légitime s'il eut obtenu la confiance de la majorité des Syriens. Or, des millions de citoyens aspirent à une démocratisation dans le cadre du régime actuel. Ils l'ont maintes fois exprimé lors de manifestations monstre ou du référendum constitutionnel du 26 février 2012. En effet, 89,4 % de votants soit près de 7,5 millions des 14.589.954 inscrits sur les listes électorales ont approuvé la nouvelle Constitution syrienne qui abolit la suprématie du parti Baas « sur l’Etat et la société ». Malgré cette réalité, l’intransigeance des insurgés est totale. Ils excluent ainsi tout compromis, toute négociation, toute réforme et tout règlement politique. Seule une élimination radicale du régime baassiste qui revendique pourtant près de deux millions de membres pourra les satisfaire. Aux insurgés djihadistes, il faut tout, tout de suite. Qu’importe pour eux que la majorité des Chrétiens, des Druzes, des Alaouites, des Arméniens, des Sunnites kurdes ou arabes ne les suivent pas. Devant leur empressement, je ne peux m'empêcher de penser aux rebelles colombiens qui résistent depuis près de 50 ans envers et contre tout. Ces insurgés là n'ont droit à aucune compassion de la part de « nos » armées philanthropiques. Le sol de leurs jungles et de leurs montagnes regorgent pourtant de cadavres, celui de dizaines de milliers de syndicalistes, de paysans, de femmes et d'enfants assassinés par les escadrons de la mort agissant pour le compte de « nos » gouvernements. D'autres mouvements de libération résistent à la tyrannie, seuls dans leur maquis. Depuis des lunes. Comme les Tigres de l'Eelam Tamoul. Leur encerclement et leur anéantissement par l’armée sri-lankaise en 2009 n’a pas suscité l’indignation internationale que nous connaissons depuis des mois en faveur de l'ASL. Nos rebelles syriens, eux, veulent la victoire illico. Servie sur un plateau d'argent. De préférence avec show laser dans le ciel nocturne de Damas et d'Alep. « Déroulez-nous le tapis de bombes » martèlent-ils à leurs amis atlantistes et wahhabites.

 

Et pour faire quoi messieurs ? Une fois installés au pouvoir, le Conseil national syrien (CNS) alias « Conseil d'Istanbul » et l'Armée syrienne libre (ASL) prendront la courageuse décision de rompre le lien Damas-Téhéran. Ils souhaiteraient également couper les ponts avec les patriotes libanais rassemblés autour du Hezbollah. Dans une interview accordée au Wall Street Journal, le président du CNS Burhan Ghalioun, a affirmé vouloir négocier avec Israël, notamment au sujet de la restitution du Golan « en misant sur nos relations spéciales avec les puissances européennes et occidentales (sic) ». (3) 

 

En d'autres termes, Ghalioun rêve d'une Syrie apprivoisée et docile. Une Syrie asservie aux puissances coloniales. Une Syrie dénaturée, défigurée, dépersonnalisée. Le triste jeu des insurgés de Homs en vaut-il vraiment la chandelle ?

 

 

Comment aurait réagi un Etat occidental dans pareille situation ?

 

On l'a vu à l'œuvre maintes fois : lorsqu'il se sent ou se trouve réellement attaqué, le régime syrien peut s'avérer être excessivement brutal et sanguinaire. Ce mécanisme d'autodéfense est toutefois loin d’être exceptionnel. En effet, dictature ou pas, tout système politique qui se veut responsable à l’égard de ses citoyens ou qui désire juste sauver sa peau, aurait tendance à montrer ses dents dans une situation de violence extrême.

C’est d’autant plus vrai pour une nation dont les ennemis extérieurs n’ont ni le profil, ni l’armement ni l’appétit expansionniste des îles Kiribati, d’Andorre ou du Liechtenstein. C’est une nation qui, de surcroît, s'est aliénée une partie de sa population pour de multiples raisons parmi lesquels le massacre de Hama commis en 1982. L’impunité que s’offre le régime syrien depuis la boucherie de Hama couplée à l’esprit revanchard des djihadistes et à l’incompatibilité existentielle entre les principes laïcs du pouvoir et la charia entretiennent un climat de guerre larvée qui peut à tout moment dégénérer en conflit ouvert.

 

En Europe de l’ouest, depuis la seconde guerre mondiale, nous n’avons certes pas de situation équivalente à celle de Homs. Non pas que nos élites et leurs armées sont plus pacifistes mais parce que l’exploitation des pays du Sud notamment par le mécanisme de l’endettement, ont permis aux bourgeoisies européennes de s’offrir une relative paix sociale, de nous concéder quelques droits moyennant notre démobilisation, ce que l'on appelle en turc « la part du silence ». Nos élites ont, pour ainsi dire, construit et renforcé leur stabilité sur le malheur des plus faibles. Cela n’a pas empêché les pays occidentaux d’être régulièrement confrontés à des troubles sociaux et des crimes relevant davantage du droit commun à l’instar des Fort Chabrol ou des prises d’otages. Dans bien des cas, les forces d’intervention policières d’Europe ou des USA ne font pas dans la dentelle. Si les forcenés n'obtempèrent pas, ils sont froidement abattus. Et cela, au nom de la sécurité des citoyens.

Or, à Homs, certains Fort Chabrol durent depuis des mois et s’étendent sur des quartiers entiers. De plus, leurs auteurs tirent sur tout ce qui bouge, plongeant des populations entières dans un climat de terreur permanent qui fait bien souvent regretter l’environnement sécuritaire imposé par le régime syrien.

 

En tant que garante de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale de la Syrie, l'armée gouvernementale était tenue d'intervenir dans les quartiers de Homs tombés en dissidence. Cette même armée avait d'ailleurs été vivement critiquée pour son laxisme par les habitants des secteurs soumis aux tirs provenant des quartiers insurgés.

 

A ceux qui l'ignorent, il convient de rappeler que depuis l’après-guerre, les pompiers pyromanes de l'OTAN ont maintes fois tiré « sur leurs propres citoyens » pour bien moins que ça. Le 13 mai 1985, une paisible communauté africaine baba cool de Philadelphie appelée Move fut arrosée de napalm pour avoir voulu vivre en autarcie. Onze personnes dont dix enfants périrent dans les flammes occasionnées par la bombe larguée depuis un hélicoptère de la police. Les habitants de l'immeuble ne menaçaient pourtant personne. Il y eut par ailleurs l'écrasement de la mutinerie de la prison d'Attica dans l’Etat de New York en 1971, le siège de Waco au Texas en 1993 contre la communauté des Davidiens (86 morts), le Bloody Sunday en Irlande, le massacre de Polytechnique en Grèce, les opérations militaires dans les prisons turques de Diyarbakir, Ümraniye, Ulucanlar, Bayrampasa ou dans les villes kurdes de Lice et de Cukurca en Turquie... Sans parler des guerres secrètes de l'OTAN : tueries du Brabant, attentats de la gare de Bologne, de la Piazza Fontana à Milan, de la place Taksim, de la place Beyazit et du quartier de Gazi à Istanbul, ou encore des pogromes de Maras, Corum et de Sivas... Personne n'a évoqué pour autant l'option d'une intervention humanitaire armée à Washington, Londres, Rome ou Ankara. Je vous passe des assassinats de masse et des génocides commis par les forces atlantistes dans les pays du Sud. Et puis, attendez voir ce que nous réserve l’Europe « démocratique » le jour où les mouvements d'indignés constitueront une véritable menace pour les élites politiques et financières... Les Murs des fédérés ressurgiront hélas à chaque coin de rue.

Bien entendu, comparaison n’est pas raison. Autrement dit, les crimes commis par les troupes atlantistes ne justifient nullement ceux commis par l’armée syrienne. Et la vie d'un enfant syrien qu'il soit du côté rebelle ou du côté loyaliste, n'est pas moins précieuse que celle d'un enfant français, américain ou scandinave.

 

Finalement, les mots sont si vains devant la tragédie de Homs. Seule compte la vie des innocents de cette ville pris entre deux feux. Si on veut les sauver, il faudrait peut-être commencer par abandonner la logique de confrontation et dialoguer avec le gouvernement syrien. Au lieu de gesticuler, d’insulter ou de tenter de convaincre la Russie et la Chine, il serait peut-être plus sage de descendre de ses grands chevaux et de rejoindre le bloc sino-russe dans son appui à une solution de transition démocratique syrienne sans paternalisme et sans interférence. Nous serions ainsi bien plus en phase avec la Charte des Nations Unies. Et si, pour les enfants de Homs et pour la survie de la Syrie, on osait la paix ?

 

Notes

 

(1) Durant les semaines qui ont précédé l’assaut sur Homs, il mourait en moyenne une vingtaine de soldats gouvernementaux par jour. Sans compter les innombrables victimes civiles tombées sous les balles des groupes insurgés.

(2) Le rapport de la mission des observateurs arabes en Syrie : http://tunisitri.wordpress.com/2012...

(3) The Wall Street Journal, 2 décembre 2011 

Bahar Kimyongur

27 février 2012

Source : michelcollon.info


1-11Todenhöfer : « La moitié des informations sur la Syrie sont fausses »
Carolin Brühl
 : L’auteur Jürgen Todenhöfer se rend fréquemment en Syrie. Il y a aussi rencontré le dirigeant Assad. Todenhöfer plaide pour un point de vue neutre sur le conflit.

Ancien député CDU au Bundestag, il visite la Syrie autant qu’il peut – parfois plusieurs fois par année. Il y a un mois, il a voyagé à travers le pays durant près de quatre semaines. Il a pu se déplacer librement. Todenhöfer était à Damas, mais aussi à Homs, Hama et Deraa, sur les lieux qui font la une des journaux depuis presque une année, en raison des affrontements sanglants entre les forces de sécurité du régime et les insurgés.

 

Carolin BrühlWelt Online : Monsieur Todenhöfer, il y a peu vous étiez en Syrie. Par qui avez-vous été invité, et dans quelle mesure étiez-vous libre de circuler ?

Jürgen Todenhöfer : Personne ne m’a invité.

Vous êtes donc simplement entré dans le pays comme touriste ? Est-ce possible ?

Oui, ça marche. Je me rends en Syrie depuis plus de dix an. J’ai écrit un livre sur la Syrie et l’Irak qui a aussi été traduit en arabe. Il commence par Hakaouati, le conteur de contes de la Mosquée des Omeyyades à Damas. J’y vais chaque année. La Syrie est le berceau de notre civilisation et Damas est une des plus belles villes du monde arabe. La tête de Saint Jean Baptiste est enterrée dans la Mosquée des Omeyyades et à Damas, Saül devint Saint Paul.

 

Mais est-ce que vous comprenez et parlez l’arabe ?

Pas un mot.

 

Comment parlez-vous alors avec les gens ?

La plupart du temps, je suis accompagné d’un ou de plusieurs traducteurs.

 

Qu’est-ce qui vous a incité à repartir juste maintenant en Syrie, en dépit de tous les avertissements ?

 

Lorsque durant dix ans on ne cesse de voyager dans ce pays, il n’y a aucune raison de ne pas y retourner juste maintenant. Cette fois, j’ai eu quelques difficultés au début. J’ai été arrêté à l’aéroport de Damas parce que les services secrets syriens avaient émis une interdiction d’entrée contre moi. J’avais écrit un article dans Die Zeit que bien des personnes considéraient comme trop critique en Syrie. Il fallut plus de deux heures jusqu’à ce que je puisse enfin entrer dans le pays. Plus tard, ça m’a été utile parce qu’un Allemand de Syrie avait assisté à la scène et il l’a racontée quelques jours plus tard à Assad. Sur quoi Assad m’a invité à un entretien.

 

Assad a annoncé un référendum populaire pour mars, concernant une nouvelle Constitution. A quel point peut-on prendre cette initiative au sérieux ? Assad dirige-t-il effectivement lui-même les destinées de son pays ?

Je crois qu’il est l’homme le plus puissant de son pays. Et que la crise l’a rendu plus fort.

 

Pourquoi ?

Une crise décide si on peut s’emparer des choses ou s’il vaut mieux les remettre à d’autres. Il me semble que depuis lors, Assad fixe clairement la direction de sa politique. Je crois que ce referendum populaire sur une constitution démocratique est son idée. Lorsqu’il est parvenu au pouvoir il y a dix ans, il a essayé de moderniser le pays. Cela lui a valu beaucoup de difficultés. A l’intérieur comme à l’extérieur. On sait qu’en Occident, on lui a reproché d’être impliqué dans l’assassinat de l’ancien président du conseil des ministres libanais Hariri. Aujourd’hui il s’est avéré qu’il n’en était rien. En tout cas, Assad n’a pas réussi dans ses efforts de transformer le pays comme il avait eu l’intention de le faire.

 

Qu’est-ce qui l’en a empêché ?

Il y a des forces conservatrices puissantes dans des pays comme le Maroc, l’Arabie saoudite ou la Syrie. Assad n’avait pas seulement le problème de Hariri, il dut aussi rapatrier les troupes syriennes du Liban. Tout cela a amené à une situation de politique intérieure dans laquelle il était difficile d’imposer des réformes essentielles contre les forces conservatrices. Assad m’a dit de vive voix qu’il considère la démocratie en Syrie comme « impérative ». Et qu’à cet égard l’élaboration d’une constitution démocratique devait jouer un grand rôle.

 

Veut-il aussi renoncer au primat de son parti Baath ?

Envers moi, il a souligné que tous les partis seraient autorisés. Le référendum populaire en mars est une décision révolutionnaire pour un pays autocratique comme la Syrie parce que ce faisant, Assad remet la décision sur l’avenir du pays dans les mains du peuple. Le peuple n’a pas seulement la possibilité d’accepter cette constitution, il peut aussi la refuser. Je ne connais pas beaucoup de souverains autocratiques qui oseraient risquer un pareil référendum populaire.

 

Cela veut-il dire que vous croyez à une volonté de changement d’Assad et que vous croyez que ça peut être un moyen réaliste pour le pays ?

Plus l’Occident lui tape dessus, plus ça devient difficile pour Assad. Un politicien marxiste de l’opposition, qui a fait 14 ans de prison sous le père d’Assad, m’a dit que le seul qui pouvait amener à l’amiable la Syrie à la démocratie, c’était Bachir al-Assad. Aussi parce que la majorité des Syriens continuaient de faire une grande différence entre Assad et le système.

 

Mais que doit alors faire l’Occident ? Soutenir Assad ? Négocier avec lui ? Les medias occidentaux sont sous la pression des images de la violence brutale qui proviennent du pays. Et il y a peu de reportages objectifs.

La situation en Syrie est très complexe. En dépit du fait que de manière inattendue ce ne sont pas que les adversaires, mais aussi les partisans d’Assad qui revendiquent bruyamment la démocratie. Entre-temps, la démocratie est largement indéniable en Syrie. J’ai assisté à des manifestations à Damas auxquelles participaient entre un et deux millions de personnes.
Les gens criaient en chœur : « Assad, démocratie », et « Assad, liberté ». Les révoltés syriens veulent évidemment aussi la démocratie, cependant sans Assad. Il y a donc des manifestations pacifiques pour et contre Assad, mais toujours pour la démocratie. Toutefois, il y a des unités armées des deux côtés qui se livrent à des confrontations militaires sans merci. Ce qui provoque toujours des morts civiles. C’est totalement inacceptable et est à juste titre durement critiqué.
Toutefois, des leaders politiques de l’opposition syrienne m’ont dit que la guérilla de l’opposition tuait des civils et « réglait des comptes ». A Homs, je me trouvais dans la maison d’un partisan déclaré de Assad. On a tiré dans la chambre de sa fille de trois ans depuis une tour d’en face. J’ai vu les points d’impacts. Le jour après ma visite, il reçut une menace de mort et dut quitter sa maison. A Homs, j’ai moi-même été pris sous un lourd feu croisé lorsque la guérilla tira sur deux policiers.
Ce sont des affrontements comparables à une guerre civile. En Occident, on ne nous parle que des méfaits que commettent les forces de sécurité de l’Etat. Mais on occulte les méfaits de l’autre côté. Les reportages internationaux sont extrêmement unilatéraux.

 

Mais pourquoi Assad n’admet-il pas des journalistes dans son pays qui pourraient dessiner une image plus objective ? 

C’est une grossière erreur du gouvernement. Je n’ai jamais ressenti aussi fortement la valeur d’un journalisme libre qu’en Syrie. En Syrie, l’opposition détient actuellement un monopole de l’information qu’elle exerce sans pitié via al-Jazira et al-Arabia. A Homs par exemple, il y a quatre stations satellite auxquelles chaque photographe muni d’un portable peut transmettre ses prises de vue dans la seconde. Aussi, on en profite, ce qui est bien compréhensible.

 

Qu’en est-il de l’accès libre à l’Internet ?

En matière d’Internet, la Syrie est un des pays les plus développés du monde arabe. C’est d’ailleurs Assad qui a instauré cela personnellement. Si vous allez dans un restaurant, vous avez toujours gratuitement un accès wireless et vous pouvez recevoir vos courriels. Il y a quelques semaines, la presse mondiale affirma que désormais les iPhones étaient interdits en Syrie. J’ai alors appelé Damas et interrogé mon interlocuteur à ce sujet. Il a ri : « Vous m’appelez pourtant précisément sur mon iPhone. » La moitié des informations concernant la Syrie sont fausses.

 

Connaissez-vous d’autres exemples ? 

Durant mon séjour à Damas, la presse mondiale rapporta que le quartier général du parti bath avait été attaqué et fortement endommagé. Qu’il y avait eu un mort. Ça m’a fortement impressionné. Jusque là, Damas avait été une ville sûre dans laquelle il y avait même encore quelques touristes.
Le lendemain, je me suis rendu en voiture vers ce bâtiment. Deux aimables policiers se tenaient devant le bâtiment intact. Lorsque je leur demandai où se trouvaient les lourds dégâts, ils m’ont montré deux vitres enfoncées dans le hall d’entrée, dans lequel quelqu’un avait jeté un pétard. Lors de ma visite à Homs, j’ai vu que les étals du marché étaient couverts de victuailles et de légumes. Moi aussi j’y ai fait mes emplettes. Quelques jours plus tard, j’ai lu dans la presse mondiale : « Catastrophe humanitaire à Homs ».
Peu après je suis retourné une deuxième fois en ville et j’y ai rencontré des rebelles. Je rencontre toujours les deux côtés. Je les ai interrogés sur la « catastrophe humanitaire ». Ils ont avoué en riant : « C’est nous qui avons lancé ça ». Ils étaient tout fiers. Peu de temps après, un autobus transportant de jeunes Alaouites a été arrêté à Homs par des motos. Ces jeunes gens ont été exécutés à quelques mètres de distance par les attaquants en moto.
Un seul a survécu. Il raconta que les auteurs étaient des rebelles armés. L’attaque était un signal pour Assad qui est aussi alaouite. Le soir par contre, al-Jazira prétendit dans les informations que Assad avaient à nouveau fait tuer des jeunes gens innocents à Homs. Les reportages de Syrie me rappellent de façon inquiétante les reportages avant le début de la guerre d’Irak. Les reportages de la télévision d’Etat syrienne ne sont toutefois pas meilleurs.

 

Mais qui soutient alors les rebelles ? Sont-ce les pays voisins mal intentionnés tels que l’Arabie saoudite ou le Qatar, qui s’étaient déjà engagés en Libye ? S’agit-il aussi d’un conflit islamique intérieur ?  

J’ai passé quatre semaines dans le pays. Je sais quand-même qu’il y a bien des choses que je n’ai pas vues. Mais j’ai vu que ce soulèvement n’est pas toujours pacifique. Il y a des forces à l’étranger qui fournissent des armes lourdes à la partie violente de l’insurrection. La piste la plus sérieuse mène au Qatar. Le Qatar était aussi le grand fournisseur d’armes en Libye. Les Américains n’interviennent pas directement, la résistance armée passe par des Etats arabes voisins, avant tout par le Qatar et l’Arabie saoudite. Al-Jazira est également originaire du Qatar.

 

Il s’agit donc d’une espèce de guerre par suppléants ? 

Je ne le sais pas. Je ne suis pas non plus partisan des théories de complots. Mais à l’arrière-plan se profile la tentative des Etats-Unis de créer un « Greater Middle East » dans lequel il n’y aurait plus que des Etats proaméricains dans la ligne. Les USA considèrent toute la région comme leur chasse gardée. Kissinger est l’auteur de la phrase : « Le pétrole est beaucoup trop précieux pour être abandonné aux Arabes ».
Les Américains ont raté la révolution en Tunisie et en Egypte. Mais ensuite ils ont pris la décision de participer dans leur sens aux bouleversements du monde arabe. J’éprouve une grande sympathie pour l’Amérique démocratique, mais au Proche-Orient, la démocratie importe peu aux Etats-Unis. Sinon ils devraient aussi appuyer les manifestations en Arabie saoudite, au Qatar et à Bahreïn, mais là, ils soutiennent des gouvernements dictatoriaux.

 

Comment cela va-t-il continuer en Syrie à votre point de vue ? 

En Syrie il y aura une démocratie comme dans l’ensemble du monde arabe. Le recours à la violence contre des manifestations pacifiques prônant celle-ci est inacceptable. Mais lorsque j’ai demandé à Assad pourquoi on ne pourrait pas – au moins durant un laps de temps limité – renoncer à la violence contre les rebelles armés, il m’a demandé si je pouvais lui citer un pays occidental qui accepterait que tous les jours vingt à trente de ses soldats soient tués.
Il m’a demandé : Est-ce que Madame Merkel accepterait cela ? Je n’ai pas su que répondre. Je lui ai dit qu’il devait néanmoins engager un dialogue, même avec les forces extrémistes. Qu’il n’y avait qu’un dialogue qui pouvait amener un cessez-le-feu. Qu’il devait prendre la tête du mouvement démocratique pour aboutir à la paix et à la démocratie.

 

Qu’a-t-il répondu ?

Il a dit que ce qui importait le plus, c’était d’élaborer une Constitution démocratique, et que le peuple devait pouvoir se prononcer à ce sujet. […].

 …….
Carolin Brühl

15 mars 2012

Jürgen Todenhöfe

Jürgen Todenhöfer a fait des études de droit aux universités de Munich, Paris, Bonn et Freiburg. Il a fait son doctorat à Freiburg. En 1972, il a été élu au Bundestag allemand en tant que candidat direct de la CDU. Il y a exercé le mandat de député et de porte-parole de politique du développement du groupe CDU/CSU jusqu’en 1990. Déjà avant cela, en 1987, il est entré au Groupe Hubert Burda Media, où il est parvenu à la vice-présidence de la direction.
Ces dix dernières années, Jürgen Todenhöfer s’est constamment exprimé de façon critique sur les guerres en Afghanistan et en Irak. Il y publié une série de livres traitant de ces deux guerres. En 2003, il a écrit « Wer weint schon um Abdul und Tanaya ? Die Irrtümer des Kreuzzugs gegen den Terror » (ISBN 3-451-05420-5) (Qui va pleurer Abdul et Tanaya ? Les erreurs de la croisade contre le terrorisme). C’est un livre qui décrit clairement, par l’exemple d’enfants afghans, l’absurdité de la « guerre contre le terrorisme ». Dans le livre « Andy und Marwa. Zwei Kinder und der Krieg » (2005, ISBN 3-570-00859- 2) (Andy et Marwa, deux enfants et la guerre), Todenhöfer décrit deux destins de la guerre d’Irak, celui d’une fille irakienne et d’un jeune soldat américain. Dans « Warum tötest du, Zaid ? » (Pourquoi tues-tu, Zaïd ?) (2008, ISBN 978-3-570-01022-8), Todenhöfer analyse par beaucoup d’entretiens sur place les raisons de la résistance contre l’occupation US en Irak. Son dernier livre jusqu’ici, « Teile dein Glück… und du veränderst die Welt ! – Fundstücke einer abenteuerlichen Reise » (2010, ISBN 978-3-570-10069-1) (Partage ton bonheur... et tu changes le monde ! – trouvailles d’un voyage aventureux) est un livre traitant de questions éthiques centrales.
 

Pour plus d’informations sur Jürgen Todenhöfer, consultez son site Internet
www.juergentodenhoefer.de 

Source : Horizons & Débats


1-12137 officiers de renseignements arrêtés!  

Le quotidien palestinien Al Manar a diffusé, le 3 mars, une information de la plus haute importance, aussitôt reprise sur de nombreux médias. Selon ce journal, qui affirme avoir reçu les confidences de "diplomates arabes et européens", "plus de 137 officiers de renseignements et instructeurs de différentes nationalités sont aujourd’hui entre les mains des moukhabarat syriens". Ils auraient été arrêtés durant les affrontements ayant opposé au cours des dernières semaines les forces syriennes de sécurité aux gangs armés soutenus par les Etats-Unis, Israël, leurs alliés du Golfe persique et la France. Ces officiers seraient de nationalité saoudienne, qatarie, française, tunisienne, turque, émiratie, pakistanaise… Certains seraient originaires d’Etats africains. D’autres, Libyens et Algériens, auraient précédemment travaillé en Afghanistan au profit des Etats-Unis et d’Israël.
08/03/2012

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/174826-syrie...


1-13 13 officiers français capturés par l’armée syrienne.

Puisqu’aucun média français ne daigne reporter la nouvelle, et qu’il faut se rendre sur les sites Web de journaux étrangers pour s’informer sur une affaire qui devrait pourtant intéresser les Français, nous vous proposons cet article paru dans le très sérieux quotidien anglais The Daily Telegraph, à propos de 13 soldats français qui seraient détenus à Homs en Syrie. Les autorités françaises démentent, et pour cause, en théorie nous ne sommes pas en guerre contre la Syrie et nos troupes n’ont donc rien à faire là-bas. Alors, avons-nous réellement envoyé nos troupes là-bas ? Pourquoi le Parlement n’en a-t-il pas été informé ? L’engagement en Syrie deviendrait-il pour les journalistes français un sujet aussi brûlant et tabou que celui des attentats du 11-Septembre

(savez-vous que 2 ex-sénateurs US viennent de mettre en cause l’Arabie Saoudite ?)

pour qu’il faille attendre des journaux étrangers qu’ils nous en informent ?

 


1-14 Sami  Kleib ;  Les journalistes-combattants de Baba Amr (1ère partie)

La répression de Baba Amr est-elle la plus grande fiction politique depuis le 11-Septembre ?

C’est ce qu’entend démontrer Thierry Meyssan dans un récit exclusif que le Réseau Voltaire publie en épisodes. Dans ce premier volet, il revient sur la prétendue évasion des journalistes occidentaux et montre que certains d’entre eux faisaient partie de l’Armée « syrienne » libre.

Les États membres de l’OTAN et du CCG ne sont pas parvenus à lancer une attaque conventionnelle contre la Syrie. Cependant ils l’ont préparée, dix mois durant, en conduisant une guerre de basse intensité doublée d’une guerre économique et médiatique. La ville de Homs est devenue le symbole de cet affrontement. L’armée « syrienne » libre a investi les quartiers de Baba Amr et d’Inchaat et y a proclamé un Émirat islamique qui donne un aperçu de son projet politique.

Avec le soutien de la Russie –toujours traumatisée par l’expérience de l’Émirat islamique d’Itchkérie– et de la Chine, soucieuses de voir le gouvernement de Damas protéger ses citoyens, l’Armée nationale syrienne a donné l’assaut le 9 février après épuisement de toutes les tentatives de médiation. L’Armée « syrienne » libre, défaite, se retranchait bientôt dans une zone d’environ 40 hectares, qui était immédiatement bouclée par les Forces loyalistes, qui ne cessa de rétrécir et finit par tomber le 1er mars. Pour se venger, les derniers éléments armés de l’Émirat massacrèrent les chrétiens de deux villages qu’ils traversèrent avant de trouver refuge au Liban.

Durant toute cette période, de grands médias ont été utilisés pour masquer la réalité sordide et cruelle de cet Émirat et pour lui substituer une fiction de révolution et de répression. Un soin particulier a été apporté pour faire accroire que des milliers de civils étaient pilonnés par l’artillerie, voire l’aviation, syrienne. Au cœur de ce système de propagande, un Centre de presse utilisé par les chaînes satellitaires de la Coalition : Al-Jazeera (Qatar), Al-Arabiya (Arabie saoudite), France24 (France), BBC (Royaume-Uni) et CNN (États-Unis) et coordonné par des journalistes israéliens.

L’opinion publique en Occident et dans le Golfe peut légitimement se demander qui dit vrai entre la version de l’Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord et du Conseil de coopération du Golfe d’un côté, et celle de l’Organisation de Coopération de Shanghai de l’autre. Nous allons tenter de lui apporter des éléments décisifs pour trancher et pour établir la vérité. Nous nous appuierons sur les vidéos diffusées par les chaînes occidentales et du Golfe, les témoignages des survivants recueillis par le bureau du Réseau Voltaire en Syrie, et les documents découverts dans le Centre de presse de l’Émirat.

Le double visage des reporters occidentaux
Des journalistes occidentaux bloqués dans l’Émirat ont lancé des appels de détresse sur le Net.

Deux d’entre eux y apparaissent blessés, le troisième semble en bonne santé. Leurs gouvernements firent de leur extraction une affaire de principe. La France délégua un fonctionnaire pour négocier avec les rebelles. Plusieurs autres États –notamment la Russie–, soucieux de faire descendre la tension au Levant, offrirent leurs bons offices.

J’ai participé à cet effort collectif. En effet, une journaliste française avait refusé une première occasion de fuir avec la Croix-Rouge internationale et le Croissant-Rouge syrien. Craignant un piège, elle n’avait pas saisi la main qui lui était tendue. Ma mission avait deux aspect. D’abord, établir un contact avec mes compatriotes, les informer sur le contexte politique et militaire, et faciliter leur remise à un fonctionnaire français qui les place sous protection diplomatique. Ensuite, je devais rapporter à ceux qui œuvrent pour la paix dans cette région le déroulement exact des événements et évaluer la bonne volonté des protagonistes.

Comme on le sait, les négociations ont échoué. Les délégués des services de renseignement des différents États impliqués ont pu constater que les autorités syriennes et les organisations humanitaires ont fait tout leur possible et que le blocage est exclusivement imputable à l’Armée « syrienne » libre.

Quelle n’a donc pas été la surprise, réelle ou feinte, des différents négociateurs d’apprendre soudainement que les trois journalistes que nous avons tenté d’extraire d’Homs, plus un quatrième qui n’avait pas souhaité notre aide, ont franchi les lignes de l’Armée syrienne libre et celles de l’Armée nationale syrienne pour se rendre par leurs propres moyens au Liban.

Après un instant de confusion et la vérification que les initiatives parallèles de la Russie n’avaient pas plus abouti que les nôtres, nous avons dû constater qu’un commando armé d’une grande nation occidentale a exfiltré les quatre journalistes, et peut-être d’autres personnes, pendant que nous mettions inutilement notre vie en danger. Dans ces conditions je n’aie aucune raison de me taire sur les dessous de cette affaire. J’exclurai uniquement de cet article les références aux fonctionnaires et personnalités impliquées, afin de préserver leurs capacités à agir pour la paix, bien que mentionner certains détails auraient eu une utile valeur pédagogique pour nos lecteurs.

Je ne doute pas que les rescapés de Baba Amr publieront leur version des événements pour consolider la propagande atlantiste. Ils continueront à mentir comme ils n’ont cessé de mentir. C’est pourquoi, je tiens d’abord à témoigner de ce que j’ai vu pour prévenir le tissu de désinformation que l’on est en train de nous tisser.

Selon la version médiatique actuelle, une révolution aurait été sauvagement réprimée. Des journalistes occidentaux, mus par leur seul désir d’informer, seraient venus voir et témoigner. Les insurgés se seraient progressivement retranchés dans le quartier de Baba Amr où ils auraient survécus trois semaines sous un déluge de feu. Leur Centre de presse aurait été bombardé avec des GRAD, des « orgues de Staline », mercredi 22 février 2012. Au cours de ce bombardement, Marie Colson (Sunday Times) et Rémi Ochlik (IP3 Presse) auraient été tués, tandis qu’Édith Bouvier (Le Figaro Magazine) et Paul Conroy (Sunday Times) auraient été blessés. William Daniels (ex-Figaro Magazine et Time Magazine) serait resté avec eux, tandis que Javier Espinosa (El Mundo) se serait séparé du groupe.

Les survivants ont posté quatre vidéos sur le Net qui nous racontent une bien étrange histoire.

La mort de Marie Colvin et de Rémi Ochlik
La mort de Marie Colvin et de Rémi Ochlik nous est connue par une vidéo fournie par l’Armée « syrienne » libre. Leurs corps ont été retrouvés après la chute de l’Émirat et ont été identifiés par les ambassadeurs de France et de Pologne (représentant son homologue états-unien).

Marie Colson était connue pour le chic de ses tenues et le contraste dont elle jouait entre la finesse de ses atours féminins et la dureté du bandeau qui cachait son œil perdu. La vidéo, sur laquelle on voit uniquement de dos deux corps gisants au sol, est authentique et a été validée par divers médias qui l’ont diffusée. Les deux journalistes apparaissent en tenue de combat. Il conviendrait de se demander pourquoi ce détail, qui contrevient sur un champ de bataille au statut de non-combattant des journalistes, n’a pas soulevé d’interrogations du public, ni de commentaires indignés de la profession.

Les blessés Édith Bouvier et Paul Conroy au dispensaire
Sur la seconde vidéo, le représentant du Croissant-Rouge syrien dans l’Émirat, le docteur Ali, un dentiste du quartier qui s’est dévoué avec courage aux blessés, présente Édith Bouvier et Paul Conroy allongés sur des lits dans dans ce qui semble être une sorte de dispensaire hospitalier. Puis, une soldat de l’Armée « syrienne » libre qui se fait appeler « Docteur Mohammed », portant blouse bleue et stéthoscope, livre un commentaire révolutionnaire.

Trois éléments doivent être relevés :
- Édith Bouvier refuse de décliner son identité, qui est cependant révélée aux spectateurs, et tente de cacher son visage.
- Paul Conroy roule des yeux à la fois inquiets et réprobateurs.
- « Docteur Mohammed » est une star des vidéos de l’opposition syrienne. Il joue le rôle d’un médecin révolutionnaire, alors qu’il n’est pas médecin. Il s’exprime dans un langage approximatif, sans aucun vocabulaire médical, mais avec des références salafistes.

Tout laisse à penser que « Docteur Mohammed » a profité de la situation pour faire participer le vrai médecin et les deux journalistes à une petite mise en scène dramatisant outrageusement la situation.

