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30/04/2012

n°51 Dossier Syrie - Médias & Manipulation de l'opinion - 23-04 - lmm - « La moitié des informations sur la Syrie sont fausses ».

 



Dossier deSyrie : Médias & Manipulation de l’opinion

n°51                              29-04.

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier deSyrie :Médias & Manipulation de l’opinion   " est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.


Sommaire : 

1 Dossier 1-1 Carolin Brühl : Todenhöfer : « La moitié des informations sur la Syrie sont fausses »2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Collectif pour la Syrie : CRISE EN SYRIE : Lettre ouverte aux Médias, aux Elus et aux Candidats à la Présidence de la République Française.

 

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Collectif pour la Syrie : CRISE EN SYRIE : Lettre ouverte aux Médias, aux Elus et aux Candidats à la Présidence de la République Française.

 

1-1 Carolin Brühl : Todenhöfer : « La moitié des informations sur la Syrie sont fausses ».

1-1 Carolin Brühl : Todenhöfer : « La moitié des informations sur la Syrie sont fausses ».

1-1 Carolin Brühl : Todenhöfer : « La moitié des informations sur la Syrie sont fausses ».

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Collectif pour la Syrie : CRISE EN SYRIE : Lettre ouverte aux Médias, aux Elus et aux Candidats à la Présidence de la République Française.

3  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Lutter de toutes nos forces contre la guerre et les aventures militaires dans la région du Golfe persique et au Moyen-Orient !



1 Dossier

1-1 Carolin Brühl : Todenhöfer : « La moitié des informations sur la Syrie sont fausses ».
L’auteur Jürgen Todenhöfer se rend fréquemment en Syrie. Il y a aussi rencontré le dirigeant Assad. Todenhöfer plaide pour un point de vue neutre sur le conflit. Ancien député CDU au Bundestag, il visite la Syrie autant qu’il peut – parfois plusieurs fois par année. Il y a un mois, il a voyagé à travers le pays durant près de quatre semaines. Il a pu se déplacer librement. Todenhöfer était à Damas, mais aussi à Homs, Hama et Deraa, sur les lieux qui font la une des journaux depuis presque une année, en raison des affrontements sanglants entre les forces de sécurité du régime et les insurgés.

 

Welt Online : Monsieur Todenhöfer, il y a peu vous étiez en Syrie. Par qui avez-vous été invité, et dans quelle mesure étiez-vous libre de circuler ?

Jürgen Todenhöfer : Personne ne m’a invité.

 

Vous êtes donc simplement entré dans le pays comme touriste ? Est-ce possible ?

Oui, ça marche. Je me rends en Syrie depuis plus de dix an. J’ai écrit un livre sur la Syrie et l’Irak qui a aussi été traduit en arabe. Il commence par Hakaouati, le conteur de contes de la Mosquée des Omeyyades à Damas. J’y vais chaque année. La Syrie est le berceau de notre civilisation et Damas est une des plus belles villes du monde arabe. La tête de Saint Jean Baptiste est enterrée dans la Mosquée des Omeyyades et à Damas, Saül devint Saint Paul.

 

Mais est-ce que vous comprenez et parlez l’arabe ?

Pas un mot.

 

Comment parlez-vous alors avec les gens ?

La plupart du temps, je suis accompagné d’un ou de plusieurs traducteurs.

 

Qu’est-ce qui vous a incité à repartir juste maintenant en Syrie, en dépit de tous les avertissements ?

Lorsque durant dix ans on ne cesse de voyager dans ce pays, il n’y a aucune raison de ne pas y retourner juste maintenant. Cette fois, j’ai eu quelques difficultés au début. J’ai été arrêté à l’aéroport de Damas parce que les services secrets syriens avaient émis une interdiction d’entrée contre moi. J’avais écrit un article dans Die Zeit que bien des personnes considéraient comme trop critique en Syrie. Il fallut plus de deux heures jusqu’à ce que je puisse enfin entrer dans le pays. Plus tard, ça m’a été utile parce qu’un Allemand de Syrie avait assisté à la scène et il l’a racontée quelques jours plus tard à Assad. Sur quoi Assad m’a invité à un entretien.

 

Assad a annoncé un référendum populaire pour mars, concernant une nouvelle Constitution. A quel point peut-on prendre cette initiative au sérieux ? Assad dirige-t-il effectivement lui-même les destinées de son pays ?

Je crois qu’il est l’homme le plus puissant de son pays. Et que la crise l’a rendu plus fort.

 

Pourquoi ?

Une crise décide si on peut s’emparer des choses ou s’il vaut mieux les remettre à d’autres. Il me semble que depuis lors, Assad fixe clairement la direction de sa politique. Je crois que ce referendum populaire sur une constitution démocratique est son idée. Lorsqu’il est parvenu au pouvoir il y a dix ans, il a essayé de moderniser le pays. Cela lui a valu beaucoup de difficultés. A l’intérieur comme à l’extérieur. On sait qu’en Occident, on lui a reproché d’être impliqué dans l’assassinat de l’ancien président du conseil des ministres libanais Hariri. Aujourd’hui il s’est avéré qu’il n’en était rien. En tout cas, Assad n’a pas réussi dans ses efforts de transformer le pays comme il avait eu l’intention de le faire.

 

Qu’est-ce qui l’en a empêché ?

Il y a des forces conservatrices puissantes dans des pays comme le Maroc, l’Arabie saoudite ou la Syrie. Assad n’avait pas seulement le problème de Hariri, il dut aussi rapatrier les troupes syriennes du Liban. Tout cela a amené à une situation de politique intérieure dans laquelle il était difficile d’imposer des réformes essentielles contre les forces conservatrices. Assad m’a dit de vive voix qu’il considère la démocratie en Syrie comme « impérative ». Et qu’à cet égard l’élaboration d’une constitution démocratique devait jouer un grand rôle.

 

Veut-il aussi renoncer au primat de son parti Baath ?

Envers moi, il a souligné que tous les partis seraient autorisés. Le référendum populaire en mars est une décision révolutionnaire pour un pays autocratique comme la Syrie parce que ce faisant, Assad remet la décision sur l’avenir du pays dans les mains du peuple. Le peuple n’a pas seulement la possibilité d’accepter cette constitution, il peut aussi la refuser. Je ne connais pas beaucoup de souverains autocratiques qui oseraient risquer un pareil référendum populaire.

 

Cela veut-il dire que vous croyez à une volonté de changement d’Assad et que vous croyez que ça peut être un moyen réaliste pour le pays ?

Plus l’Occident lui tape dessus, plus ça devient difficile pour Assad. Un politicien marxiste de l’opposition, qui a fait 14 ans de prison sous le père d’Assad, m’a dit que le seul qui pouvait amener à l’amiable la Syrie à la démocratie, c’était Bachir al-Assad. Aussi parce que la majorité des Syriens continuaient de faire une grande différence entre Assad et le système.

 

Mais que doit alors faire l’Occident ? Soutenir Assad ? Négocier avec lui ? Les medias occidentaux sont sous la pression des images de la violence brutale qui proviennent du pays. Et il y a peu de reportages objectifs.

La situation en Syrie est très complexe. En dépit du fait que de manière inattendue ce ne sont pas que les adversaires, mais aussi les partisans d’Assad qui revendiquent bruyamment la démocratie. Entre-temps, la démocratie est largement indéniable en Syrie. J’ai assisté à des manifestations à Damas auxquelles participaient entre un et deux millions de personnes.
Les gens criaient en chœur : « Assad, démocratie », et « Assad, liberté ». Les révoltés syriens veulent évidemment aussi la démocratie, cependant sans Assad. Il y a donc des manifestations pacifiques pour et contre Assad, mais toujours pour la démocratie. Toutefois, il y a des unités armées des deux côtés qui se livrent à des confrontations militaires sans merci. Ce qui provoque toujours des morts civiles. C’est totalement inacceptable et est à juste titre durement critiqué.
Toutefois, des leaders politiques de l’opposition syrienne m’ont dit que la guérilla de l’opposition tuait des civils et « réglait des comptes ». A Homs, je me trouvais dans la maison d’un partisan déclaré de Assad. On a tiré dans la chambre de sa fille de trois ans depuis une tour d’en face. J’ai vu les points d’impacts. Le jour après ma visite, il reçut une menace de mort et dut quitter sa maison. A Homs, j’ai moi-même été pris sous un lourd feu croisé lorsque la guérilla tira sur deux policiers.
Ce sont des affrontements comparables à une guerre civile. En Occident, on ne nous parle que des méfaits que commettent les forces de sécurité de l’Etat. Mais on occulte les méfaits de l’autre côté. Les reportages internationaux sont extrêmement unilatéraux.

 

Mais pourquoi Assad n’admet-il pas des journalistes dans son pays qui pourraient dessiner une image plus objective ?

C’est une grossière erreur du gouvernement. Je n’ai jamais ressenti aussi fortement la valeur d’un journalisme libre qu’en Syrie. En Syrie, l’opposition détient actuellement un monopole de l’information qu’elle exerce sans pitié via al-Jazira et al-Arabia. A Homs par exemple, il y a quatre stations satellite auxquelles chaque photographe muni d’un portable peut transmettre ses prises de vue dans la seconde. Aussi, on en profite, ce qui est bien compréhensible.

 

Qu’en est-il de l’accès libre à l’Internet ?

En matière d’Internet, la Syrie est un des pays les plus développés du monde arabe. C’est d’ailleurs Assad qui a instauré cela personnellement. Si vous allez dans un restaurant, vous avez toujours gratuitement un accès wireless et vous pouvez recevoir vos courriels. Il y a quelques semaines, la presse mondiale affirma que désormais les iPhones étaient interdits en Syrie. J’ai alors appelé Damas et interrogé mon interlocuteur à ce sujet. Il a ri : « Vous m’appelez pourtant précisément sur mon iPhone. » La moitié des informations concernant la Syrie sont fausses.

 

Connaissez-vous d’autres exemples ?

Durant mon séjour à Damas, la presse mondiale rapporta que le quartier général du parti bath avait été attaqué et fortement endommagé. Qu’il y avait eu un mort. Ça m’a fortement impressionné. Jusque là, Damas avait été une ville sûre dans laquelle il y avait même encore quelques touristes.
Le lendemain, je me suis rendu en voiture vers ce bâtiment. Deux aimables policiers se tenaient devant le bâtiment intact. Lorsque je leur demandai où se trouvaient les lourds dégâts, ils m’ont montré deux vitres enfoncées dans le hall d’entrée, dans lequel quelqu’un avait jeté un pétard. Lors de ma visite à Homs, j’ai vu que les étals du marché étaient couverts de victuailles et de légumes. Moi aussi j’y ai fait mes emplettes. Quelques jours plus tard, j’ai lu dans la presse mondiale : « Catastrophe humanitaire à Homs ».
Peu après je suis retourné une deuxième fois en ville et j’y ai rencontré des rebelles. Je rencontre toujours les deux côtés. Je les ai interrogés sur la « catastrophe humanitaire ». Ils ont avoué en riant : « C’est nous qui avons lancé ça ». Ils étaient tout fiers. Peu de temps après, un autobus transportant de jeunes Alaouites a été arrêté à Homs par des motos. Ces jeunes gens ont été exécutés à quelques mètres de distance par les attaquants en moto.
Un seul a survécu. Il raconta que les auteurs étaient des rebelles armés. L’attaque était un signal pour Assad qui est aussi alaouite. Le soir par contre, al-Jazira prétendit dans les informations que Assad avaient à nouveau fait tuer des jeunes gens innocents à Homs. Les reportages de Syrie me rappellent de façon inquiétante les reportages avant le début de la guerre d’Irak. Les reportages de la télévision d’Etat syrienne ne sont toutefois pas meilleurs.

 

Mais qui soutient alors les rebelles ? Sont-ce les pays voisins mal intentionnés tels que l’Arabie saoudite ou le Qatar, qui s’étaient déjà engagés en Libye ? S’agit-il aussi d’un conflit islamique intérieur ?

J’ai passé quatre semaines dans le pays. Je sais quand-même qu’il y a bien des choses que je n’ai pas vues. Mais j’ai vu que ce soulèvement n’est pas toujours pacifique. Il y a des forces à l’étranger qui fournissent des armes lourdes à la partie violente de l’insurrection. La piste la plus sérieuse mène au Qatar. Le Qatar était aussi le grand fournisseur d’armes en Libye. Les Américains n’interviennent pas directement, la résistance armée passe par des Etats arabes voisins, avant tout par le Qatar et l’Arabie saoudite. Al-Jazira est également originaire du Qatar.

 

Il s’agit donc d’une espèce de guerre par suppléants ?

Je ne le sais pas. Je ne suis pas non plus partisan des théories de complots. Mais à l’arrière-plan se profile la tentative des Etats-Unis de créer un « Greater Middle East » dans lequel il n’y aurait plus que des Etats proaméricains dans la ligne. Les USA considèrent toute la région comme leur chasse gardée. Kissinger est l’auteur de la phrase : « Le pétrole est beaucoup trop précieux pour être abandonné aux Arabes ».
Les Américains ont raté la révolution en Tunisie et en Egypte. Mais ensuite ils ont pris la décision de participer dans leur sens aux bouleversements du monde arabe. J’éprouve une grande sympathie pour l’Amérique démocratique, mais au Proche-Orient, la démocratie importe peu aux Etats-Unis. Sinon ils devraient aussi appuyer les manifestations en Arabie saoudite, au Qatar et à Bahreïn, mais là, ils soutiennent des gouvernements dictatoriaux.

 

Comment cela va-t-il continuer en Syrie à votre point de vue ?

En Syrie il y aura une démocratie comme dans l’ensemble du monde arabe. Le recours à la violence contre des manifestations pacifiques prônant celle-ci est inacceptable. Mais lorsque j’ai demandé à Assad pourquoi on ne pourrait pas – au moins durant un laps de temps limité – renoncer à la violence contre les rebelles armés, il m’a demandé si je pouvais lui citer un pays occidental qui accepterait que tous les jours vingt à trente de ses soldats soient tués.
Il m’a demandé : Est-ce que Madame Merkel accepterait cela ? Je n’ai pas su que répondre. Je lui ai dit qu’il devait néanmoins engager un dialogue, même avec les forces extrémistes. Qu’il n’y avait qu’un dialogue qui pouvait amener un cessez-le-feu. Qu’il devait prendre la tête du mouvement démocratique pour aboutir à la paix et à la démocratie.

 

Qu’a-t-il répondu ?

Il a dit que ce qui importait le plus, c’était d’élaborer une Constitution démocratique, et que le peuple devait pouvoir se prononcer à ce sujet. […].

 

Jürgen Todenhöfer a fait des études de droit aux universités de Munich, Paris, Bonn et Freiburg. Il a fait son doctorat à Freiburg. En 1972, il a été élu au Bundestag allemand en tant que candidat direct de la CDU. Il y a exercé le mandat de député et de porte-parole de politique du développement du groupe CDU/CSU jusqu’en 1990. Déjà avant cela, en 1987, il est entré au Groupe Hubert Burda Media, où il est parvenu à la vice-présidence de la direction.
Ces dix dernières années, Jürgen Todenhöfer s’est constamment exprimé de façon critique sur les guerres en Afghanistan et en Irak. Il y publié une série de livres traitant de ces deux guerres. En 2003, il a écrit « Wer weint schon um Abdul und Tanaya ? Die Irrtümer des Kreuzzugs gegen den Terror » (ISBN 3-451-05420-5) (Qui va pleurer Abdul et Tanaya ? Les erreurs de la croisade contre le terrorisme). C’est un livre qui décrit clairement, par l’exemple d’enfants afghans, l’absurdité de la « guerre contre le terrorisme ». Dans le livre « Andy und Marwa. Zwei Kinder und der Krieg » (2005, ISBN 3-570-00859- 2) (Andy et Marwa, deux enfants et la guerre), Todenhöfer décrit deux destins de la guerre d’Irak, celui d’une fille irakienne et d’un jeune soldat américain. Dans « Warum tötest du, Zaid ? » (Pourquoi tues-tu, Zaïd ?) (2008, ISBN 978-3-570-01022-8), Todenhöfer analyse par beaucoup d’entretiens sur place les raisons de la résistance contre l’occupation US en Irak. Son dernier livre jusqu’ici, « Teile dein Glück… und du veränderst die Welt ! – Fundstücke einer abenteuerlichen Reise » (2010, ISBN 978-3-570-10069-1) (Partage ton bonheur... et tu changes le monde ! – trouvailles d’un voyage aventureux) est un livre traitant de questions éthiques centrales.
Pour plus d’informations sur Jürgen Todenhöfer, consultez son site Internet
www.juergentodenhoefer.de 

http://michelcollon.info/Todenhofer-La-moitie-des.html

 



2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Collectif pour la Syrie : CRISE EN SYRIE : Lettre ouverte aux Médias, aux Elus et aux Candidats à la Présidence de la République Française.

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes des citoyens majoritairement syriens, français et/ou franco-syriens de culture, de religion, de profession et de sensibilités multiples. Le collectif qui nous unit a pour objectif de rassembler nos forces et convictions pour la défense de la Syrie et de son peuple, de son histoire, et de sa générosité, tout en conservant l'amour que nous portons pour la France, sa grandeur, et les valeurs que cette patrie - d'adoption pour un grand nombre de signataires - porte en elle en termes d'humanisme, d'universalisme, de liberté, et de démocratie.

Pas un jour ne passe sans informations sur la Syrie. Mais quelles informations ? Les médias internationaux "mainstream" font-ils réellement leur travail en ne livrant qu’une seule version des événements alimentée par « l’observatoire syrien des droits de l’homme, (OSDH) » géré par un seul homme qui compile à l’étranger des vidéos qui lui seraient adressées de Syrie.

Ces informations de l’OSDH sont couplées avec les annonces de l’opposition syrienne en exil, les déclarations de la Ligue Arabe et sont reprises sans aucune vérification par les Chancelleries Occidentales.

Traitement univoque et toujours émotionnel de l’information qui a trouvé son épiphénomène avec le drame de Homs, en ignorant toute considération géopolitique pourtant très éclairante.

Des membres de la coordination du Collectif ont effectué plusieurs séjours en Syrie :

-        du 17 au 24 janvier 2011,

-        du 8 au 15 mars 2011,

-        du 1er au 4 avril 2011,

-        du 23 avril au 7 mai 2011,

-        du 12 au 19 mai 2011,

-        du 10 au 17 juillet 2011,

-        du 20 au 27 septembre 2011,

-        du 29 octobre au 8 novembre 2011,

-        du 15 au 22 novembre 2011,

-        du 21 au 28 décembre 2011,

-        du 14 janvier au 4 février 2012,

-        du 18 au 28 février 2012.

Ils reviennent après s’être entretenus avec de très nombreux interlocuteurs de toutes tendances et après avoir effectué plusieurs déplacements dans le pays.

Nous sommes toujours frappés par le grand écart entre la réalité sur le terrain en Syrie et la version officielle et/ou gouvernementale transmise en France de façon monolithique.

La situation est d’une extrême gravité mais ne justifie pas une couverture des événements décalée par rapport à la réalité de ceux-ci.

Soucieux de la paix et de la stabilité dans cette région du monde, nous avons également pleinement conscience de la vocation de la France dans cette région, plus particulièrement avec la Syrie où elle se doit de maintenir sa place.

Le problème majeur auquel nous sommes confrontés est l’attitude autistique des médias en France qui ne diffusent qu'un seul point de vue, quotidiennement, avec acharnement, sans mesure, sans nuance.

La question de la finalité de ce type d’information se pose.

Il n'est pas concevable de diffuser la même version des faits non vérifiable, commentée souvent par de faux spécialistes et documentée par de fausses images.

Ce ne sont pas les exemples qui manquent. Une des questions qui s’impose est donc celle de la désinformation. Comment expliquer une telle différence entre la réalité du terrain et les propos tenus dans nos journaux et sur nos petits écrans, qui donnent de la Syrie l’image d’un pays à feu et à sang, où la répression aurait fait plus de huit mille morts (un nombre de plus en plus souvent avancé sans emploi du mode conditionnel) ? Pour l’essentiel, une réponse : l’OSDH ; l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (ou, plus exactement, « les » OSDH), la source quasiment unique des médias occidentaux, presque systématiquement mentionnée dans tous les articles de journaux et reportages télévisés. En juillet 2011 déjà, nous avons été frappé par la distorsion qui existait entre le terrain et « l’information », et ce plus encore à l’occasion d’une expérience très précise, à Hama. Le vendredi 15 juillet, nous  avons assisté à une manifestation qui avait rassemblé entre 3.000 et 10.000 personnes. Le soir même, l’AFP, suivie des bulletins de France 24, d’Euronews et du journal Le Monde, avait annoncé 500.000 manifestants et la fin prochaine du régime ! Il convenait de s’interroger sur l’origine de « l’information » : l’OSHD… La ville de Hama, qui plus est, ne compte pas même 400.000 habitants, ce qu’aucune rédaction n’a vérifié. L’étiquette « droits-de-l’homme» de cette organisation semble ainsi avoir inspiré une totale confiance. Pourtant, à plusieurs reprises, les dépêches de l’OSDH se sont révélées contenir des « fakes ». Autre cas très concret : le 20 novembre, toute la presse a annoncé une attaque de roquettes contre le siège du parti Baath à Damas. Un de nos contacts à Damas nous a informé de ce que le bâtiment était intact. Nous l’avons vérifié. Deux coups de fil ont été suffisants pour vérifier l’information et publier une photographie du siège du Baath, avec, en avant-plan, la une d’un grand quotidien du lendemain de la prétendue attaque. Autre exemple vécu : le 27 décembre, nous étions à Damas lorsque l’on a annoncé une fusillade à l’université. Nous nous sommes immédiatement rendus sur place, puis à l’hôpital où les blessés étaient transportés. Nous avons rencontré des étudiants, ainsi que la mère et la tante d’un des blessés : un opposant au gouvernement, un étudiant, était entré dans une salle d’examen et avait tiré, en choisissant ses cibles, tous membres d’organisations étudiantes. Dans l’heure, l’OSDH a affirmé que plusieurs tireurs pro-régime avaient ouvert le feu, tuant et blessant des étudiants qui manifestaient contre le gouvernement… Une « information » immédiatement reprise par l’ensemble des sites de presse occidentaux. Il convenait dès lors de mener une enquête de fond, dans le but d’identifier avec précision l’OSDH, organisation basée à Londres qui, selon plusieurs sources interrogées en Syrie en juillet déjà, dans les milieux de l’opposition, comprendrait notoirement des membres des Frères musulmans.

Il n’a pas été bien difficile de rencontrer les membres de cette organisation, à l’origine de laquelle on trouve un certain Rami Abdel Rahmane, syrien émigré à Londres, propriétaire d’un commerce de prêt-à-porter. Depuis le début de la crise syrienne, cet opposant au régime baathiste a créé un site sous le label rassurant d’observatoire des droits de l’homme, adressant aux agences de presse des dépêches dénonçant les exactions du gouvernement syrien et des bulletins nécrologiques chiffrés, informés quotidiennement, selon lui, par un réseau de plusieurs centaines d’observateurs présents en Syrie.

Il doit y avoir d'autres points de vue dans le cadre d'un débat contradictoire.

La France, notre patrie d'adoption pour certains, est la mère universelle de l’avènement de la démocratie et respectée pour cela.

Comment concevoir que dans ce pays de liberté, il ne puisse y avoir pour des événements aussi graves aucun débat, aucun discours déviant de quelques mots de la ligne officielle, aucune voix portant une information autre ?

Cela nous concerne, mais concerne également la France qui a su se faire respecter en 2003 face au monde occidental en disant simplement « non » à la guerre en Irak.

Pour envahir l’Irak, les dirigeants des États Unis se sont ouvertement servis de l’opposition « extérieure » après avoir commis la plus grande escroquerie du siècle concernant les « armes de destructions massives ».

Avant même le retrait de leur armée, ils reconnurent que ce choix fut à l’origine de nombreuses erreurs d’appréciation qui, sur le terrain, coûtèrent des pertes immenses humaines et autres.

Aujourd’hui, il ne reste pour les U.S.A. que le prix exorbitant d’une guerre qui n’était censée durer que quelques mois.

Mais pour les Irakiens leur pays est désormais dévasté, ravagé, détruit et la population est en butte à des conflits religieux incessants. Qui n’a pas conscience aujourd’hui d’avoir été manipulé par des informations relayées ad nauseam par l’ensemble des médias occidentaux ?

Il ne semble pas que cet échec ait servi ni à l’OTAN ni à ses alliés. Non seulement le même procédé est utilisé pour tenter d’imposer le Conseil d’Istanbul dit Conseil National Syrien, de Tunisie, ou de l’Union Européenne [le CNS] en tant que représentant légal du peuple syrien qui le rejette ; mais on ose s’adresser aux chrétiens du Proche-Orient en tant que protecteur. En effet, dans une tribune intitulée « Les chrétiens d’Orient et les printemps arabes » http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/spip.php?page=article_imprim&id_article=98696, Monsieur Juppé appelle les chrétiens de Syrie à  « participer » à sa propre vision de la Syrie future et leur assure qu’il a beaucoup insisté sur la question du respect des « minorités » auprès du CNS « qui a vocation à rassembler l’opposition syrienne » ! Il ignore que, malgré les attaques terroristes, le peuple syrien vient d’adopter une Constitution qui démontre, entre autres, qu’une solution politique est possible… CNS ou pas !

Dans une interview télévisée sur la chaîne ANB http://www.youtube.com/watch?v=46OThtTtZHw&feature=share, Monsieur Michel Samaha, homme politique libanais et ancien ministre de l’information, répond à cette sollicitude et à la notion de « minorités »… si inattendue de la part d’un ministre d’État Français où la laïcité fait loi « Non… Alain Juppé ne défend pas les minorités lorsqu’il écrit : Les chrétiens d’Orient sont inquiets. Inquiets pour la pérennité de leur présence dans une région qui est leur région depuis 2000 ans. Inquiets pour le respect de leurs droits dans un contexte de bouleversements majeurs. Inquiets face à la montée des tensions liées au confessionnalisme. Je veux leur dire que j’entends, que je comprends leurs craintes. Je voudrais rappeler que Juppé n’est pas De Gaulle pour se permettre de déclarer un « Je vous ai compris » équivalent à celui adressé autrefois aux Algériens réclamant leurs droits nationaux… Il n’est pas De Gaulle et il ne s’adresse pas aux Algériens… Je dis qu’il a fait alliance et a fabriqué des révolutions désormais livrées aux Takfiristes… Je lui dis qu’il est responsable de la mise en pièces, aujourd’hui même, des croix tombales du cimetière chrétien en Libye…http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/video-libye-un-cimetiere-militaire-britannique-profane-par-des-miliciens_1090178.html  Monsieur Juppé, vous en êtes responsable au même titre que l’État que vous représentez ; puisqu’avec Bernard Henri-Levy, vous avez revendiqué avoir fabriqué et réussi la révolution libyenne. Est-ce là le modèle que vous nous proposez ? Nous refusons vos propos, comme nous refusons que vous nous qualifiiez de minorités, alors que vous considérez les musulmans français comme des citoyens à part entière appartenant à une communauté particulière. Nous ne sommes pas des minorités dans nos patries respectives… Nous sommes des citoyens en pleine possession de notre citoyenneté, mais nous sommes chrétiens et nous nous soumettons à Dieu à travers l’Évangile, tout comme le musulman se soumet à Dieu à travers le Coran… Cette coexistence nous convient depuis toujours… nous la vivons bien, et notre culture commune en est l’expression…». 

Certains hauts dignitaires européens n’hésitent pas à proposer de traiter la situation en Syrie avec des méthodes identiques à celles utilisées en Libye. Des dizaines de milliers de civils ont été massacrés, des dizaines d’usines et de sites économiques ont été détruits par des frappes aériennes, et maintenant la Libye est en plus divisée. Ce qui se passe entre Tripoli et Benghazi est un cauchemar politique : plus aucune autorité ne règne sur le pays, les milices s'entre-déchirent et le spectre de la partition menace l'unité nationale. A l'heure où les opposants syriens songent à militariser leur lutte, le chaos alarmant qui règne en Libye a de quoi faire réfléchir :http://www.lexpress.fr/actualite/monde/l-echo-de-la-libye-retentit-en-syrie_1093039.html .

L'opposition reconnue par la France est autoproclamée et ne représente aucunement les syriens. Elle est composée de personnes qui ne vivent plus en Syrie depuis de nombreuses années et n’en connaissent que ce qu’ils en ont retenu lorsqu’ils ont quitté leur pays. Pas un syrien ne connaît M. Ghalioun ! Nous sommes loin de l’histoire de Monsieur Mandela ou de Monsieur Vaclav Havel.

Il est très difficile de définir aujourd'hui l'opposition syrienne qui est composée de coalitions hétéroclites dans lesquelles se trouvent des intellectuels, des jeunes de la classe moyenne, des exclus du système informel, des membres de courants libéraux, une opposition conservatrice, voire islamiste.

Mais cette opposition existe et se situe en Syrie – tous ceux qui la représentent vivent dans leur pays.

Les premières manifestations n’ont pas été perçues par le pouvoir syrien pour ce qu’elles étaient, à savoir une recherche d’ouverture politique, de liberté et de lutte contre la corruption.

Ce manque de vision a amené des éléments extérieurs à utiliser les premiers mouvements non pas pour aider les manifestants, mais pour déstabiliser la Syrie avec des groupes armés extrémistes, salafistes et jihadistes financés de l’étranger. Exemple : Le Premier ministre du Qatar, Hamed ben Jassem al-Thani, s'est dit aujourd'hui favorable à des livraisons d'armes à l'opposition syrienne en lutte contre le régime du président Bachar al-Assad http://plus.lefigaro.fr/article/syrie-le-qatar-veut-armer-lopposition-20120227-772956/commentaires?page=2.  Déjà très impliqué dans le renversement du gouvernement de Libye, où, suite à un accord bilatéral avec la France, il a armé plusieurs mouvements islamistes, le Qatar utilise désormais son bras médiatique, Al-Jazeera, pour soutenir la contestation en Syrie.

Les rumeurs, les messages anonymes sur Internet et les rapports émis par la TV satellite dans l’intention d’exacerber les divergences sectaires font partie de la campagne de déstabilisation.  La France, y participe malheureusement d’une part à travers les médias et d’autre part par un soutien logistique. Le canard enchaîné, dans son édition du 23 novembre 2011 : «des officiers de la DGSE, le service de contre-espionnage français,  ont été envoyés au nord du Liban et en Turquie avec pour mission d’instruire et de structurer les « contingents » de l’Armée Syrienne Libre, censée regrouper des « milliers » de « déserteurs » syriens».

D’autre part, le chef d’Al-Qaïda Ayman Al-Zawahiri a manifesté son soutien à la contestation en Syrie, le 12/2/2012, dans un enregistrement vidéo  où «il demande aux musulmans de Turquie, de Jordanie et du Liban de soutenir la rébellion et de renverser le régime actuel, qu’il qualifie d’anti-islamiste».

Selon la télévision russe, le 16 février 2012, le chef du renseignement américain James Clapper  «reconnaît devant la commission des armées du sénat lors d’une audition, le soutien d’Al-Qaïda à l’opposition syrienne».

Quelle coïncidence !!!! La France qui a payé  un lourd tribu, 82 soldats tués depuis 2001 en Afghanistan pour combattre les terroristes islamistes d’Al-Qaida, se retrouve dans le même camp que ces derniers contre la Syrie laïque !!!  

De pacifiques, les manifestations sont devenues armées, visant à atteindre des objectifs qui n’ont rien à voir avec des réformes politiques et sociales.

Les forces de sécurité ont commis plusieurs erreurs injustifiables dans le traitement de ces manifestations.

L’utilisation de ces erreurs par des éléments extérieurs a eu pour conséquence que des milliers de civils et des soldats ont été tués. Des gangs armés se sont constitués, attaquant des propriétés publiques et privées, et mettant en place des barricades dans certaines villes où ils ont pris le dessus. Dans les tous derniers mois, ces bandes armées se sont chargées de mettre sur pied des sites armés dans les régions frontalières entre la Syrie, la Turquie, le Liban, la Jordanie et l’Irak pour s’assurer une continuité dans le ravitaillement en armes et en équipements divers.

Dans le même temps, certains événements ont été exagérés. Des faits ont été falsifiés ; «comme  la mort de l’enfant Sary Saoud attribuée à l’armée syrienne alors que la mère le contestait et indiquait que si l’armée avait été présente cela ne se serait pas passé. Les équipements dernier cri électroniques et médiatiques ont été utilisés afin de faire passer l’armée syrienne comme étant complètement responsable de ces actes, et de déresponsabiliser totalement les bandes armées».

Parallèlement sur le plan politique, la seule voie ouverte par les occidentaux est le dit Conseil National Syrien.

Imposer comme préalable à toute discussion le retrait du régime en place s’assimile à un coup d’état, car en réalité, c’est le «CNS» qui s’imposera de fait.

En vertu de quoi ce parti serait-il représentatif des vœux des syriens ?

A-t-il été désigné suite à des élections libres ?

A-t-il œuvré en Syrie pour faire connaître ses programmes ?

Ses membres sont-ils tous syriens résidents ?

Ce n’est pas un coup d’état que demandent les syriens, mais l’ouverture d’une voie réellement démocratique.

La mise en place du CNS en remplacement du régime actuel consiste en fait à imposer aux syriens la décision arabo-occidentale dans un but qu’il serait bon d’éclaircir.

N’êtes-vous pas surpris que, subitement des pays comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite se préoccupent de la mise en place d’une démocratie chez un pays « frère » alors qu’elle n’existe pas chez eux ?

N’êtes-vous pas surpris que la Ligue Arabe, silencieuse lors de l’invasion de l’Irak, de l’Afghanistan, de la guerre faite par Israël au Liban, devant les difficultés auxquelles doivent faire face les palestiniens, se mobilise aujourd’hui avec force démonstrations, reprises par les médias quotidiennement contre le régime syrien, avec virulence, intransigeance et vote à tout va toutes les sanctions économiques possibles et imaginables ?

N’êtes-vous pas surpris que pas un mot ne soit prononcé par les médias concernant le Bahreïn, l’Arabie Saoudite ou le Kuwait ?

Depuis quand ces pays se préoccupent-ils de la démocratie ? 

Enfin quel pays accepterait que des éléments armés tentent de faire la loi chez lui  et reste « l’arme au pied » sans se défendre ?

La démocratie ne s’impose pas, elle s’obtient par les peuples concernés.

Aujourd’hui c’est la guerre civile, demain ce peut-être une déflagration dans tout le Moyen-Orient.

Nous ne croyons pas à la bonne volonté missionnaire, gratuite et altruiste des Chancelleries Occidentales ni à celle de la Ligue Arabe.

Pressé par les événements, le gouvernement syrien a adopté plusieurs réformes dont la fin du monopole du pouvoir exercé par le parti Baath et le vote d’une  nouvelle constitution visant (en dépit de nos réserves quant à certains articles) à l’établissement d’une société pluraliste et démocratique, garantissant les libertés publiques et privées, aidant au développement de la liberté d’expression et à la reconnaissance du droit de l’opposition à une activité politique pacifique.

De vastes secteurs de l’opposition nationale pacifique ont accueilli positivement ces mesures. «L’opposition se compose d’un large spectre de partis très divers majoritairement  patriotiques, s’opposant à l’ingérence étrangère et aux bandes armées. De plus, il faut compter avec les Frères musulmans qui peuvent être considérés comme le parti le plus actif et le mieux organisé dans le pays et à l’étranger». Il y a également plusieurs groupes traditionalistes avec différentes orientations, dont l’influence devient clairement visible dans des rassemblements et manifestations dans différentes régions. Ces groupes ne cachent pas leurs objectifs qui sont typiquement réactionnaires et sectaires.

Tandis que l’opposition fondamentaliste et armée s’en tient toujours au slogan du renversement du régime, attisant les tensions communautaires.

Dire ceci n’est pas « soutenir le régime », contrairement à une pensée qui s’assimile à du terrorisme intellectuel. Il est possible de revendiquer un Etat de droit sans pour autant cautionner des interventions étrangères, dont l’histoire montre régulièrement qu’elles ne sont jamais dénuées d’arrière-pensées.

Il faut donc agir pour que cesse l’armement des groupes étrangers dont l’existence hier contestée ne fait plus aucun doute aujourd’hui.

Il faut accepter l’idée d’un cessez-le-feu entre les groupes armés et l’armée syrienne qui ne peut que se défendre tant que les attaques persistent.

Il faut cesser de tuer ses habitants, et de ruiner le pays sur le plan économique.

Il faut donner la parole aux partis d’oppositions créés, développés et agissant EN Syrie et non de l’extérieur, et pour ce faire, accepter de les recevoir en France, de leur donner une audience à tout le moins égale à celle donnée au CNS.

Il faut utiliser les élections législatives prévues pour favoriser un débat réel, ouvert et actif et ce, pourquoi pas, sous le contrôle d’une commission neutre composée de représentants de pays a priori non concernés tels, par exemple, la Suède, la Suisse l’Inde ou le Japon.

Il faut que les élections législatives (mai 2012) se déroulent sous le contrôle d’une même commission, que le dépouillement des votes soit effectué sous le même contrôle.

Les syriens peuvent choisir agir et décider.

Le tragique de la situation actuelle ne justifie pas qu’elle persiste.

Si des comptes doivent être réglés, ils le seront une fois qu’aura cessé cet état de guerre et qu’un pouvoir légitime sera mis en place.

Si ces mesures étaient mises en œuvre, elles pourraient être un pas important, dans la transition de la Syrie vers une société démocratique et pluraliste.

Jusqu’à présent, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne (et l’Europe) mènent la campagne internationale visant à imposer de plus en plus de sanctions contre la Syrie. Jour après jour, la situation économique se détériore, la pression sur les conditions de vie du peuple syrien s’intensifie.

Tenter de présenter le problème comme s’il s’agissait d’une lutte communautaire ou religieuse serait une falsification flagrante des faits. La Syrie a maintenu la liberté religieuse pour tous, tout en n’autorisant aucun groupement religieux à dominer l’État ou à être promu par ce dernier.

Dix mille ans d’histoire. Berceau de la civilisation. Premier alphabet. Terre des religions monothéistes. Symbole du vivre ensemble. La Syrie est menacée aujourd’hui d’implosion. La situation est critique et nous ne sommes malheureusement pas encore au bout du chaos qui s’annonce, avec les plus vives inquiétudes qui sont celles de tout un peuple aujourd’hui, meurtri par des débordements qui le dépassent.

Ce qui se passe en Syrie fait partie d'une contestation qui dépasse le simple cadre du pays. Certes, nombre de revendications sont justes et légitimes, mais il est des tentatives, de l’intérieur comme de l’extérieur, visant la déstabilisation de la Syrie. Le maintien de la répression et de la situation insurrectionnelle serait au profit d’un désordre sans précèdent qui affecterait tous les pays de la région sans exception. N’oublions pas l'inquiétante dimension interconfessionnelle. La Syrie court des dangers immenses de confrontation communautaire qui n’épargneront aucun état du Proche- Orient. La laïcité est en danger ainsi que la paix, la stabilité régionale et le dialogue euro-méditerranéen.

Des solutions de réformes en Syrie et d’apaisement local et régional existent et méritent d’être entendues pour SAUVER non seulement la SYRIE, mais tout le Proche-Orient. La solution ne peut être que politique. Les syriens dans leur majorité écrasante refuseront toute ingérence étrangère. La France pourrait aider à montrer les voies pour une vraie réforme. Elle pourrait également encourager un dialogue serein entre les diverses composantes.

Aussi, nous réclamons le droit de réponse afin d’apporter un autre éclairage, notre témoignage ainsi que notre vision concernant ce qui se passe en Syrie.

Nous  tenons à vous présenter une brève analyse des événements successifs qui se sont déroulés en Syrie, afin de mettre en lumière certains faits, d’une part, et d’autre part, tordre le cou à certaines contre-vérités montées de toute pièce et médiatisées.

Pour finir nous n’oublions pas le bien que peuvent apporter les médias dans la mise à jour de scandales, mais également le mal qui peut être fait dans une utilisation non journalistique de ce moyen de communication. Rappelons-nous entre autre de Timisoara en Roumanie et les « armes de destructions massives » en Irak.

Dans l’attente, recevez, Mesdames et Messieurs, l’expression de notre parfaite considération.
 Anas Alexis CHEBIB a.chebib@wanadoo.fr  Mobile: +33 (0) 684633390
Ali Najib IBRAHIM 
alinajib@voila.fr

Philippe MORRON pmorron@free.fr

Iyad HALLAJ iyad.hallaj@noos.fr

Bassam TAHAN pierhan@yahoo.fr

Père Michel LELONG 54 rue de Rome- 75008 Paris/ France.

Mobile: +33 (0) 608571835
Safa DELYE 
safadelye@yahoo.fr

karim SAYEGH ksayegh06@gmail.com

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=COL20120402&articleId=30101

 


3  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Lutter de toutes nos forces contre la guerre et les aventures militaires dans la région du Golfe persique et au Moyen-Orient !

Article du Tudeh, (parti communiste iranien,) publié dans l’organe central du Tudeh « Nameh Mardom »

Les événements de ces dernières semaines, telles les nouvelles portant sur les troubles en Syrie et le programme « nucléaire » de la République islamique Iranienne sont des signes de tensions sans précédent dans la région et d’un risque de déclenchement d’une guerre désastreuse et meurtrière qui pourrait facilement s’étendre et prendre des dimensions mondiales.

Les menaces explicites des décideurs américains, britanniques et français sur la nécessité de renforcer les actions contre l’Iran et la Syrie sont à l’origine d’une situation dangereuse dans la région et particulièrement pour ce qui est de notre pays, qui ne peut être ignorée. L’extension des sanctions contre la République islamique iranienne a sans aucun doute causé des troubles économiques sérieux en Iran. Une hausse inédite du prix des monnaies étrangères, en d’autres termes la dévaluation de la monnaie Iranienne, et par conséquent la hausse des prix des biens de consommation, au moment où le chômage atteint des records historiques et où les usines ferment les unes après les autres, a mis en péril les conditions de vie de vastes couches de la société et plonge de plus en plus la grande majorité de la population dans la pauvreté et la misère. Et ce n’est que le début d’une guerre économique totale imposée à notre peuple, identique à celle subie par le peuple Irakien avant l’invasion militaire meurtrière des forces de l’OTAN contre ce pays. Ne pas être en mesure de vendre du pétrole ni d’importer les biens stratégiques indispensables seraient un désastre économique colossal pour un pays où le capitalisme mercantiliste d’une part, et la mise en œuvre des politiques de la Banque mondiale d’autre part, ont considérablement amoindri nos capacités de production nationales et ont transformé notre économie en une simple économie d’exportation de pétrole et d’importation de tous les biens de consommation nécessaires. Ceux qui organisent à l’échelle mondiale ces sanctions, en particulier les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, ont prévu ces sanctions en ayant en tête ces problèmes.

Ces plans inhumains ont des objectifs plutôt clairs :

- Forcer la République islamique à réagir violemment pour s’en sortir, et créer donc un scénario qui poserait une base sur laquelle il serait possible de convaincre les autres puissances mondiales qu’une guerre totale est nécessaire ;

- Essouffler le mouvement pacifiste pour le forcer à capituler devant n’importe quel scénario qui proposerait une issue à cette situation très difficile ;

- Exciter et mobiliser des fractions de droite du mouvement ainsi que certaines forces de gauche qui ont retourné leurs veste, et les pousser à soutenir la soi-disant intervention « humanitaire » comme ultime option pour faire évoluer la situation ;

- Les objectifs à long-terme de cette aventure militaire et probablement d’une guerre régionale sont clairs : contrecarrer la crise économique mondiale ; reconfigurer les politiques économiques à l’échelle mondiale sur la base de la concentration de capitaux astronomiques ; constituer le Grand Moyen-Orient afin d’étendre leur cercle d’influence politique et économique ainsi que leur domination sur une région stratégique du point de vue énergétique ; détourner les capacités de protestation massive des peuples de la Tunisie et l’Égypte, en Afrique du nord, à la Syrie et l’Iran et d’autres pays du Golfe persique et mettre un terme aux mouvements progressistes dans la région et mettre en place des « îlots de stabilité politique » qui puissent garantir les intérêts de l’impérialisme, à court et long-terme, dans la région. Hélas, les derniers événements donnent des signes de l’état d’avancement de ce scénario pré-établi par les complexes militaro-industriels mondiaux.

Les leaders du régime répressif et obscurantiste de la République islamique estiment qu’il n’y a pas de place pour le recul, et au lieu de penser à des façons de faire baisser la tension, ils développent les programmes nucléaires et brandissent des menaces militaires face aux sanctions économiques. Ali Khamenei, leader de la République islamique, a déclaré le 3 février, affirmant que l’Iran ne reculerait pas, que le pays était prêt à la guerre et a mis en avant l’expérience de la « guerre de 33 jours du Liban » face à l’ennemi. En réponse aux menaces Israéliennes, il a évoqué des menaces qui trouveront une « réponse appropriée en temps voulu ». L’ambassadeur Iranien en Russie a également parlé de frapper les intérêts américains et occidentaux dans le monde entier. Et après ces commentaires, ce fut au tour de Mahmoud Ahmadinedjad, lors d’un discours pour le défilé de l’Anniversaire de la révolution, à Téhéran, de promettre que « le monde allait bientôt prendre connaissance de nouvelles prouesses Iraniennes en terme de technologie nucléaire. » Ces commentaires ont été faits au moment où les manœuvres militaires pour fermer le détroit d’Ormuz ainsi que des avertissements officiels et clairs pour le départ des porte-avions Américains et Britanniques du Golfe persique, ont déjà montré leurs conséquences inquiétantes et ont fait grossir les rangs de ceux prêts à rejoindre l’invasion militaire de l’OTAN en République islamique. Les menaces Iraniennes « justifient » clairement la concentration de flottes sous commandement de l’OTAN dans le Golfe persique et en mer d’Oman, et les quantités énormes d’armes vendues aux pays de la région, comme aux émirats, et la création d’une « hystérie » mondiale autour d’un péril nommé « République islamique ».

Les dernières nouvelles indiquent que les bases sont jetées pour une catastrophe qui devient de plus en plus imminente :

- Le Pentagone a commandé auprès de l’industrie militaire américaine une nouvelle génération de bombes anti-bunker de très gros calibre ;

- Le journal Al-Arabia, citant le Washington Post, affirme que la discussion au sein des cercles dirigeants des Etats-unis et des autres pays de l’OTAN n’est pas de savoir si, mais bien quand et comment infliger à l’Iran des frappes préventives ;

- De larges campagnes médiatiques sont menées contre l’Iran et la Syrie, et des comptes-rendus rapportant l’implication du Corps révolutionnaire iranien dans les violences contre les habitants de Homs, en Syrie, y compris le reportage de Russia Today concernant une éventuelle préparation de 15 000 soldats du Corps révolutionnaire prêt à se déployer sur le front de la guerre Syrienne ;

- Radio Israël a indiqué des dizaines de milliers de soldats Américains sont en train de monter à la hâte des systèmes Israéliens anti-missiles ;

Dans cette atmosphère et à l’invitation des organisations de paix, la première vague de manifestations contre la guerre a commencé dans les rues Canadiennes, Américaines et Anglaises. Même si ces manifestations ont été organisées dans la précipitation, elles ont été relayées par les médias, et ont reçu un certain soutien populaire. D’autre part, la République Islamique qui a méthodiquement réprimé toutes les organisations de paix nationales et n’a permis aucune manifestation contre la guerre a tenté de dénaturer les objectifs de ces actions et s’en est servi de façon malhonnête pour les dépeindre comme des mouvements favorables à la politique que mène la République islamique. Les véritables organisations de paix progressistes s’opposent à toute intervention des impérialistes dans les affaires de quelque pays que ce soit même sous le masque de l’intervention « humanitaire », et s’oppose clairement et résolument à de telles interventions, et contrairement à certains conciliabules, qui se tiennent à huis clos, ne se taisent pas devant de telles interventions. La voie proposée par la République islamique, cependant, est claire. Interpréter cette opposition sans la moindre ambiguïté à toute ingérence extérieure comme un soutien des forces éprises de paix du monde entier à la cruauté et au crime, et à l’oppression du peuple que défendent des régimes comme celui théocratique de la République islamique, c’est avoir un toupet qui est le propre des dirigeants de la République islamique. La réalité est que la plupart des organisateurs de ces mouvements de protestation ont inlassablement manifesté leur opposition aux politiques et aux actions du régime théocratique dans notre pays, et leur opposition aux aventures militaires de l’impérialisme dans la région s’inscrit en solidarité avec la lutte des travailleurs dans notre pays.

Dans son communiqué du 7 février, le Conseil mondial de la paix a analysé les plans impérialistes visant à constituer un Grand Moyen-orient et examiné les situations actuelles en Syrie et en Iran, le déploiement massif de forces militaires américaines dans le Golfe persique, l’alignement des Cheikhs du Golfe persique sur l’Occident et les provocations constantes d’Israël contre l’Iran, et a affirmé la position de cette organisation progressiste sur les droits démocratiques du peuple et sur les interventions étrangères :

« Nous exprimons notre soutien à la lutte complexe du peuple Iranien pour la paix, la démocratie et la justice sociale et le rejet de toute ingérence dans les affaires internes Iraniennes sous aucun prétexte. Nous réaffirmons une fois de plus le droit inaliénable de toute nation à développer l’énergie nucléaire à des fins pacifiques (…) Nous soutenons les véritables exigences pacifiques, sociales, politiques et économiques du peuple Syrien et affirmons une nouvelle fois qu’aucune puissance n’a le droit de décider pour un autre peuple ou une autre nation. L’humanité ne peut tolérer d’ingérence étrangère dans les affaires internes d’un peuple. La souveraineté d’un pays est de la seule responsabilité de son peuple. » Le communiqué poursuit : « Les forces démocratiques, anti-impérialistes, éprises de paix du monde entier doivent briser le silence et dénoncer les campagnes perfides de l’impérialisme qui ouvre la voie à cette nouvelle agression (…) Nous nous engageons à poursuivre la lutte et à mobiliser des forces dans le monde entier afin de créer les fondations permettant de passer à une nouvelle étape dans la lutte anti-impérialiste, pour défendre la paix, la solidarité et l’auto-détermination des peuples. Nous sommes convaincus que la lutte des peuples pour la paix l’emportera ! »

L’expérience des manifestations mentionnées démontre que l’articulation de slogans pour la paix et le mouvement contre la guerre avec la lutte progressiste de notre peuple pour la démocratie est une nécessité et devrait être mise en avant par les organisations pacifistes de notre pays. Nous nous trouvons devant des jours et des semaines capitales. La région du Golfe persique et le Moyen-Orient sont au bord d’une guerre destructrice qui pourraient s’étendre et prendre des dimensions mondiales. Nous devons réagir face à de telles aventures dangereuses avant qu’il ne soit trop tard. Aujourd’hui, nous ne devons laisser passer aucune occasion de nous opposer à la guerre et aux fauteurs de guerre, et empêcher la catastrophe avant qu’elle n’éclate.

Tudeh

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ .



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


29/04/2012

n° 93 - Journal des Guerres de l'Otan - 05-04 au 25-04 a1 - Le Monde » et le gentil monde de l’OTAN.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.


n° 93 - Journal des Guerres de l'Otan - 05-04 au 25-04  a1 -  Le Monde » et le gentil monde de l’OTAN.


  Journal des Guerres de l'Otan.  n° 93 - 05-04 au 25-04 

            C.De Broeder & M.Lemaire     



Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part :

Manlio Dinucci : Grand remue-ménage à Bruxelles en vue du Sommet OTAN de Chicago.

Manlio Dinucci, Tommaso Di Francesco : L’Otan se prépare aux guerres de 2020.

1 Politique 

1-1 Russie 

Réseau Voltaire :  La Russie interdit à l’Otan d’acheminer l’héroïne via son territoire.

Poutine : L'Otan, un "atavisme" de la guerre froide.

Des dizaines de milliers de manifestants dans la rue à l'appel du Parti Communiste Russe (KPRF) contre l'implantation d'une base logistique de l'OTAN à Oulianovsk.

Italie

Manlio Dinucci : Italie : tout pour la guerre.

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

2 Le Monde » et le gentil monde de l’OTAN.

3   Dossiers

3-1 Manlio Dinucci : L’art de la guerre. : L’école de mort de l’OTAN.

3-2 Alex Lantier et Johannes Stern : France : Les questions internationales dans l'élection présidentielle.

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Libre Belgique:Sommet de l'Otan.

4-2 Libre Belgique (avec AFP) :Sommet de l'Otan: l'Afghanistan en débat à Bruxelles,



Tiré à part :

Manlio Dinucci : Grand remue-ménage à Bruxelles en vue du Sommet OTAN de Chicago.

Un article qui fait, exceptionnellement, la première page de il manifesto.

Place à comparer avec celle donnée dans les medias (papier et radio, télés) français.

Dernières données du Sipri

La course folle de la dépense militaire

Manlio Dinucci

Pendant le temps que vous mettrez à lire cet article, on aura dépensé dans le monde 10 millions de dollars de plus en armes, armées et guerre (surlignage NdT). La dépense militaire mondiale se monte en effet à 3,3 millions de dollars à la minute.  Soit 198 millions par heure, 4,7 milliards chaque jour. Ce qui équivaut à 1.738 milliards de dollars en une année. Ces données sont celles de 2011, publiées hier par le Sipri, le fameux institut international dont le siège est à Stockholm.

    Les Etats-Unis sont toujours la locomotive de la dépense militaire, avec 711 milliards de dollars, équivalents à 41% du total mondial. La coupe annoncée de 45 milliards annuels dans la prochaine décennie reste encore à voir. Les économies devraient être effectuées en réduisant les forces terrestres et en restreignant les pensions (assistance médicale comprise) des anciens combattants. Objectif du Pentagone : rendre les forces étasuniennes plus agiles, plus flexibles et prêtes à être déployées encore plus rapidement. La réduction des forces terrestres prend place dans la nouvelle stratégie, testée avec la guerre en Libye : utiliser l’écrasante supériorité aérienne et navale étasunienne et en faire assumer la plus grosse charge par les alliés. Mais les guerres n’en coûtent pas moins pour autant : les fonds nécessaires, comme cela s’est passé pour la guerre contre la Libye, sont autorisés par le Congrès à chaque fois, en les ajoutant au budget du Pentagone. Et s’ajoutent aussi à cela d’autres postes à caractère militaire, parmi lesquels environ 125 milliards annuels pour les militaires au repos et 50 pour le Département de la sécurité de la patrie, portant la dépense étasunienne à environ la moitié de celle mondiale.

   Dans les estimations du Sipri, la Chine reste au deuxième rang par rapport à 2010, avec une dépense estimée à 143 milliards de dollars, équivalents à 8% de la dépense mondiale. Mais son rythme de croissance (170% en termes réels en 2002-2011) est plus grand que celui de la dépense étasunienne (59% pour la même période). Cette accélération est due fondamentalement au fait que les USA sont en train d’opérer une politique de « containment » de la Chine, déplaçant de plus en plus le centre focal de leur stratégie dans la région Asie/Pacifique.

En rapide augmentation aussi la dépense de la Russie, qui passe, avec 72 milliards de dollars en 2011, du cinquième au troisième poste parmi les pays ayant les plus grandes dépenses militaires.

   Suivent la Grande-Bretagne, la France, le Japon, l’Arabie saoudite, l’Inde, l’Allemagne, le Brésil et l’Italie. La dépense militaire italienne est estimée par le Sipri, pour 2011, à 34,5 milliards de dollars, équivalents à environ 26 milliards d’euros annuels.  L’équivalent d’une grosse loi de Finances.

   Dans la répartition régionale, l’Amérique du Nord, l’Europe et le Japon totalisent environ 70% de la dépense militaire mondiale : c’est donc la triade, qui jusqu’à présent a constitué le « centre » de l’économie mondiale, qui investit les plus grandes ressources dans le domaine militaire. Ceci a un effet de répercussion sur les régions économiquement moins développées : par exemple, l’Afrique compte à peine 2% de la dépense militaire mondiale, mais l’Afrique du Nord a enregistré la croissance la plus rapide de la dépense militaire dans les sous-régions (109% en termes réels en 2002-2011) et celle du Nigeria aussi est en croissance rapide.

   La dépense militaire continue ainsi à augmenter en termes réels. Selon les estimations du Sipri, elle a grimpé à 250 dollars annuels pour chacun des 7 milliards d’habitants de la planète. Un chiffre apparemment négligeable pour un citoyen moyen d’un pays comme l’Italie. Mais qui, additionné aux autres, devient un fleuve d’argent public qui se perd dans un puit sans fond. Avant même de tuer quand elle est convertie en armes et armées, la dépense militaire tue en soustrayant des ressources vitales à des milliards d’êtres humains.

Manlio Dinucci

Edition de mercredi 18 avril 2012 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20120418/manip2pg/01/manip2pz/321318/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Voir aussi la présentation des données du même Sipri dans, par exemple, Le Monde (17 avril 2012) :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/04/17/les-depenses-militaires-mondiales-se-sont-stabilisees-en-2011_1686694_3234.html ...


Manlio Dinucci, Tommaso Di Francesco : L’Otan se prépare aux guerres de 2020.

 "Une nouvelle encourageante pour les chômeurs, les précaires, les familles touchées en Italie par les coupes dans les dépenses sociales : « La contribution de l’Italie au fonds de soutien des forces de sécurité afghanes au terme de la transition, fin 2014, sera conséquente et dans la lignée, en quantité et en qualité, de sa présence dans cette dernière décennie en Afghanistan ». Déclaration du ministre italien des Affaires étrangères Giulio Terzi à Bruxelles pendant la Réunion ministérielle Affaires étrangères et Défense de l’Otan.

 Le montant total du fonds sera décidé au Sommet Otan qui se tiendra à Chicago les 20-21 mai prochains, mais le secrétaire général Anders Rasmussen l’a déjà quantifié à 4 milliards de dollars annuels au moins. Le gros de la dépense pour conserver les « forces de sécurité » afghanes, environ 350mille hommes, pèsera sur les plus grands pays de l’Alliance, Italie comprise. Rasmussen  le présente comme une affaire, en soulignant qu’il est moins coûteux de financer les forces locales que de déployer des troupes internationales en Afghanistan.

  D’ici 2014, est prévue la sortie progressive des troupes Otan, environ 130mille hommes. Mais, a souligné le secrétaire étasunien à la Défense, Leon Panetta, « nous n’abandonnerons pas l’Afghanistan ». En d’autres termes, l’Otan ne partira pas. "

 

A propos du coût humain des guerres, en dehors des populations agressées par l'Otan (avec mandat ONU) dont on ne prend pas la peine de compter le nombre de victimes (civiles et militaires) : A son retour du front, le « soldat Ryan » se suicide.

Luca Celada. Los Angeles.

"Aux Etats-Unis, la guerre tue beaucoup plus chez soi qu’au front. Selon les données recueillies par l’ « Army Times »  on en est même à 950 vétérans étasuniens qui se suicident chaque mois : 18 par jour, un soldat se suicide toutes les 80 minutes. Aux Etats-Unis, les soldats meurent 25 fois plus de leurs propres mains que sur le champ de bataille (surlignage NdT). Ce sont des nombres effroyables, qui démontrent le manque de soins pour les soldats revenant de guerre. D’autant plus  si l’on considère qu’il y aura rapidement plus de 2 millions d’anciens combattants des guerres afghanes-irakiennes, dont plus de 30% affectés de troubles post-traumatiques et/ou traumas cérébraux, syndromes qui se manifestent par des décompensations émotionnelles, dépressions et épisodes de déséquilibre comme ceux qui amènent aux récents épisodes (connus, NdT) de violence, parmi lesquels le raptus homicide du sergent Bales en Afghanistan[1].  Chaque guerre expose militaires et civils à des horreurs qui marquent profondément et à jamais le psychisme de celui qui les vit : phénomène amplifié par la gestion « professionnelle » de conflits menés avec des armées de volontaires où les soldats sont souvent employés des années durant sur des engagements répétés au front.  Pour « faire leur travail » loin de la conscience publique.

[1] Si tant est que le soldat Bales ait été victime d’un « raptus » psychique et qu’il ait été le seul exécuteur. Voir aussi : Meurtre de 17 civils afghans : vengeance préméditée selon les témoins. Un soldat aurait dit aux villageois : « Vous allez payer. » par Julie Lévesque,
 
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29937 .

Hypothèse qui n’exclut pas de toutes façons la version d’un passage à l’acte chez ce  soldat mais au contraire, élargit le problème à l’utilisation consciente de la pathologie mentale ou de la fragilité des individus dans des méthodes de guerre partagées, tolérées voire enseignées  aux combattants (réguliers, mercenaires et bandes armées entraînées par nos « forces spéciales ») dans les guerres d’agression et d’occupation.

Pour ne donner qu’un exemple proche : qui est allé en Syrie, pas clandestinement, et a vu non seulement des victimes (jeunes soldats et civils) mais aussi des vidéos revendiquées et postées par les combattants « rebelles » ou « opposants » au gouvernement en place, filmant complaisamment leurs horreurs perpétrées contre la population civile et l’armée de conscription, a une idée de la pathologie mentale gravissime des membres de ces bandes armées opérant sur le terrain.

Evidemment, les combattants mercenaires tués au front ne sont pas comptabilisés dans les pertes reconnues par les ministères dits de la "Défense". NdT.

Selon l’agence RIA Novosti, « Le candidat du PS à la présidentielle française, François Hollande, a déclaré vendredi sur les ondes d'Europe 1 que s'il était élu, il soutiendrait une opération militaire en Syrie sous mandat de l'Onu, rapporte la presse locale ».  

Lire : http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/article-syrie-s-il-est-elu-hollande-le-candidat-du-ps-a-declare-a-europe-1-qu-il-soutiendrait-une-opera-103753085.html .



1 Politique 

Les parties prenantes

1-1 Russie 

Réseau Voltaire : La Russie interdit à l’Otan d’acheminer l’héroïne via son territoire.

 À l’occasion du sommet de l’Otan de Bucarest en 2008, le président Dmitry Medvedev avait offert de remettre à disposition les lignes ferroviaires russes pour assurer le transport depuis ou vers l’Europe du matériel non militaire en provenance ou en direction d’Afghanistan.

Le 5 avril 2012, Alexandre Grouchko, le vice-ministre russe des Affaires étrangères qui devrait devenir dans les prochains jours représentant permanent de la Russie auprès de l’Otan, a déclaré dans un entretien à Ria-Novosti que ce fret sera désormais régi par un nouveau Protocle. En vertu de cet accord, il pourra être fouillé par les services de lutte contre le trafic des stupéfiants.

La consommation d’héroïne afghane est devenue un problème majeur de santé publique en Europe en général et en Russie en particulier. Le pays en est devenu le premier consommateur mondial. À ce jour, deux millions de jeunes Russes âgés entre 18 et 39 ans en sont des consommateurs réguliers. Cette drogue provoque plus de 30 000 décès par an et favorise la propagation du VIH à une vitesse encore jamais vue selon un rapport de l’UNODC. [1]

Les responsables de la lutte anti-drogues en Russie ont déjà par le passé explicitement évoqué le rôle de l’Otan dans le trafic d’héroïne en provenance d’Afghanistan, les autorité étant allées jusqu’à porter l’affaire devant le Conseil de Sécurité de l’Onu [2] :

Cette annonce d’Alexandre Grouchko et sa nomination comme représentant permanent auprès de l’Otan marquent le retour aux commandes de Vladimir Poutine. Celui-ci considère que son pays est la cible d’une véritable « agression par l’héroïne » et a fait figurer la lutte contre ce fléau parmi les priorités de son nouveau mandat présidentiel.

À l’époque où l’accord de transport ferroviaire avait été signé, les responsables poutiniens avaient indiqué hors micro qu’en échange du droit de passage des cargaisons de l’Otan sur le territoire russe, Medvedev percevait un pot de vin d’1 milliard de dollars annuels, financé par l’argent des drogues afghanes. [3]

[1] « L’UNODC dévoile les conséquences dévastatrices de l’opium afghan », par Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime, octobre 2009.

[2] « Pavot : la Russie met en cause la responsabilité de l’Otan », par Réseau Voltaire, 3 mars 2010.

[3] « L’opium, la CIA et l’administration Karzai », par Peter Dale Scott, Réseau Voltaire, 10 décembre 2010.

Source : « La Russie interdit à l’Otan d’acheminer l’héroïne via son territoire », Réseau Voltaire, 10 avril 2012, www.voltairenet.org/a173483

| 10 avril 2012 

http://www.voltairenet.org/La-Russie-interdit-a-l-Otan-d


Poutine : L'Otan, un "atavisme" de la guerre froide.

L'Alliance atlantique constitue un vestige de la guerre froide russo-américaine, a estimé mercredi le premier ministre russe et président élu Vladimir Poutine intervenant devant les députés du parlement.

"J'estime que l'Otan est, somme toute, un atavisme hérité de l'époque de la guerre froide. Elle est apparue dans un contexte de bipolarisation des relations internationales", a déclaré le chef du gouvernement russe.
"A présent, ce système n'existe plus, et la vocation d'une telle organisation n'est pas claire. Cependant, elle existe, c'est une réalité géopolitique, et il faut en tenir compte", a poursuivi M.Poutine.
Toujours selon lui, dans certains cas, l'Alliance atlantique joue un rôle stabilisateur dans les affaires internationales. A titre d'exemple M.Poutine a cité la situation en Afghanistan.

11/04/2012  

Ria Novosti


Des dizaines de milliers de manifestants dans la rue à l'appel du Parti Communiste Russe (KPRF) contre l'implantation d'une base logistique de l'OTAN à Oulianovsk.

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont répondu à l'appel du Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF), dans une dizaine de villes de pays entre autres à Moscou, Irkoutsk, Kazan, Nizhni Novgorod, Orel, Voronezh, Oulianovsk, Koursk pour protester contre l'installation d'une base logistique de l'OTAN à Oulianovsk.

Cette base devrait être la plaque-tournante de l'OTAN dans la région, notamment pour le transfert de matériel vers le théâtre d'opération afghan, tel qu'il en fut convenu lors du sommet Russie-OTAN de novembre 2010.

Pour les communistes russes, il s'agit d'un affront symbolique, dans la ville de naissance de Lénine, et une capitulation de la part du gouvernement russe, qui met en péril par ailleurs en péril la paix dans la région.

Parmi les mots d'ordre que l'on pouvait retrouver dans le cortège principal place Pouchkine à Moscou, « Dehors l'OTAN » ou encore « L'OTAN, c'est quoi ? C'est la barbarie ! ».

Les diverses manifestations furent aussi l'occasion d'exprimer une opposition à la ligne générale suivie par le régime des oligarques, de braderie de l'appareil productif national et de plus en plus d'allégeance à l'impérialisme occidental, avec l'entrée de la prochaine de la Russie dans l'OMC.

L'occasion de rappeler que le Parti communiste russe, plus que jamais deuxième force du pays et première force d'opposition après les élections présidentielles et législatives où il a presque doublé son score avec 20% et 92 députés, ne reconnaît pas ces élections qui ont été entachées par une fraude massive.

Guennadi Ziouganov, dans son discours de clôture sur la place Pouckhine, a insisté d'abord sur son refus net d'accepter la capitulation poutinienne devant l'impérialisme américain :

« Nous estimons que l'installation de cette base est un affront pour notre pays et son peuple ».

« Que signifie cette base de l'OTAN au milieu de la Volga ? Cela signifie que va se former au cœur de la Russie un corps étranger, qui va devenir une plaque-tournante pour des transferts de matériel militaire mais aussi pour des trafics illicites de toute sorte », le dirigeant communiste russe rappelant que l'Afghanistan est, sous la bienveillance de l'OTAN, premier producteur mondial d'opium.

Selon le secrétaire du KPRF, cette décision s'insère dans une série de capitulations du pouvoir vis-à-vis de l'impérialisme occidental, qui l'insère dans la lignée funeste des Gorbatchev et Eltsine, et devrait se conclure par l'adhésion à l'OMC :

« Le gouvernement va nous livrer prochainement un autre 'cadeau'. Cette entrée dans l'OMC, dans des conditions défavorables pour notre pays, ne va pas nous permettre de développer nos secteurs de pointe et va nous contraindre à aligner les prix de l'énergie dans notre pays sur les normes mondiales. Le résultat, cela va être l'éradication des restes de notre industrie manufacturière ».

Selon lui, il n'y a pas d'autre voie que la lutte et elle passe par le renforcement du Parti communiste et de ses positions :

« Nous sommes devant un moment très important de notre lutte. Ce ne sont pas ces bandits et ces magouilleurs qui vont nous faire capituler, nous dépositaires des plus glorieuses traditions de notre pays ! Nous avons au dernier Comité central fixé notre ligne tactique et stratégique. Cela passe par le renforcement du parti : dans les trois dernières années, 47 000 jeunes ont rejoint nos rangs. »

La conclusion est combative et optimiste sur les perspectives de victoire :

« J'en suis convaincu, chaque jour qui passe voit notre position se renforcer. La Russie ne pourra pas sortir de cet asservissement sans justice ni démocratie, sans les puissantes organisations du Parti communiste, au cœur de la lutte. J'en suis convaincu, l'OTAN ne passera pas, le régime soviétique l'emportera et le socialisme vaincra ! »

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/



1-2 Italie

Manlio Dinucci : Italie : tout pour la guerre.

La « réforme » de l’Article 11 de la Constitution italienne.

L’Italie de Monti et Paola est l’illustration parfaite de la façon dont les gouvernements européens, sous la tutelle conjointe de l’UE et de l’Otan, et avec le soutien des médias privés, parviennent à travailler en toute sérénité contre les intérêts objectifs du plus grand nombre. Le mythe de la « guerre au terrorisme » à permis de détourner les couteuses forces armées nationales de leur fonction de défense pour les mettre au service des multinationales, tandis que la « crise » de la dette permet de mettre en place les « reformes structurelles » nécessaires au transfert accéléré de la richesse des peuples et des États vers les institutions financières, comme nous l’explique Manlio Dinucci.

 

Une « réforme structurelle profonde » : ainsi le ministre italien de la Défense Di Paola définit-il la révision de l’appareil militaire, présentée par le gouvernement Monti sur sa proposition. Qu’elle soit profonde, cela ne fait aucun doute. Depuis plus de vingt ans des taupes bipartisanes creusent sous l’Article 11 de la Constitution, qui « répudie la guerre comme instrument d’offense à la liberté des autres peuples et comme moyen de résolution des controverses internationales ».

Les travaux de galerie commencent en 1991, après que la République italienne a combattu sa première guerre, celle que les Usa ont lancé en Irak. Sous la dictée du Pentagone, le gouvernement Andreotti rédige le « nouveau modèle de défense » qui établit, comme mission des forces armées, non seulement la défense de la patrie (art. 52), mais la « protection des intérêts nationaux partout où c’est nécessaire ».

En 1993 -alors que l’Italie participe à l’opération militaire lancée par les Usa en Somalie, et que le gouvernement Ciampi remplace celui d’Amato- on déclare qu’ «  il convient d’être prêts à se projeter au loin » dans le but de « garantir le bien-être national en maintenant la disponibilité des sources et des voies d’approvisionnement des produits énergétiques et stratégiques ».

En 1995, pendant le gouvernement Dini, on affirme que « la fonction des forces armées transcende le cadre militaire strict pour s’élever à la mesure du statut du pays dans le contexte international ».

En 1996, pendant le gouvernement Prodi, on soutient que l’instrument militaire doit être « un instrument de la politique étrangère ».

En 1999 -après que le gouvernement D’Alema a fait participer l’Italie, sous commandement étasunien, à la guerre contre la Yougoslavie- on énonce « la nécessité de transformer l’instrument militaire de sa configuration statique actuelle vers une de projection externe qui soit plus dynamique », devoir pour lequel est adapté « le modèle entièrement volontaire ». C’est-à-dire une armée composée de professionnels de la guerre.

Qui se révèle précieuse pour les interventions militaires en Afghanistan et en Irak, sous le gouvernement Berlusconi.

Ici se greffe le concept stratégique pentagonien énoncé en 2005 par Di Paola, alors chef d’état-major. Face à la « menace globale du terrorisme », il faut « développer une capacité d’intervention efficace et en temps opportun même à une grande distance de la mère patrie ». Les forces armées italiennes doivent opérer dans les zones d’ « intérêt stratégique » qui comprennent les Balkans, l’Europe orientale, le Caucase, l’Afrique septentrionale, la Corne de l’Afrique, le proche et le moyen Orient et le Golfe persique.

La guerre contre la Libye, dont Di Paola est en 2011 un des artisans en tant que président du comité militaire OTAN, confirme la nécessité que l’Italie construise un « instrument de projection », avec une capacité « expéditionnaire » prononcée, via une planification « organique ». C’est cela que Di Paola veut maintenant institutionnaliser par un décret de loi, pour créer des forces armées plus petites mais plus efficaces, avec des moyens technologiquement plus avancés (parmi lesquelles le chasseur-bombardier F-35) et plus de ressources pour l’opérativité.

Ceci n’est pas dû à la « nécessité de contenir les coûts » à cause de la crise financière, mais, comme pour l’Article 18 [1], à la nécessité des oligarchies économiques et financières, artisans de la crise, de renforcer leurs outils de domination. Avec la circonstance aggravante de vouloir démanteler, avec un des pivots du Statut des travailleurs, un des principes fondamentaux de la Constitution.

Manlio Dinucci

Traduction Marie-Ange Patrizio

Source Il Manifesto (Italie)

http://www.voltairenet.org/La-reforme-de-l-Article-11-de-la



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2 Le Monde » et le gentil monde de l’OTAN.

Le Monde est un plaisant-triste, pour reprendre le mot de Gainsbourg.

Comme prétentieux et donneur de leçons, c’est un must. Un peu comme France-Inter.

Ces gens-là étant très intelligents et très savants, le Dieu des médias leur a donné le diplôme « de référence », c’est-à-dire de serviteur du consensus dominant. Ils connaissent une raison cachée, qui est « La Vérité » et s'ils consentent parfois à faire quelques visites d’inspection sur le terrain, encore appelées « reportages », c'est pour vérifier que tout se passe bien comme prévu. Mais voir la société telle qu'elle est, impossible. Ce serait trop dangereux.

Si on veut rester pépère « de référence », il faut trouver un équilibre : piquer de grosses colères sur des sujets périphériques, histoire de faire genre, et pour le reste défendre la ligne du parti.

En politique étrangère, Le Monde est devenu le bulletin officiel de l’OTAN et de ses succursales.

Le Monde ne veut fâcher ni les institutions, ni les annonceurs qui lui maintiennent la tête hors de l’eau. Chacun a pu apprécier la haute tenue de ses écrits sur la Libye, la Côte d’Ivoire ou l’Iran... Heureusement qu’on peut se passer de cette sauce officielle en cherchant les infos sur le net.  

Voici un exemple rigolo avec le dernier rapport du Sipri (Stockholm International Peace Research Institute), un institut privé spécialisé dans l’observationdes affaires militaires, publié ce mardi 18.

 

Je vous livre en intégral ce qu’ont publiéLe Monde et Il Manisfesto. 

Les dépenses militaires mondiales se sont stabilisées en 2011

Les dépenses militaires dans le monde se sont stabilisées en 2011 en raison de la crise économique mondiale, totalisant 1 740 milliards de dollars, soit 1 320 milliards d'euros, selon un rapport publié mardi 17 avril par le Sipri (Stockholm International Peace Research Institute), un institut international indépendant, spécialisé dans les conflits, les armements, le contrôle des armes et le désarmement, basé à Stockholm.

« La légère augmentation de 0,3 % en 2011 [par rapport à 2010] marque la fin d'une course continue d'augmentation des dépenses militaires enregistrées entre 1998 et 2010 », relève le rapport.

Le Sipri précise que la moyenne annuelle d'augmentation de ces dépenses a été de 4,5 % entre 2001 et 2009. Il souligne que parmi les premiers pays acheteurs d'armes, six – le Brésil, la France, l’Allemagne, l’Inde, le Royaume Uni et les Etats-Unis – ont réduit leurs budgets militaires en 2011, tandis que la Chine et la Russie les ont « nettement augmentés ».

« Le contrecoup de la crise économique mondiale, en particulier les mesures de réduction des déficits aux Etats-Unis et en Europe ont finalement stoppé - du moins pour l'instant - l'augmentation enregistrée pendant une décennie des dépenses militaires », explique M. Sam Perlo-Freeman, chercheur au Sipri.

Aux Etats-Unis, premier budget militaire mondial, les dépenses dans ce secteur devraient diminuer en raison du retrait américain d’Irak et du désengagement d’Afghanistan, selon le Sipri. De son côté, la France, l’un des trois premiers budgets militaires d’Europe occidentale avec l'Allemagne et le Royaume-uni, a réduit de 4 % son budget militaire depuis 2008 en raison de mesures d'austérité pour diminuer le déficit budgétaire. Dans la même période, les réductions ont été plus modestes en Allemagne (- 1,4 %) et au Royaume-Uni (- 0,6 %), ajoute le Sipri.

La Russie a au contraire augmenté de 9,3 % ses dépenses militaires à 71,9 milliards de dollars en 2011, dépassant la France et le Royaume-Uni et devenant le 3e budget militaire de la planète, relève l'institut.

Le Sipri note que le Moyen-Orient est la région où « une claire augmentation » des dépenses militaires est perceptible dans la plupart des pays. Mais il ajoute qu'en l'absence de données fiables pour des pays-clés comme l’Iran et les Emirats arabes unis, il est difficile de totaliser les budgets militaires de cette région.

Mon commentaire

Donc, l’OTAN est adorable. Tous les pays membres font un effort, à commencer par les super-sympas US, qui en plus vont se retirer d’Irak et d’Afghanistan. En revanche, vous avez bien noté les méchants : la Russie et la Chine, qui ont augmenté leurs dépenses. Bien sûr, Le Monde ne donne pas le chiffre des dépenses des US ou de l’OTAN cumulés. Le seul chiffre cité de tout l’article est celui de la Russie. Et puis, comme une signature, un coup de clavier contre l’Iran, pays non fiable.

Evidemment, Le Monde ne va perdre son encre à donner les chiffres de la dépense US, plus de 40% pour ce seul pays, et consacré à la domination du monde, car ni le Canada ni le Mexique n’ont en projet d’envahir les US. De même, hors de question de décrire comment les US, après les fiascos irakien et afghan, redéfinissent leur politique de domination, qui doit devenir plus efficace et moins coûteuse. Hors de question aussi d’expliquer le réinvestissement massif des US dans la région Asie/Pacifique, qui justifie en réplique l’effort de guerre de la Russie et de la Chine.

Manlio Dinucci : Manlio Dinucci, journaliste d’Il Manifestojournal qui publie ces infos majeures à la une – a lu le même rapport, mais il en fait un compte rendu un peu plus précis...

 Il Manifesto,



3   Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

3-1 Manlio Dinucci : L’art de la guerre. : L’école de mort de l’OTAN.

Contrairement à ce qu’il semble, l’OTAN aussi apprend. « Elle tire toujours des leçons de ses opérations, et c’est ce que nous sommes déjà en train de faire avec la Libye », explique l’amiral étasunien James Stavridis, commandant suprême allié en Europe.

A cette fin l’OTAN dispose d’un centre adéquat, le Joint Analysis & Lessons Learned Centre (Jallc) : une sorte d’école, dans laquelle on enseigne les « leçons apprises ». Ainsi l’OTAN apprend à toujours mieux faire la guerre.

Au début de celle contre la Libye, en mars 2011, le Jallc envoya une équipe d’analystes suivre les opérations auprès du centre allié de commandement à Naples. Les « leçons apprises » sont exposées dans un rapport réservé, présenté en février dernier, dont le New York Times a maintenant obtenu une copie.

Que doivent apprendre les alliés, surtout ceux européens ?

Que la guerre contre la Libye n’a pas été l’opération modèle qu’on pensait, mais a mis en évidence de graves lacunes.

Avant tout, le fait que les alliés européens et le Canada ont dû compter de façon excessive sur les Etats-Unis. Même avec l’aide étasunienne, l’OTAN ne disposait que de 40% des avions pour la guerre électronique, qui auraient été nécessaires dans cette opération. Et ce sont les Etats-Unis qui ont fourni aux alliés la quasi totalité des munitions les plus avancées à guidage de précision : 7.700 bombes et missiles utilisés dans l’attaque contre la Libye (dont une grande partie probablement fournie par la base étasunienne de Camp Darby, à Pise). 

Il faut se dépêcher de combler ces lacunes. « Le président Obama a déjà demandé au Pentagone de préparer des options militaires préliminaires en Syrie ».

Toutefois, « une opération militaire contre la Syrie constituerait un plus gros défi par rapport à celle qui a renversé le pouvoir de Kadhafi ». La Syrie dispose en effet de forces armées et systèmes de défense aérienne plus efficients, plus difficiles à détruire par les attaques aériennes.

De plus, l’opposition syrienne est plus désarticulée et dispersée que celle de Libye pendant la guerre, « rendant plus difficiles les efforts des alliés OTAN pour se coordonner avec les rebelles ».

 

En conséquence, pour attaquer la Syrie, les alliés européens et le Canada devraient « s’appuyer lourdement sur les capacités des USA ».

En prévision de cette guerre et d’autres (dans le collimateur il y a aussi l’Iran), les alliés  et le Canada sont donc en train d’accélérer les cadences pour potentialiser leurs propres capacités militaires.

C’est dans ce cadre que s’insère l’accord, conclu en février dernier, de créer à Sigonella (Sicile)le système Ags (Alliance Ground Surveillance) qui, assorti des drones Global Hawk déposés dans cette base, fournira à l’OTAN un cadre détaillé des territoires à attaquer, permettant aussi de frapper des véhicules en mouvement.

Immédiatement après, en mars, les ministres européens de la défense se sont mis d’accord sur un « plan  ambitieux» qui comble une autre lacune : l’insuffisance des avions pour l’approvisionnement en vol des chasseurs bombardiers qui, dans la guerre en Libye, ont été mis à disposition en grande partie par les Etats-Unis.

Bravo, vous avez compris la leçon -disent les enseignants du Jallc- mais vous devez vous impliquer davantage : « L’achat d’avions et appareils électroniques coûteux peut nécessiter des années pour être réalisé ». Voilà la leçon apprise par la guerre en Libye. 

Les élèves qui ont réussi l’examen passent dans la guerre suivante.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 17 avril 2012 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20120417/manip2pg/14/manip2pz/321306/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


3-2 Alex Lantier et Johannes Stern : France : Les questions internationales dans l'élection présidentielle.
Bien que le pouvoir le plus notoire de la présidence française soit son contrôle sur la politique étrangère, la politique étrangère est remarquablement absente de la campagne présidentielle actuelle. Alexandre Adler du Figaro, l'un des rares journalistes à écrire sur le sujet, a fait brièvement remarquer dans une récente chronique que la « politique étrangère ne fait pas recette dans la campagne ».

Ceci est d'autant plus remarquable que l'Europe est actuellement impliquée dans une crise financière qui dure depuis quatre ans et dans des guerres qui s'intensifient. La France est en guerre en Afghanistan et en Libye, elle soutient des forces de guérilla mercenaires contre le président syrien Bashar Al-Assad et fait partie de la coalition, menée par les États-Unis, menaçant d'attaquer l'Iran. Quelque 76 pour cent de la population s'opposent au déploiement de la France en Afghanistan et 51 pour cent s'opposent à la guerre en Libye.

Et malgré cela, le candidat du Parti socialiste (PS) François Hollande, principal rival de « gauche » bourgeoise du président sortant Nicolas Sarkozy, a déclaré le mois dernier que s'il était élu, il ne reviendrait pas sur la décision de Sarkozy en 2009 de réintégrer la France dans le commandement militaire de l'OTAN.

Comme le laissent clairement entendre les déclarations de Hollande sur la réintégration de la France dans l'OTAN et l'absence de critiques de la part des partis de « gauche » bourgeois ou petits-bourgeois à l'égard des guerres de Sarkozy, l'élite dirigeante entend poursuivre la politique de Sarkozy malgré l'opposition de masse de la classe ouvrière. Elle signale tacitement son soutien au changement radical de politique étrangère opérée par Sarkozy par rapport à la politique de son prédécesseur, le président conservateur Jacques Chirac.

La présidence de Chirac de 1995 à 2007, première présidence à se dérouler entièrement après la chute en 1991 de l'URSS, fut marquée par la fin de la politique de Guerre froide de la France. Les appels de la France à un ordre mondial « multi-polaire », reflétés dans la critique des États-Unis, faite en 1998 par le ministre des Affaires étrangères Védrine, comme étant une « hyper-puissance », conduisirent à des heurts avec Washington, tout d'abord concernant les activités françaises en Iran, puis plus sérieusement, au moment où la France rejoignit l'Allemagne et la Russie contre l'invasion américaine de l'Irak en 2003.

La tentative de Chirac de développer la politique française en Europe échoua. Bien que la France fût l'un des douze pays à adopter la monnaie commune (euro) lors de son lancement en 2002, elle connut aussi une opposition croissante de la classe ouvrière à l'Union européenne (UE). Chirac fut stupéfait lorsque l'opposition à un projet de Constitution européenne, sur fond de craintes justifiées que cela conduirait à un nivellement par le bas des salaires et des droits sociaux à travers toute l'Europe, mena à la défaite de ce projet lors d'un référendum en 2005 en France.

Le gouvernement Sarkozy qui lui succéda rétablit rapidement les relations avec Washington en envoyant des représentants visiter l'Irak sous occupation américaine et en menaçant l'Iran de guerre en 2007 avant de rejoindre pleinement l'OTAN en 2009. Mais la France rétablit des liens avec Washington au moment où les Etats-Unis eux-mêmes entraient dans une crise sociale profonde et durable.

Le krach financier américain de 2008 transforma les relations au sein de l'Europe. Tandis que l'Allemagne et la France s'unissaient pour imposer des mesures d'austérité féroces aux travailleurs de Grèce, d'Espagne, du Portugal et d'Italie, leurs relations se tendaient de plus en plus. En 2010, Sarkozy menaça de retirer la France de la zone euro pour contraindre l'Allemagne à financer des plans de sauvetage visant à renflouer les banques françaises qui avaient prêté de l'argent à la Grèce en proie à une crise grave. La France mit ensuite en place une alliance militaire avec la Grande-Bretagne, excluant l'Allemagne.

Avant tout, la France a réagi aux déclenchements des luttes révolutionnaires de la classe ouvrière en Egypte et en Tunisie l'an dernier en se lançant dans une série de guerres et d'interventions en Libye, en Côte d'Ivoire et maintenant en Syrie et peut-être au Mali. Sarkozy a clairement fait entendre que ce serait une politique persistante de l'impérialisme français. En se lançant dans la guerre contre la Libye, une guerre qui s'est terminée par l'assassinat du chef d'Etat libyen Muammar Kadhafi, il a ouvertement dit : « Chaque dirigeant, et notamment (chaque) dirigeant arabe, doit comprendre que la réaction de la communauté internationale et de l'Europe sera désormais chaque fois la même. »

Le fait que des aspects fondamentaux de politique économique et militaire internationale ne soient pas traités durant la campagne électorale souligne le caractère frauduleux de cette campagne électorale. La classe ouvrière a été politiquement privée de représentativité par les candidats du PS et de la « gauche » petite-bourgeoise (Front de Gauche conduit par les staliniens, Nouveau Parti anticapitaliste et Lutte ouvrière) qui soutiennent ces guerres.

La politique étrangère toujours plus agressive de la bourgeoisie française menace non seulement les peuples du Moyen-Orient, mais aussi la classe ouvrière française et européenne. Tout comme aux États-Unis, les guerres à l'extérieur du pays seront utilisées pour attaquer les droits démocratiques dans le pays et pour mettre en place des attaques encore plus dures contre le niveau de vie des travailleurs, au motif de budgets de la Défense en hausse. Le coût pour les États-Unis des guerres en Irak, Afghanistan et Pakistan est estimé entre 3,7 et 4,4 mille milliards de dollars, soit un montant plus élevé que les dettes de la Grèce et de l'Espagne réunies.

Lors d'une conférence de presse à Paris le 5 avril, le président Sarkozy a déclaré que certains pays sont « Au bord d'un précipice... Nous ne pouvons pas refuser de faire le choix historique, compétitivité, innovation, investissement, réduction des dépenses publiques. La situation que connaissent aujourd'hui nos amis espagnols après celle qu'ont connue nos amis grecs, nous rappelle à des réalités. »

La déclaration de Sarkozy, largement passée sous silence, est une menace signifiant que si le président élu n'applique pas une politique suffisamment droitière, la France subira le traitement imposé par les banques à la Grèce et à l'Espagne, où la moitié des jeunes sont sans emploi, où les salaires ont été diminués de 30 à 50 pour cent, où le nombre de sans domicile fixe a grimpé en flèche et où les soins médicaux deviennent de plus en plus inaccessibles.

Le Financial Times a cité un économiste de la Bank of America Merill Lynch : « Je pense que le nouveau gouvernement français se verra accorder très peu de temps pour convaincre les marchés sur ses projets. »

Durant ces dix dernières années, l'économie française a perdu du terrain par rapport à l'Allemagne, son principal rival en Europe. En 2000, le coût du travail horaire en France était 8 pour cent plus bas qu'en Allemagne ; en 2012, il est 10 pour cent plus élevé. De 1999 à 2008, le coût unitaire de main-d'oeuvre allemand a été réduit de 20 à 30 pour cent par rapport à d'autres pays de la zone euro, et les exportations allemandes ont explosé.

L'Allemagne a accompli sa supériorité économique en perpétrant les plus dures attaques contre la classe ouvrière depuis la Deuxième Guerre mondiale. Le gouvernement social-démocrate (SPD)-Vert de Gerhard Schröder, en collaboration étroite avec les syndicats, a réduit de façon draconienne les dépenses sociales et les salaires, libéralisé les marchés du travail et réduit les taxes des entreprises et des riches. La bourgeoisie française regarde avec convoitise de l'autre côté du Rhin. Elle veut imposer de pareilles coupes sociales en France. Les banques montent les uns contre les autres les travailleurs de toute l'Europe dans une course vers le bas en termes de salaires et de niveau de vie.

La classe ouvrière française est à la veille d'énormes batailles de classes où les travailleurs vont devoir se battre pour établir l'unité politique de la classe ouvrière européenne et internationale dans une lutte contre la guerre et l'austérité sociale.

 Source : WSWS

Jeudi 12 avril 2012
http://www.wsws.org/...



4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Libre Belgique:Sommet de l'Otan.

Le 15 avril, Ban Ki Moon est à Bruxelles, rencontre le Ier Ministre Di Rupo, le ministre des Affaires étrangères Reynders, le ministre de la Défense De Crem: sa demande?

Une contribution financière de la Belgique pour payer la formation de l'armée et la police afghane, en compensation du retrait prévu de certaines troupes belges. Ensuite, une conférence européenne sur l'énergie durable... juste à la veille de la réunion de l'Otan, à laquelle il n'est pas annoncé comme participant.. L'ONU= un tout petit partenaire de l'Otan.

Le 17 avril, Rasmussen, secrétaire général de l'Otan reçoit le roi de Jordanie à Bruxelles, le saluant comme un partenaire très important, en particulier lors de la guerre contre la Libye.

Le 18 avril, réunion des ministres de la Défense et des Affaires Etrangères de l'OTAN en vue du prochain sommet de Chicago. A cette réunion sont invités non seulement les ministres des 28 pays Otan, mais ceux des 22 pays non OTAN qui ont participé à la guerre en Afghanistan depuis 10 ans.

Entretemps, réunion des ministres de la Défense de l'Union Européenne, dont ceux de Belgique, Luxembourg, Pays-Bas qui se concertent pour former une "armée Benelux" et mieux répondre aux exigences de l'Otan.

Gageons que le 9 mai, jour de la séance du parlement pour débattre et déterminer la politique belge à défendre au sommet de Chicago, il n'y aura plus qu'à entériner des décisions déjà prises dans d'autres cénacles.

C.P.  

RTBF - 18.4.2012

Les ministres des Affaires étrangères et les Ministres de la Défense de l'Otan vont se réunir pendant deux jours pour préparer le Sommet de l'Alliance qui se tiendra fin mai à Chicago, aux Etats-Unis. Sur leur table de travail, l'avenir de la mission atlantique en Afghanistan.

Une mission qui approche lentement et difficilement de sa fin, en 2014, quand les forces de combat seront retirées après une opération qui aura duré 13 ans, et sans que l'on ne voie émerger de résultat encourageant. Mais les Ministres, qui siégeront à Chicago auprès des chefs d'Etat et de gouvernements, n'en sont plus à s'interroger sur quoi faire encore en Afghanistan, mais bien sur le suivi d'une aide dont les limites sont tracées quotidiennement par des attaques.

Comment aider à la formation et à l'assistance des forces armées et de la police?

Pratiquement, cette fois à Bruxelles, il est demandé aux membres de l'Alliance militaire occidentale, et principalement par Washington, de dire quelle sera leur contribution à la formation des forces de sécurité après le repli de 2014.

Les Etats-Unis ont déjà fait savoir qu'ils prendront en charge 2,300 milliards des 4 milliards nécessaires, aux alliés de combler le manque! Pour convaincre la Belgique (comme d'autres partenaires à d'autres moments), la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, sera reçue ce mercredi par le chef du gouvernement. Réuni mardi autour d'Elio Di Rupo, le gouvernement en petit comité n'a pas encore répondu à l'idée de débloquer 11,5 millions d'euros annuellement pendant trois ans au moins. 

(souligné par C.P.)

 


4-2 Libre Belgique (avec AFP) :Sommet de l'Otan: l'Afghanistan en débat à Bruxelles,

 (Un mois avant le sommet de Chicago)

18.4.2012

La stratégie pour réussir le départ des troupes occidentales en Afghanistan sera débattue cette semaine au siège bruxellois de l'Otan, placé sur la défensive par la série d'attaques spectaculaires lancée dimanche par les talibans.
Plus de dix ans après le début du conflit, l'Afghanistan reste plus que jamais au coeur des préoccupations des 28 pays membres de l'Alliance atlantique, Etats-Unis en tête.
Il sera l'un des principaux sujets de discussion au sommet de l'Otan de Chicago, où Barack Obama accueillera les 20 et 21 mai les chefs d'Etat et de gouvernement, en particulier le nouveau président français qui aura été élu le 6 mai.
Un an et demi après le précédent sommet à Lisbonne (novembre 2010), les ministres de la Défense et des Affaires étrangères, dont l'Américaine Hillary Clinton, se réunissent mercredi et jeudi "afin de dégager le terrain pour Chicago", selon la porte-parole de l'Alliance atlantique, Oana Lungescu.
L'Otan veut envoyer un message clair d'unité et d'ordre sur les conditions dans lesquelles s'organise la "transition" qui ouvre la voie au départ des 130.000 soldats étrangers toujours déployés dans le pays.
Ce message est en particulier adressé aux responsables politiques et aux opinions publiques, dont les doutes ont été renforcés ces derniers mois par une série de mauvaises nouvelles: militaires de l'Otan tués par des collègues afghans, scandales liés à des soldats américains etc...
Prêchant inlassablement l'optimisme, les hauts responsables de l'Otan assurent que le nombre d'attaques recule chaque mois davantage et que la situation sécuritaire se renforce avec la montée en puissance de l'armée afghane.
"Leurs progrès sont impressionnants", a jugé lundi Oana Lungescu, au lendemain des attaques ayant visé le parlement, des ambassades occidentales ou l'Isaf à Kaboul et combattues par les seules forces afghanes.
Le président Hamid Karzaï a toutefois mis en cause lundi "un échec du renseignement pour nous (Afghans) et particulièrement pour l'Otan".
Les ministres réunis à Bruxelles tenteront de se mettre d'accord sur le format des forces de sécurité afghanes, à qui sera dévolue la sécurité dans toutes les provinces d'ici fin 2014. Leurs effectifs devraient être portés à 352.000 grâce au vaste effort de formation en cours avant de retomber à 228.500 en 2017, selon le projet proposé par les Américains.
Les discussions s'annoncent également serrées sur le financement de ces forces, estimées à 4,1 milliards de dollars par an à partir de 2015. Les Etats-Unis prévoient d'en assumer 2,3 milliards, laissant le reste à leurs partenaires et au gouvernement afghan.
"Malgré les impatiences, il est vraiment difficile de fixer aujourd'hui tous les besoins car quelle sera la situation dans deux ans et demi?", s'interroge un responsable français.
Outre l'Afghanistan, l'autre dossier sensible est celui du bouclier antimissile que l'Otan a commencé à implanter en Europe malgré l'hostilité de Moscou.
Attendu jeudi à Bruxelles, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, devrait réaffirmer cette position, mais en des termes moins offensifs que durant la récente campagne présidentielle dans son pays. "La rhétorique de Moscou vis-à-vis de l'Otan est désormais plus pragmatique et ouverte à la coopération, notamment contre la piraterie ou le terrorisme", souligne un diplomate.
Le conflit syrien n'est pas au menu des discussions à Bruxelles même si la Turquie, membre éminent de l'Otan, envisage une possible invocation de l'article 5 du traité de l'Alliance atlantique afin de protéger sa frontière avec la Syrie.
Tout en se déclarant "profondément préoccupée", l'Otan ne cesse d'affirmer qu'elle n'a "aucune intention" d'intervenir en Syrie.

18.4.2012

Libre Belgique (avec AFP)



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

26/04/2012

n° 95 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage - du 25-04 - a1 - : Lutter de toutes nos forces contre la guerre et les aventures militaires

 


claration & analyse d'Iran

La guerre aura-t-elle lieu ?

           n°95 du 25-04                               C.De Broeder &M.Lemaire



Le dossier « Géopolitique et Stratégie d’Iran »est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

1 Déclaration,

1-1Tudeh :Lutter de toutes nos forces contre la guerre et les aventures militaires dans la région du Golfepersique et au Moyen-Orient 

2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1 Julie Lévesque :À court de cibles », les services secrets israéliens « diminuent les assassinats » en Iran.

2-2 Amar DJERRAD : L’échec du stratagème « Grand Moyen-Orient » sous le fallacieux prétexte de « l’arme atomique » de l’Iran.

3 Annexe

3-1 Dr. Paul Craig Roberts : Washington nous mène dans un monde hors-la-loi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 



1 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

1-1Tudeh :Lutter de toutes nos forces contre la guerre et les aventures militaires dans la région du Golfepersique et au Moyen-Orient !

Les événements de ces dernières semaines, telles les nouvelles portant sur les troubles en Syrie et le programme « nucléaire » de la République islamique Iranienne sont des signes de tensions sans précédent dans la région et d’un risque de déclenchement d’une guerre désastreuse et meurtrière qui pourrait facilement s’étendre et prendre des dimensions mondiales.

Les menaces explicites des décideurs américains, britanniques et français sur la nécessité de renforcer les actions contre l’Iran et la Syrie sont à l’origine d’une situation dangereuse dans la région et particulièrement pour ce qui est de notre pays, qui ne peut être ignorée. L’extension des sanctions contre la République islamique iranienne a sans aucun doute causé des troubles économiques sérieux en Iran. Une hausse inédite du prix des monnaies étrangères, en d’autres termes la dévaluation de la monnaie Iranienne, et par conséquent la hausse des prix des biens de consommation, au moment où le chômage atteint des records historiques et où les usines ferment les unes après les autres, a mis en péril les conditions de vie de vastes couches de la société et plonge de plus en plus la grande majorité de la population dans la pauvreté et la misère. Et ce n’est que le début d’une guerre économique totale imposée à notre peuple, identique à celle subie par le peuple Irakien avant l’invasion militaire meurtrière des forces de l’OTAN contre ce pays. Ne pas être en mesure de vendre du pétrole ni d’importer les biens stratégiques indispensables seraient un désastre économique colossal pour un pays où le capitalisme mercantiliste d’une part, et la mise en œuvre des politiques de la Banque mondiale d’autre part, ont considérablement amoindri nos capacités de production nationales et ont transformé notre économie en une simple économie d’exportation de pétrole et d’importation de tous les biens de consommation nécessaires. Ceux qui organisent à l’échelle mondiale ces sanctions, en particulier les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, ont prévu ces sanctions en ayant en tête ces problèmes.

Ces plans inhumains ont des objectifs plutôt clairs :

- Forcer la République islamique à réagir violemment pour s’en sortir, et créer donc un scénario qui poserait une base sur laquelle il serait possible de convaincre les autres puissances mondiales qu’une guerre totale est nécessaire ;

- Essouffler le mouvement pacifiste pour le forcer à capituler devant n’importe quel scénario qui proposerait une issue à cette situation très difficile ;

- Exciter et mobiliser des fractions de droite du mouvement ainsi que certaines forces de gauche qui ont retourné leurs veste, et les pousser à soutenir la soi-disant intervention « humanitaire » comme ultime option pour faire évoluer la situation ;

- Les objectifs à long-terme de cette aventure militaire et probablement d’une guerre régionale sont clairs : contrecarrer la crise économique mondiale ; reconfigurer les politiques économiques à l’échelle mondiale sur la base de la concentration de capitaux astronomiques ; constituer le Grand Moyen-Orient afin d’étendre leur cercle d’influence politique et économique ainsi que leur domination sur une région stratégique du point de vue énergétique ; détourner les capacités de protestation massive des peuples de la Tunisie et l’Égypte, en Afrique du nord, à la Syrie et l’Iran et d’autres pays du Golfe persique et mettre un terme aux mouvements progressistes dans la région et mettre en place des « îlots de stabilité politique » qui puissent garantir les intérêts de l’impérialisme, à court et long-terme, dans la région. Hélas, les derniers événements donnent des signes de l’état d’avancement de ce scénario pré-établi par les complexes militaro-industriels mondiaux.

