Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

22/02/2012

n° 3 - 21-02 - Qatar : Les dossiers - a1p - Qatar : L’Hyper puissance…

n° 3 - 21-02 -  Qatar : Les dossiers - a1p - Qatar : L’Hyper puissance…


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Qatar : Les dossiers

 n° 3- 21-02

C.De Broeder & M.Lemaire



 Qatar : Les dossiers est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part 

L’expression : Le Qatar confirme son poids diplomatique.

Yamin Makri. Le Qatar est le pays de toutes les contradictions.

Dominique Lagarde : Le Qatar est-il la nouvelle voix arabe ? 

Georges STANECHY : Qatar : L’Hyper puissance…

1 Brèves

1-1 Le Qatar achète la démission du général al-Dabi.

1-2 Sarkofrance :Sarkozy : l’argent et l’argent du Qatar

2  Dossiers

2-1 Réseau Voltaire : François Hollande négocie avec l’émir de Qatar.

2-2 Sarkozy, petit télégraphiste du Qatar. Toujours au service de l'étranger ……

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Qatar : l’ennemi d’hier l’ami d’aujourd’hui.

3-2 L’expression : Le Qatar confirme son poids diplomatique.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Syrie : le Qatar cherche à étouffer le rapport de ses experts.

4-2 Léon Camus ; Le Qatar, fer de lance de la diplomatie étasunienne, et la France plurielle.

5 Annexe

5-1 L'AFRIQUE S'ELOIGNE DE L'OCCIDENT.



Tiré à part 

L’expression : Le Qatar confirme son poids diplomatique.

L'accord signé lundi entre les deux mouvements au Qatar marque un nouveau succès pour ce petit et riche Etat du Golfe, devenu le nouveau centre de gravité de la diplomatie arabe.

«Tout indique que Doha est devenue la capitale politique du monde arabe. La diplomatie du Qatar est désormais la locomotive de l'action politique arabe, un rôle appelé à se poursuivre», a relevé l'analyste émirati Abdelkhaleq Abdallah. Le Qatar, qui ne cache pas sa sympathie, sinon son appui, aux animateurs des révoltes qui secouent depuis un an les pays du Printemps arabe, mène une diplomatie tous azimuts au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie. Le président palestinien et chef du Fatah Mahmoud Abbas et le chef du Hamas Khaled Mechaal ont signé lundi à Doha une déclaration les engageant à appliquer un accord de réconciliation nationale, en souffrance depuis des mois. Le même jour, le Premier ministre pakistanais Yousuf Raza Gilani arrivait à Doha pour des entretiens sur les efforts de paix en Afghanistan menés au Qatar où Américains et taliban ont entamé des contacts. Le Qatar, premier exportateur de gaz naturel liquéfié avec une superficie de 11.000 km2 et une population de 1,7 million d'âmes dont seulement 250.000 autochtones, joue en outre un rôle diplomatique de premier plan dans la crise syrienne, portée sans succès jusqu'ici devant le Conseil de sécurité de l'ONU. En Libye, le Qatar a été le premier pays arabe à avoir soutenu, au côté des Emirats arabes unis, ouvertement les rebelles, y compris sur le plan militaire, jusqu'à la chute du régime du colonel Mouammar Kadhafi.
L'émir, cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, un proche allié des Etats-Unis qui disposent au Qatar de deux bases militaires, «a rapidement compris qu'un nouveau Proche-Orient se mettait en place et a agi dans un esprit d'initiative pour assurer la stabilité régionale», a déclaré à l'AFP le directeur du Doha Brookings Centre, Salmane Chaikh. Le Qatar a ainsi supervisé en mai 2011 un accord de paix entre le gouvernement soudanais et un groupe rebelle du Darfour, resté cependant sans effet, comme il avait parrainé en mai 2008 un accord interlibanais ayant mis fin à une crise politique de 18 mois et permis l'élection d'un président. Ce pays, qui a offert sa médiation dans des dossiers aussi épineux que ceux du Yémen et de la Corne de l'Afrique, y compris dans le conflit frontalier entre Djibouti et l'Erythrée ou au Tchad, «poursuit avec efficacité son action diplomatique dans un contexte géopolitique complexe», a noté M.Chaikh. Mettant à profit l'influente chaîne de télévision Al-Jazeera, qu'il finance depuis son lancement un an après son accession au trône en 1995, l'émir du Qatar a peu à peu éclipsé les anciens poids lourds politiques du monde arabe, affaiblis par leurs crises internes ou marginalisés, dont l'Arabie saoudite, l'Irak et l'Egypte. «De petits pays, comme le Qatar, et à un moindre niveau les Emirats arabes unis, ont comblé le vide», laissé par ces grands de la région, a indiqué M.Abdallah, soulignant toutefois que le Qatar «agit dans certains dossiers avec le feu vert de l'Arabie saoudite», en perte de vitesse «en raison du vieillissement de ses dirigeants». «Doha, qui a réussi à entretenir de bonnes relations avec des individus et des groupes politiques rivaux pour s'imposer comme un acteur dans la région compte aussi sur des partenariats utiles, y compris avec son grand voisin saoudien dans le dossier syrien», a expliqué M.Chaikh. Mais Doha n'a enregistré aucune percée dans ses efforts de bons offices entre Washington et Téhéran, dont les relations sont rompues depuis les années 1980.

L’expression


Yamin Makri.Le Qatar est le pays de toutes les contradictions :

  • la plus grande base américaine y est implantée, mais les Talibans ont maintenant leur représentation dans l’émirat ;
  • c'est le pays d’Al-Jazeera, le média audiovisuel qui a le mieux couvert la seconde Intifida et le bombardement de Gaza, mais c'est aussi l'un des rares pays arabes qui a une représentation israélienne sur son sol ;
  • c'est un micro-état foncièrement pro-américain, mais c’est aussi celui qui soutient nombre de mouvements islamistes, dont le Hamas, qui y a également installé sa représentation. 

Quand on visite le Qatar, ce qui nous choque de prime abord, c'est l’extravagance consumériste et l’ultralibéralisme économique qui y règnent. L’essentiel est en réalité là. En fait, tant que les privilèges sont préservés, tant que l'appropriation des richesses au profit d’une seule caste perdure, tout le reste devient secondaire. Si l’on ne comprend pas ce préalable, on aura du mal à comprendre la logique de cet État.

Coincé entre les deux puissances régionales, l’Arabie Saoudite et l’Iran, le petit émirat a soif de rayonnement international. Le Qatar nourrit aujourd’hui l’ambition démesurée d’être reconnu comme la puissance régionale politique et diplomatique incontournable du monde arabe. Et cela pour deux raisons majeures : d’abord, satisfaire son égo insatiable, et ensuite faire en sorte que personne ne puisse remettre en cause l’appropriation des richesses de son sous-sol par la famille royale.

En acceptant l'installation de la plus grande base américaine de la région sur son sol, et en se mettant donc sous la protection US, la famille royale espère ainsi pérenniser sa mainmise sur les gisements d’hydrocarbures, tout en se protégeant des ambitions régionales de ses deux grands et très redoutés voisins.

Et l'installation de la représentation diplomatique israélienne sur le sol qatari est, bien évidemment, la condition sine qua non de la protection américaine. L'affaiblissement de la puissance financière et économique américaine constitue l'élément nouveau de cette dernière décennie. Cela bouleverse la donne dans cette région qui avait l’habitude, depuis plusieurs décennies, de vivre sous l’ordre américain.

Aujourd’hui, les États-Unis n'ont plus les moyens de leur politique hégémonique. De plus, la zone Asie-Pacifique, avec l'émergence de la Chine, devient la région clé pour l'impérialisme américain, beaucoup plus que le Moyen-Orient.

Certes, la protection des gisements d’hydrocarbures et de ses voies d’acheminement vers les pays du Nord restera un enjeu central. Mais la crise économique et financière mondiale, associée à la reconsidération des priorités stratégiques, font que les États-Unis n’ont plus les moyens d’agir directement dans cette région pour préserver leurs intérêts.

Cette situation inédite a deux conséquences pour cette région 

  1. la première est que Washington, face à ses nouvelles restrictions budgétaires, a décidé d’intervenir dorénavant à travers ses relais locaux qui, eux, ont les moyens et l'ambition de devenir des puissances régionales. 
  • Ces relais locaux sont d’abord ceux qui, historiquement, ont toujours été présents dans cette région : au premier plan, les deux anciennes puissances coloniales, la France et la Grande-Bretagne (puissance militaire et technologique), sans oublier la fidèle héritière de l’empire ottoman, la Turquie, nouvelle puissance économique et militaire.
  • Le Qatar, diplomatiquement et médiatiquement très présent, espère aussi être reconnu comme une nouvelle puissance régionale. Il aspire à devenir un de ces relais de la puissance américaine, qui aura l’avantage d’être le seul à appartenir à la « nation arabe ». 
  • Fait important, ces pays (France, Grande-Bretagne, Turquie et Qatar), qui sont déjà des acteurs influents dans l’évolution des révolutions arabes, sont tous membres de l’OTAN ou hébergent d’importantes bases américaines, et ont en commun d’avoir noué des relations diplomatiques et économiques avec l’État sioniste.

1.   

  1. la seconde conséquence de cette situation nouvelle est que ces relais locaux, tout en agissant pour les intérêts US, œuvrent aussi pour leurs propres intérêts. C'est, très logiquement, une « juste » rétribution qu'« autorise » le gendarme américain : 
  • ainsi, profitant des révolutions arabes, les anciennes puissances coloniales européennes (France et Grande-Bretagne) tentent de reprendre pied dans cette région, où elles espèrent devenir l’intermédiaire obligé ;
  • la Turquie, de son côté, voudrait reconquérir, à travers son dynamisme économique, son aire d’influence qui s’étendait de l’Asie centrale au Maghreb. L’État sioniste qui entretient des relations économiques florissantes avec le capitalisme turc ne fait pas exception. Business is Business ;
  • quant au Qatar, fort de sa toute nouvelle puissance financière et médiatique, il promeut une parole libre (mais évidemment orientée) reflétant toutes les tendances politiques du monde arabe, dans le but de s’imposer comme le centre d’un nouveau rayonnement panarabe.

C'est à la lumière de ce contexte qu'il faut interpréter l'action du Qatar, ainsi que son rapport avec le Shaykh Al-Qaradawi et la chaîne satellitaire Al-Jazeera. Pour comprendre le rôle du Shaykh Al-Qaradawi, il faut retracer son historique. Issu des Frères musulmans égyptiens, Shaykh Al-Qaradawi a payé très cher son opposition publique et franche à la dictature égyptienne ; il croupit, pendant toute une partie de sa vie, dans les prisons égyptiennes. Jusqu’à très récemment, tous les mouvements politiques islamiques des pays arabes, sans aucune exception, vivaient sous une terrible répression, faite de meurtres, disparitions, emprisonnements, massacres, ou encore de tortures. Et cela, dans l'indifférence de tous les médias occidentaux.

Shaykh Al-Qaradawi a toujours refusé de se taire sur le droit d'expression de tous les peuples et sur son antisionisme viscéral. Le seul pays qui a, finalement, accepté de l'accueillir tout en lui laissant sa liberté de parole fut le Qatar. Il fit même plus, il lui attribua un canal (Al-Jazeera) pour lui permettre de s’adresser à toutes les masses arabes. La quasi-totalité des dirigeants des mouvements politiques islamiques en exil, ou subissant la répression, lui emboîtèrent le pas. Contournant la censure exercée par toutes les dictatures arabes, ils purent, à travers Al-Jazeera, exprimer leur point de vue et en débattre avec les autres mouvements d’opposition arabes.

Ainsi, à travers Al-Jazeera et le rayonnement du Shaykh Al-Qaradawi, le Qatar a obtenu ce qu'il voulait : être une puissance médiatique incontournable dans cette région. Grâce au  Qatar, le Shaykh Al-Qaradawi et beaucoup de mouvements islamiques réprimés ont obtenu en retour le droit de s'exprimer et de débattre publiquement. Ce qui était irréalisable et inespéré  dans leur propre pays, et cela depuis plusieurs décennies.

Aujourd’hui, le Qatar compte bien tirer ses dividendes de sa politique d’ouverture, audacieuse à l’époque, vis-à-vis des mouvements politiques islamiques. L’émirat s’implique, désormais, directement dans les révolutions arabes, financièrement, médiatiquement, diplomatiquement et même militairement, si cela doit s’avérer nécessaire. Pour cela, l’émir du Qatar en personne n’a pas hésité à  reprendre en main la chaîne Al-Jazeera. La direction a été remaniée pour qu’elle réponde plus fidèlement aux orientations politiques du pays.

Si la situation du monde arabe n’était pas aussi dramatique, on pourrait sourire de ce petit émirat royal qui soutient les soulèvements populaires et donne des leçons de démocratie, alors que l’émir lui-même est arrivé au pouvoir en destituant son propre père.

Du Nord ou du Sud, musulman ou non, nous n’oublierons jamais ce qui rassemble ces États (France, Grande-Bretagne, Turquie, Qatar) qui se posent aujourd’hui en modèle pour les peuples arabes :

  • un assujettissement à l’ordre US, responsable de toutes les guerres impériales menées dans la région ;
  • des relations normalisées avec l’État sioniste, seule idéologie d’Etat ouvertement raciste du XXIè siècle ;
  • une intégration à un système économique mondial, capitaliste et ultra-libéral, responsable de la pire des catastrophes humaines, spirituelle et écologique (1 milliard de sous-alimentés, inégalités croissantes, consumérisme, réchauffement climatique…).

Dépasser l’impérialisme américain, combattre l’idéologie raciste que représente le sionisme, s'affranchir du modèle consumériste occidental et de sa logique capitaliste, requièrent la mise en place d’un projet alternatif de société pour les pays arabes.

Le chemin sera certainement long et difficile. Par contre, ce qui est déjà clair aujourd’hui, c’est que ni la France avec ses philosophies des Lumières qu’elle renie au quotidien, ni la Turquie avec son orientation islamo-libérale qui trahit l’essence de notre foi musulmane, ni les pétrodollars d’un Qatar consumériste et égoïste, ne sont un exemple pour tous les peuples qui aspirent à se libérer.
Et seul Dieu est Savant de toutes choses.

Yamin Makri.

L'auteur est marié et père de quatre enfants. Né en France, c'est dans ce pays qu'il effectue toute sa scolarité. Il conclut son parcours universitaire en 1987 par un diplôme de chirurgien-dentiste, puis ar un master en informatique de gestion

http://www.resistance-politique.fr/


Dominique Lagarde : Le Qatar est-il la nouvelle voix arabe ?

Comment ce petit émirat est-il parvenu à devenir la nouvelle voix arabe et à s'imposer sur la scène diplomatique de la région? Voici quelques pistes.

C'était à la mi-janvier. Interviewé par la chaîne américaine CBS, l'émir du Qatar, le cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, évoquait pour la première fois l'envoi éventuel de troupes arabes en Syrie afin de mettre un terme aux violences. Un ballon d'essai, sans doute.

Quelques jours plus tard, la Ligue arabe, dont le Qatar assure jusqu'en mars la présidence tournante, invitait le président syrien, Bachar el-Assad, à céder l'essentiel de ses prérogatives à son vice-président, à charge pour ce dernier de nommer un gouvernement d'union nationale afin de préparer des élections. Et, le 31 janvier, le Premier ministre qatari en personne, Hamad ben Jassem ben Jabr al-Thani, qui est également le cousin, l'éminence grise et le plus proche conseiller de l'émir, exhortait le Conseil de sécurité de l'Organisation des nations unies à adopter le plan arabe de sortie de crise.

Aux avant-postes dans la crise syrienne, les deux hommes sont aussi très actifs sur d'autres fronts: le 6 février, le président palestinien, Mahmoud Abbas, et le patron du Hamas, Khaled Mechaal, signaient à Doha, capitale du Qatar, une déclaration solennelle dans laquelle ils s'engageaient à appliquer enfin un accord de réconciliation, en souffrance depuis des mois. Le lendemain, l'émir qatari recevait le Premier ministre pakistanais, Youssouf Raza Gilani, une visite liée à la récente ouverture d'un bureau à Doha par les talibans afghans et à l'amorce de pourparlers entre ces représentants du mollah Omar et les Américains.

Qu'est-ce qui fait courir l'émir du Qatar ? Comment ce petit État, de la taille de la Corse, est-il aujourd'hui devenu le centre de gravité de la diplomatie arabe? Au commencement était Al-Jazira... Inaugurée en novembre 1996 avec le soutien de l'émir, quelques mois après son accession au trône, la chaîne de télévision arabophone donne la parole aux opposants de tous bords, y compris aux islamistes, relaie les émotions de la rue arabe, effraie les potentats et devient vite pour le petit État un formidable instrument d'influence. La "marque" Qatar est lancée.

"Stratégie de marketing"

La politologue Fatiha Dazi-Heni, qui participait le 8 février dernier à un colloque à l'Institut français des relations internationales, évoque une "stratégie de marketing". La diplomatie serait, selon elle, un "créneau" qui va permettre à l'émirat d'exister indépendamment de ses grands voisins - à commencer par l'Arabie saoudite. Au Yémen, dans la Corne de l'Afrique, mais aussi au Soudan, le Qatar multiplie, il est vrai, les offres de médiation. En 2008, il réussit à convaincre les partis libanais de se mettre d'accord sur l'élection d'un président de la République. Une intrusion dans la chasse gardée saoudienne...

En 2011, avec les printemps arabes, le Qatar abandonne son rôle de médiateur. Il décide de choisir son camp, celui des révolutions. L'émir et son conseiller sont convaincus qu'il s'agit d'une lame de fond et qu'il vaut mieux être du bon côté de l'Histoire. D'autant qu'ils ont dans leur jeu de sérieux atouts: la chaîne Al-Jazira bien sûr, mais aussi les liens établis de longue date avec des opposants, tenants pour la plupart de cet islam politique conservateur qui s'impose un peu partout dans le sillage des soulèvements. Le prêcheur égyptien Youssef al-Qardaoui, Ali Salabi, futur leader de la rébellion libyenne, le chef du Hamas, Khaled Mechaal, ou encore le fondateur du Front islamique du salut algérien, Abassi Madani, ont tous trouvé refuge à Doha. Le leader du mouvement tunisien Ennahdha, Rached Ghannouchi, y a souvent été invité.

En Libye, après avoir obtenu de la Ligue arabe qu'elle apporte sa caution - décisive du point de vue des Occidentaux - à l'intervention contre le régime de Kadhafi, l'émirat participe directement aux opérations. Avec quelques avions, mais surtout en fournissant aux combattants libyens de l'argent - qui servira à retourner les tribus -, des armes et des instructeurs. C'est une première, dont on se félicite à Washington, Paris et Londres. Les Occidentaux savent qu'une approche diplomatique des printemps arabes qui ne serait pas élaborée avec des partenaires moyen-orientaux et appuyée par eux, serait vouée à l'échec. Dans ce contexte, l'émirat devient un acteur incontournable. D'autant plus qu'il comble un vide, à un moment où les deux poids lourds de la scène arabe regardent ailleurs: l'Egypte est plongée dans une instabilité postrévolutionnaire et l'Arabie saoudite, gouvernée par des gérontes, attend l'avènement d'une nouvelle génération.

Le cas syrien complique les choses

Les choses se compliquent, cependant, avec la crise syrienne. Désavouer Bachar el-Assad, qui fut longtemps le protégé de l'émir, ne va pas de soi. Par ailleurs, le Qatar n'a jamais participé à l'axe sunnite constitué par l'Arabie saoudite, la Jordanie et l'Egypte, qui s'est donnée pour priorité de contrer l'influence régionale de l'Iran chiite, notamment en sortant la Syrie de l'orbite de Téhéran.
L'émirat au contraire a choisi la carte du dialogue avec l'Iran et ses alliés. Il a aidé le Hezbollah libanais à reconstruire le sud du Liban après la guerre de 2006, oeuvré en 2007 au rapprochement entre Paris et Damas lorsque Nicolas Sarkozy a souhaité renouer avec Bachar el-Assad. Un positionnement dicté à la fois par le désir d'indépendance des Qataris vis-à-vis de Riyad et par un souci de réalisme économique: le Qatar partage avec l'Iran, dans les eaux du Golfe, le North Dome (le plus grand gisement de gaz naturel du monde) et n'a donc aucun intérêt à se fâcher avec la République islamique. Au printemps 2011, lorsque la contestation s'amorce en Syrie, l'émirat paraît hésiter. La chaîne Al-Jazira, qui avait auparavant pris immédiatement le parti des opposants tunisiens et égyptiens, est loin de se montrer aussi enthousiaste.

En finir avec Bachar el-Assad

Les choses auraient basculé à la suite d'une visite à Damas, fin juin, du cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani. Venu plaider pour des réformes politiques, il n'aurait pas apprécié de se voir opposer une fin de non-recevoir par le président syrien. Selon plusieurs observateurs, l'émotion des journalistes d'Al-Jazira face à l'ampleur de la répression aurait, en outre, dans ce cas précis, pesé sur le positionnement de l'émirat. "La diplomatie du Qatar est devenue presque prisonnière de la chaîne", affirme ainsi Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherches sur le monde arabe et méditerranéen, à Genève.

Le revirement semble aussi lié à un recentrage des relations du Qatar avec ses deux grands voisins: une prise de distance vis-à-vis de l'Iran, qui l'accuse de pomper trop de gaz dans le gisement commun et un rapprochement avec l'Arabie saoudite, dont l'intervention à Bahreïn n'a fait l'objet d'aucune critique à Doha. Aujourd'hui, l'émir paraît décidé à en finir avec Bachar el-Assad. Reste à savoir comment. Le 12 février, la Ligue arabe en appelait à l'envoi d'une force composée de Casque bleus et de troupes arabes.

Dominique Lagarde, L'Express 

Un État richissime

D'une superficie de 11 437 kilomètres carrés, l'émirat compte 1,7 million d'habitants, mais 250 000 nationaux, selon l'estimation la plus courante. Son PIB par habitant - 96 000 dollars d'après le FMI - est le plus élevé du monde. Troisième producteur mondial de gaz naturel (derrière la Russie et l'Iran) et premier exportateur de gaz liquéfié de la planète, le Qatar possède depuis 2005 un fonds souverain dont le capital actuel est estimé à plus 100 milliards de dollars.

« Ce texte n’engage que l’auteur, mais la description qu’il nous fait de l’attitude ambiguë du Qatar servant en réalité les seuls intérêts américano-sionistes nous semble particulièrement crédible ».

Le comité rédactionnel de Résistance


Georges STANECHY : Qatar : L’Hyper puissance…

 « La chétive Pécore s’enfla si bien qu’elle creva » - La Fontaine (1)

Un confetti

Qatar…

Excroissance côtière du Golfe Persique, péninsule de 160 km de longueur face à l’île de Bahreïn, confetti géographique frontalier de l’Arabie saoudite, couvrant 11.437 km2. Superficie, à 10% près, similaire à celle du département français de la Gironde.

En population, l’équivalent d’un autre département celui des Vosges : 400.000 habitants ou nationaux. Car le chiffre de sa population globale, approchant les 2 millions (2), est composé pour les 4/5° de “non nationaux”, travailleurs immigrés venant d’Inde, du Pakistan, du Bengladesh, des Philippines, du Sri Lanka, et d’autres pays arabes. L’essentiel des postes de direction du pays étant monopolisés par des expatriés, essentiellement, anglo-saxons.

Habile à s’entourer des meilleurs spécialistes en communication et en image, le Qatar est mondialement courtisé pour ses largesses. Inondant à profusion médias, milieux académiques, sportifs et artistiques. Achetant des clubs sportifs comme des petits pains, même des bateaux de courses avec leur équipage (3). Accueillant les Jeux Asiatiques en 2006, promoteur de nombreux évènements sportifs généreusement dotés : moto, tennis, tennis de table, golf, cyclisme, etc.

Tant et si bien que le Qatar sera, en 2015, l’hôte de la coupe du monde de handball. Jusqu’à la FIFA, renommée pour sa “rigueur éthique”, qui l’a choisi comme organisateur de la coupe du monde de football, en 2022 !...

Son meilleur “coup de pub”, celui qui a fait connaître ce pays, a été la création de la chaîne télévisée à diffusion internationale Al-Jazeera, en 1996. Avec, au démarrage, une excellente équipe de BBC Arabic Television qui venait d’être licenciée pour ne pas respecter la ligne éditoriale exigée par le gouvernement britannique. Emettant à partir de 1998 en continu, en arabe puis aussi en anglais, elle était célèbre pour sa liberté de ton par rapport aux autres télévisions de la région. Seul bémol, évidemment : éviter de parler de la politique intérieure et extérieure du Qatar.

Dans un surprenant revirement la fragile indépendance d’Al-Jazeera a, toutefois, fondu comme neige au soleil lors du « Printemps Arabe ». Ses meilleurs éléments l’ont quittée devant l’obligation de s’aligner scrupuleusement sur la propagande de l’Empire, imposant la diabolisation de ses futures proies au Moyen-Orient.

A présent, rabaissée au niveau des autres chaînes arabes, notamment saoudiennes, spécialisées dans la glorification des tyrans locaux adoubés par l’Occident et la désinformation, allant jusqu’à des mises en scène en studio et des faux témoignages interprétés par acteurs et figurants. (4)

Ce Micro-Etat, par ses postures et mises en scène médiatiques, se revendique à présent en ’hyperpuissance’, financière et militaire. Lors de la récente opération de ’démocratisation’ en Lybie, nos journalistes ne cessaient de s’extasier devant son impressionnante présence armée, éclipsant pratiquement les corps expéditionnaires coloniaux de la Grande-Bretagne et de la France : forces aériennes, forces spéciales, instructeurs, aviation de transport ravitaillant les rebelles en armes et munitions, etc.

Nous savons que les soldats du Vatican ont, par tradition, la nationalité suisse. Mais, quelles étaient, quelles sont, les authentiques nationalités des hyperactifs porteurs d’uniforme qatari ?... Question que journaliste et « expert » du Moyen-Orient ne doivent surtout jamais formuler…

Le chef de cet “Etat” est un émir : Hamad bin Khalifa Al-Thani. Son “gouvernement” est dirigé par un premier ministre, Hamad bin Jassim Al-Thani. Oui, tout se passe en famille. Cette autocratie ubuesque est, en effet, un clan familial gérant le pays comme s’il s’agissait de sa ferme, ou de son patrimoine personnel. Ce qui n’empêche pas, comme dans toute féodalité, des règlements de compte réguliers entre pères et fils, frères et cousins…

D’après le classement et les estimations du magazine américain Forbes, publié en juillet 2010, la fortune personnelle de l’émir était estimée à 2,4 milliards de dollars. Possédant un des yachts privés les plus grands du monde (Al-Mirqab, 133 mètres…), résidences somptueuses et chapelet de palaces sur les principales places financières de la planète (5). Ce montant est évidemment à multiplier, au minimum par dix, du fait des insondables astuces et artifices comptables, mettant en jeu la nébuleuse des ascendants, descendants, collatéraux, fondations, holdings, cascades de sociétés-écrans et paradis fiscaux.

Aucune élection (6). Aucun parti politique. Aucun syndicat. Aucune presse indépendante. Aucun opposant. Aucun dissident. A l’exemple des autres pétromonarchies du Golfe Persique.

L’incarnation du rêve ploutocratique…

Bizarre.

D’ordinaire en proie aux plus ravageuses hystéries « droits-de-l’hommiste », nos vestales médiatiques et politiciennes, gardiennes des “valeurs républicaines”, se révèlent étrangement silencieuses devant ce déni des libertés élémentaires, fondement de la dignité de tout citoyen. (7) Jamais ne sera évoqué le commencement d’une allusion à l’impérieuse et urgente nécessité d’un « changement de régime » !

Tétanisées, probablement, par la vision féérique de cette caverne d’Ali Baba. Croulant sous les excédents financiers à ne pas savoir qu’en faire, d’autant plus qu’il lui est interdit par son suzerain de les réinvestir dans les pays de la région non producteurs d’hydrocarbures, le Qatar peut tout acheter.

Avec autant d’efficacité, de rapidité, de récurrence, que luxe, faste, caprices, armes et mercenaires, starlettes et sportifs, l’argent n’achète-t-il pas les consciences ?...

Sur une bombonne de gaz

Richissime producteur de pétrole mais, avant tout, troisième producteur mondial de gaz naturel après la Russie et l’Iran, le Qatar est, actuellement, le premier exportateur de gaz liquéfié. Le hasard de son positionnement géographique dans le Golfe Persique octroie au Qatar, sous ses eaux territoriales, une des plus grandes réserves de gaz de la planète : le fameux gisementNorth Dome Field (6000 km2), mitoyen du South Pars (3700 km2) relevant des eaux territoriales de l’Iran.

Curieux destin que cette entité lilliputienne. Pendant des siècles, noyée dans les immenses territoires de la Perse. Stérile, désertique, seuls subsistant de petits villages côtiers vivant de la pêche, du commerce ou, suivant les saisons, de la contrebande et de la piraterie. La seule importance que lui ont trouvée les Portugais, lors de leurs explorations et implantations de comptoirs au XVI° siècle, était son eau potable. Vitale pour les équipages de leurs voiliers. Expliquant leur présence pendant une vingtaine d’années, de 1517 à 1538. Avant d’en être chassés par l’expansion de l’Empire Ottoman.

Profitant de son affaiblissement, au XIX° siècle, les britanniques ont imposé leur protectorat sur la région. Organisant la sécession du Qatar, rattaché alors à Bahreïn, en 1867 en application du dogme de la prédation coloniale : ’diviser pour régner’. Créant un émirat, bombardant comme premier « émir » le plus riche commerçant du coin avec qui ils étaient en affaires, un certain : Al-Thani…

Renforçant leur emprise dès la chute de l’Empire Ottoman à la suite de la première guerre mondiale et, surtout, devant la découverte des hydrocarbures. L’indépendance du Qatar en 1971 n’étant qu’une couverture pour un protectorat de l’Empire administré, de fait, par les compagnies pétrolières anglo-saxonnes. C’est le Qatar qui servit de Quartier Général des forces US lors de l’invasion et la destruction de l’Irak. Elles y détiennent une de leurs plus grandes bases aériennes hors de leur territoire : Al-Eideïd.

La France n’est pas en reste. Nos gouvernements, tous partis confondus, ne savent que faire pour complaire à ces despotes. Ouvrant une base navale, accordant, entre autres faveurs, des privilèges fiscaux inimaginables.

Rappelons quelques termes de la Convention fiscale du 4 décembre 1990 avec le Qatar (8), sous couvert d’éviter les doubles impositions, notamment (9) :

=> art. 9.1. Les revenus de créances provenant d’un Etat et payés à un résident de l’autre Etat ne sont imposables que dans cet autre Etat.

=> art.10.1. Les redevances provenant d’un Etat et payées à un résident de l’autre Etat ne sont imposables que dans cet autre Etat.

=> art. 19.2. Les personnes physiques qui sont des résidents du Qatar et qui disposent d’une ou plusieurs habitations pour leur usage privé en France sans y avoir leur domicile fiscal au sens de la législation française sont exonérées de l’impôt sur le revenu établi sur la base de la valeur locative de cette ou de ces habitations.

L’avenant du 14 janvier 2008, entré en vigueur le 23 avril 2009, est encore plus croustillant. Extraits :

=> art. 3.1. Les dividendes payés par une société qui est un résident d’un Etat à un résident de l’autre Etat ne sont imposables que dans cet autre Etat si la personne qui reçoit ces dividendes en est le bénéficiaire effectif.

=> art. 3.5. Lorsqu’une société qui est un résident d’un Etat tire des bénéfices ou des revenus de l’autre Etat, cet autre Etat ne peut percevoir aucun impôt sur les dividendes payés par la société […]

=> art. 3.6. Une société qui est un résident de l’Etat du Qatar et qui est imposable en France selon les dispositions des articles 5, 6 ou 11 n’est pas passible en France de la retenue à la source sur les revenus réputés distribués […]

Véritable légalisation de « l’évasion fiscale », permettant à nos gouvernants de se lamenter sur le « vide » des caisses de la France…

L’Occident protège, encourage ces pétromonarchies, ploutocraties baignant dans la gabegie et l’irresponsabilité, aussi indécentes que stupides. Se croyant tout permis devant une telle complaisance, elles se permettent depuis peu de donner des leçons de « démocratie » et de « droits de l’homme » à certains de leurs voisins. Le Qatar se distinguant, tout particulièrement, dans ce nouveau jeu de rôle en décuplant déclarations fracassantes, agitations diplomatiques, organisations de sommets.

D’abord, pour participer à la destruction de la Lybie afin de libérer le pays d’une “infâme dictature”. Ensuite, ne cessant de fustiger le gouvernement syrien, d’y attiser la guerre civile, sommant son chef d’Etat de quitter immédiatement ses fonctions. Dernièrement, souhaitant que des troupes envahissent la Syrie. Rêvant, peut-être ou sûrement, de doubler, tripler son pactole, en bénéficiant de l’embargo imposé par l’Empire sur le pétrole et le gaz iraniens, dans la multiplication des contrats de substitution…

Alors que depuis de nombreux mois, l’île de Bahreïn au large de ses côtes est à feu et à sang. Le peuple ne veut plus endurer la tyrannie de leur émir Al-Khalifa et de sa famille. L’atroce répression de cette courageuse révolte populaire sur fond de fusillades, tortures, enlèvements, disparitions, s’effectue par des troupes saoudiennes et des mercenaires. Toute la région côtière saoudienne du Golfe Persique notamment à Qatif est, elle aussi, en révolte contre la tyrannie des Saoud.

