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18/09/2012

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Sent: Tuesday, September 18, 2012 12:06 PM
Subject: n°531 - Les Dossiers 'Géopolitique et Stratégie' d'Irak - n°531 - p - Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge
 

 


 

Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 

 L’information est une arme au service de la paix

 

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

 


 


 

Les Dossiers 'Géopolitique et Stratégie' d'Irak

 

n°531                          18/09/12

 

C.De Broeder      &       M.Lemaire

 


 


 

Le "Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak " est visible  sur ...

 

a) sur mes  blog : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

 

                              http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

 

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

 

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

 

d) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

f) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

 

 



Tiré à part :

La Turquie s'accapare le pétrole irakien!

IRIB- L’exportation du pétrole du Kurdistan d’Irak vers la Turquie vient de créer des tensions, dans les relations irako-turques.

Ces derniers jours, les autorités du Kurdistan d’Irak ont annoncé le début d’une exportation limitée du pétrole de cette région, vers la Turquie; une information confirmée, également, par le ministre turc de l’Energie. Ceci, alors que le Porte-parole du gouvernement irakien, Ali al-Dabagh, a insisté, dimanche, sur le fait que l’exportation du pétrole vers les marchés mondiaux, par l’intermédiaire du sol turc, est illégale, et a mis la Turquie en garde contre une dégradation des relations bilatérales des deux pays, surtout, dans les secteurs économiques, si cela continuait. Ces derniers mois, plusieurs décisions prises par l’autorité du Kurdistan d’Irak, comme l’affaire de Tarik al-Hachemi, l’ex-vice Président irakien, réfugié, justement, au Kurdistan d’Irak, ont créé des tensions entre le Kurdistan et le gouvernement de Bagdad, et, actuellement, ces contrats pétroliers de la région du Kurdistan avec les compagnies étrangères, ainsi que l’exportation du pétrole kurde vers la Turquie, ont accentué davantage ces tensions entre Bagdad et le Kurdistan. Même si le ministre turc de l’Energie prétend que l’importation du pétrole kurde, par les voies terrestres, ne dépasse pas les 200 camions-citernes, par jour, les dernières nouvelles affirment que la Turquie a signé un contrat bilatéral avec Arbil, qui prévoit la construction d’un oléoduc, depuis le Kurdistan vers la Méditerranée. Si cet oléoduc est exploité, le taux des exportations de pétrole du Kurdistan, qui est, à présent, de 300.000 barils, par jour, atteindra, d’ici 2015, les 1.000.000 de barils, par jour. Aussi, la société américaine, "Exxon Mobile", a signé, l’année dernière, un contrat de 20 ans, pour l’extraction du pétrole, avec le Kurdistan d’Irak. De son côté "Total", aussi, a annoncé qu’il est en train de réfléchir à un investissement, au Kurdistan d’Irak. En réaction à ces activités, Hossein Shahrestani, l’adjoint du Premier ministre irakien, dans les affaires d’énergie, a dit que la position du gouvernement irakien, face à toutes les compagnies pétrolières, est claire, et qu’aucune compagnie n’a le droit de signer un quelconque contrat, sans la permission du gouvernement de Bagdad. Les spécialistes  évaluent les réserves de pétrole de la région du Kurdistan d’Irak, à 45 milliards de barils, région qui, selon les mêmes spécialistes, détient entre 100 et 200.000 pieds carrés de gaz. Cette énorme réserve en énergie est suffisamment enchanteresque, pour les compagnies de pétrole, pour qu’elles oublient Bagdad, et entrent, directement, en relation avec Arbil. Selon la Constitution irakienne, tous les contrats pétroliers doivent être approuvés par le gouvernement de Bagdad, et une partie des profits doit revenir au trésor national de l’Irak. Mais selon les autorités de Bagdad, ce sont quelques groupes en position de force, dans la région du Kurdistan d’Irak, qui profitent, sans autorisation, de ces contrats juteux avec les compagnies étrangères. Les autorités actuelles du Kurdistan d’Irak sont pointées du doigt par les groupes d’oppositions, qui dénoncent la primauté que l’on donne aux relations familiales, au sein du pouvoir, ce qui les rend, donc, inaptes à gérer le budget octroyé à cette région. On peut, donc, dire qu’une partie importante des revenus  de l’Irak est entre les mains d’une minorité, qui crée des problèmes au gouvernement de Bagdad, et ce, avec le soutien de la Turquie. Et ceci crée, également, de nouvelles tensions, dans les relations Ankara-Bagdad, après l’affaire de Tarik al-Hachemi.

Irib

 


 

 

 

 


 

 

 

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

 

88 morts dans une série d'attentats

 

 

 

10-09-

Par Le Nouvel Observateur avec AFP

L'Irak est plongé depuis plusieurs mois dans une grave crise politique doublée de fortes tensions confessionnelles.

A Basra en Irak, un attentat à la voiture piégée a tué trois personnes le 9 septembre 2012. (AFP)

Au moins 88 personnes ont péri samedi et dimanche en Irak et plus de 400 autres ont été blessées dans une série d'attentats ayant notamment touché le consulat honoraire de France à Nassiriya, au sud de Bagdad.

Ces attaques portent à 118 le nombre de morts dans les violences en Irak depuis début septembre.

La plupart des attaques ont eu lieu peu avant la condamnation à mort par contumace du vice-président sunnite Tarek al-Hachémi, reconnu coupable d'avoir commandité deux meurtres. Tarek al-Hachémi conteste les accusations portées contre lui et dénonce une procédure à des fins politiques.

La France visé ?

A Nassiriya, à 300 km de la capitale, une bombe placée dans une voiture stationnée à proximité du consulat honoraire de France a explosé vers 9 heures locales dimanche, selon une source diplomatique française. Le consul honoraire n'était pas dans les locaux lors de la déflagration. Selon le site internet de la municipalité, une personne a été tuée et une autre blessée.

La France, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a condamné "avec la plus grande fermeté les attentats perpétrés depuis hier dans plusieurs villes d'Irak (...) et particulièrement l'attentat devant le consulat honoraire de France à Nassiriya".

Dans la même ville, un attentat à la voiture piégée en face d'un hôtel a fait deux morts et deux blessés, selon le directeur de l'hôpital municipal et une source au sein des forces de sécurité. L'attaque la plus meurtrière s'est produite dimanche matin sur un marché, à proximité du mausolée de l'imam chiite Ali al-Charki, dans le sud du pays, où deux voitures piégées ont explosé. Quatorze personnes ont été tuées et 60 autres blessées, selon le docteur Ali al-Alaa des services sanitaires de la province de Missane.

Attaques à Bagdad

Bagdad n'a pas été épargnée. Cinq attentats à la voiture piégée ont tué au moins 32 personnes, dont 13 dans le bastion chiite de Sadr City, et en ont blessé 102 autres, selon une source au ministère de l'Intérieur et une source médicale.

Dans la nuit de samedi à dimanche, des inconnus ont ouvert le feu contre un point de contrôle de l'armée, près de Balad, une ville située à 70 km au nord de Bagdad. A l'arrivée des renforts, une bombe placée en bord de route a explosé.

Au total, onze soldats ont été tués et huit autres blessés, selon un colonel et une source médicale à l'hôpital de Balad. Tôt dimanche, une bombe a explosé près de Kirkouk, sur le parking du siège de la NorthOilCompany, la société pétrolière publique chargée de l'exploitation des hydrocarbures dans le nord du pays.

Sept personnes sont mortes, selon un officier de police et un médecin d'un hôpital proche.

Deux attentats ont également secoué le centre de Kirkouk (nord), faisant trois morts, selon un officier de police et un médecin de l'hôpital de la ville. Un correspondant de l'AFP a dit avoir vu de nombreuses voitures détruites et des bâtiments des autorités provinciales endommagés par les déflagrations. Les rues de la ville étaient désertes. L'attentat contre la NorthOilCompany et les attaques dans le centre-ville de Kirkouk ont blessé 153 personnes au total, selon un responsable des services sanitaires provinciaux.

L'ombre d'Al-Qaïda

Cette vague d'attentats n'a pas été revendiquée, mais Al-Qaïda en Irak a récemment affirmé vouloir reconquérir le territoire qu'il a abandonné depuis le pic des violences ayant touché le pays entre 2006 et 2008.

D'autres attaques meurtrières ont également été signalées à l'ouest de Kirkouk, TouzKhourmatou, Tal Afar, Samarra, Taji, Baqouba, Fallouja et Mossoul.

Si les violences ont considérablement diminué par rapport aux sanglantes années 2006-2007, elles restent encore très fréquentes en Irak, plongé depuis plusieurs mois dans une grave crise politique doublée de fortes tensions confessionnelles.

10-09-09-

 http://www.assawra.info/spip.php?article803 


 

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Reza Pirbhai : Le coût humain de la guerre contre le "terrorisme" - Quelques chiffres :
Au début de la « guerre au terrorisme » le général étasunien Tommy Franks a déclaré : « Nous ne comptons pas les corps ». Il parlait bien sûr des morts afghans. Le fait que les noms des victimes du 11 septembre aient tous été dûment gravés dans la pierre rend encore plus singulier le fait qu’on accorde si peu d’intérêt aux victimes civiles non étasuniennes ou non OTANniennes de la guerre menée en leur nom. De fait la guerre qui est actuellement dans sa onzième année et au cours de laquelle deux pays ont été envahis et occupés, ainsi que le bombardement actuel d’au moins trois pays supplémentaires, n’ont généré aucune étude exhaustive des pertes directes ou indirectes.

 

Le fait qu’une guerre d’une telle envergure puisse faire rage si longtemps sans volonté officielle de faire la lumière sur le nombres "des autres" tués, est révélatrice de la manière dont les états qui la mènent calculent le coût de la guerre. Si la politique officielle est de ne pas les compter, cela signifie que les morts, les estropiés, les disparus et les déplacés non étasuniens et non OTANniens ne font par partie de l’équation. Le fait que cette politique ne semble pas être remise en cause par le public révèle une approche plus globalement préoccupante des "autres", en particulier des Musulmans. L’ONU et quelques ONG essaient cependant d’établir des comptes dans le dédale des contextes locaux engloutis dans le conflit. En dépit de l’obstruction officielle et de l’indifférence publique, on commence à avoir un aperçu des conséquences meurtrières de ces guerres.

 

Pour commencer, en Afghanistan les études les plus souvent citées sur l’invasion de 2001 établissent qu’environ 4000 à 8000 civils afghans sont morts dans des opérations militaires. Il n’y a pas de chiffres pour 2003-2005, mais en 2006, HumanRights Watch a recensé un peu moins de 1000 civils tués dans les combats. De 2007 à juillet 2011, la Mission d’assistance de l’ONU en Afghanistan (UNAMA) évalue à au moins 10 292 le nombre de non-combattants tués. Ces chiffres, il faut le souligner, n’incluent pas les morts indirectes et les blessés. On peut avoir une idée des morts indirectes grâce à un article du Guardian -le meilleur reportage sur le sujet- qui établit qu’au moins 20 000 personnes de plus sont mortes suite aux déplacements de population et à la famine causée par l’arrêt de l’approvisionnement en nourriture rien que pendant la première année de la guerre. De plus, selon Amnesty International, 250 000 personnes ont dû fuir dans d’autres pays en 2001 et au moins 500 000 ont été déplacées à l’intérieur du pays depuis.

 

Passons à l’Irak maintenant : Selon le projet Iraq Body Count (Compte des Corps Irakiens) environ 115 000 civils ont été tués dans les tirs croisés de 2003 à août 2011. Mais selon l’étude de la santé familiale en Irak de l’Organisation Mondiale de la Santé, le chiffre se monterait à 150 000 rien que pour les trois premières années d’occupation. Avec les morts indirectes, cela ferait, selon le rapport Lancet, environ 600 000 morts pour cette période. De plus, une étude d’Opinion Research Business estime qu’il y a eu, avant le milieu de l’année 2007, un million de morts violentes. Qui plus est, le Haut Commissaire de l’ONU pour les Réfugiés fait état d’environ deux millions d’Irakiens déplacés dans d’autres pays et deux millions de plus déplacés à l’intérieur du pays depuis 2007. Il n’y a pas d’information précise sur les morts indirectes ni les blessés mais l’effondrement indéniable du système de santé irakien et des infrastructures en général (les meilleurs de la région avant 1991) suggèrent que leur nombre est au moins aussi catastrophique.

 

En plus des deux états sous occupation, la "guerre contre le terrorisme" s’est étendue à un certain nombre de pays voisins comme le Pakistan, le Yémen et la Somalie. Les premières armes déployées dans ces endroits ont été les "drones" étasuniens, des groupes d’opération spéciale, des agents des services secrets et les forces armées/gouvernementales des pays concernés. Etant donné la nature extra-judiciaire et clandestine de ces théâtres d’opération, il est difficile de comptabiliser les pertes en l’absence de données indépendantes. A vrai dire, on a le même problème en Afghanistan et en Irak mais tout le monde s’accorde à dire que le nombre de drones utilisés au Pakistan, Yémen et Somalie est en hausse. A ce jour, selon le Bureau du Journalisme d’Investigation, il y aurait eu au moins 357 frappes au Pakistan entre 2004 et juin 2012 (plus de 300 sous l’administration Obama). Au moins 2464 personnes ont été tuées dont au moins 484 civils (168 enfants). Le Washington Post y ajoute 38 frappes qui ont causé 241 morts (56 civils) au Yémen. Il n’y a pas de chiffres pour la Somalie mais le New York Times confirme que ce type d’opération y est mené depuis 2007 au moins.

 

Les officiels ou citoyens ordinaires partisans de la guerre se hâteront de rétorquer que beaucoup des chiffres cités dans cet article concernent des morts civiles dont sont responsables des combattants ennemis. Mais comment peut-on le savoir quand les données sont si incomplètes ? Et, comme cela a été mis en lumière pendant la campagne de "drones", comment peut-on distinguer les civils des combattants quand les assassins de ces derniers sont aussi leurs juges ? En vérité, même en tenant compte de ces réserves, ces attaques font du gouvernement étasunien un des gouvernements qui a commis le plus "d’assassinats ciblés", selon sa propre expression, de l’histoire. Qui plus est, comme l’a indiqué un des représentants de UMANA à propos de leur étude, "Lorsque nous doutons du statut de non-combattant d’une ou de plusieurs victimes, nous ne les incluons pas au nombre des victimes civiles. Et donc il est fort possible que le nombre des victimes rapporté par UMANA soit sous-estimé." En fait tous ceux qui font de telles études reconnaissent avoir ce type de problème.

 

Si on essaie de rassembler ces données éparses, on arrive à un minimum de 140 000 victimes civiles non étasuniennes et non OTANiennes. Et facilement à un maximum de 1 100 000. Ce qui donne 14 000 à 110 000 morts par an. Pour mieux se rendre compte de ce que cela représente, il faut se rappeler que le "Blitz" nazi sur l’Angleterre pendant la seconde guerre mondiale a fait 40 000 morts civiles. Il faut aussi se rappeler que dans cette fourchette d’estimation, ne sont pas comprises les victimes directes d’Afghanistan de 2003 à 2005 ni les victimes indirectes de 2003 à nos jours. Par ailleurs, les morts civiles causées par autre chose que les drones, comme les disparitions et les détentions secrètes, ne sont comptabilisées nulle part et les pertes résultant des campagnes militaires de commanditaires (comme les gouvernements du Pakistan et du Yémen) ne sont pas répertoriées. Le nombre des blessés, des orphelins, ou des gens privés de leurs droits, sans compter le nombre de ceux qui ont été torturés dans des prisons publiques ou privées du monde entier, n’est pas mon plus pris en compte. Et enfin les souffrances des millions de personnes déplacées d’Afghanistan, d’Irak, du Pakistan et d’ailleurs sont incalculables.

 

Les chiffres que nous venons de vous présenter, même s’ils sont tragiquement incomplets, expliquent pourquoi les officiels des Etats-Unis et de l’OTAN refusent de les établir. Prendre en compte le stupéfiant coût humain de la "guerre contre le terrorisme" les forcerait à reconnaître que le "terrorisme" n’est pas à sens unique et que les états, et non les milices, détiennent les armes les plus meurtrières. Le choix du général Franks de ne pas compter les cadavres est révoltant mais pas surprenant. Le fait que le manque d’intérêt des opinions publiques des Etats-Unis et des pays de l’OTAN fasse écho au sien démontre qu’un consensus (fabriqué ou non) très étonnant règne dans les populations au moins en ce qui concerne ces victimes musulmanes. Rien d’autre que cette indifférence du public et des officiels ne peut expliquer l’absence d’études exhaustives sur les pertes civiles surtout lorsqu’on pleure les près de 3000 civils morts le 11 septembre et au nom desquels la "guerre contre le terrorisme" continue de se déchaîner.

Reza Pirbhai  

M. RezaPirbhai  est professeur d’histoire de l’Asie du Sud à Louisiana State University.

On peut  le joindre à : rpirbhai@lsu.edu

Traduction : Dominique Muselet pour LGS

21 juin 2012

Source : Le Grand Soir


 

Le cas des terroristes manquants.

S’il y avait des terroristes réels, José Rodriguez serait mort.

Qui est José Rodriguez ? C’est le criminel qui a géré le programme de torture de la CIA.

La vaste majorité de ses victimes ne furent pas des terroristes ni mêmes des insurgés. La plupart furent de pauvres bougres kidnappés par des seigneurs de la guerre et vendus aux Américains comme “terroristes” pour toucher la récompense promise.

 

Si l’identité de Rodriguez était auparavant un secret, elle ne l’est plus. Il est apparu sur l’émission de CBS “60 Minutes” prenant à son crédit le fait d’avoir torturé des musulmans et utilisé l’information soi-disant obtenue pour tuer les chefs d’Al-Qaïda. Si les terroristes étaient vraiment le problème que la sécurité de la patrie (NdT : le DHS ou la Stasi, Securitate du pays du goulag levant), le FBI et la CIA disent qu’ils sont, le nom de Rodriguez serait un nom à rayer sur la liste d’élimination des terroristes. Il serait déjà dans sa tombe.

De même le serait John Yoo (ci-contre), qui écrivît le memo du ministère de la justice (sic) donnant le feu vert pour torturer et ce malgré qu’à la fois la loi états-unienne et la loi internationale aient banni la torture. Apparemment, Yoo, un professeur à la faculté de droit de Boalt de l’université Berkeley de Californie, était ignorant de la loi américaine et de la loi internationale. Il en va de même pour le ministère de la justice (sic).

 

Notez que Rodriguez, “le tortionnaire des musulmans”, ne doit pas se cacher. Il peut aller sur les chaînes de télévision nationales, révéler son identité, et révéler ses succès à torturer et massacrer des musulmans. Il n’a aucune protection des services secrets et serait une cible très facile pour des assassins terroristes si efficaces paraît-il, qu’ils ont perpétrés le 11-Septembre.

 

Une autre cible facile pour être assassiné serait l’ancien ministre de la défense Donald Rumsfeld, qui bourra le Pentagone de va-t-en guerre néoconservateurs tels que Paul Wolfowitz et Douglas Feith, qui à leur tour concoctèrent la fausse information utilisée pour justifier l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan. Rumsfeld lui-même déclara les membres d’Al-Qaïda comme étant les plus vicieux et les tueurs les plus dangereux de la planète. Et pourtant, Rumsfeld, Wolfowitz, Feith, Richard Perle ainsi que les propagandistes néoconservateurs des médias tels William Kristol et Max Boot, se promènent tous depuis des années non protégés sans avoir été inquiétés par des terroristes qui chercheraient à venger le million plus de musulmans tués en assassinant les responsables.

 

CondiRice, Colin Powell, qui fît le discours mensonger à l’ONU pour lancer l’invasion de l’Irak et Dick Cheney, dont la protection plus que minimale par les services secrets ne serait en aucun cas un problème dans l’hypothèse d’une tentative d’assassinat déterminée ; tous ces gens profitent de la vie sans être molestés par des terroristes.

 

Vous rappelez-vous du jeu de cartes que le régime Bush avait fait faire avec les visages des responsables irakiens ? Si les terroristes avaient un jeu de carte similaire, tous les noms cités ci-dessus seraient des cibles de la plus haute importance. Et de fait, il n’y a eu aucune tentative d’assassinat sur aucun d’entre eux.

 

Bizarre non, qu’aucune de ces personnes ne soient sujette à une menace terroriste. Pourtant, les machos, durs à cuire des commandos marines qui ont soi-disant tués Oussama Ben Laden doivent avoir leur identité cachée afin qu’ils ne deviennent pas des cibles pour les terroristes. Ces supermen américains, tueurs hautement entraînés eux-mêmes, n’osent pas montrer leurs visages, mais Rodriguez, Rumsfeld et CondiRice se baladent sans être inquiétés.

 

De fait, les vies de ces commandos sont tellement en danger, que le président Obama a abandonné l’énorme avantage en relations publiques et le bénéfice politique que représente une cérémonie de décoration à la Maison Blanche avec ces commandos marines héroïques. Cela est très certainement une étrange attitude venant d’un politicien. Quelques semaines après la soi-disant élimination de Ben Laden, la même unité de commandos marines, ou la vaste majorité d’entre baeux, est décimée dans un crash d’hélicoptère en Afghanistan.

 

Si vous étiez un terroriste musulman cherchant à vous venger des crimes de Washington, essaieriez-vous de passer clandestinement une bombe dans votre slip ou vos chaussures afin de faire sauter un avion de ligne rempli de gens dont la seule responsabilité qu’ils ont de la guerre de Washington contre les musulmans est qu’ils croient la propagande de cette dernière ? Si vous vouliez même faire sauter des innocents, ne placeriez-vous pas votre bombe au milieu de la grande foule en attente de passer la sécurité de l’aéroport ainsi au passage, tuant quelques membres de la TSA avec les passagers ? Des terroristes pourraient coordonner leurs attaques, touchant simultanément dans la même minute un vaste nombre d’aéroports à travers les Etats-Unis. Ceci serait vraiment de la terreur ; de plus cela poserait un problème insoluble à la TSA : comment contrôler les gens avant même qu’ils ne soient contrôlés par la sécurité ?

 

Ou des attaques coordonnées dans des centres commerciaux ou des stades ?

 

Pourquoi des terroristes, si tant est qu’ils existent, s’embêteraient à tuer des gens alors qu’il est facile de causer un chaos total sans les tuer ? Il y a un bon nombre de sub-stations électriques non gardées. Des régions entières du pays pourraient être fermées. Une des méthodes les plus simples et effective pour causer le plus de troubles serait de larguer de grandes quantités de clous sur la chaussée aux heures de pointes à New York, Boston, Washington DC, Atlanta, Dallas, Chicago, Los Angeles, San Francisco. Vous voyez le tableau : des milliers et des milliers de voitures incapacitées avec les pneus crevés bloquant les artères principales pendant des jours.

 

Avant que certains lecteur ne m’accusent de donner des idées aux terroristes, demandez-vous si des gens aussi intelligents pour avoir soi-disant planifié et perpétré le 11 Septembre, ne pourraient pas penser à de telles tactiques si simples, qu’ils pourraient effectuer sans grandes difficultés pour déjouer des systèmes de sécurité ou pour tuer un grand nombre de personnes innocentes ? Mon point de vue n’est pas ce que devraient faire les terroristes, s’ils existent vraiment. Mon avis est que l’absence d’actes de terrorisme faciles à faire suggère que la menace terroriste est plus une invention que la réalité. Et pourtant, nous avons un système de sécurité des plus intrusif qui n’a apparemment aucune fonction si ce n’est que d’exercer un pouvoir plus contraignant sur les citoyens américains.

 

Au lieu de vrais terroristes perpétrant des complots faciles, nous avons des “complots terroristes” rêvés par des agents du FBI et de la CIA, qui ensuite recrutent quelques pauvres hères naïves à moitié démentes, les soudoyant d’argent et d’images héroïques pour elles-mêmes, leur donnant à la fois le fil conducteur du complot et les faux explosifs. Ceci est appelé de l’arnaque, sans l’être. Elles sont orchestrées par nos propres agences de sécurité, qui produisent de faux complots terroristes, qui sont ensuite éventés par les mêmes agences de sécurité qui ont pondu les complots.

 

L’annonce faite par Washington est toujours : “le public ne fut jamais en danger”. Quel complot ! Nous n’avons jamais été mis en danger par aucun d’entre eux, mais les aéroports ont été en alerte orange depuis 11 ans et demi.

 

Le système judiciaire fédéral et les jurys conditionnés traitent ces complots concoctés comme de véritables menaces à la sécurité des Américains et ce malgré les annonces du gouvernement que le public n’a jamais été en danger.

 

Les annonces de ces complots “déjoués” maintiennent le public lobotomisé tranquille et docile, plus servile pour plus de fouilles intrusives, d’espionnage sans mandat, d’augmentation d’un état policier irresponsable et de guerres sans fin.

 

La “guerre contre la terreur” est une escroquerie, qui a été utilisée avec succès pour détruire la constitution des Etats-Unis et pour compléter la transformation de la loi d’un bouclier pour les citoyens en une arme aux mains de l’état. En détruisant l’Habeas Corpus, le droit à une procédure judiciaire et un procès, et la présomption d’innocence, la “guerre contre la terreur” a de fait détruit notre sécurité

Paul Craig Roberts 

Le Dr Paul Craig Roberts est le père de la Reaganomics et l’ancien chef de la politique au Département du Trésor. [NdT. Le ministre français de l'économie et des finances, Édouard Balladur, reconnaissant ses compétences, lui décerne la Légion d'honneur en 1987.] Il est chroniqueur et a été précédemment rédacteur pour le Wall Street Journal. Son dernier livre, "How the EconomyWasLost: The War of the Worlds" (Comment l’économie a été perdue : la guerre des mondes), détaille les raisons de la désintégration des Etats-Unis

http://11septembre2001.blogspot.be/


 


Paroles & action du président...

 

L’Irak au cœur des débats.

 

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Le Premier ministre réclame des élections anticipées
Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a réclamé mercredi des élections législatives anticipées en raison d’une grave crise politique qui paralyse le pays depuis six mois, un appel accueilli de façon mitigée par ses adversaires qui tentent de le renverser.
"Alors que l’autre partie refuse de s’assoir à la table du dialogue et continue de provoquer des crises politiques successives qui nuisent gravement aux intérêts suprêmes du peuple irakien, le Premier ministre s’est vu obligé de convoquer des élections anticipées", indique un communiqué officiel.

Le mandat de la législature actuelle court jusqu’en 2014.
D’après la Constitution, le Parlement peut être dissous par le vote d’une majorité absolue de ses membres, à la demande d’un tiers des députés ou du Premier ministre après accord du président de la République.

La position du président Jalal Talabani sur la question n’est pas encore connue.
Après les élections parlementaires de mars 2010, le gouvernement n’avait été formé qu’en décembre, et certains portefeuilles clés, notamment la Défense et l’Intérieur, demeurent dépourvus de titulaire.
L’Irak traverse une crise politique qui s’est déclarée en décembre, au moment du retrait des troupes américaines, sous l’impulsion d’Iraqiya, bloc laïque dominé par les sunnites, qui accuse M. Maliki d’accaparer le pouvoir.
Les dirigeants kurdes et le mouvement du chef chiite MoqtadaSadr sont ensuite également entrés en conflit avec M. Maliki, arrivé au pouvoir en 2006 et reconduit grâce à des alliances après les législatives de 2010.
Le président kurde Talabani a opposé il y a près de trois semaines une fin de non-recevoir à ceux qui lui demandaient d’organiser un vote de défiance à l’encontre du chef de gouvernement chiite, invoquant le manque de soutien nécessaire des députés à une telle démarche.
Le président du Parlement Oussama al-Noujaifi a indiqué la semaine dernière que les députés anti-Maliki allaient de nouveau tenter d’obtenir un vote de défiance.

La décision de M. Maliki a provoqué des réactions mitigées parmi ses
détracteurs.
Moqtada al-Sadr "n’est pas partisan de cette mesure, qui demande du temps", a indiqué à l’AFP Dhiaal-Assadi, secrétaire général de son bloc, Ahrar.
"Le consensus auquel on était parvenu pour (former) le gouvernement actuel ne peut être obtenu dans ces circonstances, nous disons donc qu’il n’est pas approprié de dissoudre le Parlement car cela ne serait pas dans l’intérêt du peuple", a ajouté M. Assadi.
Haïdar al-Mullah, un député d’Iraqiya, a pour sa part affirmé que son bloc était favorable à "toute option constitutionnelle" et respecterait la dissolution du Parlement si cela est fait de manière constitutionnelle.

"Mais nous réclamons aussi que le Premier ministre comprenne les deux côtés de la démocratie — quand cela est dans son intérêt et ça ne l’est pas", a dit M. Mullah.
Selon un analyste irakien Reidar Visser, les chances sont faibles que le Parlement soit effectivement dissous.
"M. Maliki souhaite probablement montrer qu’il est confiant et n’a pas peur du verdict des urnes", estime-t-il, soulignant que "il peut se le permettre car la probabilité que des députés votent pour perdre leur siège est très faible".
En outre, l’organisation de nouvelles élections ne serait pas une tâche
aisée.
Le mandat de la Haute commission électorale indépendante (IHEC) expire le mois prochain et aucun remplacement n’a été nommé.
"Je pense que la situation politique aura un impact (...) sur le choix des nouveaux commissaires, et sur notre travail", a dit à l’AFP le président de l’IHEC, Faraj al-Haidari.
M. Haidari a passé plusieurs jours en prison en avril pour des allégations de corruption, une affaire qui selon lui était poussée par la coalition de M. Maliki.
La crise politique a paralysé le gouvernement et le Parlement, où aucune législation significative n’a été votée à l’exception du budget. Les autres mesures, notamment une loi régulant le secteur pétrolier, ont été reportées.
Des dirigeants politiques ont mis en garde contre les conséquences de l’instabilité politique sur la situation sécuritaire. Mercredi, au moins onze personnes ont été tuées dans l’explosion de trois bombes en Irak.

http://www.assawra.info/spip.php?article328
mercredi 27 juin 2012

par La Rédaction


 

 

Un document issu de la présidence de la République irakienne en 2001 accuse l’intellectuel français, d’origine juive, Bernard Henri Levi, d’être derrière le projet de création de l’organisation (unicité et djihad) en Irak. Le journal algérien, echourouk , révèle dans son édition de ce vendredi avoir obtenu un document classé, "confidentiel et personnel", datant du 18 septembre 2001, issu de la présidence irakienne et signé par Abdelhamid Mahmoud, secrétaire spécial de l’ancien président Saddam Hussein, selon lequel, Bernard Henri Levi a essayé de fonder une organisation terroriste liée à al-Qaïda, sous le nom "unité et djihad".
Selon ce document, la sécurité présidentielle de la République d’Irak a intercepté les agissements de Levi, et il s’est aperçu qu’il cherchait à organiser une réunion de coordination avec Massoud Barazani, président du Kurdustan irakien, en vue de créer ladite organisation terroriste pour perpétrer des opérations qui seront imputées à al-Qaïda.
La découverte de ce projet par les autorités irakiennes l’a étouffé dans l’œuf, selon le journal algérien, mais BHL a revu ses plans d’ingérence dans les affaires irakiennes et arabes conformément à d’autres scénarios, qui ont mené à l’occupation de l’Irak et à la pendaison de Saddam, indique le journal.
"Bernard Henri Levi est revenu de nouveau à l’avant-scène des événements arabes, à travers son soutien du printemps arabe en Tunisie, Egypte, Yémen, Libye et Syrie", ajoute echourouk.
"Le rôle de Levi est apparu plus dans la révolution libyenne, mais ses plans ont échoué dans l’agitation de la rue algérienne à plus d’une occasion", conclut le journal.

 http://www.gnet.tn/revue-de-presse-internationale/bhl-a-tente-de-creer-lorganisation-unicite-et-djihad-en-irak/id-menu-957.html 
 


 


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 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

 

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Le point sur la situation sociale en Irak.

Notes à partir d’une conférence téléphonique le 26 juillet 2012 avec Falah Alwan, traduites en français par Renaud.

Le principal problème auquel font face les travailleurs irakiens en ce moment est la tentative du gouvernement d’imposer un nouveau code du travail. Depuis la chute du régime baathiste, les prolétaires irakiens ont travaillé sans code du travail officiel. En réalité, les gens ont travaillé sur la base de conventions et pratiques établies plutôt que sur celle d’un code légal. Il y a eu un premier jet de la loi en 2004, mais selon nous, il était pire que la loi de 1936 établie par la monarchie !

Le nouveau projet inclus 156 articles et nous avons de sérieuses objections sur 140 d’entre eux. Le code a été rédigé par le ministère du travail, donc il a été rédigé entièrement par des représentants du capitalisme. Il y a eu de soi-disant consultations avec des « représentants des travailleurs » - deux personnes issues de syndicats soutenus par le gouvernement ont été impliquées – mais il n’y a pas eue de réelle participation des organisations ouvrières indépendantes pour établir le code. Le nouveau code donne le droit de rejoindre un syndicat, mais seulement les syndicat soutenus ou reconnus officiellement par le gouvernement.

Les syndicats indépendants d’Irak se sont récemment réunis dans le Solidarity Centre de l’AFL-CIO au Liban pour discuter d’une campagne contre la loi. Nous voulons exercer une pression sur les autorités irakiennes, à la fois dans le pays et internationalement, sur cette question. Nous voulons dévoiler la réalité de ce nouveau code du travail, car beaucoup de travailleurs ne connaissent pas son contenu. Il ne contient aucune garantie des droits des travailleurs, et nous avons besoin d’obliger les autorités irakiennes d’écouter le mouvement ouvrier et changer le code.

Nous voulons un code du travail basé sur les droits des travailleurs – le droit de former des syndicats indépendants, le droit de grève, la santé, la sécurité sociale et d’autres droits de base sur le lieu de travail.

Le gouvernement doit procéder à une seconde lecture de la loi au parlement avant que celle-ci ne soit ratifiée mais ils n’ont pas encore annoncé quand cette seconde lecture aura lieue. Nous ne voulons pas que ça aille jusque là. Si la loi est ratifiée, ce serai un désastre pour les travailleurs irakiens.

Il y a aussi des ingérences constantes du Ministère du Travail dans l’affaire des syndicats irakiens. Ils ont, pendant longtemps, tenté de délégitimer tous les syndicats sauf une unique fédération soutenue par le gouvernement. Récemment, le Ministère a tenu des soi-disant « élections » de représentants syndicaux, ce qui est une tentative directe pour saper la démocratie interne des fédérations existantes. On a demandé aux ouvriers de voter dans des élections générales, sans prendre en compte dans quel syndicat ils étaient membres, pour des « représentants » qui négocieront avec leurs employeurs. En réalité, les autorités ont acheté les gens pour qu’ils participent aux élections, par exemple, en promettant des emplois aux chômeurs s’ils votaient.