Les leaders du régime répressif et obscurantiste de la République islamique estiment qu’il n’y a pas de place pour le recul, et au lieu de penser à des façons de faire baisser la tension, ils développent les programmes nucléaires et brandissent des menaces militaires face aux sanctions économiques. Ali Khamenei, leader de la République islamique, a déclaré le 3 février, affirmant que l’Iran ne reculerait pas, que le pays était prêt à la guerre et a mis en avant l’expérience de la « guerre de 33 jours du Liban » face à l’ennemi. En réponse aux menaces Israéliennes, il a évoqué des menaces qui trouveront une « réponse appropriée en temps voulu ». L’ambassadeur Iranien en Russie a également parlé de frapper les intérêts américains et occidentaux dans le monde entier. Et après ces commentaires, ce fut au tour de Mahmoud Ahmadinedjad, lors d’un discours pour le défilé de l’Anniversaire de la révolution, à Téhéran, de promettre que « le monde allait bientôt prendre connaissance de nouvelles prouesses Iraniennes en terme de technologie nucléaire. » Ces commentaires ont été faits au moment où les manœuvres militaires pour fermer le détroit d’Ormuz ainsi que des avertissements officiels et clairs pour le départ des porte-avions Américains et Britanniques du Golfe persique, ont déjà montré leurs conséquences inquiétantes et ont fait grossir les rangs de ceux prêts à rejoindre l’invasion militaire de l’OTAN en République islamique. Les menaces Iraniennes « justifient » clairement la concentration de flottes sous commandement de l’OTAN dans le Golfe persique et en mer d’Oman, et les quantités énormes d’armes vendues aux pays de la région, comme aux émirats, et la création d’une « hystérie » mondiale autour d’un péril nommé « République islamique ».

Les dernières nouvelles indiquent que les bases sont jetées pour une catastrophe qui devient de plus en plus imminente :

- Le Pentagone a commandé auprès de l’industrie militaire américaine une nouvelle génération de bombes anti-bunker de très gros calibre ;

- Le journal Al-Arabia, citant le Washington Post, affirme que la discussion au sein des cercles dirigeants des Etats-unis et des autres pays de l’OTAN n’est pas de savoir si, mais bien quand et comment infliger à l’Iran des frappes préventives ;

- De larges campagnes médiatiques sont menées contre l’Iran et la Syrie, et des comptes-rendus rapportant l’implication du Corps révolutionnaire iranien dans les violences contre les habitants de Homs, en Syrie, y compris le reportage de Russia Today concernant une éventuelle préparation de 15 000 soldats du Corps révolutionnaire prêt à se déployer sur le front de la guerre Syrienne ;

- Radio Israël a indiqué des dizaines de milliers de soldats Américains sont en train de monter à la hâte des systèmes Israéliens anti-missiles ;

Dans cette atmosphère et à l’invitation des organisations de paix, la première vague de manifestations contre la guerre a commencé dans les rues Canadiennes, Américaines et Anglaises. Même si ces manifestations ont été organisées dans la précipitation, elles ont été relayées par les médias, et ont reçu un certain soutien populaire. D’autre part, la République Islamique qui a méthodiquement réprimé toutes les organisations de paix nationales et n’a permis aucune manifestation contre la guerre a tenté de dénaturer les objectifs de ces actions et s’en est servi de façon malhonnête pour les dépeindre comme des mouvements favorables à la politique que mène la République islamique. Les véritables organisations de paix progressistes s’opposent à toute intervention des impérialistes dans les affaires de quelque pays que ce soit même sous le masque de l’intervention « humanitaire », et s’oppose clairement et résolument à de telles interventions, et contrairement à certains conciliabules, qui se tiennent à huis clos, ne se taisent pas devant de telles interventions. La voie proposée par la République islamique, cependant, est claire. Interpréter cette opposition sans la moindre ambiguïté à toute ingérence extérieure comme un soutien des forces éprises de paix du monde entier à la cruauté et au crime, et à l’oppression du peuple que défendent des régimes comme celui théocratique de la République islamique, c’est avoir un toupet qui est le propre des dirigeants de la République islamique. La réalité est que la plupart des organisateurs de ces mouvements de protestation ont inlassablement manifesté leur opposition aux politiques et aux actions du régime théocratique dans notre pays, et leur opposition aux aventures militaires de l’impérialisme dans la région s’inscrit en solidarité avec la lutte des travailleurs dans notre pays.

Dans son communiqué du 7 février, le Conseil mondial de la paix a analysé les plans impérialistes visant à constituer un Grand Moyen-Orient et examiné les situations actuelles en Syrie et en Iran, le déploiement massif de forces militaires américaines dans le Golfe persique, l’alignement des Cheikhs du Golfe persique sur l’Occident et les provocations constantes d’Israël contre l’Iran, et a affirmé la position de cette organisation progressiste sur les droits démocratiques du peuple et sur les interventions étrangères :

« Nous exprimons notre soutien à la lutte complexe du peuple Iranien pour la paix, la démocratie et la justice sociale et le rejet de toute ingérence dans les affaires internes Iraniennes sous aucun prétexte. Nous réaffirmons une fois de plus le droit inaliénable de toute nation à développer l’énergie nucléaire à des fins pacifiques (…) Nous soutenons les véritables exigences pacifiques, sociales, politiques et économiques du peuple Syrien et affirmons une nouvelle fois qu’aucune puissance n’a le droit de décider pour un autre peuple ou une autre nation. L’humanité ne peut tolérer d’ingérence étrangère dans les affaires internes d’un peuple. La souveraineté d’un pays est de la seule responsabilité de son peuple. » Le communiqué poursuit : « Les forces démocratiques, anti-impérialistes, éprises de paix du monde entier doivent briser le silence et dénoncer les campagnes perfides de l’impérialisme qui ouvre la voie à cette nouvelle agression (…) Nous nous engageons à poursuivre la lutte et à mobiliser des forces dans le monde entier afin de créer les fondations permettant de passer à une nouvelle étape dans la lutte anti-impérialiste, pour défendre la paix, la solidarité et l’auto-détermination des peuples. Nous sommes convaincus que la lutte des peuples pour la paix l’emportera ! »

L’expérience des manifestations mentionnées démontre que l’articulation de slogans pour la paix et le mouvement contre la guerre avec la lutte progressiste de notre peuple pour la démocratie est une nécessité et devrait être mise en avant par les organisations pacifistes de notre pays. Nous nous trouvons devant des jours et des semaines capitales. La région du Golfe persique et le Moyen-Orient sont au bord d’une guerre destructrice qui pourrait s’étendre et prendre des dimensions mondiales. Nous devons réagir face à de telles aventures dangereuses avant qu’il ne soit trop tard. Aujourd’hui, nous ne devons laisser passer aucune occasion de nous opposer à la guerre et aux fauteurs de guerre, et empêcher la catastrophe avant qu’elle n’éclate.

Article du Tudeh, parti communiste iranien,

Publié dans l’organe central du Tudeh « Nameh Mardom »

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 


 


Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1 Julie Lévesque :À court de cibles », les services secrets israéliens « diminuent les assassinats » en Iran.
Citant anonymement des officiels hauts placés du renseignement israélien, la revue étasunienne Time Magazine contredit le très crédible quotidien britannique Sunday Times en suggérant que durant les derniers mois, le Mossad (les services secrets israéliens) a « réduit » ses opérations clandestines en Iran, incluant les assassinats ciblés.

Paradoxalement, le Times et TIME se contredisent. Dans son numéro du 25 mars, le Sunday Times affirmait que les services de renseignement israéliens avaient intensifié leurs activités clandestines à la base militaire de Parchin en Iran, prétendument pour trouver des preuves à l’effet que l’Iran fabriquait une arme nucléaire. Ces opérations des services de renseignement ont été menées alors que Téhéran négociait avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Celle-ci faisait pression sur les Iraniens afin qu’ils autorisent une visite sur cette même base. (Julie Lévesque, Fabrication de preuves pour attaquer l’Iran? Des espions israéliens en Iran déguisés en soldats iraniens, Mondialisation.ca, 27 mars 2012)

Un autre article intitulé US steps up intelligence, sabotage missions in Iran (Les États-Unis intensifient les missions de renseignement et de sabotage en Iran), publié par The Hill le 9 avril, semble corroborer les informations révélées par le Sunday Times. The Hill indique une augmentation dans la République islamique des opérations clandestines de la CIA et de ses alliés dans la région. Comme Israël est l’allié le plus important des États-Unis dans cette région, on peut assumer que le Mossad participait à ces missions de sabotage.

Citant le Washington Post, Carlo Munoz rapporte dans The Hill :

Les agences de renseignement étasuniennes intensifient les missions de renseignement et de sabotage axées sur le programme nucléaire iranien, alors que Téhéran se prépare à renouer les pourparlers avec les puissances occidentales relativement aux efforts réalisés dans ce domaine.

Des représentants iraniens doivent rencontrer vendredi à Istanbul en Turquie le soi-disant groupe P5+1, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies plus l’Allemagne, dans le but de discuter du programme nucléaire du pays […]

La CIA et d’autres agences ont par ailleurs multiplié les missions de sabotage en Iran, lesquelles visent à perturber le travail nucléaire en cours au pays.

Afin d’y parvenir, l’agence a compté sur ses partenariats avec des services de renseignement dans la région afin de recruter des agents pour des missions de renseignement et de sabotage en sol iranien, rapporte le Post. (Carlo Munoz, US steps up intelligence, sabotage missions in Iran, The Hill, 9 avril 2012.)

Le compte-rendu du Washington Post révèle par ailleurs que l’ « activité de renseignement » a été utilisée pour accroître les sanctions économiques contre l’Iran :

L’augmentation des activités de renseignement a coïncidé avec une campagne clandestine de la CIA et d’autres agences, visant à saboter le programme nucléaire iranien, et a permis d’accroître l’utilisation de sanctions économiques ciblées par les États-Unis et leurs alliés dans le but d’affaiblir la détermination de l’Iran […]

 

D’anciens représentants du renseignement ont affirmé que l’intensification des activités s’est poursuivie sous la direction de Leon E. Panetta, qui a établi des partenariats avec des agences de renseignement alliées de la région, capables de recruter des agents pour des missions en Iran. (Joby Warrick et Greg Miller, U.S. intelligence gains in Iran seen as boost to confidence, The Washington Post, 7 avril 2012.)

Ces deux reportages sèment définitivement le doute sur la crédibilité du reportage du TIME publié le 30 mars et intitulé « Mossad Cutting Back on Covert Operations Inside Iran, Officials Say » (Selon des officiels, le Mossad réduit ses opérations clandestines en Iran).

Selon le compte-rendu du TIME, le Mossad a réduit ses opérations en Iran, ce qui contredit les articles du Washington Post et du Sunday Times.

Cependant, l’aspect le plus frappant des révélations contradictoires du TIME n’est pas la diminution des activités clandestines du Mossad en Iran, mais plutôt la nature même des opérations, soit des assassinats et des attaques, rapportées par le TIME d’une manière très banale.

 

Selon les officiels, la diminution touche un vaste éventail d’opérations, non seulement les missions très en vue comme les assassinats et les explosions sur des bases iraniennes de lancement de missiles, mais aussi la collecte de renseignement sur le terrain et le recrutement d’espions au sein du programme iranien. (Karl Vick, Mossad Cutting Back on Covert Operations Inside Iran, Officials Say, 30 mars 2012.)

Sans preuves à l’appui, Israël a nonchalamment accusé l’Iran d’être à l’origine d’attaques à la bombe menées récemment en Thaïlande et en Inde, lesquelles n’ont pas fait de victimes, mais ont blessé 5 personnes. Ces actions ont été qualifiées, à juste titre, d’attaques terroristes.

Cependant, dans le reportage du TIME cité ci-dessus, les assassinats et les attaques à la bombe commis par Israël en Iran ne sont pas considérés comme des actes terroristes. Il s’agit d’un cas évident de deux poids deux mesures.

L’article met l’accent sur la raison invoquée pour la réduction des attaques et des assassinats, notamment les conséquences néfastes sur l’« image d’Israël dans l’opinion publique ». Si l’on reconnaît dans le reportage que le Mossad a été impliqué dans l’assassinat d’Iraniens, entre autres, et qu’il a perpétré des attaques en sol iranien, la nature criminelle de ces actions n’est jamais évoquée :

 

Des représentants occidentaux des services de renseignement avaient déjà confirmé au TIME que le renseignement iranien avait découvert une cellule entraînée et équipée par le Mossad. Les aveux détaillés de Majid Jamali Fashid l’an dernier à la télévision d’État iranienne étaient authentiques, selon ces représentants. Ces aveux concernaient l’assassinat du scientifique spécialisé dans le nucléaire, Massoud Ali Mohmmadi, tué dans un attentat à la bombe mené par un motocycliste en janvier 2010. Les responsables du renseignement occidentaux ont blâmé un pays tiers pour avoir révélé l’existence de la cellule.

Dans ce cas-là, les dommages causés à l’image d’Israël dans l’opinion publique ont été limités par la crédibilité de l’Iran […]

Mais cela pourrait changer si la République islamique capturait un Israélien ou présentait d’autres preuves, quelque chose de l’ordre des séquences vidéo en circuit fermé et des faux passeports ayant indiqué la présence d’agents du Mossad dans l’hôtel de Dubaï où le trafiquant d’armes Mahmoud al-Mabhouh a été trouvé mort dans sa chambre en janvier 2010.

Certains préviennent que les assassinats courent déjà ce risque. Après le plus récent meurtre en janvier, celui du scientifique spécialisé dans le nucléaire Mostafa Ahmadi-Roshan, les États-Unis ont catégoriquement nié toute implication et ont condamné le meurtre. Des officiels occidentaux du renseignement affirment qu’il était au moins le troisième scientifique iranien tué par des agents du Mossad, lesquels sont récemment à court de cible, aux dires de certains représentants israéliens […] (Ibid.)

 

En revanche, dans un article du TIME sur les attaques à la bombe ayant ciblé des Israéliens en Inde et en Thaïlande et pour lesquelles on a blâmé l’Iran, TIME était catégorique en ce qui a trait à la définition du terrorisme :

Pour être juste, il faut dire qu’il n’existe pas de définition du terrorisme admise au niveau international. Mais lorsque des bombes se mettent à exploser, aucune analyse terminologique ou déformation de définitions n’empêchera les gens de conclure qu’il s’agit de terrorisme. (Robert Horn, Thai Tourism Sector Must Face, Not Dismiss, the Threat of Terrorism, 20 février 2012.)

 

Une « équipe terroriste » israélienne arrêtée en Iran

Ces reportages contradictoires relativement à la quantité d’opérations secrètes en Iran pourraient indiquer qu’Israël et les États-Unis bluffent et font couler des informations dans le cadre d’une opération psychologique (PsyOp). Mais le 10 avril, le gouvernement iranien a déclaré avoir arrêté un groupe terroriste appuyé par Israël, sans donner trop de détails.

 

Les responsables ont prétendu que les terroristes étaient financés et appuyés par Israël et envisageaient d’attaquer des scientifiques œuvrant dans le nucléaire et des sites nucléaires au pays. Le plan terroriste a été déjoué, a affirmé l’agence de presse étatique Islamic Republic News Agency (IRNA), citant des représentants du ministère. (Stephen Manual,Israel-backed terrorist team arrested in Iran, All Voices, 10 avril 2012.)

 

Le présumé plan terroriste cité par Téhéran ressemble énormément aux opérations clandestines détaillées dans le TIME. Mais il est possible que les Iraniens bluffent aussi.

S’il est vrai que la République islamique a « capturé un Israélien » ou qu’elle possède « d’autres preuves », comme le mentionnait le TIME, cela pourrait accroître « la crédibilité de Téhéran » et, en revanche, affecter « l’image d’Israël dans l’opinion publique ».
Julie Lévesque 

Vendredi 20 avril 2012

Mondialisation.ca


2-2 Amar DJERRAD : L’échec du stratagème « Grand Moyen-Orient » sous le fallacieux prétexte de « l’arme atomique » de l’Iran.

On se réunit, on parle, on sanctionne, on menace puis on recommence. Cela fait presque 20 ans que cela dure. Cela devient de la schizonévrose. Les menaces de « frappes préventives », réitérées à satiété, pour empêcher l’Iran de se doter de « l’arme nucléaire » n’est plus crédible, d’une part parce qu’ils connaissent la vérité et d’autre part parce qu’ils redoutent les conséquences qu’ils savent catastrophiques pour leurs intérêts et leur gendarme local.

Même l’Iran ne croit plus à cette éventualité comme l’a déclaré l’ambassadeur de Téhéran en France, Ali Ahani, dans une interview à Reuters « les frappes militaires, nous n’y croyons pas du tout » en précisant« bien sûr, nous sommes préparés à tout scénario pour nous défendre, mais on ne pense pas que le régime sioniste ira dans cette direction parce qu’il y aurait des conséquences pires et imprévisibles non seulement pour ce régime, mais pour la région et le monde. »

A ce propos, rappelons la confirmation de L’Ayatollah Khamenei lors de la cérémonie de prestation de serment et de la remise des diplômes aux élèves officiers de l’Ecole supérieure des officiers « quiconque s’imagine pouvoir agresser la RII, se verra asséner des coups irréparables… les États-Unis et le régime sioniste, doivent savoir que le peuple iranien n’agresse aucun peuple, ni pays, mais qu’il saura répondre de toute sa puissance, à toute agression, même, menace, … »

D’ailleurs, depuis, on ne sait plus, maintenant, qui doit le faire, qui doit commencer et qui doit suivre. Même le régime sioniste - qui saisit parfaitement les conséquences d’une telle aventure - sait qu’il a perdu la force et l’initiative depuis la montée en puissance de l’Iran ; c’est la raison pour laquelle il appelle la « communauté internationale » pour le faire comme le montre un communiqué du bureau de leur premier ministre « la communauté internationale doit empêcher l’Iran de fabriquer des armes nucléaires qui représentent une menace pour la paix dans la région et dans le monde entier ». Il s’agit bien, pour lui, d’une question existentielle. Son dilemme et paradoxe, issu de son idéologie sioniste funeste, le met dans une position des plus cocasse et dramatique à la fois. Une situation ou « agresser » ou « faire la paix » mène, l’un ou l’autre vers la même destinée.

C’est-à-dire sa disparition ! Le sionisme ne peut exister sans expansionnisme et injustice lesquels mènent inexorablement à l’échec et donc à sa chute. Il s’y est enlisé dans l’invraisemblable paradoxe de « ni guerre ni paix ». La paix affaiblirait son armée et une nouvelle guerre pourrait signifier son suicide du fait du nouveau rapport de force.

Pour l’Iran, « à quelque chose malheur est bon ». Pendant tout ce temps fait de menaces, d’embargo et d’assassinats, ce pays, par sagesse et détermination, a opté pour le développement de son économie et moyens de défense en transformant en atoutscette adversité. Ainsi en comptant sur ses propres forces, il a enregistré des progrès fulgurants en matière d’autosuffisance, de technologies, d’armes défensives ; ce qui a inquiété profondément les partisans de l’hégémonie mondiale.

La RII avait bien compris qu’en lieu et place d’« arme nucléaire » - au fond couteuse, inutile et maudite par la morale - il était stratégiquement et tactiquement plus avantageux de développer des armes défensives ; plus fédératrices. La morale soutient la ‘victime’ et non l’agresseur. Les multiples annonces dans les progrès dans le développement de ce genre d’armes sont telles que les provocateurs occidentaux revoient de jour en jour leur jargon belliciste. En effet quand l’agresseur pressent une riposte du même acabit, il est moins tenté dans son aventure. Pour L. Ivashov l’ex chef d’état-major russe, favorable à la livraison des S 300 à l’Iran, « …L’agression est moins probable quand la victime est en mesure d’infliger des dommages intolérables à l’agresseur ». L’Iran averti, à chaque déclaration de menace, qu’il riposterait à toute agression lancée contre lui. Récemment, selon des médias, Massoud Jazayeri, porte-parole des Pasdarans, a prévenu qu’« une frappe foudroyante sera portée en réponse à toute agression. Nous n’agirons pas seulement dans les limites du Proche-Orient et du golfe Persique. Aucun endroit sur le territoire américain ne sera à l’abri de nos attaques ». Même les chercheurs du Congrès Us qualifient toute attaque contre l’Iran d’« inutile » du fait, selon leur rapport, que les sites « sont dispersés sur l’ensemble du territoire iranien et fonctionnent dans des conditions de sécurité extrême »

Le fallacieux prétexte développé contre l’Iran et bien tombé en désuétude. Pour T. Meyssan, « les prétendus soupçons occidentaux ne sont que des artifices…pour isoler un État qui remet en cause la domination militaire et énergétique des puissances nucléaires… ». Même les parlementaires allemands de gauche s’opposent fermement à cette option de guerre en demandant à leur gouvernement de déclarer clairement l’opposition de Berlin à toute attaque contre l’Iran. Quant aux pays du BRICS, réunis dernièrement en Inde, ils appuient clairement l’Iran et son programme nucléaire ; position que le Conseil des Affaires internationales en Inde qualifie d’« évolution extrêmement positive qui joue en faveur de la paix et de la stabilité dans l’Asie de l’Ouest ».

Il est, en effet, vrai qu’un ex-vassal qui devient indépendant et qui s’érige en puissance régionale sur laquelle on doit maintenant compter n’est pas chose facile à admettre par ceux qui se prétendent « maîtres du monde ». On a usé, dès lors, de tous les moyens, même les plus abjects, pour faire plier ce pays afin de le rendre ‘sujet’ sinon ‘satellite’ pour faire passer leurs projets mortels du « Grand Moyen-Orient ». L’AIEA, qui est devenue un instrument au service de l’Occident, ne peut dévier de cette politique de diabolisation de l’Iran pour le prétendu « nucléaire militaire » même si elle détient la vérité.

Son dernier rapport dévoile clairement sa partialité lorsqu’elle juge que les « vastes » installations de Parchin sont « destinées à des expériences à l’aide d’explosifs » ce qui constituent pour elle« des "indications fortes" d’un programme d’armement potentiel. » Ils veulent en réalité visiter les sites militaires stratégiques. Rien que ça !

Même les assassinats de scientifiques sont devenus leur politique. Si l’Iran décidait d’appliquer la même absurdité criminelle, parions qu’ils ne la dépasseront jamais, car disposant de beaucoup plus de motifs et de moyens culturels et religieux. Mais l’Iran, non seulement reste sage en tenant bon, mais est en phase irréversible de devenir (à notre sens il l’est déjà) un acteur de poids dans la géopolitique et la géostratégie régionale voire mondiale. L’avenir de la région doit passer désormais par l’Iran. Les progrès technologiques, les ressources, la patience et l’unité de l’Iran ont eu raison sur l’arrogance et la cupidité de l’Occident. Toute l’adversité à son égard s’est avérée sans effets au vu de cette évolution. Il se permet même d’appliquer sur la France et l’Angleterre, à l’avance et sur-le-champ, la ‘sanction’ de boycotter son pétrole. Il ne leur vend plus de pétrole qu’ils ont "programmé" de… ne pas acheter !

Contrairement à l’Occident et Israël, l’Iran n’a jamais agressé quiconque. Qui de ces pays puissants occidentaux et d’Israël se permet de violer des résolutions de l’ONU ou les lois internationales ? Alors que l’Iran a signé le TNP nucléaire en admettant les inspecteurs, Israël refuse de signer et de permettre toute inspection internationale de ses centrales nucléaires reconnues pour être militaires.

Quant au ‘régime’ iranien, on le voit plus démocratique que beaucoup de pays arabes valets et alliés de l’Occident ; mieux, de pays dits à ‘tradition démocratique’. C’est la propagande, le mensonge, la manipulation et la mainmise sur les médias lourds et les institutions et organisations dites ‘internationales’ qui ont perverti les valeurs en cachant la réalité et la vérité. Rappelons ce que nous avions dit par ailleurs : l’ONU et ses organisations servent à produire des alibis contre les pays ciblés, la CPI pour « menacer de prison » les dirigeants récalcitrants, le FMI pour ruiner et gager les pays, l’OTAN pour agresser et démolir, la presse pour manipuler et contrôler l’opinion. On peut ajouter la Ligue des « États arabes », cet « attrape-nigaud » discrédité, et l’association internationale des Frères musulmans qui ont pris fait et cause pour les thèses Occidentales en ce qui concerne la déstabilisation de certains États arabes faute de vision lucide ou pour cause de corruption et fourberie. Pour l’exemple, suite au refus de la France d’accorder un visa à cheikh Youssef al-Qardhaoui , le secrétaire général de cette Union, le cheikh Kardaghi, va jusqu’à faire bonne figure en déclarant que « le cheikh a toujours été modéré » en donnant comme preuves ses fatwas dont « l’une de ces fatwas avait rendu licite l’intervention militaire de l’Otan en Libye » car l’Union considère « la France comme un pays allié [en jouant] un rôle de premier plan dans le Printemps arabe et notamment en Libye et nous attendons sa contribution à la libération de la Syrie ». La perversion de certains arabes a atteint les limites de l’entendement dans leur servitude au projet des américano-sionistes. Même ces derniers, par leur soutien à l’opposition armée, ne cachent pas eux-aussi leur souhait, de toujours, de voir tomber le « régime de Bachar » qui constitue, avec l’Iran, un redoutable rempart à l’hégémonie américaine sur toute la région dont Israël était désigné le feudataire. La Syrie était inscrite comme étape d’importance par sa situation et sa politique.

Dans un article publié récemment dans le Yediot Ahranot, Efraim Halevy, l’ancien chef du Mossad, a estimé que « … si la paix se rétablie en Syrie, et si le monde accepte la survie du régime d’Assad dans le berceau Téhéran, et si la Turquie, la Russie, la Chine, les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne et l’Allemagne accepte d’appliquer le plan d’Annan, nous connaitrons alors la défaite stratégique la plus cuisante depuis la création d’Israël ».

Le projet ayant échoué contre le ‘mur’ syrien par les percées militaires et diplomatiques réussies, il ne reste aux américains que les négociations sur la base de ce postulat avec les pays issus du nouveau rapport de force dont l’Iran, puis de faire le deuil de leur rêve de casser l’axe Atlantique / Océan indien et Pacifique pour bloquer les pays du BRICS. Ils seront contraints à faire « certains sacrifices » pour se permettre de se positionner, au mieux, en futur « initiateurs de paix » pour ne pas risquer de perdre aussi les acquis. Le Qatar qui ‘finance’ et ‘sponsorise’, l’Arabie Saoudite qui ‘arme’ et le régime d’Erdogan qui ‘abrite’ savent qu’ils ont joué leur pouvoir ou leur trône dans cette partie perdue qui se termine en Syrie.

On sent déjà l’affolement des pétro monarques et des sionistes d’Israël que leur inspire maintenant la Syrie – qu’appui l’axe Chine-Russie-Iran-Irak-Liban – qui devient leur pire cauchemar surtout depuis que la Chine et la Russie ont imposé une nouvelle équation régionale et mondiale et depuis que la « communauté internationale » ait apparemment abandonnée l’option militaire, le renversement du régime par la force et l’armement de l’opposition. Lavrov assène en assurant, que même si cette dernière option est retenue, l’armée syrienne les battra ! L’ancien chef du Mossad reconnait dans son article le trouble d’Israël ainsi « l’Iran est devenu l’allié stratégique des puissances mondiales dans les efforts visant à trouver une issue à la crise syrienne [réalisant ainsi] un des objectifs : devenir une puissance régionale au Moyen Orient ».

Les américano-arabo-sionistes savent désormais que le projet ayant pour objectif ‘Iran’ par le ‘pont’ syrien a lamentablement échoué d’où, encore, ces sempiternelles menaces de frappes de l’Iran. Mais quand on ne fait que menacer durant 20 ans c’est que l’on ne fera rien ! Que du bluff ! Le dernier espoir et le dernier enjeu, qu’est la Syrie, est en phase de se pulvériser sur les rocs Damascains ; d’où ces revirements dans leurs discours et leurs engagements à l’endroit de la Syrie et l’Iran dont-on annonce subrepticement qu’il ne présente pas de caractère militaire. Ou bien ces informations crédibles qui font état qu’un certain nombre de dirigeants arabes adressent des « lettres confidentielles » à Damas dans le but de rechercher des solutions surtout après le « choc », pour le Qatar et l’Arabie saoudite, du Sommet de Bagdad.

D’après un diplomate russe en relation avec Damas, il y aurait un accord américano-russe lors d’une rencontre entre Medvedev et Obama. Celui-ci aurait demandé que Moscou tempère les choses « jusqu’aux élections américaines » en échange d’une réactivation de ses « principes annoncés pour son mandat en cours ; ceux qui consistaient à rechercher les solutions plutôt que les conflits face aux problèmes internationaux » à savoir le problème du bouclier antimissiles, les dossiers iranien, syrien en particulier. Ce diplomate russe affirme qu’il n’y aura pas de guerre contre l’Iran et que pour la Syrie ils en sont « à l’étape du règlement politique de la crise…maintenant le plus important est de convaincre l’opposition d’accepter… » La surprise/coup de grâce arrive du prix Nobel allemand Günter Grass qui vient de publier, dans le quotidien de Munich Süddeutsche Zeitung, un poème/prose intitulé « Ce qu’il faut qu’il soit dit ». Il s’agit d’une dénonciation de l’armement nucléaire d’Israël qui « menace la paix mondiale » ainsi que les menaces d’attaques contre l’Iran. Il dénonce le « prétendu droit à attaquer le premier ». Il évoque Israël qui dispose « depuis des années d’un arsenal nucléaire croissant …et sous-marins nucléaires » et critique la livraison par son pays de sous-marins qui pourrait rendre les Allemands complices d’un « crime prévisible ». Grass dénonce un « silence généralisé [qui est un] mensonge pesant » tout en prévenant qu’il sera accusé « d’antisémitisme ». « Pourquoi maintenant ? », « Parce qu’il faut dire ce qui pourrait être trop tard demain » dit-il.

La vérité finit toujours par reprendre le dessus sur le mensonge. C’est la loi inexorable de la Nature. Le monde à venir sera désormais plus équilibré avec les nouvelles alliances, les nouveaux regroupements, les nouveaux rapports de forces conséquents à des décennies d’injustices et de dominations des pays que compose l’Empire.

Les conclusions des meilleurs services de renseignements au monde, la CIA, et d’autres experts montrent que l’Iran aurait dû posséder cette arme nucléaire il y a 12 ans. S’il n’y a rien jusque-là, c’est que l’on menace l’Iran de bien autres choses qui relèvent de son droit indiscutable et inaliénable.

Voici ce qu’ils disaient déjà entre 1993 et 2000 et qu’ils redisent encore actuellement 12 ans après :

- « 24 février 1993 : le directeur de la CIA James Woolsey affirme que l’Iran était à huit ou dix ans d’être capable de produire sa propre bombe nucléaire, mais qu’avec une aide de l’extérieur, elle pourrait devenir une puissance nucléaireplus tôt. »

- « Janvier1995 : le directeur de l’agence américaine pour le contrôle des armements et le désarmement John Holum témoigne que l’Iran pourrait avoir la bombe en 2003. »

- « 5 janvier 1995 : le secrétaire à la défense William Perry affirme que l’Iran pourrait être à moins de cinq ans de construire une bombe nucléaire, bien que "la rapidité... dépendra comment ils travaillent pour l’acquérir" (‘how soon…depends how they go about getting it.’) »

- « 29 avril 1996 : le premier ministre israélien Shimon Peres affirme qu’"il croit que d’ici quatre ans, ils (l’Iran) pourraient avoir des armes nucléaires". »

- « 21 octobre 1998 : le général Anthony Zinni, chef de l’US Central Comand affirme que l’Iran pourrait avoir la capacité d’envoyer des bombe nucléaires d’ici cinq ans. "Si j’étais un parieur, je dirais qu’ils seront opérationnels d’ici cinq ans, qu’ils auront les capacités." »

- « 17 janvier 2000 : Une nouvelle évaluation de la CIA sur les capacités nucléaires de l’Iran affirme que la CIA n’exclut pas la possibilité que l’Iran possède déjà des armes nucléaires.

L’évaluation se fonde sur la reconnaissance par la CIA qu’elle n’est pas capable de suivre avec précision les activités nucléaires de l’Iran et ne peut donc exclure la possibilité que l’Iran ait l’arme nucléaire. »

En conclusion,

Il n’est pas inutile de rappeler ce qui est baptisé le projet « Yinon » que les israéliens considèrent comme stratégique et qui entre dans la même stratégie du « Grand Moyen-Orient ». Conçu par ses officines, il consiste en une reconfiguration de son « environnement géostratégique » grâce à une « balkanisation des états du Moyen-Orient et des pays arabes » pour en faire des « petits états » sans puissance. L’Irak, considéré comme pièce maitresse, devait être divisé en un état kurde et deux états arabes (pour les musulmans chiites et pour les sunnites) en suscitant, pour ce faire, une guerre contre l’Iran. Ce projet préconise aussi le démembrement du Liban, de l’Égypte et de la Syrie ; le morcellement de l’Iran, de la Turquie, de la Somalie et du Pakistan. Il prévoie également la partition de l’Afrique du Nord en commençant par l’Egypte puis de l’étendre au Soudan, à la Libye, au Mali et au reste de la région. L’"Atlantic" en 2008 et l’"Armed Forces Journal" en 2006, avaient publié des:cartes où figurent ces « nouveaux pays » qu’envisage ce projet « Yinon ».

Le monde « arabe et musulman » était donc bien averti.

Amar DJERRAD

 11 avril 2012

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http://www.legrandsoir.info/l-echec-du-stratageme-grand-moyen-orient-sous-le-fallacieux-pretexte-de-l-arme-atomique-de-l-iran.html



3 Annexe.

3-1 Dr. Paul Craig Roberts : Washington nous mène dans un monde hors-la-loi.

Le gouvernement des Etats-Unis prétend vivre sous les auspices de la loi, le respect des droits de l’Homme, et d’apporter liberté et démocratie à ses citoyens. La prétention de Washington et la dure réalité sont diamétralement opposées.

Les officiels du gouvernement américain critiquent de manière routinière les autres gouvernements pour ne pas être démocratiques et pour violer les droits de l’Homme. Toujours est-il qu’aucun autre pays au monde mis à part Israël bombarde, tire des missiles et envoie des drones dans des nations souveraines pour tuer des populations civiles. Les prisons de la torture d’Abu Graïb, de Guantanamo et le programme de transfert secret de prisonniers de la CIA dans ses prisons tout aussi secrètes, sont les contributions des régimes Bush / Obama aux droits de l’Homme.

Washington viole les droits de ses propres citoyens. Washington a suspendu les droits et libertés civils pourtant garantis par la constitution et a déclaré ses intentions de détenir les citoyens américains indéfiniment sans autre forme de procès. Le président Obama a annoncé qu’à sa discrétion, il peut faire assassiner des citoyens américains qu’il voit comme une menace pour les Etats-Unis.

Le congrès n’a pas répondu à ces annonces extraordinaires avec une procédure de destitution. Il n’y a pas eu de levée de boucliers de la part des cours fédérales, des facs de droit et des associations du barreau. Glenn Greenwald rapporte que le département de la Sécurité de la Patrie (NdT: la “fameuse “ DHS, qui est la stasi / securitate du pays du goulag levant) harcèle les journalistes qui refusent de devenir des “pressetitués” et nous avons vu des vidéos de la répression brutale par la police des manifestations pacifiques du mouvement Occupy Wall Street. Chris Floyd décrit les pervers de la torture qui règnent sur les Etats-Unis.

Maintenant, Washington force du mieux qu’elle peut le reste du monde à se débarrasser des traités internationaux et de la loi internationale. Washington a déclaré que sa parole seule est la loi internationale. Tous les pays, sauf ceux qui ont reçus une dispense de Washington, qui s’engagent dans le commerce avec l’Iran ou achète du pétrole iranien seront sanctionnés par les Etats-Unis. Ces pays seront coupés du marché américain et leur système bancaire ne pourra plus utilisé les banques pour procéder aux réglements internationaux. En d’autres termes,, les sanctions de Washington envers l’Iran s’appliquent non seulement à l’Iran mais aussi aux pays qui défient Washington et utilisent le pétrole iranien pour subvenir à leur demande énergétique.

D’après le Christian Science Monitor, Washington a jusqu’ici donné une dérogation au Japon et à 10 pays européens pour continuer à acheter le pétrole iranien. Demandant à des pays de fermer leurs économies afin de donner libre-court à la vendetta de Washington contre l’Iran; une vendetta qui existe depuis que les Iraniens ont renversé la marionnette installée par les Etats-Unis, le Shah d’Iran, il y a plus de trente ans. Ceci fut plus que Washington ne pouvait supporter. Washington a permis au Japon de continuer à importer entre 78 et 85% de ses importations normales de pétrole avec l’Iran.

Les dispenses de Washington quoi qu’il en soit, sont tout à fait arbitraires. Des dispenses n’ont pas été données à la Chine, à l’Inde, à la Turquie et à la Corée du Sud. L’Inde et la Chine sont les plus gros importateurs de pétrole iranien et la Turquie et la Corée du Sud sont dans le top 10 des importateurs. Avant que de regarder aux conséquences imprévues de la vendetta de Washington contre l’Iran, voyons quel est le problème de Washingron avec ce pays ?

Franchement, Washington n’a rien à faire valoir. Nous sommes, une fois de plus, revenus à la supercherie “des armes de destruction massives”. L’Iran, à l’inverse d’Israël, est signataire du traité de non prolifération nucléaire. Tout pays signataire à le droit à l’énergie nucléaire. Washington affirme que l’Iran viole le traité en développant un programme nucléaire militaire. Il n’y a absolument aucune preuve des accusations de Washington. Washington possède 16 agences de renseignement et toutes sont unanimes pour dire que l’Iran n’a pas de programme nucléaire militaire pour faire des armes nucléaires depuis au moins 2003. De plus les inspecteurs de l’AIEA sont en Iran et ont rapporté de manière constante qu’il n’y a pas de diversion de matériel nucléaire de son programme énergétique vers un programme d’armement.

Les quelques rares fois où on rappelle à Washington ces faits, elle rend l’affaire différente. Washington déclare alors les droits de l’Iran sous les conditions du traité de non prolifération invalides, que l’Iran ne peut pas avoir un programme nucléaire énergétique, parce que l’Iran apprendrait alors à faire des armes nucléaires dans le futur et ainsi d’obtenir la bombe. La première nation hégémonique mondiale a décidé unilatéralement que la possibilité que l’Iran puisse un jour décider de construire une bombe atomique, est un trop grand risque à courir. C’est mieux, dit Washington, de faire monter les prix du pétrole, de perturber l’économie mondiale, de violer la loi internationale et de risquer une guerre majeure, que d’avoir à se soucier qu’un gouvernement iranien futur fasse une arme nucléaire. Ceci est l’approche tyrannique de la loi de Jeremy Bentham, qui fut répudiée par le système légal anglo-saxon.

Il est difficile de caractériser la position de Washington  comme étant une position de bon jugement. De plus, Washington n’a jamais expliqué quel risque elle voit dans la possibilité de la possession de l’arme nucléaire par l’Iran. Pourquoi ce risque serait-il plus grand que le risque associé avec l’armement nucléaire soviétique à l’époque, ou avec l’armement  nucléaire des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine, d’Israël, du Pakistan, de l’Inde et de la Corée du Nord aujourd’hui? L’Iran est un pays relativement petit. Elle n’a pas l’ambition hégémonique de Washington. Contrairement à Washington, l’Iran n’est pas en guerre avec une demi-douzaine de pays. Pourquoi Washington détruit-elle la réputation des Etats-Unis comme un pays qui respecte la loi et risque une guerre majeure et une dislocation économique à propos de quelques développements futurs, dont la probabilité est totalement inconnue ?

Il n’y a pas de bonne réponse à cette question. Manquant de preuve dans le cas contre l’Iran, Washington et Israël y ont substitué la diabolisation. Le mensonge a été établi comme vérité comme quoi le président actuel de l’Iran a l’intention de rayer Israël de la surface de la terre.

Le mensonge a eu le succès escompté comme propagande alors même que de nombreux experts en langues ont prouvé que l’intention attribuée au président iranien par la machine propagandiste américano-israélienne est un énorme contre-sens dans la traduction de ce que le président iranien a dit. Une fois de plus, pour Washington et ses presstitués, les faits ne comptent pas. Seul l’agenda est ce qui compte. N’importe quel mensonge sera utilisé pour faire avancer cet agenda.

Les sanctions de Washington pourraient bien finir par mordre Washington plus fort qu’elles ne mordent l’Iran.

Que fera Washington si l’Inde, la Chine, la Turquie et la Corée du Sud ne succombent pas à ses menaces ?

D’après des rapports récents, l’Inde et la Chine ne sont pas favorables à se désavantager elles-mêmes et à nuire à leur développement économique afin de supporter Washington dans sa vendetta contre l’Iran. Ayant observé la montée rapide de la Chine et l’immunité de la Corée du Nord contre une attaque américaine, la Corée du Sud peut légitimement se demander combien de temps encore elle restera un état marionnette des Etats-Unis. La Turquie, où le gouvernement civil et quelque peu islamiste a réussi à devenir indépendant de l’armée turque contrôlée par les Etats-Unis, apparaît réaliser peu à peu que Washington et l’OTAN ont cantonné la Turquie dans un “rôle de serviteur” dans lequel la Turquie est l’agent de Washington contre ses pairs. Le gouvernement turc semble réévaluer les bénéfices d’être un pion de Washington.

Ce que la Turquie et la Corée du Sud ont à décider est en fait de prendre la décision pour que ces pays soient des pays indépendants ou assimilés dans l’empire de Washington.

Le succès de l’assaut américano-israélien sur l’indépendance de l’Iran dépend de l’Inde et de la Chine.

Si l’Inde et la Chine montrent leur majeur a Washington, que peut-elle faire ? Absolument rien. Que se passera t’il si Washington, noyée dans ses délires gigantesques, venait à annoncer des sanctions contre l’Inde et la Chine ?

Les rayons de Wal-Mart resteront vides et le plus gros distributeur des Etats-Unis viendrait marteler la porte de la Maison Blanche.

Apple et bon nombre de grosses corporations influentes américaines, qui ont délocalisées leur production pour le marché américain en Chine, verraient leurs profits s’évaporer. Ensemble, avec leurs alliés de Wall Street, ces entreprises très puissantes viendraient prendre d’assaut le fou de la Maison blanche avec bien plus de force que l’Armée Rouge. Le surplus commercial chinois arrêterait de venir renflouer la dette de la trésorerie américaine. Les opérations bancaires délocalisées en sous-traitance en Inde, les compagnies de cartes de crédit et les départements de services et d’utilités à travers les Etats-Unis cesseraient de fonctionner.

Ce serait le domaine du chaos aux Etats-Unis. Telles sont les récompenses pour l’empire de la mondialisation que ce même empire a enfanté.

L’imbécile de la Maison Blanche et les va t’en guerre néoconservateurs et israéliens qui le pressent de faire encore plus de guerres, ne comprennent pas que les Etats-Unis ne sont plus un pays indépendant. Les Etats-Unis ont un propriétaire: les corporations offshore et les pays étrangers dans lesquels ces corporations ont localisé leur production pour les marchés américains. Des sanctions sur l’Inde, la Chine (et la Corée du Sud) veut simplement dire des sanctions sur les entreprises américaines, des sanctions sur la Turquie veulent dire des sanctions sur un allié de l’OTAN.

La Chine, l’Inde, la Corée du Sud, la Turquie réalisent-elles qu’elles ont en leur possession la donne gagnante ? Comprennent-elles qu’elles peuvent montrer leur majeur à l’empire américain et l’amener à l’effondrement, ou sont-elles conditionnées comme l’Europe et le reste du monde au fait qu’il est vain de résister aux Américains tous puissants ?

La Chine et l’Inde exerceront-elles leur puissance sur les Etats-Unis ou ces deux pays vont-ils tempérer l’affaire et adopter une pose qui sauvera la face de Washington tout en continuant à acheter le pétrole iranien ?

La réponse à cette question est: Combien les Etats-Unis vont-Ils payer secrètement en concessions multiples, comme par exemple la sortie des Etats-Unis de la Mer de Chine du Sud, pour que la Chine et l’Inde prétendent à la reconnaissance de la puissance américaine sur le reste du monde ?

Sans concessions à la Chine et à l’Inde, Washington se verra très sûrement ignorée et contemplera sa puissance s’évaporer. Un pays qui ne peut pas produire industriellement et produire des biens de consommation, mais ne peut qu’imprimer des instruments d’endettement et de la monnaie n’est pas un pays puissant. Il n’est qu’un petit caïd de cour de récréation qui peut continuer à rouler des mécaniques jusqu’à ce que le garçon proverbial dise: “L’empereur est nu”.
Paul Craig Roberts
Article original en anglais : Traduction : Résistance 71, http://resistance71.wordpress.com/

Le 15 avril 2012

Mondialisation.ca
Le blog de Paul Craig Roberts :
http://www.paulcraigroberts.org/



25/04/2012

n°94 - journal d'Iran - du 05-04 au 2-04 2.012 - Selon Abdel Bari Atwan, Israël prépare le terrain pour lancer une attaque militaire contre l'Iran.


n°94 - journal d'Iran - du 05-04 au 2-04 2.012 - Selon Abdel Bari Atwan, Israël prépare le terrain pour lancer une attaque militaire contre l'Iran.



  journald'Iran   n°94 du 05-04 au 2-04  2.012

    C.De Broeder& M.Lemaire



a) Le "Journald'Iran" est  visible  sur les blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

Tiré à part :

Abdel Bari Atwan : Israël, c’est la guerre !

hybel.blogspot : La délocalisation de la guerre d’Iran.

Paroles & action du président Ahmadinejad  ...

Les Usa au cœur des débats.

IRNA : Propos du président iranien sur les droits nucléaires de l'Iran.

''Nous pouvons résister à l'embargo pendant des années''

1) PolitiqueIranienne

Les grandes manœuvres 

Surle terrain

L'Iran investira 30 mds USD dans ses hydrocarbures en 2012.

2) Politiqued'Israël

Préparation à la Guerre.

Le complot israélien pour saper les négociations de Iran/5+1. 

Almanar : Implication des missions diplomatique dans le réseau d’espionnage démantelé.

IRIB : Succès d'Istanbul, Israël ne décolère plus!

3) Sur le terrain

Les Voisins

Russie

Almanar : Moscou à "Israël": il est dangereux de faire monter la pression sur l’Iran.  

4) Dans le monde

Les USA

IRIB :La Maison Blanche s’acharne sur l'Iran.

Khaleej Times : Un deuxième porte-avions américain, l'USS Entreprise, a été dépêché vers le Golfe suite à l'aggravation des relations entre les Etats-Unis et l'Iran, ont rapporté lundi les médias internationaux

Le Pentagone déploie au large de l’Iran 430 missiles de croisière.

5  Dossier & Point de vue

5-1 Alain Gresh : Comment le gouvernement israélien conditionne l’opinion internationale à la guerre.

7-2 Amar DJERRAD : L’échec du stratagème « Grand Moyen-Orient » sous le fallacieux prétexte de « l’arme atomique » de l’Iran.

 

 


Tiré à Part

Abdel Bari Atwan : Israël, c’est la guerre !

Selon Abdel Bari Atwan, Israël prépare le terrain pour lancer une attaque militaire contre l’Iran et détruire ses installations et infrastructures nucléaires.

De récents rapports israéliens estiment par anticipation que les pertes humaines dans l’État hébreu pourraient être limitées à 300 tués si une guerre éclatait, alors que le ministre israélien de la défense, Ehud Barak, renouvelle aujourd’hui ses menaces en assurant que cette année sera consacrée à l’arrêt du projet nucléaire iranien.

Nombreux sont ceux qui estiment que ces menaces israéliennes, régulièrement affichées soit par le premier ministre israélien soit par son ministre de la défense, sont la simple manifestation d’une guerre psychologique dont l’objectif est d’inquiéter les autorités iraniennes et de les pousser à accepter un compromis qui, pour faire court, serait l’abandon par Téhéran de ses ambitions nucléaires, pacifiques ou non, alors que les négociations de l’Iran avec les pays occidentaux reprendront d’ici quelques jours.

L’explication de la guerre psychologique ne peut être complètement écartée, mais il paraît vraiment plus probable que les intentions d’Israël envers l’Iran et la région entière sont plus menaçantes qu’elles ne l’ont jamais été. Cela est attesté par les commentaires de Barak quand il a nié l’efficacité des sanctions économiques et diplomatiques appliquées à l’Iran par les Etats-Unis et l’Europe, disant qu’Israël n’abandonnera pas son pouvoir de décision — y compris celui de lancer une guerre — même face à ses alliés les plus proches, ce qui pousse à croire qu’Israël attaquera l’Iran avant la fin de l’année.

Il apparaît également à travers les menaces éructées par Barak - et faites devant les correspondants militaires israéliens - qu’il n’est pas uniquement question de l’Iran, mais aussi du Hezbollah [résistance libanaise], quand il a déclaré que la réponse à tout tir de missile venant du sud-Liban sera la destruction de l’infrastructure libanaise dans sa totalité. Toutefois, le Hezbollah, qui a résisté à l’agression israélienne contre le Liban pendant plus de 34 jours en 2006 - avec pour résultat une défaite retentissante et l’humiliante pour l’armée israélienne - ne se laisse pas intimider par ce genre de menaces. Le premier dirigeant du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, a déjà laissé entendre que la réplique de ses forces à une agression israélienne contre des cibles iraniennes serait l’envoi de ses missiles (estimés au nombre de 50 000) vers Haïfa, Tel Aviv et toute autre ville importante en Israël.

Le président des Etats-Unis Barack Obama, a prévenu Netanyahu quand ce dernier a visité Washington il y a un mois, à propos de ses perpétuelles menaces d’attaquer l’Iran, à cause de l’effet négatif qu’ont ces menaces sur l’économie internationale et en particulier les prix du pétrole. Ignorer cet avertissement est non seulement une insulte à l’égard du président américain, mais c’est avant tout une indication que les préparatifs en Israël pour une guerre n’ont pas cessé une seconde. Celui qui commande l’armée en Israël, se rend parfaitement compte des capacités de son armée et n’adopterait pas cette politique agressive s’il ne se sentait pas préparé aux conséquences.

Israël court un risque significatif avec ses menaces d’une guerre qui mettrait en danger la sécurité internationale. L’auteur allemand Günter Grass n’avait pas tort quand il disait être profondément préoccupé en voyant un État nucléarisé israélien mettant en garde contre le danger d’un État non-nucléairisé comme l’Iran, et il a lancé un appel pour que des opérations d’inspection soient effectuées sur un pied d’égalité entre les deux pays.

La guerre voulue par Israël ne sera pas une victoire dans un fauteuil. Une fois lancée, cette guerre brûlera non seulement les doigts d’Israël, mais peut-être aussi sa main, voir plusieurs parties de son corps s’il faut en croire les experts.

* Abdel Bari Atwanest palestinien et rédacteur en chef du quotidien al-Quds al-Arabi, grand quotidien en langue arabe édité à Londres.

Abdel Bari Atwan est considéré comme l’un des analystes les plus pertinents de toute la presse arabe.