Mais, solidarité ’pétromonarchique’ oblige : le Qatar se tait. Aussi hermétiquement que notre propagande médiatique.

Jusqu’à quand pareille imposture ? Question de temps, de hasard ou de nécessité…

Comme les autres aberrations territoriales héritées de la colonisation occidentale dans la région, cette satrapie impériale de carton-pâte sera balayée par les vents de l’Histoire.

Ou, telle la grenouille de la fable de La Fontaine explosant dans son fantasme bovin, emportée par le souffle des prochains champignons atomiques que nous promettent les fous de guerre qui nous gouvernent…

Georges STANECHY

(1) Fable : La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf

(2) Chiffre officiel de la population, nationaux et non nationaux, pour 2010 : 1 696 563 habitants.

(3) La navigatrice britannique Tracy Edwards a empoché 55 millions d’euros, en 2005, pour enregistrer son bateau dans ce pays et le baptiser “Qatar”.

(4) A titre d’exemple, voir le document Wikistrike du 14 décembre 2011 : Al-Jazeera pris en flagrant délit de faux reportages !, http://www.wikistrike.com/article-al-jazeera-pris-en-flagrant-delit-de-faux-reportages-92420183.html

(5) Parmi ses actifs en France : Le Royal Monceau et la résidence Lambert (hôtel particulier) à Paris, ou encore une luxueuse propriété à Mougins. Propriétaire du Manhattan Palace à New-York, etc.

(6) Pour la forme ou le folklore, mentionnons des « élections » de conseils communaux sur des listes soigneusement filtrées par le pouvoir, depuis 1999. Et, celle d’un « conseil consultatif », faisant office de « parlement » de 45 membres, dont 15 sont nommés directement par l’émir. Tout cela à titre « consultatif » et, bien entendu, sans parti politique, ni critique autorisée de la gestion du pays sur le mode de la “cassette personnelle” ou, encore moins, de la « politique étrangère » du clan Al-Thani.

(7) Pour le “fun”, souvenons-nous des attaques d’apoplexie de Daniel Cohn-Bendit hurlant sa rage antichinoise au parlement européen la veille des Jeux Olympiques de Pékin. Ou, encore sur le même thème, les séances d’incantation antichinoise organisées par la célèbre ONG : Reporters Sans Frontières. Affublés de leurs T-shirts de boycott des Jeux…

(8) Convention du 4 décembre 1990, signée par Cheikh Mohamed Bin Khalifa Al-Thani, Secrétaire d’Etat aux finances et au pétrole, et Michel Charasse, Ministre délégué chargé du budget

(9) Textes téléchargeables : Convention signée à Paris le 4 décembre 1990

(http://www.impots.gouv.fr/portal/deploiement/p1/fichedescrip...), et, Avenant à la Convention avec le Qatar du 14/01/2008 – en vigueur au 23/04/2009 (http://www.toutsurlesimpots.com/convention-fiscale-france-qa...

Georges STANECHY

URL de cet article 15693
http://www.legrandsoir.info/qatar-l-hyperpuissance.html



Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 Le Qatar achète la démission du général al-Dabi.

Selon le «Réseau Voltaire», la démission du général al-Dabi de la tête des observateurs arabes en Syrie aurait été suscitée par le Qatar.

Le général soudanais al-Dabi, considéré il y a peu comme le négociateur de la paix au Darfour, a fait l'objet d'une campagne internationale de calomnie après que les premiers rapports quotidiens des observateurs de la Ligue arabe ont montré que sa Mission ne validerait pas la version atlantiste des événements en Syrie. Cependant, Mohammed Ahmed Mustafa al-Dabi a tenu bon face aux multiples pressions et, après un mois d'enquête, a rendu un rapport de synthèse, selon lequel les forces de sécurité syriennes n'ont jamais tiré sur des manifestations pacifiques de l'opposition (Rapport dont l'Expression a publié de larges extraits, Ndlr). Alors qu'est envisagé de former une nouvelle Mission d'observation, cette fois conjointe à la Ligue arabe et aux Nations Unies, le Qatar a multiplié les démarches auprès du général al-Dabi pour qu'il donne sa démission et laisse la place à une personnalité plus accommodante. Sheikh Hamad bin Jassim, Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, lui a d'abord proposé une indemnité pour se retirer. Le général a refusé.
L'émir lui a alors déclaré par téléphone que tout homme a un prix et qu'il lui appartenait de fixer le sien, puis il lui a envoyé un chèque sans montant en lui demandant d'écrire lui-même la somme. Nouveau refus du général. En définitive, le Qatar s'est adressé au président soudanais Omar El Bechir. L'émirat wahhabite a accordé un don au Soudan - un des États les plus pauvres du monde - en échange du retrait du général al-Dabi. Après le versement de 2 milliards de dollars, le président soudanais a rappelé le général à Khartoum. La Ligue arabe dispose d'une présidence tournante, exercée à tour de rôle par chacun des 22 États membres. En 2011, le Qatar avait convaincu l'Autorité palestinienne de lui céder son tour de présidence en échange d'un don de 400 millions de dollars, avait révélé à cette époque le Réseau Voltaire.

http://www.lexpressiondz.com/internationale/148375-le-qatar-achete-la-demission-du-general-al-dabi.html


1-2 Sarkofrance : Sarkozy : l’argent et l’argent du Qatar.

Samedi 11 février, le journaliste Denis Jeambar est revenu, dans l'hebdomadaire Marianne, sur le rôle central de Nicolas Sarkozy dans les investissements qataris en France.
En 2011, le Qatar a fait parler de lui. L'émirat n'intéressait jusqu'à lors que les gazettes diplomatiques. On avait pu voir Nicolas Sarkozy s'y promener ou recevoir l'émir Al-Thani ou son fils sur le perron de l'Elysée. Mais l'an dernier, l'opération a changé de dimension. Et il fallut quelques mois pour comprendre que Nicolas Sarkozy y a joué un rôle central.


1. En début d'année, le président français apporta un soutien appuyé à la candidature qatari pour l'organisation de la Coupe de Monde de football en 2022. Quelques observateurs français notèrent plus tard que de gros contrats de construction avaient été confié à des entreprises françaises. Fin 2011, le gouvernement français mettait en place un plan d'action pour aider les entreprises nationales à saisir toutes leurs chances dans ce marché de 100 milliards d'euros. «  c'est toute la gamme des activités, BTP, Technologies de l'information, développement durable" et autres qui est concernée  » a expliqué Pierre lellouche, le secrétaire d'Etat au commerce extérieur.

2. Au printemps, le fond d'investissement Colony Capital, cède le Paris Saint Germain au Qatar. Colony Capital est dirigé par l'un des plus proches amis de Nicolas Sarkozy, Sébastien Bazin. Selon le magazine SoFoot, ce premier achat est né d'une première rencontre avec le prince héritier du Qatar, en novembre 2010, à l'Elysée. Sébastien Bazin était présent. Peu avant, notre Monarque avait décoré de la Légion d'honneur le quatrième fils de l'émir du Qatar, le Sheikh Tamim.

3. A la même période, le Qatar emporte les droits de commercialisation TV de la Ligue 1 à l'étranger. Le 23 juin, la chaîne Al-Jazira créé la surprise en remportant deux matches de football par semaine de la Ligue 1 française, à compter de la saison prochaine, pour 90 millions d'euros annuels. Début 2012, elle complète son acquisition en raflant les droits de retransmission de 6 matches supplémentaires.

Pour Marianne, Denis Jeambar explique : «  c'est aussi avec l'accord explicite de Nicolas Sarkozy que la chaîne qatarie Al-Jazira a pris le contrôle de l'exploitation des droits de retransmission du football en France. Le président a cautionné cette opération, en sachant qu'elle portait atteinte à Canal+, la chaîne majeure du foot. Car, irrité par Canal, le chef de l'Etat n'adresse plus la parole à ses dirigeants. »

4. En février 2012, on apprend qu'Al Jazira Sports aurait également raflé les droits de retransmission TV pour la France des championnats d'Europe 2012 et 2016. Un nouveau cataclysme.

5. A la fin de 2010, Anne Lauvergeon a résisté à l'arrivée du Qatar au capital d'Areva qu'elle présidait alors. Elle a été débarquée en juillet dernier. Dans le Monde daté du 10 février, elle accuse explicitement ses adversaires : « J'ai catalysé la foudre divine. (...) Elle était menée par Claude Guéant, relayée par François Roussely, banquier conseil des Qataris et d'EDF, et chargé fin 2009 par le chef de l'Etat d'une mission pour restructuration de la filière nucléaire, et par Henri Proglio. J'ai dérangé des intérêts de toute nature, des réseaux et des intermédiaires dont je ne soupçonnais pas l'existence il y a quelques années. »

6. Fin septembre 2011, le Monde révélait que le Qatar pourrait prendre une participation minoritaire de BNP Paribas. La banque a depuis démenti.

7. En décembre dernier, Nicolas Sarkozy s'était discrètement rendu à Marrakech pour y retrouver l'émir Hamed Ben Khalifa El Thani, « une visite privée » expliquait un journal marocain.

8. Le 8 décembre 2011, le Qatar a annoncé la création d'un fond d'investissement de 50 millions d'euros pour doter l'Association Nationale des élus locaux pour la diversité (ANELD). L'ANELD a été créée et est présidée par Kamel Hamza, un soutien de Nicolas Sarkozy, ancien attaché parlementaire d'Eric Raoult, le maire UMP du Rancy. Il s'agirait de favoriser le développement des banlieues.

Cet activisme pro-qatari est aussi un échange de bons procédés. A Doha, de gros contrats commerciaux ont été confiés à des entreprises françaises. Lors de la guerre en Libye, l'intervention militaire souvent clandestine des forces qataries a été décisive.

 Source : Sarkofrance 



2  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Réseau Voltaire : François Hollande négocie avec l’émir de Qatar.

L’ancien Premier ministre ministre français, Laurent Fabius, est attendu vendredi 3 février 2012 à Doha (Qatar), en qualité d’envoyé spécial du candidat socialiste à l’élection présidentielle, François Hollande. Il sera reçu par l’émir Hamad ben Khalifa al-Thani. L’entretien portera sur la position de François Hollande face à la guerre contre la Syrie et sur le possible soutien de l’émir au candidat socialiste.

L’émir Hamad avait déjà noué des liens étroits avec Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni –à laquelle il ne manque jamais une occasion de prêter un avion privé–, ainsi qu’avec le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand –qui l’ont aidé à obtenir des dérogations pour aménager l’hôtel Lambert (Île Saint-Louis) acquis à la famille Rothschild–.

L’émir Hamad multiplie les investissements en France. Après avoir placé à son service de hautes personnalités, comme l’avocat d’affaire et ex-Premier ministre Dominique de Villepin, il a acheté des parts dans les médias (groupe Lagardère) et dans un club de football (le Paris Saint-Germain). Il a par ailleurs annoncé, le 9 décembre 2011, la création d’un fonds de 50 millions d’euros destiné à de jeunes leaders issus des quartiers français « en difficulté ».

En rivalité avec l’Arabie saoudite, l’émirat wahhabite est devenu le principal financier d’Al-Qaeda et des Frères musulmans. L’émirat a engagé 5 000 mercenaires pour composer des Forces spéciales qui ont combattu au sol en Libye, en violation de la résolution de l’ONU. Il a depuis transféré ces troupes en Syrie, ainsi qu’environ 1 500 membres d’Al-Qaeda en Libye sous le commandement d’Abdelhakim Belhaj, pour constituer l’Armée syrienne libre à laquelle se sont joints quelques centaines de déserteurs syriens. Pour terroriser les populations, les combattants d’Al-Qaeda se sont caractérisés par le recours à des crimes spectaculaires (ils égorgent les hommes ou leur coupent les membres, tandis qu’ils coupent les seins des femmes, parfois ils écorchent les corps).

L’émir Hamad est propriétaire de la chaîne satellitaire Al-Jazeera qui s’est récemment caractérisée par la diffusion de fausses images d’actualité –en réalité des images de fiction tournées en studio– ; une propagande de guerre destinée à servir ses ambitions en Libye et en Syrie. Le groupe Al-Jazeera entend s’implanter progressivement en France avec le prochain lancement d’Al-Jazeera Sports.

En 2006 déjà, François Hollande déclarait que la diplomatie du « Qatar va plutôt dans le sens de la stabilité et de la recherche de la paix ».

Réseau Voltaire |

31 janvier 2012


Haut du formulaire

http://www.voltairenet.org/Francois-Hollande-negocie-avec-l


2-2 Sarkozy, petit télégraphiste du Qatar. Toujours au service de l'étranger

En 2011, le Qatar a fait parler de lui. L'émirat n'intéressait jusqu'à lors que les gazettes diplomatiques. On avait pu voir Nicolas Sarkozy s'y promener ou recevoir l'émir Al-Thani ou son fils sur le perron de l'Elysée. Mais l'an dernier, l'opération a changé de dimension. Et il fallut quelques mois pour comprendre que Nicolas Sarkozy y a joué un rôle central.
1. En début d'année, le président français apporta un soutien appuyé à la candidature qatari pour l'organisation de la Coupe de Monde de football en 2022. Quelques observateurs français notèrent plus tard que de gros contrats de construction avaient été confié à des entreprises françaises. Fin 2011, le gouvernement français mettait en place un plan d'action pour aider les entreprises nationales à saisir toutes leurs chances dans ce marché de 100 milliards d'euros. « c'est toute la gamme des activités, BTP, Technologies de l'information, développement durable" et autres qui est concernée » a expliqué Pierre lellouche, le secrétaire d'Etat au commerce extérieur.

2. Au printemps, le fond d'investissement Colony Capital, cède le Paris Saint Germain au Qatar. Colony Capital est dirigé par l'un des plus proches amis de Nicolas Sarkozy, Sébastien Bazin. Selon le magazine SoFoot, ce premier achat est né d'une première rencontre avec le prince héritier du Qatar, en novembre 2010, à l'Elysée. Sébastien Bazin était présent. Peu avant, notre Monarque avait décoré de la Légion d'honneur le quatrième fils de l'émir du Qatar, le Sheikh Tamim.

3. A la même période, le Qatar emporte les droits de commercialisation TV de la Ligue 1 à l'étranger. Le 23 juin, la chaîne Al-Jazira créé la surprise en remportant deux matches de football par semaine de la Ligue 1 française, à compter de la saison prochaine, pour 90 millions d'euros annuels. Début 2012, elle complète son acquisition en raflant les droits de retransmission de 6 matches supplémentaires.

Pour Marianne, Denis Jeambar explique: « c'est aussi avec l'accord explicite de Nicolas Sarkozy que la chaîne qatarie Al-Jazira a pris le contrôle de l'exploitation des droits de retransmission du football en France. Le président a cautionné cette opération, en sachant qu'elle portait atteinte à Canal+, la chaîne majeure du foot. Car, irrité par Canal, le chef de l'Etat n'adresse plus la parole à ses dirigeants.»

4. En février 2012, on apprend qu'Al Jazira Sports aurait également raflé les droits de retransmission TV pour la France des championnats d'Europe 2012 et 2016. Un nouveau cataclysme.

5. A la fin de 2010, Anne Lauvergeon a résisté à l'arrivée du Qatar au capital d'Areva qu'elle présidait alors. Elle a été débarquée en juillet dernier. Dans le Monde daté du 10 février, elle accuse explicitement ses adversaires: « J'ai catalysé la foudre divine. (...) Elle était menée par Claude Guéant, relayée par François Roussely, banquier conseil des Qataris et d'EDF, et chargé fin 2009 par le chef de l'Etat d'une mission pour restructuration de la filière nucléaire, et par Henri Proglio. J'ai dérangé des intérêts de toute nature, des réseaux et des intermédiaires dont je ne soupçonnais pas l'existence il y a quelques années.»

6. Fin septembre 2011, le Monde révélait que le Qatar pourrait prendre une participation minoritaire de BNP Paribas.

7. En décembre dernier, Nicolas Sarkozy s'était discrètement rendu à Marrakech pour y retrouver l'émir Hamed Ben Khalifa El Thani, « une visite privée » expliquait un journal marocain.

Cet activisme pro-qatari est aussi un échange de bons procédés. A Doha, de gros contrats commerciaux ont été confiés à des entreprises françaises. Lors de la guerre en Libye, l'intervention militaire souvent clandestine des forces qataries a été décisive.

TOUTSAUFSARKOZY

 


3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Qatar : l’ennemi d’hier l’ami d’aujourd’hui.

Nous nous rappelons tous du discours patriotique de Caesar George W. Bush le soir des attentats du 11 septembre, depuis la Maison Blanche. Pendant cette nuit très obscure, Bush s’adressa à la nation en parlant avec une certaine gravité, qui évoqua en nous le souvenir des grands patriarches bibliques :

"Ce soir je vous demande de prier pour toutes les personnes affligées, pour les enfants dont le monde est brisé, pour tous ceux dont le sentiment de sûreté et de sécurité a été menacé. Et je prie pour qu’ils soient soulagés par une puissance plus grande que nous dont nous parle le psaume 23 : " Bien que je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi" [4]

Le soir même, après s’être adressé à la nation, deux anges seraient arrivés à la Maison Blanche et auraient pris Caesar George W. Bush par la main, en lui chuchotant à l’oreille : " Va donc, conduis le peuple où je t’ai dit. Voici, mon ange marchera devant toi, mais au jour de ma vengeance, je les punirai de leur péché" [5].

Quelques jours plus tard, jeudi 20 septembre, Caesar Georges W. Bush prononça un discours devant les deux chambres réunies du Congrès. Parmi les points forts de son discours, nous lisons :

"Livrer aux autorités américaines tous les dirigeants de l’organisation Al-Qaïda qui se cachent sur votre terre" [6]. "Ces demandes ne sont pas ouvertes à la négociation ou à la discussion. Les Taliban doivent agir et agir immédiatement. Ils livreront les terroristes ou bien ils partageront leur sort" [7]. "Notre guerre contre la terreur commence avc Al-Qaïda mais elle ne se termine pas là. Elle ne se terminera que lorsque chaque groupe terroriste qui peut frapper partout dans le monde aura été repéré, arrêté et vaincu" [8].

En dépit du Saint-Esprit qui eut soufflé l’audace dans la bouche de Caesar, ces déclarations historiques sont devenues d’ores et déjà copyright de l’Histoire. En effet, tous les obstacles semblent aujourd’hui levés pour que des négociations puissent commencer entre les ennemis d’hier, amis d’aujourd’hui.

Depuis l’été 2011, on entend chuchoter, dans les couloirs des puissances impérialistes, à propos de l’ouverture d’un bureau de représentation des Taliban au Qatar, comme symbole du processus de paix engagé avec le principal groupe insurgé en guerre contre l’OTAN et le gouvernement de Kaboul [9].

Certainement, cette initiative honorable de la part de l’émir du Qatar, n’aurait pas pu voir la lumière sans la bénédiction de l’Empire. Ainsi, des émissaires américains rencontrèrent seuls, "une petite dizaine de fois", des représentants résistants [10].

Cependant, cet événement n’est en aucun sens un fait isolé. Par contre, il fait partie d’un continuum de messages d’amour entre les groupes islamistes salafistes – Taliban et Frères musulmans – d’un côté, et l’Empire étatsunien – par le biais de son concessionnaire au Moyen-Orient, l’émirat du Qatar – d’un autre côté. Les premières lueurs de la nouvelle aube commencèrent en mars 2009, après que l’administration Obama eut abandonné l’expression « guerre contre le terrorisme », adoptée par son prédécesseur Bush [11].

Sur un autre plan, des responsables américains ont entamé, récemment, des négociations avec le gouvernement de Kaboul pour transférer, aux autorités afghanes, des responsables Taliban du haut rang emprisonnés au Goulag de l’Empire, à Guantanamo, depuis l’invasion de l’Afghanistan ; et cela dans l’espoir de parvenir à une trêve entre Washington et les insurgés. Des responsables américains ont déjà exprimé leur accord d’ « expédier », hors de la baie de Guantanamo, les détenus Taliban [12].

En plus, des sources de l’administration Obama ont indiqué que des détenus résistants seront libérés une fois que les insurgés auront accepté d’ouvrir un bureau au Qatar et entamé des pourparlers avec les Américains [13]. De leur côté, les Taliban ont dit qu’ils étaient prêts à aller davantage avec ces pourparlers.

Il faut noter que ces échanges romantiques du genre épistolaires entre l’Empire et les insurgés viennent après dix ans de guerre atroce [14].

Loin des affections foudroyantes entre les ennemis d’hier amis d’aujourd’hui, au cours d’une réception de la délégation de la Ligue arabe, comprenant le cheikh Hamad, à Damas le 26 Octobre dernier, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, aurait « lutté » pour amender certains articles du texte de l’Initiative arabe, comme l’article concernant le « retrait de l’armée syrienne » ; un article considéré comme le plus dangereux par les autorités syriennes, qui voient impossible d’envisager de retirer l’armée de régions désormais devenues le théâtre d’une guerre civile comme à Homs. Mais le cheikh Hamad a exigé ce retrait : « Il est impératif de retirer l’armée et de cesser de tuer les manifestants ! », dit-il. Ce à quoi le président syrien a répondu : « L’armée ne tue pas des manifestants, elle poursuit plutôt des terroristes armés. Si jamais tu avais une solution pour en finir avec ces derniers, elle serait bienvenue ! » [15]. Pourtant, le cheikh Hamad persistait à faire croire à ses hôtes qu’il refusait toute utilisation du terme « terrorisme », et a même failli récuser l’évocation de bandes armées dans les villes [16].

Une question s’impose fortement : pourquoi cette angélisation inattendue des groupes islamistes armés - les ennemis d’hier - de la part de l’Empire et son concessionnaire au Moyen-Orient ?

http://www.legrandsoir.info/al-qaida-en-syrie-les-ambitions-imperiales-de-l-emirat-du-qatar.html


3-2 L’expression : Le Qatar confirme son poids diplomatique.

L'accord signé lundi entre les deux mouvements au Qatar marque un nouveau succès pour ce petit et riche Etat du Golfe, devenu le nouveau centre de gravité de la diplomatie arabe.

«Tout indique que Doha est devenue la capitale politique du monde arabe. La diplomatie du Qatar est désormais la locomotive de l'action politique arabe, un rôle appelé à se poursuivre», a relevé l'analyste émirati Abdelkhaleq Abdallah. Le Qatar, qui ne cache pas sa sympathie, sinon son appui, aux animateurs des révoltes qui secouent depuis un an les pays du Printemps arabe, mène une diplomatie tous azimuts au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie. Le président palestinien et chef du Fatah Mahmoud Abbas et le chef du Hamas Khaled Mechaal ont signé lundi à Doha une déclaration les engageant à appliquer un accord de réconciliation nationale, en souffrance depuis des mois. Le même jour, le Premier ministre pakistanais Yousuf Raza Gilani arrivait à Doha pour des entretiens sur les efforts de paix en Afghanistan menés au Qatar où Américains et taliban ont entamé des contacts. Le Qatar, premier exportateur de gaz naturel liquéfié avec une superficie de 11.000 km2 et une population de 1,7 million d'âmes dont seulement 250.000 autochtones, joue en outre un rôle diplomatique de premier plan dans la crise syrienne, portée sans succès jusqu'ici devant le Conseil de sécurité de l'ONU. En Libye, le Qatar a été le premier pays arabe à avoir soutenu, au côté des Emirats arabes unis, ouvertement les rebelles, y compris sur le plan militaire, jusqu'à la chute du régime du colonel Mouammar Kadhafi.
L'émir, cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, un proche allié des Etats-Unis qui disposent au Qatar de deux bases militaires, «a rapidement compris qu'un nouveau Proche-Orient se mettait en place et a agi dans un esprit d'initiative pour assurer la stabilité régionale», a déclaré à l'AFP le directeur du Doha Brookings Centre, Salmane Chaikh. Le Qatar a ainsi supervisé en mai 2011 un accord de paix entre le gouvernement soudanais et un groupe rebelle du Darfour, resté cependant sans effet, comme il avait parrainé en mai 2008 un accord interlibanais ayant mis fin à une crise politique de 18 mois et permis l'élection d'un président. Ce pays, qui a offert sa médiation dans des dossiers aussi épineux que ceux du Yémen et de la Corne de l'Afrique, y compris dans le conflit frontalier entre Djibouti et l'Erythrée ou au Tchad, «poursuit avec efficacité son action diplomatique dans un contexte géopolitique complexe», a noté M.Chaikh. Mettant à profit l'influente chaîne de télévision Al-Jazeera, qu'il finance depuis son lancement un an après son accession au trône en 1995, l'émir du Qatar a peu à peu éclipsé les anciens poids lourds politiques du monde arabe, affaiblis par leurs crises internes ou marginalisés, dont l'Arabie saoudite, l'Irak et l'Egypte. «De petits pays, comme le Qatar, et à un moindre niveau les Emirats arabes unis, ont comblé le vide», laissé par ces grands de la région, a indiqué M.Abdallah, soulignant toutefois que le Qatar «agit dans certains dossiers avec le feu vert de l'Arabie saoudite», en perte de vitesse «en raison du vieillissement de ses dirigeants». «Doha, qui a réussi à entretenir de bonnes relations avec des individus et des groupes politiques rivaux pour s'imposer comme un acteur dans la région compte aussi sur des partenariats utiles, y compris avec son grand voisin saoudien dans le dossier syrien», a expliqué M.Chaikh. Mais Doha n'a enregistré aucune percée dans ses efforts de bons offices entre Washington et Téhéran, dont les relations sont rompues depuis les années 1980.

L’expression



4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

4-1 Syrie : le Qatar cherche à étouffer le rapport de ses experts.

Les experts impartiaux savent que si le public arabe et occidental avait accès au rapport réalisé par la Mission arabe en Syrie, c’est bien au Qatar,  à ses relais sionistes et à ses commanditaires belliqueux qu’il risquerait de se retourner leur demandant des comptes en matière de démocratie et de droits de l'homme.

Si la Ligue arabe avait eu la même réaction responsable, chose rare, la Libye n'aurait jamais été agréssée par l'OTAN.

Contre la confusion il faut apporter la clarification.

Contre le mensonge il faut témoigner de la vérité.

Omar Mazri, Safwene Grira et Ahmed Manai ont traduit, publié et diffusé le rapport rendant hommage au travail sérieux, honnête et transparent du général soudanais Mohamed Ahmad Moustapha El Dabi qui rend la fierté aux Arabes en montrant qu'il existe encore des Arabes  justes, honnêtes, responsables, compétents et courageux.

Voici ce que pense  le réseau Voltaire de ce rapport.

Depuis le début des événements qui endeuillent la Syrie, deux versions des faits s’opposent : pour les Occidentaux et leurs alliés du Golfe, le régime réprime dans le sang une révolution populaire, tandis que pour la Syrie et ses alliés du BRICS, le pays est attaqué par des groupes armés venus de l’extérieur.

Pour faire toute la lumière sur ces événements, la Ligue arabe a créé une Mission d’observation composée par des personnalités nommées par chaque État membre (sauf le Liban qui n’a pas souhaité participer). Cette diversité des experts garantit l’impossibilité de manipuler le résultat, leur nombre (plus de 160) et la durée de leur mission (1 mois) permet de dresser le tableau bien plus large que tous ceux dont on disposait précédemment. A ce jour, aucun organisme tiers ne peut prétendre avoir conduit une enquête aussi vaste et aussi rigoureuse, et par conséquent ne peut prétendre mieux connaître la situation en Syrie.

Le Comité ministériel de la Ligue Arabe, chargé du suivi du Plan arabe et composé de 5 États sur les 22 membres de la Ligue (Algérie, Égypte, Oman, Qatar, Soudan) a validé le rapport de la mission par 4 voix contre 1 (celle du Qatar) et a décidé de prolonger d’un mois la mission des observateurs.

Le problème c’est que le rapport confirme la version du gouvernement syrien et infirme celle des Occidentaux et des monarchies du Golfe. Notamment, il atteste qu’il n’y a pas eu de répression létale de manifestations pacifiques et que tous les engagements pris par Damas ont été scrupuleusement respectés. Il valide aussi le fait capital que le pays est déstabilisé par des groupes armés, responsables de centaines de morts parmi les civils syriens et de plusieurs milliers dans les rangs de l’armée, ainsi que plusieurs centaines d’actes de terrorisme et de sabotage.

C’est la raison pour laquelle le Qatar cherche désormais à empêcher la diffusion du rapport par tous les moyens. En effet, celui-ci se révèle être une véritable bombe pouvant se retourner contre lui et son dispositif de communication.

Le Qatar exerce actuellement la présidence de la Ligue ; non pas que son tour soit venu pour cela, mais parce qu’il a acheté à l’Autorité palestinienne son propre tour de présidence.

La présidence de la Ligue a donc décidé de ne pas diffuser le rapport de la Mission d’observation, de ne pas le traduire, et même de ne pas placer la version originale arabe sur son site internet.

Le risque pour l’Émirat wahhabite est énorme.

Si par malheur le public occidental avait accès au rapport, c’est bien au Qatar et à ses relais qu’il risquerait de demander des comptes en matière de démocratie et d’implication dans le massacre de populations.

http://www.euroalgerie.org/2012/01/31/syrie-le-qatar-cherche-a-etouffer-le-rapport-de-ses-experts/


4-2 Léon Camus : Le Qatar, fer de lance de la diplomatie étasunienne, et la France plurielle.

Le Qatar qézaco 1 ?

Unique pays wahhabite hors l’Arabie saoudite, l’émirat qatari est une péninsule de 11 437 Km2 soit un peu plus que la Corse, indépendant depuis 1971, peuplé d’un million et demi d’habitants dont seuls 200 000 sont des qataris de souche ! Pétrole et gaz naturel y abondant (3e producteur mondial), le revenu par tête de pipe y est l’un des plus élevés au monde, nul ne payant d’impôts, tous disposent de transports et d’un système de santé gratuits… aucun Qatari - parce que riche avant de naître - ne se voit donc contraint de travailler pour gagner son pain à la sueur de son front, la main d’œuvre servile s’en charge.

Une pétro-monarchie absolue [dirigée depuis 1995 par l’émir (commandeur) Hamad bin Khalifa al-Thani, lequel a déposé son père en profitant de son séjour en Suisse, ce dernier ayant au préalable évincé son cousin en fév. 1972] sans parti politique et moins encore sans l’esquisse d’une once de symbole démocratique, les révolutions arabes n’ont apparemment en rien affecté le pouvoir… même s’il existe de tout évidence des contre-pouvoirs actifs dans la péninsule comme semble l’indiquer un coup d’État avorté en juillet 2009. Un pays où les quatre cinquième de la population n’étant pas des nationaux, les minorités iranienne, chiite, pakistanaise, arabe pourraient quelque jour avoir la velléité de réclamer les droits élémentaires dont elles se voient privées aujourd’hui.

Al-Jazira - La Péninsule.

Fort d’une réserve de 700 mds de $ en fonds souverain, l’émirat à eu l’astuce géniale de se doter en 1996 d’un prodigieux outil d’influence international avec la CNN du Monde arabe, al-Jazira la bien nommée puisque son nom signifie l’île… chaîne de télévision d’information en continu - anglo et arabophone - al-Jezira est sans contestation possible le canal satellite le plus influent du monde musulman. Il n’en demeure pas moins qu’al-Jazira couvre tous les pays sauf un… le Qatar !

Mais le temps est désormais révolu où les Yanks faisaient bombarder et assassiner ses journalistes 2, depuis tout est rentré dans l’ordre du Meilleur des Mondes Globaux, et comme WikiLeaks nous le confirme, al-Jezira s’est opportunément placé sous la bannière étoilée et gratifiante de la diplomatie armée nord-américaine… ce qui ne l’empêche nullement de relayer les communiqués d’Al-Qaïda, assurant par ce biais à la nébuleuse terroriste un canal de communication hors pair. L’Émir à ce propos, en janvier 2010, admettait benoîtement devant le Conseil de coopération du Golfe, que l’outil politique al-Jezira lui était utile à se ménager les bonne grâces de l’organisation takfiriste ! Mais al-Qaïda et la CIA, n’est-ce pas du pareil au même 3 ?

Quand le « Printemps arabe » se déclenche, le Qatar dispose ainsi de tous les atouts pour y jouer un rôle déterminant : une chaîne satellitaire suivie par 50 millions de téléspectateurs, des soutes pleines à craquer de pétrodollars et des liens étroits avec les futurs dirigeants islamistes durs qui vont s’imposer à l’issue de processus démocratiques destinés à donner le change.

Al-Jazira est basée, à Doha, la capitale du Qatar. C’est également le Qatar qui a « hébergé » le CentCom, le commandement opérationnel américain ayant supervisé l’invasion de l’Irak en mars 2003.

