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24/08/2010

n° 5 - L’Amérique d’Obama de a à z - 23-08 - : Début -: - Est-ce-que Washington planifie un holocauste nucléaire?

n° 5 - L’Amérique d’Obama de a à z - 23-08 - : Début -: - Est-ce-que Washington planifie un holocauste nucléaire?



L’Amérique d’Obama

n°5 du 23-08

C.De Broeder & M.Lemaire



 " L’Amérique d’Obama de A à Z" est  visible  sur nos blogs : 

a) sur nos blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                             http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site de Eva Resis :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

 Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Tiré à part :

Wayne Madsen : MAREE NOIRE : Avec la complicité de la Maison Blanche d’Obama, le Golfe du Mexique est transformé en Golfe de la Mort.

1 Extrême droite

1-1 K. Selim : L’Amérique de Fox.

2 Nucléaire

2-1 Michel Chossudovsky : Est-ce-que Washington planifie un holocauste nucléaire?

Suite

3 Orwell ou le ‘Big Brothers’

3-1 William M. ARKIN, Dana PRIEST: Top Secret America : Le voisinage des Services Secrets. 

3-2 L'armée US renvoie d'Afghanistan ses véhicules de contrôle des foules.

3-3 Thierry Meyssan : Révélations: La Mare (1942-1955), un service secret privé financé par Washington.

3-4 Jean-Claude Paye : Répression politique : L’espace aérien sous contrôle impérial.

Fin

3-5 Les USA vont accéder aux données bancaires des citoyens européens.

3-6 RRobert Bibeau : L'esprit de désillusion qui frappe le peuple américain.

4 Prison

4-1 Nadine Epstain. : La peine de mort est de plus en plus contestée.

4-2 Anne Vidalie : Le combat d'une Française contre la peine de mort aux Etats-Unis

4-3 Conrad Black et le système carcéral.

5 Racisme

5-1 Jean-Sébastien Stehli  : Rush Limbaugh et le racisme à visage découvert.

6 Vidéo - Livres

6-1 Vidéo : La Maison Blanche veut donner de nouveaux superpouvoirs au FBI.

6-2 Vidéo : Un ex-analyste NSA déclare : les médias US sont sur écoute



Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.



”Si vous croyez que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother, détrompez-vous…

 Vous êtes en plein dedans !”
“Lorsqu’on ne s’étonne plus du traçage, de la vidéosurveillance ou de la conservation des données, c’est justement le signal qu’on est entré dans un monde Orwellien”.



Tiré à part:

Wayne Madsen : MAREE NOIRE : Avec la complicité de la Maison Blanche d’Obama, le Golfe du Mexique est transformé en Golfe de la Mort.

La Nouvelle-Orléans en Louisiane – J’ai vu des séquences vidéo montrant les effets destructeurs de la pulvérisation aérienne nocturne secrète d’agents blanchissants, effectuée par les avions BP sur la barrière d’îles à proximité de Grande île et Port Fourchon en Louisiane.

La pulvérisation d’un composé d’acide chlorhydrique (muriatique) a été effectuée vers 2 heures 30 à 3 heures du matin (heure locale) par des avions qui volaient tout feu éteint, violant de façon flagrante les règlements de l’Administration fédérale de l’aviation et mettant en danger les autres avions présents dans le secteur. Les agents blanchissants sont destinés à donner l’impression que le pétrole a été retiré de la barrière d’îles. Seulement, tous les êtres vivants, notamment les oiseaux nicheurs, les crustacés, et la végétation, ont été détruits dans le mouvement.

Les preuves vidéo, prises par les membres d’Humane Society Louisiana, montrent clairement les effets de la vaporisation des produits chimiques. Les oiseaux en train de nidifier, sans aucun poisson à manger dans les mers environnantes, perdent leurs œufs, les oiseaux mâles dévorant les œufs de leurs compagnes. J’ai vu des preuves vidéo de coquilles d’œufs consommés et non éclos, tous blanchis par la pulvérisation d’acides de BP.

La Garde côtière et la Commission pour la conservation de la vie marine et sauvage, une agence du ministère de l’Intérieur, ont pleine connaissance de la substance chimique pulvérisée par BP et n’ont rien fait pour l’arrêter.

L’Agence de protection de l’environnement n’a rien fait pour arrêter ce qui équivaut à un écocide conduit par BP sur la barrière d’îles vierges et sensibles au large de la côte Sud de Louisiane.

J’ai vu des preuves vidéo de prestataires de BP et du personnel du ministère de la faune et de la pêche de Louisiane se tenant autour sans rien faire pendant que des centaines d’oiseaux, dont des pélicans, mouraient couverts de pétrole brut. Les barrages flottants mis en place par BP sont inefficaces car il y avait autant de pétrole brut flottant des deux côtés des barrages flottants, à côté des îles comme au large. Dans certains cas le pétrole brut s’est échoué et a recouvert la végétation des berges, qui servent également de lieu de nidification aux mouettes et aux pélicans.

Sans aucun poisson pour se nourrir, les oiseaux de mer se pressaient sur la petite barrière d’îles où ils mourraient en nombre énorme. Les oiseaux volant sans but autour des petites îles étaient manifestement stressés et leur façon de voler était tout à fait inhabituelle. Les vidéos d’oiseaux morts ont été prises il y a un mois. Il est désormais rare de voir des oiseaux dans certaines parties de la côte de Louisiane, comme j’en ai été témoin à Venice en Louisiane, à l’est de Grande île.

La pulvérisation de l’agent blanchissant a aussi fait virer au blanc crayeux les carcasses d’oiseaux morts. Même le bec des oiseaux morts a pris une couleur orangée blanchâtre. Avec le décolorant, les coquillages, la tige des plantes et les roches sont aussi devenus d’un blanc sinistre.

Des biologistes marins m’ont dit qu’il y a un autre problème grave dans le Golfe. Une substance laiteuse semblable à du mucus a été repérée dans les eaux du Golfe à l’ouest de Port Fourchon. Les biologistes ont déterminé que ce n’est pas un sous-produit de la pulvérisation des dispersants par BP, mais qu’elle est émise par le corail qui la libère en cas de stress sévère. La mort des récifs coralliens est un drame supplémentaire pour les écosystèmes marins du golfe du Mexique.

Les biologistes marins ont déterminé que l’utilisation de dispersants dans les eaux du Golfe, dont la conséquence est de créer des nuages [sous-marins de pétrole], empêche la lumière solaire de passer à travers la colonne d’eau. Il en résulte la mort de nombreux animaux et plantes sous-marins, qui dépendent de la lumière du soleil pour survivre.

Les résidents locaux, qui ont vu la dévastation de leur environnement et de leurs moyens de subsistance par BP, reprochent leur inaction à l’administration fédérale et au gouvernement de Louisiane. Ceux qui sont tenus les plus responsables pour leur inertie sont BP, le commandant superviseur des incidents nationaux retraité de la Garde côtière, l’amiral Thad Allen, le président Obama, le vice-président Joe Biden, qui aurait, dit-on, montré peu ou pas d’intérêt pour la catastrophe pétrolière du Golfe, peut-être une conséquence de son engagement de longue date envers les intérêts de l’industrie pétrochimique de son Delaware natal, le ministre de l’Intérieur Ken Salazar, l’administratrice de l’EPA Lisa Jackson, et le gouverneur de Louisiane Bobby Jindal.

Les médias d’information professionnels, notamment les locaux des stations de télévision de Nouvelle-Orléans, intègrent leurs reporters à la Garde côtière et aux équipes de BP dans le golfe. Ce que rapportent ces médias sert essentiellement d’assistance aux relations publiques de BP. Un certain nombre de groupes de Nouvelle-Orléans et de Louisiane essayent d’obtenir les informations réelles sur la catastrophe, mais les ressources sont limitées.

Qualifier le ravage pétrolier du Golfe de pire catastrophe écologique de l’histoire de Zunie est un euphémisme. Et avec la complicité de la Maison Blanche d’Obama, le golfe du Mexique est transformé en Golfe de la Mort.

Wayne Madsen est ancien officier de renseignement de la Marine zunienne, spécialisé dans la surveillance électronique et la sécurité. Anciennement assigné à l’Agence de sécurité nationale (NSA) et au ministère des Affaires étrangères. Actuellement, journaliste d’investigation, chroniqueur dans la presse nationale, et auteur. Administrateur de l’Electronic Privacy Information Center (EPIC), (une organisation dédiée à la protection des libertés individuelles) à Washington DC.

dimanche 18 juillet 2010, par Comité Valmy

Relayé parOnline Journal :

Traduction copyleft de Pétrus Lombard

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article757



1 Extrême droite

1-1 K. Selim : L’Amérique de Fox.

C’est un symbole éloquent de l’évolution politique de l’establishment politique américain que la « promotion » de la chaîne de télévision d’extrême droite Fox News au premier rang des sièges de la salle de presse de la Maison-Blanche. Il est lourd de sens.  

L’Association des journalistes accrédités à la Maison-Blanche a attribué le siège laissé vacant par Helen Thomas, chassée pour blasphème anti-israélien, à l’Agence de presse AP, qui a rétrocédé le sien à une chaîne de télévision caricaturalement antimusulmane et anti-arabe.

Dans le pays de la liberté d’expression, les médias sont étroitement contrôlés par des puissances d’argent dont le néoconservatisme est le credo idéologique. Le jeu de chaises musicales dont la première victime fut la doyenne Helen Thomas. Celle dont les déclarations, très justes sur Israël, lui ont valu une excommunication majeure. (*) Ces faits sont révélateurs de l’hégémonie d’un courant de pensée qui traverse les partis démocrate et républicain et qui, de George W. Bush à Barack Obama, oriente effectivement la politique étrangère des Etats-Unis.

Le néoconservatisme est l’expression politique d’intérêts qui s’articulent autour du libéralisme dans sa version la plus extrême, du soutien primordial à Israël et du recours au rapport de force militaire dans l’ensemble des zones qui contestent l’ordre américain. L’alliance des dirigeants et des actionnaires des multinationales, relayée par une partie importante des évangélistes américains et du lobby israélien, constitue le socle, financièrement très puissant, de ce courant qui, au fil des ans, a submergé les élites américaines.

Les églises évangélistes, une série de mouvements sectaires fondés sur une religiosité de combat, fort éloignés des églises traditionnelles, témoignent depuis longtemps d’une vraie vindicte à l’endroit de l’Islam, représenté comme la religion ennemie par excellence. Les évangélistes en mission de propagation en Afrique voient en effet tous leurs efforts contestés et affaiblis par une dynamique d’islamisation qui bat en brèche tous leurs efforts. Les discours enflammés d’un de leurs leaders, le pasteur John Hagee, prônant ouvertement la guerre à l’Islam, sont représentatifs de ce néoconservatisme dans sa déclinaison religieuse.

La montée en puissance de cette idéologie, qui bouscule le vieux parti républicain, est dominée par les théories radicales incarnées par le publiciste Rush Limbaugh et se retrouve dans le mouvement raciste et populiste du « Tea Party ».

Face à cela, l’opinion progressiste et humaniste américaine est presque sans voix. De nombreux Américains sont à la fois consternés et effrayés par l’évolution de leur pays et de la dégradation de son image internationale.

Mais, pour être nombreux - l’élection de Barack Obama l’a montré -, ils ne disposent pas des moyens de réagir efficacement à la prise de pouvoir par des extrémistes qui ont réussi à imposer leur credo comme norme de pensée officielle. La controverse sur l’édification d’une mosquée à « Ground Zero », le site des deux tours détruites par l’attentat du 11 septembre 2001, témoigne de l’âpreté de la guerre idéologique en cours aux Etats-Unis.

La Ligue anti-diffamation (ADL), un des instruments du gouvernement israélien à Washington, s’oppose à la construction de cette mosquée, confirmant, s’il en était besoin, que l’ennemi n’est pas le terrorisme islamiste ou non mais bien l’Islam tout court. L’enjeu central n’étant évidemment pas de nature confessionnelle mais bien dans le soutien absolu aux thèses israéliennes.

Dans ce contexte, la « promotion » d’un média de propagande aussi vulgaire que Fox News à un statut de respectabilité journalistique et la diabolisation d’une authentique professionnelle de l’information comme Helen Thomas sont dans l’ordre des choses.

K. Selim

Le quotidien d’Oran

 3 août 2010

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9192



2 Nucléaire

2-1 Michel Chossudovsky : Est-ce-que Washington planifie un holocauste nucléaire?

Note de l’auteur

Durant les derniers mois, l’administration Obama en liaison étroite avec Israël et l’OTAN, menace l’Iran avec l’arme nucléaire.  

Le texte ci-dessous sur la doctrine de la guerre nucléaire préventive des États-Unis à l’endroit de l’Iran fut initialement publié en février 2006. Les déclarations récentes de Washington se réfèrent explicitement à un usage préventif d’armes nucléaires tactiques contre la menace nucléaire présumée de l’Iran et afin de garantir la sécurité mondiale.

C’est le monde à l’envers: L’attaque nucléaire se convertit de la sorte en une “guerre humanitaire” dont l’objectif consiste à “prévenir la guerre nucléaire”.

Michel Chossudovsky, Montreal le 19 aout 2010 


« Nous avons découvert la bombe la plus terrible dans l’histoire du monde.

C’est peut être la destruction par le feu prophétisée dans la période dite de la Vallée de l’Euphrate, après l’histoire de Noah et son arche fabuleuse…

Cette arme est sur le point d’être utilisée contre le Japon…

(Nous) l’utiliserons de sorte que les cibles soient des objectifs militaires, des soldats et marins, et non des femmes et des enfants.

Même si les Japs sont sauvages, impitoyables, sans merci, et fanatiques, nous, comme dirigeant du monde, pour le bien être commun, nous ne pouvons larguer cette terrible bombe sur l’ancienne capitale ou la nouvelle… La cible sera purement militaire… Il semble que ce soit la chose la plus terrible ayant été découverte, mais on peut faire en sorte qu’elle soit la plus utile. »

(Journal du Président Truman 25 juin 1945).

« Le monde notera que la première bombe atomique a été larguée sur une base militaire d’Hiroshima. Ceci parce que nous voulions dans cette première attaque éviter, le plus possible de tuer des civils » (Lors d’un discours radio à la Nation du président Harry Truman le 9 août 1945)

(Note : la première bombe atomique a été larguée sur Hiroshima le 6 août 1945 ; la deuxième sur Nagasaki le 9 août, le même jour que le discours radiophonique à la Nation de Truman)

(Pour écouter des extraits de son discours, Hiroshima audio vidéo)

Depuis que la première bombe atomique fut larguée sur Hiroshima le 6 août 1945, l’humanité n’a jamais été aussi proche d’un impensable Holocauste nucléaire qui pourrait, en terme de retombées radioactives, s’étendre sur une grande partie du Moyen Orient. 

Toutes les garanties de la période de la Guerre Froide, qui cataloguait la bombe atomique comme «une arme de dernier recours» ont été abandonnées.

Des actions militaires « offensives « utilisant des ogives nucléaires sont maintenant décrites comme des actes « d’auto défense ».

La distinction entre les armes nucléaires tactiques et l’arsenal conventionnel du champ de bataille a été effacée. La nouvelle doctrine américaine est basée sur «des capacités mixtes de frappe ».

Ces dernières, qui s’appliquent tout particulièrement au plan de bombardement aérien de l’Iran par le Pentagone, envisagent l’utilisation de bombes atomiques combinées à des armes conventionnelles.

Comme dans le cas de la première bombe atomique, qui, selon les mots du président Harry Truman « a été larguée sur Hiroshima une base militaire », les « mini bombes atomiques » d’aujourd’hui sont déclarées comme étant « sans danger pour la population civile environnante ».

Connu dans les cercles officiels à Washington comme « Joint Publication 3-12 » (Publication Jointe 3-12) la nouvelle doctrine nucléaire (Joint Nuclear Operations (NJNA) (Mars 2005), appelle à « intégrer des attaques conventionnelles et des attaques nucléaires » sous un Commandement et un Contrôle unifiés et « intégrés ».

Elle décrit principalement le processus de planification et de gestion de prise de décision, au cours duquel les objectifs stratégiques et militaires doivent être atteints, à travers l’utilisation d’un mélange d’instruments, avec très peu de préoccupation pour les pertes en vies humaines.

La planification militaire se concentre sur « l’utilisation la plus efficace de la force »,-i.e. et un arrangement optimal de différents systèmes d’armement pour atteindre des buts militaires énoncés. Dans ce contexte, les armes nucléaires et conventionnelles sont considérées comme « faisant partie de la boîte à outils » dans laquelle le commandement militaire peut piocher et choisir les instruments dont il a besoin suivant « l’évolution des circonstances » sur le théâtre des opérations militaires. (Aucune de ces armes dans la « boîte à outils » du Pentagone, y compris des bombes conventionnelles bunker buster, des bombes à fragmentation, des mini bombes nucléaires, des armes chimiques et biologiques n’est décrite comme étant « ADM » quand elles sont utilisées par les US et leurs partenaires de la coalition.)

L’objectif énoncé c’est de :

«S’assurer de l’utilisation la plus efficace de la force » et fournir aux dirigeants US un éventail plus large d’options d’attaques (nucléaires et conventionnelles) pour répondre à des imprévus instantanés. L’intégration des forces nucléaires et conventionnelles est par conséquent cruciale pour le succès de toute stratégie intelligible.

Cette intégration garantit un ciblage optimal, des dommages collatéraux minimum, et réduit la probabilité d’une escalade.» (La Doctrine d’Opérations Conjointes nucléaires p. JP 3-12-13).

La nouvelle doctrine nucléaire met sans dessus dessous les concepts et les réalités. Non seulement elle nie les effets dévastateurs des armes nucléaires, elle affirme, de manière péremptoire, que les armes nucléaires sont « sans danger » et que leur utilisation sur le champ de bataille assurera «des dommages collatéraux minimum et réduira la probabilité d’une escalade ». Le problème des retombées radioactives n’est pratiquement pas reconnu en ce qui concerne les armes nucléaires tactiques. Ces différents principes d’orientation qui décrivent les bombes nucléaires comme « sans danger pour les civils » instituent un consensus au sein de l’armée qui nourrit ensuite les livres militaires, fournissant un critère adéquat pour un « feu vert » aux commandants régionaux sur le champ de bataille.

Actions « Défensives et Offensives»

Alors que la Nuclear Posture Review de 2001 (2001 Nuclear Posture Review) établit les conditions pour une utilisation préventive des armes nucléaires au Moyen Orient, en particulier contre l’Iran (voir aussi le principal document de la PNAC : Rebuilding Americas Defenses) La Doctrine d’Opérations Conjointes nucléaires fait un pas en avant pour effacer la distinction entre des actions militaires «défensives » et «offensives ».

« La nouvelle triade offre une combinaison de capacités stratégiques offensives et défensives incluant des capacités de frappes nucléaires et non nucléaires, de défense active et passive, et une infrastructure de recherche et développent et industrielle robuste pour développer, construire, et maintenir des forces d’attaques et des systèmes défensifs… » (Ibid) (Les concepts clés sont inscrits en italique, ajout de l’auteur)

Cependant, la nouvelle doctrine nucléaire va bien au-delà d’actions préventives d’ »auto défense » elle appelle à des « actions anticipées » utilisant des armes nucléaires contre « un ennemi voyou » qui est supposé projeter de développer des ADM à une date future incertaine.

Une planification sécuritaire responsable exige une préparation contre des menaces qui sont possibles bien qu’ayant peu de chance peut être aujourd’hui de se matérialiser. Les leçons de l’histoire militaire restent claires : des conflits imprévisibles irrationnels éclatent. Les forces militaires doivent être prêtes à contrer les armes et les capacités existantes ou qui existeront dans un futur proche même si dans l’immédiat des scénarios de guerre ne sont pas à disposition. Pour dissuader au maximum l’utilisation d’ADM, c’est primordial de préparer les forces US à utiliser des armes nucléaires efficacement et que les forces US soient déterminées à employer des armes nucléaires si nécessaire pour empêcher l’utilisation d’ADM ou des représailles utilisant des ADM (Ibid, p. III-1, italiques ajoutés)

Les bombes nucléaires serviraient à empêcher un programme non existant d’ADM (e.g Iran) avant son développement. Cette formulation tordue va bien au-delà des prémisses (propositions don on tire des conclusions ndlt) du 2001 Nuclear Posture Review et du NPSD 17 qui stipulent que les US peuvent mener des représailles en utilisant des armes nucléaires si ils sont attaqués avec des ADM.

« Les Etats-Unis font clairement savoir qu’ils se réservent le droit de répondre en ayant recours à une force écrasante – incluant l’éventuelle utilisation d’armes nucléaires – à l’utilisation d’armes de destruction massive contre les US, ses forces à l’étranger, ses amis et alliés. » ..(NSPD 17).

« Intégration » des Plans d’Armes Nucléaires et Conventionnelles

La Doctrine d’Opérations Conjointes nucléaires dresse les procédures gouvernant l’utilisation des armes nucléaires et la nature des relations entre les opérations de guerre nucléaires et conventionnelles.

Le DJNO déclare que :

«L’utilisation des armes nucléaires sur le théâtre (de la guerre) nécessite que les plans nucléaires et conventionnels soient intégrés le plus largement possible ». (DNJO, p. 47, italiques ajoutés, pour plus de détails voir l’article de Michel Chossudovsky  « Guerre nucléaire contre l’Iran,  janvier 2006 »)

Les conséquences de cette « intégration » ont d’énormes implications car une fois que la décision est prise par le commandant en chef, c’est-à-dire le président des Etats-Unis, de lancer une opération militaire conjointe conventionnelle –nucléaire, il y a un risque que des armes nucléaires tactiques soient utilisées sans qu’il y est besoin de requérir l’autorisation présidentielle nécessaire. Vu sous cette angle, les procédures d’exécution sous la juridiction des commandants sur le théâtre des opérations concernant les armes nucléaires sont décrites comme étant « souples et autorisent des changements dans la situation. »

Les commandants régionaux des combats sont responsables de la définition des objectifs dans le théâtre des opérations, et de développer des plans nucléaires nécessaires pour atteindre ces objectifs, inclue la sélection des cibles. Quand il est en charge, le CDRUSSTRATCOM, en tant que commandant de combat de soutien, fournit un plan détaillé de soutien en concordance avec les exigences de la planification du théâtre des opérations. La totalité de la planification du champ d’opération nucléaire suit les procédures prescrites dans « la Planification des Opérations Conjointes et le Système d’Exécution « pour formuler et mettre en pratique une réponse effective à l’intérieur du cadre temporel qu’autorise la crise.

Puisque des options n’existent pas pour chaque scénario, les commandants des combats doivent avoir la capacité de planifier les actions de crise et d’exécuter ces plans. La planification d’action de crise offre la capacité de développer de nouvelles options, quand les options actuellement utilisées sont limitées ou que les principales options sont inappropriées.

Le Commandement, le Contrôle et la Coordination doivent être suffisamment souples pour permettre au commandant régional des combats de frapper des cibles tributaires du temps telles que des plateformes mobiles de lancement de missiles « DJNO * (italiques ajoutés)

Theatre des opérations nucléaires (Theater Nuclear Operation TNO)

Alors que l’autorisation présidentielle est formellement exigée pour lancer une guerre nucléaire, les commandants régionaux des combats seraient en charge du Théâtre des Opérations Nucléaires (TNO) avec le mandat de non seulement appliquer mais aussi de formuler des décisions au niveau du commandement concernant les armes nucléaires (La doctrine des opérations conjointes nucléaires DJNO*)

Nous n’avons plus à faire au « risque » associé à « un lancement accidentel ou par inadvertance » comme cela avait été formulé par le secrétaire à la défense Robert S. Mc Namara, mais avec un processus de prise de décision militaire qui fournit au commandants militaires, du commandant en chef jusqu’au commandants régionaux, ces pouvoirs utilisables à discrétion d’armes nucléaires tactiques.

De plus, parce que ces « plus petites » armes nucléaires tactiques ont été « déclassifiées » par le Pentagon comme étant « sans danger pour la population civile environnante » ainsi, « minimisant le risque de dommages collatéraux », il n’existe pas de restrictions primordiales pré définies pour empêcher leur utilisation (Voir Michel Chossudovsky, The Dangers of a Middle East Nuclear War, Global Research, fevrier 2006)

Une fois qu’une décision de lancer une opération militaire est prise (e.g. Des frappes aériennes contre l’Iran) les commandants sur le théâtre des opérations bénéficient d’une large marge d’action. Ce que cela signifie en pratique c’est qu’une fois que la décision présidentielle a été prise, USSTRATCOM en liaison avec ces commandants peut décider quelles cibles et quel type d’armement utiliser. Les stocks d’armes nucléaires sont maintenant considérés comme partie intégrale de l’arsenal du champ de bataille. En d’autres termes, les bombes nucléaires ont été intégrées à la « boîte à outils » utilisée sur le théâtre de la guerre conventionnelle.

Attaques Aériennes Planifiées Contre l’Iran

Un plan opérationnel de conduire des attaques aériennes contre l’Iran est « fin prêt » depuis juin 2005. Le matériel militaire essentiel pour mener cette opération a été déployé. (Pour plus de détails voir Michel Chossudovsky, Guerre nucléaire contre l’Iran janvier 2006 ).

Le vice président Dick Cheney a donné l’ordre à l’USSTRATCOM d’établir un « plan d’urgence» qui «comprend une attaque aérienne de grande envergure sur l’Iran employant à la fois des armes nucléaires et conventionnelles. » ((Philip Giraldi, Attack on Iran: Pre-emptive Nuclear War, The American Conservative, 2 August 2005).

En janvier 2005, un changement significatif dans le mandat de l’USSTRATCOM a été mis en application. L’USSTRATCOM a été identifié comme étant le « commandant de direction des combats pour l’intégration et la synchronisation des efforts du département de la défense dans le combat contre les armes de destruction massive ». Pour appliquer ce mandat, une toute nouvelle unité de commandement a été crée nommée Joint Functional Component Command Space and Global Strike, or JFCCSGS.

Dirigée par l’USSTRATCOM, le JFCCSGS serait responsable du lancement des opérations militaires « utilisant des armes conventionnelles et nucléaires » selon la nouvelle doctrine nucléaire de l’Administration Bush. Les deux catégories d’armes seront intégrées dans une « opération d’attaque conjointe » sous un Commandement et un Contrôle Unifiés.

Selon les écrits de Robert S. Norris et d’Hans M. Kristensen dans “the Bulletin of Atomic Scientists“,

«Le département de la défense adapte ses plans d’attaques nucléaires pour qu’ils reflètent la nouvelle doctrine présidentielle et afin d’assurer la transition dans la planification de la guerre du Plan Intégré Unique conçu lors du pic de la Guerre Froide à une famille de plans d’attaques plus petits et plus souples pour vaincre les adversaires d’aujourd’hui. Le nouveau plan central stratégique de guerre est connu sous le nom d’OPLAN (Opérations Plan ) 8044. Ce plan révisé et détaillé offre des options plus souples pour rassurer les alliés, et dissuader, et si nécessaire vaincre des adversaires dans des cas d’urgence plus étendus.

L’un des membres de cette nouvelle famille c’est CONPLAN 8022, un plan conceptuel pour l’utilisation rapide d’armes nucléaires ou conventionnelles, ou des capacités de mener une guerre de l’information pour détruire préventivement, si nécessaire – - des « cibles temporellement urgentes » partout dans le monde. Le secrétaire de la défense Donald Rumsfeld avait signé un Ordre d’Alerte début 2004, qui ordonnait au CONPLAN 8022 d’être immédiatement opérationnel. Le résultat c’est que la politique de prévention de l’Administration Bush est maintenant opérationnelle sur les bombardiers longue distance, sous marins stratégiques, ou les patrouilles de dissuasion, et probablement aussi les missiles balistiques intercontinentaux (ICB Ms) »

La mise en application opérationnelle de la Frappe Mondiale se ferait sous le CONPLAN 8022, qui consiste actuellement en un « plan actuel que la marine et l’armée de l’air traduisent en un ensemble de frappes à mener par leurs sous marins et leurs bombardiers, » (Japanese Economic Newswire, 30 Decembre 2005, plus de détails voir Michel Chossudovsky, Guerre nucléaire contre l’Iran, op. cit.).

CONPLAN 8022 est « le plan de couverture intégral pour ce type de scénarios stratégiques préventifs impliquant l’utilisation d’armes nucléaires. »

« Il se concentre spécifiquement sur ces nouvelles types de menaces – - l’Iran, la Corée du Nord – - les proliférateurs et aussi des terroristes potentiels, » dit-t-il. « rien ne dit qu’ils ne puissent pas utiliser CONPLAN 8022 dans le cas de scénarios limités contre des cibles russes et chinoises » (Selon Hans Kristensen, du Nuclear Information Project, cité dans le media japonais Economic News Wire, op. cit.)

Autorisation de Déploiement d’Armes Nucléaires

La planification d’autres bombardements aériens de l’Iran a commencé mi 2004, suite à la formulation de CONPLAN 8022 début 2004. En mai 2004, est sorti une directive : la Directive Présidentielle de Sécurité Nationale NSDP 35 entitled Nuclear Weapons Deployment Authorization.

Le contenu de ce document hautement sensible reste un secret d’état prudemment gardé. Les médias n’ont pas fait mention du NSPD ni de débat au Congrès là dessus. Alors que son contenu reste classé secret, on présume que le NSPD 35 porte sur le déploiement d’armes nucléaires tactiques sur le théâtre de guerre du Moyen Orient en conformité avec CONPLAN 8022.

Sur ce sujet, un article de presse récent (rappel : cet article a été publié en février 2006 ndlt) publié dans Yeni Safak (Turquie) suggère que les US sont actuellement entrain de :
« Déployer des bombes nucléaires tactiques type B 61 dans le sud de l’Irak comme faisant partie du plan d’attaquer l’Iran de cet zone si et quand l’Iran répond à une attaque israélienne sur ses installations nucléaires. »
(Ibrahim Karagul, “The US is Deploying Nuclear Weapons in Iraq Against Iran”, (Yeni Safak,. 20 December 2005, cité dans BBC Monitoring Europe).
Ce déploiement en Irak semble être la conséquence de NSPD 35.

Ce que suggère l’article de Yeni Safak c’est que des armes conventionnelles seraient d’abord utilisées en réponse à des attaques aériennes US-Israel, puis des bombes thermonucléaires tactiques B 61 pourraient alors être lancées. Ces représailles utilisant des armes nucléaires tactiques seraient en phase avec les lignes directrices contenues dans le 2001 Nuclear Posture Review and NSPD 17 (voir ci dessus).

Israël:  Armes Conventionnelles et Nucléaires

Israël fait partie de l’alliance militaire et il est prévu qu’il joue un rôle majeur dans ces attaques planifiées contre l’Iran. (Voir détails Michel Chossudovsky, Nuclear War against Iran, Jan 2006*)

Plusieurs articles de presse l’ont confirmé, Israël a reçu, depuis septembre 2004, quelques 500 bombes BLU 109 bunker buster produite aux US (WP, 6 janvier 2006). Le premier ordre d’acquisition date de septembre 2004. En avril 2005, Washington a confirmé qu’Israël recevrait 100 bombes bunker buster de plus GB8 -28 produites par Lockheed Martin (Reuters, 26 avril 2005). Les GBU -28 sont décrites comme des « bombes conventionnelles guidées au laser de 2,275 tonnes qui utilise une tête pénétrante de 1,820 tonnes». Elles ont été utilisées pendant la guerre en Irak.

Le Pentagone (a déclaré) que …la vente à Israël de 500 BLU -109 têtes, cela voulait dire une « contribution significative aux objectifs stratégiques et tactiques des US ».

Montées sur des bombes guidées au laser, les BLU -109, peuvent être larguées par F-15 ou F-16, des avions de combat faisant partie de la flotte aérienne d’Israël. Cette année, Israël a reçu une première série de 102 F-16Is longue distance de Washington, son principal allié. « Israël fabrique probablement ses propres bombes bunker buster, mais elles ne sont pas si robustes que les BLUs (910 kg), selon ce qu’a dit Robert Hewson, éditeur de Jane’s Air-Launched Weapons, à Reuters. (Reuters, 21 Septembre2004)

L’article ne confirme pas si Israël a stocké et déployé la version thermonucléaire des bombes bunker buster. Il n’indique pas non plus si les bombes bunker buster d’Israël sont équipées de têtes nucléaires. Il est important de noter que ce stockage de bombes bunker buster s’est fait quelques mois après la publication du NPSD 35 Nuclear Weapons Deployment Authorization (May 2004).

Israël possède entre 100 et 200 têtes nucléaires stratégiques (certains articles de presse parlent plutôt de 200 à 400 ndlt). En 2003, Washington et Tel Aviv ont confirmé qu’ils collaboraient « au déploiement de missiles de croisière Harpon fournis par les US, armés de têtes nucléaires, sur la flotte israélienne de sous marins Dolphin. » (The Observer 12 octobre 2003). Au cours de développements plus récents, qui coïncide avec les préparations de frappes contre l’Iran, Israël a passé commande de 2 nouveaux sous marins produits en Allemagne qui « pourraient lancer des missiles de croisière à tête nucléaire dans le cadre d’une « deuxième frappe » de « dissuasion. » (Newsweek 1 » février 2006. Voir aussi CDI base de données*)

La participation d’Israël aux attaques aériennes agira comme une bombe politique à travers le Moyen Orient. Cela contribuera à l’escalade, avec une zone de guerre qui pourrait s’étendre dés le début au Liban et à la Syrie. Toute la région, de l’est méditerranéen à l’Asie centrale et à la frontière ouest de l’Afghanistan serait touchée.

Le Rôle de l’Europe de l’Ouest 

Plusieurs pays d’Europe de l’Ouest considérés officiellement comme des « états non nucléaires » possèdent des armes nucléaires tactiques fournies par Washington.

Les US ont fourni quelque 480 bombes thermonucléaires B 61 à 5 pays non nucléaires de l’OTAN incluant la Belgique, l’Allemagne, l’Italie, la Hollande et la Turquie et un état nucléaire, la Grande Bretagne. Le Gardien du nucléaire de l’ONU (AIEA ndlt) n’a pas prêté attention au fait que les US ont activement contribué à la prolifération d’armes nucléaires en Europe de l’Ouest.

Faisant partie de ce stockage européen, la Turquie, qui est partenaire dans la coalition menée par les US avec Israël contre l’Iran, possède quelque 90 bombes bunker buster thermonucléaires B 61, stockée sur la base aérienne nucléaire d’Incirlik (National Resources Defense Council Weapons in Europe, Fevrier 2005)

Allant de pair avec la politique nucléaire US, ce stockage et ce déploiement de B 61 en Europe de l’Ouest sont prévus pour des cibles situées au Moyen Orient. De plus, en accord avec les « plans d’attaques de l’OTAN », ces bombes thermonucléaires bunker buster B 61 (stockées par des « états non nucléaires « ) pourraient être lancées « contre des cibles en Russie ou d’autres pays du Moyen Orient tels que la Syrie et l’Iran « (cité dans le National resources Defense Council Weapons in Europe , Fevrier 2005).

De plus, ce qui a été confirmé par des documents partiellement déclassifiés (mis à disposition en utilisant la Loi US sur la Liberté de l’Information ») :

« Des arrangements ont été passés au milieu des années 90 pour autoriser l’utilisation de forces nucléaires US en Europe hors du champ de responsabilité du commandement européen US (EUCOM). Résultat de ces arrangements, EUCOM soutient actuellement des missions nucléaires de CENTCOM au Moyen Orient, dont celles, potentielles, contre l’Iran et la Syrie. » (Cité dans http://www.nukestrat.com/us/afn/nato.htm italiques ajoutés)

A l’exception des US, aucune autre puissance nucléaire « n’a d’armes nucléaires désignées pour être délivrées par des pays non nucléaires » ((National Resources Defense Council, op cit).

Tandis que ces « états non nucléaires » accusent nonchalamment Téhéran de développer des armes nucléaires, sans fournir de preuve documentée, ils ont eux-mêmes des capacités nucléaires de délivrer des têtes nucléaires, qui sont dirigées contre l’Iran. De dire que c’est un cas précis de « deux poids deux mesures » de la part de l’AIEA et de celle de la communauté internationale c’est un euphémisme.

L’Allemagne : De Facto Puissance Nucléaire

Parmi les « 5 états non nucléaires », l’Allemagne reste le pays le plus lourdement nucléarisé avec 3 bases nucléaires (dont deux sont totalement opérationnelles) et pourrait bien stocker jusqu’à 150 bombes (B 61 bunker buster) (Ibid). En accord avec les « plans d’attaque de l’OTAN » (mentionnés ci-dessus), ces armes nucléaires tactiques sont également pointées vers le Moyen Orient.

Tandis que l’Allemagne n’est pas officiellement une puissance nucléaire, elle produit des têtes nucléaires pour la marine française. Elle stocke des têtes nucléaires et elle a les capacités de délivrer des armes nucléaires. L’EADS, The European Aeronautic Defense and Space Company, une entreprise de partenariat franco allemand et espagnol, contrôlée par Deutsche Aérospace et le puissant Groupe Daimler, est le deuxième plus important producteur militaire d’Europe, produisant les missiles nucléaires M 51 de la France.

La France Fait Sienne la Doctrine Nucléaire Préventive

En janvier 2006, le président français Jacques Chirac, a annoncé un changement majeur dans la politique nucléaire de la France.

Sans mentionner l’Iran, Chirac impliquait que les bombes atomiques de la France seraient utilisées sous la forme «d’attaques plus concentrées » contre des pays, qui « envisageaient » le déploiement d’ADM

Il a aussi mentionné la possibilité que des armes nucléaires tactiques puissent être utilisées sur des théâtres de guerre conventionnels, en concordance avec la doctrine nucléaire des US et de l’OTAN ((Lire Chirac shifts French doctrine for use of nuclear weapons Chirac Shifts French Doctrince for Use of Nuclear Weapons, Nucleonics Week 26 janvier 2006).

Le président français semble avoir embrassé la « guerre du terrorisme » sponsorisées par les US. Il a présenté les armes nucléaires comme un moyen de construire un monde plus sécurisé et pour combattre le terrorisme.

Les armes nucléaires ne sont pas faites pour être utilisées contre des « terroristes fanatiques » néanmoins « les dirigeants d’états qui utilisent des moyens terroristes contre nous, de même que ceux qui envisagent d’utiliser contre nous d’une façon ou d’une autre des ADM, doivent comprendre qu’ils s’exposent à une réponse ferme et appropriées de notre part… » (Ibid)

Bien que Chirac n’ait fait aucune référence à l’utilisation préventive d’armes nucléaires, sa déclaration reprend largement les prémisses de la Revue de la Position Nucléaire 2001 de l’Administration Bush, qui appelle à l’utilisation d’armes nucléaires tactiques contre des « états voyous » et des organisation terroristes non étatiques ».

Pour voir Des détails et les cartes des installations nucléaires situées dans les 5 états « non nucléaires » européens *(Document pdf en anglais)

Les armes stockées sont des bombes thermonucléaires B 61. Toutes les armes sont des bombes à gravité de types 2 3- 4 – 10
..
Ces estimations sont basées sur des déclarations publiques et privées faites par un certain nombre de sources gouvernementales et des estimations sur les capacités de stockage de chaque base.

Michel Chossudovsky

Global Research22 février 2006.

Michel Chossudovsky est l’auteur du best-seller international “La mondialisation de la pauvreté» publié en 14 langues. Il est professeur émérite d’économie à l’Université d’Ottawa, et directeur du Centre de recherche sur la mondialisation. 
La première partie de ce texte a été publiée dans un article séparé intitulé :

« The dangers of a Middle East Nuclear War » New Pentagon Doctrine: Mini –Nukes are “Safe for the Surrounding Civilian Population” Michel Chossudovsky.

Traduction bénévole Mireille Delamarre

Posted by Équipe Signes des Temps on August 20, 2010

Mondialisation.ca, 20 août 2010

 www.planetenonviolence.org


n° 5 - L’Amérique d’Obama de a à z - 23-08 - : Suite -: - Est-ce-que Washington planifie un holocauste nucléaire?

n° 5 - L’Amérique d’Obama de a à z - 23-08 - : Suite -: - Est-ce-que Washington planifie un holocauste nucléaire?



L’Amérique d’Obama

n°5 du 23-08

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :  

3 Orwell ou le ‘Big Brothers’

3-1 William M. ARKIN, Dana PRIEST: Top Secret America : Le voisinage des Services Secrets. 

3-2 L'armée US renvoie d'Afghanistan ses véhicules de contrôle des foules.

3-3 Thierry Meyssan : Révélations: La Mare (1942-1955), un service secret privé financé par Washington.

3-4 Jean-Claude Paye : Répression politique : L’espace aérien sous contrôle impérial.



Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.



”Si vous croyez que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother, détrompez-vous…

 Vous êtes en plein dedans !”
“Lorsqu’on ne s’étonne plus du traçage, de la vidéosurveillance ou de la conservation des données, c’est justement le signal qu’on est entré dans un monde Orwellien”.




3 Orwell ou le ‘Big Brothers’

3-2 William M. ARKIN, Dana PRIEST: Top Secret America : Le voisinage des Services Secrets. 

La communauté du renseignement poursuit ses activités dans les banlieues de la nation. Si son travail est invisible, son impact se fait réellement ressentir.

ReOpen911 : La National Security Agency (NSA) est l’organisme spécialiste par excellence de la cryptologie – le chiffrement et le déchiffrement des données.

Son impressionnant réseau de stations d’écoute et de satellites intercepte et analyse les communications (les émissions radio, la TV, les satellites, le téléphone, les réseaux sans fils, la messagerie électronique) du monde entier au prétexte de prévenir toutes sortes d’agressions. Elle s’est dotée de systèmes informatiques de reconnaissance vocale et d’ordinateurs comme le "CRAY" dernière génération. Ces machines des plus puissantes au monde, seraient donc capables de déchiffrer les moindres données.

Bien que le complexe de Fort Mead, l’un des sites de la NSA, occupe déjà l’équivalent de la superficie du Pentagone, il rogne un peu plus chaque année sur les terres agricoles. 38 000 employés y travaillent régulièrement. 10 000 autres devraient venir renforcer l’effectif d’ici 15 ans. Dans quel but ? Pallier à la hausse du chômage ? Curieusement, les habitants de la région ne semblent rien voir de tout cela, comme si ce monde à part, cette superpuissance autoproclamée dans leur voisinage immédiat n’existait pas. Pourtant une gêne ambiante, sourde, pèse sur les habitants.

Le Washington Post, dans cet article tiré de son dossier Top Secret America que nous avons récemment abordé, nous invite à faire le tour du propriétaire de la NSA et ses environs à Fort Meade, Maryland.

L’entrepôt de brique n’est pas que cela. Franchissez la porte et là, caché un peu plus loin, on découvre un détail sur le personnel de la sécurité : une flotte de véhicules utilitaires sportifs noirs, blindés pour résister aux tirs et aux explosions.

Sur le terre-plein central le long de la rue principale, les panneaux ne sont pas des publicités pour des maisons à vendre ; ils invitent les employés ayant l’accréditation top-secret sécurité à un salon d’embauche au Café Joe, qui est tout sauf un lieu normal de restauration.

Le nouvel immeuble de bureaux couleur bronze est réellement une sorte d’hôtel où les entreprises peuvent louer des chambres protégées des écoutes.

Même la plaque d’égout entre deux bâtiments de faible hauteur n’est pas que cela. Entourée de béton cylindrique, il s’agit du point d’accès à un câble du gouvernement. "TS / SCI", chuchote un fonctionnaire, soit les abréviations pour "top secret" et "information sensible compartimentée » – ce qui signifie que peu de gens ont le droit de connaitre les informations qui transitent par le câble.

Tous ces lieux existent hors de Washington, ce qui équivaut à une géographie alternative des États-Unis, celle que dessinent la concentration des organisations gouvernementales top-secret et les entreprises qui travaillent pour elles. Ce faisceau de Fort Meade est le plus important parmi la douzaine de groupes (de ce genre) à travers les États-Unis, les centres nerveux du Top Secret America aux 854.000 employés.

D’autres (groupes) se situent à Dulles-Chantilly, Denver-Aurora et Tampa. Ils correspondent tous à la version des villes traditionnelles sous antenne militaire : ils dépendent financièrement du budget fédéral et sont culturellement définis par leur tâche exceptionnelle.

La différence, bien sûr, c’est que l’armée ne relève pas de la culture du secret. Dans les groupes du Top Secret America, une carte à puce numérique liée au cordon tour de cou de la société, est souvent le seul indice du lieu de travail. Le travail n’est pas discuté. Pas plus que les interventions. Les débats sur le rôle de l’Intelligence dans la protection du pays se produit uniquement lorsque quelque chose se passe mal et que le gouvernement enquête, ou lorsqu’une information classifiée est divulguée sans autorisation et qu’elle se transforme en nouvelles.

L’existence de ces groupements est si peu connue, que la plupart des gens n’en prennent pas conscience lorsqu’ils approchent de l’épicentre de Fort Meade ; même lorsque le GPS sur le tableau de bord de leur voiture se met soudain à donner des instructions erronées, piégeant les conducteurs dans une série de demi-tours, parce que le gouvernement trouble les signaux dans les proches environs.

Lorsque cela se produit, c’est que le point zéro – La National Security Agency- est proche. Mais, difficile de dire où. Les arbres, les murs et le paysage vallonné occultent la présence de la NSA de la plus part des points de vue ; les barrières en béton, les postes de garde fortifiés et les panneaux d’avertissement arrêtent ceux qui n’ont pas l’autorisation d’entrer sur les terres de la plus grande agence de renseignement des États-Unis.

De nombreux Américains ne se rendent pas compte que le travail top-secret pourrait s’exercer dans leur voisinage.

Par delà les obstacles se trouvent de gigantesques immeubles imposants, rangées après rangées. Derrière les vitres opaques résistant aux explosions, 30 000 personnes environ, lisent écoutent et analysent pour la plupart le flot continuel de conversations interceptées, vingt quatre heures par jour, sept jours par semaine.

De la route, il est impossible de définir l’étendue de la NSA, même si ses bâtiments occupent une surface de 6,3 millions de pieds carrés – environ la taille du Pentagone – et si elles sont entourés de 453.247 m2 de places de stationnement. Aussi massive qu’elle puisse paraître, des documents indiquent que la NSA est destinée à s’étendre avec l’intégration de 10.000 employés de plus au cours des 15 prochaines années et 2 milliards de dollars pour financer la première phase d’expansion, soit une augmentation globale d’envergure qui portera l’espace immobilier du groupement de Fort Meade à près de 14 millions de pieds carrés.

Le siège de la NSA se trouve sur la base militaire de Fort Meade qui accueille 80 locataires du gouvernement, dont plusieurs grandes organisations du renseignement.

Chaque année, celles -ci injectent 10 milliards de dollars dans les salaires et les contrats dans l’économie de la région – un chiffre qui permet d’expliquer le reste de Fort Meade, qui s’étend sur plus de 16.000 m dans toutes les directions.

Les entreprises qui prospèrent hors de l’agence et à proximité des autres organismes du renseignement se situent juste au-delà du périmètre de la NSA.

Dans certaines parties du groupe, elles occupent des quartiers entiers. Dans d’autres, elles forment des parcs d’affaires sur plus d’un kilomètre. Un chemin privé, contrôlé par des panneaux d’interdiction aux "avertissements" en jaune, les relie au campus de la NSA.

L’un des plus grands parcs est le National Business Park – de larges tours de verres angulaires se répartissent, dissimulés, par blocks sur 1 153 354 m2. Les occupants de ces bâtiments sont des sous-traitants. Ailleurs, là où ils sont mieux connus du public, ils minimisent volontairement leur présence. Mais dans le National Business Parc, un lieu où seuls d’autres entrepreneurs auraient une raison de se rendre, les enseignes de leurs bureaux sont énormes. Elles brillent dans la nuit de rouge vif, de jaune et de bleu : Booz Allen Hamilton, L-3 Communications, CSC, Northrop Grumman, General Dynamics, SAIC. Le groupe de Fort Meade représente plus de 250 entreprises – soit 13 % de toutes les entreprises Top Secret America. Certaines ont plusieurs bureaux, : Northrop Grumman en possède 9, SAIC en a 11. Les entreprises effectuent un travail top-secret dans les 681 sites du groupe Fort Meade.

Sur les sites, les employés doivent se soumettre à des règles strictes, envahissantes. Ils passent régulièrement par le détecteur de mensonge, signent des formulaires de non-divulgation, remplissent de longs rapports après un voyage à l’étranger. Ils sont entrainés pour gérer les voisins fouineurs et les amis curieux. Certains sont formés pour endosser de fausses identités.

S’ils boivent trop, empruntent trop d’argent ou sympathisent avec des citoyens de certains pays, ils peuvent perdre leur accréditation secret, celle-ci étant le passeport pour un emploi à vie à la NSA tout comme dans les organismes de renseignement apparentés.

Par chance, ils excellent en mathématique : pour être capable de faire ce qu’elle fait, la NSA s’appuie sur le plus grand nombre de mathématiciens au monde. Elle a besoin de linguistes et d’experts en technologie, ainsi que de cryptologues, surnommés "Crippies." Beaucoup se savent être des ISTJ, les initiales pour « introversion, sentiment, pensée, jugement », un ensemble de traits de la personnalité repéré par le test de personnalité Myers-Briggs qui prévaut dans le groupe de Fort Meade.

La bonne blague : "Comment décririez-vous un extraverti à la NSA ? C’est le seul à regarder les chaussures des autres."

"Elles font partie des personnes les plus brillantes au monde", a déclaré Ken Ulman, cadre au département de Howard, l’un des six départements de la sphère d’influence géographique de la NSA. "Elles exigent de bonnes écoles et une qualité de vie élevée."

Les écoles, en effet, sont parmi les meilleures, et certaines vont adopter un cursus cet automne qui enseignera à des élèves âgés de 10 ans le style de vie nécessaire à l’obtention d’une accréditation secret et le genre de comportement qui pourrait le disqualifier.

Près d’une école, des bus scolaires jaunes sont alignés le long d’un bâtiment où le personnel des alliés, la "Surveillance des Cinq" – les États-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande – partagent les informations top-secret concernant le monde entier.

Les bus déposent les enfants dans les quartiers les plus riches du pays ; l’aisance est un autre attribut du Top Secret America. Selon les données du service de recensement, 6 des 10 plus riches comtés des États-Unis se trouvent dans ces groupes.

Le comté de Loudoun, classé le plus riche du pays, contribue à fournir de la main-d’œuvre pour le National Reconnaissance Office à proximité qui gère les satellites espions. Le comté de Fairfax, en deuxième position- accueille la NRO, la CIA et le Bureau du directeur du renseignement national (DNI). Le Comté d’Arlington, classé au neuvième rang, accueille le Pentagone et les agences de renseignement majeures. Le Comté de Montgomery, classé 10e, est le foyer de l’Agence Nationale du Renseignement Geospatial- (NGIA). Et le comté de Howard, classé troisième, est le foyer de 8.000 employés de la NSA.

"S’il s’agissait d’une usine Chrysler, on parlerait Chrysler sur les pistes de bowling, Chrysler aux réunions du Conseil, Chrysler, Chrysler, Chrysler" dit Kent Menser, employé au ministère de la défense qui soutient le comté de Howard pour une adaptatation à la croissance aux environs de Fort Meade. "Les gens qui ne font pas partie de l’effectif de la NSA n’apprécient pas totalement son impact sur leur vie."

* * * *

L’impact de la NSA et autres organisations secrètes de ce groupe ne sont pas seulement financiers. Ils régulent même la fluidité du trafic un certain jour, lorsqu’ une camionnette blanche sort d’un parking pour se fondre dans la circulation à midi.

Cette camionnette blanche est suivie de cinq autres identiques.

Dans chacune d’elles, deux agents du gouvernement qui suivent des cours à l’Académie de Formation du Contre-Espionnage, tentent de ne pas se perdre sur les routes locales lors de leur « surveillance discrète » – il s’agit ici de suivre un formateur qui joue le rôle de l’espion. Le véritable travail de ces agents issus de l’Armée, des Douanes et autres agences gouvernementales, consiste à identifier les espions et terroristes étrangers qui visent leurs organisations, à localiser les espions et recueillir des preuves pour prendre des mesures à leur encontre.

Mais aujourd’hui, ce sont des stagiaires reliés les uns aux autres par des radios et des plans de rues spécialement conçus à leur intention. Chaque année, environ 4000 agents fédéraux et militaires participent à des cours de contre-espionnage dans l’agglomération de Fort Meade ; en tant qu’agents, ils se déplacent sans éveiller l’attention des habitants qui vaquent à leurs occupations.

L’agent qui voyage sur le siège passager dans l’une des camionnettes blanches tient les cartes sur ses genoux tandis qu’il déplace frénétiquement des pastilles jaunes pour tenter de suivre les positions des autres camionnettes et celle du suspect, surnommé « le lapin ».

D’autres agents accélèrent et font la course à 90km/h pour tenter de suivre le lapin tout en se prévenant les uns les autres de la présence de la police locale : elle ne sait pas que ces camionnettes qui slaloment dans la circulation sont conduites par des agents fédéraux.

Soudain, le lapin n’est plus qu’à un pâté de maisons devant la camionnette la plus proche. Il grille le feu à l’orange puis disparaît tandis que les agents se retrouvent coincés au feu rouge.

Feu vert.

Un agent hurle alors en vain devant le pare-brise « Allez ! » à la voiture qui traîne devant. « Dégage ! Dégage ! Dégage ! »

« On l’a perdu, » râle sa partenaire tandis qu’ils s’efforcent de le rattraper.

Finalement, les agents terminent leur filature à pied devant la librairie Borders à Columbia où le lapin est réapparu. Six hommes en polos et pantalons aux dégradés kakis inspectent les rayons de magazines et déambulent dans les allées.

Leur instructeur est embarrassé. « La partie la plus difficile, c’est l’attitude », confie-t-il, tout en observant les agents entrain de suivre le lapin dans le magasin rempli de femmes en baskets et d’enfants en tongs. « Certains n’arrivent pas à se détendre suffisamment pour adopter le bon comportement… Ils devraient avoir l’air de flâner, mais ils restent là, à observer par-dessus un livre, sans bouger. »

Ailleurs dans le quartier, Jerome James, l’un des résidents, parle du bâtiment qui a surgi juste à la limite de son jardin. « Avant, il n’y avait que des terres agricoles, puis un jour ils ont commencé à creuser, » dit il. « Je ne sais pas ce qu’il s’y passe, mais cela ne me dérange pas. Je n’y pense pas. »

Le bâtiment protégé par des barrières et des grillages, est plus grand qu’un terrain de football. Aucune enseigne ou panneau pour l’identifier. Il y a bien une adresse, mais Google Maps ne la reconnaît pas. Si vous la saisissez, une autre adresse apparait systématiquement : « 6700 ».

Pas de nom de rue.

Juste « 6700 ».

Bill Brown, à gauche, et Jerome James s’occupent de la propriété de James dans une banlieue de Maryland, qui jouxte un bâtiment sécurisé. (Photo by Bonnie Jo Mount / The Washington Post) | Galerie Photos

Justin Walsh est dans l’un de ces bâtiments ; chaque jour, il passe des heures juché sur une échelle pour inspecter les faux plafonds d’une des plus grandes organisations du Top Secret America. Walsh est spécialiste en sécurité industrielle au sein du Département de la Défense. Chaque groupe a son propre Walsh, que ce soit à Fort Meade, ou dans le dédale souterrain des bâtiments de Crystal City à Arlington, près du Pentagone, ou dans les parcs d’affaires high-tech près du Centre National de Renseignement Spacial à Dayton, Ohio.

Quand il n’est pas sur une échelle, Walsh trifouille la photocopieuse pour s’assurer qu’elle ne puisse reproduire les secrets stockés dans sa mémoire. Ou bien il teste le démagnétiseur, un aimant géant qui efface les données des disques durs classifiés. Ou alors, il dissèque le système d’alarme, sa fibre optique et le codage utilisé pour envoyer des signaux à la salle de contrôle.

Dans l’Amérique Top Secret, tout est réglementé par le gouvernement : l’épaisseur de l’acier des barrières, la qualité des sacs en papier pour le transport des documents classifiés, l’épaisseur des murs et la hauteur des faux planchers insonorisés.

