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18/09/2012

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Sent: Tuesday, September 18, 2012 12:06 PM
Subject: n°531 - Les Dossiers 'Géopolitique et Stratégie' d'Irak - n°531 - p - Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge
 

 


 

Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 

 L’information est une arme au service de la paix

 

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

 


 


 

Les Dossiers 'Géopolitique et Stratégie' d'Irak

 

n°531                          18/09/12

 

C.De Broeder      &       M.Lemaire

 


 


 

Le "Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak " est visible  sur ...

 

a) sur mes  blog : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

 

                              http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

 

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

 

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

 

d) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

f) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

 

 



Tiré à part :

La Turquie s'accapare le pétrole irakien!

IRIB- L’exportation du pétrole du Kurdistan d’Irak vers la Turquie vient de créer des tensions, dans les relations irako-turques.

Ces derniers jours, les autorités du Kurdistan d’Irak ont annoncé le début d’une exportation limitée du pétrole de cette région, vers la Turquie; une information confirmée, également, par le ministre turc de l’Energie. Ceci, alors que le Porte-parole du gouvernement irakien, Ali al-Dabagh, a insisté, dimanche, sur le fait que l’exportation du pétrole vers les marchés mondiaux, par l’intermédiaire du sol turc, est illégale, et a mis la Turquie en garde contre une dégradation des relations bilatérales des deux pays, surtout, dans les secteurs économiques, si cela continuait. Ces derniers mois, plusieurs décisions prises par l’autorité du Kurdistan d’Irak, comme l’affaire de Tarik al-Hachemi, l’ex-vice Président irakien, réfugié, justement, au Kurdistan d’Irak, ont créé des tensions entre le Kurdistan et le gouvernement de Bagdad, et, actuellement, ces contrats pétroliers de la région du Kurdistan avec les compagnies étrangères, ainsi que l’exportation du pétrole kurde vers la Turquie, ont accentué davantage ces tensions entre Bagdad et le Kurdistan. Même si le ministre turc de l’Energie prétend que l’importation du pétrole kurde, par les voies terrestres, ne dépasse pas les 200 camions-citernes, par jour, les dernières nouvelles affirment que la Turquie a signé un contrat bilatéral avec Arbil, qui prévoit la construction d’un oléoduc, depuis le Kurdistan vers la Méditerranée. Si cet oléoduc est exploité, le taux des exportations de pétrole du Kurdistan, qui est, à présent, de 300.000 barils, par jour, atteindra, d’ici 2015, les 1.000.000 de barils, par jour. Aussi, la société américaine, "Exxon Mobile", a signé, l’année dernière, un contrat de 20 ans, pour l’extraction du pétrole, avec le Kurdistan d’Irak. De son côté "Total", aussi, a annoncé qu’il est en train de réfléchir à un investissement, au Kurdistan d’Irak. En réaction à ces activités, Hossein Shahrestani, l’adjoint du Premier ministre irakien, dans les affaires d’énergie, a dit que la position du gouvernement irakien, face à toutes les compagnies pétrolières, est claire, et qu’aucune compagnie n’a le droit de signer un quelconque contrat, sans la permission du gouvernement de Bagdad. Les spécialistes  évaluent les réserves de pétrole de la région du Kurdistan d’Irak, à 45 milliards de barils, région qui, selon les mêmes spécialistes, détient entre 100 et 200.000 pieds carrés de gaz. Cette énorme réserve en énergie est suffisamment enchanteresque, pour les compagnies de pétrole, pour qu’elles oublient Bagdad, et entrent, directement, en relation avec Arbil. Selon la Constitution irakienne, tous les contrats pétroliers doivent être approuvés par le gouvernement de Bagdad, et une partie des profits doit revenir au trésor national de l’Irak. Mais selon les autorités de Bagdad, ce sont quelques groupes en position de force, dans la région du Kurdistan d’Irak, qui profitent, sans autorisation, de ces contrats juteux avec les compagnies étrangères. Les autorités actuelles du Kurdistan d’Irak sont pointées du doigt par les groupes d’oppositions, qui dénoncent la primauté que l’on donne aux relations familiales, au sein du pouvoir, ce qui les rend, donc, inaptes à gérer le budget octroyé à cette région. On peut, donc, dire qu’une partie importante des revenus  de l’Irak est entre les mains d’une minorité, qui crée des problèmes au gouvernement de Bagdad, et ce, avec le soutien de la Turquie. Et ceci crée, également, de nouvelles tensions, dans les relations Ankara-Bagdad, après l’affaire de Tarik al-Hachemi.

Irib

 


 

 

 

 


 

 

 

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

 

88 morts dans une série d'attentats

 

 

 

10-09-

Par Le Nouvel Observateur avec AFP

L'Irak est plongé depuis plusieurs mois dans une grave crise politique doublée de fortes tensions confessionnelles.

A Basra en Irak, un attentat à la voiture piégée a tué trois personnes le 9 septembre 2012. (AFP)

Au moins 88 personnes ont péri samedi et dimanche en Irak et plus de 400 autres ont été blessées dans une série d'attentats ayant notamment touché le consulat honoraire de France à Nassiriya, au sud de Bagdad.

Ces attaques portent à 118 le nombre de morts dans les violences en Irak depuis début septembre.

La plupart des attaques ont eu lieu peu avant la condamnation à mort par contumace du vice-président sunnite Tarek al-Hachémi, reconnu coupable d'avoir commandité deux meurtres. Tarek al-Hachémi conteste les accusations portées contre lui et dénonce une procédure à des fins politiques.

La France visé ?

A Nassiriya, à 300 km de la capitale, une bombe placée dans une voiture stationnée à proximité du consulat honoraire de France a explosé vers 9 heures locales dimanche, selon une source diplomatique française. Le consul honoraire n'était pas dans les locaux lors de la déflagration. Selon le site internet de la municipalité, une personne a été tuée et une autre blessée.

La France, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a condamné "avec la plus grande fermeté les attentats perpétrés depuis hier dans plusieurs villes d'Irak (...) et particulièrement l'attentat devant le consulat honoraire de France à Nassiriya".

Dans la même ville, un attentat à la voiture piégée en face d'un hôtel a fait deux morts et deux blessés, selon le directeur de l'hôpital municipal et une source au sein des forces de sécurité. L'attaque la plus meurtrière s'est produite dimanche matin sur un marché, à proximité du mausolée de l'imam chiite Ali al-Charki, dans le sud du pays, où deux voitures piégées ont explosé. Quatorze personnes ont été tuées et 60 autres blessées, selon le docteur Ali al-Alaa des services sanitaires de la province de Missane.

Attaques à Bagdad

Bagdad n'a pas été épargnée. Cinq attentats à la voiture piégée ont tué au moins 32 personnes, dont 13 dans le bastion chiite de Sadr City, et en ont blessé 102 autres, selon une source au ministère de l'Intérieur et une source médicale.

Dans la nuit de samedi à dimanche, des inconnus ont ouvert le feu contre un point de contrôle de l'armée, près de Balad, une ville située à 70 km au nord de Bagdad. A l'arrivée des renforts, une bombe placée en bord de route a explosé.

Au total, onze soldats ont été tués et huit autres blessés, selon un colonel et une source médicale à l'hôpital de Balad. Tôt dimanche, une bombe a explosé près de Kirkouk, sur le parking du siège de la NorthOilCompany, la société pétrolière publique chargée de l'exploitation des hydrocarbures dans le nord du pays.

Sept personnes sont mortes, selon un officier de police et un médecin d'un hôpital proche.

Deux attentats ont également secoué le centre de Kirkouk (nord), faisant trois morts, selon un officier de police et un médecin de l'hôpital de la ville. Un correspondant de l'AFP a dit avoir vu de nombreuses voitures détruites et des bâtiments des autorités provinciales endommagés par les déflagrations. Les rues de la ville étaient désertes. L'attentat contre la NorthOilCompany et les attaques dans le centre-ville de Kirkouk ont blessé 153 personnes au total, selon un responsable des services sanitaires provinciaux.

L'ombre d'Al-Qaïda

Cette vague d'attentats n'a pas été revendiquée, mais Al-Qaïda en Irak a récemment affirmé vouloir reconquérir le territoire qu'il a abandonné depuis le pic des violences ayant touché le pays entre 2006 et 2008.

D'autres attaques meurtrières ont également été signalées à l'ouest de Kirkouk, TouzKhourmatou, Tal Afar, Samarra, Taji, Baqouba, Fallouja et Mossoul.

Si les violences ont considérablement diminué par rapport aux sanglantes années 2006-2007, elles restent encore très fréquentes en Irak, plongé depuis plusieurs mois dans une grave crise politique doublée de fortes tensions confessionnelles.

10-09-09-

 http://www.assawra.info/spip.php?article803 


 

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Reza Pirbhai : Le coût humain de la guerre contre le "terrorisme" - Quelques chiffres :
Au début de la « guerre au terrorisme » le général étasunien Tommy Franks a déclaré : « Nous ne comptons pas les corps ». Il parlait bien sûr des morts afghans. Le fait que les noms des victimes du 11 septembre aient tous été dûment gravés dans la pierre rend encore plus singulier le fait qu’on accorde si peu d’intérêt aux victimes civiles non étasuniennes ou non OTANniennes de la guerre menée en leur nom. De fait la guerre qui est actuellement dans sa onzième année et au cours de laquelle deux pays ont été envahis et occupés, ainsi que le bombardement actuel d’au moins trois pays supplémentaires, n’ont généré aucune étude exhaustive des pertes directes ou indirectes.

 

Le fait qu’une guerre d’une telle envergure puisse faire rage si longtemps sans volonté officielle de faire la lumière sur le nombres "des autres" tués, est révélatrice de la manière dont les états qui la mènent calculent le coût de la guerre. Si la politique officielle est de ne pas les compter, cela signifie que les morts, les estropiés, les disparus et les déplacés non étasuniens et non OTANniens ne font par partie de l’équation. Le fait que cette politique ne semble pas être remise en cause par le public révèle une approche plus globalement préoccupante des "autres", en particulier des Musulmans. L’ONU et quelques ONG essaient cependant d’établir des comptes dans le dédale des contextes locaux engloutis dans le conflit. En dépit de l’obstruction officielle et de l’indifférence publique, on commence à avoir un aperçu des conséquences meurtrières de ces guerres.

 

Pour commencer, en Afghanistan les études les plus souvent citées sur l’invasion de 2001 établissent qu’environ 4000 à 8000 civils afghans sont morts dans des opérations militaires. Il n’y a pas de chiffres pour 2003-2005, mais en 2006, HumanRights Watch a recensé un peu moins de 1000 civils tués dans les combats. De 2007 à juillet 2011, la Mission d’assistance de l’ONU en Afghanistan (UNAMA) évalue à au moins 10 292 le nombre de non-combattants tués. Ces chiffres, il faut le souligner, n’incluent pas les morts indirectes et les blessés. On peut avoir une idée des morts indirectes grâce à un article du Guardian -le meilleur reportage sur le sujet- qui établit qu’au moins 20 000 personnes de plus sont mortes suite aux déplacements de population et à la famine causée par l’arrêt de l’approvisionnement en nourriture rien que pendant la première année de la guerre. De plus, selon Amnesty International, 250 000 personnes ont dû fuir dans d’autres pays en 2001 et au moins 500 000 ont été déplacées à l’intérieur du pays depuis.

 

Passons à l’Irak maintenant : Selon le projet Iraq Body Count (Compte des Corps Irakiens) environ 115 000 civils ont été tués dans les tirs croisés de 2003 à août 2011. Mais selon l’étude de la santé familiale en Irak de l’Organisation Mondiale de la Santé, le chiffre se monterait à 150 000 rien que pour les trois premières années d’occupation. Avec les morts indirectes, cela ferait, selon le rapport Lancet, environ 600 000 morts pour cette période. De plus, une étude d’Opinion Research Business estime qu’il y a eu, avant le milieu de l’année 2007, un million de morts violentes. Qui plus est, le Haut Commissaire de l’ONU pour les Réfugiés fait état d’environ deux millions d’Irakiens déplacés dans d’autres pays et deux millions de plus déplacés à l’intérieur du pays depuis 2007. Il n’y a pas d’information précise sur les morts indirectes ni les blessés mais l’effondrement indéniable du système de santé irakien et des infrastructures en général (les meilleurs de la région avant 1991) suggèrent que leur nombre est au moins aussi catastrophique.

 

En plus des deux états sous occupation, la "guerre contre le terrorisme" s’est étendue à un certain nombre de pays voisins comme le Pakistan, le Yémen et la Somalie. Les premières armes déployées dans ces endroits ont été les "drones" étasuniens, des groupes d’opération spéciale, des agents des services secrets et les forces armées/gouvernementales des pays concernés. Etant donné la nature extra-judiciaire et clandestine de ces théâtres d’opération, il est difficile de comptabiliser les pertes en l’absence de données indépendantes. A vrai dire, on a le même problème en Afghanistan et en Irak mais tout le monde s’accorde à dire que le nombre de drones utilisés au Pakistan, Yémen et Somalie est en hausse. A ce jour, selon le Bureau du Journalisme d’Investigation, il y aurait eu au moins 357 frappes au Pakistan entre 2004 et juin 2012 (plus de 300 sous l’administration Obama). Au moins 2464 personnes ont été tuées dont au moins 484 civils (168 enfants). Le Washington Post y ajoute 38 frappes qui ont causé 241 morts (56 civils) au Yémen. Il n’y a pas de chiffres pour la Somalie mais le New York Times confirme que ce type d’opération y est mené depuis 2007 au moins.

 

Les officiels ou citoyens ordinaires partisans de la guerre se hâteront de rétorquer que beaucoup des chiffres cités dans cet article concernent des morts civiles dont sont responsables des combattants ennemis. Mais comment peut-on le savoir quand les données sont si incomplètes ? Et, comme cela a été mis en lumière pendant la campagne de "drones", comment peut-on distinguer les civils des combattants quand les assassins de ces derniers sont aussi leurs juges ? En vérité, même en tenant compte de ces réserves, ces attaques font du gouvernement étasunien un des gouvernements qui a commis le plus "d’assassinats ciblés", selon sa propre expression, de l’histoire. Qui plus est, comme l’a indiqué un des représentants de UMANA à propos de leur étude, "Lorsque nous doutons du statut de non-combattant d’une ou de plusieurs victimes, nous ne les incluons pas au nombre des victimes civiles. Et donc il est fort possible que le nombre des victimes rapporté par UMANA soit sous-estimé." En fait tous ceux qui font de telles études reconnaissent avoir ce type de problème.

 

Si on essaie de rassembler ces données éparses, on arrive à un minimum de 140 000 victimes civiles non étasuniennes et non OTANiennes. Et facilement à un maximum de 1 100 000. Ce qui donne 14 000 à 110 000 morts par an. Pour mieux se rendre compte de ce que cela représente, il faut se rappeler que le "Blitz" nazi sur l’Angleterre pendant la seconde guerre mondiale a fait 40 000 morts civiles. Il faut aussi se rappeler que dans cette fourchette d’estimation, ne sont pas comprises les victimes directes d’Afghanistan de 2003 à 2005 ni les victimes indirectes de 2003 à nos jours. Par ailleurs, les morts civiles causées par autre chose que les drones, comme les disparitions et les détentions secrètes, ne sont comptabilisées nulle part et les pertes résultant des campagnes militaires de commanditaires (comme les gouvernements du Pakistan et du Yémen) ne sont pas répertoriées. Le nombre des blessés, des orphelins, ou des gens privés de leurs droits, sans compter le nombre de ceux qui ont été torturés dans des prisons publiques ou privées du monde entier, n’est pas mon plus pris en compte. Et enfin les souffrances des millions de personnes déplacées d’Afghanistan, d’Irak, du Pakistan et d’ailleurs sont incalculables.

 

Les chiffres que nous venons de vous présenter, même s’ils sont tragiquement incomplets, expliquent pourquoi les officiels des Etats-Unis et de l’OTAN refusent de les établir. Prendre en compte le stupéfiant coût humain de la "guerre contre le terrorisme" les forcerait à reconnaître que le "terrorisme" n’est pas à sens unique et que les états, et non les milices, détiennent les armes les plus meurtrières. Le choix du général Franks de ne pas compter les cadavres est révoltant mais pas surprenant. Le fait que le manque d’intérêt des opinions publiques des Etats-Unis et des pays de l’OTAN fasse écho au sien démontre qu’un consensus (fabriqué ou non) très étonnant règne dans les populations au moins en ce qui concerne ces victimes musulmanes. Rien d’autre que cette indifférence du public et des officiels ne peut expliquer l’absence d’études exhaustives sur les pertes civiles surtout lorsqu’on pleure les près de 3000 civils morts le 11 septembre et au nom desquels la "guerre contre le terrorisme" continue de se déchaîner.

Reza Pirbhai  

M. RezaPirbhai  est professeur d’histoire de l’Asie du Sud à Louisiana State University.

On peut  le joindre à : rpirbhai@lsu.edu

Traduction : Dominique Muselet pour LGS

21 juin 2012

Source : Le Grand Soir


 

Le cas des terroristes manquants.

S’il y avait des terroristes réels, José Rodriguez serait mort.

Qui est José Rodriguez ? C’est le criminel qui a géré le programme de torture de la CIA.

La vaste majorité de ses victimes ne furent pas des terroristes ni mêmes des insurgés. La plupart furent de pauvres bougres kidnappés par des seigneurs de la guerre et vendus aux Américains comme “terroristes” pour toucher la récompense promise.

 

Si l’identité de Rodriguez était auparavant un secret, elle ne l’est plus. Il est apparu sur l’émission de CBS “60 Minutes” prenant à son crédit le fait d’avoir torturé des musulmans et utilisé l’information soi-disant obtenue pour tuer les chefs d’Al-Qaïda. Si les terroristes étaient vraiment le problème que la sécurité de la patrie (NdT : le DHS ou la Stasi, Securitate du pays du goulag levant), le FBI et la CIA disent qu’ils sont, le nom de Rodriguez serait un nom à rayer sur la liste d’élimination des terroristes. Il serait déjà dans sa tombe.

De même le serait John Yoo (ci-contre), qui écrivît le memo du ministère de la justice (sic) donnant le feu vert pour torturer et ce malgré qu’à la fois la loi états-unienne et la loi internationale aient banni la torture. Apparemment, Yoo, un professeur à la faculté de droit de Boalt de l’université Berkeley de Californie, était ignorant de la loi américaine et de la loi internationale. Il en va de même pour le ministère de la justice (sic).

 

Notez que Rodriguez, “le tortionnaire des musulmans”, ne doit pas se cacher. Il peut aller sur les chaînes de télévision nationales, révéler son identité, et révéler ses succès à torturer et massacrer des musulmans. Il n’a aucune protection des services secrets et serait une cible très facile pour des assassins terroristes si efficaces paraît-il, qu’ils ont perpétrés le 11-Septembre.

 

Une autre cible facile pour être assassiné serait l’ancien ministre de la défense Donald Rumsfeld, qui bourra le Pentagone de va-t-en guerre néoconservateurs tels que Paul Wolfowitz et Douglas Feith, qui à leur tour concoctèrent la fausse information utilisée pour justifier l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan. Rumsfeld lui-même déclara les membres d’Al-Qaïda comme étant les plus vicieux et les tueurs les plus dangereux de la planète. Et pourtant, Rumsfeld, Wolfowitz, Feith, Richard Perle ainsi que les propagandistes néoconservateurs des médias tels William Kristol et Max Boot, se promènent tous depuis des années non protégés sans avoir été inquiétés par des terroristes qui chercheraient à venger le million plus de musulmans tués en assassinant les responsables.

 

CondiRice, Colin Powell, qui fît le discours mensonger à l’ONU pour lancer l’invasion de l’Irak et Dick Cheney, dont la protection plus que minimale par les services secrets ne serait en aucun cas un problème dans l’hypothèse d’une tentative d’assassinat déterminée ; tous ces gens profitent de la vie sans être molestés par des terroristes.

 

Vous rappelez-vous du jeu de cartes que le régime Bush avait fait faire avec les visages des responsables irakiens ? Si les terroristes avaient un jeu de carte similaire, tous les noms cités ci-dessus seraient des cibles de la plus haute importance. Et de fait, il n’y a eu aucune tentative d’assassinat sur aucun d’entre eux.

 

Bizarre non, qu’aucune de ces personnes ne soient sujette à une menace terroriste. Pourtant, les machos, durs à cuire des commandos marines qui ont soi-disant tués Oussama Ben Laden doivent avoir leur identité cachée afin qu’ils ne deviennent pas des cibles pour les terroristes. Ces supermen américains, tueurs hautement entraînés eux-mêmes, n’osent pas montrer leurs visages, mais Rodriguez, Rumsfeld et CondiRice se baladent sans être inquiétés.

 

De fait, les vies de ces commandos sont tellement en danger, que le président Obama a abandonné l’énorme avantage en relations publiques et le bénéfice politique que représente une cérémonie de décoration à la Maison Blanche avec ces commandos marines héroïques. Cela est très certainement une étrange attitude venant d’un politicien. Quelques semaines après la soi-disant élimination de Ben Laden, la même unité de commandos marines, ou la vaste majorité d’entre baeux, est décimée dans un crash d’hélicoptère en Afghanistan.

 

Si vous étiez un terroriste musulman cherchant à vous venger des crimes de Washington, essaieriez-vous de passer clandestinement une bombe dans votre slip ou vos chaussures afin de faire sauter un avion de ligne rempli de gens dont la seule responsabilité qu’ils ont de la guerre de Washington contre les musulmans est qu’ils croient la propagande de cette dernière ? Si vous vouliez même faire sauter des innocents, ne placeriez-vous pas votre bombe au milieu de la grande foule en attente de passer la sécurité de l’aéroport ainsi au passage, tuant quelques membres de la TSA avec les passagers ? Des terroristes pourraient coordonner leurs attaques, touchant simultanément dans la même minute un vaste nombre d’aéroports à travers les Etats-Unis. Ceci serait vraiment de la terreur ; de plus cela poserait un problème insoluble à la TSA : comment contrôler les gens avant même qu’ils ne soient contrôlés par la sécurité ?

 

Ou des attaques coordonnées dans des centres commerciaux ou des stades ?

 

Pourquoi des terroristes, si tant est qu’ils existent, s’embêteraient à tuer des gens alors qu’il est facile de causer un chaos total sans les tuer ? Il y a un bon nombre de sub-stations électriques non gardées. Des régions entières du pays pourraient être fermées. Une des méthodes les plus simples et effective pour causer le plus de troubles serait de larguer de grandes quantités de clous sur la chaussée aux heures de pointes à New York, Boston, Washington DC, Atlanta, Dallas, Chicago, Los Angeles, San Francisco. Vous voyez le tableau : des milliers et des milliers de voitures incapacitées avec les pneus crevés bloquant les artères principales pendant des jours.

 

Avant que certains lecteur ne m’accusent de donner des idées aux terroristes, demandez-vous si des gens aussi intelligents pour avoir soi-disant planifié et perpétré le 11 Septembre, ne pourraient pas penser à de telles tactiques si simples, qu’ils pourraient effectuer sans grandes difficultés pour déjouer des systèmes de sécurité ou pour tuer un grand nombre de personnes innocentes ? Mon point de vue n’est pas ce que devraient faire les terroristes, s’ils existent vraiment. Mon avis est que l’absence d’actes de terrorisme faciles à faire suggère que la menace terroriste est plus une invention que la réalité. Et pourtant, nous avons un système de sécurité des plus intrusif qui n’a apparemment aucune fonction si ce n’est que d’exercer un pouvoir plus contraignant sur les citoyens américains.

 

Au lieu de vrais terroristes perpétrant des complots faciles, nous avons des “complots terroristes” rêvés par des agents du FBI et de la CIA, qui ensuite recrutent quelques pauvres hères naïves à moitié démentes, les soudoyant d’argent et d’images héroïques pour elles-mêmes, leur donnant à la fois le fil conducteur du complot et les faux explosifs. Ceci est appelé de l’arnaque, sans l’être. Elles sont orchestrées par nos propres agences de sécurité, qui produisent de faux complots terroristes, qui sont ensuite éventés par les mêmes agences de sécurité qui ont pondu les complots.

 

L’annonce faite par Washington est toujours : “le public ne fut jamais en danger”. Quel complot ! Nous n’avons jamais été mis en danger par aucun d’entre eux, mais les aéroports ont été en alerte orange depuis 11 ans et demi.

 

Le système judiciaire fédéral et les jurys conditionnés traitent ces complots concoctés comme de véritables menaces à la sécurité des Américains et ce malgré les annonces du gouvernement que le public n’a jamais été en danger.

 

Les annonces de ces complots “déjoués” maintiennent le public lobotomisé tranquille et docile, plus servile pour plus de fouilles intrusives, d’espionnage sans mandat, d’augmentation d’un état policier irresponsable et de guerres sans fin.

 

La “guerre contre la terreur” est une escroquerie, qui a été utilisée avec succès pour détruire la constitution des Etats-Unis et pour compléter la transformation de la loi d’un bouclier pour les citoyens en une arme aux mains de l’état. En détruisant l’Habeas Corpus, le droit à une procédure judiciaire et un procès, et la présomption d’innocence, la “guerre contre la terreur” a de fait détruit notre sécurité

Paul Craig Roberts 

Le Dr Paul Craig Roberts est le père de la Reaganomics et l’ancien chef de la politique au Département du Trésor. [NdT. Le ministre français de l'économie et des finances, Édouard Balladur, reconnaissant ses compétences, lui décerne la Légion d'honneur en 1987.] Il est chroniqueur et a été précédemment rédacteur pour le Wall Street Journal. Son dernier livre, "How the EconomyWasLost: The War of the Worlds" (Comment l’économie a été perdue : la guerre des mondes), détaille les raisons de la désintégration des Etats-Unis

http://11septembre2001.blogspot.be/


 


Paroles & action du président...

 

L’Irak au cœur des débats.

 

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Le Premier ministre réclame des élections anticipées
Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a réclamé mercredi des élections législatives anticipées en raison d’une grave crise politique qui paralyse le pays depuis six mois, un appel accueilli de façon mitigée par ses adversaires qui tentent de le renverser.
"Alors que l’autre partie refuse de s’assoir à la table du dialogue et continue de provoquer des crises politiques successives qui nuisent gravement aux intérêts suprêmes du peuple irakien, le Premier ministre s’est vu obligé de convoquer des élections anticipées", indique un communiqué officiel.

Le mandat de la législature actuelle court jusqu’en 2014.
D’après la Constitution, le Parlement peut être dissous par le vote d’une majorité absolue de ses membres, à la demande d’un tiers des députés ou du Premier ministre après accord du président de la République.

La position du président Jalal Talabani sur la question n’est pas encore connue.
Après les élections parlementaires de mars 2010, le gouvernement n’avait été formé qu’en décembre, et certains portefeuilles clés, notamment la Défense et l’Intérieur, demeurent dépourvus de titulaire.
L’Irak traverse une crise politique qui s’est déclarée en décembre, au moment du retrait des troupes américaines, sous l’impulsion d’Iraqiya, bloc laïque dominé par les sunnites, qui accuse M. Maliki d’accaparer le pouvoir.
Les dirigeants kurdes et le mouvement du chef chiite MoqtadaSadr sont ensuite également entrés en conflit avec M. Maliki, arrivé au pouvoir en 2006 et reconduit grâce à des alliances après les législatives de 2010.
Le président kurde Talabani a opposé il y a près de trois semaines une fin de non-recevoir à ceux qui lui demandaient d’organiser un vote de défiance à l’encontre du chef de gouvernement chiite, invoquant le manque de soutien nécessaire des députés à une telle démarche.
Le président du Parlement Oussama al-Noujaifi a indiqué la semaine dernière que les députés anti-Maliki allaient de nouveau tenter d’obtenir un vote de défiance.

La décision de M. Maliki a provoqué des réactions mitigées parmi ses
détracteurs.
Moqtada al-Sadr "n’est pas partisan de cette mesure, qui demande du temps", a indiqué à l’AFP Dhiaal-Assadi, secrétaire général de son bloc, Ahrar.
"Le consensus auquel on était parvenu pour (former) le gouvernement actuel ne peut être obtenu dans ces circonstances, nous disons donc qu’il n’est pas approprié de dissoudre le Parlement car cela ne serait pas dans l’intérêt du peuple", a ajouté M. Assadi.
Haïdar al-Mullah, un député d’Iraqiya, a pour sa part affirmé que son bloc était favorable à "toute option constitutionnelle" et respecterait la dissolution du Parlement si cela est fait de manière constitutionnelle.

"Mais nous réclamons aussi que le Premier ministre comprenne les deux côtés de la démocratie — quand cela est dans son intérêt et ça ne l’est pas", a dit M. Mullah.
Selon un analyste irakien Reidar Visser, les chances sont faibles que le Parlement soit effectivement dissous.
"M. Maliki souhaite probablement montrer qu’il est confiant et n’a pas peur du verdict des urnes", estime-t-il, soulignant que "il peut se le permettre car la probabilité que des députés votent pour perdre leur siège est très faible".
En outre, l’organisation de nouvelles élections ne serait pas une tâche
aisée.
Le mandat de la Haute commission électorale indépendante (IHEC) expire le mois prochain et aucun remplacement n’a été nommé.
"Je pense que la situation politique aura un impact (...) sur le choix des nouveaux commissaires, et sur notre travail", a dit à l’AFP le président de l’IHEC, Faraj al-Haidari.
M. Haidari a passé plusieurs jours en prison en avril pour des allégations de corruption, une affaire qui selon lui était poussée par la coalition de M. Maliki.
La crise politique a paralysé le gouvernement et le Parlement, où aucune législation significative n’a été votée à l’exception du budget. Les autres mesures, notamment une loi régulant le secteur pétrolier, ont été reportées.
Des dirigeants politiques ont mis en garde contre les conséquences de l’instabilité politique sur la situation sécuritaire. Mercredi, au moins onze personnes ont été tuées dans l’explosion de trois bombes en Irak.

http://www.assawra.info/spip.php?article328
mercredi 27 juin 2012

par La Rédaction


 

 

Un document issu de la présidence de la République irakienne en 2001 accuse l’intellectuel français, d’origine juive, Bernard Henri Levi, d’être derrière le projet de création de l’organisation (unicité et djihad) en Irak. Le journal algérien, echourouk , révèle dans son édition de ce vendredi avoir obtenu un document classé, "confidentiel et personnel", datant du 18 septembre 2001, issu de la présidence irakienne et signé par Abdelhamid Mahmoud, secrétaire spécial de l’ancien président Saddam Hussein, selon lequel, Bernard Henri Levi a essayé de fonder une organisation terroriste liée à al-Qaïda, sous le nom "unité et djihad".
Selon ce document, la sécurité présidentielle de la République d’Irak a intercepté les agissements de Levi, et il s’est aperçu qu’il cherchait à organiser une réunion de coordination avec Massoud Barazani, président du Kurdustan irakien, en vue de créer ladite organisation terroriste pour perpétrer des opérations qui seront imputées à al-Qaïda.
La découverte de ce projet par les autorités irakiennes l’a étouffé dans l’œuf, selon le journal algérien, mais BHL a revu ses plans d’ingérence dans les affaires irakiennes et arabes conformément à d’autres scénarios, qui ont mené à l’occupation de l’Irak et à la pendaison de Saddam, indique le journal.
"Bernard Henri Levi est revenu de nouveau à l’avant-scène des événements arabes, à travers son soutien du printemps arabe en Tunisie, Egypte, Yémen, Libye et Syrie", ajoute echourouk.
"Le rôle de Levi est apparu plus dans la révolution libyenne, mais ses plans ont échoué dans l’agitation de la rue algérienne à plus d’une occasion", conclut le journal.

 http://www.gnet.tn/revue-de-presse-internationale/bhl-a-tente-de-creer-lorganisation-unicite-et-djihad-en-irak/id-menu-957.html 
 


 


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 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

 

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Le point sur la situation sociale en Irak.

Notes à partir d’une conférence téléphonique le 26 juillet 2012 avec Falah Alwan, traduites en français par Renaud.

Le principal problème auquel font face les travailleurs irakiens en ce moment est la tentative du gouvernement d’imposer un nouveau code du travail. Depuis la chute du régime baathiste, les prolétaires irakiens ont travaillé sans code du travail officiel. En réalité, les gens ont travaillé sur la base de conventions et pratiques établies plutôt que sur celle d’un code légal. Il y a eu un premier jet de la loi en 2004, mais selon nous, il était pire que la loi de 1936 établie par la monarchie !

Le nouveau projet inclus 156 articles et nous avons de sérieuses objections sur 140 d’entre eux. Le code a été rédigé par le ministère du travail, donc il a été rédigé entièrement par des représentants du capitalisme. Il y a eu de soi-disant consultations avec des « représentants des travailleurs » - deux personnes issues de syndicats soutenus par le gouvernement ont été impliquées – mais il n’y a pas eue de réelle participation des organisations ouvrières indépendantes pour établir le code. Le nouveau code donne le droit de rejoindre un syndicat, mais seulement les syndicat soutenus ou reconnus officiellement par le gouvernement.

Les syndicats indépendants d’Irak se sont récemment réunis dans le Solidarity Centre de l’AFL-CIO au Liban pour discuter d’une campagne contre la loi. Nous voulons exercer une pression sur les autorités irakiennes, à la fois dans le pays et internationalement, sur cette question. Nous voulons dévoiler la réalité de ce nouveau code du travail, car beaucoup de travailleurs ne connaissent pas son contenu. Il ne contient aucune garantie des droits des travailleurs, et nous avons besoin d’obliger les autorités irakiennes d’écouter le mouvement ouvrier et changer le code.

Nous voulons un code du travail basé sur les droits des travailleurs – le droit de former des syndicats indépendants, le droit de grève, la santé, la sécurité sociale et d’autres droits de base sur le lieu de travail.

Le gouvernement doit procéder à une seconde lecture de la loi au parlement avant que celle-ci ne soit ratifiée mais ils n’ont pas encore annoncé quand cette seconde lecture aura lieue. Nous ne voulons pas que ça aille jusque là. Si la loi est ratifiée, ce serai un désastre pour les travailleurs irakiens.

Il y a aussi des ingérences constantes du Ministère du Travail dans l’affaire des syndicats irakiens. Ils ont, pendant longtemps, tenté de délégitimer tous les syndicats sauf une unique fédération soutenue par le gouvernement. Récemment, le Ministère a tenu des soi-disant « élections » de représentants syndicaux, ce qui est une tentative directe pour saper la démocratie interne des fédérations existantes. On a demandé aux ouvriers de voter dans des élections générales, sans prendre en compte dans quel syndicat ils étaient membres, pour des « représentants » qui négocieront avec leurs employeurs. En réalité, les autorités ont acheté les gens pour qu’ils participent aux élections, par exemple, en promettant des emplois aux chômeurs s’ils votaient.

Le climat est une tentative des forces islamistes – mouvement Sadr et soutiens du Conseil Suprême – de gagner le contrôle politique des syndicats à l’intérieur du ministère du travail. Le ministre du travail lui-même, Nassar al-Rubayie est un membre du mouvement Sadr. A Bassorah, les bureaux de la Fédération Générale des Travailleurs Irakiens (General Federation of Iraqi Workers (GFIW)) ont été attaquées et il y a eu plusieurs protestations des travailleurs contre cela.

Il s’agit d’un problème politique. C’est le droit des travailleurs à choisir quel syndicat rejoindre et à élire leur propres représentants. L’imposition de fausses élections menace l’indépendance du mouvement ouvrier et menace de défaire tout ce que nous avons construit depuis les neuf dernières années.

Malgré ces conditions difficiles, beaucoup de grèves et de luttes ont encore cours en Irak. A Bassorah, il y a eu de grandes manifestations pour demander l’électricité. Beaucoup de maisons sont sans électricité, et dans le climat actuel – chaleur très élevée – c’est horrible de ne pas avoir d’électricité (pour les ventilateurs etc ...). Ces manifestations ont été violemment réprimées par l’armée et la police qui ont procédé à beaucoup d’arrestations. Des manifestations similaires ont eu lieues à Diwaniya.

A Baghdad, les travailleurs municipaux ont protestés dans le bâtiment du gouvernemental local. Cela faisait partie d’un conflit a propos des avantages de logement. Les travailleurs du secteur public ont une clause dans leur contrat qui leur garantis un logement, mais ces travailleurs en ont été privés. Encore une fois, les autorités ont répondu très sévèrement à la manifestation.

A Bassorah, les ouvriers du secteur pétrochimique continuent leur campagne contre les pertes d’emplois et les transferts. Sur 5000 ouvriers d’une centrale particulière, 3000 ont été déclarés « surplus », et risquent licenciement ou transfert vers d’autres lieux de travail. Les travailleurs se sont battus contre cela. A Bagdad, les artisans maroquiniers ont agit récemment, demandant la santé et des avantages en terme de sécurité.

A l’échelle internationale, les travailleurs peuvent aider notre campagne contre le code du travail en protestant à l’ambassade Irakienne, en écrivant aux autorités irakiennes, et, en général, en faisant prendre conscience aux gens de ce problème. Nous avons besoin du maximum de solidarité internationale pour obtenir un code du travail basé la protection des droits des travailleurs.

http://www.solidariteirak.org/spip.php?article829

 


 : Comment Ashton saurait-elle ce qui est bon pour l’Irak ?

 

Les dernières nouvelles ont souvent besoin d'un avertissement. Dans un souci de transparence, les mots « il s'agit d'un communiqué de presse réchauffé » devrait apparaître au début de nombreux articles dans les journaux et les sites Web appartenant aux grands médias. Les bulletins télévisés devraient s'ouvrir avec une annonce disant : « une grande partie de ce que vous allez entendre reflète les intérêts des plus puissants".

 

En début de ce mois l'Union européenne a signé un accord de "partenariat et de coopération" avec l'Irak. D'après mes recherches, il semble que presque tous les rapports de presse sur l'accord ont été basés principalement, sinon exclusivement, sur une déclaration publiée par Catherine Ashton, Haut Représentant de l'UE pour les affaires étrangères. Cette déclaration nous informe que l'accord serait "bon pour l'Irak".

Tous les journalistes qui ont écrit sur cet accord l'ont fait sans en connaitre les détails. Quand j'ai demandé au porte-parole de Mme Ashton une copie du texte, il m'a dit qu'il n'est pas encore "accessible au public". Ashton et son équipe ont avancé leur version de l'histoire avant que quiconque ait une chance de les contredire.

Pourquoi devrait-on faire confiance à Catherine Ashton ? Ashton était un ministre du gouvernement britannique en 2003. Son patron à l'époque, Tony Blair, a décidé (avec George Bush) d’envahir l'Irak en violation de la Charte des Nations Unies, qui interdit expressément les guerres d'agression.

« Se prononçant » sur son emploi actuel en 2010, Ashton a déclaré aux députés qu'elle croyait que les bombardements en Irak étaient "la bonne chose à faire en fonction de ce que je savais à l'époque". Elle n'a à aucun moment présenté des excuses pour avoir soutenu cette guerre ni cherché à prendre ses distances d'aucune manière avec Blair. En effet, elle entretient des contacts réguliers avec ce criminel de guerre dans son rôle actuel d’« envoyé pour la paix internationale" (le titre que lui ont conféré les médias britanniques) pour le Moyen-Orient.

 

Comment Ashton pourrait-elle savoir ce qui est « bon pour l'Irak" quand elle a soutenu une occupation illégale qui a dévasté ce pays ? Tommy Franks, l'un des militaires « cerveaux » à l’origine de cette guerre, fit cette célèbre déclaration « nous ne comptons pas les corps ». Mais le nombre de morts était certainement énorme. Une étude réalisée en 2006 par The Lancet, une revue médicale faisant autorité, a estimé que la guerre avait causé 600.000 morts parmi les civils. L'organisation Just Foreign Policy avance aujourd'hui le chiffre de plus de 1,4 millions. Wikileaks a révélé comme malhonnête l'affirmation de Franks en relâchant les câbles diplomatiques qui prouvent que les Etats-Unis ont gardé un œil sur les victimes. Le IraqWar Logs, publié par Julian Assange et ses accolytes en 2010, recense 109.000 morts violentes dans la période 2003 à 2009. Plus de 66.000 des victimes ont été classées comme étant des civils.

Que savait exactement Ashton en 2003 ? Comme elle était ministre dans le département de l'éducation et des compétences, je suppose alors qu'elle n'était pas au courant de toute l' "intelligence" à la disposition de M. Blair. Cependant, elle aurait été extrêmement naïve si elle croyait que la guerre était vraiment motivée par ces armes de destruction massive que Saddam était supposé cacher.

L'an dernier, The Independent a révélé que des réunions ont eu lieu entre les représentants du gouvernement britannique, Shell et BP dans les derniers mois de 2002. Les enregistrements de ces discussions révèlent que BP était « désespéré » de mettre ses griffes sur les réserves pétrolières de l'Irak. Le bureau des affaires étrangères a pris l'engagement de faire pression sur Washington pour s'assurer que les entreprises britanniques ne perdraient pas quand les contrats seront partagés après l'invasion.

Ashton a juste signé un accord qui est présenté comme « bon pour l'Irak ». Voulait-elle dire en réalité qu'il était bon pour BP et Shell ?

 

Une note explicative sur le site du « Service d'Action Extérieure » de l'Union européenne, que Ashton commande, déclare que l'Union vise à assurer un niveau minimum de « prévisibilité » et de « sécurité légale » pour les entreprises travaillant en Irak. Le nouvel accord fait suite au "Protocole d'accord » de 2010 entre l'UE et l'Irak sur les questions énergétiques, et qui a promis un « cadre d'investissement transparent ».

Ces termes pourraient sembler anodins. Mais s’ils sont placés dans le contexte plus large de la politique commerciale de l'UE, ils prennent un sens plus sinistre. L’ « Europe Globale » modèle défendu par cet autre acolyte de Blair, Peter Mandelson, quand il était commissaire au commerce de l'UE, a soutenu que tout obstacle rencontré par les entreprises faisant affaires à l'étranger doit être surmonté. A défaut de preuve du contraire, il faut donc en conclure que Mme Ashton veut exploiter les réserves de pétrole et de gaz de l'Irak d'une manière qui apporterait beaucoup plus de bénéfices aux sociétés occidentales qu’à la population irakienne.

En Juin 2011, le Wall Street Journal a rapporté qu’une loi sur l'investissement introduite en Irak exemptait de nombreux investisseurs d'impôt sur les sociétés pour une période allant jusqu’à 15 ans et leur permettait de rapatrier les bénéfices. Une interdiction constitutionnelle de la privatisation des principaux biens publics a été annulée par l'Autorité Provisoire de la Coalition, l'organisme américain qui a supervisé le pillage systématique de l'économie irakienne en 2003 et 2004.

Un total de 47 entreprises se prépare à une vente aux enchères des licences d'exploration pétrolière en Irak le 30 mai, selon Bloomberg. L'Irak est en bonne voie pour être le deuxième plus grand producteur de l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole d'ici la fin de l'année, déclare l'agence.

La presse économique n'est pas à l'abri des charmes des « spindoctors ». Mais elle publie des faits utiles. Lisez-les attentivement et vous obtenez une vue plus précise de la façon dont le monde fonctionne plutôt que de copier-coller la propagande de Catherine Ashton.

Comment quelqu'un qui a soutenu une guerre illégale ose-t-il revendiquer savoir ce qui est bon pour l'Irak.

Source originale : neweurope

Traduit de l'anglais par A. Krinah pour Investig'Action

 

29 juin 2012

 

 

 


 


 

Gilles Munier

 : Irak: L'Omerta des « amis des Kurdes ».
L'OngTransparency International classe l’Irak parmi les huit pays les plus corrompus du monde. Au Kurdistan, tout a commencé pendant la guerre du Golfe de 1991 avec l’interdiction faite au pouvoir central d’intervenir au nord du pays. Le maintien de l’Irak sous embargo a ensuite généré des trafics qui ont considérablement enrichis Massoud Barzani et Jalal Talabani, notamment la contrebande de pétrole et de pneumatiques. Depuis 2003, la corruption au Kurdistan atteint des sommets : aucun contrat ne peut être signé sans payer sa dîme. Actuellement, deux fils de Massoud Barzani, font scandale. Mansour, qui a perdu 3,2 millions de $ dans un casino des Emirats Arabes Unis et que son père est allé rembourser (1).Masrour, chef des escadrons de la mort du régime, qui s’est offert une villa de 10 millions de $ dans l’Etat de Virginie, à 5 km du siège de la CIA ! (2)Serwan Mustafa, un neveu, est impliqué dans une affaire de rétro commissions. Le nom de France Telecom a été cité dans les médias kurdes (3)… Plusieurs journalistes qui dénonçaient la cupidité des Barzani et des Talabani ont été arrêtés ou assassinés, des manifestants tués et des militants torturés. Aso Jabar, auteur de Hell of truth, un livre interdit de 500 pages documentant la corruption et les violations des droits de l’homme au Kurdistan, s’est enfui aux Etats-Unis (4).

 

Pour l’exemple, Zana Mohamed Salih, puissant maire de Soulimaniya, a été arrêté le 8 avril dernier et accusé de corruption. Quelques jours plus tard, on l’a retrouvé mort, pendu dans sa cellule. Selon des parents, des traces de tortures constellaient le corps qui leur a été remis. Non seulement Zana Mohamed Salih niait toute implication dans le scandale, mais il refusait de taire les noms des personnalités du régime impliquées dans l’affaire (5). Est-il besoin de préciser que la prison de Soulimaniya est gérée par l’Asayish, le service secret de Masrour Barzani ?

Ces informations ne sont que la face immergée de l’iceberg. Comment se fait-il que les « amis des Kurdes », nombreux en Europe, ferment les yeux sur de tels agissements ?

(1) Will scandalsdestabilize Kurdistan ? par Michael Rubin (Commentary – 15/5/12)
http://www.commentarymagazine.com/2012/05/15/will-scandals-destabilize-kurdistan/

(2)To fight corruption, Barzani needs to clean house, par Michael Rubin (The Kurdistan Tribune – 10/9/11)
http://www.aei.org/article/to-fight-corruption-barzani-needs-to-clean-house/

(3)France Telecom Trapped in Kurdistan's Korek Scam, par Mrs.BenawIzzat(ekurd.net – 4/4/12)
http://www.ekurd.net/mismas/articles/misc2012/4/state6060.htm

(4)The troubling correlation between dialogue and dictatorship, par Michael Rubin (Commentary – 24/4/12)
http://www.commentarymagazine.com/2012/04/24/troubling-correlation-between-dialogue-and-dictatorship/

(5)Death of a Kurdish mayor: secrets, murder, suicide and corruption? parZanko Ahmad, (Niqash – 20/4/12 )
http://www.ekurd.net/mismas/articles/misc2012/4

 

Publié le 4 juillet 2012 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier


 

Source : France Irak
http://www.france-irak-actualite.com/...


 


2 Dossier & Point de vue

 

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Irak : trop d’Américains dans le pays…

Revue de presse (Traduction et synthèse, d’après Timelive.co.za - Reuters – 29/6/12).

Pour le gouvernement irakien de Nouri al-Maliki, le nombre d’Américains dans le pays est trop important ; même si ce dernier prétend vouloir entretenir de bonnes relations avec les Etats-Unis. Pour preuve, la signature d’un contrat d’achat de F16 pour la somme de 6 milliards de dollars.

Des experts US ont averti le Congrès que l’Irak rendait la vie difficile au personnel de l’Ambassade alors que le Département d’Etat et le Département de la Défense envisagent d’établir en Irak une large présence civile.

20 milliards de dollars manquent à l’appel

Il est d’ailleurs peu certain que les Irakiens veuillent préserver « les milliers » de projets de reconstruction coûteux, financés par les contribuables américains, après l’invasion de l’Irak,  qui font partie du programme ambitieux de plusieurs milliards de dollars destinés à laisser en Irak la marque « Made in America ». « La crainte existe que les projets transférés au gouvernement irakien ne soient pas poursuivis et manqueront les buts pour lesquels ils ont été conçus». Une partie du problème vient de ce que aucune donnée ne permet de pister lesdits projets : l’inspecteur général spécial pour l’Irak, Stuart Bowen, a découvert que quelque 20 milliards de dollars manquent à l’appel, rendant ainsi difficile aux Irakiens de savoir ce qui est disponible. 14 postes US dans le pays

sont remis en question

L’ambassade avec ses 16000 personnes est la plus grande mission diplomatique US dans le monde auxquelles s’ajoutent les 2000 employés locaux. « Nous voulons réduire le nombre à 11 500 dans les 16 prochains mois…. ». Une étude séparée montre que les forces de sécurité irakienne ont l’habitude de « détenir » des membres des compagnies de sécurité US à des points de contrôle, d’obstruer les convois, retardant ainsi l’approvisionnement de l’ambassade à partir du Koweït, de restreindre l’utilisation de son espace aérien « mettant en danger les voies d’évacuation ».  

Par ailleurs, le lieu, la taille et les besoins en sécurité des 14 postes US dans le pays sont remis en question et seuls 5 contrats de concession de terrains ont été signés jusqu’ici.

Des critiques se font entendre sur le retrait, par Obama, des  forces US en décembre dernier qui a affaibli l’influence US en Irak malgré les lourds investissements qui y ont été faits. Et, ce pays se rapproche de plus en plus de l’Iran…

Traduction et synthèse: Xavière Jardez

Source : Iraq questions continued US presence, congresswarned

http://www.timeslive.co.za/world/2012/06/29/iraq-questions-continued-us-presence-congress-warned

 

 


 

USA/Irak: Blackwater paiera 7,5 millions de dollars pour trafic d’armes

 

 

 

 

 

L'entreprise de sécurité Blackwater, désormais appelée Academi, a conclu un accord avec la justice américaine pour éviter un procès et devra payer une amende de 7,5 millions de dollars pour exportation illégale d'armements, a annoncé mardi le département de la Justice.

   Cette affaire coûtera au total près de 50 millions de dollars à la société qui, outre l'amende, avait déjà conclu en 2010 un accord avec le département d'Etat pour lui verser 42 millions de dollars pour avoir violé la loi et les réglementations internationales sur les exportations d'armements à destination notamment de l'Irak et du Soudan, annonce un procureur fédéral de Caroline du Nord, Thomas Walker.

   La sulfureuse société, privée de contrats en Irak après une fusillade sur des civils en 2007, fut un important partenaire des militaires américains enIrak et en Afghanistan. Elle faisait l'objet d'une enquête depuis cinq ans.

   La justice lui reprochait d'avoir exporté des fusils d'assaut et des équipements militaires sans licence et fourni des renseignements secrets sur des hélicoptères et des transports de troupes blindés à des ressortissants étrangers. Blackwater avait également fourni un entraînement militaire à l'étranger sans en avoir informé les autorités américaines.

   Au total, la société était menacée de 17 chefs d'accusation, selon le procureur fédéral.

   En novembre 2005, elle avait ainsi exporté au Soudan des téléphones satellitaires cryptés sans les autorisations requises. Entre octobre 2004 et

mars 2006, elle est accusée d'avoir exporté sans licence des munitions et des gilets pare-balles en Irak et en Afghanistan ou encore d'avoir entre 2006 et 2008 "fourni des données techniques et d'ingénierie relatives à la construction de transports de troupes blindés à des ressortissants de Suède et du Danemark sans autorisation", selon Thomas Walker.

   Cette décision "conclut une enquête longue et complexe sur une société qui a fourni de précieux services au gouvernement des Etats-Unis et qui, par moments et de nombreuses manières, a manqué de respecter d'importantes lois et réglementations relatives à la façon dont notre pays interagit avec nos alliés et nos adversaires", affirme le procureur Walker, cité dans le communiqué.

   Créée en 1997 puis cédée en 2010 par Erik Prince, un ancien membre des forces spéciales de la marine, les NavySeals, Blackwater avait déjà changé de nom pour celui de Xe, avant de devenir Academi fin 2011.

   Elle est la plus emblématique de ces sociétés privées dont le rôle a été prépondérant en Irak et en Afghanistan pour assurer la sécurité des convois, des ambassades ou encore pour gérer les milliards de dollars d'aide internationale.

   Blackwater a accumulé les revers ces dernières années. Elle a été interdite d'exercer en Afghanistan, le président Hamid Karzaï l'accusant, elle et d'autres, de représenter "un système de sécurité parallèle au gouvernement afghan", générant "pillages et vols".

   Elle a de même été sommée de quitter l'Irak après avoir été impliquée dans plusieurs scandales, en particulier la mort de 14 à 17 civils à Bagdad en septembre 2007, et a dûcesser de s'occuper de la protection des diplomates américains à Bagdad en mai 2009.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=13&frid=13&eid=74490

 


 

 


3 Déclaration,

courrier des lecteurs & témoignage

 

Ziad Tarek Aziz :Irak: "Silence, on exécute!"

Dans une lettre publique, Ziad Tarik Aziz, le fils de Tariq Aziz, ancien vice-premier ministre de Saddam Hussein et ministre des Affaires étrangères, condamné à mort, informe le monde des méthodes expéditives utilisées par le gouvernement irakien pour exécuter en silence ses anciens ennemis condamnés à la peine de mort. Voici l’intégralité de la lettre :

« Madame, Monsieur,

Je suis certain que vous avez entendu l’information sur l’exécution de l’ex-secrétaire du président (Saddam Hussein), Abid HameedHamoud. Cependant, ce que vous ne savez pas, c’est qu’il a été conduit à son exécution en pensant qu’on l’emmenait faire un contrôle médical. Le gouvernement irakien n’a même pas informé sa famille ou ses proches, ou pris ses dispositions pour la remise du corps.

C’est là un comportement typique du gouvernement irakien. Ils ont tellement soif de vengeance qu’ils ont ignoré les formalités consistant à informer le condamné de son exécution.
Mon père a été condamné à la peine de mort dans le même procès que M. Hameed. Je suis très inquiet à l’idée qu’ils puissent lui faire la même chose. Le secrétaire à la presse du Premier ministre a déclaré au début de l’année qu’ils allaient exécuter mon père, et ayant accompli cette formalité, rien ne peut les arrêter. Le monde doit savoir ce que ces gens ont fait et ce qu’ils feront, j’en suis certain, dans un futur très proche.

Je vous demande de m’aider à faire savoir au monde ce que ces gens ont fait et à arrêter ce qu’ils ont prévu de faire.

Merci pour votre soutien, ma famille et moi-même vous seront redevables.
Sincèrement
Ziad Tarik Aziz »

Source : Afrique Asie – juin 2012

http://www.afrique-asie.fr/component/content/article/27-actualite32/3081-irak-silence-on-execute.html

© G. Munier/X. Jardez
Publié le 12 juin 2012 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier

 


Ramzy Baroud :

LA SOMBRE TRAGÉDIE DES BOMBES « SILENCIEUSES » DE L’IRAK.

 

 

 

Quelque part dans ma maison j’ai une série d’albums photo dont je m’en rapproche rarement. J

e crains que le flot de souvenirs cruels remonte à la surface en regardant les innombrables photos que j’ai prises lors d’un voyage en Irak. La plupart des photos sont celles d’enfants ayant développé des formes rares de cancer à la suite de l’exposition à l’uranium appauvri (UA), utilisé dans la guerre menée contre l’Irak, il ya plus de deux décennies.

J’ai visité un hôpital qui était attachée à l’université d’Al-Mustansiriya à Bagdad. L’odeur qui emplissait ses couloirs n’était pas l’odeur de l’antisepsie inhérente à l’hôpital, mais celle de la mort. Au moment de l’accablant siège, l’hôpital manquait même de matériel de base, d’anesthésie et médicaments. Les enfants assis regardaient fixement leurs visiteurs. Certains gémissaient dans des douleurs inconcevables. Les parents vacillaient entre l’espoir et la futilité de l’espoir, et au temps de prière, ils durent prier.

Un jeune médecin livre un diagnostic sans appel : « Jamais aucun enfant qui arrive dans ce lieu ne le quitte vraiment en vie. » Le jeune reporter, que j’étais à l’époque, pris diligemment note de ses paroles avant de poser plus de questions. Je n’ai pas bien saisir que la mort est l’étape finale.

Quelques années plus tard, la désolation de l’Irak continue. Le 16 août, 90 personnes ont été tuées et d’autres blessés dans des attaques à travers tout le pays. Les médias ont rapporté le bain de sang (près de 200 tués en ce seul mois), mais sans plus de contexte. Est-ce qu’on veut croire que la violence en Irak a transcendé tous les niveaux de la raison ? Que les Irakiens se font sauter tout simplement parce que c’est leur destinée de vivre dans la crainte perpétuelle et la misère ?

Mais ces morts, avant d’être tués, étaient des gens avec des noms et des visages. Ils étaient des individus à part entière dans leur plein droit, digne de vivre. Nombreux sont les enfants, qui ne savaient rien des dissensions politiques irakiennes, ont été conviés aux guerres américaines et à l’occupation fomentées par ceux qui se nourrissent du sectarisme.