Le climat est une tentative des forces islamistes – mouvement Sadr et soutiens du Conseil Suprême – de gagner le contrôle politique des syndicats à l’intérieur du ministère du travail. Le ministre du travail lui-même, Nassar al-Rubayie est un membre du mouvement Sadr. A Bassorah, les bureaux de la Fédération Générale des Travailleurs Irakiens (General Federation of Iraqi Workers (GFIW)) ont été attaquées et il y a eu plusieurs protestations des travailleurs contre cela.

Il s’agit d’un problème politique. C’est le droit des travailleurs à choisir quel syndicat rejoindre et à élire leur propres représentants. L’imposition de fausses élections menace l’indépendance du mouvement ouvrier et menace de défaire tout ce que nous avons construit depuis les neuf dernières années.

Malgré ces conditions difficiles, beaucoup de grèves et de luttes ont encore cours en Irak. A Bassorah, il y a eu de grandes manifestations pour demander l’électricité. Beaucoup de maisons sont sans électricité, et dans le climat actuel – chaleur très élevée – c’est horrible de ne pas avoir d’électricité (pour les ventilateurs etc ...). Ces manifestations ont été violemment réprimées par l’armée et la police qui ont procédé à beaucoup d’arrestations. Des manifestations similaires ont eu lieues à Diwaniya.

A Baghdad, les travailleurs municipaux ont protestés dans le bâtiment du gouvernemental local. Cela faisait partie d’un conflit a propos des avantages de logement. Les travailleurs du secteur public ont une clause dans leur contrat qui leur garantis un logement, mais ces travailleurs en ont été privés. Encore une fois, les autorités ont répondu très sévèrement à la manifestation.

A Bassorah, les ouvriers du secteur pétrochimique continuent leur campagne contre les pertes d’emplois et les transferts. Sur 5000 ouvriers d’une centrale particulière, 3000 ont été déclarés « surplus », et risquent licenciement ou transfert vers d’autres lieux de travail. Les travailleurs se sont battus contre cela. A Bagdad, les artisans maroquiniers ont agit récemment, demandant la santé et des avantages en terme de sécurité.

A l’échelle internationale, les travailleurs peuvent aider notre campagne contre le code du travail en protestant à l’ambassade Irakienne, en écrivant aux autorités irakiennes, et, en général, en faisant prendre conscience aux gens de ce problème. Nous avons besoin du maximum de solidarité internationale pour obtenir un code du travail basé la protection des droits des travailleurs.

http://www.solidariteirak.org/spip.php?article829

 


 : Comment Ashton saurait-elle ce qui est bon pour l’Irak ?

 

Les dernières nouvelles ont souvent besoin d'un avertissement. Dans un souci de transparence, les mots « il s'agit d'un communiqué de presse réchauffé » devrait apparaître au début de nombreux articles dans les journaux et les sites Web appartenant aux grands médias. Les bulletins télévisés devraient s'ouvrir avec une annonce disant : « une grande partie de ce que vous allez entendre reflète les intérêts des plus puissants".

 

En début de ce mois l'Union européenne a signé un accord de "partenariat et de coopération" avec l'Irak. D'après mes recherches, il semble que presque tous les rapports de presse sur l'accord ont été basés principalement, sinon exclusivement, sur une déclaration publiée par Catherine Ashton, Haut Représentant de l'UE pour les affaires étrangères. Cette déclaration nous informe que l'accord serait "bon pour l'Irak".

Tous les journalistes qui ont écrit sur cet accord l'ont fait sans en connaitre les détails. Quand j'ai demandé au porte-parole de Mme Ashton une copie du texte, il m'a dit qu'il n'est pas encore "accessible au public". Ashton et son équipe ont avancé leur version de l'histoire avant que quiconque ait une chance de les contredire.

Pourquoi devrait-on faire confiance à Catherine Ashton ? Ashton était un ministre du gouvernement britannique en 2003. Son patron à l'époque, Tony Blair, a décidé (avec George Bush) d’envahir l'Irak en violation de la Charte des Nations Unies, qui interdit expressément les guerres d'agression.

« Se prononçant » sur son emploi actuel en 2010, Ashton a déclaré aux députés qu'elle croyait que les bombardements en Irak étaient "la bonne chose à faire en fonction de ce que je savais à l'époque". Elle n'a à aucun moment présenté des excuses pour avoir soutenu cette guerre ni cherché à prendre ses distances d'aucune manière avec Blair. En effet, elle entretient des contacts réguliers avec ce criminel de guerre dans son rôle actuel d’« envoyé pour la paix internationale" (le titre que lui ont conféré les médias britanniques) pour le Moyen-Orient.

 

Comment Ashton pourrait-elle savoir ce qui est « bon pour l'Irak" quand elle a soutenu une occupation illégale qui a dévasté ce pays ? Tommy Franks, l'un des militaires « cerveaux » à l’origine de cette guerre, fit cette célèbre déclaration « nous ne comptons pas les corps ». Mais le nombre de morts était certainement énorme. Une étude réalisée en 2006 par The Lancet, une revue médicale faisant autorité, a estimé que la guerre avait causé 600.000 morts parmi les civils. L'organisation Just Foreign Policy avance aujourd'hui le chiffre de plus de 1,4 millions. Wikileaks a révélé comme malhonnête l'affirmation de Franks en relâchant les câbles diplomatiques qui prouvent que les Etats-Unis ont gardé un œil sur les victimes. Le IraqWar Logs, publié par Julian Assange et ses accolytes en 2010, recense 109.000 morts violentes dans la période 2003 à 2009. Plus de 66.000 des victimes ont été classées comme étant des civils.

Que savait exactement Ashton en 2003 ? Comme elle était ministre dans le département de l'éducation et des compétences, je suppose alors qu'elle n'était pas au courant de toute l' "intelligence" à la disposition de M. Blair. Cependant, elle aurait été extrêmement naïve si elle croyait que la guerre était vraiment motivée par ces armes de destruction massive que Saddam était supposé cacher.

L'an dernier, The Independent a révélé que des réunions ont eu lieu entre les représentants du gouvernement britannique, Shell et BP dans les derniers mois de 2002. Les enregistrements de ces discussions révèlent que BP était « désespéré » de mettre ses griffes sur les réserves pétrolières de l'Irak. Le bureau des affaires étrangères a pris l'engagement de faire pression sur Washington pour s'assurer que les entreprises britanniques ne perdraient pas quand les contrats seront partagés après l'invasion.

Ashton a juste signé un accord qui est présenté comme « bon pour l'Irak ». Voulait-elle dire en réalité qu'il était bon pour BP et Shell ?

 

Une note explicative sur le site du « Service d'Action Extérieure » de l'Union européenne, que Ashton commande, déclare que l'Union vise à assurer un niveau minimum de « prévisibilité » et de « sécurité légale » pour les entreprises travaillant en Irak. Le nouvel accord fait suite au "Protocole d'accord » de 2010 entre l'UE et l'Irak sur les questions énergétiques, et qui a promis un « cadre d'investissement transparent ».

Ces termes pourraient sembler anodins. Mais s’ils sont placés dans le contexte plus large de la politique commerciale de l'UE, ils prennent un sens plus sinistre. L’ « Europe Globale » modèle défendu par cet autre acolyte de Blair, Peter Mandelson, quand il était commissaire au commerce de l'UE, a soutenu que tout obstacle rencontré par les entreprises faisant affaires à l'étranger doit être surmonté. A défaut de preuve du contraire, il faut donc en conclure que Mme Ashton veut exploiter les réserves de pétrole et de gaz de l'Irak d'une manière qui apporterait beaucoup plus de bénéfices aux sociétés occidentales qu’à la population irakienne.

En Juin 2011, le Wall Street Journal a rapporté qu’une loi sur l'investissement introduite en Irak exemptait de nombreux investisseurs d'impôt sur les sociétés pour une période allant jusqu’à 15 ans et leur permettait de rapatrier les bénéfices. Une interdiction constitutionnelle de la privatisation des principaux biens publics a été annulée par l'Autorité Provisoire de la Coalition, l'organisme américain qui a supervisé le pillage systématique de l'économie irakienne en 2003 et 2004.

Un total de 47 entreprises se prépare à une vente aux enchères des licences d'exploration pétrolière en Irak le 30 mai, selon Bloomberg. L'Irak est en bonne voie pour être le deuxième plus grand producteur de l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole d'ici la fin de l'année, déclare l'agence.

La presse économique n'est pas à l'abri des charmes des « spindoctors ». Mais elle publie des faits utiles. Lisez-les attentivement et vous obtenez une vue plus précise de la façon dont le monde fonctionne plutôt que de copier-coller la propagande de Catherine Ashton.

Comment quelqu'un qui a soutenu une guerre illégale ose-t-il revendiquer savoir ce qui est bon pour l'Irak.

Source originale : neweurope

Traduit de l'anglais par A. Krinah pour Investig'Action

 

29 juin 2012

 

 

 


 


 

Gilles Munier

 : Irak: L'Omerta des « amis des Kurdes ».
L'OngTransparency International classe l’Irak parmi les huit pays les plus corrompus du monde. Au Kurdistan, tout a commencé pendant la guerre du Golfe de 1991 avec l’interdiction faite au pouvoir central d’intervenir au nord du pays. Le maintien de l’Irak sous embargo a ensuite généré des trafics qui ont considérablement enrichis Massoud Barzani et Jalal Talabani, notamment la contrebande de pétrole et de pneumatiques. Depuis 2003, la corruption au Kurdistan atteint des sommets : aucun contrat ne peut être signé sans payer sa dîme. Actuellement, deux fils de Massoud Barzani, font scandale. Mansour, qui a perdu 3,2 millions de $ dans un casino des Emirats Arabes Unis et que son père est allé rembourser (1).Masrour, chef des escadrons de la mort du régime, qui s’est offert une villa de 10 millions de $ dans l’Etat de Virginie, à 5 km du siège de la CIA ! (2)Serwan Mustafa, un neveu, est impliqué dans une affaire de rétro commissions. Le nom de France Telecom a été cité dans les médias kurdes (3)… Plusieurs journalistes qui dénonçaient la cupidité des Barzani et des Talabani ont été arrêtés ou assassinés, des manifestants tués et des militants torturés. Aso Jabar, auteur de Hell of truth, un livre interdit de 500 pages documentant la corruption et les violations des droits de l’homme au Kurdistan, s’est enfui aux Etats-Unis (4).

 

Pour l’exemple, Zana Mohamed Salih, puissant maire de Soulimaniya, a été arrêté le 8 avril dernier et accusé de corruption. Quelques jours plus tard, on l’a retrouvé mort, pendu dans sa cellule. Selon des parents, des traces de tortures constellaient le corps qui leur a été remis. Non seulement Zana Mohamed Salih niait toute implication dans le scandale, mais il refusait de taire les noms des personnalités du régime impliquées dans l’affaire (5). Est-il besoin de préciser que la prison de Soulimaniya est gérée par l’Asayish, le service secret de Masrour Barzani ?

Ces informations ne sont que la face immergée de l’iceberg. Comment se fait-il que les « amis des Kurdes », nombreux en Europe, ferment les yeux sur de tels agissements ?

(1) Will scandalsdestabilize Kurdistan ? par Michael Rubin (Commentary – 15/5/12)
http://www.commentarymagazine.com/2012/05/15/will-scandals-destabilize-kurdistan/

(2)To fight corruption, Barzani needs to clean house, par Michael Rubin (The Kurdistan Tribune – 10/9/11)
http://www.aei.org/article/to-fight-corruption-barzani-needs-to-clean-house/

(3)France Telecom Trapped in Kurdistan's Korek Scam, par Mrs.BenawIzzat(ekurd.net – 4/4/12)
http://www.ekurd.net/mismas/articles/misc2012/4/state6060.htm

(4)The troubling correlation between dialogue and dictatorship, par Michael Rubin (Commentary – 24/4/12)
http://www.commentarymagazine.com/2012/04/24/troubling-correlation-between-dialogue-and-dictatorship/

(5)Death of a Kurdish mayor: secrets, murder, suicide and corruption? parZanko Ahmad, (Niqash – 20/4/12 )
http://www.ekurd.net/mismas/articles/misc2012/4

 

Publié le 4 juillet 2012 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier


 

Source : France Irak
http://www.france-irak-actualite.com/...


 


2 Dossier & Point de vue

 

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Irak : trop d’Américains dans le pays…

Revue de presse (Traduction et synthèse, d’après Timelive.co.za - Reuters – 29/6/12).

Pour le gouvernement irakien de Nouri al-Maliki, le nombre d’Américains dans le pays est trop important ; même si ce dernier prétend vouloir entretenir de bonnes relations avec les Etats-Unis. Pour preuve, la signature d’un contrat d’achat de F16 pour la somme de 6 milliards de dollars.

Des experts US ont averti le Congrès que l’Irak rendait la vie difficile au personnel de l’Ambassade alors que le Département d’Etat et le Département de la Défense envisagent d’établir en Irak une large présence civile.

20 milliards de dollars manquent à l’appel

Il est d’ailleurs peu certain que les Irakiens veuillent préserver « les milliers » de projets de reconstruction coûteux, financés par les contribuables américains, après l’invasion de l’Irak,  qui font partie du programme ambitieux de plusieurs milliards de dollars destinés à laisser en Irak la marque « Made in America ». « La crainte existe que les projets transférés au gouvernement irakien ne soient pas poursuivis et manqueront les buts pour lesquels ils ont été conçus». Une partie du problème vient de ce que aucune donnée ne permet de pister lesdits projets : l’inspecteur général spécial pour l’Irak, Stuart Bowen, a découvert que quelque 20 milliards de dollars manquent à l’appel, rendant ainsi difficile aux Irakiens de savoir ce qui est disponible. 14 postes US dans le pays

sont remis en question

L’ambassade avec ses 16000 personnes est la plus grande mission diplomatique US dans le monde auxquelles s’ajoutent les 2000 employés locaux. « Nous voulons réduire le nombre à 11 500 dans les 16 prochains mois…. ». Une étude séparée montre que les forces de sécurité irakienne ont l’habitude de « détenir » des membres des compagnies de sécurité US à des points de contrôle, d’obstruer les convois, retardant ainsi l’approvisionnement de l’ambassade à partir du Koweït, de restreindre l’utilisation de son espace aérien « mettant en danger les voies d’évacuation ».  

Par ailleurs, le lieu, la taille et les besoins en sécurité des 14 postes US dans le pays sont remis en question et seuls 5 contrats de concession de terrains ont été signés jusqu’ici.

Des critiques se font entendre sur le retrait, par Obama, des  forces US en décembre dernier qui a affaibli l’influence US en Irak malgré les lourds investissements qui y ont été faits. Et, ce pays se rapproche de plus en plus de l’Iran…

Traduction et synthèse: Xavière Jardez

Source : Iraq questions continued US presence, congresswarned

http://www.timeslive.co.za/world/2012/06/29/iraq-questions-continued-us-presence-congress-warned

 

 


 

USA/Irak: Blackwater paiera 7,5 millions de dollars pour trafic d’armes

 

 

 

 

 

L'entreprise de sécurité Blackwater, désormais appelée Academi, a conclu un accord avec la justice américaine pour éviter un procès et devra payer une amende de 7,5 millions de dollars pour exportation illégale d'armements, a annoncé mardi le département de la Justice.

   Cette affaire coûtera au total près de 50 millions de dollars à la société qui, outre l'amende, avait déjà conclu en 2010 un accord avec le département d'Etat pour lui verser 42 millions de dollars pour avoir violé la loi et les réglementations internationales sur les exportations d'armements à destination notamment de l'Irak et du Soudan, annonce un procureur fédéral de Caroline du Nord, Thomas Walker.

   La sulfureuse société, privée de contrats en Irak après une fusillade sur des civils en 2007, fut un important partenaire des militaires américains enIrak et en Afghanistan. Elle faisait l'objet d'une enquête depuis cinq ans.

   La justice lui reprochait d'avoir exporté des fusils d'assaut et des équipements militaires sans licence et fourni des renseignements secrets sur des hélicoptères et des transports de troupes blindés à des ressortissants étrangers. Blackwater avait également fourni un entraînement militaire à l'étranger sans en avoir informé les autorités américaines.

   Au total, la société était menacée de 17 chefs d'accusation, selon le procureur fédéral.

   En novembre 2005, elle avait ainsi exporté au Soudan des téléphones satellitaires cryptés sans les autorisations requises. Entre octobre 2004 et

mars 2006, elle est accusée d'avoir exporté sans licence des munitions et des gilets pare-balles en Irak et en Afghanistan ou encore d'avoir entre 2006 et 2008 "fourni des données techniques et d'ingénierie relatives à la construction de transports de troupes blindés à des ressortissants de Suède et du Danemark sans autorisation", selon Thomas Walker.

   Cette décision "conclut une enquête longue et complexe sur une société qui a fourni de précieux services au gouvernement des Etats-Unis et qui, par moments et de nombreuses manières, a manqué de respecter d'importantes lois et réglementations relatives à la façon dont notre pays interagit avec nos alliés et nos adversaires", affirme le procureur Walker, cité dans le communiqué.

   Créée en 1997 puis cédée en 2010 par Erik Prince, un ancien membre des forces spéciales de la marine, les NavySeals, Blackwater avait déjà changé de nom pour celui de Xe, avant de devenir Academi fin 2011.

   Elle est la plus emblématique de ces sociétés privées dont le rôle a été prépondérant en Irak et en Afghanistan pour assurer la sécurité des convois, des ambassades ou encore pour gérer les milliards de dollars d'aide internationale.

   Blackwater a accumulé les revers ces dernières années. Elle a été interdite d'exercer en Afghanistan, le président Hamid Karzaï l'accusant, elle et d'autres, de représenter "un système de sécurité parallèle au gouvernement afghan", générant "pillages et vols".

   Elle a de même été sommée de quitter l'Irak après avoir été impliquée dans plusieurs scandales, en particulier la mort de 14 à 17 civils à Bagdad en septembre 2007, et a dûcesser de s'occuper de la protection des diplomates américains à Bagdad en mai 2009.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=13&frid=13&eid=74490

 


 

 


3 Déclaration,

courrier des lecteurs & témoignage

 

Ziad Tarek Aziz :Irak: "Silence, on exécute!"

Dans une lettre publique, Ziad Tarik Aziz, le fils de Tariq Aziz, ancien vice-premier ministre de Saddam Hussein et ministre des Affaires étrangères, condamné à mort, informe le monde des méthodes expéditives utilisées par le gouvernement irakien pour exécuter en silence ses anciens ennemis condamnés à la peine de mort. Voici l’intégralité de la lettre :

« Madame, Monsieur,

Je suis certain que vous avez entendu l’information sur l’exécution de l’ex-secrétaire du président (Saddam Hussein), Abid HameedHamoud. Cependant, ce que vous ne savez pas, c’est qu’il a été conduit à son exécution en pensant qu’on l’emmenait faire un contrôle médical. Le gouvernement irakien n’a même pas informé sa famille ou ses proches, ou pris ses dispositions pour la remise du corps.

C’est là un comportement typique du gouvernement irakien. Ils ont tellement soif de vengeance qu’ils ont ignoré les formalités consistant à informer le condamné de son exécution.
Mon père a été condamné à la peine de mort dans le même procès que M. Hameed. Je suis très inquiet à l’idée qu’ils puissent lui faire la même chose. Le secrétaire à la presse du Premier ministre a déclaré au début de l’année qu’ils allaient exécuter mon père, et ayant accompli cette formalité, rien ne peut les arrêter. Le monde doit savoir ce que ces gens ont fait et ce qu’ils feront, j’en suis certain, dans un futur très proche.

Je vous demande de m’aider à faire savoir au monde ce que ces gens ont fait et à arrêter ce qu’ils ont prévu de faire.

Merci pour votre soutien, ma famille et moi-même vous seront redevables.
Sincèrement
Ziad Tarik Aziz »

Source : Afrique Asie – juin 2012

http://www.afrique-asie.fr/component/content/article/27-actualite32/3081-irak-silence-on-execute.html

© G. Munier/X. Jardez
Publié le 12 juin 2012 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier

 


Ramzy Baroud :

LA SOMBRE TRAGÉDIE DES BOMBES « SILENCIEUSES » DE L’IRAK.

 

 

 

Quelque part dans ma maison j’ai une série d’albums photo dont je m’en rapproche rarement. J

e crains que le flot de souvenirs cruels remonte à la surface en regardant les innombrables photos que j’ai prises lors d’un voyage en Irak. La plupart des photos sont celles d’enfants ayant développé des formes rares de cancer à la suite de l’exposition à l’uranium appauvri (UA), utilisé dans la guerre menée contre l’Irak, il ya plus de deux décennies.

J’ai visité un hôpital qui était attachée à l’université d’Al-Mustansiriya à Bagdad. L’odeur qui emplissait ses couloirs n’était pas l’odeur de l’antisepsie inhérente à l’hôpital, mais celle de la mort. Au moment de l’accablant siège, l’hôpital manquait même de matériel de base, d’anesthésie et médicaments. Les enfants assis regardaient fixement leurs visiteurs. Certains gémissaient dans des douleurs inconcevables. Les parents vacillaient entre l’espoir et la futilité de l’espoir, et au temps de prière, ils durent prier.

Un jeune médecin livre un diagnostic sans appel : « Jamais aucun enfant qui arrive dans ce lieu ne le quitte vraiment en vie. » Le jeune reporter, que j’étais à l’époque, pris diligemment note de ses paroles avant de poser plus de questions. Je n’ai pas bien saisir que la mort est l’étape finale.

Quelques années plus tard, la désolation de l’Irak continue. Le 16 août, 90 personnes ont été tuées et d’autres blessés dans des attaques à travers tout le pays. Les médias ont rapporté le bain de sang (près de 200 tués en ce seul mois), mais sans plus de contexte. Est-ce qu’on veut croire que la violence en Irak a transcendé tous les niveaux de la raison ? Que les Irakiens se font sauter tout simplement parce que c’est leur destinée de vivre dans la crainte perpétuelle et la misère ?

Mais ces morts, avant d’être tués, étaient des gens avec des noms et des visages. Ils étaient des individus à part entière dans leur plein droit, digne de vivre. Nombreux sont les enfants, qui ne savaient rien des dissensions politiques irakiennes, ont été conviés aux guerres américaines et à l’occupation fomentées par ceux qui se nourrissent du sectarisme.

Nous oublions souvent cela. Ceux qui refusent de tomber dans le piège des extrêmes politiques ont toujours tendance à traiter et accepter la violence d’une manière ou d’une autre. Nous avons co-existé avec la tragédie, avec la conviction que les bombes exploseraient au hasard et que les victimes survivantes ne pourraient pas être aidées. Nous avons en quelque sorte accepter l’idée que les réfugiés ne peuvent pas être rapatriés et ceux qui ont faim ne peuvent pas être nourris.

Cette étrange sagesse est plus apparente au Soudan. Dans l’état du Nil supérieur, des hommes meurent d’épuisement avant d’atteindre les camps de réfugiés de Batil. Certains marchent sans fin pendant des semaines entre le Sud Kordofan et le Nil Bleu, à la recherche de répit et de la moindre chance de survie. Ceux qui endurent le voyage – acculés par les combats que se livrent l’armée soudanaise et les groupes rebelles – pourraient ne pas survivre à la rudesse de cette vie qui les attend à Batil. La BBC, citant un avertissement émis par Médecins Sans Frontières a rapporté que le 17 Août, que « les gens meurent en grand nombre dans un camp de réfugiés au Sud-Soudan. »

« Il s’agit d’une véritable catastrophe sanitaire », (comme l’explique Helen Patterson, coordonnatrice médicale de MSF au camp de Batil), tout en examinant les rapports de la détérioration de la situation dans certains camps de réfugiés du Darfour. Batil accueille actuellement près de 100.000 à 170.000 réfugiés, ayant récemment fui leurs maisons. Selon l’ONG, 28% des enfants souffrent de malnutrition et le taux de mortalité atteint déjà deux fois celui du seuil d’urgence acceptée.

Le Darfour est, bien sûr, une plaie ouverte. Beaucoup de réfugiés se trouvent dans un étatconstant d’exode, comme ce fut le cas au début du mois. Les fonctionnaires de l’ONU ont déclaré que « pas moins » de 25 000 personnes du camp de réfugiés de Kassab étaient contraints de fuir à nouveau après que des groupes armés se soient confrontés aux forces gouvernementales. Ils se sont installés dans un autre « camp » à proximité, de la ville de Kutum. Selon l’opération hybride Union Africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD), le prétendu nouveau « camp » manque d’eau, de nourriture et de salubrité. (9 août, CNN).

Depuis lors, l’écho a disparu. Non pas parce que les réfugiés qui s’exilent vivent dans de meilleures conditions, mais parce toute l’attention de ces 25 000 réfugiés est détournée par l’engouement des médias pour l’hypocrisie politicienne et la presse people. On pourrait prendre une célébrité « pacificatrice» pou situer Batil ou Kassab sur une carte numérique puis le lendemain ou deux jours après, rien de moins que le nombre assez considérable de morts afin de faire des réfugiés une information pertinente de nouveau.

Cela a dit, aucun VIP en mal d’attention n’est prêt de s’aventurer au Mali dans un avenir proche. Alors que la crise humanitaire en Afrique de l’Ouest atteint des niveaux effrayants, les médias continuent de traiter le conflit au Mali en termes de logique d’intérêts occidentaux menacés par les rebelles, de coups d’Etat et de djihadistes. Laissant de côté le fait que l’Occident a contribué au chaos, 435 000 réfugiés affluent vers les pays voisins. Ce fut l’estimation la plus récente de l’Office des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires le 16 août, mais le fait a été ignoré par la plupart des médias.

Le Programme alimentaire mondial estime que la crise alimentaire est dévastatrice – et non seulement pour les réfugiés affolés, mais aussi pour millions de personnes dans le pays. Le nombre d’enfants maliens dépassant, bien sûr, toutes les autres victimes. Ils sont impuissants, traînés à travers les déserts sans fin. Quand ils meurent, ils ne font que laisser une trace majorant une autre statistique, sans certitude, et, malheureusement, sans valeur.

Cependant, ici, nous pouvons fixer la morale de l’histoire. Chaque Malien, Soudanais, Irakien, Syrien, Palestinien, Yémenite ou de l’enfant rohingya importe énormément à ceux qui l’entourent. Sa vie – ou sa mort – peut facilement servir à fortifier un argument politique, faire un bon reportage du National Geographic, ou une photo Facebook avec de nombreux « partager » et « j’aime. »

Mais pour les parents, les familles, les amis et les voisins, leurs enfants sont au centre de leur univers, bien que pauvre et misérable en apparence. Ainsi, lorsque l’UNICEF ou l’UNRWA se plaint d’un manque de fonds, cela signifie en fait que des milliers de gens innocents souffrent inutilement, et que les centres de nombreux univers implosent de façon spectaculaire, l’espoir relayant le désespoir infini, et souvent la rage.

Il peut être accommodant d’affecter une sagesse politique conventionnelle afin d’expliquer les problèmes politiques complexes et les conflits violents. Mais les conflits prolongés ne rendent pas la vie plus précieuse, ou les enfants pas moins innocents.

C’est une tragédie qui se joue lorsque les Irakiens n’en finissent plus de défiler lors des enterrements de leurs proches, tandis que les Soudanais semblent être dans une quête permanente de survie. Mais c’est une plus grande tragédie encore, lorsque nous nous laissons manipuler par le déchaînement de la violence humaine et quand nous acceptons comme une fatalité la réalité d’enfants errant à la recherche d’une gorgée d’eau au milieu du Sahara occidental.

Ramzy Baroud

Article original : The darktragedy of Iraq’s « silent » bombs

Traduction : MecanoBlog

22 Août 2012·

pour Asia Times Online

http://mecanoblog.wordpress.com/2012/08/22/la-sombre-tragedie-des-bombes-silencieuses-de-lirak/

 

 


 

 

 


Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

La liberté de la presse se détériore en Irak.

Il y a un an, le journaliste Hadi al-Mehdi, célèbre pour ses diatribes anti-gouvernementales, était assassiné à Bagdad. Depuis, l’enquête piétine, et militants et observateurs déplorent une détérioration de la liberté de la presse dans le pays.

Le 8 septembre 2011, Hadi al-Mehdi se trouve dans son appartement lorsqu’en début de soirée, des inconnus font irruption chez lui et l’abattent d’une balle dans la tête.

Sa mort provoque une onde de choc au sein de la société irakienne. Le lendemain de son décès, ses amis organisent des funérailles symboliques au cours desquelles un cercueil vide, recouvert du drapeau irakien, est transporté jusqu’à la place Tahrir, au centre de Bagdad.

Mais, très vite, l’hommage tourne à la manifestation contre le gouvernement de Nouri al-Maliki taxé d’incurie et d’incompétence. Les autorités promettent, elles, l’ouverture d’une enquête.

Mais depuis, aucun suspect n’a été appréhendé. Contacté par l’AFP, Adnan al-Assadi, vice-ministre de l’Intérieur, n’a pas souhaité s’exprimer.

Cette semaine, Radio Demozy, où officiait Hadi al-Mehdi, a prévu une série d’émissions spéciales en son honneur.

"Hadi disait tout au haut ce que tout le monde pensait tout bas", raconte Karnas Ali, directeur technique de la station sur les ondes de laquelle le journaliste s’en prenait trois fois par semaine sur un ton acerbe à l’incompétence et la corruption qui rongent la conduite des affaires publiques.

"Son émission lui a valu beaucoup d’ennemis", soupire M. Ali.

Mais le meurtre de Hadi al-Mehdi a surtout cristallisé la colère des défenseurs de la liberté de la presse qui dénoncent sans relâche depuis un an une marge de manoeuvre de plus en plus réduite pour les professionnels des médias.

"Jour après jour, la liberté de la presse régresse en Irak", regrette Ziad al-Ajili, chef de l’Observatoire de la liberté de la presse. "Je conseille à tous ceux qui affirment que la presse est libre de parler avec les journalistes qui sont sur le terrain".

Dans son classement des pays où l’impunité pour les meurtres de journalistes est la plus élevée, le Committee to Protect Journalists (CPJ) classe l’Irak dans les tout premiers.

Cette ONG installée à New York affirme même que la totalité des assassinats de journalistes sont restés impunis depuis 2003 et la chute du régime de Saddam Hussein.

Et une batterie de nouvelles lois, adoptées ou en cours d’adoption au Parlement, menace davantage la liberté d’expression.

Les militants dénoncent notamment une législation censée protéger les journalistes, une autre sur la cybersécurité et d’autres encore portant sur un projet de redéfinition des contours de la liberté d’expression.

Les textes ont en commun de mettre hors la loi des délits mal définis comme l’"atteinte à la morale" ou "l’expression de messages immoraux", pour lesquels sont prévues des amendes et des peines de prison particulièrement sévères.

"Ces termes vagues conjugués à des sanctions d’une extrême sévérité pourraient bien paralyser la liberté d’expression en Irak", tonne un diplomate occidental en poste à Bagdad, sous couvert d’anonymat.

Mais le gouvernement de Nouri al-Maliki ne voit rien d’alarmant à la situation des journalistes. Au contraire.

"Les journalistes irakiens jouissent d’une immense liberté", se félicite Ali Moussaoui, porte-parole du chef du gouvernement. "Les médias ont fait d’énormes progrès. On ne peut pas comparer leur situation avec celle qui prévalait sous le régime" de Saddam Hussein, conclut-il.

(05 Septembre 2012 - Avec les agences de presse)

La Rédaction

5 septembre 2012,

http://www.assawra.info/spip.php?article803 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

    Ce message vous a été envoyé parce que vous faites parties de mes contacts 
  • Pour ne plus recevoir d'e-mail de notre part, signaler le nous avec si possible un commentaire explicatif.


18/06/2012

n°530- Les Dossier d'Irak --17/06/09 : Les enfants de Fallujah : l’hôpital des horreurs


n°530- Les Dossier d'Irak --17/06/09  : Les enfants de Fallujah : l’hôpital des horreurs



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

n°530                            17/06/09

C.De Broeder      &       M.Lemaire



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a) sur mes  blog : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

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b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

f) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

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Sommaire :

1 Dossier & Point de vue

1-1 Robert FISK : Les enfants de Fallujah : l’hôpital des horreurs.

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Robert Fisk : Les enfants de Falloujah : l’histoire de Sayef.

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Lutte-ouvrière : La guerre américaine pour le pétrole n’en finit pas…

3-2 Manlio Dinucci : L'art de la guerre : Ceux qui nous défendent des atrocités.



1 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

1-1 Robert FISK : Les enfants de Fallujah : l’hôpital des horreurs.

Reportage spécial : Deuxième jour : Mort-nés, invalidités, difformités trop bouleversantes pour être décrites - ce qui se cache derrière la souffrance à l’Hôpital Général de Fallujah.

 Les images s’affichent sur l’écran du premier étage de l’Hôpital Général de Fallujah. Et aussitôt le bureau de l’administrateur Nadhem Shokr al-Hadidi devient l’antichambre des horreurs. Un bébé avec une énorme bouche difforme. Un enfant dont une partie de la colonne vertébrale jaillit hors du corps. Un bébé qui a un énorme et horrible oeil de Cyclope. Un autre bébé qui n’a qu’une demi-tête, mort-né comme les autres, le 12 juin 2009. Encore une autre image apparaît sur l’écran : date de naissance 6 juin 2009, c’est un tout petit bébé qui n’a que la moitié d’un bras, pas de jambe gauche et pas de parties génitales.

"Il y en a tout le temps désormais" dit Al-Hadidi et une doctoresse entre dans la pièce et jette un coup d’oeil à l’écran. Elle a mis au monde certains de ces bébés mort-nés. "Je n’ai jamais rien vu de pareil dans toutes mes années de pratique" dit-elle à voix basse. Al-Hadidi parle au téléphone, accueille de nouveaux visiteurs dans son bureau, nous offre du thé et des biscuits pendant que les horribles images continuent de défiler sur l’écran. J’ai demandé à voir ces photos pour m’assurer que les bébés mort-nés, les difformités étaient réels. Car il y a toujours un lecteur ou un spectateur pour dire que c’est de la "propagande"." 

Mais ces photos épouvantables en sont la preuve accablante. Le 7 janvier 2010, un bébé avec une peau jaune et fanée et des bras difformes. Le 26 avril 2010, un bébé avec une masse grise sur le côté de la tête. Un docteur près de moi parle de "tétralogie de Fallot", un déplacement des gros vaisseaux sanguins. Le 3 mai 2010 : une créature qui ressemble à une grenouille et dont - selon le docteur de Fallujah qui vient d’entrer dans la pièce - tous les organes essaient de sortir du corps".