Autour de Washington, 4000 bureaux de sociétés privées gèrent l’information classifiée, soit 25% de plus que l’an dernier, selon le superviseur de Walsh, et l’équipe de Walsh a en permanence 220 bâtiments à contrôler dans son programme d’inspection. Le moindre bâtiment doit faire l’objet de contrôles ; tout nouveau bâtiment doit être inspecté de fond en comble avant que la NSA n’autorise ses occupants à ne serait-ce qu’établir une connexion téléphonique avec l’agence.

Il y aura bientôt un nouveau bâtiment de quatre étages à Fort Meade, près d’un quartier tranquille et sécurisé de pavillons haut de gamme. Son constructeur affirme qu’il peut résister à un attentat à la voiture piégée. Dennis Lane affirme que ses ingénieurs ont mis plus de boulons dans chaque poutrelle d’acier de la charpente que ne l’exige la norme pour garantir que la structure ne s’effondrera pas en cas d’imprévu.

Lane, vice-président de la société de construction Ryan Commercial, est devenu lui-même une sorte de fouineur lorsqu’il s’agit de travailler pour la NSA. A 55 ans, il a vécu et travaillé toute sa vie dans l’ombre de la NSA et s’est adapté à sa présence croissante au sein de sa communauté. Il recueille des informations commerciales par le biais de son propre réseau d’informateurs, des cadres dirigeants comme lui qui espèrent faire une bonne affaire sur le dos d’une organisation dont la plupart des voisins n’ont jamais entendu parler.

Il repère le moment où la NSA ou d’autres organisations secrètes du gouvernement louent un bâtiment, embauchent d’avantage de sous-traitants ou font appel aux entreprises locales. Il suit les projets de construction, les délocalisations, les changements au sein des sociétés privées. Il sait que les planificateurs locaux estiment que 10.000 emplois seront créés par la NSA , tout comme 52.000 autres par le biais d’agences de renseignement qui s’installeront à Fort Meade.

Lane était déjà au courant de toutes les rumeurs avant l’annonce officielle disant que le prochain commandement militaire géant, US Cyber Command, serait dirigé par le général quatre étoiles actuellement à la tête de la NSA. « Ce cyber-machin sera énorme, » dit-il. « Un cyber commandement pourrait intégrer tout l’immobilier actuellement disponible sur la zone ».

Lane le sait, car il a été témoin de la croissance post-11/9 de la NSA. A présent elle absorbe chaque jour 1,7 milliards de communications : courriers électroniques, forums, messageries, adresses IP, numéros de téléphone, appels téléphoniques et conversations sur téléphones mobiles.

A sa manière, Jeani Burns en a été témoin aussi.

Burns, une femme d’affaires à Fort Meade, prend un verre un soir après le travail. Elle fait un geste en direction de quelques hommes qui se tiennent près du comptoir.

« Je peux les repérer, » dit-elle. Le costume. La coupe de cheveux. Le comportement. « Ils ont ce regard, comme s’ils avaient peur que quelqu’un vienne leur poser une question à leur sujet. »

Des agents secrets viennent ici aussi, chuchote-t-elle, pour les surveiller, « pour s’assurer que personne ne parle trop. »

Burns est bien placée pour le savoir – elle vit avec un de ces hommes secrets depuis 20 ans. Avant, il travaillait pour la NSA. A présent, il est l’un de leurs sous-traitants. Il a fait la guerre. Elle ne sait pas où. Il fait quelque chose d’important. Elle ne sait pas quoi.

Elle raconte qu’elle est tombée amoureuse de lui il y a 20 ans et, que depuis, elle a passé sa vie à s’adapter. Lorsqu’ils sortent avec des amis, dit-elle, elle les appelle avant pour les prévenir : « Ne lui posez pas de questions. » Parfois les gens le comprennent, mais lorsque ce n’est pas le cas, « c’est dur à dire, mais nous ne sortons plus avec eux. »

Elle le décrit comme un « observateur. C’est moi la suspecte, » dit-elle. « Cela me gêne qu’il ne m’emmène jamais en voyage, ne pense jamais à quelque chose d’excitant à faire… J’ai l’impression d’être trompée. »

Mais elle dit aussi : « Je le respecte vraiment pour ce qu’il a fait. Il a consacré sa vie pour maintenir notre mode de vie, et il n’en retire aucune reconnaissance du public ».

Pendant ce temps, à l’extérieur du bar, le bourdonnement est continu. La nuit, aux confins du Parc d’Affaires National, des fenêtres de bureaux sont encore éclairées ci et là. Les 140 chambres de l’hôtel Marriott Courtyard sont toutes louées, comme d’habitude, à des clients tel cet homme à la réception qui dit seulement qu’il « travaille pour l’armée ».

A l’intérieur de la NSA, il y a un va-et-vient permanent de mathématiciens, de linguistes, de techniciens et de cryptologues. Ceux qui partent descendent par l’ascenseur au rez-de-chaussée. Chacun porte une petite boite en plastique avec un code-barres. Elle contient une clé de porte qui résonne à chaque pas. Pour ceux qui travaillent ici, ce son signale le changement d’équipe.

Tandis que les employés qui prennent leur poste passent le tourniquet, ceux qui partent glissent leur badge d’identification dans une fente. Une trappe s’ouvre. Ils déposent leur boite contenant la clé puis sortent en passant par un tourniquet. Ils quittent le parking et roulent lentement vers les barrières et portails qui protègent la NSA, où ils croisent une longue file de voitures qui roulent en sens inverse. Il est presque minuit à Fort Meade, la capitale du Top Secret America, un lieu qui ne dort jamais et qui s’étend un peu plus chaque jour.

Le Grand Soir et ReOpen911

William M. ARKIN, Dana PRIEST

Traduit par V.D. et apetimedia pour ReOpenNews et le Grand Soir.

SOURCE : http://projects.washingtonpost.com/...

30 juillet 2010
http://www.legrandsoir.info/Top-Secret-America-Le-voisinage-des-Services-Secrets.html


3-2 L'armée US renvoie d'Afghanistan ses véhicules de contrôle des foules.

L’armée renvoie d’Afghanistan ses véhicules de contrôle des foules en sol américain
La semaine dernière, l’armée américaine a ordonné que tous ses véhicules « humvee » qui utilisés comme arme de dispersion des foules (par la douleur) soient ramenés en sol américain.
Ces véhicules « ADS » (« Active Denial Systems ») ont été conçus pour maîtriser les soulèvements et pour contrôler les populations. Cette arme qui souffle des vagues de chaleur insupportable sur l’ennemi a été retirée de l’Afghanistan par l’armée américaine.
Le système « ADS » a coûté environ £42
million à développer et était sur le point d’être déployé pour disperser les membres des Talibans qui attaquaient les forces américaines.
L’arme, qui provoque une douleur intense sans causer de dommages physiques durables [connus], a été retirée de la zone de guerre la semaine passée sans que les chefs de l’armée américaine expliquent
pourquoi un tel volte-face.
Le « ADS », qui a été développé pendant 20 ans, travaille en envoyant un faisceau d’ondes à haute fréquence à la vitesse de la lumière. Ce faisceau peut couvrir l’ensemble du corps d’une personne, qui cause une douleur atroce, en chauffant l’eau et les molécules de graisse se trouvant sous la peau.
Le faisceau peut frapper quelqu’un jusqu’à 1/3 de mille de distance et la douleur cesse seulement quand la personne se déplace de la route. Un porte-parole du ministère américain de la Défense a déclaré : « La décision de rappeler les armes aux États-Unis a été prise par les commandants sur le terrain en Afghanistan ».
Ndlr : Pourquoi l’armée américaine ramène ces véhicules qui servent d’arme de maîtrise des foules en sol américain maintenant ?
Ces armes ont été testées sur les Talibans, mais elles ont finalement été destinées à être utilisées contre les Américains en cas d’émeutes. Si les armes n’étaient pas efficaces, ils ne dépenseraient pas des millions de dollars pour les réexpédier en sol américain…
Récemment, il a été révélé que les Marines des États-Unis ont reçu, secrètement, des formations avec les forces de police locale dans les villes américaines. Nous apprenons maintenant que l’armée est en train de récupérer leur équipement anti-émeutes en Amérique.Qu’est-ce qui se passe ?
Il est évident que le gouvernement des États-Unis s’attend à un temps de troubles dans les mois qui viennent.

www.toutsaufsarkozy.com/cc/.../EklpyEkypEAjiWVpBc.shtml


3-3 Thierry Meyssan : Révélations: La Mare (1942-1955), un service secret privé financé par Washington.

Durant la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide, Washington utilisa un service de renseignement privé international, la Mare (the Pond).

Parmi ses meilleurs informateurs… le tueur en série français Marcel Petiot. C’est ce que révèlent des archives de la CIA nouvellement déclassifiées.

Publiées en 1980, les mémoires de John Grombach ont été qualifiées de fantaisistes par la presse. Elle sont aujourd’hui recoupées par les archives.

L’existence d’une organisation secrète états-unienne en Europe, le Pond (littéralement « la mare », et par extension familière l’océan Atlantique) dans les années 1942-1955 a été mise en doute.

Les mémoires publiées par son fondateur ont été sévèrement critiquées comme relevant plus du roman que de l’Histoire. Or, les archives de cette organisation ont été retrouvées en 2001, d’abord remises à la CIA, puis aux Archives nationales des Etats-Unis, en 2008.

Elles ont été ouvertes au public en avril 2010 et l’on commence juste à en mesurer la portée.
La Mare apparaît sous les dénominations successives de Special Service Branch, puis de Special Service Section enfin de Coverage and Indoctrination Branch. Elle était familièrement dite la Mare (Pond) ou le Lac (Lake) par opposition à la Baie (Bay) pour la CIA.
Son activité comprenait la cryptographie, l’espionnage politique et les actions clandestines. Elle employait plus de 600 espions dans 32 pays en leur certifiant qu’ils travaillaient exclusivement pour les Etats-Unis et non pour les Alliés en général. La Mare avait été créée par l‘armée de terre des Etats-Unis, sous l’autorité du renseignement militaire. A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, elle prit son indépendance et continua à fonctionner comme un réseau privé, sous-traitant de l’US Army, du département d’Etat, de la CIA, voire du FBI. Elle fut dissoute en 1955 dans le contexte d’une réorganisation et d’une centralisation du renseignement et parce que son chef s’était compromis avec le sénateur Joseph McCarthy auquel il vendait des informations sur « l’infiltration communiste ».
La Mare était dirigée par le colonel John V. Grombach, dit le Frenchy (le Français), un ancien producteur de CBS Radio, spécialiste des transmissions cryptées incluses dans les programmes radio.
Cette organisation avait été créée avec le soutien de la société néerlandaise d’électroménager Philips, qui en assurait le financement et la logistique. A l’approche des nazis, les dirigeants de Philips avaient été exfiltrés des Pays-Bas avec leur gouvernement par les Britanniques. Ils s’étaient réfugiés aux Etats-Unis d’où ils continuaient à gérer leur société. Leur bureau de relations publiques à New York servait de couverture et de quartier général à la Mare. Par la suite Philips continua d’entretenir d’étroites relations avec les services de renseignement et l’armée US ; ses dirigeants participèrent activement à la création du Groupe de Bilderberg, le cercle d’influence de l’OTAN. Plusieurs autres grandes sociétés offrirent des couvertures à la Mare, dont American Express Co., Remington Rand, Inc. et Chase National Bank.
Les renseignements collectés par la Mare ont parfois été de très haut niveau. Ainsi, cette organisation privée mena t-elle des négociations avec le maréchal Herman Göring durant les six derniers mois de la guerre mondiale. Ou encore, elle suivit en détail les premiers essais nucléaires soviétiques. Cependant, il n’est pas établi que ces renseignements soient parvenus au sommet de la bureaucratie washingtonienne et aient été correctement exploités. La Mare fut particulièrement active en Hongrie où elle était en contact avec l’amiral Miklós Horthy durant la guerre, et d’où elle exfiltra Zoltán Pfeiffer et sa famille, durant l’occupation soviétique.
 

Le docteur Marcel Petiot lors de son procès aux assises.

Un détail étonnera les lecteurs français. La Mare collecta de précieux renseignements sur la Gestapo parisienne par le truchement d’un de ses agents… Marcel Petiot, le célèbre tueur en série. Le docteur Petiot était un déséquilibré, plusieurs fois interné en psychiatrie, mais aussi un esprit brillant. Il tenait un cabinet médical à Paris où il traitait des officiers de la Gestapo et de la Reichswehr. Il rapporta le premier le massacre des officiers polonais à Katyn et la construction des V1 et V2 à Peenemünde. En 1944, ses voisins découvrirent à la faveur de ce qui semblait être un incendie de cheminée, que des corps humains dépecés brûlaient dans sa chaudière. Il fut accusé d’avoir tué et incinéré 27 personnes à qui il avait promis de les exfiltrer vers l’Argentine. On évalua à 200 millions de francs de l’époque —une somme considérable— les bijoux et liquidités volés à ses victimes. Ce butin ne fut jamais retrouvé. Contre toute évidence, le docteur Petiot affirma n’avoir tué que des nazis et des collaborateurs et revendiqua 63 meurtres. Il fut condamné à mort et guillotiné sans que l’on ait jamais accordé le moindre crédit à ses dires, pourtant aujourd’hui confirmés, qu’il avait parfois agi pour un groupe clandestin anti-nazi.

Les lecteurs allemands et autrichiens seront, quant à eux, surpris d’apprendre que la députée Ruth Fischer, qui dirigea le Parti communiste allemand durant la République de Weimar et co-fonda le Parti communiste autrichien, était un agent de la Mare. Ceci explique son retournement ultérieur et la déposition qu’elle fit au Sénat des Etats-Unis devant la commission McCarhty pour dénoncer son frère Gerhart.
En définitive, la Mare aura préfiguré les grandes sociétés privées de renseignement actuelles. Ses espions n’agissaient pas par patriotisme, mais envisageaient leur activité comme un business en temps de guerre, chaude ou froide. Son recrutement était hétéroclite, allant d’un tueur en série à une politicienne corrompue. Durant la Guerre mondiale, le Pentagone payait ses services sans état d’âme, durant la Guerre froide, trois départements fédéraux lui sous-traitèrent des opérations qu’ils voulaient externaliser pour les soustraire au contrôle parlementaire.
Thierry Meyssan 

Analyste politique français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie chaque semaine des chroniques de politique étrangère dans la presse arabe et russe. Dernier ouvrage publié : L’Effroyable imposture 2, éd. JP Bertand (2007).


3-4 Jean-Claude Paye : Répression politique : L’espace aérien sous contrôle impérial.

Rappel :

Malgré quelques velléités du Parlement européen, l’Union européenne a cédé aux exigences des États-Unis : l’espace aérien transatlantique est désormais largement sous le contrôle de Washington. L’administration états-unienne a non seulement placé sous surveillance ses propres ressortissants et a interdit à des dizaines de milliers d’entre eux de se déplacer, mais les passagers européens sont aussi directement sous son contrôle. Les États-Unis ont la possibilité de faire évoluer unilatéralement les accords signés et ainsi, à terme, si il n’y a aucune réaction, de refouler ou d’empêcher des ressortissants européens de s’embarquer vers les USA, même si leurs papiers sont en règle.

À travers les différents accords installant un contrôle des passagers aériens, l’Union européenne abandonne progressivement sa propre légalité, afin de permettre au droit états-unien de s’appliquer directement aux ressortissants européens sur le territoire de l’Union. On assiste ainsi à la mise en place d’un ordre juridique impérial qui a pour objet de placer l’espace aérien transatlantique directement sous la juridiction de l’administration des États-Unis.

Suite à un accord intérimaire avec la Commission de l’Union européenne, les douanes états-uniennes ont, depuis le 5 mars 2003, accès aux systèmes de réservation des compagnies aériennes situées sur le territoire de l’Union. Il s’agit de contrôler des données liées aux comportements de passagers ordinaires, c’est à dire de personnes non recensées comme dangereuses ou criminelles, afin de vérifier, par rapport à un schéma théorique, si tel passager pourrait constituer une menace potentielle. Toute personne est traitée comme un criminel en puissance.

L’objectif est d’établir des « profils à risques ». On détecte ainsi des individus présentant un ensemble de caractéristiques qui pourraient « justifier » une surveillance spéciale ou même une arrestation préventive à l’arrivée sur le sol états-unien. Rappelons que l’USA Patriot Actpermet d’arrêter, sans inculpation, et de détenir indéfiniment, sans jugement, toute personne étrangère soupçonnée de participer à une activité d’une organisation désignée comme terroriste.

Une violation de la vie privée

Le Parlement européen a manifesté plusieurs fois son opposition à cet accord, notamment dans une résolution datant du 31 mars 2004 [1], en déclarant que l’accès des autorités états-uniennes est « illégal aux termes du droit national et du droit européen sur la vie privée ». Cet avis négatif n’a pas empêché le Conseil de se soumettre à nouveau, par une Décision du 17 mai 2004 [2] , aux injonctions des autorités états-uniennes.

Ayant un rôle purement consultatif, le Parlement a saisi la Cour européenne de Justice afin de faire casser cet accord. Cependant, comme la Cour a refusé d’appliquer la procédure accélérée d’examen, c’est seulement en mai 2006 qu’elle a donné partiellement raison au Parlement européen. Mais, le jugement porte exclusivement sur la forme et non sur le fond. Il rejette le texte uniquement pour « défaut de base juridique appropriée » et ne parle aucunement de la violation de la privée des personnes dont les données sont transmises aux autorités états-uniennes. Il estime seulement que le premier pilier (communautaire) de l’Union ne peut servir de base à un accord relevant de la coopération policière et judiciaire.

Ainsi, le 23 juillet 2007, l’Union européenne et les États-Unis ont signé, cette fois dans le cadre du

troisième pilier, un nouvel accord sur le traitement et le transfert de données des passagers [3]. Ce dernier texte inscrit dans la durée l’accord provisoire, conclu le 19 octobre 2006.

Comme c’était déjà le cas en 2004, Les informations communiquées, appelées Passagers Name Record, ne se limitent pas aux noms, prénom, adresse, numéro de téléphone, date de naissance, nationalité, numéro de passeport, sexe, mais comprennent les adresses durant le séjour aux USA, l’itinéraire complet des déplacements, les contacts à terre ainsi que des données médicales. Y sont reprises des informations bancaires, tels les modes de paiement, le numéro de la carte de crédit et aussi le comportement alimentaire permettant de révéler les pratiques religieuses.

Un accord dissymétrique

Les accords de 2007, comme le texte de 2006 [4], aggravent encore les dispositions de 2004. Selon un principe de disponibilité, l’ensemble des données sont consultables par toutes les agences états-uniennes chargées de la lutte antiterroriste, alors que, sur le papier, les accords de 2004 réservaient cette consultation aux seules agences de douane.

La période de rétention des informations passe de 3 ans et demi à 15 années. En outre, ces données pourront être placées pour une durée de 7 ans dans des « bases de données analytiques actives », permettant un « profiling » massif.

Les autorités états-uniennes ont maintenant la légitimité de transmettre ces informations à des pays tiers. Ces derniers auront accès aux données transmises par les compagnies européennes selon les conditions de sécurité fixées par le département US, l’Union européenne ayant accepté « de ne pas interférer » concernant la protection des données des citoyens européens transférées dans ces pays [5].
Le nouveau texte renforce un cadre dissymétrique d’échanges entre les États-Unis et l’Union européenne. Les compagnies sont tenues de traiter les données PNR stockées dans leurs système informatique de réservation selon les demandes des autorités états-uniennes, « en vertu de la législation américaine ». Ainsi, les États-Unis ont profité de ces nouveaux accords afin de répondre à de nouvelles exigences du Département US de la Sécurité de la Patrie (US Department of Homeland Security) [6]

et d’intégrer les changements intervenus dans la législation états-uniennes [7] .

Primauté du droit états-unien

Le droit états-unien est primordial. L’administration des États-Unis se réserve le droit d’avoir sa propre interprétation de l’accord conclu entre les deux parties. Cette lecture est contenue dans la lettre, placée en annexe. Ce qui a un double avantage pour le Département de la Sécurité de la Patrie. D’une part, il peut définir unilatéralement le contenu (conditions de traitement, de transfert, de destruction et d’extension du champ des données) de certains engagements auxquels l’accord fait référence. D’autre part, les engagements formels, de protection des données et de défense des droits des passagers européens n’ont aucune valeur contraignante et peuvent être modifiés unilatéralement.

Le cadre à travers lequel les données PNR peuvent également être utilisées ne se limite pas à la lutte contre le terrorisme, mais peut être aussi utilisé pour « tout objectif additionnel ». Des informations concernant l’origine raciale, les opinions politiques, la vie sexuelle peuvent être utilisées dans « des cas exceptionnels » et c’est le département de la sécurité intérieure lui-même qui détermine ce qui est un cas exceptionnel.

Ces accords sont à peine signés que les États-Unis ont annoncées leur intention d’insérer davantage d’exceptions dans le Privacy Act [8] en ce qui concerne la gestion de l’Automated Targering System. Ce système est prévu pour lutter contre le terrorisme, mais il couvre aussi « toute activité qui viole la loi états-unienne ». Il contient notamment les données PNR des passagers aériens. Tout changement dans la gestion de ce système va automatiquement modifier unilatéralement le contenu de l’accord PNR. Le projet prévoit que l’ensemble de ces données pourront faire l’objet d’une seconde inspection [9], c’est à dire être vues par d’autres agences disposant de listes globales de surveillance et croisées avec des banques de données venant de pays tiers..
À travers ces modifications légales, il s’agit d’augmenter les pouvoirs du département de la Sécurité de la Patrie (Department of Homeland Security). L’objectif fixé est de n’autoriser la personne à voyager qu’après que ses données PNR aient été contrôlées et « éclaircies » [10].

Vers des listes d’interdiction de vol vers les USA ?

Il s’agirait là, si ce projet est adopté, d’une mutation qui modifie la nature même du système de contrôle et, ainsi, de l’accord qui vient d’être signé avec l’Union européenne. Les autorités administratives états-uniennes auraient la possibilité d’interdire arbitrairement de vol vers les États-Unis tout ressortissant européen, même si la personne dispose de tous les documents nécessaires. On rejoindrait ainsi le système états-unien. Aux États Unis, les listes de passagers aériens permettent à l’administration de déterminer arbitrairement qui peut utiliser l’avion et se déplacer. Ainsi, plus de 110 000 personnes, dont une majorité de citoyens états-uniens, ont leur mobilité perturbée ou sont interdits de vol, car elles sont reprises, soit sur une liste « de personnes à surveiller » ("watch list"), soit sur une liste « interdit de vol » ("no fly list") . La chaîne de télévision CBS avait réussi, en 2004, à se procurer un exemplaire de la liste « à surveiller ». Elle faisait 540 pages et contenait les noms de « 75 000 personnes à fouiller avec beaucoup d’attention et éventuellement à ne pas laisser monter à bord d’un avion » [11]. Les opposants à la guerre en Irak sont des cibles privilégiées de cette procédure.Pour Naomi Wolf [12] , la liste "des personnes à surveiller" a été établie à partir de 2003, suite à une directive présidentielle adressée aux agences de renseignement. Cette directive leur ordonne d’identifier et surveiller "les personnes dont on peut craindre qu’elles aient des intentions ou des contacts terroristes". La CIA/NSA et le FBI établirent une liste de noms qui fut remise à toutes les agences aériennes .

À cette liste, on doit ajouter 45 000 personnes interdites de vol, car inscrites sur une No Flight List. Cette dernière, qui n’incluait que 16 personnes avant le 11 septembre, a d’abord été étendue aux personnes soupçonnées d’être en contact avec des organisations terroristes puis aux opposants politiques, qui sont ainsi bloqués dans leurs déplacements et, dans les faits, interdits de sortie du pays par la « Transportation Security Administration ». Ainsi, les personnes ayant critiqué la politique du gouvernement sont, fouillées intégralement, intimidés, arrêtées administrativement ou interdites de vol.

En conséquence, le Conseil de l’Union européenne a engagé ses ressortissants dans un système de contrôle des passagers aériens à destination des USA, qui donne aux autorités états-uniennes la possibilité de faire évoluer cette procédure selon leurs propres finalités et ainsi, à terme, si il n’y a aucune réaction, d’empêcher arbitrairement tout passager européen d’embarquer vers les États-Unis .

Jean-Claude Paye

13 octobre 2007

Sociologue. Derniers ouvrages publiés : La Fin de l’État de droit, La Dispute 2004 ; Global War on Liberty, Telos Press 2007.

 

[1] « Observatory on the exchange of data on passengers (PNR) with USA », Statewatch.

[2] Journal Officiel des Communautés européennes, L 183/83, le 20/5/2004

[3] « Processing and transfer of passenger name record data by air carriers to the United"States Department of Homeland Security - "PNR », Conseil de l’Union européenne, 11304/07, Bruxelles le 18 juin 2007.

[4] Accord entre l’Union européenne et les Etats-Unis relatif au traitement et au transfert des données des dossiers passagers (PNR) par les transporteurs aériens européens au ministère américain de la sécurité intérieure, Journal Officiel de l’Union européenne , L298, le 27.10.2006, (Lex Europa).

[5] « MEPs fear that new PNR agreement fails to protect citizens’ data », Statewatch News Online, 12/07/2007.

[6] L’usage s’est imposé, à tort, dans la presse francophone de traduire Department of Homeland Security par « Département de la sécurité intérieure ». Ce choix reprend la terminologie en vigueur dans la vieille Europe distinguant sécurité intérieure (la police) et sécurité extérieure (l’armée). Or, tel n’est pas du tout le sens de Homeland Security. Cette expression, qui choquait les défenseurs des libertés constitutionnelle aux États-Unis et choque encore en Europe, est apparue peu avant le 11 septembre 2001. Elle signifie « Sécurité de la Patrie » et implique une compétence non-territoriale : il s’agit de défendre la Patrie (c’est-à-dire l’idée que l’on se fait des États-Unis), en s’ingérant partout dans le monde si nécessaire, et non de défendre le simple territoire. Donald Rumsfeld, notamment, à souligné que la distinction classique entre civil et militaire, était désormais abolie. Ndlr.

[7] « EU-USA agreement renegociated to meet US demands », Statewatch News Online.

[8] « Overview of Privacy Act of 2004 », May 2004.

[9] Op cit, « Automated Targering system », 2007/08/06.

[10] Department of homeland Security, Privacy Act of 1974, Implementation of Exceptions, Proposed Rules of the Federal Register, Notice of proposed rulemaking, 2007/08/23, Télécharger

[11] Noami Wolf, « Are you on the Government’s No Flight List ».

[12] « Aux USA plus de 100 000 opposants sont interdits de prendre l’avion », Réseau Voltaire, 6 septembre 2007.

http://www.voltairenet.org/article151993.html


n° 5 - L’Amérique d’Obama de a à z - 23-08 - : Fin -: - Est-ce-que Washington planifie un holocauste nucléaire?



L’Amérique d’Obama

n°5 du 23-08

C.De Broeder & M.Lemaire



 " L’Amérique d’Obama de A à Z" est  visible  sur nos blogs : 

a) sur nos blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                             http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site de Eva Resis :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

 Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

3-5 Les USA vont accéder aux données bancaires des citoyens européens.

3-6 RRobert Bibeau : L'esprit de désillusion qui frappe le peuple américain.

4 Prison

4-1 Nadine Epstain. : La peine de mort est de plus en plus contestée.

4-2 Anne Vidalie : Le combat d'une Française contre la peine de mort aux Etats-Unis

4-3 Conrad Black et le système carcéral.

5 Racisme

5-1 Jean-Sébastien Stehli  : Rush Limbaugh et le racisme à visage découvert.

6 Vidéo - Livres

6-1 Vidéo : La Maison Blanche veut donner de nouveaux superpouvoirs au FBI.

6-2 Vidéo : Un ex-analyste NSA déclare : les médias US sont sur écoute



3-5 Les USA vont accéder aux données bancaires des citoyens européens.

Encore une conséquence du 11 septembre et du Patriot Act, l’Union Européenne a voté un texte un peu controversé permettant aux USA d’accéder aux données bancaires des transactions effectuées via SWIFT. Il a été adoptée par 484 voix pour, 109 voix contre et 12 abstentions. L’AFP rapporte que selon la commissaire européenne à la Justice Viviane Reding il s’agit d’un « mal nécéssaire ». Sans blâmer l’Union Européenne, on s’interroge sur le type de nécessité qui peuvent conduire à ce genre de transaction… la sécurité anti terroriste reste l’argument magique. Le Trésor américain, dés le 1er août 2010 pourra accéder aux données financières de 8.000 banques sur 200 pays gérées par la société Swift, ce pour une durée reconductible de 5ans. Et la contrepartie semble bien maigre vu l’enjeux de cette négociation : « un observateur européen, nommé par la Commission, sera présent au Trésor américain où sont traitées ces données pour s’assurer que cela est fait dans les règles« .  « Si le citoyen européen a un problème avec cela, il a le droit d’être informé de l’analyse de ses données et d’obtenir une compensation », s’il y a eu abus. Puis, pour bien nous rassurer, sur la mise en place, Mme Reding a répondu: « je n’ai pas les détails techniques mais si un citoyen est soupçonné il le saura à un certain moment ».

Le site touteleurope.fr, insiste sur le travail parlementaire qui a porté ses fruits :

Point clé pour l’accord du Parlement européen, l’élimination, à terme, des transferts de données ‘en vrac’ : en contrepartie d’un soutien à l’accord, les députés ont obtenu que les travaux débutent dans les douze mois sur la mise en place d’un équivalent européen au ‘Terrorism Finance Tracking Programme’ (TFTP) nord-américain, qui mettrait fin aux transferts de données bancaires non-individualisées. L’Europe aurait en effet une structure permettant d’analyser les données sur son sol et ne transmettrait alors que les informations relatives à une piste terroriste précise.

Si l’accord ne semble pas non plus concerner les transactions financières intra-européennes, un doute subsiste sur la durée de rétention des données. Les USA négociaient initialement sur une base de 15 années de rétention des données collectées ! … Des croisements de données dans quelques Super Cray via un petit cloud maison pour passer tout ça au shaker avec quelques interceptions de communications satellitaires et quelques petits mesh relais sponsorisé par Google… dans le dos de l’UE, techniquement, avec les moyens de l’Etat américain, ça peut se faire relativement discrètement.

Cette situation n’est donc pas acceptable et Mme Reding de conclure : Les Européens devraient « construire leur propre système d’analyses de données financières ».

On peut par exemple déplorer que ce type d’accord ne fonctionne pas dans les deux sens et que le texte fasse l’impasse sur un éventuel sérieux (donc indépendant et doté de moyens) organisme de controle des données extraites par les américains qui font la chasse aux terroristes à défaut d’avoir trouver des armes de destructions massives sur les Internets.

Sur quels critères l’administration américaine définira la notion de terroriste ?

L’Union Européenne a t-elle négocié des contreparties, par exemple en coopération judiciaire ?

Quid des perquisitions et saisies de données aux frontières ?

By bluetouff

11 juillet 2010

http://bluetouff.com/2010/07/11/les-usa-vont-acceder-aux-donnees-bancaires-des-citoyens-europeens/


3-6 Robert Bibeau : L'esprit de désillusion qui frappe le peuple américain.

LADOUBLE PENSÉE DE NOAM CHOMSKY ?

 Aux États-Unis un mouvement populiste appelé « Tea  Party » reflète l'esprit de désillusion qui frappe le peuple américain. L'extrémisme antifiscal de l’organisation  « Tea Party » se double d’une critique acerbe contre l’État fédéral coupable de dépenses affreuses comme l’assistance social, Medicare (services de santé gratuit pour les plus démunis), l’enseignement supérieur et la recherche. Par ailleurs, « Tea Party » n’a rien à redire à propos du gaspillage annuel de 900 milliards en dépenses militaires.

La Californie est un exemple dramatique. Le plus grand système public d'éducation supérieure au monde est en voie de démantèlement.  

Le gouverneur Arnold Schwarzenegger dit qu'il doit  éliminer les programmes étatiques de santé, de bienfaisance et d’éducation à moins que le gouvernement fédéral ne lui accorde environ 7.000 millions de dollars. D'autres gouverneurs se joignent à lui pour réclamer toujours davantage de crédits fédéraux sans lui accordé aucun droit de contrôle sur les politiques qu’il finance. Pendant ce temps, un mouvement puissant milite pour les droits des états et demande que le gouvernement fédéral ne se mêle pas de leurs affaires. 

Cette apparente contradiction fait dire à Noam Chomsky que : « Voilà un bon exemple de ce qu'Orwell a appelé "la double pensée" : la capacité d'un esprit de nourrir deux idées contradictoires  alors qu'il croit aux deux, pratiquement une devise pour notre temps ». Noam Chomsky d’ajouter : « Encourager le sentiment antifiscal est une caractéristique de la propagande patronale dans tous les pays d’Occident. Les gens doivent être endoctrinés pour détester et pour craindre le gouvernement pour de bonnes raisons : des systèmes existants de pouvoir, le gouvernement (l’État)  est le seul qui en principe, et parfois en pratique, répond au  public et peut restreindre les gâchis du pouvoir privé. ».  Le docteur Chomsky appel ce processus d’endoctrinement « produire du consentement ».

Pourtant, il ne s’agit pas vraiment d’une contradiction, ni d’une double pensée auquel semblerait croire mordicus le public américain.

Premièrement, il n’y a pas de contradiction entre le pouvoir public et le pouvoir privé, chacun de ces ordres de pouvoir a une fonction différente. Il y a complémentarité entre ces deux instances de pouvoir. Le pouvoir public doit, entre autre, assuré la reproduction de la force de travail en fonction des besoins du pouvoir privé. Ainsi, aux États-Unis où la structure industrielle est en déliquescence parce que les financiers et les monopolistes délocalisent la production industrielle vers les pays du tiers monde, incidemment vers la Chine, il est de plus en plus inutile de produire-reproduire des ouvriers hautement spécialisés. Pour assurer les services tertiaires chez McDonald, l’entretien des édifices à bureaux, les transports, et pour fournir des « associés » à la chaîne Wall Mart et aux autres chaînes de distribution, une formation primaire, au mieux secondaire, suffit. Pour les services quaternaires dans les banques, à la bourse, aux finances, dans les assurances et les services fiscaux de l’État, en marketing et pour les communications, une formation universitaire de base est requise, ce sont les facultés universitaires qui sont privilégiées et les études doctorales deviennent de plus en plus inutiles, la recherche fondamentale est sclérosée. De plus en plus, l’université américaine n’assure que l’apprentissage des concepts connus, prouvés, validés et approuvés. 

Le pouvoir de l’État complète et assure le profit maximum au pouvoir privé. Parfois l’État doit partager les intérêts divergents de différentes factions – fractions – du capital. Ainsi, la montée du capital financier spéculatif a entraîné le renchérissement de l’argent ce qui n’a pas plu au secteur industriel qui n’arrivait plus à financer son développement. Malgré cela l’État américain maintient son soutien au capital financier hégémonique. Le crash immobilier a faillit emporter le secteur financier que l’État s’est empressé de  renflouer mais il n’a pas renfloué le secteur de la construction domiciliaire qui ne s’est pas encore remis de l’effondrement du marché et de la raréfaction du crédit facile et peu coûteux. Par contre, l’État américain n’a pas hésité à lancer des guerres coûteuses et meurtrières pour assurer le contrôle de l’industrie du pétrole sur certaines réserves convoitées. À chaque fois, l’État tranche en faveur d’un secteur ou d’un autre du capital monopoliste, c’est là un de ses rôles historiques.

Deuxièmement,  ces mouvements de protestation sont mis sur pied et financés par les églises évangélistes, par des ONG et d’autres magouilleurs et organismes « populaires » patentés à la solde des riches afin de tromper la population en colère et la détourner d’une révolte efficace identifiant correctement les responsables mais surtout les causes de leur vie de chômage et de misère.

Ce ne sont pas les mêmes couches de la population qui croient à l’une ou à l’autre des multiples pensées contradictoires que stigmatise monsieur Chomsky. Les pauvres dénoncent le gouvernement fédéral qui ose, en pleine crise économique, réduire les programmes sociaux; la classe moyenne, professionnels et petits commerçants, dénonce le gouvernement fédéral d’être omniprésent dans la vie publique, de mal géré l’argent de leur taxe et de dépenser à tors et à travers, y compris pour aider les pauvres; les politiciens régionaux voudraient plus d’argent du fédéral et moins de contrôle fédéral sur les politiques qu’il finance; les riches critiquent l’État de ne pas détourner suffisamment d’argent de ses coffres vers le soutien au secteur financier et militaire et de trop dépenser en assistance sociale, Medicare, éducation, services publics et même pour combattre la pollution…que des choses inutiles à leurs yeux.

Et tous s’entendent pour critiquer l’État fédéral pour sa mauvaise gestion des programmes et pour ses politiques de compromis. Prenons l’exemple de la nouvelle loi d’assurance santé. Elle ne sera ni étatique, ni privé, mais un compromis coûteux où les entreprises privés d’assurance pourront récolter le pactole de tous ces assurés qui viendront obligatoirement grossir les rangs de sa clientèle et où les travailleurs et employés devront obligatoirement s’assurés à fort prix qu’ils en aient ou non les moyens. Pour couronner le tout l’État fédéral injectera des milliards supplémentaires dans ce trou sans fonds pour garantir le risque que constitueront les pauvres incapables de payer ces primes exorbitantes. Notez que les pauvres et les travailleurs des petites entreprises seront assurés mais ils n’auront pas davantage accès aux soins de santé, les urgences étant déjà  engorgées. Voilà pourquoi les riches comme les pauvres dénoncent cette réforme qui n’en n’est pas une, qui coûtera cher et ne règlera rien des problèmes d’accès aux médicaments et aux soins de santé.

Ce n’est pas « la double pensée » que de reconnaître les contradictions d’un système économique et social érigé pour le bénéfice d’une classe de riches que le peuple américain est las de subventionner de ses taxes et de ses impôts, mais ne comptez pas sur les médias américains pour aider la population à mieux comprendre les enjeux et à mieux organiser sa riposte.

Robert Bibeau



4 Prison

4-1 Nadine Epstain. : La peine de mort est de plus en plus contestée.

Une cour d'appel fédérale a annulé mercredi la condamnation à la peine capitale de Ronell Wilson, seul détenu dans le couloir de la mort dans l'Etat de New York, accusé du meurtre de deux policiers en civil en 2003.

 La plus haute juridiction des Etats-Unis a estimé que "le risque conséquent de mettre à mort un homme innocent justifie de manière évidente la tenue d'une nouvelle audience", mais n'a pas dit si elle souhaitait se prononcer sur la constitutionnalité d'exécuter un innocent.

Après avoir entendu le verdict fatal, les condamnés américains passent en moyenne 13 ans dans le couloir de la mort, enfermés sous garde rapprochée, seuls, 23 heures sur 24, avec un droit restreint aux visites et une activité souvent réduite à la préparation des différents appels pour échapper à l'exécution.

Avant leur exécution, les condamnés à mort vivent un enfer qui fait débat aux Etats-Unis, même au sein de la Cour suprême.

Reportage de Nadine Epstain.

Sam Millsap est ancien procureur de district au Texas, États-unis. A une époque, il se définissait comme un partisan de longue date de la peine de mort, mais il explique pourquoi il s'oppose désormais à la peine capitale:

VIDEO :  http://www.dailymotion.com/video/x8rhrd_peine-de-mort-sam-millsap-procureur_news?start=3#from=embed

02.07.2010

http://www.franceculture.com/emission-dossier-du-jour-la-peine-de-mort-aux-etats-unis-de-plus-en-plus-contestee-2010-07-02.html


4-2 Anne Vidalie : Le combat d'une Française contre la peine de mort aux Etats-Unis

La Française Sandrine Ageorges, militante abolitionniste, mène son plus dur combat. Son mari américain, Hank Skinner, doit être exécuté le 24 février au Texas.

Sandrine Ageorges, militante anti-peine de mort.

Dix ans déjà. Dix ans que Sandrine Ageorges mène une double vie. "Une existence coupée en deux", comme elle dit. A Paris, elle est directrice de production, spécialiste des tournages de films américains en France. A Houston, au Texas, où elle passe six mois de l'année, elle se bat pour obtenir la réouverture du procès de Henry Watkins "Hank" Skinner, 47 ans, condamné à mort en 1995 pour triple meurtre, dont la date d'exécution est fixée au 24 février. L'homme qu'elle aime. Son mari depuis le 3 octobre 2008.

Deux vies, deux mondes entre lesquels court le fil d'Ariane de son engagement contre la peine de mort. Abolitionniste passionnée depuis l'adolescence, Sandrine a découvert le système judiciaire et carcéral made in USA à travers Lamp of hope (Lampe d'espoir), une association de condamnés à mort américains dont elle est devenue la traductrice. En 1996, elle a entamé une correspondance avec trois prisonniers. L'un d'eux s'appelait Hank Skinner. "Ses premières lettres faisaient 40 pages", se souvient-elle. Elle s'est aussi engagée dans la Coalition texane pour l'abolition de la peine de mort. Depuis 2008, elle la représente au sein du comité de pilotage de la Coalition mondiale, dont le 4e Congrès s'ouvre à Genève le 24 février.

Aucun contact physique, jamais

C'est en 1996 que Sandrine a rencontré Hank pour la première fois à la prison d'Ellis, à Huntsville, haut lieu des mises à mort ordonnées par la justice du Texas. La première d'une très longue série de visites, plus ou moins espacées, au gré des décisions de l'administration pénitentiaire. Aucun contact physique, jamais: Hank et Sandrine se parlent par téléphone, à travers une épaisse paroi de Plexiglas.

Ou, plutôt, se parlaient. Depuis vingt mois, la Française est interdite de contact avec le détenu, incarcéré depuis l'automne à Polunsky, le "couloir de la mort" des condamnés texans. "L'administration carcérale se méfie, explique Sandrine. Nous n'avons cessé de dénoncer les conditions de détention des condamnés." Le jour de leur mariage, c'est son amie Nancy qui tenait le rôle de Hank devant le juge de Houston.

"Ma priorité c'est de gagner du temps"

"J'avais toujours été célibataire jusque-là, confie la mère de Daphné, 22 ans, future sage-femme. Mais porter le nom de Hank, c'est porter son combat. Et pouvoir continuer à suivre son dossier si les choses tournent mal." Sandrine flanche un court instant. Puis reprend: "Je veux le sauver, je veux que la vérité éclate." Non, son mari n'a pas tué sa compagne, Twila Busby, ni les deux fils adultes de celle-ci, le 31 décembre 1993. Elle dénonce une enquête à charge, un procès bâclé, un avocat négligent, un témoin clef qui s'est, depuis, rétracté, et des éléments matériels jamais exploités - une veste d'homme retrouvée sur les lieux du crime, deux couteaux et un torchon ensanglantés, les ongles cassés de Twila.

La défense de Hank a tiré ses dernières cartouches. Deux procédures sont en cours, l'une devant une cour d'appel fédérale, l'autre devant la Cour suprême. Par ailleurs, les avocats doivent déposer ces jours-ci un recours en grâce auprès du gouverneur du Texas - la perpétuité plutôt que la mort. "J'ai longuement hésité, soupire Sandrine. Parce qu'il est innocent, Hank s'est toujours opposé à une commutation de peine. Mais ma priorité, aujourd'hui, c'est de gagner du temps..."

Anne Vidalie,

08/02

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/le-combat-d-une-francaise-contre-la-peine-de-mort-aux-etats-unis_847476.html

 


4-3 Conrad Black et le système carcéral.

L'ex-magnat de la presse Conrad Black, libéré sous caution le 21 juillet après avoir purgé une peine de prison pour fraude financière, a vertement critiqué le système carcéral américain, qu'il considère surpeuplé, samedi dans le quotidien canadien The National Post.

«Les 2,4 millions d'Américains incarcérés, les millions qui sont en attente d'un procès ou sous contrôle judiciaire sont une légion de morts-vivants ostracisés et sans voix», écrit M. Black, 65 ans, condamné en 2007 à six ans et demi de prison pour fraude financière et sorti de prison après s'être acquitté d'une caution de deux millions de dollars.

Il était incarcéré dans une prison de Floride.

Dans le National Post, qu'il a fondé en 1998, avant de le vendre en 2001, Conrad Black évoque ses dernières heures dans sa cellule avant de retourner à sa résidence de Palm Beach en Floride, alors que les autres prisonniers qui, «dans presque tous les cas, purgent des peines (..) trop longues», venaient lui dire au revoir.

Le Montréalais dit avoir vu en prison les preuves de l'échec de la guerre que les États-Unis mènent contre le narcotrafic.

«Mille milliards de dollars ont été dépensés», contre le trafic de drogue, écrit-il. «Un million de petits trafiquants interchangeables sont en prison, les substances sont plus accessibles que jamais et d'une meilleure qualité, alors que les pays producteurs comme le Mexique et la Colombie sont dans un état de guerre civile», poursuit-t-il.

L'ancien patron de presse, qui avait renoncé à la nationalité canadienne pour siéger à la chambre des Lords britannique est contraint de rester sur le sol américain pour le moment.

En juillet 2007, Conrad Black et trois de ses associés avaient été reconnus coupables d'avoir détourné 3,5 millions de dollars lors de la vente d'actifs de Hollinger au groupe de presse canadien Canwest, et d'avoir fait disparaître des documents. Ils étaient accusés d'avoir détourné un total de 60 millions de dollars entre 1999 et 2001.

31 juillet

http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/etats-unis/201007/31/01-4302859-conrad-black-sen-prend-au-systeme-carceral-americain.php?utm_source=bulletinLPA&utm_medium=email&utm_campaign=retention



5 Racisme

5-1 Jean-Sébastien Stehli  : Rush Limbaugh et le racisme à visage découvert.

On le sait depuis 18 mois: l'élection de Barack Obama n'a pas été du goût de tout le monde.

Petit à petit, le démon du racisme a montré de plus en plus ouvertement sa tête.

Que ce soit la loi votée par l'Arizona qui permet à la police d'interpeller toute personne lui paraissant suspecte, contradiction absolue avec la Constitution qui protège des arrestations sans cause (à la différence du système français), ou de la célébration par certains Etats du sud de leur "héritage" sans que soit une seule fois mentionné le mot esclavage.

Que ce soit le Tea Party ou Fox News, nombreux sont ceux qui soufflent sur les braises du racisme. 

Rush Limbaugh est le dieu de ces bigots. Le triple divorcé, quadruple marié, incapable de terminer ses études, drogué aux médicaments obtenus grâce à de fausses ordonnances, vient de franchir un nouveau degré, sans que, pour l"instant, cela provoque sa démission de la radio où il officie chaque jour. 

Le 6 juillet, dans son émission de radio, Limbaugh a déclaré que Barack Obama et Oprah Winfrey, la star des talk shows de l'après-midi, avaient réussi uniquement grâce à la couleur de leur peau. "Obama n'aurait pas été élu président s'il n'avait pas été noir," a affirmé Limbaugh. "Si Obama n'était pas noir, il serait guide touristique à Honolulu." Comme cela ne suffisait pas, Limbaugh s'en est pris à Oprah Winfrey. "Quelqu'un m'a demandé, ce weekend, pourquoi quelqu'un avait autant d'argent, gagnait autant d'argent alors qu'elle est noire. Il s'agissait d'Oprah (...). Il y a un sentiment de culpabilité très fort dans le public. Pour montrer que nous ne sommes pas racistes, nous allons rendre cette personne riche et célèbre, etc.". Dans les années 50 ou 60, dans une Amérique qui subissait encore la loi de l'apartheid, personne n'aurait osé s'exprimer de cette manière à la radio ou à la télévision et encore moins dans les journaux. 

L'élection de Barack Obama, la montée en nombre et en puissance politique des hispaniques a soudain ouvert les écluses. Le racisme a de nouveau le droit de s'exprimer. Il y a trois semaines, c'était Rand Paul, le candidat du Tea Party qui affirmait le plus naturellement du monde que les lois anti discrimination devraient être abolies parce qu'après tout un commerçant a le droit de choisir les clients qu'il souhaite servir.

Et personne n'a estimé que Rand Paul s'était de facto exclu du processus démocratique. Jusqu'où ira l'escalade de violence verbale ? 

Jean-Sébastien Stehli

10 juillet

http://blog.lefigaro.fr/obamazoom/2010/07/rush-limbaugh-et-le-racisme-a-visage-decouvert.html#more



6 Vidéo - Livres

6-1 Vidéo : La Maison Blanche veut donner de nouveaux superpouvoirs au FBI

La guerre pour le contrôle de l’information fait rage. Internet fait peur aux gouvernants car l’information y circule trop librement à leur goût. Sous couvert de lutte contre le terrorisme, l’administration américaine vient de demander au Congrès d’étendre les capacités d’investigation du FBI. Mais pas n’importe lesquelles. Elle demande que le FBI puisse espionner les activités de télécommunication (Internet, téléphonie) sans avoir besoin de demander un mandat aux autorités judiciaires. Autrement dit, sans qu’aucun contrôle ne soit possible. Est-ce une simple "officialisation" d’un état de fait, une régularisation de pratiques courantes mais qui n’étaient pas officiellement reconnues ? On ne peut que se remémorer l’interview de l’ex-employé de la NSA, Russel Tice parlant des écoutes téléphoniques faites sous l’ère Bush par la NSA qui espionnait les journalistes ou de simples citoyens

[Voir vidéo en fin d'article]. Apparemment Obama marche bien dans les traces de son prédécesseur.

Published on août 7, par GeantVert


6-2 Vidéo : Un ex-analyste NSA déclare : les médias US sont sur écoute.

Le gouvernement états-unien veut doter le FBI de nouveaux pouvoirs d’investigation sur les échanges de données sur Internet. Pour combattre le terrorisme, en opérant sur les activités « online » des citoyens sans avoir besoin de demander la moindre autorisation à un juge.

Le Ministère de la Justice (DOJ) états-unien se trouve actuellement dans une situation  paradoxale où, après les critiques adressées au FBI pour abus de pouvoir lors d’enquêtes faites sans mandat, arrive la requête explicite demandant l’attribution par les autorités judiciaires de nouvelles exemptions dont bénéficierait ce même FBI lorsqu’il s’agit d’examiner le trafic Internet et les communications des citoyens américains.

C’est le Washington Post[1] qui fait cette révélation : le DOJ a proposé au Congrès l’ajout d’une terminologie spécifique relative aux télécommunications (« enregistrements des transactions de communications électroniques ») à la liste des exemptions de mandat. Une telle terminologie, aussi vague et générique, pourrait bien faire partie des objectifs des National Security Letter (NSL), une série de moyens d’enquête que le FBI peut utiliser pour aller mettre son nez où il veut sans demander la permission à personne, en obligeant dans le même temps le suspect à maintenir le secret.

Les lettres NSL, ainsi que le Department of Justice les avait lui-même définies après une enquête interne, constituent un puissant moyen d’investigation dont le FBI use et abuse, un dispositif issu de la même culture de l’"urgence" que le PATRIOT ACT[2] voulu par George Bush Junior. Et maintenant, ce même DOJ demande que les NSL deviennent encore plus puissantes et dangereuses pour la « discrétion » des communications privées échangées à travers les fournisseurs Internet et les réseaux de téléphonie mobile, le tout étant justifié par la nécessité de fournir au FBI de nouveaux pouvoirs afin de contrer le terrorisme.

Mais les risques contenus dans la proposition du DOJ sont nombreux, explique le Wall Street Journal, car avec les nouvelles normes, les « bad boys » fédéraux seraient autorisés à accéder à la chronologie de navigation sur Internet, les recherches effectuées en ligne, les informations de géo localisation, les demandes de « mise en relation » sur facebook, et bien d’autres données.

« Si l’on tient compte de la tendance historique du FBI à abuser des écoutes » écrit la Electronic Frontier Foundation commentant l’initiative du DOJ, « il s’agit d’une requête stupéfiante et éhontée. Ils demandent au Congrès de récompenser une sale habitude, ouvrant la voie à des comportements encore bien pires. Espérons que le Congrès aura le courage et l’intégrité de refuser. »

Mais la « sale habitude » du FBI et la tendance à l’abus de pouvoir de la part des Fédéraux ne se font pas seulement  sentir sur les télécommunications : le directeur de l’Agence, Robert Mueller, a ouvertement appuyé la proposition de loi exigeant des vendeurs de téléphones mobiles qu’ils conservent les identités des acheteurs. "C’est pour aider à combattre le terrorisme," explique tout naturellement Mueller.

Alfonso Maruccia, sur MegaChip,

 lundi 2 août 2010

Traduction GV pour ReOpenNews

 http://www.dailymotion.com/video/x8eq0v_un-ex-analyste-nsa-declare-les-medi_news?start=33#from=embed



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

23/08/2010

n°4 - L’Amérique d’Obama - 22-08 - : Début - : Barack Obama et les principes démocratiques.

n°4 - L’Amérique d’Obama - 22-08 - : Début  - :  Barack Obama et  les principes démocratiques.



L’Amérique d’Obama de A à Z

n°4 du 22-08

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 " L’Amérique d’Obama de A à Z" est  visible  sur nos blogs : 

a) sur nos blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                             http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site de Eva Resis :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

 Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Tiré à part :

Vidéo : Lequel de ces enfants est bête?

Michael Snyder : La «classe moyenne» aux Etats-Unis est en train de se rétrécir dramatiquement.

1 Obama

1-1 Barack Obama et  les principes démocratiques.

1-2 Obama s’est transformé en petit tyran paranoïaque.

2 CIA2-1 Wayne Madsen : L’implication de la CIA dans le trafic de drogue a menacé la vie du sénateur Dennis DeConcini.

2-2 Le Sahel grouille d'espions: Des cheikhs et des cheikhates de la CIA au Sahara.  

Suite

3 Droits de l'homme

3-1 Atteintes aux droits de l'Homme aux Etats-Unis.

3-2 La discrimination reste un problème chronique

4-1 Économie en Zunie

4-1 Les Américains de plus en plus mécontents du bilan économique d'Obama.  

4-2 Les mauvaises nouvelles économiques s'accumulent pour Obama

4-3 Michael Snyder : La «classe moyenne» aux Etats-Unis est en train de se rétrécir dramatiquement. 

4-4 Première chute de la productivité depuis fin 2008.

5 Éducation

5-1 Obama s’en prend à l’héritage de Martin Luther King

6 Géopolitique

6-1 Le pôle nord, foyer de disputes internationales

7 Guerres et génocides

7-1 Joszik : Les Etats-Unis d’Amérique ont-elles eu le droit moral d’envahir l’Irak ?

Fin

8 Immigration

8-1 Loi très controversée en Arizona

8-2 Sans-papiers aux Etats-Unis...

8-3 La menace des "bébés ancres" et des "bébés terroristes"

9 Islam

9-1 Valérie Samson : Musulmans, une communauté sous surveillance.
9-2 Tariq Ramadan : Expériences américaines : sécurité et liberté.

9-3 “Une fatwa au-dessus de votre tête ?” 

10 Vidéo - Livres

10-1 Vidéo : La nouvelle Grande Dépression.

10-2 John Perkins, confessions d'un corrupteur de nations



”Si vous croyez que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother, détrompez-vous…

 Vous êtes en plein dedans !”
“Lorsqu’on ne s’étonne plus du traçage, de la vidéosurveillance ou de la conservation des données, c’est justement le signal qu’on est entré dans un monde Orwellien”.



Tiré à part :

Vidéo : Lequel de ces enfants est bête?

Sur une feuille représentant cinq visages identiques, mais plus ou moins foncés, des enfants de 4 à 9 ans sont invités à montrer qui est le plus bête, le plus méchant ou le plus moche.

Et ils désignent… les figures à la peau la plus noire.

Un demi-siècle après les psychologues Kenneth et Mamie Clark, CNN a tenté de mesurer à nouveau les préjugés racistes des enfants américains, et constaté qu’ils sont encore bien ancrés. Au grand étonnement souvent des parents eux-mêmes, qui croyaient encore que leurs enfants « ne voient pas les couleurs » (colorblind).