Nous oublions souvent cela. Ceux qui refusent de tomber dans le piège des extrêmes politiques ont toujours tendance à traiter et accepter la violence d’une manière ou d’une autre. Nous avons co-existé avec la tragédie, avec la conviction que les bombes exploseraient au hasard et que les victimes survivantes ne pourraient pas être aidées. Nous avons en quelque sorte accepter l’idée que les réfugiés ne peuvent pas être rapatriés et ceux qui ont faim ne peuvent pas être nourris.

Cette étrange sagesse est plus apparente au Soudan. Dans l’état du Nil supérieur, des hommes meurent d’épuisement avant d’atteindre les camps de réfugiés de Batil. Certains marchent sans fin pendant des semaines entre le Sud Kordofan et le Nil Bleu, à la recherche de répit et de la moindre chance de survie. Ceux qui endurent le voyage – acculés par les combats que se livrent l’armée soudanaise et les groupes rebelles – pourraient ne pas survivre à la rudesse de cette vie qui les attend à Batil. La BBC, citant un avertissement émis par Médecins Sans Frontières a rapporté que le 17 Août, que « les gens meurent en grand nombre dans un camp de réfugiés au Sud-Soudan. »

« Il s’agit d’une véritable catastrophe sanitaire », (comme l’explique Helen Patterson, coordonnatrice médicale de MSF au camp de Batil), tout en examinant les rapports de la détérioration de la situation dans certains camps de réfugiés du Darfour. Batil accueille actuellement près de 100.000 à 170.000 réfugiés, ayant récemment fui leurs maisons. Selon l’ONG, 28% des enfants souffrent de malnutrition et le taux de mortalité atteint déjà deux fois celui du seuil d’urgence acceptée.

Le Darfour est, bien sûr, une plaie ouverte. Beaucoup de réfugiés se trouvent dans un étatconstant d’exode, comme ce fut le cas au début du mois. Les fonctionnaires de l’ONU ont déclaré que « pas moins » de 25 000 personnes du camp de réfugiés de Kassab étaient contraints de fuir à nouveau après que des groupes armés se soient confrontés aux forces gouvernementales. Ils se sont installés dans un autre « camp » à proximité, de la ville de Kutum. Selon l’opération hybride Union Africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD), le prétendu nouveau « camp » manque d’eau, de nourriture et de salubrité. (9 août, CNN).

Depuis lors, l’écho a disparu. Non pas parce que les réfugiés qui s’exilent vivent dans de meilleures conditions, mais parce toute l’attention de ces 25 000 réfugiés est détournée par l’engouement des médias pour l’hypocrisie politicienne et la presse people. On pourrait prendre une célébrité « pacificatrice» pou situer Batil ou Kassab sur une carte numérique puis le lendemain ou deux jours après, rien de moins que le nombre assez considérable de morts afin de faire des réfugiés une information pertinente de nouveau.

Cela a dit, aucun VIP en mal d’attention n’est prêt de s’aventurer au Mali dans un avenir proche. Alors que la crise humanitaire en Afrique de l’Ouest atteint des niveaux effrayants, les médias continuent de traiter le conflit au Mali en termes de logique d’intérêts occidentaux menacés par les rebelles, de coups d’Etat et de djihadistes. Laissant de côté le fait que l’Occident a contribué au chaos, 435 000 réfugiés affluent vers les pays voisins. Ce fut l’estimation la plus récente de l’Office des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires le 16 août, mais le fait a été ignoré par la plupart des médias.

Le Programme alimentaire mondial estime que la crise alimentaire est dévastatrice – et non seulement pour les réfugiés affolés, mais aussi pour millions de personnes dans le pays. Le nombre d’enfants maliens dépassant, bien sûr, toutes les autres victimes. Ils sont impuissants, traînés à travers les déserts sans fin. Quand ils meurent, ils ne font que laisser une trace majorant une autre statistique, sans certitude, et, malheureusement, sans valeur.

Cependant, ici, nous pouvons fixer la morale de l’histoire. Chaque Malien, Soudanais, Irakien, Syrien, Palestinien, Yémenite ou de l’enfant rohingya importe énormément à ceux qui l’entourent. Sa vie – ou sa mort – peut facilement servir à fortifier un argument politique, faire un bon reportage du National Geographic, ou une photo Facebook avec de nombreux « partager » et « j’aime. »

Mais pour les parents, les familles, les amis et les voisins, leurs enfants sont au centre de leur univers, bien que pauvre et misérable en apparence. Ainsi, lorsque l’UNICEF ou l’UNRWA se plaint d’un manque de fonds, cela signifie en fait que des milliers de gens innocents souffrent inutilement, et que les centres de nombreux univers implosent de façon spectaculaire, l’espoir relayant le désespoir infini, et souvent la rage.

Il peut être accommodant d’affecter une sagesse politique conventionnelle afin d’expliquer les problèmes politiques complexes et les conflits violents. Mais les conflits prolongés ne rendent pas la vie plus précieuse, ou les enfants pas moins innocents.

C’est une tragédie qui se joue lorsque les Irakiens n’en finissent plus de défiler lors des enterrements de leurs proches, tandis que les Soudanais semblent être dans une quête permanente de survie. Mais c’est une plus grande tragédie encore, lorsque nous nous laissons manipuler par le déchaînement de la violence humaine et quand nous acceptons comme une fatalité la réalité d’enfants errant à la recherche d’une gorgée d’eau au milieu du Sahara occidental.

Ramzy Baroud

Article original : The darktragedy of Iraq’s « silent » bombs

Traduction : MecanoBlog

22 Août 2012·

pour Asia Times Online

http://mecanoblog.wordpress.com/2012/08/22/la-sombre-tragedie-des-bombes-silencieuses-de-lirak/

 

 


 

 

 


Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

La liberté de la presse se détériore en Irak.

Il y a un an, le journaliste Hadi al-Mehdi, célèbre pour ses diatribes anti-gouvernementales, était assassiné à Bagdad. Depuis, l’enquête piétine, et militants et observateurs déplorent une détérioration de la liberté de la presse dans le pays.

Le 8 septembre 2011, Hadi al-Mehdi se trouve dans son appartement lorsqu’en début de soirée, des inconnus font irruption chez lui et l’abattent d’une balle dans la tête.

Sa mort provoque une onde de choc au sein de la société irakienne. Le lendemain de son décès, ses amis organisent des funérailles symboliques au cours desquelles un cercueil vide, recouvert du drapeau irakien, est transporté jusqu’à la place Tahrir, au centre de Bagdad.

Mais, très vite, l’hommage tourne à la manifestation contre le gouvernement de Nouri al-Maliki taxé d’incurie et d’incompétence. Les autorités promettent, elles, l’ouverture d’une enquête.

Mais depuis, aucun suspect n’a été appréhendé. Contacté par l’AFP, Adnan al-Assadi, vice-ministre de l’Intérieur, n’a pas souhaité s’exprimer.

Cette semaine, Radio Demozy, où officiait Hadi al-Mehdi, a prévu une série d’émissions spéciales en son honneur.

"Hadi disait tout au haut ce que tout le monde pensait tout bas", raconte Karnas Ali, directeur technique de la station sur les ondes de laquelle le journaliste s’en prenait trois fois par semaine sur un ton acerbe à l’incompétence et la corruption qui rongent la conduite des affaires publiques.

"Son émission lui a valu beaucoup d’ennemis", soupire M. Ali.

Mais le meurtre de Hadi al-Mehdi a surtout cristallisé la colère des défenseurs de la liberté de la presse qui dénoncent sans relâche depuis un an une marge de manoeuvre de plus en plus réduite pour les professionnels des médias.

"Jour après jour, la liberté de la presse régresse en Irak", regrette Ziad al-Ajili, chef de l’Observatoire de la liberté de la presse. "Je conseille à tous ceux qui affirment que la presse est libre de parler avec les journalistes qui sont sur le terrain".

Dans son classement des pays où l’impunité pour les meurtres de journalistes est la plus élevée, le Committee to Protect Journalists (CPJ) classe l’Irak dans les tout premiers.

Cette ONG installée à New York affirme même que la totalité des assassinats de journalistes sont restés impunis depuis 2003 et la chute du régime de Saddam Hussein.

Et une batterie de nouvelles lois, adoptées ou en cours d’adoption au Parlement, menace davantage la liberté d’expression.

Les militants dénoncent notamment une législation censée protéger les journalistes, une autre sur la cybersécurité et d’autres encore portant sur un projet de redéfinition des contours de la liberté d’expression.

Les textes ont en commun de mettre hors la loi des délits mal définis comme l’"atteinte à la morale" ou "l’expression de messages immoraux", pour lesquels sont prévues des amendes et des peines de prison particulièrement sévères.

"Ces termes vagues conjugués à des sanctions d’une extrême sévérité pourraient bien paralyser la liberté d’expression en Irak", tonne un diplomate occidental en poste à Bagdad, sous couvert d’anonymat.

Mais le gouvernement de Nouri al-Maliki ne voit rien d’alarmant à la situation des journalistes. Au contraire.

"Les journalistes irakiens jouissent d’une immense liberté", se félicite Ali Moussaoui, porte-parole du chef du gouvernement. "Les médias ont fait d’énormes progrès. On ne peut pas comparer leur situation avec celle qui prévalait sous le régime" de Saddam Hussein, conclut-il.

(05 Septembre 2012 - Avec les agences de presse)

La Rédaction

5 septembre 2012,

http://www.assawra.info/spip.php?article803 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

    Ce message vous a été envoyé parce que vous faites parties de mes contacts 
  • Pour ne plus recevoir d'e-mail de notre part, signaler le nous avec si possible un commentaire explicatif.


18/06/2012

n°530- Les Dossier d'Irak --17/06/09 : Les enfants de Fallujah : l’hôpital des horreurs


n°530- Les Dossier d'Irak --17/06/09  : Les enfants de Fallujah : l’hôpital des horreurs



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

n°530                            17/06/09

C.De Broeder      &       M.Lemaire



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a) sur mes  blog : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

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b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

f) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

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Sommaire :

1 Dossier & Point de vue

1-1 Robert FISK : Les enfants de Fallujah : l’hôpital des horreurs.

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Robert Fisk : Les enfants de Falloujah : l’histoire de Sayef.

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Lutte-ouvrière : La guerre américaine pour le pétrole n’en finit pas…

3-2 Manlio Dinucci : L'art de la guerre : Ceux qui nous défendent des atrocités.



1 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

1-1 Robert FISK : Les enfants de Fallujah : l’hôpital des horreurs.

Reportage spécial : Deuxième jour : Mort-nés, invalidités, difformités trop bouleversantes pour être décrites - ce qui se cache derrière la souffrance à l’Hôpital Général de Fallujah.

 Les images s’affichent sur l’écran du premier étage de l’Hôpital Général de Fallujah. Et aussitôt le bureau de l’administrateur Nadhem Shokr al-Hadidi devient l’antichambre des horreurs. Un bébé avec une énorme bouche difforme. Un enfant dont une partie de la colonne vertébrale jaillit hors du corps. Un bébé qui a un énorme et horrible oeil de Cyclope. Un autre bébé qui n’a qu’une demi-tête, mort-né comme les autres, le 12 juin 2009. Encore une autre image apparaît sur l’écran : date de naissance 6 juin 2009, c’est un tout petit bébé qui n’a que la moitié d’un bras, pas de jambe gauche et pas de parties génitales.

"Il y en a tout le temps désormais" dit Al-Hadidi et une doctoresse entre dans la pièce et jette un coup d’oeil à l’écran. Elle a mis au monde certains de ces bébés mort-nés. "Je n’ai jamais rien vu de pareil dans toutes mes années de pratique" dit-elle à voix basse. Al-Hadidi parle au téléphone, accueille de nouveaux visiteurs dans son bureau, nous offre du thé et des biscuits pendant que les horribles images continuent de défiler sur l’écran. J’ai demandé à voir ces photos pour m’assurer que les bébés mort-nés, les difformités étaient réels. Car il y a toujours un lecteur ou un spectateur pour dire que c’est de la "propagande"." 

Mais ces photos épouvantables en sont la preuve accablante. Le 7 janvier 2010, un bébé avec une peau jaune et fanée et des bras difformes. Le 26 avril 2010, un bébé avec une masse grise sur le côté de la tête. Un docteur près de moi parle de "tétralogie de Fallot", un déplacement des gros vaisseaux sanguins. Le 3 mai 2010 : une créature qui ressemble à une grenouille et dont - selon le docteur de Fallujah qui vient d’entrer dans la pièce - tous les organes essaient de sortir du corps".

C’en est trop. Ces photos sont trop horribles. On ne peut pas garder les yeux dessus tant on est submergé par la peine et l’émotion - et que dire des pauvres parents ! On ne peut tout simplement pas les publier.

Les docteurs de Fallujah ont une attitude très digne. Ils savent que nous savons ce qui est arrivé. En vérité nous ne faisons pas une découverte. D’autres correspondants - dont mon collègue Patrick Cockburn - ont déjà fait des reportages sur la tragédie des enfants difformes de Fallujah. Ce qui est honteux, c’est qu’il n’y ait pas d’enquête sur les causes de ces difformités. Une doctoresse de Fallujah, une obstétricienne formée en Angleterre - qu’elle a quitté il y a 5 mois - qui a acheté à ses propres frais un scanner de £79000 pour sa clinique privée pour détecter les anomalies congénitales avant la naissance, se présente et me demande pourquoi le ministère de la Santé à Bagdad ne diligente pas une enquête approfondie sur les bébés difformes de Fallujah.

"Je suis allée voir le ministre" me dit-elle. "Ils m’ont répondu qu’il allait y avoir une commission. Je suis allée parler à la commission. Mais ils n’ont rien fait. Je n’arrive même pas à obtenir une réponse." Puis 24 heures plus tard, la même jeune femme a envoyé un message à un de mes amis, un docteur irakien, pour lui demander de ne pas mentionner son nom.

Si le nombre de bébés mort-nés à Fallujah est une honte, le personnel médical de l’Hôpital Général de Fallujah prouve son honnêteté en demandant sans arrêt aux gens de ne pas sauter aux conclusions. 

"J’ai mis ce bébé au monde" dit l’obstétricienne en montrant une photo sur l’écran. "Je ne crois que cela ait un rapport avec les armes étasuniennes. Les parents étaient consanguins. Les mariages tribaux consanguins sont courants ici. Mais il faut se rappeler que si des femmes accouchent chez elles de bébés mort-nés, elles ne nous le disent pas et les bébés sont enterrés sans que nous connaissions leur nombre".

Les photos continuent à défiler sur l’écran. Le 19 janvier 2010, un bébé aux membres atrophiés, mort-né. Le 30 octobre 2010, un bébé avec la lèvre et le palais fendus, encore vivant, un trou dans le cœur, un défaut sur le visage, qui a besoin d’échocardiographie. "Un palais et une lèvre fendus sont des anomalies congénitales courantes", dit la doctoresse Samira Allani tout bas. "Mais c’est leur augmentation qui est alarmante". La doctoresse Allani a écrit un article scientifique sur "L’augmentation des anomalies à la naissance". Selon l’étude, les anomalies cardiaques congénitales, "ont atteint un niveau record" en 2010. 

Les chiffres continuent d’augmenter. D’ailleurs pendant que nous parlons une infirmière apporte un message au Dr Allani. Nous nous dirigeons immédiatement vers un incubateur près de la salle d’accouchement. Dans l’incubateur il y a un petit bébé de 24 jours. Zeid Mohamed est encore trop petit pour sourire mais il dort et sa mère le regarde à travers la vitre. Elle m’a autorisé à voir son bébé. Son père est un agent de sécurité et le couple est marié depuis trois ans. Il n’y pas d’antécédents familiaux de malformations congénitales. Mais Zeid n’a que quatre doigts à chaque main.

Dans les dossiers informatiques du Dr Allani il y a des centaines de Zeid. Elle demande à un autre docteur d’appeler d’autres parents. Accepteraient-ils de parler à un journaliste ? "Ils veulent savoir ce qui est arrivé à leurs enfants" me dit-elle. "Ils méritent qu’on le leur dise". Elle a raison. Mais ni les autorités irakiennes, ni les Etasuniens, ni les Anglais - qui étaient aussi impliqués dans le second combat de Fallujah où ils ont perdu quatre hommes - ni aucune des principales ONG ne semble capable ou désireuse de les aider. 

Quand les docteurs réussissent à obtenir des fonds pour ouvrir une enquête, ils se tournent parfois vers des organisations qui ont clairement leur propre agenda politique. Pour ses recherches, le Dr Allani par exemple a reçu des fonds de "la Fondation du Kuala Lumpur pour criminaliser la guerre" un organisme qui a peu de chance d’innocenter les armes étasuniennes utilisées à Fallujah. Ceci aussi fait partie de la tragédie de Fallujah. 

L’obstétricienne qui a demandé l’anonymat parle du manque d’équipement et de formation. « Les anomalies chromosomiques -comme le syndrome de Down- ne peuvent pas être corrigées avant la naissance. Mais une infection foetale, on pourrait la traiter et la guérir en prélevant un échantillon de sang au bébé et à la mère. Malheureusement il n’y a pas de laboratoire équipé pour cela ici. Une transfusion de sang suffirait pour régler ce problème. Bien sûr cela ne répondra pas à toutes nos questions : Pourquoi y a-t-il une augmentation de fausses couches ici, pourquoi de plus en plus de bébés mort-nés, pourquoi de plus en plus de prématurés ? »

Le docteur Chris Busby, professeur associé à l’Université d’Ulster qui a étudié plus de 5000 cas à Fallujah reconnaît qu’on ne sait pas exactement ce qui a causé les malformations et les cancers. "Des gens ont dû être exposés à quelque chose qui a provoqué des mutations génétiques en 2004 quand les attaques ont eu lieu," a-t-il écrit il y a deux ans. Le rapport du Dr Busby auquel ont contribué Malak Hamdan et Entesar Ariabi, montre que le taux de mortalité des bébés à Fallujah est de 80 pour mille alors qu’il est de 19 en Egypte, de 17 en Jordanie et de seulement 9,7 au Koweït.

Un autre docteur de Fallujah me dit que la seule aide qu’ils aient reçue d’Angleterre est celle du docteur Kypros Nicolaides, le responsable du département des soins néonatals de King’s College Hospital. Il dirige une oeuvre de charité, la Foetal Medicine Foundation, qui a déjà formé un docteur de Fallujah. Je l’appelle. Il est fou de rage. 

« Pour moi, le plus criminel dans tout ça, - dans toute cette guerre - c’est que les gouvernements anglais et étasuniens n’ont pas été fichus d’aller à Woolworths (enseigne de supermarchés - NdR) acheter des ordinateurs pour recenser les victimes de la guerre d’Irak. Un article publié dans le Lancet estime que leur nombre s’élève à 600 000. Mais la puissance occupante n’a pas eu la décence de mettre 500 dollars dans un ordinateur pour pouvoir dire "ce corps a été apporté aujourd’hui et son nom est untel".

Aujourd’hui on a un pays arabe où le nombre de malformation et de cancers est supérieur à celui d’Europe et on a besoin d’une étude épidémiologique sérieuse. Je suis sûr que les Etasuniens ont utilisé des armes qui ont causé ces malformations. Mais le gouvernement actuel de l’Irak n’est pas à la hauteur et il n’y a pas d’étude. C’est très facile de ne rien faire - et il n’y a qu’un professeur fou et compatissant comme moi à Londres pour essayer de faire quelque chose. »

Dans le bureau de al-Hadidi, les photos continuent de défiler, indescriptibles. Comment décrire un nourrisson mort qui n’a qu’une jambe et dont la une tête est quatre fois plus grosse que le corps ?

 (The Independent)

Robert FISK

11 mai 2012

Pour consulter l’original : http://www.independent.co.uk/opinion/commentators/fisk/rober...

Traduction : Dominique Muselet
URL de cet article 16661
http://www.legrandsoir.info/irak-les-enfants-de-fallujah-l-hopital-des-horreurs-the-independent.html.



2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Robert Fisk :Les enfants de Falloujah : l’histoire de Sayef.

Reportage spécial.

Première journée : Les obus au phosphore qui ont dévasté cette ville ont été largués en 2004.

Mais les enfants qui naissent aujourd’hui sont-ils aussi des victimes de la sale guerre américaine ?

Le petit Sayef, âgé de 14 mois, dans les bras de son papa Mohamed

Pour le petit Sayef, il n’y aura pas de Printemps Arabe. Il a juste 14 mois et il est couché par terre sur un mauvais matelas couvert d’une couverture rouge ; il pleure de temps en temps, sa tête a deux fois la taille normale et il est aveugle et paralysé. Sayeffedin Abdulaziz Mohamed - c’est son nom complet- a un doux visage sous son énorme tête et il paraît qu’il sourit quand d’autres enfants lui rendent visite et quand des famille irakiennes du voisinage entrent dans la pièce.

Mais il ne connaîtra jamais l’histoire du monde qui l’entoure, il ne jouira jamais des libertés du nouveau Moyen-Orient. Il ne peut bouger que ses mains et ne peut consommer que du lait parce qu’il ne peut pas avaler. Il est déjà trop lourd pour que son père puisse le porter. Il vit dans une prison dont les portes ne s’ouvriront jamais.

Il est aussi difficile de faire ce genre de reportage que de comprendre le courage de sa famille. Beaucoup des familles de Fallujah dont les enfants sont nés avec ce que les docteurs appellent des "anomalies de naissance congénitales" préfèrent ne pas ouvrir leur porte aux étrangers parce qu’ils ont honte de leurs enfants au lieu de les voir comme la preuve éventuelle que quelque chose d’atroce s’est produit ici suite aux deux grandes batailles étasuniennes contre les opposants dans la ville en 2004 et un autre conflit en 2007.

Après avoir d’abord nié l’usage d’obus au phosphore pendant la seconde bataille de Fallujah, les forces étasuniennes ont fini par admettre qu’elles en avaient largué sur des bâtiments de la ville. Des reportages indépendants ont fait état d’un taux de malformations à la naissance à Fallujah beaucoup plus haut que dans le reste de l’Irak, sans parler des autres pays arabes. Personne, évidemment ne peut fournir la preuve incontestable que ce sont les munitions américaines qui ont causé la tragédie de Fallujah.

Sayef vit -c’est peut-être quand même le mot juste- dans le quartier al-Shahada de Fallujah dans une des rues les plus dangereuses de la ville. A notre arrivée nous voyons des flics - qui sont des musulmans sunnites comme tous les citoyens de Fallujah - devant la porte de la maison de Sayef avec leurs armes automatiques mais deux de ces hommes en uniforme armés entrent avec nous et sont visiblement émus par le bébé impuissant allongé par terre ; ils hochent la tête en signe d’incrédulité et de découragement. Mohammed, le père de Sayef, refuse, lui, de se laisser décourager.

« Je pense que tout cela vient de l’usage du phosphore par les Américains pendant les deux batailles, » dit-il. « J’ai entendu parler de tant de cas de malformations à la naissance chez les bébés. Il y a forcément une raison. La première fois que j’ai emmené mon bébé à l’hôpital pour la première fois, j’ai vu des familles qui avaient exactement les mêmes problèmes. »

Des études ont montré que depuis les batailles de Fallujah de 2004 on a recensé une augmentation importante du taux de mortalité et de cancer infantile à Fallujah ; Selon le dernier rapport, parmi les auteurs duquel se trouve un médecin de l’Hôpital Général de Fallujah, 15% des enfants nés à Fallujah souffrent de malformations congénitales.

« Mon fils ne peut pas soutenir sa tête, » dit Mohamed, en caressant la tête disproportionnée de son fils. « Il ne peut bouger qu’une seule main. Nous devons le nourrir au biberon. Il ne peut pas avaler. Parfois il ne peut même pas boire de lait et nous devons l’emmener à l’hôpital pour le mettre sous transfusion. Il était aveugle à la naissance. De plus, les reins de mon pauvre petit bonhomme ne fonctionnent plus. Il s’est paralysé. Il ne peut pas bouger les jambes. Il est aveugle à cause de l’hydrocéphalie. »

Mohamed prend les jambes inutiles de Sayef et les bougent doucement de haut en bas. « Après sa naissance, j’ai emmené Sayef à Baghdad pour le faire examiner par les meilleurs neurochirurgiens. Ils m’ont dit qu’ils ne pouvaient rien faire. Il avait un trou dans le dos qui a été fermé et un trou dans la tête. La première opération n’a pas réussi. Il a eu une méningite. »

Mohamed et sa femme ont dans les 35 ans. A la différence de beaucoup de familles tribales du secteur, ils ne sont pas consanguins et leurs deux filles, qui sont nées avant les combats de Fallujah, sont en parfaite santé. Sayef est né le 27 janvier 2011. « Mes deux filles aiment beaucoup leur petit frère, » ajoute Mohamed « et même les docteurs l’aiment bien. Tout le monde s’occupe de lui. Le docteur Abdul-Wahab Saleh a été merveilleux, sans lui Sayef ne serait pas en vie. »

Mohamed travaille pour une entreprise de matériel d’irrigation, son salaire est de seulement 100 dollars par mois et sa famille l’aide financièrement. Il n’était pas à Fallujah pendant le conflit et quand il est rentré après la seconde bataille, on avait fait sauter sa maison ; il a reçu de l’argent pour reconstruire sa maison en 2006. Il ne cesse de regarder Sayef tout en nous parlant et puis il le prend dans ses bras.

« Chaque fois que je le regarde, j’ai le cœur qui flanche, » dit-il les yeux pleins de larmes. « Je me demande ce qu’il va devenir. Il est de plus en plus lourd. C’est de plus en plus difficile de le porter. » Je demande alors qui est responsable du calvaire de Sayef. Je m’attends à ce qu’il se mette à injurier les Américains, le gouvernement irakien, le ministère de la santé. Les habitants de Fallujah sont décrits dans toute la presse mondiale comme des « pro-terroristes » et anti-Occidentaux depuis le meurtre et la crémation des quatre mercenaires américains en 2004 - l’évènement qui a déclenché les attaques sur Fallujah au cours desquelles près de 2000 Irakiens, civils et opposants, ont été tués en même temps que 100 soldats étasuniens.

Mais Mohamed reste un moment silencieux. Il n’est pas le seul père à nous avoir montré son fils difforme. « Je ne compte que sur l’aide de Dieu » dit-il. « Je ne demande à personne d’autre de m’aider. » Ce qui prouve, à mon sens, que Fallujah, loin d’être une ville de terroristes, compte de très braves gens.

Un peu d’histoire

La première bataille de Fallujah en avril 2004, a consisté en un siège d’un mois qui n’a pas permis aux forces étasuniennes de prendre la ville, considérée comme un bastion insurgé. La seconde attaque en novembre a rasé la ville. Une controverse a fait rage sur l’emploi possible d’obus au phosphore par les troupes étasuniennes. Une étude de 2010 fait état d’une augmentation du taux de mortalité, cancers et leucémies infantiles à Fallujah supérieur à celui constaté parmi les survivants de la bombe atomique larguée sur Hiroshima et Nagasaki.

mardi 8 mai 2012 - 07h:44

Robert Fisk

Lire également :

  « Falloujah, c’est pire qu’Hiroshima » - 24 juillet 2010
  
« Je ne cesse de penser à Falloujah » - 14 avril 2009

25 avril 2012 - The Independent - Pour consulter l’original :
http://www.independent.co.uk/opinio...
Traduction : Info-Palestine.net - Dominique Muselet

Traduction : Dominique Muselet



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Lutte-ouvrière : La guerre américaine pour le pétrole n’en finit pas…

Le texte ci-dessous est la traduction d’un article du groupe trotskyste américain The Spark, publié dans leur revue trimestrielle Class Struggle, n°73 de février-mars 2012, quelques semaines après qu’Obama eut annoncé le retrait complet des troupes américaines d’Irak et le « succès complet » de leur mission !

L’article revient sur les raisons de cette guerre et sur les objectifs de l’impérialisme américain, qui n’ont rien à voir avec les discours officiels.

 Bagdad, comme toutes les principales villes irakiennes, est le théâtre d’attentats meurtriers et sans fin...

Les Etats-Unis ont réussi là un joli travail de démolition de toute une nation.

À la fin du mois de décembre, le président Obama a annoncé la fin de l’occupation de l’Irak et de la terrible guerre de neuf années menée par les États-Unis. Essayant de dresser un tableau flatteur de la guerre, il n’hésita pas à la qualifier de « réussite remarquable ». Obama a même promis aux soldats américains de retour d’Irak que « toutes les batailles et les morts, le sang et la reconstruction, la formation et le partenariat ont tous permis d’atteindre le succès actuel... Nous laissons derrière nous un Irak souverain, stable et autonome, disposant d’un gouvernement représentatif et élu par son peuple. »

La description d’Obama n’a rien à voir avec la réalité de cette guerre ou avec la situation en Irak. Les États-Unis ne quittent pas l’Irak, le gouvernement américain a seulement remplacé ses propres troupes par une importante armée de mercenaires payée par lui. En octobre, Jason Caffetz, élu républicain de l’Utah à la Chambre des représentants, a ainsi décrit « une forte augmentation du personnel des sociétés militaires privées en Irak : 17 000 personnes et 5 500 employés dans le secteur de la sécurité privée ». D’autres estiment le nombre de ces mercenaires à 35 000, nombre qui serait appelé à croître encore à l’avenir. L’ambassade américaine à Bagdad, qui se situe dans l’enclave fortifiée de la Zone verte (Green Zone), est devenue de loin la plus grande ambassade au monde, se transformant en une petite ville de 17 000 employés, mercenaires, membres des forces de sécurité,etc. Le département d’État américain [1] dirige également trois autres grands centres : un à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, un à Bassora, le port principal du sud riche en pétrole, et un à Kirkuk, situé dans la très convoitée région du nord riche en pétrole. Les États-Unis possèdent sept installations supplémentaires à travers le pays. Cela fait ainsi un total de onze sites opérationnels, qui sont autant de centres nerveux, de bases autonomes fortifiées installées aux points stratégiques.

Selon le New York Times (30novembre 2011), l’armée américaine maintient officiellement quelques centaines de soldats comme « formateurs » ou « conseillers » sous l’autorité de l’Office of Security Cooperation (OSC) pour assurer « dans une très large mesure, la continuité de la relation américano-irakienne en matière de sécurité ».

De manière non officielle, un grand nombre de forces spéciales et d’agents de la CIA travailleront sous le commandement unifié des opérations spéciales (Joint Special Operations Command) comme l’a reconnu l’ambassadeur américain James Jeffrey au cours d’une interview télévisée avec Ted Koppel [2] le 12décembre 2011.

En outre, les États-Unis renforcent un contingent déjà fort de 40 000 soldats dans les autres pays du golfe Persique (sans inclure les troupes postées en Afghanistan). En décembre, par exemple, l’armée américaine a augmenté de 4 000 le nombre de soldats installés au Koweït, petit pays frontalier de l’Irak, qui s’élève ainsi à 27 000. Un nombre incalculable d’avions et de missiles américains peuvent bombarder l’Irak à tout moment, en partant de la cinquième flotte de l’US Navy qui patrouille dans le golfe Persique ou de l’une des bases militaires aériennes américaines situées dans les pays voisins de l’Irak.

En d’autres termes, les États-Unis ont simplement changé de façon d’intervenir militairement. Le Wall Street Journal du 10décembre 2011 a précisément relevé ce fait en titrant : « L’Irak vers une nouvelle et large emprise des États-Unis ». Dans cet article, le journal décrit comment « l’implication des États-Unis est tout sauf interrompue. À la place de l’armée, c’est le département d’État qui assumera un nouveau rôle à une échelle sans précédent ». Les soldats américains sont désormais considérés comme des « employés » du département d’État.

Quant aux vantardises d’Obama qui prétend que la guerre des États-Unis a amené la « stabilité » en Irak, elles seraient risibles si la situation n’était pas si tragique. Les propres données accessibles du gouvernement américain montrent à quel point l’Irak demeure un des pays les plus violents et les plus dangereux de la planète. Près de 30% des attentats terroristes dans le monde se produisent en Irak. La violence en Irak serait même plus élevée qu’en Afghanistan si l’on en croit le Rapport trimestriel de l’inspecteur général spécial pour la reconstruction irakienne (Quarterly Report of the Special Inspector General for Iraq Reconstruction, 30octobre 2011).

Cette violence s’aggrave même. Le 23décembre, une série d’explosions a frappé Bagdad, détruisant des écoles, des marchés, des appartements, tuant au moins 67 personnes et en blessant 185 autres. Ce fut la journée la plus meurtrière depuis plus d’un an. Le 2janvier, le bilan a été encore pire avec 72 tués à Bagdad dans une autre série d’explosions.

À cela, il faut encore ajouter les luttes de pouvoir au sommet du gouvernement, qui contribuent certainement à accroître les conflits ethniques et religieux dans la société irakienne. Juste après le départ du dernier convoi de soldats américains d’Irak le 18décembre, Maliki, le chef du gouvernement de coalition irakien, s’est attaqué à des membres de son propre cabinet, ceux qui appartenaient au plus grand parti de sa coalition, parti qui avait obtenu plus de votes que le propre parti de Maliki aux dernières élections. Un mandat d’arrêt pour acte de terrorisme fut émis à l’encontre du vice-président Tariq al-Hashemi qui fut forcé de trouver refuge au Kurdistan irakien. Deux jours plus tard, Maliki mettait son propre vice-Premier ministre, Saleh al-Mutlaq, « en congé prolongé ». Peu après, une bombe a explosé sur la route lors du passage du ministre des Finances, Rafie al-Esawi, qui ne fut pas lui-même touché, mais deux de ses gardes du corps furent gravement blessés.

La violence mortelle qui frappe l’Irak aujourd’hui est une conséquence de la stratégie américaine de diviser pour régner. Dès le début de la guerre, les États-Unis ont divisé les postes gouvernementaux en fonction des cliques religieuses et ils ont encouragé la formation de milices et de gangs dirigés par des seigneurs de guerre et par des chefs tribaux.

Un bourbier « réussi »

Les États-Unis se sont lancés dans cette guerre avec l’idée, en tout cas pour le gouvernement Bush, que son armée renverserait Saddam Hussein et imposerait son propre ordre dans le pays. Au lieu de cela, après près de neuf années, l’armée américaine se retire d’Irak, la queue entre les jambes.

Lorsque les États-Unis ont retiré leurs soldats le 18décembre 2011, ils ne l’ont pas fait en fanfare et étendards au vent. Au contraire, les derniers contingents sont partis furtivement au beau milieu de la nuit, accompagnés d’une armada d’hélicoptères qui surveillaient le sol pour parer à des attaques de roquettes et de blindés. Les militaires américains avaient visiblement si peu confiance en leurs homologues de l’armée irakienne qu’ils ont délibérément trompé leurs plus proches collaborateurs irakiens en leur faisant croire qu’ils les rencontreraient encore le lendemain. Il était évident qu’après neuf années de guerre, les États-Unis avaient créé un nouveau bourbier.

Dès l’été 2009, les États-Unis retiraient leurs soldats des villes et bourgs irakiens, essayant ainsi de réduire la visibilité de la présence américaine en Irak et aussi, par la même occasion, de réduire le nombre de cibles américaines à la portée des insurgés. Un an après, l’armée américaine mettait officiellement fin à toutes ses missions de combat et plaçait ses troupes dans des bases solidement fortifiées qu’elles n’allaient que rarement quitter. Mais les États-Unis ne pouvaient même pas vraiment protéger ces bastions. Le New York Times (26juin 2011) rapportait que les attaques de roquettes et de mortiers contre les bases américaines s’étaient accrues au cours de l’année. En juin2011 par exemple, quatorze soldats américains avaient été tués au cours d’attaques contre leurs bases. Même dans la très fortifiée Zone verte où trônait leur gigantesque nouvelle ambassade, les États-Unis restaient vulnérables. Des roquettes et des missiles ont atteint la Zone verte lorsque le vice-président Joseph Biden y effectua une visite surprise en juillet2010. La zone fut également bombardée au cours de la visite du ministre de la Défense, Léon Panetta, en juillet2011.

La présence même des troupes américaines accrut le ressentiment au sein de la population irakienne. Les médias américains qui couvraient la fin de l’occupation eurent beaucoup de mal à trouver auprès des Irakiens l’expression d’un autre sentiment que « bon débarras ». Ali Jassem, un ouvrier sans emploi de 32 ans à Bagdad, déclarait au New York Times ? : ?? : « Ils (les Américains) n’ont rien réalisé ou disons plutôt qu’ils ont réalisé des bombardements, des tueries et des explosions. Ils ont fait de fausses promesses. Ils ne nous ont rien apporté de bien, à nous, le peuple. Ils ont juste amené des politiciens qui ne se préoccupent que de leurs propres intérêts. » La colère contre l’occupation américaine était si forte que le Times a rapporté « qu’il est significatif que dans les zones sunnites comme chiites, il y en a pour dire que la vie était meilleure au temps de Monsieur Hussein... même ceux qui tremblaient encore au souvenir de la nature dictatoriale du régime » (13décembre 2011).

La quasi-décennie de guerre a engendré de vrais problèmes au sein même de l’armée américaine. Depuis l’envoi de troupes supplémentaires en 2006-2007, des généraux, y compris au plus haut niveau, ont ouvertement fait part de leur inquiétude quant aux effets de la guerre en Irak, combinée à celle d’Afghanistan, sur leur armée. Cela a généré un énorme stress pour les soldats qui ont été envoyés trois, quatre, voire cinq fois dans les zones de combat. Parmi ceux qui ont servi en Irak ou en Afghanistan, 625 000 soldats démobilisés se sont inscrits pour obtenir des allocations d’invalidité. La démoralisation des soldats se reflète dans le fait que le nombre de suicides de soldats d’active ou de soldats démobilisés est plus élevé que le nombre de soldats américains tués en Irak. Les envois répétés dans les zones de combat risquaient de « briser l’armée » ou tout au moins de limiter fortement la capacité de l’armée à gérer d’autres « crises » ou « imprévus » comme les appellent les généraux.

Ensuite, il y a le problème de l’argent. Jusqu’ici, la guerre a coûté 800milliards de dollars en neuf ans. Si l’on ajoute les autres dépenses en incluant les intérêts de la dette de l’État et le coût actuel des soins médicaux pour les vétérans, le coût total de la guerre s’élèverait à 4 000milliards de dollars, selon les économistes Joseph Stiglitz et Linda Bimles.

Le général Karl R. Horst, chef d’état-major du Commandement central, a marqué son soutien enthousiaste au retrait de ses troupes d’Irak en déclarant au New York Times (29octobre 2011) : « Je pense que c’est sain. Je pense que c’est efficace. Je pense que c’est pragmatique. » En d’autres termes, c’est « sain » pour l’armée et c’est à la fois une manière « efficace » et « pragmatique » de protéger les intérêts des compagnies pétrolières, qui, dans cette situation désastreuse, se contentent de contrôler quelques régions du pays, les régions où se trouve le pétrole.

Ils ont obtenu ce pourquoi ils étaient venus : le pétrole de l’Irak

En détruisant le vieil appareil d’État de Saddam Hussein, les États-Unis ont desserré l’emprise de l’État irakien sur l’industrie pétrolière. Et en jouant les divisions et les tensions ethniques et religieuses au sein du pays, les États-Unis ont potentiellement divisé cette industrie en deux : une partie contrôlée par le gouvernement central irakien et l’autre contrôlée par le gouvernement régional du Kurdistan irakien dans le nord du pays.

Les compagnies pétrolières se sont empressées de jouer les uns contre les autres. ExxonMobil, la plus grande compagnie pétrolière du monde, a signé un contrat avec le gouvernement central pour l’extraction des champs pétrolifères du sud, près de Bassora, région d’où provient aujourd’hui la plupart du pétrole irakien. Fin novembre, ExxonMobil a signé un contrat, qui lui était bien plus favorable, avec le gouvernement kurde pour des opérations de forage dans le nord du pays. Le gouvernement Maliki a menacé ExxonMobil de l’empêcher d’obtenir de nouveaux droits d’exploitation dans le sud. Mais ces menaces n’ont pas l’air d’avoir inquiété Royal Dutch Shell, Chevron et l’Italien ENI, qui ont annoncé qu’ils étaient eux aussi prêts à signer un accord avec le gouvernement régional kurde.

Si le gouvernement kurde arrive à maintenir un contrôle sur les ressources pétrolières qui se trouvent sur son territoire, cela encouragera les autres gouvernements régionaux à faire de même. Cela pourrait déclencher une nouvelle vague de combats entre des groupes de seigneurs de guerre, de chefs tribaux et/ou religieux qui se disputeraient les miettes laissées par les multinationales pétrolières et bancaires. Le résultat pourrait bien être un morcellement encore plus grand du pays, une balkanisation qui laisserait les réserves pétrolières encore plus vulnérables au pillage.

Évidemment, la production de pétrole a fortement été réduite du fait de l’invasion américaine et de la guerre civile qui s’en est suivie. Cependant, les grandes multinationales pétrolières, et les grandes banques qui les soutiennent, ont obtenu le contrôle d’une bien plus grande partie de la future production pétrolière irakienne et de ses profits qu’auparavant.

Il ne faut pas sous-estimer la valeur de ce butin. Les réserves pétrolifères connues de l’Irak sont aujourd’hui les troisièmes au monde et les géologues internationaux considèrent que des territoires encore non explorés recèleraient des réserves encore plus importantes. Ces réserves se situent à un faible niveau de profondeur, ce qui rend leur coût d’exploitation très bas, à peine un dollar le baril, en comparaison avec l’exploitation plus difficile des gisements en haute mer ou dans la toundra arctique. Ce pétrole est de haute qualité, ce qui rend son raffinage facile et peu coûteux.

La balkanisation de l’Irak peut bien sûr entraîner plus de désordres avec tous les risques que cela comporte pour l’industrie pétrolière. C’est pourquoi le gouvernement américain renforce les forces de mercenaires sous le contrôle du département d’État, et les compagnies pétrolières accroissent également leurs propres forces de sécurité et leurs mercenaires.

L’année passée, une vague de protestations a éclaté à travers tout le pays et s’est prolongée pendant plusieurs semaines. Les manifestants exigeaient de meilleurs services sociaux, de l’électricité, de l’eau, des prix stables pour la nourriture, plus d’emplois, moins de corruption (l’Irak est le quatrième pays le plus corrompu au monde selon Transparency International) et des réformes du système de gouvernement. Une grande partie de la colère fut également dirigée contre l’occupation américaine. Les manifestations ont varié en ampleur selon les endroits, mais elles ont eu lieu à travers tout le pays, de Bassora au sud, à Bagdad et Tikrit au centre et jusqu’à Mossoul au nord et Sulaimaniya dans la région autonome kurde. Elles traversaient les clivages sectaires et religieux.

Les plus grands dirigeants religieux comme Moktada al-Sadr, dont la base se situe dans les taudis chiites de Bagdad, et le grand ayatollah Ali al-Sistani s’opposèrent aux manifestations. Parallèlement, le gouvernement répondit par la force. De nombreuses sources rapportent que la police a tiré à balles réelles sur les manifestants, utilisé des gaz lacrymogènes, organisé des passages à tabac et procédé à des milliers d’arrestations. Après les avoir accusés d’avoir dirigé les manifestations, le gouvernement Maliki a fermé les locaux du Parti communiste irakien et du Parti national irakien.

L’opposition de la hiérarchie religieuse et la répression de l’appareil d’État rassurèrent les impérialistes américains au moment où ils s’apprêtaient à retirer leurs troupes d’Irak. Cela montrait que les autorités irakiennes pouvaient exercer un contrôle suffisant sur la population pour que la production de pétrole puisse se poursuivre.

Le prix payé par la population irakienne

Cette guerre a réduit ce pays en cendres. L’avenir de la population est déjà très sombre alors que la poursuite de la division du pays et la possibilité d’une guerre civile menacent de provoquer des désastres supplémentaires en plus de ceux qu’a déjà subis la population irakienne.

Les civils constituent de loin la majorité des personnes tuées au cours des neuf années de guerre. Les registres de l’armée américaine, divulgués par Wikileaks, énumèrent 122 000 civils tués. Selon l’enquête effectuée par l’ONG Just Foreign Policy, il y aurait près de 1,5million de civils tués directement par la guerre ou à cause des conditions de vie créées par la guerre.

La CIA estime que le PIB par habitant est si bas que l’Irak est relégué à la 161e place dans le monde, alors qu’avant les deux guerres des États-Unis contre le pays, il était en tête du Moyen-Orient. L’Iran, après avoir subi des années d’embargo américain, des sanctions, des assassinats de ses scientifiques ou d’autres actes d’une guerre secrète, tient la 104e place, loin devant l’Irak.

Même les infrastructures les plus élémentaires sont pratiquement inexistantes. La plupart des 64milliards de dollars que les États-Unis ont officiellement dépensés à la reconstruction de l’Irak, ont seulement enrichi les grandes entreprises de construction américaines et une poignée de nantis irakiens. La population se retrouve avec peu ou pas d’électricité et d’eau potable pendant que les eaux usées inondent les rues. La population des villes et des bourgs proches des zones de production pétrolière, telle Bassora, la deuxième plus grande ville du pays, vit dans la suie et la fumée.

Les États-Unis ont largué en Irak des milliers de bombes comportant de l’uranium appauvri, un déchet radioactif qui provient de la production d’énergie nucléaire. Les chercheurs britanniques ont révélé une augmentation massive de la mortalité infantile et des taux de cancer dans des villes comme Falloujah qui furent lourdement bombardées, supérieurs à « ceux observés chez les survivants des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki ». Dans la province de Babil, le nombre de cancers avérés a grimpé de 500 en 2004 à 7 000 en 2008. À Bassora, le taux de leucémies infantiles a plus que doublé en quinze ans selon une étude publiée par l’American Journal of Public Health, il y a deux ans.

Alors que les États-Unis retiraient leurs derniers soldats du pays, certains journalistes se sont rendus dans la ville de Falloujah, à l’ouest de Bagdad, que les États-Unis ont assiégée et attaquée de manière massive à deux reprises en 2004 pour essayer de briser la résistance à l’occupation. Dans cette ville de 300 000 habitants, les médecins de l’hôpital local ont constaté la mort de près de 2 000 civils, surtout des femmes, des enfants et des personnes âgées, et l’on continue encore à extraire des squelettes des bâtiments bombardés. La majorité des habitants furent déplacés de leur domicile au cours du siège. La plupart sont revenus, mais il existe des milliers de sans-abri. Après le siège, le gouvernement a promis un programme de reconstruction.

Deux des projets avaient notamment été mis en avant : une station d’épuration de l’eau et un projet de traitement des eaux usées lancé en 2004. Sept ans après, le système d’égouts n’est pas achevé et la fin des travaux reste en suspens. La station d’épuration fournit de l’eau potable pour moins de 20% de la population. Les quartiers qui ont subi l’attaque de plein fouet ont aujourd’hui des routes sales et poussiéreuses, encombrées de détritus. « Tout va mal ici, déclarait un boulanger à un journaliste d’al-Jazeera (3janvier 2012), pas d’eau, pas d’électricité, pas de bons soins médicaux. Nous avons entre 75 et 80% de chômeurs. Les veuves n’ont pas de droits, pas d’indemnités. » Les luttes religieuses engendrées par la guerre ont poussé des familles à la rue. Parmi celles qui sont revenues, nombreuses sont celles qui sont à nouveau chassées par la reprise des combats. Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés estime qu’il y a encore cinq millions d’Irakiens qui ont fui leur domicile.

Près de trois millions sont des réfugiés dans leur propre pays. Une grande partie d’entre eux sont entassés dans les 380 camps de réfugiés dispersés à travers le pays. Ils ont peu d’accès à l’eau propre, aux sanitaires ou aux soins médicaux. Nombreux sont considérés comme des squatters illégaux et ils ne peuvent pas obtenir les papiers administratifs nécessaires pour recevoir des allocations sociales, obtenir un emploi ou inscrire leurs enfants à l’école. Deux autres millions d’Irakiens ont fui l’Irak pour les pays voisins (Jordanie, Liban, Égypte et Syrie) avec peu d’espoir de s’insérer dans les communautés locales ou même d’obtenir un permis de séjour pour pouvoir avoir un emploi. Ceux qui se trouvent en Syrie, avec la montée de la violence, sont à nouveau déracinés et forcés de chercher un nouveau refuge.

Les femmes ont été particulièrement touchées. La guerre, les difficultés économiques et la poussée de l’extrémisme religieux ont entraîné une forte hausse de la violence à l’encontre des femmes, notamment des crimes « d’honneur », des viols et des kidnappings. Avant la première guerre du Golfe en 1991, l’Irak avait l’un des taux d’alphabétisation des femmes les plus élevés du Moyen-Orient. Il y avait en Irak plus de femmes employées dans des professions qualifiées, comme la médecine et l’enseignement, ou comme ouvrières, que dans la plupart des autres pays de la région. Aujourd’hui, la plupart des femmes sont forcées de rester à la maison, sans emploi et sans éducation. De nombreuses femmes irakiennes qui ont fui dans les pays voisins se sont retrouvées incapables de nourrir leurs enfants. Pour joindre les deux bouts, des dizaines de milliers d’entre elles, parmi elles des filles de 13 ans ou moins, ont été forcées de se prostituer.

Des bouledogues de l’impérialisme, mais aussi des victimes

Une autre génération d’Américains a été transformée en pitbulls de l’impérialisme, souffrant eux-mêmes de la destruction morale, physique et psychologique qu’une telle guerre impose à l’armée impérialiste elle-même.

Aux quelque 5 000 tués de la guerre, il faut ajouter les suicides qui continuent de progresser année après année, au fur et à mesure que les soldats reviennent. Selon l’Association des vétérans, toutes les 80 minutes un vétéran des guerres d’Irak et d’Afghanistan tente de se suicider, soit 18 par jour ou 6 600 par an. Il y a aussi l’augmentation de la violence à domicile, de l’alcoolisme, de la drogue,etc.

Les rapports du Pentagone ne mentionnent l’existence que de 32 226 blessés, ce qui sous-estime largement leur nombre réel. Plusieurs études ont été réalisées par le propre centre des traumatismes cérébraux du Pentagone, par la RAND Corporation [3], par le New England Journal of Medicine [4] et par le Department of Veterans Affairs (ministère des Anciens combattants). Ils estiment qu’un tiers de tous les hommes et femmes reviennent de mission en Irak avec des traumatismes cérébraux, des stress post-traumatiques, des dépressions, des pertes d’ouïe, des problèmes respiratoires, des maladies et autres problèmes de santé de long terme.

Des centaines de milliers de soldats, qui ont été brutalisés physiquement et psychologiquement, reviennent dans un pays où ils doivent faire face à des problèmes passés sous silence : premièrement obtenir des soins médicaux adéquats, un emploi et un domicile. Ce pays leur rend hommage en les présentant comme des « héros » de retour, mais ne reconnaît pas les dommages qu’ils ont subis.

Sans issue

Les États-Unis ont détruit un pays entier, ont imposé à la population irakienne une descente dans le chaos et la barbarie et une guerre qui, depuis le départ, était basée sur un tissu de mensonges. Cette guerre était dirigée par les intérêts des compagnies pétrolières, d’autres grandes multinationales et des plus grandes banques.

À ces neuf dernières années, il faut ajouter le prix sanglant déjà payé par le peuple irakien lors de la guerre Iran-Irak entre1980 et1988 que les États-Unis avaient encouragée, ainsi que la première guerre du Golfe en 1990-1991 et les bombardements intensifs qui l’ont suivie depuis. Le dernier chapitre de la guerre des États-Unis contre l’Irak n’est pas encore clos pour le peuple irakien, loin s’en faut.

Et c’est une guerre pour laquelle les soldats des États-Unis ont aussi payé un lourd tribut. Cette guerre n’est pas finie et ce ne sera pas non plus la dernière des guerres de l’impérialisme américain.

La guerre en Irak donne l’image exacte de l’impact gigantesque et barbare de l’impérialisme, du prix humain qu’il impose aux populations à travers le monde, y compris aux États-Unis, tout cela pour obtenir quelques dollars de profit supplémentaire.

25 avril

Avril 2012 - Lutte de Classe - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.lutte-ouvriere.org/docum...


3-2 Manlio Dinucci : L'art de la guerre : Ceux qui nous défendent des atrocités.
Qui doutait que Barack Obama ne méritait pas le Prix Nobel de la paix va devoir maintenant revenir sur son opinion. Le président a annoncé la création de l’Atrocities Prevention Board, un comité spécial de la Maison Blanche pour la « prévention des atrocités ». Il est présidé par son inspiratrice, Samantha Power, assistante spéciale du président et directrice pour les droits de l’homme au National Security Council, formé par les conseillers les plus importants en politique étrangère. Dans son ascension au pouvoir (auquel elle semble prédestinée par son nom), Samantha, aspirante secrétaire d’Etat, s’est toujours appuyée sur la dénonciation de présumées atrocités, attribuées à ceux qui, chacun à leur tour, sont désignés comme les ennemis numéro un des Etats-Unis. Sous l’aile de son patron, le puissant financier Georges Soros, Power a contribué à élaborer la doctrine « Responsabilité de protéger », qui attribue aux Etats-Unis et à leurs alliés le droit d’intervenir militairement dans les cas où, de leur avis sans appel, des « atrocités de masse » sont sur le point d’être commises. C’est grâce à ce type de motivation officielle, en particulier celle de protéger la population de Benghazi menacée d’extermination par les forces gouvernementales, que le président Obama a décidé l’an dernier de faire la guerre contre la Libye. La doctrine est maintenant institutionnalisée avec la création de l‘Atrocities Prevention Board. A travers la Communauté d’intelligence (formée par la Cia et 16 autres agences fédérales), il établit quels sont les cas de « potentiels atrocités de masse et génocides », en alertant le président. Il préfigure ainsi les outils politiques, économiques et militaires pour la « prévention ». Dans ce cadre, le Département de la défense est en train de développer « des principes opérationnels ultérieurs, spécifiques de la prévention et de la riposte aux atrocités ». Dorénavant ce sera l’Atrocities Prevention Board qui préparera le terrain à de nouvelles guerres. Et il est déjà au travail : face à l’ « indicible violence à laquelle est soumis le peuple syrien, nous devons faire tout ce que nous pouvons », a déclaré le président Obama, en soulignant qu’aujourd’hui comme dans le passé, « la prévention des atrocités de masse constitue une responsabilité morale fondamentale pour les Etats-Unis d’Amérique ». Dommage que l’Atrocities Prevention Board n’ait été créé que maintenant. Sinon il aurait pu prévenir les atrocités de masse dont est constellée l’histoire étasunienne, à commencer par le génocide des populations autochtones nord-américaines. Il suffit de nous souvenir, en nous limitant aux cinquante dernières années, des guerres contre le Vietnam, le Cambodge, le Liban, la Somalie, l’Irak, la Yougoslavie, l’Afghanistan, la Libye ; les coups d’état orchestrés par les Usa en Indonésie, Chili, Argentine, Salvador. Des millions de personnes emprisonnées, torturées et tuées. Pour prévenir d’autres atrocités, l’Atrocities Prevention Board devrait livrer à la justice les responsables, impunis, des tortures et meurtres à Abu Ghraib, à Guantanamo et dans des dizaines d’autres prisons secrètes de la Cia. Il devrait aussi joindre aux actes les vidéos avec lesquelles les soldats étasuniens documentent, pour s’amuser, le meurtre de civils en Afghanistan[1][1][1], que le Pentagone a essayé d’abord d’occulter puis de minimiser. Que Samantha Power les regarde bien, ces vidéos, pour comprendre ce qu’est vraiment une « atrocité de masse ».

Manlio Dinucci

[1][1][1]  Voirhttp://www.rollingstone.com/politics/news/the-kill-team-20110327

Mardi 1er mai 2012

Edition de mardi 1er mai 2012 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20120501/manip2pg/14/manip2pz/322008/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Source : Marie-Ange Patrizio



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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17/06/2012

n°529 - Journal d'Irak - du 23/04 -Bush condamné pour crimes de guerre par contumace.

n°529 - Journal d'Irak - du 23/04 -Bush condamné pour crimes de guerre par contumace.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journald'Irak

n°529                 du 23/04                   au 16/06

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes  blog : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                              http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Tiré à part 

Yvonne Ridley : Bush condamné pour crimes de guerre par contumace.

Ziad Tarek Aziz : Irak: "Silence, on exécute!".

Robert Fisk : L’Irak retombe dans l’oubli.

1 Dommages Collatéraux...

USA: toutes les 8 minutes un vétéran américain se suicide.

2-1 Occupation de l'Irak

Abu Assur : La Résistance irakienne pilonne les trous des Gangsters US à Bagdad.

3)Politique

La crise politique s'aggrave.

Maliki échappe à la défiance, la crise politique continue.