C’en est trop. Ces photos sont trop horribles. On ne peut pas garder les yeux dessus tant on est submergé par la peine et l’émotion - et que dire des pauvres parents ! On ne peut tout simplement pas les publier.

Les docteurs de Fallujah ont une attitude très digne. Ils savent que nous savons ce qui est arrivé. En vérité nous ne faisons pas une découverte. D’autres correspondants - dont mon collègue Patrick Cockburn - ont déjà fait des reportages sur la tragédie des enfants difformes de Fallujah. Ce qui est honteux, c’est qu’il n’y ait pas d’enquête sur les causes de ces difformités. Une doctoresse de Fallujah, une obstétricienne formée en Angleterre - qu’elle a quitté il y a 5 mois - qui a acheté à ses propres frais un scanner de £79000 pour sa clinique privée pour détecter les anomalies congénitales avant la naissance, se présente et me demande pourquoi le ministère de la Santé à Bagdad ne diligente pas une enquête approfondie sur les bébés difformes de Fallujah.

"Je suis allée voir le ministre" me dit-elle. "Ils m’ont répondu qu’il allait y avoir une commission. Je suis allée parler à la commission. Mais ils n’ont rien fait. Je n’arrive même pas à obtenir une réponse." Puis 24 heures plus tard, la même jeune femme a envoyé un message à un de mes amis, un docteur irakien, pour lui demander de ne pas mentionner son nom.

Si le nombre de bébés mort-nés à Fallujah est une honte, le personnel médical de l’Hôpital Général de Fallujah prouve son honnêteté en demandant sans arrêt aux gens de ne pas sauter aux conclusions. 

"J’ai mis ce bébé au monde" dit l’obstétricienne en montrant une photo sur l’écran. "Je ne crois que cela ait un rapport avec les armes étasuniennes. Les parents étaient consanguins. Les mariages tribaux consanguins sont courants ici. Mais il faut se rappeler que si des femmes accouchent chez elles de bébés mort-nés, elles ne nous le disent pas et les bébés sont enterrés sans que nous connaissions leur nombre".

Les photos continuent à défiler sur l’écran. Le 19 janvier 2010, un bébé aux membres atrophiés, mort-né. Le 30 octobre 2010, un bébé avec la lèvre et le palais fendus, encore vivant, un trou dans le cœur, un défaut sur le visage, qui a besoin d’échocardiographie. "Un palais et une lèvre fendus sont des anomalies congénitales courantes", dit la doctoresse Samira Allani tout bas. "Mais c’est leur augmentation qui est alarmante". La doctoresse Allani a écrit un article scientifique sur "L’augmentation des anomalies à la naissance". Selon l’étude, les anomalies cardiaques congénitales, "ont atteint un niveau record" en 2010. 

Les chiffres continuent d’augmenter. D’ailleurs pendant que nous parlons une infirmière apporte un message au Dr Allani. Nous nous dirigeons immédiatement vers un incubateur près de la salle d’accouchement. Dans l’incubateur il y a un petit bébé de 24 jours. Zeid Mohamed est encore trop petit pour sourire mais il dort et sa mère le regarde à travers la vitre. Elle m’a autorisé à voir son bébé. Son père est un agent de sécurité et le couple est marié depuis trois ans. Il n’y pas d’antécédents familiaux de malformations congénitales. Mais Zeid n’a que quatre doigts à chaque main.

Dans les dossiers informatiques du Dr Allani il y a des centaines de Zeid. Elle demande à un autre docteur d’appeler d’autres parents. Accepteraient-ils de parler à un journaliste ? "Ils veulent savoir ce qui est arrivé à leurs enfants" me dit-elle. "Ils méritent qu’on le leur dise". Elle a raison. Mais ni les autorités irakiennes, ni les Etasuniens, ni les Anglais - qui étaient aussi impliqués dans le second combat de Fallujah où ils ont perdu quatre hommes - ni aucune des principales ONG ne semble capable ou désireuse de les aider. 

Quand les docteurs réussissent à obtenir des fonds pour ouvrir une enquête, ils se tournent parfois vers des organisations qui ont clairement leur propre agenda politique. Pour ses recherches, le Dr Allani par exemple a reçu des fonds de "la Fondation du Kuala Lumpur pour criminaliser la guerre" un organisme qui a peu de chance d’innocenter les armes étasuniennes utilisées à Fallujah. Ceci aussi fait partie de la tragédie de Fallujah. 

L’obstétricienne qui a demandé l’anonymat parle du manque d’équipement et de formation. « Les anomalies chromosomiques -comme le syndrome de Down- ne peuvent pas être corrigées avant la naissance. Mais une infection foetale, on pourrait la traiter et la guérir en prélevant un échantillon de sang au bébé et à la mère. Malheureusement il n’y a pas de laboratoire équipé pour cela ici. Une transfusion de sang suffirait pour régler ce problème. Bien sûr cela ne répondra pas à toutes nos questions : Pourquoi y a-t-il une augmentation de fausses couches ici, pourquoi de plus en plus de bébés mort-nés, pourquoi de plus en plus de prématurés ? »

Le docteur Chris Busby, professeur associé à l’Université d’Ulster qui a étudié plus de 5000 cas à Fallujah reconnaît qu’on ne sait pas exactement ce qui a causé les malformations et les cancers. "Des gens ont dû être exposés à quelque chose qui a provoqué des mutations génétiques en 2004 quand les attaques ont eu lieu," a-t-il écrit il y a deux ans. Le rapport du Dr Busby auquel ont contribué Malak Hamdan et Entesar Ariabi, montre que le taux de mortalité des bébés à Fallujah est de 80 pour mille alors qu’il est de 19 en Egypte, de 17 en Jordanie et de seulement 9,7 au Koweït.

Un autre docteur de Fallujah me dit que la seule aide qu’ils aient reçue d’Angleterre est celle du docteur Kypros Nicolaides, le responsable du département des soins néonatals de King’s College Hospital. Il dirige une oeuvre de charité, la Foetal Medicine Foundation, qui a déjà formé un docteur de Fallujah. Je l’appelle. Il est fou de rage. 

« Pour moi, le plus criminel dans tout ça, - dans toute cette guerre - c’est que les gouvernements anglais et étasuniens n’ont pas été fichus d’aller à Woolworths (enseigne de supermarchés - NdR) acheter des ordinateurs pour recenser les victimes de la guerre d’Irak. Un article publié dans le Lancet estime que leur nombre s’élève à 600 000. Mais la puissance occupante n’a pas eu la décence de mettre 500 dollars dans un ordinateur pour pouvoir dire "ce corps a été apporté aujourd’hui et son nom est untel".

Aujourd’hui on a un pays arabe où le nombre de malformation et de cancers est supérieur à celui d’Europe et on a besoin d’une étude épidémiologique sérieuse. Je suis sûr que les Etasuniens ont utilisé des armes qui ont causé ces malformations. Mais le gouvernement actuel de l’Irak n’est pas à la hauteur et il n’y a pas d’étude. C’est très facile de ne rien faire - et il n’y a qu’un professeur fou et compatissant comme moi à Londres pour essayer de faire quelque chose. »

Dans le bureau de al-Hadidi, les photos continuent de défiler, indescriptibles. Comment décrire un nourrisson mort qui n’a qu’une jambe et dont la une tête est quatre fois plus grosse que le corps ?

 (The Independent)

Robert FISK

11 mai 2012

Pour consulter l’original : http://www.independent.co.uk/opinion/commentators/fisk/rober...

Traduction : Dominique Muselet
URL de cet article 16661
http://www.legrandsoir.info/irak-les-enfants-de-fallujah-l-hopital-des-horreurs-the-independent.html.



2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Robert Fisk :Les enfants de Falloujah : l’histoire de Sayef.

Reportage spécial.

Première journée : Les obus au phosphore qui ont dévasté cette ville ont été largués en 2004.

Mais les enfants qui naissent aujourd’hui sont-ils aussi des victimes de la sale guerre américaine ?

Le petit Sayef, âgé de 14 mois, dans les bras de son papa Mohamed

Pour le petit Sayef, il n’y aura pas de Printemps Arabe. Il a juste 14 mois et il est couché par terre sur un mauvais matelas couvert d’une couverture rouge ; il pleure de temps en temps, sa tête a deux fois la taille normale et il est aveugle et paralysé. Sayeffedin Abdulaziz Mohamed - c’est son nom complet- a un doux visage sous son énorme tête et il paraît qu’il sourit quand d’autres enfants lui rendent visite et quand des famille irakiennes du voisinage entrent dans la pièce.

Mais il ne connaîtra jamais l’histoire du monde qui l’entoure, il ne jouira jamais des libertés du nouveau Moyen-Orient. Il ne peut bouger que ses mains et ne peut consommer que du lait parce qu’il ne peut pas avaler. Il est déjà trop lourd pour que son père puisse le porter. Il vit dans une prison dont les portes ne s’ouvriront jamais.

Il est aussi difficile de faire ce genre de reportage que de comprendre le courage de sa famille. Beaucoup des familles de Fallujah dont les enfants sont nés avec ce que les docteurs appellent des "anomalies de naissance congénitales" préfèrent ne pas ouvrir leur porte aux étrangers parce qu’ils ont honte de leurs enfants au lieu de les voir comme la preuve éventuelle que quelque chose d’atroce s’est produit ici suite aux deux grandes batailles étasuniennes contre les opposants dans la ville en 2004 et un autre conflit en 2007.

Après avoir d’abord nié l’usage d’obus au phosphore pendant la seconde bataille de Fallujah, les forces étasuniennes ont fini par admettre qu’elles en avaient largué sur des bâtiments de la ville. Des reportages indépendants ont fait état d’un taux de malformations à la naissance à Fallujah beaucoup plus haut que dans le reste de l’Irak, sans parler des autres pays arabes. Personne, évidemment ne peut fournir la preuve incontestable que ce sont les munitions américaines qui ont causé la tragédie de Fallujah.

Sayef vit -c’est peut-être quand même le mot juste- dans le quartier al-Shahada de Fallujah dans une des rues les plus dangereuses de la ville. A notre arrivée nous voyons des flics - qui sont des musulmans sunnites comme tous les citoyens de Fallujah - devant la porte de la maison de Sayef avec leurs armes automatiques mais deux de ces hommes en uniforme armés entrent avec nous et sont visiblement émus par le bébé impuissant allongé par terre ; ils hochent la tête en signe d’incrédulité et de découragement. Mohammed, le père de Sayef, refuse, lui, de se laisser décourager.

« Je pense que tout cela vient de l’usage du phosphore par les Américains pendant les deux batailles, » dit-il. « J’ai entendu parler de tant de cas de malformations à la naissance chez les bébés. Il y a forcément une raison. La première fois que j’ai emmené mon bébé à l’hôpital pour la première fois, j’ai vu des familles qui avaient exactement les mêmes problèmes. »

Des études ont montré que depuis les batailles de Fallujah de 2004 on a recensé une augmentation importante du taux de mortalité et de cancer infantile à Fallujah ; Selon le dernier rapport, parmi les auteurs duquel se trouve un médecin de l’Hôpital Général de Fallujah, 15% des enfants nés à Fallujah souffrent de malformations congénitales.

« Mon fils ne peut pas soutenir sa tête, » dit Mohamed, en caressant la tête disproportionnée de son fils. « Il ne peut bouger qu’une seule main. Nous devons le nourrir au biberon. Il ne peut pas avaler. Parfois il ne peut même pas boire de lait et nous devons l’emmener à l’hôpital pour le mettre sous transfusion. Il était aveugle à la naissance. De plus, les reins de mon pauvre petit bonhomme ne fonctionnent plus. Il s’est paralysé. Il ne peut pas bouger les jambes. Il est aveugle à cause de l’hydrocéphalie. »

Mohamed prend les jambes inutiles de Sayef et les bougent doucement de haut en bas. « Après sa naissance, j’ai emmené Sayef à Baghdad pour le faire examiner par les meilleurs neurochirurgiens. Ils m’ont dit qu’ils ne pouvaient rien faire. Il avait un trou dans le dos qui a été fermé et un trou dans la tête. La première opération n’a pas réussi. Il a eu une méningite. »

Mohamed et sa femme ont dans les 35 ans. A la différence de beaucoup de familles tribales du secteur, ils ne sont pas consanguins et leurs deux filles, qui sont nées avant les combats de Fallujah, sont en parfaite santé. Sayef est né le 27 janvier 2011. « Mes deux filles aiment beaucoup leur petit frère, » ajoute Mohamed « et même les docteurs l’aiment bien. Tout le monde s’occupe de lui. Le docteur Abdul-Wahab Saleh a été merveilleux, sans lui Sayef ne serait pas en vie. »

Mohamed travaille pour une entreprise de matériel d’irrigation, son salaire est de seulement 100 dollars par mois et sa famille l’aide financièrement. Il n’était pas à Fallujah pendant le conflit et quand il est rentré après la seconde bataille, on avait fait sauter sa maison ; il a reçu de l’argent pour reconstruire sa maison en 2006. Il ne cesse de regarder Sayef tout en nous parlant et puis il le prend dans ses bras.

« Chaque fois que je le regarde, j’ai le cœur qui flanche, » dit-il les yeux pleins de larmes. « Je me demande ce qu’il va devenir. Il est de plus en plus lourd. C’est de plus en plus difficile de le porter. » Je demande alors qui est responsable du calvaire de Sayef. Je m’attends à ce qu’il se mette à injurier les Américains, le gouvernement irakien, le ministère de la santé. Les habitants de Fallujah sont décrits dans toute la presse mondiale comme des « pro-terroristes » et anti-Occidentaux depuis le meurtre et la crémation des quatre mercenaires américains en 2004 - l’évènement qui a déclenché les attaques sur Fallujah au cours desquelles près de 2000 Irakiens, civils et opposants, ont été tués en même temps que 100 soldats étasuniens.

Mais Mohamed reste un moment silencieux. Il n’est pas le seul père à nous avoir montré son fils difforme. « Je ne compte que sur l’aide de Dieu » dit-il. « Je ne demande à personne d’autre de m’aider. » Ce qui prouve, à mon sens, que Fallujah, loin d’être une ville de terroristes, compte de très braves gens.

Un peu d’histoire

La première bataille de Fallujah en avril 2004, a consisté en un siège d’un mois qui n’a pas permis aux forces étasuniennes de prendre la ville, considérée comme un bastion insurgé. La seconde attaque en novembre a rasé la ville. Une controverse a fait rage sur l’emploi possible d’obus au phosphore par les troupes étasuniennes. Une étude de 2010 fait état d’une augmentation du taux de mortalité, cancers et leucémies infantiles à Fallujah supérieur à celui constaté parmi les survivants de la bombe atomique larguée sur Hiroshima et Nagasaki.

mardi 8 mai 2012 - 07h:44

Robert Fisk

Lire également :

  « Falloujah, c’est pire qu’Hiroshima » - 24 juillet 2010
  
« Je ne cesse de penser à Falloujah » - 14 avril 2009

25 avril 2012 - The Independent - Pour consulter l’original :
http://www.independent.co.uk/opinio...
Traduction : Info-Palestine.net - Dominique Muselet

Traduction : Dominique Muselet



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Lutte-ouvrière : La guerre américaine pour le pétrole n’en finit pas…

Le texte ci-dessous est la traduction d’un article du groupe trotskyste américain The Spark, publié dans leur revue trimestrielle Class Struggle, n°73 de février-mars 2012, quelques semaines après qu’Obama eut annoncé le retrait complet des troupes américaines d’Irak et le « succès complet » de leur mission !

L’article revient sur les raisons de cette guerre et sur les objectifs de l’impérialisme américain, qui n’ont rien à voir avec les discours officiels.

 Bagdad, comme toutes les principales villes irakiennes, est le théâtre d’attentats meurtriers et sans fin...

Les Etats-Unis ont réussi là un joli travail de démolition de toute une nation.

À la fin du mois de décembre, le président Obama a annoncé la fin de l’occupation de l’Irak et de la terrible guerre de neuf années menée par les États-Unis. Essayant de dresser un tableau flatteur de la guerre, il n’hésita pas à la qualifier de « réussite remarquable ». Obama a même promis aux soldats américains de retour d’Irak que « toutes les batailles et les morts, le sang et la reconstruction, la formation et le partenariat ont tous permis d’atteindre le succès actuel... Nous laissons derrière nous un Irak souverain, stable et autonome, disposant d’un gouvernement représentatif et élu par son peuple. »

La description d’Obama n’a rien à voir avec la réalité de cette guerre ou avec la situation en Irak. Les États-Unis ne quittent pas l’Irak, le gouvernement américain a seulement remplacé ses propres troupes par une importante armée de mercenaires payée par lui. En octobre, Jason Caffetz, élu républicain de l’Utah à la Chambre des représentants, a ainsi décrit « une forte augmentation du personnel des sociétés militaires privées en Irak : 17 000 personnes et 5 500 employés dans le secteur de la sécurité privée ». D’autres estiment le nombre de ces mercenaires à 35 000, nombre qui serait appelé à croître encore à l’avenir. L’ambassade américaine à Bagdad, qui se situe dans l’enclave fortifiée de la Zone verte (Green Zone), est devenue de loin la plus grande ambassade au monde, se transformant en une petite ville de 17 000 employés, mercenaires, membres des forces de sécurité,etc. Le département d’État américain [1] dirige également trois autres grands centres : un à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, un à Bassora, le port principal du sud riche en pétrole, et un à Kirkuk, situé dans la très convoitée région du nord riche en pétrole. Les États-Unis possèdent sept installations supplémentaires à travers le pays. Cela fait ainsi un total de onze sites opérationnels, qui sont autant de centres nerveux, de bases autonomes fortifiées installées aux points stratégiques.

Selon le New York Times (30novembre 2011), l’armée américaine maintient officiellement quelques centaines de soldats comme « formateurs » ou « conseillers » sous l’autorité de l’Office of Security Cooperation (OSC) pour assurer « dans une très large mesure, la continuité de la relation américano-irakienne en matière de sécurité ».

De manière non officielle, un grand nombre de forces spéciales et d’agents de la CIA travailleront sous le commandement unifié des opérations spéciales (Joint Special Operations Command) comme l’a reconnu l’ambassadeur américain James Jeffrey au cours d’une interview télévisée avec Ted Koppel [2] le 12décembre 2011.

En outre, les États-Unis renforcent un contingent déjà fort de 40 000 soldats dans les autres pays du golfe Persique (sans inclure les troupes postées en Afghanistan). En décembre, par exemple, l’armée américaine a augmenté de 4 000 le nombre de soldats installés au Koweït, petit pays frontalier de l’Irak, qui s’élève ainsi à 27 000. Un nombre incalculable d’avions et de missiles américains peuvent bombarder l’Irak à tout moment, en partant de la cinquième flotte de l’US Navy qui patrouille dans le golfe Persique ou de l’une des bases militaires aériennes américaines situées dans les pays voisins de l’Irak.

En d’autres termes, les États-Unis ont simplement changé de façon d’intervenir militairement. Le Wall Street Journal du 10décembre 2011 a précisément relevé ce fait en titrant : « L’Irak vers une nouvelle et large emprise des États-Unis ». Dans cet article, le journal décrit comment « l’implication des États-Unis est tout sauf interrompue. À la place de l’armée, c’est le département d’État qui assumera un nouveau rôle à une échelle sans précédent ». Les soldats américains sont désormais considérés comme des « employés » du département d’État.

Quant aux vantardises d’Obama qui prétend que la guerre des États-Unis a amené la « stabilité » en Irak, elles seraient risibles si la situation n’était pas si tragique. Les propres données accessibles du gouvernement américain montrent à quel point l’Irak demeure un des pays les plus violents et les plus dangereux de la planète. Près de 30% des attentats terroristes dans le monde se produisent en Irak. La violence en Irak serait même plus élevée qu’en Afghanistan si l’on en croit le Rapport trimestriel de l’inspecteur général spécial pour la reconstruction irakienne (Quarterly Report of the Special Inspector General for Iraq Reconstruction, 30octobre 2011).

Cette violence s’aggrave même. Le 23décembre, une série d’explosions a frappé Bagdad, détruisant des écoles, des marchés, des appartements, tuant au moins 67 personnes et en blessant 185 autres. Ce fut la journée la plus meurtrière depuis plus d’un an. Le 2janvier, le bilan a été encore pire avec 72 tués à Bagdad dans une autre série d’explosions.

À cela, il faut encore ajouter les luttes de pouvoir au sommet du gouvernement, qui contribuent certainement à accroître les conflits ethniques et religieux dans la société irakienne. Juste après le départ du dernier convoi de soldats américains d’Irak le 18décembre, Maliki, le chef du gouvernement de coalition irakien, s’est attaqué à des membres de son propre cabinet, ceux qui appartenaient au plus grand parti de sa coalition, parti qui avait obtenu plus de votes que le propre parti de Maliki aux dernières élections. Un mandat d’arrêt pour acte de terrorisme fut émis à l’encontre du vice-président Tariq al-Hashemi qui fut forcé de trouver refuge au Kurdistan irakien. Deux jours plus tard, Maliki mettait son propre vice-Premier ministre, Saleh al-Mutlaq, « en congé prolongé ». Peu après, une bombe a explosé sur la route lors du passage du ministre des Finances, Rafie al-Esawi, qui ne fut pas lui-même touché, mais deux de ses gardes du corps furent gravement blessés.

La violence mortelle qui frappe l’Irak aujourd’hui est une conséquence de la stratégie américaine de diviser pour régner. Dès le début de la guerre, les États-Unis ont divisé les postes gouvernementaux en fonction des cliques religieuses et ils ont encouragé la formation de milices et de gangs dirigés par des seigneurs de guerre et par des chefs tribaux.

Un bourbier « réussi »

Les États-Unis se sont lancés dans cette guerre avec l’idée, en tout cas pour le gouvernement Bush, que son armée renverserait Saddam Hussein et imposerait son propre ordre dans le pays. Au lieu de cela, après près de neuf années, l’armée américaine se retire d’Irak, la queue entre les jambes.

Lorsque les États-Unis ont retiré leurs soldats le 18décembre 2011, ils ne l’ont pas fait en fanfare et étendards au vent. Au contraire, les derniers contingents sont partis furtivement au beau milieu de la nuit, accompagnés d’une armada d’hélicoptères qui surveillaient le sol pour parer à des attaques de roquettes et de blindés. Les militaires américains avaient visiblement si peu confiance en leurs homologues de l’armée irakienne qu’ils ont délibérément trompé leurs plus proches collaborateurs irakiens en leur faisant croire qu’ils les rencontreraient encore le lendemain. Il était évident qu’après neuf années de guerre, les États-Unis avaient créé un nouveau bourbier.

Dès l’été 2009, les États-Unis retiraient leurs soldats des villes et bourgs irakiens, essayant ainsi de réduire la visibilité de la présence américaine en Irak et aussi, par la même occasion, de réduire le nombre de cibles américaines à la portée des insurgés. Un an après, l’armée américaine mettait officiellement fin à toutes ses missions de combat et plaçait ses troupes dans des bases solidement fortifiées qu’elles n’allaient que rarement quitter. Mais les États-Unis ne pouvaient même pas vraiment protéger ces bastions. Le New York Times (26juin 2011) rapportait que les attaques de roquettes et de mortiers contre les bases américaines s’étaient accrues au cours de l’année. En juin2011 par exemple, quatorze soldats américains avaient été tués au cours d’attaques contre leurs bases. Même dans la très fortifiée Zone verte où trônait leur gigantesque nouvelle ambassade, les États-Unis restaient vulnérables. Des roquettes et des missiles ont atteint la Zone verte lorsque le vice-président Joseph Biden y effectua une visite surprise en juillet2010. La zone fut également bombardée au cours de la visite du ministre de la Défense, Léon Panetta, en juillet2011.

La présence même des troupes américaines accrut le ressentiment au sein de la population irakienne. Les médias américains qui couvraient la fin de l’occupation eurent beaucoup de mal à trouver auprès des Irakiens l’expression d’un autre sentiment que « bon débarras ». Ali Jassem, un ouvrier sans emploi de 32 ans à Bagdad, déclarait au New York Times ? : ?? : « Ils (les Américains) n’ont rien réalisé ou disons plutôt qu’ils ont réalisé des bombardements, des tueries et des explosions. Ils ont fait de fausses promesses. Ils ne nous ont rien apporté de bien, à nous, le peuple. Ils ont juste amené des politiciens qui ne se préoccupent que de leurs propres intérêts. » La colère contre l’occupation américaine était si forte que le Times a rapporté « qu’il est significatif que dans les zones sunnites comme chiites, il y en a pour dire que la vie était meilleure au temps de Monsieur Hussein... même ceux qui tremblaient encore au souvenir de la nature dictatoriale du régime » (13décembre 2011).

La quasi-décennie de guerre a engendré de vrais problèmes au sein même de l’armée américaine. Depuis l’envoi de troupes supplémentaires en 2006-2007, des généraux, y compris au plus haut niveau, ont ouvertement fait part de leur inquiétude quant aux effets de la guerre en Irak, combinée à celle d’Afghanistan, sur leur armée. Cela a généré un énorme stress pour les soldats qui ont été envoyés trois, quatre, voire cinq fois dans les zones de combat. Parmi ceux qui ont servi en Irak ou en Afghanistan, 625 000 soldats démobilisés se sont inscrits pour obtenir des allocations d’invalidité. La démoralisation des soldats se reflète dans le fait que le nombre de suicides de soldats d’active ou de soldats démobilisés est plus élevé que le nombre de soldats américains tués en Irak. Les envois répétés dans les zones de combat risquaient de « briser l’armée » ou tout au moins de limiter fortement la capacité de l’armée à gérer d’autres « crises » ou « imprévus » comme les appellent les généraux.

Ensuite, il y a le problème de l’argent. Jusqu’ici, la guerre a coûté 800milliards de dollars en neuf ans. Si l’on ajoute les autres dépenses en incluant les intérêts de la dette de l’État et le coût actuel des soins médicaux pour les vétérans, le coût total de la guerre s’élèverait à 4 000milliards de dollars, selon les économistes Joseph Stiglitz et Linda Bimles.

Le général Karl R. Horst, chef d’état-major du Commandement central, a marqué son soutien enthousiaste au retrait de ses troupes d’Irak en déclarant au New York Times (29octobre 2011) : « Je pense que c’est sain. Je pense que c’est efficace. Je pense que c’est pragmatique. » En d’autres termes, c’est « sain » pour l’armée et c’est à la fois une manière « efficace » et « pragmatique » de protéger les intérêts des compagnies pétrolières, qui, dans cette situation désastreuse, se contentent de contrôler quelques régions du pays, les régions où se trouve le pétrole.

Ils ont obtenu ce pourquoi ils étaient venus : le pétrole de l’Irak

En détruisant le vieil appareil d’État de Saddam Hussein, les États-Unis ont desserré l’emprise de l’État irakien sur l’industrie pétrolière. Et en jouant les divisions et les tensions ethniques et religieuses au sein du pays, les États-Unis ont potentiellement divisé cette industrie en deux : une partie contrôlée par le gouvernement central irakien et l’autre contrôlée par le gouvernement régional du Kurdistan irakien dans le nord du pays.

Les compagnies pétrolières se sont empressées de jouer les uns contre les autres. ExxonMobil, la plus grande compagnie pétrolière du monde, a signé un contrat avec le gouvernement central pour l’extraction des champs pétrolifères du sud, près de Bassora, région d’où provient aujourd’hui la plupart du pétrole irakien. Fin novembre, ExxonMobil a signé un contrat, qui lui était bien plus favorable, avec le gouvernement kurde pour des opérations de forage dans le nord du pays. Le gouvernement Maliki a menacé ExxonMobil de l’empêcher d’obtenir de nouveaux droits d’exploitation dans le sud. Mais ces menaces n’ont pas l’air d’avoir inquiété Royal Dutch Shell, Chevron et l’Italien ENI, qui ont annoncé qu’ils étaient eux aussi prêts à signer un accord avec le gouvernement régional kurde.

Si le gouvernement kurde arrive à maintenir un contrôle sur les ressources pétrolières qui se trouvent sur son territoire, cela encouragera les autres gouvernements régionaux à faire de même. Cela pourrait déclencher une nouvelle vague de combats entre des groupes de seigneurs de guerre, de chefs tribaux et/ou religieux qui se disputeraient les miettes laissées par les multinationales pétrolières et bancaires. Le résultat pourrait bien être un morcellement encore plus grand du pays, une balkanisation qui laisserait les réserves pétrolières encore plus vulnérables au pillage.

Évidemment, la production de pétrole a fortement été réduite du fait de l’invasion américaine et de la guerre civile qui s’en est suivie. Cependant, les grandes multinationales pétrolières, et les grandes banques qui les soutiennent, ont obtenu le contrôle d’une bien plus grande partie de la future production pétrolière irakienne et de ses profits qu’auparavant.

Il ne faut pas sous-estimer la valeur de ce butin. Les réserves pétrolifères connues de l’Irak sont aujourd’hui les troisièmes au monde et les géologues internationaux considèrent que des territoires encore non explorés recèleraient des réserves encore plus importantes. Ces réserves se situent à un faible niveau de profondeur, ce qui rend leur coût d’exploitation très bas, à peine un dollar le baril, en comparaison avec l’exploitation plus difficile des gisements en haute mer ou dans la toundra arctique. Ce pétrole est de haute qualité, ce qui rend son raffinage facile et peu coûteux.

La balkanisation de l’Irak peut bien sûr entraîner plus de désordres avec tous les risques que cela comporte pour l’industrie pétrolière. C’est pourquoi le gouvernement américain renforce les forces de mercenaires sous le contrôle du département d’État, et les compagnies pétrolières accroissent également leurs propres forces de sécurité et leurs mercenaires.

L’année passée, une vague de protestations a éclaté à travers tout le pays et s’est prolongée pendant plusieurs semaines. Les manifestants exigeaient de meilleurs services sociaux, de l’électricité, de l’eau, des prix stables pour la nourriture, plus d’emplois, moins de corruption (l’Irak est le quatrième pays le plus corrompu au monde selon Transparency International) et des réformes du système de gouvernement. Une grande partie de la colère fut également dirigée contre l’occupation américaine. Les manifestations ont varié en ampleur selon les endroits, mais elles ont eu lieu à travers tout le pays, de Bassora au sud, à Bagdad et Tikrit au centre et jusqu’à Mossoul au nord et Sulaimaniya dans la région autonome kurde. Elles traversaient les clivages sectaires et religieux.

Les plus grands dirigeants religieux comme Moktada al-Sadr, dont la base se situe dans les taudis chiites de Bagdad, et le grand ayatollah Ali al-Sistani s’opposèrent aux manifestations. Parallèlement, le gouvernement répondit par la force. De nombreuses sources rapportent que la police a tiré à balles réelles sur les manifestants, utilisé des gaz lacrymogènes, organisé des passages à tabac et procédé à des milliers d’arrestations. Après les avoir accusés d’avoir dirigé les manifestations, le gouvernement Maliki a fermé les locaux du Parti communiste irakien et du Parti national irakien.

L’opposition de la hiérarchie religieuse et la répression de l’appareil d’État rassurèrent les impérialistes américains au moment où ils s’apprêtaient à retirer leurs troupes d’Irak. Cela montrait que les autorités irakiennes pouvaient exercer un contrôle suffisant sur la population pour que la production de pétrole puisse se poursuivre.

Le prix payé par la population irakienne

Cette guerre a réduit ce pays en cendres. L’avenir de la population est déjà très sombre alors que la poursuite de la division du pays et la possibilité d’une guerre civile menacent de provoquer des désastres supplémentaires en plus de ceux qu’a déjà subis la population irakienne.

Les civils constituent de loin la majorité des personnes tuées au cours des neuf années de guerre. Les registres de l’armée américaine, divulgués par Wikileaks, énumèrent 122 000 civils tués. Selon l’enquête effectuée par l’ONG Just Foreign Policy, il y aurait près de 1,5million de civils tués directement par la guerre ou à cause des conditions de vie créées par la guerre.

La CIA estime que le PIB par habitant est si bas que l’Irak est relégué à la 161e place dans le monde, alors qu’avant les deux guerres des États-Unis contre le pays, il était en tête du Moyen-Orient. L’Iran, après avoir subi des années d’embargo américain, des sanctions, des assassinats de ses scientifiques ou d’autres actes d’une guerre secrète, tient la 104e place, loin devant l’Irak.

Même les infrastructures les plus élémentaires sont pratiquement inexistantes. La plupart des 64milliards de dollars que les États-Unis ont officiellement dépensés à la reconstruction de l’Irak, ont seulement enrichi les grandes entreprises de construction américaines et une poignée de nantis irakiens. La population se retrouve avec peu ou pas d’électricité et d’eau potable pendant que les eaux usées inondent les rues. La population des villes et des bourgs proches des zones de production pétrolière, telle Bassora, la deuxième plus grande ville du pays, vit dans la suie et la fumée.

Les États-Unis ont largué en Irak des milliers de bombes comportant de l’uranium appauvri, un déchet radioactif qui provient de la production d’énergie nucléaire. Les chercheurs britanniques ont révélé une augmentation massive de la mortalité infantile et des taux de cancer dans des villes comme Falloujah qui furent lourdement bombardées, supérieurs à « ceux observés chez les survivants des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki ». Dans la province de Babil, le nombre de cancers avérés a grimpé de 500 en 2004 à 7 000 en 2008. À Bassora, le taux de leucémies infantiles a plus que doublé en quinze ans selon une étude publiée par l’American Journal of Public Health, il y a deux ans.

Alors que les États-Unis retiraient leurs derniers soldats du pays, certains journalistes se sont rendus dans la ville de Falloujah, à l’ouest de Bagdad, que les États-Unis ont assiégée et attaquée de manière massive à deux reprises en 2004 pour essayer de briser la résistance à l’occupation. Dans cette ville de 300 000 habitants, les médecins de l’hôpital local ont constaté la mort de près de 2 000 civils, surtout des femmes, des enfants et des personnes âgées, et l’on continue encore à extraire des squelettes des bâtiments bombardés. La majorité des habitants furent déplacés de leur domicile au cours du siège. La plupart sont revenus, mais il existe des milliers de sans-abri. Après le siège, le gouvernement a promis un programme de reconstruction.

Deux des projets avaient notamment été mis en avant : une station d’épuration de l’eau et un projet de traitement des eaux usées lancé en 2004. Sept ans après, le système d’égouts n’est pas achevé et la fin des travaux reste en suspens. La station d’épuration fournit de l’eau potable pour moins de 20% de la population. Les quartiers qui ont subi l’attaque de plein fouet ont aujourd’hui des routes sales et poussiéreuses, encombrées de détritus. « Tout va mal ici, déclarait un boulanger à un journaliste d’al-Jazeera (3janvier 2012), pas d’eau, pas d’électricité, pas de bons soins médicaux. Nous avons entre 75 et 80% de chômeurs. Les veuves n’ont pas de droits, pas d’indemnités. » Les luttes religieuses engendrées par la guerre ont poussé des familles à la rue. Parmi celles qui sont revenues, nombreuses sont celles qui sont à nouveau chassées par la reprise des combats. Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés estime qu’il y a encore cinq millions d’Irakiens qui ont fui leur domicile.