9 avril 2012 –

 Vous pouvez consulter cet article à : ://www.abdelbariatwan.com/Israel%20...
Traduction : Info-Palestine.net - al-Muktar


hybel.blogspot : La délocalisation de la guerre d’Iran

L’Iran est au ban d’infamie depuis plus de trente ans. L’insoumise ne veut pas rejoindre le « concert des nations ». Son crime est de relever la tête pour dire non à la globalisation. Elle vit dans un monde à part et ne veut le quitter. Comme les Soviets, les Mao, les Gaullo, les Castro. Le harcèlement de la communauté bienpensante internationale est une constante à laquelle elle répond par l’invective et la provocation.
Contre des mots déjà en 1980, l’Occident avait armé l’Irak supplétive pour saigner plus d’un million d’adolescents sur pieds.
Contre des mots, l’Occident a militarisé le Golfe et la Péninsule arabe. Des missiles et des canons par milliers, des avions par centaines, des porte-avions par dizaines, des bases plus nombreuses que les doigts de la main. Jamais, le monde n’aura connu une concentration de puissance de destruction équivalente. Le tiers de la production d’armement des USA, GB et France (membres du conseil de sécurité) protège les cours du pétrole arabe et l’impunité de l’Etat hébreu.
Contre des mots Israël veut lancer ses trois cents bombes nucléaires pour prévenir la fabrication d’une seule. Les sionistes préparent méthodiquement le bombardement de l’Iran distante de mille sept cents kilomètres sous prétexte d’une improbable attaque nucléaire dont ils sont pourtant protégés par un bouclier humain de quatre millions d’otages palestiniens.

Les défenseurs du bien contre le mal jouent à se faire peur et dressent leurs opinions vers un conflit où nul va-t-en-guerre ne veut aller se faire tuer.
Car la première bataille sera suicidaire. Le Golfe persique est une pataugeoire en cul de sac où manœuvrent des centaines de tankers inflammables à la merci d’un jet d’allumette. Ce n’est pas le théâtre d’opération idéal ! La géographie est une menace bien plus dissuasive que la bombe !
En un mois de conflit, les experts prédisent que les cinq émirats arabes unis plus Bahrein, le Qatar et même l’Arabie retourneraient à l’état du Moyen âge, c'est-à-dire quarante ans en arrière !
Mais ce n’est pas ce qui inquiète l’Occident. A peine Téhéran menace t-il de fermer le détroit d’Ormuz que les cours s’envolent et les marchés s’affolent. C’est du sérieux, il faut d’urgence calmer le jeu et donner des signes discrets d’apaisement.
Justement, en Mer Rouge, une petite escadre iranienne est autorisée à faire escale au port islamique de Jeddah où elle est accueillie courtoisement par la marine royale saoudienne ; puis à sa propre surprise, elle obtient le feu vert de l’Egypte pour franchir le Canal de Suez et aller visiter ses amis russes à Tartous en Syrie. Le retour de croisière sera paisible. Les Iraniens dépassent les armadas d’une dizaine de nations qui se préparent à lui faire la guerre. Tous les commandants saluent à coup de sirène les équipages iraniens, sauf les Israéliens qui s’affranchissent de la tradition, mais c’était shabbat.
A Téhéran, pour répondre à ce geste de détente, un ayatollah ayant de la religion déclare que l’arme nucléaire est incompatible avec la charia.

Le Golfe devenant subitement tempéré, le théâtre s’est déplacé vers la Syrie où le lion (en arabe assad) dévore son peuple depuis des lustres sans que personne à l’ONU ne s’en soit jamais offusqué. Récemment, il était encore célébré dans toutes les capitales, paradant aux cotés des Présidents tricolores et étoilés.
Contre leur ami d’hier les chefs d’état aux bras croisés ont fini par hausser le ton. Téméraire, le Président Marzouki a osé expulser l’ambassadeur de l’animal; geste qui a permis aux autres chefs d’état d’emboiter le pas de l’inexpérimenté bouc émissaire. Monsieur le plénipotentiaire du lion, dégage ! Ah mais !
Mais justement, dans l’ombre, la Chine et la Russie ont sifflé le report des hostilités. Alors Washington a convoqué à Tunis une conférence des « amis » de la Syrie, façon de dire que le pays du lion n’avait pas d’ennemis. Et le lion en a profité pour reprendre sa croisade sanglante sur les droits de l’Homs.

Dans l’intermède, les géo stratèges ont été priés de chercher un autre terrain de manœuvre.
Le Liban a déjà donné en 2008 et le Hezbollah veille. L’Irak est disqualifié. Le Yémen a provisoirement capitulé. La Somalie pirate est trop dangereuse. L’Algérie est prématurée. Le Soudan divisé. Il y a bien l’Erythrée, bagne à ciel ouvert où l’admirable population crève doucement, le fer au pied, sans faire de bruit. C’est une option, mais le Qatar pour des raisons complexes n’est pas d’accord.
L’Asie Centrale a des avantages, on cherche un prétexte du coté de l’Ouzbékistan qui n’en manque pas ; le Turkménistan non plus.
Pour embêter la Turquie et la Russie, le Caucase reste une hypothèse intéressante. Justement, l’Azerbaïdjan, pays pétrolier voisin de l’Iran et peuplé de chiites vient d’acquérir pour 1,6milliards d’armement à Israël ! Ah ! Si les musulmans chiites pouvaient s’entre-tuer avec des munitions juives !

Pendant ce temps, la Grèce est en feu, le Portugal est dans la rue, l’Espagne reste grande, l’Allemagne arrogante et la France dans l’attente du grand soir.
Mais l’Europe est sereine ; elle pense –peut-être à tort- que la guerre du pétrole ne peut être délocalisée chez elle. Espérons que l’avenir lui donnera raison !

http://hybel.blogspot.com/search?updated-min=2012-01-01T00:00:00-08:00&updated-max=2013-01-01T00:00:00-08:00&max-results=8



Paroles & action du président Ahmadinejad  ...

Les Usa au cœur des débats.

IRNA : Propos du président iranien sur les droits nucléaires de l'Iran.
Les propos de président iranien Mahmoud Ahmadinejad affirmant que l'Iran défendrait ses droits a reçu une large couverture dans toute la presse pakistanaise, mercredi.

Le quotidien «Daily news » citant le président Ahmadinejad a précisé: «celui qui veut violer les droits de la nation iranienne recevra une réponse appropriée."

L'Iran a suffisamment de fonds pour tenir pendant plusieurs années face à un embargo pétrolier, a déclaré le président Mahmoud Ahmadinejad.

«Même si nous ne vendions pas de pétrole pendant deux ou trois ans, le pays se débrouillerait très bien», a assuré le chef de l'Etat lors d'un déplacement dans la province d'Hormuzgan.

Daily News reprend dans sa première page que l'Iran peut résister à plusieurs années de sanctions pétrolières. Le journal a rapporté que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré que l'Iran dispose de fonds suffisants pour résister à un embargo total sur ses ventes de pétrole pendant des années.

"La Nation", un autre quotidien, rapporte que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad dans un discours prononcé dans la province de Hormuzgan a repris les mêmes propos. L’Express Tribune pour sa part a rapporté que l'Iran défendrait ses droits et dispose de suffisamment d'argent pour survivre aux sanctions économiques occidentales.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré mardi que l'Iran ne renoncera pas à ses droits et ne craignait pas les sanctions pétrolières à la veille de la reprise des négociations nucléaires avec les pays du groupe 5+1 samedi à Istanbul.

Quiconque veut porter atteinte aux droits du peuple iranien (...) sera remis à sa place et recevra une telle gifle qu'il sera incapable de retrouver le chemin pour rentrer à la maison, a déclaré M. Ahmadinejad.

Le président Ahmadinejad a par ailleurs déclaré que les nouvelles sanctions pétrolières décidées par les Etats-Unis et les pays de l'Union européenne n'auront aucun effet.

Nos réserves en or et en devises sont sans précédent dans toute l'histoire (...) nous avons tellement de réserves de devises que même si pendant deux ou trois ans nous ne vendons pas un seul baril de pétrole, nous pourrons gérer le pays sans problème, a déclaré le président Ahmadinejad.

Le président Mahmoud Ahmadinejad a demandé de son côté aux Occidentaux de changer de langage à l'égard de l'Iran s'ils veulent parvenir à une solution.

Ils insultent constamment le peuple iranien et utilisent le langage de la force et de l'insulte. Mais je leur dit au nom du peuple iranien que cette méthode ne donnera pas de résultat. Il faut qu'ils changent de langage et parlent avec respect, a affirmé le président iranien.

IRNA


''Nous pouvons résister à l'embargo pendant des années''
Mahmoud Ahmadinejad déclare dans les médias iraniens que l'Iran pourra surmonter "facilement" deux à trois années d'embargo sur ses ventes de pétrole.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré mardi 10 avril que l'Iran dispose de fonds suffisants pour résister à un embargo total sur ses ventes de pétrole pendant plusieurs années, d’après les médias iraniens.
« Ils (les puissances occidentales) veulent imposer des sanctions sur notre pétrole et nous devons leur dire que nous avons tellement en réserve que même si nous ne vendons pas de pétrole pendant deux à trois ans, le pays s’en sortira facilement », a déclaré Ahmadinejad lors de une visite dans la province de Hormuzgan.
Lundi, les Etats-Unis ont souligné que le temps pour les négociations nucléaires entre l'Iran et l'Occident n'était pas infini, soit cinq jours avant la date prévue du début des pourparlers à Istanbul. La Maison Blanche a ajouté que la fenêtre dans laquelle une solution diplomatique pouvait être atteinte était en train de se fermer.
Le chef du programme nucléaire iranien, Fereidoun Abbasi, a déclaré dimanche soir à la télévision d'Etat que Téhéran pourrait cesser sa production d'uranium enrichi à 20%, nécessaire pour un réacteur de recherche, et continuer d’enrichir de l'uranium à des niveaux inférieurs, pour la production d'électricité.
Cette mesure pourrait prendre place, une fois que l'Iran aura un stock suffisant d'uranium enrichi à 20%, a précisé Abbasi.
En fin de semaine dernière, le Washington Post a rapporté que le président Barack Obama a récemment envoyé un message au chef suprême de l’Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, établissant que les Etats-Unis donneraient leur accord à un programme nucléaire iranien civil, si la République islamique est en mesure de prouver qu'elle n'est pas en train de développer une bombe nucléaire.
http://www.guysen.com/article_Iran-Nous-pouvons-resister-a-l-embargo-pendant-des-annees-_17753.html



1) PolitiqueIranienne

Ahmadinejad

Les grandes manœuvres 

L’Iran suspend les exportations de pétrole à l’Espagne (TV)

 L'Iran a suspendu les livraisons de pétrole à l'Espagne, après avoir suspendu les exportations de brut à la Grèce, a rapporté mardi la chaîne de télévision locale Press TV, citant une source.

L'Iran réfléchit également à réduire les exportations de pétrole vers l'Allemagne et l'Italie, selon le média.

Plus tôt dans la journée, le ministre iranien du Pétrole a déclaré que son pays avait déjà suspendu les exportations de pétrole vers la Grèce.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=20&frid=20&eid=59019



Sur le terrain

L'Iran investira 30 mds USD dans ses hydrocarbures en 2012
L'Iran envisage d'investir environ 30 milliards de dollars dans son industrie des hydrocarbures d'ici fin 2012, rapporte lundi l'agence iranienne FarsNews citant le ministre du Pétrole Rostam Qassemi.
Selon M.Qassemi, la grande partie de ces fonds sera destinée au projet de mise en valeur du gisement gazier de South Pars.
Le ministre a également souligné qu'en 2012, l'industrie pétrolière iranienne devrait faire face à moins de problèmes grâce au soutien du président Mahmoud Ahmadinejad. En outre, les ressources octroyées par les banques et les fonds de soutien à l'énergie l'aideront à atteindre les objectifs fixés pour 2012, a poursuivi M.Qassemi.
La semaine dernière, le vice-ministre iranien du Pétrole Ahmad Galbani a annoncé que Téhéran, qui produit actuellement à 4,3 millions de barils de pétrole par jour, comptait accroître sa production jusqu'à 6 millions de barils par jour à l'horizon 2025. L'Iran envisage également de porter sa production de gaz de 260 à 400 milliards de mètres cubes, a indiqué M.Galbani.
Préoccupés par la poursuite des activités nucléaires de Téhéran, les chefs des diplomaties de l'Union européenne ont décrété le 23 janvier dernier un embargo sur les importations de pétrole iranien vers l'UE à partir du 1er juillet. Les Etats-Unis ont pour leur part décrété des sanctions supplémentaires contre les responsables iraniens et la Banque centrale du pays.

09-04

http://fr.rian.ru/business/20120409/194236937.html


Préparation à la guerre

Almanar : Des drones américains épient les sites nucléaires iraniens.

 

Des drones de surveillance furtifs de la CIA ont pénétré profondément à l'intérieur du territoire iranien il y a trois ans et pris notamment des photos du site nucléaire secret de Qom avant de retourner à sa base, a rapporté samedi le Washington Post.

Le journal ajoute que, lors du premier vol de ce type, trois ans plus tôt, les analystes de la CIA et d'autres agences américaines ont guetté le moindre signe indiquant que l'appareil, un RQ-170 Sentinel, avait été détecté par la défense aérienne iranienne.

"Il n'y a pas eu le moindre indice dans ce sens", selon un ancien haut dirigeant de la CIA cité par le journal sans le nommer. 

Depuis, des drones furtifs ont observé des dizaines de sites en Iran, effectuant des centaines de vols au-dessus de sites suspects, avant qu'une version du RQ-170 ne s'écrase à l'intérieur des frontières iraniennes en décembre dernier, poursuit le journal.

Cette surveillance a fait partie d'une campagne de renseignement centrée sur le programme nucléaire iranien et qui s'est amplifiée lors des dernières années de l'administration de George W. Bush.

La campagne a comporté la mise en place de systèmes d'écoutes électroniques par l'Agence nationale de sécurité (NSA), celle d'une unité consacrée à l'Iran formée d'analystes spécialisés en images satellitaires, ainsi que la création d'un réseau d'espions, indique encore le journal.

L'élargissement de la panoplie des services secrets a conforté la Maison Blanche dans l'idée qu'elle serait prévenue rapidement de la moindre tentative de l'Iran d'assembler une bombe nucléaire.

"Nous sommes confiants que nous observerons l'activité montrant qu'une décision a été prise", selon le haut responsable cité par le Washington Post.

Selon le journal, l'effort des services secrets a coïncidé avec une campagne secrète de la CIA et d'autres agences pour saboter le programme nucléaire iranien.

L'administration du Président Obama a cité des rapports des services de renseignement en se prononçant contre une attaque militaire préventive d'Israël contre les sites nucléaires iraniens.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=58539&cid=20&fromval=1&frid=20&seccatid=28&s1=1


Le Pentagone déploie au large de l’Iran 430 missiles de croisière

La flotte américaine en service au large de l'Iran dispose actuellement de 430 missiles de croisière Tomahawk d'une portée de 1 600 km.

Le service d'information de la marine US a annoncé la présence dans le Golfe d'un groupe de navires avec le porte-avions Entreprise à leur tête.

Les navires qui l'accompagnent et un sous-marin nucléaire faisant également partie du groupe disposent au moins de 130 missiles de croisières.

Un autre groupe dirigé par l'USS Abraham Lincoln déployé dans le nord de la mer d'Arabie en dispose autant.
La région du Golfe est, en plus, patrouillée par le sous-marin nucléaire Georgia armé de 154 missiles et un autre sous-marin ayant à son bord 12 Tomahawk.
Source:  http://french.ruvr.ru/



2) Politiqued'Israël

Préparation à la Guerre.

Le complot israélien pour saper les négociations de Iran/5+1.  

A l’approche des pourparlers Iran/5+1 à Istanbul, en Turquie, le régime sioniste s’est lancé dans un jeu de ruse, se déclarant pessimiste quant aux résultats de ces négociations étant donné que la position finale des Etats-Unis n’a pas été encore déterminée pour ce régime !
L’hebdomadaire américain « Time », a, ainsi, analysé : « Israël s’inquiète de ce que l’objectif de la RII d’entrer dans ces négociations, ne soit pas un engagement sérieux dans le processus diplomatique de l’affaire, il est sûr que Téhéran veut ainsi tuer le temps pour accéder à ce que les sionistes jugent la bombe atomique. » Entre temps, la presse israélienne a fait état, il y a quelques jours, des divergences de vue entre le Premier ministre, Benyamin Netanyahu et le ministre de la Guerre, Ehud Barak, sur le dossier nucléaire iranien. « Netanyahu demande l’arrêt total par l’Iran de l’enrichissement d’uranium et le transfert en entier de l’uranium enrichi en Iran alors qu’Ehud Barak est pour la poursuite de l’enrichissement d’uranium enrichi à bas niveau et n’a pas de problème pour que quelque centaines de kg d’uraniums enrichis à 3.5% restent sur le sol iranien. L’annonce par la presse israélienne de cette grande divergence entre les autorités de l’entité sioniste intervient au moment où le site d’information israélien « Debka » a rapporté que les Etats-Unis entendent accepter lors des négociations d’Istanbul, que l’Iran conservent ses 1000 centrifugeuses et qu’il se dote jusqu’à 1000 km d’uraniums enrichis à 3.5%, ayant le droit de posséder un peu d’uraniums enrichis à 20%. La Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton a prétendu, jeudi, 12 avril que Washington a constaté des signes témoignant de ce que la RII assistera aux négociations avec de nouvelles idées et propositions. Elle a donc insisté que Washington exige des responsables iraniens qu’ils donnent un « engagement écrit et transparent » précisant qu’ils ne proliféreront pas d’armes atomiques. Mme Clinton a eu la grâce de rassurer que son gouvernement prendra en considération les demandes de la RII pour y répondre, autant que possible ?!! Il est vrai que les représentants des 5+1 ne se mettront pas à la table de négociations d’Istanbul, avec une position unique, comme l’estiment les analystes. Ils envisagent et avancent certes une série d’options diverses. La Russie et la Chine qui jugent inappropriées les sanctions euro-américaines contre le programme nucléaire iranien, sont, certainement, pour des négociations directes et des voies et mesures qui créent la confiance, c’est, d’ailleurs, l’analyse de l’hebdomadaire « Time », qui affirme que les trois autres pays à savoir, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France, agiront, comme toujours, dans le sens des intérêts d’Israël, demandant l’arrêt des activités nucléaires iraniennes. Quant à l’Iran, il est prêt, comme dans le passé, à régler l’affaire via la diplomatie sans négocier sur ses droits nucléaires inaliénables.

13/04/2012

 http://french.irib.ir/analyses/commentaires/item/181721-le-complot-isra%C3%A9lien-pour-saper-les-n%C3%A9gociations-iran/5%201

 


Almanar : Implication des missions diplomatique dans le réseau d’espionnage démantelé.

Le ministère iranien des Renseignements a publié mardi un compte rendu détaillé sur les arrestations annoncées il y a une semaine de 15 espions iraniens et étrangers travaillant à la solde du Mossad israélien.

Selon le communiqué du ministère iranien, une des missions  du groupe était "d'identifier et d'assassiner l'un des experts de notre nation", tout en affirmant "avoir arrêté tous les terroristes liés à cette tentative d’assassinat et saisi leurs équipements ". Le communiqué cite également avoir "démantelé les cellules chargées de faire exploser un nombre d’installations du pays".

Conformément aux informations révélées par ce groupe terroriste, le ministère iranien des renseignements précise que "le régime sioniste a illégalement utilisé les missions diplomatiques de pays occidentaux qui prétendent préserver la paix mondiale et les droits de l’Homme alors qu’en réalité ils ne sont que les parrains du terrorisme international".

"Les documents et les preuves liés à l’implication de ces missions diplomatiques seront prochainement dévoilés", ajoute le communiqué.

Le ministère a en outre fait état de la découverte d’"une base d’espionnage dans une zone frontalière à l’Iran". "Toutes ces informations sont documentées",  a-t-il assuré.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=60119&cid=20&fromval=1&frid=20&seccatid=28&s1=1


IRIB : Succès d'Istanbul, Israël ne décolère plus!

 Décidément la pilule est trop dure à avaler. Pour celui qui a remué ciel et terre pour saper les négociations d’Istanbul, il est vraiment dur à constater que tous ses complots sont tombés à l’eau, puisque les négociations Iran/5+1 à Istanbul sont jugées constructives pour part et d'autre.
De sorte que le Premier ministre sioniste, Benyamin Netanyahou, n'a pas pu cacher sa colère contre les résultats positifs des négociations Iran/5+1. D'après lui, l'accord, obtenu par les deux parties, qui permet l'organisation du deuxième tour des négociations à Bagdad, est « un cadeau offert à l'Iran ».  
Il n'est pas difficile de comprendre la colère des responsables sionistes car nombreux étaient les sphères politiques occidentales et les médias liés aux sionistes qui ont essayé de suggérer que les négociations d'Istanbul ne mèneraient à nulle part.
S’accrochant à leur théories insensées, ces milieux politiques et médiatiques cherchent à faire croire que les pressions de l'Occident contraindraient l'Iran à reculer de ses positions pour ainsi faire renoncer le groupe 5+1 à s'assoir à la table des négociations avec Téhéran, ce qui leur aurait permis de baliser le terrain à une action militaire contre l'Iran.
Le samedi 14 avril, les représentants d'Iran et des 5+1 se sont réunis, après 15 mois, à Istanbul pour débattre du nucléaire iranien.
Les membres de la délégation iranienne et du groupe 5+1, excepté ceux des Etats-Unis, se sont rencontrés avant l'ouverture officielle des négociations dans la conjoncture où ils étaient pour la plupart optimistes quant à ce tour de dialogue.
Toujours dans ce contexte, Ben Rhodes, vice-conseiller américain à la sécurité nationale, a jugé constructives les négociations d'Istanbul précisant que celles-ci étaient marquées d'une ambiance constructive. Pour lui, les négociations d'Istanbul, ont ouvert un nouvel horizon sur le règlement de la question nucléaire.
Selon les analystes, le changement de cap des Occidentaux vis-à-vis de l'Iran puise dans l'échec des sanctions anti-iraniennes. D'importantes sanctions financières, commerciales et énergétiques qui ont visé, pendant l'année dernière, l'économie de l'Iran, avaient pour objectif de plier l'ordre de la République islamique d'Iran ne souhaitant que de se profiter de ses droits incontestables.
Or, ces sanctions, notamment énergétiques, ont eu de mauvais impacts sur l'économie exsangue des pays européens d'autant plus que les candidats à la présidentielle américaine se préparent pour la course à la Maison Blanche, sur le fond des manifestations anticapitalistes. Il va de soi que dans une telle conjoncture, les parties occidentales feraient mieux opter pour une approche diplomatique envers l'Iran.
Reconnaissant l’application des sanctions les plus vigoureuses par l'Occident contre le peuple iranien, le président américain, Barack Obama, a précisé que les négociations avançaient bien.
Ceci dit, il est normal de voir le régime sioniste en émoi des résultats positifs des négociations. D'autre part, ce que Netanyahou appelle un « cadeau fait à l'Iran » montre en effet que celui-ci est arrivé à faire avancer les négociations d'Istanbul de manière qu’elles se poursuivront afin de favoriser le terrain aux coopérations d’envergure sur l'échiquier international.

 17/04/2012

IRIB



3 Sur le terrain

Les Voisins

Russie

Almanar : Moscou à "Israël": il est dangereux de faire monter la pression sur l’Iran  

Moscou a prévenu lundi « Israël » qu'il était "dangereux" de faire monter la pression sur l'Iran à propos de son programme nucléaire, après les discussions samedi entre Téhéran et le groupe 5+1, a annoncé lundi le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.
Au cours d'une rencontre du chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et du chef du Conseil national de sécurité d' « Israël », Yaakov Amidror, "la Russie a souligné le caractère contre-productif et dangereux de toute tentative d'utiliser les informations sur l'avancée des technologies nucléaires iraniennes pour faire monter artificiellement la pression et créer un prétexte pour davantage de sanctions ou un recours à la force".
Téhéran a renoué le dialogue sur ses activités nucléaires samedi à Istanbul avec les grandes puissances du groupe 5+1 -les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne) plus l'Allemagne.
Les deux parties doivent se retrouver le 23 mai à Bagdad pour entrer dans le vif des négociations.
Réagissant aux résultats des discussions d'Istanbul, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a estimé dimanche que l'Iran avait obtenu ainsi un laps de temps supplémentaire de cinq semaines pour poursuivre son programme nucléaire.

17/04/2012  http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=59939&cid=20&fromval=1&frid=20&seccatid=28&s1=1



4 Dans le monde

Les USA

IRIB :La Maison Blanche s’acharne sur l'Iran.  
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Dans une note adressée aux secrétaires à l'Energie et au Trésor, le président américain Obama a déclaré qu'après des examens effectués, il est arrivé à cette conclusion que le pétrole et ses dérivés sont suffisamment offerts sur les marchés mondiaux pour compenser le vide du pétrole iranien. Obama devrait déclarer, dans le délai fixé qui a expiré vendredi, sa décision sur le durcissement des sanctions anti-iraniennes. Le communiqué de la Maison Blanche a été émis, hier, justement à ce propos. Selon ce communiqué à partir de trois mois au plus tard les sanctions seront mises en vigueur, frappant les acheteurs du pétrole iranien et les banques étrangères qui effectueront des transactions avec la banque centrale iranienne. Cela intervient au moment où les critiques contre les politiques de la Maison Blanche et les inquiétudes sur les marchés énergétiques, ne cessent de s’empirer, en dépit des promesses de la Maison Blanche. L'intensification des sanctions contre l'Iran durant des dernières semaines ont provoqué l’envolée du baril sur les marchés mondiaux et la hausse sans précédent du prix à la pompe aux Etats-Unis ainsi qu'en Grande-Bretagne et dans plusieurs pays européens. D'autant plus que Washington et Londres se sont vus contraints de puiser dans leurs réserves stratégiques pour contrôler le marché. Il y a une dizaine de jours, la secrétaire générale du Font Monétaire International, FMI, Christine Lagarde avait averti que les perturbations dans l'exportation du pétrole iranien pourraient avoir de sérieuses répercussions sur l'économie mondiale. Selon Lagarde un arrêt dans l'exportation du pétrole iranien pourrait faire monter le prix du pétrole sur les marchés mondiaux de 20 à 30%. Les Etats-Unis en exemptant dix pays des sanctions unilatérales contre l’Iran, réagissent en fait à ces mêmes inquiétudes. La Maison Blanche essaie de faire croire à la réussite des sanctions. Alors que d’aucuns affirment qu'en tenant compte de la situation énergétique dans le monde et des défis découlant de la crise économique aux Etats-Unis et en Europe, les estimations d'Obama des répercussions de l'embargo sur le pétrole iranien sont bien loin de la réalité. L’hostilité des Etats-Unis avec les pays indépendants est effectivement leur principal problème. Or, ce qui importe pour ce pays est de maintenir leur hégémonie sur le monde. Il lui peu importe que d’autres pays - que ce soit européens ou asiatiques, subissent les effets nocifs de la politique américaine et jusqu' à quant doivent-ils payer les frais des aventurismes des Etats-Unis, ce qui s’est déjà passé en Irak et en Afghanistan.


Khaleej Times : Un deuxième porte-avions américain, l'USS Entreprise, a été dépêché vers le Golfe suite à l'aggravation des relations entre les Etats-Unis et l'Iran, ont rapporté lundi les médias internationaux

Se référant à Amy Derrick-Frost, la porte-parole de la 5e flotte de l'US Navy basée à Bahreïn.
Selon le journal émirati Khaleej Times, l'USS Entreprise est arrivé dans le Golfe le 3 avril dernier. Il est accompagné par croiseur le lance-missiles USS Vicksburg, trois destroyers de classe Arleigh Burke, l'USS Nitze, l'USS Porter et l'USS James E.Williams.
Ces navires ont rejoint un autre groupe aéronaval d'attaque américain dirigé par le porte-avions USS Abraham Lincoln qui se trouve dans le Golfe.
Depuis dix ans, c'est la quatrième fois que deux groupes d'actions navale de l'US Navy sont déployés dans une même région.
Les porte-avions USS Entreprise et USS Abraham Lincoln patrouilleront le long des voies de transport d'hydrocarbures en provenance du Golfe, appuieront les opérations antiterroristes en Afghanistan et participeront à la lutte contre les pirates au large de la Somalie, selon la porte-parole.
La semaine dernière, Amy Derrick-Frost a reconnu que la flotte iranienne n'avait pas manifesté de signes d'agression ces derniers temps, note le Khaleej Times.
Les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux soupçonnent que l'Iran veut se doter de l'arme nucléaire sous couvert du programme nucléaire qu'il prétend réaliser à des fins pacifiques. Téhéran rejette ces accusations, affirmant que ses recherches nucléaires ont pour seul objectif de satisfaire les besoins du pays en électricité.
La tension autour de l'Iran et de son programme nucléaire est récemment montée d'un cran suite aux menaces proférées par Téhéran de fermer le détroit d'Ormuz au transit de pétrole en cas de sanctions occidentales contre les exportations pétrolières iraniennes. En réponse, les USA et le Royaume-Uni ont commencé à renforcer leur présence militaire dans la région. L'adoption d'un embargo sur les livraisons de brut iranien a été approuvée en janvier par l'UE.

04-04

Khaleej Times 



5  Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

5-1 Alain Gresh :Comment le gouvernement israélien conditionne l’opinion internationale à la guerre.

Le 14 avril se tiendra à Istanbul un nouveau cycle de négociations entre l’Iran et le groupe 5+1, composé des Etats-Unis, de la France, de la Russie, de la Chine, du Royaume-Uni et de l’Allemagne. Les pourparlers porteront sur le nucléaire, Téhéran réaffirmant son droit à l’enrichissement de l’uranium, ses interlocuteurs prétendant qu’il cherche en réalité à acquérir l’arme nucléaire. Un feuilleton sans fin.

Cette réunion s’accompagnera des habituelles confidences de responsables non identifiés, américains, européens ou israéliens ; de mises en garde sur le fait que l’Iran est à la veille d’acquérir la bombe, une contre-vérité répétée depuis... 1991, sans que cela semble gêner qui que ce soit.

Car, il faut bien le dire, on a assisté à une habile campagne destinée à faire du nucléaire iranien LA grande question de la politique internationale, celle qui menacerait non seulement la paix dans la région, mais la paix dans le monde. Ainsi, la priorité de la communauté internationale, dans un monde marqué par une crise économique sans précédent, par une pauvreté croissante, par des inégalités grandissantes, par le drame palestinien, par la guerre américaine en Afghanistan, par la déstabilisation du Pakistan nucléaire, etc., serait le nucléaire d’un pays qui, depuis plus d’un siècle, n’a agressé personne, mais a vécu plusieurs occupations et attaques étrangères.

Un article du McClatchy Washington Bureau éclaire comment le gouvernement israélien a réussi ce tour de force (Sheera Frenkel, « Israel push on Iran included a steady dose of media leaks », 7 mars).

« Niché au cœur du quartier général du ministère de la défense, un homme connu comme l’agent 83 explique avec précision ce à quoi ressemblerait une bombe nucléaire iranienne. L’agent, qui est devenu un expert sur le programme nucléaire, montrait son modèle à des journalistes étrangers par une chaude journée d’août et ce, pour la troisième fois dans la second moitié de 2009.

« J’espère que vous n’avez pas de question et qu’il est clair que l’Iran travaille à construire la bombe nucléaire”, concluait-il à la fin de la visite. En quelques jours, le compte rendu de l’agent 83 est apparu dans des articles de la presse américaine et européenne : l’Iran maîtrisait désormais la compréhension du fonctionnement d’une arme nucléaire. C’était une des douzaines d’informations “exclusives” sur le supposé programme militaire nucléaire iranien, la majorité d’entre elles provenant de sources israéliennes.

« Un tel accès à des experts israéliens pour les journalistes internationaux a joué un rôle essentiel dans la diffusion du point de vue israélien : l’Iran poursuit un programme d’armes nucléaires. Ces derniers mois, le débat sur les ambitions nucléaires de l’Iran a alimenté la campagne présidentielle républicaine, a servi de toile de fond à la réunion (au mois de mars) entre le président Barack Obama et le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui a obtenu un engagement de la part d’Obama que les Etats-Unis auraient recours, si nécessaire, à des moyens militaires pour empêcher l’Iran d’acquérir une capacité d’armement nucléaire.

« Les responsables israéliens reconnaissent que le large consensus en Occident - l’Iran est sur le point de construire une arme nucléaire - ne repose pas seulement sur les données fournies par le renseignement israélien, mais s’appuie aussi en grande partie sur une campagne médiatique soutenue entreprise par les Israéliens pour persuader le monde que l’Iran est résolu à se doter d’une ogive nucléaire. »

Un responsable du ministère des affaires étrangères israélien, rentré de Washington, expliquait au journaliste de McClatchy que la manière dont la question iranienne était devenue centrale pour l’élection américaine était « un énorme succès pour Israël ». Mais dans le même temps, expliquent des responsables, il ne faut surtout pas qu’Israël apparaisse comme poussant les Etats-Unis à la guerre.

Dans cette entreprise de sensibilisation des opinions et des gouvernements, The Israel Project occupe une place particulière. Nous avons dévoilé ici la manière dont cette officine expliquait, dans un livret confidentiel, la manière de manipuler l’opinion sur le conflit israélo-palestinien. C’est bien évidemment les mêmes méthodes qui sont utilisées contre l’Iran. Comme le précise sa présidente, « aucun candidat ne peut être élu [aux Etats-Unis] sans avoir une position dure à l’égard de l’Iran ».

Les révélations faites à la presse ont lieu, précise le journaliste de McClatchy, juste avant les événements critiques. Ainsi, alors qu’une estimation de l’ensemble des services de renseignement américains en 2007 minimisait les avancées iraniennes, les fuites se sont multipliées. C’est juste avant le G-20 de 2009 que l’on assista à d’autres révélations au sujet d’un site secret iranien à Qom. Et les autres fuites sur un risque d’attaque israélienne ont été délibérées à la veille de la publication d’un nouveau rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Elles ont aussi servi à pousser les Etats-Unis et l’Union européenne à adopter des sanctions dures contre l’Iran, une décision pour laquelle Israël se battait depuis des années. L’argument avancé par Sarkozy selon lequel les sanctions sont le seul moyen d’empêcher Israël de bombarder l’Iran est absurde : si l’attaque est illégale, et elle le sera, il faut la condamner à l’avance, pas la justifier.

Les affirmations israéliennes sont toujours incontrôlables. Et comme le fait remarquer un diplomate européen, à propos des déclarations péremptoires de Moshe Yaalon, ministre des Affaires stratégiques israélien :

« Il est l’une de ces personnalités israéliennes qui parlent comme quelqu’un qui sait tout ce qui se passe sur le terrain en Iran. Comme s’il était au milieu des scientifiques iraniens et savait quand ils allaient adapter l’ogive sur le missile. Mais la vérité est qu’aucun de nous ne sait à 100 % ce qui se passe - même si Israël fait un très bon travail pour convaincre [du contraire]. »

Personne ne peut savoir quel sera le résultat des négociations sur le nucléaire iranien. Face à la position intransigeante du gouvernement israélien, les Etats-Unis semblent hésiter, si l’on en croit l’un des meilleurs spécialistes de la question, Gary Sick, qui s’interroge toutefois sur ce que l’Iran obtiendrait en échange de ses concessions (« A contest not for the faint hearted », 10 avril).

En revanche, une fois de plus, Nicolas Sarkozy se situe dans le camp de la guerre. Dans un article (« On Iran, Reality Bites », 9 avril), le correspondant du New York Times à Paris John Vinocur (un journaliste dont les idées se situent à la droite du Figaro) rapporte les propos de Gérard Longuet, ministre de la Défense, présentant les Français comme les « gardiens du temple », face à la dangereuse propension d’Obama à faire des concessions !

Ni Longuet, ni les propagandistes israéliens ne semblent réellement se préoccuper des retombées d’une guerre contre l’Iran.

Alain Gresh –

12 avril

Le Monde diplomatique



 

6 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

6-1Tudeh :Lutter de toutes nos forces contre la guerre et les aventures militaires dans la région du Golfepersique et au Moyen-Orient !

Les événements de ces dernières semaines, telles les nouvelles portant sur les troubles en Syrie et le programme « nucléaire » de la République islamique Iranienne sont des signes de tensions sans précédent dans la région et d’un risque de déclenchement d’une guerre désastreuse et meurtrière qui pourrait facilement s’étendre et prendre des dimensions mondiales.

Les menaces explicites des décideurs américains, britanniques et français sur la nécessité de renforcer les actions contre l’Iran et la Syrie sont à l’origine d’une situation dangereuse dans la région et particulièrement pour ce qui est de notre pays, qui ne peut être ignorée. L’extension des sanctions contre la République islamique iranienne a sans aucun doute causé des troubles économiques sérieux en Iran. Une hausse inédite du prix des monnaies étrangères, en d’autres termes la dévaluation de la monnaie Iranienne, et par conséquent la hausse des prix des biens de consommation, au moment où le chômage atteint des records historiques et où les usines ferment les unes après les autres, a mis en péril les conditions de vie de vastes couches de la société et plonge de plus en plus la grande majorité de la population dans la pauvreté et la misère. Et ce n’est que le début d’une guerre économique totale imposée à notre peuple, identique à celle subie par le peuple Irakien avant l’invasion militaire meurtrière des forces de l’OTAN contre ce pays. Ne pas être en mesure de vendre du pétrole ni d’importer les biens stratégiques indispensables seraient un désastre économique colossal pour un pays où le capitalisme mercantiliste d’une part, et la mise en œuvre des politiques de la Banque mondiale d’autre part, ont considérablement amoindri nos capacités de production nationales et ont transformé notre économie en une simple économie d’exportation de pétrole et d’importation de tous les biens de consommation nécessaires. Ceux qui organisent à l’échelle mondiale ces sanctions, en particulier les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, ont prévu ces sanctions en ayant en tête ces problèmes.

Ces plans inhumains ont des objectifs plutôt clairs :

- Forcer la République islamique à réagir violemment pour s’en sortir, et créer donc un scénario qui poserait une base sur laquelle il serait possible de convaincre les autres puissances mondiales qu’une guerre totale est nécessaire ;

- Essouffler le mouvement pacifiste pour le forcer à capituler devant n’importe quel scénario qui proposerait une issue à cette situation très difficile ;

- Exciter et mobiliser des fractions de droite du mouvement ainsi que certaines forces de gauche qui ont retourné leurs veste, et les pousser à soutenir la soi-disant intervention « humanitaire » comme ultime option pour faire évoluer la situation ;

- Les objectifs à long-terme de cette aventure militaire et probablement d’une guerre régionale sont clairs : contrecarrer la crise économique mondiale ; reconfigurer les politiques économiques à l’échelle mondiale sur la base de la concentration de capitaux astronomiques ; constituer le Grand Moyen-Orient afin d’étendre leur cercle d’influence politique et économique ainsi que leur domination sur une région stratégique du point de vue énergétique ; détourner les capacités de protestation massive des peuples de la Tunisie et l’Égypte, en Afrique du nord, à la Syrie et l’Iran et d’autres pays du Golfe persique et mettre un terme aux mouvements progressistes dans la région et mettre en place des « îlots de stabilité politique » qui puissent garantir les intérêts de l’impérialisme, à court et long-terme, dans la région. Hélas, les derniers événements donnent des signes de l’état d’avancement de ce scénario pré-établi par les complexes militaro-industriels mondiaux.

Les leaders du régime répressif et obscurantiste de la République islamique estiment qu’il n’y a pas de place pour le recul, et au lieu de penser à des façons de faire baisser la tension, ils développent les programmes nucléaires et brandissent des menaces militaires face aux sanctions économiques. Ali Khamenei, leader de la République islamique, a déclaré le 3 février, affirmant que l’Iran ne reculerait pas, que le pays était prêt à la guerre et a mis en avant l’expérience de la « guerre de 33 jours du Liban » face à l’ennemi. En réponse aux menaces Israéliennes, il a évoqué des menaces qui trouveront une « réponse appropriée en temps voulu ». L’ambassadeur Iranien en Russie a également parlé de frapper les intérêts américains et occidentaux dans le monde entier. Et après ces commentaires, ce fut au tour de Mahmoud Ahmadinedjad, lors d’un discours pour le défilé de l’Anniversaire de la révolution, à Téhéran, de promettre que « le monde allait bientôt prendre connaissance de nouvelles prouesses Iraniennes en terme de technologie nucléaire. » Ces commentaires ont été faits au moment où les manœuvres militaires pour fermer le détroit d’Ormuz ainsi que des avertissements officiels et clairs pour le départ des porte-avions Américains et Britanniques du Golfe persique, ont déjà montré leurs conséquences inquiétantes et ont fait grossir les rangs de ceux prêts à rejoindre l’invasion militaire de l’OTAN en République islamique. Les menaces Iraniennes « justifient » clairement la concentration de flottes sous commandement de l’OTAN dans le Golfe persique et en mer d’Oman, et les quantités énormes d’armes vendues aux pays de la région, comme aux émirats, et la création d’une « hystérie » mondiale autour d’un péril nommé « République islamique ».

Les dernières nouvelles indiquent que les bases sont jetées pour une catastrophe qui devient de plus en plus imminente :

- Le Pentagone a commandé auprès de l’industrie militaire américaine une nouvelle génération de bombes anti-bunker de très gros calibre ;

- Le journal Al-Arabia, citant le Washington Post, affirme que la discussion au sein des cercles dirigeants des Etats-unis et des autres pays de l’OTAN n’est pas de savoir si, mais bien quand et comment infliger à l’Iran des frappes préventives ;

- De larges campagnes médiatiques sont menées contre l’Iran et la Syrie, et des comptes-rendus rapportant l’implication du Corps révolutionnaire iranien dans les violences contre les habitants de Homs, en Syrie, y compris le reportage de Russia Today concernant une éventuelle préparation de 15 000 soldats du Corps révolutionnaire prêt à se déployer sur le front de la guerre Syrienne ;

- Radio Israël a indiqué des dizaines de milliers de soldats Américains sont en train de monter à la hâte des systèmes Israéliens anti-missiles ;

Dans cette atmosphère et à l’invitation des organisations de paix, la première vague de manifestations contre la guerre a commencé dans les rues Canadiennes, Américaines et Anglaises. Même si ces manifestations ont été organisées dans la précipitation, elles ont été relayées par les médias, et ont reçu un certain soutien populaire. D’autre part, la République Islamique qui a méthodiquement réprimé toutes les organisations de paix nationales et n’a permis aucune manifestation contre la guerre a tenté de dénaturer les objectifs de ces actions et s’en est servi de façon malhonnête pour les dépeindre comme des mouvements favorables à la politique que mène la République islamique. Les véritables organisations de paix progressistes s’opposent à toute intervention des impérialistes dans les affaires de quelque pays que ce soit même sous le masque de l’intervention « humanitaire », et s’oppose clairement et résolument à de telles interventions, et contrairement à certains conciliabules, qui se tiennent à huis clos, ne se taisent pas devant de telles interventions. La voie proposée par la République islamique, cependant, est claire. Interpréter cette opposition sans la moindre ambiguïté à toute ingérence extérieure comme un soutien des forces éprises de paix du monde entier à la cruauté et au crime, et à l’oppression du peuple que défendent des régimes comme celui théocratique de la République islamique, c’est avoir un toupet qui est le propre des dirigeants de la République islamique. La réalité est que la plupart des organisateurs de ces mouvements de protestation ont inlassablement manifesté leur opposition aux politiques et aux actions du régime théocratique dans notre pays, et leur opposition aux aventures militaires de l’impérialisme dans la région s’inscrit en solidarité avec la lutte des travailleurs dans notre pays.

Dans son communiqué du 7 février, le Conseil mondial de la paix a analysé les plans impérialistes visant à constituer un Grand Moyen-Orient et examiné les situations actuelles en Syrie et en Iran, le déploiement massif de forces militaires américaines dans le Golfe persique, l’alignement des Cheikhs du Golfe persique sur l’Occident et les provocations constantes d’Israël contre l’Iran, et a affirmé la position de cette organisation progressiste sur les droits démocratiques du peuple et sur les interventions étrangères :

« Nous exprimons notre soutien à la lutte complexe du peuple Iranien pour la paix, la démocratie et la justice sociale et le rejet de toute ingérence dans les affaires internes Iraniennes sous aucun prétexte. Nous réaffirmons une fois de plus le droit inaliénable de toute nation à développer l’énergie nucléaire à des fins pacifiques (…) Nous soutenons les véritables exigences pacifiques, sociales, politiques et économiques du peuple Syrien et affirmons une nouvelle fois qu’aucune puissance n’a le droit de décider pour un autre peuple ou une autre nation. L’humanité ne peut tolérer d’ingérence étrangère dans les affaires internes d’un peuple. La souveraineté d’un pays est de la seule responsabilité de son peuple. » Le communiqué poursuit : « Les forces démocratiques, anti-impérialistes, éprises de paix du monde entier doivent briser le silence et dénoncer les campagnes perfides de l’impérialisme qui ouvre la voie à cette nouvelle agression (…) Nous nous engageons à poursuivre la lutte et à mobiliser des forces dans le monde entier afin de créer les fondations permettant de passer à une nouvelle étape dans la lutte anti-impérialiste, pour défendre la paix, la solidarité et l’auto-détermination des peuples. Nous sommes convaincus que la lutte des peuples pour la paix l’emportera ! »

L’expérience des manifestations mentionnées démontre que l’articulation de slogans pour la paix et le mouvement contre la guerre avec la lutte progressiste de notre peuple pour la démocratie est une nécessité et devrait être mise en avant par les organisations pacifistes de notre pays. Nous nous trouvons devant des jours et des semaines capitales. La région du Golfe persique et le Moyen-Orient sont au bord d’une guerre destructrice qui pourrait s’étendre et prendre des dimensions mondiales. Nous devons réagir face à de telles aventures dangereuses avant qu’il ne soit trop tard. Aujourd’hui, nous ne devons laisser passer aucune occasion de nous opposer à la guerre et aux fauteurs de guerre, et empêcher la catastrophe avant qu’elle n’éclate.

Article du Tudeh, parti communiste iranien,

Publié dans l’organe central du Tudeh « Nameh Mardom »

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 


 


Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 Julie Lévesque :À court de cibles », les services secrets israéliens « diminuent les assassinats » en Iran.
Citant anonymement des officiels hauts placés du renseignement israélien, la revue étasunienne Time Magazine contredit le très crédible quotidien britannique Sunday Times en suggérant que durant les derniers mois, le Mossad (les services secrets israéliens) a « réduit » ses opérations clandestines en Iran, incluant les assassinats ciblés.

Paradoxalement, le Times et TIME se contredisent. Dans son numéro du 25 mars, le Sunday Times affirmait que les services de renseignement israéliens avaient intensifié leurs activités clandestines à la base militaire de Parchin en Iran, prétendument pour trouver des preuves à l’effet que l’Iran fabriquait une arme nucléaire. Ces opérations des services de renseignement ont été menées alors que Téhéran négociait avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Celle-ci faisait pression sur les Iraniens afin qu’ils autorisent une visite sur cette même base. (Julie Lévesque, Fabrication de preuves pour attaquer l’Iran? Des espions israéliens en Iran déguisés en soldats iraniens, Mondialisation.ca, 27 mars 2012)

Un autre article intitulé US steps up intelligence, sabotage missions in Iran (Les États-Unis intensifient les missions de renseignement et de sabotage en Iran), publié par The Hill le 9 avril, semble corroborer les informations révélées par le Sunday Times. The Hill indique une augmentation dans la République islamique des opérations clandestines de la CIA et de ses alliés dans la région. Comme Israël est l’allié le plus important des États-Unis dans cette région, on peut assumer que le Mossad participait à ces missions de sabotage.

Citant le Washington Post, Carlo Munoz rapporte dans The Hill :

Les agences de renseignement étasuniennes intensifient les missions de renseignement et de sabotage axées sur le programme nucléaire iranien, alors que Téhéran se prépare à renouer les pourparlers avec les puissances occidentales relativement aux efforts réalisés dans ce domaine.

Des représentants iraniens doivent rencontrer vendredi à Istanbul en Turquie le soi-disant groupe P5+1, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies plus l’Allemagne, dans le but de discuter du programme nucléaire du pays […]

La CIA et d’autres agences ont par ailleurs multiplié les missions de sabotage en Iran, lesquelles visent à perturber le travail nucléaire en cours au pays.

Afin d’y parvenir, l’agence a compté sur ses partenariats avec des services de renseignement dans la région afin de recruter des agents pour des missions de renseignement et de sabotage en sol iranien, rapporte le Post. (Carlo Munoz, US steps up intelligence, sabotage missions in Iran, The Hill, 9 avril 2012.)

Le compte-rendu du Washington Post révèle par ailleurs que l’ « activité de renseignement » a été utilisée pour accroître les sanctions économiques contre l’Iran :

L’augmentation des activités de renseignement a coïncidé avec une campagne clandestine de la CIA et d’autres agences, visant à saboter le programme nucléaire iranien, et a permis d’accroître l’utilisation de sanctions économiques ciblées par les États-Unis et leurs alliés dans le but d’affaiblir la détermination de l’Iran […]

 

D’anciens représentants du renseignement ont affirmé que l’intensification des activités s’est poursuivie sous la direction de Leon E. Panetta, qui a établi des partenariats avec des agences de renseignement alliées de la région, capables de recruter des agents pour des missions en Iran. (Joby Warrick et Greg Miller, U.S. intelligence gains in Iran seen as boost to confidence, The Washington Post, 7 avril 2012.)

Ces deux reportages sèment définitivement le doute sur la crédibilité du reportage du TIME publié le 30 mars et intitulé « Mossad Cutting Back on Covert Operations Inside Iran, Officials Say » (Selon des officiels, le Mossad réduit ses opérations clandestines en Iran).

Selon le compte-rendu du TIME, le Mossad a réduit ses opérations en Iran, ce qui contredit les articles du Washington Post et du Sunday Times.

Cependant, l’aspect le plus frappant des révélations contradictoires du TIME n’est pas la diminution des activités clandestines du Mossad en Iran, mais plutôt la nature même des opérations, soit des assassinats et des attaques, rapportées par le TIME d’une manière très banale.

 

Selon les officiels, la diminution touche un vaste éventail d’opérations, non seulement les missions très en vue comme les assassinats et les explosions sur des bases iraniennes de lancement de missiles, mais aussi la collecte de renseignement sur le terrain et le recrutement d’espions au sein du programme iranien. (Karl Vick, Mossad Cutting Back on Covert Operations Inside Iran, Officials Say, 30 mars 2012.)

Sans preuves à l’appui, Israël a nonchalamment accusé l’Iran d’être à l’origine d’attaques à la bombe menées récemment en Thaïlande et en Inde, lesquelles n’ont pas fait de victimes, mais ont blessé 5 personnes. Ces actions ont été qualifiées, à juste titre, d’attaques terroristes.

Cependant, dans le reportage du TIME cité ci-dessus, les assassinats et les attaques à la bombe commis par Israël en Iran ne sont pas considérés comme des actes terroristes. Il s’agit d’un cas évident de deux poids deux mesures.

L’article met l’accent sur la raison invoquée pour la réduction des attaques et des assassinats, notamment les conséquences néfastes sur l’« image d’Israël dans l’opinion publique ». Si l’on reconnaît dans le reportage que le Mossad a été impliqué dans l’assassinat d’Iraniens, entre autres, et qu’il a perpétré des attaques en sol iranien, la nature criminelle de ces actions n’est jamais évoquée :

 

Des représentants occidentaux des services de renseignement avaient déjà confirmé au TIME que le renseignement iranien avait découvert une cellule entraînée et équipée par le Mossad. Les aveux détaillés de Majid Jamali Fashid l’an dernier à la télévision d’État iranienne étaient authentiques, selon ces représentants. Ces aveux concernaient l’assassinat du scientifique spécialisé dans le nucléaire, Massoud Ali Mohmmadi, tué dans un attentat à la bombe mené par un motocycliste en janvier 2010. Les responsables du renseignement occidentaux ont blâmé un pays tiers pour avoir révélé l’existence de la cellule.