Tête de pont et fer de lance de la diplomatie armée nord-américaine.

En vertu d’accords de défense signés en juin 1992, nous trouvons à une quarantaine de Km de Doha, el-Oudeid, principale base aérienne des É-U dans la région sur laquelle se trouve prépositionnés quelque 120 chasseurs bombardiers F-16 et divers autres aéronefs de combat. L’armée américaine dispose là d’une formidable capacité de « projection » sur l’ensemble du Proche-Orient, le Bassin de la Mer Caspienne et l’Asie centrale… C’est à partir d’El Oudeid que les É-U ont, en mars 2003, bombardé l’Irak. Le Qatar est donc, à ce titre et de toute évidence, un État de première ligne dans la stratégie de conquête et suprématie holistique conduite depuis 1991 par les ÉUA 4.

Une politique fourre-tout d’influence tous azimuts...

« L’émir n’est pas un grand démocrate, mais il a été parmi les premiers [dans le monde arabe] à comprendre qu’il fallait aller dans le sens de l’histoire ». Anonymous !

Alors Doha s’efforce, avec l’aide assidue du Département d’État, de mener un jeu diplomatique subtil consistant à être dans tous les camps simultanément. En février 2010, le Qatar signe un pacte de défense avec la Syrie et l’Iran et se fait le tour operator avec le président syrien Bachar el-Assad - contre lequel l’Émirat conspire activement à l’heure et militairement parlant - de la visite triomphale que le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad fera au Liban en juil. 2010… L’émir s’est quant à lui rendu en Israël lors d’une visite discrète la même année, en mars selon Wikileaks. En ce qui regarde les transferts de fonds au profit des organisations djihadistes [New-York Times « Follow the Money » 8 déc.2010] et de tous les islamistes, des plus modérés aux plus radicaux, tel le parti tunisien islamiste Ennahda en la personne de son chef Rached Ghannouchi, le Qatar ferait preuve de beaucoup de laisser-aller, laisser-faire, pour ne pas parler d’une bienveillante indulgence... « Ici je puis défendre ma cause sans contrainte… Le Qatar m’assure une liberté d’action et une large couverture médiatique internationale » dira le fondateur du FIS algérien, Abassi Madani, réfugié à Doha depuis 2003 et souvent reçu au palais. Qui ne doute d’ailleurs que l’Algérie à bout de souffle, ne perde rien pour attendre ?!

Égypte, Tunisie, Libye, Syrie... un rôle central dans les révolutions arabes.

Lors de la révolution de palais de 1995, les gardes du corps égyptiens qui assuraient la protection rapprochée de l’émir déchu s’étaient vilainement battus jusqu’au bout. Al-Thani s’est alors convaincu qu’ils avaient suivi des ordres pris au Caire… Hosni Moubarak sera par conséquent la première cible de l’Émirat à l’heure des révoltes arabes. De son côté, le Raïs égyptien Moubarak n’appréciait guère que le Qatar multiplie les missions de bons offices au Liban ou au Soudan, sa chasse gardée diplomatique. Dès les premières émeutes populaires au Caire, al-Jazira prend fait et cause pour la foule. Au fait des méthodes et techniques éprouvées empruntées aux journalistes occidentaux, les correspondants d’al-Jezira gonflent outrageusement le nombre des manifestants et la violence de la répression, suscitant un surcroît de colère et de révolte dans les opinions publiques arabes par le truchement de son auditorat… Le prédicateur islamiste, vedette de la chaîne, l’Égyptien Youssef al-Qaradawi, exilé à Doha depuis cinq décennies, animateur de l’émission à très large audience « La Charia et la Vie » excite alors les foules à bouter dehors le « Pharaon » ... La messe est dite !

Passons rapidement sur la Tunisie. Une chose est certaine : le financement d’Ennahda, nouveau parti islamiste au pouvoir par le Qatar est un secret de Polichinelle. Le 2 janvier dernier, Rached Ghannouchi son chef -qui se déplace considérablement sans excepter les États-Unis of course -et apporte un soutien sans réserve à la noble cause du Conseil national syrien - était à nouveau reçu au Qatar appelé à lui fournir les moyens nécessaires pour « que la Tunisie nouvelle puisse devenir un exemple en matière de progrès et de démocratie authentique sur la base des valeurs de l’Islam et de ses enseignements ». Pourquoi pas, mais que ce message soit envoyé depuis le Qatar, bastion du radicalisme wahhabite, laisse quand même songeur, pour ne pas dire pantois !

Pour ce qui est le Libye, le cas est exemplaire. Selon le Figaro 6 novembre 2011, Doha aurait engagé 5000 commandos des Forces spéciales qataries sur le front libyen ! Il ne s’est donc pas agi d’un soulèvement populaire, voire d’une cruelle guerre civile, mais bien – comme tout le laissait supposer - d’une intervention armée extérieure et d’une guerre sans uniforme ! « Chargées d’épauler les rebelles, les troupes de Doha se sont d’abord déployées à Tobrouk puis ensuite à l’ouest dans le djebel Nefoussa, où le chef d’état-major qatarien, le général Hamad ben Ali al-Attyiah s’est rendu à plusieurs reprises ». La participation du Qatar au cours de l’intervention menée contre la Jamahiriya libyenne, aura été ainsi particulièrement plus conséquente qu’avouée et ne se sera pas limitée au soutien logistique et aérien revendiqué de prime abord… l’émirat ayant mis quand même à disposition de l’Otan huit Mirage 2000 sur les douze qu’ils possèdent ! Mais les guerres modernes ne sont-elles pas avant toute chose, voire essentiellement, des guerres du mensonge, ne serait-ce que par omission ?

D’après d’autres sources [27-12-2011 Le Nouvel Observateur] : « Les Qatariens sont arrivés avec des valises remplies d’argent, ce qui leur permit de retourner des tribus », ajoutons de recapitaliser les groupes et factions djihadistes [notamment les surgeons du Groupe islamique combattant en Libye - GIGL] en sommeil depuis leur répression par Kadhafi il y a une petite dizaine d’années, mais dont certains éléments libérés en 2008 on joué un rôle central dans la chute de la Jamahiriya, tel Abdelhakim Belhaj, chef de troupes de chocs qui firent tomber Tripoli, puis commandant militaire de la capitale libyenne avant de partir – selon toute vraisemblance 5.

Dans un entretien accordé à la chaîne panarabe Al Arabiya, le président démissionnaire du bureau exécutif du Conseil national de transition libyen, Mahmoud Jibril, avait corroboré que les pétrodollars qataris avaient servi à alimenter « les rivalités et les motifs de désaccords existant entre les rebelles et les divers courants gérant l’après Kadhafi, dans le but explicite de diviser et de monter les uns contre les autres les frères libyens » 6. Au total ce sont 400 millions de $ qui auraient été versés par l’émirat. Quand on aime, on ne compte pas !

Pour ne pas conclure sur le très sanieux chapitre libyen, il s’agit de garder en mémoire que les Qataris ont largement favorisé, approvisionné et abondé les groupes islamistes 7. Dans le Djebel Nefoussa, au sud de Tripoli, les Moukhabarat, les services spéciaux qataris en liaison directe avec leur Cheikh, ont présidé à la distribution très sélective des missiles antichars généreusement offerts par la France. Ce n’est pas moins de neuf cargaisons qui furent ainsi réparties au seul profit des combattants islamistes. Une partie des armes devait par la suite s’évanouir dans la nature en complément des « 10 000 missiles sol-air » engloutis dans les sables libyens selon l’amiral Giampaolo Di Paola, chef du Comité militaire de l’Otan assurant la coordination entre les différents états-majors opérationnels en Libye.

Or, à présent, c’est le Qatar - qui sait apparemment à merveille tirer les marrons du feu - qui a pris le relais de l’Otan sur le sol libyen, en assurant la suite des opérations puisque contrairement à ce que n’en dit pas la grande presse, la situation y est encore loin d’être complètement stabilisée… État de fait qui confirme indirectement le rôle central que le Qatar a occupé dans le déroulement des opérations d’une guerre qui n’a jamais dit son nom 8 !

Désormais, il sera parfaitement loisible de voir dans le Qatar un « acteur majeur » de la scène orientale et plus encore, à travers les liens politiques et économiques tissés avec la France, un protagoniste de l’espace euroméditerranéen. « Un cas unique ! Nous avons assisté à la naissance d’une puissance régionale de la taille d’une tête d’épingle » s’était exclamé le chantre belliciste Bernard-Henri Lévy… et même une « puissance internationale » faudrait-il ajouter en tant que - ultima ratio - bras armé du Pentagone et agitateur au service du Département d’État dans les banlieues du Tiers-Monde hexagonal.

Reste qu’il est parfaitement cocasse – et pas uniquement pour les esprits chagrins – de voir une monarchie réellement absolue, animée par un puritanisme religieux fanatique, œuvrer au triomphe de la démocratie… ou de ce que l’on nomme tel !

Le PSG, les banlieues, l’émir et le Sarkoland.

Depuis quelques années Washington s’immisce insidieusement, sournoisement mais sûrement dans les affaires intérieures françaises, notamment celles de nos périphéries et autres « banlieues », sous couvert de nous donner des leçons de démocratie plurielle et en accusant aimablement les Frenchies d’être d’infâmes « réacs » pratiquant d’odieuses exclusions à l’égard du sel de la terre… C’est ce modèle made in America qu’entendent aujourd’hui appliquer également les Qataris bien décidés à déverser les millions par brassées sur nos gentils discriminés sous le regard attendri des supporteurs du PSG. Le Qatar, micro État et vibrion polymorphe, a en effet racheté la majorité du capital du PSG tout en intervenant militairement aux côtés de l’Otan pour démocratiser la Libye, et bientôt la Syrie – c’est-à-dire l’offrir aux islamistes radicaux - et en se faisant désigner dans la foulée, contre monnaie sonnante et trébuchante il va de soi, comme organisateur en 2022 de la Coupe du monde de football !

Des banlieues « céfrans » choyées et convoitées.

Le Qatar a depuis longtemps emboîté le pas aux Yanks en matière d’ingérence dans les affaires intérieures hexagonales : son ambassadeur n’a-t-il pas annoncé en décembre la création d’un fonds d’investissement de 50 millions € en vu de financer des projets économiques portés par des habitants des banlieues de France ? Dix élus périurbains - cinq hommes, cinq femmes, parité oblige – ont de la sorte été invités au Qatar où ils ont été reçus à l’instar de chefs d’État (futurs peut-être) par l’émir Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani dans le but officiel d’établir des partenariats économiques entre l’émirat et les quartiers populaires où des entrepreneurs se disent « victimes de discrimination et bloqués » 9.

Le Qatar en France : un État dans l’État et le généreux financier de nos politiques.

Une question se pose crûment : les fonds souverains qataris sont-ils en passe d’acheter la France en pièces détachées à l’instar de ces organisations sionistes qui s’implantèrent en Palestine - pour finir par y créer un État, pour l’heure toujours sans frontières ! - en rachetant morceau par morceau, des terres, des lopins, des domaines, des champs et des maisons à qui voulaient leur vendre ?

Commençons par l’achat en gros et en détail de notre classe politique. Des faits et ils sont évocateurs ! Nos politiques sont tous autant qu’ils sont, de modernes jet-setteurs passant le plus clair de leurs temps dans les avions pour aller se dorer la pilule qui à Marrakech, qui en Tunisie (Alliot-Marie), qui en Égypte (Juppé) et ne parlons pas de notre agité-du-bocal ! En vrac parmi les habitués de l’émirat : Villepin, Delanoë, Douste-Blazy, Dati, Royal, Amara, Guéant, Debré, Larcher, Védrine, Mitterrand, Morin, Chevènement, Baudis, Lang 10. Pas un qui manque à l’appel !

Trois semaines après son élection, en 2007, le premier chef d’État arabe reçu à l’Élysée est l’émir al-Thani. Celui-ci, le 14 juillet suivant, assistait au défilé de nos troupes au côté du président de la République. Lorsque M. Sarkozy occupait la place Beauvau, il avait eu à connaître de la formation des forces de sécurité qataries, d’où des contacts privilégiés… Ce serait par ailleurs le Qatar qui serait intervenu de façon décisive dans la libération en août 2009 du libyen al-Megrahi, l’un des auteurs présumés de l’attentat de Lockerbie, puis surtout, en juillet 2007, dans celle des infirmières bulgares détenues en Libye ; pourtant, curieusement, ce furent Cécilia Sarkozy et son mari qui en récoltèrent tous les lauriers.

De la même mauvaise manière quand le président français - en bonne compagnie : celle du Premier ministre britannique David Cameron et du plumitif Bernard-Henri Lévy alors promu Ministre bis des Affaires étrangères et de la Guerre - paradent à Tripoli le 14 septembre, après la mort ignominieuse - pour les vainqueurs – du Raïs déchu, le grand allié qatari est exclu du triomphe… Et il en concevra un ressentiment durable à l’égard du chef de l’État français 11. Précisons que le Qatar joua un rôle discret, pour ne pas dire occulté - mais essentiel car unique dans le monde arabe - dans la destruction libératoire de la Lybie assortie de ses 150 000 morts « humanitaires », lesquels auront évité, il est vrai, par leur sacrifice « un véritable bain de sang » 12 ! Il en sera vraisemblablement de même, lorsque les nouveaux Alliés anglo-franco-turco-quataris en auront fini avec la Syrie, mais la démocratie est à ce prix et l’on ne peut faire d’omelette sans casser des œufs, n’est-ce pas ?

Pour revenir à la noria de personnalités françaises qui vont chercher quelque fraîcheur à l’ombres des méga buildings et palmiers qataris, réservons une mention spéciale aux membres ou ex membres du gouvernement : Claude Guéant missi dominici de M. Sarkozy, Fadela Amara et Rachida Dati qui, lorsque cette dernière était encore Garde des sceaux, se rendait deux ou trois fois par mois à Doha ! Il est vrai, ceci expliquant cela, que sa sœur est ou était l’une des proches collaboratrices du procureur général du Qatar… On comprend mieux ainsi les bâillements de la susdite sur les travées du Parlement européen de Strasbourg et ses savoureux fourchages de langue dus évidemment aux décalages horaires ! Chirac président effectua neuf visites officielles dans l’émirat, un client avantageux et assidu du cabinet de conseil de l’ancien Premier ministre Villepin dont les déplacements se font apparemment sur les avions personnels de l’émir !

On jugera également du poids de l’émirat dans la vie politique française, sachant qu’à partir de 2008 il s’est vu octroyer des privilèges fiscaux tout à fait exorbitants - par la grâce des votes de la Chambre et du Sénat – afin de faciliter ses investissements dans notre belle République bananière 13. Ainsi les investissements immobiliers qataris ne sont pas imposables sur les plus-values et ses ressortissants en France ne sont pas astreints à l’ISF durant les cinq premières années de résidence. Notons que le groupe d’amitié France/Qatar ne compte pas moins de 49 députés à l’Assemblée nationale... en contrepartie Doha a passé avec Paris des accords pour la formation de ses marins et de ses policiers, ce pourquoi le Qatar devrait voir la création d’annexes de certaines de nos grandes Écoles telles HEC, Saint-Cyr ou l’École nationale de la magistrature… mais de là à dire que le palais de Élysée et celui de Doha seraient cul et chemise, subsiste un pas que nous ne saurions franchir !

Quant aux liens économiques…

Les entreprises françaises sont comme de bien entendu représentées en force dans l’émirat, au premier rang desquelles Total, GDF-Suez (5,8%), EDF, Veolia, Vinci, Air Liquide, EADS, Technip… Reste que le Qatar en tant que détenteur d’un prodigieux fonds souverain – la Qatar Investment Authority - dont les avoirs tournent autour de 700 milliards de dollars, s’intéresse de près à nos secteurs stratégiques : par exemple le groupe d’industries de défense et de presse Lagardère (7,6 %), Veolia (5%), de Suez Environnement (1%), Vinci (5,8%), ou la compagnie maritime d’affrètement CMA CGM, et plus encore à Areva et au nucléaire. Fin 2010, ce n’est qu’in extremis que fut bloquée par le gouvernement – et non par la présidence évidemment - l’entrée du Qatar dans le capital du groupe nucléaire français. Un activisme boursier et des offres d’achat représentatifs de l’agressivité et du volontarisme des mercenaires de l’ingénierie financière qui conseillent la famille régnante du Qatar ou œuvrent au service de ses hommes d’affaires.

Un cas intéressant : l’immobilier et le patrimoine.

L’immobilier donne également une assez bonne mesure de l’influence et des ambitions qatarie en Hexagonie : l’émir possède personnellement à Marnes-la-Coquette, dans les Hauts-de-Seine, une résidence couvrant 4.000 m2 ainsi que l’hôtel d’Évreux, place Vendôme, assorti des deux autres hôtels particuliers y attenant. Quant au fonds souverain émirati, il s’est octroyé à Paris plusieurs grands hôtels tels le Royal Monceau... ou encore le Majestic de Cannes.

Plus emblématique encore, le cas de l’Hôtel Lambert, fleuron du patrimoine parisien du XVIIe siècle sis à la pointe est de l’île Saint-Louis, acquis en 2007 des mains des héritiers de Guy de Rothschild par le propre frère de l’émir et dont les travaux de « restauration » (lire aménagement façon pétromonarchique) ont fait beaucoup de bruit, et pour cause. Des travaux considérables et illégaux qui ont suscité une polémique, or pour l’étouffer, Christine Albanel ministre de la Culture (dont le digne prédécesseur, Jean-Jacques Aillagon, faisait accrocher en sept. 2008 un homard rouge géant à Versailles au plafond de la Salle des batailles), s’est à l’époque bien gardée de saisir la Commission nationale des monuments historiques mais avait créé de toutes pièces un Comité scientifique ad hoc… Passez muscade !

2012 l’année du Qatar en France ?

D’un côté l’émirat comble de bonheur des supporteurs du PSG en recrutant joueurs et entraîneur à prix d’or, de l’autre, il offre à Arnaud Lagardère une magnifique assurance-vie en devenant le premier actionnaire de l’empire familial (7,6 %) ! Quant à la chaîne qatari al-Jazira, celle-ci vient d’acquérir la majeure partie des droits de retransmission de la Ligue des champions de 2012 à 2015, soit quatre lots sur cinq relatifs aux droits audiovisuels de la Ligue des champions pour la France sur la période 2012-2015. 14

Amorcé en 2006, le rachat du PSG par Qatar Sports Investments, a conclu au final quinze ans de rapprochement et d’intrication d’intérêts politiques et économiques entre la France et le Qatar 15. À l’origine, Jacques Chirac avait eu l’habileté – ou un pragmatisme en béton teinté d’un franc mépris pour l’état de droit en général - d’avoir été en 1995 le premier chef d’État a reconnaître officiellement l’émir al-Thani qui venait justement de pousser dehors son propre père parce que jugé inapte à la gestion de son micro et richissime royaume… Quant à Nicolas Sarkozy, il a pour sa part, en quelque sorte, assuré la continuité du service public – certes d’abord au profit du despotisme sportif - en se démenant pour faire aboutir la reprise du club par l’émirat. Chantal Jouanno, alors ministre des Sports, avait failli payer cher et se faire virer pour avoir déclaré publiquement - la folle - qu’elle eût préféré des investisseurs français !

Pour compléter le tout, Doha a obtenu – à coup de dessous de tables ! - l’organisation de la Coupe du Monde 2022. Le recrutement de Zinedine Zidane – il aurait reçu dit-on entre un et dix millions €… ce que l’intéressé s’est bien gardé de contredire - en tant qu’ambassadeur d’un pays n’ayant jamais organisé un tournoi international de ce type et de cette envergure, aura été aussi un maître coup en matière de communication. Au demeurant, le Royaume-Uni et l’Allemagne auront contesté une décision - pourtant rationnelle selon les critères en vigueur de nos jours : la loi d’airain du pognon - et demandé de façon assez peu réaliste que le choix en faveur de Doha soit réexaminé… Qui vivra verra !

Notons que l’intérêt du Qatar pour le « foot » déborde largement la Coupe du monde, l’acquisition du PSG et d’une brochettes de joueurs peoplisés et dorés sur tranche parce que mieux payés que les plus super traders de salle de marchés… Ainsi les clubs de football européens deviennent des proies qui tombent les unes après les autres : Malaga en Espagne et le FC Barcelone, maintenant le Paris Saint-Germain avons-nous dit, le seul grand club de la capitale française dont Nicolas Sarkozy - comme par hasard – est, ou est supposé être, un fervent supporteur.

Alors, le PSG, les banlieues, l’Émir et le Sarkoland ?!

Que recherche le Qatar en France ? L’analyse de sa stratégie d’influence reste à faire, à commencer par comprendre quels sont les effets directs et indirects que recherche le Qatar par le biais d’un tel activisme ? Activisme d’ailleurs irréductible à une simple compulsion frénétique… Au fond le Qatar n’est-il pas une sorte de chancre se nourrissant des chairs mortes qui l’entourent ? Au demeurant force est de constater que la présence et l’influence du Qatar en France grandissent de façon démesurée. L’annonce d’un fonds d’investissement au profit exclusif des banlieues, « oubliées et délaissées », intervient quelques jours à peine après l’acquisition par le Qatar, via la chaîne al-Jazira Sport, de quatre des cinq lots des droits audiovisuels de la Ligue des champions pour la France sur la période 2012-2015. Il se répète enfin, et de façon particulièrement insistante, que l’Élysée n’aurait pas ménagé ses efforts – comme si cela constituait une priorité dans la conjoncture actuelle ! - pour convaincre l’émir de donner au PSG les moyens de ses nouvelles ambitions. Mais en contrepartie de quoi ?

Washington en terrain conquis : politique d’ingérence et d’influence !

Les banlieues françaises sont aujourd’hui des cibles prioritaires de l’influence culturelle américaine… au vu au su de tous et sans que nul ne songe à s’en offusquer, bien au contraire. Le Japon, l’Inde et la Chine se partagent à vil prix les dépouilles de notre ex empire industriel, la Grande Amérique quant à elle, nous passe sur le ventre et guigne les faveurs de nos banlieues musulmanes. Tout cela est cependant en parfaite cohérence avec la vague de pouvoirs islamistes militants qui s’installent inexorablement sur le pourtour méditerranéen avec la bénédiction ou l’aide de Washington et de son bras armé qatari.

Depuis le printemps 2008 l’Administration américaine envoie, par le truchement de sa représentation diplomatique à Paris, ses chasseurs de talentsrecruter des Young leadersou leur équivalent dans les banlieues françaises, mais dorénavant non plus parmi les futures élites autochtones. Des actions dites d’influence culturelle qui sont largement montées en puissance avec l’arrivée à Paris d’un nouvel ambassadeur en août 2009 16.

Dès 2008 les Américains s’intéressent en effet à nos banlieues et surtout à leurs responsables musulmans : des séjours dans l’Amérique de Bush et d’Obama, son digne successeur, sont organisés au profit d’associatifs qui en reviennent conquis. Une opération de séduction qui vise aussi ceux qui sont entrés dans notre paysage existentiel sous la dénomination de « Jeunes », éléments phares de nos cités, entrepreneurs intrépides et capitalistes naturels qui prospèrent dans l’économie noire et les trafics illicites ( ?) de drogues réputées douces. Des lycéens et des collégiens du 9-3 ont été à ce titre généreusement invités à dîner par l’ambassadeur d’alors, Craig Robert Stapleton et son épouse dans l’imposant hôtel particulier du Faubourg-Saint-Honoré abritant l’ambassade des ÉUA.

Le maire communiste de Vénissieux, banlieue lyonnaise, André Gérin se déclarait encore à cette époque « curieux de connaître la posture du gouvernement français et du président de la République sur ces actions. Un problème se pose d’un point de vue de l’autorité de nos institutions et de l’indépendance de la France vis-à-vis des États-Unis ». Une bonne question restée depuis sans réponse et c’est bien là que le bât blesse.

En mars 2008 un colloque « Médias et nouvelles générations urbaines : exclusion ou intégration ? » organisé en partenariat avec l’ambassade américaine et le groupe de média américain Trace, nous apportait quelques éléments de réponses en illustrant la collusion sans équivoque entre le Département d’État et nos institutionnels : y figuraient entre autres, Jean-Louis Missika (vice président de Free et ancien haut fonctionnaire du Secrétariat général du gouvernement), Robert Namias (président de l’information de TF1) et Philippe Tassi (directeur général de Médiamétrie), et Claude Grunitzky, Français d’origine togolaise habitant à New York, fondateur de la chaîne de culture urbaine Trace TV et auteur de « Transculturalismes » ayant fait carrière sur la promotion des métissages urbains… « Les États-Unis [disait-il] savent que le rêve américain est bien présent dans les consciences collectives [des banlieues] et veulent l’entretenir… Les évènements à l’ambassade rue du Faubourg-Saint-Honoré sont fréquents où sont invitées des personnalités culturelles, souvent Africaines, issues de l’immigration, qui s’expriment sur les États-Unis » !

À présent, merci au décrié Wikileaks 17 qui a rendu public un rapport du 19 janvier 2010 destiné à Mme Clinton, Secrétariat d’État américain et rédigé par l’actuel ambassadeur des É-U en France, Charles Rivkin, sous le titre évocateur « Embassy Paris. Minority engagement strategy - Stratégie d’engagement envers les minorités » dont le chapitre 4 se propose de « lancer un programme agressif de mobilisation de la jeunesse[des banlieues] ». En substance : « l’Ambassade de Paris met en œuvre une stratégie d’approche des Minorités notamment musulmane… Notre objectif est de mobiliser la population française à tous les niveaux afin d’amplifier les efforts de la France pour réaliser ses propres idéaux égalitaires, ce qui par suite fera progresser les intérêts nationaux américains. Alors que la France est à juste titre fière de son rôle moteur dans la conception des idéaux démocratiques et dans la promotion des droits de l’homme et de l’État de droit, les institutions françaises ne se sont pas montrées elles-mêmes assez souples pour s’adapter à une démographie de plus en plus hétérodoxe ».

Le 2 avril 2010, Charles Rivkin 18 en déplacement à Bondy à la rencontre des jeunes de banlieue, leur déclarait solennellement « Chez moi, c’est différent. Tu peux être africain, indien, mais tu es avant tout américain. […] J’aime parler avec tous les Français. Je sais, et je suis sûr, que le prochain leader français est en banlieue ». On appréciera (diversement) la prétention – voire l’arrogance – américaine à nous donner des leçons de savoir-vivre républicain. Mais cela vient de loin, les GI’s débarqués sur les côtes normandes, quand ils ne lutinaient pas les french girls après avoir carbonisé les villages au phosphore, jetaient nos camembert car ceux-ci entraient, à leur grand dégoût dans la catégorie du « putride » !

« Rééduquer, réinformer le public français me semble être la tâche la plus fondamentale aussi bien que la plus urgente pour la politique démocratique américaine en France, et dans ce domaine presque rien d’efficace n’a encore été fait ». Ainsi donc s’exprimait Sydney Hook, membre fondateur en 1950 à Paris du Congrès pour la Liberté de la Culture l’un des faux-nez de la CIA, dans le rapport de 1949 « Report on the International Day of Resistance to Dictatorship and War » ! L’Amérique ne nous avait pas seulement envahis, selon sa propre terminologie qui n’a jamais mentionné une quelconque « libération », elle entendait en outre nous « rééduquer »… elle y est d’ailleurs presque parvenu vu l’actuelle atonie de la France populaire.

Bref, l’immixtion dans la nos affaires et nos zones périurbaines ainsi que le but clairement affiché d’y découvrir les prochains Obama « rebeu », est impressionnant pour qui n’est pas totalement aveuglé en raison d’une contemplation trop assidue et addictive du cyclope télévisuel. Plus précisément, il s’agit d’un exercice inédit de soft power - autrement dit une opération minutieusement planifiée, suivie et évaluée de manipulation des minorités ethno-confessionnelles - qui ne saurait se développer sans la complicité active, ou la veulerie, de nos dirigeants et des oppositions compradores.

Autre temps, autres mœurs. Autrefois chasser en plein jour en terre étrangère eut été difficilement imaginable et même dangereux : un État étranger court-circuitant les institutions d’un pays pour venir recruter sans intermédiaire ses agents d’influence, incroyable et jamais vu mais aujourd’hui banal - notre siècle n’est-il pas celui de tous les miracles ? - dans un pays lobotomisé, alcoolisé au Vingt Heure et apparemment – ce qu’à Dieu ne plaise - en état de quasi mort cérébrale.

Notes

(1) Locution du pays d’Oc « Qu’es aquò ? « Qu’est-ce ? »

(2) Wiki. Les locaux de la chaîne sont bombardés par les Etats-Unis à deux reprises : une première fois en Afghanistan, la seconde fois en Irak. Un journaliste, Tarik Ayyoub, trouve la mort à Bagdad sous les bombes libératirce. Le Daily Mirror annonce le 22 nov. 2005 à la Une que le président G.W. Bush avait eu l’intention de faire la source mère dans ses locaux de Doha ce à quoi se serait opposé le Premier ministre anglais Tony Blair. En déc. 2001, un autre journaliste de la chaîne de nationalité soudanaise, est arrêté en Afghanistan et emprisonné à partir de juin 2002 à Guantanamo, il sera libéré six ans plus tard en juillet 2008 sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre lui.

(3) Donald Rumsfeld, Secrétaire à la Défense sous George Walker Bush, s’était fait remarquer à ce propos en saluant « la parfaite et excellente coopération entre le Qatar et les É-U dans la guerre contre le terrorisme » !

(4) Le Qatar hébergeait également le « CentCom », à savoir le commandement opérationnel ayant supervisé l’invasion de l’Irak. Quant au nombre de militaires américains stationnés au Qatar, ils seraient plus de 10 000 hommes, dont 5 000 présents sur la base d’el-Oudeid !

(5) cf. Réseau Voltaire - combattre avec l’Armée syrienne Libre contre le nationalisme arabe et laïc de Syrie

(6) 18-11-2011 Alger. Le Temps « Mahmoud Jibril accuse le Qatar d’alimenter la zizanie »

(7) A commencer par ceux d’Abdelhakim Belhaj, d’Ismael Salabi, la Katiba des Martyrs d’Abu Salim, dirigée par Abu Sofiane Qumu, un ancien de Guantanamo ou encore la Katiba Obaida Ibn Jarrah, soupçonné d’avoir assassiné, le 27 juillet 2011, le général Abdul Younes. Cf. Ibid. NouvelObs

(8) Slate Afrique 07/12/2011

(9) Le Point.fr - Publié le 09/12/2011

(10) On lira l’article très fouillé - mais cependant muet sur certains points cruciaux - auquel nous avons emprunté une grande partie des matériaux utilisés ici : « Comment le Qatar a acheté la France (et s’est payé sa classe politique) ». Eric Leser 6 juin 2011. Slate.fr

(11) 27-12-2011 Le Nouvel Observateur

(12) Alain Juppé 22 mars et 16 sept. 2011 Le Point.fr

(13) http://www.bladi.net/forum/183275-france-accorde-exoneration-dimpots-avoirs-qatar/

(14) Ibid. Slate juin 2011 « Comment le Qatar a acheté la France (et s’est payé sa classe politique) »

(15) « PSG-Qatar » Le Nouvel Observateur 5 août 2011

(16) le Parisien 21 avril et 22 Avril 2008 Marianne 2 « Banlieues : OPA américaine sur les beurs et les blacks »

(17) 27 fév. 2011

(18) Jeudi 16 septembre 2010- Gestion des Risques Interculturels

Source : http://www.geopolintel.fr/article445.html#nb10

Léon Camus

,par Comité Valmy

15 janvier 2012



5 Annexe

5-1 L'AFRIQUE S'ELOIGNE DE L'OCCIDENT.
L'Egypte est le premier pays Africain ancien allié de l'Occident qui s'éloigne de Washington pour finalement avoir son indépendance. Déjà aux Nations-Unis pour le vote sur la Syrie, pour la première fois on avu des pays africains résister à l'offensive et la pression de l'Occident et s'abstenir, ce sont tous des pays qui ont depuis mis le cap sur Pékin et n'ont donc plus peur d'un quelconque chantage du FMI ou de la Banque Mondiale et ce sont : L'Angola, l'Algérie, le Cameroun, l'Ouganda, la Tanzanie

Lisez cet intéressant article de http://atlasalternatif.over-blog.com/:
La situation des Occidentaux se complique en Egypte.

Comme nous l'avions indiqué début janvier, fin décembre, 17 locaux d'ONG égyptiennes et internationales de défense des droits et de promotion de la démocratie avaient été perquisitionnés au Caire.  44 personnes, dont 19 Américains (dont le fils du ministre des transports américain) et d'autres étrangers, accusées de financement illégal d'organisations non gouvernementales ont été arrêtées. Les Etats-Unis ont haussé le ton en menaçant l'Egypte de couper l'aide militaire si ces personnes
n'étaient pas relâchées, mais contre toute attente, les Frères musulmans égyptiens, avec lesquels le démocrate John Kerry avait pourtant pris contact en décembre, font bloc aujourd'hui avec le conseil militaire de transition sur ce dossier. Hier 16 février, Essam El-Erian, nouveau président de la commission des affaires étrangèresde la Chambre du Peuple et vice-président du Parti de la liberté et dela justice (Frères musulmans), a déclaré à une agence de presseoccidentale que l'aide militaire américaine faisait partie des accordsde paix de Camp David signés en 1979 avec Israël.