Près de trois millions sont des réfugiés dans leur propre pays. Une grande partie d’entre eux sont entassés dans les 380 camps de réfugiés dispersés à travers le pays. Ils ont peu d’accès à l’eau propre, aux sanitaires ou aux soins médicaux. Nombreux sont considérés comme des squatters illégaux et ils ne peuvent pas obtenir les papiers administratifs nécessaires pour recevoir des allocations sociales, obtenir un emploi ou inscrire leurs enfants à l’école. Deux autres millions d’Irakiens ont fui l’Irak pour les pays voisins (Jordanie, Liban, Égypte et Syrie) avec peu d’espoir de s’insérer dans les communautés locales ou même d’obtenir un permis de séjour pour pouvoir avoir un emploi. Ceux qui se trouvent en Syrie, avec la montée de la violence, sont à nouveau déracinés et forcés de chercher un nouveau refuge.

Les femmes ont été particulièrement touchées. La guerre, les difficultés économiques et la poussée de l’extrémisme religieux ont entraîné une forte hausse de la violence à l’encontre des femmes, notamment des crimes « d’honneur », des viols et des kidnappings. Avant la première guerre du Golfe en 1991, l’Irak avait l’un des taux d’alphabétisation des femmes les plus élevés du Moyen-Orient. Il y avait en Irak plus de femmes employées dans des professions qualifiées, comme la médecine et l’enseignement, ou comme ouvrières, que dans la plupart des autres pays de la région. Aujourd’hui, la plupart des femmes sont forcées de rester à la maison, sans emploi et sans éducation. De nombreuses femmes irakiennes qui ont fui dans les pays voisins se sont retrouvées incapables de nourrir leurs enfants. Pour joindre les deux bouts, des dizaines de milliers d’entre elles, parmi elles des filles de 13 ans ou moins, ont été forcées de se prostituer.

Des bouledogues de l’impérialisme, mais aussi des victimes

Une autre génération d’Américains a été transformée en pitbulls de l’impérialisme, souffrant eux-mêmes de la destruction morale, physique et psychologique qu’une telle guerre impose à l’armée impérialiste elle-même.

Aux quelque 5 000 tués de la guerre, il faut ajouter les suicides qui continuent de progresser année après année, au fur et à mesure que les soldats reviennent. Selon l’Association des vétérans, toutes les 80 minutes un vétéran des guerres d’Irak et d’Afghanistan tente de se suicider, soit 18 par jour ou 6 600 par an. Il y a aussi l’augmentation de la violence à domicile, de l’alcoolisme, de la drogue,etc.

Les rapports du Pentagone ne mentionnent l’existence que de 32 226 blessés, ce qui sous-estime largement leur nombre réel. Plusieurs études ont été réalisées par le propre centre des traumatismes cérébraux du Pentagone, par la RAND Corporation [3], par le New England Journal of Medicine [4] et par le Department of Veterans Affairs (ministère des Anciens combattants). Ils estiment qu’un tiers de tous les hommes et femmes reviennent de mission en Irak avec des traumatismes cérébraux, des stress post-traumatiques, des dépressions, des pertes d’ouïe, des problèmes respiratoires, des maladies et autres problèmes de santé de long terme.

Des centaines de milliers de soldats, qui ont été brutalisés physiquement et psychologiquement, reviennent dans un pays où ils doivent faire face à des problèmes passés sous silence : premièrement obtenir des soins médicaux adéquats, un emploi et un domicile. Ce pays leur rend hommage en les présentant comme des « héros » de retour, mais ne reconnaît pas les dommages qu’ils ont subis.

Sans issue

Les États-Unis ont détruit un pays entier, ont imposé à la population irakienne une descente dans le chaos et la barbarie et une guerre qui, depuis le départ, était basée sur un tissu de mensonges. Cette guerre était dirigée par les intérêts des compagnies pétrolières, d’autres grandes multinationales et des plus grandes banques.

À ces neuf dernières années, il faut ajouter le prix sanglant déjà payé par le peuple irakien lors de la guerre Iran-Irak entre1980 et1988 que les États-Unis avaient encouragée, ainsi que la première guerre du Golfe en 1990-1991 et les bombardements intensifs qui l’ont suivie depuis. Le dernier chapitre de la guerre des États-Unis contre l’Irak n’est pas encore clos pour le peuple irakien, loin s’en faut.

Et c’est une guerre pour laquelle les soldats des États-Unis ont aussi payé un lourd tribut. Cette guerre n’est pas finie et ce ne sera pas non plus la dernière des guerres de l’impérialisme américain.

La guerre en Irak donne l’image exacte de l’impact gigantesque et barbare de l’impérialisme, du prix humain qu’il impose aux populations à travers le monde, y compris aux États-Unis, tout cela pour obtenir quelques dollars de profit supplémentaire.

25 avril

Avril 2012 - Lutte de Classe - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.lutte-ouvriere.org/docum...


3-2 Manlio Dinucci : L'art de la guerre : Ceux qui nous défendent des atrocités.
Qui doutait que Barack Obama ne méritait pas le Prix Nobel de la paix va devoir maintenant revenir sur son opinion. Le président a annoncé la création de l’Atrocities Prevention Board, un comité spécial de la Maison Blanche pour la « prévention des atrocités ». Il est présidé par son inspiratrice, Samantha Power, assistante spéciale du président et directrice pour les droits de l’homme au National Security Council, formé par les conseillers les plus importants en politique étrangère. Dans son ascension au pouvoir (auquel elle semble prédestinée par son nom), Samantha, aspirante secrétaire d’Etat, s’est toujours appuyée sur la dénonciation de présumées atrocités, attribuées à ceux qui, chacun à leur tour, sont désignés comme les ennemis numéro un des Etats-Unis. Sous l’aile de son patron, le puissant financier Georges Soros, Power a contribué à élaborer la doctrine « Responsabilité de protéger », qui attribue aux Etats-Unis et à leurs alliés le droit d’intervenir militairement dans les cas où, de leur avis sans appel, des « atrocités de masse » sont sur le point d’être commises. C’est grâce à ce type de motivation officielle, en particulier celle de protéger la population de Benghazi menacée d’extermination par les forces gouvernementales, que le président Obama a décidé l’an dernier de faire la guerre contre la Libye. La doctrine est maintenant institutionnalisée avec la création de l‘Atrocities Prevention Board. A travers la Communauté d’intelligence (formée par la Cia et 16 autres agences fédérales), il établit quels sont les cas de « potentiels atrocités de masse et génocides », en alertant le président. Il préfigure ainsi les outils politiques, économiques et militaires pour la « prévention ». Dans ce cadre, le Département de la défense est en train de développer « des principes opérationnels ultérieurs, spécifiques de la prévention et de la riposte aux atrocités ». Dorénavant ce sera l’Atrocities Prevention Board qui préparera le terrain à de nouvelles guerres. Et il est déjà au travail : face à l’ « indicible violence à laquelle est soumis le peuple syrien, nous devons faire tout ce que nous pouvons », a déclaré le président Obama, en soulignant qu’aujourd’hui comme dans le passé, « la prévention des atrocités de masse constitue une responsabilité morale fondamentale pour les Etats-Unis d’Amérique ». Dommage que l’Atrocities Prevention Board n’ait été créé que maintenant. Sinon il aurait pu prévenir les atrocités de masse dont est constellée l’histoire étasunienne, à commencer par le génocide des populations autochtones nord-américaines. Il suffit de nous souvenir, en nous limitant aux cinquante dernières années, des guerres contre le Vietnam, le Cambodge, le Liban, la Somalie, l’Irak, la Yougoslavie, l’Afghanistan, la Libye ; les coups d’état orchestrés par les Usa en Indonésie, Chili, Argentine, Salvador. Des millions de personnes emprisonnées, torturées et tuées. Pour prévenir d’autres atrocités, l’Atrocities Prevention Board devrait livrer à la justice les responsables, impunis, des tortures et meurtres à Abu Ghraib, à Guantanamo et dans des dizaines d’autres prisons secrètes de la Cia. Il devrait aussi joindre aux actes les vidéos avec lesquelles les soldats étasuniens documentent, pour s’amuser, le meurtre de civils en Afghanistan[1][1][1], que le Pentagone a essayé d’abord d’occulter puis de minimiser. Que Samantha Power les regarde bien, ces vidéos, pour comprendre ce qu’est vraiment une « atrocité de masse ».

Manlio Dinucci

[1][1][1]  Voirhttp://www.rollingstone.com/politics/news/the-kill-team-20110327

Mardi 1er mai 2012

Edition de mardi 1er mai 2012 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20120501/manip2pg/14/manip2pz/322008/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Source : Marie-Ange Patrizio



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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17/06/2012

n°529 - Journal d'Irak - du 23/04 -Bush condamné pour crimes de guerre par contumace.

n°529 - Journal d'Irak - du 23/04 -Bush condamné pour crimes de guerre par contumace.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journald'Irak

n°529                 du 23/04                   au 16/06

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes  blog : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                              http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Tiré à part 

Yvonne Ridley : Bush condamné pour crimes de guerre par contumace.

Ziad Tarek Aziz : Irak: "Silence, on exécute!".

Robert Fisk : L’Irak retombe dans l’oubli.

1 Dommages Collatéraux...

USA: toutes les 8 minutes un vétéran américain se suicide.

2-1 Occupation de l'Irak

Abu Assur : La Résistance irakienne pilonne les trous des Gangsters US à Bagdad.

3)Politique

La crise politique s'aggrave.

Maliki échappe à la défiance, la crise politique continue.

Les grandes manœuvres

Repère : tourmente irakienne

c) Sur le terrain

Résultat mitigé pour le 4e tour d'enchères pétrolières et gazières.

Attentats contre des oléoducs en Irak, exportations pas affectées (…)

Prisons, exactions & torture

LE SECRETAIRE DE L’ANCIEN PRESIDENT SADDAM HUSSEIN  Abed Hmoud  - EXCECUTE 

AL MANAR : Premiers témoignages à la barre contre le vice-président Hachémi.

Extension des actions ?

Algerie1: Un attentat suicide contre une fondation chiite fait 22 morts.  

4 Lutte pour la libération du territoire

Almanar : Hausse du nombre de tués en Irak en mai.

 www.levif.be -Belga: Trois policiers et un soldat tués dans des attentats.

5 Prisons, exactions. 

AFP : Le soldat US John Russell  inculpé pour meurtre.

6  Les voisins

 Turquie

Tension Irak-Turquie: Bagdad convoque l’ambassadeur turc

 

 



Yvonne Ridley :Bush condamné pour crimes de guerre par contumace.

 

Kuala Lumpur – C’est officiel : George Bush est un criminel de guerre.

Dans ce qui est la première condamnation de ce type dans l’histoire, l’ex-président des USA et sept membres de son administration ont été condamnés hier (vendredi) pour crimes de guerre.
Bush, Dick Cheney, Donald Rumsfeld et leurs conseillers juridiques Alberto Gonzales, David Addington, William Haynes, Jay Bybee et John Yoo ont été jugés par contumace en Malaisie,

Le procès qui s’est tenu à Kuala Lumpur a permis d’entendre les témoignages poignants de victimes de tortures subies par ces personnes alors qu’elles étaient aux mains des troupes américaines ou de contractants en Irak et en Afghanistan.
L’un d’eux est le témoignage d’un Britannique, Moazzam Begg, ex-détenu de Guantanamo et aussi celui d’une femme irakienne, Jameelah Abbas Hameedi qui ont été torturés dans la tristement célèbre prison d’Abu Ghraib.
À la fin des audiences qui ont duré tout le week-end, les 5 membres de la Cour ont prononcé à l’unanimité le verdict de culpabilité à l’encontre de Bush, Cheney, Rumsfeld et de leurs principaux conseillers juridiques, les condamnant tous pour crime de guerre en raison de tortures et de traitements cruels, inhumains et dégradants.
La transcription des accusations, les déclarations de témoins et d’autres documents du dossier seront transmis au Procureur général de la Cour Internationale de Justice, ainsi qu’aux Nations Unies et au Conseil de sécurité.
La Commission du Tribunal de guerre de Kuala Lumpur a également demandé à ce que les noms de Bush, Cheney, Rumsfeld, Gonzales, Yoo, Bybee, Addington et Haynes soient officiellement rajoutés au registre de la Commission pour les crimes de guerre.
Ce tribunal est né de l’initiative de l’ex-premier ministre malais, Mahathir Mohamad, qui s’est toujours opposé à l’invasion de l’Irak par les USA en 2003.
Il a assisté personnellement aux audiences où étaient évoquées les expériences personnelles de trois témoins, à savoir Abbas Abid, Moazzam Begg et Jameelah Hameedi. Le tribunal a aussi entendu deux autres déclarations statutaires de la part d’un citoyen irakien, Ali Shalal, et d’un Britannique, Rahul Ahmed.
Après que les cinq juges eurent prononcé la sentence de culpabilité, Mahathir Mohamad a déclaré : « Les États-Unis continuent impunément à commettre des meurtres. »
L’avocat et expert en crimes de guerre, Francis Boyle (ci-dessous), professeur en droit international à l’école de droit de l’université de l’Illinois, faisait partie de l’équipe de procureurs en charge de l’accusation.
Après le procès, il a déclaré : « C’est la toute première fois au monde que ces gens sont condamnés. »
Même si certains ne voient dans ce verdict qu’une mesure purement symbolique, le militant pour les droits de l’homme Francis Boyle a dit que Bush & Co allaient très certainement devoir faire face au même type de procès dans d’autres pays.
« Nous avons essayé par trois fois d’attraper Bush au Canada, mais le gouvernement canadien a fait échouer ces tentatives, puis nous l’avons dissuadé d’aller en Suisse. La démarche entreprise en Espagne a avorté à cause du gouvernement espagnol, et même résultat en Allemagne. »
Boyle a ensuite mentionné la Charte de Nuremberg qui a été utilisée comme support par le tribunal quand il s’est agi de justifier de la crédibilité de l’initiative malaise. Il rappelle que « les dirigeants, les organisateurs et les complices ayant participé à la formulation ou à l’exécution d’un plan commun ou d’un complot visant à commettre des crimes de guerre sont responsables de tous les actes perpétrés par quiconque met ces plans à exécution. »
Les USA sont sujets aux lois internationales communes et aux principes de la Charte de Nuremberg, a expliqué Boyle, qui pense également que le procès de ce week-end a été suivi de près par les responsables du Pentagone et de la Maison-Blanche.
Le professeur Gurdial Singh Nijar, qui présidait la Cour, a déclaré : « Le tribunal a porté une attention particulière au respect scrupuleux des principes dessinés par le tribunal de Nuremberg et les Cours internationales de justice. »
Il s’est aussi montré confiant sur le fait que le tribunal serait imité ailleurs dans le monde, « dans les pays qui ont le devoir de juger les criminels de guerre, » et il a cité le cas du dictateur chilien Augusto Pinochet, arrêté en Grande-Bretagne pour être extradé vers l’Espagne sur des accusations de crimes de guerre.
« Pinochet avait quitté son siège de Président depuis seulement 8 ans lorsque cela s’est produit. »
L’affaire Pinochet fut la première fois où plusieurs juges européens ont appliqué le principe de la juridiction universelle, se déclarant eux-mêmes compétents pour juger les crimes commis par l’ex-chef d’État, malgré les lois d’amnistie locales.
Tout au long de la semaine, la salle du tribunal était remplie d’experts juridiques et d’étudiants en droit écoutant les témoignages des témoins et les analyses croisées de la défense emmenée par l’avocat Jason Kay Kit Leon.
La Cour a entendu comment Abbas Abid, un ingénieur de 48 ans habitant Fallujah en Irak avait eu les ongles retournés à l’aide d’une pince.
• Ali Shalal était ligoté avec des fils électriques puis électrocuté alors qu’on le suspendait contre le mur.
• Moazzam Begg a été battu, le visage encapuchonné, et maintenu en confinement.
• Jameelah a été dénudé et humilié, et utilisé comme bouclier humain alors qu’il était transporté en hélicoptère.
• Les témoins ont également donné des détails sur les séquelles de leurs blessures qui perdurent encore aujourd’hui.
Moazzam Begg, qui travaille désormais comme directeur de l’association de défense des droits de l’homme basée à Londres, Cageprisoners, a dit être très satisfait du verdict, mais a ajouté : « quand les gens parlent de Nuremberg, il faut garder à l’esprit que les personnes jugées ont toutes été poursuivies après la guerre. »
« La prison de Guantanamo est toujours ouverte au jour d’aujourd’hui, des gens y sont toujours détenus et torturés. »
En réponse aux questions sur la différence entre les administrations Bush et Obama, il a ajouté : « Si le président Bush a été le président des tortures extrajudiciaires, alors le président américain Barack Obama est celui des assassinats extrajudiciaires, avec les frappes de drones. Notre travail ne fait que commencer. »
L’accusation s’est efforcée de montrer comment les décisionnaires au plus haut niveau, à savoir le président Bush, son vice-président Dick Cheney, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, aidés et secondés par leurs conseillers juridiques et d’autres hauts responsables, ainsi que des officiels de la CIA, avaient tous agi de concert. La torture était utilisée systématiquement et est devenue un standard de fait.
D’après l’accusation, les récits des témoins prouvent l’exercice continu contre eux de traitements brutaux, barbares et déshumanisants.
Ces actes criminels ont été commis de façon cumulative afin d’infliger les peines et les souffrances maximales, ont expliqué les avocats.
Le président du tribunal, Tan Sri Dato Lamin bin Haji Mohd Yunus Lamin, (abrégé en « M. Lamin ») a statué que l’accusation avait établi au-delà de tout doute raisonnable que les personnes poursuivies, à savoir le Président George W. Bush et ses coaccusés, « avaient participé, à travers un ensemble d’instructions, de mémorandums, de directives, de recommandations et d’actions légales, à établir un plan d’ensemble et un objectif commun, ou encore une conspiration dans le but de commettre les crimes en relation avec la « Guerre contre la terreur » et avec les guerres lancées par les USA en Afghanistan et en Irak. »
Le président Lamin a précisé devant un parterre plein à craquer : « En tant que tribunal de conscience, la Cour n’a pas de pouvoir d’application de la loi (enforcement) ni celui d’imposer une sentence d’emprisonnement à l’une quelconque des 8 personnes condamnées. Ce que nous pouvons faire, au titre de l’article 31 du Chapitre IV de la 2e partie de la Charte, est de recommander à la Commission des Crimes de guerre de Kuala Lumpur qu’elle transmette le verdict d’accusation par le Tribunal, accompagné des documents attenants, au Procureur en chef de la Cour criminelle internationale, ainsi qu’aux Nations Unies et au Conseil de sécurité. »
« Le Tribunal recommande également à la Commission des crimes de guerre de Kuala Lumpur que les noms des personnes condamnées soient ajoutés au Registre des Criminels de guerre de la Commission, et que celui-ci soit communiqué au public. »
« Le Tribunal recommande également que la Commission des crimes de guerre de Kuala Lumpur diffuse le plus largement possible au niveau international l’information sur cette condamnation et sur les garanties de compensations, étant donné qu’il s’agit ici de crimes universels pour lesquels il est de la responsabilité de chaque nation de poursuivre juridiquement ces personnes si elles venaient à pénétrer sur le territoire où s’applique leur juridiction. »
Yvonne Ridley

Samedi 19 Mai 2012


Ziad Tarek Aziz :Irak: "Silence, on exécute!".

Dans une lettre publique, Ziad Tarik Aziz, le fils de Tariq Aziz, ancien vice-premier ministre de Saddam Hussein et ministre des Affaires étrangères, condamné à mort, informe le monde des méthodes expéditives utilisées par le gouvernement irakien pour exécuter en silence ses anciens ennemis condamnés à la peine de mort. Voici l’intégralité de la lettre :

« Madame, Monsieur,

Je suis certain que vous avez entendu l’information sur l’exécution de l’ex-secrétaire du président (Saddam Hussein), Abid Hameed Hamoud. Cependant, ce que vous ne savez pas, c’est qu’il a été conduit à son exécution en pensant qu’on l’emmenait faire un contrôle médical. Le gouvernement irakien n’a même pas informé sa famille ou ses proches, ou pris ses dispositions pour la remise du corps.

C’est là un comportement typique du gouvernement irakien. Ils ont tellement soif de vengeance qu’ils ont ignoré les formalités consistant à informer le condamné de son exécution.
Mon père a été condamné à la peine de mort dans le même procès que M. Hameed. Je suis très inquiet à l’idée qu’ils puissent lui faire la même chose. Le secrétaire à la presse du Premier ministre a déclaré au début de l’année qu’ils allaient exécuter mon père, et ayant accompli cette formalité, rien ne peut les arrêter. Le monde doit savoir ce que ces gens ont fait et ce qu’ils feront, j’en suis certain, dans un futur très proche.

Je vous demande de m’aider à faire savoir au monde ce que ces gens ont fait et à arrêter ce qu’ils ont prévu de faire.

Merci pour votre soutien, ma famille et moi-même vous seront redevables.
Sincèrement
Ziad Tarik Aziz »

Source : Afrique Asie – juin 2012

http://www.afrique-asie.fr/component/content/article/27-actualite32/3081-irak-silence-on-execute.html


Robert Fisk :L’Irak retombe dans l’oubli.

Les souvenirs des tueries de la guerre, des enlèvements et des meurtres d’enfants se sont estompés. L’environnement semble un peu plus sûr.

Mais neuf ans après la chute de Saddam Hussein, Robert Fisk a rencontré beaucoup de personnes qui estiment avoir perdu leur patrie

Dans la ville irakienne de Falloujah, les troupes américaines et britanniques se sont rendues coupables de véritables crimes de guerre.

L’ensemble des victimes civiles suite à l’invasion de l’Irak en 2003 avoisine le million de morts.

« Al-Qaïda a tué deux de nos hommes ici il y a deux jours, » dit le flic. « Puis ils nous ont appelé pour nous dire le nom de leur opération... sur une radio de la police... »

Nous nous étions dans Falloujah reconstruite, où la police demande à tous les étrangers de ne circuler qu’avec une escorte. Nous avons eu six gardes, l’un d’entre eux portant une cagoule. Vous voyez l’ambiance. Le colonel de la police a encore déclaré plus tard : « Al-Qaïda [est] toujours là, ils sont une nuisance, par exemple pour moi quand je dois me déplacer dans la ville, mais ils ne sont plus ce qu’ils étaient. »

Dans l’ancienne base de la marine US, non loin de la gare de chemin de fer nouvellement reconstruite - où il n’y a, bien sûr, pas de trains - l’enseigne à moitié effacée « USMC » était encore sur le mur. Mais il y avait de la poussière en tourbillons autour de la cour et quelques-uns des sacs de sable étaient crevés.

Tout le chemin du retour à Bagdad, on apercevait les anciennes bases américaines délabrées, et les murs anti-explosion en béton de quelques-unes s’étaient effondrés. Il y avait une forte impression d’un empire défunt - à la suite des Romains puis la Grande-Bretagne.

L’Irak ne manque pas de problèmes. Son vice-président, Tareq al-Hashemi, a fui Bagdad pour le Kurdistan irakien puis est parti au Qatar et ensuite en Arabie Saoudite, faisant une tournée dans le Golfe - à la grande colère du premier ministre irakien Nouri al-Maliki qui l’accuse d’avoir organisé des escadrons de la mort. Al-Hashemi affirme que trois de ses hommes ont été torturés à mort dans une prison de Bagdad - l’administration al-Maliki disant qu’une seule est morte et pour des raisons médicales.

C’est une sale histoire. Le gouvernement central veut même mettre au pas les autorités de l’aéroport d’Erbil, la capitale kurde, pour avoir permis à al-Hashemi de s’envoler vers le Qatar. La Grande-Bretagne n’est pas une république, mais c’est un peu comme si Cameron accusait Clegg d’être un traître, Clegg s’enfuyant alors en Ecosse et Cameron affirmant que l’aéroport d’Edimbourg ne devrait pas l’avoir laissé s’envoler vers l’Irlande. « La loi irakienne est une et elle s’applique à tous, y compris au Kurdistan, » a annoncé un porte-parole du gouvernement.

Mais cela ne marche pas. Le Kurdistan irakien est presque un Etat indépendant - il possède son propre drapeau, sa propre langue nationale - même si ses plaques d’immatriculation sont encore irakiennes. Sur tout le chemin en autoroute jusqu’à Irbil, il y a la police irakienne et des checkpoints de l’armée - certains policiers roulent en voitures Chevrolet vert et jaune vif - et ils sont beaucoup plus conviviaux que les anciens points de contrôle américains où des soldats nerveux et effrayés pointaient sur vous leurs fusils au cas où vous étiez un attaquant-suicide. Il y a un tronçon de 50 kilomètres qui est généralement considéré comme dangereux - c’est un territoire d’Al-Qaïda, pour autant que vous pouvez utiliser l’expression - et puis vous arrivez au Kurdistan, et l’écume des rivières sous la route et les flics sont encore plus amicaux. En dehors d’Irbil il y a un grand bâtiment qui ressemble à un entrepôt douanier. Oui, l’Irak est plus sûr, et même l’ancienne résistance sunnite - n’ayant plus d’ennemis américains à attaquer - a annoncé que son ennemi était maintenant l’Iran. Peut-être bien.

Je suis sur l’autoroute avec le Dr Loubna Naji, une femme médecin de 25 ans. Elle secoue la tête. « Il n’y a plus de véritable pays. Quand je parle à mes amis, pour la plupart des médecins, tous parlent de quitter l’Irak. Ils rêvent tous de partir parce que votre foyer est là où vous vivez, là où on vous désire. Nous avons perdu notre sens de quelque chose qui nous appartienne, notre patrie. Nous avons perdu notre identité nationale en tant qu’Irakiens. »

Vous entendez beaucoup dire cela. Le gouvernement, vous dit-on à Bagdad, est sans aucune honte sectaire. Et la corruption. Saad Tahr Hussein est un journaliste qui va droit au but. « Pour moi, je préfère mourir ici, comme un arbre debout, restant ferme. » Je me moque de sa double métaphore et il agite sa main. « C’est la différence entre l’ancienne et les jeunes générations. » Nous avons passé tellement de points de contrôle que je suis presque pris de vertige. Le temps que j’étais à Erbil, j’ai compté 13 types différents de tenue de camouflage. Ceux en noir autour de Bagdad sont du parti chiite al-Dawa d’al-Maliki. Tous les flics sont en fait des miliciens, me dit-on dans la ville d’al-Hawaya. Eh bien, qu’ils obéissent à la loi. Les salaires mensuels sont de 300 livres sterling pour les policiers et les officiers de l’armée en touchent 500. En Irak, on risque sa vie pour une telle somme.

Mais que dire du côté sombre ? Qu’est-il arrivé à l’Irak dans les jours noirs de la guerre sectaire, des enlèvements et des meurtres d’enfants ? Le docteur Naji frémit. « J’étais une étudiante de quatrième année de médecine à l’Institut de médecine légale à côté de la morgue et vous ne croiriez pas ce que nous avons vu. Je me souviens d’un corps qui nous était arrivé. Il avait été décapité et quelqu’un avait cousu une tête de chien à la place. Pouvez- vous imaginer quelqu’un capable de faire une telle chose ? » L’homme transformé en chien. C’est le genre de chose que les Safavides auraient fait, ou les Mongols. Nous avons encore besoin d’une étude psychologique de l’Irak dans les années 2005-2007.

Comme si la souveraineté ne comptait pas, le gouvernement de Bagdad affirme que les Kurdes vendent illégalement du pétrole aux Iraniens, privant le gouvernement de milliards de dollars de ressources. Le Vice-Premier ministre Hussein Shahristani, une victime des tortionnaires à l’époque de Saddam Hussein - combien rapidement on évacue ces souffrances du passé, bien que les Irakiens, eux, ne les oublient pas - affirme que le manque à gagner est tellement énorme qu’il crée un déficit dans le budget.

Un haut fonctionnaire afghan a admis en octobre dernier que son propre pays achetait du pétrole aux Kurdes - c’est un long chemin pour le transporter par camions - mais le gouvernement dispose d’un nœud coulant pour étrangler les Kurdes. C’est lui qui paie les salaires des Peshmergas, les forces de sécurité du Kurdistan. « Si leurs salaires n’arrivent plus, ils cesseront de marquer leur allégeance à nos dirigeants », m’a dit un Kurde irakien à Erbil. « Nous avons nos propres problèmes ici - à propos de la liberté d’expression et de manifestation - et nous devrions résoudre ces problèmes avant de commencer à parler d’avoir un Etat pour nous. Quoi qu’il en soit, la Turquie est maintenant notre principal partenaire commercial. Mais que diraient-ils si nous proclamions l’indépendance du Kurdistan ? » On peut sans peine l’imaginer.

 21 maiRobert Fisk - The Independent

24 avril 2012 - The Independent - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.independent.co.uk/opinio...
Traduction : Info-Palestine.net - Claude Zurbach 

 


1 Dommages Collatéraux...

USA: toutes les 8 minutes un vétéran américain se suicide. 

Toutes les 8 minutes un vétéran américain qui avait participé à la guerre en Irak se suicide. Selon ce rapport préparé par l’administration d’inspection général américaine commandé par le Congrès, des centaines de milliers de vétérans américains souffrant des troubles mentaux dues à la guerre reçoivent tardivement les soins nécessaires. On dit que le gouvernement américain envisage d’augmenter le nombre de personnel de cette administration pour résoudre ce problème mais cette décision à elle-seule n'est pas suffisant.

IRIB



2-1 Occupation de l'Irak

Etats-Unis

Abu Assur : La Résistance irakienne pilonne les trous des Gangsters US à Bagdad.

Des factions de la Résistance irakienne, a pilonné ce mercredi matin le 23 mai 2012 les trous où se terrent les Occupants US criminels à Bagdad.

Dans un communiqué distribué à la presse, l'Armée des Tabi'in, l'une des différentes factions de la Résistance irakienne, affirme avoir lancé 4 missiles Katuysha contre le siège de l'Occupation US au cœur de la Zone Verte à Bagdad.

Le communiqué en outre affirme que les bombardements ont touché leurs cibles comme constaté par différentes sources et médias indépendants dont la chaine satellitaire Al Sharqia qui a parlé de plusieurs explosions survenues dans la Zone verte ciblée.

Cette opération, indique le communiqué, fait partie de la continuation de la campagne, « L.es flèches du Ciel visent les criminels de la Zone verte » initiée par l'armée des Tabi'in.

Les criminels occupants US déclarent dans leur propagande s'être retirés de l'Iraq. En réalité, les troupes US régulières ont été remplacées par des centaines de milliers de mercenaires qui se terrent dans des bases à travers tout l'Iraq et que la Résistance irakienne bombarde sans relâche.

Armée des Tabi'in

-25 Mai

Traduit par Abu Assur

23 main 2012

Source : جيش التابعين يقصف ما يسمى بالمنطقة الخضراء بأربعة صواريخ

 http://assurbanipal-banipal.blogspot.fr/2012/05/la-resistance-iraqienne-pilonne.html le secrétaire de l'ancien président Saddam Hussein exécuté

 


 


3)Politique

a) Des collaborateurs Irakiens

Maliki

La crise politique s'aggrave.

"Le Premier ministre, Nouri Al-Maliki, estime que la crise politique est alimentée par l'étranger", titre le quotidien irakien, en faisant référence à l'activité diplomatique autour des tensions régionales qui ont la Syrie pour épicentre. L'Irak assiste depuis six mois au bras de fer auquel se livrent le gouvernement dominé par les chiites et proche de l'Iran d'un côté, et de l'autre l'opposition sunnite, soutenue par l'Arabie Saoudite. Celle-ci est plus que jamais décidée à obtenir la chute du gouvernement.

http://www.courrierinternational.com/breve/2012/06/08/la-crise-politique-s-aggrave


 Maliki échappe à la défiance, la crise politique continue.

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, accusé de travers dictatoriaux, devrait échapper au vote de défiance parlementaire pour lequel militent ses anciens alliés, mais la crise politique qui paralyse l'Irak depuis six mois n'est pas réglée pour autant.

Le président irakien Jalal Talabani a opposé ce week-end une fin de non-recevoir à ceux qui lui demandaient depuis plusieurs semaines d'organiser un vote de défiance à l'encontre du chef de gouvernement chiite arrivé au pouvoir en 2006 et reconduit suite aux élections législatives de 2010.

La lettre du président demandant la tenue du vote a bien "été préparée mais pas transmise au Parlement en raison d'un manque de soutien" à cette initiative, ont annoncé les services de M. Talabani dans un communiqué publié samedi.

Plus de 160 députés avaient initialement soutenu l'idée d'une motion de défiance, parmi lesquels des membres de partis faisant partie de la coalition gouvernementale comme le bloc laïque Iraqiya, les sadristes et les Kurdes, selon le communiqué. Un minimum de 163 votes (sur 325 députés) sont nécessaires pour faire passer un vote de défiance.

Mais 11 des élus ayant donné leur feu vert à la demande se sont par la suite dédiés et deux autres ont gelé leur accord, selon le communiqué de la présidence, qui ne précise par leur appartenance.

M. Maliki s'est félicité de cette nouvelle dimanche et a remercié M. Talabani pour son rôle "constructif". "Je profite de cette occasion pour renouveler mon appel à tous les partenaires politiques à s'asseoir autour d'une table pour négocier et à se montrer ouvert à des discussions sur tous les points de désaccord", a-t-il dit dans un communiqué.

"Je suis certain que nous serons capables de venir à bout des défis et difficultés auxquels nous faisons face", a-t-il ajouté.

Le chef religieux radical chiite Moqtada Sadr a au contraire estimé que la crise "ne fait que commencer".

Le conflit s'était déclaré en décembre, au moment du retrait des troupes américaines d'Irak, sous l'impulsion d'Iraqiya, bloc laïque mais dominé par les sunnites. Les dirigeants kurdes et sadristes sont depuis également entrés en conflit avec M. Maliki.

Haidar al-Mullah, député d'Iraqiya, a répété dimanche que l'initiative lancée par son mouvement visait à "mettre fin à la dictature", et affirmé qu'un nombre de voix suffisant pourrait être réuni "en une demi-heure".

"Mais le problème, ce sont les pressions exercées sur le président et certains membres du Parlement", a-t-il dit à l'AFP, nommant "de claires pressions iraniennes".