Nouveau message de Paul Conroy depuis sa chambre
Dans une troisième vidéo, le photographe britannique Paul Conroy est à l’écart, allongé sur un canapé, après avoir reçu des soins. Il demande de l’aide. Il s’applique à préciser qu’il est invité et pas prisonnier.
Il semble aussi mal à l’aise que la première fois et glisse des indications aux spectateurs. Il appelle des « agences globales » à intervenir car « elles travaillent pour les mêmes objectifs sur le terrain ». Quelles sont donc ces « agences globales » qui auraient le pouvoir de l’extraire de l’Émirat ? Il ne peut s’agir que d’agences publiques, qu’elles soient intergouvernementales comme celles de l’ONU, ou nationales comme des agences de renseignement. Que signifie : « travailler pour les mêmes objectifs sur le terrain » ? Il ne peut faire référence à une activité des Nations Unies, puisqu’elles n’ont pas vocation à faire du journalisme. La seule interprétation possible est qu’il appelle des agences de renseignement alliées en évoquant son appartenance à une agence de renseignement britannique.


À la différence de Marie Colson qu’il accompagnait comme photographe pour ses reportages dans le Sunday Times Paul Conroy ne porte pas d’uniforme sur le champ de bataille, mais il n’en a pas besoin pour se faire identifier.

« Docteur Mohammed » intervient alors pour nous faire part de son diagnostic. Paul Conroy aurait été blessé la veille à la jambe par un missile GRAD. Il nous montre une jambe au bandage immaculé. Malgré l’extrême gravité de la blessure et sa fraîcheur, la jambe n’est aucunement tuméfiée. « Docteur Mohammed » n’a pas usurpé son surnom : sans avoir de formation médicale, il réalise des prodiges médicaux.
À la fin de son intervention, Paul Conroy ajoute un message pour rassurer « sa famille et ses amis en Angleterre » : « Je vais parfaitement bien ». Si le sens caché a échappé à « Docteur Mohammed », ceux qui savent que Paul Conroy est Irlandais du Nord, pas Anglais, n’ont pas de mal à décrypter. Le « photographe » s’adresse à la hiérarchie de l’agence militaire britannique pour laquelle il travaille et signale que cette comédie ne doit pas induire en erreur, il est en bonne santé.
Cette fois, c’est Paul Conroy qui semble utiliser la mise en scène de « Docteur Mohammed » pour faire passer son message, alors qu’il est immobilisé par sa blessure.

Nouveau message d’Édith Bouvier et de son compagnon
Dans une quatrième vidéo, tournée et diffusée la même journée, Édith Bouvier, allongée sur son lit d’infortune appelle à l’aide. Elle demande (1) « la mise en place d’un cessez-le-feu » et (2) « une voiture médicalisée qui la conduise jusqu’au Liban », afin qu’elle puisse y être rapidement traitée.

Vu que les besoins exprimés sont ceux d’une trêve pour laisser circuler une ambulance et d’un transport dans un hôpital pour y être soignée, ces revendications sont absolument incongrues.
- (1) Un cessez-le-feu est un accord qui suspend la totalité des hostilités entre les parties durant une négociation politique, tandis qu’une trêve est une interruption des combats, dans une zone déterminée et durant une période déterminée, pour laisser passer des personnes ou du matériel humanitaire.
- (2) De plus, être conduite au Liban implique une amnistie pour le délit d’immigration illégale, Édith Bouvier étant entrée clandestinement en Syrie aux côtés des rebelles.

Force est de constater que ces deux exigences ne sont pas argumentées, mais correspondent à la création d’un « couloir humanitaire » au sens où l’entend le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé.

Alain Juppé est malheureusement connu pour sa facilité à inverser les rôles et son usage des « couloirs humanitaires ». En 1994, il avait obtenu du Conseil de sécurité des Nations Unies une résolution autorisant l’opération Turquoise, c’est-à-dire la création d’un « couloir humanitaire » pour permettre à la population hutu du Rwanda de ne pas être massacrée à son tour en vengeance des crimes commis par le Hutu Power principalement contre la population tutsie. On sait aujourd’hui que ce couloir n’était pas qu’humanitaire. Il permit à la France d’exfiltrer les génocidaires mêlés aux civils, afin de leur éviter d’avoir à répondre de leurs crimes. Alain Juppé cherche cette fois à exfiltrer les groupes armés responsables des tueries en Syrie.

Il convient donc de constater qu’Édith Bouvier n’exprime pas des besoins personnels, mais que ses exigences correspondent aux intérêts de l’Armée « syrienne » libre tels que la France les défend.

Il n’est pas surprenant que la journaliste se fasse la porte-parole d’Alain Juppé. Elle a été engagée au groupe Le Figaro par Georges Malbrunot. Selon les autorités syriennes, ce dernier était dans les années 80 l’agent de liaison de la DGSE avec les Frères musulmans. Il fut arrêté à Hama, puis restitué aux autorités française à la demande expresse du président François Mitterrand.

Dans la séquence suivante, « Docteur Mohammed » explique la situation, tandis que son compagnon le photographe William Daniels (pigiste au Figaro-Magazine, puis à Time Magazine) insiste sur l’urgence de la situation. Les déclarations en arabe sont traduites en anglais par un quatrième personnage que l’on ne voit pas à l’écran. Enfin un cinquième intervenant, le jeune Khaled Abou Saleh, apporte une conclusion révolutionnaire au petit film.

Alors que dans les premières vidéos Édith comme Paul refusaient manifestement de coopérer avec « Docteur Mohammed », elle joue cette fois le jeu de bonne grâce.

Le jeune Khaled Abou Saleh est le chef de Centre de presse de l’Armée « syrienne » libre. D’après les journalistes qui ont utilisé cette installation, le Centre, placé dans un immeuble vétuste, était équipée de tout le matériel hi-tech nécessaire. Les journalistes pouvaient y faire leurs montages, et disposaient du matériel satellitaire pour des diffusions en direct. Certains ironisaient en comparant le niveau informatique du Centre à celui de l’Armée nationale syrienne, qui persiste à utiliser des systèmes de transmission archaïques.

On ne dispose d’aucune information sur les généreux sponsors qui ont offert cette installation dernier cri. Mais on dispose d’une indication lorsque l’on s’intéresse aux activités professionnelles de Khaled Abou Saleh. Le jeune révolutionnaire est lui-même journaliste. Il est correspondant permanent à Al-Jazeera, qui en outre publie son blog son site internet, et pigiste à France24, où il apparaît comme collaborateur de la rubrique « Les Observateurs ». Or, ces deux télévisions satellitaires forment l’avant-garde de la propagande de l’OTAN et du CCG pour justifier un changement de régime en Syrie, comme elles le firent pour en justifier un en Libye.

À titre d’exemple sur la déontologie de la chaîne publique française, le 7 juin 2011, France24 avait diffusé en direct une intervention téléphonique émouvante de l’ambassadrice de Syrie en France, Lamia Shakkour, annonçant sa démission pour protester contre les massacres dans son pays. Immédiatement la machine diplomatique française exerçait des pressions sur l’ensemble des ambassadeurs de Syrie dans le monde pour qu’ils suivent ce bel exemple. Las ! Bien que Renée Kaplan, la directrice-adjointe de la rédaction de France24, ait juré que la voix diffusée était celle de l’ambassadrice qu’elle connaissait bien, il s’agissait en fait de celle de l’épouse du journaliste, Fahd Alargha-Almasri. L’intoxication fit long feu [1].

Sous l’impulsion d’Alain de Pouzilhac et de Christine Ockrent-Kouchner, France24 et RFI ont cessé d’être des organes d’information pour devenir des instruments du dispositif militaro-diplomatique français. Ainsi, le 5 juillet 2011, Alain de Pouzilhac, en qualité de PDG de l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF) signait un protocole d’accord avec Mahmoud Shammam, ministre de l’Information des rebelles libyens. Il s’engageait à créer des médias anti-Kadhafi et à former le personnel nécessaire pour faciliter le renversement du « Guide » libyen. Cette annonce avait soulevé la colère des journalistes de France24 et de RFI, furieux d’être instrumentés dans cette entreprise de propagande. Tout laisse à penser que des dispositions de même nature ont été prises pour encourager « le journalisme citoyen » des « révolutionnaires syriens ». Si c’est le cas, le rôle de Khaled Abou Saleh ne se limite pas à des correspondances et à des piges, il est un acteur clé de la fabrication de fausses informations pour le compte du dispositif militaro-diplomatique de la France.

Précédemment, Édith Bouvier était rétive à la mise en scène. Au contraire, cette fois, elle collabore avec son collègue de France24 et enregistre un appel à l’aide qui vise à manipuler la compassion des spectateurs pour justifier la mise en place d’un « couloir humanitaire », tel que celui dont Alain Juppé a besoin pour évacuer les mercenaires de l’Armée « syrienne » libre et leurs instructeurs occidentaux.

Premières conclusions
À ce stade de l’étude des vidéos, j’ai émis plusieurs hypothèses de travail.

- L’équipe du Sunday Times (Marie Colson et Paul Conroy) travaillait pour le MI6, tandis que l’envoyée du Figaro Magazine (Édith Bouvier) travaillait pour la DGSE.
- « Docteur Mohammed » a profité de ce que les journalistes soient alités pour enregistrer deux vidéos de plus, mais Paul Conroy en a profité pour adresser un message de détresse aux alliés.
- En définitive le pigiste de France24, Khaled Abou Saleh, a mis en scène la revendication d’Alain Juppé.
Échec des négociations ou changement de négociation ?
Tout au long des négociations, j’ai pu apporter divers éclairages qui ont été pris en considération. Mais chaque fois que j’ai évoqué les remarques ci-dessus, il m’a été répondu que ce n’était pas le moment. Il apparaissait que l’Armée « syrienne » libre refusait de laisser sortir les journalistes. L’urgence était de les sauver. On s’occuperait plus tard du statut réel de chacun.

Samedi 25 au soir, les négociations avaient échoué. Pour rétablir le contact avec les takfiristes, les Syriens cherchaient un cheikh modéré avec qui ils acceptent de parler, mais tous les religieux contactés se désistaient les uns après les autres de peur des conséquences. Fallait-il camper sur place pour pouvoir reprendre la discussion dès qu’un cheikh se présenterait ? Ou fallait-il rentrer se reposer en sécurité à Damas ?

C’est en définitive des autorités militaires syriennes que vint la réponse. Nous étions invités à rentrer et nous serions informés lorsqu’une nouvelle occasion de négociation se ferait jour. De retour dans la capitale, un SMS nous informa que les négociations étaient suspendues pour 48 heures.

Suspendues ne signifiait pas que nous pouvions nous divertir dimanche et lundi pendant que des confrères et des compatriotes étaient en danger de mort, mais que durant 48 heures une autre négociation était en cours. Sur le moment, j’ai cru que le relai avait été pris par nos amis russes.

Mardi matin, j’étais réveillé par une amie, reporter de guerre pour un grand média français, qui me téléphonais en m’apprenant l’arrivée de Paul Conroy et probablement des autres journalistes à Beyrouth. J’étais interloqué. Je réveillais à mon tour un haut responsable syrien qui manifesta sa perplexité. De coup de fil en coup de fil, personne à Damas ne savait quoi que ce soit, ou ne voulait parler.

En définitive, je découvris qu’un accord avait été négocié par le général Assef Chawkat avec une haute personnalité française de ses amis pour trouver une solution politique à cet imbroglio. Les Forces loyalistes ont ouvert leurs lignes pour laisser passer nuitamment les conseillers militaires français et les journalistes vers le Liban. Au petit matin, l’Armée « syrienne » libre a découvert leur fuite. Comprenant qu’ils étaient abandonnés, les mercenaires décidèrent de se rendre, abandonnant leur propre arsenal, tandis que les islamistes refusèrent les dernières sommations. Le général Assef Chawkat donna l’assaut final et prit l’Émirat en quelques heures, délivrant de la tyrannie islamiste les civils qui y étaient enfermés.
Depuis son quartier général à l’étranger, l’Armée « syrienne » libre –désormais réduite à pas grand-chose– annonça son « repli stratégique ». La nature ayant horreur du vide, le Conseil national syrien basé lui aussi à l’étranger annonça la création d’un Comité militaire composé d’experts syriens et surtout étrangers. En quatre jours, la question militaire s’est déplacée du champ de bataille syrien aux confortables salons des grands hôtels parisiens.
À suivre…
http://www.voltairenet.org/fr

 

Sami KLEIB



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


26/03/2012

n°45 - Journal de Syrie - 05-03 au 26-03-2 - a1- Programmation d'un coup d'État... - Rervue des analyses et faits durand le mois de mars 2012

n°45 -  Journal de Syrie -  05-03 au 26-03-2  - a1-  Programmation d'un coup d'État... - Rervue des analyses et faits durand le mois de mars 2012



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal deSyrie

             n°45                    05-03 au26-03-2012        

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Journal deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part.

1 Une guerre ?

Yahia Gouasmi : Programmation d'un coup d'État...

Philip Giraldi : L’OTAN contre la Syrie.

L'ingérence occidentale en Syrie en panne d'option crédible à court terme.

Jean Bonnevey : France-Syrie: diplomatie stupidement manichéenne2 Politique

Démission de 3 personnalités du Conseil national syrien.  

L'ingérence occidentale en Syrie en panne d'option crédible à court terme.

3 Du beurre ... pas des Canons

Analyse

G. Munier/X. Jardez : La Chine publie un communiqué en six points sur le dossier syrien.  

4 Les grandes manœuvres

Michael Kelley : Des forces armées occidentales déjà sur le terrain !

5 Les Parties prennantes

France

Voltairenet : La France ouvre des négociations avec la Syrie pour récupérer ses 18 agents

La guerre secrète de la France contre le peuple syrien.

6 Les institutions

Ligue arabe 

L'Inde et la Ligue arabe partagent une opinion différente sur le dossier syrien 

7 Les Pays Arabes & voisins

Arabie saoudite et Qatar

 Arabie saoudite et Qatar "complices des terroristes" .

8 Opinion

L'inde

L'Inde et la Ligue arabe partagent une opinion différente sur le dossier syrien 

Moscou met la communauté internationale devant ses responsabilités à l'égard de l'envoi du terrorisme en Syrie. 

9 Les actions dans le monde

Pays

Israël

Le régime israélien est prêt à soutenir les opposants syriens. 



Tiré à part

 Depuis mars 2011, les groupes armés et les organisations terroristes, soutenus par l’Occident,Israel et les pays arabes, cherchent à déstabiliser la Syrie où un grand nombre de civils et d’effectifs militaires ont été tués par les terroristes.
http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/173910-le-r%C3%A9gime-isra%C3%A9lien-est-pr%C3%AAt-%C3%A0-soutenir-les-opposants-syriens


1 Une guerre ?

Yahia Gouasmi : Programmation d'un coup d'État...
Nous avions évoqué, dans nos articles précédents, l’acharnement occidental organisé contre Bachar al-Assad.

Le Président Obama, le Président Sarkozy, le ministre qatari des Affaires étrangères al-Thani et le Président tunisien al-Marzouki, pour ne citer qu’eux, appellent le Président Bachar al-Assad à quitter son peuple et son pays. Voici ce que leur répondait déjà en août 2011, le Président al-Assad : « De tels propos ne doivent pas être tenus à l'égard d'un Président qui a été choisi par le peuple syrien et qui n'a pas été installé par l'Occident, un Président qui n'est pas fabriqué aux Etats-Unis. Ces paroles se disent à un peuple soumis qui accepte de recevoir des ordres de l'étranger».

Dans son édition du 29 février 2012, le Canard Enchaîné parle d’un « complot barbouzard » destiné à faire tomber le Président syrien ! En marge de la Conférence qui s’est tenue vendredi 24 février à Tunis, des représentants des services de renseignements américains, britanniques, français, turcs, saoudiens et qataris ont participé à une réunion secrète. Pendant leur entrevue, ils auraient évoqué la préparation d'un coup d'Etat. Selon un officier français cité par le journal, « Le coup d’Etat contre Assad serait la meilleure solution. Il est impossible de répéter le scénario libyen et de bombarder l’armée syrienne qui est plus ferme et plus forte que l’armée de Kadhafi. Les chars syriens marchent en toute liberté dans les villes rebelles et les Nations Unies ne nous donneront pas, cette fois-ci, un feu vert ».

Ainsi, le rôle de certains pays occidentaux et de certains pays du Golfe dans la crise syrienne n'est plus un secret. Les langues se délient dans les coulisses politiques et médiatiques, dévoilant les actions programmées dans le cadre du grand complot ciblant le régime syrien.

En mars 2011, des bateaux chargés d’armes en provenance du Liban avaient été interceptés par la marine syrienne. Nous avons là un mode opératoire bien rodé : provoquer une « révolution de couleur » comme la CIA et le financier sioniste George Soros savent si bien les organiser en surarmant quelques agitateurs bien payés puis, prétextant une répression, intervenir militairement. Si on ajoute que le gouvernement syrien se tient fermement dans le camp de la Résistance face à l’USraël, on comprend alors que ce pays est, de fait, un pays en guerre depuis longtemps.

Le peuple syrien – qui dans sa grande majorité est resté à l’écart de ces provocations en signe de solidarité avec son Président – ainsi que les mesures du gouvernement (réformes, élections) ont fait échoué cette tentative. Contrairement à ce que nos médias sionisés souhaitent nous faire croire, les manifestations anti-régime rassemblaient, tout au plus, 100 000 opposants. Nous apprenons ce jour que Baba Amr, quartier de Homs et bastion des insurgés, est bien tombé mercredi 29 février : « L'armée syrienne contrôle la totalité de Baba Amr, les dernières poches de résistance sont toutes tombées », rapporte l’AFP qui cite les services de sécurité à Damas.

L’agression contre la Syrie s’inscrit dans le plan de remodelage du Moyen-Orient voulu par le sionisme. Dans le contexte actuel, ces agressions sont présentées comme une « aide » aux « forces démocratiques », mais il n’en ait rien. Ainsi, la destruction du Front de la Résistance (Syrie, Hezbollah, Iran) apparaîtrait comme un prolongement du « Printemps arabe ». Seule la cohésion du peuple syrien et l’intelligence politique de son gouvernement ont permis d’éviter le pire.

Le but ultime de l’USraël est de maintenir et accentuer sa domination, de l’Afrique au Pakistan. La dureté et la duplicité de l’ennemi sont en proportion de l’enjeu : un changement radical dans l’équilibre mondial et la fin de toute une époque…

Yahia Gouasmi (Président du Parti Anti Sioniste





 

Source : Parti Anti Sioniste

Samedi 3 mars 2012
http://www.partiantisioniste.com/...


Philip Giraldi : L’OTAN contre la Syrie.

Une fois Assad parti, on aurait les Sunnites contre les Chiites contre les Alaouites contre les Chrétiens
hd. A mi-décembre déjà, des experts américains ont attiré l’attention sur le fait de fortes influences externes sur les révoltes en Syrie et leurs conséquences.

Les Américains devraient se soucier de ce qui se passe en Syrie, particulièrement du fait que cela pourrait déboucher sur une guerre non déclarée comme en Libye, mais bien plus grave. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton, en a appelé à un changement de régime en prédisant, il y a quelques semaines, une guerre civile. C’est parfaitement plausible dans la mesure où le régime, fortement séculaire et nationaliste de Bashar al-Assad, tomberait. Alors les Sunnites affronteraient les Chiites, lesquels s’en prendraient aux Alaouites. Les Chrétiens du pays seraient la proie des agresseurs. Curieusement, nombre de chrétiens à Damas sont des Irakiens qui ont vécu les derniers moments de la délivrance dans leur pays et durent s’enfuir pour sauver leur vie.
L’OTAN est déjà secrètement engagée dans le conflit de Syrie, la Turquie ayant en mains la direction des opérations en tant que représentant des Etats-Unis. Le ministre des Affaires étrangères turc, Ahmet Davitoglu, a concédé que son pays était prêt pour une invasion dès lors que les alliés occidentaux seraient unis pour ce faire. L’intervention s’appuierait sur des principes humanitaires, dans le but de protéger la population civile, ce qui se trouverait justifié par la doctrine de la «responsabilité de protéger», déjà utilisée lors de l’intervention en Lybie. Selon des sources turques, l’invasion commencerait par la création d’une zone tampon à la frontière turco-syrienne, puis elle serait étendue. Aleppo, la plus grande et la plus cosmopolite des villes syriennes, en serait le joyau sur lequel les forces d’intervention turques auraient déjà jeté leur dévolu.
Des avions de combat de l’OTAN, sans signe distinctif, apparaissent actuellement sur la base militaire turque d’Iskenderum à la frontière syrienne et amènent tant des armes des arsenaux de Muammar Gaddafi que des volontaires du Conseil provisoire national libyen, lesquels ont quelque expérience de combat contre des soldats entraînés, acquise lors de leurs affrontements avec les soldats de Gaddafi. De plus, Iskenderum est le siège de l’Armée syrienne libre, le bras armé du Conseil national syrien. Des instructeurs français et anglais pour les forces spéciales se trouvent sur place et apportent leur soutien aux rebelles syriens. De leur côté, la CIA et le US Spec Ops [US Special Operations Command; sigle USSOCOM ou SOCOM] fournissent du matériel de communication et des informations des services secrets afin d’aider les rebelles à éviter des concentrations de soldats syriens.
Certains analystes de la CIA expriment leurs doutes quant au déclenchement d’une guerre. Le rapport des Nations Unies, souvent cité, selon lequel 3500 civils auraient été tués par les soldats d’Assad, se base principalement sur la source des rebelles et n’est pas confirmé. L’agence a refusé d’avaliser les exigences. De la même façon les récits de désertions en masse de l’armée syrienne et de combats entre soldats syriens et déserteurs se révèlent être des inventions, alors même qu’on a la confirmation de certaines désertions individuelles. L’affirmation du gouvernement syrien qu’ils sont attaqués par des rebelles armés, entraînés et financés par des gouvernements de pays étrangers paraît assez crédible.
Aux Etats-Unis, de nombreux partisans d’Israël souhaitent un changement de régime, estimant qu’une Syrie affaiblie et divisée par une guerre civile ne serait plus une menace pour Tel Aviv. Il faudrait toutefois y réfléchir, car ce genre de développement peut facilement se retourner en son contraire. L’opposition politique la mieux organisée et financée en Syrie sont les Frères musulmans.    •

Source: The American Conservative du 19/12/11
(Traduction Horizons et débats)

 Philip Giraldi

(ancien collaborateur de la CIA et actuellement directeur responsable du «Council for the National Interest»)
http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=3187


Comment et par qui l'opposition est armée? 

Après l’insuccès des opposants syriens pour s’attirer le soutien international, de nouvelles révélations font état des tentatives pour armer ces opposants.
Le Conseil d’opposants dit le Conseil national, dans un communiqué lu par Georges Sabra, son porte-parole, a reconnu que certains avaient fourni des aides pour équiper ce qu’il appelé « l’armée libre ». Selon ce communiqué, les opposants ont créé un bureau de coordination à l’aide des pays étrangers pour envoyer des armes aux membres de la dite armée. Le Conseil national syrien avait appelé à fournir davantage d’armes à l’armée libre, à une intervention immédiate arabo-internationale et à la création d’une zone d’exclusion aérienne. Le quotidien Washington Post citant des sources à la Maison blanche a révélé que les Etats-Unis et leurs alliés ont mené de sérieuses négociations sur une option militaire au sujet de la Syrie. Selon ce journal, cette option comprend l’armement de l’opposition, l’envoi de troupes afin de créer une zoner sécurisée pour les rebelles ou des frappes aériennes contre la DCA syrienne. Ce alors que d’après un rapport du journaliste de Radio Austen de Norvège qui citait des diplomates européens, le Qatar et l’Arabie saoudite ont conclu des contrats pour l’envoi d’armes à la rébellion. La Turquie, la Belgique et la France ainsi que le régime sioniste sont les signataires de ce contrat d’armement auquel participent également la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. De même selon le quotidien britannique Daily Telegraph, un certain nombre de chefs de tribus irakiennes ont reconnu avoir envoyé leurs combattants pour y mener des opérations militaires contre le régime syrien et appuyer les opposants. Riad Hadad, ambassadeur syrien à Moscou a déclaré lors d’un point de presse que les responsables syriens avaient arrêté un grand nombre d’individus armés dont les aveux seraient diffusés par la télévision après la fin de l’enquête. Selon l’ambassadeur syrien, le gouvernement sait maintenant d’où ces individus sont venus, qui les soutient et comment ils ont réussi à passer les frontières. Indubitablement, l’objectif principal de cet armement arabo-occidental est d’affaiblir l’axe de la résistance et de garantir la sécurité du régime sioniste.

Issac Hertzog, ministre des Services sociaux d’Israël a déclaré que, lors d’une rencontre avec les opposants syriens, ces derniers avaient promis d’établir des relations amicales avec Israël après la chute d’Assad. Ayyoub Kara, vice-Premier ministre israélien en lien avec les opposants syriens, dit que ces derniers sont pour des rapports amicaux avec Israël.

14/03/2012

IRIB-


L'ingérence occidentale en Syrie en panne d'option crédible à court terme.

Le 24 février s'est tenue à Tunis la conférence des "Amis de la Syrie" réunissant 70 pays, y compris l'Inde, qui a décidé d'y assister après avoir reçu une aide pétrolière de Riyad, mais en l'absence de la Russie et de la Chine. Le groupe a reconnu le Conseil national syrien (CNS) comme "un représentant légitime des Syriens qui cherchent un changement démocratique pacifique". Il s'est engagé à fournir "un soutien effectif" à l'opposition, sans plus de précisions et prôné l'instauration de couloirs humanitaire vers Homs pilonnée par l'armée syrienne.
 

Parallèlement à cette réunion, selon le Canard enchaîné du 29 février des représentants des services de renseignements américains, britanniques, français, turcs, saoudiens et qataris ont participé à une réunion secrète pour préparer un coup d'Etat à Damas pour lequel un budget serait prévu, avec une forte mobilisation des services français, sans garantie toutefois de pouvoir rallier des hauts gradés syriens à ce projet.

De leur côté, les partisans du régime syrien affichent leur optimisme. Le 14 février un article de la Komsmolskaia Pravda égrainait une série de nouvelles triomphalistes : "Le 7 février, une importante délégation russe, incluant les plus hauts responsables du renseignement extérieur, est arrivée à Damas où elle a été accueillie par une foule en liesse (...)Une série d'accords a été conclue pour le retour à la paix.

La Syrie a restitué 49 instructeurs militaires faits prisonniers par l'armée syrienne. La Turquie est intervenue pour faire libérer les ingénieurs et les pèlerins iraniens enlevés, y compris ceux qui étaient détenus par les Français (au passage, le lieutenant Tlass qui les séquestrait pour le compte de la DGSE a été liquidé). La Turquie a cessé tout soutien à l' « Armée syrienne libre », a fermé ses installations (hormis celle située sur la base de l'OTAN à Incirlik), et a livré son chef, le colonel Riad el-Assad.

La Russie, qui s'est portée garante des accords, a été autorisée à réactiver l'ancienne base soviétique d'interception du mont Qassioum." Puis "les armées nationales non seulement de la Syrie, mais aussi du Liban, ont donné l'assaut des bases de la Légion wahhabite. Au Nord du Liban, un gigantesque arsenal a été saisi à Tripoli et quatre officiers occidentaux ont été faits prisonniers dans le Akkar dans une école désaffectée de l'UNRWA transformée en QG militaire.

En Syrie, le général Assef Chawkat en personne a commandé les opérations. Au moins 1 500 combattants ont été faits prisonniers, dont un colonel français du service technique de communication de la DGSE, et plus d'un millier de personnes ont été tuées."

Les informations ne sont pas toutes fiables. Ainsi par exemple celle selon laquelle le colonel Riad El-Assad a été livré par la Turquie est directement démentie par la dépêche publiée par Le Point quinze jours plus tard qui interviewe ledit colonel... Toutefois l'embarras des Occidentaux et leurs hésitations à suivre les wahabites saoudiens et qatariens dans leurs projets d'intervention en Syrie sont sensibles depuis la réunion de Tunis. Il ne semble pas y avoir de stratégie de rechange sérieuse après la position ferme adoptée par les Russes et les Chinois.

Par ailleurs, divers éléments confirment que le soutien militaire des pétromonarchies et des Occidentaux à l'opposition syrienne armée ne fait pas l'unanimité au Proche-Orient y compris même parmi les alliés potentiels des opposants à Bachar El-Assad. Ainsi dans l'Ouest de l'Irak, alors qu'Al Qaida a appelé au Djihad en Syrie, les chefs tribaux sunnites hostiles au gouvernement de Damas sont beaucoup plus modérés.

Al Arabiya aujourd'hui cite les cheikhs Khaled Khalifa, Hnein, et Ali Ayed qui tous soulignent que l'aide à la guérilla nuira au peuple syrien et que les pétromonarchies devraient plutôt exercer des pressions politiques sur le régime syrien. Au Liban, le Quotidien L'Orient-le-Jour cite aujourd'hui les propos du chef de l'église maronnite Mgr Béchara Raï. Celui-ci, qui se défend de soutenir le régime syrien, mais condamne le soutien à la rébellion armée.

« La Syrie, comme d'autres pays, a besoin des réformes que le peuple réclame et que même son président, Bachar el-Assad, avait annoncées depuis mars dernier », estime-t-il. « Il est vrai que le régime du Baas est une dictature, mais il en existe plusieurs sur son modèle dans le monde arabe », a-t-il poursuivi en enchaînant : « Dans tous les pays arabes, la religion de l'État est l'islam, sauf en Syrie où l'on indique seulement que le président doit être musulman sans considérer l'État comme étant islamique. »

« La Syrie est la plus proche d'une démocratie » ajoute-t-il en faisant référence à la liberté religieuse qui y règne. Faisant état de « plans destructeurs établis dans le cadre des politiques internationales », Mgr Raï estime que ce sont « des États et non pas les peuples qui soutiennent financièrement, militairement et politiquement les mouvements intégristes ».

Le patriarche maronite libanais est certes accusé par certains sites de dépendre de Damas mais sa position, comme celle du général Aoun, traduit pour le moins une division des chrétiens libanais sur le dossier syrien (alors que ceux-ci sont traditionnellement proches des positions occidentales).

Pendant ce temps les combats contre les déserteurs de l'Armée de Libération syrienne se poursuivent à Homs et Rastane.

Pour mieux comprendre la situation syrienne, on peut se reporter au rapport d'une mission organisée par le Centre international de recherche et d'études sur le terrorisme et d'aide aux victimes du terrorisme (CIRET-AVT) et le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) présenté lors d'une conférence de presse à Paris le 10 février dernier (devant des médias arabes notamment, mais L'Humanité était le seul médias français à y assister).

Ce rapport, tout en étant sans concession à l'égard du régime répressif syrien, montre clairement les enjeux géopolitiques extérieurs qui se sont greffés sur le cas syrien (notamment l'ingérence des Occidentaux et des pétromonarchie), venant compromettre sciemment les chances d'une démocratisation pacifique du pays

http://www.abidjandirect.net/index2.php?page=poli&id=4249

 

« Bien sûr, le peuple ne veut pas la guerre. C’est naturel et on le comprend. Mais après tout ce sont les dirigeants du pays qui décident des politiques. Qu’il s’agisse d’une démocratie, d’une dictature fasciste, d’un parlement ou d’une dictature communiste, il sera toujours facile d’amener le peuple à suivre. Qu’il ait ou non droit de parole, le peuple peut toujours être amené à penser comme ses dirigeants. C’est facile. Il suffit de lui dire qu’il est attaqué, de dénoncer le manque de patriotisme des pacifistes et d’assurer qu’ils mettent le pays en danger. Les techniques restent les mêmes, quel que soit le pays » Hermann Göring lors de son procès à Nuremberg

 

« Je construirai une armée du XXIe siècle et un partenariat aussi puissant que l’alliance anticommuniste qui a remporté la guerre froide, afin que nous demeurions partout à l’offensive, de Djibouti à Kandahar » Barack Obama, « Renewing American leadership », Foreign Affairs, New York, juillet 2007


Jean Bonnevey : France-Syrie: diplomatie stupidement manichéenne

Juppé au secours des Islamistes et des journalistes militants

La diplomatie française est borgne. Elle ne voit que d’un œil qui est, de plus, affecté d’une vision faible et trouble. Dans tous les évènements  assimilés au «printemps arabe» et qui débouchent, comme le remarquent tant d’autres après nous, qui l’avions annoncé, sur des "hiver islamiques", la diplomatie française se range, chaque fois, du côté des rebelles, contre les pouvoirs en place. 

 

Comme si, face à des dictateurs ou dirigeants autoritaires, il ne pouvait y avoir que des démocrates. Ce simplisme imbécile, et fatal, a été pratiqué en Tunisie, en Egypte, puis en Lybie. Chaque fois, il a été démenti par les faits. Cela ne fait rien. On continue. Et tant pis si les conséquences s’annoncent encore pire en Syrie qu’en Libye.

 

Juppé doit se trouver cohérent. Il n’est que rigide, "droit dans ses bottes", comme toujours, mais coulé dans le béton de ses certitudes. Il n’a pas changé. A son arrivée à Tunis, pour une drôle de conférence des « amis de la Syrie» qui aurait du s’intituler les « ennemis d’Assad », le ministre des Affaires étrangères a déclaré : «nous considérons le Conseil national syrien comme l'interlocuteur légitime», sans s'engager cependant sur une reconnaissance formelle.

 

Une "communauté internationale" bancale et contestée

Il ne faut pas désespérer, elle viendra. Or, tout le monde sait que les combattants insurgés sont disparates, divisés et infiltrés par les Islamistes et notamment, Al Qaïda, qui arrive en masse dans le pays, par l’Irak. Les pays réunis à Tunis, auto-proclamés comme toujours « communauté internationale », malgré l’absence de la Russie et de la Chine, ont demandé de nouvelles sanctions et l'arrêt des combats, ou plutôt de la répression. 

 

Le Qatar lui, comme toujours, préconise une intervention dont le but non avoué est de mettre au pouvoir à Damas les fondamentalistes sunnites financés et liés à la très inquiétante monarchie du Golfe au dépend des allouâtes. Une approche qui ne fait pas l’unanimité dans l’opinion arabe.

 

Les policiers tunisiens ont repoussé, à coups de matraque, des centaines de manifestants syriens et tunisiens qui tentaient de pénétrer dans l’hôtel de la conférence internationale sur la Syrie. «Non au Congrès des ennemis de la Syrie et des ennemis de la nation arabe!», «C’est un congrès pour les intérêts américains et sionistes», criaient les manifestants. Juppé n’a rien entendu.

 

Bachar al-Assad n’est pas prêt à quitter le pouvoir et estime qu’il bénéficie d’un important soutien en Syrie, selon un député russe, qui a rencontré le président syrien à Damas. Cet aspect des choses est-il pris en compte par notre si morale diplomatie ?

 

Le chef de la diplomatie française a, d’autre part, appelé solennellement les autorités de Damas à permettre l’évacuation des journalistes bloqués à Homs, particulièrement la Française Edith Bouvier. Alain Juppé a fait part de son «inquiétude pour les journalistes emprisonnés à Homs», en précisant que des discussions étaient en cours avec le Croissant-Rouge et la Croix-Rouge. Des prisonniers qui sont, tout de même, rentrés clandestinement dans leur cellule. En réalité, centre de communication pour la propagande de leur cause, improvisé par les insurgés.