Les membres du Congrès des Etats-Unis de leur côté ont multiplié les menaces ces derniers jours, le représentant démocrate Gary Ackerman disant même que Washington et le Caire "étaient en train d'approcher du précipice au delà duquel nos relations bilatérales pourraient subir un dommage définitif". "Si les gens ici [aux Etats-Unis] concluent que l'Egypte n'est pas sur le chemin de la démocratie, mais qu'elle est au contraire en voie de devenir un autre Iran, nos relations bilatérales
n'y survivront pas, a-t-il ajouté. Nous n'en sommes pas encore à ce point, mais nous nous en rapprochons chaque jour".
Selon un récent sondage 70 % des Egyptiens ne veulent pas de l'aide économique et militaire américaine. Mercredi un important prédicateur salafiste égyptien a demandé que l'aide américaine soit remplacée pardes dons des citoyens.

Le même jour Rashad Bayoumi, autre haut responsable des Frères musulmans, a déclaré que l'aide américaine était une "chaine qui limite la liberté " de l'Egypte, la qualifiant d' "aide humiliante" et il a critiqué l'ambassadrice américaine Anne Patterson rappelant qu'elle avait eu un passé douteux ("questionable") au Pakistan et l'accusant d'avoir été nommée en Egypte au mois d'août
dernier pour y développer les mêmes méthodes. Il reprenait les accusations du prédicateur Mazhar Shaeen formulées en septembre 2011 selon lesquelles Mme Patterson aurait favorisé la "sédition" au
Pakistan (en 2010 Wikileaks avait révélé les intrigues de l'ambassadrice américaine à Islamabad).

L'Egypte et le Pakistan qui sont avec l'Indonésie parmi les trois plus grandes puissances musulmanes alliées des Etats-Unis sont en ce moment en froid avec ce pays. En Egypte le débat sur l'aide américaine fait sauter un tabou. Ses conséquences sont désormais imprévisibles.
Source :
http://atlasalternatif.over-blog.com/

jean paul Pougala

 February 18, 2012


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

25/01/2012

n°2 - Qatar : Les dossiers - 24.2 - a1 - : eva R-sistons : Qatar, symbole d'un monde pourri

n°2 - Qatar : Les dossiers - 24.2 - a1 - : eva R-sistons : Qatar, symbole d'un monde pourri



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Qatar : Les dossiers

n° 2 - 15-02

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 Qatar : Les dossiers est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part 

Fida Dakroub :Al-Qaïda en Syrie : Les ambitions « impériales » de l'émirat du Qatar.

Le Temps d’Algérie’ : Des manifestants égyptiens exigent la suspension du Qatar de la Ligue arabe.

Gilles Devers : Les Tunisiens contre la visite de "l’allié des Américains et des sionistes" .

eva R-sistons : Qatar, symbole d'un monde pourri

1 Médias & Manipulation de l’opinion/ Vidéos

1-1 Vidéo : Visite secrète de l'Emir du Qatar en Israël.

1-2 Guerre de L'Information :

- Le Dictateur Wahhabite Qatari Al Thani pour Un Putsch Militaire En Syrie.

- Manipulation Honteuse De la Mort De Jacquier de FR2

2 Brèves

2-1 Gilles Munier : Provocation qatarie : l'ambassadeur russe roué de coups.

3  Dossiers

3-1 Fida Dakroub : Qatar : le Corbeau voulant imiter l’Aigle!

3-2Quand l’émir du Qatar se fait renvoyer bottes au cul..de la Mauritanie!

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Ilia Kharlamov : Tension dans les relations diplomatiques avec le Qatar.

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 IRIB :Tunisie : le petit Qatar fait peur!  

5-2 Léon Camus : Le Qatar, fer de lance de la diplomatie étasunienne, et la France plurielle.

 



Tiré à part 

Fida Dakroub :Al-Qaïda en Syrie : Les ambitions « impériales » de l'émirat du Qatar.

La Démocratie, cette Démocratie des puissances impérialistes et colonialistes qui nous écrasent et exploitent, cette Démocratie proclamée par l’Empire, écrite en majuscules, sur le front de l’Occident, sur chaque prison, sur chaque Guantanamo, sur chaque missile Cruise ou Tomahawk, son expression véritable, authentique, prosaïque, c'est le chaos constructif, les guerres civiles, les conflits religieux, ethniques et tribaux sous leurs formes les plus effroyables, les guerres au Moyen-Orient.

La Démocratie ! tel fut le cri de guerre de Caesar George W. Bush. La Démocratie ! cria Barak Obama, le jour où Syrte devint cendres, par la grâce de la « mission humaine » de l’OTAN en Libye. La Démocratie ! cria Hamad, le despote absolu du Qatar, écho brutal des monarchies absolues du Golf et de la décadence arabe. La Démocratie ! gronda l’explosion terroriste à Damas en déchirant le corps du peuple syrien. 

Al-Qaïda en Syrie

Dans une vidéo marquant le dixième anniversaire des attentats du 11 Septembre, le nouveau leader d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, a exhorté les Syriens à « poursuivre leur résistance » au président Bachar al-Assad : « Ce tyran semble chanceler. Maintenez la pression sur lui jusqu'à sa prochaine chute », promet-il [1].

Il n’aurait pas été difficile pour un observateur débutant, qui montrait une certaine curiosité – innée ou acquise – aux conflits du Moyen-Orient, de remarquer qu’une certaine similarité rassemblait, dans un même panier, les derniers attentats terroristes qui ont frappé la capitale syrienne, Damas, et ceux qui avaient frappé l’Irak, depuis l’invasion du pays par les légions de l’Empire étatsunien ; de remarquer, par conséquent, que  le « cerveau » qui a commandité les attentats à Damas avait aussi dirigé la terreur partout dans le monde, depuis les attentats des ambassades américaines en Afrique[2], jusqu’à la dernière attaque contre les civils en Irak, laissant au moins 68 morts[3]; et de constater, en plus, que tous ces attentats, ceux du passé et ceux du présent, – mais aussi ceux qui pourraient arriver au futur proche – étaient  issus d’une même idéologie, celle fondée sur l’élimination de l’Autre, voire le salafisme wahabite ; et cela vu 1) la méthode employée  – attentats suicides, voitures piégées – ; 2) la victime ciblée – des établissement gouvernementaux et des places civiles – surtout en Irak – et 3) la justification idéologique – une idéologie islamiste salafiste takfiriste appelant à la mort des « infidèles », voire l’Autre religieux.

Parallèlement, il n’aurait pas été aussi difficile – cette fois-ci pour un observateur chevronné – de remarquer qu’au lendemain du retrait des légions de l’Irak, l’Empire étatsunien rêve encore de « renverser la table » sur la tête du joueur iranien, et cela pour établir un nouvel ordre régional, qui permettrait de maintenir le Moyen-Orient sous son contrôle. Mais la Bastille n'est pas encore prise. Le triomphe momentané des groupes terroristes à frapper au cœur de la capitale syrienne est payé par l’anéantissement de toutes les illusions et chimères camouflant la prétendue « révolution » syrienne, par la désagrégation de tout le discours « philanthrope » des puissances impérialistes, par la scission de la Ligue arabe en trois camps : les pays résistant à l’Empire, les pays dociles à l’Empire et ceux qui se sont mis à l’écart. 

Ainsi naquirent les ambitions impériales de l’émirat du Qatar.

Taliban au Qatar : l'ennemi d'hier l'ami d'aujourd'hui

Nous nous rappelons tous du discours patriotique de Caesar George W. Bush le soir des attentats du 11 septembre, depuis la Maison Blanche. Pendant cette nuit très obscure, Bush s'adressa à la nation en parlant avec une certaine gravité, qui évoqua en nous le souvenir des grands patriarches bibliques :

"Ce soir je vous demande de prier pour toutes les personnes affligées, pour les enfants dont le monde est brisé, pour tous ceux dont le sentiment de sûreté et de sécurité a été menacé. Et je prie pour qu'ils soient soulagés par une puissance plus grande que nous dont nous parle le psaume 23 : " Bien que je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi"[4].

Le soir même, après s'être adressé à la nation, deux anges seraient arrivés à la Maison Blanche et auraient pris Caesar George W. Bush par la main, en lui chuchotant à l'oreille : " Va donc, conduis le peuple où je t'ai dit. Voici, mon ange marchera devant toi, mais au jour de ma vengeance, je les punirai de leur péché" [5].

Quelques jours plus tard, jeudi 20 septembre, Caesar Georges W. Bush prononça un discours devant les deux chambres réunies du Congrès. Parmi les points forts de son discours, nous lisons:

"Livrer aux autorités américaines tous les dirigeants de l'organisation Al-Qaïda qui se caches sur votre terre"[6]. "Ces demandes ne sont pas ouvertes à la négociation ou à la discussion. Les Taliban doivent agir et agir immédiatement. Ils livreront les terroristes ou bien ils partageront leur sort"[7]. "Notre guerre contre la terreur commence avc Al-Qaïda mais elle ne se termine pas là. Elle ne se terminera que lorsque chaque groupe terroriste qui peut frapper partout dans le monde aura été repéré, arrêté et vaincu"[8].

En dépit du Saint-Esprit qui eut soufflé l'audace dans la bouche de Caesar, ces déclarations historiques sont devenues d'ores et déjà copyright de l'Histoire. En effet, tous les obstacles semblent aujourd'hui levés pour que des négociations puissent commencer entre les ennemis d'hier, amis d'aujourd'hui.

Depuis l'été 2011, on entend chuchoter, dans les couloirs des puissances impérialistes, à propos de l'ouverture d'un bureau de représentation des Taliban au Qatar, comme symbole du processus de paix engagé avec le principal groupe insurgé en guerre contre l'OTAN et le gouvernement de Kaboul[9].

Certainement, cette initiative honorable de la part de l'émir du Qatar, n'aurait pas pu voir la lumière sans la bénédiction de l'Empire. Ainsi, des émissaires américains rencontrèrent seuls, "une petite dizaine de fois", des représentants talibans[10].

Cependant, cet événement n’est en aucun sens un fait isolé. Par contre, il fait partie d’un continuum de messages d’amour entre les groupes islamistes salafistes – Taliban et Frères musulmans – d’un côté, et l’Empire étatsunien – par le biais de son concessionnaire au Moyen-Orient, l’émirat du Qatar – d’un autre côté. Les premières lueurs de la nouvelle aube commencèrent en mars 2009, après que l’administration Obama eut abandonné l’expression « guerre contre le terrorisme », adoptée par son prédécesseur Bush[11]. 

Sur un autre plan, des responsables américains ont entamé, récemment, des négociations avec le gouvernement de Kaboul pour transférer, aux autorités afghanes, des responsables Taliban du haut rang emprisonnés au Goulag de l’Empire, à Guantanamo, depuis l’invasion de l’Afghanistan ; et cela dans l’espoir de parvenir à une trêve entre Washington et les insurgés. Des responsables américains ont déjà exprimé leur accord d’ « expédier », hors de la baie de Guantanamo, les détenus Taliban[12].

En plus, des sources de l’administration Obama ont indiqué que des détenus talibans seront libérés une fois que les insurgés auront accepté d’ouvrir un bureau au Qatar et entamé des pourparlers avec les Américains[13]. De leur côté, les Taliban ont dit qu'ils étaient prêts à aller d’avantage avec ces pourparlers.

Il faut noter que ces échanges romantiques du genre épistolaires entre l’Empire et les insurgés viennent après dix ans de guerre atroce[14]. 

Loin des affections foudroyantes entre les ennemis d’hier amis d’aujourd’hui, au cours d’une réception de la délégation de la Ligue arabe, comprenant le cheikh Hamad, à Damas le 26 Octobre dernier, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, aurait « lutté » pour amender certains articles du texte de l’Initiative arabe, comme l’article concernant le « retrait de l’armée syrienne » ; un article considéré comme le plus dangereux par les autorités syriennes, qui voient impossible d’envisager de retirer l’armée de régions désormais devenues le théâtre d’une guerre civile comme à Homs. Mais le cheikh Hamad a exigé ce retrait : « Il est impératif de retirer l’armée et de cesser de tuer les manifestants ! », dit-il. Ce à quoi le président syrien a répondu : « L’armée ne tue pas des manifestants, elle poursuit plutôt des terroristes armés. Si jamais tu avais une solution pour en finir avec ces derniers, elle serait bienvenue ! »[15]. Pourtant, le cheikh Hamad persistait à faire croire à ses hôtes qu’il refusait toute utilisation du terme « terrorisme », et a même failli récuser l’évocation de bandes armées dans les villes[16].

Une question s'impose fortement : pourquoi cette anélisation attendue des groupes islamistes armés - les ennemis d'hier - de la part de l'Empire et son concessionnaire au Moyen-Orient ?

Le nouveau rôle accordé au Qatar : Le Corbeau voulant imiter l’Aigle

Il est clair d’emblée que le rôle que joue le Qatar sur la scène des événements régionaux, depuis l’accord de Doha en 2008[17], vise à imposer ce petit émirat, dont la population ne dépasse pas un million et quelques centaines de mille de sujets[18], comme joueur principal aux conflits du Moyen-Orient.

De façon similaire, depuis sa précipitation théâtrale sur la scène des événements du présumé Printemps arabe, l’émir du Qatar, cheikh Hamad, insiste à se présenter en costume de despote éclairé[19]. Pour en faire, il s’habille en Frédéric II de Prusse, dit Frédéric le Grand[20], et fréquente les voltaires de l’impérialisme français, tel que Bernard-Henri Lévy, et ceux de l’obscurantisme  arabe, tel que Youssef al-Qardaoui[21]. 

Par contre, il est vrai que Hegel fait quelque part cette remarque que « tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d'ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce »[22].

De surcroît, le cheikh Hamad – on l’appelle aussi émir - s’est entretenu le 4 janvier avec le secrétaire général de l’ONU, monsieur Ban Ki-moon, de la possibilité d’associer l’ONU à la mission de la Ligue arabe en Syrie, afin que celle-ci profite de « l’expérience » de l’organisation internationale en matière de mission de paix et d’interposition[23].

Cette manœuvre de la part de l’émir vise à atteindre deux objectifs : premièrement, faciliter et légitimer une intervention de l’OTAN dans la crise syrienne – il n’est plus secret que parmi les récentes « expériences » de l’ONU figure le feu vert à l’OTAN pour la destruction de la Lybie – ; deuxièmement,  contrecarrer le pouvoir de la Ligue arabe et réduire son rôle, comme organisation représentant les intérêts du monde arabe, pour qu’elle soit une sorte de Loya Jirga[24], rassemblant précisément les émirs et sultans des familles royales du Golf.

Il en va de même que l’émirat du Qatar, qui possède une armée de mille cinq cents mercenaires, mais qui abrite, par contre, la plus grande base militaire américaine dans la région, ambitionne jouer un rôle au niveau international, aussi énorme que l’énormité de la présence des troupes étrangères sur son territoire.

Ainsi, aux premières lueurs du prétendu Printemps arabe, le Qatar, qui s’est transformé en un outil médiatique aux mains des puissances impérialistes dans le monde arabe, s’est précipité sur la scène des événements. Nous soulignons dans ce sens le rôle que joue la chaîne al-Jazeera, dont l’objectif est de fausser les données réelles de la guerre impérialiste contre la Syrie, et cela en promouvant un discours de haine et de ressentiment religieux contre les groupes minoritaires au monde arabe. Aussi le Qatar, en s’alignant sur des positions qui suggèrent carrément l’intervention étrangère en Syrie, est allé loin dans la question des sanctions contre la Syrie, qui ont laissé des effets négatifs et directs sur le niveau de vie, l’alimentation et les  médicaments du peuple syrien.

Nous partageons le même avis de l'analyste politique russe, Viatcheslav Matuzov, qui a souligné que le Qatar joue un rôle négatif au sein de la Ligue arabe, ajoutant que « les États-Unis veulent la chute et la destruction de la Syrie en tant qu'État arabe indépendant (…) L'Occident a une seule demande de la part de la mission des observateurs arabes, à savoir la prise d'une position en solidarité avec l'opposition extrémiste sans aucun souci de chercher après les faits réels sur le terrain », a estimé l'analyste russe, dans une interview à la chaîne « Russia Today »[25].

Il convient de mentionner que les ingérences hostiles du Qatar dans les affaires internes de la Syrie se font au moment où deux puissances se confrontent dans une sorte de guerre froide dans la région du golf Persique : celle du Pygargue à tête blanche[26] étatsunien et celle du Derafsh Kaviani[27] iranien. La présence de la première puissance est en déclin dans la région, surtout après le retrait des légions de l’Empire de l’Irak ; celle de la deuxième puissance est en croissance. Entre ces deux grandes puissances belligérantes – l’Iran et l’Empire étatsunien – les ambitions « impériales » du Qatar évoquent en nous la fable de La Fontaine, Le Corbeau voulant imiter l’Aigle[28]. 

Le Qatar pirate la Ligue arabe

Pendant toutes les périodes précédentes au prétendu Printemps arabe, l’Égypte jouait un rôle central au sein de la Ligue, qui lui permettait de diriger le monde arabe, surtout à l’époque du président Nasser (1956 – 1970) et la montée de l’idéologie nassérienne[29].

Dès sa naissance en 1945, la Ligue arabe était toujours divisée en deux camps aux visées politiques opposés. D’abord, dans les années quarante et cinquante, l’entente égypto-saoudienne favorable aux projets d’indépendance s’opposait à l'axe hachémite jordano-irakien, plus enclin à une coopération avec la puissance britannique, encore maîtresse de nombreux protectorats et mandats (Soudan, Palestine, Émirats, etc.). Par la suite, dans le contexte d’anticolonialisme et de la Guerre froide, la division prit une nouvelle démarcation entre États socialistes proches de l'URSS (Libye, Syrie, Algérie, Égypte de Nasser, l’Irak, le Yémen du Nord) et États proches des États-Unis (les émirats et sultanats arabes du Golf)[30]. Enfin, après la chute de l’Union soviétique, la Ligue arabe se trouvait divisée encore en deux camps : d’un côté, les pays résistants aux projets américains de domination (surtout la Syrie et le Liban) ; de l’autre côté, les pays dociles à l’Empire (toujours les émirats et sultanats arabes du Golf, l’Égypte de Moubarak).

Suite à la chute du dernier pharaon, Moubarak, en 2011, l’Égypte se trouve  occupée par ses problèmes internes, ce qui l’empêche de continuer à jouer un rôle principal  dans le monde arabe ; même si le secrétaire général de la Ligue continue à faire privilège de l’Égypte. Il n’est plus secret que l’absence « transitoire » de l’Égypte comme leader du monde arabe a entrainé une diminution du rôle que joue la Ligue.  Autre que l’Égypte, aucun pays n’est en mesure de diriger le monde arabe. L’Égypte reste le seul pays « habile » de jouer ce rôle, vu son poids démographique[31], économique et culturel.  Sur un autre plan, l’Arabie saoudite n’est plus dans une situation lui permettant de remplir ce vide laissé par l’enfermement de l’Égypte sur ses propres crises et problèmes internes, et cela vu la fragilité et l’instabilité intérieure – la menace chiite à l’Est du Royaume – et les tremblements politiques aux portes du Royaume – la révolution au Bahreïn et la guerre civile au Yémen. Simultanément, les pays du Maghreb ne sont pas non plus en mesure de diriger le monde arabe, vu premièrement leur position géographique, au bout du monde arabe, et deuxièmement la nature démographique de ces pays, qui ne constituent pas vraiment des agglomérations de masses, comme l’Égypte et le Levant, mais plutôt des centres urbains dispersés au long de la côte méditerranéenne de l’Afrique du Nord. De même, la Tunisie reste, au lendemain de sa révolution Jasmin, instable du point de vue politique ; et la Lybie se trouve ruinée par la grâce de la « mission humanitaire » de l’OTAN. 

Donc, le retrait temporaire de l’Égypte de la scène des événements a créé un vacuum, aux niveaux politique et diplomatique. Ajoutant à cela le retrait des légions de l’Empire de l’Irak, qui a ouvert les portes devant la puissance iranienne ascendante. Pour faire « barrage » à l’expansion iranienne, seul le Qatar semble capable de jouer ce rôle aux niveaux politique et diplomatique, en tant que concessionnaire de l’Empire et négociant – plutôt que négociateur – ; pour la simple raison que du point de vue militaire, le Qatar n’est, en réalité, qu’une base militaire américaine dans la région.

Pour contrecarrer le rôle de la Ligue arabe, l’ingérence hostile du Qatar dans la crise syrienne et son engagement complet à la conjuration impérialiste visent, en premier lieu, à créer des divisions entre ses membres, basées sur des sensibilités religieuses – sunnites vs. chiites – et ethniques – Arabes vs. Perses – et deuxièmement, à transformer la Ligue en une sorte de Loya Jirga, rassemblant les émirats et sultanats arabes du Golf, dont les monarchies se justifient par une idéologie islamiste wahabite, la même que celle des Taliban. Plus tard, ce nouveau bloc sunnite wahabite, qui comprend les émirats et sultanats arabes du Golf, les Taliban de l’Afghanistan et les Frères musulmans de l’Égypte et de la Syrie – bénéficiant de l’énorme support des puissances impérialistes – tenterait à démembrer l’Arc chiite qui s’étend de l’Iran jusqu’au Liban, tout en passant par l’Irak et la Syrie ; et cela en renversant le régime syrien, en premier lieu, ensuite en isolant le gouvernement pro iranien de Maliki en Irak, en second lieu. Par conséquent, le Hezbollah au Liban se trouverait coupé totalement de son arrière-front, l’Iran ; ce qui faciliterait, à une étape plus avancée, à envahir l’Iran.

En un mot, l’ouverture d’un bureau de Taliban au Qatar met, officiellement, fin à la guerre étatsunienne contre le terrorisme ; et les ennemis d’hier deviennent les amis d’aujourd’hui. Ce qui revient à dire que les dernières attaques terroristes au cœur de la capitale syrienne expriment l’application concrète de ces nouvelles Liaisons dangereuses[32] qui sont émergées, récemment, entre le vrai Patron – l’Empire étatsunien – représenté par son concessionnaire arabe – le Qatar – d’un côté, et les Taliban de l’autre côté – derrière eux Al-Qaïda, évidemment.

La réplique syrienne et le déclin de la Ligue arabe

Un diplomate arabe au Caire a rapporté que lors de la réception de la délégation de la Ligue arabe à Damas le 26 Octobre 2011, le président syrien, Bachar al-Assad, aurait accusé le premier ministre du Qatar, Hamad, d’être l’exécuteur de « diktats américains » et lui aurait dit : « Moi, je protège mon peuple avec l’aide de mon armée, mais toi tu protèges le tien par les bases américaines implantées sur ton sol (…) Si vous venez ici en tant que délégation de la Ligue arabe, vous êtes les bienvenus. En revanche, si vous êtes les délégués des Américains, il vaudrait mieux que nous cessions toute discussion »[33].

Pourtant, le cheikh qatari devait attendre le 10 janvier pour entendre le président syrien prononcer sa réplique finale à l’ingérence du Qatar dans les affaires internes de son pays. Ce jour même, l’ambassadeur de Syrie auprès de la Ligue arabe, monsieur Youssef Ahmed, a invité le cheikh qatari à dire qui l’avait mandaté pour parler au nom de la Syrie : « Il doit se taire et s’abstenir de toute ingérence dans les affaires internes syriennes », a-t-il dit[34].

Dans un discours prononcé à l’amphithéâtre de l’université de Damas, le président syrien, Bachar al-Assad, déploya son artillerie lourde et déclara le commencement d’une nouvelle étape de la guerre impérialiste contre la Syrie, celle de la contre-offensive syrienne : « Nous avions fait preuve de patience et d'endurance dans un combat sans précédent dans l'historie moderne de la Syrie et ceci nous a rendu plus solide, et bien que ce combat porte de grands risques et des défis fatidiques, la victoire est à deux doigts tant que nous nous maintenons capables de résister, d'exploiter nos points forts qui sont nombreux, et de savoir les points faibles de nos adversaires, qui sont plus nombreux »[35], déclara-t-il.

Au cours de son discours, le président Assad attaqua la Ligue arabe à plusieurs reprises. Il l’accusa d’avoir accepté de se transformer en une sorte de vitrine diplomatique, derrière laquelle se cachent les vrais conjurateurs, les puissances impérialistes : « Après l'échec de ces pays au Conseil de Sécurité de convaincre le monde de leurs mensonges, il était indispensable de recourir à une couverture arabe qui est devenue une base pour eux »[36], souligna le président Assad.

Le président Assad a voulu « expédier » plusieurs messages à plusieurs destinataires. Nous pouvons résumés ces messages en trois points :

Premièrement, la Syrie ne craint pas une suspension de la Ligue arabe. Les conséquences d’une telle suspension semblent sans effets énormes sur la Syrie. Par contre, la Syrie se trouvera « libre » des exigences de la Ligue, surtout maintenant que le Qatar a piraté son rôle, et que toutes les résolutions de la Ligue se préparent dans les coulisses des puissances impérialistes. 

Deuxièmement, sans la Syrie, la Ligue perdra sa légitimité et sa validité, car le monde arabe, comme entité culturelle, ne peut pas exister – ni en théorie ni dans la réalité – sans la Syrie, berceau de la culture et de la civilisation arabo-musulmane. A fortiori, l’aube de la civilisation arabo-musulmane rayonnait en Syrie omeyyade (661 – 750). Dans le domaine des arts, des littératures, de la langue, des sciences, de l’Histoire, de la mémoire collective et des religions, la Syrie reste le « cœur » du monde arabe. Du point de vue géographique, sans la Syrie, le monde arabe ne peut pas exister comme entité politique ; au contraire, il sera déchiré en plusieurs zones géographiques séparées : la péninsule Arabique, la vallée du Nil et l’Afrique du Nord. Il faut bien noter ici que la Syrie, comme entité culturelle et géographique, dépasse les frontières de la République arabe syrienne, imposées par le colonialisme franco-britannique au lendemain du démembrement de l’Empire ottoman en 1918. Nous parlons ici de la Syrie naturelle. Le président Assad était clair à ce propos quand il a indiqué que « si certains pays arabes avaient œuvré pour suspendre notre arabité à la Ligue, nous disons qu'ils suspendraient plutôt l'arabité de la Ligue, or, sans la Syrie, c'est l'arabité de la Ligue qui est suspendue. Si certains croyaient pouvoir faire sortir la Syrie de la Ligue, ils ne peuvent pas faire sortir la Syrie de l'arabité, car l'arabité n'est pas une décision politique, mais un patrimoine et une histoire »[37], a-t-il poursuivi.

Troisièmement, La Syrie ne sera jamais aux genoux des puissances impérialistes. Les sanctions imposées par les puissances impérialistes et celles imposées par les monarchies absolues arabes pourraient sans doute avoir des conséquences négatives sur l’économie de la Syrie. Cependant, dans le monde, se trouvent d’autres puissances économiques ascendantes, hors du système de subordination à l’Occident, telles que la Russie, la Chine, l’Inde, l’Iran ; autrement dit, l’Orient. Le président Assad a fait noter que la Syrie doit s’orienter vers l’Orient, et ceci elle l’avait fait depuis des années : « L'Occident est important pour nous, nous ne pouvons pas nier cette vérité, mais l'Occident aujourd'hui n'est pas celui qui était une décennie avant (…) Les relations de la majorité des pays du monde avec la Syrie sont bonnes en dépit des circonstances actuelles et des pressions occidentales »[38], a-t-il fait savoir, soulignant que l'embargo imposé à la Syrie et les circonstances politiques et sécuritaires auraient des répercussions, mais « nous pourrions réaliser des accomplissements diminuant les pertes »[39], a-t-il précisé.

Ce qu’ambitionner veut dire

En guise de conclusion, nous trouvons utile de retourner rapidement aux ambitions « impériales » de l’émirat du Qatar.

Profitant de la présence militaire des légions de l’Empire sur le territoire de son fief, l’émir du Qatar, Hamad, semble convaincu que la deuxième résurrection du Royaume de Prusse, pour ainsi dire, devient jour après jour inévitable ; cette fois-ci non pas au bord de la Vistule ni aux mains des Hohenzollern, mais plutôt au bord du golf Persique et aux mains de Al-Thani, la famille royale qatarie.

Il reste à ajouter que s’il est vrai que le Qatar ambitionne jouer un rôle dans la région plus grand que sa « taille » réelle, il n’est pas moins vrai que le Corbeau qui a voulu, un jour, imiter l’Aigle ne put faire retraite. Le Berger vient, le prend, l’encage bien et beau, le donne à ses enfants pour servir d’amusette[40].
Fida Dakroub, Ph.D
Notes
[1] http://www.lemonde.fr/mort-de-ben-laden/article/2011/09/13/al-qaida-publie-une-video-pour-les-dix-ans-du-11-septembre_1571327_1515627.html

[2] Les attentats de Nairobi et de Dar es Salaam, le 7 août 1998.

[3] http://www.france24.com/fr/20120109-serie-attentats-mortels-frappent-irak-dizaine-pelerins-afghans-chiites-tues-bagdad

[4] http://www.20minutes.fr/monde/107840-11-septembre-2001-9-11-Discours-de-Bush-apres-les-attentats.php

[5] Exode 32 : 34.

[6] http://www.20minutes.fr/monde/107840-11-septembre-2001-9-11-Discours-de-Bush-apres-les-attentats.php

[7] http://www.20minutes.fr/monde/107840-11-septembre-2001-9-11-Discours-de-Bush-apres-les-attentats.php

[8] http://www.20minutes.fr/monde/107840-11-septembre-2001-9-11-Discours-de-Bush-apres-les-attentats.php

[9] http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/12/29/accord-pour-ouvrir-un-bureau-taliban-au-qatar_1623969_3216.html

[10] http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/12/29/accord-pour-ouvrir-un-bureau-taliban-au-qatar_1623969_3216.html

[11] http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/200903/30/01-841783-obama-abandonne-la-guerre-contre-le-terrorisme.php

[12] http://rt.com/usa/news/obama-afghan-taliban-war-035/

[13] http://rt.com/usa/news/obama-peace-taliban-us-219/

[14] http://rt.com/usa/news/obama-peace-taliban-us-219/

[15] http://www.algeria-watch.de/fr/article/pol/ligue_arabe/syrie_visees_inquietantes.htm

[16] http://www.algeria-watch.de/fr/article/pol/ligue_arabe/syrie_visees_inquietantes.htm

[17] L’accord de Doha est un arrangement politique conjoncturel, en situation de nécessité et sans changement constitutionnel, entre l’opposition libanaise pro syrienne et le gouvernement libanais, alors pro saoudien, suite aux événements de 8 mai 2008, qui ont entrainé la chute totale de la capitale Beyrouth aux mains des combattants de l’opposition. 

[18] La population totale du Qatar est de 1 699 435 personnes. http://www.qsa.gov.qa/QatarCensus/

[19] Le despotisme éclairé est une variante du despotisme qui s’est développée au milieu du XVIIIe siècle, le pouvoir y est exercé par des monarques de droit divin dont les décisions sont guidées par la raison et qui se présentent comme les premiers serviteurs de l’État. Les principaux despotes éclairés ont ainsi entretenu une correspondance suivie avec les philosophes des Lumières.

[20] Frédéric II de Prusse fait entrer son pays dans la cour des grandes puissances européennes. Après avoir un temps fréquenté Voltaire, il devient célèbre pour être l'un des porteurs de l'idéal du prince du siècle des Lumières en tant que « despote éclairé ».

[21] http://www.legrandsoir.info/youssef-al-qardaoui-bernard-henry-levy-meme-combat.html

[22] Marx, Karl. Le 18-Brumaire de Louis Bonaparte. http://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum3.htm

[23] http://www.infosyrie.fr/actualite/mission-arabe-le-qatar-nest-decidement-pas-satisfait/

[24] La Loya Jirga (Grande assemblée ou Grande réunion), est un terme d'origine Pashto qui désigne une assemblée convoquée afin de prendre les grandes décisions concernant le peuple afghan.

[25] http://www.sana.sy/fra/55/2012/01/08/393114.htm

[26] Le Pygargue à tête blanche est le symbolisme officiel du Grand sceau des États-Unis d’Amérique.

[27] Derafsh Kaviani est e légendaire drapeau de l’Empire perse signifiant le Glorieux drapeau de l'Iran.

[28] Les Fables de La Fontaine ; Livre II, fable 16.

[29] Le nassérisme est une idéologie panarabe révolutionnaire, combinée avec un socialisme arabe, mais qui reste opposée aux idées marxistes.

[30] Jean-Christophe Victor, « Mondes arabes », Le Dessous des cartes, 10 septembre 2011.

[31] L’Égypte est le pays le plus peuplé du Monde arabe et du Moyen-Orient, avec une population de 82 million. http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_population

[32] Les Liaisons dangereuses est le titre d’un roman épistolaire écrit par Pierre Choderlos de Laclos, et publié en 1782.