Une rencontre a eu lieu dimanche entre Iraqiya, l'Alliance kurde et le bloc sadriste à Erbil (Kurdistan), à l'issue de laquelle les participants se sont engagés à "continuer d'appeler les forces parlementaires à s'opposer par des moyens légaux à la loi d'un seul homme (...) et à condamner les pressions exercées sur les membres du Parlement", selon un communiqué publié sur le site du président de la région kurde, Massoud Barzani.

Le député kurde indépendant Mahmoud Othman a pour sa part appelé à une "conférence nationale (permettant) un dialogue sérieux". "Maliki doit avoir une nouvelle chance de reconsidérer sa politique car elle déplaît à la moitié du Parlement", a-t-il estimé.

La crise paralyse de fait l'action des institutions politiques du pays -le Parlement n'a adopté aucune loi importante ces derniers mois, à l'exception du budget- et pénalise de plus en plus l'économie, selon les experts.

Le diplomate pressenti pour devenir ambassadeur américain en Irak, Brett McGurk, a mis en garde cette semaine contre des "divisions entre sunnites et chiites extrêmement profondes". "Le spectre du conflit religieux est là, les Irakiens sont toujours en train de s'en remettre, nous devons les aider", a-t-il.

De Salam FARAJ


Les grandes manœuvres

Repère : tourmente irakienne
Le Premier ministre irakien traîne une bien inquiétante accusation, celle de faiseur de guerre aux Irakiens qui ne seraient pas de son bord, ce qui suscite une forte inquiétude au sujet de questions d’une extrême sensibilité que lui, bien entendu, refuse de considérer comme telles.
Comment, en effet, considérer autrement la récente sortie du chef de la région autonome du Kurdistan affirmant, au sujet d’un projet de vente d’armes américaines, que «les F-16 ne doivent pas arriver dans les mains de cet homme. Nous devons empêcher qu’il possède ce type d’armes et s’il les obtient, il ne doit pas rester à son poste» ? En soulevant une question aussi importante, adossée à une accusation d’une telle ampleur, c’est que rien ne va plus en Irak, à supposer que cela allait depuis la chute du régime de Saddam Hussein. Ce qui n’est pas le cas puisque le fédéralisme, dans sa forme actuelle, a été arraché par différentes parties, envisageant elles-mêmes, autrement, aussi bien les rapports de leurs communautés respectives avec l’autorité centrale et leur avenir, l’option la plus sérieusement envisagée étant celle de la séparation, donc l’éclatement de l’Irak.
Tout juste bon pour exacerber la situation actuelle issue des affrontements intercommunautaires, lesquels ont entraîné d’importants déplacements de populations. Depuis peu, la mosaïque irakienne a cessé d’exister, remplacée par des entités ethniquement homogènes. En décembre 2011, les Etats-Unis avaient donné leur accord pour vendre 36 F-16 à l’Irak. Sans en apporter le moindre élément de preuve, Massoud Barzani prétend que, lors d’une réunion avec des officiers de l’armée irakienne, M. Al Maliki aurait menacé d’utiliser ces appareils pour frapper le Kurdistan, un territoire qui a pris autant de distance que de libertés avec le pouvoir central, comme en témoigne la récente crise du pétrole, le Kurdistan étant accusé de vouloir garder pour lui les richesses contenues dans cette région, sinon de faire de l’Irak un client comme les autres.
Ce n’est donc là qu’un épisode de plus dans ce rapport où Massoud Barzani accuse le chef du gouvernement irakien de se conduire en dictateur en concentrant tous les pouvoirs entre ses mains. Le Premier ministre irakien reproche, pour sa part, au dirigeant kurde de signer des accords pétroliers sans l’agrément de Baghdad et de se livrer à de la contrebande de produits raffinés vers l’Iran et l’Afghanistan. Se présentant en tant que médiateur entre les deux hommes, le chef radical chiite, Moqtada Sadr, se déclare opposé au renversement immédiat du gouvernement irakien, mais refuse que Nouri Al Maliki puisse se présenter en 2014 pour un troisième mandat, alors même que rien ne l’en empêche, sauf le vote des Irakiens. Sur un autre plan, le Premier ministre turc accuse son homologue irakien, qui vient d’achever une visite officielle en Iran, de «faire un show» pour avoir affirmé que la Turquie était en train de devenir un ennemi dans la région.
Ce que l’on retiendra toutefois de la réplique de M. Erdogan, c’est son assurance que son pays ne faisait «pas de distinction entre chiites et sunnites», ce qui renvoie à un débat d’une autre nature. Nouri Al Maliki, un chiite, a affirmé que la Turquie était en train de devenir un ennemi dans la région en cherchant à la dominer et à interférer dans les affaires internes de ses voisins. Le prétexte est fourni par la crise syrienne dans laquelle la Turquie soutient l’opposition syrienne, contrairement à l’Irak qui a pris le parti du régime en place. Difficile de croire que la crise syrienne en serait le prétexte, sinon l’unique.
En effet, en une semaine, M. Erdogan a reçu le vice-président sunnite irakien, Tarek Al Hachémi, poursuivi par la justice de son pays qui l’accuse d’avoir dirigé un gang de tueurs, et Massoud Barzani. Comment, dans de telles conditions, ne pas s’interroger sur le rôle de la Turquie, elle qui est, juste après l’Iran, le deuxième partenaire commercial de l’Irak avec un volume d’échanges de 12 milliards de dollars en 2011 que Ankara voudrait porter à 20 ou 30 milliards en 2012 ? Comment envisager ainsi l’avenir, entre Irakiens d’abord et entre l’Irak et ses voisins, si le cadre venait à se brouiller davantage ?
Mohammed Larbi

le 30.04.12
http://www.elwatan.com/international/repere-tourmente-irakienne-30-04-2012-168749_112.php


c) Sur le terrain

Résultat mitigé pour le 4e tour d'enchères pétrolières et gazières.

L'Irak a peiné à attirer les grands groupes internationaux lors de son 4è tour d'enchères pour l'attribution de contrats d'exploration gazière et pétrolière, une déception pour ce pays déterminé à devenir un poids lourd énergétique. |

L'Irak a peiné à attirer les grands groupes internationaux lors de son 4è tour d'enchères pour l'attribution de contrats d'exploration gazière et pétrolière, une déception pour ce pays déterminé à devenir un poids lourd énergétique.
Seuls trois des 12 contrats d'exploration proposés à la vente ont été attribués en deux jours de vente à l'encan au ministère du
Pétrole à Bagdad.

Et la plupart des blocs proposés n'ont suscité aucune offre de la part des 47 groupes étrangers présélectionnés pour la vente, parmi lesquels figuraient nombre de grandes majors internationales.
Il s'agissait du quatrième tour d'enchères de ce type depuis 2009 et douze sites, sept pour le gaz et cinq pour le pétrole, passaient sous le marteau. Mais les précédentes enchères concernaient des gisements déjà existant et non des blocs d'exploration.
"C'est très décevant (pour l'Irak) car (...) leur priorité était d'attribuer les blocs de gaz, puisqu'ils ont un besoin urgent de gaz pour fabriquer de l'électricité et pour l'industrie", a souligné l'experte Ruba Husari, qui dirige le site spécialisé Iraq Oil Forum.
"La leçon à en tirer est que le modèle qui a été proposé ne convient pas pour l'exploration de gaz", a-t-elle ajouté.
Mais Abdel Mehdi al-Amidi, responsable des contrats et licences au ministère du Pétrole, a qualifié la vente d'un quart des lots proposés de "grand succès".
"Avec les 3 contrats (ainsi attribués), il y a 18 contrats en
marche dans le pays. C'est une activité énorme dans le pays", s'est-il félicité.
Le ministre du Pétrole Abdel Karim al-Luaybi a pour sa part souhaité "bonne chance aux compagnies qui ont gagné", les assurant de "tout le soutien du
gouvernement et du ministère du Pétrole dans leur travail". "Notre espoir est d'augmenter les réserves pour les générations à venir", a-t-il lancé.
Mercredi, seul le bloc 9, un territoire de 900 km2 au sud du pays qui pourrait contenir du pétrole, avait été attribué à un consortium composé de Kuwait energy (40%), du groupe turc TPAO (30%) et du groupe émirati Dragon Oil (30%).
Jeudi, le groupe pakistanais Pakistan Petroleum a remporté le bloc 8, un territoire de 6.000 km2 situé dans les provinces de Diyala et Wassit (centre) et qui pourrait receler du gaz naturel. Un consortium mené par le groupe russe Lukoil a pour sa part emporté le bloc 10, territoire de 5.500 km2 dans les provinces de Mouthanna et Zi Qar (sud), et qui pourrait contenir du pétrole.
Comme lors des précédentes enchères, les groupes retenus avaient accepté d'être rémunérés sur une base fixe et non sur la base de contrats de partage de production, qui ont la préférence des grands groupes énergétiques.
La question du pétrole est centrale en Irak, qui compte principalement sur cette manne pour financer sa reconstruction après des décennies de guerre et de sanctions.
L'Irak pompe environ 3 millions de barils de pétrole par jour (mbj) dont 2,4 millions sont exportés et a pour objectif de passer cette année à respectivement à 3,4 mbj et 2,6 mbj.
Quant au gaz naturel, dont l'Irak abrite des réserves considérables (estimées à 3.200 milliards de mètres cubes), il est destiné à alimenter la production d'électricité, très défaillante dans le pays.
Les enchères se sont déroulées sur fond d'atmosphère alourdie par le conflit qui oppose depuis des mois le gouvernement irakien à la région autonome du Kurdistan (nord), qui revendique le droit de signer ses propres contrats énergétiques avec des entreprises internationales, ce que lui refuse catégoriquement Bagdad. La major américaine ExxonMobil, qui a signé l'automne dernier un contrat controversé avec le Kurdistan, s'est ainsi vu barrer l'accès au quatrième tour
.

Ali al-Saadi

31-05-2012

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-economie/irak-resultat-mitige-pour-le-4e-tour-d-encheres-petrolieres-et-gazieres-31-05-2012-2025846.php

 


Attentats contre des oléoducs en Irak, exportations pas affectées (…)

Cinq bombes ont explosé samedi dans un champ pétrolier du nord de l'Irak endommageant deux oléoducs mais n'affectant pas les exportations de brut, ont indiqué des responsables.
Les deux pipelines touchés transportent le pétrole du champ de Bai Hassan dans la province irakienne disputée de Kirkouk vers celui de Ceyhan en Turquie via lequel le pétrole irakien est exporté.
Il y a eu des explosions contre des oléoducs à Bai Hassan. C'était une attaque terroriste, a déclaré Abed Hassan, maire du district.
Un responsable de la compagnie nationale de pétrole a précisé que l'attaque était survenue vers 06H30 (03H30 GMT). Les deux oléoducs ont été endommagés mais les exportations n'ont pas été affectées, a-t-il dit sous couvert de l'anonymat.
Selon lui, trois autres bombes placées en bord de route ont explosé dans le champ sans faire de dégâts, et deux autres ont été désamorcées par les forces de sécurité.
Les ministères de la Défense et de l'Intérieur ainsi que celui du Pétrole n'assurent pas la protection dans ce champ et ils comptent sur les tribus habitant à proximité pour le faire mais celles-ci n'ont pas d'armes, a-t-il ajouté.
Le champ de Bai Hassan est situé dans une zone revendiquée par le pouvoir central à Bagdad et les régions kurdes autonomes dans le nord. Environ un quart des exportations de pétrole irakien transite par la Turquie.
En mai, les autorités irakiennes ont indiqué chercher à acquérir des drones de surveillance pour veiller à la sécurité de ses oléoducs et plateformes pétrolières, infrastructures vitales pour la reconstruction du pays et régulièrement la cible d'attaques.
Le pétrole représente les deux tiers du produit national brut irakien et est vital pour la reconstruction des infrastructures détruites lors des guerres et des violences des dernières décennies.
Les revenus pétroliers irakiens ont progressé de 60% en 2011 grâce à une augmentation des exportations et une hausse des prix du brut, selon des chiffres officiels. L'Irak a exporté en 2011 environ 2,1 millions bj.
09 juin 2012 11h41)

AFP



Prisons, exactions & torture

LE SECRETAIRE DE L’ANCIEN PRESIDENT SADDAM HUSSEIN  Abed Hmoud  - EXCECUTE 

Le secrétaire particulier de l'ex-président irakien Saddam Hussein, Abed Hmoud, condamné à mort en 2010, a été exécuté, a indiqué jeudi un porte-parole du ministère de la Justice, Haidar al-Saadi.

"Il a été exécuté aujourd'hui", a dit M. Saadi. "Le ministère de la Justice a mis en œuvre la peine de mort prononcée contre le criminel Abed Hmoud (...) pour génocide" lors de la répression des chiites dans les années 1980.

Abed Hmoud, aussi connu sous le nom de Abed Hamid Mahmoud, avait été condamné à la peine capitale le 26 octobre 2010, en même temps que d'autres piliers du régime dont Tarek Aziz, ministre des Affaires étrangères et compagnon de la première heure de Saddam Hussein et, qui se trouve actuellement en prison, et l'ex-ministre de l'Intérieur Saadoun Shaker.

Abed Hmoud était représenté par un des quatre as (les trois autres étant Saddam et ses deux fils Oudaï et Qoussaï), dans le jeu de cartes représentant les responsables irakiens recherchés par les forces américaines après l'invasion de 2003. Il avait été arrêté en juin 2003.

Avec son béret toujours vissé sur la tête et les mêmes moustaches que son maître, il était l'un des hommes les plus redoutés du régime car il était celui qui donnait les directives présidentielles à tous les ministres.

http://www.lepoint.fr/monde/irak-le-secretaire-de-l-ancien-president-saddam-hussein-execute-07-06-2012-1470486_24.php

 

 

 
 

AL MANAR : Premiers témoignages à la barre contre le vice-président Hachémi

Des proches de victimes et des témoins ont accusé mardi le vice-président irakien Tarek al-Hachémi d'avoir fomenté des meurtres, à l'ouverture de son procès par contumace à Bagdad.

Hachémi a été accusé en décembre d'avoir dirigé un escadron de la mort, des accusations selon lui sans fondement et lancées à des fins purement politiques.

Ni Hachémi ni ses employés poursuivis en même temps que lui n'étaient présent à l'audience.

Le vice-président se trouvait aux dernières nouvelles en Turquie, pays qui refuse de l'extrader vers l'Irak, malgré la demande d'arrestation internationale pour avoir "financé des attaques terroristes" dans son pays diffusée par Interpol.

 L'audience de mardi concernait les meurtres de deux responsables des services de sécurité et d'un avocat.

Hachémi et certains membres de sa garde rapprochée sont poursuivis pour 150 chefs d'inculpation, notamment le meurtre de six juges et de plusieurs hauts responsables, dont le directeur général du ministère de la sécurité nationale.

AL MANAR 



Extension des actions ?

Algerie1: Un attentat suicide contre une fondation chiite fait 22 morts.  

 Un attentat suicide à la voiture piégée a détruit lundi le siège d’une fondation religieuse chiite à Bagdad, faisant au moins 22 morts et ravivant la crainte de nouvelles tensions confessionnelles dans un pays plongé dans une grave crise politique.
Ce bilan est le plus lourd pour un attentat individuel à Bagdad depuis l’explosion d’une voiture piégée le 27 janvier près d’un hôpital, qui avait fait 31 morts.
L’attaque, qui a également fait une soixantaine de blessés, a visé l’administration en charge de la gestion des sites religieux chiites d’Irak vers 11H00 (08H00 GMT) dans le quartier de Bab al-Mouazzam dans le centre de Bagdad.
Le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki et le président du Parlement, le sunnite Ossama al-Noujaifi, ont condamné l’attentat et appelé au calme. Le bâtiment a été « totalement détruit », a déclaré à l’AFP le vice-directeur de la fondation, cheikh Sami al-Massoudi, en soulignant que « des martyrs sont ensevelis sous les ruines ».
L’institution visée était en conflit avec son équivalente sunnite au sujet du contrôle du mausolée chiite Al-Askari de Samarra, une ville majoritairement sunnite située à 110 km au nord de Bagdad.
Ce mausolée avait été la cible d’un attentat le 22 février 2006, lequel avait déclenché une guerre confessionnelle entre sunnites et chiites qui a fait des dizaines de milliers de morts dans les années suivantes. Les chiites sont majoritaires en Irak.
L’attaque de lundi « s’est produite après que (la fondation chiite) a procédé à l’enregistrement du mausolée il y a cinq jours, et nous avons reçu beaucoup de menaces. Certains médias ont créé des tensions sur cette affaire », a expliqué cheikh Massoudi. Cette procédure est « légale et constitutionnelle et nous sommes dans notre droit car il s’agit d’un site chiite », a-t-il ajouté.
« Nous n’accusons personne, mais nous appelons les Irakiens à enterrer cette querelle, car il existe un plan pour lancer une guerre civile » à base confessionnelle.
Un porte-parole de la fondation sunnite, Faris al-Mehdaoui a condamné cette attaque qualifiée de « criminelle, lâche et fanatique », et l’action de ceux qui « veulent ramener le pays aux années de violences ».
Il a indiqué à l’AFP que peu après l’attentat, deux obus s’étaient abattus sur le siège de son institution à Bagdad. Un responsable du ministère de l’Intérieur a indiqué qu’il s’agissait d’une explosion provoquée par une bombe.
Il n’y a pas eu de victimes. Sur les lieux de l’attentat, des dizaines d’ambulances et de secouristes s’activaient pour évacuer et fouiller les décombres, tandis que les proches se rassemblaient à proximité, a constaté un journaliste de l’AFP.
Mohamed, propriétaire d’un restaurant en face du site visé, pleurait, vilipendant la classe politique: « Venez voir les maisons qui ont été détruites sur la tête des enfants ! » « C’était un 4X4 blanc, il (le kamikaze) allait trop vite et il a heurté la porte de la fondation et a explosé.
Tout d’un coup j’ai vu deux de mes employés morts devant moi », a-t-il ajouté, torse nu et couvert de sang avec des points de suture visibles sur ses blessures.
« Maliki et Allawi se disputent pour diriger le gouvernement et nous sommes les victimes », a-t-il dit en allusion au chef du gouvernement et à son rival Iyad Allawi. L’Irak est englué depuis six mois dans une grave crise politique opposant M. Maliki à plusieurs dirigeants sunnites et kurdes qui lui reprochent son autoritarisme.
Le ton s’est durci depuis quelques semaines et le chef religieux radical chiite Moqtada Sadr et le bloc laïque Iraqiya, dont fait partie M. Noujaifi, ont appelé ces derniers jours M. Maliki à démissionner. Alors que le pays continue de faire face à de graves problèmes de sécurité et de pauvreté, l’action des institutions politiques paraît quasi paralysée depuis décembre.

04/06/2012

 http://www.algerie1.com/flash-dactu/irak-un-attentat-suicide-contre-une-fondation-chiite-fait-22-morts-a-bagdad/

 


4 Lutte pour la libération du territoire

 

Almanar : Hausse du nombre de tués en Irak en mai.

Le nombre d'Irakiens tués dans des violences a augmenté au cours du mois de mai, tout en restant proche des bilans les plus bas enregistrés depuis l'invasion américaine de mars 2003, selon des chiffres officiels diffusés samedi.
Au total, 132 Irakiens dont 90 civils, 20 policiers et 22 soldats ont été tués, selon les données des ministères de l'Intérieur, de la Santé et de la Défense.
 En avril, les violences avaient fait 126 tués. Et le mois de mars 2012 avait été le mois le moins meurtrier depuis l'invasion américaine avec 112 tués, selon les mêmes sources.
Dans le même temps, 248 personnes ont été blessées en mai, dont 115 civils, 80 policiers et 53 militaires. En outre, 20 insurgés ont été tués et 105 autres arrêtés.
L'épisode le plus meurtrier de ces dernières semaines remonte à jeudi, lorsqu'une série d'attentats à la bombe a frappé Bagdad, faisant au moins 17 morts et 57 blessés.

http://www5.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=20&frid=20&eid=66769

 

 


 www.levif.be -Belga: Trois policiers et un soldat tués dans des attentats en Irak

Trois policiers et un soldat ont été tués dans des attentats et six autres personnes ont été blessées lundi en Irak, ont indiqué des sources de sécurité.

Selon un lieutenant colonel de police, des inconnus ont ouvert le feu contre un point de contrôle à Hamam al-Alil, une localité située à 35 km au sud de la ville septentrionale de Mossoul, tuant trois policiers et en blessant deux autres, avant de s'enfuir.

Par ailleurs, des hommes armés ont abattu un soldat à Baqouba, à 60 km au nord-est de Bagdad, et dans la même région, à Khalès, une bombe a blessé trois policiers, selon un commandant de police et des sources médicales.

Dans le centre de Bagdad, à Karrada, des assaillants ont blessé par balle un lieutenant de police, selon une source du ministère irakien de l'Intérieur.

La violence a nettement(…)  diminué en Irak après le pic de 2006 et 2007, mais elle reste présente notamment à Bagdad, Dyala et Mossoul.

En mai, 132 Irakiens ont été tués, selon les statistiques officielles. (DGO)

11 juin 2012 à 19h21

(Belga)

http://www.levif.be/info/belga-generique/irak-trois-policiers-et-un-soldat-tues-dans-des-attentats-en-irak/article-4000115013243.htm#

 



5 Prisons, exactions. 

AFP : Le soldat US John Russell  inculpé pour meurtre.

Un soldat américain accusé du meutre de cinq autres soldats sur lesquels il avait ouvert le feu sur une base militaire en Irak en 2009 a été inculpé hier, ont annoncé les autorités militaires.

Détenu sur la base Lewis-McChord, dans l'Etat de Washington (nord-ouest), le sergent John Russell devrait comparaître devant une cour martiale, même si aucune date d'audience n'a été fixée.
Hier, il a été inculpé pour cinq assassinats, une agression violente et une tentative de meurtre.

Il encourt la peine de mort s'il est reconnu coupable, précise un communiqué de la base Lewis-McChord. John Russell est accusé d'avoir abattu le 11 mai 2009 cinq autres soldats et d'en avoir blessé trois autres dans un hôpital soignant les traumatismes de guerre sur la base Liberty à Bagdad.
Cette attaque d'un Américain contre ses compatriotes n'était pas exceptionnelle en Irak à cette période.

L'année précédente, un autre sergent avait tué deux de ses supérieurs sur une base dans le sud du pays.

AFP

Mis à jour le 19/05/

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/05/19/97001-20120519FILWWW00301-un-soldat-us-inculpe-pour-meurtre-en-irak.php



 Les voisins

 Turquie

Tension Irak-Turquie: Bagdad convoque l’ambassadeur turc.  

Les autorités irakiennes ont convoqué l'ambassadeur de Turquie pour protester contre les propos du Premier ministre turc sur la situation intérieure en Irak, indiqué lundi sur son site en anglais le ministère des Affaires étrangères.  
"Le vice-ministre des Affaires étrangères Labib Abbawi a convoqué dimanche au ministère M. Yunus Demerer pour lui faire part de la protestation énergique du gouvernement irakien après les récentes déclarations de M. Recep Tayyip Erdogan, concernant la situation politique en Irak, qui sont une ingérence inacceptables dans les affaires intérieures du pays", affirme le communiqué.
M. Abbawi a exprimé "l'espoir de voir le gouvernement turc cesser de donner ce genre de déclarations qui portent atteinte à la souveraineté de l'Irak et de s'en tenir à la diplomatie pour exprimer son point de vue sur la situation actuelle dans les deux pays et dans la région afin de maintenir des relations bilatérales fortes".
Jeudi, Erdogan avait accusé le chef du gouvernement irakien Nouri al-Maliki de monopoliser le pouvoir, et d'"égocentrisme" politique.
Le Premier ministre irakien avait répliqué le lendemain en accusant la Turquie, d'être en train de devenir un ennemi dans la région en cherchant à la dominer et à s'ingérer dans les affaires internes de ses voisins.
"Poursuivre sa politique intérieure et régionale va nuire aux intérêts de la Turquie et en faire pour tous un Etat hostile", avait-il dit dans un communiqué.
Poursuivant la polémique, M. Erdogan avait répondu samedi: "Si nous donnons trop la parole à M. Maliki, nous lui offrons l'occasion de faire un show, il n'y a pas besoin de l'encourager dans sa recherche de prestige", a déclaré à Istanbul M. Erdogan
Rappelons que la Turquie a récemment provoqué Bagdad en accueillant le vice-président irakien, Tarek Hachemi, accusé de diriger des escadrons de la mort en Irak.

Hachemi refuse de se rendre à la justice irakienne.

24/04/2012

IRIB



 

23/04/2012

n° 528 - Les Dossiers d'Irak - 22/04 - a1- Sale temps pour les Américains à Bagdad


n° 528 -   Les Dossiers d'Irak - 22/04 - a1-   Sale temps pour les Américains à Bagdad


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

LesDossiers d'Irak


n° 528                                                      22/04/2012

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Dossier d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes blog : 

http://www.dhblogs.be/categories/International.html  http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

 

b) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

c) Sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

d) Sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

e) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 f) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Tiré à part :

Gilles Munier : Sale temps pour les Américains à Bagdad.

Point de vue

1-1 Hassan Hamade Annan : Génocide en Iraq et Paix en Syrie ?

2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1 Les militaires, drogués comme des cyclistes ?

2-2 Julie Lévesque : L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité.

3 Les Brèves

3-1  Belga : Bagdad accuse des pays arabes de faciliter le terrorisme en Irak.

4-1 Gilles Munier : Tarek Aziz et la mort lente des prisonniers politiques irakiens.

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 John Pilger : Il est temps que nous reconnaissions la criminalité du gouvernement de Blair.

6 Annexe

6-1 L’ex geôlière bourreau d’Abou Ghraïb ne regrette pas ses actes

6-2 Glen FORD : Guerres impérialistes: le pays du goulag levant (USA) et la France arrogants dans la défaite.

 



Tiré à part :

Gilles Munier :Sale temps pour les Américains à Bagdad.
La « guerre annoncée » contre l’Iran et « l’axe chiite » oblige Nouri al-Maliki à se débarrasser du maximum de « contractors », ces mercenaires occidentaux qui pullulent en Irak, et de surveiller les déplacements des agents de sécurité de l’ambassade US.
Plusieurs dizaines de milliers de « contractors » – mercenaires – américains ou étrangers, employés par des sociétés militaires privées (SMP), détestés par la population, sont toujours en Irak. Fin 2011, avant le départ du gros des troupes d’occupation étasuniennes, leur nombre était supérieur à celui des GI’s.
Nouri Al-Maliki qui peut difficilement se passer d’eux en matière de sécurité et de défense, craint à juste titre qu’ils participent à la déstabilisation de son régime en cas de bombardements de centres nucléaires iraniens par Israël, d’intervention étrangère armée en Syrie, ou d’attaque généralisée de « l’axe chiite » par l’Otan. Le temps où les « contractors » roulaient des mécaniques, au-dessus des lois, est donc révolu. Ils sont plus que jamais dans la ligne de mire des services secrets irakiens et iraniens qui guettent la moindre incartade de leur part pour les faire expulser, et qui n’hésiteront pas à les interner si l’Iran est attaqué.
Dès la semaine précédent le départ des GI’s, Ahmad, le tout-puissant fils de Nouri al-Maliki, a expulsé de la Zone verte des sociétés étrangères et les mercenaires qui s’y trouvaient et en a profité pour placer des chars près du domicile des opposants sunnites proaméricains. Les responsables des check points ont l’ordre de vérifier scrupuleusement les identités, la validité des visas, les autorisations de déplacement et de port d’armes des étrangers.
Finis les passe-droits
Début décembre, une équipe de mercenaires de la SMP Triple Canopy, liée par contrat au Département d’Etat étasunien, a été arrêtée sur la route de Taji.
Ils ont été détenus 18 jours dans des conditions exécrables pour eux - nourriture servie sur le sol crasseux de leur cellule, riz plein d’insectes – … mais de loin préférables à celles réservées aux opposants irakiens. Mark Fisher, un ancien sergent fidjien, arrêté avec deux Américain et douze Irakiens, a accusé ses geôliers de « tortures mentales »… et leur a reproché d’avoir dû passer Noël en prison. Il a fallu l’intervention du congressiste républicain américain
Peter King pour les libérer.
Début janvier, une centaine de « contractors » a été retenue pendant quelques jours à l’aéroport de Bagdad dans des cellules de la police des frontières.
Certains faisaient partie de la sécurité de l’ambassade des Etats-Unis. Pour ne pas dramatiser la situation, James Jeffrey, l’ambassadeur, a parlé d’«
ennuis » à porter au compte du « manque d’expérience » des fonctionnaires irakiens, des « lenteurs bureaucratiques ». Pour Latif Rashid, conseiller du président de la République irakienne, les étrangers débarquant à Bagdad sont dans des conditions semblables à celles d’un Irakien se rendant aux Etats-
Unis dans le cadre de son travail. Finis les passe-droits !
Tuez-les, sans sommation
Le 16 janvier dernier, quatre officiers américains, dont deux femmes, travaillant à l’ambassade qui effectuaient, selon eux, une patrouille de routine dans une BMW bourrée d’armes, ont été arrêtés près du domicile de Saleh Abdul Razzak, gouverneur de Bagdad, membre important du parti Dawa. Celui-ci les accuse d’avoir cherché à l’assassiner. Il exige désormais que les agents de sécurité US soient accompagnés par des policiers irakiens dans leurs déplacements. Sinon, il autorise les forces de l’ordre à les tuer… sans sommation ! Moqtada al-Sadr lui a apporté son soutien et appelé ses partisans à surveiller les étrangers. Le leader chiite estime que de nombreux assassinats inexpliqués sont l’œuvre des services secrets américains. Les arrestations d’ « agents américains » étant bien vues de l’opinion publique, le ministère de l’Intérieur – dont Maliki assure l’intérim depuis les dernières législatives –
accuse maintenant les sociétés de militaires privées étrangères de « porter atteinte à la sécurité de l’Etat », voire de servir de couverture au Mossad. C’est loin d’être une découverte ! Le 1er février, sur Al-Manar, la chaîne du Hezbollah libanais, plusieurs dirigeants chiites irakiens, ayant servi l’occupation sans broncher, abondent dans ce sens pour se refaire une virginité à bon compte (1).
(1) Reportage vidéo de Al-Manar « Irak: Le Mossad israélien dans les sociétés sécuritaires »

Gilles Munier (Afrique Asie – mars 2012)
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?cid=20&eid=48439&fromval=1



Point de vue

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1Hassan Hamade Annan : Génocide en Iraq et Paix en Syrie ?

L’ancien secrétaire général des Nations-Unies (1997-2006) et Prix Nobel de la Paix (2001), Kofi Annan, a été chargé par son successeur Ban Ki-Moon et par son homologue de la Ligue arabe, Nabil el-Arabi, de négocier une solution pacifique à la crise syrienne. Mais, Monsieur Annan est-il la personne la mieux placée pour cela ? Considérant sa responsabilité éminente dans le génocide de plus d’un demi-million d’enfants irakiens, Hassan Hamade en doute.

Réseau Voltaire | Beyrouth (Liban) | 22 mars 2012 

Monsieur Annan,

« L’Homme blanc a élevé à des hauteurs jamais atteintes la Civilisation du mensonge.  »

Je suppose que vous connaissez cette citation d’un grand intellectuel et historien réunionnais, Jean-Charles Angrand. Elle figure dans une lettre adressée par ce dernier il y a de cela un an et demi au professeur Jean Ziegler, alors coordinateur de la Commission des Nations unies chargée de la lutte contre la faim et pour le droit à l’alimentation.

Vous n’êtes pas sans savoir que les États-Unis opposent un refus catégorique à l’idée de faire figurer le droit à l’alimentation dans le cadre global des droits de l’Homme malgré le fait que ceux-ci ne sont jamais respectés dans le monde surtout par la puissance qui ne cesse d’en brandir l’étendard [1]

C’est sur ce point que Jean-Charles Angrand a voulu insister pour clarifier le débat sur les problèmes politiques comme sur les problèmes économiques et sociaux, surtout que l’une des armes de destruction massive les plus utilisées est l’arme de la faim et de la malnutrition [2]. Quant aux slogans sans cesse répétés en la matière, ils ne servent que pour la propagande. N’est-ce pas Winston Churchill qui a dit : « Pour être protégés, les grands projets ont besoin de sentinelles en mensonges » ?...

Je pense, Monsieur, que cette citation vous rappelle quelque chose, même beaucoup de choses…. à commencer par la tragédie irakienne favorisée par un flux continu de mensonges pour justifier la guerre et entretenir le blocus contre ce berceau de la Civilisation humaine. Le Comité des sanctions chargé d’appliquer le Programme « pétrole contre nourriture » – titre, en soit, sommet de cynisme et de sadisme humain – qui agissait sous votre autorité, a mis en marche un génocide, dans le vrai sens du mot, selon la qualification donnée à cette action par Marc Bossuyt, alors président de la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies [3] et grand professeur en Droit international. En effet, pendant votre premier mandat comme secrétaire général des Nations unies (1er janvier 1997-31 décembre 2000) le nombre des bébés irakiens tués par les sanctions, parce que privés de nourriture, de médicaments et de traitements médicaux adaptés, s’est élevé à plus de 550 000 enfants en bas âge. Il va sans dire que le « compteur » macabre s’était arrêté en l’an 2000, mais les tueries continuaient à travers le « Programme » qui s’est effondré au mois de mars 2003 avec l’invasion terrestre de l’Irak par la coalition anglo-saxonne et ses alliés.

Nous évoquons seulement le carnage des enfants et des bébés en laissant de côté les autres catégories de la population qui ont subi pratiquement le même sort. Mais l’histoire de votre Comité de sanctions et sa responsabilité dans ce génocide mérite bien d’être mise un peu en relief d’autant plus qu’on vous charge dès à présent de régler d’autres dossiers, non moins épineux, qui pourraient concerner directement la stratégie sanguinaire de l’Empire. Franchement, Monsieur Annan, votre nom à lui seul est devenu indissociable de cette tragédie qui n’a pas encore été prise en charge par la Justice internationale adaptée.

En évoquant ces meurtres en masse, Jean Ziegler ainsi que Hans-Christophe von Sponeck (ce dernier a dirigé à partir de Bagdad le Programme « pétrole contre nourriture ») s’accordent à considérer que .. « graduellement, à partir de 1996, le programme pétrole contre nourriture fut détourné de sa mission et servit d’arme de punition collective de la population fondée sur la privation de nourriture et de médicaments »….. et ce en contradiction flagrante avec la structure même du Programme telle que définie par le Conseil de sécurité, bien que la structure en elle-même est une aberration humaine, voire même une honte.