L’ambassadeur de France à Damas, Eric Chevallier, a regagné son poste d’urgence, plus de deux semaines après avoir été rappelé pour consultations à Paris, en raison de la répression. Un retour qui n’est pas officiellement lié au rapatriement des journalistes; ce que personne ne peut croire. Ce retour en demandeur est un succès pour Damas.

 

Les journalistes parfois plus militants que témoins

Cela pose la responsabilité du comportement de nos journalistes, dans certains conflits. Ce n’est pas la première fois. Otages ou blessés, ils compliquent les choses et mettent la France en difficulté, toujours pour la bonne cause certes, mais au mépris de certaines règles déontologiques tout de même. Juppé a donc avoué avoir «demandé à Damas d'organiser l'évacuation» de la journaliste française blessée à Homs, lors d'un bombardement de cette ville du centre de la Syrie. L’Américaine Marie Colvin, grand reporter du Sunday Times, et le Français Rémi Ochlik, photographe de guerre, ont été tués  dans le pilonnage d’une maison transformée en centre de presse, dans le quartier de Baba Amr à Homs. La journaliste française Edith Bouvier et le photographe indépendant britannique Paul Conroy ont, également, été blessés dans ce bombardement. Ils ont, tous les deux, demandé leur évacuation dans des vidéos.

 

Le régime syrien a rejeté toute responsabilité dans la mort des deux journalistes étrangers tués. Il estime que les reporters sont entrés sur le territoire, « sous leur propre responsabilité ». Cependant, le gouverneur de Homs a été mandaté pour aider à l’évacuation. Damas a une occasion de se donner le beau rôle, pour une fois. Car les journalistes se sont mis dans un piège, volontairement, pour couvrir les insurgés au plus prêt par le témoignage. Mais aussi par engagement politique.

 

Philippe Gélie, un des dirigeants du Figaro :parle ainsi d’Edith Bouvier. «C'est une journaliste freelance et il est rare que nous en embauchions ans ce cas de figure. C'est l'exception. Elle est pleine de talents et a travaillé pour nous à plusieurs reprises, d'abord en Somalie. Elle travaille très bien et dans des endroits rares, rapportant des infos que les autres n'ont pas (...) Très impliquée, ce qui est une qualité qui peut parfois mettre en danger... Un regard intelligent et informé, de valeur, avec le recul qu'il faut, fiable». 

 

Voici, de l'autre côté, quelques réflexions (parfois très informées) recueillies sur les sites web de média français. «Si avant d'entrer illégalement en Syrie, particulièrement à Homs, paraît-il "en passant à travers champs" (quand on connaît Homs on peut se demander comment ils ont pu passer à travers champs (sic) à la barbe de l'armée syrienne ?), ils s'étaient demandé comment ils en sortiraient, surtout en cas d'urgence? 

 

Comme le dit un politique, "il n'est pas interdit d'être intelligent..." quand on est journaliste. Quant à Juppé, qui n'a cessé de vilipender et de traiter Bachar el Assad d'assassin, maintenant il lui demande "solennellement" de laisser évacuer ces mêmes journalistes blessés... Je ne prends parti ni pour l'un ou l'autre camp, bien que connaissant la Syrie, je considère que les médias français se laissent manipuler par les opposants (?) syriens et les supposées ONG. »

 

(...) « De mieux en mieux. Les journalistes occidentaux qui seraient entrés clandestinement en Syrie seraient aujourd'hui "emprisonnés". Mais c'est Ubu roi. M Juppé ferait mieux de négocier sérieusement la libération de la douzaine de membres de la DGSE française faits prisonniers à Homs. Et puis, je crois sérieusement que M. Juppé a besoin de se reposer. Dans quelques semaines, cela sera possible. »

 

On souhaite, bien sûr, une fin heureuse aux journalistes piégés à Homs par leur courage, leur imprudence et leur engagement partial, mais crânement assumé. En tout cas tant que ça ne se gâte pas. Il y a, malgré tout, un problème général pour notre profession et pour ceux qui témoignent, uniquement ou presque, là où ils peuvent militer pour leurs idées politiques et leur vision idéologique des choses.

Jean Bonnevey
Le 26/02/2012


Nasrallah : un projet de division se trame contre la région.  

Le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah a mis en garde contre un projet qui vise à semer les scissions et le chaos dans la région estimant que ce qui se trame pour la Syrie en fait partie.
" Nous nous dirigeons vers davantage de trouble, de tension, d'incitation, et toute précipitation pourrait nous couter cher au Liban, dans le monde arabe et le monde islamique alors que l'occasion se présente plus que jamais devant nos peples et notre nation pour restituer nos droits, sotre souveraineté, sur nos terres, notre pétrole, nos eaux et pour restituer la Palestine, et Jérusalme AlQuds" a-t-il affirmé lors d’une cérémonie organisée par l’association « Nour » (Lumière) pour éradiquer l’analphabétisme au Liban, où il est apparu comme d’accoutumée via l’écran.
Selon lui, les Etats-Unis et avec les Occidentaux et tous ceux qui convoitent les richesses de la région sont en déclin. " C'est pour cela qu'ils veulent nous entrainer avec eux. mais si nous restons debout, fermes, inébranlables, avec un moral haut, unifiés, attachés à nos pays, notre nation verra durant cette décennie une occasion historique pour des changement considérables dans notre région au niveau national".

16/03/2012
http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/176411-nasrallah-un-projet-de-division-se-trame-contre-la-r%C3%A9gion


L’opposition appelle à une intervention militaire étrangère «urgente ».  

L'opposition syrienne a appelé lundi à une intervention militaire étrangère «urgente » en Syrie pour mettre fin à la répression menée par le régime, après le dernier massacre à Homs (centre) imputé aux forces gouvernementales.
Le Conseil national syrien (CNS) a appelé «à une intervention militaire internationale et arabe urgente », à la mise en place « d'une zone d'exclusion aérienne » et à des «frappes » contre l'appareil militaire du régime de Bachar al-Assad, dans un communiqué lu lors d'une conférence de presse à Istanbul par l'un de ses dirigeants, George Sabra.
Burhan Ghalioun, le président du CNS, la plus importante coalition de l'opposition syrienne, a pour sa part estimé que «la communauté internationale ne pouvait continuer à faire des promesses vides et la Ligue arabe à publier des communiqués de presse, si elles veulent mettre fin à la violence meurtrière ».
« Il est temps pour la communauté internationale de prendre des mesures sérieuses et concrètes pour mettre fin à la violence », a-t-il ajouté.
Il a affirmé que de telles mesures pouvaient être prises par le groupe des «Amis de la Syrie », qui s'était réuni fin février à Tunis, faute d'un consensus au Conseil de sécurité de l'ONU où la Russie et la Chine bloquent toute résolution contre le régime syrien.

12/03/2012
http://www.lexpressiondz.com/linformation_en_continue/149938-syrie:-l%27opposition-appelle-%C3%A0-une-intervention-militaire-%C3%A9trang%C3%A8re-%C2%ABurgente-%C2%BB.html

 


L'opposition syrienne reconnaît être armée par des pays étrangers. 

Plusieurs États étrangers aident l'opposition syrienne à s'armer, a déclaré lundi le porte-parole du Conseil national syrien (CNS, opposition) George Sabra, cité par les médias internationaux.

Selon M.Sabra, l'opposition a créé un bureau de coordination chargé de fournir des armes aux opposants au régime du président Bachar el-Assad avec l'aide de pays étrangers. Le responsable n'a pas cependant précisé où se trouve le bureau ni quels États participent à son fonctionnement.
Les militants de l'opposition syrienne sont réunis au sein de l'Armée syrienne libre (ASL), formée à l'automne 2011 par des déserteurs de l'armée régulière du pays. L'ASL est considérée comme la branche armée du CNS.
Fin février dernier, les médias internationaux ont affirmé, citant un représentant anonyme de l'opposition syrienne, que les combattants de l'ASL recevaient des armes de leurs compatriotes résidant hors de la Syrie, les pays étrangers restant en retrait. Selon les médias, il s'agissait principalement d'armes légères, d'équipements de communication et de dispositifs de vision nocturne.
Le ministre syrien de l'Information Adnan Mahmoud a accusé mardi l'Arabie saoudite et le Qatar d'armer les insurgés.
Depuis la mi-mars 2011, la Syrie est secouée par un mouvement de contestation du régime en place. Selon l'Onu, la répression de la révolte y aurait déjà fait plus de 7.500 morts. En outre, plus de 2.000 policiers et militaires syriens ont été tués par des insurgés.

13/03/2012

Ria Novosti


Il faut envisager des "frappes ciblées" contre Damas, selon Villepin  

Le candidat à la présidentielle et ancien Premier ministre, Dominique de Villepin, a estimé dimanche qu'il était "temps de réfléchir à une action sur le terrain" en Syrie, envisageant des frappes ciblées contre le régime de Bachar al-Assad.
"Il est temps d'agir de façon déterminée, avec la Ligue arabe, pour créer une formation d'intervention humanitaire", a dit M. de Villepin, invité du Soir 3.
"Il ne suffit pas de le dire pour que cela se fasse, il faut un calendrier. Donnons quelques semaines à la communauté internationale pour agir, préparons une alternative, des frappes ciblées", a-t-il enchaîné.
Selon l'ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac, "il est temps maintenant de réfléchir à une action sur le terrain, des frappes ciblées à la fois sur les institutions civiles et militaires syriennes".
"Si la menace de la force n'intervient pas, le pouvoir syrien ne modifiera pas son cours", a-t-il expliqué.
Dominique de Villepin a en outre estimé, en référence à la victoire de Vladimir Poutine à la présidentielle russe, qu'il existait "une opportunité, c'est le changement -ou la continuité- qui s'installe en Russie".
"Nous devons saisir l'arrivée de Poutine au Kremlin pour envoyer un émissaire (...) et lui dire clairement que les choses ne peuvent pas continuer comme aujourd'hui", a-t-il avancé.
05/03/2012

http://www.villepincom.net/magazine/read/syrie-il-faut-envisager-des-frappes-cibles-contre-damas-selon-villepin-afp-4-mars-2012_5909.html



2 Politique

Les grandes manœuvres

Démission de 3 personnalités du Conseil national syrien.  
Trois personnalités du Conseil national syrien, (opposition soutenue par les arabes et les occidentaux), ont présenté leur démission en raison de "divergences" et de "l'inefficacité" du CNS, ont-ils annoncé mercredi sur leur page Facebook.
La démission des opposants Haitham al-Maleh et Kamal al-Labwani et Catherine al-Telli intervient au moment où l'opposition est critiquée pour son manque d'unité.
Un responsable du CNS contacté par l'AFP a confirmé sous couvert de l'anonymat la démission pour "divergences avec le conseil".
M. Maleh a justifié sa décision en évoquant "le manque d'harmonie et l'absence de travail institutionnel" au sein du CNS ainsi que "le monopole des opinions par Burhan Ghalioun", président du conseil.
Pour sa part, M. Labwani s'en est violemment pris au CNS, estimant que les trois personnalités démissionnaires ne voulaient plus être "complices du massacre du peuple syrien à travers les atermoiements, la tricherie, les mensonges, la surenchère et la monopolisation des décisions".
Il a même accusé le CNS d'être "lié à des agendas étrangers qui cherchent à prolonger la bataille en attendant (...) que le pays soit entraîné dans une guerre civile".
Mme Telli a dénoncé de son côté sur sa page Facebook l'"inefficacité" du conseil "à cause de certaines personnalités et courants politiques".
La fragmentation de l'opposition est l'une des causes avancées par les pays occidentaux pour justifier leur réticence à armer les rebelles qui cherchent à obtenir la division de la Syrie à l’instar de la Libye.
Mardi, le Qatar, l'un des pays arabes les plus critiques du régime syrien, a appelé les pôles de l'opposition à mettre de côté leurs divergences.
"Tout ce que nous souhaitons maintenant, c'est que les pôles de l'opposition se rassemblent, mettent de côté leurs différends et se concentrent sur la manière d'aider leurs frères à l'intérieur" de la Syrie, a estimé le Premier ministre Hamad ben Jassem ben Jaber al-Thani.
14/03/2012http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=54609&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1



L'ingérence occidentale en Syrie en panne d'option crédible à court terme.
Le 24 février s'est tenue à Tunis la conférence des "Amis de la Syrie" réunissant 70 pays, y compris l'Inde, qui a décidé d'y assister après avoir reçu une aide pétrolière de Riyad, mais en l'absence de la Russie et de la Chine. Le groupe a reconnu le Conseil national syrien (CNS) comme "un représentant
légitime des Syriens qui cherchent un changement démocratique pacifique". Il s'est engagé à fournir "un soutien effectif" à l'opposition, sans plus de précisions et prôné l'instauration de couloirs humanitaire vers Homs pilonnée par l'armée syrienne.
Parallèlement à cette réunion, selon le Canard enchaîné du 29 février des représentants des services de renseignements américains, britanniques, français, turcs, saoudiens et qataris ont participé à une réunion secrète pour préparer un coup d'Etat à Damas pour lequel un budget serait prévu, avec
une forte mobilisation des services français, sans garantie toutefois de pouvoir rallier des hauts gradés syriens à ce projet.
De leur côté, les partisans du régime syrien affichent leur optimisme. Le 14 février un article de la Komsmolskaia Pravda égrainait une série de nouvelles triomphalistes : "Le 7 février, une importante délégation russe, incluant les plus hauts responsables du renseignement extérieur, est arrivée à Damas où elle a été accueillie par une foule en liesse (...) Une série d’accords a été conclue pour le retour à la paix. La Syrie a restitué 49 instructeurs militaires faits prisonniers par l’armée syrienne. La Turquie est intervenue pour faire libérer les ingénieurs et les pèlerins iraniens enlevés, y compris ceux qui étaient détenus par les Français (au passage, le lieutenant Tlass qui les séquestrait pour le compte de la DGSE a été liquidé). La Turquie a cessé tout soutien à l’ « Armée syrienne libre », a fermé ses installations (hormis celle située sur la base de l’OTAN à Incirlik), et a livré son chef, le colonel Riad el-Assad. La Russie, qui s’est portée garante des accords, a été autorisée à réactiver l’ancienne base soviétique d’interception du mont Qassioum." Puis "les armées nationales non seulement de la Syrie, mais aussi du Liban, ont donné l’assaut des bases de la Légion wahhabite. Au Nord du Liban, un gigantesque arsenal a été saisi à Tripoli et quatre officiers occidentaux ont été faits prisonniers dans le Akkar dans une école désaffectée de l’UNRWA transformée en QG militaire. En Syrie, le général Assef Chawkat en personne a commandé les opérations. Au moins 1500combattants

ont été faits prisonniers, dont un colonel français du service technique de communication de la DGSE, et plus d’un millier de personnes ont été tuées."
Ces informations ne sont pas toutes fiables. Ainsi par exemple celle selon laquelle le colonel Riad El-Assad a été livré par la Turquie est directement démentie par la dépêche publiée par Le Point quinze jours plus tard qui interviewe ledit colonel... Toutefois l'embarras des Occidentaux et leurs hésitations
à suivre les wahabites saoudiens et qatariens dans leurs projets d'intervention en Syrie sont sensibles depuis la réunion de Tunis. Il ne semble pas y avoir de stratégie de rechange sérieuse après la position ferme adoptée par les Russes et les Chinois.
Par ailleurs, divers éléments confirment que le soutien militaire des pétromonarchies et des Occidentaux à l'opposition syrienne armée ne fait pas l'unanimité au Proche-Orient y compris même parmi les alliés potentiels des opposants à Bachar El-Assad. Ainsi dans l'Ouest de l'Irak, alors qu'Al Qaida a appelé au Djihad en Syrie, les chefs tribaux sunnites hostiles au gouvernement de Damas sont beaucoup plus modérés. Al Arabiya aujourd'hui cite les cheikhs Khaled Khalifa, Hnein, et Ali Ayed qui tous soulignent que l'aide à la guérilla nuira au peuple syrien et que les pétromonarchies devraient plutôt exercer des pressions politiques sur le régime syrien. Au Liban, le Quotidien L'Orient-le-Jour cite aujourd'hui les propos du chef de l'église maronnite Mgr Béchara Raï. Celui-ci, qui se défend de soutenir le régime syrien, mais condamne le soutien à la rébellion armée. « La Syrie, comme d’autres pays, a besoin des réformes que le peuple réclame et que même son président, Bachar el-Assad, avait annoncées depuis mars dernier », estime-t-il. « Il est vrai
que le régime du Baas est une dictature, mais il en existe plusieurs sur son modèle dans le monde arabe », a-t-il poursuivi en enchaînant : « Dans tous les pays arabes, la religion de l’État est l’islam, sauf en Syrie où l’on indique seulement que le président doit être musulman sans considérer l’État comme étant islamique. » « La Syrie est la plus proche d’une démocratie » ajoute-t-il en faisant référence à la liberté religieuse qui y règne. Faisant état de « plans destructeurs établis dans le cadre des politiques internationales », Mgr Raï estime que ce sont « des États et non pas les peuples qui soutiennent financièrement, militairement et politiquement les mouvements intégristes ». Le patriarche maronite libanais est certes accusé par certains sites de dépendre de Damas mais sa position, comme celle du général Aoun, traduit pour le moins une division des chrétiens libanais sur le dossier syrien (alors que ceux-ci sont traditionnellement proches des positions occidentales).

Pendant ce temps les combats contre les déserteurs de l'Armée de Libération syrienne se poursuivent à Homs et Rastane.
Pour mieux comprendre la situation syrienne, on peut se reporter au rapport d'une mission organisée par le Centre international de recherche et d’études sur le terrorisme et d’aide aux victimes du terrorisme (CIRET-AVT) et le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) présenté lors d'une conférence de presse à Paris le 10 février dernier (devant des médias arabes notamment, mais L'Humanité était le seul médias français à y assister). Ce rapport, tout en étant sans concession à l'égard du régime répressif syrien, montre clairement les enjeux géopolitiques extérieurs qui se sont greffés sur le cas syrien (notamment l'ingérence des Occidentaux et des pétromonarchie), venant compromettre sciemment les chances d'une démocratisation pacifique du pays. Il est en ligne ici.
( http://atlasalternatif.over-blog.com/article-l-ingerence-occidentale-en-syrie-en-panne-d-option-credible-a-court-terme-100782334.html )



3 Du beurre ... pas des Canons

Analyse

G. Munier/X. Jardez: La Chine publie un communiqué en six points sur le dossier syrien.  
Le ministère chinois des Affaires étrangères a publié dimanche un communiqué en six points pour une solution politique à la question syrienne.
"La Chine suit de près l'évolution de la situation en Syrie et insiste fermement pour que la crise actuelle dans ce pays soit résolue à travers le dialogue politique et de manière pacifique et appropriée. La Chine a déployé à cette fin des efforts inlassables", a déclaré un haut responsable du ministère sous couvert de l'anonymat.
"Il est profondément inquiétant que la situation en Syrie demeure à ce jour si grave", a-t-il poursuivi, rappelant les affrontements violents continus, l'impossibilité de lancer un dialogue politique et le faible espoir d'une solution pacifique à la crise dans le pays.
"La Chine est un pays responsable et ami du peuple arabe, y compris le peuple syrien. La Chine adhère aux buts et aux principes de la Charte des Nations unies et aux normes fondamentales régissant les relations internationales", a-t-il ajouté.
"La Chine s'engage à maintenir l'indépendance, la souveraineté, l'unité et l'intégrité territoriale de la Syrie, la paix et la stabilité au Moyen-Orient, ainsi que la paix et la tranquillité du monde entier", a fait remarquer le responsable.
Selon lui, la Chine appelle au respect de six points pour résoudre au plus tôt et de manière politique la question syrienne :
1) Le gouvernement syrien et les parties concernées doivent immédiatement, complètement et sans condition cesser tout acte de violence, en particulier à l'encontre des civils innocents. Les diverses factions politiques en Syrie doivent exprimer leurs aspirations politiques par le biais de moyens non violents.
2) Le gouvernement syrien et les diverses factions doivent garder à l'esprit les intérêts fondamentaux et à long terme du pays et du peuple, lancer immédiatement un dialogue politique inclusif, sans conditions préalables ou résultats prédéterminés, à travers la médiation impartiale de l'envoyé spécial conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe (AL). Ils doivent se mettre d'accord sur une feuille de route complète et détaillée et un calendrier pour la réforme par des consultations et les mettre en oeuvre au plus tôt afin de rétablir la stabilité et l'ordre public dans le pays.
3) La Chine soutient le rôle leader des Nations unies dans la coordination des efforts de l'aide humanitaire et insiste pour que, sous condition du respect de la souveraineté syrienne, l'ONU ou un organe neutre accepté par toutes les parties concernées mène une évaluation objective et complète de la situation humanitaire en Syrie et assure la livraison et la distribution de l'aide humanitaire. La Chine est prête à offrir de l'aide humanitaire au peuple syrien.
Nous nous opposons à toute tentative visant à interférer dans les affaires intérieures de la Syrie sous prétexte de questions "humanitaires".
4) La communauté internationale doit respecter l'indépendance, la souveraineté, l'unité et l'intégrité territoriale de la Syrie et le droit du peuple syrien de choisir de façon indépendante son système politique et son mode de développement, créer des conditions favorables et fournir l'aide nécessaire et constructive au lancement du dialogue entre les diverses factions politiques en Syrie et respecter les résultats du dialogue.
La Chine n'approuve aucunement l'ingérence militaire ou les actions extérieures pour ''un changement de régime" en Syrie et est convaincue que l'utilisation ou la menace de sanctions n'est pas favorable à la résolution de la question de manière appropriée.
5) La Chine salue la nomination de l'envoyé spécial conjoint sur la crise syrienne par l'ONU et l'AL et soutient son rôle constructif pour une résolution politique à cette crise.
La Chine soutient les efforts actifs déployés par les pays arabes et l'AL pour promouvoir une solution politique à la crise.
6) Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU doivent aborder la question syrienne dans le strict respect des buts et principes de la Charte des Nations unies et des normes fondamentales régissant les relations internationales.
En tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, la Chine est prête à assumer fermement ses responsabilités et à s'engager dans des consultations complètes et sur un pied d'égalité avec les autres parties pour une solution politique à la crise syrienne, afin de sauvegarder l'unité au sein du Conseil de sécurité.
 04/03/2012

© G. Munier/X. Jardez
Publié le 6 mars 2012 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier

http://french.cri.cn/781/2012/03/04/462s272364.htm



4 Les grandes manœuvres

Michael Kelley : Des forces armées occidentales déjà sur le terrain !

(Revue de presse : Extraits, Business Insider – 6/3/12).

Des Forces d’Opérations Spéciales américaines sont sur le terrain en Syrie, depuis décembre dernier et Chypre est la principale base pour une attaque aérienne contre le régime de Bachar al-Assad, selon des sources données par WikiLeaks. Un courriel daté du 7 décembre d’un analyste de Stratfor, dont une des sources serait un conseiller de Erdogan l’affirme.

Stratfor a fourni des informations confidentielles à de nombreuses agences gouvernementales US dont le Département pour la Sécurité intérieure, les Marines et l’Agence du Renseignement de l’Armée.

Cet analyste rapporte qu’il a passé un après-midi au Pentagone avec des groupes d’études stratégiques - « des gars qui passent leur temps à comprendre et expliquer au Chef des forces armées US la situation dans la zone où ils opèrent » - comprenant quatre militaires au niveau de lieutenant colonel dont un Français et un Britannique.

«Après une discussion de quelques heures, ils ont déclaré sans les nommer que les SOF - Special Operations Forces -, (vraisemblablement des Usa, de la France, de la Grande Bretagne, de la Turquie et de la Jordanie) sont en place pour des opérations de reconnaissance et d’entraînement des forces d’opposition…On leur a demandé de préparer des plans d’urgence et d’être prêts pour attaquer dans deux ou trois mois, mais ils ont souligné qu’il s’agissait d’un plan d’urgence et non d’un pas vers l’escalade » .

(…)

« La principale base qu’ils vont utiliser se trouve à Chypre d’où décolleront les Britanniques et les Français. Ils ont souligné que des stocks importants y sont entreposés et que de nombreuses missions de reconnaissance en partent… Il semble cependant que la confusion règne en ce qui concernent l’intérêt d’une intervention militaire débutant par une campagne aérienne».(…)

Traduction: Xavière Jardez

Article original: Leaked Stratfor emails: Source Says Several Countries Already Have Forces In Syria
http://articles.businessinsider.com/2012-03-06/news/31125755_1_syrian-president-bashar-assad-cyprus-turkey

© G. Munier/X. Jardez
Source : France Irak - Vendredi 9 mars 2012

(revue de presse : Extraits, Business Insider – 6/3/12).

Publié le 11 mars 2012 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier
http://www.france-irak-actualite.com/...



Liban :

Arrestation d’un groupe armé qatari qui tentait d’entrer en Syrie

 Les forces sécuritaires ont arrêté lundi une voiture conduite par un salafiste originaire d'Ersal dans la Békaa, qui essayait d'entrer en Syrie à travers la frontière, a révélé une source sécuritaire. Quatre personnes armées, venues du Qatar à travers l'aéroport international de Beyrouth après s'être restées à l'hôtel Quality au Nord du Liban, se trouvaient également à bord de la voiture.Dans un entretien au quotidien Al-Binaa, la même source a indiqué que le groupe armé possédait des téléphones mobiles. "Après l'examen par les forces sécuritaires, les appareils se sont avérés portant des segments qui servent à la fabrication des EEI (Engins Explosifs Improvisés), et des cartes pour des sites militaires syriens", a-t-elle ajouté. La source a également signalé que davantage de faits seront exposés durant les prochaines heures, concernant l'activité de ce groupe et ses dirigeants."L'ambassadrice américaine au Liban Maura Connelly supervise directement la salle d'opérations de l'ambassade américaine à Awkar, pour assurer le trafic d'armes et infiltrer les militants en Syrie, ont rapporté des sources diplomatiques à Beyrouth au même quotidien.
Les sources ont affirmé que des opérations similaires se font dans les ambassades américaines des pays voisins à la Syrie, surtout en Jordanie et en Turquie. "Ces opérations sont coordonnées directement et continuellement par les services de renseignements turcs, français, saoudiens et qataris", ont expliqué les sources diplomatiques au quotidien Al-Binaa.

14/03/2012

IRIB



Turquie

40 agents secrets turcs entraînés par le Mossad capturés en Syrie.

La Turquie a mené la semaine dernière d’intenses négociations avec la Syrie pour assurer leur libération [...] (Zvi Bar'el et DPA, Report: U.S. drones flying over Syria to monitor crackdown, Haaretz, 18 février 2012.)

Leur libération serait accordée en échange de transfuges syriens actuellement en Turquie, précise Haaretz. De plus, la Syrie poursuivrait les négociations à condition que la Turquie bloque sur son territoire « le transfert d’armes et le passage de soldats de l’Armée syrienne libre » vers la Syrie.

Selon des sources turques, la Turquie refuserait les demandes syriennes et s’apprêterait à durcir le ton envers le gouvernement Assad, ajoute le quotidien.

Le quotidien hébreu rapporte que les agents turcs auraient confessé aux autorités syriennes avoir été entraînés par le Mossad israélien, dont ils auraient reçu « l’ordre de mener des attaques à la bombe afin de porter atteinte à la sécurité de la Syrie ». (Ibid.) L’un des agents aurait affirmé que le « Mossad entraîne des soldats de l’Armée syrienne libre ». (Ibid.)  Des agents du service de renseignement israélien auraient par ailleurs formé des représentants d’Al-Qaïda en Jordanie afin de les envoyer attaquer la Syrie.
Ces témoignages corroborent plusieurs informations, incluant des sources du renseignement israélien, indiquant la participation du Mossad dans l'insurrection armée en Syrie. Plusieurs reportages mentionnent également l'implication de la CIA et du MI6 britannique, ainsi que de troupes spéciales européennes et étasuniennes.

Le 22 fevrier 2012

Julie Lévesque  & Mondialisation :
JulieLévesquea contribué à ce reportage 


5 Les Parties prennantes

France

Voltairenet : La France ouvre des négociations avec la Syrie pour récupérer ses 18 agents

Le 13 février 2012, Thierry Meyssan révélait sur la première chaîne de télévision russe que la Syrie avait fait prisonniers une douzaine de militaires français. Le Réseau Voltaire est en mesure de confirmer qu’au 26 février, le nombre de prisonniers français s’élève à 18 (dix-huit).

Si Paris admet qu’ils ont agi en mission, ils bénéficieront du statut des prisonniers de guerre et seront protégés par la Convention de Genève, mais si Paris dénie les avoir envoyés, ils seront considérés comme des civils étrangers, ils seront jugés en Syrie pour leurs crimes et encourent la peine de mort.

La France a ouvert trois canaux de négociation via la Fédération de Russie, les Émirats arabes unis et le Sultanat d’Oman.
L’ambassadeur de France, Éric Chevallier, est reparti le 23 février d’urgence à Damas.
Kofi Annan a été appelé comme médiateur par l’ONU et la Ligue arabe.

Conscient de l’usage qu’il peut faire de ces prises en période électorale française, Damas a demandé aux médias publics syriens de ne pas aborder cette affaire pour le moment. Il se réserve ainsi la possibilité de la traiter en secret si cette option est plus avantageuse. Tout en admettant le caractère exceptionnel de cette situation, les journalistes syriens, qui se sont rapidement habitués à la liberté d’expression garantie par la nouvelle loi sur la presse, déplorent que des limites soient à nouveau posées pour des motifs de sécurité nationale.

Si les négociations restent secrètes, la France devra payer en sous-main des indemnités de guerre particulièrement lourdes, soit en numéraire, soit sous forme de privilèges économiques. Si elles deviennent publiques, la France peut espérer des indemnités moins onéreuses, mais Nicolas Sarkozy et Alain Juppé devront s’expliquer devant leurs concitoyens. Leur camp hypothéquerait alors ses chances de gagner l’élection présidentielle, le président risquant même d’être traduit devant la Haute Cour (articles 35 et 68 de la Constitution).

Dans l’affaire du Rainbow Warrior (1985), où il y avait eu un bateau coulé et une personne tuée, la France avait présenté des excuses officielles, puis avait payé des indemnités de 7 millions de dollars à la Nouvelle-Zélande et de 8,16 millions de dollars à Greenpeace. Surtout, Paris avait dû autoriser l’importation d’ovins néo-zélandais détruisant en partie sa propre filière ovine. En échange, les deux agents français prisonniers avaient été libérés. Ironie de l’Histoire, Laurent Fabius, le Premier ministre dont le gouvernement avait ordonné l’attaque du Rainbow Warrior est pressenti comme ministre des Affaires étrangères de François Hollande, en cas d’élection du candidat socialiste à la présidence de la République. Ce dernier est l’ex-beau-frère du lieutenant-colonel Gérard Royal, le commandant de cette opération.

Dans la guerre secrète contre la Syrie, la France et ses alliés sont responsables d’un conflit ayant entraîné la mort d’au moins 3 000 soldats syriens et 1 500 civils, auxquelles s’ajoutent des pertes économiques et des sabotages d’infrastructures estimés à au moins 3 milliards de dollars.

Sur le même sujet :
 « La guerre secrète de la France contre le peuple syrien », Réseau Voltaire, 22 février 2012.
 « Fin de partie au Proche-Orient », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 février 2012.
 « Syrie : 5 questions à Thierry Meyssan », Voltaire Network TV, YouTube, 14 février 2012.

http://www.voltairenet.org/La-France-ouvre-des-negociations


La guerre secrète de la France contre le peuple syrien.

Lors de la prise du bastion insurgé dans le quartier de Bab Amr, à Homs, l’armée syrienne a fait plus de 1 500 prisonniers, dont une majorité d’étrangers. Parmi ceux-ci, une douzaine de Français ont requis le statut de prisonnier de guerre en déclinant leur identité, leur grade et leur unité d’affectation. L’un d’entre eux est colonel du service de transmission de la DGSE.

En armant la Légion wahhabite et en lui fournissant des renseignements satellitaires, la France a conduit une guerre secrète contre l’armée syrienne, qui a fait plus de 3 000 morts dans les rangs, et plus de 1 500 morts parmi les civils, en dix mois de combats.

Ces informations ont été partiellement dévoilées par Thierry Meyssan lors d’une intervention sur la première chaîne de télévision russe, le lundi 13 février 2012 ;

puis dans un article publié le mardi 14 par Komsomolskaïa Pravda ;

enfin dans une vidéo de Voltaire Network TV.

La France a sollicité l’aide de la Fédération de Russie pour négocier avec la Syrie la libération des prisonniers de guerre.

Le Réseau Voltaire n’a pas trouvé d’éléments permettant de confirmer les imputations selon lesquelles 120 Français auraient été faits prisonniers à Zabadani. Cette rumeur semble être une exagération de nos informations et paraît sans fondement.

 

Suite sur http://www.voltairenet.org/La-guerre-secrete-de-la-France

Dimanche dernier, il y  a eu un grand moment sur France Inter avec Stéphane Paoli qui a fait une heure entière d’émission de radio pour raconter "l’indicible"… Il faut le faire. Il l’a fait ; avec Bernard Guetta qui bafouillait à force de chercher des accents de sincérité pour "l’indicible". Les acolytes* de service ce jour-là étaient touchants aussi.

On peut écouter et tenter d’entendre l’indicible ici :  

http://www.franceinter.fr/emission-3d-le-journal-syrie-l-horreur-quotidienne-et-l-union-europeenne-veut-elle-de-la-grece .

Comme disait l'autre : Indicible n'est pas français !

* "acolyte : latin écclésiastique acolytatus, du grec akolouthos "suivant, serviteur".

1. Clerc élevé à l'acolytat, dont la fonction est de servir à l'autel".

Etc. (Dictionnaire de la langue française Robert, vol. 1, p.88. )

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 22 février 2012


Henry Samuel, Paris, et Amy Willis : Treize officiers français capturés par l’armée syrienne.

Treize officiers de l’armée française ont été capturés par les forces syriennes, selon le journal libanais Daily Star, le premier média mainstream à avoir évoqué les rumeurs faisant état de la présence de troupes occidentales sur le terrain.

Le ministre des Affaires étrangères dément ces informations, arguant qu’aucun soldat français n’a mis le pied sur le sol syrien.

Mais le ministre de la Défense est moins catégorique, disant qu’il ne confirme ni ne dément ces allégations.

Un photographe qui a pu s’échapper de la ville syrienne assiégée de Homs a lui aussi démenti les informations selon lesquelles des soldats français seraient intervenus pour sécuriser son évacuation et celle de trois autres reporters occidentaux.

Le rapport est sorti lundi, lorsque la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge arabe syrien ont pu rejoindre deux faubourgs de Homs pour y distribuer de la nourriture et des couvertures aux civils, dont certaines familles avaient fui les quartiers de Baba Amr où les combats se poursuivent.

Leurs équipes ne semblent pas avoir été autorisées à pénétrer dans le quartier de Bab Amr lui-même.