[33] http://www.algeria-watch.de/fr/article/pol/ligue_arabe/syrie_visees_inquietantes.htm

[34] http://jeune-independant.net/index.php?option=com_content&view=article&id=203:alors-qual-assad-annonce-un-referendum-sur-une-nouvelle-constitution&catid=6:monde&Itemid=4

[35] http://www.sana.sy/fra/51/2012/01/10/pr-393414.htm

[36] http://www.sana.sy/fra/51/2012/01/10/pr-393414.htm

[37] http://www.sana.sy/fra/51/2012/01/10/pr-393414.htm

[38] http://www.sana.sy/fra/article/31.htm

[39] http://www.sana.sy/fra/article/31.htm

[40]Les Fables de La Fontaine.  Le Corbeau voulant imiter l’Aigle ; Livre II, fable 16.
Fida Dakroub

Docteur en Études françaises (UWO, 2010), Fida Dakroub est membre du « Groupe de recherche et d'études sur les littératures et cultures de l'espace francophone » (GRELCEF) à l’Université Western Ontario.

Elle est l’auteur de « L’Orient d’Amin Maalouf, Écriture et construction identitaire dans les romans historiques d’Amin Maalouf » (2011).

Fida Dakroub est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Fida Dakroub publiés

Le 15 janvier 2012

Mondialisation.ca,

Fida Dakroub

 http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=DAK20120115&articleId=28670


Le Temps d’Algérie : Des manifestants égyptiens exigent la suspension du Qatar de la Ligue arabe.

Ils lui reprochent sa «  collaboration directe avec le Mossad »

 Des Égyptiens regroupés au sein de la coalition générale des commissions populaires ont tenu vendredi un imposant sit-in au Caire pour exiger la fermeture de l’ambassade du Qatar. Selon la presse égyptienne, le Qatar est devenu un instrument du Mossad et de la CIA, travaillant selon les agendas des Occidentaux visant à déstabiliser la région du monde arabe. Les manifestants égyptiens ont appelé également à la suspension du Qatar au sein de la Ligue arabe en tant que membre. Les Égyptiens reprochent à ce pays arabe son implication directe dans la guerre libyenne aux côtés des forces de l’Otan en fournissant l’armement et sa chaîne de télévision Al Jazeera afin de décapiter l’État libyen et de tuer Kadhafi et tous ses partisans.

Selon les manifestants, le Qatar avait mobilisé plus de 5000 militaires en Libye et tente aujourd’hui de détruire la Syrie, le Yémen et l’Égypte.

Pour les manifestants, le Qatar menace les intérêts stratégiques et idéologiques de l’Égypte et des pays arabes. Des membres de la coalition générale des commissions populaires affirment détenir des preuves sur « les relations entretenues par le Qatar avec le Mossad ».

Ils menacent de les rendre publiques. Ils précisent que l’ancien patron d’Al Jazeera, M. Khanefar, était un agent au service de la CIA et recevait des instructions directes des responsables américains.

La ligne éditoriale d’Al Jazeera est identique à celles de CNN, de BBC et bien d’autres médias occidentaux, soulignent les Égyptiens sortis vendredi exprimer leur colère et leur indignation quant à l’implication de l’émir du Qatar dans les révoltes des peuples du monde arabe. Nombreux sont les pays qui ont eu des relations tendues avec le Qatar, notamment au sein de la Ligue arabe. Récemment, le président mauritanien a renvoyé l’émir du Qatar. Le président mauritanien,

Mohamed Ould Abdelaziz n’a pas apprécié les « conseils » de son hôte, l’émir du Qatar, Hamad Bin Khalifa Al Thani. Selon des médias mauritaniens, la visite de l’émir du Qatar en Mauritanie a été très négative, puisque ce dernier s’est vu obligé de quitter le pays sans même être escorté à l’aéroport de Nouakchott.

Ould Abdelaziz aurait dénoncé des « conseils » comme étant une ingérence dans les affaires internes de la Mauritanie, allant jusqu’à ridiculiser la politique qatarie qui veut « exporter la révolution », accusant la chaîne Al Jazeera d’inciter la haine contre les peuples arabes. L’émir du Qatar aurait même demandé au président mauritanien des réformes et de faire pression sur le président syrien Bachar Al Assad.

14 janvier 2012 –

Le Temps d’Algérie


Gilles Devers : Les Tunisiens contre la visite de "l’allié des Américains et des sionistes" . 

EXTRAIT

Les trois présidents tunisiens ont accueilli vendredi le prince du Qatar Hamad ben Khalifa Al Thani, venu participer à la cérémonie de la première commémoration de la révolution du 14 janvier qui a renversé le dictateur Ben Ali.

Cette visite a été toutefois dénoncée par le peuple tunisien qui a manifesté dans la ville de Sfax, considérant que celle-ci est une autre forme d’ingérence étrangère de la part « de l’agent des Américains et des sionistes ». 
Les manifestants ont brandi des pancartes rejetant «à la fois l’ingérence qatarie et française dans le pays ».
De son côté, le prince qatari a exprimé dans un communiqué « sa fierté d’être venu en Tunisie pour féliciter le peuple du premier anniversaire de sa révolution et pour échanger les points de vue sur les différents sujets qui intéressent les deux pays ».
Le premier ministre tunisien Hamadi Jabali a indiqué à la presse que la visite d’Al Thani « est une visite d’amitié et de travail visant à renforcer les relations entre les deux pays et à les élargir pour toucher les différents domaines ».
A la question de savoir son opinion sur les manifestations populaires opposées à cette visite, Jabali a répondu : « La Tunisie est un pays démocratique qui respecte toutes les positions ». «Mais ces positions cachent quelque fois des agendas qui portent atteinte à la Tunisie », a-t-il encore dit !
Gilles Devers


eva R-sistons : Qatar, symbole d'un monde pourri

Notre monde est pourri jusqu'à la moelle par l'idolâtrie de l'argent.

Vous avez encore des illusions sur nos Elus ? Ils sont pourris !

Comme les dirigeants. Ils ne font pas de la politique pour servir leur pays, leurs électeurs, mais pour profiter d'un Système qui leur accorde tout : Pouvoir, honneurs, argent.

En abondance, même en pleine crise ! Et pour rester au pouvoir, tout est bon. Même se vautrer devant des crapules qui mentent, volent, commettent des crimes, pillent les richesses des pays, asservissent les citoyens !

.

Vous avez entendu parler du Qatar ? C'est un chancre qui pourrit tout, Etats souverains, politiques, révolutions populaires, économie, sport, et même banlieues (mais tout n'est-il pas pourri au sommet, d'ailleurs ?)... et qui est à la pointe des guerres et des jolies "démocraties" dont le socle (par la grâce des magiciens Sarkozy, Cameron, Obama, Netanyahou, Erdogan, et autres BHL) devient... fanatiquement islamiste. Comprenne qui pourra ! L'argent justifie tout, et les habitués de Neuilly et du Fouquet's se fichent de savoir comment le pouvoir est obtenu et conservé, et avec qui, du moment que leurs coffre-forts sont bien remplis, et qu'ils peuvent aller se dorer sur les plages les plus belles, souvent d'ailleurs aux frais des contribuables, de nous donc. 

.

D'un côté on fustige les Musulmans, de l'autre on favorise l'accession de leurs éléments les plus radicaux, comme en Tunisie ou en Libye, bientôt en Syrie - pour ensuite susciter le rejet et le choc de civilisations qui profitera d'abord, comme d'habitude, à tous les Industriels de Mort.

Lisez jusqu'au bout l'article mis en vedette dans cette parution, et relayez-le: Vous verrez à quel point la politique est pourrie, et à quel point les politiciens sont corrompus, et donc ne vous étonnez pas si le monde va mal, très mal..... 
Au fait, vous avez encore des illusions sur les Révolutions arabes ?

Les Indignés désignés hommes de l'année par les Amércains, ça ne vous met pas la puce à l'oreille ? A leur insu, ils servent les intérêts des Maîtres du Monde. Même si, au départ, une Révolution éclate spontanément, comme en Tunisie, elle est aussitôt récupérée par l'Oligarchie et ses Soros. Il s'agit moins d'abattre un "dictateur", que de lui substituer un homme plus docile ! Un Ben Ali ou un Moubarak monopolisaient les richesses du pays, désormais elles passeront directement dans les coffres-forts des banksters anglo-saxons et israéliens et de leurs compères français. Dans tous les cas, les peuples n'en verront pas la couleur. 

.

Et en Libye, les terroristes de l'OTAN ne se contentent pas de confisquer l'argent du pétrole, ils volent, aussi, les importantes réserves d'or de la nation. Quelle peine pour un tel hold-up ? Parce qu'ils sont anglo-saxons, israéliens ou français, les filous peuvent tout se permettre. Vous avez dit Justice internationale ?  

.

En Egypte, le dictateur a sauté, mais le Régime est resté en place; Les militaires n'entendent pas quitter le pouvoir. Et les marionnettistes de l'Occident gouvernent par marionnettes interposées, privant les Egyptiens de leur Révolution. Répression et tortures continuent, le chômage s'amplifie, etc etc. Et comme d'habitude, les Anglo-Saxons vont exporter leur modèle, c'est-à-dire les inégalités, les dettes, la loi du plus fort, les guerres... comme en Libye, où désormais les habitants asservis à l'Occident sont envoyés asservir les Syriens à leur tour qui ensuite se retourneront contre leurs frères iraniens. La cause est entendue, les Occidentaux sont de grands démocrates, et ceux qui leur résistent, d'affreux terroristes. Quant aux dictateurs, ils ne le sont que s'ils sont non-alignés... Les autres, comme dans les monarchies pétrolières sentant le souffre, sont exonérés. Et tant pis si les femmes n'ont même pas le droit de conduire ! L'Occident n'en est pas à une contradiction près. Il promeut la démocratie, mais pas dans les dictatures complices de ses crimes; Il attaque sans cesse les Musulmans, mais il se sert des plus radicaux d'entre eux pour piller les pays convoités. 

.

Découvrez le Qatar : Petit royaume bourré de fric, mais grande influence. On n'arrête pas l'argent... Rien ne lui résiste !  

En découvrant le Qatar, vous allez plonger dans les tréfonds de la politique. Accrochez-vous ! La politique occidentale et de ses alliés n'est belle que dans la bouche des journaleux français...       

Eva R-sistons 

http://r-sistons.over-blog.com/



1 Médias & Manipulation de l’opinion/ Vidéos

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information

1-1 Vidéo : Visite secrète de l'Emir du Qatar en Israël.

L'Emir du Qatar Sheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani a rendu une visite secrète en Israël, bien que Doha et Tel Aviv n'entretiennent pas de relations politiques, révèle une vidéo.

La chef du parti israélien Kadima, Tzipi Livni, a accueilli l'Emir et le Premier ministre qatari Sheikh Hamad Bin Jaber Al-Thani pendant la visite.
L'Emir qatari et sa délégation ont également rencontré plusieurs responsables israéliens haut placés.
Parmi les sujets discutés entre Sheikh Hamas et Livni, la signature d'un nouveau contrat d'exportation de gaz et la rédaction de manuels scolaires qatari par des experts israéliens.
Sheikh Hamad aurait souligné l'importance de relations politiques entre les deux côtés.
Livni a informé le Qatar de l'importance de son rôle dans les discussions entre les Arabes et
Israël.
Le Qatar et
Israël ont une convergence de points de vue au sujet du programme nucléaire de l'Iran. Doha a systématiquement soutenu Tel Aviv contre l'Iran. Le Qatar pourrait également aider Israël dans le cas d'une attaque militaire contre les installations nucléaires iraniennes.
Il est important de noter qu'en avril 2008, Livni, qui était Premier ministre d'
Israël, rendait de fréquentes visites au Qatar pour pousser l'Etat arabe à s'opposer au programme nucléaire d'Iran.

Source : Press TV

Traduction : MR pour ISM



1-2 Guerre de L'Information :

- Le Dictateur Wahhabite Qatari Al Thani pour Un Putsch Militaire En Syrie.

- Manipulation Honteuse De la Mort De Jacquier de FR2

Al Thani dictateur féodal qatari putschiste appelle au renversement par des « soldats arabes « - mercenaires islamistes et renégats syriens qu’il paie grassement - du régime de Bashar Al Assad en Syrie.

En France Sarkozy et ses médias propagandistes ne reculent devant rien pour faire accepter par l’opinion publique une intervention militaire en Syrie en manipulant la mort du journaliste de France 2 Gilles Jacquier et en dissimulant les preuves .

Ce qui est connu sur sa mort et que les médias va-t-en- guerre taisent.
- Le roi dictateur wahhabite du Qatar Al Thani pousse à un coup militaire en Syrie
Le Qatar actuellement à la tête de la Ligue Arabe sera bientôt remplacé par un autre membre de la LA. Comme il l’a déjà fait pour la Libye - mais aussi après avoir échoué à imposer son protégé, Saad Hariri, également chouchou des Saud wahhabites au Liban - le roi dictateur qatari putschiste Al Thani s’empresse donc d’appeler à une intervention militaire cette fois « arabe » en Syrie.

Al Thani avait déjà essayé d’infiltrer le groupe d’observateurs de la LA actuellement en mission en Syrie avec des agents des renseignements occidentaux et sionistes. Désormais en appelant à l’envoi de « troupes arabes » en Syrie c’est un putsch contre Bashar Al Assad qu’il veut organiser.

Le roi dictateur qatari, Al Thani, est lui- même un expert en putsch. En 1995, Hamad bin Khalifa Al Thani a renversé son père lors d’un putsch de palais. Il a été couronné en 2000.
Al Thani roi féodal dictateur règne sur 1.5 millions de sujets dont 200 000 seulement sont qataris les autres étant des immigrés travaillant sur des chantiers et ayant un statut guère plus élevé que celui d’esclaves (salaire entre 60 et 120 euros par mois). Les 200 000 Qataris quant à eux ont le revenu par tête le plus élevé de la planète ne payent pas d'impôts, disposent de transports et d'un système de santé gratuits pour la plupart ils n’ont pas besoin de travailler vivement grassement des rentes pétrolières.
Les étrangers représentent au moins 80 % de la population totale le roi féodal dictateur Al Thani féru de « liberté et de démocratie » pour les autres pays en particulier en Libye et en Syrie - mais surtout pas chez lui - n’autorise pas la divulgation des chiffres exacts. Ces esclaves étrangers représentent 90 % de la population active et 100 % des ouvriers. Ces esclaves sont principalement originaires d'Asie du Sud et du Moyen-Orient achètent souvent au prix fort - 800 à 1 500 euros - leur droit de venir travailler pour 3 ans renouvelables au Qatar auprès de trafiquants de main d’œuvre humaine installés à Katmandou - endroit privilégié pour le « repos du guerrier » sioniste après 3 ans passée dans l’armée coloniale de l’entité sioniste.
Sur cet esclavagisme moderne de la monarchie dictatoriale qatarie d’Al Thani lire l’article :
«Au Qatar, visages des soutiers de la croissance


Comme l’écrit Eric Leser sur Slate.fr dans un article intitulé
« Comment le Qatar a acheté la France (et s'est payé sa classe politique) »
« …Le Qatar n'est pas vraiment un pays fréquentable. C'est une monarchie absolue construite sur une rente. Il n'y a pas de partis politiques et encore moins de démocratie. Le régime de l'émir est fragile même si les révolutions arabes semblent ne pas l'avoir affecté. Il est très difficile d'obtenir des informations sur la tentative de coup d'Etat de juillet 2009. Des militaires de haut rang alliés à une puissance étrangère auraient été arrêtés avant de passer à l'acte… »

Le monarche dictateur Al Thani est pourtant un proche de Sarkozy qui n’hésite pas à le recevoir et l’appeler fréquemment pour comploter au renversement de Bashar Al Assad comme il a comploté pour renverser Kadhafi et comme il complote pour réinstaller Saad Hariri au Liban.

Le Qatar ne dispose pas d’une armée - avec 200 000 habitants majoritairement des rentiers difficile de «mobiliser» - mais de mercenaires souvent des fanatiques islamistes whahhabites. Le Qatar comme l’Arabie Saoudite est sous domination féodale fondamentaliste wahhabite.

Le Qatar finance « l’Armée Libre Syrienne » des mercenaires islamistes et renégats de l’armée syrienne entraînés par des forces spéciales françaises anglaises US/Israël et stationnés en Turquie - avec l’accord du gouvernement turc d’Erdogan proche des Frères Musulmans - à Antakya dans la province d’Hatay prés de la Syrie d’où ils lancent leur opérations terroristes en territoire syrien.

L’appel du roi féodal dictateur qatari, Al Thani, à l’envoi de « troupes arabes » en Syrie est tout simplement un appel à l’envoi de mercenaires arabes islamistes et autres renégats syriens pour renverser par un putsch le régime de Bashar Al Assad. A l’évidence ce dernier n’acceptera pas une telle demande même sous la menace d’un chantage à l’envoi du dossier syrien au CSONU. Là la Syrie bénéficie du soutien de la Russie et de la Chine qui n’hésiteront pas à utiliser leur veto y compris pour une demande de l’envoi de « troupes arabes » - envoi qui serait d’ailleurs une première la LA n’ayant aucune accréditation internationale onusienne.

La Russie tout comme la Chine ont renouvelé leur opposition à une ingérence étrangère militaire en Syrie considérant d’autre part qu’une attaque contre la Syrie et l’Iran était une «menace pour leur sécurité nationale». Autrement dit ces deux puissances nucléaires sont prêtes à se mobiliser y compris en participant à un conflit qui de régional pourrait vite se transformer en IIIème Guerre Mondiale.

La Russie dont l’ambassadeur et des employés de son ambassade au Qatar ont été malmenés récemment à l’aéroport de Doha - les mercenaires du roi féodal dictateur Al Thani tentant de s’emparer de valises diplomatiques allant même jusqu’à frapper l’ambassadeur russe - sait à quoi s’en tenir sur les plans d’invasion militaire de la Syrie projetée par le Qatar les documents diplomatiques les détaillant précisément. D'où peut être l'empressement des Russes à livrer des armes à la Syrie au grand dam de Washington et Tel Aviv. Le port syrien de Tartous reste pour la Russie la seule ouverture sur la Méditerranée difficile de croire que Moscou va y renoncer.

En Tunisie «libérée» tout comme en Libye « libérée » certains commencent à manifester contre l’ingérence du roi féodal dictateur Al Thani dans les affaires de leur pays.

En Libye le Qatar pourtant riche en pétrole a obtenu gratuitement sa part du gâteau pétrolier libyen en participant à la guerre contre Kadhafi imitant en cela les pays membres de l’OTAN et volant ainsi le peuple libyen de sa principale ressource financière: le pétrole.

Ce n’est pas au roi féodal dictateur qatari Al Thani oeuvrant pour ses maîtres de Washington Tel Aviv et complotant avec le renégat actuel occupant de l’Elysée Sarkozy de décider à la place du peuple syrien. Ce dernier reste majoritairement fidèle à Bashar Al Assad pour le moment contrairement à la propagande de guerre diffusée non stop par les médias occidentaux inclus FR2.

 - Manipulation honteuse de La mort du journaliste Gilles Jacquier De FR2
A peine la mort du journaliste Gilles Jacquier de FR2 tué la semaine dernière à Homs en Syrie alors qu’il était en reportage pour la chaîne TV FR2 avait-elle été annoncée en France que déjà les loups politiques et médiatiques va t-en guerre commençaient -t-ils à déverser sur papier et sur la toile leurs rumeurs nauséabondes contre le régime de Bashar al Assad accusé de « manipulation » pour ne pas dire de meurtre du journaliste français.

Le directeur de l'information de FR2, Thierry Thuillier, repris en boucle par ses confrères hargneux du Monde Libération Le Figaro et consorts a lui estimé qu'il y a des éléments "troublants" entourant les circonstances de la mort du journaliste.

Thuillier avant de lancer de telles insinuations gratuites sans preuve ne s’est pourtant pas rendu en Syrie où il aurait pu à sa demande visiter l’endroit où a été tué Jacquier et demander à voir tous les documents vidéos à disposition relatifs aux évènements tragiques interrogés des témoins, bref faire sa propre enquête in situ immédiatement aprés.

Travail d'investigation "trop professionnel" sûrement !
Au lieu de cela lui et le gouvernement de Sarkozy se sont empressés de rapatrier la dépouille du journaliste ce qui constitue en droit pénal une appropriation frauduleuse d’un corps alors même que la justice syrienne avait été immédiatement saisie et une autopsie prévue dans le cadre de l’enquête syrienne sur les circonstances de sa mort. Cet acte de kidnapping de la dépouille du journaliste permet au gouvernement Sarkozy de faire disparaître des preuves et manipuler la vérité.

Encore une fois cela prouve hélas l’absence de professionnalisme de ceux qui occupent des postes clés dans les médias français et leur soumission totale au dictat de l’ Elysée qui supervise de toute façon leurs nominations aux postes qu'ils occupent.

Le site voltairenet.org publie deux articles à lire consacrés à la mort de Gilles Jacquier
Le journaliste français Gilles Jacquier meurt sous le feu des gangs armés à Homs
Décès du reporter d’Envoyé Spécial : la France dissimule les preuves

C’est à sa famille endeuillée mais aussi à ses collègues journalistes de conscience d’exiger par respect pour sa mémoire son professionnalisme par respect de la déontologie journalistique que toute la vérité soit faite sur sa mort sans se laisser manipuler par des va-t-en guerre politiques et médiatiques

http://www.planetenonviolence.org/Le-Dictateur-Wahhabite-Qatari-Al-Thani-Pour-Un-Putsch-Militaire-En-Syrie-Manipulation-Honteuse-De-La-Mort-De-Jacquier-De_a2540.html



2 Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Gilles Munier : Provocation qatarie : l'ambassadeur russe roué de coups.
   L’information est passée pratiquement inaperçue : le 29 novembre dernier, Vladimir Titorenko, ambassadeur de la Fédération de Russie au Qatar, ainsi que des fonctionnaires d’ambassade venus l’accueillir à sa descente d’avion sur l’aéroport de Doha, ont été roués de coups par des policiers et des douaniers.

   Selon l’agence de presse Novosti, les quataris tentaient de s’emparer de la valise diplomatique russe. Le diplomate a été blessé à la rétine et son corps serait couvert d'ecchymoses.

   Le ministère russe des Affaires étrangères a immédiatement protesté contre le « caractère inadmissibles »de ces actes, précisant qu’il s’agit d’ « une violation flagrante des normes du droit international ». Il exige une enquête

   Selon le quotidien libanais Al-Nahar (1), l’attaque s’est produite après que la Russie aurait refusé plusieurs millions de dollars offerts pour qu’elle change de position à l’égard de la Syrie.

    Vladimir Titorenko est un ambassadeur qui ne se laisse pas impressionné. En avril 2003, en poste en Irak, il a été blessé alors qu’il roulait en convoi vers la Syrie, son véhicule ayant été délibérément pris pour cible par une patrouille étasunienne. Plusieurs diplomates avaient été touchés.

A l’époque, la CIA croyait que le président Saddam Hussein se terrait à Bagdad, caché à l’ambassade russe.

(1) http://www.annahar.com/content.php?priority=4&table=mahaly&type=mahaly&day=Sat

© G. Munier/X.Jardez
Publié le 5 décembre 2011 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier



3  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

3-1 Fida Dakroub : Qatar : le Corbeau voulant imiter l’Aigle!

Il est clair d’emblée que le rôle que joue le Qatar, sur la scène des événements régionaux, depuis l’accord de Doha, en 2008, vise à imposer ce petit émirat, dont la population ne dépasse pas un million et quelques centaines de mille de sujets, comme joueur principal aux conflits du Moyen-Orient.
De façon similaire, depuis sa précipitation théâtrale sur la scène des événements du "Printemps arabe", l’émir du Qatar, Cheikh Hamad, insiste à se présenter en costume de despote éclairé. Pour en faire, il s’habille en Frédéric II de Prusse, dit Frédéric le Grand, et fréquente les voltaires de l’impérialisme français, tel que Bernard-Henri Lévy, et ceux de l’obscurantisme arabe, tel que Youssef al-Qardaoui. Par contre, il est vrai que Hegel fait, quelque part, cette remarque que «tous les grands événements et personnages historiques se répètent, pour ainsi dire, deux fois. Il a oublié d'ajouter : la première fois, comme tragédie, la seconde fois, comme farce». De surcroît, le Cheikh Hamad – on l’appelle, aussi, émir - s’est entretenu, le 4 janvier, avec le secrétaire général de l’ONU, monsieur Ban Ki-moon, de la possibilité d’associer l’ONU à la mission de la Ligue arabe, en Syrie, afin que celle-ci profite de «l’expérience» de l’organisation internationale, en matière de mission de paix et d’interposition. Cette manœuvre, de la part de l’émir, vise à atteindre deux objectifs : premièrement, faciliter et légitimer une intervention de l’OTAN, dans la crise syrienne – il n’est plus secret que, parmi les récentes «expériences» de l’ONU, figure le feu vert à l’OTAN, pour la destruction de la Lybie – ; deuxièmement, contrecarrer le pouvoir de la Ligue arabe et réduire son rôle, comme organisation représentant les intérêts du monde arabe, pour qu’elle soit une sorte de Loya Jirga, rassemblant, précisément, les émirs et sultans des familles royales du golfe Persique. Il en va de même que l’émirat du Qatar, qui possède une armée de mille cinq cents mercenaires, mais qui abrite, par contre, la plus grande base militaire américaine, dans la région, ambitionne de jouer un rôle, au niveau international, aussi énorme que l’énormité de la présence des troupes étrangères, sur son territoire. Ainsi, aux premières lueurs du "Printemps arabe", le Qatar, qui s’est transformé en un outil médiatique, aux mains des puissances impérialistes, dans le monde arabe, s’est précipité, sur la scène des événements. Il faut souligner le rôle que joue, en ce sens, la chaîne Al-Jazira, dont l’objectif est de fausser les données réelles de la guerre impérialiste contre la Syrie, et cela, en promouvant un discours de haine et de ressentiment religieux contre les groupes minoritaires au monde arabe. Aussi le Qatar, en s’alignant sur des positions, qui suggèrent, carrément, l’intervention étrangère, en Syrie, est allé loin, dans la question des sanctions contre la Syrie, qui ont laissé des effets négatifs et directs, sur le niveau de vie, l’alimentation et les médicaments du peuple syrien. On en peut que partager le même avis de l'analyste politique russe, Viatcheslav Matuzov, qui a souligné que le Qatar joue un rôle négatif, au sein de la Ligue arabe, ajoutant que «les États-Unis veulent la chute et la destruction de la Syrie, en tant qu'État arabe indépendant (…) L'Occident a une seule demande de la part de la mission des observateurs arabes, à savoir, la prise d'une position, en solidarité avec l'opposition extrémiste, sans aucun souci de chercher après les faits réels sur le terrain», a estimé l'analyste russe, dans une interview à la chaîne «Russia Today».
Il convient de mentionner que les ingérences hostiles du Qatar, dans les affaires internes de la Syrie, se font, au moment où deux puissances se confrontent, dans une sorte de guerre froide, dans la région du golfe Persique : celle du Pygargue, à tête blanche, étatsunien et celle du Derafsh Kaviani iranien. La présence de la première puissance est en déclin, dans la région, surtout, après le retrait des légions de l’Empire de l’Irak ; celle de la deuxième puissance est en croissance. Entre ces deux grandes puissances belligérantes – l’Iran et l’Empire étatsunien – les ambitions «impériales» du Qatar évoquent en nous la fable de La Fontaine, Le Corbeau voulant imiter l’Aigle. Pendant toutes les périodes précédant le "Printemps arabe", l’Égypte jouait un rôle central, au sein de la Ligue, qui lui permettait de diriger le monde arabe, surtout, à l’époque du Président Nasser (1956 – 1970) et la montée de l’idéologie nassérienne.
Dès sa naissance, en 1945, la Ligue arabe était toujours divisée en deux camps aux visées politiques opposés. D’abord, dans les années quarante et cinquante, l’entente égypto-saoudienne, favorable aux projets d’indépendance, s’opposait à l'axe hachémite jordano-irakien, plus enclin à une coopération avec la puissance britannique, encore, maîtresse de nombreux protectorats et mandats (Soudan, Palestine, Émirats, etc.). Par la suite, dans le contexte d’anti-colonialisme et de la Guerre froide, la division prit une nouvelle démarcation entre États socialistes, proches de l'URSS (Libye, Syrie, Algérie, Égypte de Nasser, l’Irak, le Yémen du Nord) et États proches des États-Unis (les émirats et sultanats arabes du golfe Persique). Enfin, après la chute de l’Union soviétique, la Ligue arabe se trouvait divisée, encore, en deux camps : d’un côté, les pays résistants aux projets américains de domination (surtout, la Syrie et le Liban) ; de l’autre côté, les pays dociles à l’Empire (toujours, les émirats et sultanats arabes du golfe Persique, l’Égypte de Mubarak).
Suite à la chute du dernier pharaon, Moubarak, en 2011, l’Égypte se trouve occupée par ses problèmes internes, ce qui l’empêche de continuer à jouer un rôle principal, dans le monde arabe, même si le secrétaire général de la Ligue continue à faire privilège de l’Égypte. Il n’est plus secret que l’absence «transitoire» de l’Égypte, comme leader du monde arabe, a entraîné une diminution du rôle que joue la Ligue. Autre que l’Égypte, aucun pays n’est en mesure de diriger le monde arabe. L’Égypte reste le seul pays «habile» à jouer ce rôle, vu son poids démographique, économique et culturel. Sur un autre plan, l’Arabie saoudite n’est plus dans une situation lui permettant de remplir ce vide laissé par l’enfermement de l’Égypte, sur ses propres crises et problèmes internes, et cela vu la fragilité et l’instabilité intérieure et les tremblements politiques aux portes du Royaume – la révolution, a Bahreïn, et la guerre civile, au Yémen. Simultanément, les pays du Maghreb ne sont pas, non plus, en mesure de diriger le monde arabe, vu, premièrement, leur position géographique, au bout du monde arabe, et deuxièmement, la nature démographique de ces pays, qui ne constituent pas vraiment des agglomérations de masses, comme l’Égypte et le Levant, mais, plutôt, des centres urbains dispersés, au long de la côte méditerranéenne de l’Afrique du Nord. De même, la Tunisie reste, au lendemain de sa révolution "Jasmin", instable, du point de vue politique ; et la Lybie se trouve ruinée, par la grâce de la «mission humanitaire» de l’OTAN.
Donc, le retrait temporaire de l’Égypte de la scène des événements a créé un vacuum, aux niveaux politique et diplomatique. Ajoutant à cela, le retrait des légions de l’Empire, de l’Irak, qui a ouvert les portes, devant la puissance iranienne ascendante. Pour faire «barrage» à l’expansion iranienne, seul, le Qatar, semble capable de jouer ce rôle, aux niveaux politique et diplomatique, en tant que concessionnaire de l’Empire et négociant – plutôt que négociateur – ; pour la simple raison que, du point de vue militaire, le Qatar n’est, en réalité, qu’une base militaire américaine, dans la région.
Pour contrecarrer le rôle de la Ligue arabe, l’ingérence hostile du Qatar, dans la crise syrienne, et son engagement complet à la conjuration impérialiste visent, en premier lieu, à créer des divisions entre ses membres, basées sur des sensibilités religieuses – sunnites vs. chiites – et ethniques – Arabes vs. Perses – et deuxièmement, à transformer la Ligue, en une sorte de Loya Jirga, rassemblant les émirats et sultanats arabes du golfe Persique, dont les monarchies se justifient par une idéologie wahhabite, la même que celle des Taliban. Plus tard, ce nouveau bloc wahhabite, qui comprend les émirats et sultanats arabes du golfe Persique, les Taliban de l’Afghanistan et les "Frères musulmans" de l’Égypte et de la Syrie – bénéficiant de l’énorme support des puissances impérialistes – tenterait de démembrer l’Arc chiite qui s’étend de l’Iran jusqu’au Liban, tout en passant par l’Irak et la Syrie ; et cela, en renversant le régime syrien, en premier lieu, ensuite, en isolant le gouvernement de Maliki, en Irak, en second lieu. Par conséquent, le Hezbollah, au Liban, se trouverait coupé, totalement, de son arrière-front, l’Iran ; ce qui faciliterait, à une étape plus avancée, à envahir l’Iran. En un mot, l’ouverture d’un bureau de Taliban, au Qatar, met, officiellement, fin à la guerre étatsunienne contre le terrorisme ; et les ennemis d’hier deviennent les amis d’aujourd’hui. Ce qui revient à dire que les dernières attaques terroristes, au cœur de la capitale syrienne, expriment l’application concrète de ces nouvelles Liaisons dangereuses qui sont émergées, récemment, entre le vrai Patron – l’Empire étatsunien – représenté par son concessionnaire arabe – le Qatar – d’un côté, et les Taliban, de l’autre côté – derrière eux Al-Qaïda, évidemment....
Fida Dakroub

http://www.alterinfo.net/Qatar-le-Corbeau-voulant-imiter-l-Aigle_a69685.html


 

 

3-2Quand l’émir du Qatar se fait renvoyer bottes au cul..de la Mauritanie!