L’étude de CNN, qui a porté sur 133 enfants, blancs et noirs, scolarisés dans les environs de New York et d’Atlanta, montre les petits blancs particulièrement convaincus des qualités de leur race. Quand on demande aux plus petits (âgés de 4 ou 5 ans) « Montre-moi l’enfant intelligent », 59% des blancs désignent les deux visages au teint le plus pâle. Les petits noirs sont plus divisés: 37% jugent que les visages noirs sont aussi les plus intelligents, 34% choisissent les blancs et 28% la couleur médiane. Quand il s’agit de montrer l’enfant stupide, 76% des petits blancs désignent les noirs. Ceux-ci sont plus partagés : 50% des petits noirs choisissent aussi les noirs comme les plus stupides, mais 41% des noirs désignent les blancs. Pour ce qui est de l’enfant « méchant », il y a presque consensus : 65% des blancs et 57% des noirs désignent les teints les plus foncés. 

L’étude suggère aussi que les petits blancs sont mieux dans leur peau : si on leur demande de montrer de quelle couleur ils voudraient être, 65% optent pour les teints les plus clairs. 24% seulement des petits blancs auraient préféré être noirs. A l’inverse, 47% des petits noirs signalent qu’ils préfèreraient être blancs, 30% seulement désignent le noir comme couleur de leur choix.

Ci-dessous, un exemple d’interrogatoire, avec les larmes d’une mère découvrant les préjugés de sa fille.

Sur le site de CNN, beaucoup d’autres vidéos, le détail de l’étude et aussi le rappel de l'étude des Clark en 1947.

13/08/2010

http://washington.blogs.liberation.fr/great_america/2010/...

 

Michael Snyder : La «classe moyenne» aux Etats-Unis est en train de se rétrécir dramatiquement.

Extrait

Les travailleurs de la classe moyenne aux Etats-Unis, quant à eux, ont vu les choses devenir de plus en plus dures.

Voilà les statistiques qui le prouvent :
• 83 % de toutes les actions des entreprises aux Etats-Unis sont en mains de 1 % des gens.
• 61 % des habitants des Etats-Unis vivent «toujours ou habituellement» de leur salaire, un mois après l’autre, un salaire après l’autre, donc avec un statut non précarisé. En 2008 ce n’étaient que 49 % et en 2007 43 %.
• 66 % de la croissance des revenus entre 2001 et 2007 ont profité aux 1 % les plus riches des Etats-Unis.
• 36 % des habitants des Etats-Unis disent qu’ils ne versent rien du tout pour leur retraite [ne disposent pas de couverture retraite].
• 43 % (chiffre stupéfiant) des habitants des Etats-Unis possèdent moins de 10'000 dollars d’économies mis de côté pour leur retraite.
• 24 % des travailleurs des Etats-Unis disent que durant l’année écoulée ils ont retardé d’une année l’âge prévu de leur départ en retraite.
• Plus de 1,4 million d’habitants des Etats-Unis se sont déclarés en faillite personnelle en 2009, soit une augmentation de 32 % par rapport à 2008.
• Seuls les 5 % les plus riches parmi les foyers des Etats-Unis ont obtenu un revenu supplémentaire suffisant pour faire face à la hausse des coûts du logement depuis 1975.
• Pour la première fois dans l’histoire des Etats-Unis, les banques [y compris celles sous contrôle de l’Etat] possèdent une plus grande part en valeur nette de l’immobilier résidentiel du pays que tous les habitants individuels des Etats-Unis réunis.
• En 1950, le rapport du salaire du manager moyen à celui du travailleur moyen était environ 30 à 1. Depuis l’année 2000, ce rapport a explosé à entre 300 et 500 à 1.
• En 2007, les 80 % des foyers aux Etats-Unis situés dans les échelons inférieurs de la fortune possédaient environ 7 % des actifs financiers liquides.
• Les 50 % des revenus des ménages en dessous du niveau médian possèdent aujourd’hui ensemble moins de 1 % de la richesse de la nation.
• Les bonus à Wall Street sont, en moyenne, montés en 2009 de 17 % par rapport à 2008.
• Aux Etats-Unis, le salarié de l’administration fédérale gagne désormais 60 % de plus que le salarié moyen dans le privé.
• Le 1 % le plus riche des foyers aux Etats-Unis possède presque le double des actifs des entreprises qu’il y a 15 ans.
• Aux Etats-Unis, aujourd’hui, le temps moyen nécessaire pour trouver un emploi est monté à un record de 35,2 semaines.
• Plus de 40 % des habitants des Etats-Unis qui ont effectivement un emploi travaillent aujourd’hui dans les services, où les salaires sont souvent très bas.
• Pour la première fois dans l’histoire des Etats-Unis, plus de 40 millions de personnes aux Etats-Unis ont droit à des bons pour l’aide alimentaire (food stamps) et le Département de l’agriculture prévoit que ce nombre va s’élever à 43 millions en 2011.
• Voilà avec «qui» les salarié·e·s des Etats-Unis sont mis en concurrence : en Chine un travailleur du textile gagne approximativement 86 cents l’heure et au Cambodge un travailleur du textile gagne lui approximativement 22 cents l’heure.
• Environ 21 % de tous les enfants aux Etats-Unis vivent en dessous du seuil de pauvreté en 2010, c’est-à-dire le taux le plus élevé depuis 20 ans.
• Malgré la crise financière, le nombre de millionnaires aux Etats-Unis a augmenté en 2009 de rien moins que 16 % pour atteindre 7,8 millions de personnes.
• Les 10 % les plus riches des habitants des Etats-Unis gagnent aujourd’hui environ 50 % du revenu national.

Un grand bruit d’aspiration… dans le précipice

 

Beaucoup de ceux qui réussissent à trouver un travail s’aperçoivent qu’ils gagnent moins qu’avant. En fait, un pourcentage de plus en plus grand de personnes aux Etats-Unis occupe des emplois à bas salaires dans la distribution et les services.

Mais vous ne pouvez pas faire vivre une famille avec ce que vous gagnez en faisant griller des hamburgers chez McDonald ou en saluant les clients dans le supermarché WalMart du coin.

La vérité, c’est que la classe moyenne aux Etats-Unis est en train de mourir. Et une fois qu’elle aura disparu, ça sera incroyablement difficile à reconstruire.

Michael Snyder *

* Michael Snyder est l’éditeur de theeconomiccollapseblog.com

(10 août 2010)

http://www.labreche.ch/Ecran/EUClasseMoy08_10.html



1 Obama

1-1 Barack Obama et  les principes démocratiques.

Barack Obama : « lorsque vous avez été au pouvoir pendant un certain temps, vous vous dites "j’ai été un si bon dirigeant que pour le bien du peuple, je dois rester en place ".

Barack Obama a exhorté mardi les jeunes Africains à enraciner les principes démocratiques dans leurs pays, et à ne pas suivre les pas de la génération des indépendances qui s’est selon lui accrochée au pouvoir, à l’exemple du Zimbabwéen Robert Mugabe qu’il a durement critiqué.

Mercredi 4 Août 2010 

Recevant à la Maison Blanche plus d’une centaine de jeunes Africains pour un forum à l’occasion du demi-siècle des indépendances africaines de 1960, M. Obama a exprimé l’espoir que « certains d’entre vous deviendront un jour dirigeants de vos pays ».
« Si vous y réfléchissez, dans les années 1960, lorsque vos grands-parents, arrière-grands-parents se battaient pour l’indépendance, les premiers dirigeants disaient tous qu’ils étaient pour la démocratie », a rappelé le président lors d’une séance de questions-réponses avec ces jeunes. 

« Et ce qui s’est produit, c’est que lorsque vous avez été au pouvoir pendant un certain temps, vous vous dites +j’ai été un si bon dirigeant que pour le bien du peuple, je dois rester en place+« .
« 
Et c’est comme cela que l’on commence à changer les lois, à intimider et à emprisonner des opposants. Et bientôt, des jeunes gens comme vous, pleins d’avenir et de promesses, sont devenus ce qu’ils avaient combattu », a regretté M. Obama, en citant en exemple la démocratie américaine, « dans laquelle les institutions sont plus importantes qu’un individu« .
« Et cela ne veut pas dire que nous sommes parfaits, nous avons aussi beaucoup de problèmes », a reconnu le président, tout en estimant que « vos pays doivent aussi prendre confiance dans le processus démocratique ».
Pour célébrer le 50e anniversaire de l’accession à l’indépendance de 17 pays d’Afrique sub-saharienne, les autorités américaines, plutôt que de réunir des chefs d’Etat ou de gouvernement, avaient convié 115 jeunes à
la Maison Blanche pour discuter avec M. Obama de « leur vision de l’Afrique pour les 50 ans à venir ».
Et à l’occasion d’une question posée par un ressortissant du Zimbabwe, M. Obama s’en est pris au président Robert Mugabe, 86 ans dont 30 au pouvoir.
« J’ai le coeur brisé quand je vois ce qui se passe au Zimbabwe. Mugabe est un exemple de dirigeant qui est arrivé (au pouvoir) en tant que combattant de la liberté, et je vais être très brutal: il ne sert pas bien son peuple, c’est mon opinion », a-t-il indiqué.
En écho au discours qu’il avait prononcé lors de sa jusqu’ici seule visite en Afrique noire en tant que président, en juillet 2009 au Ghana, M. Obama, né aux Etats-Unis de père kényan, a répété que « la bonne gouvernance est au coeur du développement ».
Réaffirmant que « le destin de l’Afrique sera déterminé par les Africains », il s’est néanmoins engagé à « faire en sorte que vos voix soient entendues pour que vous puissiez saisir ces opportunités ».
La rencontre de mardi s’effectuait au premier jour d’une conférence de trois jours à Washington réunissant ces jeunes Africains « dirigeants de la société civile et du secteur privé », et organisée par le département d’Etat.
Avant M. Obama, la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton avait elle aussi exhorté ces jeunes à confier plus de pouvoir aux citoyens.
« 
Nous sommes à la recherche de dirigeants qui savent que le fait de donner plus de pouvoir aux citoyens est dans l’intérêt de tous« , a dit Mme Clinton
Dans le monde actuel, « un pouvoir basé sur un rapport hiérarchique allant du sommet à la base n’est plus tenable », a-t-elle poursuivi.
Voila.fr Monde

Jeudi 5 Août 2010

http://www.lequotidienalgerie.org/2010/08/04/barack-obama...


1-2 Obama s’est transformé en petit tyran paranoïaque.

Dans une récente série d’articles, nous montrions que la Maison Blanche sombrait en pleine folie, comme enfermée dans un bunker. L’affaire Shirley Sherrod vient de démontrer aux yeux du monde que Barack Obama s’est transformé en petit tyran paranoïaque. Suite à une rumeur lancée par la chaîne conservatrice Fox News, Barack Obama a fait virer sans autre forme de procès une cadre afro-américaine du ministère de l’Agriculture accusée de racisme anti-blanc. Mais l’examen de la vidéo datant de 1986, dont furent extraits les propos de Shirley Sherrod, a révélé que les accusations lancées par la droite américaine étaient fausses. La nouvelle a déclenché la colère dans la communauté afro-américaine, d’autant que Shirley Sherrod est une figure exemplaire du Mouvement des droits civiques.

Selon CNN et des sources démocrates contactées par nos confrères du magasine EIR, c’est bien la Maison Blanche qui a ordonné au ministre de l’Agriculture de virer Sherrod sur le champs. Dès la rumeur lancée, Obama a été personnellement informé et ce serait son chef de cabinet et porte-flingue Rahm Emanuel qui aurait donné l’ordre. Le site d’information de la gauche démocrate Huffington Post rapporte qu’« un des assistants de Rahm Emanuel, Jim Messina, a loué la rapidité de décision du ministère de l’Agriculture, comme si c’était un signe de bonne gestion médiatique plutôt que de lâcheté totale face à une rumeur sans fondement lancée par une source indigne de confiance ».

Pour Clayborne Carson, célèbre historien du Mouvement des droits civiques et biographe de Martin Luther King, ce scandale « est le symbole d’un problème plus vaste : Obama s’est complètement planté sur les libertés civiques. Personne ne devrait jamais être démis de ses fonctions sur les dires de Fox TV. C’est une question de principe, on ne vire pas quelqu’un sans procéder d’abord à une enquête en bonne et due forme. Mais c’est une administration capable d’ordonner l’assassinat d’un citoyen américain. Pour dire le moins, c’est décevant. »

Shirley Sherrod est l’une de ces héroïnes du Mouvement des droits civiques incarné par Martin Luther King. Elle entama la lutte dès 1965 après l’assassinat raciste de son père, sans jamais céder à la haine et au communautarisme. Son mari, Charles Sherrod, fut l’un des membres fondateurs du Student Nonviolent Coordinating Committee. Il est notamment connu pour s’être battu en faveur de l’intégration de militants blancs dans cette organisation, s’opposant ainsi aux radicaux du « Black Power ».

« On n’a pas vu une discrimination telle à la Maison Blanche depuis le rétablissement du Klu Klux Klan et de la ségrégation par le Président Woodrow Wilson », a déclaré Lyndon LaRouche. « Entre cela et la conspiration contre le député Charles Rangel, il devient évident que le Président Obama tente d’exercer un contrôle dictatorial sur l’électorat afro-américain et que les seuls afro-américains qu’il souhaite voir au Congrès et à des postes importants sont les Oncle Tom  [*] qui se plient à ses ordres. Ceux qui refusent de lui obéir sont la cible d’attaques. »

Député démocrate de New York depuis 1971, Charles Rangel est la cible d’une campagne de diffamation depuis qu’il a pris la tête de l’opposition à Wall Street et aux plans de renflouement lancés par l’administration Bush. Menées par l’establishment démocrate corrompu de Washington, les attaques se sont intensifiées depuis l’arrivée d’Obama et de son chef de cabinet Rahm Emanuel, le poussant à démissionner de son poste de président de la toute puissante commission Ways and Means supervisant les finances publiques. « Le député Rangel est l’un des derniers démocrates rooseveltiens à la Chambre, et Obama ne peut tolérer cela. Je sais de sources sûres que la présidente de la Chambre des députés, Nancy Pelosi, travaille dans le dos de Rangel pour diviser le Comité des élus noirs afin qu’ils trahissent leur collègue et restent dans les bonnes grâces de la Maison Blanche », a expliqué LaRouche.

Parallèlement, la réalisatrice Gigi Gaston est en train de finaliser son documentaire We will not be silenced, où des militants démocrates et du Mouvement des droits civiques témoignent des intimidations électorales contre les partisans afro-américains d’Hillary Clinton lors des primaires de 2008. « Ces pratiques sont encore un exemple de cette politique à la Jim Crow. [**] Envoyer des gros bras pour menacer et intimider les afro-américains, et en particulier les personnes âgés, nous ramène au pire du sudisme. Ces pratiques n’ont-elles pourtant pas été déclarées hors-la-loi par le Civil Rights Act de 1964 et le Voting Rights Act de 1965 ? Peut-être faudrait-il renvoyé Obama à sa fac de droit pour un cour de rattrapage ? », a conclu LaRouche.

Nouvelle Solidarité 

26 juillet 2010

http://www.solidariteetprogres.org/article6858.html



2 CIA

2-1 Wayne Madsen : L’implication de la CIA dans le trafic de drogue a menacé la vie du sénateur Dennis DeConcini.

Des sources du FBI aujourd’hui retraitées avaient signalé au Bureau fédéral d’investigation que l’implication de la Central Intelligence Agency dans le trafic de drogue est une opération très lucrative pour l'agence d'espionnage, qui a déjà menacé autrefois la vie d'un membre du Comité sénatorial sur le renseignement, l'un des deux comités de supervision de la CIA du Congrès. Selon ces sources du FBI, Dennis DeConcini, sénateur démocrate d’Arizona, avait aussi peur pour la vie des membres de sa famille. De 1987 jusqu’à sa retraite en 1995, DeConcini a siégé au Comité du Sénat sur le renseignement. Le président Bill Clinton lui aurait offert le poste de tzar de la drogue de la Maison Blanche, mais il aurait refusé ce poste à cause des menaces contre lui et sa famille.
Wayne Madsen Report, 12 février 2010

   Dans le sillage de l'effondrement du bloc soviétique, en tant que président du Comité sénatorial sur le renseignement de 1993 à 1995, DeConcini a tenté de réduire de façon drastique le budget de la communauté du renseignement, mais il a constamment essuyé un refus de la part des Républicains et du directeur de la CIA, James Woolsey.

      DeConcini s’était attiré les foudres de la CIA pour avoir découvert la profondeur de l’implication de cet organisme dans la contrebande de drogues vers la Zunie, en particulier lors du scandale de l’Iran-Contra.

      Nos sources du FBI — qui travaillaient en étroite collaboration avec la commission du président Ronald Reagan sur le trafic de drogue, présidée par George HW Bush alors vice-président — ont affirmé que Bush s’était en fait servi de sa position pour ouvrir en Zunie certaines lignes aériennes d'Amérique latine à un transit de drogue autorisé au préalable, en lien avec l'opération contra* de la CIA, concernant des fournitures en Amérique centrale.
[* Ndt : Un contra est un guérilléro du Nicaragua.]

      Les principales routes de la drogue d'Amérique centrale, à l’origine du Panama vers la Zunie, ont vu les contrats des vols de la CIA effectués par des entreprises de particuliers, comme Southern Air Transport et Evergreen Aviation. Pour les contras du Nicaragua, ces firmes affrétaient des avions pleins à raz bord d'armes et de munitions de Zunie, parachutaient tout ça sur des bases de contras en Amérique centrale, atterrissaient au Panama pour charger des stupéfiants fournis par le cartel de Medellin, revenaient par des itinéraires aériens approuvés au préalable au-dessus de la frontière zuno-mexicaine, et parachutaient la drogue sur des exploitations bovines précises, au Texas, au Nouveau-Mexique et en Arizona. Les vols d’Evergreen Aviation, selon nos sources du FBI, étaient basés à l’extérieur des installations de l'entreprise, au Pinal Air Park de Marana, en Arizona. Les vols de Southern Air Transport étaient basés à Mena, en Arkansas, et sur d'autres aérodromes de Floride, d'Alabama et de Louisiane.

      Une fois que la drogue du cartel de Medellin avait été larguée sur les ranchs, elle était chargée dans des remorques et transportée aux points de distribution à travers la Zunie. Nos sources du FBI ont affirmé que la contrebande et la distribution étaient aidées et encouragées par certains des plus riches éleveurs de bétail et cadres du secteur du camionnage, tous grands donateurs politiques du Parti républicain et de la famille Bush.

      DeConcini était parfaitement au courant des opérations et de la manière dont elles impliquaient son État natal d'Arizona. Après que, par l'intermédiaire du cartel de Medellin, lui et sa famille ont été menacés de mort par la CIA, DeConcini, selon nos sources bien placées, s’est mis à porter un gilet pare-balles quand il apparaissait en public, et il a pu se faire nommer sky-marshal* afin de pouvoir porter un 357 magnum sur les vols commerciaux entre Washington et Phoenix.
[* Ndt : Un sky-marshal est un officier armé embarqué sur avions de ligne.]

      Ne parvenant pas à éliminer physiquement DeConcini, la CIA s’est arrangée pour qu’il soit compromis dans une affaire politique d'argent sale. DeConcini a été désigné comme l'un des sénateurs de l’affaire des « Keating Five, » qui ont accepté des espèces de Charles H. Keating, Jr., propriétaire de la compagnie en faillite, Lincoln Savings & Loan. Bien que Robert Bennett, conseiller spécial du Comité d'éthique du Sénat et « homme de blanchissage » de la CIA, ait tenté d’épingler DeConcini sur sa connaissance de marchés entre lui et Keating, nous avons appris du FBI que le ministère de la Justice n'a trouvé aucune preuve impliquant DeConcini dans quelque chose de délictueux. L’une de nos sources du FBI avait contacté le président du Comité d'éthique, le sénateur démocrate d’Alabama Howell Heflin, et lui avait parlé de la campagne de DeConcini contre la CIA et son trafic de drogue.

      Heflin avait suspendu les audiences après avoir été informé de la situation unique de DeConcini, et les avait reprises seulement après que le ministère de la Justice lui a assuré qu'il n'avait aucun projet visant à inculper DeConcini. En fait, DeConcini avait été impliqué dans le scandale des Keating Five parce que trois de ses proches collaborateurs — son chef de collecte de fonds Earl Katz, son directeur de campagne Ron Ober, et son adjoint administratif Gene Karp — avaient convenu de faire des offres favorables à Keating et ont de cette manière empêtré DeConcini dans le scandale. Nos sources du FBI ont révélé que les trois assistants étaient tous « profondément impliqués » avec Keating et, quand le scandale a éclaté, ils ont aidé à mettre faussement en cause DeConcini dans le scandale.

      Malgré cela, le scandale des Keating Five a fait que DeConcini a décidé de ne pas postuler un autre mandat en 1994. Selon nos sources du FBI, un collègue de l'Arizona de DeConcini, le sénateur républicain John McCain, également l'un des Keating Five, avait été profondément impliqué, non seulement dans le scandale des Keating Five, mais aussi dans les opérations de trafic de drogue de la CIA.

      Nos sources du FBI ont également confirmé que l'officier supérieur de la CIA officiellement investi dans la tâche de lutter contre le trafic international de stupéfiants, était activement impliqué dans l’initiative des propres opérations de trafic de drogue de la CIA. Cet individu a également servi au ministère des Finances, où il veillait à ce que les bases de données de surveillance des flux financiers suspects du Financial Crimes Enforcement Network (FINCEN) soient débarrassées de toute information pouvant montrer l'implication de la CIA dans le blanchiment de l'argent de la drogue.

      Nous avons aussi appris qu’un cousin de l'officier de la CIA, qui avait découvert son implication dans le blanchissage de l’argent des stupéfiants, avait été arrêté dernièrement en Arizona, et incarcérés au pénitencier fédéral de Florence pour avoir menacé la vie des agents fédéraux, une infraction grave dans le cadre des nouvelles lois sur l’antiterrorisme. Bien que l'individu en question ait été diagnostiqué « délirant » par un psychiatre désigné par le tribunal, les procureurs fédéraux cherchent un accord permettant d'assurer qu'aucune mention ne soit jamais faite de l’officier (qui est à présent un partisan bien connu d'Israël), de la CIA, du FBI et de la famille Bush. Le dénonciateur emprisonné a aussi allégué que le trafic de drogue de la CIA continue de prospérer et qu'il implique des Juifs latino-américains, des agents du Mossad et tout une structure de couverture, de guichets et d’entrepôts en Floride, en Géorgie et au Texas, qui servent à stocker avant distribution la drogue d'Amérique latine.

      Nous avons aussi appris que le membre républicain du Congrès Mike Conaway, qui représente les villes texanes de Midland et Odessa à la Chambre des représentants, a exprimé ces dernières années de l’intérêt pour le blanchiment de l'argent de la drogue de la CIA. On estime qu’entre quatre et six mille milliards de dollars ont été réalisés par la CIA dans le trafic de drogue et les affaires de blanchiment d'argent en rapport. Bien que Conaway — qui a succédé en 2003 au membre du Congrès (et président du Comité du renseignement de la Chambre) du 11ème District, Larry Combest, qui avait soudainement démissionné après avoir remporté son dixième mandat — soit un ami de la famille Bush, il est à présent confronté à la possibilité d'un challenger dans la primaire républicaine, soit Jason Waters, soit son frère Jesse, deux anciens combattants de la guerre d’Irak qui contrôlent Waters & Waters Services, une entreprise de services parapétroliers. Les challengers potentiels sont aussi étroitement liés à la famille Bush. Conaway est un expert-comptable qui a servi de directeur financier à la firme en faillite Arbusto Energy Inc. de George W. Bush. Après avoir effectué une vérification, il a également découvert que des centaines de milliers de dollars ont disparu des comptes bancaires du Comité national républicain du Congrès.

      La remise en question potentielle de Conaway est vraisemblablement due à de trop nombreuses questions, dont les réponses pourraient se révéler très embarrassante pour ses vieux amis, les Bush.

      Nous avons appris d'un ancien combattant de la Force Delta que, lorsque les unités de la force militaire d'élite ont été envoyées en Afghanistan après les attentats du 11 septembre, leur premier ordre de la CIA a été de protéger les champs de pavot afghans. Nos sources du FBI ont confirmé que l'Afghanistan a remplacé les opérations de production de pavot de Khun Sa, dans le « triangle d’or » birman, comme principale source d'opium et d'héroïne du trafic de stupéfiants de la CIA.

      George HW Bush et son fils Jeb Bush, l’ancien gouverneur de Floride, ont récemment rendu une « visite de courtoisie » au président Barack Obama à la Maison Blanche. Nos sources du FBI pensent que, dans son jeune âge, Obama a été « soigneusement choisi » par la CIA pour être éventuellement installé à la présidence de Zunie.

      Wayne Madsen est ancien officier de renseignement de la Marine zunienne, spécialisé dans la surveillance électronique et la sécurité. Anciennement assigné à l’Agence de sécurité nationale (NSA) et au ministère des Affaires étrangères. Actuellement, journaliste d’investigation, chroniqueur dans la presse nationale, et auteur. Administrateur de l’Electronic Privacy Information Center (EPIC), (une organisation dédiée à la protection des libertés individuelles) à Washington DC.

      Le site Wayne Madsen Report étant pour abonnés, certains articles sont parfois relayés. Celui-ci provient d’ici : rockcreekfreepress.tumblr.com/post/409382502/madsendeconcini
Traduction copyleft de
Pétrus Lombard

Cet article est cité dans les références du dernier article de F. William Engdahl paru sur le Réseau Voltaire, « Washington et l’avenir du Kirghizistan : la sécurisation d’un pivot géostratégique. »

Samedi 7 Août 2010

http://www.alterinfo.net/L-implication-de-la-CIA-dans-le-trafic-de-drogue-a-menace-la-vie-d-un-senateur_a48814.html


2-2 Le Sahel grouille d'espions: Des cheikhs et des cheikhates de la CIA au Sahara.  

Des espions américains en touaregs plus vrais que nature ? Ils existent bel et bien, selon Al Khaleej et ils savent tout, des langues aux alliances tribales.
Le Sahel grouille d'espions, ces «nouveaux chouyoukh». Al Qaïda sert de prétexte.

L'otage français Pierre Camate, libéré dans une transaction avec l'AQMI, était-il un espion de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) ? Le service de renseignement français a officiellement démenti l'information donnée par des journaux à la suite, semble-t-il, d'un «lapsus» de Bernard Bajolet, coordinateur national du renseignement à la présidence de la République française. Toujours est-il que la région du Sahel ne manque pas d'honorables correspondants et d'agents en mission. A en croire le journal El Khaleej, les Etats-Unis ont envoyé en sous-marin des agents transformés en vrais bédouins connaissant parfaitement la langue, les us, les coutumes et les alliances tribales. Ils s'habillent comme les habitants du cru et ont trouvé le moyen de se brunir la peau au point d'être, en tous points, semblables aux habitants de la région sahélienne. Ces agents ont été envoyés dans la région sous le prétexte de combattre l'AQMI alors que des informations sûres évoquent des richesses minières inestimables. Ces agents américains sont «nés entre les gratte-ciels dans la Silicon Valley et n'hésitent pas, dans le cadre de la «mondialisation de l'Empire», à aller au Sahara, à se vêtir en tenue arabo-africaine et à vivre parmi les tribus du nord du Mali afin de mettre en place des réseaux de renseignements dans la région du Sahel.
Comme à Hollywood
Les officiers américains, écrit Al Khaleej, «appliquent des méthodes semblables à celles de leurs «collègues» de Hollywood, ils s'entraînent à s'habiller en tunique sahraouie, utilisent des mixtures particulières pour donner la bonne teinte à leurs peaux et ils ont appris le Hassania, la langue dominante dans la région. Il y aurait également des agents femmes, accoutrées en mauritaniennes qui ont écumé aussi la zone. Le journal cite un Mauritanien qui s'est marié avec l'une d'elles. Elle «connaissait mieux que moi les liens existants entre les familles mauritaniennes», a-t-il affirmé. L'intérêt de la presse mauritanienne pour les «blondes américaines dans le Sahara mauritanien» a rendu nécessaire de mettre fin à la visibilité des «nouveaux cheikhs et cheikhate». Dans leur travail, les honorables correspondants américains, explique le journal, ont veillé «à suivre les méthodes «stratégiques» d'Al Qaïda au nord du Mali. Ils ont veillé à établir de fortes relations avec des chefs de tribus et des réseaux de marchands dans la région sahélienne, lesquels sont devenus de véritables sociologues connaissant parfaitement la composition ethnique, linguistique et les langages vernaculaires des populations du Sahel».
Des espions qui copient l'AQMI
Il ne fait pas de doute, explique un des habitants de l'Azawad, «que les chefs de tribus dans la région sont aux ordres des services américains et français. Leur mission est de fournir des renseignements en contrepartie d'aides qui sont livrées de manière très intelligente». Selon lui, la région est maillée par les services et les informations sont transmises soit par téléphone cellulaire satellite, soit par le biais de voyages vers des pays voisins. Ce témoin évoque une compétition âpre entre les services algériens, mauritaniens, marocains, français et américains. L'action de l'AQMI a servi de prétexte à une présence plus forte des services français et américains. L'action d'Al Qaïda est venue renforcer la vision des «faucons» dans les services américains qui œuvrent à asseoir une présence militaire stratégique dans la région». Un homme politique mauritanien a rapporté à Al Khaleej les propos d'un officier américain : «La question d'avoir une base en Mauritanie est réglée afin de préserver notre sécurité. Les Français se sont opposés vivement à une présence militaire américaine au Sahel, ils ont été aidés par les positions de rejet de l'Algérie et de
la Libye». Cependant, explique-t-il, l'arrivée de Sarkozy au pouvoir a transformé la compétition franco-américaine en «coopération stratégique». Dans la dernière opération franco-mauritanienne, les Américains ont été les principaux pourvoyeurs d'informations. Ce serait le résultat du «travail des «nouveaux chouyoukh» des tribus du Sahara».

04/08/2010

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5141336

n°4 - L’Amérique d’Obama - 22-08 - : Suite - : Barack Obama et les principes démocratiques.

n°4 - L’Amérique d’Obama - 22-08 - : Suite  - :  Barack Obama et  les principes démocratiques.



L’Amérique d’Obama de A à Z

n°4 du 22-08

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 " L’Amérique d’Obama de A à Z" est  visible  sur nos blogs : 

a) sur nos blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                             http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site de Eva Resis :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

 Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

3 Droits de l'homme

3-1 Atteintes aux droits de l'Homme aux Etats-Unis.

3-2 La discrimination reste un problème chronique

4-1 Économie en Zunie

4-1 Les Américains de plus en plus mécontents du bilan économique d'Obama.  

4-2 Les mauvaises nouvelles économiques s'accumulent pour Obama

4-3 Michael Snyder : La «classe moyenne» aux Etats-Unis est en train de se rétrécir dramatiquement. 

4-4 Première chute de la productivité depuis fin 2008.

5 Éducation

5-1 Obama s’en prend à l’héritage de Martin Luther King

6 Géopolitique

6-1 Le pôle nord, foyer de disputes internationales

7 Guerres et génocides

7-1 Joszik : Les Etats-Unis d’Amérique ont-elles eu le droit moral d’envahir l’Irak ?

 



”Si vous croyez que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother, détrompez-vous…

 Vous êtes en plein dedans !”
“Lorsqu’on ne s’étonne plus du traçage, de la vidéosurveillance ou de la conservation des données, c’est justement le signal qu’on est entré dans un monde Orwellien”.




3 Droits de l'homme

3-1 Atteintes aux droits de l'Homme aux Etats-Unis.

"Comme les années précédentes, le rapport américain est plein d'accusations contre la situation des droits de l'Homme dans plus de 190 pays et régions, dont la Chine, mais ferme les yeux sur, ou évite et même dissimule les abus massifs des droits de l'Homme sur son propre territoire", a déclaré le Bureau de l'Information du Conseil des Affaires d'Etat (gouvernement chinois) dans son rapport sur les droits de l'Homme aux Etats-Unis.

Le Rapport sur les droits de l'Homme aux Etats-Unis en 2009 a été publié en réponse au rapport 2009 sur la situation des droits de l'Homme dans le monde, publié le 11 mars 2009 par le Département d'Etat américain.

Le rapport est "préparé pour aider les gens à travers le monde à comprendre la situation réelle des droits de l'Homme aux Etats-Unis", indique le rapport.

Le rapport a passé en revue la situation des droits de l'Homme aux Etats-Unis en 2009 à travers six thèmes : vie, propriété et sécurité personnelle ; droits civils et politiques ; droits culturels, sociaux et économiques ; discrimination raciale ; droits des femmes et des enfants ; violations des droits de l'Homme par les Etats-Unis contre d'autres pays.

Il critique les Etats-Unis pour avoir utilisé les droits de l'Homme comme "outil politique pour s'ingérer dans les affaires intérieures d'autres pays et diffamer l'image d'autres pays au profit de ses propres intérêts stratégiques".

La Chine conseille au gouvernement américain de tirer des leçons de l'histoire, avoir lui-même une attitude correcte, d'oeuvrer pour améliorer sa propre situation des droits de l'Homme, et de rectifier ses actions dans le domaine des droits de l'Homme.

Il s'agit de la 11e année consécutive que le Bureau de l'Information du Conseil des Affaires d'Etat publie un article sur les droits de l'Homme aux Etats-Unis, en réponse au rapport annuel du Département d'Etat américain

"A un moment où le monde souffre d'un grave désastre sur le plan des droits de l'Homme, causé par la crise financière mondiale provoquée par la crise des subprimes américaine, le gouvernement américain ignore toujours ses propres problèmes graves en matière de droits de l'Homme et se réjouit d'accuser d'autres pays. C'est vraiment dommage", indique le rapport.

ESPIONNER LES CITOYENS

Bien qu'il prône la "liberté d'expression", la "liberté de la presse" et la "liberté sur Internet", le gouvernement américain surveille et limite sans aucun scrupule la liberté des citoyens quand il s'agit de ses propres intérêts et besoins, indique le rapport.

Les droits des citoyens sur l'accès aux informations et de leur distribution sont sous stricte supervision, ajoute le rapport.

Selon les médias, l'Agence de sécurité nationale des Etats-Unis a commencé en 2001 à installer des appareils d'écoute spécialisés dans tout le pays pour surveiller les appels, les fax, les emails et recueillir les communications intérieures.

Les programmes d'écoute visaient tout au début les Américains d'origine arabe, mais se sont élargis ensuite à tous les Américains.

Après les attaques du 11 septembre, le gouvernement américain, sous prétexte d'anti-terrorisme, a autorisé ses départements d'intelligence à pirater les communications par email de ses citoyens et à surveiller et supprimer, à travers des moyens techniques, toute information sur Internet qui pourrait menacer les intérêts nationaux des Etats-Unis.

Les statistiques montrent qu'entre 2002 et 2006, le FBI a recueilli des milliers d'informations sur les appels téléphoniques de citoyens américains.

En septembre 2009, le pays a établi un organe de supervision de sécurité sur Internet, renforçant les inquiétudes des citoyens américains sur une utilisation éventuelle du gouvernement américain de la sécurité d'Internet comme prétexte pour surveiller et s'ingérer dans les systèmes personnels.

La soi-disant "liberté de la presse" aux Etats-Unis est en fait complètement subordonnée aux intérêts nationaux et manipulée par le gouvernement américain, souligne le rapport.

Fin 2009, le Congrès américain a passé un projet de loi pour imposer des sanctions contre plusieurs chaînes satellite arabes pour la diffusion de contenus hostiles aux Etats-Unis et incitant à la violence.

HEGEMONIE SOUS PRETEXTE DE "LIBERTE SUR INTERNET"

Les Etats-Unis renforcent leur hégémonie sous prétexte de "liberté sur Internet", souligne le rapport.

Actuellement, on compte 13 serveurs racines dans le monde d'Internet. Aux Etats-Unis se trouvent le seul principal serveur racine et neuf des douze autres serveurs racines, explique le rapport. Les Etats-Unis profitent de leur contrôle sur les ressources d'Internet pour s'immiscer dans les affaires intérieures des autres pays sous divers moyens.

Les Etats-Unis possèdent une troupe spéciale de pirates informatiques, des pirates d'élite qu'ils ont recrutés dans le monde entier, ajoute le rapport.

Lors des troubles qui ont suivi les élections en Iran en été dernier, le camp de réformistes battu et ses partisans ont utilisé des moyens d'Internet comme Twitter pour diffuser leurs messages, rappelle le rapport.

Le département d'Etat américain a demandé aux opérateurs de Twitter de reporter sa maintenance prévue afin d'aider l'opposition à créer un élan favorable dans l'opinion public, poursuit le rapport.

En mai 2009, une société d'Internet, encouragée par le gouvernement américain, a bloqué ses services de messagerie instantanée dans cinq pays, dont Cuba, fait remarquer le rapport.

Xinhua

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-la-chine-denonce-les-atteintes-aux-droits-de-l-homme-aux-etats-unis-54963527.html


3-2 La discrimination reste un problème chronique

La discrimination raciale reste un problème chronique aux Etats-Unis, affirme le rapport.

La population noire et les autres minorités sont les groupes les plus pauvres des Etats-Unis.

Selon un rapport publié par le Bureau américain du recensement, le revenu médian réel des ménages américains, en 2008, ont été de 50 303 dollars américains, mais les revenus moyens des ménages hispaniques et noirs étaient d'à peu près 68% et 61,6% de ceux des ménages blancs non hispaniques.

Le revenu moyen des groupes minoritaires était d'environ 60% à 80% de celui des groupes majoritaires sous les mêmes conditions d'éducation et de compétence, ajoute le document.

Les minorités ethniques font l'objet d'une grave discrimination raciale sur les plans de l'emploi et du lieu de travail, inique ce rapport.

Les groupes minoritaires sont les plus touchés par le chômage.

D'après le quotidien USA Today, le taux de chômage aux Etats-Unis en octobre 2009 était de 10,2%. Le taux des sans-emploi parmi les Américains d'origine africaine a atteint 15,7%, celui des Hispaniques, 13,1% et celui des Blancs, 9,5%.

Les groupes minoritaires sont victimes de discrimination dans l'éducation. Selon un rapport publié par le Bureau américain du recensement, 33% des Blancs non-hispaniques sont diplômés de l'université.

La proportion des Noirs n'est que de 20% et de 13% chez les Hispaniques.

La discrimination raciale dans l'application de la loi et le système judiciaire est très marquée. Selon le Département américain à la Justice, fin 2008, dans la population noire, 3 161 hommes et 149 femmes sur 100 000 ont été condamnés à de la prison.

Un rapport publié par la police de New York, parmi les personnes impliquées dans les fusillades avec la police en 2008, 75% étaient Noirs, 22% Hispaniques et 3% Blancs.

Les crimes de haine ethnique sont fréquents.

       Selon des statistiques publiées par le Bureau fédéral américain des enquêtes, un total de 7 783 crimes relatifs à la haine ethnique ont été commis en 2008 aux Etats-Unis, dont 51,3% pour discrimination raciale, 19,5% pour raison religieuse et 11,5% en raison de conflits entre personnes de nationalités différentes.

LA VIOLENCE REPANDUE AUX ETATS-UNIS

La violence répandue aux Etats-Unis menace la vie, la propriété et la sécurité personnelle des Américains, indique le rapport.

En 2008, les Américains ont éprouvé 4,9 millions de crimes violents, 16,3 millions de crimes contre la propriété et 137 000 vols personnels, et le taux de crimes violents est de 19,3 victimes pour 1 000 personnes âgées de 12 ans et plus.

Chaque année, environ 30 000 personnes succombent à des accidents impliquant des armes à feu.

Selon un rapport du FBI, il y a eu 14 180 victimes de meurtre en 2008, affirme le rapport.

Les campus sont des zones de plus en plus touchés par les crimes violents et les fusillades. La fondation américaine U.S. Heritage Foundation a rapporté que 11,3% des lycéens à Washington D.C. avaient reconnu avoir été "menacés ou blessés" par une arme durant l'année scolaire 2007-2008. 

ABUS DE POUVOIR 

La police américaine fait souvent preuve de violence sur la population et les abus de pouvoir sont communs chez les exécuteurs de la loi, indique le rapport.

Les deux dernières années, le nombre de policiers new-yorkais placés sous révision pour avoir engrangé trop de plaintes a augmenté de 50%.

Dans les grandes villes américaines, la police arrête, interpelle et fouille plus d'un million de personnes chaque année, le nombre augmentant brusquement par rapport à il y a quelques années.

Les prisons aux Etats-Unis sont encombrées de détenus.

Environ 2,3 millions de personnes ont été placées en garde à vue, soit un habitant sur 198, selon ce rapport.

De 2000 à 2008, la population carcérale américaine s'est accrue en moyenne annuelle de 1,8%.

Les droits fondamentaux des prisonniers aux Etats-Unis ne sont pas bien protégés.

 Les cas de viol de détenus commis par les employés de prison ont été largement rapportés, ajoute le document.

Selon le département américain de la justice, les rapports sur les délits sexuels à l'égard des détenus commis par les travailleurs de prison dans les 93 prisons fédérales du pays ont doublé au cours des huit années passées.

D'après une enquête fédérale sur plus de 63 000 prisonniers fédéraux ou de l'Etat, 4,5% ont avoué avoir été abusés sexuellement au moins une fois durant les 12 mois précédents.

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-la-chine-denonce-les-atteintes-aux-droits-de-l-homme-aux-etats-unis-2-2-54964981.html



4-1 Économie en Zunie

4-1 Les Américains de plus en plus mécontents du bilan économique d'Obama.  

Un sondage montre que les Américains sont de plus en plus mécontents du bilan économique d'Obama.
Selon l'AP, depuis Washington, la plupart des Américains sont insatisfaits du bilan économique d'Obama et jugent mauvaises les perspectives économiques qui s’offrent à leur pays. A 11 semaines des élections du Congrès fixées au 2 novembre, seulement, 41% des sondés, sont satisfaits du bilan économique d'Obama, soit 3% de moins, par rapport au sondage d'avril. 56% sont mécontents des stratégies économiques des Etats-Unis et 61% ont estimé que la situation économique s'est aggravée, sous le mandat présidentiel d'Obama.

IRIB- 

18/08/2010

http://french.irib.ir/index.php/info/international/item/100268-les-am%C3%A9ricains-de-plus-en-plus-m%C3%A9contents-du-bilan-%C3%A9conomique-dobama


4-2 Les mauvaises nouvelles économiques s'accumulent pour Obama

Une cascade de mauvaises nouvelles économiques se déverse sur la présidence de Barack Obama, qui a en outre perdu coup sur coup deux hauts responsables de son administration chargés de ce dossier à moins de trois mois d'élections cruciales.

À peine le cauchemar de la marée noire du golfe du Mexique s'est-il éloigné cette semaine que la situation économique toujours préoccupante des États-Unis vient se rappeler à l'équipe démocrate au pouvoir, risquant d'éclipser ses réussites sur d'autres dossiers.

Les chiffres publiés vendredi ont montré que le pays avait perdu 131 000 emplois en juillet, bien plus que prévu. Le taux de chômage est stable à 9,5%, mais historiquement élevé après la récession de 2008-2009 qui a coûté plus de huit millions d'emplois.

Même si les États-Unis ont renoué avec la croissance depuis un an, celle-ci reste anémique à 2,4% au deuxième trimestre, tandis que de multiples indicateurs secondaires restent en berne.

La Maison-Blanche a écarté la possibilité d'une rechute dans la récession, mais de nombreux économistes mettent en garde contre des années de stagnation économique et de chômage élevé, comparables à ce qu'a connu le Japon dans les années 1990.

Voulant insister sur les rares signes positifs d'un tableau globalement maussade, M. Obama a souligné vendredi que l'emploi avait «crû dans le secteur privé depuis sept mois». Mais de l'aveu même de la présidence, cette croissance n'est toujours «pas suffisante pour réduire le taux de chômage».

«La récession dont nous sommes toujours en train de nous remettre était la plus grave depuis la Grande dépression» des années 1930, a rappelé vendredi M. Obama. «Nous-1  savons aussi que sortir d'une récession prend du temps», a expliqué le président, selon qui «la route de la reprise n'est pas une ligne droite».

«Pour les employés, les familles et les petites entreprises des États-Unis, les progrès doivent arriver plus vite», a-t-il reconnu, en appelant à nouveau le Congrès à adopter des mesures ciblées pour stimuler les embauches, bien plus modestes que la relance massive de 787 milliards de dollars du printemps 2009 et dont les effets sont voués à s'estomper.

Mais ce plan est de facto gelé puisque les sénateurs, qui doivent lui donner leur feu vert, sont partis en vacances jeudi soir pour cinq semaines. Au mieux, ces mesures pourraient donc être votées à la mi-septembre.

Encore faut-il noter que les parlementaires seront alors entrés de plain-pied dans la campagne des législatives de début novembre, qui doivent décider du sort d'un tiers des sièges du Sénat et de l'ensemble de ceux de la Chambre des représentants, deux assemblées actuellement contrôlées par les démocrates.

Dans ce contexte, l'opposition républicaine, armée d'une minorité de blocage à la chambre haute, ne fera pas de cadeaux à M. Obama, accusé de creuser le déficit et de mener une politique inefficace pour relancer l'emploi.

Elle pourrait aussi exploiter deux défections de poids dans l'équipe économique présidentielle: après le départ annoncé fin juin du directeur du Budget de la Maison-Blanche, Peter Orszag, c'est la principale conseillère économique de M. Obama, Christina Romer, qui a annoncé jeudi son retour à l'enseignement.

Face à l'adversité, M. Obama est lui aussi entré en campagne. Il multiplie les déplacements hors de Washington pour mobiliser les démocrates et défendre son bilan: la réforme de l'assurance-maladie, l'encadrement des activités de Wall Street et le sauvetage de pans entiers de l'industrie automobile, synonyme selon lui d'un million d'emplois sauvés.

06 août

http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/201008/06/01-4304448-les-mauvaises-nouvelles-economiques-saccumulent-pour-obama.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B17_obama-president_77183_section_POS1


4-3 Michael Snyder : La «classe moyenne» aux Etats-Unis est en train de se rétrécir dramatiquement. 

Cet article fournit des données utiles et illustratives de la régression sociale. Il traduit la réaction d’une partie de ce qu’on pourrait appeler la gauche états-unienne, avec la dimension protectionniste propre à des courants syndicaux, y compris combatifs. (Réd.)

Les 22 statistiques présentées ici prouvent sans l’ombre d’un doute possible que la classe moyenne [selon la définition de la sociologie dominante américaine ; elle inclut les ouvriers et ouvrières de l’automobile, ceux et celles de l’industrie syndiqués, pour faire exemple] est en train d’être systématiquement éliminée aux Etats-Unis.

Les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres à une vitesse stupéfiante.

Il était une fois, aux Etats-Unis, la classe moyenne la plus nombreuse et la plus prospère dans l’histoire du monde, mais cela est en train de changer à un rythme aveuglant.

Pourquoi assistons-nous à une transformation si fondamentale ? Eh bien, c’est que la mondialisation et le «libre-échange» que nous vantaient nos politiciens et dirigeants du monde des affaires comme si bons pour nous ont eu quelques effets secondaires plutôt désastreux.

Il apparaît qu’ils ne nous ont pas dit que «l’économie mondiale» signifierait que les travailleurs de la classe moyenne des Etats-Unis seraient finalement mis directement en concurrence pour des emplois avec des gens de l’autre bout du monde où il n’y a pas de salaire minimum et très peu de régulations. Les grandes firmes mondialisées ont grandement bénéficié de l’exploitation de réservoirs de travailleurs du tiers-monde ces dernières décennies, mais les travailleurs de la classe moyenne aux Etats-Unis, quant à eux, ont vu les choses devenir de plus en plus dures.

Voilà les statistiques qui le prouvent :
• 83 % de toutes les actions des entreprises aux Etats-Unis sont en mains de 1 % des gens.
• 61 % des habitants des Etats-Unis vivent «toujours ou habituellement» de leur salaire, un mois après l’autre, un salaire après l’autre, donc avec un statut non précarisé. En 2008 ce n’étaient que 49 % et en 2007 43 %.
• 66 % de la croissance des revenus entre 2001 et 2007 ont profité aux 1 % les plus riches des Etats-Unis.
• 36 % des habitants des Etats-Unis disent qu’ils ne versent rien du tout pour leur retraite [ne disposent pas de couverture retraite].
• 43 % (chiffre stupéfiant) des habitants des Etats-Unis possèdent moins de 10'000 dollars d’économies mis de côté pour leur retraite.
• 24 % des travailleurs des Etats-Unis disent que durant l’année écoulée ils ont retardé d’une année l’âge prévu de leur départ en retraite.
• Plus de 1,4 million d’habitants des Etats-Unis se sont déclarés en faillite personnelle en 2009, soit une augmentation de 32 % par rapport à 2008.
• Seuls les 5 % les plus riches parmi les foyers des Etats-Unis ont obtenu un revenu supplémentaire suffisant pour faire face à la hausse des coûts du logement depuis 1975.
• Pour la première fois dans l’histoire des Etats-Unis, les banques [y compris celles sous contrôle de l’Etat] possèdent une plus grande part en valeur nette de l’immobilier résidentiel du pays que tous les habitants individuels des Etats-Unis réunis.
• En 1950, le rapport du salaire du manager moyen à celui du travailleur moyen était environ 30 à 1. Depuis l’année 2000, ce rapport a explosé à entre 300 et 500 à 1.
• En 2007, les 80 % des foyers aux Etats-Unis situés dans les échelons inférieurs de la fortune possédaient environ 7 % des actifs financiers liquides.
• Les 50 % des revenus des ménages en dessous du niveau médian possèdent aujourd’hui ensemble moins de 1 % de la richesse de la nation.
• Les bonus à Wall Street sont, en moyenne, montés en 2009 de 17 % par rapport à 2008.
• Aux Etats-Unis, le salarié de l’administration fédérale gagne désormais 60 % de plus que le salarié moyen dans le privé.
• Le 1 % le plus riche des foyers aux Etats-Unis possède presque le double des actifs des entreprises qu’il y a 15 ans.
• Aux Etats-Unis, aujourd’hui, le temps moyen nécessaire pour trouver un emploi est monté à un record de 35,2 semaines.
• Plus de 40 % des habitants des Etats-Unis qui ont effectivement un emploi travaillent aujourd’hui dans les services, où les salaires sont souvent très bas.
• Pour la première fois dans l’histoire des Etats-Unis, plus de 40 millions de personnes aux Etats-Unis ont droit à des bons pour l’aide alimentaire (food stamps) et le Département de l’agriculture prévoit que ce nombre va s’élever à 43 millions en 2011.
• Voilà avec «qui» les salarié·e·s des Etats-Unis sont mis en concurrence : en Chine un travailleur du textile gagne approximativement 86 cents l’heure et au Cambodge un travailleur du textile gagne lui approximativement 22 cents l’heure.
• Environ 21 % de tous les enfants aux Etats-Unis vivent en dessous du seuil de pauvreté en 2010, c’est-à-dire le taux le plus élevé depuis 20 ans.
• Malgré la crise financière, le nombre de millionnaires aux Etats-Unis a augmenté en 2009 de rien moins que 16 % pour atteindre 7,8 millions de personnes.
• Les 10 % les plus riches des habitants des Etats-Unis gagnent aujourd’hui environ 50 % du revenu national.

Un grand bruit d’aspiration… dans le précipice

La réalité, c’est que les travailleurs des Etats-Unis peuvent bien être les plus intelligents, les plus forts, les mieux éduqués ou les plus travailleurs, ils ne peuvent tout simplement pas concurrencer des gens qui à l’autre bout du monde sont si désespérés qu’ils sont contraints à travailler 10 à 12 heures par jour pour moins d’un dollar l’heure.

Après tout, quelle entreprise raisonnable dans ce système va payer un travailleur aux Etats-Unis dix fois plus (plus le salaire indirect) pour faire le même travail ? Le monde est en train de changer fondamentalement. La richesse et le pouvoir sont en train d’être rapidement concentrés au sommet et les grandes entreprises transnationalisées font des quantités énormes d’argent. Entre-temps, la classe moyenne aux Etats-Unis est systématiquement éliminée tandis que les travailleurs des Etats-Unis sont lentement fondus dans le nouveau réservoir du travail «mondial».

Qu’est-ce que la plupart des habitants des Etats-Unis ont à offrir sur le marché d’autre que leur force de travail ? Pas grand-chose. La vérité, c’est que la plupart d’entre eux sont absolument dépendants de quelqu’un qui leur donnera un travail. Un employeur.

Mais aujourd’hui les travailleurs et travailleuses des Etats-Unis sont «moins attractifs» que jamais. Comparés au reste du monde, ils sont extrêmement «coûteux».

C’est pourquoi les entreprises déplacent leurs activités hors des Etats-Unis à une vitesse qui coupe le souffle. Et comme le gouvernement ne les pénalise pas quand elles le font, elles n’ont en réalité aucune incitation à rester.

Ce qui s’est développé, c’est une situation qui voit les gens au sommet vivre très bien, tandis que la plupart des autres ont de plus en plus de difficultés à s’en tirer. Pour chaque nouvel emploi créé aux Etats-Unis, il y a désormais six personnes au chômage et le nombre des personnes «chroniquement inemployées» est absolument astronomique. Il n’y a tout simplement de loin pas assez d’emplois pour tous.

Beaucoup de ceux qui réussissent à trouver un travail s’aperçoivent qu’ils gagnent moins qu’avant. En fait, un pourcentage de plus en plus grand de personnes aux Etats-Unis occupe des emplois à bas salaires dans la distribution et les services.

Mais vous ne pouvez pas faire vivre une famille avec ce que vous gagnez en faisant griller des hamburgers chez McDonald ou en saluant les clients dans le supermarché WalMart du coin.

La vérité, c’est que la classe moyenne aux Etats-Unis est en train de mourir. Et une fois qu’elle aura disparu, ça sera incroyablement difficile à reconstruire.

Michael Snyder *

* Michael Snyder est l’éditeur de theeconomiccollapseblog.com

(10 août 2010)

http://www.labreche.ch/Ecran/EUClasseMoy08_10.html


4-4 Première chute de la productivité depuis fin 2008.

La dernière baisse de productivité aux États-Unis (de 0,1% au quatrième trimestre 2008) avait été très dissemblable: à l'époque, au plus fort de la récession, la chute de la production (-9,5%) n'avait pu être compensée par la compression des heures travaillées.

La productivité des entreprises américaines a baissé au deuxième trimestre pour la première fois depuis fin 2008, selon des chiffres publiés jeudi par le département du Travail à Washington, un coup d'arrêt à un cycle de gains de productivité impressionnants.
Lors de ce trimestre, la production par heure travaillée dans le secteur non agricole a reculé de 0,9% en rythme annuel par rapport au trimestre précédent.

Cette baisse, une bonne nouvelle pour des salariés durement mis à l'épreuve par la récession, est intervenue dans un contexte de reprise de l'emploi.

Les heures travaillées ont en effet augmenté de 3,8%, du jamais vu depuis 2006, tandis que la production ne croissait que de 2,6%.

Elle ne remet pas vraiment en cause les gains de productivité engrangés par les entreprises au premier trimestre (3,9% en rythme annuel) ni en 2009 (3,5%, les plus élevés sur une année depuis 2003).

La dernière baisse de productivité aux États-Unis (de 0,1% au quatrième trimestre 2008) avait été très dissemblable: à l'époque, au plus fort de la récession, la chute de la production (-9,5%) n'avait pu être compensée par la compression des heures travaillées.

Les chiffres du ministère montrent par ailleurs que le coût unitaire de la main-d'oeuvre est reparti à la hausse au premier trimestre (de 0,2% en rythme annuel par rapport au précédent), après trois trimestres de baisse.

Agence France-Presse
10 août

http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/etats-unis/201008/10/01-4305344-e-u-premiere-chute-de-la-productivite-depuis-fin-2008.php?utm_source=bulletinLPA&utm_medium=email&utm_campaign=retention



5 Éducation

5-1 Obama s’en prend à l’héritage de Martin Luther King

Huit des principales associations américaines pour les Droits civiques accusent la réforme Obama sur l’éducation de « rétablir le système vétuste et partial de répartition des fonds fédéraux aux Etats, que les associations de lutte pour les Droits civiques avaient combattu et vaincu en 1965 ». Le programme « Race to the top » (course à l’excellence), lancé en 2009 par la nouvelle administration, instaure un système concurrentiel pour l’allocation des aides fédérales, poussant au licenciement d’enseignants et à la fermeture d’écoles jugés « sous-performants ». Encore une fois, Barack Obama se fait le relais de la ségrégation et du triage. Derrière lui, l’homme le plus fortuné des Etats-Unis, Bill Gates, grand promoteur de la dépopulation.