« Nous sommes présents dans les faubourgs de al-Inshaat et al-Tawzii. Al-Inshatt est le plus proche de Baba Amr. Évidemment, la population locale a grand besoin d’aide, puisque le quartier a subi lui aussi les violences, mais de nombreuses familles qui ont fui Baba Amr y ont été accueillies, » a expliqué Hicham Hassan, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (ICRC).

Un convoi de l’ICRC emportant de la nourriture « pour plusieurs milliers de personnes » et d’autres fournitures est également arrivé à Homs depuis Damas, c’est le deuxième en une semaine, a-t-il expliqué.

Il semble également que l’envoyé de Kofi Annan en Syrie doit arriver à Damas le 10 mars.

L’information des officiers français sur le sol syrien émane du Daily Star, un journal réputé de Beyrouth.

Le Daily Star cite une source palestinienne pro-syrienne basée à Damas, faisant état de troupes françaises retenues dans un hôpital à Homs.

La source indique que des responsables à Paris et à Samas tentent de trouver un arrangement sur le sort de ces soldats français.

Aucune explication n’a été donnée sur les raisons de la présence de ces troupes françaises en Syrie, ni sur la possibilité qu’ils fassent partie d’un contingent plus important. Il n’a pas été possible de vérifier ces informations.

Un porte-parole du ministre français des Affaires étrangères a expliqué : « Nous démentons toute présence de troupes françaises sur le sol syrien. » Un autre porte-parole du ministère de la Défense a pour sa part déclaré : « Nous n’avons aucune information là-dessus. Nous ne confirmons pas, et ne démentons pas. »

Damas n’a pas fait de commentaire sur la présence de soldats français sur son sol.

Cependant, le secrétaire général de l’OTAN, Andres Fogh Rasmussen, a dit le mois dernier qu’il n’avait aucune intention d’intervenir dans ce pays comme cela avait été le cas pour la Libye. « Non, je ne pense pas [que nous ayons à intervenir], car la Syrie est aussi une société différente, bien plus complexe aux niveaux ethnique, politique, religieux. C’est pourquoi je crois qu’une solution régionale doit être trouvée, » a-t-il déclaré. Homs, située à 35 km de la frontière libanaise, reste un terrain de bataille stratégique avec les forces loyales au président Bashar al-Assad qui poursuivent leurs bombardements incessants de la zone, et les manifestants qui continuent de protester contre le dictateur tyrannique.

Des militants ont affirmé hier qu’au moins douze personnes, dont trois enfants et trois femmes, avaient trouvé la mort dimanche dans des bombardements à Rastan, une banlieue de Homs. Par ailleurs, des hommes d’un autre quartier, Baba Amr, ont été blessés et 10 d’entre eux ont été alignés contre un mur et exécutés, selon des militants et des réfugiés. La journaliste française Édith Bouvier a réussi à s’enfuir de Syrie avec trois autres personnes la semaine dernière après avoir été blessée à la jambe lors de ce que certains reporters ont appelé une « attaque ciblée ».

Marie Colvin, une reporter du Sunday Times, a été tuée lors d’un bombardement le 22 février en même temps qu’un photoreporter français, Remi Oschlik. Ils travaillaient au centre de presse improvisé dans le quartier lorsqu’ils ont été frappés.

Le rapport ne dit pas si des troupes françaises ont pris part à la mission d’évacuation des reporters qui avaient été mis à l’abri dans une maison pendant une semaine après le bombardement meurtrier.

Mais une interview ce matin par France Inter du photographe français William Daniels qui s’est échappé avec Édith Bouvier, a nié tout contact avec des troupes françaises.

« Je n’ai eu aucun contact avec des soldats français pendant cette opération. Nous avons seulement vu des Syriens de l’Armée (rebelle) syrienne libre. Nous leur devons notre salut, » a-t-il déclaré.

Il a ajouté : « Nous n’avons pu contacter personne (parmi les autorités françaises) pendant toute la durée de notre séjour, puisqu’il n’y avait pas de lignes téléphoniques, et évidemment pas d’Internet ni de téléphones-satellites, et de toute façon nous n’aurions pas pu utiliser un téléphone-satellite, car cela aurait permis (à l’armée syrienne) de nous localiser. »

Les récits de la fuite ne mentionnent que l’aide des rebelles, bien que l’ambassadeur de France, Éric Chevallier, soir retourné à Damas la semaine dernière pour discuter de l’évacuation sécurisée des journalistes.

La France a annoncé vendredi qu’elle fermait son ambassade, du fait que les combats se poursuivaient dans la région. La Grande-Bretagne a déjà évacué son ambassade.

Source : http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/middleeast/syria/9122749/Thirteen-French-officers-captured-by-Syrian-Army.html

Traduction GV

En lien avec cet article :

L’OTAN et la CIA arment en cachette les rebelles syriens afin d’affaiblir l’Iran par Daan de Wit, DeepJournal, le vendredi 27 janvier 2012

(en anglais) Coleen Rowley : VIPS Memo to Obama : Avoid Another Long War par Coleen Rowley, sur xydo.com, le 4 janvier 2012

SYRIE : Lettre ouverte au président de la Ligue des droits de l’homme par Michel Dakar, mondialisation.ca, le 27 janvier 2012

Les USA envoient un très vieux porte avions vers l’Iran… par Papinette, sur AgoraVox, le 27 janvier 2012

Et aussi nos R-News :

Sibel Edmonds : Mais au fait, l’OTAN, c’est quoi exactement ? par Sibel Edmonds, sur son blog BoilingFrogs, le 8 décembre 2011

Programme nucléaire de l’Iran : on recycle la propagande orchestrée pour la guerre en Irak (Democracy Now !) Interview de Seymour Hersh par Amy Goodman, sur DemocracyNow !, repris en français par Le Grand Soir, le 30 novembre 2011

Toute l’Europe sous le poids du « bouclier » USA/OTAN par Manlio Dinucci et Tommaso Di Francesco, Edition de samedi 26 novembre 2011 de il manifesto, paru sur mondialisation.ca

Administration américaine : y aurait-il une pieuvre ? | Sibel Edmonds et Philip Giraldi pour The American Conservative | 30 sept. 2009.

Obama déterre le bouclier (2e partie d’article) | paru en français sur mondialisation.ca, le 21 nov. 2010

Le fait que le Daily Telegraph le reprenne ne valide pas nécessairement l’information (d’ailleurs ils disent eux-mêmes qu’ils n’ont pas pu la vérifier), mais disons qu’ils lui accordent suffisamment de crédit pour la publier, au contraire des médias français.

Une autre source d’information, publiée par mondialisation.ca (La nouvelle de l’arrestation des officiers français en Syrie est quasi officielle) nous fait part d’un email de l’ancien colonel français Alain Corvez, qui écrit : "Que feront-ils dans cette impasse ? Nos soldats sont davantage envoyés dans des pays pour défendre des intérêts qui ne sont pas les nôtres, mais ceux des Etats-Unis,... En tout cas, cette situation pourrait exploser à la face des candidats à la présidentielle française et changerait les données, même si certains candidats ont observé un silence à l’égard de ce sujet”

A suivre donc... (sur les médias alternatifs comme AgoraVox, ReOpen911 ou VoltaireNet, car les médias se gardent bien d’en parler)

 The Telegraph, le 5 mars 2012

Traduction GV

URL de cet article: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29429

www.Mondialisation.ca



6 Les institutions

Ligue arabe 

L'Inde et la Ligue arabe partagent une opinion différente sur le dossier syrien  

L'Inde et la Ligue arabe ont eu d'importants différends sur le dossier syrien lors de discussions tenues à l'occasion de la visite du ministre indien des Affaires extérieures S.M. Krishna, samedi au Caire, a rapporté dimanche le quotidien indien The Hindu.
M. Krishna et le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil El-Araby, ne sont pas parvenus à s'entendre sur l'aspect essentiel du dossier syrien, le sort du président syrien Bachar al-Assad.
La Ligue arabe, citant la Constitution syrienne, a demandé à M. Al-Assad de démissionner et de transférer le pouvoir à son adjoint et à un gouvernement d'unité nationale.
Mais l'Inde estime qu'il incombe aux Syriens eux-mêmes de choisir comment résoudre la crise et a ajouté qu'une intervention étrangère de toute sorte serait inutile, apprend-on du rapportage.
04/03/2012

http://french.cri.cn/621/2012/03/04/442s272412.htm



7 Les Pays Arabes & voisins

Arabie saoudite et Qatar

 Arabie saoudite et Qatar "complices des terroristes" .

L'Arabie saoudite et le Qatar assument une responsabilité dans les attaques terroristes perpétrées contre le peuple syrien, a déclaré mardi le ministre syrien de l'Information Adnan Mahmoud cité par l'agence Sana.

"Certains pays, tels que le Qatar et l'Arabie saoudite, qui financent les groupes armés et leur fournissent des armes (…), sont complices des terroristes visant l'ensemble du peuple syrien et assument ainsi une responsabilité dans l'effusion de sang", a déclaré M.Mahmud.
Lundi dernier, le ministère syrien de l'Information a annoncé que les groupes armés opérant dans le pays enlèvent et tuent les civils afin de déséquilibrer davantage la situation et de discréditer les forces gouvernementales aux yeux de la communauté internationale.
Selon les autorités, les images de civils assassinés dans la ville de Homs, diffusées par les chaînes satellitaires qui affirment qu'il s'agit de victimes de l'armée syrienne, montrent en fait les personnes capturées et assassinées par les terroristes, qui ont ensuite déposé les corps dans les régions contrôlées par les forces fidèles au président el-Assad.

13/03/2012  

Ria Novosti



Liban

Arrestation de 39 Syriens armés infiltrés au Liban.  

L'armée libanaise a arrêté hier 39 Syriens armés, qui se sont infiltrés dans les territoires libanais à travers la région de Kaa dans la Békaa. De même, elle a saisi de grandes quantités d'armes trafiquées.

L'armée syrienne a mené une vaste opération près de la frontière libanaise, ce qui a causé la fuite des centaines de Syriens en direction des territoires libanais, rapporte le quotidien libanais Al Binaa citant des sources informées.

L'armée libanaise a arrêté un bon nombre d'infiltrés armés, recherche toujours les fugitifs et aide les déplacés non armés, ont ajouté les sources.

L'armée a également saisi un camion d'armes qui essayait d'entrer en Syrie à travers Wadi khaled, a souligné le journal.

05/03/2012

IRIB



8 Opinion

L'inde

L'Inde et la Ligue arabe partagent une opinion différente sur le dossier syrien  

L'Inde et la Ligue arabe ont eu d'importants différends sur le dossier syrien lors de discussions tenues à l'occasion de la visite du ministre indien des Affaires extérieures S.M. Krishna, samedi au Caire, a rapporté dimanche le quotidien indien The Hindu.
M. Krishna et le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil El-Araby, ne sont pas parvenus à s'entendre sur l'aspect essentiel du dossier syrien, le sort du président syrien Bachar al-Assad.
La Ligue arabe, citant la Constitution syrienne, a demandé à M. Al-Assad de démissionner et de transférer le pouvoir à son adjoint et à un gouvernement d'unité nationale.
Mais l'Inde estime qu'il incombe aux Syriens eux-mêmes de choisir comment résoudre la crise et a ajouté qu'une intervention étrangère de toute sorte serait inutile, apprend-on du rapportage.
04/03/2012

http://french.cri.cn/621/2012/03/04/442s272412.htm


L'Inde et la Ligue arabe partagent une opinion différente sur le dossier syrien  

L'Inde et la Ligue arabe ont eu d'importants différends sur le dossier syrien lors de discussions tenues à l'occasion de la visite du ministre indien des Affaires extérieures S.M. Krishna, samedi au Caire, a rapporté dimanche le quotidien indien The Hindu.
M. Krishna et le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil El-Araby, ne sont pas parvenus à s'entendre sur l'aspect essentiel du dossier syrien, le sort du président syrien Bachar al-Assad.
La Ligue arabe, citant la Constitution syrienne, a demandé à M. Al-Assad de démissionner et de transférer le pouvoir à son adjoint et à un gouvernement d'unité nationale.
Mais l'Inde estime qu'il incombe aux Syriens eux-mêmes de choisir comment résoudre la crise et a ajouté qu'une intervention étrangère de toute sorte serait inutile, apprend-on du rapportage.
04/03/2012

http://french.cri.cn/621/2012/03/04/442s272412.htm


5 Russie

Poutine: Les faits en Syrie sont complètement différents des informations rapportées par les agences d'information mondiales  

Le 1er ministre russe, Vladimir Poutine, a souligné la différence entre ce qui passe sur le terrain en Syrie et les informations rapportées par les agences d'information mondiales "qui se livrent à la sélection concernant les nouvelles sur la Syrie", a-t-il dit. Il a fait noter que la politique de la Russie prend en compte des faits réels et non pas des informations publiées par la presse occidentale. Citant Poutine, le site Internet "La Russie aujourd'hui" a indiqué que Moscou ne défendait aucune partie en Syrie en se basant sur une position de principe vis-à-vis de la crise dans ce pays. "L'objectif de la politique de la Russie consiste à cesser la violence et à convaincre toutes les parties à se mettre sur la table du dialogue et discuter des réformes politiques, a clarifié Poutine.

Il a fait noter que la Russie avait voté contre la résolution du Conseil de sécurité sur la Syrie parce que cette résolution appelle les forces syriennes à se retirer des villes syriennes sans jamais faire état de l'opposition syrienne armée .

03/03/2012

IRIB


Moscou met la communauté internationale devant ses responsabilités à l'égard de l'envoi du terrorisme en Syrie.  

En poursuivant l'ignorance des informations successives sur l'action d'al-Qaïda et ses actes terroristes en Syrie, le délégué russe aux Nations Unies, Vitali Tchourkine, a mis la communauté internationale une nouvelle fois devant ses responsabilités présumées dans la lutte contre le terrorisme, et ce, via la présentation de nouvelles preuves sur l'accès en Syrie des éléments terroristes entraînés en dehors des frontières syriennes.

Simultanément avec les informations russes, l'AFP a indiqué qu'un journaliste travaillant chez elle et qui avait passé une semaine à Homs avait reconnu avoir constaté des terroristes et des extrémistes arabes qui combattaient contre le gouvernement syrien. La même chose a été confirmée par le 1er ministre irakien, Nouri Maliki, qui a fait noter que des éléments d'al-Qaïda s'infiltrent de l'Irak en direction de la Syrie.

Alors que Washington prétend qu'elle est contre l'armement de l'opposition syrienne après sa certitude que des éléments d'al-Qaïda l'épaulent, des sources médiatiques soulignent que Washington facilite à ses agents dans les pays de Golfe d'armer cette opposition.

09/03/2012

 IRIB


Printemps arabe: Moscou met en garde contre le détournement des résolutions de l'Onu.

 Dans le contexte du printemps arabe, toute tentative d'outrepasser les résolutions du Conseil de sécurité de l'Onu est inacceptable, a déclaré lundi à New York le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.
"Nous nous intéressons aujourd'hui (…) à l'aspect international du printemps arabe. A mon avis, nous pouvons déjà en tirer quelques conclusions. Quels que soient les objectifs fixés (…), ils ne peuvent être atteins ni par l'induction en erreur de la communauté internationale, ni par la violation des résolutions de l'Onu", a-t-il déclaré de la tribune du Conseil de sécurité.
Selon le chef de la diplomatie russe, le fait d'outrepasser les résolutions porte préjudice à l'autorité et à la réputation du Conseil de sécurité de l'Onu.
"Cela concerne l'Otan qui s'est engagé à assurer une zone d'exclusion aérienne en Libye, mais qui sur le terrain a procédé à des bombardements intensifs. Il est regrettable que les informations sur les victimes civiles de ces raids ne soient toujours pas examinées", a poursuivi le ministre.
Ce dernier est persuadé que "toute ingérence militaire étrangère augmente le risque de voir proliférer des armes illicites et, par conséquent, crée un risque de déstabilisation régionale".
Craignant une réédition du scénario libyen, la Russie et la Chine s'opposent à l'adoption de toute résolution condamnant la répression en Syrie par le Conseil de sécurité de l'Onu.
12/03/2012

http://fr.rian.ru/world/20120312/193875818.html


Lavrov : Le gouvernement syrien affronte des gangs armés et des éléments d'al-Qaïda  

New York / Le ministre russe des Affaires Etrangères, M. Sergueï Lavrov, a indiqué que le gouvernement syrien luttait contre des gangs armés et des éléments d'al-Qaïda qui perpétraient des crimes abominables en Syrie.
Dans une allocution prononcée au cours d'une réunion tenue aujourd'hui au Conseil de sécurité international pour examiner la situation au Moyen-Orient, M. Lavrov a indiqué que la poursuite des appels à une intervention militaire en Syrie menaçait de faire exposer la région au danger, au chaos et aux conflits.
De même, M. Lavrov a souligné la nécessité d'établir un Etat palestinien indépendant pour réaliser les ambitions du peuple palestinien.
Il a ajouté que la situation dans la région resterait tendue tant qu'il n'existe pas de règlement juste pour le conflit arabo-israélien.

12/03/2012
http://www.sana.sy/fra/55/2012/03/12/405673.htm


L'armée russe restera à l'écart du conflit syrien (Moscou)  
L'armée russe ne doit pas s'ingérer dans le conflit en Syrie, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors d'une réunion avec les députés de la Douma (chambre basse du parlement russe).
"Quant à la question de savoir si je considère nécessaire de faire contrepoids aux Etats-Unis en Syrie et d'y assurer une présence militaire, cette question fait allusion à une intervention militaire russe dans ce pays afin de participer aux hostilités, et j'y réponds non. Je crois que cela ira à l'encontre des intérêts fondamentaux de la Russie", a indiqué M.Lavrov.
Mardi 13 mars, le vice-ministre russe de la Défense Anatoli Antonov a nié la présence de forces spéciales ou de conseillers militaires russes en Syrie.
Selon le chef de la diplomatie russe, la Russie s'efforce "quotidiennement" d'obtenir que la Syrie "prenne des mesures pour calmer la situation". Mais Bachar el-Assad n'a "malheureusement pas toujours suivi nos conseils", a déploré M. Lavrov. Le conflit syrien, prévient-il, pourrait s'étendre ailleurs au Moyen-Orient, entre sunnites et chiites. "Cela pourrait finir par une grande explosion, impliquant l'Irak et l'Iran", estime-t-il.

14/03/2012 
http://fr.rian.ru/world/20120314/193892718.html


Moscou critique les démarches de l’Arabie saoudite.

La décision de l'Arabie saoudite de retirer les effectifs de son ambassade en Syrie est contraire à l'esprit du règlement de la situation dans ce pays, a déclaré vendredi le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov.
"De telles démarches ne correspondent pas à nos idées visant à établir une compréhension, à atteindre une détente", a dit M.Bogdanov devant les journalistes.
Le 14 mars, l'Arabie Saoudite a fermé son ambassade à Damas et retiré tous ses diplomates et effectifs en raison de la poursuite de la répression de l'opposition au régime en place. Le Bahreïn a suivi jeudi son exemple. Le Qatar, le Koweït, Oman, les Emirats arabes unis ont fait de même vendredi.
Selon le secrétaire général du Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe, Abdul Latif al-Zayani, les pays membres du CCG dénoncent ainsi les actions du régime de Bachar el-Assad qui "tue et fait souffrir le peuple syrien désarmé".
Par ailleurs, Moscou juge inadmissibles les affirmations de certains pays occidentaux selon lesquelles le régime du président syrien Bachar el-Assad aurait perdu sa légitimité, a déclaré vendredi lors d'un point-presse le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov.
"Les affirmations faisant état de l'illégitimité (du régime syrien) ou de la nécessité d'interrompre les relations (avec la Syrie), sont inacceptables", a indiqué le responsable.
Selon lui, des déclarations de ce genre ne contribueront pas à un règlement pacifique de la crise syrienne.
"À notre avis, ces affirmations sont contre-productives, car elles créent au sein de l'opposition l'impression qu'il n'y a aucune raison de mener un dialogue et qu'il faut compter sur l'aide de l'Occident et de l'Otan, comme en Libye. Nous estimons que cette position est absolument inacceptable et peut avoir des conséquences très graves pour les Syriens et pour la région en général", a fait remarquer M.Bogdanov.

16/03/2012

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=55059&cid=19&fromval=1&frid=19&seccatid=33&s1=1



9 Les actions dans le monde

Pays

Israël

Le régime israélien est prêt à soutenir les opposants syriens.  

 Tzahi Moshe,- porte-parole du ministre des Affaires étrangères -  : « Le régime israélien est prêt à soutenir l’opposition au gouvernement syrien ».

Avigdor Lieberman, a annoncé qu’Israël était prêt à envoyer des aides aux groupes rebelles en Syrie. Il a précisé que ces aides pourraient être acheminées par l’intermédiaire des Nations unies ou d’autres organisations internationales pour les groupes armées en Syrie.

04/03/2012 
http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/173910-le-r%C3%A9gime-isra%C3%A9lien-est-pr%C3%AAt-%C3%A0-soutenir-les-opposants-syriens

 


Vénézuela

Le parlement vénézuélien vote à l'unanimité sur une décision pour se solidariser avec la Syrie face au complot tramé contre elle.
Caracas / L'Assemblée nationale de Venezuela /le parlement/ a voté lors d'une séance tenue hier, à l'unanimité sur une décision présentée par des parlementaires d'origine syrienne pour se solidariser avec la Syrie face au complot conduit par les Etats-Unis pour porter atteinte à ses positions soutenant la résistance et les mouvements de la libération arabes et mondiaux.

Le député, Diosdado Cabello, président de l'Assemblée nationale du Venezuela, a affirmé que le Venezuela, parlement, gouvernement et peuple, appuie le gouvernement et le peuple syrien, soulignant que le peuple syrien affronte un complot impérialiste.

De son côté, le député Yul Jabbour, président de la commission d'amitié parlementaire syro-vénézuélienne, qui a présenté le projet de décision de solidarité avec le gouvernement et le peuple syrien au Parlement vénézuélien, a fait noter que ce projet ne vise pas seulement à se solidariser avec la Syrie, mais à démasquer les plans impérialistes qui ont pour but d'obliger la Syrie à payer le prix de ses positions nationales et patriotiques soutenant la résistance nationale légitime et les droits des peuples à l'autodétermination.

M. Jabbour a mis l'accent sur la fermeté de la Syrie, direction, peuple et armée face à l'ennemi qui tente à provoquer la sédition et à affaiblir le gouvernement syrien pour émietter la région et dominer ses richesses.

Pour sa part, M. Julio Chavez, vice-président de la commission du pourvoir populaire et des médias, a indiqué que ce qui se passe en Syrie est un chapitre de la conspiration dont le Venezuela avait souffert depuis l'an 2002, soulignant que le peuple syrien via ses positions courageuses soutenant le gouvernement va faire échouer le complot dirigé par l'impérialisme et Israël.

Le député Adel Zghir, président de FEARAB, a parlé de la manière du développement de la crise en Syrie et du train de réformes lancé par la direction syrienne pour couper la route devant l'opposition qui n'est pas intéressée de la réforme et qui est liée à un plan extérieur.
A. Chatta / L.A.

14 Mar 2012

http://www.sana.sy/fra/55/2012/03/14/406113.htm 




10 Les réactions dans le monde

USA

Mouna Alno-Nakhal : Les Etats-Unis ont reconnu l’infiltration d’Al-Qaida en Syrie... Quelles en sont les conséquences ? (As-Safir)

 (NdT) Puisque le citoyen français ordinaire ne peut plus jamais se faire entendre, sa voix couverte par la propagande médiatique, nous empruntons ces quelques lignes d’une « lettre ouverte à Alain Juppé sur la Syrie », postée le 10 Février, sur le blog de Monsieur Yves-Marie LAULAN éminent géopoliticien et Président du Cercle des Libertés républicaines  :

« Mon cher Alain, …Vous vous interrogiez tantôt sur la raison pour laquelle ces coquins de Chinois et ces fripons de Russes avaient proprement torpillé le 4 février dernier votre projet de résolution sur la Syrie à l’ONU.
Permettez-moi de vous éclairer sur ce point
Ils vous ont tout simplement rendu la monnaie de la pièce.
Car, rappelez-vous, vous les aviez proprement « roulés dans la farine » avec la fameuse résolution 1973 de l’ONU qui vous autorisait à bombarder, du haut des airs, la Libye du colonel Kadhafi pour « sauver des vies humaines ». Pourquoi pas ? L’humanitaire qui fait pleurer les chaumières fait toujours recette dans nos médias.
Mais vous en avez profité, toute honte bue, et au mépris du droit international, pour écraser ce malheureux pays sous un tapis de bombes (et ce, avec l’aide occulte des Etats-Unis sans laquelle nos forces n’auraient pas tenu plus de 15 jours, faute de carburant et de munitions, sans compter la destruction des batteries antiaériennes de la Lybie sans laquelle nos forces aériennes auraient sans doute subi des pertes insupportables).
Mais, allant plus loin dans votre logique, vous avez cherché le renversement du régime, et même autorisé indirectement l’assassinat par une foule déchaînée du Colonel Kadhafi, certes, personnage fort peu recommandable, mais quand même. Pour un ministre qui invoque à tout propos « l’honneur de la France » et pour un président qui se réfère à tout instant aux droits de l’homme, avouez que cela n’est pas trop mal… »

Mise à part une certaine condescendance vis-à-vis de ces sociétés méditerranéennes qu’il considère globalement comme tribales… qu’il soit remercié pour son courage et son audace, là ou d’autres éminentes personnalités françaises cherchent à nous convaincre qu’en matière de politique étrangère, Monsieur le Président Sarkozy est… génial !

Monsieur Laulan conclut sa lettre par le conseil suivant : « Laissez donc les Russes, et pourquoi pas les Chinois, se débrouiller comme ils l’entendent puisqu’ils ont la prétention de s’immiscer dans cette inextricable affaire ». Conseil qui pourrait permettre une « solution politique » de la crise syrienne, comme nous l’explique Sami Kleib, journaliste et homme du sérail en matière d’analyse géopolitique sur le Proche-Orient.

Mouna Alno-Nakhal
23/02/2012



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


17/03/2012

n°26 - Dossier de Côte d'Ivoire (1)- - 26-02 au 16-3 - : a1 - : Côte- d'ivoire : Quand l'Occident décime les peuples au nom de la démocratie.


n°26 - Dossier de Côte d'Ivoire (1)-  - 26-02 au 16-3 - : a1  - : Côte- d'ivoire : Quand l'Occident décime les peuples au nom de la démocratie.


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions occidentales .



Dossier de Côte d’Ivoire (1)

n°26                               26-02 au 16-3

C.Debroeder &  M.Lemaire



Le dossier de Côte d'Ivoire se retrouve

a) sur nos  blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                               http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  : no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez nous  contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

Législatives en Côte d'Ivoire: le Premier ministre a remis sa démission.  

«Côte d’Ivoire : le coup d’Etat» Gbagbo raconte lui-même son 11 avril.

«Côte d’Ivoire : le coup d’Etat».

Lybie -Côte- d'ivoire : Quand l'Occident décime les peuples au nom de la démocratie.  

1 Médias
Les Mercenaires de Kadhafi et la Division de l'Afrique

Côte d'Ivoire occupé :

CPI / Le maire de la Haye en soutien à Laurent Gbagbo.

2 Politique 

GOUVERNANCE DE OUATTARA: AUTANT EN EMPORTE LA BETISE

3 Sur le terrain

Maître Emmanuel Altit, avocat de Gbagbo : « Voici les batailles judiciaires à venir » (exclusif).

Côte d’Ivoire : le parti de Gbagbo récuse la CNE.  

4 Confection d'un gouvernement...

Législatives en Côte d'Ivoire: le Premier ministre a remis sa démissionFORMATION D'UN NOUVEAU GOUVERNEMENT: LE FPI N'EST PAS INTERESSEvv

5  Politique internationale

Les grandes manœuvres

Cour pénale internationale

5-1 CPI, UN TRIBUNAL HAUTEMENT POLITIQUE.

Cour pénale internationale

5-2 France

5-2-1 Des français vont porter plainte contre sarkozy à la CPI.  

5-2-2 Lettre ouverte à nicolas sarkozy : vous devez dire aux français pourquoi vous n’avez pas fait le choix du recomptage et que vous avez opté pour les bombes en Côte d'Ivoire

5-2-3 Epreuve de vérité : La fin du film sonnera très bientôt celle de la CPI pour inefficacité.

5-2-4 Côte d'Ivoire : la CPI élargit l'enquête et inclut la période allant de 2002 à 2010.

5-2-5 Dr BOGA Sako Gervais : La CPI expose au grand jour les insuffisances de l’Avocat de Gbagbo.

 



Tiré à part :

Législativesen Côte d'Ivoire: le Premier ministre a remis sa démission.  

IRIB- Le Premier ministre ivoirien Guillaume Soro a présenté jeudi la démission de son gouvernement au président Alassane Ouattara qui l'a acceptée, près de trois mois après les élections législatives de fin 2011, a-t-on appris de source officielle.
 "Ma qualité de député ne me permet plus d'occuper des fonctions dans le pouvoir exécutif. C'est pourquoi je décide de rendre ma démission ainsi que celle du gouvernement que j'ai dirigé", a déclaré M. Soro, lors d'une cérémonie retransmise à la télévision publique. "J'ai eu grand plaisir à travailler avec vous. J'ai eu aussi la chance d'avoir une équipe compétente et déterminée", a poursuivi M. Soro, élu dans la circonscription de Ferkéssédougou (nord), s'adressant à M. Ouattara. Cette démission du gouvernement intervient après la proclamation ce jeudi des résultats définitifs des législatives de décembre 2011, qui ont confirmé la victoire du parti du président Ouattara à ce scrutin, boycotté par le camp de l'ancien chef d'Etat Laurent Gbagbo.
09/03/2012

«Côte d’Ivoire : le coup d’Etat» Gbagbo raconte lui-même son 11 avril.

Précisions importantes : ce livre, riche en informations sur le coup d'Etat qui a été fomenté en Côte d'Ivoire mérité être lu.
Le Mosourpa, cependant, tient à préciser qu'il est en total désaccord avec la vision de l'auteur concernant sa vision sur le génocide des Tutsis au Rwanda.
Dommage pour l'unité et la cohésion du livre, ce qui n'enlève pas la pertinence de la plupart des passages du livre, ceux qui concernent la Côte d'Ivoire.
Il faut commander ce livre via votre libraire, si vous ne le trouvez pas en rayon.

 

«Côte d’Ivoire : le coup d’Etat».

Le livre est intitulé «Côte d’Ivoire : le coup d’Etat». Il est écrit par le journaliste d’investigation Charles Onana et préfacé par l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki. Et il apparaît d’ores et déjà comme un livre-événement, tant les révélations et les rappels utiles y sont foisonnants. Le livre contient également des documents et des courriers inédits que Charles Onana a réussi à se procurer, provenant notamment de ministres français. Déjà en vente en France, «Côte d’ivoire : le coup d’Etat» sera-t-il autorisé à la vente en Côte d’Ivoire ? Il faudrait pour cela que des libraires ou des distributeurs aient le courage de le commander… Le Nouveau Courrier publie ici des «bonnes feuilles» de ce livre. Il s’agit du témoignage du président Laurent Gbagbo, qu’il a pu faire parvenir à Charles Onana depuis sa réclusion, et qui va, à coup sûr, déranger des milieux internationaux très haut placés. Ses accusations contre l’armée française, qui a selon lui tiré sur de jeunes manifestants Ivoiriens pour les disperser ou les empêcher de rallier sa résidence, et qui a visiblement profité d’une conversation téléphonique pour le localiser dans la résidence et bombarder sa chambre, sont très claires. Elles montrent une petite partie de ce qu’il a à dire, et constituent une alerte pour tous les hommes de bonne volonté. En effet, le pouvoir Ouattara et la Sarkozie doivent absolument comprendre qu’une éventuelle élimination physique du témoin gênant de Korhogo serait lourde de conséquences pour la Côte d’Ivoire. A court, moyen et long terme.

Gbagbo raconte comment une bombe a atterri dans sa bibliothèque

«Ce sont les soldats français qui ont tout fait. Ils ont bombardé du 31 mars au 11 avril 2011. Il y a eu des bombardements sporadiques avec largage des bombes. Le ministre français de la Défense, Alain Juppé, avait manifesté le désir de parler avec moi. Mon conseiller Désiré Tagro était venu me dire que cette demande venait de monsieur Charles Millon, l’ancien ministre de la Défense du gouvernement Juppé en 1995. En fait, monsieur Millon avait été à l’université de Lyon avec moi. Tagro m’avait fait part de cette demande le 10 avril 2011 à mon réveil matinal. J’étais sur le point d’aller prendre ma douche lorsque Tagro m’a informé du souhait de monsieur Juppé. Quand j’ai fini de prendre ma douche, j’ai retrouvé Tagro qui m’attendait le téléphone à l’oreille. Il était encore en communication avec monsieur Millon. Soudain, une bombe explose sur le toit de ma chambre. Millon demande alors à Tagro ce qui se passe. Tagro lui répond qu’on est en train de vouloir tuer le président. Ceux qui ont largué cette bombe ont tout détruit dans la pièce. J’avais une collection de livres d’auteurs romains et grecs traduits en français que je conservais jalousement depuis quarante ans, tous ont brûlé. Ma bibliothèque constituée depuis l’époque où j’étais étudiant est partie en fumée en quelques minutes seulement.»

Gbagbo explique pourquoi il a demandé à l’armée ivoirienne de ne plus se battre

«Le 10 avril 2011, notre informateur au ministère de la Défense à Paris nous a dit que ce jour-là, c’était 6+3. C’est-à-dire 6 hélicoptères plus 3 autres. Il faut savoir qu’auparavant, c’était uniquement trois hélicoptères qui nous bombardaient. Les snipers étaient également postés sur le toit de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire. Qui est mitoyen à ma résidence. Leur rôle essentiel était de tirer sur les jeunes Ivoiriens qui manifestaient ou s’aventuraient à sortir à proximité de ma résidence. Ainsi, lorsqu’on m’apprend que les chars français sont à Cocody, le commandant des Forces spéciales, l’officier de frégate Boniface Konan, me fait parvenir un message disant qu’il ne peut plus combattre, car les soldats sont dispersés. Le message souligne que les chars et les hélicoptères français ne cessent de tirer sur les soldats ivoiriens. Le 10 avril, j’ai dit à Konan qu’il devait cesser les combats pour ne pas faire tuer les soldats. Je ne pouvais accepter de voir mourir inutilement les dignes fils de mon pays face à des gens qui voulaient uniquement ma tête. J’ai demandé qu’on me laisse attendre sereinement le dénouement à la Résidence. Les soldats voulaient me mettre à l’abri. Mais je leur ai dit que je n’étais pas militaire mais chef de l’Etat. Ce qui m’importait le plus, c’était leur sécurité et non pas la mienne devant le feu français. A ce moment, Konan me dit la gorge serrée : «Monsieur le président, les Français ont tout détruit».