Des escrocs à la tête du « Programme »

Monsieur Annan, vous étiez au courant de toutes les pratiques et les malversations qui se déroulaient dans les différentes instances du « Programme » à commencer par le Bureau de ce « Programme » chargé d’examiner les demandes présentées par les entreprises qui aspiraient à décrocher des contrats. Le directeur de ce bureau vous l’avez-vous-même nommé à son poste, à la demande des États-uniens, malgré les suspicions qui l’entouraient. D’ailleurs il a fini par être inculpé par le District Court de New-York avant de se retirer à Chypre « où il coule des jours heureux » selon l’expression de Jean Ziegler. Il était votre protégé, Monsieur Annan. Vous lui avez assuré la couverture nécessaire pour le déploiement de ses minables talents. En même temps, vous vous absteniez à protéger le « Programme », ce qui aggravait les exactions de sorte que dans le monde entier on comparait cette machine infernale aux administrations les plus corrompues de la planète. Tout ça sur le dos du pauvre peuple irakien à qui on administrait des protocoles de destruction systématique. Il suffit de donner deux ou trois exemples des crimes perpétrés par cette administration à la tête de laquelle vous déployiez vos dons de faux sage africain.

Votre Comité de sanctions, animé par un code de conduite visant à rendre aux irakiens la vie infernale, se surpassait dans l’invention de méthodes, plus cruelles les unes que les autres, afin de remplir sa tâche diabolique. Par exemple le Comité refusait catégoriquement de permettre aux hôpitaux irakiens d’acquérir les machines de dialyse indispensables pour des milliers de patients. Un jour le représentant de l’OMS à Bagdad, Dr Ghoulam Rabbani Papal, passe une commande urgente à la représentation du « Programme » à Bagdad pour l’acquisition de 31 machines de dialyse. Cette demande fut immédiatement transmise à New-York au Comité des sanctions où, comme dans les films d’horreur, ont disparues les traces de cette commande. Il a fallu réitérer la même demande, avec un temps d’attente de plusieurs mois avant de recevoir une réponse. Ce n’est qu’après maintes interventions que le Comité a fini par donner son accord mais pour 11 machines seulement !!!... et l’histoire ne s’arrête pas là car ces 11 machines une fois livrées se sont trouvées bloquées au poste frontière jordano-irakien, par une décision anonyme. Il a fallu deux années de démarches acharnées pour pouvoir les libérer. Il va sans dire qu’entre-temps le nombre des patients irakiens qui périrent, femmes, enfants, vieillards etc…., dépassait tous les décomptes imaginables. C’était en l’an 2000.

Monsieur Annan, comment avez-vous accepté qu’une cruauté pareille soit commise sous votre autorité ?... mutisme total de votre part. Avez-vous entendu parler d’un crime qui s’appelle non-assistance à personne en danger, vous qui êtes supposé ne pas ignorer la loi… ?

Silence, on torture !

En 1999, alors que le corps médical irakien parvenait à faire des miracles compte-tenu de l’extrême privation qui le frappait, la directrice de l’UNICEF, Carol Bellamy formulait une demande expresse pour l’importation d’ampoules nécessaires à l’alimentation intra veineuse des nourrissons et des enfants en bas-âge gravement sous-alimentés. Après une longue période d’attente, le verdict du Comité des sanctions tombe et c’est le refus catégorique. Elle s’est même adressée personnellement au Conseil de sécurité mais en vain !... Ainsi votre machine infernale, monsieur Annan, a réussi une formidable performance en matière de respect de l’être humain. Est-ce que vous réalisez bien que vous vous êtes abstenu d’apporter une assistance à bébés en danger… ? Pourtant Monsieur Annan, vous ne cessez de cultiver votre image de marque, d’homme intègre, de sage africain, soucieux des droits de l’homme et de la paix dans le monde.

Depuis cette demande de l’UNICEF, le décompte macabre des enfants martyrs s’est arrêté, mais la tuerie continuait son avancée. Et en même temps vous vous êtes accroché à votre poste avec une allure de respectabilité et de calme.

Les pratiques de votre Comité de sanctions à l’égard de l’ensemble de la population irakienne ressemblent davantage à d’interminables séances de tortures. Vous en étiez témoin, Monsieur Annan, et le monde n’a eu aucun écho d’une quelconque manifestation de votre conscience d’homme de paix et de droit.

Je ne veux pas m’attarder, ni à raconter comment votre Comité de sanctions a empêché la fourniture de machines adaptées nécessaires à la remise en marche des stations d’épuration de l’eau potable du Tigre, de l’Euphrate et de Shatt-al-Arab, ni à expliquer comment l’Irak à cause de cela est passé parmi les premiers pays au monde dont la population souffre de maladies chroniques dues à la pollution de l’eau, ni comment votre Commission refusait toutes les demandes et suppliques des hôpitaux irakiens pour l’obtention des climatiseurs nécessaires pour conserver au frais les médicaments dans un pays où la température peut dépasser les 45° durant plusieurs mois.

Ce sont juste quelques petits exemples d’une panoplie d’actions concertées visant à ramener à l’âge de pierre un pays comme l’Irak et Dieu sait ce qu’est l’Irak.

« Ce qui se passe en Irak est bel et bien un génocide  » s’est exprimé à haute voix Marc Bossuyt sans que ce cri alarmant et culpabilisant n’atteigne vos oreilles, Monsieur Annan. Tout comme les multiples protestations de cet homme honnête qu’est Denis Hallyday, le coordinateur du « Programme » à Bagdad, qui s’est trouvé contraint de vous jeter en pleine figure sa démission et a quitté les Nations Unies…. Tout comme les protestations de son successeur au même poste, le très honorable Hans Christophe von Sponeck, éponyme de l’honnêteté et du dévouement qui a été empêché d’expliquer de vive voix devant le Conseil de sécurité, les réalités de la situation et du génocide qui se déroulait. Au lieu d’avoir le minimum d’honnêteté et de fidélité à la charge qui vous incombait et qui exigeait de vous une solidarité avec cette étoffe d’hommes de courage, de compétence et d’honneur, vous avez choisi le silence perfide et de vous ranger du côté des deux délégations anglo-saxonnes qui ont décidé d’interdire à von Sponcek de s’exprimer devant le Conseil de sécurité car il a bravé les interdits en choisissant de respecter scrupuleusement la Charte des Nations unies. Oui Monsieur Annan, sous votre autorité le respect de la Charte des Nations unies est devenu une infraction qui mérite un châtiment.

Complexé de la famille Wallenberg

Les atlantistes ont empêché von Sponeck d’étaler la vérité au grand jour devant le Conseil de sécurité tout comme ils ont empêché dernièrement le général soudanais al-Daby (chef de la délégation des observateurs arabes en Syrie) de s’exprimer devant la Ligue arabe et de faire saisir son rapport par le Conseil de sécurité car il mettait en cause le rôle destructeur et criminel que les organisations terroristes jouaient en Syrie. D’ailleurs il existe plusieurs points communs entre les deux cas.

Monsieur Annan,

Vous êtes sans doute impressionné par la trajectoire de vos beaux-parents suédois. Je veux parler de la famille Wallenberg, très puissante dans le domaine de l’industrie, des finances et des banques et qui a donné à la Suède plusieurs personnalités éminentes dont certaines ont eu un rayonnement pan-européen tel l’oncle maternel de madame votre épouse, Raoul Wallenberg et son oncle Jacob. Très probablement c’est la personnalité de Raoul qui vous a le plus intéressé car il était sûrement un homme assez particulier qui a fait preuve d’un courage indéniable durant les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale lorsqu’il a exposé sa vie aux grands dangers pour sauver des centaines de juifs en Hongrie et ce avant qu’il ne soit arrêté par les troupes soviétiques le lendemain même de leur entrée en libérateur dans Budapest. D’ailleurs les traces du brave Raoul se sont rangées dans les dossiers des énigmes de la guerre et de l’après-guerre. Tout ce qui a filtré de sa disparition c’est que les soviétiques le considéraient comme un espion états-unien.

C’est tout à fait normal Monsieur Annan que vous sentiez une certaine fierté lorsque vous visitez certaines capitales européennes et que vous vous rendiez à des sites érigés par les communauté juives à la mémoire de Raoul, tout comme à Washington qui lui a délivré le statut de citoyen d’honneur des États-unis, après Winston Churchill. Quant à l’État d’Israël, ou il est aussi citoyen d’honneur, la plaque commémorative en son nom a été placée au cœur même du Mausolée de « Yad Vashem » à la mémoire des victimes de l’holocauste nazi.

Monsieur Annan,

C’est bien dans la nature des choses que ce lien matrimonial qui vous lie à la famille Wallenberg soit à l’origine de votre ascension professionnelle mais est-ce que vous n’auriez pas dû suivre l’exemple de l’oncle de votre épouse en matière de dévouement à son peuple juif et que vous prôniez une attitude ferme contre toutes sortes d’holocauste plutôt que d’y participer, comme vous l’avez fait lors du génocide du peuple irakien.

Oui Monsieur Annan, il s’agit bien d’un holocauste en Irak et d’un génocide, dans le sens juridique du terme tel que qualifié par Marc Bossuyt. Vous êtes partenaire dans la gestion de cet holocauste en Irak.

Vous êtes partenaire principal dans cette non-assistance à 550 000 enfants en bas âge en danger de mort.

Soyez sûr Monsieur Annan que nous ne sommes pas une copie conforme de nos gouvernements sionistes arabes. Si vous avez le plein droit d’être fasciné par vos beaux-parents sionistes, alors vous pourriez être sûr que cela ne sera jamais notre cas vis-à-vis des sionistes arabes. Ils ne nous fascinent guère, au contraire ils nous dégoûtent.

Il est inutile Monsieur Annan, que vous pensiez, ne serait-ce qu’un laps de secondes, que l’holocauste de la Mésopotamie pourrait échapper indéfiniment à la justice. Cette affaire vous concerne directement du fait de votre position dirigeante à la tête de l’exécutif onusien durant la période du génocide qui avait pour titre « pétrole contre nourriture ». Avec un parcours pareil, on peut se demander si vraiment vous êtes habilité pour apporter une solution pacifique à la crise syrienne actuelle que l’ « on » vous a chargé de résoudre.

Pouvez-vous faire à la Syrie une prescription extra-génocidaire qui l’épargnerait de subir le même sort que l’Irak ? …Très probablement on ne vous a pas choisi pour cela.

Monsieur Annan, vous êtes chez nous aujourd’hui pour servir les projets de ceux-là mêmes qui vous avaient envoyé chez nous hier, du temps de l’holocauste en Irak.

Monsieur Annan, vous êtes aujourd’hui en Afrique pour faire la propagande des Rockfeller. N’est-ce pas le groupe Rockfeller qui finance le projet AGRA de « l’Alliance pour une révolution verte en Afrique » que vous présidez vous-même ?

Quand même Monsieur Annan, un peu de décence vous ferait du bien…. Nous n’avons pas perdu notre mémoire et nous nous souvenons bien de vous. Souvenez-vous Monsieur Annan, de la fameuse sagesse d’Albert Camus :

« Toutes les contraintes du monde ne feront pas qu’un esprit un peu propre accepte d’être malhonnête. »

Hassan Hamade

Source
As-Safir (Liban)

[1] Depuis le rapport NSSM 200, rédigé pour le Conseil national de sécurité des États-Unis par Henry Kissinger en 1974, Washington a théorisé l’usage de l’arme alimentaire. Ainsi, les États-Unis ont organisé des famines en Corée du Nord, États avec lequel ils sont toujours en guerre. Plus récemment, en 2007-2008, Washington a utilisé l’arme alimentaire contre la Tunisie et l’Égypte, provoquant ainsi des émeutes de la faim. À moyen terme, celles-ci se sont transformées en soulèvements populaires qui ont été présentés comme des révolutions libérales sous le vocable « printemps arabe ».

[2] Destruction massive, Géopolitique de la faim, par Jean Ziegler, Éd.Seuil, 2001.

[3] Aujourd’hui Conseil des Nations unies pour les Droits de l’Homme

http://www.voltairenet.org:80/Annan-Genocide-en-Iraq-et-Paix-en



2Analyse -  Géopolitique et stratégie Réflexion

PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

2-1 Les militaires, drogués comme des cyclistes ?

Les armées s'inquiètent de pratiques dopantes non seulement de la part des soldats eux-mêmes, mais aussi du commandement.

Les militaires seraient-ils plus dopés que les vainqueurs du Tour de France ? Se bourreraient-ils les narines avec ardeur, protégés par une forme de non-dit ? C'est que... Avec mille précautions de langage et en maniant avec insistance le sous-entendu, la revue de recherche de l'armée de terre Inflexions aborde ce sujet tabou dans sa dernière livraison (*), sous le titre "Dopage et conduites dopantes". Les auteurs expliquent curieusement que ce n'est pas vraiment l'institution qui se pose des questions, mais que "beaucoup d'observateurs extérieurs à la défense considèrent comme fréquente l'utilisation de substances dopantes au sein des armées".

Sauf que si les militaires se dopaient, assure l'article, ce ne serait pas pour améliorer des performances sportives, mais pour une meilleure cause : "Les objectifs seraient similaires [à ceux des sportifs] - être plus performant que l'adversaire -, mais à atteindre dans un contexte bien différent, celui de la guerre et du combat." Et de développer cette idée d'une forme de dopage sans doute pas nécessaire, mais pas vraiment inutile non plus : "En temps de conflit, ou dans le contexte de déploiement sur des théâtres d'opérations de haute dangerosité, les questions posées sont plus complexes. L'automédication et l'utilisation de substances dopantes ayant pour but d'améliorer les performances physiques, en particulier musculaires, mentales, ou de maintenir l'éveil et un état de parfaite vigilance, permettent, si le dopage est adapté, de rendre le militaire plus efficace à son poste de combat."

Drogués pour la bonne cause ?

De fait, les militaires peuvent se doper illégalement en se procurant eux-mêmes de l'herbe qui fait rire ou des substances qui font rêver. Pour ne citer que l'exemple du Liban, on sait que l'herbe y est fameuse. Et en Afghanistan, premier producteur d'opium au monde, le commerce n'est pas impossible avec les plus de 100 000 militaires étrangers... Mais les armées elles-mêmes administrent aux combattants diverses médications susceptibles de mieux voir la nuit, de leur faire perdre le besoin de sommeil, ou au contraire de les endormir sur commande, aux heures choisies. Cette réalité est d'ailleurs reconnue, à tel point qu'un texte officiel, l'instruction N° 744/DEF/DCSSA/AST/TEC relative à l'utilisation de substances modifiant la vigilance en opérations, en définit le cadre !

Justifier la prise de substances dopantes

Les militaires édictent dans ce texte leurs ascensions des Alpes et on voit ici que cette définition est très large. "Les types d'opérations militaires pouvant justifier la prise éventuelle de substances qui agissent sur le niveau de vigilance des combattants sont les opérations dites soutenues et les opérations dites continues. Les premières se traduisent par une activité militaire quasi ininterrompue ne permettant aucun sommeil réparateur ; les secondes concernent une activité militaire de plus longue durée n'autorisant qu'une récupération partielle (par exemple : un sommeil diurne, de courte durée et fractionné). À titre d'exemples, on peut citer le fonctionnement 24 heures sur 24 des centres opérationnels pour l'armée de terre, la continuité entre le poste de veille et le poste de combat pour la marine, la mission nucléaire ou le travail au sol en ambiance nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique (NRBC) avec des tenues de protection pour l'armée de l'air". Mais attention, ce n'est pas du dopage. C'est de l'"aide de type pharmaceutique modifiant la vigilance". Nuance...

Gavés de protéines hormonées

Les trois auteurs de l'article - les médecins militaires André-Xavier Bigard et Alexandra Malgoyre et le capitaine Hervé Sanchez - lancent par ailleurs un véritable cri d'alarme sur l'automédication de certains militaires qui se gaveraient de compléments alimentaires (protéines hormonées) utilisés par les culturistes. Ils soulignent par ailleurs l'intérêt de la démarche lancée par les armées pour rationaliser les programmes de préparation physique au combat afin de "rendre inutile la consommation de produits et de substances supposés dopants". Voilà une bonne idée. Car par les temps qui courent, que diront les armées si un militaire dopé sur ordre et dont la santé se serait dégradée les poursuivait devant la justice ?

(*) "Le sport et la guerre", Inflexions n° 19, La documentation française, 12,00 €, ISSN : 1772-3760

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jean-guisnel/les-militaires-drogues-comme-des-cyclistes-29-02-2012-1436200_53.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120229


2-2 Julie Lévesque : L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité.

Des troupes spéciales déployées partout sur la planète Selon le Stars and Stripes, un média du département de la Défense des États-Unis, le Pentagone se prépare à déployer des troupes d’opérations spéciales dans le monde entier au moment où l’on diminue le nombre d’opérations militaires traditionnelles.

L’initiative est présentée comme un moyen de réduire les frais.

Grâce à cette nouvelle stratégie, les États-Unis remplacent les opérations de théâtre à grande échelle par des opérations militaires clandestines, rentables et de moindre envergure. Cela aboutit inévitablement à la violation de la souveraineté nationale du pays ciblé.

Le chef étasunien du commandement des opérations spéciales, l’amiral Bill McRaven, qui a mené le raid contre ben Laden au Pakistan, a proposé que les troupes quittant les zones de guerre en Irak et en Afghanistan soient redéployées dans des zones « quelque peu négligées durant la décennie centrée sur Al-Qaïda ».

Cela se ferait dans le but de faciliter le lancement de raids par les Forces Spéciales, comme celui qui aurait tué ben Laden, une opération clandestine ayant violé la souveraineté pakistanaise.

Selon AP, le déploiement de commandos « plus près de nouvelles zones de crise remplacera les invasions terrestres comme celles de l’Irak et de l’Afghanistan […] par des raids d’opérations spéciales laissant peu de traces, ou mieux encore, des raids effectués par des forces locales amies entraînées par les États-Unis, les aidant à combattre, côte à côte, des ennemis mutuels ». 

Ces troupes pourraient effectuer des raids, ou seraient probablement davantage appelées à travailler avec des alliés locaux pour leur apprendre à cibler des ennemis régionaux ainsi qu’à promouvoir des relations à long terme, entre soldats, pouvant aider à désamorcer une crise ou un coup éventuels. (Kimberly Dozier, Special operations expanding as wars recede, Associated Press, 27 janvier 2012)

Cela aidera « à désamorcer une crise ou un coup éventuels » ou à les fomenter?

Le but, selon un représentant de la Défense, est d’« augmenter la coopération avec les armées étrangères, de travailler avec elles pour vaincre les menaces locales au lieu de faire porter le poids de ces combats aux États-Unis ».

AP rapporte par ailleurs que « le financement pour les opérations spéciales et la recherche de renseignements augmenteront, puisqu’ils sont tous deux des moyens privilégiés par l’administration Obama pour confronter de nombreuses menaces mondiales après une décennie d’invasions terrestres coûteuses en Irak et en Afghanistan.

Cela signifie essentiellement que l’armée des États-Unis entre dans la clandestinité. Au niveau planétaire.

AP mentionne également que « les commandements des opérations spéciales à l’étranger pourraient aussi servir de cadre pour une coopération accrue entre les agences étasuniennes, fusionnant non seulement les alliés régionaux mais également des agences comme la CIA, le FBI et la Drug Enforcement Administration »

Mondialisation.ca et Julie Lévesque

Jule Lévesque a collaboré à ce reportage

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=MON20120201&articleId=29028

 



3 Les Brèves

Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1  Belga :Bagdad accuse des pays arabes de faciliter le terrorisme en Irak.
Un haut responsable irakien a accusé des pays arabes, sans les nommer, de faciliter le financement de "groupes terroristes", alors que Bagdad doit accueillir fin mars le prochain sommet arabe. 

"Des commerçants de certains pays de la région, avec l'aide de leurs Etats, financent de manière importante des groupes terroristes en Irak.  

Les dirigeants de ces pays affirment ne rien savoir sur cette question mais les faits prouvent le contraire", a affirmé le vice-ministre de l'Intérieur Adnane al-Assadi sur la chaîne Iraqiya.  

Selon M. Assadi, qui a la haute main sur le ministère de l'Intérieur en l'absence d'un ministre désigné, "des institutions sécuritaires de certains pays de la région sont au courant de ces mouvements financiers et de l'envoi de terroristes mais elles ferment les yeux". Il y a près de trois cents prisonniers arabes, en majorité des Saoudiens, en Irak, selon le ministère de la justice. "Nous avons aussi trouvé que des groupes recevaient de l'argent par le biais de certaines ambassades arabes. Ils reçoivent des bons qu'ils doivent aller encaisser. Cet argent vient de commerçants de ces pays".

 

Le sommet arabe prévu le 29 mars doit marquer le retour de l'Irak sur la scène arabe. Ce pays n'a plus été l'hôte d'un sommet régulier depuis novembre 1978 et le dernier sommet extraordinaire à Bagdad remonte à mai 1990, quelques mois avant l'invasion du Koweït par Saddam Hussein.

Le sommet annuel de la Ligue arabe a été repoussé à deux reprises en raison des mouvements de contestation.

Belga, vendredi 17 février 2012

http://www.levif.be/info/actualite/international/bagdad-accuse-des-pays-arabes-de-faciliter-le-terrorisme-en-irak/article-4000045924089.htm



4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage 

4-1 Gilles Munier : Tarek Aziz et la mort lente des prisonniers politiques irakiens.
Tarek Aziz, 76 ans, est emprisonné depuis neuf ans. D’abord incarcéré par les Américains au Camp Cropper, il a été livré, en juin 2010, à ses ennemis. Il est depuis dans une cellule de la prison d’Al-Kadimiya, à Bagdad, et condamné à mort. Gravement malade, épuisé par le système carcéral et une grève de la faim, il se meurt lentement faute de médicaments et de soins réguliers. Maître Badie Aref, son avocat irakien, a demandé à plusieurs reprises son hospitalisation à Bagdad ou à l’étranger, sans résultat. En août 2011, il a remis à Nouri al-Maliki un message où Tarek Aziz demandait que son exécution ait lieu « dès que possible ».

Tarek Aziz, « Le chrétien »

Tarek Aziz va bientôt mourir. En prison, il est aidé par des co-détenus pour se mouvoir et s’alimenter. Aux dernières nouvelles, il aurait des difficultés pour reconnaître sa femme et sa fille qui vivent à Amman, seules autorisées à le rencontrer une fois par mois. A chaque voyage, elles lui remettent la douzaine de médicaments qui lui manquent, mais ne peuvent que constater la dégradation de son état de santé.

Nouri al-Maliki et le parti al-Dawa qui ont tenté de l’assassiner, en avril 1980, cherchent leur revanche parce qu’il est pour eux, « Le chrétien », celui qui avait convaincu les Occidentaux de la dangerosité du régime de l’ayatollah Khomeiny. Ils ne lâcheront pas leur proie. Depuis 2003, des tueurs pro-iraniens ont éliminé la plupart des pilotes de chasse qui ont bombardé l’Iran ainsi que les ingénieurs chargés des tirs de missiles.

En France, parmi ceux qui ont connu Tarek Aziz, très peu sont intervenus en sa faveur. Espérons que le documentaire du Père Jean-Marie Benjamin (lire ci-dessous*) qui lui est consacré, primé… aux Etats-Unis (!), réveillera les consciences endormies des hommes politique qui se pressaient pour le rencontrer à Bagdad, ou lors de ses passages à Paris.

Leur vie est un enfer

Les autres prisonniers politiques incarcérés à Al-Kadimiya ne sont pas mieux lotis, d’autant qu’ils sont peu ou pas connus à l’étranger. Citons en trois, sur la liste des 55 dignitaires irakiens les plus recherchés par le Pentagone en 2003 :

Saadoun Shaker, ministre de l’Intérieur (1979-1987), a eu plusieurs crises cardiaques. Il s’était retiré depuis longtemps de la vie politique. Il a quand même été condamné à mort « pour avoir réprimé des partis religieux », alors que cette responsabilité n’était pas de son ressort mais de la compétence de services dépendant du président Saddam Hussein.

Mohamed Mehdi Saleh, ancien ministre du Commerce, arrêté par la CIA en avril 2003, a pratiquement perdu la vue, faute aussi de soins. Son dossier est vide, mais il était en poste quand des commerçants chiites se livrant au marché noir pendant l’embargo, ont été pendus. Il n’a rien à voir avec leur arrestation et encore moins avec leur exécution. La Cour de cassation a ordonné, il a 8 mois, sa libération : il ne l’est toujours pas été.

En avril 2003, les Marines avaient présenté comme une victoire l’arrestation de Hikmat al-Azzaoui, ancien ministre des Finances, 8 de carreau du jeu de cartes de Donald Rumsfeld. Il est mort à 79 ans à l’hôpital de la prison d’Al-Kadimiya, le 27 janvier dernier, faute de soins dans l’indifférence générale.

En octobre 2011, Nouri al-Maliki s’en est pris aux cadres intermédiaires du parti Baas, après que le CNT libyen lui a remis une liste de « comploteurs » trouvée au siège des services secrets du colonel Kadhafi. Plus de 600 Irakiens ont été aussitôt arrêtées dans tout le pays, ainsi que 140 professeurs de l’université de Tikrit. D’autres arrestations ont suivies. Les « comploteurs » ont été emprisonnés, pour la plupart, dans des camps ou des prisons secrètes. Leur vie est un enfer.

Invitation : « Tareq Aziz : L’autre vérité » (63’), réalisé par le Père Jean-Marie Benjamin, a obtenu le prix 2011 du meilleur documentaire au Festival du film de Silent River (Irvine, Californie). Il sera projeté en exclusivité à Paris, le jeudi 15 Mars, à 18 heures, au Studio des Ursulines (10, rue des Ursulines - RER Luxembourg) en présence du réalisateur. Entrée libre.

Présentation du documentaire :

http://www.youtube.com/watch?v=FmFnxxRD2Ag

Sur le même sujet, lire aussi :

Appel lancé en mars 2005, pour demander la libération de Tarek Aziz (liste des signataires)
http://www.france-irak-actualite.com/article-liberez-tarek-aziz-et-ses-compagnons-59876428.html

Bulletin de santé de Tarek Aziz (clinique du Camp Cropper – 26/1/10)
http://www.france-irak-actualite.com/article-tarek-aziz-etat-de-sante-45332733.html

« Tarek Aziz… connais pas ! »
http://www.france-irak-actualite.com/pages/Tarek_Aziz_connais_pas_Bakchichinfo_20508-1982322.html

Tarek Aziz, l’homme qui en sait trop

Samedi 10 mars 2012
http://www.france-irak-actualite.com/pages/tarek-aziz-l-homme-qui-en-sait-trop-juin-2008--1982315.html



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

5-1 John Pilger :Il est temps que nous reconnaissions la criminalité du gouvernement de Blair.

Dans le théâtre kabuki de la politique parlementaire britannique, les grands crimes ne sont pas commis et les criminels courent en liberté. Il s’agit bien de théâtre après tout ; ce sont les pirouettes qui comptent, et non pas des actions décidées en déconnexion, à la fois géographique et culturelle, avec leurs conséquences. C’est un dispositif sécurisé, protégé aussi bien par les acteurs que par la critique. Le discours d’adieu de l’un des plus malins de ces gens, Tony Blair, « était profondément imprégné d’un sens de conviction morale », s’épanchait alors le présentateur de télévision Jon Snow, comme si le charme que Blair exerçait aux adeptes du kabuki était mystique. Le fait qu’il était un criminel de guerre n’était en rien pertinent.

La manière dont on a étouffé les crimes de Blair et de ses administrations est décrite dans un livre de Gareth Peirce intitulé Dispatches from the Dark Side : on torture and the death of justice, publié en version de poche ce mois-ci par les éditions Verso. Peirce est l’avocate des droits de l’Homme la plus distinguée de Grande-Bretagne ; sa poursuite de dénis de justice infâmes et sa recherche de justice pour les victimes de crimes gouvernementaux, tels que la torture et l’extradition, restent inégalées. Son compte-rendu de ce qu’elle appelle le « pandémonium moral et légal » au lendemain du 11 septembre, est exceptionnel dans le sens où, en s’appuyant sur les mémoires de Blair et Alistair Campbell, des procès-verbaux du Cabinet et des dossiers du MI6, elle leur applique la règle de droit.

Des avocats de la trempe de Peirce, Phil Shiner et Clive Stafford-Smith ont permis que la mise en accusation de puissances dominantes ne soit plus un tabou. Ainsi Israël, l’homme de main des États-Unis, est maintenant largement reconnu comme l’État le moins respectueux du droit au monde. Des personnes comme Donald Rumsfeld, à l’instar de George W. Bush et Blair, évitent dorénavant les pays, au-delà des frontières, où la loi règne.

Étalant ses sinécures de « pacification » et de « développement » qui lui permettent d’ajouter à la fortune accumulée depuis son départ de Downing Street, Blair voyage en avion ici et là, tel une pie, avec pour destinations habituelles les cheikhats du Golfe, les Etats-Unis, Israël et des havres de sécurité comme la petite nation africaine du Rwanda. Depuis 2007, Blair a rendu sept visites dans ce pays, où il a accès à un jet privé fourni par le président Paul Kagame. Le régime de Kagame, dont les opposants ont été réduits au silence brutalement au moyen de fausses accusations, est « innovant » et un « leader » en Afrique, selon Blair.

Le livre de Peirce accomplit l’impossible avec Blair : il arrive à choquer. Quand elle remonte aux sources « des thèses injustifiables, de la belligérance débridée, de la falsification et d’un irrespect délibéré des lois » qui ont mené aux invasions de l’Afghanistan et de l’Irak, elle identifie l’offensive de Blair sur les musulmans comme étant à la fois criminelle et raciste. « Il fallait neutraliser par tous les moyens possibles, et de manière définitive, toute personne suspectée de tenir des opinions [islamistes]... dans le langage de Blair, un « virus » devant être « éliminé » et nous poussant à « une myriade d’interventions vigoureuses dans les affaires d’autres nations [sic] ». » Des communautés entières ont été réduites à des « taches de couleur » constellant un tableau sur lequel le Napoléon du parti travailliste s’attèlerait à « la réorganisation du monde ».

Le concept même de guerre a été détourné de son sens véritable pour devenir la logique de « nos valeurs contre les leurs ». Les réels coupables des attaques du 11 septembre, pour la plupart des Saoudiens entraînés à piloter en Amérique, ont été oubliés en cours de route. Tant s’en faut, les « taches de couleur » se sont révélées provenir du sang d’innocents – d’abord en Afghanistan, pays des pauvres entre les pauvres. Il n’y avait pas d’Afghans parmi les membres d’Al-Qaïda ; au contraire, on pouvait noter un ressentiment mutuel entre les uns et les autres. Mais cela n’importait pas. Une fois les bombardements commencés le 7 octobre 2001, des dizaines de milliers d’Afghans ont été châtiés par la famine au moment où le Programme alimentaire mondial retirait son aide à l’aube de l’hiver. Dans un village dévasté, Bibi Mahru, j’ai été témoin des conséquences d’une bombe de « précision » Mk82 : l’oblitération de deux familles, dont huit enfants. « Tony Blair, » a écrit Alistair Campbell, « a dit qu’ils devaient être conscients que nous les ferions souffrir s’ils ne nous présentaient pas Oussama Ben Laden. »

Le personnage grotesque d’Alastair Campbell était déjà à l’œuvre en train de concocter une autre menace en Irak. La guerre qui a suivi « a donné jusqu’à » entre 800 000 et 1.3 millions de morts, d’après le Centre d'Etudes Internationales du MIT[i] : des chiffres qui dépassent les estimations de l’Université de Fordham pour le nombre de victimes du génocide au Rwanda.

Et pourtant, écrit Peirce, « les fils de courriers électroniques, de communiqués internes du gouvernement ne révèlent aucune dissension ». Des séances d’interrogations qui comportaient de la torture venaient d’« instructions expresses... de ministres du gouvernement ». Le 10 janvier 2002, le ministre des affaires étrangères Jack Straw a contacté par courrier électronique ses collègues leur informant que l’envoi de citoyens britanniques au camp de Guantanamo représentait « le meilleur moyen d’atteindre nos objectifs de contre-terrorisme ». Il a rejeté « l’unique alternative du rapatriement au Royaume-Uni ». (Plus tard nommé « Secrétaire d’État à la Justice », Straw s’est débarrassé de procès-verbaux incriminants du Cabinet au mépris de l’avis du commissaire à l’information[ii]). Le 6 février 2002, le ministre de l’Intérieur David Blunkett a fait remarquer qu’il ne montrait « aucun empressement à voir qui que ce soit retourner [de Guantanamo] au Royaume-Uni ». Trois jours plus tard, le Secrétaire d’État aux Affaires étrangères Ben Bradshaw a écrit : « Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour éviter que les détenus soient rapatriés au Royaume-Uni. » Or pas une seule des personnes en question dans leurs propos n’avait été accusée ; la plupart avaient été vendues en tant que primes aux Américains par des chefs de guerre afghans. Peirce décrit encore comment des officiels du ministère des Affaires étrangères, antérieurement à une inspection du camp de Guantanamo, ont « vérifié » que les prisonniers britanniques étaient "traités humainement" alors que c’était tout le contraire.

Noyé dans ses mésaventures et ses mensonges, à l’écoute uniquement des berceuses de son dirigeant sur sa "sincérité", le gouvernement travailliste n’a consulté personne qui dise la vérité. Peirce cite l’une des sources les plus sûres, le Conflicts Forum, un site tenu par l’ex-officier des services de renseignement britanniques Alastair Crooke, qui considère qu’« isoler et diaboliser des groupes [islamiques] qui jouissent de soutien sur le terrain y a pour effet de renforcer le point de vue selon lequel l’Occident comprend seulement le langage de la puissance militaire ». En niant délibérément cette vérité, Blair, Campbell et leurs perroquets ont semé les graines des attaques du 7 juillet à Londres.

Aujourd’hui, un autre Afghanistan et un autre Irak s’annoncent en Syrie et en Iran, peut-être même une guerre mondiale. Une fois encore, il se trouve des voix, comme celle d’Alastair Crooke, pour tenter d’expliquer à des médias assoiffés d’ « intervention » en Syrie que la situation de guerre civile dans ce pays requière des négociations intelligentes et patientes, et non les provocations du SAS britannique et des habituels exilés soudoyés qui montent dans le cheval de Troie anglo-américain.

Source originale : John Pilger

John Pilgerhttp://resistance71.wordpress.com/

Traduit de l'anglais par T.K. pour Investig'Action

Source : michelcollon.info

 



6 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

6-1 L’ex geôlière bourreau d’Abou Ghraïb ne regrette pas ses actes

 

L'ex-militaire Lynndie England, symbole du scandale de la prison irakienne d'Abou Ghraïb en 2004 qui avait gravement terni l'image des Etats-Unis, a dit n'éprouver aucune compassion pour ses victimes.  