« Race to the top », censé mettre fin au désastreux « No child left behind » de George Bush, n’est en fait pas une réforme, mais un concours organisé par Washington entre les 50 Etats de l’Union pour l’allocation de 4,35 milliards de dollars de subventions. « Parce que seuls quelques Etats vont recevoir ces subventions concurrentielles, la plupart des enfants dans la plupart des Etats vont subir une baisse réelle des aides fédérales, lorsque l’on prend en compte l’inflation et les coupes budgétaires des collectivités locales et des Etats », explique la déclaration conjointe signée notamment par la plus importante organisation pour les droits des afro-américains, la NAACP, et la plus ancienne, la National Urban League. « Seuls 15 Etats et le District de Columbia ont été admis comme ’éligibles’ au premier tour. Ces Etats finalistes ne représentent que 37% des étudiants éligibles au programme de repas gratuits ou à prix réduits. Seuls 14% des étudiants de ces Etats finalistes sont hispaniques, alors qu’ils sont 26% chez les non-finalistes. En tout, 74% des étudiants hispaniques vivent hors de ces Etats finalistes. Si 53% des étudiants noirs du pays se trouvent dans les Etats finalistes, en perdre 47% revient à placer un lourd fardeau économique sur le pays. Au total, 42% des enfants, soit 12,5 millions de personnes, seraient mis au ban. »

Ces associations, ainsi que le deuxième syndicat enseignant américain, reprochent aussi à la réforme de sacrifier les efforts à long terme sur l’autel du court terme.

En effet, les critères d’éligibilité se concentrent sur le niveau de performance des professeurs, des directeurs, des élèves et des établissements. Pour l’emporter, « Race to the top » exige des Etats qu’ils se séparent des professeurs sous-performants et qu’ils ferment les écoles déficientes. En échange, le programme Obama oblige les Etats à accroître leur quota de « charter schools », ces écoles financées par l’argent public et les dons privés, mais autorisées à sélectionner leurs élèves. « Nous nous inquiétons de la sur-représentation des ’charter schools’ dans les quartiers à faibles revenus et à minorités fortes. Il n’y a aucune preuve qu’elles soient systématiquement plus efficaces pour accroître le niveau éducatif d’ensemble. La plus vaste étude nationale à ce sujet montre, à public égal, qu’elles tendent plutôt à être moins efficaces que les écoles publiques. Il y a encore moins de preuves qu’elles répondent aux besoins de l’ensemble des élèves. Par rapport aux écoles publiques des quartiers à fortes minorités, elles comptent 54% moins d’élèves ne parlant pas couramment anglais, 43% moins d’élèves en enseignement adapté et 37% moins d’élèves ayant droit aux repas gratuits ou à prix réduits. »

Comme pour la santé et la finance, la réforme de l’éducation d’Obama a été dictée par les puissances d’argent. Depuis son lancement en juillet 2009, le programme « Race to the top » est administré par Joanne Weiss, l’ex-directrice générale du NewSchools Venture Fund, un fond abondé par Bill Gates pour financer des « charter schools ». Depuis quelques jours, elle a été promue directrice de cabinet du ministre de l’Education Arne Duncan où elle remplace Margot Rogers, une ex-employée de la Fondation Gates. Elle ne sera pas dépaysée puisqu’elle y retrouvera le sous-secrétaire adjoint James Shelton, lui aussi ex-employé de la Fondtion Gates.

Depuis 2002, le fondateur de Microsoft a dépensé 500 millions de dollars par an, pour façonner la politique éducative de son pays. Ses principales actions ? Mesurer la performance des professeurs, fermer les écoles publiques défaillantes et multiplier les « charter schools » ! Sa Fondation a même financé la candidature de 15 des Etats concourant au programme « Race to the top » à condition qu’ils autorisent des ouvertures supplémentaires de « charter schools ».

Après la chasse ouverte contre le député afro-américain Rangel et la punition infligée à la militante du mouvement des droits civiques, Shirley Sherrod, Obama a définitivement montré qu’il n’était pas capable d’être Président et que sa présence est une entrave à une véritable rupture rooseveltienne avec les puissances d’argent.

Nouvelle Solidarité

30 juillet 2010 -

http://www.solidariteetprogres.org/article6870.html



6 Géopolitique

6-1 Le pôle nord, foyer de disputes internationales

 Le pôle nord s'est transformé en un foyer de disputes et de querelles internationales.

Suite aux efforts déployés par la Russie, les Etats-Unis et le Canada pour trouver des documents étayant leurs allégations sur la propriétaire de grandes ressources énergétiques du pôle nord, la région s'est transformée en foyer de disputes internationaux. Le réchauffement de la planète a fait effondrer les glaces du pôle nord, ce qui a suscité la convoitise des pays, proche de la région, tels la Russie, le Canada et les Etats-Unis, à commencer les travaux d'excavations pour mettre main basse sur ses réserves en énergie. D'après les évaluations, plus d'un tiers de toutes les réserves en gaz, non découvertes du monde, et un dixième des réserves en pétrole du monde se trouvent au pôle nord. Les experts estiment que vu les prix élevés du brut, les réserves en énergie de la région s'avèrent très importantes pour un pays tel que les Etats-Unis.

IRINN

http://french.irib.ir/index.php/info/international/item/99712-le-pole-nord-foyer-de-disputes-internationales



7 Guerres et génocides

7-1 Joszik : Les Etats-Unis d’Amérique ont-elles eu le droit moral d’envahir l’Irak ?

Le Retour du treillis.

Les Etats-Unis d’Amérique ont-elles le droit moral d’envahir l’Irak ?

Certes même si cette étonnante question nous paraît à priori absurde il n’en reste pas moins qu’une puissance militaire, dans l’absolue, aurait dit-on le droit qu’elle s’arroge, d’elle même, au-dessus des règles de la communauté internationale, d’agresser un voisin dans l’hypothèse qu’elle désir s'accaparer de ses ressources et contrôler de ses institutions pour ses propres intérêts,

joszik

Le Chant des Chiens Diurnes.

 Par conséquent, si elle agit avec intelligence en veillant bien de ne pas se retrouver dans un isolement économique et militaire et à bien conserver la ligne verte de la démocratie dans son camp elle s’en sortira avec quelques petits reproches, car dans la « logique de guerre »( comme nous le verrons plus loin) les jeux d’influence changent le paradigme en faisant place non plus à un rapport entre puissance économique mais plutôt au rapport de force brut entre puissance militaire, ce qui est une toute autre histoire. Mais l’histoire ne s’arrête pas là, car Il y a souvent eu par le passé des précédents occidentaux tendant vers ce genre de comportement, mais de l’occupation il ne résulte pas nécessairement un génocide chères frères.
 Un génocide est l'extermination physique, intentionnelle, systématique et programmée d'un groupe ou d'une partie d'un groupe en raison de ses origines ethniques, religieuses ou sociales.
 Par le passé on a eu cinq précédents de tentative d’occupation avec extermination déterminée de la population,
 N°1) De l’occupation du territoire des Amériques il en est résulté ce qui reste encore aujourd’hui le plus grand de tous les génocides de l’humanité(GT : Génocide Total)comprenant l’extermination de plus de 50% de la population), événement qui a été supprimé définitivement de la rubrique génocide du dictionnaire Wikipédia et remplacé par « Les massacres au caractère génocidaire controversé » , et d’ailleurs toutes tentative de l’y ajouter comme génocide se verra effacée et blacklistée au niveau de l’adresse IP par le fameux dico du Web……350 millions de morts reconnu officiellement en 150 ans ça n’est pourtant pas un petit génocide ça ?
 N°2) Le génocide africain dont on ne retient que la déportation et l’esclavage, et qui n’a d’ailleurs pu aboutir à un génocide total à cause du besoin occidental en ressource humaine d’ouvriers sans salaire et sans identité humaine, ça vous en bouche un coin ça, les nègres l’ont échappé belle parce qu’ils chantaient en travaillant dans les champs, les chiffres sont floue car ils ont été dispersés dans tous les pays d’Europe et des Amériques, mais à la fin de la seconde guerre mondiale il ne restait plus beaucoup de nègre, pour ne pas dire aucun, en Europe par conséquent je conseillerait vivement à Liliam Turam & Co s’ils veulent porter les lunettes et le chapeau de Malcom X, de s’intéresser un peu plus au passé de leurs parents plutôt que de s’attaquer à leurs« compatriotes ».
 N°3) Le Dernier continent que constitue l’Australie et ses satellites, dont on peut aussi considérer comme une colonisation ayant dégénéré en un Génocide Totale
 N°4) Le génocide des peuples juif, slaves et tzigane durant
la Seconde Guerre mondiale, dont on peu joindre en toute honnêteté une tentative de génocide du peuple palestinien car ces deux génocides ont irrémédiablement et à jamais leurs chromosomes X et Y communs.
 N°5) Le Vietnam et
la Corée dont les actions militaires américaines déterminées n’étaient pas une tentative d’invasion et de contrôle des ressources mais plutôt de nettoyage ethnique et raciale par l’extermination aux produits chimiques (Premiers génocides par ADM après le Japon, ou l’on retrouvé déjà les états unis d’Amérique et la grande Bretagne).
 N°6) l’Arménie qui ne peut être considéré comme un génocide car il n’y a pas eu remplacement de la population par un autre mais plutôt une occupation violent avec l’assassinat des élites (grande spécialité des pays Orientaux).
 Je vous épargnerait le cas de l’Afrique du Nord pour ne pas heurter certaines sensibilités.
 Pour en revenir à nos moutons : Qu’est-ce qui nous amène, aujourd’hui, d’une occupation militaro-industrielle de l’Irak avec prise de contrôle des institutions à un génocide claire et déterminé du peuple irakien.
 1°) Les armes, les moyens et les cibles d’emblé, nous indique qu’il y a préméditation et forte intention génocidaire
 2°) Les instruments de contre insurrection utilisés (attentats à l’explosif dans des proportions qui dépassent toute logique humaine et toute logique mécanique car il serait impossible de fabriquer ou de faire entrer ou déplacer d’un petit km autant d’explosif dans un pays sous total occupation américaine), et bien sur, tous le monde se souvient des fameux camion disparus de la zone verte chargé de plusieurs tonnes d’explosifs, malgré la présence 24h/24h de drones, de satellites et d’avions Awak au-dessus de Bagdad et l’absence d’enquête sérieuse sur l’origine chimique des explosifs utilisés dans les attentats nous apporte quelques pistes sur les commanditaires.
 3°) La haine raciale dans les plus hautes sphères gouvernementale américaine notamment celle de la communauté juive qui ne fait aucun effort pour trouver la moindre trace de paix dans les poussières de Palestine mais qui rêve maladivement sous ses oliviers pourris d’un grand Israël qui ne verra, sans doute, jamais le jour car il n’a pas au préalable défini ses frontières, donc ce rêve qui n’aurait apparemment pas de limite s’oppose par conséquent à toutes les autres identités humaines.
 4°) La présence volontaire de différents services secrets et notamment la présence en grand nombre des militaires américains de confessions juive dont la réputation de hordes de la mort en Irak n’est plus à faire et qui a comme objectif l’extermination et l’occupation définitive de Bagdad.
 C’est donc au cœur de Bagdad que se joue aujourd’hui l’avenir du monde orientale à l’exclusion définitive de l’Arabie Saoudite.
 Le But est bien une occupation de Bagdad à l’Israélienne avec des murs qu’i s’élargissent et qui prennent de plus en plus sur la population locale qui disparaîtra pour laisser la place à des entreprises et des jeunes couples américains et des pépinières de bébé éprouvette issue de la fécondation de jeunes mexicaines dans ce que est aujourd’hui appelé la zone verte et qui sera demain considéré comme un nouveau territoire indépendant membre des nations unis et de l’ONU et possédant une population à majorité anglo-saxonne et qui s’étendra inexorablement vers une colonisation total avec extermination à la palestinienne, ce qui est pour le moment un processus incontournable et qui bénéficiera du soutient inconditionnel de la communauté Européenne, et cela dans un avenir très proche.

Le procédé sera le même : des frontières mal définies, des zones tampons qui se dilatent, des terroristes qui font exploser des civils Irakiens et les militaires américains qui se vengent sur les civils Irakiens, des obus, des grenades et des Oussama Ben Laden introuvables et éternels. Des Nicolas Sarkozy qui applaudissent, des Lionel Jospin qui soutiennent, des Dominique Strauss Kan qui financent , des Ségolène Royale qui entrainent toute la gauche dans un coupe-gorge et les autres entités politiques pro gouvernementale cachées et qui nous le font savoir en nous crachant chaque jours leurs immondices vomis par la commandanture militaire pro-américaine.
 
La Russie sort lentement de son coltar, elle a longtemps crut qu’elle était de la partie, la belle, parce que l’élite Russe Européenne était avec elle….Mais hélas il y avait erreur et le colosse prend plein de coups dans la gueule coincé qu’il est contre un mur par les tueurs en séries qui le chasse déjà depuis près de 100 ans (2017) mais il n’est pas encore tombé le colosse et le risque mondiale maintenant c’est que le colosse se lève car dans ce cas il n’y aura aucune issue diplomatique à une quelconque paix mondiale car Russes et américains et Chinois ont déjà atteint le Rubicon technologique, mais les seconds, grands joueurs de Poker et amateurs de films pornos, en sont encore au petit jeu du chantage et des coups tordus et semble ignorer qu’ils s’approchent dangereusement de la ligne rouge qui signale le chaos par les armes avec destruction de 80% de la population mondiale sans distinction de classe sociale avec une prédilection pour les grands centre urbains des pays industrialisés (prime à la casse).  
 C’est en effet la troisième fois que l’occident se lance dans la « logique de guerre, » mais dans cette logique qui démarre généralement sur des objectifs financiers compensatoire d’une déficit économique aggravé.
 Le premier effets anti-retour (qui empêche l’agresseur d’arrêter le processus enclenché) est le gain financiers militaire qui se retrouve rapidement transformé en gains et détournement maffieux, on est donc en présence d’une système de financement militaire gouvernementale qui a prévu une compensation par les recettes récoltées à la fin d’un conflit mais qui se retrouve encore plus endenté qu’avant la guerre parce que toutes les recettes ont été détournées par des organisation mafieuses et de surcroît pour financer cette guerre ils avaient baissé les aides sociales qu’un certain Obama a fait mine de rehausser et qui fatalement nous invite malgré nous, encore et encore, à une nouvelles guerre contre X qui ne sera pas la dernière et qui ne réglera pas le problème américain, car personne auparavant n’avait pu arrêter le processus, ni les Romains, ni les Arabes, ni les Français (Napoléon qui est allé s’écraser la gueule sur les Russes) ni les Allemands (qui sont allés s’écraser la gueule sur les Russes). Personnes n’a pu cesser de donner à manger aux chiens Diurnes car ils savait tous qu’ils risquaient de se faire dévorer vivant à l’instant.

Joszik

Mardi 10 Août 2010

http://www.alterinfo.net/Le-Retour-du-treillis_a48867.html


n°4 - L’Amérique d’Obama - 22-08 - : Fin - : Barack Obama et les principes démocratiques.

n°4 - L’Amérique d’Obama - 22-08 - : Fin   - :  Barack Obama et  les principes démocratiques.



L’Amérique d’Obama de A à Z

n°4 du 22-08

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 " L’Amérique d’Obama de A à Z" est  visible  sur nos blogs : 

a) sur nos blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                             http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site de Eva Resis :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

 Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

8 Immigration

8-1 Loi très controversée en Arizona

8-2 Sans-papiers aux Etats-Unis...

8-3 La menace des "bébés ancres" et des "bébés terroristes"

9 Islam

9-1 Valérie Samson : Musulmans, une communauté sous surveillance.
9-2 Tariq Ramadan : Expériences américaines : sécurité et liberté.

9-3 “Une fatwa au-dessus de votre tête ?” 

10 Vidéo - Livres

10-1 Vidéo : La nouvelle Grande Dépression.

10-2 John Perkins, confessions d'un corrupteur de nations



”Si vous croyez que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother, détrompez-vous…

 Vous êtes en plein dedans !”
“Lorsqu’on ne s’étonne plus du traçage, de la vidéosurveillance ou de la conservation des données, c’est justement le signal qu’on est entré dans un monde Orwellien”.



8 Immigration

8-1 Loi très controversée en Arizona

La loi anti-immigration de l'Arizona, qui banalisait le délit de faciès selon ses détracteurs, a été suspendue par la justice américaine, ce mercredi. Elle suscite une profonde controverse dans le pays.

Vidéo :  http://www.dailymotion.com/video/xe4oo7_immigration-loi-tres-controversee-e_news


8-2 Sans-papiers aux Etats-Unis...

Entretien avec Sébastien Chauvin

Sébastien Chauvin vient de publier Les Agences de la précarité (éditions du seuil). Dans cet ouvrage passionnant, il raconte son enquête parmi les travailleurs journaliers, souvent sans titre de séjour, de l’industrie légère à Chicago.

 Nous l’avons interrogé sur la question des sans-papiers aux États-unis.

Il y a actuellement un mouvement de sans-papiers en France.

 Tu as étudié le travail des migrants et des sans-papiers aux États-Unis. Ces réalités sont-elles comparables?

Sébastien Chauvin - Selon les pays, la condition de sans-papiers peut recouvrir des réalités très différentes. Dans mon travail, j’ai essayé de décrire ce qu’étaient les conditions de vie et de travail des sans-papiers aux États-Unis en insistant en partie sur ces différences. Tout d’abord, aux États-Unis, ils sont très nombreux: entre 11 et 12 millions, représentant 4 % de la population et plus du tiers du total des étrangers. C’est donc largement plus que les taux français. Par ailleurs, la majorité absolue des sans-papiers aux États-Unis sont mexicains1. Le chiffre est relativement fiable car les sans-papiers étant moins illégitimes qu’en France, ils sont plus facilement recensés. Aux États-Unis, un grand nombre de services locaux, que ce soit les banques, les communes, les stations de police, ne se pensent pas comme des agents de l’État fédéral. Par exemple, des banques vont faire des publicités en direction des sans-papiers, souvent en espagnol, en leur disant qu’ils peuvent ouvrir un compte avec simplement leur passeport, donc sans présenter de titre de séjour. J’ai habité avec une famille de sans-papiers qui, grâce à un numéro de sécurité sociale authentique obtenu par le père à une époque où il était entré avec un visa de tourisme, a pu avoir un crédit immobilier. Les contrôles d’identité sont extrêmement rares. Les polices qui font des contrôles d’identité dans la rue ne les réalisent que si elles peuvent détecter une infraction autre que le séjour. Ce n’est que dans certains États, où le sentiment anti-immigrés est très fort, comme l’Arizona, que des services de police ont pris l’initiative de faire des contrôles routiers visant particulièrement les Latinos, en leur demandant leur permis de conduire alors qu’ils n’en n’ont pas. Après avoir constaté cette infraction, ils les arrêtent et vérifient leut statut en matière de séjour auprès des services fédéraux. Mais la plupart des polices aujourd’hui aux États-Unis considèrent que l’infraction à la législation sur l’immigration n’est pas de leur ressort. Ils ne font donc les vérifications que pour les personnes arrêtées pour autre chose. Par ailleurs, les sans-papiers, notamment mexicains, sont assez fortement soutenus par leurs consulats d’origine. Le consulat mexicain a fabriqué un matricule consulaire sécurisé qui est accepté aujourd’hui dans plus de 160 banques et reconnu par près de 1 100 commissariats de police, dans le but de préserver l’ordre public et donc que les victimes n’aient pas peur de collaborer avec la police.

Quelle place occupent les sans-papiers sur le marché du travail ?

Il y a une certaine image, devenue dominante, qui est celle du travailleur journalier de rue, qui vient vendre sa force de travail tous les matins sur des parkings ou des stations-service. En fait, comme dans bien d’autres pays développés, la majorité des sans-papiers occupent des emplois formels dans l’économie légale. Ce qui signifie qu’ils cotisent, et on a même pu calculer que les cotisations versées sur des numéros faux ou erronés représentaient en 2005 la somme de 56 milliards de dollars, soit 1, 5 % de la masse salariale. Les cotisations versées annuellement équivalaient à 10 % du besoin de financement des retraites par répartition aux États-Unis ! Certains secteurs ont un recours très important aux sans-papiers. 7 millions de sans-papiers sont salariés, ils représentent 5, 4 % de la main-d’œuvre. Dans certains États, c’est plus de 70 % de la main-d’œuvre agricole. Mais ils se retrouvent aussi dans le secteur de la construction, et largement dans l’industrie déqualifiée : usines de poulets, de vêtements... Ils ont pénétré plus largement qu’en France le secteur industriel. Ils sont tellement nombreux qu’une partie d’entre eux sont très bien intégrés au tissu économique américain. Bien qu’il y ait des plafonds indépassables, ils peuvent gravir des échelons. 60 % des salariés sans papiers n’ont pas de couverture santé, ce qui veut quand même dire que 40 % d’entre eux en ont une, et ils l’ont comme salariés d’entreprise, en partie comme tout le monde.

De Bush à Obama, y a-t-il un changement dans les politiques migratoires ?

Il y a un arrêt relatif des raids des services de l’immigration dans les entreprises. Maintenant, ils prennent les listings des entreprises et les vérifient à distance puis ils mettent une amende à celles qui auraient embauché des sans-papiers. Mais cela est fait de manière plus massive que les raids de l’ère Bush: les travailleurs sans papiers ne sont pas arrêtés mais licenciés. Autre changement: le gouvernement oblige les entreprises qui ont des contrats avec le gouvernement fédéral à vérifier les papiers de l’ensemble de leur main-d’œuvre, à l’aide d’un système informatisé. Cela ne veut pas dire que les sans-papiers ne trouvent plus à se faire embaucher, mais cela segmente le marché de l’emploi: le secteur périphérique, loin des entreprises contractant avec l’État fédéral, est le domaine privilégié des sans-papiers. Le gouvernement mène des opérations contre les camionnettes qui servent à les transporter une fois qu’ils ont passé la frontière. Une des réformes récentes les plus controversées est la loi votée, en avril en Arizona, qui donne non plus seulement le droit, mais l’obligation pour les polices locales de vérifier les papiers de tout individu pour lequel il y aurait «un soupçon raisonnable qu’il est non autorisé sur le territoire américain». Ce ne serait pas juste une tolérance informelle du contrôle au faciès, comme en Europe, mais une obligation. Les citoyens ont la possibilité de traîner la police en justice si elle ne respecte pas cette obligation. Face à cela, s’organise, de la part de citoyens mais aussi de villes entières, un boycott de l’Arizona et de ses produits. Par exemple les villes de Los Angeles et San Francisco ont décidé de s’interdire de traiter avec toute entreprise basée dans l’Arizona. Des artistes se mobilisent et annulent leurs concerts en Arizona.

Géographiquement, est-ce que les sans-papiers, les migrants concernent l’ensemble du territoire ou est-ce que c’est limité à certains États?

Historiquement ils ont d’abord été présents dans le Sud des États-Unis. Mais il y a aussi une immigration en chaîne des Mexicains dans le Midwest, ce qui explique qu’il y a beaucoup de Mexicains sans papiers à Chicago, dans le nord du pays. Pendant longtemps, les sans-papiers étaient concentrés dans les quartiers de centre-ville, et maintenant ils s’installent parfois directement dans les banlieues moyennes voire dans des petites villes de milieux ruraux. Le passage par la grande ville n’est plus une étape systématique.

Existe-t-il des formes d’organisation des sans-papiers?

Il y a peu d’organisations fondées sur le seul fait d’être sans-papiers. Par contre, comme ils sont très intégrés, ils sont dans des syndicats, des communautés religieuses, des associations, des amicales basées sur leur région d’origine, des groupes de pression fondés sur l’ethnicité, avec des gens qui ont des papiers. Des luttes syndicales ou parasyndicales se développent en intégrant des sans-papiers, même si elles se heurtent parfois à leur irrégularité, alors que les luttes se déroulant dans les entreprises n’incluent pas pour l’instant l’objectif de la régularisation. À côté, il s’est aussi développé des luttes en rapport avec le droit au séjour. En 2008, l’administration Bush avait essayé d’envoyer à l’ensemble des employeurs américains des millions de lettres leur déclarant que le numéro de sécurité sociale sur lequel travaillait tel ou tel salarié était faux, de manière à les poursuivre si dans les 90 jours, ils n’avaient pas corrigé le numéro ou licencié le salarié. Cette mesure a été attaquée en justice par une coalition formée par les principaux syndicats, les grandes organisations de défense des droits civiques, et le principal syndicat patronal. Et elle n’a finalement pas été appliquée.

Tous ces mouvements amènent-ils à des régularisations importantes de sans-papiers ou à maintenir le statu quo?

Ce qui a lancé les grandes manifestations de 2006 aux États-Unis qui ont regroupé des millions de personnes dans la rue, c’était le vote d’une loi très répressive par la Chambre des représentants, qui allait criminaliser les gens qui aidaient les sans-papiers. Les manifestations réclamaient également la régularisation des sans-papiers aux États-Unis. À l’issue de ces marches, ils ont obtenu l’abandon de cette loi, mais les rapports de forces au Congrès étaient tels qu’ils n’ont pas obtenu une loi de régularisation. Dans l’ensemble, il y a très peu de régularisations. On est donc dans un mélange avec peu de régularisations, mais un régime d’illégalité plus doux que ce que l’on connaît en France, État extrêmement répressif en ce domaine. Il y a la construction durable d’une sous-citoyenneté mais, pour la majorité des travailleurs sans papiers (ainsi que pour leurs employeurs), elle n’est pas invivable au quotidien. Ce n’est pas tant que les employeurs ont intérêt à les maintenir dans l’illégalité, c’est plutôt qu’il n’y a pas une coalition suffisante de groupes ayant un intérêt absolu à leur légalisation. De toute manière, une régularisation massive se produira dans les toutes prochaines années, même si elle sera nécessairement insuffisante.

Comment se structure le champ politique états-unien sur cette question ?

Clairement, les démocrates sont davantage favorables à une régularisation d’ensemble des sans-papiers et les républicains défavorables. Mais une minorité de républicains sont favorables à une régularisation; Bush était pour une régularisation massive. Il y a une majorité de républicains qui bloquent, et ceux-là se sont radicalisés. Mais le mythe national américain se fonde sur la figure de l’immigré. Il est donc difficile de construire durablement un racisme hostile aux immigrés.

mercredi 4 août 2010

Propos recueillis par Nicolas Pantin et Pierre Baton

http://www.npa2009.org/content/sans-papiers-aux-etats-unisentretien-avec-sebastien-chauvin


8-3 La menace des "bébés ancres" et des "bébés terroristes"

Un nouveau danger menace les États-Unis, à en croire certains Républicains, et les médias qui reprennent leurs arguments avec ardeur: les bébés nés sur le sol américain de parents illégaux, ou même de parents terroristes. En vertu du 14ème amendement de la Constitution, ces nouveaux-nés maintenant appelés «bébés ancres» ou «bébés terroristes» obtiennent automatiquement la citoyenneté américaine. L’idée du «bébé ancre», telle que définie par plusieurs élus républicains, est que des clandestins accouchent exprès aux États-Unis pour que leurs enfants bénéficient de la nationalité américaine ou pour qu'ils les aident à régulariser leur statut. Le sénateur Lindsey Graham, sur qui l’administration Obama comptait pour réformer le droit de l’immigration (la Maison Blanche a depuis déchanté) a ainsi résumé la manœuvre : «Les gens viennent ici pour avoir un enfant. Ça s’appelle le "dépose et va-t-en"». Pour avoir un enfant aux États-Unis, ils traversent la frontière, ils vont aux urgences, accouchent et ainsi l’enfant est automatiquement citoyen américain. Cela ne devrait pas être le cas. Cela attire des gens ici pour de mauvaises raisons». Face à cette menace, le sénateur Graham et d’autres républicains sont prêts à toucher au plus sacré, et demandent une réforme du 14ème amendement de la Constitution.

Même au sein du parti républicain, tout le monde n'est pas prêt à aller jusque-là. Sachant qu’une réforme a peu de chances d’aboutir (tous les ans, des lois sont introduites au Congrès pour empêcher que les enfants de clandestins obtiennent la citoyenneté américaine, mais sans aboutir, rappelle ici l’Immigration Policy Center), beaucoup de républicains craignent que ce débat ait surtout pour effet de leur aliéner durablement l’électorat latino. Mais plusieurs pontes du parti, y compris John McCain, Mitch McConnell ou Jon Kyl, se sont prononcés en faveur d’auditions au Congrès sur la pertinence de ce 14ème amendement.

Combien y-a-t-il d'ailleurs de ces «bébés ancres»? Pour tenter de verser au débat un peu de rationalité, le Pew Hispanic Center a publié ce mercredi une étude sur le sujet.

Sur 4,3 millions de naissances en 2008, 340 000 bébés avaient des parents illégaux, estime le Pew. Les clandestins représentent un peu plus de 4% de la population américaine, mais 8% des accouchements (car ils sont tendanciellement plus jeunes et avec des taux de natalité plus élevés que la moyenne américaine).

Peu importe d’ailleurs: si les «bébés ancres» ne suffisent pas à effrayer les Américains, les républicains ont aussi en réserve dans leurs manches les «bébés terroristes». En juin dernier déjà, le représentant du Texas Louie Gohmert a mis en garde la Chambre, disant tenir ses informations d’un agent du FBI en retraite: des terroristes auraient un plan pour «envoyer des jeunes femmes accoucher aux Etats-Unis» puis rentrer dans leurs pays pour “couver” ces petits citoyens américains et «en faire de futurs terroristes». «Et un beau jour, d’ici 20 ou 30 ans, ils pourront être envoyés pour détruire notre mode de vie», poursuit Louie Gohmert. Sa collègue texane Debbie Riddle a repris l’argument, citant elle aussi pour source «d’anciens agents du FBI». Sur CNN mardi soir, le toujours vaillant Anderson Cooper a tenté d’en savoir plus sur ces mystérieux informateurs. «Et bien, pour le moment, je n’ai pas la preuve tangible, là devant moi», a dû reconnaître l'élue texane. Qui n’en démord pas moins: «Nous avons là de sérieuses menaces actuelles que le gouvernement semble ignorer». Ci-dessous, l’échange avec le beau justicier de CNN.

12/08/2010

http://washington.blogs.liberation.fr/great_america/



9 Islam

9-1 Valérie Samson : Musulmans, une communauté sous surveillance.
Premier opus d’une enquête sur l’après 11 Septembre 

Dans la «capitale Arabe de l’Amérique» : Dearborn. 

Demandez autour de vous, demandez à n’importe qui dans le monde : chacun se souvient exactement ce qu’il faisait le 11 septembre 2001, quand deux avions ont frappé les tours du World Trade Center. Et le 12 septembre ? À Dearborn, petite ville du Michigan qui abrite l’une des plus importantes communautés arabo-musulmanes (1) des États-Unis, on a gardé la mémoire des jours qui suivirent avec la même acuité, comme l’aube d’une époque où plus rien ne serait comme avant. 

L’imam Steve Mustapha Elturk se remémore sa fille, à qui «une femme a demandé de retirer son hijab ou de retourner dans son pays… alors qu’elle est née ici», sa salle de prière, «dont les vitres ont été brisées», et contre laquelle «des œufs ont été jetés». «J’ai dû appeler la police pour demander leur protection», se souvient-il. «La communauté a été considérablement affectée, résume-t-il. D’emblée, on nous a montrés du doigt.» 

Dawud Walid, président du CAIR-Michigan (Council on American- Islamic Relations), estime que depuis 2001, les violences et les discriminations contre les Arabes Américains sont en augmentation constante de 75% par an dans l'État. Il cite «les actes de vandalisme contre les voitures, les maisons, les railleries contre les femmes portant le hijab, les discriminations à l’embauche…» 

À Dearborn, on estime toutefois que le pire a été évité. Chacun ici se souvient qu’au plus fort de la poussée de fièvre islamophobe qui s’est emparée d’une partie du pays, deux sikhs furent tués par des extrémistes. Comme pour souligner l’épaisseur des préjugés qui circulaient alors, les assassins s’étaient apparemment dit que des barbus enturbannés ne pouvaient être que musulmans…  

Ici, pas de mosquée incendiée non plus, comme cela a pu se produire ailleurs dans le pays. Sally Howell, co-auteure d’un livre sur le sujet (2), rappelle que l’attitude ferme des autorités locales y fut pour beaucoup. «Dès le 11 Septembre, souligne-t-elle, le sheriff du comté s’est assuré que chaque mosquée était protégée. Chaque maire, chaque officiel, est venu réaffirmer publiquement que les musulmans étaient des membres à part entière de la communauté, et que rien ne leur serait fait.» 

Pourtant, quelque chose a bien changé. «Depuis le 11 Septembre, explique Andrew Shryock, spécialiste de l’Islam, chaque musulman se doit constamment d’apporter la preuve, encore et encore, qu’il est un bon citoyen américain.» Et comment apporte-t-on la preuve qu’on est un bon citoyen américain ? En portant haut et fier les couleurs du pays. 

«Le 12 septembre 2001, les rues et les maisons de Dearborn étaient pavoisées de drapeaux américains. On se serait cru un 4 juillet !, se remémore Andrew Shryock, qui poursuit : D’autres se faisaient tatouer la bannière étoilée sur le corps… Si une jeune fille portant le hijab dans un stade le jour du Super Bowl se mettait à chanter l’hymne national, ça aussi c’était bien vu… On a également vu de nombreuses campagnes de recrutement pour l’armée dans les voisinages musulmans.»  

Surtout, la communauté musulmane est dorénavant, plus que jamais, dans le collimateur des services secrets. Si la CIA a lancé plusieurs campagnes publicitaires très ciblées à la télévision et recrute à Dearborn de façon ouverte depuis plusieurs années pour le besoin de ses opérations à l’extérieur, le FBI, lui, opère dans l’ombre. 

Dawud Walid tient à mettre les choses en perspective : «Bien sûr que le FBI infiltre nos mosquées. Ces pratiques ne sont pas nouvelles. Des leaders politiques et religieux comme Martin Luther King ou Malcom X, à leur époque, étaient constamment espionnés… Nous n’avons aucun problème avec le fait que des gens nous surveillent.» 

Cette attitude de défi est très répandue parmi les Imams et les leaders spirituels de la communauté. À Dearborn, nombre de mosquées ont réagi à ce regain d’intérêt à leur endroit en jouant le jeu de l’hyper-transparence. Sally Howell explique par exemple que «de nombreux lieux de prières se sont équipés de caméras», et que «les sermons y sont systématiquement enregistrés», afin de pouvoir apporter la preuve, le cas échéant, de leur «bonne foi». 

 

L'Islamic Center of America illustre parfaitement cette volonté de transparence et d’ouverture. Sa mosquée, l’une des plus grandes d’Amérique du Nord, s’est dotée d’un chargé de relations publiques, poste qu’occupe Eide A. Alawan depuis quatre ans et demi à titre bénévole. 

«Depuis le 11 Septembre, explique ce dernier, mi peiné, mi amusé, nous avons chaque jour des gens qui viennent nous demander si l’Islam est une organisation terroriste... et pourquoi est-ce que les musulmans tuent d’autres gens... et que veut dire le mot "Jihad"»… Avec des trésors de diplomatie, Eide s’emploie donc à répondre à ces questions. La mosquée organise également des expositions pour expliquer ce qu’est l’Islam, publie livres, DVD et brochures, a ouvert un site Web, et tient à garder ses portes constamment ouvertes à tous les curieux. 

«Est-ce que nous sommes surveillés ?» fait mine de s’interroger Eide A. Alawan. «Oui.» «Est-ce que ça me dérange ? – Non. Nous n’avons rien à cacher.» Il va plus loin «Si demain j’avais la conviction que mon propre frère veut intenter à la sécurité du pays, je n’hésiterais pas à le dénoncer aux autorités. Parce que dans ce pays, explique cet homme dont les ancêtres se sont installés en 1910, nous avons des droits, y compris religieux, qu’on ne nous donnerait pas dans nos pays d’origine.» 

À suivre… 

(1) D’emblée, une précision s’impose : beaucoup d’Arabes à Dearborn ne sont pas musulmans, et vice-versa. Cette communauté est d’une grande diversité : chrétiens (chaldéens, coptes, maronites), musulmans d’Orient et de la Péninsule Arabique (Turcs, Libanais, Syriens, Palestiniens, Yéménites), d’Asie (Indiens, Pakistanais, Bangladais), d’Europe (Polonais, Albanais, Bosniaques), d’Afrique, et Afro-Américains. 

(2) Citizenship and Crisis: Arab Detroit after 9/11, avec Wayne Baker, Amaney Jamal, Ann Lin, Andrew Shryock, Ron Stockton, and Mark Tessler. Russell Sage Foundation Press, 2009.

Valérie Samson 

3 août

http://blog.lefigaro.fr/transamerica/2010/08/musulmans-une-communaute-sous-surveillance.html


9-2 Tariq Ramadan : Expériences américaines : sécurité et liberté.

Avant une première visite en avril, quelques réflexions autour de la situation aux Etats-Unis et les conditions d’un meilleur avenir.

On a beau dire et répéter que l’islam est désormais une religion occidentale, tout semble montrer que cette réalité n’est pas encore intégrée dans l’esprit de beaucoup de citoyens, d’intellectuels et de politiques. Pourtant les faits sont là et les chiffres sont sans appel : au-delà des perceptions négatives, des millions de musulmans, américains et européens, montrent tous les jours qu’ils sont des citoyens ordinaires. Ils ont acquis les trois « l » qui sont la condition d’une appartenance réelle à la société[1] : ils respectent la loi du pays où ils vivent, ils en parlent la langue comme leurs concitoyens et ils sont loyaux en participant et contribuant positivement au bien être de leur société.
La loyauté est une notion complexe car elle repose autant sur une conviction que sur un sentiment qui nait de la relation que l’on a à soi et à son environnement. Le phénomène va dans les deux sens : je dois me sentir bien avec moi-même et mon environnement, vouloir le bien pour ma société et pouvoir m’exprimer librement et même de façon critique. Dans le même temps, ma société doit avoir confiance en elle-même et en moi et ne pas douter de ma loyauté dans le cas où j’énoncerais des critiques de nature politique ou idéologique à l’endroit de la politique de mon gouvernement par exemple. La vraie loyauté du citoyen est toujours critique et c’est dans la mesure où cette critique n’est pas suspecte ni suspectée que se développe un réel sentiment d’appartenance. Malheureusement la loyauté des Occidentaux musulmans est souvent suspectée aujourd’hui et plus particulièrement après les attentats du 11 septembre 2001.
Je l’ai personnellement vécu dans mon expérience avec les autorités américaines et notamment l’administration Bush. Quand j’avais été invité en 2003 au Département d’Etat américain, j’avais été présenté comme un musulman occidental « modéré » qui condamnait le terrorisme et les attentats contre les civils. Plus tard, mes sévères critiques contre l’invasion en Afghanistan et en Irak de même que le soutien unilatéral à Israël, ont soudain remis en question ma « loyauté » aux « valeurs occidentales » et je me suis vu interdit l’entrée aux Etats-Unis au nom du Patriot Act et de la sécurité nationale. Cette situation a duré pendant près de six ans et récemment Mme Hillary Clinton a fait savoir que les causes qui avaient justifié mon interdiction d’entrée n’étaient plus valables.

Les enseignements de cette expérience sont essentiels et multiples. Si la condamnation de l’extrémisme violent et l’impératif de la sécurité ne sont pas négociables, il importe de ne pas, au nom de cette dernière, en oublier nos valeurs et créer des divisions dangereuses pour l’avenir de nos sociétés. Au nom de la sécurité et des intérêts de la nation, on a vu des décisions politiques très graves être avalisées et normalisées. Outre des traitements discriminatoires aux frontières, et parfois tout à fait aléatoires et injustifiés, selon l’origine et la religion des visiteurs ou des immigrés, on a vu apparaître aux Etats-Unis et en Europe des zones de non droit tout à fait inquiétants. On sait ce qu’il en est de Guantanamo et des extraditions extraordinaires (extraordinary renditions) : des individus sont arrêtés, enlevés, enfermés et torturés dans l’ombre de véritables trous noirs juridiques. Instituer la torture au nom de la sécurité, ce n’est pas la sécurité que l’on gagne mais son âme que l’on perd. Ce n’est pas acceptable.
En-deçà de ces situations extrêmes, on a vu s’établir d’autres politiques qui nous rappellent des périodes sombres de l’histoire américaine quand il s’agissait de faire taire les voix « gauchistes » critiques et discordantes. Tout se passe comme si on attendait des musulmans qu’ils prouvent leur loyauté en exprimant une loyauté aveugle au gouvernement de leur pays. Il s’est établi insensiblement une sorte de police informelle des consciences musulmanes qui établit qui est « modéré » et qui est « dangereux ». On parle de démocratie et de liberté d’expression mais, au nom de la sécurité légitime du pays, on estime normal que certains aient moins le droit d’exprimer leurs critiques. Ces dernières seraient d’ailleurs la preuve que « ces musulmans ne sont pas vraiment des nôtres ». Or il s’agit exactement du contraire car un Américain musulman qui critique non violemment et constructivement la politique de son gouvernement envoie deux messages à ces concitoyens : je me sens en confiance, je me sens chez moi, et c’est au nom de mon appartenance que j’apporte la contribution de ma critique au débat démocratique. Instaurer la méfiance, bannir des intellectuels (musulmans ou autres), faire taire les voix critiques, empêcher les débats d’idées est l’expression d’une démocratie qui a peur et qui doute d’elle-même. Cette insécurité profonde ne sera pas dépassée par des mesures de stigmatisation, voire de rejet, vis-à-vis des musulmans car ces mesures accroitront à terme les cloisonnements religieux, culturels et sociaux et donc augmenteront d’autant l’insécurité. La force de nos démocraties se mesure à leur fidélité à leurs valeurs déclarées (dignité, droits et égalité des hommes) de même qu’à leur capacité à protéger et à écouter la parole libre et critique. Le débat d’idées, critique et ouvert, est le seul à garantir la sécurité et ses acteurs sont les plus loyaux des citoyens puisqu’ils savent exprimer leur opinions, voire leurs désaccords, sans remettre (ou voir remettre) en cause leur appartenance. 
[1] J’analyse ces trois « l » dans mon dernier ouvrage : Mon intime conviction, Presses du Châtelet, Paris, 2009

Tariq Ramadan

18 Mars 2010

http://www.tariqramadan.com/spip.php?article11059


9-3 “Une fatwa au-dessus de votre tête ?” 

Terrain glissant

RefugeFromIslam.com propose d’aider les musulmans désireux d’abandonner leur religion.

Une campagne de publicité a été lancée – à coups de slogans douteux, selon un journaliste du New York Times.

Elle n’est pas vraiment omniprésente : seuls 40 bus municipaux sillonnent la ville, recouverts d’une publicité inhabituelle et, soyons francs, d’un goût douteux. “Une fatwa au-dessus de votre tête ?” interpelle l’annonce. Le message s’adresse aux musulmans désireux de se convertir à une autre religion ou d’abandonner leur foi. “Vous subissez des menaces de la part de votre famille ou de votre communauté ?” Cette campagne renvoie à un site Internet, RefugeFromIslam.com, qui se propose d’aider les musulmans new-yorkais dont la vie serait mise en péril par leur désir de conversion. On trouve également sur le site des liens vers d’autres services aux objectifs anti-islamiques divers. Par exemple, “Musulmans contre la charia”, cherche à “informer les musulmans sur les dangers des textes religieux islamiques et sur la nécessité de réformer l’islam”.
Cette publicité est l’œuvre d’une blogueuse conservatrice de 51 ans : Pamela Geller dirige Stop the Islamization of America (SIOA), une association qui s’est donné pour mission d’exposer la nature prétendument rétrograde et répressive de cette religion. “Il faut faire de la pub à destination des personnes qui veulent quitter l’islam, assure-t-elle. Elles sont en danger de mort.”
Qu’en est-il vraiment ? Il ne fait aucun doute que, dans certains pays musulmans, l’apostasie est un crime passible de mort. Peut-être que, dans la communauté musulmane américaine et dans la plus grande discrétion, des menaces de ce genre sont proférées. Mais ce qui est également certain, c’est que les divers sites de Mme Geller n’en fournissent aucune preuve malgré toute la peine qu’elle se donne. Le site mentionné par la publicité placardée sur les autobus parle vaguement d’un “crime d’honneur” qui a eu lieu il y a vingt ans, en Arizona. Il évoque également un fait divers de 2007, concernant un musulman du quartier de Queens, à New York, qui avait tué sa femme à coups de couteau. Rien n’indique que le mobile en était l’abjuration de sa foi par la victime.
Ici, à New York, un projet soutenu par une association musulmane locale, la
Cordoba Initiative, s’est heurté à une virulente opposition. Il s’agissait de convertir une usine désaffectée située à deux rues du site du World Trade Center en un centre communautaire de 13 étages. La Cordoba House – ou “Maison de Cordoue” – devait comprendre une mosquée et un mémorial aux victimes de l’attentat du 11 septembre [2001]. Cela n’étonnera guère de découvrir que Pamela Geller figurait parmi les organisateurs de la manifestation du 6 juin dernier contre ce que ceux-ci appelaient la mégamosquée de Ground Zero. Invitée de l’émission Huckabee de la chaîne de télévision conservatrice Fox News, Mme Geller a soutenu qu’“une mosquée représente l’idéologie même qui a inspiré les attentats du 11 septembre”. C’est pourquoi Cordoba House est “un scandale, une insulte, une humiliation pour tous les Américains”. L’animateur, Mike Huckabee, avait reçu une déclaration écrite de l’American Society for Muslim Advancement qui soutenait que la Cordoba House constituerait précisément un moyen de remédier au fait que les musulmans modérés donnaient l’impression de ne pas condamner l’extrémisme. Ce serait un endroit où les Américains musulmans pourraient non seulement pratiquer librement leur religion, mais également “se dresser aux côtés de [leurs] compatriotes contre l’extrémisme et la violence”.
En réponse, Mme Geller a rappelé aux téléspectateurs de Fox News que les attentats du 11 septembre visaient deux des plus importants symboles de l’Amérique et que la récente tentative avortée d’un terroriste américain d’origine pakistanaise pour faire exploser une bombe à Times Square était dirigée contre un autre. Elle n’a pas tort sur ce point et c’est pourquoi nous parlons ici d’un cercle vicieux. Si d’autres actes de terrorisme sont commis par des musulmans sur le territoire américain, on verra d’autres Américains payer pour faire de la publicité sur les autobus ou engager d’autres initiatives. Ils exprimeront de cette manière leur colère contre l’islam lui-même, mais aussi contre les musulmans des Etats-Unis, et propageront l’idée que l’Amérique est – ou devrait être – l’ennemie de cette religion. Ils feront ainsi le jeu des djihadistes. Car plus nous faisons de tous les musulmans nos ennemis, plus de musulmans ennemis nous aurons.

06.07.

http://www.courrierinternational.com/article/2010/07/06/terrain-glissant



10 Vidéo - Livres

10-1 Vidéo : La nouvelle Grande Dépression.

30 000 Américains se bousculent pour un logement 

Les Américains sont choqués par des images qui leur rappellent que la crise économique n'est pas terminée au pays de l'oncle Sam.

Pas moins de 30 000 personnes se sont précipitées mercredi dernier dans le parking d'un centre commercial en banlieue d'Atlanta pour tenter d'obtenir l'un des... 455 formulaires de candidature à une aide publique au logement.

Les autorités n'avaient pas prévu que la distribution de cette aide susciterait un tel engouement et ont rapidement été débordées. Les fonctionnaires ont dû distribuer les formulaires sous la protection des policiers qui avaient visiblement du mal à contenir la foule. Victime de la chaleur ou de la bousculade, une soixantaine de personnes ont dû recevoir des soins médicaux.

Sur la chaîne d'information MSNBC, l'animateur de talk-Show Ed Schultz a comparé ces images à celles de la crise de 1929 et à la Grande Dépression, note le site Rue89.fr.

Cyberpresse

VIDEO http://www.msnbc.msn.com/id/3032619//vp/38666548#38666548

Plus d'informations sur :

http://www.cyberpresse.ca/actualites/ailleurs-sur-le-web/201008/13/01-4306354-30-000-americains-se-bousculent-pour-un-logement.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B2_ailleurs-sur-le-web_33084_accueil_POS1

http://www.msnbc.msn.com/id/3032619//vp/38666548#38666548


10-2 John Perkins, confessions d'un corrupteur de nations

Confessions d’un assassin financier.

Nb Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

Retour sur un ouvrage paru en 2005 mais d’une actualité saisissante, où l’auteur John Perkins, ex-"assassin financier" employé par la très secrète NSA (National Security Agency) décrit les mécanismes mis en place par les Etats-Unis pour affaiblir voire asservir des États au travers de pots-de-vin, de corruption et aussi de prêts énormes que les États "cible" sont ensuite incapables de rembourser.

Le lien avec le 11 Septembre ?

John Perkins explique dans son livre que les attaques terroristes sont le résultat de ces opérations et de la haine qu’elles ont suscitée dans le monde, une analyse sans doute partielle, mais qui n’enlève rien aux révélations sur ces pratiques impériales.

Faut-il étendre la liste des victimes et y inclure la Grèce, et bientôt d’autre pays de la zone Euro ?

GeantVert

juin 15, 2010

Vidéo : http://www.dailymotion.com/video/xa636d_john-perkins-confessions-d-un-corru_news?start=2#from=embed



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

06/08/2010

n°3 - Orwell ou le 'Big Brothers' - 06-08 : - Début : - Les carnassiers de Wall Street : les présidents permanents des Etats-Unis.

n°3 - Orwell ou le 'Big Brothers'  - 06-08 : - Début : - Les carnassiers de Wall Street : les présidents permanents des Etats-Unis.



L’Amérique d’Obama

n°3

06-08

C.De Broeder & M.Lemaire



 " L’Amérique d’Obama est  visible 

a) sur nos blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                             http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site de Eva Resis :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

 Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Tiré à part :

Orwell ou le ‘Big Brothers’

Napakatbra : Contrôle de la société Etats-Unis : le fichage ADN systématique se généralise

Washington veut augmenter l'accès du FBI à des données Internet personnelles. 

Transfert Des Données Personnelles Des Citoyens Européens Aux US : Opacité, Impossibilité De Contrôler, De Contester.

William M. ARKIN, Dana PRIEST : Top Secret America : Le voisinage des Services Secrets

Suite

Les carnassiers de Wall Street : les présidents permanents des Etats-Unis

Prison

Arronax : Américain sur 100 est en prison !

Eric Chol : Les prisons américaines, une industrie touchée par la crise

La prison à perpétuité abolie pour les mineurs américains non meurtriers ?

C’est arrivé Près de chez vous

INTERROGATOIRES, RENSEIGNEMENTS, QUE NOUS PREPARENT LES USA ?  

Fin

Puissance Géopolitique aux abois

Eva R-sistons : L' "Empire" est condamné,

Racisme

États-Unis : le racisme des républicains.

Vidéo - Livres

Nouvel ordre mondial=New world order

Spécial Guantanamo

Vidéo d'un interrogatoire à Guantanamo ...

Vidéo torture à Guantanamo

Vidéo CHANNEL 4 PRESENTS TORTURE: GUANTANAMO GUIDEBOOK PART 2 OF 3

Annexe

George W. Bush "savait que les prisonniers de Guantánamo étaient innocents "

Chris Hedges : Noam Chomsky sur l’état d’esprit qui règne aux États-Unis : « je n’ai jamais rien vu de tel »



Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.



”Si vous croyez que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother, détrompez-vous…

 Vous êtes en plein dedans !”
“Lorsqu’on ne s’étonne plus du traçage, de la vidéosurveillance ou de la conservation des données, c’est justement le signal qu’on est entré dans un monde Orwellien”.



Tiré à part :



Orwell ou le ‘Big Brothers’

Napakatbra : Contrôle de la société Etats-Unis : le fichage ADN systématique se généralise

Les mots ont un sens.

Bienvenue à Gattaca, USA.

Bon nombre d'Etats américains prélèvent, analysent et stockent ad vitam aeternam l'ADN de leurs nouveau-nés, sans même en informer les parents. Bienvenue à Gattaca, USA.

Imaginez qu'un mois après la naissance de votre enfant, son pédiatre vous appelle pour vous annoncer qu'il est porteur d'une anomalie génétique. Panique à bord. Quelques jours plus tard, après moult analyses médicales, le calme revient. Votre marmot est en bonne santé, il n'est pas porteur de la maladie tant redoutée. Puis vient le temps des questions. Et là, re-panique. Comment ce doc' de choc a-t-il pu découvrir l'anomalie ? Simple : votre gouvernement veille sur vous, il a décidé d'analyser l'ADN de votre enfant, sans même prendre la peine de vous en informer. Et il conservera indéfiniment son emprunte génétique. Prévoyant avec ça...

Sans gêne éthique

Malheureusement, il ne s'agit pas d'une fiction mais bien d'une information, balancée à la sauvette par CNN (voir la traduction de Panoptique). Un fichage ADN généralisé se met discrètement en place, dans de nombreux Etats américains tels que la Californie ou la Floride, sans que les citoyens n'en soient informés. Officiellement, cette base de données est destinée à détecter d'éventuelles nouvelles anomalies génétiques, à mesure que le science progresse. Elle pourrait aussi permettre d'aider à la recherche de personnes disparues ou d'identifier des corps. Et bien plus... Car si les prélèvements sont réalisés par des laboratoires publics, ils peuvent aussi être transférés au privé.

Assureurs et employeurs tatillons se frottent les mains...

Régulièrement, des parents découvrent par hasard que l'ADN de leur enfant est prélevé, analysé et stocké. Régulièrement, ils comprennent en même temps que leur progéniture est porteuse d'un gène "discriminatoire" (ou pourrait le devenir). Et même si le bambin est finalement déclaré "sain", les traces de ce "risque" resteront à jamais gravées dans cette base de données qui ne manquera pas, un jour ou l'autre, de tomber entre les mains de personnes malintentionnées. Et régulièrement, les parents se plaignent... dans le vide, puisque c'est pour leur bien.

Napakatbra

http://www.lesmotsontunsens.com/fichage-adn-generalise-etats-unis-7221

 

Washington veut augmenter l'accès du FBI à des données Internet personnelles. 

La Maison-Blanche a demandé au Congrès d'augmenter les capacités de la police fédérale américaine (FBI) à obtenir l'accès à des données Internet personnelles sans mandat de la justice, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.
 Les autorités américaines souhaitent en effet ajouter les "archives transactionnelles de communications électroniques" à la liste des documents auxquels le FBI peut avoir accès, sans l'aval d'un juge, dans les affaires touchant au terrorisme ou à la sécurité nationale, rapporte l’édition du 29 juillet du « Washington Post ». En clair, les enquêteurs veulent un accès direct aux destinataires de courriels, aux heures et dates d'envoi de messages et, selon certaines interprétations, à l'historique de navigation d'un citoyen américain. Le président américain Barack Obama a demandé au Congrès de modifier le projet de loi sur les communications électroniques privées d'ici le début de l'année fiscale en octobre.

31/07/2010

Press TV-

http://french.irib.ir/index.php/info/international/item/99301-washington-veut-augmenter-lacc%C3%A8s-du-fbi-%C3%A0-des-donn%C3%A9es-internet-personnelles

 

Transfert Des Données Personnelles Des Citoyens Européens Aux US : Opacité, Impossibilité De Contrôler, De Contester.

"...Nous savons qu’il y a beaucoup d’activité concernant cette collecte et ces extractions de données mais même ceux du Congrès US savent peu de choses là-dessus. Donc je pense que les Européens en savent encore moins."