Gbagbo : «Ce sont les soldats français qui filmaient ma capture

«En fait, les Français ont encerclé la résidence et au lieu d’achever leur mission, c’est-à-dire de venir me prendre eux-mêmes, ils ont plutôt envoyé les rebelles me prendre. Je tiens tout de même à préciser qu’ils ont envoyé les rebelles m’arrêter devant les caméras. Toutes les images que vous avez reçues sont les images des soldats français. Ce sont les soldats français qui filmaient ma capture. Ils tournaient avec des caméras à la résidence et à l’hôtel du Golf. Plus tard, ils ont fait venir des journalistes français pour d’autres images de moi. Il n’y avait pas de journalistes africains tournant les images au moment de mon arrestation.»

La tentative de «corruption» de l’administration Obama

«Un sous-secrétaire d’Etat américain m’a téléphoné et m’a parlé pendant au moins une heure. Il me disait que si je partais du pouvoir, je ne serais pas poursuivi, je pourrais m’exiler avec soixante-quatre personnes de mon entourage et que tous seraient pris en charge. Quant à moi, je serais logé, nourri et blanchi, j’aurais un travail et des revenus équivalant à 2 millions de dollars, etc. Cette conversation ou plutôt ce monologue était surréaliste.

Il y avait un tel décalage entre ce que disait ce monsieur et la réalité que je vivais avec le peuple ivoirien que son discours était indigeste. J’ai finalement raccroché, fatigué de l’entendre pérorer sur les propositions qui m’attendaient si j’acceptais de quitter le pouvoir. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose d’étrange dans ce discours. Quel était le sujet ? A mon avis, c’était le résultat des élections présidentielles. Ils ont tous prétendu que j’avais perdu les élections présidentielles mais le Conseil constitutionnel de mon pays a dit le contraire. J’ai demandé de recompter les voix, ils ont refusé. J’ai même proposé une commission d’enquête indépendante internationale pour examiner les faits. On a refusé. Pourtant, les données sont simples. S’il est prouvé que j’ai perdu les élections, je m’incline sans autre forme de discussion. Si j’ai gagné, je suis disposé à faire des concessions politiques pour créer un climat d’apaisement et de paix dans tout le pays. Mais pourquoi s’obstine-t-on à me faire des propositions absurdes ? Pourquoi cherche-t-on à me corrompre et à me menacer si on est convaincu que j’ai perdu les élections ?

Peu après ce coup de téléphone étrange, mes conseillers me disent qu’Hillary Clinton cherche à me joindre au téléphone. Je refuse de prendre la communication car je suis convaincu que je vais encore passer un moment à entendre à nouveau les mêmes propositions. Elle m’a finalement adressé un message pour me proposer je ne sais quoi. Je n’ai même pas ouvert l’enveloppe. Après Hillary Clinton, le président Obama m’a directement appelé à son tour. Une fois de plus, j’ai refusé de prendre la communication. Je ne voulais plus écouter ni entendre les discours ennuyeux et les propositions ubuesques qu’ils infligeaient à mes oreilles.»

24/11/2011

Le Nouveau Courrier-



Lybie -Côte- d'ivoire : Quand l'Occident décime les peuples au nom de la démocratie.  

Après la Lybie, la France intervient en Côte d'Ivoire.  On pourrait tout autant dire qu'avant la Lybie, la France était intervenue en Côte d'Ivoire, tant l'ingérence et l'intervention militaire de la France  ont été chroniques dans ce pays depuis son indépendance. En 2004, les troupes françaises avaient ouverts le feu sur la foule à Abidjan, faisant  90 morts et 2000  blessés.

Les deux interventions militaires, en Lybie et Côte d'Ivoire,  ont des points communs.

Tout d'abord la recherche de la  couverture  du Conseil de Sécurité de l'ONU pour légaliser  une ingérence flagrante dans les affaires d’un autre Etat. Pour ce qui est de la Côte d’Ivoire, les forces de l’ONU n’ont été, d’évidence, qu’un paravent à l’intervention des forces françaises. Pourl a Lybie, on sait comment la résolution1973 a été manipulée et  violée, sans qu'une réelle opposition à  cela puisse s'imposer au sein du Conseil de sécurité.

LE CONSEIL DE L'INSECURITE

Du fait de la répétition de ces pratiques, le Conseil de sécurité apparaît aujourd'hui comme l'organe d'une sorte de dictature mondiale à travers une alliance des principales puissances militaires occidentales, USA, Angleterre, France. Ces trois puissances  sont, en général partantes pour toutes les interventions militaires.

La Chine et la Russie, en pleine transition industrielle, n'ont d'évidence pas les moyens actuellement de s'opposer à cette domination. Elles réservent apparemment l'utilisation de leur droit de veto aux situations où leurs intérêts vitaux sont directement touchés, ce qu’évite d’ailleurs de faire les puissances occidentales.

Il s'agit d'une dictature, car la "Communauté internationale" à laquelle on se réfère, et qui est supposée fournir la justification morale à ces interventions, n'a jamais été aussi absente et silencieuse au sein de l'ONU. L'Assemblée générale de l'ONU, qui en est l’expression, ne joue plus le rôle de relais de l'opinion mondiale, qu’elle remplissait auparavant, quand elle avait par exemples condamné l'apartheid ou défini le sionisme comme une forme de racisme. Le rôle du Secrétaire général de l'ONU  semble, lui aussi,  se réduire de plus en plus à celui d’un employé docile et effacé du Conseil de Sécurité, qui sert par sa présence d'alibi dans les conférences internationales, et qui n'ose même pas s'inquiéter de la bonne application et du respect des résolutions du Conseil de Sécurité.

Le Tribunal pénal international(TPI), conçu au départ comme un des instruments de la démocratie internationale, est peu à peu détourné, instrumentalisé au service d'une dictature internationale, selon le "deux poids, deux mesures". Les dirigeants occidentaux et pro-occidentaux  y bénéficient de l'immunité. Les morts civils des bombardements des forces militaires occidentales, sont des "bavures "ou des "dommages collatéraux", tandis que ceux causés par l'adversaire, ou attribués à lui, sont des "crimes contre l'humanité". Pour la Lybie et la Côte d'Ivoire, il est intéressant de voir comment la menace du TPI est brandie ou retirée selon l'objectif, qu'on veuille écraser et humilier un dirigeant, ou lui laisser entrevoir une porte de sortie.

INGERENCE ET GUERRES CIVILES

Un autre point commun à la situation en Lybie et en Côte d’Ivoire, est que l’intervention militaire étrangère y déclenche ou y nourrit une guerre civile. Celle-ci,  comme son nom l'indique, est la plus coûteuse  en vies civiles, alors que l'objectif proclamé au départ de l’intervention  est de protéger les populations. En Lybie, comme en Côte d'ivoire, les interventions se sont vite transformées en ingérence caractérisée au profit toujours d'un camp, celui jugé pro-occidental par rapport à l'autre. L'ingérence fausse le jeu des rapports de force internes à une société et rend toujours plus difficile la recherche du compromis et le dialogue entre les forces nationales d'un pays.

En Lybie, c'est une insurrection, déclenchée dans des conditions obscures, qui a fourni le prétexte à l'intervention puis carrément à l'ingérence. Du coup, les véritables données sur la situation en Lybie, s'en sont trouvés brouillées et l'intervention du peuple libyen paralysé. Celui ci  apparaît d'ailleurs étrangement absent et silencieux comme s'il était seulement l'enjeu passif des combats. Chaque camp peut alors revendiquer le soutien du peuple sans que rien ne permette de contrôler la véracité de ce qui est  proclamé. Que l'intervention ait eu pour objectif de déclencher un affrontement interne, ou qu'il en soit la conséquence, le résultat est le même: la guerre civile est installée et elle nourrit  à son tour l'ingérence, dans une situation où on ne peut plus alors distinguer les effets des causes. C'était déjà  la situation en Irak et en Afghanistan, cela risque de devenir celle de la Lybie et de la Côte-D’ivoire. La haine diffusée dans la société par la guerre civile rend alors le pays qui en est victime  fragile et vulnérable  pour longtemps.

En Côte d'Ivoire, c'est le non respect du résultat des élections présidentielles qui a été la raison proclamée de l'ingérence. Mais là, c'est l'ingérence qui a précédé l'intervention militaire violente  actuelle, bien que la présence de troupes officiellement sous le contrôle de l'ONU (mais dont l'action dépend  en réalité opérationnellement de celle des troupes françaises) soit plus ancienne. C'est donc déjà la preuve que l'ingérence peut aggraver les problèmes jusqu'à provoquer et justifier à la fois une intervention militaire. Un engrenage s’installe alors où l’intervention a alimenté la guerre civile en Côte d'Ivoire, alors, qu’à l'origine, elle était supposée vouloir l'empêcher.

Pour le résultat des élections, dans les deux cas, que ce soit celui du comptage dela Commissionde l'ONU en faveur de Ouattara ou celui du Conseil constitutionnel ivoirien en faveur de Gbagbo, le nombre de voix était proche et indiquait une population électorale répartie en deux camps d'une importance à peu près égale. Dans de telles conditions, la pression faite parla Francesur Ouattara pour qu'il agisse militairement, puis l'intervention militaire française en sa faveur  ne peuvent  que pousser à la guerre civile, être un drame   pour la société Ivoirienne, et fausser  les équilibres en son sein, tels qu'ils ont été révélés par les élections. Il faut rapprocher cette fébrilité et cette impatience du Gouvernement français à intervenir, de l'attitude et de la  patience de l'Union africaine à rechercher une solution pacifique.

L'AVEU

C'est prendre les gens pour des imbéciles que d’ affirmer, comme le fait le ministre des affaires étrangère français, Alain Juppé, que c'est Ouattara qui est allé à l'assaut de la résidence de Gbagbo ou que c'est l'ONU qui a réquisitionné l'intervention des troupes françaises. Il est en effet clair que sans la présence des troupes françaises Ouattara ne serait d'aucune efficacité militaire, ni ne penserait probablement même à agir militairement. De leur côté, les troupes de l'ONU apparaissent peu motivées pour agir, preuve en est d'ailleurs l'intervention française. On retrouve à peu près la même situation en Lybie ou l'action de l'insurrection se révèle de plus en plus être totalement dépendante de l'intervention étrangère.

Dans les deux cas, en Lybie, comme en Côte d'Ivoire, les forces étrangères, et leurs alliés locaux, reprochent aux troupes d’El Gueddafi comme à celle de Gbagbo "d'utiliser les populations civiles comme bouclier humains". On fait appel ainsi à des valeurs chevaleresques contre un adversaire qu'on attaque sans risques, du haut du ciel, par hélicoptère en Côte d'ivoire, et par avions de chasse et missiles en Lybie,  et qu'on préférerait évidemment  avoir à sa merci, en rase campagne. Les medias, désormais simples instruments de propagande, matraquent de tels arguments. Elles oublient un simple détail, c'est qu'El Gueddafi et Gbagbo sont eux dans leur pays, quoi qu'on puisse penser d'eux. Comment peut-on s'arroger le droit d'occuper le pays des autres. Et pourquoi ce droit est-il celui de certains pays, toujours les mêmes.

En tout cas, face à l'intervention étrangère, Gbagbo comme El Gueddafi, auront réussi à donner à leur action le sens d'un  acte de résistance nationale. Les deux hommes, dans des contextes différents, font preuve d'une fierté et d'un courage physique qui deviennent eux mêmes un élément du rapport de forces et qui ne semblent pas avoir été prévus par les forces d'intervention. Les déclarations du ministre des affaires étrangères français exigeant de Laurent Gbagbo l'humiliation de  signer un document reconnaissant la victoire de Ouattara, et déclarant le  7 mars qu'il ne tardera pas dans quelques heures à se rendre,  trahissent des relents de mépris colonial et éclaircissent, mieux que toute analyse, l'esprit réel et les buts cachés de l'intervention. La France a voulu essayer de sauver les apparences en déclarant qu'elle n'interviendrait pas dans l'assaut final contre Gbagbo. Il a bien fallu qu'elle le fasse, révélant du même coup qu'Ouattara n'était rien sans elle. L'insistance des autorités françaises à dire qu'elles n'ont pas procédé, elles, à l'arrestation de Gbagbo, est significative. Elle trahit la crainte d'une réaction de l'opinion ivoirienne. C'est donc  l'aveu  même du caractère immoral de l'intervention militaire.

Laurent Gbagbo, par  sa résistance acharnée et têtue, malgré l'énorme déséquilibre du rapport de forces militaires, aura eu un mérite: celui de mettre à nu à la fois  les véritables objectifs de l'ingérence et ses conséquences prévisibles sur l'indépendance de son pays. Du même coup, cette résistance entre dans l'Histoire de la Côte d'Ivoire. La victoire française n'aura rien réglé. C'est une victoire àla Pyrrhus. Elle n'aura d'autre résultat que de ternir l'image del a France  en Côte d'Ivoire et en Afrique et d'unifier toujours plus les Ivoiriens dans leur longue lutte nationale. Elle rendra très difficile à l'ex Directeur général adjoint du FMI, Mr Ouattara la gestion du pays, faute d'autorité morale. Elle risque alors, comme pour certains de  ces prédécesseurs de la "Françafrique", de le  pousser, quels que soient ses intentions, vers une dictature. Tout sera alors à refaire.

AU NOM DELA DEMOCRATIE                       

Le troisième point, et non le moindre, commun aux interventions en Côte d'Ivoire et en Lybie, est  qu'elles se font au nom de la démocratie. En Lybie, c'est l'absence de démocratie, en Côte d'Ivoire c'est le non respect du résultat du suffrage populaire, qui en ont été les justifications. Démocratie que de crimes, on commet en ton nom…

On pourrait penser que c'est un progrès si l'ingérence se réclame désormais de la défense de la démocratie. Certes, dans un certains sens, et c'est déjà le signe d'un changement d'époque. En effet, les interventions militaires se faisaient naguère pour sauver des régimes dictatoriaux et corrompus en Afrique. Par exemple, les interventions françaises au Gabon en 1964, au Zaïre, pour sauver le dictateur Mobutu en 1978 et 1996, au Tchad en 1983, au Rwanda en 1994.  Mais à y regarder de prés, on peut se demander si ce n'est pas seulement une opération visant à mieux vendre le même produit. Ouattara est désormais pour toujours un président installé par l'étranger, et qui plus est par l'ancienne (et toujours présente) puissance coloniale. Les insurgés libyens ne pourront jamais légitimer leur recours à l'étranger par l'objectif atteint du renversement ou de l'éviction  de El Gueddafi, au cas où cela se fait. On ne fait pas faire sa révolution par les autres. Dans les deux cas, ceux qui auront eu recours à de tels moyens, n'auront donné au mieux à eux et à leurs peuples que de nouveaux maîtres.

Ceci rappelle l'illusion, au début du 20eme siècle, d'une certaine bourgeoisie éclairée arabe au Moyen Orient, fascinée par l'Occident, qui croyait que celui ci allait la libérer de la domination turque et lui apporter la démocratie. On sait ce qu'il en advint. De même, aujourd'hui, aussi bien au Machrek qu'au Maghreb, qu'en Afrique, ceux qui attendent  de l'intervention militaire occidentale, qu'elle leur apporte la démocratie, ressemblent comme une goutte d'eau, par une sorte de filiation historique, à ceux qui attendaient du colonialisme la modernité et la civilisation. On ne peut dominer une société sans avoir des relais en son sein. Ceux qui avaient servi de relais au colonialisme y voyaient des aspects positifs, leur descendance, génétique ou spirituelle, voient aujourd'hui  dans l'ingérence étrangère des aspects positifs  pour la démocratie.

Au fond, l'Histoire se répète toujours et en même temps ne se répète jamais, car on retrouve à chaque fois les mêmes questions mais dans un contexte toujours différent. Les rapports entre la question de la démocratie et la question nationale ont toujours été étroits En 1789, en France, l'idée de la démocratie a été inséparable de celle de la nation. De même, pour la naissance de la nation américaine. En Algérie, pendant longtemps le mouvement national a cru qu'il pourrait obtenir l'indépendance pacifiquement, par la démocratie. C'est en fait, la France qui a créé, en Algérie, la méthode de manipulation du résultat des urnes, avec ce qu'on a appelé les élections à la Naegele (socialiste français, gouverneur de l'Algérie de 1948 à 1951,  resté célèbre pour son organisation de la fraude électorale massive). Peu après éclatait  la révolution armée et la démocratie a été sacrifiée aux nécessités de la libération nationale. C'est peut être là l'une des raisons de la sous-estimation de la démocratie au profit du nationalisme longtemps après l'indépendance.

L'Histoire donc se répète dans le sens où aujourd'hui l'ingérence étrangère, loin de faciliter la transition démocratique au contraire la bloque, en obligeant les peuples agressés à mobiliser leurs forces pour obtenir ou défendre en priorité  leur indépendance. Peut être est ce là le but des ingérences et des interventions militaires, celui d'empêcher une véritable démocratie.

On en vient ainsi à une question particulièrement intéressante, qui mériterait réflexion.  Comment s'est diffusée la démocratie dans les nations européennes. Pourquoi les nations européennes, à part la tentative d'exporter la révolution française par Napoléon qui s'est soldé par un désastre, n'ont-elles jamais connu depuis  de situation où une force étrangère vient régler par les armes un conflit concernant l'application des règles de la démocratie. Pourtant ces conflits sont inhérents à la vie démocratique. Il n'y a pas si longtemps, par exemple, lors de sa première élection, le président Gorges. W. Bush a, c'est connu, été "très mal" élu. Pourtant tout le monde aux Etats unis a accepté la décision de la Cour suprême. La cohésion nationale a  été jugée par tous plus importante que le différend autour du résultat des élections. Pourquoi la décision de la Cour constitutionnelle, en faveur de Gbagbo  en Côte d'Ivoire n'aurait-elle pas du avoir la même autorité. Certes, on peut douter, et à raison,  de son impartialité. Mais Gbagbo, de son côté, pouvait estimer lui aussi  à juste titre, que la présence des forces françaises faussait le résultat des élections et que  l'ONU et la France étaient à la fois juges et parties.

Que ce soit sous la forme du soutien apporté aux régimes antidémocratiques et corrompus, ou de l'intervention militaire au nom de la démocratie, l'ingérence occidentale peut être légitimement soupçonnée de viser depuis toujours  les mêmes buts, puisqu' elle aboutit au même résultat: celui de paralyser les capacités internes de chaque société à régler ses conflits et donc de les exacerber suivant le vieux principe de "diviser pour régner".

A la fin des années 1980, en même temps que basculait le rapport de forces dans le monde au profit des principales puissances occidentales, le "droit d'ingérence" a été brandi comme un devoir des nations les plus fortes. Atténué au départ par le mot  "humanitaire", il a fini par produire "des bombardements humanitaires". Qualifié au départ de "devoir d'ingérence", il est devenu peu à peu, par glissement successifs, un "droit d'ingérence" tout court avec comme mission nouvelle d'exporter  la démocratie. Le bilan de ce droit d'ingérence est très lourd en termes de souffrances pour les peuples et de tensions internationales. Les faits sont là: il n'a été qu'un instrument pour servir des desseins de domination. Il n'a nulle part aidé à la démocratie, aussi bien au niveau des rapports internationaux qu'au niveau national.

Le Quotidien d'Oran



1 Médias

Vidéo qui permet de nuancer le noir et le blanc ...
Les Mercenaires de Kadhafi et la Division de l'Afrique

Pourquoi il faut se méfier des informations qu'on nous impose et qu'on ne peut soumettre au contrepoids d'une critique.

12, 2012
< http://www.youtube.com/watch?v=acEedYLMZLc&feature=player_embedded#! >


Côte d'Ivoire occupé :

CPI / Le maire de la Haye en soutien à Laurent Gbagbo.

 Qui a déjà vu un "dictateur" aimé, au point qu'une foule de gens viendraient le soutenir ??? Alors, soit tout ce monde (très nombreux) se fait "rouler dans la farine", soit, ce serait donc un... (bon) Président ??? Apprécié et aimé ??? Mais alors..!!!

 Selon des confidences, le maire de la commune de la Haye serait très content de Laurent GBAGBO. Depuis l’arrivée de cet homme que ses détracteurs présentent comme un dictateur, « le monde entier bouge en sa faveur ». De même, toutes les activités de la ville marchent, ce qui donne des bénéfices substantiels à la ville.
Et selon ce qui nous revient, le maire, bien content entendrait donner 1% des bénéfices de la commune par jour aux avocats de Laurent Gbagbo. Un avocat de la « Dominik Stann » viendrait le défendre bénévolement. Les « blackokus américains », des juifs et ceux de présidents (un africain et un sud américain) auraient mobilisé un montant important pour le Président Gbagbo, qui selon les nouvelles de la Haye et d’Europe, est l’homme le plus populaire au monde : « tous les livres qu’il a écrits sont les plus vendus en France et partout dans le monde », confirme-t-on. Voilà comment les événements se tournent en faveur du prisonnier de Ouattara et de Nicolas Sarkozy à la CPI.
Rosine Manso

 Paru dans "Le Temps"

Mardi 3 Janvier 2012

 (repris par le Nouvel Obs :
http://unevingtaine.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/01/03/cpi-le-maire-de-la-haye-en-soutien-a-laurent-gbagbo.html



2 Politique 

GOUVERNANCE DE OUATTARA: AUTANT EN EMPORTE LA BETISE

Adama Toungara

Alors que les populations ivoiriennes sont encore en proie à des délestages dans plusieurs zones du pays, le gouvernement d'Alassane Ouattara, par la voix de son ministre de l'Énergie Adama Toungara, se joue de la souffrance des Ivoiriens.

Dans une récente déclaration, ce dernier a tenté de justifier les jours durs qui attendent les Ivoiriens et, par la même occasion, à dédouaner son mentor de toute responsabilité, le présentant plutôt comme « Super Ouattara », l'homme qui, en moins d'un an, a fait de la Côte d'Ivoire un havre de paix, de joie et de bonheur parfait.

A bien comprendre le ministre, la population ivoirienne devrait même se réjouir des délestages qu'elle subit. Et pour cause : ils sont la preuve que le grand docteur ès-sciences économiques travaille. En fait, il travaille tellement bien, depuis son arrivée au pouvoir, que la Côte d'Ivoire totalise, en moins d'un an, près de 6000 milliards de francs CFA de dettes, alors que le point d'achèvement de l'initiative PPTE est censé conduire à l'effacement de 6500 milliards sur un total de 10 000 milliards de francs CFA de dettes.

Ouattara creuse donc un trou pour en boucher un autre, là où son prédécesseur, Laurent Gbagbo, avait fait des mains et des pieds pour que la Côte d'Ivoire puisse, chaque année et pendant huit ans, repayer régulièrement sa dette. La croissance qui, en 2000, était de -3%, est passée à 4% en 2010. Cependant, moins d'un an après l'accession au pouvoir de Ouattara, le taux de croissance de la Côte d'Ivoire a chuté à -5,8%, contrairement au 10% annoncé.

La pauvreté n'a donc jamais été aussi forte et le désespoir si grand pour les Ivoiriens. A ce jour, de nombreux salariés n'ont toujours pas touché leur paie quand beaucoup d'autres s'attendent déjà à n'avoir que la moitié de leur salaire. Chômage, insécurité, cherté de la vie, baisse du pouvoir d'achat, licenciement massif : voilà le fruit du travail de Ouattara.

Par quel mécanisme le ministre Toungara peut-il donc affirmer que tout va tellement bien, que « les familles ont acheté des réfrigérateurs et des congélateurs partout », afin de justifier les coupures intempestives d'électricité ? C'est intolérable et révoltant ! Par quel miracle compte-t-il trouver les 200 milliards de francs CFA qu'il a pompeusement annoncés le 2 mars 2011 sans creuser encore plus profondément le fossé de l'endettement ? Personne ne devrait pouvoir se cacher derrière l'ignorance et les faux-semblants. Le régime de Ouattara expose chaque jour son incompétence, l'immoralité de ses choix politiques et se moque du peuple et de sa conscience.

Cette déclaration serait risible si la situation n'était pas aussi dramatique. Quel est le fondement d'une telle explication, au moment où le prix des carburants flambent dans le Nord du pays, qu'il ne se passe pas un seul jour sans que les FRCI n'agressent ou n'assassinent de pauvres civils innocents, que le prix des denrées alimentaires est passé du simple au double et que les travailleurs sont victimes de la politique de « rattrapage ethnique » chère à Ouattara ?

Il faudrait peut-être se demander si le ministre ne fait pas allusion aux pillages de masse commis par les hordes de rebelles et de mercenaires venus du Nord du pays pour installer Alassane Ouattara au pouvoir. Mais dans ce cas, le terme qu'il devrait plutôt employer serait « vol et recel de bien volé »...

Faut-il pour autant être étonné de ce cynisme ? Probablement non. Le ministre Toungara lui-même avoue que Ouattara avait « prévenu de ce qu'il ferait du pays lorsqu'il arriverait au pouvoir ». Mais ce cynisme dénote aussi de la fébrilité et de la perte complète de contrôle des affaires du pays par Ouattara. Quand, à cause de simples rumeurs d'augmentation des tarifs du transport en autobus, le directeur général de la SOTRA parle « d'incitation à l'insurrection », c'est que ce régime est loin de baigner dans la sérénité. Par ses ridicules sorties médiatiques, le gouvernement Ouattara tente alors de maquiller la réalité et de détourner l'attention du peuple des vrais problèmes.

Pendant combien de temps les Ivoiriens supporteront-ils ces humiliations et ces souffrances? Il est grand temps que Ouattara commence à se préoccuper des difficultés qui s'accumulent en Côte d'Ivoire. Sinon, le peuple ne tardera pas à lui retirer totalement sa confiance, si ce n'est déjà fait.

D'évidence, Alassane Ouattara est incapable de gérer la Côte d'Ivoire. Lui qui pensait que ses amis occidentaux le couvriraient d'argent, se retrouve aujourd'hui, au pied du mur. Son gouvernement, dans l'intérêt général, gagnerait à engager un dialogue franc avec l'opposition qui chaque jour se bat pour qu'un contre-pouvoir crédible équilibre la vie politique de la nation.

Tant qu'il continuera d'ignorer les appels au retour à des valeurs démocratiques et au respect de la Constitution, Alassane Ouattara continuera tout seul à conduire tout un pays dans l'abîme. Parce que, quand les lois ne règnent pas, ce sont les hommes qui le font. Et la communauté internationale qui l'a porté au pouvoir, commence déjà à se poser de sérieuses questions...

L'homme est donc condamné à cohabiter avec l'opposition. C'est ce qu'il y a de mieux à faire pour lui et pour la Côte d'Ivoire.

Adama Toungara

Mohamed Radwan est un chercheur et analyste politique ivoirien.

Source: PENSEES NOIRES.INFO

http://regardscroises.ivoire-blog.com/


3Sur le terrain

Maître Emmanuel Altit, avocat de Gbagbo : « Voici les batailles judiciaires à venir » (exclusif).

 Dans cette interview exclusive accordée au Nouveau Courrier, Maître Emmanuel Altit explique les batailles judiciaires à venir, évoque l’aide que peuvent apporter les Ivoiriens, annonce qu’il va faire une demande de liberté provisoire pour son client. Et raconte un homme qui a souffert, qui est physiquement éprouvé mais intellectuellement combatif.

L’opinion ivoirienne est surprise de la durée qu’il y a entre la première et la deuxième audience du procès du président Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale. Quelle est la justification technique d’un tel délai ? Pourquoi ne l’avez-vous pas contesté ?

Non. Loin de là ! C’est excellent pour nous parce que ça nous donne du temps. Comprenez bien que le procureur est en train de constituer un dossier et mène des enquêtes depuis extrêmement longtemps, et nous avons besoin, nous aussi, de temps. Par conséquent, plus la durée entre l’audience de première comparution, celle d’aujourd’hui, qui est en quelque sorte le coup d’envoi de la partie et l’audience de la confirmation des charges, qui est le moment où seront discutées les accusations, est longue, plus nous avons l’occasion de mener des enquêtes et de constituer notre propre dossier de manière à faire reculer ensuite le procureur.

Maintenant, est-ce que ce n’est pas une période trop longue durant laquelle le président va rester ici à La Haye ? Ma réponse est que cela n’a rien à voir. Nous pouvons demander, et nous allons demander sa liberté provisoire bientôt ! Il n’y a pas de lien direct entre la date de l’audience de confirmation des charges et notre demande de mise en liberté.

 

Quel est le statut du président Gbagbo ? Est-il inculpé ?

Non, il n’est pas inculpé. Il n’y a même pas d’accusation au sens strict du terme. Le procureur mène l’enquête en Côte d’Ivoire. Il a considéré que certains pouvaient, de son point de vue de procureur, être soupçonnés d’avoir eu un rôle. Pour les raisons que vous connaissez, il a décidé d’accuser le président Gbagbo. Pour se faire, il a demandé à la Chambre préliminaire de la Cour pénale internationale de l’autoriser à délivrer un mandat d’arrêt contre le président Gbagbo. Maintenant, pour plaider ce mandat d’arrêt, il a pu donner à la Chambre préliminaire des éléments. Mais ces éléments n’ont pas de valeur autre que celle de la parole d’un procureur. Ce ne sont que des allégations, ce ne sont pas des accusations. Il n’y aura des accusations que lors de l’audience de confirmation des charges. Le procureur déposera un acte d’accusation que nous discuterons et que nous essaierons de réduire à néant. En fonction de la manière dont seront discutées les accusations, peut-être qu’il n’en restera plus rien. Jusque-là il n’y a ni accusation, encore moins inculpation. Nous ne sommes pas dans une procédure où le juge peut inculper. Mais dans ce cas de figure, ce sont des parties qui font le procès. Il y a l’avocat de l’accusation – le terme est plus exact que procureur – et l’avocat de la défense. Ce sont ces parties qui font le procès, les juges prenant acte et vérifiant que les formes sont respectées.

Le président Gbagbo est donc dans une forme de détention provisoire. Mais en général, dans les droits nationaux, la mise en détention provisoire n’est pas aussi longue…

C’est pour cette raison que nous allons demander sa mise en liberté provisoire bien avant juin 2012.

Le procureur prétend que le fait qu’il soit en liberté peut entraver la justice…

Le procureur dit ce qu’il a envie de dire. Moi je dirai autre chose, et les juges décideront.

On a la vague impression que vous n’aurez pas accès au dossier avant juin 2012…

Non. Ce n’est pas comme cela que ça se passe. Le procureur a obligation légale de nous transmettre tous les éléments en sa possession le plus vite possible.

Dès demain, alors ?

Oui, dès demain, absolument. S’il ne le fait pas, nous utiliserons cette éventuelle erreur contre lui.

Est-ce qu’il pourra mettre de nouveaux éléments dans son dossier ?

Oui, il continuera de mener son enquête, je mènerai la mienne. Et lors de l’audience de confirmation des charges, on confrontera. Pour l’instant, nous n’avons pas beaucoup d’enquêteurs à notre disposition pour des questions de moyens. Nous espérons en avoir plus à l’avenir. L’accusation en a beaucoup plus que moi. En plus des enquêteurs officiels, ils disposent de moyens dont je ne dispose pas. Notamment l’aide des autorités ivoiriennes et des grandes puissances.

Avez-vous besoin d’aide ? Est-ce que des citoyens ivoiriens peuvent participer ? Avez-vous des besoins ?

Oui, nous avons des besoins très importants. Notamment financiers, pour payer les gens qui travaillent. Les citoyens ivoiriens peuvent donner, et sont bienvenus. C’est une question de justice. Il s’agit de dire quelle est et quelle a été la réalité de la situation en Côte d’Ivoire.

Vous avez eu le président Gbagbo. Vous l’avez eu longuement. Il a expliqué qu’il n’a pas été très bien traité. Les Ivoiriens sont inquiets pour sa santé.

Je peux les rassurer. Depuis son arrivée à La Haye, il est suivi médicalement, nourri de manière tout à fait correcte, et ses conditions de détention sont acceptables. Il est vrai que pendant sept mois, il a été traité d’une manière qui ne correspond pas à la manière dont doit être traité un président, ou un ancien président. Nous pensons qu’il va pouvoir récupérer. Je peux vous rassurer et rassurer les Ivoiriens . Intellectuellement, il est toujours le même. C’est un homme qui s’est toujours battu et qui va une fois de plus se battre pour faire prévaloir la vérité.

Est-ce qu’il peut s’informer, regarder la télévision, aller sur Internet ?

Oui, il peut regarder la télévision. Pour Internet, je ne peux pas vous le dire. 

Propos recueillis par Théophile Kouamouo

http://www.nouveaucourrier.info/2011/12/06/maitre-emmanuel-altit-avocat-de-gbagbo-voici-les-batailles-judiciaires-a-venir-exclusif/

http://mosourpa.hautetfort.com/index-1.html


Côte d’Ivoire : le parti de Gbagbo récuse la CNE.  

Le parti de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo récuse par avance les conclusions de la commission nationale d’enquête (CNE), mise en place au lendemain de la crise post-électorale en Côte d’ivoire par le nouveau régime.
« Le FPI tient à dénoncer publiquement la commission d’enquête nationale non inclusive et ne saurait nullement se reconnaître dans le rapport qui en sortira » affirme le porte-parole du Front populaire ivoirien (FPI), Laurent Akoun., dans un communiqué transmis mardi à la presse.Le gouvernement a créé, en août 2011, une commission nationale d’enquête afin de mener des opérations d’enquête et de collecte des témoignages, documents et tous actes susceptibles de documenter les crimes présumés avoir été commis dans le cadre de la crise postélectorale, entre le 31 octobre 2010 et le 15 mai 2011.

IRIB



4 Confection d'un gouvernement....

FORMATION D'UN NOUVEAU GOUVERNEMENT: LE FPI N'EST PAS INTERESSE

C'est une réponse qui coupe court au débat. Le ministre Michel Amani N'Guessan que nous avons joint hier au téléphone pour avoir des précisions sur la position  du FPI relative à une probable entrée dans le tout prochain gouvernement, s'est dit surpris par cette information.

Qualifiant de manipulation la nouvelle de l'entrée de son parti dans un gouvernement sous le régime de Ouattara. « Non seulement le FPI n'a jamais été contacté pour faire partie d'un quelconque gouvernement, mais il  n'est pas demandeur. D'ailleurs, qui vous dit que notre parti est intéressé par cette histoire de gouvernement ? », s'est-il interrogé avant de relever que le problème du FPI se trouve ailleurs.

Le souci majeur du FPI en ce moment est la condition à laquelle le FPI  affirme lui tenir principalement à cœur est la libération sans condition de Laurent Gbagbo et de tous ceux qui sont actuellement détenus dans les geôles du Nord pour leur accointance avec  Laurent Gbagbo. Pour rappel, le FPI avait  condamné l'attitude du gouvernement qui, malgré la pertinence des questions qu'il avait soulevées lors des premières discussions entre les deux parties, avait refusé d'entendre raison. « Il ne faut pas fuir le dialogue républicain qui, à notre sens, permettra d'examiner entre autres, les difficultés du pays relatives à la sécurité  à la réconciliation dont l'une des conditions reste la libération de Laurent Gbagbo et de tous ses proches illégalement détenus».