Il fallait oser le faire... En effet, le président mauritanien, Mohamed Oueld abd el Aziz n'a pas hésité de rappeler à son hôte l'Emir du Qatar,  Hamad bin Khalifa Al Thani, ses limites quand il s'agit de proférer des conseils sur la manière de gérer son pays!

Selon des  sources mauritaniennes bien informées ,  la visite de l'Emir du Qatar en Mauritanie a été trés négative, puisque ce dernier s'est vu obligé de quitter le pays sans même être escorté à l'aéroport de Nouakchott !

Les sources ont souligné que la raison de cette dispute est que le prince du Qatar a exigé du  président mauritanien  d'apporter des réformes démocratiques à son  pays, notamment dans le domaine des libertés et de la politique économique.

Des "conseils" que  Ould Abdel-Aziz a dénoncé comme étant une ingérence dans les affaires internes de la Mauritanie, allant jusqu'à vilipender  la politique qatarie qui se contente d'"exporter la révolution" , accusant la chaîne satellitaire qatarie Al-Jazira d'inciter la haine contre les régimes arabes.

Selon le journal mauritanien alSiraj,  la rencontre entre l'émir du Qatar et le Président mauritanien a pris une tournure dramatique quand l'émir du Qatar a demandé au président mauritanien des réformes, et lui a demandé de faire pression sur le président Bachar al-Assad .

Le journal a indiqué que le président mauritanien a réagit violemment aux propos de sa Majesté qatarie, allant juqu'à  exprimer sa solidarité avec le président Bachar al-Assad, affirmant que " les peuples ne savent pas ce que vous voulez", et que "ce que vous appelez des révolutions ne sont que des complots".

Le journal alSiraj a précisé que des sources sécuritaires arabes ont mis en garde le président mauritanien du rôle du   Qatar de tenter de provoquer un changement dans le pays, ajoutant "ce rôle consiste à péraper le terrain pour entraîner la Mauritanie dans le cercle vicieux des complots, sponsorisés par les qataris selon les termes de ces sources!

Et donc,  l’émir et sa suite sont repartis seuls à l’aéroport de Nouakchott, sans être accompagnés, comme l’aurait voulu le protocole et comme cela avait été le cas lors de l’arrivée du prince, par leur hôte mauritanien.

Lequel aurait même interdit à ses ministres de le remplacer dans cette circonstance !http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=21&frid=21&eid=44996



4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Ilia Kharlamov : Tension dans les relations diplomatiques avec le Qatar.

Les relations entre Moscou et Doha sont tendus suite à un incident avec l'ambassadeur de Russie au Qatar. La Russie est prête à accepter les excuses du Qatar et à reprendre des relations diplomatiques normales.

Moscou exige des excuses officielles et une enquête minutieuse suite à l'incident avec l'ambassadeur de Russie au Qatar, Vladimir Titorenko.

Le 29 novembre, la police de l’aéroport de Doha a tenté d'employer la force contre l'ambassadeur et de s'emparer du courrier diplomatique.

Cet incident jette un froid sur les relations diplomatiques entre les deux pays et pourrait remettre en question la participation du Qatar dans le projet d'extraction de gaz Iamal.

La position russe déplait

Le printemps arabe tellement salué par les libéraux occidentaux, risque de d'entraîner une explosion d’islamisme de large envergure dans le Nord de l’Afrique. Mais les islamistes ne sont pas les seuls à vouloir contrôler la situation.

L’Occident voit l’Afrique du Nord comme une sphère d'influence et cherche à tirer le maximum de profit des changements de régimes.

La Russie se positionne depuis le départ pour un règlement pacifique des conflits politiques intérieurs en Libye et en Syrie. Les intentions de Moscou de développer des projets énergétiques avec les pays de la région n’est pas au goût de tout le monde. L’agression de l’ambassadeur russe au Qatar pourrait être lié à cela car il est impossible de l’expliquer du point de vue des relations civilisées entre les pays. 

Une action commanditée

Selon Vladimir Titorenko «de telles actions ne peuvent pas être accidentelles. Le déroulement de l'opération montre clairement qu'elle était organisé par certaines forces, étrangères ou qataries. Ces deux ou trois dernières années ont été tumultueuse du point de vue des partenariats énergétiques. En novembre dernier des accords préliminaires ont été conclues concernant la mise en œuvre de gros projets d’investissements dans la sphère énergétique. Cela ne plait pas à certains Etats, comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne qui voient la Russie comme un concurrent».

L'ordre de confisquer la valise diplomatique aurait émané, d’après les employés de l’aéroport, du Premier ministre du Qatar, Hamad ben Djasem. Cet homme est étroitement lié aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne, où il possède des intérêts économiques.

L’incident pourrait cependant être attribué à un malentendu regrettable.

Il y a un mois, un journal qatari s'en était pris à la Russie, critiquant dans une série d'articles sa position sur la situation conflictuelle dans la région.

La Russie est prête à accepter des excuses de la part des autorités qataries et de fermer l’incident. Doha ne semble pas être pressé et les relations diplomatiques avec Moscou sont au toujours au plus bas.

Ilia Kharlamov

27 Décembre 2011

french.ruvr.ru



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information

5-1 IRIB :Tunisie : le petit Qatar fait peur!  

L’un des signes les plus apparents de cette influence grandissante est, sans aucun doute, la désignation au poste du ministère des Affaires étrangères de Rafic Abdel Salam, à la demande de Doha.
Gendre du leader du mouvement islamique "Ennahda", Rached Ghannouchi, Abdel Salam a travaillé, pendant de longues années, comme Directeur du centre d’études du réseau d’Al-Jazira net au Qatar. Le déclencheur de cette appréhension n’est autre que la visite, en Tunisie, de deux jours, du prince qatari Hamad Ben Khalifa al-e Thani . Le secrétaire général du Mouvement des Nationalistes Démocratiques (MND), Choukri BelEid, assure que cette visite fait l’objet d’un refus populaire, s’attendant à ce qu’elle exacerbe la situation politique, en Tunisie. BelEid a accusé "Ennahda" d’avoir convoqué «le parrain de l’Islam politique, dans la région», en allusion au prince du Qatar : «Je m’étonne de la visite du prince du Qatar, dont le pays souffre d’une pauvreté, dans le tissu politique, et qu’il nous lance des théories sur la démocratie, alors qu’il est l’allié de l’OTAN, des Etats-Unis et de l’entité sioniste», a-t-il déploré. Même son de cloche, de la part du secrétaire général du parti de l’Action Communiste (AC), Hamma AlHamami, qui en a appelé à une mobilisation générale, pour refuser cette visite. Alors que le journal «Al Hakika» (La vérité) a publié, en première page, un portait du prince qatari, avec, comme manchette : "Hamad, tu n’es pas le bienvenu ... La Tunisie n’est pas à vendre". Doha est critiqué, pour son rôle dans la formation du gouvernement provisoire actuel, présidé par Hamadi al-Jabali, le chef du mouvement islamique "Ennahda". L’an dernier, une visite du prince Hamad, prévue le jour de l’investiture des membres de l’Assemblée nationale constituante, issus des élections du 23 octobre, avait été annulée, après le tollé qu’elle a suscité, au sein de la classe politique tunisienne. Jeudi soir, le porte-parole du gouvernement provisoire tunisien, le ministre des droits de l’Homme, Samir Dilo, a signalé que le dirigeant qatari devrait participer à la cérémonie de la première commémoration de la révolution du 14 janvier, qui a renversé le dictateur Ben Ali. En même temps, neuf protocoles d’entente seront, également, signés, pour renforcer la coopération bilatérale entre les deux pays. Le Président libyen, Mustapha Abdel Jalil, algérien, Abdel Aziz Bouteflika, et des ministres venus du Maroc, des Emirats-arabes-unis, de Bahreïn, du Koweït et de la Palestine, devront, également, participer à la cérémonie.

14/01/2012


5-2 Léon Camus : Le Qatar, fer de lance de la diplomatie étasunienne, et la France plurielle.

Unique pays wahhabite hors l’Arabie saoudite, l’émirat qatari est une péninsule de 11 437 Km2 soit un peu plus que la Corse, indépendant depuis 1971, peuplé d’un million et demi d’habitants dont seuls 200 000 sont des qataris de souche ! Pétrole et gaz naturel y abondant (3e producteur mondial), le revenu par tête de pipe y est l’un des plus élevés au monde, nul ne payant d’impôts, tous disposent de transports et d’un système de santé gratuits… aucun Qatari - parce que riche avant de naître - ne se voit donc contraint de travailler pour gagner son pain à la sueur de son front, la main d’œuvre servile s’en charge.
Une pétro-monarchie absolue [dirigée depuis 1995 par l’émir (commandeur) Hamad bin Khalifa al-Thani, lequel a déposé son père en profitant de son séjour en Suisse, ce dernier ayant au préalable évincé son cousin en fév. 1972] sans parti politique et moins encore sans l’esquisse d’une once de symbole démocratique, les révolutions arabes n’ont apparemment en rien affecté le pouvoir… même s’il existe de tout évidence des contre-pouvoirs actifs dans la péninsule comme semble l’indiquer un coup d’État avorté en juillet 2009. Un pays où les quatre cinquième de la population n’étant pas des nationaux, les minorités iranienne, chiite, pakistanaise, arabe pourraient quelque jour avoir la velléité de réclamer les droits élémentaires dont elles se voient privées aujourd’hui.
Al-Jazira - La Péninsule.
Fort d’une réserve de 700 mds de $ en fonds souverain, l’émirat à eu l’astuce géniale de se doter en 1996 d’un prodigieux outil d’influence international avec la CNN du Monde arabe, al-Jazira la bien nommée puisque son nom signifie l’île… chaîne de télévision d’information en continu - anglo et arabophone - al-Jezira est sans contestation possible le canal satellite le plus influent du monde musulman. Il n’en demeure pas moins qu’al-Jazira couvre tous les pays sauf un… le Qatar !
Mais le temps est désormais révolu où les Yanks faisaient bombarder et assassiner ses journalistes 
2, depuis tout est rentré dans l’ordre du Meilleur des Mondes Globaux, et comme WikiLeaks nous le confirme, al-Jezira s’est opportunément placé sous la bannière étoilée et gratifiante de la diplomatie armée nord-américaine… ce qui ne l’empêche nullement de relayer les communiqués d’Al-Qaïda, assurant par ce biais à la nébuleuse terroriste un canal de communication hors pair. L’Émir à ce propos, en janvier 2010, admettait benoîtement devant le Conseil de coopération du Golfe, que l’outil politique al-Jezira lui était utile à se ménager les bonne grâces de l’organisation takfiriste ! Mais al-Qaïda et la CIA, n’est-ce pas du pareil au même  3 ?
Quand le « Printemps arabe » se déclenche, le Qatar dispose ainsi de tous les atouts pour y jouer un rôle déterminant : une chaîne satellitaire suivie par 50 millions de téléspectateurs, des soutes pleines à craquer de pétrodollars et des liens étroits avec les futurs dirigeants islamistes durs qui vont s’imposer à l’issue de processus démocratiques destinés à donner le change.
Al-Jazira est basée, à Doha, la capitale du Qatar. C’est également le Qatar qui a « hébergé » le CentCom, le commandement opérationnel américain ayant supervisé l’invasion de l’Irak en mars 2003.
Tête de pont et fer de lance de la diplomatie armée nord-américaine.
En vertu d’accords de défense signés en juin 1992, nous trouvons à une quarantaine de Km de Doha, el-Oudeid, principale base aérienne des É-U dans la région sur laquelle se trouve prépositionnés quelque 120 chasseurs bombardiers F-16 et divers autres aéronefs de combat. L’armée américaine dispose là d’une formidable capacité de « projection » sur l’ensemble du Proche-Orient, le Bassin de la Mer Caspienne et l’Asie centrale… C’est à partir d’El Oudeid que les É-U ont, en mars 2003, bombardé l’Irak. Le Qatar est donc, à ce titre et de toute évidence, un État de première ligne dans la stratégie de conquête et suprématie holistique conduite depuis 1991 par les ÉUA 
4.
Une politique fourre-tout d’influence tous azimuts...
« L’émir n’est pas un grand démocrate, mais il a été parmi les premiers [dans le monde arabe] à comprendre qu’il fallait aller dans le sens de l’histoire  ». Anonymous !
Alors Doha s’efforce, avec l’aide assidue du Département d’État, de mener un jeu diplomatique subtil consistant à être dans tous les camps simultanément. En février 2010, le Qatar signe un pacte de défense avec la Syrie et l’Iran et se fait le tour operator avec le président syrien Bachar el-Assad - contre lequel l’Émirat conspire activement à l’heure et militairement parlant - de la visite triomphale que le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad fera au Liban en juil. 2010… L’émir s’est quant à lui rendu en Israël lors d’une visite discrète la même année, en mars selon Wikileaks. En ce qui regarde les transferts de fonds au profit des organisations djihadistes [New-York Times « Follow the Money » 8 déc.2010] et de tous les islamistes, des plus modérés aux plus radicaux, tel le parti tunisien islamiste Ennahda en la personne de son chef Rached Ghannouchi, le Qatar ferait preuve de beaucoup de laisser-aller, laisser-faire, pour ne pas parler d’une bienveillante indulgence... «  Ici je puis défendre ma cause sans contrainte… Le Qatar m’assure une liberté d’action et une large couverture médiatique internationale » dira le fondateur du FIS algérien, Abassi Madani, réfugié à Doha depuis 2003 et souvent reçu au palais. Qui ne doute d’ailleurs que l’Algérie à bout de souffle, ne perde rien pour attendre ?!
Égypte, Tunisie, Libye, Syrie... un rôle central dans les révolutions arabes.
Lors de la révolution de palais de 1995, les gardes du corps égyptiens qui assuraient la protection rapprochée de l’émir déchu s’étaient vilainement battus jusqu’au bout. Al-Thani s’est alors convaincu qu’ils avaient suivi des ordres pris au Caire… Hosni Moubarak sera par conséquent la première cible de l’Émirat à l’heure des révoltes arabes. De son côté, le Raïs égyptien Moubarak n’appréciait guère que le Qatar multiplie les missions de bons offices au Liban ou au Soudan, sa chasse gardée diplomatique. Dès les premières émeutes populaires au Caire, al-Jazira prend fait et cause pour la foule. Au fait des méthodes et techniques éprouvées empruntées aux journalistes occidentaux, les correspondants d’al-Jezira gonflent outrageusement le nombre des manifestants et la violence de la répression, suscitant un surcroît de colère et de révolte dans les opinions publiques arabes par le truchement de son auditorat… Le prédicateur islamiste, vedette de la chaîne, l’Égyptien Youssef al-Qaradawi, exilé à Doha depuis cinq décennies, animateur de l’émission à très large audience « La Charia et la Vie » excite alors les foules à bouter dehors le « Pharaon » ... La messe est dite !
Passons rapidement sur la Tunisie. Une chose est certaine : le financement d’Ennahda, nouveau parti islamiste au pouvoir par le Qatar est un secret de Polichinelle. Le 2 janvier dernier, Rached Ghannouchi son chef -qui se déplace considérablement sans excepter les États-Unis of course -et apporte un soutien sans réserve à la noble cause du Conseil national syrien - était à nouveau reçu au Qatar appelé à lui fournir les moyens nécessaires pour « que la Tunisie nouvelle puisse devenir un exemple en matière de progrès et de démocratie authentique sur la base des valeurs de l’Islam et de ses enseignements ». Pourquoi pas, mais que ce message soit envoyé depuis le Qatar, bastion du radicalisme wahhabite, laisse quand même songeur, pour ne pas dire pantois !
Pour ce qui est le Libye, le cas est exemplaire. Selon le Figaro 6 novembre 2011, Doha aurait engagé 5000 commandos des Forces spéciales qataries sur le front libyen ! Il ne s’est donc pas agi d’un soulèvement populaire, voire d’une cruelle guerre civile, mais bien – comme tout le laissait supposer - d’une intervention armée extérieure et d’une guerre sans uniforme ! « Chargées d’épauler les rebelles, les troupes de Doha se sont d’abord déployées à Tobrouk puis ensuite à l’ouest dans le djebel Nefoussa, où le chef d’état-major qatarien, le général Hamad ben Ali al-Attyiah s’est rendu à plusieurs reprises ». La participation du Qatar au cours de l’intervention menée contre la Jamahiriya libyenne, aura été ainsi particulièrement plus conséquente qu’avouée et ne se sera pas limitée au soutien logistique et aérien revendiqué de prime abord… l’émirat ayant mis quand même à disposition de l’Otan huit Mirage 2000 sur les douze qu’ils possèdent ! Mais les guerres modernes ne sont-elles pas avant toute chose, voire essentiellement, des guerres du mensonge, ne serait-ce que par omission ?
D’après d’autres sources [27-12-2011 Le Nouvel Observateur] : « Les Qatariens sont arrivés avec des valises remplies d’argent, ce qui leur permit de retourner des tribus », ajoutons de recapitaliser les groupes et factions djihadistes [notamment les surgeons du Groupe islamique combattant en Libye - GIGL] en sommeil depuis leur répression par Kadhafi il y a une petite dizaine d’années, mais dont certains éléments libérés en 2008 on joué un rôle central dans la chute de la Jamahiriya, tel Abdelhakim Belhaj, chef de troupes de chocs qui firent tomber Tripoli, puis commandant militaire de la capitale libyenne avant de partir – selon toute vraisemblance 
5.
Dans un entretien accordé à la chaîne panarabe Al Arabiya, le président démissionnaire du bureau exécutif du Conseil national de transition libyen, Mahmoud Jibril, avait corroboré que les pétrodollars qataris avaient servi à alimenter « les rivalités et les motifs de désaccords existant entre les rebelles et les divers courants gérant l’après Kadhafi, dans le but explicite de diviser et de monter les uns contre les autres les frères libyens » 
6. Au total ce sont 400 millions de $ qui auraient été versés par l’émirat. Quand on aime, on ne compte pas !
Pour ne pas conclure sur le très sanieux chapitre libyen, il s’agit de garder en mémoire que les Qataris ont largement favorisé, approvisionné et abondé les groupes islamistes 
7. Dans le Djebel Nefoussa, au sud de Tripoli, les Moukhabarat, les services spéciaux qataris en liaison directe avec leur Cheikh, ont présidé à la distribution très sélective des missiles antichars généreusement offerts par la France. Ce n’est pas moins de neuf cargaisons qui furent ainsi réparties au seul profit des combattants islamistes. Une partie des armes devait par la suite s’évanouir dans la nature en complément des « 10 000 missiles sol-air » engloutis dans les sables libyens selon l’amiral Giampaolo Di Paola, chef du Comité militaire de l’Otan assurant la coordination entre les différents états-majors opérationnels en Libye.
Or, à présent, c’est le Qatar - qui sait apparemment à merveille tirer les marrons du feu - qui a pris le relais de l’Otan sur le sol libyen, en assurant la suite des opérations puisque contrairement à ce que n’en dit pas la grande presse, la situation y est encore loin d’être complètement stabilisée… État de fait qui confirme indirectement le rôle central que le Qatar a occupé dans le déroulement des opérations d’une guerre qui n’a jamais dit son nom 
8 !
Désormais, il sera parfaitement loisible de voir dans le Qatar un « acteur majeur » de la scène orientale et plus encore, à travers les liens politiques et économiques tissés avec la France, un protagoniste de l’espace euroméditerranéen. « Un cas unique ! Nous avons assisté à la naissance d’une puissance régionale de la taille d’une tête d’épingle » s’était exclamé le chantre belliciste Bernard-Henri Lévy… et même une « puissance internationale » faudrait-il ajouter en tant que - ultima ratio - bras armé du Pentagone et agitateur au service du Département d’État dans les banlieues du Tiers-Monde hexagonal.
Reste qu’il est parfaitement cocasse – et pas uniquement pour les esprits chagrins – de voir une monarchie réellement absolue, animée par un puritanisme religieux fanatique, œuvrer au triomphe de la démocratie… ou de ce que l’on nomme tel !
Le PSG, les banlieues, l’émir et le Sarkoland.
Depuis quelques années Washington s’immisce insidieusement, sournoisement mais sûrement dans les affaires intérieures françaises, notamment celles de nos périphéries et autres « banlieues », sous couvert de nous donner des leçons de démocratie plurielle et en accusant aimablement les Frenchies d’être d’infâmes « réacs » pratiquant d’odieuses exclusions à l’égard du sel de la terre… C’est ce modèle made in America qu’entendent aujourd’hui appliquer également les Qataris bien décidés à déverser les millions par brassées sur nos gentils discriminés sous le regard attendri des supporteurs du PSG. Le Qatar, micro État et vibrion polymorphe, a en effet racheté la majorité du capital du PSG tout en intervenant militairement aux côtés de l’Otan pour démocratiser la Libye, et bientôt la Syrie – c’est-à-dire l’offrir aux islamistes radicaux - et en se faisant désigner dans la foulée, contre monnaie sonnante et trébuchante il va de soi, comme organisateur en 2022 de la Coupe du monde de football !
Des banlieues « céfrans » choyées et convoitées.
Le Qatar a depuis longtemps emboîté le pas aux Yanks en matière d’ingérence dans les affaires intérieures hexagonales : son ambassadeur n’a-t-il pas annoncé en décembre la création d’un fonds d’investissement de 50 millions € en vu de financer des projets économiques portés par des habitants des banlieues de France ? Dix élus périurbains - cinq hommes, cinq femmes, parité oblige – ont de la sorte été invités au Qatar où ils ont été reçus à l’instar de chefs d’État (futurs peut-être) par l’émir Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani dans le but officiel d’établir des partenariats économiques entre l’émirat et les quartiers populaires où des entrepreneurs se disent « victimes de discrimination et bloqués » 9.
Le Qatar en France : un État dans l’État et le généreux financier de nos politiques.
Une question se pose crûment : les fonds souverains qataris sont-ils en passe d’acheter la France en pièces détachées à l’instar de ces organisations sionistes qui s’implantèrent en Palestine - pour finir par y créer un État, pour l’heure toujours sans frontières ! - en rachetant morceau par morceau, des terres, des lopins, des domaines, des champs et des maisons à qui voulaient leur vendre ?
Commençons par l’achat en gros et en détail de notre classe politique. Des faits et ils sont évocateurs ! Nos politiques sont tous autant qu’ils sont, de modernes jet-setteurs passant le plus clair de leurs temps dans les avions pour aller se dorer la pilule qui à Marrakech, qui en Tunisie (Alliot-Marie), qui en Égypte (Juppé) et ne parlons pas de notre agité-du-bocal ! En vrac parmi les habitués de l’émirat : Villepin, Delanoë, Douste-Blazy, Dati, Royal, Amara, Guéant, Debré, Larcher, Védrine, Mitterrand, Morin, Chevènement, Baudis, Lang 
10. Pas un qui manque à l’appel !
Trois semaines après son élection, en 2007, le premier chef d’État arabe reçu à l’Élysée est l’émir al-Thani. Celui-ci, le 14 juillet suivant, assistait au défilé de nos troupes au côté du président de la République. Lorsque M. Sarkozy occupait la place Beauvau, il avait eu à connaître de la formation des forces de sécurité qataries, d’où des contacts privilégiés… Ce serait par ailleurs le Qatar qui serait intervenu de façon décisive dans la libération en août 2009 du libyen al-Megrahi, l’un des auteurs présumés de l’attentat de Lockerbie, puis surtout, en juillet 2007, dans celle des infirmières bulgares détenues en Libye ; pourtant, curieusement, ce furent Cécilia Sarkozy et son mari qui en récoltèrent tous les lauriers.
De la même mauvaise manière quand le président français - en bonne compagnie : celle du Premier ministre britannique David Cameron et du plumitif Bernard-Henri Lévy alors promu Ministre bis des Affaires étrangères et de la Guerre - paradent à Tripoli le 14 septembre, après la mort ignominieuse - pour les vainqueurs – du Raïs déchu, le grand allié qatari est exclu du triomphe… Et il en concevra un ressentiment durable à l’égard du chef de l’État français 
11. Précisons que le Qatar joua un rôle discret, pour ne pas dire occulté - mais essentiel car unique dans le monde arabe - dans la destruction libératoire de la Lybie assortie de ses 150 000 morts « humanitaires », lesquels auront évité, il est vrai, par leur sacrifice « un véritable bain de sang »  12 ! Il en sera vraisemblablement de même, lorsque les nouveaux Alliés anglo-franco-turco-quataris en auront fini avec la Syrie, mais la démocratie est à ce prix et l’on ne peut faire d’omelette sans casser des œufs, n’est-ce pas ?
Pour revenir à la noria de personnalités françaises qui vont chercher quelque fraîcheur à l’ombres des méga buildings et palmiers qataris, réservons une mention spéciale aux membres ou ex membres du gouvernement : Claude Guéant missi dominici de M. Sarkozy, Fadela Amara et Rachida Dati qui, lorsque cette dernière était encore Garde des sceaux, se rendait deux ou trois fois par mois à Doha ! Il est vrai, ceci expliquant cela, que sa sœur est ou était l’une des proches collaboratrices du procureur général du Qatar… On comprend mieux ainsi les bâillements de la susdite sur les travées du Parlement européen de Strasbourg et ses savoureux fourchages de langue dus évidemment aux décalages horaires ! Chirac président effectua neuf visites officielles dans l’émirat, un client avantageux et assidu du cabinet de conseil de l’ancien Premier ministre Villepin dont les déplacements se font apparemment sur les avions personnels de l’émir ! 
On jugera également du poids de l’émirat dans la vie politique française, sachant qu’à partir de 2008 il s’est vu octroyer des privilèges fiscaux tout à fait exorbitants - par la grâce des votes de la Chambre et du Sénat – afin de faciliter ses investissements dans notre belle République bananière 
13. Ainsi les investissements immobiliers qataris ne sont pas imposables sur les plus-values et ses ressortissants en France ne sont pas astreints à l’ISF durant les cinq premières années de résidence. Notons que le groupe d’amitié France/Qatar ne compte pas moins de 49 députés à l’Assemblée nationale... en contrepartie Doha a passé avec Paris des accords pour la formation de ses marins et de ses policiers, ce pourquoi le Qatar devrait voir la création d’annexes de certaines de nos grandes Écoles telles HEC, Saint-Cyr ou l’École nationale de la magistrature… mais de là à dire que le palais de Élysée et celui de Doha seraient cul et chemise, subsiste un pas que nous ne saurions franchir !
Quant aux liens économiques…
Les entreprises françaises sont comme de bien entendu représentées en force dans l’émirat, au premier rang desquelles Total, GDF-Suez (5,8%), EDF, Veolia, Vinci, Air Liquide, EADS, Technip… Reste que le Qatar en tant que détenteur d’un prodigieux fonds souverain – la Qatar Investment Authority - dont les avoirs tournent autour de 700 milliards de dollars, s’intéresse de près à nos secteurs stratégiques : par exemple le groupe d’industries de défense et de presse Lagardère (7,6 %), Veolia (5%), de Suez Environnement (1%), Vinci (5,8%), ou la compagnie maritime d’affrètement CMA CGM, et plus encore à Areva et au nucléaire. Fin 2010, ce n’est qu’in extremis que fut bloquée par le gouvernement – et non par la présidence évidemment - l’entrée du Qatar dans le capital du groupe nucléaire français. Un activisme boursier et des offres d’achat représentatifs de l’agressivité et du volontarisme des mercenaires de l’ingénierie financière qui conseillent la famille régnante du Qatar ou œuvrent au service de ses hommes d’affaires.
Un cas intéressant : l’immobilier et le patrimoine.
L’immobilier donne également une assez bonne mesure de l’influence et des ambitions qatarie en Hexagonie : l’émir possède personnellement à Marnes-la-Coquette, dans les Hauts-de-Seine, une résidence couvrant 4.000 m2 ainsi que l’hôtel d’Évreux, place Vendôme, assorti des deux autres hôtels particuliers y attenant. Quant au fonds souverain émirati, il s’est octroyé à Paris plusieurs grands hôtels tels le Royal Monceau... ou encore le Majestic de Cannes.
Plus emblématique encore, le cas de l’Hôtel Lambert, fleuron du patrimoine parisien du XVIIe siècle sis à la pointe est de l’île Saint-Louis, acquis en 2007 des mains des héritiers de Guy de Rothschild par le propre frère de l’émir et dont les travaux de « restauration » (lire aménagement façon pétromonarchique) ont fait beaucoup de bruit, et pour cause. Des travaux considérables et illégaux qui ont suscité une polémique, or pour l’étouffer, Christine Albanel ministre de la Culture (dont le digne prédécesseur, Jean-Jacques Aillagon, faisait accrocher en sept. 2008 un homard rouge géant à Versailles au plafond de la Salle des batailles), s’est à l’époque bien gardée de saisir la Commission nationale des monuments historiques mais avait créé de toutes pièces un Comité scientifique ad hoc… Passez muscade !
2012 l’année du Qatar en France ?
D’un côté l’émirat comble de bonheur des supporteurs du PSG en recrutant joueurs et entraîneur à prix d’or, de l’autre, il offre à Arnaud Lagardère une magnifique assurance-vie en devenant le premier actionnaire de l’empire familial (7,6 %) ! Quant à la chaîne qatari al-Jazira, celle-ci vient d’acquérir la majeure partie des droits de retransmission de la Ligue des champions de 2012 à 2015, soit quatre lots sur cinq relatifs aux droits audiovisuels de la Ligue des champions pour la France sur la période 2012-2015. 
14
Amorcé en 2006, le rachat du PSG par Qatar Sports Investments, a conclu au final quinze ans de rapprochement et d’intrication d’intérêts politiques et économiques entre la France et le Qatar 15. À l’origine, Jacques Chirac avait eu l’habileté – ou un pragmatisme en béton teinté d’un franc mépris pour l’état de droit en général - d’avoir été en 1995 le premier chef d’État a reconnaître officiellement l’émir al-Thani qui venait justement de pousser dehors son propre père parce que jugé inapte à la gestion de son micro et richissime royaume… Quant à Nicolas Sarkozy, il a pour sa part, en quelque sorte, assuré la continuité du service public – certes d’abord au profit du despotisme sportif - en se démenant pour faire aboutir la reprise du club par l’émirat. Chantal Jouanno, alors ministre des Sports, avait failli payer cher et se faire virer pour avoir déclaré publiquement - la folle - qu’elle eût préféré des investisseurs français !
Pour compléter le tout, Doha a obtenu – à coup de dessous de tables ! - l’organisation de la Coupe du Monde 2022. Le recrutement de Zinedine Zidane – il aurait reçu dit-on entre un et dix millions €… ce que l’intéressé s’est bien gardé de contredire - en tant qu’ambassadeur d’un pays n’ayant jamais organisé un tournoi international de ce type et de cette envergure, aura été aussi un maître coup en matière de communication. Au demeurant, le Royaume-Uni et l’Allemagne auront contesté une décision - pourtant rationnelle selon les critères en vigueur de nos jours : la loi d’airain du pognon - et demandé de façon assez peu réaliste que le choix en faveur de Doha soit réexaminé… Qui vivra verra !
Notons que l’intérêt du Qatar pour le « foot » déborde largement la Coupe du monde, l’acquisition du PSG et d’une brochette de joueurs peoplisés et dorés sur tranche parce que mieux payés que les plus super traders de salle de marchés… Ainsi les clubs de football européens deviennent des proies qui tombent les unes après les autres : Malaga en Espagne et le FC Barcelone, maintenant le Paris Saint-Germain avons-nous dit, le seul grand club de la capitale française dont Nicolas Sarkozy - comme par hasard – est, ou est supposé être, un fervent supporteur.
Alors, le PSG, les banlieues, l’Émir et le Sarkoland ?!
Que recherche le Qatar en France ? L’analyse de sa stratégie d’influence reste à faire, à commencer par comprendre quels sont les effets directs et indirects que recherche le Qatar par le biais d’un tel activisme ? Activisme d’ailleurs irréductible à une simple compulsion frénétique… Au fond le Qatar n’est-il pas une sorte de chancre se nourrissant des chairs mortes qui l’entourent ? Au demeurant force est de constater que la présence et l’influence du Qatar en France grandissent de façon démesurée. L’annonce d’un fonds d’investissement au profit exclusif des banlieues, « oubliées et délaissées », intervient quelques jours à peine après l’acquisition par le Qatar, via la chaîne al-Jazira Sport, de quatre des cinq lots des droits audiovisuels de la Ligue des champions pour la France sur la période 2012-2015. Il se répète enfin, et de façon particulièrement insistante, que l’Élysée n’aurait pas ménagé ses efforts – comme si cela constituait une priorité dans la conjoncture actuelle ! - pour convaincre l’émir de donner au PSG les moyens de ses nouvelles ambitions. Mais en contrepartie de quoi ?
Washington en terrain conquis : politique d’ingérence et d’influence !
Les banlieues françaises sont aujourd’hui des cibles prioritaires de l’influence culturelle américaine… au vu au su de tous et sans que nul ne songe à s’en offusquer, bien au contraire. Le Japon, l’Inde et la Chine se partagent à vil prix les dépouilles de notre ex empire industriel, la Grande Amérique quant à elle, nous passe sur le ventre et guigne les faveurs de nos banlieues musulmanes. Tout cela est cependant en parfaite cohérence avec la vague de pouvoirs islamistes militants qui s’installent inexorablement sur le pourtour méditerranéen avec la bénédiction ou l’aide de Washington et de son bras armé qatari.
Depuis le printemps 2008 l’Administration américaine envoie, par le truchement de sa représentation diplomatique à Paris, ses chasseurs de talents recruter des Young leaders ou leur équivalent dans les banlieues françaises, mais dorénavant non plus parmi les futures élites autochtones. Des actions dites d’influence culturelle qui sont largement montées en puissance avec l’arrivée à Paris d’un nouvel ambassadeur en août 2009 
16.
Dès 2008 les Américains s’intéressent en effet à nos banlieues et surtout à leurs responsables musulmans : des séjours dans l’Amérique de Bush et d’Obama, son digne successeur, sont organisés au profit d’associatifs qui en reviennent conquis. Une opération de séduction qui vise aussi ceux qui sont entrés dans notre paysage existentiel sous la dénomination de « Jeunes », éléments phares de nos cités, entrepreneurs intrépides et capitalistes naturels qui prospèrent dans l’économie noire et les trafics illicites ( ?) de drogues réputées douces. Des lycéens et des collégiens du 9-3 ont été à ce titre généreusement invités à dîner par l’ambassadeur d’alors, Craig Robert Stapleton et son épouse dans l’imposant hôtel particulier du Faubourg-Saint-Honoré abritant l’ambassade des ÉUA.
Le maire communiste de Vénissieux, banlieue lyonnaise, André Gérin se déclarait encore à cette époque « curieux de connaître la posture du gouvernement français et du président de la République sur ces actions. Un problème se pose d’un point de vue de l’autorité de nos institutions et de l’indépendance de la France vis-à-vis des États-Unis ». Une bonne question restée depuis sans réponse et c’est bien là que le bât blesse.
En mars 2008 un colloque « Médias et nouvelles générations urbaines : exclusion ou intégration ? » organisé en partenariat avec l’ambassade américaine et le groupe de média américain Trace, nous apportait quelques éléments de réponses en illustrant la collusion sans équivoque entre le Département d’État et nos institutionnels : y figuraient entre autres, Jean-Louis Missika (vice président de Free et ancien haut fonctionnaire du Secrétariat général du gouvernement), Robert Namias (président de l’information de TF1) et Philippe Tassi (directeur général de Médiamétrie), et Claude Grunitzky, Français d’origine togolaise habitant à New York, fondateur de la chaîne de culture urbaine Trace TV et auteur de « Transculturalismes » ayant fait carrière sur la promotion des métissages urbains… « Les États-Unis [disait-il] savent que le rêve américain est bien présent dans les consciences collectives [des banlieues] et veulent l’entretenir… Les évènements à l’ambassade rue du Faubourg-Saint-Honoré sont fréquents où sont invitées des personnalités culturelles, souvent Africaines, issues de l’immigration, qui s’expriment sur les États-Unis » !
À présent, merci au décrié Wikileaks 
17qui a rendu public un rapport du 19 janvier 2010 destiné à Mme Clinton, Secrétariat d’État américain et rédigé par l’actuel ambassadeur des É-U en France, Charles Rivkin, sous le titre évocateur « Embassy Paris. Minority engagement strategy - Stratégie d’engagement envers les minorités » dont le chapitre 4 se propose de « lancer un programme agressif de mobilisation de la jeunesse[des banlieues] ». En substance : « l’Ambassade de Paris met en œuvre une stratégie d’approche des Minorités notamment musulmane… Notre objectif est de mobiliser la population française à tous les niveaux afin d’amplifier les efforts de la France pour réaliser ses propres idéaux égalitaires, ce qui par suite fera progresser les intérêts nationaux américains. Alors que la France est à juste titre fière de son rôle moteur dans la conception des idéaux démocratiques et dans la promotion des droits de l’homme et de l’État de droit, les institutions françaises ne se sont pas montrées elles-mêmes assez souples pour s’adapter à une démographie de plus en plus hétérodoxe ».
Le 2 avril 2010, Charles Rivkin 
18en déplacement à Bondy à la rencontre des jeunes de banlieue, leur déclarait solennellement « Chez moi, c’est différent. Tu peux être africain, indien, mais tu es avant tout américain. […] J’aime parler avec tous les Français. Je sais, et je suis sûr, que le prochain leader français est en banlieue  ». On appréciera (diversement) la prétention – voire l’arrogance – américaine à nous donner des leçons de savoir-vivre républicain. Mais cela vient de loin, les GI’s débarqués sur les côtes normandes, quand ils ne lutinaient pas les french girls après avoir carbonisé les villages au phosphore, jetaient nos camembert car ceux-ci entraient, à leur grand dégoût dans la catégorie du « putride » !
« Rééduquer, réinformer le public français me semble être la tâche la plus fondamentale aussi bien que la plus urgente pour la politique démocratique américaine en France, et dans ce domaine presque rien d’efficace n’a encore été fait ». Ainsi donc s’exprimait Sydney Hook, membre fondateur en 1950 à Paris du Congrès pour la Liberté de la Culture l’un des faux-nez de la CIA, dans le rapport de 1949 « Report on the International Day of Resistance to Dictatorship and War » ! L’Amérique ne nous avait pas seulement envahis, selon sa propre terminologie qui n’a jamais mentionné une quelconque « libération », elle entendait en outre nous « rééduquer »… elle y est d’ailleurs presque parvenu vu l’actuelle atonie de la France populaire.
Bref, l’immixtion dans la nos affaires et nos zones périurbaines ainsi que le but clairement affiché d’y découvrir les prochains Obama « rebeu », est impressionnant pour qui n’est pas totalement aveuglé en raison d’une contemplation trop assidue et addictive du cyclope télévisuel. Plus précisément, il s’agit d’un exercice inédit de soft power - autrement dit une opération minutieusement planifiée, suivie et évaluée de manipulation des minorités ethno-confessionnelles - qui ne saurait se développer sans la complicité active, ou la veulerie, de nos dirigeants et des oppositions compradores.
Autre temps, autres mœurs. Autrefois chasser en plein jour en terre étrangère eut été difficilement imaginable et même dangereux : un État étranger court-circuitant les institutions d’un pays pour venir recruter sans intermédiaire ses agents d’influence, incroyable et jamais vu mais aujourd’hui banal - notre siècle n’est-il pas celui de tous les miracles ? - dans un pays lobotomisé, alcoolisé au Vingt Heure et apparemment – ce qu’à Dieu ne plaise - en état de quasi mort cérébrale.