L’Union européenne a approuvé une nouvelle loi autorisant les US à avoir accès aux données bancaires Swift des citoyens européens.
Cet accord permet aux US d’avoir accès au réseau Swift qui gère chaque jour des millions de transactions bancaires.
Le vote fait suite à un accord précédent qui a été bloqué par le parlement européen en Février.
Washington affirme que cet accord est primordial pour sa lutte contre ce qu’ils appellent le terrorisme. La nouvelle loi a été votée par 484 voix pour et 109 contre.
En 2006 les US avaient été pris en flagrant délit d’accès secret aux données bancaires de millions d’Européens.


Presst TV a discuté de ce sujet avec Edward Spannaus qui travaille pour la revue Executive Intelligence à Washington. Ci-dessous la transcription de son interview.
Press TV : les négociateurs européens disent que le nouvel accord donne aux fonctionnaires de l’EU autorité pour contrôler les actions des enquêteurs US. Cela est-il suffisamment rassurant pour satisfaire les questions évidentes de vie privée que cette loi soulève ?

Spannaus : cette loi ne me rassure pas du tout. J’ai lu des informations conflictuelles concernant le fait que les citoyens européens puissent avoir des recours s’ils pensent que leurs données bancaires sont utilisées mal à propos et il semble que non.
Il est supposé exister un organisme de supervision de l’UE stationné aux US mais tout ceci est très flou et je pense qu’il y a au sein du parlement européen beaucoup d’inquiétude sur cette question de savoir quel type de supervision il devrait y avoir.

Press TV : des citoyens européens qui pensent que leurs données ont été détournées auront le droit d’entamer une action en justice dans les tribunaux US. Mais les US, surtout depuis le 11 Septembre, n’ont jamais été interpellé sur l’utilisation de données personnelles peut on croire en cette supposée concession ?

Spannaus : vous soulez un point très important car sous l’administration Bush avec Bush et Cheney les citoyens qui pensaient qu’ils avaient été sujets à une surveillance électronique ou que leurs données personnelles avaient été détournées n’ont pas pu aller en justice et obtenir réparation et depuis que l’administration Obama a pris le relais il n’y a pas eu de changement. L’administration Obama s’est aussi appuyée sur ce que l’on appelle le « privilège du secret d’état » pour empêcher tout accès.
Donc pour moi il est difficile de croire que des citoyens européens pourront avoir accès aux tribunaux ici quand des citoyens des Etats Unis sont incapables d’avoir accès à la justice pour obtenir réparation ou pour savoir quelle quantité d’information est en fait utilisée.

Press TV : le dirigeant des membres conservateurs de
la Grande Bretagne au parlement européen a dit que cette loi « envoie le bon signal concernant notre volonté de résoudre le problème du terrorisme et notre engagement à rester un partenaire fort des US ». Les citoyens européens le percevront-ils également comme cela ?

Spannaus : vous mentionnez les citoyens européens ! Un aspect de tout ceci c’est que c’est le résultat du traité de Lisbonne qui a éliminé la souveraineté des états nations en Europe.
Donc cette décision n’a pas été prise par les nations individuellement. Elle a été prise par le parlement européen et cela veut dire que les US peuvent contourner les traités spécifiques appelés « Traités d’Assistance Légale Mutuelle » des nations séparément et ainsi obtenir les données par paquets du dénommé « Centre de Données Swift » avec l’approbation de l’Union européenne.
C’est donc une autre conséquence de la perte de souveraineté de ces pays et je ne suis pas surpris que quelqu’un en Grande Bretagne dise que cela envoie le bon signal. Mais pour ce qui est des autres pays membres de l’UE je pense qu’il devrait y avoir beaucoup d’inquiétude là-dessus, un manque de transparence, une absence de compte à rendre sur ce programme.

Press TV : donc à quel genre de réaction peut-on s’attendre de la part des citoyens européens une fois que cette loi entrera en application ?

Spannaus : le problème c’est que les citoyens pris individuellement ne savent pas si des données bancaires ou personnelles les concernant ont été transmises.
Certains groupes ont dit qu’ils voulaient faire appel de la décision, la porter peut être à
la Haye, devant la Cour Internationale de Justice, car aucun pays à titre individuel ne peut faire quoi que ce soit seul le parlement européen peut agir.
Je pense qu’on devrait considérer ce programme avec beaucoup de scepticisme particulièrement du fait qu’il y a un programme identique aux US. Nous n’en connaissons pas encore l’ampleur, nous ne savons pas comment les données ont été utilisées et nous ne savons pas quelle quantité. Nous savons qu’il y a beaucoup d’activité concernant cette collecte et ces extractions de données mais même ceux du Congrès US savent peu de choses là-dessus. Donc je pense que les Européens en savent encore moins.
MSK/MMN –

 09/07/2010 –

Press TV

Mireille Delamarre titre traduction

http://www.planetenonviolence.org/Transfert-Des-Donnees-Personnelles-Des-Citoyens-Europeens-Aux-US-Opacite-Impossibilite-De-Controler-De-Contester_a2235.html

14 juillet

 

William M. ARKIN, Dana PRIEST : Top Secret America : Le voisinage des Services Secrets

La communauté du renseignement poursuit ses activités dans les banlieues de la nation. Si son travail est invisible, son impact se fait réellement ressentir.

ReOpen911 : La National Security Agency (NSA) est l’organisme spécialiste par excellence de la cryptologie – le chiffrement et le déchiffrement des données. Son impressionnant réseau de stations d’écoute et de satellites intercepte et analyse les communications (les émissions radio, la TV, les satellites, le téléphone, les réseaux sans fils, la messagerie électronique) du monde entier au prétexte de prévenir toutes sortes d’agressions. Elle s’est dotée de systèmes informatiques de reconnaissance vocale et d’ordinateurs comme le "CRAY" dernière génération. Ces machines des plus puissantes au monde, seraient donc capables de déchiffrer les moindres données.

Bien que le complexe de Fort Mead, l’un des sites de la NSA, occupe déjà l’équivalent de la superficie du Pentagone, il rogne un peu plus chaque année sur les terres agricoles. 38 000 employés y travaillent régulièrement. 10 000 autres devraient venir renforcer l’effectif d’ici 15 ans. Dans quel but ? Pallier à la hausse du chômage ? Curieusement, les habitants de la région ne semblent rien voir de tout cela, comme si ce monde à part, cette superpuissance autoproclamée dans leur voisinage immédiat n’existait pas. Pourtant une gêne ambiante, sourde, pèse sur les habitants.

Le Washington Post, dans cet article tiré de son dossier Top Secret America que nous avons récemment abordé, nous invite à faire le tour du propriétaire de la NSA et ses environs à Fort Meade, Maryland.

L’entrepôt de brique n’est pas que cela. Franchissez la porte et là, caché un peu plus loin, on découvre un détail sur le personnel de la sécurité : une flotte de véhicules utilitaires sportifs noirs, blindés pour résister aux tirs et aux explosions.

Sur le terre-plein central le long de la rue principale, les panneaux ne sont pas des publicités pour des maisons à vendre ; ils invitent les employés ayant l’habilitation secret-Defense à un salon de l’emploi au Café Joe, qui est tout sauf un lieu normal de restauration.

Le nouvel immeuble de bureaux couleur bronze est réellement une sorte d’hôtel où les entreprises peuvent louer des chambres protégées des écoutes.

Même la plaque d’égout entre deux bâtiments de faible hauteur n’est pas que cela.

Entourée de béton cylindrique, il s’agit du point d’accès à un câble du gouvernement. "TS / SCI", chuchote un fonctionnaire, soit les abréviations pour « top secret » et « information sensible compartimentée » – ce qui signifie que peu de gens ont le droit de connaitre les informations qui transitent par le câble.

Tous ces lieux existent hors de Washington, ce qui équivaut à une géographie alternative des États-Unis, celle que dessinent la concentration des organisations gouvernementales top-secret et les entreprises qui travaillent pour elles. Ce faisceau de Fort Meade est le plus important parmi la douzaine de groupes (de ce genre) à travers les États-Unis, les centres nerveux du Top Secret America aux 854.000 employés.

D’autres (groupes) se situent à Dulles-Chantilly, Denver-Aurora et Tampa. Ils correspondent tous à la version des villes traditionnelles sous antenne militaire : ils dépendent financièrement du budget fédéral et sont culturellement définis par leur tâche exceptionnelle.

La différence, bien sûr, c’est que l’armée ne relève pas de la culture du secret. Dans les groupes du Top Secret America, une carte à puce numérique accrochée autour du cou est souvent le seul indice du lieu de travail. Le travail n’est pas discuté. Pas plus que les interventions. Les débats sur le rôle de l’Intelligence dans la protection du pays se produit uniquement lorsque quelque chose se passe mal et que le gouvernement enquête, ou lorsqu’une information classifiée est divulguée sans autorisation et qu’elle se transforme en nouvelles.

L’existence de ces groupements est si peu connue que la plupart des gens n’en prennent pas conscience lorsqu’ils approchent l’épicentre de Fort Meade ; même lorsque le GPS sur le tableau de bord de leur voiture se met soudain à donner des instructions erronées, piégeant les conducteurs dans une série de demi-tours, parce que le gouvernement trouble les signaux dans les proches environs.

Lorsque cela se produit, c’est que le point zero – La National Security Agency- est proche. Mais difficile de dire où. Les arbres, les murs et le paysage vallonné occultent la présence de la NSA de la plupart des points de vue ; les barrières en béton, des postes de garde fortifiés et des panneaux d’avertissement arrêtent ceux qui n’ont pas l’autorisation d’entrer sur les terres de la plus grande agence de renseignement des États-Unis.
De nombreux Américains ne se rendent pas compte que le travail top-secret pourrait s’exercer dans leur voisinage.

Par delà les obstacles se trouvent de gigantesques immeubles imposants, rangées après rangées. Derrière les vitres opaques résistant aux explosions, 30 000 personnes environ, lisent, écoutent et analysent pour la plupart le flot continuel de conversations interceptées, 24 heures par jour, sept jours par semaine.

De la route, il est impossible de dire l’étendue de la NSA, même si ses bâtiments occupent une surface de 585.000 m2 – environ la taille du Pentagone – et sont entourés de 453.247 m2 de places de stationnement. Aussi massive qu’elle puisse paraître, des documents indiquent que la NSA est destinée à s’étendre avec 10.000 employés de plus au cours des 15 prochaines années et 2 milliards de dollars pour financer la première phase d’expansion, soit une augmentation globale d’envergure qui portera l’espace immobilier du groupement de Fort Meade à près de 1,3 millions de m2.

Le siège de la NSA se trouve sur la base militaire de Fort Meade qui accueille 80 locataires du gouvernement, dont plusieurs grandes organisations du renseignement.

Chaque année, elles injectent 10 milliards de dollars dans les salaires et des contrats dans l’économie de la région – un chiffre qui permet d’expliquer le reste de Fort Meade, qui s’étend sur plus de 16 000 m dans toutes les directions.

Les entreprises qui prospèrent hors de l’agence et à proximité des autres organismes du renseignement commencent juste au-delà du périmètre de la NSA.

Dans certaines parties du groupe, elles occupent des quartiers entiers. Dans d’autres, elles forment des parcs d’affaires sur plus d’un kilomètre ; un chemin privé, contrôlé par des panneaux d’interdiction aux "avertissements" en jaune, les relie au campus de la NSA.

L’un des plus grands parcs est le National Business Park – de larges tours de verres angulaires sont réparties par blocks sur 1.153.354 m2 dissimulés. Les occupants de ces bâtiments sont des sous-traitants, et (ailleurs) là où ils sont mieux connus du public, ils minimisent volontairement leur présence. Mais dans le National Business Park, un lieu où seuls d’autres entrepreneurs auraient une raison de se rendre, les enseignes de leurs bureaux sont énormes, elles brillent dans la nuit de rouge vif, de jaune et bleu : Booz Allen Hamilton, L-3 Communications, CSC, Northrop Grumman, General Dynamics, SAIC.

Plus de 250 entreprises - soit 13 % de toutes les entreprise Top Secret America - sont représentées dans le groupe de Fort Meade. Certains ont plusieurs bureaux, tels que Northrop Grumman, qui en a 19, et SAIC, qui en a 11. Les entreprises effectuent un travail top-secret dans les 681 sites du groupe Fort Meade.

Sur les sites, les employés doivent se soumettre à des règles strictes, envahissantes. Ils passent régulièrement des tests au détecteur de mensonge, signent des formulaires de non-divulgation, remplissent de longs rapports suite à un voyage à l’étranger. Ils sont entrainés pour gérer les voisins fouineurs et les amis curieux. Certains sont formés pour endosser de fausses identités.

S’ils boivent trop, empruntent trop d’argent ou sympathisent avec des citoyens de certains pays, ils peuvent perdre leur habilitation secret-Defense, cette habilitation étant le passeport pour un emploi à vie à la NSA et dans les organismes de renseignement apparentées.

Alors que le Top Secret America se développait, le gouvernement est devenu de plus en plus dépendant de sous traitants ayant l’habilitation secret-Defense.

Par chance, ils excellent en mathématique : pour faire ce qu’elle fait, la NSA s’appuie sur le plus grand nombre de mathématiciens au monde. Elle a besoin de linguistes et d’experts en technologie, ainsi que de cryptologues, surnommés "Crippies." Beaucoup se savent être des ISTJ, qui signifie « introverti avec perception, réflexion et jugement », un ensemble de traits de la personnalité repérés par le test de personnalité Myers-Briggs qui prévaut dans le groupe de Fort Meade.

La bonne blague : « Comment reconnait-on un extraverti à la NSA ? C’est le seul qui regarde les chaussures des autres. »

« Elles font partie des personnes les plus brillantes au monde », a déclaré Ken Ulman, cadre au département de Howard, l’un des six départements de la sphère d’influence géographique de la NSA. « Ils exigent de bonnes écoles et une qualité de vie élevée. » Les écoles, en effet, sont parmi les meilleures, et certaines vont adopter un cursus cet automne qui enseignera à des élèves âgés de 10 le style de vie nécessaire à l’obtention d’ une habilitation secret et le genre de comportement qui pourrait les disqualifier.

Près d’une école, des bus scolaires jaunes sont alignés le long d’un bâtiment où le personnel des alliés, le « Cinquième Oeil » – les États-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande – partagent les informations top-secret sur le monde entier.

Les bus déposent les enfants dans les quartiers les plus riches du pays ; l’aisance est un autre attribut du Top Secret America. Selon les données du service de recensement, six des 10 plus riches comtés des États-Unis se trouvent dans ces groupes.

Le comté de Loudoun, classé le plus riche du pays, contribue à fournir de la main-d’œuvre pour le National Reconnaissance Office à proximité, qui gère les satellites espions. Le comté de Fairfax, en deuxième position- accueille la NRO, la CIA et le Bureau du directeur du renseignement national (DNI). Le Comté d’Arlington, classé au neuvième rang, accueille le Pentagone et les agences de renseignement majeures. Le Comté de Montgomery, classé 10e, est le foyer de l’Agence Nationale du Renseignement Geospatial - (NGIA). Et le comté de Howard, classé troisième, est le foyer de 8.000 employés de la NSA.

« S’il s’agissait d’une usine Chrysler, on parlerait Chrysler sur les pistes de bowling, Chrysler aux réunions du Conseil, Chrysler, Chrysler, Chrysler » a dit Kent Menser, employé au ministère de la Defense qui soutient le comté de Howard pour s’adapter à la croissance aux environs de Fort Meade. « Les gens qui ne font pas partie de l’effectif de la NSA n’apprécient pas totalement son impact sur leur vie ».

* * * *

L’impact de la NSA et autres organisations secrètes de ce groupe n’est pas seulement financier. Il régule même la fluidité du trafic un certain jour, lorsqu’ une camionnette blanche sort d’un parking pour se fondre dans la circulation à midi.

Cette camionnette blanche est suivie de cinq autres identiques.

Dans chacune d’elles, deux agents du gouvernement qui suivent des cours à l’Académie de Formation du Contre-Espionnage, tentent de ne pas se perdre sur les routes locales durant leur « surveillance discrète » – il s’agit ici de suivre un formateur qui joue le rôle de l’espion. Le véritable travail de ces agents issus de l’Armée, des Douanes et autres agences gouvernementales consiste à identifier les espions et terroristes étrangers qui visent leurs organisations, de localiser les espions et de recueillir des preuves pour prendre des mesures à leur encontre.

Mais aujourd’hui, ce sont des stagiaires reliés les uns aux autres par des radios et des plans de rues spécialement conçus à leur intention. Chaque année, environ 4000 agents fédéraux et militaires participent à des cours de contre-espionnage dans l’agglomération de Fort Meade ; en tant qu’agents, ils se déplacent sans éveiller l’attention des habitants qui vaquent à leurs occupations.

L’agent qui voyage sur le siège passager dans l’une des camionnettes blanches tient les cartes sur ses genoux tandis qu’elle déplace frénétiquement des pastilles jaunes pour tenter de suivre les positions des autres camionnettes et du suspect qu’ils surnomment « le lapin ».

D’autres agents accélèrent et font la course à 90km/h pour tenter de suivre le lapin tout en se prévenant les uns les autres de la présence de la police locale qui ne sait pas que ces camionnettes qui slaloment dans la circulation sont conduites par des agents fédéraux.

Soudain, le lapin n’est plus qu’à un pâté de maisons devant la camionnette la plus proche, il grille le feu à l’orange puis disparaît tandis que les agents se retrouvent coincés au feu rouge.

Feu vert.

C’est alors qu’un agent hurle en vain devant le pare-brise « Allez ! » à la voiture qui traîne devant. «  Dégage ! Dégage ! Dégage ! »

« On l’a perdu, » râle sa partenaire tandis qu’ils s’efforcent de le rattraper.

Finalement, les agents terminent leur filature à pied devant la librairie Borders à Columbia où le lapin est réapparu. Six hommes en polos et pantalons aux dégradés kakis inspectent les rayons des magazines et déambulent dans les allées.

Leur instructeur est embarrassé. « La partie la plus difficile, c’est l’attitude », confie-t-il, tout en observant les agents suivre le lapin dans le magasin rempli de femmes en basket et d’enfants en tongs. « Certains n’arrivent pas à se détendre suffisamment pour avoir le bon comportement… Ils devraient avoir l’air de flâner, mais ils sont là à observer par-dessus un livre, sans bouger. »

Dans le groupe, on trouve des exemples où le monde occulte et le public se côtoient. Une sandwicherie Quiznos dans le groupe ressemble à n’importe quel autre restaurant de cette chaîne nationale, si ce n’est la queue qui se forme dès 11h du matin. Ceux qui attendent portent des lunettes de soleil Oakley appréciées des personnes qui ont travaillé en Afghanistan ou en Irak. Ils portent des bottes couleur sable du désert. Les militaires en service représentent 40% du personnel de la NSA et ce Quiznos est tout près d’un de leurs bureaux.

Ailleurs dans le quartier, l’un des résidents Jerome James parle du bâtiment qui a surgi juste à la limite de son jardin. « Avant, il n’y avait que des terres agricoles, puis un jour ils ont commencé à creuser, » dit il. « Je ne sais pas ce qui s’y passe, mais cela ne me dérange pas. Je n’y pense pas. »

Le bâtiment protégé par des barrières et des grillages, est plus grand qu’un terrain de football. Aucune enseigne ou panneau pour l’identifier. Il y a bien une adresse, mais Google Maps ne la reconnaît pas. Si vous la saisissez, une autre adresse apparait systématiquement : « 6700 ».

Pas de nom de rue.

Juste « 6700 ».

Justin Walsh est dans l’un de ces bâtiments ; chaque jour, il passe des heures juché sur une échelle pour inspecter les faux plafonds d’une des plus grandes organisations de Top Secret America. Walsh est spécialiste en sécurité industrielle au sein du Département de la Defense. Chaque groupe a son propre Walsh, que ce soit à Fort Meade ; ou dans le dédale sous terrain des bâtiments de Crystal City à Arlington, prés du Pentagon ; ou dans les parcs d’affaires high-tech près du Centre National de Renseignement Spacial à Dayton, Ohio.

Quand il n’est pas sur une échelle, Walsh trifouille la photocopieuse pour s’assurer qu’elle ne puisse reproduire les secrets stockés dans sa mémoire. Ou bien il teste le démagnétiseur, un aimant géant qui efface les données des disques durs classifiés. Ou bien il est en train de disséquer le système d’alarme, sa fibre optique et le codage utilisé pour envoyer des signaux à la salle de contrôle.

Dans l’Amérique Top Secret, tout est réglementé par le gouvernement : l’épaisseur de l’acier des barrières, la qualité des sacs en papier pour le transport des documents classifiés, l’épaisseur des murs et la hauteur des faux planchers insonorisés.

Autour de Washington, 4000 bureaux de sociétés privées gèrent l’information classifiée, soit 25% de plus que l’an dernier, selon le superviseur de Walsh, et l’équipe de Walsh a en permanence 220 bâtiments à contrôler dans son programme d’inspection. Le moindre bâtiment doit faire l’objet de contrôles, et tout nouveau bâtiment doit être inspecté de fond en comble avant que la NSA n’autorise ses occupants à ne serait-ce qu’établir une connexion téléphonique avec l’agence.

Il y aura bientôt un nouveau bâtiment de quatre étages à Fort Meade, prés d’un quartier tranquille de pavillons haut de gamme protégé. Son constructeur affirme qu’il peut résister à un attentat à la voiture piégée. Dennis Lane affirme que ses ingénieurs ont mis plus de boulons dans chaque poutrelle d’acier de la charpente que ne l’exige la norme pour garantir que la structure ne s’effondrera pas en cas d’imprévu.

Lane, vice-président de la société de construction Ryan Commercial, est devenu lui-même une sorte de fouineur lorsqu’il s’agit de travailler pour la NSA. A 55 ans, il a vécu et travaillé toute sa vie dans l’ombre de la NSA et s’est adapté à sa présence croissante au sein de sa communauté. Il recueille des informations commerciales par le biais de son propre réseau d’informateurs, des cadres dirigeants comme lui qui espèrent faire une bonne affaire sur le dos d’une organisation dont la plupart des voisins n’ont jamais entendu parler.

Il repère le moment où la NSA ou d’autres organisations secrètes du gouvernement louent un bâtiment, embauche d’avantage de sous-traitants et fait appel aux entreprises locales. Il suit les projets de construction, les délocalisations, les changements au sein des sociétés privées. Il sait que les planificateurs locaux estiment que 10.000 emplois supplémentaires seront créés par la NSA et 52.000 supplémentaires par les autres agences de renseignement qui s’installeront à Fort Meade.

Lane était déjà au courant de toutes les rumeurs avant l’annonce officielle disant que le prochain commandement militaire géant, US Cyber Command, serait dirigé par le général quatre étoiles actuellement à la tête de la NSA. « Ce cyber-machin sera énorme, » dit il. « Un cyber commandement pourrait occuper tout l’immobilier disponible dans la zone ».

Lane le sait car il a été témoin de la croissance post-11/9 de la NSA. A présent elle absorbe chaque jour 1,7 milliards de communications : courriers électroniques, forums, messageries, adresses IP, numéros de téléphone, appels téléphoniques et conversations de téléphones mobiles.

A sa manière, Jeani Burns en a été témoin aussi.

Burns, une femme d’affaires à Fort Meade, prend un verre un soir après le travail. Elle fait un geste en direction de quelques hommes qui se tiennent près du comptoir.

« Je peux les repérer, » dit elle. Le costume. La coupe de cheveux. Le comportement. « Ils ont ce regard, comme s’ils avaient peur que quelqu’un vienne leur poser une question à leur sujet. »

Des agents secrets viennent ici aussi, chuchote-t-elle, pour les surveiller, « pour s’assurer que personne ne parle trop. »

Burns est bien placée pour le savoir – elle vit avec un de ces homme secrets depuis 20 ans. Avant, il travaillait pour la NSA. A présent, il est l’un de leurs sous-traitants. Il a fait la guerre. Elle ne sait pas où. Il fait quelque chose d’important. Elle ne sait pas quoi.

Elle raconte qu’elle est tombée amoureuse de lui il y a 20 ans et que depuis, elle a passé sa vie à s’adapter. Lorsqu’ils sortent avec des amis, dit elle, elle les appelle avant pour les prévenir : « Ne lui posez pas de questions. » Parfois les gens le comprennent, mais lorsque ce n’est pas le cas, « c’est dur à dire, mais nous ne sortions plus avec eux. » Elle le décrit comme un « observateur. C’est moi la suspecte, » dit elle. « Cela me gêne qu’il ne m’emmène jamais en voyage, ne pense jamais à quelque chose d’excitant à faire… J’ai l’impression d’être trompée. »

Mais elle dit aussi : « Je le respecte vraiment pour ce qu’il a fait. Il a consacré sa vie pour maintenir notre mode de vie, et il n’en retire aucune reconnaissance du public ». Pendant ce temps, à l’extérieur du bar, le bourdonnement est continu. La nuit, aux confins du Parc d’Affaires National, des fenêtres de bureaux sont encore éclairés ici ou là. Les 140 chambres de l’hôtel Marriott Courtyard sont toutes louées, comme d’habitude, à des clients tel cet homme à la réception qui dit seulement qu’il « travaille pour l’armée ».

A l’intérieur de la NSA, il y a un va et vient permanent de mathématiciens, de linguistes, de techniciens et de cryptologues. Ceux qui partent descendent par l’ascenseur au rez-de-chaussée. Chacun porte une petite boite en plastique avec un code barre. Elle contient une clé de porte qui résonne à chaque pas. Pour ceux qui travaillent ici, ce son signale le changement d’équipe.

Tandis que les employés qui prennent leur poste passent le tourniquet, ceux qui partent glissent leur badge d’identification dans une fente. Une trappe s’ouvre. Ils déposent leur boite contenant la clé puis sortent en passant par un tourniquet. Ils quittent le parking et roulent lentement vers les barrières et portails qui protègent la NSA, où ils croisent une longue file de voitures qui roulent en sens inverse. Il est presque minuit à Fort Meade, la capitale de Top Secret America, un endroit qui ne dort jamais et qui s’étend un peu plus chaque jour.

William M. ARKIN, Dana PRIEST 

SOURCE : http://projects.washingtonpost.com/...

Traduit par V.D. et apetimedia pour

ReOpenNews et le Grand Soir.

 


 

n°3 - Orwell ou le 'Big Brothers' - 06-08 : - Suite : - Les carnassiers de Wall Street : les présidents permanents des Etats-Unis.

n°3 - Orwell ou le 'Big Brothers'  - 06-08 : - Suite : - Les carnassiers de Wall Street : les présidents permanents des Etats-Unis.



L’Amérique d’Obama

n°3

06-08

C.De Broeder & M.Lemaire



 " L’Amérique d’Obama est  visible 

a) sur nos blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                             http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site de Eva Resis :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

 Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Orwell ou le ‘Big Brothers’

Les carnassiers de Wall Street : les présidents permanents des Etats-Unis

Prison

Arronax : Américain sur 100 est en prison !

Eric Chol : Les prisons américaines, une industrie touchée par la crise

La prison à perpétuité abolie pour les mineurs américains non meurtriers ?

C’est arrivé Près de chez vous

INTERROGATOIRES, RENSEIGNEMENTS, QUE NOUS PREPARENT LES USA ?  



Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.



”Si vous croyez que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother, détrompez-vous…

 Vous êtes en plein dedans !”
“Lorsqu’on ne s’étonne plus du traçage, de la vidéosurveillance ou de la conservation des données, c’est justement le signal qu’on est entré dans un monde Orwellien”.



Orwell ou le ‘Big Brothers’

Les carnassiers de Wall Street : les présidents permanents des Etats-Unis.
« Le grand Satan surgit d’une trop grande concentration de pouvoirs entre les mains de quelques hommes. »
Andrew Jackson, président des Etats-Unis, de 1829 à 1837
http://www.courrierinternational.com/article/2010/04/29/la-presse-mil...
Il n’y a aucune séparation des pouvoirs. La sphère publique, celle sur laquelle chaque citoyen croit être en mesure d’influer, est totalement assujettie à la sphère privée, une énorme toile d’araignée aussi opaque qu’un nuage de cendres au-dessus d’un volcan en éruption. Il y a des hommes au-dessus des présidents. Ils occupent une place élevée au sein d’entreprises privées dominant leur secteur. Ils sont souvent PDG et cumulent des postes « moins importants », comme membre de conseil d’administration, consultant dans des entreprises satellites, professeur ou président d’université *.

Il est fréquent qu’un de ces PDG ou haut responsable de multinationale occupe un temps la position de ministre public, avant de retourner dans son fauteuil privé, beaucoup plus rentable, plus confortable et plus efficace pour tirer de l’ombre les ficelles du gouvernement officiel. D’autres fois, ils sont conseiller principal, ou à titre officieux.

Par exemple, Robert E. Rubin, PDG de Goldman Sachs de 1990 à 1992 après en avoir gravi tous les échelons, devint Secrétaire au Trésor (Ministre des Finances) de 1993 à 1997 sous Bill Clinton, avant de retourner au Privé, dans Citigroup, la première banque commerciale mondiale, comme responsable du comité exécutif. Trajet classique du privé au privé, en passant par un mandat public.

De même, Henry M. « Hank » Paulson Jr, PDG de Goldman Sachs, surnommé Mr Risk parBusiness Week (1), fut Secrétaire au Trésor de 2006 à 2008 sous George W. Bush.

Il est capital que des hommes du sérail, des serviteurs du Privé, viennent contrôler les agissements et décisions du gouvernement visible, au travers du contrôle du ministère public correspondant.

Par exemple, dans le cas de la finance, au moment de la crise des subprimes de 2008, qui s’est transformée en crise financière mondiale, cette pratique a permis, via le travail zélé de Henry Paulson, ex PDG de Goldman Sachs, de monter le scandaleux plan de sauvetage des banques fautives, à hauteur de 700 milliards de dollars prélevés dans les poches du contribuable étatsunien (TARP : Trouble Asset Relief Program), dont dix milliards de dollars atterrirent sur les comptes de Goldman Sachs.

Ceci fut possible grâce aux efforts de Neel Kaskari, proche collaborateur de Paulson alors qu’il était PDG de Goldman Sachs, et rapatrié avec lui au Ministère des Finances.

Pour l’édification des lecteurs, ce sauvetage des banques privées, pourtant seules responsables de leur débâcle, par les fonds publics, n’a pas empêché ensuite ces mêmes banques de s’attribuer des bonis record (23,4 milliards de dollars en 2009, versés à ses employés « méritants » par Goldman Sachs).

AIG, le numéro 1 mondial de l’assurance, dans la tourmente en 2008 du fait de ses pratiques frauduleuses et de sa participation délibérée au montage financier pourri par les actifs toxiques des banques, a bénéficié largement du plan Paulson, lequel fut très généreux et complaisant envers AIG.

Edward Liddy, qui travaillait chez Goldman Sachs avec Henry Paulson avant que celui-ci ne devienne ministre des finances sous George W Bush, devint PDG d’AIG après le naufrage et la remise à l’eau par le contribuable américain.

Durant le dernier trimestre 2008, les pertes d’AIG s’élevaient à 61,7 milliards de dollars (100 milliards de dollars sur toute l’année). Malgré cela, en mars 2009, après son sauvetage par le gouvernement, instrumentalisé par le loyal Henry Paulson, AIG annonça les bonis accordés à ses « brillants » dirigeants : 165 millions de dollars ! AIG aura reçu pour 170 milliards d’aide fédérale en tout.

Ce qui fit dire à Barack Obama « Il s’agit d’un outrage infligé aux contribuables américains qui ont permis de conserver la compagnie. […] Excusez-moi, je suis choqué et en colère. » Ceci illustre bien la hiérarchie réelle des pouvoirs. Mr Obama se met en colère car lui doit rendre des comptes et se faire élire.

Mr Paulson décide, persiste et signe, quoi qu’il en coûte, sans aucun scrupules ni remords. Henry Paulson rend compte uniquement au Système soutenu par la famille des banques privées dont Goldman Sachs est un membre éminent, à côté de JP Morgan, et à Wall Street dont la prédominance et le pouvoir ne dépendent aucunement d’élections mais de services rendus par des transfuges entre le privé et le public, lesquels en sont largement récompensés, que le public payeur et électeur soit content ou pas.

Cette mise sous tutelle des gouvernements sous l’emprise des entreprises privées n’est pas propre au monde de la finance. Tous les secteurs privés, dans tous les pays, contrôlent en sous-main les secteurs publics correspondants, au nez et à la barbe des citoyens, grâce à un va-et-vient permanent de responsables entre les deux sphères (2).

Pour prendre un seul exemple démonstratif mais non exclusif, citons le cas de Michael F Taylor. Ce dernier est un peu pour Monsanto et l’agro-alimentaire industriel ce que Paulson et Rubin furent à la finance et à Wall Street. Michal Taylor, juriste au service de Monsanto, devint haut responsable à la FDA, organisme fédéral de réglementation de l’alimentation et des médicaments, avant de revenir chez Monsanto comme haut responsable, puis de rempiler à la FDA sous Barack Obama.

Si les serviteurs de Goldman Sachs et Cie ont tout fait pour déréguler la finance et en détruire tout contrôle gouvernemental, Taylor a tout fait pour promouvoir la dérégulation des OGM, pour les intérêts des multinationales de l’agro-alimentaire industriel, Monsanto en tête (3).

Mais la finance, c’est le lobby des lobbys, le plus puissant de tous. C’est le mâle dominant de toute la tribu des lobbys aux Etats-Unis et dans le monde. A la différence de l’industrie du tabac, de l’armement, du pétrole, le secteur financier n’a rien à prouver, ni à vendre. Il n’a qu’à exister. Il permet à tous les autres de dominer leur secteur respectif et de faire du profit.

Les cavaliers de l’apocalypse

Robert E. Rubin. Henry M. Paulson. Lawrence Summers. Ben Bernanke. Timothy Geithner.

Les cinq cavaliers de l’apocalypse financière des vingt dernières années. Les artisans de la crise actuelle. Voilà le quintet démoniaque qui, depuis la présidence Clinton-Gore, s’acharne à faire de l’économie étatsunienne, donc mondiale, un vaste casino sans règles, sans lois, sans garde-fous.

Ces financiers, dont Wall Street est leur temple, ne sont pas fous, penser cela serait commettre une grave erreur d’appréciation. Ils sont froids, calculateurs, hautains, narcissiques et méprisants. Ce sont des hommes de main qui appliquent sans pitié des stratégies élaborées en haut lieu, dans les structures privées dont ils ont occupé les postes les plus élevés, et dans lesquelles ils retournent après avoir honoré leur contrat. Au niveau de ces hommes de main règnent la cupidité, l’avidité, l’arrogance et le sentiment d’une supériorité indiscutable. Comme l’écrit Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie en 2001, c’est le triomphe de la cupidité.

Au niveau où ces hommes de main reçoivent leurs ordres, règne la volonté d’un contrôle absolu. C’est un cran au-dessus de la « simple » soif de gains. Goldman Sachs, JP Morgan (4), Citadel Investment Group (5), Blackstone (6), sont les dominants d’un système dont le temple est Wall Street. Les présidents, premiers ministres, dirigeants visibles, élus, leur obéissent, par fascination, obligation, incompréhension, probablement un peu des trois. Et par intérêt personnel.

Bill Clinton fut élu en partie sur un programme électoral promettant aux électeurs un encadrement plus strict de Wall Street, un peu comme Barack Obama le fit à son tour. Pourtant le démocrate d’Arkansas alla encore plus loin que Ronald Reagan, le champion de la dérégulation, pour qui le gouvernement ne pouvait résoudre le problème des Etats-Unis car le gouvernement était le problème.

Depuis Franklin D. Roosevelt, suite à la crise financière de 1929 déjà précipitée en partie par Goldman Sachs, le New Deal (la Nouvelle Donne) avait placé des garde-fous autour des requins de la finance.

Le Glass Steagall Act, voté en 1933, traçait une frontière infranchissable entre les banques de dépôt et les banques d’investissement.

La Loi Glass-Steagall empêchait strictement la collusion entre banques de dépôts et banques d’affaires (comme Goldman Sachs). Elle interdisait à toute banque de dépôts de posséder une banque d’affaires ou d’acheter, de vendre ou de souscrire des titres financiers, domaine réservé aux banques d’affaires. A l’inverse il était interdit aux banques d’affaires d’accepter les dépôts de simples clients, ce qui relevait uniquement des banques de dépôts.

La Commodity Futures Trading Commission ou CFTC est un organisme qui fut créé en 1936 pour éviter tout risque de manipulation des marchés, notamment des matières premières, et tout risque de spéculation de la part des banques.

1933, Glass Steagall Act. 1936, CFTC.

1999, le Financial Services Modernisation Act vient détruire ces garde-fous dressés par l’administration Roosevelt. Il est signé par Bill Clinton, sous le regard sévère, mais satisfait, de Robert E. Rubin, son Secrétaire au Trésor, et la main du président qui avait promis de dompter Wall Street efface d’un trait de plume le Glass Steagall Act. C’est l’aboutissement d’un long travail de lobbying téléguidé depuis Wall Street. Robert Rubin, et Larry Summers, autre compère du système, seront largement récompensés pour cela.

Cette nouvelle loi, dans l’élaboration de laquelle Robert Rubin et Laurence Summers, son équipier avant de devenir son successeur en juillet 1999, ont joué un rôle primordial, ne fait pas moins que légitimer le délit d’initié, la manipulation financière outrancière, autoriser la concurrence entre banques de dépôt, banques d’investissement et compagnies d’assurance, et autoriser la fusion entre ces établissements différents. Elle officialise en fait une pratique déjà entamée en 1998, avec la fusion de Citibank, première banque d’affaires mondiale, et Travelers Group, éminente compagnie d’assurances, constituant Citigroup. Robert Rubin, en « paiement » de ses loyaux services, devint responsable du comité exécutif de Citigroup.

L’incessant renvoi d’ascenseurs.

Clinton était fasciné par les responsables des grands établissements financiers. Ceux-ci mettaient à sa disposition les résidences luxueuses qu’ils possèdent sur l’île chic et branchée de Martha’s Vineyard, dans le Massachussetts, exactement comme ils font aujourd’hui avec Barack Obama. Ou à East Hampton, la banlieue huppée de New-York.

La présidence de Bill Clinton est celle qui permit l’affranchissement définitif de Wall Street de toute entrave légale.

Les milieux financiers, reconnaissants ont fait de Clinton un homme riche et respecté. Ses conférences, somptueusement payées, lui ont rapporté une somme globale de 40 millions de dollars. Il est également devenu conseiller pour plusieurs fonds gérés par un de ses amis milliardaires, Ronald Burke.

D’autres présidents, d’autres dates ont marqué l’avancement du plan des banquiers privés : la création en 1913, sous Woodrow Wilson, de la Réserve Fédérale, la Banque Centrale US, établissement semi-public censé encadré les banques privées, régi à la base par ces mêmes banques privées, sous l’impulsion de JP Morgan, Rockefeller, Warburg et Rothschild, création permettant aux banques privées d’émettre la monnaie et de coordonner les émissions de crédit, dérobant cette prérogative au gouvernement.

En 1971, sous Nixon, c’est la fin officielle de la parité dollar/or, déjà compromise en pratique depuis plusieurs années, faisant que la masse monétaire n’est plus encadrée par rien, et que l’argent est créé par les banques privées lorsqu’elles émettent du crédit, sans garde-fous.

C’est la suppression du Glass Steagall Act, sous Clinton, en 1999, qui permit la création, puis la généralisation des prêts de type subprimes, qui seront au cœur de la crise mondiale de 2008.

Clinton, Bush, Obama. Les trois derniers présidents US grâce auxquels Wall Street et la haute finance spéculative, déjà libérés de bien des contraintes sont devenus totalement hors de contrôle, ont laissé les financiers insolents mener la barque. Au travers de Rubin-Summers pour Clinton, Paulson pour Bush et Summers-Geithner-Bernanke pour Obama.

Rubin et Summers sont les artisans du démantèlement du Glass Steagall Act. Avec Paulson, désormais, Wall Street avait la garantie que l’argent public, le salaire du contribuable, épongerait ses opérations les plus risquées et les plus douteuses. La haute finance pouvait faire ce qu’elle voulait. Ils se trompent ? Le gouvernement les renfloue. Ils gagnent ? Ils gardent tout pour eux.

Actuellement, Lawrence Summers, un chouchou du système, est le principal conseiller économique de Barack Obama. Ce-dernier avait proposé à Jamie Dimon, le big boss de JP Morgan, le poste de Secrétaire au Trésor, puis, devant son refus, à Lawrence Summers mais les deux derniers, avec l’influent Peter Peterson, proposèrent le nom de Timothy Geithner. Le père de Tim Geithner, Peter, était membre influent du CFR (Council of Foreign Relations) dont Peter Peterson fut président.

A ses débuts, Tim rentra au cabinet de conseil créé par Henry Kissinger dont Peterson était également l’associé. Kissinger siégeait au conseil d’administration d’AIG en 1990, la compagnie d’assurance qui bénéficia en 2008, de tant de complaisance et de générosité de la part de Paulson puis de Tim Geithner.

De 1998 à 2001, Geithner fait ses armes auprès de Rubin et Summers, comme sous-secrétaire aux finances pour les affaires internationales, sous Clinton. A 42 ans, il est le président de la FED de New-York, la succursale la plus puissante de la Banque Centrale étatsunienne qui en compte douze à travers les Etats-Unis. C’est de ce poste que Geithner est propulsé, sur les conseils de Dimon, Summers, et Peterson, à celui de secrétaire au trésor d’Obama. A la FED de New-York, Geithner est remplacé par Stephen Friedman qui vient de Goldman Sachs. Ce poste est trop important pour être laissé à n’importe qui.

C’est un petit monde, une sorte de carrousel, de « jeu » où les mêmes joueurs possèdent toutes les cartes. Summers pour Obama, joue le rôle que Rubin a joué pour Clinton. Paulson s’était occupé de George W. Bush.

Avec Rubin (Clinton), Paulson (Bush), Summers (Obama), le Ministère des Finances est placé sans aucune contrepartie sous la tutelle du secteur financier spéculatif et destructeur d’économie réelle, c’est-à-dire Wall Street.

Ces financiers créent, dès les années 90, le Working Group on Financial Markets, qui regroupe le Ministère des Finances, le patron de la FED, le patron de la Bourse de New-York et les dirigeants des grandes firmes financières. C’est, depuis, le véritable organe du pouvoir financier, véritable collusion opaque entre le secteur privé et l’Etat fédéral, dans laquelle le privé contrôle le fédéral, et non l’inverse. La Réserve Fédérale elle-même revint à Ben Bernanke en 2006, autre sbire du sérail, successeur de Alan Greenspan, grand complice (et grand copain, partenaire de golf) de Rubin et Summers.

Ainsi, Obama, entre Summers, Geithner, Bernanke, est-il bien surveillé, conseillé, et téléguidé.

Si Rubin et Paulson incarnent l’arrogance **, la mauvaise foi, étant le reflet parfait de l’arrogance de la finance et de son indifférence aux réalités économiques, aux conséquences sociales, humaines, ainsi qu’à ses propres échecs, Bernanke, lui, personnifie l’incompétence.

Les principaux conseillers et les ministres des finances US sont tous issus du sérail, du Privé, de Wall Street, et y retournent une fois leur mandat accompli.

Le contrôle s’effectue à partir du contrôle de la Réserve Fédérale, et de sa succursale de New-York, du Ministère des Finances (le Trésor US), en plaçant à ces postes clés des hauts dirigeants des principales firmes privées dont Goldman Sachs, JP Morgan. Ce contrôle est renforcé par des conseillers au Président et des groupes de travail comme le Working Group on Financial Markets.

En ce moment, Bernanke, Friedman, Geithner, Summers sont l’étau autour du président.

Dans les rustines concoctées par Obama qui ne décide de rien, mais suit les ordres, il est fait mention de Mary L. Shapiro et de Paul Volcker, pour remettre de l’ordre dans tout ça. Tour de prestidigitateur.

Quel que soit l’effet d’annonce, il est encore instructif de reprendre le parcours de ces personnes pour déceler un changement réel, et non une promesse de plus.

Paul Volcker, c’est encore et toujours le système, il a représenté la famille Rockefeller, à la Chase Manhattan Bank, fusionnée depuis avec JP Morgan, et fut le président de la Réserve Fédérale sous Ronald Reagan.

« Il a joué un rôle central dans la mise en œuvre de la première phase de déréglementation financière qui a favorisé la foule de faillites, fusions et acquisitions menant à la crise financière de 1987 » (7).

La Républicaine Mary L. Schapiro, nommée comme chef de la SEC (Securities and Exchange Commission, le gendarme de la Bourse), doit nous rassurer.

Or, Schapiro était la chef de la FINDRA (Financial Industry Regulatory Authority), l’agence chargée de réguler les 5100 maisons de courtage qui vendent les actions en bourse. Au FINDRA depuis 1996, Schapiro a fait partie des régulateurs qui n’ont rien vu venir : ni l’escroquerie du siècle de 50 milliards de dollars du courtier Bernard Madoff, ni les autres escrocs qui vendaient des actions basées sur les paquets d’emprunts-logement « subprime » sans aucune valeur, ni garantie. Elle est donc parmi ceux qui s’étaient « endormis au volant », pour reprendre l’expression du président Obama pour fustiger justement les régulateurs irresponsables de l’industrie financière.

Schapiro avait été nommée membre de la SEC… sous le dérégulateur fou Reagan, déjà.

Certains pensent que l’emprisonnement de Bernard Madoff indique que le système est quand même contrôlé et les dérives, sanctionnées. Madoff n’est pas le système, il a joué au système et s’est fait prendre.

Geithner, Bernanke, Paulson, Summers, Rubin, sont le système. Ils font les règles.

Madoff est le petit poisson, le barracuda, destiné à faire détourner les regards des requins marteaux. C’est le leurre idéal qui permet d’occulter des scandales autrement plus importants et autrement plus révoltants liés à la crise des subprimes, aux délits d’initiés, et provoqués par ceux-là même qui sont censés contrôler Wall Street. De même, le sacrifice de Lehman Brothers ne traduit en rien une sanction de la haute finance.

Alors que la firme concurrente de Goldman Sachs aurait pu être facilement sauvée, dans le plan Paulson, elle fut éliminée délibérément par Geithner à la fois pour donner l’illusion que le Système était lui aussi victime de la crise, mais aussi pour faire peur au gouvernement et aux gens, dans une sorte de stratégie du choc chère à Naomi Klein, destinée à faire paniquer les mandataires publics dans l’éventualité d’un effondrement complet du système bancaire.

Dans la famille des banques privées, Lehman Brothers était un joueur mineur, un pion sacrifiable. Son élimination était beaucoup plus rentable pour le système, que son sauvetage.

La peur d’un effondrement pur et simple du système financier tel que nous le connaissons nous paralyse, nous tétanise et les banquiers privés profitent de cette situation à outrance car cette peur irraisonnée nous occulte la réalité.

Ce système financier tel que nous le connaissons, tel qu’il a évolué depuis 1913, 1971, 1999, culminant par la crise mondiale de 2008, est un cancer. Ne pas traiter ce poison infiltré dans toutes les strates de nos sociétés, de peur des effets imprévisibles de son éradication, revient à dire qu’il vaut mieux ne pas traiter un cancer, de peur des effets secondaires de la chimiothérapie, ou une maladie infectieuse sévère, de peur des effets secondaires de l’antibiothérapie.

Les agents de propagation de ce cancer, Bernanke, Paulson, Summers, Rubin, Geithner, ne sont pas indispensables, incontournables parce qu’ils seraient les plus intelligents, les plus compétents. Ils sont là car ils sont les hommes du Système, les métastases de ce cancer qui détourne les ressources publiques pour leur profit privé, et qui vampirisent nos économies, nous laissant exsangues, et de toute façon condamnés, si nous ne faisons rien.

Les personnes à la fois compétentes, intelligentes, et critiques du système, existent. Elles n’appartiennent ni aux banques privées, ni à Goldman Sachs, ni à Wall Street. Elles sont économistes, prix Nobel, comme Joseph Stiglitz (2001) ou Paul Krugman (2008), universitaires brillants et réputés, anciens ministres comme Robert Reich (ancien ministre du Travail sous Clinton).

Barack Obama ne les a pas engagés. Barack Obama n’a pas rétabli le Glass Steagall Act, ou une loi apparentée.

Andrew Jackson avait tout à fait raison bien que sa réflexion était complète. Les éléments qui rendent cette concentration des pouvoirs entre quelques mains, toujours les mêmes, possible, sont une extrême duplicité, une capacité phénoménale à nous mentir, une faculté de n’éprouver aucun remords, de la part de nos responsables, associée à une opacité plus noire qu’une fumée volcanique, une complexité délibérée et, ce qui nous met devant nos propres responsabilités, à notre crédulité excessive et persistante, malgré les faits.

Pascal Sacré

* Ainsi, Lawrence Summers, dont il est fort question dans cet article, après avoir été Ministre des Finances de Bill Clinton, sera président de l’Université de Harvard, avant de diriger le fonds spéculatif géant Shaw, et de revenir au gouvernement en tant que principal conseiller économique d’Obama. Lui, Geithner et Bernanke sont l’étau qui enserre Obama.

** pour vous donner une idée de l’extrême arrogance de ces personnes, John Thain, un ancien de Goldman Sachs, lorsqu’il prend la tête de Merril Lynch (qui sera absorbé par Bank of America), en pleine tourmente et sauvetage du privé par le public, il dépense immédiatement 1 250 000 dollars pour faire redécorer son bureau dont 87 000 dollars pour l’achat d’un tapis, alors même que la firme qu’il est censé diriger essuie de lourdes pertes et que les charrettes de collaborateurs licenciés se multiplient. Quand Merril Lynch sera racheté quelques mois plus tard, grâce à l’argent levé par Paulson auprès des contribuables, Thain, à son départ, réclamera un parachute doré de 30 millions de dollars.

Moins que Robert Steel, autre ancien de Goldman Sachs, devenu président de la banque Wachowia (absorbée par Citigroup), qu’il quittera en laissant exsangue, au bord de la ruine, mais en s’attribuant pour lui-même et ses proches des indemnités de départ de 225 millions de dollars (8).

Référence générale : « La Face Cachée des Banques », par Eric Laurent, Editions Plon, 2009, ISBN 9782259210522.
Sources :

(1) Business Week, 12 juin 2006, Mr Risk goes to Washington

(2) “Tous Pouvoirs Confondus, Etat, Capital et Médias à l’ère de la mondialisation”, par Geoffrey Geuens, Ed. EPO, 2003, ISBN 2872621938

(3) Le cas de Michael Taylor : de membre de la FDA à vice-président de Monsanto : http://www.combat-monsanto.org/spip...

(4) Jamie Dimon, président de JP Morgan, était pressenti par Barack Obama pour le poste de ministre des finances, ce qu’il refusa. Avec Larry Summers, il proposa plutôt le jeune Timothy Geithner, pur produit de l’establishment.

(5) Kenneth Griffin est président du Fonds Spéculatif Citadel Investment Group, c’est un milliardaire, ami intime d’Obama dont il finance les campagnes depuis ses débuts en politique.

(6) Peter Peterson est président de la banque d’investissement The Blackstone Group, un puissant groupe financier. Le très influent Peter Peterson, ancien président du CFR (Council of Foreign Relations), président du Conseil des FED (les douze succursales régionales de la Banque Centrale étatsunienne, la Réserve Fédérale), a également conseillé Geithner à Obama.

(7) Le changement dans la continuité, les artisans de la débâcle économique continuent leur besogne au sein du gouvernement Obama par Michel Chossudovsky http://www.voltairenet.org/article1...

(8) La Face Cachée des Banques, Eric Laurent, pp. 142-143.

Pascal SACRE 

5 mai 2010

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Les-carnassiers-de-Wall-Street-les-presid...

http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation/browse_thread/thread/580e01fa0a02383c#



Prison

Arronax : Américain sur 100 est en prison !

C’est impressionnant mais environ 2,3 millions d'Américains étaient en prison en janvier 2010.

C’est près d'un Américain sur cent en âge d'être incarcéré, selon une étude du Pew Center publiée mercredi qui se trouve donc en prison.

 Sur les  230 millions d'Américains en âge d'être incarcérés, 1.403.091 sont emprisonnés dans des prisons d'Etats, plus de 200.000 dans des prisons fédérales et le reste dans des prisons locales.

Les Etats-Unis continuent ainsi de dominer les statistiques internationales en termes de taux d'incarcération.

La population carcérale américaine a augmenté de 705% depuis 1973


Les Etats-Unis essayent cependant de prendre  des mesures pour diminuer la population carcérale, trop coûteuses par temps de récession économique.

Ils ont obtenu des résultats puisqu'ils comptent 5.739 détenus de moins qu'en 2008.

Ainsi, la Californie, un des Etats américains qui emprisonne le plus avec le Texas (sud) a perdu 4.257 prisonniers en 2009.

Par contre, dans certains Etats ont note une augmentation, comme en  Pennsylvanie ( +2.122) et en Floride (+1.527).

Des chiffres qui laissent perplexe …

Arronax

22/07/

http://www.lepost.fr/article/2010/03/18/1993644_1-americain-sur-100-est-en-prison.html

 

Eric Chol : Les prisons américaines, une industrie touchée par la crise.

Avec 2,3 millions de détenus, les Etats-Unis ont la population carcérale la plus importante du monde. Le fonctionnement des prisons, qui génèrent plusieurs centaines de milliers d’emplois, subit la baisse des recettes fiscales.

« Quand on construit une école, on ferme une prison », disait Victor Hugo.

La voix du poète français, qui fut aussi sénateur, n’a apparemment pas porté de l’autre côté de l’Atlantique : nourries par une politique très répressive se traduisant par une envolée de la population carcérale, les dépenses américaines consacrées aux prisons n’ont cessé en effet de progresser au cours des dernières décennies, au point qu’en Californie, elle atteignent 10% du budget de l’Etat, soit plus que l’enveloppe consacrée aux dépenses d’éducation (7%).

Le vent de la récession

Avec 2,3 millions de détenus (les prisons fédérales, d’Etat ou locales), les Etats-Unis détiennent le record mondial du taux d’incarcération.

Résultat, les prisons sont devenues une véritable industrie, presque comparable à celle de l’automobile en termes d’effectifs. Le secteur pénitencier américain emploie au total 770.000 personnes (dont près d’un demi-million de surveillants de prison), contre 880.000 dans la construction automobile, révèle Suzanne Kirchhoff, auteure d’un rapport publié par le Congrès américain sur l’impact économique du secteur. Car le vent de la récession a fini aussi par pénétrer dans les cellules américaines.

La crise économique qui touche les Etats-Unis depuis 2007 rend de plus en plus problématique le financement des prisons. Au total, la construction et le fonctionnement de celles-ci coûtent chaque année 68,7 milliards de dollars par an aux contribuables américains (en 2006), une enveloppe qui s’est envolée de 660% depuis 1982.

Selon l’auteure de l’étude, la progression des dépenses de prison supportées par les Etats au cours des trois dernières décennies a été deux fois plus rapide que celle des dépenses de santé ou d’éducation.

Réduire les peines de prison

Une inflation contre laquelle les Etats américains, qui sont confrontés à une réduction massive de leurs recettes fiscales, tentent de lutter : depuis le début de la crise, en 2007, ils essayent par tous les moyens de comprimer les dépenses des prisons. Fermetures d’établissements, retard dans les investissements programmés, mais aussi allègement des peines de prison et libérations anticipées font partie de cette cure de rigueur. « Plus de 26 Etats ont réduit leurs dépenses carcérales dans le budget 2010 et de nouvelles coupes sont prévues en 2011 », explique Suzanne Kirchhoff. Car une justice plus clémente est synonyme d’économies substantielles : le raccourcissement d’un mois du séjour moyen en prison aboutirait à réduire le nombre de détenus de 50.000 personnes.

L’autre moyen de comprimer le coût passe par un recours de plus en plus fréquent au secteur privé. Le phénomène a commencé bien avant la crise - sur les 153 nouvelles prisons construites entre 2000 et 2005, 151 l’ont été par des sociétés privées -, mais il s’est renforcé avec celle-ci. En Californie, le gouverneur Arnold Schwarzenegger a par exemple recommandé dans son discours de l’Etat en janvier dernier de faire inscrire dans la constitution californienne que les dépenses consacrées aux prisons ne puissent pas dépasser le budget de l’éducation : un changement qui passerait par la privatisation de nombreux établissements.