Dans ce cas-là, les dommages causés à l’image d’Israël dans l’opinion publique ont été limités par la crédibilité de l’Iran […]

Mais cela pourrait changer si la République islamique capturait un Israélien ou présentait d’autres preuves, quelque chose de l’ordre des séquences vidéo en circuit fermé et des faux passeports ayant indiqué la présence d’agents du Mossad dans l’hôtel de Dubaï où le trafiquant d’armes Mahmoud al-Mabhouh a été trouvé mort dans sa chambre en janvier 2010.

Certains préviennent que les assassinats courent déjà ce risque. Après le plus récent meurtre en janvier, celui du scientifique spécialisé dans le nucléaire Mostafa Ahmadi-Roshan, les États-Unis ont catégoriquement nié toute implication et ont condamné le meurtre. Des officiels occidentaux du renseignement affirment qu’il était au moins le troisième scientifique iranien tué par des agents du Mossad, lesquels sont récemment à court de cible, aux dires de certains représentants israéliens […] (Ibid.)

 

En revanche, dans un article du TIME sur les attaques à la bombe ayant ciblé des Israéliens en Inde et en Thaïlande et pour lesquelles on a blâmé l’Iran, TIME était catégorique en ce qui a trait à la définition du terrorisme :

Pour être juste, il faut dire qu’il n’existe pas de définition du terrorisme admise au niveau international. Mais lorsque des bombes se mettent à exploser, aucune analyse terminologique ou déformation de définitions n’empêchera les gens de conclure qu’il s’agit de terrorisme. (Robert Horn, Thai Tourism Sector Must Face, Not Dismiss, the Threat of Terrorism, 20 février 2012.)

 

Une « équipe terroriste » israélienne arrêtée en Iran

Ces reportages contradictoires relativement à la quantité d’opérations secrètes en Iran pourraient indiquer qu’Israël et les États-Unis bluffent et font couler des informations dans le cadre d’une opération psychologique (PsyOp). Mais le 10 avril, le gouvernement iranien a déclaré avoir arrêté un groupe terroriste appuyé par Israël, sans donner trop de détails.

 

Les responsables ont prétendu que les terroristes étaient financés et appuyés par Israël et envisageaient d’attaquer des scientifiques œuvrant dans le nucléaire et des sites nucléaires au pays. Le plan terroriste a été déjoué, a affirmé l’agence de presse étatique Islamic Republic News Agency (IRNA), citant des représentants du ministère. (Stephen Manual,Israel-backed terrorist team arrested in Iran, All Voices, 10 avril 2012.)

 

Le présumé plan terroriste cité par Téhéran ressemble énormément aux opérations clandestines détaillées dans le TIME. Mais il est possible que les Iraniens bluffent aussi.

S’il est vrai que la République islamique a « capturé un Israélien » ou qu’elle possède « d’autres preuves », comme le mentionnait le TIME, cela pourrait accroître « la crédibilité de Téhéran » et, en revanche, affecter « l’image d’Israël dans l’opinion publique ».
Julie Lévesque 

Vendredi 20 avril 2012

Mondialisation.ca


7-2 Amar DJERRAD : L’échec du stratagème « Grand Moyen-Orient » sous le fallacieux prétexte de « l’arme atomique » de l’Iran.

On se réunit, on parle, on sanctionne, on menace puis on recommence. Cela fait presque 20 ans que cela dure. Cela devient de la schizonévrose. Les menaces de « frappes préventives », réitérées à satiété, pour empêcher l’Iran de se doter de « l’arme nucléaire » n’est plus crédible, d’une part parce qu’ils connaissent la vérité et d’autre part parce qu’ils redoutent les conséquences qu’ils savent catastrophiques pour leurs intérêts et leur gendarme local.

Même l’Iran ne croit plus à cette éventualité comme l’a déclaré l’ambassadeur de Téhéran en France, Ali Ahani, dans une interview à Reuters « les frappes militaires, nous n’y croyons pas du tout » en précisant« bien sûr, nous sommes préparés à tout scénario pour nous défendre, mais on ne pense pas que le régime sioniste ira dans cette direction parce qu’il y aurait des conséquences pires et imprévisibles non seulement pour ce régime, mais pour la région et le monde. »

A ce propos, rappelons la confirmation de L’Ayatollah Khamenei lors de la cérémonie de prestation de serment et de la remise des diplômes aux élèves officiers de l’Ecole supérieure des officiers « quiconque s’imagine pouvoir agresser la RII, se verra asséner des coups irréparables… les États-Unis et le régime sioniste, doivent savoir que le peuple iranien n’agresse aucun peuple, ni pays, mais qu’il saura répondre de toute sa puissance, à toute agression, même, menace, … »

D’ailleurs, depuis, on ne sait plus, maintenant, qui doit le faire, qui doit commencer et qui doit suivre. Même le régime sioniste - qui saisit parfaitement les conséquences d’une telle aventure - sait qu’il a perdu la force et l’initiative depuis la montée en puissance de l’Iran ; c’est la raison pour laquelle il appelle la « communauté internationale » pour le faire comme le montre un communiqué du bureau de leur premier ministre « la communauté internationale doit empêcher l’Iran de fabriquer des armes nucléaires qui représentent une menace pour la paix dans la région et dans le monde entier ». Il s’agit bien, pour lui, d’une question existentielle. Son dilemme et paradoxe, issu de son idéologie sioniste funeste, le met dans une position des plus cocasse et dramatique à la fois. Une situation ou « agresser » ou « faire la paix » mène, l’un ou l’autre vers la même destinée.

C’est-à-dire sa disparition ! Le sionisme ne peut exister sans expansionnisme et injustice lesquels mènent inexorablement à l’échec et donc à sa chute. Il s’y est enlisé dans l’invraisemblable paradoxe de « ni guerre ni paix ». La paix affaiblirait son armée et une nouvelle guerre pourrait signifier son suicide du fait du nouveau rapport de force.

Pour l’Iran, « à quelque chose malheur est bon ». Pendant tout ce temps fait de menaces, d’embargo et d’assassinats, ce pays, par sagesse et détermination, a opté pour le développement de son économie et moyens de défense en transformant en atoutscette adversité. Ainsi en comptant sur ses propres forces, il a enregistré des progrès fulgurants en matière d’autosuffisance, de technologies, d’armes défensives ; ce qui a inquiété profondément les partisans de l’hégémonie mondiale.

La RII avait bien compris qu’en lieu et place d’« arme nucléaire » - au fond couteuse, inutile et maudite par la morale - il était stratégiquement et tactiquement plus avantageux de développer des armes défensives ; plus fédératrices. La morale soutient la ‘victime’ et non l’agresseur. Les multiples annonces dans les progrès dans le développement de ce genre d’armes sont telles que les provocateurs occidentaux revoient de jour en jour leur jargon belliciste. En effet quand l’agresseur pressent une riposte du même acabit, il est moins tenté dans son aventure. Pour L. Ivashov l’ex chef d’état-major russe, favorable à la livraison des S 300 à l’Iran, « …L’agression est moins probable quand la victime est en mesure d’infliger des dommages intolérables à l’agresseur ». L’Iran averti, à chaque déclaration de menace, qu’il riposterait à toute agression lancée contre lui. Récemment, selon des médias, Massoud Jazayeri, porte-parole des Pasdarans, a prévenu qu’« une frappe foudroyante sera portée en réponse à toute agression. Nous n’agirons pas seulement dans les limites du Proche-Orient et du golfe Persique. Aucun endroit sur le territoire américain ne sera à l’abri de nos attaques ». Même les chercheurs du Congrès Us qualifient toute attaque contre l’Iran d’« inutile » du fait, selon leur rapport, que les sites « sont dispersés sur l’ensemble du territoire iranien et fonctionnent dans des conditions de sécurité extrême »

Le fallacieux prétexte développé contre l’Iran et bien tombé en désuétude. Pour T. Meyssan, « les prétendus soupçons occidentaux ne sont que des artifices…pour isoler un État qui remet en cause la domination militaire et énergétique des puissances nucléaires… ». Même les parlementaires allemands de gauche s’opposent fermement à cette option de guerre en demandant à leur gouvernement de déclarer clairement l’opposition de Berlin à toute attaque contre l’Iran. Quant aux pays du BRICS, réunis dernièrement en Inde, ils appuient clairement l’Iran et son programme nucléaire ; position que le Conseil des Affaires internationales en Inde qualifie d’« évolution extrêmement positive qui joue en faveur de la paix et de la stabilité dans l’Asie de l’Ouest ».

Il est, en effet, vrai qu’un ex-vassal qui devient indépendant et qui s’érige en puissance régionale sur laquelle on doit maintenant compter n’est pas chose facile à admettre par ceux qui se prétendent « maîtres du monde ». On a usé, dès lors, de tous les moyens, même les plus abjects, pour faire plier ce pays afin de le rendre ‘sujet’ sinon ‘satellite’ pour faire passer leurs projets mortels du « Grand Moyen-Orient ». L’AIEA, qui est devenue un instrument au service de l’Occident, ne peut dévier de cette politique de diabolisation de l’Iran pour le prétendu « nucléaire militaire » même si elle détient la vérité.

Son dernier rapport dévoile clairement sa partialité lorsqu’elle juge que les « vastes » installations de Parchin sont « destinées à des expériences à l’aide d’explosifs » ce qui constituent pour elle« des "indications fortes" d’un programme d’armement potentiel. » Ils veulent en réalité visiter les sites militaires stratégiques. Rien que ça !

Même les assassinats de scientifiques sont devenus leur politique. Si l’Iran décidait d’appliquer la même absurdité criminelle, parions qu’ils ne la dépasseront jamais, car disposant de beaucoup plus de motifs et de moyens culturels et religieux. Mais l’Iran, non seulement reste sage en tenant bon, mais est en phase irréversible de devenir (à notre sens il l’est déjà) un acteur de poids dans la géopolitique et la géostratégie régionale voire mondiale. L’avenir de la région doit passer désormais par l’Iran. Les progrès technologiques, les ressources, la patience et l’unité de l’Iran ont eu raison sur l’arrogance et la cupidité de l’Occident. Toute l’adversité à son égard s’est avérée sans effets au vu de cette évolution. Il se permet même d’appliquer sur la France et l’Angleterre, à l’avance et sur-le-champ, la ‘sanction’ de boycotter son pétrole. Il ne leur vend plus de pétrole qu’ils ont "programmé" de… ne pas acheter !

Contrairement à l’Occident et Israël, l’Iran n’a jamais agressé quiconque. Qui de ces pays puissants occidentaux et d’Israël se permet de violer des résolutions de l’ONU ou les lois internationales ? Alors que l’Iran a signé le TNP nucléaire en admettant les inspecteurs, Israël refuse de signer et de permettre toute inspection internationale de ses centrales nucléaires reconnues pour être militaires.

Quant au ‘régime’ iranien, on le voit plus démocratique que beaucoup de pays arabes valets et alliés de l’Occident ; mieux, de pays dits à ‘tradition démocratique’. C’est la propagande, le mensonge, la manipulation et la mainmise sur les médias lourds et les institutions et organisations dites ‘internationales’ qui ont perverti les valeurs en cachant la réalité et la vérité. Rappelons ce que nous avions dit par ailleurs : l’ONU et ses organisations servent à produire des alibis contre les pays ciblés, la CPI pour « menacer de prison » les dirigeants récalcitrants, le FMI pour ruiner et gager les pays, l’OTAN pour agresser et démolir, la presse pour manipuler et contrôler l’opinion. On peut ajouter la Ligue des « États arabes », cet « attrape-nigaud » discrédité, et l’association internationale des Frères musulmans qui ont pris fait et cause pour les thèses Occidentales en ce qui concerne la déstabilisation de certains États arabes faute de vision lucide ou pour cause de corruption et fourberie. Pour l’exemple, suite au refus de la France d’accorder un visa à cheikh Youssef al-Qardhaoui , le secrétaire général de cette Union, le cheikh Kardaghi, va jusqu’à faire bonne figure en déclarant que « le cheikh a toujours été modéré » en donnant comme preuves ses fatwas dont « l’une de ces fatwas avait rendu licite l’intervention militaire de l’Otan en Libye » car l’Union considère « la France comme un pays allié [en jouant] un rôle de premier plan dans le Printemps arabe et notamment en Libye et nous attendons sa contribution à la libération de la Syrie ». La perversion de certains arabes a atteint les limites de l’entendement dans leur servitude au projet des américano-sionistes. Même ces derniers, par leur soutien à l’opposition armée, ne cachent pas eux-aussi leur souhait, de toujours, de voir tomber le « régime de Bachar » qui constitue, avec l’Iran, un redoutable rempart à l’hégémonie américaine sur toute la région dont Israël était désigné le feudataire. La Syrie était inscrite comme étape d’importance par sa situation et sa politique.

Dans un article publié récemment dans le Yediot Ahranot, Efraim Halevy, l’ancien chef du Mossad, a estimé que « … si la paix se rétablie en Syrie, et si le monde accepte la survie du régime d’Assad dans le berceau Téhéran, et si la Turquie, la Russie, la Chine, les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne et l’Allemagne accepte d’appliquer le plan d’Annan, nous connaitrons alors la défaite stratégique la plus cuisante depuis la création d’Israël ».

Le projet ayant échoué contre le ‘mur’ syrien par les percées militaires et diplomatiques réussies, il ne reste aux américains que les négociations sur la base de ce postulat avec les pays issus du nouveau rapport de force dont l’Iran, puis de faire le deuil de leur rêve de casser l’axe Atlantique / Océan indien et Pacifique pour bloquer les pays du BRICS. Ils seront contraints à faire « certains sacrifices » pour se permettre de se positionner, au mieux, en futur « initiateurs de paix » pour ne pas risquer de perdre aussi les acquis. Le Qatar qui ‘finance’ et ‘sponsorise’, l’Arabie Saoudite qui ‘arme’ et le régime d’Erdogan qui ‘abrite’ savent qu’ils ont joué leur pouvoir ou leur trône dans cette partie perdue qui se termine en Syrie.

On sent déjà l’affolement des pétro monarques et des sionistes d’Israël que leur inspire maintenant la Syrie – qu’appui l’axe Chine-Russie-Iran-Irak-Liban – qui devient leur pire cauchemar surtout depuis que la Chine et la Russie ont imposé une nouvelle équation régionale et mondiale et depuis que la « communauté internationale » ait apparemment abandonnée l’option militaire, le renversement du régime par la force et l’armement de l’opposition. Lavrov assène en assurant, que même si cette dernière option est retenue, l’armée syrienne les battra ! L’ancien chef du Mossad reconnait dans son article le trouble d’Israël ainsi « l’Iran est devenu l’allié stratégique des puissances mondiales dans les efforts visant à trouver une issue à la crise syrienne [réalisant ainsi] un des objectifs : devenir une puissance régionale au Moyen Orient ».

Les américano-arabo-sionistes savent désormais que le projet ayant pour objectif ‘Iran’ par le ‘pont’ syrien a lamentablement échoué d’où, encore, ces sempiternelles menaces de frappes de l’Iran. Mais quand on ne fait que menacer durant 20 ans c’est que l’on ne fera rien ! Que du bluff ! Le dernier espoir et le dernier enjeu, qu’est la Syrie, est en phase de se pulvériser sur les rocs Damascains ; d’où ces revirements dans leurs discours et leurs engagements à l’endroit de la Syrie et l’Iran dont-on annonce subrepticement qu’il ne présente pas de caractère militaire. Ou bien ces informations crédibles qui font état qu’un certain nombre de dirigeants arabes adressent des « lettres confidentielles » à Damas dans le but de rechercher des solutions surtout après le « choc », pour le Qatar et l’Arabie saoudite, du Sommet de Bagdad.

D’après un diplomate russe en relation avec Damas, il y aurait un accord américano-russe lors d’une rencontre entre Medvedev et Obama. Celui-ci aurait demandé que Moscou tempère les choses « jusqu’aux élections américaines » en échange d’une réactivation de ses « principes annoncés pour son mandat en cours ; ceux qui consistaient à rechercher les solutions plutôt que les conflits face aux problèmes internationaux » à savoir le problème du bouclier antimissiles, les dossiers iranien, syrien en particulier. Ce diplomate russe affirme qu’il n’y aura pas de guerre contre l’Iran et que pour la Syrie ils en sont « à l’étape du règlement politique de la crise…maintenant le plus important est de convaincre l’opposition d’accepter… » La surprise/coup de grâce arrive du prix Nobel allemand Günter Grass qui vient de publier, dans le quotidien de Munich Süddeutsche Zeitung, un poème/prose intitulé « Ce qu’il faut qu’il soit dit ». Il s’agit d’une dénonciation de l’armement nucléaire d’Israël qui « menace la paix mondiale » ainsi que les menaces d’attaques contre l’Iran. Il dénonce le « prétendu droit à attaquer le premier ». Il évoque Israël qui dispose « depuis des années d’un arsenal nucléaire croissant …et sous-marins nucléaires » et critique la livraison par son pays de sous-marins qui pourrait rendre les Allemands complices d’un « crime prévisible ». Grass dénonce un « silence généralisé [qui est un] mensonge pesant » tout en prévenant qu’il sera accusé « d’antisémitisme ». « Pourquoi maintenant ? », « Parce qu’il faut dire ce qui pourrait être trop tard demain » dit-il.

La vérité finit toujours par reprendre le dessus sur le mensonge. C’est la loi inexorable de la Nature. Le monde à venir sera désormais plus équilibré avec les nouvelles alliances, les nouveaux regroupements, les nouveaux rapports de forces conséquents à des décennies d’injustices et de dominations des pays que compose l’Empire.

Les conclusions des meilleurs services de renseignements au monde, la CIA, et d’autres experts montrent que l’Iran aurait dû posséder cette arme nucléaire il y a 12 ans. S’il n’y a rien jusque-là, c’est que l’on menace l’Iran de bien autres choses qui relèvent de son droit indiscutable et inaliénable.

Voici ce qu’ils disaient déjà entre 1993 et 2000 et qu’ils redisent encore actuellement 12 ans après :

- « 24 février 1993 : le directeur de la CIA James Woolsey affirme que l’Iran était à huit ou dix ans d’être capable de produire sa propre bombe nucléaire, mais qu’avec une aide de l’extérieur, elle pourrait devenir une puissance nucléaireplus tôt. »

- « Janvier1995 : le directeur de l’agence américaine pour le contrôle des armements et le désarmement John Holum témoigne que l’Iran pourrait avoir la bombe en 2003. »

- « 5 janvier 1995 : le secrétaire à la défense William Perry affirme que l’Iran pourrait être à moins de cinq ans de construire une bombe nucléaire, bien que "la rapidité... dépendra comment ils travaillent pour l’acquérir" (‘how soon…depends how they go about getting it.’) »

- « 29 avril 1996 : le premier ministre israélien Shimon Peres affirme qu’"il croit que d’ici quatre ans, ils (l’Iran) pourraient avoir des armes nucléaires". »

- « 21 octobre 1998 : le général Anthony Zinni, chef de l’US Central Comand affirme que l’Iran pourrait avoir la capacité d’envoyer des bombe nucléaires d’ici cinq ans. "Si j’étais un parieur, je dirais qu’ils seront opérationnels d’ici cinq ans, qu’ils auront les capacités." »

- « 17 janvier 2000 : Une nouvelle évaluation de la CIA sur les capacités nucléaires de l’Iran affirme que la CIA n’exclut pas la possibilité que l’Iran possède déjà des armes nucléaires.

L’évaluation se fonde sur la reconnaissance par la CIA qu’elle n’est pas capable de suivre avec précision les activités nucléaires de l’Iran et ne peut donc exclure la possibilité que l’Iran ait l’arme nucléaire. »

En conclusion,

Il n’est pas inutile de rappeler ce qui est baptisé le projet « Yinon » que les israéliens considèrent comme stratégique et qui entre dans la même stratégie du « Grand Moyen-Orient ». Conçu par ses officines, il consiste en une reconfiguration de son « environnement géostratégique » grâce à une « balkanisation des états du Moyen-Orient et des pays arabes » pour en faire des « petits états » sans puissance. L’Irak, considéré comme pièce maitresse, devait être divisé en un état kurde et deux états arabes (pour les musulmans chiites et pour les sunnites) en suscitant, pour ce faire, une guerre contre l’Iran. Ce projet préconise aussi le démembrement du Liban, de l’Égypte et de la Syrie ; le morcellement de l’Iran, de la Turquie, de la Somalie et du Pakistan. Il prévoie également la partition de l’Afrique du Nord en commençant par l’Egypte puis de l’étendre au Soudan, à la Libye, au Mali et au reste de la région. L’"Atlantic" en 2008 et l’"Armed Forces Journal" en 2006, avaient publié des:cartes où figurent ces « nouveaux pays » qu’envisage ce projet « Yinon ».

Le monde « arabe et musulman » était donc bien averti.

Amar DJERRAD

 11 avril 2012

URL de cet article 16358
http://www.legrandsoir.info/l-echec-du-stratageme-grand-moyen-orient-sous-le-fallacieux-pretexte-de-l-arme-atomique-de-l-iran.html

 



8 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

8-1 Dr. Paul Craig Roberts : Washington nous mène dans un monde hors-la-loi.

Le gouvernement des Etats-Unis prétend vivre sous les auspices de la loi, le respect des droits de l’Homme, et d’apporter liberté et démocratie à ses citoyens. La prétention de Washington et la dure réalité sont diamétralement opposées.

Les officiels du gouvernement américain critiquent de manière routinière les autres gouvernements pour ne pas être démocratiques et pour violer les droits de l’Homme. Toujours est-il qu’aucun autre pays au monde mis à part Israël bombarde, tire des missiles et envoie des drones dans des nations souveraines pour tuer des populations civiles. Les prisons de la torture d’Abu Graïb, de Guantanamo et le programme de transfert secret de prisonniers de la CIA dans ses prisons tout aussi secrètes, sont les contributions des régimes Bush / Obama aux droits de l’Homme.

Washington viole les droits de ses propres citoyens. Washington a suspendu les droits et libertés civils pourtant garantis par la constitution et a déclaré ses intentions de détenir les citoyens américains indéfiniment sans autre forme de procès. Le président Obama a annoncé qu’à sa discrétion, il peut faire assassiner des citoyens américains qu’il voit comme une menace pour les Etats-Unis.

Le congrès n’a pas répondu à ces annonces extraordinaires avec une procédure de destitution. Il n’y a pas eu de levée de boucliers de la part des cours fédérales, des facs de droit et des associations du barreau. Glenn Greenwald rapporte que le département de la Sécurité de la Patrie (NdT: la “fameuse “ DHS, qui est la stasi / securitate du pays du goulag levant) harcèle les journalistes qui refusent de devenir des “pressetitués” et nous avons vu des vidéos de la répression brutale par la police des manifestations pacifiques du mouvement Occupy Wall Street. Chris Floyd décrit les pervers de la torture qui règnent sur les Etats-Unis.

Maintenant, Washington force du mieux qu’elle peut le reste du monde à se débarrasser des traités internationaux et de la loi internationale. Washington a déclaré que sa parole seule est la loi internationale. Tous les pays, sauf ceux qui ont reçus une dispense de Washington, qui s’engagent dans le commerce avec l’Iran ou achète du pétrole iranien seront sanctionnés par les Etats-Unis. Ces pays seront coupés du marché américain et leur système bancaire ne pourra plus utilisé les banques pour procéder aux réglements internationaux. En d’autres termes,, les sanctions de Washington envers l’Iran s’appliquent non seulement à l’Iran mais aussi aux pays qui défient Washington et utilisent le pétrole iranien pour subvenir à leur demande énergétique.

D’après le Christian Science Monitor, Washington a jusqu’ici donné une dérogation au Japon et à 10 pays européens pour continuer à acheter le pétrole iranien. Demandant à des pays de fermer leurs économies afin de donner libre-court à la vendetta de Washington contre l’Iran; une vendetta qui existe depuis que les Iraniens ont renversé la marionnette installée par les Etats-Unis, le Shah d’Iran, il y a plus de trente ans. Ceci fut plus que Washington ne pouvait supporter. Washington a permis au Japon de continuer à importer entre 78 et 85% de ses importations normales de pétrole avec l’Iran.

Les dispenses de Washington quoi qu’il en soit, sont tout à fait arbitraires. Des dispenses n’ont pas été données à la Chine, à l’Inde, à la Turquie et à la Corée du Sud. L’Inde et la Chine sont les plus gros importateurs de pétrole iranien et la Turquie et la Corée du Sud sont dans le top 10 des importateurs. Avant que de regarder aux conséquences imprévues de la vendetta de Washington contre l’Iran, voyons quel est le problème de Washingron avec ce pays ?

Franchement, Washington n’a rien à faire valoir. Nous sommes, une fois de plus, revenus à la supercherie “des armes de destruction massives”. L’Iran, à l’inverse d’Israël, est signataire du traité de non prolifération nucléaire. Tout pays signataire à le droit à l’énergie nucléaire. Washington affirme que l’Iran viole le traité en développant un programme nucléaire militaire. Il n’y a absolument aucune preuve des accusations de Washington. Washington possède 16 agences de renseignement et toutes sont unanimes pour dire que l’Iran n’a pas de programme nucléaire militaire pour faire des armes nucléaires depuis au moins 2003. De plus les inspecteurs de l’AIEA sont en Iran et ont rapporté de manière constante qu’il n’y a pas de diversion de matériel nucléaire de son programme énergétique vers un programme d’armement.

Les quelques rares fois où on rappelle à Washington ces faits, elle rend l’affaire différente. Washington déclare alors les droits de l’Iran sous les conditions du traité de non prolifération invalides, que l’Iran ne peut pas avoir un programme nucléaire énergétique, parce que l’Iran apprendrait alors à faire des armes nucléaires dans le futur et ainsi d’obtenir la bombe. La première nation hégémonique mondiale a décidé unilatéralement que la possibilité que l’Iran puisse un jour décider de construire une bombe atomique, est un trop grand risque à courir. C’est mieux, dit Washington, de faire monter les prix du pétrole, de perturber l’économie mondiale, de violer la loi internationale et de risquer une guerre majeure, que d’avoir à se soucier qu’un gouvernement iranien futur fasse une arme nucléaire. Ceci est l’approche tyrannique de la loi de Jeremy Bentham, qui fut répudiée par le système légal anglo-saxon.

Il est difficile de caractériser la position de Washington  comme étant une position de bon jugement. De plus, Washington n’a jamais expliqué quel risque elle voit dans la possibilité de la possession de l’arme nucléaire par l’Iran. Pourquoi ce risque serait-il plus grand que le risque associé avec l’armement nucléaire soviétique à l’époque, ou avec l’armement  nucléaire des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine, d’Israël, du Pakistan, de l’Inde et de la Corée du Nord aujourd’hui? L’Iran est un pays relativement petit. Elle n’a pas l’ambition hégémonique de Washington. Contrairement à Washington, l’Iran n’est pas en guerre avec une demi-douzaine de pays. Pourquoi Washington détruit-elle la réputation des Etats-Unis comme un pays qui respecte la loi et risque une guerre majeure et une dislocation économique à propos de quelques développements futurs, dont la probabilité est totalement inconnue ?

Il n’y a pas de bonne réponse à cette question. Manquant de preuve dans le cas contre l’Iran, Washington et Israël y ont substitué la diabolisation. Le mensonge a été établi comme vérité comme quoi le président actuel de l’Iran a l’intention de rayer Israël de la surface de la terre.

Le mensonge a eu le succès escompté comme propagande alors même que de nombreux experts en langues ont prouvé que l’intention attribuée au président iranien par la machine propagandiste américano-israélienne est un énorme contre-sens dans la traduction de ce que le président iranien a dit. Une fois de plus, pour Washington et ses presstitués, les faits ne comptent pas. Seul l’agenda est ce qui compte. N’importe quel mensonge sera utilisé pour faire avancer cet agenda.

Les sanctions de Washington pourraient bien finir par mordre Washington plus fort qu’elles ne mordent l’Iran.

Que fera Washington si l’Inde, la Chine, la Turquie et la Corée du Sud ne succombent pas à ses menaces ?

D’après des rapports récents, l’Inde et la Chine ne sont pas favorables à se désavantager elles-mêmes et à nuire à leur développement économique afin de supporter Washington dans sa vendetta contre l’Iran. Ayant observé la montée rapide de la Chine et l’immunité de la Corée du Nord contre une attaque américaine, la Corée du Sud peut légitimement se demander combien de temps encore elle restera un état marionnette des Etats-Unis. La Turquie, où le gouvernement civil et quelque peu islamiste a réussi à devenir indépendant de l’armée turque contrôlée par les Etats-Unis, apparaît réaliser peu à peu que Washington et l’OTAN ont cantonné la Turquie dans un “rôle de serviteur” dans lequel la Turquie est l’agent de Washington contre ses pairs. Le gouvernement turc semble réévaluer les bénéfices d’être un pion de Washington.

Ce que la Turquie et la Corée du Sud ont à décider est en fait de prendre la décision pour que ces pays soient des pays indépendants ou assimilés dans l’empire de Washington.

Le succès de l’assaut américano-israélien sur l’indépendance de l’Iran dépend de l’Inde et de la Chine.

Si l’Inde et la Chine montrent leur majeur a Washington, que peut-elle faire ? Absolument rien. Que se passera t’il si Washington, noyée dans ses délires gigantesques, venait à annoncer des sanctions contre l’Inde et la Chine ?

Les rayons de Wal-Mart resteront vides et le plus gros distributeur des Etats-Unis viendrait marteler la porte de la Maison Blanche.

Apple et bon nombre de grosses corporations influentes américaines, qui ont délocalisées leur production pour le marché américain en Chine, verraient leurs profits s’évaporer. Ensemble, avec leurs alliés de Wall Street, ces entreprises très puissantes viendraient prendre d’assaut le fou de la Maison blanche avec bien plus de force que l’Armée Rouge. Le surplus commercial chinois arrêterait de venir renflouer la dette de la trésorerie américaine. Les opérations bancaires délocalisées en sous-traitance en Inde, les compagnies de cartes de crédit et les départements de services et d’utilités à travers les Etats-Unis cesseraient de fonctionner.

Ce serait le domaine du chaos aux Etats-Unis. Telles sont les récompenses pour l’empire de la mondialisation que ce même empire a enfanté.

L’imbécile de la Maison Blanche et les va t’en guerre néoconservateurs et israéliens qui le pressent de faire encore plus de guerres, ne comprennent pas que les Etats-Unis ne sont plus un pays indépendant. Les Etats-Unis ont un propriétaire: les corporations offshore et les pays étrangers dans lesquels ces corporations ont localisé leur production pour les marchés américains. Des sanctions sur l’Inde, la Chine (et la Corée du Sud) veut simplement dire des sanctions sur les entreprises américaines, des sanctions sur la Turquie veulent dire des sanctions sur un allié de l’OTAN.

La Chine, l’Inde, la Corée du Sud, la Turquie réalisent-elles qu’elles ont en leur possession la donne gagnante ? Comprennent-elles qu’elles peuvent montrer leur majeur à l’empire américain et l’amener à l’effondrement, ou sont-elles conditionnées comme l’Europe et le reste du monde au fait qu’il est vain de résister aux Américains tous puissants ?

La Chine et l’Inde exerceront-elles leur puissance sur les Etats-Unis ou ces deux pays vont-ils tempérer l’affaire et adopter une pose qui sauvera la face de Washington tout en continuant à acheter le pétrole iranien ?

La réponse à cette question est: Combien les Etats-Unis vont-Ils payer secrètement en concessions multiples, comme par exemple la sortie des Etats-Unis de la Mer de Chine du Sud, pour que la Chine et l’Inde prétendent à la reconnaissance de la puissance américaine sur le reste du monde ?

Sans concessions à la Chine et à l’Inde, Washington se verra très sûrement ignorée et contemplera sa puissance s’évaporer. Un pays qui ne peut pas produire industriellement et produire des biens de consommation, mais ne peut qu’imprimer des instruments d’endettement et de la monnaie n’est pas un pays puissant. Il n’est qu’un petit caïd de cour de récréation qui peut continuer à rouler des mécaniques jusqu’à ce que le garçon proverbial dise: “L’empereur est nu”.
Paul Craig Roberts

Article original en anglais : Traduction : Résistance 71, http://resistance71.wordpress.com/

Le 15 avril 2012

Mondialisation.ca
Le blog de Paul Craig Roberts :
http://www.paulcraigroberts.org/



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


 

 

 

 

24/04/2012

n° 502- - journal de l'Afghanistan du 23-04 - a1 - OTAN vs Afghanistan : fin de partie ?

Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



journal de l'Afghanistan

n° 502- du 23-04

C.De Broeder & M.Lemaire



Avant propos

La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.

Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.

(MICHEL BOUNAN)

 

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah Omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. Idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

 



Le "journal de l'Afghanistan" est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/ 

b) sur le site : 

 www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site de eva R-sistons: - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

Tiré à part :

Almanar : Fin des combats à Kaboul, mais début d’un soulèvement en Afghanistan.

René Cagnat : OTAN vs Afghanistan : fin de partie ?

Capitaine Martin : Moscou : « dénoncer l’OTAN et son corollaire, la drogue afghane ».

1 Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Xinhua : enquête : Plus d'une dizaine de soldats seraient impliqués dans la tuerie de civils a Kandahar

2 L’Afghanistan au cœur des débats.

Attaques: Afghans et experts admettent l’échec, les usa adoptent la méthode Coué.

3 Politique

a) Les collaborateurs afghans

Karzai

IRIB : Les dessous de l’accord sécuritaire Karzai/l’OTAN !

4 Les grandes manœuvres

IRIB : Undélai pour le retrait des firmes sécuritaires étrangères 

b) Les occupants 

Australie

L'Australie va quitter l'Afghanistan en 2013, un an plus tôt que prévu

4 Lutte pour la libération du territoire &  la victoire de la résistance Afghane

Pertes déclarée des occupants.

US & Isaf

IRIB - Mort de 5 militaires américains.

5 Pertes des forces collaboratrice locales   -

IRIB - Au moins sept explosion à Kaboul .

Prisons

IRIB - Des résistants font évader 400 prisonniers.  

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

6-1 Compréhensions, incompréhensions.

6-2 « Plus d'une dizaine de soldats seraient impliqués dans lune tuerie de Kandahar (enquête)

 7 Dossiers

7-1 Patrick Martin : Le My Lai afghan.

7-2 Bill Van Auken : Le massacre en Afghanistan : le produit d’une guerre criminelle.

7-3 Richard Hétu : Des photos choc de militaires américains.

7-5 Robert Fisk : Ce n’est pas folie la cause de ce massacre.

8 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

8-1 CORDÉLIA BONAL : Campagne présidentielle française : Comparatif de programmes Afghanistan, Défense, adhésion de la Turquie à l'Union européenne... Qui dit quoi.

 



Tiré à part :

Almanar : Fin des combats à Kaboul, mais début d’un soulèvement en Afghanistan.

 

Tous les assaillants qui avaient participé aux attaques concertées lancées dimanche à Kaboul contre le Parlement et le quartier diplomatique ont été tués et les combats sont terminés, a-t-on appris lundi de source officielle.

Les forces de sécurité afghanes avaient annoncé lundi matin avoir lancé l'assaut final contre une poignée de résistants retranchés dans un bâtiment de l'enclave diplomatique de la capitale.

Les résistants ont déclenché six attaques suicide concomitantes dimanche en

Afghanistan pour marquer, selon eux, le début de leur "offensive de printemps".
Ces assauts ont fait 19 morts parmi les insurgés, tandis que 14 policiers et neuf civils ont été blessés, selon le dernier bilan du ministère afghan de l'Intérieur communiqué avant l'assaut final.

Vers 14H00 locales, les insurgés ont simultanément attaqué plusieurs cibles au sein de l'enclave diplomatique.

Des kamikazes équipés de gilets remplis d'explosifs ont tenté de pénétrer dans l'enceinte du Parlement, mais les forces de sécurité les ont repoussés, selon la police.

Dans un autre quartier, des kamikazes se sont emparés d'un bâtiment à moins de 100 m de l'entrée fortement sécurisée d'une succession d'ambassades --dont celle de la France-- et d'une base de la Force internationale de l'Otan (Isaf).

Au même moment, des attaques visaient des bâtiments du gouvernement, de la police et une base américaine dans la province de Logar, juste au sud de Kaboul, puis l'aéroport de Jalalabad, dans l'est, qui abrite l'une des plus importantes bases aériennes de l'Isaf, où trois kamikazes ont fait exploser leurs bombes.

Enfin, à Gardez, également dans l'est, plusieurs résistants ont attaqué un centre d'entraînement de la police.

Des hélicoptères de l'Otan ont été engagés en appui des forces afghanes pour repousser les assaillants.
Les hivers afghans, très rigoureux, sont d'ordinaires mis à profit par les insurgés pour se "reposer", mais les offensives des , dont la guérilla gagne en intensité et s'étend à tout le pays ces dernières années, reprennent généralement de plus belle au début du printemps.

15/04/2012

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=20&frid=20&eid=59879

 



René Cagnat :OTAN vs Afghanistan : fin de partie ?

Alexandre Knyaziev, spécialiste éminent de l’Asie centrale parfois à l’origine de « révélations » venues des hautes sphères du pouvoir russe et de l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS)(1), vient d’annoncer ce que nombre d’experts du monde oriental subodorent depuis des mois : les forces de l’OTAN en Afghanistan sont bel et bien en passe d’être encerclées !*

René Cagnat

Vendredi 9 Mars 2012

Le 29 février, dans un article intitulé « Le piège afghan pour l’Amérique est-il en train de se refermer ? »(2), ce journaliste n’affirme rien de moins que « la décision de fermeture à bref délai du Réseau de distribution nord (RDN), itinéraire d’approvisionnement des unités militaires de l’Amérique et de l’OTAN engagées en Afghanistan, est pratiquement prise à Moscou ».
Ce réseau de voies ferrées et routières qui, à partir de Riga en Lettonie, traverse la Russie pour atteindre l’Afghanistan via le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, et par lequel passeraient aujourd’hui 90% des fournitures nécessaires au corps expéditionnaire, peut effectivement être fermé sur simple décision du Kremlin. Les Russes ont aussi la possibilité, par leur influence à Astana ou en brandissant le statut de la Caspienne, de fortement gêner voire d’interdire le recours à la rocade de remplacement envisagée au travers de la Trancaucasie (par la Géorgie et l’Azerbaïdjan) puis via la Caspienne et le Kazakhstan(3). De même, le fonctionnement du transit aérien par les bases de Manas (Etats-Unis et OTAN), Termez (Allemagne) et Douchanbé (France) pourrait être entravé par le report, voire la suppression d’autorisations de survol au-dessus du territoire russe.

Une telle mesure, si elle intervient prochainement, prendra effet juste au moment où les pays engagés en Afghanistan commencent à agencer le repli des « armadas » dont ils disposent sur ce théâtre lointain : 3000 blindés, dit-on pour la Grande-Bretagne, plus de 400 pour la France, au moins 10 000 pour les Etats-Unis, sans tenir compte des matériels de pointe (missiles, drones, transmissions, artillerie, etc ) dont il est impensable qu’ils puissent tous emprunter une voie aérienne particulièrement ruineuse. L’heure de vol de l’avion gros porteur le plus utilisé (l’AN124, comme par hasard russe…) ne coûte-t-elle pas déjà, alors qu’elle est en constante augmentation, plus de 35 000 euros ?

Pour que Moscou recoure à une telle extrémité, il faut évidemment que le contentieux entre elle, d’une part, l’Amérique et l’OTAN, d’autre part, soit particulièrement critique. C’est le cas en effet : les événements en Syrie, en Iran, en Géorgie, en Azerbaïdjan, le déploiement en Europe centrale d’un bouclier anti-missiles et jusqu’à la « subversion » que le Kremlin perçoit derrière les agissements de l’opposition russe, tout cela rassemble les ingrédients d’une crise majeure. Dans le Très Grand Jeu en cours, le président Poutine, fort de sa réélection, ne devrait pas manquer de brandir au moins la menace d’une fermeture du RDN. C’est justement ce qu’annonce, sans doute intentionnellement, l’article de Knyaziev.

Non moins intentionnellement, ce spécialiste signale en conclusion que la seule organisation internationale en mesure d’aborder le problème n’est autre que l’Organisation de coopération de Shanghaï « qui regroupe en tant que pays-membres ou observateurs tous les voisins de l’Afghanistan tout en faisant participer le gouvernement de Kaboul à ses travaux ». Il souligne aussi, en bon oriental, que les Etats-Unis et l’OTAN n’échapperont pas au piège sans que leur prestige ait à en souffrir…

Un tel retrait vient de commencer puisque, le 5 mars, 25 camions gros porteurs américains viennent de franchir pour la première fois la frontière tadjiko-afghane et se dirigent vers Bichkek où les conteneurs qu’ils convoient seront chargés sur des trains en partance pour Riga via le Kazakhstan et la Russie(4), si cette dernière y consent…

Il convient de noter, cependant, que l’éventualité d’un veto russe ne sera pas sans braquer contre Moscou les pays d’Asie centrale qui comptent tirer parti au maximum du repli occidental aussi bien en argent qu’en récupération de matériels militaires. L’itinéraire routier actuel par le Tadjikistan et le Kyrgyzstan, difficile et exposé au harcèlement éventuel d’islamistes, ne devrait être que secondaire par rapport au transit ferroviaire au travers de l’Ouzbékistan présentement bloqué du fait des exigences financières excessives de Tachkent.

*Cet article fait suite à la fiche IRIS « Le réseau de distribution nord sur la sellette » de fin décembre 2011.
(1) Créée en 1996 à l’instigation de la Chine, l’OCS regroupe aujourd’hui comme pays membres ou observateurs tous les voisins de l’Afghanistan.
(2) Centrasia.ru/news2.phpst ?=1330511700, texte en russe.
(3) L’itinéraire ferroviaire possible au travers du Turkménistan via Turkmenbachi et Kouchka se heurte à l’obstacle de la neutralité turkmène, relatif au demeurant.
(4) Cf http://www.centrasia.ru/news2.php?s... du 7/3/2012.

René Cagnat

Vendredi 9 Mars 2012

http://french.irib.ir/analyses/articles/item/174901-otan/-afghanistan--fin-de-partie-?-par-ren%C3%A9-cagnat



Capitaine Martin : Moscou : « dénoncer l’OTAN et son corollaire, la drogue afghane ».

En Afghanistan, la production de drogue a été multipliée par quarante depuis l’intervention de l’OTAN, et ce aux dépens des pays limitrophes qui, chaque année, voient affluer sur leur sol des tonnes d’héroïne. L’Alliance atlantique devrait bien évidemment en répondre devant la communauté internationale. Viktor Ivanov, chef de la cellule anti-drogue à Moscou, en est convaincu. Au cours d’une conférence de presse, il a récemment invité les pays de l’Organisation de coopération de Shanghai  (une organisation intergouvernementale centre-asiatique ayant pour chefs de file la Chine et la Russie) à dénoncer l’OTAN pour ne pas s’être acquitté du mandat donné par le conseil de sécurité de l’ONU.

« Depuis l’intervention de l’OTAN, la production de drogue en Afghanistan a été multipliée par quarante. La question que l’on se pose est de savoir pourquoi les pays de l’OCS devraient hériter d’une telle situation », a déclaré Ivanov, selon lequel « l’OCS devrait soulever la question de la responsabilité de l’OTAN d’honorer les obligations internationales ».  

Les plaintes, a ajouté Ivanov, devraient être portées contre les pays participant à cette opération étant donné que l’intervention, ratifiée par le conseil de sécurité de l’ONU, n’a pas amélioré la situation mais l’a au contraire aggravé. 

L’Afghanistan produit plus de 90 % de l’héroïne mondiale, qui arrive ensuite en Europe et aux États-Unis en cheminant par la Russie, le Pakistan et l’Iran. « Un véritable fleuve de drogue » se répand donc dans ces pays en créant des situations d’alarme sociale insoupçonnées en Europe. Moscou et Téhéran ont accusé à plusieurs reprises Washington de ne pas mettre tous les moyens pour combattre le trafic et la production de drogue en Afghanistan. Certains militaires russes ont même par le passé accusé les États-Unis de s’enrichir avec le trafic de stupéfiants. De là à dire qu’une partie de l’engagement en Afghanistan serait financée par la drogue, il n’y a qu’un pas.

Capitaine Martin

Mardi 17 Avril 2012

 http://www.resistance-politique.fr



1 Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

1 IRIB -L’aviation US tue des dizaines d'afghans.

Plusieurs dizaines d'afghans prétendument membres des résistants ont été tués dans l'ouest de l'Afghanistan dans des combats impliquant l'aviation américaine, a-t-on appris vendredi auprès de responsables de l'Otan et de l'administration afghane.

30/03/2012

IRIB

Xinhua : enquête : Plus d'une dizaine de soldats seraient impliqués dans la tuerie de civils a Kandahar

 Plus d'une dizaine de soldats américains seraient impliqués dans le massacre de 16 civils à Kandahar, a rapporté dimanche unquotidien afghan, citant les propos d'une équipe de parlementaires afghans envoyés sur les lieux pour enquêter sur l'incident.
"La délégation dépêchée à Kandahar par la Chambre des représentants afghane (Chambre basse du Parlement) a affirmé samedi que deux groupes de soldatsaméricains, soit environ 15 à 20 hommes, avaient prémédité et lancé cette attaque, avec l'aide d'un appui aérien", selon le Daily Outlook Afghanistan.
Les événements, qualifiés de "carnage" par de nombreux Afghans, se sont déroulés le 11 mars. Les premières informations ayant filtré sur l'incident avaient faitétat d'un seul soldat américain, qui serait sorti de sa base dans le district de Panjwai et serait entré dans plusieurs maisons locales, massacrant sans distinction16 civils, dont trois femmes et neuf enfants.
L'enquête lancée par l'armée américaine a réaffirmé à plusieurs reprises qu'un seul soldat était responsable de ces meurtres, et qu'il avait été arrêté.
En dépit des pressions de Kaboul, qui demande que le suspect soit jugé publiquement en Afghanistan, l'armée américaine a rapatrié le prisonnier, le sergentRobert Bales, aux Etats-Unis.
Selon le reportage du quotidien afghan, citant les propos du parlementaire Mohammad Naeem Lali Hamidzai, deux femmes auraient été sexuellement agresséespeu avant la tuerie du 11 mars.
Le gouvernement afghan n'a pas encore rendu public le rapport de l'équipe d'enquêteurs envoyée par le président Karzaï.

L'incident n'a fait que renforcer les tensions entre Washington et Kaboul, dont les relations ont déjà été assombries par plusieurs incidents récents, tels que laprofanation du Coran sur une base américaine en Afghanistan, et les informations selon lesquelles les soldats américains urinaient sur les cadavres des résistants.

18 mars

(Xinhua)


2 L’Afghanistan au cœur des débats.

Attaques: Afghans et experts admettent l’échec, les usa adoptent la méthode Coué.

A moins d'un mois d'un sommet de l'Otan à Chicago, au cours duquel les gouvernements occidentaux veulent fixer le cadre de leur soutien à Kaboul après le retrait des forces occupantes combattantes prévu fin 2014, le bourbier afghan n'en finit pas.

Le président afghan Hamid Karzaï a mis en cause lundi l'"échec" des services de renseignements et en particulier l'Otan dans les attaques suicide perpétrées par les résistants, notamment à Kaboul, et qui ont fait 51 morts.

Ces attaques, les plus massives dans la capitale afghane en dix ans de guerre, ont pris fin lundi après 17 heures de combats, ayant fait 51 morts, dont 36 assaillants. Elles ont fait 11 morts dans les rangs des forces afghanes et quatre parmi les civils, d'après un bilan officiel.

Réagissant dans un communiqué, il a estimé que l'OTAN comme les forces afghanes doivent faire l'objet d'une enquête sérieuse".

 "Nous avons reçu quantité de renseignements selon lesquels le réseau Haqqani préparait des attaques de ce type", lui a répondu le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta lors d'une conférence de presse. Ils étaient en revanche "vagues" sur le moment de l'attaque, a reconnu le plus haut gradé américain, le général Martin Dempsey.

 Ces nouvelles attaques dans une ville truffée de barrages et de soldats et de policiers lourdement armés, conforte les experts dans leurs craintes d'un pourrissement du conflit. "Le fait qu'ils aient réussi à lancer simultanément des attaques complexes démontre un certain degré de perfectionnement dans leur aptitude à se mouvoir sans être détectés" au cœur de ce dispositif, souligne Martine van Bijlert, du Réseau des Analystes d'Afghanistan, un groupe de réflexion spécialisé dans ce conflit.

 Les américains eux ont adopté comme à leur habitude la méthode Coué. Mettant en avant un bilan humain de ces attaques qu'ils jugent relativement faible, la Maison blanche a vanté la riposte des forces afghanes et leurs progrès.

 Au moins six attaques coordonnées ont visé notamment le parlement, un vice-président, la force internationale de l'Otan (Isaf) et des ambassades occidentales dans la capitale et des symboles de l'Etat dans trois autres villes.

 Outre les 51 morts, près de 50 membres des forces afghanes ainsi que 25 civils ont été blessés dans les attaques de Kaboul et dans trois autres provinces, dont une ayant eu pour cible une importante base aérienne de l'Isaf à Jalalabad (est).

 Les résistants ont considérablement intensifié leur insurrection ces trois dernières années et ont étendu leurs actions de guérilla à la quasi-totalité du territoire.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=20&frid=20&eid=59999

 



3 Politique

a) Les collaborateurs afghans

Karzai

IRIB : Les dessous de l’accord sécuritaire Karzai/l’OTAN ! 

Le gouvernement afghan et l’Otan se sont entendus sur un accord portant sur la réduction des forces de sécurité afghane après 2014.
C’est ce qu’a annoncé le ministre afghan de la Défense. Les deux parties se sont tombés d’accords de diminuer le nombre d’effectifs des forces de sécurité afghane à partir 2014 de 352 mille à 230 mille, a déclaré Abdel Rahim Vardak. Selon lui l’objectif de cette réduction est de réviser les modalités de la gestion du budget militaire. Il a fait part de cette décision alors qu’auparavant lui et son collègue de l’Intérieur s’y étaient vivement opposés. Pour décider de réduire les effectifs sécuritaires afghans, il faut prendre en considération la situation politique et sécuritaire de l’Afghanistan. Un regard rétrospectif sur les antécédents du plan de réduction des forces militaro-sécuritaires afghanes montre que ce plan est de nature américaine et qu’il a été proposé par le responsable de la formation au sein de l’OTAN en Afghanistan. Abdel Rahim Vardak a réagi à cette demande américaine et a déclaré que réduire les forces de sécurité afghanes à 230 mille serait catastrophique. Par ailleurs, le ministre allemand de la Défense y a, également, réagi en affirmant que la mise en œuvre de ce plan entrainera le chômage pour un grand nombre d’Afghans formés par l’OTAN. En plus, comme l’Afghanistan est en passe d’une période d’insécurité et d’instabilité au renforcement de sa sécurité, il a plus que jamais besoin de ses forces pour sécuriser le pays. Or, du point de vue des experts politiques, cet accord qui est en quelque sorte considéré comme étant imposé au gouvernent afghan retient l’attention par des remarques judicieuses. Primo, cet accord semblerait être conclu en contrepartie du transfert des opérations nocturnes de l’Armée américaine aux forces militaires afghanes car les deux ministres afghans de la Défense et de l’Intérieur n’étaient pas d’accord avec. Secundo, les Etats-Unis cherchent à installer, dans le cadre du traité sécuritaire conclu avec le gouvernement afghan, sept bases militaires en Afghanistan à partir de 2014. Or maintenir l’armée de l’Afghanistan affaiblie est une démarche bien calculée pour justifier la poursuite de la présence militaire dans ce pays.

14/04/2012

IRIB


4 Les grandes manœuvres

IRIB :Undélai pour le retrait des firmes sécuritaires étrangères 

Le ministère afghan de l’Intérieur a fixé un délai à l’issu duquel les compagnies sécuritaires étrangères devront quitter le territoire afghan. « Une majorité des 50 sociétés actives sur le territoire afghan sera dissoute dans les semaines à venir, a affirmé le porte parole du ministère, Sadegh Sadighi. Sous couverture d’aide aux diplomates étrangers, aux Ongs humanitaires et à la population afghane, les sociétés en question agissent de plus en plus en violation de la souveraineté de l’Afghanistan et refusent de céder le contrôle sécuritaire du pays aux autorités nationales. Kaboul a plusieurs reprises décidé de dissoudre ces sociétés mais à chaque fois, sous pressions occidentales, il est revenu sur sa décision.

20/03/2012

IRIB


5 Sur le terrain

 IRIB - Le parlement occupé par les hommes armés. 

Le parlement afghan est en ce moment occupé par des hommes armés. A 13 heures heure locale, plusieurs kamikaze ont pénétré l'hôtel Star de Kaboul ainsi que le ministère des AE. Plusieurs explosions ont été entendues ainsi que des tirs.

15/04/2012

IRIB



b) Les occupants 

Australie

L'Australie va quitter l'Afghanistan en 2013, un an plus tôt que prévu

L'Australie va retirer ses troupes d'Afghanistan en 2013 avec un an d'avance sur le calendrier fixé par l'Otan pour le départ des troupes étrangères, estimant que les forces afghanes seraient alors capables de prendre la relève, a annoncé mardi le Premier ministre australien.
Dix ans après le début des opérations de l'Otan en Afghanistan, l'Australie, la communauté internationale et les autorités afghanes ont atteint le point où elles doivent prendre des décisions cruciales, a déclaré Julia Gillard dans un discours à l'Institut australien de politique stratégique.
Malgré la mort de 32 de ses soldats depuis 2001, l'Australie a assuré à maintes reprises qu'elle respecterait le calendrier de retrait complet fixé par l'Otan pour la fin 2014, et maintiendrait ses 1.550 soldats engagés dans le pays jusqu'à cette échance.
Mais les conditions sur le terrain ont changé, a fait valoir Julia Gillard, deux jours pourtant après une attaque humiliante des résistants en plein coeur de Kaboul.
(Oussama) Ben Laden est mort. La plupart des principaux dirigeants d'Al-Qaïda ont été tués ou capturés et les autres ont été acculés dans la zone frontalière entre l'Afghanistan et le Pakistan, a-t-elle déclaré.
Très impopulaire, l'engagement en Afghanistan est une épine dans le pied des responsables politiques australiens. Or le nouveau calendrier de retrait permettrait de rapatrier les soldats australiens avant les prochaines législatives.
Mme Gillard détaillera les intentions australiennes au sommet de l'Otan les 20 et 21 mai à Chicago, au cours duquel les gouvernements occidentaux veulent fixer le cadre de leur soutien à Kaboul après le retrait des troupes de combat.
Julia Gillard s'est dit confiante dans le fait que (le sommet de) Chicago reconnaîtra la mi-2013 comme un jalon dans la stratégie internationale en Afghanistan.
Cette échéance est un point de repère crucial pour les forces internationales qui pourront passer à un rôle de soutien à travers l'Afghanistan, a-t-elle dit.
Le retrait commencera dès que le président afghan Hamid Karzaï aura donné son feu vert pour le transfert de la sécurité aux forces nationales dans la province d'Uruzgan (sud), où sont stationnées la majorité des soldats australiens.
La décision du président Karzaï est attendue dans les mois à venir et le retrait devrait ensuite prendre de 12 à 18 mois, a précisé Mme Gillard.
La force de l'Otan en Afghanistan, l'Isaf, présente dans le pays depuis fin 2001, doit avoir quitté le pays à la fin 2014 après avoir graduellement transféré la responsabilité de la sécurité à l'armée et la police afghane.
Ce retrait est qualifié de prématuré par de nombreux observateurs en raison du niveau d'impréparation des forces de sécurité afghanes.
Malgré la présence de 130.000 soldats de l'Isaf, aidant 352.000 militaires et policiers afghans, Kaboul n'a pas réussi à défaire l'insurrection menée par les résistants. Les attaques ont repris de plus belle depuis la fin de l'hiver.
Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a démenti début avril toute accélération du processus de transition, tout en jugeant nécessaire de clarifier le calendrier après que plusieurs responsables occidentaux eurent parlé d'accélérer le retrait.
Notre objectif, qui est de voir l'Afghanistan assurer lui-même sa sécurité, n'a pas changé. Notre engagement et notre partenariat avec l'Afghanistan après 2014 reste inchangé, a déclaré M. Rasmussen la semaine dernière à Kaboul.

15/04/2012

http://www.romandie.com/news/n/_L_Australie_va_quitter_l_Afghanistan_en_2013_un_an_plus_tot_que_prevu_52170420120655.asp



4 Lutte pour la libération du territoire &  la victoire de la résistance Afghane

Pertes déclarée des occupants.

US & Isaf

IRIB - Mort de 5 militaires américains.  

Les Résistants ont fait part de la mort de 5 militaires américains dans l'Est de l'Afghanistan. Cet incident a eu lieu aujourd'hui midi lorsqu’une patrouille des militaires américains a été la cible par les forces de ce groupe, dans la province de Logar. Lors des affrontements, deux personnes auraient été tuées et trois autres blessées, a prétendu le Porte-parole des Résistants Zabihollah Mojahed. Un groupe des forces gouvernementales afghanes ont été pris pour cible d'une explosion dans la province de Ghazni et trois d'entre eux ont été tués a ajouté le Porte-parole des Résistants. Un char américain a explosé aujourd'hui midi à Soltanlou dans la province de Paktia et ses trois équipiers ont été tués.

12/04/2012

IRIB


IRIB -Afghanistan: 6 militaires américains tués  

6 militaires américains ont été tués dans la province de Ghazni en Afghanistan.

Cité par la radio en langue pachtoune, un porte-parole des Taliban a affirmé que deux véhicules militaires avaient été pris, ce samedi matin, pour cible de l’attaque de ce groupe dans la région de Sadaf Kheyl, à Jaghatu, et avaient été détruits. Six militaires américains ont été tués et 3 autres, blessés, au cours de cette attaque, ajoute le porte-parole .

15/04/2012


IRIB - La base de l'Otan attaquée! .

La police afghane a afit part d'une attaque d'envergure contre l'aéroport de Jalalabad dans l'est de l'Afghanistan : cet aéroport abrite l'une des principales bases des forces de l'Otan en Afghanistan.

15/04/2012

IRIB


 


 

5 Pertes des forces collaboratrice locales   -

IRIB- Au moins sept explosion à Kaboul .

 Au moins sept explosions ont secoué la capitale afghane Kaboul. le quartier diplomatique où sont situés les ambassades russe et britannique.

D'autres attaques sont lancées dans d'autres provinces.

15/04/2012

IRIB


Prisons

IRIB - Des résistants font évader 400 prisonniers.  

Près de 400 détenus, dont des résistants, se sont évadés dimanche d’une prison dans le nord-ouest du Pakistan, dans une attaque revendiquée par les résistants pakistanais.

Plus de 150 hommes lourdement armés ont pris d’assaut la prison centrale de Bannu, proche des zones tribales de Khyber et d’Orakzai, à la grenade et au lance-roquettes.
Ehsanullah Ehsan, le porte-parole de Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), le parti des résistants pakistanais, a revendiqué l’opération. « Nous avons attaqué la prison de Bannu et avons libéré nos membres » « Dans quelques jours, lorsqu’ils auront tous rejoint leur poste, nous fournirons des détails à leur sujet. Pour le moment, je ne peux pas vous donner de chiffres précis », a-t-il ajouté. L’attaque a été lancée vers 01 h et a duré environ deux heures.

15/04/2012

IRIB



6 Médias etManipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

Compréhensions, incompréhensions
 Voici un documentaire basé sur des témoignages édifiants d'humanitaires revenus d'Afghanistan au lendemain du 11 septembre 2001.

Les Résistants tels qu'ils étaient alors perçus par des hommes et des femmes les côtoyant au quotidien et non pas tels qu'ils ont été fantasmés par les grands États occidentaux.
Première partie

http://www.dailymotion.com/video/xl0jvb_afghanistan-my-love-1_news


« Plus d'une dizaine de soldats seraient impliqués dans lune tuerie de Kandahar (enquête)
Vous ne trouvez pas un peu bizarre que nous n'ayons dans nos "grands médias libres occidentaux" qu'une seule version des faits et qu'il faille aller chercher du côté des médias chinois, russes ou iraniens pour avoir connaissance simplement du fait qu'il existe une autreversion des faits (par exemple celle du Daily outlook de ...Kaboul)...ce qui se dit sur l'Afghanistan répète ce qui s'est dit sur l'Irak, répète ce qui s'est dit sur la Libye et ...ce qui se dit sur la Syrie ...on ne peut plus croire les "gros" journaleux de l'ouest et du Golfe, il faut donc revenir aux bonnes vieilles méthodes du recoupement des informations !!!!!! et reposer aussi la question : d'où vient le financement de tel ou tel média ?
Car celui qui paie dicte ! »

http://french.news.cn/monde/2012-03/18/c_131474273.htm



7 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

 

7-1 Patrick Martin : Le My Lai afghan.

L'acte commis par un sergent-chef américain, dont l'identité n'a pas été révélée, dans le district de Panjwai qui fait partie de la province de Kandahar, tuant au moins 18 civils innocents dont neuf enfants, démontre à la fois la brutalité de cette guerre d'agression lancée par l'impérialisme américain en Afghanistan et au Pakistan et son aggravation.

Cette atrocité rappelle, par son horreur et ses effets politiques potentiels, le massacre de My Lai au cours de la guerre du Vietnam, un crime de masse encore plus important qui avait fait comprendre à la majeure partie de la population américaine, et particulièrement aux jeunes, toute la barbarie de cette guerre en Asie du Sud-Est.

Le Massacre de My Lai avait été porté à l'attention du public pour la première fois dans des articles écrits par Seymour Hersh, alors journaliste d'investigation au New York Times, qui avait décrit le meurtre de centaines de villageois vietnamiens par un peloton de soldats américains sous les ordres du sous-lieutenant William Calley.

Il y a des différences évidentes dans les détails des événements du 12 mars 2012 et de ceux du 16 mars 1968, presque exactement 44 ans plus tôt. Le massacre de dimanche semble être le fait d'un tireur isolé qui, d'après les articles de presse, souffrait de problèmes psychologiques suite à quatre déploiements en zone de combat en Irak et en Afghanistan. À My Lai, 26 soldats avaient participé au meurtre de 504 civils. Ils suivaient des ordres donnés par l'état-major américain, qui leur avait confié la tâche de détruire le village, brûler toutes les maisons, et qui leur avait présenté l'ensemble de la population comme des sympathisants du Front de libération nationale, la résistance nationaliste vietnamienne.

Les relents du Vietnam, la plus grande défaite de l'impérialisme américain, planent maintenant sur toute l'opération américano-OTAN en Afghanistan. Le régime fantoche de Kaboul, comme son prédécesseur au Sud Vietnam, a été créé par un vaste afflux de troupes et de dollars américains, sans aucun soutien significatif dans la population locale. Les membres dirigeants du régime sont recrutés parmi les gens les plus prédateurs et dénués de principes, ils s'occupent de garnir leurs comptes en banques à l'étranger plus que de remporter une guerre qu'ils considèrent comme déjà perdue et pour laquelle ils ne sont prêts à prendre aucun risque.

Rien qu'au cours de la semaine dernière, il y a eu des reportages dans la presse américaine de milliards d'aide américaine pillés par les compères du Président Hamid Karzai, en lien avec la faillite de la Banque de Kaboul, et d'une intervention de la part des proches conseillers de Karzai pour empêcher une enquête sur ces détournements. Le Wall Street Journal a rapporté que les représentants américains enquêtent maintenant sur des accusations selon lesquelles l'armée de l'air afghane, créée par le Pentagone, servait au trafic de drogues et d'armes dans tout le pays - l'Afghanistan est la source de 90 pour cent de l'opium mondial. Toute personne connaissant un peu l'histoire de la guerre du Vietnam y reconnaîtra le processus de corruption et de décrépitude qui annonce la chute.

Comme ce fut le cas au Vietnam, les meurtres fratricides sont devenus une importante cause de pertes humaines pour les troupes d'occupation en Afghanistan. Au Vietnam, il y avait des appelés récalcitrants qui commettaient des « fragging [tuer à la grenade à fragmentation, ndt] » contre des officiers particulièrement brutaux ou belliqueux durant leur sommeil. En Afghanistan, les policiers et soldats afghans entraînés par les États-Unis et leurs alliés de l'OTAN ont tué des dizaines de leurs "alliés" au cours d'une série d'attaques dites « green on blue » [dans les systèmes d'identification militaires, le bleu désigne les troupes alliées et le vert les neutres, le choix des termes est remarquable, ndt]. La semaine dernière, un policier Afghan a permis à des insurgés résistants de passer un barrage et de tuer neuf de ses camarades policiers pendant leur sommeil, puis s'est sauvé avec eux.

Le parallèle entre Panjwai et My Lai constitue une puissante réfutation des affirmations incessantes du gouvernement et des médias contrôlés par de grands groupes selon lesquelles l'impérialisme américain serait engagé dans des interventions militaires de par le monde pour des raisons « humanitaires. » D'abord sous George W. Bush, puis sous Barack Obama, on a fait pleuvoir les bombes et les missiles américains sur les peuples d'Irak, d'Afghanistan, du Pakistan, du Yémen et de Libye, et bientôt peut-être sur la Syrie et l'Iran.

La vérité c'est que, comme pour le Vietnam, l'expansion du militarisme au cours de la décennie précédente a un caractère absolument criminel. L'élite dirigeante des États-Unis n'est pas moins brutale et impitoyable que dans les années 1960. Si ses méthodes sont devenues plus sophistiquées technologiquement - les bombes intelligentes et les missiles guidés par drones remplaçant les B-52 et le napalm - le mépris fondamental et l'arrogance des impérialistes envers le peuple qu'ils agressent sont les mêmes, ils trouvent inévitablement leur expression dans le genre de sauvagerie commise dimanche matin.

En Afghanistan en particulier, Obama a joué le rôle principal dans l'escalade de la violence, triplant la présence des troupes américaines et étendant la guerre dans tous les recoins du pays, et également par-delà la frontière au Pakistan. Il y a nommé le général Stanley McChrystal, qui avait dirigé la campagne d'assassinats de résistants irakiens, pour qu'il mène un effort similaire en Afghanistan, puis l'a limogé lorsqu'il a exprimé des scrupules sur l'usage sans distinction de la force aérienne contre les civils.

Sous le successeur de McChrystal, le général David Petraeus, les forces spéciales américaines ont grandement augmenté leurs raids de nuit qui ont dévastés de nombreux villages afghans. Cela s'accompagnait d'outrages de plus en plus graves, dont quelques-uns ont été largement rapportés, comme le fait d'uriner sur des cadavres, de prendre les doigts ou autres parties de corps des Afghans tués comme trophées, et l'incinération de Corans à la base aérienne de Bagram.

Le massacre de Panjwai révèle également le rôle réactionnaire des groupes de pseudo-gauche qui ont contribué à canaliser le sentiment des masses contre la guerre en Irak vers un soutien au Parti démocrate et à la campagne électorale d'Obama. Beaucoup de ces organisations trouvent leur origine dans les mouvements de protestations des années 1960 en réaction à la guerre du Vietnam, mais ils sont passés dans le camp de l'impérialisme américain et ont abandonné tout ce qui pourrait ressembler de loin à une opposition à ses crimes. L'an dernier, ils ont fait la claque pour le bombardement de la Libye par les États-Unis et l'OTAN ; aujourd'hui, ils font de même pour une intervention extérieure contre le régime d'Assad en Syrie ; Et demain, ils seront prêts à soutenir une guerre américano-israélienne contre l'Iran.

Le Parti de l'égalité socialiste lutte pour mobiliser la classe ouvrière, aux États-Unis et internationalement, contre le militarisme américain et ses agressions. Le premier principe de la campagne du PES dans les élections de 2012 est l'internationalisme : unir la classe ouvrière du monde entier dans une lutte commune contre le système capitaliste. Nous exigeons le retrait immédiat de toutes les troupes américaines et de l'OTAN d'Afghanistan, des réparations en argent pour le peuple Afghan, et nous exigeons que les criminels de guerre responsables de cette guerre soient jugés.

Patrick Martin
16 mars 2012

 (Article original paru le 13 mars 2012)

http://www.wsws.org/francais/News/2012/mar2012/afgh-m16.shtml


 

7-2 Bill Van Auken : Le massacre en Afghanistan : le produit d’une guerre criminelle.

Depuis que le nom du soldat accusé d’avoir massacré 16 civils afghans vendredi dernier a été publié, les médias ont tenté de rendre ce crime horrible compréhensible en fouillant dans l’histoire et les problèmes personnels du sergent-chef Robert Bales, tout en ignorant scrupuleusement la nature elle-même criminelle de la guerre.

Bales, qui est détenu à la prison militaire américaine de Fort Leavenworth, au Kansas, est accusé par l’armée d’avoir quitté son avant-poste du district de Panjawii dans le sud de la province de Kandahar avant l’aube le 11 mars et d’être entré dans des maisons des villages voisins, attaquant, poignardant et tuant des Afghans, neuf d’entre eux des enfants. Dans une maison, il a été rapporté qu’il a empilé les corps de ses victimes avant de les brûler.

Il est maintenant universellement décrit comme un soldat « fou ». Le président Barack Obama, la secrétaire d’État Hillary Clinton et le commandant américain en Afghanistan, le général John Allen, ont tous fait des déclarations formelles assurant que les actions de Bales ne reflètent pas les valeurs et l'état d'esprit de l’armée américaine. Selon cette version officielle, la seule question qui mérite une réponse est : qu’est-ce qui l’a fait « craquer » ?

Les faits de cette version ont été remis en question par les villageois afghans, le président fantoche du pays, Hamid Karzaï, ainsi qu’une commission d’enquête formée par la chambre basse du parlement afghan. Ceux-ci ont tous dit que le massacre a été perpétré non pas par un tireur en solo, mais par 15 à 20 soldats. La commission parlementaire a présenté les résultats de ses recherches pendant la semaine. Elle a conclu entre autres que deux femmes, victimes du massacre, avaient été violées.

Même si la version de l’armée américaine de ces évènements sanglants était véridique et que Bales avait vraiment agi seul, le fait qu’une majorité écrasante d’Afghans croit que plusieurs soldats américains étaient impliqués dans le massacre est révélateur. Clairement, ils ne voient pas cela comme l’action d’un franc-tireur ou d’un « fou », mais plutôt comme un épisode routinier dans une guerre et une occupation qui durent depuis une décennie et qui ont coûté la vie à de dizaines de milliers de civils afghans.

L’information qui a circulé sur Bales jusqu’à maintenant laisse croire qu'il a été victime de nombreux stress et crises. Il a joint l’armée en 2001, quelques semaines après les attaques du 11-Septembre, mais aussi après qu’une crise sur les marchés boursiers ait mis fin à une brève carrière en tant qu’investisseur financier.

Il a été envoyé en Afghanistan l’année dernière après qu’il ait fait trois périodes de service et qu’il ait été amené à croire qu’il ne serait pas renvoyé dans une zone de guerre. On lui a refusé une promotion et il a dû faire face à des problèmes financiers importants, ayant été fortement endetté et forcé de vendre sa maison à découvert. En Irak, il a souffert d'un traumatisme au cerveau et son avocat a indiqué que le fait qu’il souffre peut-être d’un syndrome de stress post-traumatique pourrait devenir une question importante lors de son procès.

Tous ces facteurs reflètent les conditions auxquelles font face des centaines de milliers de membres de l’armée « de volontaires » américaine après avoir lancé pendant une décennie deux guerres simultanément au Moyen-Orient et en Asie centrale. Alors que l’establishment politique et les deux partis principaux demandent régulièrement à la population de « soutenir nos troupes » comme un moyen d’obtenir l’acceptation de la guerre impérialiste, la réalité est que ces soldats sont vus par l’élite dirigeante comme des produits jetables.

Tout comme les problèmes attribués à Bales ne sont pas uniques, les actions horribles qu’il est accusé d’avoir commises ne sont pas simplement le produit d’une dépression nerveuse.

Selon les enquêteurs du parlement afghan, les villageois ont clairement vu un motif pour le massacre : la revanche. Ils ont déclaré que les soldats américains les avaient avertis qu’ils feraient face à des représailles pour les explosions de bombes qui ont blessé plusieurs soldats. Selon les avocats de Bales, le sergent-chef avait vu les jambes de son ami arrachées par l'explosion d'une bombe le jour avant le massacre.

Il est peu probable que le commandement de l’armée américaine n’ait pas anticipé de tels actes de vengeance. Le mois dernier seulement, au milieu des soulèvements de masse provoqués par l'incinération de copies du Coran, le général Allen a été montré aux nouvelles américaines en train de s’adresser à un des soldats américains à une base de l’est de la province de Nangarhar, où deux soldats avaient été tués le jour précédent. « Ce n’est pas le moment de se venger, ce n’est pas le moment pour la vengeance, » a dit le général.

Reconnaissant que les soldats étaient pris de « colère et d’un désir de répliquer », Allen les a imploré de « se rappeler leur discipline, leur mission, qui ils sont ».

Ces mots n’ont pas été choisis au hasard. Le général Allen et le reste du haut commandement de l’armée américaine reconnaissent que la menace de soldats américains faisant des actes sanglants de revanche ne provient pas de la maladie mentale de telle ou telle personne, mais plutôt de la nature même de la guerre : une occupation de style coloniale qui a monté l’armée américaine contre une résistance populaire grandissante qui n'a pu être vaincue.

De tels actes de revanche, ainsi que d’innombrables et souvent plus mortels bombardements, massacres lors d’un assaut de nuit et autres actions meurtrières, sont une conséquence inévitable de guerres d’agression impérialistes déclenchées par l’administration Bush et maintenues sous le président Barack Obama.

Les médias de la grande entreprise, qui ont joué un rôle si important en faisant la promotion des mensonges utilisés pour justifier ces guerres, n’ont aucun intérêt à analyser ce que ce dernier massacre dit sur la guerre elle-même. Comme le gouvernement, son principal souci est de couvrir de tels crimes ou, lorsque cela devient impossible, de détourner l’attention de leur signification objective.

Le sergent-chef Bales et tous les autres soldats américains impliqués dans le massacre à Kandahar doivent répondre de leurs crimes. Cela dit, les criminels beaucoup plus importants sont ceux dans l’administration Bush et Obama qui les envoient tuer et mourir dans des guerres basées sur des mensonges.
Bill Van Auken 

 Mondialisation.ca,

Le 30 mars 2012

wsws.orgArticle original, WSWS, paru le 20 mars 2012



7-3 Richard Hétu : Des photos choc de militaires américains.

En février 2010, plusieurs soldats dépêchés pour relever les empreintes digitales et tenter de prendre l'empreinte rétinienne d'un insurgé qui s'était fait exploser, se sont pris en photo alors que certains soulevaient les jambes déchiquetées.

 (Bruxelles) Des photos choc de militaires américains posant avec des restes humains d'Afghans ont provoqué un scandale, hier aux États-Unis, entraînant des condamnations du Pentagone, de la Maison-Blanche et du département de la Défense.

Publiées par le Los Angeles Times, les photos montrent des militaires souriants près des cadavres ou de parties de cadavres.

Réagissez sur le blogue de Richard Hétu

 Une photo montre un soldat avec la main d'un insurgé mort sur l'épaule. Dans une autre, on peut voir des soldats photographiés près des jambes appartenant à un homme qui s'est fait sauter dans un attentat suicide. Une autre image, que le journal a décidé de décrire mais de ne pas publier, montre des soldats près d'un cadavre qui fait un doigt d'honneur à l'objectif de l'appareil photo.

Les photos ont été prises en 2010 par des membres de la 82e division aéroportée. Au total, le journal dit avoir reçu 18 photos d'un militaire de la 82e division qui veut garder l'anonymat. Le militaire est « dégoûté « par les manquements et le « climat d'impunité « observé sur place.

Hier, le secrétaire à la Défense, Leon Panetta, a déploré le comportement des militaires photographiés. Il s'est aussi dit déçu de la décision du journal. 

« Nous avions demandé au L.A. Times de ne pas publier ces photos pour la simple et bonne raison qu'elles sont utilisées par l'ennemi pour inciter à la violence «, a-t-il déclaré.

Le capitaine John F. Kirby, porte-parole du Pentagone, a dit qu'une enquête avait été ouverte, et que les soldats fautifs seront punis.

Décision difficile

Le L.A. Times était en contact avec la Maison-Blanche et le Pentagone depuis plusieurs semaines pour tenter d'évaluer l'authenticité des photos. Le quotidien a finalement accepté de donner un délai de 72 heures à l'armée avant de publier les images, le temps que les militaires photographiés soient mutés pour leur protection.

Le rédacteur en chef du L.A. Times, Davan Maharaj a dit que la décision de publier les images n'a pas été prise à la légère.

 « Après analyse, nous avons décidé de publier un petit nombre de photos qui sont représentatives de l'ensemble des images reçues, a-t-il déclaré dans une note diffusée sur le site du journal. Cela nous permet d'offrir à nos lecteurs un portrait impartial de la mission américaine en Afghanistan, incluant des manquements à la discipline des unités. «

La décision de publier les images a provoqué des réactions tranchées chez les lecteurs du journal. Le L.A. Times a diffusé certaines réactions, hier.

 « Nous comprenons tous que vous avez le droit de publier ce que vous voulez en vertu de la liberté d'expression : cela étant dit, vous auriez pu vous abstenir de le faire, écrit un lecteur. Quel est l'objet de cet article, à part le fait de présenter nos militaires sous un jour défavorable? «

Un autre a écrit : « Cela n'a rien à voir de l'antiaméricanisme. C'est la position dans laquelle le gouvernement place les soldats. Peut-être que les gens s'impliqueraient davantage dans les groupes anti guerre si plus d'images comme celles-là circulaient. »

Richard Hétu

18-04

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/201204/18/01-4516445-des-soldats-et-des-restes-humains.php?utm_source=bulletinCBP&utm_medium=email&utm_campaign=retention

 


7-5 Robert Fisk : Ce n’est pas folie la cause de ce massacre.

Je commence à en avoir assez de l’histoire du soldat "dérangé".

Des villageois afghans prient sur la tombe d’une des 17 victimes du massacre perpétré par l’armée américaine dans le district de Panjway, dans la province de Kandahar - Photo : AP

Comme on pouvait s’y attendre, aussitôt que le sergent d’état major de 38 ans qui a massacré 16 civils afghans dont neuf enfants près de Kandahar cette semaine est rentré à sa base, les experts de la défense et des think tanks ont annoncé qu’il était "dérangé". Ce n’était pas un ignoble terroriste pervers et glacial, - ce qui aurait été le cas évidemment s’il avait été un Afghan, et surtout un Taliban —mais seulement un gars qui est devenu fou.

On a entendu les mêmes sottises à propos des soldats étasuniens assassins qui se sont déchaînés dans la ville irakienne de Haditha. C’est le même mot qui a été utilisé pour le soldat israélien Baruch Goldstein qui a massacré 25 Palestiniens à Hébron ; j’en ai d’ailleurs parlé dans un article quelques heures seulement avant que le sergent d’état major ne devienne tout à coup "dérangé" dans la province de Kandahar.

"Apparemment dérangé", "probablement dérangé" ont dit les journalistes, c’est un soldat "qui pourrait avoir eu une sorte de dépression nerveuse" (The Guardian), "un soldat étasunien criminel" (Financial Times) dont "l’acte de barbarie" (The New York Times) a "certainement [sic] été perpétré dans une crise de folie" (Le Figaro). Vraiment ? Est-ce que nous devons croire tout ça ? S’il était complètement fou, notre sergent d’état major n’aurait-il pas plutôt tué 16 compatriotes ? N’aurait-il pas plutôt massacré ses camarades et mis le feu à leurs cadavres ? Mais non, il n’a pas tué des Etasuniens. Il a préféré tuer des Afghans. Il a fait un choix. Pourquoi donc a-t-il tué des Afghans ? Nous avons appris hier qu’il avait rencontré peu de temps auparavant un copain dont les jambes avaient été arrachées. Que faut-il en conclure ?

La version afghane de l’événement a été curieusement lobotomisée - et même censurée - par ceux qui ont essayé d’expliquer l’horrible massacre de Kandahar. Ils se sont souvenu des livres du Coran brûlés - quand des soldats étasuniens de la base de Bagram ont incinéré des livres du Coran - et de la mort des six soldats de l’OTAN, dont deux étasuniens, qui s’en est suivi. Mais je veux être pendu s’ils n’ont pas oublié - et je parle de tous les articles qui traitent des récentes tueries - la déclaration remarquable et hautement significative d’un commandant en chef de l’armée étasunienne en Afghanistan, le Général John Allen, il y a exactement 22 jours. C’était une déclaration si inhabituelle que j’ai découpé l’article avec les paroles de Allen dans mon journal et que je l’ai mis dans ma serviette.

Allen a dit à ses hommes que "ce n’est pas le moment de se venger de la mort des deux soldats étasuniens tués au cours des révoltes de jeudi". Il a dit qu’il fallait, "résister à la tentation de rendre les coups" après le meurtre des deux étasuniens par un soldat afghan. "Il y aura d’autres moments comme celui-ci où vous vous demanderez quel sens ont ces morts", a ajouté Allen, "Il y aura d’autres moment comme celui-ci où vos émotions seront dominées par la colère et le désir de rendre les coups. Mais ce n’est pas le moment de se venger, c’est le moment de rentrer en nous-mêmes, de nous souvenir de notre mission et de nos règles, de nous rappeler qui nous sommes."

Quelles paroles extraordinaires venant d’un commandant de l’armée étasunienne en Afghanistan. Le général en chef a été obligé de recommander à une armée d’élite professionnelle, supposée être hautement disciplinée, de ne pas "se venger" contre les Afghans qu’ils sont supposés aider/protéger/éduquer/former/etc. Il a du demander à ses soldats de ne pas commettre de meurtres. Je sais que les généraux ont dit ce genre de chose au Vietnam. Mais en Afghanistan ? En est-on arrivé là ? J’ai bien peur que oui. Parce que - bien que je n’aime pas les généraux - j’en ai rencontré beaucoup et la plupart du temps ils ont une bonne connaissance de ce qui se passe dans leurs troupes. Et je pense qu’Allen avait dû être informé par ses officiers que les meurtres qui avaient suivi l’incinération des Corans avaient rendus les soldats furieux et qu’ils pourraient envisager de se venger. Et il a donc essayé désespérément - par cette déclaration aussi choquante que révélatrice - d’empêcher le massacre qui a eu lieu dimanche.

Et pourtant, les "experts" avaient complètement oublié ces paroles quand ils nous ont parlé de ces tueries. Aucune référence aux paroles du Général Allen dans leurs articles, pas une seule —parce que bien sûr, cela aurait contredit la thèse du sergent "dérangé" et lui aurait donné un mobile possible pour tuer. Comme d’habitude les médias se sont entendus avec l’armée pour créer un fou plutôt qu’un soldat criminel. Pauvre garçon, il a perdu la tête. Il ne savait pas ce qu’il faisait. Pas étonnant qu’on l’ait rapatrié d’Afghanistan de toute urgence.

Nous avons tous eu nos petits massacres. Il y a eu My Lai, et notre petit My Lai à nous, dans un village de Malaisie appelé Batang Kali où les Gardes Ecossais - impliqués dans un conflit contre des insurgés communistes aguerris - ont assassiné 24 hommes désarmés qui récoltaient le caoutchouc en 1948.

Bien sûr on peut dire que les français en Algérie ont fait pire que les Etasuniens en Afghanistan - une unité d’artillerie française a, dit-on, fait "disparaître" 2000 Algériens en six mois - mais c’est comme de dire que nous sommes meilleurs que Saddam Hussein. Même si c’est vrai, mais cela ne fait pas de nous des êtres moraux. Et c’est cela dont il s’agit : de discipline, de moralité, de courage. Le courage de ne pas tuer pour se venger. Mais quand on perd une guerre qu’on prétend gagner - je parle bien sûr de l’Afghanistan - je crois que c’est trop demander. Le Général Allen semble bien avoir perdu son temps.

Robert Fisk - The Independent

27 mars

The Independent - Pour consulter l’original :
http://www.independent.co.uk/opinio...
Traduction : Info-Palestine.net



8 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

 

CORDÉLIA BONAL :Campagne présidentielle française : Comparatif de programmes Afghanistan, Défense, adhésion de la Turquie à l'Union européenne... Qui dit quoi.

La campagne présidentielle ne franchit pas les frontières. La politique internationale n'est abordée qu'à la marge par les candidats, au fil des remous de l'actualité : le fonctionnement de l'ONU à l'occasion de la crise en Syrie, la présence en Afrique à l'occasion du coup d'Etat au Mali...

La «Lettre au peuple français» de Nicolas Sarkozy fait l'impasse sur ces questions (autrement que par le prisme de l'immigration), et il faut s'en remettre au programme de l'UMP pour connaître les orientations du Sarkozy candidat. François Hollande, attaqué par le camp sarkozyste aux débuts de la campagne sur son manque de stature internationale, y consacre quatre de ses 60 engagements. Si l'on s'en tient aux programmes, des dix candidats, ce sont finalement Marine Le Pen et Jacques Cheminade qui se montrent les plus diserts sur le sujet, la première dans une optique de résistance à «la logique euro-atlantique», le second détaillant longuement les tenants et aboutissants d'un «pont terrestre eurasiatique».

L'Afghanistan

Sur le principe du retrait des troupes, tous les candidats sont d'accord : la France doit quitter ce bourbier. Mais selon quel calendrier ? L'Otan a programmé le retrait total des troupes de combat à la fin 2014. En France, la mort de quatre militaires tués par un soldat afghan en janvier a précipité les positions des uns et des autres. Nicolas Sarkozy a ainsi décidé d'avancer à la fin 2013 le retrait de la totalité des troupes combattantes françaises. C'est encore trop loin pour François Hollande qui, tout comme Eva Joly (Europe Ecologie - Les Verts), vise un retrait d'ici la fin de l'année : «Il n’y aura plus de troupes françaises dans ce pays à la fin de l’année 2012», a répété à plusieurs reprises le candidat socialiste.

Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) est plus que d'accord : «La France n'a rien à faire dans cette guerre américaine. Nos soldats doivent quitter immédiatement l'Afghanistan.» Idem pour Marine Le Pen (Front national) et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) qui prônent une sortie «tout de suite», «en ne gardant comme facteur de choix essentiel que celui de la sécurité de nos soldats qui ont déjà assez payé de leur sang notre présence en Afghanistan», précise la candidate FN. Jacques Cheminade s'engage lui à un retrait «dans les quatre mois» avec le réemploi des troupes ainsi dégagées pour «la participation à nos grands travaux à réaliser en Afrique».

Pour Nicolas Sarkozy, le retrait immédiat est inenvisageable. «Je trouve totalement irresponsable, et même dangereuse, l'idée d'un retrait précipité de toutes nos forces d'ici fin 2012. Il n'y a pas un expert militaire pour valider cette stratégie qui ferait courir un risque à nos soldats, et qui nous couperait de nos alliés; qui peut souhaiter pareil déshonneur à notre armée», a-t-il rétorqué à ses concurrents à la présidence le 11 avril, dans un entretien à la revue L'Essentiel des relations internationales. Pas de précipitation, juge aussi François Bayrou, qui avait voté pour le maintien des troupes française en 2008 à l'Assemblée nationale: «Oui il faut partir, le plus vite possible, mais en ordre, en ayant transmis à la sécurité afghane la sécurité du pays», jugeait-il en mai 2011.

A la gauche de la gauche, Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), qui est au demeurant «pour la sup­pres­sion de l’armée per­ma­nente», «condamne» l'intervention en Afghanistan, tandis que Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste) exige «le retrait des troupes françaises de tous les pays étrangers (en particulier la Françafrique et l’Afghanistan)».

Le conflit israélo-palestinien

C'est entendu, les candidats sont pour la reconnaissance de l’État de Palestine. Mais comment, et à quelles conditions ?
Nicolas Sarkozy a promis, le 6 mars sur France 2, que s’il était réélu, il mettrait en place une initiative de la France et de «toute l’Europe» pour la paix. En septembre 2011, le Président avait défendu à l'ONU «la reconnaissance mutuelle de deux Etats nations pour deux peuples, établis sur la base des lignes de 1967 avec des échanges de territoires agréés et équivalents». Pour y arriver, il plaide aujourd'hui un «changement de méthode, (…) une relance rapide, crédible de la négociation, avec un calendrier précis, un mécanisme de suivi». Généralement perçu comme un ami d'Israël, le président avait malgré tout surpris en octobre en soutenant l'adhésion de la Palestine à l'Unesco.
François Hollande, qui a rencontré en décembre le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas de passage à Paris, s'engage «à prendre des ini­tia­tives pour favo­riser, par de nou­velles négo­cia­tions, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine». «Je sou­tiendrai la recon­nais­sance inter­na­tionale de l’Etat pales­tinien», promet-il. En juin, le Bureau national du PS
avait d'ailleurs réaffirmé sa position en faveur de la reconnaissance mutuelle de deux Etats.
Jean-Luc Mélenchon, Eva Joly et Philippe Poutou défendent aussi la «reconnaissance de l’Etat de Palestine par la France et par l’UE».
Quant à Marine Le Pen, elle déclare que «si nous soutenons la formation d’un Etat palestinien, il n’en demeure pas moins qu'Israël doit être assuré d’une existence indiscutable et d’une sécurité garantie». Même ligne pour Nicolas Dupont-Aignan : «Une fois de plus, la France devrait rappeler la base des résolutions de l’ONU, le droit d’Israël à vivre en sécurité et en paix, le droit des Palestiniens d’avoir un Etat qui corresponde à leur peuple et à leur nation, un compromis enfin, sur Jérusalem qui appartient à l’humanité tout entière.»

La Défense

> L'Otan
Faut-il sortir du commandement intégré ? Trois fois oui pour Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Luc Mélenchon, Jacques Cheminade, Philippe Poutou, Eva Joly. Mais pas pour François Hollande qui préfère s'attacher «à ce que l’Otan retrouve sa vocation initiale : la préparation de la sécurité collective». Ni pour Nicolas Sarkozy, qui a précisément ramené la France dans l'Otan.
> Le budget
Les militaires redoutent de faire des arbitrages budgétaires si la gauche, et en particulier le candidat socialiste, passe. Car François Hollande compte recruter 60 000 postes dans l’éducation, qu'il faudra bien financer en coupant ailleurs. «Normalement, la Défense ne doit pas remplacer 14 000 fonctionnaires partant à la retraite. Il y aurait une diminution des effectifs. Je mènerai également un nouvel acte de décentralisation, donc transfert d’un certain nombre de compétences aux collectivités locales. Nous aurons donc aussi cette clarification des compétences et des responsabilités à l’échelle territoriale», a précisé le candidat dans un
entretien à Libération le 12 avril. Pas question en revanche pour Hollande de toucher à la dissuasion nucléaire, l’«assurance-vie» du pays.
François Bayrou refuse tout net que «la Défense soit considérée comme la «variable d’ajustement» budgétaire : «L’effort qui lui sera demandé sera le même que celui qui sera imposé aux autres administrations publiques du pays.» Et s'engage à «maintenir la gestion des ressources humaines de la Gendarmerie dans le périmètre du ministère de la Défense».

Jean-Luc Mélenchon, qui défend l'arrêt de la Révision générale des politiques publiques (RGPP, non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite), compte maintenir à ce titre les effectifs dans l'armée. Il défend aussi le droit pour les militaires de se syndiquer.
Nicolas Dupont-Aignan est pour le maintien du budget de la défense à 2% du PIB (soit 200 millions d’euros en 2012) et pour la construction d'un second porte-avion, tout comme Marine Le Pen, qui propose aussi la création d'une garde nationale de 50 000 réservistes sur le territoire.
A l'autre bout, Eva Joly, qui s'est collée une étiquette antimilitariste pour avoir remis en cause le défilé militaire du 14 Juillet, plaide pour «une Europe de la défense assumée». Elle est pour le «report ou l'annulation des investissements militaires» et le désarmement nucléaire, ainsi que pour le démantèlement des bases militaires françaises à l'étranger, comme Nathalie Arthaud.

Philippe Poutou, enfin, est aussi pour une réduction drastique du budget de la Défense.

La Turquie

A-t-elle oui ou non vocation à entrer dans l'Europe ? Les deux favoris sont contre l'adhésion. Nicolas Sarkozy s'y est toujours opposé, considérant avec l'UMP que «ce pays qui ne fait pas partie de l’Europe». Et François Hollande, qui avait paru laisser la porte ouverte lors de la primaire socialiste, est aujourd'hui catégorique : il n'y aura «pas d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne» lors de son quinquennat, s'il est élu, puisque «aucune condition majeure n'est réunie», a-t-il déclaré lors de l'émission «Des paroles et des actes» sur France 2 le 12 avril. Quelles conditions ? En 2004, alors Premier secrétaire du PS, il avait insisté sur les droits de l'homme et la reconnaissance du génocide arménien.
François Bayrou y est aussi hostile, de même que Jean-Luc Mélenchon «tant que l'Europe n'a pas une réelle politique sociale». Marine Le Pen est radicalement contre.
Eva Joly garde l'adhésion comme «perspective» et son parti, EE-LV est pour la «relance des discussions». C'est finalement Philippe Poutou qui se montre le plus ouvert : «Je suis évidemment favorable à ce que la Turquie puisse rentrer dans l’Europe», «au nom de l’Europe des peuples», a-t-il répondu au
Nouvel Observateur.

La francophonie

Tous les candidats promettent de la relancer, mais sans vraiment préciser les choses: «grande concertation», «politique déterminée»
Nicolas Sarkozy, qui soigne son électorat à l'étranger et avait fait prendre en charge par l'Etat les frais de scolarité des lycéens inscrits dans des établissements français à l’étranger, entend s'il est réélu «développer les implantations de lycées français à l’étranger, particulièrement dans les pays émergents, en s’appuyant sur des partenariats public-privé». Sur ce sujet, Hollande prendra «les mesures nécessaires pour accompagner nos compatriotes établis hors de France, notamment en matière d’enseignement, en fonction de leurs revenus».

Et aussi…

Ecologie. Plusieurs candidats se disent favorables à de nouvelles institutions telles qu'une «Organisation mondiale de l’environnement» (François Hollande, Eva Joly), un «Tribunal international de justice climatique» (Jean-Luc Mélenchon), un «Conseil stratégique permanent de la mer» (Marine Le Pen).

Asie. Le FN, qui trouve que «notre absence en Asie est criante», fixe comme «priorité» la «formation de diplomates spécialistes de l’Asie et le renforcement de notre projection dans ces pays seront parmi nos priorités de politique étrangère». Et conditionne l'aide aux pays pauvres à un accord sur les flux migratoires.

Afrique. Eva Joly prône «la dissolution de la cellule Afrique de l’Elysée», et la fin du droit de veto à l'ONU.

Espace. Enfin, fidèle à son intérêt désormais bien connu pour l'espace, Jacques Cheminade appelle de ses vœux un «système de veille spatiale plus efficace contre l’intrusion d’astéroïdes ou de comètes dans l’atmosphère terrestre».

CORDÉLIA BONAL

18-04
http://www.liberation.fr:80/monde/2012/04/18/la-politique-etrangere-ne-fait-pas-campagne_812356?xtor=EPR-450206

 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

23/04/2012

n° 528 - Les Dossiers d'Irak - 22/04 - a1- Sale temps pour les Américains à Bagdad


n° 528 -   Les Dossiers d'Irak - 22/04 - a1-   Sale temps pour les Américains à Bagdad


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

LesDossiers d'Irak


n° 528                                                      22/04/2012

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Dossier d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes blog : 

http://www.dhblogs.be/categories/International.html  http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

 

b) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

c) Sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

d) Sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

e) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 f) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Tiré à part :

Gilles Munier : Sale temps pour les Américains à Bagdad.

Point de vue

1-1 Hassan Hamade Annan : Génocide en Iraq et Paix en Syrie ?

2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1 Les militaires, drogués comme des cyclistes ?

2-2 Julie Lévesque : L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité.

3 Les Brèves

3-1  Belga : Bagdad accuse des pays arabes de faciliter le terrorisme en Irak.

4-1 Gilles Munier : Tarek Aziz et la mort lente des prisonniers politiques irakiens.

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 John Pilger : Il est temps que nous reconnaissions la criminalité du gouvernement de Blair.

6 Annexe

6-1 L’ex geôlière bourreau d’Abou Ghraïb ne regrette pas ses actes

6-2 Glen FORD : Guerres impérialistes: le pays du goulag levant (USA) et la France arrogants dans la défaite.

 



Tiré à part :

Gilles Munier :Sale temps pour les Américains à Bagdad.
La « guerre annoncée » contre l’Iran et « l’axe chiite » oblige Nouri al-Maliki à se débarrasser du maximum de « contractors », ces mercenaires occidentaux qui pullulent en Irak, et de surveiller les déplacements des agents de sécurité de l’ambassade US.
Plusieurs dizaines de milliers de « contractors » – mercenaires – américains ou étrangers, employés par des sociétés militaires privées (SMP), détestés par la population, sont toujours en Irak. Fin 2011, avant le départ du gros des troupes d’occupation étasuniennes, leur nombre était supérieur à celui des GI’s.
Nouri Al-Maliki qui peut difficilement se passer d’eux en matière de sécurité et de défense, craint à juste titre qu’ils participent à la déstabilisation de son régime en cas de bombardements de centres nucléaires iraniens par Israël, d’intervention étrangère armée en Syrie, ou d’attaque généralisée de « l’axe chiite » par l’Otan. Le temps où les « contractors » roulaient des mécaniques, au-dessus des lois, est donc révolu. Ils sont plus que jamais dans la ligne de mire des services secrets irakiens et iraniens qui guettent la moindre incartade de leur part pour les faire expulser, et qui n’hésiteront pas à les interner si l’Iran est attaqué.
Dès la semaine précédent le départ des GI’s, Ahmad, le tout-puissant fils de Nouri al-Maliki, a expulsé de la Zone verte des sociétés étrangères et les mercenaires qui s’y trouvaient et en a profité pour placer des chars près du domicile des opposants sunnites proaméricains. Les responsables des check points ont l’ordre de vérifier scrupuleusement les identités, la validité des visas, les autorisations de déplacement et de port d’armes des étrangers.
Finis les passe-droits
Début décembre, une équipe de mercenaires de la SMP Triple Canopy, liée par contrat au Département d’Etat étasunien, a été arrêtée sur la route de Taji.
Ils ont été détenus 18 jours dans des conditions exécrables pour eux - nourriture servie sur le sol crasseux de leur cellule, riz plein d’insectes – … mais de loin préférables à celles réservées aux opposants irakiens. Mark Fisher, un ancien sergent fidjien, arrêté avec deux Américain et douze Irakiens, a accusé ses geôliers de « tortures mentales »… et leur a reproché d’avoir dû passer Noël en prison. Il a fallu l’intervention du congressiste républicain américain
Peter King pour les libérer.
Début janvier, une centaine de « contractors » a été retenue pendant quelques jours à l’aéroport de Bagdad dans des cellules de la police des frontières.
Certains faisaient partie de la sécurité de l’ambassade des Etats-Unis. Pour ne pas dramatiser la situation, James Jeffrey, l’ambassadeur, a parlé d’«
ennuis » à porter au compte du « manque d’expérience » des fonctionnaires irakiens, des « lenteurs bureaucratiques ». Pour Latif Rashid, conseiller du président de la République irakienne, les étrangers débarquant à Bagdad sont dans des conditions semblables à celles d’un Irakien se rendant aux Etats-
Unis dans le cadre de son travail. Finis les passe-droits !
Tuez-les, sans sommation
Le 16 janvier dernier, quatre officiers américains, dont deux femmes, travaillant à l’ambassade qui effectuaient, selon eux, une patrouille de routine dans une BMW bourrée d’armes, ont été arrêtés près du domicile de Saleh Abdul Razzak, gouverneur de Bagdad, membre important du parti Dawa. Celui-ci les accuse d’avoir cherché à l’assassiner. Il exige désormais que les agents de sécurité US soient accompagnés par des policiers irakiens dans leurs déplacements. Sinon, il autorise les forces de l’ordre à les tuer… sans sommation ! Moqtada al-Sadr lui a apporté son soutien et appelé ses partisans à surveiller les étrangers. Le leader chiite estime que de nombreux assassinats inexpliqués sont l’œuvre des services secrets américains. Les arrestations d’ « agents américains » étant bien vues de l’opinion publique, le ministère de l’Intérieur – dont Maliki assure l’intérim depuis les dernières législatives –
accuse maintenant les sociétés de militaires privées étrangères de « porter atteinte à la sécurité de l’Etat », voire de servir de couverture au Mossad. C’est loin d’être une découverte ! Le 1er février, sur Al-Manar, la chaîne du Hezbollah libanais, plusieurs dirigeants chiites irakiens, ayant servi l’occupation sans broncher, abondent dans ce sens pour se refaire une virginité à bon compte (1).
(1) Reportage vidéo de Al-Manar « Irak: Le Mossad israélien dans les sociétés sécuritaires »

Gilles Munier (Afrique Asie – mars 2012)
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?cid=20&eid=48439&fromval=1



Point de vue

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1Hassan Hamade Annan : Génocide en Iraq et Paix en Syrie ?

L’ancien secrétaire général des Nations-Unies (1997-2006) et Prix Nobel de la Paix (2001), Kofi Annan, a été chargé par son successeur Ban Ki-Moon et par son homologue de la Ligue arabe, Nabil el-Arabi, de négocier une solution pacifique à la crise syrienne. Mais, Monsieur Annan est-il la personne la mieux placée pour cela ? Considérant sa responsabilité éminente dans le génocide de plus d’un demi-million d’enfants irakiens, Hassan Hamade en doute.

Réseau Voltaire | Beyrouth (Liban) | 22 mars 2012 

Monsieur Annan,

« L’Homme blanc a élevé à des hauteurs jamais atteintes la Civilisation du mensonge.  »

Je suppose que vous connaissez cette citation d’un grand intellectuel et historien réunionnais, Jean-Charles Angrand. Elle figure dans une lettre adressée par ce dernier il y a de cela un an et demi au professeur Jean Ziegler, alors coordinateur de la Commission des Nations unies chargée de la lutte contre la faim et pour le droit à l’alimentation.

Vous n’êtes pas sans savoir que les États-Unis opposent un refus catégorique à l’idée de faire figurer le droit à l’alimentation dans le cadre global des droits de l’Homme malgré le fait que ceux-ci ne sont jamais respectés dans le monde surtout par la puissance qui ne cesse d’en brandir l’étendard [1]

C’est sur ce point que Jean-Charles Angrand a voulu insister pour clarifier le débat sur les problèmes politiques comme sur les problèmes économiques et sociaux, surtout que l’une des armes de destruction massive les plus utilisées est l’arme de la faim et de la malnutrition [2]. Quant aux slogans sans cesse répétés en la matière, ils ne servent que pour la propagande. N’est-ce pas Winston Churchill qui a dit : « Pour être protégés, les grands projets ont besoin de sentinelles en mensonges » ?...

Je pense, Monsieur, que cette citation vous rappelle quelque chose, même beaucoup de choses…. à commencer par la tragédie irakienne favorisée par un flux continu de mensonges pour justifier la guerre et entretenir le blocus contre ce berceau de la Civilisation humaine. Le Comité des sanctions chargé d’appliquer le Programme « pétrole contre nourriture » – titre, en soit, sommet de cynisme et de sadisme humain – qui agissait sous votre autorité, a mis en marche un génocide, dans le vrai sens du mot, selon la qualification donnée à cette action par Marc Bossuyt, alors président de la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies [3] et grand professeur en Droit international. En effet, pendant votre premier mandat comme secrétaire général des Nations unies (1er janvier 1997-31 décembre 2000) le nombre des bébés irakiens tués par les sanctions, parce que privés de nourriture, de médicaments et de traitements médicaux adaptés, s’est élevé à plus de 550 000 enfants en bas âge. Il va sans dire que le « compteur » macabre s’était arrêté en l’an 2000, mais les tueries continuaient à travers le « Programme » qui s’est effondré au mois de mars 2003 avec l’invasion terrestre de l’Irak par la coalition anglo-saxonne et ses alliés.

Nous évoquons seulement le carnage des enfants et des bébés en laissant de côté les autres catégories de la population qui ont subi pratiquement le même sort. Mais l’histoire de votre Comité de sanctions et sa responsabilité dans ce génocide mérite bien d’être mise un peu en relief d’autant plus qu’on vous charge dès à présent de régler d’autres dossiers, non moins épineux, qui pourraient concerner directement la stratégie sanguinaire de l’Empire. Franchement, Monsieur Annan, votre nom à lui seul est devenu indissociable de cette tragédie qui n’a pas encore été prise en charge par la Justice internationale adaptée.

En évoquant ces meurtres en masse, Jean Ziegler ainsi que Hans-Christophe von Sponeck (ce dernier a dirigé à partir de Bagdad le Programme « pétrole contre nourriture ») s’accordent à considérer que .. « graduellement, à partir de 1996, le programme pétrole contre nourriture fut détourné de sa mission et servit d’arme de punition collective de la population fondée sur la privation de nourriture et de médicaments »….. et ce en contradiction flagrante avec la structure même du Programme telle que définie par le Conseil de sécurité, bien que la structure en elle-même est une aberration humaine, voire même une honte.

Des escrocs à la tête du « Programme »

Monsieur Annan, vous étiez au courant de toutes les pratiques et les malversations qui se déroulaient dans les différentes instances du « Programme » à commencer par le Bureau de ce « Programme » chargé d’examiner les demandes présentées par les entreprises qui aspiraient à décrocher des contrats. Le directeur de ce bureau vous l’avez-vous-même nommé à son poste, à la demande des États-uniens, malgré les suspicions qui l’entouraient. D’ailleurs il a fini par être inculpé par le District Court de New-York avant de se retirer à Chypre « où il coule des jours heureux » selon l’expression de Jean Ziegler. Il était votre protégé, Monsieur Annan. Vous lui avez assuré la couverture nécessaire pour le déploiement de ses minables talents. En même temps, vous vous absteniez à protéger le « Programme », ce qui aggravait les exactions de sorte que dans le monde entier on comparait cette machine infernale aux administrations les plus corrompues de la planète. Tout ça sur le dos du pauvre peuple irakien à qui on administrait des protocoles de destruction systématique. Il suffit de donner deux ou trois exemples des crimes perpétrés par cette administration à la tête de laquelle vous déployiez vos dons de faux sage africain.

Votre Comité de sanctions, animé par un code de conduite visant à rendre aux irakiens la vie infernale, se surpassait dans l’invention de méthodes, plus cruelles les unes que les autres, afin de remplir sa tâche diabolique. Par exemple le Comité refusait catégoriquement de permettre aux hôpitaux irakiens d’acquérir les machines de dialyse indispensables pour des milliers de patients. Un jour le représentant de l’OMS à Bagdad, Dr Ghoulam Rabbani Papal, passe une commande urgente à la représentation du « Programme » à Bagdad pour l’acquisition de 31 machines de dialyse. Cette demande fut immédiatement transmise à New-York au Comité des sanctions où, comme dans les films d’horreur, ont disparues les traces de cette commande. Il a fallu réitérer la même demande, avec un temps d’attente de plusieurs mois avant de recevoir une réponse. Ce n’est qu’après maintes interventions que le Comité a fini par donner son accord mais pour 11 machines seulement !!!... et l’histoire ne s’arrête pas là car ces 11 machines une fois livrées se sont trouvées bloquées au poste frontière jordano-irakien, par une décision anonyme. Il a fallu deux années de démarches acharnées pour pouvoir les libérer. Il va sans dire qu’entre-temps le nombre des patients irakiens qui périrent, femmes, enfants, vieillards etc…., dépassait tous les décomptes imaginables. C’était en l’an 2000.

Monsieur Annan, comment avez-vous accepté qu’une cruauté pareille soit commise sous votre autorité ?... mutisme total de votre part. Avez-vous entendu parler d’un crime qui s’appelle non-assistance à personne en danger, vous qui êtes supposé ne pas ignorer la loi… ?

Silence, on torture !

En 1999, alors que le corps médical irakien parvenait à faire des miracles compte-tenu de l’extrême privation qui le frappait, la directrice de l’UNICEF, Carol Bellamy formulait une demande expresse pour l’importation d’ampoules nécessaires à l’alimentation intra veineuse des nourrissons et des enfants en bas-âge gravement sous-alimentés. Après une longue période d’attente, le verdict du Comité des sanctions tombe et c’est le refus catégorique. Elle s’est même adressée personnellement au Conseil de sécurité mais en vain !... Ainsi votre machine infernale, monsieur Annan, a réussi une formidable performance en matière de respect de l’être humain. Est-ce que vous réalisez bien que vous vous êtes abstenu d’apporter une assistance à bébés en danger… ? Pourtant Monsieur Annan, vous ne cessez de cultiver votre image de marque, d’homme intègre, de sage africain, soucieux des droits de l’homme et de la paix dans le monde.

Depuis cette demande de l’UNICEF, le décompte macabre des enfants martyrs s’est arrêté, mais la tuerie continuait son avancée. Et en même temps vous vous êtes accroché à votre poste avec une allure de respectabilité et de calme.

Les pratiques de votre Comité de sanctions à l’égard de l’ensemble de la population irakienne ressemblent davantage à d’interminables séances de tortures. Vous en étiez témoin, Monsieur Annan, et le monde n’a eu aucun écho d’une quelconque manifestation de votre conscience d’homme de paix et de droit.

Je ne veux pas m’attarder, ni à raconter comment votre Comité de sanctions a empêché la fourniture de machines adaptées nécessaires à la remise en marche des stations d’épuration de l’eau potable du Tigre, de l’Euphrate et de Shatt-al-Arab, ni à expliquer comment l’Irak à cause de cela est passé parmi les premiers pays au monde dont la population souffre de maladies chroniques dues à la pollution de l’eau, ni comment votre Commission refusait toutes les demandes et suppliques des hôpitaux irakiens pour l’obtention des climatiseurs nécessaires pour conserver au frais les médicaments dans un pays où la température peut dépasser les 45° durant plusieurs mois.

Ce sont juste quelques petits exemples d’une panoplie d’actions concertées visant à ramener à l’âge de pierre un pays comme l’Irak et Dieu sait ce qu’est l’Irak.

« Ce qui se passe en Irak est bel et bien un génocide  » s’est exprimé à haute voix Marc Bossuyt sans que ce cri alarmant et culpabilisant n’atteigne vos oreilles, Monsieur Annan. Tout comme les multiples protestations de cet homme honnête qu’est Denis Hallyday, le coordinateur du « Programme » à Bagdad, qui s’est trouvé contraint de vous jeter en pleine figure sa démission et a quitté les Nations Unies…. Tout comme les protestations de son successeur au même poste, le très honorable Hans Christophe von Sponeck, éponyme de l’honnêteté et du dévouement qui a été empêché d’expliquer de vive voix devant le Conseil de sécurité, les réalités de la situation et du génocide qui se déroulait. Au lieu d’avoir le minimum d’honnêteté et de fidélité à la charge qui vous incombait et qui exigeait de vous une solidarité avec cette étoffe d’hommes de courage, de compétence et d’honneur, vous avez choisi le silence perfide et de vous ranger du côté des deux délégations anglo-saxonnes qui ont décidé d’interdire à von Sponcek de s’exprimer devant le Conseil de sécurité car il a bravé les interdits en choisissant de respecter scrupuleusement la Charte des Nations unies. Oui Monsieur Annan, sous votre autorité le respect de la Charte des Nations unies est devenu une infraction qui mérite un châtiment.

Complexé de la famille Wallenberg

Les atlantistes ont empêché von Sponeck d’étaler la vérité au grand jour devant le Conseil de sécurité tout comme ils ont empêché dernièrement le général soudanais al-Daby (chef de la délégation des observateurs arabes en Syrie) de s’exprimer devant la Ligue arabe et de faire saisir son rapport par le Conseil de sécurité car il mettait en cause le rôle destructeur et criminel que les organisations terroristes jouaient en Syrie. D’ailleurs il existe plusieurs points communs entre les deux cas.

Monsieur Annan,

Vous êtes sans doute impressionné par la trajectoire de vos beaux-parents suédois. Je veux parler de la famille Wallenberg, très puissante dans le domaine de l’industrie, des finances et des banques et qui a donné à la Suède plusieurs personnalités éminentes dont certaines ont eu un rayonnement pan-européen tel l’oncle maternel de madame votre épouse, Raoul Wallenberg et son oncle Jacob. Très probablement c’est la personnalité de Raoul qui vous a le plus intéressé car il était sûrement un homme assez particulier qui a fait preuve d’un courage indéniable durant les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale lorsqu’il a exposé sa vie aux grands dangers pour sauver des centaines de juifs en Hongrie et ce avant qu’il ne soit arrêté par les troupes soviétiques le lendemain même de leur entrée en libérateur dans Budapest. D’ailleurs les traces du brave Raoul se sont rangées dans les dossiers des énigmes de la guerre et de l’après-guerre. Tout ce qui a filtré de sa disparition c’est que les soviétiques le considéraient comme un espion états-unien.

C’est tout à fait normal Monsieur Annan que vous sentiez une certaine fierté lorsque vous visitez certaines capitales européennes et que vous vous rendiez à des sites érigés par les communauté juives à la mémoire de Raoul, tout comme à Washington qui lui a délivré le statut de citoyen d’honneur des États-unis, après Winston Churchill. Quant à l’État d’Israël, ou il est aussi citoyen d’honneur, la plaque commémorative en son nom a été placée au cœur même du Mausolée de « Yad Vashem » à la mémoire des victimes de l’holocauste nazi.

Monsieur Annan,

C’est bien dans la nature des choses que ce lien matrimonial qui vous lie à la famille Wallenberg soit à l’origine de votre ascension professionnelle mais est-ce que vous n’auriez pas dû suivre l’exemple de l’oncle de votre épouse en matière de dévouement à son peuple juif et que vous prôniez une attitude ferme contre toutes sortes d’holocauste plutôt que d’y participer, comme vous l’avez fait lors du génocide du peuple irakien.

Oui Monsieur Annan, il s’agit bien d’un holocauste en Irak et d’un génocide, dans le sens juridique du terme tel que qualifié par Marc Bossuyt. Vous êtes partenaire dans la gestion de cet holocauste en Irak.

Vous êtes partenaire principal dans cette non-assistance à 550 000 enfants en bas âge en danger de mort.

Soyez sûr Monsieur Annan que nous ne sommes pas une copie conforme de nos gouvernements sionistes arabes. Si vous avez le plein droit d’être fasciné par vos beaux-parents sionistes, alors vous pourriez être sûr que cela ne sera jamais notre cas vis-à-vis des sionistes arabes. Ils ne nous fascinent guère, au contraire ils nous dégoûtent.

Il est inutile Monsieur Annan, que vous pensiez, ne serait-ce qu’un laps de secondes, que l’holocauste de la Mésopotamie pourrait échapper indéfiniment à la justice. Cette affaire vous concerne directement du fait de votre position dirigeante à la tête de l’exécutif onusien durant la période du génocide qui avait pour titre « pétrole contre nourriture ». Avec un parcours pareil, on peut se demander si vraiment vous êtes habilité pour apporter une solution pacifique à la crise syrienne actuelle que l’ « on » vous a chargé de résoudre.

Pouvez-vous faire à la Syrie une prescription extra-génocidaire qui l’épargnerait de subir le même sort que l’Irak ? …Très probablement on ne vous a pas choisi pour cela.

Monsieur Annan, vous êtes chez nous aujourd’hui pour servir les projets de ceux-là mêmes qui vous avaient envoyé chez nous hier, du temps de l’holocauste en Irak.

Monsieur Annan, vous êtes aujourd’hui en Afrique pour faire la propagande des Rockfeller. N’est-ce pas le groupe Rockfeller qui finance le projet AGRA de « l’Alliance pour une révolution verte en Afrique » que vous présidez vous-même ?

Quand même Monsieur Annan, un peu de décence vous ferait du bien…. Nous n’avons pas perdu notre mémoire et nous nous souvenons bien de vous. Souvenez-vous Monsieur Annan, de la fameuse sagesse d’Albert Camus :

« Toutes les contraintes du monde ne feront pas qu’un esprit un peu propre accepte d’être malhonnête. »

Hassan Hamade

Source
As-Safir (Liban)

[1] Depuis le rapport NSSM 200, rédigé pour le Conseil national de sécurité des États-Unis par Henry Kissinger en 1974, Washington a théorisé l’usage de l’arme alimentaire. Ainsi, les États-Unis ont organisé des famines en Corée du Nord, États avec lequel ils sont toujours en guerre. Plus récemment, en 2007-2008, Washington a utilisé l’arme alimentaire contre la Tunisie et l’Égypte, provoquant ainsi des émeutes de la faim. À moyen terme, celles-ci se sont transformées en soulèvements populaires qui ont été présentés comme des révolutions libérales sous le vocable « printemps arabe ».

[2] Destruction massive, Géopolitique de la faim, par Jean Ziegler, Éd.Seuil, 2001.

[3] Aujourd’hui Conseil des Nations unies pour les Droits de l’Homme

http://www.voltairenet.org:80/Annan-Genocide-en-Iraq-et-Paix-en



2Analyse -  Géopolitique et stratégie Réflexion

PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

2-1 Les militaires, drogués comme des cyclistes ?

Les armées s'inquiètent de pratiques dopantes non seulement de la part des soldats eux-mêmes, mais aussi du commandement.

Les militaires seraient-ils plus dopés que les vainqueurs du Tour de France ? Se bourreraient-ils les narines avec ardeur, protégés par une forme de non-dit ? C'est que... Avec mille précautions de langage et en maniant avec insistance le sous-entendu, la revue de recherche de l'armée de terre Inflexions aborde ce sujet tabou dans sa dernière livraison (*), sous le titre "Dopage et conduites dopantes". Les auteurs expliquent curieusement que ce n'est pas vraiment l'institution qui se pose des questions, mais que "beaucoup d'observateurs extérieurs à la défense considèrent comme fréquente l'utilisation de substances dopantes au sein des armées".

Sauf que si les militaires se dopaient, assure l'article, ce ne serait pas pour améliorer des performances sportives, mais pour une meilleure cause : "Les objectifs seraient similaires [à ceux des sportifs] - être plus performant que l'adversaire -, mais à atteindre dans un contexte bien différent, celui de la guerre et du combat." Et de développer cette idée d'une forme de dopage sans doute pas nécessaire, mais pas vraiment inutile non plus : "En temps de conflit, ou dans le contexte de déploiement sur des théâtres d'opérations de haute dangerosité, les questions posées sont plus complexes. L'automédication et l'utilisation de substances dopantes ayant pour but d'améliorer les performances physiques, en particulier musculaires, mentales, ou de maintenir l'éveil et un état de parfaite vigilance, permettent, si le dopage est adapté, de rendre le militaire plus efficace à son poste de combat."

Drogués pour la bonne cause ?

De fait, les militaires peuvent se doper illégalement en se procurant eux-mêmes de l'herbe qui fait rire ou des substances qui font rêver. Pour ne citer que l'exemple du Liban, on sait que l'herbe y est fameuse. Et en Afghanistan, premier producteur d'opium au monde, le commerce n'est pas impossible avec les plus de 100 000 militaires étrangers... Mais les armées elles-mêmes administrent aux combattants diverses médications susceptibles de mieux voir la nuit, de leur faire perdre le besoin de sommeil, ou au contraire de les endormir sur commande, aux heures choisies. Cette réalité est d'ailleurs reconnue, à tel point qu'un texte officiel, l'instruction N° 744/DEF/DCSSA/AST/TEC relative à l'utilisation de substances modifiant la vigilance en opérations, en définit le cadre !

Justifier la prise de substances dopantes

Les militaires édictent dans ce texte leurs ascensions des Alpes et on voit ici que cette définition est très large. "Les types d'opérations militaires pouvant justifier la prise éventuelle de substances qui agissent sur le niveau de vigilance des combattants sont les opérations dites soutenues et les opérations dites continues. Les premières se traduisent par une activité militaire quasi ininterrompue ne permettant aucun sommeil réparateur ; les secondes concernent une activité militaire de plus longue durée n'autorisant qu'une récupération partielle (par exemple : un sommeil diurne, de courte durée et fractionné). À titre d'exemples, on peut citer le fonctionnement 24 heures sur 24 des centres opérationnels pour l'armée de terre, la continuité entre le poste de veille et le poste de combat pour la marine, la mission nucléaire ou le travail au sol en ambiance nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique (NRBC) avec des tenues de protection pour l'armée de l'air". Mais attention, ce n'est pas du dopage. C'est de l'"aide de type pharmaceutique modifiant la vigilance". Nuance...

Gavés de protéines hormonées

Les trois auteurs de l'article - les médecins militaires André-Xavier Bigard et Alexandra Malgoyre et le capitaine Hervé Sanchez - lancent par ailleurs un véritable cri d'alarme sur l'automédication de certains militaires qui se gaveraient de compléments alimentaires (protéines hormonées) utilisés par les culturistes. Ils soulignent par ailleurs l'intérêt de la démarche lancée par les armées pour rationaliser les programmes de préparation physique au combat afin de "rendre inutile la consommation de produits et de substances supposés dopants". Voilà une bonne idée. Car par les temps qui courent, que diront les armées si un militaire dopé sur ordre et dont la santé se serait dégradée les poursuivait devant la justice ?

(*) "Le sport et la guerre", Inflexions n° 19, La documentation française, 12,00 €, ISSN : 1772-3760

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jean-guisnel/les-militaires-drogues-comme-des-cyclistes-29-02-2012-1436200_53.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120229


2-2 Julie Lévesque : L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité.

Des troupes spéciales déployées partout sur la planète Selon le Stars and Stripes, un média du département de la Défense des États-Unis, le Pentagone se prépare à déployer des troupes d’opérations spéciales dans le monde entier au moment où l’on diminue le nombre d’opérations militaires traditionnelles.

L’initiative est présentée comme un moyen de réduire les frais.

Grâce à cette nouvelle stratégie, les États-Unis remplacent les opérations de théâtre à grande échelle par des opérations militaires clandestines, rentables et de moindre envergure. Cela aboutit inévitablement à la violation de la souveraineté nationale du pays ciblé.

Le chef étasunien du commandement des opérations spéciales, l’amiral Bill McRaven, qui a mené le raid contre ben Laden au Pakistan, a proposé que les troupes quittant les zones de guerre en Irak et en Afghanistan soient redéployées dans des zones « quelque peu négligées durant la décennie centrée sur Al-Qaïda ».

Cela se ferait dans le but de faciliter le lancement de raids par les Forces Spéciales, comme celui qui aurait tué ben Laden, une opération clandestine ayant violé la souveraineté pakistanaise.

Selon AP, le déploiement de commandos « plus près de nouvelles zones de crise remplacera les invasions terrestres comme celles de l’Irak et de l’Afghanistan […] par des raids d’opérations spéciales laissant peu de traces, ou mieux encore, des raids effectués par des forces locales amies entraînées par les États-Unis, les aidant à combattre, côte à côte, des ennemis mutuels ». 

Ces troupes pourraient effectuer des raids, ou seraient probablement davantage appelées à travailler avec des alliés locaux pour leur apprendre à cibler des ennemis régionaux ainsi qu’à promouvoir des relations à long terme, entre soldats, pouvant aider à désamorcer une crise ou un coup éventuels. (Kimberly Dozier, Special operations expanding as wars recede, Associated Press, 27 janvier 2012)

Cela aidera « à désamorcer une crise ou un coup éventuels » ou à les fomenter?

Le but, selon un représentant de la Défense, est d’« augmenter la coopération avec les armées étrangères, de travailler avec elles pour vaincre les menaces locales au lieu de faire porter le poids de ces combats aux États-Unis ».

AP rapporte par ailleurs que « le financement pour les opérations spéciales et la recherche de renseignements augmenteront, puisqu’ils sont tous deux des moyens privilégiés par l’administration Obama pour confronter de nombreuses menaces mondiales après une décennie d’invasions terrestres coûteuses en Irak et en Afghanistan.

Cela signifie essentiellement que l’armée des États-Unis entre dans la clandestinité. Au niveau planétaire.

AP mentionne également que « les commandements des opérations spéciales à l’étranger pourraient aussi servir de cadre pour une coopération accrue entre les agences étasuniennes, fusionnant non seulement les alliés régionaux mais également des agences comme la CIA, le FBI et la Drug Enforcement Administration »

Mondialisation.ca et Julie Lévesque

Jule Lévesque a collaboré à ce reportage

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=MON20120201&articleId=29028

 



3 Les Brèves

Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1  Belga :Bagdad accuse des pays arabes de faciliter le terrorisme en Irak.
Un haut responsable irakien a accusé des pays arabes, sans les nommer, de faciliter le financement de "groupes terroristes", alors que Bagdad doit accueillir fin mars le prochain sommet arabe. 

"Des commerçants de certains pays de la région, avec l'aide de leurs Etats, financent de manière importante des groupes terroristes en Irak.  

Les dirigeants de ces pays affirment ne rien savoir sur cette question mais les faits prouvent le contraire", a affirmé le vice-ministre de l'Intérieur Adnane al-Assadi sur la chaîne Iraqiya.  

Selon M. Assadi, qui a la haute main sur le ministère de l'Intérieur en l'absence d'un ministre désigné, "des institutions sécuritaires de certains pays de la région sont au courant de ces mouvements financiers et de l'envoi de terroristes mais elles ferment les yeux". Il y a près de trois cents prisonniers arabes, en majorité des Saoudiens, en Irak, selon le ministère de la justice. "Nous avons aussi trouvé que des groupes recevaient de l'argent par le biais de certaines ambassades arabes. Ils reçoivent des bons qu'ils doivent aller encaisser. Cet argent vient de commerçants de ces pays".

 

Le sommet arabe prévu le 29 mars doit marquer le retour de l'Irak sur la scène arabe. Ce pays n'a plus été l'hôte d'un sommet régulier depuis novembre 1978 et le dernier sommet extraordinaire à Bagdad remonte à mai 1990, quelques mois avant l'invasion du Koweït par Saddam Hussein.

Le sommet annuel de la Ligue arabe a été repoussé à deux reprises en raison des mouvements de contestation.

Belga, vendredi 17 février 2012

http://www.levif.be/info/actualite/international/bagdad-accuse-des-pays-arabes-de-faciliter-le-terrorisme-en-irak/article-4000045924089.htm



4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage 

4-1 Gilles Munier : Tarek Aziz et la mort lente des prisonniers politiques irakiens.
Tarek Aziz, 76 ans, est emprisonné depuis neuf ans. D’abord incarcéré par les Américains au Camp Cropper, il a été livré, en juin 2010, à ses ennemis. Il est depuis dans une cellule de la prison d’Al-Kadimiya, à Bagdad, et condamné à mort. Gravement malade, épuisé par le système carcéral et une grève de la faim, il se meurt lentement faute de médicaments et de soins réguliers. Maître Badie Aref, son avocat irakien, a demandé à plusieurs reprises son hospitalisation à Bagdad ou à l’étranger, sans résultat. En août 2011, il a remis à Nouri al-Maliki un message où Tarek Aziz demandait que son exécution ait lieu « dès que possible ».

Tarek Aziz, « Le chrétien »

Tarek Aziz va bientôt mourir. En prison, il est aidé par des co-détenus pour se mouvoir et s’alimenter. Aux dernières nouvelles, il aurait des difficultés pour reconnaître sa femme et sa fille qui vivent à Amman, seules autorisées à le rencontrer une fois par mois. A chaque voyage, elles lui remettent la douzaine de médicaments qui lui manquent, mais ne peuvent que constater la dégradation de son état de santé.

Nouri al-Maliki et le parti al-Dawa qui ont tenté de l’assassiner, en avril 1980, cherchent leur revanche parce qu’il est pour eux, « Le chrétien », celui qui avait convaincu les Occidentaux de la dangerosité du régime de l’ayatollah Khomeiny. Ils ne lâcheront pas leur proie. Depuis 2003, des tueurs pro-iraniens ont éliminé la plupart des pilotes de chasse qui ont bombardé l’Iran ainsi que les ingénieurs chargés des tirs de missiles.

En France, parmi ceux qui ont connu Tarek Aziz, très peu sont intervenus en sa faveur. Espérons que le documentaire du Père Jean-Marie Benjamin (lire ci-dessous*) qui lui est consacré, primé… aux Etats-Unis (!), réveillera les consciences endormies des hommes politique qui se pressaient pour le rencontrer à Bagdad, ou lors de ses passages à Paris.

Leur vie est un enfer

Les autres prisonniers politiques incarcérés à Al-Kadimiya ne sont pas mieux lotis, d’autant qu’ils sont peu ou pas connus à l’étranger. Citons en trois, sur la liste des 55 dignitaires irakiens les plus recherchés par le Pentagone en 2003 :

Saadoun Shaker, ministre de l’Intérieur (1979-1987), a eu plusieurs crises cardiaques. Il s’était retiré depuis longtemps de la vie politique. Il a quand même été condamné à mort « pour avoir réprimé des partis religieux », alors que cette responsabilité n’était pas de son ressort mais de la compétence de services dépendant du président Saddam Hussein.

Mohamed Mehdi Saleh, ancien ministre du Commerce, arrêté par la CIA en avril 2003, a pratiquement perdu la vue, faute aussi de soins. Son dossier est vide, mais il était en poste quand des commerçants chiites se livrant au marché noir pendant l’embargo, ont été pendus. Il n’a rien à voir avec leur arrestation et encore moins avec leur exécution. La Cour de cassation a ordonné, il a 8 mois, sa libération : il ne l’est toujours pas été.

En avril 2003, les Marines avaient présenté comme une victoire l’arrestation de Hikmat al-Azzaoui, ancien ministre des Finances, 8 de carreau du jeu de cartes de Donald Rumsfeld. Il est mort à 79 ans à l’hôpital de la prison d’Al-Kadimiya, le 27 janvier dernier, faute de soins dans l’indifférence générale.

En octobre 2011, Nouri al-Maliki s’en est pris aux cadres intermédiaires du parti Baas, après que le CNT libyen lui a remis une liste de « comploteurs » trouvée au siège des services secrets du colonel Kadhafi. Plus de 600 Irakiens ont été aussitôt arrêtées dans tout le pays, ainsi que 140 professeurs de l’université de Tikrit. D’autres arrestations ont suivies. Les « comploteurs » ont été emprisonnés, pour la plupart, dans des camps ou des prisons secrètes. Leur vie est un enfer.

Invitation : « Tareq Aziz : L’autre vérité » (63’), réalisé par le Père Jean-Marie Benjamin, a obtenu le prix 2011 du meilleur documentaire au Festival du film de Silent River (Irvine, Californie). Il sera projeté en exclusivité à Paris, le jeudi 15 Mars, à 18 heures, au Studio des Ursulines (10, rue des Ursulines - RER Luxembourg) en présence du réalisateur. Entrée libre.

Présentation du documentaire :

http://www.youtube.com/watch?v=FmFnxxRD2Ag

Sur le même sujet, lire aussi :

Appel lancé en mars 2005, pour demander la libération de Tarek Aziz (liste des signataires)
http://www.france-irak-actualite.com/article-liberez-tarek-aziz-et-ses-compagnons-59876428.html

Bulletin de santé de Tarek Aziz (clinique du Camp Cropper – 26/1/10)
http://www.france-irak-actualite.com/article-tarek-aziz-etat-de-sante-45332733.html

« Tarek Aziz… connais pas ! »
http://www.france-irak-actualite.com/pages/Tarek_Aziz_connais_pas_Bakchichinfo_20508-1982322.html

Tarek Aziz, l’homme qui en sait trop

Samedi 10 mars 2012
http://www.france-irak-actualite.com/pages/tarek-aziz-l-homme-qui-en-sait-trop-juin-2008--1982315.html



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

5-1 John Pilger :Il est temps que nous reconnaissions la criminalité du gouvernement de Blair.

Dans le théâtre kabuki de la politique parlementaire britannique, les grands crimes ne sont pas commis et les criminels courent en liberté. Il s’agit bien de théâtre après tout ; ce sont les pirouettes qui comptent, et non pas des actions décidées en déconnexion, à la fois géographique et culturelle, avec leurs conséquences. C’est un dispositif sécurisé, protégé aussi bien par les acteurs que par la critique. Le discours d’adieu de l’un des plus malins de ces gens, Tony Blair, « était profondément imprégné d’un sens de conviction morale », s’épanchait alors le présentateur de télévision Jon Snow, comme si le charme que Blair exerçait aux adeptes du kabuki était mystique. Le fait qu’il était un criminel de guerre n’était en rien pertinent.

La manière dont on a étouffé les crimes de Blair et de ses administrations est décrite dans un livre de Gareth Peirce intitulé Dispatches from the Dark Side : on torture and the death of justice, publié en version de poche ce mois-ci par les éditions Verso. Peirce est l’avocate des droits de l’Homme la plus distinguée de Grande-Bretagne ; sa poursuite de dénis de justice infâmes et sa recherche de justice pour les victimes de crimes gouvernementaux, tels que la torture et l’extradition, restent inégalées. Son compte-rendu de ce qu’elle appelle le « pandémonium moral et légal » au lendemain du 11 septembre, est exceptionnel dans le sens où, en s’appuyant sur les mémoires de Blair et Alistair Campbell, des procès-verbaux du Cabinet et des dossiers du MI6, elle leur applique la règle de droit.

Des avocats de la trempe de Peirce, Phil Shiner et Clive Stafford-Smith ont permis que la mise en accusation de puissances dominantes ne soit plus un tabou. Ainsi Israël, l’homme de main des États-Unis, est maintenant largement reconnu comme l’État le moins respectueux du droit au monde. Des personnes comme Donald Rumsfeld, à l’instar de George W. Bush et Blair, évitent dorénavant les pays, au-delà des frontières, où la loi règne.

Étalant ses sinécures de « pacification » et de « développement » qui lui permettent d’ajouter à la fortune accumulée depuis son départ de Downing Street, Blair voyage en avion ici et là, tel une pie, avec pour destinations habituelles les cheikhats du Golfe, les Etats-Unis, Israël et des havres de sécurité comme la petite nation africaine du Rwanda. Depuis 2007, Blair a rendu sept visites dans ce pays, où il a accès à un jet privé fourni par le président Paul Kagame. Le régime de Kagame, dont les opposants ont été réduits au silence brutalement au moyen de fausses accusations, est « innovant » et un « leader » en Afrique, selon Blair.

Le livre de Peirce accomplit l’impossible avec Blair : il arrive à choquer. Quand elle remonte aux sources « des thèses injustifiables, de la belligérance débridée, de la falsification et d’un irrespect délibéré des lois » qui ont mené aux invasions de l’Afghanistan et de l’Irak, elle identifie l’offensive de Blair sur les musulmans comme étant à la fois criminelle et raciste. « Il fallait neutraliser par tous les moyens possibles, et de manière définitive, toute personne suspectée de tenir des opinions [islamistes]... dans le langage de Blair, un « virus » devant être « éliminé » et nous poussant à « une myriade d’interventions vigoureuses dans les affaires d’autres nations [sic] ». » Des communautés entières ont été réduites à des « taches de couleur » constellant un tableau sur lequel le Napoléon du parti travailliste s’attèlerait à « la réorganisation du monde ».

Le concept même de guerre a été détourné de son sens véritable pour devenir la logique de « nos valeurs contre les leurs ». Les réels coupables des attaques du 11 septembre, pour la plupart des Saoudiens entraînés à piloter en Amérique, ont été oubliés en cours de route. Tant s’en faut, les « taches de couleur » se sont révélées provenir du sang d’innocents – d’abord en Afghanistan, pays des pauvres entre les pauvres. Il n’y avait pas d’Afghans parmi les membres d’Al-Qaïda ; au contraire, on pouvait noter un ressentiment mutuel entre les uns et les autres. Mais cela n’importait pas. Une fois les bombardements commencés le 7 octobre 2001, des dizaines de milliers d’Afghans ont été châtiés par la famine au moment où le Programme alimentaire mondial retirait son aide à l’aube de l’hiver. Dans un village dévasté, Bibi Mahru, j’ai été témoin des conséquences d’une bombe de « précision » Mk82 : l’oblitération de deux familles, dont huit enfants. « Tony Blair, » a écrit Alistair Campbell, « a dit qu’ils devaient être conscients que nous les ferions souffrir s’ils ne nous présentaient pas Oussama Ben Laden. »

Le personnage grotesque d’Alastair Campbell était déjà à l’œuvre en train de concocter une autre menace en Irak. La guerre qui a suivi « a donné jusqu’à » entre 800 000 et 1.3 millions de morts, d’après le Centre d'Etudes Internationales du MIT[i] : des chiffres qui dépassent les estimations de l’Université de Fordham pour le nombre de victimes du génocide au Rwanda.

Et pourtant, écrit Peirce, « les fils de courriers électroniques, de communiqués internes du gouvernement ne révèlent aucune dissension ». Des séances d’interrogations qui comportaient de la torture venaient d’« instructions expresses... de ministres du gouvernement ». Le 10 janvier 2002, le ministre des affaires étrangères Jack Straw a contacté par courrier électronique ses collègues leur informant que l’envoi de citoyens britanniques au camp de Guantanamo représentait « le meilleur moyen d’atteindre nos objectifs de contre-terrorisme ». Il a rejeté « l’unique alternative du rapatriement au Royaume-Uni ». (Plus tard nommé « Secrétaire d’État à la Justice », Straw s’est débarrassé de procès-verbaux incriminants du Cabinet au mépris de l’avis du commissaire à l’information[ii]). Le 6 février 2002, le ministre de l’Intérieur David Blunkett a fait remarquer qu’il ne montrait « aucun empressement à voir qui que ce soit retourner [de Guantanamo] au Royaume-Uni ». Trois jours plus tard, le Secrétaire d’État aux Affaires étrangères Ben Bradshaw a écrit : « Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour éviter que les détenus soient rapatriés au Royaume-Uni. » Or pas une seule des personnes en question dans leurs propos n’avait été accusée ; la plupart avaient été vendues en tant que primes aux Américains par des chefs de guerre afghans. Peirce décrit encore comment des officiels du ministère des Affaires étrangères, antérieurement à une inspection du camp de Guantanamo, ont « vérifié » que les prisonniers britanniques étaient "traités humainement" alors que c’était tout le contraire.

Noyé dans ses mésaventures et ses mensonges, à l’écoute uniquement des berceuses de son dirigeant sur sa "sincérité", le gouvernement travailliste n’a consulté personne qui dise la vérité. Peirce cite l’une des sources les plus sûres, le Conflicts Forum, un site tenu par l’ex-officier des services de renseignement britanniques Alastair Crooke, qui considère qu’« isoler et diaboliser des groupes [islamiques] qui jouissent de soutien sur le terrain y a pour effet de renforcer le point de vue selon lequel l’Occident comprend seulement le langage de la puissance militaire ». En niant délibérément cette vérité, Blair, Campbell et leurs perroquets ont semé les graines des attaques du 7 juillet à Londres.

Aujourd’hui, un autre Afghanistan et un autre Irak s’annoncent en Syrie et en Iran, peut-être même une guerre mondiale. Une fois encore, il se trouve des voix, comme celle d’Alastair Crooke, pour tenter d’expliquer à des médias assoiffés d’ « intervention » en Syrie que la situation de guerre civile dans ce pays requière des négociations intelligentes et patientes, et non les provocations du SAS britannique et des habituels exilés soudoyés qui montent dans le cheval de Troie anglo-américain.

Source originale : John Pilger

John Pilgerhttp://resistance71.wordpress.com/

Traduit de l'anglais par T.K. pour Investig'Action

Source : michelcollon.info

 



6 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

6-1 L’ex geôlière bourreau d’Abou Ghraïb ne regrette pas ses actes

 

L'ex-militaire Lynndie England, symbole du scandale de la prison irakienne d'Abou Ghraïb en 2004 qui avait gravement terni l'image des Etats-Unis, a dit n'éprouver aucune compassion pour ses victimes.  

Dans un entretien à The Daily, elle a été interrogée quelques jours après la tuerie de  16 civils afghans dont est accusée un sergent américain et qui constitue selon le magasine, un événement susceptible de marquer une rupture en Afghanistan, comme Abou Ghraïb l'avait été pour la guerre en Irak.
Dans cet entretien, Lynndie England, mère célibataire, sans emploi, aujourd'hui âgée de 29 ans, a été radiée de l'armée après une condamnation à trois ans de prison pour les sévices pratiqués sur des prisonniers irakiens est revenue vivre chez ses parents en Virgnie-Occidentale.

Elle apparaît comme aigrie et sans remords vis-à-vis des prisonniers irakiens qu'elle a maltraités."
 Ils n'étaient pas innocents. Ils essaient de nous tuer et on voudrait que je leur présente des excuses? C'est comme si l'on demandait pardon à l'ennemi", assure-t-elle.

En 2004, la photo de la jeune femme de 22 ans, souriant devant un prisonnier irakien nu et tenu en laisse, avait fait le tour du monde. On la voyait sur d'autres clichés, l'air inexpressif sous ses cheveux noirs coupés au carré, poser devant des détenus entravés, menacés par des chien  ou empilés comme des objets.

Le président George W. Bush a reconnu que le scandale a "couvert de honte" les Etats-Unis et constitué la "plus grosse erreur" des Américains en Irak, que les forces américaines ont quitté fin 2011.

Lynndie England, à qui l'armée manque, raconte "envoyer des lettres de candidatures partout" mais ne peut même pas trouver d'emploi "chez McDonald's ou Burger King" en raison de son casier judiciaire.

Son seul regret exprimé est que les photos d'Abou Ghraïb aient entraîné la mort d'Américains dans des représailles. Mais ce n'est pas tant ses actes que la publicité faite à ces images qu'elle déplore: "J'y pense tout le temps, à ces morts que j'ai indirectement causées. Perdre des gens de notre côté parce que j'apparais sur une photo".

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=13&frid=13&eid=55569


6-2 Glen FORD : Guerres impérialistes: le pays du goulag levant (USA) et la France arrogants dans la défaite.

Obama et Sarkozy : l’attitude des impérialistes face à leurs défaites (Black Agenda Report)

 A leur manière dépravée et inimitable, les gouvernements français et américains ont insulté deux millions de morts algériens et irakiens, sans un mot pour les victimes. La France est restée très silencieuse sur sa défaite en Algérie, il y a 50 ans, tandis que le président américain débitait des mensonges éhontés sur la guerre en Irak en omettant de reconnaître la défaite des Etats-Unis ou les morts irakiens.

Il y a 50 ans, les Français ont reconnu leur défaite dans leur guerre contre l’indépendance de l’Algérie, par la signature d’un cessez-le-feu officiel. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy a dit qu’il n’organisait pas de cérémonies officielles parce que la commémoration rouvrirait « des blessures profondes d’une page douloureuse de l’histoire récente de la France. » Car il ne s’agit que des Français, voyez-vous – de « leur » douleur d’avoir été battus par le peuple qu’ils avaient soumis et traité comme une forme de vie inférieure depuis 132 ans ; « leur » douleur face à leur défaite en tant que puissance impériale, pas celle des Algériens qui ont perdu un million d’hommes, de femmes et d’enfants dans leur lutte pour l’indépendance.

Cette semaine marque aussi le 9ème anniversaire de l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis. Les Américains n’ont, bien entendu, jamais admis leur défaite – bien que la défaite soit la seule raison du retrait des troupes du pays. Le Président Barack Obama a respecté, avec beaucoup de réticences, l’accord sur le retrait des troupes que les Irakiens ont imposé au Président George Bush en novembre 2008, lorsqu’il devint évident que la guerre d’agression des Etats-Unis avait échoué.

Obama fut encore moins élégant dans la défaite que le président français Sarkozy, qui a eu au moins la décence de se taire. En proclamant le 19 mars « journée nationale de l’Honneur », Obama a salué « le courage inébranlable et l’engagement sans faille » des troupes US qui ont combattu « pied à pied pour aider le peuple irakien a saisir une chance pour un avenir meilleur. » D’autres obscénités et mensonges éhontés sont sortis de la bouche d’Obama, tandis que le Président reprenait à son compte les grands crimes de George Bush contre la paix mondiale et son holocauste contre le peuple irakien. « La guerre a laissé des blessures parfois invisibles, mais qui ne guériront jamais, » a dit Obama – parlant, bien sûr, uniquement des blessures subies par les Américains, tout comme Sarkozy a parlé uniquement de la douleur des Français. Voyez-vous, l’anniversaire de l’invasion d’un pays par les Etats-Unis ne concerne que les Américains, les 4500 Américains morts, à qui Obama a dit « nous avons une dette envers vous que nous ne pourrons jamais effacer. » Aucune mention de la dette de sang envers plus d’un million de morts Irakiens, hommes, femmes et enfants, dont le pays, jadis un des plus avancés du monde arabe, fut littéralement détruit par les Etats-Unis, et qui espèrent ne plus jamais revoir un uniforme américain.

Que valent un million de morts algériens aux yeux des Français ? La même chose qu’un million de morts irakiens morts aux yeux des Etats-Unis : ils ne valent même pas la peine d’être mentionnés.

Il n’y a pas de mot pour décrire la turpitude morale absolue des impérialistes, la banalité de leurs génocides, leur narcissisme sans bornes et leurs gémissements d’auto-apitoiement pour les quelques rares victimes dans leurs propres rangs au cours de leur course à la destruction globale.

Les Américains et les Européens occidentaux ne regrettent rien sinon leurs propres défaites dans la guerre de 500 ans qu’ils mènent contre les peuples basanés de la terre. Ils ont annihilé et réduit à l’esclavage des continents entiers, et osent appeler ça la civilisation. Leur seul regret ne concerne que la perte récente de leur domination absolue sur l’espèce humaine dont ils sont encore convaincus de faire partie de la couche supérieure. C’est dans des moments comme celui-ci, lorsque les gouvernements français et américain révèlent les signes de leur dégénérescence, que se confirme la corrélation étroite qui existe entre racisme et impérialisme, et la nécessité de les éliminer une bonne fois pour toutes.

Glen Ford

Le 26 Mars 2012

http://www.legrandsoir.info/obama-et-sarkozy-l-attitude-des-imperialistes-face-a-leurs-defaites-black-agenda-report.html

Traduction “allo, maman bobo, mon B52 a une fuite d’huile” par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

http://blackagendareport.com/content/obama-and-sarkozy-how-i…



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

 

 

21/04/2012

n°29 Dossier de Côte d’Ivoire 20-04


                                 Les Ivoiriens expérimentent des dérives totalitaires sans précédent.


Où est donc votre victoire chères Ouattaristes?


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions occidentales .



Dossier de Côte d’Ivoire

n°29                               20-04

C.Debroeder &  M.Lemaire



Le dossier de Côte d'Ivoire se retrouve

a) sur nos  blogs :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                               http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  : no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

Tiré à part :

Dr. Eric Edi: An 1 du renversement du Président Laurent Gbagbo et de l’ordre constitutionnel en Côte d’Ivoire.

Cameroonvoice. ; Audience du 18 juin: GBAGBO doit récuser la CPI et exiger d'être libéré!.

Comité Valmy : EN PARTANCE POUR BAMAKO - OUATTARA CHASSE PAR LES MALIENS.

1 Dossier

1-1 Source : Marc Micaë : 11 avril 2011, une date mémorable de l’histoire de la Côte d‘Ivoire

1-2 Alain BOUIKALO :   Où est donc votre victoire chères Ouattaristes?

1-3  COPE ET L'UMP CAUTIONNENT-ILS LES APPELS AU MEURTRE DU RDR AVEC QUI ILS PACTISENT?

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net 

2-1 COMMEMORATION DU 11 AVRIL 2011: Déclaration des Ivoiriens vivant en exil.

2-2 Fernand As : Un an seulement, mais déjà trop de mauvais souvenirs 

2-3 Gilles Naismon : Les forces pro-Ouattara engagent une traque aux jeunes.

 



Tiré à part :

Dr. Eric Edi: An 1 du renversement du Président Laurent Gbagbo et de l’ordre constitutionnel en Côte d’Ivoire.
Déclaration conjointe du 'African Diaspora for Democracy and Development' – Pennsylvannia et du Congrès Africain pour la Défense de la Démocratie et la Souveraineté
Philadelphia le 11 Avril 2012. Il y a un an que le Président Laurent Gbagbo, démocratiquement et constitutionnellement élu au deuxième tour de l’élection présidentielle de novembre 2010 a été renversé par les forces militaires de la France, de l’ONU en collaboration avec les Forces Nouvelles de Alassane Ouattara. 

Ces forces ont fait la guerre à la Côte d’Ivoire avec le soutien des Etats Unis et de l’Union Européenne sous le regard acquiesçant de la CEDEAO et l’Union Africaine.

En ce jour anniversaire, le Congrès Africain pour la Défense de la Démocratie et la Souveraineté (CADDS-USA) rejoint les patriotes et souverainistes ivoiriens pour saluer les victimes des sanctions économiques et de la guerre qui ont suivi l’élection présidentielle de novembre 2010. Les morts, les blessés, les exilés, les déplacés internes symbolisent la mise à mort de « l’Alternative démocratique » et de « l’Action pour les Libertés » que le Président Laurent Gbagbo a introduits dans la vie politique ivoirienne. Le 11 avril 2011 a court-circuité le réveil constitutionnel et démocratique et la marche ivoirienne vers l’autonomie.

Une année après le déluge, le droit a disparu en Côte d’Ivoire : les forces de Mr. Alassane Ouattara continuent de tuer impunément, la constitution est violée au quotidien, le tribalisme des « nordistes » est devenue la bonne gouvernance. Malgré des manquements démocratiques criards, Mr. Alassane Ouattara est devenu le président de la Conférence des chefs d’état de la CEDEAO pour étouffer l’Afrique de l’Ouest. L’incohérence de la CEDEAO dans la crise malienne montre que le régime d’Alassane Ouattara abhorre les méthodes constitutionnelles et ne peut pas apporter la paix, la réconciliation, et le développement à la Côte d’Ivoire et à l’Afrique de l’Ouest. Une seule année a suffi pour découvrir que le régime inique d’Alassane Ouattara est arrivé dans les bombes de la France pour préserver le néolibéralisme occidental au détriment de l’Afrique. Sinon, personne ne peut comprendre la reprise des accords de coopération avec la France, pourtant facteurs du retard économique de la Côte d’Ivoire. 

Camarades patriotes, et souverainistes de la Côte d’Ivoire, en ce 11 avril 2012, il nous faut nous féliciter pour nos accomplissements depuis le 11 avril 2011. Le plus important, nous avons réussi à ne pas laisser le silence tomber sur la situation de la Côte d’Ivoire qui ne fait plus la une des journaux mondiaux, sur le sort de Laurent Gbagbo, des prisonniers et des exilés politiques du gouvernement d’Alassane Ouattara. Nous avons propagé la vérité sur l’élection présidentielle de 2010 et les raisons de la guerre que la France et ses alliés ont livrée contre la Côte d’Ivoire souverainiste.

Maintenant, aller encore plus loin nécessite embrasser ensemble les dimensions sociales, spirituelles, financières, économiques, culturelles et intellectuelles de notre patriotisme.

Dr. Eric Edi

http://cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=6544


Cameroonvoice. ; Audience du 18 juin: GBAGBO doit récuser la CPI et exiger d'être libéré!

« On ira jusqu’au bout ! », tel semble être notre nouveau cri de guerre contre l’arbitraire et le mépris judiciaire dont un des nôtres est rendu victime sur demande de la France. Mais « On ira jusqu’au bout de quoi » ?  Ainsi se pose la problématique réelle du procès du Président GBAGBO à la CPI (Cour Pénale Internationale).
« On ira jusqu’au bout ! », tel semble être notre nouveau cri de guerre contre l’arbitraire et le mépris judiciaire dont un des nôtres est rendu victime sur demande de la France. Mais « On ira jusqu’au bout de quoi » ?  Ainsi se pose la problématique réelle du procès du Président GBAGBO à la CPI (Cour Pénale Internationale).

La Révolution Permanente est très indignée et elle veut donner sa position officielle dans ce combat engagé par la Résistance patriotique et révolutionnaire contre l’agression multiforme dont un des fils du continent africain et son peuple sont victimes.
 
Notre position sur la mascarade appelée CPI n’a jamais varié et elle ne variera jamais. Mais aujourd’hui, elle se renforce par une posture nouvelle afin que nous puissions réellement aller « jusqu’au bout ». Comme le disent les Ivoiriens, notre position se renforce « afin que nous terminions ce qu’ils ont commencé ».
 
Et pour aller droit au but,
nous demandons officiellement au Président GBAGBO de déclarer la CPI incompétente et disqualifiée pour le juger. Et alors qu’il exige sa libération pure et simple, ce 18 juin 2012.
 
Les raisons qui nous ont poussés à cette position forte mais stratégiquement justifiée, sont multiples. Et nous en citerons quelques unes pour que devant l’histoire, le peuple africain et les observateurs du monde entier soient pris à témoin.
 
D’abord de l’incompétence de la CPI
Cette cour existe parce qu’elle a été créée par l’ONU (Organisation des Nations Unies) dont la Côte d’Ivoire est membre, pour juger les auteurs de crimes dits contre l’humanité. Pour que cette cour puisse exercer sa compétence dans un pays et contre les citoyens de ce pays, il faut que ses actes de création soient signés et ratifiés.
 
La Côte d’Ivoire n’a jamais ratifié les actes de création de la CPI et donc comme les Etats-Unis d’Amérique, cette cour ne peut juger les citoyens ivoiriens.
 
On nous répondra que la CPI a signé un accord de coopération judiciaire avec le pouvoir Ouattara et que dès lors, le régime Ouattara aurait conféré par cet acte, une compétence pour juger les citoyens ivoiriens soupçonnés de crimes relevant de la compétence de la CPI.
 
Nous rétorquerons que l’application de tout acte à caractère de convention internationale, à tout citoyen ivoirien est subordonnée à la ratification de cet acte par le Parlement ivoirien. Et que la ratification des conventions ou accords internationaux est encadrée par la Constitution ivoirienne. Or l’acte signé par Ouattara avec la CPI n’a jamais été ratifié en Côte d’Ivoire et donc ne saurait s’appliquer aux Ivoiriens.
 
Ça c’est du juridisme et nous laissons le soin aux éminents juristes chargés de la défense du Président GBAGBO d’argumenter en droit pour faire observer cette exception de procédure qui devra être soulevée dès l’entame du procès.
 
Alors revenons aux choses sérieuses.
 
Ensuite, de la disqualification de la CPI pour juger Laurent GBAGBO
La CPI est une propriété de l’ONU dont une émanation est l’ONUCI, la mission de cette organisation venue en Côte d’Ivoire pour faire observer un cessez-le-feu entre les protagonistes de la crise ivoirienne et désarmer les rebelles du MPCI, du MPIGO et du MJP rebaptisés ensuite Forces Nouvelles.
 
Mais l’ONUCI ne désarmera aucun rebelle pendant 8 années de présence en Côte d’Ivoire et, au lendemain du contentieux électoral né de l’application régulière et normale des procédures qui gouvernent les élections en Côte d’Ivoire, cette mission onusienne a convoyé des mercenaires armés, fourni des équipements à ceux-ci et aidé à créer un commando de tueurs dit "Commando invisible" dans le quartier populaire d’Abobo considéré pro-Ouattara. Ce commando dirigé par feu Ibrahim Coulibaly alias Général IB a donné la mort à plus de 30 agents des Forces de Défense et de Sécurité alors qu’ils étaient endormis dans leurs domiciles. Le même commando a fait une descente punitive dans le village d’Anonkoi kouté et y a laissé 56 morts en une seule nuit dont plusieurs femmes, des vieillards et des enfants tués puis brûlés. Tous ces actes qui ne sont qu’une liste lapidaire des atrocités commises par le Commando invisible, ont été perpétrés sous la protection des chars et avions de guerre de l’ONU en Côte d’Ivoire (ONUCI).
 
La même organisation, avec ses avions de guerre, a bombardé aux côtés de l’armée française, les positions des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) à Duekoué puis après avoir réussi à forcer les FDS à abandonner leurs positions, elle y a laissé les civils, notamment femmes et enfants, entre les mains de mercenaires et braconniers Dozo. Cela a donné plus de 1000 personnes égorgées ou brûlées vives en une seule journée et plusieurs autres exécutions sommaires dont le nombre dépasse de loin les 3 000 morts.
 
C’est encore cette même organisation, qui participa aux côtés des forces rebelles aux combats dans la commune dite pro-GBAGBO de Yopougon où les organisations de défense des droits de l’homme ont relaté les cas d’exécutions sommaires de plusieurs étudiants commises par les hommes de Ouattara.
 
Mieux, les chars de l’ONU et les avions de cette organisation ont participé aux bombardements de la résidence présidentielle de Cocody conduits de façon excessivement barbare par l’Armée Française. Jusqu’à ce jour, les corps de plusieurs centaines des jeunes élèves et étudiants amassés en bouclier humain autour de cette résidence, qui appartient à l’Etat de Côte d’Ivoire et qui a été présentée comme un Bunker privé de GBAGBO, tués par les bombes françaises et onusiennes, n’ont jamais été rendus à leurs familles. C’est en cherchant à comprendre où sont-ils passés que nous avons découverts récemment qu’ils ont été empilés dans deux conteneurs de 20 à 40 pieds puis transportés par l’Armée française vers une destination inconnue.
 
Alors nous disons, le propriétaire de la CPI, acteur et complices de massacres inqualifiables de civils en Côte d’Ivoire, nous donne des raisons de disqualifier la CPI. Premièrement parce que cette Cour reste un démembrement de l’ONU. Deuxièmement parce qu’elle reste un instrument de cette organisation pour parachever le travail inhumain et sans morale commencé en mars 2011 en Côte d’Ivoire.
 
D’autre part, une récente correspondance adressée à Soro Guillaume, chef de la Rébellion et homme de main de Ouattara Alassane, par Monsieur Ocampo, procureur de ladite cour ayant conduit les procédures illégales de transfèrement du Président GBAGBO à la CPI, pour le féliciter comme un ami qui connaît une promotion, alors que ce chef rebelle est manifestement impliqué dans des violations graves des droits humains en Côte d’Ivoire, finit par nous convaincre de l’existence de liens de complicité et de connexité étroits entre les juges de la CPI, fonctionnaires de l’ONU,  et le régime Ouattara qui ne cache pas au plan politique, ses liens étroits avec les accusateurs et juges de Laurent GBAGBO.
 
Il y a moins d’un mois, à Grand Bassam dans une commune sise à 40 Km d’Abidjan, le Colonel Katé, un officier de l’armée ivoirienne en exil et rentrant sur insistance de Soro Guillaume pour se mettre au service de la Côte d’Ivoire, a été attaqué à son hôtel par les soldats de l’ONUCI. Les 7 jeunes militaires qui l’accompagnaient ont été tués sur le champ et Colonel Katé, dont on ignore s’il est encore en vie, a pris une balle à l’abdomen qui l’a éventré et une autre balle à la poitrine.
 
A ce moment précis en Côte d’Ivoire, ce sont les soldats de l’ONU en Côte d’ivoire, ou des mercenaires portant les tenues, utilisant les véhicules et les armes de cette organisation qui assurent la sécurité et l’escorte de Ouattara, un des protagonistes de la crise ivoirienne dont l’armée, composée des rebelles des Forces Nouvelles, est citée nommément par les organisations de défense des droits humains comme auteur de plusieurs massacres de civils avant et après le 11 avril 2011 alors que Ouattara en exerçait le commandement officiel suite à un décret qu’il signa en mars 2011 alors qu’il était retranché à l’Hôtel du Golf.
 
Pour toutes ces raisons et afin que s’arrête définitivement l’arbitraire et le mépris de la morale dont fait preuve l’ONU et son instrument judiciaire, la CPI, dans la crise ivoirienne, le Président GBAGBO doit, aux première heures du 18 juin 2012, dire à la face du monde :
 
1.    qu’il n’accorde aucun crédit à la CPI comme une cour de justice indépendante, impartiale et juste ;

2.    qu’il considère la CPI comme le prolongement judiciaire de la guerre de soumission coloniale engagée par la France et ses alliés occidentaux contre lui et le peuple souverain de Côte d’Ivoire ;

3.    qu’il ne peut pas accepter de laisser perpétuer cette mascarade judiciaire engagée par l’Occident contre les Africains, sans réagir ;

4.    qu’il décide de ne plus jamais comparaître devant cette Cour de combine et d’instrumentalisation du droit international ;

5.    qu’il exige la création d’une Cour Pénale Spéciale Africaine pour connaître de tous les crimes réels ou supposés, commis en Côte d’Ivoire depuis son avènement au pouvoir en 2000 ;

6.    qu’accepter d’être jugé par la CPI, revient à se faire complice de cette justice d’intimidation, de diabolisation et d’insulte à l’Afrique qui est ainsi présentée à la face du monde comme un continent abritant des chefs criminels, dès lors que l’un quelconque de ses chefs ose dire non à une exigence déplacée de la France ou des USA ;

Samedi 21 avril 2012 6 21 /04 /Avr /2012

11:05http://www.cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=6581


Comité Valmy : EN PARTANCE POUR BAMAKO - OUATTARA CHASSE PAR LES MALIENS.

Les chefs d’Etat de la Cedeao qui se rendaient hier au Mali ont essuyé hier la colère des populations qui ont tout simplement envahi le tarmac de l’aéroport de Bamako. La partie a tourné à l’humiliation pour Alassane Ouattara qui a dû sortir un joker pour sauver la face. Retour sur un ballet aérien sous-régional.

Les chefs d’Etat de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) qui se rendaient hier au Mali pour sommer la junte de se retirer du pouvoir ont dû rebrousser chemin. Ils se sont finalement donné rendez-vous à l’aéroport Félix Houphouët Boigny d’Abidjan, après que l’avion transportant le chef de l’Etat ivoirien, qui avait pénétré l’espace aérien malien, a été refoulé. Selon des témoins présents à Bamako, l’avion du président en exercice de la Cedeao a été contraint de faire demi-tour, les conditions sécuritaires pour atterrir n’étant pas réunies.

Le Burkinabè Blaise Compaoré, le Béninois Yayi Boni, la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf, le Nigérien Issoufou Mahamadou et le ministre nigérian des Affaires étrangères, qui étaient eux aussi attendus à Bamako, pour tenter d’obtenir de la junte l’application du schéma de sortie de crise dicté par la France, seront eux également contraints de renoncer à ce voyage. Des centaines de Maliens indignés par les menaces de la Cedeao ont pris d’assaut, dès les premières heures de la journée, le tarmac de l’aéroport de Bamako.

Pour sauver la face, Ouattara décide d’une réunion d’urgence du panel à l’aéroport FHB d’Abidjan, à l’issue de laquelle l’option militaire est réaffirmée et des sanctions draconiennes visant à étouffer l’économie malienne prises. Des décisions qui rappellent en bien des points les sanctions prises contre le régime Gbagbo, où la Cedeao, l’Uemoa et les institutions bancaires sous-régionales comme la BCEAO, la BIDC et la BOAD deviennent des instruments pour soumettre les Etats membres.

Cet échec de la délégation de chefs d’Etat et de ministres de la sous-région est le signe de l’inexpérience du tout nouveau président en exercice de la Cedeao ; poste dont les autres chefs d’Etat ne voulaient pas. Pour avoir compris que c’était une coquille vide. Dans la réalité, le retour à l’ordre constitutionnel au Mali n’est pas une préoccupation pour Ouattara et ses quelques pairs de la Cedeao qui jouent les va-t-en-guerre. En militant pour l’avènement d’une transition dirigée par Dioncounda Traoré, président de l’Assemblée nationale dissoute par la junte, ces chefs d’Etat qui ne sont pas à leur premier acte cautionnent le renversement du président Amadou Toumami Touré.

A en juger d’ailleurs par le choix du médiateur, on comprend que c’est dans une aventure plus périlleuse qu’elle ne l’est aujourd’hui avec le coup d’Etat du 22 mars que la Cedeao - aux ordres de Paris - veut entrainer le Mali. Ces populations disent se rappeler les crises récentes en Guinée et en Côte d’Ivoire dont le chef de l’Etat burkinabè était médiateur. En Côte d’Ivoire, la partie a fini dans le sang, après que le médiateur a choisi son camp et a milité pour que le président Gbagbo soit bombardé, arrêté et transféré à La Haye. En Guinée voisine, le chef de la junte militaire a dû céder sa place à un de ses collaborateurs - après avoir échappé à la mort suite à une tentative d’assassinat. Fortement diminué, il vit aujourd’hui encore à Ouagadougou.

Pour toutes ces raisons, la déception est grande chez les Maliens qui ont envahi hier le tarmac de l’aéroport de Bamako, et qui scandaient des propos hostiles à Alassane Ouattara. « Les Maliens regrettent de t’avoir soutenu », « Nous n’avons pas de leçon à recevoir de toi », « Alassane Ouattara, comment es-tu arrivé au pouvoir en Côte d’Ivoire ? », etc. Les messages sur les écriteaux étaient assez évocateurs de la déception des Maliens qui apprennent à leurs dépens les réalités des connexions mafieuses et lobbies qui dirigent le monde.

Emmanuel Akani

Sources : LE NOUVEAU COURRIER - REGARDS CROISES : Le Blog de Fernand Dindé

dimanche 1er avril 2012,

Comité Valmy



Dossier

1-1 Source : Marc Micaë :11 avril 2011, une date mémorable de l’histoire de la Côte d‘Ivoire

Le lundi 11 avril, désormais une date qui ne passera pas inaperçu pour les ivoiriens, tout bord s’entend bien sûr. Il nous a suffit de constater l’engouement manifesté autour de cette date pour nous en convaincre..

Ce jour-là, 11 avril 2011, Laurent Gbagbo est capturé, à l’issue de plusieurs jours de bombardements continus et soutenus de sa résidence, par les hélicoptères de la coalition armée, force Licorne-Onuci, puis conduit manu-militari au quartier général de son adversaire politique Alassane Ouattara. Là, il sera filmé, photographié comme une bête de foire et exhibé au monde entier tel un trophée de guerre !

Aujourd’hui, ses adversaires, interprètent ce jour comme la « victoire de la vérité ». Ses partisans quant à eux, le qualifie de « jour de la recolonisation de la Côte d’Ivoire par la France ».

Au-delà de ces considérations de chapelles politiques, il faut tout de même reconnaître que cette arrestation du 11 avril est un tournant décisif dans la crise que vit la Côte d’Ivoire.

Un fait, dira t-on, à marquer d’une pierre blanche. L’une des premières conséquences a été la prise du pouvoir par Alassane Ouattara. Ce dernier, soutenant avoir remporté l’élection présidentielle de 2010, ne s’était-il pas calfeutré dans QG de campagne à l’hôtel du Golfe, attendant certainement que ses soutiens étrangers fassent le sale boulot ? C’est bien à partir de cette date que le nommé Alassane Ouattara, aura l’éffectivité du pouvoir, au sortir d’une violence d’un autre âge, au prix du sang de milliers de vies humaines. Du jamais vu, l’individu aura prêté, en l’espace de deux mois, à lui tout seul, deux serments pour devenir président ! Remarquons bien que jusque-là, aucune institution de la république n’avait daigné le suivre dans cette grossière aventure. De même, ni l’armée régulière, ni même les ivoiriens dans leur grande majorité, encore moins, le Conseil Constitutionnel, organe supérieur, chargé de proclamer les résultats définitifs de l’élection présidentiel, au regard de la Constitution de la république de Côte d’Ivoire.

Comment qualifier une telle manière d’accéder au pouvoir ? Disons-le tout net : ce n’est ni plus, ni moins qu’un coup d’Etat. Le deuxième du nom en Côte d’Ivoire, après celui du général Robert Gueï et de ses ‘’jeunes mutins’’. Contrairement à celui d’Alassane Ouattara, notons que celui de Robert Gueï a été décrit par l’ensemble des observateurs, comme s’étant déroulé « sans effusion de sang ». Notons aussi la grande explosion de joie des ivoiriens descendus nombreux dans les rues, qui s’en est suivie. Ce coup d’Etat perpétré par et pour Alassane Ouattara, aura plongé la Côte d’Ivoire dans un chaos sans précédent, à l’issue duquel, les ivoiriens continuent de porter le deuil. En effet, ce 11 avril marquera un tournant décisif dans la jeune histoire de ce pays.

Cette date est à commémorer. Fut-elle triste, tragique, voire honteuse, c’est tout de même un pan de notre histoire, l’histoire des ivoiriens. Cela est nécessaire, mieux, essentiel, pour se projeter dans l’avenir. Comme le dit si bien cet historien : « L’histoire est  la réponse à une question que pose au passé mystérieux, la curiosité, l’inquiétude (…) ».

Ainsi, ce 11 avril, Alassane Ouattara a accédé au pouvoir. Mais qu’a-t-il fait ou que fait-il de mieux ? A part ses nombreux voyages à travers le monde, laissant derrière lui un pays tout entier plongé dans la terreur et l’insécurité ; des ivoiriens exilés, désabusés, plus que jamais divisés et en proie à une lutte perdue d’avance contre la vie chère ; des fonctionnaires qui ne toucheront jamais leur pension de retraite, car certainement beaucoup parmi eux ne verront jamais ces 60 ans, pour une espérance de vie située en 50 et 55 ans ; l’impunité, la médiocrité au sein même du gouvernement ; les libertés individuelles confisquées ; la presse libre en danger…

C’est pourquoi nous, nous faisons fort d’inviter les ivoiriens qui s’interrogent quant à leur avenir et celui de leur pays. Des ivoiriens dépités dont certains restent là, à marmonner dans leurs salons, écumant quelques fois de rage et de colère, face à cette crise qui perdure. Nous voulons vous inviter tous, au recueillement, à tirer les leçons de ce douloureux épisode de notre histoire commune.

Par ailleurs, que retenir de ce scénario émouvant, duquel est sorti vivant (par la grâce de Dieu !), l’homme Laurent Gbagbo ? Tout simplement, une leçon de courage, d’abnégation, de sacrifice et de patriotisme, pour tous ceux qui se disent patriotes. Car, pour citer notre ami Malick Seck Noel, nous dirons : « là où tout le monde se serait enfui, Gbagbo est resté ». Debout Côte d’Ivoire !

Source : Marc Micaë

11 avril 2011

http://www.abidjandirect.net/index2.php?page=poli&id=4755l


1-2 Alain BOUIKALO :   Où est donc votre victoire chers Ouattaristes?

Vive le 11 Avril 2011, Vive la France, Vive Sarkozy, vive le drapeau français, vive Ouattara, Vive Bédié !!!
Vous avez jubilé, arboré les images de la chute de Gbagbo.

Vous avez dansé au son de Tiken Jah, Afou Kéïta, Fadal Day, N’Guess Bon Sens à la place Inch Allah.

Vos militants ont tout dit sauf ce que la sagesse recommande, vos médias caporalisés ont joué leur partition (RdrTV, Rfi, France 24, Tv5, Onuci Fm).

Votre ambassadeur Jean Marc Simon a lu sa tirade désolante sur votre radio internationale, Rfi dans son édition de 06h30 Gmt (11 avril 2012).

 Nous avons vu jacques Chirac voler quelques forces à sa vieillesse pour aider Ouattara et le MPCI, nous avons aperçu De Villepin, puiser dans son nombrilisme, des galons de celui qui impose ses choix. Sarkozy de Nagy Bocsa s’est même éloigné du Yacht de son ami Bouygues pour filer une lettre à Youssouf Bakayoko et exiger  que celui qui a refusé d’être son Sganarelle (valet), cède le pouvoir à son ami, pour le bonheur du peuple. Nous avons vu, une certaine Salimata Porquet se vider de ses larmes lors d’un sommet de la Cedeao à Abuja. Ses larmes appelaient l’institution sous régionale à une intervention militaire en Côte d’Ivoire pour dit-elle, sauver la démocratie. Au nom du peuple! Vos supers Sganarelles qui peuplent la Cedeao, ont abandonné leurs pays et installé leurs quartiers à Abidjan, toujours, au nom du peuple!

Vous avez fait sortir la grande artillerie, plus puissante que celle que vous avez eu la gentillesse de déployer dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2002. Vous avez enduit vos muscles de beurre de karité et copieusement, vous avez bombardé la résidence du chef de l’état. Ce Chef a résisté, comme l’a fait Salvador Allende retranché dans le palais de la Moneda, sous le feu des bombes de putschistes. Vous l’avez capturé et livré à Ouattara comme un esclave jeté aux pieds de son maître. Tout cela au nom du peuple qui ne se savait pas tant aimer. Pour le peuple, vous avez tué, cautionné des assassinats, déglingué la société dans son entièreté, brisé les alliances ethniques consubstantielles avec l’histoire de la Côte d’Ivoire. Vous avez fait des institutions de la république, le réceptacle de tout ce que la morale républicaine rejette. En véritables deus ex machina, vous avez libéré la Côte d’Ivoire comme vous le prétendez.

Vous avez fait tout cela mais vous avez oublié de dire au peuple ce qu’il a gagné. Chers sauveurs, qu’a gagnés le peuple ivoirien? Nous entendons le peuple gémir de toutes parts, il gémit plus qu’il ne l’a fait hier. Il vous regarde les yeux larmoyants vous posant inlassablement la question suivante : «  qu’avez-vous fait pour moi?». Surtout, ne lui répondez pas qu’il a conquis la démocratie. Il vous regardera droit dans les yeux et vous dira : « Messieurs, retournez en Corée des Nord.»

De façon classique, l’alternance vise à offrir un mieux être à la population. Lorsqu’on s’écarte des règles classiques et que, dans le sang, on provoque l’alternance avant terme, le bien être du peuple devient plus qu’un devoir. Nous ne pouvons pas soupçonner votre bonne foi au regard des moyens humains, logistiques et financiers déployés pendant plus de 10 ans pour défaire un régime, à l’évidence, mal aimé. Le constat laisse pantois. Entre les rêves des bombes et les besoins du peuple ivoirien, c’est le jour et la nuit. Vous n’arrivez pas, en dépit de votre combat implacable pour le pouvoir, à donner au peuple un balbutiement de joie.  Nous pensions qu’il y aurait une unité de vue entre vous et votre peuple bien aimé, pourtant bien tué comme pour nous rappeler le meurtre de Nolivé, l’épouse de Shaka Zulu. Nous nous attendions à une symbiose qui projetterait l’opposition dans les bras de l’oubli. Mais hélas, mille fois hélas ! Vous êtes l’ombre de vous-même, enfermés dans vos tours d’ivoire, vous nourrissez allègrement vos enfants que sont : la justice des vainqueurs, les mesures anti sociales, le rattrapage ethnique, la terreur, l’insécurité, la médiocrité économique. La condition actuelle du peuple ne vous fait pas perdre le nord. Tous, vous êtes convaincus d’être dans le juste, le bon, et le merveilleux. Vous disposez d’énormes ressources qui peuvent vous aider à acquérir à vil prix l’adhésion populaire. Vos pensez encore à tous ses pas de danse affolés livrés aux yeux du réconciliateur, ces clubs d’amis de « rattrapés » qui scandent a vos oreilles que le pays est réconcilié, ces scribes, qui, pour justifier leur incompétences affirment que le pays va bien. Vous regardez, vos militants affamés, cacher leurs peines derrières des panégyriques flatteurs. Au fond, le peuple ivoirien est tout malheureux. Malheureux d’avoir perdu un pays, un mieux être.

Si le peuple pour qui vous avez épuisé votre énergie pendant plus de 10 ans, ne sait même pas ce que vous faites de lui, alors, où est donc votre victoire ? Si le peuple que vous aimez à mourir, souffre plus sous votre règne que sous celui des pires tyrans de l’histoire, où est donc votre victoire? Si la pauvre Côte d’Ivoire s’offre le luxe insolent d’être classée parmi les pays non démocratiques d’Afrique,  où est donc votre victoire Messieurs? Si s’offrir deux repas par jour, se soigner facilement, scolariser sa progéniture, trouver un emploi relèvent aujourd’hui d’une exception, alors messieurs dites-nous, où est donc votre victoire?
Merci de nous répondre

Les Pamphlets d’Alain BOUIKALO
Juriste-consultant
bouikhalaud10@gmail.com Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

 http://www.lynxtogo.info/oeil-du-lynx/afrique/2239-ou-est...


1-3  COPE ET L'UMP CAUTIONNENT-ILS LES APPELS AU MEURTRE DU RDR AVEC QUI ILS PACTISENT?

L'UMP, parti de Nicolas Sarkozy, actuellement dirigé par Jean-François Copé a signé samedi 14 avril à Paris un accord de partenariat avec le Rassemblement des républicains (RDR) d'Alassane Ouattara. Cette signature est intervenue dans le cadre d'une manifestation intitulée "La France avec les printemps africains", en présence de divers représentants et personnalités, comme Mahmoud Saleh, représentant le nouveau président sénégalais Macky Sall, les anciens Premiers ministres guinéens Cellou Dallein Diallo, Sydia Touré et Lansana Kouyaté ...

De quels printemps africains est-il question ici? Du coup d'État, certes printanier, réalisé en Côte d'Ivoire par la France afin d'y installer le futur président de la Cédéao Ouattara le 11 avril 2011 ? Des réélections dans des fauteuils (parfois presque roulants) de toutes les vieilles barbes de la Françafrique à part Wade (Déby, Compaoré, Sassou)? Du récent coup d'État au Mali ? De celui, encore plus récent, en Guinée Bissau?

Les printemps africains, c'est-quoi-c'est-où-c'est-quand-c'est comment (comment)?

Comment le président Guinéen Alpha Condé (tenu pour un chanteur de reggae par Alexandre Adler) doit-il interpréter l'invitation faite à son principal opposant Dallein Diallo 

Jean-François Copé, l'homme qui ignorait le sens de l'expression "conflit d'intérêts", a paraphé cet accord "de coopération et d'amitié" avec son homologue ivoirien, Amadou Soumahoro et déclaré "Les putschs militaires n'ont plus d'avenir" Au lendemain de la Guinée Bissau et quelques mois seulement après la tentative par balles sur le palais du même Alpha Condé à Conakry, la formule n'était-elle pas superfétatoire ? Au regard du rôle, une fois encore, pénible attribué à la France dans la crise malienne, était-il judicieux d'assurer : "L'échec très rapide du putsch lamentable au Mali ne fait que renforcer ma conviction. Ce type d'opération est condamné par avance" ? Pour JFC, "la nouvelle politique africaine de la France, c'est Nicolas Sarkozy qui la conduit" alors que "la Françafrique, celle de 'Papa m'a dit', c'est celle du PS et de son candidat", François Hollande. Amen.

Il est un point sur lequel aucun journaliste présent n'a manifestement songé à questionner l'ami Copé, ce sont les propos, les menaces même, proférées régulièrement, et encore il y a quelques jours par M.Soumahoro à l'encontre du parti de Laurent Gbagbo : « Désormais, nous allons demander à nos militants de se mettre en ordre de bataille pour mater tous les militants du Fpi qui s’attaqueront au PrésidentAlassane (Dramane Ouattara). Nous n’allons plus accepter les arrogances du Fpi. Oui, nous allons les mater. Ils oublient que tous ceux qui se sont attaqués à Alassane se trouvent au cimetière. »

Lorsque la polémique éclatera, Soumahoro reculera en prétextant avoir en fait voulu parler de "cimetière politique". Avant de se lancer dans une nouvelle furieuse diatribe contre les journalistes cette fois... À une semaine du premier tour de la présidentielle française, quoi de plus rassurant : le Secrétaire général de l'UMP signe un partenariat avec un homme qui menace de mort les opposants politiques et se moque du tiers comme du quart de la liberté de la presse ! 

PS : On murmure aussi ici et là que cette manifestation n'aurait en fait eu pour fonction que de contrer médiatiquement le Congrès du Mouvement des Africains de France, initié par Calixthe Beyala le même jour... cela expliquerait peut-être l'étonnante présence au milieu des Ouattaristes d'un ancien très bien vu sous Gbagbo, l'actuel Délégué interministériel à l'égalité des chances pour les Français de l'Outre-mer, Claudy Siar...

Samedi 21 avril 2012 6 21 /04 /Avr /2012 11:05

Source: LE GRI-GRI INTERNATIONAL

http://regardscroises.ivoire-blog.com/



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net 

2-1 COMMEMORATION DU 11 AVRIL 2011: Déclaration des Ivoiriens vivant en exil.

Souvenons-nous ! Onze avril 2011 – 11 avril 2012. Voilà un an que l’incroyable s’est produit : le Président Laurent Gbagbo, démocratiquement élu par son peuple et régulièrement investi par le Conseil Constitutionnel ivoirien, est renversé par un coup d’Etat menée par l’armée française appuyée par les soldats de l’ONU, pour installer Alassane Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire. Capturé à sa résidence par les éléments des forces spéciales françaises, le Président (déchu) est aussitôt  remis à son adversaire Alassane Ouattara. Il sera déporté, comme son épouse, son fils et plus d’une centaine de ses collaborateurs, dans le Nord du pays avant d’être transféré seul à la prison de la  Cour Pénale Internationale à La Haye.

Pour commémorer ce triste et honteux épisode de l’histoire de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique, la communauté des Ivoiriennes et Ivoiriens vivant en exil a décidé de se rassembler pour se souvenir ensemble, dans le silence, dans la douleur et le recueillement.

A l’occasion de cette première commémoration, les exilés ivoiriens tiennent d’abord à rappeler les graves crimes, exactions et violences injustes commis en Côte d’Ivoire et dont le Président Gbagbo, sa famille, ses  collaborateurs, la population civile, les jeunes patriotes ivoiriens et africains épris de liberté ont été les victimes dans cette crise. Ils tiennent ensuite à donner leur analyse de cette longue escalade d’actes de violence inédits qui ont culminé dans la guerre de mars-avril 2011. Ils se proposent enfin d’indiquer leur position sur les perspectives et conditions d’une sortie de crise par une vraie réconciliation nationale en Côte d’Ivoire.

 I – Les faits

La crise ivoirienne a montré très clairement que Monsieur Ouattara et son parti, le Rassemblement Des Républicains (RDR) ont institué la violence dans le jeu politique ivoirien. Depuis longtemps ce parti et son Mentor, ont fait du recours systématique aux coups d’Etat et à la violence leurs principaux moyens de conquête et d’exercice du pouvoir. On peut citer l’irruption sur la scène politique des loubards avec à leur tête Hamed Bakayoko, actuel ministre de l’intérieur, dès après la nomination de Ouattara comme Premier ministre d’Houphouët en 1990 ;  l’apparition quelques années plus tard des Dozos, cette force paramilitaire mystico-fétichiste aujourd’hui présente au sein des forces pro-Ouattara et, surtout, le coup d’Etat militaire menée par des militaires proches de Ouattara, dont son ancien garde de corps, qui a renversé le régime de Henri Konan Bédié en 1999 et installé le Général Robert Guéï au pouvoir.

Cette utilisation de la violence est montée en intensité contre la Côte d’Ivoire, les Ivoiriens et le Président Laurent Gbagbo à partir de 2000 à travers notamment, les violentes marches de protestation du RDR des 4 et 5 décembre 2000  et la tentative avortée du coup de force des 7 et 8 janvier 2001, perpétré par des soldats déserteurs pro-Ouattara.  Ces deux moments de violence ont causé d’importantes destructions de biens publics et plus de 200 victimes civiles et militaires. Cette escalade de la violence politique a  donné au parti de Monsieur Ouattara un goût prononcé pour la méthode des assassinats de hautes personnalités de l’Etat dans l’exercice de leurs fonctions, comme moyen pour atteindre ses fins : l’exécution atroce du ministre de l’intérieur Désiré Tagro dans la journée fatidique du 11 avril 2011, nous rappelle celle de son malheureux prédécesseur, le ministre d’Etat Emile Boga Doudou, au petit matin de cette nuit tragique du 18 au 19 septembre 2002.

Nous gardons encore aujourd’hui dans le souvenir de nos mémoires traumatisées les scènes d’horreur des innombrables exactions et des crimes odieux commis à la fois par les FRCI de monsieur Ouattara et les soldats de la force française Licorne sur les populations civiles sans défense et sur les jeunes patriotes qualifiés souvent à tort pour justifier le crime, de « miliciens pro-Gbagbo » dans tous les quartiers d’Abidjan et singulièrement à Yopougon et à Cocody. Dans le palais présidentiel appelé pour la cause « le Bunker de Gbagbo »  comme sur le campus universitaire de Cocody, ce sont plusieurs centaines de jeunes aux mains nues qui ont été atrocement tués sous les bombardements des hélicoptères français et onusiens.

Comment garder sous silence la réalité du génocide Wê qui a cours sous nos yeux dans l’ouest de notre pays et dont le martyre des 800 civils massacrés par les forces pro-Ouattara à Duékoué n’est que la partie visible ?

En réalité le nombre total de morts causés par la crise post électorale dépasse de loin le chiffre officiel de 3000 victimes avancé par les médias internationaux : il est plus raisonnable de le situer entre 9000 à 10000 morts. Mais la longue liste des crimes à l’actif du régime Ouattara ne s’arrête pas là ! Il faut encore y ajouter les expropriations arbitraires des personnes soupçonnées d’avoir soutenu la campagne du président déchu ; les arrestations et poursuites engagées contre les militants connus et électeurs supposés de LMP et du FPI ; les déportations et emprisonnement des collaborateurs du président Laurent Gbagbo dont le professeur Aké N’Gbo, son premier ministre sortant et Affi N’Guessan, son ancien premier ministre et président du FPI. Il y a enfin la mise à sac systématique de l’appareil d’Etat perpétrée par les FRCI, qui ont organisé le pillage des banques, la destruction incompréhensible des services de l’administration et des biens publics, meubles, immeubles et équipements divers !

II – Notre analyse.

Les exilés Ivoiriens, et ils ne sont pas les seuls, notent :

1 - que malgré tous ces crimes et préjudices, le pouvoir Ouattara qui avait promis une Démocratie inclusive et un redressement économique rapide du pays, ne parvient pas à rétablir ni la sécurité publique, ni la confiance des opérateurs économiques, ni un climat politique propice à la réconciliation nationale. La doctrine du « rattrapage ethnique » et son cortège de nominations arbitraires, de licenciements abusifs, l’aggravation du chômage, l’augmentation du coût de la vie, etc. tout cela génère encore plus de pauvreté et de détresse sociale dans le pays;

 2 - L’acharnement obstiné du régime Ouattara à déporter, à embastiller, à pourchasser et traquer ses adversaires politiques par tous les moyens (Gels des avoirs, confiscations de patrimoines privés, mandats d’arrêts internationaux délivrés à tout vent etc.) dénote une gouvernance d’un autre âge ! De mémoire d’homme politique, jamais depuis le procès de Nuremberg, un régime dit « d’alternance démocratique » n’a marqué autant d’acharnement et pratiqué une « justice des vainqueurs » instrumentalisée, en pourchassant ses adversaires politiques, jusque dans leurs derniers retranchements en exil, en allant jusqu’à les priver de moyens d’existence, de moyens de scolariser leurs enfants et pour tout dire, en déniant leurs droits élémentaires à la vie et en les menaçant dans leur intégrité physique.

Les dirigeants politiques du FPI n’ont pourtant jamais produit, faut-il le rappeler, une idéologie dangereuse pour la paix mondiale, comme le laissent supposer tous ces mandats d’arrêts internationaux destinés à les traquer. Bien plus ils ont toujours siégé avec les partisans de messieurs Alassane Ouattara et Konan Bédié dans les différents gouvernements du président Laurent Gbagbo, dont Seydou Diarra du RDR, Charles Banny du PDCI et Guillaume Soro de la rébellion ont été successivement les Premiers ministres. Au demeurant il est de notoriété publique que les auteurs  et inspirateurs du concept de « l’ivoirité » dont on tente vainement de faire endosser la responsabilité aux dirigeants du FPI, participent à l’heure actuelle au gouvernement de monsieur Alassane Ouattara à Abidjan.

A quoi répond donc l’obsession du pouvoir Ouattara à liquider radicalement les dirigeants du FPI et de LMP, sinon à une forme de délire politique proche de la paranoïa ?

III – Notre position :

Les Ivoiriennes et Ivoiriens vivant en exil, les militants, sympathisants et dirigeants du FPI et de LMP, le peuple et les patriotes ivoiriens portent toujours le deuil de la déportation du Président Laurent Gbagbo, le deuil de leurs camarades de lutte décédés en exil, le deuil de tous les civils et militaires Ivoiriens morts pour la patrie dans la guerre injuste faite à la Côte d’Ivoire pour installer Alassane Ouattara.

Par-delà la douleur et le profond sentiment d’injustice, nés des événements d’avril 2011, et alimentés par l’impunité totale dont bénéficient les forces pro-Ouattara, ils se déclarent cependant prêts à œuvrer pour le redressement de la Côte d’Ivoire et pour la réconciliation nationale.  Il revient toutefois au nouveau pouvoir, de réunir les conditions d’un dialogue politique véritablement inclusif et constructeur ; conditions sans lesquelles aucune perspective d’avenir ni pour notre pays ni pour la paix en Afrique de l’ouest n’est envisageable.

En conséquence, nous exigeons :

- la libération immédiate et sans condition de nos collègues et camarades de lutte déportés et embastillés ;

-le rétablissement sans délai de la sécurité publique, des droits fondamentaux et libertés démocratiques pour tous ;

-la dissolution des FRCI et la restauration des forces armées régulières de Côte d’Ivoire dans leur fonction régalienne, en attendant la construction de nouvelles forces armées nationales et républicaines en Côte d’Ivoire ;

-la restitution des domiciles occupés, des patrimoines confisqués et le déblocage des avoirs et des biens gelés ; 

-la suspension des mandats d’arrêts internationaux et des différentes poursuites engagées dans la logique d’une justice des vainqueurs en attendant la réhabilitation d’une justice véritablement républicaine dans notre pays. 

 Fait ce jour, 11 Avril 2012

 Pour la Coordination des Ivoiriens en Exil

Le Porte parole Dr Assoa Adoul

Source : Coordination des Ivoiriens en Exil


2-2 Fernand As : Un anseulement, mais déjà trop de mauvais souvenirs 

Un an seulement, mais déjà trop de mauvais souvenirs  Je ne raconterai rien concernant cette période,  rien que d’y penser, ma colère s'accroit...Le simple fait de me souvenir me met hors de sens!

Libres comme l’air, et  prenant du bon temps, ceux qui ont agressé ma patrie sont devant moi et se la coulent douce : Quel sentiment voulez-vous que j’éprouve  pour cet anniversaire, pour  cette date commémorative ?  Pour eux, je ne suis qu’une bestiole dont on de moque, une parmi d’autres bestioles dont ils disent « c’en est fini pour eux ! »

Pour s’exprimer aujourd’hui, Il y a des voix plus autorisées que la mienne: Mon chef, mon Leader, ce père de famille, cet homme bon et intègre a subi des choses atroces, ainsi que sa famille et tous ses collaborateurs.

Je ne peux plus voir ces images, je refuse de revoir ces scènes, cette vidéo qui circule sur internet, destinée à la télé française et qui véhicule les scènes atroces des bombardements et de l’arrestation infamante  du représentant légitime de mon pays, avec, gravé dans l’image la marque de la chaine de télé, le sceau du colon agresseur !

Nous, sympathisants de SEM Laurent Gbagbo, appelés abusivement« jeunes » patriotes, nous avons été  lâchement assassinés comme des bêtes !…

Je suis un patriote,  un point, c’est tout ! Et je ne peux pas me réjouir en ce jour !  Laissez-moi prendre mon élan pour donner ma réponse, la réponse appropriée !!!

Je ressens une vive douleur dans la poitrine, une grande irritation parcourt mon être, un tremblement violent secoue ma tête, j’écume de rage !

Aujourd’hui  tout ce qui m’anime, c’est ce qui se rapproche de la révolution ! Je suis un révolté ! Seul je ne pourrai rien, mais je suis prêt à faire de l’auto-stop, pour rejoindre le véhicule de la révolution permanente !

Camarade Hassane Magued, permets-moi de t’appeler « camarade » car tu transcris les émotions de mon âme, ce que je veux dire, ce que je veux faire! En ce jour, Camarade de la Révolution Permanente, je voudrais te saluer pour cette flamme que tu continues d’entretenir en moi. Assurément, j’embarquerai à bord du train de la révolution, je me joindrai à toi pour apprendre plus ! Je n’attends que ce jour…

Excusez-moi, vous qui me lisez, je ne veux pas de pardon, ni une intervention visant à calmer ma douleur, ma colère

Je ne vous parlerai pas de l'humiliation subie par mon pays  .Je me suis fixé une date pour la raconter : ce jour-là, j'aurai défait cette coalition de malfaiteurs et après avoir rendu grâce au Seigneur Jésus pour la liberté et la délivrance qu'Il m'aura accordées, je parlerai....

Je loue continuellement le Seigneur de ce qu’IL me protège quotidiennement!  Parce que ce jour-là, en le racontant, je m’arrêterai sur la victoire éphémère de ce pouvoir frileux, moribond et destructeur.

Oui ce lundi 11 Avril 2011…reste pour la  Côte d’Ivoire digne, une date sombre !  Depuis cette date, les dignes filles et fils de Côte d’Ivoire n’ont jamais cessé de regarder leur mère Patrie avec les larmes aux yeux, en proie aux pires déchirements depuis que leur pays, terre d’accueil pour tout être humain recherchant une terre d’hospitalité, gémit sous la botte de l’occupation étrangère.

Je vois mes frères, mes sœurs, mes amis et mes compatriotes, empêchés d’ouvrir la bouche pour dénoncer  l’injustice qu’ils subissent à grande échelle avec la complicité de la fameuse dame communauté internationale, cette mafia réduite aux pays qui nous agressent.

Tous se rétractent ou se taisent, scrutant l’horizon pour percevoir une lueur d’espoir.  Tout est sombre autour d’eux !

Oui le lundi 11 Avril 2012 marque la date où la Côte d’Ivoire culturelle a pris rendez-vous avec la mort. Les Artistes comédiens et écrivains ne pouvant même plus désormais dénoncer les dérives de ce régime totalitaire par des pièces et des œuvres satiriques. Où est l’artiste engagé aujourd’hui ? Où sont même les pseudos artistes engagés, qui faisaient  leurs choux gras des mensonges concoctés par la nébuleuse et leurs collabos ?  Lago Paulin, Billy Billy, N’guess bon sens, Gbi de fer et consorts …complétez la liste !

Oui le lundi 11 Avril 2011 c’est aussi le jour de l’apparition de la traîtrise,  le jour où la traîtrise prit forme humaine avec des noms précis dans nos rangs : Elie Halasou, charles Koffi Dibi, un certain Nombélanssini de la BNI , Mamadou Koulibaly  qui adoptera le 11 de chaque mois pour commémorer la date de  de la création de son parti LiDeR etc.

Le lundi 11 Avril 2011 c’est aussi la date à partir de laquelle, mon pays enregistrera encore des morts en cascade, d’ouest en est, en passant par le sud.

En ce jour, que pourrais-je dire de plus, chers camarades de la résistance….

Fernand As

Lundi 11 Avril 2011...Mercredi 11 Avril 2012

 http://www.lynxtogo.info/oeil-du-lynx/.html


2-3 Gilles Naismon : Les forces pro-Ouattara engagent une traque aux jeunes.

Le voyage d’Alassane Ouattara à l’ouest de la Côte d’Ivoire est une occasion de pénitence pour des jeunes soupçonnés d’être des miliciens ou des pro-Gbagbo par les partisans du numéro un ivoirien
Dans le courant de la semaine du 2 au 8 avril dernier, Glaho Noël, connu sous le pseudonyme de Bolo, arrivé dans la ville de Duékoué pour une course personnelle, a été repéré par des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) en tenues civiles et des militants du Rassemblement des républicains (Rdr) comme un milicien en reconnaissance des lieux avant l’arrivée d’Alassane Ouattara. Il a été arrêté, sauvagement bastonné, enlevé et retrouvé mort les heures qui ont suivi. A 42 ans, Glao Noël, originaire de Fengolo (7Km de Duékoué), laisse derrière lui une femme et 4 enfants.
Cette tragédie qui s’est produite au grand jour, en pleine ville, révèle la face visible de la traque dont sont victimes depuis quelques semaines de nombreux jeunes de l’ouest, notamment dans le Gémon et le Moyen-Cavally, en prélude à l’arrivée d’Alassane Ouattara. Les villages et campements enregistrent en effet des patrouilles de Frci et chasseurs traditionnels Dozos à la recherche de «miliciens» ou de jeunes soupçonnés être des pro-Gbagbo. Ils prétendent sécuriser la venue d’Alassane Ouattara dans une région qu’ils estiment lui être encore hostile.
Une source proche des personnes victimes de traque indique que la nouvelle députée Rdr, Touré Flanizana, a été saisie de cette situation mais jusqu’à présent c’est le statu qup. La situation est telle que les ressortissants de l’ouest, les wê plus particulièrement, vivant en ville craignent de s’aventurer dans leur région ces jours-ci. «Il suffit qu’un jeune arrive de la ville et il est très vite assimilé à un milicien venu préparer les jeunes à une éventuelle attaque contre Alassane Ouattara qui se prépare à venir à l’ouest», révèle Joseph B., qui s’apprêtait à se rendre au chevet de son père gravement malade à Duékoué. Des témoins sur place craignent que la région replonge à nouveau dans un cycle de violence,  comme cela a été le cas à Guitrozon et Petit Duekoué en 2005 et Carrefour en 2010, au moment où quelques rares populations, ayant pris leur courage à deux mains, retournent dans leurs quartiers et villages afin de réapprendre à vivre.
Gilles Naismon

08-04

http://cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=6551


20/04/2012

n°1 - Dossier Mali - 19-04 - a1- y a eu une campagne de désinformation sur le coup d’Etat militaire au Mali

 


n°1 - Dossier Mali - 19-04 - a1-  y a eu une campagne de désinformation sur le coup d’Etat militaire au Mali




Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources


Dossier Mali

    n°1                              19-04 

C.De broeder & M.Lemaire



Le "Dossier deSyrie" est  visible 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part :

Mali : chronique d’une recolonisation programmée.

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 : Mountaga Fané Kantéka- Entretien par Chérif Abdedaïm: ««Il y a eu une campagne de désinformation sur le coup d’Etat militaire au Mali».

2  Dossier

2-1 Mountaga Fané Kantéka : MALI : LES « DÉMOCRATES » DE LA HONTE.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Fernent : Situation au Mali.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Comment Paris joue l'autonomie du Nord Mali.

4-2 Chems Eddine CHITOUR :" La partition du Mali : premier domino après l’effritement de la Libye".

4-3 Yoro SOW : Nord- Mali : Le MNLA n’existe que par les medias français.

 



Tiré à part :

Mali : chronique d’une recolonisation programmée.
Forum pour un Autre Mali (FORAM)

samedi 7 avril 2012, par Comité Valmy

« Que les chèvres se battent entre elles dans l’enclos est préférable à l’intermédiation de l’hyène ».
Proverbe bamanan.

1. Le Mali dans l’ordre cynique du monde

Mis en lumière par l’amputation des deux tiers de son territoire, le coup d’Etat du 22 mars 2012 et l’embargo total de la CEDEAO, l’extrême vulnérabilité du Mali tient d’abord à la trahison des élites. Elles se voilent la face, réfutent tout débat de fond sur les enjeux de la mondialisation capitaliste. Désormais, tout est clair : la recolonisation du pays à travers les politiques néolibérales entre dans une nouvelle phase qui obéit au schéma libyen avec l’intervention directe de l’OTAN en moins.

L‘impérialisme collectif avait besoin d’exploiter, comme à Benghazi, les rancœurs et les rancunes d’une partie de la population qui a le sentiment d’être marginalisée. La rébellion touareg faisait parfaitement l’affaire. La revendication des deux tiers du territoire malien par le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) vient d’être satisfaite avec la complicité de la « communauté internationale ».

L’os malien étant bien moins dur à briser que l’os libyen, il suffisait de mettre à profit l’état de déliquescence de l’armée nationale et de fermer les yeux sur la progression des assaillants lourdement équipés d’armes sophistiquées en provenance des arsenaux libyens pour que le tour soit joué.

Tout cela s’est passé rapidement, entre le 17 janvier 2012 et le 04 avril 2012. Les puissants membres de la « communauté internationale » n’ont donc pas eu à se salir les mains. Ils pensent avoir l’honneur sauf pour avoir fait des déclarations de principes sur l’inviolabilité de l’intégrité territoriale du Mali. Or, c’est lorsque les rebelles du MNLA ont déclaré qu’ils ont atteint leurs objectifs que les Etats-Unis d’Amérique leur ont demandé de « cesser » les opérations militaires.

Les enjeux énergétiques, sécuritaires, migratoires et idéologiques de la guerre globale trouvent leurs expressions dans cette recolonisation que les dirigeants politiques maliens n’ont pas vu venir et que certains d’entre eux refusent toujours d’admettre. La France espère obtenir de la future République laïque et démocratique de l’Azawad ce que le Président malien Amadou Toumani Touré (ATT) n’a pas su ou voulu lui accorder : la base de Tessalit hautement stratégique au plan économique et militaire ; de la fermeté dans la lutte contre l’émigration « clandestine » et Al Qaeda au Maghreb (AQMI).

Plus ou moins indifférente au sort du peuple malien face à la double agression de la rébellion et de la CEDEAO, l’opinion publique occidentale est ébranlée après avoir appris la participation de Ançar dine et de AQMI à cette recolonisation du Mali.

2. La violence de la CEDEAO contre le peuple martyr du Mali

Ebranlés et meurtris à l’idée d’être un peuple sans Etat et sans armée digne de ce nom face à des combattants lourdement armés, faisant tomber les villes les unes après les autres, les Maliennes et les Maliens subissent à présent le traitement de choc de l’embargo total de la part de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

C’est lors du Sommet extraordinaire du 27 Mars 2012 à Abidjan (Côte-d’Ivoire) que l’organisation sous-régionale a pris la décision d’envoyer à Bamako une délégation de très haut niveau pour demander au Capitaine Amadou Haya Sanogo qui a pris le pouvoir 22 Mars 2012 de restaurer, le plus rapidement possible, l’ordre constitutionnel. Elle a du rebrousser chemin face à la mobilisation des victimes de la démocratie formelle et corrompue qui vivent ce coup d’Etat comme une délivrance. C’est à l’aéroport d’Abidjan que les Chefs d’Etats de la CEDEAO ont donné aux nouvelles autorités maliennes un ultimatum de 72 heures pour s’exécuter au risque de voir le Mali subir un embargo.

Ils ont mis cette menace à exécution à partir du lundi 02 Avril 2012, alors qu’à l’issue de la rencontre à Ouagadougou (Burkina Faso) d’une délégation du CNRDRE avec le Président du Burkina Faso qui joue le rôle de médiateur, le Capitaine Amadou Haya Sanogo a accepté le retour à l’ordre constitutionnel. Cette avancée, saluée par la plupart des Maliens et des Maliennes, n’était pas suffisante pour certains des Chefs d’Etat de la CEDEAO particulièrement intransigeants. Les sanctions dont il s’agit se traduisent en autres par :

la suspension du Mali de toutes les instances de la CEDEAO,
le rappel des ambassadeurs de l’organisation pour consultation, la fermeture des frontières,
le gel des avoirs du Mali à la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et le non approvisionnement des banques nationales,
la suspension des programmes d’aide au développement

Le levier militaire pourra se traduire par "la montée en puissance de la Force en attente de la CEDEAO pour parer à toute éventualité… " Plus importants que l’aide extérieure pour les familles qui en bénéficient, les fonds de la diaspora dont une partie passe par Western Union et Money Gram manqueront également aux Maliennes et aux Maliens. La cherté de la vie qui, à elle seule, a créé un climat quasi insurrectionnel avant la rébellion et le coup d’Etat s’aggrave. Les prix flambent dans les régions occupées où les pillages portent surtout sur les aliments et les médicaments qui commencent à manquer.