Les grandes manœuvres

Repère : tourmente irakienne

c) Sur le terrain

Résultat mitigé pour le 4e tour d'enchères pétrolières et gazières.

Attentats contre des oléoducs en Irak, exportations pas affectées (…)

Prisons, exactions & torture

LE SECRETAIRE DE L’ANCIEN PRESIDENT SADDAM HUSSEIN  Abed Hmoud  - EXCECUTE 

AL MANAR : Premiers témoignages à la barre contre le vice-président Hachémi.

Extension des actions ?

Algerie1: Un attentat suicide contre une fondation chiite fait 22 morts.  

4 Lutte pour la libération du territoire

Almanar : Hausse du nombre de tués en Irak en mai.

 www.levif.be -Belga: Trois policiers et un soldat tués dans des attentats.

5 Prisons, exactions. 

AFP : Le soldat US John Russell  inculpé pour meurtre.

6  Les voisins

 Turquie

Tension Irak-Turquie: Bagdad convoque l’ambassadeur turc

 

 



Yvonne Ridley :Bush condamné pour crimes de guerre par contumace.

 

Kuala Lumpur – C’est officiel : George Bush est un criminel de guerre.

Dans ce qui est la première condamnation de ce type dans l’histoire, l’ex-président des USA et sept membres de son administration ont été condamnés hier (vendredi) pour crimes de guerre.
Bush, Dick Cheney, Donald Rumsfeld et leurs conseillers juridiques Alberto Gonzales, David Addington, William Haynes, Jay Bybee et John Yoo ont été jugés par contumace en Malaisie,

Le procès qui s’est tenu à Kuala Lumpur a permis d’entendre les témoignages poignants de victimes de tortures subies par ces personnes alors qu’elles étaient aux mains des troupes américaines ou de contractants en Irak et en Afghanistan.
L’un d’eux est le témoignage d’un Britannique, Moazzam Begg, ex-détenu de Guantanamo et aussi celui d’une femme irakienne, Jameelah Abbas Hameedi qui ont été torturés dans la tristement célèbre prison d’Abu Ghraib.
À la fin des audiences qui ont duré tout le week-end, les 5 membres de la Cour ont prononcé à l’unanimité le verdict de culpabilité à l’encontre de Bush, Cheney, Rumsfeld et de leurs principaux conseillers juridiques, les condamnant tous pour crime de guerre en raison de tortures et de traitements cruels, inhumains et dégradants.
La transcription des accusations, les déclarations de témoins et d’autres documents du dossier seront transmis au Procureur général de la Cour Internationale de Justice, ainsi qu’aux Nations Unies et au Conseil de sécurité.
La Commission du Tribunal de guerre de Kuala Lumpur a également demandé à ce que les noms de Bush, Cheney, Rumsfeld, Gonzales, Yoo, Bybee, Addington et Haynes soient officiellement rajoutés au registre de la Commission pour les crimes de guerre.
Ce tribunal est né de l’initiative de l’ex-premier ministre malais, Mahathir Mohamad, qui s’est toujours opposé à l’invasion de l’Irak par les USA en 2003.
Il a assisté personnellement aux audiences où étaient évoquées les expériences personnelles de trois témoins, à savoir Abbas Abid, Moazzam Begg et Jameelah Hameedi. Le tribunal a aussi entendu deux autres déclarations statutaires de la part d’un citoyen irakien, Ali Shalal, et d’un Britannique, Rahul Ahmed.
Après que les cinq juges eurent prononcé la sentence de culpabilité, Mahathir Mohamad a déclaré : « Les États-Unis continuent impunément à commettre des meurtres. »
L’avocat et expert en crimes de guerre, Francis Boyle (ci-dessous), professeur en droit international à l’école de droit de l’université de l’Illinois, faisait partie de l’équipe de procureurs en charge de l’accusation.
Après le procès, il a déclaré : « C’est la toute première fois au monde que ces gens sont condamnés. »
Même si certains ne voient dans ce verdict qu’une mesure purement symbolique, le militant pour les droits de l’homme Francis Boyle a dit que Bush & Co allaient très certainement devoir faire face au même type de procès dans d’autres pays.
« Nous avons essayé par trois fois d’attraper Bush au Canada, mais le gouvernement canadien a fait échouer ces tentatives, puis nous l’avons dissuadé d’aller en Suisse. La démarche entreprise en Espagne a avorté à cause du gouvernement espagnol, et même résultat en Allemagne. »
Boyle a ensuite mentionné la Charte de Nuremberg qui a été utilisée comme support par le tribunal quand il s’est agi de justifier de la crédibilité de l’initiative malaise. Il rappelle que « les dirigeants, les organisateurs et les complices ayant participé à la formulation ou à l’exécution d’un plan commun ou d’un complot visant à commettre des crimes de guerre sont responsables de tous les actes perpétrés par quiconque met ces plans à exécution. »
Les USA sont sujets aux lois internationales communes et aux principes de la Charte de Nuremberg, a expliqué Boyle, qui pense également que le procès de ce week-end a été suivi de près par les responsables du Pentagone et de la Maison-Blanche.
Le professeur Gurdial Singh Nijar, qui présidait la Cour, a déclaré : « Le tribunal a porté une attention particulière au respect scrupuleux des principes dessinés par le tribunal de Nuremberg et les Cours internationales de justice. »
Il s’est aussi montré confiant sur le fait que le tribunal serait imité ailleurs dans le monde, « dans les pays qui ont le devoir de juger les criminels de guerre, » et il a cité le cas du dictateur chilien Augusto Pinochet, arrêté en Grande-Bretagne pour être extradé vers l’Espagne sur des accusations de crimes de guerre.
« Pinochet avait quitté son siège de Président depuis seulement 8 ans lorsque cela s’est produit. »
L’affaire Pinochet fut la première fois où plusieurs juges européens ont appliqué le principe de la juridiction universelle, se déclarant eux-mêmes compétents pour juger les crimes commis par l’ex-chef d’État, malgré les lois d’amnistie locales.
Tout au long de la semaine, la salle du tribunal était remplie d’experts juridiques et d’étudiants en droit écoutant les témoignages des témoins et les analyses croisées de la défense emmenée par l’avocat Jason Kay Kit Leon.
La Cour a entendu comment Abbas Abid, un ingénieur de 48 ans habitant Fallujah en Irak avait eu les ongles retournés à l’aide d’une pince.
• Ali Shalal était ligoté avec des fils électriques puis électrocuté alors qu’on le suspendait contre le mur.
• Moazzam Begg a été battu, le visage encapuchonné, et maintenu en confinement.
• Jameelah a été dénudé et humilié, et utilisé comme bouclier humain alors qu’il était transporté en hélicoptère.
• Les témoins ont également donné des détails sur les séquelles de leurs blessures qui perdurent encore aujourd’hui.
Moazzam Begg, qui travaille désormais comme directeur de l’association de défense des droits de l’homme basée à Londres, Cageprisoners, a dit être très satisfait du verdict, mais a ajouté : « quand les gens parlent de Nuremberg, il faut garder à l’esprit que les personnes jugées ont toutes été poursuivies après la guerre. »
« La prison de Guantanamo est toujours ouverte au jour d’aujourd’hui, des gens y sont toujours détenus et torturés. »
En réponse aux questions sur la différence entre les administrations Bush et Obama, il a ajouté : « Si le président Bush a été le président des tortures extrajudiciaires, alors le président américain Barack Obama est celui des assassinats extrajudiciaires, avec les frappes de drones. Notre travail ne fait que commencer. »
L’accusation s’est efforcée de montrer comment les décisionnaires au plus haut niveau, à savoir le président Bush, son vice-président Dick Cheney, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, aidés et secondés par leurs conseillers juridiques et d’autres hauts responsables, ainsi que des officiels de la CIA, avaient tous agi de concert. La torture était utilisée systématiquement et est devenue un standard de fait.
D’après l’accusation, les récits des témoins prouvent l’exercice continu contre eux de traitements brutaux, barbares et déshumanisants.
Ces actes criminels ont été commis de façon cumulative afin d’infliger les peines et les souffrances maximales, ont expliqué les avocats.
Le président du tribunal, Tan Sri Dato Lamin bin Haji Mohd Yunus Lamin, (abrégé en « M. Lamin ») a statué que l’accusation avait établi au-delà de tout doute raisonnable que les personnes poursuivies, à savoir le Président George W. Bush et ses coaccusés, « avaient participé, à travers un ensemble d’instructions, de mémorandums, de directives, de recommandations et d’actions légales, à établir un plan d’ensemble et un objectif commun, ou encore une conspiration dans le but de commettre les crimes en relation avec la « Guerre contre la terreur » et avec les guerres lancées par les USA en Afghanistan et en Irak. »
Le président Lamin a précisé devant un parterre plein à craquer : « En tant que tribunal de conscience, la Cour n’a pas de pouvoir d’application de la loi (enforcement) ni celui d’imposer une sentence d’emprisonnement à l’une quelconque des 8 personnes condamnées. Ce que nous pouvons faire, au titre de l’article 31 du Chapitre IV de la 2e partie de la Charte, est de recommander à la Commission des Crimes de guerre de Kuala Lumpur qu’elle transmette le verdict d’accusation par le Tribunal, accompagné des documents attenants, au Procureur en chef de la Cour criminelle internationale, ainsi qu’aux Nations Unies et au Conseil de sécurité. »
« Le Tribunal recommande également à la Commission des crimes de guerre de Kuala Lumpur que les noms des personnes condamnées soient ajoutés au Registre des Criminels de guerre de la Commission, et que celui-ci soit communiqué au public. »
« Le Tribunal recommande également que la Commission des crimes de guerre de Kuala Lumpur diffuse le plus largement possible au niveau international l’information sur cette condamnation et sur les garanties de compensations, étant donné qu’il s’agit ici de crimes universels pour lesquels il est de la responsabilité de chaque nation de poursuivre juridiquement ces personnes si elles venaient à pénétrer sur le territoire où s’applique leur juridiction. »
Yvonne Ridley

Samedi 19 Mai 2012


Ziad Tarek Aziz :Irak: "Silence, on exécute!".

Dans une lettre publique, Ziad Tarik Aziz, le fils de Tariq Aziz, ancien vice-premier ministre de Saddam Hussein et ministre des Affaires étrangères, condamné à mort, informe le monde des méthodes expéditives utilisées par le gouvernement irakien pour exécuter en silence ses anciens ennemis condamnés à la peine de mort. Voici l’intégralité de la lettre :

« Madame, Monsieur,

Je suis certain que vous avez entendu l’information sur l’exécution de l’ex-secrétaire du président (Saddam Hussein), Abid Hameed Hamoud. Cependant, ce que vous ne savez pas, c’est qu’il a été conduit à son exécution en pensant qu’on l’emmenait faire un contrôle médical. Le gouvernement irakien n’a même pas informé sa famille ou ses proches, ou pris ses dispositions pour la remise du corps.

C’est là un comportement typique du gouvernement irakien. Ils ont tellement soif de vengeance qu’ils ont ignoré les formalités consistant à informer le condamné de son exécution.
Mon père a été condamné à la peine de mort dans le même procès que M. Hameed. Je suis très inquiet à l’idée qu’ils puissent lui faire la même chose. Le secrétaire à la presse du Premier ministre a déclaré au début de l’année qu’ils allaient exécuter mon père, et ayant accompli cette formalité, rien ne peut les arrêter. Le monde doit savoir ce que ces gens ont fait et ce qu’ils feront, j’en suis certain, dans un futur très proche.

Je vous demande de m’aider à faire savoir au monde ce que ces gens ont fait et à arrêter ce qu’ils ont prévu de faire.

Merci pour votre soutien, ma famille et moi-même vous seront redevables.
Sincèrement
Ziad Tarik Aziz »

Source : Afrique Asie – juin 2012

http://www.afrique-asie.fr/component/content/article/27-actualite32/3081-irak-silence-on-execute.html


Robert Fisk :L’Irak retombe dans l’oubli.

Les souvenirs des tueries de la guerre, des enlèvements et des meurtres d’enfants se sont estompés. L’environnement semble un peu plus sûr.

Mais neuf ans après la chute de Saddam Hussein, Robert Fisk a rencontré beaucoup de personnes qui estiment avoir perdu leur patrie

Dans la ville irakienne de Falloujah, les troupes américaines et britanniques se sont rendues coupables de véritables crimes de guerre.

L’ensemble des victimes civiles suite à l’invasion de l’Irak en 2003 avoisine le million de morts.

« Al-Qaïda a tué deux de nos hommes ici il y a deux jours, » dit le flic. « Puis ils nous ont appelé pour nous dire le nom de leur opération... sur une radio de la police... »

Nous nous étions dans Falloujah reconstruite, où la police demande à tous les étrangers de ne circuler qu’avec une escorte. Nous avons eu six gardes, l’un d’entre eux portant une cagoule. Vous voyez l’ambiance. Le colonel de la police a encore déclaré plus tard : « Al-Qaïda [est] toujours là, ils sont une nuisance, par exemple pour moi quand je dois me déplacer dans la ville, mais ils ne sont plus ce qu’ils étaient. »

Dans l’ancienne base de la marine US, non loin de la gare de chemin de fer nouvellement reconstruite - où il n’y a, bien sûr, pas de trains - l’enseigne à moitié effacée « USMC » était encore sur le mur. Mais il y avait de la poussière en tourbillons autour de la cour et quelques-uns des sacs de sable étaient crevés.

Tout le chemin du retour à Bagdad, on apercevait les anciennes bases américaines délabrées, et les murs anti-explosion en béton de quelques-unes s’étaient effondrés. Il y avait une forte impression d’un empire défunt - à la suite des Romains puis la Grande-Bretagne.

L’Irak ne manque pas de problèmes. Son vice-président, Tareq al-Hashemi, a fui Bagdad pour le Kurdistan irakien puis est parti au Qatar et ensuite en Arabie Saoudite, faisant une tournée dans le Golfe - à la grande colère du premier ministre irakien Nouri al-Maliki qui l’accuse d’avoir organisé des escadrons de la mort. Al-Hashemi affirme que trois de ses hommes ont été torturés à mort dans une prison de Bagdad - l’administration al-Maliki disant qu’une seule est morte et pour des raisons médicales.

C’est une sale histoire. Le gouvernement central veut même mettre au pas les autorités de l’aéroport d’Erbil, la capitale kurde, pour avoir permis à al-Hashemi de s’envoler vers le Qatar. La Grande-Bretagne n’est pas une république, mais c’est un peu comme si Cameron accusait Clegg d’être un traître, Clegg s’enfuyant alors en Ecosse et Cameron affirmant que l’aéroport d’Edimbourg ne devrait pas l’avoir laissé s’envoler vers l’Irlande. « La loi irakienne est une et elle s’applique à tous, y compris au Kurdistan, » a annoncé un porte-parole du gouvernement.

Mais cela ne marche pas. Le Kurdistan irakien est presque un Etat indépendant - il possède son propre drapeau, sa propre langue nationale - même si ses plaques d’immatriculation sont encore irakiennes. Sur tout le chemin en autoroute jusqu’à Irbil, il y a la police irakienne et des checkpoints de l’armée - certains policiers roulent en voitures Chevrolet vert et jaune vif - et ils sont beaucoup plus conviviaux que les anciens points de contrôle américains où des soldats nerveux et effrayés pointaient sur vous leurs fusils au cas où vous étiez un attaquant-suicide. Il y a un tronçon de 50 kilomètres qui est généralement considéré comme dangereux - c’est un territoire d’Al-Qaïda, pour autant que vous pouvez utiliser l’expression - et puis vous arrivez au Kurdistan, et l’écume des rivières sous la route et les flics sont encore plus amicaux. En dehors d’Irbil il y a un grand bâtiment qui ressemble à un entrepôt douanier. Oui, l’Irak est plus sûr, et même l’ancienne résistance sunnite - n’ayant plus d’ennemis américains à attaquer - a annoncé que son ennemi était maintenant l’Iran. Peut-être bien.

Je suis sur l’autoroute avec le Dr Loubna Naji, une femme médecin de 25 ans. Elle secoue la tête. « Il n’y a plus de véritable pays. Quand je parle à mes amis, pour la plupart des médecins, tous parlent de quitter l’Irak. Ils rêvent tous de partir parce que votre foyer est là où vous vivez, là où on vous désire. Nous avons perdu notre sens de quelque chose qui nous appartienne, notre patrie. Nous avons perdu notre identité nationale en tant qu’Irakiens. »

Vous entendez beaucoup dire cela. Le gouvernement, vous dit-on à Bagdad, est sans aucune honte sectaire. Et la corruption. Saad Tahr Hussein est un journaliste qui va droit au but. « Pour moi, je préfère mourir ici, comme un arbre debout, restant ferme. » Je me moque de sa double métaphore et il agite sa main. « C’est la différence entre l’ancienne et les jeunes générations. » Nous avons passé tellement de points de contrôle que je suis presque pris de vertige. Le temps que j’étais à Erbil, j’ai compté 13 types différents de tenue de camouflage. Ceux en noir autour de Bagdad sont du parti chiite al-Dawa d’al-Maliki. Tous les flics sont en fait des miliciens, me dit-on dans la ville d’al-Hawaya. Eh bien, qu’ils obéissent à la loi. Les salaires mensuels sont de 300 livres sterling pour les policiers et les officiers de l’armée en touchent 500. En Irak, on risque sa vie pour une telle somme.

Mais que dire du côté sombre ? Qu’est-il arrivé à l’Irak dans les jours noirs de la guerre sectaire, des enlèvements et des meurtres d’enfants ? Le docteur Naji frémit. « J’étais une étudiante de quatrième année de médecine à l’Institut de médecine légale à côté de la morgue et vous ne croiriez pas ce que nous avons vu. Je me souviens d’un corps qui nous était arrivé. Il avait été décapité et quelqu’un avait cousu une tête de chien à la place. Pouvez- vous imaginer quelqu’un capable de faire une telle chose ? » L’homme transformé en chien. C’est le genre de chose que les Safavides auraient fait, ou les Mongols. Nous avons encore besoin d’une étude psychologique de l’Irak dans les années 2005-2007.

Comme si la souveraineté ne comptait pas, le gouvernement de Bagdad affirme que les Kurdes vendent illégalement du pétrole aux Iraniens, privant le gouvernement de milliards de dollars de ressources. Le Vice-Premier ministre Hussein Shahristani, une victime des tortionnaires à l’époque de Saddam Hussein - combien rapidement on évacue ces souffrances du passé, bien que les Irakiens, eux, ne les oublient pas - affirme que le manque à gagner est tellement énorme qu’il crée un déficit dans le budget.

Un haut fonctionnaire afghan a admis en octobre dernier que son propre pays achetait du pétrole aux Kurdes - c’est un long chemin pour le transporter par camions - mais le gouvernement dispose d’un nœud coulant pour étrangler les Kurdes. C’est lui qui paie les salaires des Peshmergas, les forces de sécurité du Kurdistan. « Si leurs salaires n’arrivent plus, ils cesseront de marquer leur allégeance à nos dirigeants », m’a dit un Kurde irakien à Erbil. « Nous avons nos propres problèmes ici - à propos de la liberté d’expression et de manifestation - et nous devrions résoudre ces problèmes avant de commencer à parler d’avoir un Etat pour nous. Quoi qu’il en soit, la Turquie est maintenant notre principal partenaire commercial. Mais que diraient-ils si nous proclamions l’indépendance du Kurdistan ? » On peut sans peine l’imaginer.

 21 maiRobert Fisk - The Independent

24 avril 2012 - The Independent - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.independent.co.uk/opinio...
Traduction : Info-Palestine.net - Claude Zurbach 

 


1 Dommages Collatéraux...

USA: toutes les 8 minutes un vétéran américain se suicide. 

Toutes les 8 minutes un vétéran américain qui avait participé à la guerre en Irak se suicide. Selon ce rapport préparé par l’administration d’inspection général américaine commandé par le Congrès, des centaines de milliers de vétérans américains souffrant des troubles mentaux dues à la guerre reçoivent tardivement les soins nécessaires. On dit que le gouvernement américain envisage d’augmenter le nombre de personnel de cette administration pour résoudre ce problème mais cette décision à elle-seule n'est pas suffisant.

IRIB



2-1 Occupation de l'Irak

Etats-Unis

Abu Assur : La Résistance irakienne pilonne les trous des Gangsters US à Bagdad.

Des factions de la Résistance irakienne, a pilonné ce mercredi matin le 23 mai 2012 les trous où se terrent les Occupants US criminels à Bagdad.

Dans un communiqué distribué à la presse, l'Armée des Tabi'in, l'une des différentes factions de la Résistance irakienne, affirme avoir lancé 4 missiles Katuysha contre le siège de l'Occupation US au cœur de la Zone Verte à Bagdad.

Le communiqué en outre affirme que les bombardements ont touché leurs cibles comme constaté par différentes sources et médias indépendants dont la chaine satellitaire Al Sharqia qui a parlé de plusieurs explosions survenues dans la Zone verte ciblée.

Cette opération, indique le communiqué, fait partie de la continuation de la campagne, « L.es flèches du Ciel visent les criminels de la Zone verte » initiée par l'armée des Tabi'in.

Les criminels occupants US déclarent dans leur propagande s'être retirés de l'Iraq. En réalité, les troupes US régulières ont été remplacées par des centaines de milliers de mercenaires qui se terrent dans des bases à travers tout l'Iraq et que la Résistance irakienne bombarde sans relâche.

Armée des Tabi'in

-25 Mai

Traduit par Abu Assur

23 main 2012

Source : جيش التابعين يقصف ما يسمى بالمنطقة الخضراء بأربعة صواريخ

 http://assurbanipal-banipal.blogspot.fr/2012/05/la-resistance-iraqienne-pilonne.html le secrétaire de l'ancien président Saddam Hussein exécuté

 


 


3)Politique

a) Des collaborateurs Irakiens

Maliki

La crise politique s'aggrave.

"Le Premier ministre, Nouri Al-Maliki, estime que la crise politique est alimentée par l'étranger", titre le quotidien irakien, en faisant référence à l'activité diplomatique autour des tensions régionales qui ont la Syrie pour épicentre. L'Irak assiste depuis six mois au bras de fer auquel se livrent le gouvernement dominé par les chiites et proche de l'Iran d'un côté, et de l'autre l'opposition sunnite, soutenue par l'Arabie Saoudite. Celle-ci est plus que jamais décidée à obtenir la chute du gouvernement.

http://www.courrierinternational.com/breve/2012/06/08/la-crise-politique-s-aggrave


 Maliki échappe à la défiance, la crise politique continue.

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, accusé de travers dictatoriaux, devrait échapper au vote de défiance parlementaire pour lequel militent ses anciens alliés, mais la crise politique qui paralyse l'Irak depuis six mois n'est pas réglée pour autant.

Le président irakien Jalal Talabani a opposé ce week-end une fin de non-recevoir à ceux qui lui demandaient depuis plusieurs semaines d'organiser un vote de défiance à l'encontre du chef de gouvernement chiite arrivé au pouvoir en 2006 et reconduit suite aux élections législatives de 2010.

La lettre du président demandant la tenue du vote a bien "été préparée mais pas transmise au Parlement en raison d'un manque de soutien" à cette initiative, ont annoncé les services de M. Talabani dans un communiqué publié samedi.

Plus de 160 députés avaient initialement soutenu l'idée d'une motion de défiance, parmi lesquels des membres de partis faisant partie de la coalition gouvernementale comme le bloc laïque Iraqiya, les sadristes et les Kurdes, selon le communiqué. Un minimum de 163 votes (sur 325 députés) sont nécessaires pour faire passer un vote de défiance.

Mais 11 des élus ayant donné leur feu vert à la demande se sont par la suite dédiés et deux autres ont gelé leur accord, selon le communiqué de la présidence, qui ne précise par leur appartenance.

M. Maliki s'est félicité de cette nouvelle dimanche et a remercié M. Talabani pour son rôle "constructif". "Je profite de cette occasion pour renouveler mon appel à tous les partenaires politiques à s'asseoir autour d'une table pour négocier et à se montrer ouvert à des discussions sur tous les points de désaccord", a-t-il dit dans un communiqué.

"Je suis certain que nous serons capables de venir à bout des défis et difficultés auxquels nous faisons face", a-t-il ajouté.

Le chef religieux radical chiite Moqtada Sadr a au contraire estimé que la crise "ne fait que commencer".

Le conflit s'était déclaré en décembre, au moment du retrait des troupes américaines d'Irak, sous l'impulsion d'Iraqiya, bloc laïque mais dominé par les sunnites. Les dirigeants kurdes et sadristes sont depuis également entrés en conflit avec M. Maliki.

Haidar al-Mullah, député d'Iraqiya, a répété dimanche que l'initiative lancée par son mouvement visait à "mettre fin à la dictature", et affirmé qu'un nombre de voix suffisant pourrait être réuni "en une demi-heure".

"Mais le problème, ce sont les pressions exercées sur le président et certains membres du Parlement", a-t-il dit à l'AFP, nommant "de claires pressions iraniennes".

Une rencontre a eu lieu dimanche entre Iraqiya, l'Alliance kurde et le bloc sadriste à Erbil (Kurdistan), à l'issue de laquelle les participants se sont engagés à "continuer d'appeler les forces parlementaires à s'opposer par des moyens légaux à la loi d'un seul homme (...) et à condamner les pressions exercées sur les membres du Parlement", selon un communiqué publié sur le site du président de la région kurde, Massoud Barzani.

Le député kurde indépendant Mahmoud Othman a pour sa part appelé à une "conférence nationale (permettant) un dialogue sérieux". "Maliki doit avoir une nouvelle chance de reconsidérer sa politique car elle déplaît à la moitié du Parlement", a-t-il estimé.

La crise paralyse de fait l'action des institutions politiques du pays -le Parlement n'a adopté aucune loi importante ces derniers mois, à l'exception du budget- et pénalise de plus en plus l'économie, selon les experts.

Le diplomate pressenti pour devenir ambassadeur américain en Irak, Brett McGurk, a mis en garde cette semaine contre des "divisions entre sunnites et chiites extrêmement profondes". "Le spectre du conflit religieux est là, les Irakiens sont toujours en train de s'en remettre, nous devons les aider", a-t-il.

De Salam FARAJ


Les grandes manœuvres

Repère : tourmente irakienne
Le Premier ministre irakien traîne une bien inquiétante accusation, celle de faiseur de guerre aux Irakiens qui ne seraient pas de son bord, ce qui suscite une forte inquiétude au sujet de questions d’une extrême sensibilité que lui, bien entendu, refuse de considérer comme telles.
Comment, en effet, considérer autrement la récente sortie du chef de la région autonome du Kurdistan affirmant, au sujet d’un projet de vente d’armes américaines, que «les F-16 ne doivent pas arriver dans les mains de cet homme. Nous devons empêcher qu’il possède ce type d’armes et s’il les obtient, il ne doit pas rester à son poste» ? En soulevant une question aussi importante, adossée à une accusation d’une telle ampleur, c’est que rien ne va plus en Irak, à supposer que cela allait depuis la chute du régime de Saddam Hussein. Ce qui n’est pas le cas puisque le fédéralisme, dans sa forme actuelle, a été arraché par différentes parties, envisageant elles-mêmes, autrement, aussi bien les rapports de leurs communautés respectives avec l’autorité centrale et leur avenir, l’option la plus sérieusement envisagée étant celle de la séparation, donc l’éclatement de l’Irak.
Tout juste bon pour exacerber la situation actuelle issue des affrontements intercommunautaires, lesquels ont entraîné d’importants déplacements de populations. Depuis peu, la mosaïque irakienne a cessé d’exister, remplacée par des entités ethniquement homogènes. En décembre 2011, les Etats-Unis avaient donné leur accord pour vendre 36 F-16 à l’Irak. Sans en apporter le moindre élément de preuve, Massoud Barzani prétend que, lors d’une réunion avec des officiers de l’armée irakienne, M. Al Maliki aurait menacé d’utiliser ces appareils pour frapper le Kurdistan, un territoire qui a pris autant de distance que de libertés avec le pouvoir central, comme en témoigne la récente crise du pétrole, le Kurdistan étant accusé de vouloir garder pour lui les richesses contenues dans cette région, sinon de faire de l’Irak un client comme les autres.
Ce n’est donc là qu’un épisode de plus dans ce rapport où Massoud Barzani accuse le chef du gouvernement irakien de se conduire en dictateur en concentrant tous les pouvoirs entre ses mains. Le Premier ministre irakien reproche, pour sa part, au dirigeant kurde de signer des accords pétroliers sans l’agrément de Baghdad et de se livrer à de la contrebande de produits raffinés vers l’Iran et l’Afghanistan. Se présentant en tant que médiateur entre les deux hommes, le chef radical chiite, Moqtada Sadr, se déclare opposé au renversement immédiat du gouvernement irakien, mais refuse que Nouri Al Maliki puisse se présenter en 2014 pour un troisième mandat, alors même que rien ne l’en empêche, sauf le vote des Irakiens. Sur un autre plan, le Premier ministre turc accuse son homologue irakien, qui vient d’achever une visite officielle en Iran, de «faire un show» pour avoir affirmé que la Turquie était en train de devenir un ennemi dans la région.
Ce que l’on retiendra toutefois de la réplique de M. Erdogan, c’est son assurance que son pays ne faisait «pas de distinction entre chiites et sunnites», ce qui renvoie à un débat d’une autre nature. Nouri Al Maliki, un chiite, a affirmé que la Turquie était en train de devenir un ennemi dans la région en cherchant à la dominer et à interférer dans les affaires internes de ses voisins. Le prétexte est fourni par la crise syrienne dans laquelle la Turquie soutient l’opposition syrienne, contrairement à l’Irak qui a pris le parti du régime en place. Difficile de croire que la crise syrienne en serait le prétexte, sinon l’unique.
En effet, en une semaine, M. Erdogan a reçu le vice-président sunnite irakien, Tarek Al Hachémi, poursuivi par la justice de son pays qui l’accuse d’avoir dirigé un gang de tueurs, et Massoud Barzani. Comment, dans de telles conditions, ne pas s’interroger sur le rôle de la Turquie, elle qui est, juste après l’Iran, le deuxième partenaire commercial de l’Irak avec un volume d’échanges de 12 milliards de dollars en 2011 que Ankara voudrait porter à 20 ou 30 milliards en 2012 ? Comment envisager ainsi l’avenir, entre Irakiens d’abord et entre l’Irak et ses voisins, si le cadre venait à se brouiller davantage ?
Mohammed Larbi

le 30.04.12
http://www.elwatan.com/international/repere-tourmente-irakienne-30-04-2012-168749_112.php


c) Sur le terrain

Résultat mitigé pour le 4e tour d'enchères pétrolières et gazières.

L'Irak a peiné à attirer les grands groupes internationaux lors de son 4è tour d'enchères pour l'attribution de contrats d'exploration gazière et pétrolière, une déception pour ce pays déterminé à devenir un poids lourd énergétique. |

L'Irak a peiné à attirer les grands groupes internationaux lors de son 4è tour d'enchères pour l'attribution de contrats d'exploration gazière et pétrolière, une déception pour ce pays déterminé à devenir un poids lourd énergétique.
Seuls trois des 12 contrats d'exploration proposés à la vente ont été attribués en deux jours de vente à l'encan au ministère du
Pétrole à Bagdad.

Et la plupart des blocs proposés n'ont suscité aucune offre de la part des 47 groupes étrangers présélectionnés pour la vente, parmi lesquels figuraient nombre de grandes majors internationales.
Il s'agissait du quatrième tour d'enchères de ce type depuis 2009 et douze sites, sept pour le gaz et cinq pour le pétrole, passaient sous le marteau. Mais les précédentes enchères concernaient des gisements déjà existant et non des blocs d'exploration.
"C'est très décevant (pour l'Irak) car (...) leur priorité était d'attribuer les blocs de gaz, puisqu'ils ont un besoin urgent de gaz pour fabriquer de l'électricité et pour l'industrie", a souligné l'experte Ruba Husari, qui dirige le site spécialisé Iraq Oil Forum.
"La leçon à en tirer est que le modèle qui a été proposé ne convient pas pour l'exploration de gaz", a-t-elle ajouté.
Mais Abdel Mehdi al-Amidi, responsable des contrats et licences au ministère du Pétrole, a qualifié la vente d'un quart des lots proposés de "grand succès".
"Avec les 3 contrats (ainsi attribués), il y a 18 contrats en
marche dans le pays. C'est une activité énorme dans le pays", s'est-il félicité.
Le ministre du Pétrole Abdel Karim al-Luaybi a pour sa part souhaité "bonne chance aux compagnies qui ont gagné", les assurant de "tout le soutien du
gouvernement et du ministère du Pétrole dans leur travail". "Notre espoir est d'augmenter les réserves pour les générations à venir", a-t-il lancé.
Mercredi, seul le bloc 9, un territoire de 900 km2 au sud du pays qui pourrait contenir du pétrole, avait été attribué à un consortium composé de Kuwait energy (40%), du groupe turc TPAO (30%) et du groupe émirati Dragon Oil (30%).
Jeudi, le groupe pakistanais Pakistan Petroleum a remporté le bloc 8, un territoire de 6.000 km2 situé dans les provinces de Diyala et Wassit (centre) et qui pourrait receler du gaz naturel. Un consortium mené par le groupe russe Lukoil a pour sa part emporté le bloc 10, territoire de 5.500 km2 dans les provinces de Mouthanna et Zi Qar (sud), et qui pourrait contenir du pétrole.
Comme lors des précédentes enchères, les groupes retenus avaient accepté d'être rémunérés sur une base fixe et non sur la base de contrats de partage de production, qui ont la préférence des grands groupes énergétiques.
La question du pétrole est centrale en Irak, qui compte principalement sur cette manne pour financer sa reconstruction après des décennies de guerre et de sanctions.
L'Irak pompe environ 3 millions de barils de pétrole par jour (mbj) dont 2,4 millions sont exportés et a pour objectif de passer cette année à respectivement à 3,4 mbj et 2,6 mbj.
Quant au gaz naturel, dont l'Irak abrite des réserves considérables (estimées à 3.200 milliards de mètres cubes), il est destiné à alimenter la production d'électricité, très défaillante dans le pays.
Les enchères se sont déroulées sur fond d'atmosphère alourdie par le conflit qui oppose depuis des mois le gouvernement irakien à la région autonome du Kurdistan (nord), qui revendique le droit de signer ses propres contrats énergétiques avec des entreprises internationales, ce que lui refuse catégoriquement Bagdad. La major américaine ExxonMobil, qui a signé l'automne dernier un contrat controversé avec le Kurdistan, s'est ainsi vu barrer l'accès au quatrième tour
.

Ali al-Saadi

31-05-2012

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-economie/irak-resultat-mitige-pour-le-4e-tour-d-encheres-petrolieres-et-gazieres-31-05-2012-2025846.php

 


Attentats contre des oléoducs en Irak, exportations pas affectées (…)

Cinq bombes ont explosé samedi dans un champ pétrolier du nord de l'Irak endommageant deux oléoducs mais n'affectant pas les exportations de brut, ont indiqué des responsables.
Les deux pipelines touchés transportent le pétrole du champ de Bai Hassan dans la province irakienne disputée de Kirkouk vers celui de Ceyhan en Turquie via lequel le pétrole irakien est exporté.
Il y a eu des explosions contre des oléoducs à Bai Hassan. C'était une attaque terroriste, a déclaré Abed Hassan, maire du district.
Un responsable de la compagnie nationale de pétrole a précisé que l'attaque était survenue vers 06H30 (03H30 GMT). Les deux oléoducs ont été endommagés mais les exportations n'ont pas été affectées, a-t-il dit sous couvert de l'anonymat.
Selon lui, trois autres bombes placées en bord de route ont explosé dans le champ sans faire de dégâts, et deux autres ont été désamorcées par les forces de sécurité.
Les ministères de la Défense et de l'Intérieur ainsi que celui du Pétrole n'assurent pas la protection dans ce champ et ils comptent sur les tribus habitant à proximité pour le faire mais celles-ci n'ont pas d'armes, a-t-il ajouté.
Le champ de Bai Hassan est situé dans une zone revendiquée par le pouvoir central à Bagdad et les régions kurdes autonomes dans le nord. Environ un quart des exportations de pétrole irakien transite par la Turquie.
En mai, les autorités irakiennes ont indiqué chercher à acquérir des drones de surveillance pour veiller à la sécurité de ses oléoducs et plateformes pétrolières, infrastructures vitales pour la reconstruction du pays et régulièrement la cible d'attaques.
Le pétrole représente les deux tiers du produit national brut irakien et est vital pour la reconstruction des infrastructures détruites lors des guerres et des violences des dernières décennies.
Les revenus pétroliers irakiens ont progressé de 60% en 2011 grâce à une augmentation des exportations et une hausse des prix du brut, selon des chiffres officiels. L'Irak a exporté en 2011 environ 2,1 millions bj.
09 juin 2012 11h41)

AFP



Prisons, exactions & torture

LE SECRETAIRE DE L’ANCIEN PRESIDENT SADDAM HUSSEIN  Abed Hmoud  - EXCECUTE 

Le secrétaire particulier de l'ex-président irakien Saddam Hussein, Abed Hmoud, condamné à mort en 2010, a été exécuté, a indiqué jeudi un porte-parole du ministère de la Justice, Haidar al-Saadi.

"Il a été exécuté aujourd'hui", a dit M. Saadi. "Le ministère de la Justice a mis en œuvre la peine de mort prononcée contre le criminel Abed Hmoud (...) pour génocide" lors de la répression des chiites dans les années 1980.

Abed Hmoud, aussi connu sous le nom de Abed Hamid Mahmoud, avait été condamné à la peine capitale le 26 octobre 2010, en même temps que d'autres piliers du régime dont Tarek Aziz, ministre des Affaires étrangères et compagnon de la première heure de Saddam Hussein et, qui se trouve actuellement en prison, et l'ex-ministre de l'Intérieur Saadoun Shaker.

Abed Hmoud était représenté par un des quatre as (les trois autres étant Saddam et ses deux fils Oudaï et Qoussaï), dans le jeu de cartes représentant les responsables irakiens recherchés par les forces américaines après l'invasion de 2003. Il avait été arrêté en juin 2003.

Avec son béret toujours vissé sur la tête et les mêmes moustaches que son maître, il était l'un des hommes les plus redoutés du régime car il était celui qui donnait les directives présidentielles à tous les ministres.

http://www.lepoint.fr/monde/irak-le-secretaire-de-l-ancien-president-saddam-hussein-execute-07-06-2012-1470486_24.php

 

 

 
 

AL MANAR : Premiers témoignages à la barre contre le vice-président Hachémi

Des proches de victimes et des témoins ont accusé mardi le vice-président irakien Tarek al-Hachémi d'avoir fomenté des meurtres, à l'ouverture de son procès par contumace à Bagdad.

Hachémi a été accusé en décembre d'avoir dirigé un escadron de la mort, des accusations selon lui sans fondement et lancées à des fins purement politiques.

Ni Hachémi ni ses employés poursuivis en même temps que lui n'étaient présent à l'audience.

Le vice-président se trouvait aux dernières nouvelles en Turquie, pays qui refuse de l'extrader vers l'Irak, malgré la demande d'arrestation internationale pour avoir "financé des attaques terroristes" dans son pays diffusée par Interpol.

 L'audience de mardi concernait les meurtres de deux responsables des services de sécurité et d'un avocat.

Hachémi et certains membres de sa garde rapprochée sont poursuivis pour 150 chefs d'inculpation, notamment le meurtre de six juges et de plusieurs hauts responsables, dont le directeur général du ministère de la sécurité nationale.

AL MANAR 



Extension des actions ?

Algerie1: Un attentat suicide contre une fondation chiite fait 22 morts.  

 Un attentat suicide à la voiture piégée a détruit lundi le siège d’une fondation religieuse chiite à Bagdad, faisant au moins 22 morts et ravivant la crainte de nouvelles tensions confessionnelles dans un pays plongé dans une grave crise politique.
Ce bilan est le plus lourd pour un attentat individuel à Bagdad depuis l’explosion d’une voiture piégée le 27 janvier près d’un hôpital, qui avait fait 31 morts.
L’attaque, qui a également fait une soixantaine de blessés, a visé l’administration en charge de la gestion des sites religieux chiites d’Irak vers 11H00 (08H00 GMT) dans le quartier de Bab al-Mouazzam dans le centre de Bagdad.
Le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki et le président du Parlement, le sunnite Ossama al-Noujaifi, ont condamné l’attentat et appelé au calme. Le bâtiment a été « totalement détruit », a déclaré à l’AFP le vice-directeur de la fondation, cheikh Sami al-Massoudi, en soulignant que « des martyrs sont ensevelis sous les ruines ».
L’institution visée était en conflit avec son équivalente sunnite au sujet du contrôle du mausolée chiite Al-Askari de Samarra, une ville majoritairement sunnite située à 110 km au nord de Bagdad.
Ce mausolée avait été la cible d’un attentat le 22 février 2006, lequel avait déclenché une guerre confessionnelle entre sunnites et chiites qui a fait des dizaines de milliers de morts dans les années suivantes. Les chiites sont majoritaires en Irak.
L’attaque de lundi « s’est produite après que (la fondation chiite) a procédé à l’enregistrement du mausolée il y a cinq jours, et nous avons reçu beaucoup de menaces. Certains médias ont créé des tensions sur cette affaire », a expliqué cheikh Massoudi. Cette procédure est « légale et constitutionnelle et nous sommes dans notre droit car il s’agit d’un site chiite », a-t-il ajouté.
« Nous n’accusons personne, mais nous appelons les Irakiens à enterrer cette querelle, car il existe un plan pour lancer une guerre civile » à base confessionnelle.
Un porte-parole de la fondation sunnite, Faris al-Mehdaoui a condamné cette attaque qualifiée de « criminelle, lâche et fanatique », et l’action de ceux qui « veulent ramener le pays aux années de violences ».
Il a indiqué à l’AFP que peu après l’attentat, deux obus s’étaient abattus sur le siège de son institution à Bagdad. Un responsable du ministère de l’Intérieur a indiqué qu’il s’agissait d’une explosion provoquée par une bombe.
Il n’y a pas eu de victimes. Sur les lieux de l’attentat, des dizaines d’ambulances et de secouristes s’activaient pour évacuer et fouiller les décombres, tandis que les proches se rassemblaient à proximité, a constaté un journaliste de l’AFP.
Mohamed, propriétaire d’un restaurant en face du site visé, pleurait, vilipendant la classe politique: « Venez voir les maisons qui ont été détruites sur la tête des enfants ! » « C’était un 4X4 blanc, il (le kamikaze) allait trop vite et il a heurté la porte de la fondation et a explosé.
Tout d’un coup j’ai vu deux de mes employés morts devant moi », a-t-il ajouté, torse nu et couvert de sang avec des points de suture visibles sur ses blessures.
« Maliki et Allawi se disputent pour diriger le gouvernement et nous sommes les victimes », a-t-il dit en allusion au chef du gouvernement et à son rival Iyad Allawi. L’Irak est englué depuis six mois dans une grave crise politique opposant M. Maliki à plusieurs dirigeants sunnites et kurdes qui lui reprochent son autoritarisme.
Le ton s’est durci depuis quelques semaines et le chef religieux radical chiite Moqtada Sadr et le bloc laïque Iraqiya, dont fait partie M. Noujaifi, ont appelé ces derniers jours M. Maliki à démissionner. Alors que le pays continue de faire face à de graves problèmes de sécurité et de pauvreté, l’action des institutions politiques paraît quasi paralysée depuis décembre.

04/06/2012

 http://www.algerie1.com/flash-dactu/irak-un-attentat-suicide-contre-une-fondation-chiite-fait-22-morts-a-bagdad/

 


4 Lutte pour la libération du territoire

 

Almanar : Hausse du nombre de tués en Irak en mai.

Le nombre d'Irakiens tués dans des violences a augmenté au cours du mois de mai, tout en restant proche des bilans les plus bas enregistrés depuis l'invasion américaine de mars 2003, selon des chiffres officiels diffusés samedi.
Au total, 132 Irakiens dont 90 civils, 20 policiers et 22 soldats ont été tués, selon les données des ministères de l'Intérieur, de la Santé et de la Défense.
 En avril, les violences avaient fait 126 tués. Et le mois de mars 2012 avait été le mois le moins meurtrier depuis l'invasion américaine avec 112 tués, selon les mêmes sources.
Dans le même temps, 248 personnes ont été blessées en mai, dont 115 civils, 80 policiers et 53 militaires. En outre, 20 insurgés ont été tués et 105 autres arrêtés.
L'épisode le plus meurtrier de ces dernières semaines remonte à jeudi, lorsqu'une série d'attentats à la bombe a frappé Bagdad, faisant au moins 17 morts et 57 blessés.

http://www5.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=20&frid=20&eid=66769

 

 


 www.levif.be -Belga: Trois policiers et un soldat tués dans des attentats en Irak

Trois policiers et un soldat ont été tués dans des attentats et six autres personnes ont été blessées lundi en Irak, ont indiqué des sources de sécurité.

Selon un lieutenant colonel de police, des inconnus ont ouvert le feu contre un point de contrôle à Hamam al-Alil, une localité située à 35 km au sud de la ville septentrionale de Mossoul, tuant trois policiers et en blessant deux autres, avant de s'enfuir.

Par ailleurs, des hommes armés ont abattu un soldat à Baqouba, à 60 km au nord-est de Bagdad, et dans la même région, à Khalès, une bombe a blessé trois policiers, selon un commandant de police et des sources médicales.

Dans le centre de Bagdad, à Karrada, des assaillants ont blessé par balle un lieutenant de police, selon une source du ministère irakien de l'Intérieur.

La violence a nettement(…)  diminué en Irak après le pic de 2006 et 2007, mais elle reste présente notamment à Bagdad, Dyala et Mossoul.

En mai, 132 Irakiens ont été tués, selon les statistiques officielles. (DGO)

11 juin 2012 à 19h21

(Belga)

http://www.levif.be/info/belga-generique/irak-trois-policiers-et-un-soldat-tues-dans-des-attentats-en-irak/article-4000115013243.htm#

 



5 Prisons, exactions. 

AFP : Le soldat US John Russell  inculpé pour meurtre.

Un soldat américain accusé du meutre de cinq autres soldats sur lesquels il avait ouvert le feu sur une base militaire en Irak en 2009 a été inculpé hier, ont annoncé les autorités militaires.

Détenu sur la base Lewis-McChord, dans l'Etat de Washington (nord-ouest), le sergent John Russell devrait comparaître devant une cour martiale, même si aucune date d'audience n'a été fixée.
Hier, il a été inculpé pour cinq assassinats, une agression violente et une tentative de meurtre.

Il encourt la peine de mort s'il est reconnu coupable, précise un communiqué de la base Lewis-McChord. John Russell est accusé d'avoir abattu le 11 mai 2009 cinq autres soldats et d'en avoir blessé trois autres dans un hôpital soignant les traumatismes de guerre sur la base Liberty à Bagdad.
Cette attaque d'un Américain contre ses compatriotes n'était pas exceptionnelle en Irak à cette période.

L'année précédente, un autre sergent avait tué deux de ses supérieurs sur une base dans le sud du pays.

AFP

Mis à jour le 19/05/

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/05/19/97001-20120519FILWWW00301-un-soldat-us-inculpe-pour-meurtre-en-irak.php



 Les voisins

 Turquie

Tension Irak-Turquie: Bagdad convoque l’ambassadeur turc.  

Les autorités irakiennes ont convoqué l'ambassadeur de Turquie pour protester contre les propos du Premier ministre turc sur la situation intérieure en Irak, indiqué lundi sur son site en anglais le ministère des Affaires étrangères.  
"Le vice-ministre des Affaires étrangères Labib Abbawi a convoqué dimanche au ministère M. Yunus Demerer pour lui faire part de la protestation énergique du gouvernement irakien après les récentes déclarations de M. Recep Tayyip Erdogan, concernant la situation politique en Irak, qui sont une ingérence inacceptables dans les affaires intérieures du pays", affirme le communiqué.
M. Abbawi a exprimé "l'espoir de voir le gouvernement turc cesser de donner ce genre de déclarations qui portent atteinte à la souveraineté de l'Irak et de s'en tenir à la diplomatie pour exprimer son point de vue sur la situation actuelle dans les deux pays et dans la région afin de maintenir des relations bilatérales fortes".
Jeudi, Erdogan avait accusé le chef du gouvernement irakien Nouri al-Maliki de monopoliser le pouvoir, et d'"égocentrisme" politique.
Le Premier ministre irakien avait répliqué le lendemain en accusant la Turquie, d'être en train de devenir un ennemi dans la région en cherchant à la dominer et à s'ingérer dans les affaires internes de ses voisins.
"Poursuivre sa politique intérieure et régionale va nuire aux intérêts de la Turquie et en faire pour tous un Etat hostile", avait-il dit dans un communiqué.
Poursuivant la polémique, M. Erdogan avait répondu samedi: "Si nous donnons trop la parole à M. Maliki, nous lui offrons l'occasion de faire un show, il n'y a pas besoin de l'encourager dans sa recherche de prestige", a déclaré à Istanbul M. Erdogan
Rappelons que la Turquie a récemment provoqué Bagdad en accueillant le vice-président irakien, Tarek Hachemi, accusé de diriger des escadrons de la mort en Irak.

Hachemi refuse de se rendre à la justice irakienne.

24/04/2012

IRIB



 

23/04/2012

n° 528 - Les Dossiers d'Irak - 22/04 - a1- Sale temps pour les Américains à Bagdad


n° 528 -   Les Dossiers d'Irak - 22/04 - a1-   Sale temps pour les Américains à Bagdad


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

LesDossiers d'Irak


n° 528                                                      22/04/2012

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Dossier d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes blog : 

http://www.dhblogs.be/categories/International.html  http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

 

b) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

c) Sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

d) Sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

e) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 f) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Tiré à part :

Gilles Munier : Sale temps pour les Américains à Bagdad.

Point de vue

1-1 Hassan Hamade Annan : Génocide en Iraq et Paix en Syrie ?

2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1 Les militaires, drogués comme des cyclistes ?

2-2 Julie Lévesque : L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité.

3 Les Brèves

3-1  Belga : Bagdad accuse des pays arabes de faciliter le terrorisme en Irak.

4-1 Gilles Munier : Tarek Aziz et la mort lente des prisonniers politiques irakiens.

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 John Pilger : Il est temps que nous reconnaissions la criminalité du gouvernement de Blair.

6 Annexe

6-1 L’ex geôlière bourreau d’Abou Ghraïb ne regrette pas ses actes

6-2 Glen FORD : Guerres impérialistes: le pays du goulag levant (USA) et la France arrogants dans la défaite.

 



Tiré à part :

Gilles Munier :Sale temps pour les Américains à Bagdad.
La « guerre annoncée » contre l’Iran et « l’axe chiite » oblige Nouri al-Maliki à se débarrasser du maximum de « contractors », ces mercenaires occidentaux qui pullulent en Irak, et de surveiller les déplacements des agents de sécurité de l’ambassade US.
Plusieurs dizaines de milliers de « contractors » – mercenaires – américains ou étrangers, employés par des sociétés militaires privées (SMP), détestés par la population, sont toujours en Irak. Fin 2011, avant le départ du gros des troupes d’occupation étasuniennes, leur nombre était supérieur à celui des GI’s.
Nouri Al-Maliki qui peut difficilement se passer d’eux en matière de sécurité et de défense, craint à juste titre qu’ils participent à la déstabilisation de son régime en cas de bombardements de centres nucléaires iraniens par Israël, d’intervention étrangère armée en Syrie, ou d’attaque généralisée de « l’axe chiite » par l’Otan. Le temps où les « contractors » roulaient des mécaniques, au-dessus des lois, est donc révolu. Ils sont plus que jamais dans la ligne de mire des services secrets irakiens et iraniens qui guettent la moindre incartade de leur part pour les faire expulser, et qui n’hésiteront pas à les interner si l’Iran est attaqué.
Dès la semaine précédent le départ des GI’s, Ahmad, le tout-puissant fils de Nouri al-Maliki, a expulsé de la Zone verte des sociétés étrangères et les mercenaires qui s’y trouvaient et en a profité pour placer des chars près du domicile des opposants sunnites proaméricains. Les responsables des check points ont l’ordre de vérifier scrupuleusement les identités, la validité des visas, les autorisations de déplacement et de port d’armes des étrangers.
Finis les passe-droits
Début décembre, une équipe de mercenaires de la SMP Triple Canopy, liée par contrat au Département d’Etat étasunien, a été arrêtée sur la route de Taji.
Ils ont été détenus 18 jours dans des conditions exécrables pour eux - nourriture servie sur le sol crasseux de leur cellule, riz plein d’insectes – … mais de loin préférables à celles réservées aux opposants irakiens. Mark Fisher, un ancien sergent fidjien, arrêté avec deux Américain et douze Irakiens, a accusé ses geôliers de « tortures mentales »… et leur a reproché d’avoir dû passer Noël en prison. Il a fallu l’intervention du congressiste républicain américain
Peter King pour les libérer.
Début janvier, une centaine de « contractors » a été retenue pendant quelques jours à l’aéroport de Bagdad dans des cellules de la police des frontières.
Certains faisaient partie de la sécurité de l’ambassade des Etats-Unis. Pour ne pas dramatiser la situation, James Jeffrey, l’ambassadeur, a parlé d’«
ennuis » à porter au compte du « manque d’expérience » des fonctionnaires irakiens, des « lenteurs bureaucratiques ». Pour Latif Rashid, conseiller du président de la République irakienne, les étrangers débarquant à Bagdad sont dans des conditions semblables à celles d’un Irakien se rendant aux Etats-
Unis dans le cadre de son travail. Finis les passe-droits !
Tuez-les, sans sommation
Le 16 janvier dernier, quatre officiers américains, dont deux femmes, travaillant à l’ambassade qui effectuaient, selon eux, une patrouille de routine dans une BMW bourrée d’armes, ont été arrêtés près du domicile de Saleh Abdul Razzak, gouverneur de Bagdad, membre important du parti Dawa. Celui-ci les accuse d’avoir cherché à l’assassiner. Il exige désormais que les agents de sécurité US soient accompagnés par des policiers irakiens dans leurs déplacements. Sinon, il autorise les forces de l’ordre à les tuer… sans sommation ! Moqtada al-Sadr lui a apporté son soutien et appelé ses partisans à surveiller les étrangers. Le leader chiite estime que de nombreux assassinats inexpliqués sont l’œuvre des services secrets américains. Les arrestations d’ « agents américains » étant bien vues de l’opinion publique, le ministère de l’Intérieur – dont Maliki assure l’intérim depuis les dernières législatives –
accuse maintenant les sociétés de militaires privées étrangères de « porter atteinte à la sécurité de l’Etat », voire de servir de couverture au Mossad. C’est loin d’être une découverte ! Le 1er février, sur Al-Manar, la chaîne du Hezbollah libanais, plusieurs dirigeants chiites irakiens, ayant servi l’occupation sans broncher, abondent dans ce sens pour se refaire une virginité à bon compte (1).
(1) Reportage vidéo de Al-Manar « Irak: Le Mossad israélien dans les sociétés sécuritaires »

Gilles Munier (Afrique Asie – mars 2012)
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?cid=20&eid=48439&fromval=1



Point de vue

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1Hassan Hamade Annan : Génocide en Iraq et Paix en Syrie ?

L’ancien secrétaire général des Nations-Unies (1997-2006) et Prix Nobel de la Paix (2001), Kofi Annan, a été chargé par son successeur Ban Ki-Moon et par son homologue de la Ligue arabe, Nabil el-Arabi, de négocier une solution pacifique à la crise syrienne. Mais, Monsieur Annan est-il la personne la mieux placée pour cela ? Considérant sa responsabilité éminente dans le génocide de plus d’un demi-million d’enfants irakiens, Hassan Hamade en doute.

Réseau Voltaire | Beyrouth (Liban) | 22 mars 2012 

Monsieur Annan,

« L’Homme blanc a élevé à des hauteurs jamais atteintes la Civilisation du mensonge.  »

Je suppose que vous connaissez cette citation d’un grand intellectuel et historien réunionnais, Jean-Charles Angrand. Elle figure dans une lettre adressée par ce dernier il y a de cela un an et demi au professeur Jean Ziegler, alors coordinateur de la Commission des Nations unies chargée de la lutte contre la faim et pour le droit à l’alimentation.

Vous n’êtes pas sans savoir que les États-Unis opposent un refus catégorique à l’idée de faire figurer le droit à l’alimentation dans le cadre global des droits de l’Homme malgré le fait que ceux-ci ne sont jamais respectés dans le monde surtout par la puissance qui ne cesse d’en brandir l’étendard [1]

C’est sur ce point que Jean-Charles Angrand a voulu insister pour clarifier le débat sur les problèmes politiques comme sur les problèmes économiques et sociaux, surtout que l’une des armes de destruction massive les plus utilisées est l’arme de la faim et de la malnutrition [2]. Quant aux slogans sans cesse répétés en la matière, ils ne servent que pour la propagande. N’est-ce pas Winston Churchill qui a dit : « Pour être protégés, les grands projets ont besoin de sentinelles en mensonges » ?...