Dans un entretien à The Daily, elle a été interrogée quelques jours après la tuerie de  16 civils afghans dont est accusée un sergent américain et qui constitue selon le magasine, un événement susceptible de marquer une rupture en Afghanistan, comme Abou Ghraïb l'avait été pour la guerre en Irak.
Dans cet entretien, Lynndie England, mère célibataire, sans emploi, aujourd'hui âgée de 29 ans, a été radiée de l'armée après une condamnation à trois ans de prison pour les sévices pratiqués sur des prisonniers irakiens est revenue vivre chez ses parents en Virgnie-Occidentale.

Elle apparaît comme aigrie et sans remords vis-à-vis des prisonniers irakiens qu'elle a maltraités."
 Ils n'étaient pas innocents. Ils essaient de nous tuer et on voudrait que je leur présente des excuses? C'est comme si l'on demandait pardon à l'ennemi", assure-t-elle.

En 2004, la photo de la jeune femme de 22 ans, souriant devant un prisonnier irakien nu et tenu en laisse, avait fait le tour du monde. On la voyait sur d'autres clichés, l'air inexpressif sous ses cheveux noirs coupés au carré, poser devant des détenus entravés, menacés par des chien  ou empilés comme des objets.

Le président George W. Bush a reconnu que le scandale a "couvert de honte" les Etats-Unis et constitué la "plus grosse erreur" des Américains en Irak, que les forces américaines ont quitté fin 2011.

Lynndie England, à qui l'armée manque, raconte "envoyer des lettres de candidatures partout" mais ne peut même pas trouver d'emploi "chez McDonald's ou Burger King" en raison de son casier judiciaire.

Son seul regret exprimé est que les photos d'Abou Ghraïb aient entraîné la mort d'Américains dans des représailles. Mais ce n'est pas tant ses actes que la publicité faite à ces images qu'elle déplore: "J'y pense tout le temps, à ces morts que j'ai indirectement causées. Perdre des gens de notre côté parce que j'apparais sur une photo".

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=13&frid=13&eid=55569


6-2 Glen FORD : Guerres impérialistes: le pays du goulag levant (USA) et la France arrogants dans la défaite.

Obama et Sarkozy : l’attitude des impérialistes face à leurs défaites (Black Agenda Report)

 A leur manière dépravée et inimitable, les gouvernements français et américains ont insulté deux millions de morts algériens et irakiens, sans un mot pour les victimes. La France est restée très silencieuse sur sa défaite en Algérie, il y a 50 ans, tandis que le président américain débitait des mensonges éhontés sur la guerre en Irak en omettant de reconnaître la défaite des Etats-Unis ou les morts irakiens.

Il y a 50 ans, les Français ont reconnu leur défaite dans leur guerre contre l’indépendance de l’Algérie, par la signature d’un cessez-le-feu officiel. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy a dit qu’il n’organisait pas de cérémonies officielles parce que la commémoration rouvrirait « des blessures profondes d’une page douloureuse de l’histoire récente de la France. » Car il ne s’agit que des Français, voyez-vous – de « leur » douleur d’avoir été battus par le peuple qu’ils avaient soumis et traité comme une forme de vie inférieure depuis 132 ans ; « leur » douleur face à leur défaite en tant que puissance impériale, pas celle des Algériens qui ont perdu un million d’hommes, de femmes et d’enfants dans leur lutte pour l’indépendance.

Cette semaine marque aussi le 9ème anniversaire de l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis. Les Américains n’ont, bien entendu, jamais admis leur défaite – bien que la défaite soit la seule raison du retrait des troupes du pays. Le Président Barack Obama a respecté, avec beaucoup de réticences, l’accord sur le retrait des troupes que les Irakiens ont imposé au Président George Bush en novembre 2008, lorsqu’il devint évident que la guerre d’agression des Etats-Unis avait échoué.

Obama fut encore moins élégant dans la défaite que le président français Sarkozy, qui a eu au moins la décence de se taire. En proclamant le 19 mars « journée nationale de l’Honneur », Obama a salué « le courage inébranlable et l’engagement sans faille » des troupes US qui ont combattu « pied à pied pour aider le peuple irakien a saisir une chance pour un avenir meilleur. » D’autres obscénités et mensonges éhontés sont sortis de la bouche d’Obama, tandis que le Président reprenait à son compte les grands crimes de George Bush contre la paix mondiale et son holocauste contre le peuple irakien. « La guerre a laissé des blessures parfois invisibles, mais qui ne guériront jamais, » a dit Obama – parlant, bien sûr, uniquement des blessures subies par les Américains, tout comme Sarkozy a parlé uniquement de la douleur des Français. Voyez-vous, l’anniversaire de l’invasion d’un pays par les Etats-Unis ne concerne que les Américains, les 4500 Américains morts, à qui Obama a dit « nous avons une dette envers vous que nous ne pourrons jamais effacer. » Aucune mention de la dette de sang envers plus d’un million de morts Irakiens, hommes, femmes et enfants, dont le pays, jadis un des plus avancés du monde arabe, fut littéralement détruit par les Etats-Unis, et qui espèrent ne plus jamais revoir un uniforme américain.

Que valent un million de morts algériens aux yeux des Français ? La même chose qu’un million de morts irakiens morts aux yeux des Etats-Unis : ils ne valent même pas la peine d’être mentionnés.

Il n’y a pas de mot pour décrire la turpitude morale absolue des impérialistes, la banalité de leurs génocides, leur narcissisme sans bornes et leurs gémissements d’auto-apitoiement pour les quelques rares victimes dans leurs propres rangs au cours de leur course à la destruction globale.

Les Américains et les Européens occidentaux ne regrettent rien sinon leurs propres défaites dans la guerre de 500 ans qu’ils mènent contre les peuples basanés de la terre. Ils ont annihilé et réduit à l’esclavage des continents entiers, et osent appeler ça la civilisation. Leur seul regret ne concerne que la perte récente de leur domination absolue sur l’espèce humaine dont ils sont encore convaincus de faire partie de la couche supérieure. C’est dans des moments comme celui-ci, lorsque les gouvernements français et américain révèlent les signes de leur dégénérescence, que se confirme la corrélation étroite qui existe entre racisme et impérialisme, et la nécessité de les éliminer une bonne fois pour toutes.

Glen Ford

Le 26 Mars 2012

http://www.legrandsoir.info/obama-et-sarkozy-l-attitude-des-imperialistes-face-a-leurs-defaites-black-agenda-report.html

Traduction “allo, maman bobo, mon B52 a une fuite d’huile” par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

http://blackagendareport.com/content/obama-and-sarkozy-how-i…



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

 

 

12/04/2012

n°527 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak : - L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité.

n°527 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak : - L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



1 LesBrèves

1-1 Bagdad accuse des pays arabes de faciliter le terrorisme en Irak

1-2 Gilles Munier : L'ambassade US à Bagdad: méga-bunker sur la sellette.

2 Dossier

2-1 Glen FORD : Guerres impérialistes: le pays du goulag levant (USA) et la France arrogants dans la défaite.

3-2 John Pilger : Il est temps que nous reconnaissions la criminalité du gouvernement de Blair.

3-3 Julie Lévesque : L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité - Des troupes spéciales déployées partout sur la planète.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4 -1 Gilles Munier : Tarek Aziz et la mort lente des prisonniers politiques irakiens.

4-2 Gilles Munier : Sale temps pour les Américains à Bagdad.




Sommaire :

1 LesBrèves

1-1 Bagdad accuse des pays arabes de faciliter le terrorisme en Irak

1-2 Gilles Munier : L'ambassade US à Bagdad: méga-bunker sur la sellette.

2 Dossier

2-1 Glen FORD : Guerres impérialistes: le pays du goulag levant (USA) et la France arrogants dans la défaite.

3-2 John Pilger : Il est temps que nous reconnaissions la criminalité du gouvernement de Blair.

3-3 Julie Lévesque : L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité - Des troupes spéciales déployées partout sur la planète.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4 -1 Gilles Munier : Tarek Aziz et la mort lente des prisonniers politiques irakiens.

4-2 Gilles Munier : Sale temps pour les Américains à Bagdad.


 

Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister..



1 LesBrèves

1-1 Bagdad accuse des pays arabes de faciliter le terrorisme en Irak
Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

.Un haut responsable irakien a accusé des pays arabes, sans les nommer, de faciliter le financement de "groupes terroristes", alors que Bagdad doit accueillir fin mars le prochain sommet arabe. 

"Des commerçants de certains pays de la région, avec l'aide de leurs Etats, financent de manière importante des groupes terroristes en Irak.  

Les dirigeants de ces pays affirment ne rien savoir sur cette question mais les faits prouvent le contraire", a affirmé le vice-ministre de l'Intérieur Adnane al-Assadi sur la chaîne Iraqiya.  

Selon M. Assadi, qui a la haute main sur le ministère de l'Intérieur en l'absence d'un ministre désigné, "des institutions sécuritaires de certains pays de la région sont au courant de ces mouvements financiers et de l'envoi de terroristes mais elles ferment les yeux". Il y a près de trois cents prisonniers arabes, en majorité des Saoudiens, en Irak, selon le ministère de la justice. "Nous avons aussi trouvé que des groupes recevaient de l'argent par le biais de certaines ambassades arabes. Ils reçoivent des bons qu'ils doivent aller encaisser. Cet argent vient de commerçants de ces pays".

 

Le sommet arabe prévu le 29 mars doit marquer le retour de l'Irak sur la scène arabe. Ce pays n'a plus été l'hôte d'un sommet régulier depuis novembre 1978 et le dernier sommet extraordinaire à Bagdad remonte à mai 1990, quelques mois avant l'invasion du Koweït par Saddam Hussein.

Le sommet annuel de la Ligue arabe a été repoussé à deux reprises en raison des mouvements de contestation.

Belga,

vendredi 17 février 2012

http://www.levif.be/info/actualite/international/bagdad-accuse-des-pays-arabes-de-faciliter-le-terrorisme-en-irak/article-4000045924089.htm


1-2 Gilles Munier : L'ambassade US à Bagdad: méga-bunker sur la sellette.
Conçue en 2004, l’ambassade étasunienne à Bagdad - une ville dans la ville - devait témoigner du rayonnement de la démocratie made in USA au Proche-Orient. Pour la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice, l’Irak « un des pays les plus importants dans une région les plus importante du monde » allait devenir un des alliés majeurs des Etats-Unis. Il y a encore quelques mois, il était question d’y installer 16 000 employés : 2 000 diplomates et 14 000 « contractors » dont 5 000 chargés de la sécurité, les autres s’occupant des cuisines et de la gestion du parc automobile. Aujourd’hui, son budget de fonctionnement et le nombre des « contractors » sont revus à la baisse, certes en raison de la crise économique mondiale et de rêves impériaux évanouis, mais aussi parce qu’une nouvelle guerre pointe à l’horizon. Afin de réduire les dépenses du « Palais George Bush », comme l’appellent les bagdadis, Barack Obama et le Département d’Etat entendaient faire surveiller les abords de la Zone verte et des consulats en province par une flotte de petits drones. Outré, le gouvernement irakien a refusé et des parlementaires chiites, pro-iraniens, font pression sur Nouri al-Maliki pour qu’il interdise le survol du pays par les avions de guerre américains.

Gilles Munier :

G. Munier/X. Jardez
Publié le 7 mars 2012 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier

Source : France Irak
http://www.france-irak-actualite.com/...


2 Dossier

2-1 Glen FORD : Guerres impérialistes: le pays du goulag levant (USA) et la France arrogants dans la défaite.

Obama et Sarkozy : l’attitude des impérialistes face à leurs défaites (Black Agenda Report)

 A leur manière dépravée et inimitable, les gouvernements français et américains ont insulté deux millions de morts algériens et irakiens, sans un mot pour les victimes. La France est restée très silencieuse sur sa défaite en Algérie, il y a 50 ans, tandis que le président américain débitait des mensonges éhontés sur la guerre en Irak en omettant de reconnaître la défaite des Etats-Unis ou les morts irakiens.

Il y a 50 ans, les Français ont reconnu leur défaite dans leur guerre contre l’indépendance de l’Algérie, par la signature d’un cessez-le-feu officiel. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy a dit qu’il n’organisait pas de cérémonies officielles parce que la commémoration rouvrirait « des blessures profondes d’une page douloureuse de l’histoire récente de la France. » Car il ne s’agit que des Français, voyez-vous – de « leur » douleur d’avoir été battus par le peuple qu’ils avaient soumis et traité comme une forme de vie inférieure depuis 132 ans ; « leur » douleur face à leur défaite en tant que puissance impériale, pas celle des Algériens qui ont perdu un million d’hommes, de femmes et d’enfants dans leur lutte pour l’indépendance.

Cette semaine marque aussi le 9ème anniversaire de l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis. Les Américains n’ont, bien entendu, jamais admis leur défaite – bien que la défaite soit la seule raison du retrait des troupes du pays. Le Président Barack Obama a respecté, avec beaucoup de réticences, l’accord sur le retrait des troupes que les Irakiens ont imposé au Président George Bush en novembre 2008, lorsqu’il devint évident que la guerre d’agression des Etats-Unis avait échoué.

Obama fut encore moins élégant dans la défaite que le président français Sarkozy, qui a eu au moins la décence de se taire. En proclamant le 19 mars « journée nationale de l’Honneur », Obama a salué « le courage inébranlable et l’engagement sans faille » des troupes US qui ont combattu « pied à pied pour aider le peuple irakien a saisir une chance pour un avenir meilleur. » D’autres obscénités et mensonges éhontés sont sortis de la bouche d’Obama, tandis que le Président reprenait à son compte les grands crimes de George Bush contre la paix mondiale et son holocauste contre le peuple irakien. « La guerre a laissé des blessures parfois invisibles, mais qui ne guériront jamais, » a dit Obama – parlant, bien sûr, uniquement des blessures subies par les Américains, tout comme Sarkozy a parlé uniquement de la douleur des Français. Voyez-vous, l’anniversaire de l’invasion d’un pays par les Etats-Unis ne concerne que les Américains, les 4500 Américains morts, à qui Obama a dit « nous avons une dette envers vous que nous ne pourrons jamais effacer. » Aucune mention de la dette de sang envers plus d’un million de morts Irakiens, hommes, femmes et enfants, dont le pays, jadis un des plus avancés du monde arabe, fut littéralement détruit par les Etats-Unis, et qui espèrent ne plus jamais revoir un uniforme américain.

Que valent un million de morts algériens aux yeux des Français ? La même chose qu’un million de morts irakiens morts aux yeux des Etats-Unis : ils ne valent même pas la peine d’être mentionnés.

Il n’y a pas de mot pour décrire la turpitude morale absolue des impérialistes, la banalité de leurs génocides, leur narcissisme sans bornes et leurs gémissements d’auto-apitoiement pour les quelques rares victimes dans leurs propres rangs au cours de leur course à la destruction globale.

Les Américains et les Européens occidentaux ne regrettent rien sinon leurs propres défaites dans la guerre de 500 ans qu’ils mènent contre les peuples basanés de la terre. Ils ont annihilé et réduit à l’esclavage des continents entiers, et osent appeler ça la civilisation. Leur seul regret ne concerne que la perte récente de leur domination absolue sur l’espèce humaine dont ils sont encore convaincus de faire partie de la couche supérieure. C’est dans des moments comme celui-ci, lorsque les gouvernements français et américain révèlent les signes de leur dégénérescence, que se confirme la corrélation étroite qui existe entre racisme et impérialisme, et la nécessité de les éliminer une bonne fois pour toutes.

Glen Ford

http://blackagendareport.com/content/obama-and-sarkozy-how-i…

Traduction “allo, maman bobo, mon B52 a une fuite d’huile” par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles

Par Glen FORD

Le 26 Mars 2012

http://www.legrandsoir.info/obama-et-sarkozy-l-attitude-des-imperialistes-face-a-leurs-defaites-black-agenda-report.html


3-2 John Pilger : Il est temps que nous reconnaissions la criminalité du gouvernement de Blair.
.Dans le théâtre kabuki de la politique parlementaire britannique, les grands crimes ne sont pas commis et les criminels courent en liberté. Il s’agit bien de théâtre après tout ; ce sont les pirouettes qui comptent, et non pas des actions décidées en déconnexion, à la fois géographique et culturelle, avec leurs conséquences. C’est un dispositif sécurisé, protégé aussi bien par les acteurs que par la critique. Le discours d’adieu de l’un des plus malins de ces gens, Tony Blair, « était profondément imprégné d’un sens de conviction morale », s’épanchait alors le présentateur de télévision Jon Snow, comme si le charme que Blair exerçait aux adeptes du kabuki était mystique. Le fait qu’il était un criminel de guerre n’était en rien pertinent.

La manière dont on a étouffé les crimes de Blair et de ses administrations est décrite dans un livre de Gareth Peirce intitulé Dispatches from the Dark Side : on torture and the death of justice, publié en version de poche ce mois-ci par les éditions Verso. Peirce est l’avocate des droits de l’Homme la plus distinguée de Grande-Bretagne ; sa poursuite de dénis de justice infâmes et sa recherche de justice pour les victimes de crimes gouvernementaux, tels que la torture et l’extradition, restent inégalées. Son compte-rendu de ce qu’elle appelle le « pandémonium moral et légal » au lendemain du 11 septembre, est exceptionnel dans le sens où, en s’appuyant sur les mémoires de Blair et Alistair Campbell, des procès-verbaux du Cabinet et des dossiers du MI6, elle leur applique la règle de droit.

Des avocats de la trempe de Peirce, Phil Shiner et Clive Stafford-Smith ont permis que la mise en accusation de puissances dominantes ne soit plus un tabou. Ainsi Israël, l’homme de main des États-Unis, est maintenant largement reconnu comme l’État le moins respectueux du droit au monde. Des personnes comme Donald Rumsfeld, à l’instar de George W. Bush et Blair, évitent dorénavant les pays, au-delà des frontières, où la loi règne.

Étalant ses sinécures de « pacification » et de « développement » qui lui permettent d’ajouter à la fortune accumulée depuis son départ de Downing Street, Blair voyage en avion ici et là, tel une pie, avec pour destinations habituelles les cheikhats du Golfe, les Etats-Unis, Israël et des havres de sécurité comme la petite nation africaine du Rwanda. Depuis 2007, Blair a rendu sept visites dans ce pays, où il a accès à un jet privé fourni par le président Paul Kagame. Le régime de Kagame, dont les opposants ont été réduits au silence brutalement au moyen de fausses accusations, est « innovant » et un « leader » en Afrique, selon Blair.

Le livre de Peirce accomplit l’impossible avec Blair : il arrive à choquer. Quand elle remonte aux sources « des thèses injustifiables, de la belligérance débridée, de la falsification et d’un irrespect délibéré des lois » qui ont mené aux invasions de l’Afghanistan et de l’Irak, elle identifie l’offensive de Blair sur les musulmans comme étant à la fois criminelle et raciste. « Il fallait neutraliser par tous les moyens possibles, et de manière définitive, toute personne suspectée de tenir des opinions [islamistes]... dans le langage de Blair, un « virus » devant être « éliminé » et nous poussant à « une myriade d’interventions vigoureuses dans les affaires d’autres nations [sic] ». » Des communautés entières ont été réduites à des « taches de couleur » constellant un tableau sur lequel le Napoléon du parti travailliste s’attèlerait à « la réorganisation du monde ».

Le concept même de guerre a été détourné de son sens véritable pour devenir la logique de « nos valeurs contre les leurs ». Les réels coupables des attaques du 11 septembre, pour la plupart des Saoudiens entraînés à piloter en Amérique, ont été oubliés en cours de route. Tant s’en faut, les « taches de couleur » se sont révélées provenir du sang d’innocents – d’abord en Afghanistan, pays des pauvres entre les pauvres. Il n’y avait pas d’Afghans parmi les membres d’Al-Qaïda ; au contraire, on pouvait noter un ressentiment mutuel entre les uns et les autres. Mais cela n’importait pas. Une fois les bombardements commencés le 7 octobre 2001, des dizaines de milliers d’Afghans ont été châtiés par la famine au moment où le Programme alimentaire mondial retirait son aide à l’aube de l’hiver. Dans un village dévasté, Bibi Mahru, j’ai été témoin des conséquences d’une bombe de « précision » Mk82 : l’oblitération de deux familles, dont huit enfants. « Tony Blair, » a écrit Alistair Campbell, « a dit qu’ils devaient être conscients que nous les ferions souffrir s’ils ne nous présentaient pas Oussama Ben Laden. »

Le personnage grotesque d’Alastair Campbell était déjà à l’œuvre en train de concocter une autre menace en Irak. La guerre qui a suivi « a donné jusqu’à » entre 800 000 et 1.3 millions de morts, d’après le Centre d'Etudes Internationales du MIT[i] : des chiffres qui dépassent les estimations de l’Université de Fordham pour le nombre de victimes du génocide au Rwanda.

Et pourtant, écrit Peirce, « les fils de courriers électroniques, de communiqués internes du gouvernement ne révèlent aucune dissension ». Des séances d’interrogations qui comportaient de la torture venaient d’« instructions expresses... de ministres du gouvernement ». Le 10 janvier 2002, le ministre des affaires étrangères Jack Straw a contacté par courrier électronique ses collègues leur informant que l’envoi de citoyens britanniques au camp de Guantanamo représentait « le meilleur moyen d’atteindre nos objectifs de contre-terrorisme ». Il a rejeté « l’unique alternative du rapatriement au Royaume-Uni ». (Plus tard nommé « Secrétaire d’État à la Justice », Straw s’est débarrassé de procès-verbaux incriminants du Cabinet au mépris de l’avis du commissaire à l’information[ii]). Le 6 février 2002, le ministre de l’Intérieur David Blunkett a fait remarquer qu’il ne montrait « aucun empressement à voir qui que ce soit retourner [de Guantanamo] au Royaume-Uni ». Trois jours plus tard, le Secrétaire d’État aux Affaires étrangères Ben Bradshaw a écrit : « Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour éviter que les détenus soient rapatriés au Royaume-Uni. » Or pas une seule des personnes en question dans leurs propos n’avait été accusée ; la plupart avaient été vendues en tant que primes aux Américains par des chefs de guerre afghans. Peirce décrit encore comment des officiels du ministère des Affaires étrangères, antérieurement à une inspection du camp de Guantanamo, ont « vérifié » que les prisonniers britanniques étaient "traités humainement" alors que c’était tout le contraire.

 

Noyé dans ses mésaventures et ses mensonges, à l’écoute uniquement des berceuses de son dirigeant sur sa "sincérité", le gouvernement travailliste n’a consulté personne qui dise la vérité. Peirce cite l’une des sources les plus sûres, le Conflicts Forum, un site tenu par l’ex-officier des services de renseignement britanniques Alastair Crooke, qui considère qu’« isoler et diaboliser des groupes [islamiques] qui jouissent de soutien sur le terrain y a pour effet de renforcer le point de vue selon lequel l’Occident comprend seulement le langage de la puissance militaire ». En niant délibérément cette vérité, Blair, Campbell et leurs perroquets ont semé les graines des attaques du 7 juillet à Londres.

Aujourd’hui, un autre Afghanistan et un autre Irak s’annoncent en Syrie et en Iran, peut-être même une guerre mondiale. Une fois encore, il se trouve des voix, comme celle d’Alastair Crooke, pour tenter d’expliquer à des médias assoiffés d’ « intervention » en Syrie que la situation de guerre civile dans ce pays requière des négociations intelligentes et patientes, et non les provocations du SAS britannique et des habituels exilés soudoyés qui montent dans le cheval de Troie anglo-américain.

Source originale : John Pilger

Traduit de l'anglais par T.K. pour Investig'Action

Source : michelcollon.info

John Pilgerhttp://resistance71.wordpress.com/


3-3 Julie Lévesque : L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité - Des troupes spéciales déployées partout sur la planète.

Selon le Stars and Stripes, un média du département de la Défense des États-Unis, le Pentagone se prépare à déployer des troupes d’opérations spéciales dans le monde entier au moment où l’on diminue le nombre d’opérations militaires traditionnelles.

L’initiative est présentée comme un moyen de réduire les frais.

Grâce à cette nouvelle stratégie, les États-Unis remplacent les opérations de théâtre à grande échelle par des opérations militaires clandestines, rentables et de moindre envergure. Cela aboutit inévitablement à la violation de la souveraineté nationale du pays ciblé.

Le chef étasunien du commandement des opérations spéciales, l’amiral Bill McRaven, qui a mené le raid contre ben Laden au Pakistan, a proposé que les troupes quittant les zones de guerre en Irak et en Afghanistan soient redéployées dans des zones « quelque peu négligées durant la décennie centrée sur Al-Qaïda ».

Cela se ferait dans le but de faciliter le lancement de raids par les Forces Spéciales, comme celui qui aurait tué ben Laden, une opération clandestine ayant violé la souveraineté pakistanaise.

Selon AP, le déploiement de commandos « plus près de nouvelles zones de crise remplacera les invasions terrestres comme celles de l’Irak et de l’Afghanistan […] par des raids d’opérations spéciales laissant peu de traces, ou mieux encore, des raids effectués par des forces locales amies entraînées par les États-Unis, les aidant à combattre, côte à côte, des ennemis mutuels ».

Ces troupes pourraient effectuer des raids, ou seraient probablement davantage appelées à travailler avec des alliés locaux pour leur apprendre à cibler des ennemis régionaux ainsi qu’à promouvoir des relations à long terme, entre soldats, pouvant aider à désamorcer une crise ou un coup éventuels. (Kimberly Dozier, Special operations expanding as wars recede, Associated Press, 27 janvier 2012)

Cela aidera « à désamorcer une crise ou un coup éventuels » ou à les fomenter?

Le but, selon un représentant de la Défense, est d’« augmenter la coopération avec les armées étrangères, de travailler avec elles pour vaincre les menaces locales au lieu de faire porter le poids de ces combats aux États-Unis ».

AP rapporte par ailleurs que « le financement pour les opérations spéciales et la recherche de renseignements augmenteront, puisqu’ils sont tous deux des moyens privilégiés par l’administration Obama pour confronter de nombreuses menaces mondiales après une décennie d’invasions terrestres coûteuses en Irak et en Afghanistan.

Cela signifie essentiellement que l’armée des États-Unis entre dans la clandestinité. Au niveau planétaire.

AP mentionne également que « les commandements des opérations spéciales à l’étranger pourraient aussi servir de cadre pour une coopération accrue entre les agences étasuniennes, fusionnant non seulement les alliés régionaux mais également des agences comme la CIA, le FBI et la Drug Enforcement Administration ».

par Mondialisation.ca et Julie Lévesque

Jule Lévesque a collaboré à ce reportage.

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=MON20120201&articleId=29028


4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 AFP : Recherché, le vice-président Hachémi est parti au Qatar.

Le vice-président irakien Tarek al-Hachémi, recherché par la justice de son pays qui l'accuse d'avoir dirigé un groupe de tueurs, a quitté dimanche l'Irak pour le Qatar pour une visite de plusieurs jours, a indiqué un communiqué de ses services.
M. Hachémi a quitté le Kurdistan (irakien) ce matin pour Doha, dans l'Etat frère du Qatar, à la suite d'une invitation reçue dans le passé, selon le communiqué.
Il y rencontrera l'émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani et le Premier ministre cheikh Hamad ben Jassem al-Thani. Puis il se rendra dans d'autres pays non précisés, avant de rentrer au Kurdistan, selon le communiqué.
Au Qatar, l'agence officielle Qna, a confirmé l'arrivée de M. Hachémi pour une visite officielle de quelques jours. Il a été accueilli à l'aéroport par cheikh Hamad ben Nasser ben Jassem Al-Thani, ministre d'Etat selon la même source.
C'est la première fois que M. Hachémi annonce avoir quitté le territoire irakien depuis l'émission du mandat d'arrêt à son encontre en décembre.
M. Hachémi, un sunnite, est soupçonné d'avoir dirigé un groupe de tueurs. Ce dernier dénonce une chasse à l'homme à visées politiques du Premier ministre, le chiite Nouri al-Maliki. Jusqu'à présent, les dirigeants du Kurdistan où il s'est réfugié ont refusé de le remettre aux autorités judiciaires de Bagdad.
Certains de ses gardes du corps ont fait des aveux télévisés dans lesquels ils ont reconnu avoir commis et planifié des attentats et reçu un soutien financier du vice-président.

Selon M. Hachémi, ces aveux sont montés de toutes pièces.
Interrogé à ce sujet lors d'une conférence de presse dimanche, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a estimé que les pays appartenant à la Ligue arabe ne devraient pas recevoir une personne recherchée et surtout en l'accueillant en tant que vice-président.

01 avril 2012
(AFP / 14h08)



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1Gilles Munier : Tarek Aziz et la mort lente des prisonniers politiques irakiens.
Tarek Aziz, 76 ans, est emprisonné depuis neuf ans. D’abord incarcéré par les Américains au Camp Cropper, il a été livré, en juin 2010, à ses ennemis. Il est depuis dans une cellule de la prison d’Al-Kadimiya, à Bagdad, et condamné à mort. Gravement malade, épuisé par le système carcéral et une grève de la faim, il se meurt lentement faute de médicaments et de soins réguliers. Maître Badie Aref, son avocat irakien, a demandé à plusieurs reprises son hospitalisation à Bagdad ou à l’étranger, sans résultat. En août 2011, il a remis à Nouri al-Maliki un message où Tarek Aziz demandait que son exécution ait lieu « dès que possible ».

Tarek Aziz, « Le chrétien »

Tarek Aziz va bientôt mourir. En prison, il est aidé par des co-détenus pour se mouvoir et s’alimenter. Aux dernières nouvelles, il aurait des difficultés pour reconnaître sa femme et sa fille qui vivent à Amman, seules autorisées à le rencontrer une fois par mois. A chaque voyage, elles lui remettent la douzaine de médicaments qui lui manquent, mais ne peuvent que constater la dégradation de son état de santé.

Nouri al-Maliki et le parti al-Dawa qui ont tenté de l’assassiner, en avril 1980, cherchent leur revanche parce qu’il est pour eux, « Le chrétien », celui qui avait convaincu les Occidentaux de la dangerosité du régime de l’ayatollah Khomeiny. Ils ne lâcheront pas leur proie. Depuis 2003, des tueurs pro-iraniens ont éliminé la plupart des pilotes de chasse qui ont bombardé l’Iran ainsi que les ingénieurs chargés des tirs de missiles.

En France, parmi ceux qui ont connu Tarek Aziz, très peu sont intervenus en sa faveur. Espérons que le documentaire du Père Jean-Marie Benjamin (lire ci-dessous*) qui lui est consacré, primé… aux Etats-Unis (!), réveillera les consciences endormies des hommes politique qui se pressaient pour le rencontrer à Bagdad, ou lors de ses passages à Paris.

Leur vie est un enfer

Les autres prisonniers politiques incarcérés à Al-Kadimiya ne sont pas mieux lotis, d’autant qu’ils sont peu ou pas connus à l’étranger. Citons en trois, sur la liste des 55 dignitaires irakiens les plus recherchés par le Pentagone en 2003 :

Saadoun Shaker, ministre de l’Intérieur (1979-1987), a eu plusieurs crises cardiaques. Il s’était retiré depuis longtemps de la vie politique. Il a quand même été condamné à mort « pour avoir réprimé des partis religieux », alors que cette responsabilité n’était pas de son ressort mais de la compétence de services dépendant du président Saddam Hussein.

Mohamed Mehdi Saleh, ancien ministre du Commerce, arrêté par la CIA en avril 2003, a pratiquement perdu la vue, faute aussi de soins. Son dossier est vide, mais il était en poste quand des commerçants chiites se livrant au marché noir pendant l’embargo, ont été pendus. Il n’a rien à voir avec leur arrestation et encore moins avec leur exécution. La Cour de cassation a ordonné, il a 8 mois, sa libération : il ne l’est toujours pas été.

En avril 2003, les Marines avaient présenté comme une victoire l’arrestation de Hikmat al-Azzaoui, ancien ministre des Finances, 8 de carreau du jeu de cartes de Donald Rumsfeld. Il est mort à 79 ans à l’hôpital de la prison d’Al-Kadimiya, le 27 janvier dernier, faute de soins dans l’indifférence générale.

En octobre 2011, Nouri al-Maliki s’en est pris aux cadres intermédiaires du parti Baas, après que le CNT libyen lui a remis une liste de « comploteurs » trouvée au siège des services secrets du colonel Kadhafi. Plus de 600 Irakiens ont été aussitôt arrêtées dans tout le pays, ainsi que 140 professeurs de l’université de Tikrit. D’autres arrestations ont suivies. Les « comploteurs » ont été emprisonnés, pour la plupart, dans des camps ou des prisons secrètes. Leur vie est un enfer.

Invitation : « Tareq Aziz : L’autre vérité » (63’), réalisé par le Père Jean-Marie Benjamin, a obtenu le prix 2011 du meilleur documentaire au Festival du film de Silent River (Irvine, Californie). Il sera projeté en exclusivité à Paris, le jeudi 15 Mars, à 18 heures, au Studio des Ursulines (10, rue des Ursulines - RER Luxembourg) en présence du réalisateur. Entrée libre.

Présentation du documentaire :

http://www.youtube.com/watch?v=FmFnxxRD2Ag

Sur le même sujet, lire aussi :

Appel lancé en mars 2005, pour demander la libération de Tarek Aziz (liste des signataires)
http://www.france-irak-actualite.com/article-liberez-tarek-aziz-et-ses-compagnons-59876428.html

Bulletin de santé de Tarek Aziz (clinique du Camp Cropper – 26/1/10)
http://www.france-irak-actualite.com/article-tarek-aziz-etat-de-sante-45332733.html

« Tarek Aziz… connais pas ! »
http://www.france-irak-actualite.com/pages/Tarek_Aziz_connais_pas_Bakchichinfo_20508-1982322.html

Tarek Aziz, l’homme qui en sait trop

Gilles Munier

Samedi 10 mars 2012

http://www.france-irak-actualite.com/pages/tarek-aziz-l-homme-qui-en-sait-trop-juin-2008--1982315.html


4-2 Gilles Munier : Sale temps pour les Américains à Bagdad.
La « guerre annoncée » contre l’Iran et « l’axe chiite » oblige Nouri al-Maliki à se débarrasser du maximum de « contractors », ces mercenaires
occidentaux qui pullulent en Irak, et de surveiller les déplacements des agents de sécurité de l’ambassade US.
Plusieurs dizaines de milliers de « contractors » – mercenaires – américains ou étrangers, employés par des sociétés militaires privées (SMP), détestés par
la population, sont toujours en Irak. Fin 2011, avant le départ du gros des troupes d’occupation étasuniennes, leur nombre était supérieur à celui des GI’s.
Nouri Al-Maliki qui peut difficilement se passer d’eux en matière de sécurité et de défense, craint à juste titre qu’ils participent à la déstabilisation de son
régime en cas de bombardements de centres nucléaires iraniens par Israël, d’intervention étrangère armée en Syrie, ou d’attaque généralisée de « l’axe
chiite » par l’Otan. Le temps où les « contractors » roulaient des mécaniques, au-dessus des lois, est donc révolu. Ils sont plus que jamais dans la ligne de
mire des services secrets irakiens et iraniens qui guettent la moindre incartade de leur part pour les faire expulser, et qui n’hésiteront pas à les interner si
l’Iran est attaqué.
Dès la semaine précédent le départ des GI’s, Ahmad, le tout-puissant fils de Nouri al-Maliki, a expulsé de la Zone verte des sociétés étrangères et les
mercenaires qui s’y trouvaient et en a profité pour placer des chars près du domicile des opposants sunnites proaméricains. Les responsables des check
points ont l’ordre de vérifier scrupuleusement les identités, la validité des visas, les autorisations de déplacement et de port d’armes des étrangers.
Finis les passe-droits
Début décembre, une équipe de mercenaires de la SMP Triple Canopy, liée par contrat au Département d’Etat étasunien, a été arrêtée sur la route de Taji.
Ils ont été détenus 18 jours dans des conditions exécrables pour eux - nourriture servie sur le sol crasseux de leur cellule, riz plein d’insectes – … mais de
loin préférables à celles réservées aux opposants irakiens. Mark Fisher, un ancien sergent fidjien, arrêté avec deux Américain et douze Irakiens, a accusé
ses geôliers de « tortures mentales »… et leur a reproché d’avoir dû passer Noël en prison. Il a fallu l’intervention du congressiste républicain amérivain
Peter King pour les libérer.
Début janvier, une centaine de « contractors » a été retenue pendant quelques jours à l’aéroport de Bagdad dans des cellules de la police des frontières.
Certains faisaient partie de la sécurité de l’ambassade des Etats-Unis. Pour ne pas dramatiser la situation, James Jeffrey, l’ambassadeur, a parlé d’«
ennuis » à porter au compte du « manque d’expérience » des fonctionnaires irakiens, des « lenteurs bureaucratiques ». Pour Latif Rashid, conseiller du
président de la République irakienne, les étrangers débarquant à Bagdad sont dans des conditions semblables à celles d’un Irakien se rendant aux Etats-
Unis dans le cadre de son travail. Finis les passe-droits !
Tuez-les, sans sommation
Le 16 janvier dernier, quatre officiers américains, dont deux femmes, travaillant à l’ambassade qui effectuaient, selon eux, une patrouille de routine dans
une BMW bourrée d’armes, ont été arrêtés près du domicile de Saleh Abdul Razzak, gouverneur de Bagdad, membre important du parti Dawa. Celui-ci les
accuse d’avoir cherché à l’assassiner. Il exige désormais que les agents de sécurité US soient accompagnés par des policiers irakiens dans leurs
déplacements. Sinon, il autorise les forces de l’ordre à les tuer… sans sommation ! Moqtada al-Sadr lui a apporté son soutien et appelé ses partisans à
surveiller les étrangers. Le leader chiite estime que de nombreux assassinats inexpliqués sont l’œuvre des services secrets américains. Les arrestations d’
« agents américains » étant bien vues de l’opinion publique, le ministère de l’Intérieur – dont Maliki assure l’intérim depuis les dernières législatives –
accuse maintenant les sociétés de militaires privées étrangères de « porter atteinte à la sécurité de l’Etat », voire de servir de couverture au Mossad. C’est
loin d’être une découverte ! Le 1er février, sur Al-Manar, la chaîne du Hezbollah libanais, plusieurs dirigeants chiites irakiens, ayant servi l’occupation sans
broncher, abondent dans ce sens pour se refaire une virginité à bon compte (1).
(1) Reportage vidéo de Al-Manar « Irak: Le Mossad israélien dans les sociétés sécuritaires »

Gilles Munier

(Afrique Asie – mars 2012)
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?cid=20&eid=48439&fromval=1



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

 

 

11/04/2012

n°526 - Les Dossiers d'Irak - du 08/02 au 10-04-2012 - a1 - Les militaires, drogués comme des cyclistes


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

        n°526                 du 08/02  au 10-04-2012                

n°C.De Broeder & M.Lemaire



 Le " Dossier d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur nos blogs : 

http://www.dhblogs.be/categories/International.html  http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

 

b) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

c) Sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

d) Sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

e) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 f) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Tiré à part

Hassan Hamade : Annan : « Génocide en Iraq et Paix en Syrie ? »

Jean-guisnel : « Les militaires, drogués comme des cyclistes ? »

Almanar : L’ex geôlière bourreau d’Abou Ghraïb ne regrette pas ses actes.

Sur le Terrain

AP : Explosion à Bagdad non loin du site du sommet arabe.

Mars, mois le moins meurtrier depuis l'invasion de 2003.

Dossier & Point de vue

1-1 Iskandar Kfouri : Avocate de Saddam Hussein: « Le printemps arabe » a commencé avec l'Irak

 


Tiré à part

Hassan Hamade : Annan : « Génocide en Iraq et Paix en Syrie ? »

L’ancien secrétaire général des Nations-Unies (1997-2006) et Prix Nobel de la Paix (2001), Kofi Annan, a été chargé par son successeur Ban Ki-Moon et par son homologue de la Ligue arabe, Nabil el-Arabi, de négocier une solution pacifique à la crise syrienne.

 Mais, Monsieur Annan est-il la personne la mieux placée pour cela ?

Considérant sa responsabilité éminente dans le génocide de plus d’un demi-million d’enfants irakiens, Hassan Hamade en doute.

Monsieur Annan,

« L’Homme blanc a élevé à des hauteurs jamais atteintes la Civilisation du mensonge.  »

Je suppose que vous connaissez cette citation d’un grand intellectuel et historien réunionnais, Jean-Charles Angrand. Elle figure dans une lettre adressée par ce dernier il y a de cela un an et demi au professeur Jean Ziegler, alors coordinateur de la Commission des Nations unies chargée de la lutte contre la faim et pour le droit à l’alimentation.

Vous n’êtes pas sans savoir que les États-Unis opposent un refus catégorique à l’idée de faire figurer le droit à l’alimentation dans le cadre global des droits de l’Homme malgré le fait que ceux-ci ne sont jamais respectés dans le monde surtout par la puissance qui ne cesse d’en brandir l’étendard [1]

C’est sur ce point que Jean-Charles Angrand a voulu insister pour clarifier le débat sur les problèmes politiques comme sur les problèmes économiques et sociaux, surtout que l’une des armes de destruction massive les plus utilisées est l’arme de la faim et de la malnutrition [2]. Quant aux slogans sans cesse répétés en la matière, ils ne servent que pour la propagande. N’est-ce pas Winston Churchill qui a dit : « Pour être protégés, les grands projets ont besoin de sentinelles en mensonges » ?...

Je pense, Monsieur, que cette citation vous rappelle quelque chose, même beaucoup de choses…. à commencer par la tragédie irakienne favorisée par un flux continu de mensonges pour justifier la guerre et entretenir le blocus contre ce berceau de la Civilisation humaine. Le Comité des sanctions chargé d’appliquer le Programme « pétrole contre nourriture » – titre, en soit, sommet de cynisme et de sadisme humain – qui agissait sous votre autorité, a mis en marche un génocide, dans le vrai sens du mot, selon la qualification donnée à cette action par Marc Bossuyt, alors président de la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies [3] et grand professeur en Droit international. En effet, pendant votre premier mandat comme secrétaire général des Nations unies (1er janvier 1997-31 décembre 2000) le nombre des bébés irakiens tués par les sanctions, parce que privés de nourriture, de médicaments et de traitements médicaux adaptés, s’est élevé à plus de 550 000 enfants en bas âge. Il va sans dire que le « compteur » macabre s’était arrêté en l’an 2000, mais les tueries continuaient à travers le « Programme » qui s’est effondré au mois de mars 2003 avec l’invasion terrestre de l’Irak par la coalition anglo-saxonne et ses alliés.

Nous évoquons seulement le carnage des enfants et des bébés en laissant de côté les autres catégories de la population qui ont subi pratiquement le même sort. Mais l’histoire de votre Comité de sanctions et sa responsabilité dans ce génocide mérite bien d’être mise un peu en relief d’autant plus qu’on vous charge dès à présent de régler d’autres dossiers, non moins épineux, qui pourraient concerner directement la stratégie sanguinaire de l’Empire. Franchement, Monsieur Annan, votre nom à lui seul est devenu indissociable de cette tragédie qui n’a pas encore été prise en charge par la Justice internationale adaptée.

En évoquant ces meurtres en masse, Jean Ziegler ainsi que Hans-Christophe von Sponeck (ce dernier a dirigé à partir de Bagdad le Programme « pétrole contre nourriture ») s’accordent à considérer que .. « graduellement, à partir de 1996, le programme pétrole contre nourriture fut détourné de sa mission et servit d’arme de punition collective de la population fondée sur la privation de nourriture et de médicaments »….. et ce en contradiction flagrante avec la structure même du Programme telle que définie par le Conseil de sécurité, bien que la structure en elle-même est une aberration humaine, voire même une honte.

Des escrocs à la tête du « Programme »

Monsieur Annan, vous étiez au courant de toutes les pratiques et les malversations qui se déroulaient dans les différentes instances du « Programme » à commencer par le Bureau de ce « Programme » chargé d’examiner les demandes présentées par les entreprises qui aspiraient à décrocher des contrats. Le directeur de ce bureau vous l’avez-vous-même nommé à son poste, à la demande des États-uniens, malgré les suspicions qui l’entouraient. D’ailleurs il a fini par être inculpé par le District Court de New-York avant de se retirer à Chypre « où il coule des jours heureux » selon l’expression de Jean Ziegler. Il était votre protégé, Monsieur Annan. Vous lui avez assuré la couverture nécessaire pour le déploiement de ses minables talents. En même temps, vous vous absteniez à protéger le « Programme », ce qui aggravait les exactions de sorte que dans le monde entier on comparait cette machine infernale aux administrations les plus corrompues de la planète. Tout ça sur le dos du pauvre peuple irakien à qui on administrait des protocoles de destruction systématique. Il suffit de donner deux ou trois exemples des crimes perpétrés par cette administration à la tête de laquelle vous déployiez vos dons de faux sage africain.

Votre Comité de sanctions, animé par un code de conduite visant à rendre aux irakiens la vie infernale, se surpassait dans l’invention de méthodes, plus cruelles les unes que les autres, afin de remplir sa tâche diabolique. Par exemple le Comité refusait catégoriquement de permettre aux hôpitaux irakiens d’acquérir les machines de dialyse indispensables pour des milliers de patients. Un jour le représentant de l’OMS à Bagdad, Dr Ghoulam Rabbani Papal, passe une commande urgente à la représentation du « Programme » à Bagdad pour l’acquisition de 31 machines de dialyse. Cette demande fut immédiatement transmise à New-York au Comité des sanctions où, comme dans les films d’horreur, ont disparues les traces de cette commande. Il a fallu réitérer la même demande, avec un temps d’attente de plusieurs mois avant de recevoir une réponse. Ce n’est qu’après maintes interventions que le Comité a fini par donner son accord mais pour 11 machines seulement !!!... et l’histoire ne s’arrête pas là car ces 11 machines une fois livrées se sont trouvées bloquées au poste frontière jordano-irakien, par une décision anonyme. Il a fallu deux années de démarches acharnées pour pouvoir les libérer. Il va sans dire qu’entre-temps le nombre des patients irakiens qui périrent, femmes, enfants, vieillards etc…., dépassait tous les décomptes imaginables. C’était en l’an 2000.

Monsieur Annan, comment avez-vous accepté qu’une cruauté pareille soit commise sous votre autorité ?... mutisme total de votre part. Avez-vous entendu parler d’un crime qui s’appelle non-assistance à personne en danger, vous qui êtes supposé ne pas ignorer la loi… ?

Silence, on torture !

En 1999, alors que le corps médical irakien parvenait à faire des miracles compte-tenu de l’extrême privation qui le frappait, la directrice de l’UNICEF, Carol Bellamy formulait une demande expresse pour l’importation d’ampoules nécessaires à l’alimentation intra veineuse des nourrissons et des enfants en bas-âge gravement sous-alimentés. Après une longue période d’attente, le verdict du Comité des sanctions tombe et c’est le refus catégorique. Elle s’est même adressée personnellement au Conseil de sécurité mais en vain !... Ainsi votre machine infernale, monsieur Annan, a réussi une formidable performance en matière de respect de l’être humain. Est-ce que vous réalisez bien que vous vous êtes abstenu d’apporter une assistance à bébés en danger… ? Pourtant Monsieur Annan, vous ne cessez de cultiver votre image de marque, d’homme intègre, de sage africain, soucieux des droits de l’homme et de la paix dans le monde.

Depuis cette demande de l’UNICEF, le décompte macabre des enfants martyrs s’est arrêté, mais la tuerie continuait son avancée. Et en même temps vous vous êtes accroché à votre poste avec une allure de respectabilité et de calme.

Les pratiques de votre Comité de sanctions à l’égard de l’ensemble de la population irakienne ressemblent davantage à d’interminables séances de tortures. Vous en étiez témoin, Monsieur Annan, et le monde n’a eu aucun écho d’une quelconque manifestation de votre conscience d’homme de paix et de droit.

Je ne veux pas m’attarder, ni à raconter comment votre Comité de sanctions a empêché la fourniture de machines adaptées nécessaires à la remise en marche des stations d’épuration de l’eau potable du Tigre, de l’Euphrate et de Shatt-al-Arab, ni à expliquer comment l’Irak à cause de cela est passé parmi les premiers pays au monde dont la population souffre de maladies chroniques dues à la pollution de l’eau, ni comment votre Commission refusait toutes les demandes et suppliques des hôpitaux irakiens pour l’obtention des climatiseurs nécessaires pour conserver au frais les médicaments dans un pays où la température peut dépasser les 45° durant plusieurs mois.

Ce sont juste quelques petits exemples d’une panoplie d’actions concertées visant à ramener à l’âge de pierre un pays comme l’Irak et Dieu sait ce qu’est l’Irak.

« Ce qui se passe en Irak est bel et bien un génocide  » s’est exprimé à haute voix Marc Bossuyt sans que ce cri alarmant et culpabilisant n’atteigne vos oreilles, Monsieur Annan. Tout comme les multiples protestations de cet homme honnête qu’est Denis Hallyday, le coordinateur du « Programme » à Bagdad, qui s’est trouvé contraint de vous jeter en pleine figure sa démission et a quitté les Nations Unies…. Tout comme les protestations de son successeur au même poste, le très honorable Hans Christophe von Sponeck, éponyme de l’honnêteté et du dévouement qui a été empêché d’expliquer de vive voix devant le Conseil de sécurité, les réalités de la situation et du génocide qui se déroulait. Au lieu d’avoir le minimum d’honnêteté et de fidélité à la charge qui vous incombait et qui exigeait de vous une solidarité avec cette étoffe d’hommes de courage, de compétence et d’honneur, vous avez choisi le silence perfide et de vous ranger du côté des deux délégations anglo-saxonnes qui ont décidé d’interdire à von Sponcek de s’exprimer devant le Conseil de sécurité car il a bravé les interdits en choisissant de respecter scrupuleusement la Charte des Nations unies. Oui Monsieur Annan, sous votre autorité le respect de la Charte des Nations unies est devenu une infraction qui mérite un châtiment.

Complexé de la famille Wallenberg

Les atlantistes ont empêché von Sponeck d’étaler la vérité au grand jour devant le Conseil de sécurité tout comme ils ont empêché dernièrement le général soudanais al-Daby (chef de la délégation des observateurs arabes en Syrie) de s’exprimer devant la Ligue arabe et de faire saisir son rapport par le Conseil de sécurité car il mettait en cause le rôle destructeur et criminel que les organisations terroristes jouaient en Syrie. D’ailleurs il existe plusieurs points communs entre les deux cas.

Monsieur Annan,

Vous êtes sans doute impressionné par la trajectoire de vos beaux-parents suédois. Je veux parler de la famille Wallenberg, très puissante dans le domaine de l’industrie, des finances et des banques et qui a donné à la Suède plusieurs personnalités éminentes dont certaines ont eu un rayonnement pan-européen tel l’oncle maternel de madame votre épouse, Raoul Wallenberg et son oncle Jacob. Très probablement c’est la personnalité de Raoul qui vous a le plus intéressé car il était sûrement un homme assez particulier qui a fait preuve d’un courage indéniable durant les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale lorsqu’il a exposé sa vie aux grands dangers pour sauver des centaines de juifs en Hongrie et ce avant qu’il ne soit arrêté par les troupes soviétiques le lendemain même de leur entrée en libérateur dans Budapest. D’ailleurs les traces du brave Raoul se sont rangées dans les dossiers des énigmes de la guerre et de l’après-guerre. Tout ce qui a filtré de sa disparition c’est que les soviétiques le considéraient comme un espion états-unien.

C’est tout à fait normal Monsieur Annan que vous sentiez une certaine fierté lorsque vous visitez certaines capitales européennes et que vous vous rendiez à des sites érigés par les communauté juives à la mémoire de Raoul, tout comme à Washington qui lui a délivré le statut de citoyen d’honneur des États-unis, après Winston Churchill. Quant à l’État d’Israël, ou il est aussi citoyen d’honneur, la plaque commémorative en son nom a été placée au cœur même du Mausolée de « Yad Vashem » à la mémoire des victimes de l’holocauste nazi.

Monsieur Annan,

C’est bien dans la nature des choses que ce lien matrimonial qui vous lie à la famille Wallenberg soit à l’origine de votre ascension professionnelle mais est-ce que vous n’auriez pas dû suivre l’exemple de l’oncle de votre épouse en matière de dévouement à son peuple juif et que vous prôniez une attitude ferme contre toutes sortes d’holocauste plutôt que d’y participer, comme vous l’avez fait lors du génocide du peuple irakien.

Oui Monsieur Annan, il s’agit bien d’un holocauste en Irak et d’un génocide, dans le sens juridique du terme tel que qualifié par Marc Bossuyt. Vous êtes partenaire dans la gestion de cet holocauste en Irak.

Vous êtes partenaire principal dans cette non-assistance à 550 000 enfants en bas âge en danger de mort.

Soyez sûr Monsieur Annan que nous ne sommes pas une copie conforme de nos gouvernements sionistes arabes. Si vous avez le plein droit d’être fasciné par vos beaux-parents sionistes, alors vous pourriez être sûr que cela ne sera jamais notre cas vis-à-vis des sionistes arabes. Ils ne nous fascinent guère, au contraire ils nous dégoûtent.

Il est inutile Monsieur Annan, que vous pensiez, ne serait-ce qu’un laps de secondes, que l’holocauste de la Mésopotamie pourrait échapper indéfiniment à la justice. Cette affaire vous concerne directement du fait de votre position dirigeante à la tête de l’exécutif onusien durant la période du génocide qui avait pour titre « pétrole contre nourriture ». Avec un parcours pareil, on peut se demander si vraiment vous êtes habilité pour apporter une solution pacifique à la crise syrienne actuelle que l’ « on » vous a chargé de résoudre.

Pouvez-vous faire à la Syrie une prescription extra-génocidaire qui l’épargnerait de subir le même sort que l’Irak ? …Très probablement on ne vous a pas choisi pour cela.

Monsieur Annan, vous êtes chez nous aujourd’hui pour servir les projets de ceux-là mêmes qui vous avaient envoyé chez nous hier, du temps de l’holocauste en Irak.

Monsieur Annan, vous êtes aujourd’hui en Afrique pour faire la propagande des Rockfeller. N’est-ce pas le groupe Rockfeller qui finance le projet AGRA de « l’Alliance pour une révolution verte en Afrique » que vous présidez vous-même ?

Quand même Monsieur Annan, un peu de décence vous ferait du bien…. Nous n’avons pas perdu notre mémoire et nous nous souvenons bien de vous. Souvenez-vous Monsieur Annan, de la fameuse sagesse d’Albert Camus :

« Toutes les contraintes du monde ne feront pas qu’un esprit un peu propre accepte d’être malhonnête. »

Réseau Voltaire | Beyrouth (Liban) |

Source
As-Safir (Liban)

[1] Depuis le rapport NSSM 200, rédigé pour le Conseil national de sécurité des États-Unis par Henry Kissinger en 1974, Washington a théorisé l’usage de l’arme alimentaire. Ainsi, les États-Unis ont organisé des famines en Corée du Nord, États avec lequel ils sont toujours en guerre. Plus récemment, en 2007-2008, Washington a utilisé l’arme alimentaire contre la Tunisie et l’Égypte, provoquant ainsi des émeutes de la faim. À moyen terme, celles-ci se sont transformées en soulèvements populaires qui ont été présentés comme des révolutions libérales sous le vocable « printemps arabe ».

[2] Destruction massive, Géopolitique de la faim, par Jean Ziegler, Éd.Seuil, 2001.

[3] Aujourd’hui Conseil des Nations unies pour les Droits de l’Homme

Hassan Hamade

22 mars 2012 

http://www.voltairenet.org:80/Annan-Genocide-en-Iraq-et-Paix-en


Jean-guisnel : « Les militaires, drogués comme des cyclistes ? »

Les armées s'inquiètent de pratiques dopantes non seulement de la part des soldats eux-mêmes, mais aussi du commandement.

Les militaires seraient-ils plus dopés que les vainqueurs du Tour de France ? Se bourreraient-ils les narines avec ardeur, protégés par une forme de non-dit ? C'est que... Avec mille précautions de langage et en maniant avec insistance le sous-entendu, la revue de recherche de l'armée de terre Inflexions aborde ce sujet tabou dans sa dernière livraison (*), sous le titre "Dopage et conduites dopantes". Les auteurs expliquent curieusement que ce n'est pas vraiment l'institution qui se pose des questions, mais que "beaucoup d'observateurs extérieurs à la défense considèrent comme fréquente l'utilisation de substances dopantes au sein des armées".

Sauf que si les militaires se dopaient, assure l'article, ce ne serait pas pour améliorer des performances sportives, mais pour une meilleure cause : "Les objectifs seraient similaires [à ceux des sportifs] - être plus performant que l'adversaire -, mais à atteindre dans un contexte bien différent, celui de la guerre et du combat." Et de développer cette idée d'une forme de dopage sans doute pas nécessaire, mais pas vraiment inutile non plus : "En temps de conflit, ou dans le contexte de déploiement sur des théâtres d'opérations de haute dangerosité, les questions posées sont plus complexes. L'automédication et l'utilisation de substances dopantes ayant pour but d'améliorer les performances physiques, en particulier musculaires, mentales, ou de maintenir l'éveil et un état de parfaite vigilance, permettent, si le dopage est adapté, de rendre le militaire plus efficace à son poste de combat."

Drogués pour la bonne cause ?

De fait, les militaires peuvent se doper illégalement en se procurant eux-mêmes de l'herbe qui fait rire ou des substances qui font rêver. Pour ne citer que l'exemple du Liban, on sait que l'herbe y est fameuse. Et en Afghanistan, premier producteur d'opium au monde, le commerce n'est pas impossible avec les plus de 100 000 militaires étrangers... Mais les armées elles-mêmes administrent aux combattants diverses médications susceptibles de mieux voir la nuit, de leur faire perdre le besoin de sommeil, ou au contraire de les endormir sur commande, aux heures choisies. Cette réalité est d'ailleurs reconnue, à tel point qu'un texte officiel, l'instruction N° 744/DEF/DCSSA/AST/TEC relative à l'utilisation de substances modifiant la vigilance en opérations, en définit le cadre !

Justifier la prise de substances dopantes

Les militaires édictent dans ce texte leurs ascensions des Alpes et on voit ici que cette définition est très large. "Les types d'opérations militaires pouvant justifier la prise éventuelle de substances qui agissent sur le niveau de vigilance des combattants sont les opérations dites soutenues et les opérations dites continues. Les premières se traduisent par une activité militaire quasi ininterrompue ne permettant aucun sommeil réparateur ; les secondes concernent une activité militaire de plus longue durée n'autorisant qu'une récupération partielle (par exemple : un sommeil diurne, de courte durée et fractionné). À titre d'exemples, on peut citer le fonctionnement 24 heures sur 24 des centres opérationnels pour l'armée de terre, la continuité entre le poste de veille et le poste de combat pour la marine, la mission nucléaire ou le travail au sol en ambiance nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique (NRBC) avec des tenues de protection pour l'armée de l'air". Mais attention, ce n'est pas du dopage. C'est de l'"aide de type pharmaceutique modifiant la vigilance". Nuance...

Gavés de protéines hormonées

Les trois auteurs de l'article - les médecins militaires André-Xavier Bigard et Alexandra Malgoyre et le capitaine Hervé Sanchez - lancent par ailleurs un véritable cri d'alarme sur l'automédication de certains militaires qui se gaveraient de compléments alimentaires (protéines hormonées) utilisés par les culturistes. Ils soulignent par ailleurs l'intérêt de la démarche lancée par les armées pour rationaliser les programmes de préparation physique au combat afin de "rendre inutile la consommation de produits et de substances supposés dopants". Voilà une bonne idée. Car par les temps qui courent, que diront les armées si un militaire dopé sur ordre et dont la santé se serait dégradée les poursuivait devant la justice ?

(*) "Le sport et la guerre", Inflexions n° 19, La documentation française, 12,00 €, ISSN : 1772-3760

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jean-guisnel/les-militaires-drogues-comme-des-cyclistes-29-02-2012-1436200_53.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120229


Almanar : L’ex geôlière bourreau d’Abou Ghraïb ne regrette pas ses actes.

 

L'ex-militaire Lynndie England, symbole du scandale de la prison irakienne d'Abou Ghraïb en 2004 qui avait gravement terni l'image des Etats-Unis, a dit n'éprouver aucune compassion pour ses victimes.  

Dans un entretien à The Daily, elle a été interrogée quelques jours après la tuerie de  16 civils afghans dont est accusée un sergent américain et qui constitue selon le magasine, un événement susceptible de marquer une rupture en Afghanistan, comme Abou Ghraïb l'avait été pour la guerre en Irak.
Dans cet entretien, Lynndie England, mère célibataire, sans emploi, aujourd'hui âgée de 29 ans, a été radiée de l'armée après une condamnation à trois ans de prison pour les sévices pratiqués sur des prisonniers irakiens est revenue vivre chez ses parents en Virgnie-Occidentale.

Elle apparaît comme aigrie et sans remords vis-à-vis des prisonniers irakiens qu'elle a maltraités."
 Ils n'étaient pas innocents. Ils essaient de nous tuer et on voudrait que je leur présente des excuses? C'est comme si l'on demandait pardon à l'ennemi", assure-t-elle.

En 2004, la photo de la jeune femme de 22 ans, souriant devant un prisonnier irakien nu et tenu en laisse, avait fait le tour du monde. On la voyait sur d'autres clichés, l'air inexpressif sous ses cheveux noirs coupés au carré, poser devant des détenus entravés, menacés par des chien  ou empilés comme des objets.

Le président George W. Bush a reconnu que le scandale a "couvert de honte" les Etats-Unis et constitué la "plus grosse erreur" des Américains en Irak, que les forces américaines ont quitté fin 2011.

Lynndie England, à qui l'armée manque, raconte "envoyer des lettres de candidatures partout" mais ne peut même pas trouver d'emploi "chez McDonald's ou Burger King" en raison de son casier judiciaire.

Son seul regret exprimé est que les photos d'Abou Ghraïb aient entraîné la mort d'Américains dans des représailles. Mais ce n'est pas tant ses actes que la publicité faite à ces images qu'elle déplore: "J'y pense tout le temps, à ces morts que j'ai indirectement causées. Perdre des gens de notre côté parce que j'apparais sur une photo"

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=13&frid=13&eid=55569



Sur le Terrain

AP : Explosion à Bagdad non loin du site du sommet arabe

Une roquette a explosé ce jeudi en bordure de la «zone verte» fortifiée au coeur de Bagdad où s'est ouvert jeudi un sommet de la Ligue arabe en présence de neuf chefs d'Etat, a déclaré un haut responsable de la sécurité irakienne.

«L'explosion s'est produite près de l'ambassade d'Iran. Les fenêtres de l'ambassade ont été détruites, mais il n'y a pas de victimes», a-t-il dit. La roquette a pu être tirée malgré la mobilisation de 100.000 membres des forces de sécurité dans la capitale, la fermeture de nombreuses rues et l'interdiction de la circulation automobile.

Deux autres roquettes ont touché le quartier ouest de Ouachache et celui de Rahmaniya, dans le centre de Bagdad, a ajouté le responsable. L'Irak accueille son premier sommet de la Ligue arabe depuis 1990 avec l'ambition de montrer aux pays voisins sa capacité à maintenir la sécurité malgré le départ des troupes américaines en décembre dernier.

AP

29.03.12 à 15h28


Mars, mois le moins meurtrier depuis l'invasion de 2003.

L'Irak a connu en mars son mois le moins meurtrier depuis l'invasion américaine de 2003 avec seulement 112 civils, policiers et militaires tués, selon les chiffres officiels diffusés dimanche soir.
Ainsi 12 militaires, 22 policiers et 78 civils ont trouvé la mort dans des attaques, selon les chiffres des ministères de l'Intérieur, de la Santé et de la Défense. Dans le même temps, 52 militaires, 85 policiers et 220 policiers ont été blessés.
Le mois de mars 2012 a vu la capitale pratiquement paralysée pendant une semaine en raison de la tenue à Bagdad d'un sommet de chefs d'Etat arabes. Plus de 100.000 membres des forces de l'ordre avaient été mobilisés pour l'occasion pour en assurer la sécurité.
Jusqu'à présent, le bilan le moins lourd remontait à novembre 2009 avec 122 morts. Concernant les insurgés, 30 d'entre eux ont été tués en mars et 152 arrêtés.
Depuis le début de l'année, 413 personnes ont été tuées contre 702 pour la même période en 2011.
Les violences en Irak ont diminué ces dernières années après le pic atteint en 2006 et 2007, mais elles n'ont jamais cessé.
01 avril 2012

AFP



Dossier & Point de vue

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1Iskandar Kfouri : Avocate de Saddam Hussein: « Le printemps arabe » a commencé avec l'Irak

Le sommet des pays de la ligue arabe commence à Bagdad demain. Le thème principal de cette rencontre sera la situation en Syrie, où le « printemps arabe » s’est arrêté à mi-chemin.

Ironie du sort, la réunion qui examinera les conséquences des révolutions dans les pays de l’Afrique du Nord, du Proche et du Moyen-Orient se tiendra dans l'ancien palais de Saddam Hussein.


C’est bien en Irak, il y a neuf ans, qu’a commencé le «printemps arabe», note l’avocate Bouchra Khalil, qui a défendu Saddam Hussein devant le tribunal. Elle n'était pas seulement l’avocat, mais aussi la confidente de l'ancien président irakien. Bouchra Khalil a vécu avec son «client» les jours tragiques depuis le début de son procès jusqu’à sa date d'exécution. Voici comment elle relate les événements passés.

Saddam a fait transmettre par moi beaucoup de lettres adressées à de diverses personnalités politiques. Il y avait des lettres, mais aussi des messages oraux qu’il me confiait. Ces messages étaient adressés au peuple irakien, à la résistance, au Secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, qui était considéré par Hussein comme l'un des véritables leaders populaires au Moyen-Orient.


Voix de la Russie : Vous a-t-il demandé quelque chose de personnel avant son exécution?

Je n’ai entendu aucune demande de sa part le concernant personnellement. Absolument rien, sauf le devoir qu’il avait devant le pays. Du moins, il voulait apparaître de telle façon devant son peuple. Saddam ne se voyait pas comme le mari, ou le grand-père, il voulait apparaître en père de la nation. Il était beaucoup plus préoccupé par l’avenir du peuple irakien et des arabes en général. Je peux seulement ajouter, que Saddam a reçu une proposition qui en ferait réfléchir plus d’un. On lui a proposé sa libération, suivie par une vie paisible dans un pays arabe (probablement le Qatar), et en échange, il devait arrêter la résistance et le dire à son peuple. Il a évidemment refusé.


 Qu’est-ce qui est resté «en coulisses»? Quels sont les événements, qui sont restés dans l’ombre, alors qu’ils ne devraient pas l’être? Y aurait-il d’autres détails que vous voulez évoquer?

C’est la première fois que j’en parle publiquement. Saddam Hussein aidait financièrement Slobodan Milosevic, lorsqu’il a comparu devant le Tribunal de La Haye. Tout ce procès sur Milosevic nécessitait des dépenses considérables. Les services des avocats coûtaient cher et Hussein, en pressentant les événements futurs, a décidé de soutenir le président déchu de la Yougoslavie. Faut-il expliquer ce qui a motivé Saddam Hussein? Prévoyait-il la situation, qui s’est créée aujourd’hui dans les pays arabes et la doctrine géopolitique dans le monde? La violation de la souveraineté  dans le monde a commencé par la Yougoslavie. Et tous les événements ultérieurs, qui, tel un tsunami, ont balayé le continent, en sont la preuve.


Comment évaluez-vous personnellement la situation actuelle au Moyen-Orient?

Neuf ans après, je peux le dire: de facto, les événements en Irak ont marqué le début des changements qu’on appelle aujourd’hui le «printemps arabe». Il s’agit de l'arrivée généralisée des «islamistes» qui n'ont rien en commun avec l'Islam en tant que base théologique. L'Islam appelle depuis des siècles à l'unité et la fraternité des peuples de différentes confessions, ce n'est pas une religion de terroristes sanglants qui effectuent la volonté de quelqu'un d'autre…


Comment évaluez-vous alors la position de la Russie et ses actions par rapport à la crise au Moyen-Orient?

La position de la Russie mérite le respect et le soutien de ma part. C’est une approche politique équilibrée et perspicace par rapport à cette question. Pendant de nombreux siècles, il n’y a pas eu de tensions arabo-russes. Ici, en Orient,  on perçoit la Russie comme un ami et un partenaire. Cela est très précieux. En termes d’intérêts, nous avons des intérêts communs avec la Russie, et dans le sens figuré, je peux dire que nous nous trouvons dans «une même tranchée». Je peux dire aussi avec certitude que la Russie est revenue sur la scène internationale comme un acteur stratégique à part entière, dont l'opinion doit être prise en considération par les autres.

30.03.2012,

Iskandar Kfouri

http://french.ruvr.ru/2012_03_30/70130686/

 


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19