Pour Laurent Akoun, la position du FPI n'a pas bougé d'un iota parce que le pouvoir n'a pas apporté un début de solution aux problèmes qu'il avait  posée au Chef de l'Etat. « Nous prendrons part aux activités gouvernementales si les difficultés évoquées à l'intention du pouvoir sont un tant soit peu résolues. Tant que les conditions d'une sécurité auxquelles nous joignons d'ailleurs d'autres conditions indispensables à la reconstruction post-crise, ne sont pas réunies, il n'est pas question de faire légitimer ce régime ». Et Laurent Akoun de conclure que son parti a engagé des négociations avec le pouvoir. « Nous avons engagé des négociations avec le gouvernement et notre décision dépendra de l'issue de ces nouvelles discussions républicaines ».
Simplice Zahui, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 164 du jeudi 8 mars 2012.

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5  Politique internationale

Les grandes manœuvres

Cour pénale internationale

5-1 CPI, UN TRIBUNAL HAUTEMENT POLITIQUE.

Le monde entier se mord aujourd'hui les doigts sur l'orientation donnée au fonctionnement de la Cour pénale internationale par les Occidentaux.  Créée avec pour objectif précis de juger les personnes accusées de génocide, de crime de guerre ou de crime contre l'humanité, elle est devenue un instrument hautement politique utilisé par les Etats-Unis et la France contre les chefs d'Etat qui refusent de leur faire allégeance.

Sur les 120 pays qui ont ratifié le statut de Rome, seulement, ces deux pays dont l'un, (les Etats-Unis) n'a pas ratifié ledit traité,  font de  cette juridiction internationale leur chasse gardée. Ils s'en servent abondamment pour régler les comptes politiques à certains de leurs ennemis. La déportation de Laurent Gbagbo à la Haye le 29 novembre 2011, en est une parfaite illustration. Il a fallu que ces deux pays qui ne veulent pas le voir au pouvoir fassent pression sur le procureur Ocampo pour qu'il agisse dans la précipitation et procède à l'enlèvement de l'ex-Président de la République. Nicolas Sarkozy et Barack Obama en ont fait leur affaire personnelle parce que Laurent Gbagbo n'est pas celui qui sacrifie les intérêts de son peuple sur l'autel de l'égoïsme économique de l'étranger.

On l'a vu, avant d'envoyer ses hommes chercher le  célèbre prisonnier  à Korhogo, Ocampo a fait des tours aux Etats-Unis et en France pour prendre les consignes auprès de ses « maîtres ». Au cours de son séjour parisien, Il a rencontré également Alassane Ouattara pour les décisions finales  sur le transfèrement de Laurent Gbagbo. Ce ballet politico-diplomatique est la preuve que le politique a une réelle emprise sur  le fonctionnement et les décisions de la Cour pénale internationale dont le premier responsable agit selon les humeurs de Sarkozy et son Américain et non sur la base du droit, comme le prévoient  les textes fondateurs.

Le procès qui attend l'ancien chef de l'Etat ivoirien, est donc purement politique. Le droit n'y aura pas sa place. C'est « la volonté des pères qui sera faite ». C'est ce qui fonde d'ailleurs la grande sérénité qu'il affiche depuis sa déportation à la prison de la Haye. Son choix porté sur  Me Emmanuel  Altit, un avocat rompu aux arcanes des procès politiques comme celui qui attend Laurent Gbagbo, la légende vivante de la lutte contre la nouvelle forme de l'impérialisme occidental. « Nous avons une équipe de professionnels expérimentés et aguerris »  disait Me Altit, hier, dans les colonnes d'un confrère de la place.

Cette assurance qui augure d'une belle victoire en ajoute à l'espoir des milliers d'Ivoiriens et de sympathisants qui se mobilisent à travers le monde. «J'entends vos pleurs. Mais continuez le combat», disait récemment Laurent Gbagbo à tous ces hommes et femmes qui se battent pour sa cause à travers les 6 continents qui composent le globe terrestre. Comme cela se voit, le Woody de Mama s'apprête à aller jusqu'au bout.

Les armes dont il dispose pour réaliser ce vœu, ce sont les preuves et la force de ses  arguments pour convaincre cette cour politique quant à son innocence dans toutes ces accusations fantaisistes mises à sa charge. Parce qu'il n'a pas commis les crimes dont on l'accuse et dont les vrais auteurs continuent dans la plus grande impunité de tuer en Côte d'Ivoire sous l'œil parfois complice de l'Onuci. Malgré les manœuvres politiciennes des parrains occidentaux de l'actuel régime ivoirien, Laurent Gbagbo va gagner.

Nicole Bantchi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 160 du samedi 3 mars 2012.

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Cour pénale internationale

5-2 France

5-2-1 Des français vont porter plainte contre sarkozy à la CPI.  

Communiqué des Clubs « Penser la France »

L’assassinat du chef de l’Etat libyen grâce à l’intervention de l’armée française est une honte pour la France. Les bombardements sur les populations civiles en Libye comme l’intervention scandaleuse des troupes françaises en Côte d’Ivoire à l’instigation de Nicolas SARKOZY marquent -plus qu’une rupture diplomatique- la participation à une véritable entreprise criminelle d’Etat. Les crimes commis à l’encontre de civils comme l’assassinat d’un chef d‘Etat appellent la mise en cause pénale des responsables politiques français. Les Clubs « Penser la France » ont décidé de réunir un collectif d’avocats français et étrangers en vue d’étudier un dépôt de plainte contre M. Nicolas SARKOZY devant la Cour Pénale Internationale.

Accessoirement, les Clubs « Penser la France » vont saisir l’ensemble des parlementaires français d’une demande d’ouverture d’une procédure devant la Haute Cour conformément aux articles 67 et 68 du titre IX de la Constitution de la Vème République.

CONTACT:

06.83.23.66.64 /01.73.64.98.68

Source: geostrategie.com


5-2-2 Lettre ouverte à nicolas sarkozy : vous devez dire aux français pourquoi vous n’avez pas fait le choix du recomptage et que vous avez opté pour les bombes en Côte d'Ivoire

M. Le Président, votre candidature à la Présidence de la République Française est effective même si vous avez démarré depuis longtemps la campagne avec les moyens de l’Etat. C’est l’heure du bilan c'est-à-dire l’heure pour dire aux françaises et aux français ce que vous avez fait des impôts qu’ils ont payés, des dettes que vous avez contracté en leur nom et du pouvoir d’Etat à vous confié. Evidemment vous leur direz ce que vous avez envie de leur dire pour assurer votre retraite sans tracasserie juridique ou votre réélection. Une partie du peuple français n’aura aucun élément pour vous contredire car nourrie par une presse d’Etat instrumentalisée par vous. Etant donné que les ivoiriens ne seront pas invités au débat au nom du principe sacro-saint de la souveraineté des états, ils n’auront donc pas l’occasion de dire ce que votre presse aux ordres n’a pas voulu dire, à savoir, comment vous vous êtes invité dans les élections en Cote d’Ivoire en violation du principe de la souveraineté et des règles internationales qui encadrent toute présence étrangère dans un pays hôte. Pour que les françaises et les français soient informés en dehors de l’AFP, France 24, TV5 ou RFI et compagnies de vos agissements en leur nom sur la scène internationale, je me permets de vous adresser cette lettre ouverte pour donner l’exemple de la Cote d’Ivoire qui n’est pas différent d’autres cas à travers le monde.

La guerre inutile et couteuse contre la Cote d’Ivoire

Suite aux élections présidentielles en Cote d’Ivoire de 2000 qui a vu l’élection de Laurent GBAGBO comme président de la république de Cote d’Ivoire, votre prédécesseur Jacques CHIRAC attaque la Cote d’Ivoire sous le masque d’une rébellion armée et entrainée avec les moyens de l’Etat français. Le pays est alors divisé en deux et l’armée française règne en maitre pendant 9 ans se donnant le droit de détruire les avions de l’armée ivoirienne et de tuer 56 jeunes ivoiriens en 2004 devant l’hôtel ivoire à Abidjan. La raison de cette rébellion inutile était simple : Le Président GBAGBO n’était pas le choix de la droite française en 2000 et sa politique est déterminée sans l’aval de la France.

En Novembre et Décembre 2011, le Président Laurent GBAGBO a été proclamé Président de la république de Cote d’Ivoire avec 51.45% par le Conseil Constitutionnel de la République de Cote d’Ivoire, organe chargé de proclamer les résultats définitifs des élections présidentielles en Cote d’Ivoire. Contre toute attente, l’ambassadeur de la France en Cote d’Ivoire, s’ingérant d’une manière inacceptable dans une élection qui ne le regarde pas, kidnappe le président de la Commission électorale, organe chargé de l’organisation technique des élections et fait proclamer un autre résultat en faveur de l’adversaire du Président GBAGBO peu avant celui du conseil constitutionnel, en dehors de toute règle, et, chose curieuse au QG du candidat adverse : M. OUATTARA Alassane. Actionné par votre soin, seule la télévision française France 24 a eu la primeur de l’information certifiée ensuite par l’ONU. Une crise postélectorale s’ouvre. Le Président Laurent GBAGBO, convaincu de sa victoire, demande un recomptage des voix pour trouver une solution pacifique à la crise comme cela a été fait en HAITI dans le même mois suite à une crise identique.

M. SARKOZY, vous devez dire au français pourquoi vous n’avez pas fait le choix du recomptage et que vous avez opté pour le blocus du port d’Abidjan privant la Cote d’Ivoire de médicaments ayant entrainé plusieurs morts, pour l’embargo sur le cacao ivoirien, pour la fermeture des banques, pour les sanctions européennes contre les personnalités proches de Gbagbo et les entreprises publiques, etc. Lorsque cette méthode macabre n’a pas marché, vous avez violé le mandat de l’ONU et l’embargo sur les armes pour armer des rebelles et faire débarquer des contingents entiers de l’armée française pour larguer plusieurs es dizaines de bombes sur les ivoiriens qui sont morts par centaines. Là où CHIRAC a échoué en 2002 en se cachant derrière les rebelles, vous avez réussi à parachever le coup d’Etat de votre prédécesseur en bombardant la résidence officielle d’un chef d’Etat sans déclaration de guerre autorisée par le peuple français. Vous avez fait croire comme un refrain par media français instrumentalisé, que GBAGBO a refusé de reconnaitre sa défaite aux élections présidentielles alors que c’est bien vous qui aviez refusé de reconnaitre la décision prise par le Conseil Constitutionnel de la République de Cote d’Ivoire le proclamant vainqueur de l’élection présidentielle. Une décision constitutionnellement sans recours

Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République de France, la France ne peut éternellement soumettre la Côte d'Ivoire à cette négation de sa souveraineté qui rappelle l’époque de la colonisation et en cette période de mondialisation. Cette forme de collaboration à coup de bombes ne peut durer qu'un temps. Cette tromperie intellectuelle qui consiste à faire voter une résolution à l'ONU pour contourner la Constitution de votre pays dans le but de faire la guerre à un autre pays et à bombarder les résidences des Présidents appelées bunker pour la circonstance ne peut tromper qu’un instant. Vous tirez aujourd'hui les conclusions de votre tricherie intellectuelle qui ne prend plus. Car, en Syrie où il y a plus de morts qu'en Côte d'Ivoire avant votre guerre,  vos vœux de résolutions restent sans suite. Les pays émergents restent sourds à vos sollicitations. L'Afrique du Sud et le Brésil ne veulent plus vous suivre dans vos chevauchées guerrières estampillées ONU. La Russie et la Chine vous montrent leur veto.

Les bombes

Vous qui espérez un deuxième mandat, avez-vous pris une seule fois l'avis des français avant d'aller bombarder des femmes et des enfants et traumatiser des populations entières ? Les avez-vous seulement consultés pour aller dépenser leurs impôts et autres cotisations fiscales dans des bombes meurtrières.

Monsieur Sarkozy, sachez qu'en Afrique sinon en Côte d'Ivoire quand on bombarde les casernes de gendarmes où vivent femmes et enfants, on ne bombarde pas que des poudrières, on bombarde aussi ces femmes et ces enfants. Nous vous demandons d'avoir le courage d'informer vos compatriotes de ces femmes et enfants que vous avez tués. Ces morts dont ni Radio France Internationale (RFI), ni France 24  ne parlent. Tous ces employés et ces jeunes morts à la résidence du Président GBAGBO que vous avez traité de bouclier humain.

Prenez le soin Monsieur le Président de dire aux Français que la « démocratie » que vous avez installée en Côte d’ivoire tue plus que la « dictature » que vous avez enlevée car cette « démocratie » a sélectionnée une ethnie « pure » en Côte d’ivoire pour constituer une armée, une administration et un parlement constitués de cette ethnie « pure » qui applique la solution finale : le massacre des « impurs », femmes et enfants qui s'étaient réfugiés à la mission catholique de Duékoué et d’ethnie « impure » (plus de 800 morts en une seule journée selon le CICR). On appelle cela un génocide dont vous êtes coauteur.

Vous êtes complice de Monsieur Alassane Ouattara et de « sa solution finale » faite de massacres, de déportations, d’emprisonnements dans des camps de concentration et de gels des avoirs des « impurs » qui ne veulent pas se soumettre. Plus d’une centaine de prisonniers politiques, plus de 200 comptes bancaires gelés et une dizaine de personne assassinées, violée ou blessées chaque jour, telle est le sort des « impurs » ivoiriens aujourd’hui et vous le savez.

Si vous avez pris le temps de réfléchir sur vos actes vous comprendriez que leur portée n'a été que négative ; vous avez largué des bombes sur Abidjan, résultat : vous avez créé une dictature tribale comme régime, assistée d'experts français avec une Côte d'Ivoire divisée sans espoir de réconciliation.

Vous avez largué des bombes sur la Libye et dites-nous quelle démocratie avez-vous instaurée dans ce pays ? Des innocents sont morts, des travailleurs noirs  croupissent dans les prisons libyennes car considérés comme des miliciens de Kadhafi, alors que l'Union Africaine (UA) demandait de dialoguer avec Monsieur Kadhafi.

Vous avez bombardé dans le nord du mali les 4x4 contenant vos jeunes compatriotes pris en otage par ACQMI et résultat, ils sont morts. Là aussi vous avez choisi la force. Vous voyez Monsieur Sarkozy si la force était l’unique solution les Fourmies n'auraient jamais construit leur termitière.

Les prisonniers politiques et exilés

La Première dame Simone Gbagbo à Odienné, les neuf (9) prisonniers politiques de Boundiali, les quatre (4) de Katiola, les deux (2) de Bouna, ceux d'Abidjan et de Korhogo  qui croupissent dans des conditions carcérales sans nom. Votre silence les tuera.

Madame Hilary CLINTON s'est rendue en Côte d'Ivoire pour parler de pétrole mais aussi pour parler avec Monsieur OUATTARA de justice, de démocratie, de sécurité et de dialogue avec l'opposition pour asseoir une réconciliation durable entre Ivoiriens.  Et vous Monsieur Sarkozy, vous avez dépêché M. COPE chez M. OUATTARA pour parler de financement de l’UMP et des élections en France sans se préoccuper du sort de son homologue AFFI N’GUESSAN, chef du plus grand parti politique de Cote d’Ivoire emprisonné par M. OUATTARA et vous avez reçu en grande pompe M. OUATTARA sans que les françaises et les français ne sachent le contenu des valises transportées par l’avion de M. OUATTARA et sans même avoir la décence de l’interroger sur le sort de Michel GBAGBO, votre compatriote français de mère française comme vous dont le seul crime est de s'appeler Gbagbo, pris en otage  dans les geôles de Bouna  dans le nord de la Côte d'Ivoire par les hommes de Ouattara. Vous êtes-vous interrogé sur la mort de tous ces exilés internes et externes qui ont souffert dans les douleurs des maladies et morts par manque de soins car vos résolutions ont gelé leurs comptes bancaires. La faute de ces hommes et de ces femmes est d'avoir été du côté de Monsieur Gbagbo lors des élections présidentielles de 2010, est-ce un crime ? Non, mais vous aux yeux des Ivoiriens vous êtes un criminel.

Exactions sur les journalistes

Monsieur Gbagbo, le père de la démocratie ivoirienne que vous avez présenté aux yeux de tous, surtout en Europe, comme un dictateur, a fait voter une loi interdisant l'emprisonnement des journalistes. Aujourd'hui, en Côte d'Ivoire nous assistons à une régression des conditions de vie des journalistes. Vous êtes-vous interrogé sur le sort de ces journalistes qui sont emprisonnés ou licenciés sans motif valable. En 9 mois de pouvoir, la Cote d’Ivoire enregistre 9 journalistes prisonniers et 300 mis au chômage technique. Ces hommes et ces femmes qui ne font que leur métier et ne font qu'apporter la contradiction aux discours propagandistes de Monsieur Ouattara en livrant une autre information. Est-ce un crime ? Non, mais votre surdité à leur égard vous rend complice. Vous êtes leur geôlier et bourreau.

L’université d’Abidjan

Les étudiants ont été des cibles de bombardement de l’armée française en violation des franchises universitaires car la majorité de la jeunesse estudiantine se reconnait dans la politique du Président GBAGBO. Considérés comme des miliciens pendant la guerre que vous avez menée contre la Cote d’Ivoire, tout étudiant tombant entre les mains de l’armée ethnique de M. OUATTARA était systématiquement exécuté.

La première grande « solution finale » pour l’université, a été la fermeture pure et simple de l’université. Plusieurs générations d’ivoiriens se trouvent privées d’université. L’avenir de la Cote d’Ivoire se fera sans les ivoiriens. Peut être est-ce la « solution » SARKOZY-OUATTARA pour dominer longtemps la Cote d’Ivoire

Conclusion

Monsieur le Président Sarkozy, au moment où cette lettre vous parviendra vous serez devant les Français pour les prochaines élections présidentielles. Dans votre bilan de fin de mandat, de grâce, n'oubliez pas de dire aux Français qu'à cause de vos ambitions personnelles des hommes, des femmes et des enfants sont mort en Côte d’Ivoire sous des bombes, par des exactions, par manque de soins. Vous avez de façon directe ou indirecte participé à la  mort de ces personnes et cela n'oubliez pas de le dire aux Français vous leur devez cette vérité.

Vous avez placé à la tête de la Côte d'ivoire Monsieur Ouattara (il ne représente que 23% de la population ivoirienne selon les résultats du premier tour des élections présidentielles de 2010) comme Président, vous étiez présent à son investiture. Son Premier Ministre et chef des armées est Monsieur Guillaume Soro. Une armée composée d'ex-rebelles d’un même groupe ethnique, de chômeurs et de prisonniers qui chaque jour tuent, violent et volent en Côte d'Ivoire en toute impunité. Votre silence assourdissant nous effraie et vous rend complice une fois de plus de ces nombreux meurtres.

Dites aux Français que c'est la Licorne (armée française) qui lui sert de garde rapprochée car il n'a plus confiance en l'armée rebelle, FRCI, que lui-même a créée

Au moment où la Cote d’Ivoire n’a plus d’Etat et que des braconniers, les dozos, font office de policiers et de gendarmes et tuent chaque jour des civils sous le regard de l’ONUCI et de la force française Licorne, n'allez pas faire croire en France que votre politique extérieure de copinage a pu instaurer la paix et la réconciliation en Côte d'Ivoire. Non, il n'en est rien. Vous n'avez fait que repousser les échéances et derrière ce calme de façade la Côte d'Ivoire se déchire  et se meurt un peu plus chaque jour.

Monsieur le Président, lorsque ce courrier vous parviendra et comme vous avez fait l’aveu d’avoir le courage de dire la vérité aux françaises et aux français pendant votre campagne, ayez le courage de livrer le contenu de cette lettre par vos presses qui leur ont caché la vérité sur la Cote d’Ivoire pour qu’ils sachent ce que vous avez fait de leur argent en Cote d’Ivoire.

Vous remerciant

Dr Cheick DIABATE
Enseignant-Chercheur,
Université de Colorado, USA

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5-2-3 Epreuve de vérité  : La fin du film sonnera très bientôt celle de la CPI pour inefficacité.

 

Le XVIIIe siècle appelé celui des lumières en Europe en général et singulièrement en France a fait la promotion de la liberté mais aussi de l’égalité entre les individus au plan strictement juridique. Cette égalité formelle, bien plus tard, a glissé au niveau des Etats. Ainsi, les institutions de l’organisation des Nations-Unies (ONU) ont été fondées sur ce principe nonobstant quelques exceptions. Les philosophes des lumières de cette époque ont proclamé la séparation des trois pouvoirs dans l’Etat que sont l’exécutif, le législatif et le judiciaire afin d’éviter l’arbitraire, l’injustice et les abus de toutes sortes... La non intervention dans les affaires intérieures d’autres Etats, souveraineté internationale oblige, a été, l’une des grandes conséquences de l’égalité entre les Etats. Les abus dont des pogromes, ont jalonné l’histoire des nouveaux Etats où la nation a du mal à se former. Des peuples entiers ont été massacrés par leurs gouvernements sans que les institutions internationales comme l’ONU n’aient la possibilité d’intervenir. C’est ainsi entre autres, que le droit humanitaire d’ingérence puis le tribunal pénal international sont nés comme éventuels moyens de solutionner ces injustices et abus. Mais l’homme ne pouvant rien faire sans que son imperfection originelle n’y laisse des traces, on constate un dysfonctionnement dans ce qui paraissait comme un progrès. On se rend compte aujourd’hui, que de plus en plus, l’outil du droit qui devait garantir la justice, la liberté et donc la démocratie, est perturbé par le comportement des Etats prédateurs. D’abord, le tribunal pénal international inculpe en majorité que des Africains, et parmi ceux-ci, seuls les plus faibles sont visés. Ensuite, la compétence universelle que la justice du royaume de Belgique s’est reconnue, est battue en brèche par l’attitude de l’Etat d’Israël et des grandes nations comme la France, les Etats-Unis etc. Avec le problème du leader ivoirien Laurent Gbagbo, la cour pénale internationale installée à La Haye fait face à une difficulté qui va sonner soit le glas de cette cour, soit mettre les supposés grands de ce monde à genou pour que le droit triomphe sur l’arbitraire, que la finance respecte l’être humain, que la force s’apprivoise pour être au service de l’humanité et non au service de quelques crapules. Une cour pénale internationale (CPI) de justiciables faibles Les pays qui font du bruit et se veulent donneurs de leçon en démocratie sont les plus réfractaires à la justice internationale. A commencer par les Etats-Unis qui donnent le mauvais exemple, parce qu’ils ne veulent pas voir leurs citoyens mis en cause et inculpés par cette justice-là. Cette incongruité politique, disqualifie les Yankees à se prendre pour les gendarmes du monde libre. Soit les Américains acceptent leur nature humaine donc la possibilité de délinquer comme tout le monde, alors on doit tous reconnaître la valeur de leur démocratie, soit ils la refusent et le monde entier leur retire sa confiance. Le récent exemple des soldats de l’oncle Sam qui ont brûlé le Coran est assez édifiant. Jugés par des musulmans, ces soldats subiraient des peines exemplaires, pour dire qu’il y a des limites qu’il faut se garder de franchir, même dans l’adversité. Les excuses de M. Obama sur la question laissent à désirer… En dehors des Américains qui ont dit non aux statuts de Rome, les autres ont dit oui du bout des lèvres. Sinon comment comprendre que des Milosevic, des Taylor et des Bemba se retrouveraient-ils seuls dans la geôle de la CPI ? Ce ne sont pas les cas de crimes contre l’Humanité qui font défaut dans le monde ! Dans la tragédie du Rwanda par exemple, à en croire tous les rapports, les autorités françaises y sont gravement impliquées. Un homme comme Alain Juppé devrait être jugé au même titre que Laurent Gbagbo. François Mitterrand, Edouard Balladur dans cette même affaire devraient être inculpés. Plus récemment (2004) en Côte d’Ivoire, dans les évènements de l’Hôtel Ivoire, la jaspineuse M-Alliot Marie et son président Chirac (qui pourrait y retrouver très vite la mémoire), devraient tous deux être inculpés pour les tueries occasionnées par les militaires français. Au lieu de cela, jusqu’ici, la cour pénale internationale n’a fait qu’enfoncer des portes ouvertes. Ceux qui sont faibles ou sont affaiblis et dont la condamnation ne saurait dissuader les vrais délinquants politiques, à eux seuls, font les frais de cette justice. Une justice de lampistes Quand un homme fort a été affaibli sur le plan international, sa mise en prison lui sert de leçon, mais pas à ceux qui, tapis dans l’ombre, commettent les pires des crimes contre l’humanité. Dans l’affaire de la rébellion ivoirienne, tout le monde montre Guillaume Soro du doigt, comme étant le patron des tueurs. Mais pour une justice responsable, comment peut-on inculper un étudiant qui sort à peine de l’université ? Quelle fortune a-t-il pour lever et armer une troupe forte de plusieurs milliers d’individus ? Ici comme dans d’autres affaires internationales, les vrais coupables sont cachés dans l’ombre et se sont les lampistes qui seront poursuivis. A ce rythme, comment une peine d’emprisonnement peut-elle donner à réfléchir aux tenants des sociétés multinationales, les vrais coupables. Dans cette veine, puisque la chambre préliminaire III de la Cour pénale internationale (CPI) a décidé d’élargir son autorisation d’enquêter sur la situation en Côte d’Ivoire pour inclure les crimes relevant de la compétence de la Cour qui auraient été commis entre le 19 septembre 2002 et le 28 novembre 2010 ; c’est une bonne chose. Cependant, il faut aller au fond des choses et ne pas s’arrêter à mi-chemin. Si tout le monde en Côte d’Ivoire sait que c’est Alassane Ouattara qui a suscité, entretenu et armé la rébellion ; peu de personnes savent que c’est la Société Armajaro qui a financé pour cinquante milliards de francs Cfa, le reste de la note de déstabilisation de la Côte d’Ivoire. Remonter à 2002 sans épingler les dirigeants de ladite société, c’est faire les choses à moitié. Les bras qui ont fait le travail de destruction doivent certes être punis, mais les cerveaux dont les intérêts ont été servis par cette déstabilisation doivent payer autant que les bras. Rendre justice aux victimes ivoiriennes et françaises sans inculper Jacques Chirac, c’est assurer l’impunité pour que prospère plus longtemps, la Françafrique. Remonter à 2002 sans inculper et condamner Nicolas Sarkozy, c’est dévoyer la justice internationale… Dans la vie, il n’est pas interdit d’avoir des amis. Mais quand on a toute la communauté internationale pour amie, comme c’est le cas de M. Alassane Ouattara, on passe pour être trop parfait et trop suspect ; cela s’appelle faire de la corruption à tous les niveaux. Le procureur Ocampo pourra-t-il inculper Messieurs Sarkozy, Obama, Young Jin Choi et Banki-Moon en tant que co-auteurs indirects comme ce fut le cas de M. Laurent Gbagbo ? Idem de M. Alassane Ouattara ? Le cœur humain se satisfait de l’emprisonnement du bras qui a tué, mais la morale internationale exige plus. Il faut que la condamnation frappe la main criminelle d’accord, mais également le cerveau aussi ; lui qui a conçu et planifié le meurtre. A défaut de cette justice-là, on assistera comme d’habitude à une mascarade et une parodie de justice à La Haye.

Dans ce cas, la fin du film sonnera très bientôt celle de la CPI pour inefficacité.

http://www.abidjandirect.net/index2.php?page=dossi&id=4082

 

 

 


5-2-4 Côte d'Ivoire : la CPI élargit l'enquête et inclut la période allant de 2002 à 2010.

La Cour pénale internationale (CPI) a décidé d'élargir son autorisation d'enquêter sur la situation en Côte d'Ivoire pour inclure les crimes relevant de la compétence de la Cour qui auraient été commis entre le 19 septembre 2002 et le 28 novembre 2010.

La Chambre préliminaire III de la CPI a considéré que les événements violents survenus en Côte d'Ivoire pendant cette période (y compris ceux qui auraient eu lieu depuis le 28 novembre 2010) doivent être traités comme une seule situation dans laquelle une crise continue, impliquant une querelle politique prolongée et une lutte pour le pouvoir, a mené aux événements sur lesquels la Chambre a déjà autorisé l'ouverture d'une enquête, a précisé la CPI dans un communiqué de presse publié jeudi.

En se concentrant sur les exemples les plus significatifs d'incidents, la Chambre a conclu qu'il y a une base raisonnable de croire que des crimes de meurtre et de viols, qui pourraient constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité, auraient été commis au cours de ces événements.

La Chambre avait, le 3 octobre 2011, fait droit à la requête du Procureur aux fins de l'ouverture d'une enquête sur les crimes présumés relevant de la compétence de la Cour, qui auraient été commis en Côte d'Ivoire depuis le 28 novembre 2010, ainsi que sur les crimes qui pourraient être commis dans le futur dans le contexte de cette situation.

Dans cette décision, la Chambre préliminaire III, composée des juges Silvia Fernández de Gurmendi (juge présidente), Adrian Fulford et Elizabeth Odio Benito, avait demandé au Procureur de lui fournir toute information supplémentaire à sa disposition sur des crimes qui pourraient relever potentiellement de la compétence de la Cour et qui auraient été commis entre 2002 et 2010. Le Procureur a fourni des informations supplémentaires le 4 novembre 2011.

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=27652&Cr=Ivoire&Cr1=



5-2-5 DrBOGASako Gervais :La CPI expose au grand jour les insuffisances de l’Avocat de Gbagbo.

CPI/ 2eme demande d’aide judiciaire de Gbagbo :

-La CPI  déshabille son avocat et lui dit niet !

-Les compétences juridiques de Me Altit mises en cause !

-Un simple Greffier renvoie l’avocat de Gbagbo à ses cours de droit.

 

 « Vu l’absence d’une décision du Greffier portant sur une demande de moyens financiers supplémentaires par M. Gbagbo, la juge unique considère que la Chambre n’est pas compétente pour décider sur le fond de la requête présentée par la Défense concernant l’étendue de l’aide judiciaire…Déclare la requête de la Défense irrecevable en ce qui concerne l’étendue de l’aide judiciaire…Ordonne à la Défense de présenter au préalable au Greffier toute requête concernant l’étendue de l’aide judiciaire, ainsi que toute requête relative aux bureaux, au service de communication sécurisé et au matériel informatique fournis à l’équipe de défense par le Greffe…» a décidé, le 27 janvier 2012, Mme Silvia Fernandez de Gurmendi, juge unique de la Chambre préliminaire III de la Cour pénale internationale, en charge du jugement de l’affaire « Le procureur contre Laurent Gbagbo » à la CPI, suite à une deuxième demande d’aide judiciaire en date du 13 janvier 2012 motivée par la Défense de Gbagbo et directement adressée à la Chambre préliminaire III.

Mais avant de nous étaler sur les dessous d’une telle décision de la CPI, il nous apparait important d’en situer le contexte pour une meilleure compréhension.

Arrivé à la Haye le 30 Novembre 2011, le président Gbagbo est présenté en audience de comparution initiale le 5 décembre de la même année devant les juges de la CPI. Le lendemain, son avocat principal, Me Emmanuel Altit transmet une demande d’aide judiciaire auprès du bureau du Greffe de la CPI. Cette dernière sera relancée le 13 décembre 2011 puis appuyée par les juges lors de la toute première audience de mise en état, le 15 décembre 2011 demandant au Greffe « de prendre une décision aussi vite que possible et d’informer la Chambre dans deux semaines ». Le 28 décembre 2011, le Greffe décidait que « M. Gbagbo est considéré éligible au titre de l’aide judiciaire totale à titre provisoire à compter de la notification de la présente décision (…) Les dépenses engagées pour la défense du Demandeur à compter du 6 décembre 2011 seront prises par le système d’aide judiciaire de la Cour en vigueur » ;

Aussi poursuit la décision du bureau du Greffe  à l’époque : «  Cette aide recouvre :

-les honoraires du conseil principal, ceux d’un assistant juridique et ceux d’un gestionnaire de dossier ;

-Une somme forfaitaire de 76 000 euros destinée à payer et défrayer les enquêteurs et les différents experts pendant toute la durée du procès ;

-Un montant forfaitaire de 4000 euros mensuels destiné à rembourser les frais exposés par les membres de l’équipe de défense, y compris les DSA (per diem) ».

 

Me Altit dit oui et non à la fois !

Cinq semaines après (6 décembre 2011-13janvier 2012), alors qu’il se garde de déclarer ses honoraires ainsi que ceux de son équipe, aussi, alors qu’aucun bilan financier concernant les dépenses déjà effectuées sur cette certes courte période malgré la disponibilité de ce premier fonds, n’est disponible, Me Emmanuel Altit revient à la charge sur le fallacieux prétexte qu’il  existe au regard de ce premier fonds, « une disproportion flagrante entre les moyens alloués à son équipe  et ceux dont disposent l’équipe du procureur ». Tout en fustigeant la décision du Greffe de ne pas prendre en compte l’étendue de l’aide  du 30 novembre au 28 décembre 2011.

 

Voici les arguments de Me Altit pour avoir plus et plus d’argent !

 

Pour lui, en demandant une aide supplémentaire, « il s’agit pour la cour de faire respecter à la phase pré juridictionnelle comme à la phase juridictionnelle, le principe de l’égalité des armes ». Car rappelle-t-il « s’il n’y a pas égalité des armes au début du processus, c’est alors l’ensemble de la procédure qui sera déséquilibrée de ses débuts jusqu’à la fin ».

Autrement dit, selon l’avocat du président Gbagbo « il ne peut y avoir de procès équitable si l’égalité des armes n’est pas assurée à tout moment ». C’est pour ces motifs évoqués ci-dessus qu’il demande mais une fois encore maladroitement à la Chambre préliminaire III, le 13 janvier 2012 :

« –D’ordonner au Greffe d’attribuer à la Défense du président Gbagbo au titre de l’aide judiciaire une somme forfaitaire comprenant les honoraires mensuels d’un Conseil principal, d’un Conseil associé, de trois assistants juridiques et d’un gestionnaire de dossier ;

–D’ordonner si les frais induits par ce dossier devraient être imputés sur le budget de 4000 euros par mois, au Greffe d’attribuer à la Défense du président Gbagbo au titre de l’aide judiciaire une somme mensuelle de 6000 euros couvrant les frais à rembourser hors DSA, y compris le remboursement de matériel informatique ou de télécommunication ;

–D’ordonner au Greffe d’attribuer à la Défense du président Gbagbo au titre de l’aide judiciaire une somme forfaitaire correspondant aux DSA (per diem) de chacun des membres de l’équipe si besoin était ;

–D’ordonner au Greffe d’attribuer à la Défense du président Gbagbo au titre de l’aide judiciaire l’allocation d’une somme couvrant le coût de deux enquêteurs jusqu’à la fin de l’audience de confirmation des charges, le 28 juin 2012 sous réserve d’un éventuel report : soit la somme de 290 000 euros, étant rappelé que ce budget ne couvre même pas la prise en charge (honoraires et frais) d’experts ou de personnes ressources. Somme à laquelle il convient d’ajouter les DSA destinées au Conseil principal affectées à la procédure des enquêtes soit la somme de 8000 euros (un séjour de deux semaines sur place une fois tous les deux mois) ;

–D’ordonner au Greffe d’attribuer l’aide judiciaire à partir du 30 novembre 2011 ;

–D’ordonner la mise à disposition d’un second bureau attenant équipé d’un coffre-fort ;

–D’ordonner la mise à disposition d’un service de communication sécurisé ;

–D’ordonner au Greffe d’attribuer à la Défense du président Gbagbo au titre de l’aide judiciaire la somme mensuelle de 8000 euros couvrant les frais de traduction ;

–D’ordonner au Greffe d’attribuer à la Défense un montant forfaitaire de 7000 euros permettant d’acheter quatre ordinateurs portables et matériels afférents (logiciels ect) ».