Salaires divisés par deux

De plus en plus sollicités, les opérateurs privés sont devenus indispensables dans l’univers carcéral américain (lire ci-dessous), contrôlant près d’un quart des 1.800 prisons américaines (contre 16% en 2000). « Au plan national, près de 8% des détenus se trouvent aujourd’hui dans des prisons privées, ce chiffre pouvant atteindre 30% dans certains Etats », détaille le rapport.

Un succès qui s’explique par les coûts moins élevés du secteur privé. La comparaison des salaires est éloquente. Alors qu’un gardien de prison dans un établissement fédéral gagne 50.830 dollars par an, son collègue dans une prison privée ne perçoit que 28.900 dollars... Presque deux fois moins. C’est pourquoi les entreprises privées n’ont pas nécessairement à craindre un resserrement des budgets consacrés aux prisons : elles sont bien placées pour récupérer des « parts de marché » des prisons publiques.

Corrections Corporation of America (CCA) est le numéro un des prisons privées aux Etats-Unis. Basé dans le Tennessee, l’entreprise gère au total 65 pénitenciers (il est propriétaire de 44 prisons), et dispose d’une capacité de 87.000 lits, soit plus que le nombre de détenus dans les prisons françaises. La société, qui emploie 17.400 personnes, a réalisé en 2008 un chiffre d’affaires de 1,6 milliards de dollars, qui a doublé depuis 2001.

Eric Chol

Jsf : « La politique, comme technique de la paix et de l’ordre intérieurs, a cherché à mettre en œuvre le dispositif de l’armée parfaite, de la masse disciplinée, de la troupe docile et utile. »

Michel Foucault, Surveiller et punir

9 mai par NewsOfTomorrow

(Source : LaTribune)

http://newsoftomorrow.org/spip.php?article8122

 

La prison à perpétuité abolie pour les mineurs américains non meurtriers ?

Après l‘abolition de la peine de mort pour les condamnés mineurs en 2005, la Cour suprême des États-Unis vient de proscrire la prison à perpétuité pour les mineurs qui n’ont pas commis de meurtre.

Par six voix contre trois, la Cour suprême a décidé que les mineurs condamnés pour des crimes autres que le meurtre ne pourront plus finir leurs jours en prison. Elle s’est justifiée en précisant que «  la condamnation à la perpétuité confisque la vie du condamné de manière irrévocable. Sans possibilité de libération conditionnelle, la condamnation à la perpétuité a certaines caractéristiques en commun avec la peine capitale et ne ressemble à aucune autre condamnation  ».

129 détenus condamnés en étant mineurs

Théoriquement 38 États américains et l’État fédéral autorisaient jusqu’ici la perpétuité réelle pour les mineurs dans les cas n’impliquant pas de meurtre. Ils sont encore 129 détenus dans les prisons américaines, condamnés alors qu’ils étaient mineurs, à des peines de perpétuité réelle, c’est-à-dire sans possibilité de libération conditionnelle. La grande majorité d’entre eux sont afro-américains. Les cas de ces 129 personnes vont être révisés à la lumière de cette nouvelle disposition.

Still Burning/Flickr

L’ONG Human Watch Rights rappelle que « le droit international exclut de telles condamnations pour les mineurs et cette interdiction est appliquée partout hors des États-Unis ».

Pourtant aux États-Unis, les condamnations à la perpétuité réelle se sont récemment généralisées comme une alternative à la peine de mort. Et les mineurs sont souvent renvoyés devant les tribunaux pour adultes. Chaque année, 200 000 jeunes, enfants de 8 ans compris, encourent les mêmes peines que les adultes et purgent celles-ci dans des prisons de droit commun.

18/05/2010

http://www.secours-catholique.org/actualite/la-prison-a-perpetuite-abolie-pour.html



C’est arrivé Près de chez vous

INTERROGATOIRES, RENSEIGNEMENTS, QUE NOUS PREPARENT LES USA ?  

On peut tout craindre : lavage de cerveau et manipulation mentale.

Une atteinte à la dignité humaine pire que la torture ?

Washington se lance dans la recherche scientifique pour améliorer les techniques d'interrogatoire

- Le projet respectera la loi qui interdit la torture...

C'est Jack Bauer qui va être content. Les Etats-Unis vont se lancer dans la «recherche scientifique» afin d'améliorer les techniques d'interrogatoire de suspects de terrorisme, a indiqué mercredi le directeur du renseignement américain Dennis Blair.

Une unité d'élite spécialisée dans les interrogatoires va se pencher sur «ce domaine longtemps négligé», a expliqué Denis Blair devant la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, sans donner davantage de précisions.

Groupe d'interrogation des détenus de haute importance

Un porte-parole de Denis Blbair n'a pas souhaité non-plus s'étendre sur le sujet, mais il a assuré qu'un tel projet serait conforme à la loi américaine qui interdit la torture. La recherche sera conduite par un groupe spécialisé, le Groupe d'interrogation des détenus de haute importance (HIG).

«Nous lui avons attribué la responsabilité de faire de la recherche scientifique pour déterminer s'il existe de meilleurs moyens d'obtenir des informations de la part de gens, tout en restant en adéquation avec nos valeurs», a dit Denis Blair, qui a précisé que le HIG doit s'en tenir au manuel de campagne de l'armée américaine qui interdit les techniques d'interrogatoire abusives.

Les techniques d'interrogatoire américaines dans la guerre contre le terrorisme, sous l'administration de George W. Bush, ont été beaucoup critiquées aux Etats-Unis et dans la communauté internationale. Des méthodes telles que la simulation de noyade étaient alors utilisées. Jusqu'à 183 fois sur Khalid Cheikh Mohammed, considéré comme le cerveau des attentats du 11-Septembre. Le président Obama a interdit de telles méthodes peu après son arrivée à la Maison Blanche.

La méthode douce souvent plus efficace

Des prisons de Bagram, en Afghanistan à Abou Ghraib en Irak, les abus ont été nombreux.

Plusieurs prisonniers sont morts des suites de leur traitement, comme le raconte l'édifiant documentaire Taxi to the dark side.

Au-delà de l'aspect moral, de nombreuses voix se sont élevées pour critiquer les résultats obtenus par la torture. «Un terroriste entraîné dans les camps d’Al-Qaida s’attend à ce que nous employions la force. Il est y préparé. Amenez un seau d’eau et il se ferme complètement», explique Matthew Alexander, un interrogateur déployé en Irak et auteur du livre Comment briser un terroriste.

Selon lui, «utiliser son cerveau, la ruse et la tromperie» est bien plus efficace, comme l'a montré le succès de la traque d'Abou Moussa A-Zarqaoui.

http://www.mleray.info/article-interrogatoires-renseignements-que-nous-preparent-les-usa--44237485.html

n°3 - Orwell ou le 'Big Brothers' - 06-08 : - Fin : - Les carnassiers de Wall Street : les présidents permanents des Etats-Unis.

n°3 - Orwell ou le 'Big Brothers'  - 06-08 : - Fin : - Les carnassiers de Wall Street : les présidents permanents des Etats-Unis.



L’Amérique d’Obama

n°3

06-08

C.De Broeder & M.Lemaire



 " L’Amérique d’Obama est  visible 

a) sur nos blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                             http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site de Eva Resis :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

 Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Puissance Géopolitique aux abois

Eva R-sistons : L' "Empire" est condamné,

Racisme

États-Unis : le racisme des républicains.

Vidéo - Livres

Nouvel ordre mondial=New world order

Spécial Guantanamo

Vidéo d'un interrogatoire à Guantanamo ...

Vidéo torture à Guantanamo

Vidéo CHANNEL 4 PRESENTS TORTURE: GUANTANAMO GUIDEBOOK PART 2 OF 3

Annexe

George W. Bush "savait que les prisonniers de Guantánamo étaient innocents "

Chris Hedges : Noam Chomsky sur l’état d’esprit qui règne aux États-Unis : « je n’ai jamais rien vu de tel »



Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.



”Si vous croyez que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother, détrompez-vous…

 Vous êtes en plein dedans !”
“Lorsqu’on ne s’étonne plus du traçage, de la vidéosurveillance ou de la conservation des données, c’est justement le signal qu’on est entré dans un monde Orwellien”.



Puissance Géopolitique aux abois

Eva R-sistons : L' "Empire" est condamné.

Rien ne sera plus comme avant.

Le monde ne devrait plus être sous le joug meurtrier d'une seule puissance; même à l'ONU, les peuples s'émancipent de plus en plus, et il est significatif de voir que Lula est sur les rangs pour en briguer la présidence.

Faut-il rappeler que le Président du Brésil a signé un accord avec l'Iran et la Turquie ? " L'Iran, la Turquie et le Brésil sont parvenus à un accord sur une procédure d'échange de combustible nucléaire, a annoncé dimanche 16 mai le ministre turc des Affaires étrangères. (..) Le Brésil et la Turquie, opposés aux sanctions contre l'Iran et membres du Conseil de sécurité, ont entrepris de convaincre Téhéran de faire des propositions concrètes pour sortir de la crise"

(http://www.rfi.fr/contenu/20100516-le-bresil-turquie-iran-sont-parvenus-accord-echange-combustible).

Les Etats-Unis ne sont plus les maîtres du jeu...

Précipitée par la gestion calamiteuse, à l'intérieur comme à l'extérieur, du Président Bush, la chute de l'Empire est inévitable. Je ne parlerai pas dans cet article de la guerre sournoise qui se joue entre les USA et la Chine par Corées interposées, avec pour conséquences les marées noires de part et d'autre (http://sos-crise.over-blog.com/article-la-guerre-mondiale-a-commence-coree-nord-et-sud-chine-usa-54410414.html), ni de l'effondrement financier et, par ricochet, économico-social. L'Amérique aux abois utilise ses dernières cartes pour maintenir sa domination, en installant des bases militaires partout, en multipliant les conflits sur la planète, et en projetant de reprendre en mains le continent latino-américain qui lui échappe

(http://sos-crise.over-blog.com/article-alerte-les-democrates-americains-se-preparent-a-attaquer-le-venezuela-54444445.html.

Voir aussi, par exemple, la situation au Honduras).

L'un de ses Présidents n'a-t-il pas annoncé que si l'Amérique du Nord ne pouvait tenir son versant sud, elle ne pourrait jamais maintenir sa domination sur le monde ?

Dans cet article, je me contenterai d'analyser, brièvement, la situation géo-politique. Or, que voit-on ? Partout, de plus en plus de pays refusent de s'aligner sur la politique américaine, des Etats s'émancipent et nouent des liens privilégiés, bien que Washington, à prix d'or, tente de corrompre leurs dirigeants pour mieux les soumettre à ses diktats, ou qu'il essaie d'installer des marionnettes à sa dévotion. Pour exemple, je citerai l'Organisation de Coopération de Shangai, regroupant Chine, Russie, Kazkhstan, Tadjikistan, Ouzbékistan et Kirghizistan, ou encore la Communauté des Etats Latino-américains et caribéens: 

"Réunis les 22-23 février 2010 à Cancun (Mexique), les leaders des pays d'Amérique latine et des Caraïbes ont pris la décision de créer une organisation politique sans les Etats-Unis et le Canada. La nouvelle structure, appelée à devenir une alternative à l'Organisation des Etats américains, a vu le jour à l'initiative du président mexicain Felipe Calderón. La Russie est prête à coopérer"

(http://fr.rian.ru/world/20100226/186138645.html).

La Russie, depuis l'accession au pouvoir de Vladimir Poutine, retrouve sa place dans le concert des nations, et cette renaissance va de pair avec la montée en puissance de la Chine qui défend discrètement mais fermement ses intérêts un peu partout, comme en Afrique (mais sans bombarder les nations au préalable, elle), au grand dam d'ailleurs d'Israël qui tente de s'imposer sur le continent.

Des pays comme l'Iran ou la Syrie osent affirmer leur identité face à l'Empire, et même s'ils sont encerclés par des Etats arabes asservis à Washington, ils persistent à défendre leur Nation contre l'hégémonie anglo-saxonne, ils tiennent tête, ils résistent, ce qui à la fois leur confère un prestige énorme dans le monde et en même temps provoque le courroux des trois puissances dominantes, anglaise, américaine et israélienne - ces Etats, relayés par une Presse entièrement aux ordres, cherchant par tous les moyens à discréditer ces Nations rebelles et à insinuer qu'elles représentent un danger pour le monde, comme avant elles l'Irak pourtant dépourvu d'armes de destruction massive.

Le remodelage du "Proche-Orient élargi" imaginé par les néo-conservateurs américains et israéliens a échoué :

"On y voyait tous les Etats de la région, y compris les alliés de Washington, dépecés en multiples émirats, incapables de se défendre. Tandis que la Maison-Blanche imposait à l’Irak vaincu une partition en trois Etats fédérés (un kurde, un sunnite et un chiite). Alors que rien ne semblait pouvoir arrêter ce processus de domination, le Pentagone confia à Israël le soin de détruire les fronts secondaires avant l’attaque de l’Iran. Il s’agissait d’éradiquer le Hezbollah libanais et de renverser le gouvernement syrien. Las ! Après avoir écrasé un tiers du Liban sous un tapis de bombes sans équivalent depuis la guerre du Vietnam, Israël était contraint de se retirer sans avoir atteint un seul de ses objectifs. Cette défaite a marqué le renversement du rapport de force."

(http://www.voltairenet.org/article165795.html).

Dans cette affaire, le mythe de l'invincibilité de l'armée israélienne a fait long feu: Tsahal a été défait, comme dirait le Gl de Gaulle, par un "quarteron" de citoyens décidés à défendre jusqu'au bout leur liberté. Un échec cinglant ! Quant à l'Etat-major US, il n’a "pas de stratégie de rechange après l’échec du « remodelage ». Il se préoccupe exclusivement de stabiliser ses positions"

(http://www.voltairenet.org/article165795.html).

Un acteur jusqu'ici incontournable mais dévoué à la l'OTAN, la Turquie, se libère  lui aussi du joug anglo-saxon et israélien. Ainsi, pour défendre leurs intérêts menacés, les frères ennemis turcs, iraniens et syriens ont renoué:

Tous ont réalisé qu’ils devaient s’unir pour survivre et qu’unis, ils pouvaient exercer le leadership régional. En effet, à eux trois, ces Etats couvrent l’essentiel du champ politique régional. La Turquie, héritière de l’Empire ottoman, incarne le sunnisme politique. La Syrie, seul Etat baasiste depuis la destruction de l’Irak, incarne la laïcité. Enfin, l’Iran, depuis la révolution de Khomeini, incarne le chiisme politique"

(http://www.voltairenet.org/article165795.html).

Tandis que l'Empire anglo-saxon perd pied militairement et économiquement (l'un expliquant en partie l'autre, d'ailleurs), tandis qu'il est déconsidéré partout dans le monde et que même ses liens avec l'Etat d'Israël (jouissant de privilèges insensés, violant sans cesse le Droit et honni) sont remis en question dans ses rangs, la Turquie, située au carrefour de l'Occident et de l'Orient, émerge sur la scène internationale en tant qu'acteur indépendant, modérateur, médiateur, au confluent de deux mondes antagonistes, elle mène une politique d'équilibre entre d'une part Israéliens et Arabes, d'autre part Anglo-Saxons et non-alignés. S'arrogeant même le droit de refuser désormais à l'OTAN certaines faveurs (comme le droit de survol) jusqu'ici consenties au bras armé de l'Occident !

Certes, le Japon semble vouloir nouer des liens, notamment militaires, plus étroits avec Washington

(http://www.voltairenet.org/article166481.html),

et l'Europe s'aligne servilement sur les diktats des Anglo-Saxons et des Israéliens.

La donne européenne

L'Europe serait née du désir de paix: Saignée par deux guerres mondiales, elle ne voulait plus revivre ces événements;

Elle devait représenter une troisième voie, d'une part entre l'URSS communiste et l'Amérique capitaliste, d'autre part avec son modèle social, auxquels ses citoyens sont attachés. Aujourd'hui, celui-ci est démantelé pour servir les intérêts des grandes banques, avec des hommes comme Strauss-Kahn, maître d'oeuvre de l'Austérité pour tous les citoyens (sauf les nantis), et l'Europe loin d'affirmer une position originale, indépendante, s'est mise à la remorque des Etats-Unis, sans en tirer le moindre avantage.

Au contraire, elle risque d'être impliquée dans une nouvelle guerre mondiale, au seul bénéfice des multinationales de mort (Armement, Nucléaire, Pétrole, Chimie etc) américaines, alors qu'elles ne veut plus revivre un nouveau conflit, comme la Russie d'ailleurs, sortie elle aussi exsangue des guerres mondiales, notamment de la seconde, après avoir perdu vingt millions de ses enfants et délivré l'Europe du joug nazi. 

Les Russes libèrent l’Europe du joug nazi

Dans sa clairvoyance, le Gl de Gaulle préconisait une Europe sans les Américains, et il se méfiait des Anglais:

"Pour le général de Gaulle, la Grande-Bretagne est trop naturellement tournée vers les Etats-Unis pour ne pas être le « cheval de Troie » des Américains et le fossoyeur d’une Europe européenne. Ainsi, en janvier 1963, le général de Gaulle s’oppose de manière unilatérale à l’entrée des Britanniques dans l’Europe ce qui choqua particulièrement ses partenaires de l’Europe des Six qui avaient tous accepté."

(http://www.lyc-7mares-maurepas.ac-versailles.fr/spip.php?article408).

Sa vision de l'Europe allait de l'Atlantique à l'Oural, pour préserver la paix.

Mais si l'Europe a perdu son identité et sa liberté en se mettant sous le joug de Washington, même si le Japon fait des pas vers les Etats-Unis, partout l'influence de l'Empire est remise en question, et de plus en plus d'Etats tiennent à affirmer leur indépendance et à nouer des liens entre eux pour contenir la domination anglo-saxonne et israélienne, le monde unipolaire est battu en brèche par l'émergence de nouvelles puissances notamment en Asie ou en Amérique Latine, et la Russie comme la Chine, à un moindre degré l'Iran, le Liban ou la Syrie, et bien sûr des Etats andins, se dressent sur la route de l'Empire pour contester sa domination et la contenir. 

L'Occident jouera-t-il sa dernière carte pour maintenir par la force son hégémonie ? Une guerre mondiale pourrait certes faire redémarrer la machine économique et permettre au secteur militaro-financier de tirer son épingle du jeu, mais à quel prix ?

De toutes façons, l'échéance fatale ne sera que reculée, et il faudra se résoudre à l'évidence: L'Empire est condamné.

Inéluctablement.

Ce sera la meilleure chose qui puisse arriver pour les peuples qui, eux, veulent vivre en paix et se choisir eux-mêmes leur Destin...

eva R-sistons

R-sistons à l'intolérable



Racisme

États-Unis : le racisme des républicains.

Décidément, le racisme ouvert et virulent de certains (une bonne partie des) républicains yankees, qui ont le culot de tenter d’honorer leur stupidité congénitale en changeant « racisme » par « lutte contre le terrorisme », ou « ségrégation raciale » par « Defense de la liberté », m’étonnera toujours. Vers la fin de la dernière réflexion de Fidel, dans l’article qu’il cite, on pouvait lire cette citation particulièrement révélatrice de Pat Buchanan (voir photo du haut), un républicain suprémaciste blanc et ségrégationniste :

“Les États-Unis doivent renforcer leur croisade pour se libérer des hordes barbares d’étrangers affamés et porteurs de maladies exotiques”

Ce qui fait peur à la fin de cet article, c’est de voir que plus des 2/3 des républicains d’Arizona appuient la « nouvelle » législation de l’état, qui rappelle les heures les plus sombres de la ségrégation raciale aux États-Unis, voir certaines mesures raciales de l’Allemagne nazie.

Pendant ce temps, au Texas, sans doute l’un des états les plus arriérés des USA, où certains Wal-Mart ont encore des caisses réservées aux blancs et d’autres réservées aux noirs, la droite religieuse républicaine au pouvoir est bien avancée dans son projet de conversion du Texas en théocratie. Leur dernier projet « de Defense de la liberté » consiste à supprimer des milieux scolaires toute référence à la séparation entre la religion et l’état. Cela inclut les manuels d’histoire, qui devront être remodelés en manuels de propagande théocratique. Thomas Jefferson, l’un des pères fondateurs des États-Unis (dont il a été président) et fervent partisan de la séparation entre l’état et l’Église, pourrait donc être retiré des manuels d’histoire du Texas.

Certains diront que ceux qui supportent de tels projets de loi ne sont que des abrutis congénitaux et qu’ils ne représentent pas la majorité de la population des États-Unis… Je ne contredirai aucunement cette affirmation. Le problème, c’est que ces arriérés sudistes, qu’ils soient racistes, ultra-religieux, ou les deux en même temps (c’est généralement le cas), ont trouvé le moyen d’imposer leur volonté au reste des populations de leurs états respectifs.

Un de ces jours, la population des États-Unis devra prendre les choses en main et faire comprendre à ces réactionnaires que leur idéologie haineuse et à contre-courant de l’histoire n’a plus sa place dans le XXIème siècle, à un moment critique pour l’humanité. Si la vaste majorité du prolétariat états-unien n’annonce pas clairement son rejet des nouvelles législations du Texas et de l’Arizona, et si le président Obama, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, ne prends pas les mesures nécessaires pour faire obstacle au révisionnisme texan et à la doctrine ouvertement raciste des autorités de l’Arizona, les conséquences pour les États-Unis pourraient se rendre jusqu’à la guerre civile. Avec les groupes de « milices » réactionnaires qui gagnent en influence avec le discours libertarien haineux du « Tea party » de Sarah Palin, l’idée qu’une telle chose puisse se produire n’est plus complètement irréaliste.

http://visionsocialiste.wordpress.com/2010/05/13/etats-unis-le-racisme-des-republicains/



Vidéo - Livres

Nouvel ordre mondial=New world order

http://www.alterinfo.net/Nouvel-ordre-mondial-New-world-order_a48556.html


Spécial Guantanamo

Vidéo d'un interrogatoire à Guantanamo ...

15.07.08 |

Pour la première fois, un enregistrement vidéo montrant l'interrogatoire d'un détenu à Guantanamo a été rendu public, mardi 15 juillet. Les avocats d'Omar Khadr, un ressortissant canadien détenu depuis 2002 et accusé d'avoir tué un soldat américain, ont diffusé cette vidéo d'une dizaine de minutes montrant le jeune détenu, aujourd'hui âgé de 21 ans, questionné par les services secrets canadiens en février 2003.

Omar Khadr, qui n'avait alors que 16 ans, est bombardé de questions sur son appartenance ou sa connaissance du réseau islamiste Al-Qaida. Alternant moments de résignation et moments de désespoir, le jeune détenu pleure, se tire les cheveux et se plaint de tortures infligées après son arrestation en Afghanistan en 2002.
"J'AI PERDU MES YEUX"

"J'ai perdu mes yeux. J'ai perdu mes jambes", s'écrie-t-il notamment dans cette vidéo, apparemment filmée depuis un conduit d'aération de la base américaine. "Non, tu as encore tes yeux. Tes pieds sont encore au bout de tes jambes", lui répond calmement l'agent canadien, qui l'accuse de se cacher derrière ses blessures pour ne pas répondre aux questions.

A un moment, Khadr enlève le haut orange de son uniforme de prisonnier pour montrer les traces de violences qu'il aurait subies, affirmant qu'il ne reçoit aucune aide médicale malgré des demandes répétées. "Ça m'a l'air de bien cicatriser", lance l'agent. "Non. Vous n'êtes pas ici [à Guantanamo]", murmure Khadr en guise de réponse.

La justice canadienne a récemment autorisé les médias à diffuser certains documents destinés à assurer la défense d'Omar Khadr, et jusque-là classés secret défense. Cette vidéo serait un extrait d'une version longue de plus de sept heures. Omar Khadr est le seul Occidental encore détenu dans la base américaine. Son procès pour meurtre, soutien au terrorisme et espionnage doit s'ouvrir en octobre.

Pour ses défenseurs, le jeune détenu, qui a fréquenté les camps islamistes dès l'âge de 11 ans, devrait être considéré comme un enfant soldat. L'ancien ministre de la justice français Robert Badinter avait cosigné un mémoire, dont Le Monde avait publié des extraits, dans lequel il affirmait que, conformément au droit international des mineurs, "en tant qu'enfant soldat, Omar Khadr n'est pas un ennemi combattant volontaire, il est d'abord une victime".

VIDEO :http://www.youtube.com/watch?v=1PA47M8mv3c&feature=player_embedded#at=176

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2008/07/15/la-video-d-un-interrogatoire-a-guantanamo-rendue-publique-pour-la-premiere-fois_1073698_3222.html

 

Vidéo torture à Guantanamo

http://www.dailymotion.com/video/x1qqs3_torture-a-guantanamo_news

 

29 juillet

Vidéo CHANNEL 4 PRESENTS TORTURE: GUANTANAMO GUIDEBOOK PART 2 OF 3

http://www.internationalnews.fr/article-27699771.html



Annexe

George W. Bush "savait que les prisonniers de Guantánamo étaient innocents "

George W. Bush, Dick Cheney et Donald Rumsfeld ont couvert l’envoi de centaines d'hommes innocents au camp de prisonniers de Guantánamo Bay, car ils craignaient que leur remise en liberté affaiblirait leur pousser à la guerre en Irak et la guerre plus large contre le terrorisme, selon un nouveau document obtenu par The Times.

Ces  accusations ont été faites par Lawrence Wilkerson, un proche collaborateur de Colin Powell, ancien secrétaire d'État républicain, dans une déclaration signée à l'appui d'une plainte déposée par un détenu de Guantánamo. C'est la première fois que ces allégations ont été faites par un membre éminent de l'administration Bush.

Le colonel Wilkerson, qui a été chef de cabinet du général Powell quand celui-ci dirigeait le Département d'État, fait porter sa critique principalement sur M. Cheney et M. Rumsfeld. Il a affirmé que les anciens vice-présidents et secrétaire à la Defense savaient que la majorité des 742 premiers détenus envoyés à Guantánamo en 2002 étaient innocents, mais a estimaient qu'il était "politiquement impossible de les libérer".

On croit savoir que le Général Powell, qui a quitté l'administration Bush en 2005, en colère contre la désinformation qu'il avait fourni au monde sans le vouloir, quand il a plaidé pour l'invasion de l'Irak à l'ONU, a soutenu la déclaration du colonel Wilkerson.

Le colonel Wilkerson, un critique de longue date de l'approche de l'administration Bush pour lutter contre le terrorisme et la guerre en Irak, a affirmé que la majorité des détenus - des enfants de 12 ans et jusqu’à des hommes de 93 ans, dit-il - n'avait jamais vu un soldat US quand ils ont été capturés. Il a dit que beaucoup ont été livrés par des Afghans et  des Pakistanais pour des récompenses allant jusqu’à 5000 $. Peu ou pas de preuves n'ont été produites pour expliquer pourquoi ils avaient été capturés.

Il a également affirmé que l'une des raisons pour lesquelles M. Cheney et M. Rumsfeld n'ont pas voulu faire libérer es détenus innocents était que "l’opération de mise en détention serait apparue comme qu’elle était : une opération incroyablement confuse ". Cela n'était «pas acceptable pour l'administration et aurait été fortement préjudiciable à la direction au département de la Defense [Donald Rumsfeld, ministre] de la Defense".

Se référant à M. Cheney, le colonel Wilkerson, qui a servi 31 ans dans l'armée US, a affirmé: "Il n'avait absolument rien à faire de ce que la grande majorité des détenus de Guantánamo étaient innocents ... S’il fallait que des centaines de personnes innocentes souffrent pour pouvoir arrêter une poignée de terroristes endurcis, qu'il en fût ainsi. "

Il a allégué que, pour M. Cheney et M. Rumsfeld " laisser croupir des innocents à Guantanamo pendant des années se justifiait par plus de la guerre tous azimuts contre le terrorisme et le petit nombre de terroristes responsables des attentats du 11 Septembre ".

Il a ajouté: "J'ai discuté de la question des détenus de Guantánamo avec le secrétaire Powell. J'ai appris qu'il était d'avis que ce n'est pas seulement le vice-Président Cheney et le secrétaire Rumsfeld, mais aussi le président Bush, qui avait participé à toutes els prises de décision concernant Guantánamo. "

M. Cheney et Rumsfeld, selon le colonel Wilkerson, considéraient l'incarcération d’hommes innocents acceptable si cela permettait la capture de certains militants authentiques, fournissant ainsi  une meilleure image de renseignement de l'Irak à un moment où l'administration Bush était désespérée de trouver un lien entre Saddam Hussein et le 11/ 9, « justifiant ainsi les plans de l'administration de faire la guerre à  ce pays. »

Il a signé sa déclaration en soutien à Adel Hassan Hamad, un Soudanais qui a été détenu à Guantánamo Bay de mars 2003 à décembre 2007. M. Hamad affirme qu'il a été torturé par des agents US durant sa détention et a engagé hier une action au civil de demande de réparation contre une liste des responsables US.

Des Defenseurs de Guantánamo ont déclaré que des détenus ont commencé à être libérés dès septembre 2002, neuf mois après que les premiers prisonniers avaient été envoyés dans la prison de la base navale US à Cuba. Au moment où M. Bush a quitté ses fonctions, plus de 530 détenus avaient été libérés.

Un porte-parole de M. Bush a déclaré à propos des allégations du colonel Wilkerson: "Nous n'allons pas faire de commentaire à ce sujet." Un ancien associé de M. Rumsfeld a déclaré que les affirmations de M. Wilkerson étaient complètement fausses.

L'associé a déclaré que l'ancien secrétaire à la Defense avait travaillé plus dur que quiconque pour obtenir des libérations de détenus, et avait travaillé assidument pour  maintenir la population carcérale aussi basse que possible. le bureau de M. Cheney n'a pas répondu.
Il reste actuellement environ 180 détenus dans la prison.

14 avril 2010

http://chroniquedeguantanamo.blogspot.com/

 

Chris Hedges : Noam Chomsky sur l’état d’esprit qui règne aux États-Unis : « je n’ai jamais rien vu de tel »

Noam Chomsky est le plus grand intellectuel des États-Unis.

La quantité impressionnante de ses écrits, qui comprennent prés de 100 livres, ont depuis des décennies démonté et exposé les mensonges des élites au pouvoir et les mythes qu’elles entretiennent. Et Chomsky l’a fait malgré la censure des médias commerciaux qui l’ont mis sur une liste noire, malgré son statut de paria au sein du monde universitaire et, de son propre aveu, malgré le fait qu’il soit un orateur pédant et parfois légèrement ennuyeux. Il combine une indépendance intellectuelle avec une démarche rigoureuse, une capacité remarquable de saisir les détails et une intelligence hors du commun. Il dénonce sans détours notre système à deux partis qu’il décrit comme un mirage orchestré par un gouvernement au service des entreprises privées, et il critique sévèrement l’intelligentsia libéral (liberal : plus ou moins l’équivalent de "progressiste" aux US – NdT) qui ne sont que les courtisans du système et décrit le flot émis par les médias commerciaux comme une forme de « lavage de cerveau ». En tant que critique le plus clairvoyant du capitalisme débridé, de la globalisation et de l’empire, il aborde sa 81ème année en nous mettant en garde sur le peu de temps qui nous reste pour sauver notre démocratie anémique.

« La situation actuelle est très similaire à l’Allemagne de Weimar, » m’a dit Chomsky au téléphone depuis son bureau à Cambridge, Massachusetts. « Les similarités sont frappantes. Il y avait aussi à l’époque une énorme déception par rapport au système parlementaire. Le fait le plus frappant n’était pas que les Nazis aient réussi à détruire les sociaux-démocrates et les communistes mais que les partis traditionnels, les partis conservateurs et libéraux, étaient eux aussi hais et qu’ils ont disparu. Les Nazis ont su combler le vide avec beaucoup d’intelligence et d’adresse. »

« Les États-Unis ont beaucoup de chance de n’avoir aucune figure charismatique qui se détache du lot, » a poursuivi Chomsky. « Chaque figure charismatique est si évidemment un escroc qu’elle finit par s’autodétruire, comme McCarthy ou Nixon ou les prêcheurs évangélistes. Si quelqu’un de charismatique devait se détacher, ce pays serait dans de sales draps à cause de la frustration, de la déception et de la colère justifiée et l’absence de toute réponse cohérente. Que sont censés penser les gens quand ont leur dit « j’ai une réponse, nous avons un ennemi » ? Un jour ce sont les Juifs, un autre les immigrés clandestins ou les noirs. On nous dira que les mâles blancs constituent une minorité persécutée. On nous dira que nous devons nous défendre ainsi que l’honneur de la nation. La force militaire sera exaltée. Des gens seront tabassés. Cela pourrait se transformer en une force irrésistible. Et dans ce cas, elle sera bien plus dangereuse que l’Allemagne. Les États-Unis sont une puissance mondiale. L’Allemagne était puissante mais ses adversaires l’étaient encore plus. Je crois que nous n’en sommes pas loin. Si les sondages ne se trompent pas, ce ne sont pas les Républicains, mais l’extrême droite républicaine, les républicains cinglés, qui vont remporter les prochaines élections. »

« Je n’ai jamais rien vu de tel », a-t-il ajouté. « Je suis assez vieux pour me souvenir des années 30. Toute ma famille était sans emploi. Les conditions étaient bien plus désespérées que de nos jours. Mais il y avait de l’espoir. Les gens avaient un espoir. Le syndicat CIO s’organisait. Plus personne ne veut l’admettre de nos jours mais le Parti Communiste était le fer de lance dans l’organisation des travailleurs et des droits civiques. Y compris pour des choses simples comme envoyer ma tante au chômage à la campagne pour prendre une semaine de vacances. C’était un mode de vie. Il n’y a rien de tel aujourd’hui. L’ambiance dans le pays est effrayante. Le niveau de colère, de frustration et de haine envers les institutions n’est pas organisée d’une manière constructive. Ça part en vrille dans des fantasmes autodestructeurs. »

« J’écoute les commentateurs à la radio, » a dit Chomsky, « mais ce n’est pas pour écouter Rush Limbaugh (célèbre commentateur d’extrême droite -NdT), mais pour écouter les gens qui téléphonent. Ils sont comme (le pilote kamikaze) Joe Stack. Qu’est-ce qui m’arrive ? se demandent-ils. J’ai fait tout ce qu’on m’a dit de faire. Je suis un bon chrétien. Je travaille dur pour nourrir ma famille. Je possède une arme. Je crois aux valeurs de ce pays et pourtant ma vie s’effondre. »

Chomsky, plus que tout autre intellectuel américain, a décrit dans de nombreuses oeuvres la descente aux enfers du système politique et économique américain. Il nous rappelle que le véritable questionnement intellectuel est toujours subversif. Il défie des présomptions culturelles et politiques. Il critique les structures. Il est pratique sans cesse l’autocritique. Il fait éclater les mythes et stéréotypes complaisants dont nous nous servons pour nous flatter et ignorer notre complicité dans les actes de violence et d’oppression. Et il dérange les puissants et leurs apologistes libéraux.

Chomsky réserve ses critiques les plus acerbes pour l’élite libérale de la presse, des universités et du système politique qui servent d’écran de fumée à la cruauté du capitalisme débridé et des guerres impérialistes. Il dénonce leurs postures morales et intellectuelles comme un arnaque. C’est pour cela que Chomsky est détesté, et peut-être craint, plus par les élites libéraux que par la droite qu’il condamne aussi. Lorsque Christopher Hitchens (journaliste « réactionnaire de gauche » du magazine The Nation – NdT) a décidé de devenir la marionnette de l’administration Bush après les attaques du 11 septembre, un de ses premiers articles a été une attaque féroce contre Chomsky. Hitchens, contrairement à la plupart des gens qu’il sert, savait quel était l’intellectuel qui comptait aux États-Unis

« Ça ne m’intéresse pas d’écrire sur Fox News, » a dit Chomsky. « C’est trop facile. Ce qui m’intéresse ce sont les intellectuels libéraux, ceux qui se présentent et se prennent pour des critiques du pouvoir, courageux, qui se battent pour la vérité et la justice. Au fond, ils ne sont que les gardiens du temple. Ce sont eux qui définissent les limites à ne pas dépasser. Ce sont eux qui disent jusqu’où il est permis de s’aventurer. Ils disent « Regardez comme je suis courageux. » Mais ne vous aventurez pas un millimètre de plus. C’est vrai pour les secteurs éduqués de la population car ce sont eux les plus dangereux à cause de leur soutien au pouvoir. »

Parce qu’il échappe à toute catégorisation et rejette toutes les idéologies, Chomsky a été indispensable au débat américain depuis des décennies, depuis son travail sur la guerre au Vietnam jusqu’à ses critiques sur l’administration Bush. Il persiste à jouer l’iconoclaste, celui qui se méfie du pouvoir sous toutes ses formes.

« La plupart des intellectuels se considèrent comme la conscience de l’humanité, » dit l’universitaire spécialiste du Moyen Orient Norman Finkelstein. « Ils se divertissent et admirent quelqu’un comme Vaclav Havel. Chomsky, lui, méprise Havel. Chomsky adopte la vision du monde de Julien Benda. Il existe deux ensembles de principes. Les principes de pouvoir et de privilège et les principes de vérité et de justice. Si vous courez après le pouvoir et les privilèges, ce sera toujours au détriment de la vérité et de la justice. Benda dit que le credo de tout intellectuel doit être, comme l’a dit le Christ, « mon royaume n’est pas de ce monde. » Chomsky dénonce les prétentions de ceux qui se déclarent les détenteurs de la vérité et de la justice. Il montre que ces intellectuels sont en fait détenteurs du pouvoir et des privilèges et de tout le mal qui va avec. »

« Certains livres de Chomsky contiennent des choses comme une critique du plan Arias en Amérique centrale, et il peut lui consacrer 200 pages » a dit Finkelstein. « Mais deux ans plus tard, qui se souvient d’Oscar Arias ? C’est à se demander si Chomsky n’aurait pas mieux fait d’écrire sur des sujets plus ambitieux, des sujets plus intemporels qu’on pourrait encore lire dans 40 ou 60 ans. C’est ce qu’a fait Russel avec des livres tels que « Marriage and Morals ». Pouvez-vous encore relire ce que Chomsky a écrit sur le Vietnam ou l’Amérique centrale ? La réponse est souvent « non ». Ça en dit long sur le personnage. Il n’écrit pas pour son ego. Si c’était le cas, il aurait écrit dans un style grandiloquent qu’il aurait laissé en héritage. Il écrit parce qu’il veut influer sur le cours des choses et participer au changement politique. Il se soucie de la vie des gens et s’attache aux détails. Il essaie de réfuter les mensonges quotidiens déversés par les grands médias. Il aurait pu consacrer son temps à rédiger des essais philosophiques qui auraient duré dans le temps, comme l’ont fait Kant ou Russel. Mais il s’est investi dans les détails minuscules qui font toute la différence et font gagner une bataille politique. »

« J’essaie d’encourager les gens à penser de façon autonome, à remettre en question les idées communément admises, » a dit Chomsky lorsque je l’ai interrogé sur ses objectifs. « Ne prenez pas vos présomptions pour des faits acquis. Commencez par adopter une position critique envers tout idée « politiquement correcte ». Forcez-la à se justifier. La plupart du temps, elle n’y arrive pas. Soyez prêts à poser des questions sur tout ce qui est considéré comme un fait acquis. Essayez de penser par vous-même. Il y a beaucoup d’information en circulation. Vous devez apprendre à juger, à évaluer et à comparer les choses. Il vous faudra faire confiance à certaines choses, sinon vous ne pourriez pas survivre. Mais lorsqu’il s’agit de choses importantes, ne faites pas confiance. Dés que vous lisez quelque chose d’anonyme, il faut se méfier. Si vous lisez dans la presse que l’Iran défie la communauté internationale, demandez-vous qui est la communauté internationale ? L’Inde est opposée aux sanctions. Le Brésil est opposé aux sanctions. Le Mouvement des pays Non-Alignés est opposé aux sanctions et l’a toujours été depuis des années. Alors qui est la communauté internationale ? C’est Washington et tous ceux qui se trouvent être en accord avec lui. C’est le genre de choses que vous pouvez découvrir par vous-mêmes, mais pour ça il faut travailler. Et c’est pareil pour tous les sujets, les uns après les autres. »

Le courage de Chomsky de parler au nom de ceux, tels les Palestiniens dont la souffrance est souvent minimisée ou ignorée par les grands médias, montre qu’il est possible de mener une vie morale. Et, peut-être plus encore que sa formation, c’est son exemple d’indépendance morale et intellectuelle qui représente un appui pour tous ceux qui remettent en cause le discours hypocrite dominant et osent dire la vérité.

« Je ne saurais vous dire combien de gens, moi inclus, et ceci n’est pas une hyperbole, dont les vies ont changé grâce à lui » dit Finkelstein, qui a été exclu de plusieurs universités à cause de son courage intellectuel et son indépendance. « Sans Chomsky, il y a bien longtemps que j’aurais abandonné. J’ai pris pas mal de coups dans ma vie professionnelle. Et c’est parce que je savais qu’un des plus grands esprits de l’histoire humaine avait confiance en moi que j’ai pu supporter tous ces coups. Il y a beaucoup de gens dont l’existence n’est même pas reconnue, les petits comme on les appelle, qui reçoivent un jour un courrier de Chomsky. Ca leur insuffle une nouvelle énergie. Chomsky a fait bouger beaucoup, beaucoup de gens qui se sont découverts un potentiel qui, sans lui, aurait été perdu pour toujours. »

Chris Hedges

21 avril 2010
Noam Chomsky, Chris HEDGES

TEXTE ORIGINAL EN ANGLAIS
http://www.truthdig.com/report/item...

Traduction VD pour le Grand Soir
http://www.legrandsoir.info/Noam-Chomsky-sur-l-etat-d-esprit-qui-regn...



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

05/08/2010

n°2 - L’Amérique d’Obama - 05-08 -: Début :- Comment faire payer leurs dettes aux pauvres: les mettre en prison

n°2 - L’Amérique d’Obama  - 05-08 -: Début  :- Comment faire payer leurs dettes aux pauvres: les mettre en prison



L’Amérique d’Obama

Comment faire payer leurs dettes aux pauvres: les mettre en prison

n°2

05-08

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 " L’Amérique d’Obama de A à Z" est  visible  : 

a) sur nos blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                          http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site de Eva Resis :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

 Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Tiré à part :

Education

 Mort programmée du système éducatif public aux Etats-Unis: le processus est désormais bien engagé.

Faillite de la société

Elizabeth Schulte : Les nouveaux sans-domiciles américains. 

Suite

Emcee: Comment faire payer leurs dettes aux pauvres: les mettre en prison

Hégémonie

Les Etats-Unis en guerre dans 75 pays...

Tom Dispatch : Le déclin précipité de l'hégémonie américaine.

Fin

Le FMI attaque l’Europe.

Immigration

Bill Van Auken : L'internationalisme socialiste et la Défense des travailleurs immigrés.



Ndlr : La publication des articles et  analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.



”Si vous croyez que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother, détrompez-vous…

 Vous êtes en plein dedans !”
“Lorsqu’on ne s’étonne plus du traçage, de la vidéosurveillance ou de la conservation des données, c’est justement le signal qu’on est entré dans un monde Orwellien”.



Tiré à part :



Education

  Mort programmée du système éducatif public aux Etats-Unis: le processus est désormais bien engagé.
La majorité des états aux US sont "en faillite" et, par conséquent, ce sont tous les services publics et leurs salariés qui pâtissent des réductions budgétaires drastiques.
Dans le collimateur actuellement: les services publics d'éducation.
Des milliers d'écoles publiques non "performantes" ont été fermées (ou vont l'être à brève échéance) et leur personnel licencié ou en passe de l'être.
Et, évidemment, ces écoles "non performantes" sont situées dans les ghettos et autres quartiers pauvres. Les "charter schools" (appelées "écoles du choix", c'est dire le cynisme) absorbent les meilleurs élèves et les autres n'ont qu'une alternative: soit abandonner l'école, soit s'entasser dans les classes des écoles publiques restantes, qui, en conséquence, deviennent encore plus sinistrées, cela d'autant plus que le financement de ces écoles repose sur les résultats aux tests des élèves.
Et la "réforme" de l'éducation d'Obama ne fait qu'accélérer le processus déjà entamé par Bush: livrer les services marchands du secteur de l'Education aux prédateurs du secteur privé.
L'égalité des chances, l'éducation pour tous ne sont plus une priorité -même factice - pour les pouvoirs publics. C'est l'éducation de classe, la sélection par l'argent et la ségrégation sociale qui triomphent après une période un peu plus faste.
Les pauvres, eux, pourront toujours se trouver un job et un foyer d'accueil dans les prisons qui prolifèrent dans le pays.

Dans l'article qui suit: "Destroying Public Education in America: Part II", publié le 26 mai 2010, dans Dissident Voice, l'auteur, Stephen Lendman revient sur le démantèlement du service public d'éducation.

Cet article fait suite à un article paru en avril 2008 et replace la situation dans le contexte actuel, depuis la prise de fonction d'Obama et sa "réforme" du système éducatif.
Le premier article s'intéressait aux "charter schools" (écoles partiellement ou totalement privées) qui étaient créées dans tout le pays en remplacement des écoles publiques et plus particulièrement à Chicago, où vit l'auteur, et d'où est également issu le secrétaire d'état à l'éducation d'Obama, Arne Duncan, fossoyeur pressenti du système public d'éducation.

La destruction de l'enseignement public aux Etats-Unis
L'article précédent traitait du plan sordide élaboré pour détruire ce que Diogène avait appelé "le fondement de tout état" et ce qu'Horace Mann (le "père du système public d'éducation aux US") estimait être "la découverte la plus importante, le plus grand facteur d'égalité de l'être humain".
Fondée en 1635, la première école du Massachusetts, une institution vieille de 375 ans, est aujourd'hui progressivement détruite pour être livrée au secteur marchand, désengage la responsabilité de l'Etat, crée un nouveau secteur générateur de profits, sert les riches, restaure la ségrégation et les inégalités dans le pays, cantonne les enfants défavorisés à des emplois de service mal payés, privés d'avantages sociaux et sans avenir - et donc, à quoi bon leur faire bénéficier d'une éducation – ce qui place le rêve américain hors d'atteinte pour des millions de personnes.
C'est l'administration Obama qui orchestre cette entreprise de destruction, avec, en tête, le sinistre secrétaire de l'Education, Arne Duncan, qui a si bien réussi à anéantir les établissements scolaires publics de Chicago qu'il a été choisi pour en faire de même à l'échelle nationale.
Cet article est une remise à jour d'un article précédent qui évoque un problème important qui empire avec un gouvernement aussi pervers que le précédent qui prend prétexte de la crise économique pour anéantir les plus défavorisés et les plus vulnérables au lieu de les aider au moment où ils en ont le plus besoin - une possibilité qui leur serait offerte par une amélioration du système éducatif public, mais qui leur est refusée au bénéfice des priorités du marché.
Obama fait mieux que Bush: il remplace son programme “No Child Left Behind” (NCLB) ("aucun enfant à la traîne") par "la Course au sommet" ("Race to the top") , en reprenant tout ce qui n'a pas marché, comme le par-cœur, les tests, le bachotage pour les tests , la suppression de la carte scolaire et les réformes (avec peu de véritable réussite) fondées sur l'économie de marché.
Dans une attaque sans précédent contre l'éducation publique, il met en concurrence les états, encourage la fermeture d'écoles, les licenciements massifs d'enseignants, et les réductions de salaires et d'avantages sociaux, préconisant les mesures draconiennes et les privatisations pour avoir droit à des aides fédérales.Dans un discours prononcé le 1 mars dernier à la Chambre de Commerce, il approuvait la mise à pied de l'ensemble du personnel enseignant et non-enseignant de Rhode Island High School, à Central Falls pour avoir refusé d'effectuer des heures supplémentaires non payées – qui annonçait ce qui allait se passer au niveau national alors que les états se débattent avec les problèmes budgétaires en augmentant les impôts et supprimant les emplois, dont des licenciements massifs d'éducateurs.

(NB: les personnels enseignants et non-enseignants de Central Falls High conserveront leur poste à la suite d'un accord signé le 15 mai avec les syndicats, qui les oblige à accepter des exigences aussi mauvaises, voire pires, que celles qu'ils avaient rejetées. Parmi ces mesures: un allongement de la journée de cours, une nouvelle grille d'évaluation des enseignants, jusqu'à dix jours de stage de "développement professionnel" obligatoire pendant les vacances d'été, un accord pour des négociations collectives "simplifiées" et la promesse de l'abandon des poursuites judiciaires concernant leurs licenciements de février.
Cet accord montre à quoi sont exposés les enseignants et le reste du personnel des établissements scolaires au niveau national quand les syndicats sont du côté des autorités et non pas de leurs adhérents).

Face à un énorme déficit budgétaire récurrent (26 milliards de dollars depuis April 2010), Arnold Schwarzenegger, le gouverneur de Californie, vient d'annoncer son tout dernier programme d'austérité malgré les réductions des dépenses publiques, les suppressions de postes précédentes, et les hausses d'impôts. En plus d'autres services sociaux fondamentaux, le plan d'austérité comporte le gel des crédits alloués à l'éducation publique, qui affectera, entre autres, les programmes des études primaires et secondaires et ceux des IUT et des universités publiques. Les mesures précédentes comportaient des licenciements, l'augmentation des effectifs de classes, les congés sans solde et le chômage technique à l'Université de Californie (…).
Les villes de Californie en faillite sont tout autant paralysées par les déficits budgétaires. Par exemple, le district scolaire de Los Angeles, qui se retrouve avec un déficit de 640 millions de dollars, a approuvé le licenciement de plus de 5200 enseignants, formateurs et non-enseignants. Au total, 22000 professeurs du public sont sur le fil du rasoir et risquent de subir le même sort dans un avenir proche.
Avec environ 13 milliards de dollars de déficit, la dette par personne dans l'Illinois est encore plus élevée qu'en Californie, et contraint les élus à faire des choix terribles pour 2011. En hiver dernier, les versements des crédits alloués à de nombreux établissements publics ont été suspendus, dont 436 millions de dollars à l'Université de l'Illinois, 125 millions de dollars à la Southern Illinois University, et 62 millions de dollars à la Northern Illinois University.
En conséquence, 11000 enseignants et membres des administrations ont été mis au chômage technique pour des périodes de 10 jours jusqu'à la mi-juin. Il s'en est suivi que les embauches et les salaires ont été gelés de façon endémique dans tout l'état, en faillite tout comme la Californie, le Michigan et d'autres, à une époque où les conditions économiques s'aggravent et où, donc, des mesures encore plus douloureuses sont à prévoir.
En mars dernier, Christopher Koch, l'administrateur des écoles publiques de l'Illinois, a averti la commission du budget du sénat que les prévisions budgétaires pour 2011 nécessiteront 13.000 licenciements supplémentaires, une estimation qu'il qualifie de "prudente" étant donné qu'un quart des établissements scolaires publics n'ont pas encore annoncé leurs prévisions de déficits budgétaires, et alors que la tendance est à la hausse, pas à la baisse. (…).
En mars dernier, l'association de défense des enfants "Voices for Illinois Children" a qualifié les réductions budgétaires prévues pour 2011 de " fin du monde", réductions qui comprennent:
922 millions de dollars pour les écoles primaires et secondaires, qui touchent de façon disproportionnée les districts à revenus bas et moyens,
144 millions de dollars pour les universités et les IUT;
254 millions de dollars pour les bourses d'études;
386 millions de dollars pour divers programmes spécifiques, parmi lesquels: la formation alternative destinée aux parents adolescents, les activités extrascolaires destinées à 25.000 élèves en difficulté, ainsi que d'autres programmes destinés aux enfants.
Et, vu la détérioration de l'économie, ce n'est qu'un début, comme pour les autres états qui se débattent avec des difficultés budgétaires énormes, ces réductions n'ont jusqu'à présent servi à rien et ne sont pas près de le faire dans un avenir proche.
L'éducation, évidemment, va être particulièrement touchée, étant donné la frénésie pour les privatisations au détriment d'un système éducatif public fondamental, placé sur le billot pour être décapité, l'administration Obama orchestrant tout cela, et obligeant les états à s'exécuter.
Ainsi, à New York, par exemple, comme cela se passe partout ailleurs, il est prévu de licencier 15.000 personnels éducatifs.
En hiver dernier, les autorités scolaires de Kansas City, Missouri, ont approuvé la fermeture de 28 des 61 écoles publiques de la ville et la suppression de 700 emplois, dont 286 postes d'enseignants.
Dans le Michigan, le conseil d'administration du programme "Excellent Schools Detroit” appelle à la fermeture de 70 établissements publics, pour les remplacer par des charter schools. Robert Bobb, le directeur financier des écoles publiques, veut privatiser tout le système éducatif pour le livrer au secteur marchand.
Dans le Massachusetts, 35 écoles et leurs personnels sont menacés et à Boston, l'inspectrice d'Académie Carol Johnson propose des coupes budgétaires considérables s'élevant à des dizaines de millions de dollars en imposant des réductions ou des gels de salaires, des fermetures d'écoles, des réductions de ramassages scolaires, des journées de chômage technique, des économies de chauffage en hiver, et d'autres mesures qui permettraient d'économiser 57,7 millions de dollars. Parallèlement, les charters schools se multiplient et remplacent l'école publique – ce système éducatif qui m'a permis de recevoir une éducation dans les années 1940 et 50 est en voie d'extinction.
A la fin de l'année 2009, la ville de Boston a fait fermer six autres écoles. D'autres vont suivre étant donné l'acharnement qui est mis à réduire les coûts, à privatiser et à faire sombrer dans l'oubli des millions d'enfants défavorisés.
D'après Samuel Tyler du Boston Municipal Research Bureau, les fermetures d'écoles sont inévitables, un phénomène qui se répand dans tout le pays en transition inquiétante, exigé par Washington et renforcé par le refus de fournir des aides financières d'urgence pour se concentrer sur d'autres priorités – les subventions réservées aux guerres, à Wall Street, aux géants du pétrole, à Big Pharma, à l'Agrobusiness, à Big Telecom, à Big Auto, et aux autres intérêts privés, et que la population aille au diable.
Une étude réalisée en mars 2010 auprès de 453 administrateurs scolaires par une nouvelle association d'administrateurs scolaires (l'AASA) intitulée: " Comment les écoles publiques aux US continuent de subir les conséquences de la récession" met ce problème en évidence.
Elle montre que les districts scolaires ont des difficultés financières encore plus importantes que les deux années précédentes. Plus de 2 tiers d'entre eux ont réduit les effectifs en 2009-10, et 90% envisagent de le faire courant 2010-2011. Il en va de même pour les dépenses concernant les soins de santé, les retraites, les bibliothèques et d'autres outils et fournitures pédagogiques. En outre, les effectifs des classes vont augmenter, et les matières optionnelles seront réduites, voire supprimées, comme la musique et les autres enseignements artistiques, ainsi que l'éducation physique et sportive. Dans certains districts, on envisage de mettre en place des semaines de quatre jours, et de remplacer les titulaires à plein temps par des contractuels moins rémunérés.
Pire encore, les prévisions budgétaires de Washington pour 2011 annoncent de nouvelles mesures concernant l'attribution de fonds publics aux écoles où sont inscrits les enfants de familles aux bas revenus, et qui dépendront désormais de leurs “performances,” et non plus des besoins, ou, en d'autres termes, qui obéiront aux ordres de l'Etat, seront jugées sur leurs résultats ou seront désavantagées si elles désobéissent ou ne s'en sortent pas – l'idée étant de truquer le jeu pour mettre en place un nouveau système réactionnaire, basé sur les classes sociales et à but lucratif.
Pas la peine aux familles pauvres de se pointer, ni aux syndicats, ni aux enseignants qui veulent être bien rémunérés et bénéficier des avantages sociaux et de la sécurité de l'emploi, ni à ceux qui militent pour une Amérique égalitaire, désormais vouée à l'extinction, sacrifiée sur l'autel de l'éducation marchande.
On peut constater cela en voyant les probables suppressions de postes de centaines milliers d'enseignants et de formateurs, à la suite du déluge de préavis de licenciements de New York à la Californie, et dont beaucoup plus sont prévus — jusqu'à 300.000 à brève échéance, selon le Secrétaire de l'Education Arne Duncan.
En tant que "PDG" des établissements publics de Chicago, il les a démantelés, fermant les écoles, licenciant les professeurs, réduisant les subventions, créant des écoles militaires à la place des lycées publics de la ville, et livrant les établissements au privé, dont une centaine de charter schools quasiment privées, et dont beaucoup sont à but lucratif. Il envisage de faire de même pour l'Amérique toute entière, Obama l'ayant engagé pour détruire une institution vieille de 375 ans pour la remplacer par le système éducatif inégalitaire qu'engendre la loi du marché.