Notes

(1 ) Locution du pays d’Oc « Qu’es aquò ? « Qu’est-ce ? »
(
2 ) Wiki. Les locaux de la chaîne sont bombardés par les Etats-Unis à deux reprises : une première fois en Afghanistan, la seconde fois en Irak. Un journaliste, Tarik Ayyoub, trouve la mort à Bagdad sous les bombes libératirce. Le Daily Mirror annonce le 22 nov. 2005 à la Une que le président G.W. Bush avait eu l’intention de faire la source mère dans ses locaux de Doha ce à quoi se serait opposé le Premier ministre anglais Tony Blair. En déc. 2001, un autre journaliste de la chaîne de nationalité soudanaise, est arrêté en Afghanistan et emprisonné à partir de juin 2002 à Guantanamo, il sera libéré six ans plus tard en juillet 2008 sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre lui.
(
3 ) Donald Rumsfeld, Secrétaire à la Défense sous George Walker Bush, s’était fait remarquer à ce propos en saluant « la parfaite et excellente coopération entre le Qatar et les É-U dans la guerre contre le terrorisme  » !
(
4 ) Le Qatar hébergeait également le « CentCom », à savoir le commandement opérationnel ayant supervisé l’invasion de l’Irak. Quant au nombre de militaires américains stationnés au Qatar, ils seraient plus de 10 000 hommes, dont 5 000 présents sur la base d’el-Oudeid !
(
5 ) cf. Réseau Voltaire - combattre avec l’Armée syrienne Libre contre le nationalisme arabe et laïc de Syrie
(
6 ) 18-11-2011 Alger. Le Temps « Mahmoud Jibril accuse le Qatar d’alimenter la zizanie »
(
7 ) A commencer par ceux d’Abdelhakim Belhaj, d’Ismael Salabi, la Katiba des Martyrs d’Abu Salim, dirigée par Abu Sofiane Qumu, un ancien de Guantanamo ou encore la Katiba Obaida Ibn Jarrah, soupçonné d’avoir assassiné, le 27 juillet 2011, le général Abdul Younes. Cf. Ibid. NouvelObs
(
8 ) Slate Afrique 07/12/2011
(
9 ) Le Point.fr - Publié le 09/12/2011
(
10 ) On lira l’article très fouillé - mais cependant muet sur certains points cruciaux - auquel nous avons emprunté une grande partie des matériaux utilisés ici : « Comment le Qatar a acheté la France (et s’est payé sa classe politique) ». Eric Leser 6 juin 2011. Slate.fr
(
11 ) 27-12-2011 Le Nouvel Observateur
(
12 ) Alain Juppé 22 mars et 16 sept. 2011 Le Point.fr
(
13 ) http://www.bladi.net/forum/183275-f...
(
14 ) Ibid. Slate juin 2011 « Comment le Qatar a acheté la France (et s’est payé sa classe politique) »
(
15 ) « PSG-Qatar » Le Nouvel Observateur 5 août 2011
(
16 ) le Parisien 21 avril et 22 Avril 2008 Marianne 2 « Banlieues : OPA américaine sur les beurs et les blacks »
(
17 ) 27 fév. 2011
(
18 ) Jeudi 16 septembre 2010- Gestion des Risques Interculturels

Léon Camus

Lundi 16 Janvier 2012

http://www.geopolintel.fr



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

27/12/2011

n° 1- : Qatar : Les dossiers - 25-12: La vérité sur les visées inquiétantes du Qatar et des puissances occidentales.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Qatar : Les dossiers

  n° 1- 25-12

C.De Broeder & M.Lemaire



 Qatar : Les dossiers est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part 

Badis Guettaf : Libye : la «victoire occidentale» du Qatar.

Sami Kleib : La vérité sur les visées inquiétantes du Qatar et des puissances occidentales.

1 Médias & Manipulation de l’opinion/ Vidéos

1-1 H. Z : Al-Jazeera n’est pas une voix indépendante de l’Amérique !

2 Les dosser & point de vue

2-1 Mounir Abi : Les manœuvres du Qatar en Algérie.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

3-1 France: un fonds qatari de 50 millions d’euros pour les entrepreneurs de banlieue…

3-2 Parti Anti Sioniste : Le Qatar lorgne sur les banlieues françaises... Pourquoi ?

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Fatma Benmosbah : Les pérégrinations Qataries en Afrique du Nord.

5 Annexe

5-1 Rappel : Arnaud Castaignet :Libye: après l'OTAN le Qatar. 



Tiré à part 

Badis Guettaf : Libye : la «victoire occidentale» du Qatar.
Si l’on en croit les médias, (car quand il ne s’agit pas de faire la guerre il leur arrive de donner de l’information), le Qatar ferait cavalier seul en Libye.

On sait que c’est le seul pays agresseur qui a pu dépêcher des troupes au sol et qui a le privilège de bénéficier de la proximité linguistique et religieuse. Ce qui lui donne une place de choix dans l’accès au gâteau. Mais, arrêtons-nous sur cette réaction médiatique. Elle est pour le moins très significative de l’ambiance d’après «victoire». L’Emirat agace au plus haut point. Il paraît même qu’il serait le «grand vainqueur de l’intervention occidentale». Notons au passage son inclusion-exclusion et admirons la formule. Le Qatar n’est pas un pays occidental et l’intervention est occidentale. S’il en est le «grand vainqueur» c’est qu’il se serait emparé de la proie après que les prédateurs l’aient terrassée. De ce fait, il encoure les foudres des pays de l’Alliance peu enclins à le laisser faire. Il suscite déjà la colère de la bande de Benghazi qui, comme tout le monde l’a remarqué, n’a jamais brandi d’autres drapeaux que ceux des Occidentaux. Cette colère est assortie du refus de se vassaliser à un Arabe. Ce serait descendre plus bas dans l’indignité dans laquelle le CNT/OTAN se trouve et dont le chef a loué les bienfaits du colonialisme italien, mieux acceptable que celui d’un bédouin. De plus, le propriétaire du QG militaro-médiatique, Al Jazeera, s’est mis dans la poche les «rebelles» islamistes, les plus déterminés, les plus aguerris et les moins proches férus de «démocratie». En plus de ses propres troupes, il dispose, au moins, des hordes d’Abdelhakim Belhaj, d’Ismael Salabi, de la Katiba des Martyrs d’Abu Salim, dirigée par Abu Sofiane Qumu, un ancien de Guantanamo et de la Katiba Obaida Ibn Jarrah. Au-delà de la mouvance islamiste, le Qatar engrange une grande sympathie des brigades berbérophones du Djebel Nefoussa, auxquelles il a livré des armes fournies par Nicolas Sarkozy. Tripoli peut donc attendre longtemps les gars de Benghazi. Ils ne viendront pas et les armes continueront de servir le désormais véritable pouvoir, celui de ces jeunes qu’on a cru pouvoir exhiber, impunément, pour faire accroire à l’opinion publique internationale qu’une «révolution» avait eu lieu en Libye. Est-ce une carte entre les mains de Hamad le qatari ? On ne peut rien savoir de précis, tant la situation est confuse. Seulement, ce qui peut être confirmé c’est que l’émir tient bien, pour le moment, à faire valoir la place qu’on lui a accordé quand on a eu besoin de ses journalistes et de la caution arabe. Chose qu’il sera difficile de lui refuser, sans faire voler en éclats cette image d’une coalition désintéressée et sans remettre en cause une dynamique où le petit pétromonarque continue d’assurer un rôle de premier plan dans la reconfiguration du «monde arabe». De jolis rebondissements, donc, en perspective et beaucoup de situations inattendues. L’affaire libyenne aura tenu ses promesses jusqu’au bout de ne jamais laisser le mensonge étouffer la vérité d’un crime.

Badis Guettaf :

Dimanche 11 décembre 2011

Publié sur Le jour d'Algérie

Source : Ahmed Halfaoui

 

Sami Kleib : La vérité sur les visées inquiétantes du Qatar et des puissances occidentales.

Un diplomate arabe au Caire a rapporté que lors de la réception de la délégation de la Ligue Arabe à Damas le 26 Octobre dernier, le Président Syrien Bachar el-Assad aurait accusé le Premier Ministre du Qatar, le Sheikh Hamad bin Jaber Al Thani, d’être l’exécuteur de « diktats américains » et lui aurait dit : « Moi, je protège mon peuple avec l’aide de mon armée, mais toi tu protèges le tien par les bases américaines implantées sur ton sol… Si vous venez ici en tant que délégation de la Ligue Arabe, vous êtes les bienvenus. En revanche, si vous êtes les délégués des Américains, il vaudrait mieux que nous cessions toute discussion ».

Dans cette ambiance tendue, le responsable Qatari aurait répondu : « Si j’étais un Américain, je garderais le silence ». Ce à quoi Bachar el-Assad aurait rétorqué : « Tu es un Qatari, mais tu exécutes les diktats américains ». Le Sheikh Hamad n’aurait rien trouvé à dire. Par la suite, l’ambiance s’est apaisée, et la rencontre s’est soldée par le « Plan Arabe » de règlement de la crise syrienne.

En réalité, la Syrie avait pressenti dès le début que le Qatar jouait un rôle « suspect », selon l’expression d’un responsable syrien. La Syrie a cherché à le contourner en acceptant l’ « Initiative Arabe » malgré le fait que certains Articles de cette Initiative constituent une « violation de la souveraineté syrienne ». En effet, il est à remarquer que malgré le refus exprimé publiquement contre cette Initiative par Youssef Ahmad, ambassadeur syrien au Caire, Damas a ouvert ses portes à la délégation de la Ligue Arabe et a même accepté que le Sheikh Hamad en soit le chef.

Au cours de cette même réception, le ministre syrien des Affaires Etrangères Walid Mouallem aurait « lutté » pour amender certains articles de ce texte, mais le responsable Qatari persistait à faire croire à ses hôtes qu’il ne pouvait accepter aucun amendement concernant le retrait total de l’armée, qu’il refusait toute utilisation du terme « terrorisme », et a même failli récuser l’évocation de bandes armées dans les villes.

Et ce diplomate cairote de poursuivre que la première rencontre entre la délégation de la Ligue Arabe et El-Assad a été ponctuée de scènes hilarantes qui ont fait rire aux éclats le Président et ses invités, comme celle du secrétaire général adjoint de la Ligue Ahmed Bin Houli lisant son texte devant son auditoire, qui se fait rabrouer par le Sheikh Hamad criant : « Ce n’est pas cette Initiative que nous voulons entendre, c’est l’autre ! ». Bin Houli a eu beau chercher le deuxième texte dans ses poches, il ne l’a jamais trouvé !

C’est ainsi que plusieurs textes ont dû être discutés pour finalement adopter celui d’une Initiative appelant au retrait de « toutes les troupes armées des villes » ; ce qui signifie que les membres de la délégation ont fini par reconnaître l’existence de troupes armées autres que celles de l’armée régulière. Dès lors, il a été décidé, par accord tacite, que la première séance de dialogue entre des représentants des autorités syriennes et de l’opposition se tiendrait au siège de la Ligue Arabe au Caire.

Les Syriens ont reconnu que malgré le « piège qui leur était tendu », ils se devaient de prendre en considération leur relation solide avec Moscou. C’est la raison pour laquelle ils ont accepté des exigences que Damas n’aurait jamais approuvées en d’autres circonstances. Les dirigeants syriens, se devaient d’envoyer un message clair à Moscou lui signifiant qu’ils étaient ouverts au dialogue et à toutes les initiatives venant des États arabes, garantie suffisante pour renforcer la position russe devant le Conseil de Sécurité, pour que la Russie puisse continuer à se démarquer des positions intransigeantes américaines, françaises et européennes, et de leurs tentatives en faveur d’une intervention étrangère internationale.

Ceci dit, l’article concernant le « retrait de l’Armée syrienne » était considéré comme le plus dangereux par les autorités syriennes. En effet, comment pouvait-on envisager de retirer l’armée de régions désormais devenues le théâtre d’une guerre civile comme à Homs ? Pour le Sheikh Hamad : « Il est impératif de retirer l’armée et de cesser de tuer les manifestants ! ». Ce à quoi El-Assad a répondu : « L’armée ne tue pas des manifestants, elle poursuit plutôt des terroristes armés. Si jamais tu avais une solution pour en finir avec ces derniers, elle serait bienvenue ! ».

Depuis cette rencontre, les Syriens ont eu la confirmation que le Qatar poursuivait ses attaques contre la Syrie. Elles avaient commencé sur la chaîne qatarie Al-Jazeera, puis elles se sont poursuivies par des manipulations de la part d’opposants et de Frères Musulmans, pour finir par une étroite collaboration avec les dirigeants des capitales occidentales. Ceci est devenu très clair lorsque, par exemple, le ministre soudanais, sous pression du ministre qatari, en est arrivé à déclarer en présence du Président syrien : « Négocier avec les Occidentaux est le moyen le plus sûr pour sortir de cette crise », ce qui a fait dire à l’un des participants : « Vos négociations avec les Occidentaux ont abouti à la partition du Soudan, et à un Sud-Soudan où flottent désormais les drapeaux israéliens ! ».

Toujours selon ce même diplomate cairote, Damas s’est rendu compte que le Secrétaire Général de la Ligue était lui-même soumis aux pressions qataries. Ainsi, lorsque Nabil Arabi s’est adressé au Président syrien pour préciser « Arrêt des violences de toutes les parties », le regard de mise en garde et d’avertissement du Sheikh Hamad a bien failli le faire reculer. Il a fallu que Walid Mouallem l’interpelle par un « Est-ce possible que tu recules si vite !? », pour qu’il se ravise et confirme sa propre proposition.

Suite à cet accord et durant les dix jours qui ont suivi la publication du « Plan Arabe » [le 2 novembre 2011] Walid Mouallem n’a cessé d’adresser des missives à la Ligue Arabe pour l’informer de la mise en application effective de ses différentes directives : retrait de l’Armée de plusieurs régions et son remplacement par des policiers et des agents de la Sécurité Interne, visas d’entrée pour des journalistes arabes et occidentaux, libération d’un groupe de détenus, annonce d’une amnistie générale pour ceux qui rendent les armes et qui n’ont pas commis d’assassinats.

Ce faisant, la direction syrienne a cru pouvoir calmer le jeu mais est restée très vigilante face aux manœuvres des Qataris. Pendant ce temps, certains partis de l’opposition, et particulièrement son Organe de Coordination, ont bien reçu ces signaux et ont transmis en retour des suggestions positives en faveur du dialogue et d’une participation future au pouvoir. Moscou, informée de la situation, s’est révélée favorable à la démarche syrienne et a tenu à encourager l’Initiative Arabe. En effet, il a été rapporté que Moscou avait adressé un courrier à la Ligue Arabe lui conseillant de ne pas se hâter à prendre des dispositions intempestives contre la direction syrienne, mais plutôt à encourager le Président syrien dans sa volonté de réformer et d’aller de l’avant.

PRESSIONS AMÉRICAINES ET POSITION ARABE

Quelque chose s’est passé au cours de ces 10 jours.

Personne ne s’attendait à ce que la Ligue Arabe prenne aussi précipitamment une telle mesure de suspension de la Syrie de toutes ses instances [le 12 Novembre].

Les opposants appartenant à l’Organe de Coordination n’ont rien vu venir lorsqu’ils sont allés à la rencontre de Nabil Arabi au Caire [3 Novembre]. En revanche, la direction syrienne s’attendait à « quelque chose de négatif » depuis que le ministre saoudien des Affaires Etrangères, Séoud el-Fayçal, avait rejoint la réunion du Comité ministériel de la Ligue Arabe. Des sources syriennes bien informées ont déclaré que, dans les dernières minutes avant la prise de cette mesure, les États Unis avaient exercé d’énormes pressions pour que la Ligue Arabe hausse le ton contre la Syrie, précédé en cela par le ministre des Affaires Étrangères français, Alain Juppé, qui a déclaré « L’Initiative Arabe est morte ! », sans oublier qu’entretemps Washington déconseillait aux personnes armées de se rendre aux autorités.

Pour les Syriens, cette sanction, quoique inattendue, n’avait rien de surprenant en elle-même. En revanche, ils admettent avoir été surpris qu’elle survienne avant même que n’expire le délai de 15 jours accordé à la direction syrienne pour mettre en œuvre le Plan Arabe, et tout aussi surpris par l’invitation incongrue de l’opposant Burhan Ghalioun à la table des Ministres des Affaires Étrangères de la Ligue Arabe dans les salons de l’hôtel Four Seasons.

La conspiration n’était désormais plus un secret pour quiconque ! De là, leur certitude d’une ingérence américaine de la dernière heure. Ce qui se traduit dans les déclarations d’un responsable qui connaît parfaitement les arcanes de cette Ligue : « Nous savons comment sont conçues les décisions de la Ligue Arabe et comment certains de nos frères se plient malheureusement devant les diktats américains, comme nous savons que le Qatar joue le rôle le plus malfaisant en ce domaine ».

COMMENT LA SYRIE A-T-ELLE ÉTÉ SUSPENDUE DES INSTANCES DE LA LIGUE ARABE ?

Le Sheikh Al Hamad a convoqué une réunion du Comité des Ministres de la Ligue Arabe dont le ministre saoudien Séoud el-Fayçal, dans les salons de l’hôtel cairote cité plus haut. Il avait préparé un projet de résolution en 6 articles :

1. Suspendre la Syrie de toutes les instances.

2. Demander à l’Armée syrienne de ne pas intervenir dans des opérations d’assassinats.

3. Inviter l’opposition à une réunion au siège de la Ligue Arabe dans les 3 jours.

4. Inviter les organisations internationales à se rendre en Syrie.

5. Rappeler tous les Ambassadeurs des pays de la Ligue Arabe basés en Syrie.

6. Inviter le Conseil des Ministres des Affaires Étrangères à se réunir avec l’opposition unifiée.

L’Égypte et l’Algérie ont exprimé leur opposition, le Sultanat d’Oman a exprimé son mécontentement, le Liban a déclaré un refus catégorique. Il faut dire que le délégué algérien a essayé de faire capoter le projet. Une altercation a eu lieu entre lui et le Sheikh Hamad. Le premier aurait déclaré : « Le Qatar est le fer de lance de tous les problèmes que rencontre la nation arabe » ; le second lui aurait répondu : « Votre tour viendra ! ».

RÉCIT DE L’AFFRONTEMENT SYRO-QATARI AU CAIRE

Suite à cette réunion, s’est tenue une séance fermée inaugurée par le Secrétaire Général de la Ligue Arabe qui a présenté son projet et a exprimé toutes sortes de récriminations à l’encontre de la Syrie depuis le 13 juillet 2011 jusqu’à la rencontre à Damas avec El- Assad le 26 Octobre 2011. Il s’est plaint de ne pas avoir pu joindre Walid Mouallem malgré plusieurs courriers et messages adressés à son secrétariat et a même déclaré : « Nous n’avons malheureusement pas réussi à former une délégation qui serait arrivée au bon moment pour enquêter sur ce qui se passe réellement sur le terrain. Elle aurait pu être composée de personnalités appartenant à des organisations internationales, comme le Conseil des Droits de l’Homme ou autre… ».

S’adressant au Sheikh Hamad, le délégué syrien a immédiatement répondu : « C’est dans cette même salle que tu t’étais élevé contre l’idée selon laquelle il existait une intention manifeste de conduire la Syrie vers le chaos. Tu avais même ajouté que c’était pure imagination. J’avais souhaité qu’il en soit ainsi. Mais aujourd’hui, après lecture de ce papier…il est très clair que vous avez non seulement saboté votre plan mais vous avez fait en sorte qu’il soit mort-né. Vous êtes tellement pressés d’arriver à vos fins que vous n’avez même pas pris le temps de constituer une délégation pour enquêter… ceci parce que vous ne voulez pas connaître ce qui se passe en vérité ».

Après avoir précisé que la décision de suspendre la Syrie était illégale et pourquoi elle l’était, le ministre syrien a ajouté : « Faites attention à ne pas laisser attiser le feu, car ce ne serait profitable à personne. Faites attention à ne pas accorder votre indéfectible soutien à des complots scandaleux contre la Syrie, à des provocations tendancieuses, à des campagnes médiatiques féroces et sans limites, à des interventions étrangères appelant ostensiblement à la chute du régime… Dès notre première réunion, nous avions senti que vous cherchiez à suspendre notre adhésion à la Ligue Arabe. Nous espérions nous tromper. Vous venez de nous donner la preuve irréfutable que nous avions vu juste. Le 2ème article de ce projet constitue un dangereux préalable à une intervention étrangère dans les affaires internes d’un État membre de la Ligue… ce qui sape les fondements de la paix et de la stabilité dans la région ».

A son tour le délégué irakien a exprimé ses réserves quant au 2ème article disant : « Je pense que pour certains, il pourrait constituer prétexte à intervention étrangère, ce qui compliquerait la donne, non seulement pour la Syrie mais aussi pour des pays voisins tel que l’Irak. De plus, selon la charte de la Ligue la suspension ou le gel d’un État membre sont censés être prononcés à l’unanimité. Enfin, puisque nous disposons d’une Initiative Arabe sur laquelle nous nous sommes tous mis d’accord, y compris la Syrie, pourquoi ne pas la soumettre pour adoption à des organismes internationaux tels que le Conseil de Sécurité ou le Conseil des Droits de l’Homme ? »

[…. À ce moment, il y a eu un très court débat sur la légitimité ou non de la suspension de la Syrie entre un Nabil Arabi, indécis, et les délégués algérien et syrien (non retranscrit ici)].

Le Sheikh Hamad a brusquement mis fin à la séance sans permettre à la délégation algérienne d’exprimer son point de vue en se contentant de déclarer que les délégations libanaise et yéménite s’étaient prononcées contre le projet, mais que la délégation irakienne s’était abstenue. Ceci a provoqué l’indignation du délégué syrien qui lui a répondu en ces termes : « Tout ceci est le résultat de tes multiples conspirations qui ignorent les lois et les chartes. Tu es l’instigateur en chef de toutes ces trahisons et de toutes ces opérations destructrices, non seulement en Syrie mais dans tous les États Arabes. Avec le Secrétaire Général vous commettez un crime envers la Syrie et envers toutes les nations arabes. Vous êtes des agents exécuteurs d’agendas occidentaux. Un jour, les peuples du monde arabe vous demanderont des comptes et vous devrez répondre de vos crimes ».

OÙ VA LA SYRIE ? VERS UNE INTERVENTION INTERNATIONALE ?

La grande majorité des Syriens craint que cette manœuvre de la Ligue Arabe ne soit le préambule du pire.

D’une part, Damas a bien compris que certains pays arabes, et le Qatar en particulier, œuvrent pour une internationalisation de la crise pour arriver à légitimer une intervention étrangère ; d’autre part, elle est persuadée qu’une intervention militaire est impossible. Par la voix de son Ministre des Affaires Etrangères elle a officiellement refusé la décision de sa suspension par la Ligue… Elle soupçonne que la Turquie cherche à agiter les eaux dormantes, que le Qatar va continuer à travailler à l’escalade des violences et aussi, que les États Unis et la France vont continuer à acculer la Syrie et tenter d’exploiter à nouveau la carte onusienne et son Conseil de Sécurité en exerçant toutes les pressions possibles sur la Russie et la Chine.

Malgré tout cela, Damas persiste à user d’un langage diplomatique serein. Dans les prochains jours elle pourrait adopter des positions qui démontreraient qu’elle ne se considère pas en état de faiblesse… Les Syriens savent qu’ils ne manquent pas d’atouts. Les mesures de sécurité se sont révélées efficaces. Homs est sauvée avec le minimum de pertes possibles et les bandes armées, qui y sévissaient, sont en passe d’être neutralisées…« Nous resterons calmes et sereins, et prochainement nous adresserons les signaux qui témoigneront de la force du peuple syrien et de sa solidarité militaire et politique ». La Russie n’a pas cédé, des millions de Syriens continuent à manifester dans toutes les régions du pays adressant au monde entier le message très clair de leur assentiment à leur président et de leur refus catégorique de toute intervention étrangère, et les opposants patriotes ont opté pour le dialogue.

Malheureusement, les manigances perdurent et la désinformation partisane des médias arabes et internationaux prêche toujours. En ce moment même, ces États, et particulièrement le Qatar, tentent de fabriquer « une opposition unifiée » pour arriver à la faire reconnaître, et réussir, par ce subterfuge, à déclarer l’illégitimité du Président syrien comme un fait établi.

Certains pensent que la crise syrienne ira vers encore plus de complications ; d’autres avancent qu’elle touche à sa fin. Quoiqu’il en soit, cette année américaine pré-électorale promet de nombreuses surprises, d’autant plus que le prochain retrait des forces américaines de l’Irak est susceptible d’ajouter d’énormes pressions sur l’Iran, la Syrie, et le Hezbollah. Le Qatar et d’autres États arabes ont, jusqu’ici, réussi à priver la Syrie du soutien des pays frères. Il n’empêche que des liens solides demeurent intacts entre Bachar el-Assad et certains leaders, y compris le nouveau leader saoudien, le Prince Naëf Ibn Abdel Aziz…

Est-ce là un autre message destiné à Sheikh Hamad considéré par les Syriens comme « le plus remarquable des instigateurs et comploteurs », lequel continue à affirmer que « El-Assad est proche de sa fin » ?

 Sami Kleib

Sami Kleib, journaliste libanais de nationalité française, est diplômé en Communication, Philosophie du Langage et du Discours Politique. Il a été Directeur du Bureau du journal AS-Safir libanais, à Paris, et Rédacteur en chef du Journal de RMC-Moyen Orient.

Responsable de l’émission « Visite spéciale » sur Al-Jazeera, il a démissionné en protestation contre la nouvelle orientation politique de cette chaîne.

14 /11/2011

Traduit de l’arabe par Mme Mouna Alno-Nakhal, le 18 novembre 2011

Sources :

http://www.assafir.com/Article.aspx ?EditionID=2002&ChannelID=47411&ArticleID=1261

et

http://www.silviacattori.net/article2381.html



1 Médias & Manipulation de l’opinion/ Vidéos

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 H. Z : Al-Jazeera n’est pas une voix indépendante de l’Amérique !

Les relations entre al-Jazeera,le Qatar, les USA et Israël

La célèbre chaîne de télévision arabe al-Jazeera fut créée le 1er novembre 1996 par le cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, émir du Qatar. Al-Jazeera est basée à Doha, la capitale du Qatar. C’est également le Qatar qui a hébergé le CentCom, le commandement opérationnel américain, qui a supervisé l’invasion de l’Irak en mars 2003. Sachez aussi qu’il existe un bureau commercial israélien à Doha.

Extrait d’un article de Wikipedia sur la chaîne de télévision al-Jazeera :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Al_Jazeera

La chaîne Al Jazeera, dont le nom signifie littéralement « l’Île », est lancée le 1er novembre 1996, par le cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, émir du Qatar, et est basée à Doha au Qatar.

Voici maintenant un article du soir d’algérie que je mets ci-dessous en entier :

(je mets en gras ce qui est intéressant pour la démonstration)

http://www.lesoirdalgerie.com/artic…

Al-Qaradawi et la Coupe du monde au Qatar

Par Hassane Zerrouky le Jeudi 09 Décembre 2010

Le choix du Qatar pour organiser la Coupe du monde 2022 a été qualifié par l’ex-compagnon de route des Frères musulmans, l’Egyptien Al-Qaradawi, de « victoire des musulmans sur l’Amérique ». « L’Amérique a été battue, et le Qatar a gagné (…) Dieu merci (el hamdoulilah), c’est la première fois que nous avons battu l’Amérique » !

C’est en substance ce qu’a prononcé Al-Qaradawi dans son prêche de vendredi que l’on peut écouter sur Youtube !

Visiblement, le « cheikh » était heureux ! Reste qu’il a omis de dire – et il ne peut pas le dire sinon ses employeurs qataris le mettront dehors – que le Qatar a mis tous les moyens de son côté pour avoir le droit d’organiser cette Coupe du monde.

Zidane, Pépe Gardiola, l’entraîneur du Barça, et tant d’autres footballeurs et gens du show-biz qui ont fait la promotion du Qatar ont été payés à coups de millions de dollars par les Qataris.

Zidane, par exemple, qui a été l’ambassadeur de la candidature du Qatar, aurait reçu entre un et dix millions d’euros, une information que l’intéressé n’a pas démentie.

La promotion de la candidature qatarie comme « celle qui préserve le mieux l’environnement » est assurée par le célèbre photographe français Yann Arthus Bertrand, dont le film à grand succès La terre vue du ciel a été en partie financé par de généreux Qataris.

En résumé, en fait de « victoire des musulmans », c’est plutôt celle des pétrodollars !

Alors arrêtons de mêler la religion au football !

Plus sérieusement, Al- Qaradawi se moque des musulmans et des Arabes en particulier.

Ce monsieur, qui délivre des prêches sur tout et n’importe quoi, est salarié d’Al-Jazeera, qui lui offre un temps d’antenne pour diffuser ses idées islamistes.

Mieux, il habite Doha, capitale du Qatar. Non loin de Doha, à une quarantaine de kilomètres, se trouve la base militaire El-Oudeid, principale base aérienne des Etats-Unis dans la région, et où stationnent plus de 120 chasseurs bombardiers F-16 et autres avions de guerre.

En vertu d’un pacte de défense signé en décembre 2002 entre les Etats-Unis et le Qatar, l’armée américaine dispose à travers cette base d’une puissance de projection militaire considérable sur l’ensemble du Moyen-Orient et l’Asie centrale. Et de ce fait, le Qatar est devenu un Etat de première ligne dans la stratégie guerrière américaine.

C’est à partir de la base d’El Oudeid que les Etats-Unis ont bombardé l’Irak. C’est également le Qatar qui a hébergé le CentCom, le commandement opérationnel américain, qui a supervisé l’invasion de l’Irak en mars 2003 !

Donald Rumsfeld, l’ex-chef du Pentagone sous George Bush, n’avait pas manqué d’ailleurs de saluer « l’excellente coopération entre » le Qatar et les Etats-Unis « dans la guerre contre le terrorisme ».

Quant au nombre de militaires américains stationnés au Qatar, ils seraient plus de 10 000 hommes, dont 5000 employés dans la base d’el Oudeid !

Enfin, au large de Doha, mouillent des navires de guerre dont des porte-avions. De ce fait, en cas de conflit avec l’Iran, le Qatar, qui se dit opposé à une guerre contre son puissant voisin perse, n’a en fait rien à craindre.

En plus des Marines, des chasseurs bombardiers F-16, toute une armada de missiles anti-missiles est déployée sur le territoire de ce petit émirat.

Hors USA, le Qatar est ainsi l’un des pays les mieux protégés militairement au monde.

Concluons par ce que ne savent pas les Algériens et qu’Al-Qaradawi s’est bien gardé de révéler : l’existence d’un bureau commercial israélien à Doha. Il a fallu l’offensive meurtrière israélienne contre Ghaza pour que le Qatar se décide à geler en 2009 les activités de ce bureau commercial !

Alors quand M. Al-Qaradawi nous dit que le choix du Qatar est une « victoire des musulmans contre l’Amérique », alors qu’il se tait sur l’existence de bases américaines et sur l’existence d’un pacte de défense américano-qatari, je dis que ce cheikh, accueilli comme un chef d’Etat en Algérie, serait plus avisé s’il demandait publiquement, à l’occasion d’un prêche par exemple, le démantèlement des bases américaines dans tous les pays du Golfe ! Mais il ne le fera pas car Al-Qaradawi, en religieux intelligent, fait partie de ces gens qui ne mordent jamais la main de ceux qui le nourrissent !

H. Z.

Voilà, vous connaissez maintenant l’importance des relations entre al-Jazeera et l’impérialisme américano-sioniste.

Cela met un sacré bémol à l’opinion qui a généralement court comme quoi al-Jazeera serait une voie indépendante de l’Amérique et d’Israël.

Dimanche 18 décembre 2011



2 Les dosser & point de vue

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Mounir Abi : Les manœuvres du Qatar en Algérie.
A quoi jouent les émirs du Qatar ? C’est la question que beaucoup d’Algériens se posent depuis, notamment, l’éclatement du conflit armé en Libye et la situation dramatique prévalant en Syrie.
Certains indices laissent supposer que des ficelles sont tirées par les émirs qataris, comme cette information donnée par le site électronique libanais «Libnanews», selon laquelle «l’opposant» algérien Saad Djebbar est régulièrement reçu par l’émir du Qatar qui l’a désigné comme son avocat personnel. Saad Djebbar, qui ne quitte presque jamais les studios de la chaîne de télévision satellitaire Al Jazeera, ne manquant pas d’imposer à l’Algérie le désastre qui a eu lieu en Libye, est, de cette manière, encouragé dans son œuvre déstabilisatrice.
Ce qui est intriguant, c’est que cela intervient presque au même moment que l’ouverture d’une chaîne de télévision pour Oussama Madani, un des fils de Abassi Madani,
(qui serait financée par des Qataris), qui ont quitté l’Algérie pour l’Allemagne au début des années 1990, laissant les Algériens s’entretuer, ainsi que la récente sortie
médiatique du numéro un du FIS dissous qui, à partir de Doha, au Qatar, annonce,
à qui veut bien l’entendre, qu’il envisage d’ester l’Algérie devant des instances judiciaires internationales pour ne pas avoir accepté le retour, sur la scène politique
nationale, de son parti politique. Pour bien comprendre tout ce remue-ménage, il est utile de noter que cela intervient au moment où l’Assemblée populaire nationale (APN)
a cautionné la nouvelle loi sur les partis politiques, fermant, définitivement, les portes devant le retour de l’ex-FIS. Qui veut imposer le retour forcé du FIS-dissous en Algérie ?
La réponse ne semble pas être loin de Doha. Ce n’est peut-être pas une diffamation lorsque le site électronique libanais écrit, comme titre «Les ‘foutouhates’ qataries en
Afrique du Nord».

Le Qatar semble avoir choisi une stratégie pour déstabiliser l’Algérie, consistant à se rallier nombre parmi ceux qui veulent en découdre avec le pays.
En particulier les islamistes.
«Parmi les grandes figures de cette opposition, Abassi Madani, qui vit au Qatar, qui fait partie du cercle des responsables islamistes maghrébins régulièrement reçus par
l’émir, Madani qui a tissé des relations très fortes avec le CNT libyen, d’où peut-être la persistance des tensions entre Alger et le CNT», écrit le site électronique libanais.
«Même si Alger tente de calmer le jeu et évite toute confrontation avec Doha, le Qatar joue clairement la carte islamiste en Algérie. Les menaces adressées par le chef
de la diplomatie qatarie Cheikh Hamad bin Jassem bin Jabr Al Thani à son homologue algérien, lors du vote pour la suspension de la Syrie à la Ligue arabe, «ne défendez
pas trop la Syrie car quand votre tour arrivera, vous aurez certainement besoin de nous», ne laissent planer aucun doute à ce propos.
C’est dire que les intentions, pas forcément cachées, du Qatar envers l’Algérie sont un secret de Polichinelle, tellement flagrant et sentant la manipulation depuis Doha.
Mounir Abi

Vendredi 9 décembre



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

3-1 France: un fonds qatari de 50 millions d’euros pour les entrepreneurs de banlieue…

Le Qatar a créé un fonds d'investissement de 50 millions d'euros pour financer des projets économiques portés par des habitants des banlieues de France, a annoncé jeudi soir son ambassadeur à Paris, Mohamed Jahan Al-Kuwari.

"Le Qatar ce n'est pas que des paroles. Il faut agir. L'émir a décidé de créer un fonds de 50 millions d'euros pour travailler avec vous. Le fonds peut être augmenté", a annoncé l'ambassadeur à une dizaine d'élus locaux des quartiers, tous originaires du Maghreb, en présence d'un journaliste de l'AFP.
Ces élus (cinq hommes et cinq femmes) se sont rendus il y a un mois au Qatar dans l'espoir de nouer des liens économiques entre le riche émirat et les quartiers populaires français. Ils ont été reçus par l'émir cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani. 
"Tout le monde était content de vous voir: l'émir, le Premier ministre, le ministre du Commerce", leur a dit l'ambassadeur. "Vous avez représenté la France de façon très moderne. Vous avez donné une très bonne image des Français d'origine arabe", a-t-il insisté.
  
De leur côté, les élus ont affirmé avoir été "impressionnés" par l'accueil "digne de chefs d'Etat".

S'expliquant sur le fonds de 50 millions d'euros, le diplomate a averti que "ce n'est pas une aide, ce n'est pas de la charité". "Il faut des projets sérieux dans tous les domaines, des projets raisonnables, solides et à long terme".

"J'espère que, bientôt, on va monter ce partenariat qui va servir la relation entre le Qatar et la France", un pays "stratégique" et "très important pour nous", a souhaité l'ambassadeur. "Les Français d'origine arabe peuvent nous aider dans notre partenariat avec la France". 

M. Al-Kuwari a déclaré qu'une équipe de "professionnels" a été installée à l'ambassade pour recevoir les entrepreneurs et évaluer la pertinence de leurs projets.
Le Qatar, petite monarchie richissime du Golfe, et la France entretiennent une relation privilégiée, récemment illustrée par l'intervention militaire au côté des Occidentaux des qataris en Libye.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=19&frid=19&eid=40786

 


3-2 Parti Anti Sioniste : Le Qatar lorgne sur les banlieues françaises... Pourquoi ?

Le Qatar s’intéresse aux banlieues françaises.

Il vient de créer un fonds d'investissement de 50 millions d'euros pour financer des projets économiques portés par des habitants des banlieues de France, a annoncé jeudi 15 décembre, son ambassadeur à Paris, Mohammed Jahan al-Kuwari.

« L'émir a décidé de créer un fonds de 50 millions d'euros pour travailler avec vous. Le fonds peut être augmenté », a annoncé l'ambassadeur à une dizaine d'élus locaux des quartiers, tous originaires du Maghreb. Ces élus, cinq hommes et cinq femmes, se sont rendus il y a un mois au Qatar dans l'espoir de nouer des liens économiques entre le riche émirat et les quartiers populaires français. Ils ont été reçus par l'émir cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani.

Ce soudain intérêt du Qatar pour les banlieues françaises n’est pas sans rappeler les manipulations américaines révélées par Wikileaks. Dans un rapport adressé au gouvernement de son pays par l’ambassadeur américain à Paris, Charles Rivkin, il est question de la stratégie américaine envers les « minorités » en France, tout particulièrement envers la minorité musulmane, afin de « faire progresser les intérêts nationaux américains ». En fait, nous avons dans ce rapport la confirmation de l’ingérence directe et visible des États-Unis dans la politique intérieure française et de la tentative d’instrumentalisation de certaines populations.

A propos du fonds de 50 millions d'euros, le diplomate qatari précise que « ce n'est pas une aide, ce n'est pas de la charité. Il faut des projets sérieux dans tous les domaines, des projets raisonnables, solides et à long terme. J'espère que bientôt, nous allons monter ce partenariat qui va servir la relation entre le Qatar et la France », un pays « stratégique » et « très important pour nous », a ajouté l'ambassadeur. « Les Français d'origine arabe peuvent nous aider dans notre partenariat avec la France ».

On est en droit de se demander ce que cache cette stratégie. Le Qatar s’est récemment illustré par son intervention en Libye aux côtés de la France, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis. On se souvient aussi que le 10 mai 2011, le Premier ministre qatari Jaber al-Thani avait rencontré secrètement le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, en présence du Président français. Cette rencontre avait porté sur des négociations entre l’entité sioniste et le Qatar, à propos de l’achat de gaz naturel et ce, afin de résoudre les problèmes d’approvisionnement de l'entité sioniste en gaz égyptien. A l’époque, les révolutionnaires égyptiens exigeaient l’arrêt de l’exportation du gaz parce que Moubarak le bradait à un prix dérisoire en faveur des sionistes et au détriment du peuple égyptien !

Source : Parti Anti Sioniste

Jeudi 22 décembre 2011

http://www.partiantisioniste.com/...



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Fatma Benmosbah :Les pérégrinations Qataries en Afrique du Nord.

Le Qatar va-t-il devenir le parrain du monde arabe ?

L’avenir arabe dépend-il du Qatar ?

Qu’en-est-il des relations du Qatar avec les pays d’Afrique du Nord ?

La montée en en puissance du Qatar sur la scène politique arabe n’est plus à démontrer.

Le minuscule émirat dont la population ne dépasse pas celle d’un quartier du Caire ou de Bombay est sur tous les fronts.

Après avoir pris part à la répression de la révolte bahreïnie, il a été le seul pays arabe à apporter un soutien militaire et matériel à l’insurrection contre Kadhafi. Après avoir proposé sa médiation au Yémen, donné sa bénédiction à la Tunisie de Ghannouchi, opéré un rapprochement avec les Frères musulmans d’Egypte, le voilà qui, aujourd’hui conduit l’orchestre dans la partition syrienne et, selon certaines sources, préparerait un changement en Algérie ?
Le Qatar va-t-il devenir le parrain du monde arabe ?

L’avenir arabe dépend-il du Qatar ?

Qu’en-est-il des relations du Qatar avec les pays d’Afrique du Nord ?
Tunisie – Soutien et bénédiction
Le voyage au Qatar du Cheikh Rached Ghannouchi au lendemain des élections a apporté aux Tunisiens une réponse à l’énigme de la puissance financière déployée par le parti Ennahdha lors de la campagne électorale. Le but de cette visite aurait été de remercier ses bienfaiteurs pour leur soutien logistique et financier lors de cette campagne et d’obtenir l’absolution du très influent Cheikh Youssef al Qardhaoui, bien placé pour obtenir du Cheikh Hamad ben Jassem ben Jabr Al- Thani, à la fois premier ministre, ministre des Affaires étrangères et président du QIA, le fonds souverain du Qatar de soutenir le nouveau gouvernement par des investissements, des dons, des prêts sans intérêts et l’ouverture de débouchés aux jeunes tunisiens spécialisés et titulaires de diplômes au chômage. Le Qatar n’est pas une association de bienfaisance. Si la requête du Cheikh rencontrer une réponse positive, quel sera en retour le prix à payer par la Tunisie ?
L’annonce de M. Ghannouchi dès son retour de Doha qu’il serait prêt à renvoyer l’ambassadeur syrien en Tunisie et reconnaître le Conseil national de transition syrien fournit un début de réponse. Propos pour le moins étonnants mais dans la droite ligne de la suspension de l’adhésion de la Syrie à la Ligue arabe. La Tunisie que Hamadi Jebali décrit comme le VIème Califat a approuvé cette décision qui, prise de manière arbitraire et sans respect des procédures légales, par les ministres des affaires étrangères arabes, a été sans aucun doute dictée par le Qatar.
Médias et argent, les armes de velours de Qatar en Lybie
Si à travers la chaîne Al Jazeerah, le Qatar a joué un rôle non négligeable dans le renversement du régime libyen, les Qataris sont arrivés bien avant la chute du colonel Kadhafi avec des valises remplies d’argent, de nombreux convois d’armes pour les combattants islamistes et 5000 membres de leurs forces spéciales.
Le 26 octobre, lors d’une réunion de pays amis de la Libye, le chef d’état-major qatari a « annoncé la formation d’une nouvelle alliance internationale de treize pays, dont les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, sous la conduite du Qatar, pour la période qui suivra la fin de la mission de l’Otan. Son rôle sera notamment de coordonner, d’entraîner et de refonder l’armée. »
Mais l’engagement qatari un peu trop marqué aux côtés des islamistes a fini par susciter des critiques au sein de certains dirigeants du CNT libyen. Mahmoud Jebril, ex-Président du Bureau exécutif du CNT et Mohamed Abdel Rahman, Shalgham représentant de la Libye aux Nations Unies, s’accordent pour reconnaitre qu’ « aujourd’hui les pétrodollars qataris, via le soutien de certains partis en allusion au mouvement islamique, alimentent les rivalités entre les rebelles et les divers courants qui gèrent la période post-Kadhafi, et ce, en répandant la sédition entre les frères libyens. En pactisant avec les factions, le Qatar qui continue à abriter Moussa Koussa, l’ancien chef des renseignements de Kadhafi, joue un rôle, dépassant ses capacités».
Who’s next ? L’ Algérie entre soupçons et menaces
Comme la Libye, l’Algérie est un pays riche en pétrole et en gaz dont les revenus sont très mal répartis. Il n’est pas difficile dans ce cas de se servir du peuple comme levier de changement du régime en place et le rôle grandissant du Qatar auprès de certains opposants algériens en exil, notamment les réseaux de l’ex-FIS, suscite beaucoup d’inquiétude.
Parmi les grandes figures de cette opposition, Abassi Madani qui vit au Qatar, qui fait partie du cercle des responsables islamistes maghrébins régulièrement reçus par l’émir. Madani a tissé des relations très fortes avec le CNT libyen, d’où peut-être la persistance des tensions entre Alger et le CNT. Annoncée début octobre, la visite d’une délégation libyenne à Alger n’a toujours pas eu lieu.
Autre hôte du Qatar, Saad Djebbar, opposant et avocat personnel de l’émir du Qatar, intervient régulièrement sur la chaîne Al Jazeerah pour commenter les événements au Maghreb et en Algérie.
Les Algériens soupçonnent aussi le Qatar de vouloir financer une chaîne de télévision qui pourrait être lancée par des opposants dont Oussama Madani, un des fils de Abassi Madani à Londres, ceux-là même qui ont quitté l'Algérie pour l'Allemagne au début des années 1990, laissant les Algériens s'entretuer. La récente sortie médiatique du numéro un du FIS dissous qui, à partir de Doha au Qatar, annonce à qui veut bien l'entendre qu'il envisage d'ester l'Algérie devant des instances judiciaires internationales pour ne pas avoir accepté le retour, sur la scène politique nationale, de son parti politique. Pour bien comprendre tout ce remue-ménage, il est utile de noter que cela intervient au moment où l'Assemblée populaire nationale Algérienne (APN) a cautionné la nouvelle loi sur les partis politiques, fermant définitivement les portes au retour de l'ex-FIS. Qui veut imposer le retour forcé du FIS dissous en Algérie ?
Même si Alger tente de calmer le jeu et évite toute confrontation avec Doha, le Qatar joue clairement la révolution en Algérie. Les menaces adressées par Jassem Ben Jabr Al Thani à son homologue algérien lors du vote pour la suspension de l’adhésion de la Syrie à la Ligue arabe : «Ne défendez pas trop la Syrie car quand votre tour arrivera, vous aurez certainement besoin de nous», ne laissent planer aucun doute à ce propos.
« Pour l’émir, le changement en Algérie, comme dans les autres pays du Maghreb, passe par les islamistes modérés », explique un connaisseur de la politique arabe. C’est peut-être le message que Ghannouchi qui occupe le poste de vice-président de la Ligue mondiale des ulémas musulmans et dont l’influence sur les partis islamistes dans le monde arabo-musulman est considérable, est allé passer à ses amis d’Alger. On ignore pour le moment le rôle de l’émirat qatari dans cette nouvelle initiative diplomatique mais le leader d’Ennahdha a été reçu à Alger avec les honneurs d’un Chef d’Etat.
Le Maroc, dans le giron des grandes sœurs du Golfe
De tous les pays d’Afrique du Nord, le Maroc a été le seul à recevoir des dirigeants israéliens tels Shimon Peres ou Tzipi Livni. Plus, le Maroc est le seul qui, comme le Qatar, ne se cache pas d’avoir un bureau de liaison avec Israël. Le Roi Hassan II était allé jusqu’à proposer l’intégration d’Israël à la Ligue arabe. Il n’est donc pas étonnant aujourd’hui que le Maroc ait été invité à adhérer au Conseil de coopération des pays du Golfe qui regroupe les pays les plus riches et les plus engagés dans la mise en place des politiques américaines dans le monde arabe.
En acceptant l’offre des maîtres du jeu politique dans la région, le Maroc pense pouvoir ainsi se mettre à l’abri de l’effet domino des soulèvements populaires arabes. En lui proposant leur soutien pour maîtriser la montée des protestations du mouvement du 20 février et trouver une issue au problème du Sahara occidental, les pays du Golfe offrent au Maroc une porte de sortie qu’il ne peut refuser.
Sous la supervision du Qatar, désormais nouvel « Emir des Croyants » arabe, le train des démocraties islamiques semble désormais en marche. Reste que pour arriver à destination sans problèmes, les conducteurs doivent suivre le chemin tracé par les passagers.

Est-ce réellement le cas ?
L’information sur l’éventuelle présence de l’Emir de Qatar à l’ouverture de l’Assemblée constituante a provoqué la colère des Tunisiens qui multiplient les commentaires hostiles à son encontre, le décrivant comme un roitelet du Moyen Age, qui n‘a aucune leçon à leur donner tant en démocratie qu’en nationalisme arabe.
Parlant au nom du peuple libyen, Mahmoud Jibril met en garde l’émirat : «… Qu’il s’agisse du Qatar ou d’un autre pays, tous les politologues s’accordent pour dire qu’à partir du moment où un pays cherche à élargir encore plus sa sphère d’influence, il risque de se briser du milieu…».
Le Qatar courre- t-il ce risque ? Le soutien des États-Unis et la France suffira-t- il à le préserver d’un éventuel retournement de situation ? A ceux qui, constatant l’impuissance de la toute puissante Arabie saoudite face aux ambitions du petit émirat rival, se demandent que peuvent faire les peuples d’Afrique du Nord pour préserver leur indépendance, on pourrait répondre que, ces peuples qui savent mieux que quiconque que sans indépendance il n’est point de liberté, n’ont peut-être pas encore dit leur dernier mot.
Le 10 du mois de ramadhan 2011, l’Emir de Qatar n’avait-il pas invité hommes politiques et religieux du monde arabe à venir prier avec lui le jour de l’Aid dans la mosquée des Omeyyades de Damas et ce en l’absence de Bashar el Assad. Nous attendons toujours….

Fatma Benmosbah

Samedi 10 Décembre 2011 

http://libnanews.com/2011/11/25/les-foutouhat-qataries-en-afrique-du-nord/



5 Annexe

5-1 Rappel : Arnaud Castaignet :Libye: après l'OTAN le Qatar.

Après l'Otan, le Qatar prend en charge la suite des opérations en Libye.

Ce qui confirme son rôle déterminant dans la guerre.

Si la situation reste confuse en Libye, une chose est sûre : le Qatar est probablement le grand vainqueur de l’intervention occidentale. Du soft power grâce à la chaîne Al-Jazeera au hard power par l’envoi des Forces spéciales, l’émirat a su s’imposer comme un acteur majeur de la transition. Au risque de déplaire aux Occidentaux et à de nombreux Libyens…

En public, l’intervention en Libye s’est déroulée dans une parfaite harmonie entre les alliés de la coalition et les katibas sur place. En coulisse cependant, l’activisme du Qatar commence à en agacer beaucoup.

Au début du mois d’octobre, le président français, Nicolas Sarkozy, s’est d’ailleurs ému auprès de l'émir du Qatar, Hamad bin Khalifa Al-Thani, de la politique poursuivie par Doha en Libye. En cause : le soutien militaire et financier apporté par le Qatar aux combattants libyens les plus islamistes.

Ceux-ci suscitent de plus en plus de tensions au sein du Conseil national de transition qui a déjà fort à faire pour canaliser l’influence des prestigieuses katibas de Ismaïl Sallabi et Abdelhakim Belhadj dans la nouvelle Libye.

Nicolas Sarkozy a beau s’appuyer sur le Qatar dans sa diplomatie et sa politique industrielle, les griefs étaient suffisamment importants pour que le président français demande à Hamad bin Khalifa Al-Thani de ne pas menacer l'unité du CNT et de mieux coordonner son action en Libye avec celle des pays occidentaux.

En effet, de nombreux membres du CNT apprécient assez peu l’influence grandissante du Qatar en Libye. Le 11 octobre, le ministre des Finances et du Pétrole libyen, Ali Tarhouni, avait évoqué à demi-mot les tensions avec le Qatar, en demandant aux alliés du CNT de "frapper avant d'entrer dans notre maison".

Les plaintes libyennes viennent principalement du fait que, sur le terrain, les conseillers militaires qataris ont largement privilégié les groupes islamistes, comme ceux d’Abdelhakim Belhaj, d’Ismael Salabi, la Katiba des Martyrs d’Abu Salim, dirigée par Abu Sofiane Qumu, un ancien de Guantanamo ou encore la Katiba Obaida Ibn Jarrah, soupçonné d’avoir assassiné, le 27 juillet 2011, le général Abdul Younes mis en place par Moustafa Abdel Jalil pour tenter d’unifier les Katibas sous sa houlette. 
Dans le Djebel Nefoussa (au sud de Tripoli), les Mukhabarat, le service de renseignement extérieur directement rattaché au palais de l'émir du Qatar, ont participé à la désignation des unités qui ont reçu les missiles anti-chars livrés par la France.

Au total neuf cargaisons ont été parachutées. Une partie des armes reçues par les groupes choisis par les Qataris ont ensuite disparu, mettant à mal le désarmement des milices entamé par le CNT, à ajouter aux "10 000 missiles sol-air" ayant été perdus en Libye, selon le Spiegel, citant les propos de l'amiral Giampaolo Di Paola, président du Comité militaire qui regroupe les chefs d'état-major des pays de l'Otan.

Le représentant de la Libye auprès de l’ONU, Mohammed Abdel Rahman Shalgam, déplore lui aussi l’ingérence qatarie dans son pays.

"Le Qatar a fait partie des pays qui nous ont fourni le plus grand soutien militaire, financier et politique [pour renverser le régime de Mouammar Kadhafi]. Nous les en remercions (...) Nous ne voulons pas qu'ils gâchent cet exploit par des actes d'ingérence insensés", a-t-il expliqué Mohammed Abdel Rahman Chalgam à Reuters en marge d'une conférence à Tanger.


Dans les colonnes du journal algérien Alkhabar, Mohammed Abdel Rahman Chalgam s'est montré plus virulent, mettant en garde l’émirat contre "tout accès de mégalomanie, en ayant l’illusion qu’il dirige la région". "La délégation du CNT a accepté des choses qui lui ont été imposées par le Qatar, et que la majorité des Libyens refuse. La Libye ne sera pas un Emirat relevant de l’émir du Qatar", a-t-il prévenu avant de se montrer plus accusateur, affirmant que l’opération de collecte d’armes en Libye était une «supercherie», car "le groupe chargé de cette opération sous supervision qatarie, va collecter des armes et les redistribuer à d’autres". 

Dans une interview donnée à la chaîne panarabe Al Arabiya, l'ex-président du bureau exécutif du Conseil national de transition, Mahmoud Jibril, est allé dans le même sens, déclarant que les pétrodollars qataris alimentaient "les rivalités et les circuits de désaccords entre les rebelles et les divers courants qui gèrent la période post-Kadhafi, et ce, en répandant la sédition entre les frères libyens". 

Certains chiffres commencent à sortir, on évoque ainsi la somme totale de 400 millions de dollars qui aurait été versée par l’émirat.


Le rôle du Qatar lors de l’intervention en Libye a été bien plus important que celui que l’émirat a d’abord annoncé. Après des mois à assurer que leur soutien n’avait été que logistique et aérien, l’émirat a admis que «des centaines de soldats» avaient aidé et formé les troupes au sol, notamment dans le Jebel Nafusa dès les premières semaines.

Le Qatar a mis à disposition de l’Otan huit Mirage 2000 sur les douze qu’ils possèdent. Certains journalistes, comme Georges Malbrunot, avancent même le chiffre de 5000 forces spéciales sur le terrain, d’après les propos du chef d'état-major du Qatar, le général Hamad ben Ali al-Attiya.


Le Qatar est d’ailleurs appelé à voir son rôle devenir de plus en plus important puisque l’émirat prendra en charge «la poursuite des opérations en Libye après la fin de la mission de l’alliance atlantique», a déclaré le général Hamad ben Ali al-Attiya. Selon lui, la nouvelle alliance militaire sur le terrain devrait comprendre 13 pays, dont les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne, mais sera chapeautée par le Qatar.

 La présence à long terme du Qatar et des Emirats arabes unis permet de donner un "vernis" arabe à l’intervention de l’Otan et au printemps arabe en général. L’émirat a su jouer très efficacement la carte du soft power grâce à la chaîne Al-Jazeera. La couverture des révolutions arabes par la chaîne qatarie a laissé entrevoir un côté très offensif d'Al-Jazeera chargé de faire porter l’influence de Doha bien au-delà du Golfe.

Rappelons-nous qu’il n’y a pas si longtemps, les locaux de cette chaîne à Bagdad étaient bombardés par l’armée américaine pendant le conflit irakien.

A présent, Al-Jazeera est plébiscitée non seulement par la rue arabe mais également par les Occidentaux, notamment dans sa version anglophone, ce qui lui confère une influence encore plus importante.

Cette consécration lui donne un poids diplomatique inédit : sa couverture, ou non, d’une révolution peut attirer l’attention, ou pas, des médias occidentaux.

Ainsi, la chaîne ne parle quasiment pas de la répression, organisée en grande partie par l’Arabie saoudite, au Bahreïn, très probablement afin de ménager Riyad.


Beaucoup ont interprété le départ du directeur général de la chaîne, Waddah Khanfar, le 21 septembre 2011, et son remplacement par Sheikh Ahmed bin Jassim Al Thani, un cousin de l’émir, comme le signe d’une reprise en main de la chaîne par le pouvoir qatari.

Comme le relève Yves Gonzalez-Quijano, chercheur à l’Institut français du Proche-Orient, la couverture par la chaîne du conflit libyen relève quasiment de la propagande, l’exemple le plus marquant étant "l’opérette de la liberté" organisée pour le 15e anniversaire d’Al-Jazeera, ou encore l’hébergement de la chaîne privée Libya al-Ahrar (Libya for the free) dans ses locaux de Doha.
Bien sûr, comme le relève Kristian Coates Ulrichsen, spécialiste de politique de sécurité dans le Golfe à la London School of Economics, ce choix de focaliser l’attention médiatique sur les révoltes arabes lui permet également de détourner l’attention du Golfe, où les beaux principes de modernité et d’ouverture qu’il défend sont loin d’être unanimement respectés, Al-Jazeera ne critiquant quasiment jamais le conservatisme régnant au Qatar.

 

Le Qatar se garde d’ailleurs bien de soutenir les mouvements laïcs au bénéfice de l’islam politique.


Par les armes, la diplomatie, l’argent et/ou les médias, le Qatar s’impose comme le sponsor principal de l’islam politique. On le voit en Tunisie avec ses liens très forts avec le parti Ennahda, avec la bénédiction des Etats-Unis, on le voit également en Libye.

Cependant, la situation libyenne diffère un peu car, comme l’a relevé la blogueuse Sarah Ben Hamadi, Ennahda a le soutien des Américains qui pensent depuis longtemps à jouer la carte "Islam et politique" en favorisant l’émergence d’un "AKP tunisien".

Sur la scène libyenne, le Qatar soutient des chefs de guerre, anciens djihadistes, comme Abdelhakim Belhaj et Ismaïl Sallabi, allant à l’encontre des intérêts américains.


Washington a flairé le piège en cooptant le général Khalifa Haftar, ancien exilé aux États-Unis, au poste de chef d'état-major de l'armée, avec pour mission principale d’unifier les dizaines de groupes armés qui refusent de se placer sous le commandement de l'armée régulière.

Cette tentative de normalisation a immédiatement provoqué la rage de Belhaj qui a répliqué en réclamant des ministères pour ses combattants en lorgnant tout particulièrement sur le ministère de la Défense. La rivalité entre les Etats-Unis et le Qatar sur le terrain libyen ne fait que commencer.

Arnaud Castaignet

sur son blog

Dimanche 18 décembre 2011

http://www.mleray.info/article-libye-apres-l-otan-le-qatar-93061572.html


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19