Après la réception de la demande de Me Altit par la Chambre préliminaire III le 13 janvier 2012, cette dernière en respectant la procédure de la CPI en matière de transmission des dossiers, va  la renvoyer au bureau du Greffe le 16 janvier 2012 comme le dit les textes de la Cour avec un courriel adressé par lequel la Juge unique (Silvia Fernandez de Gurmendi) demandera au Greffe de « soumettre ses observations à la requête de Me Altit au plus tard le jeudi 19 janvier 2012. »

 

Le Greffe déshabille Me Emmanuel Altit

Sur la recevabilité de cette deuxième requête de Me Altit, le Greffier notera dans ses observations d’emblée que la requête a été introduite auprès de la Chambre par le Conseil de la défense qui a omis de préciser la base juridique de cette saisine. Ensuite, le Greffier rappellera à Me Altit qu’il a rendu le 28 décembre 2011 sa décision sur l’aide judiciaire aux frais de la Cour déposée par M. Laurent Gbagbo par laquelle il accorde provisoirement l’aide judiciaire totale durant la phase préliminaire, en attendant les conclusions de l’enquête sur ses biens et avoirs. En vertu de cette décision, poursuit le Greffier dans sa note d’observation en date du 19 janvier 2012 « l’équipe de la défense s’est vue allouer en conséquence toutes les ressources prévues par le système d’aide judiciaire de la Cour à toutes les équipes de Défense des personnes indigentes intervenant dans les procédures devant la Cour, telles que prévues dans l’ensemble des documents définissant le cadre dudit système. » Et d’ajouter : « C’est pourquoi, en dépit de l’absence de spécification relativement à sa base juridique, la requête sur le champ de l’aide judiciaire formulée par la Défense doit être considérée, aux vues de son contenu, comme une demande de moyens financiers supplémentaires en vertu de la norme 83-4 du Règlement de la Cour. La norme 83-3 du Règlement de la Cour prévoit que la personne qui bénéficie de l’aide judiciaire aux frais de la Cour peut présenter une demande au Greffier en vue d’obtenir des moyens financiers supplémentaires. Or, en l’espèce, le Conseil de la Défense a directement déposé sa requête sur le champ de l’aide judiciaire devant la Chambre et s’est abstenu de la présenter préalablement au Greffier aux fins qu’une décision approuvée soit rendue ».

Et de conclure sur rien que « la forme » de la demande de l’avocat de Gbagbo : « Agissant de la sorte, le conseil de la défense a manifestement agi en violation de la procédure clairement à la norme 83-3 sus indiquée et de ce fait, la requête doit être déclarée irrecevable et rejetée dans sa totalité ».

Après la forme, le Greffier attaque le fond.

 

Sur le « fond » la copie du deuxième devoir de Me Altit souffrira également de graves insuffisances.

D’abord au niveau des considérations préliminaires sur le système l’aide judiciaire aux frais de la Cour. Pour le Greffe, les ressources allouées à l’équipe de la Défense à ce stade en vertu de sa décision du 285 décembre 2011, sont prévues comme telles par le programme d’assistance judiciaire de la Cour adopté par les Etats Parties de la Cour, et qui est régi par le principe du procès équitable. « Les textes pertinents de la Cour présentent suffisamment de garanties pour permettre, sur la base d’éléments objectifs, d’ajuster les ressources allouées aux équipes en fonction de la nature de l’affaire » précise, le Greffier.

Concernant les considérations liées aux ressources à la disposition de l’équipe de la Défense, défendues par Me Altit sur la base de la complexité de l’affaire « le Procureur contre  Laurent Gbagbo », le Greffier révèle que « le fait d’alléguer de nombreuses et diverses questions à débattre durant la phase préliminaire ne démontre pas non plus le caractère justifié des ressources complémentaires demandées, dès lors que toutes les affaires déférées devant une juridiction internationale, y compris tous les cas traités par la Cour, sont par principe complexes. Cette complexité s’explique notamment par la nature des crimes en cause, l’implication des victimes dans la procédure, les considérations liées aux enquêtes sur le terrain, les divers aspects de la coopération, ect. C’est dans ce sens d’ailleurs que cette complexité intrinsèque aux affaires traitées par la Cour a été l’un des facteurs essentiels dûment pris en compte dans la détermination des ressources importantes allouées aux équipes en vertu du système d’aide judiciaire de la Cour. »

Sur les enquêtes et les arguments relatifs à la procédure de récolement et qui motive la Défense à demander une allocation d’un montant de 290 000 euros, soit environ 4 fois le montant prévu dans le système d’aide judiciaire, le Greffe rappelle « qu’il appartient à chaque conseil de gérer les ressources affectées à la représentation légale de son client d’une façon propre à assurer la défense adéquate de celui-ci devant la Cour, y compris du point de vue des enquêtes …Aussi, les dépenses : billet d’avion, documentation requise si cela est justifiée, frais de déplacement et de guide sur le terrain lorsque les coûts afférents sont raisonnables, invoquées par  le Conseil étant, pour l’essentiel, inhérentes à la nature de toute enquête concernant les procédures judiciaires devant une juridiction pénale internationale, le budget des enquêtes prévu dans le système d’aide judiciaire est défini sur la base de cette réalité.»

Sur la période couverte par l’aide judiciaire, le Greffier soutien  que la lecture de la norme 123-3 du Règlement du Greffe faite par le Conseil de la Défense est erronée. « Cette norme ne fait aucune mention d’un droit à l’aide judiciaire dès le transfert de la personne concernée ni n’en consacre même un principe allant dans le sens prétendument avancé. Le droit à l’octroi de l’aide judiciaire à titre temporaire, dans l’attente de l’examen de la demande, ne saurait être reconnu qu’à compter du dépôt de la demande d’aide judiciaire.»

Concernant les bureaux, le système de communication, le matériel informatique et les frais de traduction, le Greffier note d’emblée  qu’il n’existe pas dans les textes de la Cour de disposition consacrant un droit aux équipes de la Défense de se voir attribuer d’office un bureau au sein de la Cour. « L’attribution de bureau à la Cour n’est pas un droit mais un plus qu’il faut nécessairement considérer à la lumière de la disponibilité de bureaux ».

Enfin,  les arguments de Me Altit relatifs à la nécessité de faire preuve de diligence et d’agir de façon opérationnelle  ne remettront pas en cause la conclusion du Greffier sur le point examiné. Au contraire, note le Greffier «  elle la conforte dès lors que la diligence et l’efficience sont des qualités nécessaires attendues en tout temps de tout Conseil intervenant devant la Cour pénale internationale, et de surcroit remplissant les critères de qualification hautement élevées prévues à la norme 67 du Règlement de la Cour et la Règle 22 du Règlement de la procédure et de preuve ».

 

La CPI expose au grand jour les insuffisances de Me Altit

 

Malgré la réplique de l’avocat du président Gbagbo en date du 24 janvier 2012 dans laquelle, après avoir fait à son tour des observations sur l’irrecevabilité de sa demande soumise à la Chambre par le Greffe, il demandait le rejet de la requête du Greffe qui cette fois-ci visait à rendre publique la présente procédure,  la CPI a ordonné  le 27 janvier 2012 à la Défense de présenter, au plus tard le mercredi 1er février 2012 à 16heures, une version publique expurgée de sa requête et de ses observations ; et au Greffier de présenter, au plus tard le vendredi 3 février 2012 à 16heures, une version publique expurgée de ses observations prenant en compte les expurgations effectuées dans les documents de la Défense.»

Questions : Me Emmanuel Altit connait-il les procédures de la CPI ? Est-il compétent pour défendre un si complexe dossier, qui a à la fois un caractère politique mais aussi juridique ? Les avocats ivoiriens, la famille biologique du président Gbagbo, le FPI, la galaxie patriotique et le président Laurent Gbagbo lui-même  sont avertis. Sinon vous avez dit audience de confirmation des charges le 28 juin 2012 ?  Mieux vaut tard que jamais dirait l’autre.

Dr BOGA Sako Gervais 

PK/ Eventnews.fr

http://www.ivoirediaspo.net/?p=6954



 

16/03/2012

n° 90 - Analyse - Géopolitique et stratégie - 10 -03 - Ignacio Ramonet : Attaquer l’Iran ?

 



n° 90 - Analyse - Géopolitique et stratégie - 10 -03 - Ignacio Ramonet : Attaquer l’Iran ?


Dossier d'Iran   n°90 au 13-03

                                C.De Broeder& M.Lemaire



 Le "dossierd'Iran" est  visible  sur les blogs : 

a) sur mes blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

 

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm 

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Sommaire :  

1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Ignacio Ramonet : Attaquer l’Iran

1-2 Sanctions contre l’Iran : les grandes puissances n’ont pas compris que les temps avaient changé.

1-3 William Blum : Le Grand Tartuffe de la Menace, le Grand Ayatollah du danger nucléaire.

2 Annexe

2-1 Guerre d’Iran: Lettre ouverte du 24 janvier 2012 au gouvernement fédéral allemand.

2-2 hugo Chávez, l’Agence France-Presse et le rôle des médias.

 



1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Ignacio Ramonet : Attaquer l’Iran ?

L'option préférée serait probablement une "révolte populaire", encouragée par l'étranglement économique.

Mais les tentatives précédentes ont pour le moment échouées.

L’année 2012 sera-t-elle celle de la fin du monde ? Une légende maya l’a prophétisée qui en précise même la date exacte : le 21 décembre prochain (21-12-12). Quoi qu’il en soit, dans le contexte européen de récession économique, de chômage de masse et de catastrophe financière et sociale, les dangers ne manqueront pas. De surcroît, des élections décisives se dérouleront en France, en Russie, au Mexique, au Venezuela et aux Etats-Unis.

Mais le principal risque géopolitique continuera de se situer dans la région du Golfe. Israël et les Etats-Unis lanceront-ils l’attaque annoncée contre les installations nucléaires iraniennes ? Le gouvernement de Téhéran revendique son droit à disposer de l’énergie atomique civile. Et le président Mahmoud Ahmadinejad a répété que l’objectif de son programme n’est absolument pas militaire ; que son but est simplement de produire de l’énergie électrique d’origine nucléaire. Il rappelle aussi que l’Iran a signé et ratifié le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), ce qu’Israël n’a jamais fait.

De leur côté, les autorités israéliennes pensent qu’il ne faut plus attendre. Selon elles, on s’approche dangereusement du moment où le régime des ayatollahs disposera de l’arme atomique, et à partir d’alors on ne pourra plus faire grand chose. L’équilibre (inégal) des forces au Proche-Orient sera définitivement modifié. Israël ne disposera plus de son incontestable suprématie militaire dans la région. Le gouvernement de Benyamin Netanyahou estime que, dans de telles circonstances, l’existence même de l’Etat juif serait menacée. 

D’après les stratèges militaires israéliens, le moment actuel serait d’autant plus propice à une frappe préventive, que l’Iran se retrouve affaibli. D’abord, au niveau économique, à cause des sanctions imposées, depuis 2007, par le Conseil de sécurité de l’ONU ainsi que par les Etats-Unis et l’Union européenne sur la base de rapports alarmants établis par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AEIA). Ensuite, à cause de l’évolution du contexte géopolitique régional. En effet, principal allié de Téhéran, le gouvernenent baasiste de Syrie, en raison de la violente insurrection interne, se trouve dans l’impossibilité de lui venir éventuellement en aide. Et cette impuissance de Damas se répercute sur un autre associé local iranien, le Hezbollah libanais, dont les lignes d’approvisionnement militaire, à partir de Téhéran, ont cessé d’être fiables.

Deux des fronts les plus dangereux - le libanais et le syrien - qui se seraient immédiatement activés en cas de frappe israélienne sur l’Iran, sont donc, d’ores et déjà, quasi neutralisés. Raison de plus pour qu’une partie de l’état-major d’Israël pousse à une action rapide. À cet égard, et pour préparer d’éventuels bombardements, des effectifs des forces spéciales ont déjà été infiltrés en territoire iranien. Il est probable que des agents israéliens aient conçu les attentats qui, au cours des deux dernières années, ont provoqué la mort de cinq importants scientifiques nucléaires iraniens.

Bien que Washington accuse également Téhéran de conduire un programme nucléaire clandestin pour se doter de l’arme atomique, son analyse sur l’opportunité de l’attaque est différente. Les Etats-Unis sortent à peine de deux décennies de guerres dans la région, et le bilan est désolant. L’Irak a été un désastre, et se retrouve finalement piloté par la majorité chiite qui sympathise avec l’Iran… Quant au bourbier afghan, les forces américaines se sont révélées incapables de vaincre les talibans, avec lesquels le Département d’État s’est résigné à négocier avant le retrait prochain du pays.

Ces ruineux conflits ont affaibli les Etats-Unis, et révélé au monde les limites de leur puissance et le prélude de leur déclin historique. L’heure n’est pas à de nouvelles aventures. Encore moins en année électorale, alors que le président sortant, Barack Obama, n’est pas certain d’être réélu. Et alors que toutes les ressources sont mobilisées pour combattre la crise et relancer la croissance.

Par ailleurs, Washington voudrait changer son image aux yeux du monde musulman, surtout après les insurrections du « printemps arabe » de l’an dernier. Longtemps complice de dictateurs –en particulier du Tunisien Ben Ali et de l’Egyptien Moubarak – l’Amérique veut désormais apparaître comme le mécène des nouvelles démocraties proche-orientales. Une agression militaire contre l’Iran, qui plus est en alliance avec Israël, ruinerait pour longtemps ces efforts et réveillerait l’antiaméricanisme latent dans nombre de pays de la région. Surtout dans ceux dont les gouvernements, issus des révoltes populaires, sont dirigés par des islamistes modérés.

Importante considération complémentaire : l’attaque contre l’Iran aurait certes des répercussions militaires. Peut-on exclure que, en riposte, des missiles balistiques iraniens atteignent le territoire israélien ou parviennent à toucher les bases américaines situées au Koweït, Bahreïn ou Oman ? Mais les conséquences seraient surtout économiques. Car on peut imaginer que la réplique minimale de Téhéran consisterait –ses responsables militaires ne cessent de l’annoncer – à bloquer le détroit d’Ormuz. Verrou du Golfe, ce mince couloir maritime voit passer le tiers du pétrole du monde, soit 17 millions de barils de brut par jour… Sans cet approvisionnement, les prix des hydrocarbures atteindraient des niveaux insupportables interdisant la réactivation de l’économie mondiale.

L’état-major iranien affirme qu’il n’y a rien de plus facile à fermer que ce détroit. Il multiplie les manœuvres navales dans la zone pour prouver qu’il est en mesure d’accomplir sa menace. Le Pentagone a répondu que le blocage de la voie stratégique d’Ormuz serait considéré comme un « cas de guerre ». Il vient d’ailleurs de renforcer sa Cinquième Flotte qui croise sur le Golfe.

Il est improbable que l’Iran prenne l’initiative d’obstruer le passage d’Ormuz (mais il pourrait le faire en représailles à une attaque). En premier lieu, parce qu’il se tirerait une balle dans le pied, car c’est par cette voie qu’il exporte l’essentiel de son propre pétrole, et ces ventes sont vitales pour son économie. Et aussi parce qu’il causerait un tort important à ses propres partenaires commerciaux, dont certains le soutiennent dans son conflit avec les Etats-Unis. Notamment la Chine, dont 15% des importations d’hydrocarbures proviennent d’Iran. Une éventuelle interruption de ce flux pourrait paralyser partiellement l’appareil industriel chinois.

Les tensions sont donc extrêmes. Les chancelleries du monde suivent minute par minute la dangereuse escalade pouvant déboucher sur un grand conflit régional. Y seraient concernés non seulement Israël, les Etats-Unis et l’Iran, mais au moins trois autres puissances proche-orientales : la Turquie, dont les ambitions régionales sont de nouveau considérables et qui pourrait vouloir en profiter pour « régler » son problème kurde ; l’Arabie Saoudite, qui rêve depuis des décennies de la destruction de son grand rival islamique chiite ; et l’Irak, menacé de se fracturer en deux parties, l’une chiite pro-iranienne, l’autre sunnite, pro-occidentale. Sans parler d’autres implications possibles : le Pakistan par exemple, ou la Russie.

Il faut aussi tenir compte qu’un bombardement des sites nucléaires iraniens provoquera des nuages radioactifs néfastes pour la santé de toutes les populations des alentours. Y compris les milliers de militaires des bases américaines et les habitants d’Israël.

Tout cela conduit à penser que même si les bellicistes donnent en ce moment de la voix, le temps de la diplomatie n’est pas encore terminé.

Ignacio Ramonet 

Mémoire des luttes,

1er février 2012
http://www.medelu.org/Attaquer-l-Iran


1-2 Sanctions contre l’Iran : les grandes puissances n’ont pas compris que les temps avaient changé.

Yazan al-Saadi - Al-Akhbar

 L’image d’un Iran isolé au bord du désastre économique à cause des sanctions croissantes perd toute crédibilité à la lumière de la multiplication des liens politiques et commerciaux iraniens avec les puissances mondiales non occidentales.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad (2e à g.) suit les explications d’ingénieurs et scientifiques iraniens à Téhéran, le 15 février 2012 - Photo : Reuters

Selon un reportage exclusif de Reuters, au début du mois, des acheteurs iraniens n’ont pas pu payer les 144 millions de dollars étasuniens qu’ils devaient pour une cargaison de 200 000 tonnes de riz en provenance d’Inde. D’autres rapports similaires de Reuters ont suivi, un affirmant que les commerçants asiatiques commençaient à prendre leurs distances avec la république islamique et un autre suggérant que des commerçants pakistanais "prenaient peur" de faire des affaires avec l’Iran. Un troisième rapport disait que l’Iran troquait de l’or et du pétrole contre des denrées de première nécessité, ce qui montrait les immenses difficultés que le pays traversait.

Cette série de reportages a suivi la mise en place par le président étasunien Barack Obama de nouvelles sanctions plus sévères contre le gouvernement iranien visant à geler les avoirs iraniens aux Etats-Unis et à pénaliser les transactions des banques et institutions financières iraniennes. La décision d’Obama a été accompagnée de sanctions unilatérales de l’Union Européenne contre le secteur pétrolier iranien qui constitue presque 90% des revenus de la république islamique. Pour les officiels iraniens, ces actions ne sont qu’une simple "guerre psychologique".

Les commentateurs et les observateurs européens et nord-américains notamment, analysent les faits soulignés par Reuters comme le signe qu’il n’y a pas que les nations et les entreprises occidentales qui veulent isoler l’Iran et qui souhaitent que les sanctions soient efficaces. Les difficultés du marché de l’alimentation et la dévaluation du rial iranien qui ont causé une hausse exponentielle du prix des denrées de base sont salués comme les premiers résultats des pressions destinées à forcer l’Iran à arrêter sa course supposée vers la bombe nucléaire.

Mais la vision d’un Iran isolé et s’écroulant progressivement sous le poids d’une guerre économique pourrait fort bien n’être qu’une illusion.

L’Iran est-il isolé au plan international ?

L’article de Pepe Escobar, "Isoler l’Iran est un mythe" qui a été publié sur plusieurs sites remet en question le mythe selon lequel l’Iran serait tout à fait isolé et même démontre le contraire.

Selon Escobar, l’Iran renforce ses relations économiques avec ses voisins directs, il a aussi réussi à resserrer ses liens avec l’Amérique du Sud et à maintenir et même à approfondir ses importantes relations pétrolières et commerciales avec des puissances asiatiques comme le Japon, la Corée du sud, et surtout la Chine. De plus ses relations avec la Russie sont toujours aussi bonnes. Bref, l’Iran fait des affaires principalement avec le monde non occidental qui représente la plus grande partie de la communauté internationale. L’Iran est, selon l’expression d’Escobar "plus relié que Google".

L’état iranien ne semble pas être en difficulté en dépit des décennies d’embargos et de sanctions. Un reportage paru dans le New York Times, la semaine dernière, a confirmé l’analyse d’Escobar. L’article révélait que l’Inde "provoquait l’irritation des puissances occidentales en minant leurs efforts pour isoler l’Iran par l’annonce qu’elle allait envoyer une large délégation commerciale en Iran dans les semaines à venir pour profiter des opportunités créées par les sanctions antinucléaires des Etats-Unis et des Européens.

Il est frappant de constater que l’Inde et l’Iran mettent la dernière main à un nouveau mode de paiement complexe qui inclue le règlement du pétrole en roupies au lieu du dollar et l’usage de toute une série de moyens d’échange qui s’apparentent au troc pour contourner les restrictions engendrées par les sanctions.

Pour l’Occident et surtout pour les Etats-Unis, l’abandon du dollar qui est, depuis longtemps, la monnaie officielle pour l’achat du pétrole, est inquiétante, surtout qu’elle est le fait d’un producteur de pétrole important ; cela pourrait en effet accélérer le processus d’abandon du dollar comme monnaie de réserve par différents pays et encourager l’usage régulier d’autres monnaies pour acheter du pétrole. Cela affaiblirait encore davantage la valeur et l’influence du dollar étasunien qui proviennent, selon certains analystes, au fait qu’il a le monopole des achats de pétrole.

Qui plus est, les sanctions récemment décrétées par l’Union Européenne contre le secteur pétrolier iranien semblent avoir des répercussions négatives sur l’économie européenne elle-même, comme cela a été démontré dans un article de Moammar Atwi pour Al-Akhbar.

Selon Atwi, les pays européens, surtout les pays endettés comme l’Espagne, l’Italie et la Grèce qui totalisent les trois-quarts des importations de pétrole iranien en Europe, "ne sont pas encore certains de pouvoir trouver une alternative appropriée au pétrole iranien de bonne qualité et doutent aussi de la capacité de Riyad de tenir son engagement de hausse de production". L’obsession de sanctionner l’économie iranienne a grande chance "d’endommager encore davantage l’économie européenne en difficulté" si le prix du pétrole augmente comme c’est prévu.

L’Iran est-il faible sur le plan intérieur ?

Quand nous avons demandé à Escobar dans un Email si les nouveaux développements indiqués par Reuters modifiaient son analyse, il a répondu : "Il est certains que les élites cléricales et militaires, les bonyads, et les élites entrepreneuriales liées au régime peuvent [s’accommoder de] n’importe quelles sanctions —comme elles le font depuis des années. Et comme toujours, ceux qui souffrent sont les classes moyennes et —ce qui est de mauvaise augure pour la faction d’Ahmadinejad et même pour le sommet de la hiérarchie— les classes laborieuses. Une importante dévaluation de la monnaie signifie une grande inflation ajoutée à des coupures dans les subventions. C’est une recette dangereuse."

Les Iraniens qui ont accumulé une longue expérience des sanctions et des embargos depuis 1979 ont peu de chance de laisser les sanctions nuire à leur développement économique sans réagir.

Djavad Salehi-Isfahani, un professeur Etasunien-Iranien de Virginia Tech University aux Etats-Unis a fait remarquer dans son blog que grâce aux sanctions "la politique économique s’est améliorée en Iran." Selon lui, la Banque Centrale iranienne a convaincu le président iranien Mahmoud Ahmadinejad de relever notablement les taux d’intérêt pour augmenter les dépôts bancaires et empêcher l’inflation, ce qui constitue un changement de politique majeur du gouvernement.

Ahmadinejad et ceux qui le soutiennent, comme le pressentent Escobar et Salehi-Isfahani, pourraient avoir à souffrir des problèmes et des difficultés que rencontrent les classes moyennes et laborieuses en Iran. En effet, la campagne d’Ahmadinejad a consisté principalement à faire des promesses aux classes laborieuses pauvres, en insistant sur la poursuite de la politique de soutien et de subventions du gouvernement et en s’engageant à ne pas augmenter les taux d’intérêt et de change. La décision sans précédent du parlement iranien de convoquer Ahmadinejad pour lui demander d’expliquer sa politique économique semble indiquer qu’il aura à répondre du mécontentement populaire intérieur à la place de l’appareil d’état.

Selon les prévisions économiques de la Banque Mondiale de 1012, on s’attend à ce que la croissance économique de l’Iran persiste, en dépit des sanctions, pendant l’année en cours et la suivante. Selon la Banque Mondiale, cela est dû au fait que "la réorganisation du système des subventions et de transferts de liquidités pour un meilleur équilibre des remboursements et des recettes fiscales est vue d’un bon oeil par les observateurs extérieurs". Cependant le rapport mentionne bien que "de grandes difficultés persistent dans les secteurs non pétroliers (industrie et services)".

Plus étonnant, les agences d’information iraniennes ont rapporté que le Fond Monétaire International (FMI) avait classé l’Iran au rang "de la 17ième plus grande économie du monde", c’est à dire, apparemment devant l’Australie, l’Arabie Saoudite, la Pologne et l’Argentine.

Selon les données économiques interprétées par les principales institutions financières occidentales, l’état iranien ne semble pas décliner en dépit de décennies de sanctions et d’embargos. Cependant cette image apparemment positive ne tient pas compte des profondes difficultés dont souffre la vaste majorité du public iranien ni de son mécontentement croissant.

Le mécontentement croissant du public fait-il le jeu de l’Occident ?

Escobar ajoute que "le cocktail meurtrier pour déstabiliser le régime... ne fonctionnera pas parce que les Iraniens sont parfaitement conscients des machinations occidentales. La classe ouvrière iranienne qui, il y a peu, applaudissait Obama, le rend désormais responsable des sanctions et de la pénurie croissante. Le programme nucléaire est en fait une source de fierté nationale —même les verts le défendent. Il est exact que l’administration d’Ahmadinejad a complètement échoué sur le plan économique et financier —mais l’approche agressive des Etats-Unis et de l’Europe, ne rallie personne en Iran. Cela prouve une fois de plus que tous ces mauvais [politiciens] ne comprennent rien à la culture persane ni à la mentalité [persane]."

Quel est le but des sanctions ?

"Le but des sanctions est de mettre la pression sur l’Iran pour qu’il revienne à la table des négociations," a dit Catherine Ashton, la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique sécuritaire, après que la dernière série de sanctions ait été mise en place.

Il faut analyser cette déclaration à la lumière du rejet des Etats-Unis et de l’UE de l’ingénieux accord signé par la Turquie et le Brésil à Téhéran en 2010 sur un échange d’uranium faiblement enrichi contre du combustible.*

D’ailleurs, Vali Nasr, un ancien conseiller du Département d’Etat d’Obama a noté dans un interview avec les Affaires Etrangères qu’en fait ce sont les Etasuniens qui ont toujours catégoriquement refusé de négocier et qui se sont entêtés dans une escalade qui pourrait facilement tourner en guerre régional destructrice.

De fait, Glenn Greenwald, dans un article pour Salon, a montré que les médias et les politiciens étasuniens avaient intentionnellement déformé l’image de l’Iran et l’avaient présenté comme "la racine de tous les maux" et donc une menace existentielle aux Etats-Unis afin d’alimenter une atmosphère d’hystérie.

Les Etats-Unis et l’UE font semblant d’accorder de l’importance à la diplomatie mais en réalité ils poursuivent une politique qui se rapproche dangereusement du "changement de régime". Au cours des deux dernières années, cette politique est devenue de plus en plus agressive et se manifeste par des attaques cybernétiques, l’envoi de drones dans l’espace aérien iranien et la permission donnée à Israël de financer et d’armer les Mujahedin-e Khalq (MEK) pour assassiner des savants iraniens. De plus Israël ne cesse de menacer l’Iran de le bombarder, ce qui n’aurait pas seulement pour conséquence de retarder l’enrichissement d’uranium mais plongerait la région dans la guerre.

Le mois prochain, l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AIEA) doit publier, selon certains analystes, un rapport plus sévère sur l’Iran qui ne tient pas compte de sa dernière visite du 20 février en Iran. La position de l’AIEA, et celle de son directeur général Yukiya Amano,** a été remise en question lorsqu’un câble diplomatique a été publié par Wikileaks. Dans cette dépêche, Amano assurait les officiels étasuniens de Genève "qu’il était solidement dans le camps étasunien pour toutes les décisions stratégiques, qu’il s’agisse de nominations à des postes de responsabilité ou de la gestion du supposé programme nucléaire iranien."

Jusqu’à présent, les actions et sanctions n’ont réussi qu’à solidifier la position de l’Iran sur son programme d’énergie nucléaire. Pendant la célébration du 33ième anniversaire de la révolution islamique, Ahmadinejad a déclaré dans son discours aux Iraniens : "Dans quelques jours le monde sera informé des avancées prodigieuses du nucléaire iranien".

Les sanctions sont finalement contre productrices pour les Américains et les Européens, et révèlent leur manque de volonté politique d’imaginer des solutions diplomatiques pour sortir de l’impasse. Qui plus est, on peut y voir un signe que leur pouvoir sur le monde diminue et qu’ils sont de plus en plus déconnectés des positions du reste du monde. Mais l’image d’un Iran isolé n’en continue pas moins de prévaloir dans les capitales d’Amérique du Nord et d’Europe occidentale, portant en elle-même les germes d’un désastre universel.

Notes :

* http://www.france24.com/fr/20100518...
**
http://sergeadam.blogspot.com/2011/...

 http://english.al-akhbar.com/conten...
Traduction : Info-Palestine.net - Dominique Muselet


1-3 William Blum :Le Grand Tartuffe de la Menace, le Grand Ayatollah du danger nucléaire.

Il est bien connu que les États-Unis et Israël détesteraient voir l’Iran se doter d’armes nucléaires.

La meilleure carte qu’Israël ait en main est celle d’être « la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient ». Mais dans le monde réel, pas celui de la propagande, USraël a-t-il vraiment peur d’une attaque nucléaire iranienne ? Au cas où vous auriez oublié...

Lors d’une conversation en 2007, le ministre des affaires étrangères israélien Tzipi Livni a dit que selon elle : « les armes nucléaires iraniennes ne représentent pas une menace existentielle pour Israël. » Elle a aussi « critiqué l’usage exagéré que faisait le Premier Ministre (Israélien) Ehud Olmert de la question de la bombe iranienne, en affirmant qu’il tentait de rallier l’opinion publique en jouant sur ses peurs les plus élémentaires ». (1)

En 2009 : « Un haut officiel israélien à Washington » a affirmé que « Il y a peu de chances que l’Iran lance des missiles sur Israël, à cause de la certitude de représailles ». (2)

En 2010 le Sunday Times de Londres (10 janvier) a écrit que le Brigadier Général Uzi Eilam, héros de la guerre, pilier de l’establishment de la défense israélienne et ancien directeur de la Commission à l’Energie Atomique d’Israël, « pense qu’il faudra encore sept ans à l’Iran pour fabriquer des armes nucléaires. »

A début du mois dernier, le Secrétaire à la Défense US, Lean Panetta, a déclaré à la télévision que « Tentent-ils (les Iraniens) de développer une arme nucléaire ? Non, mais nous savons qu’ils essaient de développer des capacités nucléaires. » (3)

Une semaine plus tard on pouvait lire dans le New York Times (15 janvier) que « trois éminents experts israéliens en matière de sécurité – le chef du Mossad, Tamir Pardo, un ancien chef du Mossad, Efraim Halevy, et un ancien chef d’état major, Dan Hultz – ont tous récemment déclaré qu’un Iran nucléarisé ne constituerait aucune menace pour Israël ».

Puis, quelques jours plus tard, le Ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, lors d’une interview avec la Radio de l’Armée Israélienne (18 janvier) a eu ce dialogue :

Question : Est-ce qu’Israël pense que l’Iran n’a pas encore décidé de transformer son potentiel militaire en armes de destruction massive ?

Barak : Les gens demandent si l’Iran tente d’échapper aux contrôles des inspecteurs, afin d’obtenir des armes nucléaires ou de mettre en marche un site opérationnel le plus vite possible. Apparemment, ce n’est pas le cas.

Et enfin nous avons le Directeur du Renseignement National des Etats-Unis, James Clapper, lors d’un compte-rendu au Congrès : « Cependant, nous ne savons pas si l’Iran décidera un jour de fabriquer des armes nucléaires... » Il y a « certaines choses que (les Iraniens) n’ont pas encore fait » et qui sont indispensables pour fabriquer une arme. (4)

Des aveux comme celui ci-dessus – et il y en a d’autres – ne font jamais publié les premières pages des grands médias Américains (contrairement aux français – note ironique et téléphonée du traducteur) ; en fait, très peu les ont même mentionnés ; et parfois en les déformant – sur PBS (chaîne publique – NdT) le 9 janvier à l’émission PBS News Hour, la chaîne non-commerciale tant chérie pas les libéraux américains, la citation de Panetta ci-dessus a été retranscrite ainsi : « mais nous savons qu’ils tentent de développer des capacités nucléaires, et c’est cela qui nous préoccupe. » en omettant de manière flagrante la phrase précédente : « Tentent-ils de développer une arme nucléaire ? Non... » (5)

Un des principaux historiens militaires d’Israël, Martin van Creveld, a été interviewé par le magazine Playboy en juin 2007 :

Playboy : le monde peut-il vivre avec un Iran nucléarisé ?