Plus d'infos (en anglais) : "Maintenant nous savons pourquoi les banques se sont tant intéressées aux "charter schools" ("Now We Know Why Banks Have Taken So Much Interest in Charter Schools")

Note perso:

Citation:

NB: les personnels enseignants et non-enseignants de Central Falls High conserveront leur poste à la suite d'un accord signé le 15 mai avec les syndicats, qui les oblige à accepter des exigences aussi mauvaises, voire pires, que celles qu'ils avaient rejetées. Parmi ces mesures: un allongement de la journée de cours, une nouvelle grille d'évaluation des enseignants, jusqu'à dix jours de stage de "développement professionnel" obligatoire pendant les vacances d'été, un accord pour des négociations collectives "simplifiées" et la promesse de l'abandon des poursuites judiciaires concernant leurs licenciements de février.
Cet accord montre à quoi sont exposés les enseignants et le reste du personnel des établissements scolaires au niveau national quand les syndicats sont du côté des autorités et non pas de leurs adhérents".

Ceci est l'épilogue édifiant de ce que j'avais raconté dans le billet "Le pays où on jette à la rue tout le personnel d'un lycée pour "incompétence" et où les banksters ont encore bien des sous à se faire" (voir le lien dans le texte ci-dessus)

Voilà, où on en arrive: "on sait que vous avez besoin de ce boulot, d'ailleurs vous êtes qualifiés pour le faire, alors autant vous reprendre, vous, mais à NOS conditions". Ou comment faire passer des titulaires au statut de précaires, réduire leurs salaires et augmenter leur charge de travail.
Tant qu'ils gagnent ils jouent, aussi!
Et bravo aux syndicats qui prennent le fric des salariés mais qui se placent du côté des patrons.
Et s'il ne s'agissait que des US, on se dirait qu'ils ne luttent pas assez, qu'ils auraient dû, chais pas, moi, monter par millions à Washington, tordre le cou aux caciques des syndicats et des partis, et puis, z'avaient qu'à pas voter pour eux et toussa.
Oui, mais voilà, Léon, on a les mêmes à la maison. La réforme des retraites, par exemple, elle va passer comme une lettre à la Poste (enfin, du temps où c'était un service public). Et ce n'est ni Gaston Chérèque ni Hippolyte Thibaut qui me contrediront, eux qui ont déjà fêté l'entente cordiale avec champagne et petits fours dans les salons feutrés de l'Elysée.
Pauvre de nous. C'est où qu'on s'inscrit pour l'apéro géant fatche de bouc?
Après tout, on nous remarquera sans doute plus que si on bat le pavé de Nation à Bastille (ou l'inverse) avec une régularité de métronome.

http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation/browse_thread/thread/2ab4bfbc2f0ccd26#



Faillite de la société

Elizabeth Schulte : Les nouveaux sans-domiciles américains. 

Toutes les grandes villes des Etats-Unis – même celles qui sont très connues pour leur richesse et pour leur opulence – sont en train de devenir des lieux où l’on peut avoir faim et être sans domicile.

Au cours de l’année 2009, on a assisté aux Etats-Unis à une augmentation moyenne vertigineuse de 26% des demandes d’aide d’urgence de nourriture, selon les résultats récents de l’Enquête sur la faim et le phénomène des sans-domicile conduite par la Conférence des Maires des Etats-Unis.

Cela représente la plus forte augmentation moyenne de la demande au cours des 18 dernières années.

L’enquête, basée sur les données des 27 plus grandes villes des Etats-Unis, a constaté que les trois-quarts de ces villes connaissaient une forte augmentation du nombre de familles vivant sans domicile. Le nombre de ces familles vivant dans la rue y apparaît en effet stupéfiant, même si plusieurs villes ont prétendu que le nombre de personnes vivant sans domicile était resté le même ou qu’il avait même diminué.

La moitié des villes concernées par l’enquête ont déclaré que la demande d’assistance alimentaire avait augmenté de 30% et plus. Dans le comté de Hennepin, qui comprend la ville de Minneapolis (Etat du Minnesota), il y a eu une augmentation de 49% des demandes d’assistance alimentaire, demandes qui se concentrent dans l’aire urbaine de Minneapolis. Le Programme de Coupons Alimentaires est poussé jusqu’à ses limites, puisque, comme l’a déclaré au Minneapolis Star Tribune Bill Brumfield, le directeur régional des services humains et de la santé publique du comté de Hennepin, «ce genre d’événement - une perte d’emplois par la classe moyenne -  n’était initialement pas prévu».

Quant à Denise Jourdain, récemment licenciée par une organisation à but non-lucratif, elle a raconté comment elle s’était rendue dans un centre de distribution alimentaire du Catholic Charities à Minneapolis pour demander des coupons de nourriture, après avoir remis sa démarche au lendemain durant trois mois. Mais «la crainte de ne pas avoir assez de nourriture» l’a finalement poussée là-bas, comme elle l’a dit à un journaliste en ajoutant: «Que se passera-t-il si je n’ai pas de travail à la fin du mois ? Il faut que je fasse cela

Le rapport de la Conférence des Maires des Etats-Unis a établi que 22 villes sur 23 faisaient état d’une augmentation du nombre de personnes recourant à l’assistance alimentaire pour la première fois. Nashville a connu une augmentation de 74% de ces premières demandes, Seattle une augmentation de 30% et Los Angeles et Detroit des augmentations de 10 à 15%.

Selon le rapport des maires, des gens qui, il y a une année encore, distribuaient eux-mêmes des repas, se trouvent aujourd’hui à les demander:

«Six villes ont déclaré que des familles de la classe moyenne qui avaient l’habitude de distribuer des paniers de nourriture étaient maintenant obligées de demander elles-mêmes de l’assistance. La demande croissante provenant de familles de la classe moyenne a créé de nouveaux défis pour la distribution de ces paniers-repas. San Francisco a ouvert cinq nouveaux centres au cours de l’année dernière afin de pouvoir servir toutes les nouvelles personnes obligées de demander de l’aide en raison de la récession. La ville a même lancé une campagne médiatique agressive pour promouvoir ces distributions de paniers-repas, parce que beaucoup de gens ne savaient même pas qu’il existait des possibilités d’assistance.

La ville de Dallas rapporte que les familles de la classe moyenne ayant besoin d’assistance ne sont pas familiarisées avec la manière d’accéder aux services sociaux, qu’elles attendent trop longtemps avant d’essayer, et qu’elles n’hésitent pas à faire connaître leur point de vue sur les conditions d’accès aux services sociaux.»

De plus, les gens qui ont faim visitent plus souvent qu’auparavant les centres de distribution. La ville de Providence, dans l’Etat de Rhode Island, a rapporté le fait «qu'autrefois les gens s’organisaient pour venir chercher en même temps leur panier-repas et leurs coupons alimentaires, mais que maintenant elles devaient revenir plus tôt parce qu’en raison de l’augmentation du coût de la nourriture, leurs coupons ne permettaient pas de tenir jusqu’à la distribution prochaine.»

Lorsqu’on a demandé aux responsables municipaux quelles étaient. selon eux, les raisons de l’augmentation de la faim parmi leurs citoyens, 92% des villes interrogées ont dit que le chômage était la première cause, devant les loyers élevés (60%) et les bas salaires (48 %). Trente-deux% des villes ont cité les coûts médicaux élevés comme étant une des raisons principales de la faim – ce qui représente une forte augmentation par rapport à 2008 où seulement 8% des villes avaient désigné les factures médicales comme étant un élément responsable de la faim.

Les familles plus que les personnes seules sont en train de devenir le nouveau visage des sans-domicile aux Etats-Unis. San Francisco, Sacramento, Nashville, Dallas, Boston, Kansas City et Charleston, toutes ces villes ont évoqué des augmentations à deux chiffres du nombre de familles n’ayant plus de domicile.

A Norfolk, dans l’Etat de Virginie, où le nombre de personnes vivant sans domicile a augmenté de 15% au cours des douze derniers mois, la population de ces sans-domicile a changé, selon Linda Jones de l’Union Mission Ministries (structure chrétienne qui distribue de la nourriture, des habits, des hébergements) locale. Il y a plus de femmes et de jeunes qui perdent leur domicile, comme celle-ci l’a expliqué au journal Virginian-Pilot.

A la mission, des hommes dorment sur le sol du hall d’entrée et les femmes dorment dans des bureaux ou des chambres d’hôtel – presque 300 personnes chaque nuit. Ce nombre représente une augmentation de 10% par rapport à l’année précédente.

Norfolk avait déjà été durement touchée en 2007, lorsqu'un site d’assemblage de camions de Ford avait été fermé. Maintenant, les temps sont encore plus durs. Selon Linda Jones, les dons de privés en faveur de la mission auraient diminué de 23% en 2009. En 2008, l’organisation fournissait 2500 cartons de nourriture à des familles pendant les vacances [1], alors que l’année suivante, seuls 1’000 cartons étaient disponibles pour répondre à des besoins en si forte augmentation.

La crise de Norfolk représente un cas tout à fait ordinaire. Les exécutifs municipaux ont été obligés d’être «créatifs» pour répondre à la demande d’hébergement où passer la nuit. Sept villes, toujours selon la même enquête des maires américains, ont expliqué comment elles convertissent des immeubles commerciaux en des gîtes temporaires pour essayer de répondre aux besoins.

De nombreuses villes, incluant Detroit, Los Angeles et Nashville ont dit que de nouvelles villes de tentes pour les sans-domicile avaient fait leur apparition et d’autres villes, telles que Sacramento et Des Moines, ont déclaré quant à elles que les cités de tentes déjà existantes étaient en train de s’agrandir. (Traduction A l’Encontre)

1. La Fair Labor Standards Act aux États-Unis ne prévoit pas de paiement pour du temps non travaillé. «Un avantage» comme les vacances est une question à régler entre l’employeur et l’employé, ou le représentant des employés. De plus, des différences importantes existent entre les divers Etats. Deux semaines de vacances après 5 ans de travail… est une «norme acceptable» (Réd).

Elizabeth Schulte

* Elizabeth Schulte a écrit cet article pour l’hebdomadaire Socialist Worker (USA)

 (19 janvier 2010)

http://www.labreche.ch/Ecran/UsaSdf01_10.html


n°2 - L’Amérique d’Obama - 05-08 -: Suite :- Comment faire payer leurs dettes aux pauvres: les mettre en prison

n°2 - L’Amérique d’Obama  - 05-08 -: Suite  :- Comment faire payer leurs dettes aux pauvres: les mettre en prison



L’Amérique d’Obama

Comment faire payer leurs dettes aux pauvres: les mettre en prison

n°2

05-08

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 " L’Amérique d’Obama de A à Z" est  visible  : 

a) sur nos blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                          http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site de Eva Resis :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

 Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Faillite de la société

Emcee: Comment faire payer leurs dettes aux pauvres: les mettre en prison

Hégémonie

Les Etats-Unis en guerre dans 75 pays...

Tom Dispatch : Le déclin précipité de l'hégémonie américaine.

 



Faillite de la société

Emcee: Comment faire payer leurs dettes aux pauvres: les mettre en prison
Dans l'enfer de l'Ultralibéralie

Ils ont tous les vices et ils sont sans pitié. Ce sont les prédateurs de la finance: banques, sociétés de cartes de crédit et sociétés de recouvrement, qui ont encore trouvé, en ces temps de crise, un moyen juteux de presser encore plus les pauvres comme des citrons: la traque aux impayés, cela avec l'aimable participation de la justice.
La crise, ce sont les riches qui la provoquent, et ce sont les pauvres, les travailleurs, qui en pâtissent.

En prison pour dette en Amérique
Aujourd'hui, aux Etats-Unis, on incarcère des gens qui n'ont pas payé leurs dettes, alors que la peine de prison pour dette a été abolie en 1933.
Le quotidien Minneapolis Star-Tribune raconte ces arrestations, en hausse dans tous les Etats-Unis, souvent dues à la pauvreté. Au cours des quatre dernières années, dans le Minnesota, le recours aux mandats d'arrêt contre les personnes endettées a fait un bond de 60%, avec 845 cas en 2009.
L'article indique que parfois le montant de la dette ne dépassait pas 85 dollars.
Le moyen utilisé pour forcer les pauvres à rembourser, c'est le mandat d'amener. Les travailleurs ne sont pas effectivement incarcérés pour dette mais pour n'avoir pas répondu à la convocation du tribunal.
Cependant, les auteurs des poursuites, les sociétés de recouvrement et leurs représentants légaux, se servent manifestement du système pour forcer la main aux particuliers par l'intimidation, le harcèlement ou la crainte, souvent pour des sommes d'argent dont ils ne sont même pas redevables.
En Illinois et dans le sud-ouest de l'Indiana, certains juges incarcèrent des personnes qui ont oublié de s'acquitter d'une dette sur décision du tribunal. Dans les cas extrêmes, indique le Star-Tribune, les gens restent en prison jusqu'à ce qu'ils aient versé une partie de la somme due.
En janvier dernier, un juge a condamné un homme de Kenney, Illinois, à une peine de prison "indéterminée" tant qu'il n'aurait pas réuni les 300 dollars qu'il devait à un grossiste en bois de charpente.
Ce couvreur indépendant s'était brisé le dos et le cou et constituait un dossier pour invalidité. Au bout de trois heures de garde à vue, sa femme avait réussi à le faire libérer en empruntant 300 dollars sur sa carte de crédit.
Joy Uhlmeyer a été arrêtée alors qu'elle rentrait chez elle en voiture après avoir passé Pâques avec sa mère âgée.
A la suite d'un divorce coûteux en 2006, elle avait un découvert de 6.200 dollars sur sa carte de crédit Chase. Elle a été arrêtée et a passé la nuit en garde à vue dans une cellule glaciale. Puis, elle a été emmenée dans une voiture de police, menottes aux poignets, au centre-ville de Minneapolis pour la rédaction du PV. Au bout de 16 heures, on lui a pris les empreintes digitales et c'est là qu'elle a enfin pu savoir pourquoi elle était en détention. Elle ne s'était pas présentée à une audience du tribunal prévue par Resurgence Financial, une société dont elle n'avait jamais entendu parler.
Elle raconte dans le Star-Tribune:

"Ce qui est vraiment enrageant dans tout ça, c'est le manque total d'information. Je n'arrêtais pas de me dire: 'si un mandat d'arrêt a été émis pourquoi donc n'ai-je pas été prévenue?'".

Derrière ces cas et des tas d'autres dans tout le pays, se trouvent des organismes de recouvrement et de rachats de dettes. Mais derrière ces intermédiaires se cachent les banques principales - Chase, Citigroup, etc. – qui sont les principales bénéficiaires du secteur du recouvrement. Des dizaines de milliers de procès sont couramment intentés dans les tribunaux des états par les grandes agences de recouvrement. Une fois qu'un jugement est prononcé, une date de comparution est fixée. Toutefois, si pour une raison quelconque un client ne se présente pas à l'audience à la date prévue, on peut délivrer un mandat d'amener à la suite d'un "jugement par défaut".
Dans de nombreux cas, les consommateurs n'ont pas été prévenus des poursuites dont ils font l'objet.
L'étude de la Legal Aid Society de New York (association d'aide juridique, NDT) montre que les organismes de recouvrement n'ont pas informé les créditeurs présumés qui, dans de nombreux cas, n'ont aucune preuve officielle qu'une plainte a été déposée contre eux.
Le rapport indique également que les agences de recouvrement ont engagé 450.000 poursuites à New York seulement, gagnant des jugements par défaut contre beaucoup de travailleurs. Quand ces affaires passent au tribunal, seulement 1% des débiteurs sont représentés par un avocat. Le Star-Tribune signale qu'il n'existe pas de statistiques nationales concernant les débiteurs qui ont été arrêtés.

Je soupçonne les sociétés de recouvrement de ne pas vouloir ébruiter ces arrestations parce que ces pratiques seraient largement condamnées", explique Robert Hobbs, directeur adjoint du National Consumer Law Center à Boston (association de défense des consommateurs)
"Aux Etats-Unis, nous avons institué de fait la prison pour dette, ce qui est largement anticonstitutionnel", dit Judith Fox, professeur de droit à la faculté de Notre Dame. "Dans certains endroits, les gens ont tellement peur de se faire arrêter qu'ils se précipitent pour rembourser des sommes d'argent qu'ils ne doivent peut-être même pas", ajoute-t- elle.

Haekyung Nielsen, 27 ans, de Bloomington, Minnesota, a raconté au Star-Tribune que la police s'était présentée chez elle avec un mandat d'arrestation deux semaines après son accouchement par césarienne.
Une société de recouvrement lui avait envoyé, alors qu'elle était à la clinique, une injonction du tribunal pour une vieille dette de carte de crédit. "Envoyer quelqu'un pour m'arrêter deux semaines après une importante opération pour laquelle il faut au moins huit semaines pour se remettre était tout bonnement incroyable", dit-elle.
Le journal de Minneapolis signale également la tendance à demander une caution dont le montant est fixé par le tribunal.
Le Star Tribune a rencontré le juge Robert Blaeser, du tribunal civil d'Hennepin County, qui explique qu'attacher une caution à un problème d'impayé facilite la procédure. Les créditeurs, dans la plupart des cas des compagnies de cartes de crédit, ont alors la possibilité de réclamer l'argent aux tribunaux.
Ils citent le cas de Vee, un ouvrier des travaux publics, arrêté en février dernier alors qu'il ramenait sa fille de l'école. Quand on lui passait les menottes, Vee raconte que sa fille, qui est asthmatique, s'est mise à avoir des difficultés de respiration à cause du stress. "Tout ce que je pensais c'était si elle allait bien et si elle avait son inhalateur", dit il.
Depuis la prison, Vee a appelé son propriétaire qui a promis de verser sa caution. Celle-ci s'élevait à 1.875,06 dollars, le montant exact de ce qu'il devait.
C'est la justice qui avait récupéré la somme impayée pour le compte de la compagnie de carte de crédit, mais Vee – comme bien d'autres – est encore traumatisé par cette expérience. Il lui reste encore à rembourser des factures de soins médicaux et de carte de crédit et 40000 dollars pour un ancien prêt immobilier.
Il dit que la vue d'une voiture de police dans son rétroviseur le fait trembler. "Les policiers vont-ils m'arrêter à nouveau? Tant que je ne serai pas parvenu à éponger mes dettes, la menace existera" dit-il.
La menace juridique d'un mandat d'amener à l'encontre de débiteurs n'est pas nouvelle. Ce qui est nouveau, c'est cette entreprise énorme, largement capitalisée et agressive du rachat des dettes et de récupération des impayés. Ces intermédiaires permettent aux compagnies de cartes de crédit et aux grandes banques qui les financent d'abord d'annuler la dette, par ex, la déclarer dans les pertes, puis revendre cette dette à une agence de recouvrement. D'après les statistiques du tribunal qu'a consultées le Star-Tribune, trois sociétés de recouvrement - Unifund, CCR Partners Portfolio Recovery Associates et Debt Equities LLC— totalisent 15% de l'ensemble des mandats d'arrestation pour dette lancés dans le Minnesota depuis 2005.
Ces agences de recouvrement cotées rachètent des dettes anciennes pour une bouchée de pain (parfois, alors qu'il y a eu prescription) et utilisent des équipes d'avocats pour recouvrer les impayés. Dans de nombreux cas, la dette est invérifiable. Le National Consumer Law Center estime qu'un procès sur dix intenté par les agences de recouvrement repose sur des renseignements erronés.
Le Star-Tribune indique que les 10 plus grandes sociétés de recouvrement du Minnesota ont encaissé plus de 223 millions de dollars à la suite de procès entre 2005 et 2009.
Cela représente des dizaines de milliers d'individus à qui on a arraché leur dernier dollar de façon discrétionnaire. La prison n'est que la mesure la plus extrême utilisée à cette fin.
Pendant ce temps, les sociétés de recouvrement sont largement récompensées pour les services qu'elles rendent au secteur financier, aux grandes banques et aux compagnies de cartes de crédit. En effet, les bénéfices des sociétés de recouvrement n'ont jamais été aussi élevés.
"Portfolio Recovery Associates" a empoché, l'an dernier, 44 millions de dollars, ce qui correspond à une marge bénéficiaire nette de 16% pratiquement inédite.
Au cours des trois premiers mois de 2010, Portfolio a réalisé des bénéfices encore plus spectaculaires, avec un revenu net en hausse de 47%. Ce ne sont pas les seuls.
"Encore Capital Group", la compagnie de gestion des comptes de créances de San Diego, a augmenté son revenu net de 21 %, c'est-à-dire de 0,44 dollars par action. Ces sociétés ont considérablement augmenté leurs bénéfices dans toutes les branches – la sous-traitance du recouvrement, les centres d'appel, les recouvrements juridiques et le traitement des faillites.

WSWS

emcee le mardi 20 juillet

Note perso:

Après les subprimes, les saisies immobilières, les rachats de leurs maisons à vil prix, voilà que les pauvres ont encore sur le dos les pitbulls de la finance.
Des pauvres qui, quand ils ont encore un toit au-dessus de la tête, sont pris à la gorge entre les remboursements de prêts, les factures de l'eau, du gaz, de l'électricité, du chauffage sans cesse en augmentation – et qui doivent parfois renoncer à ces services, à moins qu'on ne vienne carrément leur couper le compteur pour facture impayée.
Evidemment, tout cela pourrait s'arranger un jour ou l'autre si les débiteurs avaient un emploi stable ou si l'Etat leur versait des indemnités de chômage décentes.
Ce serait trop simple. Quand on prend aux pauvres, on prend tout, sinon, ce n'est pas drôle.
Et donc, en lieu et place des emplois stables, que trouvent-ils? Des emplois précaires, mal payés et souvent à temps partiel (je parle évidemment de ceux qui ont un emploi, le taux de chômage réel étant d'environ 20%).
Si on ajoute à cela les cotisations à verser aux assurances privées pour les soins de santé, assorties des factures énormes liées à un traitement quelconque non pris en charge par l'assurance, on se demande comment certains ne sont pas encore à la rue avec les autres.
Les requins de la finance, qui ne manquent pas d'imagination, on le voit, puisqu'ils ont tout de même réussi à se faire renflouer avec l'argent public, destiné en partie aux pauvres, justement (à qui on sucre les prestations sociales sous prétexte de "caisses vides"), et qui continuent de mener grand train, eh bien, disais-je, ces requins se sont dit qu'il restait encore des sous à racler et que les pauvres ne pouvaient tout de même pas s'en tirer à si bon compte en oubliant de payer leurs dettes.
Encore une fois les escrocs se retrouvent avec une mine d'or à exploiter et encore une fois, les élus ne trouvent rien à redire à ces arnaques qui vont encore davantage enfoncer la population – qu'ils sont censés protéger, mais, bon, on constate que c'est complètement accessoire de nos jours.
Le gouvernement US (quel qu'il soit), qui a laissé se développer les subprimes, alors qu'un enfant capable de faire une soustraction pouvait se rendre compte que le système n'était pas viable, qui a donné sans contrepartie des milliards pour renflouer les banques et autres institutions financières, ferme aujourd'hui les yeux sur cette entreprise de coercition menée par des monstres avec la complicité de la justice.

Les valeurs de l'oligarchie ont l'odeur de l'argent.

Emcee

mardi 20 juillet

Traduction de l'article: "Imprisoned for debt in America" par Nancy Hanover, publié par WSWS, le 16 juillet 2010

http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation?hl=fr
http://blog.emceebeulogue.fr/post/2010/07/20/Comment-faire-payer-leur...



Hégémonie

Les Etats-Unis en guerre dans 75 pays...

Dimanche 13 juin

Le Pentagone des démocrates : la guerre est là mais elle ne se voit pas

Le sourire de Barack Obama est plus doux que celui de George W. Bush, mais son bellicisme est plus agressif encore. A l’ère des restrictions budgétaires et de la communication, la Maison-Blanche a abandonné les bombardements en prime-time et leur préfère l’intervention secrète tous azimuts.

Via leurs actions spéciales, les Etats-Unis sont aujourd’hui en guerre dans 75 pays.

La guerre n’est pas que celle qui se voit. En plus des opérations militaires en Irak et en Afghanistan, le Pentagone conduit une guerre secrète où l’Iran est un des objectifs centraux. Elle est coordonnée par le Commandement des opérations spéciales (UsSoCom), qui dispose d’environ 57 000 spécialistes des quatre Armes (Terre, Mer, Air, Marines). Leur mission officielle comprend : le recueil d’informations sur l’ennemi ; l’action directe pour détruire des objectifs, éliminer ou capturer des ennemis ; la guerre non conventionnelle conduite par des forces externes, entraînées et organisées par l’Ussocom ; la contre-insurrection pour aider des gouvernements alliés à réprimer une rébellion ; les opérations psychologiques pour influencer l’opinion publique étrangère afin d’appuyer les actions militaires états-uniennes. Comme il ressort d’une enquête du Washington Post, les forces pour les opérations spéciales sont aujourd’hui déployées dans 75 pays, par rapport à 60 il y a un an [1]. Leur importance croissante est prouvée par le fait que « les commandants des forces spéciales sont aujourd’hui plus présents à la Maison-Blanche que ce qu’ils ne l’étaient à l’époque de Bush ».

L’aire où se concentrent ces opérations, dont le financement se monte officiellement à 10 milliards de dollars, comprend le Proche-Orient, l’Asie centrale et l’Afrique orientale. Il existe cependant « des plans d’attaque préventive ou de représaille dans de nombreux endroits du monde, à mettre en œuvre quand on découvre un complot ou après une attaque ». L’utilisation des forces pour les opérations spéciales offre l’ « avantage » de ne pas demander l’approbation du Congrès et de rester secrète. Ces opérations, selon des fonctionnaires de l’administration cités par l’agence UPI, « pourraient ouvrir la voie à des attaques militaires contre l’Iran si la confrontation sur le programme nucléaire de Téhéran se fait plus aigüe ».

Dans le cadre de la « guerre non-conventionnelle », l’UsSoCom emploie des compagnies militaires privées, comme Xe Services (ex-Blackwater, connue pour ses actions en Irak) qui s’avère employée dans diverses opérations spéciales parmi lesquelles le recueil d’informations en Iran. Ici l’UsSoCom soutient directement ou indirectement les groupes rebelles, surtout ceux qui sont dans la zone sud-orientale à majorité sunnite. Sans trop aller dans la nuance : un de ces groupes, les « Guerriers sacrés du peuple », figure dans la liste des organisations terroristes rédigée par Washington. La même politique est menée en Afghanistan, où les forces pour les opérations spéciales se servent de seigneurs de la guerre locaux. L’un de ceux-ci —rapporte le New York Times [2]— est Matiullah Khan : avec son armée privée, il combat les insurgés avec les forces spéciales états-uniennes (dont le quartier général est à une centaine de mètres de celui de Matiullah Khan) et assure le transit des convois de l’OTAN, qui lui verse un paiement de 1.200 dollars par camion. Il est ainsi devenu, dans sa province, le plus puissant et le plus riche seigneur de la guerre.

Grâce à ce que le Pentagone appelle une « guerre non-conventionnelle ».

Par cuba si lorraine

http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/artic...


Tom Dispatch : Le déclin précipité de l'hégémonie américaine.

Les prédictions sur un probable déclin de l’hégémonie américaine sont récurrentes.

La CIA elle-même s’était récemment livrée à cet exercice, prévoyant qu’à l’horizon 2025, le statut des USA serait révisé à la baisse et leur latitude d’action diminuée d’autant. Mais la crise économique a dramatiquement accéléré la marche de l’histoire. Lors de son audition par les sénateurs américains au printemps dernier, l’économiste Martin Wolf avait annoncé que la crise allait « porter un coup dévastateur à la crédibilité et la légitimité des États-Unis à travers le monde. »

 Aujourd’hui, les indices de cet affaiblissement sont déjà sensibles sur tous les fronts. Michael Klare en recense six, parmi lesquels le remplacement du G7 par le G20, la remise en cause du dollar, le rôle accru du groupe BRIC, le renforcement des liens entre l’Iran et la Chine, et le refus des alliés d’envoyer des renforts en Afghanistan. A ce catalogue il conviendrait d’ajouter le récent refroidissement des relations avec le Japon, sans oublier la nouvelle orientation de la Turquie, qui elle aussi resserre ses liens avec l’Iran et s’éloigne d’Israël. Bienvenue donc, dès aujourd’hui, dans ce nouveau monde des années 2025.

Par Michael T. Klare, TomDispatch, 26 octobre 2009

Note à l’attention de la CIA : Vous n’êtes peut-être pas préparés à voyager dans le temps, mais bienvenue quand même en 2025 ! Vos bureaux sont peut-être un peu exigus, vos droits à exiger de meilleurs locaux se sont sans doute évaporés, et les avantages annexes ne seront peut-être pas à votre goût, mais il faudra vous y habituer. Car telle sera désormais la réalité.

Trêve de plaisanterie. Passons maintenant à la version sérieuse de ce qui précède : En Novembre 2008, le National Intelligence Council (NIC), une branche de la Central Intelligence Agency, a publié le dernier rapport d’une série de publications futuriste, destinées à défricher le terrain pour la future administration Obama. Cette consultation de boule de cristal analytique s’est conclue par un rapport intitulé « Tendances mondiales 2025 », où l’agence prédit que l’hégémonie américaine tendrait à disparaître progressivement au cours des 15 prochaines années - parallèlement à la montée de nouvelles puissances mondiales, en particulier la Chine et l’Inde. Ce rapport examinait de nombreux aspects de l’environnement stratégique du futur, mais sa conclusion la plus remarquable - et qui a fait les unes - était celle d’une érosion à long terme de la domination américaine et de l’émergence de nouveaux concurrents mondiaux. « Bien que les États-Unis puissent rester l’acteur le plus puissant [en 2025] », constatait sans ambages cette étude, la « puissance relative - même dans le domaine militaire - diminuera et les moyens d’actions des USA seront plus limités. »

Ce rapport, appartient déjà au passé. Aujourd’hui, quelques 11 mois plus tard, les choses ont déjà changé. Ces prédictions futuristes devront être adaptées aux réalités rapidement changeantes de la situation actuelle. Bien qu’ayant été publié après le début de la crise économique mondiale, ce rapport a été rédigé avant que cette crise n’atteigne son maximum. Il affirmait donc que le déclin de la puissance américaine serait graduel, s’étendant au-delà de l’horizon de 15 ans qui était celui de l’étude. Mais la crise économique et les événements qui l’ont accompagné ont radicalement bouleversé ce calendrier. À la suite des énormes pertes subies par l’économie américaine durant l’année écoulée, et d’un redémarrage surprenant de l’économie chinoise, la transition des pouvoirs que ce rapport prévoyait s’est accélérée. Lorsque l’on examine les faits, cette année 2025 est déjà là.

De nombreux évènements prévus par le « Global Trends 2025 » se sont en fait déjà déroulés. Le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine - désignés collectivement par l’acronyme BRIC - jouent déjà un rôle beaucoup plus actif dans les affaires économiques mondiales, alors que le rapport prévoyait que cela ne serait le cas que dans une décennie ou deux. Dans le même temps, la position mondiale dominante auparavant monopolisée par les Etats-Unis avec l’aide des grandes puissances industrielles occidentales - le Groupe des 7 (G-7) - s’est déjà affaiblie à un rythme remarquable.

Les pays qui autrefois demandaient conseil aux États-Unis sur les grandes questions internationales ignorent maintenant les recommandations de Washington et développent au contraire leurs propres réseaux politiques autonomes.

Les États-Unis sont de moins en moins enclins à déployer leurs forces armées à l’étranger alors que les puissances rivales augmentent leurs propres capacités militaires et que les acteurs non étatiques recourent aux tactiques « asymétriques » pour contrecarrer l’avantage de la puissance de feu conventionnelle dont disposent les États-Unis.

Personne ne semble le dire haut et fort - pour le moment - mais exprimons les choses crûment : après que moins d’un an se soit écoulé sur les 15 années qu’analysait le rapport de la CIA, la période de la domination incontestée de l’Amérique sur le monde est arrivée à son terme. Cela pourra prendre une décennie ou deux (ou trois) avant que les historiens ne soient capables de porter leurs regards en arrière et de se prononcer avec certitude sur « le moment où les Etats-Unis ont cessé d’être la puissance dominante de la planète et ont été forcés de se comporter comme un acteur majeur parmi d’autres dans un monde où existent plusieurs grandes puissances rivales. » Cependant, pour les esprits observateurs, les indices de cette grande transition sont déjà visibles.

Six étapes vers un destin de nation ordinaire

Voici la liste de six événements récents qui indiquent selon moi que nous sommes entrés en « 2025 » dès aujourd’hui. Tous les six ont été rapportés par les médias ces dernières semaines, bien qu’ils n’aient jamais été mis en perspective tous ensembles. Ces six évènements (ainsi que d’autres, semblables) forment un motif : ils dessinent une nouvelle ère en formation.

1. Lors du sommet économique mondial de Pittsburgh, les 24 et le 25 septembre, les dirigeants des grandes puissances industrielles, le G-7 (G-8 si l’on inclut la Russie) ont accepté de transférer la responsabilité de la supervision de l’économie mondiale à un groupe plus vaste, plus ouvert : le Groupe des 20 (G-20), incluant la Chine, l’Inde, le Brésil, la Turquie, et d’autres pays en développement. Bien que des doutes aient été soulevés quant à la capacité de ce groupe élargi à exercer un leadership efficace au niveau mondial, il ne fait aucun doute que cette transformation signale un déplacement de la puissance économique dans le monde, de l’Ouest en direction de l’Est et le Sud. Ce déplacement entérine une baisse considérable de la prééminence économique américaine.

« La véritable signification du G-20 n’est pas celle d’un passage de relais du G-7/G-8 mais du G-1 : les États-Unis », a écrit dans le Financial Times Jeffrey Sachs de l’Université de Columbia. « Durant les 33 années du Forum économique du G-7, les États-Unis ont impulsé les décisions économiques les plus importantes. » Le déclin du leadership américain au cours de ces dernières décennies a été obscurci par l’effondrement de l’Union soviétique et par l’avance initiale acquise par les USA dans les technologies de l’information, note également Jeffrey Sachs, mais on ne peut plus désormais se méprendre sur cette transition du pouvoir économique des Etats-Unis en direction de la Chine et des autres locomotives des économiques émergentes.

2. Selon la presse, les rivaux économiques de l’Amérique ont tenu des réunions secrètes (mais pas tant que cela) afin d’étudier une réduction du rôle du dollar US - qui perd de sa valeur - dans le commerce international. Jusqu’à présent, l’utilisation du dollar comme devise internationale procurait aux États-Unis un avantage économique important : ils pouvaient simplement imprimer des dollars pour faire face à leurs obligations internationales alors que les autres pays doivent convertir leurs propres devises en dollars, ce qui entraîne souvent des surcoûts significatifs. Désormais, nombre de grands pays exportateurs - dont la Chine, la Russie, le Japon, le Brésil et les pays pétroliers du golfe Persique - envisagent l’utilisation de l’euro, ou d’un « panier » de monnaies pour leurs échanges commerciaux. S’il est adopté, un tel plan accélérerait la chute vertigineuse du cours du dollar et éroderait encore davantage l’influence américaine sur les affaires économiques internationales.

L’une de ces rencontres aurait eu lieu cet été lors d’un sommet des BRIC. Alors qu’il ne s’agissait que d’un concept il y a un an, lorsque le terme de BRIC a été inventé par l’économiste en chef de Goldman Sachs, le groupe des BRIC est devenu une réalité en juin lorsque les dirigeants des quatre pays ont tenu une session inaugurale à Iekaterinbourg, en Russie.

Le fait même que le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine aient choisi de se constituer en groupe a été considéré comme significatif, car ces pays rassemblent conjointement environ 43% de la population mondiale et devraient représenter 33% du produit intérieur brut mondial d’ici 2030 - à peu près autant que les États-Unis et l’Europe occidentale à cet horizon. Bien que les dirigeants du groupe BRIC aient décidé à ce stade de ne pas former un organe permanent comme le G-7, ils sont convenus de coordonner les efforts visant à développer des alternatives au dollar et à réformer le Fonds Monétaire International, pour que les pays non occidentaux y disposent d’une voix plus forte.

3. Sur le front diplomatique, les efforts de Washington pour obtenir le soutien d’une pression internationale accrue sur l’Iran afin qu’il mette un terme à son programme d’enrichissement d’uranium ont été rejetés par la Russie et la Chine. Un mois après que le président Obama ait annulé le projet de déploiement d’un système anti-missiles en Europe orientale, souhaitant apparemment obtenir le soutien russe sur une position plus dure envers Téhéran, les hauts dirigeants russes ont clairement indiqué qu’ils n’avaient aucune intention de cautionner un renforcement des sanctions contre l’Iran. « Les menaces, les sanctions et les pressions dans la situation actuelle, nous en sommes convaincus, seraient contre-productifs », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey V. Lavrov, après une réunion avec le secrétaire d’État Hillary Clinton à Moscou le 13 octobre. Le lendemain, le Premier ministre russe Vladimir Poutine déclarait que la menace de sanctions était « prématurée ». Étant donné les risques politiques qu’a pris Obama en annulant le programme de bouclier anti-missiles - une mesure largement condamnée par les Républicains à Washington - le refus rapide de Moscou de coopérer avec les Etats-Unis sur le dossier nucléaire iranien ne peut être interprété que comme un signe supplémentaire du déclin de l’influence américaine.

4. On peut tirer exactement la même conclusion après la réunion de haut niveau qui s’est tenue à Pékin le 15 octobre entre le Premier ministre chinois Wen Jiabao et le premier vice-président iranien, Mohammad Reza Rahimi. « Les relations sino-iraniennes ont connu un développement rapide, depuis que les dirigeants des deux pays ont de fréquents échanges et que la coopération dans le commerce et l’énergie s’est élargie et approfondie », a déclaré M. Wen, au Palais du Peuple. Intervenant à un moment où les États-Unis sont engagés dans une campagne diplomatique vigoureuse pour persuader la Chine et la Russie, entre autres, de réduire leurs liens commerciaux avec l’Iran, en prélude au renforcement des sanctions, cette déclaration chinoise ne peut être considérée que comme une nette rebuffade en direction de Washington.

5. Les tentatives de Washington pour obtenir un soutien international à l’effort de guerre allié en Afghanistan ont également rencontré des réponses étonnamment décevantes. Pour preuve, la manifestation de soutien réticent à l’effort de guerre américain du Premier ministre britannique Gordon Brown lorsqu’il a annoncé le 14 octobre que la Grande-Bretagne enverrait davantage de troupes pour renforcer le contingent britannique dans ce pays - mais seulement 500 de plus, et seulement si d’autres nations européennes augmentaient leur participation militaire, chose qu’il sait sans doute hautement improbable. Jusqu’à aujourd’hui, ce minuscule contingent provisoire représente le total des troupes supplémentaires que l’administration Obama a été en mesure d’obtenir de ses alliés européens, et ce en dépit d’une campagne diplomatique soutenue pour le renforcement de la force combinée de l’OTAN en Afghanistan. En d’autres termes, même l’allié le plus fidèle et docile des USA en Europe ne semble plus disposé à supporter le poids de ce qui est largement perçu comme une couteuse et épuisante aventure militaire américaine dans le Grand Moyen-Orient.

6. Enfin, en un geste dont la portée symbolique est frappante, le Comité International Olympique (CIO) a choisi d’ignorer Chicago (de même que Madrid et Tokyo) et désigné Rio de Janeiro pour la tenue des Jeux Olympiques d’été de 2016. C’est la première fois qu’une nation sud-américaine se voit décerné cet honneur. Avant le vote, Chicago était considérée comme un candidat sérieux, surtout depuis que Barack Obama, qui y a habité, s’était personnellement déplacé à Copenhague pour faire pression sur le CIO. Néanmoins, à la surprise générale, Chicago a non seulement perdu, mais a été éliminée dès le premier tour de scrutin.

« Le Brésil est passé d’un pays de deuxième classe à un pays de première classe, et aujourd’hui, nous commençons à être considéré avec le respect que nous méritons », a déclaré le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, lors d’une célébration de la victoire à Copenhague après le vote. Durant ce processus de décision des Olympiades les États-Unis se sont vus sans ménagement et ostensiblement rétrogradés du rang de seule superpuissance à celui de compétiteur malchanceux, et ce moment symbolisait l’entrée de la planète dans une nouvelle ère.

Devenir un pays ordinaire

Ce ne sont que quelques exemples de développements récents qui me laissent penser que les jours de l’hégémonie américaine sont déjà arrivés à leur terme, des années plus tôt que les services de renseignement américain ne l’avaient prévu. Il est de plus en plus clair que d’autres puissances - même parmi nos plus proches alliés - poursuivent une politique étrangère de plus en plus indépendante, quelles que soient les pressions que Washington tente d’exercer.

Bien sûr, rien de tout cela n’implique que les États-Unis ne pourront pas conserver pendant un certain temps encore la plus puissante économie au monde et, en termes de capacité de destruction, la plus puissante force militaire. Néanmoins, il ne fait aucun doute que l’environnement stratégique dans lequel les dirigeants américains doivent prendre des décisions critiques, lorsque les intérêts nationaux vitaux sont en jeu, a changé de façon spectaculaire depuis le début de la crise économique mondiale.

Plus significatif encore, le président Obama et ses principaux conseillers commencent à contrecœur à remodeler la politique étrangère américaine en ayant à l’esprit cette nouvelle réalité mondiale. Cela paraît évident, par exemple, dans la décision de l’administration de réexaminer la stratégie américaine en l’Afghanistan.

C’est seulement en mars que le président a adopté une nouvelle stratégie de contre-insurrection en Afghanistan, consistant en un renforcement de la présence américaine sur le terrain, accompagné d’un engagement de longue durée pour gagner les cœurs et les esprits dans les villages où les talibans ont réapparu. C’est sur cette base qu’il a limogé le commandant en chef en Afghanistan, le général David D. McKiernan, pour le remplacer par le général Stanley A. Mc Chrystal, considéré comme un partisan plus résolu de la contre-insurrection. Toutefois, lorsque Mc Chrystal a présenté à Obama la facture de cette stratégie - 40 000 à 80 000 soldats supplémentaires (en plus des 20.000 et quelques renforts récemment déployés) - nombreux sont ceux qui ont pâli dans la garde rapprochée du Président.

Un tel déploiement coûtera non seulement des centaines de milliards de dollars au Trésor, ce qu’il peut difficilement se permettre, mais la pression exercée sur l’armée et le Corps des Marines peut devenir presqu’insupportable après ces nombreuses années de déploiements multiples et répétés et de stress en Irak. Ce prix serait plus tolérable, bien sûr, si les alliés de l’Amérique acceptaient de prendre une plus grande part de cette charge, mais ils sont de moins en moins disposés à le faire.

Les dirigeants de la Russie et la Chine ne sont sans doute pas entièrement mécontent de voir les États-Unis épuiser leurs ressources financières et militaires en Afghanistan. Dans ces circonstances, il n’est guère surprenant que le Vice Président Joe Biden, entre autres, préconise un nouveau tournant dans la politique américaine, avec une stratégie moins coûteuse de contre-terrorisme - plutôt que de contre-insurrection - qui viserait pour partie à démanteler Al-Qaïda au Pakistan - à l’aide de drones et des forces spéciales - au lieu de mobiliser de nombreuses troupes américaines (tout en laissant le niveau des forces en Afghanistan relativement inchangé).

Il est trop tôt pour prédire sur quoi va déboucher cette réévaluation par le président de la stratégie américaine en Afghanistan, mais le fait qu’il n’ait pas accepté immédiatement le plan Mc Chrystal et ait laissé libre cours à Joe Biden pour défendre sa position suggère qu’il puisse finir par comprendre ce qu’il y aurait de déraisonnable à accroitre les engagements militaires américains à l’étranger au moment où la prééminence mondiale des USA est sur le déclin.

On perçoit cette prudence d’Obama dans autres décisions prises récemment. Bien qu’il continue d’affirmer que l’acquisition d’armes nucléaires par l’Iran est inadmissible et que l’utilisation de la force pour l’en empêcher reste une option, il a clairement fait en sorte de réduire au minimum la probabilité que cette option - qui pourrait également être compromise par des « alliés » récalcitrants - soit jamais utilisée.

Par ailleurs, il a donné une nouvelle impulsion à la diplomatie américaine, en cherchant l’amélioration des liens avec Moscou et en permettant que soient repris les contacts diplomatiques avec des Etats précédemment considérés comme parias, tels la Birmanie, le Soudan et la Syrie. Cela reflète également la réalité de notre monde en évolution : la posture du « je vaux mieux que toi » et de l’intimidation adoptée par l’administration Bush envers ces pays et d’autres durant près de huit ans n’a que rarement permis d’obtenir quoique ce soit. On peut se représenter cela comme la reconnaissance implicite que les États-Unis sont descendus de leur statut de « superpuissance unique » de la planète à celui de pays ordinaire. C’est après tout ce que font les pays ordinaires : ils engagent des pourparlers diplomatiques avec les autres pays, qu’ils aiment ou non leurs gouvernements actuels.

Bienvenue donc, dans le monde de 2025. Il ne ressemble plus à celui de notre passé récent, lorsque les États-Unis dépassaient de la tête et des épaules toutes les autres nations, et ne convient qu’assez mal aux fantasmes de puissance mondiale nés à Washington depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991. Mais c’est la réalité.

Pour beaucoup d’Américains, la perte de cette prééminence pourrait provoquer de l’inconfort, voire du désespoir. Mais d’un autre côté, il convient de reconnaitre les avantages qu’il y a à être un pays ordinaire, comme n’importe quelle autre nation : personne ne s’attend à ce que le Canada, la France ou l’Italie envoient 40 000 soldats supplémentaires en Afghanistan, en plus des 68 000 qui y sont déjà et des 120 000 hommes en Irak. Personne non plus ne s’attend à ce que ces pays consacrent 925 milliards de dollars sur l’argent des contribuables à cette fin - ce que coûtent ces deux guerres, selon le National Priorities Project.

Une question demeure : Combien de temps encore persistera à Washington le sentiment que les Américains peuvent se permettre de financer leur rôle mondial, avec le maintien de bases militaires sur une bonne partie de la planète et la poursuite de guerres lointaines au nom de la sécurité mondiale, alors que l’économie américaine perd autant de terrain face à ses concurrents ? Tel est le dilemme auquel le président Obama et ses conseillers doivent se confronter dans ce monde transformé de l’année 2025.

Publication originale

Tom Dispatch

 Traduction Contre Info

Source : Contre Info · info

samedi 31 octobre 2009,

Comité Valmy


n°2 - L’Amérique d’Obama - 05-08 -: Fin :- Comment faire payer leurs dettes aux pauvres: les mettre en prison

n°2 - L’Amérique d’Obama  - 05-08 -: Fin  :- Comment faire payer leurs dettes aux pauvres: les mettre en prison



L’Amérique d’Obama

Comment faire payer leurs dettes aux pauvres: les mettre en prison

n°2

05-08

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 " L’Amérique d’Obama de A à Z" est  visible  : 

a) sur nos blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                          http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site de Eva Resis :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

 Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Faillite de la société

Emcee: Comment faire payer leurs dettes aux pauvres: les mettre en prison

Hégémonie

Le FMI attaque l’Europe.

Immigration

Bill Van Auken : L'internationalisme socialiste et la Défense des travailleurs immigrés.



Hégémonie

Le FMI attaque l’Europe.

Le FMI ne tarit pas de critiques envers l’Europe. Laxiste, dépensière, il est temps de la "réformer". Entendez par là baisser les prestations sociales, privatiser les services publics, démanteler le droit du travail. Les Etats-Unis qui pilotent le FMI et le milieu des affaires qui est aux commandes de l’économie pressent l’Europe de se dépouiller au plus vite de ses protections sociales. Que signifie l’arrivée du FMI sur la scène européenne ?

Quel sont ses résultats passés ?

Quel rôle jouent les Etats-Unis dans ce processus ?

Eléments de réponse.

 Le FMI qui a un bilan totalement désastreux dans les pays pauvres étend en ce moment sa politique à l’Europe.

Depuis la fin des accords de Bretton Woods, cette institution pilotée par les Etats-Unis (majoritaires en voix) a systématiquement prôné la privatisation et la suppression des politiques sociales (fin des remboursements des frais de santé, fin des services publics etc.) Il n’a jamais été présenté un éventail de remèdes disponibles à chaque pays selon sa situation propre, comme cela se pratiquait à la Banque Mondiale avant 1973.

Ce sont toujours les mêmes recettes qui sont appliquées sans distinction et présentées comme une panacée par le FMI.

C’est ce que dénonce Joseph Stiglitz, prix nobel d’économie et ancien économiste en chef à la Banque Mondiale dans La Grande Désillusion. Selon lui, si la Banque Mondiale a conservé une tendance à poser un diagnostic un peu personnalisé sur chaque pays, le FMI se montre fondamentaliste dans l’application des politiques néolibérales, ces dernières étant considérées comme le seul remède possible quel que soit le mal. Un dogme impossible à remettre en question à l’intérieur de l’institution, personne n’accepte d’entrer dans une telle réflexion.

A cet égard, il faut bien constater que le néolibéralisme est une idéologie. Certains l’ont nommé TINA, There Is No Alternative, en référence à la maxime de Margaret Tatcher, toujours répétée depuis.

De fait, les populations sont toujours ressorties appauvries de ces cures d’austérité, et cela a parfois été jusqu’à les priver de ressources vitales. Ainsi au Ghana au début des années 2000, la privatisation de la compagnie nationale de distribution de l’eau, suite à un ajustement structurel, a contraint de nombreux villageois à devoir choisir entre boire de l’eau potable et manger. L’entreprise nouvellement en charge de la distribution avait doublé les prix, voire triplé ou quadruplé selon les villes.

A la même époque, la privatisation de l’eau en Bolivie créait des manifestations monstres, forçant le gouvernement à reculer.

Aujourd’hui c’est au Honduras que l’on poursuit le genre de programme, après que les Etats-Unis et l’élite locale aient renversé illégalement le président Zelaya, trop à gauche selon eux.

Ces quelques exemples se retrouvent dans de nombreux autres pays, et pour toutes sortes de denrées et de secteurs d’activité. Il faut étudier les conséquences de ces politiques sur les populations si l’on veut évaluer correctement l’action du FMI. Systématiquement, l’élite locale s’est enrichie tandis que le peuple s’est appauvri. Cette politique est criminelle lorsqu’elle prive des citoyens de soins, d’eau potable, de nourriture, ou d’éducation.

Le FMI ou la Banque Mondiale ne posent jamais comme condition à leurs prêts : améliorer la redistribution des richesses pour soulager la pauvreté. Il s’agit toujours d’incriminer l’Etat pour taxer la population au profit d’entreprises derrière lesquelles se trouvent de riches notables locaux ou occidentaux. Le transfert de richesse s’opère des pauvres vers les riches.

La vente des actifs d’un pays (souvent à prix bradé, voir par exemple le cas de l’Argentine sous Carlos Menem) et les coupes budgétaires améliore temporairement l’état des finances publiques. Au lieu d’encourager le pays à se libérer d’une dette souvent asphyxiante (de 20 à 35% du budget de l’Etat pour dette remboursée plusieurs fois par le jeu des intérêts), les institutions de Bretton Woods conviennent immédiatement d’un nouveau prêt (voir par exemple le cas de l’Ouganda traité ici)... Et l’argent prêté par le FMI doit être utilisé suivant les conditions fixées par l’organisme international "américain" : constructions de centrales électriques, de routes, de barrages etc...

Tout l’argent retourne ainsi aux pays prêteurs du Nord, dans la poche des entreprises qui réalisent ces constructions. Ces projets gonflent les chiffres de l’investissement, du PIB, de la croissance, et profitent à l’élite riche. On parle de succès, les journaux de droite utilisent ces résultats comme argument en faveur de la politique néolibérale du FMI. Mais la population majoritairement pauvre s’est appauvrie comme le montrent tous les indicateurs de pauvreté et de mesure de l’inégalité, qui explosent depuis trente ans. Mieux, le pays concerné se retrouve à nouveau lié par une dette qu’il faudra rembourser et dont il faudra payer les intérêts : les pays donateurs gagnent une seconde fois, et le pays pauvre perd toute indépendance. C’est ce système que l’on nomme parfois "néocolonialisme".

Comme exemple de cette politique néocoloniale on peut citer par exemple le cas d’Haïti. La dictature des Duvalier coopérait avec les programmes américains, faute de quoi elle aurait été renversée comme l’a été Aristide ou comme ailleurs Allende, Roldos, Torrijos... Ainsi dès 1984, le FMI a obligé Port-au-Prince à supprimer toutes ses barrières douanières et à démanteler les rares et derniers services publics de l’île. Les produits agricoles américains, dont le riz, ont envahi le pays et ont jeté une grande partie de la paysannerie dans la pauvreté.

Ceux-ci sont venus se réfugier dans les villes, où les entreprises américaines ont installé des ateliers textiles à bas coup, les "Sweap Shops". Les haïtiens y travaillent douze heures par jour pour un salaire dérisoire, même au regard du coup de la vie local (28 cent de l’heure chez Disney par exemple). A cet effet, Clinton a créé au début des années 90 une zone franche permettant aux entreprises américaines de rapatrier leur production sans payer de frais de douane. Techniquement c’est comme si cette zone franche faisait partie du territoire américain, droit du travail et salaires mis à part. Haïti qui produisant 90% de sa nourriture il y a trente ans en importe aujourd’hui 55%. En outre l’argent du FMI, utilisé en fonction des intérêts américains aux conditions dictées par le FMI, devra être remboursé par une population exsangue.

Selon John Perkins, qui a exercé pendant 15 ans le métier de "tueur économique" pour le compte du gouvernement américain et de multinationales, le FMI propose volontairement des prêts impossibles à rembourser de manière à tenir les pays sous le contrôle des Etats-Unis. C’est une stratégie adoptée et perfectionnée depuis plus de 50 ans pour dominer le monde par l’arme économique. Toujours selon lui, les Etats-Unis travaillent ainsi consciemment à élargir et maintenir un Empire, à l’image des autres empires déclarés de l’Histoire, comme jadis la France, l’Angleterre, Rome ou la Grèce... Mais ce dernier instille cette nouveauté qu’il parvient à ses fins en ne se saisissant de l’arme militaire qu’en dernier recours, la guerre économique et la corruption des élites nationales apportant d’assez bons résultats.

Selon Noam Chomsky, cette stratégie est née en réponse à la démocratie et aux mouvements sociaux d’après-guerre, qui sont parvenus à faire pression sur les politiques gouvernementales. La populations des Etats-Unis n’accepterait pas la manière dont se comporte son gouvernement si la question lui était posée ouvertement. Cela a forcé l’élite à opérer de façon détournée, soit par l’entremise d’entreprises privées (voir John Perkins), soit par des opérations militaires clandestines comme l’assassinat de syndicalistes en Amérique du Sud, ou le financement de groupes armés (Exemple des "Contras" au Nicaragua).

Dès les années 20, Edward Bernays théorisa dans son ouvrage Propaganda les techniques de manipulation de l’opinion. Les "relations publiques", la "communication" et la presse ont servi de relais à une désinformation de masse. Ces nouveaux attributs du pouvoir se sont développées et affinés durant tout le XXème siècle, permettant à l’élite politico-économique de perpétuer sa domination sur le monde occidental et sur le monde entier ; la chute de l’Empire stalinien ayant ouvert l’ère unipolaire que nous connaissont aujourd’hui et au sein de laquelle aucune force n’est encore en mesure de faire contre-poids. Ce que l’on nomme généralement "mondialisation", à ce titre, n’est pas autre chose que l’expansion de l’Empire américain, le FMI étant une arme parmi d’autres.

A l’heure où le FMI et les Etats-Unis s’intéressent de près aux affaires internes de l’Europe, il est essentiel de savoir à qui l’on a à faire. Hier, le Figaro nous rappelait dans ses pages saumon (p18 et 19) que les ministres des finances des pays européens ont accepté l’obligation de soumettre leur budgets nationaux à un examen préalable devant les instances européennes. L’examen devrait avoir lieu au printemps, ce qui laisserait le temps de faire d’éventuelles corrections. C’est une nouvelle délégation de pouvoir vers les institutions non démocratiques de l’Union.

Le FMI, lui, trouve ces mesures trop timorées et il presse l’Europe de créer une autorité commune qui soit chargée de déterminer le niveau de déficit budgétaire admissible pays par pays. Il réclame également que chaque pays membre adopte des règles internes contraignantes qui forcent à limiter le déficit. Ainsi, la stimulation keynésienne de l’économie par l’investissement public est en train de devenir de facto une politique interdite en Europe. La formule "There Is No Alternative" semble avoir de beaux jours devant elle. Si les peuples ne se défendent pas de façon concertée, il est probable que l’irruption du FMI sur la scène européenne ne signe le début d’un processus de tiers-mondisation du continent.

Le Figaro nous apprenait encore hier que la Maison blanche fait pression pour que l’Espagne adopte son plan de rigueur. Les Etats-Unis, affublés d’un déficit abyssal, à la tête d’une économie à bout de souffle ont urgemment besoin d’énergie pour perpétuer leur non négociable "way of life", que seul le dollar-référence protège de l’effondrement. L’Europe sera-t-elle l’ultime richesse à venir alimenter la machine américaine ?

Raphaël Massi

http://www.agoravox.fr

Illustrations: 2.bp.blogspot.com, moun.com

Internationalnews

Agoravox

http://www.internationalnews.fr/article-le-fmi-attaque-l-europe-52161...

http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation/browse_thread/thread/f3d5b26342658f11#



Immigration

Bill Van Auken : L'internationalisme socialiste et la Défense des travailleurs immigrés.

La promulgation le mois dernier dans l’Etat d’Arizona d’une loi ciblant les immigrés et visant à les soumettre à la persécution de la police a relancé un débat au sein des médias et des cercles de l’establishment politique quant au statut de plus de 12 millions de travailleurs sans papiers vivant aux Etats-Unis.

La majeure partie du débat se concentre sur la tentative délibérée d’utiliser les travailleurs immigrés, l’une des sections les plus opprimées de la classe ouvrière, comme boucs émissaires pour la hausse du chômage, les baisses des salaires et la rapide dégradation des conditions de vie auxquelles est confrontée la population laborieuse partout aux Etats-Unis.

Le gouvernement Obama et d’influents élus démocrates du Congrès, tout en désavouant publiquement la loi de l’Arizona, s’en sont servi pour déplacer encore davantage vers la droite leur propre politique d’immigration en exigeant une militarisation accrue de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis ainsi qu’une intensification de la répression des travailleurs sans papiers vivant aux Etats-Unis en les obligeant à reconnaître avoir commis des délits et à payer des amendes excessives avant de rejoindre « la queue » de ceux qui demandent un statut légal.

De plus, comme condition nécessaire à l’obtention d’un travail, les démocrates réclament l’introduction d’une carte d'identité nationale biométrique, conférant ainsi au gouvernement un puissant instrument digne d’un Etat policier pour surveiller chaque section de la classe ouvrière, qu'elle soit de souche ou immigrée.

Ce virage réactionnaire des deux partis a suscité la colère populaire et des centaines de milliers de personnes sont descendues le 1er mai dans la rue partout dans le pays pour réclamer la fin de la répression anti immigrés et les pleins droits égaux pour tous.

Le chauvinisme anti immigrés est une arme politique entre les mains de l’élite dirigeante et des démagogues droitiers qui défendent leurs intérêts non seulement aux Etats-Unis mais dans tous les pays du monde. Le gouvernement français a tenté de monter la population contre les immigrés musulmans en prônant l’interdiction totale, dans tous les espaces publics, du port de la burqa, ou voile intégral. La Belgique a déjà entériné cette interdiction. En Grande-Bretagne, les syndicats organisent des grèves à l’encontre des travailleurs étrangers. Et il y a eu des émeutes anti immigrés en Italie et en Hongrie l’on a assisté à des tentatives d’attiser des pogromes contre la minorité rom.

Une forme particulièrement insidieuse de l’agitation anti immigrés est la tentative de promouvoir une répression contre les immigrés en renforçant le contrôle aux frontières au nom de la Defense des conditions des travailleurs du pays contre la concurrence de la main-d’œuvre à bas salaire.

Ces dernières semaines, le World Socialist Web Site a reçu un certain nombre de courriers de lecteurs en réaction à nos déclarations sur la loi en Arizona et aux manifestations du 1er mai et qui reflètent précisément ce point de vue.

« Vous n’êtes pas en faveur de la classe ouvrière aux Etats-Unis, » remarque un lecteur. « Face à une économie en rapide déclin, et qui s’effondre peut-être même, et à une multitude de crises des matières premières se pointant à l’horizon, quelque chose doit être fait pour mettre un frein à la surabondance de population et de travail à salaire extrêmement bas. »

« L’afflux énorme de travailleurs sans papiers va détruire tous les acquis sociaux conquis par la classe ouvrière américaine au 20ème siècle, » a précisé un autre lecteur.

Et un autre encore écrit: « Tout en éprouvant de la sympathie pour le sort de la population minée par la pauvreté en Amérique latine, aucun Etat sur terre ne peut simplement ouvrir ses portes à un afflux incontrôlé d’étrangers, 11 millions ‘de clandestins’ selon des évaluations prudentes. Les Etats-Unis n’ont pas appliqué leurs lois parce que les grandes entreprises et les industries peuvent verser de bas salaires aux étrangers illégaux (fixés souvent en-dessous du salaire minimum) tout en les excluant de toute assurance maladie ou autre prestation sociale et s’en tirer à bon compte. »

Ce qui est commun à tous ces commentaires, mis à part leur différent degré de sympathie vis-à-vis des immigrés sans papiers, c’est l’opinion que les conditions de vie de la classe ouvrière aux Etats-Unis pourraient être défendues en accroissant le pouvoir de l’Etat et en renforçant les frontières américaines, en refusant l'entrée aux immigrés pour soi-disant défendre les niveaux nationaux du travail. A ceci s’ajoute l’indéniable constatation que le patronat américain est pour le moins profondément divisé sur la question de l’immigration en raison de sa capacité à exploiter les travailleurs immigrés en tant que main-d’œuvre bon marché.

L’agitation anti immigrés connaît une longue et hideuse tradition aux Etats-Unis, dont les campagnes contre les travailleurs irlandais et allemands au 19ème siècle et les travailleurs italiens, d’Europe de l’Est et chinois au début du 20ème siècle. A chaque fois, ces campagnes avaient pour but de diviser la classe ouvrière en réprimant leurs couches les plus combatives – dont faisaient souvent partie les immigrés eux-mêmes – afin de contenir et de réprimer les luttes sociales.

La perspective nationaliste exprimée dans ces lettres au WSWS et l’appel adressé au gouvernement américain pour défendre les conditions de vie des travailleurs américains contre une soi-disant menace « étrangère » correspond fortement à la politique « les Etats-Unis d’abord » pratiquée par la bureaucratie syndicale américaine et les divers groupes petits bourgeois gravitant autour d’elle.

Ces arguments partent de la supposition que rien ne peut être fait contre la pénurie qui est créée par la monopolisation par une infime élite financière de la richesse mondiale et de la conviction que la misère qui en découle pourrait être soulagée en chassant les travailleurs immigrés.

La politique chauvine mise en avant par l’AFL-CIO (la centrale syndicale américaine) s’est révélée n’être rien moins qu’un instrument pour imposer la suppression des emplois, la réduction des salaires et la dégradation des conditions de travail. Les bureaucrates syndicaux jurent de défendre les « emplois américains » en imposant des réductions de salaires, des licenciements de masse et en faisant des concessions pour rendre, aux Etats-Unis, les coûts de main-d’œuvre plus compétitifs qu’en Chine, en Europe de l’Est, au Mexique et dans d’autres parties du monde et où les groupes transnationaux américains ont délocalisé leur production.

L’idée que l’afflux de main d’œuvre immigrée à bas salaire est responsable du déclin de la position de la classe ouvrière américaine est contredite par le bilan réel de ce processus. L’intégration mondiale sans précédent du capitalisme a rendu possible une rationalisation de la production et une dégradation des salaires et des conditions aux Etats-Unis et partout dans le monde. L’augmentation de l’immigration à la fin du 20ème siècle a été le produit – et non la cause – de ce processus et de son impact particulièrement fort dans les pays les plus opprimés, et dont un facteur important a été la destruction de l’agriculture paysanne au Mexique.

Ce ne sont pas les travailleurs immigrés – contraints de risquer leur vie en franchissant des frontières de plus en plus dangereuses et militarisées – qui ont détruit les emplois et les conditions de travail aux Etats-Unis. Mais plutôt, le système capitaliste dans lequel l’économie mondiale est subordonnée aux intérêts de profit de l’élite patronale et financière et dans lequel le capital n’a pas besoin de passeport pour se déplacer en un rien de temps d’un pays à l’autre en quête de main-d’œuvre bon marché.

Ce n’est qu’en s’unissant internationalement que la classe ouvrière des Etats-Unis ou de n’importe quel autre pays pourra mener une lutte victorieuse contre les entreprises capitalistes opérant mondialement en avançant sa propre solution à la crise économique mondiale: la réorganisation de l’économie mondiale dans le but de satisfaire les besoins de la société et non du profit privé. Cette unité doit commencer par le rejet de toutes les tentatives de division entre les travailleurs du pays et les travailleurs immigrés, indépendamment de leur statut légal en défendant la liberté de tous les travailleurs de vivre et de travailler dans le pays de leur choix tout en disposant de pleins droits égaux pour tous.

Compter sur des frontières nationales hermétiques, le protectionnisme économique et un durcissement de la loi sur l’immigration pour créer une sorte de « forteresse Amérique » ne fera qu’intensifier les attaques contre la classe ouvrière à l’intérieur du pays tout en ouvrant la voie à une nouvelle guerre impérialiste mondiale.

Les travailleurs aux Etats-Unis et dans tous les autres pays ne pourront éviter une telle catastrophe qu’en menant une lutte commune pour la réorganisation révolutionnaire socialiste de l’économie mondiale. Ceci requiert la construction d’un parti mondial de la révolution socialiste, le Comité international de la Quatrième Internationale.

Bill Van Auken
7 mai 2010

(Article original paru le 4 mai 2010)

http://www.wsws.org/francais/News/2010/mai2010/immi-m07.shtml



Mass – Medias

Agent Orange, Apocalypse Viêt Nam

25 juin 2010

DECOUVREZ LES CRIMES IMPUNIS DES MARCHANDS DE MORT… QUI DONNENT AUJOURD’HUI DES LECONS

Si un jour existe une unité capable de mesurer la douleur et la souffrance, elle devra s’appeler Việt Nam.

Titre : Agent Orange, Apocalypse Viêt Nam


Auteur : André BOUNY
Préface : Howard ZINN
Avant-propos : William BOURDON

Nombreuses photographies d’archives & cartes, ainsi que des images récentes de très grands photojournalistes…

N° ISBN : 978-2-917112-11-3

Disponible en librairie et sur le site à partir du 5 juin,
Dow Chemical, Monsanto, Diamond, Uniroyal…
Découvrez les crimes impunis des marchands de la mort

http://www.editionsdemilune.com/agent-orange-apocalypse-viet-nam-p-33.html

André BOUNY est né handicapé, atteint de spina-bifida, dans la campagne pauvre du sud de la France. Suivant des études paramédicales (en odontologie) à Paris, il proteste contre la guerre qui fait rage au Viêt Nam, dans la rue et par ses peintures exposées au Grand Palais.

Ému par la découverte de ce pays ravagé par la guerre, où il rencontre mutilés et malades, il fonde en 1997 l’association caritative DEFI Viêt Nam, (Donner Ensemble Former Informer), qui s’engage également dans la campagne contre les mines antipersonnel. Quelque 300 tonnes d’équipement médical, recueillies et mises en conformité, sont expédiées par bateaux (électrocardiographes, lits médicalisés, fauteuil roulants, à destination de services de chirurgie et de radiologie, de maternités, cabinets dentaires, etc). L’association à but non lucratif pourvoit aussi à la formation de personnel médical vietnamien en France, facilite le parrainage d’enfants (une petite fille issue d’une famille misérable est récemment devenue institutrice) ; informe sur l’Agent Orange et distribue des aides aux victimes de ce poison chimique contenant de la dioxine.

André enchaîne les voyages au Viêt Nam où il adopte deux enfants. En 2004, il adresse une lettre ouverte à John Kerry, diffusée dans la presse internationale. Puis il constitue et conduit le Comité International de Soutien aux victimes vietnamiennes de l’Agent Orange (CIS) qui comprend de très nombreuses personnalités dans des domaines d’expertises variés. Infatigablement, il explique les conséquences de ce poison dans tous les médias qui osent en parler (radios, télés, journaux et sites Internet). Il est intervenu lors des trois éditions des Rencontres Internationales pour le Désarmement Nucléaire, Biologique et Chimique (RID-NBC), mais aussi en d’autres lieux prestigieux comme la Cité de l’Espace, et même à l’ONU lors de la 4e session du Conseil des droits de l’homme.

Son livre se fonde sur 40 ans d’expérience et d’intérêt porté au peuple et à la culture du Viêt Nam, comme à son histoire.

 « C’est un crime hideux. »

- Noam CHOMSKY, membre du Comité International de Soutien aux victimes de l’Agent Orange

EFFROYABLE

Si l’histoire de l’utilisation des poisons, (venins et toxiques) remonte à la nuit des temps, la synthèse chimique a permis d’en démultiplier les effets maléfiques. Il est un fait largement ignoré que la guerre du Viêt Nam fut la plus grande guerre chimique de l’histoire de l’Humanité. L’objet de ce livre est d’expliquer précisément comment et pourquoi. On y apprend de quelle façon, aujourd’hui encore, un demi-siècle après le début des épandages, la dioxine pénètre dans l’organisme, quelles maladies elle engendre, et les terribles effets tératogènes qu’elle inflige aux enfants.

La description scientifique des agents chimiques utilisés est aussi précise que la technologie méthodique mise en œuvre. Celle de l’effroyable catastrophe écologique fait prendre conscience que la destruction du règne végétal précède et précipite une dévastation plus terrible encore.

Les nombreuses photographies exceptionnelles, signées de très grands noms, illustrent l’ampleur de la tragédie actuelle. Cartes géographiques, documents d’archives inédits et témoignages états-uniens viennent démontrer l’intentionnalité de ce véritable écocide. L’auteur propose en outre un nouveau calcul renversant du volume des agents chimiques déversés au Viêt Nam. Dans cet ouvrage exhaustif, il aborde la partie juridique avec les procédures intentées au nom des victimes vietnamiennes dans un total silence médiatique.

À l’image du Tribunal international d’opinion qui s’est tenu en 2009 à Paris, ce livre a pour but d’informer le public, premier pas d’une prise de conscience sur la route de la réparation des torts et des souffrances, car il existe aussi un espoir…

Un document bouleversant, comme l’Histoire officielle ne la raconte jamais, pour comprendre l’ampleur de la tragédie que vivent au quotidien une multitude de victimes de l’Agent Orange.

http://www.dailymotion.com/video/xdrzgl_agent-orange-y-apocalypse-viet-nam_news

http://www.editionsdemilune.com/agent-orange-apocalypse-viet-nam-p-33.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


04/08/2010

n°1 - L'Amérique d'Obama - 04-08 - : Début : Quarante chiffres déconcertants révèlent la vérité horrifiante de l'économie zunienne


L’Amérique d’Obama

Quarante chiffres déconcertants révèlent la vérité horrifiante de l’économie zunienne.

n°1

04-08

C.De Broeder & M.Lemaire

 


n°1 -   L'Amérique d'Obama  - 04-08 - : Début : Quarante chiffres déconcertants révèlent la vérité horrifiante de l'économie zunienne


 " L’Amérique d’Obama est  visible  : 

a) sur nos blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                             http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site de Eva Resis :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

 Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Tiré à part :

Activist Post : Quarante chiffres déconcertants révèlent la vérité horrifiante de l’économie zunienne.

Obama

Stephen Lendman : La société secrète d'Obama.  

Suite

Crimes

Hiroshima dans les gènes

Discrimination

Lucie Crisa : Aux Etats-Unis, des détenus séropositifs placés à l'isolement.

Fin

Économie en Zunie

USA : Pire que la Grande dépression : Obama : pire que Hoover...

Des tensions commerciales menacent les Etats-Unis et la Chine

États-Unis : La vie dangereuse des enfants ouvriers agricoles.

Paul Craig Roberts : Perspectives économiques en Zunie

Banques américaine

102 banques américaines ont fait faillite en 2010.  

Gilles Bonafi : Crise systémique : les USA au bord du gouffre



Ndlr : La publication des articles et  analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.



”Si vous croyez que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother, détrompez-vous…

 Vous êtes en plein dedans !”
“Lorsqu’on ne s’étonne plus du traçage, de la vidéosurveillance ou de la conservation des données, c’est justement le signal qu’on est entré dans un monde Orwellien”.



Tiré à part :

Activist Post : Quarante chiffres déconcertants révèlent la vérité horrifiante de l’économie zunienne.

La plupart des Zuniens semblent toujours errer dans l'illusion que la « récession » va bientôt passer et que les choses vont revenir à la normale très bientôt. Ça ne colle hélas pas à la réalité.

Ce à quoi nous assistons aujourd'hui, ce sont les premières phases de l’écroulement complet et total du système économique zunien.

Les gouvernements fédéral et des États, les administrations locales, les entreprises et les consommateurs, ont entassé collectivement une dette qui équivaut à environ 360 pour cent du PIB. À aucun moment de la Grande Dépression (ou à une autre époque de l’histoire) nous n’avons approché pareil chiffre. Nous avons accumulé la plus haute montagne de dette que le monde ait jamais vu et, maintenant, la bulle d'endettement gigantesque est en train d’éclater. Au moment où le château de cartes en viendra à s'effondrer, les affres économiques vont devenir quasi inimaginables.

      Les choses sont déjà vraiment, vraiment, vraiment mauvaises ici–bas. Le chômage est abominablement élevé. Les saisies de maisons et les faillites personnelles continuent d’établir de nouveaux records inouïs. Les entreprises sont en train de fermer à un rythme effarant, plus de 40 millions de Zuniens sont aux bons alimentaires, et le gouvernement continue à accumuler des dettes à une vitesse effroyable.

      Il n'y a aucun moyen d’édulcorer cela.

L'économie s'effondre.

      Ci–dessous, 40 chiffres incroyables exposent la vérité sur l'effondrement de l'économie zunienne...
[Ndt : ça ne ressemble pas vraiment à un effondrement mais plutôt à une transition lente et inexorable vers une économie tiers-mondiste. L’endettement étant hors de contrôle avec une population de plus en plus pauvre, augmenter les impôts de la classe moyenne ne pourra plus jamais équilibrer les dépenses. Le seul problème pour les pays satellites, comme
la France par exemple, c’est que ceux qui sont censés piloter notre économie ne font qu’attendre la fameuse relance zunienne dans l’espoir que nos exportations en bénéficieront.]

 

      1 – Selon un nouveau sondage choquant, 28% des foyers zuniens ont au moins un membre en recherche d’emploi à temps plein.

 

      2 – Un récent sondage de Pew Research a révélé que, depuis le début de la récession, 55 pour cent de la population active a connu soit le chômage, une diminution de salaire, une réduction des heures, soit un passage involontaire au temps partiel.

 

      3 – 9,2 millions de Zuniens sans emploi ne touchent pas l'assurance–chômage.

 

      4 – Le temps moyen nécessaire pour trouver un emploi a augmenté au niveau record de 35,2 semaines.

 

      5 – Selon une analyse, la Zunie a perdu 10,5 millions d'emplois depuis 2007.

 

      6 – L'excédent commercial chinois (en grande partie avec la Zunie) a grimpé de 140 pour cent en juin par rapport à un an plus tôt.

 

      7 – Ce que le travailleur zunien doit maintenant affronter : en Chine un travailleur dans l’industrie du vêtement gagne environ 86 centimes de l'heure et au Cambodge le même travailleur gagne environ 22 centimes de l'heure.

 

      8 – Selon un sondage effectué en 2009, 61 pour cent des Zuniens vivent « toujours ou en général » au jour le jour. Ça a augmenté considérablement, passant de 43 pour cent en 2007 à 49 pour cent en 2008.

 

      9 – Selon un sondage récent, effectué par Bloomberg, 71% des Zuniens disent ressentir toujours que l'économie est en récession.

 

      10 – Tout nouveau record sans précédent : les banques ont saisi 269.962 maisons au cours du deuxième trimestre 2010.
[Ndt : il paraît même que, n’arrivant pas à vendre les maisons saisies, les banques en transforment beaucoup en petit bois. L’effet des saisies est de saturer le marché de l’immobilier et donc de faire chuter les prix, et cela sans rembourser les investisseurs et en mettant à la rue des familles entières. L’appauvrissement est ainsi total.]

 

      11 – Les banques ont saisi en moyenne 4.000 propriétés par mois en Floride du Sud dans le premier semestre 2010, une hausse de 83 pour cent par rapport au premier semestre 2009.

 

      12 – Selon RealtyTrac, un total de 1,65 million de propriétés ont reçu un avis (filing) de saisie au premier semestre 2010.

 

      13 – La Mortgage Bankers Association a récemment annoncé que la demande de prêts pour acheter des maisons est tombée au niveau bas d’il y a 13 ans.

 

      14 – À peine cinq pour cent des ménages du haut de l’échelle ont eu un supplément de revenus suffisant pour égaler la hausse du coût du logement depuis 1975.

 

      15 – 1,41 millions de Zuniens ont fait une déclaration de faillite personnelle en 2009 – une augmentation de 32 pour cent par rapport à 2008 .

 

      16 – En 1950, chaque prestation de retraité de la sécurité sociale était payée par 16 travailleurs. Aujourd'hui, chaque prestation de retraité de la sécurité sociale est payée par environ 3,3 travailleurs. En 2025, il est prévu qu'il y aura environ deux travailleurs pour chaque retraité.

 

      17 – Selon un nouveau sondage, six travailleurs sur dix pensent que la sécurité sociale ne pourra pas leur verser d’indemnité quand ils arrêteront de travailler.

 

      18 – 43 pour cent des Zuniens ont épargné moins de 10.000 dollars pour leur retraite.

 

      19 – Selon un sondage, 36 pour cent des Zuniens disent ne rien cotiser pour l'épargne–retraite.

 

      20 – Selon un sondage récent, 24% des travailleurs disent avoir différé l’âge prévu de leur retraite dans l'année écoulée.

 

      21 – L’Indice de confiance des consommateurs du Conference Board a fortement baissé jusqu’à 52,9 en juin. La plupart des économistes s'attendaient à ce que ce chiffre soit autour de 62.

 

      22 – Pour le deuxième mois consécutif, la vente au détail a chuté en juin.

 

      23 – Les offres d'emploi et le taux des baux dans les centres commerciaux ont continué de s'aggraver au cours du deuxième trimestre 2010.

 

      24 – Le crédit à la consommation s’est contracté pendant 15 des 16 derniers mois.

 

      25 – Pendant le premier trimestre 2010, le nombre total de prêts avec au moins trois mois d'arriérés a augmenté pour le 16e trimestre consécutif.

 

      26 – Les choses sont maintenant si mauvaises en Californie que, dans la région autour de la capitale de l'État, Sacramento, désormais une entreprise privée sur six est fermée.

 

      27 – L'État de l'Illinois se classe désormais au huitième rang mondial des éventuelles défaillances d’obligataires. L'État de Californie est neuvième.

 

      28 – Plus de 25 pour cent des Zuniens ont maintenant une cote de crédit sous 599, ce qui signifie qu'ils représentent un très mauvais risque de crédit.

 

      29 – Vendredi, les autorités de réglementation ont fermé trois banques en Floride, deux en Caroline du Sud et une dans le Michigan. Cela porte à 96 le nombre de banques zuniennes fermées jusqu’ici en 2010.

 

      30 – Les fonds de l’assurance–dépôts de la FDIC sont à présent négatifs de 20,7 milliards de dollars, ce qui représente un léger mieux depuis fin 2009.

 

      31 – Le déficit budgétaire du gouvernement fédéral a dépassé mille milliards de dollars avec trois mois restant toujours à couvrir dans l'année budgétaire en cours.

 

      32 – Selon un rapport du ministère des Finances pour le Congrès, la dette nationale zunienne sera supérieure 13.600 milliards de dollars cette année et il est estimée qu’elle montera jusqu’à 19.600 milliards d'ici 2015.

 

      33 – Le M3 de la masse monétaire a plongé au taux annuel de 9,6 pour cent au cours du premier trimestre 2010.

 

      34 – Selon un nouveau sondage des Zuniens entre 44 et 75 ans, 61% d’entre eux ont déclaré qu’être à court d’argent est leur plus grande crainte. Les 39% restants pensent que la mort est plus effrayante.

 

      35 – Une étude a révélé que, dès 2007, 80 pour cent des ménages du bas de l’échelle détenaient environ 7% des actifs financiers liquides.

 

      36 – Les 40 pour cent de tous les bénéficiaires de revenus du bas de l’échelle possèdent désormais collectivement moins de un pour cent des richesses de la nation.

 

      37 – Le nombre de Zuniens ayant un revenu inférieur au seuil de pauvreté officiel a augmenté d'environ 15% entre 2000 et 2006, et, en 2008, plus de 30 millions de travailleurs gagnaient moins de 10 dollars de l'heure.

 

      38 – Selon une étude récente, environ 21 pour cent de la totalité des enfants vivent en–dessous du seuil de pauvreté en 2010 – le taux le plus haut sur 20 ans.

 

      39 – Pour la première fois dans l'histoire, plus de 40 millions de Zuniens sont aux bons alimentaires, et le ministère de l’Agriculture prévoit que le nombre passera à 43 millions en 2011.

 

      40 – Un nouveau sondage téléphonique à l’échelle nationale de Rasmussen Reports a découvert qu’à peine 23% des électeurs pensent que le gouvernement fédéral bénéficie aujourd'hui de l’assentiment des administrés.

 

Activist Post

Dimanche 1 Août 2010

Original : www.activistpost.com/2010/07/40-bizarre-statistics-that-reveal.html
Traduction copyleft de Pétrus Lombard

http://www.alterinfo.net/Quarante-chiffres-deconcertants-...



Obama

La cote de popularité d'Obama, en baisse

La cote de popularité de Barack Obama est en perte de vitesse, les Américains ne lui étant plus aussi favorables qu'il y a six mois, selon les résultats d'un sondage.
Selon cette enquête d'opinion menée par CNN et l'institut "Opinion Research Corporation", la cote de popularité de M. Obama est passée de 76%, en février, immédiatement après son investiture, à 61%, fin juin.

Plus d'un tiers des personnes interrogées (37%) ont indiqué qu'elles désapprouvaient la manière dont le nouveau président exerçait ses fonctions.

70% des sondés estiment que M. Obama est "un dirigeant fort et marquant", contre 80%, en février. Plus de la moitié (53%) pense toujours qu'il a "un programme clair" pour résoudre les problèmes du pays, contre 64%, en février.

15/07/2009

http://french.irib.ir

Stephen Lendman : La société secrète d'Obama.  

Sous Obama, plus que jamais, nous vivons dans une société secrète, où les lanceurs d’alerte et les journalistes sont visés pour avoir fait leur travail – Helen Thomas (doyenne des journalistes accrédités à la Maison Blanche qui a récemment pris sa retraite après avoir fait des commentaires sur le lobby sioniste aux Etats-Unis – NdT), injustement pilonnée par le lobby pro israélien, a déclaré au mois de juillet dernier, au cours d’une conférence de presse de Robert Gibbs à la Maison Blanche, que l’administration « contrôlait la presse, », puis a ajouté « C’est choquant, vraiment choquant... Pour qui nous prennent-ils, des marionnettes ? Ils sont censés ne pas se mêler de nos affaires. Ce sont des fonctionnaires. C’est nous qui les payons. »

Dans une interview à CNCNews.com du 1er juillet 2009, elle a dit que même Nixon n’avait jamais exercé un tel contrôle sur la presse. Elle a dit : « Nixon n’a pas essayé. Ils ne pouvaient pas contrôler (les médias). Ils n’essayaient pas... Je ne dis pas qu’il n’y a jamais eu d’informations contrôlées, mais cela atteint des niveaux jamais vus. Ils ne s’en cachent même plus. Ils s’en fichent que vous en soyez conscients ou pas. Ils devraient avoir honte. »

Au mois de février 2009, une loi Free Flow of Information Act (loi sur la liberté de circulation de l’information) a été présentée devant la chambre des Représentants et le Sénat. Au mois de mars, la chambre des Représentants l’a voté à une écrasante majorité. Depuis, elle est bloquée dans une commission du Sénat.

A l’époque, l’administration Obama a réduit la portée du texte malgré un fort soutien du congrès – sous prétexte que la sécurité nationale primait sur le droit du public de savoir, que les procureurs devaient pouvoir obliger les journalistes et les lanceurs d’alerte à révéler leurs sources. La loi n’a jamais été définitivement adoptée mais l’administration actuelle l’invoque pour tenter d’empêcher la divulgation d’informations qu’elle veut censurer, et avec plus d’agressivité qu’aucune autre administration précédente. Encore une mesure de l’homme qui avait promis le changement.

Thomas Drake fait partie des cibles de l’administration Obama, ancien « cadre supérieur » de l’ancienne Agence de Sécurité Nationale, inculpé le 15 avril 2010, sous plusieurs accusations de « détention volontaire d’information classifiée, obstruction de justice et fausses déclarations, » selon le Procureur Lanny A. Breuer, de la Division Criminelle.

Selon l’inculpation en dix points, il aurait fourni à un journaliste du Baltimore Sun, Sibohan Gorman, des documents classifiés de la NSA relatifs à l’agence. En fait, elle a écrit sur le gâchis et les erreurs de gestions du projet « Trailblazer » (un programme déstiné à analyser les données sur les réseaux informatiques), et sur des activités d’espionnage illégales. Le 18 mai 2006, elle a écrit un article intitulé « la NSA abandonne un système légal de récupération de données sur les communications téléphoniques » où elle a écrit : « Une fois le feu vert donné par le Président Bush à la NSA pour recueillir secrètement et analyser les données téléphonique locales – une autorisation qui ne faisait aucune mention de la protection des identités – les agents officiels ont considéré que le cryptage des données était inutile et l’a abandonné ».

Cela dit, son article parlait surtout de Trailblazer, un projet de 1,2 milliards de dollars qu’un participant a qualifié de « plus gros gâchis actuellement en cours dans le monde du renseignement, » chose que le public avait le droit de savoir.

Les fuites de Drake ont révélé des activités d’espionnage illégales de la part de la NSA, une énorme quantité de gâchis et de fraudes, ainsi que la formation d’un état de sécurité/surveillance nationale public/privé, ce qui avait pour résultat d’inciter les profiteurs à entretenir la peur pour le plus grand bien de leur chiffre d’affaires.

En tant que candidat, Obama avait promis la transparence, la responsabilité et la réforme des politiques extrémistes de Bush. En tant que président, il a usurpé de pouvoirs de surveillance non contrôlés, dont les écoutes téléphoniques sans mandat, l’accès aux données personnelles, le suivi des transactions financières, le suivi des courriers électroniques, l’usage de l’Internet et des téléphones portables pour recueillir des données secrètes pour d’éventuelles inculpations. Il réclame aussi l’immunité du Ministère de la Justice pour les procès intentés pour espionnage illégal, une exigence qu’aucun membre du Congrès ou de l’administration n’avait formulée, pas même Bush et ses alliés Républicains.

Le résultat est que son état de sécurité nationale s’en prend désormais aux militants, aux dissidents politiques, aux manifestants anti-guerre, aux musulmans, aux immigrés latinos, aux avocats qui les défendent, aux lanceurs d’alerte, aux journalistes qui révèlent les crimes fédéraux, la corruption, ceux qui refusent de dévoiler leurs sources, et Wikileaks, cité dans un rapport du Pentagone de 2008 comme une menace majeure pour la sécurité des Etats-Unis qu’il serait important de fermer en identifiant ses sources, en les décourageant et en les poursuivant. Nous allons y revenir.

A une époque ou le gouvernement agit de plus en plus en s’entourant de secret, en versant dans l’illégalité et en trahissant la confiance du public, les révélations et le débat ouvert sont indispensables. Sans les lanceurs d’alerte, Wikileaks et les journalistes courageux, c’est la transparence de la société qui est mise en cause.

WIKILEAKS, 15 mars 2010, a publié : « les services secrets US veulent détruire Wikileaks »

Le fondateur du groupe, Julian Assange, a décrit un rapport de 32 pages de février 2008 des services de contre-espionnage « pour marginaliser définitivement l’organisation. » Deux ans plus tard, l’objectif n’as pas (encore) été atteint.

Le rapport qualifie Wikileaks de « menace potentielle à la protection des forces, au contre-espionnage, à la sécurité opérationnelle (OPSEC), à la sécurité de l’information (INFOSEC), une menace pour l’Armée des Etats-Unis, (mettant en danger) le personnel du Ministère de la Défense, les sites et les installations. De telles informations (pourraient aider) les services de renseignement et de sécurité étrangers, des forces militaires étrangères, des insurgés étrangers, et des groupes terroristes étrangers (en leur fournissant) de l’information (qu’ils pourraient utiliser pour attaquer) les forces US, à la fois à l’intérieur des Etats-Unis qu’à l’extérieur » - une langue de bois typique du Pentagone pour exagérer les menaces et décourager les lanceurs d’alerte qui révèlent les crimes et des méfaits du gouvernement, choses que le public a le droit de connaître.

En réponse, Wikileaks a dit que la protection des sources était une haute priorité. Il agit « pour dénoncer les pratiques douteuses, les comportements illégaux et les méfaits des agences gouvernementales, des entreprises ainsi que des régimes répressifs » à l’étranger, dont certains agissent ainsi avec la complicité de Washington.

Ces objectifs – dénonciation des méfaits, exigence de responsabilité, soutien aux principes démocratiques d’une société libre et ouverte – sont autant de choses pour lesquelles les gouvernements sont censés oeuvrer. Mais lorsque ce n’est pas le cas, ce sont des organisations comme WikiLeaks qui représentent le plus haut degré de patriotisme et méritent nos louanges au lieu d’être espionnées, attaquées et détruites.

Parmi ses nombreuses accusations du Département de la Défense contre Wikileaks :

- Wikileaks a peut-être des taupes au sein du Département de la Défense qui fourniraient des données sensibles ou classifiées

- utilise son site pour fabriquer et manipuler l’information

- possède 2000 pages de documents de l’armée sur les forces US et les forces de la Coalition en Irak et Afghanistan

- possède des informations sur le type et la quantité d’équipements affectés à la Commande Centrale US

- Julian Assange a rédigé et co-signé des articles, basés sur des fuites, « pour faciliter les initiatives au Congrès US qui visent à retirer les troupes US en coupant les financements de(s) la guerre(s) »

- des fuites qui « pourraient aider les forces ennemies à planifier des attaques terroristes, (choisir) le type et l’emplacement le plus efficace pour placer des bombes » et employer d’autres méthodes pour attaquer les troupes et convois US, ainsi que les bases militaires.

- les données publiées sont des données mal interprétées, manipulées qui constituent de la désinformation et de la propagande.

- le 9 novembre 2007, un rapport a indiqué que les forces US « avaient très probablement violé la Convention sur les Armes Chimiques, » et possède 2.386 armes chimiques de première catégorie en Irak et Afghanistan.

- le même rapport accuse le Département de la Défense d’avoir illégalement employé du phosphore blanc lors de l’attaque en 2004 de la ville (irakienne) de Falloujah

- l’administration Bush a été accusée de tortures et d’avoir refusé à la Croix Rouge internationale l’accès aux détenus de Guantanamo.

- des détails ont été fournis sur le recours par l’armée aux tactiques de guerre asymétrique, techniques et procédures lors de l’assaut d’avril 2004 contre Falloujah et

- de nombreuses autres accusations et préoccupations mentionnées dont la crainte que « des organisations étrangères... des services militaires étrangers, des insurgés étrangers ou des groupes terroristes financent ou soutiennent matériellement WikiLeaks.org »

Le Département de la Défense conclut que réussir à identifier, poursuivre, et mettre fin aux activités des lanceurs d’alerte « porterait un coup et pourrait détruire » les opérations de Wikileaks et décourager d’autres à fournir des informations. Il a aussi insisté sur « la nécessité d’un gros programme auprès du contre-espionnage, de l’antiterrorisme, de la protection des forces, de la collecte d’informations, d’INFOSEC, et d’OPSEC pour former le personnel militaire » sur comment éviter les fuites et dénoncer les « activités suspectes ».

Julian Assange se sent investi d’une mission : la transparence totale. Wikileaks est une ressource vitale pour fournir des informations importantes sur comment les gouvernements et les entreprises trahissent les intérêts du public. Eu égard à la tradition américaine de crimes de guerre, de corruption et autres abus de pouvoir, il n’est pas étonnant que le Département de la Défense s’en préoccupe, heureusement sans succès jusqu’à présent. Selon WikiLeaks : ses activités sont « le meilleur moyen à notre disposition pour générer une véritable démocratie et une bonne gouvernance auxquelles aspire toute l’humanité » et pourraient réussir, avec d’autres et avec force et détermination, à faire passer l’idée que le changement vient toujours du bas vers le haut, jamais du haut vers le bas. Une leçon qu’il faut assimiler pour agir en conséquence.

Une dernière remarque

Le 10 juin, Philip Shenon, de Daily Beast, écrivait en titre « La chasse à l’homme du Pentagone ». Il écrivait : « Préoccupés par le fait que Wikileaks serait sur le point de publier un lot de télégrammes secrets du Département d’Etat, les enquêteurs recherchent désespéramment son fondateur, Julian Assange. »

Au début du mois de juin, Julian Assange devait prendre la parole à un forum organisé à New York (New York’s Personal Democracy Forum), mais on lui a conseillé de ne pas s’y rendre pour raisons de sécurité. A la place, il est intervenu via Internet (Skype) depuis l’Australie.

Interviewé par Ellsberg (*) au sujet d’Assange, le célèbre lanceur d’alerte Daniel croit que ce dernier pourrait être en danger : « j’ai moi-même été la cible d’un escadron de la Maison Blanche. Le 3 mai 1972, une dizaine d’agents de la CIA, des anciens de la Baie des Cochons, des émigrés cubains, ont été acheminés de Miami avec l’ordre de « m’infliger une incapacité totale ». Ellsberg a demandé si cela voulait dire le tuer. La réponse fut « Cela signifie vous infliger une incapacité totale. Il faut comprendre que ce types n’emploient jamais le mot « tuer » ». Assange est-il en danger ? « Absolument. Pour les mêmes raisons que je l’ai été... Obama prétend à présent avoir un droit de vie et de mort, d’être le juge, le jury et le bourreau des citoyens américains, sans procès » qu’ils soient résidents ou à l’étranger, sans parler des non-américains, n’importe où dans le monde. L’état de droit peut aller se faire voir. « Aucun président n’a jamais eu de telles prétentions et peut-être personne depuis Jean 1er. »

Le conseil d’Ellsberg à Assange : « Restez hors des Etats-Unis. Pour le reste, continuez de faire ce que vous faites. Ce que vous faites est important. Assange oeuvre pour la démocratie et l’état de droit précisément en défiant les régulations sur le secret de l’information, des régulations qui ne sont pas des lois, dans la plupart des cas. Il fait du très bon boulot pour notre démocratie, » chose qu’Obama, comme ses prédécesseurs, tente de corrompre tous les jours.

Stephen Lendman

23 juin 2010

http://www.sjlendman.blogspot.com/

Traduction VD pour le Grand Soir

http://www.mleray.info/article-la-societe-secrete-d-obama-52793047.html


n°1 - L'Amérique d'Obama - 04-08 - : Suite : Quarante chiffres déconcertants révèlent la vérité horrifiante de l'économie zunienne


L’Amérique d’Obama

Quarante chiffres déconcertants révèlent la vérité horrifiante de l’économie zunienne.

n°1

04-08

C.De Broeder & M.Lemaire

 


n°1 -   L'Amérique d'Obama  - 04-08 - : Suite : Quarante chiffres déconcertants révèlent la vérité horrifiante de l'économie zunienne


 " L’Amérique d’Obama est  visible  : 

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Sommaire :  

Crimes

Hiroshima dans les gènes

Discrimination

Lucie Crisa : Aux Etats-Unis, des détenus séropositifs placés à l'isolement.



Ndlr : La publication des articles et  analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.



Crimes

Hiroshima dans les gènes

Ils vivaient à Hiroshima au moment de l’explosion de la bombe atomique, il y a 65 ans.

Aujourd’hui, ils portent la marque de ce drame dans leurs chromosomes.

Des mutations génétiques qui ont fait de leur vie un calvaire.

Rencontre avec ces « Hibakushas » - les « exposés » - qui parcourent le monde pour demander le désarmement nucléaire.

Le Peace Boat, affrété par une fondation japonaise pour la paix et le dialogue interculturel, est parti de Bergen en Norvège. Il navigue en mer du Nord. A son bord, neuf « Hibakushas ».

Littéralement, des « exposés », présents au moment de l’explosion des bombes nucléaires sur les villes d’Hiroshima ou de Nagasaki, les 6 et 9 août 1945. Dans la salle Pacific du bateau, Mitsuo Kodama s’exprime en leur nom. Elégant dans son complet gris, avec des lunettes aux fines branches, il parle d’une voix calme. Sa femme, les cheveux bouclés à peine blanchis, est à ses côtés. Monsieur Kodama s’incline devant son auditoire. A l’aide d’un rétroprojecteur et d’une canne télescopique, il tente de décrire cette journée qui a fait basculer son existence, et ce qu’est sa vie depuis.

Hiroshima, ses immeubles, ses habitants, son ciel, tout est en feu.

Mitsuo Kodama a 78 ans, il est né à Hiroshima. Il a douze ans quand la bombe A explose au-dessus de sa ville natale. Ce jour-là, il est à l’école, au milieu d’un immeuble en bois, recouvert d’un toit en céramique. « Nous avons entendu le bruit d’un avion dans le ciel et… j’ai perdu conscience », décrit-il. Lorsqu’il se réveille, l’immeuble s’est effondré tout autour de lui, sauf au centre de la classe. Sous les débris, ses amis. Certains, encore vivants, hurlent ou gémissent. La plupart sont morts, le crâne et le corps brisés. Mitsuo Kodama est blessé. Seul et très faible, il parvient à s’extirper des ruines de son école, sans pouvoir venir en aide à ceux qui sont restés sous les gravas. Hiroshima, ses immeubles, ses habitants, son ciel, tout est en feu.

Cette image du ciel embrasé d’Hiroshima se transmet dans la mémoire collective du Japon par le récit des survivants. Mais aussi à travers l’œuvre célèbre d’un peintre, Ikuo Hirayama, lui-même hibakusha. Son tableau « Hiroshima shohenzu » (L’Holocauste d’Hiroshima) est une immense toile à la puissance émotionnelle semblable au « Guernica » de Picasso. L’observer provoque une sensation de mort et de terreur.

De l’horreur de l’explosion aux cancers multiples

Sorti de son école, Mitsuo Kodama quitte le quartier de Zakoba cho et ses camarades « enterrés vivants ». Il marche vers son village, Hesaka-mura, situé à cinq kilomètres d’Hiroshima. En chemin, il vomit à plusieurs reprises et ne croise que des cadavres, brûlés, démembrés, les orbites vidées de leurs yeux. A deux kilomètres du village, il s’évanouit de nouveau, et se réveille dans une maison inconnue, secouru par un anonyme. Il se remet en route, arrive vers minuit à son village.

Monsieur Kodama peut décrire longuement le jour où Little boy – le nom donné par l’US Air Force à la bombe atomique – a explosé et tué près de 100.000 personnes. Il peut raconter l’horreur de cette journée. Mais il préfère parler de ce qui s’est passé après l’explosion de la bombe : la perte immédiate des cheveux, les fièvres, les hémorragies pulmonaires et rénales, les maladies qui ne l’ont jamais quitté.

Comme si la bombe atomique explosait tous les jours en eux

Toute sa vie, Kodama-San - Monsieur Kodama - comme l’ensemble des Hibakushas, a développé de multiples cancers : de l’estomac, de l’intestin, de la tyroïde, de la peau… « Rien que pour traiter mon cancer de la peau, j’ai subi douze opérations chirurgicales », explique-t-il. Des tâches brunes parcourent toutes les parties visibles de son corps, de ses mains à son cou. Certains autres Hibakushas dans la salle présentent cette même particularité. Sur l’écran,Kodama-san projette la liste des cancers ayant frappé les autres Hibakushas qui, eux, en sont morts.

L’écran s’illumine ensuite sur une image d’une étrange beauté, brillante comme un vitrail. Alignés les uns à côté des autres, des bâtonnets plus ou moins rectilignes luisent d’une lumière verte, jaune, rouge ou bleue. Ce sont les chromosomes de Monsieur Kodama, à côté de ceux d’une personne non soumise à des radiations atomiques. « Les radiations peuvent briser le gène d’un chromosome. Mes chromosomes présentent 102% d’anormalités par rapport à une autre personne », décrit Mitsuo Kodama. « Les chromosomes se régénèrent, mais chaque fois qu’ils repoussent, ils copient la mauvaise information, désormais inscrite dans mon corps suite aux radiations ». C’est comme si la bombe atomique explosait tous les jours à l’intérieur d’eux.

Hibakushas « in utero »

En faisant exploser des bombes nucléaires au-dessus d’Hiroshima et Nagasaki, les Etats-Unis n’ont pas seulement tué des dizaines de milliers de personnes, sur le coup ou dans l’immédiate période qui a suivi. Directement exposés à la bombe et à ses radiations, des milliers d’autres continuent de subir les conséquences de l’explosion. Ceux qui n’étaient que des enfants ou de jeunes adolescents, comme les époux Kodama, Madame Mihoko Hagino (77 ans) ou Monsieur Kunihiko Bonkohara (69 ans), qui représente des 140 Hibakushas qui vivent au Brésil.

Une partie des Hibakushas, n’étaient pas nés au moment de l’explosion. Ils sont alors de simples fœtus dans les entrailles de leurs mères. Ces « Hibakushas in utero », comme les autres personnes exposées, souffrent de multiples cancers et autres maladies, telle la cécité partielle de Kenji Tanaka, dont la mère est enceinte de trois mois le 6 août 1945. D’autres personnes sont exposées indirectement aux radiations, comme celles qui sont venues en aide aux survivants près des villes martyres.

Le mouvement des Hibakushas n’est pas centré sur leurs souffrances. Ils veulent seulement que les drames d’Hiroshima et Nagasaki ne se reproduisent pas. « Les armes nucléaires, c’est le diable. Nous devons annihiler les armes nucléaires avant que ce soit elles qui nous annihilent », s’emporte Kodama-san. Ils portent ce message partout où ils le peuvent – et tant qu’ils le peuvent encore, car de nombreux Hibakushas disparaissent chaque année. En 2009 et 2010, ils étaient à New York, à l’ONU, lors des conférences de préparation et de révision du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Le programme « Orizuru » permet aux Hibakushas, à tour de rôle, d’embarquer sur le Peace Boat [1].

« Ceci est ce que je suis devenu et ce que je serai à jamais »

En ce début de mois de juin, le bateau accoste à Dublin. Des jeunes du bateau ont confectionné une immense bannière « End the blocade – Free Gaza [2] » qui occupe une partie de la coque tribord. Les sensei, anciens Hibakushas, solidaires de la flottille pour la paix attaquée par l’armée israélienne, posent ce matin-là fièrement devant la bannière pour la presse irlandaise. Cause pour laquelle leur degré d’engagement a augmenté avec une visite à la mi-mai en d’un camp de réfugiés palestiniens en Jordanie.

Le groupe part rencontrer Derek Hannon, responsable des questions nucléaires pour le Department of Foreign affairs irlandais. Dans l’hôtel cosy où la délégation est reçue, le groupe d’Hibakushas, jusque-là d’un calme quasi monacal, fait preuve d’une énergie insoupçonnée. Dans tous les coins de la salle, ils dressent des kakémonos (rouleaux suspendus) de messages et de photos d’Hibakushas encore vivants, des photos des villes d’Hiroshima et Nagasaki détruites… En dix minutes, la salle de conférence est transformée.

Au bout d’une heure de salamalecs diplomatiques, Kodama-san exprime pour la première fois sa frustration. Il se lève, se dirige vers le haut fonctionnaire irlandais qui le domine de plusieurs têtes et lui tend une image, celle de ses chromosomes, ses « vitraux génétiques ». La traductrice se cale sur le débit accéléré du survivant. « Ceci est ce que je suis devenu et ce que je serai à jamais. Ce que nous serons à jamais. Nous sommes les prophètes du présent. Ce qui s’est passé ne doit plus se reproduire, déclare-t-il. Il faut que disparaissent totalement de la surface de la terre les armes nucléaires. Le président du pays qui a lâché ces bombes sur nous vient de relancer cette initiative [3]. L’occasion est là, il faut la saisir. » Le diplomate reste sans voix.

Vers une convention d’interdiction totale des armes nucléaires ?

Randy Rydell, conseiller du Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon sur les questions de désarmement nucléaire – présent également sur le Peace Boat - rappelle que les revendications des Hibakushas sont certes ambitieuses, mais sensées. Elles rejoignent un plan en cinq points présenté par le Secrétaire général de l’ONU pour aboutir à une convention mondiale d’interdiction totale des armes nucléaires. Lors de la dernière conférence de révision du TNP, ce projet a été soutenu par des dizaines de pays comme le Brésil, le Chili, la Norvège, la Suisse. Même la Chine, dans ses déclarations finales, fait référence à une « convention sur l’interdiction complète des armes nucléaires ». Contrairement à la France, qui ne soutient pas réellement la proposition du Secrétaire général sur l’interdiction totale des armes nucléaires. La France est à la traîne, globalement, dans la dynamique actuelle de débat sur le désarmement.

Eros Sana

Notes

[1] affrété par une organisation humanitaire japonaise, le Peace Boat est un projet d’éducation populaire pour la paix et pour la résolution non-violente des conflits, auquel participent des jeunes et des moins jeunes - majoritairement japonais, mais aussi chinois, coréens ou européens - qui parcourent le monde, de port en port

[2] Fin du blocus – Libérez Gaza

[3] Référence directe au discours de Barack Obama, le 4 avril à Prague, pour un monde "sans armes nucléaires"

EROS SANA

27 – 07- 2010)

www.bastamag.net
http://groups.google.be/group/medias-mensonges-desinformation?hl=fr



Discrimination

Lucie Crisa : Aux Etats-Unis, des détenus séropositifs placés à l'isolement.

Les prisonniers séropositifs de Caroline du Sud et d'Alabama sont victimes de ségrégation, en violation de la loi internationale.

Il y a vingt-cinq ans, 46 des 51 états américains isolaient systématiquement leurs prisonniers séropositifs. Aujourd'hui, seuls la Caroline du Sud et l'Alabama continuent de stigmatiser les détenus malades, estimés à 22 000 prisonniers sur tout le territoire américain. Depuis mars, le Mississipi y a renoncé.

Le dépistage du VIH est obligatoire

L'ONG internationale Human rights watch (HRW), en collaboration avec le groupe de défense des libertés civiles (ACLU pour American civil liberties union), a recueilli les témoignages de ces prisonniers et a publié à la mi-avril, un rapport sur la ségrégation des prisonniers séropositifs dans les prisons fédérales et d'Etats américaines.

Le rapport explique que, lors de son arrivée, chaque prisonnier est soumis à un test de dépistage :

« Le résultat de ce test va déterminer presque tous les aspects de la vie du prisonnier aussi longtemps qu'il ou elle sera en prison.

Le test du VIH va déterminer où il ou elle va être placé, manger et où il ou elle aura ses loisirs. »  

Dans les deux Etats, les prisonniers séropositifs sont isolés dans des cellules de confinement pendant vingt-trois heures. L'isolement continue pendant une semaine en attendant la confirmation des résultats du test.

Ronald B. témoigne sur son arrivée au Centre de réception de Kirkland en Caroline du Sud :

« A mon arrivée à Kirkland, je suis passé par l'admission. Ils m'ont fait un examen sanguin. Je ne connaissais pas mon état. J'étais avec tout le monde dans un grand dortoir […]

Soudainement, ils viennent et te sortent… Ils te mettent littéralement dans un donjon, une cellule sombre en bas des escaliers, et c'est tout.

J'y suis resté vingt-trois heures et le lendemain, ils m'ont nourrit à travers la porte. Je ne pouvais même pas prendre de douche tous les jours. Tu dois hurler pour que quelqu'un t'entende, des fois ils venaient, des fois non. » 

Isolement, marquage et stigmatisation

Une fois que le diagnostic est vérifié, ces hommes et ces femmes sont placés dans des quartiers spécialisés de haute sécurité. Ce n'est pas le crime qui détermine leur emplacement mais leur état de santé.

Loma P., incarcéré en Caroline du Sud : « Vous êtes marqué comme séropositif, donc dès le premier jour, c'est fini. »

Contrairement aux droits des malades à garder leur état confidentiel, l'étude de HRW révèle également d'autres formes d'humiliation.

Si l'on recherche le nom d'un prisonnier séropositif sur le site Internet de la prison, il sera listé comme étant détenu dans les unités destinées aux séropositifs.

En Alabama, à la Limestone correctional facility, les prisonniers séropositifs portent un brassard blanc. En Caroline du Nord, c'est un point bleu sur le badge qui les démarque des autres prisonniers tandis que les femmes sont distinguées par une mention, sur leur uniforme, du dortoir qui les abrite : « Whitney B ».

Ils mangent seuls, sont assis séparément à l'église et pendant les cours. Ils n'ont pas accès à certains travaux ou programmes.

Ils n'ont pas le droit de travailler ni dans les cuisines de la prison, ni dans les ateliers textiles, la menuiserie, ou les bureaux. Les seules activités qui leurs sont accessibles sont le nettoyage ou la tonte de l'herbe.

Aucune justification médicale

Deux arguments sont avancés par les administrateurs des prisons de ces deux Etats pour justifier de cet isolement :

c'est pour le bien des malades qui peuvent ainsi recevoir leurs soins plus facilement,

c'est nécessaire pour réduire les risques de transmission entre les prisonniers et avec les officiers.

Ce genre d'argument, qui n'est basé sur aucune justification médicale, alimente la désinformation des prisonniers et du personnel.

Victimes de la ségrégation, les prisonniers séropositifs subissent également une violence verbale. On les appelle « sidaïques » ou « pédales ».

En Caroline du Sud, les prisonniers doivent tourner la tête contre le mur lorsque les autres prisonniers passent par leur quartier. Un prisonnier, Joseph T. témoigne :

« J'ai entendu l'un des officiers dire à des prisonniers d'autres dortoirs : “C'est l'unité des séropositifs, restez loin d'eux, vous ne voulez pas attraper cette saloperie, n'est-ce pas ? ”. » 

En conclusion de son rapport, l'ONG pour les droits de l'Homme rappelle : « La discrimination contre les prisonniers séropositifs […] constitue un traitement cruel, inhumain et dégradant en violation de la loi internationale. »

Lucie Crisa | 

Rue89 |

 19/04

http://www.rue89.com/2010/04/19/usa-des-detenus-seropositifs-victimes-de-segregation-147683


n°1 - L'Amérique d'Obama - 04-08 - : Fin : Quarante chiffres déconcertants révèlent la vérité horrifiante de l'économie zunienne


L’Amérique d’Obama

Quarante chiffres déconcertants révèlent la vérité horrifiante de l’économie zunienne.

n°1

04-08

C.De Broeder & M.Lemaire

 


n°1 -   L'Amérique d'Obama  - 04-08 - : Fin  : Quarante chiffres déconcertants révèlent la vérité horrifiante de l'économie zunienne


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