Je pense, Monsieur, que cette citation vous rappelle quelque chose, même beaucoup de choses…. à commencer par la tragédie irakienne favorisée par un flux continu de mensonges pour justifier la guerre et entretenir le blocus contre ce berceau de la Civilisation humaine. Le Comité des sanctions chargé d’appliquer le Programme « pétrole contre nourriture » – titre, en soit, sommet de cynisme et de sadisme humain – qui agissait sous votre autorité, a mis en marche un génocide, dans le vrai sens du mot, selon la qualification donnée à cette action par Marc Bossuyt, alors président de la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies [3] et grand professeur en Droit international. En effet, pendant votre premier mandat comme secrétaire général des Nations unies (1er janvier 1997-31 décembre 2000) le nombre des bébés irakiens tués par les sanctions, parce que privés de nourriture, de médicaments et de traitements médicaux adaptés, s’est élevé à plus de 550 000 enfants en bas âge. Il va sans dire que le « compteur » macabre s’était arrêté en l’an 2000, mais les tueries continuaient à travers le « Programme » qui s’est effondré au mois de mars 2003 avec l’invasion terrestre de l’Irak par la coalition anglo-saxonne et ses alliés.

Nous évoquons seulement le carnage des enfants et des bébés en laissant de côté les autres catégories de la population qui ont subi pratiquement le même sort. Mais l’histoire de votre Comité de sanctions et sa responsabilité dans ce génocide mérite bien d’être mise un peu en relief d’autant plus qu’on vous charge dès à présent de régler d’autres dossiers, non moins épineux, qui pourraient concerner directement la stratégie sanguinaire de l’Empire. Franchement, Monsieur Annan, votre nom à lui seul est devenu indissociable de cette tragédie qui n’a pas encore été prise en charge par la Justice internationale adaptée.

En évoquant ces meurtres en masse, Jean Ziegler ainsi que Hans-Christophe von Sponeck (ce dernier a dirigé à partir de Bagdad le Programme « pétrole contre nourriture ») s’accordent à considérer que .. « graduellement, à partir de 1996, le programme pétrole contre nourriture fut détourné de sa mission et servit d’arme de punition collective de la population fondée sur la privation de nourriture et de médicaments »….. et ce en contradiction flagrante avec la structure même du Programme telle que définie par le Conseil de sécurité, bien que la structure en elle-même est une aberration humaine, voire même une honte.

Des escrocs à la tête du « Programme »

Monsieur Annan, vous étiez au courant de toutes les pratiques et les malversations qui se déroulaient dans les différentes instances du « Programme » à commencer par le Bureau de ce « Programme » chargé d’examiner les demandes présentées par les entreprises qui aspiraient à décrocher des contrats. Le directeur de ce bureau vous l’avez-vous-même nommé à son poste, à la demande des États-uniens, malgré les suspicions qui l’entouraient. D’ailleurs il a fini par être inculpé par le District Court de New-York avant de se retirer à Chypre « où il coule des jours heureux » selon l’expression de Jean Ziegler. Il était votre protégé, Monsieur Annan. Vous lui avez assuré la couverture nécessaire pour le déploiement de ses minables talents. En même temps, vous vous absteniez à protéger le « Programme », ce qui aggravait les exactions de sorte que dans le monde entier on comparait cette machine infernale aux administrations les plus corrompues de la planète. Tout ça sur le dos du pauvre peuple irakien à qui on administrait des protocoles de destruction systématique. Il suffit de donner deux ou trois exemples des crimes perpétrés par cette administration à la tête de laquelle vous déployiez vos dons de faux sage africain.

Votre Comité de sanctions, animé par un code de conduite visant à rendre aux irakiens la vie infernale, se surpassait dans l’invention de méthodes, plus cruelles les unes que les autres, afin de remplir sa tâche diabolique. Par exemple le Comité refusait catégoriquement de permettre aux hôpitaux irakiens d’acquérir les machines de dialyse indispensables pour des milliers de patients. Un jour le représentant de l’OMS à Bagdad, Dr Ghoulam Rabbani Papal, passe une commande urgente à la représentation du « Programme » à Bagdad pour l’acquisition de 31 machines de dialyse. Cette demande fut immédiatement transmise à New-York au Comité des sanctions où, comme dans les films d’horreur, ont disparues les traces de cette commande. Il a fallu réitérer la même demande, avec un temps d’attente de plusieurs mois avant de recevoir une réponse. Ce n’est qu’après maintes interventions que le Comité a fini par donner son accord mais pour 11 machines seulement !!!... et l’histoire ne s’arrête pas là car ces 11 machines une fois livrées se sont trouvées bloquées au poste frontière jordano-irakien, par une décision anonyme. Il a fallu deux années de démarches acharnées pour pouvoir les libérer. Il va sans dire qu’entre-temps le nombre des patients irakiens qui périrent, femmes, enfants, vieillards etc…., dépassait tous les décomptes imaginables. C’était en l’an 2000.

Monsieur Annan, comment avez-vous accepté qu’une cruauté pareille soit commise sous votre autorité ?... mutisme total de votre part. Avez-vous entendu parler d’un crime qui s’appelle non-assistance à personne en danger, vous qui êtes supposé ne pas ignorer la loi… ?

Silence, on torture !

En 1999, alors que le corps médical irakien parvenait à faire des miracles compte-tenu de l’extrême privation qui le frappait, la directrice de l’UNICEF, Carol Bellamy formulait une demande expresse pour l’importation d’ampoules nécessaires à l’alimentation intra veineuse des nourrissons et des enfants en bas-âge gravement sous-alimentés. Après une longue période d’attente, le verdict du Comité des sanctions tombe et c’est le refus catégorique. Elle s’est même adressée personnellement au Conseil de sécurité mais en vain !... Ainsi votre machine infernale, monsieur Annan, a réussi une formidable performance en matière de respect de l’être humain. Est-ce que vous réalisez bien que vous vous êtes abstenu d’apporter une assistance à bébés en danger… ? Pourtant Monsieur Annan, vous ne cessez de cultiver votre image de marque, d’homme intègre, de sage africain, soucieux des droits de l’homme et de la paix dans le monde.

Depuis cette demande de l’UNICEF, le décompte macabre des enfants martyrs s’est arrêté, mais la tuerie continuait son avancée. Et en même temps vous vous êtes accroché à votre poste avec une allure de respectabilité et de calme.

Les pratiques de votre Comité de sanctions à l’égard de l’ensemble de la population irakienne ressemblent davantage à d’interminables séances de tortures. Vous en étiez témoin, Monsieur Annan, et le monde n’a eu aucun écho d’une quelconque manifestation de votre conscience d’homme de paix et de droit.

Je ne veux pas m’attarder, ni à raconter comment votre Comité de sanctions a empêché la fourniture de machines adaptées nécessaires à la remise en marche des stations d’épuration de l’eau potable du Tigre, de l’Euphrate et de Shatt-al-Arab, ni à expliquer comment l’Irak à cause de cela est passé parmi les premiers pays au monde dont la population souffre de maladies chroniques dues à la pollution de l’eau, ni comment votre Commission refusait toutes les demandes et suppliques des hôpitaux irakiens pour l’obtention des climatiseurs nécessaires pour conserver au frais les médicaments dans un pays où la température peut dépasser les 45° durant plusieurs mois.

Ce sont juste quelques petits exemples d’une panoplie d’actions concertées visant à ramener à l’âge de pierre un pays comme l’Irak et Dieu sait ce qu’est l’Irak.

« Ce qui se passe en Irak est bel et bien un génocide  » s’est exprimé à haute voix Marc Bossuyt sans que ce cri alarmant et culpabilisant n’atteigne vos oreilles, Monsieur Annan. Tout comme les multiples protestations de cet homme honnête qu’est Denis Hallyday, le coordinateur du « Programme » à Bagdad, qui s’est trouvé contraint de vous jeter en pleine figure sa démission et a quitté les Nations Unies…. Tout comme les protestations de son successeur au même poste, le très honorable Hans Christophe von Sponeck, éponyme de l’honnêteté et du dévouement qui a été empêché d’expliquer de vive voix devant le Conseil de sécurité, les réalités de la situation et du génocide qui se déroulait. Au lieu d’avoir le minimum d’honnêteté et de fidélité à la charge qui vous incombait et qui exigeait de vous une solidarité avec cette étoffe d’hommes de courage, de compétence et d’honneur, vous avez choisi le silence perfide et de vous ranger du côté des deux délégations anglo-saxonnes qui ont décidé d’interdire à von Sponcek de s’exprimer devant le Conseil de sécurité car il a bravé les interdits en choisissant de respecter scrupuleusement la Charte des Nations unies. Oui Monsieur Annan, sous votre autorité le respect de la Charte des Nations unies est devenu une infraction qui mérite un châtiment.

Complexé de la famille Wallenberg

Les atlantistes ont empêché von Sponeck d’étaler la vérité au grand jour devant le Conseil de sécurité tout comme ils ont empêché dernièrement le général soudanais al-Daby (chef de la délégation des observateurs arabes en Syrie) de s’exprimer devant la Ligue arabe et de faire saisir son rapport par le Conseil de sécurité car il mettait en cause le rôle destructeur et criminel que les organisations terroristes jouaient en Syrie. D’ailleurs il existe plusieurs points communs entre les deux cas.

Monsieur Annan,

Vous êtes sans doute impressionné par la trajectoire de vos beaux-parents suédois. Je veux parler de la famille Wallenberg, très puissante dans le domaine de l’industrie, des finances et des banques et qui a donné à la Suède plusieurs personnalités éminentes dont certaines ont eu un rayonnement pan-européen tel l’oncle maternel de madame votre épouse, Raoul Wallenberg et son oncle Jacob. Très probablement c’est la personnalité de Raoul qui vous a le plus intéressé car il était sûrement un homme assez particulier qui a fait preuve d’un courage indéniable durant les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale lorsqu’il a exposé sa vie aux grands dangers pour sauver des centaines de juifs en Hongrie et ce avant qu’il ne soit arrêté par les troupes soviétiques le lendemain même de leur entrée en libérateur dans Budapest. D’ailleurs les traces du brave Raoul se sont rangées dans les dossiers des énigmes de la guerre et de l’après-guerre. Tout ce qui a filtré de sa disparition c’est que les soviétiques le considéraient comme un espion états-unien.

C’est tout à fait normal Monsieur Annan que vous sentiez une certaine fierté lorsque vous visitez certaines capitales européennes et que vous vous rendiez à des sites érigés par les communauté juives à la mémoire de Raoul, tout comme à Washington qui lui a délivré le statut de citoyen d’honneur des États-unis, après Winston Churchill. Quant à l’État d’Israël, ou il est aussi citoyen d’honneur, la plaque commémorative en son nom a été placée au cœur même du Mausolée de « Yad Vashem » à la mémoire des victimes de l’holocauste nazi.

Monsieur Annan,

C’est bien dans la nature des choses que ce lien matrimonial qui vous lie à la famille Wallenberg soit à l’origine de votre ascension professionnelle mais est-ce que vous n’auriez pas dû suivre l’exemple de l’oncle de votre épouse en matière de dévouement à son peuple juif et que vous prôniez une attitude ferme contre toutes sortes d’holocauste plutôt que d’y participer, comme vous l’avez fait lors du génocide du peuple irakien.

Oui Monsieur Annan, il s’agit bien d’un holocauste en Irak et d’un génocide, dans le sens juridique du terme tel que qualifié par Marc Bossuyt. Vous êtes partenaire dans la gestion de cet holocauste en Irak.

Vous êtes partenaire principal dans cette non-assistance à 550 000 enfants en bas âge en danger de mort.

Soyez sûr Monsieur Annan que nous ne sommes pas une copie conforme de nos gouvernements sionistes arabes. Si vous avez le plein droit d’être fasciné par vos beaux-parents sionistes, alors vous pourriez être sûr que cela ne sera jamais notre cas vis-à-vis des sionistes arabes. Ils ne nous fascinent guère, au contraire ils nous dégoûtent.

Il est inutile Monsieur Annan, que vous pensiez, ne serait-ce qu’un laps de secondes, que l’holocauste de la Mésopotamie pourrait échapper indéfiniment à la justice. Cette affaire vous concerne directement du fait de votre position dirigeante à la tête de l’exécutif onusien durant la période du génocide qui avait pour titre « pétrole contre nourriture ». Avec un parcours pareil, on peut se demander si vraiment vous êtes habilité pour apporter une solution pacifique à la crise syrienne actuelle que l’ « on » vous a chargé de résoudre.

Pouvez-vous faire à la Syrie une prescription extra-génocidaire qui l’épargnerait de subir le même sort que l’Irak ? …Très probablement on ne vous a pas choisi pour cela.

Monsieur Annan, vous êtes chez nous aujourd’hui pour servir les projets de ceux-là mêmes qui vous avaient envoyé chez nous hier, du temps de l’holocauste en Irak.

Monsieur Annan, vous êtes aujourd’hui en Afrique pour faire la propagande des Rockfeller. N’est-ce pas le groupe Rockfeller qui finance le projet AGRA de « l’Alliance pour une révolution verte en Afrique » que vous présidez vous-même ?

Quand même Monsieur Annan, un peu de décence vous ferait du bien…. Nous n’avons pas perdu notre mémoire et nous nous souvenons bien de vous. Souvenez-vous Monsieur Annan, de la fameuse sagesse d’Albert Camus :

« Toutes les contraintes du monde ne feront pas qu’un esprit un peu propre accepte d’être malhonnête. »

Hassan Hamade

Source
As-Safir (Liban)

[1] Depuis le rapport NSSM 200, rédigé pour le Conseil national de sécurité des États-Unis par Henry Kissinger en 1974, Washington a théorisé l’usage de l’arme alimentaire. Ainsi, les États-Unis ont organisé des famines en Corée du Nord, États avec lequel ils sont toujours en guerre. Plus récemment, en 2007-2008, Washington a utilisé l’arme alimentaire contre la Tunisie et l’Égypte, provoquant ainsi des émeutes de la faim. À moyen terme, celles-ci se sont transformées en soulèvements populaires qui ont été présentés comme des révolutions libérales sous le vocable « printemps arabe ».

[2] Destruction massive, Géopolitique de la faim, par Jean Ziegler, Éd.Seuil, 2001.

[3] Aujourd’hui Conseil des Nations unies pour les Droits de l’Homme

http://www.voltairenet.org:80/Annan-Genocide-en-Iraq-et-Paix-en



2Analyse -  Géopolitique et stratégie Réflexion

PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

2-1 Les militaires, drogués comme des cyclistes ?

Les armées s'inquiètent de pratiques dopantes non seulement de la part des soldats eux-mêmes, mais aussi du commandement.

Les militaires seraient-ils plus dopés que les vainqueurs du Tour de France ? Se bourreraient-ils les narines avec ardeur, protégés par une forme de non-dit ? C'est que... Avec mille précautions de langage et en maniant avec insistance le sous-entendu, la revue de recherche de l'armée de terre Inflexions aborde ce sujet tabou dans sa dernière livraison (*), sous le titre "Dopage et conduites dopantes". Les auteurs expliquent curieusement que ce n'est pas vraiment l'institution qui se pose des questions, mais que "beaucoup d'observateurs extérieurs à la défense considèrent comme fréquente l'utilisation de substances dopantes au sein des armées".

Sauf que si les militaires se dopaient, assure l'article, ce ne serait pas pour améliorer des performances sportives, mais pour une meilleure cause : "Les objectifs seraient similaires [à ceux des sportifs] - être plus performant que l'adversaire -, mais à atteindre dans un contexte bien différent, celui de la guerre et du combat." Et de développer cette idée d'une forme de dopage sans doute pas nécessaire, mais pas vraiment inutile non plus : "En temps de conflit, ou dans le contexte de déploiement sur des théâtres d'opérations de haute dangerosité, les questions posées sont plus complexes. L'automédication et l'utilisation de substances dopantes ayant pour but d'améliorer les performances physiques, en particulier musculaires, mentales, ou de maintenir l'éveil et un état de parfaite vigilance, permettent, si le dopage est adapté, de rendre le militaire plus efficace à son poste de combat."

Drogués pour la bonne cause ?

De fait, les militaires peuvent se doper illégalement en se procurant eux-mêmes de l'herbe qui fait rire ou des substances qui font rêver. Pour ne citer que l'exemple du Liban, on sait que l'herbe y est fameuse. Et en Afghanistan, premier producteur d'opium au monde, le commerce n'est pas impossible avec les plus de 100 000 militaires étrangers... Mais les armées elles-mêmes administrent aux combattants diverses médications susceptibles de mieux voir la nuit, de leur faire perdre le besoin de sommeil, ou au contraire de les endormir sur commande, aux heures choisies. Cette réalité est d'ailleurs reconnue, à tel point qu'un texte officiel, l'instruction N° 744/DEF/DCSSA/AST/TEC relative à l'utilisation de substances modifiant la vigilance en opérations, en définit le cadre !

Justifier la prise de substances dopantes

Les militaires édictent dans ce texte leurs ascensions des Alpes et on voit ici que cette définition est très large. "Les types d'opérations militaires pouvant justifier la prise éventuelle de substances qui agissent sur le niveau de vigilance des combattants sont les opérations dites soutenues et les opérations dites continues. Les premières se traduisent par une activité militaire quasi ininterrompue ne permettant aucun sommeil réparateur ; les secondes concernent une activité militaire de plus longue durée n'autorisant qu'une récupération partielle (par exemple : un sommeil diurne, de courte durée et fractionné). À titre d'exemples, on peut citer le fonctionnement 24 heures sur 24 des centres opérationnels pour l'armée de terre, la continuité entre le poste de veille et le poste de combat pour la marine, la mission nucléaire ou le travail au sol en ambiance nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique (NRBC) avec des tenues de protection pour l'armée de l'air". Mais attention, ce n'est pas du dopage. C'est de l'"aide de type pharmaceutique modifiant la vigilance". Nuance...

Gavés de protéines hormonées

Les trois auteurs de l'article - les médecins militaires André-Xavier Bigard et Alexandra Malgoyre et le capitaine Hervé Sanchez - lancent par ailleurs un véritable cri d'alarme sur l'automédication de certains militaires qui se gaveraient de compléments alimentaires (protéines hormonées) utilisés par les culturistes. Ils soulignent par ailleurs l'intérêt de la démarche lancée par les armées pour rationaliser les programmes de préparation physique au combat afin de "rendre inutile la consommation de produits et de substances supposés dopants". Voilà une bonne idée. Car par les temps qui courent, que diront les armées si un militaire dopé sur ordre et dont la santé se serait dégradée les poursuivait devant la justice ?

(*) "Le sport et la guerre", Inflexions n° 19, La documentation française, 12,00 €, ISSN : 1772-3760

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jean-guisnel/les-militaires-drogues-comme-des-cyclistes-29-02-2012-1436200_53.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120229


2-2 Julie Lévesque : L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité.

Des troupes spéciales déployées partout sur la planète Selon le Stars and Stripes, un média du département de la Défense des États-Unis, le Pentagone se prépare à déployer des troupes d’opérations spéciales dans le monde entier au moment où l’on diminue le nombre d’opérations militaires traditionnelles.

L’initiative est présentée comme un moyen de réduire les frais.

Grâce à cette nouvelle stratégie, les États-Unis remplacent les opérations de théâtre à grande échelle par des opérations militaires clandestines, rentables et de moindre envergure. Cela aboutit inévitablement à la violation de la souveraineté nationale du pays ciblé.

Le chef étasunien du commandement des opérations spéciales, l’amiral Bill McRaven, qui a mené le raid contre ben Laden au Pakistan, a proposé que les troupes quittant les zones de guerre en Irak et en Afghanistan soient redéployées dans des zones « quelque peu négligées durant la décennie centrée sur Al-Qaïda ».

Cela se ferait dans le but de faciliter le lancement de raids par les Forces Spéciales, comme celui qui aurait tué ben Laden, une opération clandestine ayant violé la souveraineté pakistanaise.

Selon AP, le déploiement de commandos « plus près de nouvelles zones de crise remplacera les invasions terrestres comme celles de l’Irak et de l’Afghanistan […] par des raids d’opérations spéciales laissant peu de traces, ou mieux encore, des raids effectués par des forces locales amies entraînées par les États-Unis, les aidant à combattre, côte à côte, des ennemis mutuels ». 

Ces troupes pourraient effectuer des raids, ou seraient probablement davantage appelées à travailler avec des alliés locaux pour leur apprendre à cibler des ennemis régionaux ainsi qu’à promouvoir des relations à long terme, entre soldats, pouvant aider à désamorcer une crise ou un coup éventuels. (Kimberly Dozier, Special operations expanding as wars recede, Associated Press, 27 janvier 2012)

Cela aidera « à désamorcer une crise ou un coup éventuels » ou à les fomenter?

Le but, selon un représentant de la Défense, est d’« augmenter la coopération avec les armées étrangères, de travailler avec elles pour vaincre les menaces locales au lieu de faire porter le poids de ces combats aux États-Unis ».

AP rapporte par ailleurs que « le financement pour les opérations spéciales et la recherche de renseignements augmenteront, puisqu’ils sont tous deux des moyens privilégiés par l’administration Obama pour confronter de nombreuses menaces mondiales après une décennie d’invasions terrestres coûteuses en Irak et en Afghanistan.

Cela signifie essentiellement que l’armée des États-Unis entre dans la clandestinité. Au niveau planétaire.

AP mentionne également que « les commandements des opérations spéciales à l’étranger pourraient aussi servir de cadre pour une coopération accrue entre les agences étasuniennes, fusionnant non seulement les alliés régionaux mais également des agences comme la CIA, le FBI et la Drug Enforcement Administration »

Mondialisation.ca et Julie Lévesque

Jule Lévesque a collaboré à ce reportage

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=MON20120201&articleId=29028

 



3 Les Brèves

Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1  Belga :Bagdad accuse des pays arabes de faciliter le terrorisme en Irak.
Un haut responsable irakien a accusé des pays arabes, sans les nommer, de faciliter le financement de "groupes terroristes", alors que Bagdad doit accueillir fin mars le prochain sommet arabe. 

"Des commerçants de certains pays de la région, avec l'aide de leurs Etats, financent de manière importante des groupes terroristes en Irak.  

Les dirigeants de ces pays affirment ne rien savoir sur cette question mais les faits prouvent le contraire", a affirmé le vice-ministre de l'Intérieur Adnane al-Assadi sur la chaîne Iraqiya.  

Selon M. Assadi, qui a la haute main sur le ministère de l'Intérieur en l'absence d'un ministre désigné, "des institutions sécuritaires de certains pays de la région sont au courant de ces mouvements financiers et de l'envoi de terroristes mais elles ferment les yeux". Il y a près de trois cents prisonniers arabes, en majorité des Saoudiens, en Irak, selon le ministère de la justice. "Nous avons aussi trouvé que des groupes recevaient de l'argent par le biais de certaines ambassades arabes. Ils reçoivent des bons qu'ils doivent aller encaisser. Cet argent vient de commerçants de ces pays".

 

Le sommet arabe prévu le 29 mars doit marquer le retour de l'Irak sur la scène arabe. Ce pays n'a plus été l'hôte d'un sommet régulier depuis novembre 1978 et le dernier sommet extraordinaire à Bagdad remonte à mai 1990, quelques mois avant l'invasion du Koweït par Saddam Hussein.

Le sommet annuel de la Ligue arabe a été repoussé à deux reprises en raison des mouvements de contestation.

Belga, vendredi 17 février 2012

http://www.levif.be/info/actualite/international/bagdad-accuse-des-pays-arabes-de-faciliter-le-terrorisme-en-irak/article-4000045924089.htm



4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage 

4-1 Gilles Munier : Tarek Aziz et la mort lente des prisonniers politiques irakiens.
Tarek Aziz, 76 ans, est emprisonné depuis neuf ans. D’abord incarcéré par les Américains au Camp Cropper, il a été livré, en juin 2010, à ses ennemis. Il est depuis dans une cellule de la prison d’Al-Kadimiya, à Bagdad, et condamné à mort. Gravement malade, épuisé par le système carcéral et une grève de la faim, il se meurt lentement faute de médicaments et de soins réguliers. Maître Badie Aref, son avocat irakien, a demandé à plusieurs reprises son hospitalisation à Bagdad ou à l’étranger, sans résultat. En août 2011, il a remis à Nouri al-Maliki un message où Tarek Aziz demandait que son exécution ait lieu « dès que possible ».

Tarek Aziz, « Le chrétien »

Tarek Aziz va bientôt mourir. En prison, il est aidé par des co-détenus pour se mouvoir et s’alimenter. Aux dernières nouvelles, il aurait des difficultés pour reconnaître sa femme et sa fille qui vivent à Amman, seules autorisées à le rencontrer une fois par mois. A chaque voyage, elles lui remettent la douzaine de médicaments qui lui manquent, mais ne peuvent que constater la dégradation de son état de santé.

Nouri al-Maliki et le parti al-Dawa qui ont tenté de l’assassiner, en avril 1980, cherchent leur revanche parce qu’il est pour eux, « Le chrétien », celui qui avait convaincu les Occidentaux de la dangerosité du régime de l’ayatollah Khomeiny. Ils ne lâcheront pas leur proie. Depuis 2003, des tueurs pro-iraniens ont éliminé la plupart des pilotes de chasse qui ont bombardé l’Iran ainsi que les ingénieurs chargés des tirs de missiles.

En France, parmi ceux qui ont connu Tarek Aziz, très peu sont intervenus en sa faveur. Espérons que le documentaire du Père Jean-Marie Benjamin (lire ci-dessous*) qui lui est consacré, primé… aux Etats-Unis (!), réveillera les consciences endormies des hommes politique qui se pressaient pour le rencontrer à Bagdad, ou lors de ses passages à Paris.

Leur vie est un enfer

Les autres prisonniers politiques incarcérés à Al-Kadimiya ne sont pas mieux lotis, d’autant qu’ils sont peu ou pas connus à l’étranger. Citons en trois, sur la liste des 55 dignitaires irakiens les plus recherchés par le Pentagone en 2003 :

Saadoun Shaker, ministre de l’Intérieur (1979-1987), a eu plusieurs crises cardiaques. Il s’était retiré depuis longtemps de la vie politique. Il a quand même été condamné à mort « pour avoir réprimé des partis religieux », alors que cette responsabilité n’était pas de son ressort mais de la compétence de services dépendant du président Saddam Hussein.

Mohamed Mehdi Saleh, ancien ministre du Commerce, arrêté par la CIA en avril 2003, a pratiquement perdu la vue, faute aussi de soins. Son dossier est vide, mais il était en poste quand des commerçants chiites se livrant au marché noir pendant l’embargo, ont été pendus. Il n’a rien à voir avec leur arrestation et encore moins avec leur exécution. La Cour de cassation a ordonné, il a 8 mois, sa libération : il ne l’est toujours pas été.

En avril 2003, les Marines avaient présenté comme une victoire l’arrestation de Hikmat al-Azzaoui, ancien ministre des Finances, 8 de carreau du jeu de cartes de Donald Rumsfeld. Il est mort à 79 ans à l’hôpital de la prison d’Al-Kadimiya, le 27 janvier dernier, faute de soins dans l’indifférence générale.

En octobre 2011, Nouri al-Maliki s’en est pris aux cadres intermédiaires du parti Baas, après que le CNT libyen lui a remis une liste de « comploteurs » trouvée au siège des services secrets du colonel Kadhafi. Plus de 600 Irakiens ont été aussitôt arrêtées dans tout le pays, ainsi que 140 professeurs de l’université de Tikrit. D’autres arrestations ont suivies. Les « comploteurs » ont été emprisonnés, pour la plupart, dans des camps ou des prisons secrètes. Leur vie est un enfer.

Invitation : « Tareq Aziz : L’autre vérité » (63’), réalisé par le Père Jean-Marie Benjamin, a obtenu le prix 2011 du meilleur documentaire au Festival du film de Silent River (Irvine, Californie). Il sera projeté en exclusivité à Paris, le jeudi 15 Mars, à 18 heures, au Studio des Ursulines (10, rue des Ursulines - RER Luxembourg) en présence du réalisateur. Entrée libre.

Présentation du documentaire :

http://www.youtube.com/watch?v=FmFnxxRD2Ag

Sur le même sujet, lire aussi :

Appel lancé en mars 2005, pour demander la libération de Tarek Aziz (liste des signataires)
http://www.france-irak-actualite.com/article-liberez-tarek-aziz-et-ses-compagnons-59876428.html

Bulletin de santé de Tarek Aziz (clinique du Camp Cropper – 26/1/10)
http://www.france-irak-actualite.com/article-tarek-aziz-etat-de-sante-45332733.html

« Tarek Aziz… connais pas ! »
http://www.france-irak-actualite.com/pages/Tarek_Aziz_connais_pas_Bakchichinfo_20508-1982322.html

Tarek Aziz, l’homme qui en sait trop

Samedi 10 mars 2012
http://www.france-irak-actualite.com/pages/tarek-aziz-l-homme-qui-en-sait-trop-juin-2008--1982315.html



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

5-1 John Pilger :Il est temps que nous reconnaissions la criminalité du gouvernement de Blair.

Dans le théâtre kabuki de la politique parlementaire britannique, les grands crimes ne sont pas commis et les criminels courent en liberté. Il s’agit bien de théâtre après tout ; ce sont les pirouettes qui comptent, et non pas des actions décidées en déconnexion, à la fois géographique et culturelle, avec leurs conséquences. C’est un dispositif sécurisé, protégé aussi bien par les acteurs que par la critique. Le discours d’adieu de l’un des plus malins de ces gens, Tony Blair, « était profondément imprégné d’un sens de conviction morale », s’épanchait alors le présentateur de télévision Jon Snow, comme si le charme que Blair exerçait aux adeptes du kabuki était mystique. Le fait qu’il était un criminel de guerre n’était en rien pertinent.

La manière dont on a étouffé les crimes de Blair et de ses administrations est décrite dans un livre de Gareth Peirce intitulé Dispatches from the Dark Side : on torture and the death of justice, publié en version de poche ce mois-ci par les éditions Verso. Peirce est l’avocate des droits de l’Homme la plus distinguée de Grande-Bretagne ; sa poursuite de dénis de justice infâmes et sa recherche de justice pour les victimes de crimes gouvernementaux, tels que la torture et l’extradition, restent inégalées. Son compte-rendu de ce qu’elle appelle le « pandémonium moral et légal » au lendemain du 11 septembre, est exceptionnel dans le sens où, en s’appuyant sur les mémoires de Blair et Alistair Campbell, des procès-verbaux du Cabinet et des dossiers du MI6, elle leur applique la règle de droit.

Des avocats de la trempe de Peirce, Phil Shiner et Clive Stafford-Smith ont permis que la mise en accusation de puissances dominantes ne soit plus un tabou. Ainsi Israël, l’homme de main des États-Unis, est maintenant largement reconnu comme l’État le moins respectueux du droit au monde. Des personnes comme Donald Rumsfeld, à l’instar de George W. Bush et Blair, évitent dorénavant les pays, au-delà des frontières, où la loi règne.

Étalant ses sinécures de « pacification » et de « développement » qui lui permettent d’ajouter à la fortune accumulée depuis son départ de Downing Street, Blair voyage en avion ici et là, tel une pie, avec pour destinations habituelles les cheikhats du Golfe, les Etats-Unis, Israël et des havres de sécurité comme la petite nation africaine du Rwanda. Depuis 2007, Blair a rendu sept visites dans ce pays, où il a accès à un jet privé fourni par le président Paul Kagame. Le régime de Kagame, dont les opposants ont été réduits au silence brutalement au moyen de fausses accusations, est « innovant » et un « leader » en Afrique, selon Blair.

Le livre de Peirce accomplit l’impossible avec Blair : il arrive à choquer. Quand elle remonte aux sources « des thèses injustifiables, de la belligérance débridée, de la falsification et d’un irrespect délibéré des lois » qui ont mené aux invasions de l’Afghanistan et de l’Irak, elle identifie l’offensive de Blair sur les musulmans comme étant à la fois criminelle et raciste. « Il fallait neutraliser par tous les moyens possibles, et de manière définitive, toute personne suspectée de tenir des opinions [islamistes]... dans le langage de Blair, un « virus » devant être « éliminé » et nous poussant à « une myriade d’interventions vigoureuses dans les affaires d’autres nations [sic] ». » Des communautés entières ont été réduites à des « taches de couleur » constellant un tableau sur lequel le Napoléon du parti travailliste s’attèlerait à « la réorganisation du monde ».

Le concept même de guerre a été détourné de son sens véritable pour devenir la logique de « nos valeurs contre les leurs ». Les réels coupables des attaques du 11 septembre, pour la plupart des Saoudiens entraînés à piloter en Amérique, ont été oubliés en cours de route. Tant s’en faut, les « taches de couleur » se sont révélées provenir du sang d’innocents – d’abord en Afghanistan, pays des pauvres entre les pauvres. Il n’y avait pas d’Afghans parmi les membres d’Al-Qaïda ; au contraire, on pouvait noter un ressentiment mutuel entre les uns et les autres. Mais cela n’importait pas. Une fois les bombardements commencés le 7 octobre 2001, des dizaines de milliers d’Afghans ont été châtiés par la famine au moment où le Programme alimentaire mondial retirait son aide à l’aube de l’hiver. Dans un village dévasté, Bibi Mahru, j’ai été témoin des conséquences d’une bombe de « précision » Mk82 : l’oblitération de deux familles, dont huit enfants. « Tony Blair, » a écrit Alistair Campbell, « a dit qu’ils devaient être conscients que nous les ferions souffrir s’ils ne nous présentaient pas Oussama Ben Laden. »

Le personnage grotesque d’Alastair Campbell était déjà à l’œuvre en train de concocter une autre menace en Irak. La guerre qui a suivi « a donné jusqu’à » entre 800 000 et 1.3 millions de morts, d’après le Centre d'Etudes Internationales du MIT[i] : des chiffres qui dépassent les estimations de l’Université de Fordham pour le nombre de victimes du génocide au Rwanda.

Et pourtant, écrit Peirce, « les fils de courriers électroniques, de communiqués internes du gouvernement ne révèlent aucune dissension ». Des séances d’interrogations qui comportaient de la torture venaient d’« instructions expresses... de ministres du gouvernement ». Le 10 janvier 2002, le ministre des affaires étrangères Jack Straw a contacté par courrier électronique ses collègues leur informant que l’envoi de citoyens britanniques au camp de Guantanamo représentait « le meilleur moyen d’atteindre nos objectifs de contre-terrorisme ». Il a rejeté « l’unique alternative du rapatriement au Royaume-Uni ». (Plus tard nommé « Secrétaire d’État à la Justice », Straw s’est débarrassé de procès-verbaux incriminants du Cabinet au mépris de l’avis du commissaire à l’information[ii]). Le 6 février 2002, le ministre de l’Intérieur David Blunkett a fait remarquer qu’il ne montrait « aucun empressement à voir qui que ce soit retourner [de Guantanamo] au Royaume-Uni ». Trois jours plus tard, le Secrétaire d’État aux Affaires étrangères Ben Bradshaw a écrit : « Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour éviter que les détenus soient rapatriés au Royaume-Uni. » Or pas une seule des personnes en question dans leurs propos n’avait été accusée ; la plupart avaient été vendues en tant que primes aux Américains par des chefs de guerre afghans. Peirce décrit encore comment des officiels du ministère des Affaires étrangères, antérieurement à une inspection du camp de Guantanamo, ont « vérifié » que les prisonniers britanniques étaient "traités humainement" alors que c’était tout le contraire.

Noyé dans ses mésaventures et ses mensonges, à l’écoute uniquement des berceuses de son dirigeant sur sa "sincérité", le gouvernement travailliste n’a consulté personne qui dise la vérité. Peirce cite l’une des sources les plus sûres, le Conflicts Forum, un site tenu par l’ex-officier des services de renseignement britanniques Alastair Crooke, qui considère qu’« isoler et diaboliser des groupes [islamiques] qui jouissent de soutien sur le terrain y a pour effet de renforcer le point de vue selon lequel l’Occident comprend seulement le langage de la puissance militaire ». En niant délibérément cette vérité, Blair, Campbell et leurs perroquets ont semé les graines des attaques du 7 juillet à Londres.

Aujourd’hui, un autre Afghanistan et un autre Irak s’annoncent en Syrie et en Iran, peut-être même une guerre mondiale. Une fois encore, il se trouve des voix, comme celle d’Alastair Crooke, pour tenter d’expliquer à des médias assoiffés d’ « intervention » en Syrie que la situation de guerre civile dans ce pays requière des négociations intelligentes et patientes, et non les provocations du SAS britannique et des habituels exilés soudoyés qui montent dans le cheval de Troie anglo-américain.

Source originale : John Pilger

John Pilgerhttp://resistance71.wordpress.com/

Traduit de l'anglais par T.K. pour Investig'Action

Source : michelcollon.info

 



6 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

6-1 L’ex geôlière bourreau d’Abou Ghraïb ne regrette pas ses actes

 

L'ex-militaire Lynndie England, symbole du scandale de la prison irakienne d'Abou Ghraïb en 2004 qui avait gravement terni l'image des Etats-Unis, a dit n'éprouver aucune compassion pour ses victimes.  

Dans un entretien à The Daily, elle a été interrogée quelques jours après la tuerie de  16 civils afghans dont est accusée un sergent américain et qui constitue selon le magasine, un événement susceptible de marquer une rupture en Afghanistan, comme Abou Ghraïb l'avait été pour la guerre en Irak.
Dans cet entretien, Lynndie England, mère célibataire, sans emploi, aujourd'hui âgée de 29 ans, a été radiée de l'armée après une condamnation à trois ans de prison pour les sévices pratiqués sur des prisonniers irakiens est revenue vivre chez ses parents en Virgnie-Occidentale.

Elle apparaît comme aigrie et sans remords vis-à-vis des prisonniers irakiens qu'elle a maltraités."
 Ils n'étaient pas innocents. Ils essaient de nous tuer et on voudrait que je leur présente des excuses? C'est comme si l'on demandait pardon à l'ennemi", assure-t-elle.

En 2004, la photo de la jeune femme de 22 ans, souriant devant un prisonnier irakien nu et tenu en laisse, avait fait le tour du monde. On la voyait sur d'autres clichés, l'air inexpressif sous ses cheveux noirs coupés au carré, poser devant des détenus entravés, menacés par des chien  ou empilés comme des objets.

Le président George W. Bush a reconnu que le scandale a "couvert de honte" les Etats-Unis et constitué la "plus grosse erreur" des Américains en Irak, que les forces américaines ont quitté fin 2011.

Lynndie England, à qui l'armée manque, raconte "envoyer des lettres de candidatures partout" mais ne peut même pas trouver d'emploi "chez McDonald's ou Burger King" en raison de son casier judiciaire.

Son seul regret exprimé est que les photos d'Abou Ghraïb aient entraîné la mort d'Américains dans des représailles. Mais ce n'est pas tant ses actes que la publicité faite à ces images qu'elle déplore: "J'y pense tout le temps, à ces morts que j'ai indirectement causées. Perdre des gens de notre côté parce que j'apparais sur une photo".

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=13&frid=13&eid=55569


6-2 Glen FORD : Guerres impérialistes: le pays du goulag levant (USA) et la France arrogants dans la défaite.

Obama et Sarkozy : l’attitude des impérialistes face à leurs défaites (Black Agenda Report)

 A leur manière dépravée et inimitable, les gouvernements français et américains ont insulté deux millions de morts algériens et irakiens, sans un mot pour les victimes. La France est restée très silencieuse sur sa défaite en Algérie, il y a 50 ans, tandis que le président américain débitait des mensonges éhontés sur la guerre en Irak en omettant de reconnaître la défaite des Etats-Unis ou les morts irakiens.

Il y a 50 ans, les Français ont reconnu leur défaite dans leur guerre contre l’indépendance de l’Algérie, par la signature d’un cessez-le-feu officiel. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy a dit qu’il n’organisait pas de cérémonies officielles parce que la commémoration rouvrirait « des blessures profondes d’une page douloureuse de l’histoire récente de la France. » Car il ne s’agit que des Français, voyez-vous – de « leur » douleur d’avoir été battus par le peuple qu’ils avaient soumis et traité comme une forme de vie inférieure depuis 132 ans ; « leur » douleur face à leur défaite en tant que puissance impériale, pas celle des Algériens qui ont perdu un million d’hommes, de femmes et d’enfants dans leur lutte pour l’indépendance.

Cette semaine marque aussi le 9ème anniversaire de l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis. Les Américains n’ont, bien entendu, jamais admis leur défaite – bien que la défaite soit la seule raison du retrait des troupes du pays. Le Président Barack Obama a respecté, avec beaucoup de réticences, l’accord sur le retrait des troupes que les Irakiens ont imposé au Président George Bush en novembre 2008, lorsqu’il devint évident que la guerre d’agression des Etats-Unis avait échoué.

Obama fut encore moins élégant dans la défaite que le président français Sarkozy, qui a eu au moins la décence de se taire. En proclamant le 19 mars « journée nationale de l’Honneur », Obama a salué « le courage inébranlable et l’engagement sans faille » des troupes US qui ont combattu « pied à pied pour aider le peuple irakien a saisir une chance pour un avenir meilleur. » D’autres obscénités et mensonges éhontés sont sortis de la bouche d’Obama, tandis que le Président reprenait à son compte les grands crimes de George Bush contre la paix mondiale et son holocauste contre le peuple irakien. « La guerre a laissé des blessures parfois invisibles, mais qui ne guériront jamais, » a dit Obama – parlant, bien sûr, uniquement des blessures subies par les Américains, tout comme Sarkozy a parlé uniquement de la douleur des Français. Voyez-vous, l’anniversaire de l’invasion d’un pays par les Etats-Unis ne concerne que les Américains, les 4500 Américains morts, à qui Obama a dit « nous avons une dette envers vous que nous ne pourrons jamais effacer. » Aucune mention de la dette de sang envers plus d’un million de morts Irakiens, hommes, femmes et enfants, dont le pays, jadis un des plus avancés du monde arabe, fut littéralement détruit par les Etats-Unis, et qui espèrent ne plus jamais revoir un uniforme américain.

Que valent un million de morts algériens aux yeux des Français ? La même chose qu’un million de morts irakiens morts aux yeux des Etats-Unis : ils ne valent même pas la peine d’être mentionnés.

Il n’y a pas de mot pour décrire la turpitude morale absolue des impérialistes, la banalité de leurs génocides, leur narcissisme sans bornes et leurs gémissements d’auto-apitoiement pour les quelques rares victimes dans leurs propres rangs au cours de leur course à la destruction globale.

Les Américains et les Européens occidentaux ne regrettent rien sinon leurs propres défaites dans la guerre de 500 ans qu’ils mènent contre les peuples basanés de la terre. Ils ont annihilé et réduit à l’esclavage des continents entiers, et osent appeler ça la civilisation. Leur seul regret ne concerne que la perte récente de leur domination absolue sur l’espèce humaine dont ils sont encore convaincus de faire partie de la couche supérieure. C’est dans des moments comme celui-ci, lorsque les gouvernements français et américain révèlent les signes de leur dégénérescence, que se confirme la corrélation étroite qui existe entre racisme et impérialisme, et la nécessité de les éliminer une bonne fois pour toutes.

Glen Ford

Le 26 Mars 2012

http://www.legrandsoir.info/obama-et-sarkozy-l-attitude-des-imperialistes-face-a-leurs-defaites-black-agenda-report.html

Traduction “allo, maman bobo, mon B52 a une fuite d’huile” par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

http://blackagendareport.com/content/obama-and-sarkozy-how-i…



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

 

 

12/04/2012

n°527 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak : - L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité.

n°527 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak : - L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



1 LesBrèves

1-1 Bagdad accuse des pays arabes de faciliter le terrorisme en Irak

1-2 Gilles Munier : L'ambassade US à Bagdad: méga-bunker sur la sellette.

2 Dossier

2-1 Glen FORD : Guerres impérialistes: le pays du goulag levant (USA) et la France arrogants dans la défaite.

3-2 John Pilger : Il est temps que nous reconnaissions la criminalité du gouvernement de Blair.

3-3 Julie Lévesque : L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité - Des troupes spéciales déployées partout sur la planète.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4 -1 Gilles Munier : Tarek Aziz et la mort lente des prisonniers politiques irakiens.

4-2 Gilles Munier : Sale temps pour les Américains à Bagdad.




Sommaire :

1 LesBrèves

1-1 Bagdad accuse des pays arabes de faciliter le terrorisme en Irak

1-2 Gilles Munier : L'ambassade US à Bagdad: méga-bunker sur la sellette.

2 Dossier

2-1 Glen FORD : Guerres impérialistes: le pays du goulag levant (USA) et la France arrogants dans la défaite.

3-2 John Pilger : Il est temps que nous reconnaissions la criminalité du gouvernement de Blair.

3-3 Julie Lévesque : L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité - Des troupes spéciales déployées partout sur la planète.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4 -1 Gilles Munier : Tarek Aziz et la mort lente des prisonniers politiques irakiens.

4-2 Gilles Munier : Sale temps pour les Américains à Bagdad.


 

Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister..



1 LesBrèves

1-1 Bagdad accuse des pays arabes de faciliter le terrorisme en Irak
Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

.Un haut responsable irakien a accusé des pays arabes, sans les nommer, de faciliter le financement de "groupes terroristes", alors que Bagdad doit accueillir fin mars le prochain sommet arabe. 

"Des commerçants de certains pays de la région, avec l'aide de leurs Etats, financent de manière importante des groupes terroristes en Irak.  

Les dirigeants de ces pays affirment ne rien savoir sur cette question mais les faits prouvent le contraire", a affirmé le vice-ministre de l'Intérieur Adnane al-Assadi sur la chaîne Iraqiya.  

Selon M. Assadi, qui a la haute main sur le ministère de l'Intérieur en l'absence d'un ministre désigné, "des institutions sécuritaires de certains pays de la région sont au courant de ces mouvements financiers et de l'envoi de terroristes mais elles ferment les yeux". Il y a près de trois cents prisonniers arabes, en majorité des Saoudiens, en Irak, selon le ministère de la justice. "Nous avons aussi trouvé que des groupes recevaient de l'argent par le biais de certaines ambassades arabes. Ils reçoivent des bons qu'ils doivent aller encaisser. Cet argent vient de commerçants de ces pays".

 

Le sommet arabe prévu le 29 mars doit marquer le retour de l'Irak sur la scène arabe. Ce pays n'a plus été l'hôte d'un sommet régulier depuis novembre 1978 et le dernier sommet extraordinaire à Bagdad remonte à mai 1990, quelques mois avant l'invasion du Koweït par Saddam Hussein.

Le sommet annuel de la Ligue arabe a été repoussé à deux reprises en raison des mouvements de contestation.

Belga,

vendredi 17 février 2012

http://www.levif.be/info/actualite/international/bagdad-accuse-des-pays-arabes-de-faciliter-le-terrorisme-en-irak/article-4000045924089.htm


1-2 Gilles Munier : L'ambassade US à Bagdad: méga-bunker sur la sellette.
Conçue en 2004, l’ambassade étasunienne à Bagdad - une ville dans la ville - devait témoigner du rayonnement de la démocratie made in USA au Proche-Orient. Pour la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice, l’Irak « un des pays les plus importants dans une région les plus importante du monde » allait devenir un des alliés majeurs des Etats-Unis. Il y a encore quelques mois, il était question d’y installer 16 000 employés : 2 000 diplomates et 14 000 « contractors » dont 5 000 chargés de la sécurité, les autres s’occupant des cuisines et de la gestion du parc automobile. Aujourd’hui, son budget de fonctionnement et le nombre des « contractors » sont revus à la baisse, certes en raison de la crise économique mondiale et de rêves impériaux évanouis, mais aussi parce qu’une nouvelle guerre pointe à l’horizon. Afin de réduire les dépenses du « Palais George Bush », comme l’appellent les bagdadis, Barack Obama et le Département d’Etat entendaient faire surveiller les abords de la Zone verte et des consulats en province par une flotte de petits drones. Outré, le gouvernement irakien a refusé et des parlementaires chiites, pro-iraniens, font pression sur Nouri al-Maliki pour qu’il interdise le survol du pays par les avions de guerre américains.

Gilles Munier :

G. Munier/X. Jardez
Publié le 7 mars 2012 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier

Source : France Irak
http://www.france-irak-actualite.com/...


2 Dossier

2-1 Glen FORD : Guerres impérialistes: le pays du goulag levant (USA) et la France arrogants dans la défaite.

Obama et Sarkozy : l’attitude des impérialistes face à leurs défaites (Black Agenda Report)

 A leur manière dépravée et inimitable, les gouvernements français et américains ont insulté deux millions de morts algériens et irakiens, sans un mot pour les victimes. La France est restée très silencieuse sur sa défaite en Algérie, il y a 50 ans, tandis que le président américain débitait des mensonges éhontés sur la guerre en Irak en omettant de reconnaître la défaite des Etats-Unis ou les morts irakiens.

Il y a 50 ans, les Français ont reconnu leur défaite dans leur guerre contre l’indépendance de l’Algérie, par la signature d’un cessez-le-feu officiel. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy a dit qu’il n’organisait pas de cérémonies officielles parce que la commémoration rouvrirait « des blessures profondes d’une page douloureuse de l’histoire récente de la France. » Car il ne s’agit que des Français, voyez-vous – de « leur » douleur d’avoir été battus par le peuple qu’ils avaient soumis et traité comme une forme de vie inférieure depuis 132 ans ; « leur » douleur face à leur défaite en tant que puissance impériale, pas celle des Algériens qui ont perdu un million d’hommes, de femmes et d’enfants dans leur lutte pour l’indépendance.

Cette semaine marque aussi le 9ème anniversaire de l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis. Les Américains n’ont, bien entendu, jamais admis leur défaite – bien que la défaite soit la seule raison du retrait des troupes du pays. Le Président Barack Obama a respecté, avec beaucoup de réticences, l’accord sur le retrait des troupes que les Irakiens ont imposé au Président George Bush en novembre 2008, lorsqu’il devint évident que la guerre d’agression des Etats-Unis avait échoué.

Obama fut encore moins élégant dans la défaite que le président français Sarkozy, qui a eu au moins la décence de se taire. En proclamant le 19 mars « journée nationale de l’Honneur », Obama a salué « le courage inébranlable et l’engagement sans faille » des troupes US qui ont combattu « pied à pied pour aider le peuple irakien a saisir une chance pour un avenir meilleur. » D’autres obscénités et mensonges éhontés sont sortis de la bouche d’Obama, tandis que le Président reprenait à son compte les grands crimes de George Bush contre la paix mondiale et son holocauste contre le peuple irakien. « La guerre a laissé des blessures parfois invisibles, mais qui ne guériront jamais, » a dit Obama – parlant, bien sûr, uniquement des blessures subies par les Américains, tout comme Sarkozy a parlé uniquement de la douleur des Français. Voyez-vous, l’anniversaire de l’invasion d’un pays par les Etats-Unis ne concerne que les Américains, les 4500 Américains morts, à qui Obama a dit « nous avons une dette envers vous que nous ne pourrons jamais effacer. » Aucune mention de la dette de sang envers plus d’un million de morts Irakiens, hommes, femmes et enfants, dont le pays, jadis un des plus avancés du monde arabe, fut littéralement détruit par les Etats-Unis, et qui espèrent ne plus jamais revoir un uniforme américain.

Que valent un million de morts algériens aux yeux des Français ? La même chose qu’un million de morts irakiens morts aux yeux des Etats-Unis : ils ne valent même pas la peine d’être mentionnés.

Il n’y a pas de mot pour décrire la turpitude morale absolue des impérialistes, la banalité de leurs génocides, leur narcissisme sans bornes et leurs gémissements d’auto-apitoiement pour les quelques rares victimes dans leurs propres rangs au cours de leur course à la destruction globale.

Les Américains et les Européens occidentaux ne regrettent rien sinon leurs propres défaites dans la guerre de 500 ans qu’ils mènent contre les peuples basanés de la terre. Ils ont annihilé et réduit à l’esclavage des continents entiers, et osent appeler ça la civilisation. Leur seul regret ne concerne que la perte récente de leur domination absolue sur l’espèce humaine dont ils sont encore convaincus de faire partie de la couche supérieure. C’est dans des moments comme celui-ci, lorsque les gouvernements français et américain révèlent les signes de leur dégénérescence, que se confirme la corrélation étroite qui existe entre racisme et impérialisme, et la nécessité de les éliminer une bonne fois pour toutes.

Glen Ford

http://blackagendareport.com/content/obama-and-sarkozy-how-i…

Traduction “allo, maman bobo, mon B52 a une fuite d’huile” par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles

Par Glen FORD

Le 26 Mars 2012

http://www.legrandsoir.info/obama-et-sarkozy-l-attitude-des-imperialistes-face-a-leurs-defaites-black-agenda-report.html


3-2 John Pilger : Il est temps que nous reconnaissions la criminalité du gouvernement de Blair.
.Dans le théâtre kabuki de la politique parlementaire britannique, les grands crimes ne sont pas commis et les criminels courent en liberté. Il s’agit bien de théâtre après tout ; ce sont les pirouettes qui comptent, et non pas des actions décidées en déconnexion, à la fois géographique et culturelle, avec leurs conséquences. C’est un dispositif sécurisé, protégé aussi bien par les acteurs que par la critique. Le discours d’adieu de l’un des plus malins de ces gens, Tony Blair, « était profondément imprégné d’un sens de conviction morale », s’épanchait alors le présentateur de télévision Jon Snow, comme si le charme que Blair exerçait aux adeptes du kabuki était mystique. Le fait qu’il était un criminel de guerre n’était en rien pertinent.

La manière dont on a étouffé les crimes de Blair et de ses administrations est décrite dans un livre de Gareth Peirce intitulé Dispatches from the Dark Side : on torture and the death of justice, publié en version de poche ce mois-ci par les éditions Verso. Peirce est l’avocate des droits de l’Homme la plus distinguée de Grande-Bretagne ; sa poursuite de dénis de justice infâmes et sa recherche de justice pour les victimes de crimes gouvernementaux, tels que la torture et l’extradition, restent inégalées. Son compte-rendu de ce qu’elle appelle le « pandémonium moral et légal » au lendemain du 11 septembre, est exceptionnel dans le sens où, en s’appuyant sur les mémoires de Blair et Alistair Campbell, des procès-verbaux du Cabinet et des dossiers du MI6, elle leur applique la règle de droit.

Des avocats de la trempe de Peirce, Phil Shiner et Clive Stafford-Smith ont permis que la mise en accusation de puissances dominantes ne soit plus un tabou. Ainsi Israël, l’homme de main des États-Unis, est maintenant largement reconnu comme l’État le moins respectueux du droit au monde. Des personnes comme Donald Rumsfeld, à l’instar de George W. Bush et Blair, évitent dorénavant les pays, au-delà des frontières, où la loi règne.

Étalant ses sinécures de « pacification » et de « développement » qui lui permettent d’ajouter à la fortune accumulée depuis son départ de Downing Street, Blair voyage en avion ici et là, tel une pie, avec pour destinations habituelles les cheikhats du Golfe, les Etats-Unis, Israël et des havres de sécurité comme la petite nation africaine du Rwanda. Depuis 2007, Blair a rendu sept visites dans ce pays, où il a accès à un jet privé fourni par le président Paul Kagame. Le régime de Kagame, dont les opposants ont été réduits au silence brutalement au moyen de fausses accusations, est « innovant » et un « leader » en Afrique, selon Blair.

Le livre de Peirce accomplit l’impossible avec Blair : il arrive à choquer. Quand elle remonte aux sources « des thèses injustifiables, de la belligérance débridée, de la falsification et d’un irrespect délibéré des lois » qui ont mené aux invasions de l’Afghanistan et de l’Irak, elle identifie l’offensive de Blair sur les musulmans comme étant à la fois criminelle et raciste. « Il fallait neutraliser par tous les moyens possibles, et de manière définitive, toute personne suspectée de tenir des opinions [islamistes]... dans le langage de Blair, un « virus » devant être « éliminé » et nous poussant à « une myriade d’interventions vigoureuses dans les affaires d’autres nations [sic] ». » Des communautés entières ont été réduites à des « taches de couleur » constellant un tableau sur lequel le Napoléon du parti travailliste s’attèlerait à « la réorganisation du monde ».

Le concept même de guerre a été détourné de son sens véritable pour devenir la logique de « nos valeurs contre les leurs ». Les réels coupables des attaques du 11 septembre, pour la plupart des Saoudiens entraînés à piloter en Amérique, ont été oubliés en cours de route. Tant s’en faut, les « taches de couleur » se sont révélées provenir du sang d’innocents – d’abord en Afghanistan, pays des pauvres entre les pauvres. Il n’y avait pas d’Afghans parmi les membres d’Al-Qaïda ; au contraire, on pouvait noter un ressentiment mutuel entre les uns et les autres. Mais cela n’importait pas. Une fois les bombardements commencés le 7 octobre 2001, des dizaines de milliers d’Afghans ont été châtiés par la famine au moment où le Programme alimentaire mondial retirait son aide à l’aube de l’hiver. Dans un village dévasté, Bibi Mahru, j’ai été témoin des conséquences d’une bombe de « précision » Mk82 : l’oblitération de deux familles, dont huit enfants. « Tony Blair, » a écrit Alistair Campbell, « a dit qu’ils devaient être conscients que nous les ferions souffrir s’ils ne nous présentaient pas Oussama Ben Laden. »

Le personnage grotesque d’Alastair Campbell était déjà à l’œuvre en train de concocter une autre menace en Irak. La guerre qui a suivi « a donné jusqu’à » entre 800 000 et 1.3 millions de morts, d’après le Centre d'Etudes Internationales du MIT[i] : des chiffres qui dépassent les estimations de l’Université de Fordham pour le nombre de victimes du génocide au Rwanda.

Et pourtant, écrit Peirce, « les fils de courriers électroniques, de communiqués internes du gouvernement ne révèlent aucune dissension ». Des séances d’interrogations qui comportaient de la torture venaient d’« instructions expresses... de ministres du gouvernement ». Le 10 janvier 2002, le ministre des affaires étrangères Jack Straw a contacté par courrier électronique ses collègues leur informant que l’envoi de citoyens britanniques au camp de Guantanamo représentait « le meilleur moyen d’atteindre nos objectifs de contre-terrorisme ». Il a rejeté « l’unique alternative du rapatriement au Royaume-Uni ». (Plus tard nommé « Secrétaire d’État à la Justice », Straw s’est débarrassé de procès-verbaux incriminants du Cabinet au mépris de l’avis du commissaire à l’information[ii]). Le 6 février 2002, le ministre de l’Intérieur David Blunkett a fait remarquer qu’il ne montrait « aucun empressement à voir qui que ce soit retourner [de Guantanamo] au Royaume-Uni ». Trois jours plus tard, le Secrétaire d’État aux Affaires étrangères Ben Bradshaw a écrit : « Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour éviter que les détenus soient rapatriés au Royaume-Uni. » Or pas une seule des personnes en question dans leurs propos n’avait été accusée ; la plupart avaient été vendues en tant que primes aux Américains par des chefs de guerre afghans. Peirce décrit encore comment des officiels du ministère des Affaires étrangères, antérieurement à une inspection du camp de Guantanamo, ont « vérifié » que les prisonniers britanniques étaient "traités humainement" alors que c’était tout le contraire.

 

Noyé dans ses mésaventures et ses mensonges, à l’écoute uniquement des berceuses de son dirigeant sur sa "sincérité", le gouvernement travailliste n’a consulté personne qui dise la vérité. Peirce cite l’une des sources les plus sûres, le Conflicts Forum, un site tenu par l’ex-officier des services de renseignement britanniques Alastair Crooke, qui considère qu’« isoler et diaboliser des groupes [islamiques] qui jouissent de soutien sur le terrain y a pour effet de renforcer le point de vue selon lequel l’Occident comprend seulement le langage de la puissance militaire ». En niant délibérément cette vérité, Blair, Campbell et leurs perroquets ont semé les graines des attaques du 7 juillet à Londres.

Aujourd’hui, un autre Afghanistan et un autre Irak s’annoncent en Syrie et en Iran, peut-être même une guerre mondiale. Une fois encore, il se trouve des voix, comme celle d’Alastair Crooke, pour tenter d’expliquer à des médias assoiffés d’ « intervention » en Syrie que la situation de guerre civile dans ce pays requière des négociations intelligentes et patientes, et non les provocations du SAS britannique et des habituels exilés soudoyés qui montent dans le cheval de Troie anglo-américain.

Source originale : John Pilger

Traduit de l'anglais par T.K. pour Investig'Action

Source : michelcollon.info

John Pilgerhttp://resistance71.wordpress.com/


3-3 Julie Lévesque : L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité - Des troupes spéciales déployées partout sur la planète.

Selon le Stars and Stripes, un média du département de la Défense des États-Unis, le Pentagone se prépare à déployer des troupes d’opérations spéciales dans le monde entier au moment où l’on diminue le nombre d’opérations militaires traditionnelles.

L’initiative est présentée comme un moyen de réduire les frais.

Grâce à cette nouvelle stratégie, les États-Unis remplacent les opérations de théâtre à grande échelle par des opérations militaires clandestines, rentables et de moindre envergure. Cela aboutit inévitablement à la violation de la souveraineté nationale du pays ciblé.

Le chef étasunien du commandement des opérations spéciales, l’amiral Bill McRaven, qui a mené le raid contre ben Laden au Pakistan, a proposé que les troupes quittant les zones de guerre en Irak et en Afghanistan soient redéployées dans des zones « quelque peu négligées durant la décennie centrée sur Al-Qaïda ».

Cela se ferait dans le but de faciliter le lancement de raids par les Forces Spéciales, comme celui qui aurait tué ben Laden, une opération clandestine ayant violé la souveraineté pakistanaise.

Selon AP, le déploiement de commandos « plus près de nouvelles zones de crise remplacera les invasions terrestres comme celles de l’Irak et de l’Afghanistan […] par des raids d’opérations spéciales laissant peu de traces, ou mieux encore, des raids effectués par des forces locales amies entraînées par les États-Unis, les aidant à combattre, côte à côte, des ennemis mutuels ».

Ces troupes pourraient effectuer des raids, ou seraient probablement davantage appelées à travailler avec des alliés locaux pour leur apprendre à cibler des ennemis régionaux ainsi qu’à promouvoir des relations à long terme, entre soldats, pouvant aider à désamorcer une crise ou un coup éventuels. (Kimberly Dozier, Special operations expanding as wars recede, Associated Press, 27 janvier 2012)

Cela aidera « à désamorcer une crise ou un coup éventuels » ou à les fomenter?

Le but, selon un représentant de la Défense, est d’« augmenter la coopération avec les armées étrangères, de travailler avec elles pour vaincre les menaces locales au lieu de faire porter le poids de ces combats aux États-Unis ».

AP rapporte par ailleurs que « le financement pour les opérations spéciales et la recherche de renseignements augmenteront, puisqu’ils sont tous deux des moyens privilégiés par l’administration Obama pour confronter de nombreuses menaces mondiales après une décennie d’invasions terrestres coûteuses en Irak et en Afghanistan.

Cela signifie essentiellement que l’armée des États-Unis entre dans la clandestinité. Au niveau planétaire.

AP mentionne également que « les commandements des opérations spéciales à l’étranger pourraient aussi servir de cadre pour une coopération accrue entre les agences étasuniennes, fusionnant non seulement les alliés régionaux mais également des agences comme la CIA, le FBI et la Drug Enforcement Administration ».

par Mondialisation.ca et Julie Lévesque

Jule Lévesque a collaboré à ce reportage.

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=MON20120201&articleId=29028


4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 AFP : Recherché, le vice-président Hachémi est parti au Qatar.

Le vice-président irakien Tarek al-Hachémi, recherché par la justice de son pays qui l'accuse d'avoir dirigé un groupe de tueurs, a quitté dimanche l'Irak pour le Qatar pour une visite de plusieurs jours, a indiqué un communiqué de ses services.
M. Hachémi a quitté le Kurdistan (irakien) ce matin pour Doha, dans l'Etat frère du Qatar, à la suite d'une invitation reçue dans le passé, selon le communiqué.
Il y rencontrera l'émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani et le Premier ministre cheikh Hamad ben Jassem al-Thani. Puis il se rendra dans d'autres pays non précisés, avant de rentrer au Kurdistan, selon le communiqué.
Au Qatar, l'agence officielle Qna, a confirmé l'arrivée de M. Hachémi pour une visite officielle de quelques jours. Il a été accueilli à l'aéroport par cheikh Hamad ben Nasser ben Jassem Al-Thani, ministre d'Etat selon la même source.
C'est la première fois que M. Hachémi annonce avoir quitté le territoire irakien depuis l'émission du mandat d'arrêt à son encontre en décembre.
M. Hachémi, un sunnite, est soupçonné d'avoir dirigé un groupe de tueurs. Ce dernier dénonce une chasse à l'homme à visées politiques du Premier ministre, le chiite Nouri al-Maliki. Jusqu'à présent, les dirigeants du Kurdistan où il s'est réfugié ont refusé de le remettre aux autorités judiciaires de Bagdad.
Certains de ses gardes du corps ont fait des aveux télévisés dans lesquels ils ont reconnu avoir commis et planifié des attentats et reçu un soutien financier du vice-président.

Selon M. Hachémi, ces aveux sont montés de toutes pièces.
Interrogé à ce sujet lors d'une conférence de presse dimanche, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a estimé que les pays appartenant à la Ligue arabe ne devraient pas recevoir une personne recherchée et surtout en l'accueillant en tant que vice-président.

01 avril 2012
(AFP / 14h08)



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1Gilles Munier : Tarek Aziz et la mort lente des prisonniers politiques irakiens.
Tarek Aziz, 76 ans, est emprisonné depuis neuf ans. D’abord incarcéré par les Américains au Camp Cropper, il a été livré, en juin 2010, à ses ennemis. Il est depuis dans une cellule de la prison d’Al-Kadimiya, à Bagdad, et condamné à mort. Gravement malade, épuisé par le système carcéral et une grève de la faim, il se meurt lentement faute de médicaments et de soins réguliers. Maître Badie Aref, son avocat irakien, a demandé à plusieurs reprises son hospitalisation à Bagdad ou à l’étranger, sans résultat. En août 2011, il a remis à Nouri al-Maliki un message où Tarek Aziz demandait que son exécution ait lieu « dès que possible ».

Tarek Aziz, « Le chrétien »

Tarek Aziz va bientôt mourir. En prison, il est aidé par des co-détenus pour se mouvoir et s’alimenter. Aux dernières nouvelles, il aurait des difficultés pour reconnaître sa femme et sa fille qui vivent à Amman, seules autorisées à le rencontrer une fois par mois. A chaque voyage, elles lui remettent la douzaine de médicaments qui lui manquent, mais ne peuvent que constater la dégradation de son état de santé.

Nouri al-Maliki et le parti al-Dawa qui ont tenté de l’assassiner, en avril 1980, cherchent leur revanche parce qu’il est pour eux, « Le chrétien », celui qui avait convaincu les Occidentaux de la dangerosité du régime de l’ayatollah Khomeiny. Ils ne lâcheront pas leur proie. Depuis 2003, des tueurs pro-iraniens ont éliminé la plupart des pilotes de chasse qui ont bombardé l’Iran ainsi que les ingénieurs chargés des tirs de missiles.

En France, parmi ceux qui ont connu Tarek Aziz, très peu sont intervenus en sa faveur. Espérons que le documentaire du Père Jean-Marie Benjamin (lire ci-dessous*) qui lui est consacré, primé… aux Etats-Unis (!), réveillera les consciences endormies des hommes politique qui se pressaient pour le rencontrer à Bagdad, ou lors de ses passages à Paris.

Leur vie est un enfer

Les autres prisonniers politiques incarcérés à Al-Kadimiya ne sont pas mieux lotis, d’autant qu’ils sont peu ou pas connus à l’étranger. Citons en trois, sur la liste des 55 dignitaires irakiens les plus recherchés par le Pentagone en 2003 :

Saadoun Shaker, ministre de l’Intérieur (1979-1987), a eu plusieurs crises cardiaques. Il s’était retiré depuis longtemps de la vie politique. Il a quand même été condamné à mort « pour avoir réprimé des partis religieux », alors que cette responsabilité n’était pas de son ressort mais de la compétence de services dépendant du président Saddam Hussein.

Mohamed Mehdi Saleh, ancien ministre du Commerce, arrêté par la CIA en avril 2003, a pratiquement perdu la vue, faute aussi de soins. Son dossier est vide, mais il était en poste quand des commerçants chiites se livrant au marché noir pendant l’embargo, ont été pendus. Il n’a rien à voir avec leur arrestation et encore moins avec leur exécution. La Cour de cassation a ordonné, il a 8 mois, sa libération : il ne l’est toujours pas été.

En avril 2003, les Marines avaient présenté comme une victoire l’arrestation de Hikmat al-Azzaoui, ancien ministre des Finances, 8 de carreau du jeu de cartes de Donald Rumsfeld. Il est mort à 79 ans à l’hôpital de la prison d’Al-Kadimiya, le 27 janvier dernier, faute de soins dans l’indifférence générale.

En octobre 2011, Nouri al-Maliki s’en est pris aux cadres intermédiaires du parti Baas, après que le CNT libyen lui a remis une liste de « comploteurs » trouvée au siège des services secrets du colonel Kadhafi. Plus de 600 Irakiens ont été aussitôt arrêtées dans tout le pays, ainsi que 140 professeurs de l’université de Tikrit. D’autres arrestations ont suivies. Les « comploteurs » ont été emprisonnés, pour la plupart, dans des camps ou des prisons secrètes. Leur vie est un enfer.

Invitation : « Tareq Aziz : L’autre vérité » (63’), réalisé par le Père Jean-Marie Benjamin, a obtenu le prix 2011 du meilleur documentaire au Festival du film de Silent River (Irvine, Californie). Il sera projeté en exclusivité à Paris, le jeudi 15 Mars, à 18 heures, au Studio des Ursulines (10, rue des Ursulines - RER Luxembourg) en présence du réalisateur. Entrée libre.

Présentation du documentaire :

http://www.youtube.com/watch?v=FmFnxxRD2Ag

Sur le même sujet, lire aussi :

Appel lancé en mars 2005, pour demander la libération de Tarek Aziz (liste des signataires)
http://www.france-irak-actualite.com/article-liberez-tarek-aziz-et-ses-compagnons-59876428.html

Bulletin de santé de Tarek Aziz (clinique du Camp Cropper – 26/1/10)
http://www.france-irak-actualite.com/article-tarek-aziz-etat-de-sante-45332733.html

« Tarek Aziz… connais pas ! »
http://www.france-irak-actualite.com/pages/Tarek_Aziz_connais_pas_Bakchichinfo_20508-1982322.html

Tarek Aziz, l’homme qui en sait trop

Gilles Munier

Samedi 10 mars 2012

http://www.france-irak-actualite.com/pages/tarek-aziz-l-homme-qui-en-sait-trop-juin-2008--1982315.html


4-2 Gilles Munier : Sale temps pour les Américains à Bagdad.
La « guerre annoncée » contre l’Iran et « l’axe chiite » oblige Nouri al-Maliki à se débarrasser du maximum de « contractors », ces mercenaires
occidentaux qui pullulent en Irak, et de surveiller les déplacements des agents de sécurité de l’ambassade US.
Plusieurs dizaines de milliers de « contractors » – mercenaires – américains ou étrangers, employés par des sociétés militaires privées (SMP), détestés par
la population, sont toujours en Irak. Fin 2011, avant le départ du gros des troupes d’occupation étasuniennes, leur nombre était supérieur à celui des GI’s.
Nouri Al-Maliki qui peut difficilement se passer d’eux en matière de sécurité et de défense, craint à juste titre qu’ils participent à la déstabilisation de son
régime en cas de bombardements de centres nucléaires iraniens par Israël, d’intervention étrangère armée en Syrie, ou d’attaque généralisée de « l’axe
chiite » par l’Otan. Le temps où les « contractors » roulaient des mécaniques, au-dessus des lois, est donc révolu. Ils sont plus que jamais dans la ligne de
mire des services secrets irakiens et iraniens qui guettent la moindre incartade de leur part pour les faire expulser, et qui n’hésiteront pas à les interner si
l’Iran est attaqué.
Dès la semaine précédent le départ des GI’s, Ahmad, le tout-puissant fils de Nouri al-Maliki, a expulsé de la Zone verte des sociétés étrangères et les
mercenaires qui s’y trouvaient et en a profité pour placer des chars près du domicile des opposants sunnites proaméricains. Les responsables des check
points ont l’ordre de vérifier scrupuleusement les identités, la validité des visas, les autorisations de déplacement et de port d’armes des étrangers.
Finis les passe-droits
Début décembre, une équipe de mercenaires de la SMP Triple Canopy, liée par contrat au Département d’Etat étasunien, a été arrêtée sur la route de Taji.
Ils ont été détenus 18 jours dans des conditions exécrables pour eux - nourriture servie sur le sol crasseux de leur cellule, riz plein d’insectes – … mais de
loin préférables à celles réservées aux opposants irakiens. Mark Fisher, un ancien sergent fidjien, arrêté avec deux Américain et douze Irakiens, a accusé
ses geôliers de « tortures mentales »… et leur a reproché d’avoir dû passer Noël en prison. Il a fallu l’intervention du congressiste républicain amérivain
Peter King pour les libérer.
Début janvier, une centaine de « contractors » a été retenue pendant quelques jours à l’aéroport de Bagdad dans des cellules de la police des frontières.
Certains faisaient partie de la sécurité de l’ambassade des Etats-Unis. Pour ne pas dramatiser la situation, James Jeffrey, l’ambassadeur, a parlé d’«
ennuis » à porter au compte du « manque d’expérience » des fonctionnaires irakiens, des « lenteurs bureaucratiques ». Pour Latif Rashid, conseiller du
président de la République irakienne, les étrangers débarquant à Bagdad sont dans des conditions semblables à celles d’un Irakien se rendant aux Etats-
Unis dans le cadre de son travail. Finis les passe-droits !
Tuez-les, sans sommation
Le 16 janvier dernier, quatre officiers américains, dont deux femmes, travaillant à l’ambassade qui effectuaient, selon eux, une patrouille de routine dans
une BMW bourrée d’armes, ont été arrêtés près du domicile de Saleh Abdul Razzak, gouverneur de Bagdad, membre important du parti Dawa. Celui-ci les
accuse d’avoir cherché à l’assassiner. Il exige désormais que les agents de sécurité US soient accompagnés par des policiers irakiens dans leurs
déplacements. Sinon, il autorise les forces de l’ordre à les tuer… sans sommation ! Moqtada al-Sadr lui a apporté son soutien et appelé ses partisans à
surveiller les étrangers. Le leader chiite estime que de nombreux assassinats inexpliqués sont l’œuvre des services secrets américains. Les arrestations d’
« agents américains » étant bien vues de l’opinion publique, le ministère de l’Intérieur – dont Maliki assure l’intérim depuis les dernières législatives –
accuse maintenant les sociétés de militaires privées étrangères de « porter atteinte à la sécurité de l’Etat », voire de servir de couverture au Mossad. C’est
loin d’être une découverte ! Le 1er février, sur Al-Manar, la chaîne du Hezbollah libanais, plusieurs dirigeants chiites irakiens, ayant servi l’occupation sans
broncher, abondent dans ce sens pour se refaire une virginité à bon compte (1).
(1) Reportage vidéo de Al-Manar « Irak: Le Mossad israélien dans les sociétés sécuritaires »

Gilles Munier

(Afrique Asie – mars 2012)
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?cid=20&eid=48439&fromval=1



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

 

 

11/04/2012

n°526 - Les Dossiers d'Irak - du 08/02 au 10-04-2012 - a1 - Les militaires, drogués comme des cyclistes


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

        n°526                 du 08/02  au 10-04-2012                

n°C.De Broeder & M.Lemaire



 Le " Dossier d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur nos blogs : 

http://www.dhblogs.be/categories/International.html  http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

 

b) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

c) Sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

d) Sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

e) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 f) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Tiré à part

Hassan Hamade : Annan : « Génocide en Iraq et Paix en Syrie ? »

Jean-guisnel : « Les militaires, drogués comme des cyclistes ? »

Almanar : L’ex geôlière bourreau d’Abou Ghraïb ne regrette pas ses actes.

Sur le Terrain

AP : Explosion à Bagdad non loin du site du sommet arabe.

Mars, mois le moins meurtrier depuis l'invasion de 2003.

Dossier & Point de vue

1-1 Iskandar Kfouri : Avocate de Saddam Hussein: « Le printemps arabe » a commencé avec l'Irak

 


Tiré à part

Hassan Hamade : Annan : « Génocide en Iraq et Paix en Syrie ? »

L’ancien secrétaire général des Nations-Unies (1997-2006) et Prix Nobel de la Paix (2001), Kofi Annan, a été chargé par son successeur Ban Ki-Moon et par son homologue de la Ligue arabe, Nabil el-Arabi, de négocier une solution pacifique à la crise syrienne.

 Mais, Monsieur Annan est-il la personne la mieux placée pour cela ?

Considérant sa responsabilité éminente dans le génocide de plus d’un demi-million d’enfants irakiens, Hassan Hamade en doute.

Monsieur Annan,

« L’Homme blanc a élevé à des hauteurs jamais atteintes la Civilisation du mensonge.  »

Je suppose que vous connaissez cette citation d’un grand intellectuel et historien réunionnais, Jean-Charles Angrand. Elle figure dans une lettre adressée par ce dernier il y a de cela un an et demi au professeur Jean Ziegler, alors coordinateur de la Commission des Nations unies chargée de la lutte contre la faim et pour le droit à l’alimentation.

Vous n’êtes pas sans savoir que les États-Unis opposent un refus catégorique à l’idée de faire figurer le droit à l’alimentation dans le cadre global des droits de l’Homme malgré le fait que ceux-ci ne sont jamais respectés dans le monde surtout par la puissance qui ne cesse d’en brandir l’étendard [1]

C’est sur ce point que Jean-Charles Angrand a voulu insister pour clarifier le débat sur les problèmes politiques comme sur les problèmes économiques et sociaux, surtout que l’une des armes de destruction massive les plus utilisées est l’arme de la faim et de la malnutrition [2]. Quant aux slogans sans cesse répétés en la matière, ils ne servent que pour la propagande. N’est-ce pas Winston Churchill qui a dit : « Pour être protégés, les grands projets ont besoin de sentinelles en mensonges » ?...

Je pense, Monsieur, que cette citation vous rappelle quelque chose, même beaucoup de choses…. à commencer par la tragédie irakienne favorisée par un flux continu de mensonges pour justifier la guerre et entretenir le blocus contre ce berceau de la Civilisation humaine. Le Comité des sanctions chargé d’appliquer le Programme « pétrole contre nourriture » – titre, en soit, sommet de cynisme et de sadisme humain – qui agissait sous votre autorité, a mis en marche un génocide, dans le vrai sens du mot, selon la qualification donnée à cette action par Marc Bossuyt, alors président de la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies [3] et grand professeur en Droit international. En effet, pendant votre premier mandat comme secrétaire général des Nations unies (1er janvier 1997-31 décembre 2000) le nombre des bébés irakiens tués par les sanctions, parce que privés de nourriture, de médicaments et de traitements médicaux adaptés, s’est élevé à plus de 550 000 enfants en bas âge. Il va sans dire que le « compteur » macabre s’était arrêté en l’an 2000, mais les tueries continuaient à travers le « Programme » qui s’est effondré au mois de mars 2003 avec l’invasion terrestre de l’Irak par la coalition anglo-saxonne et ses alliés.

Nous évoquons seulement le carnage des enfants et des bébés en laissant de côté les autres catégories de la population qui ont subi pratiquement le même sort. Mais l’histoire de votre Comité de sanctions et sa responsabilité dans ce génocide mérite bien d’être mise un peu en relief d’autant plus qu’on vous charge dès à présent de régler d’autres dossiers, non moins épineux, qui pourraient concerner directement la stratégie sanguinaire de l’Empire. Franchement, Monsieur Annan, votre nom à lui seul est devenu indissociable de cette tragédie qui n’a pas encore été prise en charge par la Justice internationale adaptée.

En évoquant ces meurtres en masse, Jean Ziegler ainsi que Hans-Christophe von Sponeck (ce dernier a dirigé à partir de Bagdad le Programme « pétrole contre nourriture ») s’accordent à considérer que .. « graduellement, à partir de 1996, le programme pétrole contre nourriture fut détourné de sa mission et servit d’arme de punition collective de la population fondée sur la privation de nourriture et de médicaments »….. et ce en contradiction flagrante avec la structure même du Programme telle que définie par le Conseil de sécurité, bien que la structure en elle-même est une aberration humaine, voire même une honte.

Des escrocs à la tête du « Programme »

Monsieur Annan, vous étiez au courant de toutes les pratiques et les malversations qui se déroulaient dans les différentes instances du « Programme » à commencer par le Bureau de ce « Programme » chargé d’examiner les demandes présentées par les entreprises qui aspiraient à décrocher des contrats. Le directeur de ce bureau vous l’avez-vous-même nommé à son poste, à la demande des États-uniens, malgré les suspicions qui l’entouraient. D’ailleurs il a fini par être inculpé par le District Court de New-York avant de se retirer à Chypre « où il coule des jours heureux » selon l’expression de Jean Ziegler. Il était votre protégé, Monsieur Annan. Vous lui avez assuré la couverture nécessaire pour le déploiement de ses minables talents. En même temps, vous vous absteniez à protéger le « Programme », ce qui aggravait les exactions de sorte que dans le monde entier on comparait cette machine infernale aux administrations les plus corrompues de la planète. Tout ça sur le dos du pauvre peuple irakien à qui on administrait des protocoles de destruction systématique. Il suffit de donner deux ou trois exemples des crimes perpétrés par cette administration à la tête de laquelle vous déployiez vos dons de faux sage africain.

Votre Comité de sanctions, animé par un code de conduite visant à rendre aux irakiens la vie infernale, se surpassait dans l’invention de méthodes, plus cruelles les unes que les autres, afin de remplir sa tâche diabolique. Par exemple le Comité refusait catégoriquement de permettre aux hôpitaux irakiens d’acquérir les machines de dialyse indispensables pour des milliers de patients. Un jour le représentant de l’OMS à Bagdad, Dr Ghoulam Rabbani Papal, passe une commande urgente à la représentation du « Programme » à Bagdad pour l’acquisition de 31 machines de dialyse. Cette demande fut immédiatement transmise à New-York au Comité des sanctions où, comme dans les films d’horreur, ont disparues les traces de cette commande. Il a fallu réitérer la même demande, avec un temps d’attente de plusieurs mois avant de recevoir une réponse. Ce n’est qu’après maintes interventions que le Comité a fini par donner son accord mais pour 11 machines seulement !!!... et l’histoire ne s’arrête pas là car ces 11 machines une fois livrées se sont trouvées bloquées au poste frontière jordano-irakien, par une décision anonyme. Il a fallu deux années de démarches acharnées pour pouvoir les libérer. Il va sans dire qu’entre-temps le nombre des patients irakiens qui périrent, femmes, enfants, vieillards etc…., dépassait tous les décomptes imaginables. C’était en l’an 2000.

Monsieur Annan, comment avez-vous accepté qu’une cruauté pareille soit commise sous votre autorité ?... mutisme total de votre part. Avez-vous entendu parler d’un crime qui s’appelle non-assistance à personne en danger, vous qui êtes supposé ne pas ignorer la loi… ?

Silence, on torture !

En 1999, alors que le corps médical irakien parvenait à faire des miracles compte-tenu de l’extrême privation qui le frappait, la directrice de l’UNICEF, Carol Bellamy formulait une demande expresse pour l’importation d’ampoules nécessaires à l’alimentation intra veineuse des nourrissons et des enfants en bas-âge gravement sous-alimentés. Après une longue période d’attente, le verdict du Comité des sanctions tombe et c’est le refus catégorique. Elle s’est même adressée personnellement au Conseil de sécurité mais en vain !... Ainsi votre machine infernale, monsieur Annan, a réussi une formidable performance en matière de respect de l’être humain. Est-ce que vous réalisez bien que vous vous êtes abstenu d’apporter une assistance à bébés en danger… ? Pourtant Monsieur Annan, vous ne cessez de cultiver votre image de marque, d’homme intègre, de sage africain, soucieux des droits de l’homme et de la paix dans le monde.

Depuis cette demande de l’UNICEF, le décompte macabre des enfants martyrs s’est arrêté, mais la tuerie continuait son avancée. Et en même temps vous vous êtes accroché à votre poste avec une allure de respectabilité et de calme.

Les pratiques de votre Comité de sanctions à l’égard de l’ensemble de la population irakienne ressemblent davantage à d’interminables séances de tortures. Vous en étiez témoin, Monsieur Annan, et le monde n’a eu aucun écho d’une quelconque manifestation de votre conscience d’homme de paix et de droit.

Je ne veux pas m’attarder, ni à raconter comment votre Comité de sanctions a empêché la fourniture de machines adaptées nécessaires à la remise en marche des stations d’épuration de l’eau potable du Tigre, de l’Euphrate et de Shatt-al-Arab, ni à expliquer comment l’Irak à cause de cela est passé parmi les premiers pays au monde dont la population souffre de maladies chroniques dues à la pollution de l’eau, ni comment votre Commission refusait toutes les demandes et suppliques des hôpitaux irakiens pour l’obtention des climatiseurs nécessaires pour conserver au frais les médicaments dans un pays où la température peut dépasser les 45° durant plusieurs mois.

Ce sont juste quelques petits exemples d’une panoplie d’actions concertées visant à ramener à l’âge de pierre un pays comme l’Irak et Dieu sait ce qu’est l’Irak.

« Ce qui se passe en Irak est bel et bien un génocide  » s’est exprimé à haute voix Marc Bossuyt sans que ce cri alarmant et culpabilisant n’atteigne vos oreilles, Monsieur Annan. Tout comme les multiples protestations de cet homme honnête qu’est Denis Hallyday, le coordinateur du « Programme » à Bagdad, qui s’est trouvé contraint de vous jeter en pleine figure sa démission et a quitté les Nations Unies…. Tout comme les protestations de son successeur au même poste, le très honorable Hans Christophe von Sponeck, éponyme de l’honnêteté et du dévouement qui a été empêché d’expliquer de vive voix devant le Conseil de sécurité, les réalités de la situation et du génocide qui se déroulait. Au lieu d’avoir le minimum d’honnêteté et de fidélité à la charge qui vous incombait et qui exigeait de vous une solidarité avec cette étoffe d’hommes de courage, de compétence et d’honneur, vous avez choisi le silence perfide et de vous ranger du côté des deux délégations anglo-saxonnes qui ont décidé d’interdire à von Sponcek de s’exprimer devant le Conseil de sécurité car il a bravé les interdits en choisissant de respecter scrupuleusement la Charte des Nations unies. Oui Monsieur Annan, sous votre autorité le respect de la Charte des Nations unies est devenu une infraction qui mérite un châtiment.

Complexé de la famille Wallenberg

Les atlantistes ont empêché von Sponeck d’étaler la vérité au grand jour devant le Conseil de sécurité tout comme ils ont empêché dernièrement le général soudanais al-Daby (chef de la délégation des observateurs arabes en Syrie) de s’exprimer devant la Ligue arabe et de faire saisir son rapport par le Conseil de sécurité car il mettait en cause le rôle destructeur et criminel que les organisations terroristes jouaient en Syrie. D’ailleurs il existe plusieurs points communs entre les deux cas.

Monsieur Annan,

Vous êtes sans doute impressionné par la trajectoire de vos beaux-parents suédois. Je veux parler de la famille Wallenberg, très puissante dans le domaine de l’industrie, des finances et des banques et qui a donné à la Suède plusieurs personnalités éminentes dont certaines ont eu un rayonnement pan-européen tel l’oncle maternel de madame votre épouse, Raoul Wallenberg et son oncle Jacob. Très probablement c’est la personnalité de Raoul qui vous a le plus intéressé car il était sûrement un homme assez particulier qui a fait preuve d’un courage indéniable durant les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale lorsqu’il a exposé sa vie aux grands dangers pour sauver des centaines de juifs en Hongrie et ce avant qu’il ne soit arrêté par les troupes soviétiques le lendemain même de leur entrée en libérateur dans Budapest. D’ailleurs les traces du brave Raoul se sont rangées dans les dossiers des énigmes de la guerre et de l’après-guerre. Tout ce qui a filtré de sa disparition c’est que les soviétiques le considéraient comme un espion états-unien.

C’est tout à fait normal Monsieur Annan que vous sentiez une certaine fierté lorsque vous visitez certaines capitales européennes et que vous vous rendiez à des sites érigés par les communauté juives à la mémoire de Raoul, tout comme à Washington qui lui a délivré le statut de citoyen d’honneur des États-unis, après Winston Churchill. Quant à l’État d’Israël, ou il est aussi citoyen d’honneur, la plaque commémorative en son nom a été placée au cœur même du Mausolée de « Yad Vashem » à la mémoire des victimes de l’holocauste nazi.

Monsieur Annan,

C’est bien dans la nature des choses que ce lien matrimonial qui vous lie à la famille Wallenberg soit à l’origine de votre ascension professionnelle mais est-ce que vous n’auriez pas dû suivre l’exemple de l’oncle de votre épouse en matière de dévouement à son peuple juif et que vous prôniez une attitude ferme contre toutes sortes d’holocauste plutôt que d’y participer, comme vous l’avez fait lors du génocide du peuple irakien.

Oui Monsieur Annan, il s’agit bien d’un holocauste en Irak et d’un génocide, dans le sens juridique du terme tel que qualifié par Marc Bossuyt. Vous êtes partenaire dans la gestion de cet holocauste en Irak.

Vous êtes partenaire principal dans cette non-assistance à 550 000 enfants en bas âge en danger de mort.

Soyez sûr Monsieur Annan que nous ne sommes pas une copie conforme de nos gouvernements sionistes arabes. Si vous avez le plein droit d’être fasciné par vos beaux-parents sionistes, alors vous pourriez être sûr que cela ne sera jamais notre cas vis-à-vis des sionistes arabes. Ils ne nous fascinent guère, au contraire ils nous dégoûtent.

Il est inutile Monsieur Annan, que vous pensiez, ne serait-ce qu’un laps de secondes, que l’holocauste de la Mésopotamie pourrait échapper indéfiniment à la justice. Cette affaire vous concerne directement du fait de votre position dirigeante à la tête de l’exécutif onusien durant la période du génocide qui avait pour titre « pétrole contre nourriture ». Avec un parcours pareil, on peut se demander si vraiment vous êtes habilité pour apporter une solution pacifique à la crise syrienne actuelle que l’ « on » vous a chargé de résoudre.

Pouvez-vous faire à la Syrie une prescription extra-génocidaire qui l’épargnerait de subir le même sort que l’Irak ? …Très probablement on ne vous a pas choisi pour cela.

Monsieur Annan, vous êtes chez nous aujourd’hui pour servir les projets de ceux-là mêmes qui vous avaient envoyé chez nous hier, du temps de l’holocauste en Irak.

Monsieur Annan, vous êtes aujourd’hui en Afrique pour faire la propagande des Rockfeller. N’est-ce pas le groupe Rockfeller qui finance le projet AGRA de « l’Alliance pour une révolution verte en Afrique » que vous présidez vous-même ?

Quand même Monsieur Annan, un peu de décence vous ferait du bien…. Nous n’avons pas perdu notre mémoire et nous nous souvenons bien de vous. Souvenez-vous Monsieur Annan, de la fameuse sagesse d’Albert Camus :

« Toutes les contraintes du monde ne feront pas qu’un esprit un peu propre accepte d’être malhonnête. »

Réseau Voltaire | Beyrouth (Liban) |

Source
As-Safir (Liban)

[1] Depuis le rapport NSSM 200, rédigé pour le Conseil national de sécurité des États-Unis par Henry Kissinger en 1974, Washington a théorisé l’usage de l’arme alimentaire. Ainsi, les États-Unis ont organisé des famines en Corée du Nord, États avec lequel ils sont toujours en guerre. Plus récemment, en 2007-2008, Washington a utilisé l’arme alimentaire contre la Tunisie et l’Égypte, provoquant ainsi des émeutes de la faim. À moyen terme, celles-ci se sont transformées en soulèvements populaires qui ont été présentés comme des révolutions libérales sous le vocable « printemps arabe ».

[2] Destruction massive, Géopolitique de la faim, par Jean Ziegler, Éd.Seuil, 2001.

[3] Aujourd’hui Conseil des Nations unies pour les Droits de l’Homme

Hassan Hamade

22 mars 2012 

http://www.voltairenet.org:80/Annan-Genocide-en-Iraq-et-Paix-en


Jean-guisnel : « Les militaires, drogués comme des cyclistes ? »

Les armées s'inquiètent de pratiques dopantes non seulement de la part des soldats eux-mêmes, mais aussi du commandement.

Les militaires seraient-ils plus dopés que les vainqueurs du Tour de France ? Se bourreraient-ils les narines avec ardeur, protégés par une forme de non-dit ? C'est que... Avec mille précautions de langage et en maniant avec insistance le sous-entendu, la revue de recherche de l'armée de terre Inflexions aborde ce sujet tabou dans sa dernière livraison (*), sous le titre "Dopage et conduites dopantes". Les auteurs expliquent curieusement que ce n'est pas vraiment l'institution qui se pose des questions, mais que "beaucoup d'observateurs extérieurs à la défense considèrent comme fréquente l'utilisation de substances dopantes au sein des armées".

Sauf que si les militaires se dopaient, assure l'article, ce ne serait pas pour améliorer des performances sportives, mais pour une meilleure cause : "Les objectifs seraient similaires [à ceux des sportifs] - être plus performant que l'adversaire -, mais à atteindre dans un contexte bien différent, celui de la guerre et du combat." Et de développer cette idée d'une forme de dopage sans doute pas nécessaire, mais pas vraiment inutile non plus : "En temps de conflit, ou dans le contexte de déploiement sur des théâtres d'opérations de haute dangerosité, les questions posées sont plus complexes. L'automédication et l'utilisation de substances dopantes ayant pour but d'améliorer les performances physiques, en particulier musculaires, mentales, ou de maintenir l'éveil et un état de parfaite vigilance, permettent, si le dopage est adapté, de rendre le militaire plus efficace à son poste de combat."

Drogués pour la bonne cause ?

De fait, les militaires peuvent se doper illégalement en se procurant eux-mêmes de l'herbe qui fait rire ou des substances qui font rêver. Pour ne citer que l'exemple du Liban, on sait que l'herbe y est fameuse. Et en Afghanistan, premier producteur d'opium au monde, le commerce n'est pas impossible avec les plus de 100 000 militaires étrangers... Mais les armées elles-mêmes administrent aux combattants diverses médications susceptibles de mieux voir la nuit, de leur faire perdre le besoin de sommeil, ou au contraire de les endormir sur commande, aux heures choisies. Cette réalité est d'ailleurs reconnue, à tel point qu'un texte officiel, l'instruction N° 744/DEF/DCSSA/AST/TEC relative à l'utilisation de substances modifiant la vigilance en opérations, en définit le cadre !

Justifier la prise de substances dopantes

Les militaires édictent dans ce texte leurs ascensions des Alpes et on voit ici que cette définition est très large. "Les types d'opérations militaires pouvant justifier la prise éventuelle de substances qui agissent sur le niveau de vigilance des combattants sont les opérations dites soutenues et les opérations dites continues. Les premières se traduisent par une activité militaire quasi ininterrompue ne permettant aucun sommeil réparateur ; les secondes concernent une activité militaire de plus longue durée n'autorisant qu'une récupération partielle (par exemple : un sommeil diurne, de courte durée et fractionné). À titre d'exemples, on peut citer le fonctionnement 24 heures sur 24 des centres opérationnels pour l'armée de terre, la continuité entre le poste de veille et le poste de combat pour la marine, la mission nucléaire ou le travail au sol en ambiance nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique (NRBC) avec des tenues de protection pour l'armée de l'air". Mais attention, ce n'est pas du dopage. C'est de l'"aide de type pharmaceutique modifiant la vigilance". Nuance...

Gavés de protéines hormonées

Les trois auteurs de l'article - les médecins militaires André-Xavier Bigard et Alexandra Malgoyre et le capitaine Hervé Sanchez - lancent par ailleurs un véritable cri d'alarme sur l'automédication de certains militaires qui se gaveraient de compléments alimentaires (protéines hormonées) utilisés par les culturistes. Ils soulignent par ailleurs l'intérêt de la démarche lancée par les armées pour rationaliser les programmes de préparation physique au combat afin de "rendre inutile la consommation de produits et de substances supposés dopants". Voilà une bonne idée. Car par les temps qui courent, que diront les armées si un militaire dopé sur ordre et dont la santé se serait dégradée les poursuivait devant la justice ?

(*) "Le sport et la guerre", Inflexions n° 19, La documentation française, 12,00 €, ISSN : 1772-3760

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jean-guisnel/les-militaires-drogues-comme-des-cyclistes-29-02-2012-1436200_53.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120229


Almanar : L’ex geôlière bourreau d’Abou Ghraïb ne regrette pas ses actes.

 

L'ex-militaire Lynndie England, symbole du scandale de la prison irakienne d'Abou Ghraïb en 2004 qui avait gravement terni l'image des Etats-Unis, a dit n'éprouver aucune compassion pour ses victimes.  

Dans un entretien à The Daily, elle a été interrogée quelques jours après la tuerie de  16 civils afghans dont est accusée un sergent américain et qui constitue selon le magasine, un événement susceptible de marquer une rupture en Afghanistan, comme Abou Ghraïb l'avait été pour la guerre en Irak.
Dans cet entretien, Lynndie England, mère célibataire, sans emploi, aujourd'hui âgée de 29 ans, a été radiée de l'armée après une condamnation à trois ans de prison pour les sévices pratiqués sur des prisonniers irakiens est revenue vivre chez ses parents en Virgnie-Occidentale.

Elle apparaît comme aigrie et sans remords vis-à-vis des prisonniers irakiens qu'elle a maltraités."
 Ils n'étaient pas innocents. Ils essaient de nous tuer et on voudrait que je leur présente des excuses? C'est comme si l'on demandait pardon à l'ennemi", assure-t-elle.

En 2004, la photo de la jeune femme de 22 ans, souriant devant un prisonnier irakien nu et tenu en laisse, avait fait le tour du monde. On la voyait sur d'autres clichés, l'air inexpressif sous ses cheveux noirs coupés au carré, poser devant des détenus entravés, menacés par des chien  ou empilés comme des objets.

Le président George W. Bush a reconnu que le scandale a "couvert de honte" les Etats-Unis et constitué la "plus grosse erreur" des Américains en Irak, que les forces américaines ont quitté fin 2011.

Lynndie England, à qui l'armée manque, raconte "envoyer des lettres de candidatures partout" mais ne peut même pas trouver d'emploi "chez McDonald's ou Burger King" en raison de son casier judiciaire.

Son seul regret exprimé est que les photos d'Abou Ghraïb aient entraîné la mort d'Américains dans des représailles. Mais ce n'est pas tant ses actes que la publicité faite à ces images qu'elle déplore: "J'y pense tout le temps, à ces morts que j'ai indirectement causées. Perdre des gens de notre côté parce que j'apparais sur une photo"

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=13&frid=13&eid=55569



Sur le Terrain

AP : Explosion à Bagdad non loin du site du sommet arabe

Une roquette a explosé ce jeudi en bordure de la «zone verte» fortifiée au coeur de Bagdad où s'est ouvert jeudi un sommet de la Ligue arabe en présence de neuf chefs d'Etat, a déclaré un haut responsable de la sécurité irakienne.

«L'explosion s'est produite près de l'ambassade d'Iran. Les fenêtres de l'ambassade ont été détruites, mais il n'y a pas de victimes», a-t-il dit. La roquette a pu être tirée malgré la mobilisation de 100.000 membres des forces de sécurité dans la capitale, la fermeture de nombreuses rues et l'interdiction de la circulation automobile.

Deux autres roquettes ont touché le quartier ouest de Ouachache et celui de Rahmaniya, dans le centre de Bagdad, a ajouté le responsable. L'Irak accueille son premier sommet de la Ligue arabe depuis 1990 avec l'ambition de montrer aux pays voisins sa capacité à maintenir la sécurité malgré le départ des troupes américaines en décembre dernier.

AP

29.03.12 à 15h28


Mars, mois le moins meurtrier depuis l'invasion de 2003.

L'Irak a connu en mars son mois le moins meurtrier depuis l'invasion américaine de 2003 avec seulement 112 civils, policiers et militaires tués, selon les chiffres officiels diffusés dimanche soir.
Ainsi 12 militaires, 22 policiers et 78 civils ont trouvé la mort dans des attaques, selon les chiffres des ministères de l'Intérieur, de la Santé et de la Défense. Dans le même temps, 52 militaires, 85 policiers et 220 policiers ont été blessés.
Le mois de mars 2012 a vu la capitale pratiquement paralysée pendant une semaine en raison de la tenue à Bagdad d'un sommet de chefs d'Etat arabes. Plus de 100.000 membres des forces de l'ordre avaient été mobilisés pour l'occasion pour en assurer la sécurité.
Jusqu'à présent, le bilan le moins lourd remontait à novembre 2009 avec 122 morts. Concernant les insurgés, 30 d'entre eux ont été tués en mars et 152 arrêtés.
Depuis le début de l'année, 413 personnes ont été tuées contre 702 pour la même période en 2011.
Les violences en Irak ont diminué ces dernières années après le pic atteint en 2006 et 2007, mais elles n'ont jamais cessé.
01 avril 2012

AFP



Dossier & Point de vue

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1Iskandar Kfouri : Avocate de Saddam Hussein: « Le printemps arabe » a commencé avec l'Irak

Le sommet des pays de la ligue arabe commence à Bagdad demain. Le thème principal de cette rencontre sera la situation en Syrie, où le « printemps arabe » s’est arrêté à mi-chemin.

Ironie du sort, la réunion qui examinera les conséquences des révolutions dans les pays de l’Afrique du Nord, du Proche et du Moyen-Orient se tiendra dans l'ancien palais de Saddam Hussein.


C’est bien en Irak, il y a neuf ans, qu’a commencé le «printemps arabe», note l’avocate Bouchra Khalil, qui a défendu Saddam Hussein devant le tribunal. Elle n'était pas seulement l’avocat, mais aussi la confidente de l'ancien président irakien. Bouchra Khalil a vécu avec son «client» les jours tragiques depuis le début de son procès jusqu’à sa date d'exécution. Voici comment elle relate les événements passés.

Saddam a fait transmettre par moi beaucoup de lettres adressées à de diverses personnalités politiques. Il y avait des lettres, mais aussi des messages oraux qu’il me confiait. Ces messages étaient adressés au peuple irakien, à la résistance, au Secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, qui était considéré par Hussein comme l'un des véritables leaders populaires au Moyen-Orient.


Voix de la Russie : Vous a-t-il demandé quelque chose de personnel avant son exécution?

Je n’ai entendu aucune demande de sa part le concernant personnellement. Absolument rien, sauf le devoir qu’il avait devant le pays. Du moins, il voulait apparaître de telle façon devant son peuple. Saddam ne se voyait pas comme le mari, ou le grand-père, il voulait apparaître en père de la nation. Il était beaucoup plus préoccupé par l’avenir du peuple irakien et des arabes en général. Je peux seulement ajouter, que Saddam a reçu une proposition qui en ferait réfléchir plus d’un. On lui a proposé sa libération, suivie par une vie paisible dans un pays arabe (probablement le Qatar), et en échange, il devait arrêter la résistance et le dire à son peuple. Il a évidemment refusé.


 Qu’est-ce qui est resté «en coulisses»? Quels sont les événements, qui sont restés dans l’ombre, alors qu’ils ne devraient pas l’être? Y aurait-il d’autres détails que vous voulez évoquer?

C’est la première fois que j’en parle publiquement. Saddam Hussein aidait financièrement Slobodan Milosevic, lorsqu’il a comparu devant le Tribunal de La Haye. Tout ce procès sur Milosevic nécessitait des dépenses considérables. Les services des avocats coûtaient cher et Hussein, en pressentant les événements futurs, a décidé de soutenir le président déchu de la Yougoslavie. Faut-il expliquer ce qui a motivé Saddam Hussein? Prévoyait-il la situation, qui s’est créée aujourd’hui dans les pays arabes et la doctrine géopolitique dans le monde? La violation de la souveraineté  dans le monde a commencé par la Yougoslavie. Et tous les événements ultérieurs, qui, tel un tsunami, ont balayé le continent, en sont la preuve.


Comment évaluez-vous personnellement la situation actuelle au Moyen-Orient?

Neuf ans après, je peux le dire: de facto, les événements en Irak ont marqué le début des changements qu’on appelle aujourd’hui le «printemps arabe». Il s’agit de l'arrivée généralisée des «islamistes» qui n'ont rien en commun avec l'Islam en tant que base théologique. L'Islam appelle depuis des siècles à l'unité et la fraternité des peuples de différentes confessions, ce n'est pas une religion de terroristes sanglants qui effectuent la volonté de quelqu'un d'autre…


Comment évaluez-vous alors la position de la Russie et ses actions par rapport à la crise au Moyen-Orient?

La position de la Russie mérite le respect et le soutien de ma part. C’est une approche politique équilibrée et perspicace par rapport à cette question. Pendant de nombreux siècles, il n’y a pas eu de tensions arabo-russes. Ici, en Orient,  on perçoit la Russie comme un ami et un partenaire. Cela est très précieux. En termes d’intérêts, nous avons des intérêts communs avec la Russie, et dans le sens figuré, je peux dire que nous nous trouvons dans «une même tranchée». Je peux dire aussi avec certitude que la Russie est revenue sur la scène internationale comme un acteur stratégique à part entière, dont l'opinion doit être prise en considération par les autres.

30.03.2012,

Iskandar Kfouri

http://french.ruvr.ru/2012_03_30/70130686/

 


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

 

09/02/2012

n°525 - Journal d'Irak - du 05/01 au 08/02/12 -Qui disait que l’OTAN n’a pas participé à la guerre en Irak …?!-

n°525 - Journal d'Irak - du 05/01 au 08/02/12 - a1 -



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journald'Irak

n°525                 du 05/01                  au 08/02/12

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes  blog : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                              http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Tiré à part

Qui disait que l’OTAN n’a pas participé à la guerre en Irak …?!

Le Koweït reçoit 1,02 md USD en réparations de guerre de l'Irak.  

Jean-Pierre Dubois : Criminels contre l'humanité : de l’agent orange à l’uranium appauvri.

1 Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

1-1 Ramzy Baroud : Les victimes oubliées...

L'armée US admet avoir tiré sur des combattants anti-Qaïda.

2 L'Irak au cœur des débats.

Alain Gresh : Haditha, un massacre impuni en Irak.

Analyse & déclaration - a)   Les voisins 

Conflit confessionnel : Erdogan menace l’Irak: « La Turquie ne restera pas silencieuse."

Russie

La Russie prête à s'associer aux grands projets économiques.

3 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

3-1 Socialist Worker : Les médias passent sous silence les morts dont les Etats-Unis sont responsables.

4 Dossier & Point de vue

4-1 Almanar.com. : US d’Irak : Mensonges, et défaite sans précédent!

4-2 Anastasiya Pershkina : Des drones américains dans le ciel irakien.

5 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

5-1 McDonough County : A QUI PROFITE LE CRIME ?

5-2 Chems Eddine CHITOUR : Des GI’s auraient vendu des listings d’employés à des « insurgés ».

6  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

6-1 Gilles Munier : Etats-Unis : départ d’Irak… sur la pointe des pieds ...

7 Annexe

7-1 Dr. Lawrence Davidson : Les Etats-Unis réduisent les coûts en utilisant de l’uranium appauvri dans ses guerres.

 


Tiré à part

Qui disait que l’OTAN n’a pas participé à la guerre en Irak …?!

Le secrétaire général de l’OTAN annonce la fin de la mission OTAN de formation (NTM-I).

« Le Conseil de l’Atlantique Nord a décidé d’entamer le retrait permanent du personnel de la mission OTAN de formation en Irak (NTM-I) à partir du 31 décembre 2011, date à laquelle l’actuel mandat de la mission viendra à expiration. Il n’a pas été possible de trouver un accord sur la prolongation de ce programme, qui a porté ses fruits, en dépit d’âpres négociations qui ont duré plusieurs semaines. L’OTAN est fermement résolue à maintenir son partenariat et ses relations politiques avec l’Irak, dans le contexte de l’actuel Cadre de coopération structurée. La mission OTAN de formation en Irak, qui a débuté en 2004 à la demande des autorités iraquiennes, a été un succès. Nos formateurs peuvent être très fiers de ce qu’ils ont accompli au cours de ces sept années : ils ont contribué à renforcer la capacité de sécurité de l’Irak, et ont aidé ce pays à développer une force de sécurité multiethnique, et plus stable à long terme. Depuis 2004, la NTM I a formé plus de 5 000 militaires et plus de 10 000 policiers en Irak ; elle a permis à plus de 2 000 autres personnes de participer à des stages organisés dans les pays alliés, et a fourni pour plus de 115 millions d’euros de matériel militaire ainsi que des fonds d’un montant total de 17,7 millions d’euros, versés au titre de fonds d’affectation spéciale par les 28 pays membres de l’OTAN et destinés à l’entraînement et à la formation dans des installations de l’Alliance ».(11.12.2011 – sur le site www.nato.int).

Ce communiqué est très révélateur : en premier lieu, il témoigne de l’échec magistral de la Coalition US-GB qui a fait la guerre contre l’Irak et celui de l’Otan qui a servi d’encadrement d’une soi-disant « armée nationale iraquienne ». Malgré un engagement militaire et financier colossal pendant des années, ils ne sont pas parvenus à imposer l’ordre impérial en Irak. En deuxième lieu, il ressort de ce communiqué que la participation de l’OTAN à la guerre était très importante, tant en fourniture de militaires, que de matériel et de moyens financiers. Enfin, le communiqué n’explique pas comment l’OTAN va, à la fois, mettre fin à sa mission… et renforcer son partenariat avec le gouvernement irakien. (C.P.)

http://csotan.org/ao/article.php?ao_id=44&art_id=595&Mois=d%E9cembre&Year=2011


Le Koweït reçoit 1,02 md USD en réparations de guerre de l'Irak.  

Les Nations unies ont versé jeudi au Koweït une tranche de 1,02 milliard de dollars (775 millions d'euros) au titre de réparations de guerre qui ont débuté en 1994, a annoncé la commission de compensation de l'ONU dans un communiqué.
Avec ce dernier paiement, le total des réparations de guerre versées au fonds spécial de l'ONU pour le Koweït s'élève désormais à 35,4 milliards de dollars.
Quelque 17 milliards doivent encore être versés, indique la commission de compensation de l'ONU, qui est basée à Genève. L'Irak verse actuellement 5% de ses revenus pétroliers et gaziers au fonds spécial de l'ONU au titre des réparations de guerre durant ses sept mois d'occupation du Koweït en 1991.

Après la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, les autorités irakiennes ont à maintes reprises demandées l'allègement des compensations et des dettes héritées de l'ancien régime.
27/01/2012

http://www.letempsdz.com//content/view/69279/1/


Jean-Pierre Dubois : Criminels contre l'humanité : de l’agent orange à l’uranium appauvri.

L’humanité (avérées ou non) sont réservées à l’ennemi du moment, celui contre lequel nos gouvernements s’apprêtent à déchaîner le feu de leurs armées.

Mais que penser des dirigeants des Etats-Unis ?

L’AGENT ORANGE

C’est en 1962 que John F. Kennedy déclenche l'opération Ranch Hand, une guerre chimique contre la population du Vietnam qui consiste à répandre sur les forêts et les récoltes des millions de litres de défoliant : l´agent orange. [1]

Fabriqué par Mosanto, l'agent orange - qui contient de la dioxine - est responsable du développement de maladies chez les personnes exposées, notamment de plusieurs sortes de cancers.

En outre, la stabilité de la dioxine fait qu’elle continue d’agir bien après son épandage provoquant des malformations à la naissance d’enfants dont les parents ont été contaminés : cécité, diabète, troubles mentaux, déficits moteurs et intellectuels, malformations diverses.

Trente ans après la fin des hostilités, environ 60.000 adultes et plus de 200.000 enfants souffraient toujours de l'agent orange. [2]

L’opération Ranch Hand a duré jusqu’en 1971. Près de 80 millions de litres de ce défoliant auraient été déversés sur le Sud du Vietnam. Un cinquième des forêts auraient été atteintes et 400.000 hectares de terrains agricoles contaminés.

On estime de 2,1 à 4,8 millions le nombre de Vietnamiens qui ont été directement exposés à l’agent orange entre 1961 et1971. Auxquels il faut ajouter un nombre inconnu de Cambodgiens et de Laotiens, des civils et militaires américains, sud-coréens, canadiens, australiens et néo-zélandais. [3]

L’URANIUM APPAUVRI

En 2004, sous le mandat de G.W. Bush, plus de 15.000 soldats de l’armée américaine donnent l’assaut à la ville de Fallouja (Irak). Pendant plusieurs semaines les raids de l’aviation se succèdent larguant des centaines de tonnes de missiles.

Parmi ces projectiles figuraient des bombes au phosphore blanc, une arme chimique et incendiaire interdite contre les populations. Mais c’est l’usage massif de bombes à l’« uranium appauvri » qui a eu les conséquences les plus graves sur la santé des habitants de Fallouja.

Réalisé pour France-Info en juin dernier, le documentaire de Feurat Alani - Irak : Les enfants sacrifiés de Fallouja – montre les effets terribles de l’emploi de ces armes : des bébés naissent avec la tête difforme, des organes en moins ou des membres atrophiés. Un nouveau-né sur cinq serait atteint de malformations graves. A ces malformations apparues à partir de 2005, s’ajoute des cancers à des taux jamais atteints ailleurs.

Selon une étude scientifique publiée en 2010, sur la période 2006-2009, le taux de mortalité à Fallouja s'élèverait à 80 ‰, quand des pays voisins comme l'Egypte et la Jordanie affichent respectivement 19,8 et 17 ‰. [4]

Pour Feurat Alani, « chaque famille ou presque a son "bébé-monstre" à Fallouja ».

Sous-produit de l’enrichissement de l’uranium naturel, l’uranium appauvri présente une densité très élevée, propriété utilisée dans les applications militaires pour la fabrication de blindages et de projectiles. [5]

Avant Fallouja, l’armée américaine a utilisé des munitions à uranium appauvri lors de la première guerre du Golfe et dans les Balkans (30.000 obus ont été tirés au Kosovo et 10.000 en Bosnie). [6]

Pour la population civile, les dangers résident dans les poussières et les aérosols dissipés par l’effet pyrophore [7] des ogives d’obus à uranium appauvri.  Ces particules peuvent être inhalées ou ingérées dans les aliments, l’eau potable ou les sols contaminés.

La toxicologie chimique de l'uranium appauvri, plus importante que sa toxicité radiologique, est comparable à celle des métaux lourds comme le plomb ou le mercure.

L’OMERTA

Robert James Parsons [8] a révélé que « les agences des Nations unies ont imposé une chape de silence sur la dangerosité radiologique et chimique de cette arme » et qu’il a fallu attendre janvier 2001 pour que l’Organisation mondiale de la santé « envisage » d’enquêter sur les effets de l’uranium appauvri sur les populations du Golfe.

Les Etats-Unis n'ont pas ratifié le traité de Rome qui institue la Cour pénale internationale.

Ce qui met ses dirigeants et chefs militaires à l'abri de toute poursuite pour leurs crimes.

[1] L’agent orange doit son nom aux bandes de couleur orange inscrites sur les fûts dans lesquels il était stocké.

[2] Dans une maternité d’Ho-Chi-Minh-Ville sont conservés tous les fœtus « monstrueux » dans du formol, on peut y voir des frères siamois partageant une seule tête disproportionnée, un tronc a deux têtes, des cas d’anencéphalie (absence de cerveau), de microcéphalie (petit cerveau)...

[3] Les soldats américains (68.000) et coréens (20.000), qui ont été victimes de l'agent orange, ont obtenu des fabricants le versement d’une indemnité à titre de compensation (environ 250 millions de dollars). En revanche, l'association vietnamienne des victimes de l'agent orange/dioxine a vu sa plainte rejetée par la justice américaine.

[4] International Journal of Environmental Research and Public Health.

[5] La plus caractéristique des munitions à uranium appauvri est l’obus-flêche. Il est doté d’une barre à uranium appauvri longue d'environ 25 cm. Son impact sur un char provoque une fusion du blindage et une projection de métal liquide dans l’habitacle. Le char explose en 5 secondes.

[6] En 2001, après la guerre du Kosovo, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a réclamé l’interdiction de la fabrication, des essais, de l'utilisation et de la vente d'armes à l’uranium appauvri afin de préserver les générations présentes et futures.

[7] Lors de l’impact, l’uranium appauvri se divise en très fines particules dont certaines prennent feu spontanément : c’est la caractéristique d’un  métal « pyrophore ».

[8] Loi du silence sur l’uranium appauvri, Le Monde diplomatique, février 2001.

Jean-Pierre Dubois

http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/archive/2012/01/02/de-l-agent-orange-a-l-uranium-appauvri.html



1 Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

1-1 Ramzy Baroud : Les victimes oubliées...

Quelqu’un devrait faire savoir aux pourvoyeurs d’informations pour le grand public que les 4500 soldats américains tués dans la guerre en Irak ne sont de loin pas les seules victimes.

Des centaines de milliers d’Irakiens ont également été tués à la suite de l’invasion injustifiée des États-Unis, et un bien plus grand nombre encore ont été blessés et à jamais estropiés.

Abdul Hussein Hassan porte son fils âgé de 10 mois, près de leur maison et à l’écart d’un dépôt de pétrole en feu dans ce qui était un camp de l’armée irakienne dans la banlieue de Bagdad le 29 avril 2003 - Photo : Reuters/Yannis Behrakis YB

Il y a de fortes chances que toutes ces victimes de la guerre en Irak seraient encore en vie aujourd’hui s’il n’y avait pas eu George Bush et sa clique de néo-conservateurs. Montrant un bizarre mélange de délire évangélique, de bravade de cow-boy et de désir pathologique de « garder Israël sécurisé », ils n’ont eu de cesse de détruire l’Irak.

Un court reportage sur WTKR, une station en Virginie liée à CBS et référencé sur le site internet du Los Angeles Times le 16 décembre, montre des images d’un drapeau américain en train d’être enroulé dans une petite base américaine à Bagdad. Lors de la cérémonie, le secrétaire à la Défense Leon E. Panetta, a rappelé les sacrifices des États-Unis et voulu justifier l’une des guerres les plus destructrices de l’histoire contemporaine. De nombreux bulletins d’informations ont également déclaré que la guerre en Irak était terminée, mais certains exprimaient des doutes en se demandant si les Irakiens - présentés comme de tous temps, si ce n’est génétiquement, condamnés à être violents - seraient capables de s’occuper eux-mêmes de leurs propres affaires maintenant que les Etats-Unis ont mis fin à leur intervention « humanitaire ».

Faisons un bref récapitulatif : l’enquête de The Lancet a déterminé que entre mars 2003 et Juin 2006, 601 027 Irakiens sont morts de mort violente. L’enquête d’affaires de Opinion Research Bussiness a révélé que 1 033 000 personnes avaient été tuées à la suite du conflit entre mars 2003 et août 2007. Dans une révélation sans équivalent, Wikileaks a déclaré que « la diffusion de près de 400 000 fichiers américains classés sur la guerre en Irak a permis d’établir que 15 000 civils irakiens sont morts en plus de ce que l’on estimait auparavant ». Cela s’ajoute aux centaines de milliers de vies perdues dans le long blocus imposé à l’Irak tout au long de la décennie qui a précédé, et les centaines de milliers d’autres vies perdues pendant la première guerre contre l’Irak entre 1990 et 1991.

Si l’on met les chiffres de côté, les médias spécialistes des retournements de veste [traduction approximative de spin-mongers - NdT] s’activent à changer les termes de la discussion en procédant par omission, s’appuyant sur des mensonges et un pur et simple racisme. Prenez par exemple l’article de Loren Thomspon dans Forbes. Thompson est persuadée que la guerre était une erreur - non en raison de n’importe quel critère d’immoralité ou d’illégalité - mais purement à cause d’erreurs pratiques impliquant des ressources, un manque de volonté, le sectarisme en Irak et l’incohérence au niveau militaire, etc... Malgré ces erreurs, « nos intentions étaient bonnes », a déclaré Thompson. Afin de s’assurer que personne n’imagine qu’elle fasse « un travail de sape » de gauche et anti-guerre - la perception dans les médias de droite de quiconque s’oppose à la guerre américaine pour une raison quelconque - elle fait une affirmation intéressante :

« Ce que les dirigeants et une majorité de l’électorat américain savent à présent, c’est qu’en premier lieu l’Irak n’aurait jamais dû être un pays, donc essayer d’y faire fonctionner la démocratie est susceptible d’être une tâche ingrate » (Forbes, Décembre 15).

Une telle intransigeance et un tel manque de sensibilité (détruire un pays souverain, puis nier son droit à avoir jamais existé- ce qui rappelle la logique du comportement d’Israël en Palestine) - sont les principales caractéristiques de la représentation de la guerre en Irak par les médias américains.

Dans leur article du Los Angeles Times du 15 décembre, David S. Cloud et David Zucchino reconnaissent, quoique tardivement, que des Irakiens ont été tués. Toutefois, ils se contenent de citer le chiffre le plus bas qu’ils ont pu trouver (à partir du site Web de Body Count), et usent de généralisations qui indirectement font porter la responsabilité de la violence aux Irakiens eux-mêmes. « Avec les Américains partis, c’est (aux Irakiens) d’aider à contrôler la violence endémique dans le pays », écrivent-ils.
Oui, « endémique » signifie « naturelle ou caractéristique d’un peuple ou d’un lieu » (Dictionary.com). Si les Irakiens sont enclins à la violence en raison de leur nature culturelle, religieuse ou même génétique, pourquoi dont le comptage quotidien des morts Irakiens commence-t-il en mars 2003, date de l’invasion américaine ? Qui a pris la décision d’aller à la guerre, faisant de la violence quelque chose « d’endémique » ? Certainement pas le peuple irakien.

Et ce n’était pas les Irakiens qui ont semé les germes de leurs propres conflits inter-confessionnels non plus. Cela a également été le cadre d’une stratégie visant à redéfinir le rôle militaire des Etats-Unis depuis la recherche d’armes (inexistantes) de destruction massive vers la lutte contre le terrorisme, tout en prétendant simultanément éteindre le feu de la violence sectaire.

En termes militaires brut, la guerre en Irak peut être présentée comme terminée, mais ce n’est pas le cas du point de vue des Irakiens. Cette guerre qui a commencé il y a près de neuf ans avec la campagne de bombardement destinée à produire « choc et effroi », est symptomatique des politiques américaines à venir. La région entière est devenue l’épine dorsale d’un empire américain sur le déclin.

Dans son livre très marquant, The Shock Doctrine : The Rise of Disaster Capitalism, Naomi Klein décrit comment la guerre en Irak avait pour but de construire un modèle pour le Moyen-Orient. C’était une expérience, dont le succès présumé pourrait influer sur la géopolitique de la région tout entière. Dans le chapitre intitulé, « Effacer l’Irak : À la recherche d’un ’modèle’ pour le Moyen-Orient », Klein décrit la tentative de détruire et ensuite de « ressusciter » le pays en le faisant entrer dans le moule adéquat pour ceux qui ont administré sa chute. Elle conclut la partie 6 avec la déclaration suivante : « Pour finir, la guerre en Irak a créé un modèle d’économie ... Elle est devenue un modèle pour la guerre privatisée et la reconstruction - un modèle qui est rapidement devenue prêt pour l’exportation ».

Ecrivant sur le site Web de Fox News sous le titre « Irak : La victoire ou la défaite », Oliver North ne manifestait aucune empathie et certainement pas pour les Irakiens. « Qui a gagné ? », a-t-il demandé. « Courte réponse : les soldats, les marins, les aviateurs, les gardes et les marines américains, et le peuple américain, dont les fils et filles ont servi en Irak. »

C’est ce type de patriotisme irrationnel et de hooliganisme intellectuel qui ont rendu en premier lieu la guerre possible. Et ils continueront à faciliter de futures guerres, suivies de fausses victoires.

Les millions d’Américains (et beaucoup plus dans le monde), qui sans crainte et avec courage se sont opposés à la guerre, continueront à le faire. Si les Etats-Unis veulent récupérer une once de crédibilité dans le monde, il doivent cesser de considérer la guerre comme une simple occasion stratégique. La guerre est brutale et inhumaine. Elle est coûteuse à tous les niveaux et ses terribles conséquences traversent les générations - ce que l’avenir de l’Irak va avec certitude, et si tristement, révéler.

samedi 7 janvier 2012 - 06h:34

Ramzy Baroud

Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est un journaliste international et le directeur du site PalestineChronicle.com.

Son dernier livre, Mon père était un combattant de la liberté : L’histoire vraie de Gaza (Pluto Press, London), peut être acheté sur Amazon.com.

22 décembre 2011 - Communiqué par l’auteur
Traductions : Info-Palestine.net - Nazem


L'armée US admet avoir tiré sur des combattants anti-Qaïda.

Un groupe de plus de cent combattants de Jorf al-Sakher, dans le sud de l'Irak, ont cessé samedi de coopérer avec l'armée américaine.

L'armée américaine a admis dimanche avoir tiré la veille sur des combattants anti-Qaïda dans le sud de l'Irak, provoquant pour la première fois la démission d'un groupe de plus de cent hommes.
"Une enquête a été ouverte sur cet incident.

Toutefois nous avons été pris pour cible en premier et avons riposté. Nous pensons que les (combattants anti-Qaïda) nous ont visé par erreur et il se peut que nous en ayons tué trois", a affirmé le commandant Brad Leighton à l'AFP. "Nous regrettons la perte de vie innocente et la politique de la coalition est de dédommager les familles des personnes tuées accidentellement dans nos opérations", a poursuivi le commandant.
Un groupe de plus de cent combattants de Jorf al-Sakher, dans le sud de l'Irak, ont cessé samedi de coopérer avec l'armée américaine, qu'ils accusent d'avoir tués trois des leurs, ce qui porte, selon eux, à 19 le nombre de leurs combattants tués par erreur depuis un mois. "Le groupe du réveil de la région de Jorf al-Sakher (au nord de la ville de Hilla, située à 100 km au sud de Bagdad), qui compte 110 combattants, a démissionné de ses fonctions pour protester contre les assassinats planifiés menés par la coalition", a affirmé le chef du groupe, Sabah al-Janabi à l'AFP.
Selon M. Janabi et un responsable local de la police, Ali al-Lami, les trois combattants anti-Qaïda ont été tués par un tir d'hélicoptère américain. "Il s'agit du troisième incident en un mois. Nous avons déjà perdu 19 hommes et 12 ont été blessés par des bombardements de la coalition", a dit M. Janabi. Les "comités populaires", également baptisés les "forces du réveil" ou encore les "fils de l'Irak", sont des groupes mobilisés depuis septembre 2006 avec le soutien financier américain pour lutter contre Al-Qaïda.
Au nombre de 130 groupes, ils regroupent 80.000 combattants en grande majorité des sunnites, selon les estimations américaines.
Dans quelques régions d'Irak, des tensions sont toutefois apparues entre ces groupes et l'armée américaine ou les autorités locales.

(afp)

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1734/Irak/article/detail/173919/2008/02/17/L-arm-e-US-admet-avoir-tir-sur-des-combattants-anti-Qa-da.dhtml



2 L'Irak au cœur des débats.

Alain Gresh : Haditha, un massacre impuni en Irak.

Ce taux élevé d’acquittement confirme, bien évidemment, aux yeux des Irakiens comme des peuples de la région, que le discours démocratique et humanitaire tenu par l’Occident est la couverture d’une politique cynique.

 La nouvelle a été réduite à quelques lignes dans Le Monde et à peine évoquée ailleurs. Le quotidien du 27 janvier écrivait : « L’arrangement judiciaire qui a permis au sergent des marines américain Frank Wuterich, accusé de la mort de 24 civils irakiens (dont 10 femmes et enfants tués à bout portant) en novembre 2005 à Haditha, d’échapper à la prison a provoqué l’écœurement en Irak. En plaidant coupable devant une cour martiale de Camp Pendleton, M. Wuterich n’encourt que la dégradation et une peine maximale de trois mois aux arrêts. Le président de la commission des droits de l’homme du Parlement irakien, Salim Al-Joubouri a dénoncé une “atteinte à la dignité des Irakiens”. [1] » Point final, aucun commentaire, aucun éditorial indigné, ni dans Le Monde, ni dans les autres médias. Le porte-parole du Quai d’Orsay, si prompt à s’émouvoir de toute violation des droits humains, est resté silencieux.

Rappelons les faits. Le 19 novembre 2005 à Haditha, une ville de la province d’Al-Anbar, une mine artisanale explose sur le passage d’un convoi américain ; elle provoque la mort d’un caporal. En représailles, les marines tueront un grand nombre de civils et tenteront de camoufler le crime en prétendant que la grande majorité des morts avait été provoquée par la bombe. Mais les incohérences de cette version et le travail de la presse, notamment du Time Magazine, amèneront l’ouverture d’une enquête et la reconnaissance du fait que les troupes américaines ont délibérément tiré sur des civils. En 2007, Hollywood produit même un film, Battle for Haditha (Nick Broomfield), qui raconte le crime.

Pourtant, le procès qui s’est déroulé il y a quelques jours et qui a abouti à l’abandon des poursuites contre six marines et une peine légère pour le dernier, montre à quel point la justice des États-Unis est biaisée quand il s’agit de crimes de guerre commis par ses propres citoyens. On comprend mieux pourquoi Washington, si empressé de vouloir envoyer devant la Cour pénale internationale tel ou tel dirigeant d’un petit pays, refuse d’en signer le statut, de peur d’y voir traînés ses propres responsables, dont ceux qui ont déclenché la guerre contre l’Irak (lire « Du Liban à l’Irak, juger les criminels ? »).

Dans un article du New York Times du 27 janvier, « An Iraqi Massacre, a Light Sentence and a Question of Military Justice », Charlie Savage et Eilsabeth Bumiller écrivent : « Les informations limitées disponibles montrent que même quand les militaires ont essayé de poursuivre des soldats pour meurtre ou massacre en zone de combat, le taux d’acquittement a été bien plus élevé que pour des cas civils. » Ce taux élevé d’acquittement confirme, bien évidemment, aux yeux des Irakiens comme des peuples de la région, que le discours démocratique et humanitaire tenu par l’Occident est la couverture d’une politique cynique.
[1]
« Haditha : le scandale après le massacre »
Alain Gresh

lundi 30 janvier 2012

Le Monde diplomatique



Analyse& déclaration

a)   Les voisins 

Turquie

Conflit confessionnel : Erdogan menace l’Irak: « La Turquie ne restera pas silencieuse."  

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a prévenu mardi les autorités irakiennes que la Turquie ne restera pas silencieuse si elles favorisent un soi-disant « conflit confessionnel » en Irak, alors que Bagdad a récemment accusé Ankara d'interférer dans ses affaires intérieures.
"M. (le Premier ministre irakien Nouri) al-Maliki doit comprendre ceci: si vous entamez un processus d'affrontement en Irak sous la forme d'un conflit confessionnel, il n'est pas possible que nous restions silencieux", a déclaré M. Erdogan dans une allocution devant les députés de son parti à Ankara.
"Il n'est pas possible que nous restions silencieux car nous partageons avec vous une frontière commune, nous avons des relations de parenté, chaque jour nous sommes en contact avec vous", a-t-il dit.
"Nous attendons des autorités irakiennes qu'elles adoptent une attitude responsable qui laisse de côté les discriminations confessionnelles et prévienne les conflits confessionnels", a ajouté Erdogan.
Le Premier ministre a dénoncé des "déclarations très laides et malvenues" de M. Maliki, faisant référence à des reproches exprimés le 13 janvier par celui-ci, qui a accusé la Turquie de s'immiscer dans les affaires intérieures de l'Irak.
La Turquie s'était opposée à un mandat d'arrêt émis contre le vice-président irakien, Tarek Hachémi, accusé de diriger des escadrons de la mort en Irak.
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=47239&cid=20&fromval=1&frid=20&seccatid=29&s1=1


Irak

L'Irak qualifie de "provocation" les déclarations d'Erdogan
Le bureau du Premier ministre irakien, Nuri al-Maliki, a qualifié mardi de provovation les déclarations du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qui a affirmé qu'Ankara ne resterait pas silencieux si les autorités de Bagdad favorisaient un conflit confessionnel en Irak.
"M. Erdogan a provoqué tous les Irakiens par ses déclarations, particulièrement ceux qui croient qu'il les défend", affirme le communiqué faisant clairement allusion aux sunnites.
http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/741734/LIrak_qualifie_de_%22provocation%22_les_declarations_dErdogan.html


Russie

la Russie prête à s'associer aux grands projets économiques.  
La Russie est prête à prendre une part plus active aux projets économiques d'envergure en Irak, a déclaré jeudi le représentant spécial du président russe pour le Proche-Orient, Mikhaïl Bogdanov.
"M. Bogdanov a réaffirmé que les sociétés russes étaient prêtes à s'associer à la mise en œuvre de projets importants dans différents secteurs de l'économie irakienne, à la condition que la sécurité des ressortissants russes en Irak soit assurée", lit-on dans un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.
Ce document a été publié sur le site du ministère à l'issue de négociations entre M. Bogdanov et une délégation du mouvement politique Moqtada al-Sadr, conduite par le leader du mouvement Mustafa el-Yacoubi.
La présence d'entreprises russes en Irak est particulièrement importante dans le secteur énergétique. Ainsi, la compagnie Gazprom Neft a entamé un forage de prospection sur le champ pétrolifère de Badra. Une autre entreprise russe, le groupe Lukoil, procède avec le norvégien Statoil à la mise en valeur du gisement pétrolier West Qurna-2. La production de brut doit y démarrer en 2013.
http://fr.rian.ru/business/20120126/193159417.html



3 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

3-1 Socialist Worker : Les médias passent sous silence les morts dont les Etats-Unis sont responsables.

Plus d’un million d’Irakiens sont morts dans la guerre américaine.

Cette phrase est un test décisif. La réaction immédiate de certaines personnes est de dire "Ce n’est pas possible" parce que les Etats-Unis ne pourraient pas faire une chose pareille. Ou parce que des crimes d’une telle envergure ne se produisent plus. Ou parce qu’ils se produisent mais seulement dans des endroits épouvantables que les Etats-Unis n’ont pas encore libérés.

Un million de morts c’est un chiffre qui vous fait dire "Grand-papa, pourquoi n’as-tu rien fait pour empêcher ça ?". C’est un chiffre qui place indéniablement les Etats-Unis au rang des méchants de l’histoire. Ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas accepter cela ne peuvent pas non plus admettre qu’un million d’Irakiens soit mort. Leur cerveau rejette cette éventualité comme s’il s’agissait d’un virus étranger.

Noam Chomsky a écrit un jour que "le signe d’une culture vraiment totalitaire est que des vérités importantes ont tout simplement perdu tout sens pour les gens et sont assimilées à des provocations du niveau de ’Va te faire foutre !’ et ne peuvent générer en réponse qu’une torrent parfaitement prévisible d’injures."

C’est en effet à peu près la manière dont les médias ont réagi au chiffre de un million quand il a été annoncé en 2007 par la firme de sondages britannique, Opinion Research Business (ORB) (En fait la firme estimait que 1 220 580 Irakiens étaient morts, ce qui confirmait en la mettant à jour une étude réalisée l’année précédente par des chercheurs de l’Université Johns Hopkins et publiée dans le journal médical The Lancet).

Prenons par exemple Kevin O’Brien, le rédacteur en chef du Cleveland Plain Dealer. Quand il a reçu le mail qui l’informait des résultats des recherches de ORB qui a parmi ses clients le Parti Conservateur Britannique et Morgan Stanley, il a répondu : "Enlevez-moi de votre mailing list et épargnez-moi votre propagande cousue de fil blanc".

* * * *

"Nous ne tenons pas le compte des cadavres" est la célèbre réponse que le Général Tommy Franks a faite à un reporter qui l’interrogeait sur les pertes civiles. Il n’est pas le seul dans son cas.

Dans les commentaires moroses du mois dernier sur la fin de la guerre en Irak, on a rarement trouvé un chiffre correspondant au nombre d’Irakiens morts. Les reporters ont répété que les chiffres des pertes irakiennes "n’étaient pas connus", ce qui montre que les médias ont à peu près le même intérêt pour le nombre de morts en Irak que pour le nombre d’écureuil morts dans un feu de forêt.

Ce que Mary Milliken de Reuters a écrit est typique : "Aujourd’hui nous avons commémoré la mort dans cette guerre d’un nombre inconnu d’Irakiens et celle de presque 4 500 Etasuniens."

Combien d’Etasuniens sont morts, Mary ? - Presque 4 500. Et combien d’Irakiens ? - Oh, vous savez, beaucoup. Un grand nombre.

"Un nombre inconnu" signifie qu’il n’y a pas d’estimation disponible du nombre exact de morts irakiens. En fait, il y en a deux : une organisation intitulée Iraq Body Count (IBC) a estimé à environ 110 000 le nombre d’Irakiens morts, sur la base des rapports des médias et des statistiques du ministère de la Santé. IBC admet que ce total est sûrement inférieur à la réalité parce que les armées d’occupation et les combattants de guerres civiles sectaires n’ont pas l’habitude de bien tenir leurs livres de comptes, mais il n’est pas d’accord avec le chiffre plus élevé de ORB et Johns Hopkins indiqué plus haut.

Sans vouloir entrer dans un débat méthodologique, il y a des chiffres disponibles qui permettraient de se faire une bonne idée des pertes civiles en Irak. Mais les reporters comme Kevin O’Brien et Mary Milliken ne les font pas "connaître".

Le silence qui entoure les chiffres n’est pas tant une conspiration que l’évidence que certains chiffres sont absolument incompatibles avec la mentalité impériale étasunienne.

Prenons un autre chiffre funeste d’une décennie antérieure : selon le Fond pour les Enfants de l’ONU, 500 000 enfants irakiens sont morts dans les années 1990 à cause des sanction imposées par l’ONU (sous la pression des Etats-Unis) qui empêchaient les médicaments et autres produits de première nécessité d’entrer dans le pays.

En 2000, le coordinateur des l’aide humanitaire de l’ONU a donné sa démission pour protester contre les sanctions, deux ans après que son prédécesseur ait fait la même chose. Ces deux diplomatiques expérimentés ont plus tard utilisé le mot "génocide" pour décrire la politique étasunienne.

Si vous ignorez ces faits ou les avez oubliés, vous n’êtes pas le seul. Il en est de même pour ceux qui ont décidé d’attaquer l’Irak. Il n’y a pas d’autre explication au fait que la stratégie de guerre et d’occupation étasunienne reposait sur la présomption que leur soldats seraient accueillis en libérateurs par les parents de ces 500 000 enfants. (Les sanctions d’ailleurs n’avaient pas été imposées au nord kurde, la seule partie d’Irak qui n’a pas offert de résistance massive à l’occupation étasunienne).

Ce n’est pas par hasard que la plupart des militants pacifistes les plus engagés sont des révolutionnaires d’une couleur ou d’une autre. Nous sommes capables d’appréhender l’atrocité du crime commis contre l’Irak parce que nous sommes radicaux. Et vice-versa.

Nous, les révolutionnaires, nous sommes confrontés ironiquement à la sagesse conventionnelle qui nous accuse d’être des adeptes fanatiques de "la fin justifie les moyens" sans aucun souci du sang versé, parce que nous voulons transformer la société.

Mais c’est Madeleine Albright, la Secrétaire d’Etat de l’époque, qui a dit en parlant de la mort des 500 000 enfants irakiens que "c’était le prix à payer". Et c’est Leon Panetta, le secrétaire de la Défense actuel qui a utilisé exactement la même expression à propos de la seconde invasion et occupation de l’Irak.

Ces paroles sont l’expression d’une ordre fanatique auquel nous devrions tous nous opposer de toutes nos forces.

Danny Lucia

Pour consulter l’original :http://socialistworker.org/2012/01/30/one-million-dead

Traduction : Dominique Muselet

URL de cet article 15724
http://www.legrandsoir.info/un-million-de-morts-en-irak-socialist-worker.html



4 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

4-1 Almanar.com. : US d’Irak : Mensonges, et défaite sans précédent!

Les dirigeants américains se sont attelés ces derniers jours à transfigurer leur défaite factuelle en Irak en une victoire illusoire.

Les Etats-Unis qui ont envahi ce pays riche en pétrole, n’ont certainement pas dépensé gratuitement plus de mille milliards de dollars et perdu des milliers de leurs soldats pour l’offrir à leur ennemi juré l’Iran.

L’administration américaine a tout fait pour garder des bases militaires à proximité de l’Iran et des milliers de ses soldats sous le titre de « formateurs américains », mais elle s’est affrontée à un refus ferme de la part des Irakiens.

Malgré cela, les dirigeants américains persistent dans le mensonge. 

L’opinion publique n’a pas encore oublié le «grand mensonge» de Bush sur les armes de destruction massive en Irak propagé pour justifier l’invasion du pays en 2003.

Aujourd’hui, son successeur, Barak Obama, semble adopter la même voie de falsification des faits, en qualifiant de « réussite extraordinaire » le retrait humiliant d’Irak.

Obama salue la « réussite » en Irak

S'exprimant mercredi sur la base de Fort Bragg (Caroline du Nord), le président américain a donc marqué «un moment historique de la vie de notre pays et de notre armée».
«Et tant que commandant en chef, je suis fier, au nom de la nation reconnaissante, de vous dire enfin ces mots:

«(…) C'est une réussite extraordinaire, qui a pris neuf ans».

Prix élevé de la guerre

Obama s’est en outre contredit en rappelant le «prix élevé» de la guerre, qui a coûté la vie à quelque 4500 Américains.

« Plus de 30.000 Américains ont été blessés, et ce sont seulement les blessés dont les blessures sont visibles», a-t-il ajouté, en allusion aux séquelles psychologiques dont souffrent les anciens combattants.
Cérémonie marquant la fin d’occupation à Bagdad

Entre-temps, en Irak, les soldats d’occupation américaine ont symboliquement marqué jeudi à Bagdad, lors d'une cérémonie, la fin de leur occupation.

Le général Lloyd Austin, qui commande les forces américaines dans ce pays a replié officiellement le drapeau des Forces américaines en Irak (USF-I).

La cérémonie a eu lieu à l'aéroport de Bagdad, endroit emblématique puisque ce fut le premier secteur occupé par l'armée d’occupation en mars 2003.

Panetta prédit des défis en Irak

Le secrétaire américain à la guerre Leon Panetta qui a participé à cette cérémonie, a prédit que "l'Irak va être confronté à des défis lancés par les terroristes et par ceux qui vont essayer de diviser le pays, mais les Etats-Unis resteront aux côtés des Irakiens", selon lui.

Le nombre des soldats US tués est beaucoup plus supérieur à celui annoncé

Selon le témoignage d'un soldat US se prénommant Kevin daté du 23 mai 2011, il n’y aurait pas seulement 4500 soldats américains qui ont été tués en Irak.

''Je peux attester qu'en 2007 lorsque j'étais en activité, je me suis porté volontaire pour décharger les cercueils de soldats US sur une base aérienne. Je faisais parti de deux équipes qui se relayaient jour et nuit par un roulement de 12 heures. J'ignore si cette activité était entreprise avant ou sur d'autres bases aériennes. De même, j'ignore, mais je le soupçonne fortement, si cette activité a continué par la suite. Depuis toujours nous avons considéré que le nombre officiel des tués US était en contradiction amère avec la réalité. ''

Fête parmi la population

Côté irakien, des milliers de personnes ont brûlé des drapeaux américains, brandi des banderoles et défilé dans les rues de plusieurs villes irakiennes pour fêter à leur façon le retrait humiliant des troupes d’occupation du pays.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=41626&cid=20&fromval=1&frid=20&seccatid=29&s1=1


4-2 Anastasiya Pershkina : Des drones américains dans le ciel irakien.

Les relations entre les Etats-Unis et l'Irak sont sous la menace des drones américains. Comme l’affirment les autorités irakiennes, les appareils de renseignement survolent le territoire de leur pays sans autorisation, ce qui représente une menace non seulement pour la sécurité des citoyens, mais aussi pour la souveraineté nationale de l'Irak.

Les autorités américaines, en répondant aux accusations des Irakiens, affirment que des drones «diplomatiques» sont utilisés pour survoler le pays. Ils volent à basse altitude et recueillent des informations concernant les embouteillages sur les routes qu’empruntent les convois. Ce qui peut être également intéressant pour ces appareils, ce sont des manifestations qui sont organisées dans le pays. Mais le gouvernement irakien ne croit pas à ces explications et donne l’exemple du Pakistan, où les drones sont utilisés pour chasser les Talibans, mais ils attaquent parfois aussi des civils. Par ailleurs, l’Irak craint également qu’après les drones de renseignement, des drones militaires puissent apparaître dans l’espace aérien de l’Irak.
«Le terme de «drone diplomatique» est très arbitraire et suscite un certain étonnement», considère Petr Topytchakov, l’expert du Centre de sécurité internationale de l’Institut de l'économie mondiale et des relations internationales (IMEMO) de l’Académie Russe des sciences. «Car on ne connaît pas la différence entre un drone «diplomatique» et «non-diplomatique». La question, c’est de savoir quelle est la mission de ces appareils. Il est évident que dans le cas de l’Irak, il s’agit des missions de renseignement. Le drone doit prendre des photos, transmettre des images du déploiement des forces militaires, et du déplacement des personnes. Il doit examiner les différents objets militaires. Mais dans quel but ces appareils peuvent-ils être utilisés par la suite ? Les Irakiens supposent qu’ils pourraient être utilisés pour des bombardements. Rien n’empêche de les utiliser ensuite dans ce but».
Les préoccupations des autorités irakiennes son tout à fait compréhensibles. En 2011, même si certains spécialistes considèrent cette opération de «rebranding», le retrait des troupes américaines d'Irak a bien été terminé. Seule une division militaire, composée de 5000 personnes, se trouve toujours sur le territoire du pays. Elle assure la garde de l’Ambassade américaine en Irak. Par ailleurs, les Etats-Unis n’ont pas cessé d’apporter une aide financière au gouvernement irakien. Et les Irakiens, en l’acceptant, craignent que les Américains vont à nouveau s’impliquer activement dans la politique du pays.
«Pour les Etats-Unis, l’Irak est devenu un terrain d'essais, sur lequel sont testés des mécanismes de diffusion des principes de contrôle politique, caractéristique pour les pays occidentaux», analyse Petr Topytchkanov. «Strictement parlant, le changement de régime, la création de nouvelles institutions du pouvoir, le changement total du paradigme du gouvernement - tout cela a été utilisé en Irak après la destitution de Saddam Hussein. Et les Etats-Unis espèrent voir en l'Irak un État qui puisse devenir un possible modèle d’Etat démocratique pour les pays du Moyen-Orient. Et ce terrain d’essai a influencé indirectement les autres pays et les événements politiques qui sont communément appelés le par le terme «Printemps arabe».
L’Irak reste en outre un tremplin important pour les Etats-Unis dans la région, car il possède des frontières communes avec deux Etats hostiles envers les Etats-Unis – la Syrie et l’Iran.
«Ce pays peut jouer deux rôles différents», estime Fedor Loukianov, le rédacteur en chef du magazine La Russie dans la politique globale. «Il peut jouer le rôle du pont qui relie deux Etats amicaux et proches, et apporter un soutien du régime syrien depuis l’Iran et participer ainsi dans des mouvements anti-occidentaux et anti-sunnites. Mais si les Etats-Unis vont faire pression sur ce pays, l’Irak pourra au contraire être un obstacle à la coopération entre l'Iran et la Syrie, et aider ainsi à renfermer l'anneau d’isolation autour du régime d'Assad».
Les experts estiment que les Etats-Unis tentent d'étouffer le scandale actuel autour des drones et vont demander officiellement aux autorités irakiennes l’autorisation pour leur utilisation. La principale raison de cela – ce sont les élections présidentielles américaines. En tant que candidat, Obama ne va pas aggraver les relations avec aucun pays, redoutant de perdre son soutien populaire. Mais après novembre 2012, des changements de la position américaine sont possibles, surtout si la présidence sera assurée par un représentant du Parti républicain.

Anastasiya Pershkina

Jeudi 2 Février 2012

french.ruvr.ru



5 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

5-1 McDonough County :A QUI PROFITE LE CRIME ?

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

De nombreux vétérans post 11-Septembre estiment que les guerres n’en valaient pas la peine.

Dix années se sont écoulées depuis que les États-Unis ont envahi l’Afghanistan, et durant cette décade, [les USA] ont perdu plus de 6000 soldats dans les conflits tant là qu’en Irak.
Les vétérans post 11-Septembre et les troupes [US] encore à l’étranger se sont battues avec courage et abnégation pour protéger notre nation loin de leurs êtres chers, pour effectuer souvent plusieurs périodes de service au front.
Tandis que le président Obama semble vouloir retirer pratiquement toutes les troupes d’Irak d’ici la fin de l’année, la mission en Afghanistan n’est toujours pas terminée. Le personnel militaire continue d’endurer des sacrifices, parmi lesquels le syndrome du stress post-traumatique et les blessures physiques de guerre.
Aussi, lorsque les vétérans nous font part de leurs opinions sur les missions pour lesquelles ils ont tant sacrifié, nous devrions écouter attentivement. Le Pew Research Centre a diffusé un récent sondage de vétérans post 11-Septembre qui contient quelques informations surprenantes : un tiers des vétérans pense que les guerres en Irak et en Afghanistan n’en valaient pas la peine.
Bien que cette opinion ne soit pas majoritaire, il est surprenant qu’un pourcentage aussi élevé de ceux qui ont risqué leurs vies pour les causes en Irak et en Afghanistan estime que ces guerres n’auraient jamais dû être entreprises.
Le sondage a aussi révélé que pour la majorité des vétérans post 11-Septembre, après dix années de combats, l’Amérique devrait se concentrer moins sur les affaires extérieures et davantage sur ses problèmes domestiques.
Que l’Américain moyen ne fasse pas grand cas de ces missions est une chose. Après tout, elles sont devenues depuis longtemps des problèmes tant politiques que militaires, et il a finalement été demandé relativement peu de sacrifices aux familles de non-combattants – même au niveau des impôts.
Mais concernant ceux qui ont été les témoins directs des efforts en cours, qui ont subi au premier chef la dévastation des guerres et qui ont vu leurs effets sur nos Alliés et leurs positions, il extrêmement frappant de les voir manifester de tels sentiments au sujet de leur expérience à l’étranger.
Ces sentiments sont exactement ce que l’administration Obama devrait prendre en considération alors qu’elle planifie ses prochaines actions. Si autant de vétérans en viennent à penser que partir en guerre fut une erreur depuis le début, il serait temps que le gouvernement réfléchisse exactement pourquoi il en est ainsi et pourquoi il se bat.

McDonough County The Voice

http://11septembre2001.blogspot.com/


5-2 Chems Eddine CHITOUR : Des GI’s auraient vendu des listings d’employés à des « insurgés »

Retrait des Américains d’Irak : le chaos en cadeau d’adieu

 « On dit que le calife Haroun Errachid envoya comme cadeau à Charlemagne empereur d’Occident, à Aachen, une clepsydre, une horloge à eau, la première au monde à pouvoir mesurer le temps. Charlemagne envoya ce qu’il avait de mieux comme cadeau, des lévriers. »

Voilà résumé en une phrase le niveau de Bagdad il y a de cela 1200 ans comparé à l’Occident d’alors. Mieux encore, les Irakiens héritiers de la Mésopotamie avec Hammourabi qui fut le premier roi à édicter un corpus juridique, le fameux Code d’Hammourabi il y a de cela 34 siècles.

Pour rappel, l’Irak avait un système éducatif et de recherche performant.

Le niveau de développement était de loin le plus important du Monde arabe. Les infrastructures étaient développées et un célèbre dicton permet de situer le niveau intellectuel héritier de « Dar El Hikma » « La Maison de la Sagesse », le taux d’analphabétisme le plus bas du Monde arabe, il constituait un danger pour le « monde libre et civilisé ».

Une brève histoire de l’Irak

Du point de vue de l’histoire, le déclin de Bagdad est dû, dit-on, à l’invasion des Mongols d’Hulagu qui détruisirent la capitale vers 1250 mettant un coup d’arrêt à la civilisation musulmane. L’Irak fut par la suite rattaché à l’Empire ottoman, jusqu’au jour où il intéressa les Allemands avec le kaiser Guillaume qui promit au sultan Abdelhamid la construction du Bagdad Bahn, le train Berlin-Bagdad. La découverte d’indices de pétrole fut le début du malheur des Irakiens qui furent une variable de confrontation entre l’Empire, britannique, et le gouvernement français qui, après avoir démoli l’Empire ottoman - accords de Sykes-Picot - firent main basse sur le pétrole. L’Anglo Irakian Oil Company remplaça la Turkish Petroleum Company. Par la suite encore, les Etats-Unis demandèrent leur part du gâteau. De coups d’Etat en coups d’Etat fomentés par les puissances occidentales, l’Irak connut l’avènement de Saddam Hussein qui, au départ, fut « utilisé » pour contrer la Révolution iranienne de 1979.

La première guerre du Golfe fut sponsorisée par l’Occident en armements à Saddam, notamment français et américains, et financièrement ce sont les roitelets du Golfe qui furent mis à contribution. Huit ans plus tard, fin des combats pour rien. L’empire soviétique s’effondrait, grâce aux coups de boutoir des moudjahidine commandés par le meilleur allié de l’Occident, Oussama Ben Laden.

Lors de la deuxième guerre du Golfe de 1991, qui, rappelons-le, s’est faite sur un malentendu, Saddam Hussein avait reçu l’ambassadrice Glapsie et l’avait informée des problèmes qu’il avait avec le Koweït -19e province de l’Irak avant la Première Guerre mondiale. Celle-ci lui aurait dit que les Etats-Unis ne se sentent pas concernés par ce problème. L’erreur de Saddam Hussein - en envahissant le Koweït le 2 août 1990 - est d’avoir cru que les Américains n’interviendraient pas. Il le paya cher, mais curieusement, George Bush s’arrêta aux portes de Bagdad. Ce fut la fin de l’Histoire, d’après l’idéologue du Pentagone Francis Fukuyama. Plus rien ne s’opposait à l’hyper puissance américaine. Cependant, deux faits importants sont à signaler d’abord, le déclin des réserves pétrolières aux Etats-Unis et la montée en puissance aux Etats-Unis des néoconservateurs avec un « born again », George Bush, inféodé au lobby sioniste pro-israélien. De plus, l’Irak de Saddam apparaissait comme un danger pour Israël. pour un autre motif concocté par les néo-conservateurs, l’Irak fut accusé d’avoir des liens avec Oussama Ben Laden, et de détenir des armes de destruction massive. Douze ans après son père, George Walker Bush envahit l’Irak en mars 2003, sans qu’il y ait une résolution des Nations unies.

Que reste-t-il de l’Irak ?

En octobre 2006, la revue médicale The Lancet estimait le nombre de décès irakiens imputables à la guerre à 655.000. L’institut Opinion Research Business a estimé à plus de 1000.000 le nombre de victimes irakiennes entre mars 2003 et août 2007. La guerre a provoqué l’exode d’au moins deux millions d’Irakiens. Ceci sans parler des dégâts occasionnés par le Programme « pétrole contre nourriture » : plus de 500.000 enfants seraient morts de maladie et de malnutrition. Les dommages aux infrastructures civiles sont immenses : les services de santé sont pillés. Il y a eu une détérioration des canalisations d’eau et la dégradation des bassins hydrographiques du Tigre, de l’Euphrate. Il y a de plus, augmentation de l’insécurité générale (pillages, incendies et prises d’otage), suite à la désorganisation totale des différents services publics tels que les forces de l’ordre. De nombreux centres historiques ont été détruits par les bombardements américains, les combats et les pillages. Le Musée national d’Irak a été pillé.

Le bilan est connu, des centaines de milliers de morts, des millions de personnes déplacées, les infrastructures détruites et réduites à l’âge de pierre selon la promesse de George Bush père. Le 15 septembre 2004, l’armée américaine relâche 275 détenus de la prison d’Abou Ghraib avec toute l’horreur attachée à la perversion d’un côté et aux souffrances de l’autre. En janvier 2007, en pleine fête de l’Aïd el Adha, Saddam Hussein a fait preuve d’un rare courage lors de sa pendaison. Comme l’écrit Manlio Danucci faisant le bilan de cette chevauchée fantastique : « Nos troupes sont sorties d’Irak ’’la tête haute’’, a annoncé le commandant en chef Barack Obama. Les USA ont de quoi être fiers.. Mis à feu et à sang par plus d’un million et demi de soldats, que le Pentagone a déployés par rotations, avec aussi des centaines de milliers de contractor militaires (mercenaires), en employant n’importe quel moyen pour écraser la résistance : des bombes au phosphore contre la population de Fallujah aux tortures d’Abu Ghraïb. Provoquant environ un million de victimes civiles, qui s’ajoutent à celles de la première guerre contre l’Irak et de l’embargo. Laissant un pays sinistré, avec un chômage à plus de 50%, la moitié des médecins qu’il avait avant l’invasion, un tiers des enfants affectés de malnutrition, à qui s’ajoutent ceux qui ont des malformations génétiques dues aux armes du Pentagone. Une guerre que les USA ont payée de 4500 morts et plus de 30.000 blessés chez les militaires, dont 30% sont rentrés chez eux avec de graves problèmes psychiques. Guerre qui a coûté 1000 milliards de dollars, à quoi s’ajoutent environ 4000 milliards de dépenses indirectes, comme celles de l’assistance aux anciens combattants. » (1)

Dans sa course à la Maison-Blanche, Barack Obama avait promis le désengagement de l’Irak, mais pas à n’importe quel prix. En novembre 2008, les gouvernements irakien et américain ont signé un pacte bilatéral incluant le Status of Forces Agreement (Sofa) qui fixe à la fin 2011 le terme de la présence militaire des États-Unis. Les Américains avec la satisfaction du devoir bien fait, notamment par une mainmise sur les ressources pétrolières et agricoles par multinationales américaines interposées, rentrent au pays.

Depuis 2005, le gouvernement irakien a acheté des armements étasuniens pour une valeur de 5 milliards de dollars et, selon le programme, il en achètera d’autres pour 26 milliards. Les Etats-Unis ayant réussi à mettre en place une partition de fait de l’Irak en trois régions quasi autonomes avec le Nord kurde, la région de Bagdad à majorité sunnite et le sud de l’Irak à majorité chiite. En même temps, poursuit Manlio Dinucci, Washington s’attache le gouvernement régional kurde de Masoud Barzani avec lequel Exxon Mobil a conclu un gros contrat d’exploitation pétrolière, en doublant le gouvernement de Bagdad. Au Kurdistan irakien opèrent depuis 2003 des forces spéciales étasuniennes, sous les ordres du général Charles Cleveland. Celui-là même qui - révèle le journal égyptien al-Arabi - entraîne et dirige aujourd’hui en Turquie les commandos de l’« armée syrienne libre » pour la « guerre subrogée » contre la Syrie. (1)

Mieux encore, on apprend que même l’agriculture plusieurs fois millénaire de l’Irak est menacée. L’ordonnance 81 signée il y a cinq ans, le 26 avril 2004, par l’administrateur provisoire de l’Irak, Paul Bremer, a placé le pays sous le joug économique total de l’Occupant en obligeant le pays à réformer drastiquement son économie sur le modèle économique néolibéral américain. Ceci en violation de la Constitution irakienne et des conventions de La Haye et de Genève qui stipulent que l’occupant doit respecter la juridiction du pays occupé. Il s’agit d’une véritable déclaration de guerre contre les fermiers des pays occupés. Elle a livré le pays en pâture aux nécro-entreprises géantes qui contrôlent le commerce mondial des graines, comme Monsanto, Syngenta et Dow Chemicals. Comble de l’ironie, c’est au coeur de la Mésopotamie (l’actuel Irak) qu’a été inventée l’agriculture voici plus de dix mille ans ! L’ordonnance 81 a donné aux sociétés étrangères un droit de propriété intellectuelle (semblable à ceux que Washington a introduits dans les règles de l’OMC) qui leur concède pendant vingt ans le monopole sur la production, la reproduction, la vente, l’exportation, l’importation et le stockage de toutes les semences génétiquement modifiées et les variétés de plantes « similaires ». L’article 14 de cette loi interdit aux agriculteurs de réutiliser les semences de ces variétés transgéniques protégées ! Les agriculteurs « coupables » d’avoir semé des graines non achetées, ou dont le champ aurait été contaminé accidentellement, encourent de fortes amendes, voire des peines d’emprisonnement, la destruction de leurs récoltes, de leurs outils et de leurs installations ! Monsanto a fait un hold-up sur les semences millénaires des pays qu’elle envahit pour les modifier génétiquement, les breveter et les revendre aux agriculteurs désormais contraints de payer pour pouvoir les cultiver !

L’Irak actuel

Face au refus de l’Irak d’accorder l’immunité à des milliers de soldats américains chargés de poursuivre la formation, le président Obama avait décidé, le 21 octobre, le retrait total des troupes.

La paix n’a jamais été à l’ordre du jour même du temps de la présence américaine. La boite de Pandore du régionalisme et surtout de l’extrémisme religieux à fait le reste malgré un décor exogène comme l’organisation d’élections, le chaos est là parce que les problèmes de fond qui existaient du temps de Saddam Hussein qui les traitaient à sa manière au nom d’un intérêt supérieur, celui de l’Etat Nation laïc, ressurgissent maintenant qu’il n’y a plus de garde fous. Les partis en présence, n’ont pas connaissance du logiciel de la paix. Je pense même que chacun à sa manière instrumente la religion pour s’emparer du pouvoir. Apparemment le clan chiite de Nouri el Maliki celui qui ordonna la mise à mort de Saddam Hussein le sunnite, l’a emporté su l’autre clan d’Ilyad Alaoui le sunnite, à telle enseigne qu’il a fallu plus d’une année pour former le nouveau gouvernement .

« Des élections ont eu lieu et un gouvernement à majorité chiite a mis plus d’une année à émerger. (...) Outre les dizaines de milliers de membres de sociétés de sécurité privées, peu connues pour leurs compétences en termes de réconciliation et de maintien de la paix. Les Américains laisseront 50.000 au Koweït, prêts à débarquer en cas de besoin. Le chaos qui règne à Bagdad ne leur laissera peut-être même pas le temps de défaire leur paquetage. La transformation de Bagdad en une ville à majorité chiite et le soutien des pays frontaliers devaient jouer un rôle majeur dans la stabilisation du pays. Au moins 12 explosions ont retenti dans 9 quartiers de la ville, faisant 63 morts et plus de 200 blessés. Des attaques coordonnées qui ciblaient essentiellement les quartiers chiites et qui font craindre un retour des violences confessionnelles sur fond de luttes politiques. Comme dans toute guerre, il y a ceux qui ont collaboré avec l’ennemi. Ils - ou elles - écrit Gilles Munier, étaient pour la plupart employés à tout faire, mais aussi secrétaires, interprètes ou espions. Certains, cagoulés, participaient aux interrogatoires et aux séances de torture. Considérés comme des traîtres par la population. Tous rêvaient de partir avec les occupants, d’émigrer aux Etats-Unis. Les Américains ont abandonné leurs collaborateurs à leur triste sort. Le bruit court même à Bagdad que des GI’s auraient vendu des listings d’employés à des « insurgés ». Une loi américaine, votée en 2008, a créé le Special Immigrant Visas (SIV) qui facilite l’entrée aux Etats-Unis des Irakiens qui travaillaient dans leurs bases et qui sont menacés de mort ou d’enlèvement. Mais, en quatre ans, seules 25.000 demandes ont été acceptées, 7000 visas délivrés. (2)

C’est une force étrangère, lit-on dans un éditorial du Monde, qui envahit le pays et ce sont des proconsuls américains bunkérisés qui vont le gouverner ensuite. L’Irak a été privé d’une partie de son histoire. Tout est faux depuis le début dans cette tragédie. Les motifs invoqués par George W. Bush pour se lancer dans l’aventure : l’Irak n’avait rien à voir ni avec Al Qaeda ni avec les attentats du 11 septembre 2001 ; le régime, exsangue après des années d’embargo, n’entretenait aucun arsenal d’armes de destruction massive (…). (3)

« L’Irak s’est un peu démocratisé, il est plus libre. Mais il est plus divisé que jamais entre ses trois composantes ethnico-religieuses. Il est gouverné par un parti pro-iranien issu de la majorité arabe chiite, qui marginalise la minorité sunnite, cependant que les Kurdes du pays vivent en quasi-indépendance. La violence est endémique. Un Irakien sur quatre vit dans la misère. La classe moyenne a fui à l’étranger. Le statut des femmes a régressé. La production pétrolière n’a pas retrouvé son niveau d’avant-guerre. (...) » (3)

« Chercheur au CNRS et spécialiste de l’Irak, Pierre Jean-Luizard anticipait les difficultés à venir : « Les Américains laissent derrière eux un système politique qui est voué à l’échec. C’est un système qui a été, par défaut d’autres solutions, conçu sur des bases confessionnelles et ethniques, dont la Constitution de 2005 condamne les Irakiens à jouer un jeu politique duquel ils ne peuvent pas sortir et qui les met en confrontation sur des bases d’abord communautaires et régionales. La meilleure illustration de tout cela est le mandat d’arrêt que le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki vient de lancer contre le vice-président arabe sunnite Tareq al-Hachemi. Accusé de terrorisme et d’avoir financé des escadrons de la mort, Tarek El Hachémi nie toutes les accusations et accuse le Premier ministre de complot, qualifié de « Saddam chiite » par ses opposants. Le groupe parlementaire sunnite Iraqiya a décidé de boycotter l’Assemblée et le gouvernement. Une provocation pour le chef du gouvernement, lequel a menacé de remplacer les neuf ministres appartenant à Iraqiya s’ils maintenaient cette décision.. « Cette guerre menée pendant plus de huit ans par Bush et Obama est un échec patent. Leur armée abandonne un pays aux mains d’un gouvernement chiite corrompu, allié à l’Iran, et en butte à l’hostilité d’une minorité sunnite », confie un officier du renseignement. Un nouveau Vietnam suivi d’une guerre civile pour les plus optimistes, « un arc chiite allant de la Syrie à l’Iran, en passant par l’Irak et le Hezbollah libanais ». Autrement dit, la hantise d’une troisième intifada chiite pour les plus alarmistes. (4)

Y aura t-il d’autres Irak ?

On peut s’interroger si après le désastre irakien, les 4500 morts les dizaines de milliers de traumatisé et une guerre qui aura couté près de 1000 milliards de dollars, les Américains seront tentés par une autre aventure que celle de formater le monde. Pour le Christian Science Monitor qui rapporte le nouveau format des guerres américaines, on parle de nouvelles guerres : « On les appelle les interventions militaires « transhorizon » ou à distance : l’usage de drones ou de missiles lancés à partir de bâtiments de combat en vue d’éliminer des cibles humaines dans un pays étranger sans avoir à envoyer de soldats sur le terrain. Alors que les Etats-Unis quittent l’Irak après plus de huit ans de guerre et d’occupation, le recours accru à ces tactiques à distance et aux unités d’élite des forces spéciales, extrêmement mobiles, n’est qu’un exemple parmi d’autres de l’impact durable que cette guerre, lancée en mars 2003, a eu sur la politique étrangère américaine ». (5)

« “Pendant un certain temps, le syndrome postirakien produira une réelle réticence à mener des opérations militaires ressemblant de près ou de loin à la guerre en Irak”, prédit Stephen Walt, professeur à l’université Harvard. “Nous n’allons plus nous lancer dans des occupations prolongées ni tenter de remodeler la politique intérieure d’un pays.”Autrement dit, au lieu de guerres comme celle d’Irak, nous assisterons à des interventions ciblées, comme au Pakistan et au Yémen. “Nous allons nous employer à éliminer les méchants au lieu de chercher à réformer des sociétés entières”, résume l’universitaire ». (5)

On le voit la tentation d’empire étasunienne est intacte, sauf que l’expérience américaine est mise à profit pour ouvrir d’autres théâtres. De fait poursuit le journal : « La guerre d’Irak ainsi que celle d’Afghanistan ont conduit les Etats-Unis à se préoccuper d’une région qui ne devrait pas jouer un rôle important dans leur future prospérité. Comme Jon Huntsman Jr., candidat à l’investiture républicaine pour la présidentielle de 2012, se plaît à le répéter : « Notre avenir n’est pas dans les montagnes afghanes de l’Hindu Kuch ». Après s’être focalisés sur l’Irak pendant la majeure partie de la dernière décennie, les Etats-Unis doivent, selon M. Lindsay, rattraper leur retard dans une région qui pèsera beaucoup sur leur futur : l’Asie orientale ». (5)

« “A présent, nous allons être beaucoup plus prudents pour décider des endroits et des moments opportuns pour faire appel à l’armée.” Selon Henry Barkey, un ancien analyste du département d’Etat, cette “nouvelle réticence” transparaît déjà dans le rôle de soutien que les Etats-Unis ont choisi de jouer dans l’intervention de l’Otan en Libye. Mais, selon d’autres experts, la Libye ne pré­sentait qu’un intérêt secondaire pour Washington. D’après eux, le véritable test de l’impact de la guerre d’Irak sur la politique extérieure américaine se fera avec l’Iran, et peut-être plus tôt qu’on ne le pense ». (5)

Nous y voilà. Le scénario est mis en place avec la complicité du directeur Général de l’AIEA qui n’a pas la même réticence qu’El Baradei ou encore moins qu’un Hans Blix qui s’est opposé frontalement à Georges Bush, en persistant sur le fait qu’il n’y avait pas d’ADM en Irak. L’actuel directeur de l’AIEA fait parti du scénario visant à créer le motif qui amènera le monde à un futur chaos. La guerre irakienne terminée, les GI’s ne sont pas loin, jute à côté au Koweït, ils peuvent reprendre du service. Il est possible même que le détroit d’Ormuz soit l’étincelle qui déclenchera l’apocalypse.

Nous ne souhaitons que l’Iran finisse comme l’Irak encore que cela ne sera pas facile pour l’empire ! L’Irak une des plus brillantes civilisations que l’humanité ait connues sombre dans un chaos qui, à moins d’un miracle, semble être parti pour longtemps. Tout ceci pour une mainmise sur des matières premières et imposer Israël comme « rempart contre la barbarie ».

1. http://www.legrandsoir.info/en-irak-la-guerre-est-subrogee-il-manifesto.html

2. Gilles Munier : 23 - 12- 2011 150 000 collaborateurs irakiens abandonnés par les troupes américaines
. Mauvaise fin pour une mauvaise guerre Editorial Le Monde 21.12.11

4. http://www.mleray.info/article-irak-le-chaos-94973865.html

5. http://www.courrierinternational.com/article/2011/12/22/dures-lecons-de-l-aventure-irakienne

URL de cet article 15497
http://www.legrandsoir.info/retrait-des-americains-d-irak-le-chaos-en-cadeau-d-adieu.html



6  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

6-1 Gilles Munier : Etats-Unis : départ d’Irak… sur la pointe des pieds ...

Comme la résistance irakienne le prévoyait, les troupes étasuniennes ont quitté l’Irak « la queue entre les jambes », sans tambour ni trompette. Cela dit, les Irakiens sont loin d’en avoir fini avec l’occupation américaine.

Barack Obama avait beau dire, le 12 décembre dernier, que les « derniers soldats américains »quittaient l’Irak « la tête haute et dans l’honneur », sur le terrain la réalité était toute autre. A part leurs obligés politiques et les trafiquants et proxénètes qui rodaient autour de leurs bases, personne ne les regrette. Pour les Irakiens, toutes tendances confondues, les G.I sont la lie de la terre, des « serial killers ». Les communicants du Pentagone se gardent bien de dire que l’armée US a dû payer cash plus d’une vingtaine de chefs de tribus sur la route du sud de l’Irak pour que les convois militaires parviennent au Koweït sans être attaqués.

 

Redéploiement militaire,plutôt que retrait

Dans un communiqué, l’Armée de l’Ordre naqshabandi, membre du front de libération dirigé par Izzat Ibrahim al-Douri, chef du parti Baas clandestin, fait remarquer que l’ambassade des Etats-Unis héberge « des milliers de mercenaires de sociétés de sécurité », que des consulats bourrés d’espions ont été ouverts dans chaque gouvernorat et que des officiers américains, baptisés « instructeurs », conseilleront les forces de répression du régime. Le porte-parole de l’organisation en conclut que l’occupation de l’Irak se poursuit sous une autre forme. C’est également le constat de Jason Chaffetz, Représentant républicain de l’Utah au Congrès des Etats-Unis, qui note qu’Obama s’est livré à un « tour de passe-passe », après le refus du gouvernement irakien d’accorder l’immunité aux G.I’s, en augmentant le nombre des« contractors » haïs par la population. La résistance nationale et Al-Qaïda au Pays des deux fleuves ont donc de beaux jours devant eux.

En effet, si les Etats-Unis ont construit à Bagdad une ambassade-bunker occupant une surface équivalent à celle de l’Etat du Vatican, ce n’est pas pour laisser les Irakiens maîtres de leur destin, mais pour tirer les ficelles des agents recrutés par la CIA ces neuf dernières années. Selon The Huffington Post, 50% des 16 000 personnes constituant le personnel de l’ambassade, sont des agents de sécurité. En d’autres termes des militaires et des espions. Ces chiffres ne comprennent pas les contractors – mercenaires - protégeant les consulats et leBureau de coopération en matière de sécurité qui forme la nouvelle armée irakienne aux matériels en attente de livraison : hélicoptères, tanks, et 18 F-16. Les contrats signés dans se domaine sont estimés à 13 milliards de dollars. D’autres, d’une valeur de 900 millions de dollars, sont en discussion. Au total, pas moins de 3 500 « contractors » seront dispatchées à travers l’Irak, dans dix agences dépendant du Bureau de coopération. On comprend à l’énumération de ces chiffres que le Pentagone préfère parler de « redéploiement » militaire, plutôt que de « retrait »  !

 

Vers la dictature

Les troupes qui s’en vont laissent derrière elles un pays brisé en mille morceaux. En neuf ans, alors que le pétrole coule à flot, les gouvernements américano-iraniens successifs n’ont pas été capables de remettre en état les infrastructures détruites en avril 2003. Saddam Hussein, se rappellent les Irakiens, avait rétabli la distribution d’eau potable et d’électricité en six mois, et fait reconstruire à l’identique les bâtiments et ouvrages détruits. Mi-décembre, Salah al-Mutlaq, vice-Premier ministre irakien, s’est dit « choqué » d’entendre Barack Obama présenter Nouri al-Maliki en visite à la Maison-Blanche, comme « le chef élu d'un Etat souverain, autonome et démocratique », d’autant qu’il était accompagné par Hadi al-Amiri, ministre des Transports et ancien chef de la milice Badr, accusé d’enlèvements et de tortures par les Irakiens. Depuis les dernières élections législatives, le Premier ministre irakien a entre ses mains tous les organes de sécurité et a fait arrêter un millier de baasistes soupçonnés de complot. Une brigade chiite, acquise à sa cause, suffirait pour occuper la Zone verte et cueillir au saut du lit tous les dirigeants opposés à son régime. En fait, dit Al-Mutlaq, l’Irak se dirige vers la dictature et la partition, c'est-à-dire vers de nouvelles guerres. Des vérités pas bonnes à dire, Maliki demande maintenant au Parlement de le démettre de son poste et s’en prend à Tarik al-Hashemi, vice-président de la République, chef du Parti islamique, les Frères Musulmans irakiens.

Gilles Munier

http://www.michelcollon.info/Etats-Unis-depart-d-Irak-sur-la.html



7 Annexe

7-1 Dr. Lawrence Davidson : Les Etats-Unis réduisent les coûts en utilisant de l’uranium appauvri dans ses guerres.

Les Etats-Unis ont utilisé l’uranium appauvri dans les guerres d’Afghanistan et d’Irak parce que ces armes destructrices et mortelles sont bon marché et très abondantes, dit un professeur à Press TV.

“C’est très bon marché et en abondance. L’uranium appauvri est un résidu de l’enrichissement de l’uranium passé un certain pourcentage”, a dit à Press TV le professeur Lawrence Davidson de l’université de West Chester.

Le gouvernement américain a utilisé des armes à l’uranium appauvri sur des humains dans ses deux dernières guerres, au moins 1 000 tonnes durant l’invasion de l’Afghanistan en 2001 et 2 400 tonnes lors de l’invasion de l’Irak en 2003.

Les commissions des droits de l’Homme ont prohibé l’utilisation de l’uranium appauvri sur les humains et ce incluant les conflits militaires, à cause des difformités congénitales et des cancers qu’il provoque.

Davidson a expliqué que ces armes ont certaines qualités qui font que Washington les utilise pour des buts militaires.

“Par exemple, les projectiles que vous pouvez réaliser avec cet uranium appauvri ont une très grande densité et quand vous les tirez d’un canon ou d’une mitrailleuse, ou d’un avion de combat, leur capacité de pénétration est très importante”, a t’il dit.

“Vous pouvez créer le projectile de telle façon qu’il se désintègre lors de sa pénétration et s’enflamme. Donc, disons qu’il pénètre un véhicule blindé, il va mettre le feu à tout l’intérieur du véhicule”, dit Davidson.

“Ceci crée un résidu poussiéreux très volatile. Ce résidu peut facilement se mélanger à l’air ambiant et peut aussi rester sur place pendant un très long moment. Quand il est remué, il s’envole et on peut l’inhaler, l’ingérer.

Le résultat classique si vous en avez assez inhalé / ingéré est un mauvais fonctionnement rénal qui devient fatal.” A noté le professeur.
Texte original en anglais (avec interview -vidéo- du Dr. Lawrence Davidson) :
Traduit de l’anglais par Résistance 71

http://www.presstv.ir/detail/224306.html

06/01/2012

Les Dossiers d'Irak - 5/01/12 - : La défaite de l'empire américain.

n° 524 - Les Dossiers d'Irak - 5/01/12   -1a  - : La défaite de l'empire américain.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



LesDossiers d'Irak

n° 524                                                      5/01/12

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Dossier d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes blog : 

http://www.dhblogs.be/categories/International.html  http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

 

b) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

c) Sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

d) Sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

e) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 f) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

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Sommaire : 

Tiré à part

Gilles Munier : Etats-Unis : départ d’Irak… sur la pointe des pieds

IRIB : Irak: Tarek al-Hachemi appelle les Etats-Unis à renverser le gouvernement Maliki

Dossier & Point de vue

1-1 L’art de la guerre  - Manlio Dinucci: En Irak la guerre est « subrogée ».

1-2 Bill Van Auken : Le scandale de la morgue de Dover et les soldats jetables de l’Amérique.

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Crime de guerre: la prison d'Abou Ghraib, vous en rappelez-vous ?

3  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Louis DALMAS : LA CONTINUITÉ DU MENSONGE.

3-2 Après la guerre directe, la guerre soft commence à rendre l’âme !

3-3 Dirk Adriaensens : L’Irak totalement détruit par l’invasion et l’occupation.

3-4 Gilles Munier : Les dirigeants irakiens s’entre- assassinent.

4 Annexe

4-1 New Orient News : La défaite de l'empire américain.


Tiré à part

Gilles Munier : Etats-Unis : départ d’Irak… sur la pointe des pieds

Comme la résistance irakienne le prévoyait, les troupes étasuniennes ont quitté l’Irak « la queue entre les jambes », sans tambour ni trompette. Cela dit, les Irakiens sont loin d’en avoir fini avec l’occupation américaine.

Barack Obama avait beau dire, le 12 décembre dernier, que les « derniers soldats américains »quittaient l’Irak « la tête haute et dans l’honneur », sur le terrain la réalité était toute autre. A part leurs obligés politiques et les trafiquants et proxénètes qui rodaient autour de leurs bases, personne ne les regrette. Pour les Irakiens, toutes tendances confondues, les G.Isont la lie de la terre, des « serial killers ». Les communicants du Pentagone se gardent bien de dire que l’armée US a dû payer cash plus d’une vingtaine de chefs de tribus sur la route du sud de l’Irak pour que les convois militaires parviennent au Koweït sans être attaqués.

Redéploiement militaire,

plutôt que retrait

Dans un communiqué, l’Armée de l’Ordre naqshabandi, membre du front de libération dirigé par Izzat Ibrahim al-Douri, chef du parti Baas clandestin, fait remarquer que l’ambassade des Etats-Unis héberge « des milliers de mercenaires de sociétés de sécurité », que des consulats bourrés d’espions ont été ouverts dans chaque gouvernorat et que des officiers américains, baptisés« instructeurs », conseilleront les forces de répression du régime. Le porte-parole de l’organisation en conclut que l’occupation de l’Irak se poursuit sous une autre forme. C’est également le constat de Jason Chaffetz, Représentant  républicain de l’Utah au Congrès des Etats-Unis, qui note qu’Obama s’est livré à un « tour de passe-passe », après le refus du gouvernement irakien d’accorder l’immunité aux G.I’s, en augmentant le nombre des« contractors » haïs par la population. La résistance nationale et Al-Qaïda au Pays des deux fleuves ont donc de beaux jours devant eux.

En effet, si les Etats-Unis ont construit à Bagdad une ambassade-bunker occupant une surface équivalent à celle de l’Etat du Vatican, ce n’est pas pour laisser les Irakiens maîtres de leur destin, mais pour tirer les ficelles des agents recrutés par la CIA ces neuf dernières années. Selon The Huffington Post, 50% des 16 000 personnes constituant le personnel de l’ambassade, sont des agents de sécurité. En d’autres termes des militaires et des espions. Ces chiffres ne comprennent pas les contractors– mercenaires - protégeant les consulats et leBureau de coopération en matière de sécuritéqui forme la nouvelle armée irakienne aux matériels en attente de livraison : hélicoptères, tanks, et 18 F-16. Les contrats signés dans se domaine sont estimés à 13 milliards de dollars. D’autres, d’une valeur de 900 millions de dollars, sont en discussion. Au total, pas moins de 3 500 « contractors » seront dispatchées à travers l’Irak, dans dix agences dépendant du Bureau de coopération. On comprend à l’énumération de ces chiffres que le Pentagone préfère parler de « redéploiement » militaire, plutôt que de « retrait » !

Vers  la dictature

Les troupes qui s’en vont laissent derrière elles un pays brisé en mille morceaux. En neuf ans, alors que le pétrole coule à flot, les gouvernements américano-iraniens successifs n’ont pas été capables de remettre en état les infrastructures détruites en avril 2003. Saddam Hussein, se rappellent les Irakiens, avait rétabli la distribution d’eau potable et d’électricité en six mois, et fait reconstruire à l’identique les bâtiments et ouvrages détruits. Mi-décembre, Salah al-Mutlaq, vice-Premier ministre irakien, s’est dit « choqué » d’entendre Barack Obama présenter Nouri al-Maliki en visite à la Maison-Blanche, comme « le chef élu d'un Etat souverain, autonome et démocratique », d’autant qu’il était accompagné par Hadi al-Amiri, ministre des Transports et ancien chef de la milice Badr, accusé d’enlèvements et de tortures par les Irakiens. Depuis les dernières élections législatives, le Premier ministre irakien a entre ses mains tous les organes de sécurité et a fait arrêter un millier de baasistes soupçonnés de complot. Une brigade chiite, acquise à sa cause, suffirait pour occuper laZone verte et cueillir au saut du lit tous les dirigeants opposés à son régime. En fait, dit Al-Mutlaq, l’Irak se dirige vers la dictature et la partition, c'est-à-dire vers de nouvelles guerres. Des vérités pas bonnes à dire, Maliki demande maintenant au Parlement de le démettre de son poste et s’en prend à Tarik al-Hashemi, vice-président de la République, chef du Parti islamique, les Frères Musulmans irakiens.

Gilles Munier

Mardi 3 janvier 2012

 (Afrique Asie – janvier 2012)

 

IRIB : Irak: Tarek al-Hachemi appelle les Etats-Unis à renverser le gouvernement Maliki.

Le vice-président irakien Tarek al-Hachemi, accusé d’être impliqué dans les attentats terroristes, a demandé aux Etats-Unis d’intervenir pour renverser le gouvernement irakien. Après le lancement du mandat d’arrêt à son encontre, Tarek al-Hachemi, s’est enfui dans la région kurde irakienne. Le vice-président irakien, sans tenir compte des aveux de ses partisans révélant sa collaboration avec les terroristes afin de semer la discorde entre les musulmans de ce pays, a prétendu : nous les sunnites, nous ne pouvons pas parvenir avec Nouri al-Maliki à la réconciliation, les sunnites irakiens doivent penser plutôt à l’autonomie. Les aveux de certains proches de Tarek al-Hachemi, révèlent le soutien financier qu’il apportait aux terroristes pour massacrer les chiites irakiens. Le mandat émis contre le haut membre de la coalition al-Iraqiya a fait que cette coalition qui, avec moins d’un quart des 325 sièges du parlement, est la deuxième grande fraction parlementaire, retire ses membres du parlement et du gouvernement de Maliki. En réaction à ce geste d’Al-Iraqiya, Nouri al-Maliki lui a donné un délai de 10 jours pour retourner à ses postes, le cas échéant, il sera écarté du pouvoir. Le premier ministre irakien a demandé au chef de la région kurde, Massoud Barzani, de remettre Al-Hachémi, à l’appareil judiciaire. La déstabilisation de l’Irak sur le plan politique et sécuritaire figure parmi les tactiques d’Iraqiya pour faire pression sur le gouvernement de Nouri al-Maliki, le conduisant à quitter le pouvoir. Al-Iraqiya soutenu par les Etats-Unis ne ménage aucun effort pour renverser le gouvernent Maliki et démembrer l’Irak. Selon Hossein Chalouchi, analyste politique irakien, la Liste al-Iraqiya dont Tarek al-Hachemi est un des piliers des relations étroites avec les Etats-Unis, c’est pourquoi son échec est considéré comme celui de la Maison Blanche en Irak. La Liste al-Iraqiya pour occulter ce revers et le retrait américain d’Irak, a mis sur la table le projet de la création des zones autonomes en Irak, un projet suspect qui vise l’unité et l’homogénéité du pays, en connivence avec les Etats-Unis et certains pays de la région.
04/01/2012
http://french.irib.ir/analyses/commentaires/item/162234-tarek-al-hachemi-appelle-les-etats-unis-a-renverser-le-gouvernement-maliki



Dossier & Point de vue

1-1L’art de la guerre  - Manlio Dinucci: En Irak la guerre est « subrogée ».

Nos troupes sont sorties d’Irak « la tête haute », a annoncé le commandant en chef Barack Obama. Les USA ont de quoi être fiers. Ils quittent un pays envahi en 2003 au motif qu’il possédait des armes de destruction de masse, motif qui s’est révélé infondé. Mis à feu et à sang par plus d’un million et demi de soldats, que le Pentagone a déployés par rotations, avec aussi des centaines de milliers de contractor militaires (mercenaires), en employant n’importe quel moyen pour écraser la résistance : des bombes au phosphore contre la population de Fallujah aux tortures d’Abu Ghraib. Provoquant environ un million de victimes civiles, qui s’ajoutent à celles de la première guerre contre l’Irak et de l’embargo. Contraignant plus de 2 millions d’Irakiens à quitter leur maison et autant à se réfugier en Syrie et en Jordanie. Laissant un pays sinistré, avec un chômage à plus de 50%, la moitié des médecins qu’il avait avant l’invasion, un tiers des enfants affectés de malnutrition, à qui s’ajoutent ceux qui ont des malformations génétiques dues aux armes du Pentagone. Une guerre que les USA ont payée de 4.500 morts et plus de 30mille blessés chez les militaires, dont 30% sont rentrés chez eux avec de graves problèmes psychiques. Guerre qui a coûté 1.000 milliards de dollars, à quoi s’ajoutent environ 4mille milliards de dépenses indirectes, comme celles de l’assistance aux anciens combattants. Elle en a cependant valu la peine : dorénavant « l’avenir de l’Irak sera dans les mains de son peuple », assure le président Obama. Est-ce ainsi qu’il a gagné le Prix Nobel de la Paix ? On peut en douter en lisant le manuel de la US Army sur « La guerre subrogée pour le 21ème siècle » : une guerre menée en substituant aux forces armées traditionnelles, qui interviennent ouvertement, des forces spéciales et agents secrets qui agissent dans l’ombre, avec le soutien de forces alliées, de fait sous commandement étasunien. Divers faits le confirment. Le personnel de l’ambassade étasunienne à Bagdad, la plus grande du monde, passera de 8mille à 16mille personnes. Son « bureau de coopération et sécurité », qui entraîne et arme les forces irakiennes sera renforcé. Depuis 2005, le gouvernement irakien a acheté des armements étasuniens pour une valeur de 5 milliards de dollars et, selon le programme, il en achètera d’autres pour 26 milliards. Parmi lesquels, 36 chasseurs F-6 avec leurs armements (qui pourraient augmenter jusqu’à 96), dont les pilotes seront entraînés aux Etats-Unis et dont les bases seront de fait sous le contrôle du Pentagone. Des unités de la Cia et des forces spéciales étasuniennes continuent à entraîner (et de fait à diriger) les « forces de sécurité » qui, sur ordre du premier ministre Nouri al-Maliki, ont déjà arrêté des centaines d’ex-baasistes accusés, sur la base de preuves fournies par le Cnt libyen, d’avoir préparé un coup d’état avec l’appui de Kadhafi. En même temps Washington s’attache le gouvernement régional kurde de Masoud Barzani avec lequel ExxonMobil a conclu un gros contrat d’exploitation pétrolière, en doublant le gouvernement de Bagdad. 

  Au Kurdistan irakien opèrent depuis 2003 des forces spéciales étasuniennes, sous les ordres du général Charles Cleveland. Celui-là même qui -révèle le journal égyptien al-Arabi- entraîne et dirige aujourd’hui en Turquie les commandos de l’ « armée syrienne libre» pour la « guerre subrogée » contre la Syrie.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 20 décembre 2011 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20111220/manip2pg/14/manip2pz/315245/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 



1-2 Bill Van Auken : Le scandale de la morgue de Dover et les soldats jetables de l’Amérique.

L’épouvantable révélation selon laquelle l’armée américaine a engagé un sous-traitant privé pour transporter, incinérer et jeter les restes humains des soldats américains tués en Irak dans un site d’enfouissement a outré les familles de ceux qui ont été tués dans les guerres de Washington ainsi que plusieurs des membres du personnel militaire qui sont encore actifs ou qui sont à la retraite.

L'enfouissement des restes humains envoyés à la base aérienne de Dover, qui, selon le Pentagone, a pris fin en 2008, s’est déroulé sous le couvert d'un silence médiatique imposé par le Pentagone et la Maison-Blanche de Bush. Bush avait justifié la censure de la presse en déclarant que « la sensibilité et la vie privée des familles de ceux qui sont tombés au combat doivent être la priorité numéro un ».

Bien sûr, la vraie raison était que l’administration ne voulait pas alimenter le sentiment antiguerre qui allait en augmentant. Comme l’a expliqué un ancien commandant de l’armée, la décision d’utiliser la force militaire devrait passer « le test Dover » – c’est-à-dire, la réaction du public face au flot continu de cercueils enveloppés dans le drapeau et défilant dans la base aérienne du Delaware. De la même manière que la Maison-Blanche de Bush a lancé la guerre en Irak sur la base de mensonges, elle a tenté de tromper le peuple américain en s'évitant ce « test » par le biais de la censure d’État.

Ses opérations étant entourées de mystère, la morgue de Dover a introduit la pratique bizarre et inhumaine qui consiste à empaqueter des restes humains déjà incinérés ainsi que des déchets médicaux et à les envoyer à un site d’enfouissement afin qu’ils soient incinérés et éparpillés parmi les déchets.

Gari-Lynn Smith, la veuve de Scott B. Smith, sergent de première classe et membre d’une unité de déminage tué en 2006, a passé quatre ans à écrire des lettres, à faire des appels téléphoniques et à soumettre des requêtes d’informations afin de découvrir ce qui est arrivé aux restes de son mari identifiés après ses funérailles.

En avril dernier, elle a finalement reçu une réponse qui disait que de tels restes étaient incinérés et jetés au site d’enfouissement de King George. Cette information était suivie d’une note du directeur de la morgue de Dover qui disait : « J’espère que cette information vous amène du réconfort en cette période de deuil. »

En colère, Smith a dit au Washington Post, « Ils savaient qu’ils faisaient quelque chose de dégueulasse et ils faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour nous le cacher. »

Dans des excuses faites à contrecœur, le chef adjoint de l'état-major de l’Air Force, le lieutenant-général Darrell Jones, a déclaré lors d’une conférence de presse à Washington jeudi que le Pentagone regrettait toute « détresse additionnelle que les pratiques passées auraient pu causer aux familles. »

Tout en soutenant que la mission de l'Air Force Mortuary Affairs Operations était de traiter les dépouilles des soldats morts au combat avec "dignité, honneur et respect", il a défendu la pratique de mettre ensemble des restes humains et des déchets biologiques pour incinération et élimination comme étant « en respect des normes de l'industrie ». Cependant, des représentants du site d'enfouissement et de l'entreprise recrutée pour procéder au transport et à l'incinération des caisses marquées « déchets biologiques » provenant de Dover n'ont jamais été informés de leur contenu et ont été choqués d'apprendre qu'ils avaient manipulé des restes humains.

Le général de l'Air Force fait référence aux « normes de l'industrie » pour le transport des déchets. Mais la norme pour s'occuper des dépouilles des soldats a été fixée par la tombe des inconnus au cimetière national d'Arlington.

L'Air Force a tenté de justifier ses actes en notant que les familles des 274 membres du personnel militaire impliqués avaient signé des documents demandant de ne pas être avisées si des restes de leurs êtres chers étaient identifiés après leur inhumation. Certainement, pour de nombreuses personnes, rien ne pourrait être plus horriblement douloureux que de recevoir des appels les informant qu'un autre morceau de leur enfant, conjoint ou parent avait été retrouvé.

Mais bien sûr, aucun d'entre eux n'aurait pu imaginer que ces restes allaient être enterrés dans un site d'enfouissement. En plus des 976 membres et parties de corps humain des 274 soldats, on s'est débarrassé de plus de 1700 autres restes humains de façon semblable.

Le chef de l'Air Force, le général Norton Schwartz, a dit aux médias que les familles n'avaient été informées de cette procédure que la semaine dernière, car le Pentagone avait été forcé d'attendre que l'Office of Special Counsel produise son rapport d'enquête dans l'affaire.

Cependant, la conseillère juridique Carolyn Leclair a qualifié l'explication fournie par Schwartz de « manifestement fausse ». Elle a soutenu que son bureau avait pressé l'Air Force à maintes reprises, et ce, depuis mars, d'avertir les familles. « Ils ont dit alors que certaines de ces familles avaient des blogues, et que l'on ne pouvait pas leur faire confiance, qu'ils pourraient raconter ce qu'ils savaient aux médias », a-t-elle dit.

La société américaine et sa culture politique sont saturées de la glorification du militarisme et de l'incessante déification des « guerriers » de l'armée, un concept complètement étranger à une république démocratique dont l'usage s'est répandu avec la « guerre contre le terrorisme ». Mais l'horrible vérité de la profanation de restes humains à Dover et la honteuse tentative de l'armée pour masquer cette affaire ont exposé le cynisme et la brutalité entourant une décennie de guerres sans interruption, ainsi que l'inhumanité exprimée envers les soldats qui ont mené ces guerres.

Les guerres en Afghanistan et en Irak ont été déclenchées sur la base de mensonges sur la supposée menace du terrorisme et d'armes inexistantes de destruction massive. Elles sont menées dans les intérêts de l'élite financière et dans le but d'assurer l'hégémonie des États-Unis sur les régions stratégiques vitales et riches en énergie de l'Asie centrale et du golfe Persique. Ces guerres ont considérablement enrichi une clique de contractants privés, de Halliburton à Blackwater.

Quant aux soldats, ils sont considérés comme de la chair à canon. Ils sont membres d'une soi-disant « armée de volontaires » qui a été créée au lendemain de la guerre du Vietnam précisément pour isoler la machine de guerre américaine des influences démocratiques et des sentiments populaires contre le militarisme. L'objectif était de donner au gouvernement une plus grande liberté pour mener une agression militaire à l'étranger que si la population entière était soumise à la conscription militaire.

Le résultat est que les guerres impérialistes de la dernière décennie ont été menées par une très faible portion de la population, où seulement la moitié d’un pour cent des adultes américains en service actif à n’importe quel moment. Cette couche, issue principalement de la jeunesse ouvrière, la plupart cherchant du travail ou une façon d’obtenir une éducation universitaire, a été soumise à un nombre sans précédent de tours de service pratiquement sans interruption en Afghanistan et en Irak.

Ces guerres ont impliqué des crimes terribles contre les  populations civiles : on évalue à plus d’un million le nombre de vies irakiennes perdues et à des dizaines de milliers les civils tués en Afghanistan. Le caractère colonial de ces conflits a aussi fait des ravages sur les troupes qui les ont menés. En addition aux plus de 6 300 soldats qui ont perdu la vie en Irak et en Afghanistan, plus de 16 pour cent des anciens combattants, après le 11-Septembre, ont souffert de sérieuses blessures, dont bon nombre d'entre elles étaient des amputations et des traumatismes crâniens. Les blessures invisibles des traumatismes psychologiques et émotionnels sont encore plus envahissantes.

Pour ceux qui quittent l’armée, et des dizaines de milliers se joindront à eux avec le retrait des troupes d’Irak, les conditions sont de plus en plus sombres. Ceux qui retournent à la vie civile feront face à la pire crise économique depuis la Grande Dépression des années 30.

Le taux de chômage chez les jeunes vétérans, âgés de 18 à 24 ans, a augmenté à 30,4 pour cent, soit le double du taux pour l’ensemble de cette tranche de la population.

Au moins 13 000 jeunes vétérans âgés de 18 à 30 ans ont joint la population sans domicile fixe du pays selon une récente étude menée par le Department of Housing and Urban Development and the Veterans Administration (ministère du Logement et du Développement Urbain et de l'Administration des anciens combattants).

Des centaines de milliers de ceux envoyés en Irak et en Afghanistan sont revenus avec le trouble de stress post-traumatique, qui avec les multiples amputations est possiblement la blessure typique de ces deux guerres coloniales. La plupart doivent se battre pour recevoir des traitements, les rendez-vous étant souvent retardés de plusieurs mois. Dans certains cas, même les soldats ayant fait une tentative de suicide se voient refuser des rendez-vous dans un délai raisonnable. 

Le taux de suicide parmi les militaires en service actif ont atteint de nouveaux records : 305 membres de l'armée se sont enlevé la vie l'année dernière. Chez les anciens combattants, les chiffres sont encore plus alarmants. L'Administration des anciens combattants estime que 18 vétérans se suicident tous les jours.

Le scandale entourant la gestion des  restes humains à Dover est emblématique de la réalité des soldats jetables, mâchés et crachés par la machine de guerre américaine. 

Bill Van Auken

Mondialisation.ca, Le 19 décembre 2011

wsws.org

Article original, WSWS, paru le 10 décembre 2011

Articles de Bill Van Auken publiés par Mondialisation.ca

 

 



2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Crime de guerre: la prison d'Abou Ghraib, vous en rappelez-vous ? (témoignage)  

Samedi 17 Décembre 2011

Les Américains "nous enfermaient dans des boîtes en fer et faisaient un bruit infernal qui provoquait de terribles maux de tête": Abou Moustafa a connu l'"enfer" de la prison d'Abou Ghraib près de Bagdad, et il lui arrive depuis de devenir "fou par moments".
Cet enseignant de 33 ans, originaire de la ville sainte chiite de Najaf, a appartenu à l'Armée du Mahdi, lié au courant Sadriste. Arrêté en septembre 2004, il a passé quatre ans dans les prisons américaines, dont deux séjours à Abou Ghraib.  
Depuis il est devenu totalement instable. "Par moments, je deviens fou, je crie sans raison ou je reste prostré pendant des heures. Ma famille me demande pourquoi je me conduis ainsi. Que lui dire? Que j'ai brusquement le sentiment qu'ils m'enchaînent pour me remettre à nouveau dans cette boîte".
"Je ne peux pas décrire l'enfer que j'ai vécu", assure ce père de deux enfants.
En avril 2004, la prison d'Abou Ghraïb, à 20 km à l'ouest de Bagdad, est devenue le symbole honni de l'occupation américaine pour nombre d'Irakiens, après la révélation des sévices infligés aux prisonniers par des soldats américains.La publication des premières photos de prisonniers maltraités par leurs geôliers a entraîné un scandale retentissant. Sur les images, des pyramides de détenus nus, des prisonniers tenus en laisse, menacés par des chiens.
Ces exactions ont été présentées par l'administration américaine comme étant le fait de quelques militaires isolés. Onze soldats américains ont été condamnés à des peines allant de la radiation de l'armée à dix ans de prison. Mais qui peut croire un tel mensonge?
La prison fut graduellement fermée de septembre 2006 à février 2009.Un autre ancien détenu, Mahmoud Ali Hussein, jette un oeil à ses moignons avant de promettre: "Jamais je n'oublierai ce que m'ont fait les Américains et j'apprendrai à mes trois enfants à les combattre".
Employé dans le garage de son père à Fallouja, à 60 km à l'ouest de la capitale, Mahmoud Ali Hussein, âgé aujourd'hui de 35 ans, avait été arrêté avec dix autres habitants en octobre 2005, au pic de l'insurrection dans cette région sunnite. Blessé dans un attentat contre le convoi américain qui le conduisait à la sinistre prison, il a été amputé des deux bras et des jambes.
"Les soldats américains étaient brutaux. Même les malades étaient attachés à leur lit", se souvient l'homme assis sur une chaise roulante, qui a été libéré en 2006. Pendant qu'il parle, un parent lui tend une cigarette pour qu'il aspire une bouffée. "J'aurais voulu posséder encore mes bras et mes jambes pour les combattre car j'ai assisté à la longue souffrance de mon peuple".
Construite dans les années 1960, la prison était un centre de torture et d'exécution sous l'ex-président Saddam Hussein. Après sa chute en avril 2003, l'établissement avait été baptisé par les Etats-Unis "Centre correctionnel de Bagdad", ultime affront aux Irakiens.  Il a été transféré aux Irakiens en septembre 2006.
Selon Nagi Abid Hamid, chef d'Ahed (Promesse), une organisation de défense des droits des prisonniers, 70% des dizaines de milliers d'Irakiens qui sont passés par les prisons américaines ont des séquelles. "Ils ont des accès de violence, certains s'isolent de leur famille ou refusent de manger pendant plusieurs jours, d'autres ont divorcé", assure-t-il.
A Samarra, à 110 km au nord de Bagdad, Abou Mohammad, un enseignant de 47 ans, assure être "devenu asocial". "Je n'arrive plus à plaisanter, ni à passer une soirée avec des amis. J'ai le sentiment que mes enfants me haïssent", confie ce père de cinq enfants, arrêté en mars 2004 car il se trouvait sur le lieu d'un attentat anti-américain. Il a croupi deux ans à Abou Ghraib.
Dans le jardin de la maison familiale à Fallouja, pendant qu'un de ses proches distribue des photos de Mahmoud avant l'attentat, son père Ali Hussein se dresse et lance d'une voie sourde: "S'il existe une justice internationale, ces Américains doivent être jugés. J'espère qu'il leur arrivera la même chose qu'à mon fils".
IRIB



3  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Louis DALMAS : LA CONTINUITÉ DU MENSONGE.

Un article de Tzvetan Todorov a été publié par Libération, le 19 décembre dernier, sous le titre "Le souci de vérité", est à figurer également en anglais dans le International Herald Tribune du même jour.

Le texte est important, à la fois par la notoriété de l'auteur, et par l'ampleur de sa diffusion.
Le sous-titre français en résume le thème : "Les fondements de la démocratie sont en péril dès lors qu'un pays accepte, comme les Etats-Unis avec la guerre en Irak, le mensonge ou l'illusion".
Se référant au rapport Baker-Hamilton, qui affirme en termes mesurés mais fermes, que le gouvernement de Bush a sacrifié la vérité à ses buts politiques dans son aventure irakienne, Todorov écrit ; "La préparation et le déclenchement de la guerre reposaient sur un double mensonge ou une double illusion, à savoir qu'Al Qaeda était lié au gouvernement irakien et que l'Irak possédait des armes de destruction massive, nucléaires, biologiques ou chimiques."
L'information ainsi faussée a été relayée pendant cinq ans par tous les grands médias, conditionnant l'opinion publique à une vision erronée de la réalité.
Ce constat à la fois juste et inquiétant est aujourd'hui généralement partagé, ce qui est une avancée, mais malheureusement trop tard pour effacer le mal déjà fait. Si l'on veut éviter de semblables entorses à la démocratie dans l'avenir, il faut pousser plus loin l'analyse au moyen de quelques rappels historiques indispensables.

Il y a un peu plus de trente ans, s'est déroulé un processus en tous points semblable à celui qui a servi à justifier l'attaque de l'Irak : la manipulation qui a déclenché la guerre du Vietnam.
Le 22 novembre 1963, trois semaines après le meurtre de Ngo Dinh Diem à Saigon, le président John F. Kennedy est assassiné à Dallas. Le vice-président Lyndon Baines Johnson le remplace. La tension est vive dans l'ex-Indochine. Au cours de l'année 1964, cinq coups d'Etat ou tentatives de coups d'Etat ont lieu à Saigon, et sept gouvernements se succèdent. La République démocratique du Vietnam, installé au nord à Hanoi, renforce son aide au Front national pour la libération du Vietnam, qui contrôle d'importantes zones au sud et à l'ouest de Saigon. Des détachements armés de la CIA, en coopération avec l'Armée nationale de la République du Vietnam, effectuent des opérations de commando contre des objectifs côtiers du nord (Opération Plan 34 A). Des navires américains sont envoyés dans les eaux territoriales du Nord-Vietnam, dans le golfe du Tonkin (Opération De Soto). Un accrochage se produit avec les garde-côtes de l'Armée populaire vietnamienne, en riposte à un raid clandestin, le 30 juillet, d'agents de la CIA contre des objectifs situés sur les îles de Hon Mé et Hon Ngu. Le destroyer USS Turner Joy rejoint le Maddox dans le golfe du Tonkin.
Dans la soirée du 4 août, les marins américains signalent une attaque du Nord-Vietnam. Selon leur rapport, le combat dure quatre heures et 22 torpilles sont tirées contre les navires US.
Or l'incident s'est révélé - des années plus tard - complètement imaginaire. Que son récit ait été dû à une erreur de transmission ou à une fabrication volontaire, il est monté en épingle par tous les grands médias et convainc les Américains de la nécessité de réagir. Le président Johnson ordonne des raids aériens contre la République démocratique du Vietnam (Opération Pierce Arrow). Le 5 août, le Washington Post titre : "Les avions américains frappent le Nord-Vietnam. Après la seconde attaque de nos destroyers, des mesures sont prises pour empêcher une nouvelle agression." Le même jour, le New York Times porte la manchette : "Le président Johnson ordonne des opérations de représailles contre les bateaux et les installations de soutien au Nord-Vietnam après les attaques renouvelées de destroyers américains dans le golfe du Tonkin." Le 7 août, le Sénat américain, enthousiaste, adopte la "Résolution sur le golfe du Tonkin" qui est confirmée le lendemain par la Chambre des représentants. Johnson a carte blanche. La guerre du Vietnam commence.
Le parallèle avec l'Irak est frappant. Un prétexte inventé de toutes pièces sert à justifier la guerre. Plus grave encore, le mensonge est occulté pendant toute la période où meurent des centaines de milliers de victimes. Dans l'intervalle, les initiés se rendent compte que la seconde attaque n'a jamais eu lieu, mais ils attribuent la désinformation à une mauvaise interprétation des communications de l'époque et préfèrent garder le silence. Ce n'est qu'en 2001 que Robert Hanyok, un historien de la National Security Agency, apporte la preuve définitive de la falsification délibérée de ces communications. Mais là encore, on occulte l'affaire. L'agence continue à classer "secret" le rapport "interne" de Hanyok, pour éviter la comparaison avec l'Irak. Il a fallu attendre un article du New York Times du 31 octobre 2006 pour que le public soit enfin informé.

Pourquoi ce retour en arrière ? Parce que l'affaire du golfe du Tonkin est une répétition générale du processus qui a mûri en Irak, et qui illustre la règle bien connue : quand un Etat veut justifier une initiative militaire, il en invente le prétexte. Et, avec l'aide des grands médias, il imprègne la conscience de ses citoyens de la réalité du prétexte inventé, fondé sur le noircissement de l'adversaire, de façon à les convaincre de la nécessité de l'intervention projetée. C'est ainsi qu'a été décidé par Washington (avec le consensus de la classe politique et l'assentiment populaire) le bombardement du nord-Vietnam ; c'est ainsi qu'a été décidé (avec le consensus de la classe politique et l'assentiment populaire) le bombardement de l'Irak. Les deux bombardements légitimés par de fausses informations et massivement acclamés. Ce genre de plébiscite du bourrage de crâne marque le succès de ce qu'on appelle la propagande, dont les Etats-Unis n'ont cessé de développer et de perfectionner les moyens.

Mais alors se pose une question importante. Comment peut-on raisonnablement imaginer que cette continuité dans la façon mensongère de justifier une agression, allant du Vietnam à l'Irak, ait tout à coup été interrompue à propos de la Yougoslavie ? Comment, en toute logique, peut-on croire qu'on ait menti pour pouvoir bombarder le Vietnam en 1964, qu'on ait menti pour pouvoir bombarder l'Irak en 2003, et qu'entre les deux, on ne se soit jamais écarté de la vérité pour pouvoir bombarder la Yougoslavie en 1999 ?
C'est bien sûr improbable. La technique de conditionnement du public n'a cessé de faire des progrès. Elle s'est montrée de plus en plus efficace au cours des années, et il serait bien naïf de penser qu'ayant été mise à profit au Vietnam et en Irak, elle ne l'ait pas été en Yougoslavie.
Elle l'a été. Comme jadis pour le Vietnam et récemment pour l'Irak, la crédulité publique a été entretenue, et abusée, pour la Yougoslavie. Exactement de la même façon que les grands médias ont surenchéri dans la description de l'agression nord-vietnamienne et dans celle de la menace irakienne, ils ont rivalisé pendant une décennie dans la dénonciation de la barbarie serbe. Les deux premiers mensonges sont désormais reconnus, le troisième ne l'est pas encore. Pourtant, comme pour les deux autres, à partir du moment où l'on s'affranchit des préjugés alimentés par la propagande, de l'aveuglement perpétué par le bourrage de crâne, tout change d'aspect. Les certitudes s'effondrent, la version "officielle" s'effrite, on s'aperçoit combien elle est invraisemblable et à quel point on a été trompé.
L'attaque du golfe du Tonkin n'a jamais eu lieu. Comme le dit très justement Todorov, les liens de Saddam Hussein avec Al Qaeda et les armes de destruction massive n'ont jamais existé. Mais ce qu'il ne dit pas, et qu'en toute logique il devrait dire, c'est que beaucoup d'autres choses n'ont pas eu lieu n'ont plus : les viols par les Serbes de 80.000 femmes musulmanes, les camps d'extermination serbes, la destruction serbe de Dubrovnik, la responsabilité serbe des bombes sur le marché de Markalé, le massacre génocidaire par les Serbes de 8.000 prisonniers à Srebrenica, les centaines de milliers de réfugiés fuyant les exactions serbes au Kosovo. Rien de tout cela n'est vrai. Il y a autant de documents et de témoignages qui démentent ces affirmations qu'il y en a eu pour mettre en doute l'agression nord-vietnamienne et les armes de l'Irak. Il y a autant de preuves de la force et de la fausseté de la propagande en ce qui concerne Belgrade qu'on en a trouvé pour réfuter ce qui a été dit de Hanoi et de Bagdad.
Dénoncer le bourrage de crâne ne change rien à la réalité. Personne ne conteste le fait que le régime du Nord-Vietnam était un régime communiste ou que Saddam Hussein était un cruel dictateur. Personne ne conteste non plus le fait que les Serbes ont commis des atrocités. Ce qui est en question, c'est la déformation de cette réalité par un battage médiatique mensonger. La falsification a déclenché la guerre du Vietnam et l'invasion de l'Irak ; elle a justifié le bombardement et l'écrasement de la Serbie. Trois développements, dus à des mensonges, qui auraient pu être évités et qui demeurent une honte pour l'Occident.
Deux de ces mensonges ont été reconnus. Il reste à reconnaître le troisième, et à en tirer la leçon.

Louis DALMAS


3-2 Après la guerre directe, la guerre soft commence à rendre l’âme !  

Pour justifier sa guerre contre l'Iraq, l'administration Bush a emprunté les sentiers du mensonge en avançant la thèse des armes à destruction massive.

De son côté, l'administration Obama a emprunté les mêmes sentiers du mensonge non seulement pour justifier la cuisante défaite des Américains et de leurs alliés et laquais, mais aussi pour faire croire aux peuples d'Occident et du monde entier que la mission du Pentagone en Iraq ait été couronnée de succès.
"Nos soldats, s'est permis de dire le président américain, sont sortis d'Irak "la tête haute".

Et s'expliquant, il a fait allusion à la démocratie que les envahisseurs avaient promis d'en doter ce pays : "l'avenir de l'Irak sera dans les mains de son peuple". C'est à dire dans les mains de ce qui en reste de ce peuple après 18 ans de guerre de massacre, et d'embargo qui ont fait plus de deux millions de morts, et de ce qui en restera après la guerre soft que les Etats-Unis et son camp du mal continuent de mener contre ce peuple.
Les attentats qui viennent d'ensanglanter la capitale iraquienne sont une expression de cette guerre soft : Ciblant "équitablement" l'une et l'autre des deux confessions majeures en Irak, ces attentats ne
peuvent qu'être l'œuvre des services de renseignement américains et de leurs agents de tout bord.
Même les craintes de voir l'Iraq glisser vers une guerre de confessions, craintes exprimées par de Hauts responsables américains ainsi que par des personnalités politiques et des médias arabes enrôlés dans la guerre soft, et qui concernent également la Syrie et d'autres pays dans la région, n'ont d'autre but que la promotion de la logique des conflits confessionnels sur lesquels compte le camp du mal américain pour atteindre les objectifs qu'il n'a pas pu réaliser par la guerre directe pure et dure.

Les défaites américaines et israéliennes en Afghanistan, en Iraq, au Liban et à Gaza s'ajoutent à la peur de déclencher une guerre ouverte contre l'Iran ou une intervention directe en Syrie pour consolider l'option de la guerre soft dans la mesure où les opérations secrètes et l'attisement des conflits internes semblent mener au but en affaiblissant toutes les parties antagonistes, y compris celles qui prennent au sérieux le mythe d'une alliance en bonne et due forme avec les Etats-Unis et l'Alliance atlantique.

En témoigne la néfaste expérience de la "Grande" révolution arabe qui, pendant la première guerre mondiale, a pourchassé les Ottomans au nom de la fameuse promesse donnée par l'Angleterre et la France selon laquelle les deux super puissances de l'époque reconnaitraient l'instauration d'un Etat arabe unifié et indépendant incluant la péninsule arabique et la Grande Syrie.

Au lieu de cet Etat, et conformément aux accords secrets de Sykes-Picot, les Arabes ont obtenu une vingtaine d'Etats impuissants, dépendants et en querelle permanent les uns avec les autres, ce qui a facilité l'implantation de l'Etat sioniste sur la terre palestinienne et permis l'évincement de grands pays porteurs des idéaux nationalistes arabes comme l'Egypte, la Syrie et l'Iraq, pour le compte de quelques anciens protectorats du Golfe qui, à l'exemple de Qatar et des Emirats, se proposent maintenant, et par la force des pétrodollars, d'écrire l'histoire de la région en coopération totale avec les Etats-Unis, l'entité sioniste et l'Alliance atlantique.

Bien sûr, les zizanies confessionnelles font partie intégrantes d'une grande panoplie de brouilles religieuses, ethniques, communautaires, politiques, et sociales qu'on cherche à exacerber pour provoquer des conflits qui servent le projet de démantèlement destiné à faire de la Cisjordanie –transformée par l'occupation israélienne en une infinité d'îlots séparés les uns des autres par des autoroutes, des barbelés et des murs de séparation- le modèle de la carte future de ce qu'on appelle le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

Le pétrole est depuis longtemps revendiqué par l'Occident comme étant une ressource mondiale. Les monarchies pétrolières du Golfe, fourmillant déjà de bases militaires occidentales et d'armées secrètes ne seront pas épargnées le moment venu par la guerre soft. Tout comme les trillions de dollars amassés par maints chefs et dignitaires arabes dans les banques occidentales et qui sont réduits à des chiffres démunis de sens parce qu'engloutis par la crise monétaire qui frappe les Etats-Unis et l'union européenne.

Mais ce moment ne viendra pas. Non parce que les complexes militaro-industriels qui dictent leurs politiques aux politiciens occidentaux auront perdu leur appétit. Mais parce que la guerre soft qu'on mène contre les forces de la résistance arabe et islamique dans la région n'aura pas plus de chances que la guerre directe pure et dure. Ses échecs sont déjà flagrants dans la guerre cybernétique et les réseaux d'espionnage au Liban et en Iran.
Ce qui se passe actuellement notamment en Iraq, en Syrie et en Egypte, les vieilles matrices du nationalisme arabe et du véritable islamisme, ne tarderont pas à voir se constituer le bloc arabo islamique qui, de l'Iran jusqu'aux côtes de la Méditerranée, se chargera de redessiner la carte unifiée de la région et de la totalité de ce monde qui s'affaisse sous le poids de ses crises sans issue.

27/12/2011 
 
http://www.moqawama.org/


3-3 Dirk Adriaensens :L’Irak totalement détruit par l’invasion et l’occupation.
 « C’est avec une grande fierté – et une fierté durable – que vous  quitterez ce pays d’entre les fleuves », a déclaré le ministre américain  de la Défense, Leon Panetta, à l’adresse de ses soldats lors de la cérémonie d’adieu qui s’est déroulée à Bagdad le 15 décembre 2011.

Et Panetta, ancien patron de la CIA, d’ajouter que « la guerre en Irak a bien valu son coût énorme en sang et en argent ».

 Un récapitulatif s’impose.
Au moins 31 pour 100 du million cinq cent mille soldats environ qui rentrent de la guerre en Irak souffrent de dépression ou de trouble de stress post-traumatique, lesquels influencent de façon très négative leur travail, leurs relations et leur existence familiale. C’est ce que révèle une étude réalisée par des chercheurs de l’armée américaine. Tant en 2009 qu’en 2010, un plus grand nombre de soldats américains sont morts de suicide que lors des combats.
Cela en valait-il vraiment la peine
Le déclin de l’empire américain

Le 18 mars 2003, ECAAR (EConomists Allied for Arms Reduction – Économistes unis pour la limitation des armements) rédigeait un pamphlet contre le déclenchement d’une guerre unilatérale en Irak. Le texte était signé par plus de deux cents économistes américains, dont sept lauréats du prix Nobel et deux anciens présidents du Comité des conseillers économiques de la Maison-Blanche.

Ce texte constituait la base d’une annonce publiée dans le Wall Street Journal. En voici quelques extraits :
« En tant qu’économistes américains, nous nous opposons à une guerre unilatérale contre l’Irak que nous considérons comme inutile et néfaste  pour la sécurité et l’économie des États-Unis et de l’ensemble de la communauté mondiale. »« (...) Nous doutons que la guerre serve la sécurité et qu’elle n’accroisse  le risque d’instabilité future et de terrorisme. Nous pressentons clairement l’immédiate tragédie humaine et les destructions de la guerre, ainsi que la potentialité de dégâts économiques graves pour notre nation et le monde entier. » « (…) Nous ne croyons pas que cette guerre soit nécessaire pour la sécurité nationale des États-Unis. Une économie saine est nécessaire pour la sécurité des États-Unis et le développement économique pacifique du reste du monde. »
La guerre contre l’Irak est la cause de la crise économique
Cette explication donne une image douloureusement précise de ce qui allait suivre : Cette guerre a plongé les États-Unis et le reste du monde dans  une crise économique et elle a indiqué clairement les limites de la puissance américaine. La résistance irakienne contre l’occupation est coresponsable du déclin de l’Amérique tel qu’il fut prédit en 2004 : « Nous figerons les occupants ici en Irak, épuiserons leurs moyens et effectifs et briserons leur volonté de combattre.
Nous les obligerons à investir autant qu’ils pourront voler, si pas plus. Nous perturberons le flux du pétrole volé, puis l’arrêterons de sorte que leurs plans deviendront inutiles. »
Le lauréat du prix Nobel Joseph Stiglitz a calculé le prix de la guerre
 Joseph E. Stiglitz, lauréat du prix Nobel et l’un des signataires de la déclaration susmentionnée, a calculé les coûts de la guerre en Irak dans  son ouvrage paru en 2008, The Three Trillion Dollar War (La guerre à trois mille milliards de dollars). Il conclut : « Il n’existe pas de déjeuner gratuit, pas plus qu’il n’existe de guerre gratuite.
L’aventure irakienne a gravement affaibli l’économie américaine et la misère va bien plus loin que la crise des hypothèques. On ne peut dépenser 3.000  milliards de dollars – oui, 3.000 milliards de dollars – dans une guerre ratée à l’étranger sans en ressentir la douleur dans son propre pays. »
Stiglitz décrit ce qu’on pourrait payer avec ces milliards de dollars : 8  millions d’habitations ou 15 millions d’enseignants, les soins de santé  pour 530 millions d’enfants pendant un an, des bourses universitaires pour 43 millions d’étudiants. Ces 3.000 milliards de dollars résoudraient le problème de la sécurité sociale de l’Amérique pour un demi-siècle.
 En ce moment, dit Stiglitz, l’Amérique consacré 5 milliards de dollars par  an à l’Afrique et se fait du mouron parce qu’elle est sur le point d’y être supplantée par la Chine :
« Cinq milliards de dollars, cela représente en gros 10 jours de guerre.
Cela vous donne une idée du gaspillage de moyens ! »
Cela s’aggrave encore
« Maintenant que les États-Unis vont mettre un terme à la guerre en Irak, il s’avère que notre estimation de 3.000 milliards de dollars (couvrant aussi bien les dépenses publiques pour la guerre que l’impact plus large sur l’économie américaine) était bien trop basse. Ainsi, les coûts du diagnostic, du traitement et des compensations des vétérans handicapés se sont révélés plus élevés que nous ne nous y étions attendus », écrivait Joseph Stiglitz le 3 septembre 2010 dans The Washington Post.
 Encore plus dramatiques sont les conséquences pour le Moyen-Orient même.
 Un rapport publié par le Strategic  Foresight Group en Inde, dans un  ouvrage intitulé Les coûts du conflit au Moyen-Orient, a calculé que, ces vingt dernières années, les conflits dans la région ont coûté aux pays et aux habitants 12.000 milliards de dollars (!).
Le rapport indien ajoute que le Moyen-Orient « a consacré un montant record aux dépenses militaires des vingt dernières années et qu’il est considéré comme la région la plus armée du monde ». Imaginez que ce montant soit consacré au développement des régions rurales  et des infrastructures urbaines, des barrages et des réservoirs, de la  désalinisation et de l’irrigation, du reboisement et des pêcheries, de l’industrie et de l’agriculture, de la médecine et de la santé publique, du logement et des technologies de l’information, des emplois, de l’intégration équitable des villes et des villages et aux réparations des dégâts de la guerre au lieu de produire des armes qui ne sèment que la destruction.
Les conséquences dramatiques de la prétendue « démocratie florissante » pour l’Irak
L’argent de la guerre du contribuable américain a non seulement ruiné l’économie  américaine et plongé le reste du monde dans une crise économique, il a  aussi anéanti une nation souveraine qui ne souhaitait aucunement faire partie du « Nouvel Ordre mondial ». La situation dramatique qui règne en Irak dément de façon criarde   Irak, le ministère de la Défense a payé à des entrepreneurs privés américains jusqu’à 300millions de dollars dans les années 2009-2011 pour la production d’informations et de programmes de distraction dans les médias irakiens et ce, dans une tentative de présenter une image sympathique à la population locale afin que celle-ci soutienne les objectifs américains et le gouvernement irakien.
Lé désinformation, une arme stratégique de la guerre
« Cette année, les dépenses en public relations du Pentagone censées ‘rallier les cœurs et les esprits’ tant au pays qu’à l’extérieur, s’élèveront  à 4,7 milliards de dollars au moins », communiquait en 2009 la Fondation Nieman pour le journalisme à l’Université de Harvard, se demandant où se situe exactement la frontière entre information et propagande.
Le public n’est pas censé être mis au courant de tous les méfaits de la  machine de guerre américaine et la désinformation se diffuse à grande échelle pour être avidement reprise par un appareil médiatique ami.
« Il est essentiel aussi essentiel pour le succès du nouveau gouvernement irakien et pour les troupes américaines de communiquer efficacement avec  notre public stratégique (c’est-à-dire le public irakien, panarabe, international et américain) que de recevoir un large soutien dans nos thèmes centraux et nos  informations », disait l’annonce de recrutement d’une équipe de 12 entrepreneurs civils en Irak.                                                                                
Une catastrophe humanitaire encore jamais vue
Le haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), António  Guterres, a constaté que la guerre de l’Irak est le conflit le plus  retentissant au monde, mais également la crise humanitaire la moins connue. Examinons donc quelques-uns des « résultats » destructeurs de cette guerre et de cette occupation de ce même Irak que l’élite américaine qualifie de « démocratie florissante » :1,45 million de victimes. Le nombre est choquant et dégrise. Il est au moins dix fois plus élevé que la plupart des estimations citées dans les médias américains, mais il s’appuie sur une étude scientifique portant sur les morts irakiens par violence suite à l’invasion demars 2003 dirigée par les États-Unis ;la mortalité infantile irakienne a augmenté de 150 pour 100 depuis 1990, lorsque, pour la première fois, les
Nations unies ont imposé des sanctions ;en 2008, 50 pour 100 seulement des enfants en âge de fréquenter l’école primaire allaient en classe, contre 80 pour 100 en 2005 ; en 2007, l’Irak   millions d’orphelins, selon les statistiques officielles du gouvernement ;l’Irak compte entre 1 et 2 millions de veuves ;d’après des chiffres de l’UNHCR, il y a 2,7 millionsd’Irakiens expatriés et 2,2 millions de réfugiés, surtout dans les pays voisins. Un Irakien sur six a quitté son pays. Le Croissant-Rouge irakien estime que plus de 83 pour100 des expatriés irakiens sont des femmes et des enfants, dont la majorité de moins de 12 ans ; on estime que 8 millions d’Irakiens ont besoin d’aide humanitaire ; 70pour 100 des Irakiens n’ont pas accès à l’eau potable. Le taux de chômage est officiellement de 50 pour 100 et, officieusement, de 70 pour 100. 43 pour 100 des Irakiens vivent dans une pauvreté profonde. 4 millions de personnes souffrent d’un manque de nourriture. 80 pour 100 des Irakiens n’ont pas accès à des équipements sanitaires décents ;60 pour 100 se ulement des 4 millions de personnes dépendant de l’aide alimentaire ont accès aux rations distribuées par le Système de distribution
publique(PDS) contre 96 pour 100 en 2004 ;l’Irak n’a plus d’argent pour le paiement des indemnités aux veuves, les plantes servant dans l’agriculture et autres programmes pour les pauvres, a déclaré le président du Parlement, le 21 novembre 2010, et ce dans une des nations les plus riches en pétrole de la terre ;diverses minorités confessionnelles irakiennes (chaldéens, orthodoxes syriens, chrétiens assyriens et arméniens, communautés yezidi et mandéennes) courent le risque d’être  éradiquées parce qu’elles sont confrontées à des niveaux inouïs de violence, d’après un rapport de Minority Rights Group International ;d’après un rapport d’Oxfam, 33 pour 100des femmes n’ont pas reçu la moindre aide humanitaire depuis 2003 ; 76 pour 100 des veuves n’avaient pas reçu la moindre pension ; 52 pour 100 étaient au chômage ;55 pour 100 s’étaient expatriées depuis 2003 et 55 pour 100 avaient été victimes de violence(s) ;des années d’instabilité et de guerre ont fait qu’entre un et deux millions de femmes sont chefs de famille (FHoH) en Irak : veuves, divorcées et soignante de leur époux malade. À peine 2 pour 100 de ces femmes chefs de famille travaillent régulièrement, selon l’Organisation internationale de la migration (OIM).
 Prendre la vie à des personnes innocentes est devenu une composante de la  vie quotidienne.

Dirk Adriaensens

22 décembre 2011
Dirk Adriaensens
est le coordinateur de SOS Iraq et il est membre du BRussells Tribunal. Entre 1992 et 2003, il a dirigé plusieurs délégations en Irak afin d’y observerles effets des sanctions. Il est également coordinateur de la Global Campaign against the Assassination of Iraqi Academics (Campagne mondiale contre l’assassinat d’universitaires irakiens).
Source originale : De wereld morgen
Traduit du néerlandais par
Jean-Marie Flémal pour Investig'Action


3-4 Gilles Munier: Les dirigeants irakiens s’entre- assassinent.

   La cohabitation plus ou moins conflictuelle qui règne à la tête de l’Irak entre politiciens irakiens pro-américains et pro-iraniens –  ou adeptes du double jeu -  a volé en éclat : Nouri al-Maliki accuse Tarek al-Hashemi – un des vice-présidents de la République – d’avoir tenté de l’assassiner, le 28 novembre dernier, dans la Zone verte hyper-sécurisée, près du Parlement où il devait prendre la parole. Mais Oussama al- Noujafi, président du Parlement, n’est pas de cet avis. Il affirme que c’est lui qui était visé. Selon un témoin, un kamikaze aurait pénétré dans l’enceinte du Parlement au volant d’un véhicule identique à ceux du convoi de Noujafi, ennemi politique du Premier ministre. Refoulé, faute de badge, il aurait alors actionné sa charge explosive.

   Un mandat d’arrêt ayant été lancé à l’encontre de Tarek al-Hashemi pour « terrorisme », le Bloc Iraqiya (82 députés, 9 ministres au gouvernement) auquel il appartient, a décidé, le 17 décembre, de boycotter le gouvernement. Il accuse Nouri al-Maliki d’avoir fait placer des chars et des véhicules blindés devant les résidences des dirigeants d'Iraqiya habitant dans la Zone verte.

Maliki : un dictateur pire que Saddam Hussein !

   Tarek al-Hashemi s’est réfugié à Erbil, capitale de la Région autonome du Kurdistan, où il s’est placé sous la protection de Jalal Talabani, président de la République. Il crie au complot. Selon lui : « Al-Maliki est derrière tout ça. Le pays est entre les mains d'Al-Maliki. Tous les efforts faits en vue de parvenir à une réconciliation nationale et pour unifier l'Irak appartiennent au passé ». Ses accusations rejoignent celles de Salah al-Mutlaq, vice-Premier ministre, membre d’Iraqiya, qui a déclaré sur une chaîne de télévision irakienne : « Maliki est un dictateur pire que Saddam Hussein car ce dernier était un bâtisseur alors que lui n'a absolument rien fait». Le Premier ministre a réagi en le limogeant. La décision devra être confirmée par le Parlement qui se réunira à cet effet le 3 janvier prochain.

   Plusieurs observateurs notent qu’à chaque fois que la coalition chiite pro-iranienne prépare un coup de force ou se trouve en difficulté, un complot, un attentat ou un massacre arrive à point nommé pour resserrer les rangs de ses partisans. Pour Massoud Barzani, président de la Région autonome du Kurdistan, l’Irak s’achemine vers « une crise profonde » qui risque de faire effondrer le « processus politique ».

Gilles Munier

http://www.france-irak-actualite.com/



4 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

4-1 New Orient News : La défaite de l'empire américain.

Lorsqu’ils ont décidé d’envahir et d’occuper l’Irak, en 2003, les Etats-Unis ont tenté d’imposer leur vision d’un monde unipolaire. Cette guerre avait pour but de terroriser toutes les puissances régionales et internationales qui osaient relever la tête, et de détruire les Nations unies en tant qu’organisation basée sur le partenariat dans le processus de prise de décisions. C’est ce qu’avait affirmé Washington à la veille et après l’invasion de l’Irak. Il a aussi clairement exprimé son intention de remodeler le Moyen-Orient et de le placer sous son hégémonie en créant de nouvelles réalités régionales basées sur deux principes: protéger Israël après sa défaite au Liban (le retrait unilatéral de l’an 2000) et démembrer les deux pays réellement indépendants et soutenant la Résistance: la Syrie et l’Iran.

Certains experts américains affirment que l’invasion de l’Irak a atteint ses objectifs dans la mesure où l’entourage de George Bush a amassé des fortunes colossales à travers le pillage du pays, sans compter que les cartels du pétrole et de l’armement ont raflé des contrats faramineux. Le tout sous le parrainage de l’ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld.

Certes, le clan de la guerre, appuyé par le lobby sioniste, a des raisons de se réjouir en prenant en compte ces considérations matérielles. Mais mis à part ces maigres dividendes, l’occupation de l’Irak, suivie des guerres du Liban en 2006 et de Gaza en 2008-2009, ont été une véritable catastrophe d’ordre stratégique pour les Etats-Unis et leurs protégés israéliens. Les sacrifices consentis par les Irakiens, qui ont infligé des pertes énormes aux troupes américaines, ainsi que les revers subis par les Israéliens au Liban et en Palestine, ont prouvé que les peuples de l’Orient arabe, qui ont résisté et défendu leur dignité et leur indépendance, ont infligé à l’alliance impérialiste, notamment aux Etats-Unis, une défaite historique aux conséquences stratégiques.

La commission bipartisane Baker-Hamilton a publié, après la défaite israélienne en 2006, un rapport qui présente l’évaluation de l’establishment américain. La conclusion se résume en un seul mot: l’échec. Dès lors, la politique américaine n’avait plus qu’un seul but: contenir cet échec et limiter les dégâts en optant pour la soft power, qui se base sur les guerres secrètes menées par les services de renseignements et une panoplie de sanctions lesquelles ont montré leur impuissance à réaliser les buts que la force militaire a été incapable d’atteindre.

L’éclatement de la crise économique et financière qui secoue les Etats-Unis et l’Occident n’est pas un hasard. Elle est directement liée aux défaites successives dans les guerres qui ont couté un trillion de dollars. Les experts s’attendent à une nouvelle crise encore plus dévastatrice que celle qui a frappé les Etats-Unis en 2008 et l’Europe en 2011. Ce n’est pas un hasard non plus que la fuite américaine de l’enfer de la Résistance irakienne coïncide avec les revers de la CIA au Liban et en Iran (Voir ci-dessous). Il est clair que le soft power, déployé après les défaites militaires rencontre des difficultés non moins graves que le hard power.

Prémices de l’échec du plan contre la Syrie.

Le retrait d’Irak, passé sous silence par les médias dominants dans le but de préserver le moral déjà très affecté de l’armée et du peuple américains, constitue l’événement fondateur d’un monde nouveau qui verra les compétiteurs des Etats-Unis se relever pour faire face à l’hégémonie d’une superpuissance déclinante. Les prémices de cette ère commencent à poindre avec la constitution d’un nouveau front international, les Brics, qui refusent que l’Occident continue à gérer unilatéralement les affaires du monde.

Les développements de la crise en Syrie, où les Américains et leurs alliés arabes et européens ont des difficultés à imposer leur volonté, illustrent cette tendance à un monde multipolaire. En Syrie, les sanctions que l’alliance occidentale s’efforçait de mettre en place à travers la Ligue arabe commencent à s’effondrer. Grâce à un subtil jeu politique et diplomatique, Damas a réussi à ouvrir des brèches importantes par le biais de l’Irak, qui a ravi l’initiative au Qatar. Avec le Liban et la Jordanie, qui refusent de mettre en œuvre les sanctions décidées par la Ligue arabe, c’est tout le système que les pays du Golfe voulaient mettre en place qui vacille. Un article publié dans le Foreign policy par deux experts internationaux précise que les sanctions adoptées contre la Syrie affectent le peuple et renforcent l’Etat, qui dispose d’un large éventail de solutions de rechange pour contourner les sanctions et les vider de leur sens.

Les pressions politiques arabo-occidentales ont encore moins d’effets que les mesures de rétorsions économiques. Les tentatives forcenées d’internationaliser la crise en envoyant le dossier au Conseil de sécurité se heurtent à la position ferme de la Russie et de ses amis du Brics. Moscou a procédé à une manœuvre politico-diplomatique remarquable qui a, à son tour, ravi l’initiative aux Etats-Unis. En présentant un projet de loi sur la Syrie au Conseil de sécurité, la Russie a coupé l’herbe sous les pieds des Occidentaux qui font actuellement preuve d’une grande confusion, autant que leurs marionnettes du Conseil national syrien mené par Burhan Ghalioun. Ce dernier, très maladroit, ne cache plus ses intentions en affirmant que l’opposition syrienne a pour objectif de déconnecter la Syrie de ses alliances actuelle avec l’Iran et les mouvements de résistance pour l’amarrer solidement au camp occidental.

Pendant ce temps sur le terrain, les groupes terroristes multiplient leurs crimes et leurs attaques contre les troupes régulières. Mais ces actions armées sont incapables de modifier les rapports de forces internes qui restent largement en faveur du pouvoir syrien.

 

Source : New Orient News

Lundi 19 décembre 2011
http://www.neworientnews.com/...



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

 

05/01/2012

n°523- Journal d'Irak - 25/11 au 05/01/12 - a1 : Bush et Blair reconnus coupables de crimes de guerre


n°523- Journal d'Irak -  25/11  au 05/01/12 - a1 : Bush et Blair reconnus coupables de crimes de guerre



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journald'Irak

n°523                 du 25/11                  au 05/01/12

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes  blog : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                              http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

 

1 Tiré à part :

1-1 Irak : guerres humanitaires et exportation de la démocratie moderne.
1-2 Vidéo : Bush et Blair reconnus coupables de crimes de guerre

1-3 Chems Eddine Chitour: Retrait américain d'Irak: Le chaos en cadeau d'adieu…

1-4 Le coût astronomique de la guerre américano-européenne en Irak.

1-5 Gilles Munier : 150 000 collaborateurs irakiens abandonnés par les troupes américaines.

1-6 The Guardian :Un viol toutes les 3 heures dans l'armée américaine.

2 Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Amnesty réclame de nouveau l'arrestation de George W. Bush

3 Paroles & action du président Obama..

4 Politique

Le chef de la diplomatie irakienne souligne les erreurs des Etats-Unis en Irak.

5 Les alliés (des Usa)

Otan

La mission de formation de l'Otan pas prolongée après 2011

6 Dossier & Point de vue

6-1 Almanar : Retrait US d’Irak : Mensonges, et défaite sans précédent!

6-2 Gilles Munier : Encore un marché pour les traitres avant leur défaite finale.

6-3 Damien HYPOLITE :Dix ans de présence militaire américaine en Irak.

6-4 -Manlio Dinucci :Les Etats-Unis plus présents que jamais en Irak.

 



1 Tiré à part :

1-1 Irak : guerres humanitaires et exportation de la démocratie moderne.
Lien Vidéo : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=gBsuQi1TuRs


1-2 Vidéo : Bush et Blair reconnus coupables de crimes de guerre

http://www.youtube.com/watch?v=NxHMvlnU2WE&feature=player_embedded#!

 

Le verdict a été rendu le 22 novembre dernier mais a peu été relayé par la presse. L’ancien président américain George Bush et son ex-homologue Tony Blair ont été reconnus coupables de massacres et de « crimes contre la paix » par le tribunal des crimes de guerre de Kuala Lumpur, en Malaisie, pour leur invasion d’Irak, décidée en mars 2003.
Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne avaient envahi le pays, alors sous commandement de Saddam Hussein, sous le prétexte que l’Irak détenait des armes de destruction massive et ceci, en s'appuyant des documents contrefaits que Bush et Blair ont présenté au monde comme vrais. Les membres de la commission ont estimé que les deux anciens chefs de gouvernements ont commis un flagrant abus de droit et une agression qui a mené au meurtre massif de civils irakiens.
Neuf ans après l’invasion, les Etats-Unis ont pris la décision en décembre de retirer définitivement ses troupes d’Irak mais ont laissé un pays en ruine où tout est à reconstruire. Des centaines de milliers d’Irakiens ont perdu la vie dans ce conflit.
Le jugement rendu par le tribunal malaisien, crée en 1967 à l’initiative de l’ancien Premier ministre malaisien, un fervent opposant à l’invasion d’Irak, n’a aucun caractère contraignant. Toutefois, les juges ont souhaité présenter leurs conclusions aux signataires du Statut de Rome, qui a établi la Cour Pénale Internationale (CPI) en 2002 mais qui n'a jusque là pas été ratifié par les Etats-Unis. Ils ont aussi déclaré qu’ils continueront leurs efforts pour que les noms de Bush et de Blair soient sur le registre des criminels de guerre.

31/12/2011
http://www.saphirnews.com/Irak-Bush-et-Blair-reconnus-cou...


1-3 Chems Eddine Chitour: Retrait américain d'Irak: Le chaos en cadeau d'adieu…
 «On dit que le calife Haroun Errachid envoya comme cadeau à Charlemagne empereur d'Occident, à Aachen, une clepsydre, une horloge à eau la première au monde à pouvoir mesurer le temps. Charlemagne envoya ce qu'il avait de mieux comme cadeau, des lévriers
Voilà résumé en une phrase le niveau de Baghdad il y a de cela 1200 ans comparé à l’Occident d’alors. Mieux encore, les Irakiens héritiers de la Mésopotamie avec Hammourabi qui fut le premier roi à édicter un corpus juridique, le fameux Code d'Hammourabi il y a de cela 34 siècles. Pour rappel, l'Irak avait un système éducatif et de recherche performant. Le niveau de développement était de loin le plus important du Monde arabe. Les infrastructures étaient développées et un célèbre dicton permet de situer le niveau intellectuel héritier de « Dar El Hikma » « La Maison de la Sajesse », le taux d'analphabétisme le plus bas du Monde arabe, il constituait un danger pour le «monde libre et civilisé».

Une brève histoire de l'Irak

Du point de vue de l'histoire, le déclin de Bagdad est dû, dit-on, à l'invasion des Mongols d'Hulagu qui détruisirent la capitale vers 1250 mettant un coup d'arrêt à la civilisation musulmane. L'Irak fut par la suite rattaché à l'Empire ottoman, jusqu'au jour où il intéressa les Allemands avec le kaiser Guillaume qui promit au sultan Abdelhamid la construction du Bagdad Bahn, le train Berlin-Bagdad. La découverte d'indices de pétrole fut le début du mallheur des Irakiens qui furent une variable de confrontation entre l'Empire, britannique, et le gouvernement français qui, après avoir démoli l'Empire ottoman - accords de Sykes-Picot - firent main basse sur le pétrole. L'Anglo Irakian Oil Company remplaça la Turkish Petroleum Company. Par la suite encore, les Etats-Unis demandèrent leur part du gâteau. De coups d'Etat en coups d'Etat fomentés par les puissances occidentales, l'Irak connut l'avènement de Saddam Hussein qui, au départ, fut «utilisé» pour contrer la Révolution iranienne de 1979.
La première guerre du Golfe fut sponsorisée par l'Occident en armements à Saddam, notamment français et américains, et financièrement ce sont les roitelets du Golfe qui furent mis à contribution. Huit ans plus tard, fin des combats pour rien. L'empire soviétique s'effondrait, grâce aux coups de boutoir des moudjahidine commandés par le meilleur allié de l'Occident, Oussama Bin Laden.
Lors de la deuxième guerre du Golfe de 1991, qui, rappelons-le, s'est faite sur un malentendu, Saddam Hussein avait reçu l'ambassadrice Glapsie et l'avait informée des problèmes qu'il avait avec le Koweil -19e province de l'Irak avant la Première Guerre mondiale. Celle-ci lui aurait dit que les Etats-Unis ne se sentent pas concernés par ce problème. L'erreur de Saddam Hussein - en envahissant le Koweit le 2 août 1990 - est d'avoir cru que les Américains n'interviendraient pas. Il le paya cher, mais curieusement, George Bush s'arrêta aux portes de Baghdad. Ce fut la fin de l'Histoire, d'après l'idéologue du Pentagone Francis Fukuyama. Plus rien ne s'opposait à l'hyperpuissance américaine. Cependant, deux faits importants sont à signaler d'abord, le déclin des réserves pétrolières aux Etats-Unis et la montée en puissance aux Etats-Unis des néoconservateurs avec un «born again», George Bush, inféodé au lobby sioniste pro-israélien. De plus, l'Irak de Saddam apparaissait comme un danger pour Israël. pour un autre motif concocté par les néo-conservateurs, l'Irak fut accusé d'avoir des liens avec Oussama Bin Laden, et de détenir des armes de destruction massive. Douze ans après son père, George Walker Bush envahit l'Irak en mars 2003, sans qu'il y ait une résolution des Nations unies.

Que reste-t-il de l'Irak?

En octobre 2006, la revue médicale The Lancet estimait le nombre de décès irakiens imputables à la guerre à 655.000. L'institut Opinion Research Business a estimé à plus de 1000.000 le nombre de victimes irakiennes entre mars 2003 et août 2007. La guerre a provoqué l'exode d'au moins deux millions d'Irakiens. Ceci sans parler des dégâts occasionnés par le Programme «pétrole contre nourriture»: plus de 500.000 enfants seraient morts de maladie et de malnutrition. Les dommages aux infrastructures civiles sont immenses: les services de santé sont pillés. Il y a eu une détérioration des canalisations d'eau et la dégradation des bassins hydrographiques du Tigre, de l'Euphrate. Il y a de plus, augmentation de l'insécurité générale (pillages, incendies et prises d'otage), suite à la désorganisation totale des différents services publics tels que les forces de l'ordre. De nombreux centres historiques ont été détruits par les bombardements américains, les combats et les pillages. Le Musée national d'Irak a été pillé.
Le bilan est connu, des centaines de milliers de morts, des millions de personnes déplacées, les infrastructures détruites et réduites à l'âge de pierre selon la promesse de George Bush père. Le 15 septembre 2004, l'armée américaine relâche 275 détenus de la prison d'Abou Ghraib avec toute l'horreur attachée à la perversion d'un côté et aux souffrances de l'autre. En janvier 2007, en pleine fête de l'Aïd el Adha, Saddam Hussein a fait preuve d'un rare courage lors de sa pendaison. Comme l'écrit Manlo Danucci faisant le bilan de cette chevauchée fantastique: «Nos troupes sont sorties d'Irak ''la tête haute'', a annoncé le commandant en chef Barack Obama. Les USA ont de quoi être fiers.. Mis à feu et à sang par plus d'un million et demi de soldats, que le Pentagone a déployés par rotations, avec aussi des centaines de milliers de contractor militaires (mercenaires), en employant n'importe quel moyen pour écraser la résistance: des bombes au phosphore contre la population de Fallujah aux tortures d'Abu Ghraïb. Provoquant environ un million de victimes civiles, qui s'ajoutent à celles de la première guerre contre l'Irak et de l'embargo. Laissant un pays sinistré, avec un chômage à plus de 50%, la moitié des médecins qu'il avait avant l'invasion, un tiers des enfants affectés de malnutrition, à qui s'ajoutent ceux qui ont des malformations génétiques dues aux armes du Pentagone. Une guerre que les USA ont payée de 4500 morts et plus de 30.000 blessés chez les militaires, dont 30% sont rentrés chez eux avec de graves problèmes psychiques. Guerre qui a coûté 1000 milliards de dollars, à quoi s'ajoutent environ 4000 milliards de dépenses indirectes, comme celles de l'assistance aux anciens combattants. (1)

Dans sa course à la Maison-Blanche, Barack Obama avait promis le désengagement de l'Irak, mais pas à n'importe quel prix. En novembre 2008, les gouvernements irakien et américain ont signé un pacte bilatéral incluant le Status of Forces Agreement (Sofa) qui fixe à la fin 2011 le terme de la présence militaire des États-Unis.

Les Américains avec la satisfaction du devoir bien fait, notamment par une mainmise sur les ressources pétrolières et agricoles par multinationales américaines interposées, rentrent au pays.

Depuis 2005, le gouvernement irakien a acheté des armements étasuniens pour une valeur de 5 milliards de dollars et, selon le programme, il en achètera d'autres pour 26 milliards. Les Etats-Unis ayant réussi à mettre en place une partition de fait de l'Irak en trois régions quasi autonomes avec le Nord kurde, la région de Bagdad à majorité sunnite et le sud de l'Irak à majorité chiite. En même temps, poursuit Manlio Dinucci, Washington s'attache le gouvernement régional kurde de Masoud Barzani avec lequel Exxon Mobil a conclu un gros contrat d'exploitation pétrolière, en doublant le gouvernement de Baghdad. Au Kurdistan irakien opèrent depuis 2003 des forces spéciales étasuniennes, sous les ordres du général Charles Cleveland. Celui-là même qui -révèle le journal égyptien al-Arabi- entraîne et dirige aujourd'hui en Turquie les commandos de l'«armée syrienne libre» pour la «guerre subrogée» contre la Syrie.(1)

Mieux encore, on apprend que même l'agriculture plusieurs fois millénaire de l'Irak est menacée. L'ordonnance 81 signée il y a cinq ans, le 26 avril 2004, par l'administrateur provisoire de l'Irak, Paul Bremer, a placé le pays sous le joug économique total de l'Occupant en obligeant le pays à réformer drastiquement son économie sur le modèle économique néolibéral américain. Ceci en violation de la Constitution irakienne et des conventions de La Haye et de Genève qui stipulent que l'occupant doit respecter la juridiction du pays occupé. Il s'agit d'une véritable déclaration de guerre contre les fermiers des pays occupés. Elle a livré le pays en pâture aux nécro-entreprises géantes qui contrôlent le commerce mondial des graines, comme Monsanto, Syngenta et Dow Chemicals. Comble de l'ironie, c'est au coeur de la Mésopotamie (l'actuel Irak) qu'a été inventée l'agriculture voici plus de dix mille ans! L'ordonnance 81 a donné aux sociétés étrangères un droit de propriété intellectuelle (semblable à ceux que Washington a introduits dans les règles de l'OMC) qui leur concède pendant vingt ans le monopole sur la production, la reproduction, la vente, l'exportation, l'importation et le stockage de toutes les semences génétiquement modifiées et les variétés de plantes «similaires». L'article 14 de cette loi interdit aux agriculteurs de réutiliser les semences de ces variétés transgéniques protégées! Les agriculteurs «coupables» d'avoir semé des graines non achetées, ou dont le champ aurait été contaminé accidentellement, encourent de fortes amendes, voire des peines d'emprisonnement, la destruction de leurs récoltes, de leurs outils et de leurs installation! Monsanto a fait un hold-up sur les semences millénaires des pays qu'elle envahit pour les modifier génétiquement, les breveter et les revendre aux agriculteurs désormais contraints de payer pour pouvoir les cultiver!

L'Irak actuel

Face au refus de l'Irak d'accorder l'immunité à des milliers de soldats américains chargés de poursuivre la formation, le président Obama avait décidé, le 21 octobre, le retrait total des troupes.
La paix n’a jamais été à l’ordre du jour même du temps de la présence américaine. La bôite de Pandore du régionalisme et surtout de l’extrêmisme religieux à fait le reste malgré un décor exogène comme l’organisation d’élections, le chaos est là parceque les problèmes de fond qui existaient du temps de Saddam Hussein qui les traitaient à sa manière au nom d’un intrêt supérieur , celui de l’Etat Nation laïc, ressurgissent maintenant qu’il n’y a plus de garde fous. Les partis en présence, n’ont pas connaissance du logiciel de la paix . Je pense même que chacun ,à sa mamnière instrumente la religion pour s’emparer du pouvoir.. Apparemment le clan chiïte de Nouri el Maliki celui qui ordonna la mise à mort de Saddam Hussein le sunnite, l’a emporté su l’autre clan d’Ilyad Alaoui le sunnite, à telle enseigne qu’il a fallu plus d’une année pour former le nouveau gouvernement .

« Des élections ont eu lieu et un gouvernement à majorité chiite a mis plus d'une année à émerger. (...) Outre les dizaines de milliers de membres de sociétés de sécurité privées, peu connues pour leurs compétences en termes de réconciliation et de maintien de la paix. Les Américains laisseront 50.000 au Koweït, prêts à débarquer en cas de besoin. Le chaos qui règne à Baghdad ne leur laissera peut-être même pas le temps de défaire leur paquetage. La transformation de Baghdad en une ville à majorité chiite et le soutien des pays frontaliers devaient jouer un rôle majeur dans la stabilisation du pays. Au moins 12 explosions ont retenti dans 9 quartiers de la ville, faisant 63 morts et plus de 200 blessés. Des attaques coordonnées qui ciblaient essentiellement les quartiers chiites et qui font craindre un retour des violences confessionnelles sur fond de luttes politiques. Comme dans toute guerre, il y a ceux qui ont collaboré avec l'ennemi. Ils - ou elles -écrit Gilles Munier étaient pour la plupart employés à tout faire, mais aussi secrétaires, interprètes ou espions. Certains, cagoulés, participaient aux interrogatoires et aux séances de torture. Considérés comme des traîtres par la population. Tous rêvaient de partir avec les occupants, d'émigrer aux Etats-Unis. Les Américains ont abandonné leurs collaborateurs à leur triste sort. Le bruit court même à Baghdad que des GI's auraient vendu des listings d'employés à des «insurgés». Une loi américaine, votée en 2008, a créé le Special Immigrant Visas (SIV) qui facilite l'entrée aux Etats-Unis des Irakiens qui travaillaient dans leurs bases et qui sont menacés de mort ou d'enlèvement. Mais, en quatre ans, seules 25.000 demandes ont été acceptées, 7000 visas délivrés.(2)

C'est une force étrangère, lit-on dans un éditorial du Monde, qui envahit le pays et ce sont des proconsuls américains bunkérisés qui vont le gouverner ensuite. L'Irak a été privé d'une partie de son histoire. Tout est faux depuis le début dans cette tragédie. Les motifs invoqués par George W. Bush pour se lancer dans l'aventure: l'Irak n'avait rien à voir ni avec Al Qaîda ni avec les attentats du 11 septembre 2001; le régime, exsangue après des années d'embargo, n'entretenait aucun arsenal d'armes de destruction massive(…) . (3)

«L'Irak s'est un peu démocratisé, il est plus libre. Mais il est plus divisé que jamais entre ses trois composantes ethnico-religieuses. Il est gouverné par un parti pro-iranien issu de la majorité arabe chiite, qui marginalise la minorité sunnite, cependant que les Kurdes du pays vivent en quasi-indépendance. La violence est endémique. Un Irakien sur quatre vit dans la misère. La classe moyenne a fui à l'étranger. Le statut des femmes a régressé. La production pétrolière n'a pas retrouvé son niveau d'avant-guerre.(...)»(3)

«Chercheur au Cnrs et spécialiste de l'Irak, Pierre Jean-Luizard anticipait les difficultés à venir: «Les Américains laissent derrière eux un système politique qui est voué à l'échec. C'est un système qui a été, par défaut d'autres solutions, conçu sur des bases confessionnelles et ethniques, dont la Constitution de 2005 condamne les Irakiens à jouer un jeu politique duquel ils ne peuvent pas sortir et qui les met en confrontation sur des bases d'abord communautaires et régionales. La meilleure illustration de tout cela est le mandat d'arrêt que le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki vient de lancer contre le vice-président arabe sunnite Tareq al-Hachemi. Accusé de terrorisme et d'avoir financé des escadrons de la mort, Tarek El Hachémi nie toutes les accusations et accuse le Premier ministre de complot, qualifié de «Saddam chiite» par ses opposants. Le groupe parlementaire sunnite Iraqiya a décidé de boycotter l'Assemblée et le gouvernement. Une provocation pour le chef du gouvernement, lequel a menacé de remplacer les neuf ministres appartenant à Iraqiya s'ils maintenaient cette décision.. «Cette guerre menée pendant plus de huit ans par Bush et Obama est un échec patent. Leur armée abandonne un pays aux mains d'un gouvernement chiite corrompu, allié à l'Iran, et en butte à l'hostilité d'une minorité sunnite», confie un officier du renseignement. Un nouveau Vietnam suivi d'une guerre civile pour les plus optimistes, «un arc chiite allant de la Syrie à l'Iran, en passant par l'Irak et le Hezbollah libanais». Autrement dit, la hantise d'une troisième intifada chiite pour les plus alarmistes. (4)

Y aura t-il d’autres Irak ?

On peut s’interroger si après le désastre irakien, les 4500 morts les dizaines de milliers de traumatisé et une guerre qui aura couté près de 1000 milliards de dollars, les Américains seront tentés par une autre aventure que celle de formater le monde. Pour le Christian Science Monitor qui rapporte le nouveau format des guerres américaines, on parle de nouvelles guerres : « On les appelle les interventions militaires “transhorizon” ou à distance : l’usage de drones ou de missiles lancés à partir de bâtiments de combat en vue d’éliminer des cibles humaines dans un pays étranger sans avoir à envoyer de soldats sur le terrain. Alors que les Etats-Unis quittent l’Irak après plus de huit ans de guerre et d’occupation, le recours accru à ces tactiques à distance et aux unités d’élite des forces spéciales, extrêmement mobiles, n’est qu’un exemple parmi d’autres de l’impact durable que cette guerre, lancée en mars 2003, a eu sur la politique étrangère américaine ».(5)

« “Pendant un certain temps, le syndrome postirakien produira une réelle réticence à mener des opérations militaires ressemblant de près ou de loin à la guerre en Irak”, prédit Stephen Walt, professeur à l’université Harvard. “Nous n’allons plus nous lancer dans des occupations prolongées ni tenter de remodeler la politique intérieure d’un pays.”Autrement dit, au lieu de guerres comme celle d’Irak, nous assisterons à des interventions ciblées, comme au Pakistan et au Yémen. “Nous allons nous employer à éliminer les méchants au lieu de chercher à réformer des sociétés entières”, résume l’universitaire ».(5)

On le voit la tentation d’empire étasunienne est intact, sauf que l’expérience américaine est mise à profit pour ouvrir d’autres théâtres ; De fait poursuit le journal : « La guerre d’Irak ainsi que celle d’Afghanistan ont conduit les Etats-Unis à se préoccuper d’une région qui ne devrait pas jouer un rôle important dans leur future prospérité. Comme Jon Huntsman Jr., candidat à l’investiture républicaine pour la présidentielle de 2012, se plaît à le répéter : “Notre avenir n’est pas dans les montagnes afghanes de l’Hindu Kuch.” Après s’être focalisés sur l’Irak pendant la majeure partie de la dernière décennie, les Etats-Unis doivent, selon M. Lindsay, rattraper leur retard dans une région qui pèsera beaucoup sur leur futur : l’Asie orientale ». (5)

« “A présent, nous allons être beaucoup plus prudents pour décider des endroits et des moments opportuns pour faire appel à l’armée.” Selon Henry Barkey, un ancien analyste du département d’Etat, cette “nouvelle réticence” transparaît déjà dans le rôle de soutien que les Etats-Unis ont choisi de jouer dans l’intervention de l’Otan en Libye. Mais, selon d’autres experts, la Libye ne pré¬sentait qu’un intérêt secondaire pour Washington. D’après eux, le véritable test de l’impact de la guerre d’Irak sur la politique extérieure américaine se fera avec l’Iran, et peut-être plus tôt qu’on ne le pense ». (5)

Nous y voilà. Le scénario est mis en place avec la complicité du directeur Général de l’AIEA qui n’a pas la même réticence qu’El Baradei ou encore moins qu’un Hans Blixc qui s’est opposé frontalement à Georges Bush, en persistant sur le fait qu’il n’y avait pas d’ADM en Irak . L’actuel directeur de l’AIEA fait parti du scénario visant à créer le motif qui amènera le monde à un futur chaos. La guerre irakienne terminée, les GI’s ne sont pas loin, jute à côté au Koweit, ils peuvent reprendre du service. Il est possible même que le détroit d’Ormuz soit l’étincelle qui déclenchera l’apocalypse .

Nous ne souhaitons que l’Iran finisse comme l’Irak encore que cela ne sera pas facile pour l’empire ! L’Irak une des plus brillantes civilisations que l'humanité ait connues sombre dans un chaos qui, à moins d'un miracle, semble être parti pour longtemps. Tout ceci pour une mainmise sur des matières premières et imposer Israël comme «rempart contre la barbarie».

1. Manlio Dinucci Edition de mardi 20 décembre 2011 http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/...
2. Gilles Munier: 23 - 12- 2011 150 000 collaborateurs irakiens abandonnés par les troupes américaines
3. Mauvaise fin pour une mauvaise guerre Editorial Le Monde 21.12.11
4. http://www.mleray.info/article-irak-le-chaos-94973865.html
5. http://www.courrierinternational.com/article/2011/12/22/dures-lecons-de-l-aventure-irakienne

Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique enp-edu.dz

Jeudi 29 décembre 2011

Publié le 30 décembre 2011 avec l'aimable autorisation de l'auteur

Source : Le blog de l'auteur
http://commentjevoislemonde.blogs.nouvelobs.com/...



1-4 Le coût astronomique de la guerre américano-européenne en Irak.

Ndlr : la publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses  des auteurs, mais doit être vu comme information.

Des milliers de morts et de blessés, de soldats déployés, des centaines de milliards de dollars engloutis en huit ans de guerre et des dizaines de milliards supplémentaires qui seront dépensés dans les années à venir: le coût du conflit en Irak est astronomique.
Le coût humain
Depuis l'invasion américaine du pays en mars 2003, au moins 126.000 civils irakiens sont morts des causes directes du conflit, selon Neta Crawford, professeur à la Boston University. A cela, il faut ajouter 20.000 soldats et policiers irakiens et plus de 19.000 résistants
Selon l'organisation britannique IraqBodyCount.org, les pertes civiles s'étaleraient entre 104.035 et 113.680 depuis 2003. 
Côté occupation, les Etats-Unis ont perdu 4.408 hommes, dont 3.480 au combat. Près de 32.000 militaires américains ont par ailleurs été blessés, selon les chiffres du Pentagone.

Le Royaume-Uni a de son côté perdu 179 soldats. 
Quelque 1,75 million d'Irakiens ont trouvé refuge dans les pays voisins ou ont été déplacés dans le pays, selon l'ONU.

  
Des centaines de milliers de soldats déployés
Lors du déclenchement de l'occupation amèricaine, appelée opération Iraqi Freedom (OIF), quelque 150.000 soldats américains étaient déployés en Irak, soutenus par 120.000 autres militaires américains soutenant l'opération depuis l'extérieur. Plus de 40.000 Britanniques, ont également participé à l'invasion.
Les effectifs d'OIF tombent ensuite régulièrement et atteignent 165.000 fin 2006 avant que Washington ne décide d'envoyer 30.000 hommes en renfort pour tenter d'endiguer l'explosion de violences.
En septembre 2010,   l'occupation USA prend fin, 50.000 soldats américains restent sur place pour soi-disant aider à la formation de l'armée irakienne. Ils doivent quitter le pays d'ici la fin du mois.
  
Le coût financier
Le Pentagone a alloué près de 770 milliards de dollars depuis 2003 aux opérations en Irak. Pris sur le poste des opérations extérieures, ces sommes s'ajoutent au budget du Pentagone, dont une fraction indéterminée a également servi à financer la guerre en Irak.
Il faut également ajouter le coût de l'aide américaine à l'Irak, de la prise en charge des blessés, des vétérans.
Pour les vétérans, les coûts propres aux conséquences de l'opération Iraqi Freedom sont difficilement séparables de ceux des opérations en Afghanistan, les quelque 1,25 million de vétérans de ces conflits ayant fréquemment été déployés sur les deux théâtres. De fait, les statistiques publiées par le gouvernement américain ne font pas la distinction entre les deux.
Fin 2010, les Etats-Unis avaient ainsi déjà dépensé près de 32 milliards de dollars pour la prise en charge des soins médicaux des blessés et le versement des pensions d'invalidité, dont les vétérans bénéficient à vie.
Les coûts futurs à venir sont exponentiels. Linda Bilmes, professeur à l'université dHarvard, estime que les coûts médicaux et des pensions d'ici 2055 pour les vétérans seront de 346 à 469 milliards de dollars.

Il est clair que dans ce rapport, publié par l'AFP, ce que cette guerre a coûté aux Irakiens tant sur le plan financier, économique, social (guerre confesionnelle imposée par les agents amèricains, culturel (vol du patrimoine  irakien) que psychologique (scandale de la prison de Abou Ghreib) n'est pas pris en considération!

Or, selon notre correspondant en Irak, citant des organisations non gouvernementales irakiennes la guerre américaine en Irak a coûté au peuple irakien, deux millions de veuves, deux millions de mutilés, prés d'un million d'orphelins..

Ces ONG comptent porté plainte contre les Etats-Unis pour crimes contre l'humanité!   

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=40946&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=29&s1=1


1-5 Gilles Munier : 150 000 collaborateurs irakiens abandonnés par les troupes américaines. 

   Les derniers GI’s ayant quitté l’Irak pourront passer Noël en famille, mais 150 000 Irakiens engagés par l’armée d’occupation sont en danger de mort. Parmi eux beaucoup de chrétiens.

   Ils -  ou elles - étaient pour la plupart employés à tout faire, mais aussi secrétaires, interprètes ou espions. Certains, cagoulés participaient aux interrogatoires et aux séances de torture. Considérés comme des traîtres par la population, ils se sentaient plus ou moins protégés tant que les Américains étaient présents massivement. Tous rêvaient de partir avec les occupants, d’émigrer aux Etats-Unis. Comme le font généralement les envahisseurs se retirant d’un pays occupé et martyrisé, les Américains ont abandonnés leurs collaborateurs à leur triste sort. Le bruit court même à Bagdad que des GI’s auraient vendu des listings d’employés à des « insurgés ».

   La résistance aurait tué au moins 300 d’entre eux depuis 2003. Les plus menacés ont émigré depuis longtemps en Jordanie ou en Syrie. Mais, ils n’y dorment pas sur leurs deux oreilles. Ils sont rapidement démasqués par leurs compatriotes nationalistes, réfugiés dans ces pays depuis 2003.

   Une loi américaine, votée en 2008, a créé le Special Immigrant Visas (SIV) qui facilite l’entrée aux Etats-Unis des Irakiens qui travaillaient dans leurs bases et qui sont menacés de mort ou d’enlèvement. Mais, en quatre ans, seules 25 000 demandes ont été acceptées, 7000 visas délivrés. L’ordre donné aux fonctionnaires de l’immigration, par Barack Obama, de bien vérifier les dossiers qui leur sont présentés - de crainte que des militants d’Al-Qaïda pénètrent aux Etats-Unis - a ralenti le processus mis en place par une administration déjà peu encline à les accueillir. Le temps moyen d’étude d’une demande est passé à 9 mois… 30 000 seraient en attente. Les 150 000 collaborateurs abandonnés en Irak sont dans de beaux draps. C’était prévisible.

Gilles Munier

Lire aussi :

Iraq: Have Thousands of U.S. Friendly Iraqis Been Targeted for Assassination?(Catholic Online - 19/12/11)

12 /Déc /2011

http://www.catholic.org/international/international_story.php?id=44101

http://www.france-irak-actualite.com/


1-6 The Guardian :Un viol toutes les 3 heures dans l'armée américaine.

Le problème du viol dans l'armée américaine a longtemps été passé sous silence et continue d'ailleurs à l'être, raconte le quotidien britannique The Guardian, pointant la présence d'une culture de l'ignorance et de la confidentialité chez les militaires. 

C'est l'histoire de Kate Weber, violée, après un bal, par un officier qui l'avait conduite vers l'issue de secours d'un bâtiment pour soi-disant lui parler de son travail; c'est aussi celle de Rick Tringale, qui a subi un viol collectif dans son dortoir lors de ses premières semaines d'entraînement. On estime que 37% des agressions sexuelles dans l'armée sont commises sur des soldats.

Pour Mic Hunter, auteur de l'essai Honor Betrayed: Sexual Abuse in America's Military, cité par Newsweek, ce sont bien souvent des héterosexuels qui commettent ce type d'agressions, non par pulsion sexuelle, mais pour «remettre les gens à leur place». Dans ce cas, «l'agression sexuelle n'est pas une question de sexe, mais de violence».

En février, 17 membres militaires et vétérans ont porté plainte contre le Pentagone (via une class action) pour protester contre le «fléau» des violences sexuelles pratiquées dans l'armée américaine et ont particulièrement visé les anciens secrétaires d'Etat Robert Gates et Donald Rumsfeld pour avoir toléré, ignoré voire encouragé implicitement la poursuite de telles pratiques.

En 2005, face à la médiatisation de certaines histoires de viol et l'accroissement du nombre de femmes dans l'armée, le Congrès avait demandé au département de la Défense de réfléchir aux mesures à mettre en place pour une meilleure prévention de telles pratiques, ce qui donna lieu à la création du Sexual Assault Prevention and Response Office. En 2007, le département de la Défense avait signalé 2.200 cas de viols dans l'armée; le nombre a augmenté à 3.158 en 2010 (soit un viol toutes les 3 heures) et une femme sur 3 a déclaré avoir expérimenté une forme de violence sexuelle, allant du harcèlement au viol. Ce nombre est deux fois supérieur à la moyenne de la population féminine civile américaine, chez qui on répertorie un traumatisme d'ordre sexuel pour une femme sur 6.

Dans une enquête, un journaliste d'Al-Jazeera estimait en octobre 2011 que de nombreux cas de viols étaient généralement classés, faute de preuves ou d'informations concordantes et que seulement 8% des agresseurs supposés étaient réellement poursuivis. En dépit des 15 millions de dollars mobilisés, le Government Accountability Office, qui évalue le suivi des politiques publiques, a estimé en 2008 que peu de choses avaient été accomplies en la matière.

Pourquoi l'armée faillirait-elle à protéger ses soldates des intentions malveillantes de leurs collègues? Pour Kira Mountjoy-Pepka, directrice de Pack Parachute, association défendant les droits des victimes de «military sexual trauma» (terme retenu par le département américain des vétérans pour qualifier les agressions ou harcèlements sexuels subis par les membres de l'armée), la non-judiciarisation de ces affaires s'inscrit dans la doctrine juridique qui a suivi l'arrêt Feres v. United States, après lequel la Cour suprême américaine a rendu difficile toute poursuite engagée contre l'armée, laquelle tend à être placée à l'extérieur de la sphère du droit du travail.

Une désillusion pour ces femmes qui «aspiraient à des longues carrières dans l'armée et croient en leur mission» et qui, faute d'avoir reçu l'écoute nécessaire à la suite de leurs traumatismes post-viol, «sont conduites à démissionner ou à prendre leur retraite plus tôt car elles n'ont pas su surmonter leurs souffrances», relève Sandra Park, avocate auprès de l'American Civil Liberties Union (ACLU) interrogée par IPS News. The Guardian mentionne l'existence de sites comme mydutytospeak.com permettant aux victimes de viols de partager leurs expériences.

The Guardian 

http://www.slate.fr/lien/47343/armee-americaine-viol 



2 Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Amnesty réclame de nouveau l'arrestation de George W. Bush –

 L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International appelle trois Etats africains à arrêter l'ancien président américain George W. Bush lors d'une prochaine visite, l'accusant de "crimes" et notamment de "torture".

M. Bush se rend du 1er au 5 décembre en Zambie, en Tanzanie et en Ethiopie, dans le cadre d'une tournée de promotion de programmes de santé, notamment axés sur la lutte contre les cancers du cerveau et du sein.
Dans un communiqué, Amnesty International affirme qu'"il y a suffisamment de preuves dans le domaine public, émanant des autorités américaines et de M. George W. Bush lui-même, pour demander à l'Ethiopie, à la Tanzanie et à la Zambie d'ouvrir une enquête sur sa présumée responsabilité dans des actes de torture, et pour s'assurer de sa présence pendant l'enquête". 
M. Bush est accusé d'avoir autorisé des méthodes de torture aux Etats-Unis sous couvert de "guerre contre le terrorisme" dans les années 2000, notamment le supplice de la baignoire, une simulation de noyade. 
"Tous les pays dans lesquels M. George W. Bush se rend ont l'obligation de le déferrer devant la justice pour son rôle dans la torture", affirme Matt Pollard, conseiller juridique d'Amnesty. 
En octobre, Amnesty avait fait la même démarche envers le Canada, qui accueillait l'ex-président américain pour une conférence. Ottawa avait répondu en accusant Amnesty de "banqueroute morale", de "dégénérescence et de politisation".
En février, M. Bush avait annulé une visite en Suisse, après que des appels similaires à son arrestation y avaient été lancés. (belga)

Monde - 7s7

 01/12/11 18h00

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/1356671/2011/12/01/Amnesty-reclame-de-nouveau-l-arrestation-de-George-W-Bush.dhtml



3 Paroles & action du président Obama..

L’Irak au cœur des débats.

Joseph Kishore : La réalité de la guerre en Irak.

Le président américain Barack Obama a organisé mardi 20 décembre une cérémonie à la base aérienne d’Andrews dans l’Etat du Maryland pour marquer la fin de la guerre en Irak et le retour du commandant des forces américaines en Irak, le général Lloyd Austin. Ce dernier a déclaré, le président américain approuvant de la tête, « Ce que nos troupes ont réalisé en Irak durant près de neuf ans est vraiment remarquable. En collaboration avec nos partenaires de la coalition et une équipe de civils dévoués, elles ont écarté un dictateur brutal et donné la liberté au peuple irakien. »

Le maréchal Göring n’aurait pu mieux dire en parlant de la « libération » de la Pologne.

Le départ des dernières troupes de « combat » d’Irak ne marque en aucune manière la fin de l’intervention des Etats-Unis dans ce pays. Il offre, toutefois, l’occasion d’évaluer l’un des plus grands crimes de l’ère moderne. Quelles que soient les invocations nauséabondes et hypocrites du « succès » et de la « liberté », la guerre et l’occupation ont été une catastrophe pour le peuple irakien et une tragédie pour la population des Etats-Unis.

Les statistiques donnent une idée de l’ampleur de la destruction infligée par l’armée américaine :

• Selon des évaluations scientifiques réalisées en 2007, plus d’un million d’Irakiens ont été tués du fait de l’invasion et de l’occupation. Les Nations unies ont estimé qu’en 2008, 4,7 millions de personnes, ou près de 16 pour cent de la population, avaient été transformés en refugiés.

• L’infrastructure du pays, dont le réseau électrique, a été dévastée. Selon le rapport 2010-2011 de la publication des Nations unies, State of the World’s Cities, le pourcentage de la population urbaine irakienne vivant dans des bidonvilles, comme défini par le manque d’accès aux nécessités de base comme le système sanitaire et l’eau, est passé de moins 20 pour cent en 2003 à 53 pour cent en 2010.

• Le chômage réel est de l’ordre de 50 pour cent et l’inflation dépasse 50 pour cent. Il y a un exode en masse des médecins et d’autres professionnels (évalué à 40 pour cent par rapport à ceux qui se trouvaient dans le pays avant la guerre) et le système d’éducation est en ruine.

• L’Irak a connu une augmentation vertigineuse de la mortalité infantile. Un rapport de 2007 évalue que 28 pour cent des enfants souffraient de malnutrition chronique. Une agence gouvernementale irakienne a rapporté que 35 pour cent des enfants irakiens étaient orphelins en 2007 (environ 5 millions d’enfants). Une génération entière a vu ses parents tués ou disparus.

• Plus de 4.500 soldats américains ont été tués au cours de la guerre et de l’occupation et plus de 30.000 ont été blessés. Ceci n’inclut pas les dizaines de milliers de soldats qui quittent l’Irak souffrant d’un traumatisme psychologique sévère.

• En termes de ressources, les guerres en Irak, en Afghanistan et au Pakistan sont estimées avoir coûté quelque 4 milliers de milliards de dollars, y compris les dépenses directes et l’impact à long terme sur la santé et la croissance économique. Des centaines de milliards ont été acheminés vers des entreprises sous-traitantes du secteur de la défense et vers des profiteurs et, au moins 16 milliards de dollars ont tout simplement été perdus ou volés.

La guerre en Irak a été une entreprise criminelle dans le sens le plus profond du terme. Elle fut ‘vendue’ sur la base de mensonges racontés effrontément à un public international au sujet « d’armes de destruction massive ». Cela a été une guerre d’agression lancée sans la moindre provocation et en dépit d’une opposition de masse aux Etats-Unis et partout dans le monde. Elle a été un exercice de banditisme international destiné à prendre le contrôle de l’un des pays du monde le plus riche en pétrole au profit de compagnies pétrolières américaines tout en renforçant la position des Etats-Unis au Moyen-Orient et en augmentant son poids face à ses rivales parmi les grandes puissances.

Toutes les atrocités pour lesquelles on se souviendra de la guerre en Irak découlent du caractère impérialiste de cette guerre : l’emprisonnement de masse et la torture d’Irakiens à Abou Ghraib et dans d’autres prisons ; la démolition de Fallujah ; le massacre de 24 civils à Haditha ; le viol et le meurtre d’une jeune fille de 14 ans et le massacre de sa famille à Mahmudiyah ; les meurtres routiniers aux points de contrôle, lors de rafles nocturnes et suite aux bombes larguées d’avions de chasse et aux missiles tirés et par des hélicoptères de combat.

La terrible confrontation de l’Irak avec l’impérialisme américain est loin d’être terminée. L’ambassade des Etats-Unis en Irak, la plus grande du monde, héberge 15.000 personnes. Les responsables de la CIA et les mercenaires privés – qui ont joué un rôle majeur dans l’occupation – resteront dans le pays. Des dizaines de milliers de troupes américaines se trouvent encore dans la région, prêtes à être déployées en cas de besoin.

Près de neuf ans après l’invasion, l’Irak est un pays dirigé par un régime instable et de plus en plus autoritaire, et miné par les luttes factionnelles qui menacent de dégénérer en une guerre civile ouverte.

La guerre a aussi laissé ses marques dans la société américaine et pas seulement en termes de dizaines de milliers de personnes tuées ou blessées et de milliers de milliards de dollars gaspillés. La guerre a joué un rôle non négligeable dans le pouvoir grandissant que l’armée exerce sur la vie politique et dans le développement de l’appareil militaro policier ; celui-ci représente un danger mortel pour les droits démocratiques du peuple américain.

Alors que la guerre a été lancée et menée par le gouvernement Bush, le rôle central pour frustrer et détourner l’attention de l’opposition fut joué par le Parti démocrate et ses partisans de « gauche ». A la veille de l’invasion, les Etats-Unis avaient connu les plus importantes protestations anti-guerre depuis la guerre du Vietnam, des centaines de milliers d’Américains se joignant aux millions de personnes de par le monde qui s’opposaient à l’horreur imminente.

Les tentatives répétées du peuple américain de mettre un terme à la guerre furent bloquées par le Parti démocrate et culminèrent dans l’élection d’Obama en 2008. Sa victoire était due en grande partie au sentiment anti-guerre de masse auquel le candidat Obama avait cyniquement fait appel.

Les groupes officiels « anti-guerre », après avoir miné l’opposition organisée contre la guerre en la canalisant derrière la campagne électorale des Démocrates en 2004 et en 2006, ont profité de la victoire d’Obama pour mettre fin au mouvement de protestation. Toutefois, loin de représenter une rupture avec la politique de Bush, le gouvernement Obama l’a poursuivie dans les grandes lignes. Non seulement Obama a maintenu l’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan, il a encore étendu la guerre au Pakistan et lancé une nouvelle guerre dans un autre pays riche en pétrole, la Libye.

Les mêmes organisations qui avaient proclamé leur opposition à la guerre en Irak ont soutenu l’invasion de la Libye. Ces organisations et publications de la classe moyenne telles le magazine Nation ont profité de l’élection d’Obama pour faire la paix avec l’impérialisme.

Le retrait des troupes de combat d’Irak est le prélude à de nouvelles guerres plus sanglantes encore. La crise capitaliste est entrée dans une nouvelle phase qui entraîne des tensions grandissantes entre les principales puissances. Des sections de la classe dirigeante aux Etats-Unis avaient considéré l’occupation comme une initiative mal inspirée en détournant les ressources et l’attention de menaces plus importantes émanant de puissances régionales telles que l’Iran et des puissances mondiales montantes tellesque  la Chine.

La classe dirigeante américaine agira de manière tout aussi impitoyable en attaquant les emplois et les programmes sociaux des travailleurs à l’intérieur du pays qu’elle le fera internationalement pour faire valoir ses intérêts.

Aux Etats-Unis, l’énorme réservoir de sentiment anti-guerre devra à nouveau s’exprimer comme partie intégrante d’un mouvement social et politique de la classe ouvrière contre le système capitaliste.

Joseph Kishore
24 décembre 2011

http://www.wsws.org/francais/News/2011/dec2011/irak-d24.shtml

Voir aussi:

The US war and occupation of Iraq--the murder of a society
[19 May 2007]

(Article original paru le 21 décembre 2011)


4 Politique

a) Des collaborateurs Irakiens

Le chef de la diplomatie irakienne souligne les erreurs des Etats-Unis en Irak.

Le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari a rappelé lors d'une interview avec une chaine télévisée que la présence de militaires américains en Irak avaient posés d'énormes problèmes au pays et qu'au cours des années d'occupation, les irakiens avaient subi des dommages considérables.

« Le retrait des forces américaines de l’Irak permettra de transférer la responsabilité de la sécurité du pays, celle du système défensif et aussi du contrôle de l’espace aérien et maritime aux responsables et aux experts irakiens. »a-t-il dit. Il a poursuivi dans une autre partie de ses déclarations que l’Irak était politiquement mature et que les dirigeants irakiens ne permettraient pas aux terroristes et aux gangs armés de prendre le contrôle du pays et de saboter la sécurité de la population.
« Des terroristes tentent de perturber la sécurité du pays mais l’unité national est l’unique solution pour faire face aux menaces de sécurité. »a conclu Hoshyar Zebari.
http://french.irib.ir/info/...

 



b) Des occupants 

1) Usa

Extension des guerres ?

Les Etats-Unis font pression sur l’Irak  

Lors de sa récente visite à Bagdad, le vice-président américain, Joe Biden, a tenté de convaincre le Premier ministre irakien de confier le contrôle de l’espace aérien irakien aux Etats-Unis. Biden a exigé également du Premier ministre irakien d’accepter la présence sur le sol irakien de 1.600 instructeurs militaires américains pouvant jouir de l’immunité judiciaire. Il aurait également proposé à Nouri al-Maliki d’accepter la présence de 3.000 militaires