Van Cleveld : les Etats-Unis ont vécu avec une Union Soviétique nucléarisée, avec une Chine nucléarisée, alors pourquoi pas l’Iran ? J’ai effectué des recherches sur comment les Etats-Unis se sont opposés à la prolifération nucléaire dans le passé et à chaque fois les Etats-Unis exprimaient leur opposition en expliquant en quoi le pays en question était très dangereux et ne méritait pas d’avoir d’armes nucléaires. Les Américains croient qu’ils sont les seuls à les mériter, parce qu’ils sont bons et démocratiques et parce qu’ils aiment leur maman, la tarte aux pommes et leur drapeau. ¨Mais les Américains sont les seuls à s’en être servies... Il n’y a aucun rsique qu’une bombe iranienne nous tombe dessus. Mais nous ne pouvons pas le dire trop fort, car nous avons l’habitude de brandir des menaces pour obtenir des armes... et grâce à la menace iranienne, nous recevons des armes des Etats-Unis et de l’Allemagne. »

Et pendant toutes ces années, régulièrement, les officiels israéliens et américains nous affirment que l’Iran représente la Menace Nucléaire Numéro Un, que nous ne pouvons pas baisser la garde, qu’il ne devrait avoir aucune limite dans les sanctions ultra-sévères que nous imposons au peuple iranien et son gouvernement. Les meurtres et les tentatives de meurtre à répétition de scientifiques nucléaires iraniens, les sabotages d’équipements nucléaires iraniens avec des virus informatiques, la vente de pièces et matières premières défectueuses, des accidents d’avion inexpliqués, des explosions sur les sites iraniens... Qui peut bien être derrière tout ça, sinon USraël ? Et comment le savons-nous ? Ca s’appelle du « bon sens ». A moins que vous ne pensiez que le coupable était le Costa Rica ? Ou peut-être l’Afrique du Sud ? Ou la Thaïlande ?

Le Secrétaire à la Défense Panetta a récemment commenté un de ces assassinats de scientifiques iraniens. Il fut laconique : « Ce n’est pas le genre des Etats-Unis ». (6)

Quelqu’un pourrait-il me donner l’adresse électronique de Leon Panetta ? J’aimerais lui envoyer la liste des complots d’assassinat ourdis par les Etats-Unis. Plus de 50 dirigeants ont été visés par les Etats-Unis, dont beaucoup avec succès. (7)

Il n’y a pas longtemps, l’Irak et l’Iran étaient considérés par USraël comme les menaces les plus importantes envers l’hégémonie israélienne au Moyen orient. C’est ainsi qu’est né le mythe des Armes de Destruction Massive irakiennes, et que les Etats-Unis en ont fait un cas d’école. Il ne reste plus que l’Iran, et soudain est né le mythe de la Menace Nucléaire Iranienne. Lorsqu’il a commencé à apparaître que l’Iran n’était pas vraiment une menace nucléaire, ou que cette « menace » devenait de plus en difficile à vendre au reste du monde, USraël a décidé qu’il lui fallait au minimum un changement de régime. La prochaine étape pourrait être l’étranglement de l’Iran en coupant la voie du Détroit d’Ormuz. Ce qui expliquerait les récentes manœuvres navales des Etats-Unis et de l’Union Européenne près du Golfe Persique, ce qui constitue un acte de guerre et une provocation pour pousser l’Iran à tirer le premier. Si l’Iran tente de contrer ce blocus, cela pourrait devenir un nouveau cas d’école pour les Etats-Unis, le quatrième en 10 ans, avec les peuples dévastés de la Libye, de l’Afghanistan et dl’Irak, qui goûtent aux plaisirs de la liberté et de la démocratie offertes par les Etats-Unis.

Le 11 janvier, le Washington Post a rapporté : « En plus d’influencer directement les dirigeants iraniens, (un responsable du renseignement US) a dit qu’une autre option était provoquer (par les sanctions) de la haine et du mécontentement dans la rue afin que les dirigeants iraniens comprennent qu’ils doivent changer de politique. »

Comme ils sont mignons ces dirigeants du « Monde Libre » (est-ce que cette expression est encore employée ?) avec leurs tactiques et objectifs du 21ème siècle.

La pensée néo-conservatrice (et Barack Obama peut être considéré comme un disciple) est encore plus mignonne. Ecoutons Danielle Pletka, vice-présidente du groupe de réflexion le plus important des Etats-Unis, l’American Enterprise Institute :

« Le plus gros problème pour les Etats-Unis n’est pas que l’Iran se dote de l’arme nucléaire et le teste, c’est que l’Iran se dote de l’arme nucléaire et ne s’en serve pas. Parce qu’à partir du moment où ils la possèdent et ne font rien de mal avec, tous ceux qui s’opposaient vont revenir à la charge en disant « Voyez, nous vous avions bien dit que l’Iran était une puissance responsable. Nous vous avions bien dit que l’Iran n’avait pas l’intention de se doter d’armes nucléaires et de s’en servir dans la foulée... » Et ils finiront par convaincre qu’un Iran nucléarisé n’est pas un problème. » (8)

Que faut-il conclure de cette dernière citation, et de toutes celles qui précèdent ? Je pense que cela nous ramène au début de l’article : être « la seule puissance nucléaire au Moyen orient » constitue une sacrée carte dans le jeu israélien. Est-ce qu’USraël est prêt à faire la guerre pour la garder ?

William Blum

http://killinghope.org/bblum6/aer102.html

Traduction « l’Iran n’a qu’à changer son nom en Arabie Saoudite ou Qatar et tout lui sera pardonné » par VD avec probablement les fautes et coquilles habituelles

URL de cet article 15759
http://www.legrandsoir.info/le-grand-tartuffe-de-la-menace-le-grand-ayatollah-du-danger-nucleaire.html



2 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Guerre d’Iran: Lettre ouverte du 24 janvier 2012 au gouvernement fédéral allemand.

par Christoph R. Hörstel

Madame la Chancelière fédérale,
Monsieur le Ministre des Affaires étrangères,

Nous sommes actuellement confrontés à une situation1,2 dans laquelle le monde n’est ­éloigné que d’un pas minuscule d’une grande guerre symétrique que l’OTAN, sous la pression des USA, dissimule ou mène de façon asymétrique depuis plus de dix ans.
Le gouvernement fédéral que vous représentez, mène notre pays dans cette position actuelle totalement agressive, malgré d’innombrables avertissements de l’extérieur et de l’intérieur, notamment de notre voisin russe,3 dont nous lésons de toute façon les intérêts de sécurité justifiés de façon permanente, dans le cadre de l’OTAN.
Inquiet, le monde regarde deux démarches hautement provocantes des puissances occidentales majeures qui accordent le droit à l’Iran – pour autant que le droit ait encore de la valeur sur notre planète mal dirigée par les alliés des USA – de tirer immédiatement sur les porte-avions américains croisant dans le golfe Persique et sur les navires d’accompagnement français et britanniques. Permettez-moi s’il vous plaît de préciser que je n’admets ni oublie les centaines de violations des droits de l’homme, de prévarications et de corruption commis en Iran. Cependant ce sont nos alliés américains, dont le ministre de la Justice de l’époque de Bush, qui justifièrent la torture, fondèrent et entretiennent jusqu’à présent le camp de torture de Guantánamo et qui ont contribué directement ou indirectement, durant ces dernières vingt années, à la mort d’environ trois millions de musulmans.4 Heureusement, l’Iran possède une tradition de paix vieille de plusieurs centaines d’années, dont l’Allemagne, les USA et l’OTAN ensemble ne peuvent cependant que rêver. J’expliquerai cela comme suit:
L’Union européenne, comme clairement annoncé lundi matin par vous, Monsieur le ministre Westerwelle, décide de sanctions sévères contre l’Iran. Ces sanctions vont frapper les gens de ce pays, au départ aussi cultivé que germanophile, encore plus durement que ne l’a déjà fait notre politique inintelligente pratiquée jusqu’ici. De pareilles sanctions destinées à empêcher un pays de maintenir des relations commerciales internationales ordonnées, nuisent fondamentalement à son fonctionnement économique, politique et social. On ne peut comparer ces sanctions qu’au blocus maritime agressif des USA contre le Japon, alors régionalement très agressif et oppresseur, qui força le pays dépendant totalement des importations à la contre-attaque: avec les forces aériennes japonaises sur Pearl Harbour, le 7 décembre 1941. On sait que la guerre se termina par l’épouvantable crime terroriste du largage de deux bombes atomiques sur les grandes villes de Hiroshima et de Nagasaki. A présent, avec l’Iran, les USA mettent à nouveau un pays dans cette situation, dans laquelle il ne peut finalement que recourir aux armes auxquelles quelques pays membres de l’OTAN recourent maintenant déjà. La politique américaine rend une grande guerre de plus en plus difficilement évitable. Et l’Allemagne y participe toujours, comme si ni hier ni demain existaient.
Aujourd’hui, la base américaine de Diego Garcia abrite d’immenses bombes à l’uranium de 15 tonnes, uniquement pour l’engagement contre l’Iran.5 Israël a reçu des centaines de bombes à l’uranium destinées uniquement à une attaque planifiée contre l’Iran. Ces armes qui, en raison de leur effet de masse diffus, blessent forcément aussi en partie des populations civiles, violent le droit en vigueur et auraient dû être interdites depuis longtemps. Contrairement à la loi, l’Allemagne n’a rien entrepris pour aider à obtenir une pareille interdiction. Monsieur le ministre Westerwelle, lorsque les meilleurs experts de notre pays s’adressèrent à votre cabinet pour expliquer les effets dévastateurs, génocidaires de ces armes et pour exiger des démarches politiques contre leur usage répété par nos alliés les plus importants, vos fonctionnaires les ont froidement éconduits. L’­Allemagne, qui ne possède méritoirement pas d’armes à l’uranium, est cependant coresponsable des crimes en question, parce qu’elle est l’alliée et qu’elle coopère avec des Etats qui les commettent.
Revenons aux sanctions contre l’Iran. L’Europe et les USA justifient ces sanctions par un mauvais comportement iranien dans la poursuite de son programme atomique6 qui est en réalité aussi justifié que légal. Oui, c’est vrai: les premières années, l’Iran n’a pas révélé correctement ses activités. Mais les USA, l’Allemagne et d’autres pays occidentaux étaient intensément occupés durant des décennies à vendre autant au Pakistan, pays livreur principal de l’Iran, qu’à celui-ci directement, tous les équipements et pièces nécessaires, à préserver les acheteurs des deux pays des poursuites par les autorités et forces de sécurité occidentales et à «accompagner» véritablement les programmes atomiques des deux pays. Aux USA, un témoin de la CIA, prêt à témoigner en justice de ces événements, fut très sévèrement harcelé et sa vie professionnelle et privée furent ruinées. Laissons en suspens qu’il y eut partiellement du sabotage dans la politique de livraison des USA. Ces faits avérés et certifiés ne sont surpassés que par une corruption sans exemple de la politique occidentale, principalement américaine, autour de l’Agence atomique internationale de Vienne. Non content que l’ancien directeur de l’AIEA Mohammed El-Baradei ait personnellement été mis sous pression pour falsifier des conclusions objectives de son agence dans le sens d’une politique de pressions américaines contre l’Iran, allant jusqu’à des attaques d’écoutes téléphoniques contre l’agence, il faut savoir en plus que celles-ci sont combinées avec des attaques d’écoutes constantes contre l’ONU. Non content que notre allié américain fût intervenu massivement et en violant toutes les règles de la bienséance dans la décision concernant le deuxième mandat d’El-Baradei, c’est en plus actuellement un zélé directeur de l’AIEA complaisant surtout envers les USA qui est en fonction et qui cause par son attitude des dégâts considérables aux deux, à l’office et à son autorité.7 Il aurait aussi été le devoir de l’Allemagne de faire obstacle à ces machinations dangereuses et d’empêcher ainsi que la communauté d’Etats occidentale continue de perdre sa réputation dans le monde, réputation déjà éprouvée par de nombreuses agressives infractions à la loi.
Le dernier rapport de l’AIEA fourmille par conséquent d’affirmations contraires à la vérité, de vieilles histoires vérifiées sur place et réfutées, basées sur des sources de services secrets fausses et falsifiées. Il tire des conclusions fausses, cite en plus de façon illégale des noms de soi-disant scientifiques atomistes qui travaillent effectivement mais seulement en partie pour le programme atomique iranien. Mais au vu du programme américano-israélien d’assassinats, il met en danger la vie de toutes les personnes citées, ainsi que celle de leur entourage, y compris les membres de leur famille et d’autres innocents qui n’y sont pour rien. Tout ceci se déroule bien que beaucoup de courageux connaisseurs du programme atomique iranien comme El-Baradei, l’expert de l’office de l’énergie atomique us-américaine Clinton Bastin et bien d’autres, affirment clairement que l’Iran ne travaille ni à la construction d’armes atomiques ni sera à longue échéance capable de fabriquer de pareilles armes.
Ces actions et de nombreux autres attentats meurtriers, des attentats à la bombe et d’autres opérations armées de services secrets, allant jusqu’à l’incitation à la révolte de la population, particulièrement d’ethnies agitées, et de plus une opposition contre le gouvernement de Téhéran, requinquée artificiellement au-delà de son état habituel, seraient difficilement pensables sans la présence de porte-avions américains devant les côtes de l’Iran. Par conséquent, en application du droit à l’autodéfense, l’Iran serait en droit d’attaquer des troupes qui depuis des années sont de plus en plus impliquées dans des activités agressives et hostiles contre le territoire et la population iraniens.
La deuxième grande provocation de l’OTAN consiste dans le fait que, malgré les avertissements francs et justifiés de l’Iran, deux porte-avions des USA, accompagnés par des unités des marines britannique et française, ont pénétré ces dernières heures dans le golfe Persique. Un troisième se tient à portée de tir contre l’Iran. Trois groupes de porte-avions suffisent pour attaquer l’Iran; l’Irak a d’ailleurs été illégalement attaqué la dernière fois en 2003 avec une force armée de cette importance.
Ces dernières années, comme des milliers de citoyens allemands, j’ai adressé au Bundestag et à vous-même directement des avertissements et des demandes disant qu’en cas de guerre, l’Allemagne, en raison de l’utilisation de guerre américaine des bases aériennes US sur sol allemand, deviendrait automatiquement, selon le droit international public, nation combattante de chaque agression future dirigée par les USA. Ce qui fait que l’Allemagne se trouve prise en otage. A vous, Madame la Chancelière et Monsieur le Ministre des Affaires étrangères, je reproche que vous n’ayez pas, malgré votre serment professionnel, voulu préserver notre pays de ce dommage et de tous les autres dommages qui pourraient éventuellement encore en résulter, en violation8 de la Loi fondamentale (art. 26,1). A cette occasion, Madame la Chancelière Merkel, vous devez accepter qu’on vous demande pourquoi, le 28 octobre 2009 vous n’avez pas levé la main9 pour confirmer votre dernier serment professionnel: était-ce pour ces raisons, et en toute connaissance de cause? Si c’était le cas, toutes les violations dommageables du droit de votre politique commises depuis seraient placées automatiquement sous le soupçon d’un acte délibéré.
Le monde ne se trouve pas loin de l’éclatement d’une guerre, qui pourrait très bien dégénérer en guerre mondiale si d’autres peuples se comportent ne fût-ce qu’à peu près aussi agressivement que votre politique et celle de l’OTAN depuis des jours, mois, années et décennies à l’encontre du peuple iranien, lequel, en comparaison, est pacifique.
Qu’est-ce qui peut encore vous émouvoir, vous deux qui avez effectué votre carrière professionnelle dans ce paysage politique? Peut-être la déclaration de l’ancien secrétaire d’Etat à la défense Willy Wimmer, CDU, un membre de longue date de la Commission des Affaires étrangères du Bundestag qui parla précisément à la radio iranienne10 d’une trace de sang que la communauté des valeurs occidentale aurait laissée dans la politique internationale depuis 1998? Sont-ce les événements de la Seconde Guerre mondiale avec ses 56 millions de morts, qui paraissent apparemment si lointains que plus personne ne semble envisager leur répétition, bien qu’elle s’amorce durant ces heures? N’est-ce pas carrément pervers que l’Allemagne coresponsable se trouvera alors impliquée et se fourre dans la troisième guerre mondiale, cette fois avec les droits d’un volontaire et d’une direction faite d’une politique de lâcheté, de faiblesse et de corruption? Je vous le demande: êtes-vous deux en train de faire en sorte qu’à l’avenir les guerres d’agression d’Adolf Hitler apparaissent comme les précurseurs de la politique criminelle de l’OTAN?
Madame la Chancelière Merkel, au mépris de notre Loi fondamentale, vous avez déclaré raison d’Etat la sécurité de l’Etat d’Israël qui, ces dernières années, se comporte de façon de plus en plus agressive. Croyez-vous que l’actuelle marche à la guerre sera en mesure de vous rapprocher de votre but – ou rendra la région plus sûre?
Croyez-vous que la complicité allemande actuelle avec les USA est bonne pour l’amitié de nos peuples – et ne nuit pas en vérité à l’allié parce que politiquement celui-ci s’écarte désespérément du droit chemin? Et pensez-vous aux gens des deux pays qui sont de plus en plus critiques envers leurs dirigeants politiques et ne savent plus s’y prendre avec ce désagréable mélange de promesses électorales rompues, de lois violées et de politique corrompue, comment peuvent-ils opposer quelque chose à ce mélange entre-temps devenu explosif?
Vous êtes-vous demandé comment les futurs écoliers du monde entier vont juger vos décisions actuelles?
Pouvez-vous nier que le monde tombe aussi dans cette situation explosive et dans une guerre qui s’en suivra, parce qu’une forte dégringolade attend les USA – la puissance dirigeante de l’OTAN – ainsi que l’Union européenne, grâce à une politique économique, financière et monétaire avide, stupide et notamment corrompue? Croyez-vous que le peuple soit assez bête pour ne pas remarquer cette dernière sale combine de votre politique? Ou croyez-vous que, depuis qu’il y a des armes irradiantes11, avec lesquelles on peut, sans laisser de traces, plaquer au sol des manifestants devant la Chancellerie, où ils hurlent de douleur, vous puissiez vous retrancher dans le quartier du gouvernement?
A la fin d’une lettre, il y a normalement des salutations polies. Mes problèmes commencent par la question de savoir comment je peux séparer mon respect de votre fonction de mon épouvante concernant l’évolution de la situation, de mon rejet profondément ressenti de votre politique et de mon grand souci pour la paix, pour notre avenir à tous. Je sollicite votre indulgence: ce n’est ni de l’impolitesse, ni mon intention, mais simplement mon impuissance de trouver ici les mots qui conviennent.     •
(Traduction Horizons et débats)

1    www.spiegel.de/politik/ausland/0,1518,810695,00.html
2    www.spiegel.de/politik/ausland/0,1518,810732,00.html
3    www.spiegel.de/politik/ausland/0,1518,810770,00.html
4    Christoph R. Hörstel: Sprengsatz Afghanistan, München 2007, S. 167f.
5    www.heraldscotland.com/news/world-news/final-destination-iran-1.1013151
6    http://info.kopp-verlag.de/hintergruende/geostrategie/john-lanta/iaea-mit-unlauteren-tricks-gegen-den-iran.html
7    www.guardian.co.uk/world/julian-borger-global-security-blog/2010/nov/30/iaea-wikileaks
8    http://info.kopp-verlag.de/hintergruende/-europa/john-lanta/aussenpolitische-kriminalitaet-friedens-aufruf-stoert-die-taeter.html
9    www.rp-online.de/politik/deutschland/die-hand-beim-eid-blieb-unten-1.2297636
10    http://german.irib.ir/analysen/interviews/item/200391-interview-mit-willy-wimmer
11    http://en.wikipedia.org/wiki/Active_Denial_System

Faits concernant le détroit d’Ormuz

Quand il est question d’une éventuelle aggravation du conflit concernant les installations nucléaires iraniennes, on mentionne souvent la possibilité du blocage du détroit d’Ormuz par la marine iranienne. C’est une raison suffisante, pour se pencher de plus près sur ce détroit par lequel sont transportées la majorité des cargaisons du pétrole destiné à approvisionner notamment la Chine, l’Inde et le Japon. C’est une des raisons principales pour laquelle les Etats susmen­tionnés n’ont participé qu’à contre cœur aux mesures de boycott imposées à l’Iran …
En réalité, la marine iranienne dispose de bien plus de possibilités d’intervention dans le détroit d’Ormuz que ce que la plupart des observateurs (superficiels) en savent. En fin de compte, l’ensemble du trafic maritime y a lieu en coordination avec elle et la marine du sultanat d’Oman! Les conventions actuelles prévoient que tous les navires ayant l’intention de transiter dans le golfe Persique doivent impérativement passer par les eaux iraniennes et les navires dans la direction opposée (d’ouest en est) doivent passer par les eaux territoriales d’Oman.
Jusqu’à présent, l’Iran a autorisé de bonne foi (et conformément aux dispositions de la Partie III de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer) le passage de tout navire par le détroit d’Ormuz dans la mesure où il navigue de manière «continue et rapide entre un port et une partie de la haute mer». Dans cette Convention le «passage en transit» est prévu pour le détroit d’Ormuz comme pour tout autre détroit. Mais du point de vue purement juridique, Téhéran n’est pas obligé de s’y tenir, car il a – tout comme les Etats-Unis – bien signé cet accord mais ne l’a jamais ratifié. Cela pourrait être l’occasion d’une revanche. Lors d’événements belliqueux, l’Iran serait, selon l’actuel droit international de la mer, autorisé à interdire tout trafic maritime international dans ses eaux territoriales dans le détroit d’Ormuz, sans porter atteinte à un quelconque accord international!
Dans les deux directions, le trafic maritime devrait alors trouver son chemin à travers les eaux territoriales omanaises, et dans ce cas, la plupart des spécialistes en navigation s’attendent à de sérieuses perturbations. La marine américaine – qui a actuellement au moins un porte-avion, dix croiseurs et cinq grands bâtiments amphibies dans les eaux du golfe Persique – en serait d’ailleurs également concernée. Une «sortie forcée» par le détroit d’Ormuz ne semble guère possible en raison de son étroitesse, au cas où l’Iran s’y oppose. Au point le plus étroit, le passage n’a qu’environ 20 kilomètres de largeur et l’Iran dispose de centaines de petits torpilleurs – dont chacun peut tirer une douzaine de missiles –, de nageurs de combat bien formés et d’autre matériaux de guerre qui en situation de crise peuvent, suite à la proximité, représenter un danger très sérieux – même pour les navires les mieux protégés.
Dans une étude top secrète de la marine américaine, on prévoit – en cas d’une confrontation ouverte dans le détroit d’Ormuz – une éventuelle perte totale de toute la flotte et la mort de près de 20
000 soldats américains! Ce n’est pas en dernier lieu pour réduire cette importance stratégique du détroit d’Ormuz que la plupart des émirats travaillent de toutes leurs forces à la construction d’un oléoduc.

Source: Vertrauliche Mitteilungen, nº 3964 du 31/1/11

http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=3145


2-2 hugo Chávez, l’Agence France-Presse et le rôle des médias.
Salim Lamrani

La visite du Président iranien Mahmoud Ahmadinejad au Venezuela, le 9 janvier 2012, a fait l’objet d’une couverture médiatique internationale. L’Agence France-Presse (AFP) a également couvert l’événement par le biais, entre autres, de sa chaîne de télévision AFPTV. Néanmoins, l’AFPTV s’est rendue coupable d’une grave dérive en publiant et en manipulant une vidéo tronquée du discours du Président vénézuélien Hugo Chávez, contrevenant à l’éthique journalistique qui impose à la presse de transmettre une information véridique et non biaisée à l’opinion publique. Cette affaire conduit inévitablement à se questionner sur le rôle des médias dans nos sociétés.

 

L’Agence France-Presse (AFP)

 L’AFP est la toute première agence mondiale d’information puisque son histoire remonte à la création en 1835 de l’agence Havas, « pionnière des agences de presse internationales ». En 1944, un groupe de journalistes résistants reprit le contrôle de l’Office Français d’Information – alors sous contrôle du régime de Vichy pendant l’occupation nazie – et le rebaptisa Agence France-Presse[1].

L’institution se qualifie d’« agence de presse indépendante », même si une partie substantielle de son budget dépend des abonnements des services publics, c’est-à-dire de l’Etat. Ses principes fondamentaux, définis dans le statut de 1957, sont néanmoins censés garantir « l’indépendance de l’agence et la liberté d’action de ses journalistes ». D’après son article 2, « l'Agence France-Presse ne peut en aucune circonstance tenir compte d'influences ou de considérations de nature à compromettre l'exactitude ou l'objectivité de l'information ; elle ne doit, en aucune circonstance, passer sous le contrôle de droit ou de fait d'un groupement idéologique, politique ou économique ». Ainsi, l’AFP revendique son impartialité et son objectivité[2].

L’AFP dispose d’un réseau conséquent de 2 900 collaborateurs de 80 nationalités différentes, répartis dans 165 pays, lesquels rendent compte en six langues différentes (français, anglais, espagnol, allemand, portugais et arabe) « de la marche de la planète, 24 heures sur 24, en vidéo, texte, photo, multimédia et infographie[3] ». L’agence diffuse ainsi 5 000 dépêches par jour dans tous les domaines de l’actualité et dispose, en plus du texte, d’un service photo international (2 000 photos par jour et 8 millions de photos d’archives), d’une chaîne de télévision AFPTV (500 vidéos par mois) et d’une palette multimédia[4].

L’AFP revendique une marque de fabrique qui fait, selon elle, sa renommée dans le monde entier : la crédibilité. Elle est illustrée par la maxime suivante : « La fiabilité est notre absolue priorité ». L’organisme est composé de « journalistes professionnels expérimentés » qui « exercent leur métier dans la plus grande rigueur », « trient, hiérarchisent les informations, vérifient les faits pour les mettre en perspective ». Selon l’entité de presse, elle fournit « une information rapide, vérifiée et complète sur les événements qui font l'actualité internationale[5] ».

 

La visite du Président Ahmadinejad au Venezuela

 Lors de la visite officielle du Président iranien Mahmoud Ahmadinejad au Venezuela, l’AFPTV a publié une vidéo de 58 secondes sous le titre « Ahmadinejad et Chávez ‘attaqueront Washington’ », dans lequel les journalistes L. Ramirez et L. de Suremain retranscrivent un extrait du discours du Président Hugo Chávez sur le perron du Palais présidentiel. Les deux présidents se trouvent côte à côte, entourés d’officiers militaires. La voix off traduit donc les propos de Chávez et l’extrait se lit comme suit : « Ahmadinejad et moi, depuis le perron du Palais présidentiel, viserons Washington avec des canons et des missiles. Parce que nous allons attaquer Washington[6] ».

 Ainsi, dans le reportage réalisé par l’AFPTV, il semble que le Président Chávez menace les Etats-Unis d’une attaque militaire. Les propos semblent assez étranges et surprennent l’opinion publique. S’agit-il d’une déclaration de guerre à l’encontre de la puissance américaine, sachant que les relations entre les deux nations sont conflictuelles depuis plus d’une décennie ? Impossible d’en savoir davantage en raison du caractère succinct de l’extrait.

 Une analyse de l’ensemble du discours de Chávez permet néanmoins de découvrir une toute autre réalité. En effet, le discours a été délibérément tronqué par l’AFPTV, qui en a sélectionné un passage afin de faire croire à l’opinion publique que Chávez menaçait explicitement les Etats-Unis. En réalité, les propos du président vénézuélien stigmatisaient la diabolisation de l’Iran et du Venezuela par les Etats-Unis et une grande partie de la presse occidentale. La déclaration complète est totalement différente :

 « Les porte-paroles de l'impérialisme disent, les médias de l’impérialisme affirment, et leurs laquais présents dans ce pays le répètent tels des perroquets, que l’Iran se trouve au Venezuela, qu'Ahmadinejad est à Caracas, car en ce moment même, à 2h30 de l'après-midi, comme si nous allions, Ahmadinejad et moi, depuis les sous-sols [du palais présidentiel] de Miraflores, ajuster notre tir en direction de Washington, et que vont sortir de là de grands canons et des missiles car nous allons attaquer Washington. C'est quasiment ce qu'ils disent. Ou que la colline où se trouvent les journalistes, là, va s'ouvrir, et qu'une grande bombe atomique va en sortir. C’est quasiment ce qu’ils affirment. Il faut en rire mais il faut également être attentifs[7] ».

La volonté de manipulation et de tromperie est manifestement évidente, sans compter les erreurs – délibérées ? – de traduction. Face au tollé suscité sur Internet, l’AFP a modifié le titre initial et l’a remplace par « Chávez ironise en disant qu’il va attaquer les USA[8] ». L’Agence a également publié le commentaire suivant sur son compte Facebook :

 

« L’AFP a publié une version corrigée d’une vidéo sur des déclarations du président vénézuélien Hugo Chavez lors de la récente visite à Caracas de son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad. Sur les six versions de cette vidéo AFP, la version en français comportait une erreur par défaut de mise en contexte d’une déclaration de M. Chavez. Une nouvelle version de cette vidéo, avec mise en contexte, a été diffusée[9] ».

Mais là encore, le nouveau titre – seul changement dans la nouvelle vidéo – est trompeur. En effet, le Président Chávez n’ironise pas sur une éventuelle attaque contre les Etats-Unis mais fustige les déclarations des médias qui prétendent que le Venezuela et l’Iran sont sur le point de déclarer la guerre à Washington. Ainsi, l’AFP transforme une critique de la presse occidentale en un discours belliqueux anti-américain.

Par ailleurs, cet ajustement n’a guère convaincu les internautes, outrés par le comportement de l’agence de presse comme l’illustrent certains commentaires : « C'est l'AFP qui envoie des missiles sur l'information et sur l'opinion publique ! », « La vidéo originale est une preuve irréfutable de calomnie et de manipulation du peuple Français », « agence de propagande », « À croire que le monde veut vraiment la guerre contre l'Iran et le Venezuela », « C'est la nouvelle PRAVDA[10] », « Ce que vous faites est d'une extrême gravité. Vous faites une propagande de guerre », « Comment les "journalistes" de l'AFP ont-ils osé, avec un ce grotesque mensonge prendre un tel risque, surtout à l'ère d'internet où tout peut être contrôlé et vérifié[11] ? ».

En réalité, le discours du président Chávez, qui a duré près d’une demi-heure et qui a été réduit à ces 58 secondes par l’AFP, était davantage un plaidoyer pour la paix mondiale qu’une déclaration de guerre contre les États-Unis comme l’illustrent ces extraits :

-Chávez : « La plus grande aspiration de nos peuples est la paix et on nous accuse de belliqueux ou de va-t-en-guerre. Nous ne sommes pas des va-t-en-guerre. L’Iran n’a envahi personne. La révolution islamique d’Iran n’a envahi personne. La révolution bolivarienne n’a envahi personne. Nous n’avons jamais bombardé quiconque. Qui a envahi des pays et des peuples entiers depuis plus de 100 ans ? Qui a jeté des milliers de bombes sur des peuples sans défense, y compris des bombes atomiques ? Qui a favorisé des coups d’Etat, des massacres et des génocides ? Qui a utilisé la guerre chimique, la guerre biologique et la guerre bactériologique contre des peuples entiers ? Ce n’est pas nous. Nous autres faisons partie des peuples qui ont été agressés. Et nous continuons à être agressés. Et on prétend nous présenter comme étant les agresseurs. Comme le dit Eduardo Galeano : « C’est l’histoire du monde à l’envers ».

 

 De la même manière, le discours du président iranien n’était pas forcément hostile aux Etats-Unis :

-Ahmadinejad : « Nous aimons tous les peuples, y compris le peuple américain qui souffre sous la domination des arrogants. Nous sommes aux côtés de tous les peuples pour qu’ils parviennent à conquérir leurs droits inaliénables. Notre arme est la logique, notre arme est la culture, nos armes sont les valeurs humaines. Nos armes sont l’effort et le travail qui permettront de conquérir les droits de ceux qui souffrent. Notre arme est l’amour, la tendresse et l’amitié pour lesquels nous serons unis à jamais[12] ».

 

Conclusion

Le cas d’AFPTV est emblématique des dérives journalistiques de plus en plus fréquentes. En effet, de nombreux médias ne jouent plus leur rôle d’informateurs et d’analystes, mais se contentent d’un rôle de propagandiste au service de l’idéologie dominante et de l’ordre établi. La concentration des médias au sein de grands groupes économiques et financiers porte gravement atteinte à l’impartialité et l’indépendance de cette même presse qui répond à un agenda politique bien précis, au détriment de la diffusion d’une information fiable.

Pourtant, la Charte d’éthique professionnelle des journalistes « tient l’esprit critique, la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité, pour les piliers de l’action journalistique ; tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, l’altération des documents, la déformation des faits, le détournement d’images, le mensonge, la manipulation, la censure et l’autocensure, la non vérification des faits, pour les plus graves dérives professionnelles[13] ».

Au lieu de respecter cette profession de foi, l’AFP s’est rendue coupable d’une dramatique faute professionnelle, trompant l’opinion publique et bafouant les principes fondamentaux de la profession journalistique, en particulier son propre statut. Dans ce cas précis, l’agence s’est comportée comme une officine de propagande destinée à diaboliser le président vénézuélien Hugo Chávez, outrageant ainsi la mémoire de ses pères fondateurs, qui eux avaient choisi, sous le joug nazi, de lutter contre la désinformation, « de passer la vérité en contrebande » si cela était nécessaire – pour reprendre les propos de Robespierre –, afin de la faire parvenir aux citoyens.

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son dernier ouvrage s’intitule État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011 (prologue de Wayne S. Smith et préface de Paul Estrade).

Contact : Salim.Lamrani@univ-mlv.fr ; lamranisalim@yahoo.fr

[1] Agence France-Presse, « Notre histoire ». http://www.afp.com/afpcom/fr/conten... (site consulté le 15 janvier 2012).

[2] Ibid.

[3] Agence France-Presse, « Nos missions ». http://www.afp.com/afpcom/fr/conten... (site consulté le 15 janvier 2012).

[4] Agence France-Presse, « Nos services ? ». http://www.afp.com/afpcom/fr/conten... (site consulté le 15 janvier 2012).

[5] Agence France-Presse, « Qui sommes-nous ? ». http://www.afp.com/afpcom/fr/content/afp (site consulté le 15 janvier 2012).

[6] Agence France-Presse TV, « Ahmadinejad et Chávez ‘attaqueront Washington’ », 12 janvier 2012. http://www.dailymotion.com/video/xn... (site consulté le 15 janvier 2012).

[7] Vincent Lapierre, « l’AFP en flagrant délit de manipulation sur Chavez et Ahmadinejad », Agora Vox, 12 janvier 2012. http://www.agoravox.tv/actualites/i... (site consulté le 15 janvier 2012).

[8] AFPTV, « Chávez ironise en disant qu’il va attaquer les USA », 12 janvier 2012. http://www.dailymotion.com/video/xn... (site consulté le 15 janvier 2012).

[9] Agence France-Presse, https://www.facebook.com/notes/agen... (site consulté le 15 janvier 2012).

[10] Ibid.

[11] AFPTV, « Chávez ironise en disant qu’il va attaquer les USA », op. cit.

[12] Vincent Lapierre, op. cit.

[13] Syndicat national des journalistes, « Charte d’éthique professionnelle des journalistes », mars 2011. http://www.snj.fr/spip.php?article1032 (site consulté le 13 septembre 2011).

http://www.michelcollon.info/Hugo-Chavez-l-Agence-France-Presse.html 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


13/03/2012

n°89 - journal d'Iran - 28-02 au 09-03 -lmm - Marc Bennetts : Les Iraniens apprennent à vivre sous les sanctions occidentales.

 


journald'Iran   

n°89 du 28-02 au 09-03

C.De Broeder& M.Lemaire



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d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm